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PCC (QC)
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2020-01-27 12:51 [p.442]
Madame la Présidente, je partagerai mon temps de parole avec le député de Cypress Hills—Grasslands.
Je suis heureux de prendre part au débat sur le discours du Trône, au début de la 43e législature.
Dans un premier temps, je tiens à remercier la population de Lévis—Lotbinière de la confiance qu'elle m'a accordée. Je la représente à la Chambre des communes pour un cinquième mandat. C'est un grand privilège de servir une population aussi dynamique et visionnaire que celle dont nous faisons tous fièrement partie dans Lévis—Lotbinière.
C'est avec passion et engagement que mon équipe et moi-même travaillerons sans relâche dans la circonscription lors de la 43e législature, afin d'offrir un service personnalisé et attentif à chaque citoyen requérant notre assistance et afin de poser des gestes concrets pour répondre à leurs besoins. Je tiens à remercier mon épouse, Chantal, ma famille et tous les bénévoles qui ont fièrement participé de près ou de loin à l'exercice démocratique qu'est l'élection fédérale.
Aujourd'hui, je débats du discours du Trône à la Chambre. Sans grande surprise, il s'agit d'un discours aux valeurs libérales d'un gouvernement minoritaire qui marche sur des œufs et qui nécessite d'être scrupuleusement surveillé en tout temps. On l'a deviné: je parle du scandale entourant SNC-Lavalin. Comme je le disais à la Chambre le vendredi 6 décembre dernier, le gouvernement libéral, fidèle à lui-même, met des bâtons dans les roues des enquêteurs de la GRC.
Certes, on voit que le gouvernement a une main tendue un peu à droite, mais qu'il penche beaucoup plus à gauche sans grande conviction profonde. Ce qui fait le plus mal, c'est surtout de voir un gouvernement libéral qui manque encore sérieusement de vision pour maintenir et stimuler l'économie canadienne.
Le secteur de l'énergie canadien semble ne plus exister dans le discours du Trône. On en fait seulement une petite mention, ce qui ne reflète pas toute l'importance que l'on doit accorder à ce secteur capital de l'économie canadienne, moteur incontestable de notre richesse collective.
À la fin novembre, nous avons vécu une grève au CN qui nous rappelle la précarité de l'approvisionnement de certaines énergies comme le propane, surtout au Québec. Les agriculteurs de ma région ont appris brusquement que leur approvisionnement en propane serait interrompu pendant la grève du CN pour cause de rationnement pour les services essentiels, laissant ainsi le secteur économique de l'agriculture sans source de chauffage pour les animaux et le séchage du grain pendant la saison de la récolte.
Des retards dans la récolte et le séchage du grain occasionnent des pertes irréversibles pour les agriculteurs, sans grande compensation. À la suite de ces événements, la question qui se pose dans la population est la suivante: sommes-nous bien protégés des perturbations du transport de nos ressources énergétiques et des incidences sur la vie des Canadiens et sur tout le secteur énergétique? L'événement récent entourant la livraison du propane nous démontre à quel point nous sommes vulnérables au quasi-monopole du transport. Nous ne sommes pas à l'abri des conséquences catastrophiques qu'aurait une pénurie potentielle dans le futur.
En tant que parlementaires, nous avons le devoir de nous pencher sur l'aspect de la sécurité énergétique au pays. Il est impératif de travailler avec des experts du milieu afin d'éviter des pénuries d'énergie et de rassurer la population quant à l'approvisionnement régulier des sources d'énergie utilisées dans notre pays. Le Canada est un pays riche en ressources naturelles, que ce soit le pétrole brut et le gaz naturel de l'Ouest et de Terre-Neuve-et-Labrador, l'hydroélectricité du Québec, du Manitoba et de la Colombie-Britannique, ou l'énergie nucléaire de l'Ontario et du Nouveau-Brunswick. Tout cela, c'est sans oublier le gaz et le pétrole de schiste, le charbon, l'énergie solaire, l'énergie éolienne et la biomasse utilisés par diverses provinces et divers territoires.
Quelle chance pour un pays d'avoir toutes ces ressources! Des dizaines de pays du monde aimeraient avoir les ressources du Canada, car cela leur permettrait de sortir de la pauvreté. Cela nous amène à nous poser d'autres questions importantes. Comment sont transportées toutes ces énergies à l'intérieur du Canada, pour desservir toutes les provinces et les territoires, et à l'extérieur du Canada lors de l'exportation vers les États-Unis et d'autres pays?
