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PCC (BC)
Monsieur le Président, je vais poser de nouveau la même question au ministre et j'aimerais obtenir une véritable réponse cette fois. Le ministre a décidé que seule la Croix-Rouge est digne de recevoir un financement de contrepartie. Pourtant, les inondations ont dévasté la Colombie‑Britannique. Des milliers de citoyens se sont retrouvés sans abri. Il faut que tout le monde mette la main à la pâte. L'Armée du Salut, le Comité central mennonite, Archway, Samaritan's Purse, Centraide, le fonds d'aide d'urgence d'Abbotsford et même les églises et les gurdwaras répondent à l'appel et prêtent main-forte. Or, tous ont essuyé une rebuffade de la part du ministre. Ce dernier reviendra-t-il sur sa décision et annoncera-t-il un financement de contrepartie pour ces organismes aussi, oui ou non?
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PCC (BC)
Monsieur le Président, en ce qui concerne l'aide aux victimes des inondations, le premier ministre a annoncé que le gouvernement n'égalerait que les dons versés à la Croix-Rouge. Des organismes locaux qui sont sur le terrain pour aider les familles déplacées se sont vu refuser une telle contribution. L'Armée du Salut, le Comité central mennonite, Archway ainsi que des églises contribuent à offrir des aliments et un toit aux victimes et à nettoyer les dégâts causés par les inondations, mais aucun de ces intervenants n'a obtenu de fonds de contrepartie. Pourquoi?
Le premier ministre s'engagera-t-il dès maintenant à verser des fonds de contrepartie à tous ces organismes qualifiés qui prêtent main-forte aux victimes des inondations?
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PCC (BC)
Monsieur le Président, je me permets de commencer par vous féliciter de votre réélection à titre de Président. Je crois que vous le méritez bien et je me réjouis de pouvoir travailler avec vous pendant cette nouvelle législature.
Ma demande est plus précise que celle de mes collègues. Elle concerne l'épisode de pluie, aussi appelé « rivière atmosphérique », qu'a connu la Colombie-Britannique durant la dernière semaine, ainsi que toute la destruction que cette catastrophe a entraînée à l'échelle de la province. Je souligne que ces inondations massives se sont abattues sur l'ensemble des collectivités de la vallée du Fraser, du canyon du Fraser et de l'intérieur de la Colombie-Britannique. Au moins quatre personnes y ont trouvé la mort. Des digues ont cédé, d'importantes voies ferrées et autoroutes ont été gravement endommagées, et une vaste opération d'évacuation des résidants et de leur bétail a dû être organisée. En outre, les communautés de Merritt et de Princeton ont été complètement évacuées.
On peut facilement s'imaginer le déplacement et l'angoisse que des milliers de familles ont subie. Les conséquences humaines et économiques seront énormes — et le sont déjà. On pourrait prétendre qu'il s'agit de la pire catastrophe naturelle de l'histoire de notre pays. De toute évidence, le gouvernement fédéral doit jouer un rôle de premier plan pour fournir de l'aide d'urgence dans les régions ravagées par les inondations et pour préparer un plan financé à long terme prévoyant des investissements dans les infrastructures essentielles afin d'éviter qu'un tel désastre ne se reproduise.
Je demande donc la tenue d'un débat d'urgence afin que nous puissions discuter de la façon dont nous pouvons travailler ensemble, peu importe nos allégeances politiques. À en juger par les observations de mes collègues des autres partis, je sens qu'il y a une volonté de procéder à un débat d'urgence sur le sujet. Toutefois, le débat devrait porter expressément sur ce qui vient de se produire la semaine dernière.
Je vous saurais gré, monsieur le Président, de bien vouloir tenir compte de ma demande.
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PCC (BC)
Monsieur le Président, je tiens d'abord à remercier les merveilleux habitants d'Abbotsford de continuer à soutenir mon travail à la Chambre, où je représente leurs intérêts en tant que de député.
