La Chambre reprend l'étude, interrompue le 21 octobre, de la motion portant que le projet de loi , soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.
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Monsieur le Président, je tiens à souligner que nous sommes réunis aujourd'hui sur le territoire traditionnel non cédé du peuple algonquin anishinabe.
Je prends la parole aujourd'hui pour expliquer comment les modifications législatives proposées dans le projet de loi permettraient de préserver notre tradition humanitaire et la procédure établie tout en concentrant les ressources sur ceux qui en ont besoin et en renforçant la confiance dans notre système d'octroi de l'asile. Ces modifications renforceraient et simplifieraient les systèmes d'immigration et d'octroi de l'asile au Canada. Elles comprennent de nouvelles règles concernant non seulement les demandes d'asile qui peuvent être renvoyées à la Commission de l'immigration et du statut de réfugié aux fins d'une décision, mais aussi la manière dont les demandes sont reçues, traitées et tranchées.
En vertu du projet de loi, le gouvernement fédéral ne renverrait plus à la Commission de l'immigration et du statut de réfugié les demandes d'asile présentées plus d'un an après l'arrivée d'une personne, et ce à compter du 24 juin 2020, ou les demandes présentées 14 jours ou plus par une personne qui est entrée de manière irrégulière entre deux postes frontaliers. Les modifications sont conçues pour aider à protéger notre système contre les augmentations subites du nombre de demandes et contre les personnes qui veulent se servir du système d'octroi de l'asile pour prolonger leur séjour au Canada lorsqu'elles ne parviennent pas à le faire par d'autres moyens.
Elles ne sont pas conçues pour refuser des personnes qui ont des craintes fondées pour leur sécurité si elles sont renvoyées dans leur pays d'origine. Dans ces cas, les demandes seraient aiguillées vers le processus de renvoi, qui comprend la capacité de demander un examen des risques avant renvoi. Une personne peut demander cet examen des risques lorsqu'elle croit avoir une crainte fondée d'être renvoyée vers un endroit où elle risque d'être persécutée, d'être torturée ou de subir d'autres préjudices graves, par exemple. Cette mesure de protection nous donne l'assurance que les réformes de notre système d'octroi de l'asile ne vont pas à l'encontre de notre engagement à protéger les personnes les plus vulnérables du monde.
La réalisation d'un examen des risques permet de respecter les obligations du Canada en vertu des conventions internationales sur les droits de la personne et les réfugiés. Il s'agit d'un mécanisme bien établi qui fonctionne aujourd'hui au sein d'un système plus large. Il offre aux personnes menacées d'expulsion la possibilité de démontrer qu'elles risqueraient d'être persécutées ou de subir des préjudices si elles étaient expulsées. En présentant une demande d'examen des risques, ces personnes peuvent donner des renseignements sur la situation dans leur pays d'origine ou sur les circonstances personnelles qui rendent leur retour dangereux. Il peut s'agir par exemple de bouleversements politiques et économiques, de conflits armés ou de dynamiques sociales changeantes dans le pays. De même, des circonstances personnelles, comme le militantisme actif ou la dynamique familiale, peuvent accroître le risque de préjudice. Grâce à l'examen des risques, ces facteurs font l'objet d'un examen approfondi avant qu'une mesure de renvoi soit prise. L'examen est réalisé par des agents qualifiés qui évaluent attentivement la crédibilité et l'importance des éléments de preuve présentés. Il s'agit d'un processus rigoureux fondé sur une compréhension approfondie du risque et du droit des réfugiés. On ne saurait trop insister sur l'importance d'un tel processus. Sans lui, il nous manquerait un filet de sécurité essentiel et les personnes concernées seraient exposées à un risque de préjudice irréversible.
Le processus d'examen des risques avant renvoi du Canada donne aux gens une chance équitable de présenter des éléments de preuve tout en veillant à ce que chaque dossier soit examiné avec le sérieux qu'il mérite. Le processus s'appuie sur une foule de données détaillées concernant les conditions dans un pays et les agents formés pour évaluer les risques possèdent une expertise pointue et sont très sensibles aux circonstances individuelles. Pour ces raisons, ce processus joue un rôle important pour maintenir le bilan solide du Canada en matière de protection des réfugiés.
Le processus d'examen des risques avant renvoi garantit également que les modifications législatives apportées à notre système d'octroi de l'asile n'exposent pas par inadvertance les personnes à un préjudice. Il sert de garde-fou pour que les décideurs puissent travailler à moderniser et à renforcer divers aspects du cadre d'immigration tout en sachant qu'il y a un filet de sécurité. Quels que soient nos efforts pour simplifier les décisions initiales en matière d'asile, résorber les arriérés ou moderniser les voies d'accès à la protection, le processus d'examen des risques avant renvoi demeure une précaution essentielle qui nous donne la confiance nécessaire pour innover de manière responsable.
Il faut savoir que l'évaluation des risques ne vise pas à retarder les renvois légitimes. Il s'agit plutôt de voir à ce que chaque situation soit examinée à la lumière des informations et des circonstances les plus récentes, de manière à évaluer rigoureusement les risques encourus et à éviter d'exposer quiconque à un préjudice.
La Chambre a l'importante responsabilité de veiller à ce que les régimes canadiens d'immigration et d'octroi de l'asile reflètent ces valeurs que sont la compassion et l'équité, tout en tenant compte des besoins qu'engendre l'évolution de la conjoncture mondiale et en allégeant les pressions qui pèsent sur les Canadiens. Le processus d'examen des risques avant renvoi concilie ces éléments. Il rassure les Canadiens: nous prenons les mesures urgentes et nécessaires pour renforcer notre système d'immigration, mais sans pour autant trahir notre engagement à protéger la vie et la dignité humaines.
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Madame la Présidente, je prends la parole aujourd'hui pour m'opposer fermement au projet de loi , la prétendue loi sur l'immigration et la sécurité de la frontière.
Soyons clairs: ce projet de loi ne constitue pas une nouvelle approche, mais la même approche présentée autrement. Il s'agit simplement d'un tour de passe-passe politique. Le projet de loi C‑12, c'est le projet de loi sous un nouveau vernis. Cette nouvelle mouture ne réglerait pas les problèmes fondamentaux de la mesure initiale. Le gouvernement s'entête à poursuivre le même programme anti-migrants et anti-réfugiés que la société civile, les juristes et les défenseurs des droits de la personne ont déjà rejeté en très grand nombre. Plus de 300 organisations de la société civile, de l'Association canadienne des libertés civiles à l'Église Unie du Canada, ont demandé le retrait complet des deux projets de loi.
Ces organisations ont raison, puisque le projet de loi maintiendrait les nouveaux pouvoirs considérables qui étaient prévus dans le projet de loi au sujet des demandeurs d'asile, en vertu desquels le ministre et le Cabinet pourraient prendre une foule de mesures et se verraient accorder une foule de pouvoirs, au détriment de la transparence, de l'équité et des droits de la personne.
Parlons de certains des éléments les plus scandaleux du projet de loi et de ce qu'il ferait réellement. Le projet de loi donnerait au Cabinet le pouvoir de suspendre l'examen de certaines demandes d'immigration ou d'y mettre fin, et le pouvoir d'annuler des visas, des permis de travail ou des documents de résidence permanente lorsqu'il estime que « l'intérêt public le justifie ».
Cependant, il n'y a absolument aucune définition de l'« intérêt public »; il n'y a ni lignes directrices, ni garde-fous, ni exigences en matière de preuve, ni surveillance judiciaire. Le gouvernement pourrait se servir de cette disposition pour fermer du jour au lendemain des catégories d'immigration entières.
Comme l'a rapporté la CBC, pour les personnes qui présentent une demande fondée sur des considérations d'ordre humanitaire, le délai de traitement actuel peut atteindre 600 mois, soit 50 ans. Pour les aides familiaux, c'est 9 ans; pour le volet de l'agroalimentaire, c'est 19 ans. Pour les entrepreneurs, c'est 35 ans. C'est du jamais vu. Soit dit en passant, tout cela vient du cahier de transition de la ministre.
La crainte est que le gouvernement se contente d'annuler un grand nombre de demandes. Le projet de loi l'y autoriserait. Cela attise la peur. Si le gouvernement veut que le Canada ferme la porte aux demandeurs d'asile, il devrait le dire ouvertement au lieu de prétendre que ce qu'il fait est juste, équitable et conforme à l'équité procédurale.
Ce n'est pas de la bonne gouvernance. Ce qui doit nous inquiéter, ce ne sont pas seulement les mesures que le gouvernement pourrait prendre avec ce genre de pouvoir. Le projet de loi donnerait aussi ce pouvoir aux gouvernements futurs.
Le projet de loi permet également au gouvernement de bloquer les audiences de détermination du statut de réfugié, d'imposer un délai maximal d'un an pour présenter une demande de statut de réfugié et de retirer le statut de réfugié à un grand nombre de personnes. Ce sont des pouvoirs qui rappellent certaines des politiques anti-migrants les plus extrêmes que nous avons vues au sud de la frontière.
