Interventions à la Chambre des communes
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Voir le profil de Michelle Rempel Garner
PCC (AB)
Monsieur le Président, il y a trois ans, les libéraux ont accepté de confier le bien-être des pensionnaires de certaines résidences pour aînés en Colombie-Britannique à une entreprise chinoise qui n'a aucune expérience en soin des aînés. Pour les libéraux, cela se voulait peut-être un cadeau en prévision d'un accord libre-échange qui ne s'est jamais concrétisé. Depuis, le gouvernement chinois a pris le contrôle de l'entreprise en question. Aujourd'hui, une troisième résidence pour aînés appartenant à Anbang a été mise sous tutelle en raison des conditions de vie déplorables qui y règnent.
Qu'est-ce que les aînés en cause devront encore endurer avant que les libéraux interviennent?
Voir le profil de Navdeep Bains
Lib. (ON)
Monsieur le Président, il s'agit évidemment d'une question très grave. La sécurité et le bien-être des aînés sont de la plus haute importance. Comme le sait la députée, le gouvernement provincial de la Colombie-Britannique est responsable des soins de la santé. Il applique des normes de soin rigoureuses à tous les exploitants.
En ce qui a trait à la Loi sur Investissement Canada, dont je suis responsable, nous surveillons la situation pour veiller à ce que les obligations soient respectées et nous interviendrons rapidement si elles ne le sont pas.
Voir le profil de Michelle Rempel Garner
PCC (AB)
Monsieur le Président, à mon avis, les problèmes de négligence, de violence et d'hygiène ainsi que tout ce qui a mené à la mise sous tutelle rendent nécessaire un examen en vertu de la loi dont le ministre est responsable. Voyons donc! Il est insensé de refiler ses responsabilités au gouvernement provincial lorsqu'il est question de maltraitance de personnes âgées. Quand le ministre assumera-t-il enfin les responsabilités qui lui incombent selon la loi en examinant la transaction et en veillant sur le sort des aînés concernés?
Voir le profil de Navdeep Bains
Lib. (ON)
Monsieur le Président, encore une fois, nous comprenons que la situation est très difficile, très pénible pour les aînés concernés. Nous tenons à ce que leur bien-être soit la priorité absolue. Toutefois, en ce qui concerne les soins de santé, le gouvernement provincial applique des normes rigoureuses. Il surveille l'exploitant et il verra à ce qu'il respecte ses obligations.
Pour ce qui est des emplois et de l'empreinte de Cedar Tree, je dirai que la Loi sur Investissement Canada prévoit des obligations et que nous veillerons à ce que l'entreprise les respecte.
Voir le profil de Dan Mazier
PCC (MB)
Monsieur le Président, les agriculteurs de l'Ouest canadien sont obligés de payer une taxe sur le carbone pour faire sécher leurs cultures après une saison de récoltes humide et difficile. Bon nombre de ces agriculteurs sèchent du canola, mais ne savent toujours pas quand ils pourront vendre leur production à la Chine, qui est notre principal client pour cette céréale.
La ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire pourrait-elle dire aux agriculteurs canadiens quel est son plan — si elle en a un — pour rétablir l'accès au marché chinois et dire à la Chambre si le gouvernement va immédiatement supprimer la taxe sur le carbone associée au séchage des céréales?
Voir le profil de Marie-Claude Bibeau
Lib. (QC)
Encore une fois, monsieur le Président, nous travaillons avec les producteurs de canola et leurs représentants pour nous assurer que nous prenons des décisions judicieuses. Dans ce dossier, nous collaborons également avec les provinces.
Nous travaillons sans relâche pour diversifier les marchés. L'Agence canadienne d'inspection des aliments a des discussions techniques avec des responsables chinois. L'ambassadeur Barton travaille lui aussi très fort sur le terrain.
Je garantis au député que nous prenons cette question très au sérieux.
Voir le profil de Kyle Seeback
PCC (ON)
Voir le profil de Kyle Seeback
2019-12-13 12:01 [p.464]
Monsieur le Président, j'ai récemment rencontré les membres de la fédération de l'agriculture de Dufferin, qui sont de vaillants agriculteurs et qui, à cause des différends commerciaux non résolus, sont aux prises avec un manque d'accès aux marchés pour le soja et le canola.
Le gouvernement des États-Unis a investi 28 milliards de dollars dans un programme de facilitation de l'accès au marché. Ici, le gouvernement a beau dire qu'il défend et qu'il appuie les producteurs de soja et de canola, mais que fait-il concrètement pour leur venir en aide?
Voir le profil de Marie-Claude Bibeau
Lib. (QC)
Monsieur le Président, nous appuyons nos partenaires et les agriculteurs parce qu'ils sont importants pour nous. C'est pour nous une priorité. Je passe beaucoup de temps à parler avec des intervenants du milieu et des agriculteurs. Nous avons élaboré une stratégie avec eux pour regagner l'accès au marché chinois et diversifier nos marchés.
La semaine prochaine, je vais rencontrer les ministres de l'Agriculture des provinces et des territoires. Nous sommes également déterminés à améliorer l'ensemble de nos programmes de gestion des risques de l'entreprise, car nous savons que les risques ne sont plus les mêmes, depuis quelques années, que ce soit en matière de climat ou de commerce.
Voir le profil de Brad Redekopp
PCC (SK)
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2019-12-13 13:01 [p.472]
Monsieur le Président, sachez que je partagerai mon temps de parole avec le député de Calgary-Centre.
J'ai aujourd'hui l'honneur de m'adresser pour la toute première fois à la Chambre. J'aimerais donc commencer par remercier les électeurs de Saskatoon-Ouest de m'avoir fait assez confiance pour les représenter à la Chambre des communes tout au long de la 43e législature. C'est avec beaucoup d'humilité et de reconnaissance que j'accepte l'honneur et le privilège qu'ils me font. Je leur promets de les représenter de mon mieux et de bien faire valoir leur point de vue ici, à Ottawa.