Nos infrastructures sont-elles adéquates? Ces moyens de transport sont-ils sécuritaires et fiables pour un approvisionnement continu ou, comme dans le cas de la crise du gaz propane vécue récemment au Québec, sommes-nous dépendants d’un seul transporteur? Est-ce qu’un corridor énergétique tel que celui proposé par le Parti conservateur serait la solution au problème du transport de toutes ces formes d’énergie?
Pourtant, lors du discours du Trône, il n’y a eu aucune mention du mot « pétrole ». C'est comme si nous, Canadiens, avions honte que le Canada soit un pays producteur de pétrole.
Un autre mot qui n’a pas été mentionné dans le discours du Trône est le mot « pipeline ». Le discours a plutôt parlé de transport de nos ressources naturelles canadiennes vers de nouveaux marchés. Pourtant, il est bien connu que le pipeline est le moyen le plus sûr pour transporter du pétrole, du gaz ou d’autres produits chimiques. Les députés libéraux du Québec ont-ils oublié la tragédie de Lac-Mégantic? Le 6 juillet 2013, 47 personnes ont été tuées quand un train de 72 wagons-citernes transportant 7,7 millions de litres de pétrole brut a déraillé. S’il y avait eu un pipeline dans cette partie du Québec, nous savons tous que ces gens seraient encore en vie et des nôtres aujourd’hui.
Je ne comprends tout simplement pas ce qui semble être une obsession contre les pipelines comme moyen de transport sûr et sécuritaire. Un sondage Nanos publié la première semaine de décembre 2019 confirme que la majorité des Canadiens, dans une proportion de 60 %, appuie la construction d’un nouveau pipeline. Seulement 30 % de la population s’y oppose, et ce, malgré toute la fausse information véhiculée au sujet des pipelines, plus particulièrement dans ma propre province, le Québec.
La semaine suivante, un sondage Léger révélait que les Québécois, dans une proportion de 65 %, préfèrent le pétrole provenant de l’Ouest canadien. Le même sondage confirmait que la majorité des Canadiens estime que les pipelines représentent le moyen de transport le plus sécuritaire.
Parlons maintenant de la fameuse taxe des libéraux sur le carbone. Cette taxe a déjà commencé à faire des ravages. Au début décembre, le Globe and Mail rapportait le bel exemple de fermiers de la Saskatchewan, la famille Currah. Cette dernière est prise à la gorge par la taxe du gouvernement libéral.
Comme pour bien d’autres producteurs de canola, d’avoine, d’orge et de blé au Canada, l’automne a été pluvieux pour les Currah. Ils ont donc dû récolter leurs grains mouillés, ce qui veut dire que, pour les vendre, ils doivent d'abord les sécher dans des séchoirs qui fonctionnent au gaz naturel. Or, depuis quelques mois, les fermiers de la Saskatchewan, du Manitoba, de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick doivent payer la taxe des libéraux sur le carbone pour leur consommation du gaz naturel requis pour faire marcher leurs séchoirs à grains.
Depuis le 1er janvier 2020, l’Alberta a été ajoutée à la liste des victimes de la taxe sur le carbone. La famille Currah de la Saskatchewan a dû dépenser 1 200 $ en taxe sur le carbone et prévoit que cette facture atteindra 10 000 $ une fois que tous les grains auront été séchés. Ce montant de 10 000 $ pour sécher les grains s'ajoute à tous les autres coûts de production.
Cette taxe s’attaque à nos petites et moyennes entreprises et à nos fermes, mais ce n’est pas là le pire. En 2022, pour respecter les cibles de réduction des gaz à effet de serre pour 2030, le prix de la taxe passera à 102 $ la tonne et ce montant de 10 000 $ augmentera pour atteindre 50 000 $ par année pour la famille Currah, fermiers de la Saskatchewan.
Pour terminer, je pense que tous les acteurs du secteur énergétique devraient se concerter dans le cadre d'une grande consultation nationale parrainée par le gouvernement fédéral. Nous devons avoir le courage de parler du secteur énergétique et de cesser de le passer sous silence comme l'a fait ce gouvernement libéral en évitant le sujet dans le discours du Trône. Présentement, ce sujet est malheureusement une pomme de discorde au Canada, alors qu’il devrait être rassembleur et tous nous unir d’un océan à l’autre.
J’invite donc tous les parlementaires, tous partis confondus, à lancer cette discussion avec tous les acteurs du secteur énergétique afin d’élaborer une stratégie sérieuse pour l’avenir énergétique du Canada, laquelle aura une incidence sur l'avenir économique des générations futures.
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