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Voir le profil de Richard Cannings
NPD (BC)
Monsieur le Président, le gouvernement fédéral consacre quelques centaines de millions de dollars chaque année aux mesures d'adaptation aux changements climatiques, surtout par l'entremise du Fonds d'atténuation et d'adaptation en matière de catastrophes. Ce fonds est en permanence trop sollicité. La Fédération canadienne des municipalités affirme qu'essentiellement, le fonds devrait disposer de 10 fois plus d'argent.
Où est passée l'ambition? Nous devons être ambitieux dans ce dossier, tout comme nous devons être ambitieux pour atténuer les effets des changements climatiques.
Voir le profil de Justin Trudeau
Lib. (QC)
Monsieur le Président, l'ambition est là depuis 2015: nous avons investi des montants records dans les infrastructures, non seulement en réponse aux catastrophes, mais aussi dans les mesures d'atténuation des inondations à Calgary et ses environs. Par exemple, nous avons travaillé sur le contrôle des eaux dans l'ensemble des Prairies, et nous avons cherché à mieux reconstruire après les inondations qui se sont produites dans le centre et l'Est du Canada. Nous avons continué à investir dans notre résilience et nos capacités d'adaptation, et nous allons continuer à le faire.
Oui, le programme d'aide en cas de catastrophe peine à répondre à la demande. Nous allons continuer d'augmenter le financement afin d'aider les collectivités et les Canadiens à traverser cette période difficile.
Voir le profil de Bill Blair
Lib. (ON)
Monsieur le Président, je suis honoré d'avoir l'occasion de prendre la parole à la Chambre afin de contribuer à cette discussion avec mes collègues parlementaires sur les inondations tragiques qui frappent la Colombie‑Britannique. J'aimerais d'abord rendre hommage aux amis et aux familles de ceux qui ont perdu des êtres chers et à tous ceux qui ont été touchés par ces inondations, ces glissements de terrain et ces conditions météorologiques extrêmes. Je ne parle pas ici que des inondations que nous avons vues récemment, mais aussi de la période très difficile de l'été dernier, alors que la province connaissait des feux de forêt et autres conditions météorologiques hors du commun.
Il convient aussi de profiter de cette occasion pour exprimer nos remerciements et notre gratitude aux premiers intervenants, aux bénévoles en recherche et sauvetage, aux gestionnaires des urgences et aux membres des Forces armées canadiennes qui ont travaillé sans relâche pour assurer la sécurité des gens pendant cette période difficile. J'aimerais également rendre hommage aux dirigeants communautaires, aux maires, aux chefs de police, aux chefs des pompiers et aux citoyens ordinaires qui ont fait preuve de compassion, de courage et d'un sens civique extraordinaire en se tenant debout et en étant là pour leurs concitoyens.
J'aimerais informer brièvement la Chambre des derniers développements. La situation sur le terrain continue de s'améliorer dans l'ensemble, qu'il s'agisse de la baisse du niveau des rivières ou de la progression de l'évaluation des dommages, des réparations et du rétablissement des services et du soutien dans les collectivités. Les alertes et les avertissements sont graduellement levés à mesure que le niveau des rivières retourne à la normale. Le décret d'urgence provincial demeure en vigueur jusqu'au 1er décembre et, alors que nous continuons de travailler en étroite collaboration avec la province de la Colombie‑Britannique pour soutenir le retour à la normale, les Canadiens peuvent avoir l'assurance que le gouvernement fédéral demeure vigilant et prêt à répondre à toutes les menaces que pourrait provoquer l'actuelle situation d'urgence.
La semaine dernière, j'ai reçu une demande d'aide du gouvernement de la Colombie‑Britannique. On demandait notamment un pont aérien pour évacuer les personnes touchées par les inondations, pour rétablir les routes d'approvisionnement importantes perturbées par les inondations, pour aider les personnes vulnérables et isolées qui sont en détresse et pour envoyer du personnel afin de répondre aux impacts des inondations, notamment pour protéger les infrastructures clés, les routes d'accès et les propriétés. Je peux informer la Chambre que plus de 500 membres des Forces armées canadiennes ont répondu à l'appel et ont été déployés pour offrir du soutien et des services aux habitants de la Colombie‑Britannique.
Nous avons aussi coordonné les efforts de communications en collaboration avec le gouvernement de la Colombie‑Britannique et nos collègues afin que les gens soient suffisamment informés pour prendre les mesures nécessaires pour assurer leur sécurité et se remettre de cette situation très difficile. Nous sommes toujours déterminés à renforcer et mettre en œuvre les normes nationales concernant les alertes publiques afin que les gens de toutes les régions du pays puissent recevoir des avis sur les situations dangereuses en temps opportun et obtenir l'information dont ils ont besoin pour prendre des décisions éclairées et sécuritaires.
Par ailleurs, dans une situation d'urgence comme celle-ci, je suis heureux que nombre d'entre nous aient pu mettre de côté leurs allégeances politiques et unir leurs efforts pour aider les Britanno‑Colombiens. Dans la dernière semaine, j'ai eu le privilège de rencontrer et d'informer les résidants de la circonscription du député qui ont été le plus touchés par cette inondation. Des députés conservateurs et néo-démocrates m'ont rencontré pour me fournir des renseignements et m'offrir leur soutien afin que je reste informé. Ils n'ont pas ménagé les efforts pour me faire part des préoccupations et des besoins des gens de leurs circonscriptions. Je tiens à les remercier de leur collaboration.
