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Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

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45e LÉGISLATURE, 1re SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 127

TABLE DES MATIÈRES

Le mardi 2 juin 2026




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 152
No 127
1re SESSION
45e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le mardi 2 juin 2026

Présidence de l'honorable Francis Scarpaleggia


    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



Affaires courantes

[Affaires courantes]

(1005)

[Traduction]

La Loi sur le Parlement du Canada

    — Monsieur le Président, je prends la parole pour présenter un projet de loi sur le changement d'allégeance politique, et je remercie la députée de Vancouver‑Est de l'appuyer.
    Dans une démocratie, il va de soi que les élections sont le principal moyen pour les électeurs d'exprimer leur choix démocratique. Lorsque des parlementaires traversent le parquet pour se joindre à un parti différent de celui au nom duquel ils ont été élus, ils modifient unilatéralement la volonté des électeurs de leur circonscription. Les effets corrosifs sur notre démocratie sont profonds: les électeurs perdent confiance dans le processus électoral, et des doutes apparaissent quant à la possibilité que des députés aient été séduits par des ententes secrètes. De plus, l'idée que seuls les députés ministériels obtiennent des ressources pour leur circonscription fait naître des soupçons de favoritisme politique.
    Récemment, l'équilibre même des pouvoirs à la Chambre a été modifié, non pas par les électeurs aux urnes, mais par des agents politiques dans les coulisses. Bien que ce changement ne soit pas illégal, il est indéniablement antidémocratique.
    Le projet de loi n'interdirait pas le changement d'allégeance politique ni la possibilité de siéger en tant que député indépendant. Cette dernière option constitue une protection légitime contre l'oppression exercée par les partis et permet de préserver la liberté de conscience. Le projet de loi exigerait simplement que les députés qui souhaitent se joindre au caucus d'un autre parti obtiennent l'approbation de leurs concitoyens au moyen d'une élection partielle. Si un député qui souhaite se joindre à un autre parti croit avoir des raisons valables de le faire, il ne devrait avoir aucun problème à soumettre ce choix à l'examen de ses électeurs, comme il se doit.
    J'exhorte tous les députés à appuyer cette importante mesure visant à protéger les droits démocratiques des électeurs canadiens.

    (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

[Français]

La Loi de clarification

    — Monsieur le Président, j'ai le plaisir de me lever à la Chambre aujourd'hui pour déposer le projet de loi C‑279, Loi abrogeant la Loi de clarification, qui vise tout simplement à abroger la loi sur la clarté du fédéral qui permet au Parlement de rejeter l'expression d'une volonté populaire par un simple vote qui, lui, se tiendrait à 50 % des voix plus un.
     La loi sur la clarté se décline en deux axes. D'une part, avant la tenue d'un référendum, elle permet à la Chambre des communes de déterminer si la question était suffisamment claire. De façon particulièrement paternaliste, on vient un peu porter atteinte à l'intelligence de la population en supposant qu'elle n'est pas capable de réfléchir par elle-même et de comprendre une question. Le deuxième axe se passe après la tenue d'un référendum. La loi sur la clarté permet d'édicter qu'une majorité n'était pas claire, qu'elle n'a pas été atteinte compte tenu notamment du taux de participation, du pourcentage de voix en faveur du projet de loi, de la teneur des débats. Bref, on peut venir dire à des millions de personnes que leur voix n'a pas compté, et ce, par l'expression de 343 votes à la Chambre, avec une majorité potentielle de quelques voix à 50 % plus un.
    Le projet de loi C‑279 vise aussi à soutenir des principes démocratiques de base, qui sont par ailleurs rappelés par l'Assemblée nationale du Québec, qui a voté à l'unanimité sur le principe. C'est donc des fédéralistes autant que des indépendantistes, tous partis confondus, qui rejettent la loi sur la clarté et qui rappellent que 50 % plus un est une majorité claire et que, dans le cas du Québec, c'est au Québec seul à décider de son avenir.
    Notre projet de loi, je le rappelle, est simple. Il vise simplement à abroger l'abomination et l'aberration démocratique qu'est la loi sur la clarté.

     (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

[Traduction]

Pétitions

La sécurité publique

    Monsieur le Président, comme toujours, je suis honoré de présenter une pétition au nom de citoyens de ma circonscription.
     Je prends la parole pour la 12e fois au nom des résidants de Dauphin, au Manitoba, afin de présenter une pétition concernant le taux de criminalité qui ne cesse d'augmenter. Les résidants de Dauphin et de la région de Parkland exigent que le gouvernement libéral abroge ses politiques laxistes en matière de criminalité, qui ont entraîné une recrudescence de la criminalité dans toute la région. Au Canada, depuis 2015, le nombre de crimes violents a augmenté de 54 % et celui des agressions sexuelles, de 75 %.
    Les pétitionnaires sont gravement préoccupés par ce qu'ils lisent dans les journaux locaux. Par exemple, en novembre, ils ont appris que le détachement de la GRC de Dauphin recherche un homme visé par trois mandats d'arrestation distincts. Nos collectivités autrefois sûres sont devenues des endroits où les gens craignent pour leur vie parce que les politiques de capture et de remise en liberté du gouvernement permettent à des récidivistes violents d'être mis en liberté sous caution au lieu d'être emprisonnés.
    Les habitants de Dauphin et de la région de Parkland exigent que le gouvernement libéral abroge ses politiques laxistes en matière de criminalité, qui menacent directement leurs moyens de subsistance et leur collectivité. Je les appuie sans réserve.

Les terres agricoles dans le canton de Clearview

    Monsieur le Président, je prends la parole au nom des résidants de Simcoe—Grey, et plus précisément du canton de Clearview. J'ai une pétition à présenter concernant une préoccupation majeure au sein de la collectivité.
    Le ministère de la Défense nationale a acheté 700 acres de terres agricoles de première qualité pour construire un système de radar transhorizon. Il s'agit de la première phase. Pour que la deuxième phase aboutisse, il faut jusqu'à 3 000 acres supplémentaires. On a demandé aux habitants de cette région de vendre leur propriété. Ils n'y voient aucun intérêt. Ils craignent l'expropriation, un peu comme dans le dossier du train Alto. Il y a de vives inquiétudes parce que ce sont des terres agricoles de première qualité qui se trouvent juste à côté des terres humides de Minesing, un site environnemental d'une importance capitale.
    Les pétitionnaires estiment que le ministère n'a pas examiné toutes les options possibles concernant d'autres emplacements. Ils demandent donc qu'il suspende la construction du site de radar transhorizon sur le terrain déjà acquis, qu'il empêche toute acquisition future de terres agricoles de première qualité pour la construction d'un tel site et qu'il enregistre la propriété acquise auprès de l'Ontario Farmland Trust afin de préserver son statut agricole.
(1010)

L'éducation préscolaire et les services de garde d'enfants

    Monsieur le Président, je prends la parole pour présenter deux pétitions.
    La première est signée par des habitants de Burlington qui veulent réaffirmer leur appui au système pancanadien d'éducation préscolaire et de services de garde d'enfants.
    Les pétitionnaires demandent que tous les budgets futurs prévoient un financement adéquat, indexé sur l'inflation et propice à la croissance du programme. Ils croient que ce système est essentiel au bon développement des enfants, à la contribution économique des femmes qui entrent sur le marché du travail et à l'atténuation de la crise du coût de la vie qui nuit au bien-être des familles et des collectivités partout au Canada. Ils croient profondément au programme pancanadien d'éducation préscolaire et de services de garde d'enfants, et ils demandent à la Chambre d'affirmer qu'elle y croit également.

L'Iran

    Monsieur le Président, la deuxième est une pétition électronique dans laquelle les signataires soulignent que la répression violente par l'État des manifestations de grande ampleur en faveur des droits de la personne tenues en Iran en janvier 2026 a notamment donné lieu à des arrestations, à des actes de torture, à des disparitions forcées et au meurtre de plus de 30 000 civils. Ils affirment que le régime iranien a simultanément coupé l'accès à Internet et aux télécommunications, réduisant ainsi au silence les témoins et les victimes, en plus d'empêcher les Iraniens d'accéder à de l'information fiable et de communiquer avec l'étranger.
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement du Canada de condamner publiquement les violations continues des droits de la personne commises par le régime islamique, qui recourt à la violence étatique et à l'interruption des communications numériques et des télécommunications. Ils exigent le rétablissement immédiat de l'accès à Internet et des télécommunications afin de garantir la transparence gouvernementale et la sécurité des civils. Ils réclament également la cessation de l'usage de la force meurtrière contre les dissidents iraniens, ainsi que la libération de tous les prisonniers et détenus politiques. Ils soutiennent publiquement le droit du peuple iranien à déterminer son propre avenir politique, à l'abri de la violence et de la répression.
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement d'étendre les sanctions ciblées, de mettre en œuvre des mesures pour garantir que les auteurs de violations des droits de la personne soient tenus responsables de leurs actes et de mener ces actions en collaboration avec les partenaires internationaux qui soutiennent la responsabilité de protéger.
    Monsieur le Président, j'ai deux pétitions à présenter aujourd'hui. La première nous vient des bonnes gens de Vancouver Kingsway.
     Plus de 600 résidants ont signé une pétition pour souligner que les frappes militaires contre l'Iran ont fait de nombreuses victimes parmi la population civile et causé la destruction massive d'infrastructures civiles, notamment des hôpitaux, des écoles, des réseaux d'eau potable et des sites du patrimoine. Ils ajoutent que la guerre menace de causer des dommages irréversibles aux populations civiles, notamment aux enfants, aux femmes et aux prisonniers politiques, et qu'elle fait peser de graves risques sur la stabilité régionale.
    Les pétitionnaires veulent que la Chambre sache que l'avenir de l'Iran doit être décidé par les Iraniens eux-mêmes, sans intervention militaire étrangère ni répression interne. Ils demandent au gouvernement canadien de réclamer de toute urgence un cessez‑le‑feu immédiat et la fin de toutes les frappes militaires sur le territoire iranien, et de mettre à profit l'influence du Canada pour favoriser une paix régionale durable grâce à un engagement multilatéral.

Les droits de la personne

    Monsieur le Président, la deuxième pétition est signée par plus de 30 000 Canadiens, qui soulignent que la Charte canadienne des droits et libertés a pour but de protéger les personnes et les communautés minoritaires contre les lois discriminatoires.
    Les pétitionnaires sont préoccupés par les récentes mesures législatives adoptées en Alberta et en Saskatchewan, qui, à leur avis, restreignent les droits, la dignité et la sécurité des personnes transgenres et de diverses identités de genre, en particulier les enfants et les jeunes, notamment en ce qui concerne l'accès à des soins de santé d'affirmation du genre et adaptés sur le plan médical.
    Ils soulignent que les gouvernements provinciaux ont invoqué la disposition de dérogation afin de soustraire ces mesures législatives à tout contrôle judiciaire, empêchant ainsi les contestations en vertu de la Charte. Les pétitionnaires demandent à la Chambre d'exhorter le gouvernement à exercer son pouvoir de désaveu, prévu à l'article 90 de la Loi constitutionnelle, afin de mieux protéger les droits des personnes transgenres et de diverses identités de genre au Canada.

Le changement d'allégeance politique

    Monsieur le Président, c'est un honneur de prendre la parole au nom des habitants de Richmond Hill‑Sud et des quelque 10 000 Canadiens d'un bout à l'autre du pays qui ont signé la pétition.
    Les pétitionnaires s'inquiètent qu'un changement d'allégeance politique vienne modifier considérablement le choix exprimé par l'électorat, sans offrir aux électeurs la possibilité de se prononcer à nouveau. Ce phénomène peut affaiblir la responsabilité démocratique, d'où la nécessité d'un mécanisme officiel qui permet aux citoyens et aux résidants canadiens d'exiger des comptes aux députés qui changent de parti en cours de mandat.
    Par conséquent, les pétitionnaires demandent au gouvernement du Canada de présenter un projet de loi qui, premièrement, établit un mécanisme de révocation pour les députés qui changent d'allégeance politique; deuxièmement, prévoit le déclenchement automatique d'un processus de demande de révocation dans une circonscription dès qu'un député change officiellement de parti; troisièmement, exige que le siège soit déclaré vacant si, dans un délai de 90 jours, on recueille un nombre de signatures égal à moins 20 % du nombre total de votes exprimés dans la circonscription concernée aux dernières élections fédérales; et quatrièmement, exige le déclenchement immédiat d'une élection partielle lorsqu'une pétition permet la révocation d'un député, pour que les électeurs puissent déterminer qui les représentera compte tenu des circonstances.
(1015)

Les lésions cérébrales

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de déposer une pétition signée par de nombreuses personnes de l'île de Vancouver et d'ailleurs au Canada.
    Les pétitionnaires soulignent qu'il y a environ 165 000 nouveaux cas de lésions cérébrales chaque année au Canada et que les prestataires de services de santé et de services communautaires ont besoin d’une meilleure formation sur les liens entre les lésions cérébrales, la santé mentale et la toxicomanie.
    Les pétitionnaires signalent également que les survivants et leurs familles sont souvent laissés à eux-mêmes pour naviguer dans des systèmes fragmentés, avec un soutien limité, voire inexistant, ce qui entraîne une détérioration supplémentaire de leur santé, de leur situation en matière de logement et de leur stabilité économique. Ils réclament depuis longtemps que ce soutien figure dans le budget et espèrent qu'il y sera inscrit cet automne.
    Les pétitionnaires appuient également le projet de loi C‑206, dont je suis le parrain, qui prévoit l’élaboration d’une stratégie nationale visant à promouvoir et à améliorer la sensibilisation aux lésions cérébrales, la prévention et le traitement de ces lésions ainsi que la réadaptation et le rétablissement des personnes cérébrolésées.

Questions au Feuilleton

     Monsieur le Président, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.
    D'accord?
    Des voix: D'accord.
    [Le texte des questions et des réponses est disponible sur le site Web des questions écrites.]

Ordres émanant du gouvernement

[Travaux des subsides]

[Traduction]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — Les politiques économiques

    Que la Chambre reconnaisse que le premier ministre libéral a donné au Canada :
(i) la seule économie en récession parmi les pays du G7,
(ii) le pire endettement des ménages parmi les pays du G7,
(iii) les coûts de logement les plus élevés parmi les pays du G7,
(iv) le deuxième taux de chômage le plus élevé parmi les pays du G7, qui dépasse d’un tiers celui des États-Unis;
par conséquent, la Chambre demande au premier ministre libéral de présenter immédiatement un plan pour renverser toutes les politiques économiques du gouvernement libéral qui ont fait en sorte que le Canada ait la pire économie parmi les pays du G7.
    — Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec mon ami le député de Swift Current—Grasslands—Kindersley, qui est un joueur de hockey respectable.
    Où est le premier ministre? Il se cache, il esquive et se dérobe depuis vendredi matin. C'est lui qui était supposément passé maître dans l'art de la négociation, qui allait conclure un accord. Il a dit qu'il était celui qui remettrait le Canada sur la bonne voie, qu'il était celui qui avait un plan. Cependant, tout ça n'était en fin de compte qu'une mascarade parce que, vendredi matin, les Canadiens ont appris une terrible nouvelle, confirmant ce qu'ils pressentaient depuis 10 ans sous le gouvernement libéral incompétent: le Canada est en pleine récession libérale.
    En fait, le premier ministre libéral est le seul dirigeant de tout le G7 à avoir plongé l'économie dans une véritable récession. Tous les autres pays du G7 subissent les mêmes pressions externes et les mêmes droits de douane. Pourquoi ce premier ministre, qui était censé être l'homme de la situation, a-t-il plongé notre économie dans une récession? En fait, le Canada est un des deux seuls pays de l'OCDE en récession en ce moment.
    Les grands pontes libéraux et leurs médias ne cessent de dire qu'il s'agit seulement d'une récession technique. Qu'est-ce qu'une récession technique? La véritable récession libérale que nous vivons répond aux critères en raison des deux trimestres consécutifs de décroissance de l'économie, mais regardons ce qui s'est passé depuis l'arrivée au pouvoir du premier ministre actuel. Pendant trois des quatre trimestres qui se sont écoulés depuis son arrivée, l'économie s'est contractée. Les investissements des entreprises ont diminué pendant cinq trimestres consécutifs, et 20 milliards de dollars d'investissements nets ont fui le pays depuis qu'il est devenu premier ministre. Rien qu'au cours des trois premiers mois de l'année, 120 000 emplois ont disparu, et 48 000 des travailleurs touchés sont toujours à la recherche d'un emploi.
    On doit à ce premier ministre le fait que le Canada affiche le deuxième taux de chômage le plus élevé de tout le G7 et les coûts de logement les plus élevés du G7. Sous ce premier ministre, le Canada a le pire endettement des ménages. Examinons cela de plus près. Que signifie cette récession? Les médias des libéraux la qualifient peut-être de récession « technique », mais, dans le contexte canadien, elle signifie qu'une mère seule doit remettre des aliments sur les tablettes de l'épicerie parce qu'elle n'a pas les moyens de les payer ou qu'elle doit acheter de petites portions chaque semaine parce que le coût de la vie a monté en flèche sous les libéraux. Le coût de la vie quotidienne, y compris le coût du logement et de la nourriture, est maintenant plus élevé à cause des taxes libérales et de l'échec des politiques libérales.
    C'est le père de Windsor qui a perdu son emploi. Il fait partie des 120 000 personnes qui, au cours des trois premiers mois de l'année sous le gouvernement libéral, ont perdu leur emploi. Il doit s'asseoir à la table afin d'expliquer à ses enfants les activités qu'ils ne pourront pas faire pendant l'été et les vacances qu'ils ne pourront pas prendre parce qu'il ne sait pas comment il paiera les factures, l'hypothèque ou le loyer ni comment il nourrira sa famille. C'est la mère qui vivotait et qui vient d'être mise à pied. Il pourrait s'agir de la majorité des Canadiens qui sont à 200 $ de l'insolvabilité. Il pourrait s'agir de l'un des 2,2 millions de Canadiens qui font la queue devant les banques alimentaires chaque mois — ce nombre pourrait même augmenter en raison des pertes d'emplois sous le gouvernement actuel.
    Ce premier ministre s'est présenté comme un homme différent. Il disait qu'il ne serait pas comme le gars d'avant. En fait, il est pire, alors, dans un certain sens, il a raison. Non seulement il dépense encore plus, aussi invraisemblable que ça puisse paraître, mais il a doublé le déficit que Justin Trudeau lui a laissé. Le premier ministre s'est ensuite repris dans la mise à jour économique pour également devenir le deuxième pire premier ministre, en enregistrant le deuxième plus grand déficit de l'histoire du Canada, si on exclut la période de la pandémie. Ce déficit signifie plus de coûts, plus de dettes et plus d'impôts pour les Canadiens. C'est toujours la même chose et tout est mis sur la carte de crédit du Canada. Il s'en fiche. Ce type est meilleur pour voyager et serrer beaucoup de mains, signer un tas de faux documents et faire la belle vie aux quatre coins du monde. Par contre, il ne se contente pas des voyages de luxe à l'international. Il s'assure d'avoir les meilleurs repas à bord de l'avion. En fait, il vient de dépenser 200 000 $ en mets raffinés durant ces vols.
(1020)
     Alors que les Canadiens font la queue en nombre record devant les banques alimentaires, et que celles-ci commencent même à manquer de provisions, le premier ministre mène la grande vie, parcourant le monde en jet privé en faisant semblant de s'activer. Or, tout ce cirque et toute cette mise en scène n'ont pas empêché Mark Carney de plonger l'économie canadienne dans une récession libérale en bonne et due forme. Il y a des familles qui pâtissent et pour lesquelles ce n'est pas la première fois.
    Les faillites d'entreprises sont en hausse. En fait, dans le monde des affaires, depuis plusieurs trimestres consécutifs, il y a au Canada plus d'entreprises qui ferment qu'il n'y en a qui se créent. Les gens sont de plus en plus nombreux à ne plus être en mesure de payer leur hypothèque et leurs factures de carte de crédit. Sous ce premier ministre libéral incompétent, le coût de la vie ne fait qu'augmenter. D'ailleurs, l'endettement du Canada est le plus élevé de tous les pays du G7. À cause des politiques libérales, les coûts de l'alimentation et du logement ont grimpé en flèche, et ces deux postes à eux seuls occupent désormais environ 120 % du revenu d'une personne. Cela signifie qu'une personne doit consacrer tout son salaire à ces dépenses, puis emprunter ou recourir au crédit pour se procurer la nourriture qui manque ou d'autres produits de première nécessité. Les dettes finissent par s'accumuler, et les gens se retrouvent en défaut de paiement, ce qui est exactement ce qui se passe présentement.
    Le nombre de défauts de paiement, d'arriérés et de cas d'insolvabilité est en hausse. Nous n'avons pas vu de tels chiffres depuis 2009, alors que nous traversions une crise financière mondiale. La différence à l'époque, c'est que nous avions un gouvernement conservateur très responsable qui savait où dépenser l'argent et qui savait comment créer des emplois. Il n'y a pas eu de crise de l'inflation à l'époque. Je ne me souviens pas d'une telle crise. Je ne me souviens pas d'avoir vu les taux d'intérêt grimper à un tel rythme, atteignant des sommets jamais vus dans l'histoire du Canada. C'est le gouvernement libéral qui détient ce record, car tout ce qu'il fait, c'est dépenser, dépenser, dépenser. Les dépenses ne veulent rien dire pour lui.
    Le premier ministre se préoccupe davantage de ses amis banquiers, créanciers obligataires et de Brookfield que du Canadien moyen. D'ailleurs, c'est lui qui a fait croire qu'il était l'homme de la situation pour traiter avec Donald Trump. Il a dit qu'il jouerait du coude. Aujourd'hui, rien ne va plus, y compris l'économie. Nous sommes en récession, et le premier ministre fait maintenant partie de l'équipe Trump. Il répète même les propos de M. Trump en disant qu'il veut redonner sa grandeur à l'Amérique. Je me demande ce qu'il en est du Canada. Aussi bien donner au premier ministre une casquette « Make America great again ».
    Ce que nous demandons aujourd'hui, c'est que ce premier ministre libéral incompétent présente un plan, qu'il arrête de se cacher et qu'il sorte du programme de protection des témoins. Il est censé diriger un pays membre du G7, celui-là même qu'il a précipité dans la récession. Il doit dire aux Canadiens quel est son plan.
    Les conservateurs ont un plan. Si les libéraux veulent un plan qui nous aidera à sortir du gâchis qu'ils ont créé, ils peuvent s'approprier le nôtre et s'en attribuer le mérite. Ils peuvent y apposer leur cachet, et au moins les Canadiens auront un avenir plus sûr et avec un coût de la vie moins élevé. Les conservateurs mettraient fin aux lois contre l'exploitation des ressources adoptées par les libéraux, comme le projet de loi C‑69 et le projet de loi C‑48, qui empêchent l'exportation des produits canadiens à partir de la côte Ouest et la construction de pipelines. Nous supprimerions la taxe sur le carbone pour les industries, qui fait augmenter le coût de tout. Nous baisserions les impôts des particuliers, des petites entreprises et des sociétés, afin de créer l'environnement commercial dont nous avons besoin. Nous adopterions une loi pour que, chaque fois qu'une entreprise canadienne réinvestit ses gains en capital au Canada, elle n'ait pas à payer d'impôt sur ces gains. Elle pourrait les reporter, ce qui nous permettrait de créer de meilleurs emplois et une meilleure économie ici même, au Canada.
    Nous pourrions évidemment mettre un terme à tout le gaspillage des libéraux, y compris les milliards de dollars que des proches du parti touchent pour leurs services d'expertise-conseil étant donné que les ministres libéraux sont trop incompétents pour préparer eux-mêmes des plans, sans parler du projet Alto, ce fiasco qui a déjà englouti des millions de dollars en primes alors qu'il n'est même pas encore en chantier. Nous enrayerions la corruption des libéraux.
    Les libéraux n'ont qu'à reprendre notre plan. Travaillons main dans la main, pour le bien des Canadiens. Il est temps que le premier ministre sorte de sa cachette afin de présenter son plan.
(1025)
    Monsieur le Président, ce serait plus facile de croire les conservateurs sur parole s'ils ne semblaient pas frétiller de joie par rapport à notre situation actuelle. Vendredi, juste après que Statistique Canada a fait son annonce, le chef de l'opposition s'est empressé de quitter la Chambre, presque euphorique, comme si la situation le réjouissait. Il a commencé à prendre à partie des journalistes qui ne faisaient que poser des questions. Ainsi, quand l'un d'entre eux lui a demandé s'il n'exagérait pas un peu l'avis des économistes, le chef de l'opposition lui a répliqué en s'informant de l'organe d'information qu'il représentait. Dire que les conservateurs nous accusent de reprendre les tactiques de Donald Trump. Les députés n'ont qu'à les regarder aller.
    À voir les conservateurs autant se gargariser de notre situation actuelle, le député pense-t-il, ne serait-ce qu'un tout petit peu, qu'ils risquent de s'en mordre les doigts?
    Madame la Présidente, je me permets de parler en toute humilité de ce libéral pur et dur déconnecté de la réalité.
    Après 11 ans sous ce gouvernement libéral incompétent, il n'y a plus personne qui frétille de joie. Plus personne n'est enthousiaste. Plus personne n'a de raison de sourire. Les 2,2 millions de Canadiens qui font la queue devant les banques alimentaires ne le font pas en sautillant de joie. Le père qui vient de perdre son emploi à cause des politiques libérales incompétentes est loin d'être emballé ou de se réjouir de la situation. La mère qui doit remettre des produits d'épicerie sur les tablettes parce qu'elle ne peut pas les payer cette semaine ne rit pas, elle non plus.
    Les conservateurs défendent les Canadiens qui subissent les effets des mauvaises politiques libérales. Ces politiques nous ont plongés dans une récession, ont poussé un nombre record de personnes à recourir aux banques alimentaires et ont placé plus de gens en situation d'insécurité alimentaire que jamais auparavant dans ce pays. Voilà ce que défendent les conservateurs.
    Madame la Présidente, ce que nous entendons toujours de la part des libéraux, c'est que les Canadiens n'ont jamais eu la vie aussi belle. Maintenant que nous parlons du fait que le Canada était sur la mauvaise voie et que nous sommes en pleine récession à cause de ces politiques libérales, ils pensent que les députés de ce côté-ci frétillent de joie. Non, nous sommes simplement déçus.
    Cela fait des années que nous parlons de la difficulté que les Canadiens ordinaires ont à joindre les deux bouts et de la façon dont les taxes et la taxe sur le carbone minent les finances des mères et des pères. Les députés se souviennent-ils de la taxe sur le carbone pour les consommateurs? Eh bien, les libéraux veulent s'attribuer tout le mérite de l'avoir supprimée, sauf que c'est eux qui l'ont instaurée au départ. Ils ont retiré des milliers de dollars du budget annuel des ménages, et maintenant, ils veulent s'imaginer que les Canadiens frétillent de joie à l'idée d'être en récession. Non.
    Partout au pays, la population vit des moments très difficiles en ce moment. Le premier ministre est complètement déconnecté de la réalité. Il refuse de répondre à une question sur la récession. Lorsqu'il a parlé d'abordabilité, il y a environ trois semaines, il a soutenu que les Canadiens n'ont jamais eu la vie aussi belle.
    Mon collègue pourrait-il nous dire à quel point le premier ministre est déconnecté de la réalité?
(1030)
    Madame la Présidente, le député a tout à fait raison. À l'heure où le premier ministre devrait présenter aux Canadiens un plan pour les sortir de cette récession libérale, il se cache. En effet, hier encore, il a fait comme l'ancien président Biden: quand on lui a posé une question, il a simplement pointé du doigt une direction, puis il est parti dans cette direction. Ce qu'il doit faire, c'est présenter un plan.
    Mes collègues ont commencé par dire que les libéraux avaient copié notre programme en annonçant l'abolition de la taxe sur le carbone. C'est par là qu'ils ont commencé. Proposons-leur maintenant d'autres solutions: abolir la taxe sur le carbone pour les industries; réduire le prix des aliments et le coût de la vie; abroger toutes les lois hostiles à l'exploitation des ressources adoptées par le gouvernement libéral qui empêchent la construction d'un nouveau pipeline, d'une nouvelle mine, d'un nouveau barrage ou de toute infrastructure; abroger les dispositions issues du projet de loi C‑69; mettre fin à l'interdiction des pétroliers issue du projet de loi C‑48 — d'ailleurs, mon collègue de Calgary a actuellement un projet de loi au Feuilleton qui vise à ce que nous puissions acheminer nos produits non seulement vers la côte Ouest, mais aussi vers les marchés asiatiques; et mettre fin à la taxe sur le carbone pour les industries afin de rendre le Canada plus concurrentiel.
    Le monde a besoin de ce que le Canada a à offrir. Il suffit que le gouvernement libéral se tasse du chemin.
    Madame la Présidente, je suis curieux. Comme nous, l'opposition a beaucoup parlé, à juste titre, de l'importance d'exploiter les ressources naturelles. L'accord de mise en œuvre que nous avons négocié récemment avec le gouvernement de l'Alberta repose sur certains facteurs importants qui assureront un équilibre entre l'exploitation des ressources et la protection de l'environnement.
    Mon collègue d'en face parle d'éliminer toutes ces politiques qui encadrent la mise en œuvre d'un projet de pipeline en partenariat avec la première ministre de l'Alberta, alors que cette dernière appuie cette approche. Est-il en désaccord avec la première ministre de l'Alberta à ce sujet?
    Madame la Présidente, je pense que la seule chose sur laquelle je peux vraiment être d'accord, c'est lorsque le député dit que les libéraux n'ont fait que parler des ressources naturelles. De ce côté-ci de la Chambre, nous voulons que l'on joigne le geste à la parole. Partout où nous allons dans...
    Nous reprenons le débat. Le député de Swift Current—Grasslands—Kindersley a la parole.
    Madame la Présidente, c'est toujours un honneur et un privilège de prendre la parole au nom des formidables habitants du Sud‑Ouest et du Centre‑Ouest de la Saskatchewan. Je prends la parole aujourd'hui au sujet de la motion de l'opposition que nous avons présentée, mais auparavant, je tiens à prendre quelques instants pour offrir nos sincères condoléances aux familles de Pelican Narrows touchées par une fusillade survenue là‑bas hier. Nos pensées et nos prières accompagnent la communauté et la famille de la victime. Je tenais à le souligner d'entrée de jeu.
    Que faisons-nous ici aujourd'hui? Nous parlons d'une récession. Dans une entrevue accordée à la BBC lors de son passage en Angleterre, le premier ministre lui-même a déclaré que, selon la définition technique, une récession technique se produit lorsque le PIB stagne ou recule deux trimestres de suite. C'est tout. C'est assez simple.
    Qu'est-ce qui se passe ici, au Canada? Examinons les faits. Le PIB réel a reculé de 0,1 % au premier trimestre, et d'environ 1 % au trimestre précédent. Selon les propres mots du premier ministre, cela correspond à la définition d'une récession technique, et c'est donc ce qui se passe.
    Le premier ministre est au pouvoir depuis un peu plus d'un an. Il est censé être le grand maître de l'économe qui va sauver le Canada. Il a eu l'audace de dire devant les micros que les États‑Unis se dirigeaient vers une récession, mais pas le Canada. Il se peut que la situation aux États‑Unis ait quelques répercussions, mais le pays se dirigeait vers une récession, contrairement à nous. C'est ce qu'il a dit. Il a fait ce commentaire aux alentours des dernières élections et c'était l'un des premiers points qu'il a essayé de faire valoir auprès des Canadiens.
    Très bien, jetons donc un coup d'œil à son bilan. Lorsqu'il était en Angleterre, il a dit que le Brexit provoquerait une récession massive. Eh bien, il avait tort. Je viens de parler de ce qu'il a dit au sujet des États‑Unis. Il avait tort. Il a affirmé que le Canada n'entrerait pas en récession. Devinez quoi? Il avait tort, car voilà où nous en sommes aujourd'hui. La situation répond à la définition même du premier ministre: deux trimestres consécutifs de croissance négative ou nulle.
     Une voix: Oh, oh!
     Jeremy Patzer: Madame la Présidente, je ne fais que citer le premier ministre. Je sais qu'il est difficile pour le député de comprendre les paroles de son propre chef, mais c'est ce qu'il a dit. Je ne fais que citer son chef. S'il n'aime pas les propos du premier ministre, il peut lui en parler.
    Parlons un peu plus de certains des signes et des indicateurs que nous avons observés en discutant avec les Canadiens. Depuis quelques années, nous disons au gouvernement que les pressions exercées sur les ménages sont de plus en plus fortes. Au cours du premier trimestre seulement, plus de 37 000 Canadiens ont déclaré faillite. C'est le taux le plus élevé depuis 2009, alors que le monde était en pleine récession et que le marché immobilier s'effondrait dans le monde entier. Il n'a pas été aussi élevé depuis. C'est ce que nous avons constaté.
    Examinons l'endettement des ménages. L'endettement des ménages canadiens représente 103 % du PIB. La dette non hypothécaire au Canada s'élève à 43 300 $, comparativement à 40 200 $ il y a deux ans, ce qui était déjà un chiffre extrêmement élevé. Maintenant, lorsqu'on examine le portrait pour les propriétaires seulement, la dette non hypothécaire s'élève à 82 400 $, ce qui représente une hausse de 19 % en deux ans. Les Canadiens ressentent la pression et utilisent davantage leurs cartes de crédit. On dirait qu'ils s'inspirent de ce que fait le gouvernement.
    Que fait le gouvernement? Le gouvernement vit à crédit, grâce à l'argent que lui fournissent en quelque sorte les contribuables. Chaque annonce qu'il fait repose sur de l'argent emprunté. Le gouvernement fonctionne avec des déficits constants depuis très longtemps. Nous avons récemment constaté une légère augmentation des recettes publiques, car les prix du pétrole ont légèrement augmenté, et le gouvernement en a effectivement profité. Qu'ont fait les libéraux? Ils ont dépensé cet argent. Ils l'ont gaspillé. Le déficit pour cette année seulement s'élève à près de 80 milliards de dollars.
    Examinons l'état de la dette nationale. Le Canada a une dette de plus de 1,3 billion de dollars. Ce chiffre augmente considérablement chaque jour.
    Que nous dit la Banque du Canada? Eh bien, il y a 523 milliards de dollars de dette qui doivent être refinancés. Cette dette a été refinancée lorsque l'ancien premier ministre a déclaré: « Les taux d'intérêt n'ont jamais été aussi bas, Glen. » Ils étaient à 1 %. Elle est aujourd'hui refinancée à 3 %, ce qui signifie que la part de chaque Canadien, rien que pour ce chiffre, passe de 1 500 $ à 1 900 $ en raison de ce bond de 1 % à 3 %. Cela aura un impact énorme, et ce n'est qu'à court terme. Il y a des intérêts à plus long terme qui devront être renouvelés au fil des ans, et ces taux seront de plus en plus élevés. Un effet boule de neige et une réaction en chaîne vont secouer les ménages canadiens.
(1035)
    Regardons à nouveau ce qui se passe dans le monde des affaires. Au premier trimestre, les dépenses en immobilisations des entreprises ont diminué de 0,7 %, affichant leur cinquième baisse trimestrielle consécutive. Ce déclin s'inscrit dans la foulée d'une décennie sous le gouvernement libéral, période au cours de laquelle des investissements étrangers directs de plus de 1 billion de dollars ont quitté le Canada. Pour chaque dollar investi au pays, deux dollars en sortaient. C'est ce que nous observons ici. La situation actuelle en est la conséquence directe.
    Examinons maintenant certaines des autres statistiques. Selon les données de la Banque du Canada et d'autres institutions financières, les dépenses gouvernementales ont diminué de 2,5 %, ce qui a causé une légère baisse du PIB. La corrélation entre le PIB et les dépenses publiques révèle que le gouvernement tente de soutenir artificiellement l'économie. Le secteur privé est en difficulté, comme en témoigne l'absence d'investissements privés massifs. Malgré quelques projets ici et là, les investissements à grande échelle qui s'imposent tardent à se matérialiser.
    Voyons ce que les libéraux voulaient faire. Après les élections, ils ont dit qu'ils voulaient construire à des vitesses jamais vues. Qu'ont-ils proposé à la Chambre? Ils ont présenté le projet de loi C‑5. Ils ont dit qu'ils en avaient besoin pour faire quoi? C'était pour leur permettre de déroger aux mauvaises lois qu'ils ont eux-mêmes mises en place, parce qu'ils ont reconnu que le problème était là. Ils ont dit qu'ils avaient besoin du projet de loi C‑5 pour pouvoir contourner les lois qu'ils avaient eux-mêmes créées. Nous avons dit qu'il serait préférable qu'ils se débarrassent des mauvaises lois, mais que nous allions jouer le jeu et les aider. Nous avons donc travaillé avec le gouvernement pour faire adopter le projet de loi C‑5. Nous avons mis en place certaines mesures de protection pour veiller à ce que le premier ministre ne graisse pas la patte de ses copains de Brookfield, et nous les avons aidés à faire adopter le projet de loi C‑5.
    Ensuite, ils ont dressé une liste de projets, dont certains projets de gaz naturel liquéfié. Ces projets figurent sur cette liste depuis plus de 250 jours. Pour certains, cela fait presque un an, et rien n'a bougé. Absolument rien. L'Allemagne est venue ici en affirmant vouloir notre gaz naturel liquéfié, et le gouvernement a répondu: « Bien sûr, cette fois-ci, nous allons collaborer avec vous pour vous en fournir. » Et quand a-t-il promis que nous fournirions du gaz naturel liquéfié à l'Allemagne? Dans les années 2030. Il n'y a pas de date précise parce que le gouvernement lui-même ne le sait pas. Qu'a fait l'Allemagne? Lorsque l'ancien premier ministre a déclaré que ce n'était pas rentable, l'Allemagne est rentrée chez elle et a construit un terminal d'importation en 194 jours. Les projets dorment sur la liste du Bureau des grands projets depuis plus longtemps que ça.
    Qu'ont fait les conservateurs? Eh bien, nous avons proposé la loi sur la souveraineté du Canada parce que nous voulions aider le gouvernement à se tasser du chemin. Nous l'avons proposée de la même manière que nous le faisons ici aujourd'hui, au moyen d'une motion de l'opposition, afin de donner au gouvernement un modèle pour lancer le processus, pour l'aider à faire bouger les choses. Les libéraux ont voté contre. Ils avaient l'occasion de mettre en œuvre un autre de nos grands plans, mais ils ont voté contre.
    Ils ont suivi notre recommandation et ont éliminé la taxe sur le carbone pour les consommateurs. Maintenant, ils disent que c'est l'une des meilleures mesures d'économie qu'ils aient jamais prises, et ce, grâce aux conservateurs. Ce sont les conservateurs qui ont exercé des pressions pour qu'ils passent à l'action, et ils ont fini par céder.
    Peut-être que, si les libéraux adoptaient la loi sur la souveraineté du Canada, qui abrogerait les mauvaises dispositions issues des projets de loi C‑69 et C‑48, ils seraient sur la bonne voie. Cela les aiderait à surmonter ces obstacles, d'autant plus que le projet de loi C‑5 devait justement servir de mécanisme pour les contourner. S'ils adoptaient la loi sur la souveraineté du Canada, ce serait un pas dans la bonne direction. Cette loi abolirait également la taxe sur le carbone pour les industries, qui, comme nous le savons, freine considérablement les investissements au Canada. Aucun autre pays ne dispose d'un mécanisme de tarification aussi contraignant que celui que le gouvernement entend imposer à l'industrie canadienne. Ce sera un coup terrible pour les Canadiens.
    Les libéraux devraient se pencher sur les propositions des conservateurs. Nous avons présenté d'excellentes idées qui auraient pu les aider et qui auraient sans doute pu leur éviter la récession qu'ils ont eux-mêmes provoquée. S'ils souhaitent travailler avec nous, nous avons de vraies solutions à offrir. Or, ils ont rejeté bon nombre de nos solutions, et aujourd'hui ils en paient le prix, un prix que les Canadiens doivent assumer, puisque le gouvernement est à court de ressources. Les seules ressources du gouvernement viennent des impôts payés par les Canadiens et de l'argent qu'il imprime, au détriment des générations futures. À ce stade-ci, s'il veut relancer l'économie, le gouvernement devrait reprendre certaines de nos bonnes idées pour ainsi éviter la récession.
(1040)
    Madame la Présidente, j'ai une question très précise à poser. Sur quelles qualifications le député s'appuie-t-il pour définir sa vision de l'économie mondiale? J'aimerais qu'il me fournisse une liste des études qu'il a entreprises ou des diplômes qu'il a obtenus. Il est important que nous suivions les conseils de personnes qui ont beaucoup de connaissances, comme le premier ministre, sur les tendances en matière de commerce international.
    Au cours des derniers mois, nous avons souvent entendu parler du plan des conservateurs. Le député peut-il me présenter le plan dont son parti parle depuis deux mois? Je ne pense pas qu'ils aient un plan réel. Ce qu'ils ont, c'est un plan inventé de toutes pièces qui repose sur des principes économiques farfelus. Peut-il me présenter aujourd'hui leur plan économique?
    Madame la Présidente, c'est une question un peu ridicule de la part du député, qui a passé 26 ans au sein d'un gouvernement provincial et qui a détruit la Saskatchewan. Voilà son bilan: il a détruit la province.
    Encore une fois, il me reproche mes propos. Or, je citais le premier ministre. S'il n'est pas d'accord avec moi, il n'est pas d'accord avec le premier ministre. S'il n'aime pas ce que je dis, il devrait en parler à son patron, car ce sont ses paroles.
    S'il veut connaître notre plan, il peut consulter les « bleus ». Tout est consigné. Nous en avons débattu ici même, à la Chambre, et le député dit qu'il n'a pas vu notre plan. Il devrait se réveiller et être attentif.
    Madame la Présidente, la question que le seul libéral de la Saskatchewan vient de nous poser portait sur les compétences d'un député. Nos compétences consistent à travailler fort, à se faire élire par la population et à faire entendre sa voix à la Chambre. Ce que je trouve particulièrement problématique, c'est que ce député qui représente le Nord de la Saskatchewan a voté contre toutes les motions pleines de bon sens que nous avons présentées. Il a voté pour l'ajout de taxes pour les services de diffusion en continu. Il a voté contre l'abolition de la taxe sur le carbone pour les industries. Il a voté pour le maintien du plan de confiscation des armes à feu. Il a voté contre tout ce que ses concitoyens lui ont demandé d'appuyer à la Chambre.
    J'aimerais savoir ce que mon collègue en pense.
    N'oublions pas les Snowbirds.
(1045)
    Oui, madame la Présidente, il ne faut pas oublier les Snowbirds. Lorsque les Snowbirds ont été cloués au sol, le secrétaire d'État au Développement rural a déclaré que c'était un jour de fête. C'est ce qu'il a dit quand l'escadron des Snowbirds a été suspendu.
    Oui, examinons certains des avantages pour la Saskatchewan. Le secrétaire d’État au Développement rural représente la région de notre province qui devrait en bénéficier le plus, car beaucoup d'excellentes ressources pourraient être exploitées dans le Nord. La taxe sur le carbone pour les industries va durement frapper les projets dans sa circonscription, alors il est honteux qu'il soutienne encore cette politique. De toute évidence, il n'est pas du côté de la Saskatchewan. Seuls les députés conservateurs sont vraiment du côté de la Saskatchewan.

[Français]

     Madame la Présidente, je voudrais rappeler que le Parti conservateur, tant quand il était au pouvoir que quand il est un parti de l'opposition, comme il l'est maintenant, a pris plusieurs décisions allant contre l'économie du Québec.
    Les députés du Parti conservateur se sont opposés au chantier Davie, qui fait partie de dans la Stratégie nationale de construction navale, alors que le chantier Davie est le plus important et le plus efficace chantier naval au Canada.
    Ils se sont opposés à toute aide publique pour Bombardier quand l'entreprise cherchait des liquidités pour financer les avions de C Series. Finalement, on les perdus aux mains d'Airbus.
    Ils se sont opposés aux entreprises québécoises, comme pour les avions de patrouille maritime proposés par Bombardier...
    De plus, ils sont farouchement hostiles à la transition énergétique.
    Je veux savoir si les conservateurs s'engagent à être plus favorables à l'économie québécoise, à l'avenir.

[Traduction]

    Madame la Présidente, parlons un peu de politique énergétique. C'est un sujet important. Je pense que le député conviendra avec moi qu'il appartient en réalité aux provinces de décider de la voie qu'elles souhaitent suivre. Je sais que le Québec a beaucoup misé sur l'hydroélectricité et qu'il considère l'hydrogène, par exemple, comme une solution d'avenir.
    En Saskatchewan, nous disposons d'importantes réserves de gaz naturel. L'exploitation pétrolière y est très active. Puisqu'il s'agit d'une ressource provinciale, il revient donc au gouvernement provincial de s'en occuper.
    Le gouvernement fédéral, c'est-à-dire le gouvernement libéral, a adopté une approche descendante qui oblige les provinces à suivre telle ou telle voie, mais pas celle qu'elles souhaitent réellement choisir. L'exploitation des ressources relève de la compétence des provinces et devrait leur être laissée, et le gouvernement fédéral devrait simplement s'écarter du chemin.
    Madame la Présidente, je suis heureux de pouvoir participer au débat d'aujourd'hui et de rétablir les faits en réponse aux fréquentes tentatives de l'opposition de dénigrer l'économie canadienne, les industries canadiennes et les travailleurs canadiens.
    Avant de commencer mon discours, je tiens à prendre un moment pour remercier le député du Nord de la Saskatchewan, de ce côté-ci de la Chambre, qui est, de loin, le meilleur représentant de cette province à la Chambre des communes. Il s'est battu pour que la Saskatchewan puisse fournir l'uranium nécessaire à l'énergie nucléaire dont l'Inde a besoin, et il a également défendu les producteurs de canola pour que nous fassions ce qu'il fallait pour leur redonner accès au marché chinois. Il a accompli un travail incroyable depuis son arrivée à la Chambre, et les députés d'en face devraient avoir honte de le dénigrer comme ils le font chaque jour avec l'économie canadienne. Alors que les députés d'en face semblent se réveiller chaque matin en espérant de mauvaises nouvelles pour le Canada, de ce côté-ci de la Chambre, nous nous levons chaque jour pour nous mettre au travail au service des Canadiens.
    Nous savons que ce n'est pas le Canada qui est à l'origine des différends en matière de droits de douane et d'échanges commerciaux qui bouleversent l'économie mondiale. De ce côté-ci de la Chambre, nous savons également que ce n'est pas le Canada qui a déclenché la guerre au Moyen-Orient. Cela peut sembler une évidence inutile à répéter à la Chambre des communes, sauf qu'il arrive parfois, pour une raison ou une autre, que l'évidence échappe aux conservateurs.
    La guerre au Moyen‑Orient fait grimper le prix de l'énergie, une situation qui, une fois de plus, n'est nullement de notre ressort. La volatilité accrue des marchés et l'instabilité géopolitique perturbent les chaînes d'approvisionnement et assombrissent les perspectives économiques mondiales. Ni notre économie ni aucune autre ne peut échapper aux répercussions de ces événements malheureux.
    Nous ne pouvons pas contrôler tout ce qui se passe à l'étranger, mais nous contrôlons ce que nous faisons ici, chez nous. C'est précisément là-dessus que nous nous concentrons. Nous nous concentrons sur ce qui est de notre ressort. Imputer au gouvernement du Canada la responsabilité des répercussions d'événements qui bouleversent le monde revient à voir une mariée danser avec son père et en conclure que les deux se marient. Bref, cela revient à ne pas tenir compte de l'ensemble des faits pertinents pour l'analyse, ce que les conservateurs semblent toujours omettre, et à tirer des conclusions erronées. Ce n'est pas ainsi qu'on dirige un pays.
    Les difficultés auxquelles se heurtent les Canadiens et leur gouvernement trouvent leur origine au‑delà des frontières canadiennes. Les pays du monde entier sont touchés, certains beaucoup plus durement que d'autres. Examinons, par exemple, quelques faits bien connus. L'économie canadienne est fortement intégrée à celle de notre voisin du Sud, ce qui nous expose encore davantage aux répercussions de cette relation commerciale sur laquelle nous avons souvent compté. C'est pourquoi les industries les plus tributaires du commerce — comme l'automobile, l'acier, l'aluminium, etc. — sont celles où les pertes d'emplois se concentrent le plus. Cependant, nous observons aussi une croissance dans la moitié des secteurs de notre économie. Ainsi, ceux qui sont moins tributaires du commerce connaissent une expansion.
     Malgré les difficultés que nous observons dans l'économie canadienne, où certaines industries sont tributaires du commerce et frappées par les droits de douane, et d'autres connaissent une croissance en période de crise, le Fonds monétaire international continue de dire que le Canada a la position financière la plus solide du G7 et s'attend à ce qu'il soit le deuxième pays du G7 où la croissance est la plus forte cette année et l'année suivante. Le Fonds monétaire international croit, tout comme nous, que l'économie canadienne reste résiliente, compte tenu de l'augmentation continue des dépenses des ménages et des investissements des entreprises.
    Les dépenses de consommation ont augmenté de 1,5 % au dernier trimestre et de près de 2 % en glissement annuel. Les investissements des entreprises dans de nouveaux équipements, des machines et la protection de la propriété intellectuelle ont également augmenté de plus de 10 % cette année, mais les conservateurs préfèrent ne pas en tenir compte. C'est le résultat direct des superdéductions à la productivité et des mesures de passation en charges immédiate que nous avons inscrites au budget de 2025, qui sont axées sur ces domaines pour aider les entreprises à faire des investissements en capital en cette période d'incertitude mondiale. C'est peut-être une mauvaise nouvelle pour les conservateurs, mais c'est une bonne nouvelle pour les Canadiens.
(1050)
    Les conservateurs aiment brosser un tableau sombre parce que cela sert le discours qu'ils véhiculent dans leurs vidéos sur les médias sociaux et leurs courriels de collecte de fonds. C'est apparemment la seule chose qui les intéresse lorsqu'ils s'expriment à la Chambre. Ils ne tiennent pas compte du fait que notre PIB par habitant est en hausse. Au premier trimestre, le PIB par habitant est passé à 0,9 %, une augmentation de presque 1 %.
    Pourtant, pendant des années — je ne me souviens pas exactement combien, mais cela devait être pendant au moins cinq ans —, les conservateurs ont soutenu à la Chambre que le PIB par habitant était l'indicateur clé de la force de notre économie. Ils l'ont répété sans cesse mais, aujourd'hui, ils s'en fichent complètement. Le PIB par habitant a augmenté de presque 1 %, et les conservateurs sont complètement muets à ce sujet, même s'ils ont affirmé à la Chambre pendant plus de cinq ans qu'il s'agissait de l'indicateur clé de la force de notre économie.
    Ils font abstraction du fait que les investissements étrangers directs ont atteint leur plus haut niveau depuis près de 20 ans et progressent deux fois plus vite que ceux de notre plus proche homologue du G7. Ils omettent également de mentionner que les arriérés de crédit et les cas d'insolvabilité restent globalement conformes aux moyennes historiques. Nous venons de mener une étude à ce sujet au comité des finances, où le gouvernement et les députés de ce côté-ci ont tous appuyé la motion conservatrice visant à examiner l'endettement des ménages. Nous avons constaté que l'endettement des ménages correspond aux moyennes historiques après avoir atteint un creux pendant la pandémie. Ce qui est vraiment intéressant au sujet de l'endettement des ménages au pays, c'est que les Canadiens possèdent en moyenne cinq fois plus d'actifs que de dettes. Ils possèdent cinq fois plus d'actifs. Il s'agit là d'une statistique importante que, de toute évidence, les conservateurs aimeraient ignorer parce qu'elle ne leur est pas utile.
    Ils omettent commodément de mentionner que les exportations hors États‑Unis sont en passe de doubler au cours des 10 prochaines années, avec une hausse de 36 %, grâce à la signature de 20 nouveaux accords commerciaux et de sécurité en un peu plus d'un an. Leurs petits slogans partisans passent sous silence le fait que les salaires augmentent plus vite que l'inflation chaque mois depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement. En effet, les salaires augmentent plus vite que l'inflation. Ils ont même augmenté à un rythme deux fois plus rapide que celui de l'inflation selon les dernières statistiques.
    Je regarde deux députés qui ne sont pas ici depuis très longtemps, alors ils n'ont pas forcément de mémoire institutionnelle à ce sujet, mais depuis des années, les conservateurs nous répètent à la Chambre que les salaires doivent grimper et que les Canadiens ont besoin de meilleurs revenus et d'un allégement de leur fardeau fiscal. C'est justement ce que le gouvernement a accompli. Chaque année depuis que le gouvernement est au pouvoir, la hausse des salaires dépasse celle de l'inflation. Les conservateurs préfèrent passer sous silence le fait que le Canada constitue désormais le pays le plus attractif au chapitre des investissements infrastructurels. En plus, il a créé plus d'emplois par habitant que ne l'ont fait les États‑Unis; c'est même carrément le double.
    Je rappelle par ailleurs que notre plus grande banque, notre plus gros régime de pension et même le gouverneur de la banque centrale, de la Banque du Canada, ont tous déclaré devant le comité des finances que le Canada n'a jamais autant attiré les investisseurs. Je sais que ça ne cadre pas avec le tableau que les conservateurs se plaisent continuellement à brosser, c'est-à-dire que rien ne va plus au Canada. Ils choisissent simplement de faire abstraction de l'ingéniosité à la canadienne, de l'ardeur au travail à la canadienne, de la résilience à la Canadienne et de la ténacité des Canadiens lorsqu'il s'agit de prospérer malgré les obstacles qui s'érigent devant nous. Ce n'est pas vrai, point à la ligne. Il faut faire entendre la vérité à la Chambre.
    La résilience repose sur le fait que le gouvernement a pris des mesures pour aider les Canadiens à relever ces défis en bâtissant une économie plus forte au pays, en protégeant les emplois et les secteurs canadiens, en diversifiant nos relations commerciales, en rendant le coût de la vie plus abordable pour les Canadiens, en attirant des investissements et en augmentant la productivité.
    Nous savons, par exemple, qu'en raison de l'instabilité mondiale actuelle, les Canadiens ont déjà du mal à gérer le coût de la vie. Par conséquent, même si notre plan visant à bâtir l'économie la plus forte du G7 entre en vigueur, les pressions qui touchent l'abordabilité, notamment en ce qui concerne la nourriture et les produits et services de première nécessité, nous obligent à offrir une aide immédiate aux Canadiens. C'est pourquoi nous agissons. Par exemple, l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, qui fait fond sur l'ancien crédit pour la TPS, aidera les familles canadiennes. Le montant augmentera de 25 % pour cinq ans à partir de juillet. De plus, le montant supplémentaire unique qui sera versé ce vendredi 5 juin équivaut à une augmentation de 50 % de la valeur annuelle du crédit pour la TPS pour 2025-2026.
(1055)
    Ensemble, ces mesures font qu'une famille de quatre personnes recevra jusqu'à 1 890 $ cette année, puis environ 1 400 $ par année pour les quatre prochaines années. Une personne seule recevra jusqu'à 950 $ cette année, puis environ 700 $ par année pour les quatre prochaines années. Nous rendons littéralement la vie plus abordable pour des millions et des millions de Canadiens. En fait, la nouvelle Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels fournira un soutien supplémentaire important à plus de 12 millions de Canadiens. Ce n'est pas rien.
    Les conservateurs ne reconnaissent pas que nous agissons pour fournir ces mesures de soutien. Ils qualifieraient de « poubelle » les mesures et les programmes fiscaux que nous offrons. Ils ne semblent pas du tout vouloir aider les Canadiens.
    Alors même que nous réduisons les dépenses de fonctionnement du gouvernement, nous investissons également dans l'économie canadienne et nous offrons des prestations, des mesures de soutien et des mesures fiscales pour aider les Canadiens. Non seulement nous mettons plus d'argent dans les poches de ceux qui en ont le plus besoin, mais nous leur laissons aussi plus d'argent en réduisant les impôts pour la classe moyenne. En faisant passer le taux marginal d'imposition du premier palier de revenu des particuliers de 15 % à 14 % — un changement en vigueur depuis le 1er juillet 2025 —, nous permettons aux familles à deux revenus d'économiser jusqu'à 840 $ cette année.
    Cette mesure s'applique à 22 millions de Canadiens. La première mesure, comme je l'ai mentionné, vise 12 millions de Canadiens. Cette réduction fiscale profitera à 22 millions de Canadiens. C'est plus de la moitié de la population canadienne. Beaucoup de gens vont bénéficier de cette réduction d'impôt; il s'agit d'un répit important pour les Canadiens de la classe moyenne en cette période d'incertitude économique.
    De plus, le gros de cet allégement fiscal ira aux Canadiens dont le revenu se situe dans les deux tranches d'imposition les plus basses. C'est un engagement que nous avons toujours respecté, un engagement que les conservateurs ne partagent pas, je le sais: aider les personnes qui en ont le plus besoin. C'est une valeur libérale fondamentale. C'est une valeur fondamentale de ce côté-ci de la Chambre. Je sais que les conservateurs se sont toujours contentés d'appuyer les réductions d'impôt pour les riches, mais au moins, nous, nous comprenons les défis auxquels les Canadiens sont confrontés. Nous sommes là pour soutenir ceux qui en ont réellement besoin.
    Nous savons que personne n'est plus important que nos enfants lorsqu'il est question de sécurité économique. J'ai trois jeunes filles à la maison, et je serais prêt à tout pour assurer leur santé, leur sécurité et leur prospérité, et pour qu'elles puissent vivre leur vie pleinement. Je suis sûr que tous les parents diraient la même chose de leurs enfants. C'est pourquoi nous avons pérennisé le Programme national d'alimentation scolaire, que les conservateurs qualifient de « foutaise ». Ils ont induit les Canadiens en erreur, alors que j'ai moi-même vu ce programme à l'œuvre, distribuer de la nourriture dans les écoles et dans les salles de classe. En fait, j'ai participé à ce programme et j'ai vu les bienfaits qu'il apporte dans ma région et dans celle de Durham.
    Les conservateurs ont déclaré qu'il n'y avait pas de nourriture dans le programme d'alimentation. Ils l'ont répété à maintes reprises. Ils ont tenté de désinformer la population au sujet de l'aide alimentaire destinée aux enfants qui ont faim. En fait, ils ont voté contre un programme destiné à nourrir plus de 400 000 enfants supplémentaires en situation de précarité alimentaire à l'échelle du pays. Pourtant, jour après jour, ils se lèvent à la Chambre en affirmant qu'ils sont du côté de la population, qu'ils soutiennent les familles et qu'il faut en faire davantage pour aider les personnes en situation d'insécurité alimentaire. Quelle absurdité! Je n'ai jamais vu de plus grande absurdité de toute ma vie que ces conservateurs qui feignent de se soucier plus que nous des familles et des enfants canadiens qui font la queue devant les banques alimentaires. C'est nous qui avons pris les devants pour soutenir ces familles et ces enfants grâce à l'octroi de 1 milliard de dollars sur cinq ans, et qui avons rendu ce programme permanent.
    C'était une demande du Réseau pour une alimentation durable et de la Coalition pour une saine alimentation scolaire, qui existent depuis des décennies. Notre gouvernement réalise les investissements nécessaires dans ce programme pour veiller à ce que les enfants soient nourris partout au pays. Je suis extrêmement fier de cette mesure.
    De plus, nous stimulons l'offre de logements partout au Canada grâce à la loi prévue à cette fin, ce qui signifie que 1,7 milliard de dollars seront versés aux provinces et aux territoires pour éliminer les obstacles et accélérer la construction de logements, notamment en réduisant les droits d'aménagement et les taxes sur la construction de nouvelles maisons.
    Pour aider les Canadiens à accéder à la propriété, nous avons instauré le remboursement de la TPS pour les acheteurs d'une première habitation. Grâce à cette mesure, nous avons effectivement éliminé la TPS pour les acheteurs d'une première propriété dont la valeur ne dépasse pas 1 million de dollars, et réduit la TPS pour les acheteurs d'une première propriété dont la valeur se situe entre 1 et 1,5 million de dollars. Cette mesure fiscale fera économiser jusqu'à 50 000 $ aux Canadiens, ce qui permettra à davantage de jeunes et de familles d'accéder au marché immobilier et fera de l'accession à la propriété une réalité pour plus de gens.
(1100)
    Chez moi, en Ontario, l'accord que nous avons signé avec la province permettra de réduire de 13 % la TVH appliquée à l'achat d'une habitation neuve. Cela représente jusqu'à 130 000 $ de rabais sur une propriété d'une valeur d'un million de dollars et, avec la réduction de 50 % des droits d'aménagement, c'est une aide importante. Cela représente jusqu'à 200 000 $ d'économies. On ne peut pas le nier. Si nous voulons augmenter l'offre de logements, remédier au problème du coût du logement et venir en aide à la jeunesse, comme les conservateurs le prétendent souvent à la Chambre, nous devons appuyer ces mesures. Ces mesures produisent des résultats. Nous en avons déjà observé les effets, et nous avons entendu des témoignages de la part du secteur de l'aménagement immobilier.
    Afin de rendre la vie encore plus abordable pour les Canadiens, nous réduisons également le prix du carburant et la pression exercée sur les Canadiens à la pompe en suspendant la totalité de la taxe d'accise fédérale sur l'essence, le diésel et les carburants d'aviation jusqu'à la fête du Travail, le 7 septembre 2026. Cette mesure devrait atténuer la pression sur les prix à la pompe et réduire la facture des Canadiens à la station-service, ce qui devrait générer des économies pouvant atteindre 5,75 $ pour un plein d'essence, sur la base d'un réservoir de 50 litres. Au total, on estime que cela se traduira par un allégement fiscal total de plus de 2,4 milliards de dollars en 2026, dans le but, bien sûr, de continuer à alléger la pression qui pèse sur les familles. Cette mesure fait fond sur l'une des toutes premières mesures que nous avons prises en tant que gouvernement, à savoir la réduction des coûts à la pompe dans les provinces et les territoires grâce à la suspension de la taxe sur le carbone pour les consommateurs, qui était source de division.
    Je pourrais continuer, mais je vais me contenter de dire que nous soutenons aussi les Canadiens en leur offrant des services de garderie, des soins dentaires et l'Allocation canadienne pour enfants. Je sais que les familles de ma circonscription économisent beaucoup d'argent parce qu'elles ont accès à des soins dentaires et à des services de garderie. Dans ma circonscription, la famille moyenne payait environ 1 800 $ par enfant par mois pour des services de garde. Après la mise en place de notre programme, ces frais ont diminué de moitié. Ils ont diminué encore plus depuis. Les familles paient maintenant environ 410 $ par mois. Pensons aux économies que cela représente tous les mois. Les familles de ma circonscription, Whitby, économisent 1 400 $ par mois. C'est une mesure de soutien importante pour les familles qui ont de jeunes enfants.
    Nous avons aussi préservé toutes les prestations fédérales sur lesquelles les Canadiens comptent. Nous avons allégé le fardeau fiscal. Nous n'avons haussé aucune taxe ni aucun impôt. Nous avons économisé plus de 60 milliards de dollars pour les 5 prochaines années en rationalisant l'appareil fédéral. Ce n'est pas rien. La semaine dernière, je suis allé à l'OCDE, où j'ai eu la chance de faire une présentation dans le cadre d'une table ronde avec la Grèce, l'Argentine, le Portugal, le Royaume‑Uni et l'Irlande au sujet des finances publiques, alors je suis bien placé pour dire que nos homologues du monde entier sont envieux de la situation budgétaire du Canada et de notre gestion judicieuse des finances publiques. Je sais que les conservateurs croient le contraire, et grand bien leur fasse. Comme on le voit quotidiennement à la Chambre, ils sont souvent déconnectés de la réalité.
    Ce ne sont là que quelques exemples des mesures que nous avons prises pour accroître le pouvoir d'achat des Canadiens. Ce qu'il faut retenir, c'est que pour donner un coup de pouce aux Canadiens en cette période difficile, le gouvernement leur apporte rapidement un répit concret, viable sur le plan budgétaire et ciblé, sous diverses formes, de manière à ce qu'ils résistent aux perturbations du marché mondial de l'énergie.
    En ne tenant pas compte des causes principales des pressions économiques dont les Canadiens font les frais, la motion d'aujourd'hui reflète une analyse incomplète et donc fautive des faits. Non, la mariée n'a pas convolé avec son père, et contrairement à ce que la motion sous-entend, le Canada ne s'en sort pas moins bien que le reste du monde. Comme l'a conclu le célèbre philosophe pragmatiste étatsunien William James, et avec raison: « Le pessimisme engendre la faiblesse. L'optimisme engendre la vigueur. »
    Pour notre part, nous choisissons l'optimisme et la vigueur. C'est ça, bâtir un Canada fort. En conséquence, nous exhortons les députés à rejeter la motion d'aujourd'hui.
(1105)
    
    Madame la Présidente, malgré tout le beau discours du député et les félicitations auxquelles il s'attend, il existe un réel décalage entre ce qu'il dit et ce que nous voyons sur le terrain. En fait, à l'heure actuelle, dans les collectivités de tout le pays, les Canadiens ont du mal à se nourrir. Les jeunes n'arrivent pas à se trouver un emploi. Se loger est devenu complètement inabordable pour tout le monde.
    Le député sait-il que les écoles ne sont pas ouvertes à l'heure du souper? Banques alimentaires Canada rapporte que 2,2 millions de personnes ont recours aux banques alimentaires chaque mois, dont le tiers sont des enfants. Pendant que le député veut qu'on le félicite, 24 000 enfants, aujourd'hui, se rendront dans une banque alimentaire dans l'espoir de trouver quelque chose à manger sur les tablettes parce qu'ils ont faim.
    Qu'a-t-il à dire à ces travailleurs canadiens, à ces familles et à ces enfants qui, aujourd'hui, n'ont même plus les moyens de mettre du pain sur la table?
    Monsieur le Président, on voit que les conservateurs restent focalisés sur les problèmes, sans jamais proposer de solutions. Comme d'habitude, ils se contentent d'énumérer les défis auxquels le pays est confronté, sans proposer la moindre solution.
    Le gouvernement crée des emplois bien rémunérés pour les Canadiens partout au pays. Nous faisons des investissements records et de portée historique dans le logement, la défense, les infrastructures et la productivité. Nous avons mis en place des incitatifs fiscaux, des réductions d'impôt et de nouvelles prestations fédérales pour aider les familles à composer avec le coût de l'épicerie. L'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, que les Canadiens recevront vendredi, en est un bon exemple.
    Pourquoi le député a-t-il voté contre le Programme national d'alimentation scolaire s'il se soucie réellement de nourrir les familles? Je ne comprends pas la position du Parti conservateur sur ces questions.

