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Monsieur le Président, les demandeurs d'asile déboutés se rendent rapidement compte qu'ils peuvent obtenir des prolongations quasi illimitées pendant des années, tout en bénéficiant de soins médicaux spécialisés auxquels ils n'ont pas accès dans leur pays d'origine. Cela fait augmenter rapidement le nombre de dossiers en attente, ce qui entraîne une hausse des coûts. D'ici la fin du présent exercice, le coût annuel s'élèvera à 986 millions de dollars. À la fin de la décennie, le coût annuel atteindra 1,5 milliard de dollars. Ces chiffres ne sont pas les miens, mais ceux du directeur parlementaire du budget. Quiconque en doute peut lui poser la question en personne.
Selon son rapport également, au début du premier mandat du gouvernement Trudeau, environ 100 000 personnes bénéficiaient du Programme fédéral de santé intérimaire, réparties également entre les demandeurs d'asile et les réfugiés. Aujourd'hui, il y a environ 600 000 bénéficiaires, dont plus des deux tiers sont des demandeurs d'asile, le proportion de réfugiés étant beaucoup plus faible qu'auparavant. Il est important de noter que dans le cas des réfugiés, l'approbation de la demande ne signifie pas que ces personnes bénéficient indéfiniment des avantages de ce programme, mais seulement qu'elles peuvent recevoir de soins médicaux temporaires. On les transfère alors vers les programmes de santé provinciaux, et elles pourront éventuellement travailler et contribuer au système. Les demandeurs d'asile, eux, bénéficient du programme pendant toute la durée du long et sinueux processus de traitement des dossiers, dont l'arriéré est attribuable aux libéraux.
Le coût de ce programme fédéral, qui était initialement estimé à quelques dizaines de millions de dollars, a considérablement augmenté et il atteindra bientôt plusieurs milliards de dollars. Au comité, des témoins ont mis cette hausse soudaine sur le compte, en partie du moins, de médecins spécialistes qui facturent des tarifs exorbitants au ministère de l'Immigration en raison d'un manque de contrôle de la facturation. Selon le Dr Arun Anand, les médecins qui fournissent des services à des demandeurs facturent des frais plus élevés au gouvernement fédéral. Il a dit: « [...] comme il s'agit de services non assurés et qu'il y a moins de redditions de comptes, les médecins sont plus incisifs dans leurs pratiques de facturation. Ils majorent les prix de ces programmes et services » et « [...] parce que les services ne sont pas couverts par les régimes provinciaux, les médecins peuvent facturer jusqu'à cinq fois plus pour leurs honoraires dans le cadre de ces programmes [...] ».
Je sais ce que les députés d'en face vont me dire. Premièrement, ils diront que je m'oppose à aider des personnes dans le besoin, ce qui est complètement faux. Je souhaite que notre pays demeure accueillant, comme il l'a toujours été, un pays qui accueille des gens comme moi et comme beaucoup d'entre nous dans cette salle, qui viennent des quatre coins du monde. Ce à quoi je m'oppose, c'est que les personnes qui présentent de fausses demandes d'asile soient récompensées en obtenant des soins de santé spécialisés, comme la physiothérapie, auxquels de très nombreux Canadiens n'ont pas accès. Je ne m'oppose pas à ce qu'on sauve la vie de quelqu'un à l'urgence. Je m'oppose à ce que quelqu'un obtienne des lunettes gratuites alors qu'il est l'auteur d'une extorsion.
Si les députés d'en face souhaitent que les mesures qui, selon eux, permettront de remédier à cette situation soient examinées en profondeur par le directeur parlementaire du budget, je leur propose de se joindre à moi au comité de la santé lorsque j'en aurai terminé ici cet après-midi, afin de demander à leurs collègues libéraux de mettre fin à l'obstruction systématique à laquelle ils se livrent depuis quelques semaines, pour que nous puissions examiner cette question, découvrir la vérité et améliorer notre système de santé et notre système d'immigration.
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Monsieur le Président, comme toujours, c'est un privilège d'être ici aujourd'hui pour discuter et pour débattre d'une motion présentée par les conservateurs dans le cadre d'une journée de l'opposition.
Je voudrais souligner que c'est aujourd'hui le quatrième anniversaire de l'invasion injuste et illégale de l'Ukraine par la Russie. Je voudrais joindre ma voix et celle de mes concitoyens de Kings—Hants, en Nouvelle‑Écosse, à celle de mes collègues à ce sujet. Bien sûr, nous sommes très fiers de l'effort de toute la population ukrainienne pour défendre son territoire, sa souveraineté et sa liberté contre les forces de la Russie.
Je pense que c'est nécessaire pour les Canadiens. Je crois que la plupart des Canadiens comprennent la situation, mais il n'est pas seulement question de la Russie et de l'Ukraine. Les Ukrainiens luttent pour leur souveraineté et leur liberté, mais aussi pour nous, pour les règles internationales, pour l'OTAN et pour les pouvoirs dans un monde très incertain. Nous appuyons entièrement l'Ukraine. Je suis fier de tous mes collègues qui ont fait des discours aujourd'hui à ce sujet.
Dans ce contexte, je trouve que la motion présentée aujourd'hui par les conservateurs est très étrange. Ce n'est pas fou, mais c'est étrange, à mon avis. C'est incroyable compte tenu du nombre d'enjeux au niveau international. Par exemple, il y a la situation au Moyen‑Orient, la situation en Ukraine et la conversation entre le Canada et les États‑Unis. Par exemple, il aurait été possible de soulever une question ou d'émettre des commentaires à propos de nos athlètes olympiques.
Aujourd'hui, malgré le fait que l'Ukraine est un sujet très important, aucune des questions posées par les députés conservateurs pendant la période de questions orales ne portait sur cela. Les conservateurs ne nous ont pas présenté une motion sur le fait qu'il est important que le gouvernement du Canada continue d'appuyer nos alliés dans ce contexte.
[Traduction]
Nous parlons aujourd'hui du souhait des conservateurs de supprimer le Programme fédéral de santé intérimaire destiné aux demandeurs d'asile vulnérables qui se trouvent au pays. Dans la première partie de mon discours, j'essayais de dire qu'il se passe beaucoup de choses dans le monde. Les conservateurs n'ont même pas posé de questions sur l'Ukraine pendant la période des questions.
Il est important de remettre ce qui se passe ici en contexte. Le député de a déjà qualifié l'Ukraine de pays lointain, et je pense que tout cela justifie qu'on s'interroge sur le sérieux des questions que les conservateurs posent à la Chambre. Encore une fois, si nous pensons à l'économie, aux affaires étrangères, aux relations entre le Canada et les États‑Unis, aux Jeux olympiques, à nos athlètes, à la sécurité alimentaire et à l'abordabilité, il y a beaucoup de sujets auxquels nous pourrions consacrer notre temps au Parlement, mais voilà de quoi ils veulent parler aujourd'hui.
Il est important que les Canadiens comprennent exactement ce à quoi les gens ont droit. Nous avons beaucoup débattu à la Chambre aujourd'hui. Je veux m'en tenir aux faits. Bien entendu, le Canada est depuis longtemps un pays accueillant et compatissant, mais il a également des principes quant à la manière dont il aide les personnes qui arrivent sur son territoire et la manière dont il évalue leurs demandes d'asile.
Les gens qui arrivent au Canada ont le droit de demander l'asile, si leur retour ainsi que celui de leur famille dans leur pays d'origine risque de mettre leur vie ou leur santé en danger ou si elles risquent de faire l'objet de persécutions politiques. Le Canada a mis en place tout un processus à cet effet. Les Canadiens peuvent en être fiers.
Notre pays accueille des personnes du monde entier. Cela fait partie de sa mosaïque culturelle et de son tissu social. Nous avons un processus pour cela. Il existe un processus indépendant du gouvernement pour évaluer les demandes d'asile, leur qualité et leur légitimité. Une personne ne peut tout simplement pas rester au pays si sa demande d'asile est ultimement rejetée. Néanmoins, nous avons pour principe que les personnes ont droit à un processus. Il me semble que c'est vraiment important lorsque nous parlons de la façon dont les conservateurs ont formulé cette motion de l'opposition.
La dernière députée qui s'est exprimée a parlé de personnes qui sont des criminels. J'ai entendu le mot « terroriste » être employé à la Chambre. Pas un seul député ici présent n'appuierait l'idée que des personnes qui ont un casier judiciaire devraient pouvoir rester au pays, et ce n'est pas non plus ce qui se produit. Cependant, les conservateurs essaient de se concentrer sur un enjeu dont il sera beaucoup question dans les médias sociaux, sans contexte, afin de manipuler les Canadiens et de créer ce genre de problèmes. Je ne pense pas que ce soit la chose la plus importante qui se passe au Canada, mais nous y reviendrons.
