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Monsieur le Président, je suis ravie de dire que je partagerai mon temps de parole avec la députée de , avec qui j'ai le grand honneur de travailler en notre qualité de secrétaires parlementaires du ministre de l'Infrastructure et du Logement.
Je suis reconnaissante d'avoir le grand privilège de prendre la parole aujourd'hui au sujet du projet de loi , Loi autorisant certains paiements sur le Trésor pour améliorer l'offre de logements.
Au cours de la dernière année, les Canadiens ont dû s'adapter à un monde en rapide évolution et de plus en plus fragmenté, et le Canada n'est pas à l'abri de l’incertitude économique que cette situation a engendrée. Nous sommes confrontés à une nouvelle réalité qui est plus complexe, plus instable et, pour beaucoup de gens, plus coûteuse et imprévisible. En réponse à cela, le gouvernement continue de se concentrer sur les solutions et de déployer tous les efforts nécessaires pour soutenir nos collectivités, nos industries et les Canadiens.
Le gouvernement actuel a été élu avec le mandat clair de construire des logements et l'une des priorités du et de l'ensemble de notre caucus est d'atténuer la crise du logement. Autrement dit, beaucoup trop de Canadiens ont du mal à trouver un logement abordable. Le projet de loi constitue un élément important de notre plan global visant à résoudre ce problème qui perdure depuis des décennies, et c'est pourquoi nous devons l'adopter et le faire rapidement.
Le projet de loi permettrait au ministre des Finances de verser sans délai des fonds aux provinces et aux territoires afin de soutenir des mesures qui visent à accroître l'offre de logements. L'enveloppe proposée, de plus de 1,7 milliard de dollars, contribuerait à rendre le logement plus accessible pour les Canadiens. L'argent serait envoyé aux provinces et aux territoires qui pourraient uniquement s'en servir pour augmenter l'offre de logements, notamment en réduisant les droits d'aménagement ou les taxes sur la construction de logements neufs et en investissant davantage dans les programmes provinciaux et territoriaux existants en vue de stimuler la construction de logements.
Partout au pays, beaucoup trop de Canadiens ont du mal à trouver un logement correspondant à leurs moyens. C'est pourquoi nous attaquons la crise de front en réduisant les lourdeurs administratives, en finançant les infrastructures qui ouvrent la voie à de nouveaux logements et en modernisant le secteur de la construction résidentielle. Le projet de loi s'inscrit dans cette stratégie globale.
Des lueurs d'espoir se dessinent partout au pays, et la SCHL confirme que l'optimisme est permis. Dans son rapport intitulé « Rapport sur l'offre de logements, printemps 2026 », la société d'État indique que les mises en chantier ont augmenté de 6 % en 2025. Cette hausse s'explique par une activité record dans le segment locatif, par un nombre élevé d'achèvements et par la croissance de la production de logements du chaînon manquant. Ce sont des pas dans la bonne direction, mais nous savons qu'il reste du travail à faire.
Nous avons mis en œuvre plusieurs initiatives fédérales visant à accroître l'offre de logements. La semaine dernière, la Chambre des communes a adopté un projet de loi visant à créer Maisons Canada, une société d'État chargée d'accroître l'offre de logements abordables à l'échelle nationale. En moins d'un an, Maisons Canada a déjà fait avancer des milliers de projets aux quatre coins du pays afin d'augmenter l'offre de logements abordables au Canada. Bientôt, Maisons Canada disposera d'encore plus d'outils pour favoriser la construction de logements dans tout le pays.
D'autres mesures, notamment des allègements fiscaux ciblés tels que l'abolition de la TPS de 5 % sur la construction de logements locatifs neufs, réduisent les coûts initiaux et contribuent à faire avancer les projets. Des programmes tels que le Programme de prêts pour la construction d'appartements et les produits d'assurance prêt hypothécaire de la SCHL aident les constructeurs à obtenir les capitaux dont ils ont besoin pour continuer à construire, tandis que le Fonds pour accélérer la construction de logements contribue à libérer l'offre en réduisant les formalités administratives et en accélérant les processus d'approbation.
Nous investissons également dans les infrastructures grâce auxquelles il est possible de construire des logements. Le Fonds canadien pour les infrastructures liées au logement et le nouveau Fonds pour bâtir des collectivités fortes soutiennent les infrastructures nécessaires à la construction de logements, comme les réseaux d'aqueduc et d'égout, car il est impossible de construire des logements sans les systèmes sous-jacents dont ils dépendent. Un exemple concret de ce soutien est une entente conclue récemment avec l'Ontario et qui reflète notre engagement à aider les municipalités à réduire les redevances d'aménagement de 30 à 50 % ou plus. Ces types de coûts ont une incidence directe sur le lancement des projets de construction de logements. Ils ont une incidence directe sur les facteurs économiques qui déterminent si le promoteur du projet lancera la construction dès maintenant ou s'il attendra la prochaine saison de construction.
Quand on parle de milliers de logements d'un bout à l'autre du pays, on parle de vrais logements où des gens pourront se sentir chez eux. Qu'il s'agisse de familles ou de jeunes adultes qui commencent leur vie, d'aînés ou de personnes qui se trouvent dans le besoin, grâce au travail du gouvernement, ces personnes bénéficieront de la stabilité, des possibilités et de la sécurité que leur procure le fait d'avoir leur propre maison.
Ces projets se traduiraient également par des milliers d'emplois pour des ouvriers, des charpentiers, des plombiers, des monteurs de charpentes et d'autres travailleurs partout au pays. Ils se traduiraient par des débouchés pour les fournisseurs et les entreprises à l'échelle locale. À un moment où notre économie est confrontée aux risques d'un monde incertain, le gouvernement fait le choix d'investir dans nous-mêmes et de renforcer le Canada. Le projet de loi contribuerait à atténuer davantage ces pressions.
La somme de 1,7 milliard de dollars proposée dans le projet de loi donnerait aux provinces et aux territoires la souplesse nécessaire pour prendre des mesures ciblées afin d'accroître rapidement et efficacement l'offre de logements là où les collectivités en ont le plus besoin. Ce financement pourrait changer la donne et il la changerait. L'annonce récente par l'Ontario du remboursement de la TVH sur les logements neufs est un bon exemple de la façon dont ces transferts amélioreraient l'offre.
Dans le cadre d'efforts d'allégement fiscal, le gouvernement de l'Ontario, grâce au soutien fédéral lié au projet de loi, prévoit supprimer la totalité de la taxe de vente harmonisée de 13 % sur les logements neufs d'une valeur maximale de 1 million de dollars, ce qui permettra aux acheteurs de réaliser jusqu'à 130 000 $ d'économies. Cela a déjà eu un effet positif sur les ventes de logements, puisque le secteur des immeubles de faible hauteur a dépassé sa moyenne sur 10 ans pour la première fois en trois ans, selon BILD, la Building Industry and Land Development Association. Avec l'adoption de ce projet de loi, nous pourrions continuer à avoir une incidence positive dans tout le pays en tenant compte des besoins et des priorités des provinces et des territoires à l'échelle locale.
Pour remédier à la crise du logement au Canada, il ne suffit pas d'adopter une approche unique. Il faut faire un effort concerté, qui mobilise toutes les forces en présence et qui est fondé sur le partenariat, la flexibilité et une action immédiate. Grâce à un financement ciblé destiné aux provinces et aux territoires afin d'accélérer le lancement de nouveaux chantiers de construction, le projet de loi contribuerait à combler le fossé entre les ambitions nationales et la mise en œuvre à l'échelle locale. En donnant à nos partenaires les moyens d'agir, nous pourrons construire davantage de logements plus rapidement, et contribuer à faire en sorte que tous les Canadiens aient un chez-soi.
Les parlementaires ont conçu le projet de loi pour débloquer de nouvelles offres de logements partout au pays. Son adoption permettrait de garantir que les fonds nécessaires prévus par le projet de loi parviennent plus rapidement aux provinces et aux territoires. J'exhorte tous les députés de cette auguste enceinte à appuyer ce projet de loi.
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Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui afin d'appuyer le projet de loi .
Ce projet de loi autorisera le à verser des paiements immédiats aux provinces et aux territoires pour soutenir des mesures en vue d'augmenter l'offre de logements. Le financement proposé, qui s'élève à plus de 1,7 milliard de dollars, aidera à rendre le logement plus abordable pour tous les Canadiens. Ces fonds fédéraux vont être transférés aux provinces et aux territoires, et ils seront utilisés exclusivement pour des mesures visant à augmenter l'offre de logements, comme la réduction des frais d'aménagement, des redevances sur la construction de logements neufs, ainsi que des investissements supplémentaires dans les programmes provinciaux et territoriaux déjà en place pour stimuler la construction résidentielle. Parce que nous savons que les réalités du marché du logement sont différentes d'un territoire et d'une province à l'autre, nous croyons qu'ils sont mieux placés pour s'assurer que les fonds sont investis où ça donnera le plus de résultats pour les Canadiens et les Canadiennes.
