Interventions à la Chambre des communes
 
 
 
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Voir le profil de Don Davies
NPD (BC)
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2009-12-09 15:09 [p.7836]
Monsieur le Président, M. Kennedy, le président de la Commission des plaintes du public contre la GRC, vient de publier son rapport sur le décès par arme à impulsions de Robert Dziekanski, en Colombie-Britannique. Selon le rapport, les agents ont posé des gestes inappropriés, leur témoignage n'était pas crédible et l'enquête interne a manqué de rigueur.
M. Kennedy a déclaré que la formation sur le maniement des armes à impulsions est insuffisante et que la GRC ne dispose toujours pas d'une politique claire sur leur utilisation. Plutôt que de faire preuve de leadership, les dirigeants de la GRC ont toutefois refusé de répondre à ce rapport, et le gouvernement a dit à M. Kennedy que ses services n'étaient plus requis.
Le ministre va-t-il admettre que M. Kennedy a été congédié parce qu'il a eu le courage de souligner le manque de leadership à la GRC?
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PCC (ON)
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2009-12-09 15:09 [p.7836]
Monsieur le Président, nous remercions le commissaire pour son rapport sur cette affaire. Bien entendu, nous attendons toujours le rapport de la commission d'enquête Braidwood, qui a tenu des audiences complètes sur le sujet et dont les conclusions devraient faire autorité.
Quant à un suivi concernant les règles d'utilisation des armes à impulsions, la GRC a procédé à des améliorations. Je suis toutefois heureux de signaler à la Chambre que, lors des récentes réunions fédérales-provinciales, nous avons proposé l'établissement de normes nationales pour l'ensemble des services de police au Canada, proposition que les provinces ont acceptée. Les travaux en ce sens ont débuté.
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PCC (MB)
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2009-12-07 15:02 [p.7678]
Monsieur le Président, les Canadiens ont toujours été fiers de ceux qui ont fait le sacrifice ultime pour leur pays. Historiquement, les conjoints de ceux et celles qui ont donné leur vie dans les deux guerres mondiales ainsi qu'en Corée se sont vu accorder des postes en priorité au sein de la fonction publique. Le président du Conseil du Trésor pourrait-il dire à la Chambre comment nous avons modernisé cette pratique?
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PCC (MB)
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2009-12-07 15:02 [p.7678]
Monsieur le Président, les familles de militaires ont toujours été la priorité de notre gouvernement. C'est pourquoi je suis heureux d'annoncer à la Chambre que la Commission de la fonction publique, en collaboration avec des ministères gouvernementaux, apporte d'importants changements pour aider les familles de militaires. Ces règlements envisagés donneraient la priorité aux conjoints survivants d'employés de la fonction publique, de membres des Forces canadiennes et de membres de la Gendarmerie royale du Canada dans le cadre du processus de dotation de postes annoncés à l'extérieur. Le moins qu'on puisse faire pour nos hommes et femmes en uniforme, c'est aider les familles qui ont été traumatisées par la mort d'un être cher.
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NPD (BC)
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2009-12-03 10:06 [p.7534]
Monsieur le Président, je propose que le troisième rapport du Comité permanent de la sécurité publique et nationale, présenté le jeudi 18 juin, soit adopté.
En réaction aux événements du 11 septembre 2001, le Canada et plusieurs autres pays occidentaux ont adopté à la hâte des politiques antiterroristes qui ont souvent eu pour conséquence néfaste le profilage racial des membres des communautés arabes et musulmanes et des atteintes aux libertés civiles. Les violations des droits de la personne de trois Canadiens, MM. Almalki, Abou-Elmaati et Nureddin, en plus du cas bien connu de Maher Arar, ont jeté la honte sur notre pays et fait naître des inquiétudes quant à la façon dont les Canadiens sont traités à l'étranger.
De nombreux autres Canadiens musulmans, outre ceux que je viens de mentionner, ont été expulsés et torturés dans des pays présentant un piètre bilan au chapitre du respect des droits de la personne, ce qui témoigne de la nécessité d’un examen plus serré des politiques canadiennes en matière de sécurité nationale.
Ce ne sont pas là mes paroles, mais bien ce que je lis dans le rapport du Comité permanent de la sécurité publique et nationale. Je suis fier de dire que le comité a examiné ces questions. Nous avons examiné les enquêtes menées par l'ancien juge Iacobucci, de la Cour suprême du Canada, à la demande du gouvernement. Ces enquêtes ont mené à la conclusion que ces Canadiens avaient été victimes des pratiques inadéquates de partage de renseignements entre les organismes canadiens qui veillent à la sécurité nationale et ont révélé un manque criant de surveillance civile dans ce domaine.
Au cours des dernières semaines, nous avons beaucoup entendu parler de la façon dont le Canada a exposé des prisonniers à la torture en les transférant aux autorités afghanes. Aujourd'hui, je prends la parole au sujet d'un autre cas de torture qui s'est produit avec la complicité du Canada, mais il s'agit cette fois de nos propres citoyens. Aujourd'hui, j'interviens à la Chambre pour exhorter le gouvernement à accepter et à mettre en oeuvre les recommandations contenues dans le rapport du Comité de la sécurité publique sur les conclusions de l'enquête sur l'affaire Arar et de celle menée par le juge Iacobucci.
Je vais d'abord passer en revue certaines des conclusions de l'enquête Iacobucci, conclusions qui sont si troublantes qu'elles sont au coeur de ce qui nous a poussés, nous les membres du Comité de la sécurité publique, à insister pour que nous en tirions des leçons et que nous y donnions suite.
Encore une fois, la plupart des Canadiens savent qui est Maher Arar. Ils savent que les organismes américains l'ont envoyé se faire torturer en Syrie à cause de renseignements qu'ils avaient reçus des organismes canadiens, renseignements fondés sur des allégations injustifiées, inexactes et absolument sans fondement. Par contre, peu de gens savent qu'il ne s'agit pas là d'un cas isolé. Peu de gens savent que trois autres Canadiens, Ahmad El Maati, Abdullah Almalki et Muayyed Nureddin, ont été détenus et torturés dans des infâmes prisons syriennes et égyptiennes, et que cela leur est arrivé à cause d'allégations et de renseignements inexacts, inflammatoires et injustifiés venant du Canada.
Le cas de ces hommes a été examiné par la commission d'enquête dirigée par l'ancien juge de la Cour suprême, Frank Iacobucci. Lancée par le gouvernement, l'enquête s'est tenue à huis clos. Les hommes visés n'ont même pas été autorisés à participer aux travaux qui visaient à déterminer les raisons pour lesquelles ils avaient été torturés, ce qui n'a rien d'étonnant. En dépit de toutes les lacunes du processus, le rapport Iacobucci a révélé un bilan étonnant et honteux de torture et de complicité du Canada à cet égard.
