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Voir le profil de Bill Blair
Lib. (ON)
Monsieur le Président, je tiens à remercier le député de défendre les intérêts des habitants de cette ville.
Je connais bien le maire d'Abbotsford. J'ai déjà visité cette ville et, chaque fois que je m'y rends, je me fais un devoir de rencontrer le maire. Je sais qu'il défend ardemment les intérêts de ses concitoyens.
Je tiens aussi à souligner l'événement qui vient de se produire, soit les pluies diluviennes qui se sont abattues dans ce bassin versant, même si j'hésite un peu à utiliser le terme « sans précédent ». Cette eau s'est accumulée et a manifestement presque détruit les digues actuelles. Je remercie Dieu que cela ne soit pas arrivé et je signale que c'est grâce au travail incroyable des habitants de Chilliwack qui sont venus empiler des sacs de sable à la station de pompage de Barrowtown. Leurs efforts ont permis d'éviter la catastrophe.
Il est évident que nous devons faire de nouveaux investissements majeurs. Je peux aussi dire aux députés qu'environ 120 membres des Forces armées canadiennes se trouvent à Abbotsford aujourd'hui et qu'ils contribuent au renforcement de cette digue. Pour faire face à ce phénomène météorologique, nous surveillons de très près les conditions météorologiques des prochains jours. Jusqu'à 70 millimètres de pluie tomberont dans la vallée du Fraser au cours des 10 à 11 prochains jours, alors nous faisons en sorte de mettre en place des infrastructures à court terme. Toutefois, il reste encore beaucoup de travail à faire à long terme.
Voir le profil de Alexis Brunelle-Duceppe
BQ (QC)
Monsieur le Président, je veux souligner l'évidente sincérité du ministre dans son travail aujourd'hui. Dans un débat comme ce soir, il faut laisser de côté les joutes partisanes et travailler tous ensemble.
Je veux exprimer au nom du Bloc québécois toute notre sympathie à nos amis britanno-colombiens, avec lesquels nous sommes de tout coeur dans cette épreuve. Aujourd'hui, des gens vivent probablement les pires moments de leur vie ou, à tout le moins, des moments dont ils vont se souvenir assurément le reste de leurs jours.
On a parlé d'avenir. C'est bien de faire tout ce qui se fait présentement et il faut donner le maximum que l'on a en ce moment parce que c'est le présent qui est important.
Cependant, il faut penser à l'avenir. Mon collègue ne serait‑il pas d'accord avec moi pour demander — et je prends à partie mes chers amis de l'autre côté de la Chambre — comment il se fait que les promesses que le gouvernement libéral fait depuis des années d'annuler les subventions aux compagnies pétrolières ne sont toujours pas réalisées? Mon collègue est‑il d'accord avec moi sur le fait qu'il faut arrêter cette folie?
Voir le profil de Bill Blair
Lib. (ON)
Monsieur le Président, je suis très reconnaissant au Bloc d'exprimer sa solidarité alors que des Canadiens vivent des moments très difficiles à l'autre bout du pays.
Signalons que, si depuis quelques semaines les problèmes étaient vraiment concentrés en Colombie‑Britannique, les gens de la Nouvelle‑Écosse et de Terre‑Neuve sont maintenant aux prises avec des pluies considérables. De plus, les inondations ont eu des conséquences particulièrement marquées au Québec, à bien des égards. Nous sommes donc tous sur la même longueur d'onde, je crois.
Il faut en faire davantage, cela fait l'unanimité à l'échelle nationale. Il se construit en outre un consensus de plus en plus marqué dans l'ensemble du pays et assurément parmi les députés sur la nécessité de prendre des mesures plus audacieuses et plus ambitieuses pour lutter contre les changements climatiques et contrer un problème plus évident que jamais, soit l'effet de ces changements climatiques sur le quotidien et la sécurité des Canadiens.
Nous avons établi des plans ambitieux pour lutter contre les changements climatiques. Nous savons aussi qu'il ne suffit pas de comprendre l'importance de rebâtir une économie plus propre et plus verte au Canada: nous devons aussi créer une économie et une société plus résilientes pour que les communautés soient en sécurité, pour que les citoyens soient en sécurité chez eux, et pour assurer le maintien des chaînes d'approvisionnement essentielles, autant d'éléments qui sont mis en péril par les phénomènes climatiques.
Nous partageons la même ambition et nous sommes résolus à travailler fort avec les députés pour contrer les conséquences réelles qu'ont les changements climatiques sur la vie des Canadiens, des conséquences qu'on peut voir chaque jour.
Voir le profil de Ed Fast
PCC (BC)
Monsieur le Président, je tiens d'abord à remercier les merveilleux habitants d'Abbotsford de continuer à soutenir mon travail à la Chambre, où je représente leurs intérêts en tant que de député.
En dépit du désastre qui a frappé notre région, je suis convaincu que les habitants d'Abbotsford sont en mesure d'accomplir l'énorme tâche de se remettre de la catastrophe qui nous a touchés et de rebâtir. Les Canadiens doivent maintenant avoir entendu parler de la catastrophe qui a frappé la tranquille vallée du Fraser et d'autres parties du Sud de la Colombie‑Britannique, et la plupart des pays du monde en ont aussi pris connaissance.
Comme Noé, jadis, on nous a informés qu'un phénomène météorologique historique était imminent, et les climatologues parlaient d'une « rivière atmosphérique ». Il s'agissait d'un terme que la plupart d'entre nous ne connaissaient pas. Nous n'avions certainement aucune idée de la gravité et des effets dévastateurs de ce phénomène.
Je vis depuis longtemps dans le Grand Vancouver et la vallée du Fraser, et je n'ai jamais vu autant de pluie. En fait, il a tellement plu que des records de pluie ont été battus dans 20 collectivités locales. Par exemple, Abbotsford a reçu 173 millimètres de pluie en 24 heures; Chilliwack en a reçu 219 millimètres et Hope, 252 millimètres, et ce, en même temps, et les dégâts ont été considérables.
Les ruisseaux et les rivières ont dévalé le flanc des montagnes, inondé leurs berges et déferlé dans les plaines inondables. Les versants gorgés d'eau se sont effondrés et se sont transformés en coulées de boue et de roches qui ont enseveli et détruit des routes et des ponts, des voies ferrées, des lignes de télécommunication et de transport d'électricité ainsi que d'autres infrastructures essentielles. Tous les ponceaux, les conduits d'évacuation et les fossés débordaient. Des routes ont été fermées après la formation de flaques et de mares gigantesques sur la chaussée à de nombreux endroits dans toute la région. Des digues ont cédé dans bien des cas, en particulier à Abbotsford. La station de pompage de Barrowtown a été submergée et a failli s'écrouler. Des maisons, des entreprises et des fermes ont été inondées. On a dû évacuer des localités entières, comme Merritt et Princeton.