Je tiens également à informer la Chambre que le gouvernement a lancé une réponse pangouvernementale et a convoqué le Groupe d'intervention en cas d'incident à trois réunions pour procéder à une intervention. On a demandé à tous les ministres d'indiquer les mesures qu'ils prennent pour répondre aux besoins les plus pressants de la province. À titre d'exemple, la ministre de l'Emploi a dit la fin de semaine dernière que les Britanno-Colombiens qui avaient perdu leur emploi ou avaient été déplacés pouvaient et devraient faire une demande d'assurance-emploi en ligne dès que possible, même sans relevés d'emploi. Pour alléger les pressions exercées sur les communautés autochtones, le Programme d'aide à la gestion des urgences de Services aux Autochtones Canada fournit 4,4 millions de dollars à la First Nations' Emergency Services Society. L'Agence canadienne d'inspection des aliments travaille en étroite collaboration avec l'industrie pour appuyer le transport sans cruauté et sécuritaire des animaux et la destruction du bétail mort pendant la pandémie. Santé Canada soutient ses homologues provinciaux qui ont été si durement touchés par la COVID, ainsi que leur réponse aux récentes inondations. La Garde côtière canadienne répond à un grand nombre de rapports de navires à la dérive, engloutis ou échoués. Il y a de nombreux autres exemples.
En réponse directe à une demande du gouvernement de la Colombie‑Britannique, on a également tenté de modifier les exemptions afin de permettre aux habitants de la vallée du bas Fraser de traverser la frontière pour se procurer de l'essence et d'autres biens essentiels, comme du carburant, aux États‑Unis. Malgré des incohérences initiales, des directives supplémentaires ont été fournies à l'Agence des services frontaliers et à l'Agence de la santé publique. On m'a dit que tout fonctionne maintenant très efficacement et que nous nous occupons des cas qui ont initialement été mal gérés.
Encore une fois, je tiens à remercier mes collègues d'avoir soulevé ces préoccupations et de nous avoir permis de répondre rapidement et efficacement à ces questions. Il y a un certain nombre d'autres points que je suis heureux de partager avec mes collègues. J'invite à communiquer avec moi les personnes qui ont des questions ou des préoccupations, ou qui veulent porter les préoccupations de leurs électeurs à mon attention. Je répondrai rapidement et je leur suis reconnaissant de leur aide.
Je vois également dans le débat d'aujourd'hui une occasion de réfléchir à la façon dont nous pouvons travailler ensemble non seulement pour rassurer les personnes qui ont été touchées par les inondations, mais aussi pour leur faire savoir que nous sommes attentifs à leurs besoins en démontrant notre engagement commun à servir les Canadiens durant certaines des périodes les plus difficiles qu'ils traversent. Cela nous donne également l'occasion de peut-être nous tourner vers l'avenir. Il ne s'agit pas seulement de réagir à ce qui s'est passé, mais de changer la façon dont nous nous préparons à ces événements à l'avenir. Cela nous permet de reconnaître qu'en reconstruisant après les inondations qui ont touché un si grand nombre de personnes, nous devons également penser à reconstruire un Canada plus résilient afin de garantir que les infrastructures essentielles puissent résister aux conséquences du changement climatique.
Nous avons fait écho à ce constat hier dans le discours du Trône, dans lequel nous avons reconnu la nécessité de prendre des mesures pour prévenir les phénomènes météorologiques extrêmes provoqués par le changement climatique et s'y préparer. Nous constatons une augmentation du nombre et de la gravité des catastrophes naturelles. En moyenne, le Canada se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde, et le Nord du pays, trois fois plus vite.
La science et l'expérience des Canadiens sont claires à ce sujet: nous devons faire plus et agir maintenant pour préparer notre pays à la réalité des effets du climat. Les événements des deux dernières années, y compris la pandémie, ont mis en lumière la gestion des urgences au Canada. Depuis janvier 2020, par l'intermédiaire du Centre des opérations du gouvernement, le gouvernement du Canada a appuyé 147 demandes d'aide fédérale provenant des provinces et des territoires pour répondre à toutes sortes de situations, allant de la pandémie en cours aux incendies de forêt, aux inondations et aux tempêtes hivernales.
Cependant, nous ne pouvons pas nous contenter de réagir. Nous devons mieux nous préparer aux situations d'urgence et renforcer les infrastructures. C'est pourquoi le gouvernement a créé un ministère de la Protection civile distinct. Je tiens à remercier le premier ministre de m'avoir accordé sa confiance en m'offrant ce poste. Dans le cadre de mes fonctions, je nouerai des relations avec nos partenaires de tous les horizons de la gestion des urgences, y compris tous les ordres de gouvernement, les dirigeants autochtones, l'industrie, le secteur bénévole, le milieu universitaire ainsi que les partenaires de l'ensemble du gouvernement fédéral afin de faire progresser les travaux dans ce domaine de plus en plus prioritaire. Ensemble, nous créerons une approche plus résiliente et durable en matière de gestion des urgences qui aidera le Canada à se préparer à atténuer les catastrophes, à y réagir et à s'en remettre. Nous nous efforcerons de bâtir une culture nationale de la protection civile.
Le travail que nous avons accompli récemment témoigne de cette approche axée sur les partenariats. Par exemple, lors d'une rencontre des ministres fédéral, provinciaux et territoriaux, nous avons publié la stratégie de sécurité civile pour le Canada, qui définit les priorités communes qui renforceront la résilience du Canada d'ici 2030. L'élément prioritaire de cette stratégie consiste à mieux comprendre les risques de catastrophe dans tous les secteurs de la société et à déterminer comment nous pouvons travailler ensemble pour réduire ces risques au minimum.
Par exemple, dans le budget de 2019, nous avons prévu des investissements sur cinq ans dans la sécurité publique pour améliorer la capacité du Canada à prédire les dangers et à y répondre, en mettant au point un profil de risque national en collaboration avec les partenaires fédéraux, provinciaux, territoriaux, municipaux et autochtones. Il s'agit d'une évaluation stratégique des risques de catastrophes et des capacités d'intervention à l'échelle nationale, qui utilise les preuves scientifiques et les commentaires des intervenants pour brosser un tableau prospectif des risques et des catastrophes naturelles au Canada. Cette approche s'appuie sur les constatations scientifiques de divers ministères, d'autres administrations et d'instituts de recherche. Il ne fait aucun doute que nous devons être mieux préparés pour intervenir rapidement et efficacement en cas de catastrophes. Le travail que nous faisons pour financer et soutenir la Croix-Rouge canadienne est un exemple des mesures prises. Par l'entremise de ces fonds, la Croix-Rouge a pu renforcer ses capacités et tirer parti de son savoir-faire pour aider les Canadiens dans les établissements de soins de longue durée, les centres d'isolement et les centres de vaccination et de dépistage, ainsi que dans les établissements qui soutiennent les gens déplacés par des catastrophes naturelles.