À quoi ces gens ont-ils droit? Supposons qu'un député ait dans sa circonscription une personne qui est arrivée au Canada en provenance d'un autre pays et qui a décidé de demander l'asile. Elle a droit à un processus qui lui permet de faire entendre sa cause. Dans bien des cas, les personnes qui demandent l'asile sont vulnérables. Je vais en venir au point que les conservateurs essaient de soulever, à savoir la question des demandes illégitimes. Cependant, en tant que Canadiens, nous devons penser aux personnes vulnérables et à la façon d'avoir en place un système qui leur permet de bénéficier d'un processus en bonne et due forme.
Une fois qu'une personne s'inscrit au registre des demandeurs d'asile au Canada, elle a droit à un permis de travail et à des services médicaux de base. Il y a ce qu'on appelle les avantages supplémentaires, et le gouvernement a pris des mesures pour instaurer des contributions sous forme de copaiement. Les personnes qui passent par ce processus ont accès à des soins médicaux de base. J'ai entendu dire que cela leur permettait d'une manière ou d'une autre de passer devant les autres, mais elles ne passent pas devant les autres. Elles ont la possibilité, comme tous les Canadiens, de consulter un médecin de famille. Lorsqu'elles consultent un médecin pour une maladie quelconque pendant le processus d'examen de leur demande d'asile, le coût est couvert par le gouvernement du Canada. C'est une somme que le gouvernement du Canada verse au médecin en question. Voilà ce à quoi ces personnes ont droit.
Les conservateurs font grand cas des demandeurs dont la demande est rejetée. Une fois que la personne a obtenu son audience initiale devant la Commission de l'immigration et du statut de réfugié, si elle n'obtient pas gain de cause, elle a un recours de plus, qui consiste essentiellement à faire appel de la décision initiale. La politique de longue date du gouvernement a été de poursuivre la prestation de ces avantages aux personnes concernées tant que le processus est en cours. On peut raisonnablement avoir des avis divergents à ce sujet. Nous avons beaucoup entendu les députés de l'opposition dire que le système actuel est injuste, que le coût global ne devrait pas nécessairement être assumé par le système, mais nous n'avons pas entendu beaucoup de statistiques confirmant le pourcentage réel du programme lié à des particuliers qui ont accès à ces avantages pendant qu'ils se prévalent de leur droit de se battre une dernière fois pour faire accepter leur demande, conformément au processus établi.
Nous avons présenté à la Chambre des communes des modifications à ce programme. Nous convenons évidemment que, s'il existe des préoccupations quant à une utilisation abusive, il est essentiel de régler le problème. Bien sûr, les gens ont droit à un processus en bonne et due forme. Je rappelle à mes collègues conservateurs que les projets de loi et prévoient déjà des mesures qui permettront de mettre en place les protections nécessaires pour prévenir toute influence indue ou toute utilisation inappropriée du système d'octroi de l'asile.
Aujourd'hui, pendant la période des questions, le a dit très clairement que le nombre de demandes d'asile au pays, le nombre de travailleurs étrangers temporaires et le nombre d'étudiants étrangers ont tous diminué. Laisser entendre que le système d'immigration canadien est « hors de contrôle » ou qu'il n'y a pas de procédure établie revient, à mon avis, encore une fois, à véhiculer des idées fallacieuses qui ne servent personne. On essaie d'attiser les émotions du public, et je ne crois pas que les propos tenus ici aujourd'hui à la Chambre des communes soient fondés. Je pense que c'est important de le souligner.
Pensons à l'ensemble des arguments avancés par chaque personne vulnérable qui arrive au Canada, où nous avons un processus en place. Soit dit en passant, si, à l'issue de ce processus, la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada détermine qu'une personne ne satisfait pas aux critères, puis que cette décision est confirmée en appel, elle n'a pas droit aux services. Lorsqu'une personne est vraiment refusée, c'est-à-dire qu'elle n'a aucun autre recours dans le cadre d'un processus administratif, elle n'a pas droit à des services supplémentaires. Les conservateurs doivent dire la vérité sur ce message, car ils parlent de personnes refusées en plein milieu du processus administratif. S'ils veulent laisser entendre qu'il ne devrait pas y avoir de processus administratif qui permet d'interjeter appel une fois de plus de la décision initiale, ils devraient simplement le dire.
Déjà, au Canada, toute personne dont la demande d'asile est rejetée n'a pas droit à ces services, mais ce n'est pas ce que nous entendons de la part de l'opposition. Ce n'est pas ce que nous verrons dans l'extrait de 45 secondes qui sera diffusé pour dire à quel point la situation est terrible et que le gouvernement essaie de tromper les gens. C'est le genre de choses qui minent notre société.
Le gouvernement a déjà pris des mesures pour instaurer le copaiement. C'est important. Il n'y a pas de mal à ce que les conservateurs soulèvent cette question au Parlement, mais je trouve scandaleux qu'ils se servent d'une motion de l'opposition à cette fin. Ce travail peut se faire en comité. Au bout du compte, on parle d'environ 0,0004 % de l'ensemble des dépenses du gouvernement du Canada.
La motion de l'opposition dit notamment que « les Canadiens qui ont cotisé toute leur vie au régime de soins de santé ne peuvent recevoir les soins de santé qu'ils méritent, en partie parce que des ressources vont à de faux demandeurs d'asile ». Les conservateurs n'ont pas précisé qu'on parle de 211 millions de dollars il y a quatre ans; ce chiffre a augmenté. Le gouvernement a pris des mesures d'adaptation dans le cadre de ses pouvoirs législatifs. On parle de 0,004 %.
Si les conservateurs trouvent qu'il y a un problème d'accès aux soins de santé au pays, pourquoi n'ont-ils pas appuyé le gouvernement lorsqu'il a proposé de nouvelles dépenses de 40 milliards de dollars sur une période de 10 ans en santé? Ils ont voté contre. Pour les Canadiens qui veulent avoir accès à des soins de santé, c'est un peu plus scandaleux que ce pourcentage de 0,004 % qui inclut les demandeurs d'asile légitimes. Les conservateurs nous disent qu'ils ont de la compassion pour ces Canadiens vulnérables et que nous devrions continuer à les soutenir.
Nous parlons d'un nombre de personnes encore plus infime, et voilà la proposition que les conservateurs ont choisi de présenter à la Chambre des communes. Qu'en est-il des soins dentaires? Près de 9 000 résidants de Kings—Hants ont bénéficié du programme fédéral de soins dentaires. Les conservateurs ont voté contre ce programme. Alors que nous tentons de résoudre les problèmes liés aux soins de santé et au vieillissement des baby-boomers, et que les provinces doivent choisir comment répartir leurs ressources, je trouve quelque peu déplacé que l'on propose ce type de mesure.
Pendant la période des questions, nous avons vu les ministres réagir à propos de la manipulation et des allusions voilées. Je suis convaincu que certains députés d'en face sont des gens bien, mais ils jouent un peu avec le feu. Ce qui me fait sourire, c'est quand j'entends parler de « demandeurs d'asile dont la demande a été rejetée ». Ils devraient dire qu'ils croient que « les demandeurs d'asile qui ont fait appel dans le cadre de leur processus interne » ne devraient pas avoir droit à ces avantages. Ils devraient dire clairement que ces personnes n'ont pas encore été complètement rejetées. Il n'y a pas de terroristes qui bénéficient des services accordés aux réfugiés dans ce pays. Il n'y a pas de criminels qui passent par ce processus et qui reçoivent ces services.
Ce sont les appellations et les noms utilisés pour aiguillonner les gens à la maison, car tout Canadien qui se respecte dirait bien sûr que ce sont des absurdités, mais ce n'est pas ce qui se passe. C'est le genre de chose qui agace les Canadiens, à juste titre. J'ajoute que je suis parlementaire depuis plus de six ans. Il y a beaucoup à critiquer dans tout gouvernement du système de Westminster qui siège de ce côté-ci de la Chambre. Ce gouvernement n'est pas parfait. Je suis fier du travail accompli par notre et notre gouvernement, mais je suis certain qu'il y a de nombreux domaines sur lesquels les conservateurs pourraient intervenir, à mon avis, qui méritent peut-être notre attention. Il ne s'agit pas ici d'une politique qui sert l'intérêt public. Il s'agit d'essayer d'aiguillonner des gens chez eux dans un contexte politisé sans expliquer les tenants et les aboutissants permettant de distinguer le vrai et du faux. C'est ainsi que je vois les choses.
Je vais juste faire une petite digression relative à cela. J'ai reçu un groupe d'agriculteurs à mon bureau aujourd'hui. Nous avons parlé de la sécurité alimentaire et du soutien aux agriculteurs. J'ai posé des questions sur des sujets comme la Norme sur les combustibles propres. J'ai dit que le Parti conservateur nous propose plutôt de supprimer cette norme, qui est à l'origine de la politique sur les biocarburants et qui avantage les agriculteurs des régions rurales de l'Ouest canadien, en particulier dans le secteur du canola. Ce parti parle d'éliminer le programme de réduction des émissions de gaz à effet de serre le plus efficace du Canada pour obtenir un avantage négligeable dans les exploitations agricoles.
