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Voir le profil de Cathay Wagantall
PCC (SK)
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2020-12-10 10:13 [p.3252]
Monsieur le Président, j'ai trois pétitions à présenter.
La première provient de citoyens inquiets du fait que le projet de loi C-7 retire d'autres mesures de sauvegarde à l'actuel régime d'euthanasie. Ils demandent à la Chambre des communes de rétablir la période de réflexion de 10 jours pour les personnes dont la mort a été jugée « raisonnablement prévisible »; de rétablir la disposition initiale exigeant qu’une personne doive consentir à la procédure d’interruption de vie immédiatement avant que cette dernière soit exécutée; de rétablir la disposition initiale exigeant la signature de deux témoins; d'exiger que les professionnels de la santé fassent tout ce qui est possible pour que la personne obtienne des services de soutien à la vie; de préciser la notion « de refus ou de résistance » relativement à l’administration de l’aide à mourir pour tenir compte de la situation particulière des personnes ayant des troubles de la communication.
Voir le profil de Kevin Lamoureux
Lib. (MB)
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2020-12-10 10:27 [p.3255]
Monsieur le Président, pour donner suite à votre invitation, je vais poser une bonne question.
Pendant le débat, il a été beaucoup question des soins palliatifs. Je me demande si le député pourrait nous parler de leur importance. Peut-il nous dire ce qu'il en pense et nous parler du rôle plus important que le gouvernement fédéral pourrait jouer dans ce domaine?
Voir le profil de Kenny Chiu
PCC (BC)
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2020-12-10 10:27 [p.3255]
Monsieur le Président, je remercie le député de Winnipeg-Nord de poser des questions aussi pertinentes.
Si je me souviens bien, un ancien député, Mark Warawa, a souffert d'un cancer en phase terminale. Il n'a pas pu recevoir des soins palliatifs pendant un certain nombre de jours alors qu'il était en fin de vie. Il est essentiel que notre pays offre ce genre de soutien aux Canadiens qui sont dans cette situation. Le fédéral pourrait en faire plus pour offrir des options aux Canadiens dont la mort est imminente.
Nous savons que les soins de santé sont assurés par les gouvernements provinciaux. Toutefois, le gouvernement fédéral pourrait négocier davantage avec les provinces pour leur offrir de l'aide et des fonds et peut-être établir des normes sur les soins palliatifs pour les Canadiens en général.
Voir le profil de Mark Gerretsen
Lib. (ON)
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2020-12-10 10:28 [p.3255]
Monsieur le Président, c'est un honneur pour moi de prendre la parole au sujet d'un projet de loi aussi important.
Je serai le premier à dire que je n'avais pas vraiment d'opinion sur ce projet de loi particulier lorsqu'il a été présenté à la Chambre il y a quatre ans. À ce moment-là, j'y étais favorable, parce que je crois fermement que les gens devraient avoir le choix. Le droit de choisir est fondamental, surtout en ce qui concerne notre santé et notre dossier médical. Je ne me souviens pas si je suis intervenu à la Chambre la dernière fois que nous avons été saisis de ce projet de loi. Si oui, je n'étais certainement pas aussi informé sur la question que je le suis aujourd'hui.
J'aimerais parler de Don Tooley, mon beau-père, qui est décédé il y a trois jours. Don était atteint de cancer, et il est mort alors qu'il n'avait que 67 ans.
Don a grandi à Plevna, en Ontario. Pour ceux qui ne le savent pas, Plevna se trouve au nord de l'autoroute 7, dans la circonscription voisine de celle de mon collègue. Il a passé son enfance dans un camp de chasse et pêche à Plevna, que son grand-père avait fondé en 1944, tout juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Don était amoureux de la vie. C'était un dur de dur. Il savait pêcher et chasser et faire toutes ces choses « viriles », comme on les considérait à l'époque, mais c'était aussi un homme doux et attentionné. Il avait un fort penchant artistique et lorsqu'il aimait, il aimait passionnément.