Je remercie également mon équipe électorale, qui était composée de Sunny, de Braden, d'Alex, de Kaitlyn, de Donna-Lyn, de Josh et de Jared. J'envoie un salut bien spécial aux membres du club conservateur du campus de l'Université de la Saskatchewan, qui m'ont beaucoup aidé dans le porte-à-porte. Je tiens aussi à remercier chaleureusement mon amie et collègue de Sentier Carlton—Eagle Creek et son mari, Milton Block, pour tous leurs encouragements, ainsi que les nombreux bénévoles et donateurs, car c'est grâce à eux que je suis ici.
Je n'apprendrai rien à personne en disant que les députés ont absolument besoin du soutien de leur famille pour bien faire leur travail, alors j'aimerais remercier mes parents, Alvin et Irene Redekopp; ma soeur, Gaylene Molnar, et toute sa famille; ainsi que mes deux merveilleux fils, Kyle et Eric Redekopp. C'est évidemment sans oublier ma ravissante épouse, Cheryl Redekopp. Je n'aurais jamais réussi s'ils n'avaient pas été là.
C'est pour ces gens et pour les 75 000 autres personnes qui vivent dans Saskatoon-Ouest que je prends aujourd'hui la parole au sujet du discours du Trône.
Malheureusement, il m'est impossible de l'appuyer.
Le discours du Trône lance un appel « à l'unité dans la poursuite d'aspirations et d'objectifs communs ». Le premier ministre parle d'écoute et de collaboration entre les parlementaires, mais le discours du Trône ne contient pratiquement rien au sujet des aspirations des gens de Saskatoon. Pire encore, le premier ministre adopte de multiples politiques qui font mal aux habitants de Saskatoon et à l'économie canadienne.
Je vais décrire en quoi consiste l'économie de la Saskatchewan. Prenons l'exemple d'un tabouret à trois pieds. Le premier pied est l'agriculture: blé, canola, orge, avoine et autres cultures du genre. Le deuxième est l'exploitation minière: potasse, uranium, or et diamants. Le troisième pied est le secteur du pétrole et du gaz. L'année dernière, en 2018, ces trois secteurs réunis comptaient pour 36 % du PIB de la Saskatchewan. Le siège du tabouret représente le secteur manufacturier et le secteur de la construction. Le secteur manufacturier produit de la machinerie, de l'équipement industriel et des produits alimentaires, alors que celui de la construction produit les infrastructures pour soutenir toutes ces activités et toute la population. En 2018, ces deux secteurs représentaient 14 % du PIB de la province. Ensemble, les trois pieds et le siège du tabouret sont à l'origine de 50 % du PIB de la Saskatchewan.
L'autre moitié de notre PIB est générée par les services qui appuient les résidants: les magasins, les restaurants, les établissements d'enseignement, les établissements de soins de santé et tout le reste. Ces éléments s'assoient tous sur le tabouret, mais les pattes du tabouret, les piliers de notre PIB, ce sont l'exploitation minière, l'industrie pétrolière et gazière et l'agriculture.
Nous savons tous que ces trois secteurs souffrent en Saskatchewan.
Dans le cas de l'industrie pétrolière et gazière, le projet de loi anti-pipelines, le projet de loi C-69, restreint la capacité d'acheminer le pétrole vers les marchés. Le prix de vente a baissé, l'investissement a diminué et, par conséquent, il y a moins d'emplois.
L'exploitation minière est également touchée par le projet de loi C-69, qui politise le processus d'évaluation d'impact, prolonge les délais et rend le processus d'approbation encore plus incertain. Les entreprises ne perçoivent plus la Saskatchewan comme autrefois, c'est-à-dire comme un milieu sûr et stable où investir. Par conséquent, les investissements vont ailleurs et les emplois disparaissent.
En ce qui concerne l'agriculture, l'incapacité chronique du gouvernement libéral à rétablir ses relations avec la Chine cause du tort aux producteurs de canola.
Qu'est-ce que tout cela signifie pour la population de Saskatoon? Lorsque les pattes du tabouret sont instables, tout le monde en souffre. Le taux de chômage augmente et les gens ont du mal à payer leurs factures. En campagne électorale, j'ai parlé à bien des ménages et des familles qui peinent à arriver d'un mois à l'autre. Je me suis entretenu avec beaucoup de ces personnes dont nous parlons qui, chaque mois, sont à moins de 200 $ de la faillite.
Voici quelques exemples qui montrent que cette situation touche de vraies personnes.
Je repense à un jeune homme qui travaillait sur une plate-forme de forage. Il faisait sept heures de route à partir de Saskatoon pour aller travailler à Drayton Valley, en Alberta. Il travaillait pendant un bloc de deux semaines à la fois, 12 heures par jour. Il faisait un bon salaire qu'il dépensait à Saskatoon: il achetait des véhicules et de l'équipement stéréo, allait au restaurant, et ainsi de suite. Je le sais, parce que ce jeune homme est mon fils. En 2015, les libéraux sont arrivés au pouvoir. Ils ont présenté leurs projets de loi anti-pipelines et anti-pétroliers, qui ont fait chuter le prix du pétrole canadien et les investissements. Résultat: mon fils a perdu son emploi, et il a cessé de dépenser à Saskatoon.
Je peux aussi vous parler d'un fabricant qui fournissait des pièces à l'industrie minière et à l'industrie pétrolière et gazière. Il avait 140 employés à Saskatoon. On parle ici d'emplois bien rémunérés, qui procuraient un revenu à 140 familles de Saskatoon. Je le sais parce que mon beau-frère travaille pour cette entreprise. Comme le projet de loi  C-69 a entraîné une baisse des investissements dans les projets de ressources, l'entreprise a vu ses activités chuter et a mis des gens à pied.
Les Saskatooniens savent heureusement résoudre les problèmes avec créativité et résilience. Ils ont donc fait des recherches et trouvé des contrats qui ont permis à l'entreprise de continuer ses activités, mais elle est maintenant plus petite qu'elle ne l'aurait été si l'industrie pétrolière et gazière avait continué de lui offrir un marché solide.
Pensons maintenant à un entrepreneur qui construisait de nouvelles maisons pour des familles, employait directement quatre personnes et indirectement 40 entrepreneurs pour faire le travail nécessaire, et qui a créé des retombées économiques de plusieurs millions de dollars à Saskatoon. Je le sais parce que c'était mon entreprise. À cause du test de résistance hypothécaire des libéraux, les nouveaux acheteurs sont exclus du marché. De plus, les changements apportés aux codes du bâtiment ont beaucoup augmenté le coût de construction des maisons. Résultat: la construction a nettement ralenti à Saskatoon. Les mises en chantier sont à leur niveau le plus bas en 14 ans. Dans le secteur de la construction, beaucoup de braves gens sont dans une situation difficile ou ont perdu leur emploi.