Malheureusement, les conservateurs, qui nous demandent de telles mesures depuis des mois, essaient encore une fois de mettre des bâtons dans les roues, de faire tourner en rond ce projet de loi et d'empêcher l'accès à ces fonds par les provinces et les territoires. Plus tôt aujourd'hui, les conservateurs ont demandé un vote pour ajourner les travaux de la Chambre au lieu de faire avancer ce projet de loi. C'est la troisième fois que les conservateurs proposent de telles motions d'ajournement au cours des derniers jours. Pourquoi font-ils cela? Ils savent très bien que les mesures que nous proposons, comme le projet de loi C‑26, auront un effet positif sur le marché du logement. Or nous savons qu'ils n'aiment pas les bonnes nouvelles.
Je suis une nouvelle élue et je n'aurais jamais cru que des élus puissent se réjouir des vents de face que nous traversons, avec la guerre tarifaire qui touche nos entreprises et les remous géopolitiques qui amènent de nouveaux défis chaque jour. Cependant, de ce côté-ci, nous y répondons. Les conservateurs savent que le projet de loi C‑26 fait partie d'une série de mesures concrètes que notre gouvernement crée pour changer la donne et contrer la crise du logement. Ils l'ont entendu de la part de nombreux experts, des promoteurs, des OBNL et des fonctionnaires qui sont venus au Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées pour témoigner de l'importance de réduire les coûts de construction et d'augmenter l'offre de logements abordables pour faire baisser la pression sur les loyers. C'est, en partie, ce que propose le projet de loi . Ils savent que ce projet de loi est un complément à Maisons Canada, la nouvelle agence d'investissement qui vise à construire plus de logements abordables partout au Canada. Depuis son lancement, l'automne dernier, Maisons Canada a déjà conclu des accords pour construire plus de 11 400 unités, qui sont en majorité des logements abordables.
Je suis tannée de les entendre, chaque jour, induire les Canadiens en erreur en disant que Maisons Canada n'a encore rien fait. Alors, je me permets de donner quelques exemples.
En Nouvelle-Écosse, il y a un partenariat pouvant atteindre 300 millions de dollars pour construire jusqu'à 1 430 logements abordables.
Au Manitoba, Naawi‑Oodena, un projet historique de réaménagement mené en partenariat avec les Premières Nations signataires du Traité no 1 et la Société immobilière du Canada va permettre la construction de 320 logements abordables. En tout, 2 100 logements pourraient être construits sur la totalité du site.
Au Québec, nos gouvernements ont annoncé en avril un investissement conjoint de 200 millions de dollars qui permettra la réalisation de près de 865 nouveaux logements abordables, partout au Québec. Ça s'ajoute aux 1 055 unités qui avaient déjà été annoncées à Longueuil, en décembre 2025.
Dans le Nord, nous avons conclu une entente de principe avec le gouvernement du Nunavut et Nunavut Tunngavik Incorporated pour la construction de 750 logements comprenant des logements publics abordables avec des services de soutien.
En Ontario, nous avons conclu un partenariat avec la Ville d'Ottawa pour construire jusqu'à 3 000 logements abordables pour des ménages à revenus mixtes.
Bref, le nombre d'ententes et de projets qui sont prêts à démarrer dépasse largement le temps de parole dont je dispose.
Ces projets représentent aussi des milliers d'emplois pour les travailleurs de la construction, les électriciens, les plombiers, les charpentiers et beaucoup d'entreprises locales partout au pays. Dans un contexte économique marqué par l'incertitude, notre gouvernement choisit d'investir au Canada et dans les Canadiens. La semaine dernière, la Chambre des communes a adopté le projet de loi faisant de Maisons Canada une société d'État. On espère maintenant son adoption rapide par le Sénat pour que ce nouvel organisme puisse disposer de tous les outils nécessaires pour accélérer la construction résidentielle.
C'est important de noter que les conservateurs n'ont apporté aucune modification à ce projet de loi. Pourtant, ils ont voté contre. Ils ont voté contre les milliers de logements abordables qui pourront être construits partout au Canada, dans les circonscriptions de tous mes collègues, ici à la Chambre. Ils ont voté contre des logements abordables pour les familles qui ont de la difficulté à joindre les deux bouts. Ils ont voté contre des logements mieux adaptés pour les personnes âgées qui ont besoin d'un peu de répit. Aujourd'hui, encore une fois, ils s'opposent au projet de loi . J'espère que les Canadiens et les Canadiennes qui nous écoutent aujourd'hui en prennent bonne note et comprennent ce que ça signifie: les conservateurs n'en ont rien à faire de l'abordabilité.
Le projet de loi C‑26 s'inscrit dans un ensemble de mesures que nous prenons pour accélérer la construction de logements en partenariat avec les provinces, les territoires, les municipalités et les communautés autochtones; des mesures comme le Fonds pour bâtir des collectivités fortes, qui va investir plus de 51 milliards de dollars dans nos communautés, y compris pour des infrastructures qui rendent possible la construction de logements, comme les réseaux d'aqueduc et d'égout. On ne peut pas bâtir de logements sans les systèmes sous-jacents nécessaires pour les soutenir, et les besoins sont grands partout au Canada.
Il y a à peine deux semaines, le annonçait, en compagnie de la première ministre du Québec, une entente historique entre Canada et Québec pour des investissements de 10 milliards de dollars, dont 2,6 milliards de dollars pour des infrastructures, afin de permettre de construire plus de logements partout au Québec. C'est le genre de fédéralisme constructif que nous soutenons. De ce côté-ci de la Chambre, nous sommes ici pour travailler et être au service des Canadiens, pas pour faire des jeux politiques.
D'autres mesures viennent s'ajouter au projet de loi , par exemple des allégements fiscaux ciblés, comme la suppression de la TPS de 5 % sur les nouvelles constructions destinées à la location. Encore une fois, c'est dans le but de réduire les coûts initiaux et de faire avancer les projets. Des programmes comme le Programme de prêts pour la construction d'appartements et les produits d'assurance prêt hypothécaire de la SCHL sont là pour aider les constructeurs à obtenir du financement.
Les 1,7 milliard de dollars proposés dans le projet de loi C‑26 visent à donner aux provinces et aux territoires la souplesse nécessaire pour prendre des mesures ciblées pour accroître l'offre de logements rapidement et efficacement, là où les collectivités en ont le plus besoin. Cette souplesse est essentielle, car les besoins en logement ne sont pas les mêmes à Whitehorse, à Montréal, à Halifax ou à Iqaluit. Les provinces et les territoires sont les mieux placés pour déterminer les mesures qui permettront d'augmenter rapidement l'offre de logements dans leurs collectivités. La collaboration avec les provinces et les territoires est ce qui sous-tend ce projet de loi.
Pour résoudre la crise du logement au Canada, il faut plus qu'une approche uniforme. Il faut un effort concerté où tout le monde met la main à la pâte, un effort fondé sur la collaboration, la souplesse et l'action immédiate. De ce côté-ci de la Chambre, nous l'avons compris. Le projet de loi C‑26 contribuera à transformer nos ambitions en résultats concrets. Nous devons agir maintenant. Les Canadiens ont besoin de plus de logements, les collectivités ont besoin de soutien et notre économie a besoin que nous continuions à bâtir. Surtout, les Canadiens ont besoin que l'opposition se mette au travail. J'invite donc tous les députés à appuyer le projet de loi C‑26.
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Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de .
Avant de passer à la question à l'étude, je tiens à dire que j'étais à Hamilton ce matin pour la cérémonie de passation de commandement de la Marine royale canadienne. J'ai eu l'honneur de servir et de naviguer avec les deux officiers de marine qui étaient présents, soit le vice-amiral Angus Topshee et le vice-amiral Dan Charlebois. Après quatre ans de service distingué et de leadership exceptionnel, le vice-amiral Angus Topshee a cédé le commandement de la Marine royale canadienne. Je pense à toutes les choses extraordinaires qu'il a accomplies, et il devrait être reconnu pour la façon dont il a pris soin des membres de la marine et des autres personnes qui ont travaillé pour lui. Je tiens également à féliciter le vice-amiral Dan Charlebois, qui a récemment obtenu une promotion et qui assumera le commandement de la Marine royale canadienne. Je n'ai aucun doute qu'il dirigera la Marine royale canadienne avec distinction.
Aujourd'hui, je prends la parole pour m'opposer au projet de loi , Loi autorisant certains paiements sur le Trésor pour améliorer l'offre de logements. Comme toujours, je prends la parole au nom des gens formidables de Cowichan—Malahat—Langford, qui se trouve dans la magnifique île de Vancouver, et au nom des aînés, des jeunes familles, des gens de métier, des anciens combattants et des hommes et des femmes qui se lèvent avant l'aube, qui travaillent fort et qui respectent les règles, mais qui voient le rêve de posséder une maison devenir un peu plus inaccessible chaque année.
Dans la vallée de la Cowichan, le prix de référence d'une maison unifamiliale dépasse aujourd'hui les 780 000 $. Dans l'ensemble de l'île de Vancouver, il avoisine les 800 000 $. Quant à l'agglomération de Victoria, y compris Langford, le prix de vente moyen y approche désormais 1 million de dollars. Toutefois, derrière tous ces chiffres, il y a des êtres humains, et j'en connais beaucoup personnellement. Je connais des anciens combattants, des hommes et des femmes qui ont autrefois porté l'uniforme, et qui vivent désormais dans leur camion. Je connais des travailleurs du secteur forestier et des scieries qui ont été durement touchés par les réductions d'activité et les fermetures d'usines et qui vivent désormais dans des véhicules récréatifs. Je connais des gens qui, à cause du fardeau fiscal, ont dû quitter la maison qu'ils avaient mis toute une vie à payer et qui vivent maintenant dans une roulotte ou dans une tente. Je connais de jeunes couples qui ont pratiquement abandonné l'idée de devenir propriétaires un jour.
