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Monsieur le Président, quand on demande du silence, on ne souhaite pas pour autant que les députés soient bâillonnés, et c’est malheureusement exactement le sujet dont je vais parler aujourd’hui. On a tendance à dire en début de discours qu'on est heureux de prendre la parole, mais c’est tout le temps un peu moins vrai quand on le fait à la suite de l’annonce d’un bâillon ou d’une motion de clôture sur un projet de loi, sur une motion ou quoi que ce soit. Malheureusement, c’est une fois de plus ce qui va se passer aujourd’hui. On a l'impression que ce n'est pas la dernière fois, et c'est ça, le problème.
On est ici aujourd’hui pour parler de la composition des comités. Cela pourrait sembler assez anodin et peut-être ne pas intéresser M. et Mme Tout‑le‑Monde à la maison. Comme dirait mon prédécesseur, ça ne se battra pas dans les autobus au sujet du nombre de députés de quel parti qui siégeront à des comités, mais c'est symptomatique de quelque chose d’un peu plus profond, ce dont on va parler aujourd'hui, et je vais y revenir. Cela se fait surtout assez rapidement. En l’espace de sept jours, nous sommes passés d’une promesse de collaboration avec les partis, à la suite de l’obtention d’une majorité par le gouvernement après les élections partielles du 13 avril, à une approche unilatérale où le gouvernement refuse de discuter, malgré les coutumes et les usages de la Chambre. Non seulement on n’en a pas discuté, non seulement on n'en a pas parlé à la Chambre, mais, en plus, on va rajouter un bâillon, question que le bulldozer ait été passé comme il faut sur la Chambre.
Ainsi, la première chose que le gouvernement fait avec sa majorité, c'est de bâillonner la Chambre sur quelque chose qui est au cœur même de la démocratie parlementaire, à savoir le travail en comité. Cette belle promesse de collaboration, puisqu'elle a été faite, autant la rappeler. Au lendemain des élections partielles, le déclarait que le gouvernement tiendrait compte de tous les points de vue au Parlement et promettait de travailler en collaboration. Je le cite: « Afin de répondre aux attentes des Canadiens en termes de rapidité et d’ampleur, le travail qui nous attend nécessite de la collaboration, des partenariats et de l’ambition. »
Comme je le disais, le gouvernement, malheureusement, rompt avec une tradition parlementaire en matière de formation des comités qui a toujours existé. On est, et on le concède, dans une situation particulière. C’est la première fois qu’un gouvernement, en cours de législature, passe d’une situation minoritaire à une situation majoritaire. Ce qui se passe normalement pour la formation des comités est déjà prévu par le Règlement. Les partis, de façon consensuelle, vont déterminer de quelle façon les comités pourraient refléter la situation du Parlement. Si la Chambre est majoritaire, il est logique que les comités soient également majoritaires. Si la Chambre n’est pas majoritaire, il est logique que les comités ne le soient pas non plus et qu’ils reflètent dans leur composition à peu près le même pourcentage de représentation qu'à la Chambre. De plus, ça se fait normalement de façon collaborative.
D’ailleurs, le chapitre 20 du nouveau manuel que nous avons reçu indique: « La représentation des partis au sein des comités est proportionnelle à la représentation des partis reconnus à la Chambre, et chaque parti reconnu détermine lequel de ses députés le représentera au sein d’un comité. » On dit aussi que, par convention, les partis se rencontrent, parlent et négocient et s'entendent sur le libellé d'une motion adoptée ensuite via un rapport du Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre. La plupart du temps, ce rapport est adopté par consentement unanime. Cela montre à quel point la composition des comités s’est toujours faite dans un esprit de collaboration et de consensus. Or nous sommes maintenant dans une situation où le gouvernement, une semaine à peine après avoir promis de collaborer, nous l'impose.
Le gouvernement nous dit que les comités doivent refléter la composition de la Chambre et qu'on doit donc s'assurer d'avoir à peu près le même pourcentage. Nous sommes d’accord sur le principe voulant que les comités reflètent la composition de la Chambre, mais nous ne sommes pas d’accord sur la manière dont le gouvernement s’est arrogé sa majorité, notamment par le recours à des transfuges. Cela dit, il ne nous servirait à rien de nier la réalité actuelle: la Chambre est maintenant majoritaire. À partir de là, à quoi devrait ressembler un comité parlementaire qui est proportionnel à la Chambre?
La proposition du gouvernement vise à ajouter non pas un, mais deux députés libéraux à chacun des comités. On passe de comités principalement formés de 10 personnes, soit cinq libéraux, quatre conservateurs et un bloquiste, à des comités qui seraient formés de 12 personnes, soit sept libéraux, quatre conservateurs et un bloquiste. Cette formation pourrait être ce qu'on pourrait appeler une « super majorité » aux comités. J'ai entendu le ce matin dire qu'il n'existe pas de tel concept à la Chambre des communes. Une super majorité, c'est quelque chose qu'il y a seulement du côté des États‑Unis, mais force est quand même de constater que la proposition du gouvernement ne ressemble pas à la formation de la Chambre.
Je vais me permettre de faire un petit exercice mathématique et j'espère qu'on sera à même de me suivre. À la suite de l'élection générale, au tout début de la législature, les libéraux avaient 169 députés sur 338, ce qui leur donnait une représentation à la Chambre d'environ 50 %. On se retrouvait, dans le cas de la composition antérieure des comités, à 5 sièges sur 10, donc à 50 %, ce qui était somme toute relativement proportionnel. Du côté des conservateurs, on avait 144 sièges sur 338 sièges, ce qui correspond à environ 42 % ou 43 % de la représentation de la Chambre. En comité, les conservateurs avaient 4 sièges sur 10, soit 40 %. C'était quand même assez proche. Du côté du Bloc québécois, nous avions 22 sièges à la Chambre, ce qui correspond environ à 6,5 % de la représentation à la Chambre. Évidemment, nous n'aurions pas pu avoir 0,6 député aux comités si on avait voulu être proche du 6,5 % de représentation. On a évidemment arrondi ça à 10 % avec un seul député, mais ça reste, somme toute, relativement proportionnel.
Ce que les libéraux nous proposent, dans ce cas-ci, c'est d'avoir des comités formés de 12 personnes. Faisons encore une fois un exercice mathématique. Disons qu'on veut le même pourcentage que chacun des partis a présentement avec une formation de comités à 12 personnes. Partons de la statistique actuelle. Il y a présentement 174 députés libéraux sur un total de 343, ce qui donne environ 52 % de la proportion à la Chambre. Les conservateurs ont 140 sièges, ce qui fait qu'ils ont toujours un pourcentage d'environ 40 %. Du côté du Bloc québécois, ça n'a pas beaucoup changé, et le pourcentage est de 6,5 %.
Faisons le chemin inverse. Disons que les comités auront désormais 12 députés et que nous voulons avoir ce même pourcentage de représentation. Faisons l'exercice. Les libéraux ont 174 députés, et multiplions cela par 12/343. Cela donne 6,12 députés. Si on arrondit ce chiffre, on se retrouve avec six députés libéraux par comité. Faisons le même exercice avec les conservateurs. Les conservateurs ont 140 députés, et multiplions cela par 12/343. Cela donne 4,79 députés. Arrondissons ce chiffre à la hausse. Ça donne cinq députés conservateurs qui siègent aux comités. Faisons le même exercice avec le Bloc québécois. Si on multiplie 22 par 12/343, ça donne 0,78 député. Encore une fois, arrondissons ça à la hausse. Voici ce que ça donnerait dans un scénario de comités de 12 députés: six libéraux, cinq conservateurs, un bloquiste. Le problème, c'est que ce n'est pas une composition de comité majoritaire. Selon la proposition des libéraux, si on avait réellement voulu avoir un comité formé de 12 personnes, c'est la formation qu'on aurait dû avoir.
À ce moment-là, pourquoi ne pas avoir un comité formé de 11 députés? S'il y avait six députés libéraux, quatre députés conservateurs et un député bloquiste, on serait beaucoup plus proche de la représentation de la Chambre. Avec le même principe que les libéraux défendent bec et ongles pour justifier la modification au Règlement, on serait beaucoup plus près de la réalité, mais ils nous disent que ça impliquerait que le président de chaque comité, une fois de temps en temps, doive trancher.
De deux choses l'une: dans un contexte où le gouvernement est majoritaire, soit, mais avec une majorité fine, ce serait la moindre des choses qu'il ne s'arroge pas une forme d'arrogance qu'il avait malgré tout déjà lorsqu'il était minoritaire. Ça aurait été la moindre des choses qu'il n'aille pas dans les limites extrêmes de l'arrogance avec sa composition de comités et qu'il dise qu'il va continuer, comme il l'avait promis, à collaborer. Si on ne veut pas que les présidents des comités doivent trancher, qu'on s'assure de discuter avec les partis de l'opposition, par exemple le Bloc québécois, pour éviter les situations où le président d'un comité aurait à trancher.
S'il arrivait qu'un président de comité doive trancher, eh bien, soit, c'est son job. Il gagne 10 000 piastres de plus par année pour administrer le comité et ça fait partie de ses fonctions comme député de voter dans un comité. Est-ce que c'est la fin du monde à ce point-là? Dans tous les cas, on n'a pas pu avoir cette discussion, parce que les libéraux ont décidé de fonctionner tout seuls, sans discuter avec les partis de l'opposition, sans les contacter pour prendre leur avis ou leurs suggestions sur les différentes formules de formation de comité qu'ils auraient pu avoir, faisant fi, encore une fois, de la tradition qui avait cours quant à la formation des comités.
Les libéraux donnaient comme argument qu'ils n'avaient pas voulu les contacter parce que les conservateurs avaient déjà dit dans les médias qu'ils n'étaient pas d'accord sur l'idée de revoir les comités. Je pense qu'il est de connaissance assez courante que les discussions à la Chambre entre les partis ne se passent pas dans les médias. Il aurait donc été tout à fait justifié de poursuivre la discussion avec les différents collègues pour voir si on pouvait arriver à quelque chose qui aurait permis une meilleure entente.
J'ai un autre point: quand on décide ou qu'on justifie qu'il est nécessaire d'avoir une majorité en comité, c'est souvent pour deux raisons.
La première, c'est parce qu'on dit qu'il faut éviter l'obstruction, un outil que les partis de l'opposition ont à leur disposition dans certains cas lorsqu'ils sont mécontents de x, y ou z. Est-ce que c'est vraiment un argument qui se justifie dans la situation actuelle du Parlement? La réponse est non.
L'utilisation d'une motion dilatoire pour ralentir les travaux de certains comités a présentement cours dans deux comités: le Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées et le Comité permanent des transports, de l'infrastructure et des collectivités. Or, c'est de l'obstruction libérale: ce sont les libéraux eux-mêmes qui ralentissent les travaux des comités parce que les membres de l'opposition souhaitent faire leur travail, à savoir obtenir de l'information.
Dans le cas du Comité permanent des transports, de l'infrastructure et des collectivités, l'opposition a demandé à avoir des documents prouvant la rentabilité du projet Contrecœur. Le gouvernement nous dit que c'est un très bon projet: c'est parfait, mais il n'a qu'à nous montrer les chiffres. Il doit les avoir s'il est capable de nous dire que c'est un bon projet. L'opposition demande à les avoir, mais que font les libéraux? Ils bloquent les travaux du comité. L'autre endroit où il y a de l'obstruction présentement, c'est au Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées. C'est parce que l'opposition demande à avoir des chiffres sur les dépassements de coûts pour, entre autres, le logiciel Cúram, le logiciel Phénix ou l'application ArriveCAN. Elle veut savoir ce qui s'est passé. Elle veut que le gouvernement rende des comptes et il fait de l'obstruction pour ne pas rendre de comptes. Je le répète, ce sont les deux seuls endroits où il y a de l'obstruction.
L'autre argument qu'on nous sert souvent pour dire qu'il faut absolument une majorité dans les comités, c'est que les comités sont l'endroit où les projets de loi aboutissent lorsqu'on doit en débattre article par article, proposer des amendements et faire avancer les travaux une fois l'étape de la Chambre franchie. Ainsi, selon les libéraux, puisque à la deuxième lecture ils détiennent la majorité à la Chambre et peuvent renvoyer les projets de loi en comité, il faudrait qu'ils puissent avoir une majorité en comité afin d'éviter que les projets de loi ne se retrouvent bloqués en comité.
Or, cet argument est lui aussi assez intéressant, parce que nous avons pris le temps de faire une petite analyse. Nous avons examiné, législature par législature, le nombre de projets de loi qui ont été adoptés par le passé. J'ai du temps; je peux bien sortir quelques chiffres. À la 41e législature, de 2011 à 2013, 58 % des projets de loi franchissaient l'étape du comité pour se rendre, par exemple, à la troisième lecture ou au Sénat. De 2013 à 2015, ce taux atteignait 74 %, ce qui est quand même assez élevé. De 2015 à 2019, sous un gouvernement libéral majoritaire, on était à 50 %. Ce n'est pas un grand taux de succès en matière d'adoption de projets de loi, et, pourtant, ils étaient majoritaires et ne pouvaient donc pas invoquer l'argument que ça bloquait en comité.
Plus récemment, pour ce qui nous intéresse, avant la prorogation de 2019‑2020, le taux était de 63 %, ce qui n'est pas si mal. Après la prorogation, en 2020‑2021, on est passé à 60 %. Lors de la dernière législature, on était à 53 %. Ensuite, oh, surprise: malgré le fait que plusieurs projets de loi ont été déposés récemment, sans même avoir encore été débattus à la Chambre, ce qui les inclut dans notre analyse parmi ceux qui n'en sont pas sortis, on se retrouve avec un taux de 65 % de projets de loi qui sont passés par les comités. Bref, l'argument selon lequel les comités bloqueraient les projets de loi est particulièrement fallacieux.
N’ayant pas de problème à sortir des projets de loi des comités, n’ayant pas de problème d’obstruction parlementaire autre que la leur, leur argument voulant qu'on doive avoir un Parlement qui fonctionne est tout à fait fallacieux, et ça devient d’autant plus une raison absurde de ne pas avoir contacté les partis de l'opposition pour discuter de ce qui aurait pu être fait avec les comités.
Un autre aspect qui me cause du souci en matière de formation des comités, c’est que ça doit se faire par un avis de motion du gouvernement: la nouvelle proposition de comités passe par un avis de motion du gouvernement. On est dans une situation où, je le répète, sa majorité est fragile.
On pourrait ne pas être surpris, pas maintenant puisqu'il semble y avoir encore une lune de miel, mais au bout de quelques mois, de voir des députés, par exemple les plus progressistes ou les plus verts au sein du caucus libéral, commencer à en avoir leur claque et se dire qu'ils ne se reconnaissent plus dans ce gouvernement et s'en aller. Il y en a qui sont, physiquement, plus près de la porte que d’autres. Peut-être qu'ils pourraient souhaiter faire un pas de plus. Par exemple, on pourrait nommer le député de et quelques autres, qui se retrouvent de plus en plus près de la porte, physiquement, et peut-être dans l’esprit aussi.
Advenant que le gouvernement perde sa majorité en cours de route, qu’est-ce qui arrive à la formation des comités? C'est une excellente question, qui a d’ailleurs été posée au . Il nous a dit que les partis de l'opposition pourraient utiliser une journée de l’opposition pour réclamer que les comités reviennent à leur forme antérieure. Nous lui avons alors demandé s'il écouterait l'opinion de la Chambre advenant une telle demande.
Le gouvernement fait porter aux partis de l’opposition le fardeau de gaspiller une de leurs journées de l’opposition pour faire le travail qu’il ne veut pas faire lui-même, afin de respecter sa sacro-sainte conception de la proportionnalité de la Chambre dans les comités. Donc, il met la pression sur les partis de l'opposition et, en plus, il dit du bout des lèvres qu’il considérerait peut-être l’opinion des partis de l'opposition. Cependant, en voyant comment il a considéré nos opinions ne serait-ce que pour l’adoption de cette motion, ça en dit long sur ce à quoi on peut s’attendre de lui pour la suite.
Je conclurai de la façon suivante. Comme je l’ai dit dans mes remarques du début, ce qui nous occupe aujourd’hui n’est pas quelque chose qui va faire que les gens vont se battre dans les autobus. La composition des comités à la Chambre, c'est surtout nous que ça intéresse. J’y vois quand même un avertissement pour la population en général: ce qu’on voit présentement, c’est le début de ce qui risque d’être une arrogance libérale qu’on verra pendant des années, pendant au moins trois ans si ça se trouve. Ce ne sont pas que les partis de l’opposition qui en feront les frais.
Moi, si j’étais un groupe de pression, si j’étais le gouvernement d’une des provinces ou du Québec, et que j'entendais dans l'avenir l’envie du gouvernement de collaborer avec moi, honnêtement, je me poserais de sérieuses questions. Sans garantie supplémentaire, je ne me permettrais pas d’espérer quoi que ce soit. Pour ma part, je ne me permettrais jamais d’espérer que la collaboration avec le gouvernement libéral actuel se concrétise, à moins que le Canada et le Québec soient deux pays distincts et qu'ils se parlent d’égal à égal.
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Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec l'excellent député de Montmorency—Charlevoix.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, je tiens à saluer rapidement les formidables agriculteurs du comté d'Oxford, qui se préparent à la saison des semailles. Avec l'arrivée des beaux jours, ils sont de retour dans les champs. Je tiens simplement à leur souhaiter bon succès. Ils nourrissent nos familles et ils méritent toute notre affection et notre respect pour l'excellent travail qu'ils accomplissent. Je demande à tous les députés qui se déplaceront sur les routes rurales de faire attention à l'équipement agricole et aux tracteurs, et de faire preuve de vigilance. Continuons de soutenir nos agriculteurs, car ce sont eux qui nourrissent nos familles.
Nous avons tous été élus par des dizaines de milliers de Canadiens qui nous ont fait confiance pour siéger à la Chambre, pour faire partie du système parlementaire et pour être leur porte-parole dans les dossiers qui leur tiennent à cœur. Il peut s'agir de problèmes comme le coût de la vie, la criminalité, le logement ou toute autre difficulté. C'est notre travail de défendre leurs intérêts à la Chambre et au sein des comités. Les sièges que nous y occupons ne sont pas les nôtres; ils nous sont confiés par nos concitoyens. Ce siège n'est pas le mien, mais celui des habitants du comté d'Oxford. Nous représentons ces gens à la Chambre au quotidien.
Lors des dernières élections, la population a choisi un gouvernement minoritaire. Les gens ont donné un mandat minoritaire à ce gouvernement, mais en concluant des tractations déloyales en coulisse avec des transfuges, le gouvernement a négocié un mandat majoritaire. Les libéraux peuvent dire tout ce qu'ils veulent, mais la transfuge a elle-même déclaré que c'était à son avantage personnel. Rien ne devrait être à notre avantage personnel après que nous ayons prêté serment. Cela devrait être à l'avantage de notre collectivité. Cela devrait être bon pour le pays. Nous ne connaissons pas les détails des ententes secrètes qu'ils ont conclues, mais ils en ont bel et bien conclues. Ils ont orchestré une majorité artificielle.
