La Chambre reprend l'étude du projet de loi , dont le comité a fait rapport avec des propositions d'amendement, ainsi que de la motion no 1.
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Monsieur le Président, je suis heureuse de prendre la parole au nom des gens au grand cœur d'Algonquin—Renfrew—Pembroke, des gens qui ne sauront être censurés, au sujet du projet de loi , qui vise à alimenter la haine.
Les libéraux prétendent qu'ils cherchent à lutter contre la haine. La haine dont les Canadiens sont témoins dans les rues est réelle. L'engagement des libéraux à s'y opposer, lui, est faux.
Le Canada a été tissé par des gens de différentes confessions aux langues différentes. Nous sommes un pays de diversité et d'inclusion depuis que sir John A. Macdonald a commencé à décoloniser l'Amérique du Nord britannique. Nos ancêtres y sont parvenus grâce à un fil conducteur qui nous unit tous: tous les citoyens sont égaux devant la loi.
Cette promesse ne s'est pas concrétisée immédiatement pour tout le monde, mais au fil du temps, nous avons renforcé notre tissu social pour protéger le droit de chacun à un traitement égal devant la loi. La haine est devenue moins courante au Canada. Puis, il y a 10 ans, une idéologie radicale s'est affranchie des limites des chambres d'écho socialistes et s'est propagée sur Internet comme un virus. Cette idéologie a porté plusieurs noms, comme le wokisme, le marxisme culturel et la théorie critique américaine de la race. La description la plus exacte est celle du progressisme illibéral. En réalité, il ne s'agit que d'une autre forme de socialisme qui dévalorise l'individu au profit d'un groupe social.
Cette idéologie exige que la loi traite les gens différemment selon leur race, leur sexe ou leur religion. Ses adeptes ont détourné notre culture d'aversion à l'intolérance pour déclarer que tous les gens qui ne souscrivent pas à leur idéologie sont des racistes et des intolérants haineux. Cette idéologie a réduit au silence de nombreux libéraux progressistes. Pour les mercenaires enclins à la souplesse idéologique au sein du Parti libéral, c'était une occasion à saisir.
Ils ont voulu financer la promotion de cette idéologie en créant un réseau de militants qu'ils allaient pouvoir exploiter afin de s'en prendre à leurs adversaires politiques. Ils ont retenu les services de ces militants pour créer des équipes chargées d'appliquer leur idéologie dans l'ensemble de la fonction publique. C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés avec un fanatique antisémite qui a obtenu un contrat fédéral pour offrir de la formation sur la diversité.
Maintenant, ils sont pris à leur propre piège raciste. Ils ont perdu la capacité de condamner et de dénoncer les manifestations haineuses qui se déroulent régulièrement dans les quartiers où vivent des Canadiens juifs. Ils prétendent que ce projet de loi vise à mettre fin aux manifestations haineuses. Pourtant, nous avons déjà les dispositions législatives nécessaires pour le faire.
Le ministre de la Justice de l'Ontario a écrit à la police pour lui demander de faire respecter la loi. La police a répondu que, lorsqu'elle le faisait, les procureurs de la Couronne abandonnaient les poursuites. Les procureurs de la Couronne affirment qu'ils ne peuvent pas intenter de poursuites dans des affaires qui n'ont pas de chances raisonnables d'aboutir à une condamnation. S'ils ne parviennent pas à convaincre un juge de condamner un voyou masqué défilant avec le drapeau du Hamas, c'est parce que les libéraux ont passé 10 ans à nommer des juges se consacrant à défendre l'idéologie raciale et socialiste qui traite les criminels comme des victimes marginalisées d'une société raciste.
Les libéraux pensaient pouvoir exploiter la tendance woke, mais dès qu'ils ont fait entrer cette idéologie dans leurs rangs, elle s'est répandue dans tout le parti. Elle les a transformés. Sous Chrétien et Martin, les libéraux étaient divisés entre les rouges et les bleus, entre la gauche et le centre, puis Trudeau est arrivé comme un ouragan et a évincé la vieille garde. Le caractère du Parti libéral a changé. Il a pris une teinte gauchiste.
Il suffit de regarder les beaux discours tenus par les libéraux au cours de la dernière décennie. Voici cinq citations. La première: « Le parti de l'opposition n'a aucun autre plan que de laisser la planète brûler. » Deuxième citation: « Leur seule réponse aux changements climatiques consiste à faire comme s'ils n'existaient pas et à laisser la planète brûler. C'est immoral. » Voici une troisième citation: « Certains hommes veulent juste voir le monde brûler. » La quatrième citation: « Ils vont laisser la planète brûler et nous obliger à payer la note. » Enfin, voici la cinquième: « Ils peuvent profiter de leurs 10 heures en voiture et laisser la planète brûler. » Quatre de ces citations ont été prononcées par des députés libéraux pendant la dernière législature. L'autre est tirée d'un film de Batman.
Les libéraux ne se contentent pas de critiquer l'approche que nous proposons pour réduire les émissions à l'échelle mondiale, qui consiste à exporter plus de gaz naturel pour remplacer le charbon. Non. Ils tiennent à nous dépeindre comme les méchants d'une bande dessinée, déterminés à détruire le monde. Si on regarde le compte rendu officiel, on constate qu'ils ont commencé à nous traiter comme d'affreux méchants immoraux après avoir accueilli dans leur caucus quelqu'un qui se décrit comme un « fier socialiste ».
Ce genre de discours n'a qu'un seul but: attiser la haine à l'endroit de leurs opposants politiques. Et voilà maintenant qu'ils souhaitent travailler de concert avec les séparatistes dans le but de diviser davantage le Canada et de réduire les gens au silence en leur faisant peur. En effet, l'élimination de l'exemption religieuse applicable aux dispositions sur la haine n'a qu'un seul but: susciter la peur.
Ce moyen de défense juridique restreint n'a jamais été utilisé. Il ne constitue pas un obstacle à l’application des lois contre l’incitation à la haine. La seule raison de le supprimer serait de permettre aux socialistes radicaux d’attaquer et de réduire au silence encore plus facilement les Canadiens qu’ils considèrent comme des ennemis faisant obstacle à leur utopie. Les violeurs et les tueurs à gages sortent des salles d’audience sans être condamnés, mais les libéraux veulent que les prédicateurs et les rabbins surveillent leurs propos. Il ne s’agit pas là d’une préoccupation sans fondement.
J'ai mentionné tout à l'heure la manière dont les libéraux ont utilisé l'argent des contribuables pour mettre en place un réseau militant. L'un des groupes financés par ce réseau est le réseau de propagande haineuse anti-canadienne. Ces militants combinent des informations sur de dangereux groupes néonazis avec des informations sur un groupe pro-vie de ma circonscription. Ils ne font même pas semblant de traiter de sujets liés à la haine. Leur dernier message visant mes concitoyens portait sur un différend au sein d'un conseil d'administration.
Il s'agit d'une tentative financée par le gouvernement visant à restreindre la portée du débat. L'objectif est d'élargir la liste des sujets interdits au débat dans une démocratie libérale tolérante — libérale avec un « l » minuscule. C'est pourquoi ils assimilent l'opposition envers les politiques climatiques socialistes au négationnisme de l'Holocauste. C'est pourquoi les hippies mangeurs de granola, chaussés de Birkenstock et opposés aux vaccins, ont été rebaptisés « insurgés d'extrême droite ». C'est pourquoi toute critique du Forum économique mondial nous vaut d'être qualifiés d'antisémites. C'est pourquoi ils infligent une amende de 750 000 $ à ceux qui ne croient pas qu'un homme en robe est en réalité une femme. C'est pourquoi le projet de loi supprime la défense fondée sur des motifs religieux. Les nouveaux socialistes de la race ne peuvent pas gagner le débat en s'appuyant sur des faits ou la logique, alors ils cherchent à faire taire toute opposition.
J'ai évoqué deux types de libéraux. Il y a ceux qui, intimidés, soutiennent sans piper mot un programme illibéral et puis il y a les mercenaires sans convictions idéologiques. Tout à l'heure, j'ai eu l'occasion de demander au pourquoi le nombre de crimes haineux a bondi sous le gouvernement libéral. Sa seule réponse a été d'affirmer qu'il était scandaleux de tenir un gouvernement responsable de ses politiques. Comme ce ministre a fait volte-face sur l'idée de passer plus de temps avec sa famille quand les sondages sont devenus plus prometteurs, je pense qu'on peut le classer dans le camp des libéraux sans idéologie. C'est ainsi qu'il a pu conclure une entente avec les laïcs radicaux qui aspirent à un Québec indépendant et exempt de toute personne portant un crucifix ou un hijab, alors que, du même souffle, il demande à la Cour suprême d'invalider la loi québécoise sur la laïcité en modifiant la Charte des droits et libertés afin d'ajouter un astérisque à côté de l'article 35.
Il a complètement tordu tous ses principes pour faire adopter ce projet de loi, et pour quel résultat? Ce projet de loi fait double emploi avec des dispositions existantes. C'est déjà une infraction criminelle que de perturber ou d'entraver un service religieux. Prévoir une peine concurrente pour crime haineux n'est qu'une manière pour les libéraux de se donner bonne conscience. Personne ne passera un jour de plus en prison. Il ne reste plus qu'à éliminer les garanties mêmes qui rendent toute loi sur les discours haineux applicable au regard de la Charte. En éliminant ces garanties, il suffirait d'un procureur de la Couronne trop zélé pour intenter une action si excessive que l'ensemble de la législation sur les discours haineux serait jugée inconstitutionnelle. Personne ne devrait espérer une telle issue.
Nous voulons une culture solide empreinte de liberté d'expression et de débat. Nous pouvons fixer la limite aux rassemblements incendiaires du Klan, aux marches au flambeau tiki et aux rassemblements du Hamas dans les communautés juives. En supprimant les mesures de protection qui nous permettent de distinguer clairement les cas de haine des demandes injustifiées de guerriers conscientisés, les libéraux mettent en péril notre capacité à faire ces distinctions. Pour eux, ce n'est peut-être pas un bogue, mais une caractéristique à part entière. Tant qu'il sera dans leur intérêt politique d'assimiler à la haine toute opposition au régime libéral, il y aura plus de haine. Tant que le PIB par habitant diminuera et que le gouvernement enverra le message explicite que l'accès au soutien ou à l'emploi est déterminé par la couleur de la peau, il y aura plus de haine.