Cependant, il y a juste un peu plus d'un an, pendant la campagne électorale de 2019, Don s'est fait diagnostiquer un cancer du côlon, et il a commencé à subir un traitement. Il ne demandait qu'à vivre. Cet homme encore bien jeune voulait vivre et être présent pour ses petits-enfants. Pendant la nouvelle année, en janvier, il a subi une coloscopie, et il s'est fait dire que son cancer était guéri. Don croyait avoir la vie devant lui. En réalité, les choses ne se sont pas aussi bien passées pour Don. En juillet dernier, il a commencé à avoir des problèmes de mobilité. Il s'est retrouvé à l'urgence pendant la première vague de la pandémie, et c'est alors qu'il a appris qu'il avait une tumeur au cerveau. Don a subi immédiatement une chirurgie. Quand on lui a demandé ce qu'il voulait faire, il avait répondu qu'il voulait une chirurgie pour enlever la tumeur, car il voulait passer plus de temps avec ses petits-enfants. Don s'est fait enlever la tumeur un vendredi. Le médecin allait lui donner son congé de l'hôpital dès qu'il recommencerait à marcher. Il était tellement déterminé à marcher de nouveau qu'il a réussi à sortir à pied de l'hôpital dès le lundi matin, 48 heures après avoir subi une chirurgie au cerveau.
La vie s'est poursuivie pour Don, qui a continué à passer du temps avec ses petits-enfants, mais chacun était bien conscient de l'inévitable issue de cette situation. Je pense que Don aussi en était conscient, mais il n'en a jamais vraiment parlé. À l'automne, il y a environ un mois et demi, il a reçu des traitements de radiothérapie, ce qui a permis d'améliorer un peu les choses. Puis, il y a deux semaines, Don s'est retrouvé à l'hôpital, parce qu'à la suite d'un tomodensitogramme, on a établi qu'il devait retourner à l'urgence sans attendre.
Mon beau-père s'est rendu à l'hôpital, où on l'a informé qu'il n'avait plus beaucoup d'options. Soit on l'opérait à nouveau, ce qui comportait beaucoup de risques sans qu'on puisse garantir les résultats, soit il laissait la nature suivre son cours. Don a choisi l'opération, parce qu'il ne souhaitait rien d'autre que de vivre. Il voulait continuer à vivre auprès de ses petits-enfants, qu'il aimait tant.
Don a subi son opération deux ou trois jours plus tard. Celle-ci ne s'est pas déroulée avec autant de succès que sa première opération, l'été dernier. On a finalement annoncé à Don qu'il avait perdu la capacité de marcher. Don a dû voir la dure réalité en face: son cancer avait progressé au point où les médecins ne pouvaient plus l'enlever complètement en l'opérant, et ses jours étaient comptés.
Malgré tout, Don n'a pas baissé les bras. Il voulait l'avis d'un tiers. Il voulait consulter d'autres spécialistes. Il rejetait l'idée que la fin approchait.
Trois ou quatre jours plus tard, les médecins lui ont parlé franchement pour lui dire: « Don, voici la réalité de votre condition médicale et voici ce qui va arriver. » Quand Don a finalement compris ce que les médecins lui disaient, je pense que c'est le moment où il a accepté l'étape où il était rendu dans sa vie. Cette nuit-là, il y a un peu plus d'une semaine, Don a été foudroyé par une crise cardiaque. Je crois sincèrement que c'est parce que son cœur ressentait que la mort approchait.
Le lendemain matin, ma femme, ma belle-mère et mon beau-frère sont allés à l'hôpital parce que Don voulait leurs conseils sur ce qu'il devrait faire. À ce moment, Don a réalisé que le combat était terminé, qu'il était temps de lâcher prise; il a choisi de ne pas subir de traitement. Les médecins ont dit qu'ils pouvaient tenter de traiter sa crise cardiaque, mais la probabilité qu'ils réussissent était mince en raison des anticoagulants et des effets de tout ce qui se passait dans son corps. Don a choisi de laisser la nature suivre son cours.