Le aime prétendre que c'est une question de modernisation et d'efficacité. C'est faux. Cela vient alimenter le genre de discours raciste et discriminatoire qui est mis de l'avant par Trump.
Le projet de loi nuirait directement aux réfugiés et aux migrants vulnérables, aux personnes qui fuient la guerre, la persécution et la violence. Bien honnêtement, cela va à l'encontre des valeurs canadiennes. N'oublions pas qu'il fut un temps où le Canada était fier d'offrir l'asile aux gens dans le besoin. Le projet de loi envoie le message contraire en disant aux gens que leur cause ne sera pas entendue si leur demande n'est pas présentée dans un délai d'un an.
Imaginons la situation d'une femme qui fuit la violence fondée sur le sexe, qui arrive au Canada sans le sou, qui est aux prises avec des traumatismes, qui n'a pas accès à l'aide juridique, qui essaie simplement de survivre, et qui se fait dire qu'il est trop tard pour demander l'asile. Comme l'ont souligné Hébergement femmes Canada et le Fonds d'action et d'éducation juridiques pour les femmes, de tels délais arbitraires empêchent les survivantes de demander une protection au moment où elles en ont le plus besoin.
Nous devrions défendre la primauté du droit au lieu de chercher à concentrer le pouvoir au sein du Cabinet. Le projet de loi représente un dangereux pas en arrière. Il porte atteinte à nos obligations internationales, aux valeurs inscrites dans la Charte et à notre réputation de pays accueillant pour les personnes dans le besoin. Le NPD se joint aux centaines d'organisations de tout le pays, aux défenseurs des libertés civiles, aux avocats en droit des réfugiés, aux groupes de femmes et aux communautés religieuses qui s'unissent pour demander le retrait des projets de loi C‑12 et .
Comment le gouvernement peut-il proposer une mesure législative qui mettra sciemment en danger les survivants d'actes de violence ou les personnes persécutées pour leur orientation sexuelle? Soixante-quatre pays criminalisent l'homosexualité. Cela ne s'arrête pas là. Sous l'administration américaine, les décrets présidentiels de Donald Trump menacent les droits, l'accès aux soins de santé et l'existence même des personnes transgenres. De plus en plus, mon bureau reçoit des témoignages de personnes qui vivent dans la peur aux États‑Unis.
Le projet de loi est aussi un coup dur pour les libertés civiles. Il autorise un partage d'information sans précédent entre les différents ministères, sans mesures de protection appropriées. Il habilite les agents des services frontaliers à accéder à des installations privées et à saisir des marchandises destinées à l'exportation. Il élargit le rôle de la Garde côtière pour inclure la collecte de renseignements et la surveillance.
Même si le gouvernement a retiré du projet de loi certaines des mesures les plus intrusives, comme l'accès sans mandat aux données privées des Canadiens, l'esprit du projet de loi demeure le même: centraliser les pouvoirs et éroder les droits. La Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles a prévenu que le projet de loi C‑12 « accélère certains des aspects les plus graves » de son prédécesseur. Il ne réglerait pas les problèmes; il les accélérerait.
Ne nous leurrons pas: le projet de loi existe parce que le projet de loi était trop toxique pour être adopté. Plutôt que d'écouter les centaines d'organisations qui exigent son retrait, le gouvernement a choisi de scinder le projet de loi en deux, en espérant que les Canadiens ne s'en apercevraient pas. Malheureusement pour lui, nous voyons clair dans son jeu. Nous constatons que ces mesures sont présentées dans un contexte où les demandes d'asile ont chuté de 34 % et où le nombre moyen de demandes d'asile quotidiennes est passé de 165 à 12.
À quelle crise au juste le gouvernement réagit-il? Il ne s'agit pas de sécurité frontalière, mais de politique. Il s'agit d'apaiser un discours anti-immigrants et anti-migrants à la Trump qui s'insinue dans notre discours politique. Une tendance dangereuse se dessine sous le gouvernement actuel, une obsession pour la centralisation du pouvoir et le contournement de la responsabilité. Il met en œuvre le programme des conservateurs, mais avec un nouveau chef libéral vêtu de rouge. Le projet de loi élargirait la capacité du Cabinet à gouverner par décret. Il donnerait aux ministres le pouvoir unilatéral d'annuler des demandes, de suspendre des droits et de prendre des règlements sans surveillance parlementaire. Ce n'est pas la façon de faire au Canada. Notre système d'immigration et d'accueil des réfugiés devrait être fondé sur des lois claires, des processus équitables et des décisions indépendantes, et non sur la composition du Cabinet.
Reconnaissons qui serait le plus touché par ces politiques: les femmes fuyant la violence, les réfugiés LGBTQ2+ en quête de sécurité, les travailleurs migrants exploités dans des emplois précaires et les peuples autochtones des communautés frontalières, qui sont déjà victimes de profilage racial. Le projet de loi aggraverait ces inégalités au lieu de les combattre.
Assurons-nous de bien faire les choses. Lorsqu'on parle d'immigration, on parle d'êtres humains, de familles, de travailleurs et d'enfants qui viennent ici en quête de sécurité et d'une vie meilleure. Nous devrions renforcer notre système de détermination du statut de réfugié et non l'affaiblir. À cause des libéraux, des femmes et des filles risquent d'être renvoyées dans un lieu dangereux. L'interdiction d'un an est calquée sur le système américain de détermination du statut de réfugié. En effet, aux États‑Unis, le délai d'un an est calculé à partir de la dernière date d'entrée. La proposition du Canada est encore pire; le délai serait calculé à partir de la toute première fois qu'on entre au Canada. Cela signifie que si une personne a visité le Canada il y a quelques années, lorsqu'elle était enfant, et qu'elle est maintenant persécutée, elle ne pourra pas demander l'asile ici, au Canada, et c'est inacceptable.
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Madame la Présidente, c'est toujours un honneur de prendre la parole à la Chambre. Je prends la parole au sujet du projet de loi . Je tiens à rappeler à la Chambre que ce sont les conservateurs qui ont forcé les libéraux à abandonner le projet de loi , qui violerait les libertés individuelles et la vie privée des Canadiens. Le commissaire à la protection de la vie privée a confirmé que les libéraux ne l'ont même pas consulté lorsqu'ils ont essayé de s'octroyer de nouveaux pouvoirs considérables pour accéder sans mandat aux renseignements personnels des Canadiens que les fournisseurs de services ont en leur possession, comme les banques et les entreprises de télécommunications. Les Canadiens respectueux des lois ne devraient pas faire les frais des échecs des libéraux en matière de frontières et d'immigration en perdant leur liberté.
Les libéraux ont maintenant présenté le projet de loi . Les conservateurs examineront ce projet de loi en détail pour veiller à ce que les libéraux n'essaient pas d'y inclure en douce des mesures qui portent atteinte au droit à la vie privée des Canadiens respectueux des lois.
Les Canadiens sont généreux et accueillants. Nous croyons que l'immigration devrait être équitable, empreinte de compassion et fermement ancrée dans la primauté du droit. Après des années de dérive, ce projet de loi est l'occasion de rétablir l'intégrité de nos frontières, de perturber la criminalité transnationale et de réduire la circulation de drogues synthétiques mortelles qui dévastent des familles partout au pays.
Cependant, la sécurité ne se limite pas à une ligne sur la carte. Il faut réduire le nombre de demandes d'immigration non admissibles ou de mauvaise foi afin que nous puissions mieux pourvoir les postes vacants dans le domaine de la santé dans les collectivités urbaines, rurales et autochtones avec des professionnels de la santé qualifiés, notamment des technologues en radiation médicale, des médecins et des infirmiers en régions rurales. Il faut veiller à ce que les nombreuses familles d'Edmonton-Nord-Ouest, qui ont attendu des mois ou des années qu'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada traite leurs demandes, sachent avec certitude si leurs proches ou leurs aidants peuvent venir et rester au Canada. Il s'agit également d'accueillir des personnes qui sont prêtes à investir leur temps et leurs ressources pour contribuer à la croissance économique du Canada.
La sécurité repose sur la confiance et le respect entre voisins, y compris les partenaires autochtones à la frontière canadienne. Il s'agit que les nouveaux arrivants d'aujourd'hui apprennent l'histoire du Canada, se joignent au travail de réconciliation et bâtissent des collectivités fortes. Le projet de loi peut nous aider à accomplir tout cela si nous faisons bien les choses.
Qu'est-ce que le projet de loi a de bon? Nous appuyons certaines dispositions. Les libéraux ont repris certaines dispositions du projet de loi et les ont renforcées. Premièrement, le projet de loi permet à l'Agence des services frontaliers du Canada d'accéder aux marchandises et de les examiner en amont, dans les entrepôts et les centres de transport, et pas seulement à la dernière étape. Les agents pourront ainsi trouver les marchandises de contrebande cachées au cœur des chaînes d'approvisionnement. Deuxièmement, il accélère l'inscription des précurseurs chimiques utilisés pour fabriquer le fentanyl et d'autres drogues de rue. Troisièmement, il améliore la communication de l'information entre les organismes fédéraux et affirme le rôle de la Garde côtière canadienne en matière de sécurité côtière. Cette modification est essentielle pour nos vastes côtes et dans l'Arctique. Quatrièmement, il empêche les réseaux criminels qui nuisent à nos collectivités d'avoir accès aux services financiers. Enfin, il contribue à lutter contre l'épidémie actuelle de crimes contre les femmes et les filles autochtones en permettant les échanges d'information sur les délinquants sexuels avec les services de police autochtones.