[Français]

     Madame la Présidente, malgré toutes les choses que mon collègue a énoncées, il demeure que, au Canada, le taux d'endettement des ménages est le pire au monde, ou l'un des pires au monde, selon le FMI. Les plus touchés par ça sont ceux qui gagnent le moins: les travailleurs saisonniers qui ont de la misère à avoir de l'assurance-emploi pour faire le tour compte tenu du coût des loyers et de l'épicerie qui augmente.
    Je veux raconter l'histoire de Lise Lapierre, que j'ai rencontrée à l'usine E. Gagnon & Fils de Sainte‑Thérèse‑de‑Gaspé. Elle n'avait plus de prestations d'assurance-emploi à partir du début mars jusqu'à la mi-avril, alors, bien évidemment, elle a dû s'endetter.
    Quand le gouvernement va-t-il finalement réagir et mettre fin au trou noir dans l'assurance-emploi?
(1110)

[Traduction]

    Madame la Présidente, nous venons justement de prolonger l’aide de l’assurance-emploi pour les travailleurs saisonniers dans la mise à jour économique du printemps. Nous avons également pris de nombreuses mesures en faveur des gens de métier, par exemple. Nous avons fait passer de 4 000 $ à 10 000 $ la déduction pour la mobilité de la main-d'œuvre destinée aux gens de métier qui se déplacent afin de contribuer à bâtir un Canada fort et à construire les infrastructures, les logements et les capacités de défense dont le pays a besoin. Nous annonçons chaque jour de nouveaux investissements dans ces secteurs.
    Les députés d'en face ont beau rire et se moquer, le nouveau projet nucléaire de Darlington, dans ma région, créera 21 700 emplois. On me dit que des travailleurs licenciés du secteur automobile se recyclent pour aller travailler sur ce chantier, à la construction de petits réacteurs modulaires.
    Pour les députés de ce côté-ci de la Chambre, la construction d’une économie plus forte n’est pas une plaisanterie. Nous remplaçons les emplois qui ont été supprimés à la suite d’une guerre commerciale que nous n’avons ni déclenchée ni souhaitée. Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour aider les Canadiens à trouver du travail.
    Madame la Présidente, je sais que les conservateurs aiment vraiment l'intelligence artificielle, car on dirait que la moitié de leurs discours et de leurs questions sont rédigés par celle-ci. Je suis un peu plus sceptique.
    Toutefois, pendant que j'écoutais le député parler, j'ai pris une photo de la motion et j'ai demandé à l'intelligence artificielle ce qu'elle en pensait. Voici la réponse que j'ai obtenue: « Cette motion a été rédigée pour avoir un impact rhétorique maximal, et non pour sa rigueur factuelle ou analytique. Elle réduit des indicateurs économiques complexes à un discours simpliste, qui présente la situation comme étant la pire du G7, sélectionne des données hors de leur contexte et réclame une solution irréalisable qui n'a aucun sens sur le plan politique. » Je suis sûr que les conservateurs diront que c'est la réponse d'une intelligence artificielle woke libérale.
    Le secrétaire parlementaire peut-il nous dire s'il pense que l'intelligence artificielle a vu juste cette fois-ci?
    Madame la Présidente, je vais devoir applaudir l'intelligence artificielle. Je n'aurais jamais pensé qu'elle puisse si rapidement déjouer les illusions que les conservateurs tentent de propager à la Chambre avec leurs motions — chose qu'ils font tous les jours.
    Tenons simplement compte de ce que disent les experts, même si les conservateurs n'y croient plus. Voici ce qu'a dit la Banque Nationale:
     Nous n'aimons pas l'expression « récession technique ». Deux trimestres consécutifs de croissance négative du PIB peuvent signifier des choses très différentes selon la situation de la population.
     L'économie canadienne a enregistré une légère contraction au premier trimestre, à la suite d'un déclin au quatrième trimestre. Pourtant, le PIB réel par habitant a augmenté de près de 1 % au premier trimestre et affiche une tendance à la hausse depuis deux ans.
     Ce sont les difficultés économiques — et non les seuils arbitraires du PIB — qui définissent une récession. L'économie demeure fragile et l'incertitude est élevée, mais nous ne sommes pas encore prêts à employer le mot « récession ».
    C'est la Banque Nationale qui le dit.
    J'ai des citations de Steven Gordon, de RBC, et de très nombreux autres professionnels qui analysent l'économie. Ils estiment que les conservateurs ont tort, donc l'intelligence artificielle a raison et les experts sont d'accord.
     Madame la Présidente, je voudrais revenir sur la manière dont le sujet dont nous débattons touche concrètement de nombreux Canadiens. C'est un sujet très particulier qui concerne un très grand nombre de Canadiens. Il s'agit des opioïdes.
    Le député parlait de la sécurité des enfants. À l'heure actuelle, nous avons un gouvernement qui cautionne la consommation de fentanyl et l'existence de centres de consommation à proximité des enfants, ici au Canada. Grâce à une dérogation, il existe actuellement au Canada des centres autorisés par le gouvernement fédéral qui se trouvent à quelque 50 pas d'écoles et de garderies. Dans ces centres de consommation, du fentanyl est consommé dans 50 % des cas. Le député a complètement déformé ce qu'il entend quand il parle de sécurité des enfants.
    Je ne peux pas imaginer que les enfants du député soient exposés à ces centres de consommation chaque jour en se rendant à l'école. Je lui pose donc la question suivante: pense-t-il vraiment qu'il est sans danger de consommer du fentanyl à proximité d'enfants?
(1115)
    Madame la Présidente, l'intervention du député montre que les députés d'en face ne sont même pas capables de s'en tenir à la motion qu'ils ont proposée à la Chambre. Aujourd'hui, nous débattons d'une motion qui crée toutes sortes d'illusions à propos d'une réalité économique que les conservateurs semblent avoir inventée, comme ils le font tous les jours à la Chambre, pour propager des récits qui ne sont pas vrais. Les affirmations qu'ils font dans cette motion sont fausses. Nous avons pris le temps de fournir des informations qui déboulonnent les nombreux mythes contenus dans la motion des conservateurs.
    En ce qui concerne la sécurité des enfants, le gouvernement a proposé la série de réformes législatives la plus complète de l'histoire du Canada pour assurer la sécurité des Canadiens. Je me demande pourquoi les conservateurs font obstruction à bon nombre de ces modifications au Code criminel et des modifications qui donnent aux services de police des outils supplémentaires pour assurer la sécurité de nos enfants et de nos collectivités.

[Français]

    Madame la Présidente, les conservateurs exagèrent peut-être un peu, mais il reste que les politiques libérales ont vraiment contribué à la récession technique, qu'on ne peut pas qualifier de crise économique, que nous vivons actuellement.
    Par exemple, avec leur politique migratoire complètement insensée, ils ont fait exploser le coût du logement. Ils ont aussi fait exploser le coût des services publics. Ils ne veulent pas verser de compensation au Québec pour cela.
    J'aimerais demander à mon collègue ce qu'il en pense. Que vont-ils faire pour le Québec? Le coût lié aux demandeurs d'asile est évalué à plus de 700 millions de dollars, et les libéraux refusent toujours de verser ces sommes au Québec.

[Traduction]

    Madame la Présidente, le député est relativement modéré dans son évaluation de la motion conservatrice, qui est évidemment inexacte et exagérée. Ce n'est que de l'hyperbole.
    Pour répondre à sa question, le gouvernement a adopté une approche responsable en ce qui concerne les niveaux d'immigration. Nous avons réduit le nombre d'immigrants dans presque toutes les catégories afin de ne pas mettre à rude épreuve les soins de santé et le logement...
    Nous devons reprendre le débat. Le député de Mirabel a la parole.

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie l'ensemble de mes collègues d'être intervenus sur cette importante motion. Je ne dis pas que tout ce qu'il y a là-dedans a du sens, et je ne dis pas que tout est faux, mais c'est une motion importante.
    Tout d'abord, j'aimerais dire que nous avons des inquiétudes concernant l'effet qu'aura l'intelligence artificielle dans nos vies. Je pense qu'aujourd'hui, on a eu un exemple des glissements que l'intelligence artificielle peut avoir sur les débats parlementaires. On a le whip du gouvernement qui se lève et qui nous lit un truc d'intelligence artificielle dont la source n'est pas vérifiable. On ne peut même pas savoir si c'est vrai ou si c'est faux. On a aussi le député de Whitby, avec qui je m'entends très bien. Nous ne sommes pas d'accord sur tout, mais nous avons de bonnes relations de travail. Ce député a étudié en philosophie. Il est philosophe et il se lève dans l'assemblée du peuple pour dire en toute philosophie que, si ça fait son affaire d'un point de vue partisan, l'intelligence artificielle a raison, et que c'est ça qui est ça.
    Moi, je pense que nous sommes capables d'avoir des débats plus sains à la Chambre, d'autant plus que nous sommes dans un débat technique, un débat de chiffres, où il faudra peut-être à un moment donné couper la poire en deux. Dans le cas de cette motion, ce qui déterminera notre vote à la fin, ce sera probablement la véracité des faits qui y sont mentionnés. Ce que dit la motion dit, c'est qu'on est en récession. On a eu deux trimestres de décroissance consécutifs; un trimestre avec une bonne décroissance, soit de 1 % pour le dernier trimestre, puis un trimestre avec des données préliminaires. On sait que les données vont être réévaluées, mais il s'agit d'une toute petite décroissance d'un dixième de 1 %.
     D'abord, je n'aime pas le terme « récession technique ». J'en parlais hier avec le député de Marc-Aurèle-Fortin, qui dit qu'on n'est pas en récession. Il ne nous dit pas que l'économie va bien. Il nous dit qu'on n'est pas en récession, comme si c'était un trophée, comme s'il pouvait se sauver avec la rondelle en disant qu'on n'est pas en récession et que c'est ça, leur objectif, en tant que gouvernement. Le but d'une économie, ce n'est pas de ne pas être en récession, c'est d'avoir de la croissance réelle qui permet d'augmenter le pouvoir d'achat des gens et d'augmenter le niveau de vie. Je n'aime pas l'expression « récession technique ». C'est comme si on avait la pneumonie. Peut-on avoir une pneumonie technique, mais pas de pneumonie? Peut-on avoir une grippe technique, mais pas la grippe? Ça n'existe pas vraiment. On est en récession ou on ne le sait pas et on le saura plus tard. Il y a des symptômes. C'est un peu comme la psychiatrie, c'est-à-dire qu'on a des critères cliniques. Des fois, ils ne sont pas tous rencontrés. Des fois, on n'est pas sûr du diagnostic et on le saura plus tard. Toutefois, une chose est sûre. C'est que ça ne va pas bien.
     D'ailleurs, les libéraux nous disent qu'on n’est pas en récession. Je tiens à envoyer un message au député de Marc‑Aurèle‑Fortin. Les données du PIB sont révisées sans arrêt. Là, c'est négatif, mais peut-être que, quand on aura les versions ultérieures des données, ça deviendra positif. C'est ce que les libéraux nous disent. Ils nous disent d'attendre les données à venir. Toutefois, au cours des derniers trimestres, des trimestres positifs sont devenus négatifs lors de la révision des données. Au deuxième trimestre de 2025, c'était une baisse de 0,2 %. Au quatrième trimestre de 2025 aussi, les données ont été révisées, mais pas à l'avantage du gouvernement. Il faut quand même comprendre que, quand les données sont révisées et que c'est pire qu'on le pensait, il faut aussi que les libéraux disent qu'ils ont une part de tort là‑dedans. Ça, ils ne le font pas.
     Comment alors sait-on si on est en récession? D'abord, ce n'est pas Statistique Canada qui décide ça, ce n'est pas le gouvernement et ce n'est pas nous. Aux États‑Unis, c'est le National Bureau of Economic Research qui détermine s'il y a une récession selon un ensemble de critères qui, généralement, concordent avec deux trimestres de décroissance consécutifs, mais le critère n'est pas deux trimestres consécutifs. Au Canada, on a un comité sur le cycle économique à l'Institut C.D. Howe qui a ses propres critères. Pour savoir si on est en récession, il faut déterminer l'amplitude de la variation du PIB. Dans ce cas-ci, au premier trimestre, on a une décroissance, mais elle est toute petite. Il faut déterminer la durée. On peut avoir une récession avec un trimestre de décroissance. Si l'économie plantait de 30 %, on n'attendrait pas le trimestre d'après pour savoir qu'on est dans le trouble. Ça dépend des circonstances particulières. Ça dépend de l'étendue du ralentissement. On veut savoir à combien d'industries ça se propage. On veut savoir si l'impact sur le PIB était important dans beaucoup d'industries.
    Est-ce qu'on est en récession ou est-ce qu'on ne l'est pas? On ne le sait pas. Ni les conservateurs ne le savent ni les libéraux ne le savent. C'est un débat qui est absolument absurde.
(1120)
    En effet, ce débat occulte le fait que l'économie ne va pas bien. C'est épouvantable qu'on passe une journée à se demander si on satisfait aux critères 1, 2, 3, si ce sera le cas dans deux mois ou si le premier mois du deuxième trimestre est positif ou négatif. C'est épouvantable, parce que personne ne pense que l'économie canadienne est viable dans son état actuel. Je pense que c'est une déviation du débat.
    Cependant, on a raison de craindre une récession, parce que, présentement, le taux de chômage est élevé, mais il s'est maintenu. Le taux d'emploi s'est relativement maintenu, mais il est fragile. C'est vrai, et ça fait partie des critères pour une récession. On voit, dans les données du PIB, que des entreprises canadiennes qui ont des problèmes à exporter ont commencé à augmenter leur stock. Qu'est-ce que ça veut dire? Ça veut dire que les entrepôts se remplissent. Ils n'ont pas encore mis à pied de gens. Il y a des fermetures. Il y a des effets importants sur des entreprises. Or, certaines entreprises ont décidé de maintenir des quarts de travail, de ne pas licencier tout le monde et d'accumuler des stocks. La taille des entrepôts n'est pas infinie. On ne peut pas stocker de la marchandise sans arrêt. Ça nous montre qu'en matière d'exportation, de commerce et de négociation avec les États‑Unis, on est assis sur une bombe à retardement. L'état des stocks est important.
    Pour la même raison, il y a parfois des reprises économiques après une récession, mais sans emploi, parce que les entreprises se remettent à vendre les stocks qui étaient dans les entrepôts sans réembaucher des gens. On peut avoir des signes précurseurs de récession sans avoir licencié de gens parce que nos entreprises sont résilientes et se disent qu'elles ne voudraient pas tout de suite perdre leur main-d'œuvre et congédier des gens.
    Nous avions parlé de l'importance de la subvention salariale pour maintenir le lien d'emploi pour les gens qui se font congédier. Aujourd'hui, une entreprise qui congédie ses employés va se faire voler son expertise par quelqu'un d'autre. Évidemment, ça fait un an que le premier ministre nous dit que la situation va se régler incessamment. Or, quand la situation sera réglée, ces gens-là ne pourront pas ravoir leurs employés.
    Je disais donc qu'il y a des signes précurseurs. J'écoutais soigneusement le député de Whitby. Ce n'est pas toujours facile, mais je l'ai fait. Il nous a décomposé le PIB. Il nous a dit que les investissements sont maintenus, que c'est grâce à leur super déduction. D'ailleurs, la super déduction, c'est un peu comme la crème chantilly de la politique fiscale. Ce n’est pas une super déduction. Sait-on ce qu'est la crème chantilly? C'est de la crème fouettée avec un peu de sucre. On lui donne un joli nom pour que ça ait l'air plus sexy. Il en va de même pour la super déduction. Ce n'est pas une super déduction. C'est de l'amortissement accéléré, comme il y en a partout, comme il y en a aux États‑Unis. De plus, ils ont choisi les gagnants.
    Certaines compagnies viennent nous dire qu'on a un problème de souveraineté numérique au Canada. Elles nous disent qu'elles veulent faire de la fibre optique parce que le ministre des Finances a oublié la fibre optique dans ces secteurs, parce qu'il a choisi des gagnants. Maintenant, le gouvernement nous dit que c'est une super déduction. Ce n'est pas une super déduction. C'est de l'amortissement accéléré. Il en parle comme si c'était la meilleure invention depuis le pain tranché, comme si personne n'avait ça, comme si c'était générationnel d'accélérer l'amortissement. On dirait un cours de fiscalité 101. Ça nous montre que c'est un langage ampoulé, que c'est de l'emphase.
    Le secrétaire parlementaire du ministre nous disait donc que l'investissement a augmenté et que la consommation s'est maintenue. Il est vrai que la consommation des ménages s'est maintenue. C'est parce qu'on est solidaires. Le premier ministre fait ce qu'on enseigne dans un cours de première année à l'université. Ça s'appelle des mesures de stimulation. Les gens ont des problèmes, alors on envoie des chèques pour soutenir la consommation. Ça s'ajoute au déficit de l'État et ça sera repayé à un moment donné. Ça fonctionne pour l'instant, mais envoyer des chèques n'est pas la recette du succès pour les 10 prochaines années. Ça prend de la croissance. Les dépenses du gouvernement viennent pallier ça aussi. L'approvisionnement commence tranquillement, mais ces dépenses gouvernementales ne sont pas la recette de la croissance.
     Qu'est-ce qui fait mal dans le PIB? On décompose les chiffres du PIB. Je vois le député de Marc-Aurèle-Fortin: il le sait, parce qu'il les décompose, ces chiffres. Il est un peu comme moi, il est un maniaque de ce genre de chose. Ce qui a échoué dans le PIB, ce sont les exportations. Nous vivons une crise des exportations. Si je peux me permettre d'inventer un terme à des fins un peu pédagogiques, on pourrait presque parler de « récession d'exportation ». Ça nous montre l'importance de notre relation avec le voisin américain, l'importance de la polir, même s'ils ne sont pas des gens faciles. On négocie peut-être des accords commerciaux avec la Maison‑Blanche, mais on fait affaire avec des entreprises qui nous aiment encore partout aux États‑Unis, et c'est avec des entreprises qu'on fait des échanges commerciaux. Il faut donc polir la relation qu'on a avec ces gens-là. Ça montre l'importance de commencer et de déclencher cette négociation avec les États‑Unis. Le Mexique a commencé à le faire. Les négociations officielles ont commencé.
(1125)
    Lorsque le premier ministre a été élu, il nous a dit qu'il était le meilleur négociateur de l'histoire de l'humanité, qu'il fallait l'élire, qu'il allait faire des miracles et que les négociations se dérouleraient bien. C'est ce qu'il nous a dit. Depuis ce temps, on observe que ce qui fait gagner des votes au Canada nuit à la relation avec les États-Unis. Il y a eu des propos très durs. Je n'aime pas Donald Trump plus que quiconque; je ne trouve pas que ce qu'il fait soit acceptable. Cependant, force est de constater que le premier ministre a lui-même décidé de nuire à sa relation avec les États-Unis pour gagner des votes au Canada, et cela coûte cher.
    Nous avons la décomposition des données. Qu'on le prenne comme on le veut, l'absence d'accord et l'absence de négociations ont un effet critique sur l'économie du Canada et sur les exportations. C'est drôle, tantôt, le député de Whitby, qui nous parlait de toutes les composantes du PIB, ne souhaitait pas nous présenter celle qui est en crise. Je vais donc citer les chiffres. Au dernier trimestre, comparativement au même trimestre de l'année précédente, les exportations ont diminué de 4,1 %. Il s'agit d'une baisse de 4 %. C'est énorme, et c'est ça, le problème. Cela s'en va juste en s'empirant. Les négociations, elles, ne commencent pas. Sommes-nous en récession aujourd'hui ou non? Ce n'est pas la question. La question, c'est que l'avion pique du nez et on se demande s'il a déjà frappé le sol ou non. C'est exactement ce qui est en train de se produire à la Chambre.
    Les exportations réelles du Canada, c'est-à-dire après correction pour l'inflation, ont diminué de 4,1 % au premier trimestre. Le trimestre précédent, elles avaient diminué de 2,9 %. Le trimestre d'avant, elles avaient diminué de 2,3 %. Le trimestre précédent encore, elles avaient diminué de 3,5 %, et ce, toujours par rapport à l'année précédente.
    Les chiffres que je viens de donner — rappelons que nous avons toujours les statistiques un peu plus tard et que nous venons de commencer un trimestre — couvrent essentiellement l'ensemble du mandat du premier ministre. Comment définissons-nous le mandat du premier ministre? Il est arrivé en pleine crise tarifaire, c'est vrai. Ce n'est pas lui qui l'a créée, c'est vrai. Il ne pouvait pas tout négocier dès la première semaine, c'est vrai. Cependant, chaque trimestre de son mandat, nous n'avons ni accord ni négociation. Nos relations s'enveniment et ça plante. Près de 80 % de nos exportations sont destinées aux États-Unis. Je comprends que le premier ministre se promène avec son carnet d'adresses, qu'il fasse des voyages, qu'il conclue des accords commerciaux et c'est correct. Cependant, c'est faux de croire que nous devons mettre entièrement de côté notre relation avec les Américains; cela relève du suicide économique. C'est littéralement ce que le premier ministre est en train de faire. C'est ce qu'on voit avec la baisse de 4,1 % des exportations. Voilà ce dont nous devrions discuter aujourd'hui, c'est de ce chiffre, et de ce chiffre seulement.
    C'est toujours délicat de parler de la situation économique au Parlement. Il faut dire la vérité: lorsque des emplois sont créés, le gouvernement affirme souvent qu'il les a créés. La plupart du temps, ce n'est pas vrai. Il existe des facteurs cycliques et des facteurs liés à la conjoncture internationale. Ce ne sont pas nécessairement les gouvernements qui créent les emplois. De la même façon, une récession n'est pas toujours la faute d'un gouvernement.
    Je vais donner l'exemple du gouvernement Harper en 2015. Stephen Harper devient premier ministre, il y a une crise dans le secteur énergétique qui a entraîné un effondrement du prix du pétrole. Cela n'était aucunement la faute du gouvernement canadien. Le Canada s'est alors retrouvé en récession. Ce n'était pas la faute du premier ministre Harper. Les pertes d'emploi et la baisse des investissements découlaient d'une conjoncture à laquelle le gouvernement a dû répondre. Dans ce cas-là, ce n'était pas la faute du gouvernement. La plupart du temps, c'est ainsi que les choses se passent.
    Cependant, dans le cas qui nous occupe, le gouvernement joue un rôle particulier. Il présente la situation comme si elle n'était pas de sa faute. Le gouvernement nous dit...
(1130)
    Il y a du bruit; je vais demander au sergent d'armes d'aller vérifier quelle en est la source, car c'est très dérangeant.
    Le député de Mirabel a la parole.
    Madame la Présidente, le gouvernement dit et répète qu'il essaie de contrôler ce qu'il peut contrôler et qu'il ne contrôle à peu près rien. Il va donc verser des prestations, faire une offre groupée de mesure de stimulation, comme si ça pouvait durer toujours. Il répète que ce n'est pas de sa faute. Or, dans ce cas, le gouvernement a commis une faute, et ce, parce que le premier ministre avait été élu sur la promesse solennelle qu'il serait plus habile que toute autre personne sur la surface de la Terre pour négocier avec les Américains. Ça a été ça, sa promesse. Aujourd'hui, les exportations se plantent. Moi, je pense que c'est un grave problème.
    Les libéraux vont se lever. Je le sais. Je vois des députés de l'autre côté et nous commençons à les connaître. Ils vont nous dire que le PIB par habitant augmente et qu'ils ont mis fin à la récession par habitant. Cependant, quand nous leur disions, au cours des deux dernières années, que le PIB par habitant baissait et que le Canadien moyen s'appauvrissait, ils nous disaient que nous étions des racistes anti‑immigration, que ça n'avait aucun sens de parler contre les immigrants, que c'étaient eux qui nous soignaient dans les CHSLD. Or, tout à coup, il faudrait parler de mesures par habitant. On retournera dans les bleus et on verra que, moi, je parle depuis longtemps de mesures par habitant.
    Qu'est-il donc arrivé? Les libéraux ont réduit le niveau d'immigration. Avant, ils étaient sous l'influence de la personne qui est maintenant leur ambassadeur à Washington, une personne impliquée dans le groupe de l'Initiative du siècle. Ces gens s'étaient dit qu'il y aurait 100 millions de Canadiens en 2100 et qu'il fallait donc commencer tout de suite, sans faire de coordination avec les provinces pour s'assurer que ces gens auraient des services, que l'immigration serait réussie et que tout fonctionnerait bien.
    Moi, je suis en faveur de l'immigration. L'immigration m'a emmené la femme de ma vie. Ce n'est pas la question. Nous voulons qu'il y ait de l'intégration, qu'il y ait du logement, etc. Or les libéraux coupent là‑dedans, la population baisse, ils s'en vantent et ils nous disent que le PIB par habitant monte. Habituellement, quand on est économiste, on est content que le PIB par habitant monte. Ça démontre une augmentation de la productivité. Or, dans ce cas, c'est ce qu'on appelle un effet de dénominateur. Le PIB est divisé par le nombre de personnes. Les libéraux réduisent le nombre de personnes, il y a donc un problème chronique de productivité, et il faudrait que nous les applaudissions alors que, quand nous disions la même chose, il y a trois ans, ils nous attaquaient sans arrêt.
    C'est la même chose du côté du logement. Je ne suis pas nécessairement d'accord sur tout ce qui est dans la motion. En effet, je pense qu'elle n'est pas formulée de façon à ce que nous l'appuyions. Le gouvernement sait très bien qu'il ne construira pas 500 000 logements en trois ans. Il comprend très bien qu'il y avait une pression sur le logement. On l'a vu dans les dernières données, par exemple dans la région métropolitaine de Montréal: on a presque atteint ce qu'on appelle le point d'équilibre, soit un taux d'inoccupation autour de 3 %. Il y a un lien. Ce n'est pas l'identité des gens dans le logement qui est importante, c'est le nombre de personnes comparativement au nombre de logements. Il faut que le nombre de logements augmente proportionnellement au nombre de personnes si on ne veut pas créer de pression.
    Les libéraux vont nous dire que, si le prix du logement baisse, c'est grâce à Maisons Canada, que personne n'a encore compris. Nous ne comprenons pas comment ça fonctionne. La société d'État signe des ententes et elle fait des annonces, mais aucun logement n'est sorti de terre. Les libéraux vont se vanter que leurs politiques fonctionnent. Nous leur disons tout ça depuis des années.
    Le député de Whitby disait tantôt aux conservateurs qu'ils ne proposaient jamais rien et qu'ils ne faisaient que se plaindre. Nous, nous proposions une immigration réussie et intelligente depuis des années, mais on nous traitait de racistes. Aujourd'hui, ils vont nous dire que nous ne faisons que nous plaindre, alors que le premier ministre est incapable de négocier un accord commercial, que la scierie Saint‑Michel à Saint‑Michel‑des‑Saints est sur le point de fermer et que notre secteur du meuble est en crise. Les libéraux vont nous dire que les exportations vers l'Europe ont augmenté. C'est certain, les alumineries envoient en Europe l'aluminium qu'elles ne vendent pas aux États‑Unis, et c'est ce qui gonfle les statistiques. C'est exactement ce qui se produit. Non, il n'y a pas de résultats.
    Quand nous faisons des propositions aux libéraux et qu'ils rient de nous, quand nous demandons de créer une subvention salariale pour libérer le régime d'assurance-emploi, dont la structure actuarielle ne permettra pas de subir deux crises à l'intérieur de sept ans avec la COVID‑19, ils devraient nous écouter. Quand nous leur disons de réformer aussi l'assurance-emploi, ils se vantent d'avoir fait encore des mesures temporaires. Les gens vivent dans l'incertitude. Quand ça fait 15 ans qu'on a des projets pilotes, on serait peut-être mûr pour dire s'ils ont fonctionné et pour une réforme. Créer projet pilote sur projet pilote, ce n'est pas une politique, c'est de l'improvisation.
    Nous demandons aussi d'acheter une partie des paiements faits à l'avance en droits compensateurs aux États‑Unis pour l'industrie forestière. C'est un actif pour le gouvernement qui donnerait des liquidités aux acteurs du secteur forestier pour leur permettre de maintenir leurs opérations et de faire face aux injustices que les Américains leur imposent. Qu'est-ce que je fais? Est-ce du pleurnichage?
    Nous leur demandons que les transferts en santé suivent les coûts de système de 6 %. C'est 5 % cette année et ça va descendre à 3 %. Qu'est-ce que c'est? Est-ce du pleurnichage? Sont-ils en train de nous dire que, refaire un hôpital, ça crée moins d'emplois qu'une base militaire?
(1135)
    Pour relancer l'économie, il y a des choix à faire.
    Quand ils sortent des chiffres, quand ils décomposent le PIB, quand ils nous expliquent que tout va bien, qu'ils font tout correctement et que, quand ça va mal, ce n'est pas de leur faute, mais que, quand ça va bien, c'est à cause des politiques qu'ils ont mises en place il y a quatre à cinq mois, j'invite l'ensemble des députés du gouvernement à faire preuve de légèrement plus d'humilité, parce qu'en cette matière, on part de très loin.

[Traduction]

    Madame la Présidente, la passion de mon collègue de Mirabel n'est surpassée que par ses connaissances sur le sujet dont nous débattons.
    Je comprends le point de vue du député sur l'analyse des données et la pertinence de déterminer s'il y a une récession ou non, mais il faut s'appuyer sur des chiffres quelque part. Le fait est que l'économie canadienne s'est contractée pendant trois des quatre derniers trimestres. Pas un seul pays du G7 n'a vu son économie se contracter au cours des quatre derniers trimestres.
    Le gouvernement ne cesse de jeter le blâme sur la guerre commerciale avec les États‑Unis. Le Mexique, qui dépend beaucoup plus du commerce avec les États‑Unis que le Canada, a vu ses exportations vers les États‑Unis augmenter. Le Mexique, qui, encore une fois, dépend davantage des États‑Unis, n'a pas connu de récession ou de contraction de son économie, contrairement au Canada.
    Je me demande si mon collègue pourrait nous en dire un peu plus sur le fait que le gouvernement doit cesser de blâmer les États‑Unis pour faire des gains politiques et commencer à travailler à l'amélioration de l'économie et des exportations, comme l'a fait le Mexique.

[Français]

    Madame la Présidente, les gens nous demandent parfois ce que le Bloc québécois ferait s'il effectuait des négociations à la place du premier ministre. Personnellement, je n'ai promis de miracle à personne. Nous avons toujours dit que nous appuierions le premier ministre quand il aurait une stratégie claire et intelligente et qu'il nous en aurait fait part. Après plus d'un an, ce n'est toujours pas arrivé.
    La réalité, je l'ai pour les cinq derniers trimestres. Pour le premier trimestre de 2025, il y a eu une croissance de 0,7 %; on ne va pas loin avec ça. Il y a eu une décroissance au deuxième trimestre de l'année passée, ça a été suivi d'un peu de croissance au troisième et d'une décroissance au quatrième. En ce moment, on s'obstine à savoir si on a une croissance de 0 % ou une décroissance de 0,1 %. Ça ne va pas bien.
    Le problème, c'est les exportations. Quand les entreprises qui font preuve d'un peu de résilience ne seront plus capables de continuer à accumuler des stocks, on va avoir un problème. Ces données ne tiennent pas compte de la nouvelle façon de calculer les droits de douane annoncés au mois d'avril. Leurs effets vont tranquillement commencer à se faire ressentir. Le Québec est le plus touché. Ce nouveau calcul ne fait pas encore partie de ces statistiques. C'est essentiellement un nouveau calcul des droits de douane sur l'acier, l'aluminium et quelques autres biens. De l'autre côté de la Chambre, ceux qui pensent que ça va bien, qu'on s'en est sorti et qu'on est plus résilient ont besoin, à mon avis, de réaligner leur discours sur la réalité, peu importe la façon dont la motion conservatrice d'aujourd'hui est libellée.
(1140)
    Madame la Présidente, on aurait pu dire beaucoup de choses, mais on est limité dans le temps. Je dirai seulement deux choses.
     D'abord, quand on décompose le PIB, on devrait quand même remarquer qu'une des sources de faiblesse au premier trimestre, c'était les dépenses gouvernementales. On sait que c'est temporaire. C'est un ajustement et ça va changer. Cependant, je suis d'accord avec mon collègue sur le fait qu'un des enjeux principaux, ce sont les exportations. En effet, l'exportation vers les États-Unis est un problème important et il faudra le régler avec le temps.
    J'aimerais savoir ce que le collègue pense de l'investissement privé, surtout dans un contexte d'incertitude. En effet, la baisse des exportations et la guerre tarifaire mènent aussi à beaucoup d'incertitudes. Un autre phénomène auquel on assiste, c'est un gel de l'investissement privé, notamment en machinerie, en équipement et tout ça.
    Qu'est-ce que mon collègue a à dire à ce sujet?
    Madame la Présidente, j'aimerais dire deux choses.
    Mon collègue, que j'apprécie beaucoup et il le sait, trouve qu'on manque de temps pour débattre. Je lui suggère d'aller voir les membres du Conseil des ministres et de leur dire d'arrêter d'imposer des bâillons parce qu'on ne manque pas de temps à la Chambre. Ce sont eux qui ne veulent pas débattre. Ils ont un caucus demain matin. À mon avis, le député devrait faire valoir son point très fortement. Si je pouvais l'appuyer, je l'appuierais, mais je n'ai pas l'intention de traverser de l'autre côté.
    Sur la question de l'investissement privé, on a un problème de stagnation de l'investissement privé, on a un problème de compétitivité et on a un problème de productivité. C'est vrai, il y a des problèmes à régler. Cependant, l'investissement privé est inclus dans le PIB aujourd'hui, mais c'est un des principaux catalyseurs de croissance dans le futur. C'est vrai qu'il y a des éléments qui se maintiennent. C'est vrai que le premier ministre fait ce qu'on enseigne dans un cours de première année. Il dit que l'économie ne va pas bien, on va dépenser et on va faire comme on fait pendant les crises. C'est du canadianisme et c'est ce qu'on enseigne.
    Par contre, l'enjeu des exportations est fondamental. On ne peut pas continuer à faire diminuer nos exportations de 2, 3, 4 % année après année, chaque trimestre. Non seulement ça ne ralentit pas, ça empire et, en plus d'empirer, on n'a pas encore l'effet des droits de douane annoncés au mois d'avril.
    À mon avis, ce n'est que de ça que nous devrions parler aujourd'hui et de rien d'autre.
     Madame la Présidente, dans son exposé, mon collègue a mentionné que les exportations étaient en recul au Canada. On sait tous que les effets des droits de douane américains ont fort probablement des conséquences sur ces exportations à destination des États‑Unis. Or, le premier ministre nous a promis une nouvelle politique, à savoir qu'on s'isolerait des États‑Unis et qu'on développerait des partenariats partout au monde, ce qui compenserait les difficultés liées aux États‑Unis.
    Selon mon collègue, ces données montrent-elles que cette stratégie fonctionne?
    Madame la Présidente, jamais un gouvernement au Canada ne s'est dit que la diversification n'était pas bonne. Je me demande si ce n'est pas Stephen Harper qui avait conclu notre accord de libre-échange avec la Corée du Sud. Il faudrait le vérifier. Je pense que oui. Les gouvernements ont signé des accords de libre‑échange.
    Les gens du gouvernement se promènent en disant que le Canada est protégé, qu'il est le pays qui a le plus d'accords bilatéraux avec les pays du G7. Bien sûr, on a toujours voulu diversifier les échanges. Toutefois, la géographie et l'interrelation à certaines industries existent. L'industrie automobile du Canada n'existe pas sans le marché américain, qui est proche. Il faut faire les deux.
    Ce que fait le premier ministre, c'est opposer les deux. Il transforme la stratégie de diversification en discours qui fait que, selon moi, on nuit à notre relation commerciale avec les États‑Unis, qui va se rétablir un jour. Dans ces circonstances, on arrive à un point où l'effet humain, l'effet sur les familles et sur les emplois est réel. Le gouvernement ne pourra pas passer sa vie à simplement envoyer des chèques dans une économie dont les exportations sont en décroissance, surtout pour le Canada, qui est une petite économie ouverte, dépendante de ses exportations, peu importe où il exporte.
(1145)
    Madame la Présidente, ma question porte sur l'approche économique du Bloc québécois. Il est clair que les libéraux, les conservateurs d'autrefois et le Parti conservateur actuel pensent de la même façon en matière d'économie. Il s'agit toujours de croissance économique, mais sans égard au bien-être de tout le monde.
    Que pensent mon collègue de Mirabel et le Bloc québécois de l'économie circulaire ou du livre de Kate Raworth, La théorie du donut: l'économie de demain en 7 principes? Mon collègue peut-il expliquer en quoi consiste l'approche du Bloc québécois visant à imaginer une économie différente?
    Madame la Présidente, il y a la croissance, la richesse, le revenu et la façon dont on les répartit.
    L'approche du Bloc québécois est assez simple. Nous remarquons que la capacité fiscale et la marge de manœuvre sont concentrées à Ottawa. L'éducation, les services de garde, la santé, les services sociaux, les municipalités, qui font face à une crise d'itinérance, relèvent des provinces ou sont directement des responsabilités provinciales. Si on veut une société plus juste, plus inclusive, avec de la mobilité sociale, il faut que les transferts augmentent et qu'Ottawa arrête de s'inventer un filet de sécurité sociale qui est géré par Cúram, parce qu'on n'est même pas capable de verser les chèques. Ça, c'est ce que nous pensons.
    Pour la question de l'économie circulaire, ça prend une économie qui est plus écologique, qui génère moins de déchets. Ça prend une économie où on pense à tous les enjeux. Il y a encore 20 ou 30 ans, on remplissait les dépotoirs. Aujourd'hui, on se rend compte que, ce qu'on jetait, ce sont des ressources qui peuvent être valorisées si tant est qu'on crée un marché pour ces ressources-là. À mon avis, c'est une approche d'avenir.
    Madame la Présidente, tout à l'heure, mon collègue évoquait une situation, et se demandait si c'était le gouvernement Harper qui avait établi le libre-échange avec la Corée du Sud. La réponse est « oui, absolument ». On se rappellera que, sous le leadership très avancé de M. Ed Fast, qui était le ministre du Commerce international, le Canada sous M. Harper avait une quarantaine d'ententes de libre-échange avec une quarantaine de pays. C'est non sans rappeler évidemment que, en 1988, quand il y avait eu le débat sur le libre-échange avec les États‑Unis, nous avions eu le soutien et l'appui des Québécois, et particulièrement de grands Québécois comme Bernard Landry et Jacques Parizeau, qui parlaient en faveur du libre-échange.
    J'aimerais que le député m'explique en quoi le libre-échange est important pour le Canada, et particulièrement pour le Québec.
    Madame la Présidente, le libre-échange nous permet de nous spécialiser dans ce que l'on fait de mieux. Ce n'est pas un concours de qui est le meilleur ou pas. Ce que j'illustrais, c'est le fait que la diversification a toujours été un combat de tous les instants pour chacun des gouvernements qui se sont succédé ici. Le miracle que le premier ministre nous promet, on le prépare depuis des décennies. Ce qu'il nous promet d'ici trois ans pour gagner des votes, ça n'arrivera pas d'ici trois ans. Ça se fait de façon graduelle. Je pense qu'il doit polir davantage sa relation avec le voisin américain.
    Madame la Présidente, je suis bien heureux de participer à ce débat aujourd'hui concernant l'avenir économique du Canada, et particulièrement en ce qui a trait à la réalité à laquelle sont confrontés tous les Canadiens au moment où nous nous parlons, parce que, oui, le Canada, malheureusement, est en récession. C'est avec grand bonheur et plaisir que je vais partager mon temps de parole avec mon éminent collègue de Calgary Crowfoot et je remercie tous ceux et celles qui sont vigilants, contrairement à moi qui ai malheureusement erré. À cet égard, j'aurai quelques mots à prononcer sur des gens qui ont erré.
    Ce n'est pas de gaieté de cœur que nous constatons que le Canada est en récession. Comme tous les économistes le savent, quand il y a deux trimestres consécutifs où le produit intérieur brut, ou PIB, est négatif, nous parlons de récession. Certains peuvent chercher à apporter des qualificatifs à cette récession-là, mais, mathématiquement parlant et de façon très claire, cela se définit de la manière suivante: si, au cours de deux trimestres consécutifs, le PIB est en baisse, c'est une récession; et c'est ce à quoi nous sommes confrontés.
    D'aucuns ont voulu faire une bataille de mots avec cette définition de la récession. Cependant, au-delà de la bataille de mots, il y a la réalité des maux des Canadiens, des maux qui frappent le Canada depuis trop longtemps. Nous avons la pire inflation alimentaire des pays du G7. Chaque mois, 2,2 millions de Canadiens se rendent dans des banques alimentaires pour se nourrir. Rappelons que nous sommes au Canada. De ce nombre, le tiers sont des enfants. Des familles, des pères, des mères n'ont pas les moyens de subvenir à leurs besoins et doivent frapper à la porte des banques alimentaires.
    Je me permets de saluer les gens de ma circonscription, notamment ceux de l'organisme Amélie et Frédérick, ceux du Frigo collectif et écologique de Val‑Bélair, ceux du frigo-partage de L'Ancienne‑Lorette et ceux du frigo‑partage de Loretteville, sur la rue Racine. Ces gens s'occupent de façon très particulière de l'aide alimentaire, et Dieu sait que leur travail est essentiel. Heureusement que ces bénévoles des différents organismes caritatifs dans toutes les circonscriptions, en particulier dans ma circonscription, Louis‑Saint‑Laurent—Akiawenhrahk, pensent aux plus démunis. Or, ce qu'ils me disent, c'est que des gens qui ont contribué aux banques alimentaires pendant des années sont aujourd'hui les mêmes qui viennent frapper à leur porte pour obtenir de quoi nourrir décemment leur famille.
    Le Canada affiche malheureusement aussi le deuxième plus haut taux de chômage des pays du G7. C'est ça, la réalité du Canada. C'est ça, les maux auxquels les Canadiens sont confrontés. Cela confirme d'une triste façon la récession au Canada. Ce sont les 112 000 emplois perdus depuis le début de l'année. C'est la réalité des entrepreneurs qui veulent investir, mais qui font face à des préoccupations majeures en matière de stabilité économique. Ils ne peuvent pas investir dans un milieu qui n'est pas solide, et l'économie canadienne s'essouffle actuellement. Le résultat, on le constate aussi avec les échanges commerciaux. C'est 20 milliards de dollars en investissements qui ont quitté le Canada, ce qui se rajoute aux 1 000 milliards de dollars en investissements qui n'ont pas été faits au Canada au cours des 10 dernières années sous Justin Trudeau et l'actuel premier ministre. C'est pourquoi nous sentons que l'économie canadienne est en faiblesse, est en recul, est en récession.
    Il faut comprendre aussi qu'au cours des 10 dernières années, la gouvernance libérale n'a malheureusement pas beaucoup changé. Regardons ce qui s'est passé de 2015 à 2025, et depuis 2025 jusqu'à aujourd'hui. On est malheureusement dans la même lancée: une lancée où l'on dépense sans compter, une lancée où l'on n'a pas la préoccupation de gérer convenablement les deniers des Canadiens qui paient la TPS tous les jours et qui paient leurs impôts tous les mois, alors que notre responsabilité première, comme parlementaires, est de nous assurer que l'argent est bien dépensé. Nous vivons au-dessus de nos moyens depuis bientôt 11 ans. La dette a augmenté de 1 000 milliards de dollars, soit presque deux fois plus que l'ensemble de la dette accumulée au cours des 125 années précédentes. C'est ça, la réalité de la gestion libérale: 1 000 milliards de dollars de dette supplémentaire.
(1150)
     La semaine dernière, j'ai eu un échange, en comité plénier, avec le ministre des Finances. Je lui ai rappelé de bonne mémoire qu'il est le troisième plus ancien ministre du gouvernement, puisque le ministre responsable du Commerce Canada–États‑Unis, des Affaires intergouvernementales et de l’Unité de l’économie canadienne et la ministre de l’Industrie ont tous les deux été nommés ministres dès l'élection de M. Trudeau. Six mois plus tard, le député de Saint-Maurice—Champlain, l'actuel ministre des Finances, avait été nommé.
    Aujourd'hui, en tant que ministre des Finances, il porte la signature de dettes totalisant 1 000 milliards de dollars, parce que c'est au cours des 10 dernières années que cette dette de 1 000 milliards de dollars s'est constituée. C'est autant d'argent que nous n'avons pas, c'est autant d'argent qu'il a fallu imprimer, et c'est autant d'argent que nous facturons à nos enfants, à nos petits-enfants et à nos arrière-petits-enfants, qui ne sont pas encore nés, mais qui devront payer pour ça. C'est pourquoi il faut faire attention. C'est pourquoi il faut avoir un plan d'attaque positif et gagnant pour les citoyens canadiens.
     Notre approche à nous, les conservateurs, c'est fondamentalement de laisser plus d'argent dans les poches des gens. Nous avions amorcé, il y a deux mois, un débat sur les taxes concernant le transport et concernant l'essence. Ça touche tous les Canadiens, et pas que ceux qui ont une voiture à essence. En effet, on sait que les biens que l'on achète, comme la nourriture, ne tombent pas du ciel. Cela a été transporté, et le transport se fait avec de l'essence dans bien des cas. Cette taxe sur l'essence touche donc tous les Canadiens.
    Notre proposition était très claire. Il s'agissait d'abolir toutes les taxes fédérales pendant l'année au complet. C'est 5 milliards de dollars de plus qu'on laisserait dans les poches des gens. Nous pensons que les gens savent mieux gérer leur argent que nous, à qui ils l'envoient sous forme de taxes.
     Le gouvernement a quand même pris l'essence, sans jeu de mots, de l'idée qu'on avait. Il a décidé d'abolir la taxe d'accise de 10 ¢ de façon temporaire, soit pendant quelques mois. Pour paraphraser à sens inverse les paroles de Neil Armstrong, abolir une taxe est peut-être un bond de géant pour les libéraux, mais c'est un petit pas pour les contribuables. C'est pourquoi il faut aller beaucoup plus loin.
     Notre approche visait à abolir toutes les taxes fédérales. C'étaient 5 milliards de dollars de plus dans les poches des gens. Ça, c'est aider les citoyens.
    Nous souhaitions également être sûrs de débloquer le plein potentiel des ressources naturelles du Canada. J'ai eu la chance d'en débattre souvent depuis que je suis ici, à la Chambre, et en d'autres temps, quand j'étais à l'Assemblée nationale. Je suis un partisan et un fervent admirateur de toutes les ressources naturelles que nous avons et de tous les types d'énergie. Quand je parle d'énergie, je parle des énergies vertes, je parle des énergies renouvelables et je parle des énergies dites fossiles.
    Le Canada a tout. Le Canada a toutes les sources d'énergie pour lesquelles les pays se feraient la guerre. Le Canada a toutes les ressources naturelles nécessaires pour son plein développement et le plein développement de la planète. Le Canada est prêt à y aller. Malheureusement, le gouvernement, pendant 10 ans, a freiné cet élan essentiel pour le Canada, essentiel pour les Canadiens et essentiel pour le monde entier. Le monde entier a besoin de plus d'énergie, de ressources naturelles et des matériaux rares qui viennent du Canada. À cet égard, de mon point de vue, on n'ira jamais trop loin.
     Par ailleurs, il faut continuer d'ouvrir la porte au libre-échange avec tous les pays du monde. Comme je le disais il y a quelques instants, c'est le cas au Canada, depuis les mandats de Brian Mulroney, depuis l'accord de libre-échange de 1988 et depuis les efforts déployés par Jean Chrétien pour prolonger cet accord nord-américain. J'ajoute aussi avec fierté que, sous Stephen Harper, on a vraiment fait tomber des cloisons en ayant des ententes avec près de 40 pays, et c'est tant mieux. Je suis bien heureux de voir que le gouvernement actuel marche dans ces pas.
    Il faut continuer en ce sens, tout en reconnaissant que le Canada est le champion du libre-échange. Si le libre-échange crée de la richesse pure pour les Canadiens, cela devrait se conjuguer avec moins de taxes et moins d'impôts. Si on en est capable, si on est le modèle mondial en matière de libre-échange, il faudrait aussi faire du libre-échange dans notre propre pays.
    J'invite donc le gouvernement à aller plus loin que ça. C'est pourquoi, malheureusement, le Canada est en récession. Le Canada mérite mieux.
(1155)

[Traduction]

     Madame la Présidente, ce qui m'inquiète, c'est que les conservateurs ont tendance à s'empresser de proclamer que le Canada est en récession, comme ils l'ont fait vendredi. Or, même la Banque du Canada a mis en garde les conservateurs et d'autres. Affirmer que le Canada est en récession est prématuré, au mieux. Les conservateurs le savent, mais ils semblent vouloir galvaniser ce mot afin de semer la peur dans l'esprit des Canadiens.
    Le député vient de faire part de nombreuses observations. Il a évoqué le commerce et parlé de son importance. Nous avons conclu plus de 20 accords liés au commerce et à la défense au cours de la dernière année grâce au nouveau premier ministre, qui a été élu il y a tout juste un an. Le député a parlé d'énergie. Or, le premier ministre a évoqué son intention de faire du Canada un grand fournisseur d'énergie à l'avenir. Qu'il suffise de jeter un coup d'œil aux grands projets.
    Je me demande si le député pourrait…

[Français]

    Je cède la parole à l'honorable député de Louis‑Saint‑Laurent—Akiawenhrahk.

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'apprécie toujours les observations de mon collègue de Winnipeg‑Nord, même si elles sont erronées.
    Le problème, est le suivant: où sont les résultats? Les gens demandent des résultats concrets.
    Je suis sûr que le député se souvient bien de la promesse électorale faite par le chef du Parti libéral il y a 15 mois qui a dit qu'il jouerait du coude et que le Canada retrouverait sa vigueur. Lorsqu'il a été élu, il est allé à la Maison-Blanche. Qu'a-t-il fait? Il est loin d'avoir joué du coude. Il est resté humble.
    Qu'a-t-il fait il y a une semaine? Il est allé à New York. Qu'a-t-il dit? Il a dit que nous redonnerions aux États‑Unis leur grandeur. Pouvez-vous le croire? C'est la vérité. C'est la réalité.
    Imaginons si un conservateur avait dit une telle chose à New York. Ces gens-là auraient lancé une guerre nucléaire contre nous.
    La vérité, c'est que le pays a besoin d'effets réels et de résultats concrets...
(1200)

[Français]

    Nous reprenons les questions et observations.
    L'honorable député de Gaspésie—Les Îles‑de‑la‑Madeleine—Listuguj a maintenant la parole.
    Monsieur le Président, mon collègue souhaitait parler notamment de ressources naturelles. Un des secteurs économiques qui est en grave difficulté au Québec, c'est l'industrie forestière.
    Chez nous, en Gaspésie, les entreprises forestières sont souvent des entreprises familiales. Elles sont frappées, pour celles qui exportent leurs produits, de droits compensatoires de 45 % depuis le mois d'octobre dernier. Une entreprise établie dans ma circonscription est en difficulté financière. Il s'agit de Damabois, qui a des usines à Cap‑Chat et à Matane. C'est 200 emplois dans l'ensemble du Québec qui pourraient être menacés. Or, on voit très bien que le gouvernement n'en fait pas assez pour soutenir l'industrie forestière.
    Mon confrère est-il d'accord avec moi pour affirmer que le gouvernement devrait en faire plus pour soutenir nos entreprises forestières au Québec?
     Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question et de sa défense des entreprises de sa circonscription et de son coin de pays. Il représente bien ces gens, contrairement à ce qu'on a vu au cours des 10 dernières années.
    Je tiens à mentionner que notre façon de penser, c'est que toutes les ressources naturelles doivent être développées de façon correcte. La meilleure façon dont le gouvernement peut aider les entreprises, c'est de trouver des marchés pour les entreprises, d'accompagner les entreprises dans leur recherche de nouveaux marchés et de réduire les charges fiscales par rapport à ça. Ce n'est pas d'envoyer des centaines de milliers de dollars et des subventions. C'est plutôt de les accompagner pour développer les marchés et avoir plus d'argent dans leurs fonds pour qu'elles puissent investir dans l'avenir avec l'appui et le concours des gouvernements. Il s'agit de leur donner plus de marge de manœuvre pour agir en effectuant le décloisonnement des marchés.
    Le Canada a des représentants aux quatre coins de la planète, le bois de la Gaspésie peut donc être vendu aux quatre coins de la planète.

[Traduction]

    Monsieur le Président, le gouvernement libéral fait encore jouer la même vieille cassette. Il prétend que les Canadiens n'ont jamais eu la vie aussi belle. Chaque mois, 2,2 millions de Canadiens ont recours aux banques alimentaires. La criminalité est hors de contrôle. Nous sommes le seul pays du G7 dont l'économie se contracte. Aux États‑Unis et au Mexique, l'économie n'est pas en contraction. Sous le gouvernement libéral, environ le quart des Canadiens sont maintenant en situation d'insécurité alimentaire.
    Le député pense-t-il que les Canadiens n'ont jamais eu la vie aussi belle, comme le prétendent les libéraux?
    Monsieur le Président, je souhaite remercier mon collègue de son excellent travail, qui est très apprécié. Je le connais depuis 10 ans. Il travaille fort pour les Canadiens et les gens de sa circonscription.
    Je tiens à être clair à ce sujet. Malheureusement, malgré toutes les promesses faites par les libéraux, en particulier celles du premier ministre actuel qui, lors de sa tournée électorale à travers le pays il y a un an, affirmait que sa façon de faire était la bonne, qu'il allait jouer du coude et que nous allions être très forts parce qu'il connaissait le système bancaire, nous n'avons pas encore vu de résultats.
    Monsieur le Président, c'est toujours un plaisir de prendre la parole au sujet des motions de l'opposition. Aujourd'hui, les conservateurs demandent à la Chambre de reconnaître que le premier ministre libéral a fait du Canada le seul pays du G7 à tomber en récession. Il est tellement triste que l'on en soit arrivé là et que nous devions demander à la Chambre de reconnaître la triste réalité que le Canada est en récession et qu'il est le seul pays du G7 dans cette situation.
    Pourquoi le Canada est-il le seul pays du G7 dans cette situation? Le gouvernement a imputé la contre-performance économique du Canada à des événements internationaux et il persiste à le faire, mais je tiens à signaler à la Chambre que tous les autres pays du G7 sont confrontés aux mêmes facteurs internationaux. Les libéraux invoquent les guerres en Ukraine, dans le golfe Persique et en Iran, mais elles touchent tous les pays. Ils parlent de la guerre commerciale dont nous ne voulons certainement pas et que le Canada n'a pas demandée, mais je tiens à souligner que les États‑Unis s'imposent eux-mêmes des droits de douane. Ils sont confrontés à des droits de douane. Ils ont pris la décision de faire payer à leurs propres citoyens des droits de douane sur ce qu'ils importent, et pourtant, ils ne sont pas en récession. Le Canada est le seul pays du G7 à être en récession; nous devons donc chercher d'autres facteurs à l'origine de cette situation.
    Dans la motion conservatrice, on demande au gouvernement de reconnaître que le Canada affiche le pire endettement des ménages parmi les pays du G7. Il y a environ un mois, le comité des finances a entendu des témoignages accablants. Equifax et TransUnion, deux des entreprises qui suivent l'évolution de l'endettement des consommateurs, ont informé le comité que les Canadiens endettés s'endettaient de plus en plus. Leur endettement se creuse, et la bulle du crédit continue de gonfler, mais sans la participation de nouveaux acteurs.
    Ce n’est pas que les Canadiens achètent leur première maison, ou quelque chose de ce genre, et qu’ils deviennent ainsi de nouveaux emprunteurs. Non, les dettes des Canadiens endettés ne cessent d'augmenter. Ces Canadiens font face à cette situation non pas en touchant des salaires et des revenus plus élevés leur permettant de rembourser leurs dettes, mais plutôt en étalant leurs paiements, en refinançant leurs prêts, en se privant de produits de première nécessité, en réduisant leurs autres dépenses et en épuisant leurs économies. La situation pas viable. Cela ne nous mènera pas à une reprise suscitée par la consommation, car les consommateurs sont à bout de ressources.
    En effet, Banques alimentaires Canada vient de publier un rapport indiquant que, chez les Canadiens à faibles revenus, les dépenses liées à l'alimentation, aux autres produits de première nécessité et au logement représentent, à elles trois, plus de 100 % du budget moyen des ménages. Ce sont les personnes les plus démunies qui s'endettent de plus en plus. Elles n'ont pas les moyens de se nourrir. Elles n'ont pas les moyens de faire le plein d'essence. Elles n'ont pas les moyens de se loger. Pour faire face à la situation, elles épuisent les maigres économies qu'elles ont pu accumuler et s'endettent de plus en plus.
    L'abordabilité fait partie intégrante de la crise que nous traversons. En ce qui concerne le logement, nous demandons au gouvernement, dans la motion, de reconnaître que le Canada a la pire abordabilité du logement parmi les pays du G7. Un acheteur d'une première maison, un jeune ou une jeune famille qui espère fonder un nouveau ménage et acheter une maison dans le cadre d'un plan financier à long terme ou comme moyen de s'enraciner dans une collectivité, n'a aucun espoir sous le gouvernement actuel.
    Les libéraux ont présidé à la hausse stupéfiante du coût du logement, qui a privé toute une génération de jeunes Canadiens de l'accession à la propriété et piège les gens dans des loyers qu'ils ont de plus en plus de mal à payer. Les loyers ont plus que doublé sous le gouvernement libéral. Même si, comme le gouvernement l'a souligné, les loyers sont en baisse depuis 18 mois, ils sont toujours plus du double de ce qu'ils étaient lorsque le gouvernement est arrivé au pouvoir.
(1205)
    Nous considérons que le logement est inabordable. Les libéraux ont anéanti le rêve d'accéder à la propriété pour toute une génération de Canadiens. Ils ont créé un pays où la capacité d'une personne à devenir propriétaire dépend en réalité du fait que ses parents soient ou non propriétaires et qu'ils puissent transférer à leurs enfants une partie de leur capital en refinançant leur propre logement, en leur prêtant de l'argent, en se portant garants, ou par d'autres moyens.
    J'ai travaillé dans le secteur des prêts hypothécaires et, pendant toute ma carrière, une personne normale qui avait un emploi normal et convenable et qui voulait acheter une maison pouvait épargner pendant un an ou deux en vue de constituer une mise de fonds, puis présenter une demande, obtenir un prêt hypothécaire et acheter une maison. C'est tout simplement impossible aujourd'hui dans presque toutes les grandes villes du Canada. C'est une vraie honte. Nous avons entendu des témoignages en ce sens au comité des finances.
    Notre motion demande au gouvernement de présenter un plan pour renverser la situation actuelle. Le gouvernement libéral a raté l'occasion qui s'offrait à lui quand il a été élu pour la première fois. Revenons un instant en arrière, en 2015. Cette année-là, quand le gouvernement a été assermenté, il avait un budget équilibré et un projet de pipeline vers la côte Ouest approuvé sous conditions. Seulement quelques jours après son arrivée au pouvoir, il a annulé le projet d'oléoduc Northern Gateway.
    Si ce pipeline avait été construit, il acheminerait actuellement 525 000 barils par jour vers les marchés mondiaux. Pensons à l'activité économique qu'aurait générée ce projet à lui seul. Au prix actuel, cela représente près de 50 millions de dollars par jour. Pensons aux recettes fiscales auxquelles le gouvernement a renoncé. Pensons à tous les emplois qu'auraient créés la production et l'acheminement de 525 000 barils par jour aux prix actuels et aux chèques de paie qui ne seront jamais versés.
    Le gouvernement libéral a manqué son coup, et il ne s'agissait que d'un seul pipeline. Un projet de pipeline était également envisagé sur la côte Est, même si aucune demande officielle n'avait encore été déposée. Le gouvernement a rejeté ce projet lorsqu'il a commencé à envisager des changements, même avant de présenter le projet de loi C‑69, qui a définitivement éliminé toute possibilité de construire des pipelines. Le gouvernement libéral a gâché l'occasion qui s'offrait à lui.
    Dans les premiers temps du gouvernement libéral, nous avons connu des années où l'économie mondiale se portait bien, mais les libéraux ont tout bousillé. Ils ont quand même fait des déficits. Ils ont vidé les coffres alors que la prospérité était relativement bonne dans le monde. Depuis, ils ont été moins bien placés pour faire face aux crises, ce qui nous amène à la situation actuelle, avec une dette gigantesque et un déficit de 67 milliards de dollars, selon le budget que le gouvernement vient de déposer. Il n'a plus la moindre cible budgétaire. Lorsqu'il en annonce une, il l'abandonne aussitôt.
    Les libéraux étaient aux commandes, il y a deux ans bien comptés, lorsque la première sous-gouverneure de la Banque du Canada a déclaré que nous vivions une crise de la productivité qu'elle a qualifiée d'urgence extrême. Eh bien, les libéraux n'ont rien fait pour faire face à cette urgence, et ils ne font que cafouiller depuis.
    Il y a environ 15 mois, le premier ministre a dit à tout le monde qu'il était l'homme de la situation en temps de crise et qu'il conclurait un accord avec les États‑Unis de Trump au plus tard en juillet 2025. Le premier ministre a dit que le moment était venu de faire preuve d'une gestion financière prudente et qu'à titre de banquier, il avait les compétences nécessaires pour gérer le budget national. Il a dit qu'il était l'homme de la situation pour régler la crise. Ce n'était qu'une illusion. Nous sommes désormais en récession. Nous sommes le pays le plus endetté du G7. Le recours aux banques alimentaires atteint des sommets sans précédent. Les logements sont absolument hors de prix.
    Nous avons les mêmes préoccupations que tous les autres pays au sujet de la situation mondiale, mais nous sommes le seul pays en récession. La responsabilité en incombe au premier ministre et aux 10 années et demie de mauvaise gestion financière et économique des gouvernements libéraux et du premier ministre.
(1210)
    Monsieur le Président, le député doit redescendre sur terre.
    Il y a un peu plus d'un an, les Canadiens sont allés aux urnes et ont élu un nouveau premier ministre au parcours irréprochable. En fait, le prix des loyers a diminué et la valeur nette moyenne des ménages a augmenté depuis l'arrivée au pouvoir du premier ministre. Par ailleurs, le Canada affiche aujourd'hui une note de crédit AAA et la meilleure situation financière du G7. Il se passe beaucoup de choses, entre les grands projets et un budget qui répond aux besoins des Canadiens de multiples façons. Pourtant, les conservateurs persistent à répandre de la mésinformation pour faire croire que tout va mal au pays, ce qui est tout simplement faux.
    Monsieur le Président, c'est reparti: un autre libéral qui dit que la vie n'a jamais été aussi belle pour les Canadiens. Franchement, on se demande à qui parle le député.
    Celui-ci a parlé de la valeur nette des Canadiens, mais je me demande s'il comprend vraiment ce que ce chiffre veut dire. Ne s'agit‑il pas surtout d'une moyenne gonflée par quelques très grandes fortunes, alors que les ménages ordinaires, déjà lourdement endettés, s'endettent davantage et qu'ils doivent piger dans leurs économies simplement pour joindre les deux bouts?
(1215)

[Français]

    Monsieur le Président, mon collègue a parlé du fait que les conservateurs voudraient abolir toutes les taxes sur le pétrole. Cela entraînerait un coût d'au moins 5 milliards de dollars pour l'État.
    Mon collègue serait-il d'accord pour éliminer toutes les subventions aux pétrolières afin de récupérer cet argent pour l'État?