Les inondations ont également provoqué des explosions et au moins un incendie a détruit à tout le moins une entreprise à Abbotsford. Des fosses à fumier ont été endommagées et ont commencé à contaminer les eaux de crues qui s'accumulaient sur les terres environnantes. La nourriture a manqué pour le bétail et des milliers de bêtes se sont noyées ou ont dû être euthanasiées.
Dans certaines localités, le système d'égout et d'aqueduc en entier a débordé et a été détruit. Des véhicules, de l'équipement et d'autres biens ont été emportés, et, dans toute la province, 17 000 personnes ont dû être évacuées. Des villes comme Hope, Lytton et Chilliwack ont été complètement isolées, toutes les routes de transport étant bloquées, du moins temporairement. À certains endroits, les rayons des magasins ont été vidés de leur contenu par des gens qui faisaient des réserves ou qui, hélas, dans des cas isolés, les ont pillés.
Dans ma ville natale, Abbotsford, tout est allé de mal en pis, et la situation est devenue désespérée. Des maisons bâties à flanc de colline ont été inondées lorsque les gouttières et les tuyaux de descente ont débordé à cause des pluies trop abondantes. Ensuite, la rivière Sumas a créé des brèches dans les digues qui avaient été construites pour drainer la prairie Sumas il y a quelque 100 ans. Comme si ce n'était pas assez grave, le fleuve Nooksack, dans l'État de Washington, au sud, a aussi commencé à sortir de son lit et ses eaux ont traversé la frontière canadienne et envahi la prairie Sumas. Les rives et les chaussées ont succombé à l'érosion, compromettant les mesures de protection contre l'inondation et la sécurité de ceux qui devaient circuler sur les routes.
Au fur et à mesure que les inondations s'intensifiaient, notre priorité était la sécurité des gens, suivi de près par le sauvetage d'animaux et, enfin, la protection des propriétés. Un appel à l'aide général a été lancé et notre collectivité a répondu très généreusement. Des dirigeants municipaux locaux, encouragés par l'exemple du maire Braun, et les Services de soutien d'urgence de la Colombie-Britannique ont supervisé la réponse logistique sur le terrain et ont encadré l'évacuation de centaines de personnes vers des lieux plus secs. Les Forces armées canadiennes sont aussi venues contribuer à cet effort en évacuant des personnes et des animaux des zones inondées et en transportant de l'équipement et de la nourriture pour animaux là où on en avait le plus besoin. Les agriculteurs de partout se sont entraidés pour déplacer le bétail vers des endroits plus secs et pour nettoyer les résidences et les bâtiments inondés.
Une histoire a d'ailleurs fait les manchettes à l'échelle nationale. Les députés auront peut-être du mal à le croire, mais un de nos résidants a utilisé sa motomarine pour tirer du bétail hors des eaux de crue. Des organisations comme les églises locales ont fourni de la nourriture et un abri aux personnes qui en avaient besoin. Des organisations comme Archway, l'Armée du Salut, le Comité central mennonite et la Croix-Rouge ont également fourni de la nourriture, un abri, des vêtements et de l'aide psychologique, tout comme des bénévoles, qui ont accueilli chez eux et nourri des voyageurs coincés à des endroits comme Hope.
L'industrie du camionnage s'est mobilisée et des camions à benne ont transporté des centaines et des centaines de chargements de matériaux de remblayage jusqu'au chemin no 4 pour colmater la brèche dans la digue qui contient l'eau en provenance de la rivière Sumas, ce qui a enfin permis à la prairie de commencer à s'assécher. Heureusement, les employés municipaux, les bénévoles et les membres des Forces armées ont pu empiler des sacs de sable et maintenir en activité la station de pompage de Barrowtown. Dieu merci. Même les artistes Rosemary Siemens et Eli Bennett ont diverti gratuitement les résidants déplacés dans l'édifice Tradex d'Abbotsford.
J'ai fait partie d'un groupe de députés de la région qui se sont rendus à Ottawa pour rencontrer certains ministres fédéraux responsables de la réponse d'urgence du gouvernement du Canada à la suite des inondations, y compris le ministre de la Protection civile, que je remercie de sa participation à la réunion, et le ministre responsable de l’Agence de développement économique du Pacifique Canada. Ce dernier a écouté ce que nous avions à dire sur cette terrible catastrophe qui touche un grand nombre de collectivités de la Colombie-Britannique.
Nous sommes profondément reconnaissants envers les milliers de Canadiens qui ont manifesté leur soutien en contribuant au fonds d'aide et participé aux efforts de rétablissement. Je remercie tout spécialement l'Université de la vallée du Fraser, la Abbotsford Community Foundation et la Chambre de commerce d'Abbotsford d'avoir mis sur pied le fonds d'aide d'urgence afin de gérer l'élan de générosité des Canadiens d'un bout à l'autre du pays. Je tiens à le répéter. Il s'agit du fonds d'aide d'urgence d'Abbotsford. Tous ceux qui veulent de l'information peuvent en trouver en ligne avec une recherche sur Google. Encore une fois, je suis profondément reconnaissant envers les Canadiens d'un bout à l'autre de notre beau pays de leur soutien, que ce soit par des livraisons, des dons ou toute autre forme d'aide.
Cette catastrophe entraîne de sérieuses répercussions économiques. Les deux principales lignes de chemin de fer, le CP et le CN, ont été sévèrement endommagées et il faudra un certain temps avant de les réparer. La bonne nouvelle est que le CP a réussi à faire rouler des wagons à nouveau aujourd'hui et je crois comprendre que le CN pourra le faire demain. C'est toujours agréable de voir une lueur d'espoir à l'horizon.
Je précise également que les routes 1, 3, 5 et 7, qui ont été gravement endommagées par des pierres et des glissements de terrain, sont fermées depuis des jours. D'ailleurs, il faudra beaucoup de temps avant que la route Coquihallala, ou route 5, soit remise en état. C'est un désastre.
Par ailleurs, sur le plan logistique, le port de Vancouver, soit le plus grand port du pays, a été coupé du reste du pays, de telle sorte qu'une grande partie des marchandises qui entrent au port et qui en sortent quotidiennement, et dont la valeur est évaluée à 550 millions, sont coincées là-bas. Pensons-y. Chaque jour, des marchandises d'une valeur de plus d'un demi-milliard sont coincées là-bas. En ce moment, il est impossible de transporter des produits de consommation et des aliments par camion et par train vers l'est, au-delà des Rocheuses.