C'est là, à mon avis, la qualité, ou plutôt le manque de qualité, de l'orientation politique que nous propose le Parti conservateur du Canada. J'aimerais voir quelque chose de mieux. Je vais m'en contenter, car cela permettra au Parti libéral et au gouvernement de continuer à faire ressortir combien nous sommes différents. À mon humble avis, il ne s'agit pas d'une politique publique réfléchie.
Le gouvernement prend déjà des mesures pour répondre à toutes les préoccupations, comme je l'ai mentionné, dans les projets de loi et . Nous n'allons pas rester les bras croisés si des personnes arrivent au Canada et tentent de profiter du système d'asile, qui a toujours été compatissant dans l'histoire du Canada, alors que leurs demandes ne sont pas légitimes. Nous avons un moyen de faire face à cette situation. Nous avons un moyen d'accélérer le traitement des demandes d'asile. Des personnes ont été embauchées à la Commission pour tenter d'accélérer ces processus et veiller à ce que nous légitimions les personnes vulnérables qui cherchent refuge au Canada, afin qu'elles puissent contribuer à nos collectivités et s'intégrer dans notre tissu social. Parallèlement, nous veillons à ce que les personnes dont la demande n'est pas acceptée quittent le pays.
Les conservateurs soulèvent à la Chambre la question des demandeurs d'asile déboutés, mais des mesures s'appliquent déjà dans leur cas. Une fois que ces personnes ont suivi le processus et épuisé leurs recours, elles n'ont plus droit aux avantages. Combien de fois faudra-t-il le répéter? Pourquoi les conservateurs n'admettent-ils pas qu'ils ne veulent pas que les personnes bénéficient du programme lorsqu'elles sont à mi-chemin du processus?
Ils pourraient tout aussi bien dire qu'ils ne veulent pas d'une cour d'appel pour les personnes qui pourraient être condamnées. C'est la même chose. Dans notre pays, nous avons un processus qui passe par nos institutions. S'ils veulent suggérer que les personnes n'aient qu'une seule chance devant la Commission de l'immigration et du statut de réfugié, c'est leur droit, mais parlons-en franchement. Ils devraient simplement le dire. Ce sont là des points importants. C'est ce qui me frustre profondément dans cette affaire.
Pourquoi le budget global est-il passé d'environ 200 millions à 800 millions de dollars au cours des quatre dernières années? Je reviens au début de mon intervention. Prenons la situation mondiale actuelle. Une guerre sévit en Europe de l'Est. Des personnes ont fui l'Ukraine et ont cherché refuge ici. Une guerre sévit au Soudan. Une guerre sévit également au Moyen-Orient. Des conflits géopolitiques sont en cours partout dans le monde. Je me demande si nous pouvons nous interroger sur ce qui explique l'augmentation des demandes d'asile au Canada lorsque nous considérons que c'est un pays stable, un État de droit, un pays doté d'institutions où les gens disent: « C'est là que je voudrais emmener ma famille ».
Cependant, les gens n'ont pas le droit de recourir à ce processus de manière illégitime. Les gens n'ont pas le droit de simplement venir au Canada et d'y rester. Nous avons des règles, un ordre et un processus. Si les conservateurs veulent laisser entendre que le processus est, à leur avis, trop équitable ou trop long, ils devraient simplement le dire, mais lorsqu'ils disent que les demandeurs d'asile déboutés ne devraient pas bénéficier d'avantages, ce n'est pas la réalité. Une fois que la demande d'une personne, un nouvel arrivant vulnérable, est complètement rejetée à l'issue du processus qui lui donne le droit de solliciter l'asile et de présenter sa demande, il y a contestation de toute affaire concernant la personne dont la demande n'est pas valide.
Ce sont là des questions qui méritent un débat plus approfondi à la Chambre des communes. Je sais qu'il est facile pour moi de le dire, mais j'invite tous les députés à reconnaître que nous devons y réfléchir davantage.
Encore une fois, nous choisissons de passer une journée entière à la Chambre des communes à monter des gens contre des personnes qui viennent au Canada en affirmant qu'elles sont des personnes vulnérables fuyant des pays déchirés par la guerre et des situations politiques difficiles qui les empêchent de rentrer chez elles. Nous avons un programme de services dont les Canadiens peuvent être fiers. Ces personnes ne passent pas devant les autres. Elles n'ont pas accès à des services médicaux supérieurs à ceux dont bénéficient les Canadiens. Si elles ont accès aux services médicaux en question, le gouvernement du Canada contribue aux coûts conformément à nos obligations internationales et à nos programmes humanitaires.
Nous avons pris des mesures dans les projets de loi et pour réprimer tout abus de ce programme. Nous avons instauré des copaiements. À cet égard, le gouvernement prend déjà des mesures dont l'opposition aurait raisonnablement pu prendre connaissance. J'aimerais simplement que nous puissions avoir un débat un peu plus sérieux. Comme nous disposons d'amplement de temps pour des questions, je suis impatient d'entendre mes collègues.
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Monsieur le Président, c'est avec plaisir que je prends la parole aujourd'hui pour parler de notre motion. Je vais aborder brièvement le Programme fédéral de santé intérimaire, puis quelques autres points.
La première chose que je tiens à préciser, c'est que ce programme crée un système de santé à deux vitesses dans notre pays. Il offre un système de prestations de luxe aux demandeurs d'asile déboutés et un système de base aux Canadiens ordinaires. C'est ainsi que ce système est conçu. Les coûts avoisinent déjà le milliard de dollars par année et ils grimperont à 1,5 milliard de dollars d'ici quatre ans. Bien entendu, les libéraux prétendent que le système fonctionne. Ils ont soi-disant toutes sortes de réponses à toutes les plaintes, mais je vais démontrer que ce n'est pas le cas.
Tout d'abord, en ce qui concerne le système de santé à deux vitesses, en 2025, 300 000 demandeurs d'asile ont reçu des prestations. Soyons clairs sur les prestations: il en existe deux types.
Il y a les prestations de base, celles dont nous convenons tous que les gens devraient recevoir. Il s'agit de la couverture des visites aux urgences, des consultations médicales, des traitements hospitaliers et des interventions chirurgicales nécessaires, ainsi que de tout type d'urgence. Ce sont les soins de santé de base, ceux dont bénéficient tous les Canadiens. Tout le monde s'accorde à dire que les citoyens de notre pays devraient avoir accès à ce type de couverture, et les conservateurs sont tout à fait d'accord avec cela. Les provinces ne paient pas pour cela, car cela ne concerne pas les résidents permanents ou les citoyens, elles peuvent donc légitimement se tourner vers le gouvernement fédéral et lui demander de couvrir les coûts, ce qu'il fait.
Les autres prestations sont ce que l'on appelle les prestations supplémentaires. Il s'agit de prestations dont de nombreux Canadiens ne bénéficient pas. Elles concernent, par exemple, les soins de la vue, tels que les lunettes, les lentilles cornéennes et de nouvelles lunettes tous les deux ans. Cela fait partie des prestations supplémentaires. La couverture dentaire et pharmaceutique, les visites en ambulance, les soins infirmiers à domicile, les fournitures médicales, les appareils auditifs et ce genre de choses font également partie des prestations supplémentaires. Ce sont des choses auxquelles de nombreux Canadiens n'ont pas droit et qu'ils doivent payer de leur poche. Malheureusement, les demandeurs d'asile déboutés bénéficient gratuitement de cette couverture dans le cadre du programme, et cela représente près de la moitié du coût du programme, ce qui est considérable.
J'aimerais également signaler à la Chambre que, selon un témoignage devant le comité, le programme est mal géré. Comme je l'ai dit, les médecins facturent cette couverture au gouvernement fédéral et, dans certains cas, ils facturent jusqu'à cinq fois plus que ce qu'ils factureraient normalement à leur gouvernement provincial pour les mêmes services, car le gouvernement fédéral ne gère pas très bien le programme et est disposé à payer ces frais supplémentaires. Cela démontre la mauvaise gestion actuelle du programme.
Je me permets maintenant de parler du coût. Il y a quatre ans, le programme coûtait environ 200 millions de dollars. Aujourd'hui, il coûte environ 900 millions de dollars. Son coût a donc plus que quadruplé en quatre ans. Le directeur parlementaire du budget a fait une projection pour les quatre prochaines années, et le coût devrait atteindre 1,5 milliard de dollars. C'est huit fois plus en huit ans. Je dirais que le programme est hors de contrôle et qu'il a clairement besoin d'aide et de mesures pour être remis sous contrôle.
