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BQ (QC)
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2020-04-29 17:41 [p.2269]
Monsieur le Président, j'ai le grand plaisir de prendre la parole aujourd'hui sur le projet de loi portant sur l'aide aux étudiants dans cette pandémie.
Depuis le début, comme on le sait, le Bloc québécois a apporté une opposition très constructive. Nous essayons toujours d'améliorer les projets de loi. Je pense que les autres partis de l'opposition ont aussi, de manière générale, travaillé dans ce sens. Ce n'est donc pas très étonnant de voir que ce projet de loi fait l'unanimité.
Par contre, je dois dire que celui-ci comporte des lacunes. Il y a manifestement des pépins, des petites choses qui ne vont pas et auxquelles nous aurions aimé mieux travailler si nous avions eu plus de temps. Malheureusement, il n'y en a pas autant que nous le voudrions.
Pendant deux ou trois jours, nous avons souligné les problèmes au gouvernement, et nous étions prêts à offrir notre collaboration pour peaufiner ce projet de loi. Il n'est pas en tous points parfait, mais ce sont malheureusement des choses qui arrivent.
Parmi les principes fondamentaux de ce projet de loi, il y a un soutien financier pour les étudiants. Nous logeons à cette enseigne, nous aussi. Nous sommes d'accord sur le fait qu'il faut aider les étudiants. En effet, comme il n'y aura peut-être pas de tourisme, et comme les festivals seront annulés, il est possible que les étudiants aient de la difficulté à se trouver des emplois. Nous sommes tous d'accord là-dessus. Il faut une certaine forme d'aide financière pour que ces étudiants puissent bénéficier d'un revenu afin de payer leurs dépenses et de pouvoir retourner à l'école à l'automne en ayant de côté un petit pécule qui les aidera à poursuivre leur cheminement académique.
Or il faut aussi que, dans ce projet de loi, il y ait de la place pour un incitatif au travail, c'est-à-dire pour inciter les jeunes à aller travailler. Je ne dis pas du tout que les jeunes sont paresseux, mais il faut que ce projet de loi permette à un jeune de se dire qu'il a le goût d'aller travailler, qu'il a trouvé un emploi, que la PCUE lui dit d'aller travailler et de continuer de le faire, parce que cela va être payant.
Malheureusement, dans ce projet de loi, il y a un pépin majeur. Comme ma collègue de Thérèse-De Blainville l'a bien mentionné, le problème est qu'on donne aux étudiants 1 250 $ ou « zéro comme dans Ouellet ». On dirait que la machine à chèque est bloquée à 1 250 $ et que, après 1 000 $, on tombe à zéro. Or, si un étudiant travaille à peu près 18 heures par semaine au salaire minimum, il gagne 1 000 $ par mois. En plus des 1 250 $ de la PCUE, c'est parfait. Son patron lui demande alors s'il pourrait faire une heure de plus par semaine.
Que répondra-t-il, monsieur le Président? Je sais que vous m'écoutez attentivement et que vous connaissez la réponse. Il va dire « non ». Il ne voudra pas perdre 1 250 $ pour une heure de plus de travail. Tout le monde comprend cela.
Alors pourquoi laisse-t-on cela dans le projet de loi? Les étudiants risquent de cesser l'activité après 18 heures de travail. Y aura-t-il des étudiants qui vont travailler à temps plein? Peut-être que oui, mais ils ne seront pas encouragés — incités — à le faire.
J'ai enseigné l'économie durant quelques années. J'expliquais, dans les fondements de l'économie de marché, que, plus on travaille d'heures, plus le revenu augmente. C'est une règle de base, mais pas avec ce projet de loi, où, plus on travaille, plus on se met à perdre de l'argent. Ce n'est pas logique.
Le Bloc québécois a négocié pour qu'on retrouve dans cette loi une logique très simple: plus on travaille, plus on gagne d'argent. Malheureusement, le gouvernement nous a dit qu'il ne pouvait pas faire cela, parce que c'est trop compliqué et qu'il faudrait faire du cas par cas, étudiant par étudiant. Il faudrait dire, par exemple, qu'à la 19e heure, l'étudiant ne perdrait pas ses 1 250 $. On lui en enlèverait seulement une petite partie. Il voudrait donc continuer à travailler quand même.