En dépit du désastre qui a frappé notre région, je suis convaincu que les habitants d'Abbotsford sont en mesure d'accomplir l'énorme tâche de se remettre de la catastrophe qui nous a touchés et de rebâtir. Les Canadiens doivent maintenant avoir entendu parler de la catastrophe qui a frappé la tranquille vallée du Fraser et d'autres parties du Sud de la Colombie‑Britannique, et la plupart des pays du monde en ont aussi pris connaissance.
Comme Noé, jadis, on nous a informés qu'un phénomène météorologique historique était imminent, et les climatologues parlaient d'une « rivière atmosphérique ». Il s'agissait d'un terme que la plupart d'entre nous ne connaissaient pas. Nous n'avions certainement aucune idée de la gravité et des effets dévastateurs de ce phénomène.
Je vis depuis longtemps dans le Grand Vancouver et la vallée du Fraser, et je n'ai jamais vu autant de pluie. En fait, il a tellement plu que des records de pluie ont été battus dans 20 collectivités locales. Par exemple, Abbotsford a reçu 173 millimètres de pluie en 24 heures; Chilliwack en a reçu 219 millimètres et Hope, 252 millimètres, et ce, en même temps, et les dégâts ont été considérables.
Les ruisseaux et les rivières ont dévalé le flanc des montagnes, inondé leurs berges et déferlé dans les plaines inondables. Les versants gorgés d'eau se sont effondrés et se sont transformés en coulées de boue et de roches qui ont enseveli et détruit des routes et des ponts, des voies ferrées, des lignes de télécommunication et de transport d'électricité ainsi que d'autres infrastructures essentielles. Tous les ponceaux, les conduits d'évacuation et les fossés débordaient. Des routes ont été fermées après la formation de flaques et de mares gigantesques sur la chaussée à de nombreux endroits dans toute la région. Des digues ont cédé dans bien des cas, en particulier à Abbotsford. La station de pompage de Barrowtown a été submergée et a failli s'écrouler. Des maisons, des entreprises et des fermes ont été inondées. On a dû évacuer des localités entières, comme Merritt et Princeton.
Les inondations ont également provoqué des explosions et au moins un incendie a détruit à tout le moins une entreprise à Abbotsford. Des fosses à fumier ont été endommagées et ont commencé à contaminer les eaux de crues qui s'accumulaient sur les terres environnantes. La nourriture a manqué pour le bétail et des milliers de bêtes se sont noyées ou ont dû être euthanasiées.
Dans certaines localités, le système d'égout et d'aqueduc en entier a débordé et a été détruit. Des véhicules, de l'équipement et d'autres biens ont été emportés, et, dans toute la province, 17 000 personnes ont dû être évacuées. Des villes comme Hope, Lytton et Chilliwack ont été complètement isolées, toutes les routes de transport étant bloquées, du moins temporairement. À certains endroits, les rayons des magasins ont été vidés de leur contenu par des gens qui faisaient des réserves ou qui, hélas, dans des cas isolés, les ont pillés.
Dans ma ville natale, Abbotsford, tout est allé de mal en pis, et la situation est devenue désespérée. Des maisons bâties à flanc de colline ont été inondées lorsque les gouttières et les tuyaux de descente ont débordé à cause des pluies trop abondantes. Ensuite, la rivière Sumas a créé des brèches dans les digues qui avaient été construites pour drainer la prairie Sumas il y a quelque 100 ans. Comme si ce n'était pas assez grave, le fleuve Nooksack, dans l'État de Washington, au sud, a aussi commencé à sortir de son lit et ses eaux ont traversé la frontière canadienne et envahi la prairie Sumas. Les rives et les chaussées ont succombé à l'érosion, compromettant les mesures de protection contre l'inondation et la sécurité de ceux qui devaient circuler sur les routes.
Au fur et à mesure que les inondations s'intensifiaient, notre priorité était la sécurité des gens, suivi de près par le sauvetage d'animaux et, enfin, la protection des propriétés. Un appel à l'aide général a été lancé et notre collectivité a répondu très généreusement. Des dirigeants municipaux locaux, encouragés par l'exemple du maire Braun, et les Services de soutien d'urgence de la Colombie-Britannique ont supervisé la réponse logistique sur le terrain et ont encadré l'évacuation de centaines de personnes vers des lieux plus secs. Les Forces armées canadiennes sont aussi venues contribuer à cet effort en évacuant des personnes et des animaux des zones inondées et en transportant de l'équipement et de la nourriture pour animaux là où on en avait le plus besoin. Les agriculteurs de partout se sont entraidés pour déplacer le bétail vers des endroits plus secs et pour nettoyer les résidences et les bâtiments inondés.