Cependant, notre rôle consiste toujours à être la loyale opposition de Sa Majesté. À la Chambre, faire partie de l'opposition, c'est un acte de loyauté. Il nous incombe de leur demander des comptes sur les actions qu'ils posent. Notre tâche consiste à examiner tous les projets de loi qu'ils présentent et de veiller à ce qu'ils n'essaient pas de faire adopter des mesures qui nuiront aux Canadiens ou qui leur rendront la vie plus difficile.
Les comités remplissent de nombreuses fonctions. Qu'il s'agisse d'examiner la teneur d'un projet de loi, de convoquer des témoins, d'améliorer les projets de loi ou de révéler des cas de corruption ou de mauvaise gestion des fonds publics, les comités nous permettent de demander des comptes au gouvernement. Nous savons tous que c'est tout juste si le assiste à la période des questions. Son taux de présence est déplorable. La dernière fois que j'ai lu les statistiques, je crois que son taux de présence à la période des questions était d'environ 27 %.
Une voix: C'est pire maintenant.
Arpan Khanna: Monsieur le Président, c'est probablement pire. C'est vrai. Chaque jour qui passe sans qu'il y assiste, la situation empire. L'ancien premier ministre Harper y assistait. Même Justin Trudeau y assistait; le premier ministre est pire que Justin Trudeau. Eux, ils assistaient à la période des questions. Ils avaient la décence de se présenter à la Chambre et devant les comités.
Les comités font de l'excellent travail. Par exemple, nous nous souvenons tous de l'affaire entourant la fameuse application ArnaqueCAN, dont le gouvernement a été tenu responsable. C'est en comité qu'on a fait la lumière sur cette affaire. C'est grâce à l'excellent travail des membres du comité qu'on a découvert que des millions de dollars de fonds publics avaient été gaspillés par le gouvernement libéral. Nous nous souvenons du scandale de l'organisme UNIS, où les libéraux remplissaient les poches des amis et des proches de leur parti. Il y a aussi eu l'affaire SNC-Lavalin, où on a tenté de faire pression sur la procureure générale de l'époque. Nous nous souvenons de la caisse noire environnementale, qui était un autre grave cas d'abus de pouvoir et de gaspillage d'argent. Les députés se souviennent-ils du scandale de l'Aga Khan, où les responsables ont dépensé de l'argent et ont été reconnus coupables de manquements à l'éthique? Toutes ces situations ont été révélées par un comité.
Je sais que les libéraux sont contrariés. Ils sont très contrariés, car ils veulent le pouvoir. C'est une question de pouvoir pour le gouvernement libéral. C'est tout ce qui l'intéresse. Ils aimeraient qu'on oublie le gouvernement libéral précédent, car, selon eux, nous avons maintenant un nouveau gouvernement. Parlons-en, de ce soi-disant nouveau gouvernement. Nous avons demandé au de comparaître devant le comité. C'est parce que nous avons tous entendu parler des 90 milliards de dollars que le gouvernement veut dépenser pour le projet de train d'Alto. La conjointe du ministre des Finances est cadre chez Alto. On propose de confier 90 milliards de dollars de fonds publics à la conjointe du ministre des Finances.
Les libéraux ne veulent pas parler de cette question aux séances des comités. Le refuse de se présenter. Pas plus tard que ce matin, nous avons parlé du programme PrescripTIon, un autre gâchis du gouvernement, qui a entraîné le gaspillage de centaines de millions de dollars. S'il s'agissait de leur argent, les députés libéraux ne le dépenseraient pas. C'est de l'argent durement gagné par les contribuables. Nous avons dénoncé ce gaspillage dans le cadre des travaux du comité. Les libéraux envoient des milliards de dollars à des entités liées à Brookfield, dont le est un actionnaire. C'est son ancien employeur. Ce sont toutes des choses qui préoccupent les Canadiens. Nous ne voulons pas de corruption dans notre pays.
Si les libéraux n'ont rien à cacher, pourquoi ne laissent-ils pas les comités faire leur travail? Les Canadiens ont voté pour un gouvernement minoritaire. La population a parlé. Elle savait ce qu'elle voulait: une opposition qui demande des comptes au gouvernement. Une fois de plus, par l'intermédiaire de cette nouvelle motion, les libéraux essaient de prendre nos institutions en otage. Ils vont faire adopter les projets de loi à toute vapeur. Ils pourraient se réunir à huis clos et tout cacher au public. Nous avons besoin d'outils pour faire notre travail. Une opposition forte rend le gouvernement plus fort. Lorsque nous braquons les projecteurs sur le gouvernement, les libéraux sont obligés d'agir et de faire leur travail.
Cependant, pour une raison quelconque, ils ont peur des questions, et c'est une tendance qui ne cesse de s'accentuer, peu importe à quel niveau. Ils ont peur de répondre. Cela signifie qu'ils ont peur des Canadiens. Ils essaient de faire taire les voix du Parlement. Les députés qui siègent aux différents comités font un travail remarquable. Ils travaillent fort, ils font des recherches et leur équipe se prépare pour améliorer les choses et pour améliorer la démocratie.
Je sais que les Canadiens sont démotivés parce que, lorsque je retourne dans ma circonscription, je parle à mes concitoyens et je reçois des appels téléphoniques. Ils sont en train de perdre confiance dans nos institutions démocratiques. Voici certains commentaires que j'ai entendus: « Ma voix n'a plus d'importance. », « Pourquoi est-ce que je voterais? » et « Pourquoi suis-je dans ce système? » Cela crée une image négative des politiciens et du Parlement, mais cela démoralise aussi grandement les Canadiens. Lorsque les Canadiens ont du mal à se nourrir, ils veulent savoir que ce qui se passe à la Chambre est vraiment dans leur intérêt.
Encore une fois, le gouvernement cherche à contrôler, à censurer et à paralyser le Parlement. Qu'on se le tienne pour dit: de ce côté-ci de la Chambre, avec mes merveilleux collègues, nous continuerons de nous battre. Nous poursuivrons notre travail et nous continuerons d'exiger des comptes du gouvernement tous les jours, car c'est pour cette raison que nous avons été élus. Que ce soit dans le cadre des travaux des comités, des questions posées à la Chambre, des pétitions ou des assemblées publiques, les Canadiens verront chacun de nos députés tenir le gouvernement libéral responsable de ses actes. Nous surveillerons la situation de près, nous dénoncerons les problèmes, nous formerons une opposition forte et fière et nous demanderons des comptes aux libéraux.
Notre pays mérite qu'on se batte pour lui. Nos concitoyens, qui consentent tant de sacrifices, méritent qu'on se batte pour eux. Le potentiel de notre merveilleux pays mérite qu'on se batte pour lui. La promesse du Canada mérite qu'on se batte pour elle. Nous continuerons de nous battre. Nous allons exiger des comptes des libéraux. Nous mènerons ce combat jusqu'à la fin.
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Monsieur le Président, dernièrement, j'ai rencontré beaucoup de personnes à Montmorency—Charlevoix. C'était énormément de rencontres. Les gens commencent à s'intéresser de plus en plus à la politique. J'ai une dame qui est venue me rencontrer et j'ai eu une discussion vraiment intéressante avec elle. Elle m'a dit quelque chose qui m'a marqué. Elle m'a dit qu'elle ne savait pas trop ce que nous faisions à Ottawa, mais elle ne trouvait pas que le gouvernement libéral était là pour les gens. Elle disait que s'il n'y avait personne qui regarde, d'après elle, ça allait virer croche.
La dame en question n'a pas de formation en sciences politiques. Elle n'a pas lu le Règlement de la Chambre des communes. Elle ne sait pas ce qu'est un comité de surveillance. Cependant, elle a compris d'instinct un bien fondamental de notre démocratie, quelque chose que les libéraux semblent oublier beaucoup trop souvent: c'est que la démocratie fonctionne bien quand l'opposition est capable de faire son travail. Ça rend tout le monde meilleur.
Ce dont on débat aujourd'hui avec la motion no 9, ce n'est pas vraiment une question de procédure parlementaire. Ce n'est pas vraiment une question de débat technique sur la composition des comités. Moi, je pense que c'est une question beaucoup plus simple et plus fondamentale pour la démocratie. La vraie question est celle-ci: qui surveille le gouvernement?
Ce sont les citoyens de Montmorency—Charlevoix qui m'ont envoyé ici. Ce sont des travailleurs, des familles, des retraités et des entrepreneurs. Ce sont des gens qui se lèvent le matin. Ils payent leurs impôts et leurs taxes. Ils travaillent fort et ils s'attendent que le gouvernement les respecte, pas juste en disant qu'il a le droit de faire quelque chose avec des points et des virgules. Non, c'est en respectant le sens de la loi. L'éthique est plus difficile que le droit.
On va parler de droit. Être un député, ce n'est pas un droit acquis. Ce n'est pas un titre. Ce n'est pas une carrière. Ce n'est pas quelque chose qui nous est dû. C'est un privilège qui est accordé par les citoyens. On nous donne comme mission d'être au service des citoyens. Ce privilège vient avec une responsabilité que je prends très au sérieux. Je veux m'assurer que quelqu'un regarde, que quelqu'un pose les questions difficiles et que quelqu'un garde les libéraux imputables.
Cette mission ne semble pas vraiment plaire à nos collègues de l'autre côté de la Chambre. Je vais donner un exemple super facile. La semaine dernière, j'étais au Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique. La présidente était une libérale à ce moment-là. Lors du préambule de mon collègue, elle l'a interrompu six fois en six minutes alors qu'il se préparait à poser une question. C'était parce que ce qu'il disait ne faisait pas son affaire. Ce n'était pas la bonne version de ce qu'elle voulait entendre, donc elle s'est donné le droit de l'interrompre à l'infini.
Là, je ne parle pas des 17 heures et demie de monologue libéral qui ont eu lieu pour éviter que le vienne témoigner au sujet d'une récusation qu'il a lui-même faite et qu'il n'a pas suivie. C'était la démonstration parfaite de ce qui s'en vient si cette motion est adoptée aujourd'hui. Dans une démocratie parlementaire comme la nôtre, la surveillance n'est pas une option, ce n'est pas une politesse qu'on va faire à l'opposition: c'est le fondement sur lequel tout le reste repose.
On va regarder les faits. Ils sont assez simples. Il y a un an, les Canadiens ont accordé aux libéraux un mandat minoritaire. Ce n'était pas une majorité. C'était une minorité claire avec un message qui ne demandait pas d'interprétation: la population nous disait de collaborer et de travailler ensemble pour l'intérêt des Canadiens. Alors, les comités ont été formés pour respecter le vote des citoyens. Les comités étaient formés de quatre députés libéraux, de trois députés conservateurs et d'un député du Bloc québécois. La présidence était libérale ou conservatrice selon le genre de comité dont on parle. Pour les comités de surveillance, c'est l'opposition qui est à la présidence. Pourquoi est-ce le cas? C'est pour être sûr qu'on est capable de tenir le gouvernement responsable de ses décisions.
Onze mois plus tard, par des ententes faites derrière les rideaux, par des négociations non démocratiques qui ne respectent pas le droit de vote des citoyens, les libéraux franchissent le seuil de la majorité de justesse. Le lendemain matin, que font-ils? Ils déposent une motion pour prendre le contrôle des comités. C'est le premier geste qu'ils font avec une majorité aussi fragile. La toute première chose, c'est de tenter de prendre une emprise sur ceux qui les surveillent.
Même Radio‑Canada, dans un panel que je décrirais comme très prolibéral, a décrit l'approche du comme autoritaire et a décrit la motion no 9 comme un abus de pouvoir. Ce n'est pas rien, venant de cet outil qu'est CBC/Radio‑Canada.
Parlons aussi de la mécanique de la majorité fragile qu'ont les libéraux. Parlons des transfuges. Chaque fois qu'un député a changé d'allégeance pour se joindre aux libéraux, le moment choisi correspondait parfaitement à une pression politique pour le gouvernement libéral. Au moment où les libéraux ont présenté le budget le plus déficitaire de l'histoire du Canada et que les gens attendaient encore des résultats, un député a abandonné ses citoyens et a changé de côté. Au moment où il faisait face à de la pression qui dérangeait concernant de potentiels conflits d'intérêts, les libéraux ont commandé un changement d'allégeance.
Il y a aussi eu un moment où le gouvernement avait besoin de changer la trame narrative. On se rappellera que c'était parce que le s'est promené partout dans le monde, participant à des balados pour rallier l'opinion publique américaine au fait qu'on a encore besoin du Canada et que c'est un allié de force. Le chef de l'opposition s'est promené partout au monde et il a été fortement respecté.
On a dit au chef de l'opposition qu'il avait fait un sans-faute. Les libéraux avaient besoin de changer la trame narrative au sujet de leurs échecs et, hop, il y a eu un transfuge. On nous a dit que c'était une question de conscience et de convictions personnelles. Ce n'est pas une coïncidence, c'est un schéma. C'est manifestement une stratégie.
Je vais expliquer ce que fait la motion no 9 et je vais le faire dans un langage que tout le monde va comprendre, surtout à cette période-ci de l'année. Imaginons que nous sommes au match no 7 des séries éliminatoires. C'est 3-3 dans la série. L'amphithéâtre est plein à craquer. Des millions de personnes au Québec regardent le match. Les bleus sont d'un côté, les rouges sont de l'autre. La troisième période commence. Les arbitres embarquent sur la glace. Que font-ils? Ils se dirigent vers Jon Cooper, font des high five aux joueurs, ont du plaisir avec eux. Ils prennent une petite gorgée dans la gourde de l'équipe. Ils jasent avec Jon, qui pointe des joueurs. Ils prennent des notes. On se demande ce qui se passe. Pire, les commentateurs nous annoncent déjà le résultat final. Les Glorieux mangeraient, selon ces mêmes journalistes, une sérieuse raclée avant même que la troisième période ne commence.
Qu'est-ce qu'on dirait? Est-ce qu'on accepterait le résultat? Est-ce que tout ça nous inspirerait confiance? Est-ce qu'on dirait que c'est un match qui a été honnête? La réponse est non, parce que tout le monde comprend une vérité fondamentale: celui qui est jugé ne peut pas être juge et partie. C'est exactement ce que fait la motion no 9, finalement. Ça habille des libéraux en arbitres, en zébrés très tendancieux.
Nous ne parlons pas de comités abstraits. Nous ne parlons pas de comités qui n'ont rien donné comme résultats. Nous parlons de comités qui ont notamment mis à jour le scandale ArriveCAN. On parle de 59 millions de dollars de fonds publics pour une application qui aurait dû coûter quelques millions, accordés sans appel d'offres à une firme de quatre personnes qui travaillaient dans le sous-sol d'une maison, pas loin du Parlement. Il a fallu neuf enquêtes différentes pour commencer à faire la lumière là-dessus, et c'est dans un comité de surveillance que tout ça a commencé.
L'enquête sur le fonds vert libéral, c'est un comité de surveillance qui a commencé ça. L'enquête sur l'ingérence étrangère dans les élections, c'est un comité de surveillance qui a travaillé là-dessus en premier. Ce sont aussi les comités de surveillance qui ont mis la lumière sur les potentiels conflits d'intérêts du avec notamment la compagnie Brookfield. Si les Canadiens, dans les prochains temps, n'entendent plus parler de scandales, ce n'est pas parce que ces derniers vont avoir cessé, c'est parce que le gouvernement va venir de s'acheter des arbitres.
Je vais dire quelque chose qui va peut-être surprendre mes collègues de l'autre côté de la Chambre. Je comprends la théorie derrière ce qu'ils veulent mettre en place. Traditionnellement, un gouvernement majoritaire détenait la majorité dans les comités. C'est une convention parlementaire, c'est vrai. Si les libéraux, il y a un an, avaient obtenu un mandat clair de la part des Canadiens de faire en sorte que leur plateforme électorale s'accomplisse et que tout le monde était allé voter de manière à avoir un gouvernement majoritaire, je ne serais pas ici en train de débattre aujourd'hui.
Or ce n'est pas ce qui est arrivé. On a élu un gouvernement minoritaire qui s'est construit une majorité artificielle par des transfuges au moment parfait, par une accumulation de financement louche, par des avantages promis, par des voyages, par des potentiels ou réels investissements dans la circonscription. La première chose que ce gouvernement fait avec cette majorité, c'est de verrouiller les mécanismes de surveillance.
Des hommes qui ont bâti notre démocratie bien avant moi l'ont expliqué mieux que moi. John Diefenbaker, 13e premier ministre de l'histoire du Canada, a dit: « [...] la liberté meurt toujours lorsque la critique cesse. » Lester B. Pearson, 14e premier ministre, qui était un libéral, a dit quant à lui que la santé du Parlement reposait sur le droit de l'opposition de s'opposer, d'attaquer et de critiquer. M. Pearson avait compris que la santé de la démocratie dépend d'une opposition qui peut faire son travail. Ce n'est pas une idée conservatrice, mais une idée démocratique. C'est assez simple à comprendre.
Ce que l'opposition demande aujourd'hui est simple et raisonnable. Ça ne coûte rien, sauf pour un gouvernement qui a des choses à cacher. Laisser les libéraux avoir leur majorité dans les comités législatifs, c'est un droit. Nous l'acceptons. Par contre, en ce qui concerne les comités qui ont un mandat exclusif de surveiller le gouvernement, c'est-à-dire le comité des comptes publics, le comité des opérations du gouvernement, le comité de l'éthique, il faut maintenir la composition actuelle. C'est l'équilibre que les Canadiens avaient demandé, l'équilibre qui a permis de faire la lumière sur des conflits d'intérêts du , sur les apparences de conflits, sur les manquements d'application du filtre, sur les fausses récusations qui minent la confiance des Canadiens dans nos institutions. C'est l'amendement que nous proposons, et j'invite chaque député ici à se poser une question: si, dans le futur, un gouvernement dans lequel on n'a pas confiance est élu, voudrait-on avoir les outils pour le surveiller?
La dame que j'ai rencontrée et qui m'a dit que si personne ne surveille les choses, ça va virer croche, elle avait raison. Quand la priorité d'un gouvernement fraîchement majoritaire est de prendre le contrôle de ceux qui le surveillent, je peux dire que cette dame avait raison. Si la motion no 9 est adoptée telle quelle, la prochaine fois que cette dame va avoir raison, personne ne va être capable de le lui dire.
En terminant, l'opposition est là pour plusieurs raisons fondamentales. Nous sommes là pour analyser, pour poser des questions pour ceux qui ne sont pas assis ici, mais qui nous envoient les poser à leur place. Nous sommes là pour les travailleurs de Montmorency—Charlevoix qui paient des taxes et qui veulent savoir de quelle manière leur argent est dépensé. Nous sommes là pour tenir le gouvernement responsable. Je vais dire une dernière chose. Nous sommes ici parce que les Canadiens, de Victoria à Gaspé, méritent un gouvernement qui n'a pas peur de répondre aux questions. Il faut refuser la motion no 9.
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Monsieur le Président, je suis heureuse d'avoir l'occasion de prendre la parole aujourd'hui. C'est toujours un honneur de prendre la parole à la Chambre. Je le fais aujourd'hui dans le cadre d'un débat sur une question clé, soit la motion n
o 9 du gouvernement. Cette motion a pour but d'apporter des changements que l'on pourrait qualifier d'innovants. Ce sont des changements sans précédent qui visent à modifier la composition des comités.