Les libéraux ont proposé une solution, qu'ils appellent le copaiement. Parlons-en. Le copaiement qu'ils proposent est de 4 $ par ordonnance. Par exemple, une personne qui obtient une ordonnance d'Ozempic à 1 500 $ paiera 4 $, et le gouvernement paiera 1 496 $. Pour les autres services supplémentaires, les services haut de gamme dont j'ai parlé, le copaiement sera de 30 %. Il réduira légèrement les coûts, mais ceux-ci resteront bien supérieurs à un milliard de dollars par an dans quatre ans. Nous coupons les cheveux en quatre sur la question du coût. Ce programme coûtera toujours plus d'un milliard de dollars dans quatre ans.
Envisageons la question autrement: si l'on prend le budget total consacré aux soins de santé, qui est, je crois, de l'ordre de 55 milliards de dollars pour tout le pays, soit l'argent versé aux provinces pour les soins de santé, cela représente environ 1 275 $ par Canadien. Maintenant, si l'on prend le montant pour les demandeurs d'asile et qu'on le divise par leur nombre, cela représente environ 3 300 $ par Canadien. Par habitant, le gouvernement dépense près de trois fois plus d'argent pour ce programme que pour les services fournis à l'ensemble des Canadiens. Et si les libéraux parvenaient à ramener le système sous contrôle et à le gérer correctement? C'est ce qu'il faut faire et, selon moi, ce n'est pas ce qu'on fait.
Pourquoi y a-t-il autant de demandes d'asile? Je me permets de faire la distinction entre les réfugiés légitimes et les demandes d'asile bidon. Nous savons que les réfugiés légitimes fuient la guerre, la persécution et la violence. Il existe un processus de parrainage gouvernemental à cet effet. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés participe à ce processus. Un régime de parrainage privé permet aussi à des groupes de personnes de parrainer ensemble des réfugiés afin qu'ils viennent au Canada. Les conservateurs n'y voient aucun problème. C'est l'image qu'ont les gens lorsqu'ils pensent aux demandeurs d'asile et aux réfugiés, et nous sommes un pays généreux, donc nous voulons que ces avantages soient accordés aux gens dans la mesure où notre pays peut se le permettre.
Pour les demandeurs d'asile, la situation est différente. Il n'y a pas vraiment de processus pour eux. Il s'agit de personnes qui entrent au Canada avec un permis quelconque ou illégalement, puis qui demandent immédiatement l'asile. Elles affirment être victimes d'une forme de persécution et craindre de retourner dans leur pays, ou quelque chose du genre et, bien sûr, certaines demandes sont légitimes. Bien entendu, certaines personnes qui arrivent au Canada craignent réellement de retourner dans leur pays, et je n'aurais aucune objection à ce qu'une personne dans cette situation suive le processus et soit reconnue comme un réfugié légitime que nous pourrions accueillir si le Canada en avait la capacité.
Cependant, nombreux sont ceux qui profitent du système, et nous l'avons vu à maintes reprises, lorsqu'une personne arrive dans notre pays et y reste pendant un certain temps. Il peut s'agir d'un étudiant, d'un travailleur ou de toute autre personne, puis une tuile lui tombe dessus. Ce peut être aussi simple que de ne pas pouvoir prolonger son permis de séjour et d'être prié de quitter le pays, ou cela peut être pire, comme être condamné pour un crime, et c'est l'expulsion. Que font-ils? Ils demandent le statut de réfugié, demandent l'asile, et c'est là qu'il y a beaucoup d'abus dans le programme et que beaucoup de gens profitent de la générosité d'un système très bureaucratique.
Le système met près de quatre ans à traiter les dossiers, compte tenu de tous les recours dont dispose une personne. Nous en avons parlé, comme beaucoup d'autres intervenants, mais lorsqu'une personne voit sa demande rejetée par la Commission de l'immigration et du statut de réfugié, elle dispose encore de plusieurs voies d'appel. C'est durant cette période que les personnes déboutées essaient de contourner le système. Ce sont elles qui finissent par profiter des avantages.
L'autre élément intéressant de l'ensemble du processus est le nombre de demandes qui sont effectivement acceptées. Au Canada, nous acceptons actuellement environ 80 % des demandes d'asile, ce qui semble être un chiffre élevé à première vue. J'ai examiné la situation dans d'autres pays comparables. Le secrétaire parlementaire vient de mentionner les pays du G7, et j'ai examiné certains d'entre eux. L'Allemagne a un taux d'acceptation de 59 %, contre 80 % pour le Canada. La Suède a un taux d'acceptation de 40 % et l'Irlande, de 30 %. Il me semble donc étrange que nous acceptions 80 % des demandes d'asile présentées au Canada, car cela ne correspond pas à ce que font plusieurs pays comparables.
Le Canada est assurément attrayant pour les personnes qui souhaitent venir ici, car il est relativement facile de manipuler le système. Toutefois, un autre élément a retenu notre attention cette semaine: un processus mis en place par la Commission de l'immigration et du statut de réfugié appelé « examen des dossiers ». Dans le cadre de cet examen, on peut décider qu'il n'est pas nécessaire d'examiner le dossier en fonction du pays d'origine. Ainsi, lorsqu'une personne demande l'asile et vient de l'un de ces pays, sa demande est automatiquement approuvée, sans qu'aucun agent n'examine son dossier et sans qu'elle ne rencontre qui que ce soit. Or, les pays figurant sur cette liste m'inquiètent quelque peu. Ce sont précisément ceux pour lesquels nous devrions peut‑être rencontrer les demandeurs, afin de nous assurer que nous ne laissons pas entrer dans notre pays des acteurs malveillants.
Sur cette liste figurent, entre autres, l'Afghanistan, la Corée du Nord, le Yémen, le Pakistan et l'Iran. Je ne veux en aucun cas laisser entendre que toutes les personnes venant de ces pays sont malveillantes. Je dis simplement que, lorsqu'une personne arrive dans notre pays en provenance, par exemple, d'Iran, je veux qu'un fonctionnaire l'interroge. Cette personne est-elle membre du Corps des gardiens de la révolution islamique? A-t-elle un passé militaire? A-t-elle fui son pays avec le produit d'activités illégales et cherche‑t‑elle à s'établir ici? Je veux que quelqu'un pose réellement ces questions et vérifie ces informations, ce qui n'est pas le cas actuellement. C'est en partie pour cette raison que les taux d'acceptation sont si élevés dans ce pays.
Le programme vaut-il réellement 1,5 milliard de dollars? Je dirai que non. Si quelqu'un est un faux demandeur d'asile, s'il s'agit d'un criminel étranger ou d'un politicien libéral, alors j'imagine que, pour eux, cela en vaut la peine. Je dirai cependant que non pour un Canadien ordinaire. N'oublions pas que nous ne voulons pas d'un système de santé à deux vitesses au Canada.
Les conservateurs ont un plan axé sur l'équité qui protège les soins d'urgence, tout en mettant fin aux avantages supplémentaires dont bénéficient les demandeurs d'asile déboutés, qui réduit la pression sur le système et qui garantit que les Canadiens reçoivent les soins de santé auxquels ils ont droit et pour lesquels ils ont payé.
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Monsieur le Président, quel genre de pays le Canada est-il? Est-ce un pays qui se définit par la somme de ses griefs? Est-ce un pays où un ensemble de règles s'applique à un citoyen et un autre à ceux qui sapent la valeur même de la citoyenneté?
Les peuples se définissent et se défendent en fonction de leur identité, de leur histoire, de leurs traditions et des lois qui façonnent leur société et leur culture. Quand un gouvernement entreprend un projet politique de révision de l'histoire nationale et de l'identité du pays en s'inspirant des philosophies marxistes et de la culture du ressentiment et en ouvrant les frontières à ceux qui viennent ici dans le but de nuire à la population par l'extorsion ou le terrorisme, cela équivaut à une attaque menée par l'État contre l'essence même du Canada.
Dans ce discours, je souhaite exposer trois points principaux: premièrement, l'équité dans les soins de santé; deuxièmement, l'égalité devant la loi; troisièmement, la défense de notre identité nationale et de notre souveraineté.
Pour commencer, nous avons un système de santé qui a déjà atteint son point de rupture. Six millions de Canadiens n'arrivent pas à obtenir un médecin de famille. Ce n'est pas qu'un chiffre sur une page. C'est une personne âgée qui habite au bout de la rue. C'est une mère seule qui attend pendant des heures dans un service d'urgence débordé. Ce sont nos parents, nos amis et nos voisins. Aujourd'hui, les Canadiens doivent attendre en moyenne trente semaines pour voir un spécialiste. C'est sept mois d'attente; sept mois de souffrance; sept mois où la vie est en jeu. Pourtant, le gouvernement libéral choisit d'accorder la priorité à des personnes qui n'ont même pas leur place ici. Les demandeurs d'asile déboutés reçoivent des soins de santé auxquels les Canadiens n'ont même pas accès, des services de luxe comme des soins de la vue, des séances de physiothérapie et des avantages supplémentaires. C'est là que commence la véritable indignation.
