propose que le projet de loi , soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.
— Monsieur le Président, c'est un immense honneur pour moi d'intervenir aujourd'hui afin de présenter des modifications importantes à la Loi sur le divorce au moyen d'un projet de loi intitulé « Loi visant à assurer la protection des enfants ».
Ce projet de loi permettrait aux enfants de s'exprimer dans les procédures de divorce et mettrait fin à la pratique de plus en plus courante et préoccupante qui consiste à ignorer les opinions et les préférences des enfants sous prétexte qu'ils ont été influencés ou manipulés par l'un de leurs parents. Il empêcherait les juges de limiter le temps passé par un enfant avec l'un de ses parents dans le but d'améliorer sa relation avec l'autre parent, et il empêcherait les tribunaux d'obliger les enfants à suivre ce qu'on appelle une « thérapie de réunification ».
Ce projet de loi exigerait des conseillers juridiques qu'ils remédient aux effets de la violence familiale et du contrôle coercitif plutôt que de les minimiser ou même de punir les divulgations. Il modifierait le principe actuel des tribunaux familiaux selon lequel les enfants sont considérés comme des biens qui doivent être répartis équitablement entre les parties lors d'un divorce.
Je tiens à remercier l'Association nationale Femmes et Droit, et en particulier Suzanne Zaccour, de m'avoir fait prendre conscience il y a environ un an des problèmes extrêmes et généralisés qu'on observe dans les tribunaux de la famille. L'Association m'a présenté des survivants, des parents accusés d'aliénation et des enfants forcés de suivre des programmes bizarres qui ressemblent à la thérapie de conversion que la Chambre a interdite il y a quatre ans. J'ai été horrifiée. J'ai invité toutes ces personnes à témoigner devant le comité de la condition féminine l'année dernière dans le cadre de notre étude sur le contrôle coercitif, et je suis certaine que tous les députés qui étaient présents lors de leur témoignage s'en souviendront très bien.
Les représentants de l'Association ont travaillé avec moi tout au long de l'été et au début de l'automne à l'élaboration de ce projet de loi. Je note que le gouvernement demande certains amendements, qui me semblent raisonnables, afin de maintenir l'intégrité du système tout en restant fidèle aux principaux concepts de cette loi, comme je viens de le souligner.
Pendant que je travaillais à l'élaboration de ce projet de loi, j'ai reçu tellement d'appels de victimes et de survivants qui voulaient me raconter leur histoire que je n'ai pas trouvé le temps de toutes les écouter. Une femme d'Hamilton était sur le point de perdre son enfant à cause d'accusations d'aliénation parentale, alors je me suis rendue chez elle. Je les ai rencontrées, elle et sa fille de 9 ans. De toute évidence, elles entretenaient une relation basée sur l'amour. Elles étaient toutes les deux terrifiées à l'idée que la police arrive pour forcer la petite à être placée sous la garde de son père, qu'elle ne connaissait pas très bien, avec qui elle n'avait jamais vécu et au sujet duquel elle avait révélé une histoire troublante qui laissait entendre qu'elle avait été victime d'une agression sexuelle.
Le transfert n'a pas eu lieu ce soir-là, mais, le lendemain, pendant que la mère et sa fille étaient à l'hôpital aux prises avec de l'anxiété, c'est arrivé, et la mère m'a écrit par la suite. Elle a dit: « 12 policiers m'ont forcée à la faire descendre sept étages, à son corps défendant, et m'ont dit que je serais arrêtée devant elle si je ne l'emmenais pas jusqu'à la camionnette de son père. Je ne voulais pas qu'elle se souvienne de moi comme d'une mère qui l'a poussée vers le danger et, si je me faisais arrêter, je ne pourrais pas non plus me battre pour elle. »
Cette mère n'a eu aucun contact avec sa fille depuis des mois. Elle affirme que ce projet de loi briserait les chaînes qui musellent nos enfants et les libérerait de la maltraitance et de l'esclavage.
Les opinions des enfants ne peuvent pas être mises de côté dans le cadre d'un divorce. Les enfants font partie intégrante du divorce. Ils devraient avoir leur mot à dire. Le Canada a ratifié la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant en 1991. L'article 12 garantit aux enfants le droit d'exprimer leur opinion sur les questions qui les concernent et souligne la nécessité de leur donner la possibilité d'être entendus dans toute procédure judiciaire qui les concerne.
Le Canada a ratifié la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes en 1981. Son application est surveillée par le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes, également appelé CEDAW. L'année dernière, le CEDAW a appelé le Canada à empêcher le recours aux allégations d'aliénation parentale. Dans un communiqué de presse, il a déclaré: « Les maisons d'hébergement pour femmes, les chercheurs, les prestataires de services, les professionnels du droit et les experts s'accordent tous pour dire que les accusations d'aliénation parentale sont encore instrumentalisées contre les victimes de violence familiale. »
De nombreuses survivantes citent le rapport de 2023 sur la violence à l'égard des femmes et des filles, ses causes et ses conséquences, rapport qui a été rédigé par la rapporteuse spéciale des Nations unies Reem Alsalem. Elle a fait valoir que tous les pays devraient adopter une mesure législative interdisant le recours à des allégations d'aliénation parentale dans les litiges relatifs à la garde des enfants. Elle a déclaré ce qui suit au sujet de l'aliénation parentale:
1) Cette théorie a été rejetée par des associations de médecins, de psychiatres et de psychologues et, en 2020, supprimée de la Classification internationale des maladies de l'Organisation mondiale de la Santé. Néanmoins, elle a suscité énormément d'intérêt et a été largement utilisée dans les tribunaux des affaires familiales du monde entier pour réfuter des allégations de violence domestique et sexuelle.
2) Le présent rapport montre comment des auteurs de violences utilisent le pseudo-concept d'aliénation parentale, non scientifique et largement réfuté, dans le cadre de procédures relevant du droit de la famille pour continuer à commettre des violences et maintenir leur emprise et pour contrer les allégations de violence domestique formulées par des mères qui cherchent à protéger leurs enfants.
Examinons ce que font d'autres pays. Au Brésil, l'aliénation parentale est une infraction d'ordre civil qui peut entraîner des procédures au criminel. L'Université de Manchester a mené une étude qui a révélé qu'au Brésil, malgré les mauvais traitements signalés par les mères et les enfants, les pères restaient en contact direct avec les enfants. De nombreuses mères ont perdu la garde de leurs enfants, voire tout lien avec eux. Cinq enquêtes criminelles sur huit concernant l'exploitation sexuelle des enfants, le viol d'enfants et la violence familiale infligée par le père ont été closes lorsqu'il y a eu des allégations d'aliénation parentale. Il y a eu tellement de controverse au sujet des préjudices causés aux femmes et aux enfants que, cette année, le Brésil a présenté un projet de loi visant à éliminer la notion d'aliénation parentale des lois du pays.