Nombre de Britanno‑Colombiens oublient également que 50 % des revenus agricoles de la Colombie‑Britannique viennent d'Abbotsford. Cette ville est le centre agricole de la province, et une grande partie de ce secteur est paralysé. Par exemple, à mesure que les inondations se sont aggravées, les agriculteurs ont eu de plus en plus de difficulté à acheter des aliments pour leurs bovins, leurs poulets et d'autres animaux d'élevage. Des producteurs laitiers désespérés se sont empressés d'amener leurs vaches sur un terrain élevé et ont dû finalement se débarrasser de leur lait parce qu'il n'y avait aucune façon de l'acheminer vers les transformateurs, et ces derniers n'avaient également aucun moyen d'acheminer leurs délicieux produits vers d'autres marchés canadiens.
Des écoles ont été fermées, puisque les enseignants n'arrivaient pas à traverser la zone inondée pour aller rejoindre leurs élèves dans un autre secteur de notre région. Des entreprises et des commerces de la zone inondée ou à proximité de celle-ci ont dû cesser leurs activités, du moins temporairement.
Dans certains secteurs de notre région, la circulation a été gravement paralysée puisque des voies de circulation majeures ont été fermées à cause des dommages causés aux routes et à leurs assises. Cela comprend notamment la Transcanadienne, la route 1, qui nous relie au reste du Canada. Lorsque le niveau de l'eau baissera, il faudra du temps pour que les ingénieurs déterminent l'intégrité structurale de cette route importante. Des dizaines de milliers de voitures et de camions empruntent normalement cette route chaque jour.
Il y a également des conséquences économiques majeures, étant donné que le commerce habituel est gravement perturbé. D'ailleurs, les contraintes de la chaîne d'approvisionnement, qui existaient déjà et qui causaient d'importantes pressions inflationnistes sur notre économie de même que pour l'ensemble des Canadiens, ont été exacerbées par ces inondations. Il faudra des années pour évaluer les dommages économiques que ces inondations auront imposés à notre pays. Qu'il suffise de dire que les dommages et les coûts correspondants atteindront plusieurs milliards de dollars.
Quelles sont les conséquences du point de vue humain? Ce sont peut-être les pires. Malheureusement, au moins quatre personnes ont trouvé la mort à cause de cette rivière atmosphérique. L'éducation des enfants a été perturbée. Des entreprises ont été gravement endommagées, voire détruites. Des familles ont perdu leur maison avec leurs souvenirs. Il faudra rebâtir ou rénover. Dans bien des cas, il n'y a pas d'assurance, ou celle-ci est insuffisante pour remplacer ce qui a été perdu.
Certaines personnes ne peuvent plus travailler à cause des inondations. En un mot, la vie en général des gens est bouleversée. Après la COVID, c'est la météo qui s'en mêle. Les conséquences sur la santé mentale et émotionnelle des gens seront énormes.
Où en sommes-nous? Le ministre a tout à fait raison d'affirmer que le niveau de l'eau commence à baisser. Malheureusement, d'autres tempêtes s'en viennent. La première devrait d'ailleurs frapper ce soir. Ce n'est pas une bonne nouvelle, surtout qu'elle pourrait être suivie de quelques autres tout de suite après.
Nous ne sommes pas sortis de l'auberge. Nous ne savons pas exactement ce qui nous pend au bout du nez, mais la pression sur les digues, les pompes et les systèmes de drainage va encore augmenter. Les agriculteurs et les propriétaires évacués commencent à nettoyer leurs maisons et leurs étables, en se croisant les doigts pour que les choses ne continuent pas à empirer.
Comme on peut s'en douter, il y a des débris en décomposition partout, y compris des bidons, des barils et des contenants à l'intérieur desquels se trouvent toutes sortes de substances inconnues — et probablement toxiques, au moins dans certains cas. Nous savons que l'eau charrie des pesticides sur la prairie Sumas, ce qui est loin d'être encourageant. On estime qu'environ 2 000 bêtes sont mortes à cause des inondations, et les carcasses devront être enlevées et éliminées rapidement. Des nappes de pétrole ont été aperçues du haut des airs, et les autorités tentent actuellement d'en trouver la source.
Il y a d'autres bonnes nouvelles. La route 7 est partiellement ouverte et la route 3 est de nouveau ouverte. J'espère qu'au moins une ou deux voies de la route transcanadienne seront bientôt ouvertes à la circulation. Aussi, dans la même veine, à Barrowtown, dernier bastion avant les débordements de l'impétueux fleuve Fraser, les pompes sont toujours opérationnelles, tandis que la digue de la rivière Sumas a été réparée de façon temporaire et tient le coup.
Malheureusement, certains choisissent ces temps difficiles où nous devons être solidaires pour jeter publiquement le blâme sur autrui. Ils sont très peu, mais ils sont là. Certes, le moment de désigner les coupables viendra. Tout le monde peut être blâmé pour notre incapacité à bien nous préparer à cet événement. Toutefois, à l'heure actuelle, comme l'a dit à maintes reprises mon collègue de Mission—Matsqui—Fraser Canyon, tout le monde doit mettre la main à la pâte et adopter une approche apolitique face à cette catastrophe. Je remercie également le ministre pour ses remarques. Il est manifestement partie prenante d'une telle approche. Nous ne faisons donc qu'un dans notre volonté d'aider les résidants de la vallée du Fraser et du reste de la Colombie‑Britannique à se remettre de cet événement.
Que nous a appris ce colossal phénomène météorologique? D'abord, que le temps presse. Des événements de ce genre vont se produire de plus en plus souvent. Les effets des changements climatiques deviennent toujours plus évidents alors que nous sommes aux prises avec des dômes de chaleur, des incendies de forêt, des sécheresses, des pluies torrentielles et d'autres types de phénomènes météorologiques.
Deuxièmement, nous n'étions pas préparés à faire face à cet événement, même si nous aurions dû le voir venir. En fait, j'ai entre les mains un rapport datant de moins d'un an du conseil municipal d'Abbotsford. Il souligne les efforts qui ont été déployés au fil des ans pour tenter de régler les problèmes d'inondation dans cette municipalité. Le document date de moins d'un an. Tous les intervenants ont été mis à contribution. Un groupe de travail international a même été mis sur pied; il était composé de représentants du monde fédéral, provincial et municipal ainsi que d'Américains. Nous n'aurions donc pas dû être surpris. Au bout du compte, nous savions tous quels étaient les risques et nous aurions dû voir venir cette catastrophe, mais rien de concret n'a été fait.