Quand je parle de logement dans cette enceinte, je ne parle pas simplement de postes budgétaires. Je parle de la plus grande préoccupation des Canadiens au quotidien. Pour moi, ce projet de loi est une véritable déception, car mes concitoyens n'ont pas besoin de nouvelles illusions. Ils ont besoin d'un logement.
Le gouvernement a vraiment le don de créer des illusions. Le projet de loi est présenté comme une sorte de Cité d'Émeraude sur la Colline. Un financement de 1,7 milliard de dollars a été annoncé en grande pompe, et tout cet argent est censé être destiné au logement. J'inviterais toutefois les députés à regarder derrière le rideau pour révéler l'illusion. Ils constateront alors que l'essentiel de ce projet de loi se trouve dans un seul petit article qui dit que « [l]e ministre des Finances peut verser aux provinces et aux territoires une somme totale d'un milliard sept cent treize millions de dollars ». On peut aussi y lire que le ministre « détermine le montant de chaque versement » et que ces paiements peuvent être effectués « selon les échéances et modalités qu'il estime indiquées ».
C'est là l'entièreté du projet de loi. Il ne prévoit pas de conditions ni d'obligation de faire rapport au Parlement. Il ne définit pas ce qu'on entend par « améliorer l'offre de logements », et le gouvernement ne s'engage nulle part à construire ne serait-ce qu'un seul logement. Le gouvernement prétend que 11 000 logements seront construits grâce aux 13 milliards de dollars qu'il dépense. Ce qu'on nous demande d'approuver, en fait, ce n'est pas un plan en matière de logement, mais un chèque en blanc, et on nous demande de faire confiance au seul homme qui pourra inscrire le montant sur le chèque.
On nous a déjà fait le coup il n'y a pas si longtemps. Enfouie dans la section 16 du dernier projet de loi d'exécution du budget, le , se trouvait la Loi sur l'Agence de l'investissement pour la défense. Je l'ai étudiée de près au sein du Comité permanent de la défense nationale, et j'ai découvert qu'elle dissimulait un pouvoir remarquable: le pouvoir, pour un seul ministre, de prélever sur le Trésor jusqu'à 1 milliard de dollars à la fois. Le gouvernement s'accorde à nouveau le pouvoir discrétionnaire illimité de puiser dans le Trésor, pouvoir qu'il dissimule à nouveau discrètement dans un budget où la plupart des Canadiens ne songeraient jamais à regarder. J'ai porté l'uniforme pendant près de trois décennies, et je peux garantir aux députés qu'on ne bâtit pas une armée ou un pays à coups de chèques en blanc, d'annonces et de communiqués de presse ronflants.
C'est rebelote avec le projet de loi . Il s'agit d'un ministre différent et d'un dossier différent, mais l'approche est la même. Le puisait dans le Trésor à raison de 1 milliard de dollars à la fois, et maintenant, le vient y prélever 1,7 milliard de dollars. Les illusions portent bien des noms, et mon travail consiste à lever le rideau pour révéler la réalité.
Ce n'est pas une coïncidence. Le gouvernement prend l'habitude de concentrer l'argent et les décisions entre le moins de mains possible, de se soustraire à la reddition de comptes qui devrait y être associée et de compter sur le fait que l'annonce impressionnante du jour fera l'affaire. Je me permets de rappeler gentiment à la Chambre où ce type de gouvernance a tendance à mener. Lorsqu'une poignée de personnes puissantes peut déplacer d'énormes ressources publiques sans faire l'objet d'une véritable surveillance, on ne peut plus parler d'une démocratie saine. On parle alors de quelque chose qui s'apparente davantage à une oligarchie.
Une oligarchie ne se construit jamais d'un seul coup de théâtre. Elle se construit plutôt discrètement, 1 milliard de dollars non justifiés à la fois. Lorsque de telles sommes peuvent être déplacées à la demande d'un seul ministre, sans critère et sans vérification, je pense que nous savons tous qui en profite généralement au final, et c'est rarement la jeune famille de Langford ou l'aîné de Duncan. Ce sont plutôt ceux qui ont les bonnes relations et qui occupent les bons postes.
Cela m'amène à la véritable question au cœur de ce projet de loi. Le projet de loi ne nous demande pas de faire confiance à une institution dotée de freins et contrepoids, et de garanties. Il nous demande de faire confiance à un seul homme: le . Je pense qu'il est juste de se demander si cette confiance a été méritée.
Examinons les faits. Le ministre a dit aux Canadiens qu'il s'était récusé dans le dossier du train à grande vitesse Alto, un des projets les plus coûteux de l'histoire de notre pays, parce que son épouse est vice-présidente de l'organisme responsable du projet. Il a écrit une lettre, a annoncé la mise en place d'un filtre et nous a assuré qu'il s'était récusé. Cependant, lorsqu'une motion visant à retirer les dispositions sur le train à grande vitesse du projet de loi d'exécution du budget du gouvernement a été présentée au Parlement, le ministre ne s'est pas récusé, loin de là; il a voté pour protéger le projet.
Ces deux faits sont incompatibles. Si le ministre a voté sur une question ayant une incidence sur l'employeur de son épouse, c'est qu'il ne s'est pas vraiment récusé. Des centaines de millions de dollars ont déjà été injectés dans ce projet, et la voie n'a pas encore été tracée.
Je ne dis pas cela pour lancer une attaque personnelle. Je le dis parce que la reddition de comptes est la raison d'être même du Parlement, et c'est ce même qui sollicite la même confiance dans les mêmes conditions, sauf que cette fois-ci, la somme en jeu est supérieure de 1,7 milliard de dollars. Je ne prends pas la parole uniquement pour dénoncer et mettre en évidence cette illusion. Les habitants de l'île de Vancouver méritent mieux que ce que propose ce projet de loi, et il existe une meilleure solution, que voici.
Premièrement, nous pourrions lier le financement aux résultats plutôt qu'aux annonces. Les fonds devraient être versés lorsque des augmentations réelles et mesurables du nombre de mises en chantier et de logements achevés sont vérifiées et rendues publiques. Deuxièmement, nous inscririons les conditions dans la loi elle-même, et non dans l'esprit d'un seul ministre. Il nous faut des critères bien définis, des échéances bien établies et une obligation précise de rendre des comptes au Parlement. Troisièmement, nous ferions appel à la directrice parlementaire du budget et à la vérificatrice générale pour vérifier l'utilisation de ces fonds, du premier dollar au dernier clou, et dire honnêtement aux Canadiens si cette mesure a porté ses fruits. Enfin, nous pourrions orienter le financement vers les collectivités qui s'emploient réellement à aménager, à rénover et à construire des logements, que ce soit sur l'île de Vancouver ou ailleurs au pays, plutôt que de récompenser celles qui tardent à agir. Voilà comment un gouvernement pourrait réellement améliorer la situation du logement au Canada.
Les habitants de l'île de Vancouver ne se laissent pas facilement berner. On leur a déjà parlé de la Cité d'Émeraude. Ce qu'ils réclament cette fois-ci, c'est un logement abordable dans la région qu'ils aiment, ainsi qu'un gouvernement auquel ils peuvent réellement faire confiance pour chaque dollar dépensé. Ils suivent ce débat en ce moment même, et ils attendent.
Que les choses soient claires: je ne peux pas appuyer le projet de loi tel qu'il est rédigé. S'il est renvoyé au comité, il ne doit pas y être adopté tel quel. Il doit être corrigé. Il doit être amendé pour intégrer les garde-fous que j'ai exposés aujourd'hui. Nous avons besoin de conditions concrètes, de rapports concrets et d'une surveillance concrète afin que chaque dollar soit lié à la construction d'un logement et non à une nouvelle annonce.
Les habitants de l'île de Vancouver ne méritent rien de moins. Les Canadiens ne méritent rien de moins. Ils méritent un gouvernement en qui ils peuvent avoir confiance et un Parlement ayant le courage de demander des comptes pour ces 1,7 milliard de dollars de fonds publics. J'exhorte tous les députés, tous partis confondus, à faire preuve de ce courage.
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Monsieur le Président, si vous me le permettez, puisque dimanche ce sera la fête des Pères, j'aimerais prendre un instant pour remercier mon père de tout l'amour et le soutien qu'il nous a démontrés, à mes trois frères et à moi, des leçons de vie qu'il nous a transmises, ainsi que de son humour, de sa compassion, de son gros bon sens et de son amour de la nature. Je lui souhaite une joyeuse fête des Pères.
Revenons à la question qui nous occupe, à savoir le projet de loi , qui est censé améliorer l'offre de logements. Avant de discuter des détails de ce projet de loi, il est important de reconnaître pourquoi le logement demeure un des problèmes les plus urgents auxquels les Canadiens sont confrontés.