Pendant des années, ces hommes ont affirmé avoir été torturés lors de leur détention en Syrie et, dans le cas de M. El Maati, en Égypte. Ils ont décrit avec force détails horrifiants comment, entre autres atrocités indicibles, ils étaient fouettés avec des câbles, et dans le cas de M. El Maati, soumis à des chocs électriques.
M. Almalki a expliqué aux Canadiens ce que c'était que de se faire placer dans un pneu de voiture et de se faire fouetter. Il a décrit sa survie quotidienne, pendant 17 mois, dans l'obscurité totale d'une cellule souterraine de la taille d'un tombeau.
M. El Maati a décrit les conditions inhumaines de l'isolement cellulaire dont il a fait l'objet pendant la plus grande partie de ses deux années et deux mois de détention. Il a rappelé comment à certains moments, alors qu'il avait les mains liées derrière le dos, il était forcé de manger comme un animal sur le plancher.
M. Nureddin a expliqué que les tortionnaires syriens cessaient régulièrement de lui fouetter les pieds pour les arroser d'eau froide afin que le sang continue de circuler et que la douleur revienne.
En dépit de l'uniformité des témoignages concernant la torture physique et psychologique qu'ils ont endurée et des rapports bien documentés concernant la torture en Syrie et en Égypte, notre gouvernement, le SCRS et la GRC ont à maintes reprises tenté de remettre en question le témoignage de ces hommes. Cependant, dans son rapport, l'ancien juge de la Cour suprême, Frank Iacobucci, a souscrit à la version de ces hommes et il a conclu que tous les trois « ont subi des sévices équivalant à la torture, au sens donné à ce terme dans la Convention contre la torture des Nations Unies. »
Pendant des années, ces hommes ont affirmé que les questions qui leur ont été posées sous la torture ne pouvaient venir que du Canada. Le juge Iacobucci a accepté cette hypothèse et a conclu que dans les trois cas, l'information dont disposaient les tortionnaires venait des autorités canadiennes et que les questions leur avaient également été dictées par ces mêmes autorités. C'est le SCRS qui a fait parvenir les questions aux interrogateurs de MM. El Maati et Nureddin. Dans le cas de M. Almalki, c'est la GRC qui avait envoyé les questions.
Ces hommes voulaient aussi savoir ce que les agences canadiennes faisaient de leurs soi-disant confessions faites sous la torture. La réponse se trouve aussi dans le rapport du juge Iacobucci. La confession de M. El Maati, dont les agences savaient ou auraient dû savoir qu'elle avait probablement été soutirée sous la torture, a servi à justifier la mise sur écoute de lignes téléphoniques et l'émission de mandats de perquisition au Canada. Mais le pire, c'est que le SCRS a utilisé l'information obtenue lors des perquisitions pour envoyer encore plus de questions aux interrogateurs syriens. Comme l'a dit le juge Iacobucci, ces interrogateurs ont vraisemblablement perçu cela non pas comme le feu rouge pour arrêter, mais plutôt le feu vert pour continuer leurs interrogatoires.
Ce rapport révèle le cercle vicieux de la complicité canadienne dans des cas de torture. Pourquoi ces hommes ont-ils été fait prisonniers au départ? Quelles sont les allégations, qui étaient partagées avec d'autres agences étrangères, qui ont mené à leur détention et à leur torture? Si la GRC et le SCRS avaient des preuves corroborant les allégations de leurs liens avec des organisations criminelles, pourquoi ces preuves n'ont-elles pas été révélées publiquement ou devant les tribunaux?
Le juge Iacobucci répond à cette question-là aussi. Il a déterminé que la GRC a montré des « lacunes » en qualifiant M. El Maati de « menace imminente » dans ses communications avec des agences étrangères, puisque la GRC n'a pas vérifié que cette affirmation était exacte.
Le SCRS a montré les mêmes lacunes en omettant de préciser qu'il ne s'agissait que de soupçons, et non de faits vérifiés, quand il a qualifié M. El Maati d'associé d'un assistant d'Oussama ben Laden. La GRC a dit aux agences étrangères que M. Almalki représentait également une « menace imminente », des mots qui, selon le juge Iacobucci, sont « incendiaires, inexacts et dépourvus de justification issue d’une enquête ».
Le juge Iacobucci a révélé à quel point ces agents ont fait preuve de négligence. En effet, quand la GRC s'est servie de renseignements provenant d'une tierce partie pour affirmer que M. Almalki était lié à des associations proches d'Al-Quaïda, elle a omis de mentionner que cette description visait une toute autre personne.
Dans le cas de M. Nureddin, le SCRS a partagé des renseignements avec plusieurs agences étrangères, affirmant qu'il avait agi comme passeur de fonds pour des membres de l’Ansar al-Islam, dans le Nord de l'Irak, sans vérifier que cette allégation était exacte et fiable.
M. El Maati, le premier des trois à être détenu, a passé deux ans, deux mois et deux jours dans des prisons syriennes et égyptiennes. M. Almalki a passé 22 mois dans un centre de détention en Syrie. Lors de sa remise en liberté, son fils cadet ne l'a même pas reconnu. M. Nureddin a été torturé pendant 36 jours dans un centre de détention syrien.
Dans notre rapport, qui a été approuvé par la majorité des membres du comité représentant tous les partis de l'opposition, nous exhortons le gouvernement à reconnaître les torts causés non seulement à ces hommes et à leurs familles, mais aussi à tous les Canadiens, à la réputation du Canada, à la démocratie et à la capacité du public d'avoir confiance aux organismes chargés de la tâche cruciale de préserver notre sécurité nationale.
Nous exhortons le gouvernement à donner suite aux recommandations découlant de l'examen de la politique et formulées à la fin de 2006 par la commission d'enquête qui s'est penchée sur l'affaire Maher Arar. Elle recommandait la création d'un nouveau système de freins et de contrepoids qui aiderait à faire en sorte que ce qui est arrivé à M. Arar et à ces autres hommes ne se reproduise plus jamais.
L'enquête portant sur tous ces hommes mettait en cause le SCRS, la GRC, le ministère des Affaires étrangères, l'Agence des services frontaliers du Canada et de nombreux autres organismes. Le gouvernement n'avait d'autre choix que de convoquer une enquête publique sur l'affaire Maher Arar et une autre enquête au sujet des autres cas, car, à l'époque, il n'existait aucun mécanisme — et il n'en existe toujours pas — permettant de mener une enquête ou d'examiner une enquête mettant en cause de nombreux organismes. Aucune entité ne peut enquêter sur plus d'un organisme à la fois.