Les conservateurs appuient bon nombre de ces principes et objectifs parce que les Canadiens veulent de la compassion, de la sécurité et de la reddition de comptes.
La crise des drogues toxiques exige que l'on agisse de toute urgence. Les maladies et les décès liés à la drogue constituent une partie quotidienne et indésirable des réalités autochtones, tant dans les réserves qu'à l'extérieur de celles-ci ainsi que dans nos villes, où de nombreux Autochtones ont choisi de vivre. Cette situation a eu un effet dévastateur sur les générations actuelles et futures d'Autochtones.
En Alberta, la crise des drogues toxiques frappe les Autochtones beaucoup plus durement que la population en général, tant dans les réserves que dans les villes. Bien que les membres des Premières Nations représentent de 3 % à 4 % de la population de l'Alberta, ils ont représenté 20 % des décès par intoxication aux opioïdes entre 2016 et 2022. Les statistiques montrent que leurs taux de mortalité sont de cinq à neuf fois plus élevés que ceux des Albertains non autochtones. La dernière fois que j'ai été chef, le directeur régional de Services aux Autochtones Canada a constaté que l’espérance de vie des hommes autochtones en Alberta était de 58 ans, soit une différence de près de 20 ans avec les Canadiens.
Les répercussions sont graves dans les zones urbaines. De janvier à mai 2025, l'Alberta a connu une forte hausse des décès liés au carfentanil. Dans l'ensemble de la province, 68 % des décès liés aux opioïdes étaient attribuables à cette drogue. À Edmonton, la proportion était de 78 %. Les doses les plus toxiques sont distribuées surtout dans les grands centres où de nombreux Autochtones vivent, travaillent ou se rendent pour obtenir des services. Les réseaux de trafiquants exploitent les communautés éloignées et les zones urbaines, ce qui cause chaque jour des pertes de vie.
Ces pertes exacerbent les traumatismes intergénérationnels, l'insécurité en matière de logement, l'insécurité économique et les obstacles à l'obtention de soins adaptés à la culture. Les nations se retrouvent donc privées des ressources et des capacités dont elles ont besoin pour devenir autonomes. À l'échelle nationale, plus de 53 000 décès apparemment liés aux opioïdes ont été enregistrés depuis 2016. La Colombie‑Britannique, l'Alberta et l'Ontario sont les régions les plus touchées, car elles comptent d'importantes populations autochtones, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des réserves ainsi qu'en milieu urbain.
Les raisons sont complexes — racisme dans le système de santé, insécurité en matière de logement, services policiers insuffisants, approvisionnement en drogues contaminées et bien d'autres choses. Toutefois, une chose est claire: le crime organisé et les réseaux criminels transnationaux nous inondent de produits mortels.
Le projet de loi pourrait contribuer à améliorer la collaboration avec les services de police autochtones, comme l'unité antidrogue du Service de police de la Tribu des Blood. Celle-ci mène des enquêtes sur le trafic de drogue et effectue des saisies en collaboration avec le Groupe de la réduction de la criminalité de la GRC près de la frontière avec les États-Unis. Le projet de loi pourrait également aider d'autres services de police autochtones à suivre l'exemple de la police mohawk d'Akwesasne, qui lutte contre la traite des personnes et la contrebande le long de ses frontières internes entre New York, le Québec et l'Ontario. Les Premières Nations, l'Agence des services frontaliers du Canada, la GRC et la Garde côtière ont aussi la possibilité de collaborer pour renforcer leurs capacités, échanger des données sur la criminalité et faire appliquer les lois du Canada et des Premières Nations sur la terre et sur l'eau.
Le projet de loi pourrait aussi contribuer à perturber les réseaux de traite des personnes et à prévenir les crimes contre les femmes et les filles autochtones. Les organismes liés à la GRC seraient mieux placés pour retrouver les délinquants sexuels inscrits et communiquer des renseignements à leur sujet avec d'autres organismes d'application de la loi, des gouvernements autochtones et des partenaires américains, et pour faciliter la divulgation des données sur les déplacements des délinquants. Une bonne communication de l'information entre les pays et entre les organismes peut faciliter le suivi des délinquants à risque élevé qui se déplacent entre différents territoires susceptibles de comporter des populations autochtones vivant ou non dans des réserves.
Je tiens à saluer le service de police de la nation Tsuut'ina, qui travaille avec les forces policières américaines. Son travail est un exemple concret du leadership dont les communautés autochtones et leurs services de police ont fait preuve au cours de la dernière année.
Je demande au gouvernement d'utiliser les outils prévus dans le projet de loi pour aller au-delà des gestes symboliques. Après les rapports cinglants du Bureau du vérificateur général sur l'incapacité chronique du gouvernement à respecter ses obligations fiduciaires envers les peuples autochtones, le gouvernement a l'occasion d'améliorer la sécurité grâce à la collaboration et à la réconciliation.
En conclusion, la sécurité et la réconciliation ne sont pas opposées l'une à l'autre. Elles se renforcent mutuellement lorsqu'on chemine ensemble et qu'on cultive la confiance. Nous devons travailler avec les dirigeants autochtones sur des mesures de protection, par exemple sur des limites claires à l'utilisation secondaire des données, le renforcement des relations communautaires et de la sécurité culturelle, ainsi que des mesures dont les Autochtones sont les maîtres d'œuvre, afin que les nouveaux pouvoirs élargis n'encouragent pas le profilage racial et n'érodent pas la confiance. Le projet de loi offre des outils pour rendre le Canada plus sûr si nous travaillons avec d'autres populations, notamment les populations rurales du Canada, de même qu'avec les communautés autochtones près de nos frontières, dans nos villes et ailleurs.
J'encourage mes collègues à collaborer au sein du comité pour amender ce projet de loi dans le but de mieux défendre nos frontières et d'approfondir nos liens en misant sur la confiance et la sécurité. Même s'il s'agit du deuxième essai des libéraux pour présenter ces mesures législatives, elles n'offrent toujours pas de solutions pour réformer la mise en liberté sous caution. Les délinquants qui font le trafic de fentanyl et d'armes retrouvent facilement leur liberté après avoir été arrêtés, et c'est le cas aussi pour ceux qui utilisent notre frontière poreuse pour commettre des crimes qui font des victimes parmi les Canadiens. Les libéraux n'ont pas inclus suffisamment de dispositions sur la détermination de la peine. Il n'y a toujours pas de peine d'emprisonnement obligatoire pour les trafiquants de fentanyl. Il n'y a toujours pas de nouvelles peines d'emprisonnement obligatoires pour les crapules qui utilisent des armes à feu pour commettre des crimes, car les libéraux préfèrent s'attaquer aux propriétaires légitimes d'armes à feu. La détention à domicile est toujours permise pour certaines infractions parmi les plus graves.
Les libéraux continuent de préconiser la création de centres de consommation supervisée près des écoles. Lors des travaux du comité de la santé, mon collègue, le député de , a demandé aux libéraux de fermer les centres de consommation de fentanyl situés à proximité des lieux où se trouvent des enfants. Il s'agit d'une mesure pleine de bon sens. Pourtant, la libérale a refusé d'exclure la possibilité d'autoriser la création de nouveaux centres de consommation à proximité des écoles et des garderies, même si elle reconnaît que ces centres exacerbent la consommation débridée de fentanyl.
Seuls les conservateurs continuent de défendre les droits individuels et la vie privée des Canadiens et de demander des comptes aux libéraux sur les mesures de sécurité nécessaires pour protéger les Canadiens.
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Madame la Présidente, avant de passer à mes observations sur le projet de loi , je tiens à souligner que j'étais ici il y a 11 ans à cette date, le 22 octobre, quand un tireur solitaire s'est attaqué au Parlement. Je tiens à remercier publiquement le Service de protection parlementaire et la GRC, qui ont protégé tous les députés à la Chambre.
Je veux également souligner que, au cours de cette même série d'événements, le caporal Nathan Cirillo a perdu la vie alors qu'il montait la garde devant la tombe du Soldat inconnu. L'agent Samearn Son a été blessé par balle au pied ici, au Parlement, et l'agent Curtis Barrett a réussi à neutraliser le tireur. Je tiens à saluer ces personnes.
Le gouvernement libéral demande aux Canadiens de croire que le projet de loi est différent du projet de loi , et qu'il constitue une nouvelle mesure de protection du pays. Ce n'est pas le cas. Derrière le nouveau titre du projet de loi se cache la même intention: plus d'intrusions, plus de bureaucratie et moins de liberté pour les Canadiens. Les conservateurs feront barrage à toute mesure qui entraverait la vie privée des Canadiens ou qui porterait atteinte à leurs libertés, et qui confondrait le contrôle gouvernemental avec la sécurité publique.