Pendant des générations, devenir propriétaire a fait partie de la promesse canadienne. En travaillant fort, en épargnant de façon responsable et en respectant les règles, on pouvait raisonnablement s'attendre à pouvoir acheter une maison, fonder une famille et bâtir un avenir dans la communauté qu'on aime. Aujourd'hui, ce rêve est de plus en plus hors de portée. Les jeunes Canadiens qui ont tout fait correctement se retrouvent exclus du marché immobilier. Beaucoup remettent à plus tard les décisions importantes, comme se marier, fonder une famille et s'établir durablement dans leur communauté, parce que le coût du logement continue d'augmenter plus vite que leur capacité d'épargne.
Selon l'Organisation de coopération et de développement économiques, environ 35 % des ménages canadiens à faibles revenus sont surchargés sur le plan financier, ce qui signifie qu'ils consacrent plus de 40 % de leur revenu disponible uniquement au logement. Les locataires voient chaque mois une part toujours plus grande de leurs revenus s'envoler, ce qui rend encore plus difficile l'épargne en vue d'une mise de fonds. Le loyer moyen d'un appartement de deux chambres à vocation locative au Canada a augmenté de 5,1 % pour atteindre 1 550 $ par mois en 2025, et encore, c'est en ayant de la chance. Dans ma ville, Hamilton, le loyer moyen en 2025 dépassait 1 600 $ par mois. En 2015, sous le gouvernement conservateur de Stephen Harper, la moyenne nationale n'était que de 942 $ par mois.
On se demande de plus en plus si les générations futures bénéficieront des mêmes possibilités que celles dont les générations précédentes de Canadiens tenaient en quelque sorte pour acquises. Voilà pourquoi tous les députés devraient se concentrer sur un objectif: construire davantage de logements. Malheureusement, si le problème fait l'objet d'un vaste consensus, les avis divergent nettement quant à la manière de le résoudre.
Le projet de loi est présenté comme une mesure pour améliorer l'offre de logements. Il est relativement court, car il ne contient que deux paragraphes. En gros, c'est un beau gros chèque en blanc qui autoriserait le ministre des Finances à verser aux provinces et aux territoires jusqu'à concurrence de 1,713 milliard de dollars pour améliorer l'offre de logements. C'est beaucoup d'argent, mais on ne sait trop si cela donnera des résultats. À première vue, cela semble être une grosse somme et cela permettrait peut-être d'accomplir quelque chose. Les Canadiens veulent qu'un plus grand nombre de logements soient construits. Les conservateurs veulent certainement que l'on construise plus de logements. La question est de savoir si le projet de loi atteindrait réellement cet objectif. C'est là que les réserves commencent à se manifester.
Quand on demande au Parlement d'approuver 1,7 milliard de dollars de dépenses, les Canadiens sont certainement en droit de s'attendre à un plan clair, à des objectifs mesurables, à une reddition de comptes. Pourtant, quand les députés examineront le projet de loi , ils trouveront très peu de détails sur les résultats visés. Combien de logements seraient construits? Combien de mises en chantier résulteraient de ces dépenses? Quelles références serviraient à déterminer si les fonds ont été dépensés efficacement? Quelles exigences en matière de rapports seraient en place pour garantir que les contribuables puissent évaluer les résultats? Ce projet de loi offre peu de réponses. Au lieu de cela, on demande au Parlement d'approuver des dépenses publiques substantielles tout en accordant un pouvoir discrétionnaire considérable au ministre des Finances. Si une municipalité demandait 1,7 milliard de dollars à des contribuables, les citoyens s'attendraient à ce qu'elle ait un plan. Si une entreprise privée demandait 1,7 milliard de dollars à des investisseurs, les actionnaires s'attendraient à des résultats mesurables. Les Canadiens ne méritent assurément rien de moins quand il est question de dépenses fédérales.
Soyons clairs: les conservateurs sont favorables à une collaboration avec les provinces pour accroître l'offre de logements. Nous soutenons l'allégement du fardeau fiscal pesant sur les habitations neuves. Nous soutenons les mesures visant à faciliter la construction d'habitations. Le partenariat avec l'Ontario prévoit un financement sur une période de 10 ans afin de stimuler l'offre de logements. Cependant, l'annonce ne précise pas clairement combien de logements seront construits. En réalité, les acheteurs, les constructeurs d'habitations et même le gouvernement de l'Ontario ne savent toujours pas exactement comment ce remboursement sera mis en œuvre. Lors de la période des questions d'aujourd'hui, le gouvernement libéral n'a pas apporté de réponse claire à la question posée par notre ministre du cabinet fantôme en matière de logement concernant la date de mise en œuvre de ce remboursement.
Les Canadiens entendent sans cesse des annonces. Les Canadiens entendent sans cesse des promesses. On leur répète sans cesse que la situation va bientôt s'améliorer, mais l'abordabilité du logement continue de se détériorer. En réalité, malgré les programmes de logement libéraux mis en place ces dernières années, les milliards de dollars dépensés et les innombrables annonces, les Canadiens continuent de se poser une question bien simple: où sont les logements? La Société canadienne d'hypothèques et de logement prévient que le Canada a besoin de 430 000 à 480 00 nouveaux logements par année jusqu'en 2035 pour rétablir l'abordabilité aux niveaux d'avant la COVID.
Le gouvernement parle souvent d'ambition, mais les Canadiens veulent des résultats. Le gouvernement parle souvent d'investissements, mais les Canadiens cherchent des logements. Le gouvernement annonce souvent de nouveaux programmes, mais les Canadiens se demandent pourquoi le logement demeure moins abordable aujourd'hui qu'il ne l'était il y a une décennie.
L'un des aspects les plus importants du projet de loi est l'accord conclu entre le gouvernement fédéral et l'Ontario concernant la décision d'éliminer la TVH sur les maisons neuves admissibles. Les conservateurs soutiennent depuis longtemps que les taxes imposées à la construction de logements finissent par rendre les logements plus chers. C'est pourquoi nous sommes en faveur de la réduction des taxes sur le logement. Toutefois, nous croyons également que les Canadiens méritent mieux que des mesures temporaires et des programmes de remboursement compliqués. Notre position a toujours été la même: nous supprimerions définitivement la TPS sur les habitations neuves de moins de 1,3 million de dollars. Il s'agirait d'une mesure permanente, et non d'une solution d'un an.
L'Association canadienne des constructeurs d'habitations partage notre vision. Elle souhaite elle aussi que les allégements fiscaux deviennent permanents. Une élimination permanente de la TPS apporterait de la certitude aux acheteurs, aux constructeurs et au marché immobilier. Elle permettrait de réduire les coûts tout en encourageant la construction de logements supplémentaires. C'est là toute la différence entre une mesure destinée à faire les manchettes et une autre visant à favoriser la construction de logements.
Une autre source de préoccupation réside dans l'insistance persistante du gouvernement à créer des programmes et des structures administratives au lieu de se concentrer sur les résultats. Les Canadiens ne mesurent pas le succès à l'aune du nombre d'annonces faites par les gouvernements. Ils le mesurent en fonction de leur capacité à acheter une habitation, de l'augmentation des mises en chantier et de la possibilité pour leurs enfants d'accéder à la propriété de manière réaliste. Voilà les indicateurs qui comptent. Les Canadiens comprennent que l'abordabilité du logement ne s'améliorera pas simplement parce que le gouvernement instaure un programme, un fonds ou une structure administrative.
À la suite de la présentation du projet de loi en mars, les mises en chantier ont reculé de 6 % entre avril et mai. Ce n'est pas un progrès. L'abordabilité du logement s'améliore lorsque des habitations sont construites. Cela implique de réduire les retards, d'accélérer les procédures d'autorisation et de veiller à ce que les infrastructures suivent le rythme de la croissance. Les conservateurs estiment que le financement fédéral devrait être subordonné à ces résultats, et c'est précisément ce que nous avons proposé.
Les municipalités qui construisent plus de logements devraient être récompensées. Les municipalités qui continuent d'entraver la croissance devraient s'attendre à ce que les contribuables ne subventionnent pas cet échec. L'objectif devrait être simple: construire plus de logements chaque année. Il faut non pas plus de formalités administratives, de bureaucratie ou d'annonces, mais plus de logements. Le Canada a déjà les travailleurs, les matériaux, l'expertise et l'esprit d'entreprise nécessaires pour s'attaquer à la crise du logement. Ce qui manque, c'est un gouvernement fédéral prêt à se concentrer sur les résultats plutôt que sur les processus. Les Canadiens en ont assez d'entendre que l'aide s'en vient. Ils veulent que des logements soient construits et que les familles aient accès à des logements qu'elles ont les moyens d'acheter. C'est en fonction de ce critère que le projet de loi devrait être jugé.
Les conservateurs continuent de préconiser des politiques qui permettent de construire des logements. Nous continuons de réclamer une réduction des taxes sur le logement. Nous continuons de nous battre pour éliminer les obstacles à la construction. Nous continuerons à défendre les jeunes Canadiens, les familles et les travailleurs qui veulent simplement avoir la possibilité de posséder une maison et de se bâtir un avenir dans ce pays. Les Canadiens méritent ces résultats, ils méritent qu'on leur rende des comptes pour ces 1,7 milliard de dollars et, surtout, ils méritent un gouvernement qui se concentre sur la construction de logements plutôt que sur la bureaucratie.