Nous travaillons aussi à l'élaboration conjointe de la première Stratégie nationale d'adaptation du Canada. Cette stratégie aidera le Canada à gérer les répercussions des changements climatiques — une réalité que nous partageons tous — en réunissant tous les ordres de gouvernement, les peuples autochtones et le secteur privé. Une approche pansociétale en matière d'adaptation aux changements climatiques sera ainsi adoptée.
Les répercussions en Colombie‑Britannique nous rappellent que les inondations continuent de constituer la catastrophe naturelle la plus fréquente et la plus coûteuse au Canada. Elles causent en moyenne plus de 1 milliard de dollars de dommages directs aux maisons, aux propriétés et aux infrastructures tous les ans. Les événements en Colombie‑Britannique feront grimper cette moyenne. Quelque 8,5 milliards de dollars ont été affectés aux provinces par l'entremise des Accords d'aide financière en cas de catastrophe depuis leur création en 1970; cependant, 97 % de ces coûts ont été engagés dans les 25 dernières années, et nous observons une hausse exponentielle de ces dépenses. Comme le député d'en face l'a mentionné, il est aussi possible d'obtenir de l'aide financière au moyen du Fonds d'atténuation et d'adaptation en matière de catastrophes.
Tout cela pourra servir, mais je lui assure que, dans nos conversations avec les provinces et territoires, il s'est avéré évident que nous devons faire davantage d'investissements importants pour aider nos partenaires provinciaux et territoriaux à construire une infrastructure essentielle qui soit respectueuse de l'environnement, résiliente et adaptée à la nouvelle réalité climatique.
Voir le profil de Tako Van Popta
PCC (BC)
Monsieur le Président, il y a environ un mois, j'ai rencontré le maire d'Abbotsford en compagnie des députés d'Abbotsford et de Mission—Matsqui—Fraser Canyon. Ma circonscription, Langley—Aldergrove, jouxte la partie ouest d'Abbotsford. Le maire nous a convoqués à cette réunion pour nous exposer certaines des faiblesses du réseau de digues dans le secteur de la prairie Sumas, réseau pour lequel le gouvernement fédéral a une fois de plus rejeté une demande de financement d'environ 500 millions de dollars. Avec le recul, on constate qu'il aurait été avisé d'investir dans le renforcement du réseau de digues.
Est-ce que le ministre reconnaît que nous ne sommes pas prêts à affronter la réalité immédiate des changements climatiques et des phénomènes météorologiques extrêmes?
Voir le profil de Bill Blair
Lib. (ON)
Monsieur le Président, je tiens à remercier le député de défendre les intérêts des habitants de cette ville.
Je connais bien le maire d'Abbotsford. J'ai déjà visité cette ville et, chaque fois que je m'y rends, je me fais un devoir de rencontrer le maire. Je sais qu'il défend ardemment les intérêts de ses concitoyens.
Je tiens aussi à souligner l'événement qui vient de se produire, soit les pluies diluviennes qui se sont abattues dans ce bassin versant, même si j'hésite un peu à utiliser le terme « sans précédent ». Cette eau s'est accumulée et a manifestement presque détruit les digues actuelles. Je remercie Dieu que cela ne soit pas arrivé et je signale que c'est grâce au travail incroyable des habitants de Chilliwack qui sont venus empiler des sacs de sable à la station de pompage de Barrowtown. Leurs efforts ont permis d'éviter la catastrophe.
Il est évident que nous devons faire de nouveaux investissements majeurs. Je peux aussi dire aux députés qu'environ 120 membres des Forces armées canadiennes se trouvent à Abbotsford aujourd'hui et qu'ils contribuent au renforcement de cette digue. Pour faire face à ce phénomène météorologique, nous surveillons de très près les conditions météorologiques des prochains jours. Jusqu'à 70 millimètres de pluie tomberont dans la vallée du Fraser au cours des 10 à 11 prochains jours, alors nous faisons en sorte de mettre en place des infrastructures à court terme. Toutefois, il reste encore beaucoup de travail à faire à long terme.
Voir le profil de Alexis Brunelle-Duceppe
BQ (QC)
Monsieur le Président, je veux souligner l'évidente sincérité du ministre dans son travail aujourd'hui. Dans un débat comme ce soir, il faut laisser de côté les joutes partisanes et travailler tous ensemble.
Je veux exprimer au nom du Bloc québécois toute notre sympathie à nos amis britanno-colombiens, avec lesquels nous sommes de tout coeur dans cette épreuve. Aujourd'hui, des gens vivent probablement les pires moments de leur vie ou, à tout le moins, des moments dont ils vont se souvenir assurément le reste de leurs jours.
On a parlé d'avenir. C'est bien de faire tout ce qui se fait présentement et il faut donner le maximum que l'on a en ce moment parce que c'est le présent qui est important.
Cependant, il faut penser à l'avenir. Mon collègue ne serait‑il pas d'accord avec moi pour demander — et je prends à partie mes chers amis de l'autre côté de la Chambre — comment il se fait que les promesses que le gouvernement libéral fait depuis des années d'annuler les subventions aux compagnies pétrolières ne sont toujours pas réalisées? Mon collègue est‑il d'accord avec moi sur le fait qu'il faut arrêter cette folie?
Voir le profil de Bill Blair
Lib. (ON)
Monsieur le Président, je suis très reconnaissant au Bloc d'exprimer sa solidarité alors que des Canadiens vivent des moments très difficiles à l'autre bout du pays.
