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Voir le profil de Alexis Brunelle-Duceppe
BQ (QC)
Monsieur le Président, je veux remercier ma collègue de Saanich—Gulf Islands. Elle sait à quel point je l’apprécie. Je le lui dis chaque fois que j’en ai l’occasion. Je lui dis merci encore une fois aujourd’hui.
Comme c’est la première fois que je prends la parole à cette 44e législature, je me permets de remercier les gens de Lac-Saint-Jean qui m’ont fait confiance une nouvelle fois le 20 septembre dernier. Je remercie également tous les citoyens et les citoyennes qui ont participé au processus démocratique dans la circonscription de Lac-Saint-Jean lors de cette élection fédérale. Je remercie ma conjointe des 24 dernières années, Mylène Cloutier, et mes grands enfants, Émile, Jeanne et Simone, sans qui tout cela serait impossible.
Cela dit, ce qui se passe présentement en Colombie-Britannique est horrible. On sait que c’est l'une des conséquences des changements climatiques. Il faudrait être aveugle pour ne pas avouer ce simple fait. Aujourd’hui, à la période des questions orales, le premier ministre nous a dit soudainement qu'il avait compris ce qu’était un champ de compétence entre les provinces et le fédéral. Il nous a dit que, de ce fait, il ne pouvait pas intervenir en Alberta auprès de l’industrie gazière et pétrolière à cause des champs de compétence.
N’était-ce pas là une contradiction, alors que ce gouvernement qui nous avait promis d’annuler les subventions à l’industrie pétrolière les a augmentées au cours des dernières années?
Voir le profil de Elizabeth May
PV (BC)
Monsieur le Président, j'aimerais d'abord féliciter mon collègue de Lac-Saint‑Jean pour sa réélection et le remercier de sa question. Je pense bien sûr à son père lorsqu'il parle de sa famille et je leur offre mes vœux.
Il est clair que nous avons un problème ici, au Canada. Nous disons beaucoup de belles choses, mais nous agissons peu. Je reconnais, par exemple, qu'il est difficile pour le gouvernement fédéral d'avoir de bonnes relations avec la province de l'Alberta. Je pense à l'époque de la campagne Halte aux pluies acides, qui visait à éliminer les produits chimiques qui nuisent à la couche d'ozone.
Ici, au Canada, nous avons fait de grandes choses à l'échelle mondiale pour protéger la vie sur cette planète. Il n'est jamais possible d'y arriver sans grand courage indicible, moral et politique.
Voir le profil de Mario Simard
BQ (QC)
Voir le profil de Mario Simard
2021-11-24 19:10
Monsieur le Président, j'ai entendu le premier ministre nous dire, au début de son discours, que son gouvernement continuera à être là pour les gens de la Colombie‑Britannique, et je me suis demandé ce que « être là » voulait dire. Si « être là » signifie simplement éteindre des feux, je pense que ce n'est pas suffisant. Il faut aussi prévenir les feux.
Faire preuve d'empathie et de sympathie est nécessaire ce soir, mais c'est de courage que nous aurons besoin dans l'avenir. Le courage suppose d'être conscients que, en 2018, en 2019 et en 2020, le gouvernement a investi chaque année14 milliards de dollars pour soutenir les hydrocarbures.
Au Comité permanent des ressources naturelles, nous avons vu que ce sont 560 millions de dollars qui sont investis dans le Fonds de réduction des émissions et qui s'en vont uniquement pour soutenir les hydrocarbures.
Si le premier ministre est sérieux et qu'il est présent pour les Canadiens, le geste qu'il devrait faire ce soir serait d'affirmer qu'il va tout faire pour mettre fin à la subvention des énergies fossiles.
Voir le profil de Justin Trudeau
Lib. (QC)
Monsieur le Président, tout d'abord, « être là » pour les gens de la Colombie‑Britannique, c'est être là avec plus de 500 membres des Forces armées canadiennes pour les aider à traverser ces moments effroyables.