Les libéraux ont ouvert la frontière, puis ils ont abandonné les contrôles de sécurité, approuvé sans réfléchir une hausse fulgurante du nombre de demandes d'asile et laissé les demandes s'accumuler à un rythme effréné. Aujourd'hui, au Canada, le système de santé, le marché du logement et le marché de l'emploi ont atteint un point de rupture. L'arriéré des demandes d'asile a explosé de plus de 2 900 % depuis l'arrivée au pouvoir des libéraux, en 2015. Il y a quatre ans, le Programme fédéral de santé intérimaire des libéraux coûtait 211 millions de dollars. Aujourd'hui, il coûte 896 millions de dollars. Selon les estimations, en 2030, c'est 1,5 milliard de dollars qui seront déboursés pour les personnes dont la demande d'asile a déjà été rejetée, des personnes qui n'ont jamais payé d'impôt et qui n'ont pas légalement le droit d'être ici.
Au comité de la santé, les conservateurs ont découvert que des prestataires facturent jusqu'à cinq fois les honoraires provinciaux pour les services fournis à ces personnes. Pendant ce temps, nos propres concitoyens attendent des mois pour consulter un spécialiste. Des aînés attendent des interventions qui pourraient littéralement changer leur vie. Des familles attendent aux urgences parce qu'elles ne trouvent pas de médecin de famille qui pourrait leur éviter de s'y rendre, ce qui allégerait considérablement la charge de notre système de santé et de nos hôpitaux. Que font les libéraux? Ils signent des chèques en blanc pour des personnes qui ne contribuent même pas à notre société. La générosité sans équité n'est pas de la générosité, c'est de la trahison.
Avant le début de la nouvelle année, une voisine m'a écrit pour me faire part de ses vives inquiétudes au sujet du budget fédéral et du système de santé public. Elle m'a dit qu'elle était inquiète parce que le gouvernement fédéral ne proposait pas grand-chose pour améliorer notre système de santé. Elle m'a demandé sans détour ce que nous comptions faire pour veiller à ce que les Canadiens reçoivent les soins dont ils ont besoin. Elle n'est pas la seule à s'inquiéter. Des millions d'autres personnes se posent la même question. Voilà pourquoi nous présentons une motion qui permettrait de rétablir l'équité. Ainsi, les demandeurs d'asile dont la demande a été rejetée ne recevraient que des soins d'urgence vitaux. Les Canadiens doivent passer en premier, point final.
La montée en flèche des coûts et les abus du Programme fédéral de santé intérimaire des libéraux ne sont pas le fruit du hasard. Ils sont le résultat inévitable d'un système d'immigration qui est défaillant à cause du gouvernement libéral. Les hôpitaux sont pleins. Les urgences débordent. Pourtant, les libéraux ne tirent pas la sonnette d'alarme. Ils laissent entrer toujours plus de gens, ce qui met le système à rude épreuve et cause du chaos.
La saison des impôts approche. Une question s'impose pour tous ceux qui travaillent d'arrache-pied sans réussir à améliorer leur sort: où va tout cet argent? Les gens ne peuvent pas acheter de maison. Ils n'arrivent pas à obtenir de soins de santé dans un délai raisonnable. Ils ont à peine les moyens de se nourrir, et les libéraux continuent de leur répéter que tout va bien. Non, tout ne va pas bien.
Le rôle du gouvernement n'est pas de microgérer la vie des gens ou de piger dans leurs poches pour financer ses expériences ratées. Son rôle n'est pas non plus de faire passer les ressortissants étrangers, les criminels et les terroristes avant la population du pays. Son rôle est de faire passer les Canadiens et le Canada en premier. Les conservateurs veilleront à ce que les Canadiens soient les premiers à recevoir des soins de santé. Nous examinerons les avantages fédéraux offerts aux demandeurs d'asile afin de dégager des économies pour les contribuables. Nous cesserons d'accueillir des gens en nombre tel que le système ne suit plus.
Nous sommes un pays généreux, et Calgary est une ville généreuse, mais la générosité exige de la discipline. La compassion exige de l'équité. Si nous ne pouvons pas nous occuper d'abord et avant tout de notre population, nous ne gouvernons pas. Nous laissons tomber les Canadiens.
Ensuite, il y a la loi. Les politiques du gouvernement libéral font en sorte que les ressortissants étrangers qui demandent l'asile au Canada peuvent commettre des crimes et, dans certains cas, éviter des conséquences graves parce que le système accorde la priorité au processus plutôt qu'à la justice. Si deux individus, un Canadien et un ressortissant étranger, sont accusés du même crime, les conséquences ne seront pas égales. C'est inacceptable.
Ne nous méprenons pas sur les aspects concrets de ce problème dans la vraie vie. Quand une personne présente une demande d'asile, cela peut mener à l'octroi de sursis automatiques. Autrement dit, le demandeur d'asile peut rester ici jusqu'à ce que son dossier soit examiné. Partout au Canada, on rapporte des cas d'individus accusés d'infractions violentes, de traite de personnes et de crimes liés aux gangs qui, parce qu'ils ont présenté une demande d'asile ou de statut de réfugié, peuvent rester plus longtemps au Canada, parfois pendant des mois, voire des années.
En Colombie‑Britannique, les forces de l'ordre ont découvert des réseaux d'extorsion organisés où de nombreux suspects ont eu recours à la demande d'asile pour freiner le processus de leur renvoi du Canada. Ces contrevenants empêchent ainsi pendant des mois les ressources chargées de l'application de la loi et les victimes d'agir. Le statut juridique de ces contrevenants n'est pas défini et l'application de la loi est contrecarrée. En ce qui concerne les voies de fait, le vol, la fraude et l'extorsion, les Canadiens subissent des conséquences immédiates, tandis que les ressortissants étrangers peuvent retarder, reporter ou même éviter de subir des peines pendant de nombreuses années en présentant une demande d'asile.
Cette échappatoire récompense les contrevenants et punit les Canadiens. Quand une personne est accusée d'un crime, elle devrait être soumise à toute la rigueur du système de justice, sans bénéficier d'une échappatoire ou d'un traitement de faveur parce qu'elle a soumis des documents. Notre motion demande au gouvernement d'expulser immédiatement les ressortissants étrangers qui commettent des crimes graves, sans adoucissement des mesures, sans échappatoires et sans exclusions spéciales.
Nous demandons une application plus rigoureuse de la loi. Quand des délinquants violents, des membres de gangs ou des suspects du crime organisé se font prendre, ils doivent être expulsés. Quand des criminels exploitent des échappatoires dans la loi, les collectivités ne peuvent pas prospérer. Les familles ne se sentent pas en sécurité quand elles sont désavantagées par le système. Les Canadiens méritent un système de justice qui fonctionne d'abord et avant tout pour eux. Si quelqu'un enfreint la loi au Canada, qu'il s'agisse d'un Canadien ou d'un ressortissant étranger, il doit en subir les conséquences. C'est ça, l'égalité devant la loi. La population canadienne ne s'attend à rien de moins.
Regardons un peu les chiffres et les coûts. Nous dépensons 896 millions de dollars en soins de santé à l'heure actuelle et nous dépenserons 1,5 milliard de dollars d'ici 2030 pour des personnes qui ne sont pas des contribuables et qui n'ont aucun statut légal au Canada. Où cela nous mènera-t-il? Les libéraux n'offrent aucune réponse. Les conservateurs exigeront que chaque dollar fasse l'objet d'un suivi, que chaque service soit justifié et qu'il n'y ait plus de chèques en blanc. Chaque dollar en fonds publics doit servir les Canadiens d'abord et avant tout.
Ce n'est pas une question d'idéologie. Il s'agit de la promesse canadienne: un logement abordable, une vie abordable, des soins de santé quand on en a besoin et des rues qui sont sûres. Nous présentons la motion à l'étude pour rétablir l'équité, l'ordre et la confiance. Les demandeurs d'asile déboutés n'ont droit qu'à des soins d'urgence. Les criminels étrangers subissent toutes les conséquences de leurs actes. L'équité, ce n'est pas sacrifier nos voisins pour qu'une personne venant de l'étranger puisse recevoir de meilleurs soins qu'eux.
Qu'est-ce que les libéraux veulent que je fasse? Dois-je retourner dans ma circonscription et dire à une grand-mère qu'elle devra attendre sept mois pour recevoir des soins, alors qu'une personne qui n'est même pas d'ici, qui pourrait être en situation irrégulière, un criminel ou un terroriste, recevra de meilleurs soins qu'elle? Que suis-je censé dire à un immigrant qui s'est installé ici pour refaire sa vie, qui, à la sueur de son front et au prix de maux de dos, a contribué à bâtir le pays? Que suis-je censé dire à cet immigrant alors que ceux qui le suivent exploitent le système libéral défaillant? Dois-je lui dire que respecter les règles n'a aucune importance?