Signalons que, si depuis quelques semaines les problèmes étaient vraiment concentrés en Colombie‑Britannique, les gens de la Nouvelle‑Écosse et de Terre‑Neuve sont maintenant aux prises avec des pluies considérables. De plus, les inondations ont eu des conséquences particulièrement marquées au Québec, à bien des égards. Nous sommes donc tous sur la même longueur d'onde, je crois.
Il faut en faire davantage, cela fait l'unanimité à l'échelle nationale. Il se construit en outre un consensus de plus en plus marqué dans l'ensemble du pays et assurément parmi les députés sur la nécessité de prendre des mesures plus audacieuses et plus ambitieuses pour lutter contre les changements climatiques et contrer un problème plus évident que jamais, soit l'effet de ces changements climatiques sur le quotidien et la sécurité des Canadiens.
Nous avons établi des plans ambitieux pour lutter contre les changements climatiques. Nous savons aussi qu'il ne suffit pas de comprendre l'importance de rebâtir une économie plus propre et plus verte au Canada: nous devons aussi créer une économie et une société plus résilientes pour que les communautés soient en sécurité, pour que les citoyens soient en sécurité chez eux, et pour assurer le maintien des chaînes d'approvisionnement essentielles, autant d'éléments qui sont mis en péril par les phénomènes climatiques.
Nous partageons la même ambition et nous sommes résolus à travailler fort avec les députés pour contrer les conséquences réelles qu'ont les changements climatiques sur la vie des Canadiens, des conséquences qu'on peut voir chaque jour.
Voir le profil de Ed Fast
PCC (BC)
Monsieur le Président, je tiens d'abord à remercier les merveilleux habitants d'Abbotsford de continuer à soutenir mon travail à la Chambre, où je représente leurs intérêts en tant que de député.
En dépit du désastre qui a frappé notre région, je suis convaincu que les habitants d'Abbotsford sont en mesure d'accomplir l'énorme tâche de se remettre de la catastrophe qui nous a touchés et de rebâtir. Les Canadiens doivent maintenant avoir entendu parler de la catastrophe qui a frappé la tranquille vallée du Fraser et d'autres parties du Sud de la Colombie‑Britannique, et la plupart des pays du monde en ont aussi pris connaissance.
Comme Noé, jadis, on nous a informés qu'un phénomène météorologique historique était imminent, et les climatologues parlaient d'une « rivière atmosphérique ». Il s'agissait d'un terme que la plupart d'entre nous ne connaissaient pas. Nous n'avions certainement aucune idée de la gravité et des effets dévastateurs de ce phénomène.
Je vis depuis longtemps dans le Grand Vancouver et la vallée du Fraser, et je n'ai jamais vu autant de pluie. En fait, il a tellement plu que des records de pluie ont été battus dans 20 collectivités locales. Par exemple, Abbotsford a reçu 173 millimètres de pluie en 24 heures; Chilliwack en a reçu 219 millimètres et Hope, 252 millimètres, et ce, en même temps, et les dégâts ont été considérables.
Les ruisseaux et les rivières ont dévalé le flanc des montagnes, inondé leurs berges et déferlé dans les plaines inondables. Les versants gorgés d'eau se sont effondrés et se sont transformés en coulées de boue et de roches qui ont enseveli et détruit des routes et des ponts, des voies ferrées, des lignes de télécommunication et de transport d'électricité ainsi que d'autres infrastructures essentielles. Tous les ponceaux, les conduits d'évacuation et les fossés débordaient. Des routes ont été fermées après la formation de flaques et de mares gigantesques sur la chaussée à de nombreux endroits dans toute la région. Des digues ont cédé dans bien des cas, en particulier à Abbotsford. La station de pompage de Barrowtown a été submergée et a failli s'écrouler. Des maisons, des entreprises et des fermes ont été inondées. On a dû évacuer des localités entières, comme Merritt et Princeton.
Les inondations ont également provoqué des explosions et au moins un incendie a détruit à tout le moins une entreprise à Abbotsford. Des fosses à fumier ont été endommagées et ont commencé à contaminer les eaux de crues qui s'accumulaient sur les terres environnantes. La nourriture a manqué pour le bétail et des milliers de bêtes se sont noyées ou ont dû être euthanasiées.
Dans certaines localités, le système d'égout et d'aqueduc en entier a débordé et a été détruit. Des véhicules, de l'équipement et d'autres biens ont été emportés, et, dans toute la province, 17 000 personnes ont dû être évacuées. Des villes comme Hope, Lytton et Chilliwack ont été complètement isolées, toutes les routes de transport étant bloquées, du moins temporairement. À certains endroits, les rayons des magasins ont été vidés de leur contenu par des gens qui faisaient des réserves ou qui, hélas, dans des cas isolés, les ont pillés.
Dans ma ville natale, Abbotsford, tout est allé de mal en pis, et la situation est devenue désespérée. Des maisons bâties à flanc de colline ont été inondées lorsque les gouttières et les tuyaux de descente ont débordé à cause des pluies trop abondantes. Ensuite, la rivière Sumas a créé des brèches dans les digues qui avaient été construites pour drainer la prairie Sumas il y a quelque 100 ans. Comme si ce n'était pas assez grave, le fleuve Nooksack, dans l'État de Washington, au sud, a aussi commencé à sortir de son lit et ses eaux ont traversé la frontière canadienne et envahi la prairie Sumas. Les rives et les chaussées ont succombé à l'érosion, compromettant les mesures de protection contre l'inondation et la sécurité de ceux qui devaient circuler sur les routes.
Au fur et à mesure que les inondations s'intensifiaient, notre priorité était la sécurité des gens, suivi de près par le sauvetage d'animaux et, enfin, la protection des propriétés. Un appel à l'aide général a été lancé et notre collectivité a répondu très généreusement. Des dirigeants municipaux locaux, encouragés par l'exemple du maire Braun, et les Services de soutien d'urgence de la Colombie-Britannique ont supervisé la réponse logistique sur le terrain et ont encadré l'évacuation de centaines de personnes vers des lieux plus secs. Les Forces armées canadiennes sont aussi venues contribuer à cet effort en évacuant des personnes et des animaux des zones inondées et en transportant de l'équipement et de la nourriture pour animaux là où on en avait le plus besoin. Les agriculteurs de partout se sont entraidés pour déplacer le bétail vers des endroits plus secs et pour nettoyer les résidences et les bâtiments inondés.