[Traduction]

    Monsieur le Président, si le député voulait dire que nous avons demandé au gouvernement fédéral d'éliminer toutes les taxes fédérales sur le carburant, il a raison: c'est exactement ce que nous lui avons demandé. Nous sommes déçus que le gouvernement ne l'ait pas fait.
    En ce qui concerne les subventions, nous sommes le parti de la libre entreprise, et, si le gouvernement éliminait tout simplement tous les règlements et toutes les lois qu'il a adoptés depuis 2015 et qui empêchent la réalisation de projets, nous serions en bien meilleure posture aujourd'hui. J'ai donné quelques détails à ce sujet dans mon discours, mais c'est le gouvernement et ses formalités administratives qui freinent le Canada et les industries.
    Monsieur le Président, il y a 12 ans, à la une du New York Times, on pouvait lire que le Canada avait la classe moyenne la plus riche et la plus prospère au monde. Comme mon collègue l'a mentionné dans son discours, 11 ans après l'arrivée au pouvoir des libéraux, l'endettement des ménages et les défauts de paiement atteignent des sommets, et la classe moyenne en arrache. Comment est-ce possible dans un pays riche en ressources comme le Canada?
    Monsieur le Président, c'est possible parce qu'il y a eu un changement de gouvernement en 2015, et que le nouveau gouvernement a tout gâché. C'est aussi simple que cela.
    J'ai mentionné certains des autres avantages, d'un point de vue gouvernemental, dont les libéraux ont hérité du gouvernement précédent, voire des gouvernements précédents. Il existait depuis des décennies un consensus à la Chambre sur la discipline budgétaire, et les libéraux l'ont brisé. Ils ont hérité en effet de ce que le New York Times a décrit comme la classe moyenne la plus prospère au monde. C'était un pays où les gens pouvaient réussir s'ils faisaient simplement le travail nécessaire. Une personne ordinaire pouvait faire des études, trouver un emploi, économiser un peu d'argent, acheter une maison, s'installer et fonder une famille dans un quartier agréable et sûr. C'est de ce pays que les libéraux ont hérité, et ils ont tout gâché.
    Je vais commencer par parler de ce dont cette motion ne parle pas. Je ne commencerai pas par les chiffres, mais par les personnes dont cette motion est censée parler. Quelque part, aujourd'hui, il y a un parent assis à la table de la cuisine, en train de refaire le calcul du renouvellement de son hypothèque pour la deuxième fois, car la première réponse ne pouvait pas être juste. Il y a un jeune dans cette même maison qui a fait tout ce qu'on lui avait demandé et qui, face au coût d'une maison, se demande s'il a encore sa place dans ce pays. Je ne vais pas dire à l'un ou à l'autre que la situation est meilleure qu'ils ne le pensent. En réalité, elle ne l'est pas, et nous le savons tous. Cette inquiétude est réelle et mérite une réponse sérieuse, ce que cette motion n'est absolument pas; c'est donc là que je me démarque du député qui a présenté cette motion.
    Le Parti conservateur raconte à cette famille que tout est la faute d'une ou deux personnes, comme si les problèmes étaient apparus du jour au lendemain, et que la solution, à en croire le député, consiste simplement à tout démolir. C'est une histoire bien ficelée, qui ne demande aucun effort au parti qui la raconte. C'est une stratégie pour gagner des avantages politiques et produire un coup d'éclat sur les médias sociaux, déguisé en réponse, mais cela reste faux. Les conservateurs se trompent sur la façon dont nous en sommes arrivés là. Au lieu de proposer de véritables solutions, ils se livrent à des discours creux. Les députés d'en face ne sont pas ce qu'ils prétendent être et ils sont à court d'idées.
    Soyons honnêtes avec cette famille. Les difficultés ne sont pas apparues du jour au lendemain. Elles se sont accumulées progressivement au fil des décennies, en raison des choix, et des reports répétés, des gouvernements successifs, toutes allégeances et tous ordres confondus. Trop peu de logements ont été construits année après année, les projets d'infrastructure ont été continuellement remis à plus tard et la productivité a été négligée, alors que d'autres pays avançaient. Ce que je constate surtout, c'est que, pendant des décennies, nous avons rendu la construction de grands projets inutilement difficile au Canada. Les gouvernements ont aussi laissé subsister des obstacles entre les provinces, si bien qu'il est plus facile, encore aujourd'hui, de commercer avec un autre pays qu'avec une province voisine.
    Rien de tout cela n'était inéluctable. Il s'agit plutôt du prix d'une inaction prolongée. La facture de tous ces retards s'est présentée au moment où l'économie mondiale était en plein bouleversement et en pleine transformation. Les droits de douane n'ont jamais été aussi élevés depuis des décennies, et les chaînes d'approvisionnement se désagrègent à cause des tensions en Europe et au Moyen‑Orient. Le premier ministre l'a dit sans détour: il s'agit d'une rupture, pas d'une transition.
    Je ne suis pas arrivé à la Chambre en tant qu'attaché politique. Je n'ai pas grandi dans la sphère politique. Je viens du monde de l'entrepreneuriat, où j'ai créé de véritables emplois. Je sais ce qu'il faut pour lancer une entreprise, payer les salaires et faire évoluer une entreprise jusqu'à ce qu'elle dépasse le stade de la fragilité.
     Je connais les schémas dont les députés d'en face ne parlent jamais. Au Canada, nous produisons de la recherche de calibre mondial. Nous créons des entreprises compétitives, puis, nous voyons parfois l'industrie, la propriété intellectuelle, les emplois et les talents partir ailleurs. Ce schéma n'est pas une loi de la nature, mais le résultat des choix qui sont faits. Le gouvernement actuel a enfin fait un autre choix. Il a choisi de soutenir les champions, de garder la propriété intellectuelle ici, de garder les emplois ici, de former des talents ici et de permettre aux entreprises canadiennes de se développer sans jamais plus avoir à quitter le Canada pour y parvenir.
    Nous avons fait en sorte qu'il soit plus facile de construire de grandes choses avec le Bureau des grands projets afin que les projets d'intérêt national cessent de mourir sur une pile. Des projets ont déjà été lancés, comme l'expansion du port de Montréal, qui permettra d'acheminer les marchandises canadiennes dans le monde pendant des décennies. En outre, quatre grands projets sont en cours dans ma province, la Colombie‑Britannique. La Loi sur l'unité de l'économie canadienne fait tomber les murs du commerce intérieur que je viens de décrire. Nous avons mis en place une superdéduction à la productivité qui permet aux entreprises d'amortir immédiatement leurs investissements et qui leur donne ainsi une raison de les faire ici. Nous avons adopté un plan visant à débloquer 1 billion de dollars d'investissements au cours des cinq prochaines années. Nous avons prévu un investissement de 6 milliards de dollars et avons formé 100 000 nouveaux travailleurs spécialisés grâce à l'initiative Une Équipe Canada forte, de sorte que nous avons la main-d'oeuvre nécessaire pour construire les projets que nous approuvons. Nous avons créé Maisons Canada, qui n'est pas un autre groupe de travail, mais un véritable bâtisseur, qui bâtit déjà plus de 7 500 logements au pays.
    Je sais que cela fonctionne parce qu'on en voit les résultats dans ma propre province. Anglo Teck a choisi d'établir son siège social au Canada, ce qui créera des emplois de cols bleus et de cols blancs en Colombie‑Britannique. Torys ouvre un nouveau bureau à Vancouver. Lululemon garde son siège social en Colombie‑Britannique. Ce sont des entreprises qui pourraient s'établir n'importe où dans le monde, et elles choisissent le Canada parce qu'elles comprennent ce que la Colombie‑Britannique et le Canada ont à offrir. Elles misent sur notre prospérité. Elles ne parieraient pas sur un pays en déclin.
    Les conservateurs se réjouissent du fait que ce pays ait des défis à relever. Ils ne proposent aucune solution et ils continuent de tout démolir, mais ce que le reste du monde observe — grâce aux investissements étrangers directs, aux entreprises qui ouvrent leur siège social ici et aux talents et aux chercheurs qui viennent dans ce pays — c'est que c'est l'endroit idéal pour bâtir un avenir. C'est parce que nous avons un premier ministre et un gouvernement qui se concentrent là-dessus, qui savent quelles mesures sont nécessaires pour construire de grandes choses et qui sont prêts à faire le gros du travail pour y parvenir.
(1220)
     Les preuves sont là. Depuis l'arrivée au pouvoir de ce gouvernement, les salaires ont dépassé l'inflation chaque mois. Comme je l'ai dit, les investissements étrangers affluent chez nous plus rapidement que dans n'importe quel pays comparable au nôtre, et ils sont à leur plus haut niveau en 18 ans. Le Canada a dépassé les États‑Unis en devenant le marché le plus attrayant au monde en matière d'investissements dans les infrastructures. Selon les prévisions, notre économie devrait arriver au deuxième rang des pays du G7 pour sa croissance cette année et l'année prochaine. Pour moi, ce n'est pas là le portrait d'un pays sur le déclin, mais celui d'un pays qui a choisi de se reconstruire.
     Le député d'en face a demandé au gouvernement d'« immédiatement […] renverser toutes les politiques économiques » qui nous ont menés là où nous en sommes. Je lui demanderais d'être honnête quant à ce que cela signifie réellement. Cela signifie-t-il la suppression du Bureau des grands projets? Cela signifie-t-il la suppression de la superdéduction qui récompense les entreprises qui investissent dans ce pays? Cela signifie-t-il l'abandon des efforts visant à faire tomber les barrières entre nos provinces ou la suppression des 6 milliards de dollars destinés à former 100 000 travailleurs qualifiés?
    Pendant qu'il y est, qu'il dise à cette famille assise à sa table de cuisine quelles économies il compte récupérer. Est-ce le programme national d'alimentation scolaire, que son propre parti a qualifié de « foutaise »? Est-ce le programme de garde d'enfants que le chef de son parti qualifie de « caisse noire », et dont bénéficient les habitants de sa propre circonscription? S'agit-il des soins dentaires dont bénéficient actuellement les aînés des collectivités qu'il représente? Est-ce là les programmes qu'il choisirait de supprimer?
    Pour les conservateurs, l'aide qui permet à une famille de joindre les deux bouts est un poste budgétaire qu'ils méprisent. C'est quelque chose à regarder de haut. Pour nous, c'est précisément l'essentiel. Il s'agit de donner un coup de pouce aux familles pour qu'elles puissent réussir. On ne peut pas démanteler l'échafaudage, récupérer ce sur quoi les familles comptent et appeler cela un plan de construction.
    Je comprends l'impatience des Canadiens. Après avoir construit trop peu pendant des années, voire des décennies, les Canadiens ont tout à fait le droit d'être impatients, mais cela n'est pas une raison pour arrêter de bâtir ni pour démonter les échafaudages. C'est plutôt une raison pour accélérer le rythme. Une famille qui traverse une période difficile n'a pas besoin d'entendre ses peurs amplifiées à outrance par un politicien. Cette famille vit déjà dans la peur. Elle n'a pas besoin qu'on en fasse un spectacle politique. Le jeune qui se demande s'il a un avenir dans ce pays n'a pas besoin d'une autre démonstration d'indignation de la part des députés d'en face, ce qui, malheureusement, semble être devenu la seule chose qu'ils savent faire. Les jeunes ont besoin que nous bâtissions quelque chose à la hauteur de leur confiance, et c'est ce que le gouvernement a choisi de faire.
    En temps de crise et en période de difficulté, les Canadiens s'attendent à ce que nous unissions nos efforts pour réaliser de grands projets. Ils s'attendent à ce que nous mettions de côté la mesquinerie et toutes les choses que nous ne pouvons pas faire afin de nous concentrer sur ce que nous pouvons et devons accomplir. Ils s'attendent à ce que nous proposions des solutions.
    Ceux d'entre nous qui ont des enfants savent que quand on discute de sujets pénibles, ce n'est pas en piquant une crise qu'on trouve des solutions, mais plutôt en agissant de concert et en montrant l'exemple. Les conservateurs veulent nous faire croire que c'est en détruisant tout et en garrochant nos jouets avant de partir en courant que nous arriverons à bâtir une économie solide. Or, ce n'est pas ainsi que les économies fonctionnent. Elles sont le fruit des efforts des gens qui sont prêts à investir dans là nôtre; ils sont d'ailleurs plus nombreux que jamais. Elles fonctionnent grâce aux travailleurs qui sont prêts à se recycler dès aujourd'hui en prévision des emplois de demain. C'est ce qui est en train de se passer. Elles comptent aussi sur des gouvernements qui sont prêts à donner des ailes aux ambitions des Canadiens en leur procurant les ressources et le soutien nécessaires pour les concrétiser.
    Danielle Smith a dit que travailler avec le premier ministre est un plaisir. David Eby a dit la même chose au sujet de ce gouvernement. Je me demande bien comment il se fait que tous ces premiers ministres provinciaux, que ce soit Wab Kinew, David Eby, Doug Ford ou Danielle Smith, arrivent à travailler avec ce gouvernement, alors que les conservateurs, eux, restent les bras croisés et s'étonnent que leur cote de popularité chute dans les sondages et que les Canadiens ne veuillent pas les ramener au pouvoir. C'est parce que les premiers ministres de tous les partis ont reconnu que le gouvernement est prêt à travailler fort pour les Canadiens, à construire pour eux, à investir dans l'économie qu'ils veulent voir se développer dans ce pays et à préparer un avenir que leurs enfants pourront envisager et dont ils pourront être fiers.
    Oui, nous savons tous que les temps sont durs. Quand les temps sont durs, nous travaillons ensemble. Nous offrons des solutions aux gens pour leur donner le soutien dont ils ont besoin pour traverser cette période. Nous leur montrons la voie vers un avenir meilleur grâce à des investissements, à du soutien, à des engagements et, surtout, à la compassion et à l'espoir qu'ils peuvent accomplir de grandes choses. C'est ce que nous faisons. Et nous le faisons en mobilisant les provinces et le secteur privé.
    J'encourage les conservateurs à cesser de répéter leurs slogans et à se mettre au travail avec nous pour les Canadiens.
(1225)
    Monsieur le Président, cela vient d'un gouvernement libéral qui est complètement à court d'idées. Voici pourquoi.
    Nous avons laissé les libéraux adopter le projet de loi C‑5 parce qu'ils affirmaient que c'était ce dont ils avaient besoin pour attirer les investissements des entreprises et faire avancer les projets à un rythme jamais vu auparavant dans ce pays. Nous avons collaboré avec eux pour l'adopter parce que nous convenons que le Canada doit se mettre à bâtir et à faire avancer les choses, mais pas un seul projet du Bureau des grands projets n'a été approuvé ni n'est passé à l'étape suivante.
    Les libéraux ont alors fait volte-face et déclaré que cela ne fonctionnait pas. Que peuvent-ils essayer d'autre? Ils ont décidé de tenter l'expérience d'un fonds souverain, mais comme ils n'ont pas d'argent à y injecter, ils vont emprunter pour le financer. Ils vont recourir à l'endettement pour le financer. Cela va coûter aux Canadiens 750 millions de dollars par an rien qu'en frais de service de la dette pour leur soi-disant fonds d'investissement souverain. Ce sera un fonds de dette souveraine. En plus de cela, ils se sont rendu compte que cela ne marcherait pas non plus, alors ils vont maintenant mener des consultations pour trouver comment accélérer les choses.
    Le gouvernement est désemparé. Il n'a aucune idée de ce qu'il faut faire. Pourquoi n'adopte-t-il pas la loi sur la souveraineté proposée par les conservateurs pour permettre la réalisation de projets?
    Monsieur le Président, je ne suis pas sûr d'avoir bien compris la question. Cela ressemblait une fois de plus à une litanie de doléances sans aucune idée nouvelle, ce qui est précisément ce qui manque à l'opposition.
    Je pourrais peut-être leur dire quelque chose qui leur redonnera espoir. Dans ma province, la Colombie‑Britannique, le Bureau des grands projets compte désormais quatre projets. Je crois savoir que le gouvernement de l'Alberta a hâte de présenter une proposition visant à acheminer les ressources énergétiques jusqu'à la côte. Il semble que les provinces, le pays et le secteur privé travaillent main dans la main pour bâtir l'avenir.
    Je comprends l'impatience des députés d'en face. Après tout, le projet de loi a été adopté il y a moins d'un an. Cependant, ils s'attendent en quelque sorte à ce que des mines surgissent du sol, que des usines soient construites du jour au lendemain et que des pipelines apparaissent comme par magie. Ceux qui ont déjà construit des infrastructures savent que ce n'est pas ainsi que les choses se font dans ce pays, et que ce n'est pas ainsi que l'on construit des infrastructures réelles et résilientes.
(1230)
    Monsieur le Président, dans son discours, mon collègue a parlé de diversification. Dans leurs discours, les députés conservateurs aiment beaucoup parler de la diversification des marchés comme solution pour renforcer l'économie, mais leur seule réussite en la matière, c'est d'avoir exporté leur chef de l'Ontario vers l'Alberta.
    Mon collègue peut-il nous parler des investissements que le premier ministre a réussi à attirer au Canada et qui seront avantageux pour sa circonscription et pour l'ensemble du pays?
    Monsieur le Président, à la lumière des nombreux accords commerciaux que nous avons signés avec des pays du monde entier, il est évident que le Canada attire les investissements. Des pays du Moyen‑Orient et d'Europe considèrent de plus en plus notre pays comme un havre sûr pour investir. Pourquoi? C'est parce qu'ils peuvent faire confiance au gouvernement et compter sur lui. C'est aussi parce que les travailleurs canadiens sont parmi les plus talentueux et les meilleurs au monde, et que nos chercheurs imaginent déjà les solutions de demain.
    Pour eux, la convergence de ces trois facteurs représente une formule gagnante et un contexte propice à l'investissement, et ils savent que nous respectons nos engagements.

[Français]

    Monsieur le Président, j'offre mes félicitations à mon collègue pour son discours. La motion des conservateurs qui est sur la table aujourd'hui nous semble quand même, sans que nous soyons nécessairement d'accord sur tout son contenu, poser une question intéressante et pertinente à laquelle je n'ai pas l'impression d'avoir entendu une réponse du gouvernement.
    Ce que disent essentiellement les conservateurs, c'est que le Canada est en récession technique, que ça va mal et que ce serait la faute des libéraux. Je ne peux pas dire, non plus, que ce ne serait pas un peu de leur faute quelque part. C'est quand même eux qui sont aux commandes. Le premier ministre, qui a été élu il y a près d'un an, nous avait promis qu'il réglerait la crise tarifaire d'un coup de baguette magique.
    Nous voilà un an plus tard, et rien ne bouge. Maintenant, aujourd'hui, le gouvernement fait de la rhétorique en essayant de mettre en opposition le fait d'avoir des ententes avec nos voisins du Sud et avec d'autres pays ailleurs dans le monde.
    La situation étant difficile, ne serait-il pas temps que le gouvernement se mette à la table des négociations avec nos voisins du Sud?
    Il serait temps qu'il se rende compte qu'on ne peut pas vraiment se passer, non plus, de faire affaire avec eux.

[Traduction]

    Monsieur le Président, comme le dit l'adage, nous devons être capables de marcher et de mâcher de la gomme en même temps.

[Français]

    À notre avis, nous devons travailler à régler la question des droits de douane des États‑Unis. Nous sommes en train de le faire. En même temps, nous trouvons important de diversifier nos échanges avec les autres pays. C'est la raison pour laquelle nous avons essayé — nous avons d'ailleurs réussi — de créer des ententes avec d'autres pays pour les produits canadiens, offrant ainsi des occasions au Canada de diversifier...
    Je dois interrompre le député.
    L'honorable député de Madawaska—Restigouche a la parole.
    Monsieur le Président, la motion d'aujourd'hui porte sur un sujet sérieux. Toutefois, son libellé l'est beaucoup moins.
    On le sait, les États-Unis ont fondamentalement modifié leur approche commerciale avec l'ensemble des pays du monde, pas seulement avec le Canada. Cependant, comme les États-Unis sont notre principal partenaire commercial et, en raison de notre proximité géographique, ce conflit tarifaire, que nous n'avons pas demandé, a des répercussions particulières sur l'économie canadienne, nos travailleurs et nos entreprises. Parallèlement, différents conflits dans le monde, notamment au Moyen-Orient et en Europe, ont des incidences importantes sur les chaînes d'approvisionnement, ce qui a des répercussions sur l'économie mondiale.
    Face aux défis de l'heure, les Canadiens n'ont pas besoin d'un spectacle politique, ils ont besoin d'un plan sérieux pour renforcer notre économie et la rendre plus résiliente. Lors de la dernière élection générale, l'an dernier, les Canadiens avaient un choix à faire entre une équipe qui présentait des slogans vides et une politique clivante, et une équipe dotée d'un plan pour renforcer notre économie. C'est précisément ce qu'ils ont choisi.
    Depuis notre élection, nous travaillons à diversifier l'économie canadienne, faciliter la réalisation de grands projets d'intérêt national, renforcer la demande intérieure et appuyer nos travailleurs et nos entreprises.
    Lorsqu'on examine la motion proposée aujourd'hui, on constate que l'opposition officielle ne prend pas suffisamment au sérieux les défis de l'heure. Elle nous présente encore une motion qui semble davantage conçue pour alimenter les médias sociaux et produire des clips que pour proposer de solutions concrètes et travailler avec nous au bénéfice de la population canadienne.
    Quelques exemples illustrent notre travail et les résultats que nous obtenons. En matière de diversification économique, cela fait plus d'un an que nous travaillons à renforcer nos partenariats commerciaux partout dans le monde. Cela permet à nos entreprises d'accéder à de nouveaux marchés et, en même temps, d'attirer des investissements étrangers au Canada.
    D'ailleurs, au cours des 12 derniers mois, nous avons réalisé d'importants progrès à cet égard. Nous avons signé plus de 20 nouveaux partenariats économiques et de défense, ainsi qu'obtenu des engagements d'investissements étrangers totalisant près de 97 milliards de dollars. Ce sont là des résultats concrets. Ils ont des retombées sur l'économie canadienne, mais aussi sur le terrain, dans nos circonscriptions.
    Par exemple, dans Madawaska—Restigouche, l'agriculture est un secteur important de l'économie et de nombreux producteurs cultivent la pomme de terre. Le nouvel accord conclu avec le Mexique permettra aux producteurs canadiens de pommes de terre d'avoir accès à un marché de plus de 130 millions de consommateurs. J'en ai parlé avec les entrepreneurs de chez nous et ils sont très enthousiastes quant aux retombées de cette nouvelle entente. C'est ainsi que l'on construit une économie forte: en offrant de nouveaux marchés et de nouvelles possibilités aux entreprises canadiennes.
    J'aimerais également mentionner que, dans notre travail visant à renforcer l'économie canadienne, nous cherchons aussi à développer de nouveaux secteurs et à renforcer nos capacités dans des domaines où nous sommes peut-être moins compétitifs à l'heure actuelle. Je prendrai l'exemple de l'industrie spatiale commerciale. En ce moment, le Canada est le seul pays du G7 à ne pas disposer de capacité souveraine de lancement spatial. Cela signifie que notre pays, nos entreprises et nos institutions doivent compter sur des pays étrangers, notamment les États-Unis, pour mettre leurs satellites en orbite.
    Cette dépendance a des conséquences concrètes. Elle détourne les investissements vers d'autres pays. Bien entendu, puisque nous n'avons pas de capacité souveraine, les investisseurs se tournent vers d'autres pays. Cela entraîne des retards coûteux pour nos entreprises qui doivent lancer leurs satellites à l'étranger et expose nos infrastructures essentielles à des décisions qui échappent à notre contrôle.
    Dans un monde de plus en plus incertain et concurrentiel, le Canada ne peut plus dépendre d'autrui pour garantir son accès à l'espace. C'est pourquoi nous avons notamment déposé un projet de loi sur les lancements spatiaux canadiens. Cette loi changera véritablement la donne en établissant le cadre nécessaire à la création de capacités souveraines de lancement spatial au Canada. L'idée, c'est de donner une impulsion à l'industrie canadienne des lancements spatiaux commerciaux.
    Ces changements auront des retombées concrètes pour l'économie canadienne. Ils permettront de développer une nouvelle industrie spatiale commerciale au Canada et offriront de nombreuses perspectives, notamment dans le secteur des télécommunications. Il s'agit d'un domaine particulièrement intéressant. On parle souvent des enjeux de connectivité en milieu rural. Lorsqu'on observe les technologies qui se développent, notamment les satellites en orbite basse, on constate un fort potentiel pour mieux connecter les régions qui sont actuellement mal desservies par les réseaux cellulaires. Toutefois, si nous voulons être à la table, il faut être équipés pour développer ces technologies au Canada et être ensuite en mesure de lancer nos propres satellites. Cela offre aussi toutes sortes de perspectives intéressantes dans les domaines de la navigation et de l'exploitation des ressources naturelles dans les régions éloignées et dans le secteur de la défense.
(1235)
    Cela permettra aussi de réduire les délais coûteux pour les entreprises canadiennes. Nous nous attendons également à ce que cela attire des milliards de dollars en investissements au Canada. Déjà, depuis l'annonce de ce projet de loi, plusieurs entreprises de lancement spatial canadiennes et étrangères, ainsi que de gouvernements étrangers, ont approché notre gouvernement pour nous faire savoir qu'ils souhaitent faire affaire au Canada pour le lancement de satellites. Cela crée de nouvelles possibilités de partenariat avec nos alliés de l'OTAN et renforce la souveraineté canadienne. Voilà un exemple concret de la façon dont notre plan visant à renforcer l'économie permet également de renforcer nos capacités en matière de défense et notre souveraineté. D'ailleurs, en tant que député d'une circonscription de l'Atlantique, je suis content de mentionner que ce potentiel est particulièrement important dans les provinces de l'Atlantique, où plusieurs spatioports sont en développement, dont celui de Maritime Launch Services, en Nouvelle‑Écosse, et le complexe spatial de l'Atlantique de NordSpace, à Terre‑Neuve‑et‑Labrador.
    Lorsqu'on parle de faire des investissements qui vont renforcer le marché intérieur, lorsqu'on parle d'investir dans les infrastructures, de construire des logements, de réaliser les grands projets d'intérêt national, il faut à la base investir dans notre main-d'œuvre, dans nos travailleurs. Dans la mise à jour économique présentée le mois dernier, nous avons annoncé un plan concret visant à augmenter le nombre de travailleurs spécialisés dans les métiers désignés Sceau rouge au pays. D'abord, lorsqu'ils suivent leur formation technique, les apprentis pourront obtenir un soutien financier allant jusqu'à 16 000 $ par année, soit 400 $ par semaine, en plus d'une prime de 5 000 $ lorsqu'ils obtiennent leur certification. Nous voulons leur offrir un incitatif financier pour qu'ils complètent leur formation de A à Z. Nous offrirons également un soutien financier aux petites et moyennes entreprises qui offrent des possibilités de formation en milieu de travail, puisque les apprentis doivent accumuler un certain nombre d'heures pour obtenir leur certification. Ainsi, nous accorderons jusqu'à 10 000 $ en subventions salariales aux PME qui accueillent des apprentis. C'est une façon concrète d'augmenter le nombre de soudeurs, d'électriciens, de plombiers et de charpentiers, pour ne nommer que ceux-là, des travailleurs essentiels à la réalisation de notre ambition de construire davantage au Canada.
    Lorsqu'on parle d'offrir des possibilités d'emploi, cela concerne aussi la jeunesse. Dans le budget de 2025, nous avons annoncé une bonification du financement du programme Emplois d'été Canada. Concrètement, dans ma circonscription, cela représente plus de 1,5 million de dollars qui seront investis cet été afin de soutenir plus de 400 emplois. Ce sont donc des expériences de travail concrètes pour les jeunes de Madawaska—Restigouche. Ils auront l'occasion de travailler dans des organismes communautaires, dans des municipalités, dans des camps de jour, dans le secteur de la construction ou au sein de PME. Il s'agit d'une grande diversité de possibilités d'emploi qui, sans ce financement, ne seraient peut-être pas offertes. Pour les employeurs, les PME, les organismes communautaires et les municipalités, cela change la donne de manière concrète. Au cours des dernières semaines, j'ai fait plus de 200 appels à différents employeurs de ma circonscription pour leur annoncer la bonne nouvelle qu'ils avaient obtenu du financement grâce à ce programme pour l'été. D'après les témoignages que j'ai reçus, cela change réellement les choses pour eux. J'en profite d'ailleurs pour souhaiter une excellente saison estivale à tous les jeunes de ma région qui obtiendront un emploi grâce au programme Emplois d'été Canada.
    Lorsqu'on parle de bâtir une économie canadienne plus forte, il faut aussi s'assurer de bâtir un système équitable et juste, et d'être là pour les personnes qui en ont le plus besoin. C'est pourquoi tous les efforts que nous déployons pour renforcer l'économie canadienne s'accompagnent également d'un filet social. Je pense à tous les programmes que nous avons mis en place au cours des années, notamment à l'Allocation canadienne pour enfants, à la Prestation canadienne pour les personnes handicapées, au Régime canadien de soins dentaires, aux programmes de services de garde abordables, ainsi qu'à l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels. Ce sont des programmes qui améliorent grandement les choses pour les personnes qui en ont le plus besoin. Malheureusement, du côté de l'opposition officielle, lorsqu'on propose des mesures qui aident réellement les gens, leur réflexe est généralement de s'y opposer.
    En terminant, je pense qu'on peut voir un contraste entre ce côté-ci de la Chambre et l'autre. La motion dont nous sommes saisis aujourd'hui manque de sérieux. Elle a été rédigée de manière à ne pas pouvoir être appuyée. Elle semble davantage avoir été conçue pour produire des clips pour les médias sociaux. Elle offre très peu de mesures concrètes. De notre côté de la Chambre, nous ne nous laissons pas distraire par ce genre de spectacle politique. Depuis le premier jour, nous restons concentrés sur notre travail. Les Canadiens et les Canadiennes nous ont confié un mandat clair: renforcer l'économie canadienne et la rendre plus résiliente. C'est ce que nous faisons afin d'obtenir les résultats attendus par la population.
(1240)
    Monsieur le Président, j'aime ça, entendre mon collègue traiter les conservateurs de gens qui aiment juste faire des clips pour les médias sociaux. Il reste que, lorsque nous sortons les faits, lorsque nous parlons d'une perte de 113 400 emplois au Canada, lorsque nous parlons de gens qui ont de la misère à se nourrir, nous ne pouvons pas inventer ça. Ce sont des statistiques que nous recevons.
    Lorsque Statistique Canada parle du fait que deux trimestres consécutifs nous mènent à une récession, qu'est-ce que nous inventons là-dedans? J'aimerais que le député nous explique davantage sa pensée au lieu de nous attaquer de façon très étrange.
     Monsieur le Président, j'invite mon collègue à relire l'ensemble des motions de l'opposition qui ont été déposées depuis un an.
    Du côté des conservateurs, il y a rarement quelque chose de sérieux. C'est toujours libellé avec des hyperboles et de l'exagération. On y trouve peu de concret et la critique y est facile. C'est rédigé de façon à ce qu'on sache que ça ne pourra pas être appuyé.
    Pour ma part, je souhaiterais voir, dans les motions de journée de l'opposition du côté conservateur, plus de concret et plus de solutions.
    On parlait de résultats et on veut des résultats. Le Canada devrait afficher cette année la deuxième plus forte croissance du G7. Les exportations ailleurs qu'aux États‑Unis devraient doubler au cours de la prochaine décennie. Les investissements directs étrangers au Canada sont en augmentation. Nous avons signé plus d'une vingtaine de partenariats commerciaux et d'échanges dans le monde.
    Ce sont des résultats concrets qui changent concrètement les choses pour la population que nous représentons.
     Monsieur le Président, je remercie mon voisin de circonscription de son discours. Lui et moi partageons une réalité, et c'est la présence de travailleurs saisonniers dans nos circonscriptions.
    On le voit présentement, le taux d'endettement des ménages au Canada est l'un des pires au monde selon le FMI. Les gens qui sont souvent touchés sont ceux qui touchent de faibles revenus, ce sont nos travailleurs saisonniers, qui sont des gens pourtant indispensables dans des secteurs économiques qui sont des piliers de nos régions, comme le secteur des pêches.
    Récemment, j'ai rencontré Lise Lapierre de E. Gagnon & Fils, de Sainte‑Thérèse‑de‑Gaspé. Elle pousse des chariots de crabes et de homards pendant de longues heures. Malgré tout, elle vit le trou noir de l'assurance-emploi. Cette année, c'était de mars jusqu'à la mi-avril.
    Mon collègue ne pense-t-il pas que, pour faire face à la situation économique, il faudrait rapidement que ce gouvernement se réveille, réforme l'assurance-emploi et mette fin au trou noir des travailleurs saisonniers?
(1245)
    Monsieur le Président, dans notre plus récente mise à jour économique, nous avons annoncé un prolongement du financement pour le programme pilote des cinq semaines supplémentaires dans 13 régions économiques, dont les deux régions de ma circonscription. Je crois que la circonscription de mon collègue est aussi concernée par ce projet pilote. Ça va permettre d'obtenir cinq semaines supplémentaires de prestations régulières d'assurance-emploi pour aider à faire face à ce qu'on appelle communément le « trou noir ».
    Cela s'ajoute aussi à certaines mesures que nous avons mises en place, comme le fait de retirer la semaine d'attente pour obtenir des prestations d'assurance-emploi.
    Monsieur le Président, moi aussi, je remercie mon voisin de circonscription de son discours.
    Il a beaucoup parlé d'infrastructures. Un fonds d'infrastructure a été très utile à sa circonscription et à la mienne, fonds contre lequel les conservateurs ont voté. Il s'agit du Fonds pour les solutions de transport en commun en milieu rural.
    Ma circonscription et celle de mon collègue sont maintenant reliées par un service de transport en commun, ce que nous n'avions pas dans nos circonscriptions. On imagine ce que c'est que de ne pas avoir de service de transport en commun. Maintenant, nous en avons dans nos circonscriptions grâce aux programmes que le gouvernement a mis en place.
    Mon collègue peut-il me dire comment ce programme a aidé les gens de sa région à se déplacer entre les régions?
    Par ailleurs, comment cela a-t-il permis que même les touristes qui viennent dans notre région profitent de ce nouveau service?
     Monsieur le Président, nos financements fédéraux ont permis de couvrir une grande partie des coûts en immobilisation pour offrir un service de transport en commun réellement adapté aux réalités des régions rurales. Au moyen de FlexGo, on peut offrir un service abordable qui répond aux besoins de nos personnes aînées, de nos travailleurs et de nos étudiants au niveau postsecondaire.
    Depuis que ce service est en place, il a grandement changé les choses sur le terrain et dans la vie de ces gens. C'est un investissement qui contribue à la fois à la vitalité économique de nos communautés, tout en étant un service essentiel pour les personnes qui n'ont parfois pas d'autres moyens de se déplacer. Depuis que c'est en place, ça connaît un grand succès. Les chiffres sur l'utilisation sont encore plus élevés que ce qui était attendu.
    C'est un exemple concret de la façon dont nous contribuons à nos régions rurales.

[Traduction]

    Monsieur le Président, lorsque le premier ministre s'est fait poser des questions sur la récession qu'il a déclenchée, il a détalé comme un lapin apeuré.
     Le député saurait-il me dire où se trouve le premier ministre?

[Français]

    Monsieur le Président, le premier ministre, au quotidien, travaille à mettre en place notre plan pour bâtir l'économie canadienne.
    On n'a qu'à voir les résultats, ils parlent d'eux-mêmes. Plus d'une vingtaine de nouveaux partenariats sont commencés dans le monde. Nous avons amené des investissements étrangers au Canada. Nous avons la deuxième plus forte croissance de l'économie parmi les pays du G7...

[Traduction]

    Le temps de parole du député est écoulé.
    J'en profite pour rappeler aux députés qu'on est à cheveu d'enfreindre le Règlement en évoquant la présence ou l'absence de quelqu'un. Gardons-nous de le faire.
    Reprenons le débat. La parole est au chef de l'opposition.

[Français]

     Monsieur le Président, vendredi matin, nous avons appris que le Canada était le seul pays du G7 en récession. C'est le sujet que le député d'Edmonton‑Ouest va aborder, parce que je partage avec lui mon temps de parole. Comme il va le dire, on est le seul pays dans le G7 en récession. Depuis maintenant cinq jours, nous attendons une réponse du premier ministre, un homme qui s'est présenté comme étant un génie en économie et en gestion de crises. Depuis cinq jours, nous sommes en crise à cause de la révélation que notre économie est la seule en déclin, pour deux trimestres consécutifs. Nous sommes le seul pays, en Amérique du Nord, qui est en récession.
    Que dit le premier ministre à cet égard?
    D'abord, il n'a rien dit. Il a fallu quatre jours, avant pour qu'il parle aux journalistes. Hier soir, il a approché une journaliste. Il pensait qu'elle allait lui poser une belle question, peut-être, lui lancer une fleur. Il était très heureux. En arrivant devant le microphone, la journaliste lui a posé une question sur la récession. Soudainement, il est devenu incapable de parler. Il s'est retourné et a fui la question. C'est toute une réponse de la part d'un grand économiste!
    Ce matin, nous lui avons posé la question: le Canada est-il en récession?
    Il n'a pas répondu, sauf pour dire que l'économie est faible. Oui, elle est faible. Ce n'est pas la plus grande économie et la plus rapide du G7, comme il l'avait promis. C'est une économie faible. Ensuite, il a commencé à donner des excuses.
    Aujourd'hui, nous allons nous attaquer aux excuses que le premier ministre essaie de donner pour justifier la seule récession du G7. Aujourd'hui, il a dit que c'était un simple hasard et que, si on regardait les données de plus près, on constaterait que la partie de notre PIB qui est composée de l'investissement est en hausse.
    Regardons le rapport de Statistique Canada, diffusé le 29 mai 2026. Que dit-il à propos de l'investissement?
    Je souhaite citer un passage de ce rapport:
    Au premier trimestre de 2026, les dépenses en immobilisations des entreprises ont diminué de 0,7 %, affichant la cinquième baisse trimestrielle consécutive.
    Les investissements sont en baisse depuis cinq trimestres. L'une des causes de cette récession est une pénurie d'investissements. Si on regarde les chiffres depuis l'arrivée au pouvoir du premier ministre, l'investissement est tombé de façon nette de 20 milliards de dollars. En fait, on a le pire investissement du G7 et on constate que les seuls aspects de l'économie ayant connu une croissance lors du dernier trimestre, ce sont les dépenses gouvernementales et la consommation. Ce n'est pas l'investissement.
    La deuxième excuse utilisée par les libéraux, c'est qu'il ne s'agit que d'une récession technique.
    Il n'y a pas de récession technique, ça n'existe pas. Deux trimestres de décroissance, l'un après l'autre, c'est la définition d'une récession. Les libéraux et leurs amis disent qu'on ne peut pas regarder qu'une seule donnée. D'accord, regardons d'autres données.
    Il y a eu 112 000 pertes d'emplois au cours des trois premiers mois de cette année. Le nombre net d'emplois perdus s'élève à 45 000, depuis l'arrivée au pouvoir du premier ministre, il y a un an.
    Le taux de chômage au Canada arrive au deuxième rang du G7. Il est un tiers plus élevé qu'aux États‑Unis. L'économie s'est contractée au cours de trois des quatre derniers trimestres depuis l'arrivée au pouvoir du premier ministre. Plus de 20 milliards de dollars d'investissements nets ont fui notre économie. Un total de 109 milliards de dollars a quitté l'économie canadienne alors que seulement 89 milliards de dollars y ont été introduits. La plupart des investissements de l'étranger ont pour but de permettre aux entreprises étrangères de prendre le contrôle des entreprises canadiennes. Il n'y a pas d'investissements réels ou matériels.
(1250)
    Le Canada affiche, et de loin, le niveau d'endettement des ménages le plus élevé parmi les pays G7. C'est peut-être pour ça qu'Equifax a signalé que le nombre de cas d'insolvabilité avait atteint des niveaux jamais vus depuis 2019, avec une hausse de 19 % par rapport à l'année précédente. En effet, 1,5 million de Canadiens ont manqué un paiement minimum de leurs dettes. Le taux de défaut de paiement des prêts hypothécaires a grimpé de 32 % par rapport à l'année précédente.
     Quand nous regardons les chiffres au Canada, nous voyons clairement que nous sommes en récession à cause des politiques libérales qui ont été imposées. Non, on ne peut pas utiliser l'excuse traditionnelle des droits de douane ou des effets mondiaux. Toutes les autres nations du monde y font face, mais aucun pays du G7, hormis le Canada, n'est en récession. Le Mexique, qui fait partie de l'Amérique du Nord et qui partage une frontière avec les Américains, n'est pas en récession. C'est le cas seulement ici, au Canada.
    C'est pour ça qu'il faut renverser les politiques libérales qui ont causé la récession. Les taxes, les lois anti-développement, la lourdeur de l'État et le doublement du déficit, c'est ce qui a causé la récession. Nous, les conservateurs, nous proposons de réduire les taxes sur le travail, l'énergie, l'investissement et la construction de logements. Pour réduire le coût et la taille de l'État, nous proposons de réduire la bureaucratie, les consultants, l'assistance aux entreprises, l'aide à l'étranger, les bonbons pour les faux réfugiés, et j'en passe. Le système de la libre entreprise va nous permettre de faire grandir notre économie et de réduire les coûts. C'est une vraie solution et c'est ce que nous proposons aujourd'hui.
(1255)

[Traduction]

    Je veux aussi parler de la nouvelle qui est tombée vendredi: le Canada est le seul pays du G7 à être en récession. Cinq jours se sont écoulés depuis, mais le premier ministre ne s'est pas donné la peine de répondre à la moindre question sur cette annonce catastrophique à la Chambre des communes. Lui qui a dit être un homme avec un plan, un gars en mesure de gérer une crise, refuse depuis quatre jours de répondre ne serait-ce qu'aux questions des médias à propos du fait que le Canada est le seul pays du G7 à être en récession.
    Hier, le premier ministre a prononcé un discours. À sa sortie, un journaliste lui a fait signe. Le premier ministre affichait un grand sourire parce qu'il croyait qu'on allait encore lui envoyer des fleurs. Or, quand il a découvert que la question du journaliste portait sur la récession, il a bafouillé avant de s'éloigner. Voilà la première réaction de sa part depuis que nous avons appris, il y a quatre jours, que le Canada est en récession, qu'il est le seul pays du G7 à être en récession.
    Aujourd'hui, il a enfin accepté de répondre à quelques questions des médias, mais il a refusé de dire que nous sommes en récession. Il a cependant donné toutes sortes d'excuses. Il a soutenu que ce ne sont que certains aspects du PIB qui se sont contractés et que, en réalité, les investissements sont en hausse.
    Que dit Statistique Canada à ce sujet? Le rapport qui a annoncé la récession indiquait: « Au premier trimestre de 2026, les dépenses en immobilisations des entreprises ont diminué de 0,7 %, affichant leur cinquième baisse trimestrielle consécutive. »
    Ce n'est pas vrai, monsieur le premier ministre, que les investissements ont augmenté. En réalité, les seules choses qui ont augmenté, ce sont les dépenses et la consommation du gouvernement, ce qui signifie que les Canadiens ont dû dépenser davantage simplement pour survivre. Les éléments que l'on souhaiterait voir augmenter, comme les exportations nettes, ont quant à eux diminué. Le Canada a un déficit commercial. Les investissements ont diminué, eux aussi.
    Le premier ministre a ensuite affirmé qu'il s'agissait en réalité d'une simple récession technique. En quoi est-ce technique? La définition classique d'une récession, c'est deux trimestres consécutifs de croissance négative. Or, cette définition est respectée.
     Les libéraux affirment ensuite, comme l'a dit aujourd'hui le premier ministre, qu'on ne peut pas se concentrer uniquement sur un seul aspect de la situation. J'en conviens. Concentrons-nous alors sur les autres éléments.
    Nous avons perdu 112 000 emplois au cours des trois premiers mois de cette année. Depuis que le premier ministre est entré en fonction, nous avons connu une hausse nette de 45 000 Canadiens au chômage. Nous affichons le deuxième taux de chômage le plus élevé du G7, et il est un tiers plus élevé que celui des États‑Unis. Sous la direction du premier ministre, trois des quatre derniers trimestres ont été marqués par un ralentissement économique. Les investissements des entreprises ont diminué de 0,7 %. Depuis qu'il est au pouvoir, le pays a perdu plus de 20 milliards de dollars d'investissements nets. Selon Equifax, les taux d'insolvabilité ont connu une hausse de 19 % par rapport à l'année précédente et ont atteint des niveaux jamais vus depuis 2009, et 1,5 million de Canadiens ont manqué un paiement de dette au cours des trois premiers mois de cette année seulement, les taux de défaut de paiement hypothécaire ayant augmenté de 32 % par rapport à l'année précédente. Le Canada a le taux d'endettement des ménages le plus élevé parmi tous les pays du G7. Le PDG de la Daily Bread Food Bank, à Toronto, a déclaré qu'un dixième de la population torontoise a maintenant recours à une banque alimentaire. Ce sont là les coûts véritables.
    Ce n'est pas qu'une question de chiffres. Quand des Canadiens ont faim et qu'ils n'arrivent pas à payer leurs factures, ça n'a rien de technique. Les Canadiens ont besoin qu'on change de cap et qu'on renverse les politiques libérales, et c'est pour cela que nous nous battons aujourd'hui. Bâtissons un Canada fort et sécuritaire, où la vie est abordable.
    Monsieur le Président, je fais beaucoup plus confiance à la Banque du Canada qu'au chef du Parti conservateur. La Banque du Canada a indiqué que le Parti conservateur pourrait se méprendre à ce sujet. Les conservateurs se réjouissent peut-être à l'idée que le Canada soit en récession, comme ils semblent le croire, mais en réalité, ils se concentrent sur un seul facteur parmi tant d'autres. Il faut tenir compte du PIB. Même si les députés d'en face sautillent de joie face à la situation, de ce côté-ci de la Chambre, nous continuerons à travailler pour bâtir un Canada et une économie plus forts et plus sains.
    Le chef du Parti conservateur a-t-il quelque chose de positif à dire sur le Canada et sur la façon dont le pays sera en tête de peloton sur le plan de la croissance dans différents domaines?
    Monsieur le Président, le député a posé deux questions.
    Ai-je quelque chose de positif à dire au sujet du Canada? J'ai beaucoup de choses positives à dire sur le Canada, en particulier sur la résilience des Canadiens, qui ont les reins assez solides pour endurer toutes les épreuves que le gouvernement libéral continue de leur faire subir.
    Ai-je quelque chose à dire au sujet des aspects de la croissance pour lesquels nous serons en tête de peloton, selon ce que prétend le gouvernement? Je ne peux rien dire à ce sujet, puisqu'avec la façon dont le gouvernement gère l'économie, les seuls aspects pour lesquels nous sommes en tête de peloton parmi les pays du G7 sont l'endettement des ménages, le coût du logement et l'inflation alimentaire. Grâce au gouvernement libéral, nous sommes effectivement en tête de peloton dans tous ces domaines, sans oublier le fait que nous sommes la première économie à entrer en récession. Ce n'est pas le genre de leadership que nous voulons pour notre économie.
(1300)

[Français]

    Monsieur le Président, ma question s'adresse à mon collègue le chef de l'opposition.
    J'ai la chance de siéger au Parlement depuis un peu plus de 10 ans. Depuis un peu plus de 10 ans, d'ailleurs, j'ai eu l'occasion d'entendre ses excellents discours. Ils sont généralement très bons.
    Cependant, chaque fois que mon collègue prend la parole à la Chambre, depuis que j'ai la chance d'assister à ses discours, j'ai l'impression que cela revient toujours un peu à la même chose. À l'entendre parler, on croirait que nous sommes toujours au bord de l'apocalypse.
    Évidemment, je ne suis pas en train de dire que la situation économique est positive, bien au contraire. Cependant, je me demande s'il ne devrait pas, d'une part, revoir sa façon de faire; d'autre part, dans ses critiques d'aujourd'hui, il a dit que le plan libéral est mauvais pour l'économie.
    Pourtant, quand on regarde le bilan du gouvernement libéral, on se rend compte qu'au cours de la dernière année, il a mis en place des mesures proposées essentiellement par le Parti conservateur. Il admet lui-même que les libéraux passent leur temps à voler ses idées.
    Est-il en train de nous dire que l'apocalypse est un peu causée par les idées conservatrices?
    Monsieur le Président, j'aimerais bien dire que les libéraux ont volé nos idées. En paroles, ils les ont volées, mais pas en gestes. Ils n'ont pas mis ces idées en pratique.
    En 10 années de gouvernement libéral, les libéraux ont augmenté le coût de l'État, doublé la dette nationale, gonflé la bureaucratie et les dépenses publiques et bloqué le développement de nos ressources naturelles.
    Lors des dernières élections, ils ont promis de renverser la situation, mais rien ne s'est produit. Ce n'était qu'une illusion.
    Le premier ministre libéral a maintenu en place toutes les lois antidéveloppement. Il a doublé le déficit de Justin Trudeau. Il a gonflé le coût de la bureaucratie. L'État occupe une plus grande part de l'économie qu'à n'importe quel moment depuis 30 ans. Toutes les taxes antidéveloppement sont toujours en place.
    J'aimerais donc que les libéraux volent nos idées dans les faits, pas seulement en paroles.

