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Monsieur le Président, ce ne sont là que quelques exemples de la tendance du gouvernement à accorder des sommes d'argent colossales sans justification ni transparence. À quoi sert le contrôle parlementaire si les libéraux continuent de fermer les yeux sur l'incurie? L'une des choses les plus dangereuses que puisse faire le Parlement, c'est d'accorder des milliards de dollars sans établir de paramètres de réussite et sans pouvoir surveiller comment l'argent est utilisé. Ce n'est pas ainsi que la démocratie et l'obligation de rendre des comptes à la population sont censées fonctionner. On nous promet de nouvelles dépenses, de nouveaux fonds, de nouveaux programmes et de nouvelles annonces, alors je me dois de demander si les choses seront différentes cette fois-ci.
Dans ma circonscription, Mission—Matsqui—Abbotsford, ces manquements n'ont rien de théorique et ils nous touchent de très près. En 2021, nous avons eu de gigantesques inondations, qui figurent parmi les catastrophes naturelles les plus coûteuses au Canada. Plus tard la même année, Lytton, qui se trouve dans ma circonscription en Colombie‑Britannique, a été réduit en cendres. Aucune circonscription au Canada n'a été aussi ravagée que celle de Mission—Matsqui—Fraser Canyon en 2021.
Les voies ferrées du Canadien National ont été emportées par les eaux dans toute la province, tout comme celle du Canadien Pacifique. La Transcanadienne a été inondée et emportée par les eaux. La route Duffey, qui relie Whistler et Pemberton à Lillooet, a été emportée par les eaux, tout comme la route Lougheed et la ligne ferroviaire de Southern Railway. Le Port de Vancouver était complètement isolé du reste du Canada. Nous avons eu besoin d'aide militaire provenant du Québec parce qu'il n'y avait pas de cache d'équipement en Colombie‑Britannique pour faire face à la dévastation. La prairie Sumas a été inondée, ce qui a compromis l'approvisionnement alimentaire de la Colombie‑Britannique. Des maisons ont été détruites. Des gens sont morts. Nos infrastructures ont cédé.
Je me souviens d'un jour où je me rendais à l'édifice Sir-John-A.-Macdonald. C'était à l'époque où la sénatrice de la Saskatchewan avait été exclue du caucus conservateur pendant quelque temps, alors qu'Erin O'Toole était notre chef, et un journaliste m'a demandé: « Qu'en pensez-vous? » Je venais juste de sortir d'une réunion avec Bill Blair, aujourd'hui haut-commissaire au Royaume‑Uni. J'ai répondu: « Je n'arrive pas à croire que vous me posiez cette question. La Colombie‑Britannique est coupée du reste du Canada, le port Metro Vancouver ne peut plus acheminer aucune marchandise, et vous me posez des questions sur une sénatrice. »
La Colombie‑Britannique est souvent négligée à la Chambre. C'est une région mal comprise. Depuis 2021, je prends la parole à la Chambre et aux comités pour implorer les ministres du Logement et des Infrastructures d'aider la Colombie‑Britannique, d'aider nos agriculteurs et d'aider le gouvernement à atteindre ses propres objectifs, à savoir doubler les exportations vers les marchés de la région Asie-Pacifique. Rien de tout cela ne pourra se réaliser si le gouvernement ne prête pas attention à ma circonscription.
La plupart des députés ne savent pas que 37 % du pétrole acheminé par l'oléoduc Trans Mountain transite par la station de transbordement de Sumas, située dans ma collectivité, avant de se rendre aux États‑Unis. Sans cet argent, le gouvernement du Canada serait en faillite. La plupart des députés ne savent pas que le projet de prolongement d'Enbridge et la station de transbordement de Huntingdon se trouvent dans ma circonscription. Le Canada ne peut pas fonctionner sans Mission—Matsqui—Abbotsford. Ma circonscription affiche l'un des prix à la production les plus élevés de tout le Canada et nous sommes un important producteur de baies, de volaille, de produits laitiers et de légumes sur moins de 1 % du territoire de la Colombie‑Britannique. Nous sommes une puissance agricole et nous sommes également le point de convergence de l'oléoduc Trans Mountain, de l'oléoduc d'Enbridge, de la Transcanadienne, des trois principales lignes ferroviaires au Canada, d'un poste frontalier et d'un aéroport international où le gouvernement vient d'annoncer qu'il allait construire la nouvelle flotte de lutte contre les incendies du Canada par l'intermédiaire de l'une des meilleures entreprises du Canada, Conair.
Il se passe tellement de choses dans Mission—Matsqui—Abbotsford et dans la vallée du Fraser qui sont essentielles aux mesures que le gouvernement doit prendre pour atteindre ses objectifs.
Je demande au gouvernement quand les fonds promis par Justin Trudeau lors de ses séances photo à Abbotsford, en 2021, seront enfin débloqués. J'ai vu le haut-commissaire à l'aéroport la semaine dernière. Je lui ai dit: « Bill, je me bats encore. » Il m'a répondu de ne pas baisser les bras, car les libéraux n’ont pas tenu leurs promesses à Mission—Matsqui—Abbotsford.
Mon principal devoir à la Chambre est d'amener le député qui a pris la parole avant moi à dire la vérité et à soutenir ma circonscription, le Canada, nos objectifs d'exportation et l'intérêt renouvelé dans les chaînes d'approvisionnement.
Le est allé à New York pour parler de l'importance de se tourner vers l'avenir et de la place du Canada dans l'économie mondiale. Nous pouvons convenir que notre avenir ne se limite pas à un nouvel accord commercial avec les États‑Unis et le Mexique. Il est tourné vers l'Ouest et passe par la Colombie‑Britannique, car le prochain chapitre de la prospérité du Canada reposera sur nos relations avec les marchés de l'Asie‑Pacifique, qui connaissent une croissance rapide et qui exigent davantage d'aliments, d'énergie et un partenaire commercial fiable et doté d'une expertise en ingénierie et en services, et de l'une des mains-d'œuvre les plus instruites au monde.
Nous ne pouvons rien faire de tout cela si nous ne tirons pas parti des 3,83 milliards de dollars d'activité économique nationale générés par le secteur agricole de ma circonscription, du rôle de notre aéroport international, qui abrite notre flotte aérienne de lutte contre les incendies, de l'oléoduc d'Enbridge, de l'oléoduc Trans Mountain, de notre poste frontalier international, des principales artères qui relient la Colombie‑Britannique au reste du Canada, de nos liaisons ferroviaires vers le Sud et le port, ainsi que du grenier de la Colombie‑Britannique que constitue ma circonscription.
La solidité et la fiabilité des chaînes d'approvisionnement dans la vallée du Fraser conditionnent chaque conteneur à destination de l'Asie, chaque envoi d'un produit agricole et chaque exportation qui passe par la porte d'entrée du Pacifique. Si le Canada entend être un acteur de premier plan dans la région Indo‑Pacifique et que nous voulions saisir les occasions d'accroître la demande mondiale, il faut faire le nécessaire pour que nos portes d'entrée soient efficaces.
Je ne le répéterai jamais trop: à défaut de protéger et d'entretenir ces infrastructures névralgiques, non seulement pour quand il fait beau, mais aussi en cas d'inondation ou d'événements météorologiques extrêmes ainsi qu'en fonction des pressions croissantes qui s'exercent sur les infrastructures, le gouvernement n'arrivera jamais comme il l'entend à doubler les exportations canadiennes.
Il faut prendre conscience que nos concurrents ne restent pas les bras croisés. D'autres pays injectent des sommes considérables dans leurs routes commerciales et pour adapter leurs infrastructures aux changements climatiques. C'est le cas dans Washington où, étant donné que nous ne bougeons pas assez vite, on s'apprête à intensifier l'exportation de potasse et d'autres marchandises aussi produites au Canada. Notre pays doit faire la même chose.
La question qui se pose n'a rien de compliqué: sommes-nous prêts à investir dans les infrastructures qui façonneront l'avenir du Canada ou acceptons‑nous plutôt de prendre le risque de laisser vulnérable l'un de nos corridors commerciaux les plus névralgiques alors même que, vu les conflits qui sévissent un peu partout, le monde entier compte sur la stabilité relative du Canada et du Pacifique?
La vallée du Fraser n'est pas seulement tournée vers le passé. Elle est tournée vers l'avenir dont le a parlé dans son discours à New York. Il s'agit d'un avenir où le Canada pourra approvisionner les marchés mondiaux, alimenter les économies grâce à une énergie produite de manière responsable et renforcer sa position de pays commerçant fiable. Tout ce que le premier ministre souhaite accomplir se concrétise dans la vallée du Fraser.
Mais, pour en venir à l'essentiel de mon propos, rien de tout cela n'est possible sans des infrastructures résilientes, sans des corridors protégés, sans un gouvernement fédéral prêt à agir de toute urgence et avec ambition comme jamais auparavant. Oui, construisons des logements, mais posons aussi les fondations d’un pays capable de rivaliser, de commercer et de jouer un rôle de premier plan. Lorsque nous investissons dans la vallée du Fraser, il ne s’agit pas seulement d’investir dans une région. Nous investissons dans l’avenir du Canada sur la scène mondiale.
C'est un drôle de projet de loi. Il ne figurait pas dans le budget et, d'après les informations présentées aujourd'hui à la Chambre, il ne semble pas s'inscrire dans un plan cohérent. On dirait davantage un argument de dernière minute que les libéraux brandissent afin de pouvoir affirmer par la suite que les conservateurs ont voté contre le logement. Il ne s'agit pas d'une véritable démarche pour s'attaquer aux problèmes légitimes que le cherche à résoudre. Les Canadiens veulent certes des investissements dans le logement et les infrastructures, mais ils souhaitent aussi des processus améliorés, car ce que je vais exposer dans les prochaines heures montrera que les libéraux n'ont rien fait de tel jusqu'ici.
Avant de me lancer, je m'en voudrais de ne pas revenir — histoire de réitérer le message — sur certains commentaires que mes concitoyens ont formulés dans le cadre d'un envoi postal récent au sujet de ce qu'ils ont vécu lors des inondations. Il est parfois nécessaire de faire valoir cette dimension personnelle à la Chambre. Ces gens comptent, et ils paient beaucoup d'impôts. Leur voix doit être entendue. Je vais les désigner uniquement par leurs initiales afin de protéger leur anonymat.
J. et T. m'ont écrit ceci: « Notre famille a été gravement touchée par la rupture de la digue de la rivière Sumas en 2021. La prairie Sumas, où nous vivons dans une ferme fourragère de cinq acres, a été inondée. Le contenu de la maison a été une perte totale. Nous avons dû reconstruire tout l'intérieur, du plancher au plafond, et remplacer les appareils ménagers, les fenêtres, les portes, les meubles, les revêtements de sol et les biens personnels. Nous avons perdu trois véhicules, des outils et de l'équipement de ferme. L'aide fédérale est nécessaire pour faire face aux catastrophes internationales liées aux inondations. »
Le prochain message est plutôt rigolo. P., d'Abbotsford, a écrit: « Au lieu de perdre du temps à essayer de convaincre les libéraux de faire quelque chose pour la côte Ouest, pourquoi ne pas construire une berme le long de la frontière? Les États‑Unis peuvent garder leur eau. » C'est un bon point.
D.S. a écrit: « Il me semble que le gouvernement fédéral ne prend pas la question des inondations au sérieux. Le gouvernement libéral n'écoute pas les habitants de Merritt, de Princeton et de la région de la prairie Sumas. Serait-ce parce que leurs circonscriptions ne sont pas représentées par des députés libéraux? Des demandes d'aide étayées par 500 pages de documentation ne suffisent pas pour approuver le financement destiné aux familles victimes des inondations? Nous payons notre part d'impôts comme les autres Canadiens. Les citoyens devraient passer en premier. »
C., d'Abbotsford, a écrit ceci: « En 2021, notre propriété a été inondée. Il y avait un pied d'eau au rez-de-chaussée de notre maison. Nous avons dû vivre ailleurs pendant six mois en attendant que tout sèche. Nous avons complètement reconstruit le rez-de-chaussée et fait des rénovations. Comme avons aussi une étable, il a fallu installer les animaux, les chèvres, les chevaux et les poulets, ailleurs pendant un certain temps. Mon mari a une entreprise d'aménagement paysager. Son atelier a été inondé, ce qui a détruit de l'équipement et des zones d'entreposage. Il a fallu des années pour reconstruire. »
Voici maintenant ce qu'écrit C., d'Abbotsfordt: « Il m'était impossible d'aller sur mon lieu de travail pendant les inondations. Mon église a profité de l'occasion pour aider à la restauration du domaine Ripples, dont les terres avaient été dévastées. Dans un documentaire que j'ai filmé à propos de ces événements, l'un des propriétaires fait remarquer que nous recevons constamment des messages d'alerte sur nos iPhone. Il se demande pourquoi on n'a pas eu recours à ce genre d'alerte pour prévenir les gens au sujet des inondations et des répercussions possibles. »
R., d'Abbotsford, a écrit: « J'ai été évacué pendant 3 semaines avec mon épouse, qui était atteinte d'une forme très grave de la maladie de Parkinson. Nous sommes allés chez notre fils à Calgary. J'habite à Sumas Prairie, où la digue s'est rompue. J'ai aidé mon voisin à déménager parce que sa grange avait été inondée, tout comme deux maisons devant le pont de la rivière Sumas, qui a dû être remplacé. Ma femme est décédée récemment. Cette période a été extrêmement difficile. Pendant l'inondation de 2025, j'ai été isolé pendant trois jours, parce que toutes les routes autour de moi étaient inondées. À l'époque où nous sommes rendus, il faut régler ce problème. Le gouvernement doit changer. Nous avons besoin d'un système de digues adéquat à Sumas, dans l'État de Washington, et de stations de pompage sur la rivière Sumas, à Barrowtown. »
N. et L. ont écrit: « Notre famille vit sur cette propriété depuis 1957, lorsque mon père et ma mère y sont emménagés en raison de son emplacement surélevé. Lorsqu'ils ont immigré ici, dans les années 1930, ils vivaient dans une région moins élevée. Ils ont fait face aux risques d'inondation de 1948 et ont pris conscience de la situation à l'époque. Donc, jusqu'en novembre 2021, notre famille était convaincue qu'elle n'avait pas à s'inquiéter, mais à notre grand étonnement, la digue de la rivière Sumas s'est rompue, et c'était fini. Notre sous-sol a été inondé, ce qui nous a coûté plus de 8 000 $ en plus du temps que nous avons passé loin de chez nous. À ce moment-là, je souffrais d'un cancer, ce qui était très difficile. »
D., d'Abbotsford, m'a écrit ceci: « J'ai déjà vécu dans la zone inondable de la prairie Sumas. Le risque d'inondation était une source d'inquiétude constante. Nous avons donc déménagé dans le quartier de Bradner, à Abbotsford, en dehors de la zone inondable. Notre ancienne maison a été sérieusement endommagée en 2021. Le gouvernement canadien doit faire pression sur le gouvernement américain pour qu'il drague le fleuve Nooksack afin d'éviter d'autres inondations. Je pense que c'est la seule solution. »
R., d'Abbotsford, m'a écrit ceci: « Les inondations de 2021 et de 2025 ont bloqué la route 1 jusqu'à l'intérieur des terres pendant un mois. J'ai perdu l'accès à mon chalet, situé à Hope. Qu'en est-il de l'infrastructure promise? Pourquoi n'y a-t-il pas de construction? Construisons, et correctement, cette fois‑ci. Nous ne pouvons pas continuer ainsi. »
O., d'Abbotsford, m'a écrit ceci: « De nombreux résidents ont été touchés par les inondations. Nous devons absolument trouver un moyen d'empêcher que cela se reproduise. »
E., d'Abbotsford, m'a écrit ceci: « Il faut que le gouvernement fédéral travaille de façon constructive au sein de la coalition du bassin versant de la rivière Sumas et qu'il collabore avec ses partenaires américains pour régler le problème. Où est le leadership fédéral? »
B., de Mission, m'a écrit ceci: « J'habitais à Agassiz en 2021, près du champ de foire. Mon vide sanitaire a été inondé. J'ai subi d'énormes pertes personnelles et matérielles. J'ai passé des mois à faire le tri et à payer pour remplacer ce qui ne pouvait pas être récupéré. »
J., de Mission, a écrit: « Il faut mettre en place des infrastructures pour éviter que cela ne se reproduise. On ne peut pas continuer ainsi. »
T., d'Abbotsford, a écrit: « Je n'habite pas dans la plaine inondable Sumas, mais sur la colline qui la surplombe. L'étage inférieur de ma maison est parfois inondé quand notre réseau d'évacuation des eaux pluviales ne parvient pas à absorber le surplus d'eau, qui n'a nulle part où s'écouler quand la plaine est inondée. Quand l'autoroute est inondée, ma fille ne peut pas se rendre à son travail à Chilliwack. »
R., d'Abbotsford, a écrit: « Merci de mettre l'accent là-dessus, Brad. Le bétail de la famille de mon ami a été durement touché par les inondations de 2021. Les dégâts et les pertes ont été considérables dans la région de la prairie Sumas. » Il évoque le bétail, et, en effet, l'une des rares images dont se souviennent les gens qui ne sont pas de la région, ce sont ces vaches nageant dans l'eau pendant les inondations.