[Traduction]
Nous connaissons le sujet qui nous occupe. Il s'agit sans aucun doute d'un sujet sans précédent, car la situation elle-même est sans précédent. Nous n'avons jamais connu, dans cette enceinte, un changement postélectoral impliquant une modification de la composition des comités sous prétexte que, selon le gouvernement, il y a maintenant plus de députés libéraux qu'il n'y en avait après les élections. Les chiffres ne laissent planer aucun doute. Le résultat, c'est que nous sommes passés d'un gouvernement minoritaire à un gouvernement majoritaire.
Voilà qui me donne l'occasion d'aborder certains principes fondamentaux dont on parle très rarement ici, à savoir les hypothèses qui sont formulées quant à la nature des comités et aux droits des députés. La manière dont cette motion est présentée ne remet pas en cause la notion dont j'ai fait part au dans une lettre que je lui ai adressée après les élections. Je lui ai dit: « N'oubliez pas d'inclure, lorsque vous examinerez la composition des comités, les parlementaires respectés et expérimentés qui se trouvent actuellement dans un parti non reconnu. » Je ne parlais pas de moi ni du Parti vert, mais des sept députés du Nouveau Parti démocratique qui, à ce moment-là, étaient des parlementaires expérimentés et réfléchis ayant tous une bonne expérience des comités.
Nous savions qu'un bon nombre de nouveaux députés allaient faire leur entrée. Nous avons constaté que les comités peuvent parfois être paralysés par des manœuvres d'obstruction, mais ce n'est pas toujours le cas. Il va sans dire qu'il convient d'envisager de nommer aux comités des députés chevronnés ayant une expérience en la matière. Ce n'est toutefois pas là le problème immédiat, compte tenu de la répartition des sièges et de la nécessité de rééquilibrer la représentation pour garantir une majorité libérale au sein des comités. Je me trouve malheureusement dans une situation où je ne peux pas dire ce que le pensait de ma proposition. En effet, bien que j'aie consacré beaucoup de réflexion et d'efforts à cette lettre, je n'ai même pas reçu de réponse de courtoisie, où on m'aurait dit que ma lettre avait été bien reçue et qu'on y répondrait à un moment donné, dès qu'on n'aurait rien de mieux à faire et qu'on pourrait l'envisager.
J'ai mené des recherches pour confirmer ce que je pensais être le cas, à savoir le statut de chaque député. J'ai posé la question l'autre jour au , qui m'a donné raison. Il a dit que, effectivement, les députés sont tous égaux ici et que nous avons tous les mêmes droits. De toute évidence, c'est une sorte de fiction, car notre réalité est quelque peu différente. J'avais plus de droits ici quand j'ai été élue pour la première fois en mai 2011 qu'aujourd'hui.
Comme c'est toujours le cas, les grands partis plus puissants déploient beaucoup d'efforts pour rogner les droits des petits partis. Les partis de petite taille et les partis de l'opposition s'efforcent de torpiller ce que le grand parti souhaite accomplir lorsqu'il est au pouvoir. C'est un cycle sans fin, et ce n'est pas vraiment bon pour la démocratie. Ce n'est pas non plus ce qui arrive dans d'autres régimes parlementaires de Westminster dans le monde.
Je vais maintenant prendre un peu de temps pour passer en revue les règles concernant les partis reconnus. Qu'est-ce que ça signifie d'être membre d'un parti reconnu? Quels sont les droits de ces membres? Avant d'écrire ma lettre au , j'ai communiqué avec le greffier pour vérifier si mes informations étaient exactes. Je voulais simplement m'assurer que rien n'a changé dans nos règles. En 1963, le Parlement a édicté une loi qui a créé le concept de parti reconnu. De manière tout à fait désintéressée, les députés des grands partis ont décidé que les grands partis devraient de plein droit disposer de fonds pour soutenir leur travail au Parlement. Comme les grands partis ont tellement plus de travail que les petits — si on en croit cette fiction — leurs députés ont besoin de fonds publics pour faire leur travail au Parlement. C'est ce que disent les dispositions sur les partis reconnus de 1963, qui sont restées inchangées. On dit que les partis qui ont 12 députés reçoivent des fonds, rien de plus. On ne dit nulle part que si un parti compte moins de 12 députés, il ne peut pas poser autant de questions à la période des questions. On ne dit nulle part que les partis qui comptent moins de 12 députés n'ont pas le droit de contribuer à part entière à un comité permanent.
J'ai vérifié auprès du greffier. Je lui ai fait remarquer — et j'espère qu'il ne m'en voudra pas de rapporter cette conversation, car je ne pense pas qu'elle ait été particulièrement confidentielle — que c'est une très mauvaise habitude que de prétendre que la députée de Saanich—Gulf Islands ne peut siéger à aucun comité et qu'elle n'a droit qu'à une seule question par semaine à la fin de la période des questions, etc. Cela ne relève pas des règles reconnues régissant les partis. C'est une mauvaise habitude. Le greffier l'a formulé en termes plus parlementaires: c'est une pratique de longue date. Autrement dit, je n'avais pas tort. Il n'existe aucune loi ni aucune règle stipulant que les députés, quelle que soit la taille de leur parti, ne peuvent pas être membres à part entière d'un comité permanent. Cela n'enfreint aucune règle. Cela n'enfreint aucune loi. Cela repose simplement sur une pratique de longue date. Cependant, cela correspond tout à fait à notre belle fiction selon laquelle tous les députés sont égaux entre eux et que le premier ministre n'est que primus inter pares, le premier parmi ses pairs.
Nous savons que, quand la règle des partis reconnus a été créée, elle a créé deux catégories de députés. La première est celle des grands partis reconnus. Pour les citoyens qui regardent peut-être cette discussion, dès qu'on a 12 députés, on reçoit environ 1 million de dollars supplémentaires du budget du Parlement pour faire son travail parlementaire. Il y a eu des cas, et je ne dirai pas de qui il s'agit, où des partis ont utilisé l'argent reçu et destiné à du travail parlementaire de manière tout à fait inappropriée — et je dirais même illégale — à des fins partisanes. Cependant, il s'agit d'une question distincte. L'argent est la seule raison d'être des dispositions de 1963 sur les partis reconnus. Le droit de participer aux travaux des comités n'en fait pas partie, pas plus que le droit de participer à la période des questions, et cetera.
Nous en venons ensuite à ceci: cette pratique est-elle répandue dans la démocratie parlementaire de Westminster? À quel point cette idée canadienne sur les partis reconnus a-t-elle fait son chemin? La réponse est que cette idée n'est allée nulle part. Nous sommes la seule démocratie parlementaire fondée sur le modèle de Westminster à avoir créé l'idée qu'il y a deux catégories, que les députés des grands partis ou leur parti reçoivent de l'argent…
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Monsieur le Président, ce dont je parle est tout à fait lié à la motion dont nous sommes saisis. Ce qui sous‑tend la motion du gouvernement, c'est l'idée qu'il ne fallait même pas envisager d'attribuer des sièges au comité à des députés du Nouveau Parti démocratique ou du Parti vert, ou à des députés qui siègent comme indépendants. Aucune règle ne l'interdit. Si je leur faisais passer un examen surprise, je pense que la plupart des députés seraient surpris d'apprendre que nous sommes la seule démocratie parlementaire fondée sur le modèle de Westminster qui utilise le concept de parti reconnu.
Par ailleurs, lorsqu'on analyse les résultats d'une élection, le principe de la proportionnalité — qui constitue le cœur de la position du gouvernement dans la motion no 9, compte tenu de sa majorité à la Chambre — devrait guider la composition des comités. Celle-ci devrait refléter le vote populaire. Autrement dit, le nombre de sièges devrait correspondre au nombre de suffrages obtenus, afin que chaque comité soit le miroir de la Chambre. À mon avis, il aurait été pertinent de tenir compte de la part d'électeurs, qui représente environ 8 % des Canadiens, qui n'ont pas voté pour un parti reconnu, un élément que les libéraux semblent avoir négligé. Les libéraux auraient pu, et selon moi ils auraient dû, intégrer cette représentation dans la composition des comités lorsqu'ils ont présenté la motion no 9.
Comme je l'ai dit, j'ai écrit au au tout début de son mandat pour aborder la question de la composition des comités. J'ai souligné l'importance d'un fonctionnement efficace des comités et la pertinence de reconnaître comme membres à part entière des parlementaires expérimentés issus de tous les partis, une pratique conforme aux règles et plus fidèle aux principes du modèle de Westminster.
[Français]
Nous sommes égaux, et chacune et chacun d'entre nous dispose des mêmes droits, des mêmes pouvoirs et des mêmes outils pour trouver des solutions pour les Canadiens et les Canadiennes.
[Traduction]
Pour mon intervention au sujet de cette motion, il est en effet important et tout à fait pertinent de souligner que la loi sur les partis politiques a été mal interprétée pendant plusieurs décennies, et que le moment est venu, alors que nous traversons cette transition sans précédent, de revenir aux principes fondamentaux de la Chambre des communes. C'est la raison pour laquelle le fait qu'une personne élue sous la bannière conservatrice décide de siéger avec le Parti libéral ne constitue pas une infraction aux règles parlementaires, pas plus que ce ne l'était pour un député libéral issu du très éphémère Cabinet de Paul Martin. On peut penser à David Emerson. Il avait été élu sous la bannière libérale, et lorsque l'ancien premier ministre Stephen Harper a fait prêter serment à son nouveau conseil des ministres, tout le monde est resté bouche bée quand les limousines se sont arrêtées devant Rideau Hall et que le célèbre libéral David Emerson est descendu de l'une d'elles pour prêter serment en tant que membre du Cabinet Harper.
C'est un problème récurrent au Parlement. C'est vraiment gênant, car la plupart des gens ont la mémoire courte et oublient à quel point ils prêtent flanc à la critique. C'est carrément la poêle qui se moque du chaudron. On peut dire beaucoup de choses sur les changements d'allégeance, mais ce n'est pas contraire à nos règles, et ce n'est certainement pas une surprise, du moins, pas pour le camp qui reçoit le transfuge. J'ai perdu une amie très chère. Elle reste une amie, mais j'ai perdu une amie quand la députée de , élue sous la bannière des Verts, est allée siéger avec les libéraux. Je n'ai jamais rien dit de méchant ou de désagréable à son sujet. Elle avait ses raisons.
Dans le système de démocratie parlementaire fondé sur le modèle de Westminster, les candidats proposés ne sont pas de simples personnages en carton qui sont munis d'un bouton pour lancer la fameuse cassette et qui représentent leur chef étant donné qu'il ne peut pas être partout en même temps. Je parle comme dans l'ancien temps. Je suis certaine que, avec tous les réseaux sociaux et avec l'intelligence artificielle, nous pourrions créer un hologramme des chefs de parti qui accompagnerait tous les candidats et qui semblerait parler à ses concitoyens. Bref, ce que je veux dire, c'est que les députés se présentent à titre individuel. Ils sont élus dans leur circonscription par leurs concitoyens, et le seul endroit où on peut trouver une description des fonctions de député — puisqu'il n'existe pas de vraie description de poste —, c'est dans la Constitution. Tout ce qu'on peut y lire, c'est que les députés représentent des circonscriptions.
Pour en revenir à la motion no 9, ce que nous faisons ici n'est pas une grande surprise, mais je pense qu'un certain nombre de députés de l'opposition ont présenté des arguments convaincants expliquant pourquoi ce n'est pas une bonne idée et pourquoi cette motion créerait un précédent, un précédent que les libéraux pourraient regretter dans l'avenir. J'ai trouvé l'argument de la députée de particulièrement convaincant.
[Français]
La députée de a présenté des données supplémentaires dans le cadre du débat d'aujourd'hui. Elle a fait des recherches et présenté des éléments de preuve démontrant que les comités n'ont pas un grand bilan en matière de création d'obstacles.
[Traduction]
La députée de a souligné, preuves à l'appui, que ces dernières années, les comités parlementaires ne bloquent pas les projets de loi du gouvernement. Parfois, ce sont même les libéraux, alors qu'ils contrôlaient le Parlement, qui ont fait obstruction à leurs propres projets de loi. En fait, juste avant les dernières élections, nous avons connu une longue période pendant laquelle toute la Chambre des communes était paralysée par une motion conservatrice sur une question de privilège devant un comité. Tous ceux d'entre nous qui étaient présents à l'époque s'en souviendront comme d'une sorte de version longue et pénible du jour de la marmotte. Chaque jour, nous débattions de la même chose, et chaque fois que les conservateurs amendaient leur propre motion, ils remettaient les compteurs à zéro et chaque député conservateur pouvait s'exprimer sur le même sujet encore et encore. Par conséquent, le fait de faire obstruction à sa propre motion n'est pas sans précédent. Faire obstruction en comité, même pour son propre projet de loi, n'est pas sans précédent.
Les comités doivent bien fonctionner, et pour que ce soit possible, il faut qu'il règne en cette enceinte un climat de confiance et de respect. Depuis ma première élection, j'ai vu ce climat se détériorer. Or, une des choses qui sapent la confiance et le respect dans cette enceinte, c'est quand les députés se font bousculer par le parti qui a le plus de pouvoir. Soit dit en passant, j'ai moi-même été bousculée davantage depuis les élections générales du 28 avril, en tant que députée du Parti vert. Je ressens une sorte de douleur physique due à la manière dont on a forcé l'adoption du projet de loi avec le soutien total du Parti conservateur, sans obstruction et sans interférence avec le programme du gouvernement libéral. Les choses avançaient dans un climat de grande coopération, sauf pour ceux d'entre nous qui s'y opposaient, et, comme je l'ai dit, ceux d'entre nous qui n'appartiennent pas à un parti reconnu ont aujourd'hui moins de droits que je n'en avais lorsque j'ai été élue en 2011. En effet, je ne peux plus me joindre à quatre autres députés pour réclamer un vote par appel nominal, ce que je pouvais faire de 2011 jusqu'à l'éclosion de COVID.
Je sais que le débat prendra fin très bientôt. Je ne veux pas utiliser tout le temps qui m'est alloué, car je pense avoir présenté mes arguments assez clairement à ce stade-ci. Je demande et je souhaite que, lorsque nous nous pencherons de nouveau sur cette question, le comité de la procédure soit chargé de se pencher sur la composition des comités. J'espère que nous mènerons une étude en bonne et due forme et que nous discuterons des raisons pour lesquelles nous avons mal interprété les règles concernant les partis reconnus à un point tel qu'il y a deux poids, deux mesures. Tout cela devient très orwellien. Tous les députés sont égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres.
Sur ce, j'exhorte la Chambre à rejeter la motion dont nous sommes saisis et à tenter, si possible, de ne pas prôner la loi du plus fort ou de la majorité, mais de mener des discussions et une étude en bonne et due forme afin de respecter la démocratie et les gens qui nous ont envoyés ici.
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Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec le député de .
Lors de mon premier discours, à mon arrivée dans cette auguste enceinte, j'ai déclaré que mon siège ne m'appartenait pas. En effet, il appartient aux habitants de la circonscription d'Elgin—St. Thomas—London‑Sud. J’en suis simplement le gardien. Je veux dire que le Parlement lui-même, la Chambre des communes et les institutions sont plus grands que n’importe lequel d’entre nous en tant qu’individu. Ils sont plus grands que nous tous, même si on nous considère collectivement. Les institutions sont plus importantes. La Chambre compte davantage que les ambitions politiques, les motivations et les décisions des personnes qui ont la chance de siéger ici après chaque élection.
J'ai toujours voué un profond respect à cette institution. En effet, elle m'a toujours fasciné. Même à l'époque de mes études universitaires, où j'étais engagé en politique, j'adorais participer à des simulations de parlement, qui m'offraient l'occasion d'approfondir mes connaissances. C'est peut-être pour cela que je n'ai jamais été réprimandé pour ne pas avoir adressé mes observations à la présidence ou pour ne pas avoir respecté certaines autres conventions: j'étudie l'histoire parlementaire depuis longtemps.
Je me suis senti honoré le jour où j'ai mis les pieds dans cette enceinte pour la première fois, et c'est toujours un immense honneur d'être ici.
Dans la même veine, il est désolant de voir à quel point, pour le gouvernement libéral et plus particulièrement pour le , le Parlement n'est qu'une nuisance. Nous avons constaté qu'il connaît très mal la Chambre. Le premier ministre a un taux de présence à la période des questions largement inférieur à celui de ses prédécesseurs. Il adore « faire de l'esbroufe », pour utiliser une expression qu'il aime bien, avec de faux décrets qui n'ont aucune valeur juridique dans notre pays. Il fait tout sauf être présent à la Chambre pour gouverner.
Gouverner à la Chambre, c'est rendre des comptes au Parlement, qui est l'instance collective représentant la volonté du peuple canadien. Le Parlement regroupe les gardiens de la Chambre, qui sont envoyés ici avec des mandats très semblables, que leurs circonscriptions et leurs concitoyens respectifs leur ont confiés. Cependant, nous constatons dans la motion dont nous sommes saisis aujourd'hui que le gouvernement ne croit pas pouvoir gagner la partie, pour ainsi dire, alors il change les règles du jeu. Il change les règles pour mener à bien ses ambitions politiques, sans égard à la volonté des Canadiens, aux normes, aux conventions et aux traditions de la Chambre.
Tout le monde ici devrait savoir qu'en réalité, les Canadiens n'élisent pas un gouvernement; ils élisent un Parlement. Demain marquera le premier anniversaire de mon élection par les Canadiens, ainsi que celle de mes collègues de tous les partis. Les Canadiens ont élu un Parlement où le gouvernement est minoritaire. Le message qu'ils ont envoyé, c'est qu'ils étaient prêts à accorder un quatrième mandat aux libéraux. Je me demande bien pourquoi. Cependant, même s'ils étaient prêts à accorder un quatrième mandat aux libéraux, les Canadiens voulaient que leur pouvoir soit contrebalancé par une opposition forte et robuste.
Mes collègues conservateurs et moi-même avons respecté notre engagement en tant qu'opposition loyale de Sa Majesté. Nous avons appuyé et amélioré des mesures législatives comme le projet de loi , le projet de loi et le projet de loi , qui est en cours d'examen par le comité de la justice en ce moment même. Nous nous sommes opposés à des projets de loi dangereux, comme les projets de loi et , que les libéraux voulaient faire adopter sans examen ni reddition de comptes. Nous avons collaboré au-delà des divisions partisanes. Nous avons représenté la volonté des Canadiens qui nous ont élus pour défendre les valeurs de la liberté, de la responsabilité individuelle et de la discipline budgétaire. Je parle de ceux d'entre nous qui siègent du côté conservateur.