Le projet de loi doit être corrigé. Lorsque les conservateurs ont forcé le gouvernement à abandonner le projet de loi , cela représentait plus qu'un simple échec supplémentaire des libéraux. Ce projet de loi visait à donner au Cabinet le pouvoir discrétionnaire de collecter et de communiquer des données éventuellement personnelles sans surveillance judiciaire. En l'arrêtant, nous avons rappelé au gouvernement et aux Canadiens que la liberté au Canada n'est pas un privilège accordé par le gouvernement, mais un droit garanti par la Charte et que nous ne tolérerons pas que le gouvernement libéral le bafoue. L'abandon du projet de loi a prouvé qu'une opposition déterminée peut encore imposer une discipline à un gouvernement qui a pris l'habitude de faire preuve de négligence dans l'exercice de son autorité et d'abuser de son pouvoir.
Le gouvernement n'a pas consulté le commissaire à la protection de la vie privée avant de s'accorder, dans le texte du projet de loi qu'il a rédigé, un accès sans mandat aux dossiers financiers et numériques des Canadiens. Le libellé du projet de loi , dont on retrouve aujourd'hui des échos dans le projet de loi , envisageait le pouvoir de récupérer des informations auprès des banques et des fournisseurs de télécommunications « aux conditions [que le ministre] estime nécessaires ». C'est incroyable. Il n'y aurait eu ni ordonnance du tribunal, ni examen indépendant, ni protection contre ce type d'abus. Un gouvernement qui se permet d'accéder à des comptes privés et qui qualifie cela de protection ne défend pas les citoyens; il s'agit d'un abus de pouvoir flagrant. Plutôt que de les protéger, il les contrôle, et les Canadiens méritent mieux qu'une gouvernance fondée sur la surveillance.
Les Canadiens respectueux des lois ne devraient pas perdre leurs libertés à cause de la négligence du gouvernement dans le dossier de la frontière. Des années d'application laxiste des lois et des règlements et de gestion négligente de l'immigration ont rendu le Canada vulnérable aux réseaux criminels auxquels le projet de loi prétend s'attaquer. Au lieu de resserrer les contrôles à l'entrée, le gouvernement s'est replié sur lui-même et traite maintenant chaque citoyen comme un suspect potentiel.
Le projet de loi n'est pas une défense de la souveraineté, mais un aveu que le gouvernement n'a pas pu ou n'a pas voulu contrôler ceux qui cherchent à entrer illégalement. Il va donc plutôt tenter de contrôler ses citoyens. Tant que le gouvernement ne sera pas en mesure d'assurer la sécurité et la protection de nos libertés et de notre souveraineté, ce sont les Canadiens qui subiront les conséquences des mauvaises politiques libérales, des politiques qu'ils n'ont jamais demandées.
Il y a des années, Justin Trudeau a dit qu'il admirait ce qu'il appelait la « dictature de base » de la Chine communiste. Ces remarques n'étaient pas désinvoltes. Elles montraient que, pour lui, l'efficacité est plus importante que le consentement, que le contrôle est synonyme de force et que la démocratie est un obstacle à une gouvernance ferme. Encore une fois, le gouvernement libéral démontre qu'il a toujours la même mentalité que Justin Trudeau.
Le projet de loi est porteur de la même impulsion. Transformé en loi, il dissimule la coercition dans le langage de l'administration. Il élargit l'accès du gouvernement aux données personnelles, centralise les pouvoirs entre les mains du ministre et justifie cette intrusion par des motifs de sécurité publique. Le projet de loi permettrait aux agents d'exiger de toute personne qu'elle fournisse tout renseignement pertinent pour aider le ministre à prendre sa décision. Il ne s'agit pas de pouvoirs d'enquête ciblés, mais d'instruments de surveillance non circonscrits déguisés en mesures administratives. Les Canadiens devraient croire les libéraux quand ils disent de telles choses. Le projet libéral consiste à remplacer la reddition de comptes par un contrôle administratif à coups de règlements, de dispositions de surveillance et de pouvoirs accordés sans mandat.
Le gouvernement revient maintenant avec le projet de loi , dont le libellé a été revu, mais dont l'objet reste inchangé. Les Canadiens ont appris ce que cela signifie: moins de respect de la vie privée, plus de formalités administratives et une ingérence considérable de plus dans leur vie au nom de la sécurité.
Nous examinerons chaque ligne et chaque article du projet de loi , ainsi que tous les pouvoirs qu'il accorderait. Nous vérifierons qu'aucun règlement caché ne transformerait les contrôles en surveillance. Nous ne formons pas une opposition passive; notre rôle au Parlement consiste à protéger le pays.
Les Canadiens ont peut-être élu le gouvernement libéral, mais nous allons quand même les protéger contre ses excès. Nous défendrons leur droit de vivre à l'abri des soupçons, de faire des transactions sans intrusion et de demeurer des citoyens, plutôt que d'être réduits à de simples entrées dans une base de données gouvernementale.
Le projet de loi ne ferait rien pour corriger les lacunes du système de mise en liberté sous caution, qui permet de relâcher des délinquants violents. Un gouvernement qui prend la justice au sérieux ne tolérerait pas que des récidivistes assurent le trafic de drogues et d'armes pendant que la société paye le prix de leurs activités. La réalité, c'est que les Canadiens vivent avec les conséquences d'un système qui confond la clémence et le progrès.
La véritable sécurité publique commence par le contrôle des frontières et le caractère inéluctable du châtiment. Les peines imposées aux gens qui font le trafic de fentanyl ou la contrebande d'armes, ou qui mettent des vies en danger, doivent être proportionnelles aux crimes commis et assurer la sécurité des citoyens. Un gouvernement qui n'applique pas ses propres lois crée un climat propice au chaos. Un pays qui ne peut pas ou ne veut pas sécuriser ses frontières ne peut pas garantir la sécurité de sa population.
En ce qui concerne la détermination de la peine, les lacunes sont indéniables. Le projet de loi ne change rien à l'absence de peines d'emprisonnement obligatoires pour ceux qui font le trafic de fentanyl, une infraction qui détruit chaque jour des familles et des collectivités canadiennes. Il ne prévoit aucune nouvelle peine obligatoire pour les membres de gangs qui commettent des crimes avec des armes à feu illégales. Le gouvernement impose des restrictions aux chasseurs et aux agriculteurs respectueux des lois, mais il n'alourdit pas les peines pour ceux qui commettent des crimes avec des armes à feu illégales, bien que ces crimes représentent la quasi-totalité des crimes commis avec des armes à feu.
Cette inversion de la justice révèle un problème plus profond: l'incapacité à lier les lois à des conséquences. La dissuasion ne fonctionne que lorsque la punition est certaine et proportionnée. Sans cela, chaque peine devient une suggestion, et chaque criminel apprend que le Canada pardonnera ce qu'il refuse de prévenir.
Un gouvernement qui gouverne sans distinction morale ne peut pas maintenir l'ordre. Lorsqu'il n'y a pratiquement aucune distinction entre les crimes et le respect des lois et que ces deux éléments sont traités de la même façon, la primauté du droit s'effondre. Les Canadiens ne réclament pas la vengeance; ils réclament la reddition de comptes. Ils demandent un système de justice qui protège les innocents, qui emprisonne les personnes violentes, qui rétablit la clarté morale dans la loi et qui prévoit des peines appropriées pour les criminels.
Même pour les infractions graves avec violence, le projet de loi continuerait d'autoriser la détention à domicile. Un criminel qui a brisé des vies ne devrait pas purger sa peine sur le canapé de son salon en jouant au Xbox. Le gouvernement appelle cela de la réadaptation. En réalité, cela indique que les conséquences ont été remplacées par la commodité.
Lorsque la justice n'impose plus de coûts réels aux actes répréhensibles, le crime ne devient qu'un risque de plus pour ceux qui en tirent profit. En ce qui concerne les comptables qui nous écoutent aujourd'hui, les criminels font également une analyse coûts-avantages et ont manifestement déterminé que, dans le système de justice libéral, le coût en vaut le bénéfice potentiel. C'est tout à fait inacceptable.
La justice n'est pas axée sur l'indulgence, mais sur la crédibilité. Chaque fois que le gouvernement donne du réconfort aux personnes qui détruisent la vie des autres, il anéantit l'autorité de la loi et compromet la sécurité du public. Si le gouvernement ne veut pas rétablir la proportionnalité des crimes et des peines, le Parlement doit le faire.
La tolérance du gouvernement à l'égard des prétendus centres de consommation supervisée qui sont situés près des écoles représente un manque flagrant de responsabilité et est odieuse. Aucun pays responsable ne tolère la présence de stupéfiants près des écoles et ne qualifie cela de politique de santé publique. Ces quartiers méritent de l'ordre, et non des expérimentations politiques présentées comme de la compassion par un gouvernement woke.