Le juge O'Connor, président de la commission d'enquête sur l'affaire Maher Arar, a reconnu cette lacune et a demandé la création d'un tout nouveau système de freins et de contrepoids, qui permettrait de mener un examen intégré de ce qui constitue nécessairement des enquêtes et des enjeux intégrés en matière de sécurité nationale.
Le rapport de notre comité demande au gouvernement de mettre en oeuvre le mécanisme recommandé par le juge O'Connor il y a trois ans, soit le 12 décembre 2006.
Toutefois, jusqu'à maintenant, le gouvernement s'est traîné les pieds dans ce dossier. Par conséquent, nous disposons toujours du même système inefficace de freins et de contrepoids qui existait à l'époque où ces affaires sont survenues. Nous n'avons donc aucun moyen de vérifier de façon indépendante si les autres recommandations formulées par la commission d'enquête sur l'affaire Maher Arar ont été mises en oeuvre de manière efficace ou si elles continuent de l'être.
Notre comité demande également au gouvernement de corriger les faits quant aux allégations inexactes, incendiaires et injustifiées, ainsi qu'aux renseignements communiqués à des organismes étrangers au sujet de ces Canadiens.
Bien entendu, il y aurait un autre moyen pour le gouvernement de montrer qu'il réalise vraiment l'horreur de la torture et qu'il comprend et accepte les conclusions du juge Iacobucci selon qui les agences canadiennes étaient effectivement en partie responsables de ce qui est arrivé à ces hommes. En effet, il pourrait leur présenter des excuses.
Comme il l'indique dans son rapport, le comité a entendu un certain nombre de témoins, y compris des représentants d'Amnistie Internationale, d'organismes de défense des libertés civiles et d'un certain nombre d'organisations représentant les diverses communautés musulmanes et arabes au Canada. Selon ces témoins, un élément crucial de toute reconnaissance par le gouvernement du mal qui a été fait consisterait à présenter des excuses publiques et officielles à ces hommes et à prendre rapidement des mesures pour les indemniser financièrement.
C'est ce que le gouvernement a fait dans l'affaire Maher Arar. Je ne vois pas pourquoi il ne pourrait faire la même chose pour ces trois hommes qui se sont retrouvés dans la même situation et qui ont subi des traitements identiques. Ces hommes méritent des excuses et des indemnités dans les plus brefs délais. Leurs carrières ont été détruites. Leur vie et celle des membres de leurs familles ont été démolies. Les enfants d'Abdullah Almaki ont été traumatisés par ce qui est arrivé à leur père. Le mariage d'Ahmad El Maai s'est effondré. Muayyed Nureddin ne pourra vraisemblablement plus jamais se rendre dans son pays d'origine pour visiter sa famille en raison des fausses allégations qui ont été transmises à d'autres gouvernements à son sujet.
Ces hommes sont maintenant aux prises avec des troubles de santé physique et mentale chroniques, conséquences des souffrances insupportables qui leur ont été infligées. Il est temps que le gouvernement cesse d'inventer des excuses et qu'il prenne immédiatement les dispositions nécessaires pour appliquer nos recommandations.
C'est simple, les citoyens canadiens ont le droit de s'attendre à ce que leur gouvernement ne transmette pas à des gouvernements étrangers des renseignements que ceux-ci pourraient utiliser pour les torturer. Les citoyens canadiens ont le droit de s'attendre à ce que leur gouvernement prenne les moyens nécessaires pour qu'aucun autre pays ne les emprisonne dans des cellules aussi exiguës que des tombeaux, ne leur attache des électrodes sur le corps, ne les flagelle avec des câbles, ne les affame, ne les torture ou ne les menace d'aucune façon. Car s'est ce qu'ont subi trois citoyens canadiens.
Que fait le gouvernement? Il leur livre une bataille juridique à la suite du rapport rédigé par un juge à la retraite de la Cour suprême du Canada. À quoi sert-il au gouvernement de commander une telle enquête à l'un des plus éminents juristes du pays pour ensuite refuser de se plier à ses conclusions et recommandations? Combien de temps devra-t-il perdre et combien de dollars des contribuables devra-t-il gaspiller dans une bataille juridique inutile, à l'issue de laquelle il devra inévitablement reconnaître que ce qui est arrivé à ces trois hommes est injustifié et intolérable dans une société libre et démocratique?
Chaque jour, je vois le gouvernement affirmer que rien ne prouve qu'il y ait eu de la torture en Afghanistan. Nous avons des preuves, obtenues par un juge à la retraite de la Cour suprême du Canada, que trois citoyens canadiens ont été torturés. Nous avons ces preuves. Il n'appartient pas au gouvernement de dire qu'il n'existe aucune preuve. En outre, l'ancien juge Iacobucci a découvert que les autorités canadiennes étaient, à tout le moins, en partie responsables de ce qui était arrivé. Cela a été clairement établi.
La commission d'enquête avait pour mandat de déterminer si des organismes canadiens étaient directement ou indirectement responsables de ce qui est arrivé à ces trois hommes. Qu'a-t-elle constaté? Que dans les trois cas, des organismes canadiens avaient indirectement joué un rôle dans ce qui leur est arrivé.
Compte tenu de ces constatations, je demande au gouvernement de faire le seul geste convenable, digne, démocratique et responsable, c'est-à-dire de négocier de bonne foi avec ces hommes un règlement respectable en guise de dédommagement. Chaque personne à la Chambre est le père ou la mère, le frère ou la soeur, le fils ou la fille de quelqu'un. Pouvons-nous imaginer être enfermés dans un avion et envoyés en Syrie ou en Égypte et être gardés pendant deux ans dans un espace grand comme un cercueil?
Pouvons-nous imaginer être torturés, puis revenir au Canada et entendre des politiciens dire que nous devons faire la preuve de nos allégations devant les tribunaux, qu'ils ne vont rien faire? C'est là la position du gouvernement. L'ex-juge Iacobucci de la Cour suprême du Canada, de même que la majorité des députés qui siègent au Comité de la sécurité ont établi les faits. Ils les ont vérifiés et confirmés.
Nous savons — et ce n'est pas une vue de l'esprit — que ce qui est arrivé à ces hommes était indirectement la faute des organismes canadiens. Ils méritent donc des excuses et un dédommagement.
C'est exactement ce que je demande au gouvernement de faire et je lui demande de clore ce triste chapitre de l'histoire du Canada, de sorte que nous puissions aller de l'avant et veiller à ce que plus jamais un citoyen canadien ne connaisse le même sort que ces trois hommes.
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Lib. (ON)
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2009-12-03 11:24 [p.7540]
Monsieur le Président, étant donné que les conservateurs ont tenté d'écourter le débat sur cette motion d'adoption, je pourrais peut-être lire un extrait du livre de Kerry Pither, Dark Days, où il est question de ce dont nous débattons.