Une histoire a d'ailleurs fait les manchettes à l'échelle nationale. Les députés auront peut-être du mal à le croire, mais un de nos résidants a utilisé sa motomarine pour tirer du bétail hors des eaux de crue. Des organisations comme les églises locales ont fourni de la nourriture et un abri aux personnes qui en avaient besoin. Des organisations comme Archway, l'Armée du Salut, le Comité central mennonite et la Croix-Rouge ont également fourni de la nourriture, un abri, des vêtements et de l'aide psychologique, tout comme des bénévoles, qui ont accueilli chez eux et nourri des voyageurs coincés à des endroits comme Hope.
L'industrie du camionnage s'est mobilisée et des camions à benne ont transporté des centaines et des centaines de chargements de matériaux de remblayage jusqu'au chemin no 4 pour colmater la brèche dans la digue qui contient l'eau en provenance de la rivière Sumas, ce qui a enfin permis à la prairie de commencer à s'assécher. Heureusement, les employés municipaux, les bénévoles et les membres des Forces armées ont pu empiler des sacs de sable et maintenir en activité la station de pompage de Barrowtown. Dieu merci. Même les artistes Rosemary Siemens et Eli Bennett ont diverti gratuitement les résidants déplacés dans l'édifice Tradex d'Abbotsford.
J'ai fait partie d'un groupe de députés de la région qui se sont rendus à Ottawa pour rencontrer certains ministres fédéraux responsables de la réponse d'urgence du gouvernement du Canada à la suite des inondations, y compris le ministre de la Protection civile, que je remercie de sa participation à la réunion, et le ministre responsable de l’Agence de développement économique du Pacifique Canada. Ce dernier a écouté ce que nous avions à dire sur cette terrible catastrophe qui touche un grand nombre de collectivités de la Colombie-Britannique.
Nous sommes profondément reconnaissants envers les milliers de Canadiens qui ont manifesté leur soutien en contribuant au fonds d'aide et participé aux efforts de rétablissement. Je remercie tout spécialement l'Université de la vallée du Fraser, la Abbotsford Community Foundation et la Chambre de commerce d'Abbotsford d'avoir mis sur pied le fonds d'aide d'urgence afin de gérer l'élan de générosité des Canadiens d'un bout à l'autre du pays. Je tiens à le répéter. Il s'agit du fonds d'aide d'urgence d'Abbotsford. Tous ceux qui veulent de l'information peuvent en trouver en ligne avec une recherche sur Google. Encore une fois, je suis profondément reconnaissant envers les Canadiens d'un bout à l'autre de notre beau pays de leur soutien, que ce soit par des livraisons, des dons ou toute autre forme d'aide.
Cette catastrophe entraîne de sérieuses répercussions économiques. Les deux principales lignes de chemin de fer, le CP et le CN, ont été sévèrement endommagées et il faudra un certain temps avant de les réparer. La bonne nouvelle est que le CP a réussi à faire rouler des wagons à nouveau aujourd'hui et je crois comprendre que le CN pourra le faire demain. C'est toujours agréable de voir une lueur d'espoir à l'horizon.
Je précise également que les routes 1, 3, 5 et 7, qui ont été gravement endommagées par des pierres et des glissements de terrain, sont fermées depuis des jours. D'ailleurs, il faudra beaucoup de temps avant que la route Coquihallala, ou route 5, soit remise en état. C'est un désastre.
Par ailleurs, sur le plan logistique, le port de Vancouver, soit le plus grand port du pays, a été coupé du reste du pays, de telle sorte qu'une grande partie des marchandises qui entrent au port et qui en sortent quotidiennement, et dont la valeur est évaluée à 550 millions, sont coincées là-bas. Pensons-y. Chaque jour, des marchandises d'une valeur de plus d'un demi-milliard sont coincées là-bas. En ce moment, il est impossible de transporter des produits de consommation et des aliments par camion et par train vers l'est, au-delà des Rocheuses.
Nombre de Britanno‑Colombiens oublient également que 50 % des revenus agricoles de la Colombie‑Britannique viennent d'Abbotsford. Cette ville est le centre agricole de la province, et une grande partie de ce secteur est paralysé. Par exemple, à mesure que les inondations se sont aggravées, les agriculteurs ont eu de plus en plus de difficulté à acheter des aliments pour leurs bovins, leurs poulets et d'autres animaux d'élevage. Des producteurs laitiers désespérés se sont empressés d'amener leurs vaches sur un terrain élevé et ont dû finalement se débarrasser de leur lait parce qu'il n'y avait aucune façon de l'acheminer vers les transformateurs, et ces derniers n'avaient également aucun moyen d'acheminer leurs délicieux produits vers d'autres marchés canadiens.
Des écoles ont été fermées, puisque les enseignants n'arrivaient pas à traverser la zone inondée pour aller rejoindre leurs élèves dans un autre secteur de notre région. Des entreprises et des commerces de la zone inondée ou à proximité de celle-ci ont dû cesser leurs activités, du moins temporairement.
Dans certains secteurs de notre région, la circulation a été gravement paralysée puisque des voies de circulation majeures ont été fermées à cause des dommages causés aux routes et à leurs assises. Cela comprend notamment la Transcanadienne, la route 1, qui nous relie au reste du Canada. Lorsque le niveau de l'eau baissera, il faudra du temps pour que les ingénieurs déterminent l'intégrité structurale de cette route importante. Des dizaines de milliers de voitures et de camions empruntent normalement cette route chaque jour.
Il y a également des conséquences économiques majeures, étant donné que le commerce habituel est gravement perturbé. D'ailleurs, les contraintes de la chaîne d'approvisionnement, qui existaient déjà et qui causaient d'importantes pressions inflationnistes sur notre économie de même que pour l'ensemble des Canadiens, ont été exacerbées par ces inondations. Il faudra des années pour évaluer les dommages économiques que ces inondations auront imposés à notre pays. Qu'il suffise de dire que les dommages et les coûts correspondants atteindront plusieurs milliards de dollars.