Je terminerai par la question suivante: qui sommes-nous? Le danger de créer un ensemble de règles pour les uns et un autre ensemble de règles pour les autres est que cela remet en cause l'idée même de notre souveraineté, l'idée même de notre identité nationale et l'idée même du pays que nous cherchons à construire ensemble.
Si je pouvais graver quelque chose sur le bureau de chaque agent des services frontaliers, de chaque bureaucrate, de chaque juge, de chaque législateur et de chaque universitaire, ce serait que le Canada est la troisième démocratie la plus ancienne au monde. Nous avons hérité de la Magna Carta anglaise et de la Déclaration des droits de l'homme française. Notre société a été forgée par les Premières Nations et les nouveaux arrivants, par les séquelles qu'ils ont endurées ensemble pendant les guerres, les dépressions et les périodes difficiles, et par la promesse de leur avenir commun. Nous sommes une monarchie constitutionnelle où les lois sont écrites par un peuple exerçant son pouvoir démocratique, et non par un souverain imposant ses diktats. Nous sommes une promesse, une promesse que nous allons tenir.
En ce qui concerne les millions de personnes au pays qui ne respectent pas cette vérité, qui est au cœur de notre identité nationale, au cœur de notre souveraineté et au cœur de qui nous sommes et de ce que nous sommes ici pour défendre, nous avons la tâche désagréable d'exiger des députés ministériels qu'ils expulsent les personnes qu'ils ont eux-mêmes fait venir.
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Monsieur le Président, avant de débuter, j'aimerais signaler que je vais partager mon temps de parole avec le député de .
Au cours des dernières années, nous avons tous et toutes constaté à quel point la qualité de la gouvernance publique est essentielle. Les Canadiens et les Canadiennes s'attendent à ce que leur gouvernement gère les fonds publics de façon responsable, mais jamais au détriment de nos valeurs. Ce sont les valeurs des Canadiens et des Canadiens qui sont reflétées par les valeurs de notre gouvernement. Ce sont nos valeurs fondamentales, notre humanité et notre sens de la justice. C'est précisément l'équilibre que nous cherchons à maintenir dans la gestion du Programme fédéral de santé intérimaire.
L'équilibre dans la gouvernance, de manière générale, c'est l'élément le plus difficile. Il faut éviter d'aller dans une extrémité ou dans une autre. Parfois, trouver un équilibre, c'est beaucoup plus complexe et c'est beaucoup plus difficile. Malgré ça, notre gouvernement est prêt à relever ce défi et il est prêt à aller chercher cet équilibre et à le mettre en œuvre.
Ce programme existe pour une raison très simple: s'assurer que les personnes les plus vulnérables, notamment les demandeurs d'asile, ont accès à des soins de santé essentiels pendant une période transitoire — j'insiste sur ce mot — en attendant leur admissibilité aux régimes provinciaux et aux régimes territoriaux. Soyons également clairs: ce programme doit être géré de manière rigoureuse. Il doit être géré de manière transparente et, surtout, d'une manière durable.
Aujourd'hui, certains chiffres sont utilisés pour alimenter des inquiétudes et la peur, notamment en ce qui concerne l'augmentation des coûts du programme. Il est donc essentiel de rappeler les faits.
La hausse des coûts n'est pas le résultat d'un élargissement des prestations. Il faut vraiment bien le signaler pour que les Canadiens et les Canadiennes qui nous entendent aujourd'hui comprennent clairement la cause et qu'ils ne créent pas de corrélations simplistes comme celle qu'on vient d'entendre. Ce n'est pas non plus le résultat d'un changement dans la mission du programme. Ce n'est pas ça, la raison.
Cette hausse de coûts s'explique principalement par une augmentation importante du nombre de demandes d'asile au cours des dernières années et par des délais plus longs dans le traitement de ces demandes. Concrètement, cela signifie que certaines personnes demeurent plus longtemps dans le système et continuent donc d'être couvertes temporairement par le programme fédéral avant d'être transférées vers les régimes provinciaux ou les régimes territoriaux.
Face à ces pressions, notre gouvernement n'est pas resté les bras croisés. Notre gouvernement a travaillé très fort afin de revenir à ce que je disais tout à l'heure: maintenir l'équilibre de ce programme. Nous avons pris des mesures ciblées, des mesures responsables et surtout des mesures concrètes.
Premièrement, nous avons introduit un modèle de quotes-parts pour certaines prestations complémentaires depuis 2025. Les bénéficiaires contribuent désormais à une partie du coût des médicaments, du coût des soins dentaires, du coût des soins de la vue et surtout du coût des services de counseling et des appareils fonctionnels. Les soins de base comme les consultations médicales, les hospitalisations et les analyses demeurent entièrement couverts. Ce changement rapproche le Programme de ce que vivent de nombreux Canadiens et Canadiennes qui, eux aussi, doivent contribuer à leur régime complémentaire.
Deuxièmement, nous avons suspendu certaines mises à jour prévues au Programme lorsqu'elles auraient entraîné une hausse automatique des dépenses, tout en maintenant une couverture comparable à celle offerte par les provinces et celle offerte par les territoires aux personnes qui reçoivent de l'aide sociale.
Troisièmement, nous avons déposé et fait progresser des réformes législatives, notamment le projet de loi , afin de réduire les abus, d'améliorer les délais de traitement et de réduire le temps pendant lequel les personnes dépendent du soutien fédéral temporaire.
J'aimerais juste ouvrir une parenthèse. Quand on parle de situations temporaires, on ne parle pas de personnes qui sont en train de profiter du système, bien au contraire. Il n'y a personne dans une trajectoire d'immigration qui veut rester dans une situation temporaire, qui veut rester dans l'incertitude ou qui veut abuser de notre programme. Au contraire, cette personne veut avoir une réponse pour intégrer la société, pour intégrer elle aussi le marché du travail, pour intégrer elle aussi, avec sa famille, la société canadienne. C'est très important, parce que, parfois, on crée des corrélations dans les discours et cela peut entraîner une perception ou une compréhension qui peut induire en erreur.
Moins de délais, cela veut dire moins de coûts. Moins de délais, cela veut dire un système beaucoup plus équitable pour toutes et tous.
Quatrièmement, nous avons mis fin à l'utilisation d'hébergements hôteliers financés par le gouvernement fédéral pour les demandeurs d'asile et nous avons recentré les efforts vers des solutions plus permanentes, plus durables et communautaires. Ces décisions réduisent les dépenses et favorisent des parcours d'intégration plus stables, comme je l'ai dit tout à l'heure.
Il est également important de rappeler un principe fondamental: couper dans les soins ne fait pas disparaître les besoins en matière de santé. Au contraire, reporter des soins essentiels jusqu'à l'entrée dans un régime provincial ne ferait que déplacer les coûts vers les provinces et les territoires et ne ferait souvent que les augmenter, car les problèmes de santé ne vont pas s'améliorer. Au contraire, ils deviennent plus graves et plus coûteux à traiter. L'approche de notre gouvernement vise donc à prévenir ces situations, à protéger la santé publique et à assurer une transition ordonnée vers les systèmes provinciaux et territoriaux.
Par ailleurs, la surveillance du programme est rigoureuse. Les réclamations sont analysées, auditées et administrées par un réseau structuré de fournisseurs de soins, avec des mécanismes clairs pour assurer l'intégrité des dépenses et la bonne utilisation des fonds publics. Nous continuons aussi d'évaluer les prestations afin d'éviter les chevauchements et de maintenir l'équité entre les gouvernements.
Il faut également noter que certaines projections financières ne tiennent pas encore compte des économies générées par les nouvelles quotes-parts ni de l'incidence des réformes législatives en cours. Or, ces mesures auront un effet direct sur la durée d'utilisation du programme et sur les coûts. D'ailleurs, les résultats commencent déjà à se faire sentir: en 2025, le nombre de demandes d'asile a diminué d'environ un tiers par rapport à l'année précédente. Cela démontre que les actions mises en place par le gouvernement fonctionnent et contribuent à réduire la pression sur le système.
Les Canadiens et les Canadiennes veulent un système d'immigration bien géré, humain et crédible. Ils veulent que nous protégions les personnes vulnérables, que nous luttions contre les abus et que chaque dollar public soit utilisé avec rigueur. C'est exactement ce que notre gouvernement fait. Nous harmonisons les prestations avec les régimes provinciaux, nous introduisons des mécanismes de partage des coûts, nous renforçons les contrôles et la transparence, nous réformons le système pour en améliorer l'efficacité et nous continuons de suivre, d'évaluer et d'ajuster le programme pour en assurer la viabilité à long terme.