Ce qui fait peur, c'est le fait que le qui a anéanti notre système d'immigration soit maintenant responsable de notre système de justice. Il a transformé notre pays en poudrière et maintenant, avec ce projet de loi, il veut jouer avec des allumettes. Il prétend se soucier de la cohésion sociale tout en faisant adopter un projet de loi qui agit comme un solvant. Il verse de la térébenthine sur la colle qui cimente le pays et sur le fil qui nous unit, à savoir que tous les Canadiens sont égaux devant la loi.
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Monsieur le Président, quel genre de société et de pays voulons-nous devenir?
Est‑ce un pays où l'État s'arroge le pouvoir de décider ce que nous avons le droit de dire ou non, de décider quels textes religieux nous avons le droit de lire ou non et quelles opinions nous avons le droit d'entendre ou non? Ou voulons‑nous plutôt être une nation où les citoyens peuvent s'exprimer librement, sans crainte d'intimidation ou de répression, où ils peuvent défendre leurs idées, affirmer leur vérité et participer à un débat politique vigoureux, en acceptant que la liberté d'expression comporte le risque d'entendre des propos dérangeants, déplaisants, choquants, voire parfois haineux?
N'est‑ce pas là le prix de la liberté d'expression: refuser à l'État le pouvoir de réglementer nos paroles. Voilà, selon moi, le prix de la liberté d'expression au Canada aujourd'hui.
Le prix payé par les générations du passé pour protéger cette liberté fondamentale a été beaucoup plus élevé. Il n'a pas été payé devant les tribunaux, au sein des comités parlementaires ou même sur le parquet de la Chambre, mais bien sur les champs de bataille du monde entier. Du sang a été versé et des vies, perdues, pour défendre cette liberté. La question de savoir s'il faut sacrifier une partie de notre liberté pour nous assurer une plus grande sécurité et un plus grand confort est aussi vieille que la civilisation occidentale elle-même, mais elle représente un faux dilemme. Notre sécurité, notre unité et la force morale de notre nation n'existent pas en dépit de notre liberté, mais grâce à elle. Toute tentative de certains visant à éroder cette liberté pour le profit et la plus grande joie d'autres personnes qui cherchent à réglementer, à intimider et à contrôler est malavisée et inacceptable.
Depuis 10 ans, les gouvernements libéraux ne cessent d'adopter des lois qui s'inscrivent dans une tendance qui se dessine dans notre pays et qui consiste à accroître l'influence de ceux qui brandissent la baguette de la censure et à donner du pouvoir à ceux qui cherchent à contrôler nos pensées en contrôlant ce que nous pouvons voir et dire en ligne. Cette tendance consiste à porter constamment atteinte à la liberté d'expression des Canadiens et à tenter d'étouffer et de manipuler le débat public, que ce soit par la voie de l'ancien projet de loi libéral , selon lequel le gouvernement, dans son infinie sagesse, devait avoir le pouvoir de manipuler les algorithmes et les résultats de recherche de YouTube, Facebook et d'autres réseaux sociaux, et d'ainsi influencer l'information que nous voyons et consommons, ou par la voie de l'ancien projet de loi , qui visait à criminaliser et à réglementer davantage le libre discours.
La Chambre étudie maintenant le projet de loi libéral , dont la version initiale aurait édulcoré la définition de discours haineux et supprimé des garde-fous importants contre les poursuites abusives ou motivées par des considérations politiques. Essentiellement, ce projet de loi permettrait plus facilement au gouvernement actuel et à tout gouvernement futur de poursuivre et d'emprisonner des Canadiens non pas pour leurs actes, mais pour leurs paroles, et faciliterait l'utilisation de ce pouvoir comme outil d'intimidation par les personnes en position d'autorité afin d'effrayer ceux qui ont des opinions minoritaires ou impopulaires, les poussant à se réfugier dans l'autocensure pour éviter de s'exposer à la colère de l'État tout-puissant.
À l'étape de l'étude en comité, grâce à la détermination et à la persévérance d'une poignée de députés conservateurs, nous avons réussi à supprimer bon nombre des éléments les plus dangereux et les plus honteux du projet de loi. Un autre amendement inquiétant a toutefois été ajouté. Dans le cadre d'un accord conclu entre le Parti libéral et le Bloc québécois séparatiste, il a été convenu de supprimer une disposition du Code criminel actuel qui empêchait les Canadiens d'être poursuivis pour avoir exprimé de bonne foi les croyances ou les paroles tirées d'anciens textes religieux, ce qui ouvre la porte à des poursuites motivées par des considérations politiques fondées sur l'expression et les croyances religieuses et compromet ainsi non pas un, mais deux des droits fondamentaux des Canadiens garantis par la Charte.
Il est tout simplement scandaleux, absurde et profondément contraire à l'esprit canadien de penser que, dans un pays où la liberté d'expression et la liberté de religion constituent deux des valeurs et principes fondamentaux, c'est-à-dire l'assise de cette nation, un gouvernement puisse chercher à criminaliser l'expression de convictions religieuses sincères et la lecture de certains textes religieux.
Je n'exagère pas. Le président libéral du comité de la justice de l'époque a littéralement cité des passages précis de la Bible et de la Torah et, alors qu'il était question de criminaliser davantage le discours religieux, il a déclaré que ces passages étaient des propos haineux. Au-delà des problèmes évidents d'atteinte aux droits des Canadiens qui sont garantis par la Charte, ce projet de loi est également problématique parce qu'il détourne notre attention et nous empêche en fait de nous attaquer à des problèmes bien réels qui existent au Canada et que ce projet de loi vise prétendument à régler.
Au pays, certains tentent de se cacher derrière la liberté d'expression garantie par la Charte pour véritablement inciter à la violence et c'est un problème, mais c'est déjà illégal. Dans notre pays, certains tentent d'intimider et de perturber les personnes qui veulent pratiquer et exercer leur foi, et c'est un problème, mais c'est aussi déjà illégal. Dans ce pays, nous observons le problème des récidivistes violents qui agressent ou blessent des gens sans aucune raison apparente. Certains sont sans aucun doute motivés par la haine.
Au cours des dix dernières années, le gouvernement a réagi en affaiblissant le système de justice du Canada, en refusant de poursuivre activement ceux qui enfreignent les lois canadiennes existantes, en ignorant ceux qui causent des dommages physiques immenses dans nos villes et dans nos rues. Le gouvernement a fait cela afin de réorienter les ressources policières limitées pour cibler des crimes mal définis de discours haineux et afin de redéployer des agents qui travaillaient dans nos collectivités et nos villes pour qu'ils s'occupent des forums en ligne, des publications Facebook et des gazouillis.
Dix années de règne libéral ont mené à une augmentation de 50 % du nombre de crimes violents au pays. Le nombre d'homicides a progressé de 27 %, dont plus du tiers ont été perpétrés par des délinquants connus qui ont été remis en liberté sous caution. Ces résultats sont directement attribuables à des mesures législatives libérales comme les projets de loi et , qui ont rendu nos collectivités moins sûres en affaiblissant les peines pour les crimes graves et en privilégiant la remise en liberté des délinquants violents.
Si le gouvernement libéral se soucie vraiment de la sécurité des Canadiens, il devrait commencer par régler le problème qu'il a contribué à créer, plutôt que de s'attaquer aux droits fondamentaux garantis par la Charte, de faciliter les poursuites en justice pour des propos que les gens tiennent et de s'en prendre à eux lorsqu'ils expriment leurs convictions religieuses sincères.
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Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour m'opposer au projet de loi , en particulier à l'amendement très préoccupant et controversé des libéraux et des bloquistes qui supprimerait l'exception religieuse de longue date qui se fonde sur la bonne foi. Cet amendement restreindrait la liberté d'expression et la liberté de religion au Canada. Mon opposition ne repose pas uniquement sur mon interprétation du projet de loi. Les groupes confessionnels de tout le pays partagent largement et uniformément mon inquiétude.
J'aimerais m'attarder un instant sur ce point. Je siège à la Chambre depuis près d'un an, et c'est extrêmement irritant d'entendre les députés d'en face crier à la mésinformation quand les Canadiens s'opposent aux décisions du gouvernement. Lorsque nous faisons exactement ce pour quoi nous avons été élus, ils nous accusent de tout peindre en noir ou de décourager les Canadiens. Toutefois, la vérité, c'est que les conservateurs sont les seuls à défendre les intérêts des Canadiens dans ce dossier et dans bien d'autres qui les préoccupent.
Un large éventail d'organisations religieuses sont unanimes dans leur opposition à cet amendement. Or, lorsque c'est le cas, tous les députés devraient se sentir une profonde responsabilité de les écouter. Les gens de diverses confessions religieuses sont rarement d'accord, mais ils s'entendent sur cette question. Même si les libéraux ne veulent pas nous écouter, il me semble que cette réalité devrait leur mettre la puce à l'oreille. De plus, je tiens à souligner le fait que les libéraux seraient probablement plus conscients des graves inquiétudes qui règnent à ce sujet s'ils avaient pris le temps de consulter divers groupes confessionnels au sujet de l'amendement, mais ils ne l'ont pas fait. Ils n'ont convoqué aucun témoin pour s'exprimer sur la question.
Depuis que l'amendement a été proposé au comité, j'ai reçu un nombre incroyable de réactions à ce sujet, notamment des pétitions signées par des centaines de personnes ainsi que de nombreux courriels, appels téléphoniques et messages personnels. Les ministres du culte communiquent avec leurs fidèles pour les informer de la gravité du projet de loi et les sensibiliser à ses conséquences possibles.
Je profite de l'occasion pour lire quelques messages qui ont été envoyés à mon bureau au sujet du projet de loi.
Une personne a écrit: « Je vous écris pour m'opposer officiellement et sans équivoque au projet de loi C‑9, qui vise, dit-on, à lutter contre la haine. »
« Le projet de loi C‑9 porte atteinte à la liberté d'expression, qui constitue un droit fondamental dans une société démocratique. Il instaure des normes vagues et subjectives qui inhibent l'expression légitime, ouvrent la voie à des abus de pouvoir de la part du gouvernement et risquent de punir les Canadiens pour des opinions, des critiques ou des débats qui dérogent au cadre politique approuvé.
« Les crimes haineux sont déjà illégaux au regard de la loi actuelle. Le projet de loi C‑9 ne comble aucun vide juridique. Il étend le pouvoir de l'État à la réglementation de la liberté d'expression, abaisse le seuil de sanction et ouvre la voie à des abus en laissant place à l'interprétation plutôt que de définir de manière limpide et objective ce qui constitue un préjudice.