L'Espagne, au contraire, dispose d'une loi qui interdit expressément les accusations d'aliénation parentale. Cette année, l'Irlande s'est engagée à suivre l'exemple de l'Espagne. Au Royaume-Uni, le droit de la famille accorde la priorité à l'intérêt de l'enfant, et les allégations de violence familiale passent avant les allégations d'aliénation parentale.
Aux États‑Unis, la responsabilité incombe à chaque État. L'Arizona, la Californie, le Colorado, le New Hampshire, la Pennsylvanie, le Tennessee et l'Utah ont tous mis en œuvre la loi de 2022 du président Biden intitulée Keeping Children Safe from Family Violence Act, qui interdit les recours liés à l'aliénation parentale. Plusieurs cas aux États‑Unis ont fait les manchettes. Notamment, la Denver Gazette a publié un article l'an dernier faisant état d'un homme faisant face à des accusations criminelles pour avoir violé à répétition ses trois filles qui s'est vu ordonner par le tribunal de suivre une thérapie de réunification, alors que sa femme, elle, est allée en prison pour avoir refusé de la suivre.
L'aliénation parentale est un concept élaboré à la fin des années 1980 par le psychiatre Richard Gardner. Il affirmait à l'époque que ce phénomène impliquait souvent des allégations d'agression sexuelle fausses et malveillantes portées par la mère contre le père dans le but d'obtenir la garde exclusive et de faire sortir le père de la vie de leurs enfants. C'est un concept axé essentiellement sur les droits des pères, indépendamment des circonstances et des mauvais traitements infligés.
Selon l'American Psychological Association, « aucune étude empirique rigoureuse n'a confirmé ce phénomène, et aucun processus d'évaluation normalisé ni critère diagnostique spécifique n'ont été établis à son sujet ».
L'Association s'inquiète de l'influence de ce concept dans le contexte juridique.
Les recours en matière d'aliénation parentale ordonnés par les tribunaux ont été jugés très préjudiciables aux enfants. La thérapie de réunification est également appelée thérapie de réintégration, thérapie familiale à plusieurs volets, thérapie familiale multimodale, thérapie de réconciliation et thérapie pour la dynamique de résistance ou de refus inflexible. Il existe une multitude de noms utilisés de manière interchangeable, ce qui ajoute à l'ambiguïté et au caractère controversé de ces approches. Le plus préoccupant est peut-être la nature lucrative de ces thérapies, qui a entraîné une explosion du nombre de pseudo-experts. L'an dernier, dans la revue Family Law Quarterly,Chadwick et Sloan ont écrit:
Loin de se laisser décourager par l'absence de preuves scientifiques solides, une industrie artisanale de camps de réunification a profité de la popularité du concept d'aliénation parentale, facturant des milliers de dollars pour supposément déprogrammer des enfants qui ont été aliénés d'un parent n'ayant pas leur garde.
Les ordonnances de la cour peuvent inclure des agents de transport qui retirent un enfant d'un foyer, d'un palais de justice ou de tout autre endroit où il se trouve pour l'amener dans un camp. Afin d'éviter tout risque de traite de personnes, la tutelle de l'enfant est transférée à chaque étape de l'opération. Souvent, les enfants ne consentent pas à ce traitement, ce qui contrevient à la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant et aux lois canadiennes sur le consentement aux soins de santé.
D'autres solutions à l'aliénation parentale sont tout aussi préjudiciables, y compris les interactions forcées entre un parent avec qui un enfant n'avait plus d'interactions pour une bonne raison, les renversements immédiats de la garde, l'interdiction d'interaction entre la mère et l'enfant, l'application de la loi par la police et les ordonnances de frais à l'encontre des mères considérées comme aliénantes. Ce sont là toutes des raisons pourquoi ce projet de loi ferait bien plus que simplement interdire les allégations d'aliénation parentale devant les tribunaux de la famille.
Les uns après les autres, les témoins qui ont comparu devant le comité de la condition féminine l'an dernier ont révélé à quel point les allégations d'aliénation parentale sont un fléau dans les tribunaux canadiens. Les agresseurs ne cessent pas d'essayer de contrôler et de dominer simplement parce que leur partenaire est parti; dans bien des cas, la violence s'aggrave. Carrie Leonetti, professeure à la faculté de droit de l'Université d'Auckland, a déclaré au comité que les pères violents sont deux fois plus susceptibles de demander la garde de leurs enfants après une séparation que les pères non violents. Les tribunaux leur accordent la garde dans environ 70 % des cas.
Elle a déclaré:
Au cours des deux dernières décennies, le pendule des tribunaux de la famille est passé de la croyance et de la protection des enfants à l'incrédulité, au silence et à la sanction de leurs révélations, à la pathologisation des enfants comme étant intrinsèquement incapables de former et d'exprimer des opinions authentiques, et au renforcement des droits des pères aux dépens de la sécurité des femmes et des enfants. L'idéologie de « l'aliénation parentale » a été le moteur de ce retour en arrière.
Elle a déclaré que « le concept d'aliénation parentale est un préjugé sexiste déguisé en science de pacotille » et que plus de 90 % des personnes accusées sont des femmes et que la plupart d'entre elles sont victimes de violence de la part d'un partenaire intime. Elle a ajouté: « Les juges et les psychologues sont obsédés par l'idée que, lorsque des enfants révèlent avoir été maltraités par leur père, résistent à leur prise en charge et demandent une protection, c'est leur mère qui représente le véritable problème. »
Maintenant, des professionnels disent aux Canadiens de ne pas prétendre qu'ils sont victimes de mauvais traitements et de ne pas demander de protection parce que cela met leur enfant encore plus en danger. C'est ce que l'on nous a dit au comité. Les Services aux victimes d'Ottawa et la Société Elizabeth Fry du Nouveau‑Brunswick nous ont dit que de nombreuses victimes estiment que « le prix à payer pour quitter le milieu violent est encore plus élevé que celui à payer pour rester à la maison ». Des témoins ont dit que la thérapie de réunification s'apparentait à la reprogrammation forcée des enfants, ce qui mène souvent à un traumatisme psychologique, et non à une relation familiale renouvelée.
Un chercheur nous a dit que les enfants sont réduits au silence et que les mères sont jugées « aliénantes » pour des réactions normales à de mauvais traitements ou des comportements normaux, comme le fait de ne pas avoir de photos de leur ex-conjoint dans leur maison. Un autre a prévenu que plusieurs fournisseurs américains de thérapies de réunification s'installent au Canada parce que des États adoptent des lois sur la sécurité des enfants comme celle que je présente aujourd'hui.