Quelles sont les conséquences du point de vue humain? Ce sont peut-être les pires. Malheureusement, au moins quatre personnes ont trouvé la mort à cause de cette rivière atmosphérique. L'éducation des enfants a été perturbée. Des entreprises ont été gravement endommagées, voire détruites. Des familles ont perdu leur maison avec leurs souvenirs. Il faudra rebâtir ou rénover. Dans bien des cas, il n'y a pas d'assurance, ou celle-ci est insuffisante pour remplacer ce qui a été perdu.
Certaines personnes ne peuvent plus travailler à cause des inondations. En un mot, la vie en général des gens est bouleversée. Après la COVID, c'est la météo qui s'en mêle. Les conséquences sur la santé mentale et émotionnelle des gens seront énormes.
Où en sommes-nous? Le ministre a tout à fait raison d'affirmer que le niveau de l'eau commence à baisser. Malheureusement, d'autres tempêtes s'en viennent. La première devrait d'ailleurs frapper ce soir. Ce n'est pas une bonne nouvelle, surtout qu'elle pourrait être suivie de quelques autres tout de suite après.
Nous ne sommes pas sortis de l'auberge. Nous ne savons pas exactement ce qui nous pend au bout du nez, mais la pression sur les digues, les pompes et les systèmes de drainage va encore augmenter. Les agriculteurs et les propriétaires évacués commencent à nettoyer leurs maisons et leurs étables, en se croisant les doigts pour que les choses ne continuent pas à empirer.
Comme on peut s'en douter, il y a des débris en décomposition partout, y compris des bidons, des barils et des contenants à l'intérieur desquels se trouvent toutes sortes de substances inconnues — et probablement toxiques, au moins dans certains cas. Nous savons que l'eau charrie des pesticides sur la prairie Sumas, ce qui est loin d'être encourageant. On estime qu'environ 2 000 bêtes sont mortes à cause des inondations, et les carcasses devront être enlevées et éliminées rapidement. Des nappes de pétrole ont été aperçues du haut des airs, et les autorités tentent actuellement d'en trouver la source.
Il y a d'autres bonnes nouvelles. La route 7 est partiellement ouverte et la route 3 est de nouveau ouverte. J'espère qu'au moins une ou deux voies de la route transcanadienne seront bientôt ouvertes à la circulation. Aussi, dans la même veine, à Barrowtown, dernier bastion avant les débordements de l'impétueux fleuve Fraser, les pompes sont toujours opérationnelles, tandis que la digue de la rivière Sumas a été réparée de façon temporaire et tient le coup.
Malheureusement, certains choisissent ces temps difficiles où nous devons être solidaires pour jeter publiquement le blâme sur autrui. Ils sont très peu, mais ils sont là. Certes, le moment de désigner les coupables viendra. Tout le monde peut être blâmé pour notre incapacité à bien nous préparer à cet événement. Toutefois, à l'heure actuelle, comme l'a dit à maintes reprises mon collègue de Mission—Matsqui—Fraser Canyon, tout le monde doit mettre la main à la pâte et adopter une approche apolitique face à cette catastrophe. Je remercie également le ministre pour ses remarques. Il est manifestement partie prenante d'une telle approche. Nous ne faisons donc qu'un dans notre volonté d'aider les résidants de la vallée du Fraser et du reste de la Colombie‑Britannique à se remettre de cet événement.
Que nous a appris ce colossal phénomène météorologique? D'abord, que le temps presse. Des événements de ce genre vont se produire de plus en plus souvent. Les effets des changements climatiques deviennent toujours plus évidents alors que nous sommes aux prises avec des dômes de chaleur, des incendies de forêt, des sécheresses, des pluies torrentielles et d'autres types de phénomènes météorologiques.
Deuxièmement, nous n'étions pas préparés à faire face à cet événement, même si nous aurions dû le voir venir. En fait, j'ai entre les mains un rapport datant de moins d'un an du conseil municipal d'Abbotsford. Il souligne les efforts qui ont été déployés au fil des ans pour tenter de régler les problèmes d'inondation dans cette municipalité. Le document date de moins d'un an. Tous les intervenants ont été mis à contribution. Un groupe de travail international a même été mis sur pied; il était composé de représentants du monde fédéral, provincial et municipal ainsi que d'Américains. Nous n'aurions donc pas dû être surpris. Au bout du compte, nous savions tous quels étaient les risques et nous aurions dû voir venir cette catastrophe, mais rien de concret n'a été fait.
Troisièmement, notre système d'avertissement d'urgence n'a pas été assez rapide ni rigoureux. Si les avertissements avaient été pris au sérieux, une partie des habitants auraient sûrement pu évacuer les lieux plus tôt et sauver leurs animaux et leur propriété.
Quatrièmement, nous avons aussi appris que nos digues et autres infrastructures de drainage sont beaucoup trop vieilles et insuffisantes pour gérer les futurs épisodes de la sorte. Il faudra des digues plus hautes et mises aux normes sismiques modernes. Les berges devront être renforcées pour résister aux futurs épisodes de précipitations.
Cinquièmement, nous devrons réévaluer les futurs risques d'inondation, notamment les risques que le fleuve Fraser déborde, sorte de son lit et franchisse nos digues, ce qui, providentiellement, ne s'est pas produit. Nous devrons aussi déterminer dans quelle mesure nous interdirons le dragage de ce fleuve pour préserver l'habitat du poisson. Je tiens à préciser que l'habitat est essentiel à la viabilité de nos pêches à long terme. Toutefois, il faut également tenir compte des vies humaines et des biens. La réalité est qu'un nombre croissant de barres de sable dans le fleuve Fraser redirigent le courant contre ces vieilles digues, ce qui érode les fondations de cette infrastructure vieillissante. Par conséquent, mon message aux ministres de l'Environnement, des Pêches, de l'Infrastructure, de la Sécurité publique et de la Protection civile est que le gouvernement fédéral doit agir immédiatement pour remédier à ce problème, aussi dispendieux puisse-t-il être.