« La liberté d'expression n'a pas pour but de protéger les opinions populaires ou dérangeantes. Elle existe justement pour protéger les discours controversés, dissidents ou critiques à l'égard des détenteurs du pouvoir. Le projet de loi C‑9 pousse le Canada dans la direction opposée.
« J'attends de ma députée qu'elle rejette le projet de loi C‑9 dans son intégralité et qu'elle défende les droits des Canadiens garantis par la Charte au lieu de les affaiblir [...]
« Le projet de loi C‑9 devrait être retiré. »
En voici un autre: « Je vous exhorte à vous opposer au projet de loi C‑9. J'ai beaucoup de doutes sur la manière dont le gouvernement actuel interprète et définit les notions de “haine” et de “discours haineux”. Je crains sincèrement que ce projet de loi ne permette d'accuser des citoyens respectueux de la loi de “crime haineux” pour avoir diffusé ou exprimé des opinions ou des convictions impopulaires sur des enjeux sociaux ou politiques, comme c'est déjà le cas dans d'autres pays occidentaux soi-disant démocratiques et “libres”.
« Cette censure n'est pas démocratique et met en péril la liberté de croyance et la liberté d'expression qui sont garanties par la Constitution de notre pays. Je vous demande de bien vouloir voter, en tant que représentant dûment élu, contre le projet de loi C‑9. De plus, j'exhorte les six autres représentants de Terre‑Neuve‑et‑Labrador, quelle que soit leur affiliation politique, à ne pas voter non plus pour ce projet de loi néfaste. »
Ce sont là des messages de personnes qui s'inquiètent sincèrement de l'orientation du projet de loi, et il y en a beaucoup d'autres.
J'ai reçu des messages non seulement de la part d'habitants de ma circonscription, mais aussi de Canadiens qui vivent à Portugal Cove; à Mount Pearl; à North West River, au Labrador; à Flat Bay; à Conception Bay South et à St. John's. Ce sont des gens qui ont le sentiment que le gouvernement qui les représente ne tient pas compte de leur voix. Au lieu d’écouter, le gouvernement a fait le contraire. Il a eu recours à des manœuvres procédurales pour mettre fin au débat sur ce projet de loi, ce qui a coupé court à la discussion et réduit au silence d’innombrables Canadiens, en particulier les croyants qui ont écrit et téléphoné aux députés pour nous exhorter à rejeter le projet de loi . Le gouvernement doit prêter une oreille attentive à cette question.
Il ne s'agit pas de défendre la haine. Les appels à l'incitation à la violence ou à la haine sont déjà illégaux au Canada, à juste titre. Rien dans la défense pour motifs religieux ne protège ce genre de comportement. La Cour suprême du Canada a reconnu que la défense pour motifs religieux joue un rôle essentiel dans la constitutionnalité des lois sur les discours haineux en raison de l'importance fondamentale de la liberté d'expression et de la liberté de religion dans le système.
Je tiens également à souligner une chose que les Canadiens me rappellent régulièrement, qui illustre pourquoi ils ne font pas confiance au gouvernement libéral en ce qui concerne leur foi. Ils parlent du critère lié aux valeurs imposé par le gouvernement dans le cadre du programme Emplois d'été Canada, qui exige que les organismes confessionnels certifient qu'elles adhèrent à des positions allant à l'encontre de leurs convictions profondes pour pouvoir recevoir du financement. Ils parlent de la possibilité que des organismes faisant la promotion de la religion se voient retirer leur statut d'organisme de bienfaisance. Ils ont le sentiment que le gouvernement libéral s'en prend à leur foi. Maintenant, quand les députés du gouvernement leur disent de leur faire confiance, que le projet de loi ne nuira pas à leur liberté d'expression et de religion, les Canadiens n'y croient pas.
Les conservateurs ont présenté une solution raisonnable. Nous avons proposé de diviser le projet de loi pour adopter rapidement les dispositions non controversées tout en permettant un débat rigoureux et un examen approfondi des éléments plus contestés. Le gouvernement a refusé. Les libéraux ont préféré imposer le projet de loi au complet plutôt que de prendre le temps de bien faire les choses. Ils ont aussi modifié le texte pour indiquer que le projet de loi ne porterait pas atteinte à la liberté d'expression ni à la liberté de religion. Or, le libellé n'offre aucune protection réelle. Les conservateurs ont proposé des garanties plus solides pour protéger les droits prévus par la Charte, mais celles-ci ont été rejetées.
Je souhaite rappeler quelque chose que j'ai dit plus tôt. Il ne s'agit pas d'une mauvaise interprétation du projet de loi de la part des conservateurs ni d'un désir de s'opposer simplement pour s'opposer. Voici quelques-uns des groupes qui ont clairement exprimé leur opposition au projet de loi, et la liste est loin d'être exhaustive: l'Église anglicane du Canada, l'Église unie du Canada, l'Alliance des chrétiens en droit, la Conférence des évêques catholiques du Canada, l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, l'Église adventiste du septième jour, l'Alliance évangélique du Canada et le Conseil national des musulmans canadiens. C'est un portrait fidèle de la société canadienne dans toute sa diversité. Pourtant, le gouvernement continue de foncer tête baissée.
Les conservateurs veulent savoir pourquoi le gouvernement ne recule pas face à cette opposition. Pourquoi continue-t-il dans cette voie après avoir entendu le point de vue de Canadiens d'un bout à l'autre du pays, y compris dans les circonscriptions de ses propres députés? Pourquoi coupe-t-il court au débat au lieu de le favoriser? Pourquoi ne prend-il pas le temps de mener des consultations en bonne et due forme sur l'amendement au lieu de mettre un terme au débat?
Avant de conclure, je tiens à souligner que plusieurs dirigeants religieux et gens de foi se trouvent actuellement à Ottawa, à l'occasion du Petit déjeuner-prière national. Ces gens consacrent du temps et des ressources afin de prier ici pour notre pays. Le gouvernement devrait respecter leurs préoccupations, largement répandues, et faire marche arrière au sujet du projet de loi. Si les Canadiens ont des préoccupations, le gouvernement doit les écouter.
Je tiens également à souligner qu'à Terre‑Neuve‑et‑Labrador, les groupes confessionnels fournissent des services aux mères seules. Ils organisent des célébrations de Noël pour les enfants lorsque les familles n'ont pas les moyens de le faire. Ils dirigent les banques alimentaires. Ils nourrissent les aînés. Ils jouent un rôle extrêmement important dans nos collectivités.
J'aimerais reprendre les mots de mon pasteur, qui a dit que notre groupe confessionnel a aidé notre gouvernement à aider la société dans son ensemble. L'Église contribue à réduire les disparités pour les personnes dans le besoin grâce au soutien qu'elle offre à notre groupe de mères seules, aux personnes qui luttent contre des dépendances, aux personnes aux prises avec des urgences médicales ainsi qu'aux enfants et aux jeunes. Notre gouvernement devrait respecter son travail et essayer de ne pas lui nuire en supprimant cette protection.
C'est extrêmement important pour moi, car je suis croyante. Le gouvernement veut faire adopter un amendement qui compromet nos croyances et nos enseignements. Les gouvernements n'ont pas à dire aux Canadiens ce qu'ils doivent croire ou ne pas croire, d'où les nombreuses préoccupations que suscite l'amendement. La perception qu'une action pourrait être risquée sur le plan juridique peut, à elle seule, avoir un effet paralysant. Au fil du temps, la liberté qui nous définit s'en trouve érodée.
En conclusion, j'exhorte la Chambre à écouter les Canadiens, à rétablir la défense fondée sur les convictions religieuses exprimées de bonne foi et à protéger les Canadiens, afin que nous n'érodions pas à la liberté qui nous unit.
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Monsieur le Président, je tiens d'abord à dire que je crois en un Canada libre et démocratique. Je crois en un pays où les gens peuvent s'exprimer librement, pratiquer leur religion et participer à des débats ouverts sans craindre d'être punis par leur gouvernement. Voilà pourquoi je suis très préoccupé par le projet de loi .
J'ai récemment organisé une assemblée publique dans ma ville avec l'aide de mon collègue d'. Habituellement, dans ces assemblées publiques, il y a peut-être 50 ou 100 personnes. Ce soir-là, plus de 600 personnes de ma circonscription et d'ailleurs étaient présentes, et pas les moindres. Il y avait bon nombre de leaders d'opinion religieux de confessions chrétiennes bien établies et d'autres confessions, ainsi que des représentants d'autres ordres de gouvernement. Tous étaient des citoyens réfléchis et engagés qui sont profondément préoccupés par ce qu'ils considèrent comme une attaque contre les libertés civiles. Une telle préoccupation devrait tous nous faire réfléchir.
Il ne s'agit pas ici de défendre la haine. La haine doit être condamnée. Lorsqu'elle débouche sur la violence ou l'incitation à la violence, nous disposons déjà de lois sur ce sujet, et nous devons les appliquer au lieu d'en créer de nouvelles. Ce projet de loi accorderait au gouvernement des pouvoirs étendus en matière de liberté d'expression, et chaque fois que le gouvernement s'arroge plus de pouvoirs dans ce domaine, nous savons qu'il n'y renonce pas par la suite. L'intention compte, et je ne doute pas un seul instant que les auteurs de ce projet de loi avaient de bonnes intentions. Le projet de loi initial contenait des dispositions que beaucoup d'entre nous auraient appuyées, mais en comité, le Parti libéral a accepté un amendement du Bloc visant à supprimer l'exception religieuse. Pour nous, de ce côté-ci de la Chambre, et pour de nombreux autres Canadiens, c'est un « non » catégorique.
La Charte des droits et libertés ne considère pas la religion comme un élément secondaire ou comme un sujet de négociation au sein d'un comité. La liberté de religion figure parmi nos libertés fondamentales, car cette liberté d'avoir des croyances, de les exprimer et de les vivre est au cœur même de la dignité humaine. Depuis des décennies, le droit canadien reflète ce principe au moyen d'une exception religieuse dans les dispositions relatives aux discours haineux. Cette exception garantit aux Canadiens la possibilité de citer les Écritures, de prêcher ou d'enseigner, de débattre et de discuter de questions de foi, même lorsque ces enseignements sont controversés, sans craindre de poursuites pénales. Le projet de loi supprimerait cette protection.