[Traduction]

    Monsieur le Président, vendredi dernier, on a annoncé que le Canada était entré en récession, et ce n'est pas un hasard si, peu après, Banques alimentaires Canada a publié son rapport sur la pauvreté. Peut-être que les libéraux ne croiront pas ce que nous disons au sujet de leurs politiques irresponsables qui nuisent aux Canadiens. Toutefois, le rapport de Banques alimentaires Canada a attribué au Canada la note globale de D+, un F pour le taux d'emploi et un F pour la sécurité alimentaire. À l'heure actuelle, un Canadien sur quatre, soit 25 % de la population, est en situation d'insécurité alimentaire.
    Le chef peut‑il nous parler des politiques conservatrices qui permettront de rétablir un Canada qui fonctionne pour tous les Canadiens?
    Oui, monsieur le Président, c'est là le coût humain de la récession libérale. Les Canadiens n'ont pas les moyens de se nourrir. En effet, le rapport publié hier a démontré qu'environ 25 % des Canadiens sont en situation d'insécurité alimentaire et qu'au cours de l'année dernière, 25 % des banques alimentaires se sont retrouvées à un moment ou à un autre à court de nourriture. Pensons à cette mère seule à la caisse: son compte bancaire est à zéro et, lorsqu'elle essaie de payer avec sa carte de débit, la transaction est refusée. Elle regarde les gens derrière elle qui viennent de la voir essuyer ce refus. Elle monte dans sa voiture, humiliée, se rend à la banque alimentaire, mais celle‑ci est vide. Que doit-elle faire maintenant?
    Les libéraux affirment qu'il ne s'agit que d'une récession technique. Je leur demande de regarder cette mère dans les yeux et de lui dire que la faim de ses enfants est technique. Il n'y a rien de technique là‑dedans. Les échecs du gouvernement libéral ont un coût humain bien réel. Or, si le premier ministre se souciait le moins du monde de ce coût et des personnes qui en font les frais, il se présenterait à la Chambre des communes et répondrait à une question à ce sujet, pour une fois.
    Monsieur le Président, je suis très heureux de prendre la parole aujourd'hui au sujet de notre motion.
    Banques alimentaires Canada a lancé ce sombre avertissement dans son plus récent rapport: « Un changement fondamental s'est opéré au Canada. » Le rapport ajoute qu'au Canada, « un emploi ne suffit plus à garantir une voie sûre vers la stabilité ». Un Canadien sur quatre fait face à l'insécurité alimentaire, et 20 % des 2,2 millions de personnes qui font la queue chaque mois devant les banques alimentaires ont un emploi. Je vais relire cette phrase du rapport: au Canada, « un emploi ne suffit plus à garantir une voie sûre vers la stabilité ». Voilà ce que le gouvernement libéral a infligé au Canada pendant plus d'une décennie. Les choses ont changé de manière fondamentale dans ce pays, et elles ont changé pour le pire à cause du gouvernement.
    À Edmonton seulement, deux banques alimentaires sont entièrement consacrées aux vétérans. Des personnes qui ont servi notre pays au sein des forces armées, mais aussi dans la GRC, doivent aujourd'hui compter sur deux banques alimentaires pour répondre à leurs besoins et les aider à s'en sortir. Pendant ce temps, le premier ministre dépense près de 200 000 $ pour des repas gastronomiques à bord de son jet rien que pour trois voyages, et les libéraux dépensent 200 millions de dollars pour permettre à des proches du Parti libéral d'acheter une dalle de béton — une base en ciment — en Nouvelle‑Écosse.
    Le Canada est entré en récession. Les libéraux vont sans doute ergoter en disant que ce n'est qu'une récession technique qui ne compte pas vraiment, sauf que ça ne fait pas que deux trimestres, mais bien trois trimestres de suite que notre économie se contracte. Nous sommes le seul pays du G7 dont l'économie se contracte. Même en France et en Italie, où la situation est désastreuse, il n'y a pas de contraction. Nous sommes en fait la seule économie du G7 qui se contracte depuis quatre trimestres. Les autres pays ne sont pas dans cette situation, que ce soit les États‑Unis, l'Allemagne, qui poursuit sa route vers un suicide économique lié à sa politique de carboneutralité, ou l'Italie, qui ne dispose pas des ressources pétrolières dont nous bénéficions; nous sommes les seuls. Je répète que les pays du vieux continent, ceux du G7, qui doivent gérer une multitude de problèmes liés à la guerre en Ukraine et au fait qu'ils sont privés d'une grande partie de leurs ressources en gaz naturel, ont malgré tout réussi à éviter une récession comme la nôtre.
    La mauvaise performance du PIB est le reflet de la stagnation de notre niveau de vie et d'une croissance anémique de la productivité, et elle met en évidence la faiblesse des investissements des entreprises au Canada. Selon l'Institut Fraser, les investissements dans les usines, les machines et la propriété intellectuelle ont chuté de 20 % en proportion de l'économie au cours des 10 dernières années. Je me demande ce qui s'est passé il y a 10 ans pour que le pays connaisse un tel déclin. De plus, ce déclin s'est accéléré au cours des quatre dernières années, ce qui coïncide avec le moment où l'actuel premier ministre a commencé à aider le gouvernement en tant que conseiller économique spécial. Quelle coïncidence, je sais.
    Le Rapport sur la politique monétaire de la Banque du Canada apporte des nouvelles encore plus inquiétantes. Le député de Winnipeg‑Nord vient de dire que les libéraux font confiance à la Banque du Canada et que celle-ci dispose de toutes les informations, et il nous a demandé si nous ne faisions pas confiance à la Banque du Canada. Eh bien, je fais confiance au Rapport sur la politique monétaire de la Banque du Canada, qui montre en fait que le gouvernement induit les Canadiens en erreur au sujet de la croissance. La Banque du Canada prévoit, pour l'année prochaine, une croissance du PIB inférieure de 16 % à celle que le gouvernement vient d'annoncer dans son budget du printemps. L'année suivante, elle prévoit une croissance inférieure de 13 %. Je demande au député de Winnipeg‑Nord qui il croit. Croit-il la Banque du Canada, comme il vient de l'affirmer, ou ne la croit-il plus maintenant que cela ne l'arrange pas?
    Même la Banque du Canada ne croit pas le gouvernement quand il affirme que l'économie canadienne est celle qui connaît la croissance la plus rapide du G7. Ce n'est effectivement pas le cas.
(1305)
    De plus, ce qui est encore plus inquiétant, pour 2026, sur la croissance anémique que nous connaissons sous le gouvernement libéral, la Banque du Canada estime qu'une part de 75 % provient d'une augmentation des dépenses publiques. Cette croissance ne provient pas des exportations de pétrole, ni de la propriété intellectuelle ou des investissements, mais bien des dépenses publiques. En 2027, 44 % de la croissance prévue est attribuable aux dépenses publiques. L'année suivante, 25 % de toute la croissance du PIB prévue par la Banque du Canada proviendra des dépenses publiques. Ce n'est pas ainsi que nous sortirons des difficultés dans lesquelles nous nous trouvons, c'est-à-dire en nous contentant d'emprunter davantage et de dépenser plus. Au cours des 5 prochaines années, nous allons devoir payer près de 400 milliards de dollars rien qu'en intérêts. Qu'obtenons-nous en retour? Nous n'obtenons pas la croissance que l'on observe dans d'autres pays. Nous assistons plutôt à un rétrécissement de l'économie.
    Que faire en pareil cas? Eh bien, à défaut de nous joindre à Marty McFly et au Doc Brown dans une DeLorean pour remonter en 2015 afin de nous assurer que Justin Trudeau ne soit pas élu, nous pouvons changer les politiques dès maintenant. Nous pouvons commencer à démanteler les politiques libérales qui sont en train de ruiner l'économie.
    Dans le mémoire qu'elle a soumis dernièrement au comité des finances, la chambre de commerce soutient que le gouvernement doit se concentrer sur la capacité concurrentielle étant donné qu'à cause de son régime qui cumule les règlements et les formalités administratives, perçu comme étant lourd et dissuasif pour les investissements, le Canada est incapable de soutenir la concurrence mondiale. Nous avons en effet amplement plus de 300 000 règlements distincts et plus de 450 lois distinctes, dont certaines comportent également des milliers de règles, ce qui étrangle l'économie tout en ralentissant sa croissance. Quelle est la réaction du gouvernement? Normalement, les gouvernements à l'étranger proposeraient par exemple d'alléger les formalités administratives, de couper dans la paperasserie.
    On sait que les marchés publics de la Défense sont un gâchis, sauf qu'au lieu d'y remédier, le gouvernement a créé une énième structure bureaucratique pour contourner les règles qu'il avait lui-même imposées. C'est la même chose avec les grands projets: il ajoute une structure bureaucratique pour contourner l'autre structure bureaucratique qu'il avait mise sur pied. Le pire, c'est qu'il a aussi institué une structure bureaucratique pour qu'elle se charge de la réduction des formalités administratives. Pour réduire les formalités administratives, il a ainsi ajouté 34 équivalents temps plein dans la fonction publique.
    Nous avons fait inscrire une question au Feuilleton pour savoir ce que le gouvernement avait éliminé au chapitre de la réglementation. Les 34 employés à plein temps se sont traduits par la révocation de 29 règlements. En voici un aperçu. Ils ont révoqué le règlement sur les résolutions de l'ONU au sujet de la Sierra Leone. Chapeau: ça, ça va stimuler l'économie. Ils ont révoqué le Règlement sur les couvre-fenêtres à cordes. Ils ont révoqué le règlement qui encadrait les élections au conseil d'administration de la Commission canadienne du blé, alors que la Commission a été abolie il y a des années. Voilà ce que 34 employés à plein temps sont parvenus à accomplir en quelques années en matière de réduction des formalités administratives. Ils ont apporté des changements au règlement sur l'élection du conseil d'administration de la Commission canadienne du blé, qui n'existe plus.
     Comment allons-nous relancer l'économie si c'est là le mieux que le gouvernement soit capable de faire? Nous pourrions construire des pipelines et acheminer nos produits énergétiques vers les marchés. Nous pourrions supprimer le plafond d'émissions pour l'industrie pétrolière et gazière. Le gouvernement dira que ce plafond n'existe plus, mais il n'a pas encore déclaré officiellement qu'il était aboli. Nous pourrions supprimer l'interdiction des pétroliers qui nuit à l'exploitation des ressources de l'Alberta, le projet de loi C‑48. Un projet de loi d'initiative parlementaire visant à éliminer cette interdiction a été déposé à la Chambre, et les libéraux s'y opposent. Il est tout à fait acceptable que le pétrole saoudien remonte le Saint‑Laurent, mais nous ne pouvons pas accepter que le pétrole de l'Alberta soit transporté au large de la côte nord de la Colombie‑Britannique. Nous pourrions nous débarrasser de la coûteuse taxe sur le carbone pour les industries et du projet de loi anticonstitutionnel visant à interdire la construction de pipelines, le projet de loi C‑69.
     Si nous voulons que le projet Northern Gateway se concrétise, ce qui pourrait générer des dizaines de milliards de dollars de croissance supplémentaire pour l'économie, le gouvernement doit cesser de faire obstacle. Il doit abolir le projet de loi C‑48, qui interdit les pétroliers et nuit à l'exploitation des ressources de l'Alberta. Il doit abolir le projet de loi C‑69. Il doit supprimer le plafond d'émissions pour l'industrie pétrolière et gazière. Nous devons mettre fin à la détermination du gouvernement à ruiner notre économie.
(1310)
    Monsieur le Président, cela fait un peu plus d'un an que les Canadiens sont allés aux urnes et ont élu un nouveau gouvernement. Parmi les mesures concrètes que nous avons vues au cours de cette année, il y a le fait que les exportations vers des pays autres que les États‑Unis ont considérablement augmenté. Nous pouvons parler des loyers, qui sont à la baisse. Nous pouvons parler de la valeur nette moyenne des ménages, qui s'est en fait améliorée. Nous pouvons parler de la note de crédit AAA du Canada et du fait que nous avons la meilleure situation financière des pays du G7. Nous continuons d'offrir les types de programmes qui s'attaquent au problème de l'abordabilité, comme l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, et de fournir des garanties sur d'autres programmes sociaux, comme notre programme de garderies.
    Le député ne convient-il pas qu'il s'agit là d'une approche résolument globale visant à bâtir une économie plus forte et plus saine?
    Monsieur le Président, je tiens à remercier mon collègue de Winnipeg‑Nord de nous offrir une heure du conte à la Chambre des communes. Qu'a accompli le gouvernement depuis plus de 10 ans? Ce n'est pas un nouveau gouvernement. C'est le même vieux gouvernement libéral fatigué. On lui doit un taux de chômage en hausse, une dette record, un déficit record et un nombre record de Canadiens qui ont recours aux banques alimentaires. À cause de l'économie créée par le gouvernement, il nous faut deux banques alimentaires rien que pour servir les anciens combattants à Edmonton. Voilà ce que ce gouvernement libéral corrompu et fatigué a accompli pour les Canadiens en 10 ans.
(1315)

[Français]

    Monsieur le Président, je salue mon ancien voisin de siège ici même.
    Je voudrais savoir la chose suivante. La mise à jour économique n'a pas tenu compte des nouveaux droits de douane de 25 % du président Trump sur tous les produits composés d'acier ou d'aluminium. Ça va toucher particulièrement le Québec. En effet, 25 % des exportations des PME du Québec vers les États‑Unis seront touchées.
    Mon collègue pense-t-il qu'on devrait prendre des mesures pour soutenir ces entreprises? Le Bloc québécois propose une subvention salariale pour pouvoir maintenir le lien avec les employés.
    Qu'en pense mon collègue?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le député a soulevé beaucoup d'excellents points. Le premier ministre a promis à deux reprises qu'il conclurait un accord avant la fin de l'été dernier. Il n'a pas tenu sa promesse à deux reprises. La meilleure chose que nous puissions faire pour mes collègues du Québec et leurs concitoyens, c'est de conclure un accord. Le gouvernement ne l'a pas fait, malgré les promesses répétées du premier ministre.
    Monsieur le Président, les libéraux ne cessent de dire qu'il y a beaucoup de croissance au Canada, alors jetons un coup d'œil à la croissance que j'observe. En avril dernier, j'ai constaté une croissance de l'inflation, qui a augmenté de 0,5 %, et du taux de chômage. Le recours aux banques alimentaires a énormément augmenté. On observe également que les investissements en capital des entreprises ont chuté de 0,7 % au premier trimestre de 2026, ce qui représente un cinquième trimestre consécutif de baisse au Canada. Je me demande ce que mon collègue en pense et s'il a des idées pour ramener le gouvernement à l'ordre.
    Monsieur le Président, comme je l'ai mentionné tout à l'heure, la Chambre de commerce du Canada a expliqué la situation dans un mémoire présenté au comité des finances. Elle a déclaré que le contexte actuel imposé aux entreprises par le gouvernement rend les investissements peu attrayants. Le Canada doit changer. Il faut une réforme fiscale et une réforme de la réglementation. Comme l'a déclaré la Chambre de commerce, il faut corriger le régime de réglementation. Il faut une réforme fiscale. Le gouvernement doit cesser de prétendre que toutes ces annonces rendent service aux Canadiens. Il doit passer à l'action.
    Monsieur le Président, je vais poser la même question. Au bout du compte, si nous ne réinvestissons pas dans nos entreprises, comment pourrons-nous faire croître l'économie? Après cinq trimestres de recul des investissements des entreprises, comment allons-nous stimuler au juste la croissance de notre économie?
    Monsieur le Président, le député soulève un excellent point. L'économie canadienne est en perte de vitesse. Le Mexique, qui dépend bien davantage du commerce avec les États‑Unis que le Canada, ne voit pourtant pas son économie se contracter. En fait, ses exportations automobiles vers les États‑Unis sont deux fois supérieures à celles du Canada et, malgré tout, le Mexique parvient à faire croître son économie alors qu'il se heurte aux mêmes difficultés que nous. C'est parce qu'il n'a pas de gouvernement libéral à sa tête.
    Monsieur le Président, je suis heureux de partager mon temps de parole avec le député de Kingston et les Îles.
    Je m'opposerai à cette motion. Nous avons un plan complet. D'ailleurs, lors de mes déplacements à travers le pays et dans ma circonscription, je constate que ce plan commence à porter ses fruits. En examinant de façon objective l'ensemble des stratégies annoncées par le gouvernement, depuis les mesures prises en juin dernier — notamment la réduction de l'impôt sur le revenu et la mise en place du Bureau des grands projets —, jusqu'à la mise à jour économique du printemps et les stratégies que nous avons annoncées depuis lors, en passant par le budget de l'automne et les mesures importantes pour relancer notre économie, nous voyons un plan qui commence à porter ses fruits et à avoir des retombées concrètes.
    Je veux mentionner quelques-unes de nos stratégies, car elles fournissent un contexte important puisque l'opposition officielle réclame un plan. Nous avons présenté nos plans et, à mon avis, ils commencent à être accueillis de manière plutôt positive par les Canadiens.
    Je vais donner l'exemple de la stratégie nationale en matière d'électricité, que nous avons annoncée dernièrement et qui vise à doubler notre capacité d'ici 2050. Nous savons que l'électricité constitue un avantage concurrentiel considérable pour le Canada et que nous disposons d'une électricité abondante et relativement propre. Dans ce domaine, nous disposons, d'un océan à l'autre, de l'ingéniosité, des travailleurs et des moyens nécessaires pour mettre au point des technologies qui réduisent les coûts et les émissions, qui contribuent à stimuler les industries canadiennes et qui leur seront utiles, et qui, dans certains cas, permettront de mettre au point des technologies exportables.
    Je sais qu'il y a, dans Taiaiako'n—Parkdale—High Park, beaucoup d'innovateurs qui travaillent sur des innovations et des projets fructueux. Il peut s'agir de l'amélioration de l'efficacité du réseau, de solutions qui réinjectent de l'énergie dans le réseau, ou même de solutions qui rendent plus propres d'anciennes technologies fondées sur des moteurs à combustion interne ou sur des combustibles fossiles. La stratégie nationale en matière d'électricité est un exemple très éloquent de mesure comprise dans notre plan global, dont l'objectif est d'assurer le bien-être économique des Canadiens.
    Je tiens également à parler de la stratégie sur les minéraux critiques, qui représente elle aussi un important avantage concurrentiel pour le Canada. Nous devons disposer des capacités de transformation nécessaires et recenser les minéraux précis dont nous disposons. Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles et d'autres ministres ont joué un rôle de premier plan dans la création de groupes d'achats en réunissant des entreprises, des pays et des fonds d'investissement pour cerner les véritables possibilités et ensuite en utilisant le Bureau des grands projets pour offrir des possibilités d'accélérer la mise en œuvre de ces projets. Une stratégie sur les minéraux critiques est essentielle à notre plan économique.
    Je tiens également à parler de la stratégie automobile, à laquelle j'ai grandement contribué en tant que secrétaire parlementaire de la ministre de l'Industrie, car il s'agit de la stratégie de la ministre de l’Industrie. Elle travaille très fort pour préserver l'accès au marché américain et pour protéger les investissements existants au Canada, mais aussi pour attirer non seulement de nouveaux investissements dans l'électrification et les véhicules électriques, mais aussi des investissements connexes dans les logiciels et les infrastructures de recharge des véhicules électriques. Je suis très fier de voir que certains de ces secteurs, qui se limitaient auparavant au Sud de l'Ontario, s'étendent désormais à l'ensemble du pays.
    J'ai récemment eu le plaisir d'assister à l'exposition sur les véhicules électriques et les bornes de recharge à Toronto. C'était vraiment bien de voir des entreprises d'un bout à l'autre du pays proposer des produits novateurs, comme des bornes de recharge pour les immeubles d'habitation de Vancouver, des solutions logicielles clé en main au Québec, et même le premier véhicule lourd fonctionnant à l'hydrogène, mis au point par Elemental Trucks, à Rexdale. Il y a tellement d'innovations qui proviennent du Canada et des Canadiens. C'est le genre d'économie que nous bâtissons. Les chiffres le montrent. Mes collègues le secrétaire parlementaire du ministre des Finances et le whip en chef du gouvernement ont déjà mentionné un certain nombre de statistiques et d'avantages concrets qui découlent de ces stratégies.
    Je vais aussi parler d'un domaine sur lequel je passe un peu plus de temps, à savoir le portefeuille de la recherche et des sciences, où nous voyons arriver des centaines de personnes de partout dans le monde. Cela inclut certains scientifiques parmi les plus talentueux, qui sont attirés par nos programmes de chaires de recherche et de formation Impact+. Le Canada est l'endroit de choix pour faire avancer la science. Tout récemment, nous avons annoncé l'arrivée de 658 chercheurs doctoraux et postdoctoraux. Les meilleurs et les plus brillants au monde choisissent le Canada, notamment pour deux grandes raisons. Premièrement, parce que c'est l'endroit idéal où travailler en science et en recherche à l'abri des manipulations politiques. Deuxièmement, parce qu'on y trouve des débouchés économiques et la possibilité de mettre en œuvre ces innovations au Canada, pour le Canada et pour les Canadiens.
(1320)
     Je constate que les retombées positives de notre stratégie économique commencent à se concrétiser dans des lieux comme l’Université de Calgary, où j’ai récemment eu l’occasion de visiter un projet financé par Génome Canada. C’est une des belles réussites, et j’en vois aujourd’hui de nombreuses autres un peu partout au pays, où l’Est et l’Ouest du Canada unissent leurs forces pour donner naissance au genre d’innovations qui feront croître l'économie. Le projet spécifique que j’ai vu visait à rendre le stockage souterrain d’énergie plus sûr en utilisant de minuscules microbes souterrains. Il s’agit d’une équipe de chercheurs de l’Université de Calgary qui collabore avec Triple Point Resources, une entreprise en démarrage de Terre‑Neuve‑et‑Labrador. Encore une fois, il y a de la confiance. Cette entreprise en démarrage de Terre‑Neuve‑et‑Labrador investit son précieux capital dans l’innovation pour trouver une solution de réduction des émissions de carbone, en collaboration avec des scientifiques de l’Université de Calgary. C’est le genre d’esprit économique national que l’on voit de plus en plus, et que l'actuel premier ministre met en œuvre avec l'actuel gouvernement.
    Nous savons qu'au Canada, cette année a été placée sous le signe de l'espace. Je me suis récemment rendu à Longueuil, au Québec, au siège de l'Agence spatiale canadienne, dans le cadre de la conférence Horizons, organisée conjointement par l'Agence spatiale canadienne et Espace Canada, une agence gouvernementale et une association industrielle qui collaborent étroitement pour faire en sorte que le Canada puisse compter sur l'économie spatiale de demain et en tirer profit. Pour le Canada, cette année de la science est marquée par le fait que nous avons non pas un, mais trois astronautes de l'Agence spatiale canadienne qui sont étroitement impliqués dans certaines des missions clés qui ont captivé l'attention du monde entier: Jeremy Hansen, Jenni Gibbons et Joshua Kutryk, qui s'apprête à se rendre à la Station spatiale internationale. L'engouement suscité par ces missions au Canada a entraîné un regain d'intérêt et une augmentation des investissements. Je rencontre aujourd'hui de nombreux jeunes qui créent des « clubs de fusées », qui sont enthousiastes à l'idée de s'engager dans ce secteur et qui, dans bien des cas, peuvent obtenir du soutien grâce aux fonds de recherche que nous offrons pour développer davantage ce type de science et d'innovation. C'est un autre volet de notre stratégie économique.
    Je vois cela également au niveau local, avec des entreprises comme TransPod, dans ma circonscription, qui développe une solution de transport à grande vitesse entre Calgary et Edmonton. Là encore, il s'agit d'une entreprise canadienne de l'Est du pays qui collabore avec des acteurs de l'Ouest. Je le vois aussi avec une entreprise comme Beachman Industries, toujours dans ma circonscription, Taiaiako'n—Parkdale—High Park, qui est l'une des premières entreprises depuis des décennies à obtenir la certification de Transports Canada pour la fabrication de motos. C'est le seul fabricant canadien de motos électriques. Les cofondateurs ont de grandes ambitions: ils souhaitent exploiter cette technologie innovante pour la développer dans le secteur des transports et proposer des solutions de transport. Ce sont des innovateurs canadiens du domaine de la construction automobile, et dans ce cas-ci, cela se passe en plein cœur du centre-ville de Toronto.
    Ce que j'apprécie également dans notre stratégie économique, et dont je n'entends pas beaucoup parler de la part de l'opposition, c'est que l'économie ne se résume pas au PIB. C'est le PIB par habitant, et je tiens donc à féliciter mon collègue le secrétaire parlementaire, mais cela va bien au-delà de n'importe quelle statistique. Il s'agit du type de collectivité que nous créons et qui rend possible l'activité économique. Il s'agit du type de collectivité que nous créons et qui donne aux gens la confiance, le soutien et les ressources nécessaires pour participer de manière productive à l'économie, comme le programme national de garderies et le crédit d'impôt pour les préposés aux services de soutien à la personne.
    J'ai eu le plaisir de prendre la parole lors de la cérémonie des prix d'excellence du Service Employees' International Union, la toute première cérémonie organisée par ce syndicat en l'honneur des travailleurs de la santé faisant partie de la section locale 1. Ces préposés aux services de soutien à la personne — en majorité des femmes ayant fait des études à l'étranger — ont affirmé que, oui, grâce au travail accompli ensemble et à la reconnaissance de ce travail par le gouvernement, un crédit d'impôt allait être mis en place pour saluer leurs efforts particuliers pendant la pandémie et au-delà. Cette mesure représentera environ 1 100 $ pour ces travailleurs, surtout des femmes. Les députés peuvent être certains que cette somme stimulera l'économie, car ces familles, ces femmes, vont dépenser cet argent dans leur région.
    Je constate même les retombées dans des endroits comme les nombreuses zones d'amélioration commerciale dont nous avons la chance de disposer dans Taiaiako'n—Parkdale—High Park. C'est dans cette circonscription que se trouve la toute première zone d'amélioration commerciale, à Bloor West Village. Les gens nous disent que la sécurité publique est vraiment importante et qu'ils saluent les nouvelles dispositions relatives à la mise en liberté sous caution. Ils ajoutent que la sécurité publique, la sphère publique ainsi que le soutien aux personnes de différents niveaux de revenus sont essentiels à une économie forte. Dans Taiaiako'n—Parkdale—High Park, nous sommes très reconnaissants de pouvoir le constater.
     Enfin, dans ma circonscription, je constate les retombées dans les logements que nous construisons, qu'il s'agisse de logements sociaux, de logements supervisés ou de certains logements coopératifs ou du secteur privé dont je parlerai avec plaisir dans les mois à venir dans ma circonscription. Les types de logements que nous créons dans la circonscription sont une occasion de participer à l'économie d'une manière beaucoup plus productive. Il s'agit d'un investissement dans le logement d'un genre que, malheureusement, j'entends régulièrement critiquer de l'autre côté.
    Nous avons un plan économique qui commence à trouver un écho auprès des Canadiens, et j'ai hâte de répondre aux questions de mes collègues à son sujet.
(1325)
    Monsieur le Président, mon collègue d'en face a beaucoup parlé d'investissements dans la recherche, je vais donc lui poser une question simple.
    En ce qui concerne les investissements dans la recherche en Saskatchewan, nous perdons deux fermes expérimentales dans le secteur agricole parce que les libéraux ont réduit le financement de la recherche agricole. De plus, à Environnement Canada, ils ont réduit le financement de la recherche radar, ce qui va nuire à notre capacité d'émettre des avertissements en cas de neige ou de pluie abondante, ou de blizzard.
    Si le député se vante du financement de la recherche par les libéraux, qu'en est-il des gens qu'ils laissent pour compte en Saskatchewan en imposant des compressions dans la recherche agricole et la recherche radar à Environnement Canada?
    Monsieur le Président, j'ai eu l'occasion de me rendre à Saskatoon en janvier ou février dernier et j'ai eu le plaisir de visiter les installations et les laboratoires qui sont financés à l'Université de la Saskatchewan, notamment le centre de recherche sur les vaccins VIDO, une installation de calibre mondial, ainsi que le cyclotron. Il s'agit d'installations de recherche majeures, à la fine pointe de la technologie, qui attirent, je le répète, des scientifiques du monde entier, à l'instar de l'Institut de technologie du Sud de l'Alberta qui, avec l'Université de la Saskatchewan, entretient une collaboration très étroite qui permet de regrouper les efforts de recherche, tant au niveau du collège qu'à celui de l'université.
(1330)

[Français]

    Monsieur le Président, lorsqu'on regarde les résultats de l'économie canadienne, on voit que le problème se situe vraiment au chapitre des exportations. On sait que l'industrie forestière est frappée de plein fouet par des droits compensatoires de 45 %, ce qui limite, bien sûr, sa capacité d'exporter de façon compétitive sur le marché américain.
    Au Bloc québécois, nous avons proposé que le gouvernement rachète les droits compensatoires, les sommes dues à nos entreprises, afin de leur donner un peu de liquidités.
    Pourquoi le gouvernement n'est-il pas allé de l'avant avec notre suggestion?
    Monsieur le Président, je connais un peu les défis dont mon collègue parle. Je viens tout juste de l'autre côté de la Baie des Chaleurs, à Bathurst, au Nouveau‑Brunswick. Je connais donc très bien les défis et les enjeux auxquels fait face l'industrie forestière. Cela fait des décennies que nous sommes frappés par les droits de douane américains. Nous travaillons très fort. Nous sommes en bon contact.
    Au sujet des idées de mon collègue, je sais que, de notre côté, nous avons appuyé l'industrie grâce au fonds stratégique et à d'autres mesures de soutien, mais nous sommes toujours heureux de poursuivre le dialogue avec lui.

[Traduction]

    Monsieur le Président, le Tribunal permanent des peuples a conclu que les politiques actuelles du Canada sont génocidaires. Il mentionne en particulier la valeur des terres, des territoires et des ressources autochtones que s'est appropriés le gouvernement. Le tribunal a souligné qu'une partie du problème est liée au fait que le gouvernement n'a pas obtenu le consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause des peuples autochtones.
    Le gouvernement commencera-t-il à respecter ses obligations constitutionnelles et à protéger les droits garantis par le paragraphe 35(3)? Prendra-t-il le constat du Tribunal au sérieux et respectera-t-il le droit à l'autodétermination des peuples autochtones, ou continuera-t-il à construire un pipeline jusqu'à se rendre devant les tribunaux?
    Monsieur le Président, la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, les droits des Autochtones et le développement économique réalisé en partenariat avec les peuples autochtones sont, à mon avis, des principes fondamentaux du gouvernement. Nous l'avons vu dans certains des accords annoncés récemment. Je continuerai de travailler en ce sens, en collaboration avec les députés intéressés.

[Français]

    Monsieur le Président, pour bâtir une l'économie forte, il faut appuyer l'innovation au sein de nos entreprises. Un des outils qu'on a, c'est les encouragements fiscaux pour la recherche scientifique et le développement expérimental.
    J'aimerais entendre le secrétaire parlementaire parler de notre travail pour bonifier et améliorer ce programme d'encouragements fiscaux, qui est très important pour de nombreuses entreprises de nos régions.
    Monsieur le Président, mon collègue est un champion de cette sorte de recherche.
    Nous avons bonifié le financement de la recherche dans les collèges communautaires dans la mise à jour économique du printemps. Cela s'appuie sur une base très solide grâce aux investissements historiques prévus dans les budgets de 2024 et de 2025 en matière de recherche liée à la défense et au capital intellectuel à l'échelle internationale.

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'ai écouté les députés pendant la majeure partie du débat d'aujourd'hui. Plus tôt aujourd'hui, j'étais présent pour le discours d'ouverture du porte-parole, le député de Calgary‑Est, lorsqu'il a présenté la motion. Je ne sais pas si je me suis simplement lassé d'entendre les mêmes discours des conservateurs, mais j'ai commencé à regarder fixement la motion, telle que rédigée, sur mon bout de papier et à me demander ce que l'intelligence artificielle penserait de cette motion. J'en ai pris une photo et j'ai demandé à l'intelligence artificielle ce qu'elle pensait de cette motion. C'est littéralement la réponse...
(1335)
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Je crois que le whip en chef du gouvernement vient d'admettre qu'il a pris une photo à la Chambre alors qu'il était assis là, ce qui est contraire au Règlement. J'espère que vous l'exhorterez à la supprimer, monsieur le Président.
    Techniquement, je ne pense pas qu'il ait dit avoir pris la photo alors qu'il était à la Chambre, mais, bien sûr, le député prendra des mesures correctives, si cela est justifié.
    Je vais permettre au député de poursuivre son intervention.
    Monsieur le Président, c'est littéralement la réponse que l'intelligence artificielle m'a donnée au sujet de la motion. Voici, mot pour mot, ce qu'elle a dit: « Cette motion a été rédigée pour avoir un impact rhétorique maximal, et non pour sa rigueur factuelle ou analytique. Elle réduit des indicateurs économiques complexes à un discours simpliste, qui présente la situation comme étant la pire du G7, sélectionne des données hors de leur contexte et réclame une solution irréalisable qui n'a aucun sens sur le plan politique. »
    J'entends mon collègue de la Saskatchewan, de l'autre côté, critiquer l'intelligence artificielle. Je lui rappellerais de bien peser ses mots à cet égard, car je suis presque certain qu'au moins 70 à 80 % des questions posées par les conservateurs pendant la période des questions sont générées par l'intelligence artificielle. Je peux comprendre pourquoi il n'aime pas entendre la réponse qui a été générée, mais c'est la réalité.
    La grande ironie, ce n’est pas que l’intelligence artificielle ait énoncé une évidence que tout le monde connaît déjà. Ce qui ressort surtout, c’est que c’est exactement ce que ressentent les Canadiens en ce moment en voyant la réaction du chef de l’opposition face à la situation. Revenons simplement à vendredi matin, lorsque Statistique Canada a publié des données indiquant que nous sommes en récession technique en raison d’une baisse de croissance de — écoutez bien — 0,03 %. Il s’agit d’un pourcentage vraiment minime.
    Le chef de l'opposition s'est jeté sur cette nouvelle comme s'il s'agissait du plus beau cadeau qu'il ait jamais reçu. Il en était tout simplement ravi. Il a rassemblé tous ceux qu’il a pu trouver parmi les membres de son caucus qui étaient encore là un vendredi; d’habitude, ils disparaissent au milieu de la période des questions le jeudi. Il les a traînés devant l'édifice, les a alignés derrière lui à 9 h 30 et a donné une conférence de presse avec un immense sourire aux lèvres. Il était emballé par cette nouvelle.
    Imaginez que vous soyez l’un des 343 députés — et, surtout, chef de l’opposition — et que vous tiriez une telle satisfaction de la souffrance des Canadiens. C’est exactement ce que nous avons vu de sa part. Cela ne s’est pas arrêté là, car il y a pire.
    Un journaliste du Hill Times a demandé au chef de l’opposition, avec raison, s'il n'allait pas trop loin en disant que la conjoncture économique est désastreuse. Le chef de l'opposition, le député de Battle River—Crowfoot, s'est moqué du journaliste et a répliqué: « Bien sûr, vous trouvez des excuses pour le premier ministre. De quel média êtes-vous? » En entendant sa réponse, le chef conservateur a dit: « Oh, évidemment, le Hill Times. »
    Ce que je trouve tout à fait étonnant, c'est l'incapacité des conservateurs, et encore plus du chef de l’opposition, à comprendre que leur stratégie, qui a été vraiment efficace en 2024, ne l'est plus. Or, malgré tout ce qui se passe dans le monde en ce moment, malgré l'hostilité des États‑Unis à l'égard du Canada et le fait qu'ils nous traitent parfois comme un ennemi économique, et malgré la fierté extraordinaire des Canadiens, qui souhaitent se serrer les coudes et faire front commun face à cette situation, les conservateurs persistent à croire que c'est une stratégie gagnante que de dénigrer les Canadiens, le premier ministre et les circonstances dans lesquelles nous nous trouvons. Je ne peux pas m'empêcher de me demander pourquoi les conservateurs pensent que c'est une stratégie efficace, pourquoi ils font cela et pourquoi ils ne se sont pas rendu compte que leur stratégie de 2024 tombe dans l'oreille d'un sourd en ce moment.
    Les gens n'ont même pas besoin de m'écouter. Ils n'ont même pas à tenir compte de ce que je viens de leur signaler. Il leur suffit de regarder les sondages et le résultat des dernières élections, qui parlent d'eux-mêmes. Les Canadiens ne veulent pas des conservateurs. Ils ne veulent pas d'un tel discours. Ils ne veulent pas de ce genre d'approche. Ils ne veulent pas d'un chef de l'opposition qui ridiculise les journalistes, remet en cause leur média, puis les envoie promener. Ce n'est pas ce que veulent les Canadiens.
(1340)
    J'aimerais vraiment que mes collègues d'en face, qui n'arrêtent pas de me chahuter en ce moment, prennent un instant pour réfléchir au fait qu'il y a peut-être un fond de vérité dans ce que je dis. Peut-être que les Canadiens aimeraient voir un peu d’humilité. Peut-être qu'ils aimeraient voir un chef de l’opposition qui prend réellement le temps de réfléchir au monde dans lequel vivent les gens et qui ne saute pas sur toutes les occasions pour se réjouir de la possibilité de dire « je vous l’avais bien dit » au premier ministre à propos de ce qui n’est qu’une erreur statistique.
    Une voix: Oh, oh!
    L'hon. Mark Gerretsen: Monsieur le Président, il s’agit d’une croissance négative de 0,03 %. Je suis désolé. C’est catastrophique. Regardez‑les. Ils sont en train de le faire en ce moment même. Ils refusent catégoriquement de croire qu'ils font fausse route. Ils veulent en faire la chose la plus grave, la plus énorme et la plus inadmissible qui puisse arriver. C’est le discours qu’ils tiennent.
    En fait, cela ne me surprend pas, car ils ne font que suivre l'exemple que leur a donné leur chef vendredi. Il est sorti du Parlement et a profité de l'occasion pour se réjouir de la situation dans laquelle se trouve le Canada.
    Les conservateurs peuvent continuer à faire ce qu'ils font présentement. Ils peuvent le faire toute la journée, mais je leur dis tout de suite que cela n'a rien pour convaincre le public canadien. Le public canadien n’embarque pas là‑dedans.
    Au fait, les conservateurs ont déjà utilisé cette approche. Et où cela les a‑t‑il menés? Ils ne se demandent pas ce qu'ils peuvent faire pour améliorer la vie des Canadiens. Ils préfèrent discréditer les autres, les attaquer et les réduire au silence pour ensuite se présenter comme les héros.
    Devinez quoi? Ils ont tenté cette approche en 2024. Dans une certaine mesure, ils ont été plutôt efficaces, mais ils n'ont tout de même pas réussi à former le gouvernement. Non, ils se sont retrouvés exactement dans la même position qu'avant. Manifestement, leur stratégie n'a pas abouti à un gouvernement conservateur.
    Ce qu'ils ne comprennent pas, c'est qu'au lieu d'attaquer sans arrêt, ils doivent proposer des solutions. Ils doivent proposer d'autres solutions. C'est ce que je répète à la Chambre.
    Dans le fond, je leur donne des conseils politiques en ce moment. Au centre de crise, certains se demanderont probablement pourquoi je ne garde pas ça pour moi, car je leur dis carrément quoi faire, mais je dis la vérité. J'essaie simplement de les aider parce qu'ils semblent en avoir terriblement besoin.
    La réalité, c'est que les conservateurs continueront d'agir ainsi, encore et encore. Ils n'en retireront rien, parce que les Canadiens s'attendent à ce que les parlementaires travaillent ensemble pour trouver des idées — surtout dans le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui —, et certainement pas à ce qu'ils se réjouissent des échecs possibles, comme le font le chef de l'opposition et son caucus.
    Monsieur le Président, les députés savent-ils ce qu'il y a de frappant dans le discours du whip en chef du gouvernement? Il n'a pas mentionné une seule fois les Canadiens. Il n'a pas parlé des 2,2 millions de personnes qui ont recours aux banques alimentaires. Il n'a pas parlé du rapport de Banques alimentaires Canada, qui vient d'être publié. L'organisme a donné aux libéraux un F pour la sécurité alimentaire, un F pour le taux d'emploi et un D+ pour les progrès législatifs.
    Le député n'a pas parlé de ce dont parlent les Canadiens ordinaires, ce que nous abordons chaque jour à la Chambre, à savoir qu'ils ont du mal à joindre les deux bouts à cause des politiques libérales. Le député a parlé de lui et des libéraux. Il a même dit que notre chef répondait aux questions des médias. C'est surprenant qu'il ait abordé le sujet, parce que son chef, lui, participe au programme de protection des témoins: il refuse de parler de la récession qu'il a créée.
    Monsieur le Président, je sais que je ne suis pas censé mentionner si un député est présent ou absent, mais ce député étais ici et a écouté tout mon discours. À la fin de mon intervention, la seule chose qu'il a trouvé à dire, c'est que j'ai seulement parlé de moi. Je leur ai littéralement donné des conseils politiques pendant huit minutes, en leur disant ce qu'ils pourraient mieux faire. J'essaie littéralement d'aider ce député. Il dit que je parle de moi. Bien sûr, je parlais des difficultés que connaissent les Canadiens. Ce que je critiquais, c'est la façon dont le chef de l'opposition semble s'en réjouir.
(1345)

[Français]

     Monsieur le Président, le député d'en face, tant lors de son discours que lors de ses précédentes interventions, s'est vanté d'avoir eu recours à l'intelligence artificielle pour analyser la motion des conservateurs. Cela m'amène à me poser beaucoup de questions.
    Il me semble qu'on élit des députés pour qu'ils soient en mesure de réfléchir par eux-mêmes aux débats proposés à la Chambre. Ce qu'on observe, c'est que non seulement des représentants élus du Parti libéral se fient à des algorithmes provenant de plateformes étrangères pour analyser les projets de loi et les motions de l'opposition, mais un porte-parole du gouvernement le fait également.
    J'aimerais savoir à quel point cela est répandu de l'autre côté de la Chambre.

[Traduction]

    Monsieur le Président, bien essayé. Je suis probablement l'un des rares députés qui ne lisent pas et n'utilisent pas un texte ou quoi que ce soit d'autre lorsque je prends la parole à la Chambre. J'ai littéralement parlé à la présidence pendant tout ce temps et j'ai lu quatre phrases sur mon téléphone.
    Nous sommes sur le point de commencer la période des questions, et en ce qui concerne chaque question que nous aurons, y compris de la part du Bloc, dans au moins 70 % ou 80 % des cas, ce sera une question écrite. J'aimerais bien savoir qui rédige les questions des bloquistes et des conservateurs.
    En ce qui me concerne, je prends la parole, je dis ce que je pense, et je le dis sans notes et sans assistance.

[Français]

     Monsieur le Président, mon collègue ne trouve-t-il pas étonnant que les conservateurs décrivent le Canada comme un échec complet alors que des millions de Canadiens travaillent, investissent, créent des entreprises, contribuent chaque jour à une économie parmi les plus solides du monde?

[Traduction]

    Monsieur le Président, c'est tout à fait exact. La réalité, c'est que nous vivons aujourd'hui dans un monde que personne n'aurait pu imaginer il y a deux ans. Nous réagissons à ces incertitudes en bâtissant une économie plus résiliente, qui ne repose pas sur un seul partenaire commercial, mais qui s'ouvre au monde. J'ai pleinement confiance en la capacité du premier ministre à y parvenir. À mon avis, il est parfaitement évident pour les Canadiens que la solution incarnée par le chef de l'opposition ne fait tout simplement pas le poids.
    Monsieur le Président, le député a parlé de l'intelligence artificielle, dont je veux aussi parler. Nous savons que les Canadiens sont actuellement confrontés à la hausse des coûts et à une incertitude économique. La fraude financière devient une menace de plus en plus grande dont on ne parle pas assez. Le crime organisé a recours à l'intelligence artificielle pour faire des hypertrucages, des appels frauduleux et de faux stratagèmes d'investissement afin de cibler des personnes qui subissent déjà des pressions financières.
    Un nombre record de fraudes touche des aînés de ma circonscription, qui perdent de cette façon les économies de toute une vie. Des familles se font escroquer, et les victimes sont souvent laissées à elles-mêmes récupérer leur argent. La protection des Canadiens nécessite des mesures urgentes du gouvernement: bloquer les appels frauduleux, tenir les institutions financières et les plateformes numériques responsables, veiller à ce que les victimes aient accès à des services de soutien et de récupération, et accroître la sensibilisation et le sentiment d'urgence à l'égard de ce problème en cette période où chaque dollar compte. Quand les libéraux vont-ils enfin lutter contre la fraude en utilisant les mesures à leur disposition et ainsi protéger la sécurité financière et le bien-être économique des Canadiens?
    Monsieur le Président, il est évident que le gouvernement prend cette question très au sérieux. Il est le premier à avoir un ministre de l’Intelligence artificielle qui supervise directement la façon dont nous pouvons déployer l'intelligence artificielle, qui fera inévitablement son chemin dans la société, en toute sécurité et d'une manière qui protège les Canadiens, tout en gardant à l'esprit le potentiel maximal qui peut découler de cette technologie, y compris lorsque ce potentiel permet de critiquer les motions de l'opposition des conservateurs.

[Français]

     Monsieur le Président, je tiens à préciser que je vais partager mon temps de parole avec la députée de Newmarket—Aurora.
    Je me lève aujourd'hui à la Chambre pour appuyer la motion conservatrice appelant le premier ministre à agir pour faire face à la récession. Je le fais avec un profond sentiment de responsabilité, mais aussi avec une grande inquiétude devant l'avenir économique de notre pays, de nos enfants et de nos petits-enfants.
    Le constat est sans appel, brutal et incontestable: le Canada est en récession. La motion déposée aujourd'hui le dit clairement. Elle demande à la Chambre de reconnaître que le premier ministre libéral a fait de l'économie du Canada la seule de tous les pays du G7 à être en récession. Le premier ministre actuel a la distinction peu enviable d'être le seul et unique dirigeant parmi tous nos partenaires à avoir entraîné son pays sur une telle trajectoire.
    Alors que nos partenaires internationaux affrontent les défis mondiaux avec résilience, le Canada, lui, coule. Les libéraux aiment se cacher derrière des mots doux et leurs discours. Ils qualifient cette situation de récession technique. Soyons très clairs: il n'y a absolument rien de technique là-dedans. Il n'y a rien de technique dans une famille qui doit choisir entre faire un plein d'essence ou faire les courses à l'épicerie. Il n'y a rien de technique pour les milliers de travailleurs qui ont perdu leur emploi, alors que notre pays affiche désormais le deuxième taux de chômage le plus élevé du G7, supérieur du tiers à celui des États‑Unis. Il n'y a rien de technique pour les citoyens qui voient leur rêve de propriété s'envoler à jamais parce que les politiques de ce gouvernement nous ont menés vers les coûts de logements les plus élevés du G7.
    Ce que les libéraux appellent une anomalie technique est en réalité une crise créée de toutes pièces par leurs propres décisions qui étouffent la population en créant le plus fort endettement par ménage du G7. C'est une bien mauvaise nouvelle pour le Canada, pour les Canadiens et les Canadiennes, pour les Québécois et les Québécoises, pour les Beaucerons et les Beauceronnes, comme le dirait fièrement mon collègue. D'un océan à l'autre, les citoyens ont besoin d'une économie forte et d'un gouvernement qui la soutienne plutôt que des libéraux affaiblis.
    Malheureusement, je ne suis pas surpris. Personne de notre côté de la Chambre n'est surpris. Cette récession n'est pas le fruit du hasard ni d'une conjoncture internationale imprévisible. C'est le résultat direct d'une décennie de mauvaise gestion libérale.
    Après 10 ans de ce gouvernement, la dette fédérale du Canada a plus que doublé, bondissant de 616 milliards de dollars à 1 473 milliards de dollars. Ce gouvernement libéral a accumulé plus de dettes sur la carte de crédit des Canadiens et des Canadiennes que tous les gouvernements précédents mis ensemble. Ils ont inondé l'économie de dollars imprimés, provoqué une crise inflationniste et rendu la vie plus chère pour tout le monde d'un océan à l'autre. C'est l'économie qui en souffre et ce sont les Canadiennes et les Canadiens qui doivent en payer la facture.
    Pendant que notre économie s'effondre, où est le leadership du premier ministre? Quelle est sa réponse relativement à cette crise majeure qui frappe les familles canadiennes? C'est le silence. Le premier ministre n'a pas dit un mot sur la récession. Il refuse même de prononcer le mot. Il refuse d'affronter la réalité. Il refuse de répondre aux questions légitimes des Canadiens et des Canadiennes. Au lieu de présenter un plan économique sérieux, il préfère détourner le regard et feindre l'ignorance. Ce mutisme est une insulte pour les travailleurs qui perdent leur emploi et pour les familles qui ne réclament qu'une chose: du leadership. Le premier ministre a choisi de se cacher derrière ses ministres et ses phrases de communication toutes faites. Son absence de parole publique sur le sujet démontre une déconnexion totale et un profond mépris pour la détresse économique des citoyens.
    Parlons de la gestion désastreuse des libéraux et de ses effets dévastateurs. Pendant que le citoyen ordinaire doit réduire son propre budget, que les banques alimentaires du pays connaissent des taux de fréquentation historiques, ce gouvernement continue de jeter l'argent des contribuables par les fenêtres dans des projets insensés, des contrats d'amis et des bureaucraties inefficaces. On gère les fonds publics comme s'il n'y avait aucune obligation d'en être le bon gestionnaire.
(1350)
    Regardons quelques exemples flagrants de ce gaspillage.
    Pensons au scandale d'ArriveCAN, une application informatique qui devait coûter 80 000 $. Son coût final a été de 60 millions de dollars.
    Pire encore, il y a le fiasco de Cúram, dont la soumission se chiffrait à 1,75 milliard de dollars. Le résultat final, c'est que cela a coûté 6,6 milliards de dollars. Dans la dernière mise à jour, on y ajoute 500 millions de dollars supplémentaires. Cela représente un dépassement de coûts de plus de 5 milliards de dollars. Qui paie cela? Ce sont les Canadiens et les Canadiennes. Ce sont nos travailleurs acharnés qui travaillent tous les jours. Ce seront nos enfants et nos petits-enfants qui paieront pour la mauvaise gestion libérale. C'est une honte nationale.
    La liste continue. J'en ai parlé cette semaine. Une entreprise privée loue un bout de terrain au gouvernement provincial pour 13 500 $. Cette entreprise privée se retourne ensuite vers le gouvernement libéral fédéral et lui loue 20 millions de dollars par année et signe un contrat de 10 ans, pour un total de 200 millions de dollars. C'est 200 millions de dollars de nos poches pour un bout de terrain qui vaut 13 500 $.
    Au lieu de fournir de véritables réponses, le ministre m'a répondu cette semaine qu'il voulait m'organiser une rencontre avec des astronautes. J'inviterai mon ami de la Beauce à venir à cette rencontre. Comme gestionnaire aguerri, on nous offre de rencontrer des astronautes pour expliquer un contrat de location de 13 500 $ qui se transforme en frais de location totalisant 20 millions de dollars par année pendant 10 ans. Ce n'est pas sérieux.
    La récession dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui n'est pas un accident de parcours. C'est le résultat inévitable de 10 ans de déficits structurels, de bureaucratie étouffante, de taxes punitives et de mépris flagrant pour la saine gestion des finances publiques. On ne peut pas dépenser pour atteindre la prospérité. On ne peut pas taxer les gens pour s'enrichir.
    En conséquence, et c'est le cœur même de notre motion aujourd'hui, la Chambre doit demander au premier ministre libéral de présenter immédiatement un plan visant à renverser toutes les politiques économiques libérales qui ont fait de l'économie canadienne l'économie la plus en difficulté du G7.
    Les Canadiens et les Canadiennes sont fatigués d'un gouvernement qui leur demande de se serrer la ceinture pendant que le premier ministre garde le silence et que ses ministres gaspillent des milliards de dollars dans un système informatique défaillant. Rien ne justifie un tel gaspillage de l'argent des contribuables.
    Les Québécois et les Canadiens méritent un gouvernement responsable, un gouvernement qui respecte chaque dollar durement gagné par ses citoyens. Ils méritent un gouvernement qui comprend que l'argent des contribuables n'appartient pas à l'État.
    C'est pourquoi j'appuie avec fierté et détermination cette motion. Il est grand temps de couper dans le gaspillage libéral, d'abolir les taxes libérales, de rétablir l'équilibre budgétaire, de renverser ces politiques destructrices et de redonner enfin aux Canadiens et aux Canadiennes le contrôle de leur économie, de l'espoir et la possibilité de rêver à nouveau à un pays grand et fier.
(1355)
    Monsieur le Président, je trouve un peu triste le discours alarmiste qu'utilise mon collègue.
    Je veux le féliciter. Il va devenir grand-père pour la première fois. Je le suis moi-même deux fois.
    Cependant, de mon côté, je peux rêver pour mes petits-enfants grâce aux décisions qui sont prises par le gouvernement. On n'a qu'à penser à la région de Lévis, avec le chantier de la Davie qui a commencé à construire et qui va justement faire travailler des Beaucerons.
    Je voudrais donc savoir si vraiment il voit là un discours alarmiste ou s'il va se ranger du côté du gouvernement pour l'avenir de ses petits-enfants.
    Monsieur le Président, mon collègue de l'autre côté, que j'apprécie énormément, a lui aussi le privilège d'être grand-père. De savoir que nos enfants et nos petits-enfants naissent avec une dette de près de 44 000 $ au jour un de leur naissance parce que le gouvernement libéral a fait passer le déficit de près de 700 milliards de dollars à 1 400 milliards de dollars en 10 ans, c'est inacceptable.

Déclarations de députés

[Déclarations de députés]

(1400)

[Traduction]

Le réseau UNITE

    Monsieur le Président, je prends la parole pour souligner le rôle de chef de file du Canada dans le renforcement des systèmes de santé mondiaux.
    En tant que présidente du chapitre de l'Amérique du Nord du réseau UNITE, j'ai eu l'honneur d'accueillir à Ottawa le Dr Ricardo Baptista Leite, président du réseau UNITE. En compagnie de collègues et d'éminents experts en santé, nous avons discuté de la façon dont les législateurs peuvent collaborer pour favoriser l'innovation, la préparation et de meilleurs résultats à l'échelle internationale.
    UNITE est un réseau parlementaire mondial qui compte plus de 552 membres dans plus de 120 pays et qui collabore avec des partenaires, comme l'Organisation mondiale de la santé et les Nations unies, pour promouvoir des systèmes de santé équitables et durables ainsi que l'innovation numérique. Le Canada possède l'expertise, les institutions et la crédibilité nécessaires pour contribuer à façonner des solutions mondiales, qu'il s'agisse de la prévention, de la préparation ou du soutien aux femmes, aux enfants et aux communautés vulnérables.
    En collaborant avec des partenaires par l'entremise du réseau UNITE, nous pouvons réaliser des progrès importants au bénéfice des collectivités aux quatre coins du monde.

[Français]

Les Vulkins du Cégep de Victoriaville

     Monsieur le Président, cette année, le programme sportif des Vulkins du Cégep de Victoriaville célèbre fièrement ses 55 ans d'histoire.
    Depuis plus d'un demi-siècle, les Vulkins incarnent le dépassement de soi, la persévérance et l'esprit d'équipe. Grâce à leur dynamisme, les équipes et les athlètes des Mauves ont fait rayonner Victoriaville partout au Québec et bien au-delà.
     Pour moi, cet anniversaire revêt aussi une signification personnelle, puisque mon frère Carl et moi avons eu la chance de porter les couleurs des Vulkins. Nous y avons développé des valeurs, des amitiés et un sentiment d'appartenance qui nous accompagnent encore aujourd'hui.
    Je tiens à saluer toutes les générations d'athlètes, d'entraîneurs, de bénévoles et de membres du personnel qui ont forgé cette grande famille des Vulkins depuis 55 ans. J'en profite pour inviter tous les anciens et la population aux grandes retrouvailles des Vulkins du 9 au 11 octobre et, du même coup, à l'inauguration du Centre sportif Boralex. Comme on dit chez nous: « Vulkins un jour, Vulkins toujours ».

[Traduction]

La Kaur Collective Foundation

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour souligner la Kaur Collective Foundation, un organisme national qui fait la promotion de l'équité en santé et des soins collectifs pour les femmes d'origine sud-asiatique.
    Fondée et dirigée par Jessie Kaur Lehail, la Kaur Collective Foundation oeuvre à la croisée de la santé, de la culture et du pouvoir des femmes. Elle dirige des recherches et des projets sur l'équité en santé qui améliorent l'accès à des soins adaptés à la culture pour les femmes d'origine sud-asiatique. La Kaur Collective Foundation pousse également le gouvernement et les institutions à considérer la violence entre partenaires intimes, la traite des personnes et les leviers liés à la sécurité alimentaire sous un angle culturel.
    Je demande à tous les députés de se joindre à moi pour remercier la Kaur Collective Foundation de son travail essentiel visant à soutenir les femmes d'origine sud-asiatique.

Les agriculteurs des Prairies

    Monsieur le Président, il y a une période de l'année dans les Prairies où le réveille-matin ne sert pratiquement que de décoration, car le travail commence bien avant qu'il ne sonne.
    Au Manitoba, ces dernières semaines nous ont mis à rude épreuve: neige, grésil et vents violents qui ont failli déplacer la moitié de la province. On peut établir un plan, préparer le matériel et attendre que les champs soient prêts, mais on finira toujours par se battre contre les éléments. Les agriculteurs ne peuvent pas appuyer sur pause; seule la météo en a le pouvoir. C'est ça, l'agriculture. Ils réparent leur matériel, sèment, pulvérisent, font le plein, prient pour qu'il pleuve, prient pour qu'il fasse beau, puis se lèvent le lendemain matin et recommencent tout depuis le début. Malgré tout cela, les familles d'agriculteurs ne baissent jamais les bras. C'est leur métier.
    Certains seront peut-être surpris d'apprendre que la nourriture n'apparaît pas comme par magie dans les rayons des épiceries. Tout commence par des familles qui prennent des risques que la plupart des gens ne voient jamais. Ce sont des parents, des enfants, des frères et sœurs, des grands-parents et des voisins qui s'efforcent de se serrer les coudes pendant de longues journées et de longues nuits pour abattre le travail qui doit tout simplement être fait. Nous remercions les familles d'agriculteurs qui nourrissent notre pays et font prospérer le Canada rural. Je leur souhaite à tous une saison sûre et prospère.

[Français]

La Coupe du Canada de boulangerie

    Monsieur le Président, le gouvernement connaît les défis des PME, notamment la difficulté de recruter des employés bien formés. Avec l'initiative Une Équipe Canada forte, nous voulons pallier cette pénurie en offrant des subventions à la fois aux apprentis œuvrant dans les métiers spécialisés désignés Sceau rouge et aux PME qui les embauchent.
    Ce pourrait être, par exemple, à la boulangerie Le Duo Choc de Candiac avec ses dynamiques propriétaires, Katryne Deguire et Florent Lehmann, où ils apprendraient des meilleurs, et pour cause. Florent, accompagné de son employé Félix Jeandot, s'est récemment illustré à la Coupe du Canada de boulangerie en rapportant les prix du meilleur croissant et de la meilleure baguette alors que Félix, lui, a obtenu le prix du meilleur commis.
     Je dis bravo à ces deux artisans et je souhaite beaucoup de succès à la boulangerie Le Duo Choc, qui représentera fièrement le Canada au Mondial du Pain, l'an prochain, en France.
(1405)

[Traduction]

David Burns

    Monsieur le Président, c'est le cœur lourd que je prends la parole aujourd'hui pour rendre hommage à l'un des dirigeants communautaires les plus dévoués et les plus généreux d'Oshawa, David Burns, qui est décédé mercredi dernier.
    Époux bien-aimé de Christine depuis 62 ans, Dave était aussi un père aimant et un fier grand-père. Né à Halifax, il a déménagé en Ontario pour se bâtir une vie ancrée dans la foi, la famille et, plus tard, la politique.
    Il manquera terriblement à sa famille, mais il laisse aussi un grand vide au sein de la famille conservatrice tissée serrée d'Oshawa. Partisan de longue date du Parti progressiste-conservateur fédéral, il est devenu l'un des premiers réformistes d'Oshawa et, en 2004, l'un des membres fondateurs et administrateurs de l'Oshawa Conservative Association, qu'il a servie sans interruption jusqu'à l'année dernière.
    Des années 1990 jusqu'à ma propre campagne l'an dernier, Dave a joué un rôle de premier plan dans presque toutes les élections à Oshawa. Connu pour son humour pince-sans-rire et sa vivacité d'esprit, il était un homme passionné qui défendait sans réserve ses principes. Voilà de quelle étoffe était fait cet homme, qui nous manquera, à mon équipe et à moi, et dont nous garderons le souvenir.
    Je remercie Dave de son engagement indéfectible, de son humour et de sa générosité. Que Dieu bénisse Christine et toute la famille Burns.

L'Expo-sciences pancanadienne

    Monsieur le Président, c'est avec beaucoup de fierté que je prends la parole aujourd'hui pour rendre hommage à l'équipe des Bisons, un groupe extraordinaire de jeunes filles de ma circonscription, Saint‑Boniface—Saint‑Vital. Ces cinq étudiantes ont récemment pris part à l'Expo-sciences pancanadienne de 2026, à Edmonton. Lors de leur quatrième participation consécutive à l'expo-sciences, elles ont remporté une médaille de bronze, plusieurs prix prestigieux et des bourses d'études.
    Étant moi-même profondément convaincue du potentiel des jeunes, je suis particulièrement fière de ce qu'elles ont accompli. Leur curiosité, leur travail acharné et leur passion de la découverte sont une source d'inspiration. Elles montrent à la prochaine génération de filles qu'elles ont leur place dans les domaines des sciences, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques. Elles nous rappellent qu'il est important de continuer à soutenir et à habiliter les femmes et les filles dans ces domaines.
    Je remercie l'équipe des Bisons de contribuer à la fierté de notre collectivité. Leurs réalisations nous inspirent, et je suis convaincue que ce n'est que le début de ce qu'elles accompliront. Je les félicite pour cet exploit bien mérité.

La sécurité publique

    Monsieur le Président, j'ai parfois l'impression que le premier ministre cherche à nous provoquer.
    Qu'a-t-il proposé pour protéger la communauté juive? Il a créé le Conseil consultatif sur les droits, l'égalité et l'inclusion, avec Omar Alghabra de surcroît. C'est une insulte. Voilà la solution du premier ministre pour empêcher que des synagogues soient la cible de tirs et que des voyous harcèlent des personnes dans des résidences pour personnes âgées ou manifestent à North York en faisant l'apologie de l'intifada. Les libéraux adorent les conseils consultatifs. On se croirait à l'école primaire.
    Pourquoi ne pas prendre des mesures concrètes? Le gouvernement pourrait faire respecter la loi et appeler l'équipe intégrée de la sécurité de la GRC. C'est une question de sécurité nationale. Les libéraux doivent expulser du Canada les 700 agents du Corps des Gardiens de la révolution islamique. Pour l'instant, ils en ont expulsé un. Ils pourraient écouter l'Association canadienne des chefs de police et adopter mon projet de loi, le C‑257, qui criminaliserait la promotion délibérée du terrorisme. Travaillons ensemble et adoptons mon projet de loi.
    Je tiens à dire aux 400 000 Canadiens juifs que j'ai honte du gouvernement libéral. Le chef conservateur et les députés conservateurs ne toléreront pas cette absurdité. Nous protégerons toujours les Juifs du Canada.

[Français]

L'artisan de l'année

     Monsieur le Président, quand on pense « Warwick », on pense « fromage ». En effet, pour de grands fromages de grande renommée, pour des œuvres culinaires et du terroir qui font école partout, certainement, le meilleur fromager au Québec, c'est à Sainte-Élizabeth‑de‑Warwick qu'on le trouve.
    Jean Morin, attachant, généreux et incontournable maître et fondateur de la Fromagerie du Presbytère, a été nommé artisan de l'année au Gala des Lauriers de la gastronomie québécoise, une autre parmi les nombreuses distinctions pour Jean Morin et son équipe. Il en a un mur complet. C'est à lui qu'on doit notamment le Louis d'or, le Bleu d'Élizabeth, la Religieuse et le Taliah, que du bonheur qu'il associe à une spécialité dans les vins québécois.
    Amoureux du terroir, Jean sait aussi rassembler avec ses vendredis du Presbytère qui réunissent des dizaines de milliers de touristes autour de bons pique-niques et de bonne musique. Jean est un gros bout de l'âme d'une des plus magnifiques et des plus savoureuses régions du Québec.
    Je dis bravo à Jean.
(1410)

[Traduction]

L'hôtel Westminster

    Monsieur le Président, le Yukon a récemment perdu un véritable trésor: l’hôtel Westminster, un établissement historique et très apprécié. J’ai pu jeter un dernier coup d’œil à ce célèbre établissement, affectueusement surnommé le « Pit », alors que j’assistais au Gold Show de Dawson il y a à peine quelques semaines.
    Bien que l'hôtel fût fermé à la suite des inondations survenues pendant la vague de froid de décembre, l'hôtel resplendissait toujours de sa fierté rose dans la lumière du soir de ce début d'été à Dawson. Malheureusement, nous avons vu cette célèbre dame rose de Dawson succomber à un incendie fatal le lendemain matin.
    Construit en 1898 pendant la ruée vers l'or, Le Pit a résisté aux multiples aléas liés au dégel du pergélisol, tout en étant le témoin de plus d'un siècle d'innombrables chapitres hauts en couleur de l'histoire de Dawson. Il s'est ainsi forgé une réputation de salon commun, de bureau de poste informel et de lieu de rassemblement incontournable de la ville. Mon esprit est submergé de souvenirs imprégnés des œuvres d'art espiègles de Halin de Repentigny, et j'entends encore les échos de musiques de tous genres, des célébrations festives de fin d'année et du murmure discret des conversations des habitants.
    Une page se tourne. Je fais mes adieux au Pit et j'adresse une pensée nostalgique et affectueuse à tous les habitants de Dawson.

L'économie

    Monsieur le Président, le dernier bilan du premier ministre libéral vient d'être publié. Le Canada est le seul pays du G7 dont le dirigeant a conduit l'économie à la récession.
    L'économie canadienne a reculé au cours des deux derniers trimestres et s'est contractée au cours de trois des quatre derniers trimestres. En seulement trois mois, 112 000 emplois ont été perdus, et 46 000 Canadiens de plus sont sans emploi par rapport au moment où le premier ministre est entré en fonction. Les investissements des entreprises ont chuté pour le cinquième trimestre consécutif, et 109 milliards de dollars d'investissements ont quitté le Canada depuis son entrée en fonction.
    Les ménages canadiens sont maintenant aux prises avec la dette la plus élevée du G7, les logements les moins abordables du G7, l'inflation alimentaire la plus élevée du G7, l'investissement par travailleur le plus faible du G7, et le deuxième taux de chômage le plus élevé du G7. L'insolvabilité chez les consommateurs a augmenté de 19 %, 1,5 million de Canadiens ont manqué un paiement de dette en seulement trois mois, et les défauts de paiement hypothécaire ont augmenté de 32 %. À l'échelle nationale, les visites dans les banques alimentaires ont doublé, un Canadien sur quatre est en situation d'insécurité alimentaire, et les ménages consacrent 120 % de leurs revenus au loyer et à l'alimentation.
    Les Canadiens n'ont pas besoin de plus de bureaucratie ni de caisses noires pour les initiés libéraux. Les conservateurs mettront fin aux déficits inflationnistes, abrogeront les lois libérales hostiles à l'exploitation des ressources, réduiront les formalités administratives et ramèneront des emplois, des investissements et de l'espoir au pays.

Khalid Usman

    Monsieur le Président, en fin de semaine, la communauté pakistanaise du Canada a perdu un géant à la suite du décès de Khalid Usman. Pour moi, il s'agissait de Khalid Bhai. Ami et mentor pour tant de gens, il souriait toujours et ne perdait jamais son sens de l'humour.
    Conseiller municipal de Markham pendant 14 ans, il a consacré sa vie au service public et a redonné à la collectivité de bien des façons. En tant que philanthrope dévoué, il a recueilli des millions de dollars pour des organismes de bienfaisance, notamment l'hôpital Markham Stouffville et l'hôpital Shaukat Khanum, un hôpital spécialisé dans les soins oncologiques au Pakistan.
    Pour nous, Canadiens d'origine pakistanaise, il a été un pionnier. Il nous a montré ce que pouvaient être une carrière et une vie consacrées à bâtir un Canada meilleur. J'ai apprécié ses encouragements et son soutien dès les premiers jours de ma carrière.
    Mes prières accompagnent son épouse, Mme Abida Khalid, ses trois filles, Hina, Rabia et Maria, ses petits-enfants et tous les membres de la famille élargie, ainsi que toutes les personnes dont il a touché la vie.
    Puisse Allah lui accorder la plus haute place en son paradis.
     Inna lillahi wa inna ilayhi raji'un.