G. et P., d'Abbotsford, ont écrit: « En plus d'avoir été coupée du reste du Canada par les inondations de 2021, notre région a dû compter sur des expéditions réacheminées par les États‑Unis, dans l'État de Washington, avant de revenir en Colombie‑Britannique. Compte tenu des tensions commerciales et de la volonté de notre pays de réduire sa dépendance vis-à-vis des États‑Unis, voulons-nous vraiment nous retrouver dans cette situation si des inondations devaient se reproduire? Veuillez nous obtenir l'aide à l'atténuation des inondations qui nous a été promise en novembre 2021. »
S. H., d'Abbotsford, a écrit: « Nous avons dû être évacués au milieu de la nuit. Nous avons dû relocaliser notre bétail. Nous avons dû nous absenter du travail. Nos biens ont été endommagés. La Transcanadienne a été inondée et fermée. La communication au sujet des fermetures de routes a été déficiente. Nous avons perdu beaucoup de bétail à cause des inondations. »
S., d'Abbotsford, a écrit: « Ma propriété n'a pas été touchée par les inondations, mais mes amis venaient tout juste de se remettre des inondations précédentes. Deux inondations coup sur coup… ça sent la négligence et le désintérêt envers les habitants de la vallée du Fraser. »
R., d'Abbotsford, a écrit: « Les récentes inondations ont perturbé mon travail pendant presque une semaine. Je suis responsable depuis 12 ans de la construction pour des agriculteurs qui produisent des champignons frais. Mon travail a été interrompu parce que je n'avais pas accès au gravier sur la montagne Sumas. Trois membres de mon équipe ont perdu l'équivalent d'une semaine de travail parce qu'aucune route n'était praticable. »
J., d'Abbotsford, a écrit: « Je ne vis pas dans la plaine inondable, mais une partie de notre ville s'y trouve. Les inondations entraînent de terribles perturbations. Ce que je vis n'est qu'un désagrément, mais certains habitants de notre ville se battent pour leur maison, leur terre et leur mode de vie. Faut-il qu'il y ait un autre décès pour qu'Ottawa nous accorde son attention? Merci de vos efforts. »
D., d'Abbotsford, a écrit: « Encore une fois, Brad, tu t'occupes de ton monde. Merci. Je n'ai pas été touché par les inondations, à part par la hausse des prix à l'épicerie et des produits de base due au blocage des transports. Les pauvres agriculteurs touchés m'ont vraiment brisé le cœur. Nous savions que le premier ministre de l'époque, Justin Trudeau, ne tiendrait pas sa promesse d'aide. Il a donné de l'espoir d'une main pour le reprendre de l'autre. C'est tout à fait lui ça. Aussi, ne lâchez pas le morceau sur les histoires d'orientation sexuelle et d'identité de genre dans les écoles. Que Dieu continue de vous donner de la force. »
M., d'Abbotsford, a écrit: « Je n'ai pas été personnellement touché, mais mon oncle avait été victime des inondations de 1975. La situation n'a fait qu'empirer dans les années 1990 et dans les années 2020. Mon père avait un ami qui était commissaire aux digues pour le fleuve Nooksack dans les années 1990. Il avait les mains liées par la bureaucratie. C'était un problème transfrontalier qui touchait également les Américains de la région. Autant le gouvernement fédéral canadien que le gouvernement fédéral américain n'ont pas pris les mesures nécessaires. Le Nooksack a besoin de dragage, et il faut améliorer les digues. Je suis d'accord. Ce problème ne pourra être résolu que si le gouvernement fédéral intervient. »
P., d'Abbotsford, est professeure à l'université, et elle a dit que des examens avaient dû être annulés et que l'université a été fermée pendant une semaine à cause des inondations. Elle encourage le gouvernement fédéral à faire preuve de leadership et à draguer le fleuve Nooksack.
K., de Mission, a écrit: « J'aurai 85 ans ce printemps. J'ai un grand cœur. Nous devons régler ce problème. C'est inacceptable. »
B., d'Abbotsford, a écrit: « J'ai reçu cette semaine, par la poste, votre lettre où vous abordez les lacunes en matière de gestion des inondations et la nécessité de demander des comptes à Ottawa. » C'était il y a quelques mois. « Vous avez demandé comment les inondations de 2021 et les inondations les plus récentes ont affecté nos vies. Eh bien, l'inondation de Sumas Prairie a vraiment été une expérience pour nous. Après avoir passé la soirée du 15 novembre 2021 et une bonne partie de la nuit à déplacer des dossiers de notre bureau à l'atelier et à la maison, nous avons essayé de sauver le studio d'art de notre fille, le mobilier et les créations artistiques, le studio de piano de notre autre fille, situé à l'arrière de notre garage, et tout ce que nous pouvions sauver en le déplaçant du sous-sol au rez-de-chaussée. Jamais nous ne nous serions attendus à ce que l'eau monte autant.
« Nous avons déplacé des objets et épongé de l'eau pendant 26 heures d'affilée, jusqu'à 4 h 30, le 16 novembre. Complètement épuisés et frigorifiés, nous nous sommes reposés jusqu'à 6 h 30, heure à laquelle la police nous a ordonné d'évacuer. Dans ce court laps de temps, l'eau s'était infiltrée à toute vitesse et s'élevait alors à quatre pieds de profondeur dans le sous-sol. Impossible d'atteindre le panneau électrique ou de fermer l'eau ou le gaz. Nous n'avions que quelques minutes pour partir. L'eau a continué de monter encore plus rapidement.
« Nous avons pataugé dans l'eau sale et glaciale pour atteindre notre camionnette, sur le chemin. La route avait disparu; c'était comme si nous étions au beau milieu d'un lac. L'eau s'infiltrait dans la cabine du camion. Nous avons eu beaucoup de chance de partir à ce moment-là. Essayer de rouler sans voir la route était extrêmement difficile. Il fallait éviter les profonds fossés qui longent les fermes.
« Nous nous sommes dirigés vers le sud, le long de la montagne, à travers les coulées de boue et les branches tombées, jusqu'à Chilliwack. Les inondations et les glissements de terrain donnaient l'impression d'être dans un film.
« Nous étions frigorifiés et détrempés. On nous a dit de nous inscrire auprès des services d'évacuation d'urgence à Chilliwack. Nos deux filles étaient restées chez leurs grands-parents la veille parce qu'elles ne pouvaient pas rentrer à la maison après le début des inondations sur le chemin Whatcom. Mon mari et moi avons dû rester à Chilliwack.
« Le chaos s'est emparé de Chilliwack. La population, en panique, se ruait pour acheter de l'essence et de la nourriture. Les stations-service ont manqué de carburant, et des bagarres ont éclaté à cause des longues files d'attente. C'était la frénésie. Nous sommes allés au magasin Superstore pour acheter des vêtements et de la nourriture, puisque nous avions dû laisser de nombreux produits essentiels à la maison. Plus tard, le magasin a dû fermer ses portes, ses étagères ayant été vidées.
« La prairie Sumas et la route 1 ont été fermées, tout comme la route 1 vers l'est après la sortie pour Agassiz, ainsi que la route 7, en raison de glissements de terrain. Épuisés, nous avons cherché un endroit où dormir, mais il n'y avait plus de place nulle part. Nous avons envisagé de dormir dans la boîte de la camionnette. C'était en novembre, et il faisait environ 5 degrés le jour. Heureusement, ma mère a fait quelques appels, et elle a trouvé un parent éloigné qui nous a accueillis chez lui.
« Le jeudi 19 novembre, nous avons enfin pu retourner à Abbotsford par la route 7. Ça a pris trois heures. Il n'était toutefois toujours pas possible de retourner chez nous, puisque c'était encore inondé partout, même si l'eau avait baissé de trois pieds.
« Le dimanche, nous avons pu atteindre la maison et évaluer les dégâts. Les bottes aux pieds, nous sommes entrés dans la maison et avons rapidement ramassé ce que nous pouvions au rez-de-chaussée et à l'étage. Les mauvaises odeurs s'étaient imprégnées partout. Nous avons lavé les vêtements et la literie qui pouvaient être lavés, mais il a fallu beaucoup d'efforts pour enlever les odeurs. Nous avons perdu tout le mobilier de bureau et toutes les fournitures qui s'y trouvaient, les meubles et les appareils ménagers dans le sous-sol, de même que tout ce que nous avions mis sur les tablettes en pensant que l'eau ne se rendrait pas jusqu'au plafond.
« Nous avons complètement perdu notre véhicule récréatif, nos poules et nos deux poulaillers, le studio d'artiste, le studio de musique ainsi que quatre véhicules. Nos remorques commerciales ont été inondées, et nous avons collaboré avec l'Insurance Corporation of British Columbia pour les faire réparer.
« Les dommages nous ont brisé le cœur, mais nous avons dû prendre sur nous de faire tout ce qu'il fallait pour revenir à la normale. Nous avons curé notre atelier pour le faire sécher et le réparer. Nous nous sommes débarrassés de l'équipement endommagé et nous avons acheté des outils neufs. Nous avons dû déménager le siège de notre entreprise de construction.
« Avec l'aide de la famille et de nos amis, nous avons commencé le nettoyage. L'eau avait atteint six pieds et demi de hauteur, et elle avait été contaminée par des eaux usées septiques, du fumier, des produits chimiques, de l'huile et de l'essence. Tout ce qui avait été mouillé a dû être jeté. Puisqu'il a fallu rebâtir notre maison, nous avons habité ailleurs durant deux ans et demi.
« Nous n'en avons pas fini avec les conséquences de l'inondation. Nos bâtiments annexes ne sont toujours pas réparés car, sur le plan tant des efforts que des finances, nous avons privilégié la maison et l'atelier. Notre vieille ferme a été inondée jusqu'au plancher du rez-de-chaussée pendant presque une semaine, alors étant donné les moisissures et les dommages structurels, il a fallu rebâtir.
« Hélas, nous n'étions pas assurés pour l'inondation par ruissellement. L'année d'avant, Intact Assurance nous avait envoyé une lettre pour nous annoncer qu'étant donné la vétusté des infrastructures, elle ne couvrirait plus les inondations. J'ai essayé de trouver un autre assureur, mais aucun ne couvrait ce risque.
« Lors des plus récentes inondations, l'année dernière, seuls le champ derrière la maison et les fossés ont été touchés. La maison a été épargnée. Ma fille et moi avons dû partir en pleine nuit, vers minuit et demi. Nous sommes revenues en matinée, juste avant que le chemin Vye ne soit inondé. Comme notre fille venait d'être opérée et qu'elle utilisait encore un lit d'hôpital, il n'était pas question de nous installer ailleurs. Mon mari est resté à la maison. Nous étions morts d'inquiétude, sachant très bien que la situation pouvait rapidement dégénérer.
« L'un de nos voisins a complètement vidé sa maison, électroménagers compris, par crainte de revivre les événements de 2021. Nous surveillions constamment le niveau de l'eau pour voir à quelle vitesse elle montait dans la cour. Nous avons quand même réussi à nous rendre à Chilliwack par des routes de campagne, mais nous avons été coupés d'Abbotsford en raison de la fermeture des chemins Vye et Whatcom, ainsi que de l'accès à la route 1 à partir de notre lieu de travail.
« Quand la digue a cédé en 2021, nous nous sommes rendu compte que c'était la principale cause de l'inondation. Cette fois-ci, nous avons observé la direction de l'eau du fleuve Nooksack, qui est déjà sorti de son lit et qui coule vers la route 1.
« En tant que propriétaires fonciers dans la prairie Sumas, nous sommes très inquiets du peu de mesures prises depuis 2021. Merci d'avoir pris le temps de nous lire et de bien vouloir faire part de nos préoccupations. »
C., d'Abbotsford, a écrit: « En 2021, nous avons été durement touchés par l'inondation. Nous avons perdu une grande partie de nos biens et de nos animaux. Nous n'avons jamais reçu d'aide financière ni même de dispense des frais de décharge, car nous n'avions pas été placés en état d'alerte. Notre maison était complètement entourée d'eau, mais comme elle est suffisamment en hauteur, nous avons pu y rester. Pas une seule fois les secours ou les forces de l'ordre ne sont venus prendre de nos nouvelles. Nous continuons à subir des inondations chaque hiver, mais la ville refuse de nous aider. »
R. et D., de Mission, ont écrit: « Je ne peux plus accéder au fleuve Fraser à partir de la rampe de mise à l'eau de Barrowtown à cause de tout le gravier qui s'écoule dans le canal Vedder. La forêt du bassin versant du lac Chilliwack a été surexploitée il y a plusieurs décennies, mais elle s'est peut-être rétablie depuis. Toutefois, il faut draguer le canal. Ça n'a rien à voir avec ce qu'on appelle le changement climatique, comme certains le disent. »
Je pourrais continuer, mais ces témoignages sont éloquents. Les habitants de ma circonscription n'ont pas reçu le soutien fédéral qu'ils méritent. Ils n'ont pas bénéficié de la flexibilité dont fait preuve le gouvernement dans le projet de loi et dans cette motion de programmation pour atteindre ses objectifs. Il n'a rien fait pour la région de la vallée du Fraser, qui est essentielle au maintien des chaînes d'approvisionnement du Canada en 2026.
Au cours de la prochaine heure, je vais examiner d'un peu plus près les mesures prises par le gouvernement en matière de logement depuis son arrivée au pouvoir. Je commencerai par la stratégie nationale sur le logement, publiée en 2016 ou 2017.
Le député de a rédigé un message en tant que ministre de la Famille, de l'Enfance et du Développement social. Il a dit:
J'ai le grand honneur et le grand plaisir de présenter la toute première Stratégie nationale sur le logement (SNL) du Canada, un plan ambitieux de 40 milliards de dollars visant à assurer que tous les Canadiens disposent d'un logement abordable qui répond à leurs besoins.
La mise en œuvre de la Stratégie a été une priorité du gouvernement du Canada au cours des 18 derniers mois. Nous effectuons des investissements historiques dans le logement — et nous planifions des changements transformationnels — parce que nous comprenons la valeur d'un chez-soi. Un logement sûr et abordable est un tremplin vers de meilleurs résultats socio-économiques pour nos citoyens, vers une société plus inclusive où tous ont la chance d'être bien et de réussir, vers une économie plus forte et vers un environnement plus propre.
Mais, pour trop de familles canadiennes, un chez-soi convenable n'est tout simplement pas abordable. Au Canada, 1,7 million de personnes éprouvent des besoins en matière de logement et vivent dans des logements qui ne sont ni convenables ni abordables. De plus, 25 000 Canadiens se retrouvent sans abri de façon chronique. Il faut que ça change.
Prenant appui sur les investissements annoncés dans les budgets de 2016 et de 2017, la SNL signale un engagement renouvelé significatif du gouvernement fédéral envers le logement. Il s'agit d'un élément clé du plan de notre gouvernement visant à aider à renforcer la classe moyenne, à promouvoir la croissance pour tous et à sortir plus de Canadiens de la pauvreté.
Nous avons tiré des leçons importantes des consultations qui ont eu lieu dans le cadre de la campagne Parlons logement de l'an dernier, et notre Stratégie s'en trouve renforcée. Le travail pour mettre en œuvre ces idées commence maintenant.
Il poursuit en disant:
Nous avons fixé des objectifs clairs pour la [Stratégie nationale sur le logement], y compris faire en sorte que 530 000 familles canadiennes n'éprouvent plus de besoins en matière de logement et réduire de moitié l'itinérance chronique au cours de la prochaine décennie. Nous ferons le suivi de nos réussites, nous présenterons des rapports à ce sujet, et nous adapterons notre approche au besoin, au fur et à mesure que la Stratégie sera déployée. Notre priorité sera de répondre aux besoins des personnes vulnérables, comme les femmes et enfants fuyant des situations de violence familiale, les aînés, les Autochtones, les personnes handicapées, les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale et de toxicomanie, les anciens combattants et les jeunes adultes.
Le lancement de la [Stratégie nationale sur le logement] marque le début d'une nouvelle ère pour le logement au Canada. Nous avons une Stratégie que tous les Canadiens peuvent soutenir et dont ils peuvent être fiers. Je vous encourage à vous joindre à cet effort national pour que tous les Canadiens aient le logement sûr et abordable dont ils ont besoin et qu'ils méritent.
Je considère ce comme une personne honorable, mais je tiens à souligner qu'on n'a atteint les résultats escomptés pour aucun des indicateurs ni aucun des groupes mentionnés dans sa lettre de présentation de la Stratégie nationale sur le logement, pas un seul. Rien de ce qui avait été annoncé lors de la présentation du plan n'a été accompli.
La toute première Stratégie nationale sur le logement dit également:
Le gouvernement du Canada croit que tous les Canadiens méritent un logement sûr et abordable. Le logement abordable est la pierre angulaire de collectivités inclusives [...] La toute première Stratégie nationale sur le logement du Canada est un plan de 40 milliards de dollars sur 10 ans mis en place pour qu’un plus grand nombre de Canadiens aient un chez-soi d’abord.
La Stratégie nationale sur le logement du Canada établit des cibles ambitieuses pour veiller à ce que les investissements sans précédent et les nouveaux programmes produisent des résultats, dont une réduction de l’itinérance chronique de 50 % et l’élimination des besoins en matière de logement de jusqu’à 530 000 ménages. La Stratégie nationale sur le logement permettra de bâtir jusqu’à 100 000 logements neufs et d’en réparer ou d’en renouveler 300 000 autres.
Grâce à de nouvelles initiatives comme le Fonds national de co-investissement pour le logement et l’Initiative canadienne pour le logement communautaire, la Stratégie nationale sur le logement créera une nouvelle génération de logements au Canada.
Rien de tout cela ne s'est concrétisé.