L'expression de croyances religieuses est une liberté protégée par la Charte. Réfléchissons à ce que cela signifie. Le fait de donner un enseignement religieux traditionnel, qui fait partie intégrante de la foi depuis des générations, pourrait désormais être considéré comme un acte criminel, selon la façon dont le perçoit quelqu'un d'autre. Le vieil adage qui dit que l'enfer est pavé de bonnes intentions n'est pas qu'un dicton. On le voit très clairement ici. Peut-être que le gouvernement veut bien faire et qu'il en sera de même pour le prochain, mais nous ignorons ce que l'avenir nous réserve et ce que de futurs gouvernements pourraient prévoir. Ce que nous savons, c'est que si le projet de loi est adopté, les gouvernements futurs disposeront des outils dont ils ont besoin pour réprimer les Canadiens en toute légalité: il leur suffira de modifier la définition de la haine comme ils l'entendent. Cela ne veut pas dire qu'ils le feront nécessairement, mais il n'y a pas si longtemps, le gouvernement libéral a accusé des manifestants anti-gouvernement d'incitation à la haine et a invoqué la Loi sur les mesures d'urgence. Il n'est pas difficile d'imaginer que ce terme puisse être utilisé à mauvais escient à l'avenir.
Cela nous amène à parler d'un autre problème majeur: la définition du terme « haine » dans ce projet de loi. Le projet de loi décrit la « haine » comme un sentiment plus fort que le dédain ou l'aversion et comportant de la détestation ou du dénigrement, mais qu'est-ce que cela signifie, au juste? Qui décide de ce qui correspond à de la détestation? Qui détermine dans quelles circonstances un profond désaccord devient un discours criminel? Ce ne sont pas les électeurs ni le Parlement. Ce sont des responsables non élus, des policiers, des procureurs et des tribunaux qui portent des jugements subjectifs sur le ton, l'intention et l'interprétation. Nous devrions tous nous en préoccuper en tant que Canadiens. Dès que l'État commence à appliquer des critères subjectifs au discours, il crée de l'incertitude, et cette incertitude a un effet paralysant. Les gens commencent à s'autocensurer. Ils évitent de parler de sujets délicats, ils gardent le silence pour ne pas faire l'objet d'une enquête ou d'une plainte, et ce silence mine la démocratie. Si l'exemption est abolie, bon nombre de membres du clergé, d'imams, de rabbins, d'aînés et de dirigeants religieux se sentiront obligés de s'autocensurer, non pas parce qu'ils font la promotion de la haine, mais parce que la limite entre des propos controversés et un discours criminels devient très floue.
Pensons à ce qui fait partie du quotidien au sein des groupes confessionnels: les sermons, les programmes pour les jeunes, les cours de préparation au mariage, les débats théologiques et les discussions en petits groupes. Dans toutes ces circonstances, on discute de questions morales difficiles. Sans l'exemption, ces conversations pourraient être mal interprétées ou prises hors contexte, ce qui pourrait donner lieu à des plaintes ou à des enquêtes. Quand une mesure législative intimide les gens au point de les empêcher de prendre part à leurs propres traditions religieuses, elle entrave la liberté au lieu de la protéger.
Un autre aspect troublant de ce projet de loi est son application. Elle reposerait en grande partie sur un système fondé sur des plaintes. Autrement dit, des enquêtes pourraient être déclenchées non pas par des infractions manifestes, mais par des plaintes, fondées sur une perception. Dans le monde d'aujourd'hui, en particulier en ligne, le contexte se perd facilement, et les désaccords sont constants. Voulons-nous vraiment un système où une publication dans les médias sociaux peut amener la police à venir frapper à notre porte? Voulons-nous un pays où les gens craignent que ce qu'ils ont dit des mois plus tôt au beau milieu d'une dispute puisse tout à coup amener la police chez eux?
Je n'aime pas l'analogie de la grenouille dans la casserole parce qu'elle a des relents de théorie du complot. Selon cette analogie, comme on le sait, si on met une grenouille dans une casserole d'eau froide et qu'on place la casserole sur le feu, la grenouille ne remarque pas que la température monte avant que l'eau n'entre en ébullition et qu'il ne soit beaucoup trop tard. Cependant, de nombreux Canadiens ont l'impression que des changements négatifs se produisent petit à petit, progressivement. Ils constatent une hausse de la criminalité, des pressions économiques et une plus grande ingérence du gouvernement dans leur vie quotidienne. On leur confisque leurs armes à feu et on utilise à mauvais escient la Loi sur les mesures d'urgence. Ils voient des comptes bancaires gelés et leurs emplois disparaître. S'ils réussissent dans la vie, on les diabolise et on les accuse d'être cupides. Maintenant, ils ont l'impression qu'on veut leur ôter leurs convictions les plus profondes. Leur inquiétude est réelle et ne devrait pas être balayée du revers de la main.
Le précédent qui sera établi par cette mesure, à savoir que l'État peut déterminer quelles croyances religieuses sont acceptables et lesquelles sont suspectes sur le plan criminel, constitue le problème le plus grave. Le gouvernement ne devrait jamais décider quels passages des textes religieux sont permis ou quelles doctrines peuvent être enseignées. Je pensais que la société occidentale avait laissé cette pratique au XVIe siècle. Si on ouvre cette porte, il sera plus facile pour les gouvernements futurs de continuer dans cette voie. Une croyance aujourd'hui controversée pourrait devenir une infraction punissable. C'est une chose de défendre la séparation de l'Église et de l'État; c'en est une autre de permettre à l'État de définir ce qui est acceptable pour l'Église.
Nous voulons tous un pays sûr, respectable et juste, mais la liberté ne peut pas être le prix de la sécurité. La question n'est pas de savoir si nous nous opposons à la haine; nous nous y opposons tous. Le projet de loi introduit une ambiguïté là où nous avons besoin de clarté. Il supprime des mesures de protection dont nous avons besoin. Il détourne le pouvoir des Canadiens vers des institutions qui ne leur rendent pas de comptes directement.
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Monsieur le Président, je prends la parole ce soir au sujet du projet de loi , un texte législatif qui a suscité de vives inquiétudes chez les Canadiens de toutes confessions.
Les Canadiens avec lesquels je m'entretiens dans ma collectivité ne réclament pas davantage de censure. Ils réclament des rues plus sûres, des collectivités plus solides et un gouvernement qui s'emploie à régler les vrais problèmes. Au lieu de se concentrer sur ces préoccupations, le gouvernement libéral a choisi de donner la priorité au projet de loi , qui vise certaines des libertés les plus fondamentales que nous avons en tant que Canadiens: la liberté d'expression et la liberté de pratiquer notre foi. Ce choix est important, car il indique aux Canadiens ce à quoi le gouvernement accorde de l'importance et ce qu'il est prêt à mettre de côté.
Prenons un peu de recul pour bien comprendre les effets concrets qu'aurait le projet de loi. Le Code criminel actuel prévoit une protection ciblée et soigneusement définie. En effet, l'article 319 autorise les personnes à exprimer, de bonne foi, des opinions sur des sujets religieux ou fondées sur la croyance en des textes religieux. Cette protection couvre toutes les personnes croyantes, qu'elles soient chrétiennes, juives, musulmanes, hindoues, bouddhistes ou sikhes. Il ne s'agit pas d'une vaste protection. Ce n'est pas une échappatoire ni un passe-droit. Elle ne s'applique qu'à une infraction précise. Elle ne s'applique pas à la violence. Elle ne s'applique pas aux menaces ni à l'incitation. Ces actes sont déjà illégaux, comme il se doit. Haïr ou poser des gestes haineux n'est pas un droit garanti par la Charte.
Même la Cour suprême a reconnu que cette protection est nécessaire pour préserver la constitutionnalité des lois canadiennes sur le discours haineux. Elle vise à garantir que nous trouvions le juste équilibre entre la protection des personnes contre tout préjudice et la préservation des libertés qui définissent notre société démocratique.
En supprimant cette protection, le projet de loi introduirait une incertitude dans la loi. C'est là où le problème commence. Les Canadiens pourraient alors être passibles de sanctions pénales pour avoir exprimé des convictions sincères fondées sur leur foi, non pas parce qu’ils prônent la violence ou s’en prennent à une personne, mais parce que ces convictions pourraient être interprétées par l’État comme franchissant une ligne que le Parlement choisit de rendre floue. Cela devrait préoccuper tous les Canadiens, quelles que soient leurs croyances, même s’ils ne professent aucune religion. La question est de savoir si le gouvernement devrait avoir le pouvoir de décider quelles croyances sont acceptables et lesquelles ne le sont pas.
Les libéraux invoquent souvent des exemples extrêmes pour justifier ce projet de loi. Ils parlent de haine, de violence et d’incitation à la violence. Toutefois, ils omettent de mentionner que toutes ces choses sont déjà illégales. Les lois canadiennes ne protègent ni la violence ni l’incitation à la violence.
Les experts qui ont témoigné devant le comité l'ont confirmé. Les juristes, les témoins et les professionnels ont tous affirmé clairement que les dispositions législatives actuelles contre les crimes haineux couvrent déjà les cas que le gouvernement ne cesse d'évoquer. Ces exemples utilisés pour justifier ce projet de loi ne mettent pas en évidence un vide juridique. Ils décrivent des comportements qui sont déjà punis par la loi. Le problème ne réside donc pas dans les lois, mais dans leur application.
Cependant, au lieu de s'occuper de l'application de la loi, le gouvernement choisit de renforcer son pouvoir sur la liberté d'expression. Il s'agit d'une conversation très différente, car nous ne parlons plus de protéger les Canadiens contre les préjudices. Nous parlons de réglementer ce que les Canadiens peuvent dire et peuvent croire. Nous ne parlons pas d'extrémistes qui se cachent derrière la religion pour justifier des préjudices. Ce comportement est déjà illégal, et la loi actuelle ne prévoit aucune protection à cet égard.
Nous parlons de Canadiens ordinaires: de pasteurs qui prononcent des sermons, de rabbins qui enseignent les Écritures, d'imams qui guident leur communauté, de parents qui enseignent à leurs enfants des valeurs ancrées dans leur foi et leurs traditions, et d'éducateurs qui discutent de textes religieux dans les salles de classe. Ce sont ces personnes qui ressentiraient les effets de ce changement, et non celles qui cherchent à semer la haine.
Ces préoccupations m'ont été communiquées directement par des membres de ma collectivité. Plus tôt cette année, j'ai rencontré plus de 30 leaders religieux locaux en compagnie de mon collègue d', qui est membre du comité de la justice et a étudié ce projet de loi en profondeur. Personne à cette rencontre ne cherchait à promouvoir la haine. Ces personnes ont simplement exprimé leur inquiétude face au fait que ce projet de loi crée une incertitude quant à ce qu'elles sont autorisées à dire, à enseigner et à partager au sein de leurs propres communautés religieuses.
