Interventions à la Chambre des communes
 
 
 
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Voir le profil de Gerry Byrne
Lib. (NL)
Monsieur le Président, l'Agence de promotion du Canada Atlantique et la Société d'expansion du Cap-Breton, qui sont sous la direction de la ministre, font désormais l'objet de trois enquêtes distinctes.
Lorsque je lui ai posé une question hier sur l'enquête du commissaire à l'intégrité, la ministre a répondu comme si je parlais du rapport de la présidente de la Commission de la fonction publique.
La ministre peut-elle dire à la Chambre si elle a pris connaissance de la troisième enquête visant son portefeuille, laquelle a été lancée par le commissaire à l'intégrité, et fournira-t-elle tous les renseignements qui lui seront demandés concernant la participation du ministre de la Défense nationale dans des nominations partisanes à la Société d'expansion du Cap-Breton? Est-elle disposée à le faire?
Voir le profil de Gerry Byrne
Lib. (NL)
Monsieur le Président, le rapport de la Commission de la fonction publique qui a été présenté au ministre n'était pas le même que celui qui a été déposé à la Chambre.
C'est la Commission de la fonction publique qui enquêtait sur l'Agence de promotion du Canada Atlantique; or, cela n'a pas empêché le chef de cabinet du ministre de la Défense nationale de s'ingérer dans le processus et de demander le retrait d'une partie du rapport qui laissait entendre que le ministre de la Défense nationale avait participé à des nominations partisanes.
La ministre de l'Agence de promotion économique du Canada atlantique peut-elle promettre à la Chambre que le rapport du commissaire à l'intégrité du secteur public ne sera pas modifié, amélioré ou épuré d'une façon ou d'une autre?
Voir le profil de Ryan Cleary
NPD (NL)
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2013-06-18 14:48 [p.18544]
Monsieur le Président, invoquer l'enquête du commissaire à l'intégrité n'est pas une façon de réagir devant le favoritisme éhonté des conservateurs.
La Société d'expansion du Cap-Breton n'est que la pointe de l'iceberg en matière de favoritisme. L'APECA est devenue un lieu de prédilection pour la mauvaise gestion des conservateurs, les manquements à l'éthique et les processus de recrutement truqués.
Le ministre de la Défense nationale joue les marionnettistes politiques tout en invoquant un rapport sur le favoritisme des conservateurs que son chef de cabinet s'est efforcé d'édulcorer.
J'ai une question toute simple: quand les conservateurs vont-ils arrêter de prendre les Canadiens de l'Atlantique pour des valises?
Voir le profil de Jack Harris
NPD (NL)
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2013-06-18 19:26 [p.18574]
Monsieur le Président, de nombreuses préoccupations ont été exprimées à propos de la stigmatisation qui peut découler d'un tel projet de loi. Je pense donc qu'il est important de mettre en perspective les chiffres dont il est question.
En Ontario, il a été démontré que seulement 0,001 % des personnes reconnues coupables d'un crime sont déclarées non criminellement responsables. Il s'agit d'environ une personne sur 100 000 et, dans ce groupe, le taux de récidive se situe entre 2,5 % et 7,5 %. Parmi les autres personnes reconnues coupables d'un crime, le taux de récidive se situe entre 41 % et 44 %. À ceux qui pensent que ce sont les personnes atteintes de maladie mentale qui posent un problème dans la société, je signale que les autres délinquants qui sont traduits devant les tribunaux ne sont atteintes d'aucune maladie mentale. Le problème, ce n'est pas vraiment la maladie mentale. Cette mesure législative vise un infime pourcentage d'accusés, et un petit pourcentage d'entre eux seraient considérés délinquants à risque potentiellement élevé.
Voir le profil de Judy Foote
Lib. (NL)
Monsieur le Président, au nom des libéraux, je tiens à remercier le leader du gouvernement et le leader de l'opposition à la Chambre de leurs commentaires. Nous souhaitons aussi remercier toutes les personnes qui font en sorte que cette institution puisse fonctionner de manière aussi efficace et efficiente.