Troisièmement, notre système d'avertissement d'urgence n'a pas été assez rapide ni rigoureux. Si les avertissements avaient été pris au sérieux, une partie des habitants auraient sûrement pu évacuer les lieux plus tôt et sauver leurs animaux et leur propriété.
Quatrièmement, nous avons aussi appris que nos digues et autres infrastructures de drainage sont beaucoup trop vieilles et insuffisantes pour gérer les futurs épisodes de la sorte. Il faudra des digues plus hautes et mises aux normes sismiques modernes. Les berges devront être renforcées pour résister aux futurs épisodes de précipitations.
Cinquièmement, nous devrons réévaluer les futurs risques d'inondation, notamment les risques que le fleuve Fraser déborde, sorte de son lit et franchisse nos digues, ce qui, providentiellement, ne s'est pas produit. Nous devrons aussi déterminer dans quelle mesure nous interdirons le dragage de ce fleuve pour préserver l'habitat du poisson. Je tiens à préciser que l'habitat est essentiel à la viabilité de nos pêches à long terme. Toutefois, il faut également tenir compte des vies humaines et des biens. La réalité est qu'un nombre croissant de barres de sable dans le fleuve Fraser redirigent le courant contre ces vieilles digues, ce qui érode les fondations de cette infrastructure vieillissante. Par conséquent, mon message aux ministres de l'Environnement, des Pêches, de l'Infrastructure, de la Sécurité publique et de la Protection civile est que le gouvernement fédéral doit agir immédiatement pour remédier à ce problème, aussi dispendieux puisse-t-il être.
Notre pays devra également se doter d'un plan d'adaptation complet pour se préparer à de tels phénomènes météorologiques à l'avenir. J'ai remarqué que le discours du Trône prononcé hier mentionne l'intention du gouvernement d'élaborer une stratégie nationale d'adaptation. C'est bien beau, mais j'espère sincèrement qu'il ne s'agit pas d'une autre promesse creuse du premier ministre pour étaler sa vertu.
Cette stratégie et le plan connexe nécessiteront des investissements massifs dans les infrastructures de l'ordre de milliards de dollars. En outre, cette stratégie devra inviter les administrations municipales à intégrer une sensibilisation accrue à cette question dans leurs processus de planification et de réglementation afin d'accroître la résilience. Enfin, les efforts de rétablissement nécessiteront un appui financier et logistique considérable de la part de tous les ordres de gouvernement.
Je sais que nous sommes tous désolés des vies emportées par cette inondation, ainsi que des pertes massives et des déplacements qu'elle a causés dans tout le Sud de la Colombie‑Britannique. Heureusement, Abbotsford ne déplore aucune perte de vie. J'ai parlé avec des gens de ma circonscription et je sais que la population n'a pas perdu espoir en un avenir meilleur, mais la responsabilité de l'avènement de cet avenir meilleur nous incombe à nous, les élus fédéraux, pour que les générations à venir puissent vivre le rêve canadien.
Dans les semaines et les mois à venir, nous, les élus conservateurs, demanderons au gouvernement libéral d'agir et de contribuer au soutien dont ont besoin les collectivités comme Abbotsford qui ont été dévastées par les inondations. Nous allons demander au gouvernement de faire des investissements réfléchis, même s'ils sont coûteux, pour protéger la population et les propriétés. Nous allons demander au gouvernement libéral de collaborer avec la province et avec les États‑Unis pour que, à l'avenir, les collectivités touchées puissent être averties plus tôt de l'arrivée de tels événements.
En terminant, même si les habitants de la Colombie‑Britannique sont reconnaissants de l'immense soutien reçu de la famille canadienne en cette période difficile, je sais avec certitude que nous aurions pu faire mieux et que nous avons encore l'occasion de le faire. Il aurait fallu mieux se préparer à une telle catastrophe; il aurait fallu mieux s'adapter et faire de meilleurs investissements à long terme en matière de sécurité publique. Nous aurions pu mieux nous soutenir les uns les autres grâce à des communications et à des échanges d'information en temps opportun.
Les ravages causés par ces pluies torrentielles auraient pu être évités, mais nous en sommes là. Tirons-en des leçons. Les générations futures comptent sur nous. Je répondrai avec plaisir aux questions de mes collègues.
Voir le profil de Jaime Battiste
Lib. (NS)
Monsieur le Président, mes prières et mes pensées accompagnent les habitants de la circonscription de mon collègue, tous comme elles accompagnent ceux de ma circonscription, Sydney—Victoria, qui a connu des pluies diluviennes; jusqu’à 200 millimètres par endroit. Ces pluies ont détruit des ponts et provoqué des inondations sans précédent.
Je suis heureux que nous parlions des leçons à tirer à la Chambre. Je me souviens d’un enseignement du chef Seattle qui vient de cette région. En 1854, il a dit: « L’homme n’a pas tissé la toile de la vie, il n’en est qu’un fil. Tout ce qu’il fait à la toile, il se le fait à lui-même. »
Je me demande bien ce que nous pouvons tirer comme leçons. Le député a mentionné que nous devons mieux nous préparer et a parlé des sommes à investir pour ce faire. Je me demande si le député pourrait nous dire quels enseignements nous devons tirer, en tant que Chambre des communes, pour améliorer le sort que nous réservons à notre environnement, cette « toile de la vie » dont nous faisons partie. Il ne s’agit pas de gérer cette « toile de la vie », mais bien de comprendre que nous en faisons partie.
Voir le profil de Ed Fast
PCC (BC)
Monsieur le Président, je répondrai que la « toile de la vie » dont parle le député fait partie d'un environnement en mutation. L'adaptation est absolument cruciale. Nous le constatons de plus en plus.
Autre leçon que je tire de ce terrible événement: le fait que nous qui sommes à l'échelon le plus élevé du gouvernement avons le pouvoir et les ressources pour nous attaquer aux problèmes en investissant d'avance et directement. Par exemple, chez nous, à Abbotsford, il n'y a pas eu d'investissements pour des travaux d'endiguement depuis les premières années du gouvernement Harper, qui a versé à la localité 6 millions de dollars, je crois, pour l'amélioration du système d'endiguement. Il ne s'agit pas d'un problème à hauteur de millions de dollars, mais à hauteur de milliards de dollars, car il touche le fleuve Fraser de Chilliwack jusqu'à Richmond. Si une brèche s'ouvrait dans ces digues, la catastrophe serait d'une ampleur inimaginable.
Investissons maintenant. Je vous implore, en votre qualité de députés ministériels, de faire comprendre à la ministre des Finances qu'il faut consacrer une part considérable du prochain budget à l'amélioration et à la modernisation de l'infrastructure existante, et prévoir des sommes plus importantes pour éviter à tout jamais que ce genre de catastrophe se reproduise.