Ces personnes voulaient que je raconte cette histoire à tous les députés parce qu'elles ont peur que le fait de citer un texte religieux puisse être mal interprété sur le plan juridique. Elles craignent que la loi évolue de telle sorte qu'elles ne puissent plus s'exprimer librement sans craindre les conséquences. Quand on entend cela directement de la bouche des personnes concernées, on voit clairement que ce projet de loi n'est pas aussi simple que le prétend le gouvernement libéral.
Cette préoccupation est également partagée par des organismes de partout au pays. Peu de mesures législatives pourraient unir la Conférence des évêques catholiques du Canada, le Conseil canadien des affaires publiques musulmanes, l'Organisation mondiale des sikhs du Canada, l'Association canadienne des libertés civiles, le Congrès du travail du Canada, le Centre pour la liberté d'expression et l'organisme Canadiens pour la justice et la paix au Moyen‑Orient. Qu'ils soient de gauche ou de droite, ces organismes s'entendent pour dire que nous ne devrions pas aller de l'avant avec le projet de loi dans sa forme actuelle.
Dans une société libre, les gens ne devraient pas avoir à se demander si le fait d'exprimer leurs croyances aura des conséquences juridiques. Ils ne devraient pas avoir à se demander si les mots qu'ils emploient pour parler ouvertement de leur foi leur font courir le risque d'être poursuivis. Nous sommes au Canada. Même si les poursuites sont rares, la peur à elle seule change les comportements. Elle réduit les gens au silence, nuit à un dialogue ouvert et affaiblit le fondement même d'une société pluraliste. Nous ne devrions pas prendre cela à la légère.
Encore une fois, nous devons nous demander quel problème ce projet de loi réglerait. Il ne comble certainement pas une lacune dans la loi. Il met plutôt fin à une protection. En parallèle, le gouvernement choisit de passer sous silence les questions qui préoccupent réellement les Canadiens.
D'un bout à l'autre du pays, des collectivités vivent avec les conséquences d'un système de libération sous caution qui ne fonctionne plus. Les chefs de police, les provinces, les municipalités et les Canadiens ont soulevé des préoccupations. Ils voient des récidivistes être remis en liberté, parfois après seulement quelques heures, et récidiver encore. Voilà la réalité. Voilà ce que vivent les gens. Au lieu d'accorder la priorité à une véritable réforme pour résoudre ce problème, le gouvernement est déterminé à réglementer ce que les Canadiens peuvent dire et croire.
Ce projet de loi ne protégerait pas davantage les Canadiens contre les actes de haine. Il détournerait l'attention des véritables enjeux de sécurité publique pour la concentrer sur l'encadrement de la liberté d'expression. Dans une société libre, la liberté d'expression et la liberté de religion ne sont pas facultatives. Elles sont fondamentales. Elles protègent la liberté d'exprimer son désaccord, de contester et d'avoir des convictions qui ne sont pas toujours populaires. Dès lors que l'État commence à décider quelles convictions sont acceptables, ces libertés deviennent conditionnelles. Elles dépendent alors de l'approbation de ceux qui détiennent le pouvoir. Ce n'est pas ce que veulent les Canadiens, et ce n'est pas la direction que nous devrions prendre.
En terminant, je dirai ceci à mes collègues libéraux: si la loi interdit déjà la violence, si elle interdit déjà l'incitation au génocide et les appels au génocide, et si les experts confirment qu'il n'existe aucune faille qui justifie de modifier la loi, alors pourquoi le gouvernement tient-il autant à éliminer une protection qui garantit la liberté d'expression religieuse pacifique et de bonne foi? Surtout, pourquoi le gouvernement choisit-il de légiférer sur les croyances plutôt que de s'attaquer aux véritables problèmes de la vie quotidienne des Canadiens?
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Monsieur le Président, si le député de voulait bien se taire, je serais ravi d'intervenir dans le débat à l'étape du rapport sur le projet de loi et de parler des amendements.
Je l'ai déjà souligné lors du débat sur la motion de clôture concernant le projet de loi , mais je tiens à réaffirmer que nous avons ici affaire à une situation où le gouvernement présente un projet de loi et des amendements sous le prétexte de lutter contre les discours haineux, alors qu'en réalité, il porte atteinte à nos libertés civiles et à la liberté de religion garantie par la Charte. Nous savons que les libéraux censurent actuellement le débat puisqu'ils ont eu recours à une motion de clôture. Nous n'avons qu'aujourd'hui pour débattre des amendements au projet de loi à la Chambre, après quoi ils nous forceront à voter. Ils vont imposer un vote final sur le projet de loi mercredi.
C'est simplement la façon de faire des libéraux. Quand ils veulent faire adopter une mesure à toute vitesse, quand ils veulent s'immiscer dans nos vies et porter atteinte à nos libertés civiles, ils imposent la clôture, ils forcent la Chambre à voter et, au bout du compte, ils parviennent à leurs fins. Ce n'est pas cela, la démocratie. Ce n'est pas cela, la procédure parlementaire. Cette façon de faire nuit à notre pays et aux libertés dont nous jouissons.
Nous savons que le projet de loi a été présenté pour régler les problèmes liés à cet imam de Montréal, Adil Charkaoui, qui a dit le 28 octobre 2023 qu'il dénonçait tous les agresseurs sionistes et qu'il appelait Allah à tuer les ennemis du peuple de Gaza sans épargner aucun d'entre eux.
En soi, cela se résume à de l'antisémitisme. C'était de la haine. Des accusations auraient dû être portées contre lui, mais la GRC et les enquêteurs en ont décidé autrement. Ils ne croyaient pas, parce qu'il y avait un doute raisonnable, qu'il y avait suffisamment de preuves pour porter des accusations contre lui au titre des articles 318 et 319 du Code criminel, qui interdisent l'incitation publique à la haine contre quiconque, ainsi que les groupes identifiables. Il a utilisé le terme « sioniste », qui n'est pas vraiment religieux, mais nous savons qu'il parlait du peuple juif. Il est ignoble qu'il ose même suggérer une telle chose.
Christina Van Geyn a écrit un article d'opinion dans le National Post dans lequel on peut lire ceci: « On peut soutenir que le terme "sioniste" était simplement un code pour désigner les "Juifs". [...] Toutefois, la décision de ne pas inculper M. Charkaoui reposait sur le seuil fondamental de l'incitation à la haine, et non sur la défense pour des motifs religieux. »
Le problème pour les libéraux dans cette situation, c'est que ce sont les procureurs et la GRC qui ont décidé de ne pas mener d'enquête. Au lieu de s'attaquer au véritable problème, les libéraux ont préféré présenter le projet de loi , qui n'est qu'un stratagème visant à porter atteinte à nos libertés civiles, notamment la liberté de religion, la liberté de conscience et la liberté d'expression.
Nous avons demandé au gouvernement de scinder le projet de loi en deux parties. Certaines dispositions du projet de loi méritent notre appui parce que nous souhaitons tous mettre fin aux discours haineux. Nous voulons mettre un terme aux crimes qui sont commis partout au pays. Toutefois, encore une fois, les libéraux ne visent qu'à faire adopter le projet de loi à toute vapeur.
Dans les dernières heures de l'étude menée par le comité de la justice sur la version initiale du projet de loi , l'ancien président du comité, le député de Ville‑Marie—Le Sud‑Ouest—Île‑des‑Sœurs, qui est aujourd'hui le , s'est prévalu de son privilège pour soulever une question. Selon lui, « [a]ussi méprisables et illégales que soient les déclarations de M. Charkaoui », il serait peut-être utile d'approfondir un peu la notion de bonne foi. Il a ensuite ajouté: « Dans le Lévitique, le Deutéronome et les Romains, il y a des passages qui expriment clairement de la haine [...] Il est évident que ces textes contiennent des passages haineux. Ils ne devraient pas être utilisés pour invoquer... ou servir de défense. »
C'est alors que, tout à coup, un amendement est sorti de nulle part, visant à retirer du Code criminel les exemptions religieuses destinées à protéger ceux qui, en chaire, lisent les textes anciens, les Écritures de la Bible, de la Torah et du Coran. Aujourd'hui, les libéraux affirment que ces textes sont haineux et ne devraient pas être autorisés.
Les libéraux tentent de faire valoir que ces personnes sont toujours protégées par la Charte. Cependant, les décisions rendues par la Cour suprême au cours des 30 ou 40 dernières années ont clairement établi que les garde-fous nécessaires à la protection des libertés religieuses inscrits dans le Code criminel aux alinéas 319(3)b) et 319(3.1)b) sont indispensables.
Les dispositions qu'ils veulent abroger stipulent, et c'est le cas dans les deux alinéas, que « [n]ul ne peut être déclaré coupable d'une infraction prévue au paragraphe (2.1) », on parle des infractions liées aux discours haineux, « dans les cas suivants: [...] il a, de bonne foi, exprimé une opinion sur un sujet religieux ou une opinion fondée sur un texte religieux auquel il croit, ou a tenté d'en établir le bien-fondé par argument ».
Ils supprimeraient cette disposition en disant: « Ne vous inquiétez pas. Toutes ces libertés seront toujours protégées par la Charte. » Ce ne serait pas le cas. Comme je l'ai déjà dit, l'idée a pour fer de lance la personne qui occupe actuellement le rôle de . Il est censé protéger la culture canadienne, ce qui inclut la liberté de religion. Avec l'appui du Cabinet libéral, du caucus libéral et du Bloc, il tente de nous priver de notre liberté de religion et des exemptions accordées pour protéger, en particulier, les pasteurs, les imams et les rabbins qui lisent et qui citent la Bible, le Coran, la Torah et d'autres textes religieux.
Il existe désormais une liste de presque tous les groupes et organismes religieux au Canada qui s'opposent au projet de loi . Cependant, les libéraux affirment qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter, car ces groupes et organismes sont protégés par la Charte, ce qui n'est pas le cas.
Encore une fois, cela constitue une violation du principe de la séparation de l'Église et de l'État, qui vise à maintenir une séparation entre le gouvernement et la religion. Aujourd'hui, le gouvernement tente d'intervenir et, au lieu de rester neutre quant à la foi que les Canadiens souhaitent ou non embrasser, il commence maintenant à s'immiscer dans leurs affaires. Il sème la discorde pour diviser à nouveau les Canadiens sur une question. Il affirme que l'Église devra se plier aux règles imposées par le gouvernement, l'État canadien, à nos institutions religieuses.
