Interventions à la Chambre des communes
 
 
 
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Voir le profil de Tilly O'Neill Gordon
PCC (NB)
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2009-12-07 14:13 [p.7669]
Monsieur le Président, les récentes visites du premier ministre en Chine et en Inde ont des retombées positives pour les Canadiens. Les entreprises canadiennes profiteront des millions de dollars que les touristes chinois dépenseront dans notre pays, qui a obtenu le statut de destination approuvée. Les producteurs de porc et de canola canadiens bénéficieront d'un meilleur accès et d'un accès élargi au marché chinois. Notre accord de coopération nucléaire avec l'Inde ouvrira des débouchés incroyables à l'industrie nucléaire civile canadienne.
En 13 ans, les libéraux ont signé trois misérables accords de libre-échange et ont nui à nos relations avec l'Inde à long terme. Les libéraux aident même le NPD à bloquer notre accord commercial avec la Colombie. En moins de quatre ans, le gouvernement conservateur a conclu cinq nouveaux accords de libre-échange avec huit pays. Nous avons entamé des négociations historiques avec l'Union européenne et avec l'Inde, deux des plus importants marchés au monde.
Les faits parlent d'eux-mêmes. Le gouvernement montre l'exemple en matière de lutte contre le protectionnisme et de promotion du libre-échange.
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NPD (ON)
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2009-12-04 12:13 [p.7629]
Madame la Présidente, je suis très fier de présenter une pétition signée par des centaines d'habitants de Terre-Neuve. Ceux-ci joignent leur voix à celle des Canadiens d'un océan à l'autre qui s'opposent à la conclusion de l'accord de libre-échange Canada-Colombie.
Les gens de Terre-Neuve comprennent, comme tous les autres Canadiens, que cet accord est embarrassant pour notre pays parce qu'il va à l'encontre de nos valeurs. Les Canadiens rejettent l'idée de conclure un accord commercial préférentiel avec un pays comme la Colombie, où les droits de la personne sont bafoués.
Cette pétition des habitants de l'une de nos importantes côtes montre que c'est vraiment d'un bout à l'autre du pays que les Canadiens rejettent cet accord de libre-échange avec la Colombie.
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NPD (ON)
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2009-12-02 15:32 [p.7502]
Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter une pétition au nom des résidants de Trinity—Spadina.
Les pétitionnaires demandent au gouvernement canadien de faire faire une étude impartiale et indépendante des répercussions sur le respect des droits de la personne de l'accord de libre-échange, surtout, dans les tranches vulnérables de la population — les femmes, les très petits agriculteurs, les syndicalistes, les Autochtones et les personnes de descendance africaine. Ils veulent aussi qu'on se penche sur toutes les répercussions négatives qu'on aura décelées pour y remédier avant d'aller de l'avant avec cet accord de libre-échange.
Ils demandent qu'aucun accord de libre-échange ne soit conclu sans que soient inclus dans la loi des dispositions exécutoires sur la responsabilité sociale des entreprises et des mécanismes de rapports qui permettront de surveiller l'application des normes universelles en matière de droits de la personne par les sociétés canadiennes et les autres entités qui investiront en Colombie.
Les pétitionnaires craignent que l'accord de libre-échange avec la Colombie aille de l'avant en dépit d'un rapport du Comité permanent du commerce international qui demande une évaluation indépendante des répercussions sur le respect des droits de la personne étant donné que les violations de ces droits, perpétrées notamment contre des syndicalistes et des collectivités situées dans des secteurs présentant un intérêt économique, sont largement répandues et graves, selon Amnistie Internationale.
C'est la raison pour laquelle un grand nombre de citoyens des deux pays craignent énormément qu'un accord de libre-échange empire la situation en Colombie au chapitre des droits de la personne.