Une mère qui s'est fait traiter d'aliénante nous a dit: « Aucun mode de contact n'est permis. Imaginez que vous ne puissiez même pas poster une carte d'anniversaire ou des cadeaux de Noël à votre enfant pendant des années [...] Les enfants n'ont pas le droit de faire leurs derniers adieux ou d'assister à des funérailles. » Des enfants survivants de la thérapie nous ont dit, par exemple: « Lorsque nous avons décrit des épisodes de violence émotionnelle, notre père a dit au thérapeute qu'ils ne s'étaient pas produits. Le thérapeute nous a dit que nous devions penser les choses du point de vue de notre père, que nous ne nous souvenions pas correctement des choses. » Ils ont été blâmés pour les mauvais traitements.
Une professeure de l'Université de Calgary nous a informés que « les personnes qui témoignent à titre d'experts des affaires d'aliénation parentale sont parfois les mêmes qui dirigent les camps de réunification et pourraient donc en profiter directement. » Une autre professeure, de l'Université de Stockton, nous a dit qu'une « industrie artisanale » d'avocats et de professionnels de la santé mentale qui profitent des accusations d'aliénation parentale dans les litiges concernant la garde des enfants résiste souvent à toute restriction quant à l'utilisation de ces allégations. Elle a dit que ce sont des gens qui n'ont pas de formation ou de qualifications particulières qui le font et que ce n'est pas une industrie réglementée; c'est simplement très rentable.
J'ai parlé du grand nombre d'organismes qui ont commencé à communiquer avec moi lorsque je travaillais sur ce projet de loi et depuis qu'il a franchi l'étape de la première lecture, je peux dire que des centaines d'organismes ont exprimé leur appui enthousiaste, comme Hébergement femmes Canada, l'Alliance des centres de recherche canadiens sur la violence basée sur le genre, YWCA du Canada et des dizaines et des dizaines de refuges pour femmes partout au pays.
Voici certaines observations qui m'ont été adressées dans les médias sociaux.
Une personne a déclaré: « Ce projet de loi est absolument nécessaire. En le lisant, je n'ai pas cessé de pleurer. Nos enfants doivent être entendus. Il faut transformer le système judiciaire pour qu'il cesse d'être un moyen de plus pour les agresseurs de maltraiter, de contrôler, de rabaisser et de dévaloriser leurs victimes. » Une autre personne a dit: « Ce changement ne saurait venir trop tôt. Quiconque survit au système des tribunaux de la famille apprend rapidement que les “droits de l'enfant” n'existent pas. Ces tribunaux priorisent le partage égal des responsabilités parentales avant tout. Les agresseurs invoquent l'“aliénation parentale” dans une tentative désespérée de se venger. » Une autre a dit: « On ne se connaît pas, mais je tiens à vous remercier. J'ai survécu à une agression sexuelle et ce projet de loi va changer des vies et protéger de nombreux enfants contre les mauvais traitements. » La femme d'Hamilton que j'ai mentionnée plus tôt a dit: « Ma fille a été muselée et confiée à la garde d'une personne dont elle a pourtant explicitement dit avoir peur. Le projet de loi C‑223 redonne leur voix aux enfants. »
Ces modifications s'imposent désespérément et j'implore tous les députés d'appuyer ce projet de loi.
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Monsieur le Président, il n'est jamais inutile de prendre la parole à la Chambre pour parler de quelque chose d'aussi important, d'aussi vital pour tout le monde que la force et la stabilité de la famille. C'est un mot simple, mais il signifie beaucoup pour nous tous.
Nous savons tous, en tant que députés, que notre famille est notre socle, notre principal système de soutien. Elle est comme une meneuse de claque dans les meilleurs moments et, soyons honnêtes, elle fait office de thérapeute dans les pires moments. Souvent, c'est pour elle que nous nous sommes lancés en politique. Je ne serais pas députée si ma petite-fille ne m'y avait pas encouragée. C'est ma famille qui m'incite à me battre sans relâche pour un Canada meilleur, non seulement pour les miens, mais pour toutes les familles. Je serai toujours d'abord et avant tout une épouse, une mère et une grand-mère.
Tout le monde au Canada mérite d'avoir une famille aimante à ses côtés et de vivre une relation fondée sur l'amour, la confiance et le soutien mutuel, mais malheureusement, beaucoup de gens ont une expérience différente de la famille. Le divorce a toujours été et continuera d'être une période difficile et éprouvante. Il nous touche tous d'une manière ou d'une autre. Nous avons peut-être été touchés à l'enfance ou à l'âge adulte dans notre propre mariage. Même si nous avons la chance de ne pas avoir à y faire face, des amis proches ou d'autres personnes importantes dans notre vie traversent cette épreuve. Cependant, les faits sont les faits: cette réalité existe.
Lorsqu'un divorce survient malheureusement, le cadre législatif à Ottawa devrait être conçu pour protéger les personnes, en particulier les enfants. Je ne connais pas très bien ma collègue, la députée d', mais je sais qu'elle se soucie également beaucoup des familles. J'espère pouvoir travailler avec elle sur cette question et sur d'autres dossiers également.
Cependant, plutôt que de simplement parler du divorce après coup, je pense qu'il est également important d'aborder les causes profondes et les problèmes systémiques qui conduisent au divorce en premier lieu. Quelles sont les causes du divorce? Il est bien connu que le stress quotidien n'aide certainement pas, et nous entendons tous dire que la vie devient certainement de plus en plus stressante pour les gens de notre pays, y compris dans ma collectivité. Nous en voyons la preuve un peu partout autour de nous.
Il est difficile de se payer les nécessités de la vie telles que l'épicerie, un logement et du chauffage. On considère maintenant que pas moins de 25 % des Canadiens souffrent d'insécurité alimentaire. Ils ne demandent pas des produits de luxe; ils demandent l'essentiel, mais tout coûte beaucoup plus cher qu'avant, y compris les fruits, les légumes, la viande et le café. L'épicerie est devenue un magasin de luxe.
Nous venons tout juste de recevoir de nouvelles statistiques sur l'inflation du prix des aliments au Canada: elle est deux fois plus élevée que ce que le gouvernement du Canada s'est fixé comme cible acceptable. Une fois de plus, le gouvernement doit s'octroyer une mauvaise note. On s'attend à ce que les familles canadiennes dépensent cette année 800 $ de plus à l'épicerie que l'an dernier. Alors que la moitié des gens ne sont qu'à 500 $ de l'insolvabilité, l'épicerie va coûter 800 $ de plus. Les députés peuvent faire le calcul.