Ce que le gouvernement qualifie de réduction des méfaits s'est transformé en déplacement des méfaits, qui fait passer la crise des ruelles aux portes d'entrée, et des toxicomanes aux familles. Le leadership exige de fixer des limites, et la première limite doit toujours viser à protéger les innocents.
Les Canadiens constatent que le gouvernement punit les citoyens respectueux des lois tout en excusant les récidivistes. Il alourdit la bureaucratie, affaiblit l'application de la loi et gouverne en s'appuyant sur des règlements plutôt que sur des principes.
Les conservateurs défendent autre chose. Nous défendons un pays où les lois protègent les innocents et non les délinquants, où la vie privée appartient aux citoyens et non au gouvernement, et où le pouvoir est exercé avec retenue et non de façon irréfléchie ou impulsive. Un véritable leadership suppose de défendre la population sans trahir sa confiance. La vraie justice fait la distinction entre la culpabilité et l'innocence au lieu de confondre ces deux notions dans un processus bureaucratique.
Le projet de loi ne répond à aucun de ces critères. Il ajouterait des niveaux de contrôle, mais pas de reddition de comptes. Il renforcerait les institutions, mais en minant la confiance du public. Il qualifie de « sécurité » une surveillance élargie, et de « réforme » la clémence judiciaire.
Du côté des conservateurs, nous défendrons les Canadiens et veillerons, une fois de plus, à ce que le gouvernement soit à leur service au lieu de les contrôler. Le Canada mérite que règnent un ordre ancré dans la liberté, une justice fondée sur la vérité et des dirigeants qui gouvernent avec courage plutôt qu'avec méfiance. Voilà ce que les conservateurs ramèneront.
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Madame la Présidente, après 10 ans de déconfiture libérale, les Canadiens sont aujourd'hui confrontés à une crise du coût de la vie, à une crise de la criminalité, à une crise du logement et à une crise frontalière, et le gouvernement a le culot de se présenter ici aujourd'hui et de prétendre que le projet de loi renforcera les systèmes d'immigration et les frontières du Canada.
Le projet de loi ne répare en rien le système d'immigration et ne protège aucunement les Canadiens. Il ne contribuera guère à endiguer le flux de fentanyl, d'armes à feu, de gangsters ou de passages illégaux, et il ne défend certainement pas les droits et libertés des Canadiens respectueux de la loi. Ce projet de loi est la deuxième version d'un projet de loi libéral qui a échoué, le projet de loi , sur lequel, de toute évidence, les libéraux n'ont pas passé beaucoup de temps à travailler pendant l'été.
Avant même d'aborder le projet de loi , il convient de rappeler comment nous en sommes arrivés là. Il y a environ un mois, les libéraux ont tenté de faire adopter à toute vapeur le projet de loi , qui leur aurait donné de vastes pouvoirs permettant de saisir, sans mandat, les renseignements personnels des Canadiens auprès des banques et des entreprises de télécommunications. Il n'y aurait eu ni mandat, ni contrôle judiciaire, ni transparence, ni respect de la Charte ou des Canadiens.
Le projet de loi était tellement excessif, intrusif et contraire à notre tradition démocratique que le commissaire à la protection de la vie privée a confirmé que les libéraux n'avaient même pas pris la peine de le consulter. Les libéraux avaient prévu de s'arroger des pouvoirs de surveillance de masse et espéraient que les Canadiens ne s'en apercevraient pas. Les libéraux se sont fait prendre et les conservateurs les ont forcés à faire marche arrière, à refaire leurs devoirs et à réécrire le projet de loi.
C'est l'unique raison pour laquelle nous débattons du projet de loi aujourd'hui. La première tentative des libéraux a été dénoncée pour ce qu'elle est: une attaque directe contre la vie privée, la liberté et les libertés civiles fondamentales des Canadiens. Les Canadiens respectueux des lois n'ont pas à se faire traiter comme des criminels simplement parce que les libéraux ne peuvent pas contrôler la frontière qu'ils ont eux-mêmes brisée.
Les libéraux reviennent maintenant avec le projet de loi , en promettant que cette fois-ci, ce sera différent. Les conservateurs examinent chaque ligne, chaque article, chaque piège caché pour s'assurer que les libéraux ne se livrent pas en douce à une autre attaque contre les droits, les libertés et les libertés civiles des Canadiens. Le gouvernement libéral a perdu le bénéfice du doute. Il a tenté une fois d'espionner les Canadiens sans mandat; seul un idiot leur ferait confiance une deuxième fois.
Ce projet de loi aborde à peine la principale menace frontalière à laquelle notre pays est confronté: la circulation illégale de fentanyl, d'armes et de criminels violents. Il ne fait aucune mention de la réforme grandement nécessaire de la mise en liberté sous caution dans le système injuste prorécidive de capture et de remise en liberté des libéraux. Il ne fait aucune mention des peines d'emprisonnement obligatoires alors que les libéraux ont instauré la détention à domicile pour des dizaines de crimes graves. Il ne fait aucune mention de la lutte contre les trafiquants de fentanyl et les gangs qui font des fusillades à partir de voitures dans nos quartiers autrefois sûrs. Il ne fait aucune mention non plus de l'embauche de plus d'agents de l'Agence des services frontaliers du Canada, ce que les libéraux avaient promis dans leur programme électoral.
Avec le gouvernement libéral à la barre, les trafiquants de drogue sont en liberté, assignés à résidence, les gangsters échappent aux peines d'emprisonnement obligatoires et les récidivistes violents sont sans cesse libérés à cause du système libéral de mise en liberté sous caution. Il n'y a là aucune véritable sanction ou conséquence de nature à arrêter un seul trafiquant de fentanyl ou d'armes.
Le gouvernement croit qu'une personne qui fait le trafic de poison dans nos collectivités devrait pouvoir purger sa peine à domicile, sur le canapé, en regardant la télévision. N'oublions pas que les libéraux ont légalisé les drogues dures. Ils ont apporté des drogues dures financées par les contribuables et en ont inondé les rues, et ils ont également mis en place des centres de consommation de drogues.
Les conservateurs croient que les trafiquants de fentanyl et les barons de la drogue devraient être en prison et que les individus en possession de 40 milligrammes ou plus devraient être traités comme les tueurs en série qu'ils sont et être condamnés à une peine d'emprisonnement à perpétuité, mais ce projet de loi ne fait absolument rien pour changer cela.
Les libéraux sont obsédés par les propriétaires légitimes d'armes à feu, mais ne font absolument rien pour mettre les gangsters derrière les barreaux. Ils ciblent les chasseurs et les agriculteurs respectueux des lois tout en mettant les trafiquants de fentanyl en liberté sous caution. Ils font le contraire de ce qu'il faut. C'est dangereux, et les Canadiens en paient le prix.
Pendant que cette crise à la frontière répand le fentanyl dans nos collectivités, les libéraux ouvrent et défendent des centres de consommation de drogues à proximité d'écoles et de terrains de jeu.
Il n'y a pas si longtemps, les conservateurs ont exigé que les libéraux ferment les centres de surdose se trouvant à proximité de lieux où il y a des enfants. Qu'a dit la ? Les libéraux ont refusé d'écarter la possibilité d'approuver de nouvelles piqueries, alors qu'ils ont pourtant reconnu que la consommation de fentanyl y est endémique.
Les libéraux n'annuleront pas les politiques qui nous ont mis dans ce pétrin. Les libéraux ne jetteront pas les trafiquants de fentanyl en prison. Les libéraux ne mettront pas fin aux passages illégaux à la frontière. Les libéraux ne prémuniront jamais les zones scolaires contre les centres de consommation de drogue. Ce n'est pas de la compassion, c'est du chaos, un chaos orchestré par le gouvernement.
Parlons des problèmes qu'à ce qu'on prétend — à tort —, le projet de loi réglerait. Le Canada compte maintenant 3 millions de résidents temporaires, soit plus de 7 % de la population, et ce nombre augmente de jour en jour. Le Canada compte maintenant 500 000 sans‑papiers, et ce nombre augmente également de jour en jour. Le Canada compte 300 000 demande d'asile en attente et, bien sûr, ce nombre augmente de jour en jour. Conséquence: un marché immobilier qui s'effondre, un système de santé qui s'effondre, un marché de l'emploi qui s'effondre et des Canadiens tout simplement dépassés. Après avoir semé le chaos, les libéraux cherchent maintenant à accroître leur pouvoir, non pas pour régler les problèmes, mais pour cacher le fiasco qu'ils ont eux-mêmes causé.
Il ne faudrait pas non plus oublier ce que la crise frontalière coûte aux contribuables. Les conservateurs ont découvert à quel point les libéraux gèrent mal le Programme fédéral de santé intérimaire. Sous les libéraux, les dépenses qu'assume le gouvernement fédéral pour les soins offerts aux demandeurs d'asile ont explosé pour atteindre 456 millions de dollars par année, soit une augmentation de 1 186 % par rapport à 2016. La protection comprend des avantages que de nombreux Canadiens doivent payer eux‑mêmes ou dont ils ne bénéficient carrément pas, comme les soins de la vue, le counseling, la physiothérapie, les appareils fonctionnels, les soins à domicile, les foyers pour personnes âgées et les médicaments.