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NPD (ON)
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2009-11-26 10:12 [p.7235]
Monsieur le Président, j'ai le plaisir de présenter une seconde pétition, pétition signée par des résidants de Hamilton, d'où je viens, qui s'opposent à l'Accord de libre-échange Canada-Colombie. Ces pétitionnaires font remarquer que la Colombie affiche l'un des pires bilans de l'hémisphère occidental en matière de respect des droits de la personne, des dizaines de militants syndicaux et de défenseurs des droits de la personne y étant tués chaque année. Ils trouvent scandaleuse la règle selon laquelle le meurtre d'un travailleur n'est passible que d'une amende, règle qui bafoue les droits de la personne. En tant que militants pour la responsabilité sociale des entreprises, les pétitionnaires estiment que tous les accords commerciaux devraient s'appuyer sur des principes de commerce équitable, notamment le respect fondamental de la justice sociale, des droits de la personne, des droits des travailleurs et de la gérance de l'environnement, à titre de conditions préalables au commerce. Étant donné que le gouvernement conservateur n'a pas fait preuve de diligence raisonnable à cet égard, les pétitionnaires demandent au Parlement de rejeter l'Accord de libre-échange Canada-Colombie tant qu'une évaluation indépendante de ses répercussions sur les droits de la personne n'aura pas été effectuée et qu'on n'aura pas dissipé les inquiétudes qui en découleront.
Voir le profil de Jim Maloway
NPD (MB)
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2009-11-26 10:13 [p.7235]
Monsieur le Président, les signataires de cette pétition demandent qu'on arrête le processus de l'Accord de libre-échange Canada-Colombie. La violence des paramilitaires à l'endroit des travailleurs n'a jamais cessé en Colombie, comme en témoigne l'assassinat de plus de 2 200 syndicalistes depuis 1991. Les Autochtones, les Afro-Colombiens, les défenseurs des droits de la personne, les travailleurs, les agriculteurs et les journalistes sont la cible de nombreux actes de violence. Cet accord est semblable à l'ALENA, qui a surtout profité aux grandes sociétés multinationales plutôt que d'apporter de réels avantages aux familles de travailleurs. Depuis l'entrée en vigueur de l'ALENA, le Mexique a perdu plus d'un million d'emplois dans le secteur agricole. Les assassinats de défenseurs des travailleurs et des droits de la personne en Colombie ont augmenté en 2008 et se poursuivent encore. Tous les accords commerciaux doivent reposer sur les principes de commerce équitable, qui ont pour base le respect de la justice sociale, des droits de la personne et des droits des travailleurs ainsi que la bonne gestion environnementale et qui constituent autant de conditions au commerce.
Les pétitionnaires demandent au Parlement de rejeter l'Accord de libre-échange Canada-Colombie tant qu'une évaluation indépendante du respect des droits de la personne n'aura pas été faite et que les lacunes qu'elle révélera n'auront pas été comblées. Ils demandent également que l'accord soit renégocié conformément aux principes du commerce équitable, en tenant compte de ses répercussions environnementales et sociales, tout en respectant véritablement et en améliorant les droits des travailleurs pour toutes les parties touchées.
Voir le profil de Jim Maloway
NPD (MB)
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2009-11-24 10:30 [p.7115]
Monsieur le Président, les signataires de cette pétition demandent qu'on arrête le processus de l'Accord de libre-échange Canada-Colombie.
La violence des paramilitaires à l'endroit des travailleurs n'a jamais cessé, comme en témoigne l'assassinat de plus de 2 200 syndicalistes depuis 1991. Les Autochtones, les Afro-Colombiens, les défenseurs des droits de la personne, les travailleurs, les agriculteurs et les journalistes ont été la cible de nombreux actes de violence.
Cet accord est semblable à l'ALENA, qui a surtout profité aux grandes sociétés multinationales plutôt que d'apporter de réels avantages aux familles de travailleurs. Depuis l'entrée en vigueur de l'ALENA, le Mexique a perdu plus d'un million d'emplois dans le secteur agricole.