L'économie

    Monsieur le Président, alors que l'actuel premier ministre est le seul dirigeant du G7 à avoir plongé son pays en récession, les Canadiens d'un océan à l'autre en ressentent les conséquences. Dans sa fiche de rendement sur la pauvreté pour 2026, Banques alimentaires Canada révèle qu'un Canadien sur quatre souffre d'insécurité alimentaire et que le nombre de visites dans les banques alimentaires a doublé depuis 2020. Ce ne sont pas que des statistiques; ce sont de vraies personnes avec de vraies histoires.
    Des parents appellent à mon bureau pour dire qu'ils sautent des repas pour que leurs enfants aient assez à manger, mais le premier ministre refuse d'en assumer la responsabilité. Les familles, qui travaillent fort, n'arrivent pas à s'en sortir parce qu'elles font les frais du gaspillage, des dépenses effrénées et des politiques inefficaces des libéraux. Les Canadiens ne peuvent pas se permettre de continuer dans cette voie. Ils méritent un gouvernement qui mettra fin aux dépenses inflationnistes, abrogera les lois hostiles à l'exploitation des ressources et réduira les formalités administratives excessives.
    Nous, les conservateurs, libérerons le potentiel économique du Canada. Nous veillerons à ce que les Canadiens conservent une plus grande partie de l'argent qu'ils ont durement gagné, et nous bâtirons un avenir plus prospère pour les générations à venir. Les Canadiens n'ont pas besoin d'un gouvernement qui leur met des bâtons dans les roues. Ils ont besoin d'un gouvernement qui les aidera à améliorer leur sort.

La Journée du chandail rouge

    Monsieur le Président, demain aura lieu la Journée du chandail rouge pour l'accessibilité. Au cours des dernières semaines, que ce soit dans ma circonscription, University—Rosedale, ou dans le cadre des travaux du Comité permanent des finances, nous avons entendu les témoignages de Canadiens handicapés et des organismes qui les soutiennent.
    Trop de Canadiens handicapés vivent dans la pauvreté. Je salue les améliorations importantes annoncées par le gouvernement au crédit d'impôt pour personnes handicapées. Par ailleurs, j'ai pris part, aux côtés du secrétaire d'État à l'Agence du revenu du Canada et aux Institutions financières, à une activité organisée par Community Living Toronto, un organisme exceptionnel de ma circonscription, où j'ai souligné les mesures prises pour simplifier le processus de demande et faciliter l'accès aux prestations pour les Canadiens admissibles.
    En plus de la Prestation canadienne pour les personnes handicapées, ces mesures constituent une avancée importante. Je me réjouis de pouvoir poursuivre ce travail, sachant que le gouvernement est déterminé à rendre le Canada plus inclusif et accessible.
(1415)

L'économie

    Monsieur le Président, le premier ministre a fait du Canada le seul pays du G7 qui est en récession. Même si les autres pays composent avec les mêmes difficultés mondiales et les mêmes droits de douane, l'économie canadienne s'est contractée pendant 75 % de son mandat et elle attire les plus faibles investissements par travailleur du G7. C'est donc dire qu'il y a moins de débouchés, mais plus de stress pour les Canadiens qui supportent mal cette situation. Depuis un an, il y a près de 46 000 Canadiens de plus au chômage, les économies des ménages sont à leur plus bas et des millions de Canadiens, en particulier des enfants, fréquentent les banques alimentaires simplement pour s'en sortir.
    Ces résultats étaient prévisibles étant donné que le déficit est le double de celui de l'ère Trudeau, que les taxes sur le carbone sont plus élevées et qu'Ottawa a adopté depuis une décennie une approche paternaliste et condescendante, qui a semé le chaos et la division. Pour ce qui est de l'homme qui a promis de jouer du coup et qui a un plan pour le Canada, on repassera. Les Canadiens ont droit à des séances de photos, à des documents de travail et à un premier ministre qui s'est déclaré européen et qui se dit maintenant désireux de redonner sa grandeur aux États‑Unis.
    Les conservateurs réduiront les taxes et les dépenses inflationnistes, ils mettront fin aux grosses primes des hauts fonctionnaires et au copinage des entreprises, et ils aboliront les lois hostiles à l'exploitation des ressources naturelles ainsi que les formalités administratives qui freinent la construction afin de libérer l'économie canadienne et de donner aux Canadiens l'espoir qu'ils pourront prospérer au lieu de survivre.

Le Mois de la sensibilisation au syndrome de Prader-Willi

    Monsieur le Président, le mois de mai était le Mois de la sensibilisation au syndrome de Prader-Willi. Il s'agissait d'une occasion de rendre hommage aux personnes et aux familles de partout au Canada vivant avec cette maladie génétique rare qui requiert un soutien médical, comportemental et social tout au long de la vie. Mercredi dernier, des familles venues de tout le pays se sont rassemblées sur la Colline du Parlement à l’occasion de la première journée sur la Colline de la Fondation canadienne pour la recherche sur le syndrome de Prader-Willi, ou FPWR Canada, afin de sensibiliser le public et de plaider en faveur d’un soutien accru, d’un accès rapide aux traitements et de politiques plus inclusives pour les Canadiens atteints de maladies rares.
    Cette cause me tient particulièrement à cœur, car l’un de ces enfants remarquables est Olivier, mon propre neveu. Comme tant d’autres familles, la nôtre a été témoin à la fois de l’incroyable résilience des personnes atteintes du syndrome de Prader-Willi et des problèmes quotidiens auxquels elles sont confrontées. Ces familles ne demandent pas de compassion; elles réclament un traitement équitable pour les personnes atteintes et la possibilité pour ces êtres chers de vivre dans la dignité et d'avoir une vie épanouie.
    Je tiens à remercier FPWR Canada ainsi que les familles, les aidants, les chercheurs et les défenseurs qui continuent de militer pour faire avancer les choses et donner de l’espoir aux communautés touchées par des maladies rares partout au Canada.

Questions orales

[Questions orales]

[Français]

L'économie

    Monsieur le Président, ma question s'adresse au premier ministre libéral. Cinq jours après avoir appris que le Canada était le seul pays du G7 en récession, le premier ministre a finalement décidé de répondre à une question des médias et de donner de nouvelles excuses. Il dit que la raison pour laquelle on est en récession, c'est que l'immigration est trop faible et que, si on regarde le PIB par personne, c'est très bon. Le PIB par personne a augmenté de 0,2 %.
    Le premier ministre s'attend-il à une parade pour ça?
    Monsieur le Président, le premier ministre répond aux questions plutôt que d'insulter les médias. C'est le premier élément.
    Le deuxième élément, c'est que je pense qu'il est important de comprendre que notre plan fonctionne. Les exportations à l'extérieur des États-Unis sont en hausse, en fait, elles sont en train de doubler. L'autre chose, c'est que les salaires ont constamment augmenté par rapport à l'inflation. En plus, on voit que le Canada est la destination au sein du G7 pour l'investissement étranger.
    On peut voir que notre plan fonctionne.
    Monsieur le Président, le taux de croissance du PIB par personne est aussi élevé que le taux de participation du premier ministre à la période des questions. Il devrait répondre aux questions par rapport au fait que le Canada est le seul pays du G7, sous son leadership, en récession. Aujourd'hui, il a dit que l'investissement au Canada avait augmenté au cours des deux derniers trimestres. Regardons le rapport de Statistique Canada.
    Au premier trimestre de 2026, les investissements en capital des entreprises ont encore diminué de 0,7 %, c'est une cinquième baisse consécutive.
    Pourquoi le premier ministre propage-t-il de l'information fausse?
(1420)
    Monsieur le Président, nous avons un plan, mais nous avons aussi affaire à des vents de face. Il est clair qu'avec les menaces tarifaires, les guerres au Moyen‑Orient et les guerres en Europe, le Canada est exposé à des vents de face, mais nous avons un plan.
    Notre plan fonctionne. Nous avons un plan en matière de défense afin de dépenser notre argent ici. Nous avons un plan pour l'industrie et, effectivement, les achats d'équipement et de matériel par les entreprises augmentent. Nous avons un plan pour les grands projets.
    La vraie question est la suivante: pourquoi le chef de l'opposition semble-t-il si heureux de se réjouir du fait que le Canada est confronté à des vents de face? Pourquoi ne présente-t-il pas son propre plan?

[Traduction]

    Monsieur le Président, ma question s'adresse au premier ministre. Nous n'avons rien à faire d'excuses supplémentaires. Son bilan, c'est l'unique récession au sein du G7. Le Mexique est tout aussi intégré avec les États‑Unis et il a lui aussi une frontière avec notre voisin; pourtant, il n'est pas en récession. Le premier ministre s'est enfin montré le bout du nez aujourd'hui pour répondre aux questions des médias sur sa récession, mais il en a rejeté la faute sur le fait que l'immigration serait selon lui insuffisante, en ajoutant que, par habitant, le PIB ne se porte en fait pas trop mal. Le hic, c'est que depuis un an, le PIB par habitant n'a augmenté que de 0,2 %.
    Le premier ministre s'attend-il vraiment à ce qu'on sorte tambours et trompettes pour 0,2 %?
    Monsieur le Président, à l'exception du chef de l'opposition, tous les Canadiens savent que de toutes les économies dans le monde, c'est la nôtre qui est le plus intégrée avec celle des Étatsuniens. Ils savent que malgré des droits de douane illégaux et injustifiés, la résilience de notre économie ne se dément pas. Ils savent que deux guerres néfastes pour l'économie mondiale font rage. Les Canadiens veulent que nous nous efforcions de bâtir le Canada et non à le dénigrer. Voilà pourquoi nous bâtissons une centrale nucléaire. Voilà pourquoi nous bâtissons une ligne de transmission. Voilà pourquoi nous bâtissons des ports. Voilà pourquoi nous bâtissons des routes. Nous sommes sur une lancée. Les conservateurs devraient arrêter de nous dénigrer.
    Monsieur le Président, les libéraux provoquent une récession et inventent des excuses. Tous les autres pays du G7 sont aux prises avec des droits de douane et des conflits mondiaux. L'économie du Mexique est tout aussi intégrée à celle des États‑Unis, voire davantage, que la nôtre et aucun de ces autres pays n'est en récession. Le seul à avoir provoqué cela, c'est le premier ministre libéral. Après avoir refusé de répondre aux questions pendant cinq jours, il a finalement accepté de s'adresser aux médias et a déclaré que la récession était due au faible taux d'immigration. Le PIB par habitant a augmenté de 0,2 %.
    Pourquoi le...
    Le ministre de la Défense nationale a la parole.
     Monsieur le Président, le chef de l'opposition nous sert un discours fallacieux et artificiel. Je ne sais pas d'où il tire tout cela. Il glane des bribes d'information et tente de les assembler. Ce qui est intéressant, c'est qu'il n'a aucun plan. Il n'a rien à dire. La dernière fois qu'il avait un plan, il a conseillé aux Canadiens d'investir dans les cryptomonnaies. Pour l'amour de Dieu, voyons un peu où cela en est aujourd'hui.
    Pourquoi le chef de l'opposition ne nous présente-t-il pas un véritable plan et ne s'emploie-t-il pas à faire progresser et à renforcer ce pays formidable, au lieu de le dénigrer?
    Monsieur le Président, ma question s'adressait au premier ministre libéral. Le premier ministre a déclaré:
    L'expérience montre que lorsque l'économie entre en récession, ce sont les plus démunis qui sont les plus durement touchés, [et] ce sont généralement les personnes les moins qualifiées et les moins bien rémunérées qui perdent leur emploi en premier.
    Et les récessions touchent de manière disproportionnée les jeunes [...] Obtenir son diplôme en période de récession est généralement de mauvais augure pour les perspectives de salaire [...]
    Dans les cas extrêmes, des récessions prolongées peuvent entraîner des séquelles durables sur le marché du travail, avec des conséquences potentiellement dévastatrices pour certains moyens de subsistance, certaines identités et certaines communautés.
    On parle de vies humaines.
    C'est le premier ministre qui a provoqué cette pénible récession. Va-t-il se présenter, prendre ses responsabilités et reconnaître ses torts?
    Monsieur le Président, les députés savent-ils ce qui motive les Canadiens? Les Canadiens sont motivés par l'idée de faire prospérer leur pays, de bâtir un Canada fort. Qu'il s'agisse d'une nouvelle base du NORAD, d'un nouveau projet éolien, de projets miniers dans ma région — le Nord de l'Ontario, de nouveaux ports ou de nouvelles possibilités pour les gens de se lancer dans les métiers spécialisés, les conservateurs dénigrent toutes les occasions offertes aux Canadiens.
    Les travailleurs canadiens en ont assez de se faire dénigrer à la Chambre. Ils savent que nous les soutenons. Ils savent que nous menons de grands projets, et ils sont prêts à les mener avec nous.
(1425)
    Monsieur le Président, les travailleurs canadiens en ont effectivement assez. Ils en ont assez de travailler six jours par semaine et de ne pas pouvoir payer leur loyer. Ils en ont assez d'aller à l'épicerie et de devoir rendre des produits à la caisse parce qu'ils n'ont pas les moyens de les payer. Ils en ont assez de se rendre à la banque alimentaire et de constater qu'elle est vide. Ils en ont assez d'un premier ministre qui est à l'origine de cette récession et qui n'a ensuite ni le courage ni la décence de se présenter à la Chambre des communes et d'assumer la responsabilité de...
     Des voix: Oh, oh!
    Je m'y attendais pour cette dernière question, car je ne suis plus en mesure de retirer une question au chef de l'opposition.
    La ministre des Affaires étrangères a la parole.
    Monsieur le Président, l'année dernière, les exportations canadiennes vers les marchés autres que les États‑Unis ont augmenté de plus de 17 %. L'économie du Canada connaît la croissance la plus rapide du G7, cette année et l'année prochaine. Rien qu'au cours des quatre premiers mois de cette année, nous avons conclu des accords commerciaux d'une valeur de plus de 10 milliards de dollars pour les entreprises canadiennes.
    En ce qui concerne les investissements dans les infrastructures, il y a le terminal Ksi Lisims, la route de la vallée du Mackenzie et le terminal à Contrecœur. Le Canada a été classé comme la destination la plus attrayante au monde pour les investissements étrangers directs. Il y a une raison: nous bâtissons un Canada...
     Des voix: Oh, oh!

[Français]

    À l'ordre. L'honorable député de Beloeil—Chambly a la parole.

La petite entreprise

    Monsieur le Président, on nous avait promis qu'en juin 2025, l'enjeu des droits de douane et du commerce serait réglé. De toute évidence, c'est un échec. Ce n'est pas la faute du premier ministre, c'est la faute du Donald Trump. Un an de tergiversation plus tard, on en est au même point, et voilà que le premier ministre veut désormais une entente de 16 ans. Moi, je suis d'accord, ça me convient très bien, sauf que ça va certainement prendre un peu plus que deux semaines.
    Dans l'intervalle alors, le gouvernement va-t-il venir en aide aux PME par la forme d'une subvention salariale qui préservera l'expertise et les emplois au Québec?
     Monsieur le Président, il va de soi que nous sommes là pour nos entreprises, particulièrement nos PME. Nous sommes là au Québec et partout dans le pays. D'ailleurs, encore il y a à peine un mois, nous avons annoncé du nouveau financement: 1,5 milliard de dollars pour le secteur de l'acier, pour le secteur de l'aluminium et pour le secteur du cuivre. J'ai été en contact avec plusieurs joueurs au Québec et partout dans le pays. Ils sont très reconnaissants de notre aide.
    Entre-temps, alors que le ministre responsable du Commerce Canada—États‑Unis est à Washington, nous allons être là, pas pour n'importe quelle entente, mais pour une bonne entente pour les Canadiens.

L'industrie forestière

    Monsieur le Président, dans tout ça, il n'y a pas ce qu'à peu près tout le monde sur le terrain demande, soit un programme de subvention salariale qui aurait la vertu de maintenir le lien d'emploi, de préserver l'expertise dans les entreprises et d'éviter de renvoyer des travailleurs étrangers qui ont des expertises rares. Cependant, il n'y a rien à ce sujet pour ces entreprises.
    Dans le même esprit, en attendant, notre foresterie est en danger et nos scieries ferment.
    Est-ce que le gouvernement, dans le même esprit, va appliquer la solution à coût nul proposée par l'industrie forestière pour reprendre les exportations de bois d'œuvre?
    Monsieur le Président, bien évidemment, nous allons être là pour notre industrie forestière, comme nous avons été là pour les secteurs de l'aluminium, de l'automobile et de l'acier. Nous avons des vents de face, effectivement, du côté commercial avec les États‑Unis, mais nous allons toujours être là pour les gens. Preuve à l'appui, le premier ministre sera plus tard au Québec aujourd'hui, justement, pour inviter à investir des milliards et des milliards de dollars dans des communautés, les petites et les grandes communautés du Québec, en matière d'infrastructures.
    Nous serons toujours là pour les Québécois et pour les communautés.
(1430)
     Monsieur le Président, la crise tarifaire vient de pousser le principal employeur de la Matawinie à se mettre sous la protection de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité. La scierie Saint-Michel et ses 250 emplois ont besoin de liquidités immédiatement et sans endettement, sinon c'est fini. Le Bloc québécois avait averti le gouvernement que ses mesures de soutien au secteur forestier ne suffiraient pas. Ottawa doit racheter 50 % des droits compensateurs et antidumping payés par nos entreprises. C'est une mesure à coût nul pour le gouvernement, mais qui peut sauver des entreprises comme la scierie Saint-Michel.
    Quand est-ce que le gouvernement va comprendre qu'il y a urgence d'agir?
     Monsieur le Président, nos pensées vont, bien entendu, aux travailleurs à Saint-Michel-des-Saints parce que nous savons que c'est une période très difficile pour le secteur des produits forestiers partout au pays.
    C'est pourquoi aussi nous allons être là. Présentement, nous avons un plan pour l'acier, l'aluminium et le cuivre, qui est très avantageux dans les circonstances, sachant, bien entendu, qu'il y a des droits de douane injustifiés et injustifiables sur ces secteurs. Cependant, nous travaillons, le ministre des Ressources naturelles et moi, pour faire en sorte justement que ces produits de la BDC puissent être offerts également au secteur forestier.
    Ça va me fait plaisir de travailler avec mon collègue là-dessus parce que nous devons sauver les communautés partout au pays.

[Traduction]

L'économie

    Monsieur le Président, le premier ministre veut faire croire aux Canadiens que la récession est la faute du monde. Les droits de douane, les prix de l'énergie et l'incertitude mondiale sont autant d'excuses commodes des libéraux. Tous les pays du G7 sont confrontés aux mêmes conditions. Pourtant, le Canada est le seul à être tombé en récession. Depuis le début du mandat du premier ministre, 20 milliards de dollars d'investissements nets ont fui le pays. C'est un échec de la politique économique des libéraux.
    Si c'est la faute du monde, pourquoi le Canada est-il le seul pays du G7 en récession?
    Monsieur le Président, de toute évidence, le chef conservateur manque encore une fois à l'appel quand il s'agit de faire quoi que ce soit de constructif en matière d'économie. Où est-il? Où en est-il aujourd'hui en matière de propositions constructives?
    Les Canadiens ne veulent pas de théâtre politique. Ils veulent un gouvernement qui prend l'économie au sérieux. Nous allons diversifier les échanges commerciaux, réaliser de grands projets et investir dans les syndicats et les travailleurs. De ce côté-ci de la Chambre, nous prenons au sérieux la construction d'une économie qui sera la plus forte du G7. Le chef conservateur manque encore une fois à l'appel.
    Essayons d'éviter les tournures créatives.
    La députée de Newmarket—Aurora a la parole.
    Monsieur le Président, le député peut bien patiner, éluder le sujet et enjoliver la situation comme bon lui semble, mais pourquoi les Canadiens devraient-ils croire que les promesses du gouvernement libéral concernant l'avenir sont sincères, alors que les chiffres d'aujourd'hui prouvent que les libéraux sont incapables de gérer le présent?
    Le Canada est le seul pays du G7 à être en récession. Le premier ministre a dit aux Canadiens que nous avions conclu le meilleur accord au monde avec les États‑Unis. Les cours du pétrole sont en forte hausse. Le Canada devrait être en plein essor. Plutôt, notre économie s'est contractée au cours de trois des quatre derniers trimestres.
    Je vais répéter la question: si c'est le monde qui est à blâmer, pourquoi...
    Le secrétaire d'État aux Institutions financières a la parole.
    Monsieur le Président, j'ai une nouvelle de dernière minute pour le chef de l'opposition et le parti d'en face. Nous sommes en pleine guerre commerciale. Nous faisons face à des vents contraires sur le plan économique. Les Canadiens ne veulent pas du théâtre politique dont le chef raffole. D'ailleurs, l'économiste en chef de la Banque Scotia a qualifié son comportement d'irresponsable.
    De ce côté-ci de la Chambre, nous allons bâtir une économie pour tous les Canadiens. Nous allons investir dans les infrastructures, la défense et le logement, dans de grands projets. Nous bâtirons un Canada fort, un Canada pour tous. Le chef de l'opposition manque à l'appel. Où est-il?
    Je sais que les gens sont très astucieux, mais essayons de ne pas trop l'être.
    Le député de Terra Nova—Les Péninsules a la parole.
     Monsieur le Président, on parle de récession lorsque l'économie connaît deux trimestres consécutifs de recul. Le premier ministre a connu trois trimestres de déclin sur les quatre derniers, ce qui fait du Canada le seul pays du G7 à se trouver en récession. Même si les libéraux refusent de l'admettre, les faits ne mentent pas. Au Canada, il y a plus de petites entreprises qui ferment que de nouvelles qui s'ouvrent. Plus de la moitié des propriétaires de petites entreprises ne recommandent pas de créer une entreprise.
    Quand les libéraux admettront-ils enfin que leurs politiques ont plongé le Canada dans une récession?
(1435)
     Monsieur le Président, je tiens à saluer le programme d'apprentissage, qui vise à former les jeunes jusqu'à l'obtention du Sceau rouge en leur apportant un soutien à chaque étape de ce parcours.
    Nous renforçons l'économie en investissant près de 1 milliard de dollars dans les ports pour petits bateaux pour soutenir les collectivités rurales tout en dynamisant l'économie locale.
    C'est ce qu'attendent les Canadiens, et c'est ce que nous leur offrons.
    Monsieur le Président, je ne pense pas que ces paroles soient très réconfortantes pour les apprentis ni pour les 112 000 personnes ayant perdu leur emploi au cours des trois derniers mois. Les défauts de paiement hypothécaire augmentent d'année en année. Les ménages canadiens sont les plus endettés du G7. Les cas d'insolvabilité ont atteint leur plus haut niveau depuis 2009. Vingt milliards de dollars ont fui le pays.
    De combien de données supplémentaires le gouvernement a-t-il besoin pour se rendre compte que, quoi que prétend faire le premier ministre, cela ne fonctionne pas?
    Monsieur le Président, je tiens à rappeler au député d'en face, qui vient de Terre‑Neuve‑et‑Labrador, que nous travaillons en étroite collaboration avec le gouvernement conservateur à la tête de sa province pour développer ensemble celle-ci, notamment grâce au projet Bay du Nord et à l'enveloppe de 8 milliards de dollars allouée à la 5e Escadre Goose Bay afin d'accroître la capacité de la base, ainsi que grâce au soutien apporté à l'ensemble de la région.
    Les travaux se poursuivent dans le domaine du logement. Ils se poursuivent sans relâche. Le ministre des Finances a d'ailleurs fait une annonce à ce sujet aujourd'hui à Terre‑Neuve‑et‑Labrador.
    C'est ce que les Téneliens, ainsi que l'ensemble des Canadiens, attendent de nous, et nous répondons à leurs attentes. Nous gardons les yeux bien rivés sur cet objectif, et nous...
    Le député d'Elgin—St. Thomas—London‑Sud a la parole.
     Monsieur le Président, il n’y a pas si longtemps, le premier ministre s’est présenté comme le grand économiste capable de redresser la situation, celui vers qui nous pourrions nous tourner en cas de crise. Eh bien, nous y voilà: le Canada est le seul pays du G7 en récession, et où est-il ? Il brille par son absence. Il a fui un journaliste qui l’interrogeait sur le sujet. Il ne prend pas la parole à la Chambre des communes pour parler de la situation, alors que les Canadiens souffrent, se débattent et en font les frais.
    Quand le premier ministre admettra-t-il que le Canada est en récession et que la faute lui revient?
    Monsieur le Président, je pense qu’il est temps de passer aux choses sérieuses. Je pense que les députés de l’opposition et les Canadiens savent que nous traversons une période d’incertitude économique et que nous sommes engagés dans une guerre commerciale dont nous ne sommes aucunement la cause. C’est pourquoi le premier ministre et le gouvernement ont un plan. C'est pourquoi nous nous attachons tant à diversifier nos échanges commerciaux et à conclure des accords de libre-échange avec des pays du monde entier. C'est pourquoi nous vendons de l'uranium à l'Inde. C'est pourquoi nous vendons des avions à la Malaisie et du canola à la Chine.
    Notre plan porte ses fruits. Nous continuerons à travailler d'arrache-pied afin de créer des emplois bien rémunérés pour tous les Canadiens.
    Monsieur le Président, ce genre de manoeuvre ne nous permettra jamais d'atteindre la carboneutralité.
    Ma foi, la région économique de London, qui comprend Elgin et St. Thomas, affiche un taux de chômage de 9,2 %, le plus élevé au Canada, avec 1 800 emplois perdus en avril. Le député s'attend-il à ce que je dise à mes concitoyens: « Ne vous en faites pas. Vous pouvez vendre tout l'uranium que vous avez produit »?
    Les familles ont du mal à joindre les deux bouts. Elles souffrent. Le gouvernement, lui, continue de dépenser toujours plus sans même reconnaître les conséquences de ses actes. Quand va-t-il prendre les choses au sérieux et admettre qu'il a plongé le Canada dans une récession, le seul pays du G7 dans cette situation?
    Monsieur le Président, les députés d'en face peuvent bien plaisanter, mais les Canadiens savent que l'heure est grave pour le pays. C'est pourquoi un leadership sérieux s'impose. C'est aussi pourquoi les Canadiens ont choisi un dirigeant et un parti qui entendent diversifier l'économie. Nous négocierons avec les États‑Unis et le Mexique pour obtenir la meilleure entente possible, tout en tissant de nouveaux liens avec d'autres pays, notamment la Chine, l'Inde, l'Asie du Sud‑Est et le Mercosur.
    C'est notre priorité, et nous ne relâcherons pas nos efforts tant que nous n'aurons pas créé des emplois bien rémunérés pour tous les Canadiens.
    Monsieur le Président, les députés ne devraient pas croire les libéraux lorsqu'ils disent que notre économie connaît la croissance la plus rapide du G7. Nous sommes le seul pays en récession. Les libéraux devraient essayer de dire ça à la mère qui saute des repas pour que ses enfants puissent manger. Ils devraient le dire à la grand-mère à la banque alimentaire qui essaie simplement de mettre du pain sur la table le dimanche. Qu'ils aillent dire ça à l'étudiant qui a vu son avenir partir en fumée. On a perdu 112 000 emplois, 1 billion de dollars d'investissements et 670 milliards de dollars en emplois générationnels. Ce n'est pas à cause des guerres. Ce n'est pas à cause des droits de douane. C'est à cause du premier ministre.
    Quel libéral osera se lever pour défendre un tel bilan?
(1440)
    Monsieur le Président, nous sommes fiers de défendre notre bilan tous les jours à la Chambre des communes, parce que le député sait très bien que nous sommes en pleine guerre commerciale. Le pays fait face à des vents contraires, mais nous avons un plan. Le Canada construit des projets, allant du gaz naturel liquéfié en Colombie‑Britannique aux minéraux critiques dans les Prairies, en passant par le nucléaire et le transport en commun en Ontario, les ports et l'exploitation minière au Québec et l'énergie extracôtière dans le Canada atlantique.
    C'est ainsi que nous créons de bons emplois, d'excellents débouchés dans les métiers spécialisés et des emplois syndiqués de qualité. Nous bâtissons un Canada fort pour tous.

[Français]

Le changement climatique

     Monsieur le Président, c'est un recul après l'autre en matière de lutte contre les changements climatiques, au point où le député démissionnaire de Laurier—Sainte-Marie en arrive à la pire des conclusions.
    À QUB radio, il a dit ceci: « On verra qu'avec les reculs qu'on a connus cette année, les États‑Unis sous Donald Trump en font plus pour lutter contre les changements climatiques que le Canada ». À la fin de l'année, selon lui, le bilan de Donald Trump va être meilleur que celui du banquier vert. Le premier ministre hausse les épaules et dit que c'est la vie.
    Comment les libéraux peuvent-ils défendre ça?
    Monsieur le Président, nous défendons toutes les positions que nous prenons parce que nous savons que, dans les conditions actuelles, ce sont les meilleures positions que nous pouvons prendre pour assurer notre autonomie économique, mais aussi la survie de notre planète.
    Ce que nous avons fait avec le plan pour la nature aura un impact important sur la biodiversité, mais aussi sur les changements climatiques. Le règlement sur le méthane aura un impact majeur sur la réduction de la pollution pour les industries fossiles. La stratégie sur les véhicules électriques et la stratégie d'électrification sont un ensemble de mesures qui font que les Canadiens...
    L'honorable député de Repentigny a la parole.
    Monsieur le Président, jeudi, en comité, les libéraux ont prouvé qu'ils n'avaient pas calculé l'impact de tous leurs reculs sur l'atteinte de leur cible climatique.
    Ils n'ont pas de chiffres. Le supposé « banquier vert » n'a même pas pris le temps de compter à quel point ces reculs font mal. Le député démissionnaire de Laurier—Sainte-Marie estime que, quand on va aller voir ces chiffres, on va réaliser que le bilan du Canada va être pire que celui des États‑Unis de Donald Trump.
    Si la ministre n'est pas d'accord avec lui, eh bien, c'est simple, elle a juste à montrer des chiffres qui le contredisent. Quand est-ce qu'on...
    L'honorable ministre de l’Environnement, du Changement climatique et de la Nature a la parole.
    Monsieur le Président, puisque le Bloc québécois s'intéresse aux chiffres, j'aimerais parler de quelques chiffres.
    Nous avons les règlements que nous avons renforcés pour le méthane, ce qui représente 400 mégatonnes de réduction S'il veut parler de ce que nous avons fait pour le climat et pour la lutte contre les changements climatiques à l'échelle internationale, le Canada est chef de file grâce à notre plan d'action international visant à appuyer la lutte contre les changements climatiques. S'il veut parler de ce que nous faisons pour les véhicules électriques, on voit une hausse énorme de ventes de véhicules électriques, parce que notre gouvernement a fait des changements. Nous continuons de faire le travail.

L'économie

    Monsieur le Président, voici un triste constat: le Canada est le seul pays du G7 en récession. Ça fait 10 ans que les libéraux accumulent les déficits. À leur arrivée, la dette est passée de 700 milliards de dollars à 1 400 milliards de dollars. Ils font des dépenses inflationnistes. Il y a eu 10 ans de mauvaise gestion économique. Le résultat est le suivant et les faits sont têtus: 112 000 Canadiens ont perdu leur emploi au cours des trois derniers mois. Plusieurs Canadiens ou Canadiennes ont de la difficulté à payer leur hypothèque, à payer leur épicerie. Il y a 2 millions de Canadiens et de Canadiennes qui vont aux banques alimentaires chaque mois...
    L'honorable secrétaire d'État à l'enfance et à la jeunesse a la parole.
     Monsieur le Président, le gouvernement a un plan pour bâtir une économie forte, une économie résiliente. Ça se voit dans les 8 000 emplois à Contrecœur, ça se voit dans les 1 000 emplois à Nouveau Monde Graphite, à Matawinie. On voit en même temps que vendredi, 12 millions de Canadiens vont recevoir l'Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels. C'est une augmentation importante pour aider les familles à faire face au coût de la vie. En plus, nous avons réduit la taxe sur l'essence.
    Nous sommes là pour bâtir l'avenir et une économie forte pour tout le monde. En même temps, nous appuyons les Canadiens, les Canadiennes et les familles au pays.
(1445)
    Monsieur le Président, tous les pays du G7 font face aux mêmes défis. Parmi eux, le Canada affiche le deuxième taux de chômage le plus élevé.
    Pendant que les Canadiens et les Canadiennes se serrent la ceinture en pleine récession, le gaspillage des libéraux est hors de contrôle. On n'a qu'à penser à Cúram. Le budget était de 1,75 milliard de dollars, mais le coût réel est de 6,6 milliards de dollars; un déficit de 5 milliards de dollars. On n'a qu'à penser au terrain en location à 13 500 $ par année, que le gouvernement libéral sous-loue en payant 20 millions de dollars par année.
    Pourquoi le premier ministre demande-t-il aux Canadiens de faire des sacrifices alors que le gouvernement dépense sans fond?
     Monsieur le Président, nous continuons d'être là pour les familles canadiennes. Nous investissons dans un programme d'alimentation scolaire pour aider les familles à faire face au coût de l'épicerie. Cela représente plus de 800 $ pour une famille qui en bénéficie.
    Nous avons aussi un programme de soins dentaires qui aide les familles et les Canadiens à faire face aux frais de la vie. J'aimerais noter que, dans la circonscription de mon collègue qui a posé la question, plus de 32 000 personnes bénéficient de ces soins dentaires. C'est un programme contre lequel les députés de l'opposition ont voté, mais qui représente l'aide que nous donnons aux Canadiens en étant là pour eux en ce moment.
     Monsieur le Président, ce premier ministre est le seul dirigeant du G7 à avoir conduit son économie à la récession. Cette récession est le résultat d'un manque de leadership, de dépenses incontrôlées, de taxes élevées, qui causent des pertes d'emplois records. Dans les 360 derniers jours, le PIB a reculé de 0,6 %. Pourtant, Brookfield a bondi de 19,56 %. Pendant que le premier ministre et ses amis de Brookfield s'enrichissent, les Beaucerons et les Beauceronnes s'appauvrissent.
    Le premier ministre libéral va-t-il faire preuve de leadership et prendre cette crise au sérieux?
     Monsieur le Président, nous prenons toujours ce qui se passe au Canada au sérieux. Ce qui n'est pas sérieux, c'est le dialogue des conservateurs. Pendant 10 ans, ils ont parlé de productivité. Voilà que, dans le dernier quart, la productivité augmente, et ils ne disent absolument rien. C'est de l'hypocrisie pure et simple.
    Monsieur le Président, tous les pays du G7 sont confrontés aux mêmes défis. Pourtant, seuls les libéraux ont conduit l'économie canadienne à la récession. Les libéraux gaspillent l'argent des contribuables sans compter.
    Je vais donner des exemples. Le budget d'ArriveCAN était de 80 000 $, le coût réel est de 60 millions de dollars. Le budget de Cúram était de 1,75 milliard de dollars, le coût réel est de 6,6 milliards de dollars. Voici la cerise sur le sundae: 180 000 $ en nourriture pour seulement trois vols d'avion pour notre premier ministre. Ce n'est pas grave, c'est gratuit.
     Quand le premier ministre va-t-il commencer à gérer l'argent des Canadiens avec sérieux?
     Monsieur le Président, je lui donne un exemple concret: la pérennisation du programme d'alimentation scolaire pour les enfants. Est-il pour ou contre? J'aimerais entendre sa réponse.
     Monsieur le Président, le Canada est le seul pays du G7 en récession. Hier, ma collègue d'en face m'a répondu en essayant de nous convaincre que ça marche. Elle a dit: « Ça marche ». Pourtant, les gens de chez nous me disent en masse qu'ils ont la gorge serrée une fois rendus à la caisse de l'épicerie en priant pour que leur carte passe, parce qu'ils ne sont pas sûrs qu'il y a de l'argent dans le compte.
     Comment peut-elle dire que ça marche quand un pays riche comme le Canada est obligé de compter sur des banques alimentaires pour nourrir sa population?
    Monsieur le Président, oui, ça marche. Ça marche tellement que, quand je vais rencontrer les citoyens dans ma circonscription, ils savent que nous travaillons avec sérieux pour faire face aux conditions extrêmement difficiles que rencontrent les concitoyens de mon aimable collègue. Ils savent que l'Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels est une décision que nous avons prise et qui marche pour eux. C'est une décision que les conservateurs n'ont pas appuyée.
    Quand nous soutenons l'économie par des investissements, les conservateurs ne sont pas au rendez-vous. Ils votent contre. Nos concitoyens savent que notre approche est sérieuse et qu'elle va fonctionner.

[Traduction]

    Monsieur le Président, les députés savent-ils quelle est la différence entre les députés de ce côté-ci de la Chambre et ceux d'en face? Les conservateurs se réveillent en espérant de mauvaises nouvelles économiques qu'ils pourront utiliser pour répéter des slogans percutants, envoyer des courriels de collecte de fonds et dénigrer les industries et les travailleurs canadiens. De ce côté-ci de la Chambre, nous nous réveillons en sachant que les Canadiens comptent sur nous pour bâtir une économie plus forte et plus compétitive et pour faire baisser le coût de la vie. C'est exactement ce que nous faisons.
     Le secrétaire d'État aux Institutions financières peut-il informer la Chambre de la manière dont les innovateurs, les entrepreneurs et les travailleurs canadiens nous aident à naviguer dans un monde en mutation rapide?
(1450)
    Monsieur le Président, la dernière chose dont les Canadiens ont besoin en ce moment, c'est de la politicaillerie, et c'est tout ce qu'ils obtiennent du chef du Parti conservateur: de la politicaillerie et des conférences de presse dans des stationnements vides.
    Nous avons un plan. Nous allons diversifier les relations commerciales. Nous accélérons la mise en œuvre de grands projets. Nous investissons dans les travailleurs. Le plan fonctionne, le PIB est en hausse et nous attirons des investissements directs au niveau fédéral à un rythme jamais vu depuis des décennies. C'est une bonne nouvelle pour les Canadiens, mais une mauvaise nouvelle pour les conservateurs.
    Monsieur le Président, le Canada est maintenant le seul pays du G7 en récession, et les Canadiens en ressentent durement les effets. La demande auprès des banques alimentaires continue d'augmenter partout au pays, et Banques alimentaires Canada rapporte que l'insécurité alimentaire a atteint des niveaux sans précédent; des millions de Canadiens sont touchés. En vérité, c'est maintenant un Canadien sur quatre qui se trouve en situation d'insécurité alimentaire.
    Si le premier ministre dit que cette récession est causée par les marchés énergétiques mondiaux et les droits de douane, pourquoi le Canada est-il le seul pays du G7 en récession?
    Monsieur le Président, le Canada a de quoi célébrer. Nous avons d'autres bonnes nouvelles. Le canola canadien continue d'affluer vers les marchés mondiaux et la potasse canadienne est en demande partout, et le Canada répondra à la demande. Les ventes d'uranium canadien en Inde sont stables, et le secteur agroalimentaire canadien est en plein essor. Nous allons continuer d'agir dans l'intérêt du Canada.
    Nous allons défendre les industries touchées par les droits de douane. Nous allons protéger nos travailleurs. Nous allons défendre notre souveraineté. Nous avons un travail à faire et nous allons le faire.
    Monsieur le Président, contrairement au secrétaire d'État, les Canadiens n'ont pas le luxe de faire fi de la récession causée par les mauvaises politiques du gouvernement libéral.
    Banques alimentaires Canada rapporte que les ménages à faible revenu consacrent plus de 100 % de leur revenu aux produits de première nécessité. Tous les autres pays du G7 subissent les mêmes pressions mondiales; pourtant, le Canada est le seul pays en récession.
    Pourquoi les Canadiens font-ils les frais des échecs économiques du gouvernement, alors que tous les autres pays du G7 ont évité la récession?
    Monsieur le Président, il est très important que nous protégions et défendions notre pays. Tout ce que disent les conservateurs est négatif. Ils doivent cesser de dénigrer le pays et commencer à le soutenir. C'est ce que fait le reste du Canada. Pendant 10 longues années, nous avons vu les députés conservateurs de la Saskatchewan rester les bras croisés. Voilà pourquoi les Saskatchewanais sont en colère.
    Au bout du compte, nous venons à Ottawa pour travailler. Les conservateurs n'ont rien fait en 10 ans. Le gouvernement libéral a accompli plus de choses en un an qu'ils en ont fait en 10 ans.
    Monsieur le Président, le Canada est désormais la seule économie du G7 en récession.
     C'est peut-être une grande nouvelle pour les banquiers et les fonctionnaires d'Ottawa, mais dans ma circonscription, les signaux d'alerte clignotent depuis des mois. La banque alimentaire de Cambridge signale que des centaines de personnes ayant un emploi à temps plein ont recours à ses services tous les mois.
     Ces libéraux font la leçon aux personnes qui ont faim en invoquant de soi-disant facteurs mondiaux, mais la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni sont tous confrontés à des pressions tarifaires de la part des États-Unis et aucun d’entre eux n’est en récession. C'est pourtant le cas du Canada. Si notre récession était attribuable aux droits de douane, à la guerre et aux prix du pétrole, alors pourquoi le Canada est‑il la seule économie du G7 à être en récession?
    Monsieur le Président, nous reconnaissons que les Canadiens traversent une période difficile. C’est pourquoi notre gouvernement tient à leur apporter une aide concrète. Ainsi, grâce au Programme national d’alimentation scolaire, nous offrons des repas sains à 400 000 écoliers.
    J’ai une bonne nouvelle. Vendredi, les Canadiens recevront l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels. Une famille moyenne de quatre personnes recevra 1 900 $. L'allocation est une façon concrète et immédiate de prêter main-forte aux Canadiens.
(1455)
    Monsieur le Président, la ministre possède des compétences en matière de cueillette sélective qui feraient rougir de honte le meilleur des fruiticulteurs.
    On a perdu plus de 100 000 emplois depuis le début de l'année, et les investissements des entreprises sont en baisse depuis cinq trimestres, mais le gouvernement libéral prétend que tout va bien. Les familles de ma circonscription se demandent vraiment comment elles vont joindre les deux bouts, mettre du pain sur la table ou simplement conserver leur emploi. Et que fait le premier ministre libéral? Il se dérobe. Cela fait cinq jours qu'il esquive les caméras et nos questions.
    Maintenant que nous traversons une véritable crise économique, pourquoi le premier ministre libéral manque-t-il à l'appel et pourquoi le Canada est-il le seul pays du G7 à être en récession?
    Monsieur le Président, je tiens à souligner que la députée vient de l'Ontario et qu'elle continue de voter contre les mesures visant à aider les Canadiens et à rendre la vie plus abordable.
    Parlons de l'Ontario. Plus de 4 millions de personnes ont reçu le remboursement de la TPS, ce qui représente 2,2 milliards de dollars pour les Ontariens. Nous aidons également les acheteurs d'une première maison qui, en Ontario, économisent en moyenne jusqu'à 200 000 $. Nous allons les aider à composer avec le coût de la vie. Nous allons les soutenir en ces temps difficiles. C'est ainsi que nous bâtirons un Canada fort.
    Monsieur le Président, je ne sais pas si je suis à la Chambre des communes ou dans un épisode de La quatrième dimension. Jeudi dernier, le premier ministre libéral a déclaré à tout le monde que l'économie canadienne connaît la deuxième croissance en importance parmi les pays du G7. Cependant, vendredi, Statistique Canada a indiqué que l'économie s'est contractée lors de deux trimestres consécutifs. Nous sommes en récession. Le Canada est le seul pays du G7 en récession.
    Aujourd'hui, les libéraux blâment les droits de douane et les conflits mondiaux, mais si c'est le cas, pourquoi les autres pays du G7, qui font tous face aux mêmes vents contraires, ne sont pas en récession?
    Monsieur le Président, il n'y a que les conservateurs pour penser que les facteurs mondiaux comme les guerres, les changements climatiques et les droits de douane sont une théorie du complot. Ce n'est pas une théorie du complot. Ces facteurs ont une incidence sur l'économie locale.
    Que fait notre gouvernement? Nous prenons des mesures qui aident les Canadiens, comme l'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels à laquelle le député d'Hamilton-Est—Stoney Creek s'est opposé. Qu'en est-il des 20 000 personnes de sa circonscription qui dépendent de l'Allocation canadienne pour enfants? Il a aussi voté contre cette mesure.
    Je suppose que je devrais féliciter le chef des conservateurs pour une chose. Il a réussi à forcer tous ces conservateurs à ne poser que quatre questions au cours de la période des questions. Au moins, ils sont constants.
    Monsieur le Président, je répète au libéral déconnecté de la réalité que le Canada est le seul pays du G7 en récession. Il a laissé tomber le Canada. Les libéraux ont laissé tomber le Canada. Les parents d'Hamilton veulent la sécurité d'emploi, une entente sur les droits de douane et des chèques de paie qui leur permettent de payer leur épicerie. La banque alimentaire communautaire de Stoney Creek sert plus de 120 familles par semaine. Le bulletin de Banques alimentaires Canada a été publié hier et les libéraux ont obtenu un D+.
    Quand les libéraux cesseront-ils de manipuler les Canadiens et commenceront-ils à travailler pour eux?
    Monsieur le Président, de ce côté-ci de la Chambre, nous nous affairons à créer des emplois dans Hamilton‑Est—Stoney Creek, tandis que le député vote contre des politiques qui soutiennent les familles de sa circonscription, notamment l'Allocation canadienne pour enfants, le régime de soins dentaires et l'allocation pour l'épicerie et les besoins essentiels.
    Le député se montre sélectif à l'égard de l'allocation pour l'épicerie et les besoins essentiels et de Banques alimentaires Canada. Il devrait avoir honte. Nous suivons les instructions de Banques alimentaires Canada. Nous affirmons officiellement que nous sommes là pour aider les familles en assurant la création d'emplois et en leur accordant l'allocation pour l'épicerie et les besoins essentiels. Tout ce que les conservateurs peuvent faire, c'est lire encore et encore les mêmes discours usés de leur chef, alors que, de ce côté-ci de la Chambre, nous nous affairons à aider les Canadiens.
    Monsieur le Président, le Canada est le seul pays du G7 qui est actuellement en récession. Cette récession d'origine canadienne a fait grimper en flèche le recours aux banques alimentaires. Dans ma circonscription, la banque alimentaire de Barrie vient maintenant en aide à 8 000 clients par mois, comparativement à seulement 1 000 au début de 2020. Selon la directrice générale de la banque alimentaire de Barrie, l'organisme a enregistré plus de 8 000 visites en mars seulement, ce qui représente une augmentation de 12 % par rapport à l'année dernière, y compris 377 premières visites, soit une augmentation de 30 % par rapport à 2025. Si la récession au Canada était vraiment attribuable aux pressions mondiales liées aux prix de l'énergie et aux droits de douane, pourquoi aucun autre pays du G7...
    La secrétaire parlementaire a la parole.
    Monsieur le Président, tous les Canadiens, y compris le gouvernement, espèrent que la volatilité que nous observons dans le monde entier et qui a des répercussions sur nos collectivités prendra fin. J'espère que le député prendra un moment pour réfléchir aux raisons pour lesquelles il a voté contre l'allocation pour l'épicerie et les besoins essentiels, qui sera versée aux Canadiens vendredi. Plus de 40 000 habitants de sa circonscription recevront cette allocation. Ce sont des mesures de soutien importantes, mais les conservateurs votent continuellement contre les mesures qui visent à réduire le coût de la vie pour les Canadiens.
(1500)

La sécurité publique

    Monsieur le Président, hier, le premier ministre a prononcé un discours sur l’antisémitisme tellement édulcoré qu’un antisémite lui aurait fait une ovation debout. Sa solution consistait à créer un conseil comprenant un avocat qui a défendu devant les tribunaux des campements illégaux et un ancien ministre dont l’organisation a perdu son financement fédéral pour avoir soutenu le Hamas et le Hezbollah et qui a ensuite fait pression sur l’ancien gouvernement pour les maintenir l'un et l'autre en dehors de la liste des organisations terroristes. Ce conseil est désormais dirigé par un ministre qui souhaite interdire certains passages de la Bible et qui a financé ces mêmes antisémites au sein de son propre ministère.
    Des Canadiens juifs sont agressés dans la rue, et les libéraux remettent les clés à ceux‑là mêmes qui ont alimenté la crise. J'ai une question pour le premier ministre: est-il sérieux?
    Monsieur le Président, nous sommes aux prises avec une grave et dangereuse crise d’antisémitisme, et tout ce que l’opposition trouve à faire, c’est de creuser le fossé dans notre pays, une chose dont nous pourrions très bien nous passer. La synagogue même où j’ai célébré ma bar-mitsva a été la cible de 20 balles. Nous n’avons pas besoin que l’opposition nous donne des leçons sur la gravité de la situation.
    Il est regrettable que l’opposition se soit opposée à notre projet de loi contre la haine visant à protéger les campus, les lieux de culte et les centres communautaires contre ce fléau qu’est l’antisémitisme. Elle devrait mettre un terme à ses discours clivants, se joindre à nous et travailler à la protection de tous les Canadiens.
    Monsieur le Président, le ministre devrait demander à n'importe qui au Canada, ou même à la centaine de donateurs libéraux présents dans la salle hier soir, s'ils se sentent plus en sécurité aujourd'hui. La réponse est non, car ce que nous avons entendu hier était vide de sens. Dans son discours, le premier ministre n'a fait que passer en revue des analyses et des études sur une crise que le gouvernement a provoquée, financée et alimentée. Ce n'est pas un plan. Rien de ce qu'il a dit n'empêchera les balles de pénétrer dans la synagogue du député ou ne mettra fin aux slogans génocidaires qui sont lancés chaque jour dans les rues contre des Canadiens.
    Le premier ministre prendra-t-il enfin la parole à la Chambre et se montrera-t-il à la hauteur, après avoir échoué si lamentablement...
    Le ministre a la parole.
    Monsieur le Président, comme tous les Canadiens, j'étais fier de me tenir aux côtés du premier ministre hier lorsqu'il a dénoncé le fléau dangereux que représente l'antisémitisme. Il a pris des mesures, et ce, sans recourir à des discours qui sèment la division. Nous avons présenté un projet de loi contre la haine, qui protégera nos lieux de culte, nos campus et nos centres communautaires. Nous avons investi dans la protection des synagogues et des camps.
    Au lieu d'attiser la division et de tenir des discours creux, l'opposition devrait se joindre à nous et prendre les mesures qui s'imposent pour protéger les Juifs face à une montée sans précédent de l'antisémitisme.

[Français]

L'économie

     Monsieur le Président, nous savons que les conservateurs privilégient les formules percutantes quitte à négliger les faits.
    Voici des faits: l'économie canadienne a connu une croissance estimée à 1,7 % en 2025 et devrait afficher la deuxième plus forte croissance du G7 en 2026‑2027. C'est un fait. Le Canada vient d'atteindre un sommet en 18 ans en matière d'attraction des investissements directs étrangers.
    C'est un fait. On n'entendra jamais les conservateurs se réjouir de notre économie, pas plus pour nos travailleurs.
    La ministre de l'Industrie pourrait-elle nous expliquer pourquoi?
     Monsieur le Président, j'aimerais remercier le député de Brome—Missisquoi de son importante question.
    On sait que le Canada a l'une des économies les plus intégrées à celle des États‑Unis et, en même temps, nous sommes en pleine guerre tarifaire. Malgré ça, dans des secteurs tarifés, on voit qu'il y a des investissements.
    D'ailleurs, vendredi dernier, de concert avec la première ministre du Québec, Christine Fréchette, nous avons inauguré AP60, la nouvelle usine de Rio Tinto au Saguenay pour produire l'aluminium le plus vert au monde.
    Nous avons également investi 100 millions de dollars dans ELYSIS, la dernière technologie pour de l'aluminium carboneutre. Bref, nous sommes capables de créer des emplois, même dans le contexte tarifaire actuel.

[Traduction]

L'emploi

    Monsieur le Président, le Programme des travailleurs étrangers temporaires fait baisser les salaires, engendre de mauvaises conditions de travail et supprime les emplois de premier échelon destinés aux jeunes Canadiens. Nous avons appris que les libéraux ont dépensé 1,6 milliard de dollars au cours des 5 dernières années pour administrer ce programme et qu'ils ont perdu 500 millions de dollars dans l'opération. Au lieu de délivrer 215 000 permis de travail à des étrangers cette année, les libéraux devraient immédiatement abolir ce programme pour le remplacer par un pacte équitable pour les jeunes travailleurs, les industries agroalimentaires et les régions où le taux d'emploi est extrêmement bas.
    Quand le gouvernement libéral mettra-t-il fin au Programme des travailleurs étrangers temporaires, qui est coûteux, source de gaspillage et néfaste?
(1505)
    Monsieur le Président, le Programme des travailleurs étrangers temporaires repose sur trois principes. Premièrement, ce programme garantit que la priorité est donnée à tout Canadien souhaitant occuper le poste. Deuxièmement, il veille à ce que les employeurs admissibles à l'embauche de travailleurs étrangers temporaires traitent ces derniers avec respect et dignité, et qu'ils respectent les règles en vigueur. Nous avons des inspecteurs pour veiller à ce que ce soit le cas. Le troisième principe consiste à garantir que les employeurs se trouvant dans des régions où la main‑d'œuvre est très rare puissent avoir accès à des travailleurs pour maintenir leurs entreprises à flot, principe que de nombreux collègues du député m'ont demandé par écrit d'élargir.
    Monsieur le Président, en cinq ans, les libéraux ont gaspillé 500 millions de dollars dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires. Voyons qui a dépensé cet argent. Ces 500 millions de dollars ont été dépensés alors que l'actuel ministre de la Justice était responsable du dossier et que l'actuel ministre de l'Identité et de la Culture canadiennes occupait le poste. L'actuelle ministre de l'Immigration est en voie de dépenser encore plus. Quelle liste impressionnante de capitaines sur le Titanic qu'est Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada!
    Le premier ministre admettra-t-il qu'il ne maîtrise plus la situation et nommera-t-il enfin un responsable qui mettra fin à la délivrance de nouveaux permis à des travailleurs étrangers et abolira le Programme des travailleurs étrangers temporaires?
    Monsieur le Président, je tiens à rappeler qu'il y a quelques années, le Parti conservateur canadien avait fait les manchettes pour avoir lancé une pétition visant à accélérer le traitement des demandes de permis d'études. Le député de Saskatoon‑Ouest en était à l'origine. Il doit jouer franc jeu en ce qui concerne l'immigration et clarifier qui il induit en erreur: les électeurs de Saskatoon ou la population canadienne?
    Monsieur le Président, en mars, le gouvernement a relevé le plafond du Programme des travailleurs étrangers temporaires de 10 % à 15 % pour des milliers de chantiers situés dans des collectivités éloignées et rurales partout au Canada. Parallèlement, le Canada a perdu 112 000 emplois au cours de cette même période, et le taux de chômage chez les jeunes s'élevait à 14,3 %.
    Grâce à ma question inscrite au Feuilleton, nous avons appris hier que le programme destiné aux travailleurs étrangers temporaires a coûté 1,6 milliard de dollars et enregistré une perte nette de 509 millions de dollars. Que répondra le gouvernement aux centaines de milliers de jeunes chômeurs du pays alors qu'il prévoit augmenter le nombre de travailleurs étrangers temporaires cette année?
    Monsieur le Président, les chiffres avancés par le député sont tout à fait erronés. En fait, le recours aux travailleurs étrangers temporaires a diminué, à un point où les grandes entreprises que bon nombre de ses collègues continuent de défendre se concentrent désormais exclusivement sur les talents canadiens. C'est ainsi que les choses devraient être, et c'est pourquoi nous avons pris ces mesures.
    Il est beaucoup plus difficile pour les employeurs d'embaucher des travailleurs étrangers temporaires dans les régions où le taux de chômage est élevé et où les gens sont à la recherche d'un emploi. En fait, c'est exactement le travail que nous faisons malgré les arguments avancés par bon nombre des collègues du député. Ils pourraient peut‑être clarifier leur message.

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, depuis beaucoup trop longtemps, les dirigeants et les communautés des Premières Nations de l'Ontario réclament un système de services à l'enfance et à la famille qui reflète leur culture, leurs priorités et le droit de prendre soin de leurs propres enfants. La ministre des Services aux Autochtones peut‑elle informer la Chambre au sujet de la décision du Tribunal canadien des droits de la personne concernant l'accord définitif conclu avec l'Ontario et de la façon dont cette étape historique fait progresser la réforme des services à l'enfance et à la famille dirigés par les Premières Nations?
    Monsieur le Président, c'est une question importante.
    Je tiens à féliciter sincèrement les chefs de l'Ontario, la nation nishnawbe-aski et les Premières Nations de l'Ontario qui ont travaillé sans relâche pour pouvoir prendre les décisions concernant leurs propres enfants. Le 29 mai, nous avons souligné le début de ce travail, qui tient compte non seulement de la culture, mais aussi des cérémonies. Cet investissement historique de 8,5 milliards de dollars offrira un financement prévisible et stable. Cela aidera également à faire des efforts de prévention une priorité. Nous soutenons ce travail essentiel. Nous sommes déterminés à continuer...
(1510)
    Le député d'Edmonton-Sud-Est a la parole.

L'économie

    Monsieur le Président, le Canada est le seul pays du G7 à être en récession. Cela n'a rien de technique quand une personne revient du travail et dit à ses enfants qu'elle n'a plus d'emploi. L'économie canadienne s'est contractée pendant deux trimestres consécutifs. Les investissements des entreprises sont en baisse. Le recours aux banques alimentaires n'a jamais été aussi élevé. Il ne s'agit pas simplement d'une récession technique, mais d'une véritable récession libérale. Si des facteurs mondiaux sont en cause, pourquoi le Canada est-il le seul pays du G7 à être en récession?
    Monsieur le Président, nous créons plus de 1 000 emplois par l'intermédiaire de Nouveau Monde Graphite, nous soutenons 18 000 emplois dans le domaine de la construction, et le projet nucléaire de Darlington soutient 18 000 emplois en construction. Ce n'est qu'un aperçu des investissements que le gouvernement du Canada fait dans l'économie canadienne. Récemment, nous avons obtenu la plus importante commande d'avions construits au Canada de l'histoire du pays, soit une commande de 150 Airbus A220 construits par des travailleurs canadiens. Dans un contexte où le Canada est confronté à une guerre commerciale, nous bâtissons, nous investissons et nous diversifions.

Le transport maritime

    Monsieur le Président, les traversiers constituent une voie de circulation essentielle pour les collectivités côtières. Bien entendu, nous appuyons le fait que le fédéral investisse fortement dans les services de traversiers dans le Canada atlantique. Cependant, BC Ferries ne reçoit que 1,63 $ par passager en soutien opérationnel fédéral, comparativement à environ 291 $ par passager dans le Canada atlantique. Les mesures d'aide temporaires et les prêts remboursables pour la Colombie‑Britannique ne peuvent pas remplacer un soutien opérationnel fédéral équitable et à long terme.
    Quand le gouvernement libéral modernisera-t-il enfin ces ententes désuètes et fournira-t-il un soutien équitable à la Colombie‑Britannique et à BC Ferries?
    Monsieur le Président, nous remercions le député de défendre les intérêts de la Colombie‑Britannique. Je sais que le ministère a reçu la lettre qu'il lui a envoyée. Nous avons hâte de discuter de la façon dont nous pouvons continuer d'investir en Colombie‑Britannique et dans le Canada. Nous avons été élus avec le mandat de bâtir un Canada fort, et c'est ce que nous ferons.

L'immigration, les réfugiés et la citoyenneté

    Monsieur le Président, j'ai demandé à la ministre de l'Immigration si elle comptait suivre l'exemple de la France, de l'Irlande, de la Belgique et de l'Allemagne en évacuant 130 étudiants palestiniens ayant obtenu une admission à l'université et une bourse, dont la prise de données biométriques a été reportée, et en leur délivrant des titres de voyage d'urgence. La ministre a répondu: « Nous avons demandé aux fonctionnaires d'accélérer le traitement des demandes de visa étudiant pour les personnes se trouvant à Gaza, et je peux confirmer que la décision sera prise dès maintenant, et qu'en fait, toutes les démarches seront achevées dans les 10 prochains jours. »
    J'apprends maintenant que ce n'est pas vrai. Soit la ministre m'a délibérément induite en erreur, soit elle est incompétente et n'a aucune idée de ce qui se passe. Le premier ministre va-t-il enfin la renvoyer?
    Monsieur le Président, nous restons fidèles à nos promesses. Malgré des défis considérables, les Canadiens doivent savoir que plus de 1 400 Gazaouis sont arrivés au Canada. Dans le cadre de nos programmes, j'ai demandé à mon ministère d'accélérer les décisions concernant les permis d'études pour les étudiants palestiniens qui ont pu quitter le territoire. Ils passent actuellement des entretiens, et les décisions finales sont en train d'être prises. Nous continuerons à traiter les demandes tout en respectant les exigences visant à protéger notre système d'immigration et ceux qu'il sert.

[Français]

Présence à la tribune

    Je veux signaler aux députés la présence à la tribune de Son Excellence monsieur Claude Wiseler, Président de la Chambre des députés du Grand‑Duché de Luxembourg.
    Des voix: Bravo!
    Je crois comprendre que le député de Foothills souhaite invoquer le Règlement.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je comprends tout à fait que, pendant la période des questions, il y ait des moments houleux. Cependant, pendant qu'elle posait ses questions, ma collègue, la députée de Thornhill, qui est de confession juive et qui a parlé des menaces bien réelles envers sa communauté, s'est fait traiter de menteuse à plusieurs reprises par le député d'York-Sud—Weston—Etobicoke. Je demande au député de se lever à la Chambre, de s'excuser et de retirer ses paroles.
(1515)
     Monsieur le Président, je retire le commentaire non parlementaire que j'ai fait.
    Des voix: Oh, oh!
    À l'ordre.
    Le député de Mont‑Royal invoque le Règlement.
     Monsieur le Président, quand on m'accuse d'abandonner mon peuple, le peuple canadien, mais vraisemblablement le peuple juif, quand on accuse le député de Winnipeg-Centre-Sud d'abandonner son peuple, il me semble que c'est incroyablement non parlementaire. C'est inacceptable, et je demande au député de retirer ses propos.
    Monsieur le Président, je retire mes propos.