Même si, contrairement à d'autres pays, pas une seule loi au Canada ne consacre la séparation de l'Église et de l'État, il y a de bonnes raisons pour lesquelles nous devrions toujours maintenir cette séparation et pour lesquelles le gouvernement ne devrait pas être autorisé à dicter ce qui sera prêché en chaire. Nous ne voulons pas revivre ce qui s'est passé sous le règne d'Henri VIII en 1534, lorsqu'il a pris le contrôle de l'Église parce qu'il n'aimait pas ses enseignements. Il a fondé l'Église d'Angleterre et, aujourd'hui encore, la Couronne en est le chef.
Nous ne souhaitons certainement pas emprunter la voie de l'Union soviétique ou de la République populaire de Chine, où la religion est interdite. Pourtant, c'est précisément la direction que semble prendre le gouvernement. Qu'il se déclare officiellement agnostique ou, comme le Parti communiste chinois, officiellement athée, le véritable objectif du gouvernement est de départager les gagnants des perdants et d'exclure ceux qui n'adhèrent pas à son idéologie.
Lorsque nous étions au pouvoir, nous avons créé le Bureau de la liberté de religion. Stephen Harper a déclaré à l'époque que « les gouvernements qui violent la liberté religieuse tendent également à s'immiscer dans tous les autres aspects de la vie. »
Le débat porte sur la tendance des libéraux à intervenir dans ces domaines. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que les libéraux tentent de dicter la conduite des églises, des synagogues, des mosquées et d'autres groupes religieux. Nous l'avons vu il y a cinq ou six ans avec l'attestation de l'initiative Emplois d'été Canada. Les libéraux ont affirmé que toute personne qui prêchait ouvertement certaines convictions, notamment des convictions pro-vie, devait cesser de le faire, sinon elle se verrait refuser tout financement gouvernemental. Cette décision a été contestée et a été annulée l'année suivante.
Maintenant, les libéraux essaient de supprimer l'article du Code criminel qui protège les paroles prononcées depuis la chaire des églises et fait en sorte qu'elles ne puissent pas être utilisées contre nous devant un tribunal. Je rappelle à la Chambre ce que dit la Charte des droits et libertés. Dans le préambule, on peut lire ceci: « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit ». À l'article 2, la Charte dit: « Chacun a les libertés fondamentales suivantes: a) liberté de conscience et de religion; b) liberté de pensée, de croyance, d'opinion et d'expression [...] ».
Des arrêts de la Cour suprême ont soutenu ces principes, qui sont aussi exprimés aux alinéas 319(3)b) et 319(3.1)b) du Code criminel. Tant dans l'affaire Big M Drug Mart que dans l'affaire Mouvement laïque québécois c Saguenay (Ville), la Cour suprême a dit que l'État doit demeurer neutre dans le domaine de la religion, ce qui signifie qu'il ne peut favoriser ni défavoriser aucune croyance.
Tout le monde devrait voter contre le projet de loi . Tous les croyants devraient être profondément inquiets de la façon dont les libéraux traitent la liberté de religion au Canada.
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Monsieur le Président, c'est toujours un honneur et un privilège de prendre la parole au nom de la formidable population du Sud-Ouest et du Centre‑Ouest de la Saskatchewan. Avant de commencer mon intervention, je tiens à saluer rapidement l'équipe de hockey féminin U13 de ma fille. Les Colts ont participé à une excellente série contre les filles des Rangers de la Première Nation de Big River. L'équipe de ma fille a remporté la victoire cette fois-ci, deux matchs contre un. Je tiens à féliciter tous les parents et tous les partisans qui sont venus de Big River pour le troisième match, dimanche dernier. C'est une longue distance à parcourir, alors je les remercie d'avoir fait l'effort de venir pour soutenir leur équipe. C'est une excellente équipe. Nous attendons avec impatience la série de matchs contre Moose Jaw, plus loin sur l'autoroute, pour découvrir qui seront les gagnantes de la ligue de hockey féminin U13 dans la catégorie consolation en Saskatchewan. Elles ne jouent pas pour le championnat, mais ce n'est pas grave. Des matchs doivent avoir lieu, et nous espérons qu'elles les gagneront.
Aujourd'hui, nous débattons d'un autre projet de loi de censure des libéraux, le projet de loi . Malheureusement, ce n'est pas la première fois que nous devons lutter contre la censure causée par l'ingérence du gouvernement libéral. Comme cette nouvelle menace de censure vise les groupes religieux, nous touchons à un domaine qui affecte profondément la vie des gens. Nous devons être clairs sur ce que nous avons en tête si des modifications sont apportées à la loi pour supprimer la protection des points de vue des gens sur la religion ou la spiritualité.
La foi façonne la vision du monde et la conscience des personnes et des communautés qui cherchent à vivre selon ses préceptes. Ainsi, la foi est plus qu'une partie accessoire ou jetable de la vie des gens. Trop souvent, c'est à cela que certaines personnes qui ne sont peut-être pas croyantes et qui n'ont pas d'expérience personnelle dans ce domaine essaient de la réduire. La foi va bien au-delà de la participation ouverte sur le monde à des activités sociales, à des pratiques culturelles ou à la célébration de fêtes. Elle est un élément essentiel de la vie publique et privée des croyants, une question d'intégrité personnelle. Il semble que ce soit ce que le gouvernement est en train de bafouer. Il présente un projet de loi de censure et, ce faisant, il met fin au débat pour le faire adopter à toute vapeur.
Même si le gouvernement tente de réduire les Canadiens au silence et d'étouffer le débat, je suis honoré de pouvoir m'exprimer au sujet du projet de loi et de faire entendre la voix des nombreuses personnes qui ont contacté mon bureau pour exprimer leurs profondes inquiétudes et leur frustration face au gouvernement libéral et à ses efforts incessants pour diviser la population canadienne et atteindre son objectif politique ultime, qui est d'imposer ses règles à tous les groupes et à toutes les institutions de ce vaste pays.
J'aimerais revenir aux origines de notre pays. Sir Samuel Tilley, l'un des Pères de la Confédération, lisait la Bible en 1864. Il lisait le psaume 72, dont le célèbre verset 8 se lit comme suit: « Il dominera d'une mer à l'autre, [et] du fleuve aux extrémités de la terre. » Cet extrait, bien sûr, a inspiré l'inscription que l'on trouve sur la tour de la Paix: « Son dominion s'étendra d'un océan à l'autre ».
Ce texte ne signifie pas que le peut dominer autant qu'il le désire. Le roi David l'a plutôt écrit au sujet de son fils Salomon, qui allait devenir roi, mais beaucoup de gens considèrent qu'il parle du royaume de Dieu sur terre. Il s'agit de reconnaître que Dieu domine le Canada. C'est Dieu qui bénit notre pays. C'est Dieu qui nomme les dirigeants, et oui, même les dirigeants libéraux. Si nous gardons cette idée en tête, nous comprendrons qu'il y a une source supérieure de bonté et de vérité au-dessus des gouvernements humains qui s'écartent souvent du droit chemin. Autrement, nous nous retrouvons seuls à souffrir sous l'emprise de ceux qui sont puissants sur terre et qui essaient d'abuser de leur pouvoir pour contrôler et exploiter des personnes vulnérables et leur imposer leur programme.
Le psaume 72 se termine avec les versets 18 et 19, qui disent ceci:
Béni soit l'Éternel Dieu, le Dieu d'Israël, qui seul fait des prodiges! Béni soit à jamais son nom glorieux! Que toute la terre soit remplie de sa gloire! Amen! Amen! Fin des prières de David, fils d'Isaï.
Des mots latins sont inscrits au bas des armoiries du Canada, créées en 1921. Je n'essaierai pas de les citer, car ma prononciation serait très mauvaise. Ces mots latins signifient « dominion d'un océan à l'autre », une autre référence au psaume 72. À l'instar de notre devise, les documents gouvernementaux désignent officiellement notre pays comme le Dominion du Canada, ce qui établit un lien clair avec le verset original des Écritures. Les libéraux ont commencé à délaisser ce titre, et, finalement, Trudeau père s'est fait un devoir de l'éliminer après avoir modifié la Constitution.
Les fondateurs et les bâtisseurs du Canada ont décidé que notre pays serait fondé sur des valeurs bibliques et que Dieu en serait la pierre angulaire.
John Diefenbaker, ancien grand premier ministre originaire de la Saskatchewan, a fait une déclaration célèbre, que voici:
Je suis Canadien, un Canadien libre, libre de m'exprimer sans crainte, libre de servir Dieu comme je l'entends, libre d'appuyer les idées qui me semblent justes, libre de m'opposer à ce qui me semble injuste, libre de choisir les dirigeants de mon pays. Ce patrimoine de liberté, je m'engage à le sauvegarder pour moi-même et pour toute l'humanité.
Il a tenu ces propos et a fait adopter la Déclaration canadienne des droits. C'était bien avant que la Charte ne voie le jour. Il comprenait clairement le lien étroit qui existe entre la liberté et la foi, qui nous aide à comprendre que Dieu est la source de notre dignité humaine et de nos droits.
C'est pour cette raison que nous savons qu'il existe des principes moraux absolus et que nous avons appris à distinguer clairement le bien du mal. Même les personnes qui ne sont pas issues d'un milieu religieux reconnaissent que le respect des droits de la personne ne dépend ni des opinions humaines ni des points de vue des dictateurs et des tyrans.
Après Diefenbaker est venu Lester Pearson, qui privilégiait pour le Canada un drapeau comportant deux bandes bleues de part et d'autre de la feuille d'érable rouge. Ces bandes bleues symbolisaient également « d'un océan à l'autre », ce qui aurait constitué, une fois de plus, une manifestation et une reconnaissance publiques du fait que Dieu règne d'un océan à l'autre. Même si les bandes latérales sont rouges, je soutiens que le drapeau symbolise toujours la souveraineté de Dieu sur le Canada, d'un océan à l'autre.
La Charte que les libéraux aiment prétendre appuyer commence ainsi:
Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit :
Mes collègues savent-ils qui a rédigé ce document et à qui appartient la signature au bas de la page? Il s'agissait de nul autre que Pierre Elliott Trudeau. Pourtant, à en juger par la situation actuelle, il ne serait sans doute pas assez libéral aux yeux du gouvernement actuel, qui se montre encore plus radical que ne l'était le gouvernement de l'époque.