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Monsieur le Président, il y a cinq ans, je me levais à la Chambre pour souligner que mon garçon, Léon, terminait son primaire. Force est de constater que, cinq ans plus tard, c'est maintenant sa cérémonie de fin d'études secondaires qu'il vivra samedi prochain. Je voudrais lui dire que je suis très fier d'être son père et lui transmettre toutes mes félicitations les plus sincères, lui qui aura notamment marqué le Québec par sa performance aux Jeux du Québec l'été dernier, où il a remporté deux médailles d'or en natation, à la brasse.
J'annonce également que je vais partager mon temps de parole avec l'honorable député de . Commençons par dire une chose importante concernant le projet de loi : le Bloc québécois va voter en faveur de ce projet de loi simplement parce qu'il est nécessaire de transférer rapidement et sans délai des sommes pour aider le Québec à construire et à établir ses priorités en matière de logement.
Ce qui est un peu ironique, c'est que la vérificatrice générale du Canada a réalisé un rapport sur les services de garde pour enfants. Comme on le sait, le résultat de cette politique, c'est qu'on a donné un transfert sans condition au Québec. Pourquoi? C'est parce que le Québec avait déjà, en 1997, créé le réseau des centres de la petite enfance pour permettre d'offrir des services de garde abordable à tous. Ce système est reconnu et a fait ses preuves.
En transférant l'argent directement à Québec, on permet à Québec de justement gérer les choses comme il l'entend et selon sa réalité. Ce que le projet de loi C‑26 permet, c'est justement ça: transférer les sommes destinées au logement abordable à l'autorité qui détient les compétences dans ce domaine. Ainsi, le Québec pourra, selon ses priorités, s'assurer de développer des stratégies qui s'adaptent à la réalité des différentes communautés de son territoire. Il sera à même de développer sa propre stratégie en matière de logement social et abordable.
L'avantage, c'est aussi qu'on réduit les coûts de gestion, parce que la province fait déjà sa propre reddition de comptes via son propre budget. Au lieu de dédoubler les coûts, on envoie directement l'argent, on économise sur la bureaucratie et on élimine les dédoublements, ce qui fait que tout le monde est gagnant. Le fait que ce soit sans condition démontre que Québec pourra utiliser une variété de moyens pour agir sur l'offre locative, que cela passe par la construction d'infrastructures liées au logement, comme des égouts ou aqueducs, par un congé de taxe ou encore par la construction de logements sociaux et abordables. Bref, Québec aura les outils pour agir efficacement avec les différents leviers qu'il possède.
En transférant cette somme de 1,7 milliard de dollars, on permet aux provinces d'agir dès maintenant, et cela réduit l'attente. Cela diffère de la stratégie de Maisons Canada, qui est une autre société d'État, ce qui crée d'autres dédoublements, d'autres frais de gestion, d'autres embauches de fonctionnaires, et ainsi de suite. En transférant l'argent aux provinces, on réduit la taille de l'État et on donne les responsabilités au gouvernement dont c'est la responsabilité. Le Québec et les provinces ont chacun leur propre réalité. Celle du Québec est différente de celle de la Colombie‑Britannique. Celle du Yukon diffère complètement de celle du Nouveau‑Brunswick. Si chaque province s'occupe de ses responsabilités en fonction de sa propre réalité, on va donc avoir des programmes mieux adaptés et plus flexibles.
Au cours des derniers mois, au Comité permanent des comptes publics, j'ai personnellement questionné différents ministères sur leur définition d'une région urbaine, d'une région rurale et d'une région éloignée. Comme député d'une région que l'on pourrait qualifier de rurale et d'éloignée, cette question me préoccupe énormément. Ce que nous constatons, justement, c'est que la conception fédérale de la ruralité est déconnectée. Pour le gouvernement du Canada, toute région de recensement comptant 100 000 habitants ou moins est définie comme une région rurale. On ne tient pas compte non plus du contexte géographique. L'Abitibi-Témiscamingue est située à six ou sept heures des centres urbains, selon la destination retenue. Cela veut donc dire qu'il est impossible de compétitionner avec des villes qui se retrouvent en banlieue des grands centres urbains. La réalité, c'est qu'en transférant l'argent à Québec, on s'assure que des réalités comme la mienne sont respectées.
On pourrait également mentionner les différentes exigences réglementaires imposées par les programmes fédéraux qui ne s'appliquent pas au Québec en raison de son Code civil. Cela fait donc en sorte de créer de nouvelles obligations pour les intervenants québécois, ce qui occasionne des délais et des coûts additionnels, tout ça pour répondre à un besoin qui n'est même pas applicable au Québec. J'en profite pour saluer Lynda Perreault, de mon équipe, qui travaille au sein de mon bureau et qui aide les organismes à naviguer à travers les méandres des organismes comme la SCHL ou Maisons Canada.
À ce jour, Maisons Canada n'arrive pas à respecter son délai de 30 jours pour donner une réponse à des projets, ce à quoi il s'était engagé à faire en breffage technique le 17 février dernier. En fait, Maisons Canada n'a pas l'effectif nécessaire pour analyser les dossiers. Ainsi, il doit se tourner vers la SCHL — je devrais peut-être dire « feu SCHL » — pour faire ce qu'elle faisait avant, soit l'analyse des dossiers. Qui écope? Ce sont les projets et les organismes eux-mêmes.
Ça veut dire que, dans ma région, nous allons manquer souvent la saison de la construction. Malheureusement, notre été est moins long qu'ailleurs. Les délais administratifs font en sorte que nous perdons des années. Ça veut dire que les coûts d'hypothèque sont souvent refilés aux organismes qui voulaient boucler leurs budgets sans avoir d'hypothèque. La construction en hiver, en Abitibi—Témiscamingue, ce n'est pas vraiment une possibilité. Notre saison hivernale s'étire longtemps, ce qui nous force à être plus efficaces en saison estivale. Un délai occasionne des coûts supplémentaires pour de nombreux organismes à but non lucratif, qui tentent tout simplement de créer du logement social et abordable pour des clientèles vulnérables. Ils écopent des coûts supplémentaires et doivent donc couper dans leur fonctionnement, ce qui fait qu'ils aident moins de gens.
Actuellement, en Abitibi‑Témiscamingue, de nombreuses constructions sont faites. Cependant, c'est encore de la construction privée, ce qui est une bonne chose, mais ça vient avec le fait que les familles et les personnes moins nanties sont incapables de se payer ces nouvelles constructions. De plus, plusieurs promoteurs de projets se sont fait dire que leurs dossiers seraient transférés à Maisons Canada. La réalité, c'est que ce n'est pas fait. Ils doivent tout recommencer et déposer leurs projets à nouveau. C'est encore plus d'heures de travail perdues pour des organismes à but non lucratif. Si l'argent était transféré au Québec, nous n'aurions pas ce type de problème. La solution est pourtant si simple.
Ça, c'est quand les ententes ne prennent pas deux ans à être signées, ce qui fait que l'inflation mange la plus grande partie des sommes allouées au Québec. La signature du Fonds canadien pour les infrastructures liées au logement, soit le FCIL, s'est faite après deux ans. C'était pour avoir une entente où le Québec n'a reçu que 1 milliard des 6 milliards de dollars du programme, soit 16,6 %, ce qui est bien moindre que son poids démographique. C'est aussi ce qu'on appelle un déséquilibre fiscal. Alors que le Québec aurait dû recevoir 1,3 milliard de dollars pour correspondre aux chiffres évalués selon les besoins de l'Union des municipalités du Québec, soit l'UMQ, nous avons reçu 300 millions de dollars en moins.
De ça, les députés libéraux du Québec ne se vantent pas trop. En ajoutant l'inflation des deux dernières années, avouons que nous allons faire moins que ce que nous aurions pu faire avec cet argent. Il faut rappeler que les municipalités du Québec traversent actuellement l'une des plus importantes crises liées au logement, alors que de nombreuses infrastructures sont également vieillissantes et ne sont plus adaptées à la réalité actuelle. Il est temps qu'Ottawa fasse ce qu'il doit faire, c'est-à-dire transférer l'argent au Québec et aux provinces sans condition et le plus rapidement possible, ce qui ferait que tout le monde en sortirait gagnant.
Je veux donner des exemples. En 2016, on avait annoncé aussi de grands fonds d'infrastructures liés au logement et ces fonds ont été octroyés tout de suite du côté de l'Ontario. C'est intéressant parce que les programmes à Ottawa sont construits sur la réalité ontarienne. Il a fallu plus de trois ans pour s'entendre avec le Québec. Là, je dois parler encore de l'inflation. Est arrivée la COVID‑19. Est arrivée l'explosion des coûts en logement. Cela veut dire que nous n'avons pas pu construire le même nombre de logements. C'était bien moindre au Québec en raison de toutes ces contraintes. Si la réalité québécoise avait été respectée et si on avait transféré cet argent sans condition, la pénurie de logements qu'on vit partout au Québec, et particulièrement en Abitibi-Témiscamingue depuis 20 ans, aurait été bien moindre. Ça, ce n'est pas sans conséquence.