Il nous arrive parfois de nous demander ce que nous faisons ici, mais, en fin de compte, nous savons tous que nous sommes ici pour représenter les gens qui nous ont envoyés sur la Colline du Parlement. Nous sommes ici pour représenter les Canadiens de notre mieux. Je pense que c'est ce que nous faisons tous les jours. C'est bon d'être ici et de prendre part à ce consensus ce soir. Je tiens à remercier tous ceux qui l'ont rendu possible. Enfin, j'aimerais aussi remercier tout spécialement les personnes qui font en sorte que le Parlement puisse fonctionner aussi efficacement.
Voir le profil de Gerry Byrne
Lib. (NL)
Monsieur le Président, je suis fort heureux de prendre la parole au sujet du projet de loi C-473. Il est clair aux yeux de la Chambre que l'objet du projet de loi est de modifier la Loi sur la gestion des finances publiques pour trouver un moyen d'en arriver à un équilibre. Veiller à ce que l'équité entre les sexes ne soit pas seulement une formule, mais aussi une pratique courante au sein de la société canadienne, voilà un objectif digne d'une société juste.
L'objectif fondamental — la reconnaissance du principe de l'égalité et du respect de tous — est fort louable. Par conséquent, je suis ravi de faire valoir les forces du projet de loi. À l'évidence, il y a des points à régler. Le projet de loi ne prescrit aucune méthode pour atteindre l'objectif fixé, soit l'équité des sexes. Aucune méthode ne décrit comment on mettrait en oeuvre la disposition législative ou comment on contrôlerait et surveillerait celle-ci.
Cela étant dit, je parlerai des grandes lignes du projet de loi.
Depuis longtemps déjà, chaque fois que cela est possible et raisonnable, nous prenons des mesures afin de combler l'écart entre les sexes et d'éviter un déséquilibre injuste ou disproportionné dans l'univers fédéral. Ainsi, nous agissons depuis longtemps en faveur de l'équilibre hommes-femmes dans le dossier de l'équité salariale, et nous avons constaté qu'il valait la peine d'assurer l'équité entre les sexes dans les pratiques d'embauche de la fonction publique fédérale. Il est donc tout à fait logique que nous souhaitions appliquer le principe d'équité des sexes à la gouvernance des principales sociétés d'État, qui sont régies par le gouvernement et doivent rendre des comptes à la Chambre par l'entremise de divers ministres.
Le projet de loi C-473 se concentre sur la composition du conseil d’administration des sociétés d’État mères. Il propose que la proportion d’administrateurs de chaque sexe ne soit pas inférieure à 30 % deux ans après l’entrée en vigueur de l'article proposé, à 40 % quatre ans après l’entrée en vigueur de l'article, et à 50 % six ans après l’entrée en vigueur de l'article. Le projet de loi décrit clairement les exigences à respecter. Il prévoit aussi une certaine latitude. Ainsi, les seuils à atteindre pourront varier dans le cas des conseils d'administration qui comptent huit membres ou moins.
Pour ces petits conseils, la mesure propose que l'écart entre le nombre d'administrateurs de chaque sexe ne soit pas supérieur à deux. Ces conseils de petite taille pourraient avoir plus de difficulté à rééquilibrer leur composition, particulièrement au moment de l'entrée en vigueur de la loi. Le projet de loi offre une certaine souplesse à cet égard, mais il ne contient pas d'exigences ni de critères quant à la façon de gérer ces changements. Nous aimerions que cet aspect soit plus détaillé.
Signalons que le projet de loi C-473 a été précédé du projet de loi C-407. Il s'en distingue toutefois, puisque la nouvelle mesure propose de porter le pourcentage de représentation à 50 % à compter de la sixième année, alors que la moyenne actuelle s'établit, en l'absence d'exigences législatives, à environ 30 %.
Avant d'appuyer le projet de loi C-473, nous aimerions savoir si les chiffres cités dans le préambule sont bien exacts, et déterminer si certaines raisons pourraient justifier la répartition actuelle. Ces questions seront sûrement soulevées si le projet de loi franchit l'étape de la deuxième lecture et est renvoyé au comité.