Qu'est-ce que je m'attendais à trouver dans le discours du Trône pour favoriser la collaboration? Je m'attendais certainement à y trouver des mesures destinées à soutenir l'emploi dans l'Ouest. Après tout, deux jours après que les libéraux se sont retrouvés à former un gouvernement minoritaire en octobre dernier, le premier ministre a déclaré qu'il devait manifestement en faire plus pour gagner la confiance des habitants de la Saskatchewan. Je m'attendais donc à ce que le gouvernement cherche à soutenir les travailleurs des secteurs pétrolier, gazier et minier, ainsi que les agriculteurs.
Qu'est-ce que j'ai entendu à la lecture du discours du Trône?
J'ai entendu une vague référence aux ressources naturelles et aux agriculteurs. Toutefois, il n'a pas été question du pipeline Trans Mountain, de la création d'un corridor énergétique national ou de la possibilité d'abroger les projets de loi C-69 et C-48, ni même d'y apporter des changements. Le gouvernement n'a pas dit non plus qu'il était préoccupé par la dette, qui ne cesse de croître et qui atteint un niveau dangereux. Je pense que Rex Murphy a très bien résumé la situation lorsqu'il a dit que le discours du Trône est un cimetière sémantique où la monotonie se conjugue à la suffisance pour réduire à néant la vitalité et le dynamisme de nos deux merveilleuses langues officielles.
Il a été question du logement dans le discours du Trône, et j'espère que le gouvernement passera de la parole aux actes. Dans ma circonscription, de nombreuses personnes n'ont pas les moyens de se payer un logement adéquat et stable. En tant qu'ancien constructeur d'habitations, je demande au gouvernement d'assouplir les critères de simulation de crise applicables aux prêts hypothécaires, car ceux-ci ont une incidence négative considérable sur le secteur de la construction à Saskatoon.
Ce que l'on a à peine mentionné dans le discours du Trône, c'est le mot « emploi ». Les libéraux sont prompts à offrir de l'argent aux Canadiens pour ceci ou pour cela et à accorder des subventions afin de compenser leur inaction sur le plan économique, mais je vais dire quelque chose aux députés au sujet des habitants de Saskatoon: ce sont des gens fiers qui travaillent fort et qui ne demandent pas la charité. Ils veulent des emplois bien rémunérés.
Saskatoon compte aussi beaucoup d'entrepreneurs, des gens prêts à prendre de grands risques pour en employer d'autres et bâtir l'économie. Les entrepreneurs ne veulent pas la charité: ils veulent un environnement stable, des règlements raisonnables et la liberté de travailler fort, de prospérer et de récolter les fruits de leur réussite.
Deux autres mots brillent par leur absence dans le discours du Trône: « équilibre budgétaire ». Je suis très inquiet que le gouvernement libéral ait décidé de dépenser des sommes apparemment illimitées sur toutes sortes de programmes, sans égard à l'économie sous-jacente qui devra payer la note. Nous alourdissons le fardeau fiscal des prochaines générations avec une dette qui devra être remboursée à un moment donné. J'exhorte le gouvernement à prévoir au moins un retour à l'équilibre budgétaire.
Enfin, les Saskatchewanais se soucient profondément de l'environnement. Les trois pieds du tabouret dont j'ai parlé tout à l'heure sont ancrés dans nos terres. Personne ne sait mieux gérer nos terres que les habitants de la Saskatchewan. Nous comprenons tous qu'une terre, une eau et un air sains sont essentiels à notre prospérité à long terme, mais nous ne pouvons pas adopter une approche fanatique et présumer que la seule façon d'assurer la santé de la planète consiste à mettre un terme au développement humain et à freiner l'innovation et la croissance économique. Nous ne pouvons pas sacrifier les industries agricole, minière, pétrolière et gazière de la Saskatchewan et de l'Alberta en échange d'une séance de photos avec Greta. Nous ne pouvons pas étouffer la croissance économique et continuer d'augmenter les impôts de la population.
Le discours du Trône a clairement indiqué que le gouvernement prévoit continuer d'augmenter la taxe sur le carbone. Les taxes augmenteront et il n'y aura aucune véritable incidence sur les émissions de carbone, ce qui causera du tort aux Canadiens ordinaires et aux propriétaires d'entreprise.
En conclusion, les conservateurs du Canada se concentrent sur les aspirations des Canadiens ordinaires, comme les gens de Saskatoon-Ouest. Nous sommes le parti de la classe moyenne et nous continuerons de présenter des idées concrètes et tangibles qui permettront aux Canadiens d'améliorer leur sort et qui feront en sorte que le gouvernement les laisse tranquilles.
En terminant, je tiens à féliciter et à remercier le chef de mon parti pour son travail et ses efforts incessants au cours des 15 dernières années. Je veux aussi souhaiter un très joyeux Noël et une bonne année à tous les députés.
Voir le profil de Andrew Scheer
PCC (SK)
Monsieur le Président, hier, la Chambre a montré qu'elle prend au sérieux la crise qui sévit entre le Canada et le gouvernement de la Chine en votant pour la création d'un comité spécial qui examinera tous les aspects touchant à la façon dont le gouvernement gère les relations sino-canadiennes. La Chine a emprisonné illégalement deux Canadiens. Elle a cessé d'importer du canola et d'autres produits d'exportation canadiens. Malgré cela, le premier ministre tarde encore à prendre la défense des Canadiens.
Le premier ministre prendra-t-il au moins la mesure très concrète de retirer le financement canadien de la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures?
Voir le profil de Justin Trudeau
Lib. (QC)
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2019-12-11 14:30 [p.267]
Monsieur le Président, au cours de la dernière année, nous avons oeuvré à tous les niveaux afin d'assurer la sécurité des Canadiens qui sont incarcérés, et nous continuons de réclamer leur libération. Nous n'oublions pas pour autant de défendre les intérêts des producteurs de canola et des exportateurs de porc et de boeuf du pays alors que nous poursuivons les négociations avec cet important partenaire commercial, tout cela sans jamais perdre de vue les droits de la personne.