Selon moi, il ne saurait y avoir de débat plus important à la Chambre qu'un débat sur la situation de Canadiens innocents qui ont été torturés, comme l'a révélé une commission d'enquête menée au Canada, parce que les responsables de la sécurité ont commis des erreurs. Nous voulons nous assurer que cela ne se produira plus à l'avenir.
Au cas où les députés auraient oublié de quoi il en retourne, permettez-moi de lire un extrait du livre de Mme Pither, au sujet d'Ahmad El Maati. Voici:
Les hurlements des prisonniers qu'on électrocutait ne s'arrêtaient pas, non plus.« [Les prisonniers] étaient à quelques pieds de distance, de l'autre côté du couloir. Le plus effrayant, c'était que je savais que ce serait sans doute bientôt mon tour. J'étais constamment habité par la peur que je serais le suivant, le suivant, le suivant. »
Dix jours plus tard, ce fut son tour.
Ahmad fut conduit dans une salle d'interrogatoire où quatre ou cinq hommes attendaient.
« Que tu dises la vérité ou pas, nous allons te torturer de toute manière », a dit un homme dont la voix allait devenir familière à Ahmad.
Frappé dans le dos, Ahmad est tombé à genoux. On l'a agrippé par la chevelure et on lui a projeté la tête en arrière pendant que les autres le frappaient et lui donnaient des coups de pied. Puis on a commencé à lui administrer des chocs électriques. Debout derrière lui, les hommes lui pointaient une tige dans la chair. « Il est difficile de décrire comment on se sent », dit Ahmad.« J'avais l'impression que je sortais de mon corps et que mon coeur allait s'arrêter de battre. Je ne me contrôlais plus et je me suis mis à hurler inconsciemment. »
Cette fois-là ils l'ont d'abord frappé aux mains, aux épaules, aux jambes et au ventre. Plus tard, ils ont frappé ses organes génitaux. Après, Ahmad a vu avec quoi on le frappait: une tige noire d'un pied de long munie d'une poignée à un bout et d'une pointe à l'autre bout.
Ces séances de torture duraient parfois plusieurs heures d'affilée.
Malheureusement, ce n'est qu'un échantillon des témoignages contenus dans le livre. Il y en a beaucoup d'autres. Il nous est impossible d'imaginer l'horreur qu'ont vécue ces hommes. Aujourd'hui, ce qui est encore plus tragique, c'est de voir le gouvernement refuser de leur présenter des excuses, de les dédommager et surtout de les réhabiliter.
Aujourd'hui, ces hommes ne subissent peut-être plus la torture qu'ils ont vécue dans les terribles donjons de la Syrie, mais ils sont soumis à une autre épreuve. Des soupçons pèsent constamment sur eux. Ils souhaitent être réhabilités plus que toute autre chose. C'est un droit qu'on devrait immédiatement leur reconnaître. Deuxièmement, lorsqu'on demande aux victimes innocentes ce qu'elles souhaitent, elles répondent que nous devons veiller à ce que jamais plus une pareille chose ne se produise.
Si nous ne savions pas comment faire pour empêcher qu'une pareille chose se répète, nous pourrions pardonner au gouvernement son inaction. Mais, ce n'est pas le cas puisque, rapport après rapport, commission d'enquête après commission d'enquête et rapport de comité après rapport de comité, nous avons été informés de manière claire et détaillée des mesures à prendre.
Qu'on pense au juge Iacobucci, qui n'avait pas le mandat de formuler des recommandations, mais qui a été limpide dans ses conclusions, y compris lorsqu'il a constaté l'innocence des trois hommes dont je vais vous raconter l'histoire dans un instant. Qu'on pense aux recommandations du juge O'Connor, qui étaient claires et que le gouvernement a promis d'appliquer il y a plusieurs années, mais qui ne sont toujours pas appliquées à l'heure actuelle. Qu'on pense au rapport du Comité sénatorial spécial sur la Loi antiterroriste. Qu'on pense au rapport produit à l'issue du scandale de la caisse de retraite de la GRC. Qu'on pense au rapport produit encore une fois par le Comité de la sécurité publique et nationale, dont je suis membre, rapport qui a été déposé à la Chambre et dans lequel nous demandions simplement le droit de débattre comme nous le faisons aujourd'hui. Chaque fois, les réponses sont évidentes et démontrent que le gouvernement refuse d'agir.
Pire encore, le gouvernement a fait preuve de mépris à l'égard de la nécessité d'une surveillance et à l'égard de cette situation, non seulement parce qu'il a tenté d'empêcher la Chambre d'en débattre aujourd'hui, mais également en imposant des contraintes à la Commission des plaintes du public contre la GRC, comme on peut le constater. Il est déjà suffisamment regrettable que le commissaire chargé des plaintes du public contre la GRC n'ait même pas le pouvoir de forcer les gens à lui fournir de l'information. S'il demande des dossiers ou des renseignements à des hauts gradés de la GRC, ceux-ci ne sont pas tenus d'acquiescer à sa requête. C'est encore le cas aujourd'hui, même en dépit de toutes les recommandations qui ont été faites à cet égard.
Il est déjà assez grave que le commissaire ne puisse intervenir que suite à une plainte, qu'il ne puisse agir de façon proactive et qu'il n'ait pas le pouvoir d'aller sur place. Par surcroît, il ne lui est pas permis de faire enquête sur de nombreux organismes où il n'existe aucune forme de surveillance. Imaginez un peu que l'Agence des services frontaliers du Canada ne fasse l'objet d'aucune surveillance indépendante. Imaginez encore qu'il n'y en ait pas non plus en matière d'immigration, ce qui signifie que le gouvernement permet que cette situation condamnable continue.
Il était déjà fort déplorable que les recommandations soient ignorées, mais ça ne suffisait pas au gouvernement. Il a également sabré le budget de la Commission des plaintes du public. Au moment où il fallait des ressources additionnelles pour assurer l'intégrité de notre force de police nationale, le budget de la commission a été réduit.
Le gouvernement justifie cette décision en disant qu'il attend d'autres rapports. Apparemment, les nombreux rapports dont j'ai fait mention ne suffisent pas. On attend le rapport de la commission d'enquête Braidwood et celui du juge Major sur la tragédie d'Air India. Nous devons attendre ces rapports. N'y a-t-il rien de plus ridicule que d'attendre un rapport pour répéter les mêmes conclusions encore et encore? Combien de fois le gouvernement doit-il se faire rappeler l'essentiel avant de prendre des mesures pertinentes?