On va tout simplement éliminer graduellement la Prestation canadienne d'urgence, de façon que l'étudiant réalise qu'il a avantage à travailler et qu'un pécule lui pend au bout du nez. C'est ce que nous avons demandé, mais on nous a répondu que la fonction publique ne pouvait pas entrer dans ces détails, car c'était trop compliqué et elle n’en avait pas le temps. Nous nous sommes donc retrouvés dans une impasse.
Finalement, nous avons obtenu un engagement de la part de la vice-première ministre. En effet, même si cela ne peut pas être fait de façon officielle et standardisée, parce que l'appareil de la fonction publique ne le permet pas, le gouvernement s'est engagé à le faire. Les libéraux ont dit qu'il s'agissait d'une bonne idée. Nous savions qu'il s'agissait d'une bonne idée, et nous en avons plusieurs autres.
Le gouvernement a dit que c'était une bonne idée et qu'il allait essayer, tant bien que mal, de tendre vers cela au moyen des mesures à venir. Il s'est engagé à respecter cette logique. Évidemment, nous accueillons favorablement les propos de la vice-première ministre, puisqu'ils nous donnent un peu d'espoir.
Lors des négociations, le Bloc québécois a considéré l'importance qu'un comité se penche sur les questions liées à l'agriculture. Cela a donc été inclus dans la motion. Nous avons réussi à faire comprendre cela au gouvernement, mais j'avoue que cela n'a pas été très difficile. Le gouvernement a rapidement convenu que l'idée d'avoir un comité sur l'agriculture était bonne, parce que plusieurs choses se passent dans le domaine de l'agriculture. Nous avons besoin d'obtenir des réponses à nos questions, et cela est un bon outil pour y arriver.
Par ailleurs, la motion suggère que le gouvernement offre des subventions aux employeurs qui vont engager des étudiants. Toutefois, elle précise que cela touche le domaine de l'agriculture ou de l'agroalimentaire.
Les députés du Bloc québécois se sont demandé s'il fallait offrir la même possibilité à d'autres personnes que les producteurs. Par exemple, cette possibilité pourrait être offerte aux employés des municipalités et aux gens qui veulent engager des étudiants et qui auraient droit à ces subventions.
J'étais inquiet de connaître la réponse du gouvernement à la demande du Bloc, mais le gouvernement a dit oui. Il a dit que c'était une bonne idée. Le Bloc a réussi à apporter des améliorations à la motion.
Enfin, ily a les aînés, dont on parle allègrement. Depuis plus d'un mois, nous disons au gouvernement qu'il oublie les aînés et qu'il faut intervenir en leur faveur. Nos propositions entraîneraient des coûts de 1 milliard de dollars, ce qui est peu en comparaison des 73 milliards de dollars en subventions salariales. Les aînés sont les grands oubliés, et ce sont ceux qui subissent le plus les affres de la crise de la COVID-19. Ils ont été les bâtisseurs de notre pays, de notre société. Il faut leur démontrer notre respect au moyen de gestes positifs. La motion en fait mention. Enfin, j'étais illuminé.
Selon la motion, il faut aider les aînés qui ont de la difficulté à joindre les deux bouts, car la situation actuelle fait que le coût de la vie est plus élevé. Nous avons demandé au gouvernement d'inscrire dans la motion qu'il allait y réfléchir fortement et faire en sorte que les mécanismes de la pension de la Sécurité de la vieillesse et du Supplément de revenu garanti puissent se réaliser à travers ces deux outils. C'est un mécanisme qui est déjà là et que le gouvernement est capable de contrôler comme il veut. C'est une autre suggestion du Bloc qui a été entendue par le gouvernement.
Nous ne sommes pas entièrement satisfaits, mais la perfection n'est pas de ce monde. Le gouvernement nous a écoutés et il a accepté plusieurs propositions que nous avons faites. Or il reste une dernière proposition, et elle est très importante: il s'agit d'inciter les étudiants à travailler.
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