Cependant, ce que nous avons vu au cours de la dernière année, c'est que, lorsque les libéraux n'obtiennent pas ce qu'ils veulent, ils crient à l'obstruction. L'opposition n'est pas de l'obstruction. Nous l'avons vu dans un contexte de gouvernement minoritaire. Je me souviens de l'époque où Stephen Harper et les conservateurs étaient en situation de gouvernement minoritaire, il y a quelques années à peine. Dans ce genre de situation, le gouvernement doit trouver des partenaires, en quelque sorte, et chercher à obtenir la collaboration des partis de l'opposition. Tenir les partis de l'opposition en otage pour qu'ils appuient de mauvais projets de loi — comme le gouvernement libéral a tenté de le faire — n'est pas le genre de chose qu'un gouvernement minoritaire devrait faire.
Dans ce genre de collaboration, nous avons vu, particulièrement aux comités, une situation où le Bloc détenait la balance du pouvoir. J'ai vu des votes où l'appui des bloquistes et des conservateurs a suffi à faire adopter une motion contre la volonté des libéraux. J'ai vu des députés libéraux et bloquistes adopter des motions contre la volonté des conservateurs. À une rare occasion, j'ai peut-être même vu les libéraux et les conservateurs voter ensemble, et le Bloc faire cavalier seul.
Même lorsque nous avons perdu un vote, aussi frustrant que cela puisse être, je suis réconforté par le fait que les libéraux ont été obligés de coopérer avec quelqu'un. Il y avait un contrepoids, aussi modeste soit-il, à leur pouvoir. Aujourd'hui, les libéraux cherchent à s'assurer un véritable chèque en blanc législatif en modifiant la composition des comités parlementaires de manière à refléter leur majorité moralement illégitime. Je dis majorité illégitime parce qu'elle n'a pas été formée par la volonté démocratique des Canadiens, mais par le , qui a envoyé ses ministres courtiser des députés de l'opposition sans scrupules et sans vergogne qui ont aussi peu d'estime pour la volonté du peuple canadien que les libéraux.
Cette majorité moralement illégitime est la conséquence de ce qu'ils cherchent maintenant à ratifier en pipant les dés dans les comités. Les comités ne sont pas la propriété du gouvernement. Ils sont créés par le Parlement. À bien des égards, c'est là que le vrai travail se fait, que les études minutieuses peuvent avoir lieu, que des amendements peuvent être apportés et que de véritables débats vigoureux sur les mérites ou le manque de mérite d'un projet de loi ont lieu.
Si le gouvernement peut fabriquer une majorité à sa guise, l'examen minutieux n'est qu'une chorégraphie. Ils cherchent à ce qu'il n'y ait pas de contrepoids à leur pouvoir et à ne pas soumettre leurs projets de loi à un examen, mais plutôt à faire approuver sans discussion tout ce qu'ils veulent faire.
Cela me rappelle une citation de John Diefenbaker. En avril 1957, à l'occasion d'un discours au Massey Hall, à Toronto, et il a dit: « La souveraineté du peuple est déléguée au Parlement, et non à l'exécutif. »
Le pourrait apprendre beaucoup de choses de John Diefenbaker. L'une d'elles, c'est que le gouvernement doit rendre des comptes, et non exercer un contrôle. Une autre, c'est que l'examen parlementaire doit être accueilli favorablement et non méprisé. Pour comprendre que les libéraux ne s'intéressent ni à la reddition de comptes ni à la collaboration, il suffit de voir comment ils ont rejeté notre modeste amendement à la motion dont nous débattons aujourd'hui, qui aurait préservé le statu quo en ce qui concerne les comités de surveillance comme ceux de l'éthique, des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires, entre autres, c'est-à-dire les comités qui ne sont pas chargés d'examiner les projets de loi, mais de surveiller le gouvernement.
Je pense que les raisons pour lesquelles les libéraux ne veulent pas céder le contrôle d'un comité chargé de l'éthique deviennent de plus en plus évidentes. Elles sont précisément liées à ce que nous constatons: un gouvernement qui ne veut pas débattre au Parlement, un qui méprise cette institution et un gouvernement qui ne veut pas débattre d'un sujet qui semble indigne de lui, comme prendre en considération et protéger la volonté de la population canadienne dans la mise en œuvre de son programme législatif.
La motion dont nous sommes saisis aujourd'hui, à laquelle je m'opposerai, ne renforce pas le Parlement. Il le met de côté. C'est une chose que tous les députés devraient rejeter.
Je reviens sur ma remarque de tout à l'heure sur les libéraux qui invoquent l'obstruction comme argument. Nous avons accepté une grande partie de leurs demandes quand ils sollicitaient la permission de prendre des mesures nécessaires à l'édification du pays. Le projet de loi en est un bon exemple. Ils ont dit qu'ils voulaient un organisme gigantesque et doté d'un large pouvoir qui approuverait les grands projets. Nous avons répondu que nous aimerions voir de grands projets. Nous leur avons donné la permission de créer l'organisme et son cadre. Pourtant, aucun grand projet n'a été réalisé. Voilà où nous en sommes un an plus tard. Le gouvernement libéral a fait beaucoup de belles promesses, mais il a réalisé peu de choses.
Le seul mécanisme capable de garantir que le Parlement respecte la volonté des citoyens était la structure des comités, qui forcerait les députés de l'opposition et les députés ministériels à collaborer, ce que les libéraux prétendaient vouloir pendant tout ce temps-là. Or, aujourd'hui, ils montrent leur jeu avec la motion. Ce n'est pas de la collaboration ni de la coopération qu'ils veulent, mais une capitulation. Pour nous, c'est non.
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Monsieur le Président, j'ai été pendu aux lèvres de mon collègue durant son discours. Je n'en reviens jamais de tout ce que les libéraux sont prêts à faire pour s'arroger du pouvoir. C'est comme ça depuis toujours.
Il y a une chose où je leur lève cependant mon chapeau: leur capacité, lorsqu'ils prennent le pouvoir, à s'approprier le mérite de ne rien accomplir du tout. Ils sont sans conteste des maîtres de l'illusion. Jamais un gouvernement ne s'est fait lancer autant de fleurs pour aussi peu de réalisations. Je dirais d'ailleurs que d'en faire peu serait probablement une amélioration puisque, dans certains cas, le gouvernement a fait perdre du terrain aux Canadiens.
L'actuel a mené sa dernière campagne sous le thème des grandes promesses. Je pense que nous nous rappelons tous les grandes promesses d'annuler l'ère Trudeau afin de provoquer un regain de prospérité et d'espoir pour les Canadiens. Il a expliqué en long et en large qu'il annulerait les politiques de son prédécesseur, en disant que le Parti libéral n'était plus le même qu'avant et que lui proposerait une nouvelle vision pour le Canada. Il a dit qu'il renverserait la vapeur par rapport à l'hostilité au développement de l'ère Trudeau et qu'il présiderait à la construction d'infrastructures au pays afin de stimuler les exportations vers de nouveaux marchés. En particulier, il a dit qu'il approuverait et qu'il ferait construire des pipelines et des infrastructures portuaires afin que les produits canadiens soient acheminés jusqu'à des endroits où il n'y en avait jamais eu avant.
Il a dit: « Nous devrons faire des choses que l'on croyait impossibles à une vitesse inédite depuis des générations. » Il a promis qu'il allait rendre la vie abordable et faire baisser le prix des aliments et des maisons. Il a demandé à être jugé en fonction des prix à l'épicerie. Il a affirmé qu'il conclurait avec Trump un accord commercial avantageux au plus tard le 21 juillet. Je tiens à souligner que quand il a fait cette promesse, il parlait du 21 juillet 2025, il y a près d'un an.
Il a dit qu'il conclurait de nouveaux accords commerciaux et qu'il diversifierait nos relations commerciales. Aujourd'hui, un an plus tard, absolument rien n'a été fait. Il n'y a pas de nouveaux pipelines, pas de nouvelles infrastructures qui ont même été proposées, et les lois anti-développement de Trudeau sont encore toutes en vigueur. Malheureusement, il a aggravé la situation. Il a ajouté des formalités administratives et d'autres obstacles bureaucratiques.
Lorsque nous comparons la situation actuelle à ce qu'elle était il y a un an, nous devons comparer avec nos partenaires à l'étranger. Parmi les pays du G7, le Canada se classe au dernier rang pour ce qui est de l'endettement des ménages, de l'inflation alimentaire et du coût du logement. Le Canada est actuellement le seul pays où l'économie se contracte, et il se classe à l'avant-dernier rang des pays du G7 sur le plan du chômage.
Avec cette motion que le a présentée à la Chambre, les libéraux prennent des mesures sans précédent pour transformer insidieusement le gouvernement à leur avantage et faire en sorte que toute la reddition de comptes à laquelle les Canadiens ont droit soit balayée sous le tapis. Ils savent qu'ils n'ont pas tenu les promesses qu'ils avaient faites aux Canadiens, et ils savent qu'en truquant la composition des comités et en s'assurant d'y détenir la majorité, toutes ces questions gênantes disparaîtront. Il s'agit clairement d'une tentative des libéraux de truquer les cartes.
Je tiens à souligner le caractère flagrant de cette manipulation. Je pense qu'il est important que les Canadiens comprennent la très concrète atteinte à leurs droits démocratiques qui se joue présentement.
Les libéraux ont remporté les dernières élections avec 43,76 % des voix, ce qui leur a donné 49,27 % des sièges à la Chambre des communes, et ils étaient déjà surreprésentés par rapport à ce pour quoi les Canadiens avaient voté, mais c'est ainsi que notre système fonctionne. Après les changements d'allégeance, les libéraux ont maintenant 51,4 % des sièges. Encore une fois, n'oublions pas que c'est la première fois au Canada qu'un accorde des faveurs à des personnes pour qu'elles changent leur allégeance politique, de manière à passer d'un gouvernement minoritaire à un gouvernement majoritaire. Les libéraux ont maintenant 51,4 % des sièges à la Chambre des communes, mais la motion no 9 leur donnerait 58 % des sièges aux comités.
On a dit aux Canadiens que le véritable travail de la Chambre des communes se fait au sein des comités. Ce sont les comités qui entrent dans le vif du sujet, vont au fond des choses et lèvent le voile sur la réalité de la situation. De toute évidence, à la Chambre, il y a souvent des discours dramatiques et pas mal de joutes oratoires, mais dans les comités, les parlementaires peuvent, au nom de leurs concitoyens, examiner les questions en profondeur pour comprendre ce qui se passe.
Toutefois, en raison de la mesure sans précédent que proposent actuellement les libéraux, ceux‑ci passeraient d'un peu moins de 44 % du vote populaire à 58 % des sièges au sein des comités, là où s'effectue le véritable travail du Parlement. Autrement dit, puisque 5 députés ont traversé le parquet, les libéraux estiment désormais avoir droit à 52 nouveaux sièges au sein des comités permanents de la Chambre des communes.
Les médias ont relevé la situation. Andrew Coyne a notamment déclaré au sujet du premier ministre: « Il s'agit d'un gouvernement et d'un premier ministre aux visées on ne peut plus autocratiques. » Par ailleurs, Althia Raj, qui a également été citée sur les ondes de CBC, a déclaré: « Le premier ministre a indéniablement un côté autoritaire. »
Même des médias de CBC ont réagi avec stupeur et indignation devant la conduite du . À un moment où les Canadiens ont désespérément besoin d'une plus grande reddition de comptes à la Chambre des communes, les libéraux chercheraient plutôt à la réduire par cette motion.
Lorsqu'on revient sur les scandales passés associés à Justin Trudeau, on constate que le scandale de l'organisme UNIS a été entièrement mis au jour grâce au travail des comités. De même, l'affaire SNC‑Lavalin a révélé tous les efforts du premier ministre de l'époque pour s'immiscer dans un processus judiciaire, une situation qui a été pleinement exposée par les travaux d'un comité permanent. C'est aussi le travail d'un comité permanent qui a permis de faire toute la lumière sur la controverse de la caisse noire environnementale, ainsi que sur le scandale de l'application ArnaqueCAN.
C'est ce que les libéraux veulent empêcher en ce moment, car ils refusent de laisser des témoins comparaître devant les comités, comme Margaret McCuaig-Johnston, qui a dénoncé les conditions de travail des employés des fabricants chinois de véhicules électriques que le gouvernement veut importer au Canada.
Les libéraux font actuellement de l'obstruction au comité de l'éthique pour que les questions dont celui-ci est saisi ne fassent jamais l'objet d'un examen. Ils font également de l'obstruction au comité des pêches et des océans pour que ces scandales ne soient jamais rendus publics. Ils font également de l'obstruction au comité de la santé pour empêcher que le scandale de PrescripTIon soit mis au jour. Au comité des transports, les libéraux font obstruction à une motion du Bloc, qui est appuyée par les conservateurs et qui vise à forcer les libéraux à produire des documents. Les libéraux font actuellement de l'obstruction au comité des ressources humaines.
Les libéraux emploient tous les moyens, dont cette motion, pour que ces scandales ne soient pas mis au jour. Nous continuerons à nous y opposer farouchement.
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Monsieur le Président, je suis heureuse de prendre la parole aujourd'hui pour participer à cette discussion. C'est avec plaisir que je partagerai mon temps de parole avec l'excellent député de .
Je suis particulièrement ravie de prendre la parole aujourd'hui au sujet de la motion no 9 du gouvernement, qui porte sur la composition des comités. Tous les députés comprennent le rôle essentiel que jouent les comités dans notre système parlementaire. En effet, c'est dans les comités que la partie difficile du travail législatif est accomplie: on y examine les projets de loi, on y propose des amendements et on y prend en considération divers points de vue. Ce travail permet d'améliorer les projets de loi avant de les renvoyer à la Chambre.
Les comités sont également un endroit où l'on étudie des questions importantes pour les Canadiens. En effet, c'est là que la partie difficile du travail législatif est accomplie: on y examine les projets de loi, on y propose des amendements et on y prend en considération divers points de vue. Ce travail permet d'améliorer les projets de loi avant de les renvoyer à la Chambre. On y invite des témoins à comparaître pour qu'ils offrent leurs points de vue. Des ministres y sont convoqués pour défendre et expliquer leurs actions et rendre des comptes. Ce système est de la plus haute importance pour le bon fonctionnement de la démocratie.
En tant que présidente du comité du commerce international, je peux dire que de nombreux témoins ont comparu devant nous pour nous faire part de leurs réflexions judicieuses sur les défis auxquels ils sont confrontés dans le nouvel ordre mondial caractérisé par les droits de douane.
Rien dans la motion dont nous débattons aujourd'hui ne changerait quoi que ce soit à ce chapitre. Les comités continueraient de s'acquitter de leurs fonctions importantes. Les ministres continueraient de comparaître pour répondre aux questions et défendre leurs actions, et le budget des dépenses continuerait d'être étudié. Les comités conserveraient tous les pouvoirs dont ils disposent actuellement et ils seraient libres d'étudier tout ce qui relève de leur mandat.
Cette motion a un objectif: maintenir la tradition de longue date du Parlement selon laquelle le parti qui détient la majorité des sièges à la Chambre des communes détient également la majorité des sièges aux comités. J'entame ma 26e année à la Chambre, et il en a toujours été ainsi. Quel que soit le parti au pouvoir, il peut obtenir le nombre de sièges supplémentaires qu'il souhaite.
Les députés de ce côté-ci de la Chambre ne sont pas les seuls à le dire. Il s'agit d'une tradition reconnue dans notre système. À la page 819 de La procédure et les usages de la Chambre des communes, première édition, on peut lire ceci: « Lorsque le parti au pouvoir est majoritaire à la Chambre, il a aussi la majorité dans tous les comités de la Chambre. » Ce n'est pas quelque chose que le a inventé en fin de semaine dernière et qu'il a décidé de faire aujourd'hui. La pratique est indiquée très clairement à la page 819.
De plus, on peut lire ce qui suit à la page 790 de la quatrième édition de La procédure et les usages de la Chambre des communes: « La composition des comités est proportionnelle à la représentation des partis reconnus à la Chambre. » Par conséquent, la motion dont nous débattons aujourd'hui est tout à fait conforme aux traditions de la Chambre.
Il est également important de parler de la façon dont le gouvernement a proposé d'apporter des changements aux comités. Il aurait pu examiner les chiffres du gouvernement majoritaire précédent et reprendre cette approche. Pour ce faire, il aurait fallu retirer des députés de l'opposition officielle des comités. Le gouvernement a choisi de ne pas le faire et a plutôt adopté une approche inclusive et collaborative, la même approche que nous avons utilisée au cours de la dernière année et qui nous a permis d'avoir du succès en travaillant tous ensemble.
Le a dit clairement que le gouvernement a l'intention de travailler en collaboration avec tous les députés. Le premier ministre a déclaré: « Nous sommes tout à fait déterminés à travailler avec le Parlement, à faire adopter les projets de loi, à les modifier lorsqu'ils doivent l'être, lorsqu'ils peuvent être améliorés après des discussions au Parlement ou lorsque nous devons faire des compromis pour y parvenir. Nous en avons fait la preuve. Nous l'avons toujours démontré. »
Le gouvernement avait la possibilité de retirer des députés de l'opposition officielle des comités, comme je l'ai mentionné, mais il a choisi de ne pas procéder ainsi, car nous voulons réellement travailler de façon constructive avec tous les députés. Le gouvernement a adopté une approche différente. La motion dont nous débattons ne ferait qu'ajouter des députés du parti au pouvoir aux comités pour veiller à ce que le parti ayant la majorité des sièges à la Chambre des communes ait aussi la majorité des sièges aux comités parlementaires. C'est aussi simple que cela.
Les changements proposés dans la motion correspondent au fonctionnement de la Chambre des communes. Plus précisément, la composition des comités garantirait que le gouvernement soit majoritaire et que les présidents des comités n'aient pas à voter en cas d'égalité des voix. La motion a été rédigée de cette façon pour refléter la situation actuelle à la Chambre, où le nombre de députés est tel que le Président n'a pas non plus besoin de voter pour briser l'égalité.
Il est indéniable que la composition de la Chambre des communes a changé depuis la formation des comités. Le gouvernement est passé d'un gouvernement minoritaire à un gouvernement majoritaire. Les conservateurs continuent de débattre de la manière dont cela s'est produit, mais cela ne change rien au fait que cela s'est produit. En conséquence, le gouvernement a le devoir de veiller à ce que la composition des comités reflète cette réalité.
Comme ce changement s'est produit en cours de législature, le gouvernement a adopté une approche responsable et constructive afin de permettre à tous les députés de l'opposition officielle de conserver leur siège au sein des comités. Nous reconnaissons le rôle que ces députés jouent au sein des comités. Nous respectons l'expertise qu'ils ont acquise et qu'ils apportent au débat. Tout comme nous voulons bâtir un Canada fort, nous avons choisi l'addition plutôt que la soustraction dans notre approche.
Je pense qu'il convient également de souligner que, si un gouvernement passait d'une majorité à une minorité, l'opposition exigerait que les comités reflètent également cette réalité. La motion dont nous débattons aujourd'hui constitue donc une réponse raisonnable et responsable à un changement dans la composition de la Chambre des communes. Le gouvernement est passé d'une minorité à une majorité, et la motion garantirait simplement que cela se reflète également au sein des comités, comme cela a toujours été le cas.