Privilège

La déclaration de la ministre au comité plénier

[Privilège]

    Monsieur le Président, je soulève la question de privilège à propos de renseignements que la ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté a fournis pendant la réunion du comité plénier qui s'est tenue le jeudi 28 mai 2026. J'ai alors posé une question à la ministre au sujet d'environ 130 étudiants diplômés palestiniens de Gaza qui attendent une réponse depuis près de 2 ans à leur demande de permis d'études. J'ai dit qu'ils se heurtent dans bien des cas à des exigences qu'il leur est impossible de remplir en situation de guerre, comme la collecte de données biométriques ou les vérifications de sécurité approfondies, en précisant que divers pays, dont la France, l'Irlande, la Belgique et l'Allemagne, avaient assoupli leurs mesures pour faciliter la venue de boursiers gazaouis.
    J'ai ensuite demandé à la ministre si le Canada ferait la même chose. Elle m'a répondu ceci: « [...] nous avons demandé aux fonctionnaires d'accélérer le traitement des demandes de visa d'étudiant pour les habitants de la bande de Gaza, et je peux confirmer que les décisions seront maintenant prises. D'ailleurs, toutes [...] seront finalisées d'ici 10 jours. » Même si la réponse de la ministre n'a pas été prononcée au micro jusqu'à la fin et qu'elle n'a donc pas été consignée intégralement au compte rendu, on l'entend dans l'enregistrement vidéo de la séance. J'ai entendu la ministre donner cette réponse à la Chambre. Compte tenu de l'importance de cette déclaration, j'ai subséquemment visionné la vidéo pour confirmer ce que j'avais entendu. La réponse de la ministre n'était pas floue. Elle n'avait rien d'une aspiration idéaliste. Elle n'était pas présentée comme un objectif qu'on espérait ou qu'on entendait atteindre. La ministre a informé le Parlement que les fonctionnaires avaient eu pour consigne d'accélérer le traitement des demandes et que les décisions seraient rendues dans un délai de 10 jours.
    Comme députés, nous devons pouvoir nous fier à l'information fournie par les ministres pendant les travaux parlementaires, car notre capacité à demander des comptes au gouvernement en dépend. J'avais déduit de la déclaration de la ministre que les décisions relatives à ces demandes seraient prises dans les délais qu'elle avait fixés. J'ai donc communiqué avec les intervenants et ceux qui défendent sans relâche les intérêts de ces étudiants. Toutefois, ce que j'ai appris par la suite laisse planer de sérieux doutes quant à l'exactitude des propos de la députée.
    Aujourd'hui même, j'ai appris que, selon des fonctionnaires du ministère, le délai de 10 jours évoqué par la ministre n'existe pas. Des défenseurs canadiens des droits des étudiants m'ont écrit plus tôt pour me dire qu'ils avaient rencontré ce matin un représentant d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, qui a laissé entendre que le ministère ne donnerait pas suite à la demande. Ils ajoutent que des fonctionnaires leur ont également confirmé qu'aucun délai de 10 jours n'est prévu. Ces faits ont été corroborés par des intervenants et des professeurs d'université lors d'une réunion tenue aujourd'hui, entre midi et 13 heures. Il s'agit donc de la première occasion que j'ai de soulever cette question. Selon l'information transmise par les intervenants à quatre députés, dont moi, les fonctionnaires ne respectent pas l'engagement pris par la ministre en comité plénier. Les demandes risquent donc de ne pas être traitées dans le délai annoncé.
    Je sais parfaitement qu'il est rare que l'on puisse conclure qu'un député a délibérément induit la Chambre en erreur, car cela exige un seuil élevé. Les autorités établissent trois conditions: d'abord, la déclaration doit être trompeuse; ensuite, le député doit savoir, au moment de faire la déclaration, que celle-ci est inexacte; enfin, il faut qu'il y ait une intention d'induire la Chambre en erreur.
    Plusieurs facteurs distinguent cette situation. Premièrement, la ministre a formulé des observations précises et vérifiables au Parlement en ce qui concerne le traitement d'un groupe défini de demandes, en présence du personnel de son ministère. Deuxièmement, la déclaration comprenait un échéancier précis: l'achèvement dans un délai de 10 jours. Troisièmement, la déclaration portait sur des mesures opérationnelles qui ne pouvaient être fondées que sur les renseignements fournis à la ministre par les fonctionnaires de son ministère, qui étaient assis juste devant elle. Quatrièmement, les informations révélées depuis la déclaration de la ministre nous amènent à nous demander si l'engagement communiqué au Parlement reflétait l'état réel de ces dossiers.
(1520)
    Monsieur le Président, je ne vous demande pas de déterminer aujourd'hui si la ministre a délibérément induit le Parlement en erreur. De telles décisions ne sont pas prises à la légère. Je soutiens plutôt que les circonstances soulèvent suffisamment de préoccupations pour justifier un examen plus approfondi par la Chambre. Les députés doivent pouvoir se fier aux déclarations ministérielles dans l'exercice de leurs fonctions parlementaires. Lorsqu'un ministre transmet avec assurance une information précise au Parlement et qu'un doute sérieux est ensuite soulevé quant à son exactitude, la Chambre doit avoir la certitude que la question sera examinée.
    Les privilèges des députés sont en jeu lorsque notre capacité à exercer nos fonctions parlementaires est minée par des renseignements qui peuvent être inexacts ou trompeurs. Dans ce cas-ci, je me suis fiée à la réponse de la ministre dans l'exercice de mes responsabilités en tant que parlementaire. La Chambre était en droit de recevoir une information sur laquelle elle pouvait se fier.
    L'intégrité de nos délibérations dépend de l'exactitude des renseignements fournis par les ministres lorsqu'ils répondent aux questions des députés. Par conséquent, je soutiens respectueusement qu'il y a, de prime abord, matière à question de privilège.
    Si vous en arrivez à cette conclusion, monsieur le Président, je suis prête à proposer la motion suivante: Que la question des déclarations faites par la ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté pendant les délibérations du comité plénier du 28 mai concernant le traitement des demandes de permis d'études pour les étudiants palestiniens de Gaza soit renvoyée au Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre pour qu'il l'étudie et en fasse rapport.
(1525)
    Je remercie la députée. Bien sûr, nous prendrons cette question en délibéré.
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Je vous informe que les conservateurs souhaitent répondre à l'intervention de la députée à une date ultérieure.
    Monsieur le Président, en ce qui concerne le rappel au Règlement soulevé par le député et la question de privilège soulevée par la députée de Vancouver-Est, ayant moi-même participé à ces discussions sur le budget principal des dépenses, je tiens à souligner le caractère sérieux de ces séances en comité plénier — et je sais que je n'ai pas besoin de vous le rappeler, monsieur le Président. Je suis très préoccupée par ce que la députée de Vancouver-Est a exposé en détail et documenté. J'espère que cette affaire fera l'objet d'une enquête approfondie.

Ordres émanant du gouvernement

[Travaux des subsides]

[Traduction]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — Les politiques économiques

    La Chambre reprend l'étude de la motion.
    Monsieur le Président, après un certain temps, les gens cessent de demander des promesses au gouvernement et commencent à demander la vérité. Nous en sommes rendus là aujourd'hui. Les Canadiens savent très bien ce qui se passe autour d'eux. Ils le voient tous les jours quand ils paient leurs factures, quand ils doivent remettre des produits d'épicerie sur les tablettes ou quand leurs enfants adultes reviennent vivre à la maison, parce que même un emploi à temps plein ne suffit plus à assurer leur autonomie. Ils savent que quelque chose ne va pas. Pire encore, on tente de leur faire croire que ce qu'ils vivent n'est pas réel.
    Le gouvernement libéral dit que nous ne sommes pas en récession et que le coût de la vie n'a jamais été aussi bon depuis 10 ans, mais les Canadiens, eux, connaissent la vérité, parce qu'ils la vivent. La vérité, c'est que le Canada est devenu, sous la direction du premier ministre libéral, le seul pays du G7 à être entré en récession. La vérité, c'est que les ménages canadiens sont maintenant les plus endettés du G7. La vérité, c'est qu'il en coûte maintenant plus cher de se loger au Canada que dans la plupart des pays industrialisés. La vérité, c'est que notre taux de chômage est maintenant le deuxième en importance parmi les pays du G7. Ce n'est pas le fruit du hasard. Les politiques ont des conséquences.
    Le gouvernement libéral a gouverné comme si la dette n'existait pas, comme si la croissance pouvait survenir sans productivité et comme si les gouvernements pouvaient dépenser sans fin l'argent qu'ils n'ont pas sans que les travailleurs finissent par en payer le prix, mais les Canadiens en paient bel et bien le prix. Ils en paient le prix chaque fois que leur loyer augmente, chaque fois que les taux d'intérêt grimpent et que leurs prêts hypothécaires arrivent à échéance, et chaque fois qu'ils entendent une nouvelle annonce d'un gouvernement qui confond conférences de presse et progrès.
    Le premier ministre aime dire que le Canada va avancer à une vitesse jamais vue depuis des générations. Je dirais que, quand les Canadiens ont entendu cela pour la première fois, ils voulaient y croire. Aujourd'hui, après plus d'un an de ce gouvernement, les résultats ne sont pas à la hauteur des promesses. La récession libérale est le signe que la croissance ralentit. Elle signifie que l'économie canadienne est en train de se contracter. Elle signifie que le Canada n'avance pas à une vitesse jamais vue depuis des générations. Elle signifie que le Canada est en train de prendre du retard. Ce n'est pas seulement une critique, mais la réalité à laquelle les Canadiens sont confrontés et à laquelle les entreprises doivent s'adapter.
    Le premier ministre parcourt le monde pour essayer de vendre le Canada aux investisseurs tout en gaspillant 200 000 $ en services de traiteur à bord de trois vols, mais que vend-il? Il vend un Canada où les grands projets prennent encore trop de temps et où les approbations sont incertaines, un Canada où l'interdiction visant les pétroliers est toujours en vigueur et où les mesures issue du projet de loi C‑69 continuent de faire fuir des milliards de dollars d'investissements, un Canada où les mises en chantier n'augmentent pas à une vitesse jamais vue depuis des générations, mais ralentissent à un rythme jamais vu depuis des générations.
    Nous entendons les députés d'en face vanter le curriculum vitae du premier ministre, mais un curriculum vitae impressionnant n'a pas d'importance pour les investisseurs qui veulent pouvoir investir dans un milieu propice aux affaires. D'ailleurs, en 2025, 45 % de tous les investissements étrangers directs au Canada, ce qui représente 44 milliards de dollars, ont été faits par des acheteurs étrangers qui ont acheté des entreprises canadiennes au lieu de construire de nouvelles installations ou d'accroître les capacités de production. Autrefois, le Canada bâtissait des fleurons nationaux, mais de plus en plus, nous les vendons.
    Nous n'avons pas besoin d'une meilleure mise en marché, mais d'un Canada qui est vraiment prêt à faire des affaires. Nous avons l'énergie, les minéraux critiques, les travailleurs, le talent et la situation géographique qu'il faut pour cela. Il y a des gens qui ont la volonté de bâtir, de travailler, d'investir et de croître. Ce que nous n'avons pas encore, c'est un gouvernement qui crée les conditions propices à la confiance des investisseurs.
    Le gouvernement libéral s’est conféré des pouvoirs extraordinaires. Il dispose du Bureau des grands projets. Il s’est assuré une majorité grâce à des ententes secrètes et douteuses; il devrait donc être en mesure d’agir. Qu'en est-il de ces grands projets? Où est l’urgence de relever le défi? Les libéraux parlent de libérer le potentiel énergétique canadien, mais le moratoire sur les pétroliers est toujours en vigueur. Ils parlent de construire des logements, mais la construction résidentielle dans la région du Grand Toronto et à Vancouver s’est effondrée, et 100 000 personnes sont maintenant sans emploi.
(1530)
    Ils parlent d'exploitation minière, d’industrie manufacturière et de productivité, mais la réforme réglementaire nécessaire pour rétablir la confiance des investisseurs se fait toujours attendre. Ils parlent d’agir rapidement, mais les Canadiens voient toujours le même scénario se répéter: d’abord les annonces, les mesures plus tard, et, trop souvent, aucune mesure n’est prise. Devrions-nous vraiment nous en étonner? Le premier ministre est entouré de la même équipe libérale qui nous a donné la dernière décennie. Il peut nous voler nos idées, mais est-il convaincu de ces idées? Nous savons que l'équipe qui l'entoure n'est pas disposée à faire ce qu'il faut pour les mettre pleinement en œuvre et relancer l'économie canadienne. Les Canadiens sont donc coincés avec le même scénario libéral: des annonces auxquelles on ne donne pas suite.
    Il y a plus d’un an, les conservateurs ont proposé des mesures concrètes, telles que la loi sur la souveraineté canadienne, la suppression de la taxe sur le carbone pour les industries, l’exonération de la TVH sur toutes les maisons neuves d’une valeur pouvant atteindre 1,3 million de dollars, la création de zones prêtes à la mise en chantier et le report des gains en capital, afin de relancer l'économie et de ramener la prospérité chez nous, pour nos gens. Lors de la dernière campagne électorale, nous avons présenté un programme ambitieux pour les 100 premiers jours afin de donner le ton en ce qui concerne l’énergie, la lutte contre la criminalité, la compétitivité et le coût de la vie, car il est urgent d'agir. Aujourd’hui, plus d’un an plus tard, seule une infime partie de cette vision a été mise en œuvre, et les libéraux se demandent pourquoi les choses n’ont pas changé.
     Les libéraux ont rejeté la plupart de ces idées, puis les ont reprises à moitié et ont échoué dans leur mise en œuvre. Les idées qui auraient eu le plus d'impact restent mises de côté. Les demi-mesures ne permettront pas de rattraper une décennie perdue. Certes, le Canada est confronté à des défis avec les États‑Unis, et l'incertitude commerciale est bien réelle, mais le Canada n'est pas le seul pays à faire face à ces défis. Pourtant, le gouvernement veut attribuer chaque échec à la géographie. D'un côté, le premier ministre affirme que le Canada a le meilleur accord commercial avec les États‑Unis de tous les pays du monde et dit vouloir contribuer à rendre sa grandeur à l'Amérique. De l'autre, il attribue notre manque de croissance à notre proximité avec les États‑Unis et affirme qu'il y a une rupture permanente dans nos relations. Qu'en est-il vraiment?
    La vérité, c'est que le Canada possède ce que le monde veut, mais le monde n'est pas encore convaincu que le gouvernement libéral fera le nécessaire pour l'exploiter. Réfléchissons-y. Les prix du pétrole ont grimpé en flèche, mais le Canada est toujours en récession. Nous avons le meilleur accord de libre-échange avec les États‑Unis, mais le Canada est toujours en récession. Nous avons les minéraux critiques dont le monde a besoin, mais le Canada est toujours en récession. À la Chambre, tout ce que j'entends de la part des députés libéraux, ce sont des esquives et des excuses à répétition. Ils doivent se réveiller et assumer leurs responsabilités. Ce n'est pas simplement quelque chose qui arrive au Canada. C'est le résultat d'une mise en œuvre lente et d'un manque de confiance dans un gouvernement qui confond annonces et réalisations. Quand les libéraux se rendront-ils compte que la cause de la récession, ce n'est pas le Canada ni les Canadiens, mais eux-mêmes et leurs politiques ratées?
    Les Canadiens n'ont pas besoin de discours creux. Nous avons besoin de mesures ambitieuses relativement aux lois, aux autorisations, à la construction, à l'énergie, à l'exploitation minière, à la fabrication et aux salaires. Nous avons besoin d'un gouvernement qui adopte des lois et produit des résultats, car le problème n'est pas que le Canada manque de potentiel. Le problème est que le gouvernement libéral n'a pas encore eu le courage et le sentiment d'urgence nécessaires pour aller au-delà des annonces, s'atteler sérieusement à la mise en œuvre et enfin libérer notre potentiel économique.
(1535)
    Monsieur le Président, la Banque du Canada a laissé entendre que le Parti conservateur se montre un peu irréaliste quand il essaie de faire croire que le Canada est en récession, alors qu'en fait, le recul du PIB est de 0,1 % et qu'il existe un certain nombre d'indicateurs différents. Pourtant, les conservateurs semblent jubiler à l'idée qu'il puisse y avoir une récession. Ils en sont heureux pour les Canadiens.
    Je me demande si la députée pourrait expliquer pourquoi le Parti conservateur est si heureux de voir que les Canadiens traversent une période difficile.
    Monsieur le Président, le député dit que nous semblons jubiler, alors que les seuls à la Chambre qui prennent la parole, période des questions après période des questions, pour dire « Nous avons de bonnes nouvelles » sont de l'autre côté de la Chambre. La réalité, c'est que nous présentons des statistiques. Notre économie s'est contractée au cours de trois des quatre derniers trimestres. Le Canada est le seul pays du G7 à être en récession, affichant la pire dette des ménages du G7, le pire coût du logement du G7 et le deuxième taux de chômage le plus élevé du G7. De nombreux indicateurs nous racontent la même histoire.
    Ce qui est le plus inquiétant, c'est d'entendre le député tout nier et prétendre qu'il n'y a pas de récession. Les libéraux ne régleront jamais ce problème.

[Français]

    Monsieur le Président, ce qui explique partiellement le ralentissement économique, c'est la guerre tarifaire que nous avons avec les États‑Unis. C'est bien de critiquer le gouvernement, mais il faut aussi faire des propositions à l'occasion.
    Il y a un secteur qui est assurément plus affecté que les autres, et c'est le secteur du bois d'œuvre. Une solution circule depuis un certain temps; elle a été conçue en collaboration avec les entrepreneurs forestiers et les grandes centrales syndicales. C'est un programme qui viserait à racheter une partie des droits compensateurs antidumping. Je suis sûr que mes collègues conservateurs sont informés de ça.
    Sont-ils d'accord pour donner un coup de pouce à l'économie canadienne et au secteur forestier en mettant en place un programme de rachat des droits compensateurs antidumping?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le député a raison. Pour élaborer une solution, il faut d’abord reconnaître l’existence du problème, ce que le gouvernement libéral ne fait pas. Les conservateurs ont présenté des idées concrètes il y a plus d’un an, et j’en ai dressé une liste, que je vais répéter: la Loi sur la souveraineté canadienne, la suppression de la taxe sur le carbone pour les industries, la suppression de la taxe de vente harmonisée sur toutes les maisons neuves d’une valeur maximale de 1,3 million de dollars, la création de zones de projets prêts à démarrer et le report des gains en capital afin de relancer notre économie et de ramener la richesse chez nous. En fait, nous avions présenté un plan pour les 100 premiers jours afin de donner le ton en matière d’énergie, de criminalité, de compétitivité et d’accessibilité financière. C’est le plan que les conservateurs ont proposé et qu’ils défendent.
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de Newmarket—Aurora pour l'excellente analyse qu'elle fait de la situation dans laquelle nous nous trouvons, situation où les libéraux, et le premier ministre en particulier, balaient du revers de la main les données de Statistique Canada selon lesquelles nous sommes en récession et nous sommes le seul pays du G7 à l’être.
    Je me demande si la députée a une idée de la raison pour laquelle le premier ministre et ses collègues libéraux refusent d’admettre la gravité de la situation financière de notre pays.
    Ça n'arrange pas le premier ministre de reconnaître la réalité, car elle contredit complètement le discours qu'il tenait durant la campagne électorale et ce qu'il dit au quotidien. Il parle de procéder à une vitesse jamais vue depuis des générations. Au-delà de ses discours grandiloquents, les indicateurs économiques confirment en fait ce que nous racontent nos concitoyens. Les gens qui se serrent la ceinture savaient déjà que les indicateurs étaient sur le point d'être publiés parce que leur vie en témoigne. Ils connaissent la vérité, mais le premier ministre est tellement déconnecté qu'il est carrément incapable de reconnaître la réalité que vivent les Canadiens.
(1540)
    Monsieur le Président, je commencerai par commenter la dernière déclaration de la députée. Elle a dit que nous étions déconnectés des Canadiens. À mon avis, s'il y a un parti qui est déconnecté des Canadiens, c'est l'opposition officielle. Le Parti conservateur est complètement déconnecté de la réalité quant à ce qui se passe réellement au Canada.
    Je pense au premier ministre, qui a été élu il y a un peu plus d'un an lorsque nous avons formé un nouveau gouvernement, et je songe aux nombreuses mesures législatives et budgétaires que le gouvernement a prises au cours des derniers mois. On ne peut s'empêcher de constater que ce plan d'action reflète ce que les Canadiens disent aux députés libéraux et au premier ministre. La députée a laissé entendre que le gouvernement est déconnecté des Canadiens, mais rien n'est plus faux. Bon nombre des mesures que nous avons présentées le montrent clairement. Les conservateurs ont fait obstruction à certaines de ces mesures qui reflètent les intérêts des Canadiens, ou ont carrément voté contre.
    Qu'il s'agisse du développement économique ou de la sécurité des Canadiens dans le dossier de la criminalité, nous n'avons jamais vu un premier ministre ou un gouvernement aussi proactif et énergique que le premier ministre et le gouvernement actuels l'ont été depuis environ 13 mois. Les chiffres sont là pour le prouver. Il suffit de jeter un coup d'œil à certaines des mesures prises par le gouvernement.
    Il y a un rapport du Fonds monétaire international que j'ai trouvé très intéressant et que je tiens à citer. Pour les personnes qui suivent le débat et la discussion sur cette motion de l'opposition, qui, franchement, n'a absolument aucune légitimité en tant que motion, le Fonds monétaire international est une organisation qui compte plus de 190 pays membres et qui s'occupe directement des questions financières dans le monde entier. Voici ce que le Fonds monétaire international a dit au sujet du Canada: « mettre l'accent de façon stratégique sur les investissements favorisant la croissance ». Selon ses projections, le Canada se classera en deuxième position au palmarès des pays du G7 où la croissance sera la plus vigoureuse en 2026. C'est le Fonds monétaire international qui le dit, pas les députés ministériels, et il n'est pas le seul. Nous nous classerons en deuxième position au palmarès des pays du G7 où la croissance sera la plus forte. C'est ce qui est prévu cette année.
    J'étais ici vendredi dernier. Quand les conservateurs ont appris que le PIB avait reculé de 0,1 %, ils ont sauté de joie, allant presque jusqu'à célébrer la nouvelle. Hier, à la séance du comité des comptes publics, la sous-gouverneure de la Banque du Canada nous a avertis que nous ne devrions pas tirer trop de conclusions d'un chiffre comme celui-là.
    On pourrait penser que le Parti conservateur, avec toute sa puissance intellectuelle combinée, comprendrait ce simple concept. Lorsqu'on commence à dire que le Canada est en profonde récession, ce qui n'est pas vrai, il y a certainement des éléments qui méritent un second regard. C'est ce que fera la Banque du Canada, mais au lieu de faire cela, les conservateurs cherchent à convaincre leurs partisans, la frange d'extrême droite, que rien ne va plus au Canada, ce qui est tout simplement erroné.
    J'ai mentionné l'autre jour que, si le premier ministre, un ministre ou n'importe quel député se rend dans un autre pays et discute avec des dirigeants d'entreprise, d'autres parties prenantes ou d'autres administrations, il constatera qu'il y a un grand intérêt. Les gens veulent savoir ce qui se passe au Canada. Ils veulent investir au Canada. Pour tout dire, les députés constateraient que le Canada est le pays qui attire le plus d'investissements privés par habitant. Nos résultats sont les meilleurs au monde.
(1545)
     Passons en revue certaines des mesures que le gouvernement a concrètement mises en œuvre. Nous avons un premier ministre et une équipe de ministres qui s'emploient activement à développer les débouchés à l'exportation pour les petites entreprises, ce qui favorise l'emploi de manière très concrète.
     Les conservateurs s'interrogent sur les résultats. Eh bien, voyons cela de plus près. Quel était l'engagement? Le premier ministre a dit, durant la dernière campagne électorale fédérale, il y a 13 ou 14 mois, que nous voulions étendre nos échanges commerciaux au-delà de la frontière canado‑américaine, que c'était important et que nous allions nous efforcer de les doubler au cours de la prochaine décennie. À l'heure actuelle, grâce aux efforts du premier ministre et du gouvernement, et je dirais de tous les membres du caucus libéral qui continuent d'encourager le commerce avec d'autres pays, nous affichons une hausse à 2 chiffres par rapport à l'année dernière. Selon à qui on pose la question et comment on l'analyse, cette hausse se situe entre 15 et 30 %. Les débouchés commerciaux continuent de s'améliorer. Est-ce étonnant, alors que nous avons conclu plus de 20 accords commerciaux et de sécurité au cours des 13 derniers mois?
    Nous avons présenté et fait adopter des mesures législatives sur le commerce avec l'Indonésie, l'Irlande du Nord et l'Angleterre. Les progrès dans le dossier du commerce sont indéniables. Nous reconnaissons également la valeur de nos échanges commerciaux avec les États‑Unis, qui dépassent largement les 3 milliards de dollars par jour, dans les deux sens. Or, même ces échanges ont augmenté par rapport à l'année dernière.
    Contrairement aux conservateurs, nous continuerons de collaborer avec nos homologues américains pour conclure l'accord le plus avantageux possible pour les Canadiens. Nous faisons passer les intérêts du pays avant toute considération partisane, ce qui n'est pas le cas des conservateurs. Au fond, ce qu'ils proposent, c'est que nous capitulions. Rappelons que, l'autre jour, dans le cadre d'un débat sur une autre motion de l'opposition, les conservateurs voulaient que nous laissions entièrement tomber le milieu artistique. Ils ont prétendu que nous avions offensé les négociateurs commerciaux en raison d'une décision prise par le CRTC, un organisme indépendant. Leur réflexe a été immédiat: capituler.
    Ni le premier ministre ni aucun autre membre du caucus libéral national n'est prêt à signer un accord à n'importe quel prix. Nous sommes résolus à nous battre pour obtenir la meilleure entente possible pour les Canadiens, et à réussir. C'est ce que nous allons faire. Si l'on regarde certains indicateurs, on constate que le Canada se démarque, notamment par sa note de crédit et sa situation financière, qui figurent parmi les meilleures du G7.
(1550)
    Du côté de la croissance pour 2026, nous ne sommes pas les meilleurs, mais nous sommes juste après. Nous serons au deuxième rang. C'est ce qui est projeté pour le Canada. En fait, non seulement nous sommes les meilleurs du G7 pour ce qui est des investissements étrangers directs, mais nous sommes aussi très loin devant le pays qui occupe le deuxième rang. Ça ne me surprend pas, compte tenu des mesures que le premier ministre a prises et des rencontres qu'il a tenues avec des dirigeants de partout dans le monde. Il a aussi rencontré de nombreux investisseurs et intervenants, au Canada comme à l'étranger.
    Comme je l'ai déjà dit par le passé, notre premier ministre a rencontré des dirigeants dans des pays tels que les Philippines ou l'Inde. Nous espérons ultimement conclure des accords avec ces deux pays, idéalement en 2026.
    Plusieurs responsables du commerce international sont venus au Canada il y a une semaine — ou peut-être 10 jours — afin d'améliorer les relations commerciales et de bâtir une relation commerciale plus solide et harmonieuse entre le Canada et l'Inde. J'ai eu plusieurs conversations avec le haut-commissaire, et il a parlé en termes très positifs des possibilités pour le Canada et l'Inde. En même temps, nous pouvons quand même nous occuper de questions délicates liées à la sécurité, entre autres, mais nous comprenons à quel point il est important de faire croître notre économie en diversifiant nos débouchés commerciaux. En ce qui concerne les investissements étrangers directs, le premier ministre se rend à l'étranger et parvient à attirer littéralement des milliards de dollars d'investissements étrangers au Canada.
    Voilà le genre de choses qui peuvent améliorer la situation. Les conservateurs semblent penser qu'une semaine après notre victoire aux élections, tout devait déjà être réglé. Il faut du temps. Nous avons mis sur pied des projets d'envergure et adopté des lois quelques semaines après les élections. Quelques mois plus tard, nous avons créé un Bureau des grands projets chargé de recueillir des idées et de soutenir les projets dans la ville de Calgary. Je crois que c'était en août ou en septembre; je n'en suis pas sûr à 100 %.
    Nous avons désormais des projets d'envergure prévus dans toutes les régions de notre grande nation. Comme je l'ai souligné dans le passé, on peut parler d'énergie éolienne et marémotrice au Canada atlantique, du port et des minéraux au Québec, et d'énergie nucléaire en Ontario. On peut parler de Thompson et des mines, ou de Churchill, dans ma province, le Manitoba. On peut parler de cuivre, de potasse et de canola en Saskatchewan. On peut parler de pipelines pour l'Alberta. On peut parler non seulement de pipelines, mais aussi d'exploitation minière en Colombie‑Britannique, ainsi que de grands projets d'exploitation des ressources dans le Nord.
    En même temps, nous sommes attentifs aux préoccupations des communautés autochtones, des provinces et des autres parties prenantes sur des questions cruciales telles que l'environnement. Lorsque nous parlons de ces projets, nous devons veiller à ce qu'ils soient réalisés de manière durable.
    C'est le genre de projets que le gouvernement du Canada met en œuvre. Un pipeline ne se construit pas du jour au lendemain. Cela prend du temps, mais nous avons un premier ministre et un gouvernement qui non seulement ont signé un protocole d'entente, mais sont allés encore plus loin. Nous prenons des mesures supplémentaires pour donner suite à ce protocole d'entente.
(1555)
    Le gouvernement comprend la valeur de la collaboration avec les peuples autochtones, les gouvernements provinciaux et plus encore. C'est ainsi que nous bâtirons un Canada fort, qui prend soin de tous les Canadiens. Voilà le genre de mesures que nous prenons.
    Le Parti conservateur, quant à lui, finit par voter contre à peu près tout. Les conservateurs continuent à tenir des propos négatifs et à répandre de fausses informations. Je vais donner un exemple qui date d'hier.
    Dans le débat d'hier, le député de Brandon—Souris a parlé de l'armée. Une partie des échanges portait sur les Forces canadiennes et les investissements connexes. Deux choses me viennent à l'esprit à ce sujet. Il y a d'abord les fausses informations. C'est incroyable que le député de Brandon dise aux gens que le bureau d'Anciens Combattants de Brandon est fermé. Lorsque j'ai contredit le député, le porte-parole en matière d'anciens combattants, qui n'avait pas la parole, a laissé entendre que je ne comprenais pas que le bureau de Brandon était fermé.
    Lorsque le député de Brandon et le porte-parole pour les anciens combattants tiennent de tels propos et qu'il suffit de consulter le hansard, on pourrait être porté à croire que le bureau de Brandon n'existe plus. Bien sûr, à l'instar de bien d'autres propos et actions des conservateurs, ce n'est tout simplement pas vrai. Il y a un bureau de services aux anciens combattants dans la collectivité de Brandon.
    En réalité, c'est le Parti conservateur et son chef actuel qui ont fermé le bureau de Brandon, ainsi que huit autres bureaux de services aux anciens combattants. Les conservateurs ont ensuite eu l'audace de dire que la façon dont nous traitons les anciens combattants aura une incidence négative sur le recrutement dans les Forces canadiennes, du moins c'est ce que le porte-parole pour les anciens combattants a laissé entendre.
    Les conservateurs ne savent-ils pas que, l'année dernière, un nombre sans précédent de personnes a demandé à s'enrôler dans les Forces canadiennes? Je vais proposer une explication à ce phénomène. C'est parce que nous avons un gouvernement qui a reconnu la valeur des Forces canadiennes, qui a respecté l'engagement de 2 % et qui s'est engagé à aller bien au-delà de 2 % du PIB.
    Comparons cela à l'époque où le chef du Parti conservateur faisait partie du gouvernement et du Cabinet. Pendant une année, les dépenses de défense ont été inférieures à 1 % du PIB. C'est tout le contraire de ce que le Parti conservateur dit à ses concitoyens et à l'ensemble des Canadiens, qui constitue de la mésinformation. Non seulement les conservateurs font de la mésinformation ici à la Chambre, mais ils en font aussi à l'extérieur de la Chambre, par l'entremise des réseaux sociaux et de courriels. Ils parlent de l'abordabilité, mais jetons un coup d'œil à ce qu'ils ont dit sur des sujets comme l'allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels. Soit dit en passant, les chèques et les dépôts seront envoyés cette semaine.
    Le programme national d'alimentation scolaire nourrit 400 000 jeunes enfants. Certains conservateurs ont affirmé que ce programme est de la foutaise. D'autres ont dit que le programme n'existe pas, même s'il nourrit des centaines de milliers d'enfants. Il est vraiment étonnant de voir comment les conservateurs s'opposent aux mesures d'abordabilité du gouvernement tout en lui reprochant de ne pas en prendre davantage.
    Je dirais que le Parti conservateur du Canada doit repenser l'image qu'il donne de lui-même non seulement à la Chambre, mais aussi à tous les Canadiens, sur une multitude de questions.
(1600)

[Français]

    Monsieur le Président, je suis toujours étonné de voir le député de Winnipeg-Nord réinventer la réalité dans chacun de ses discours.
    Tout à l'heure, il a fait référence au fait que le premier ministre ne pouvait pas régler la crise tarifaire au cours des premiers mois, à son arrivée à son poste. C'est pourtant ce que le premier ministre avait promis lors de la campagne électorale: avec son bagage, il allait parvenir à régler cette crise tarifaire. C'est facile de dire aujourd'hui que c'était impossible, mais c'était quand même une promesse électorale qui était fort importante pour lui à ce moment-là. Cependant, je vais laisser ça de côté.
    Je vais simplement indiquer au secrétaire parlementaire qu'il y a une situation intenable, présentement, dans le secteur forestier. Des solutions existent. La province qui est le plus touchée par le conflit tarifaire, c'est le Québec, avec l'aluminium et le secteur forestier. Parmi ces solutions, il y a un programme de rachat qui a été soutenu par l'ensemble des gens du secteur forestier. Or le gouvernement persiste à faire la sourde oreille.
    J'aimerais savoir comment mon collègue peut m'expliquer ce manque d'écoute de la part du gouvernement et le manque d'action qu'on voit dans le secteur forestier.

[Traduction]

    Monsieur le Président, qu'il s'agisse de l'industrie forestière, de l'industrie de l'aluminium, de l'industrie sidérurgique ou de l'industrie automobile ici, au Canada, elles revêtent toutes une grande importance pour le gouvernement fédéral. C'est l'une des raisons pour lesquelles, à l'aide de droits de douane et en surveillant de près ces industries, nous avons élaboré des programmes de requalification professionnelle pour accorder un soutien financier direct.
    Je tiens à revenir sur les observations du député concernant trois éléments: Trump, les droits de douane et le commerce. Le premier ministre s'est engagé à accroître les échanges commerciaux avec d'autres pays que les États‑Unis, et nous avons très bien réussi à cet égard.
    En ce qui concerne un accord avec les États‑Unis, nous en avons actuellement un. Nous sommes prêts à rencontrer l'administration américaine et à poursuivre les négociations de bonne foi pour protéger les intérêts des Canadiens, mais nous ne sommes pas prêts à capituler. Je pense qu'il est important que nous persistions et que nous insistions pour obtenir le meilleur accord possible pour les Canadiens.
    Monsieur le Président, j'ai une question pour le député d'en face. Il a prononcé un discours sur ce que fait l'opposition en ce moment. Je suis un peu consterné, car je pense qu'il doit parler de l'objet de la motion, à savoir la récession vers laquelle le Canada se dirige très clairement. Il y a un certain nombre d'éléments à présenter ici, mais le député doit reconnaître, et même assumer, bien franchement, que certaines des politiques imposées au pays par le gouvernement ont mené l'économie au point où elle en est.
    Le député pourrait-il parler de cela au lieu de jeter le blâme sur les autres, que ce soit sur notre voisin du Sud ou sur les députés de ce côté-ci de la Chambre, en disant que nous faisons erreur à ce sujet? Les données parlent d'elles-mêmes. Le pays est en déclin économique. Peut-il nous dire ce que, selon lui, il devrait changer de l'autre côté de la Chambre pour mettre fin à cette tendance?
     Monsieur le Président, en ce qui concerne la récession, je suis plus enclin à croire ce que dit la Banque du Canada qu'à croire le chef du Parti conservateur.
     Certes, le PIB est un indicateur très important, mais il existe d'autres indicateurs importants qu'il convient également de prendre en compte. Au mieux, les conservateurs agissent prématurément en proclamant haut et fort, avec joie, que le Canada est en récession, alors que d'autres indicateurs montrent que le pays se renforce et que l'économie devrait croître. On prévoit d'ailleurs que la croissance économique du Canada se classera au deuxième rang parmi les pays du G7. Je pense qu'il y a des chiffres solides à ce sujet, et j'ai hâte de pouvoir démontrer très clairement, dans les mois à venir, que notre plan pour bâtir un Canada fort est sur la bonne voie.
(1605)
    Monsieur le Président, je tiens à féliciter le député pour son excellent discours, notamment au sujet de la mésinformation. Comme nous le savons aujourd'hui, l'intelligence artificielle se nourrit de toutes sortes de commentaires, qu'ils soient justes ou erronés, provenant des réseaux sociaux, et la mésinformation entraîne évidemment des préjugés dans les résultats fournis par l'intelligence artificielle. Je me demande si le député pourrait nous parler des répercussions de ce phénomène sur la société en général.
    Monsieur le Président, au vu des technologies actuelles, notamment des réseaux sociaux et des possibilités de communication par ordinateur et par Internet, il y a de quoi s'inquiéter. Au bout du compte, quand quelqu'un fait la promotion de choses négatives et les encourage, cela finit par avoir des répercussions.
    C'est pourquoi je pense que le Parti conservateur du Canada, en tant qu'opposition officielle, devrait, selon moi, faire preuve de plus de responsabilité dans son traitement des faits concernant un certain nombre de questions. Je viens d'en citer un exemple qui s'est produit hier. J'aurais facilement pu mentionner une autre journée de l'opposition, lorsque les conservateurs affirmaient que les Canadiens payaient l'essence 22 % plus cher que les Américains. J'ai pris une photo de trois stations-service différentes à Winnipeg où le prix du litre était d'environ 1,55 $, ce qui est bien moins cher qu'en Californie, où vivent 39 millions de personnes.
    Uqaqtittiji, j'apprécie toujours les discours du député à la Chambre des communes et j'en apprends toujours plus sur le Canada, grâce à la longue expérience du député à la Chambre. Je me demande si le député voudrait bien nous dire à quel point les choses ont changé au cours de la 45e législature, en particulier en ce qui concerne l'accent mis sur les investissements au Nunavut.
    Monsieur le Président, si l'on retrace le chemin parcouru depuis toutes ces années de mobilisation jusqu'à aujourd'hui, on peut parler des investissements militaires et de l'importance de dossiers comme celui des Rangers, qui, je le sais, revêt une grande importance pour ma collègue. Je pense également à tout le secteur minier. Hier, la députée racontait l'histoire d'un camionneur et expliquait comment les peuples autochtones, dans leur ensemble, protègent notre environnement et défendent ses intérêts.
    On peut parler également de la bonne entente et de la relation entre les habitants du Nord et le gouvernement du Canada, qui reconnaît que le Nord est extrêmement important. Le Canada ne serait pas le Canada sans le Nord, et nous devons y investir. Nous devons veiller à y être présents de manière très concrète et tangible. Je compte sur ma collègue et amie pour continuer de défendre cette cause, tant au sein de la Chambre et du caucus qu'en général, car je pense que cela contribue à renforcer le Canada.
    Monsieur le Président, j'ai une question au sujet du Programme national d'alimentation scolaire. Nous avons des programmes d'alimentation scolaire en Saskatchewan pour les enfants qui arrivent à l'école le ventre vide. Je pense que c'est vraiment important.
    Cependant, le gouvernement s'est engagé à injecter 216,6 millions de dollars par année dans le programme d'alimentation scolaire et d'en faire un programme permanent. Chaque année, 400 000 enfants de plus bénéficieront de cet engagement. Il y a 5,5 millions d'élèves dans les écoles en ce moment, dont 3,5 millions au primaire. Avec l'argent que le gouvernement donne, cela représente 2,70 $ par jour par enfant. En quoi est-ce prendre soin des enfants? Pourquoi le gouvernement ne redonne-t-il pas cet argent aux parents par l'entremise d'une économie saine afin qu'ils puissent nourrir eux-mêmes leurs enfants?
    Monsieur le Président, j'étais prêt à complimenter la députée quand elle a mentionné le programme de la Saskatchewan. Il faut garder à l'esprit que le programme dont nous parlons ne s'adresse pas à tous les enfants qui fréquentent l'école. Il s'adresse aux plus jeunes. Il bénéficie d'un vaste appui de la part des provinces et des intervenants. Ce que j'ai aimé dans la question de la députée, c'est qu'elle a reconnu qu'il s'agit d'un bon programme en Saskatchewan. C'est ce qu'elle a laissé entendre.
    Je dirais qu'il s'agit d'un bon programme pour les plus de 400 000 enfants au pays. Je suis parlementaire depuis 1988 et je peux dire à la députée d'en face que, pratiquement depuis le premier jour, j'entends parler de l'éducation et de son importance pour notre société. L'un des aspects, c'est que les enfants ne peuvent pas apprendre le ventre vide. C'est pourquoi le programme mis en place par le gouvernement et le leadership dont il fait preuve dans ce dossier sont si importants.
    J'espère que d'autres provinces et d'autres intervenants seront en mesure d'élargir le programme, mais au moins, nous posons un geste très fort et très positif. Les conservateurs devraient revenir sur leur position.
(1610)
    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de Calgary-Centre.
    Je prends la parole aujourd'hui parce que les Canadiens méritent un gouvernement qui vit dans l'économie réelle, et non dans les discours prémâchés des libéraux. Les faits sont désormais impossibles à nier: le Canada est entré en récession. L'économie canadienne s'est contractée pendant deux trimestres consécutifs. Elle a reculé au cours de trois des quatre derniers trimestres. Les investissements des entreprises ont chuté pour un cinquième trimestre consécutif, et l'épargne des ménages est tombée à son niveau le plus bas depuis des années. Les dépenses en immobilisations des entreprises ont également chuté de 0,7 %.
    Cependant, vendredi dernier, un libéral a pris la parole à la Chambre et a dit, non pas une, mais deux fois, « soyons clairs: le Canada n'est pas en récession ». Ce n'est pas ce qu'on appelle du leadership économique. C'est du déni économique.
    Les Canadiens n'ont pas besoin d'un autre sermon des libéraux, rempli de projections, de modèles, de prévisions ou de belles paroles. Ils ont besoin de faits réels. Ils voient la réalité chaque fois qu'ils ouvrent leurs relevés de carte de crédit, chaque fois qu'ils vont à l'épicerie, chaque fois qu'ils vérifient leurs comptes d'épargne et chaque fois qu'ils arrivent à court d'argent avant leur prochaine paie.
    Le premier ministre libéral aime rappeler aux Canadiens qu'il est économiste. Il aime citer des prévisions. Il aime organiser des cérémonies de signature. Il affectionne le jargon des sommets mondiaux, de la haute finance, des plans de transition, des stratégies industrielles et des cadres bureaucratiques, mais les Canadiens vivent dans la réalité, et la réalité est la suivante: le premier ministre libéral est le seul du G7 à avoir fait basculer l'économie de son pays dans une récession.
    Tous les autres pays du G7 se sont vu imposer des droits de douane. Tous les autres pays du G7 font face à l'incertitude mondiale. Tous les autres pays du G7 évoluent dans la même économie mondiale que nous, mais seul le Canada, sous la gouverne du premier ministre libéral, est en récession. Cela signifie qu'il ne s'agit pas simplement d'une récession mondiale due à des facteurs mondiaux. Il ne s'agit pas simplement d'une récession due aux droits de douane. Il ne s'agit pas simplement d'un choc extérieur. Il s'agit d'une récession d'origine interne, provoquée par les libéraux.
     Commençons par une simple leçon d'économie. La croissance découle du travail, de l'investissement, de la productivité, de l'innovation et de la formation de capital. Un pays s'enrichit lorsque les travailleurs deviennent plus productifs, lorsque les entreprises investissent dans les machines et la technologie, lorsque les entrepreneurs prennent des risques, lorsque le capital reste dans le pays ou y est attiré, et lorsque la politique gouvernementale récompense la production et l'innovation plutôt que de les pénaliser.
    Au cours des 11 dernières années, les libéraux ont fait exactement le contraire. Ils ont augmenté la taxe sur le carbone pour les industries. Ils ont multiplié les lois hostiles à l'exploitation des ressources. Ils ont noyé le secteur canadien des ressources dans la bureaucratie. Ils ont fait fuir les investisseurs, tant canadiens qu'étrangers. Ils ont créé de nouvelles structures bureaucratiques libérales remplies d'initiés libéraux, de nouvelles caisses occultes libérales qui ont profité aux amis du Parti libéral, de nouveaux programmes hypertrophiés et de nouvelles séances de photos politiques. Ils ont même doublé le déficit de Justin Trudeau et ont dit aux Canadiens que tout cela était de l'investissement.
    Sur les marchés financiers, il y a une règle simple: le capital va là où il est le bienvenu et reste là où il est récompensé. Sous l'actuel gouvernement libéral, le capital n'est pas récompensé au Canada. Il est réglementé, taxé, ralenti, bloqué et politisé. C'est pour cette raison que les investissements des entreprises sont en baisse. C'est pour cette raison que les grands projets ne se matérialisent jamais. C'est pour cette raison que la productivité au Canada est faible. C'est pour cette raison que les fonds qui devraient servir à construire des mines, des projets énergétiques, des usines, des logements, des ports, des pipelines et des technologies au Canada quittent le pays.
    Depuis l'arrivée au pouvoir du premier ministre libéral, 109,3 milliards de dollars d'investissements ont quitté le Canada et seulement 88,4 milliards de dollars y sont revenus. Cela représente une perte nette de 20 milliards de dollars. Il ne s'agit pas d'une erreur d'arrondissement. Il s'agit d'occasions manquées, d'emplois perdus, de chèques de paie perdus, d'une baisse de productivité et d'une perte d'influence nationale. Le Canada a désormais le taux d'endettement des ménages le plus élevé du G7, les logements les moins abordables du G7, le taux d'inflation alimentaire le plus élevé du G7, l'investissement par travailleur le plus faible du G7, l'avant-dernier taux de productivité en importance au sein du G7 et le deuxième taux de chômage en importance au sein du G7. Ce sont les Canadiens qui paient aujourd'hui le prix de cet échec du Parti libéral.
    Le Canada a perdu 112 300 emplois en seulement trois mois. Il y a 45 800 Canadiens de plus qui sont sans emploi aujourd'hui qu'à l'arrivée au pouvoir du premier ministre libéral il y a un an. Il y a maintenant trois chômeurs canadiens pour chaque poste vacant. La promesse d'un avenir meilleur fait place à la crainte de prendre du retard. C'est ce qui se produit lorsque les gouvernements oublient les rudiments de l'économie.
    Lorsqu'on taxe la production et l'innovation, la production et l'innovation diminuent. Lorsqu'on pénalise les investissements et les capitaux, on obtient moins d'investissements et de capitaux. Lorsqu'on entrave la construction, moins de projets se concrétisent. Lorsque le gouvernement accapare une plus grande part de l'économie, les familles et les entreprises se retrouvent avec une plus petite part du gâteau. Ce n'est pas compliqué. Ce sont des principes économiques de base, mais après 11 ans de politiques économiques libérales, le Canada est devenu un exemple concret qui montre comment un pays riche peut s'appauvrir.
    Les libéraux ont hérité de l'une des économies démocratiques les plus riches en ressources, les plus instruites et les plus stables au monde. Ils ont hérité d'un pays riche en énergie, en minéraux, en terres agricoles, en infrastructures portuaires, en universités, en entrepreneurs et en travailleurs qui ne demandent qu'à bâtir une belle vie. Depuis 11 ans, les libéraux ont fragilisé le pays en rendant tout plus difficile: travailler, construire, investir, embaucher, acheter une maison et nourrir une famille. Aujourd'hui, les conséquences du vandalisme économique des libéraux se font sentir partout.
    Selon la fiche de rendement sur la pauvreté publiée en 2026 par Banques alimentaires Canada, un Canadien sur quatre souffre d'insécurité alimentaire et le recours aux banques alimentaires a plus que doublé depuis 2019; un habitant sur dix de la région du Grand Toronto en dépend aujourd'hui. En 2025, les banques alimentaires de la région du Grand Toronto ont enregistré un nombre record de 4,1 millions de visites, soit une hausse de 340 % depuis 2019. Le nombre de visites dans les banques alimentaires a doublé depuis 2020. Une personne sur cinq qui fréquente actuellement les banques alimentaires occupe un emploi. Avoir un emploi ne suffit donc plus à garantir la stabilité. Voilà qui en dit long sur le vandalisme économique commis par le gouvernement libéral.
(1615)
    Voilà à quoi ressemble cette récession créée de toutes pièces par les libéraux. Elle se manifeste sous la forme de réfrigérateurs vides, de paniers d'épicerie vides et de comptes bancaires vides. Elle se manifeste sous la forme de parents qui sautent des repas pour que leurs enfants aient de quoi manger. Elle se manifeste sous la forme de travailleurs qui font tout ce qu'il faut, mais qui voient pourtant leur situation se détériorer.
    Le premier ministre libéral et sa machine médiatique libérale contrôlée par l'État ont beau dire qu'il s'agit d'une récession technique, il n'y a rien de technique dans le fait qu'un quart des Canadiens soient incapables de se nourrir adéquatement. Il n'y a rien de technique dans le fait qu'une jeune famille a un loyer deux fois plus cher qu'il y a 10 ans. En 2015, le loyer d'un trois et demi dans les grandes villes canadiennes était d'environ 970 $ par mois. Aujourd'hui, il est d'environ 1 850 $.
    Ce n'est pas un détail technique. C'est une génération privée d'indépendance. Il n'y a rien de technique au sujet du coût du logement. En novembre 2015, le coût moyen d'une habitation au Canada était de 435 000 $. Aujourd'hui, il est de 659 000 $, ce qui représente une augmentation de 51 %. En 2015, il fallait consacrer 39 % du revenu médian avant impôt d'un ménage pour accéder à la propriété. Aujourd'hui, cette part atteint 52,4 %, sans même tenir compte du fait que la superficie des logements est désormais inférieure à ce qu'elle était auparavant.
    Tous les indicateurs économiques avancés sont au rouge. Ce n'est pas de la prospérité. C'est un déclin masqué par les communiqués de presse des libéraux. Dans le domaine des finances publiques, les déficits libéraux sont importants parce qu'ils ont des conséquences. Un déficit, c’est une ardoise qu’on laisse aux générations suivantes, avec des intérêts en prime. C'est une ponction sur les salaires futurs en raison d'une hausse de l'inflation. C'est un prélèvement dans la poche des jeunes Canadiens, des familles de travailleurs et des aînés pour financer, aujourd'hui, les projets visant à flatter la vanité idéologique des libéraux.
    On s'attend à ce que le premier ministre libéral fasse grimper la dette fédérale à près de 1,63 billion de dollars d'ici 2031. C'est 1 billion de dollars de plus que lorsque les libéraux sont arrivés au pouvoir. On s'attend à ce que les Canadiens paient 58,3 milliards de dollars par année uniquement pour payer les intérêts de la dette nationale, ce qui est plus que ce que les libéraux perçoivent sur la TPS et ce que le gouvernement fédéral paie aux provinces pour les soins de santé. Alors que les Canadiens se serraient la ceinture, le gouvernement libéral, lui, desserrait la sienne. Alors que les familles réduisaient leurs dépenses, les libéraux dépensaient davantage. Alors que les petites entreprises comptaient chaque dollar, les libéraux augmentaient la taille du gouvernement et alourdissaient la bureaucratie.
    Les libéraux se demandent pourquoi l'inflation s'est installée durablement, pourquoi le coût de la vie a explosé et pourquoi la situation financière des ménages se détériore. Le Canada affiche désormais le pire ratio de la dette des ménages par rapport à leur revenu disponible parmi les pays du G7. Ce sont les chiffres de Statistique Canada. Cela signifie que les familles canadiennes sont plus vulnérables, plus endettées et plus fragiles quand les taux d'intérêt augmentent, quand leurs dépenses quotidiennes s'alourdissent ou quand leurs emplois disparaissent.
    Equifax a fait état de fortes pressions dans l'endettement des ménages. Plus de 1,5 million de Canadiens ont manqué un paiement de crédit au quatrième trimestre de 2025. Les défauts de paiement sur les prêts hypothécaires ont augmenté de 32 %. Les cas d'insolvabilité des consommateurs ont augmenté de 19 %. La stabilité financière a disparu pour un trop grand nombre de ménages. C'est là que l'économie et la finance rejoignent la réalité quotidienne. Quand les gouvernements libéraux génèrent des déficits inflationnistes, cela fait grimper les coûts dans notre économie. Quand l'inflation augmente, les taux d'intérêt augmentent. Quand les taux d'intérêt augmentent, les ménages subissent des pressions. Quand les ménages subissent des pressions, les dépenses de consommation ralentissent. Quand les dépenses de consommation ralentissent, les entreprises doivent réduire leurs nouveaux investissements nets. Quand les entreprises réduisent leurs investissements, les emplois disparaissent et la productivité s'effondre.
    Voilà comment les libéraux ont provoqué une récession dans leur propre pays. Elle est le résultat d'une réaction en chaîne déclenchée par leurs politiques désastreuses. En taxant l'énergie, les libéraux ont renchéri le coût de tout ce qui est transporté par camion, train, navire ou tracteur. Ils ont freiné le développement et affaibli l'attrait du Canada pour les investisseurs. Ils ont enregistré des déficits qui ont alimenté l'inflation. Ils ont créé un climat d'incertitude en multipliant les règlements, les examens, les retards et le favoritisme politique. Ils ont élargi la bureaucratie au lieu d'accroître la productivité.
    Puis, lorsque la facture est arrivée, les libéraux ont rejeté la faute sur des facteurs mondiaux. Or, ce n'est pas le monde qui a adopté les lois libérales hostiles à l'exploitation des ressources au Canada. Ce n'est pas le monde qui a imposé aux Canadiens les taxes libérales sur le carbone, qui a doublé le déficit libéral de Justin Trudeau et qui a créé des caisses noires libérales pour les proches du Parti libéral. Le monde n'a pas fait fuir les investisseurs canadiens. Il n'a pas dit au gouvernement libéral de faire passer ses intérêts politiques avant ceux des Canadiens ordinaires. Ce sont les libéraux, ici au Canada, qui ont fait tout cela.
    Les excuses des libéraux ne créent pas de la croissance, pas plus que leurs discours et leurs cérémonies de signature. Les slogans du Parti libéral ne créent pas de la croissance. La croissance vient des travailleurs, des constructeurs, des agriculteurs, des mineurs, des fabricants, des entrepreneurs, des innovateurs et des familles à qui l'on permet de garder une plus grande partie de ce qu'ils gagnent et de construire davantage ce dont le pays a besoin. C'est pourquoi les conservateurs demandent au premier ministre libéral de revenir sur les politiques qui ont provoqué cette récession d'origine libérale. Cela signifie mettre fin aux dépenses inflationnistes financées à crédit et aux déficits des libéraux, abroger les lois libérales hostiles à l'exploitation des ressources, supprimer les formalités administratives libérales non compétitives et mettre un terme à la création de nouvelles bureaucraties libérales et de caisses noires pour les initiés libéraux. Nous devons mener à bien des projets, attirer les investissements, récompenser le travail, rétablir la productivité et permettre aux Canadiens de garder plus d'argent dans leurs poches.
    Le Canada n'a pas besoin d'un déclin contrôlé, d'un nouveau sermon libéral ou d'un nouveau document stratégique sur papier glacé rédigé par des consultants libéraux et annoncé depuis une tribune. Le Canada a besoin d'un gouvernement qui comprend que l'économie ne se bâtit pas dans les salles de réunion d'Ottawa. Elle est bâtie par les Canadiens qui se lèvent chaque matin, vont travailler, prennent des risques, paient des impôts, élèvent leur famille et font avancer le pays. Ils ont fait leur part. Il est maintenant temps que le gouvernement permette à nouveau aux Canadiens de bâtir, de travailler, d'investir et d'espérer. C'est ainsi que nous renverserons cette récession libérale.
(1620)
    Monsieur le Président, je peux peut-être aider le député. En ce qui concerne les investissements directs étrangers par habitant, le Canada se classe au premier rang des pays du G7. Il se classerait sans doute parmi les trois premiers à l'échelle mondiale. À mon avis, le fait que des gens qui vivent à l'étranger décident d'investir au Canada est une très bonne indication des raisons pour lesquelles le Canada occupera la deuxième place au palmarès des pays du G7 où la croissance sera la plus dynamique cette année. C'est ce qui est prévu.
    Le Parti conservateur veut nier cette réalité et se montrer constamment négatif à l'égard du Canada. Les conservateurs ne font rien d'autre.
    Monsieur le Président, voilà un exemple de plus d'un porte-parole du Parti libéral qui blanchit sa désinformation ici, au Canada.
    Les libéraux aiment accuser les conservateurs de choisir l'information qui fait leur affaire, mais c'est exactement ce qu'ils font. Ils choisissent les statistiques qui font leur affaire. La vérité, c'est que 109 milliards de dollars d'investissements ont quitté le Canada, alors que le pays n'en a attiré que 88 milliards. Il s'agit d'une perte nette de 20 milliards de dollars. Les libéraux peuvent se vanter des investissements directs étrangers, mais plus de capitaux quittent le Canada à un rythme accéléré. Environ 1 billion de dollars ont été perdus depuis l'arrivée au pouvoir des libéraux. Voilà les faits. Les libéraux doivent vivre dans la réalité. Les Canadiens ne vivent pas dans les discours des libéraux.
    Monsieur le Président, les libéraux veulent nous parler de ces grands projets prestigieux, ce qui est complètement déconnecté de la réalité que nous observons.
     Les banques alimentaires accueillent chaque mois 2,2 millions de personnes. À Richmond Hill, une municipalité que le député et moi-même avons l'immense honneur de représenter ici, la banque alimentaire communautaire enregistre un nombre record de visiteurs.
     Je me demande si le député peut nous dire ce qu'il entend dans sa collectivité à propos du fait que le Canada n'est ni premier, ni deuxième, ni troisième, mais qu'il est en fait le tout dernier de tous les pays du G7 en ce qui concerne l'abordabilité des aliments.
    Monsieur le Président, le député et moi-même avons tous deux visité la banque alimentaire communautaire de Richmond Hill et y avons constaté les difficultés auxquelles les Canadiens ordinaires de cette région doivent faire face.
     Les faits confirment ce que nous constatons sur le terrain. Les ménages canadiens ont désormais le niveau d'endettement le plus élevé du G7. Nous avons les logements les moins abordables du G7, la pire augmentation du prix des aliments du G7 et l'investissement par travailleur le plus faible du G7, et nous nous classons au deuxième rang des pays du G7 pour la pire productivité et le pire taux de chômage.
    Cela m'attriste de constater que nous vivons dans un pays du G7 où les banques alimentaires débordent de gens qui font la queue et qu'elles n'ont plus assez de nourriture pour répondre à la demande. Voilà le Canada dont nous héritons après 11 ans de gouvernance libérale.
    Monsieur le Président, je suis heureux que le député ait évoqué les banques alimentaires, car des représentants de l'organisme Banques alimentaires Canada se trouvent sur la Colline aujourd'hui.
    Banques alimentaires Canada l'a clairement indiqué, et nous a même mis en garde, en soulignant que notre régime d'assurance-emploi ne reflète plus la réalité du marché du travail au Canada, ce qui a des répercussions sur les gens. De plus en plus de Canadiens occupent plusieurs emplois à temps partiel et des postes contractuels, ou ils travaillent à la demande. Pourtant, ils cotisent à un régime qui leur refuse souvent toute aide lorsqu'ils en ont le plus besoin. L'organisme a souligné que, tandis que le recours aux banques alimentaires continue d'atteindre des niveaux records et que les familles sont aux prises avec la hausse du coût de la vie, des millions de travailleurs sont laissés pour compte par un régime d'assurance-emploi désuet, conçu pour un marché du travail qui n'existe plus.
     Les conservateurs et le député partagent-ils l'avis de Banques alimentaires Canada, qui réclame une réforme en profondeur de l'assurance-emploi afin que ceux qui travaillent à la demande, les travailleurs à temps partiel et les travailleurs occupant un emploi précaire puissent réellement bénéficier des prestations pour lesquelles ils cotisent?
(1625)
    Monsieur le Président, pour atténuer immédiatement l'inflation alimentaire, on devrait mettre fin aux folles dépenses inflationnistes des libéraux et éliminer les taxes sur les aliments comme la taxe sur le carbone pour les industries, la taxe sur les emballages ainsi que la taxe liée à la norme sur les combustibles que les libéraux continuent d'imposer aux Canadiens, jour après jour.
    Les conservateurs ont proposé une motion visant à abolir ces taxes. Les libéraux, qui disent que ces taxes sont imaginaires, ont voté contre notre motion. C'est honteux. Les libéraux ne vivent pas dans la réalité, mais dans des communiqués de presse. Les Canadiens surveillent leurs relevés de cartes de crédit, de comptes bancaires et d'emprunts hypothécaires. C'est la réalité dans laquelle vivent les Canadiens.
    Monsieur le Président, je suis heureux de prendre de nouveau la parole aujourd'hui à la Chambre des communes au sujet d'une question économique.
    Avant d'entrer dans le vif du sujet, je tiens à parler de la situation dans son ensemble. Il s'agit ici de définir ce qu'est une récession. Bien sûr, il existe une définition technique d'une récession, mais c'est généralement avec le recul que l'on en perçoit le véritable signe. Il s'agit d'un signe qu'il y a eu un déclin important de l'activité économique, qui s'est étendu à l'ensemble de l'économie et qui a duré plus de quelques mois. Un large éventail de données entre en ligne de compte, notamment la baisse du PIB, que l'on a observée, ainsi que la baisse de l'emploi, que l'on a également observée. Le taux de chômage s'élève aujourd'hui à 6,9 %. D'autres indicateurs comprennent la diminution des revenus, ce qui est manifestement le cas au Canada, ainsi que la baisse de la production — pensons au secteur manufacturier et aux autres industries qui subissent actuellement un ralentissement au Canada. À cela s'ajoute une courbe de taux inversée, comme ce fut le cas en 2023, ce qui indique généralement que nous finirons par entrer en récession. Tous ces indicateurs sont présents à l'heure actuelle, il faut donc examiner ce qui arrivera.
    La confiance des consommateurs est en baisse. Lorsque les gens commencent à perdre leurs emplois et qu'ils n'ont plus de travail, ils participent moins à l'économie, ce qui entraîne un cercle vicieux, puisqu'ils réduisent leurs dépenses. Les gens coupent dans les dépenses dont le pays a besoin pour stimuler son économie.
    La hausse des faillites est un indicateur. Si on examine les dettes des Canadiens en ce moment, on constate que le niveau d'endettement est considérable. Nous sommes le pays le plus endetté du G7. Il y a toute une série de statistiques là-dessus. Toutefois, au-delà des statistiques, il y a des gens qui perdent leur maison ou qui doivent refinancer leur prêt hypothécaire à des taux plus élevés. Ce sont des épreuves bien réelles que les gens vivent partout au Canada, et nous devons nous pencher sérieusement sur ces problèmes.
     Penchons-nous maintenant sur le taux de chômage. Il s’élevait à 6,9 % le mois dernier. En 2015, alors que nous traversions ce qu’on appelle une récession technique, le taux de chômage était de 7 %. Soit 7 % contre 6,9 %. Nous ne sommes pas loin d’un niveau de chômage qui serait grave pour le pays.
    Pour aller droit au cœur du problème, mentionnons qu'il y a au Canada un demi-million d’anciens étudiants qui sont toujours au chômage et qui n’occupent pas les emplois pour lesquels ils ont été formés dans leurs établissements d’enseignement. Il s’agit là de vies réelles. Ces personnes tentent d’apporter à l'économie de véritables contributions, mais cela ne se concrétise pas en ce moment. Il faut agir à cet égard.
     Le nombre d'emplois a diminué, mais voyons où ils sont passés. Depuis 2023, on compte 300 000 employés de plus dans le secteur public et dans celui des municipalités, universités, écoles et hôpitaux, tandis que l'on constate un recul de l'emploi dans le secteur privé. C'est un problème dans une économie qui affiche un déficit colossal, et soulignons que le gouvernement actuel n'hésite pas à creuser davantage le déficit. C'est ce qui alimente l'inflation et ce qui va contribuer aux difficultés économiques qui nous attendent et que nous devons les devancer le plus rapidement possible.
    Le PIB est en baisse. La productivité de la main-d'œuvre ne va pas en s'améliorant.
    Je veux parler de la motion d'aujourd'hui, qui vise à donner un coup de pouce aux Canadiens. Ceux-ci sont d'ailleurs de plus en plus nombreux à se poser une question on ne peut plus simple: pourquoi devient-il aussi difficile de s'en sortir dans notre pays? Le débat ne porte pas strictement sur le classement des pays du G7. Se comparer d'autres économies à la nôtre, c'est bien, mais il faut aussi se demander si les Canadiens ont l'impression que leur quotidien s'améliore.
    Dans Calgary‑Centre comme dans le reste du pays, les gens travaillent à la sueur de leur front en faisant tout ce qu'il faut, mais ils perdent pourtant de plus en plus de terrain. Tous les députés devraient se sentir interpellés. La motion dont nous sommes saisis témoigne d'une tendance troublante: le Canada n'est pas aussi performant que les pays du même ordre. La croissance est anémique. La dette des ménages est élevée. Le taux de chômage grimpe plus rapidement que dans les économies comparables. Ce n'est arrivé ni du jour au lendemain ni par accident. La situation actuelle résulte exactement des choix qui ont été faits au fil du temps.
    Depuis des années, il y a des signes avant-coureurs. Les économistes ont exprimé des réserves sur le maintien de déficits en période d'essor économique. Mes collègues conservateurs et moi en avons parlé à de nombreuses reprises à la Chambre. Le gouvernement libéral s'est fait dire qu'à défaut de gains de productivité, continuer à dépenser finirait par exercer une pression inflationniste, mais il a refusé de tenir compte des avertissements. Les premiers signes de récession se sont manifestés par la baisse des investissements des entreprises, surtout dans des secteurs névralgiques comme celui de l'énergie. Les capitaux ont commencé à fuir le pays. Cependant, le gouvernement a fermé les yeux sur ces signes.
(1630)
    Nous avions prévenu le gouvernement libéral que la demande mondiale en énergie canadienne resterait forte, et elle l'est restée. Toutefois, au lieu de préparer le Canada à répondre à cette demande, les libéraux ont multiplié les incertitudes et les retards en adoptant des politiques destructrices d'emplois, comme les projets de loi C‑69 et C‑48, qui ont clairement fait comprendre aux investisseurs qu'ils devraient investir leurs capitaux ailleurs, et c'est exactement ce qu'ils ont fait, au détriment des travailleurs et des collectivités du Canada. Comme je l'ai dit, il y avait des signes avant-coureurs, même en ce qui concerne la productivité.
    Bien avant aujourd'hui, des experts ont souligné que le Canada prenait du retard par rapport à ses pairs: moins d'investissements par travailleur, une croissance plus lente de la production et de faibles gains en matière de compétitivité. Tout cela n'a rien de nouveau. Le vrai problème, c'est que ces signes avant-coureurs n'ont pas seulement été ignorés à l'époque, ils continuent, dans bien des cas, de l’être aujourd’hui parce qu'au lieu de corriger le tir en abrogeant le projet de loi C‑48 et en modifiant de toute urgence la Loi sur l'évaluation d'impact pour offrir de la certitude, le gouvernement s'entête à maintenir l'approche même qui a causé le problème: plus de réglementation, plus de retards et plus de confusion pour ceux qui cherchent à investir au Canada.