Qu'est-ce que cela implique? Eh bien, que les familles doivent réduire leurs dépenses ou alors s'endetter pour pouvoir acheter les produits de première nécessité, et c'est ce qui se produit de plus en plus souvent. Que peut-il également arriver? Un divorce peut survenir. Le stress lié aux finances et à la faim peut peser lourdement sur les relations, sapant le bonheur du mariage et de la famille. Le Canadien moyen a une dette de carte de crédit de près de 5 000 $, et Equifax a constaté que 1,4 million de personnes au pays ont manqué un paiement au cours du dernier trimestre. Le gouffre se creuse de plus en plus. Pour chaque dollar que les Canadiens gagnent, ils doivent 1,74 $. Nous savons tous que cette situation est tout simplement intenable.
Que peut faire le gouvernement pour aider à éliminer les difficultés financières, qui sont un facteur important dans de nombreux divorces? Maîtriser l'inflation est essentiel. Nous connaissons les causes de l'inflation: ce sont les dépenses publiques incontrôlées qui font grimper le coût de la vie pour les Canadiens. Au lieu de réduire ses dépenses, le gouvernement dépense encore plus d'argent que lorsque Justin Trudeau était premier ministre. Nous avons déjà joué dans ce film et nous savons comment il se termine: plus de personnes qui ont recours aux banques alimentaires, plus de stress, plus de gens qui sautent des repas, et un fardeau accru pour les familles.
Que pouvons-nous faire d'autre pour apporter une stabilité financière accrue aux familles et réduire le stress qui pèse lourdement sur les Canadiens d'un océan à l'autre? Pourquoi ne pas offrir des emplois stables et bien rémunérés qui donnent aux gens la confiance financière nécessaire pour se marier, subvenir aux besoins de leur famille, acheter une maison et s'installer dans un quartier sûr?
Les gens de ma collectivité sont plus nerveux que jamais. Chaque jour, les manchettes font état de pertes d'emplois et d'entreprises qui plient bagage et déménagent au sud de la frontière. C'est ce qui s'est produit à Windsor, à Oshawa et à Ingersoll. Tout le monde craint que la même chose se produise prochainement à Cambridge, et que des milliers d'emplois soient perdus dans le secteur de l'automobile, qui est la pierre angulaire de notre ville. Lorsque le chômage augmente, le taux de divorce augmente également. C'est un fait statistique avéré.
Nous parlons de divorce, mais, pour divorcer, il faut d'abord être marié. Il n'y a pas si longtemps, les seules grandes dépenses dont il fallait se soucier étaient l'alliance, la robe et peut-être la lune de miel. Or, le mariage dont rêvent beaucoup de gens ne se résume désormais qu'à des craintes de dettes à contracter.
Avec le coût du logement qui atteint des niveaux records, qui a doublé en seulement 10 ans, et les prêts étudiants qui ne mènent pas à des emplois bien rémunérés comme promis, les gens ne s'avisent même pas de penser à ce qu'il en coûte d'élever des enfants. Le rêve canadien fondamental de profiter de son enfance, de se marier, d'acheter une maison et de fonder une famille est en train de devenir une illusion, une idée fantaisiste qui n'est jamais concrétisée.
J'ai frappé à des milliers de portes à Cambridge et à North Dumfries pendant la dernière campagne électorale. C'est de loin le principal problème dont les jeunes m'ont parlé. Ils travaillent plus fort que jamais. Ils veulent réussir dans la vie. Ils font tout ce qu'on leur a dit qu'ils devaient faire, comme obtenir un diplôme et surveiller leurs dépenses, mais le rêve ne se concrétise toujours pas. Comment le pourrait-il alors qu'ils sont forcés de vivre dans le sous-sol de leurs parents encore à l'âge de 30 ans?
Pour les quelques chanceux qui réussissent à se marier, à avoir des enfants et à vivre une existence rangée, la vie n'est pas moins stressante. Entre le travail et la maison, les journées sont bien chargées, et il faut essayer de suivre le rythme essoufflant des enfants sans crouler de fatigue. Puis, il y a le stress des factures d'épicerie et des paiements hypothécaires. Il est déjà assez dur de se rendre au bout du mois dans des conditions normales. Ajoutons à cela d'autres échecs des libéraux, et la tension atteint un point de rupture qui détruit le mariage de nombreux Canadiens.
Parfois, les deux parents doivent travailler, mais c'est impossible, parce que les services de garde sont inaccessibles et encore trop chers. Le rapport cinglant sur les services de garde au Canada publié récemment par l'organisme de surveillance indépendant du Parlement fait état de délais d'attente interminables, d'une pénurie de places et d'un rationnement des services de garde. Selon le rapport, moins de la moitié des places requises auraient été créées depuis trois ans, et il manquerait près de 70 000 places pour atteindre notre cible. Ce ne sont pas que des statistiques sur une feuille de papier; ce sont 70 000 familles qui n'ont pas accès aux services dont elles ont besoin et qui leur ont été promis par le gouvernement. Malgré cela, ces familles doivent tout de même payer plus d'impôts pour financer un service que la plupart d'entre elles ne reçoivent pas. Le stress financier augmente sans cesse, ce qui accentue la tension dans les relations.
Le mariage commence par des vœux qui disent « jusqu'à ce que la mort nous sépare ». Les échecs du gouvernement qui aggravent les difficultés des familles transforment ces vœux en « jusqu'à ce que la dette nous sépare ». Ces échecs du gouvernement font grimper l'inflation et le coût de la vie. Ils font baisser le taux de mariages et la croissance des familles. Tout cela crée un point de rupture qui fait grimper le taux de divorce et la situation s'empire davantage lorsque les procédures de divorce font intervenir l'Agence du revenu du Canada.
Si je voulais parler des choses à Ottawa qui causent du stress aux gens, je pourrais continuer, mais j'y passerais toute la journée. Il n'en demeure pas moins que les politiques du gouvernement compliquent la vie des gens de tous les horizons et rendent les mariages canadiens plus difficiles. Cela a des conséquences dévastatrices sur nos communautés, sur les familles de toutes sortes et, bien sûr, sur les enfants, qui font souvent les frais de tout cela. Notre priorité absolue doit être de protéger les enfants et de les défendre.
J'ai hâte d'étudier le projet de loi plus en détail et d'entendre les témoignages au comité, mais veillons également à nous attaquer aux causes du divorce avant qu'elles ne se produisent: le stress, l'incertitude et les conflits. Donnons aux gens les meilleures chances d'avoir des mariages longs, heureux et réussis.
Après toutes ces discussions sur le divorce, je tiens à terminer sur une note plus légère. Le mariage peut s'accompagner de nombreux obstacles qui peuvent mener au divorce, mais il peut aussi être une source de fierté. Je remercie mon mari, Bill, de son soutien indéfectible et de tout ce qu'il fait. Je ne peux imaginer personne d'autre à mes côtés. Je remercie ma famille, mes enfants et mes petits-enfants de leur compréhension, de leur amour et de leur soutien constants.
