Hansard
Consultez le guide de l'usager
Pour obtenir de l’aide, contactez-nous
Consultez le guide de l'usager
Pour obtenir de l’aide, contactez-nous
Ajouter un critère de recherche
Résultats : 1 - 1 de 1
Voir le profil de Alain Rayes
PCC (QC)
Voir le profil de Alain Rayes
2020-04-29 15:15 [p.2248]
Monsieur le Président, j'aimerais partager mon temps de parole avec le député de Kenora.
Je vous remercie de me permettre de m'exprimer aujourd'hui sur cette nouvelle mesure, la Prestation canadienne d'urgence pour les étudiants. À titre de lieutenant politique, je tiens à souligner que c'est une mesure importante qui aidera des étudiants et des étudiantes partout aux pays et au Québec. Malheureusement, pour différentes raisons, les étudiants subissent aussi les contrecoups de cette pandémie, comme les travailleurs et les aînés.
Le gouvernement a annoncé cette mesure importante qui vise à remettre un montant de 1250 $ par mois aux étudiants qui seraient touchés par la COVID-19. Dans ce projet de loi, on voit la volonté du gouvernement de soutenir aussi les jeunes qui feront du bénévolat pour aider les gens qui sont touchés de près ou de loin par la COVID-19. Nous avons hâte de connaître les détails à ce sujet pour comprendre la façon dont on mettra cela en branle et comment les nombres d'heures seront déterminés. Il faudra faire les vérifications pour s'assurer qu'il n'y a pas d'abus. Cependant, on voit l'intention de la part du gouvernement. Je salue aussi l'idée de bonifier les prêts et bourses pour certains étudiants qui sont plus vulnérables et qui ont plus de difficulté à arriver.
Cependant, il y a malgré tout beaucoup d'inquiétudes sur le terrain de la part du milieu économique quant à ce mouvement de déconfinement qui se met en branle. Certaines personnes minimisent l'importance des étudiants sur le marché du travail dans cette reprise économique. Lors d'un point de presse, j'ai entendu le premier ministre répondre à la question de Philippe-Vincent Foisy, qui lui demandait pourquoi il n'avait pas mis en place des incitatifs comme l'a fait le Québec afin d'aider et de motiver les jeunes à aller sur le marché du travail au lieu de leur remettre directement une somme d'argent. Cela pourrait inciter certains étudiants à rester chez eux pour obtenir l'argent.
L'intention est là. Il n'y a personne, ici, qui ne veut pas aider les étudiants et qui veut les catégoriser dans un coin. Nous souhaitons tous les aider comme tous les autres citoyens du pays. Je soulignais tantôt à la ministre un cas parmi des dizaines de cas que j'ai reçus dans ma circonscription et que d'autres députés de toutes les formations ont aussi reçus. Une propriétaire d'épicerie de fruits et de légumes a dit qu'elle avait appelé une ancienne étudiante pour lui demander de travailler comme chaque année. L'étudiante lui a tout simplement répondu qu'elle était prête à y aller, mais pas à temps plein comme les autres années, pendant la période estivale. On le sait, cette période est importante pour ces commerçants. L'étudiante serait tout simplement pénalisée parce qu'elle gagnerait plus de 1 000 $ par mois. Elle aurait fait trop d'argent pour recevoir la prestation de 1 250 $. Dans certains cas, ces mesures sont plutôt dissuasives et nous n'avons pas encore les détails précis de la part du gouvernement. Qu'est-ce qui sera fait? Quels seront les mesures, les critères et les contrôles pour s'assurer de ne pas mettre en place une mesure dissuasive?
Je voudrais porter à l'attention de mes collègues, ainsi que des Canadiens et des Canadiennes, des Québécois et des Québécoises ce que le premier ministre a répondu au journaliste qui lui avait demandé pourquoi il n'avait pas mis en place des incitatifs pour aider les jeunes — et moi j'ajouterais même les adultes — à aller sur le marché du travail dans le cadre de la Prestation canadienne d'urgence. Le premier ministre a dit que, après analyse de la situation, il n'y avait malheureusement pas assez d'emplois pour tous les jeunes.
J'ai fait un calcul assez simple et j'aimerais montrer à tous ceux qui sont ici une mesure que le gouvernement pourrait mettre en place rapidement. Cela pourrait aider plusieurs jeunes à gagner de l'argent pour payer leur inscription à l'université ou au cégep, leurs livres, leur loyer, la nourriture, c'est-à-dire les choses de base que tout étudiant souhaite payer. J'ai appelé mes confrères conservateurs du Québec, les neuf autres députés qui travaillent avec moi, pour leur parler de ce qui suit.
Dans le programme d'emplois pour étudiants qu'il a mis en place, le gouvernement a décidé d'accorder des subventions de 100 % au lieu de 50 % comme dans le passé et de permettre aux employeurs agriculteurs, commerçants, OBNL et municipalités de faire une demande. Contrairement à ce que laissait sous-entendre le gouvernement, l'enveloppe n'a pas été bonifiée. C'est la même enveloppe. Donc, si on subventionne des emplois à hauteur de 100 % au lieu de 50 %, on comprend que moins d'emplois seront générés.