Les Canadiens sont des gens compatissants, mais est-il vraiment juste que des non-citoyens obtiennent des soins de santé que des Canadiens eux-mêmes ne reçoivent pas?
Depuis que les libéraux sont arrivés au pouvoir, les demandes ont augmenté de 376 % et les remboursements de 1 100 %. Les libéraux ont dépensé 1,1 milliard de dollars en hôtels pour les demandeurs d'asile et ils ont accordé 1,5 milliard de dollars de plus aux provinces pour les coûts liés aux réfugiés. En attendant, des citoyens canadiens attendent dans les salles d'urgence, des aînés ne peuvent pas obtenir de soins de longue durée et des familles n'arrivent pas à trouver de médecin.
Les Canadiens sont compatissants, mais est-il vraiment juste que des non-citoyens obtiennent de meilleurs soins de santé que les Canadiens et les nouveaux arrivants respectueux des lois qui ont payé leurs impôts et leurs dus toute leur vie? Il n'y a que les libéraux pour penser que cette situation est acceptable.
Le libéral et les députés libéraux ont créé un système où les Canadiens paient, font des sacrifices et attendent pendant que tous les autres ont la priorité. Les Canadiens contribuent au système de santé toute leur vie. Les aînés et les familles de tout le pays méritent de récolter les fruits de leur dur labeur en obtenant des soins quand ils en ont besoin, mais le système de santé est déjà débordé et saturé. Des aînés canadiens n'arrivent pas à obtenir le traitement dont ils ont besoin. Cette situation n'est pas viable.
Les Canadiens sont des gens fiers qui se soucient des autres, mais ça ne veut pas dire que les demandeurs d'asile qui attendent que leur dossier soit traité doivent avoir accès à de meilleurs avantages que les Canadiens. Une réforme immédiate du système s'impose. Les libéraux disent faire preuve de compassion; je dirais plutôt qu'ils trahissent les contribuables canadiens. Leur approche n'est pas viable, et elle est injuste. Les Canadiens attendent plus de la part du gouvernement libéral.
Il faut mettre en évidence les lacunes de ce projet de loi tout au long du processus afin de le rendre avantageux pour les Canadiens. Les conservateurs militeront toujours pour la sécurité des frontières, pour la protection de la vie privée et la liberté, pour que les trafiquants de fentanyl et les criminels violents soient mis en prison, et non en liberté sous caution, pour qu'il n'y ait plus de centres de consommation de drogues à proximité des écoles et pour que le système d'immigration soit équitable, durable et qu'il fasse passer les Canadiens en premier. La compassion doit avoir des limites, c'est pourquoi l'immigration doit être légale et la souveraineté doit être préservée. Notre pays mérite qu'on se batte pour lui. Nos frontières sont importantes, notre sécurité est importante, notre liberté est importante, notre vie privée est importante et les Canadiens sont importants. Les conservateurs défendront toujours les intérêts des travailleurs canadiens.
Les libéraux continuent de détourner l'attention de la crise à la frontière, de la crise de la criminalité et de la crise de l'immigration, qui sont entièrement attribuables à leur gouvernement. Ce projet de loi n'arrangerait pas les choses. Il n'empêcherait pas les drogues, les armes à feu, les membres de gangs et les migrants de passer illégalement la frontière à des niveaux records. Nous ne laisserons pas les libéraux se servir du projet de loi pour porter de nouveau atteinte à la vie privée, aux droits et aux libertés des Canadiens.
Les conservateurs vont se battre pour les Canadiens. Nous nous battrons pour ramener la sécurité dans nos rues, sécuriser la frontière, rétablir notre souveraineté et redonner la priorité aux intérêts des Canadiens.
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Madame la Présidente, nous savons que les attaques contre les immigrants et les demandeurs d'asile aux États‑Unis touchent majoritairement les personnes de couleur. Je ne veux pas que le Canada tolère le genre de comportement raciste, dogmatique et fasciste que l'on observe au sud de la frontière.
Tout comme le projet de loi , qui est inconstitutionnel, le projet de loi conférerait au Cabinet le pouvoir de prendre des décrets « dans l'intérêt public ». Il donnerait au gouvernement le pouvoir absolu de ne plus accepter de demandes de visa ou de permis de séjour, de suspendre le traitement des demandes d'immigration et de prendre des mesures ciblées contre « certains étrangers ».
Il n'existe aucune définition de l'« intérêt public » dans le droit canadien, et le projet de loi n'en donne aucune explication. Comment alors pouvons-nous affirmer que le Cabinet libéral ou tout autre Cabinet futur n'agira pas dans son propre intérêt ou, pire encore, dans l'intérêt du gouvernement Trump en vertu de ce projet de loi inconstitutionnel?
Le projet de loi serait également très problématique pour la sécurité des femmes et des filles. D'ailleurs, plusieurs organisations féminines, dont Hébergement femmes Canada, la Fondation canadienne des femmes et le Fonds d'action et d'éducation juridiques pour les femmes, ont déclaré: « Les survivant·e·s de violences [...] sont particulièrement affecté·e·s par les délais arbitraires et les voies restreintes en matière d'immigration, qui leur refusent la possibilité de chercher protection quand elles en ont le plus besoin. Toute modification du C‑2 qui ne supprime pas les dispositions en matière d'immigration continuera de mettre les femmes vulnérables en danger. »
Une vaste coalition de groupes de défense des libertés civiles, d'organismes de protection des données, d'organismes de défense des droits des réfugiés et des migrants ainsi que d'organismes de justice entre les femmes et les hommes s'oppose fermement à ce que le gouvernement présente le projet de loi , qui vise à accélérer l'adoption du projet de loi plutôt qu'à régler de nombreux aspects de sa myriade de problèmes. Par ailleurs, une coalition de plus de 300 organisations réitère son appel au retrait pur et simple des deux projets de loi. Cette coalition comprend Amnistie Internationale, l'Association canadienne des libertés civiles, l'association des libertés civiles de la Colombie‑Britannique, le Congrès du travail du Canada, l'Église Unie du Canada, l'organisme Migrant Rights Network et le Conseil canadien pour les réfugiés.
Tim McSorley, qui fait partie de la Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles, a déclaré:
Le projet de loi C‑12 ne corrige pas le projet de loi C‑2 ; il accélère certains des aspects les plus graves, tout en maintenant le reste [...] Notre gouvernement a clairement indiqué qu’il continuerait de défendre chaque mesure violant le droit à la vie privée contenue dans le projet de loi C‑2, et ne présente le projet de loi C‑12 que pour faire adopter plus rapidement des restrictions aux droits des personnes migrantes et réfugiées.
En tant que parlementaires, nous avons l'obligation d'appliquer le droit international, y compris les conventions internationales dont le Canada est signataire. Cela comprend les conventions internationales sur les droits de l'homme qui accordent aux demandeurs d'asile le droit de demander la protection contre les poursuites. Je pense entre autres à l'article 14 de la Déclaration universelle des droits de l'homme et à la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. L'un des principes fondamentaux est le non-refoulement, ce qui signifie qu'aucun pays ne peut expulser des réfugiés vers un endroit où leur vie ou leur liberté est en danger. Les pays sont tenus d'évaluer les demandes d'asile de manière équitable et de prévenir le renvoi de réfugiés vers une situation dangereuse.
Je pense aux nombreux réfugiés qui ont élu domicile dans Winnipeg‑Centre. Je suis fière de les avoir maintenant comme voisins après qu'ils aient fui des conditions de vie ou de mort. Nous avons l'obligation légale de ne pas leur fermer nos frontières.
L'article 14 dit ceci: « Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays. » L'article 14 précise également que ce droit ne s'applique pas aux personnes véritablement poursuivies pour des crimes ou des actes apolitiques qui vont à l'encontre des principes des Nations unies.
Le principe de non-refoulement est fondamental. C'est un principe fondamental du droit international. Il figure également dans d'autres traités internationaux en matière de droits de la personne dont le Canada est signataire. Il interdit le retour forcé de réfugiés dans un pays où leur vie ou leur liberté est gravement menacée. Ce principe est considéré comme un droit international coutumier qui s'applique à tous les pays.
J'ai pris très au sérieux la position du NPD à l'égard de ce projet de loi, qui violerait le droit international. En réalité, il s'agit d'un projet de loi qui violerait la primauté du droit. Il aurait une incidence sur notre réputation dans le monde entier, sans compter qu'il alimente les clichés racistes, anti-immigrants et xénophobes en provenance du Sud. Réduisons cette voix au silence et soyons ce que le Canada a toujours été, un pays accueillant pour tous.