C'est être là avec des investissements et de l'argent pour aider les gens qui sont déplacés, et pour aider à rebâtir rapidement leur maison, leurs autoroutes, ainsi que leur capacité de travailler.
Oui, nous sommes là. Ce ne sont pas que de belles paroles, ce sont des actions que nous accomplissons présentement. Je dois d'ailleurs souligner que, partout au pays, les Canadiens font actuellement preuve d'une extrême générosité en envoyant de l'aide aux gens confrontés à ces défis.
En même temps, « être là », c'est effectivement être là pour les décennies à venir aussi. C'est pour cela que nous avons mis sur pied le plan le plus ambitieux pour contrer les changements climatiques que le pays n'ait jamais vu. Nous sommes en train d'agir concrètement, avec une limite absolue sur les émissions des gaz à effet de serre des compagnies pétrolières et gazières, avec une réduction de ces émissions, avec un prix sur la pollution, avec des investissements pour protéger nos terres et nos océans, et bien plus encore.
Nous sommes là maintenant, et nous le serons pour les décennies à venir.
Voir le profil de Alexis Brunelle-Duceppe
BQ (QC)
Monsieur le Président, je veux souligner l'évidente sincérité du ministre dans son travail aujourd'hui. Dans un débat comme ce soir, il faut laisser de côté les joutes partisanes et travailler tous ensemble.
Je veux exprimer au nom du Bloc québécois toute notre sympathie à nos amis britanno-colombiens, avec lesquels nous sommes de tout coeur dans cette épreuve. Aujourd'hui, des gens vivent probablement les pires moments de leur vie ou, à tout le moins, des moments dont ils vont se souvenir assurément le reste de leurs jours.
On a parlé d'avenir. C'est bien de faire tout ce qui se fait présentement et il faut donner le maximum que l'on a en ce moment parce que c'est le présent qui est important.
Cependant, il faut penser à l'avenir. Mon collègue ne serait‑il pas d'accord avec moi pour demander — et je prends à partie mes chers amis de l'autre côté de la Chambre — comment il se fait que les promesses que le gouvernement libéral fait depuis des années d'annuler les subventions aux compagnies pétrolières ne sont toujours pas réalisées? Mon collègue est‑il d'accord avec moi sur le fait qu'il faut arrêter cette folie?
Voir le profil de Bill Blair
Lib. (ON)
Monsieur le Président, je suis très reconnaissant au Bloc d'exprimer sa solidarité alors que des Canadiens vivent des moments très difficiles à l'autre bout du pays.
Signalons que, si depuis quelques semaines les problèmes étaient vraiment concentrés en Colombie‑Britannique, les gens de la Nouvelle‑Écosse et de Terre‑Neuve sont maintenant aux prises avec des pluies considérables. De plus, les inondations ont eu des conséquences particulièrement marquées au Québec, à bien des égards. Nous sommes donc tous sur la même longueur d'onde, je crois.
Il faut en faire davantage, cela fait l'unanimité à l'échelle nationale. Il se construit en outre un consensus de plus en plus marqué dans l'ensemble du pays et assurément parmi les députés sur la nécessité de prendre des mesures plus audacieuses et plus ambitieuses pour lutter contre les changements climatiques et contrer un problème plus évident que jamais, soit l'effet de ces changements climatiques sur le quotidien et la sécurité des Canadiens.
Nous avons établi des plans ambitieux pour lutter contre les changements climatiques. Nous savons aussi qu'il ne suffit pas de comprendre l'importance de rebâtir une économie plus propre et plus verte au Canada: nous devons aussi créer une économie et une société plus résilientes pour que les communautés soient en sécurité, pour que les citoyens soient en sécurité chez eux, et pour assurer le maintien des chaînes d'approvisionnement essentielles, autant d'éléments qui sont mis en péril par les phénomènes climatiques.
Nous partageons la même ambition et nous sommes résolus à travailler fort avec les députés pour contrer les conséquences réelles qu'ont les changements climatiques sur la vie des Canadiens, des conséquences qu'on peut voir chaque jour.