Le Programme fédéral de santé intérimaire n'est pas un privilège. C'est un filet de sécurité temporaire. C'est un outil de santé publique. C'est un mécanisme de transition. C'est un reflet de nos valeurs. En poursuivant la mise en œuvre des réformes, notamment celles prévues dans le projet de loi , nous continuerons de réduire les pressions financières, d'améliorer l'efficacité et de garantir que ce programme demeure responsable, équitable et durable. C'est pourquoi j'invite la Chambre à soutenir ces réformes et à continuer de bâtir un système à la fois rigoureux, humain et fidèle aux valeurs canadiennes.
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Monsieur le Président, pendant ce débat, j'ai repensé à 2016. Nouvellement formé à l'automne 2015, le gouvernement s'était engagé, par nécessité, à accueillir des réfugiés syriens au Canada en raison des événements survenus à l'époque en Syrie.
Je m'en souviens très bien: à la fin de l'hiver, parmi les nombreux réfugiés arrivés au pays, un certain nombre vivaient chez des familles d'accueil à Kingston. Une organisation locale qui coordonnait ces opérations avait mis sur pied un événement dans le but de remercier toutes les personnes qui avaient fait des pieds et des mains et qui avaient été si généreuses en accueillant de nouveaux réfugiés chez elles afin qu'ils puissent entreprendre une nouvelle vie.
Je me souviens d'avoir assisté à cet événement. Je venais d'être élu député et j'étais très fier du travail accompli par le gouvernement. À la demande des organisateurs, je me suis levé afin de parler de l'incroyable générosité de notre communauté et des personnes qui avaient tendu la main et qui avaient ouvert les portes de leur maison pour accueillir des réfugiés. Je les ai remerciées chaleureusement d'avoir posé ce geste et d'être si canadiennes à un moment où les gens du monde entier avaient besoin d'aide. J'ai terminé mon discours et je me suis rassis.
À la fin de l'événement, il y avait une réception, et un homme est venu me voir pour me dire: « J'ai vraiment aimé ce que vous avez dit et j'ai trouvé formidable que vous remerciiez toutes les familles de la région de leur immense générosité, mais vous avez oublié de remercier les réfugiés. » Je lui ai demandé ce qu'il voulait dire. Il a répondu: « Vous avez oublié de les remercier d'avoir choisi le Canada. » Je n'ai jamais oublié ce moment et j'y ai beaucoup réfléchi au cours des 10 dernières années. En disant cela, cet homme m'a fait prendre conscience d'une facette indéniable de l'identité canadienne.
Quand on y pense, un réfugié, un demandeur d'asile, c'est quelqu'un qui a choisi de tout laisser dans son pays d'origine, d'emmener sa famille et de laisser derrière lui sa maison, ses avoirs et ses précieux liens avec son patrimoine et avec sa culture. Ces personnes peuvent rester dans un camp de réfugiés pendant plusieurs mois avant de se démener pour venir au Canada afin de commencer une toute nouvelle vie avec leur famille, dans une région où elles ne sont jamais allées auparavant et qui a une identité culturelle dont elles n'ont jamais fait partie. Quand on y pense, qui d'autre que des combattants de cette trempe voudrions-nous accueillir chez nous pour bâtir notre collectivité ?
Quand cette personne m'a fait part de cette observation et m'a dit que j'avais oublié de remercier les réfugiés d'avoir choisi le Canada, une évidence s'est imposée à moi: qui pourrions-nous bien vouloir davantage que des gens prêts à se battre? Ce ne sont pas des gens qui veulent abuser du système. Ce ne sont pas des gens qui veulent juste se croiser les bras et ne rien faire. Ils ont tout risqué pour venir ici. La plupart du temps, ils veulent se battre pour leur survie. Je ne peux penser à personne d'autre que nous pourrions vouloir davantage pour bâtir notre pays et y contribuer.
Cela m'a fait penser à mes grands-parents, même s'ils n'étaient pas des réfugiés selon la définition que nous utilisons aujourd'hui. Comme tant d'autres immigrants qui sont arrivés au Canada après la Seconde Guerre mondiale, mon grand-père maternel était originaire d'Italie. Son pays était détruit. Mon père venait des Pays-Bas. Son pays était détruit aussi. Mes grands-parents ont décidé qu'ils voulaient aller commencer une nouvelle vie pour leur famille dans un autre pays. C'est pour cela qu'ils sont venus ici.
Mes oncles italiens ont créé des entreprises de construction et ont contribué à la prospérité du pays. Mon grand-père a travaillé comme concierge dans un hôpital pour que son fils puisse faire des études de droit et devenir un jour député provincial, et son petit-fils est ici en ce moment même. Voilà ce que nous avons accompli en adoptant la culture et l'identité canadiennes. Quelqu'un a abordé ce point plus tôt aujourd'hui en précisant que, à moins d'être d'origine autochtone, nous sommes tous arrivés au Canada au cours des derniers siècles. C'est ça, la réalité.
Les conservateurs s'évertuent à dire que nous essayons de leur imputer l'intention de créer une fausse dichotomie entre eux et nous, que ce n'est que pure invention. Or, c'est précisément ce qu'ils font au moyen de leur motion. Le quatrième point parle des « Canadiens qui ont cotisé toute leur vie au régime de soins de santé » — de toute évidence en référence aux aînés — et qui « ne peuvent recevoir les soins de santé qu'ils méritent, en partie parce que des ressources vont à de faux demandeurs d'asile ». Ils créent intentionnellement une dichotomie entre eux et nous, car cela sert leur sous-discours.
Qu'entend-on par « sous-discours »? Nous utilisons souvent ce terme, et je vais le définir pour les députés. Le sous-discours consiste à dire quelque chose qui ne semble pas inhabituel pour la majorité, mais qui est perçu comme un signal fort et clair par les convertis. En d'autres termes, il s'agit d'un message politique qui semble anodin, mais qui véhicule un sens caché pour un groupe précis. Le sens caché de la motion dont nous sommes saisis est le suivant: « Les réfugiés vous volent vos soins de santé. » C'est le message que les conservateurs veulent transmettre. Ils vont publier leurs vidéos et leurs extraits pour les diffuser à leurs partisans et dire: « Le chef de l'opposition peut mettre fin à cette situation. Il suffit que vous donniez 25 $. Faites un don dès maintenant. »
Cette tendance s'observe depuis près de 10 ans et une chose est sûre, l'arrivée du n'a fait qu'aggraver la situation. Voilà où nous en sommes aujourd'hui. Encore une fois, les conservateurs tentent de présenter les réfugiés comme une menace à l'identité canadienne. Pourquoi doivent-ils s'exprimer ainsi? J'ai d'ailleurs posé une question très précise au député conservateur qui a pris la parole plus tôt.
Les conservateurs diront qu'une fois sa demande d'asile rejetée, une personne ne devrait plus avoir accès aux soins de santé. Or, c'est déjà ce qui se passe. Ce que les conservateurs ne disent pas, et c'est pourtant important, c'est qu'il existe, comme dans tout processus de justice, une possibilité d'appel. Ils estiment qu'après une première décision défavorable, un demandeur ne devrait pas recevoir de soins de santé, même pendant la procédure d'appel.
Eh bien, si c'est vraiment ce qu'ils pensent, si leur problème porte en réalité sur le processus d'appel, pourquoi n'ont‑ils pas présenté aujourd'hui une motion pour l'abolir? La raison est simple: cela ne leur aurait pas rapporté autant de dons qu'ils comptent en attirer avec ce message.
Je suis extrêmement déçu de devoir prendre de nouveau la parole à la Chambre pour dénoncer les tactiques des conservateurs et les jeux auxquels ils se livrent, qui visent intentionnellement à diviser les Canadiens. C'est ce qu'ils font maintenant, et c'est ce que je les vois faire depuis des années. Selon moi, c'est absolument honteux d'agir ainsi dans ce dossier.
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Monsieur le Président, aujourd'hui, je ne m'adresse pas seulement à la Chambre. Je veux m'adresser aux familles du Québec, aux aînés qui attendent des soins, aux jeunes parents qui n'ont pas de médecin de famille, aux sportifs qui prennent soin de leur santé et aux athlètes d'un océan à l'autre qui travaillent fort et qui font tout pour réussir. Le débat d'aujourd'hui porte sur nos priorités, sur une question qui est fondamentale. Est-ce qu'on met les Canadiens au premier plan quand on prend des décisions concernant notre pays?
Voici la crise. Le Programme fédéral de santé intérimaire pour les demandeurs d'asile coûtera bientôt 1,5 milliard de dollars aux contribuables canadiens. Si les Canadiens le savent aujourd'hui, c'est parce que les conservateurs ont forcé cette étude au Comité permanent de la santé. Ces chiffres ne seraient pas sortis autrement. Nous avons exigé de la transparence. Nous avons fait notre travail d'opposition et nous avons tenu le gouvernement responsable de ses décisions.