Je comprendrais certainement que le gouvernement agisse comme il l’a promis et qu’il mette en oeuvre les recommandations du juge O’Connor, qui ont été suivies par de nombreux autres rapports et enquêtes, et qu’il annonce son intention de s’appuyer sur tout ce travail, mais quand il vient nous dire qu’il n’entend pas faire toutes ces choses qui vont de soi sous prétexte qu’il attend encore d’autres rapports, on ne peut y voir que des excuses.
Nous savons tous, dans cette Chambre, qu’après le dépôt du rapport du juge Major, ou la tenue de l’enquête Braidwood, on viendra nous dire qu’il faut attendre un autre rapport ou une autre commission d’enquête. Pourquoi? Avec les conservateurs, il y aura inévitablement d’autres tragédies, puisqu’il refuse d’agir même quand on sait ce qu’il faudrait faire pour éviter ces drames. Il y aura toujours une autre commission d’enquête qui sera chargée d’examiner la situation, qui leur fournira d’autres excuses pour ne pas agir et leur permettra de continuer de jouer la montre.
Certains cas dont nous parlons sont très bien connus, comme celui de Maher Arar qui a vécu une situation terrible, même si celle-ci lui a valu des excuses et un dédommagement financier. Toutefois, je vous propose d’envisager d’autres cas.
Nous nous rappelons bien sûr l’affaire Dziekanski, cette personne sur qui la police a tiré au taser à l’aéroport de Vancouver. L’enquête à ce sujet se poursuit. Nous connaissons le scandale des pensions, mais nous pourrions peut-être prendre un moment pour examiner la situation des trois individus mentionné dans le rapport du juge Iacobucci qui ont été innocentés.
Pour ce qui est de M. El Maati, le juge Iacobucci a déterminé que sa détention et les tortures qu’il a subies ont en partie été causées par le fait qu’il avait été incorrectement identifié par la GRC et par le SCRS.
Dans le cas de M. Almalki, outre qu’il a constaté que la communication d’informations et l’envoi de questions aux interrogateurs syriens avaient contribué aux tortures dont M. Almalki avait fait l’objet, le juge Iacobucci a conclu que des fonctionnaires canadiens avaient pris part à la transmission d’informations à son sujet aux Américains, aux Syriens et à d’autres organismes étrangers avant que M. Almalki ne soit détenu. Il a dit que ces fonctionnaires n’avaient pas pris les mesures nécessaires pour s’assurer que les informations avaient été correctement catégorisées ou que les renseignements communiqués étaient assortis des réserves d’usage et qu’ils n’avaient pas réfléchi aux conséquences éventuelles de tout cela pour M. Almalki.
En ce qui concerne M. Nureddin, le juge Iacobucci a déterminé que le SCRS l’avait qualifié de passeur de fonds et d’intermédiaire dans le transfert de fonds à des membres d’Ansar al-Islam, dans le Nord de l’Irak, sans même avoir d’abord pris les mesures voulues pour confirmer l’exactitude et la fiabilité des informations ou pour déterminer si leur communication s’imposait, ce qui a sans doute contribué au fait qu’il a été détenu et torturé par les Syriens.
Ces cas sont tragiques et quand on découvre, à la lecture des récits de ces gens ou du livre de Mme Pither, l’horreur qu’ils ont connue, je crois que ce qui paraît le plus inimaginable pour les Canadiens qui prennent conscience de la situation, c’est qu'il existe des solutions, mais le gouvernement refuse d'agir. Je vous avoue que c’est là quelque chose qui me déconcerte énormément.
Je suis déconcerté non seulement parce que d’autres Canadiens risquent d’être victimes de violence à cause de l'inertie du gouvernement et que les autorités ne mettent pas en place les mesures de protection nécessaires pour garantir que plus aucun Canadien ne se retrouvera dans de telles situations, mais aussi parce que nous devons réfléchir aux répercussions d’un tel manquement sur nos agences de sécurité nationales et sur la GRC.
Nous avons la chance d’avoir la GRC qui compte dans ses rangs certains des meilleurs éléments, hommes et femmes, sur qui notre pays peut s’appuyer.
J'ai eu la chance de visiter des détachements dans des régions urbaines et rurales, et de rencontrer des gens fantastiques, qui font un travail incroyable et qui sont manifestement motivés par leur mission, qui consiste à protéger leur collectivité et à redonner à celle-ci. Ces gens sont aussi, toutefois, très irrités du fait que, de leur propre aveu, les plus hauts échelons de la GRC doivent faire l'objet d'une réforme.
Ils admettent qu'en l'absence de tels changements, le nom de leur organisme s'en trouvera terni, ce qui portera ombrage au bon travail qu'ils accomplissent. Tout ce qu'ils demandent, c'est d'avoir une direction à la hauteur du courage et de la bravoure qu'ils manifestent quotidiennement. Tout ce qu'ils demandent, c'est que leur organisme soit aussi exemplaire aux plus hauts niveaux qu'il l'est à la base.
Le gouvernement refuse de faire ces changements, et ils veulent savoir pourquoi. Ils veulent le savoir puisque la réponse à leurs attentes devrait aller de soi. Leurs demandes sont claires, et répétées avec acharnement. Il ne s'agit pas seulement de protéger les droits des Canadiens, mais aussi, selon moi, de protéger notre gendarmerie et son intégrité.
Nous devons nous assurer qu'il n'y ait plus de tragédies, que les erreurs commises et les lacunes du système soient réparées. Il ne faut pas laisser la situation se détériorer afin que nous ne répétions pas les mêmes erreurs, que nous ne soyons pas condamnés à connaître toujours les mêmes échecs.
Dans cet esprit, je passerai en revue les recommandations du rapport du Comité permanent de la sécurité publique et nationale.
La première recommandation, et la plus évidente, demande qu'on mette immédiatement en oeuvre les recommandations du juge O'Connor. Je ne peux pas croire que je sois encore en train d'en parler à la Chambre, tant d'années plus tard, surtout que le gouvernement a promis tellement souvent d'appliquer ces recommandations, mais un bon nombre des recommandations clés, les plus importantes, ne sont toujours pas mises en oeuvre. C'est totalement inacceptable, et le comité réclame à l'unanimité que ces recommandations soient mises en oeuvre immédiatement.
La deuxième recommandation réclame des mises à jour sur l'état d'avancement de la mise en oeuvre des recommandations du juge O'Connor et sur les mesures prises à la lumière des conclusions du juge Iacobucci, bref des rapports publics réguliers démontrant les progrès réalisés. Le gouvernement est resté incroyablement secret. Nous ne savons même pas ce qu'il a fait ou non.
L'une des premières tâches entreprises par le comité — et non la moindre — a été d'examiner les 23 recommandations du juge O'Connor et d'essayer de voir quelles mesures le gouvernement avait prises. Même pour un comité du Parlement, c'était terriblement difficile d'obtenir des réponses quant aux mesures qui avaient été prises, le cas échéant. Le gouvernement doit mettre un terme au secret.