Nous aimerions connaître l'incidence réelle sur les sociétés des quotas obligatoires proposés, soit 30 % d'ici deux ans, 40 % d'ici quatre ans et 50 % d'ici six ans.
Nous aimerions également savoir quelles peines seraient imposées aux commissions et aux organisations qui ne respectent pas les quotas. Aux termes de mesures législatives sans aucun mordant, elles sont publiquement réprimandées, sans plus. Le projet de loi ne précise pas la portée de décisions arbitrales, ne spécifie pas la mesure dans laquelle la conformité peut être évaluée et ne précise aucune conséquence en cas de non-conformité.
En présentant une telle mesure, c'est presque comme si on institutionnalisait la non-conformité, même si on pourrait adopter des dispositions législatives efficaces. Si le projet de loi n'a pas de fondements solides, s'il prévoit seulement qu'une organisation non conforme est réprimandée publiquement, il s'agit d'une conséquence dont se moqueraient éventuellement les organisations visées; c'est donc un projet de loi inutile. Il propose des lieux communs et aucune mesure concrète. Ce n'est pas nécessairement la mesure idéale à prendre.
Si l'on pouvait proposer des façons concrètes d'évaluer la conformité ainsi que les conséquences, tout le monde se sentirait plus à l'aise. Nous devrions affirmer immédiatement que la représentation équilibrée est plus que pertinente; elle est nécessaire. Il est nécessaire de militer en faveur d'une plus grande égalité entre les sexes dans les plus hauts échelons du gouvernement, dans les plus importantes organisations de compétence fédérale.
Très peu d'intéressés se sont prononcés sur le projet de loi. Il serait souhaitable, à l'étape de la deuxième lecture, de les consulter et de recueillir leur opinion, ainsi que leurs suggestions quant aux façons de renforcer la mesure et leurs critiques à l'égard des conséquences prévues, et savoir ce qu'ils pensent de la nature du projet de loi et de son efficacité. Ce serait très utile.
On n'a pas reçu beaucoup de réactions quant aux conséquences réelles du projet de loi. Beaucoup d'organisations pourraient nous faire part de leur opinion là-dessus. Nous avons hâte de les consulter afin d'avoir une meilleure idée de ce que le projet de loi pourrait comporter.
Finalement, il serait utile à ce stade-ci que les partis à la Chambre fassent connaître leur position sur les principes généraux du projet de loi. J'ai signalé que le projet de loi posait certains problèmes, qu'il ne tenait pas compte de certaines préoccupations et qu'il ne contenait pas des renseignements qui, de l'avis de quelques personnes, pourraient être nécessaires pour sa mise en oeuvre. Si nous voulons imposer une obligation en vertu d'une loi, cette dernière devrait en préciser les règles et les conséquences en cas de non-conformité.
Même si nous reconnaissons tous que le projet de loi comporte certaines lacunes, il serait utile de pouvoir comprendre un peu mieux si les partis à la Chambre soutiennent le principe de l'équité entre les sexes dans la structure de gouvernance de nos sociétés d'État et de leurs conseils d'administration, au lieu de simplement dire que ce n'est pas une mesure législative qui peut être appuyée. Cela serait très utile.
Je remercie la marraine de ce projet de loi du travail qu'elle a fait. J'ai hâte d'entendre le débat, et j'espère que cette mesure législative sera renvoyée au comité afin que nous puissions obtenir des réponses satisfaisantes à certaines de ces questions.
Voir le profil de Gerry Byrne
Lib. (NL)
Monsieur le Président, le ministre de la Défense nationale est au coeur de plusieurs enquêtes portant sur ses liens avec la Société d'expansion du Cap-Breton, y compris une enquête de la Commission de la fonction publique et une enquête de la commissaire à l'éthique impliquant John Lynn, une personne que le ministre connaît bien.
Je peux informer la Chambre aujourd'hui qu'une troisième enquête a été entreprise concernant la Société d'expansion du Cap-Breton, qui a embauché du personnel du cabinet du ministre de la Défense nationale. Cette autre enquête est effectuée par le commissaire à l'intégrité du secteur public et a été déclenchée parce qu'on soupçonne des cas graves de mauvaise gestion à la Société d'expansion du Cap-Breton.