Notre pays devra également se doter d'un plan d'adaptation complet pour se préparer à de tels phénomènes météorologiques à l'avenir. J'ai remarqué que le discours du Trône prononcé hier mentionne l'intention du gouvernement d'élaborer une stratégie nationale d'adaptation. C'est bien beau, mais j'espère sincèrement qu'il ne s'agit pas d'une autre promesse creuse du premier ministre pour étaler sa vertu.
Cette stratégie et le plan connexe nécessiteront des investissements massifs dans les infrastructures de l'ordre de milliards de dollars. En outre, cette stratégie devra inviter les administrations municipales à intégrer une sensibilisation accrue à cette question dans leurs processus de planification et de réglementation afin d'accroître la résilience. Enfin, les efforts de rétablissement nécessiteront un appui financier et logistique considérable de la part de tous les ordres de gouvernement.
Je sais que nous sommes tous désolés des vies emportées par cette inondation, ainsi que des pertes massives et des déplacements qu'elle a causés dans tout le Sud de la Colombie‑Britannique. Heureusement, Abbotsford ne déplore aucune perte de vie. J'ai parlé avec des gens de ma circonscription et je sais que la population n'a pas perdu espoir en un avenir meilleur, mais la responsabilité de l'avènement de cet avenir meilleur nous incombe à nous, les élus fédéraux, pour que les générations à venir puissent vivre le rêve canadien.
Dans les semaines et les mois à venir, nous, les élus conservateurs, demanderons au gouvernement libéral d'agir et de contribuer au soutien dont ont besoin les collectivités comme Abbotsford qui ont été dévastées par les inondations. Nous allons demander au gouvernement de faire des investissements réfléchis, même s'ils sont coûteux, pour protéger la population et les propriétés. Nous allons demander au gouvernement libéral de collaborer avec la province et avec les États‑Unis pour que, à l'avenir, les collectivités touchées puissent être averties plus tôt de l'arrivée de tels événements.
En terminant, même si les habitants de la Colombie‑Britannique sont reconnaissants de l'immense soutien reçu de la famille canadienne en cette période difficile, je sais avec certitude que nous aurions pu faire mieux et que nous avons encore l'occasion de le faire. Il aurait fallu mieux se préparer à une telle catastrophe; il aurait fallu mieux s'adapter et faire de meilleurs investissements à long terme en matière de sécurité publique. Nous aurions pu mieux nous soutenir les uns les autres grâce à des communications et à des échanges d'information en temps opportun.
Les ravages causés par ces pluies torrentielles auraient pu être évités, mais nous en sommes là. Tirons-en des leçons. Les générations futures comptent sur nous. Je répondrai avec plaisir aux questions de mes collègues.
Voir le profil de Jaime Battiste
Lib. (NS)
Monsieur le Président, mes prières et mes pensées accompagnent les habitants de la circonscription de mon collègue, tous comme elles accompagnent ceux de ma circonscription, Sydney—Victoria, qui a connu des pluies diluviennes; jusqu’à 200 millimètres par endroit. Ces pluies ont détruit des ponts et provoqué des inondations sans précédent.
Je suis heureux que nous parlions des leçons à tirer à la Chambre. Je me souviens d’un enseignement du chef Seattle qui vient de cette région. En 1854, il a dit: « L’homme n’a pas tissé la toile de la vie, il n’en est qu’un fil. Tout ce qu’il fait à la toile, il se le fait à lui-même. »
Je me demande bien ce que nous pouvons tirer comme leçons. Le député a mentionné que nous devons mieux nous préparer et a parlé des sommes à investir pour ce faire. Je me demande si le député pourrait nous dire quels enseignements nous devons tirer, en tant que Chambre des communes, pour améliorer le sort que nous réservons à notre environnement, cette « toile de la vie » dont nous faisons partie. Il ne s’agit pas de gérer cette « toile de la vie », mais bien de comprendre que nous en faisons partie.
Voir le profil de Ed Fast
PCC (BC)
Monsieur le Président, je répondrai que la « toile de la vie » dont parle le député fait partie d'un environnement en mutation. L'adaptation est absolument cruciale. Nous le constatons de plus en plus.
Autre leçon que je tire de ce terrible événement: le fait que nous qui sommes à l'échelon le plus élevé du gouvernement avons le pouvoir et les ressources pour nous attaquer aux problèmes en investissant d'avance et directement. Par exemple, chez nous, à Abbotsford, il n'y a pas eu d'investissements pour des travaux d'endiguement depuis les premières années du gouvernement Harper, qui a versé à la localité 6 millions de dollars, je crois, pour l'amélioration du système d'endiguement. Il ne s'agit pas d'un problème à hauteur de millions de dollars, mais à hauteur de milliards de dollars, car il touche le fleuve Fraser de Chilliwack jusqu'à Richmond. Si une brèche s'ouvrait dans ces digues, la catastrophe serait d'une ampleur inimaginable.
Investissons maintenant. Je vous implore, en votre qualité de députés ministériels, de faire comprendre à la ministre des Finances qu'il faut consacrer une part considérable du prochain budget à l'amélioration et à la modernisation de l'infrastructure existante, et prévoir des sommes plus importantes pour éviter à tout jamais que ce genre de catastrophe se reproduise.
Voir le profil de Mario Simard
BQ (QC)
Voir le profil de Mario Simard
2021-11-24 19:52
Monsieur le Président, je vais prendre juste trois secondes pour remercier mes fantastiques concitoyens de Jonquière qui m’ont réitéré leur confiance et ma conjointe, Line Vachon, communément appelée Staline, le dictateur de l’amour.