Notre plan fera la promotion de collectivités diversifiées. Il permettra de construire de logements qui sont durables, accessibles et à mixité des revenus et des usages. Nous construirons des logements qui seront entièrement intégrés dans la collectivité — près des transports en commun, des lieux de travail et des services publics.
Les programmes fédéraux élargis et modifiés de lutte contre l’itinérance, une nouvelle Allocation canadienne pour le logement et une approche axée sur le droit au logement garantiront que la Stratégie nationale sur le logement accorde la priorité aux Canadiens les plus vulnérables, notamment les femmes et enfants fuyant des situations de violence [...]
Je tiens à souligner que, depuis la mise en œuvre de cette stratégie, la violence faite aux femmes au Canada a plus que doublé. Les cas d'agression sexuelle et de violence entre partenaires intimes ont explosé sous le gouvernement actuel. Les libéraux ont affirmé que le logement réglerait le problème. Ils avaient tort. Ils ont induit les Canadiens en erreur. Ils ont induit le pays tout entier en erreur.
Le document se poursuit ainsi:
La Stratégie nationale sur le logement est véritablement un projet national, créé par et pour les Canadiens. Le succès de notre plan exigera des efforts de la part de nombreux partenaires. La Stratégie nationale sur le logement investit dans les provinces et territoires afin que toutes les régions puissent produire des logements plus abordables et de meilleure qualité. Elle investit dans les municipalités afin de donner aux collectivités les moyens de lutter contre l'itinérance. Elle offre aussi au gouvernement fédéral de nouvelles possibilités d'innover grâce à des partenariats avec le secteur du logement communautaire [...]
Je pourrais continuer.
À la page 5 du document, il est question d'une « vision pour le logement au Canada ». On peut y lire ceci:
Les Canadiens disposent d'un logement répondant à leurs besoins et qui est abordable.
Cette vision est un échec.
Le logement abordable est une pierre angulaire de communautés durables et inclusives et d'une économie canadienne dans laquelle nous pouvons prospérer et nous développer.
Je suis d'accord. Le gouvernement a fait tout le contraire.
À la page 5 de sa stratégie, le gouvernement fait remarquer ce qui suit:
Le logement, c'est bien plus qu'un simple toit.
On peut y lire ceci:
Tous les Canadiens méritent un logement sûr et abordable.
Je suis d'accord. Or, le gouvernement n'y est pas parvenu.
Les investissements dans le logement doivent accorder la priorité aux personnes dont les besoins sont les plus grands, notamment les femmes et les enfants fuyant des situations de violence familiale, les aînés, les Autochtones [...]
Je pourrais lire plus tard le rapport de la vérificatrice générale sur la situation du logement dans les réserves des Premières Nations. C'est un échec total, encore une fois.
La politique sur le logement devrait reposer sur les principes de l'inclusion, de la participation, de la responsabilisation et de la non-discrimination.
Je suis d'accord, mais le gouvernement a complètement échoué là aussi.
Les programmes de logement devraient être harmonisés avec les investissements publics dans la création d'emplois, le développement des compétences, le transport en commun, l'éducation de la petite enfance, les soins de santé et les infrastructures culturelles et récréatives.
J'aimerais que ce soit le cas. Cela ne s'est pas produit.
Les investissements dans le logement devraient soutenir la stratégie du Canada relative au changement climatique et son engagement à l'égard de collectivités accessibles.
Je suis d'accord, mais lorsqu'il est question des répercussions des catastrophes naturelles et de ce que les scientifiques du gouvernement ont indiqué au sujet des changements climatiques au Canada et dans ma circonscription, il n'y a jamais eu d'harmonisation ni de priorisation, comme je l'ai souligné au cours de la dernière heure. C'est un autre grand échec.
Les collectivités devraient être habilitées à élaborer et à mettre en œuvre des solutions locales aux problèmes de logement.
Je suis d'accord. Cependant, je ne pense pas que ce soit le cas.
À la page 6 de la stratégie, on trouve certaines cibles, notamment « 530 000 ménages qui n'éprouvent plus de besoins de logement », « 385 000 logements communautaires [qui] seront protégés et 50 000 autres [qui] seront créés grâce au développement du secteur communautaire », une « réduction [de 50 %] du nombre estimatif de personnes accueillies par les refuges qui sont chroniquement sans abri », « 300 000 logements existants réparés et renouvelés », « 100 000 logements neufs créés » et « 300 000 ménages bénéficiant d'une aide à l'abordabilité grâce à l'Allocation canadienne pour le logement ».
Je ne pense pas qu'ils aient réussi à atteindre ces objectifs.
À la page 7, on peut lire que l'investissement initial de 40 milliards de dollars, qui a depuis doublé, est un investissement conjoint « qui ne se [présentera] qu'une fois par génération ». Je trouve regrettable que le gouvernement ait dépensé autant d'argent pour obtenir si peu de résultats par rapport à ce qu'il avait dit vouloir accomplir.
Le chapitre 1 de la stratégie s'intitule:
Faire progresser le droit au logement
Les Canadiens ont droit à un logement sûr et abordable. Voilà pourquoi le gouvernement fédéral prend des mesures supplémentaires pour mettre en œuvre progressivement le droit de chaque Canadien d'accéder à un logement convenable. Notre plan est fondé sur les principes de l'inclusion, de la responsabilisation, de la participation et de la non-discrimination [...]
Rien de tout cela n'a été fait. Le plan évoque une nouvelle loi, la Loi sur la stratégie nationale sur le logement, dont je parlerai dans un instant, ainsi que la création d'un poste de défenseur fédéral du logement. Sur une note positive, je me dois de souligner qu'au moins, la défenseure fédérale du logement n'hésite pas à tenir le gouvernement responsable de certains manquements, comme la période de 1 000 ans que j'ai mentionnée plus tôt, qui montre bien que le plan est un véritable fiasco.
Le plan a donné lieu à la création d'un nouveau Conseil national du logement, de nouvelles initiatives, de nouvelles campagnes de sensibilisation du public, d'une nouvelle loi et de toutes sortes de nouveaux organismes et conseils. Rien de tout cela n'a changé quoi que ce soit. Aucun des résultats escomptés n'a été atteint.
Le chapitre 2 s'intitule « Engagement renouvelé du gouvernement fédéral par l'entremise du Fonds national de co-investissement pour le logement ». Quoi dire? On parle de 60 000 nouveaux logements et de nouvelles places d'hébergement. En dix ans de règne libéral, la pauvreté a augmenté à un rythme alarmant. Les fondements de l'économie se sont affaiblis, la situation socioéconomique s'est détériorée et le tissu social s'est effrité, annulant ainsi tout effet positif que ces politiques auraient pu produire. Résultat: plus d'argent dépensé, moins de résultats.
Le plan parle de « Mettre des terrains fédéraux à la disposition du logement abordable ». Le gouvernement en parle encore. Il n'a toujours rien fait. Je ne pense pas que cela ait eu beaucoup d'effet. Le seul succès que nous avons connu à cet égard, c'est quand nous avons éliminé tous les obstacles fédéraux et que nous avons accordé des terrains fédéraux aux peuples autochtones, à la suite du tollé soulevé par de nombreux habitants de Vancouver. Nous avons assisté à la construction massive de nouveaux logements. On voit des résultats seulement quand le gouvernement fédéral ne s'en mêle pas.
Au chapitre 3, il est question de « Maintenir un secteur du logement communautaire résilient ». Je ne sais pas ce que cela veut dire. Je ne pense pas que cela ait changé grand chose.
Le chapitre 4 parle d'« Une nouvelle Allocation canadienne pour le logement » pour les personnes à faible revenu. Le gouvernement est en train de supprimer cette prestation.
Le chapitre 5 s'intitule « Favoriser les progrès à l'aide de partenariats: soutien accru aux provinces et territoires ». Encore une fois, quels sont les progrès réalisés? Le rapport mentionne les mêmes statistiques que celles que j'ai lues au début, encore et encore.
Le chapitre 6 parle de « Laisser les collectivités diriger ». Je ne sais pas ce que cela veut dire.
Le chapitre 7 s'intitule « Rien pour nous sans nous ». Les mises en chantier pour les Premières Nations n'ont fait que s'éroder sous le gouvernement actuel.
Au chapitre 8, il est question du « Logement fondé sur des données probantes: recherche, données et démonstrations ». Ils ont élaboré un programme de recherche en fonction de leurs propres travaux. Les recherches, comme je vais le montrer, montrent que le plan a été un échec lamentable.
Le chapitre 9 s'intitule « Améliorer les options d'accession à la propriété des Canadiens ». Au cours de mon intervention, j'expliquerai comment, dans le cadre de ce plan, la solution proposée par le gouvernement consistait à permettre au gouvernement du Canada de co-investir dans des prêts hypothécaires ou de détenir une partie des prêts hypothécaires des Canadiens. Ce plan a été un échec cuisant.
Le chapitre 10 porte sur l'« Analyse comparative entre les sexes plus ». Je ne sais pas ce que cela signifie ni en quoi cela a contribué à améliorer l'abordabilité du logement au Canada. J'espère que ça a permis d'apporter certaines améliorations, mais j'en doute.
Le chapitre 11 parle du parcours du gouvernement pour réinvestir dans le logement. Formidable.
Je pourrais continuer. Il y a plus de statistiques, plus d'investissements ratés, aucun progrès à ce jour, et un virage dans une direction complètement opposée à celle que la stratégie avait annoncée.
Le prochain document que je vais rapidement examiner est la Loi sur la stratégie nationale sur le logement. Il s'agissait alors d'une loi très importante pour le gouvernement.
Voici ce que dit le préambule:
Attendu: que le logement revêt un caractère essentiel pour la dignité inhérente à la personne humaine et pour son bien-être, ainsi que pour l'établissement de collectivités viables et ouvertes et d'une économie nationale forte qui permettent à la population du Canada de prospérer et de s'épanouir;
que l'accès à un logement abordable a des effets positifs en matière de santé et en matière sociale, économique et environnementale;
que la meilleure façon d’améliorer la situation en matière de logement est de faire en sorte que les gouvernements et la société civile collaborent entre eux et d’assurer une participation significative des collectivités locales;
qu’il est essentiel de prévoir des objectifs, des échéanciers et des initiatives nationaux en matière de logement et de lutte contre l’itinérance pour améliorer la qualité de vie de la population du Canada, plus particulièrement celle des personnes dont les besoins sont les plus criants;
qu’une stratégie nationale sur le logement permettrait d’établir une vision commune, des principes clés et une démarche coordonnée pour [atteindre des résultats] en matière de logement;
qu’une stratégie nationale sur le logement contribuerait à l’atteinte des objectifs de développement durable des Nations Unies;
qu’une stratégie nationale sur le logement appuierait la réalisation progressive du droit à un logement suffisant, lequel est reconnu par le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, auquel le Canada est partie.
Il est important de savoir que la loi contient une politique en matière de logement à l'article 4. La voici:
Le gouvernement fédéral a pour politique en matière de logement:
a) de reconnaître que le droit à un logement suffisant est un droit fondamental de la personne confirmé par le droit international;
b) de reconnaître que le logement revêt un caractère essentiel pour la dignité inhérente à la personne humaine et pour son bien-être, ainsi que pour l’établissement de collectivités viables et ouvertes;
c) d’appuyer l’amélioration de la situation en matière de logement de la population du Canada;
d) de continuer à faire avancer la réalisation progressive du droit à un logement suffisant, lequel est reconnu par le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.
À l'article 5, sous la rubrique « Stratégie nationale sur le logement », à la page 3 du projet de loi, on peut y lire ceci:
5 1) Pour faire avancer la politique en matière de logement, le ministre élabore et maintient une stratégie nationale sur le logement, et ce, à la lumière de principes clés d’une approche du logement fondée sur les droits de la personne.
(2) La Stratégie nationale sur le logement doit notamment:
a) énoncer une vision à long terme pour le logement au Canada qui reconnaît l'importance du logement dans l'atteinte d'objectifs en matière de santé et en matière sociale, économique et environnementale;
b) prévoir, à l'échelle nationale, des objectifs en matière de logement et de lutte contre l'itinérance ainsi que des priorités, des initiatives, des échéanciers et des résultats souhaités relativement à ces objectifs;
c) mettre l'accent sur l'amélioration de la situation en matière de logement pour les personnes dont les besoins sont les plus criants;
d) prévoir des processus participatifs visant à assurer l'inclusion et la participation continues de la société civile, des intéressés, des groupes vulnérables, des personnes ayant éprouvé des besoins en matière de logement et de celles ayant vécu dans l'itinérance.
La loi prévoit la création d'un conseil national du logement. On peut y lire ceci:
6 (1) Est constitué le Conseil national du logement qui est chargé de faire avancer la politique en matière de logement [...] des façons suivantes:
a) en conseillant le ministre, de sa propre initiative ou à la demande de celui-ci, notamment sur l'efficacité de la stratégie nationale sur le logement;
Cela me semble familier. S'agit-il d'un autre organisme bureaucratique chargé de faire le travail du ministre?
Il y est question de la composition du conseil, dont je ne parlerai pas, ainsi que des membres d'office et des mandats. C'était très courant sous Trudeau. Chaque projet de loi prévoyait un conseil afférent.
Le projet de loi a créé un nouveau poste de défenseur fédéral du logement, à la page 6, dont les fonctions précises sont:
a) de surveiller la mise en œuvre de la politique en matière de logement et d'évaluer les effets de celle-ci sur les personnes appartenant à des groupes vulnérables, ayant éprouvé des besoins en matière de logement ou ayant vécu dans l'itinérance;
b) de surveiller les progrès réalisés dans l'atteinte des objectifs et des résultats souhaités, et dans le respect des échéanciers […];
c) d'effectuer les analyses et recherches qu'il estime indiquées sur les problèmes systémiques en matière de logement, notamment les obstacles […];
d) de lancer les études qu'il estime indiquées sur les conditions économiques, institutionnelles et industrielles […];
e) de consulter les personnes visées à l'alinéa a) et des organisations de la société civile […];
f) de recevoir des observations sur les problèmes systémiques en matière de logement;
g) de conseiller le ministre;
h) de présenter au ministre un rapport faisant état de ses conclusions […] et;
i) de participer aux travaux du Conseil national du logement à titre de membre d'office de celui-ci.
La loi prévoyait la création d'une commission d'examen, et on en parle sans cesse.
À la page 10, il est question de l'obligation de rendre compte, et on peut lire ceci:
Le ministre répond au rapport annuel qu'il reçoit du défenseur fédéral du logement.
Comme je suis député, je m'en voudrais de ne pas souligner que nous posons chaque jour des questions générales sur l'état du logement au Canada et que nous n'obtenons jamais de réponses claires. Tout ce qu'on nous dit, c'est que tout va bien et que la vie n'a jamais été aussi belle au Canada. Voilà en gros à quoi ressemble la stratégie.
Pendant les débats, de nombreux libéraux ont fait l'éloge de leur propre travail puisque la stratégie faisait partie du projet de loi d'exécution du budget présenté en avril 2019. Jennifer O'Connell, la secrétaire parlementaire du ministre des Finances de l'époque, a expliqué que l'approche libérale aiderait les jeunes Canadiens qui « veulent avoir une belle carrière, acheter une maison et bâtir un avenir meilleur pour eux, leur famille et leur collectivité ». Cela ne s'est jamais réalisé.
Voici ce qu'elle a dit à propos de l'approche des libéraux en matière de logement:
De nombreux Canadiens pourraient avoir le sentiment que, en raison du prix élevé des maisons dans certaines des grandes villes canadiennes, la propriété est de plus en plus hors de leur portée. C'est particulièrement vrai pour les jeunes qui n'ont pas les moyens de s'acheter une maison ou un condo. Le prix moyen d'une maison est environ huit fois le revenu moyen des Canadiens âgés de 25 à 34 ans travaillant à temps plein. C'est un contraste frappant par rapport à l'époque où, il y a quelques dizaines d'années, le prix moyen d'une maison était d'environ quatre fois le revenu.
Pour surmonter la difficulté qu'éprouvent les jeunes familles à acheter leur première habitation, le budget de 2019 prévoit un incitatif à l'achat d'une première habitation qui est inclus dans le projet de loi C‑97. Grâce à cette aide qui prend la forme d'un prêt hypothécaire avec participation de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, les Canadiens peuvent réduire leurs paiements hypothécaires mensuels et accéder plus facilement à la propriété.
Je tiens à souligner que le gouvernement a supprimé ce programme assez rapidement, un échec lamentable.
Elle a ajouté:
Dans le cadre du budget de 2019 et du projet de loi C‑97, le gouvernement hausse pour la première fois en dix ans la limite de retrait du Régime d'accession à la propriété.
J'admets qu'il s'agissait d'une bonne politique, mais aucune des mesures prises par les libéraux n'a amélioré l'abordabilité.
Le budget de 2019 parlait d'expérience professionnelle et de compétences recherchées par les employeurs. Rien de tout cela ne s'est concrétisé.
C'est intéressant: la secrétaire parlementaire de l'époque parlait d'attirer davantage d'étudiants étrangers au Canada en présentant les établissements d'enseignement canadiens comme des lieux d'études de haut niveau. L'une des mesures qui ont eu le plus grand impact négatif sur le coût de la vie au Canada a été la politique d'immigration du gouvernement actuel. En effet, la demande dépasse largement l'offre à cause des cibles d'immigration illimitées. Il y a quelques années à peine, les députés d'en face félicitaient le gouvernement d'avoir augmenté ces cibles. Quelle vision à court terme.