Le gouvernement doit révéler clairement et honnêtement quelles mesures ont été prises et où en est la mise en oeuvre des recommandations. S'il y en a qui ne l'ont pas encore été, le gouvernement doit expliquer clairement pourquoi et dire quel est l'échéancier de leur mise en oeuvre. En autant que le gouvernement continue d'affirmer qu'il a l'intention de mettre en oeuvre les recommandations du juge O'Connor, évidemment.
J'ai lu un des témoignages au début de mon intervention. J'espère que le gouvernement est pleinement conscient de l'importance de la troisième recommandation, soit qu'il présente ses excuses à M. Almalki, à M. El Maati et à M. Nureddin, afin de laver leur réputation et de les débarrasser des soupçons qui pèsent sur eux partout où ils vont. Les ministériels devraient se mettre à la place de ceux qui se sont fait torturer dans des endroits horribles, de ceux qui rentrent dans leur pays après avoir vécu la torture et qui sont encore accusés d'être des terroristes ou des extrémistes, même si rien de tout cela n'a jamais été vrai. Un juge hautement respecté a déclaré que ces accusations n'étaient pas fondées et que le gouvernement devrait leur permettre de blanchir leur nom.
Le troisième point de la troisième recommandation est que le gouvernement devrait indemniser les trois hommes. Le gouvernement affirme que l'affaire est devant les tribunaux et qu'il ne peut donc rien faire. Je me souviens qu'on a dit la même chose devant le Comité de la sécurité publique chargé de l'affaire Arar: « Nous ne pouvons rien faire, nous ne pouvons pas présenter d'excuses, nous ne pouvons pas verser d'indemnisation. L'affaire est devant les tribunaux. »
Ce n'est que lorsque le gouvernement a été acculé au pied du mur par l'opinion publique qu'il a enfin décidé de faire quelque chose. Tout à coup, l'argument selon lequel il avait les mains liées parce que l'affaire était devant les tribunaux ne tenait plus, et le gouvernement a fait ce qui s'imposait.
S'il a pu le faire pour M. Arar, alors, ces trois hommes ne méritent rien de moins. Après tout ce qu'ils ont enduré, après toute l'horreur qu'ils ont vue, c'est la moindre des choses que le gouvernement fasse cela pour eux. Plutôt que d'essayer d'interrompre le débat, plutôt que d'essayer d'étouffer la discussion, les conservateurs devraient se lever à la Chambre et rendre justice à ces hommes, ici, maintenant, aujourd'hui.
J'ai été très étonné, durant les délibérations du comité, d'entendre M. O'Brien, un fonctionnaire de carrière qui a travaillé pour le SCRS, dire que, oui, en certaines circonstances, nous continuons d'échanger de l'information avec des pays qui pratiquent la torture. Le gouvernement avait dit: « Pas nous, nous ne faisons pas cela. » Or, un employé de première ligne au SCRS, manifestement mieux placé que quiconque pour savoir ce qu'il en est, dit « Bien sûr, nous le faisons encore. Nous échangeons cette information. » Il nous a expliqué que c'était important, car la torture permet parfois d'obtenir de bons renseignements.
Cela va à l'encontre de toutes les preuves selon lesquelles l'information obtenue sous la torture n'est pas fiable, mais cela va aussi à l'encontre de toute humanité parce que, dans notre lutte pour assurer notre sécurité collective et notre liberté, nous ne pouvons certainement pas faire ce que nous désapprouvons. Lorsque nous permettons la torture, lorsque nous laissons faire, ce que nous faisons en l'approuvant parce que le recours à la torture nous permet d'obtenir de l'information, nous disons implicitement que la torture est acceptable.
À cet égard, la quatrième recommandation est extrêmement importante. Elle prévoit une directive ministérielle claire, sans équivoque, qui interdit les échanges de renseignements avec des pays qui pratiquent la torture. Cela envoie à ceux qui useraient de torture comme moyen de soutirer de l'information ou d'intimider une personne un message non équivoque: le Canada juge cette pratique totalement inacceptable.
Le gouvernement pourrait bien dire « Ah oui, nous avons fait cela ». Grâce à une question inscrite au Feuilleton, nous avons retrouvé la directive ministérielle de 2009. Celle-ci stipule qu'au moment de partager des renseignements avec des organismes étrangers il faut s'assurer qu'il n'y a aucune torture en jeu, avant de mettre un bémol en ajoutant « quand cela est approprié ». Ce que nous disons en fait dans cette directive c'est « Ne partageons aucun renseignement obtenu par la torture à moins que cela ne soit approprié ». Qu'est-ce que cela signifie? Autrement dit, « Si vous avez vraiment bien torturé quelqu'un et réussi à en obtenir des renseignements croustillants, faites-les nous parvenir, mais si la torture n'a pas donné les résultats attendus et que vous n'avez obtenu aucun renseignement d'intérêt, gardez-ça pour vous ».
Nous devons mettre un terme à cette ambigüité. Aucun Canadien, nulle part, ne doit penser que la torture est acceptable. C'est au gouvernement qu'il revient de fournir une directive ministérielle qui mette fin à toute ambigüité et de faire en sorte que des hauts responsables du SCRS ou d'autres agences actives sur la ligne de front ne viennent pas témoigner devant un comité pour déclarer que c'est encore ainsi que les choses se passent.
Enfin, il y a une chose que le Parlement demande depuis longtemps. C'est de faire en sorte que les activités du Canada en matière de sécurité nationale fassent l'objet d'une surveillance parlementaire. Nous comptons parmi un très petit groupe d'États où une telle pratique n'existe pas encore. La création d'un comité de la sécurité nationale éliminerait tous les sombres recoins où le Parlement n'a pas accès. Je pense qu'un tel comité serait essentiel.
Pendant les audiences du comité dans l'affaire Arar, par exemple, combien de fois ne nous sommes-nous pas fait répondre « Vous ne pouvez entendre cela. Il s'agit de renseignements privés et privilégiés. Ces renseignements sont sous le coup d'une autorisation de sécurité ». Nous avons besoin d'un comité autorisé à explorer tous ces recoins sombres si nous voulons que les droits de la personne et les intérêts canadiens soient protégés sur tous les plans. Nous devons faire en sorte que les choses auxquelles nous attachons la plus grande importance, à savoir nos libertés et notre sécurité collective, soient protégées tout comme notre droit à ne jamais nous retrouver dans la situation de M. El Maati, M. Nureddin ou M. Almalki, une situation où un citoyen canadien est envoyé à tort au mauvais endroit, risquant la torture, en raison d'erreurs commises au Canada.