Je voudrais dire à mon collègue d’Abbotsford qu’en 1996, le Saguenay-Lac‑Saint‑Jean est passé par la même épreuve. Je veux lui réitérer mon soutien. Je me rappelle qu’après 1996, il y avait quelque chose dont on n’a pas parlé ce soir. Beaucoup de gens ont eu des problèmes traumatiques. Une chaire de recherche a été constituée à l’Université du Québec à Chicoutimi pour les traumatismes semblables et les problèmes de santé mentale. Cela me fera plaisir, s’il le souhaite, de le mettre en contact avec ces gens-là. J’aurai grand plaisir aussi à distribuer l’information. Il nous a parlé d’un fonds d’Abbotsford. Ce serait intéressant que tous les parlementaires puissent distribuer cette information‑là.
Voir le profil de Ed Fast
PCC (BC)
Monsieur le Président, je remercie le député de ses généreuses observations et j'accepte son offre. Je lui saurais gré de bien vouloir me transmettre ces renseignements. Je ne pense pas qu'il m'a posé de question.
J'ai l'impression que tous les députés comprennent bien que ce type de crise peut être évité. Certes, on ne peut rien contre les intempéries, mais nous pouvons certainement agir pour nous attaquer au problème des changements climatiques. Il n'en reste pas moins que ces événements se produiront encore plus régulièrement. Nous disposons d'outils qui nous permettent de réduire ou d'éliminer complètement les préjudices causés aux personnes et les dommages aux biens. Unissons nos efforts pour utiliser ces outils. En agissant de la sorte, nous rendrions un grand service à nos concitoyens et aux Canadiens.
Voir le profil de Laurel Collins
NPD (BC)
Voir le profil de Laurel Collins
2021-11-24 19:54
Monsieur le Président, il s'agit du troisième état d'urgence déclaré en Colombie‑Britannique cette année seulement. La crise climatique sévit et elle fait mal aux collectivités. Elle chasse des gens de chez eux et elle fauche des vies. Il faut dépenser autant que nécessaire pour gérer les catastrophes, s'y adapter et aider les collectivités touchées. Il ne faut pas non plus lésiner sur la dépense pour lutter contre la crise climatique et réduire les émissions. Cela dit, en ce qui concerne la réduction des émissions, le Canada a le pire bilan de tous les pays du G7.
Le député est‑il d'avis que le gouvernement doit prendre immédiatement des mesures audacieuses pour faire face à la crise climatique et contribuer à prévenir les catastrophes comme celle qui touche actuellement ma province?
Voir le profil de Ed Fast
PCC (BC)
Monsieur le Président, il s'agit bien de notre province.
Je suis d'accord avec la députée pour dire que le gouvernement n'a jamais réussi à atteindre les objectifs qu'il s'est fixés au fil des ans, ce qui ne l'a pas empêché de viser plus haut. Bien sûr, il n'est pas près d'atteindre ces objectifs et, pourtant, il s'est donné pour cible d'atteindre la carboneutralité d'ici 2050. Le premier ministre sait qu'il ne sera pas là pour défendre ou justifier son échec. C'est facile de se draper dans la vertu et de fixer des objectifs que les libéraux n'atteindront jamais, comme ils le savent déjà.
Je crois que nous sommes maintenant prêts, en tant que Canadiens, à faire preuve de fermeté, à mettre en place un plan qui établit des objectifs réalistes et à prévoir des mesures concrètes pour les atteindre.
Je sais que le premier ministre dira que son plan nous permettra d'y arriver. Or, à en juger par son bilan, rien ne laisse présager que les résultats qu'il obtiendra à l'avenir seront à la hauteur de ces promesses. Voilà le critère dont je tiens compte. Qu'a‑t‑il fait dans le passé, et que fera‑t‑il à l'avenir? Son bilan ne nous donne pas beaucoup d'espoir. J'espère que le premier ministre fera mieux à l'avenir, mais pour l'instant, nous avons affaire à une politique climatique ratée de la part du gouvernement.
Voir le profil de Mike Morrice
PV (ON)
Monsieur le Président, n'ayant pas eu l'occasion de le dire plus tôt cette semaine, j'aimerais commencer par vous offrir, au nom du Parti vert, mes plus sincères félicitations pour votre élection. Votre rôle durant cette 44e législature est d'une importance cruciale, et je sais que vous vous en acquittez déjà avec grâce et intégrité.
Au moment où je prends la parole, c'est la première fois que je le fais et je suis frappé par le caractère sacré de cet espace qu'est la Chambre des communes.
Aussi longtemps que j'aurai l'honneur de siéger à la Chambre, j'espère ne jamais perdre ce sentiment d'émerveillement parce qu'il s'accompagne d'un sens des responsabilités à l'égard du fait de discuter de manière constructive, d'être en désaccord sans être désagréable et, surtout, d'être respectueux. Je tiens aussi à remercier publiquement mes concitoyens de Kitchener-Centre de m'avoir accordé leur confiance.
Ma question ce soir reprend une question que la députée de Victoria a posée hier. Les combustibles fossiles sont la source principale de la crise climatique: ils sont responsables de plus de 75 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. C'est pourquoi nous devons diminuer notre consommation de pétrole, de gaz et de charbon en suivant les recommandations des scientifiques, comme ceux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.
Au Canada, cela représente une réduction d'au moins 60 % d'ici 2030, et nous devons être honnêtes avec nous-mêmes. C'est la combustion de combustibles fossiles qui, à son tour, alimente l'urgence climatique et le phénomène météorologique extrême qui a mené au présent débat d'urgence et engendré des pertes de vie et la destruction d'infrastructures en Colombie‑Britannique. Toutefois, au beau milieu de cet état d'urgence, le gouvernement fédéral continue de subventionner le secteur canadien des hydrocarbures: il lui a versé environ 17 milliards de dollars en 2020.
Le député ne convient-il pas qu'il est temps de réinvestir ces fonds dans les travailleurs de l'industrie des hydrocarbures, dans leur avenir et dans les collectivités les plus durement touchées, qui ont besoin de l'argent non seulement pour se rétablir, mais aussi, comme le député l'a mentionné, pour s'adapter?
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