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NPD (BC)
Monsieur le Président, je suis extrêmement fière de participer au débat sur cette question importante. Je dois toutefois d'abord préciser que je partagerai mon temps de parole avec le député de Vancouver Kingsway.
Aujourd'hui, nous discutons d'un sujet incroyablement important: les soins dentaires. Nous savons que, à l'échelle du Canada, beaucoup de gens n'ont pas les moyens de se payer des soins dentaires de base. Je tiens à lire de nouveau la motion pour que les gens de North Island—Powell River sachent de quoi nous parlons exactement. Voici la proposition toute simple que le NPD fait aujourd'hui:
Que la Chambre demande au gouvernement de modifier les réductions d’impôts proposées en s’efforçant de procurer des avantages aux personnes qui gagnent moins de 90 000 $ par année et d'utiliser ces économies pour investir dans des priorités qui apportent une aide réelle aux Canadiens, y compris l’assurance des soins dentaires des familles qui n’ont pas d’assurance et dont le revenu annuel est inférieur à 90 000 $.
Dans ma circonscription, c'est un problème de taille. En faisant du porte-à-porte pendant la campagne électorale, j'ai été très surprise du nombre de personnes qui m'ont dit sans détour que l'accès à des soins dentaires abordables étaient l'une des meilleures mesures de la plate-forme du NPD pour aider les gens.
Beaucoup de citoyens de ma circonscription ont de la difficulté à assumer le coût des soins dentaires. Je tiens à saluer tout particulièrement Compass Dental, de Campbell River. Chaque année, l'espace d'une journée, habituellement un samedi ou un dimanche, les dentistes de cette clinique, de Shoreline Orthodontics et de Pier Street Dental se mobilisent pour offrir des soins dentaires sans frais aux membres de la collectivité.
D'autres dentistes se sont peut-être ajoutés à cette liste. Lorsque j'ai visité la clinique il y a environ deux ans, le personnel de la réception était absolument fantastique. Ces personnes m'ont dit que, à leur arrivée, tôt le matin, une longue file de gens attendaient déjà à la porte pour se prévaloir des services offerts sans frais. Ces dentistes travaillent d'arrache-pied ce jour-là pour offrir aux gens les soins dentaires dont ils ont désespérément besoin.
Je suis si reconnaissante de ce dévouement et de cette implication dans ma circonscription. Malheureusement, cela montre à quel point de nombreuses personnes ont désespérément besoin de soins dentaires, mais n'ont pas les moyens de se les payer. Je n'ose même pas penser à quel point il doit être difficile pour les dentistes de devoir refuser des patients. C'est pourtant ce qui se produit.
Je me souviens m'être entretenue avec une mère qui racontait que, à la fin de l'année, elle paie des soins dentaires pour ses enfants, mais n'a pas les moyens d'en payer pour elle-même. Tous les parents sont prêts à faire des sacrifices pour leurs enfants, mais il est inacceptable que les coûts constituent un obstacle aussi important.
Je pense aussi à une habitante de ma circonscription qui a 56 ans et qui s'est fait arracher six dents au cours des 10 dernières années. Maintenant, il ne lui reste plus qu'une seule molaire. Je ne peux pas y croire. Elle sait qu'elle aura éventuellement besoin d'implants ou de prothèses dentaires, mais elle ne sait pas comment elle pourra se les permettre. Son plan consiste à passer sa nourriture au mélangeur.
Comment se fait-il que dans un pays aussi riche que le Canada, le gouvernement accorde des sommes importantes à Mastercard, à Loblaws et à des entreprises rentables dont les affaires vont très bien au lieu d'aider les personnes qui cherchent à faire soigner leurs dents? Il s'agit d'un besoin fondamental. Un pays aussi riche que le Canada devrait faire mieux.
C'est pourquoi nous sommes ici aujourd'hui. En décembre, les porte-parole du NPD en matière de finances et de santé ont écrit une lettre au ministre des Finances pour lui indiquer qu'il s'agit d'une réelle occasion pour nous de travailler ensemble. Nous demandons aux libéraux de plafonner leur réduction d'impôt pour la classe moyenne pour les personnes qui gagnent plus de 90 000 $ par année et d'utiliser cet argent comme versement initial pour couvrir les personnes non assurées qui gagnent moins de 90 000 $ par année, ce qui représente environ quatre millions de personnes.
Cette discussion sur les Canadiens qui ont besoin des soins dentaires les plus élémentaires me fait penser à la réalité de cette institution, soit que les décisions financières sont des décisions politiques.
Qui allons-nous aider dans ce pays? Allons-nous soutenir les personnes qui réalisent d'énormes profits?