Voir le profil de Mike Morrice
PV (ON)
Monsieur le Président, n'ayant pas eu l'occasion de le dire plus tôt cette semaine, j'aimerais commencer par vous offrir, au nom du Parti vert, mes plus sincères félicitations pour votre élection. Votre rôle durant cette 44e législature est d'une importance cruciale, et je sais que vous vous en acquittez déjà avec grâce et intégrité.
Au moment où je prends la parole, c'est la première fois que je le fais et je suis frappé par le caractère sacré de cet espace qu'est la Chambre des communes.
Aussi longtemps que j'aurai l'honneur de siéger à la Chambre, j'espère ne jamais perdre ce sentiment d'émerveillement parce qu'il s'accompagne d'un sens des responsabilités à l'égard du fait de discuter de manière constructive, d'être en désaccord sans être désagréable et, surtout, d'être respectueux. Je tiens aussi à remercier publiquement mes concitoyens de Kitchener-Centre de m'avoir accordé leur confiance.
Ma question ce soir reprend une question que la députée de Victoria a posée hier. Les combustibles fossiles sont la source principale de la crise climatique: ils sont responsables de plus de 75 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. C'est pourquoi nous devons diminuer notre consommation de pétrole, de gaz et de charbon en suivant les recommandations des scientifiques, comme ceux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.
Au Canada, cela représente une réduction d'au moins 60 % d'ici 2030, et nous devons être honnêtes avec nous-mêmes. C'est la combustion de combustibles fossiles qui, à son tour, alimente l'urgence climatique et le phénomène météorologique extrême qui a mené au présent débat d'urgence et engendré des pertes de vie et la destruction d'infrastructures en Colombie‑Britannique. Toutefois, au beau milieu de cet état d'urgence, le gouvernement fédéral continue de subventionner le secteur canadien des hydrocarbures: il lui a versé environ 17 milliards de dollars en 2020.
Le député ne convient-il pas qu'il est temps de réinvestir ces fonds dans les travailleurs de l'industrie des hydrocarbures, dans leur avenir et dans les collectivités les plus durement touchées, qui ont besoin de l'argent non seulement pour se rétablir, mais aussi, comme le député l'a mentionné, pour s'adapter?
Voir le profil de Ed Fast
PCC (BC)
Monsieur le Président, je suis un peu déçu par la question du député. Nous débattons ici de ce qui est peut-être la catastrophe de notre vie, une catastrophe sans précédent qui frappe tout le Sud de la Colombie-Britannique. Il ne s'agit pas d'une lutte à propos du pétrole et du gaz. Il s'agit des habitants d'Abbotsford, de la vallée du Fraser, du canyon du Fraser et de l'intérieur de la Colombie-Britannique qui souffrent énormément en ce moment.
En ce moment, ces gens ne veulent pas débattre du pétrole et du gaz. Ce qu'ils veulent, c'est que le gouvernement leur assure qu'il sera là pour eux. Ils veulent que le gouvernement leur dise qu'à l'avenir, il préconisera les types d'investissement en matière d'infrastructures qui leur garantiront que la situation actuelle ne se reproduira plus jamais.
Voir le profil de Kristina Michaud
BQ (QC)
Monsieur le Président, je vous félicite pour votre réélection à la présidence.
Puisque c'est la première fois que je prends la parole en cette 44e législature, je vais en profiter pour remercier les gens d'Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia qui ont réitéré leur confiance en moi. J'apprécie beaucoup cette confiance.
Je veux également remercier mes collègues du Parti vert d'avoir demandé le débat d'urgence de ce soir. J'apprécie beaucoup la présence du premier ministre, du ministre de la Protection civile et du ministre de l’Environnement et du Changement climatique.
Au nom du Bloc québécois, je veux exprimer ma solidarité envers toutes les personnes touchées par la catastrophe actuelle. Je veux que ces personnes sachent que nous sommes disposés à collaborer avec l'ensemble des parlementaires afin de nous assurer que les citoyens de la Colombie-Britannique reçoivent l'aide appropriée.