Depuis qu'il est au pouvoir, le gouvernement libéral a tout fait pour effacer et éliminer ses principes fondateurs. Les députés qui ne sont pas de mon avis n'ont qu'à examiner son bilan. L'une des politiques antichrétiennes les plus connues que le gouvernement a mises en place visait à forcer des organismes à adopter la position d'extrême gauche des libéraux dans le cadre du programme Emplois d'été Canada. Le gouvernement a imposé un critère lié aux valeurs, et il s'agissait d'une attaque contre bon nombre de camps d'été, de banques alimentaires et d'autres organismes communautaires qui pouvaient promouvoir des valeurs morales différentes de celles du gouvernement libéral. Malgré le tollé et la résistance de la part de nombreux groupes et organismes, cette politique ridicule, qui ne favorise aucunement l'embauche d'étudiants en été, est demeurée en vigueur.
Le traitement que le gouvernement réserve aux organismes confessionnels dans le cadre de son régime d'aide médicale à mourir digne d'une secte meurtrière d'extrême gauche a forcé un centre de soins palliatifs à fermer ses portes. Un centre qui prenait soin de personnes âgées en fin de vie a dû fermer ses portes pour avoir fait le choix de défendre la dignité et la valeur de la vie, conformément aux valeurs mêmes sur lesquelles ce pays a été fondé, plutôt que d'offrir la mort.
Il y a aussi les menaces constantes des libéraux de révoquer le statut d'organisme de bienfaisance des organismes confessionnels. De nombreux organismes s'emploient à fournir des vêtements, de la nourriture, des couches et des fournitures aux mères vulnérables qui sont enceintes ou qui ont un nouveau-né. Pourtant, les libéraux ont fait campagne à maintes reprises sur une croisade idéologique visant à fermer ces endroits en raison de leurs croyances religieuses ou morales. Ils s'attaquent aux droits des parents lorsqu'ils adoptent une loi dont la définition est trop large et qui criminaliserait les conversations avec leurs enfants ou le fait d'élever leur famille en fonction de leurs valeurs religieuses.
Il y a de nombreux autres exemples où le gouvernement a entraîné une érosion de la confiance des Canadiens. Pire encore, il a permis à des voyous et à des antisémites de terroriser des lieux de culte, des garderies et des écoles simplement parce qu'ils sont des organisations juives. Il y a aussi les incendies d'églises. Plus de 120 églises ont été incendiées au cours des cinq dernières années sans que le gouvernement s'y oppose.
Le programme anti-confessionnel des libéraux s'est étendu et fait maintenant en sorte que la police ne porte pas d'accusations et que le ministère public n'intente pas de poursuites. De toute évidence, les libéraux n'ont jamais pris au sérieux la lutte contre de tels crimes ou contre les émeutes. Au lieu de cela, ils essaient de marquer des points avec des projets de loi problématiques, comme le projet de loi .
C'est l'ancien président du comité de la justice, avant d'être réintégré au Cabinet, qui a fait des remarques troublantes au sujet de la Bible. Alors qu'il s'efforçait de supprimer l'exemption pour les croyances religieuses de bonne foi, il a dit:
Je ne comprends pas comment on pourrait invoquer la notion de bonne foi, si quelqu'un citait littéralement un passage, en l'espèce, de la Bible, mais d'autres textes religieux disent la même chose. Comment […] considérer que cela soit […] de bonne foi? Il est évident que ces textes contiennent des passages haineux.
Paradoxalement, il a exprimé sa propre interprétation de la Bible et il veut apparemment qu'elle soit inscrite dans la loi. De toute évidence, il ne comprend pas que les personnes qui suivent les enseignements de la Bible ne sont pas haineuses et qu'elles croient vraiment qu'il faut aimer tout le monde. Par ailleurs, comment pourrions-nous interpréter cela autrement? De toute évidence, dans ce cas, il a laissé entendre que la foi des chrétiens est haineuse et devrait faire l'objet de poursuites judiciaires.
Malgré les vives inquiétudes de nombreuses Églises et d'autres groupes religieux, sommes-nous vraiment censés nous en remettre aux assurances du et nous contenter de lui faire confiance? Cela reviendrait à ne tenir aucun compte de ce que son collègue ministre a dit au sujet de la Bible, et ce n'est pas une façon responsable de légiférer dans un pays censé être libre.
Dans le cadre d'un autre projet de loi libéral de censure, le projet de loi , un ancien ministre du Patrimoine a fait volte-face quand est venu le temps de savoir si le gouvernement exigerait une licence pour les médias et les journalistes. Les Canadiens ne peuvent pas compter sur le gouvernement libéral pour faire les bons choix, et c'est pourquoi nous nous opposons à ce projet de loi à la Chambre aujourd'hui.
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Monsieur le Président, c'est toujours un honneur de prendre la parole à la Chambre en tant que représentant élu de Kamloops—Shuswap—Central Rockies, une région du pays qui est connue pour le rôle important qu'elle a joué dans l'histoire du Canada. Craigellachie, au milieu de Kamloops—Shuswap—Central Rockies, est l'endroit où, en 1885, on a enfoncé le dernier crampon du chemin de fer Canadien Pacifique, unissant le pays d'un océan à l'autre. Je le mentionne parce qu'à cette époque, les Canadiens étaient unis dans tout le pays par la vision d'un chef conservateur et un secteur privé plein de bonne volonté. C'était une période de grands projets de construction et de grandes réalisations, et non une période de division.
Je veux poser la question suivante à tous les Canadiens qui nous écoutent. Qu'y a-t-il de plus inquiétant qu'un gouvernement libéral qui fait la promotion d'un projet de loi qui supprimerait l'exemption qui garantit que les membres du clergé, quelle que soit leur confession, ne seront pas reconnus coupables d'avoir cité des livres religieux comme la Bible, la Torah ou le Coran? Ce qui est plus inquiétant, c'est que le gouvernement libéral présente cette motion de programmation qui limiterait le débat à la Chambre. Cette motion restreindrait aussi la capacité des Canadiens d'exercer une influence sur la façon dont les projets de loi sont adoptés et sur les mesures législatives qui façonneraient et orienteraient leur avenir. Les libéraux ont abusé de leurs pouvoirs pour limiter le débat, limiter les modifications du libellé et limiter les amendements. Même la lecture des amendements mis aux voix n'a pas été autorisée au comité.
En somme, les libéraux ont censuré le débat sur un projet de loi portant sur la censure. Ils ont usé de leur pouvoir parlementaire pour étouffer le débat sur le projet de loi , empêchant ainsi de se faire entendre des députés représentant les millions de Canadiens croyants qui ont envoyé des lettres et présenté d'innombrables pétitions pour s'opposer aux mesures prévues par les libéraux dans le projet de loi C‑9 et demander au gouvernement de rejeter celui-ci.
Avant les amendements proposés par les bloquistes et appuyés par les libéraux, les membres du clergé ne pouvaient pas être accusés d'avoir tenu des discours haineux parce qu'ils avaient cité des passages de livres sacrés. Les modifications apportées au projet de loi , comme la suppression de la défense relativement aux infractions de fomentation volontaire de la haine, faciliteraient les poursuites contre les personnes qui expriment des opinions religieuses et politiques avec sincérité, et créeraient une ambiguïté dans une loi où la clarté est plus nécessaire que jamais. Les conservateurs croient que la haine est bien réelle et qu'il faut y remédier. Malheureusement, elle s'est aggravée sous le gouvernement libéral actuel.
Au Canada, les divisions n'ont jamais été aussi profondes qu'elles le sont aujourd'hui, après 10 ans et plus de gouvernement libéral et de politiques de division du gouvernement actuel. Les symboles haineux et le fait d'obstruer l'accès à un lieu de culte sont déjà interdits au Canada, ce qui rend certaines parties du projet de loi redondantes. En fait, les députés conservateurs ont offert de scinder le projet de loi C‑9 en deux afin d'adopter rapidement les articles non controversés, mais les libéraux ont rejeté cette proposition. Ils ont choisi la solution de facilité en faisant équipe avec le Bloc pour s'attaquer à la liberté d'expression et de religion. Ce projet de loi et ce débat ne visent pas à déterminer si les dirigeants religieux devraient avoir le droit de propager la haine; personne ne devrait avoir ce droit. Ils visent à déterminer la définition de la haine et la manière dont la loi est appliquée.
Le 9 décembre 2025, à la réunion du comité de la justice, les libéraux et les bloquistes ont voté en faveur du retrait des alinéas 319(3)b) et 319(3.1)b) du Code criminel, qui énoncent que nul ne peut être accusé de fomenter volontairement la haine s'il a exprimé « de bonne foi… une opinion sur un sujet religieux ou une opinion fondée sur un texte religieux… ou a tenté d'en établir le bien-fondé par argument ».
Il s'agit là de l'aspect problématique de cette version du projet de loi , que les libéraux tentent maintenant de faire adopter avec leur motion de programmation. Les appels à la haine ou à la violence, qu'ils soient dissimulés sous le couvert de la religion ou non, sont déjà illégaux et ne sont pas assujettis à la défense pour des motifs religieux que le projet de loi C‑9 supprime maintenant. Les communautés religieuses, dont la communauté juive, les chrétiens, les musulmans, les sikhs, les hindous et les bouddhistes, ont un large éventail de croyances sur la religion, la moralité, la sexualité, la politique et la culture. Bien que certaines personnes puissent trouver ces croyances répréhensibles, dépassées ou même haineuses, un pays libre ne criminalise pas l'expression de croyances religieuses sincères.
Ce qui est également très troublant dans le projet de loi, c'est que l'ancien président du comité de la justice a dit au cours de la réunion du comité du 31 octobre qu'il y avait « clairement de la haine » dans certains livres de la Bible et de la Torah, notamment dans le Lévitique, le Deutéronome et les Romains.
Le ministre a dit:
Il est évident que ces textes contiennent des passages haineux. Ils ne devraient pas être utilisés pour invoquer... ou servir de défense.
Il a dit que les procureurs devraient pouvoir engager des poursuites. Il voulait dire qu'ils devraient pouvoir engager des poursuites contre quelqu'un qui cite des textes sacrés.
La Cour suprême a reconnu que la défense pour des motifs religieux est nécessaire pour maintenir la constitutionnalité des lois canadiennes sur les discours haineux en raison de l'importance cruciale de la liberté d'expression et de la liberté de religion.
Les libéraux ont tenté de limiter ce que les gens peuvent dire au moyen de nombreuses mesures législatives, notamment en présentant, pendant la dernière législature, la Loi sur les préjudices en ligne, ou projet de loi , une mesure qu'ils se sont engagés à présenter de nouveau au cours de la présente législature.