Qui devra rendre des comptes à ce sujet? Est-ce que ce sera la ministre de l'Agence de promotion économique du Canada atlantique, l'ancien ministre de cette agence ou le ministre de la Défense nationale?
Voir le profil de Gerry Byrne
Lib. (NL)
Monsieur le Président, j'espère que le rapport du commissaire à l'intégrité ne sera pas épuré comme le dernier.
Le député de York-Centre continue de compter l'Economic Club of Canada parmi ses sources importantes de revenus, et il continue d'en bénéficier en plus de son salaire de député.
Le gouvernement pourrait-il nous indiquer combien de ministres fédéraux ont été présents à des activités de l'Economic Club of Canada, au profit du député de York-Centre, depuis la campagne électorale de mai 2011? Pourrait-il aussi fournir à la Chambre une comparaison du taux de présence de ces ministres depuis mai 2011 comparativement aux deux années précédentes?
Voir le profil de Scott Simms
Lib. (NL)
Monsieur le Président, pendant les audiences du comité, nous nous sommes entre autres entretenus avec M. Rabinovitch, qui dirigeait auparavant le musée. Il a soulevé un point très pertinent, soit que l'ancien nom, en l'occurrence le « Musée des civilisations », était un nom très respecté sur la scène internationale. Il a dit que ce serait un crime de laisser tomber ce nom dans le seul but de redéfinir l'image de marque du musée.
Le député a beau accepter qu'on appelle ce musée le « musée de l'histoire », il n'en demeure pas moins que le nom « Musée des civilisations » revêt une très grande importance à l'échelle internationale. Il a entre autres proposé qu'on le nomme « musée canadien de l'histoire et des civilisations ». Ce n'est pas du tout une mauvaise idée. C'est une bonne façon de maintenir les acquis, tout en mettant de l'avant le programme de ce nouveau musée et la vision qui y est associée.
Aucun amendement n'a été étudié comme il se doit. L'un des amendements consistait à prévoir, dans cette mesure législative, l'indépendance du musée sur le plan de la conservation, et non uniquement dans la Loi sur les musées. Je crois qu'ils étaient sincères et ouverts aux discussions, mais ces discussions n'ont jamais vraiment eu lieu.
Qu'y a-t-il de mal dans le fait d'appeler ce musée le « Musée canadien de l'histoire et des civilisations »?
Voir le profil de Scott Simms
Lib. (NL)
Monsieur le Président, le député a dit qu'un tout petit nombre d'amendements portaient sur le changement de nom. En ce qui nous concerne, ces amendements représentaient moins de 20 % de tous les amendements que nous avons proposés.
L'un des amendements que je jugeais raisonnables prévoyait la mise sur pied d'un processus d'examen semblable à celui qui a été proposé dans le projet de loi C-11, la Loi sur le droit d'auteur. J'avais proposé qu'un tel exercice ait lieu tous les trois ans, mais j'aurais été d'accord pour une période de cinq ans. Un tel processus nous aurait permis d'examiner le mandat de tous les musées et non pas seulement de celui-ci. Nous avions une occasion en or de nous pencher sur tous ces musées nationaux, puisque nous prévoyons maintenant que ces musées, et celui-ci en particulier, vont partager leurs ressources avec le reste du pays.
Selon moi, ce serait une bonne façon d'examiner comment ce processus serait appliqué dans le cas des institutions de toutes les régions du pays qui veulent participer au processus. Que pense le député de ce processus d'examen?
Voir le profil de Scott Simms
Lib. (NL)
Monsieur le Président, comment les musées dont le député a parlé vont-ils pouvoir se le permettre? Bénéficient-ils également de ces 25 millions de dollars? Peut-être ont-ils leurs propres moyens de le faire, mais ce pourrait être problématique si ces musées ne peuvent compter sur aucune aide financière pour pouvoir accueillir des éléments de cette collection nationale.