Comme on le sait, des pluies diluviennes ont engendré des inondations dans la région de la vallée du Fraser, qui ont déjà coûté la vie à quatre personnes et ont des conséquences sérieuses sur les infrastructures. Cette rivière atmosphérique a déversé 300 mm de pluie en deux jours, les 14 et 15 novembre derniers, et la région continue de subir du mauvais temps.
Ce qu'on comprend, c'est que le sol n'absorbe plus l'eau. L'eau glisse au lieu d'être absorbée et elle détruit tout sur son passage. Il s'agit d'une conséquence naturelle d'un déséquilibre de la nature, qui découle des feux de forêt que la Colombie-Britannique a connus il y a quelques mois. De surcroît, selon Environnement Canada, une nouvelle tempête devrait frapper la région ce soir, laissant tomber de 40 à 80 mm de pluie.
Les inondations de la Colombie-Britannique pourraient devenir la catastrophe naturelle la plus coûteuse dans l'histoire du Canada. Je réitère que nos cœurs sont avec les gens de la Colombie-Britannique. Nous sommes loin, mais nous avons pu constater virtuellement l'ampleur des dégâts et à quel point cela fait mal. J'ai vu des vidéos d'agriculteurs en motomarine sur ce qu'il reste de leurs champs, en train d'essayer de sauver leurs bêtes. Des milliers d'animaux y sont restés et l'importante production laitière et aviaire en a gravement souffert.
Les voies de communication routières reliant le sud de la Colombie-Britannique au reste du Canada sont rompues. La grande ville de Vancouver est coupée du reste du pays, c'est absolument incroyable. Une centaine de communautés autochtones ont été touchées et plusieurs attendent du ravitaillement par hélicoptère. D'ailleurs, je veux saluer les équipes qui sont sur le terrain jour et nuit pour apporter du soutien humanitaire aux communautés touchées.
La vice-première ministre a annoncé que le gouvernement fédéral fournirait une aide financière pour la reconstruction à venir, une décision que nous saluons également.
C'est dans de telles circonstances qu'on comprend l'importance de se serrer les coudes, l'importance de prévenir et de reconstruire, mais aussi l'importance d'être plus résilient.
Que la catastrophe actuelle soit liée directement ou indirectement aux changements climatiques n'est pas l'objet du débat de ce soir. Le fait est que les phénomènes climatiques extrêmes et leurs effets sur nos modes de vie et nos sociétés ne vont que se multiplier sous l'effet des changements climatiques. La catastrophe qu'on voit présentement en Colombie-Britannique illustre tristement les défis que l'avenir nous réserve. La multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes exige que soient accélérées et bonifiées les actions publiques qui visent à réduire les émissions de gaz à effet de serre pour contrôler la hausse de la température à l'échelle mondiale, ce qu'on appelle la mitigation, et les actions qui visent l'adaptation aux effets des changements climatiques, comme la mise à niveau des infrastructures, ce qu'on appelle l'adaptation.
Il faut maintenant et tout de suite mettre davantage d'efforts et de moyens financiers dans la mitigation et l'adaptation. En fait, il fallait le faire hier. Aujourd'hui, en Colombie-Britannique, il est temps de réparer les dégâts et d'être solidaire, mais il faut également se tourner vers l'avenir et se préparer à davantage de situations similaires: on ne peut pas se permettre de ne pas le faire.
Comme je le disais plus tôt, il est difficile pour le moment d'évaluer si ces événements sont directement liés à la crise climatique. Cependant, force est de constater que les grandes sécheresses qui ont mené aux feux de forêt il y a tout juste quelques mois et les inondations actuelles ne sont probablement et malheureusement pas le fruit du hasard.
Cela étant dit, que faire maintenant? Que faire pour prévenir? C'est une question qu'il faut se poser et que le gouvernement doit se poser.
Je reviens tout juste de la COP26, tenue à Glasgow en Écosse, où les intentions étaient tellement bonnes et tout le monde de bonne foi. On a même eu une journée thématique sur l'adaptation et l'atténuation. Il en est certes ressorti de bonnes choses et des promesses ambitieuses, mais certainement rien pour nous préparer à court terme à faire face à des situations comme celle-ci. C'est pourquoi, au Bloc québécois, nous voulons insister sur l'importance d'une transition énergétique.