En mai 2019, Maryam Monsef a parlé d'un financement accru dans le budget de 2019:
...nous avons poussé encore plus loin notre engagement envers le logement. Nous allons investir 10 milliards de dollars supplémentaires dans l'Initiative de financement de la construction de logements locatifs, qui permettra d'offrir plus de choix en matière de logement aux personnes qui dépendent des logements locatifs et sociaux. En outre, nous avons instauré l'Incitatif à l'achat d'une première propriété, qui aidera plus de Canadiens à réaliser leur rêve d'être propriétaires.
Grâce à ces investissements et à d'autres encore, la Stratégie nationale sur le logement constitue maintenant un plan [...] assorti d'une enveloppe de 55 milliards de dollars, et nous constatons le fruit de notre engagement envers la construction et la rénovation de logements partout au pays.
Par ailleurs, l'Allocation canadienne d'aide au logement entrera en vigueur l'an prochain. Grâce à cette mesure, les Canadiens à faible revenu pourront toucher 2 500 $ de plus par année. Ils pourront profiter de ce fonds peu importe où ils décident de vivre et ils auront ainsi plus facilement accès à des logements abordables.
Elle a parlé de la Loi sur la stratégie nationale sur le logement, que je viens de citer, et qui:
...constituerait le Conseil national du logement, appuyé par la SCHL, qui servirait de point de convergence pour les discussions sur les politiques entourant la Stratégie nationale sur le logement et qui conseillerait le ministre sur les façons d'améliorer la situation du logement. Grâce aux amendements proposés aujourd'hui, nous donnons au Conseil national du logement encore plus de latitude pour appuyer le défenseur fédéral du logement et pour faire rapport de ses conclusions au ministre responsable.
Elle a déclaré être très fière que l'on investisse dans le logement et que l'on défende les droits des Canadiens.
Le député de a également parlé du budget de 2019 en ce qui concerne le logement. Il a dit:
Je suis fier de dire que le gouvernement actuel écoute les besoins des Canadiens et favorise les dialogues. Il respecte son engagement visant à améliorer l'abordabilité des logements au pays, comme il le démontre dans le budget de 2019 [...]
Le gouvernement s'est [...] engagé à collaborer avec la province et la municipalité pour offrir aux habitants de Surrey une stratégie de logements abordables à trois niveaux. Avec le plan de logements abordables de la Colombie‑Britannique et la stratégie de logements abordables de Surrey, l'Incitatif à l'achat d'une première propriété offert par le gouvernement fédéral constitue une mesure proactive pour encourager les jeunes et les familles à rester à Surrey.
Voici ce qu'il a dit dans son discours:
Notre objectif est de réduire l'itinérance chronique de moitié, de répondre aux besoins en logement de 530 000 familles et d'investir dans la construction de 100 000 nouveaux logements. Notre gouvernement sait très bien que tout cela ne peut malheureusement pas se faire du jour au lendemain. Et c'est la raison pour laquelle nous avons proposé de nouvelles mesures dans le budget de 2019 afin d'aider les Canadiens qui en ont besoin [...]
Nous allons continuer de travailler d'arrache-pied pour que [...] [les Canadiens de la classe moyenne aient les moyens d'acheter une maison, et que] l'accession à la propriété ne soit pas qu'un rêve [...], mais au contraire un but tout à fait à leur portée.
Le secrétaire parlementaire de la ministre du Développement international de l'époque en a parlé en disant:
Aujourd'hui au Canada, et surtout dans ma circonscription, Brampton-Ouest, des propriétés jadis abordables sont désormais hors de prix à cause de la forte demande. Par conséquent, dans les budgets de 2016 et de 2017, nous avons établi la toute première stratégie canadienne sur le logement, qui prévoit un investissement de 40 milliards de dollars sur 10 ans pour la construction et la réparation de logements abordables. Cette stratégie donne aux futurs propriétaires davantage d'options sur le marché de l'habitation et permet à plus de personnes que jamais auparavant d'accéder à la propriété.
Dans le budget de 2019, nous annonçons une autre mesure pour soutenir les acheteurs d'une première propriété, y compris les familles de nouveaux immigrants à Brampton-Ouest. Pour rendre l'accession à la propriété plus abordable, le budget de 2019 prévoit un incitatif à l'achat d'une première propriété. Cet incitatif permettra aux acheteurs admissibles, qui ont la mise de fonds minimale pour obtenir un prêt hypothécaire assuré, de financer une partie de leur achat en souscrivant une hypothèque auprès de la Société canadienne d'hypothèques et de logement.
Plus loin dans son discours, elle dit:
Il est malheureux que le gouvernement de l'Ontario empêche les municipalités de recevoir des fonds fédéraux. Cette décision a eu un effet fort regrettable dans ma circonscription, à Brampton.
Nous collaborons directement avec les municipalités pour nous assurer que les projets essentiels progressent. Je suis fier de faire partie d'un gouvernement qui collabore avec les municipalités au nom des Canadiens et qui tient ses promesses.
Grâce à ce fonds, Brampton recevra près de 50 millions de dollars pour financer les services sur lesquels les habitants de Brampton comptent le plus, comme le transport en commun, les centres de loisirs et les parcs.
Je pourrais continuer. Le 4 juin 2019, la députée de a dit:
Il ne s'agit pas que des sans-abri. Il s'agit aussi des aînés qui ne peuvent pas vendre leur maison parce qu'ils n'ont nulle part où aller et qui peinent déjà à joindre les deux bouts. Beaucoup de gens vivotent et se cherchent un logement. J'espère que notre nouvelle approche, la Stratégie nationale sur le logement, contribuera à réduire le nombre d'itinérants. Plus important encore, elle aidera les gens à trouver une autre forme de logement que celle qu'ils ont présentement.
La députée de a ensuite défendu l'Incitatif à l'achat d'une première propriété en disant qu'elle:
aidera certainement beaucoup de jeunes dans la mi-trentaine qui ont énormément de misère à accéder au marché de l'habitation. Une fois qu'ils y auront accédé et qu'ils occuperont un emploi stable, ils disposeront de différents moyens pour que la valeur nette de leur maison augmente, ce qui leur permettra éventuellement d'emménager dans une maison plus grande à mesure que leur famille grandira.
Le secrétaire parlementaire du ministre des Finances de l'époque, un député du Québec, a également évoqué de nombreuses mesures du budget de 2019. À propos du projet de loi , il a dit:
Concrètement, cela ferait que le gouvernement fédéral serait tenu d'accorder la priorité aux besoins des Canadiens les plus vulnérables en matière de logement.
Le gouvernement serait également tenu de rendre compte au Parlement des progrès réalisés dans la mise en oeuvre de la Stratégie et dans l'atteinte des résultats souhaités en matière de logement. Ces objectifs, comme réduire de moitié le nombre de sans-abri au pays et construire 100 000 nouveaux logements, en plus d'en réparer et d'en rénover 300 000 autres, feraient une réelle différence dans la vie de nombreux Canadiens [...]
Je pense qu'il était temps que le gouvernement fédéral assume ses responsabilités en matière de logement et qu'il y revienne avec audace et ambition. C'est ce qui est inclus dans la stratégie nationale en matière de logement.
Le programme des libéraux en matière de logement, lancé en 2017 dans le cadre de la Stratégie nationale sur le logement, a été présenté comme un tournant historique et transformateur dans la politique fédérale. Les citations que je viens de lire, tirées du débat sur le budget de 2019, le confirment.
L'ancien ministre de la région de Québec a présenté cette stratégie comme une mesure corrective qui s'imposait depuis longtemps après des décennies de désengagement fédéral, promettant non seulement de nouveaux investissements importants, mais aussi une réorientation de la politique de logement afin d'assurer l'abordabilité et l'équité du logement, ainsi que l'obtention de résultats mesurables. On devrait considérer le droit au logement comme un droit fondamental. Les Canadiens vulnérables auraient la priorité, et des centaines de milliers de ménages pourraient trouver un endroit où se loger.
Le discours était ambitieux et de grande envergure, laissant présager un changement systémique plutôt que des améliorations progressives. Cependant, quand on compare ces promesses à l'orientation actuelle de la politique en matière de logement, telle qu'elle est notamment décrite dans le rapport de 2025 du Bureau de la directrice parlementaire du budget, on constate un écart considérable entre ce qui a été promis et ce qui est actuellement mis en œuvre.
L'une des divergences les plus frappantes réside dans l'évolution des dépenses fédérales. La Stratégie nationale sur le logement reposait sur le principe d'un investissement fédéral soutenu et à long terme. En 2017, le gouvernement a souligné qu'un financement constant sur 10 ans apporterait de la stabilité, faciliterait la planification et, à terme, améliorerait l'accessibilité au logement; pourtant, selon l'analyse du directeur parlementaire du budget pour 2025, le gouvernement ne maintient pas les dépenses fédérales en matière de logement. En réalité, celles-ci sont en forte baisse. Les dépenses prévues passent de 9,8 milliards de dollars en 2025‑2026 à seulement 4,3 milliards de dollars en 2028‑2029. C'est presque comme si le gouvernement avait peur d'admettre que sa stratégie ne fonctionne pas.
Le constat est évident: malgré des engagements antérieurs en faveur d'un leadership à long terme, le rôle du gouvernement fédéral en matière de logement est appelé à diminuer précisément au moment où la demande d'intervention demeure très élevée. Cette réduction des dépenses est étroitement liée à l'examen de programmes clés dans le cadre de la Stratégie nationale sur le logement, ce qui entraîne des problèmes structurels. La structure sur laquelle reposaient les objectifs originaux du gouvernement en matière d'abordabilité se fait démanteler avant même qu'une nouvelle politique ne soit élaborée. Par conséquent, c'est l'ensemble de la politique fédérale sur le logement qui est en train de changer sans orientation claire.
L'initiative phare du budget de 2025, Maisons Canada, illustre ce changement. Plutôt que de fournir une aide immédiate aux ménages qui peinent à se loger, elle vise à financer la construction, à créer des actifs et à stimuler la construction de nouveaux logements au fil du temps. En principe, l'augmentation de l'offre de logements est un élément essentiel de toute stratégie en matière de logement. Cependant, l'efficacité d'un tel changement dépend à la fois de l'ampleur et du moment de la construction qui en résulte.
Dans les deux cas, l'évaluation du directeur parlementaire du budget soulève des préoccupations. Son rapport estime que le programme Maisons Canada permettra de créer environ 26 000 logements sur cinq ans. Bien que ce chiffre ne soit pas négligeable en termes absolus, il demeure modeste par rapport à l'ampleur de la pénurie de logements. Le directeur parlementaire du budget souligne que ces 26 000 logements ne représenteraient qu'une augmentation de 2,1 % du nombre net d'habitations achevées et ne combleraient que 3,7 % du manque de logements estimé. Ces chiffres mettent en lumière une limite importante: la contribution du programme à l'offre globale demeure progressive plutôt que transformatrice.
Le gouvernement s'est aussi donné comme objectif ambitieux de doubler le rythme de la construction de logements, sauf que, selon les propos explicites du directeur parlementaire du budget, aucun plan détaillé n'a été fourni pour atteindre les cibles fixées. Ce décalage entre cibles établies et mécanismes politiques concrets affaiblit la crédibilité de l'approche du gouvernement et soulève des questions sur sa capacité à obtenir des résultats significatifs. La faiblesse du nombre de nouvelles constructions est aggravée par des problèmes liés aux cibles en matière d'abordabilité. Sur les 26 000 logements qui devraient être créés dans le cadre du programme de Maisons Canada, on prévoit que seulement 13 % environ seront abordables pour les ménages à faible revenu, une proportion plutôt modeste dans un contexte où des millions de Canadiens sont confrontés à des problèmes d'abordabilité.
Ce qui est considéré comme abordable soulève des préoccupations encore plus importantes. Le directeur parlementaire du budget a indiqué que certains logements désignés comme abordables dans le cadre du programme peuvent avoir des loyers beaucoup plus élevés que les niveaux de référence historiques du marché. Par exemple, des calculs réalisés à titre indicatif suggèrent que les loyers jugés abordables pour les ménages à revenu médian pourraient être considérablement plus élevés que le loyer médian national observé au cours des années précédentes. Cela soulève une préoccupation cruciale: la politique risque de confondre le caractère abordable avec des paramètres de tarification relatifs qui ne reflètent pas la réalité des ménages à revenu faible ou moyen. Dans les faits, les logements peuvent être qualifiés d'abordables sans être véritablement accessibles à ceux qui en ont le plus besoin.
Un autre aspect important de l'orientation stratégique actuelle est l'équilibre entre les mesures de soutien à court terme et les investissements à long terme. En réorientant les ressources vers le développement des immobilisations, le gouvernement privilégie l'offre plutôt que l'accessibilité immédiate, ce qui mérite une discussion plus approfondie. Cela crée toutefois un décalage dans le temps. La construction de logements prend des années, et ses effets sur le prix et le loyer sont progressifs. En revanche, les difficultés liées au prix inabordable des habitations sont immédiates et marquées pour de nombreux ménages. Les locataires aux prises avec des coûts élevés aujourd'hui ne peuvent pas nécessairement attendre que les mesures visant à accroître l'offre à long terme se concrétisent.
C'est à prendre en considération. Comme beaucoup le font valoir, le fait de réduire ou de ne pas renouveler les mesures de soutien direct laisse un vide dans le cadre stratégique. Le directeur parlementaire du budget a souligné explicitement que la création de nouveaux logements ne compensera que partiellement la baisse globale des mesures d'aide au logement.
Ces problèmes sont exacerbés par les réductions prévues du financement de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, l'organisme fédéral chargé de l'administration de nombreux programmes de logement. Le rapport fait état de compressions de 2,4 milliards de dollars sur plusieurs années, ce qui remet sérieusement en question la capacité du système à fournir une aide adéquate. Ces compressions, qu'elles touchent les programmes, l'administration, les outils de financement ou le développement immobilier, risquent d'éroder l'efficacité globale de la politique du logement.
Dans l'ensemble, ces éléments pointent vers une tendance plus large: un désengagement progressif de la politique fédérale du logement, assorti d'un virage vers des mesures d'offre à long terme. Ce n'est pas forcément une mauvaise chose, mais la Stratégie nationale sur le logement reste la politique officielle et elle doit être examinée à la lumière de ces changements.
Quand on regarde ce qui avait été promis au départ, la différence saute aux yeux. En 2017, les libéraux s'étaient engagés à placer les Canadiens vulnérables au cœur de leurs priorités, avec des investissements accrus et un accent sur les résultats pour les personnes les plus touchées par la crise du logement. Or, en 2026, le cadre stratégique semble s'éloigner de ces priorités.
Cela ne signifie pas que tous les éléments de l'approche actuelle n'ont aucun mérite. Il est nécessaire d'investir dans l'offre de logements, et les efforts visant à moderniser les méthodes de construction ou à tirer parti des terres publiques peuvent contribuer à des améliorations à long terme. Cependant, l'ampleur et la conception de ces initiatives sont essentielles. Comme le montre l'analyse du directeur parlementaire du budget, les mesures actuelles ne sont pas à la hauteur de l'ampleur de la crise du logement au Canada. Au bout du compte, l'écart entre les promesses et la réalité reflète un problème plus profond dans l'élaboration des politiques.
Je pense que cela justifie que nous examinions certains des rapports du directeur parlementaire du budget sur les dépenses de programmes fédérales consacrées à l'abordabilité du logement. Le premier a été publié le 18 juin 2019.
Le résumé, qui se trouve à la page 1, indique ceci:
La Stratégie nationale sur le logement [...] 2017 du Canada a consacré, sur une période de dix ans, soit de 2018-2019 à 2027-2028, du nouveau financement aux programmes de soutien à l'abordabilité des logements. Sur les dix ans de la SNL, et si l'on y ajoute les engagements précédents et à venir, la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) prévoit de consacrer en moyenne 2,8 milliards de dollars par année aux programmes d'aide au logement. C'est une augmentation de 0,4 milliard de dollars/année (15 %) des dépenses nominales par rapport à la moyenne des 10 années précédentes. Quant à Emploi et Développement social Canada (EDSC), il prévoit de dépenser 225 millions de dollars par année aux programmes de lutte contre l'itinérance, ce qui représente une augmentation de 86 millions de dollars par année (62 %) des dépenses nominales par rapport à la moyenne des cinq années précédentes.
À la grandeur de la SCHL, la portion du budget consacrée aux programmes d’aide au logement des ménages à faible revenu est de 325 millions de dollars par année (14 %) en deçà de la moyenne sur les 10 années précédentes. Dans cette catégorie de programmes, on constate une baisse de 167 millions de dollars par année (12 %) du financement des transferts aux provinces et aux territoires, et de 175 millions de dollars par année (30 %) du financement du logement communautaire fédéral. Ces réductions sont partiellement compensées par un nouveau financement des subventions au loyer de l’ordre de 200 millions de dollars par année. La baisse du financement des programmes d’aide pour combler les besoins en matière de logement est également compensée, à l’échelle des dépenses totales, par une hausse de l’ordre de 664 millions de dollars par année des fonds octroyés aux programmes de financement de l’habitation, lesquels ne ciblent toutefois pas nécessairement les ménages à faible revenu.
Il n’est pas certain que la Stratégie nationale sur le logement réduira la prévalence des besoins en logement par rapport aux niveaux de 2017. Dans l’ensemble, la Stratégie nationale sur le logement du Canada maintient grosso modo le financement des activités actuelles au même niveau, mais réduit légèrement le financement ciblé des ménages ayant des besoins impérieux de logement. Enfin, les postulats de la SCHL quant à l’impact de la SNL ne reflètent pas l’impact probable de ces programmes sur la prévalence des besoins en logement.