Voir le profil de Scott Simms
Lib. (NL)
Monsieur le Président, il y a probablement neuf mois que nous avons parlé des musées et du mandat des musées nationaux qui se trouvent ici, à Ottawa. L'une des choses qui me semble inquiéter bien des gens, c'est qu'un bon nombre de musées nationaux ne s'associent pas vraiment aux autres musées du pays. On souhaite certainement une plus grande collaboration entre les musées. Il y a sans aucun doute une bonne coopération, mais tous les musées du pays devraient collaborer davantage pour remplir leurs mandats respectifs.
Je dis cela parce que je veux revenir sur une observation du député de Wild Rose. Il a expliqué qu'il s'agit d'un élément essentiel du projet de loi, et je suis entièrement d'accord avec lui. Il est essentiel de mettre cette institution à la portée du pays, surtout qu'il ne nous reste que quelques années avant de célébrer notre sesquicentenaire. Je me suis pratiqué à dire ce mot pendant 20 minutes.
Ce modèle servira à d'autres musées du pays, en ce qui concerne la portée nationale, certainement, mais aussi en ce qui a trait à la portée locale. C'est le cas du Musée du Manitoba, comme en témoigne l'annonce faite il y a quelques jours, et de The Rooms à St. John's, à Terre-Neuve, qui en est un bon exemple dans ma province.
Je croyais que c'était l'un des éléments clés de la mesure législative proposée. Cependant, comme la députée, la chef du Parti vert, l'a souligné, la somme de 25 millions de dollars ne sera vraiment pas suffisante. La capacité qui pourra être créée avec seulement 25 millions de dollars ne sera tout simplement pas suffisante. Si le projet de loi a pour objectif de créer un modèle duquel les plus petits musées pourront s'inspirer à l'avenir, soit, mais pour cela, il faudra sans aucun doute un investissement beaucoup plus important que 25 millions de dollars.
Je vais revenir aux raisons justifiant les démarches actuelles. Il est question de redéfinir l'image de marque, de modifier le nom du musée et d'adapter son mandat, entre autres. Beaucoup d'éléments fondamentaux du Musée des civilisations ne changeront pas, comme le gouvernement l'a dit, mais nous devons nous demander quel était le problème en ce qui concerne le plan initial établi pour le Musée des civilisations pour les cinq à dix prochaines années. Le problème était-il si important qu'il était nécessaire de changer le nom du musée?
En fait, il faut se demander dans quelle mesure nous améliorerons cette institution d'ici 2017, année du 150e anniversaire du Canada, en changeant son nom. Dans quelle mesure améliorerons-nous l'image de marque de cette institution, non seulement au Canada, mais aussi à l'étranger?
Prenons quelques instants pour revenir à la base.
Comme cela a été mentionné, il n'existe pas de contexte équivalent à celui de notre musée national, que ce soit aux États-Unis ou dans des pays comme l'Allemagne. Ces pays ont leur propre musée qui porte sur leur propre histoire, mais il s'agit d'un musée se consacrant précisément à cette fin. De notre côté, nous avons ce musée.
Oublions pendant quelques instants le Musée des civilisations. Supposons qu'au lieu d'un musée canadien de l'histoire, nous avons un musée de l'histoire canadienne. Cela me semble beaucoup plus logique, surtout si nous voulons mettre en valeur des artéfacts importants comme le chandail de hockey de Maurice Richard, la combinaison de course de Jacques Villeneuve ou le premier micro utilisé par Céline Dion. Ce sont des exemples que j'invente, mais je sais que les députés comprennent ce que je veux dire.
Ces objets sont des symboles de notre pays, comme le premier bâton de hockey de Wayne Gretzky. Loin de moi l'idée de me penser important, mais il pourrait s'agir du premier blouson que j'ai porté pour aller à l'école, par exemple. Quelqu'un vient tout juste de donner un très bon exemple. J'adore le Bonhomme Carnaval. Pourquoi ne pourrions-nous pas transmettre son histoire partout au pays? Pour cela, il faudrait créer un musée de l'histoire canadienne.