Oui, on sait que cela va coûter cher, mais ne pas la faire va nous coûter encore plus cher, financièrement et humainement parlant. On doit profiter de la relance de l’économie pour repérer cette plus que nécessaire transition énergétique et construire une société plus résiliente à l’égard des conséquences des changements climatiques, notamment la fréquence des événements climatiques extrêmes.
Dès l’été 2020, le Bloc québécois a élaboré un plan de relance verte. Lors de la dernière campagne électorale, nous avons proposé la création d’un fonds dédié à la protection des rives et à la lutte contre l’érosion. Nous ne pouvons pas nous empêcher de déplorer que le gouvernement se dise être leader dans la lutte contre les changements climatiques, mais qu’il n’applique pas dans les faits les changements qui s’imposent pour opérer la transition énergétique et la sortie des énergies fossiles.
Hier, on a eu droit à un discours du Trône. Après des élections dont on met encore en doute la pertinence, on se demande pourquoi c’était si urgent d’ouvrir une nouvelle législature, avec un Parlement sensiblement pareil qui est confronté aux mêmes problèmes qu’avant les élections. Finalement, on a juste perdu du temps et en temps de crise climatique, on ne le répétera jamais assez, on a peur de manquer de temps.
Les pays insulaires, les pays en développement, les pays les plus pauvres, ceux qui émettent le moins de gaz à effet de serre, mais ironiquement ceux qui sont les plus touchés par les conséquences des changements climatiques, ont peur de manquer de temps. Les éternels optimistes ont peur de manquer de temps et les scientifiques savent qu’on va manquer de temps. On va manquer de temps si on ne change pas le cap. On va manquer de temps si on continue dans la même direction. C'est une lubie de penser qu’on va être en mesure de plafonner les émissions de gaz à effet de serre, quand l’industrie canadienne du pétrole annonce qu’elle va augmenter sa production dans les prochaines années. On s’en va tout droit dans un mur. On ne met pas les efforts à la bonne place. Il y a tant à faire. On s’attendait au moins à quelque chose, n’importe quoi. Les propos vagues et la vacuité du discours du Trône au chapitre des actions climatiques concrètes ne sont pas du tout rassurants.
Je me permets de rappeler que le Québec est un leader dans la lutte contre les changements climatiques. Il a tous les atouts nécessaires pour faire la transition écologique et pour construire une véritable économie verte et résiliente. Le reste du Canada devrait prendre exemple. À long terme, continuer d’investir dans les énergies fossiles ne sera pas bon pour l’économie canadienne. Il faut changer nos façons de faire maintenant.
Quand on parle d’adaptation, d’atténuation ou de mitigation, on ne peut pas le faire sans parler d’infrastructure. Les régions du Québec comme partout ailleurs, particulièrement en Colombie-Britannique, les derniers mois nous l’ont prouvé, ont des besoins en matière d’adaptation aux changements climatiques. L’érosion des berges et le recul des rives en sont un exemple. Nos régions ne sont pas non plus à l’abri des effets dévastateurs des catastrophes naturelles. La lutte contre les changements climatiques doit être fondée à la fois sur la mitigation et l’adaptation aux impacts de ces changements.
D’ailleurs, le recul des rives et l’érosion font l’objet d’une action politique soutenue du Bloc québécois depuis des années. Cela me permet de rappeler qu’il existait auparavant un programme fédéral qui servait à financer la protection des rives. Il fut aboli et n’a jamais été réactivé. Nous avons proposé, lors des dernières élections, la création d’un fonds dédié à la lutte contre l’érosion et un financement annuel de 250 millions de dollars. Le financement doit être récurrent et prévisible.
En Gaspésie, dans la municipalité de Saint-Maxime-du-Mont-Louis, la route 132 s’est affaissée et a été emportée par la mer. C’est le genre d’événement qui risque de se reproduire.