Pendant sept jours, Don est demeuré aux soins palliatifs au même hôpital. J'ai eu l'occasion de le voir une fois. En raison des restrictions liées à la COVID, il est très difficile d'entrer ou de sortir de l'hôpital. Don a souffert pendant cette période. C'est la simple réalité. Il voulait tellement vivre, mais lorsqu'il a compris que son heure était venue, il a accepté la situation. Je ne sais pas si Don aurait demandé l'aide médicale à mourir si cela avait été possible pour lui. Il n'aurait certainement pas pu attendre 10 jours que s'écoule d'abord la période de réflexion, et je ne sais même pas si c'est une solution qu'il aurait voulue. Par contre, je sais qu'il n'avait pas la possibilité de faire un choix.
Comme je suis mieux informé aujourd'hui, quoique pas autant que bien d'autres personnes, je crois fermement que les gens ont besoin de pouvoir faire un choix. Notre système médical a fait tellement de progrès, et les médecins luttent pour maintenir les gens en vie dès qu’ils le peuvent. Je ne blâme pas certains médecins d'être contre une partie, voire la totalité de cette mesure législative. C'est le but de leur profession. Les médecins sont là pour lutter encore et encore pour garder les gens en vie, mais parfois on arrive à un point où cela n'est plus possible.
Si, comme bien d'autres personnes dans la même situation, Don avait choisi l'aide médicale à mourir, il aurait pu s'épargner sept ou huit jours de souffrances. Pendant un an, il a lutté pour vivre et, au cours des sept derniers jours de sa vie, il a réalisé qu'il avait perdu son combat. Je suis convaincu que n'importe quoi dans la même situation devrait pouvoir avoir le choix de prendre cette décision.
Voir le profil de David Sweet
PCC (ON)
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2020-12-10 10:38 [p.3256]
Monsieur le Président, je tiens à remercier mon collègue de Kingston. Bon nombre de ses concitoyens seraient fiers de lui aujourd'hui. Je n'ai qu'un commentaire, tout comme il a eu de bons mots à mon intention il y a quelques jours.
Je tiens à le remercier de permettre à ceux qui ont de la difficulté à accepter cette décision concernant la loi actuelle de s'exprimer. Il a démontré qu'au plus profond de tout être humain il existe une forte volonté de vivre. Dans la plupart des cas, nous débattons de mesures législatives visant à punir de mauvais comportements, que ce soit au moyen du Code criminel ou de règlements visant les crimes en col blanc. Dans le cas présent, il s'agit d'une mesure législative qui permettrait à l'État d'intervenir dans la vie des gens.
Je remercie le député d'avoir insufflé une dose de modération dans ce débat et de permettre à ceux qui le souhaitent d'exprimer leur désaccord dans ce dossier.
Voir le profil de Mark Gerretsen
Lib. (ON)
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2020-12-10 10:39 [p.3256]
Monsieur le Président, je suis tout à fait d'accord. J'ai commencé mon discours en disant que ma position par rapport à cette mesure législative était totalement différente de celle d'il y a quatre ans, lorsqu'on en a débattu à la Chambre. Je n'en veux pas du tout à ceux dont la position diffère de la mienne à ce sujet.
Personnellement, je m'imaginais seulement des personnes qui ne voulaient pas lutter pour leur vie, mais j'ai bel et bien vu quelqu'un lutter de toutes ses forces jusqu'au moment où il a compris que rien n'était plus possible. Je remercie le député pour ses observations et je respecte la position de chacun des députés à la Chambre. On ne m'a pas envoyé ici pour tenter de convaincre les gens de changer d'idée. Ce débat suscite une vive polémique. On y consacre beaucoup d'énergie et il fait ressortir beaucoup d'émotions. Je voulais simplement faire connaître ma position et en expliquer l'évolution.