Je sais que nous ressentons tous la même chose au sujet de notre famille et que nous voulons que chaque Canadien puisse jouir du même genre de bonheur, d'amour et de soutien que le mariage peut apporter. C'est à nous, ici à Ottawa, de mettre en place des politiques qui peuvent concrétiser cette volonté. Redonnons espoir aux Canadiens et faisons revivre le rêve canadien pour tout le monde.
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Monsieur le Président, je m'exprime ce soir au sujet du projet de loi . C'est un sujet délicat qui demande toute une sensibilité. Il y a des drames humains derrière ce projet de loi, et beaucoup de détresse aussi. Je suis bien consciente que ce projet de loi fait suite à l'étude sur la criminalisation du contrôle coercitif que j'avais proposée au Comité permanent de la condition féminine.
Je vais présenter le contexte et les objectifs du projet de loi. Je sais que ce projet de loi tenait à cœur à la députée libérale d', avec qui j'ai justement travaillé au Comité permanent de la condition féminine. Il vise à modifier la Loi sur le divorce pour mieux protéger les enfants et les victimes de violence familiale. Les principales mesures qu'on y retrouve sont l'obligation pour les avocats de procéder à une évaluation du risque de violence avant de représenter un époux, la possibilité pour le tribunal de consulter directement l'enfant pour connaître son point de vue, l'interdiction pour le tribunal de tenir compte d'allégations d'aliénation parentale, sauf si elle s'inscrit dans un contexte de violence familiale, et la volonté d'éviter certains mythes et stéréotypes sur la fin de la violence après la séparation.
Je vais parler davantage du projet de loi et je vais parler de ce qui se passe au Québec. Je vais ensuite présenter quelques statistiques.
Premièrement, l'intention est louable, mais c'est un véhicule législatif qui est problématique. Le Bloc québécois partage l'objectif de mieux protéger les enfants et de prévenir la violence conjugale, bien sûr. Cependant, le texte va trop loin concernant certains aspects, notamment en voulant écarter la notion d'aliénation parentale.
Cette approche risque d'affaiblir les outils des tribunaux pour protéger les enfants dans les cas de manipulation parentale. L'aliénation parentale, c'est un concept qui est reconnu. Malgré ce qui a été dit par certaines au Comité permanent de la condition féminine durant l'étude sur la criminalisation du contrôle coercitif, l'aliénation parentale n'est pas une invention idéologique, mais un phénomène psychologique observé et documenté par la recherche et la pratique.
Selon une définition reconnue par le Parental Alienation Study Group, l'aliénation parentale survient lorsque l'enfant s'allie fortement à un parent et rejette l'autre sans raison valable. Des experts comme le Dr Hubert Van Gijseghem et Me Jérôme Harrisson reconnaissent la complexité du diagnostic, mais confirment sa réalité clinique. Les comportements aliénants ne sont pas genrés. Hommes et femmes peuvent s'y livrer. Supprimer cette notion revient à nier l'expérience vécue par de nombreux parents et enfants au Québec. En pratique, les tribunaux exigent déjà des preuves solides et des évaluations professionnelles avant de reconnaître un cas d'aliénation. Il n'y a donc pas d'abus systémique. Je sais aussi que ma collègue de va pouvoir en parler un peu plus tard.
Je vais maintenant parler des risques que pose le projet de loi C‑223. En retirant toute référence à l'aliénation parentale, le projet de loi empêche les tribunaux d'examiner une réalité psychologique qui est bien documentée, il affaiblit l'équilibre entre les droits parentaux et il risque de judiciariser encore davantage les conflits familiaux. Ça pourrait laisser certains enfants sans protection contre les comportements manipulateurs. La loi de 2021 encadre déjà la violence familiale de façon très complète. Le projet de loi C‑223 risque donc d'être redondant et déséquilibré. L'imposition d'une obligation légale d'évaluer la violence à chaque dossier de divorce pourrait aussi alourdir inutilement les procédures.
Deuxièmement, il y a vraiment une perspective qui est québécoise et un droit familial qui est complet et autonome au Québec. Le droit familial relève du Québec, sauf pour le divorce, qui est une compétence fédérale depuis 1867. Cette distinction est anachronique et inutilement complexe. Le Québec dispose déjà d'une tradition civiliste solide, d'une approche moderne et humaine en droit de la famille et du nouveau Tribunal unifié de la famille depuis 2025.
Qu'est-ce que le Tribunal unifié de la famille? C'est le ministre de la Justice, M. Simon Jolin‑Barrette, qui a créé les tribunaux unifiés de la famille. Depuis le 10 octobre 2025, les demandes liées à l'union civile sont désormais entendues par le Tribunal unifié de la famille de la Cour du Québec. Ces tribunaux peuvent entendre et juger différentes causes. Ça illustre l'expertise et le sérieux du gouvernement du Québec dans ce type de litige civil. Ces tribunaux peuvent donc déjà juger tous les aspects d'une séparation comme la garde, la pension et l'autorité parentale, sauf le divorce.
Le Bloc québécois réclame que le mariage et le divorce soient rapatriés au Québec pour un régime cohérent et adapté à notre réalité, un régime qui n'est pas à deux vitesses.
Nous reconnaissons qu'il y a des défis. Comme je l'ai dit tout à l'heure, au Bloc québécois, nous aurions voulu qu'une étude soit consacrée à la question de l'aliénation parentale. Cela a plutôt été intégré à une autre étude, et même ma collègue reconnaissait tout à l'heure que nous aurions pu entendre des experts sur le sujet. Une étude sur le sujet aurait pu enrichir la réflexion. Nous appuierons le renvoi du projet de loi en comité pour une étude approfondie. Nous ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain. Nous voulons permettre aux experts, aux psychologues, aux juristes et aux intervenants de venir témoigner. Nous voulons proposer des amendements qui protègent réellement les enfants lors des divorces acrimonieux et qui garantissent leur bien-être sans affaiblir le droit familial.
Par contre, nous rejetons fermement l'idée selon laquelle l'aliénation parentale serait une invention utilisée par des hommes violents. C'est plus complexe que ça; nous en sommes convaincus. Nous rejetons aussi l'idée selon laquelle le système judiciaire serait incapable de faire la part des choses. Le Bloc québécois réaffirme plutôt sa confiance envers les tribunaux québécois et les professionnels de la famille. Nous réitérons notre engagement à défendre l'égalité réelle devant la loi, peu importe le genre. Nous voulons aussi nous opposer à toute tentative de politisation du droit psychologique. Nous voulons faire ce travail sérieusement en comité avec d'autres experts.