Il ne faut pas essayer d’acheter une maison sur le bord du fleuve à Sainte-Luce-sur-Mer dans ma circonscription. Il n’y a pas une compagnie d’assurance qui va vouloir l’assurer. Elles savent que la maison est à risque et qu’un jour ou l’autre elle sera complètement inondée. C’est arrivé en 2010. Dans cette municipalité et à Saint-Flavie, toujours dans ma circonscription, des dizaines de maisons ont été inondées et des dizaines de familles ont été déplacées. C’est ce qui se passe en ce moment même en Colombie-Britannique. Des milliers de personnes sont touchées par ces inondations.
C’est pour cela qu’il ne suffit pas de réparer les dégâts des incidents climatiques. Il faut les prévenir. Les sommes de 3 milliards de dollars sur 10 ans investies pour le Fonds d’atténuation et d’adaptation en matière des catastrophes climatiques sont malheureusement insuffisantes pour construire des infrastructures susceptibles de contrer les effets négatifs des changements climatiques.
Le discours du Trône parle d’investissement pour prévenir et prévoir certains effets négatifs des changements climatiques et d’une stratégie nationale d’adaptation. Il faudra s’assurer que le gouvernement travaille avec les provinces et avec le Québec, plutôt qu’en confrontation. Il faut travailler ensemble.
Cela m’amène à parler de mitigation. On critique depuis longtemps le fait que le Canada n’a jamais atteint ses cibles de réduction de gaz à effet de serre et continue de subventionner massivement l’industrie canadienne du gaz et du pétrole, plutôt que d’investir dans les énergies renouvelables et le développement de l’économie verte.
Malheureusement, la grande force de ce gouvernement en matière climatique est sa formidable capacité à annoncer des cibles et à faire des promesses pour avoir l'air de faire quelque chose d'autre que de financer les combustibles fossiles et les autres industries à haute intensité carbonique à l'aide de nos impôts.
Il ne suffit pas de prononcer les mots « lutte contre le changement climatique » ou « croissance verte » ou « emplois verts » pour avoir une politique et un plan d'action concret qui permet réellement de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d'opérer la transition. Le gouvernement libéral doit avoir le courage de tourner le dos aux hydrocarbures.
Annoncer des cibles sans données probantes à l'appui et afficher des intentions n'a aucune valeur réelle. Ce qu'il faut, ce sont des mesures, des gestes et un plan crédible et transparent. Au‑delà des promesses, on l'attend encore, ce plan.
J'ai envie de poser cette question au gouvernement: s'il est prêt à affirmer qu'il ne faut plus autoriser aucun nouveau projet de développement d'hydrocarbures sur l'ensemble du territoire et qu'il faut réduire graduellement la production des hydrocarbures, croit‑il que l'ensemble du Canada devrait emboîter le pas au gouvernement du Québec, qui a annoncé la véritable fin des hydrocarbures?
Les députés libéraux voudront répondre à cette question en répétant probablement leur promesse visant le plafonnement des émissions du secteur gazier et pétrolier. Cependant, leur promesse ne vise pas la sortie graduelle du charbon, du gaz et du pétrole. Elle prétend que ces industries peuvent être viables écologiquement en réduisant l'intensité carbonique de leur production. Ils vont assurément nous dire que cela ne relève pas de leurs compétences, mais ils ont tout de même acheté un pipeline.
Cela me fait penser à ce qui est ressorti du Pacte de Glasgow pour le climat. Après 10 jours de négociations, on a pondu un texte qui ne faisait même pas mention des énergies fossiles. Rien, pas un mot ou pas une phrase qui reconnaissait que l'exploitation des énergies fossiles est l'un des grands responsables de la crise climatique. Évidemment, on a protesté, tout comme la société civile. On les a finalement inclus dans le texte, dans une belle grande phrase qui ne veut pas dire grand-chose, au bout du compte, les pays s'engagent à « intensifier les efforts vers [...] la sortie des subventions inefficaces aux énergies fossiles ».
D'abord, intensifier les efforts ne nous contraint même pas à faire des efforts en soi, et le mot « inefficaces » laisse entendre qu'il existe des subventions efficaces. Quel non‑sens! C'est décourageant.