En tant que députée, j'accorde une grande importance à la diversité des points de vue que tous les députés apportent à leur travail. Le Canada est un pays immense, diversifié et magnifique. Les politiques ont des répercussions différentes selon l'endroit où vivent les gens. En nous réunissant pour débattre des questions d'actualité, nous bénéficions tous du point de vue des autres. C'est particulièrement vrai dans le cadre de notre travail au sein des comités. Grâce aux différents points de vue, les projets de loi sont améliorés. Certaines questions sont étudiées parce que des députés d'une région particulière du pays les jugent importantes. Tout cela se poursuivrait après l'adoption de la motion. Les comités continueraient à faire le gros du travail du Parlement et veilleraient à ce que tous les points de vue soient entendus.
J'ai hâte de poursuivre le travail important que nous accomplissons tous au sein des comités et je continuerai de collaborer avec les députés de toutes les allégeances politiques pour bâtir un Canada fort. Notre pays traverse une période difficile en ce moment et je suis heureuse d'avoir l'occasion de prendre la parole au sujet de la présente motion.
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Monsieur le Président, je tiens à remercier ma collègue de Humber River—Black Creek pour les 26 années où elle a siégé à la Chambre, son mentorat et son amitié. Le discours qu'elle a prononcé aujourd'hui était excellent. Elle incarne la tradition parlementaire et un programme très progressiste pour sa collectivité qu'elle a, je le sais, défendus tout au long de sa carrière. Je suis très fier de la compter parmi mes amies.
Après six ans et demi à la Chambre, c'est un honneur pour moi de prendre la parole aujourd'hui au sujet de la motion no 9 du gouvernement. Je dis six ans et demi parce que, depuis 2019, j'ai toujours siégé au sein d'un gouvernement minoritaire. C'est un immense honneur pour moi de prendre la parole aujourd'hui alors que le gouvernement a obtenu la majorité, que ce soit grâce à des transfuges ou à des victoires lors d'élections partielles. Néanmoins, comme ma collègue l'a mentionné précédemment, cela ne change rien au fait que notre gouvernement détient désormais 174 sièges à la Chambre, ce qui représente clairement la majorité des sièges.
Avant de passer à la motion dont nous sommes saisis, j'aimerais parler un instant du rôle central que jouent les comités dans notre système parlementaire. Les Canadiens peuvent nous regarder tous les jours ici, à la Chambre des communes. Ils nous regardent débattre âprement de projets de loi importants. Ils voient les efforts que nous déployons, en posant des questions et en ayant de vigoureux échanges d'idées et de points de vue, pour faire adopter les projets de loi et faire en sorte que les mesures législatives soient examinées comme il se doit. Je sais que ce processus peut parfois être pénible, mais je crois que nous en sortons tous meilleurs.
Cela dit, il y a une étape du processus législatif parlementaire qui permet aux Canadiens de s'asseoir en face de nous et de nous faire profiter de leur vaste expérience dans une foule de domaines. Il s'agit de l'étude en comité.
J'ai siégé au comité de l'industrie, au comité des finances, au comité de la procédure et des affaires de la Chambre, au comité de l'agriculture et de l'agroalimentaire, au comité de la science et de la recherche et au comité des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées, qui est un excellent comité. J'ai assisté à des réunions du comité des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires, du comité de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique et de bien d'autres comités pour remplacer des collègues et prendre part aux débats. Ce fut un privilège de siéger à chacun de ces comités.
Ce qui me plaît le plus avec les comités, c'est qu'on n'y cherche pas des réponses strictement entre députés. Il s'agit aussi de prêter l'oreille aux Canadiens, ceux qui nous élisent, au fond. C'est l'occasion pour eux de s'exprimer. Je trouve que ça fait toute la différence. Il arrive que les études que réalisent les comités soient un peu arides, je l'admets, mais parfois, elles enrichissent considérablement les débats parlementaires aussi bien que les initiatives et les interventions du gouvernement, sans compter qu'elles peuvent éclairer l'exercice de la démocratie.
Cela dit, c'est souvent lorsqu'on y travaille main dans la main que les comités sont le plus efficaces. C'est indéniable. J'ai pris part à beaucoup d'études de comité où nous n'étions pas sur la même longueur d'onde au départ — c'est le moins qu'on puisse dire —, mais où nous avons fini par atteindre un consensus.
Les comités nous donnent l'occasion de nous concerter régulièrement en groupes réduits. Nous y apprenons à nous connaître mutuellement, au-delà des lignes de parti, ce qui nous fait souvent découvrir que nous avons beaucoup plus de choses en commun que ce que nous pensions ou que ce que nous supposions, même lorsque nous venons de régions situées à des milliers de kilomètres de distance ou aux cultures distinctes. Nous finissons tous par embrasser nos différences. Lorsqu'on s'entend et qu'on respecte au plus haut point le travail qui s'accomplit au sein des comités, il est possible de faire ressortir ce qu'il y a vraiment de meilleur dans chacun de nous.
Il y a beaucoup d'exemples de députés qui ont collaboré avec leurs collègues et avec des sénateurs et qui ont obtenu des résultats fantastiques. Je veux mentionner la députée de , qui a travaillé sur le dossier de la protection des pensions il y a quelques années. C'est formidable qu'elle se soit ralliée à notre parti. Elle est la bienvenue de ce côté-ci de la Chambre, mais elle siégeait auparavant du côté des conservateurs. Elle a proposé un projet de loi que je qualifierais d'imparfait sur la protection des pensions, une question primordiale pour mes électeurs et pour moi, qui allait au-delà des lignes de parti. Nous avons travaillé avec la députée et avec tous les partis pour trouver une solution afin que ce projet de loi d'initiative parlementaire soit adopté.
Je suis très fier de ce travail. Je suis fier d'avoir appuyé la députée et son initiative. Même si je ne suis pas celui qui l'a pilotée et qu'on ne m'en a pas attribué le mérite, ça ne change rien pour moi. La Chambre fonctionne mieux quand nous travaillons ensemble. Dans ce cas-ci, c'était pour protéger les retraités en veillant à ce que, lorsqu'une entreprise fait faillite, les retraités ne soient pas les derniers créanciers à être indemnisés. Cette initiative m'a prouvé, il y a plusieurs années, que la Chambre peut vraiment fonctionner et que les comités y jouent un rôle prépondérant.
Un autre exemple, plus récent, est celui du député de , avec qui j'ai siégé au comité des finances. Il a présenté le projet de loi , qui vise à accroître la transparence sur les créances que détient le gouvernement du Canada. J'ai constaté que ce député conservateur s'exprimait de façon extrêmement raisonnable et réfléchie, participait aux débats de bonne foi, tenait compte des amendements proposés par le gouvernement et était prêt à en accepter quelques-uns. Dans certains cas, nous avons négocié de part et d'autre pour trouver un terrain d'entente. Voilà comment on fait fonctionner cet endroit. Voilà à quoi ressemble la démocratie en action. Voilà ce qui me rend fier de siéger à la Chambre depuis maintenant six ans et demi.
C'est ce que nous voulons accomplir en restructurant les comités. Nous voulons travailler en collaboration avec tous les partis. Nous voulons une démocratie qui serve les intérêts des Canadiens. Voilà ce que défend le gouvernement et ce que je défends en tant que député. Je sais que mes collègues de ce côté-ci de la Chambre et moi — nous sommes maintenant 174 — croyons en cette vision. Nous voulons nous mettre au service des Canadiens pour faire fonctionner cette institution, adopter de meilleures lois, mener de meilleures études et, oui, obliger le gouvernement à rendre des comptes. C'est exactement ce que nous pouvons accomplir lorsque nous travaillons ensemble.
Je sais qu'il y a de nombreuses façons d'interpréter cette motion, mais je pense qu'il est important que nous prenions tous au sérieux nos responsabilités au sein des comités et que nous travaillions en groupe, en écoutant les points de vue de chacun avec un objectif commun à l'esprit, comme ce fut le cas lors de précédents efforts de collaboration menés par ces comités. Par exemple, s'il est adopté, le projet de loi , parrainé par le député de , apporterait des modifications au Code criminel pour définir de nouvelles infractions liées à la violence entre partenaires intimes et au contrôle coercitif. C'est une question très importante pour beaucoup d'entre nous, et je pense que nous pouvons nous serrer les coudes et travailler ensemble dans ce dossier. Je sais que nous souhaitons tous bien servir les Canadiens.
Il existe bien d'autres exemples. En voici deux autres. J'ai siégé aux côtés du député de , de la députée de et de la députée de , qui était ici il y a un instant. Elle n'est pas présente dans l'enceinte en ce moment, mais je dirais que...
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Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec le député de .
Pourquoi décidons-nous de nous lancer en politique? Pourquoi décidons-nous de nous présenter aux élections, avec tout ce que cela suppose? La réponse varie évidemment d'une personne à l'autre. Certains veulent améliorer les choses à l'échelle locale. D'autres sont mus par des questions de principe ou sont poussés à l'action par des idées ou des convictions profondément ancrées. D'autres encore, comme nous avons pu le constater récemment, se lancent en politique avec le seul objectif de travailler pour leur propre intérêt, de se rapprocher des puissants ou — et c'est peut-être la pire raison de toutes — de s'arroger des pouvoirs par pure soif de pouvoir, même si cela signifie trahir ceux qui ont voté pour eux et qu'ils sont censés représenter.
Pour la première fois en plus de 150 ans d'histoire canadienne, un cherche à obtenir le pouvoir presque illimité d'un gouvernement majoritaire au Canada, non pas par un mandat des électeurs, mais par la tromperie et la duperie, en courtisant discrètement quelques députés intéressés et fourbes, en négociant des ententes en coulisses et en faisant qui sait quoi d'autre, ce qui a pour effet d'inverser les résultats d'une élection et de concentrer le pouvoir qu'il convoite peut-être, mais qu'il n'a pas obtenu démocratiquement. Résultat: des millions d'électeurs canadiens sont en colère et des milliers ont l'impression qu'on leur a volé leur vote, et je peux comprendre pourquoi. Quand on est élu sous la bannière d'un parti, ce n'est pas seulement une victoire personnelle. C'est un engagement envers ses électeurs et envers un programme, des principes et une vision pour le pays.
Au cours de la dernière élection générale, aucun de ces députés n'a fait savoir à son électorat qu'ils envisageraient de retourner leur veste à peine quelques mois après le scrutin. Ce n'est pas anodin, pas plus que le contexte qui entoure leur décision. La dernière élection remonte à moins d'un an. Les chefs des principaux partis sont exactement les mêmes. Les plateformes sont essentiellement les mêmes. Les principaux problèmes au pays, comme le coût de la vie, la hausse de la criminalité, l'économie en berne et un différend commercial avec les États‑Unis qui perdure, sont hélas eux aussi les mêmes qu'il y a un an. Si les députés en question voulaient représenter le Parti libéral du Canada et défendre la plateforme libérale au cours de la présente législature, ils auraient dû prendre leur décision avant la dernière élection. Évidemment, s'ils l'avaient fait, la plupart d'entre eux auraient perdu leur siège, si ce n'est pas tous. On met là le doigt sur le bobo.
Le accumule un pouvoir politique que les Canadiens lui ont expressément et catégoriquement refusé au dernier scrutin. Il n'est pas strictement question d'une poignée de sièges qui n'impliquent aucune conséquence concrète: on modifie fondamentalement l'équilibre du pouvoir à Ottawa. Il s'agit d'une transformation radicale du gouvernement minoritaire que les électeurs ont porté au pouvoir en avril dernier, une situation qui a imposé des balises au Parti libéral et au premier ministre en les obligeant à miser sur le compromis et la concertation avec les partis de l'opposition et à répondre de leurs décisions à la suite de citations à comparaître, d'ordres de production de documents ou de motions sur la réalisation d'études. Pourtant, d'ententes en coulisses en changements d'allégeance, ce gouvernement minoritaire est indûment devenu majoritaire. Cette transformation contraire à l'éthique et à la démocratie a au fond pour effet de bafouer le vote que des milliers de Canadiens ont exprimé. Dans notre pays, quand un parti veut former un gouvernement majoritaire, il devrait le faire à l'issue du scrutin, comme tous les autres gouvernements depuis 1867.
Nous y voilà. Ce qui est fait est fait, comme on dit. La question qui se pose maintenant est la suivante: quelle est la prochaine étape? Il n'a fallu que quelques jours aux libéraux pour dévoiler leur jeu, quand ils ont présenté la motion dont nous débattons aujourd'hui, visant à ajouter non pas un, mais deux députés libéraux supplémentaires à chacun des comités, bafouant ainsi les pouvoirs de surveillance du Parlement, limitant la transparence et préparant le terrain pour faire adopter leur programme à toute vitesse. Et cela vient d'un parti qui adore tenir de grands discours sur les compromis, la défense des institutions et les efforts pour rallier tout le monde. Cependant, au bout du compte, je pense que tout cela révèle que le seul véritable principe que connaît le Parti libéral, c'est le pouvoir, le pouvoir à tout prix, le pouvoir même comme une fin en soi. Les libéraux ne sont pas prêts à laisser quelque chose d'aussi gênant qu'un résultat électoral se mettre en travers de leur chemin.
Que feront-ils avec tous ces nouveaux pouvoirs et cette capacité à faire adopter pratiquement tout ce qu'ils veulent? Nous avons constaté, au cours des 12 derniers mois, qu'il peut y avoir un fossé considérable entre ce que les libéraux promettent pendant une campagne électorale et ce qu'ils font réellement. Pour commencer, ils avaient promis de redresser la situation budgétaire du Canada et de mettre un frein aux excès de Justin Trudeau, qui a doublé la dette du pays en seulement 10 ans. Au lieu de cela, depuis l'arrivée au pouvoir du , le déficit a augmenté. Les libéraux avaient aussi promis, après une hausse de 50 % des crimes violents observée sur les 10 dernières années, de donner la priorité à la sécurité publique des Canadiens. Or, le premier projet de loi qu'ils ont soumis au comité de la justice ne ciblait pas les récidivistes violents, mais s'attaquait plutôt à la liberté d'expression des Canadiens respectueux de la loi. Quant à leur promesse phare, celle de négocier un accord commercial avec les États‑Unis d'ici juillet 2025, eh bien, un an s'est écoulé depuis les dernières élections. Il n'y a toujours pas d'accord, et les droits de douane sont toujours en vigueur. En fait, les droits de douane sont plus élevés aujourd'hui qu'ils ne l'étaient il y a un an.
Pendant ce temps, d'autres mesures législatives sur lesquelles les libéraux ont fait campagne, comme la réalisation accélérée des projets jugés d'intérêt national, et qu'ils ont présentées dans le cadre du projet de loi , ont été appuyés par les conservateurs et améliorées au moyen de négociations et au sein des comités. Dans ce contexte, il convient de se demander pourquoi les libéraux cherchent aujourd'hui à obtenir un pouvoir quasi illimité. Dans quel but cherchent-ils à perturber une convention politique canadienne vieille de 159 ans? Est-ce parce qu'ils veulent empêcher l'opposition de mener des enquêtes sur leurs nombreux conflits d'intérêts? Espèrent-ils faire obstacle à la transparence en bloquant les demandes et les ordonnances de production de documents et de rapports gouvernementaux? Ont-ils tendance à proposer des mesures législatives radicales sur lesquelles ils n'ont pas fait campagne en sachant qu'aucun des partis de l'opposition ne les appuierait? C'est peut-être une combinaison des trois.
Il y a un an, j'ai été élu dans la circonscription de North Island—Powell River en tant que candidat du Parti conservateur. Je me suis présenté avec un programme clair, un ensemble d'engagements précis et une vision claire pour le pays: défendre le secteur des ressources naturelles du Canada, notamment le bois, l'exploitation minière, le pétrole et le gaz naturel, cibler les véritables criminels du pays, à savoir les récidivistes violents, et non ceux qui exercent leur liberté d'expression ni les propriétaires d'armes à feu respectueux de la loi qui n'ont jamais commis de crime de leur vie, mettre fin aux dépenses inconsidérées et aux déficits sans fin, maîtriser le coût de la vie et, enfin, fournir aux militaires l'équipement et le soutien dont ils ont désespérément besoin et qu'ils méritent pour défendre le pays. J'ai l'intention d'honorer les promesses que j'ai faites et les garanties que j'ai données à ceux qui m'ont accordé leur soutien et leur vote.
Avec cette motion libérale dont nous sommes saisis, qui n'est qu'une tentative éhontée de s'emparer du pouvoir politique, on ne peut nier une réalité très simple: ma tâche, tout comme celle de mes collègues de l'opposition, est sur le point de devenir bien plus difficile. Il faudra que nous redoublions d'efforts et que nous travaillions plus fort que jamais pour demander des comptes au gouvernement, pour être les porte-parole de nos concitoyens et pour incarner, comme toujours, le bon sens conservateur. Nous pourrons ainsi veiller à ce que l'on ne fasse pas fi des préoccupations et des intérêts bien réels des Canadiens qui travaillent fort, qui paient leurs impôts et qui respectent la loi et à ce que leurs priorités, grâce à nos efforts et à la pression que nous exerçons, deviennent celles du gouvernement, aussi réticent soit-il.
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Monsieur le Président, il y a un vieil adage qui s'applique parfaitement à ce que nous sommes sur le point de vivre à la Chambre des communes, et je voudrais que tous les Canadiens y réfléchissent. On dit que quand quelqu'un vous montre qui il est, il faut le croire. Une heure après le commencement du débat visant à donner aux libéraux la majorité dans tous les comités, une majorité qui ne découle pas des résultats des dernières élections, ils ont présenté une motion de clôture. C'est une motion qui sert à clore les débats.
Pourquoi est-ce que je parle de clore les débats? C'est parce que le gouvernement libéral a un fort penchant autoritaire. Il a été jugé fautif d'avoir invoqué la Loi sur les mesures d'urgence. Il a abusé de ses pouvoirs parlementaires à chaque occasion possible. En effet, au début de la semaine, nous menions un débat sur le projet de loi , une mesure législative très importante sur l'accès légal, qui définit les conditions dans lesquelles la police et d'autres authorités peuvent accéder aux empreintes numériques des Canadiens. Chaque fois qu'un député conservateur prenait la parole pour débattre de la question et discuter des problèmes du projet de loi, la libérale intervenait pour l'accuser de faire de l'obstruction.
Comme si cela ne suffisait pas, tout de suite après que les libéraux accusent les conservateurs de faire de l'obstruction, un député libéral prend la parole pour faire un discours. Les dérives autoritaires du Parti libéral sont mises en évidence chaque jour où nous débattons à la Chambre des communes. Si un conservateur ou un député du Bloc ou du NPD prend la parole, c'est de l'obstruction. Par contre, si c'est un libéral qui prend la parole, c'est merveilleux. C'est leur façon de faire. Cela montre le respect qu'ils ont pour les partis de l'opposition élus démocratiquement.
Lorsqu'ils étaient minoritaires, nous arrivions à limiter ces dérives, et ce, de plusieurs manières. Par exemple, le projet de loi est dérivé d'un autre projet de loi, le , qui renfermait toutes sortes d'excès autoritaires typiquement libéraux. Grâce à l'opposition, le projet de loi a été scindé. Maintenant que les libéraux vont réorganiser la composition des comités, notre capacité d'agir ainsi sera grandement limitée. Elle n'existera pratiquement plus, parce qu'ils pourront prendre des mesures comme celle-ci quand bon leur semblera. Cette motion va radicalement changer la composition des comités. Elle ne fait pas qu'ajouter un membre libéral, ce qui serait approprié; non, elle en ajoute deux. Elle n'ajoute pas deux membres uniquement aux comités qui, selon les libéraux, font bouger les choses, comme celui des finances; non, elle donne aux libéraux le plein contrôle des comités de surveillance.