Voir le profil de Mario Simard
BQ (QC)
Voir le profil de Mario Simard
2021-11-24 19:52
Monsieur le Président, je vais prendre juste trois secondes pour remercier mes fantastiques concitoyens de Jonquière qui m’ont réitéré leur confiance et ma conjointe, Line Vachon, communément appelée Staline, le dictateur de l’amour.
Je voudrais dire à mon collègue d’Abbotsford qu’en 1996, le Saguenay-Lac‑Saint‑Jean est passé par la même épreuve. Je veux lui réitérer mon soutien. Je me rappelle qu’après 1996, il y avait quelque chose dont on n’a pas parlé ce soir. Beaucoup de gens ont eu des problèmes traumatiques. Une chaire de recherche a été constituée à l’Université du Québec à Chicoutimi pour les traumatismes semblables et les problèmes de santé mentale. Cela me fera plaisir, s’il le souhaite, de le mettre en contact avec ces gens-là. J’aurai grand plaisir aussi à distribuer l’information. Il nous a parlé d’un fonds d’Abbotsford. Ce serait intéressant que tous les parlementaires puissent distribuer cette information‑là.
Voir le profil de Ed Fast
PCC (BC)
Monsieur le Président, je remercie le député de ses généreuses observations et j'accepte son offre. Je lui saurais gré de bien vouloir me transmettre ces renseignements. Je ne pense pas qu'il m'a posé de question.
J'ai l'impression que tous les députés comprennent bien que ce type de crise peut être évité. Certes, on ne peut rien contre les intempéries, mais nous pouvons certainement agir pour nous attaquer au problème des changements climatiques. Il n'en reste pas moins que ces événements se produiront encore plus régulièrement. Nous disposons d'outils qui nous permettent de réduire ou d'éliminer complètement les préjudices causés aux personnes et les dommages aux biens. Unissons nos efforts pour utiliser ces outils. En agissant de la sorte, nous rendrions un grand service à nos concitoyens et aux Canadiens.
Voir le profil de Laurel Collins
NPD (BC)
Voir le profil de Laurel Collins
2021-11-24 19:54
Monsieur le Président, il s'agit du troisième état d'urgence déclaré en Colombie‑Britannique cette année seulement. La crise climatique sévit et elle fait mal aux collectivités. Elle chasse des gens de chez eux et elle fauche des vies. Il faut dépenser autant que nécessaire pour gérer les catastrophes, s'y adapter et aider les collectivités touchées. Il ne faut pas non plus lésiner sur la dépense pour lutter contre la crise climatique et réduire les émissions. Cela dit, en ce qui concerne la réduction des émissions, le Canada a le pire bilan de tous les pays du G7.
Le député est‑il d'avis que le gouvernement doit prendre immédiatement des mesures audacieuses pour faire face à la crise climatique et contribuer à prévenir les catastrophes comme celle qui touche actuellement ma province?
Voir le profil de Ed Fast
PCC (BC)
Monsieur le Président, il s'agit bien de notre province.
Je suis d'accord avec la députée pour dire que le gouvernement n'a jamais réussi à atteindre les objectifs qu'il s'est fixés au fil des ans, ce qui ne l'a pas empêché de viser plus haut. Bien sûr, il n'est pas près d'atteindre ces objectifs et, pourtant, il s'est donné pour cible d'atteindre la carboneutralité d'ici 2050. Le premier ministre sait qu'il ne sera pas là pour défendre ou justifier son échec. C'est facile de se draper dans la vertu et de fixer des objectifs que les libéraux n'atteindront jamais, comme ils le savent déjà.
Je crois que nous sommes maintenant prêts, en tant que Canadiens, à faire preuve de fermeté, à mettre en place un plan qui établit des objectifs réalistes et à prévoir des mesures concrètes pour les atteindre.
Je sais que le premier ministre dira que son plan nous permettra d'y arriver. Or, à en juger par son bilan, rien ne laisse présager que les résultats qu'il obtiendra à l'avenir seront à la hauteur de ces promesses. Voilà le critère dont je tiens compte. Qu'a‑t‑il fait dans le passé, et que fera‑t‑il à l'avenir? Son bilan ne nous donne pas beaucoup d'espoir. J'espère que le premier ministre fera mieux à l'avenir, mais pour l'instant, nous avons affaire à une politique climatique ratée de la part du gouvernement.
Voir le profil de Mike Morrice
PV (ON)
Monsieur le Président, n'ayant pas eu l'occasion de le dire plus tôt cette semaine, j'aimerais commencer par vous offrir, au nom du Parti vert, mes plus sincères félicitations pour votre élection. Votre rôle durant cette 44e législature est d'une importance cruciale, et je sais que vous vous en acquittez déjà avec grâce et intégrité.
Au moment où je prends la parole, c'est la première fois que je le fais et je suis frappé par le caractère sacré de cet espace qu'est la Chambre des communes.
Aussi longtemps que j'aurai l'honneur de siéger à la Chambre, j'espère ne jamais perdre ce sentiment d'émerveillement parce qu'il s'accompagne d'un sens des responsabilités à l'égard du fait de discuter de manière constructive, d'être en désaccord sans être désagréable et, surtout, d'être respectueux. Je tiens aussi à remercier publiquement mes concitoyens de Kitchener-Centre de m'avoir accordé leur confiance.
Ma question ce soir reprend une question que la députée de Victoria a posée hier. Les combustibles fossiles sont la source principale de la crise climatique: ils sont responsables de plus de 75 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. C'est pourquoi nous devons diminuer notre consommation de pétrole, de gaz et de charbon en suivant les recommandations des scientifiques, comme ceux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.
Au Canada, cela représente une réduction d'au moins 60 % d'ici 2030, et nous devons être honnêtes avec nous-mêmes. C'est la combustion de combustibles fossiles qui, à son tour, alimente l'urgence climatique et le phénomène météorologique extrême qui a mené au présent débat d'urgence et engendré des pertes de vie et la destruction d'infrastructures en Colombie‑Britannique. Toutefois, au beau milieu de cet état d'urgence, le gouvernement fédéral continue de subventionner le secteur canadien des hydrocarbures: il lui a versé environ 17 milliards de dollars en 2020.
Le député ne convient-il pas qu'il est temps de réinvestir ces fonds dans les travailleurs de l'industrie des hydrocarbures, dans leur avenir et dans les collectivités les plus durement touchées, qui ont besoin de l'argent non seulement pour se rétablir, mais aussi, comme le député l'a mentionné, pour s'adapter?