Une histoire a d'ailleurs fait les manchettes à l'échelle nationale. Les députés auront peut-être du mal à le croire, mais un de nos résidants a utilisé sa motomarine pour tirer du bétail hors des eaux de crue. Des organisations comme les églises locales ont fourni de la nourriture et un abri aux personnes qui en avaient besoin. Des organisations comme Archway, l'Armée du Salut, le Comité central mennonite et la Croix-Rouge ont également fourni de la nourriture, un abri, des vêtements et de l'aide psychologique, tout comme des bénévoles, qui ont accueilli chez eux et nourri des voyageurs coincés à des endroits comme Hope.
L'industrie du camionnage s'est mobilisée et des camions à benne ont transporté des centaines et des centaines de chargements de matériaux de remblayage jusqu'au chemin no 4 pour colmater la brèche dans la digue qui contient l'eau en provenance de la rivière Sumas, ce qui a enfin permis à la prairie de commencer à s'assécher. Heureusement, les employés municipaux, les bénévoles et les membres des Forces armées ont pu empiler des sacs de sable et maintenir en activité la station de pompage de Barrowtown. Dieu merci. Même les artistes Rosemary Siemens et Eli Bennett ont diverti gratuitement les résidants déplacés dans l'édifice Tradex d'Abbotsford.
J'ai fait partie d'un groupe de députés de la région qui se sont rendus à Ottawa pour rencontrer certains ministres fédéraux responsables de la réponse d'urgence du gouvernement du Canada à la suite des inondations, y compris le ministre de la Protection civile, que je remercie de sa participation à la réunion, et le ministre responsable de l’Agence de développement économique du Pacifique Canada. Ce dernier a écouté ce que nous avions à dire sur cette terrible catastrophe qui touche un grand nombre de collectivités de la Colombie-Britannique.
Nous sommes profondément reconnaissants envers les milliers de Canadiens qui ont manifesté leur soutien en contribuant au fonds d'aide et participé aux efforts de rétablissement. Je remercie tout spécialement l'Université de la vallée du Fraser, la Abbotsford Community Foundation et la Chambre de commerce d'Abbotsford d'avoir mis sur pied le fonds d'aide d'urgence afin de gérer l'élan de générosité des Canadiens d'un bout à l'autre du pays. Je tiens à le répéter. Il s'agit du fonds d'aide d'urgence d'Abbotsford. Tous ceux qui veulent de l'information peuvent en trouver en ligne avec une recherche sur Google. Encore une fois, je suis profondément reconnaissant envers les Canadiens d'un bout à l'autre de notre beau pays de leur soutien, que ce soit par des livraisons, des dons ou toute autre forme d'aide.
Cette catastrophe entraîne de sérieuses répercussions économiques. Les deux principales lignes de chemin de fer, le CP et le CN, ont été sévèrement endommagées et il faudra un certain temps avant de les réparer. La bonne nouvelle est que le CP a réussi à faire rouler des wagons à nouveau aujourd'hui et je crois comprendre que le CN pourra le faire demain. C'est toujours agréable de voir une lueur d'espoir à l'horizon.
Je précise également que les routes 1, 3, 5 et 7, qui ont été gravement endommagées par des pierres et des glissements de terrain, sont fermées depuis des jours. D'ailleurs, il faudra beaucoup de temps avant que la route Coquihallala, ou route 5, soit remise en état. C'est un désastre.
Par ailleurs, sur le plan logistique, le port de Vancouver, soit le plus grand port du pays, a été coupé du reste du pays, de telle sorte qu'une grande partie des marchandises qui entrent au port et qui en sortent quotidiennement, et dont la valeur est évaluée à 550 millions, sont coincées là-bas. Pensons-y. Chaque jour, des marchandises d'une valeur de plus d'un demi-milliard sont coincées là-bas. En ce moment, il est impossible de transporter des produits de consommation et des aliments par camion et par train vers l'est, au-delà des Rocheuses.