Dans l'introduction au premier chapitre, il y a l'objet du rapport:
Le présent rapport vise à aider les parlementaires à comprendre les dépenses fédérales consacrées à l’abordabilité des logements et les résultats probables de ces dépenses.
Le [...] rapport a été réalisé en application du mandat qu’a le directeur parlementaire du budget de préparer des rapports sur les budgets et les prévisions budgétaires du gouvernement, ainsi que d’évaluer, à la demande de tout parlementaire, le coût financier de toute mesure proposée relevant des domaines de compétence du Parlement. Dans le cas présent, un député a demandé une estimation du coût financier additionnel découlant de la Stratégie nationale sur le logement du Canada et de ce qu’il en coûterait d’en atteindre les cibles.
Ensuite, à la section « Portée du rapport », on lit ceci:
La Stratégie nationale sur le logement a été annoncée dans le budget de 2017, puis décrite plus en détail dans un document de politique [...]
— que j'ai déjà cité —
[...] où l’on peut lire qu’elle est « un plan ambitieux de 40 milliards de dollars visant à assurer que tous les Canadiens disposent d’un logement abordable qui répond à leurs besoins », objectif qui sera atteint par des « investissements historiques » dans le logement. La Loi sur la stratégie nationale sur le logement, à l’article 313 de la Loi d’exécution du budget de 2019 [...] obligerait le gouvernement à maintenir une stratégie et des objectifs nationaux similaires.
La Stratégie nationale sur le logement porte dans une large mesure sur les dépenses de programmes de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) et d’Emploi et Développement social Canada (EDSC). La SCHL administre la plupart des dépenses de programmes touchant à l’abordabilité du logement, tandis qu’EDSC transfère des fonds aux localités et aux fournisseurs de services pour la lutte contre l’itinérance. Le présent rapport se penche sur les dépenses fédérales directes de ces deux entités, telles qu’elles sont énoncées dans la Stratégie.
C’est donc dire que le présent rapport n’analyse pas les dépenses fiscales fédérales dans le domaine du logement. Pour en savoir plus à leur sujet, voir le Rapport sur les dépenses fiscales fédérales du ministère des Finances.
Enfin, ni les dépenses de Services aux Autochtones Canada et de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada ni celles d'Infrastructure Canada — qui investit peu dans le logement — ne font l'objet du présent rapport.
Le chapitre 2 est intitulé « Combien le Canada dépense-t-il pour l'abordabilité des logements? » On peut y lire ce qui suit:
De 2008‑2009 à 2017‑2018, la SCHL a dépensé en moyenne 2,4 milliards de dollars par année pour les activités qu'elle catégorise maintenant sous la rubrique « aide au logement », tandis que de 2018 à 2027‑2028, elle prévoit y consacrer 2,8 milliards de dollars par année.
Toujours dans le même chapitre, sous l'intertitre « Ventilation de la Stratégie nationale sur le logement », on peut lire:
Comme on l'a vu ci-dessus, la Stratégie nationale sur le logement a été présentée comme un « plan de 40 milliards de dollars » ou un « investissement fédéral de 40 milliards de dollars ». En réalité, la Stratégie annonçait des nouvelles dépenses fédérales de 16,1 milliards de dollars [...]
Comme le montre la figure 2-4 [...]
La figure se trouve à la page 6 du rapport de 2019 du directeur parlementaire du budget intitulé « Dépenses fédérales de programmes consacrées à l'abordabilité du logement ».
[...] le montant de « 40 milliards de dollars » énoncé dans le document de politique de la Stratégie nationale sur le logement combine les prêts [...], de nouveaux prêts [...], les dépenses prévues avant la publication de la Stratégie [...] et les contributions égales que les provinces et territoires sont tenus de fournir [...] L'addition de ces montants et des nouvelles dépenses prévues de 16,1 milliards de dollars permet de dépasser la somme annoncée de 40 milliards de dollars. Voir la ventilation complète à l'annexe A [...]
Les dépenses prévues totales de la SCHL de 2018‑2019 à 2027‑2028 se chiffrent à 27,9 milliards de dollars.
Comme nous le constaterons dans les futurs rapports, ce nombre a augmenté considérablement depuis lors, mais pour gagner du temps et vu le nombre important de rapports à traiter, je vais passer directement à certaines des conclusions établies en 2019.
Sous la rubrique « Quels seront les résultats de la [Stratégie nationale sur le logement] », le rapport dit ceci:
La principale cible de la Stratégie nationale sur le logement est « l’élimination des besoins en matière de logement de jusqu'à 530 000 ménages », ou « une réduction de l'ordre de jusqu'à 50 % des besoins en matière de logement des locataires ». Cependant, il n'est pas certain que la Stratégie nationale sur le logement réussira à réduire la prévalence des besoins en logement par rapport aux niveaux de 2017.
Comme on l'a vu ci-dessus, la [Stratégie nationale sur le logement] maintient pour l'essentiel les niveaux de financement actuels des activités (en termes nominaux); elle réduit toutefois légèrement le financement ciblant en particulier les ménages qui ont des besoins impérieux de logement. Par ailleurs, les postulats de la SCHL quant à l'impact de la [Stratégie nationale sur le logement] ne reflètent pas l'impact probable de ces programmes sur la prévalence des besoins en logement.
C'est quelque chose que le rapport fait avec justesse.
En ce qui concerne le rapport intitulé « Dépenses fédérales de programmes consacrées à l'abordabilité du logement en 2021 », il s'inscrit dans la foulée de l'examen de la Stratégie nationale sur le logement par le directeur parlementaire du budget. On peut y lire ceci:
Le plan actuel du gouvernement du Canada pour rendre le logement plus abordable est présenté dans la Stratégie nationale sur le logement (SNL) de 2017, qui s'applique de 2018‑2019 à 2027‑2028. Il est principalement administré par la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) et par Emploi et Développement social Canada (EDSC) dont les dépenses prévues aux termes de la Stratégie nationale sur le logement s'élèvent à 3,7 milliards de dollars par an.
Comme nous l'avons fait remarquer, le plan avait déjà dépassé le coût initial de 2,8 milliards de dollars dans l'examen de 2019.
La hausse des dépenses prévues en moyenne tient principalement à des programmes de durée limitée mis en œuvre pour faire face à la COVID‑19, comme l'Initiative pour la création rapide de logements.
Sur les 3,7 milliards de dollars annuels de dépenses prévues en moyenne, 221 millions [...] sont consacrés aux logements destinés aux Autochtones en région urbaine, rurale et nordique.
Depuis [le] rapport de 2019 [...], le gouvernement fédéral a alloué 672 millions de dollars supplémentaires par an pour régler le problème [...] des logements et de l'itinérance.
Le rapport se poursuit:
Premièrement, en dépit de l'augmentation des dépenses totales, le financement des programmes de logement de la SCHL destinés à aider les ménages à faible revenu n'a augmenté que de 192 millions de dollars par an [...] en valeur nominale, ce qui représente une diminution de 15 % du pouvoir d'achat réel des dépenses fédérales.
Deuxièmement, une part importante des accords d'exploitation des logements communautaires financés en vertu d'ententes bilatérales conclues entre la SCHL et les provinces est arrivée à échéance. Le nombre de logements communautaires pour ménages à faible revenu financés en vertu d'ententes bilatérales a ainsi baissé de [42 %] entre 2015 et la date de référence établie par les nouvelles ententes bilatérales de la SCHL.
Ces mesures étaient prévues dans la Loi sur la stratégie nationale sur le logement.
Troisièmement, la mise en œuvre des programmes de contributions pour dépenses en capital de la SCHL a subi des retards. Au cours des trois premières années de la Stratégie nationale sur le logement, la SCHL a dépensé moins de la moitié des fonds accordés pour deux initiatives clés, soit le Fonds national de co-investissement pour le logement et l'Initiative de financement de la construction de logements locatifs. Au 30 octobre 2020, la SCHL avait pris des engagements financiers pour la création de 4 270 logements abordables et s'était engagée aussi à facturer en moyenne un maximum de 52 % du loyer médian du marché dans le cadre du Fonds national de co-investissement pour le logement. Elle s'était en outre engagée financièrement par rapport à la création de 7 960 logements abordables dont le loyer ne devait pas dépasser 72 % du revenu médian des ménages dans le cadre de l'Initiative de financement de la construction de logements locatifs.
Enfin, nous prévoyons que, sans dépenses supplémentaires, le nombre de ménages ayant besoin d'un logement serait passé à environ 1,8 million, pour un écart d'abordabilité global de 9,3 milliards de dollars d'ici 2025‑2026. Pour la période allant de 2021 à 2025, les dépenses supplémentaires de la SCHL correspondent en moyenne à 16 % de l'écart d'abordabilité prévu et à environ 63 $ par mois par ménage ayant besoin d'un logement.
Je vais passer au rapport de 2024, car je n'ai même pas encore commencé mon analyse, après avoir lu tous ces rapports hier soir, et c'est la partie la plus importante.
En 2024, le directeur parlementaire du budget souligne:
Sur la période de 10 ans visée par la Stratégie nationale sur le logement (SNL) du Canada, les dépenses sur des programmes axés sur l'abordabilité du logement se chiffrent en moyenne à 6,1 milliards de dollars [...]
Il s'agit là d'une augmentation considérable, comme on peut le constater, par rapport aux chiffres de 2021.
Ce montant représente une hausse de 50 % du pouvoir d’achat des dépenses fédérales par rapport aux 10 années précédentes.
D’autres dépenses de programmes [de logement] ont été principalement affectées aux programmes de financement du logement de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), qui a reçu une augmentation de financement de 1,3 milliard de dollars par année.
Les dépenses totales axées sur l’abordabilité du logement sont estimées à 17,5 milliards de dollars par année, dont 65 % sont attribuables à des dépenses fiscales.
Après avoir pris en compte l’incidence de toutes les politiques fédérales pertinentes, [le directeur parlementaire du budget prévoit] que 2,6 millions de ménages auront un besoin de logement d’ici 2027. Cela représente une augmentation d’environ 926 000 ménages ayant des besoins impérieux en matière de logement par rapport au début de la [Stratégie nationale sur le logement] du Canada en 2017.
Déjà, en 2024, on voyait que la stratégie ne fonctionnait pas.
Une voix: Oh, oh!
Brad Vis: J'y arrive. Ne vous inquiétez pas.
Monsieur le Président, le rapport se poursuit ainsi:
La cible globale de la SNL [Stratégie nationale sur le logement] consiste à éliminer les besoins en matière de logement pour 530 000 ménages d’ici 2027‑2028. Après avoir pris en compte l’incidence de toutes les politiques fédérales pertinentes et des tendances économiques, nous estimons que 2,4 millions de ménages ont actuellement des besoins en matière de logement, et nous projetons que, d’ici 2027, 2,6 millions de ménages auront des besoins impérieux en matière de logement. Nous projetons que d’ici 2027, il y aura environ 926 000 ménages de plus ayant des besoins impérieux en matière de logement comparativement au début de la SNL en 2017.
Passons à 2025. Nous en viendrons alors à mon discours. Je dois d'abord faire état de mes recherches.
En 2025, dans son rapport intitulé « Maisons Canada et perspectives entourant les programmes de logement dans le cadre du budget de 2025 », le directeur parlementaire du budget soulignait ce qui suit:
Les dépenses fédérales de programme consacrées au logement devraient diminuer de 56 %, de 9,8 milliards de dollars en 2025‑2026 à 4,3 milliards de dollars en 2028‑2029, à cause de l'expiration du financement de programmes existants et de compressions prévues dans le budget de 2025.
Dans ce plan de dépenses, le budget 2025 priorise [...] la construction de nouveaux logements par l'entremise d'un nouvel organisme fédéral: Maisons Canada. Cet organisme prévoit dépenser 7,3 milliards de dollars de 2025‑2026 à 2029‑2030.
Voici le plus intéressant:
La contribution de Maisons Canada à l'offre d'habitations et à l'abordabilité des logements devrait être modeste étant donné le contexte général marqué par une importante diminution du soutien à l'abordabilité.
Le rapport se poursuit ainsi:
Maisons Canada s'inscrit dans le cadre des initiatives déployées par le gouvernement pour doubler le rythme de construction de logements au cours des 10 prochaines années. Le gouvernement n'a toutefois pas encore établi de plan d'ensemble pour atteindre cet objectif.
Ouch.
Nous prévoyons que la contribution de Maisons Canada sera probablement modeste, et nous estimons qu'elle permettra de créer environ 26 000 logements sur cinq ans, ce qui représente une augmentation de 2,1 % du nombre net d'habitations achevées par rapport à notre projection de référence.
Maisons Canada dispose d'un financement suffisant pour la création d'environ 13 000 [...] logements abordables pour les ménages à faible revenu. Toutefois, cela s'inscrit dans un contexte de baisse des dépenses et d'abandon des aides immédiates à l'accessibilité, comme l'Allocation canadienne pour le logement et les aides pour les logements sociaux existants.
Passons tout cela en revue et analysons toutes ces informations importantes, car il y avait beaucoup de données. C'était tellement palpitant que ça m'a fait transpirer.
Je veux examiner non seulement ce que le gouvernement a promis en matière de logement, mais aussi ce que les faits démontrent. Il s'agit désormais non seulement de l'efficacité des politiques, mais aussi de savoir si le gouvernement respecte sa propre loi, la stratégie nationale sur le logement, et ses ambitions en matière de politiques.
Comme je l'ai répété à maintes reprises tout au long de mon intervention ce matin, le gouvernement a promis de répondre aux besoins de 530 000 ménages en matière de logement, de réduire de moitié les besoins en logement, de créer 100 000 logements, de rénover ou de remettre à neuf 300 000 logements existants, de protéger 385 000 logements communautaires et de réduire de 50 % l'itinérance chronique. C'est une série d'engagements que le gouvernement a présentés comme exhaustifs, assortis d'échéances et transformateurs dans le cadre de la stratégie nationale sur le logement de 2017. Il s'est engagé à réduire de moitié les besoins en matière de logement. Il ne s'agissait pas d'engagements mineurs. Du propre aveu du gouvernement, ils étaient censés être transformateurs.
Cependant, le directeur parlementaire du budget a très clairement indiqué dès le début que les résultats étaient déjà bien en deçà des attentes. Dès les premières grandes évaluations de la Stratégie nationale sur le logement réalisées par le directeur parlementaire du budget, les données montraient que l'ampleur des retombées du programme était insuffisante par rapport aux besoins, comme le remarquera le député de Winnipeg dans mon examen du rapport de 2019. Même avant les récentes pressions démographiques et les chocs liés aux taux d'intérêt, dès 2021, quelques années seulement après le début de sa mise en œuvre, le directeur parlementaire du budget nous avertissait déjà que la réduction nette des besoins fondamentaux en matière de logement était modeste et que les interventions du gouvernement fédéral n'étaient pas en voie d'atteindre les objectifs fixés.
En d'autres termes, les signes avant-coureurs étaient visibles bien avant la crise dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui. La stratégie était insuffisante dès le départ, car elle s'appuyait fortement sur des programmes d'investissement trop lents, et elle n'était pas susceptible d'améliorer rapidement la situation de l'abordabilité des logements comme le gouvernement l'avait promis. Plutôt que de corriger le tir une fois ce constat établi, le gouvernement a largement maintenu le cap, laissant un écart prévisible entre les ambitions et les résultats se creuser d'année en année.
La réduction nette des besoins fondamentaux en matière de logement est limitée par rapport à l'ampleur du problème. C'est ce qu'a déclaré le directeur parlementaire du budget dans le rapport d'analyse de 2021. C'était le premier indice que quelque chose de fondamental ne fonctionnait pas, parce que quand un plan est décrit comme transformateur, mais que ses résultats sont qualifiés de limités, il y a déjà un écart entre les promesses et les résultats.
Mon prochain point concerne la Loi sur la stratégie nationale sur le logement et ses objectifs ambitieux. Il est également important de situer ce cadre législatif dans le contexte des investissements fédéraux colossaux qui l'ont accompagné.
Au moment de son lancement, la Stratégie nationale sur le logement a été présentée comme un plan de 40 milliards de dollars. Cette somme a été revue à la hausse à plusieurs reprises: on parle maintenant de plus de 70 milliards de dollars d'engagements fédéraux sous forme de subventions, de prêts, d'outils de financement et de dépenses de programmes. En date d'hier soir, si je ne m'abuse, les engagements s'élevaient à plus de 80 milliards de dollars.
Le Parlement s'est fait dire que des investissements de cette ampleur, combinés à un cadre législatif fondé sur les droits, comme je l'ai souligné dans mon analyse de la Loi, changeraient fondamentalement la situation du logement au Canada. La Loi n'a donc jamais été conçue pour fonctionner indépendamment du financement. Elle était destinée à encadrer et à guider d'importantes dépenses publiques en vue d'obtenir des résultats mesurables. En effet, tous les discours de 2019 que j'ai lus au sujet du projet de loi insistaient sur ce point.
Autrement dit, l'entente était claire: un investissement fédéral sans précédent en échange d'objectifs précis, d'échéanciers, d'une reddition de comptes et d'une attention particulière portée aux personnes qui en ont le plus besoin. Voilà pourquoi le fait de ne pas atteindre les résultats escomptés est si lourd de conséquences. Après des années de dépenses record, d'expansion des programmes et de croissance administrative, les données montrent une aggravation des besoins en matière de logement plutôt que l'amélioration progressive annoncée par le gouvernement dans sa stratégie initiale, comme je l'ai indiqué plus tôt.