Il est temps de présenter des excuses à ces hommes. Il est temps de prendre les moyens pour que cela ne se reproduise jamais. Il faut le faire aujourd'hui même.
Voir le profil de Richard Nadeau
BQ (QC)
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2009-11-27 11:57 [p.7320]
Monsieur le Président, la Monnaie royale a perdu pour 15 millions de dollars d'or et d'argent en 2008. La GRC et les comptables externes confirment qu'il ne s'agit ni d'un vol ni d'une erreur comptable. Selon une source interne et une entreprise privée citée dans le Globe and Mail, une partie des 550 kilos manquants aurait tout simplement été perdue au cours du processus de raffinement.
Puisque le processus de raffinement utilisé par la Monnaie royale du Canada a peu évolué au cours des dernières années, est-ce que le ministre reconnaîtra que la Monnaie royale du Canada a envoyé plus de 15 millions de dollars d'or et d'argent directement aux égouts?
Voir le profil de Rob Merrifield
PCC (AB)
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2009-11-27 11:58 [p.7320]
Monsieur le Président, depuis le début, le gouvernement est très préoccupé par la disparition d'or à la Monnaie. C'est pourquoi nous avons demandé à la GRC de déterminer si un vol avait été commis.
La GRC a conclu qu'aucun vol n'avait été commis à la Monnaie. Toutefois, les explications sur la façon dont cela a pu se produire ne nous ont pas convaincus.
Une vérification externe a fourni toutes les explications nécessaires quant à l'endroit où se trouve l'or porté disparu. Il incombe maintenant à la vérificatrice générale de valider tout cela. Nous tiendrons la Monnaie responsable lorsque nous aurons obtenu les chiffres qui nous permettront de veiller à ce que...
Voir le profil de Pierre Lemieux
PCC (ON)
Monsieur le Président, vers la fin de mon discours, j'ai indiqué les ressources financières que le gouvernement entend allouer à la lutte contre l'exploitation des enfants. J'ai ainsi mentionné que la GRC recevra 42,1 millions de dollars sur cinq ans, par exemple, et 6 millions annuellement afin de renforcer les initiatives de lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants et contre la traite des enfants.
Quant au projet de loi à l'étude, il nous permet de charger les fournisseurs de services Internet de la responsabilité d'informer les agences enregistrées des tuyaux qu'ils reçoivent concernant la pornographie juvénile diffusée sur des sites ayant recours à leurs services.
Voir le profil de Cheryl Gallant
PCC (ON)
Monsieur le Président, en ces temps économiques difficiles, les Canadiens font très attention à leur argent. Ils s'attendent à ce que les sociétés d'État en fassent autant. C'est pourquoi on s'est inquiété des rumeurs de vols à la Monnaie royale canadienne.
Le ministre d’État aux Transports pourrait-il dire à la Chambre où en est l'enquête sur l'or qui a disparu à la Monnaie royale canadienne?
Voir le profil de Rob Merrifield
PCC (AB)
Voir le profil de Rob Merrifield
2009-11-24 14:48 [p.7150]
Monsieur le Président, le gouvernement prend très au sérieux le fait que la Monnaie royale canadienne ne peut pas expliquer la disparition d'une certaine quantité d'or. C'est pour cette raison que nous avons demandé à la GRC de faire une enquête approfondie pour déterminer s'il y a eu vol. Je peux annoncer aujourd'hui à la Chambre que la GRC a terminé son enquête et qu'il n'y a pas eu de vol à la Monnaie royale canadienne.
Il y a eu un examen externe qui a permis d'expliquer ce qu'il en est de l'or disparu. Cet examen est actuellement entre les mains de la vérificatrice générale afin d'être validé.
Voir le profil de Gerard Kennedy
Lib. (ON)
Voir le profil de Gerard Kennedy
2009-11-04 15:04 [p.6606]
Monsieur le Président, le commissaire de la GRC a récemment envoyé au ministre de la Sécurité publique un rapport qui contredit toutes les faussetés véhiculées par le gouvernement sur le registre des armes à feu. Nous savons que ce rapport est sur le bureau du ministre depuis un certain temps parce que les conservateurs ne voulaient pas qu'il soit connu avant le vote d'aujourd'hui.
Le ministre pourrait-il confirmer qu'il a lu ce rapport et nous dire depuis quand il l'a en main? Pourrait-il dire aux Canadiens pourquoi il tente de cacher la vérité, c'est-à-dire que le registre constitue réellement un outil très utile dont les policiers ont besoin pour assurer leur sécurité?
Voir le profil de Peter Van Loan
PCC (ON)
Voir le profil de Peter Van Loan
2009-11-04 15:05 [p.6606]
Monsieur le Président, le rapport dont il parle sera déposé à la Chambre selon les délais établis dans le règlement visant les rapports de ce genre. Toutefois, les Canadiens n'ont pas besoin d'un autre rapport pour savoir que le registre des armes d'épaule est très efficace pour harceler les amateurs de plein air et les agriculteurs respectueux de la loi et pour gaspiller de l'argent, mais tout à fait inefficace pour lutter contre le crime.
Unissons-nous. Les Canadiens nous regardent. Modifions ce registre coûteux dès ce soir.
Voir le profil de Larry Bagnell
Lib. (YT)
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2009-11-04 18:30 [p.6632]
Monsieur le Président, c'est avec beaucoup de fierté que je vais parler de cette motion relative à la promotion des programmes des cadets dans les collectivités autochtones. La motion m'emballe. Il y a un grand nombre d'Autochtones et de collectivités autochtones dans ma circonscription et j'appuie énergiquement la motion.
Je suis un peu déçu de ne pas avoir reçu plus d'indications quant aux mesures que nous pourrions mettre en place pour faciliter la promotion des cadets dans les collectivités autochtones. Néanmoins, je suis ravi d'appuyer la motion. Je remercie le député de Wetaskiwin de l'avoir présentée. Je remercie également mon collègue du Labrador pour son exposé éloquent sur la motion et sur les expériences tentées dans sa circonscription. Le député de Wetaskiwin a parlé avec passion de l'importance de ce programme pour la population de Hobbema, du bienfait qu'un programme pour les jeunes pouvait apporter à une collectivité et du succès remporté par le programme. Ce sont de belles initiatives de ce genre que les députés devraient appuyer, maintenir et élargir.
Certaines personnes ne comprennent pas le but du programme des cadets. Il ne s'agit pas d'un programme de recrutement militaire, bien que quelques cadets finissent par s'enrôler. Il s'agit d'un programme de responsabilisation des jeunes, qui donne la chance à ceux-ci de travailler constructivement et collectivement en acquérant un grand nombre de compétences qui leur seront utiles dans la vie. En particulier, ils font l'acquisition de compétences en leadership, découvrent le travail d'équipe, améliorent leur estime de soi et pratiquent l'autodiscipline. Ils ont l'occasion de parfaire leur capacité à prendre des décisions et leur assurance. Les programmes consacrent également une large part à l'éducation physique.