Nombre de Britanno‑Colombiens oublient également que 50 % des revenus agricoles de la Colombie‑Britannique viennent d'Abbotsford. Cette ville est le centre agricole de la province, et une grande partie de ce secteur est paralysé. Par exemple, à mesure que les inondations se sont aggravées, les agriculteurs ont eu de plus en plus de difficulté à acheter des aliments pour leurs bovins, leurs poulets et d'autres animaux d'élevage. Des producteurs laitiers désespérés se sont empressés d'amener leurs vaches sur un terrain élevé et ont dû finalement se débarrasser de leur lait parce qu'il n'y avait aucune façon de l'acheminer vers les transformateurs, et ces derniers n'avaient également aucun moyen d'acheminer leurs délicieux produits vers d'autres marchés canadiens.
Des écoles ont été fermées, puisque les enseignants n'arrivaient pas à traverser la zone inondée pour aller rejoindre leurs élèves dans un autre secteur de notre région. Des entreprises et des commerces de la zone inondée ou à proximité de celle-ci ont dû cesser leurs activités, du moins temporairement.
Dans certains secteurs de notre région, la circulation a été gravement paralysée puisque des voies de circulation majeures ont été fermées à cause des dommages causés aux routes et à leurs assises. Cela comprend notamment la Transcanadienne, la route 1, qui nous relie au reste du Canada. Lorsque le niveau de l'eau baissera, il faudra du temps pour que les ingénieurs déterminent l'intégrité structurale de cette route importante. Des dizaines de milliers de voitures et de camions empruntent normalement cette route chaque jour.
Il y a également des conséquences économiques majeures, étant donné que le commerce habituel est gravement perturbé. D'ailleurs, les contraintes de la chaîne d'approvisionnement, qui existaient déjà et qui causaient d'importantes pressions inflationnistes sur notre économie de même que pour l'ensemble des Canadiens, ont été exacerbées par ces inondations. Il faudra des années pour évaluer les dommages économiques que ces inondations auront imposés à notre pays. Qu'il suffise de dire que les dommages et les coûts correspondants atteindront plusieurs milliards de dollars.
Quelles sont les conséquences du point de vue humain? Ce sont peut-être les pires. Malheureusement, au moins quatre personnes ont trouvé la mort à cause de cette rivière atmosphérique. L'éducation des enfants a été perturbée. Des entreprises ont été gravement endommagées, voire détruites. Des familles ont perdu leur maison avec leurs souvenirs. Il faudra rebâtir ou rénover. Dans bien des cas, il n'y a pas d'assurance, ou celle-ci est insuffisante pour remplacer ce qui a été perdu.
Certaines personnes ne peuvent plus travailler à cause des inondations. En un mot, la vie en général des gens est bouleversée. Après la COVID, c'est la météo qui s'en mêle. Les conséquences sur la santé mentale et émotionnelle des gens seront énormes.
Où en sommes-nous? Le ministre a tout à fait raison d'affirmer que le niveau de l'eau commence à baisser. Malheureusement, d'autres tempêtes s'en viennent. La première devrait d'ailleurs frapper ce soir. Ce n'est pas une bonne nouvelle, surtout qu'elle pourrait être suivie de quelques autres tout de suite après.
Nous ne sommes pas sortis de l'auberge. Nous ne savons pas exactement ce qui nous pend au bout du nez, mais la pression sur les digues, les pompes et les systèmes de drainage va encore augmenter. Les agriculteurs et les propriétaires évacués commencent à nettoyer leurs maisons et leurs étables, en se croisant les doigts pour que les choses ne continuent pas à empirer.
Comme on peut s'en douter, il y a des débris en décomposition partout, y compris des bidons, des barils et des contenants à l'intérieur desquels se trouvent toutes sortes de substances inconnues — et probablement toxiques, au moins dans certains cas. Nous savons que l'eau charrie des pesticides sur la prairie Sumas, ce qui est loin d'être encourageant. On estime qu'environ 2 000 bêtes sont mortes à cause des inondations, et les carcasses devront être enlevées et éliminées rapidement. Des nappes de pétrole ont été aperçues du haut des airs, et les autorités tentent actuellement d'en trouver la source.