[Français]

    Depuis des années, les signes étaient clairs. Les économistes nous ont avertis que les déficits persistants allaient créer de l'inflation. Les investisseurs ont signalé que l'incertitude réglementaire les poussait à aller ailleurs. Les travailleurs ont vu les occasions diminuer dans les secteurs clés.
    Or, ces avertissements n'ont pas été pris au sérieux par le gouvernement libéral. Aujourd'hui, les Canadiens en paient le prix. Il est temps de reconnaître ces erreurs et de changer de direction pour redonner aux Canadiens les conditions nécessaires à la réussite.

[Traduction]

    Les conséquences de ces choix se font maintenant sentir dans la vie quotidienne des Canadiens. L'endettement des ménages a atteint des sommets historiques, et ce n'est pas parce que les Canadiens sont imprudents, mais parce que beaucoup d'entre eux ont dû compter sur le crédit pour maintenir leur niveau de vie. Parallèlement, l'inflation a fait grimper les taux d'intérêt, et les familles font maintenant face à la pression causée par la hausse combinée des coûts d'emprunt et des dépenses courantes. J'entends cela constamment. Des gens qui se sentaient financièrement stables il y a quelques années à peine réévaluent maintenant leur situation, depuis les investissements majeurs jusqu'aux dépenses courantes. On n'est pas dans l'abstrait. C'est une situation réelle et généralisée.
    L'écart entre le potentiel et le rendement est d'autant plus évident dans le secteur canadien de l'énergie. Nous sommes l'un des pays les plus riches en ressources au monde. Nous avons l'expertise, la main-d'œuvre et les normes environnementales nécessaires pour être un chef de file mondial du secteur. Pourtant, à un moment où le monde cherchait activement des sources d'énergie sûres et démocratiques, le Canada n'a pas pris les choses en main. C'était une occasion à saisir, et nous l'avons ratée. À Calgary, les conséquences sont évidentes. Les décisions d'investissement sont retardées, les projets se heurtent à une incertitude prolongée, et le nouveau protocole d'entente ne fait pas grand-chose pour résoudre ce problème.
    Les investisseurs de capitaux recherchent des environnements plus prévisibles. Ce n’est pas parce que le Canada manque de ressources. Ce n'est pas non plus parce qu'il manque de talents. C'est parce que le cadre stratégique n'a pas évolué au même rythme que la réalité. Le monde continue d'avoir besoin d'énergie, et le Canada devrait faire partie de la solution, en agissant de manière responsable, durable et compétitive. Cela nous amène à un problème plus large: celui de la productivité et de l'investissement.
    Le Canada prend du retard. Nous attirons moins de capitaux par travailleur que nos pairs les plus proches. Nous constatons un affaiblissement de la croissance de la productivité, ce qui, au fil du temps, érode le niveau de vie. Quand les investissements ralentissent, tout ralentit: la création d'emplois, la croissance des salaires et la mobilité économique. Les investisseurs ne réclament pas de traitement spécial. Ils réclament de la clarté, des règles claires, des délais prévisibles et l'assurance que le Canada est un endroit où les investissements à long terme sont les bienvenus.
    La motion d'aujourd'hui demande, à juste titre, la présentation d'un plan. Un plan crédible doit commencer par reconnaître comment nous en sommes arrivés là. Il doit ensuite mettre l'accent sur le rétablissement de la discipline budgétaire afin de réduire les pressions inflationnistes et de restaurer la confiance économique; sur le rétablissement du Canada en tant que destination pour les investissements grâce à des politiques claires, stables et concurrentielles; et sur l'adoption d'une approche réaliste en matière d'énergie, une approche qui soutient à la fois la croissance économique et les progrès environnementaux sans compromettre l'un ou l'autre, car la croissance n'est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat concret d'un ensemble de choix cohérents faits au fil du temps.
    Le Canada a tout ce qu'il faut pour réussir, y compris les ressources, le talent et l'esprit d'entreprise, mais le potentiel ne suffit pas. Sans les bonnes politiques, nous ratons des occasions.
(1635)
    Monsieur le Président, je remercie le député de certaines de ses observations.
    Je pense aux provinces des Prairies et à la Colombie‑Britannique. Quand on voit le premier ministre et l'ensemble du gouvernement travailler avec les autres administrations, je pense qu'on peut constater qu'il y a un grand esprit de collaboration. Les gens de l'Ouest nous en sont reconnaissants. Ils voient comment on collabore. Les gens sont très optimistes, notamment en ce qui concerne l'exploitation des ressources ou les nombreux autres intérêts que nous avons en commun dans l'Ouest canadien et même dans le Nord.
    Je me demande si le député pourrait nous dire ce qu'il pense de la collaboration actuelle et des derniers mois qui suscite vraiment beaucoup d'optimisme dans l'Ouest.
    Monsieur le Président, il y a un protocole d'entente qui, selon certains gouvernements provinciaux, montre un changement d'orientation de la part du gouvernement libéral, mais seulement sur papier. Quand on analyse ce document, comme beaucoup d'entre nous l'ont fait, on constate que ces changements d'orientation ne sont pas assez clairs pour que les gens veuillent investir ici. Demandez aux entités du secteur privé qui sont touchées par ces annonces et les mots que le gouvernement a mis sur papier. Il n'y a toujours pas d'engagement à fournir des capitaux, en raison du manque de clarté quant au résultat du processus qu'ils doivent suivre.
    La construction d'infrastructures au Canada exige un processus coûteux pour les grandes entreprises concernées. Celles-ci doivent consacrer plus de temps, de ressources et d'argent à ce processus qu'à la construction des infrastructures. Cela doit changer. Le processus ne peut pas être la seule chose qui compte. Nous devons faire en sorte que les projets de construction reprennent au pays.
    Monsieur le Président, c'était un excellent discours. Il y a 11 ans, le Canada avait l'économie la plus performante du G7 et de l'OCDE. Après 11 ans de gouvernement libéral et de politiques désastreuses, nous sommes le seul pays du G7 en récession, et le Canada a le taux d'investissements du secteur privé le plus faible de tous les pays de l'OCDE.
    Que feraient les conservateurs pour combler l'écart dont le député a parlé, c'est-à-dire le fait que malgré les immenses ressources et les gens intelligents à sa disposition, le Canada obtient de piètres résultats?
    Monsieur le Président, c'est une excellente question, en fait, parce qu'on me demande tout le temps ce que nous ferions différemment. Je pense qu'il faut être très clair. Nous ferions en sorte que ces règles soient très claires, à l'opposé des règles confuses qu'on ne cesse d'inventer en disant une chose à un groupe de personnes et son contraire à un autre groupe.
    Les choses seront claires quant aux démarches à accomplir pour suivre un processus rapidement et de manière viable au Canada. C'est ce que recherchent tous les investisseurs. Quel est le processus? Combien de temps prendra-t-il? Quand pourront-ils commencer à construire et rentabiliser leur investissement? Cela doit être clair pour tous les investisseurs, tous les promoteurs, si nous voulons que les projets aboutissent de nouveau au Canada.
    Monsieur le Président, j'ai beaucoup de respect pour mon collègue, le député de Calgary‑Centre, malgré nos divergences d'opinions. J'ai également du respect pour mon collègue, le député de Calgary Confederation, qui, le 27 mai 2025, a déclaré à la Chambre: « Nous veillerons à la pérennité des programmes qui ont déjà permis à certaines familles d'économiser des milliers de dollars par année. Il s'agit notamment des services de garderie et de l'assurance‑médicaments. »
    Je vais parler de l'assurance-médicaments, car à l'heure actuelle, l'Alberta ne dispose pas d'un tel régime — chose pour laquelle nous, les néo-démocrates, nous sommes battus très fort. Ainsi, les Albertains n'ont pas accès à des médicaments contre le diabète ou à des contraceptifs. Selon mon collègue, est‑ce que cette situation est la responsabilité — ou la faute — de la première ministre Danielle Smith, ou bien est‑ce celle du premier ministre?
(1640)
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question. Je sais que l'Alberta a un système d'aide sociale très solide qui fait l'envie de nombreuses provinces. Qu'ils proviennent du gouvernement fédéral ou du gouvernement provincial, les fonds sont cumulés et constituent une aide économique qui est nécessaire pour les gens dans le besoin. Cela comprend du soutien financier pour le logement, la santé et tous les aspects du système social, ce qui permet aux gens de mener une vie décente et d'être pris en charge. Gouverner le pays consiste entre autres à prendre soin des personnes qui ne sont pas tout à fait en mesure de prendre soin d'elles-mêmes et à être là pour elles.
    Superposer un programme fédéral aux programmes provinciaux n'est pas une bonne façon d'aborder le fédéralisme au Canada. Nous voulons faire en sorte que les provinces aient la capacité de résoudre ce problème, car il relève de leur compétence.

[Français]

    Conformément à l’article 38 du Règlement, je dois faire connaître à la Chambre les questions qu’elle abordera lors de l’ajournement ce soir, à savoir: l’honorable députée de Saanich—Gulf Islands, Les affaires étrangères; l’honorable député de Courtenay—Alberni, Les soins dentaires.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je prends la parole à la Chambre aujourd'hui pour faire une dernière intervention après avoir siégé près de 11 ans à la Chambre. Je tiens d'abord à saluer mes collègues des deux côtés de la Chambre, ainsi que les nombreux fonctionnaires et membres du personnel dévoués avec qui j'ai eu le privilège de travailler depuis que je siège à la Chambre.
    Je sais qu'au sein de chaque parti, certaines personnes ne peuvent pas passer outre la nature parfois partisane de la politique, mais, depuis que je suis ici, je me suis fait de nombreux amis de l'autre côté de la Chambre. Ces personnes sont ici pour servir leurs concitoyens, leur province et leur pays, mais elles peuvent aussi être ouvertes à discuter et même à s'amuser avec quelqu'un ayant des points de vue différents. Je pense honnêtement que les Canadiens devraient pouvoir voir plus souvent que bon nombre d'entre nous aiment leurs collègues d'en face.

[Français]

    Je reconnais bien que plusieurs personnes ont consacré une partie importante de leur vie professionnelle à construire un Canada meilleur et un monde meilleur.

[Traduction]

    Chaque député de la Chambre a le privilège de pouvoir jouer un rôle dans l'élaboration des politiques publiques au Canada et à l'étranger. C'est un privilège dont très peu de gens jouissent.

[Français]

    Avant de parler de questions de politique, je tiens à souligner que, à la Chambre, nous donnons tous beaucoup, mais nous recevons aussi.
     Une des choses pour lesquelles je suis particulièrement reconnaissant est d'avoir eu l'occasion d'apprendre à parler l'autre langue officielle du Canada. Bien que mon français soit loin d'être parfait, cette compétence que j'ai acquise ici est, pour moi, un grand cadeau.

[Traduction]

    Lorsque j'ai quitté le secteur privé pour me présenter aux élections, beaucoup de gens du monde des affaires ont pensé que j'étais fou, mais ce fut l'expérience la plus enrichissante de ma vie. En tant que député et en tant que ministre à Pêches et Océans Canada, à Environnement Canada et à Ressources naturelles Canada, j'ai souvent dit que j'avais véritablement le meilleur métier au pays. En tant que députés, nous savons bien que l'incidence que nous pouvons avoir sur la vie de nos concitoyens peut parfois être profonde, mais elle peut aussi être extrêmement gratifiante.
    Je n'aime généralement pas utiliser le mot « fier », comme le savent ceux qui ont travaillé avec moi, mais aujourd'hui, je vais le faire. Au cours de ces quelque 11 années au sein du gouvernement, je suis fier de plusieurs réalisations auxquelles j'ai contribué, avec mon équipe, mes ministères, et le gouvernement dans son ensemble.
    Parmi les points forts, on peut citer l'élaboration du plan climatique renforcé du Canada, « Un environnement sain et une économie saine », le premier plan de l'histoire du Canada à montrer en détail non seulement comment nous pourrions atteindre un objectif climatique, mais aussi comment nous pourrions le dépasser; le lancement de la première stratégie sur les minéraux critiques et du régime de crédit d'impôt à l'investissement pour favoriser le développement des énergies propres; la mise en place de ce qui, je crois, constituera une véritable transformation dans ce pays, soit le programme de garantie de prêts pour les Autochtones; la modernisation complète de la flotte vieillissante de la Garde côtière canadienne; la création du Fonds de restauration et d'innovation pour le saumon de la Colombie‑Britannique en vue de lutter contre le déclin du saumon sauvage du Pacifique, un enjeu crucial en Colombie‑Britannique; et l'expansion des aires marines protégées de 1 % à plus de 14 % pendant mon mandat de ministre des Pêches.
    Les députés ont tous souvent entendu des gens demander pourquoi ils devraient participer au processus politique, puisqu'ils ont l'impression que les particuliers ne peuvent pas améliorer les choses. Cette attitude est particulièrement répandue chez les jeunes ces temps-ci. Je dirais toutefois que d'après mon expérience, ce n'est tout simplement pas vrai. Je me suis lancé en politique il y a plus d'une décennie pour lutter contre les changements climatiques d'une manière qui créerait des débouchés économiques et qui ne se limiterait pas à des sacrifices. Depuis, en travaillant aux côtés de mes collègues, j'ai eu l'occasion d'apporter des contributions significatives et, je crois, durables à une politique climatique qui permet de bâtir une économie forte pour l'avenir.
    Chacun peut changer les choses par ses paroles et ses gestes. C'est un message que je transmets souvent aux jeunes, que ce soit dans les écoles, par l'entremise de mon conseil jeunesse ou dans les collectivités de tout le pays, car beaucoup d'entre eux estiment actuellement que le système ne fonctionne pas pour eux. Pour ce qui est de l'enjeu climatique qui m'a mené à la vie politique, bien que le climat géopolitique actuel puisse donner l'impression que les progrès ont ralenti, je reste optimiste quant à la capacité du Canada, de l'Europe et du monde à relever ce défi.
(1645)

[Français]

    Le changement climatique ne disparaîtra pas. C'est une réalité scientifique ayant des impacts économiques et humains de plus en plus significatifs chaque année.

[Traduction]

    Les changements climatiques représentent un défi de taille, mais lutter contre les changements climatiques et bâtir une économie forte pour l'avenir peuvent et doivent aller de pair. Si on examine les tendances mondiales réelles au lieu de se contenter des beaux discours, il est évident que le monde se tourne vers un avenir à faibles émissions de carbone et que de nombreux pays, notamment la Chine, ont des stratégies économiques qui visent explicitement à accélérer la transition énergétique.
    Nous faisons des progrès, même si nous n'avançons pas aussi vite que nous devrions selon les données scientifiques. Nous observons encore un découplage entre les émissions de CO 2 liées à l'énergie et la croissance économique mondiale. Il est très important de souligner que, de plus en plus, les progrès climatiques reposent non seulement sur les politiques gouvernementales, mais aussi sur la technologie. Bref, de nombreuses technologies énergétiques à faibles émissions de carbone sont maintenant moins chères et souvent bien meilleures que les solutions de rechange conventionnelles, et nous devrions tous nous en réjouir. Les changements climatiques et leurs répercussions relèvent de la science et non de la politique. Notre façon d'y répondre demeure une décision essentiellement politique et exige de la prévoyance, de la réflexion et du courage.
    Les 11 dernières années ont été extrêmement encourageantes, et je suis heureux qu'on me donne l'occasion de servir ce pays dans le cadre de mes nouvelles fonctions, puisque le premier ministre m'a demandé d'assumer le rôle d'ambassadeur du Canada auprès de l'Union européenne.

[Français]

    J'ai accepté ce rôle pour les mêmes raisons pour lesquelles je me suis engagé en politique: un engagement envers le Canada et la conviction que c'est ici, en ce moment, que je peux apporter la plus grande contribution.

[Traduction]

    Le premier ministre a une vision ambitieuse de ce que ce partenariat peut devenir. Mon rôle sera de contribuer à la réalisation de cette vision et de veiller à ce qu'elle produise des résultats concrets pour toutes les parties.
    J'aime ce pays plus que je ne saurais l'exprimer. Le Canada est le meilleur pays du monde. Nous ne sommes certes pas parfaits, mais nous connaissons nos défauts et nous choisissons toujours de nous améliorer. Notre histoire est marquée par la résilience, l'élargissement des droits et l'édification d'une société plus inclusive et plus juste. Pour que cette histoire se poursuive, il n'en tient qu'à nous et à notre volonté de défendre nos convictions et la démocratie, de faire progresser la réconciliation, de lutter contre les changements climatiques et de bâtir une économie qui profite à tout le monde.
    C'est le plus grand privilège de ma vie que d'avoir été député et ministre. Les nouvelles fonctions que j'assumerai seront un privilège différent, que j'aborde avec le même sens du devoir et la même détermination.
    Je vais terminer par un brin de philosophie. Les membres de mon personnel qui sont ici vont probablement trouver cela drôle. Je crois que nous sommes capables, en tant qu'espèce, de faire preuve de sagesse lorsqu'il est question de notre propre intérêt. Dans cette optique, agir pour contrer le changement climatique est résolument dans notre propre intérêt collectif. Je crois également que la grande majorité d'entre nous est tout à fait capable de faire preuve d'altruisme, de penser non seulement que bâtir de meilleures collectivités et aider les moins nantis peut nous être bénéfique à long terme, mais aussi que nous avons l'obligation morale de tendre vers la justice sociale. À l'intention de tous ceux qui se trouvent à l'intérieur de la Chambre et à l'extérieur de celle-ci, je dis que nous pouvons bâtir un mode meilleur et plus juste. Il suffit d'avoir le courage et la volonté d'essayer.
    Dans cet esprit, je vais conclure en citant un poème de William Blake intitulé Jerusalem. J'avoue que j'ai piqué ce passage à la fin de discours du grand Tommy Douglas. En tant que Saskatchewanais, et parce que je l'ai souvent observé et que je l'ai même rencontré quand j'étais jeune, je pense que M. Douglas ne s'en serait pas offusqué. Ces vers, selon moi, capturent l'essence de ce que signifient l'engagement envers la communauté et le service public: s'efforcer chaque jour de faire de notre pays et de notre monde un meilleur endroit où vivre.
    Ainsi, comme l'a écrit William Blake:
    

Et jamais mon esprit ne vivra de repos
Et toujours mon sabre demeurera au clair
Tant que Jérusalem nous n'aurons point bâtie
En nos verdoyantes campagnes d'Angleterre

(1650)

[Français]

    Ce fut un plaisir et un honneur pour moi de connaître tous mes collègues et de travailler avec eux.

[Traduction]

    Au plaisir de revoir bon nombre d'entre eux à Bruxelles.
    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour souligner le départ du député de North Vancouver—Capilano, qui quittera la Chambre pour servir le Canada autrement à l'étranger.
    Le député et moi avons passé beaucoup de temps à débattre de dossiers très importants dans des camps opposés, notamment à propos du projet de loi sur la carboneutralité, du programme 2 milliards d'arbres et de préoccupations plus générales des conservateurs sur l'approche environnementale du gouvernement. Ces désaccords étaient réels. Je reste sur mes positions, tout comme le député, j'en suis sûr. Bien que la plupart de ces échanges aient eu lieu à l'époque où il était ministre de l'Environnement et ministre des Ressources naturelles, je tiens également à le remercier de son travail à titre de ministre des Pêches. Je sais que, dans cette fonction, il se souciait beaucoup de la politique sur le saumon et, comme je l'ai dit à maintes reprises, c'est toujours une bonne chose d'avoir une autre voix britanno-colombienne à Ottawa, en particulier une voix en position d'autorité.
    En fait, en ce qui concerne les débats que nous avons eus, je soupçonne que nous continuons tous les deux à croire que nous étions du bon côté. La seule façon équitable de régler la question serait peut-être de comparer nos notes dans les années à venir, disons en 2030, et peut-être à nouveau en 2050, lorsque les résultats de ces politiques seront clairs.
    Il convient de souligner que, malgré ces désaccords, nous n'avons jamais perdu la capacité d'avoir une conversation. Que ce soit à la Chambre, au comité, au gymnase des députés ou même lorsque nous étions assis côte à côte sur un long vol, notre relation était toujours empreinte de professionnalisme et de respect mutuel.
    Comme je viens moi-même de la Colombie-Britannique, je peux témoigner des exigences en matière de déplacements qui accompagnent le fait de représenter une circonscription de la côte Ouest. L'horaire n'est pas toujours facile. Alors que nous étions au gymnase, je me souviens d'avoir mentionné au député que, dans ses nouvelles fonctions, il pourrait peut-être enfin se retrouver en avance sur les événements qui se déroulent à Ottawa au lieu de vivre en se sentant trois heures en retard.
    Je me rappelle un moment, pendant la pandémie de COVID, où j'ai cédé mon temps de parole. Bien sûr, les députés savent que l'opposition ne prévoit jamais d'astuces pour les ministres lorsqu'ils comparaissent devant un comité. Lorsque j'ai cédé mon temps de parole à la députée de Saanich—Gulf Islands pour qu'elle interroge le ministre sur son projet de loi sur la carboneutralité, un membre du personnel du ministre est immédiatement passé à l'action, ou devrais-je dire, a plongé sur le bureau, afin de faire disparaître un livre rapidement et de le remplacer par un livre complètement différent. Ça a été un court moment, mais qui a permis au ministre de changer ses réponses pour qu'elles correspondent au point de vue d'une députée du Parti vert plutôt qu'à celui d'un conservateur.
    Ce n'était peut-être qu'un petit moment, mais il reflétait non seulement la préparation, mais aussi la force des gens sur qui nous comptons. Des moments comme celui-ci nous rappellent qu'aucun d'entre nous ne fait ce travail seul. Nous comptons souvent sur des employés dévoués qui travaillent en coulisses, souvent sous pression, pour nous aider à remplir nos fonctions d'élus aussi efficacement que possible. Ils ne sont peut-être pas souvent mis à l'honneur, mais ils le mériteraient, et nous devrions les remercier non seulement aujourd'hui, mais chaque jour, à mon avis.
    Bon nombre d'anciens parlementaires cherchent de nouvelles façons de continuer à apporter leur contribution. Les Canadiens ont grandement bénéficié de l'action d'anciens parlementaires fédéraux et provinciaux qui ont assumé des fonctions à l'étranger. C'est le premier ministre Harper qui a commencé à nommer des dirigeants politiques expérimentés tels que Gary Doer, puis Gordon Campbell. Le premier ministre Trudeau a poursuivi cette pratique en nommant Stéphane Dion et le Britanno‑Colombien John Horgan.
    Ces personnes ont accepté de continuer à contribuer à leur pays en mettant leurs années d'expérience et leur savoir-faire au service du Canada d'une nouvelle manière. J'imagine que, quand le premier ministre lui-même les appelle pour leur demander, cela pèse dans la balance. Je veux simplement souligner, avant de conclure, qu'il y a beaucoup de parlementaires chevronnés à la retraite à qui l'on pourrait également faire appel pour leur sagesse et leur point de vue.
    Sur ce, je souhaite bonne chance au député de North Vancouver—Capilano. Malgré nos désaccords, comme je l'ai souligné, j'ai beaucoup de respect pour sa volonté à servir, et je n'ai aucun doute qu'il continuera de le faire dans son prochain rôle.
(1655)

[Français]

    Monsieur le Président, c'est réellement un plaisir aujourd'hui de pouvoir parler du parcours exceptionnel du député de North Vancouver—Capilano.
    J'ai été étonné aujourd'hui en regardant les informations à propos de mon collègue pour essayer de trouver des choses que je ne connaissais pas de lui. Nous avons une formation similaire en sciences politiques et en philosophie. C'est peut-être pour cette raison que nous nous entendions bien. On le sait, mon collègue a été ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, ministre de l'Environnement et du Changement climatique et ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles; c'est comme ça que nous nous sommes connus. Ce que je ne savais pas, c'est que, dans les années 1990, il faisait partie de l'équipe de Roy Romanow comme négociateur constitutionnel et spécialiste des relations fédérales‑provinciales. Pour un Québécois, Roy Romanow, c'est une mauvaise fréquentation. Néanmoins, il ne faut en vouloir à personne. J'ai fréquenté le député de Laurier—Sainte‑Marie dans le privé. Ça arrive un peu à tout le monde.
    Je veux surtout souligner qu'il a été un parlementaire non partisan. Souvent, à la Chambre des communes, il y a des débats acerbes. À l'exception des réponses à propos de la taxe sur le carbone, généralement, mon ami le député de North Vancouver—Capilano se contentait de répondre franchement aux questions qui lui étaient posées. J'ai aussi constaté cette non-partisanerie dans le travail que nous avons fait avec lui. C'est grâce à lui si nous avons pu mettre le phosphate sur la liste des minéraux critiques. Pour ma région, c'était un élément essentiel. Il y a également le programme visant à bâtir des maisons vertes qui avait des ratés. Il a toujours été d'un secours appréciable et a toujours été ouvert à aider des collègues, même s'ils font partie de l'opposition. Le programme 2 milliards d'arbres s'est moins bien passé, mais il l'a toujours défendu avec justesse. Je crois qu'il n'a pas à rougir de tous les gestes qu'il aura faits en défense de l'environnement. Il a été, pour plusieurs personnes dans des groupes, une référence. Même si on essayait d'égratigner sa crédibilité, c'était quand même assez difficile, ce qui suppose que le député de North Vancouver—Capilano avait une forte réputation au sein des groupes environnementaux. Je me suis toujours demandé, quand les gens parlaient de véhicules à zéro émission, s'il existait quelqu'un qui avait un véhicule à l'hydrogène. Le député de North Vancouver—Capilano est la seule personne que je connaisse au Canada qui a un véhicule à l'hydrogène.
    Je le remercie aussi pour un voyage que nous avons fait, à Berlin, où on a pu rencontrer des représentants de l'entreprise Siemens. Le problème était que des gens de Siemens croyaient que je faisais partie du gouvernement. Ils se sont donc permis de parler franchement au député de North Vancouver—Capilano sur ce qu'ils pensaient d'une stratégie d'hydrogène avec captage et séquestration de carbone. À ce moment, même si ce n'était pas la réponse qui était attendue, le député ne s'est pas démonté. C'était la preuve d'une véritable non-partisanerie et d'une certaine forme de confiance. Je l'en remercie sincèrement.
    Tout à l'heure, dans son discours, il a insisté abondamment sur le français. Il a réussi à apprendre le français dans le cadre de son mandat politique. Je trouve que c'est tout à son honneur et je voudrais revenir sur une anecdote. Une fois, le député de North Vancouver—Capilano a demandé à son adjoint pourquoi je parlais en anglais à ce dernier alors que je parlais constamment en français au député. Je dois avouer que c'est une preuve de respect pour un francophone. Je vais lui expliquer pourquoi je préfère m'exprimer en français à un ministre. C'est que, souvent, quand on ne parle pas sa langue maternelle, il y a des petites particularités et nuances qu'on ne saisit pas. Je vais lui donner un exemple qu'il connaît très bien. Quand j'ai su qu'il allait probablement être nommé ambassadeur, nous avons eu une discussion tous les deux. Je lui ai demandé comment sa femme prenait la nouvelle, si elle allait le suivre et si elle allait abandonner son travail. Il m'a répondu que oui, parce que sa femme adore avoir de nouvelles aventures. En français, avoir de nouvelles aventures, ça ne veut pas nécessairement dire la même chose. Voilà pourquoi je m'exprime constamment dans ma langue maternelle. Mon père a deux adages dans la vie. Il ne faut pas les prendre au pied de la lettre, mais mon père me disait constamment de ne pas faire confiance à quelqu'un qui ne boit pas, mais que je pouvais faire confiance à un homme qui rit franchement. Le député de North Vancouver—Capilano a toujours eu ce rire franc depuis que je le fréquente. C'est tout à son honneur et ça démontre aussi une façon d'être qui est fort conviviale.
(1700)
     Je terminerai en disant que mon collègue de Lac‑Saint‑Jean et moi espérons bien avoir une chambre d'amis à Bruxelles. Nous essayons de nous faire de nouveaux contacts. Nous avons fait beaucoup de blagues à ce sujet.
    Au nom du Bloc québécois, je lui souhaite le meilleur des succès dans ses nouvelles fonctions. Ce sera un plaisir de le côtoyer à nouveau.

[Traduction]

    Monsieur le Président, c'est un véritable privilège de rendre hommage au député de North Vancouver—Capilano au nom des néo-démocrates du Canada et de lui souhaiter bonne chance dans son prochain rôle en tant qu'ambassadeur du Canada auprès de l'Union européenne. On m'a dit que j'avais une minute et demie pour mon discours. Je vais donc profiter du temps qu'il me reste, car j'ai encore beaucoup à dire au sujet de ce député.
    Il a toujours fait preuve d'intelligence, de collégialité et de dévouement au service de la Chambre. En tant que ministre responsable de plusieurs portefeuilles essentiels, il a apporté d'importantes contributions à notre pays. Ses discours enthousiastes, son souci du détail et son dévouement à travailler fort sont désormais légendaires. Il a consacré une grande partie de ses efforts à mettre le Canada sur la voie d'un avenir durable. Grâce à ses efforts, nous avons fait de grands progrès dans les domaines de la conservation du saumon et de la pollution par le plastique. En fait, c'est grâce à ses efforts que le Canada a réalisé l'investissement le plus important de son histoire pour soutenir la préservation du saumon.
    La Chambre, dans sa grande sagesse, a déjà anticipé ma prochaine phrase, à savoir que je le félicite de sa vision et de sa passion à cet égard.
    En tant que député de la Colombie‑Britannique, je peux dire que nous sommes profondément reconnaissants de l'influence positive qu'il a eue, en particulier, sur notre province et nos côtes. Je pense que le mieux qu'on puisse dire de tout représentant élu, c'est qu'il a apporté une contribution utile. Eh bien, c'est certainement ce que le député a fait ici, à maintes reprises. Nous lui souhaitons la meilleure des chances dans ses nouvelles fonctions, dans le cadre desquelles il mettra à profit ses compétences et ses talents. Je sais qu'il apportera une contribution utile à Bruxelles et qu'il fera la fierté du Canada.
    Ce faisant, je l'invite à se remémorer ses débuts en tant que jeune néo-démocrate de la Saskatchewan — d'excellents antécédents — et à ne jamais hésiter à se demander, en période de doute ou de difficulté, ce que Tommy Douglas aurait fait.
    Je remercie le député de son service. Nous lui souhaitons la meilleure des chances.
    Monsieur le Président, le départ de mon collègue de North Vancouver—Capilano est à la fois doux et amer. La seule chose positive, c'est que je sais qu'il représentera très bien le Canada à titre d'ambassadeur auprès de l'Union européenne, qui, elle, n'a pas oublié les changements climatiques.
    Plus tôt aujourd'hui, j'ai discuté avec une collègue du Parti vert allemand qui est députée au Parlement européen. Elle me racontait qu'elle travaille à Bruxelles et à Strasbourg, et qu'elle trouvait que c'était une longue distance à parcourir. Je lui ai raconté en quoi consiste ma réalité en tant que députée de la Colombie‑Britannique au Parlement du Canada. Elle vient de Hanovre. Peut-être que le député la rencontrera un jour.
    Le député de North Vancouver—Capilano et moi sommes devenus amis. Je ne pense pas qu'il en était ainsi au début, mais un des moments que je préférais au sein des comités, c'était lorsque le député me cédait son temps de parole au début d'une réunion du comité de l'environnement. C'était sa décision, ce qui n'arrive pas très souvent, et je dirai seulement qu'il n'avait pas besoin de document d'information de toute façon. Il fait partie des ministres qui n'ont pas besoin que quiconque leur présente les faits ou leur souffle quoi dire. Cela aurait été inutile.
    Si l'on repense à toutes les années qu'il a passées ici, principalement sous le premier ministre Justin Trudeau comme ministre des Pêches, ministre de l'Environnement et du Changement climatique et ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, on peut dire que nous nous croisions pratiquement tout le temps. Pensons au travail qu'il a réalisé dans le secteur des pêches, comme l'a indiqué mon collègue de Vancouver Kingsway, à ses efforts pour bannir les plastiques à usage unique afin qu'ils ne se retrouvent plus dans les océans, à ses initiatives, comme d'autres l'ont mentionné, pour protéger le saumon sauvage, ainsi qu'à son rôle dans la mise en place de la tarification du carbone et la transition vers une économie de l'après-carbone.
    Ces leçons et les combats difficiles que le député a menés ne doivent pas être perdus. C'est pourquoi je tiens à lui dire, du fond du cœur, merci. Une fois que le député arrivera à Bruxelles, peut-être que son enfant, Max, l'amènera à convaincre le Canada de changer sa position sur l'écocide pour en faire un crime aux yeux de la Cour pénale internationale? C'est une idée qui mérite réflexion, et je le dis de ma propre initiative.
    En outre, je tiens à dire au député de North Vancouver—Capilano, alors qu'il nous quitte, que nous avons toujours le droit de nous souvenir de l'un des plus grands parlementaires canadiens de l'histoire, Tommy Douglas. Le fait que le député ait pu être nommé au Cabinet pour représenter la Saskatchewan, alors qu'il était député de Vancouver, est l'une des choses qui, nous le savons, le définiront comme un grand Canadien qui représentera le Canada auprès de l'Union européenne.
    Je lui demande de se souvenir d'autres passages de Jerusalem de William Blake, que j'aime également. Il ne s'agit pas de « Ni mon épée ne dormira dans ma main » ou sur cette verte terre, mais de la façon dont William Blake a décrit l'industrie: les « sombres moulins sataniques ».
    J'invite le député à poursuivre son bon travail. Nous avons hâte de le voir chez nous, au Canada, mais en attendant, j'espère pouvoir aller de temps en temps à Bruxelles. Je le remercie infiniment de son service. Il n'y a pas assez de mots pour le remercier.
(1705)

[Français]

     J'aimerais moi aussi dire à quel point j'ai été heureux de travailler auprès du ministre.
    J'ai toujours apprécié son intelligence et le fait qu'il fut toujours accessible lorsqu'on voulait en savoir plus sur une question qui touchait son ministère.
    Je lui souhaite, en mon nom personnel, le plus grand succès à représenter le Canada sur la scène internationale.

[Traduction]

    Le député de Burnaby‑Nord—Seymour a la parole.
    Monsieur le Président, le député de North Vancouver—Capilano manquera profondément à la Chambre, à la côte Nord de la Colombie‑Britannique et à tout le Canada. Nous avons été nommés candidats de circonscriptions voisines à quelques semaines d’intervalle et, pendant plus de 12 ans, j’ai eu le plaisir de l’observer exercer son influence sur notre collectivité et notre pays. Ma seule consolation est que l’Europe, le monde et le Canada pourront continuer à bénéficier du travail de Son Excellence.
    Il n'a pas agi seul. Il est connu pour s'entourer des meilleures personnes, et j'ai pensé qu'il souhaiterait peut-être profiter de l'occasion pour rendre hommage à certains des grands Canadiens avec lesquels il a eu la chance de travailler au fil des ans.
(1710)
    Monsieur le Président, c'est très gentil, et je vais en profiter pour exprimer quelques remerciements.
     Je tiens d'abord à remercier les fonctionnaires dévoués avec lesquels j'ai travaillé dans différents ministères, en particulier les sous‑ministres, qui étaient, bien franchement, tous exceptionnels: Catherine Blewett, aux Pêches, Stephen Lucas, John Moffat et Chris Hogan, à Environnement Canada, ainsi que J.F. Tremblay, John Hannaford, Mollie Johnson, Michael Vandergrift et Jeff Labonté, à Ressources naturelles Canada. Le Canada peut être fier de pouvoir compter sur ces fonctionnaires d'exception.
    Je remercie le personnel de mon bureau de circonscription. Je disais souvent, sans vouloir froisser mes collègues députés, qu'ils géraient l'un des meilleurs bureaux au pays. Je pense notamment à la directrice, Cynthia Bunbury, qui y travaille depuis longtemps, ainsi qu'aux nombreux bénévoles de la circonscription, en particulier Duncan Frostick et Kevin Evans, pour leurs précieux conseils.
    Je souhaite également remercier les membres de mon équipe à Ottawa, ainsi que les chefs de cabinet avec lesquels j'ai eu le privilège de travailler: Marlo Reynolds, Claire Seaborn, Alexis McIntyre, Kyle Harrietha. Je n'oublie pas non plus les nombreux employés extraordinaires, dont plusieurs ont tenu à être présents aujourd'hui.
    J'adresse mes remerciements à Laura Mitchell, qui est à mes côtés depuis 10 ans, et aux nombreuses autres personnes qui m'ont accompagné depuis North Vancouver. Je remercie en outre Richard, Kieran et Sandy, qui se sont occupés de l'ensemble du Canada atlantique pour moi, et de main de maître, ainsi qu'Erin Flanagan. J'espère n'avoir oublié personne.
    Je remercie Sabrina Kim qui, même si elle me tapait parfois sur les nerfs, a été l'une des meilleures directrices de communications que j'ai eues.
    C'est grâce à des personnes comme elles que les députés sont en mesure de faire leur travail. Je suis très chanceux d'avoir pu compter sur des gens aux talents et au dévouement exceptionnels.
    Merci.
    Monsieur le Président, c'est toujours un immense honneur et un privilège d'intervenir à la Chambre au nom des habitants de Calgary Signal Hill.
    Avant tout, je tiens à applaudir le député et ce qu'il vient de dire. Je ne le connais pas personnellement, mais l'émotion et la bonne volonté manifestes qui ont imprégné son discours témoignent de la ferveur de l'engagement des députés, de même que de leurs sacrifices et de leur ardeur au travail, qui ont de quoi faire chaud au cœur à tous les Canadiens.
    Apprendre que le Canada est en récession a été un coup dur pour nous tous. Je soupçonne que, compte tenu du bagage du premier ministre en économie, les Canadiens ont été nombreux à en être stupéfaits.
    Tout à l'heure, le leader du gouvernement à la Chambre a dit aux députés que le gouvernement a un plan qui fonctionne. Pourtant, alors que le député de Nepean est premier ministre depuis plus d'un an, le Canada est en récession. À mes yeux comme à ceux des Canadiens, c'est une évidence: le plan, quel qu'il soit, fait chou blanc.
    Les libéraux font maintenant ressortir avec insistance quelques statistiques économiques qui leur semblent être positives. En tant que Canadien, je dis encore heureux que nous ayons un brin d'espoir. Néanmoins, regardons les choses plus attentivement.
    Plusieurs libéraux, qu'il s'agisse de ministres ou de députés d'arrière-ban, ont déclaré que le Canada a l'économie qui connaît la deuxième croissance en importance parmi les pays du G7. Honnêtement, je ne comprends pas comment ils arrivent à une telle conclusion alors que le Canada est en récession. La récession, c'est la contraction de l'économie, pas la croissance.
    De plus, les libéraux ont laissé entendre que le Canada attire deux fois plus d'investissements directs étrangers que son plus proche partenaire du G7. C'est une déclaration pour le moins étrange, sachant que le rapport de la Banque Royale du Canada, publié la semaine dernière, indique que plus de 1 billion de dollars d'investissements ont quitté le Canada entre 2015 et 2024. Autrement dit, 2 $ ont quitté le Canada pour chaque dollar qui y est entré. D'ailleurs, à la fin de la semaine dernière, Statistique Canada a annoncé que, au cours du premier trimestre de 2026, le Canada a perdu plus d'investissements qu'il n'en a attirés.
(1715)
     Comme il est 17 h 15, je dois interrompre les délibérations et mettre aux voix sur-le-champ toutes les motions relatives aux crédits.
    Le vote porte sur la motion. Puis-je me dispenser d'en faire la lecture?
     Des voix: Non.
    [La présidence donne lecture de la motion.]
    Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
    Monsieur le Président, nous demandons un vote par appel nominal.

[Français]

    Conformément à l'article 45 du Règlement, le vote par appel nominal est reporté jusqu'au mercredi 3 juin, à la fin de la période prévue pour les questions orales.

[Traduction]

Message du Sénat

    J'ai l'honneur d'annoncer à la Chambre que le Sénat lui a adressé un message pour l'informer qu'il a adopté le projet de loi suivant, qu'il la prie d'approuver: projet de loi S‑4, Loi modifiant la Loi sur l'efficacité énergétique.

Privilège

Les propos du secrétaire parlementaire de la ministre de l'Industrie

[Privilège]

    Monsieur le Président, j'interviens pour répondre à la question de privilège soulevée le 1er juin par le député de Louis-Saint-Laurent—Akiawenhrahk concernant les déclarations faites à la Chambre par le secrétaire parlementaire de la ministre de l'Industrie.
    Je soutiens que, dans l'affaire dont la Chambre est saisie, le secrétaire parlementaire n'a à aucun moment induit la Chambre en erreur. Le litige porte manifestement sur une divergence d'opinions entre le secrétaire parlementaire et le député d'en face. Il s'agit donc d'un différend sur les faits et non d'une tentative de la part du député d'induire délibérément la Chambre en erreur.
    Dans les affaires qui impliquent l'interprétation de points de vue, les Présidents ont toujours affirmé qu'il ne leur appartenait pas de se prononcer sur de telles questions. Outre le fait que les allégations relatives aux faits litigieux ne constituent pas un motif suffisant pour conclure de prime abord à une atteinte au privilège, il existe deux pratiques de longue date à la Chambre concernant les déclarations qui font l'objet d'un désaccord entre députés.
    La première est que l'on doit croire les députés sur parole. La seconde est que de nombreux différends relatifs à des questions soulevées à la Chambre constituent un différend sur les faits. Je soutiens que ces deux points sont au cœur de la question qui nous occupe.
    En ce qui concerne la pratique consistant à croire les députés sur parole, le 6 décembre 2011, le Président a rendu une décision sur la complicité d'une députée qui avait invité à la tribune des personnes ayant créé du désordre. Dans ce cas-là, le Président a fait référence à une décision rendue par le Président Milliken le 5 novembre 2009:
     Étant donné la tradition de longue date à la Chambre voulant que l'on ne mette pas en doute la parole des députés et conformément aux précédents […] la présidence est prête à considérer comme clos cet aspect de l'affaire.
    Le deuxième point au cœur des questions soulevées à la Chambre concernant les déclarations trompeuses qui auraient été faites est la plupart du temps considéré comme un désaccord quant aux faits. Le 27 février 2020, le Président a statué:
[…] et rien ne porte à croire que l'on a tenté d'induire délibérément la Chambre en erreur. Pour ces motifs, la présidence ne peut conclure qu'il y a de prime abord matière à question de privilège.
    En ce qui concerne cette décision, le 19 octobre 2023, le Président a conclu:
    Compte tenu de cette pratique bien ancrée, la plainte actuelle ne me porte pas à croire qu'il serait justifié que je m'écarte des décisions rendues par les anciens Présidents. Ceux-ci se sont gardés d'essayer de juger de l'exactitude d'une réponse, et je m'en abstiendrai également.
    De plus, le 8 février 2005, le Président Milliken a rendu une décision sur une question concernant une réponse à une question: « Toute contestation de l'exactitude [...] de cette réponse est un sujet de débat. Ce n'est pas là une question que le Président a le pouvoir de trancher. »
    Enfin, je tiens à souligner les observations que le député de Louis‑Saint‑Laurent—Akiawenhrahk a faites à ce sujet le 1er juin, à savoir qu'il ne s'agit pas d'une question de fait, mais plutôt d'une question d'interprétation d'une opinion. Il a dit: « La définition généralement admise par les économistes [...] » En utilisant cette expression, le député lui-même affirme clairement qu'il ne s'agit pas d'un fait universellement accepté. Par conséquent, le différend quant à la définition est une question d'opinion. Les députés ont donc droit à leurs propres opinions. C'est la nature des débats à la Chambre.
    C'est la conclusion à laquelle est parvenu le Président Jerome concernant une question dont la Chambre était le 4 juin 1975. Dans cette affaire, il a rendu la décision suivante: « Le troisième point sur lequel on s'entend, c'est que les controverses portant sur des faits, des opinions et des conclusions à tirer des faits sont matière à débat et ne constituent pas une question de privilège. »
    À mon avis, c'est précisément le cas en ce qui concerne la question soulevée le 1er juin et, par conséquent, cela ne devrait pas constituer une question de privilège.
(1720)
    Je prends bonne note de l'intevention du secrétaire parlementaire.
    Le secrétaire parlementaire invoque-t-il le Règlement à un autre sujet?
    Monsieur le Président, Je pense que, si vous demandez l'opinion de la Chambre, vous constaterez qu'il y a consentement unanime pour dire qu'il est 17 h 30, afin que nous puissions passer aux affaires émanant des députés.
    D'ac'cord?
    Des voix: D'accord.

Affaires émanant des députés

[Affaires émanant des députés]

[Traduction]

Loi sur le Mois du patrimoine arabe

    La Chambre passe à l'étude du projet de loi S‑227, Loi instituant le Mois du patrimoine arabe dont le comité a fait rapport sans proposition d'amendement.
    Comme il n'y a aucune motion à l'étape du rapport, la Chambre passe maintenant sans débat à la mise aux voix de la motion d'adoption du projet de loi à l'étape du rapport.
    propose que le projet de loi soit agréé.
    Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
    Une voix: Monsieur le Président, je demande que la motion soit adoptée.

    (La motion est adoptée)