L'idée d'un musée d'histoire canadienne a surgi à quelques reprises, notamment quand certains ont proposé de convertir le Centre de conférences en un musée de ce genre. Mais si on choisit cette option, si on expose tel ou tel chandail, costume ou objet historique, comme le suggèrent les conservateurs, ce musée finira par ressembler au West Edmonton Mall.
Si c'est le résultat souhaité, on pourra s'en contenter. Mais nous ne devrions pas combiner ce genre d'attraction avec le Musée des civilisations, une institution fantastique d'envergure nationale et internationale.
Quand il a témoigné devant le comité, l'ancien président du Musée des civilisations, Victor Rabinovitch, s'est dit très inquiet de toutes les recherches qui disparaîtraient en raison du nouveau mandat, des changements apportés et des mots qui ont été modifiés ici et là. Par exemple, le projet de loi parle d'accroître la compréhension des objets et de tout ce qui se rattache au Canada et représente son histoire, mais le gouvernement a omis le mot « critique ». On ne parle plus d'une « compréhension critique ».
Certains se demandent peut-être si l'omission du mot « critique » fait vraiment une différence. Eh bien oui, il y a une différence, qui se répercute sur le travail des conservateurs de musée et des archivistes. S'ils préparent une exposition pour le grand public et veulent encourager la compréhension critique, ils doivent donner à des experts l'occasion d'interpréter l'histoire. L'interprétation de l'histoire évolue au fil du temps, parce que les gens ont des points de vue différents. Il faut l'accepter.
La fin de semaine dernière, j'ai écouté une émission de radio de la CBC à laquelle participaient deux historiens. La crainte de l'un d'entre eux, c'est qu'on aborde désormais l'étude de l'histoire en pensant déjà connaître toutes les réponses, au lieu de chercher plutôt à trouver de nouvelles façons de comprendre l'histoire. Peut-être que si nous examinions notre histoire d'un oeil plus critique, nous pourrions arriver à une compréhension commune.
Tous ces grands pays, tous ces endroits où se trouvent d'excellents musées nationaux font cette démarche. Le libellé du projet de loi indique toutefois que nous nous éloignons de ce principe. Certains mots clés comme « recherche » et « indépendance des conservateurs » sont là, mais d'autres sont absents. En fait, on craint que les musées soient réduits à une exposition d'artéfacts, sans plus.
Un musée est un milieu organique, vivant, à travers lequel il est possible d'acquérir une meilleure compréhension de nous-mêmes, mais qui ne nous sera utile à l'avenir que s'il peut se renouveler, jeter un regard neuf sur les choses, comme de décider qu'une exposition statique ne fait plus l'affaire et qu'il faut la modifier, que ce soit en raison de changements au plan de la technologie ou des connaissances, qui nous obligent à revoir la façon dont nous envisageons l'histoire.
Lorsque M. Rabinovitch s'est exprimé sur la question, il a demandé pourquoi le gouvernement entreprenait cette démarche, étant donné que le Musée canadien des civilisations jouit d'une telle réputation dans le monde. Des pays de l'Europe et de l'Asie s'émerveillent des réalisations du Musée des civilisations. C'est pas mal, pour un pays de moins de 40 millions d'habitants. Nous avons joué dans la cour des grands, comme on dit, pour ce qui est des musées et notamment celui-là.
Il a proposé une solution qui est, je crois, raisonnable. Il a proposé de rebaptiser l'institution Musée canadien de l'histoire et des civilisations. Il s'agit d'un bon compromis, qui souligne le fait que notre pays, en dépit de sa relative jeunesse, a une histoire riche, et que nous avons réalisé beaucoup d'excellentes choses. Ce nom indique que nous souhaitons maintenir la tradition d'un Musée des civilisations, en l'enchâssant dans le contexte de ce que signifie être canadien: le Musée canadien de l'histoire et des civilisations.
Dans une large mesure, je comprends pourquoi nous voulons quelque chose qui est reconnu comme canadien et qui montre qui nous sommes, quelque chose qui procure une compréhension critique de ce que nous sommes, ce qui attire plus de gens.