Voir le profil de Ed Fast
PCC (BC)
Monsieur le Président, je suis un peu déçu par la question du député. Nous débattons ici de ce qui est peut-être la catastrophe de notre vie, une catastrophe sans précédent qui frappe tout le Sud de la Colombie-Britannique. Il ne s'agit pas d'une lutte à propos du pétrole et du gaz. Il s'agit des habitants d'Abbotsford, de la vallée du Fraser, du canyon du Fraser et de l'intérieur de la Colombie-Britannique qui souffrent énormément en ce moment.
En ce moment, ces gens ne veulent pas débattre du pétrole et du gaz. Ce qu'ils veulent, c'est que le gouvernement leur assure qu'il sera là pour eux. Ils veulent que le gouvernement leur dise qu'à l'avenir, il préconisera les types d'investissement en matière d'infrastructures qui leur garantiront que la situation actuelle ne se reproduira plus jamais.
Voir le profil de Kristina Michaud
BQ (QC)
Monsieur le Président, je vous félicite pour votre réélection à la présidence.
Puisque c'est la première fois que je prends la parole en cette 44e législature, je vais en profiter pour remercier les gens d'Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia qui ont réitéré leur confiance en moi. J'apprécie beaucoup cette confiance.
Je veux également remercier mes collègues du Parti vert d'avoir demandé le débat d'urgence de ce soir. J'apprécie beaucoup la présence du premier ministre, du ministre de la Protection civile et du ministre de l’Environnement et du Changement climatique.
Au nom du Bloc québécois, je veux exprimer ma solidarité envers toutes les personnes touchées par la catastrophe actuelle. Je veux que ces personnes sachent que nous sommes disposés à collaborer avec l'ensemble des parlementaires afin de nous assurer que les citoyens de la Colombie-Britannique reçoivent l'aide appropriée.
Comme on le sait, des pluies diluviennes ont engendré des inondations dans la région de la vallée du Fraser, qui ont déjà coûté la vie à quatre personnes et ont des conséquences sérieuses sur les infrastructures. Cette rivière atmosphérique a déversé 300 mm de pluie en deux jours, les 14 et 15 novembre derniers, et la région continue de subir du mauvais temps.
Ce qu'on comprend, c'est que le sol n'absorbe plus l'eau. L'eau glisse au lieu d'être absorbée et elle détruit tout sur son passage. Il s'agit d'une conséquence naturelle d'un déséquilibre de la nature, qui découle des feux de forêt que la Colombie-Britannique a connus il y a quelques mois. De surcroît, selon Environnement Canada, une nouvelle tempête devrait frapper la région ce soir, laissant tomber de 40 à 80 mm de pluie.
Les inondations de la Colombie-Britannique pourraient devenir la catastrophe naturelle la plus coûteuse dans l'histoire du Canada. Je réitère que nos cœurs sont avec les gens de la Colombie-Britannique. Nous sommes loin, mais nous avons pu constater virtuellement l'ampleur des dégâts et à quel point cela fait mal. J'ai vu des vidéos d'agriculteurs en motomarine sur ce qu'il reste de leurs champs, en train d'essayer de sauver leurs bêtes. Des milliers d'animaux y sont restés et l'importante production laitière et aviaire en a gravement souffert.
Les voies de communication routières reliant le sud de la Colombie-Britannique au reste du Canada sont rompues. La grande ville de Vancouver est coupée du reste du pays, c'est absolument incroyable. Une centaine de communautés autochtones ont été touchées et plusieurs attendent du ravitaillement par hélicoptère. D'ailleurs, je veux saluer les équipes qui sont sur le terrain jour et nuit pour apporter du soutien humanitaire aux communautés touchées.
La vice-première ministre a annoncé que le gouvernement fédéral fournirait une aide financière pour la reconstruction à venir, une décision que nous saluons également.
C'est dans de telles circonstances qu'on comprend l'importance de se serrer les coudes, l'importance de prévenir et de reconstruire, mais aussi l'importance d'être plus résilient.
Que la catastrophe actuelle soit liée directement ou indirectement aux changements climatiques n'est pas l'objet du débat de ce soir. Le fait est que les phénomènes climatiques extrêmes et leurs effets sur nos modes de vie et nos sociétés ne vont que se multiplier sous l'effet des changements climatiques. La catastrophe qu'on voit présentement en Colombie-Britannique illustre tristement les défis que l'avenir nous réserve. La multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes exige que soient accélérées et bonifiées les actions publiques qui visent à réduire les émissions de gaz à effet de serre pour contrôler la hausse de la température à l'échelle mondiale, ce qu'on appelle la mitigation, et les actions qui visent l'adaptation aux effets des changements climatiques, comme la mise à niveau des infrastructures, ce qu'on appelle l'adaptation.
Il faut maintenant et tout de suite mettre davantage d'efforts et de moyens financiers dans la mitigation et l'adaptation. En fait, il fallait le faire hier. Aujourd'hui, en Colombie-Britannique, il est temps de réparer les dégâts et d'être solidaire, mais il faut également se tourner vers l'avenir et se préparer à davantage de situations similaires: on ne peut pas se permettre de ne pas le faire.
Comme je le disais plus tôt, il est difficile pour le moment d'évaluer si ces événements sont directement liés à la crise climatique. Cependant, force est de constater que les grandes sécheresses qui ont mené aux feux de forêt il y a tout juste quelques mois et les inondations actuelles ne sont probablement et malheureusement pas le fruit du hasard.
Cela étant dit, que faire maintenant? Que faire pour prévenir? C'est une question qu'il faut se poser et que le gouvernement doit se poser.
Je reviens tout juste de la COP26, tenue à Glasgow en Écosse, où les intentions étaient tellement bonnes et tout le monde de bonne foi. On a même eu une journée thématique sur l'adaptation et l'atténuation. Il en est certes ressorti de bonnes choses et des promesses ambitieuses, mais certainement rien pour nous préparer à court terme à faire face à des situations comme celle-ci. C'est pourquoi, au Bloc québécois, nous voulons insister sur l'importance d'une transition énergétique.
Oui, on sait que cela va coûter cher, mais ne pas la faire va nous coûter encore plus cher, financièrement et humainement parlant. On doit profiter de la relance de l’économie pour repérer cette plus que nécessaire transition énergétique et construire une société plus résiliente à l’égard des conséquences des changements climatiques, notamment la fréquence des événements climatiques extrêmes.
Dès l’été 2020, le Bloc québécois a élaboré un plan de relance verte. Lors de la dernière campagne électorale, nous avons proposé la création d’un fonds dédié à la protection des rives et à la lutte contre l’érosion. Nous ne pouvons pas nous empêcher de déplorer que le gouvernement se dise être leader dans la lutte contre les changements climatiques, mais qu’il n’applique pas dans les faits les changements qui s’imposent pour opérer la transition énergétique et la sortie des énergies fossiles.