Ce contexte est important pour évaluer les choix politiques qui nous sont proposés et la motion de programmation d'aujourd'hui. Le projet de loi et le budget de 2025 ne surgissent pas de nulle part. Ils font suite à une décennie d'engagements financiers toujours plus importants qui n'ont pas livré les résultats promis.
Lorsque le gouvernement cherche à obtenir des fonds supplémentaires au moyen d'un projet de loi spécial, tout en réduisant le soutien prévu dans la stratégie existante, ce n'est pas parce que le secteur du logement n'a pas été suffisamment financé par le passé. C'est plutôt parce que, faute de réformes structurelles et de mécanismes de reddition de comptes, ce financement, aussi important soit-il, n'a pas réussi à améliorer l'abordabilité ni à assurer une offre suffisante.
Dans cette optique, la question dont le Parlement est saisi n'est pas de savoir s'il faut dépenser davantage, mais bien de déterminer si les dépenses sont régies par un cadre qui fonctionne réellement. La Loi sur la stratégie nationale sur le logement était censée constituer ce cadre. Le fait que le gouvernement s'apprête maintenant à la contourner, après avoir engagé des dizaines de milliards de dollars sans atteindre ses objectifs, met en évidence l'ampleur de l'échec des politiques publiques dont nous sommes témoins.
Or, il ne s'agit pas seulement d'une question de politique publique. Comme je l'ai souligné plus tôt aujourd'hui, le Parlement a adopté, en 2019, la Loi sur la stratégie nationale sur le logement, ce qui a tout changé. En effet, aux termes de l'article 5 de cette loi, le gouvernement est légalement tenu d'établir des objectifs nationaux, des échéanciers et des résultats souhaités, en plus de « mettre l'accent sur l'amélioration de la situation en matière de logement pour les personnes dont les besoins sont les plus criants ». Au fond, cette loi établit non seulement un énoncé de principe, mais aussi un cadre d'action et de reddition de comptes qui s'applique directement aux choix législatifs actuels du gouvernement, et le projet de loi en fait partie.
C'est là que la position du gouvernement se révèle. La Loi sur la stratégie nationale sur le logement a été conçue pour garantir que la politique fédérale en matière de logement soit axée sur les résultats et non sur les annonces: elle prévoit des objectifs et des échéances clairs, elle accorde la priorité aux plus démunis et elle contient des mécanismes de suivi des progrès. Les nouvelles dépenses en vertu de ce cadre sont censées faire progresser ces objectifs et être évaluées en fonction de ceux-ci.
Le projet de loi s'éloigne de cette logique. Au lieu de renforcer ou de réformer la Stratégie nationale sur le logement afin de corriger ses lacunes flagrantes et son échec retentissant, le gouvernement propose une voie parallèle. Il autorise la réalisation d'importantes dépenses supplémentaires destinées à l'offre de logements sans lier ces dépenses à l'objectif de la stratégie ni aux obligations prévues par la loi. Le projet de loi C‑26 n'exige pas de démontrer comment les fonds réduiraient les besoins impérieux en matière de logement, il ne prévoit pas de seuils d'abordabilité contraignants et il ne correspond pas à l'objectif réglementaire de la loi, qui est d'aider les ménages qui en ont le plus besoin.
Au fond, le projet de loi demande au Parlement d'approuver de nouvelles dépenses et de suspendre le cadre de reddition de comptes mis en place par le gouvernement libéral en 2019. C'est un choix important. Si la stratégie et la loi fonctionnaient, elles recevraient logiquement de nouvelles ressources, et elles seraient renforcées par des cibles plus strictes et une reddition de comptes plus claire. Au lieu de cela, le projet de loi contournerait complètement ce cadre.
Ce n'est pas un accident. Cela signifie qu'on reconnaît tacitement que l'approche actuelle ne peut pas produire les résultats promis. Cependant, au lieu de reconnaître ouvertement cet échec et de proposer une nouvelle stratégie, le gouvernement cherche à faire preuve de souplesse sans rendre de comptes, avec plus d'argent maintenant et moins de questions plus tard. Cette approche risque de générer les mêmes erreurs à un coût plus élevé.
Quand les dépenses ne sont pas liées, on peut déplacer l'argent, mais sans discipline et sans reddition de comptes au Parlement, cela ne garantit pas que l'argent ira au logement abordable ou que le ministre atteindra ses objectifs. Le projet de loi ne représente donc pas un changement de cap, mais une solution de rechange institutionnelle qui permettrait au gouvernement de prétendre agir en matière de logement tout en évitant de devoir expliquer franchement pourquoi ses stratégies phares se sont effondrées.
La Loi sur la stratégie nationale sur le logement établit le droit à un logement adéquat en tant que « droit fondamental de la personne ». Ce n'est pas une suggestion. C'est une obligation réglementaire, ce qui signifie que nous devons évaluer cette politique non seulement sur le plan politique, mais aussi sur le plan juridique. Améliore-t-elle les résultats? Accorde-t-elle la priorité aux Canadiens qui en ont le plus besoin, ceux qui se rendent à leur banque alimentaire locale et qui occupent deux emplois? Fait-elle avancer les choses, comme l'exige le principe de réalisation progressive que les libéraux ont énoncé? Non.
Passons aux données que nous avons examinées dans les rapports du directeur parlementaire du budget de 2019, 2021, 2024 et 2025 que j'ai mentionnés plus tôt.
Le directeur parlementaire du budget nous a dit que les besoins en matière de logement ont atteint 2,6 millions de ménages en 2024, mais que seulement 78 000 ménages en ont été soulagés dans ce même rapport de 2024. Il ne s'agit pas d'une petite lacune. C'est un effondrement total de la résultologie. Les libéraux adoraient parler de résultologie. C'est un manque à gagner de plus de 450 000 ménages. À peine une personne sur sept à qui on a promis une aide la recevra.
Le directeur parlementaire du budget conclut, et c'est là un point crucial, que les besoins en matière de logement devraient augmenter au cours de la période considérée, malgré les dépenses consacrées aux programmes. C'est très clair. Les dépenses de programme ne donnent pas de résultats. Ce sur quoi le gouvernement a fait campagne lors des dernières élections ne fonctionne pas. C'est peut-être la conclusion la plus accablante de toute mon analyse d'aujourd'hui, car elle nous indique que même après des milliards de dollars et des années de programmes, le système ne s'améliore pas; il se détériore. Des données publiques et des données indépendantes montrent clairement que cette détérioration se produit malgré la création d'une importante bureaucratie fédérale du logement et des dizaines de milliards de dollars de dépenses annoncées.
Le Bureau de la directrice parlementaire du budget nous montre sans cesse que, si les structures administratives, les programmes et les obligations en matière de rapports se sont multipliés, les résultats mesurables qui comptent — comme la réduction des besoins en matière de logement, une abordabilité accrue et l’accélération de la mise sur le marché de logements — n’ont pas suivi. En effet, le gouvernement fédéral a mis en place une structure réglementaire et administrative complexe, mais celle-ci ne s’est pas traduite par des résultats concrets sur le terrain. L'augmentation des besoins en matière de logement, la baisse de l'abordabilité et les objectifs non atteints démontrent que le processus a pris le pas sur le rendement et que la bureaucratie et les dépenses, malgré leur ampleur, n'ont pas permis à elles seules de réaliser les objectifs déclarés du gouvernement libéral.
Examinons quelques-uns des taux de défaut de paiement des prêts hypothécaires, qui sont en hausse.
Les défauts de paiement hypothécaire ont considérablement augmenté après près d'une décennie de politique libérale en matière de logement. La Société canadienne d'hypothèques et de logement a indiqué en mai 2026 que le taux national de défauts de paiement hypothécaire de plus de 90 jours avait atteint 0,2 % au quatrième trimestre de 2025, contre 0,21 % un an plus tôt. Selon un rapport d'Equifax de 2026, le taux de défauts de paiement en Ontario s'établissait à environ 0,3 % au premier trimestre de cette année, soit une hausse de 52 % d'une année à l'autre. En Colombie‑Britannique, ce chiffre a bondi de 36 % pour atteindre 0,25 %.
Rebecca Oakes, vice-présidente chargée de l'analytique avancée chez Equifax Canada, a dit: « Quand on examine la tendance en matière de prêts hypothécaires, elle reflète très bien l'ampleur des difficultés financières que connaît une région. » Or, l'Ontario connaît actuellement des difficultés sans précédent. La crise du logement ne se résume plus à une simple question d'abordabilité. Elle se transforme en une véritable crise du remboursement des prêts hypothécaires.
Equifax a signalé que, pendant le premier trimestre de 2026, les défauts de paiement hypothécaire ont augmenté de 52 % par rapport à l'année précédente en Ontario. À Toronto, les taux de défaut de paiement hypothécaire ont augmenté d'environ 58 % en un an. Les données de la Société canadienne d'hypothèques et de logement montrent qu'environ 0,21 % des propriétaires d'Hamilton n'avaient pas effectué un paiement hypothécaire complet pendant au moins trois mois à la fin de 2025, ce qui représente une hausse de 425 % du taux de défaut de paiement hypothécaire pour cette ville par rapport au milieu de 2022.
Les propriétaires sont de plus en plus endettés. Lorsque les emprunteurs manquent des paiements aujourd'hui, ils prennent du retard sur des prêts hypothécaires beaucoup plus importants qu'avant. Le solde moyen des prêts hypothécaires en souffrance a atteint environ 355 000 $ au premier trimestre de 2026, soit une hausse de 13,2 % par rapport à l'année précédente. L'endettement total des consommateurs s'élève désormais à 2,66 billions de dollars. Les défauts de paiement hypothécaire sont souvent l'ultime manifestation de la détresse financière des ménages. La Banque du Canada a constaté que les ménages ont généralement davantage recours à leurs cartes de crédit environ deux ans avant d'être en défaut de paiement hypothécaire. Ils commencent à manquer des paiements sur leurs cartes de crédit un ou deux ans avant, et leur situation financière se détériore rapidement pendant six mois avant de commencer à manquer un paiement hypothécaire.
Le Canada a besoin de plus de logements, mais le Code national du bâtiment de 2025 risque d'en rendre la construction encore plus coûteuse. L'Association canadienne des constructeurs d'habitations soutient qu'il y a déjà une crise de l'abordabilité du logement et une pénurie de logements et que les changements au Code devraient être fondés sur des données probantes, économiques et réalisables à grande échelle. Elle dénonce les codes de 2025 parce qu'ils ne tiennent pas suffisamment compte de leurs répercussions financières cumulatives.
Les coûts sont si élevés qu'en février 2026, dans une lettre ouverte adressée au , l'Association réclame la suspension immédiate de cette approche réglementaire. Elle cite une analyse des répercussions du fédéral selon laquelle le palier de rendement hautement élevé ferait gonfler les coûts de construction de plus de 40 000 $ par habitation. Elle estime qu'au total, la construction d'une nouvelle unité coûterait 100 000 $ de plus à cause du Code national du bâtiment de 2025.
Chaque politique doit être évaluée en fonction d'une question: permettra-t-elle de construire davantage d'habitations? Les gouvernements devraient d'abord s'employer à éliminer les obstacles à la construction et à augmenter l'offre. L'Association prévient qu'au bout du compte les nombreuses mesures réglementaires sur le logement et les objectifs climatiques font grimper les coûts et freinent la construction de logements.
Je voudrais revenir sur l'intervention que j'ai faite à propos du budget de 2025 concernant le fait qu'il y a une réduction de l'aide et non une augmentation. On pourrait penser qu'il suffirait d'augmenter le financement pour remédier à la détérioration des résultats, mais les faits montrent que le problème ne se résume pas à une question d'argent. Le problème n'est pas un manque d'annonces ou de fonds alloués. Le problème, c'est que le cadre stratégique sous-jacent ne parvient pas à convertir les ressources en résultats. Les obstacles structurels, la lenteur des processus d'approbation et les incitatifs inadaptés, tels que ceux décrits par l'Association canadienne des constructeurs d'habitations, sont des exemples parfaits de ce problème.
Les retards dans la réalisation des projets, une mauvaise définition des cibles et une dépendance excessive à l'égard des programmes d'investissement à long terme ont fait que les fonds supplémentaires n'ont pas généré d'investissements proportionnés en matière d'abordabilité ni entraîné de réduction des besoins en logements. Cependant, le Bureau de la directrice parlementaire du budget met en évidence un élément plus important: les résultats ont continué de se détériorer, non pas parce que le financement était insuffisant, mais parce que l'approche du gouvernement ne s'attaquait pas aux contraintes structurelles qui déterminent si des logements sont réellement construits et si les prix dans le secteur redeviennent abordables.
La baisse de 56 % des dépenses est un signe que le gouvernement lui-même reconnaît implicitement que le simple fait d'ajouter des fonds supplémentaires à l'approche existante n'a pas donné de résultats. Plutôt que de réévaluer ouvertement la stratégie et d'admettre que sa conception était boiteuse à la base, le gouvernement semble battre discrètement en retraite, réduisant le financement sans changer le cadre stratégique. Cette reconnaissance partielle du problème ne tient toutefois pas pleinement compte de ce que les faits révèlent, soit que c'est l'approche elle-même, et pas seulement son niveau de financement, qui fait que les objectifs n'ont pas été atteints.
J'encourage tout le monde à lire les faits saillants présentés à la page 1 des perspectives du directeur parlementaire du budget concernant les programmes de logement dans le cadre du budget de 2025. Comme je viens de le mentionner, les dépenses fédérales consacrées aux programmes de logement devraient diminuer de 56 %, une baisse qui traduit bien plus qu'un choix budgétaire. Elle survient après des années durant lesquelles le gouvernement n'a pas atteint les objectifs fondamentaux qu'il s'était lui-même fixés dans le cadre de la Stratégie nationale sur le logement et de la loi correspondante. Plutôt que de reconnaître que son approche n'a permis ni de réduire les besoins en matière de logement comme promis ni d'améliorer l'abordabilité, le gouvernement réduit son soutien financier tout en gardant essentiellement la stratégie intacte. Il renonce donc ainsi à ses propres engagements sans reconnaître son échec.
Soyons clairs. Les besoins en matière de logement continuent d'augmenter au Canada. Les cibles ne sont pas atteintes et les dépenses sont réduites. Il ne s'agit pas d'un simple rajustement, mais d'un recul discret par rapport aux objectifs que le gouvernement n'a pas réussi à atteindre dans le cadre de la Stratégie nationale sur le logement et de la Loi sur la stratégie nationale sur le logement. C'est une reconnaissance implicite que l'approche n'a pas fonctionné, sans la franchise nécessaire pour admettre cet échec ou entreprendre un véritable changement de cap.
Si j'avais quelques heures de plus aujourd'hui, je me pencherais probablement sur certaines des observations faites par le au sujet de sa nouvelle approche et des nouvelles structures administratives que le gouvernement met en place. Je n'ai simplement pas assez de temps pour passer en revue tout cela dans mon intervention d'aujourd'hui.
Je vais parler un peu de la stratégie en matière d'offre et de Maisons Canada. La solution du gouvernement consiste à mettre l'accent sur l'offre, à construire plus de logements et à accélérer les mises en chantier. Le directeur parlementaire du budget, pour sa part, jette un regard réaliste sur l'amélioration de l'offre — un point sur lequel conservateurs et libéraux pourraient s'entendre. Selon lui, « [...] on peut s'attendre à ce que la contribution de Maisons Canada à l'offre de logements et à l'accessibilité au logement soit modeste. »
Comme je l'ai demandé plus tôt en citant ce rapport, que signifie concrètement le terme « modeste »? Environ 26 000 logements seraient construits sur une période de cinq ans, ce qui met en lumière l'échec de l'approche actuelle du gouvernement. Autrement dit, cela représente environ 5 000 logements par année à l'échelle du pays, alors que le Canada accueille chaque année des centaines de milliers de nouveaux résidants et fait face à une énorme pénurie de logements de plusieurs centaines de milliers d'unités. Même le directeur parlementaire du budget qualifie cette contribution de « modeste », estimant qu'elle ne ferait augmenter le nombre d'habitations achevées que d'environ 2,1 %, par rapport aux prévisions de référence. Cela ne constitue en rien une transformation de fond. C'est, au mieux, un changement marginal.
Lorsqu'une stratégie promet de réduire de moitié les besoins en matière de logement, mais qu'elle fournit une offre qui ne comble qu'une infime partie du manque à gagner prévu, cela revient à admettre que les leviers politiques utilisés sont inadéquats. Le résultat est prévisible: les besoins en matière de logement continuent d'augmenter, l'abordabilité se détériore et le gouvernement clame son succès alors que les problèmes sous-jacents s'aggravent. En réalité, l'approche fédérale substitue les annonces et l'image de marque des programmes aux résultats, ce qui produit un trop petit nombre de logements qui sont construits trop lentement et de manière pas assez ciblée pour renverser la crise. Selon l'évaluation du directeur parlementaire du budget du gouvernement, qui est indépendant, ce niveau d'offre ne permet pas d'atteindre les objectifs énoncés, ce qui confirme que la stratégie actuelle, telle qu'elle a été conçue et financée, ne produit pas les résultats promis au Canada.
Examinons d'un peu plus près un problème structurel dans la conception des politiques. Ce n'est pas seulement une question d'échelle. C'est une question de conception. La stratégie s'est orientée vers des outils de financement et des programmes d'immobilisations à long terme. Toutes les nouvelles ne sont pas mauvaises, mais le directeur parlementaire du budget prévient que « cela s'inscrit dans un contexte de baisse des dépenses et d'abandon des aides immédiates à l'accessibilité ». Je le mentionne dans ce contexte, car il y a tellement plus de Canadiens qui sont sur le point de se retrouver sans abri. Le nombre de sans-abri est en hausse, contrairement à ce que le gouvernement avait promis.
