Interventions à la Chambre des communes
 
 
 
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PCC (AB)
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2019-06-03 18:17 [p.28485]
Monsieur le Président, je pense que ce que je voulais montrer est clair: le chef de l'opposition s'est fait dire qu'Unifor serait son pire cauchemar au cours de la prochaine campagne électorale.
Ce qu'il faut retenir, c'est que cet organisme est de toute évidence très partial. C'est un organisme qui s'oppose fermement au Parti conservateur du Canada et qui fait campagne pour le gouvernement libéral, ce qui fait que toute cette mesure a pris une tournure bien politique.
Je crois qu'on ne peut pas prétendre le contraire. Cette déclaration était très claire, et les motivations de ce syndicat sont bien connues. Il y a donc 600 millions de dollars sur la table, et c'est un groupe partisan qui décidera du partage de la tarte. Ce n'est cependant pas tout. La majeure partie de cette somme est retenue pour n'être versée aux médias qu'après les élections. C'est donc dire que, s'ils veulent voir la couleur de l'argent promis après les élections, les médias auront tout intérêt à couvrir la campagne électorale de 2019 d'une certaine manière. Pas besoin de réfléchir bien longtemps pour savoir de quelle manière il s'agit.
Bien évidemment, les organes d'information seront encouragés, voire forcés, à couvrir les élections de 2019 du point de vue des libéraux plutôt que d'un point de vue juste et non partisan. Pourquoi? Parce qu'il y a 600 millions de dollars en jeu et qu'ils veulent leur part du gâteau.
J'ai clairement indiqué en quoi cela constituait un problème pour l'indépendance de la presse, et je ne suis pas la seule à le dire. Des journalistes de partout au pays en ont en effet long à dire à ce sujet.
Andrew Coyne a dit: « Il est maintenant on ne peut plus clair, si ce ne l'était pas déjà, qu'il s'agit de la plus grande menace à l'indépendance de la presse dans notre pays depuis des décennies ».
Don Martin a dit: « L'idée que des associations et des syndicats de journalistes déterminent qui choisit les bénéficiaires de l'aide gouvernementale pour le journalisme a de quoi mettre pour le moins mal à l'aise. »
Jen Gerson, de CBC et Maclean's a dit: « Si l'on pouvait faire confiance à l'une seule de ces associations ou à l'un de ces syndicats » — c'est-à-dire aux huit personnes qui ont été sélectionnées — « pour gérer ce groupe d'experts indépendants, ils l'auraient déjà dénoncé. »
Ce sont des commentaires très forts.
Chris Selley, du National Post a dit que le plan de sauvetage des médias des libéraux revenait à confier la bergerie au loup.
Mes collègues conservateurs et moi ne sommes pas les seuls à soulever de sérieuses préoccupations par rapport à la décision de remettre 600 millions de dollars de fonds publics à des médias partout au pays. De toute évidence, c'est une attaque à l'indépendance et à la liberté de la presse au Canada.
Par ailleurs, il s'agit aussi de protéger la démocratie et de faire en sorte que les médias couvrent les nouvelles du jour sans qu'ils subissent des pressions de la part du gouvernement sur la façon de le faire. Dès que le gouvernement offre de l'argent aux médias, la presse ressent tout d'un coup une pression lui intimant de rapporter les événements d'une façon qui serait peut-être à l'avantage du gouvernement. Ce n'est pas acceptable, ce n'est pas digne du Canada que nous connaissons.
Nous observons l'absence d'indépendance et de liberté dans des endroits comme la Turquie, la Russie et la Chine. On y dicte la façon de rapporter toutes les nouvelles et l'information qui sera communiquée à la population. Au Canada, il est absolument crucial que le gouvernement laisse le champ libre à la presse pour qu'elle couvre une histoire selon l'angle qui lui plaît.
Autre problème: le processus de présentation et d'examen des demandes n'est absolument pas transparent. Ce point a été soulevé par l'Association canadienne des journalistes dans les derniers jours. Cette dernière estime qu'une plus grande transparence s'impose, que la liste des auteurs d'une demande devrait être publiée en ligne et que le processus de demande devrait être transparent. L'information devrait être en ligne et mise à la disposition de la population canadienne. Les libéraux, après tout, utilisent l'argent des contribuables canadiens pour aider les médias. Il faut que le processus soit plus transparent.
De plus, cette transparence devrait aussi s'appliquer aux demandes rejetées, dont la liste devrait elle aussi être du domaine public, tout comme les motifs du refus. Pourquoi ces demandes ont-elles été rejetées? Il est normal que bien des Canadiens, bien des journalistes et bien des personnes de ce côté-ci de la Chambre craignent que le gouvernement fasse preuve d'un important parti pris dans la sélection des bénéficiaires. Je dis bien le gouvernement, car, à n'en pas douter, même si le groupe compte huit personnes, je soupçonne que ce ne sont que huit pantins dont l'actuel gouvernement tire les ficelles.