Les assassinats de défenseurs des travailleurs et des droits de la personne en Colombie ont augmenté en 2008 et se poursuivent encore, au même rythme.
Tous les accords commerciaux doivent reposer sur les principes de commerce équitable, qui ont pour base le respect de la justice sociale, des droits de la personne et des droits des travailleurs ainsi que la bonne gestion environnementale et qui constituent autant de conditions au commerce.
Les pétitionnaires demandent au Parlement de rejeter l'accord de libre-échange Canada-Colombie tant qu'une évaluation indépendante du respect des droits de la personne n'aura pas été faite et que les lacunes qu'elle révélera n'auront pas été comblées. Ils demandent également que l'accord soit renégocié conformément aux principes du commerce équitable, en tenant compte de ses répercussions environnementales et sociales tout en respectant véritablement et en améliorant les droits des travailleurs pour toutes les parties touchées.
Voir le profil de Nina Grewal
PCC (BC)
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2009-11-20 11:55 [p.7027]
Monsieur le Président, l'Accord de libre-échange Canada-Colombie offre aux exportateurs canadiens une possibilité unique d'avoir accès en franchise de droits à un marché, ce qui n'est pas le cas de leurs principaux concurrents. Il s'agit d'un avantage primordial pour les exportateurs qui doivent composer avec des marges bénéficiaires minces pour survivre et croître. Toutefois, le NPD et le Bloc, avec l'appui des libéraux, retardent l'adoption de cet important projet de loi économique depuis plus de 33 heures.
Le ministre d'État pourrait-il expliquer à la Chambre pourquoi nous devons cesser de retarder l'adoption du projet de loi C-23?
Voir le profil de Peter Kent
PCC (ON)
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2009-11-20 11:56 [p.7027]
Monsieur le Président, le marché canadien bénéficierait de l'accord avec la Colombie; par ailleurs, les débouchés économiques et les droits de la personne ne sont pas nécessairement incompatibles. Dans le cadre de cet accord, la Colombie devrait s'engager à resserrer ses normes en matière de travail et d'environnement et à respecter davantage les droits de la personne. Surtout, avec cet accord, nous créons des emplois et des débouchés légitimes pour les Colombiens qui cherchent des solutions de rechange au trafic de la drogue.
Je veux joindre ma voix à celles du Conseil canadien des chefs d'entreprise ainsi que des fabricants et des exportateurs canadiens pour exhorter les partis de l'opposition, tous les partis de l'opposition, à adopter le projet de loi C-23 sans plus attendre.
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NPD (MB)
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2009-11-19 13:16 [p.6958]
Madame la Présidente, la pétition que je présente aujourd'hui est contre la mise en oeuvre de l'Accord de libre-échange Canada-Colombie, un sujet que nous connaissons maintenant bien ici.
La violence contre les travailleurs en Colombie n'a pas du tout diminué. Plus de 2 200 syndicalistes ont été assassinés depuis 1991. Il y a eu beaucoup d'actes de violence contre les peuples autochtones, les Afro-Colombiens, les défenseurs des droits de la personne, les travailleurs, les agriculteurs, les dirigeants ouvriers et les journalistes.
Lorsque l'accord de libre-échange entre le Canada et la Colombie a été négocié sur le modèle de l'ALENA, les avantages ont été accordés aux entreprises, pas à l'ensemble de la population. L'ALENA n'a entraîné aucune amélioration majeure des normes du travail. Dans le cas du Mexique, plus d'un million d'emplois ont été perdus dans le domaine de l'agriculture depuis l'entrée en vigueur de l'ALENA.
Les pétitionnaires exhortent le Parlement du Canada à rejeter l'accord commercial entre le Canada et la Colombie tant qu'une évaluation indépendante de ses répercussions sur les droits de la personne n'aura pas été effectuée et que les problèmes qui seront observés ne seront pas réglés. L'accord lui-même devrait être renégocié selon les principes du commerce équitable, ce qui permettrait de tenir compte des répercussions environnementales et sociales et d'améliorer et de respecter les droits des travailleurs et de toutes les autres parties touchées.