Je peux donner une panoplie d'exemples qui montrent que les programmes fédéraux ne fonctionnent pas au Québec et dans les régions rurales et nordiques comme la mienne. Les exigences en matière d'efficacité énergétique sont problématiques. Or Ottawa veut nous dire comment nous devrions gérer l'efficacité énergétique, mais ce ne sont pas les mêmes critères à Québec. Cela fait en sorte qu'il faut envoyer un inspecteur sur place. Ce sont des coûts et des délais supplémentaires. Tout ça fait en sorte qu'on ne peut pas respecter les délais. On ne peut pas terminer la construction à temps et on perd des années de construction.
C'est carrément la faute d'Ottawa, qui devrait se mêler de ses affaires et faire, comme dans le projet de loi , Dieu merci, c'est-à-dire respecter les compétences des provinces et du Québec et transférer l'argent sans condition.
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Monsieur le Président, on le dit toujours, mais, cette fois-ci, c'est particulièrement vrai. C'est avec plaisir que je prends la parole pour sur le projet de loi , parce qu'on attendait ce projet de loi depuis longtemps. Il aura fallu lontemps pour comprendre l'effet réel du projet de loi C‑26. Alors que le projet de loi contient trop peu de détails pour qu'on puisse en juger, le gouvernement a refusé pendant deux mois de nous donner des informations et de répondre à nos questions. C'est deux mois de perdus, et nous voilà forcés d'étudier le projet de loi sous bâillon à quelques jours de l'été.
Qu'est-ce que le projet de loi C‑26? Avec, seulement, un article, on pourrait penser que c'est un projet de loi insignifiant, mais c'est loin d'être le cas. Le premier paragraphe de cet unique article prévoit ceci:
Le ministre des Finances peut verser aux provinces et aux territoires une somme totale d'un milliard sept cent treize millions de dollars pour améliorer l'offre de logements.
C'est merveilleux, mais la deuxième phrase l'est un peu moins.
[Le ministre] détermine le montant de chaque versement.
Le deuxième paragraphe prévoit ce qui suit:
Le ministre des Finances prélève sur le Trésor, selon les échéances et modalités qu'il estime indiquées, les sommes à payer au titre du paragraphe (1).
Ces « modalités qu'il estime indiquées » et les « montants qu'il détermine » sont lourds de conséquences, mais j'y reviendrai.
Commençons par le fait positif. Le projet de loi C‑26 représente, enfin, de l'argent versé directement aux provinces et aux territoires pour le logement sans passer par une nouvelle structure ou une entité fédérale comme Maisons Canada. Le transfert qui pourra se faire dès la sanction royale sera essentiellement sans condition, pourvu que le Québec et les provinces l'utilisent dans des initiatives liées au logement. C'est une bonne chose. Les besoins en logement demeurent criants et seul un transfert qui n'est pas assorti de conditions inutiles permet de faire décoller les projets rapidement plutôt que de générer un long bras de fer entre Québec et Ottawa.
Il s'agira donc de 1,7 milliard de dollars versés directement aux gouvernements provinciaux pour soutenir l'offre de logements. C'est exactement ce que le gouvernement aurait dû faire pour l'ensemble de ses initiatives en logement, parce que la réalité du logement n'est pas la même à Rimouski, à Montréal, à Val‑d'Or, à Sept‑Îles, à Alma, à Dolbeau ou à Roberval. Elle est encore moins la même d'une province à l'autre. Prétendre qu'une structure centralisée à Ottawa peut imposer une vision uniforme qui fonctionne partout, c'est méconnaître profondément les réalités régionales et le partage des compétences constitutionnelles.
On l'a vu avec les programmes gérés par la Société canadienne d'hypothèques et de logement. Quand Ottawa sélectionnait les projets, le Québec recevait systématiquement moins que sa part. C'est uniquement lorsqu'il y avait un transfert avec une enveloppe réservée par province que les choses allaient rondement. Je pense ici à l'Initiative pour la création rapide de logements. Non seulement ça, mais le directeur parlementaire du budget, dans son rapport sur Maisons Canada publié en décembre dernier, a estimé, « que [Maisons Canada] permettra de créer environ 26 000 logements sur cinq ans, ce qui représente une augmentation de 2,1 % du nombre net d'habitations achevées par rapport à la prévision de référence du DPB. » Une augmentation de 2,1 % à la suite de dépenses s'élevant à 7,3 milliards de dollars, ça fait cher du pourcentage. C'est 3,5 milliards de dollars pour être exact. On est censé croire, avec ces estimations, qu'Ottawa sait mieux dépenser que les provinces en matière de logement, ce qui, je le répète, est de leurs propres compétences.
Nous aurions été bien heureux de voter plus tôt sur ce projet de loi, si seulement le gouvernement avait fait preuve de transparence et nous avait donné les précisions que nous demandions il y a de ça deux mois, plutôt que de jambonner comme il le fait d'habitude. Nous avons effectivement dû le talonner pour obtenir ces réponses depuis la présentation du projet de loi en mars dernier.
On connaît bien le gouvernement fédéral, je siège à la Chambre depuis sept ans. Quand il y a une annonce de transfert, ça vient habituellement avec des conditions, même quand les transferts sont dans des champs de compétences qui ne sont pas les siens. C'est exactement les précisions sur ces potentielles conditions cachées que nous avons essayé d'obtenir, je le répète, pendant deux mois.
Le projet de loi, avec son unique article, ne mentionne rien à ce sujet. Toutefois, il contient ce bout de phrase magique, qui est magnifique: « [...] selon les échéances et modalités [que le ministre] estime indiquées [...] »
Quant au communiqué de presse qui a annoncé le projet de loi , il était tout aussi flou. On y faisait mention du Fonds pour bâtir des collectivités fortes et d'une « obligation faite aux provinces et aux territoires de réduire les frais d’aménagement et autres redevances liés à la construction de logements ».
Qu'est-ce que ça veut dire, concrètement? Est-ce que ce montant de 1,7 milliard de dollars fait partie du Fonds pour bâtir des collectivités fortes? Est-ce que c'est une condition obligatoire pour accéder au Fonds? Est-ce que c'est une simple orientation? Il n'y a rien qui est clair. On est dans le flou. Malheureusement, l'expérience nous enseigne la prudence. Trop souvent, derrière des formulations vagues, se cachent des exigences qui sont, elles, bien réelles.
Au-delà de la question des conditions, il y en avait une autre tout aussi cruciale, soit la part du Québec. Quand il n'y a rien d'écrit noir sur blanc pour le Québec, on sait comment ça se termine. Le Québec est presque toujours sous-financé dans les initiatives fédérales en matière de logement. C'est pour cette raison qu'il faut une garantie claire que le Québec recevra au minimum sa part au prorata de sa population.
Dans la deuxième phrase du projet de loi, on indique que le ministre « détermine le montant de chaque versement ». Ça, c'est loin d'être une garantie. Nous avons posé des questions au à ce sujet il y a deux semaines lors de l'étude des crédits. Il nous a assuré que le Québec recevrait sa juste part, que le gouvernement du Québec était au fait du montant et qu'il l'approuvait. Nous sommes un peu rassurés par cette réponse, mais, obtenir cette réponse, ça aura pris deux mois.
Nous sommes à la fin de cette période de travaux parlementaires. Nous sommes sous bâillon. Pendant ce temps, la situation n'a pas cessé d'être urgente. Les besoins en matière de logement n'ont pas diminué et les projets n'ont pas avancé plus vite. Pire encore, ce retard arrive à un moment particulièrement critique pour le Québec. Comme mes collègues le savent, l'élection générale d'octobre arrive à grands pas au Québec. Dès que la campagne électorale sera déclenchée, le gouvernement sera limité à des affaires courantes. Nous espérons que le Parti québécois remportera les prochaines élections. J'ai assez hâte de débattre avec mon collègue de des bienfaits d'un référendum sur l'indépendance du Québec. Ça va être amusant.
Je reviens à mon discours. Pour que les fonds prévus dans le projet de loi soient effectivement déployés, il va falloir que Québec conclue une entente avec Ottawa et qu'il conclue des ententes de financement avec les municipalités. Le temps presse. On veut peut-être procéder aux premières pelletées de terre au printemps, mais le refus du de discuter a occasionné deux mois de retard. Je le répète. Je ne sais plus combien de fois j'ai dit qu'on avait deux mois de retard, mais c'est la réalité. Je ne l'invente pas. À cause de cela, on pourrait manquer toute une saison de construction.
À cet égard, si on se fie à l'entente conclue entre Ottawa et le Québec le 21 janvier dernier dans le cadre du Fonds canadien pour les infrastructures liées au logement, on a réellement des raisons de s'inquiéter. On a des raisons de s'inquiéter parce que, dans ce cas-là, l'entente est arrivée après deux ans de retard à cause de la volonté d'Ottawa d'imposer ses conditions. Comme d'habitude, on s'est comporté comme des champions.
On a aussi des raisons de s'inquiéter parce que le Québec a obtenu environ 1 milliard de dollars, comme l'a dit mon collègue, alors que l'enveloppe totale était de 6 milliards de dollars. Mon collègue d' est beaucoup plus intelligent que moi, mais nous avons quand même les mêmes chiffres. Comme il l'a dit, ça représente 16 % de l'enveloppe, ce qui est bien inférieur au poids démographique du Québec dans le Canada, qui est d'environ 22 %.