Hier, on a eu droit à un discours du Trône. Après des élections dont on met encore en doute la pertinence, on se demande pourquoi c’était si urgent d’ouvrir une nouvelle législature, avec un Parlement sensiblement pareil qui est confronté aux mêmes problèmes qu’avant les élections. Finalement, on a juste perdu du temps et en temps de crise climatique, on ne le répétera jamais assez, on a peur de manquer de temps.
Les pays insulaires, les pays en développement, les pays les plus pauvres, ceux qui émettent le moins de gaz à effet de serre, mais ironiquement ceux qui sont les plus touchés par les conséquences des changements climatiques, ont peur de manquer de temps. Les éternels optimistes ont peur de manquer de temps et les scientifiques savent qu’on va manquer de temps. On va manquer de temps si on ne change pas le cap. On va manquer de temps si on continue dans la même direction. C'est une lubie de penser qu’on va être en mesure de plafonner les émissions de gaz à effet de serre, quand l’industrie canadienne du pétrole annonce qu’elle va augmenter sa production dans les prochaines années. On s’en va tout droit dans un mur. On ne met pas les efforts à la bonne place. Il y a tant à faire. On s’attendait au moins à quelque chose, n’importe quoi. Les propos vagues et la vacuité du discours du Trône au chapitre des actions climatiques concrètes ne sont pas du tout rassurants.
Je me permets de rappeler que le Québec est un leader dans la lutte contre les changements climatiques. Il a tous les atouts nécessaires pour faire la transition écologique et pour construire une véritable économie verte et résiliente. Le reste du Canada devrait prendre exemple. À long terme, continuer d’investir dans les énergies fossiles ne sera pas bon pour l’économie canadienne. Il faut changer nos façons de faire maintenant.
Quand on parle d’adaptation, d’atténuation ou de mitigation, on ne peut pas le faire sans parler d’infrastructure. Les régions du Québec comme partout ailleurs, particulièrement en Colombie-Britannique, les derniers mois nous l’ont prouvé, ont des besoins en matière d’adaptation aux changements climatiques. L’érosion des berges et le recul des rives en sont un exemple. Nos régions ne sont pas non plus à l’abri des effets dévastateurs des catastrophes naturelles. La lutte contre les changements climatiques doit être fondée à la fois sur la mitigation et l’adaptation aux impacts de ces changements.
D’ailleurs, le recul des rives et l’érosion font l’objet d’une action politique soutenue du Bloc québécois depuis des années. Cela me permet de rappeler qu’il existait auparavant un programme fédéral qui servait à financer la protection des rives. Il fut aboli et n’a jamais été réactivé. Nous avons proposé, lors des dernières élections, la création d’un fonds dédié à la lutte contre l’érosion et un financement annuel de 250 millions de dollars. Le financement doit être récurrent et prévisible.
En Gaspésie, dans la municipalité de Saint-Maxime-du-Mont-Louis, la route 132 s’est affaissée et a été emportée par la mer. C’est le genre d’événement qui risque de se reproduire.
Il ne faut pas essayer d’acheter une maison sur le bord du fleuve à Sainte-Luce-sur-Mer dans ma circonscription. Il n’y a pas une compagnie d’assurance qui va vouloir l’assurer. Elles savent que la maison est à risque et qu’un jour ou l’autre elle sera complètement inondée. C’est arrivé en 2010. Dans cette municipalité et à Saint-Flavie, toujours dans ma circonscription, des dizaines de maisons ont été inondées et des dizaines de familles ont été déplacées. C’est ce qui se passe en ce moment même en Colombie-Britannique. Des milliers de personnes sont touchées par ces inondations.
C’est pour cela qu’il ne suffit pas de réparer les dégâts des incidents climatiques. Il faut les prévenir. Les sommes de 3 milliards de dollars sur 10 ans investies pour le Fonds d’atténuation et d’adaptation en matière des catastrophes climatiques sont malheureusement insuffisantes pour construire des infrastructures susceptibles de contrer les effets négatifs des changements climatiques.
Le discours du Trône parle d’investissement pour prévenir et prévoir certains effets négatifs des changements climatiques et d’une stratégie nationale d’adaptation. Il faudra s’assurer que le gouvernement travaille avec les provinces et avec le Québec, plutôt qu’en confrontation. Il faut travailler ensemble.
Cela m’amène à parler de mitigation. On critique depuis longtemps le fait que le Canada n’a jamais atteint ses cibles de réduction de gaz à effet de serre et continue de subventionner massivement l’industrie canadienne du gaz et du pétrole, plutôt que d’investir dans les énergies renouvelables et le développement de l’économie verte.
Malheureusement, la grande force de ce gouvernement en matière climatique est sa formidable capacité à annoncer des cibles et à faire des promesses pour avoir l'air de faire quelque chose d'autre que de financer les combustibles fossiles et les autres industries à haute intensité carbonique à l'aide de nos impôts.
Il ne suffit pas de prononcer les mots « lutte contre le changement climatique » ou « croissance verte » ou « emplois verts » pour avoir une politique et un plan d'action concret qui permet réellement de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d'opérer la transition. Le gouvernement libéral doit avoir le courage de tourner le dos aux hydrocarbures.
Annoncer des cibles sans données probantes à l'appui et afficher des intentions n'a aucune valeur réelle. Ce qu'il faut, ce sont des mesures, des gestes et un plan crédible et transparent. Au‑delà des promesses, on l'attend encore, ce plan.
J'ai envie de poser cette question au gouvernement: s'il est prêt à affirmer qu'il ne faut plus autoriser aucun nouveau projet de développement d'hydrocarbures sur l'ensemble du territoire et qu'il faut réduire graduellement la production des hydrocarbures, croit‑il que l'ensemble du Canada devrait emboîter le pas au gouvernement du Québec, qui a annoncé la véritable fin des hydrocarbures?
Les députés libéraux voudront répondre à cette question en répétant probablement leur promesse visant le plafonnement des émissions du secteur gazier et pétrolier. Cependant, leur promesse ne vise pas la sortie graduelle du charbon, du gaz et du pétrole. Elle prétend que ces industries peuvent être viables écologiquement en réduisant l'intensité carbonique de leur production. Ils vont assurément nous dire que cela ne relève pas de leurs compétences, mais ils ont tout de même acheté un pipeline.