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PV (BC)
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2020-12-10 10:41 [p.3256]
Monsieur le Président, je tiens également à remercier le député de Kingston et les Îles et à lui offrir, ainsi qu'à sa femme et à sa famille, mes plus sincères condoléances pour la perte de son beau-père. Il va sans dire que les expériences qui ont été présentées et ce sujet suscitent en chacun d'entre nous beaucoup d'émotion et des réflexions difficiles. Pour ma part, j'en suis venue à soutenir vigoureusement le projet de loi lorsque nous l'avons étudié au cours de la dernière législature. J'ajoute que de nombreuses personnes de ma circonscription ont abordé la question avec moi et m'ont grandement éclairée à ce sujet.
Sue Rodriguez, qui a porté cette question devant la Cour suprême du Canada il y a de nombreuses années, était une résidante de North Saanich, dans ma circonscription. Elle a joui d'un énorme soutien, tant elle personnellement que la cause qu'elle a défendue. Par conséquent, dans le temps qui reste, voici ce que je demande au député: si nous ne terminons pas l'étude de cette mesure, si nous ne votons pas et si nous ne la renvoyons pas au Sénat avant l'ajournement des Fêtes, quel sera l'effet juridique pour la population du Québec, où la décision Truchon prendra effet et où il y aura un vide juridique en ce qui concerne la fin de vie?
Voir le profil de Mark Gerretsen
Lib. (ON)
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2020-12-10 10:42 [p.3257]
Monsieur le Président, je préfère parler non pas tant de l'effet juridique, mais de l'effet sur les personnes qui se trouveront dans une telle situation, comme mon beau-père il y a quelques jours à peine. En toute honnêteté, il y aura plus de personnes qui souffriront. Je tiens à préciser que les médecins et le personnel infirmier de l'hôpital général de Kingston ont fait tout leur possible pour que mon beau-père souffre le moins possible, mais la douleur était encore très forte. À défaut d'adopter cette mesure législative aujourd'hui, nous risquons de placer d'autres personnes dans une situation où elles souffriront de la même manière, et ce n'est vraiment pas ce que je souhaite.
Voir le profil de Chris Bittle
Lib. (ON)
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2020-12-10 10:43 [p.3257]
Monsieur le Président, je tiens à remercier mon ami d’être ici. Si c’était moi, je pense que je n’aurais pas pu le faire quelques jours seulement après un événement aussi tragique.
J’espérais qu’il pourrait nous parler de ces 10 jours, parce qu’au Comité de la justice, lorsque j’y siégeais, nous avons entendu parler des souffrances. Je sais qu’il est difficile de le demander à mon ami, mais pourrait-il nous parler de ces 10 jours et de la difficulté qu'ils suscitent, sachant qu’il y a cette période au cours de laquelle il est impossible de se soustraire aux dispositions législatives?
Voir le profil de Mark Gerretsen
Lib. (ON)
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2020-12-10 10:43 [p.3257]
Monsieur le Président, même si Don avait pu dire dès le premier jour qu’il voulait cette procédure, il n’aurait pas pu le confirmer, s’il avait survécu pendant 10 jours. Pendant ces 10 jours, il a traversé une somme incroyable de difficultés et de souffrances. Bien sûr, les proches qui l'entouraient ressentaient eux aussi une grande douleur et une grande souffrance, mais pour la personne qui vit cette situation, j’en ai été un témoin direct et je ne souhaiterais à personne de la vivre, si cette personne choisissait de ne pas le faire.
Voir le profil de Pierre Poilievre
PCC (ON)
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2020-12-10 10:44 [p.3257]
Monsieur le Président, nous prenons la parole aujourd’hui pour discuter d’une question de la plus haute importance, littéralement une question de vie et de mort.