L'Union des municipalités du Québec a évalué à 1,3 milliard de dollars la part que le Québec aurait dû recevoir, et on a reçu 1 milliard de dollars. Il manque donc 300 millions de dollars. J'ai l'habitude de me lever à la Chambre. Ça va bientôt faire sept ans. Je suis habitué. Je dis toujours que, quand c'est bon, nous votons pour et que, quand ce n'est pas bon, nous votons contre. Je parle du Québec, bien entendu. Dans ce cas-ci, nous allons voter pour le projet de loi. Nous aurions aimé voter en faveur du projet de loi plus tôt. Nous aurions aimé le faire suite à une belle discussion parlementaire et démocratique, sans l'imposition d'un bâillon.
Je ne comprends pas la position du gouvernement à cet égard, et c'est malheureux, mais nous allons être là. Nous allons continuer. Nous allons être là pour être là, comme le disait l'ancien premier ministre Justin Trudeau. Nous allons être là pour être là.
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Monsieur le Président, je prends la parole au sujet du projet de loi , à 22 h 33. Ce sera la dernière fois que les députés auront l'occasion de débattre de ce projet de loi parce que le gouvernement a imposé la guillotine pour mettre fin au débat.
Qu'est-ce que le projet de loi C‑26? Il s'agit d'une loi autorisant le prélèvement de certains paiements sur le Trésor en vue d'améliorer l'offre de logements. Voilà qui est bien.
D'entrée de jeu, je tiens à le dire clairement. Le Canada n'est pas seulement confronté à une crise du logement, il est confronté à une crise de l'abordabilité du logement. Il ne s'agit pas d'une crise du logement à venir, mais d'une crise de l'abordabilité du logement maintenant, qui n'a fait qu'empirer sous le gouvernement actuel. Partout au pays, les gens travaillent plus fort que jamais, mais s'appauvrissent de plus en plus. Les jeunes qui ont fait tout ce que la société leur a demandé de faire, qui ont étudié fort, qui ont trouvé un emploi et qui ont économisé de l'argent, se demandent s'ils auront un jour les moyens de s'acheter une maison. Les familles consacrent une part de plus en plus importante de leur revenu au loyer. Les aînés sont exclus des collectivités qu'ils ont contribué à bâtir en raison des prix prohibitifs. Des étudiants dorment sur des canapés et vivent dans des logements surpeuplés. De plus en plus de Canadiens sont au bord de l'itinérance. Dans les villes et les villages de tout le pays, le taux d'itinérance continue d'augmenter. Telle est la réalité. Telle est la crise. Il faut prendre des mesures sérieuses.
Les néo-démocrates croient que le gouvernement a l'obligation d'agir. Nous croyons que les investissements publics ont un rôle à jouer. Nous croyons que le Canada doit construire plus de logements. Nous croyons que les gouvernements doivent être ambitieux, mais que l'ambition à elle seule ne suffit pas. Les fonds publics doivent produire des résultats publics, y compris en matière d'abordabilité. C'est là que le projet de loi échoue. Ce projet de loi autoriserait des dépenses de 1,713 milliard de dollars de fonds publics. Pourtant, malgré ces dépenses élevées, le projet de loi lui-même ne contient pratiquement aucune mesure de protection significative, aucune exigence mesurable en matière d'abordabilité et aucun mécanisme de reddition de comptes clair.
Il ne prévoit aucune exigence en matière de logements abordables. Il ne prévoit aucune exigence en matière de logements hors marché. Il ne prévoit aucune exigence pour les coopératives d'habitation. Il ne prévoit aucune exigence en matière de logements sociaux. Il ne prévoit aucune exigence en matière de logement autochtone. Il ne prévoit aucune exigence en matière de logement accessible. Il ne prévoit aucune exigence en matière d'abordabilité des loyers. Il ne prévoit aucune exigence selon laquelle les logements créés grâce à ce financement restent abordables pour les générations futures. Il n'y a rien de tout ça. Plutôt, on demande au Parlement d'autoriser des dépenses totalisant 1,713 milliard de dollars, puis de donner au ministre des Finances un énorme pouvoir discrétionnaire lui permettant de déterminer où va l'argent et sous quelles conditions.
Ce n'est pas de la responsabilité redditionnelle: c'est de la centralisation. On demande aux députés de signer un chèque, puis de se croiser les doigts. Les néo-démocrates estiment qu'il faut faire mieux. Quand les Canadiens mettent la main à la poche à hauteur de 1,7 milliard de dollars, ils sont en droit de savoir ce qu'ils obtiendront en retour. Est-ce que les loyers vont redevenir raisonnables? Est-ce que le taux d'itinérance va baisser? Est-ce que les listes d'attente pour les logements sociaux vont raccourcir? Est-ce qu'il se bâtira davantage de coopératives d'habitation? Est-ce qu'il y aura davantage de logements à la portée du portefeuille des travailleurs, des retraités et des jeunes familles? Le projet de loi ne répond à aucune de ces questions. C'est parce que le projet de loi revèle quelque chose de déterminant sur la conception que le se fait de la crise du logement.
Selon les ministériels, c'est une mesure législative qui porte sur l'offre. Or, ce n'est pas la pénurie de logements qui accable les Canadiens, mais bien la pénurie de logements à prix raisonnable. Ce n'est pas la même chose. Un condo de luxe, ça alimente l'offre. Un immeuble de placement destiné à la spéculation, ça alimente l'offre. Une tour de condos vides, ça alimente l'offre. Pourtant, cette offre de logement n'améliore pas forcément l'accessibilité financière. Ce qu'il faut se demander, ce n'est pas s'il se bâtit des logements, mais bien à qui ils sont destinés. Ce qu'il faut se demander, c'est si M. et Mme Tout‑le‑Monde ont les moyens d'y habiter. Ce qu'il faut se demander, c'est si les logements sont traités comme des endroits où vivre ou comme des actifs.
Les propres documents d'information du gouvernement sont très révélateurs. Le gouvernement se soucie de l'ampleur du parc de logements. Le gouvernement se soucie des ventes. Le gouvernement se soucie des chantiers en cours. Le gouvernement se soucie de la conjoncture du marché. Le gouvernement se soucie de ce qui pourrait arriver si l'offre devait s'élargir alors que les marchés du logement ralentissaient.
Ce sont toutes des questions légitimes dont les économistes peuvent débattre, mais où se trouvent les questions de l'abordabilité et de l'itinérance dans le cadre du gouvernement? Où se trouvent les listes d'attente pour les logements sociaux? Où se trouve la pauvreté des locataires? Où se trouve la surpopulation? Où se trouvent les besoins des Autochtones en matière de logement? Où se trouve l'insécurité en matière de logement? Où se trouvent les résultats en matière d'abordabilité? Ce que nous voyons plutôt, c'est un cadre fondé sur des indicateurs du marché. Cela nous apprend quelque chose d'important: le gouvernement mesure la détresse du marché. Les néo-démocrates mesurent la détresse humaine. Ce sont des choses très différentes.
Les Canadiens méritent que la Chambre fasse preuve d'honnêteté. La préoccupation exprimée dans le projet de loi ne se limite pas au fait que les gens ne parviennent pas à trouver un logement. La préoccupation exprimée dans le projet de loi C‑26 est que les stocks sont en hausse. La préoccupation exprimée dans le projet de loi C‑26 est que les ventes sont en baisse. La préoccupation exprimée dans le projet de loi C‑26 est que les travaux de construction pourraient diminuer. La préoccupation exprimée dans le projet de loi C‑26 est que les marchés immobiliers ralentissent. Ce ne sont pas des choses identiques.
Une famille menacée d'expulsion vit une crise du logement. Un aîné qui n'a pas les moyens de payer son loyer vit une crise du logement. Un jeune travailleur qui verse la moitié de son revenu à un propriétaire vit une crise du logement. Un travailleur qui dort dans sa voiture vit une crise du logement. Un étudiant qui dort dans sa voiture vit une crise du logement. Un étudiant qui dort chez des connaissances vit une crise du logement. Un promoteur qui n'arrive pas à vendre ses condominiums de luxe est aux prises avec un problème de marché. Ces deux situations ne sont pas équivalentes, mais le projet de loi tend de plus en plus à les considérer comme telles.
C'est la principale lacune du projet de loi . Le gouvernement a confondu la santé du marché immobilier avec le bien-être des gens qui dépendent du logement.
C'est du déjà vu pour les Canadiens. Depuis des années, on répète aux Canadiens que, si on soutient le marché, l'abordabilité suivra. Lorsque le logement s'est de plus en plus financiarisé et que la recherche du profit est devenue la règle du jeu, on nous a dit que l'abordabilité suivrait. Lorsque les sociétés d'investissement ont accru leur présence dans le secteur du logement, on nous a dit que l'abordabilité suivrait. Lorsque le prix des logements a monté en flèche, on nous a dit que l'abordabilité suivrait. Lorsque les loyers ont explosé, on nous a dit que l'abordabilité suivrait. Lorsqu'une génération entière a dû renoncer au rêve de devenir propriétaire, on nous a dit que l'abordabilité suivrait.