Depuis plus de 10 ans, nous constatons qu'on ne peut tout simplement pas croire, en toute confiance, que leurs projets de loi protégeront les libertés des Canadiens. En fait, ils n'acceptent toujours pas la décision de la cour selon laquelle ils ont enfreint la loi lorsqu'ils ont invoqué la Loi sur les mesures d'urgence.
S'il y a une chose que j'ai apprise depuis mon arrivée à la Chambre il y a plus de 10 ans, c'est que lorsque les libéraux disent qu'il faut leur faire confiance, il faut examiner leurs paroles avec encore plus d'attention. Ils ont mis fin aux débats à maintes reprises et sont même allés jusqu'à fermer le Parlement lorsqu'ils se sont fait prendre à promouvoir des programmes idéologiques qui n'étaient pas dans l'intérêt des Canadiens.
J'ai mentionné plus tôt l'époque où le pays était uni par un chemin de fer et une vision de leadership. Malheureusement, depuis 10 ans, bientôt 11, notre pays est divisé par les idéologies libérales et par l'absence d'espoir quant à ce qu'il pourrait devenir.
Nous constatons certes qu'ils reprennent certaines des meilleures mesures et propositions du programme conservateur, mais trop souvent, ces mesures et propositions sont édulcorées au point de devenir insignifiantes ou elles sont bloquées par les lois libérales en vigueur. Je ne peux que mettre en garde les Canadiens, et en particulier le gouvernement libéral, contre toute tentative visant à restreindre les libertés des Canadiens. C'est pour cela que nos vétérans se sont battus: pour les libertés qui existent au Canada. J'exhorte donc tous les Canadiens à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour préserver les libertés dont nous jouissons ici, au Canada.
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J'aimerais simplement prendre un instant pour consulter les greffiers afin d'obtenir des précisions sur un point, car je n'ai pas entendu tout ce qui a été dit. Il y avait tellement de députés qui parlaient pendant que j'essayais d'écouter le député d'. Je prie les députés de m'accorder un instant.
Je rappelle à tous les députés qu'ils doivent faire preuve de discernement. Il y a un article du Règlement de la Chambre des communes, l'article 18, qui est sans équivoque. J'invite tous les députés à en prendre connaissance. L'article 18 du Règlement dit très clairement que nous ne pouvons pas insulter directement les membres de la famille royale, les autres députés, les sénateurs et les membres du Cabinet. On ne peut pas faire ce genre de choses. Je demande donc aux députés de choisir judicieusement les mots qu'ils emploient à la Chambre, qu'ils soient consignés au compte rendu ou non, car si j'entends des députés dire ce mot, je leur demanderai de retirer leurs propos.
Cela dit, je n'ai pas entendu les propos mentionnés par le député d'Hamilton-Ouest—Ancaster—Dundas, alors je vais laisser le député terminer son observation ou sa question afin que nous puissions poursuivre avec des questions et observations. En ce qui concerne l'autre question, je n'ai pas entendu ces mots, mais encore une fois, j'encourage tous les députés à tenir compte de l'article 18 du Règlement, qui est une règle que la Chambre doit respecter.
J'invite le député d'Hamilton-Ouest—Ancaster—Dundas...
Une voix: J'invoque le Règlement.
Le vice-président: Si le député veut intervenir sur la même question, l'affaire est close. Je remercie le député de .
Je donne la parole au député d'Hamilton‑Ouest—Ancaster—Dundas pour qu'il termine sa question ou son intervention.
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Monsieur le Président, ça ressemble à de la censure, mais ça n'en est pas. Je sais que nous allons manquer de temps. Je tiens à remercier tous mes collègues à la Chambre pour ce débat très passionné sur une question qui, je pense, intéresse de nombreux Canadiens.
J'aimerais commencer par une citation de quelqu'un qui est considéré comme un grand premier ministre libéral. Sir Wilfrid Laurier a déjà dit: « Le Canada est libre, et la liberté est sa nationalité. » Où est la liberté de religion, la liberté de conscience et la liberté d'expression dans le projet de loi ? Où est le Parti libéral de Wilfrid Laurier? En fait, je pense que beaucoup de gens se demandent aujourd'hui s'il y a encore des libéraux au sein du Parti libéral.
L'ancien premier ministre Laurier est né et a été baptisé dans la religion catholique. En décembre, la Conférence des évêques catholiques du Canada a écrit ce qui suit au :
[L]'abrogation proposée de la défense fondée sur la croyance de bonne foi dans un texte religieux soulève d'importantes préoccupations. Cette exemption, formulée de manière restrictive, constitue depuis de nombreuses années une garantie essentielle permettant de s'assurer que les Canadiens et Canadiennes ne soient pas poursuivis au criminel pour avoir exprimé sincèrement et sans animosité des croyances fondées sur des traditions religieuses établies. Les tribunaux ont clairement affirmé que seules les formes d'expression les plus extrêmes constituent des infractions de propagande haineuse.
Tout est là. Bien sûr, la Conférence des évêques catholiques du Canada n'est qu'une organisation chrétienne parmi des centaines d'autres. Il existe également des centaines d'organisations musulmanes. Des personnes de toutes confessions pratiquent leur religion ici, au Canada, comme la communauté juive et les adeptes d'autres religions venues d'autres régions du monde. Toutes sont venues ici pour s'inscrire dans le formidable phénomène culturel canadien, qui reposait autrefois sur le principe d'un pays fondé sur la liberté.
Cette même lettre de la Conférence des évêques catholiques du Canada ajoute ce qui suit: « [...] l'abolition de cette disposition risque de créer de l'incertitude chez les communautés de croyants, le clergé, les éducateurs et éducatrices, et d'autres qui pourraient craindre que l'expression d'enseignements moraux ou doctrinaux traditionnels puisse être interprétée à tort comme des discours haineux et exposer une personne à des poursuites pouvant entraîner une peine d'emprisonnement allant jusqu'à deux ans. »
C'est ce qu'on appelle l'effet dissuasif. Il fait pour tout dire partie intégrante de ce projet de loi, non pas par hasard, mais à dessein. Les libéraux savent parfaitement ce qu'ils proposent avec cette mesure législative, et c'est précisément cet effet dissuasif qu'ils recherchent.
Pendant ce temps, alors que ce dossier constitue, je ne sais pas trop pourquoi, une priorité pour le gouvernement libéral, la criminalité violente au Canada a explosé au cours des 10 dernières années. Au lieu de sévir contre les criminels violents et aux récidivistes, le gouvernement s'en prend aux voisins respectables, aux gens honnêtes et aux pratiquants. Les gens de ma région, dans le Centre de l'Alberta, comme ceux de partout au Canada, ont tout à fait le droit de s'inquiéter du contenu du projet de loi en ce qui concerne la suppression de l'exemption religieuse.
Alors que la criminalité violente explose et que les détachements locaux de la GRC sont laissés à eux-mêmes pour s'efforcer de faire face à la montée de la criminalité en milieu rural, le gouvernement a décidé de réprimer la liberté de religion et de sévir contre les groupes confessionnels. C'est insultant, c'est dangereux et c'est complètement déconnecté de la réalité.
Mes voisins dans Ponoka—Didsbury ont raison de s'alarmer. Les amendements proposés par les libéraux et le Bloc au projet de loi supprimeraient des garanties de longue date en matière d'expression religieuse et, ce faisant, ils risquent de criminaliser des passages de la Bible et d'autres textes sacrés simplement parce que ces textes contiennent des enseignements que certains pourraient trouver contestables. On s'engagerait ainsi sur une voie profondément inquiétante.
Le Canada a toujours défendu le principe selon lequel les gens de toutes les confessions doivent être libres de s'exprimer, de prêcher et de vivre selon leurs croyances. Cette liberté ne devrait jamais dépendre de l'approbation de ces croyances par le gouvernement en place. Les conservateurs s'opposent à cette dernière attaque des libéraux contre la liberté d'expression et de religion, et nous défendrons le droit des Canadiens de parler de leurs convictions, d'en débattre et de les exprimer. Nous nous battrons pour tenir la police de la pensée des libéraux loin des lieux de culte des Canadiens.
Le Canada a déjà des lois interdisant clairement les menaces, la violence et l'incitation à la haine. L'article 319 du Code criminel érige en infraction le fait de fomenter volontairement la haine contre un groupe identifiable. Dans la même optique, l'article 318 érige en infraction le fait de préconiser le génocide. Ces lois fonctionnent raisonnablement bien pour limiter les discours haineux néfastes, tout en respectant les droits des Canadiens garantis par la Charte. Ce que les libéraux tentent actuellement de faire va beaucoup plus loin. Lorsque le gouvernement commence à redéfinir la haine pour inclure tout ce qui est blessant ou contredit les discours des militants, il compromet le dialogue ouvert et les fondements mêmes d'une société libre et démocratique.
Plus de 80 % des Canadiens ont voté pour les libéraux ou pour les conservateurs lors des dernières élections. Pourtant, les libéraux s'associent au Bloc québécois, qui s'oppose farouchement à la foi et à la religion, pour apporter des amendements au projet de loi . Ce serait comme s'ils laissaient les Albertains prendre toutes les décisions liées au pétrole et au gaz au pays. C'est le genre de chose qu'ils font maintenant. Plus de 80 % des Canadiens ont voté pour les libéraux ou pour l'opposition officielle. On pourrait donc penser que les libéraux essaieraient de trouver un terrain d'entente avec l'opposition officielle plutôt qu'avec un parti qui représente essentiellement une petite fraction du Canada, un parti qui sait qu'il n'accédera jamais au pouvoir. C'est avec eux qu'ils choisissent de s'associer.
En s'associant au Bloc québécois, les libéraux engagent le Canada sur une voie extrêmement dangereuse. Aucun Canadien n'a voté pour cela. Les libéraux pénalisent les Canadiens croyants en appuyant le Bloc québécois pour cibler des personnes et des croyances avec lesquelles ils sont en désaccord. Il s'agit là d'une atteinte injuste et barbare aux libertés des Canadiens qui ont simplement des opinions différentes de celles du gouvernement. En attendant, les vrais criminels peuvent récidiver.
Il est assez révélateur que le gouvernement utilise des tactiques procédurales pour faire adopter ce projet de loi alors qu'il n'a pas usé de ces mêmes tactiques pour modifier les lois sur la mise en liberté sous caution. Cela montre bien quelle est sa véritable priorité.