Interventions à la Chambre des communes
 
 
 
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Lib. (QC)
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2019-06-03 17:47 [p.28481]
Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec le député de Surrey-Sud—White Rock.
Je suis heureux de me lever à la Chambre pour m'exprimer sur un sujet qui me tient vraiment à coeur, c'est-à-dire les médias. Les médias et les journaux locaux jouent un rôle crucial d'un bout à l'autre du Canada. Je suis particulièrement fier des médias de ma circonscription, Lac-Saint-Jean, que ce soit, les journaux de Trium Médias, L'Étoile du lac, Le Lac-Saint-Jean et Le Nouvelles Hebdo, qui offrent des nouvelles de qualité aux citoyens et aux citoyennes du Lac-Saint-Jean.
Qu'il s'agisse de politique, de faits divers, de culture ou de sports, nous pouvons compter sur le professionnalisme de nos journalistes pour nous tenir bien informés des nouvelles locales. Malheureusement, l'accès à un journalisme de confiance et professionnel se fait de plus en plus rare. Les Canadiens n'ont plus autant accès qu'auparavant à des informations locales fiables en raison des changements radicaux auxquels sont confrontés les médias.
Présentement, à l'époque des fausses nouvelles, on ne peut pas consulter que Facebook pour avoir ses nouvelles. Récemment, sur mon compte Facebook, j'ai lu qu'on avait découvert un sous-marin de la Seconde Guerre mondiale au Lac-Saint-Jean. Que diable, par où est-il passé?
Les journaux, en particulier, ont du mal à remplir leurs fonctions civiques au niveau local, d'où l'importance d'avoir des nouvelles de chez nous. Ce n'est pas en écoutant ou en lisant le journal La Presse ou Le Devoir que j'aurai des nouvelles de chez moi ou que je saurai quand le lac va caler. Je suis et serai toujours en faveur d'une presse locale libre et forte. Nos journaux locaux sont l'épine dorsale de l'information au sein de nos communautés. Malgré l'afflux d'information et la multiplication de plateformes, nos journaux locaux offrent une vision régionale des enjeux et sont nécessaires aux débats locaux.
Dans une récente étude sur la couverture médiatique locale intitulée « Mind the Gaps: Quantifying the Decline of News Coverage in Canada », on a observé qu'au cours des 10 dernières années, le nombre d'articles de journaux locaux a été réduit de moitié; 50 % des articles ont disparu.
Depuis 2008, 41 quotidiens ont fermé leurs portes, de même que 235 journaux hebdomadaires. Au cours de la même période, plus de 10 000 emplois ont été perdus dans ce secteur. C'est une véritable crise qui frappe la presse écrite au Canada.
Malheureusement, les conservateurs préfèrent faire l'autruche pendant que l'industrie de la presse écrite s'écroule autour d'eux. Les difficultés qu'ont rencontrées les médias sont notables. Selon une expression de chez nous, un aveugle voit cela avec sa canne.
Il importe de rappeler que pour qu'une démocratie fonctionne bien, il est essentiel d'avoir des médias d'information solides et indépendants. C'est le fondement même de la démocratie. Une presse indépendante doit disposer des moyens financiers pour rapporter des nouvelles à nos concitoyens et nos concitoyennes. Une presse en faillite, ce n'est pas une presse libre.
C'est pourquoi notre gouvernement s'attaque au cœur du problème et met en place des mesures concrètes pour appuyer les journaux canadiens, les grands comme les petits. Le budget de 2019 propose trois nouvelles mesures fiscales pour soutenir le journalisme canadien: premièrement, permettre aux organisations journalistiques de s'enregistrer en tant que donataires reconnus; deuxièmement, créer un crédit d'impôt remboursable pour la main-d'œuvre à l'intention des organisations journalistiques admissibles; et troisièmement, créer un crédit d'impôt non remboursable pour encourager les abonnements aux médias d'information numériques canadiens.
Ensemble, ces mesures concrètes apporteront un appui important à la production de contenu journalistique professionnel.
Les Canadiens méritent l'accès à un vaste éventail de ressources d'informations indépendantes et de confiance. Il est important pour le gouvernement de s'assurer que ces mesures fiscales seront mises en œuvre de manière indépendante du gouvernement et, surtout, à l'aide de ceux et celles qui disposent d'une expérience pratique du secteur, soit les artisans et les acteurs de toute la chaîne de production de nouvelles écrites au Canada. En effet, c'est pourquoi le ministre du Patrimoine canadien et du Multiculturalisme a annoncé, le 22 mai dernier, la création d'un groupe d'experts qui recommandera les critères d'admissibilité aux mesures fiscales. Tout cela s'inscrit dans la logique de mise en œuvre de ces mesures: se fier aux experts pour s'assurer que les critères publiés dans le dernier budget fédéral sont précis et répondent aux besoins de l'industrie.
Le ministre a mentionné que huit organisations seraient appelées à proposer un candidat pour siéger au comité d'experts: quatre associations représentant des éditeurs de presse, Médias d'Info Canada, qui représente plus de 750 journaux canadiens de partout au Canada, l'Association de la presse francophone, qui représente les journaux francophones en milieu minoritaire, l'Association des journaux régionaux du Québec, qui représente les journaux communautaires anglophones au Québec, et le National Ethnic Press and Media Council of Canada, qui représente plus de 450 journaux ethnoculturels, deux syndicats représentants des employés de salle de presse, soit la Fédération nationale des communications et Unifor, et deux associations représentant des journalistes, soit la Fédération professionnelle des journalistes du Québec et l'Association canadienne des journalistes.
Tous ces groupes ont un rayonnement, national pour la plupart, et représentent la majorité des travailleurs impliqués dans la production de nouvelles écrites au Canada. Ils sont les mieux placés pour fournir des avis éclairés pour assurer une mise en œuvre et un fonctionnement optimal et équitable de ces mesures fiscales. Les conservateurs préféreraient que seuls les PDG soient assis autour de la table pour prendre des décisions. Ils pensent qu'ils comprennent le terrain mieux que les travailleurs. Les attaques que livrent les conservateurs contre l'indépendance des médias laissent sous-entendre que les journalistes peuvent être achetés. Leurs théories du complot sont insultantes. Quand plusieurs députés, qui étaient eux-mêmes des journalistes respectés à l'époque, disent qu'on peut acheter la presse, c'est franchement insultant et cela prouve que, même à l'époque, ils étaient à la solde des puissants.
Les conservateurs ont un problème par rapport aux journalistes et à la vérité. Encore la semaine dernière, le chef de l'opposition officielle a démontré son manque de respect pour l'indépendance journalistique. Il s'est engagé à dicter à Radio-Canada quoi faire et quoi ne pas dire, et ce, malgré le fait que 80 % des Canadiens appuient une hausse du financement du diffuseur public. Il faut le faire, quand même. De ce côté-ci de la Chambre, nous protégerons toujours l'indépendance journalistique. C'est un pilier de la démocratie. Les médias présentent aux citoyens l'information dont ils ont besoin pour prendre des décisions éclairées sur des sujets importants et contribuent à la responsabilisation des institutions, y compris des gouvernements.
En terminant, les Canadiens ont le droit de pouvoir consulter un vaste éventail de sources d'informations indépendantes et de confiance, et le gouvernement a la responsabilité de s'assurer qu'ils ont accès à de telles sources d'informations.
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