Nous sommes conscients que le comité spécial sur la Chine permettra d'élargir les possibilités de collaboration. Nous espérons seulement que les partis d'opposition n'en profiteront pas pour jouer de petits jeux politiques et mettre en danger la vie de ces Canadiens.
Voir le profil de John Brassard
PCC (ON)
Voir le profil de John Brassard
2019-12-11 15:49 [p.280]
Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec le député de Barrie—Springwater—Oro-Medonte, avec qui j'ai servi au conseil municipal de la ville de Barrie. Je suis heureux qu'il se joigne à nous à la Chambre.
Des hommages ont déjà été rendus à Deepak Obhrai, mais je tiens à dire à quel point il manquera non seulement aux gens de notre parti, mais aussi à tous les parlementaires. Un député a mentionné qu'il était un puits sans fond de citations. Chaque fois que Deepak prenait la parole, je l'écoutais ébahi par le nombre de fois où il disait « Monsieur le Président » ou « Madame la Présidente ». Dans ses discours, je crois que ces mots l'emportaient parfois sur la substance, mais il montrait ainsi le respect qu'il avait pour le Parlement et la présidence.
Comme c'est la première fois que je prends la parole à la 43e législature, j'aimerais en profiter pour faire des remerciements.
D'abord et avant tout, je remercie les gens de Barrie—Innisfil de m'avoir confié un deuxième mandat. J'en suis honoré et reconnaissant. Je vais certainement continuer à travailler fort et intelligemment en leur nom.
Je tiens également à remercier tous les bénévoles qui ont aidé tout au long de la campagne, ainsi que ma directrice de campagne. Surtout, je tiens à remercier ma famille, mon épouse Liane et mes enfants de me soutenir de façon indéfectible et de comprendre les exigences de mon travail de député de Barrie—Innisfil. J'apprécie tout leur soutien, tant durant la campagne électorale qu'encore aujourd'hui.
Je vais maintenant parler du discours du Trône, ou plutôt des éléments qui ne s'y trouvent pas. On y trouve beaucoup de choses, beaucoup de platitudes et beaucoup de mots, mais rien sur les enjeux auxquels le pays est confronté. J'ignore pourquoi d'ailleurs, car ces enjeux sont d'une grande importance pour le pays. Je parle de l'unité nationale, par exemple.
Je vis en Ontario, et je ne pense pas que les Ontariens comprennent vraiment l'ampleur de la situation dans l'Ouest canadien. Évidemment, nous avons des collègues de l'Ouest canadien et nous entendons tous les jours ce qui se passe là-bas, et c'est terrible.
Or, dans son discours du Trône, le gouvernement n'a pas indiqué ce que nous devrions faire pour régler l'enjeu entourant nos ressources naturelles et leur commercialisation. Comment allons-nous traiter certaines des mesures législatives qui ont été adoptées au cours de la législature précédente et qui continueront d'avoir des répercussions sur notre secteur des ressources naturelles? Cette situation suscite d'importants problèmes liés à l'unité nationale.
La semaine dernière encore, le premier ministre de l'Alberta a mené une délégation à Ottawa. Nous avons entendu le premier ministre de la Saskatchewan et d'autres intervenants expliquer à quel point la situation est alarmante, mais le gouvernement ne semble pas leur accorder toute l'attention qu'ils méritent. Chose certaine, il ne fait pas le nécessaire, c'est-à-dire abroger certaines des mesures législatives qui ont une incidence sur nos collègues et nos amis dans l'Ouest canadien.
Le discours du Trône ne mentionnait pas non plus la politique économique et budgétaire. Il ne mentionnait rien au sujet de la dette, des déficits et du fait que le gouvernement libéral continuera à dépenser, donc on ne voit pas la lumière au bout du tunnel. Même si les libéraux disent qu'ils investissent, ils continuent à dépenser des milliards et des milliards de dollars, ce qui creuse non seulement la dette, mais aussi le déficit. Dans le contexte d'un gouvernement minoritaire, les autres partis de l'opposition exerceront d'énormes pressions pour accroître la dette et le déficit, ce qui est tout aussi inquiétant.
Ce qui me préoccupe le plus, et comme les élections viennent d'avoir lieu, je sais que cela préoccupe aussi les habitants de Barrie—Innisfil, c'est la capacité fiscale du Canada de résister à un ralentissement économique. Ce sera l'un des plus grands défis. Selon tous les indicateurs, l'économie est stagnante. Il y a eu 71 000 pertes d'emploi le mois dernier. Le ratio dette-PIB du Canada par rapport à celui des pays du G7 diminue. Nous sommes très inquiets de la capacité du gouvernement de faire face à cette situation si nous devions subir de fortes perturbations économiques.
Le discours du Trône ne parlait pas du rôle du Canada dans le monde. La crise entre le Canada et la Chine mérite de retenir notre attention, mais le discours du Trône n'en parlait pas non plus, et il a fallu une motion de l'opposition pour orienter le gouvernement dans la bonne direction.
Ce sont quelques exemples de choses qui me font tiquer parce qu'elles n'étaient pas dans le discours du Trône. Les amendements proposés par le chef de l’opposition aborderont bon nombre de sujets qui en étaient justement absents, dont la politique budgétaire et économique, les ressources naturelles et la revitalisation de l'économie de l'Alberta, de la Saskatchewan et de l'Ouest en général. Je demande au gouvernement d'étudier très sérieusement les amendements qui lui ont été soumis, car ils permettraient de remédier en bonne partie à la situation.
À première vue, on dirait que le gouvernement a joué son va-tout, comme dans une partie de poker: il a misé tous ses jetons sur la lutte contre les changements climatiques. Il n'y a pas un seul député et pas un seul Canadien qui refuse encore de croire que les changements climatiques ont été provoqués par les humains et qu'ils ont des conséquences bien réelles. Maintenant, il faut que le pays organise une grande conversation nationale pour savoir quoi en faire.