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Madame la Présidente, avant de commencer mon discours, je me permets de remercier Divya Dey, qui participe présentement au Programme de stage parlementaire et qui m'a fait le grand privilège de me choisir pour son premier séjour avec un député de la Chambre des communes. C'est une jeune femme brillante et dynamique de la grande région de Toronto qui parle un excellent français et qui a choisi un député d'une région rurale du Québec. J'espère que beaucoup de gens de Toronto vont faire la même chose et suivre son exemple afin de découvrir les belles régions du Québec.
Divya m'a aidé aujourd'hui dans la recherche et la rédaction de ce discours. Évidemment, le côté partisan de mon discours a été ajouté de ma propre main, parce que les stagiaires doivent être non partisans pendant leur séjour chez nous. Je tenais à aviser les gens qu'il y a certains passages qui sont de mon propre cru. Je félicite tous les stagiaires pour leur parcours et toute l'organisation et les commanditaires de ce programme magnifique, qui permet à de jeunes Canadiens de vivre au cœur des décisions de notre belle Colline du Parlement.
Revenons au sujet à l'ordre du jour aujourd'hui, c'est-à-dire le projet de loi . Avant d'entrer dans les détails du projet de loi, j'aimerais prendre un pas de recul pour regarder l'ensemble de l'œuvre de cet autre gouvernement libéral après 10 ans. Je pense que, depuis l'élection de ce , on assiste à la plus grande opération nid-de-poule de l'histoire du Canada.
Qu'est-ce qu'un nid-de-poule? Après un long et dur hiver, quand la neige a fondu, nous découvrons que nos routes sont pleines de trous. Il y en a des gros, des petits, des très gros et des trous en devenir. Il y a des trous partout, particulièrement dans nos municipalités. Juste avant l'été, quand le printemps commence à montrer le bout de son nez, les équipes des voiries municipales se mettent au travail pour boucher le plus de trous possible le plus vite possible pour éviter que les trous deviennent plus grands, que les automobiles se brisent et que des piétons se blessent. On le fait avec la meilleure intention du monde, je n'en doute pas.
Cependant, tout est bon pour boucher les trous. On agit vite. On sait que ce que l'on répare ne sera pas vraiment réparé parce qu'on fait une réparation sommaire. On va devoir revenir un peu plus tard. On intervient pour l'apparence, tout en sachant fort bien que les réparations sont esthétiques, ce qui fait que le problème, au lieu d'être corrigé, va s'amplifier d'année en année. L'année suivante, il va falloir revenir parce que le trou va être un peu plus gros. Si on s'est contenté de faire une réparation sommaire, il va falloir revenir encore l'année d'après.
Quel est le rapport avec le projet de loi C‑12? Avant qu'on me pose la question de l'autre côté de la Chambre, je vais l'expliquer. C'est très simple. On dirait qu'on sort d'un très long hiver qui dure depuis 10 ans, durant lesquels les libéraux ont creusé des trous un peu partout. Il y a des nids-de-poule dans tous les ministères après 10 ans de mauvaise gestion libérale. Que ce soit en matière de justice, d'immigration, d'émission de passeports ou de délais à l'Agence du revenu du Canada, le long hiver libéral a creusé des trous un peu partout.
Je n'ai pas parlé de l'énorme trou, c'est-à-dire le nid-de-poule des finances. C'est le plus important de tous, avec un déficit qui a doublé et des dépenses inflationnistes qui ont créé un paquet de petits trous un peu partout dans toutes les poches des Canadiens et des Canadiennes, qui n'arrivent plus à payer leurs factures à la fin du mois. Ils sont à 200 $ de ne pas y arriver, de ne pas être capables de payer tout ce qu'ils ont à payer à la fin du mois. Ils ont de la misère et doivent faire des choix difficiles à l'épicerie.
Aujourd'hui, les libéraux tentent de nous dire que le printemps montre le bout de son nez. Ils ont regardé sous la neige après leurs 10 ans au pouvoir, et ce qu'ils ont vu n'est vraiment pas beau. Leurs politiques idéologiques woke libérales ont causé beaucoup de dommages, que les Canadiens vont devoir payer pendant des années.
Je l'ai dit, une opération nid-de-poule, c'est une opération esthétique qui ne sert pas à réparer pour de bon, mais bien à réparer des trous de façon sommaire. Le projet de loi C‑12, après l'échec du projet de loi , est une opération de réparation sommaire des dommages causés par les libéraux au cours des 10 dernières années. En passant, cette partie-là ne vient pas de la stagiaire. Je veux le préciser.
Parlons de l'immigration. Le gouvernement a créé une dépendance de nos entreprises envers les travailleurs étrangers temporaires. Maintenant, avec le projet de loi , on va punir ces mêmes personnes à qui on a fait des promesses quand elles ont décidé de venir s'établir ici, au Canada. Ce n'est pas uniquement une question de compassion, c'est une question de contradiction. On a créé une dépendance au sein de nos entreprises et, aujourd'hui, on tente de briser cette dépendance sans avoir de plan, en laissant les entreprises et les travailleurs dans l'incertitude. Surtout, on oublie que les personnes touchées sont des êtres humains avec des enfants, des familles, et un rêve: celui de s'établir au Canada.
Au départ, le programme des travailleurs étrangers temporaires avait l'objectif précis de répondre à des pénuries de main-d'œuvre temporaires. Toutefois, sous les libéraux, ce programme a pris de l'ampleur et on l'a transformé en solution permanente à des problèmes que le gouvernement refusait d'aborder. Ce programme fonctionnait bien et il atteignait ses objectifs, mais on a tellement créé le chaos et négligé ce programme que, aujourd'hui, les gens qui devraient pouvoir passer par les bonnes portes n'ont plus le temps de le faire, parce que le système est tout simplement brisé.
Avec le projet de loi C‑12, on ne corrige pas le problème des travailleurs temporaires. Ce projet de loi va rendre cela de plus en plus difficile pour toutes ces personnes que nous avons accueillies à bras ouverts après le gazouillis de l'ancien premier ministre invitant les gens à venir au Canada. Ce message a été entendu partout au pays, mais, aujourd'hui, il fait beaucoup de malheureux. Nous en avons tous des échos dans nos bureaux de circonscription. C'est une grande improvisation qui a fait du mal à des personnes, à des familles et à des entreprises.
Après une décennie de gestion absolument désastreuse du système d'immigration par les libéraux, le nombre de demandes d'asile s'élève maintenant à 296 000. C'est énorme. Pensons-y: il y a 10 ans, on en comptait 10 000 et maintenant, il y en a 296 000. Au rythme actuel, il faudra 25 ans pour traiter ces 296 000 dossiers en attente. Pensons-y un instant, c'est absolument inacceptable. C'est désastreux. C'est l'attitude du gouvernement libéral concernant l'immigration dans son ensemble qui a créé des situations vraiment désespérées, et surtout désespérantes pour les personnes qui doivent les traverser.
Parlons maintenant des crimes. Je vais laisser parler les chiffres. Le nombre total de crimes violents a augmenté de 49,84 % après 10 années de gouvernance libérale. Les homicides ont augmenté de 28 %. Les homicides liés aux gangs ont augmenté de 78 %. Le nombre d'agressions sexuelles a augmenté de 74 %. L'extorsion a augmenté de 357 %. Quels ont été les moyens mis en place par les libéraux pendant l'hiver pour protéger les Canadiens? La réponse est: rien. Au contraire, ils ont contribué à cette situation en adoptant des projets de loi comme les projets de loi et , qui libèrent les criminels, qui permettent à des agresseurs de purger leur peine à la maison et qui forcent les juges à libérer le plus vite possible les criminels.
Depuis son élection, il y a maintenant sept mois, ce , qui avait promis d'agir, n'a malheureusement rien fait. Le projet de loi va peut-être boucher des trous, mais on ne va pas réussir à apaiser la crainte des Canadiens qui n'ont jamais vu autant leur pays changer qu'au cours des 10 dernières années de ce long hiver libéral.
Le temps file. Les libéraux tentent de nous dire que le printemps s'en vient. Toutefois, l'opération nids-de-poule n'est pas encore commencée que l'hiver semble déjà sur le point de recommencer. Jamais on n'a vu une opération nids-de-poule aussi mal foutue. Alors que ce avait promis de dépenser moins, il dépense deux fois plus que son prédécesseur. Il avait promis de maintenir le déficit, mais nous apprenons maintenant qu'il sera bien supérieur à celui prévu par le premier ministre le plus dépensier du Canada juste avant lui. On ne répare pas les nids-de-poule, on en creuse et on en fait des plus gros. On entrevoyait le printemps, et c'est une autre tempête de dépenses libérales qu'on va recevoir.
Aujourd'hui même, le premier ministre a confirmé à la Chambre qu'il allait faire un déficit générationnel, le 4 novembre prochain. Ne soyons pas dupes, le projet de loi C‑12 va permettre de boucher quelques trous, mais les causes profondes du legs libéral des 10 dernières années vont malheureusement rester.
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Madame la Présidente, je suis heureux d'avoir l'occasion de prendre la parole au sujet du projet de loi . C'est la quatrième fois que je le fais dans le cadre de l'étude d'un projet de loi d'initiative ministérielle au cours de la présente législature.