    propose que le projet de loi soit lu pour la troisième fois et adopté.
    — Monsieur le Président, c'est avec un profond sentiment de gratitude et d'optimisme que je prends la parole aujourd'hui, alors que nous entamons la dernière étape de l'étude du projet de loi S‑227, Loi instituant le Mois du patrimoine arabe.
    Nous nous trouvons maintenant à la ligne d'arrivée d'un parcours qui a commencé il y a plusieurs années avec le député d'Ottawa‑Sud. Ce parcours a été marqué par la collaboration, la bonne volonté et une conviction commune que la diversité est une des plus grandes forces du Canada. Le libellé de ce projet de loi est simple, mais son objectif est puissant. Nous en avons déjà parlé au Parlement, et nous allons maintenant terminer le travail. Le Parlement s'est engagé à offrir aux Canadiens d'origine arabe la reconnaissance qu'ils réclament depuis longtemps et qu'ils méritent pleinement, et aujourd'hui, nous honorons cet engagement.
    Depuis plus de 140 ans, les Canadiens d'origine arabe contribuent à bâtir notre pays. Ils sont entrepreneurs, enseignants, médecins, ingénieurs, artistes, fonctionnaires, militaires, dirigeants communautaires et, bien sûr, représentants élus. Ils exploitent des entreprises sur nos rues principales, prennent soin des patients dans nos hôpitaux, éduquent nos enfants, renforcent nos collectivités et enrichissent notre culture nationale. Leurs récits sont indissociables de notre grande histoire canadienne; ils font partie du tissu même de notre identité nationale.
    Le projet de loi S‑227 vise à faire en sorte que les générations futures comprennent cette réalité. Il vise à faire en sorte que les jeunes Canadiens d'origine arabe se reconnaissent dans notre histoire nationale et sachent que leur patrimoine est valorisé, respecté et chéri. Il vise également à éduquer les gens. Le Mois du patrimoine arabe leur offrirait aux Canadiens de toutes origines l'occasion de découvrir l'histoire, les contributions, les traditions et les langues des Canadiens d'origine arabe. À une époque où la désinformation, les stéréotypes et la division occupent trop souvent une place dans le discours public, l'éducation reste l'un des outils les plus puissants dont nous disposons tous pour renforcer la cohésion sociale. La compréhension engendre la confiance. La reconnaissance renforce le sentiment d'appartenance, et ce sentiment d'appartenance renforce notre pays.
    Tout au long de l'étude de ce projet de loi, j'ai pris conscience de ce qui rend le Canada si particulier. Nous sommes un pays où des personnes venues des quatre coins du monde peuvent se bâtir une vie, fonder une famille, s'investir dans leur communauté et se dire fièrement Canadiens. Nous ne demandons pas aux gens de renoncer à leur patrimoine. Nous leur demandons de contribuer à la riche mosaïque qui définit notre pays. Tel est l'esprit du projet de loi S‑227. Ce projet de loi ne concerne pas qu'une seule communauté. Il concerne le Canada que nous continuons de bâtir ensemble, où l'on célèbre la diversité, où l'on reconnaît chaque communauté et où chaque enfant peut se reconnaître dans notre histoire commune.
    Je tiens à remercier le sénateur Mohammad Al Zaibak pour le leadership et la persévérance dont il a fait preuve en guidant ce projet de loi au Sénat. Ses efforts ont joué un rôle déterminant pour nous rapprocher de ce moment spécial.
    Après des années d'efforts, de collaboration et de soutien de la part des parlementaires de tous les partis — conservateurs, bloquistes, néo-démocrates et verts — et des membres des collectivités d'un bout à l'autre du pays, nous avons maintenant l'occasion de faire du Mois du patrimoine arabe un élément permanent du cadre législatif canadien. J'encourage tous les députés, mes collègues de la Chambre, à appuyer le projet de loi S‑227 pour le renvoyer à la prochaine et dernière étape de son cheminement avant son adoption, afin de signaler aux Canadiens d'origine arabe qu'ils font bel et bien partie intégrante du Canada.
(1725)
    Monsieur le Président, nous sommes ici encore une fois pour décider de l'opportunité de désigner le mois d'avril Mois du patrimoine arabe au Canada. Compte tenu de la contribution des Canadiens d'origine arabe à la croissance de ce pays, depuis l'arrivée du premier en 1882, je suis sûr que c'est une idée sur laquelle nous pouvons tous nous entendre.
    Cette communauté, qui ne comptait au départ que quelques familles, compte maintenant plus de 1 million de Canadiens qui ont des racines arabes. La communauté arabe du Canada n'est pas, comme les médias le pensent parfois, un groupe de personnes qui viennent d'un seul endroit et qui ont une seule façon de voir les choses. À bien des égards, nous sommes un exemple de la diversité qui fait le Canada.
    Les Arabes du Canada ont des racines dans de nombreux pays: le Liban, l'Algérie, le Maroc, l'Arabie saoudite, la Syrie, l'Égypte, la Palestine, le Koweït, la Tunisie, l'Irak, les Émirats arabes unis, le Soudan, la Jordanie, la Mauritanie, la Libye, le Yémen, le Qatar, Oman et Bahreïn. Unis par une racine linguistique commune, ils ont des religions et des traditions culturelles différentes. La perception populaire, c'est peut-être qu'être arabe, c'est être musulman, mais nous, les Arabes, savons que ce n'est pas vrai. Les Arabes du Canada disent qu'ils sont chrétiens, catholiques ou orthodoxes ou qu'ils appartiennent à différentes branches du protestantisme. La majorité d'entre eux sont d'origine musulmane. Beaucoup jouent un rôle important dans les sociétés du Moyen‑Orient.
    Ces communautés diverses sont unies par une langue commune, l'arabe. Même si l'on n'en comprend pas un mot, il a un son mélodieux qui le rend agréable à écouter. L'arabe est parlé par plus de 400 millions de personnes dans le monde. Après l'anglais et le français, les langues officielles du Canada, c'est la troisième langue officielle la plus répandue sur notre planète. C'est l'une des six langues officielles des Nations unies. Lorsque nous célébrerons le mois du patrimoine arabe, nous rendrons hommage aux membres de ces communautés, en plus de célébrer la langue qu'elles parlent. C'est la langue de la poésie, du mysticisme, du droit et de l'humour. C'est une langue qui unit la population du Moyen‑Orient et de l'Afrique du Nord.
    La richesse de la littérature arabe nous fait découvrir de nombreuses cultures unies par un élément commun. Cela me fait penser au Canada. Pendant des siècles, l'arabe a été la langue de la culture et de l'apprentissage, en particulier lorsqu'il s'agissait de s'informer sur les sciences, les mathématiques et la philosophie. Notre système mathématique repose sur les chiffres arabes. Nous le savons tous, mais nous nous demandons rarement, voire jamais, pourquoi on les appelle ainsi.
     Le Mois du patrimoine arabe serait l'occasion pour ceux d'entre nous qui ont des racines arabes de faire découvrir la richesse de notre culture d'une manière peut-être plus réfléchie qu'aujourd'hui. Je dois avouer que je n'ai jamais eu de conversation sur les origines des chiffres arabes et leur effet libérateur sur les mathématiques, qui a conduit à tant de progrès scientifiques. Je devrais peut-être commencer à en avoir.
     Je pourrais aussi lancer des discussions sur les avancées scientifiques de ce qu'on appelle l'âge d'or de l'Islam, une période de progrès scientifiques fulgurants qui s'est déroulée entre le VIIIe et le XIIIe siècle. Malgré son nom, les avancées de cette période n'ont pas été le fait exclusif des musulmans. La version anglaise de Wikipédia nous apprend:
    Les chrétiens ont contribué à la civilisation islamique sous les règnes des Omeyyades et des Abbassides en traduisant les œuvres des philosophes grecs et les traités scientifiques de l'Antiquité en syriaque, puis en arabe. Ils se sont également illustrés dans de nombreux domaines, notamment la philosophie, les sciences et la théologie.
     Parmi les érudits chrétiens les plus éminents de l'époque figuraient Hunayn ibn Ishaq, Yusuf Al-Khuri, Homsi, Qusta ibn Luqa, Masawaih, le patriarche Eutychius et Gabriel bar Bokhticho.
    Si ce n'était des érudits arabes qui ont traduit dans leur langue des œuvres de l'Antiquité rédigées à l'origine en syriaque, en grec, en persan ou en latin, un grand pan de savoir des temps anciens aurait été perdue à jamais. Nous sommes culturellement redevables aux érudits arabes d'il y a plus d'un millénaire d'avoir préservé une si grande partie du patrimoine de l'humanité.
    Je pourrais parler encore longuement de l'influence arabe en architecture et en médecine, une influence qui se fait sentir encore aujourd'hui, mais les députés me comprennent sans que j'aie à le faire. La culture et l'histoire arabes sont tellement plus riches que la plupart des gens le pensent. Faire d'avril le mois du patrimoine arabe inciterait les Canadiens à en apprendre davantage sur les Arabes et leur histoire.
(1730)
    Les Arabes ont toujours exporté leur culture. Il suffit de se rendre en Andalousie, en Espagne, pour constater l’influence arabe dans l’architecture de la région. Est-ce que cela a de l’importance au Canada? Certains diront sans doute que ce qui se passe ailleurs n’est pas aussi important que ce qui se passe à l’intérieur de nos frontières. En vérité, les Canadiens d’origine arabe ont eu un impact considérable sur notre pays dans tous les domaines imaginables.
    Qui fut le premier Canadien à devenir une vedette internationale de la chanson pop? Il s'agit de Paul Anka, un Libano-Canadien originaire d'Ottawa. Qui est sans doute l'artiste pour enfants le plus apprécié ? C'est Raffi, qui est aussi de descendance libanaise. Quelle vedette de la NBA est d'origine syrienne? Jamal Murray, qui représente également le Canada sur la scène internationale. Le lutteur professionnel de haut niveau Sami Zayn est un Canadien de première génération, né de parents immigrants syriens.
    Nous, les Arabes, sommes des gens sociables, ce qui explique peut-être pourquoi beaucoup d'entre nous sont attirés par la vie politique. Nous voulons servir, même si nous ne voyons pas toujours les choses de la même façon. C'est peut-être pour cela que, dans cette Chambre, il y a des Arabes qui ont servi sous la bannière des conservateurs, des libéraux, des bloquistes et des néo‑démocrates. Nous avons en commun de vouloir servir, même si nous ne sommes pas d'accord sur les politiques. Évidemment, c'est typiquement canadien. Nous n'avons pas encore eu de premier ministre arabo-canadien, mais l'Île‑du‑Prince‑Édouard a eu un premier ministre libano-canadien, Joe Ghiz.
    Il va sans dire que l'une des plus grandes contributions des Arabes à ce pays a été dans le domaine des affaires. Nous avons un esprit d'entreprise. Partout où il y a du commerce dans ce pays, à grande ou à petite échelle, nous sommes presque sûrs de trouver un homme ou une femme d'ascendance arabe.
    Tout cela pour dire qu'il est grand temps que nous reconnaissions la contribution des personnes d'origine arabe à la mosaïque canadienne. Désigner le mois d'avril comme Mois du patrimoine arabe donnerait à tous les Canadiens l'occasion de rendre hommage à un peuple spécial. Comme je l'ai déjà dit, le Canada est un exemple de ce que peut être une société lorsque les gens célèbrent leur patrimoine sans oublier ce qui les unit dans un objectif commun. Célébrons le Mois du patrimoine arabe, peu importe qui nous sommes et d'où nous venons.
(1735)
    Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole aujourd'hui au sujet du projet de loi S‑227, Loi instituant le Mois du patrimoine arabe.
    Ce projet de loi est clair et concis. Il vise à désigner le mois d'avril de chaque année comme le Mois du patrimoine arabe au Canada. C'est un projet de loi simple, mais qui revêt une grande importance. Il offre au Parlement l'occasion de reconnaître l'histoire, la culture, le travail, les sacrifices, l'esprit d'entreprise, la foi, les valeurs familiales et les contributions civiques des Canadiens d'origine arabe partout au pays. Les Canadiens d'origine arabe font partie intégrante de l'histoire du Canada depuis des générations. Depuis les premiers immigrants arabes à la fin du XIXe siècle jusqu'aux communautés qui se sont maintenant développées partout au pays, les Canadiens d'origine arabe ont contribué au Canada que nous partageons.
    Aujourd'hui, les Canadiens d'origine arabe sont présents dans toutes les sphères de la vie canadienne. Ils sont propriétaires de petites entreprises, médecins, infirmiers, ingénieurs, enseignants, artisans, artistes, écrivains, fonctionnaires, chefs religieux, bénévoles, étudiants, parents et grands-parents. Ce sont des voisins. Ce sont des amis. Ce sont des personnes qui sont venues au Canada en quête de liberté, de possibilités, de paix, de dignité et d'un avenir meilleur pour leurs enfants.
    Certains venaient d'endroits où les libertés fondamentales ne peuvent pas toujours être tenues pour acquises. D'autres sont venus au Canada pour avoir plus d'occasions de réussir, pour les études ou la famille, pour se sentir en sécurité ou avoir la chance de façonner leur propre avenir. Quel que soit leur parcours, ils sont venus ici parce que le Canada leur promettait un avenir meilleur: un endroit où les gens pouvaient travailler fort, posséder une maison, élever une famille, pratiquer librement leur religion, se bâtir une vie avec la personne qu'ils aiment, démarrer une entreprise, dire ce qu'ils pensent et contribuer au bien commun. C'est la promesse canadienne, et elle mérite d'être protégée.
    Dans ma circonscription, London—Fanshawe, nous savons à quel point les Canadiens d'origine arabe contribuent à la société. Nous le constatons dans les petites entreprises de notre région, les restaurants, les organismes communautaires, les organismes de bienfaisance, les salles de classe, nos lieux de travail et nos quartiers. Nous voyons des familles qui sont profondément attachées à l'éducation. Nous voyons des entrepreneurs qui prennent des risques, qui créent des emplois et qui servent leur collectivité. Nous voyons de nouveaux arrivants qui viennent s'établir ici remplis d'espoir et de courage et qui travaillent incroyablement fort pour se bâtir une vie au Canada. Nous voyons des jeunes qui sont fiers de leur patrimoine et fiers d'être Canadiens. Tout cela mérite d'être célébré.
    Le patrimoine arabe ne se résume pas à une seule histoire. Il est riche, diversifié et complexe. Il englobe de nombreux pays, traditions, religions, dialectes et histoires. Il inclut des familles installées au Canada depuis des générations comme des personnes arrivées tout récemment. Il englobe la littérature, la musique, la cuisine, la mode, la recherche, l'architecture, la poésie, la science, les affaires et le service public. Il est préservé par des gens qui ont aussi adopté le Canada et qui contribuent à la vie nationale commune.
    Au Canada, les gens n'ont pas à oublier leurs origines pour trouver leur place. Chacun peut apporter le meilleur de son héritage: son éthique de travail, ses valeurs familiales, ses traditions, sa foi, sa créativité et son attachement à la communauté, tout en contribuant à bâtir un pays unique. C'est là tout l'équilibre canadien: la fierté de ses origines, la loyauté envers le Canada et un engagement commun envers les valeurs qui font du Canada un pays libre. Ces valeurs sont importantes. L'égalité devant la loi est importante. La démocratie est importante. La liberté d'expression, la liberté de religion, la primauté du droit et le respect de la dignité de chaque personne sont importants.
    Les mois commémoratifs prennent tout leur sens lorsqu'ils nous amènent à apprendre, à réfléchir et à nous respecter les uns les autres. Ils offrent aux écoles, aux groupes communautaires, aux musées, aux bibliothèques et aux familles l'occasion de faire vivre des histoires qui risqueraient de tomber dans l'oubli autrement. Ils aident les jeunes à trouver leur place dans l'histoire du Canada et ils aident les communautés à mieux se connaître.
    Cela dit, soyons honnêtes: les mois commémoratifs ne doivent pas avoir seulement une portée symbolique. Ils doivent dépasser les mots et traduire des valeurs concrètes: le respect, l'égalité des chances, un traitement équitable et la sécurité des communautés dans un pays où le dur labeur est récompensé. C'est dans cet esprit que nous devons souligner le mois du patrimoine arabe, non pas comme un simple geste symbolique, mais comme une reconnaissance sincère de la contribution d'une communauté à l'édification du pays.
(1740)
    Cette initiative devrait inciter les Canadiens à en apprendre davantage sur l'histoire arabo-canadienne. Je pense notamment aux premières familles arrivées ici à la fin du XIXe siècle, aux communautés qui se sont développées au fil des décennies, aux entreprises qui ont été créées, aux institutions communautaires qui sont devenues des piliers de la société, ainsi qu'aux jeunes générations qui s'illustrent aujourd'hui dans tous les domaines imaginables. Elle devrait nous inciter à célébrer la cuisine, la littérature, la musique, l'art et l'esprit d'entreprise des Canadiens d'origine arabe.
    L'initiative devrait également nous inciter à prêter l'oreille aux préoccupations réelles des familles arabo-canadiennes d'aujourd'hui: le coût de la vie, l'emploi, le logement, la sécurité et la question de savoir si leurs enfants bénéficieront des mêmes chances qui ont poussé tant de familles à venir s'installer ici, au Canada. En effet, le patrimoine ne se limite pas au passé; il concerne aussi la capacité des familles à se bâtir un avenir. C'est là que le Parlement a une responsabilité qui va au-delà d'une simple reconnaissance symbolique.
    Nous devons effectivement célébrer les Canadiens d'origine arabe. Toutefois, nous devons aussi faire du Canada un pays où chaque famille — y compris les familles arabo-canadiennes — peut se permettre d'acheter une maison, trouver un emploi valorisant, créer une entreprise, élever ses enfants en toute sécurité et vivre dans la dignité.
    L'une des choses que les familles de ma région me répètent sans cesse, c'est qu'elles ne veulent pas d'un traitement de faveur. Elles veulent une chance équitable. Elles veulent que travailler fort soit à nouveau valorisé. Elles veulent que leurs enfants aient des occasions d'avenir. Elles veulent que le gouvernement s'occupe correctement des choses fondamentales. Elles veulent des rues sûres et une économie forte. Elles veulent des écoles, des lieux de travail et des services publics où les gens sont traités avec respect. Elles veulent que le Canada soit un pays où la liberté est protégée et où les gens sont unis par un sens partagé des responsabilités. Ce sont des objectifs qui méritent d'être défendus.
    C'est aussi pourquoi ce projet de loi, bien que modeste, peut tout de même avoir de l'importance. Il peut contribuer à ce que, chaque mois d'avril, les Canadiens soient invités à en apprendre davantage sur le patrimoine arabe et les contributions des Canadiens d'origine arabe. Il peut aider les communautés à célébrer ce patrimoine avec fierté. Il peut aider les jeunes Canadiens d'origine arabe à comprendre que leur histoire fait partie de celle du Canada. Il peut aider à rappeler au Parlement que les personnes que nous servons ne sont pas abstraites, mais bien des familles avec une histoire, des espoirs, des défis et des rêves.
    Je voudrais conclure en m'adressant directement aux Canadiens d'origine arabe de London—Fanshawe et de tout le Canada. Leur histoire et leur patrimoine comptent. Leurs contributions comptent. Leurs familles, leurs entreprises, leurs services, leurs communautés religieuses, leur culture, leurs histoires et leurs rêves pour la prochaine génération font partie intégrante du Canada. Ce projet de loi permettrait de reconnaître cela.
    Monsieur le Président, je prends la parole pour exprimer mon soutien au projet de loi S‑227.
    Je tiens à remercier le sénateur Mohammad Al Zaibak d'avoir présenté ce projet de loi et je tiens à rappeler qu'une mesure législative identique avait été présentée et adoptée à l'unanimité lors de la législature précédente, mais qu'elle est bien sûr morte au Feuilleton avant d'avoir été examinée par le Sénat.
    Les communautés arabes du Canada ont apporté une contribution considérable à notre pays et elles méritent une reconnaissance à la hauteur de la place qu'elles occupent dans notre histoire commune. Le Canada compte plus de 1 million de personnes d'origine arabe. La première arrivée documentée de personnes d'origine arabe remonte à 1882, dans les premières années qui ont suivi la Confédération. Ces personnes ont enrichi tous les aspects de la vie canadienne, notamment les arts et la culture, la langue et la littérature, ainsi que la gastronomie et l'hospitalité.
    Je m'en voudrais de ne pas profiter de cette occasion pour faire connaître à tous l'incroyable cuisine libanaise et arabe qu'on trouve près de chez moi, notamment celle de Fattoush, un restaurant situé sur l'avenue Whyte, dans ma circonscription, qui est tenu par Randa Alead. C'est un endroit formidable. Je recommande à chacun d'y faire un tour s'il passe par Edmonton.
    Les Canadiens d'origine arabe ont apporté leur contribution au monde des affaires et à l'entrepreneuriat, ainsi qu'à la fonction publique et à la vie politique. Je tiens à rendre hommage à Joe Hak, un Canadien d'origine libanaise qui nous a malheureusement quittés il y a 2 mois, mais qui était un véritable leader au sein de notre collectivité, un véritable leader pour les Canadiens d'origine libanaise à Edmonton et dans tout le pays. Les Canadiens d'origine arabe ont joué un rôle de premier plan au sein des communautés religieuses et dans la vie civique.
    Les Canadiens d'origine arabe ne sont pas des nouveaux venus dans l'histoire du Canada. Ils contribuent à écrire cette histoire depuis des générations. Les mois du patrimoine sont l'occasion d'éduquer, de célébrer et de réfléchir, et ils aident les générations futures à comprendre les contributions des communautés qui ont aidé à bâtir ce pays. Cette reconnaissance envoie aux jeunes Canadiens d'origine arabe un message important: celui qu'ils ont leur place ici, que nous reconnaissons leur importance et que leur vécu compte.
    Cela revêt une importance particulière pour de nombreuses raisons, mais je repense aux dernières années, pendant lesquelles, en tant que porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière d'affaires étrangères, j'ai parcouru le pays pour m'entretenir avec les gens au sujet de ce qui se passe en Palestine. Je repense également aux personnes d'origine arabe qui m'ont confié avoir le sentiment que le gouvernement les oublie ou ne les considère pas comme des citoyens à part entière. Il est important, en ce moment précis, qu'en tant que Parlement et en tant que pays, nous reconnaissions l'importante contribution des Canadiens d'origine arabe.
    C'est d'autant plus important quand on tient compte de la montée des sentiments islamophobes, anti-arabes et anti-palestiniens au pays. Les députés se souviendront de l'attentat à la mosquée de Québec, en 2017, du meurtre de la famille Afzaal à London, en Ontario, en 2021, ainsi que des actes de vandalisme et des attaques qui continuent de cibler des mosquées et des communautés musulmanes. Dans ma ville, Edmonton, et partout au pays, les Canadiens d'origine arabe continuent d'être victimes de discrimination et de gestes haineux. Lorsque la haine cherche à semer la division, il incombe aux parlementaires d'affirmer que chaque communauté a sa place dans notre société.
    Le projet de loi est plus qu'un geste symbolique. Il créerait des occasions pour les écoles, les organismes communautaires, les municipalités, les provinces et les institutions culturelles de célébrer les communautés arabes et de sensibiliser les Canadiens à leur diversité et à leurs réalisations. Il mettrait en valeur la diversité du monde arabe et les nombreuses cultures, langues, traditions et expériences qui s'y rattachent.
    Les néo-démocrates appuient fièrement le projet de loi S‑227. Nous réaffirmons notre engagement à lutter contre le racisme, le colonialisme, la haine et la guerre, et nous célébrons les riches contributions des Canadiens d'origine arabe au tissu social du Canada. Le mois du patrimoine arabe aidera à faire en sorte que les histoires, les réalisations, les épreuves et les contributions des Canadiens d'origine arabe soient reconnues non seulement pendant un mois chaque année, mais comme un élément essentiel du passé, du présent et de l'avenir du Canada. J'exhorte tous les députés à appuyer ce projet de loi.
(1745)
    Monsieur le Président, en ce Mois du patrimoine arabe, j'interviens non pas pour poser les gestes rituels qui accompagnent trop souvent de telles commémorations, mais pour parler franchement d'une civilisation dont l'histoire s'étend sur trois millénaires et dont le peuple fait maintenant partie du nôtre. Les mois désignés en l'honneur de quelque chose se transforment parfois en une simple prestation, mais ils peuvent également nous obliger à en examiner le caractère véritable, l'héritage réel de la langue, les souvenirs, ainsi que les réalisations et les choix qui ont façonné les sociétés arabes de notre époque. C'est ce que j'ai l'intention de faire.
    Dans son ouvrage incontournable, Arabs: A 3 000-Year History of Peoples, Tribes and Empires, l'érudit Tim Mackintosh-Smith montre qu'il n'a jamais été possible de réduire l'identité arabe à une seule ethnie, à un seul clan ou à un seul instant où tout aurait commencé. Il s'agit avant tout d'un continuum linguistique, la langue arabe servant, depuis les premières mentions écrites des Arabes dans les archives assyriennes de l'an 853 avant notre ère, de fil conducteur à une grande mosaïque humaine variée par l'entremise de la poésie de certaines tribus, du commerce entre les royaumes de la péninsule, du raffinement urbain du Proche‑Orient, des Berbères et des Arabes du Maghreb, et des traditions nomades des Bédouins.
    Les Arabes préislamiques étaient déjà présents aux marges de grands empires. Leurs poètes célébraient l'honneur, la résilience et la beauté austère de la vie dans le désert. L'expansion ultérieure de la culture arabe s'est accompagnée non seulement de la foi, mais aussi d'une gestion administrative, d'un savoir et d'une capacité de synthèse qui ont permis aux autres de faire progresser leur apprentissage. Tel est l'héritage lointain que nous saluons aujourd'hui. Il ne s'agit pas d'un monolithe, mais du patrimoine vivant de peuples qui ont été à la fois créateurs et gardiens de la civilisation.
    Ce patrimoine a fait son entrée dans le monde moderne dans des circonstances difficiles. Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses sociétés arabes aspiraient à la dignité, à l'expansion et à l'indépendance. Le socialisme panarabe de Gamal Abdel Nasser s'est imposé comme une solution. S'inspirant des modèles soviétiques de centralisation et d'opposition à l'Occident, il promettait de balayer les vestiges du colonialisme et d'unir les Arabes sous un seul projet politique et économique. En pratique, il a engendré des structures autoritaires, des systèmes économiques rigides et des échecs répétés en matière de politique étrangère.
    La République arabe unie, dont faisait partie la Syrie, s'est rapidement effondrée. La guerre de 1967 a révélé de profondes faiblesses. Un certain nombre de sociétés ayant suivi cette voie en ont payé le prix: des décennies de croissance perdues, un esprit d'entreprise étouffé et l'enracinement de régimes davantage intéressés par le contrôle que par le capital humain de leurs citoyens. Quelles que soient les intentions de ses partisans, cette idéologie a fait obstacle aux institutions, aux mentalités et aux marchés occidentaux qui avaient favorisé le développement ailleurs.
    Une deuxième réponse a vu le jour en réaction à cette situation. Les mouvements islamistes, à commencer par les Frères musulmans, se sont présentés comme des solutions de rechange morales aux dictatures corrompues et aux expériences laïques ratées. Ils ont donné voix à des griefs réels et ont tenu un discours de renouveau qui a trouvé un écho auprès de nombreux citoyens. Pourtant, les données empiriques sur l'influence réelle de ces politiques sont sans équivoque: une polarisation sociale accrue; des restrictions à la dissidence et aux communautés minoritaires, y compris les populations chrétiennes de longue date au Levant, en Égypte et en Irak; des politiques économiques qui ont rarement réussi à générer une prospérité généralisée; et, dans leurs expressions les plus extrêmes, l'incubation d'une violence qui a marqué les sociétés du Maghreb au Mashriq et au-delà. Les coûts de l'émigration des talents, du déclin institutionnel et des cycles d'instabilité sont mesurables et persistants.
    Il y a toutefois une exception frappante à ces tendances et elle mérite notre attention. Aux Émirats arabes unis, le cheikh Zayed ben Sultan Al Nahyan a bâti une fédération sur des fondations tribales avec un réalisme et une confiance en soi rares dans l'ère postcoloniale. Il a donné la priorité à l'éducation, aux infrastructures et à une administration compétente plutôt qu'à des manifestations idéologiques. Ses héritiers ont poursuivi ce projet avec un succès mesurable: une diversification délibérée qui délaisse les hydrocarbures au profit de la technologie, des finances, du tourisme, de la logistique et de l'industrie de pointe; des investissements soutenus dans le capital humain; et une politique étrangère fondée sur des partenariats pragmatiques.
    La Maison de la famille abrahamique, à Abou Dhabi, un complexe unique abritant une mosquée, une église et une synagogue, incarne cette approche dans la réalité architecturale. Il s'agit d'une déclaration délibérée de la coexistence entre les traditions abrahamiques, et non de leur subordination. C'est le fruit d'un leadership arabe confiant, et non d'un dogme importé. Il n'est donc pas étonnant que le régime militaire religieux de Téhéran, dont l'idéologie révolutionnaire repose sur l'exportation de l'instabilité et la remise en cause des réussites arabes pragmatiques, ait dirigé des attaques et des menaces indirectes contre les Émirats arabes unis au cours des dernières années.
(1750)
    La réussite met en évidence les limites des autres options. Dans tout le monde arabe, les pôles d'attraction culturelle et d'aspiration ont changé. Les anciens pôles — Le Caire, au gré de ses expériences successives, Damas, dans son long déclin, et Bagdad, marquée par ses traumatismes — ne donnent plus le ton comme avant. De plus en plus, les jeunes Arabes, les entrepreneurs et les réformateurs se tournent vers Abou Dhabi et Dubaï comme modèles concrets de modernité, de prospérité et de gouvernance efficace. Les belles paroles ont fait place aux résultats.
    Cette réalité n'est pas abstraite pour le Canada. Près de 800 000 Canadiens se déclarent d'origine arabe. Cette population a plus que triplé en 20 ans sous l'effet de l'immigration et de la croissance naturelle. Ce sont des gens originaires du Liban, de la Syrie, de l'Égypte, de l'Irak, du Maghreb, des États du Golfe et d'ailleurs, qui incarnent toute la diversité géographique et humaine du monde arabe. Beaucoup sont arrivés en tant qu'immigrants économiques, choisis pour leurs compétences. D'autres sont venus refaire leur vie après avoir fui un conflit ou subi des persécutions. Ils participent à tous les grands piliers d'une société moderne, comme l'entrepreneuriat et l'excellence professionnelle, la médecine et l'ingénierie, la recherche et les arts, ainsi que le service public et le développement communautaire, et ils le font en perpétuant des structures familiales solides et une éthique du travail qui renforcent, au lieu de fragiliser, le tissu social du pays.
     Au Canada, ils trouvent ce que de nombreuses sociétés arabes ont eu du mal à obtenir: la protection des droits de la personne, la primauté du droit et la possibilité d'une promotion fondée sur le mérite plutôt que sur les relations ou l'idéologie. Les Arabes chrétiens et musulmans participent à nos institutions sur un pied d'égalité. Cette participation n'est pas le fruit du hasard géographique, mais le résultat d'un ordre politique qui traite les citoyens avant tout comme des personnes. Lorsque les citoyens arabes jouissent d'une égalité totale et d'une participation démocratique ailleurs, nous voyons là une nouvelle preuve que les institutions libérales restent le cadre le plus fiable pour l'épanouissement des minorités et des talents arabes, comme c'est le cas pour les Arabes israéliens, tant chrétiens que musulmans, qui siègent à la Knesset et dans les tribunaux, et qui exercent des professions libérales.
    Je voudrais dire à nos frères et sœurs canado-arabes que leur présence ici n'est pas une simple note de bas de page dans l'histoire d'autrui. Des puissants Nabatéens de l'époque romaine aux grandes œuvres de philosophes comme Avicenne et Averroès, jusqu'à la résilience moderne d'un peuple qui persévère et crée depuis des siècles, ils apportent la richesse d'un héritage linguistique et culturel ancestral ainsi que la détermination de ceux qui ont choisi ce pays. Le Canada s'en trouve renforcé. C'est non pas en le réduisant à des doléances ou à des slogans, mais en reconnaissant sa complexité, ses réalisations et sa capacité continue à enrichir une société libre et autonome que nous honorons le mieux ce patrimoine.
    Les leçons tirées des 80 dernières années ne sont pas difficiles à comprendre. Les grandes idéologies, qu'il s'agisse d'un socialisme importé déguisé en unité panarabe ou d'un islamisme politique promettant une régénération morale, ont maintes fois subordonné la gouvernance pratique et l'autonomie individuelle à des abstractions dont les coûts, en termes de bien-être humain et de stabilité, sont bien réels. Un leadership pragmatique, qui bâtit des institutions, attire les talents et mesure le succès à la lumière des résultats, a mené à des situations différentes. Le recentrage de l'attention arabe sur ceux qui tiennent leurs promesses est rationnel et observable.
    Le meilleur hommage que la Chambre puisse rendre est de défendre les conditions qui permettent la poursuite de ces contributions, telles que l'État de droit, la libre entreprise, les enquêtes transparentes, la sécurité des frontières et une identité nationale forte qui n'exige pas des citoyens qu'ils renient leur patrimoine, mais qu'ils défendent les principes communs qui font fonctionner le Canada. Ce faisant, nous honorons le patrimoine arabe de la seule manière qui compte vraiment, en veillant à ce que les héritiers de ce patrimoine puissent s'épanouir ici en tant que personnes libres dans un pays libre. C'est là le Canada qui mérite d'être bâti et le patrimoine qui mérite d'être respecté.
(1755)
    Monsieur le Président, avant de commencer, je souhaite simplemenr dire que le discours de mon collègue, le député de Calgary Heritage, était formidable et bien informé. Mon intervention de ce soir n'atteindra pas ce niveau.
    Je suis ici pour parler du chawarma. C'est chez Mr. Falafel que j'ai découvert la culture arabe pour la première fois. Ce restaurant se trouve sur la 10e avenue, près de mon ancienne université, l'Université de la Colombie‑Britannique. J'étais un pauvre étudiant, et j'avais probablement juste assez d'argent pour m'offrir un repas au restaurant une fois par semaine. Quand j’allais là-bas et que je commandais ce gros sandwich chawarma bien juteux, c'était pour moi l'un des points saillants de la semaine. J'aime encore en manger. D'ailleurs, il y a quelques semaines, je suis allé rendre visite à des entrepreneurs à l'Université de la Colombie‑Britannique, et je me suis arrêté chez Mr. Falafel. Cela fait 26 ans que cet établissement est en activité, et je l'adore. Il illustre bien ce que font de nombreux Arabes lorsqu'ils arrivent au Canada : ils créent des petites entreprises. Ils sont beaucoup plus susceptibles que le reste de la population de démarrer une petite entreprise, ce qui a une incidence positive sur l'économie canadienne.
    Shawarma King est aussi un restaurant de shawarma où je vais depuis l'université. C'est juste à côté, sur la rue Bank. En fait, mon ami Mo, qui travaille là, me sert du shawarma depuis environ 2008. C'est l'année où j'ai déménagé à Ottawa pour faire ma maîtrise à l'Université Carleton. À ce jour, je dois encore manger là une fois par semaine environ. Après une longue journée sur la Colline du Parlement, je trouve cela agréable d'entrer chez Shawarma King, un restaurant de shawarma établi depuis longtemps à Ottawa, pour parler avec mon ami Mo. La nourriture est tout simplement incroyable: les aubergines, le chou-fleur, le mélange de bœuf et de poulet, la sauce tahini sur le dessus et le taboulé. J'adore cette cuisine. Je pense que c'est la meilleure cuisine au monde.
    Il y a aussi Falafel King, sur la rue Denman, à Vancouver. Ce restaurant prépare la meilleure soupe aux carottes que j'ai mangées de toute ma vie. Chaque fois que je vais dans la baie English, je dois passer par Falafel King pour manger leur soupe aux carottes. Ils mettent aussi beaucoup de tahini sur leur poulet, et je ne peux jamais me tromper en commandant ce plat. C'est vraiment l'un de mes repas préférés, et je suis heureux chaque fois que j'en mange.
    Il y a un autre bon restaurant qui vient d'ouvrir. Lorsque je suis allé à Ajax il y a quelques mois pour visiter des PME, je suis allé manger à Aleppo Kebab. Son propriétaire est un réfugié qui, quand il vivait encore en Syrie, était marchand de chawarmas. Il servait tous les touristes qui allaient visiter les ruines romaines. Hélas, à cause de la guerre dans son pays, il a dû s'installer au Canada, mais à l'instar de beaucoup de personnes originaires de la Syrie et d'autres pays arabes, il ne s'est pas contenté de se tourner les pouces en attendant son chèque d'aide sociale: il s'est lancé en affaires. Le chawarma barbecue d'Aleppo Kebab à Ajax est le meilleur barbecue moyen-oriental que j'ai savouré de ma vie. C'est logique, puisque la famille du propriétaire en vend depuis des générations et qu'il est un excellent homme d'affaires.
    J'adore la cuisine du Moyen‑Orient. Si j'ai donné ces exemples-là, c'est parce qu'ils sont véridiques et qu'ils ont de quoi interpeller, mais aussi parce qu'ils témoignent de l'ampleur des retombées des restaurants de chawarma dans le milieu de la petite entreprise au Canada. Grâce aux familles que j'ai eu l'occasion d'aider dans mon travail, j'ai un autre excellent exemple de mets du Moyen‑Orient. Une famille irakienne m'a donné des dolmas à l'irakienne. C'est enveloppé dans une feuille. C'est tellement bon que j'en ai l'eau à la bouche. On compresse du riz et de l'agneau dans un chaudron avec des tomates et toutes sortes d'épices. Je ne connais pas de mets plus délicieux que ceux du Moyen‑Orient. Je n'en reviens tout simplement pas. Ils ne manquent jamais de me réconforter.
    Le projet de loi dont nous discutons aujourd'hui vise à reconnaître les contributions des Arabes à la société canadienne. Les Canadiens d'origine arabe ont eu un impact disproportionné sur notre alimentation. Il n'y a rien de meilleur au monde qu'un bon shawarma; c'est le summum de la restauration rapide. Je vais continuer d'en manger chaque fois que j'en ai l'occasion. Je remercie tous les restaurants de shawarmas au Canada de m'avoir aidé à garder la forme en m'évitant de manger un hamburger ou quelque chose de moins santé à la place. Leur nourriture est tout simplement incroyable.
(1800)
    De nombreux immigrants qui viennent d'arriver du Moyen‑Orient me disent qu'ils ne veulent pas seulement travailler dans des restaurants de shawarmas. La reconnaissance des compétences au Canada est une source de frustration pour eux. Si certains de ces entrepreneurs sont si bons pour faire rouler leur restaurant, c'est parce que dans leur pays d'origine, ils dirigeaient des firmes d'ingénierie. Ils étaient médecins dans des hôpitaux régionaux. Ils étaient chirurgiens orthopédistes. Le Canada peut et doit faire mieux pour faire en sorte que les expériences professionnelles de ces immigrants soient reconnues.
    À la Chambre, nous avons entendu des milliers de fois parler de chauffeurs de taxi ou de propriétaires de restaurant de shawarmas qui avaient une belle carrière à l'étranger. Ils sont venus au Canada non pas en tant que réfugiés, mais plutôt grâce au système de points, sauf que dès leur arrivée, ils se sont rendu compte qu'il leur était pratiquement impossible d'exercer la profession qui leur avait permis de venir ici.
    Le gouvernement libéral s'est engagé à améliorer la reconnaissance des compétences. J'espère qu'il tiendra cette promesse. Je pense que ce serait une bonne chose pour le Canada et pour l'économie. Tous les gouvernements provinciaux ont aussi pris des engagements semblables.
    Si nous retenons quelque chose du projet de loi qui nous occupe aujourd'hui, c'est bien ce point: nous ne verrons pas le plein potentiel des citoyens arabes au Canada si nous ne modernisons pas le système d'immigration et la reconnaissance des compétences pour permettre aux gens de s'épanouir comme nous voulons que tous les nouveaux Canadiens s'épanouissent dans notre pays.
    Je suis reconnaissant d'avoir eu l'occasion de prendre la parole aujourd'hui. J'ai été ravi de parler d'un shawarma délicieux à la Chambre des communes.
    Monsieur le Président, c'est toujours un honneur de prendre la parole quand j'en ai l'occasion, mais c'est particulièrement vrai aujourd'hui puisque je parlerai d'un projet de loi d'initiative parlementaire très important sur le Mois du patrimoine arabe.
    Avant d'entamer mon intervention, comme cela fait un certain temps que je ne me suis pas exprimé à la Chambre, je voudrais prendre un instant pour dire à quel point c'est un immense privilège de représenter les habitants de Northumberland—Clarke. C'est un véritable honneur d'être ici. Je les remercie sincèrement de m'avoir élu à trois reprises. Qui sait, il y aura peut-être une quatrième fois.
     Le thème central de mon discours d'aujourd'hui est, bien sûr, le Mois du patrimoine arabe. Je vais commencer par vous brosser un portrait de la situation macroéconomique, et vous comprendrez rapidement pourquoi je procède ainsi.
     Le Canada traverse actuellement une période difficile sur le plan économique, voire une véritable crise économique. Bien sûr, comme cela a été répété à maintes reprises à la Chambre, nous sommes le seul pays du G7 à être actuellement en récession. Notre PIB par habitant a à peine augmenté au cours des 10 dernières années. En fait, il s'agit de la plus faible croissance par habitant depuis la Grande Dépression. Nous avons également un taux de chômage de près de 7 %, et il est à la hausse. Il est supérieur de près d'un tiers à celui des États‑Unis...
(1805)
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Le débat actuel ne porte pas sur la motion de l'opposition. Nous étudions un projet de loi très respectueux qui porte sur la communauté arabe. Je demanderais au député de s'en tenir au sujet.
    Je remercie le député. Nous accordons une grande marge de manoeuvre pendant les débats. Je suis certain que le député reviendra à la question qui nous occupe.
    Le député de Northumberland—Clarke a la parole.
    Monsieur le Président, je vais aller à l'essentiel parce que je ne veux pas faire attendre le député.
    Nous avons toujours eu besoin du sens de l'entrepreneuriat et de l'innovation dont font preuve les Canadiens d'origine arabe.
    J'aimerais raconter aux députés l'histoire d'un Libanais que j'ai appris à connaître. Il s'appelle Ziad. Je ne parle pas du député de la Chambre du même nom. Je pense pouvoir dire que ce fut pour moi un honneur et un privilège extraordinaires de travailler avec Ziad. Cet homme incarne vraiment ce que le Canada devrait être et ce que représente la communauté libanaise au Canada. En travaillant à ses côtés, je me suis rendu compte qu'il n'y avait pas une occasion d'affaires qui lui échappait. Je n'entrerai pas dans les détails au sujet de l'entreprise, mais, évidemment, comme pour toute entreprise, il est important d'augmenter les ventes pour faire croître l'entreprise et la rendre plus productive. Quand tout le monde disait qu'il n'y avait pas de possibilités de ventes ou de croissance pour l'entreprise, Ziad trouvait toujours un moyen.
    Si les députés ont eu l’honneur et le privilège de rencontrer des Canadiens d’origine libanaise, ils savent qu’il n’y a pas de meilleurs entrepreneurs dans ce pays ou ailleurs dans le monde, sans exception. Ils font preuve d'un formidable optimisme. Ils ont un sens inné des affaires. Ils parviennent à fournir leurs produits et services, non seulement parce qu’ils veulent réussir ou faire des bénéfices — même si nous savons que c’est le cas —, mais aussi parce qu’ils ont un sens profond de la communauté et qu’ils croient en leurs semblables, se soutiennent et se font confiance.
    Le Canada est enlisé dans une crise économique. Nous faisons face à un défi de taille. Nous sommes le pays le plus endetté du G7, à l’exception du Japon. Nous sommes confrontés à un taux de chômage élevé. L'inflation se situe toujours autour de 2,8 %, mais elle augmente progressivement. Nous avons le taux d’inflation alimentaire le plus élevé. Un quart de la population est en situation d’insécurité alimentaire. Bien que nous ayons toujours été très dépendants des Canadiens d’origine arabe, nous le sommes encore plus en ce moment, car nous avons besoin de leur esprit d’entreprise.
    Je vais raconter aux députés une petite histoire au sujet du père de mon amie. C'est elle qui me l'a racontée. Quand son père est arrivé ici, il n'avait littéralement pas un sou en poche. Il a bâti une entreprise de construction. Il ne parlait ni l'anglais ni le français, tout était contre lui mais, une fois de plus, cet incroyable esprit libanais, cet esprit d'entreprise, d'innovation et d'entrepreneuriat s'est démarqué. En plus de créer une entreprise prospère, il a pu élever une famille et contribuer à bâtir une collectivité. Il a soutenu d'autres membres de la communauté libano-canadienne. Sa fille est devenue une avocate très prospère. Voilà le genre d'innovation et d'entrepreneuriat dont le Canada a de plus en plus besoin.
    L'une des statistiques sur laquelle je reviendrai — si le député me le permet, je m'écarterai du sujet, mais je promets d'y revenir — concerne ce qu'on appelle la pénurie d'entrepreneurs au Canada. Tout au long de l'histoire récente, il y a toujours eu plus d'entreprises qui démarraient que d'entreprises qui fermaient au Canada. Cette tendance s'est inversée en 2024. De plus en plus d'entreprises ferment leurs portes chaque jour au pays. En fait, il y a maintenant plus d'entreprises qui ferment que d'entreprises qui ouvrent au Canada. D'ailleurs, plus de 50 % des propriétaires d'entreprise aujourd'hui disent qu'ils ne recommanderaient pas à un ami ou à une connaissance de démarrer une nouvelle entreprise. Cependant, nous avons désespérément besoin de ces entreprises. Il est certain que les politiques gouvernementales, comme un représentant du gouvernement me l'a imagé, ont mis beaucoup de neige sur la piste et que nous devons la déblayer maintenant. Je pense que c'est très bien dit. Nous devons ouvrir la voie à ces entrepreneurs afin que les grands entrepreneurs d'origine arabe ou autre aient la capacité de mieux réussir.
(1810)
    En fin de compte, je crois que le Canada a les meilleurs travailleurs, les meilleurs cerveaux et les plus grandes intelligences du monde, ce qui est en grande partie attribuable à notre diversité. Nous faisons venir les éléments les meilleurs et les plus brillants du monde entier. J'ai certainement été impressionné par des gens de toutes origines. Il est tout à fait logique de reconnaître cette diversité dans un esprit d'inclusivité pour permettre à tous les Canadiens de réaliser le rêve économique qui, malheureusement, à cause de 10 ans de mauvaise gestion libérale, est devenu de plus en plus difficile à réaliser. Toute une génération qui a beaucoup de mal à acheter une maison. L'âge moyen des acheteurs d'une première maison ne cesse d'augmenter. Je crois que tous les Canadiens devraient avoir la possibilité d'être propriétaires d'une maison.
    Je sais que les Canadiens d'origine arabe seront là pour contribuer à l'effort, comme ils l'ont fait avec l'héritage formidable qu'ils ont laissé dans le monde entier. Bien entendu, ils sont à l'origine d'avancées dans presque toutes les disciplines imaginables, qu'il s'agisse de la culture, des mathématiques, de l'ingénierie ou des sciences. Ils ont été là pour réaliser ces avancées, pour rendre notre monde meilleur, littéralement, notamment en sauvant des vies grâce à des avancées médicales.
    Le Canada est plus indépendant. Nous avons besoin plus que jamais de Canadiens d'origine arabe, car, comme me l'a dit un représentant du gouvernement libéral, il y a eu beaucoup de neige mise sur la piste au cours des 10 dernières années. Je crois que la population compte maintenant plus de 1 million de personnes d'origine arabe, ce qui est absolument formidable. Pour ma part, j'espère que ce nombre augmentera, en raison de leurs contributions extraordinaires. Ils comptent parmi les meilleurs médecins et les meilleurs ingénieurs au monde. Comme je l'ai dit, j’ai personnellement côtoyé plusieurs entrepreneurs libanais qui possèdent une énergie et une force de caractère incroyables, de même qu'un optimisme débordant, des qualités dont le Canada a vraiment besoin plus que jamais.
    Sur ce, je dirais que ce projet de loi d'initiative parlementaire, la Loi sur le Mois du patrimoine arabe, a mon plein appui, et j'espère qu'il sera adopté à l'unanimité. Je le dis en tant que député de la Chambre des communes et représentant du peuple qui reconnaît les formidables réalisations du peuple arabe. Si je le pouvais, je lui donnerais même une année complète, en fait, mais je suppose qu'avril devra suffire.
    Je suis heureux de prendre la parole pour appuyer sans réserve ce projet de loi d'initiative parlementaire. J'attends avec impatience qu'il soit adopté afin que nous puissions célébrer son adoption ici avec un délicieux chawarma.
    Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole à ce sujet.
    Je voudrais d'abord rendre hommage à deux Albertains d'origine arabe qui ont marqué la vie politique. Le premier est un très grand ami, que je considère comme un frère: le député d'Edmonton Manning. Il a été le premier député d'origine libanaise élu en Alberta. Non seulement est-il un représentant remarquable, mais sa famille, que je connais aujourd'hui très bien, est tout aussi exceptionnelle. Mon cher ami a également fait don de l'un de ses organes pour sauver la vie de son fils, un geste qui témoigne de la noblesse de son caractère. Plus tard, l'un de ses fils a contribué à certaines de mes campagnes avec un dévouement hors du commun, avant de mettre ses talents au service du parti provincial en Alberta.
    S'il y a un politicien arabe que l'on peut comparer à mon collègue d'Edmonton Manning, c'est bien Larry Shaben. Larry Shaben a été le tout premier musulman à être élu à une haute fonction en Amérique du Nord. C'était en Alberta. Il a également été le premier à occuper un poste de ministre provincial au Canada, peut-être même avant qu'un musulman soit nommé à un poste équivalent aux États‑Unis.
    Il a été ministre au sein du gouvernement du grand Peter Lougheed, mais aussi de celui de Don Getty. Je tiens à citer ce qu'a dit Peter Lougheed à propos de Larry Shaben, à l'occasion de ses funérailles: « Nous savons tous à quel point Larry Shaben a fait de nous de meilleures personnes. Nous savons tous à quel point Larry Shaben a fait de l'Alberta tout entière une meilleure province. » Je ne saurais imaginer d'hommage plus mérité de la part de l'un des plus grands Albertains de l'histoire pour l'un des plus grands Albertains de l'histoire que celui que M. Lougheed à rendu à M. Shaben. Je tenais à le mentionner.
    Je sais que mon collègue d'Edmonton Manning, que je me garderai de nommer, même si j'aimerais le faire, fera lui aussi honneur à M. Shaben.
    Le tout premier Arabe répertorié en Alberta s'appelait Ali Ahmed Abouchadi et il était lui aussi originaire du Liban. Son oncle Sine Abouchadi et lui ont quitté le Liban pour s'installer à Lac La Biche, où si je ne m'abuse vit de nos jours ce qui est probablement la plus grande communauté arabe au monde et la plus grande communauté libanaise au monde, Liban compris. C'est une localité exceptionnelle, au nord d'Edmonton.J'ai eu le plaisir de visiter à de nombreuses reprises. Encore aujourd'hui, la culture libanaise y est bien vivante.
    Je voudrais également parler de deux de mes amis d'Edmonton. Comme l'a mentionné mon collègue, on pourrait passer la journée à évoquer les contributions de la communauté arabe au Canada, mais je voudrais parler de deux amis très chers que je connais depuis de nombreuses années.
    La première est mon adjointe de circonscription, Oula Sanduga. Je sais qu'elle est probablement de retour à Edmonton en ce moment, en train de planifier sa revanche parce que j'ai mentionné son nom et parlé d'elle à la Chambre, car elle est un peu timide. J'ai le plaisir de travailler avec Oula depuis 10 ans dans mon bureau. Avant de travailler avec moi, elle a travaillé pour l'honorable Laurie Hawn, et avant cela, pour Peter Goldring. Oula est originaire de Palestine. Elle est très fière d'être Palestinienne. Je suis très fier de l'avoir parmi nous.
    Au cours des 30 années qu'elle a passées à travailler dans des bureaux de députés, elle a aidé des milliers de Canadiens, que ce soit pour des questions liées à l'Agence du revenu du Canada, à l'assurance-emploi ou, surtout, à l'immigration. Des gens de toute la province communiquent avec notre bureau, sachant qu'Oula est la personne qui peut les aider. Elle est considérée par tous nos bureaux en Alberta comme la personne la plus chevronnée, la plus instruite et la plus expérimentée pour nous aider sur de nombreux dossiers.
    Mme Sanduga vient de revenir à notre bureau après avoir traversé une longue période difficile, et je ne peux dire à quel point nous sommes heureux de la retrouver. Je sais que mes concitoyens ressentent exactement la même chose. Laurie Hawn, mon prédécesseur pour une partie de ma circonscription, disait ceci au sujet du personnel des bureaux de circonscription et des députés: le député n'est que l'ornement de capot, et le personnel est le moteur de la voiture. Dans cette comparaison, Mme Sanduga est un moteur V8 d'une puissance phénoménale.
(1815)
    L'autre personne que je tiens à mentionner est le père d'Oula, Dean Sanduga. Dean, bien sûr, vient aussi de la Palestine. C'est un leader communautaire incroyable qui a élevé une famille remarquable. Encore aujourd'hui, même s'il est beaucoup plus âgé que moi, il continue d'être très actif dans la collectivité et aide les nouveaux arrivants, les Canadiens et les gens d'Edmonton. Encore une fois, je tiens à les remercier tous les deux pour le travail incroyable qu'ils accomplissent.
    Pendant les quelques minutes qu'il me reste, je vais faire du plagiat et lire un extrait d'un texte de Sarah Carter, professeure à l'Université de l'Alberta. J'ai trouvé certaines des histoires qu'elle racontait au sujet des Syriens qui s'installent dans l'Ouest canadien. L'un de ses auteurs préférés s'appelle Habeeb Salloum. Mon collègue d'Abbotsford va peut-être aimer ça. M. Salloum était célèbre pour ses livres, notamment Arab Cooking on a Prairie Homestead.
    Comme l'a écrit Sarah Carter, un des livres de M. Salloum se termine par un excellent commentaire: « “La saga des immigrants arabes représente la véritable histoire du Canada.” Il craignait qu'ils soient oubliés, car les personnes d'origine arabe cherchaient à se fondre dans la masse. Il avait ajouté: “Après avoir lu la saga de notre famille, j'espère que mes confrères canadiens et autres découvriront que les Canadiens d'origine arabe ont contribué à l'histoire du Canada.” » J'invite les gens à lire cet ouvrage. Ce sont des mots très puissants que M. Salloum a mis sur papier.
    J'aimerais commencer par une partie de l'histoire que Sarah a écrite au sujet des Arabes au Canada, en particulier les Syriens. Elle commence par dire: « Les Syriens ont une longue histoire au Canada. Paul Anka est peut-être le Canadien le plus connu d'ascendance syrienne. » Je regarde autour de moi à la Chambre, peut-être mon collègue d'Abbotsford avec son amour de la nourriture arabe. Il est si jeune que je ne sais pas s'il sait qui est Paul Anka. Je cherche les autres personnes aux cheveux gris autour de moi. Nous sommes quelques-uns. Paul Anka est un homme merveilleux et, oui, je pense qu'il est probablement le Canadien d'ascendance syrienne le plus célèbre.
    Sarah a ajouté: « Il y en a eu d'autres; il y en a beaucoup que nous devons considérer comme des “Canadiens de vieille souche” ». Je pense qu'elle utilise ce terme simplement pour montrer depuis combien de temps les personnes d'origine syrienne et d'origine arabe sont au Canada. Comme nous l'avons entendu plus tôt, leur arrivée remonte au début de la Confédération. Elle poursuit en disant: « Le roi canadien du violon traditionnel, Ameen “King” Ganam, né à Swift Current en 1914, était un peu moins connu, par exemple, mais tout de même très populaire à son époque. » Je suis en train de trahir mon âge. Je me souviens en fait de « King » Ganam.
    On me fait signe que mon temps de parole est écoulé. Je terminerai mes deux dernières minutes en racontant l'histoire de « King » Ganam et de Tommy Hunter.
(1820)
    La période prévue pour l'étude des affaires émanant des députés est maintenant écoulée et l'affaire retombe au bas de l'ordre de priorité du Feuilleton.

Motion d'ajournement

[Motion d'ajournement]

     L'ajournement de la Chambre est proposé d'office conformément à l'article 38 du Règlement.

[Traduction]

Les affaires étrangères

    Monsieur le Président, je prends la parole à l'heure ordinaire de l'ajournement, que nous appelons communément le débat d'ajournement, pour revenir sur une question que j'ai posée au premier ministre, mais à laquelle la ministre des Affaires étrangères a répondu.
    Je leur ai posé cette question le 9 mars, et elle portait sur les événements du 28 février, date à laquelle le gouvernement d'Israël et le gouvernement des États‑Unis ont autorisé, en violation du droit international, des attaques et des frappes contre l'Iran. Dans ma question à la ministre, j'ai cité l'ancien ministre des Affaires étrangères, l'honorable Lloyd Axworthy, qui a écrit au Toronto Star pour dire que « le Canada a déjà rejeté la politique étrangère et illégale des États‑Unis, mais aujourd'hui, [le premier ministre] y a souscrit ». Plus loin, il ajoute que, je cite à nouveau M. Axworthy, « selon la Charte [des Nations unies], le recours à la force au-delà des frontières est interdit, sauf dans deux cas précis ». Il a ensuite souligné que l'opération Epic Fury, comme l'a nommée la Maison-Blanche, ne relève d'aucun de ces deux cas.
    Je voulais alors demander au premier ministre s'il était prêt à condamner tardivement l'attaque de l'Iran par les États‑Unis et Israël. Pour résumer, la ministre des Affaires étrangères a répondu que, bien que le Canada soit favorable à ce que l'Iran ne se dote jamais d'armes nucléaires, son appui ne constitue pas un chèque en blanc. Le Canada réaffirme que le droit international lie toutes les parties, et donc que les États‑Unis et Israël doivent respecter les règles internationales en matière d'intervention militaire. Autrement dit, le Canada n'a pas condamné le fait que ses alliés font fi du droit international. C'est ce qu'il s'est passé. Le gouvernement canadien aurait dû condamner la situation immédiatement.
    Alors que j'aborde cette question, je voudrais, dans ma brève intervention de ce soir, faire une chose que je fais rarement. Je tiens à remercier un député nouvellement élu d'en face, le député libéral de Victoria, qui représente la circonscription adjacente à la mienne. Il est en quelque sorte mon voisin. Avant d'entrer en politique, il était professeur agrégé de droit international à l'Université de Victoria. Dans une déclaration écrite, il a affirmé catégoriquement que la réponse du Canada n'était pas à la hauteur.
    Je vais citer le député de Victoria, dont les propos ont été rapportés par le Times Colonist: « Le Canada ne peut cautionner des actes de force militaire unilatéraux et illégaux. » Il a aussi réclamé la création d'une norme canadienne cohérente qui applique les lois de la guerre et le principe de la protection des civils, que les acteurs soient des alliés ou des adversaires.
    Le problème, c'est que le Canada aurait dû être prompt à condamner la situation lors du premier mandat de Trump. Je pense que c'est ce que nous avons fait lorsqu'il a déchiré l'accord conclu avec l'Iran, qui fonctionnait pourtant. Bien sûr, l'objectif est de s'assurer que l'Iran ne dispose jamais d'armes nucléaires. Le gouvernement iranien est impitoyable, bafoue les droits de la personne, commet des abus et exporte également le terrorisme. Personne ne met cela en doute, mais ignorer le droit international est une grave erreur. Dans le cas de l'accord initial entre les États‑Unis et l'Iran, cela fonctionnait. C'était « faisons confiance, mais vérifions ». Les experts internationaux en énergie atomique avaient accès à toutes les installations de recherche.
    Au fil du temps, je me demande ce que le gouvernement pense de la Charte des Nations unies et du droit international. Les respecte-t-il seulement lorsque cela l'arrange?
(1825)
    Monsieur le Président, je remercie la députée de Saanich—Gulf Islands de son engagement, de sa ténacité et de sa passion envers les dossiers qui nous tiennent tant à cœur à tous les deux. Je tiens également à la remercier d'avoir précisé sa question, car, le 9 mars, elle n'avait pas eu l'occasion de la poser. Elle a dû laisser la place à la ministre des Affaires étrangères, mais je sais désormais en quoi consiste la question. Sans vouloir verser dans les reproches, je suis vraiment heureux d'en venir à la question.
    Je tiens à préciser que le Canada a toujours adopté une position claire et cohérente à l'égard de l'Iran. Nous continuons d'appeler à la fin des hostilités. Nous demandons à toutes les parties de respecter l'accord de cessez-le-feu conclu en avril, de faire preuve de retenue et de respecter le droit international humanitaire. Nous exhortons toutes les parties à éviter toute action susceptible de déstabiliser davantage la région. Le Canada continue de collaborer avec ses partenaires internationaux pour soutenir les efforts diplomatiques visant à apaiser les tensions et à garantir la réouverture complète du détroit d'Ormuz.
    Parallèlement, le Canada cherche, dans le cadre du G7, à favoriser une action coordonnée avec ses partenaires du Golfe, afin de rétablir la sécurité de la navigation dans le détroit d'Ormuz. Le Canada est prêt à apporter son soutien à une mission de défense du détroit d'Ormuz dans trois domaines uniquement, c'est-à-dire la logistique maritime, l'aide au déminage et l'imagerie satellitaire, ce qui viendrait appuyer les efforts du Royaume‑Uni et de la France.
    Nous devons maintenir la pression sur la République islamique d'Iran afin qu'elle mette un terme à ses agissements déstabilisateurs, notamment ses programmes nucléaires et de missiles balistiques, son soutien au terrorisme et ses violations des droits de la personne, au moyen de sanctions et d'une action au sein des Nations unies. Nous devons être sans équivoque à cet égard. L'Iran ne doit en aucun cas se doter de l'arme nucléaire, et son soutien au terrorisme, par l'intermédiaire de mandataires ou de sa propre initiative, doit cesser. Les États‑Unis et l'Iran doivent parvenir à un accord garantissant une vérification rigoureuse du programme nucléaire iranien par l'Agence internationale de l'énergie atomique, afin de limiter le programme de missiles balistiques de l'Iran et de remédier au soutien apporté par l'Iran à ces mandataires régionaux.
    Je veux aussi m'exprimer brièvement sur le conflit qui se déroule en même temps entre Israël et le Hezbollah au Liban. Nous sommes profondément préoccupés par son intensification et par le risque d'une instabilité régionale accrue. De vraies personnes perdent leur foyer et leurs moyens de subsistance et voient leur sécurité compromise. C'est pourquoi nous soutenons fermement les efforts du gouvernement libanais visant à rétablir et à exercer pleinement l'autorité de l'État, notamment par le désarmement du Hezbollah, qui figure sur la liste des organisations terroristes au Canada, ainsi qu'à promouvoir une paix crédible et durable. Notre gouvernement continuera de collaborer avec ses partenaires internationaux pour favoriser la fin du conflit, la protection des civils et l’acheminement de l’aide humanitaire au Liban.
    Nous sommes lucides quant aux défis auxquels la région est confrontée. La région est en proie à des perturbations. Aucune intervention militaire, peu importe d'où elle vient, ne permettra de trouver une solution durable. Seuls la diplomatie, le dialogue, la négociation soutenue, la discussion et la bonne volonté permettront d'y parvenir. Nous devons établir un nouveau consensus.
    Nous continuons de nous conformer au droit international et sommes prêts à jouer notre rôle. En outre, nous continuons de traiter la sécurité des Canadiens dans la région comme une priorité, et d'intervenir en conséquence. Nous œuvrerons pour favoriser le retour à la stabilité dans l'ensemble du Moyen‑Orient.
    Les Canadiens sont de cœur et d'esprit avec la population de Gaza, la population de la Palestine dans son ensemble et la population du Liban, y compris le Sud et Beyrouth, tout comme nous sommes avec la population du golfe qui est bombardée quotidiennement.
(1830)
    Monsieur le Président, je remercie sincèrement mon collègue le secrétaire parlementaire de sa réponse mûrement réfléchie. Il a tout à fait raison de dire que je n'ai pas eu le temps de me rendre au bout de mon intervention, car je voulais demander si le premier ministre allait condamner ces actes, même tardivement?
    Comme l'a indiqué le secrétaire parlementaire, d'autres actes ont été posés depuis l'horrible attaque du 28 février. Le conflit se propage maintenant à de multiples endroits. Il y a des sanctions contre le Hezbollah et contre l'Iran, mais quand allons-nous parler de sanctions contre Nétanyahou et Israël pour avoir constamment enfreint le droit international?
    Encore une fois, que pouvons-nous faire? Je sais que les attaques de Trump contre le Canada en matière de commerce compliquent les choses, mais la réalité, c'est qu'il y a plusieurs grands déstabilisateurs dans le monde en ce moment. Il y a Trump, Nétanyahou et Poutine. Comment le Canada peut-il accroître ses efforts diplomatiques et envisager des sanctions contre ces acteurs malveillants?
    Monsieur le Président, je terminerai en répétant la position du Canada. Nous avons effectivement imposé des sanctions à deux ministres importants du gouvernement Nétanyahou et nous avons imposé des sanctions à certains colons qui ont perpétré des actes de violence en Cisjordanie. Parallèlement, nous demanderons à toutes les parties de mettre fin aux hostilités et de respecter les accords de cessez-le-feu. Une paix durable dans quelque région que ce soit ne sera possible que grâce à la diplomatie, au dialogue et à des négociations soutenues.
    Le Canada collabore étroitement avec ses alliés et ses partenaires pour réduire les tensions, préserver la libre circulation des marchandises dans le détroit d'Ormuz et favoriser la stabilité qui sous-tend la sécurité économique mondiale, tout en continuant de fournir de l'aide humanitaire et de renforcer les institutions démocratiques ainsi que les populations de la région.

Les soins dentaires

    Monsieur le Président, le Régime canadien de soins dentaires constitue l'une des plus grandes expansions du système public depuis une génération. Pendant trop longtemps, des millions de Canadiens ont dû se passer de soins dentaires parce qu'ils n'en avaient pas les moyens. Ils ont remis leur traitement à plus tard, ils ont enduré la douleur et ils ont vu des problèmes dentaires gérables se transformer en problèmes de santé graves, tout cela parce que ces soins coûtaient trop cher.
    Les néo-démocrates se sont battus pour que ce programme voie le jour, car notre accès aux soins de santé ne devrait jamais dépendre de notre salaire, de notre pension ou de l'état de notre compte bancaire. Aujourd'hui, grâce au Régime canadien de soins dentaires, des millions de Canadiens peuvent aller chez le dentiste. C'est une réussite qu'il faut préserver. Voilà pourquoi je prends la parole ce soir: je tiens à exprimer une préoccupation sérieuse et de plus en plus pressante.
    Mon bureau a été sollicité par des Canadiens qui, après avoir présenté une demande honnête, avoir été approuvés, avoir reçu des soins et avoir renouvelé leur couverture conformément aux instructions, pensaient que tout était en ordre, avant de recevoir des lettres leur indiquant que leur admissibilité faisait désormais l'objet d'un nouvel examen ou qu'ils risquaient de perdre leur couverture. Beaucoup de personnes concernées sont des retraités, d'anciens travailleurs syndiqués, des anciens combattants et des rentiers qui ont pris des options d'assurance dentaire auprès de leur syndicat ou de leur employeur il y a des années, voire des décennies, en se fondant sur les règles en vigueur à l'époque. Certains se sont fait dire que s'ils renonçaient à leur assurance dentaire, ils ne pourraient plus jamais y adhérer à nouveau.
    Lorsque le Régime canadien de soins dentaires a été mis en place, ils ont présenté une demande en toute bonne foi, car ils ne pensaient pas avoir accès à une autre assurance dentaire. Le gouvernement a examiné leur demande et l'a approuvée. Maintenant, on leur dit toutefois que les renseignements figurant sur un feuillet T4 ou T4A donnent à penser qu'ils avaient peut-être accès à une assurance dentaire, après tout.
    Susan, d'Errington, croyait qu'elle était admissible parce qu'elle a choisi de ne pas participer à son régime de soins dentaires pour retraités avant le 11 décembre 2023 et qu'elle ne pouvait pas s'y réinscrire. Elle a des documents à l'appui de sa position mais aucun échéancier clair pour une décision.
    Ian, de Parksville, a quitté son ancien employeur il y a des décennies. Il a refusé l'assurance dentaire parce que les primes étaient presque égales à ses prestations de retraite, et on lui a dit qu'il ne pourrait pas s'y inscrire plus tard. Maintenant, il craint qu'on lui demande de rembourser des prestations qu'il a reçues de bonne foi.
    Allan, de Coombs, un ancien combattant à la retraite, a choisi de ne plus avoir d'assurance dentaire dans les années 1990 parce qu'il n'avait pas les moyens de payer les primes, et on lui a dit qu'il ne pourrait pas se réinscrire à ce régime d'assurance plus tard. Maintenant, il est aux prises avec un examen d'admissibilité parce que les règles semblent avoir changé des décennies plus tard.
    Joyce, de l'île Lasqueti, n'avait pas vu de dentiste depuis huit ans parce qu'elle n'avait pas les moyens de se payer une assurance privée. Grâce au régime canadien, elle a finalement eu accès à des soins. Maintenant, elle craint qu'on lui retire sa couverture.
    Ces concitoyens ne sont pas les seuls dans cette situation. Nous savons qu'il y a des gens partout au Canada qui ne savent pas si on va leur retirer leur couverture, s'ils vont pouvoir la renouveler, si des documents ont été reçus ou si on va leur demander de rembourser des prestations déjà approuvées par le gouvernement libéral. Beaucoup ne peuvent même pas s'adresser directement aux fonctionnaires qui examinent leur dossier. Ils sont renvoyés d'un ministère à l'autre sans qu’on leur donne de délai précis pour une décision. Même la capacité des députés à obtenir des mises à jour est limitée. Ce n'est pas seulement une question de paperasse. C'est une question d'accès aux soins de santé.
    Le gouvernement maintiendra-t-il la couverture et protégera-t-il l'admissibilité au renouvellement pendant que les examens sont en cours? Établira-t-il des lignes directrices et des normes de service claires, fournira-t-il aux demandeurs et aux députés un point de contact désigné et veillera-t-il à ce que les Canadiens qui ont agi honnêtement et de bonne foi ne se voient pas refuser des soins dentaires en raison des décalages entre les systèmes gouvernementaux et la réalité de leur situation?
    Le Régime canadien de soins dentaires améliore des vies. Nous ne devons pas laisser la bureaucratie, la confusion et les obstacles administratifs miner cette promesse.
(1835)
    Monsieur le Président, je remercie le député, mon bon ami de Courtenay—Alberni, pour sa question très importante.
    Comme le député l'a souligné, le Régime canadien de soins dentaires constitue l'une des réformes sociales les plus marquantes de la dernière génération. Plus de 7 millions de Canadiens y sont désormais admissibles, et plus de 4 millions ont déjà bénéficié de soins grâce à ce programme. Lors de la dernière période de renouvellement, plus de 80 % des bénéficiaires ont reconduit leur participation avec succès.
    Dans la circonscription du député, Courtenay—Alberni, plus de 29 000 personnes sont admissibles au Régime canadien de soins dentaires. Cela permet à des aînés de recevoir enfin des soins longtemps reportés, aux enfants et aux jeunes d'avoir accès plus tôt aux soins préventifs et aux familles d'économiser en moyenne près de 900 $ par année. À un moment où de nombreux Canadiens ressentent les effets de la hausse du coût de la vie, le Régime canadien de soins dentaires leur permet d'obtenir des soins essentiels avec une plus grande tranquillité d'esprit.
    Comme pour tout programme de cette ampleur, il est important d'assurer une application rigoureuse et uniforme des critères d'admissibilité. Santé Canada vérifie régulièrement les renseignements des demandeurs en les comparant aux données de l'Agence du revenu du Canada. Lorsque c'est nécessaire, on peut demander des documents supplémentaires, qui sont examinés avant de confirmer l'admissibilité.
     Le député a soulevé à juste titre des cas où, sans que cela soit de leur faute, certaines personnes ont été indûment admises au bénéfice de prestations dentaires. Je peux assurer au député que le ministère travaille en étroite collaboration avec les personnes concernées et les députés qui ont soulevé cette question afin de trouver une solution équitable.
    Je sais que cette question tient à cœur au député, et je tiens à souligner que la ministre et nous tous sommes déterminés à faire en sorte que ce programme fonctionne efficacement pour les Canadiens. Cela signifie veiller à ce que les Canadiens admissibles puissent continuer à bénéficier des soins dentaires dont ils ont besoin tout en soutenant un régime qui reste fiable et viable pour les millions de Canadiens qui en dépendent.
    Monsieur le Président, j'espère sincèrement que les libéraux règleront ces questions.
    Je veux soulever un autre problème émergent.
    Mon bureau est submergé d'appels provenant de personnes âgées, de retraités, d'anciens combattants et de pensionnés qui sont perplexes et inquiets: ils craignent de perdre leur couverture au titre du Régime canadien de soins dentaires en raison de la date limite de renouvellement fixée au 1er juin, c'est-à-dire hier. Beaucoup ont fait une demande en toute bonne foi, ont été acceptés et ont bénéficié de soins, mais on leur annonce aujourd'hui que leur admissibilité fait l'objet d'un réexamen. D'autres ont manqué la date limite en raison d'une communication peu claire, de retards dans l'envoi des avis ou d'une certaine confusion, et ils doivent désormais refaire une demande, au risque de se retrouver sans couverture.
    Le gouvernement doit prendre conscience de l'inquiétude que ce processus a suscitée. Imposer un renouvellement crée des obstacles inutiles, en particulier pour les personnes âgées et les personnes vulnérables qui doivent composer avec les systèmes gouvernementaux.
    Il faut repousser la date limite de renouvellement. Aucun Canadien ne devrait perdre sa couverture dentaire à cause d'une confusion administrative. Le gouvernement doit clarifier la situation et veiller à ce que personne ne se retrouve privé des soins dont il a besoin.
    Le gouvernement corrigera-t-il ce problème?
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue et ami de Courtenay—Alberni d'avoir soulevé cette question importante.
    Le gouvernement reste déterminé à faire en sorte que le Régime canadien de soins dentaires continue de répondre aux besoins des Canadiens. Plus de 4 millions de Canadiens ont déjà bénéficié de soins dans le cadre de ce programme, et plus de 7 millions d'autres y sont actuellement admissibles.
    Nous continuerons à œuvrer pour que ce programme demeure accessible, efficace et adapté aux besoins des Canadiens.
(1840)
     La motion portant que la Chambre s’ajourne maintenant est réputée adoptée. La Chambre s'ajourne à demain, à 10 heures, conformément à l'article 24(1) du Règlement.
    (La séance est levée à 18 h 40.)
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