Voir le profil de Dona Cadman
PCC (BC)
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2009-11-18 14:10 [p.6898]
Monsieur le Président, le premier ministre rentre au Canada après une visite très productive de trois jours en Inde.
En dépit des torts à long terme que les libéraux ont causés à notre relation avec l'Inde, le gouvernement travaille dur pour étendre la présence économique canadienne en Inde.
Hier, le ministre du Commerce international du Canada et le ministre du Commerce et de l'Industrie indien ont signé un protocole d'entente en vue d'un accord de partenariat économique. Une fois mis en place, ce partenariat économique permettra au commerce de se développer, stimulera la croissance économique et contribuera à la création d'emplois au Canada et en Inde.
En outre, les négociations à propos d'un traité international et d'un accord de coopération nucléaire ont bien avancé.
Ce partenariat économique avec l'Inde est un autre exemple, s'il en est, que les Canadiens peuvent compter sur le gouvernement conservateur et sur le premier ministre pour stimuler la croissance économique et ouvrir des portes aux entreprises canadiennes.
Voir le profil de Jacques Gourde
PCC (QC)
Monsieur le Président, le premier ministre a entrepris aujourd'hui son voyage de retour après une visite très fructueuse de trois jours en Inde.
Malgré les dommages à long terme faits à la relation du Canada avec l'Inde par les libéraux, notre gouvernement redouble d'efforts pour accroître la présence économique du Canada en Inde.
Hier, le ministre du Commerce international et le ministre du Commerce et de l'Industrie de l'Inde ont signé un protocole d'entente en vue d'un accord de partenariat économique global.
Ce partenariat économique contribuera à accroître le commerce, à créer des débouchés pour les exportateurs du Canada et du Québec, à favoriser la croissance économique et à créer des emplois à la fois au Canada et en Inde.
Ce partenariat procurera d'importants avantages au secteur de l'économie du Canada et du Québec, y compris aux secteurs des produits forestiers, du nickel, des aéronefs, la machinerie électrique, les produits de la mer et des produits agricoles.
Ce partenariat économique global avec l'Inde est une preuve de plus que les Canadiens peuvent compter sur notre gouvernement pour favoriser la croissance économique et créer des débouchés pour les entreprises canadiennes.
Voir le profil de Peter Julian
NPD (BC)
Voir le profil de Peter Julian
2009-11-17 10:13 [p.6822]
Madame la Présidente, j'ai l'honneur de présenter une liste de plus d'une centaine de noms de gens de la « république » du Madawaska provenant des communautés de Saint-Basile, de Saint-Joseph, d'Edmundston et d'autres situées dans cette très belle région du Nord-Ouest du Nouveau-Brunswick. Tous ces noms s'ajoutent à ceux de dizaines de milliers de Canadiennes et de Canadiens qui ont demandé au Parlement de rejeter l'accord de libre-échange avec la Colombie, dont le régime a les mains tachées de sang.
Plusieurs pétitions ont été déposées à la Chambre, et toutes demandent de rejeter cet accord et de faire une évaluation indépendante de son impact sur les droits humains du peuple colombien.
Il me fait donc plaisir de présenter ces noms aujourd'hui.
Voir le profil de Megan Leslie
NPD (NS)
Voir le profil de Megan Leslie
2009-11-17 10:18 [p.6823]
Madame la Présidente, je suis heureuse de prendre la parole aujourd'hui au sujet du projet de loi C-23, et mes collègues néo-démocrates et moi-même sommes fiers de nous y opposer.
Le projet de loi vise le libre-échange avec un gouvernement qui refuse de reconnaître les droits de la personne, qui se fait complice des violations des droits de la personne, qui refuse de reconnaître la nécessité de protéger notre planète et notre environnement et qui se fait complice de ceux qui tiennent nos ressources naturelles pour acquises.