Sincèrement, je me demande où était le Canada quand c'était le temps de s'opposer aux amendements de dernière minute de la Chine et de l'Inde. Je me demande, comme le dit si bien mon chef, où était la colonne vertébrale des représentants du gouvernement du Canada pour se lever, se tenir debout et s'opposer à ce genre de déclaration édulcorée qui légitime l'aide des États aux industries les plus polluantes en pleine crise du climat. Avec ce texte-là, on dit essentiellement aux gouvernements de près de 200 pays que c'est correct et que l'on peut continuer à financer la crise climatique.
C'est ce qui ressort d'une conférence mondiale sur le climat, dont le but était de tout mettre en œuvre pour limiter le réchauffement climatique mondial à 1,5 degré Celsius. En continuant de subventionner le pétrole, le gaz ou le charbon, on n'y arrivera pas.
Tant qu'à être dans les mesure climatiques du gouvernement, les libéraux s'engagent enfin à abolir les subventions aux énergies fossiles après avoir accordé 10,7 milliards de dollars par année à l'industrie des combustibles fossiles, et c'est sans compter les coûts faramineux de Trans Mountain.
Enfin, il y a toujours une attrape. Il y a malheureusement lieu de craindre les nouvelles formes que prendront ces subventions. Déjà, le Bureau du vérificateur général demandait au gouvernement, en 2019, de définir ce qu'il entendait par l'expression « subvention inefficace ». C'est un exercice de définition que le ministère des Finances s'est refusé à faire.
Avec cette nouvelle promesse libérale, il y a donc lieu de craindre que les nouvelles subventions aux combustibles fossiles soient désormais des subventions camouflées. Pire, c'est désormais au nom de la lutte contre les changements climatiques que les contribuables verseront leur argent aux compagnies pétrolières et gazières canadiennes. Combien le Canada va‑t‑il engloutir d'argent pour aider les pollueurs à moins polluer, plutôt que d'aider les entreprises innovantes à créer l'économie de l'avenir?
La stratégie de l'hydrogène « gris » du Canada et les promesses douteuses des technologies de captation, d'utilisation et stockage du carbone nous laissent déjà envisager la facture salée de l'inaction de ce gouvernement.
On paie déjà des millions de dollars pour développer des technologies non éprouvées qui seraient implantées dans des années, donc trop tard pour aider le Canada à atteindre son objectif de réduction des gaz à effet de serre pour 2030. Tout cela pour produire du gaz et du pétrole soi-disant moins polluant, plutôt que de faire la vraie transition écologique et énergétique.
Si c'est cela la lutte contre les changements climatiques pour le gouvernement, on doit apprendre dès aujourd'hui à relativiser les propositions toutes faites qui mettent en avant, avec de gros chiffres, les dépenses qu'effectue ce gouvernement au nom de la lutte contre les changements climatiques. Ces investissements, ce sont les nouvelles subventions camouflées à l'industrie canadienne du gaz et du pétrole.
Sont-ils prêts donc à opérer la véritable transition énergétique? Si oui, peuvent-ils, ici même à la Chambre, s'engager à mettre définitivement fin à l'industrie canadienne du gaz, du charbon et du pétrole? Peuvent-ils dire que le pétrole vert n'existe pas? C'est ce genre de paroles que nous aimerions entendre.
Aujourd'hui, je le répète, il faut être solidaire envers la Colombie‑Britannique plus que jamais. Le fédéral, j'ose espérer, sait ce qu'il doit faire pour aider à court terme cette région, mais il doit également mettre en œuvre maintenant un plan pour prévenir les événements climatiques extrêmes comme celui-ci, qui seront de plus en plus nombreux à l'avenir.
Je réitère l'ouverture du Bloc québécois à travailler avec les parlementaires pour offrir immédiatement le soutien nécessaire et pour trouver les solutions que l'on devra mettre de l'avant demain.