Il y a d'autres bonnes nouvelles. La route 7 est partiellement ouverte et la route 3 est de nouveau ouverte. J'espère qu'au moins une ou deux voies de la route transcanadienne seront bientôt ouvertes à la circulation. Aussi, dans la même veine, à Barrowtown, dernier bastion avant les débordements de l'impétueux fleuve Fraser, les pompes sont toujours opérationnelles, tandis que la digue de la rivière Sumas a été réparée de façon temporaire et tient le coup.
Malheureusement, certains choisissent ces temps difficiles où nous devons être solidaires pour jeter publiquement le blâme sur autrui. Ils sont très peu, mais ils sont là. Certes, le moment de désigner les coupables viendra. Tout le monde peut être blâmé pour notre incapacité à bien nous préparer à cet événement. Toutefois, à l'heure actuelle, comme l'a dit à maintes reprises mon collègue de Mission—Matsqui—Fraser Canyon, tout le monde doit mettre la main à la pâte et adopter une approche apolitique face à cette catastrophe. Je remercie également le ministre pour ses remarques. Il est manifestement partie prenante d'une telle approche. Nous ne faisons donc qu'un dans notre volonté d'aider les résidants de la vallée du Fraser et du reste de la Colombie‑Britannique à se remettre de cet événement.
Que nous a appris ce colossal phénomène météorologique? D'abord, que le temps presse. Des événements de ce genre vont se produire de plus en plus souvent. Les effets des changements climatiques deviennent toujours plus évidents alors que nous sommes aux prises avec des dômes de chaleur, des incendies de forêt, des sécheresses, des pluies torrentielles et d'autres types de phénomènes météorologiques.
Deuxièmement, nous n'étions pas préparés à faire face à cet événement, même si nous aurions dû le voir venir. En fait, j'ai entre les mains un rapport datant de moins d'un an du conseil municipal d'Abbotsford. Il souligne les efforts qui ont été déployés au fil des ans pour tenter de régler les problèmes d'inondation dans cette municipalité. Le document date de moins d'un an. Tous les intervenants ont été mis à contribution. Un groupe de travail international a même été mis sur pied; il était composé de représentants du monde fédéral, provincial et municipal ainsi que d'Américains. Nous n'aurions donc pas dû être surpris. Au bout du compte, nous savions tous quels étaient les risques et nous aurions dû voir venir cette catastrophe, mais rien de concret n'a été fait.
Troisièmement, notre système d'avertissement d'urgence n'a pas été assez rapide ni rigoureux. Si les avertissements avaient été pris au sérieux, une partie des habitants auraient sûrement pu évacuer les lieux plus tôt et sauver leurs animaux et leur propriété.
Quatrièmement, nous avons aussi appris que nos digues et autres infrastructures de drainage sont beaucoup trop vieilles et insuffisantes pour gérer les futurs épisodes de la sorte. Il faudra des digues plus hautes et mises aux normes sismiques modernes. Les berges devront être renforcées pour résister aux futurs épisodes de précipitations.
Cinquièmement, nous devrons réévaluer les futurs risques d'inondation, notamment les risques que le fleuve Fraser déborde, sorte de son lit et franchisse nos digues, ce qui, providentiellement, ne s'est pas produit. Nous devrons aussi déterminer dans quelle mesure nous interdirons le dragage de ce fleuve pour préserver l'habitat du poisson. Je tiens à préciser que l'habitat est essentiel à la viabilité de nos pêches à long terme. Toutefois, il faut également tenir compte des vies humaines et des biens. La réalité est qu'un nombre croissant de barres de sable dans le fleuve Fraser redirigent le courant contre ces vieilles digues, ce qui érode les fondations de cette infrastructure vieillissante. Par conséquent, mon message aux ministres de l'Environnement, des Pêches, de l'Infrastructure, de la Sécurité publique et de la Protection civile est que le gouvernement fédéral doit agir immédiatement pour remédier à ce problème, aussi dispendieux puisse-t-il être.