Le 21 novembre 2008, le Canada a signé un accord de libre-échange et le projet de loi dont nous débattons aujourd'hui mettrait en oeuvre ce dernier, qui a été signé par les deux pays.
Même si l'accord a été signé, il n'est pas trop tard, raison pour laquelle nous prenons la parole à tour de rôle à la Chambre pour parler de ses lacunes. Nous essayons de sensibiliser le gouvernement au fait qu'il s'agit d'une très mauvaise entente. Elle est mauvaise tant pour le Canada que pour la Colombie.
Le 25 mai, le Bloc québécois a présenté un amendement important au projet de loi C-23. Aujourd'hui, j'estime pertinent d'en faire lecture à la Chambre. En voici donc le libellé:
Que la motion soit modifiée par substitution, aux mots suivant le mot « Que », de ce qui suit:
« la Chambre refuse de donner deuxième lecture au projet de loi C-23, Loi portant mise en œuvre de l'Accord de libre-échange entre le Canada et la République de Colombie, de l'Accord sur l'environnement entre le Canada et la République de Colombie et de l'Accord de coopération dans le domaine du travail entre le Canada et la République de Colombie, parce que le gouvernement a conclu cet accord alors même que le Comité permanent du commerce international était en train d’étudier la question, démontrant ainsi son mépris des institutions démocratiques. »
Cet amendement est fort important et son libellé très précis. Il est important parce qu'il réitère l'objectif du projet de loi et indique que les députés refusent de faire la deuxième lecture de cette mesure législative. Nous refusons en effet de passer à l'étape de la deuxième lecture parce que ce projet de loi ne sert ni les intérêts du Canada, ni ceux de la Colombie.
J'ai précédemment souligné à la Chambre certains des aspects les plus inacceptables de cet accord de libre-échange. Comme on le sait déjà, l'accord de libre-échange Canada-Colombie comprend trois parties, soit l'accord proprement dit ainsi que les ententes parallèles sur le travail et l'environnement.
Voici les éléments préoccupants de cet accord. Premièrement, il n'assure pas la protection des droits des travailleurs. La Colombie est l'un des pays les plus dangereux du monde pour les syndicalistes qui sont régulièrement victimes de violence, d'intimidation, voire d'assassinat par des groupes paramilitaires liés au gouvernement colombien.
L'accord de libre-échange entre le Canada et la Colombie ne comporte pas de normes du travail rigoureuses. Comme je l'ai déjà dit, le fait d'inscrire ces dispositions sur la main-d'oeuvre dans un accord parallèle sans prévoir de mécanisme d'exécution rigoureux n'encouragera pas la Colombie à améliorer l'épouvantable situation des droits des travailleurs sur son territoire et justifiera même le recours à la violence.
Le projet d'accord est également inacceptable en ce qui a trait à la protection environnementale. La question de l'environnement fait elle aussi l'objet d'un accord parallèle dépourvu de mécanisme d'application. Quiconque a examiné le droit, la loi ou les politiques sait fort bien que, à défaut de mécanisme d'application, toute mesure législative est futile. Or, le projet de loi ne prévoit aucun mécanisme d'application pour forcer le Canada ou la Colombie à respecter les droits environnementaux.
Nous avons pu constater par le passé que ce genre d'accord est pratiquement inapplicable. J'attire notamment l'attention sur un accord que nous connaissons tous, en l'occurrence l'ALENA. Pas une seule poursuite intentée en vertu de l'accord sur la main-d'oeuvre parallèle à l'ALENA n'a été fructueuse.
Le chapitre sur les investisseurs, qui est une reprise du chapitre 11 de l'ALENA sur les droits des investisseurs, est un autre aspect de l'accord qui laisse à désirer. L'Accord de libre-échange Canada-Colombie accorde aux entreprises privées un pouvoir considérable pour intenter des poursuites contre les gouvernements, et ce droit est exécutoire par l'entremise de groupes spéciaux d'arbitrage. Ces dispositions sont particulièrement inquiétantes parce que de nombreuses multinationales canadiennes du secteur pétrolier et minier sont présentes en Colombie.