Pourquoi est-ce que j'insiste là-dessus? Pourquoi est-ce que je dis que les Canadiens devraient être très inquiets à cette perspective? Voici quelques exemples. Actuellement, au comité sur l'éthique — c'est l'un des comités de surveillance —, les libéraux font de l'obstruction depuis je ne sais pas combien de jours. Pourquoi? Est-ce à propos de quelque chose d'important, d'une mesure législative déterminante, d'un projet de loi dont ils soupçonnent l'opposition de vouloir se servir pour détruire le pays? Non. S'ils font de l'obstruction, c'est pour éviter que le aille témoigner au sujet de son conflit d'intérêts évident relativement au projet Alto. C'est clair comme de l'eau de roche: le ministre des Finances a voté sur des dossiers qui se rapportent à Alto et Alto figurait dans le budget, alors que sa conjointe est cadre pour Alto. Il contrevient de toute évidence aux règles d'éthique.
Le ministre devrait en répondre devant le comité, sauf que les libéraux paralysent les travaux depuis des jours pour éviter qu'il le fasse. Qu'est-ce qu'ils font maintenant? Ils s'accordent la majorité des sièges à ce comité afin qu'ils n'aient plus besoin de faire obstruction pour éviter de répondre de ce qu'ils font. Plus besoin de se casser la tête avec ça, puisqu'ils ont désormais les votes. Ils se contentent de dire que le ministre a manifestement enfreint les lois relatives aux conflits d'intérêts, mais que, tant pis pour nous, il n'ira pas témoigner devant le comité, puisqu'ils ont les votes.
En ce moment même, au sein de mon comité, le comité des ressources humaines, ils font obstruction, depuis deux jours, à un ordre de production de documents. Pourquoi voulons-nous des documents? Nous voulons des documents pour examiner les dépassements de coûts liés à un autre projet technologique du gouvernement libéral. Tout le monde se souvient d'ArriveCAN, ce tout petit projet qui a très largement dépassé son budget initial. Le comité se penche sur un autre projet informatique qui a mal tourné sous les libéraux. Tout ce que nous avons demandé aux libéraux, ce sont des documents. Pourtant, les deux dernières réunions ont été paralysées par des manœuvres d'obstruction. Eh bien, si cette motion est adoptée, les libéraux n'auront plus besoin de faire de l'obstruction. Ils disposeront de la majorité nécessaire pour refuser toute reddition de comptes et toute transparence. Ils pourront agir comme bon leur semble. C'est là la véritable motivation derrière ces changements aux comités: les libéraux ne supportent pas que les comités examinent leurs affaires de près.
Bien des députés libéraux ont parlé avec éloquence des vertus des comités et de leur importance. Force est toutefois de constater que les comités donnent leur pleine mesure lorsque le gouvernement est minoritaire et tenu de rendre des comptes. Nous pouvons alors obtenir les documents dont nous avons besoin. Nous pouvons faire comparaître des ministres mis en cause pour des manquements à l'éthique et exiger qu'ils répondent de leurs actes. Nous pouvons dire non à des projets de loi qui vont beaucoup trop loin, à moins qu'ils ne soient amendés. Tout cela ne sera désormais plus possible.
Comme si ça ne suffisait pas, je reviens sur ce qui s'est passé plus tôt dans la journée. Une heure avait été consacrée à ce débat, qui porte sur la volonté des libéraux de prendre le contrôle de tous les comités afin de pouvoir imposer leur programme législatif comme bon leur semble, sans véritable surveillance. Je dis cela parce qu'ils peuvent faire des choses très simples. Ils peuvent présenter une motion de programmation lorsqu'ils déposent un projet de loi à la Chambre, et ils peuvent fixer la durée de son examen en comité avant son renvoi ici. Ils peuvent rejeter tous les amendements que l'opposition pourrait vouloir apporter. C'est un débat très important. Cette question doit être débattue. Les libéraux auraient dû prolonger les heures de séance à la Chambre pour tenir ce débat. Au lieu de cela, qu'ont-ils fait? Ils ont présenté une motion de clôture.
Après une heure, ils ont déclaré en avoir assez du débat. Comme je l'ai dit au début de mon intervention, quand quelqu'un nous dit qui il est, il faut le croire. Les libéraux ne croient pas que l'opposition devrait pouvoir leur demander des comptes. Sinon, ils ne changeraient pas la composition des comités de surveillance. Ils pourraient volontiers admettre qu'ils veulent prendre le contrôle des comités pour faire adopter leur programme législatif. Je pourrais peut-être comprendre cela, surtout s'ils faisaient passer le nombre de membres libéraux au sein des comités à six au lieu de sept. La composition des comités serait alors adéquate, et c'est la présidence qui aurait la voix prépondérante. La personne qui occupe ce poste fait partie du gouvernement libéral, et elle romprait donc l'égalité en faveur de ce dernier.
Or, les libéraux veulent faire passer leur nombre de membres à sept, ce qui réduit la possibilité pour les députés de l'opposition de prendre la parole au comité. Ils le font aussi pour les comités de surveillance: le comité des comptes publics, le comité de l'accès à l'information et de l'éthique, ainsi que le comité des opérations gouvernementales. Pourquoi agissent-ils ainsi? La réponse saute aux yeux. Ils le font pour se soustraire à l'examen du Parlement. Ils le font pour éviter d'avoir à rendre des comptes. Les libéraux ne croient en rien de tout cela.
Je le dis sans détour et je m'adresse directement aux Canadiens: l'année à venir sera marquée par une série de manoeuvres de la part des libéraux. Aux comités, les motions pour mettre fin aux enquêtes s'enchaîneront. À la Chambre, tout autant de motions viseront à écourter les débats. Des motions de programmation limiteront les renvois aux comités. Résultat: les manquements à l'éthique des libéraux resteront sans conséquence.
L'expérience nous l'a montré: sous les gouvernements libéraux, les manquements à l'éthique se multiplient. Des commandites à la caisse noire environnementale, en passant par ArnaqueCAN, l'histoire se répète. Dès qu'il est question d'argent, les libéraux s'en mêlent, et tout est ensuite étouffé.
Je trouve scandaleux que les libéraux aient recours à une motion de clôture pour faire passer une motion qui leur permettra de prendre le contrôle des comités. Voilà qui révèle leur vrai visage et le genre de gouvernement qu'ils préparent, au mépris de ce que les Canadiens voulaient.
:
Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui au sujet de cette motion très importante. J'aimerais me concentrer principalement sur deux points. Tout d'abord, il y a cette idée que le parti au pouvoir, qui est désormais majoritaire, ne mérite pas d'être majoritaire dans les comités. Ensuite, j'aimerais également parler de certains propos que j'ai entendus à la Chambre tout au long de ce débat en ce qui concerne les transfuges et, de manière plus générale, leur légitimité.
En réalité, si des élections venaient de se tenir et qu'elles avaient conduit à la composition actuelle de la Chambre pour chaque parti, on pourrait naturellement supposer que le parti au pouvoir, qui détient la majorité à la Chambre, disposerait également d’une majorité au sein des comités. Ce n'est pas tiré par les cheveux. Je pense que tout le monde en conviendrait.
Examinons la situation actuelle, compte tenu des récentes élections partielles. Des députés ont changé d'allégeance. Nous avons maintenant une majorité de ce côté-ci de la Chambre. Prétendre que nous ne devrions pas, d'une manière ou d'une autre, disposer d'une majorité au sein des comités est, à mon sens, tout à fait inexact et ne rend pas hommage au système parlementaire de Westminster dans lequel nous évoluons.
La réalité est la suivante: ce n’est pas parce que l'on obtient une majorité aux élections que l'on a la majorité au sein des comités. On a la majorité au sein des comités parce que la majorité des personnes qui siègent à la Chambre, la majorité des députés, siègent du côté du parti au pouvoir. C’est cela, la démocratie de Westminster. C’est ainsi que cela fonctionne. C’est ainsi que cela fonctionne non seulement depuis la Confédération de notre pays, mais aussi depuis la création des Parlements de Westminster, et même bien avant cela.
J'ai oublié de mentionner que je partagerai mon temps de parole avec le député de Kings—Hants.
Je rejette catégoriquement cette idée. J’ai le sentiment que la majorité des conservateurs le comprennent également. Pour être honnête, j’ai l’impression qu’une grande partie de ce à quoi nous assistons actuellement tient du spectacle. Il ont quasiment l'air de se sentir obligés de se comporter ainsi, pourtant ils auraient agi exactement de la même manière que nous. Tout à l'heure, j'ai demandé au député de s'il pouvait regarder le Président dans les yeux et lui dire que lui et ses collègues n'auraient pas agi exactement de la même manière. La réponse que j'ai obtenue est la plus honnête que ce député ait donnée à une question de ma part; il n'a même pas été capable de faire cela.
Tout ce qu'il a pu dire, c'est que leur motion aurait été différente. En quoi aurait-elle été différente? Elle aurait peut-être été présentée et appuyée par des députés différents, mais cela se serait probablement arrêté là. Peut-être qu'ils auraient pris des mesures plus radicales, comme celle d'exclure un député libéral. Ils auraient pu le faire. Nous aurions pu le faire.
Ce n'est pas ce qui s'est produit. Nous proposons d'ajouter deux députés libéraux. Ils diront qu'ajouter deux députés, c'est aller trop loin. Eh bien, comment pouvons-nous obtenir la majorité dans les comités? Nous pouvons soit ajouter un député et nous retrouver à égalité, ce qui n'est pas la majorité, soit retirer un conservateur et ajouter un libéral, ce qui nous donnerait la majorité. Cependant, on imagine bien l'indignation que susciterait le retrait d'un conservateur.
Imaginons un instant que le doive appeler 30 ou 35 députés pour leur annoncer qu'ils ne font plus partie de tel ou tel comité. Il est probable que cela scellerait définitivement le sort inévitable du chef de l'opposition, c'est-à-dire qu'il ne serait plus chef de l'opposition. L'idée selon laquelle l'ajout de deux membres serait excessif est, à mon sens, extrêmement fallacieuse. Il suffit de faire le calcul.
J'aimerais passer à l'autre sujet dont je veux parler, c'est-à-dire la question des transfuges et l'idée selon laquelle ces transfuges n'ont aucune légitimité. Je vais lire la citation que j'ai lue plus tôt. Ce sont des propos que Stephen Harper a tenus lorsqu'il était premier ministre et qu'il était sur la banquette qui se trouve juste devant moi. Pendant la période des questions, on lui a posé une question au sujet du projet de loi , dont je parlerai dans un instant, et on lui a demandé si les conservateurs l'appuieraient ou non. Ce projet de loi visait à obliger la tenue d'une élection partielle lorsqu'un député change d'allégeance.
Stephen Harper a dit:
Monsieur le Président, je le répète, je crois que les députés devraient bénéficier de cette liberté et rendre compte de leurs décisions à leurs électeurs aux prochaines élections. Cependant, je remarque que les seuls partis qui en font une véritable obsession sont ceux au profit desquels aucun député ne change d'appartenance.
Ce qui rend la situation encore plus paradoxale, c'est qu'au moment de voter pour le projet de loi , qui venait du NPD, presque tous les députés conservateurs ont voté contre, y compris le et député de Battle River—Crowfoot, qui soutient aujourd'hui qu'on devrait suivre l'approche qui était proposée dans ce projet de loi.
Les députés se rappelleront que, lors d'une conférence de presse organisée il n'y a pas si longtemps, le a déclaré qu'il devrait y avoir une élection partielle lorsqu'un député change d'allégeance politique. Eh bien, s'il tient à ce point à ce principe, pourquoi n'a-t-il pas voté pour le projet de loi ? Il ne l'a pas fait. Je souligne au passage que certains députés conservateurs ont voté pour le projet de loi C‑306, y compris le député de , qui siège toujours à la Chambre. Cependant, le député de , qui était auparavant député de Carleton — je sais que c'est difficile à suivre —, a voté contre, mais aujourd'hui, il change soudainement de position par principe.
C'est parce que ce n'est pas une question de principe pour lui. Il est prêt à défendre ce principe quand ça lui convient, ce qui est actuellement le cas pour le parce que cette position s'accorde avec ses désirs. Cependant, il y a 10 ou 15 ans, lorsqu'il a dû voter sur le projet de loi , cela ne faisait pas partie de ses principes parce qu'il n'était pas dans la même situation. Voilà de quoi il est question en réalité.
Personne ne croit vraiment que les changements d'allégeance sont illégitimes et personne n'oserait le prétendre sauf pour faire du théâtre. Les conservateurs prennent la parole à la Chambre et en parlent comme si c'était la première fois que cela se produisait, non seulement dans la démocratie canadienne, mais aussi dans les Parlements de Westminster en général. C'est très courant. En fait, des députés sont passés au Parti conservateur dans le passé. Selon les propos de Stephen Harper que j'ai lus, les seules personnes qui font une obsession du fait d'empêcher les changements d'appartenance politique sont les membres des partis qui perdent des députés.
Il est temps pour les conservateurs de faire une pause et de faire un peu d'introspection, de ne pas s'en prendre aux personnes qui quittent leur parti, mais de se demander pourquoi elles le font. Si les conservateurs se lançaient dans cet exercice très simple pour essayer de comprendre, je suis sûr qu'ils parviendraient à des conclusions qui leur permettraient de mieux jouer le rôle d'opposition et d'améliorer le Parti conservateur.
Même si j'aime débattre avec les conservateurs et leur demander des explications — ce qu'ils font aussi avec moi —, j'accorde également une grande importance, dans le système parlementaire de Westminster, à une opposition forte, parce que je sais qu'une opposition forte demande des comptes au gouvernement et le met au défi, directement et indirectement, de faire mieux, d'être meilleur, d'adopter de meilleures lois et de meilleures politiques et d'améliorer la vie des Canadiens. C'est pourquoi il est si important d'avoir une opposition forte.
Malheureusement, ce n'est pas ce que nous avons en ce moment. Le député de a pris la parole avant moi, et la totalité de son discours — et j'entends la même chose depuis 10 ans — a porté sur telle personne qui a fait telle chose et telle autre personne qui a contrevenu à telle autre chose. Les conservateurs devraient arrêter d'être obnubilés par ce que les gens font et se concentrer sur les vrais enjeux qui importent aux Canadiens.
Rappelons-nous l'obsession que les conservateurs ont eue pour Justin Trudeau pendant 10 ans. Qu'est-ce que cela leur a donné? Aussitôt qu'il est parti, ils ont perdu toute pertinence, et ils en sont encore exactement au même point aujourd'hui qu'à ce moment-là. Ils peuvent bien s'époumoner et dire qu'ils ont atteint leur objectif et fait ce qu'ils voulaient faire, mais, au bout du compte, ils sont toujours assis de ce côté-là de la Chambre parce qu'ils n'avaient rien à offrir.
Tout ce qu'ils avaient, c'était des attaques personnelles, comme qualifier l'ancien premier ministre d'enfant né avec une cuillère d'argent dans la bouche et lui inventer tous les surnoms qu'ils pouvaient imaginer. Ils ont utilisé des slogans douteux et les ont répétés ad nauseam au lieu de consacrer leurs déclarations de députés à des sujets importants pour leur circonscription. Les conservateurs ne faisaient qu'attaquer des gens comme Justin Trudeau et Bill Morneau au lieu de discuter des vrais enjeux.
Je le dis en toute honnêteté: les Canadiens méritent une opposition qui veille à ce que les décisions du gouvernement améliorent bel et bien la vie des gens. Si c'est ce que nous avons, les conservateurs feront leur travail et les choses changeront.
:
Monsieur le Président, je salue tous mes collègues.
J'ai le plaisir aujourd'hui de me lever pour discuter et débattre de la motion no 9, qui vise à apporter des modifications au Règlement de la Chambre des communes étant donné que le Parti libéral a maintenant la majorité des sièges à la Chambre des communes, notamment en raison du fait que certains députés ont changé d'affiliation politique et en raison des trois victoires remportées par notre parti lors des élections partielles.
La tradition parlementaire de Westminster est absolument claire: la composition des comités parlementaires doit refléter le nombre de sièges que les différents partis détiennent à la Chambre des communes. Ainsi, avec 174 sièges, le Parti libéral dispose maintenant d'une majorité très claire. Nous avons quatre sièges de plus que tous les partis de l'opposition réunis.
[Traduction]
Force est d'admettre qu'il existe une longue tradition parlementaire qui correspond à l'objectif même de la motion no 9 proposée par le, c'est-à-dire modifier le Règlement.
Comment en sommes-nous arrivés là? La question se pose. Le gouverne le pays dans un climat très difficile et marqué par l'incertitude.
[Français]
Quand j'ai des conversations avec mes concitoyens, je trouve qu'ils ont beaucoup de préoccupations liées aux événements mondiaux: la guerre au Moyen‑Orient, les situations liées au libre-échange entre le Canada et les États‑Unis et la relation entre nos deux pays en général, ainsi que l'importance de créer une croissance économique ici, au Canada.
Toutefois, pour la plupart de mes concitoyens — et je le soumets à l'ensemble de mes collègues — le et son gouvernement se situent au centre du spectre idéologique, et les Canadiens, de façon générale, sont encouragés par les résultats actuels du gouvernement.
[Traduction]
C'est au fruit qu'on juge l'arbre. Nous avons parlé d'une tradition de longue date selon laquelle, au Canada et, à vrai dire, dans tous les pays qui ont un gouvernement ou un Parlement de type Westminster, les électeurs élisent des députés. J'ai entendu beaucoup de discours de la part des conservateurs indiquant que les Canadiens ont élu un gouvernement minoritaire. Oui, avec les 343 députés que comptait alors la Chambre, c'était effectivement le cas. Cependant, les députés ont toujours eu la capacité de choisir la place qui leur convenait le mieux de la Chambre. Je pense que c'est important.
Nous avons beaucoup discuté du rôle des chefs de parti et de la discipline de parti dans notre pays. Si nous en arrivons à priver les députés de leur droit inhérent de choisir leur affiliation politique, nous ne ferons que renforcer davantage la prérogative des chefs au sein de certains partis politiques. Je pense que les députés devraient pouvoir se livrer à leur propre réflexion et porter leur propre jugement.
Ces décisions ne sont pas faciles à prendre et elles sont relativement rares. En fait, si l'on se réfère à l'histoire du Canada, cette situation est assez unique, mais je pense qu'il s'agit d'un moment où le gouverne une grande coalition. La preuve, c'est que des députés qui étaient auparavant affiliés au NPD ou au Parti conservateur ont choisi de se joindre au Parti libéral sous sa direction.
[Français]
Il y a eu trois élections partielles: dans Terrebonne, dans University—Rosedale et dans Scarborough-Sud-Ouest. Les trois résultats ont mené à l'élection de nouveaux députés qui sont ici avec nous. Leur assermentation était ce matin. Il s'agit d'un bon résultat pour nous et je tiens à souhaiter la bienvenue à mes nouveaux collègues.