Aujourd'hui, les Canadiens entendent le même refrain : il faut faire confiance au marché, le soutenir et le subventionner. L'abordabilité suivra un jour ou l'autre. Or, les Canadiens ont assez attendu. Le verdict est sans appel: l'expérience a échoué, et ce sont les jeunes, les locataires, les travailleurs et les aînés qui en paient le prix. Aucune région du pays n'y échappe.
Le marché privé construit là où le rendement est le plus élevé, pas nécessairement là où les besoins sont les plus criants. Voilà pourquoi des immeubles de luxe restent vides tandis que l'itinérance explose. Voilà pourquoi des logements sont construits à des fins de spéculation tandis que des familles ont du mal à trouver un toit. Voilà comment on en vient à voir coexister, dans une même ville, des milliers de logements inoccupés et des milliers de sans-abri. Ce n'est pas un hasard. C'est le résultat de choix politiques. C'est le produit d'un système qui a transformé le logement en actif, au lieu d'en faire un droit.
Prenons l'exemple du Grand Vancouver. Selon les données publiées, il y a environ 2 500 condominiums qui sont actuellement vacants et invendus, soit deux fois plus que l'an dernier. D'après les analystes, ce chiffre pourrait encore grimper. C'est plutôt révélateur: les logements existent, mais les gens n'ont pas les moyens de se les payer.
Parallèlement, l'itinérance reste un problème majeur, les locataires sont en difficulté, et les familles actives sont chassées du marché par la hausse des loyers. Le problème n'est pas seulement le manque de logements; c'est aussi que les logements sont inabordables. Le problème est que le logement est de plus en plus souvent construit comme un produit d'investissement plutôt que comme une nécessité sociale, et qu'il est maintenant financiarisé. Si nous ne nous attaquons pas à cette financiarisation, nous continuerons à produire des résultats en matière de logement qui ne répondent pas aux besoins des Canadiens ordinaires.
Il y a un autre exemple qui mérite notre attention. Un grand projet de tour résidentielle à Vancouver a récemment fait l'objet d'une mise sous séquestre à la suite de graves difficultés financières et d'un défaut de paiement portant sur plus de 100 millions de dollars. Un prêteur institutionnel est intervenu, des syndics ont été nommés, et les créanciers ont entrepris de récupérer leur investissement. Je tiens à être claire: je ne critique pas les ouvriers en bâtiment, les bénéficiaires de pensions ni les travailleurs dont l'épargne-retraite est investie dans le cadre de fonds de pension. Cependant, cet exemple met en lumière un point important. Une partie du secteur de la construction domiciliaire connaît des difficultés financières. Les ventes ralentissent, les stocks augmentent, le financement devient plus difficile, les projets présentent davantage de risques, et les Canadiens ont tout à fait le droit de poser une question simple: le projet de loi vise-t-il à résoudre la crise du logement à laquelle sont confrontés les Canadiens, ou vise-t-il à stabiliser un modèle de développement soumis à une pression financière croissante?
Lorsque je lis la justification du gouvernement, j'y vois des préoccupations récurrentes concernant les stocks, les conditions du marché et les activités de construction. Ce que je n'y vois pas, c'est une préoccupation équivalente concernant l'abordabilité, et cela devrait préoccuper tous les députés.
Il y a un autre problème dans ce projet de loi: la formule d'allocation elle-même. L'Ontario a reçu 875 millions de dollars, le Québec, 320 millions de dollars et la Colombie‑Britannique, 284 millions de dollars, alors que le Manitoba a reçu 10 millions de dollars, la Saskatchewan, 10 millions de dollars, le Nouveau‑Brunswick, 10 millions de dollars et Terre‑Neuve‑et‑Labrador, 10 millions de dollars. Le gouvernement a choisi de répartir les fonds en se fondant en grande partie sur les indicateurs du marché immobilier. Imaginons si nous attribuions les fonds en fonction des besoins, du nombre de sans-abri ou des besoins des locataires. Imaginons si nous attribuions les fonds en fonction des listes d'attente pour les logements sociaux, de l'insécurité en matière de logement, des besoins des Autochtones en matière de logement ou de la détresse des locataires. Les résultats seraient presque certainement différents. Cette formule n'est pas conçue en fonction des besoins humains, mais en fonction des conditions du marché. Il s'agit d'un choix idéologique et les néo-démocrates s'y opposent.
L'enjeu est bien plus vaste. Depuis des décennies, des gouvernements de différentes allégeances politiques n'ont cessé de réduire l'engagement du Canada à l'égard des logements sociaux. Quand je parle de différentes allégeances politiques, je parle des libéraux et des conservateurs. Le résultat, c'est que le Canada a l'un des plus petits secteurs du logement social de nombreux pays développés. Nous avons convaincu les gens que les marchés privés garantiraient l'abordabilité. Au lieu de cela, nous avons eu droit à la spéculation, à la financiarisation, à la concentration des entreprises, à la hausse des loyers, à la hausse du prix des maisons et à une crise du logement. La leçon à tirer de cette situation est certainement évidente. Nous ne pouvons pas régler une crise du logement provoquée par une dépendance excessive au marché en nous appuyant encore davantage sur ce même marché.
Nous avons besoin d'une approche différente. Il faut augmenter massivement le nombre de logements hors marché et de coopératives d'habitation. Il faut construire des logements sociaux, dégager des fonds pour l'acquisition de logements afin de préserver les logements abordables existants, mettre en place des solutions de logement menées par les Autochtones et renforcer la protection des locataires. Il faut que le financement public soit assorti d'exigences en matière d'abordabilité, et nous devons nous assurer que chaque dollar de fonds publics génère des retombées durables pour la population.
Au bout du compte, ce débat se résume à une question simple: pour qui le gouvernement est-il censé travailler? Quand la situation des locataires devient difficile, le gouvernement doit les soutenir. Quand les jeunes se voient privés d'accès à la propriété, le gouvernement doit les soutenir. Quand les aînés s'inquiètent de ne plus pouvoir garder un toit au-dessus de leur tête, le gouvernement doit les soutenir. Quand les familles n'ont pas les moyens de se loger, le gouvernement doit les soutenir.
L'important, ce n'est pas de savoir si les inventaires sont optimisés, si les marchés sont stabilisés ou si les investisseurs sont rassurés, mais plutôt si les gens ont les moyens de se loger. Les programmes gouvernementaux ne devraient pas être conçus pour renflouer les grands promoteurs. Le projet de loi ne s'occupe pas de l'important. Ce projet de loi nous dit combien d'argent sera dépensé et où ira une partie du montant. Il ne dit toutefois pas aux Canadiens ce qu'ils obtiendront en retour. Le projet de loi ne prévoit aucune garantie en matière d'abordabilité, aucun objectif relatif aux logements sociaux, aucune exigence en matière de propriété publique et aucun résultat mesurable en matière d'abordabilité, rien. Il prévoit juste un montant de 1,7 milliard de dollars et il promet que le marché s'arrangera d'une manière ou d'une autre. On nous fait cette promesse depuis des décennies, mais le Canada est maintenant aux prises avec la pire crise du logement depuis des générations. Quand un ancien dirigeant de banque centrale élabore une politique du logement, ça donne le projet de loi C‑26, qui rate clairement la cible. Il ne tient pas compte de l'aspect humain de la question.
Les néo-démocrates croient qu'il y a une meilleure voie à suivre. Nous croyons que le logement est un droit fondamental de la personne; que les fonds publics doivent servir à des fins publiques; qu'il faudrait juger les politiques en matière de logement à la lumière des résultats pour les gens, et non des résultats pour les investisseurs; que, si les contribuables assument le risque, ils méritent l'abordabilité en retour; que, si des fonds publics sont investis, le public devrait être propriétaire d'une partie du résultat de l'investissement; que, si le gouvernement prend au sérieux la question de l'abordabilité du logement, l'abordabilité ne peut pas être optionnelle.
Il y a deux façons de dépenser 1,7 milliard de dollars. Nous pouvons consacrer cette somme à la protection du marché de l'habitation ou à la protection des Canadiens face au marché de l'habitation. Le projet de loi choisit la première voie. Les néo-démocrates croient que les parlementaires devraient choisir la deuxième voie et toujours faire passer les gens avant les profits. C'est de ça que nous voulons parler à propos de ce projet de loi. Pour une raison ou une autre, le gouvernement rate la cible.
Avant que ce projet de loi n'en arrive à cette étape cruciale où le gouvernement présente une motion de guillotine pour le faire adopter à toute vapeur sans débat en bonne et due forme à la Chambre, j'ai eu une séance d'information avec des fonctionnaires. J'ai demandé aux fonctionnaires: « Quelle est l'allocation de fonds? Quelle est la formule? Comment a-t-on déterminé qui reçoit combien d'argent? » Lors de cette séance d'information, ils ont dit qu'ils ne pouvaient pas me fournir cette information. En fait, ils n'allaient pas communiquer cette information. Ce qu'ils voulaient en réalité, c'était que les députés de la Chambre — y compris les néo-démocrates et moi-même — s'entendent sur une motion de consentement unanime pour franchir toutes les étapes...