Je me souviens quand le gouvernement a accordé un montant considérable à Loblaws pendant la dernière législature pour l'aider à se doter de réfrigérateurs à meilleur rendement énergétique. Le propriétaire d'une petite entreprise de ma circonscription avait envoyé un courriel à mon bureau pour nous demander où était l'argent pour son réfrigérateur. Je ne l'oublierai jamais. Un petit montant aurait pu améliorer considérablement la prospérité et la situation de sa petite entreprise et il voulait savoir comment obtenir ce genre d'aide.
Je représente une collectivité rurale et éloignée. Le faible revenu ou le coût élevé des soins dentaires ne sont donc pas les seuls problèmes. Les gens peuvent avoir un bon salaire et arriver sans trop de problèmes, mais s'ils ont besoin de soins dentaires très coûteux, là, ils ne peuvent parfois tout simplement pas se les permettre. Déjà, les déplacements dans ma circonscription ajoutent un élément de plus.
Quand on pense à ces questions, il faut dire au gouvernement que, quand il fait des choix sur l'utilisation des fonds publics, il prend en même temps une décision politique nous indiquant à qui il accorde de l'importance. J'espère que tous les députés ministériels vont appuyer cette motion parce qu'il s'agit en réalité d'accorder de l'importance aux personnes les plus vulnérables du pays et de les aider.
On m'a raconté tellement d'histoires quand j'ai fait du porte-à-porte. Des gens m'ont dit qu'ils étaient gênés de chercher un emploi parce que leurs dents ne sont pas en bon état. Des gens m'ont raconté avoir eu besoin de soins dentaires de base, mais ils en sont arrivés au point où ils souffraient, alors ils ont dû se rendre à l'hôpital pour se faire arracher une dent au lieu d'obtenir les soins dont ils avaient besoin, ce qui pourrait leur causer de graves problèmes de santé plus tard.
Je suis très consciente que, en 2000, au Canada, nous respections les contributions des sociétés. Nous comprenions que les sociétés au Canada, les grandes multinationales, les sociétés multimillionnaires, faisaient énormément d'argent, et ce, grâce aux ressources du pays et au travail des Canadiens. À ce moment-là, le taux d'imposition des sociétés était de 28 %. Aujourd'hui, il est passé à 15 %.
Ces grandes sociétés gagnent énormément d'argent. Je tiens à dire très clairement que je ne parle pas des entreprises de ma circonscription qui sont prospères et qui traitent bien leurs employés. Je parle plutôt des grandes multinationales comme Mastercard et Loblaws qui touchent des revenus considérables chaque année. Auparavant, le taux d'imposition de ces entreprises était de 28 %. Je croyais essentiellement que, dans notre pays, c'était une façon de reconnaître que les ressources devaient appartenir aux Canadiens, que les emplois devaient appartenir à ceux qui vivent au Canada et que les sociétés devaient être imposées de manière à éviter que des gens souffrent énormément pendant que d'autres s'enrichissent.
Nous devons pourtant débattre de cette question encore aujourd'hui. Nous demandons au gouvernement libéral de prendre cette question au sérieux. Comme il l'a fait à l'égard du régime d'assurance-médicaments pendant la dernière législature — et il continue de le faire dans la législature actuelle —, le gouvernement ne cesse de tout remettre à plus tard. Il veut faire une autre étude au lieu de se pencher sur les problèmes fondamentaux. Lorsque des gens ont de la difficulté à se payer les médicaments dont ils ont besoin, c'est à eux et non aux grandes sociétés qu'on devrait accorder la priorité. Lorsque des gens n'ont pas les moyens de se payer des soins dentaires de base, ce sont eux et non les riches ayant de bonnes relations qui devraient être au cœur de nos préoccupations.
C'est un choix à faire et je suis vraiment triste de voir tous ces députés ministériels prendre la parole et ne présenter aucune piste de solution pour l'adoption de la motion. Je veux que les gens de ma circonscription comprennent bien qu'il s'agit d'une motion présentée à la Chambre. Une autre motion avait été adoptée à l'unanimité il y a un peu plus d'un an pour demander que, si des sommes affectées aux vétérans devaient être inutilisées à la fin de l'exercice, celles-ci soient transférées à l'exercice suivant pour soutenir les vétérans, parce que nous savons que ces derniers doivent faire face à de nombreux problèmes et obstacles. Le gouvernement n'a pas donné suite à cette motion. Il a choisi de voter, mais de ne pas de l'appuyer.
Cette fois encore, nous avons une motion importante qui affirme que les gens moins fortunés comptent pour nous. Ils comptent plus que ceux qui sont riches et nous voulons nous assurer qu'ils aient accès aux soins dentaires dont ils ont désespérément besoin.
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