Le gouvernement a présenté les privilèges dont dispose le caucus libéral afin de modifier le Règlement de la Chambre des communes.
[Traduction]
Il a été instructif que le whip du gouvernement nous rappelle un peu l'histoire du projet de loi , qui a été présenté avant la 42e législature, je crois. Un certain nombre de députés, dont certains siègent encore à la Chambre, ont alors dû décider s'ils appuyaient ou non ce projet de loi, qui visait à tenir une élection partielle automatique si un député changeait d'allégeance politique. Je pense que le whip du gouvernement a visé juste en soulignant le fait que l'ancien premier ministre Stephen Harper estimait à l'époque que ce n'était pas nécessaire, qu'il ne s'agissait pas d'une préoccupation majeure en matière de politique publique.
Je conviens encore aujourd'hui que la décision de changer de parti doit relever d'un député, comme je l'ai déjà affirmé, et je sais que personne ne prend cette décision à la légère. Les conservateurs ont évoqué des ententes en coulisses. Je peux servir d'exemple. Cela a commencé par une conversation au Shooters Bar & Grill avec le député d'. Les députés libéraux ont eu un certain nombre de conversations disparates. Encore une fois, je pense que la décision de changer de parti reflète ce qui se passe lorsqu'un député retourne dans sa circonscription et que le premier ministre et son gouvernement obtiennent l'approbation...
:
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de s'assurer qu'il y a plus de députés ici à la Chambre des communes pour écouter mon très bon discours d'aujourd'hui à propos de la motion n
o 9. C'est très important et je remercie la foule d'être là pour moi.
[Traduction]
Encore une fois, je pense que le gouvernement ne fait que suivre la tradition de Westminster. Je rejette la prémisse des conservateurs selon laquelle cette affaire est orchestrée. On parle de députés qui sont retournés dans leur circonscription alors que le gouvernement jouit d'un taux d'approbation de 70 % parmi les Canadiens et à qui leurs concitoyens ont dit que c'est le type de leadership qu'ils veulent voir.
Je voudrais me faire l'écho de certaines remarques formulées par le whip en chef du gouvernement, qui a respectueusement interpellé l'opposition sur le fait qu'il y a actuellement, au sein de ce parti et de ce caucus, d'importantes discussions sur la meilleure façon de se positionner. Je ne pense pas qu'il déplore le fait que des députés de ce caucus, pour quelque raison que ce soit, aient pris ces décisions, que ce soit en raison du leadership du ou peut-être des problèmes de leadership du , le député de Battle River—Crowfoot. Je sais que ce sont des conversations importantes que mes collègues d'en face auront afin de pouvoir faire le bon travail de la loyale opposition de Sa Majesté et demander des comptes au gouvernement.
Il est évident que nous parlons du Règlement. Pendant que j'ai la parole, j'aimerais dire que je n'ai pas eu l'occasion de prendre part au débat général sur le Règlement et je pense que la motion no 9 est suffisamment rigoureuse pour que je me prononce à son sujet. Nous avons l'occasion de revoir certains articles du Règlement plus en détail. Je prends note que le l'a fait au sujet de la composition des comités. J'aimerais que le Président ou la personne qui occupe le fauteuil pendant la période des questions, par exemple, ait un peu plus de latitude. Je vois cela au Royaume‑Uni, où le parti au pouvoir peut, pour ainsi dire, proposer les trois quarts des noms figurant sur la liste. Bien sûr, on a une idée du moment où quelqu'un pourrait avoir l'occasion d'intervenir, mais par la suite, le Président peut attirer l'attention de n'importe quel député. Je pense que nous devrions introduire la même chose dans notre système.
Dans le système de Westminster à Londres, les députés n'applaudissent pas, sauf lors d'occasions véritablement solennelles. Même si j'estime le et que je pense qu'il fait du bon travail, et même si je suis sûr que le aime bien les applaudissements, je ne pense pas que cela soit nécessaire. Je pense que nous pourrions dire « bravo » et taper un peu sur les pupitres, mais je ne crois pas qu'il soit nécessaire d'applaudir. C'est d'ailleurs prévu dans le Règlement au Royaume‑Uni.
Le dernier élément est la deuxième Chambre. Dans le système de Westminster, il existe une véritable deuxième Chambre où il est possible de tenir des débats spécialisés sur des sujets précis. Les députés peuvent se rendre dans une salle de comité du palais de Westminster, où les débats sont consignés au procès-verbal. Les gens peuvent d'ailleurs voir ces débats. La Chambre n'est pas toujours très animée, et bien que je sois un membre actif de cette assemblée, cette approche offre la possibilité à davantage de députés de s'exprimer.
Enfin, il y a les initiatives parlementaires. Je pense que nous devrions consacrer une journée entière aux initiatives parlementaires à la Chambre. Certes, nous disposons de plages horaires réparties tout au long de la semaine. Je pense toutefois qu'il serait judicieux de prévoir un bloc de temps plus important, strictement réservé aux initiatives parlementaires. Nous pourrions proposer plus d'amendements. Je laisse cette question au comité de la procédure.
Je serai heureux de répondre aux questions de mes collègues.
:
Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec la députée de .
Je suis heureux de prendre part au débat aujourd'hui à la Chambre sur la motion no 9 du gouvernement. Par contre, le dénouement de cette motion me rend très malheureux, surtout que le résultat va fondamentalement redéfinir le travail des députés pour le reste de cette législature.
Le travail des députés en comité parlementaire est très important pour notre démocratie et il doit représenter le vœu et le choix exprimé par les électeurs lors de la dernière élection. Cela étant dit, les Canadiens ont choisi un gouvernement libéral minoritaire, et donc un gouvernement sous haute surveillance. La sagesse des Canadiens serait exprimée par une composition des comités et un nombre de sièges répartis selon le souhait de la démocratie. Le travail en comité demande une certaine collégialité et du respect les uns envers les autres. La motion no 9 ramènerait beaucoup de partisanerie. Elle donnerait le pouvoir absolu au gouvernement et, par le fait même, elle briserait le travail non partisan au service des Canadiens.
Je tiens à souligner le travail des greffiers et des analystes et le soutien technique apporté par tout le personnel qui participe au travail de tous les comités parlementaires. La composition des rapports, la comparution des témoins et le travail parlementaire sont le rempart de la démocratie. Ils rendent hommage aux Canadiens et font du Canada un pays meilleur.
Par contre, ce travail devient une pâle réplique idéologique d'un seul parti quand la majorité décide d'imposer une vision unilatérale sans aucun compromis. Pour nous, les députés consciencieux, ce travail parlementaire prend tout son sens dans l'objectif d'aider les Canadiens pour que nos services gouvernementaux évoluent au cours du temps et qu'ils soient toujours en constante amélioration.
J'ai vu plusieurs législatures fonctionner, avec des gouvernements majoritaires et minoritaires. Il était toujours important de veiller à ce que les témoignages des Canadiens soient entendus et considérés dans la conception des rapports parlementaires pour obtenir des recommandations justes et transparentes au bénéfice de ce travail colossal pour la prospérité de notre pays.
Les mois qui suivront l'adoption de la motion no 9 m'inquiètent profondément, surtout en ce qui concerne le fonctionnement à venir des comités. La motivation des députés en ce qui a trait au travail en comité vient avec le sentiment du devoir accompli. Par contre, dans la situation où nous nous trouverons dans les prochaines années, avec les tensions occasionnées par une supériorité numérique, les rapports des comités parlementaires seront dénaturés, perdront leur sens. Ce travail précieux, qui est accompli grâce à tous les opinions et les talents parlementaires et aux témoignages des Canadiens, sera interprété à la sauce libérale, sans aucune saveur et sans le sens de la réalité que vivent les Canadiens. C'est sans compter tout le gaspillage des ressources parlementaires consacrées aux comités parlementaires. Ces compétences de tout le pays seront placées dans l'oubli pour protéger l'idéologie d'un gouvernement libéral.
J'ai reçu de nombreux témoignages de citoyens réellement inquiets d'une dérive antidémocratique du gouvernement. Pas plus tard qu'hier, un jeune travailleur de 21 ans me disait ceci: ça n'a juste pas d'allure. Au fond, à quoi sert mon vote si, après, tout le monde change d'idée et fait exactement le contraire de ce qu'il avait dit? Je n'ai pas mon mot à dire? Rendu là, est-ce que ça vaut la peine que je vote? Ça me fait dire que mon vote n'a pas d'importance et que la politique est extrêmement biaisée. Je ne comprends plus le but de voter.
Je peux dire que des millions de Canadiens ont aussi ce genre de réflexion, et cela alimente le cynisme à l'égard de notre démocratie et de nos institutions. Aujourd'hui, je demande aux Canadiens ce qu'ils en pensent. Croient-ils que leur vote compte? Croient-ils que le Canada est mieux servi lorsque la composition de ses institutions reflète le résultat des élections? La motion no 9 des libéraux ne fera qu'alimenter ce cynisme et fera beaucoup de mal à notre pays à court, à moyen et à long terme.
J'en appelle au gouvernement pour changer d’idée avant qu’il ne soit trop tard et pour ne pas poursuivre avec cette motion. Toute cette situation est d’autant plus préoccupante que, cette semaine, le Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique a rédigé un rapport qui recommandait au de se départir de ses investissements et actions liés à Brookfield, une firme qui gère pour près de 1 000 milliards de dollars d’actifs. Ses liens étroits avec cette entreprise dont il a été vice-président pendant deux ans et demi avant de se lancer dans la course à la chefferie libérale placent le premier ministre dans une multitude de potentiels conflits d’intérêts. Cette situation est inédite, mais elle reflète pourtant la réalité. Grâce à un travail formidable, le Comité a formulé une vingtaine de recommandations pour résoudre cette situation de conflits d’intérêts constante.
Malheureusement, c'est le genre d’étude qui ne sera plus possible avec la recomposition des comités et qui sera désormais tuée dans l’œuf par le gouvernement avant même de voir le jour et d'entendre les témoignages. C’est pour cela que la proposition d’amendement de mon collègue le député de , visant à soustraire les comités de l’éthique, des comptes publics et des opérations gouvernementales, est d’autant plus importante. Permettre aux partis de l'opposition de faire leur travail dans ces comités et de rendre le gouvernement responsable est le strict minimum. Ces comités sont là pour s'assurer de la transparence du gouvernement et pour s'assurer d'éviter la corruption. L’idéal demeure toujours que ce gouvernement respecte la volonté des Canadiens telle qu’elle s’est exprimée lors de l'élection générale du 28 avril 2025, il y a moins d’un an, et que les comités continuent de refléter cette volonté démocratique.
J’entends déjà les libéraux me répondre avec leurs sondages et autres lubies. Je peux dire qu'au Canada, il n’y a qu’un seul sondage qui compte, et c'est une élection. C’est le seul moyen qui garantit avec certitude la volonté populaire des Canadiens. Ce ne sont pas des échantillons de 1 000 répondants à des sondages qui vont donner le droit à ce gouvernement libéral d’outrepasser la démocratie. Je ne sais pas si c’est un mot qu'aime le premier ministre, qui semble trouver nos institutions parlementaires bien encombrantes, ou plutôt qui les considère comme un mal nécessaire. C’est pourquoi il préfère voyager un peu partout sur la planète; partout sauf au Canada. Le premier ministre doit cependant se rappeler que, pour que notre démocratie fonctionne bien, il faut l’entretenir, favoriser l’initiative personnelle et le débat d’idées.
La motion no 9 vient détruire cette confiance dans la capacité des parlementaires d’exercer un travail significatif pour leur communauté. Si cette motion est adoptée, cela signifiera que les libéraux n’ont pas l’intention de travailler en toute collégialité avec leurs collègues, qu'ils veulent imposer leurs thématiques sans travailler en collaboration avec les partis de l'opposition, que même si le a tendu la main au premier ministre pour travailler en collaboration dans le dossier des droits de douane américains, les libéraux n'ont pas l'intention de travailler de manière collaborative. Pour finir, cela signifiera que les libéraux récompensent les jeux de coulisse et les ententes secrètes par rapport au processus normal et transparent du Parlement et des comités, qui reflète la volonté des Canadiens.
Dans tous les cas, je trouve cette situation extrêmement déplorable, et j’espère que les Canadiens s’en souviendront à la prochaine élection. Je demande aux Canadiens, peu importe l’issue du vote sur cette motion, de ne pas se décourager, de continuer à croire qu’il est possible de changer les choses, qu’il existe toujours des politiciens honnêtes et que ce n'est pas l’arrogance libérale qui définit l'état actuel de notre pays.
Je m’engage solennellement, comme tous les autres députés conservateurs, à poursuivre ce combat chaque jour, et de toutes les manières possibles, pour représenter nos concitoyens dans le mandat qui nous a été confié; à me battre pour redonner du pouvoir d’achat aux travailleurs canadiens; à rebâtir la classe moyenne la plus forte au monde que nous avions sous le gouvernement Harper; à ramener la sécurité et l’ordre dans nos rues; à redonner un gouvernement qui respecte les agriculteurs, leurs terres et leur métier, qui nourrit le monde; à redonner confiance aux entrepreneurs dans le fait qu'il est bon d'investir au Canada et de favoriser l’innovation sans se faire surtaxer sur la richesse qu'ils créent; et à redonner l'espoir aux jeunes de pouvoir avoir une maison.
Chaque jour, nous mènerons ce combat.
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Monsieur le Président, c'est toujours un plaisir de prendre la parole à la Chambre au nom des formidables citoyens de Calgary Midnapore.
Nous sommes ici aujourd'hui pour débattre de la motion no 9, une motion qui suscite de vives inquiétudes non seulement chez moi et au sein de mon mouvement, mais aussi chez de nombreux citoyens partout au Canada. Ce sont des citoyens qui ont voté en croyant que leur vote comptait et qu'il serait pris en compte dans la composition non seulement de la Chambre, mais aussi des comités.
Avec la motion no 9, nous constatons que la volonté du gouvernement ne va pas dans le même sens que la volonté du peuple, la volonté des citoyens. Des changements seraient imposés aux comités en dépit de la volonté des citoyens qui ont élu des députés pour les représenter non seulement à la Chambre, mais aussi au sein des comités. Je trouve cela particulièrement préoccupant pour trois raisons. Premièrement, pour reprendre les termes utilisés par CBC, il y a un manque total de responsabilité.
Le gouvernement doit rendre des comptes. Les libéraux ont failli à leurs engagements envers les Canadiens sur plusieurs fronts, et ceux-ci continuent de subir les conséquences de leurs décisions dans tous les aspects de leur vie. Nous entendons constamment parler des problèmes liés au coût de la vie, et plus particulièrement au prix des produits d'épicerie. Chaque fois que je vais à l'épicerie, je suis entourée de gens qui ont peur de mettre des produits dans leur panier d'épicerie parce qu'ils ne sont pas sûrs d'avoir les moyens de les acheter. Je pense à l'achat d'un article simple comme un panier de baies. À l'heure actuelle, nous ne pouvons même pas nous en offrir pour moins de 10 $ en général. Il faut désormais débourser près de 10 $ juste pour acheter un panier de petits fruits. C'est la même chose pour la viande. Il fut un temps, en Alberta, où les habitants pouvaient déguster notre merveilleux bœuf sans s'inquiéter. Maintenant, c'est considéré comme un luxe. C'est parce que le gouvernement a adopté de très mauvaises politiques pour gérer le coût de la vie.
Depuis peu, cela se reflète aussi dans le prix des carburants. Les carburants sont une ressource que nous avons en abondance ici, dans ce grand pays qu'est le Canada. Personnellement, je n'accepte pas l'idée qu'il y a une pénurie mondiale et que les Canadiens devraient écoper. Si le gouvernement avait fait son travail au cours de la dernière décennie, il aurait mis en place les infrastructures et les mécanismes nécessaires pour que nous ayons un approvisionnement illimité en carburant au lieu de forcer nos concitoyens à faire les frais de sa négligence de la dernière décennie. C'est sans parler de la taxe sur le carbone imposée par les libéraux et de la taxe sur le carbone pour les industries encore en vigueur.
Il en résulte, bien sûr, une faible productivité. Nous savons que les États‑Unis ont dépassé le Canada en matière de productivité. Cela limite considérablement les gains salariaux des travailleurs, ce qui entraîne des taux de chômage élevés. Il n'est pas étonnant que le Canada ait perdu 100 000 emplois en un mois et que notre taux de chômage continue de tourner autour de 7 %. C'est le résultat de mauvaises politiques d'un gouvernement qui doit rendre des comptes.
Selon des chiffres qui ont déjà été cités, notre écart de productivité s'est tellement creusé ces huit dernières années que la productivité des entreprises canadiennes a reculé de 0,6 % entre 2017 et 2024, et que près de la moitié des afflux de capitaux de l'an dernier découlent de fusions et d'acquisitions d'entreprises canadiennes, ce qui va bien au-delà de la norme habituelle d'environ un tiers. Il ne s'agit pas de création de capitaux. Cela n'ajoute rien à l'économie et cela ne crée pas d'emplois pour les jeunes citoyens canadiens.
L'annonce d'un fonds d'investissement souverain faite aujourd'hui est tout simplement ridicule parce qu'il n'y a rien à y mettre. Les pays qui ont créé un fonds du même genre affichaient des excédents budgétaires. Nous, au contraire, nous enfilons les déficits.
Depuis 2015, il y a eu un déficit chaque année. C'est encore le cas pour le dernier exercice financier, avec un déficit de 80 milliards de dollars. Nous ne savons pas à quoi nous attendre pour l'avenir, mais nous sommes à la fois inquiets et préoccupés. Près de 80 % des Canadiens affirment que le coût de la vie augmente plus vite que leurs revenus. Le gouvernement doit rendre des comptes. Le fait qu'il met en place ces règles relatives aux comités pour empêcher toute reddition de comptes est une manœuvre tout à fait délibérée, car il ne veut pas avoir à rendre de comptes à l'opposition officielle.
Ensuite, le gouvernement parle beaucoup de l'approche « Équipe Canada », mais en fait, il veut faire cavalier seul. Il ne souhaite pas vraiment faire équipe. Quiconque a des idées qui ne sont pas celles des libéraux est considéré comme anti-Canada. C'est absolument insultant pour les nombreux Canadiens qui ont des idées différentes des leurs.
Les libéraux ont déclaré que nous ne collaborions pas avec eux dans leurs efforts pour améliorer la situation des Canadiens. Ce n'est pas vrai non plus. Nous avons adopté le projet de loi , qui leur donnait carte blanche pour réaliser absolument tout ce qu'ils voulaient, et pourtant nous sommes encore dans l'impasse en ce qui concerne les grands projets et l'obtention de résultats pour les Canadiens. C'est cette mentalité qui est à l'origine de la crise d'unité, et c'est cette mentalité qui est reflétée dans la création de ces comités.