Troisièmement, j'aimerais présenter quelques statistiques utiles pour alimenter la réflexion au sujet des enfants exposés à la séparation ou au divorce de leurs parents. Selon Statistique Canada, au Canada, 18 % des enfants âgés de 1 à 17 ans, soit 1 185 700 enfants, ont vécu la séparation ou le divorce de leurs parents. Au Québec, ce taux était de 23 %. Cela démontre l'ampleur du phénomène et justifie l'importance d'un cadre législatif solide pour protéger les enfants.
Je vais maintenant présenter des statistiques sur la violence familiale, les enfants et la justice familiale. Selon des données policières provenant du gouvernement du Canada, en 2019, 22 299 enfants et jeunes ont été victimes de violence familiale. Les filles représentaient 60 % de ces enfants. Selon Statistique Canada, en 2015, 16 % des victimes de crimes violents étaient des enfants et adolescents, et 30 % de ces crimes étaient commis par un membre de la famille.
Dans une recension de tribunaux, la violence familiale était mentionnée dans 8 % des cas de divorce, selon le ministère de la Justice. Ces données renforcent l'idée que la violence familiale est bien présente dans les contextes de divorce et de séparation et que l'évaluation et la prise en compte de cette violence sont justifiées.
Je vais maintenant présenter quelques statistiques sur l'aliénation parentale et les comportements aliénants. Selon le Portail canadien de la recherche en protection de l'enfance, une étude québécoise faite dans 30 refuges indique que 45 % des accusations ou menaces d'accusation d'aliénation parentale au cours de l'année étudiée représentaient la presque totalité des accusations des cinq dernières années; 86,7 % des intervenants ont dit que ce phénomène avait un impact sur leur pratique.
Une estimation en ligne indique que 11 à 15 % des divorces au Canada impliqueraient une aliénation parentale significative. Selon le conseil canadien pour l'équité parentale, une recherche démontre que les effets à long terme des comportements d'aliénation sont les troubles anxieux, la dépression, les troubles de la personnalité et le trouble de stress post-traumatique chez les adultes. Cela démontre que l'aliénation parentale existe, que cela a des effets sérieux et qu'il n'est pas légitime de l'écarter complètement du débat législatif.
Concernant la garde des enfants après la séparation, selon le ministère de la Justice, certaines données des cours ont révélé que, dans 62,2 % des cas, l'enfant résidait principalement avec la mère. Dans 9,4 % des cas, l'enfant résidait avec le père. Dans 21,3 % des cas, l'enfant était en garde partagée 40 % du temps ou plus. Cela permet d'illustrer l'environnement réel des enfants après la séparation et d'appuyer la nécessité que le tribunal ait des outils fiables, y compris pour détecter l'aliénation et pour décider ce qui est dans l'intérêt de l'enfant.
Pour conclure, le projet de loi contient des avancées intéressantes pour la sécurité des familles. Toutefois, il ne faut pas que la lutte contre la violence conjugale serve de prétexte pour gommer des réalités psychologiques légitimes. Le Bloc québécois agira avec rigueur, ouverture et prudence pour protéger les enfants, pour éviter les dérives. Nous y croyons fermement.
En terminant, j'aimerais rappeler que, au Québec, le droit de la famille doit appartenir aux Québécois.
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Monsieur le Président, j'aimerais commencer mon intervention de ce soir en remerciant sincèrement la députée d'. Elle a pris en charge cet important projet de loi d'initiative parlementaire et s'est attaquée à ce grave problème afin de protéger les enfants, les familles et les parents. Je ne saurais trop lui exprimer ma gratitude, mais je pense que ce qui est révélateur, c'est qu'il y a 300 organisations de femmes au pays qui apportent leur soutien à ce projet de loi d'initiative parlementaire. Ce soutien montre à quel point ce projet de loi est important pour protéger les enfants dans notre pays.
Je tiens à exprimer ces remerciements de façon un peu plus générale parce que, comme ma collègue du Bloc l'a mentionné plus tôt, tout a commencé par une étude du Comité permanent de la condition féminine. Il faut aussi souligner le courage de nos députés — de tous les partis — qui ont entamé l'étude sur le contrôle coercitif et qui ont acquis des connaissances sur la question de l'aliénation parentale.
Je souhaite même revenir un peu en arrière, car ce projet de loi s'appuie sur des mesures importantes adoptées par la Chambre au cours des dernières années, notamment les modifications apportées à la Loi sur le divorce dans le projet de loi et, plus récemment, la loi de Keira. Pour les collègues qui ne connaissent pas la loi de Keira, c'était la première fois que l'on exigeait des juges qu'ils étudient et comprennent la violence entre partenaires intimes et le contrôle coercitif. La loi de Keira a été adoptée à la suite du décès tragique d'une fillette de ma circonscription au cours d'une randonnée avec son père, qui n'avait pas sa garde. Jennifer Kagan, sa mère, est convaincue que, si le juge avait été sensibilisé et informé au sujet de la violence entre partenaires intimes et du contrôle coercitif, Keira, qui était âgée de quatre ans à l'époque, serait encore en vie aujourd'hui.
Je tiens également à remercier Pam Damoff, qui n'est plus députée, mais qui est notre ancienne collègue. Elle a été le véritable fer de lance de ce projet, veillant à ce que la loi de Keira soit adoptée et à ce que l'héritage de Keira perdure.
La députée d' fait un pas de plus. J'ai pris conscience de la situation lorsqu'une habitante de ma circonscription m'a demandé de la rencontrer afin de discuter de sa situation. Elle m'a confié que ses enfants lui avaient récemment été retirés alors qu'elle était en instance de divorce avec un ancien conjoint violent. Quand le spectre de la violence familiale a été soulevé, le juge l'a interrompue et a déclaré qu'il s'agissait d'aliénation parentale. Au bout du compte, elle a complètement perdu la garde de ses enfants.
Ce qui importe vraiment ici, c'est de reconnaître qu'il s'agit d'un phénomène qui prend de l'ampleur au Canada. Quand j'ai parlé de cela à ma concitoyenne, j'ai été choquée, car je pensais que les tribunaux étaient là pour protéger les gens contre ce genre de choses. Si une survivante de la violence conjugale a le courage de partir, de parler et d'essayer de se protéger et de protéger ses enfants, le système est censé être là pour la soutenir. Elle pensait la même chose. C'est pourquoi elle a raconté son histoire. C'est pourquoi elle essayait de partir et de protéger ses enfants, au lieu de quoi elle a été punie. Lorsque nous avons discuté de l'affaire, elle m'a dit qu'elle n'était pas seule et qu'elle pouvait rassembler des femmes de tout le pays qui vivaient la même situation.