En 2016, le gouvernement libéral a élargi la couverture pour les services offerts aux demandeurs d'asile. Ce n'était pas seulement pour les soins d'urgence; on a ratissé plus large. On a ajouté les soins pour la vue, le counseling, les outils ou les appareils qui aident les personnes qui ont des limites physiques, les visites à domicile, les soins en résidence et les transports. Aujourd'hui, plus de 50 % des coûts du Programme sont liés à des soins complémentaires comme la physiothérapie, l'ergothérapie, l'orthophonie et les services d'interprétation. On est rendu loin des services d'urgence qui sont essentiels.
Un autre point est encore plus préoccupant: même quand un demandeur d'asile est rejeté par la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada et qu'on lui a demandé de sortir du pays, il demeure admissible à toutes ces prestations tant qu'il est physiquement au Canada.
On sait que plusieurs de ces individus restent au pays même si on leur a demandé d'en sortir, et ils ont quand même accès aux services. Ils sont rejetés par notre système, mais toujours admissibles aux prestations fédérales. Comment est-il possible de s'engager à payer les frais pour des services offerts à des personnes qui n'ont même plus le droit d'être sur le sol canadien? C'est ça, la vraie question.
Aujourd'hui, en 2026, 6 millions de Canadiens n'ont pas accès à un médecin de famille. Ce n'est pas par manque d'efforts de leur part pour en trouver un. Les familles font tout en leur pouvoir pour avoir un médecin de famille. Les médecins font aussi tout en leur pouvoir pour rencontrer le maximum de personnes possibles et aider le maximum de citoyens en ce qui a trait à leur santé. Cependant, les chiffres ne concordent tout simplement plus.
Je tiens à rappeler que, dans les 10 dernières années, 100 000 personnes sont décédées en attendant des soins de santé. Au Québec, les urgences débordent. Les aînés attendent des mois pour des soins à domicile. Les enfants attendent pour des services d'orthophonie. Les familles paient de leur poche pour de la physiothérapie et d'autres services complémentaires. Même après avoir fait autant de contributions financières à notre système de santé, les citoyens doivent souvent se tourner vers le privé et payer de leur poche pour avoir accès à des services plus rapidement.
Nous posons donc la question suivante. Est-ce que c'est normal qu'une personne qui est refusée et renvoyée par notre système juridique ait accès à des soins complémentaires que plusieurs citoyens canadiens ne sont même pas en mesure de se payer? Est-ce que c'est normal qu'un citoyen qui paie des taxes et des impôts ne soit pas en mesure d'avoir accès à des services auxquels un non-résident ou une personne qui a été refusée a droit? Est-ce qu'elle y a droit? Ça, c'est la question.
Les soins d'urgence devraient toujours être couverts. Nous ne serons jamais contre ça. C'est un soin d'urgence. Le Canada est un pays qui est accueillant et qui est responsable. Une personne dans une situation d'urgence peut toujours trouver de l'aide chez nous, au Canada. Toutefois, offrir des soins complémentaires élargis pendant que les citoyens attendent, c'est un peu exagéré. Ce n'est pas de la compassion, c'est de la mauvaise gestion des priorités.
Il faut raccourcir les délais et expulser les faux demandeurs d'asile, et non leur donner du bonbon pour qu'ils restent au pays et qu'ils utilisent les ressources auxquelles plusieurs Canadiens n'ont pas accès. Je tiens à faire un petit rappel ici. Ce sont 86 000 personnes dont la demande a été refusée qui sont toujours sur le territoire. Il y a présentement un demi-million de personnes sans statut dans notre pays. En 2025, il y avait un retard de 300 000 dossiers de demandeurs d'asile. Ce ne sont pas des petits chiffres.
On a aussi appris en comité, et il ne faut pas le passer sous silence, que certains fournisseurs de services qui sont couverts par le Programme fédéral de santé intérimaire peuvent facturer jusqu'à cinq fois les tarifs provinciaux quand ça passe sous ce fameux programme. Un Canadien, on lui facture le prix normal. Un non-résident ou un demandeur d'asile, ça coûte cinq fois plus cher. Le coût est passé de 211 millions de dollars à près de 900 millions de dollars par année, avec des prévisions de 1,5 milliard de dollars d'ici 2030. C'est énormément d'argent. Ce n'est pas viable de penser qu'on va se rendre là, ce n'est pas responsable et ce n'est pas respectueux pour les citoyens canadiens, les contribuables, ceux qui paient pour ce service qui est offert au Canada.
J'aimerais faire un parallèle, en allant vers la fin de mon discours, sur un élément qui me tracasse et qui, pour moi, est excessivement important. Je me demande si les libéraux investissent aux bons endroits. On va voir où je m'en vais avec ça. Ici, on parle d'investissements en santé, mais, quand vient le temps de parler de la santé des Canadiens, de sport et d'activité physique, oups, soudainement, l'argent manque, on n'a pas de financement pour ça et ce n'est pas une priorité.
Nous sortons d'un cycle olympique. Nous le savons: nous venons de vivre des Jeux olympiques qui ont été exceptionnels. Nous sommes fiers de nos athlètes, nous sommes fiers de notre drapeau et nous sommes fiers de sortir de chez nous pour représenter notre pays et faire rayonner le talent d'ici partout sur la planète. Je suis pas mal certain que les cotes d'écoute du dernier match de hockey du Canada contre les États‑Unis ont été assez élevées. Chaque Canadien souhaitait évidemment qu'on l'emporte.
Cependant, une fois que la poussière est retombée, il faut être honnête et regarder pourquoi un pays aussi riche que le nôtre, aussi fier de son histoire et de sa culture, ne performe pas autant que nous l'aurions voulu sur la scène internationale. Pour être clair, je parle de quelque chose bien au-delà des médailles. Le Canada peut faire mieux, mais, pour faire mieux, il faut regarder les faits, regarder les priorités, regarder la façon dont on investit ou dépense l'argent des contribuables. En 2022, le financement fédéral pour le sport s'élevait à 327,1 millions de dollars par année. C'est moins de 1 % du budget annuel total pour le pays. Sur cinq ans, l'investissement moyen annuel est de 263 millions de dollars.
Faisons le comparatif avec la santé. Je fais un grand lien entre le sport, l'activité physique et la santé. Sujet pour sujet, on parle du fait que, d'ici 2030, on va dépenser 1,5 milliard de dollars par année pour des prestations de santé à des demandeurs d'asile, dont certains sont même refusés et n'ont pas le droit de rester au pays. C'est six fois plus que l'investissement annuel moyen dans l'ensemble du système sportif canadien. Est-ce un équilibre qui est raisonnable? Est-ce équitable? Est-ce responsable, sachant que pour chaque dollar investi en prévention, donc en activité physique et en santé, c'est entre 3 $ et 20 $ de retour sur investissement qu'on peut retrouver?
Les organisations sportives nationales parlent d'une véritable crise financière en ce moment. Certaines risquent même de fermer. On leur demande plus de sécurité dans le sport, plus d'inclusion et une meilleure gouvernance. Ce sont des objectifs qui sont super importants, mais on ne leur donne pas les moyens d'accéder à tout ça. Selon une étude de Deloitte, 90 % des organisations sportives nationales ont besoin du financement gouvernemental pour exister et pour continuer. Pourtant, à voir les décisions du gouvernement, ce n'est manifestement pas une priorité pour les libéraux.
Le coût de l'inactivité physique est assez impressionnant. Un système de santé préventif plutôt que réactif devrait vraiment être une priorité. Investir dans le sport, c'est investir dans des Canadiens plus actifs. En fait, il y a près de 20 ans, le coût de l'inactivité physique était évalué à 7 milliards de dollars canadiens. Ça, c'est ce que ça coûtait aux contribuables. Ce coût est certainement plus élevé aujourd'hui. La santé physique et mentale des Canadiens et des Québécois pourrait être en bien meilleure posture. Plus d'activité physique, ça signifie moins d'obésité, moins de diabète, moins de maladies cardiaques, moins de pression sur nos salles d'urgence et sur notre système de santé.
Si on prend vraiment au sérieux le fait d'améliorer la santé de la population, on doit prendre des décisions en conséquence. Dans le sport, pour nos jeunes, dans nos communautés, on doit réduire la pression sur le système de santé. Au lieu de dépenser des milliards de dollars pour gérer les conséquences, il serait peut-être temps qu'on commence à penser à prévenir. Je fais ici le lien avec aujourd'hui. D'un côté, on n'a pas assez d'argent pour investir dans la prévention; de l'autre, on va dépenser près de 1,5 milliard de dollars pour soutenir la santé de personnes qui n'ont même pas le droit d'être sur notre territoire. Je pense que nous avons une réflexion à faire à ce sujet.