J'ai reçu le message suivant, cette semaine: « Je suis extrêmement déçu de notre système supposément démocratique. Quel cirque. Il n'y a rien de démocratique dans ces changements d'allégeance politique. Quand ces absurdités vont-elles cesser? Qui surveille tout ça, et quand vont-ils faire leur travail? Commençons par l'absence de réponses pendant la période des questions. Quand une question est posée, il devrait être obligatoire de fournir une réponse intelligente qui porte réellement sur la question plutôt que de permettre qu'elle soit simplement esquivée. Le premier ministre devrait être démis de ses fonctions en raison de ses innombrables conflits d'intérêts. J'ai hâte au 19 octobre afin de pouvoir voter pour l'indépendance de l'Alberta. » Voilà ce que le gouvernement provoque avec ses stratégies autoritaristes, dont cette motion sur la composition des comités en est un exemple.
Je ferais également remarquer que le a littéralement gagné ses élections parce qu'il a promis aux Canadiens qu'il serait le mieux placé pour négocier une entente avec les États‑Unis, mais cette entente se fait toujours attendre. Il a plutôt constamment changé d'avis au sujet d'une entente commerciale avec notre voisin du Sud. Pendant la course à la chefferie, il a dit qu'il fallait prendre des mesures de rétorsion équivalentes aux droits de douane imposés par les États‑Unis et cibler les secteurs où ces mesures feraient le plus mal. Puis, le 15 juillet 2025, il a dit qu'il était peu probable qu'une entente commerciale complètement exempte de droits de douane puisse intervenir entre les deux pays parce que rien n'indiquait que les États‑Unis étaient disposés à en signer une. Je le répète: c'est grâce à cette promesse qu'il a été élu, et il n'a obtenu aucun résultat.
En octobre, il a dit que les négociations pour obtenir plus de gains pour nos principales industries se poursuivaient. Il a aussi dit que nos équipes étaient en train de négocier, que ce n'était pas que des paroles en l'air, que nous allions conclure une entente. Puis, en novembre, il a dit: « On s'en fout. » Il a dit qu'il conclurait une entente en temps et lieu, que c'était un détail et qu'il reparlerait au président Trump quand il serait important de le faire. Je vais le dire à la Chambre: les Canadiens trouvent que c'est important. Puis, cette semaine, il a dit: « Nos forces traditionnelles qui reposaient sur les liens étroits avec l'Amérique sont maintenant des faiblesses. » Or, à peine trois jours plus tard, il a dit que nous pouvions arriver à une solution gagnant-gagnant.
Comme je l'ai dit, le a remporté les élections en promettant de conclure un accord pour les Canadiens. Le gouvernement parle beaucoup de collaboration, mais en pratique, comme l'a indiqué la CBC, il a un côté « autoritaire ». Cette tentative des libéraux de prendre le contrôle des comités en est la preuve.
J'en viens à la troisième et dernière raison: la composition proposée des comités est fondamentalement antidémocratique. Lors des dernières élections, le gouvernement a obtenu 169 sièges, soit 43,76 % du vote populaire, contre 144 sièges et 41,31 % pour le Parti conservateur. Comme il a été dit à la CBC, cette mesure va trop loin. Elle témoigne d'une tendance autoritaire, et ce n'est pas ce que les Canadiens ont demandé. Elle ne devrait donc pas être adoptée.
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Monsieur le Président, c'est toujours un honneur et un plaisir de prendre la parole au nom des gens formidables de Stormont—Dundas—Glengarry, qu'ils habitent dans Stormont—Dundas—Glengarry, à Cornwall ou à Akwesasne, pour présenter leurs points de vue. Je vais résumer les points de vue d'environ 116 000 personnes au cours des 15 ou 20 prochaines minutes. J'ai essayé de prendre le pouls de la collectivité. Il y a certainement eu beaucoup de discussions sur le projet de loi qui nous occupe, avec les libéraux qui cherchent à se donner une majorité aux comités. Dans ma région de l'Est de l'Ontario, les gens ont été intarissables sur la façon dont les libéraux ont obtenu cette majorité, c'est le moins qu'on puisse dire, en particulier ces deux dernières semaines.
J'aime dire que je profite de mes repas et de mes balades ici les fins de semaine dans les environs de Stormont, Dundas et Glengarry, en me rendant à différentes activités communautaires. Samedi dernier, j'étais au restaurant King George avec un résidant de la région. On déjeunait, on discutait et je recueillais ses commentaires sur certaines questions de l'heure. Des gens de deux tables différentes m'ont demandé ce qui se passait exactement au sujet des changements de parti et comment il était possible que les libéraux se donnent une majorité simplement avec cette stratégie. La fin de semaine dernière, je me suis rendu à South Lancaster pour participer à un petit-déjeuner à l'appui des Medical Brigades de l'Université de Guelph, puis j'ai assisté à l'ouverture d'entreprises ainsi qu'à des célébrations à Morrisburg et à Winchester. J'ai reçu beaucoup de commentaires à la foire commerciale locale de North Dundas. Ensuite, bien sûr, j'ai visité le temple de la renommée agricole de Glengarry, à Maxwell. Je nomme tous ces endroits pour montrer que j'ai eu l'occasion de me rendre dans une grande diversité d'endroits samedi dernier seulement.
À plusieurs reprises, on m'a fait part de préoccupations concernant ces changements d'allégeance politique et la façon dont les libéraux ont obtenu leur majorité. Les gens sont consternés par cette situation. Si je me fie au diplôme en sciences politiques que j'ai obtenu à l'Université Carleton il y a quelques années, une telle situation ne s'est jamais produite auparavant dans l'histoire du Canada. Il y a à peine un an, le a été élu pour former un gouvernement minoritaire. Les libéraux n'ont pas obtenu un mandat majoritaire, mais un mandat minoritaire, ce qui signifie qu'ils devaient collaborer avec les partis de l'opposition pour faire adopter des projets de loi. En comité, ils n'auraient pas une majorité de sièges, mais plutôt une minorité. Les partis de l'opposition disposaient d'outils essentiels pour examiner minutieusement les mesures législatives du gouvernement, ordonner la production de documents et demander des comptes au gouvernement.
Je veux me faire bien comprendre des Canadiens. Les trois élections complémentaires n'ont pas donné la majorité aux libéraux. Les sièges de , de et de , au Québec, appartenaient déjà aux libéraux. Que ce soit 1, 1 000, 2 000 ou juste 12 votes, ça ne change rien parce que ces trois circonscriptions étaient et sont restées libérales. Si les libéraux sont en mesure de proposer des changements au Règlement à titre d'initiative ministérielle, c'est pour une seule raison: les changements d'allégeance. Les électeurs et les Canadiens n'ont pas eu voix au chapitre. Les Canadiens avaient pourtant donné un gouvernement minoritaire aux libéraux, ce qui les obligeait à collaborer avec les partis d'opposition. L'opposition disposait d'outils essentiels, notamment au sein des comités, pour leur demander des comptes. Jamais, dans l'histoire de notre pays, un n'avait conclu d'ententes en coulisses pour recruter des transfuges et ainsi former un gouvernement majoritaire.
On parle de la méfiance envers notre institution et de la frustration des Canadiens exprimée dans les urnes. Des dizaines de milliers de personnes ont voté pour les conservateurs et, dans un cas, pour le NPD, puis elles ont vu le député qu'elles avaient élu prendre la décision égoïste de changer de parti, sans qu'elles aient eu leur mot à dire. Cette situation a consterné les électeurs et a privé de leur valeur les votes exprimés par des dizaines de milliers de personnes lors des élections tenues il y a tout juste un an. Je m'adresse aux conservateurs qui ont changé de parti. Je tiens à préciser très clairement qu'ils se sont présentés avec le , avec le programme conservateur et avec le plan conservateur. Ils savaient exactement de quoi il s'agissait et n'ont eu aucune objection à ce que leur nom figure ainsi sur le bulletin de vote. Ils devraient donc rester dans le parti et tenir leur parole, mais je ne m'étendrai pas davantage sur ce point.
Ce qui importe dans la mesure dont nous sommes actuellement saisis, à savoir les modifications apportées au Règlement, c'est la composition des comités. Les libéraux souhaitent passer d'une situation où ils sont minoritaires au sein des comités à une situation où ils y ajoutent deux députés de leur parti afin de s'assurer une majorité dans chacun d'entre eux. C'est tout à fait honteux.
Ils prétendent que c'est pour faire avancer leur programme. C'est ce qu'ils disent, mais voilà où est le problème. Si on dépose un projet de loi d'exécution du budget, il sera renvoyé au comité des finances. Si on dépose un projet de loi sur les élections et que des modifications sont apportées à la Loi électorale, il sera renvoyé au comité de la procédure et des affaires de la Chambre. Si on dépose un projet de loi sur la criminalité, il sera renvoyé au comité de la justice ou à celui de la sécurité publique. S'il porte sur les ressources naturelles, il est renvoyé au comité des ressources naturelles. Le comité des transports examine tous les projets de loi qui portent sur les transports, et ainsi de suite.
Il y a trois éléments qui nous démontrent qu'ils sont obsédés par l'idée d'avoir le contrôle total et de priver l'opposition de tout moyen de pression pour obtenir des documents ou des réponses, faire comparaître des ministres devant les comités et demander des comptes au gouvernement.
Ils ne cherchent pas seulement à détenir la majorité au sein des comités que j'ai mentionnés, comme le comité des finances, le comité de la procédure et des affaires de la Chambre, le comité des ressources naturelles et le comité des transports; ils veulent aussi détenir la majorité au sein des trois comités de surveillance. Soyons très clairs au sujet de ces comités de surveillance. Nous avons proposé un amendement. Nous espérons que les libéraux l'accepteront. On dirait bien qu'ils ne le feront pas, car, maintenant qu'ils détiennent 50,8 % des sièges, ils sont absolument déterminés à exercer un contrôle total. Leur influence sera encore plus grande, car ils occuperont environ 58 % des sièges au sein des comités, comme mes collègues viennent de le mentionner. Ils vont prendre le contrôle des comités de surveillance.
Aucun de ces trois comités de surveillance, que ce soit le comité des comptes publics, des opérations gouvernementales ou de l'éthique, ne traite des projets de loi du gouvernement. Ce sont des comités de surveillance chargés de demander des comptes au gouvernement. Ils sont présidés par des députés de l'opposition.
Le comité des comptes publics passe au crible, ligne par ligne, les dépenses du gouvernement. J'ai siégé quelque temps à ce comité lors de la dernière législature. L'un des aspects les plus intéressants était l'examen des rapports de la vérificatrice générale. Une partie essentielle du travail des parlementaires consiste à examiner les rapports de la vérificatrice générale indépendante, à voir ce qu'elle dit au sujet des vérifications, des services et des programmes du gouvernement, et à formuler des suggestions pour améliorer la gestion des programmes par le gouvernement. Cela donne également à l'opposition l'occasion de mettre en évidence les lacunes du gouvernement.
Le comité des opérations gouvernementales examine évidemment le fonctionnement du gouvernement, ainsi que le financement, les dépenses et les projets qui y sont associés. Il s'agit bien sûr de l'un des comités les plus importants de la Chambre, et il est très sollicité en raison du gouvernement libéral actuellement au pouvoir. Le comité de l'éthique a pour mission de lutter contre la corruption au sein du gouvernement et de l'éradiquer. C'est là une tâche de taille pour les parlementaires qui y siègent.
Ce que nous disons dans notre amendement raisonnable, c'est qu'il faudrait chercher à maintenir la structure telle qu'elle est pour les trois comités de surveillance. Ils n'adoptent pas de lois. Ils ne bloqueront aucun projet de loi qui serait présenté. Leur seule fonction est la surveillance. Ce sont des outils clés pour l'opposition. Ce sont des outils clés pour la reddition de comptes et pour demander des comptes au gouvernement. C'est exactement ce que nous allons continuer de faire. Nous allons faire de notre mieux avec les outils dont nous disposons, mais nous avons besoin du plus grand nombre d'outils possible, et nous avons besoin des outils dont les Canadiens nous ont dotés au Parlement en élisant un gouvernement minoritaire où les libéraux n'ont pas carte blanche.
C'est important parce qu'ils feront sans cesse de l'obstruction pour éviter d'avoir à rendre des comptes sur une multitude de sujets. Il suffit de se rappeler la dernière fois où ils détenaient la majorité. Contrairement à aujourd'hui, ils l'avaient obtenue grâce aux électeurs, et non grâce à des transfuges.
Nous pouvons revenir sur le scandale de l'organisme UNIS. Nous pouvons revenir sur l'affaire SNC‑Lavalin, l'une des affaires examinées par le comité de la justice dont je me souviens tout particulièrement. Plus précisément, cette affaire est survenue sous le dernier gouvernement majoritaire. Il s'agissait d'un grave cas de corruption. C’était un enjeu politique majeur, et les libéraux ont tout fait, au sein du comité de la justice, pour retarder son examen et empêcher les Canadiens d'obtenir de l'information, ainsi que pour empêcher les parlementaires, en particulier les députés de l'opposition, d'entendre les témoignages des ministres concernés et d'avoir accès aux principaux documents connexes. Les Canadiens savent comment tout ça s'est terminé.
Il est toujours difficile d'obtenir des réponses du gouvernement libéral, qu'il soit majoritaire ou minoritaire. Pensons au scandale de l'organisme UNIS, où un contrat de 912 millions de dollars a été accordé à des amis du Parti libéral. Cet organisme a payé l'ancien premier ministre Trudeau et des membres de sa famille pour donner des conférences, ce qui est un énorme conflit d'intérêts. Les libéraux ont tenté d'empêcher à maintes reprises que le scandale n'éclate au grand jour et ils ont fait de l'obstruction à n'en plus finir. Comme ils avaient un gouvernement minoritaire, nous avons fait de notre mieux qu'ils rendent des comptes.
Face à ce gouvernement libéral, nous devons exiger autant de responsabilité, de contrôle et de transparence que possible.
Prenons l'exemple du scandale ArnaqueCAN, dont l'existence a été révélée par un comité parlementaire. Dans un contexte où le gouvernement était minoritaire, nous avons réussi à exiger la production de documents, à obtenir des témoignages essentiels et à révéler le détournement massif de fonds publics sous le mandat des libéraux. Une application et un programme qui devaient coûter 80 000 $ et qui, selon ce qu'on nous a dit, auraient pu être réalisés en une fin de semaine, ont fini par coûter pas moins de 60 millions de dollars.
En creusant l'affaire GCStrategies malgré les différentes tentatives des libéraux de se mettre en travers de notre chemin ou d'esquiver la question, nous avons pu, compte tenu de la position minoritaire du gouvernement, obtenir les témoignages et les réponses de GCStrategies. Nous avons découvert que cette entreprise n'avait effectué que très peu du travail correspondant aux sommes payées par l'État. C'était un véritable scandale, pour rester poli.
Dans le scandale des documents du laboratoire de Winnipeg, pendant la pandémie de COVID‑19, on nous a refusé l'accès aux documents et on nous a opposé une fin de non-recevoir. Pour rappel, il a fallu que la Chambre des communes poursuive le gouvernement libéral en justice pour accéder aux documents. Les libéraux se sont obstinés à retarder cette démarche.
Comme si ces scandales ne suffisaient pas, il ne faut pas non plus oublier la caisse noire environnementale et les 300 millions de dollars qui ont été octroyés, toujours pendant la dernière législature. Des proches du Parti libéral avaient été nommés au conseil d'administration. Dans un environnement presque incestueux, les membres du conseil approuvaient leurs propres demandes de financement, s'octroyant mutuellement des dizaines de millions de dollars dans une abondance de conflits d'intérêts. Sans les outils mis à notre disposition en contexte minoritaire pour lever le voile sur cette corruption, je crains que les Canadiens n'auraient pas obtenu les réponses dont ils avaient besoin.
Voilà pourquoi il est absolument essentiel que nous nous battions pour que la composition des comités demeure la même, c'est-à-dire dans un contexte minoritaire, de façon à respecter les choix faits aux urnes par les Canadiens. Ne laissons pas quelques transfuges donner la majorité au gouvernement et compromettre la reddition de comptes dont nous avons besoin.
Nous devons conserver la structure actuelle des comités à cause des enquêtes à venir sur les scandales libéraux. Il suffit de voir ce qui s'est passé au cours des dernières semaines pour constater que nous avons besoin de plus de réponses sur les dépenses des libéraux. Le programme PrescripTIon, d'un coût de 300 millions de dollars, était un logiciel qui était censé éliminer les ordonnances par télécopieur dans tout le pays. Les libéraux ont dépensé 300 millions de dollars de fonds publics avant de tenter discrètement de se débarrasser du programme, sans même l'utiliser. Qui a pris la décision de dépenser 300 millions de dollars? Qui a reçu l'argent? Comment a-t-on pu laisser ce programme atteindre un tel coût? Même après que les libéraux eurent renouvelé son financement, le programme était un échec, mais cela ne les a pas empêchés d'y injecter des dizaines de millions de dollars. Voilà 300 millions de raisons pour lesquelles nous devons charger les comités de surveillance et les autres qui étudient cette affaire de l'examiner en bonne et due forme afin de faire toute la lumière.
Bien sûr, il y a l'autre nouvelle. Comme si le gaspillage de 300 millions de dollars révélé au cours des dernières semaines n'était pas suffisant, un autre montant de 200 millions de dollars a été engagé dans le cadre d'un accord conclu récemment avec Maritime Launch Services: 20 millions de dollars par année sur les 10 prochaines années pour la construction d'une plateforme de lancement dans une région rurale de la Nouvelle‑Écosse. Plus on en apprend à ce sujet, plus ça sent mauvais. Un ancien premier ministre libéral de la Nouvelle‑Écosse siège au conseil d'administration, et ce sont des proches du Parti libéral qui ont dirigé les efforts en vue d'obtenir ce contrat. Lorsque des députés se rendent sur place, ils ne trouvent qu'une dalle de béton dans une aire aménagée en gravier et quelques conteneurs, pour un projet qui reçoit 20 millions de dollars par année. Chaque fois qu'on lui pose des questions à ce sujet, le gouvernement se contente de réponses évasives.
Rien qu'au cours des dernières semaines, des investissements d'un demi-milliard de dollars en fonds publics ont suscité de sérieuses questions. Qui a reçu ces fonds? Qui a autorisé ces projets futiles? Que pouvons‑nous faire, dans certains cas, pour récupérer l'argent des contribuables? Comment pouvons-nous nous assurer que ce genre de gaspillage ne se reproduise plus dans notre pays?
Voilà pourquoi les libéraux ne méritent pas d'être majoritaires au sein des comités. Voilà pourquoi ils méritent qu'on les surveille de très près. Voilà pourquoi les conservateurs continueront de se battre jour après jour pour exiger des comptes, comme le méritent les Canadiens, et veiller à ce que l'argent des contribuables soit utilisé à bon escient. Nous aurons besoin de toutes les ressources que nous pouvons employer à la Chambre des communes.
Voilà pourquoi je m'oppose aux efforts des libéraux visant à modifier le Règlement comme ils l'entendent. Lorsqu'ils essaient de s'octroyer la majorité au sein des comités, les libéraux méritent qu'on exige d'eux qu'ils rendent plus de comptes, qu'ils fassent preuve d'une plus grande transparence et qu'ils soient surveillés de plus près, et non le contraire.