L'indépendance et la liberté de la presse sont carrément remises en question avec cette aide financière de 600 millions de dollars. Qui plus est, notre démocratie est mise en péril. Tout cela s'ajoute à un manque de transparence et de saine gouvernance globales. C'est vraiment affreux.
De plus, en matière de crédibilité, un journaliste a écrit: « Dès que le syndicat commence à aider un gouvernement à distribuer les deniers publics aux médias d'information, les gens peuvent avoir l'impression, avec raison, que la couverture médiatique par les journalistes se fait acheter. » Que ce soit le cas ou non, cette perception existe. Le journaliste explique ensuite que la crédibilité d'un journaliste est de la plus haute importance et que les journalistes travaillent dur pour maintenir leur crédibilité auprès des Canadiens ainsi que pour maintenir la confiance de ces derniers. L'octroi de 600 millions de dollars à la presse libre par le gouvernement remet en doute cette crédibilité. C'est problématique.
Ce n'est pas la première fois que le premier ministre fait passer ses intérêts avant ceux des Canadiens. Il le fait plutôt fréquemment. Dans le dossier du nouvel ALENA, il a promis d'obtenir un accord avantageux pour Canada. Il a dit qu'il ne signerait rien tant et aussi longtemps que les droits de douane ne seraient pas éliminés. Or, il a apposé sa signature alors que des droits de douane étaient toujours imposés sur l'acier, sur l'aluminium et sur le bois d'œuvre. Il a laissé les États-Unis s'approprier une bonne partie de notre marché pour ce qui est des produits laitiers. Il les a laissés s'approprier une bonne partie de notre marché et imposer des quotas pour ce qui est de l'automobile. Une fois de plus, on peut constater que le premier ministre a fait passer son image avant les besoins des Canadiens.
En outre, il y a eu le programme d'emploi d'été pour les étudiants. Nous avons vu là aussi le gouvernement faire passer ses propres intérêts en premier. Il a exigé que les organismes souscrivent à un énoncé de valeurs. Pour recevoir du financement public, les organismes devaient indiquer qu'ils adhéraient à un ensemble de croyances. Les organismes qui n'étaient pas prêts à signer l'énoncé de valeurs se voyaient refuser les fonds. Encore une fois, le gouvernement n'a pas agi dans l'intérêt des Canadiens, mais plutôt dans l'intérêt du premier ministre, qui veut projeter une certaine image.
Le problème est que beaucoup d'organismes confessionnels ne pouvaient pas signer l'énoncé de valeurs du premier ministre. Or, ces organismes font un travail extraordinaire. Ils s'occupent des sans-abri et des pauvres. Ils aident les réfugiés à entrer et à s'installer au Canada. Ils organisent des camps d'été pour les enfants, dont beaucoup viennent de milieux défavorisés. Le premier ministre n'a pas voulu leur accorder ne serait-ce qu'un dollar parce qu'ils ont refusé de signer son énoncé de valeurs. C'est inacceptable.
Avec la taxe sur le carbone, le premier ministre veut projeter l'image d'une personne soucieuse de l'environnement. Il a eu la formidable idée de tarifer la pollution. Tout à coup, les gens n'auront plus besoin de conduire leur voiture au travail, de s'acheter des vêtements, de mettre du pain sur la table ou de chauffer leur résidence lorsqu'il fait -30 degrés Celsius. Bien sûr, il n'en est rien. C'est ridicule. Cela défie toute logique.
Que s'est-il passé au cours des quatre dernières années? Les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté au pays. Le gouvernement s'est de plus en plus éloigné des cibles, comme jamais on l'a vu au pays.
Le premier ministre actuel a l'audace de dire qu'il défend les Canadiens, alors qu'il ne défend personne d'autre que lui-même. Il veut cultiver son image, propager ses idéaux et manipuler les Canadiens au passage, alors que tout cela est fondé sur la tromperie.
Avec le projet de loi C-71, le premier ministre a dit qu'il voulait veiller à la sécurité et au bien-être des Canadiens et que, pour ce faire, il s'en prendrait à ceux qui ont acquis légalement leur arme à feu, qui ont fait l'objet d'un contrôle approprié pour avoir une arme à feu et qui utilisent légalement leur arme à feu, et ce, sous le prétexte qu'on ferait ainsi disparaître tous les criminels et les gangs de rue. Le premier ministre pense que, s'il met fin au tir sportif et à la chasse, le Canada deviendra un pays plus sûr. C'est la logique libérale, et c'est épouvantable. Il s'agit davantage de se donner une certaine image plutôt que de chercher le bien-être du pays et de la population canadienne.
Le gouvernement a aussi présenté le projet de loi C-75. Les députés savent-ils ce que prévoit cet autre projet de loi? Il récompense les terroristes et ceux qui forcent des gens à se marier. Il récompense les individus qui ont été impliqués dans un génocide.
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