Grâce au programme des cadets, les jeunes acquièrent toutes ces qualités qui contribuent grandement à leur éducation et à leur réussite dans la vie. Nous appuyons le programme en soi, mais surtout dans les collectivités des Premières Nations où il est tout à fait adapté. En effet, nous pouvons constater, à partir de l'exemple de Hobbema, que le programme a très bien fonctionné et que les jeunes cadets de Hobbema étaient emballés d'en faire partie.
Je dois également féliciter les agents de la GRC pour le grand service qu'ils rendent à la collectivité en participant et en s'occupant de ce programme. Lorsqu'on vient d'une région rurale ou du Nord du Canada, par exemple du Yukon, comme moi, on est à même de constater le rôle important que jouent les policiers dans la collectivité. En effet, ils ne se limitent pas à maintenir l'ordre; ils participent à tous les aspects de la collectivité. Ils sont des membres à part entière de la collectivité et des modèles remarquables. C'est exactement ce rôle que la GRC a enseigné aux participants au programme corps de cadets de Hobbema. Certains pourraient dire que ce n'est pour jouer ce rôle qu'on les a recrutés, mais c'est faux. Nous, les libéraux, nous faisons valoir depuis longtemps que la prévention est la meilleure arme qui soit pour réduire la criminalité. Ces activités positives pour les jeunes sont un grand pas dans la bonne direction.
Comme le dit le proverbe, l'oisiveté est la mère de tous les vices. Lorsque j'étais jeune, l'école organisait des activités parascolaires et estivales auxquelles nous pouvions participer. Ces activités nous permettaient de faire des choses positives et productives, exactement comme les programmes des cadets.
Je tiens à dire à quel point le programme des cadets est remarquable dans ma circonscription. Nous avons un camp de cadets. Durant, l'été, on y accueille des cadets de partout au Canada, des cadets de l'air, de la marine et de l'Armée. Ils y vivent une expérience extraordinaire. Non seulement ils y apprennent toutes les leçons de vie importantes dont j'ai parlées, mais, en plus, ils rencontrent d'autres jeunes de partout au Canada et comprennent d'où ils viennent. J'ai participé à de nombreuses cérémonies de remise des diplômes, et c'est émouvant de voir combien les cadets sont tristes de partir.
Je suis parfois ému aux larmes lorsque je vois de petits enfants inuits qui arrivent et n'ont jamais vu d'arbre de leur vie. Ils vivent cette expérience qui leur permet de voir ce qu'ils ne verraient pas parce qu'ils participent au programme des cadets où ils rencontrent aussi d'autres Canadiens de tout le Nord et d'ailleurs au Canada.
Il s'agit d'une expérience tellement positive pour ces jeunes que je ne peux m'empêcher de promouvoir la motion qui, je l'espère, aboutira à la mise en place de nouveaux camps de cadets dans les collectivités autochtones, comme le préconise la motion, afin de donner la possibilité à des milliers de jeunes Autochtones de tout le Canada de vivre la même expérience positive que beaucoup de jeunes d'Hobbema.
Je veux aussi parler d'un autre programme très semblable et aussi très positif et dont je suis un ardent promoteur parce qu'il profite aux jeunes du Nord. Il s'agit du programme des jeunes rangers. Il y a une variété de programmes dans le Nord. Un fort pourcentage des rangers du Nord qui assurent notre souveraineté et mènent des missions de sauvetage dans cette région sont des Autochtones du cru qui savent comment survivre dans cet environnement. Ils rendent un grand service au Canada.
Le Parti libéral soutient les rangers, favorise la création de groupes de rangers et leur expansion et préconise qu'ils affirment de plus en plus leur présence. Dans le passé, il y a eu des problèmes liés à leurs uniformes et à leur équipement, au refus de leur verser une indemnité pour le paiement de leurs approvisionnements ou de leur équipement, au paiement en retard de leur rémunération ou au paiement de cette rémunération sous une forme difficilement utilisable dans les collectivités isolées où il n'y a peut-être pas de banque, ou encore au paiement d'indemnités quotidiennes insuffisantes.
Cependant, je crois que nous devons tous travailler ensemble et nous souvenir que les rangers sont une composante très importante des Forces canadiennes et qu'ils doivent obtenir l'équipement et le respect dont ils ont besoin et qu'ils méritent. Je crois que tous les Canadiens sont très fiers des rangers du Nord.
Il n'est donc que logique que nous soutenions le programme des jeunes rangers, qui est animé par des rangers et d'autres membres des collectivités du Nord. Je le répète, ce programme offre d'extraordinaires occasions d'apprentissage sur le terrain et d'acquisition des compétences nécessaires pour affirmer notre présence dans le Nord.
À une époque, nous avons eu un problème. Une collectivité désirait avoir à la fois un programme de jeunes rangers et un corps de cadets, mais cela n'était pas permis. Il s'agissait d'une assez grande collectivité, qui aurait facilement pu gérer les deux programmes. J'espère que les politiques de ce genre ne seront pas perpétuées et qu'une collectivité pourra avoir ces deux merveilleux programmes pour les jeunes, si elle souhaite les avoir et si elle dispose des bénévoles extraordinaires requis pour gérer tous ces programmes, si ces bénévoles sont prêts à le faire et s'ils appuient ces programmes.
En conclusion, j'aimerais dire que j'appuie vivement la motion. Il existe plus de 600 collectivités autochtones au pays, mais peu de corps de cadets des Premières nations à l'heure actuelle, alors il est clair que nous pouvons nous permettre d'en augmenter le nombre.
La merveilleuse émission à la CBC portant sur le corps de cadets de Hobbema montre ce qui peut être accompli. Elle montre comment on peut réduire le taux de criminalité en investissant dans des activités positives à l'intention des jeunes de nos collectivités autochtones des régions tant septentrionales que méridionales, et en leur offrant la possibilité de profiter de ces précieuses leçons de vie. Ces jeunes interagissent avec des adultes bénévoles, soit des agents de la GRC soit des rangers, qui leur servent de modèles.
Je félicite le député de Wetaskiwin d'avoir présenté cette motion et le député de Labrador de son appui soutenu de la motion et des exemples qu'il nous a donnés à ce sujet. J'encourage tous les députés à voter de manière à appuyer les jeunes et un plus grand nombre d'activités pour les jeunes, et à appuyer les jeunes rangers ainsi que les cadets de l'armée, de la marine et de l'air.
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