En tant que député, j’ai toujours eu l’habitude de favoriser l’élargissement du libre choix et de la volonté de chacun dans toutes nos décisions. À mon avis, le rôle principal du gouvernement est de protéger la vie et la liberté de sa population et, ce faisant, de permettre aux gens de prendre des décisions pour eux-mêmes avec un recours minimal à la contrainte, c’est-à-dire en limitant l’usage de la contrainte et en maximisant la liberté.
Je suis le porte-parole en matière de finances et j’ai appliqué ce principe à toutes les questions économiques, par exemple comment permettre aux particuliers de prendre leurs propres décisions par rapport à leur propre argent. Nous parlons ici d’une question plus importante que l’argent, de la question de vie et de mort.
J’analyse ce projet de loi pour déterminer s’il élargit ou brime la liberté individuelle et le libre arbitre des personnes auxquelles il s’appliquera. En examinant l’application concrète du projet de loi, je pense qu’il fera plus pour réduire le choix et la liberté de chacun que pour les élargir.
Permettez-moi de commencer en citant le député de Thunder Bay—Rainy River, un médecin et un député libéral, qui a dit:
En tant que personne qui a passé toute sa vie à essayer d’éviter de tuer accidentellement des gens, ma plus grande préoccupation est la possibilité que nous puissions pratiquer la mort administrée par un médecin sur des gens qui ne veulent pas vraiment mourir.
L’aide médicale à mourir était censée être exclusivement réservée aux personnes qui voulaient vraiment mourir et qui choisissaient la mort après s’être vu présenter toutes les possibilités qui s'offrent à eux. Du côté du gouvernement, nous avons un député et ancien médecin qui affirme que le projet de loi aura pour effet de forcer les gens à prendre une décision qu’ils ne prendraient pas autrement.
Ce n’est pas seulement une question théorique. Permettez-moi de vous faire part du cas de M. Roger Foley. C'est tiré d’un reportage de CTV:
Foley souffre d’ataxie cérébelleuse, un trouble cérébral qui limite sa capacité à bouger ses bras et ses jambes, et l’empêche d’accomplir ses tâches quotidiennes de façon indépendante.
Roger Foley, 42 ans, qui a intenté au début de l’année un procès historique contre un hôpital de London, plusieurs organismes de santé, le gouvernement de l’Ontario et le gouvernement fédéral, prétend que les autorités sanitaires ne lui fourniront pas l’équipe de soins à domicile de son choix, mais lui proposeront, entre autres, la mort administrée par un médecin.
En d’autres termes, nous avons un système de santé publique auquel tout le monde est obligé de cotiser, qui est obligatoire, et auquel on ne peut pas se soustraire, car on ne peut pas se faire soigner en payant de sa propre poche, l’assurance privée étant illégale pour les soins essentiels. Quand cet homme a réclamé un certain type de soins, le gouvernement lui a dit que ce n’était pas possible, que la seule chose qu’on pouvait lui offrir, c’était l’aide médicale à mourir.
Je n’appelle pas ça un choix. On a une situation dans laquelle le gouvernement oblige ni plus ni moins un homme à mettre fin à sa vie, faute de quoi il fera face a des années de souffrances qui auraient pourtant pu être évitées avec des soins appropriés. C’est pour cette raison que je n’appuie pas le projet de loi.
Je me joins aux milliers gens qui composent la communauté des personnes handicapées. Le gouvernement aime bien se revendiquer de l’ONU, mais la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits des personnes handicapées s’est dite « extrêmement préoccupée par la mise en œuvre de la loi sur l’aide médicale à mourir, du point de vue des personnes handicapées. On m’a dit qu’aucun protocole n’avait été mis en place pour démontrer que les personnes handicapées » jugées admissibles à l’aide médicale à mourir « s’étaient vu offrir d’autres options ». Le cas de M. Foley en est le parfait exemple.