Notre pays devra également se doter d'un plan d'adaptation complet pour se préparer à de tels phénomènes météorologiques à l'avenir. J'ai remarqué que le discours du Trône prononcé hier mentionne l'intention du gouvernement d'élaborer une stratégie nationale d'adaptation. C'est bien beau, mais j'espère sincèrement qu'il ne s'agit pas d'une autre promesse creuse du premier ministre pour étaler sa vertu.
Cette stratégie et le plan connexe nécessiteront des investissements massifs dans les infrastructures de l'ordre de milliards de dollars. En outre, cette stratégie devra inviter les administrations municipales à intégrer une sensibilisation accrue à cette question dans leurs processus de planification et de réglementation afin d'accroître la résilience. Enfin, les efforts de rétablissement nécessiteront un appui financier et logistique considérable de la part de tous les ordres de gouvernement.
Je sais que nous sommes tous désolés des vies emportées par cette inondation, ainsi que des pertes massives et des déplacements qu'elle a causés dans tout le Sud de la Colombie‑Britannique. Heureusement, Abbotsford ne déplore aucune perte de vie. J'ai parlé avec des gens de ma circonscription et je sais que la population n'a pas perdu espoir en un avenir meilleur, mais la responsabilité de l'avènement de cet avenir meilleur nous incombe à nous, les élus fédéraux, pour que les générations à venir puissent vivre le rêve canadien.
Dans les semaines et les mois à venir, nous, les élus conservateurs, demanderons au gouvernement libéral d'agir et de contribuer au soutien dont ont besoin les collectivités comme Abbotsford qui ont été dévastées par les inondations. Nous allons demander au gouvernement de faire des investissements réfléchis, même s'ils sont coûteux, pour protéger la population et les propriétés. Nous allons demander au gouvernement libéral de collaborer avec la province et avec les États‑Unis pour que, à l'avenir, les collectivités touchées puissent être averties plus tôt de l'arrivée de tels événements.
En terminant, même si les habitants de la Colombie‑Britannique sont reconnaissants de l'immense soutien reçu de la famille canadienne en cette période difficile, je sais avec certitude que nous aurions pu faire mieux et que nous avons encore l'occasion de le faire. Il aurait fallu mieux se préparer à une telle catastrophe; il aurait fallu mieux s'adapter et faire de meilleurs investissements à long terme en matière de sécurité publique. Nous aurions pu mieux nous soutenir les uns les autres grâce à des communications et à des échanges d'information en temps opportun.
Les ravages causés par ces pluies torrentielles auraient pu être évités, mais nous en sommes là. Tirons-en des leçons. Les générations futures comptent sur nous. Je répondrai avec plaisir aux questions de mes collègues.
Voir le profil de Ed Fast
PCC (BC)
Monsieur le Président, je répondrai que la « toile de la vie » dont parle le député fait partie d'un environnement en mutation. L'adaptation est absolument cruciale. Nous le constatons de plus en plus.
Autre leçon que je tire de ce terrible événement: le fait que nous qui sommes à l'échelon le plus élevé du gouvernement avons le pouvoir et les ressources pour nous attaquer aux problèmes en investissant d'avance et directement. Par exemple, chez nous, à Abbotsford, il n'y a pas eu d'investissements pour des travaux d'endiguement depuis les premières années du gouvernement Harper, qui a versé à la localité 6 millions de dollars, je crois, pour l'amélioration du système d'endiguement. Il ne s'agit pas d'un problème à hauteur de millions de dollars, mais à hauteur de milliards de dollars, car il touche le fleuve Fraser de Chilliwack jusqu'à Richmond. Si une brèche s'ouvrait dans ces digues, la catastrophe serait d'une ampleur inimaginable.
Investissons maintenant. Je vous implore, en votre qualité de députés ministériels, de faire comprendre à la ministre des Finances qu'il faut consacrer une part considérable du prochain budget à l'amélioration et à la modernisation de l'infrastructure existante, et prévoir des sommes plus importantes pour éviter à tout jamais que ce genre de catastrophe se reproduise.