Durant la campagne électorale, les partis se sont livrés à beaucoup de discours et de joutes politiques sur la question des changements climatiques. Je suis d'accord avec ce que Frank McKenna, l'ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick, a dit à ce sujet, à savoir qu'avant de nous diriger vers une économie carboneutre, nous devons d'abord comprendre les conséquences que cela aura sur l'économie nationale et sur la place du Canada dans le monde, ainsi qu'évaluer comment une telle initiative peut avoir une incidence mondiale.
Honnêtement, le Canada fait plus que sa part dans le dossier des changements climatiques. Il faut changer de tactique. Nous devons plutôt discuter des répercussions qu'aurait cette initiative et de la façon dont nous assurerons la compétitivité économique du Canada à l'avenir quand les autres pays ne sembleront pas aller dans la même direction que lui. Le fait que nous sommes dans une situation de gouvernement minoritaire permettrait d'avoir cette discussion indispensable. En parlant d'autres pays, la Chine a récemment construit une ligne de chemin de fer dans le seul but d'acheminer du charbon vers des centrales électriques alimentées au charbon. Tout au long de la campagne, nous avons notamment parlé de l'incidence que pourrait avoir le Canada sur la crise climatique mondiale. Or, le premier ministre lui-même a admis que même si nous adoptions une économie carboneutre demain, cela n'aurait aucune incidence à l'échelle mondiale, tant et aussi longtemps que le Canada ne montrera pas la voie à suivre en matière de technologies et d'innovation.
J'ai également été déçu du fait que, pendant la campagne électorale, un ministre est venu à Barrie pour annoncer que les libéraux allaient investir 40 millions de dollars pour le lac Simcoe. Je précise que cette annonce a été faite après que les conservateurs eurent promis d'investir dans le lac Simcoe et de rétablir le fonds pour son assainissement. Je tiens à m'assurer que le gouvernement comprend l'importance de la santé, de la vitalité et de la durabilité du lac Simcoe pour le centre de l'Ontario et pour l'écosystème canadien. Nous allons continuer d'exercer des pressions sur le gouvernement dans ce dossier.
Enfin, les électeurs de Barrie—Innisfil m'ont confié le mandat de les représenter à la Chambre des communes. Je demande donc au gouvernement d'écouter le son de cloche des électeurs, pas uniquement ceux de Barrie—Innisfil, mais ceux de l'ensemble du Canada, pour protéger l'unité nationale, l'économie, l'environnement et les secteurs énergétique et agricole et pour faire en sorte que la vie reste abordable pour les Canadiens. J'invite le gouvernement à appuyer l'amendement que nous avons présenté pour qu'il soit possible d'aller de l'avant.
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PCC (ON)
Voir le profil de Erin O'Toole
2019-12-10 10:11 [p.175]
propose:
Que, compte tenu de la crise diplomatique qui perdure avec la Chine, la Chambre nomme un comité spécial chargé de tenir des audiences servant à examiner tous les aspects des relations sino-canadiennes, y compris ceux qui ont trait aux relations consulaires, économiques et diplomatiques, au droit et à la sécurité:
a) que le Comité soit composé de 12 membres, dont six proviendront du parti ministériel, quatre de l’opposition officielle, un du Bloc québécois et un du Nouveau Parti démocratique;
b) que les changements apportés à la composition du comité entrent en vigueur dès le dépôt de l’avis du whip auprès du greffier de la Chambre;
c) que les membres du Comité puissent se faire remplacer au besoin, conformément à l'article 114(2) du Règlement;
d) que les membres soient nommés par le whip de leur parti respectif par dépôt, auprès du greffier de la Chambre, de la liste des membres qui siégeront au comité au plus tard le 15 janvier 2020;
e) que le greffier de la Chambre convoque une réunion d'organisation du comité au plus tard le 20 janvier 2020;
f) que le Comité soit présidé par un membre du parti ministériel;
g) que nonobstant l’article 106(2) du Règlement, outre le président, le Comité compte un vice-président de l’opposition officielle, un vice-président du Bloc québécois et un vice-président du Nouveau Parti démocratique;
h) que le quorum du Comité soit conforme aux dispositions de l’article 118 du Règlement, et que le président soit autorisé à tenir des séances afin de recevoir et de publier des témoignages en l’absence de quorum, si au moins quatre membres sont présents, dont un membre de l’opposition et un membre du gouvernement;
i) que le Comité dispose de tous les pouvoirs que le Règlement confère aux comités permanents, ainsi que le pouvoir de voyager, accompagné du personnel nécessaire, à l’intérieur et à l’extérieur du Canada;
j) que le Comité dispose du pouvoir d’autoriser la diffusion vidéo et audio d’une partie ou de la totalité de ses délibérations;
k) que le premier ministre, le ministre des Affaires étrangères, le ministre de la Sécurité publique et l’ambassadeur du Canada en Chine soient, à l’occasion, convoqués à témoigner devant le Comité, au moment qui conviendra au Comité.
Voir le profil de Erin O'Toole
PCC (ON)
Voir le profil de Erin O'Toole
2019-12-10 10:11 [p.176]
Monsieur le Président, le Parlement est aujourd'hui saisi d'une motion très importante, et je tiens à remercier le chef du Parti conservateur ainsi que notre caucus de l'avoir présentée. Ce débat est un exemple de la manière dont le Parlement peut s'acquitter de ses fonctions, demander des explications au gouvernement et exiger des comptes de sa part pour un bilan plutôt maigre en matière d'affaires étrangères, mais également proposer des méthodes plus fructueuses. Voilà le but de cette motion de l'opposition, qui propose la création d'un comité parlementaire spécial sur les relations sino-canadiennes.
D'abord, j'aimerais formuler deux réflexions. La première, c'est qu'il y a aujourd'hui un an que les Canadiens Michael Spavor et Michael Kovrig ont été arrêtés par les autorités chinoises, qui les détiennent sans les avoir mis en accusation ni leur donner accès à un avocat, au mépris de la primauté du droit. La détention arbitraire de ces hommes est une réaction diplomatique à une arrestation à des fins d'extradition effectuée légalement par le Canada, un État de droit, au nom des États-Unis et à la suite de la décision d'un tribunal américain. Le Canada a agi dans le plein respect de ses traditions honorant la primauté du droit, et les actions de la Chine montrent et nous rappellent que ce pays ne respecte pas la primauté du droit.