Par conséquent, les personnes les plus vulnérables ne se voient offrir qu’une option inexorable, celle de l’aide médicale à mourir, faute de quoi, elles s’exposent à des années de souffrances inéluctables et inutiles. Plutôt que de leur offrir les soins qui permettraient d’atténuer leurs souffrances et de continuer d’avoir une vie satisfaisante, on leur dit qu’elles n’ont pas d’autre choix que de mettre fin à leurs jours.
Je vais citer des déclarations de groupes de personnes handicapées, dont 72 ont adressé une lettre au gouvernement pour lui signifier leur opposition au projet de loi.
Je vais commencer par Krista Carr, vice-présidente directrice d’Inclusion Canada, une organisation qui travaille avec des personnes souffrant de déficience intellectuelle. Selon elle, « le projet de loi C 7 est la concrétisation de notre pire cauchemar [...] La communauté des Canadiens souffrant de handicaps et leurs familles redoutent depuis longtemps que le fait d’avoir un handicap ne devienne un motif acceptable de ‘suicide sanctionné par l’État’ ».
Selon M. Goligher, professeur adjoint à l’Université de Toronto, « le projet de loi C 7 désigne toute une catégorie de personnes, celles qui souffrent d’un handicap physique, comme des candidats admissibles au suicide — autrement dit que leur vie ne mérite pas d’être vécue. Si ces personnes-là ne souffraient pas d’un handicap, nous n’envisagerions certainement pas de mettre fin à leurs jours. Il est impossible d’envoyer un message plus avilissant et plus discriminatoire à l’égard de nos concitoyens qui souffrent de handicaps ».
Notre rôle est de représenter tous les Canadiens, mais surtout ceux qui ne peuvent pas se faire entendre, et ces gens-là s’expriment par l’intermédiaire de leurs défenseurs. Soixante-douze groupes se sont prononcés contre le projet de loi, en dénonçant la façon inhumaine dont il traite les personnes souffrant de handicaps et dont il les prive de leur libre arbitre. J’ai malheureusement l’impression qu’il est l’expression du discours en sous-texte de certains politiciens et influenceurs pour qui la vie d’une personne handicapée ne compte pas autant qu’une autre, ce que je considère comme répugnant.
La vie des personnes qui souffrent de handicaps a absolument autant de valeur que notre vie à nous. La Chambre ou la prochaine législature ne devrait jamais adopter une loi qui contribue à dévaloriser ce précieux don de la vie que les personnes handicapées sont en droit d’exiger. Aucun projet de loi ne devrait priver quiconque de son droit de vivre dans la paix et la dignité, si c’est ce qu’il désire.
Ce projet de loi ne contient aucun garde-fou pour éviter que des gens ne laissent entendre à une personne handicapée qu’elle devrait tout simplement accepter la mort. Nous avons proposé un amendement pour éviter précisément que ce qui est arrivé à Roger Foley ne se reproduise jamais, en disant aux personnels soignants de ne jamais proposer l’aide médicale à mourir à un patient, mais d’attendre que ce soit le patient lui-même qui évoque cette possibilité. Le gouvernement s’y est opposé.
Le gouvernement a supprimé l’obligation d’avoir deux témoins au moment de la mort. Il a supprimé le délai de réflexion de 10 jours, qui permet à une personne de revenir sur une décision qu’elle a pu prendre dans un moment de détresse extrême et qui est une décision totalement irréversible puisque c’est celle qui consiste à mettre fin à ses jours.
Pourquoi le gouvernement refuse-t-il de mettre en place des garde-fous qui permettraient de s’assurer que le patient veut véritablement mettre fin à ses jours, je ne le sais pas, mais il y a une chose que je sais, et je terminerai là-dessus. Nous devons protéger la liberté et le choix de tous nos concitoyens, et nous devons réaffirmer la dignité et la valeur de toute vie humaine.