Quelques semaines plus tard, j'ai participé à un appel Zoom avec plus de 50 femmes de partout au pays qui m'ont raconté leur histoire. Elles m'ont raconté que leurs enfants leur avaient été enlevés par la police et qu'ils avaient peur, qu'elles ne pouvaient pas bénéficier de la protection et du soutien auxquels elles pensaient avoir droit et qu'elles pensaient recevoir, et qu'elles n'arrivaient tout simplement pas à croire ce qui se passait. Elles m'ont raconté des histoires comme celle que la députée d' a racontée au sujet d'enfants emmenés de l'autre côté de la frontière pour suivre une thérapie de réunification, elles ont dit qu'elles ne savaient pas où se trouvaient leurs enfants parce qu'elles n'avaient pas le droit de communiquer avec eux, et elles m'ont dit à quel point elles se sentaient désespérées, seules et abandonnées par le système qui était censé les protéger.
Le projet de loi prévoit d'importantes mesures pour garantir que les droits, le libre arbitre et le bien-être de l'enfant sont au centre de la procédure de divorce. Je crois qu'il s'agit là d'une chose que chacun de nous, en tant que parents, souhaitons.
J'ai écouté le discours de ma collègue conservatrice. Le projet de loi n'est nullement contre l'institution du mariage. Il vise à placer les droits de l'enfant au centre de ce qui s'avère souvent une situation épouvantable pour lui, de lui donner une voix, de lui accorder le libre arbitre et de protéger son bien-être. C'est exactement ce que ferait ce projet de loi. Il préciserait qu'en aucun cas on ne peut présumer le partage des responsabilités parentales, que chaque décision doit être fondée sur l'intérêt de l'enfant.
Le projet de loi empêcherait les tribunaux de reprocher aux femmes qui sont victimes de violence conjugale de ne pas travailler activement à améliorer la relation de leur enfant avec leur agresseur. Il mettrait fin à la pratique qui veut que l'on ne tienne pas compte de l'opinion ou des préférences de l'enfant sous prétexte qu'il a été manipulé ou aliéné par l'un de ses parents. Il empêcherait les juges de délivrer une ordonnance qui restreint le temps que l'enfant passe avec le parent avec qui il a un attachement afin d'améliorer sa relation avec l'autre parent, et il interdirait aux tribunaux d'obliger l'enfant à suivre une thérapie de réunification.
Comme l'a dit ma collègue la députée d', il n'est pas question de s'opposer au rétablissement des relations avec les parents. Ce n'est pas l'objet du projet de loi. Il s'agit plutôt de permettre à l'enfant de prendre lui-même des décisions concernant sa vie et son avenir. C'est sur cet aspect que nous devrions nous concentrer dans l'étude du projet de loi.
Je sais que le gouvernement entend proposer un certain nombre de modifications. Ce que nous devrions faire par-dessus tout à la Chambre — et j'implore et j'encourage les députés de tous les partis à le faire —, c'est toujours garder en tête l'objectif du projet de loi pendant que nous procédons à son étude. J'espère que le projet de loi sera renvoyé au comité. L'objectif consiste à garantir les droits et le bien-être des enfants qui se trouvent dans une situation qui n'est pas de leur fait, mais qui a des répercussions et des conséquences énormes sur leur présent et leur avenir.
Quand on parle à des enfants qui sont passés par là et qui ont survécu à une thérapie de réunification, comme l'a dit ma collègue, on constate qu'il arrive que tout aille bien, mais que certaines choses sont vraiment inquiétantes. Prenons l'exemple d'un enfant qui est envoyé de l'autre côté de la frontière, dans l'appartement d'un inconnu, pour recevoir une thérapie non professionnelle sur ce qu'il pense s'être passé et sur ce que le thérapeute lui dit s'être réellement passé: on peut imaginer l'effet que cela a sur cet enfant; on peut imaginer la peur, l'incertitude et la solitude qu'il ressent.
Je demande aux députés d'appuyer le projet de loi. Je pense que ce que nous voulons tous et ce qui nous tient à cœur, c'est le bien-être de l'enfant. En l'occurrence, c'est ce qui est mis au premier plan.
Ma collègue a parlé de l'existence d'une industrie artisanale qui prend de l'ampleur, une industrie artisanale qui exploite les enfants vulnérables. Le fait que des juges, quand ils entendent un enfant mentionner de possibles mauvais traitements, aient immédiatement le réflexe de décider d'inverser la garde, de retirer un enfant à un parent pour le confier à l'autre, est quand même assez hallucinant.
Ce que nous voulons, c'est avoir confiance dans les tribunaux. Le projet de loi le permettrait. Il nous donnerait l'assurance que les décisions qui sont prises au sujet du présent et de l'avenir des enfants qui se trouvent dans des situations qui échappent à leur contrôle le sont dans leur intérêt et dans celui de leur avenir.
Je remercie ma collègue d' d'avoir présenté cet important projet de loi.
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Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole au sujet du projet de loi , qui a été présenté par la députée d'. Je pense que tout le monde reconnaît que la sécurité des enfants et des petits-enfants est primordiale. Mon épouse et moi avons quatre magnifiques petites-filles, et je peux attester que leurs parents feraient tout ce qui est en leur pouvoir pour les protéger du danger, et que mon épouse et moi les appuierions.
Il est à la fois instinctif et naturel de protéger les tout-petits. On le voit dans le royaume animal. Des ours viennent régulièrement dans ma cour et dans mon quartier, et personne ne voudrait faire face à une mère avec ses oursons. C'est vrai même pour les oiseaux qui défendent leur nid. Il est normal qu'une société veuille protéger ses jeunes, et c'est vraiment important.
S'il y a une chose sur laquelle les Canadiens d'un océan à l'autre s'entendent, c'est qu'ils se sentent moins en sécurité et se sentent moins bien protégés depuis 10 ans. Pourquoi se sentent-ils moins en sécurité? C'est parce qu'ils le sont réellement. Je ne demande pas qu'on me croie sur parole; il suffit de consulter les données de Statistique Canada. Depuis l'arrivée au pouvoir des libéraux, les crimes violents ont augmenté de 54 %. Les extorsions ont grimpé en flèche: une hausse de 330 % dans l'ensemble du pays, et même de 582 % en Colombie‑Britannique.
Les agressions sexuelles ont augmenté de 75 %. En ce qui concerne les infractions sexuelles contre les enfants, elles ont augmenté de 249 % en 10 ans. Les gens peuvent consulter le site Web de Statistique Canada pour vérifier ces chiffres. En Colombie‑Britannique, où je suis député, elles ont augmenté de 400 %. C'est fou et terrible. La situation échappe à tout contrôle.