Je suis convaincu que l'ensemble des conservateurs, des parlementaires et des Canadiens soutiennent, comme moi, la famille des deux Michael. Nous voulons que leur bien-être soit assuré et nous voulons qu'ils rentrent au Canada le plus tôt possible. Aujourd'hui, nous discuterons de différents aspects des relations sino-canadiennes ainsi que des nombreux défis et des quelques occasions qu'elles recèlent. Par contre, nous n'en dirons pas davantage au sujet des deux Michael, par respect pour l'affaire en cours, afin qu'elle puisse connaître une fin heureuse.
Le comité spécial que nous proposons constitue l'un des éléments prometteurs de cette motion. Il s'agirait d'un comité omnipartite et pluridisciplinaire qui serait habilité à étudier tous les aspects des relations sino-canadiennes — dossiers consulaires complexes, enjeux de sécurité nationale, commerce international, affaires mondiales — et à pouvoir le faire à huis clos s'il faut protéger des renseignements secrets ou sensibles. Ce serait probablement le meilleur endroit où discuter d'une solution permettant de régler rapidement l'affaire impliquant M. Spavor et M. Kovrig. J'espère que les députés ministériels y penseront au moment de la mise aux voies de notre motion, un peu plus tard.
J'espère que tous les députés comprennent que nous avons là l'occasion de mettre de côté l'élément politique tout en nous permettant de faire notre travail. Les Canadiens s'inquiètent du sort de ces citoyens. Les Canadiens sont bien au fait des questions liées à la Chine, qu'il s'agisse des îles de la mer de Chine méridionale, de Huawei, de la situation des Ouïghours ou des ambitions de la Chine dans l'Arctique, alors qu'elle s'autoproclame « État quasi arctique », un tout nouveau terme diplomatique qu'elle a elle-même créé.
L'épineuse relation que le Canada entretient avec la Chine constitue pour lui l'enjeu d'une génération en matière de politique étrangère. La situation se prête parfaitement à la mise sur pied d'un comité de parlementaires spécial chargé d'étudier cette relation afin de veiller à ce que le Canada arrive à bien concilier tous les éléments pertinents.
Voici le deuxième point que je veux soulever d'entrée de jeu: la Chine recèle un énorme potentiel. Or, pour pouvoir tirer parti de ce potentiel, surtout sur le plan des affaires et de l'exportation, le Canada ne peut pas et ne doit pas renoncer à son soutien sans faille de la primauté du droit et des droits de la personne ni cesser d'appuyer ses alliés et amis dans le monde. Dans bien des cas, si le Canada devait y laisser les valeurs qui lui méritent le respect depuis toujours, le jeu n'en vaudrait plus la chandelle.
Tous les gouvernements de l'ère moderne, à commencer par celui dirigé par le père du premier ministre actuel, ont tenté d'atteindre un équilibre entre, d'une part, la nécessité de tisser des liens commerciaux et de faire des affaires avec la Chine ainsi que de contribuer au développement de ses régions et, d'autre part, l'obligation de promouvoir les droits de la personne, la réforme démocratique, la primauté du droit et des normes plus élevées sur le plan des affaires mondiales. Ce pays recèle donc un énorme potentiel.
Je suis exaspéré de constater que, ces dernières années, le Parti communiste chinois semble avoir tourné le dos à l'engagement qu'il avait pris de devenir une puissance mondiale sérieuse et respectueuse des lois.
Il y a des années, avant mon élection en tant que député, j'ai pris la parole lors d'un déjeuner d'affaires à Toronto. Comme de nombreuses entreprises exportatrices canadiennes, le cabinet d'avocats devant lequel je suis intervenu était conscient de l'énorme potentiel de croissance de la Chine. En effet, la Chine est la deuxième économie mondiale, et ses taux de croissance sont dans les deux chiffres depuis quelques décennies. À l'époque, j'ai présenté l'ambassadeur du Canada en Chine, qui s'adressait à des gens d'affaires de Toronto. J'ai alors cité un proverbe chinois: une génération plante des arbres, et c'est la génération suivante qui profite de l'ombre qu'ils procurent.
C'est sous le gouvernement dirigé par Pierre Trudeau que s'est amorcé l'excellent travail nécessaire pour assurer le développement initial de la Chine moderne. Tous les premiers ministres qui se sont ensuite succédé ont poursuivi ce travail, et nous devons aussi une fière chandelle à de célèbres Canadiens comme Norman Bethune ainsi qu'aux centaines de missionnaires et d'autres citoyens canadiens qui tissent des relations avec la Chine. C'est grâce à ces relations que nous avons planté des arbres. Nous avons fait de l'excellent travail. Nous devrions maintenant profiter de l'ombre. L'ambassadeur a fini par faire de ce proverbe son expression favorite, car il définit l'essence même de la diplomatie: nous faisons de l'excellent travail pour que les générations futures puissent en récolter les fruits.
Le Canada a été un partenaire important dans le développement de la Chine qui, de pays en développement, est devenue la deuxième économie du monde, une puissance mondiale. Nous avons joué un rôle de premier plan avec le Dr Bethune. Nous avons aidé ce pays à améliorer ses pratiques agricoles. Nous y avons exporté la technologie CANDU, pour que ce pays fortement dépendant du charbon ait accès à une source d'énergie sans émission de gaz à effet de serre grâce aux centrales nucléaires. Nous y avons établi des relations commerciales. Nous avons accueilli des pandas et effectué des missions commerciales. D'extraordinaires entreprises dans les secteurs des services financiers, de l'agriculture et des transports, des entreprises de premier plan comme Manuvie, Bombardier, Agrium, et j'en passe, brassent des milliards de dollars en affaires avec la Chine depuis des décennies. Nous devrions en être très heureux, mais aussi nous montrer très prudents.
Depuis quelques années, particulièrement à la lumière du 19e congrès national, la Chine se retire d'engagements sérieux pris sur la scène internationale. Le Parti communiste exerce son influence dans toutes les sphères de la vie chinoise, notamment par l'entremise de sociétés d'État et de leur action internationale. Nous connaissons l'initiative la Ceinture et la Route, qui rend les pays qui y participent redevables à la Chine pour des infrastructures et d'autres projets.