J’ai parlé avec tous les députés du Parti conservateur du Québec afin de calculer le nombre de demandes qui ont été faites par des entreprises, des commerces ou des agriculteurs de nos circonscriptions. À l’heure actuelle, le budget alloué par le gouvernement fédéral pour les emplois d’été ne permet pas de répondre à toutes les demandes.
À eux seuls, les 10 députés conservateurs du Québec ont dénombré 1 442 demandes pour des emplois d’été existants. Ces demandes ont été soumises par des entreprises, des commerces, des agriculteurs et des OBNL au moment où le gouvernement ne subventionnait que 50 %. Or, aujourd’hui, le gouvernement subventionne 100 %. J’ai un baccalauréat et une maîtrise en administration et en enseignement des mathématiques. J’ai donc fait une règle de trois avec ces données afin d’extrapoler les résultats pour les 338 députés ici, à la Chambre.
Le résultat est que près de 48 740 emplois ne seraient pas couverts par le programme Emplois d’été Canada, des emplois existants qui font déjà l’objet d’une demande, mais pour lesquels les employeurs ne recevront aucune aide du gouvernement. Pourtant, ces emplois permettraient aux jeunes de travailler plutôt que de recevoir la PCU étudiante de 1 250 $ en plus de revenus d’emploi à temps partiel. Cependant, les étudiants refuseront ces emplois à temps plein au salaire minimum puisqu’ils ne seront pas assez payants.
Il existe donc 48 740 emplois étudiants au Canada. Les fonctionnaires nous ont dit que la subvention nécessaire pour payer chacun de ces emplois d’été est d’environ 4 000 $, pour un montant total de 194 960 000 $, soit un peu moins de 200 millions de dollars.
Comparons ce montant à l’enveloppe globale de 9 milliards de dollars que le gouvernement a prévue afin d’aider les étudiants sous forme de prêts et bourses, de la PCU étudiante et d’allocations au bénévolat — si l’on peut encore appeler bénévolat du bénévolat payé. Le montant total de 194 960 000 $ représente environ 2 % de l’enveloppe globale de 9 milliards du gouvernement. Ce montant permettrait au gouvernement de répondre instantanément aux besoins des entreprises sans les concurrencer et n’exigerait pas de créer de nouveaux programmes. De plus, les étudiants auraient un gagne-pain qui leur permettrait de répondre à leurs besoins pendant leurs études.
Si les partis de l’opposition avaient pu travailler de façon proactive, ils auraient pu proposer ce genre de solution. J’espère que le gouvernement attrapera la balle au bond. Il pourrait bonifier cette enveloppe sans rien changer d’autre. Cela ferait qu’environ 50 000 étudiants du Canada, toutes circonscriptions confondues, pourraient avoir un emploi plutôt que de recevoir la PCU, laquelle pourrait plutôt servir à aider d’autres personnes qui en ont plus besoin.
Le Parti conservateur est content de constater que le gouvernement a consenti à apporter des modifications au projet de loi pour le rendre plus acceptable, plus juste et plus équitable et pour qu’il fasse moins concurrence au milieu des affaires. Il est assez impressionnant de constater le nombre de courriels, d’appels et de commentaires sur les réseaux sociaux pour dénoncer auprès des députés l’effet négatif de cette mesure sur le recrutement d’employés. C’est ce que nous ressentons de ce côté-ci de la Chambre et nous avons l’impression que c’est un peu idéologique.
Nous sommes contents que le gouvernement ait accepté d’exiger que tous les demandeurs contactent Emploi et Développement social Canada pour obtenir des informations sur les emplois étudiants disponibles. Nous sommes contents que le gouvernement ait accédé à notre demande d’un examen parlementaire du projet de loi et de la prestation canadienne d’urgence pour étudiants afin de trouver des façons d’en atténuer les effets pervers dissuasifs à l’emploi que nous constatons actuellement. Finalement, nous sommes heureux que le gouvernement ait accepté de préciser une date d’échéance afin qu’il ne puisse pas prolonger unilatéralement cette prestation par voie réglementaire. Nous sommes contents de voir que le travail du Parti conservateur a permis d’améliorer le projet de loi afin d’aider les étudiants de partout au pays.
J’invite le gouvernement à cesser de recourir à des phrases creuses lors de ses discours. Il a beau dire qu’il veut aider tout le monde, il n’en demeure pas moins que cette mesure a aussi des effets pervers. Même si nous disons aider les étudiants, nous allons plutôt nuire à l’économie si des mécanismes de contrôle ne sont pas mis en place. Si le gouvernement faisait preuve de bonne volonté politique, des emplois pourraient être comblés rapidement, en claquant des doigts.
Résultat : 1 - 1 de 1

Exporter en: XML CSV RSS

Pour plus d'options de données, veuillez voir Données ouvertes