Le gouvernement n'a pas donné la priorité aux personnes qui en ont le plus besoin. La Loi sur la stratégie nationale sur le logement exige que l'on se concentre sur ceux qui en ont le plus besoin, mais la structure de financement et l'approche adoptée montrent une réalité bien différente. Les fonds sont détournés des programmes qui offrent actuellement de l'aide pour affronter le coût de la vie au profit d'apports en capital dont les retombées ne se feront sentir que dans plusieurs décennies. J'espère que des améliorations seront apportées à cet égard.
Parlons des répercussions générationnelles. Les conséquences des échecs politiques du gouvernement en matière de logement ne sont pas réparties de manière uniforme. Ce sont les jeunes Canadiens qui en font les frais. Ils doivent affronter des loyers plus élevés, reporter l'accès à la propriété, reporter l'établissement d'une famille, subir un alourdissement de leur endettement et reporter d'autres décisions relatives à leur vie. Même lorsque de nouvelles habitations sont construites, le Bureau de la directrice parlementaire du budget nous prévient que leur ajout ne compense que partiellement la baisse globale des mesures d'aide au coût de la vie. Ainsi, même l'offre nouvelle ne résout pas la crise générale du coût de la vie que tant de Canadiens doivent affronter de nos jours. Il compense à peine la détérioration des conditions.
À ces pressions s'ajoute une croissance démographique rapide. La demande a explosé. L'offre n'a pas suivi le rythme, et les politiques n'ont pas su s'adapter assez rapidement. Au cours des dernières années, on a observé des taux d'inoccupation historiquement bas, une hausse des loyers et une concurrence accrue pour les logements d'entrée de gamme. Il ne s'agit pas d'un échec de politique isolé. C'est un déséquilibre systémique. Il est donc profondément paradoxal que le gouvernement s'attribue maintenant le mérite des signes d'assouplissement observés sur les marchés locatifs de certaines villes où les loyers se sont stabilisés ou ont augmenté plus lentement qu'ailleurs. Ce changement s'explique bien plus vraisemblablement par une baisse de la demande de logements que par un succès soudain de la politique fédérale en matière de logement.
Au cours de la dernière année, le gouvernement fédéral a restreint et diminué les entrées de résidents temporaires, y compris les étudiants étrangers et les travailleurs étrangers temporaires, comme il l'a souligné dans la loi d'exécution du budget de 2019. Ce changement a eu un effet immédiat et mesurable sur la demande de logements locatifs, en particulier dans les marchés urbains où allaient un grand nombre de nouveaux arrivants. Le fait qu'il y ait moins de nouveaux arrivants qui soient en concurrence pour obtenir le même nombre limité de logements locatifs allège naturellement la pression à la hausse sur les loyers. C'est un principe économique de base.
Cependant, il ne s'agit pas d'une victoire en matière de politique, d'offre ou d'abordabilité du logement. Cela ne reflète pas la mise sur le marché à grande échelle de nouvelles maisons, une accélération des procédures d'autorisation, une diminution des coûts de construction, ni un système de logement plus efficace. Cela reflète le ralentissement de la demande causé par les changements apportés à la politique d'immigration et de résidence temporaire, et non le succès de la Stratégie nationale sur le logement.
En effet, si la stratégie du gouvernement en matière de logement fonctionnait comme prévu, le ralentissement de l'augmentation des loyers résulterait de l'augmentation de l'offre, d'une amélioration de l'accessibilité financière et de la diminution du recours aux banques alimentaires, en particulier pour les ménages à faible et moyen revenu, et non de la diminution du nombre de nouveaux arrivants. Le fait de s'attribuer le mérite pour une faible croissance des loyers dans ces circonstances risque de créer une confusion entre la cause et les effets. Les augmentations de loyer ralentissent parce que moins de gens arrivent au pays, mais cela ne signifie pas que le logement est devenu plus abordable. Cela signifie que la pression a été temporairement allégée par une diminution de la demande. Cette distinction est importante.
Un système de logement qui repose sur la réduction de la demande plutôt que sur l'augmentation de l'offre n'est pas résilient. Il ne résout en rien le problème de pénurie sous-jacent. Il n'améliore pas l'accès au logement pour les Canadiens qui sont déjà exclus du marché immobilier, et il ne garantit aucunement que les prix demeureront abordables si la demande augmente à nouveau. Sans réforme structurelle, sans accélération du processus d'approbation, sans réduction des dépenses non liées à la construction et sans cadre réglementaire permettant la construction de logements à grande échelle, toute amélioration temporaire de la situation résultant d'une baisse de la demande s'avérera fragile et réversible.
Bref, la récente baisse modérée des loyers ne prouve pas que la stratégie du gouvernement en matière de logement porte ses fruits. Elle prouve que le déséquilibre entre l'offre et la demande n'est toujours pas résolu et que le système réagit plus rapidement aux fluctuations démographiques qu'aux années de dépenses et de bureaucratie fédérales. Cette réalité vient renforcer une conclusion: le problème fondamental ne réside pas dans les niveaux de financement, mais dans le cadre stratégique, qui ne permet pas d'offrir suffisamment de logements.
Par ailleurs, le gouvernement n'a pas agi assez rapidement pour créer les conditions économiques nécessaires à la construction par le secteur privé. Les promoteurs ont dû faire face à une hausse des coûts de financement, à des retards liés à la réglementation, à une augmentation des frais d'aménagement et à des blocages dans les procédures d'autorisation.
En fait, je pense qu’il convient de lire la lettre adressée au le 18 février 2026, où on peut lire:
Monsieur le premier ministre,
L'Association canadienne des constructeurs d'habitations, ACCH, appuie toujours l'élaboration de codes du bâtiment fondée sur une analyse claire et convaincante des politiques, où des décisions basées sur des données probantes sont prises lors de réunions publiques et où les comités privilégient des solutions acceptables et rentables (idéalement sans incidence sur les coûts), qui permettent de résoudre à la fois la crise climatique et celle de l'abordabilité du logement au Canada. Nous estimons que le nouveau code de 2025 ajoutera plus de 100 000 $ au coût d’une maison neuve moyenne […] ce qui est tout à fait intenable. Nous ne pouvons donc pas appuyer les codes modèles de 2025 ni leur adoption, et nous demandons qu’on les remette immédiatement à l’étude pour les refaire correctement.
Ces dernières années, l’ACCH se préoccupe de plus en plus du fait que le nouveau système de gouvernance des codes nationaux du Canada et le processus actualisé d’élaboration des codes ne sont plus ni transparents ni fondés sur des données probantes. Ces lacunes ont un impact direct et négatif sur l'abordabilité du logement, la productivité dans le secteur de la construction et la capacité des acteurs du secteur à contribuer véritablement à l’élaboration et à la mise en œuvre efficaces des codes, tout en répondant aux priorités de votre gouvernement en matière d’augmentation de l’offre de logements et de construction pouvant mieux supporter les aléas de la crise climatique.
De plus, sans prise en compte de la question de l'abordabilité du logement dans les codes modèles nationaux, alors que la plupart des provinces et des territoires en font une priorité, il pourrait en réalité ne pas y avoir d'harmonisation — raison même pour laquelle les codes modèles existent —, car les codes provinciaux pourraient, à juste titre, être révisés et adoptés avant même la publication des codes nationaux, ce qui empêcherait l'harmonisation en augmentant au contraire le risque de divergences entre les provinces ou de non-adoption. L'absence d'harmonisation au niveau provincial (et municipal) constitue un obstacle majeur à la productivité du secteur.
Un sérieux changement de cap s'impose, et c'est pourquoi l'ACCH exhorte le gouvernement du Canada à suspendre immédiatement toute modification des Codes modèles nationaux de construction, comme l'Australie l'a fait avec son système de codes. Dans ce contexte, et avant de demander l'adoption des codes nationaux de construction 2025 par les provinces, l'ACCH demande au gouvernement d'améliorer les codes 2025 en incluant des critères liés à l'abordabilité, à la prise de décision fondée sur des données probantes et à une vision des règlements qui mèneront véritablement aux résultats optimisés qui doivent être envisagés dans le monde d'aujourd'hui.
Voici les principales raisons pour lesquelles nous demandons de suspendre toutes les modifications aux codes de la construction et de les réexaminer en mettant l'accent sur les aspects appropriés:
Une baisse de la productivité — Le grand nombre de priorités nationales et la vitesse à laquelle on élabore les modifications au code applicable ne laissent pas suffisamment de temps pour un examen approprié, la simplification et la correction des préoccupations en matière de constructibilité ou d'abordabilité qui subsistent chez les personnes les plus touchées, c'est-à-dire l'industrie de la construction résidentielle, et les Canadiens qui ont du mal à accéder à la propriété. Le nombre de nouvelles exigences prévues au code est écrasant. Les modifications liées à l'énergie, aux émissions de gaz à effet de serre, au radon et aux charges éoliennes et sismiques font augmenter les coûts et les retards importants et réduiront la productivité du secteur, sans même donner les bons résultats dans bien des cas. Il faut trouver de bien meilleures approches pour atteindre ces objectifs en remaniant le code de 2025, avec des échéanciers et des solutions qui favorisent l'abordabilité.
L'abordabilité est négligée — Il n'y a pas d'exigence officielle ou d'objectif concernant le code pour protéger l'abordabilité du logement […]
Encore une fois, l'approche du gouvernement est incompatible avec sa Stratégie nationale sur le logement et la Loi sur la stratégie nationale sur le logement.
La lettre se poursuit:
[…] il n'y a même pas de principe pour les comités qui élaborent les codes nationaux. Les préoccupations économiques soulevées par l'industrie de la construction sont balayées du revers de la main, et les coûts cumulatifs de toutes les modifications apportées aux codes en 2025 n'ont pas été calculés par ceux qui ont élaboré le code. Au bout du compte, ce sont les Canadiens qui font les frais des coûts supplémentaires liés à ces modifications. Toutes les modifications devraient être réexaminées rigoureusement pour en évaluer les répercussions financières individuelles. Les effets cumulés de toutes les modifications que le code de 2025 imposera à chaque habitation devraient également être évalués. Selon son analyse initiale pour une maison type de 2 500 pieds carrés, l'Association canadienne des constructeurs d'habitations estime que la hausse des coûts découlant des modifications apportées aux codes en 2025 sera de 56 364 $ (voir l'annexe A), sans tenir compte des coûts de conformité en matière d'efficacité énergétique. Si les provinces continuent d'imposer la réalisation des objectifs énergétiques progressifs des codes de 2020, des paliers 1 à 5, les coûts doubleront, ce qui portera la mise en œuvre complète des objectifs énergétiques de 2020 et des codes de 2025 à un coût estimé à 113 930 $ pour chaque maison construite au cours des prochaines années. Selon l'indice du marché de l'habitation de l'Association canadienne des constructeurs d'habitations, le coût des matériaux à lui seul, pour cette même maison, a augmenté de 100 000 $ par rapport à 2025. La crise du logement au Canada ne peut pas supporter de telles augmentations. Il faut une approche beaucoup plus raisonnable.
Transparence réduite — Les récentes modifications apportées à la gouvernance et à la structure des comités ont réduit la transparence et écarté les acteurs du secteur.
Il serait intéressant de savoir combien de membres de l'Association canadienne des constructeurs d'habitations siègent aux conseils créés par le gouvernement dans le cadre de la Loi sur la stratégie nationale sur le logement.
La lettre se poursuit:
Les décisions sont de plus en plus souvent prises derrière des portes closes, sans que les justifications soient rendues publiques ni qu'il y ait de véritable consultation auprès des principaux concernés: le secteur de la construction résidentielle au Canada. Ce secteur […] ne peut plus être la cible de politiques et de règlements mal conçus qui entravent la création d'une offre supplémentaire. Si tous les ordres de gouvernement souhaitent atteindre l'objectif de 500 000 nouveaux logements par an, ils doivent considérer le secteur comme un partenaire, et la réglementation excessive et mal conçue constitue un obstacle majeur qu'il convient de surmonter ensemble.
Plus je lis cette lettre, plus les préoccupations soulevées par l'Association canadienne des constructeurs d'habitations semblent aller à l'encontre des dispositions relatives au partenariat pour le développement communautaire de la Loi sur la stratégie nationale sur le logement. Comment osent‑ils?
La lettre se poursuit:
Manque d'harmonisation — Si la question de l'abordabilité n'est pas prise en compte dans les codes nationaux, alors qu'il s'agit d'une grande priorité pour la quasi-totalité des provinces et des territoires, ces codes risquent de ne pas être adoptés ou d'être tellement modifiés au niveau provincial qu'il n'y aura en réalité aucune harmonisation. À cette fin, le gouvernement fédéral devrait modifier le processus de publication des codes nationaux de manière à ce que les provinces et les territoires disposent d'un an pour examiner l'ébauche d'un code afin qu'ils puissent s'entendre collectivement sur une série de modifications qu'ils pourront ensuite adopter en tant que code national pleinement harmonisé au moment de sa publication. Sans ce changement, les provinces continueront d'apporter leurs propres modifications, ce qui empêche l'harmonisation et risque de limiter l'adoption de modifications coûteuses aux codes de 2025. Nous exhortons le gouvernement fédéral à prendre des mesures dès maintenant pour éviter une plus grande fragmentation à l'échelle du Canada.
Fragmentation des interprétations — L'interprétation des codes de la construction varie considérablement d'une municipalité à l'autre et parfois sur le territoire d'une même ville, ce qui occasionne des retards et des dépenses additionnelles aux membres de l'industrie. Or, les gouvernements font abstraction de cet obstacle à l'accélération de la construction d'un plus grand nombre d'habitations. Tout en réduisant les obstacles au commerce interprovincial, le gouvernement doit également remédier à la fragmentation dans l'interprétation des codes du bâtiment aussi bien d'une province à l'autre que d'une municipalité à l'autre. Dans cette perspective, l'Association recommande la création, au Conseil national de recherches du Canada, d'un centre national d'interprétation du code avec pour mandat de publier des interprétations auxquelles les provinces pourraient se référer. Les interprétations deviendraient de ce fait contraignantes, ce qui jugulerait leur multiplication, qui constitue un frein majeur à la productivité de l'industrie.
Les obstacles auxquels se heurte l'industrie de la construction résidentielle, dont la hausse des prix, la transparence réduite et la fragmentation des interprétations des codes, compromettront inévitablement l'objectif du gouvernement de doubler le nombre de mises en chantier, notamment en entravant la construction de logements subventionnés dans le cadre du programme Maisons Canada. Il faut de toute urgence apporter des réformes, à défaut de quoi ces problèmes systémiques saboteront toute tentative de bâtir des habitations à la hauteur des moyens aussi rapidement qu'il le faudrait.
Confronté à de graves problèmes semblables, le gouvernement de l'Australie a récemment suspendu jusqu'en 2029 toute modification à son code national de la construction à la suite d'un rapport de sa propre commission sur la productivité. Selon ce rapport, la révision fréquente du code ralentissait la livraison des habitations et en faisait grimper le prix. La suspension vise à stabiliser la situation, à alléger les formalités administratives et à aider l'industrie à se concentrer sur l'élargissement du parc de logements. Les parallèles entre les problèmes de logement de nos deux pays sont nombreux, ce qui dénote la pertinence et la nécessité pour le Canada d'emboîter le pas à l'Australie.
À cette fin, le Canada devrait suivre l'exemple de l'Australie et
arrêter immédiatement le processus d'adoption et de mise en œuvre des codes nationaux de construction de 2025 et les évaluer, en vue de proposer uniquement des changements sans incidence sur les coûts pour le logement dans la partie 9 des codes nationaux de 2025 [...]
mettre en veilleuse l'élaboration des codes de 2030 jusqu'à ce que des réformes essentielles soient apportées à l'approche d'élaboration, comme
rétablir la transparence, la reddition de comptes et la participation significative des intervenants dans le système des codes
ajouter un siège d'office pour l'ACCH et d'autres intervenants du secteur à toutes les réunions du Comité canadien de l'harmonisation des codes de construction (y compris les réunions à huis clos) afin de bien orienter l'élaboration du point de vue de l'industrie
rétablir un comité de coordination consacré à la partie 9 du Code national du bâtiment (qui traite directement du logement) plutôt que de la répartir entre 13 comités sur la construction non résidentielle
réduire les priorités pour les cycles de code de 2030, en se concentrant uniquement sur les exigences essentielles sans incidence sur les coûts
faire de l'abordabilité du logement un principe fondamental de l'élaboration des codes, ainsi qu'un processus structuré et robuste pour évaluer et limiter les coûts individuels des changements ainsi que les coûts cumulatifs pour chaque édition future des codes
établir un centre d'interprétation du Code national du bâtiment afin d'assurer une application locale cohérente des codes nationaux de construction harmonisés, et travailler avec les provinces pour rendre les solutions publiées contraignantes.
Le Canada doit agir rapidement pour éviter les problèmes relevés en Australie et veiller à ce que notre système de codes favorise la construction de logements sûrs, abordables et résistants aux changements climatiques.
L'ACCH reste déterminée à travailler avec le gouvernement de façon que le processus d'élaboration des codes soit plus efficace et inclusif. Nous serions heureux de vous rencontrer, vous et vos fonctionnaires, dès que possible pour poursuivre cette importante conversation et vous informer des mesures immédiates à prendre.