Compte tenu des changements observés en Chine au cours des 10 dernières années, il y a lieu d'être prudent. Plutôt que de profiter de l'ombre des arbres plantés par les générations précédentes, notre génération risque de se perdre en forêt, car nous ne savons plus comment maintenir cette relation importante sans sacrifier les valeurs canadiennes.
Pourquoi soulevons-nous ce débat dans le cadre de notre première motion de l'opposition? C'est parce que nous nous inquiétons sérieusement de la capacité du premier ministre de gouverner dans l'intérêt national sur la scène internationale. Aucun Canadien ne lui fait confiance lorsqu'il part à l'étranger.
Nous déplorions le fait qu'on ne parlait jamais du Canada sur la scène internationale. Aujourd'hui, il est impossible de regarder une émission de fin de soirée ou Saturday Night Live sans voir le premier ministre être le sujet de railleries pour ses agissements sur la scène mondiale, ses gaffes qui nuisent à l'intérêt national. Lors du sommet de l'OTAN, le premier ministre s'est moqué du président américain, celui-là même dont nous avons besoin pour exercer des pressions en faveur de la libération des Canadiens en Chine.
Tout cela se produit à un moment où l'OTAN est remise en question par les présidents de la France et des États-Unis. Le Canada pourrait jouer son rôle traditionnel de pivot, comme disait Winston Churchill entre l'Europe et l'Amérique du Nord. Nous sommes membres du G7, de l'OTAN, du NORAD et du Groupe des cinq. Le Canada n'est jamais le plus gros joueur, mais il a des relations qu'il est généralement en mesure de faire jouer en faveur de l'intérêt national, de la liberté, celles des autres notamment, ainsi que des intérêts de l'alliance atlantique. Cela a changé. Aujourd'hui, c'est la visite d'État du premier ministre en Inde qui illustre le mieux l'image qu'a le Canada aujourd'hui, une visite où il a placé les photographes, son image de marque et les intérêts du Parti libéral devant l'intérêt national du Canada.
Concernant la Chine, nos craintes remontent aux toutes premières actions du gouvernement. J'espère que bon nombre des nouveaux députés libéraux sont à l'écoute, parce que c'est leur rôle dans le caucus de poser des questions maintenant. Ils devraient être aussi inquiets que les conservateurs en ce qui concerne la Chine.
Un ancien ambassadeur canadien en Chine, David Mulroney, a qualifié de naïve l'approche du premier ministre à l'égard de ce pays, et je suis d'accord. Je vais faire peu de cas des propos que le premier ministre a tenus avant les élections, où il déclarait son admiration pour le régime chinois, qui est essentiellement une dictature. Je ne sais pas si c'était une blague ou si ses propos ont été mal interprétés. Chose certaine, c'était une réponse carrément ridicule.
Cependant, on a pu observer l'influence d'une faction fortement en faveur de Pékin au sein de la garde rapprochée du premier ministre dès les premiers jours du gouvernement. Le président du Conseil commercial Canada-Chine était à la tête de l'équipe libérale de transition en 2015. Il siège maintenant au Sénat, après avoir été nommé par le premier ministre.
En mai 2016, la première année du gouvernement libéral, il a été révélé que le premier ministre avait participé à des activités de financement donnant un accès privilégié en compagnie de grands personnages, d'oligarques ayant des liens étroits avec l'État chinois. Je me rappelle du moment où mon collègue de Red Deer—Lacombe a souligné avec éloquence à la Chambre non seulement que ces activités remplissaient les coffres du Parti libéral, mais aussi qu'un riche entrepreneur associé à l'État chinois avait fait un don de 200 000 $ à la Fondation Trudeau. En fait, on avait réservé une somme pour l'érection d'une statue de Pierre Trudeau. Nous en étions aux premiers jours.
Dans les premiers mois de leur mandat, les libéraux ont également infirmé une décision visant à empêcher la vente d'une entreprise technologique à une société contrôlée par des intérêts chinois. En effet, l'une des dernières choses qu'a faites le gouvernement Harper a été de bloquer la vente d'ITF Technologies à O-Net Communications pour des motifs de sécurité, puisque des éléments de recherche-développement dans le domaine de l'énergie auraient pu directement servir à des fins militaires. La vente a donc été bloquée en juillet 2015. Quelques mois à peine après être arrivés au pouvoir, les libéraux ont toutefois décidé de lever l'interdit et, quelques mois plus tard, la vente d'une entreprise à qui l'on doit des technologies potentiellement militaires à une entreprise d'État chinoise était autorisée.
Monsieur le Président, croyez-vous vraiment que cette transaction n'a pas attiré l'attention de nos alliés du Groupe des cinq? Ils ont au contraire estimé que la sage décision qu'avait prise le gouvernement conservateur venait d'être infirmée simplement parce que le nouveau premier ministre souhaitait négocier un accord de libre-échange avec la Chine.
Ce n'est pas tout. L'année suivante, les libéraux ont autorisé la vente de Norsat à Hytera, une autre entreprise détenue par des intérêts chinois, ce qui a fait sursauter le Pentagone, qui avait des contrats avec cette entreprise canadienne de communications militaires. Pour tout dire, voici ce qu'un commissaire au commerce américain, pourtant un démocrate nommé par Obama, a trouvé à dire de cette transaction:
L'autorisation, par le Canada, de la vente de Norsat à une entité chinoise soulève de graves préoccupations liées à la sécurité nationale des États-Unis, puisque l'entreprise en question figure parmi les fournisseurs de nos forces armées [...]
Le Canada semble disposé à négliger ses propres intérêts dans le domaine de la sécurité pour s'attirer les faveurs de la Chine.
Il a ajouté que ce n'était pas une raison pour compromettre la sécurité d'un proche allié. On parle ici du commissaire de la commission d'étude sur l'économie et la sécurité États-Unis—Chine, c'est-à-dire d'un démocrate nommé par celui-là même avec qui le premier ministre entretenait une bromance, le président Obama.
Ce ne sont pas de propos provocateurs. Ce sont des préoccupations légitimes qui ont été portées à l'attention des membres du comité des affaires étrangères lorsqu'ils se sont rendus à Washington. Nous avons vite constaté que des ventes pouvaient être conclues rapidement — ce qu'on aurait probablement dû interdire pour des motifs de sécurité — afin d'adoucir les angles dans les relations.