Pour la première fois, je pense que c'est l'histoire du projet de loi plutôt que son contenu que je trouve le plus intéressant. Je m'excuse auprès de ceux qui nous suivent à la maison si cela ressemble un peu à de la cuisine interne, mais dans chaque législature, le gouvernement présente des projets de loi et les numérote de façon séquentielle. Après le , un projet de loi symbolique qui sert à présenter le discours du Trône, il y a eu le projet de loi . Le projet de loi dont nous sommes saisis aujourd'hui, c'est‑à‑dire le projet de loi , reprend certains éléments du C‑2 qu'il a fallu rescaper de la désastreuse mesure législative initiale. C'est comme si les libéraux avaient fait sauter leur propre programme législatif et que les conservateurs avaient dû inspecter à la loupe ce qu'il en restait pour y trouver quelque chose de récupérable. Quelle honte pour le gouvernement.
Le nouveau a fait campagne en misant sur son expertise en administration publique, lui qui a passé la majeure partie de sa carrière comme bureaucrate. Il attendait en coulisses depuis dix ans pour imposer son programme législatif. Les députés d'en face se souviennent-ils quand on lui a demandé s'il pensait un jour devenir premier ministre? Il avait répondu: « Pourquoi deviendrais-je un clown de cirque ». Eh bien, c'est chose faite. Il s'est ridiculisé.
Le projet de loi est la toute première mesure législative présentée par le gouvernement du , et il a dû être scindé de cette façon. Quelle honte.
Pourquoi a-t-il fallu le scinder? C'est parce que le prédécesseur du projet de loi contenait des dispositions tellement mauvaises qu'aucun député, quelle que soit son allégeance, ni aucun Canadien ne pouvait se résoudre à les défendre.
Le projet de loi comprend une disposition qui permettrait aux policiers de demander à un médecin, sans mandat, si une personne a déjà eu recours à ses services, ce qui est répréhensible. Je suis médecin, et, bien franchement, cela m'offusque en tant que Canadien et que personne, mais cela insulte également toute ma profession. Une telle chose violerait non seulement la Charte des droits et libertés, mais aussi le serment d'Hippocrate. Si un député d'en face ou son enfant consultait un médecin spécialisé en toxicomanie, en santé mentale, en maladies transmises sexuellement ou en médecine de la reproduction, sur quelle planète pourrait-il penser qu'il est approprié qu'un policier demande à ce médecin de lui dire qu'ils sont ses clients?
Encore une fois, je soupçonne les députés d'en face de se préparer à dire que je suis en quelque sorte en train de faire une interprétation farfelue de leur projet de loi. Je vais de nouveau leur citer leur fichu projet de loi.
L'article 158 de la partie 14 se lit comme suit:
L'agent de la paix ou le fonctionnaire public peut [...] ordonner à toute personne fournissant des services au public de fournir, dans le délai et selon les modalités prévus dans l'ordre, les renseignements suivants :
a) si, oui ou non, elle fournit ou a fourni des services à tout abonné ou client [...]
C'est dingue. Il s'agit encore une fois d'une ingérence excessive semblable à celle du Parti communiste chinois.
Si les libéraux ne font pas confiance à mon interprétation de leur projet de loi, à l'interprétation de l'Association canadienne des libertés civiles ou à l'interprétation de la Canadian Constitution Foundation, croiront-ils leur propre , qui a présenté le projet de loi? Il a été cité dans le Globe and Mail dans un article de Marie Woolf daté du 9 octobre, dont le titre indique que le ministre de la Sécurité publique affirme vouloir faire adopter des pouvoirs affinés qui ne nécessitent pas de mandat pour aider la police. Elle a écrit que le ministre de la Sécurité publique a reconnu que les « dispositions du projet de loi C‑2, le projet de loi original visant une sécurité rigoureuse à la frontière, [qui autorisent la police à demander à un] médecin sans mandat » si ses services avaient été utilisés par quelqu'un, constituaient une « ingérence excessive ».
Ce n'est pas la première fois que le a dû se servir du ministre de la Sécurité publique comme bouc émissaire. Qui pourrait oublier que, le mois dernier, il a dit à son locataire que son propre programme de confiscation des armes à feu était une mauvaise idée qu'il n'appuyait pas? J'ose croire qu'il s'agit seulement d'incompétence de la part des députés d'en face. C'est manifestement de l'incompétence, mais ce n'est pas « seulement » de l'incompétence.
Je suis médecin. Je ne signe pas des ordonnances que je n'ai pas lues. Je ne donne pas d'ordonnances auxquelles je ne crois pas, car les ordonnances sont des documents importants, et j'ai le devoir professionnel de les lire. De l'autre côté de la Chambre, il y a un ministre libéral qui ne semble pas avoir lu le projet de loi qu'il tente de faire adopter. À d'autres occasions, il a appliqué un programme de saisie d'armes à feu auquel il ne croyait pas. Aucun médecin au Canada ne tolérerait ce genre de comportement. J'ose dire qu'aucun ordre professionnel au pays ne le tolérerait. Pourquoi le tolère-t-il cela de la part de l'un des plus hauts titulaires de charge publique du pays?
Comme je l'ai dit, il ne s'agit pas seulement d'incompétence de la part des députés d'en face. Je suppose que ce n'est pas le qui a rédigé le projet de loi, mais quelqu'un l'a fait. Je veux savoir qui, car il ne s'agit pas d'une erreur ponctuelle commise par un employé subalterne au moment de rédiger un projet de loi qui violerait la Charte des droits et libertés. C'est une tendance évidente de la part du gouvernement.
Dans les trois derniers projets de loi d'initiative ministérielle dont j'ai débattu à la Chambre, c'est-à-dire les projets de loi , et maintenant , le s'arrogeait des pouvoirs considérables. Je veux savoir pourquoi.
Le projet de loi permettrait aux libéraux d'interdire sans mandat aux gens d'aller sur Internet. Le projet de loi permettrait aux libéraux de régenter ce se dit sur Internet. Le projet de loi , lorsqu'il n'était encore que le projet de loi , aurait non seulement porté atteinte au secret médical, mais aussi permis au gouvernement de lire des envois sans mandat.
Que se passe‑t‑il en face? Pourquoi la réponse des libéraux à tous les problèmes sociaux possibles et imaginables consiste‑t‑elle à violer les droits garantis par la Charte? Qui rédige les projets de loi?
Je sais que, dès que j'aurai terminé, le député de demandera pourquoi nous ne réglons pas ce problème au comité. À cela, je répondrai que oui, nous devrons le faire, mais que tous les députés devraient protéger les droits garantis par la Charte. Le comité ne devrait pas être le gardien de la Charte. Les conservateurs ne devraient pas avoir à jouer les gardiens de la Charte pour empêcher les libéraux de violer les droits qui y sont inscrits. Ce sont les libéraux. Ils sont censés croire à la liberté. Honnêtement, je commence à me demander s'ils ont oublié la signification du nom de leur parti.
Voici ce que l'Encyclopædia Britannica entend par libéralisme:
Doctrine politique qui considère la protection et le renforcement de la liberté individuelle comme le problème central de la politique. Les libéraux pensent généralement que le gouvernement est nécessaire pour protéger les individus contre les préjudices causés par autrui, mais ils reconnaissent également que le gouvernement lui-même peut constituer une menace pour la liberté.
Les députés d'en face se reconnaissent-ils dans cette définition aujourd'hui? Six mois se sont écoulés depuis mon élection à la Chambre, et pas une seule fois, entre toutes les fois où ils tentent de s'arroger tous les pouvoirs, je ne les ai entendus faire la moindre allusion à la liberté individuelle ou au fait que le gouvernement lui-même risque de menacer cette liberté.
Les conservateurs veulent préserver la liberté des gens. Les libéraux, eux, sont censés vouloir l'élargir, mais c'est la troisième fois en six mois qu'ils essaient de nous en passer une petite vite. Je leur demande sincèrement d'y réfléchir. Sont-ils encore libéraux ou sont-ils devenus quelque chose de plus sinistre? Comment se fait-il qu'ils ne cessent de trahir la tradition libérale à la Chambre?
Je voudrais demander aux libéraux, en particulier les députés d'arrière-ban, si c'est ce qu'ils se sont engagés à faire lorsqu'ils ont adhéré au Parti libéral et si le Cabinet du premier ministre leur avis avant d'essayer de faire adopter le projet de loi à toute vapeur à la Chambre. Pourquoi ne font-ils pas ce qui s'impose en retirant complètement le projet de loi au lieu d'essayer de le faire adopter à la pièce?
Le projet de loi C‑12, qui est un élément du projet de loi , sera renvoyé au comité, mais nous ne devons pas oublier le monstrueux projet de loi omnibus d'où il provient. Nous ne devons pas oublier les questions de compétence que soulève l'histoire du projet de loi , et nous ne devons pas non plus fermer les yeux sur les tendances autoritaires des soi-disant libéraux que cette histoire nous a révélées.