Cette lettre, écrite par Kevin Lee, a également été envoyée au , à la , au , ainsi qu'au président du Conseil national de recherches du Canada.
Il faut aussi rappeler, à la lumière des échanges qui ont eu lieu plus tôt aujourd'hui à la Chambre, qu'au moment de solliciter le pouvoir de dépenser 1,7 milliard de dollars comme bon lui semble, le responsable ne semble pas avoir tenu compte de cette lettre fort importante qui exposait des solutions à la crise de l'abordabilité du logement au Canada. Cette lettre venait pourtant des gens dont dépend le gouvernement pour construire des logements.
Pour reprendre le fil de mon discours, l'incapacité de stimuler la construction privée ne s'explique pas par un manque de volonté des constructeurs, mais par des conditions qui rendent les projets impossibles à rentabiliser. Les constructeurs canadiens l'ont répété à plusieurs reprises, et cela s'inscrit dans une dynamique plus générale où l'on confond à tort la demande avec une réussite des politiques publiques. Les constructeurs ne cessent de dire que les principaux freins à l'augmentation de l'offre de logements ne sont pas liés à un manque de volonté ou de capacité, mais plutôt à l'accumulation des coûts associés aux politiques, aux retards et à l'incertitude, qui rendent les projets financièrement irréalisables.
Comme M. Lee l'a souligné dans ses observations, à eux seuls, les ajouts réglementaires de 2025 font grimper de plus de 100 000 $ le coût d'une maison de 2 500 pieds carrés au Canada. En quoi est-ce une bonne chose? Il faut également examiner les exigences du Code du bâtiment dans le contexte du marché locatif, qui connaît actuellement une détente temporaire en raison du ralentissement des entrées de population, mais où il faut encore construire davantage de logements locatifs.
Autrement dit, la diminution récente des loyers ne signifie pas que les constructeurs estiment soudainement que les projets sont viables. Elle indique que les pressions sur la demande diminuent lorsque les entrées d'étudiants étrangers et de travailleurs temporaires ralentissent.
Les constructeurs ont clairement indiqué que, en l'absence d'approbations plus rapides, de coûts non liés à la construction moins élevés et d'échéanciers prévisibles, l'offre ne pourra pas augmenter suffisamment. Les délais d'approbation, qui s'étalent sur des années, amplifient le risque de financement. Les droits d'aménagement et les redevances qui sont imposés dès le départ minent la faisabilité. Les adaptations répétées dans toutes les municipalités, comme l'a souligné M. Lee, par l'intermédiaire de l'Association canadienne des constructeurs d'habitations, font grimper les coûts sans augmenter l'offre de logements. Quand ces facteurs se cumulent, les projets sont bloqués ou sont annulés, même quand les gouvernements font valoir les dépenses effectuées ou les données sur les loyers à court terme.
Les constructeurs d'habitations canadiens ont également averti que, dans ce contexte, la superposition des subventions ne compense pas les obstacles structurels. L'offre répond à la certitude, à la rapidité et à la prévisibilité, et non aux critères complexes des programmes ou à des transferts qui ne sont assortis d'aucune condition, comme on le voit dans le projet de loi . Faute de réformes pour régler les problèmes liés aux approbations, aux frais et à la coordination entre les gouvernements, les fonds supplémentaires risquent d'être consacrés à un ensemble restreint de projets ou même, dans certains cas, de rester inutilisés. La leçon à tirer de l'expérience des constructeurs est claire: faire baisser les loyers en faisant baisser la demande est une solution fragile et réversible; l'abordabilité durable exige la viabilité des projets pour que des logements soient réellement construits.
Les constructeurs d'habitations du Canada ont signalé que les délais d'approbation s'étirent sur des années, et que pendant ce temps, les frais financiers s'accumulent et que les risques liés au financement augmentent. Les contraintes de zonage, la préfabrication et le chevauchement des exigences municipales, provinciales et fédérales impliquent plus de temps et d'argent sans donner plus de logements. Les droits d'aménagement, les impositions relatives aux terrains réservés à la création de parcs et les frais d'infrastructure, souvent imposés dès le départ, peuvent représenter une part considérable du coût total du projet, en particulier pour les immeubles à logements multiples et les logements construits spécialement pour la location. Les constructeurs ont bien indiqué que, lorsque ces frais augmentent plus rapidement que les prix de vente ou les loyers, les projets ne se réalisent tout simplement pas.
En examinant les politiques de construction de logements de 2019, 2021, 2024 et 2025 décrites par le directeur parlementaire du budget, on peut aussi établir une corrélation entre le financement de la construction de logements destinés à la location et certaines de ces contraintes auxquelles sont confrontés les constructeurs d'habitations. Ces politiques cherchent certes à réduire les coûts et à rendre la vie plus abordable pour les propriétaires ou les locataires, mais ces coûts sont en réalité si considérables que le financement public ne suffit pas. En effet, les exigences réglementaires font grimper dès le départ les coûts de construction, et les conditions de financement ont aggravé ces problèmes.
Les constructeurs ont également souligné que la hausse des taux d'intérêt et le resserrement des conditions de prêt ont une incidence disproportionnée sur les projets de construction faisant l'objet de longs délais d'approbation. Lorsque l'approbation prend des années, les risques liés aux taux d'intérêt peuvent à eux seuls effacer des marges déjà minces, en particulier pour les projets locatifs dont les revenus sont plafonnés en raison des attentes en matière d'abordabilité. Dans ce contexte, même les projets qui sont conformes aux objectifs de politique publique sont retardés ou annulés parce qu'ils ne sont plus rentables.
Surtout, les constructeurs ont également averti que les programmes fédéraux qui s'ajoutent au système ne font pas grand‑chose pour répondre à ces exigences fondamentales. Les subventions et les incitatifs ne peuvent pas compenser les systèmes réglementaires qui retardent les projets ou les structures de coûts qui dépassent ce que le marché peut supporter. Comme les constructeurs l'ont soutenu à maintes reprises, l'offre est liée à la certitude, à la rapidité et à la prévisibilité, et non aux critères des programmes ou aux contributions en capital qui prennent du temps à être versées. Sans réformes qui réduisent les délais d'approbation et les coûts non liés à la construction et qui harmonisent les incitatifs à l'échelle du gouvernement, des fonds supplémentaires risquent d'être inutilisés ou d'être versés à un nombre limité de projets plutôt que de débloquer une offre générale.
Bref, les témoignages de ceux qui construisent des logements renforcent la conclusion du Bureau de la directrice parlementaire du budget. La pénurie de logements n'est pas le résultat de la réticence à construire ou de l'échec du marché; elle est le résultat de choix politiques qui ont rendu la construction de logements de plus en plus difficile. Tant que ces obstacles structurels ne seront pas éliminés, aucune nouvelle dépense, que ce soit dans le cadre de la Stratégie nationale sur le logement ou de mesures ponctuelles, comme le projet de loi , ne permettra d'atteindre l'ampleur de l'offre de logements dont les Canadiens ont un urgent besoin. Il y a maintenant une loi qui exige de meilleurs résultats et une stratégie qui promet une transformation, mais les données pointent vers une détérioration.
La conclusion du directeur parlementaire du budget demeure: les effets concrets des programmes fédéraux pour le logement sont limités par rapport à l'ampleur des besoins. C'est notre réalité.
Il ne s'agit pas seulement d'un échec de la politique. C'est un manquement à des engagements, à des objectifs et à des obligations légales. Le gouvernement a promis d'aider 530 000 ménages, mais il n'a fait construire que 78 000 logements. Il a trafiqué ses propres budgets au chapitre du logement. Maintenant, dans le projet de loi , il demande au Parlement d'approuver de nouvelles dépenses pour le logement sans que celles-ci soient liées aux résultats, aux objectifs ou aux échéanciers qu'il a lui-même établis. Tout cela mérite un examen plus approfondi par le Parlement.
Le projet de loi et la motion de programmation dont je suis en train de parler mettent en évidence ce que ce projet de loi ne fait pas. Celui-ci prévoit des milliards de dollars de dépenses supplémentaires pour les provinces et les territoires, mais en dehors du cadre de la Stratégie nationale sur le logement. Il ne prévoit aucune obligation légale en matière de résultats, il ne vise pas à réduire les besoins en matière de logement, et il ne contient aucun seuil d'abordabilité clair ni objectif mesurable conformes à l'obligation prévue par la loi de donner la priorité aux personnes les plus démunies. Au fond, le gouvernement réclame plus d'argent maintenant, tout en s'éloignant du cadre qui devait justement garantir que ces dépenses produisent des résultats.
Voilà qui semble indiquer que le gouvernement reconnaît en partie que son approche actuelle ne fonctionne pas, mais, à mon avis, aucun libéral n'est prêt à aller jusqu'au bout et à admettre son échec. Plutôt que de réformer la stratégie pour corriger ses défauts structurels ou d'harmoniser les nouvelles dépenses sur les obligations juridiques adoptées par le Parlement en 2019, le gouvernement semble contourner le problème. Il s'éloigne de la stratégie en réaffectant les allocations de financement tout en poursuivant des dépenses ponctuelles au moyen du projet de loi , qui est déconnecté de ses propres engagements. Ce n'est pas de la cohérence, c'est de la fragmentation.
Si la Stratégie nationale sur le logement fonctionnait, il ne serait pas nécessaire de la contourner. Si les cadres prévus par la loi donnaient des résultats, les nouvelles dépenses y passeraient logiquement, soutenues par des objectifs clairs, des échéanciers et une obligation de rendre des comptes. Au lieu de cela, nous constatons le contraire: un soutien en baisse dans le cadre de la stratégie, combiné à de nouvelles demandes de dépenses qui contournent ses contraintes. Cette combinaison suggère fortement que le gouvernement sait que son approche actuelle a échoué, mais qu'il ne veut pas reconnaître officiellement cet échec ni entreprendre le travail difficile de repenser ce qui est nécessaire pour aider à bâtir des logements abordables au Canada.
Le résultat que nous constatons aujourd’hui est donc le pire des deux mondes. On affirme aux Canadiens que le logement demeure une priorité absolue, mais la stratégie censée produire des résultats est en train d’être vidée de sa substance. On demande à la Chambre d’approuver de nouveaux financements, mais sans prévoir les garde-fous qui garantissent leur efficacité. On ne répond toujours pas aux problèmes fondamentaux, à savoir l'abordabilité, l’accès à des logements abordables pour les ménages à faibles revenus et l’écart croissant entre l’offre et la demande. En bref, le projet de loi ne constitue pas une solution à une stratégie défaillante. Il s'agit d'une solution de contournement. Les gouvernements ont recours à des solutions de contournement lorsqu'ils ne croient plus en la réussite de leur propre plan. Force est de conclure que la stratégie ne fonctionne pas, et ce sont les Canadiens qui en paient le prix.
En conclusion, selon le Bureau de la directrice parlementaire du budget, le Canada compte aujourd’hui environ 2,4 millions de ménages qui ont des besoins impérieux en matière de logement, et ce chiffre devrait passer à 2,6 millions d’ici 2027. C'est de 1 million de ménages de plus ayant des besoins impérieux en matière de logement par rapport à la date de lancement de la Stratégie nationale sur le logement en 2017. La stratégie même qui était censée rendre le logement plus abordable a coïncidé avec une augmentation spectaculaire du nombre de Canadiens qui peinent à trouver un logement convenable et abordable.
Les libéraux ont annoncé programme après programme, enveloppe budgétaire après enveloppe budgétaire, mais les résultats continuent d'aller dans la mauvaise direction. Le directeur parlementaire du budget a constaté que, en 2023, environ 460 000 nouveaux ménages se sont établis au Canada, alors que seulement 242 000 logements ont été construits. En d'autres termes, la croissance du nombre de ménages a largement dépassé la construction de logements. Le résultat correspond exactement à ce que vivent les Canadiens: une hausse des prix, une hausse des loyers et une diminution des choix de logements abordables.
Le même rapport estime que le Canada aura besoin de 1,3 million de logements supplémentaires d'ici 2030 par rapport aux projections actuelles, simplement pour combler le déficit national en matière de logement. Cela signifie que le Canada aurait besoin, en moyenne, d'environ 436 000 logements achevés par an de 2024 à 2030, ce qui dépasse de loin les niveaux de construction actuels. Pour les locataires, la situation est tout aussi préoccupante. La SCHL a indiqué que l'abordabilité demeure un problème majeur. Avec une hausse de 23,5 % pour les nouveaux baux en 2024, les jeunes Canadiens, les nouveaux arrivants et les familles de travailleurs ont de plus en plus de mal à trouver un logement abordable.
Ce qui est encore plus préoccupant que l'ampleur de la crise, c'est le bilan du gouvernement libéral. Les Canadiens ont déjà entendu ces promesses. On leur a promis que la Stratégie nationale sur le logement améliorerait l'abordabilité. On leur a promis que des milliards de dollars de dépenses donneraient des résultats, mais le directeur parlementaire du budget a conclu que les besoins en matière de logement continuaient de croître malgré la hausse des dépenses fédérales. Même le fonds phare du gouvernement pour accélérer la construction de logements mérite d'être examiné de près. Le directeur parlementaire du budget a noté que très peu d'argent a été versé pendant la première année du fonds et que bon nombre des hausses du nombre de logements observées dans les administrations participantes pourraient en réalité découler d'initiatives déjà en cours avant la signature des ententes.
La confiance se gagne par les résultats. Après des années de hausses fulgurantes du prix des maisons, d'augmentations des loyers, de besoins toujours plus criants en matière de logement et de cibles ratées à répétition, les Canadiens ont toutes les raisons de douter que le gouvernement puisse résorber une crise à laquelle il a lui‑même contribué. Les Canadiens n'ont pas besoin d'autres annonces. Mission—Matsqui—Abbotsford n'a pas besoin d'autres annonces. Voilà pourquoi, dans la première heure de mon intervention, j'ai fait un lien entre le projet de loi et la souplesse dont fait preuve le gouvernement et son inaction dans la région de la vallée du Fraser.
Avant de conclure, je tiens à répéter que ma circonscription est le point de convergence du Chemin de fer Canadien Pacifique, du chemin de fer national Pacifique et du Chemin de fer du Sud. Nous avons un poste frontalier. Le gouvernement du Canada a choisi l'aéroport international d'Abbotsford et une entreprise canadienne extraordinaire, Conair, pour construire la flotte aérienne nationale de lutte contre les incendies pour l'ensemble du pays. La flotte de Conair compte déjà parmi les plus grandes des fournisseurs d'aéronefs au pays. Nous utilisons des avions De Havilland construits au Canada pour l'approvisionner. Il y a l'oléoduc Trans Mountain et la station de transfert de Sumas, qui transfère 37 % du pétrole de l'oléoduc Trans Mountain aux États‑Unis. Le projet d'expansion de l'oléoduc d'Enbridge et la station de transfert de Huntingdon que le gouvernement vient d'approuver se trouvent dans ma circonscription. Nous avons l'artère de circulation qui relie la Colombie‑Britannique au reste du Canada.
Comme je l’ai expliqué pendant plus d’une heure dans mon discours, nous n’avons reçu aucune aide fédérale, aucune marge de manœuvre et aucun compte de la part de l’ancien premier ministre, qui avait pourtant promis de nous aider. Même récemment, le haut-commissaire Bill Blair m'a dit: « Oui, nous avons rompu les promesses que nous vous avons faites. » Il m'incombe de continuer à me battre pour la concrétisation de ces promesses et de répéter à la Chambre que le maintien du statu quo est inacceptable, lorsque le présente le projet de loi , un projet de loi de deux paragraphes, afin de demander 1,7 milliard de dollars de financement supplémentaire pour le logement, alors qu'un fonds de 80 milliards de dollars sur 10 ans n'a réussi à respecter aucun des indicateurs définis dans les rapports du directeur parlementaire du budget de 2019, 2021, 2024 et 2025.
Pourquoi le gouvernement fédéral ne peut-il pas soutenir Abbotsford? J'invite le ministre à venir dans ma collectivité en toute bonne foi. Je n'ai jamais politisé cette question, car il importe avant tout de penser au Canada et de veiller à ce que le gouvernement canadien atteigne ses objectifs en matière d'exportation. Ces objectifs d'exportation passent par la vallée du Fraser. Le Canada ne peut pas se développer si la vallée du Fraser n'est pas protégée.
Notre région est également le grenier de la Colombie‑Britannique. Elle est le territoire des producteurs laitiers, des producteurs de bleuets et des immigrants qui ont créé leur gagne-pain en fournissant au Canada des produits frais, des légumes frais et les meilleurs produits agricoles que nous puissions trouver dans cette province. Nous avons besoin d'aide. J'implore le gouvernement de nous aider.
Ce mois-ci, nous lançons le processus d'examen de la commission mixte internationale. La , de bonne foi, a envoyé son l'appuyer après que je l'aie demandé. Je le dis de bonne foi et j'invite le à venir entendre ce que les gens ont dit et la souffrance que nous avons vécue. Tout ce que nous demandons, c'est aider le Canada à bâtir, à hausser ses exportations et à atteindre ses objectifs.
Nous sommes en Colombie‑Britannique. Je sais que pour de nombreuses élites laurentiennes de l'Ontario et du Québec, il s'agit simplement d'un endroit où partir en vacances et faire une journée de ski, de voile ou de golf. Cependant, c'est plus que cela. C'est la possibilité d'exporter vers la région de l'Asie‑Pacifique. C'est l'avenir de la prospérité économique du Canada. Tout ça est tout à fait conforme à tous les objectifs commerciaux fixés par le . Je demande donc encore une fois au gouvernement...