Cela me fait penser à ce qui est ressorti du Pacte de Glasgow pour le climat. Après 10 jours de négociations, on a pondu un texte qui ne faisait même pas mention des énergies fossiles. Rien, pas un mot ou pas une phrase qui reconnaissait que l'exploitation des énergies fossiles est l'un des grands responsables de la crise climatique. Évidemment, on a protesté, tout comme la société civile. On les a finalement inclus dans le texte, dans une belle grande phrase qui ne veut pas dire grand-chose, au bout du compte, les pays s'engagent à « intensifier les efforts vers [...] la sortie des subventions inefficaces aux énergies fossiles ».
D'abord, intensifier les efforts ne nous contraint même pas à faire des efforts en soi, et le mot « inefficaces » laisse entendre qu'il existe des subventions efficaces. Quel non‑sens! C'est décourageant.
Sincèrement, je me demande où était le Canada quand c'était le temps de s'opposer aux amendements de dernière minute de la Chine et de l'Inde. Je me demande, comme le dit si bien mon chef, où était la colonne vertébrale des représentants du gouvernement du Canada pour se lever, se tenir debout et s'opposer à ce genre de déclaration édulcorée qui légitime l'aide des États aux industries les plus polluantes en pleine crise du climat. Avec ce texte-là, on dit essentiellement aux gouvernements de près de 200 pays que c'est correct et que l'on peut continuer à financer la crise climatique.
C'est ce qui ressort d'une conférence mondiale sur le climat, dont le but était de tout mettre en œuvre pour limiter le réchauffement climatique mondial à 1,5 degré Celsius. En continuant de subventionner le pétrole, le gaz ou le charbon, on n'y arrivera pas.
Tant qu'à être dans les mesure climatiques du gouvernement, les libéraux s'engagent enfin à abolir les subventions aux énergies fossiles après avoir accordé 10,7 milliards de dollars par année à l'industrie des combustibles fossiles, et c'est sans compter les coûts faramineux de Trans Mountain.
Enfin, il y a toujours une attrape. Il y a malheureusement lieu de craindre les nouvelles formes que prendront ces subventions. Déjà, le Bureau du vérificateur général demandait au gouvernement, en 2019, de définir ce qu'il entendait par l'expression « subvention inefficace ». C'est un exercice de définition que le ministère des Finances s'est refusé à faire.
Avec cette nouvelle promesse libérale, il y a donc lieu de craindre que les nouvelles subventions aux combustibles fossiles soient désormais des subventions camouflées. Pire, c'est désormais au nom de la lutte contre les changements climatiques que les contribuables verseront leur argent aux compagnies pétrolières et gazières canadiennes. Combien le Canada va‑t‑il engloutir d'argent pour aider les pollueurs à moins polluer, plutôt que d'aider les entreprises innovantes à créer l'économie de l'avenir?
La stratégie de l'hydrogène « gris » du Canada et les promesses douteuses des technologies de captation, d'utilisation et stockage du carbone nous laissent déjà envisager la facture salée de l'inaction de ce gouvernement.
On paie déjà des millions de dollars pour développer des technologies non éprouvées qui seraient implantées dans des années, donc trop tard pour aider le Canada à atteindre son objectif de réduction des gaz à effet de serre pour 2030. Tout cela pour produire du gaz et du pétrole soi-disant moins polluant, plutôt que de faire la vraie transition écologique et énergétique.
Si c'est cela la lutte contre les changements climatiques pour le gouvernement, on doit apprendre dès aujourd'hui à relativiser les propositions toutes faites qui mettent en avant, avec de gros chiffres, les dépenses qu'effectue ce gouvernement au nom de la lutte contre les changements climatiques. Ces investissements, ce sont les nouvelles subventions camouflées à l'industrie canadienne du gaz et du pétrole.
Sont-ils prêts donc à opérer la véritable transition énergétique? Si oui, peuvent-ils, ici même à la Chambre, s'engager à mettre définitivement fin à l'industrie canadienne du gaz, du charbon et du pétrole? Peuvent-ils dire que le pétrole vert n'existe pas? C'est ce genre de paroles que nous aimerions entendre.
Aujourd'hui, je le répète, il faut être solidaire envers la Colombie‑Britannique plus que jamais. Le fédéral, j'ose espérer, sait ce qu'il doit faire pour aider à court terme cette région, mais il doit également mettre en œuvre maintenant un plan pour prévenir les événements climatiques extrêmes comme celui-ci, qui seront de plus en plus nombreux à l'avenir.
Je réitère l'ouverture du Bloc québécois à travailler avec les parlementaires pour offrir immédiatement le soutien nécessaire et pour trouver les solutions que l'on devra mettre de l'avant demain.
Voir le profil de Dan Albas
PCC (BC)
Monsieur le Président, c'est un plaisir certain de prendre la parole. Je remercie ma collègue du Québec de sa sympathie envers les Britanno-Colombiens qui traversent une période très difficile.
Bien que le débat doive se concentrer sur ce point, son intervention a permis d'élargir un peu la portée de nos échanges. Avant de poser ma question, je tiens à dire que je suis d'accord avec elle. Dans le discours du Trône, le gouvernement a parlé d'une stratégie d'adaptation qui devrait être mise en œuvre en 2023. C'est ce même gouvernement qui a promis en 2019 de planter deux milliards d'arbres. Ma famille a planté plus d'arbres que le gouvernement ne l'a fait dans le cadre de cette initiative.
La députée a mentionné que le Bloc n'appuie pas l'utilisation de subventions pour l'exploitation du pétrole et du gaz au Canada. Est‑ce qu'elle et le Bloc croient que le captage, l'utilisation et le stockage du carbone comptent comme une subvention?
Voir le profil de Kristina Michaud
BQ (QC)
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question. J'apprécie ce qu'il a mentionné. Je sais que nous sommes d'accord sur plusieurs points étonnamment.
Les 2 milliards d'arbres étaient écrits quelque part quand cela a été annoncé par le gouvernement libéral. Dans le discours du Trône, il n'y avait pas grand-chose d'écrit. C'est donc un petit peu difficile de voir et de lire entre les lignes ce que ce plan et cette stratégie d'adaptation vont être. Comme je le disais, ces subvention pour aider les pollueurs à polluer moins est-elle efficace? Malheureusement, je ne le pense pas. Je pense plutôt qu'il faut investir aujourd'hui dans des industries vertes, des industries renouvelables, qui vont nous aider à réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Je ne pense pas que c'est en continuant à mettre l'argent des contribuables dans ces technologies. On ne sait pas encore si cela sera bien ou donnera des résultats. On connaît maintenant les solutions. Le Québec en est un exemple avec l'électricité qu'il produit, notamment avec l'eau et le vent. On connaît les solutions et on pourrait certainement les mettre à profit tout en soutenant les travailleurs de ces industries.
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