Voir le profil de Leah Gazan
NPD (MB)
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2020-12-10 10:54 [p.3258]
Monsieur le Président, le Parti conservateur a beaucoup parlé de dignité, mais quand je pose des questions au sujet d’un revenu de base garanti, ce que réclame la communauté des personnes handicapées pour s’assurer que ces gens-là puissent vivre dans la dignité et qu’ils puissent faire des choix, la plupart du temps, je n’obtiens pas de réponse.
J’aimerais savoir si mon collègue appuie le principe du revenu de base garanti, le principe d’un logement social accessible et abordable, et les autres mesures d’accompagnement qui sont nécessaires pour que les gens puissent vivre dans la dignité et faire des choix.
Voir le profil de Pierre Poilievre
PCC (ON)
Voir le profil de Pierre Poilievre
2020-12-10 10:55 [p.3258]
Monsieur le Président, nous appuyons le principe de la dignité de la vie de tous. S’agissant des personnes souffrant de handicaps, il y a deux façons de voir les choses. Bon nombre d’entre elles préfèrent gagner de l’argent en travaillant, et elles en ont la capacité. C’est ce que montrent les statistiques. Un million de Canadiens handicapés ont un emploi, même si 300 000 d’entre eux souffrent d’un grave handicap.
Ce qu’il faut faire, c’est réformer notre système d’impôts et de prestations pour que ces gens-là gardent une plus grande partie de leur salaire. À l’heure actuelle, les personnes handicapées qui travaillent voient souvent leur salaire fondre au soleil après les impôts et les recouvrements, ce qui ne les incite guère à occuper un emploi. Beaucoup de représentants de cette communauté ont dénoncé cet état de choses.
Je pense notamment à Mark Wafer, qui est malentendant à 80 %. Il ne réussissait pas à trouver un emploi quand il était jeune, alors il s’est embauché lui-même en créant une entreprise et en ouvrant cinq franchises Tim Horton qui employaient 130 personnes handicapées à un salaire normal, et ce, sans aucune aide du gouvernement. Ses employés faisaient le même travail que les autres, mais le faisaient mieux, si bien que ses franchises étaient parmi celles qui étaient les plus performantes au pays, quel que soit le critère de mesure utilisé. Ce qui montre bien que les personnes handicapées sont capables de jouir de la vie et de travailler, et nous devrions les encourager à le faire.
Voir le profil de Chris Bittle
Lib. (ON)
Voir le profil de Chris Bittle
2020-12-10 10:57 [p.3258]
Monsieur le Président, comme je l’ai déjà dit, je sais gré aux députés du Parti conservateur de défendre et de soutenir les personnes handicapées. Cependant, je trouve préoccupant qu’on ajoute au libellé que la mort est imposée à l’État — ce qui n’est pas vrai — et que les conservateurs vont défendre les sans-voix.
J’aimerais poser une question au député concernant la personne cancéreuse sans voix qui souffre atrocement dans un lit d’hôpital depuis 10 jours. Pourquoi le Parti conservateur ne parle-t-il pas en son nom?
Voir le profil de Pierre Poilievre
PCC (ON)
Voir le profil de Pierre Poilievre
2020-12-10 10:58 [p.3258]
Monsieur le Président, la première question porte sur la contrainte de mort. Je vais vous lire une citation: « Ma plus grande préoccupation, en tant que personne qui a passé toute sa vie à essayer d’éviter de tuer accidentellement des gens, est que nous ne finissions pas par utiliser l’aide médicale à mourir pour des gens qui ne veulent pas vraiment mourir. » Ce sont les paroles du député libéral de Thunder Bay—Rainy River, lui-même médecin. Le député devrait demander à son collègue libéral pourquoi il pense que ce projet de loi pourrait, au bout du compte, contraindre les gens à mourir même s’ils ne veulent pas.
Quant au soutien offert aux personnes hospitalisées qui souffrent, nous croyons en des soins palliatifs solides afin que les gens reçoivent les soins de fin de vie qui leur permettent de vivre leurs derniers jours dans la dignité et de faire un véritable choix plutôt que d’être contraints par un manque d’options.
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