Le mécanisme d'arbitrage prévu dans le chapitre 11 donne aux entreprises étrangères le droit de contester les mesures de protection légitimes que le Canada a prises à l'égard de l'environnement, des travailleurs et de la société. Le fait de donner une telle possibilité à des entreprises privées de la Colombie ou d'autres pays ne ferait qu'éroder davantage la capacité du Canada et de la Colombie à adopter des lois et des règlements visant l'intérêt public.
Les droits de douane sur les produits agricoles sont un autre aspect problématique. En Colombie, la pauvreté a un rapport direct avec l'exploitation agricole, car 22 p. 100 des emplois sont en agriculture. La suppression des droits de douane sur les céréales, le porc et le boeuf du Canada entraînera un arrivage massif de produits bon marché, ce qui signifiera pour les Canadiens des milliers d'emplois perdus.
Le projet de loi C-23 déstabiliserait également le secteur canadien du sucre. Importer du sucre de Colombie pourrait entraîner la fermeture d'au moins une des usines de sucres de l'Ouest canadien et des pertes d'emplois pour quelque 500 employés et 250 producteurs de betterave à sucre. Et n'oublions pas que la Colombie n'est pas un de nos principaux partenaires commerciaux; elle arrive au cinquième rang des pays latino-américains. N'oublions pas non plus que 2 690 syndicalistes ont été assassinés en Colombie depuis 1986, dont 31 cette année seulement. Et n'oublions pas que près de 200 000 hectares de forêt naturelle disparaissent chaque année en Colombie, cédant la place à l'exploitation agricole, forestière ou minière ou encore à des constructions ou à des installations de production d'énergie. Et nous sommes complices de tout cela.
Le libre-échange ne fonctionne pas dans ce contexte. Quelle est la solution?
J'aimerais faire part à la Chambre d'un concept que bien des Néo-Écossais connaissent bien: le commerce équitable. La coopérative de torréfaction de café Just Us! a vraiment lancé le concept de commerce équitable en Nouvelle-Écosse. Le commerce équitable est un partenariat commercial qui repose sur le dialogue, la transparence et le respect et qui vise un meilleur équilibre dans le commerce international. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions aux producteurs et aux travailleurs et en protégeant leurs droits, surtout dans les pays du Sud.
Les organisations de commerce équitable qui sont appuyées par les consommateurs soutiennent activement les producteurs, et elles s'emploient activement à faire de la sensibilisation et à faire changer les règles et les pratiques du commerce international conventionnel. C'est ce que nous voyons avec cet accord.
Le commerce équitable vise un objectif stratégique triple: premièrement, collaborer délibérément avec les producteurs et les travailleurs marginalisés pour les aider à passer d'une position de vulnérabilité à une position de sécurité et d'autonomie financière; deuxièmement, habiliter les producteurs et les travailleurs en faisant d'eux des parties prenantes de leur entreprise; troisièmement, jouer un rôle actif plus large sur la scène mondiale pour assurer plus d'équité dans le commerce international.
Pour dire les choses plus simplement, le commerce équitable est une alliance entre producteurs et consommateurs, sans intermédiaire. Il permet ainsi de renforcer la position du producteur et lui donne plus de dignité et un meilleur prix pour ses produits. Les consommateurs achètent des produits d'une qualité élevée qu'ils savent être durables d'un point de vue social et écologique.
Just Us! Coffee Roasters est la première entreprise de torréfaction équitable au Canada. Elle est située à Wolfville, en Nouvelle-Écosse. Il y a deux magasins Just Us! Coffee Roasters à Halifax, ma circonscription: un sur la rue Barrington, qui se trouve au coeur du quartier d'affaires, et l'autre sur la rue Spring Garden, qui est très proche du campus de l'Université Dalhousie.