Il y a aussi de nombreuses violations des droits de la personne. J'ai dit à la Chambre plus tôt cette semaine que depuis des mois, des millions de personnes protestent dans les rues de Hong Kong. Le gouvernement n'en a pratiquement pas parlé. Quelque 300 000 Canadiens vivent là-bas. Il y a 78 ans cette semaine, des soldats des Winnipeg Grenadiers et des Royal Rifles combattaient pour défendre Hong Kong. Des centaines d'entre eux sont morts pendant cette bataille qui a pris fin le jour de Noël, et des centaines d'autres sont par la suite décédés dans des camps de prisonniers au Japon. Il n'y a donc pas que des intérêts et des citoyens canadiens à Hong Kong. Du sang canadien y a déjà été versé, et le gouvernement s'est montré avare de commentaires.
Il s'est aussi montré avare de commentaires au sujet de l'internement et de la rééducation de près d'un million de Ouïghours, un phénomène très préoccupant. Il s'agit d'un dossier où les valeurs de notre pays devraient peser dans la balance des négociations commerciales.
Sous la direction de l'actuel premier ministre, tous les autres dossiers ont été relégués à l'arrière-plan. En réalité, les libéraux se préparaient à annoncer un accord de libre-échange avant le voyage officiel du premier ministre là-bas, qui a eu lieu en 2016. Manifestement, le premier ministre et le gouvernement libéral ont fait prévaloir les intérêts commerciaux du Canada sur plusieurs enjeux: les questions de sécurité nationale; une décision par rapport à Huawei qui n'a jamais été concrétisée; la multitude de causes liées aux droits de la personne; les inquiétudes de nos partenaires de l'Asie-Pacifique concernant la militarisation des îles artificielles créées dans la mer de Chine méridionale. Soixante-dix pour cent des échanges commerciaux mondiaux s'effectuent dans cette mer. Les dernières manoeuvres de l'une de nos frégates dans ces eaux ont été surveillées par la Chine du début à la fin. La Chine s'efforce d'isoler Taïwan par rapport aux organismes internationaux comme l'Organisation mondiale de la santé, dont le but est d'endiguer les épidémies dans le monde. Encore une fois, le Canada manque de fermeté.
Les conservateurs demandent la création de ce comité spécial afin que le Canada adopte une position équilibrée par rapport à la Chine. Durant les quatre dernières années où le premier ministre a été au pouvoir, cet équilibre n'a jamais été atteint.
En ce triste anniversaire de la détention de ces deux citoyens canadiens, j'en profite pour dire qu'au cours de la dernière année, les conservateurs ont recommandé au gouvernement d'émettre des avertissements à l'intention des voyageurs. Celui-ci a mis trois mois pour le faire. Quelques semaines plus tard, nous avons demandé au premier ministre de s'en mêler directement. Il a refusé de le faire en disant qu'il s'agissait d'un simple dossier relevant des affaires consulaires. Ce n'était pas le cas. Au moment où lui et l'ancienne ministre ont finalement tenté d'intervenir, on n'a pas répondu à leurs appels. Nous leur avons indiqué que la Loi sur l'extradition permettait de confier l'affaire Meng à un autre tribunal qui serait en mesure de trancher plus rapidement. En plus de rendre service à nos citoyens, cela aurait accéléré le processus, dans le respect de la primauté du droit et de la Loi. Les libéraux n'ont pas écouté.
Le comité a appelé M. McCallum à comparaître à huis clos. Je ne peux pas en parler, mais j'aurais souhaité que sa comparution soit télévisée. Les députés comprennent probablement pourquoi il n'est plus ambassadeur. Il s'est contredit à plusieurs reprises et a dû démissionner. Nous voulions qu'un ambassadeur soit nommé immédiatement, mais les libéraux ont attendu jusqu'aux élections pour nommer M. Barton, sans consulter les partis de l'opposition. Nous leur avons demandé d'annuler la participation du Canada à la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures. Nous leur avons demandé de déposer immédiatement une contestation devant l'OMC relativement au canola et à d'autres produits injustement touchés par le commerce. Les libéraux ont attendu jusqu'à deux jours avant les élections, autrement dit, six mois. Nos alliés ne sont pas là pour nous en raison du manque de sérieux du premier ministre sur la scène internationale.
En terminant, je vais citer la dernière déclaration de M. McCallum, qui montre pourquoi nous avons besoin de ce comité et devons être sérieux avec la Chine. Lorsqu'il est parti en mission, il a dit:
Lorsque la Chine et le Canada ont eu des désaccords par le passé — car cela arrive parfois —, les trois premiers ministres que j'ai servis ont tous tiré parti de ce lien d'amitié en vue de parler avec respect et franchise à leurs homologues chinois. Je suis persuadé que cette longue tradition se poursuivra.
Elle ne s'est pas poursuivie. Avec ce comité spécial, elle pourra se poursuivre, et nous pourrons faire les choses avec sérieux et avoir une approche équilibrée vis-à-vis de la Chine.
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Lib. (ON)
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2019-12-10 10:32 [p.178]
Monsieur le Président, je remercie le député de Durham d'avoir soulevé des préoccupations qui, à mon avis, sont partagées par tous les députés en ce qui concerne les relations diplomatiques très délicates, et parfois difficiles, que nous avons avec la Chine.
J'ai une question très simple pour le député. Le printemps dernier, le comité législatif Canada-Chine, soit l'organisme qui se penche sur les relations parlementaires entre le Canada et la Chine, a mené une mission en Chine.
Le Parti conservateur a choisi de ne pas envoyer de députés de son caucus dans le cadre de ce voyage. Lors de cette mission, nous avons eu l'occasion de rencontrer des représentants du comité central et plus particulièrement des députés du comité des affaires étrangères. Nous avons été en mesure de soulever des questions délicates concernant les affaires consulaires, ainsi que d'autres questions relatives au commerce et à la détention arbitraire de Canadiens. Malgré cela, le Parlement affiche maintenant un intérêt renouvelé pour cette affaire en particulier.
Pourquoi le Parti conservateur a-t-il choisi de ne pas envoyer de députés dans le cadre de ce voyage très important afin qu'il puisse se faire entendre, comme le veut la bonne tradition parlementaire?
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