Voir le profil de Ed Fast
PCC (BC)
Monsieur le Président, je remercie le député de ses généreuses observations et j'accepte son offre. Je lui saurais gré de bien vouloir me transmettre ces renseignements. Je ne pense pas qu'il m'a posé de question.
J'ai l'impression que tous les députés comprennent bien que ce type de crise peut être évité. Certes, on ne peut rien contre les intempéries, mais nous pouvons certainement agir pour nous attaquer au problème des changements climatiques. Il n'en reste pas moins que ces événements se produiront encore plus régulièrement. Nous disposons d'outils qui nous permettent de réduire ou d'éliminer complètement les préjudices causés aux personnes et les dommages aux biens. Unissons nos efforts pour utiliser ces outils. En agissant de la sorte, nous rendrions un grand service à nos concitoyens et aux Canadiens.
Voir le profil de Ed Fast
PCC (BC)
Monsieur le Président, il s'agit bien de notre province.
Je suis d'accord avec la députée pour dire que le gouvernement n'a jamais réussi à atteindre les objectifs qu'il s'est fixés au fil des ans, ce qui ne l'a pas empêché de viser plus haut. Bien sûr, il n'est pas près d'atteindre ces objectifs et, pourtant, il s'est donné pour cible d'atteindre la carboneutralité d'ici 2050. Le premier ministre sait qu'il ne sera pas là pour défendre ou justifier son échec. C'est facile de se draper dans la vertu et de fixer des objectifs que les libéraux n'atteindront jamais, comme ils le savent déjà.
Je crois que nous sommes maintenant prêts, en tant que Canadiens, à faire preuve de fermeté, à mettre en place un plan qui établit des objectifs réalistes et à prévoir des mesures concrètes pour les atteindre.
Je sais que le premier ministre dira que son plan nous permettra d'y arriver. Or, à en juger par son bilan, rien ne laisse présager que les résultats qu'il obtiendra à l'avenir seront à la hauteur de ces promesses. Voilà le critère dont je tiens compte. Qu'a‑t‑il fait dans le passé, et que fera‑t‑il à l'avenir? Son bilan ne nous donne pas beaucoup d'espoir. J'espère que le premier ministre fera mieux à l'avenir, mais pour l'instant, nous avons affaire à une politique climatique ratée de la part du gouvernement.
Voir le profil de Ed Fast
PCC (BC)
Monsieur le Président, je suis un peu déçu par la question du député. Nous débattons ici de ce qui est peut-être la catastrophe de notre vie, une catastrophe sans précédent qui frappe tout le Sud de la Colombie-Britannique. Il ne s'agit pas d'une lutte à propos du pétrole et du gaz. Il s'agit des habitants d'Abbotsford, de la vallée du Fraser, du canyon du Fraser et de l'intérieur de la Colombie-Britannique qui souffrent énormément en ce moment.
En ce moment, ces gens ne veulent pas débattre du pétrole et du gaz. Ce qu'ils veulent, c'est que le gouvernement leur assure qu'il sera là pour eux. Ils veulent que le gouvernement leur dise qu'à l'avenir, il préconisera les types d'investissement en matière d'infrastructures qui leur garantiront que la situation actuelle ne se reproduira plus jamais.
Voir le profil de Ed Fast
PCC (BC)
Monsieur le Président, je veux féliciter mon collègue de la Colombie‑Britannique de son excellent discours.
Je souhaite parler des coûts. Il faudra investir des milliards de dollars dans les infrastructures pour contrer les risques d'inondation bien réels dans la région où nous vivons et que nous représentons tous les deux. Il faudra aussi dépenser des milliards de dollars pour moderniser les digues et en construire des nouvelles.
Je demande au député de poser cette question directement au ministre de la Protection civile, à la ministre des Finances, au ministre de l’Infrastructure et au premier ministre lui‑même: sont‑ils prêts à s'engager, dans le prochain budget, à prévoir une somme très importante pour assurer la question de la protection des digues, pas seulement en Colombie‑Britannique, mais à l'échelle du pays, oui ou non?
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