Ces deux cafés sont d'une importance vitale pour notre collectivité. Ce sont des endroits où l'on peut rencontrer des amis et acheter des produits éthiques. Ils font partie de notre économie locale, et ils appuient également cette dernière. En effet, ils offrent des aliments préparés par des fournisseurs locaux, tels que Terroir Local Source Catering et Unique Asian Catering, qui sont de petites entreprises situées à Halifax.
Je félicite Just Us! Coffee Roasters d'avoir donné l'exemple et d'avoir montré au Canada que le commerce équitable était possible. J'espère que le projet de loi sera rejeté et que, au lieu de récompenser les pays qui ne reconnaissent pas les droits de la personne, nous travaillerons avec eux pour assurer un commerce juste et équitable.
Ce sont là les raisons pour lesquelles je m'oppose au projet de loi C-23.
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NPD (ON)
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2009-11-17 10:27 [p.6825]
Madame la Présidente, je remercie ma collègue de son très bon discours et des solutions de rechange qu'elle propose à notre politique commerciale actuelle.
J'aimerais lui poser une question à propos de la position idéologique des conservateurs qui appuient ce projet de loi. Ils se vantent de leur programme qui prévoit des mesures plus sévères pour lutter contre la criminalité et la drogue au Canada. Par contre, en même temps, ils veulent instaurer une relation commerciale privilégiée en ouvrant les frontières du pays.
Il faut vraiment souligner que des échanges commerciaux se font actuellement avec la Colombie et que ces échanges, qui s'appliquent à différents produits et services, se poursuivront toujours. Mais il est question ici d'instaurer une relation commerciale privilégiée qui fait exception. Il s'agit d'une entente avec un narco-État qui, à l'égard de syndicalistes, enfreint les droits de la personne et dont les drogues produites se retrouvent au Canada.
La députée sait-elle pourquoi les conservateurs, qui prétendent adopter la ligne dure quant à la criminalité et à la drogue, souhaitent instaurer une relation commerciale privilégiée avec un narco-État comme la Colombie?
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NPD (NS)
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2009-11-17 10:28 [p.6825]
Madame la Présidente, c'est une excellente et très judicieuse question sur le lien entre la lutte contre la criminalité et le commerce international.
Ce n'est que de la poudre aux yeux. Nous sévissons contre la criminalité et le libre-échange est bon pour tout le monde. On aura beau le répéter, ça ne deviendra pas plus vrai.
J'ai travaillé avec un jeune homme de ma collectivité de Halifax qui m'a dit ceci: «  Mon père vendait du crack et mon oncle vendait du crack. Qu'est-ce que je suis censé faire? Tout ce que je sais faire, c'est vendre du crack au coin de la rue. Je ne sais pas comment rédiger un curriculum vitae. Je ne suis pas capable de me présenter à l'heure à mon travail et de communiquer avec mon patron de manière appropriée. Nous avons besoin de programmes qui m'aident à comprendre comment obtenir un emploi mais aussi comment le conserver. » Nous n'écoutons pas les experts; les experts, ce sont les enfants qui traînent dans la rue et ont besoin d'aide.
Je ferai remarquer que notre porte-parole en matière de commerce international a travaillé avec des gens en Colombie. Il leur a demandé ce qu'ils pensaient de cet accord de libre-échange. Les experts, les gens sur le terrain, disent que les syndicalistes sont assassinés à l'intérieur même des usines et que l'accord est mauvais pour l'environnement et pour leur pays.
Le problème est que le gouvernement refuse d'écouter les vrais experts, ceux qui sont vraiment touchés par les lois que nous rédigeons de manière tout à fait arbitraire, en coulisse, à la Chambre des communes. Cela n'a pas de sens. Nous devons demander aux Colombiens de quoi ils ont besoin. Nous devons parler des jeunes à risque qui vivent dans la rue et voir de quoi ils ont besoin. C'est la voie que nous devrions emprunter dans ces deux dossiers.
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