Certaines personnes ont dit avoir visité Ottawa dans leur jeunesse, alors qu'elles ignoraient ce qu'était la civilisation, et qu'elles se sont rendu compte qu'il s'agissait surtout de l'histoire canadienne. C'est un argument valable. D'un point de vue marketing, nous pouvons attirer plus de gens de cette façon.
Certains de nos musées nationaux éprouvent déjà de grandes difficultés financières. Le Musée des sciences et de la technologie a besoin de 3,4 millions de dollars pour effectuer des réparations structurelles majeures. L'immeuble vieux de 50 ans sur le boulevard Saint-Laurent a besoin de travail. Tous les musées doivent trouver des moyens de générer du revenu, et c'en est une façon. Est-ce qu'un changement de nom pourrait accomplir cela? Dans une certaine mesure. Ce n'est pas la meilleure façon d'accroître les revenus, mais cela pourrait aider.
Je préférerais quand même qu'on s'efforce d'inclure plus de culture canadienne dans le Musée des civilisations plutôt que de changer le libellé de la loi et donc du mandat de la société. Je pense que c'est rendre un bien mauvais service aux gens qui acquièrent de nouveaux artéfacts et qui font de ce musée le symbole international qu'il est.
Voir le profil de Scott Simms
Lib. (NL)
Monsieur le Président, j'espère assurément que le secrétaire parlementaire a raison et qu'à la suite de l'adoption de cette mesure, dans 10 ans nous nous retrouverons effectivement dans la situation qu'il décrit en ce qui a trait à ce musée.
Ma crainte tient à la question suivante: si le musée est alors aussi bon ou même meilleur qu'il ne l'est actuellement ou ne le serait dans 10 ans, pourquoi le gouvernement a-t-il changé fondamentalement le libellé énonçant les intentions du gouvernement à l'égard de ce musée? Je ne comprends pas à quoi tient ce changement. Pourquoi les conservateurs ne reconnaissent-ils pas que certains des meilleurs aspects du Musée des civilisations vont disparaître?
Je ne suis pas certain que tout le monde soit convaincu par cet argument. Pour revenir à ce que le professeur à l'Université York a dit en fin de semaine, il a déclaré que c'était quasiment comme si l'on plongeait dans l'histoire en sachant à l'avance quelles sont les réponses aux questions.
Je ne dirai pas que je ne suis absolument pas d'accord avec lui. Je dirai seulement que j'espère que, dans 10 ans, il me donnera tort.
Voir le profil de Scott Simms
Lib. (NL)
Monsieur le Président, le plus curieux est qu'il y a plusieurs versions de la manière dont cette consultation a eu lieu. Nous avons la version du gouvernement et nous avons celle d'autres intervenants. Il semble qu'il y ait eu à l'origine une quelconque discussion à huis clos. L'affaire a abouti au bureau du ministre. La proposition était là. Elle était le fruit d'une discussion, mais il semble qu'avant même que tout cela ait eu lieu, le projet de loi était en place. Encore une fois, c'est quasiment comme si l'on avait eu la réponse avant même de poser la question, ce qui semble être une tendance lourde dans cette enceinte.
Mettons cela de côté pour l'instant et disons que j'espère qu'à l'avenir, le gouvernement va consulter plus largement. J'aurais voulu que le projet de loi donne lieu au processus d'examen que nous avons proposé au comité, mais ce n'est pas le cas. Néanmoins, j'espère que le musée servira de modèle à d'autres musées, tout au moins quant à la vision qu'il veut projeter d'un bout à l'autre de notre pays.
Voir le profil de Jack Harris
NPD (NL)
Voir le profil de Jack Harris
2013-06-13 13:53 [p.18291]
Monsieur le Président, je suis aussi opposé à l'accoutumance au tabac que n'importe qui, et je comprends les arguments du député.
Mais cette façon de faire est-elle en train de devenir la norme? Le Sénat adopte un projet de loi, qui suit tout le processus avant d'arriver ici. Nous en débattons pendant une heure et la clôture est demandée. Nous apposons le sceau d'approbation sur les mesures de l'autre endroit. Est-ce que c'est la nouvelle façon de faire du gouvernement?
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