Il ne fait aucun doute que la sécurité publique sous le gouvernement libéral est un échec flagrant. Les rues dans lesquelles les Canadiens marchent sont de moins en moins sûres. Les statistiques que je viens de mentionner — et que tout le monde peut vérifier — représentent des centaines de milliers, voire des millions de Canadiens. Ce ne sont pas seulement des chiffres, mais des familles, des victimes et des enfants.
Les vols de voitures, les introductions par effraction et les agressions sont de plus en plus fréquents. Il y a quelques années, je parlais avec un agent d'une compagnie d'assurance qui disait que mon quartier était très sûr. J'ai trouvé cela formidable, car cela a une incidence sur les primes d'assurance. Au cours des deux dernières années, j'ai été surpris par le nombre de mes voisins qui sont venus me voir à la suite d'incidents pour voir ce que mes caméras de sécurité avaient filmé. Récemment, et je n'ai pas pu relever le numéro de la plaque d'immatriculation de la voiture, il y avait une voiture stationnée à l'extérieur avec des gars qui portaient des masques. Ils ont commis une introduction par effraction.
C'est ce qui se passe partout au pays et ce n'est pas bon. Pourquoi en est-il ainsi? C'est parce que le gouvernement libéral a systématiquement affaibli notre système de justice. Il a donné la priorité à des politiques idéologiques plutôt qu'à la sécurité des citoyens respectueux des lois. Il a éliminé les peines d'emprisonnement obligatoires pour les infractions graves et a fait en sorte qu'il soit plus facile pour les récidivistes de circuler librement et de terroriser les collectivités.
À Vancouver, 40 individus ont été arrêtés 5 000 fois en un an, et ce chiffre ne tient compte que des crimes pour lesquels ils ont été arrêtés. J'ai parlé à des policiers qui me disent à quel point il est frustrant d'arrêter quelqu'un et de le voir libre de se promener de nouveau dans les rues plus tard dans la journée ou le lendemain. Ils se demandent à quoi sert leur travail. Ce n'est pas du tout de leur faute. Ils font leur travail, mais la loi fait en sorte qu'ils doivent libérer les criminels aux conditions les moins sévères possibles.
L'approche irresponsable des libéraux a fait en sorte que des familles se sentent vulnérables dans leur propre quartier et ne savent pas si leur maison et leurs enfants sont en sécurité.
L'approche des libéraux en matière de justice n'est pas seulement malavisée, elle est carrément dangereuse. Les libéraux font passer les droits des criminels avant ceux des victimes et des collectivités, ce qui érode la confiance à l'égard de nos institutions. Leurs politiques axées sur la mise en liberté sous caution plutôt que sur l'emprisonnement ont l'effet d'un porte-voix qui lance le message aux délinquants que les conséquences sont facultatives et qu'ils peuvent se promener librement dans nos rues. Les contrevenants ont la voie libre pour commettre des vols ou tous les autres crimes, sans limites. Ce n'est pas le Canada dans lequel j'ai grandi, et ce n'est pas le Canada dans lequel nous devrions vivre en ce moment.
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Monsieur le Président, je parle du projet de loi , qui porte sur la justice pénale. Toutefois, je pense que nous devons parler de ce qui se passe dans nos rues, car c'est important. Je m'attends à ce qu'il y ait d'autres recours au Règlement. Pourquoi? Parce que c'est un sujet qui provoque un grand malaise. Ça n'a rien de personnel. Je connais différents députés d'en face, et j'ai du respect pour eux en tant que personne, mais je parle de politiques. Je parle de la direction dans laquelle le gouvernement libéral a entraîné le pays, et elle n'est pas bonne.
Quand j'ai fait du porte-à-porte, j'ai rencontré des milliers de citoyens. Je leur ai demandé de me parler de la criminalité ces 10 dernières années, de me faire un bilan de la situation. Personne ne m'a dit que la situation s'est améliorée. La situation s'est détériorée, et les politiques libérales ne font qu'empirer les choses.
Je tiens à déclarer, sans réserve, mon respect et mon admiration pour nos forces policières. Dans ma circonscription, ce sont les agents de la GRC. Ils travaillent fort et font de leur mieux pour protéger Maple Ridge, Pitt Meadows, Mission et les autres localités dans le cadre juridique à leur disposition. Les Canadiens leur doivent toute leur gratitude.
À l'opposé du bilan des libéraux, le Parti conservateur propose des solutions concrètes et pratiques qui reflètent les vrais besoins des Canadiens. Nous avons récemment présenté le projet de loi favorisant la détention au lieu de la liberté sous caution, auquel les libéraux se sont opposés, alors même que les forces policières de tout le pays y étaient favorables. L'an dernier, j'ai présenté le projet de loi , la loi contre les incendies criminels, qui aurait imposé de lourdes conséquences à ceux qui mettent le feu à nos forêts, en plus d'introduire des peines minimales obligatoires pour ceux qui incendient des lieux de culte. On dirait que tout est permis sous les libéraux et qu'on a le droit de mettre le feu à des églises ou à divers lieux de culte. Lorsque j'ai posé une question inscrite au Feuilleton, le gouvernement a révélé qu'il y avait eu plus de 400 cas où un lieu de culte avait été la cible d'un incendie criminel. Il y a eu des décès à cause de ces incendies.
Les libéraux parlent beaucoup de justice pénale, mais les choses n'ont fait qu'empirer, et elles ne feront qu'empirer s'ils continuent de la même façon.
Cette semaine, lundi en fait, le député conservateur de a présenté le projet de loi . Ce projet de loi représente une avancée concrète dans la protection des victimes de violence entre partenaires intimes. Il est pratique et ses solutions apporteront des changements, mais le gouvernement libéral, avec ses manœuvres dilatoires habituelles, a bloqué des réformes pleines de gros bon sens comme l'initiative favorisant la détention au lieu de la liberté sous caution, démontrant ainsi qu'il préfère les séances de photos et les promesses creuses aux vrais changements.
Les Canadiens méritent plus que des gestes symboliques; ils méritent un gouvernement qui défendra vigoureusement leurs intérêts en préservant les emplois dans le secteur automobile, dans le secteur forestier ou dans tout autre secteur. Ils méritent un gouvernement qui rendra de nouveau nos collectivités sûres, et non un gouvernement qui laisse les récidivistes violents en liberté pour des raisons idéologiques. Les conservateurs se battront pour un Canada où les familles peuvent vivre dans l'espoir et la dignité, où elles peuvent se sentir en sécurité dans leur quartier et où elles peuvent avoir l'assurance que leur gouvernement les soutiendra, plutôt que de leur mettre des bâtons dans les roues.