Voir le profil de Steven Guilbeault
Lib. (QC)
Monsieur le Président, je remercie ma collègue de son allocution. Je voudrais lui faire valoir quelques points.
Elle a parlé de la question du charbon. Elle doit savoir qu'il y a maintenant une loi au Canada qui va interdire la production d'électricité à partir du charbon d'ici 2030. Elle doit également savoir que nous avons déjà mis en place, en l'espace de quelques années, l'un des prix sur la pollution les plus élevés sur la planète, c'est-à-dire plus élevé que celui du Québec, de la Colombie‑Britannique, de la Californie. L'an prochain, il sera encore plus élevé que celui de l'Union européenne, qui a pourtant mis en place son système il y a une quinzaine d'années.
Je suis curieux de savoir si elle est courant des investissements historiques de 25 milliards de dollars que notre gouvernement fait en transports collectifs au pays; 300 projets de transports collectifs sont en construction présentement et 1 000 autres sont en processus d'approbation d'un bout à l'autre du pays.
Sur la question des subventions aux combustibles fossiles, notre gouvernement s'est engagé à les éliminer deux années plus tôt que tous nos partenaires du G20. L'objectif du G20 est 2025 pour l'élimination des subventions aux combustibles fossiles. Notre objectif est 2023. Aucun autre pays du G20 ne s'est engagé à faire cela plus tôt que 2025.
Voir le profil de Kristina Michaud
BQ (QC)
Monsieur le Président, je remercie le ministre de sa question.
Je suis effectivement au courant de tous ces investissements qui ont été faits dans les derniers mois et les dernières années, et je les salue. Je pense que le Canada a une bonne réputation à l'international. Il a même annoncé qu'il allait cesser d'envoyer l'argent des contribuables canadiens dans des projets gaziers et pétroliers à l'étranger. Nous aimerions donc qu'il fasse la même chose ici, sur son propre territoire. Ces subventions que l'on peut appeler camouflées nous inquiètent. Cela signifie que l'on va continuer de faire du pollueur payé au lieu du pollueur payeur.
Ce que nous voulons, c'est cesser d'aider les pollueurs à polluer. Il ne faut avoir qu'en tête la stratégie de la carboneutralité. Il faut repenser la façon dont on produit, il faut plafonner la production. C'est sur cela qu'il faut se concentrer, malgré tout ce qui a été annoncé. Nous sommes en crise climatique.
Ce qui est annoncé n'est jamais assez, il faut en faire plus.
Voir le profil de Jean-Denis Garon
BQ (QC)
Voir le profil de Jean-Denis Garon
2021-11-24 20:24
Monsieur le Président, ce gouvernement dépense autant tous les trois mois en subventions aux compagnies pétrolières et gazières que ce qu'il entend verser dans son Fonds d'atténuation et d'adaptation en matière de catastrophes pour les 10 prochaines années.
Le gouvernement est engagé dans une transition, oui, mais c'est une transition vers davantage d'énergies fossiles. Le prétexte utilisé pour maintenir ces subventions est qu'elles sont efficaces. On aurait dû évidemment commencer à les éliminer dès le premier mandat des libéraux, mais cela n'a pas été fait. J'aimerais que ma collègue m'indique ce qui pourrait être fait pour aider la transition énergétique et écologique avec les 10 ou 11 milliards de dollars consacrés chaque année aux compagnies pétrolières et gazières.
Voir le profil de Kristina Michaud
BQ (QC)
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de Mirabel qui, je crois, en est à sa deuxième prise de parole à la Chambre. Il fait très bien cela et connait très bien ce dossier. Je veux le remercier de faire profiter notre caucus de ses connaissances et nous avons vraiment de la chance de l'avoir avec nous.
Quand j'ai vu dans le Pacte de Glasgow le mot « inefficaces » entre les mots « subventions » et « énergies fossiles », je me suis demandé ce qu'il faisait là. C'est comme dire qu'il y a des subventions aux énergies fossiles qui sont efficaces. Je vais répéter ce que j'ai dit tout à l'heure: on ne peut pas continuer à aider les pollueurs à polluer. Il faut prendre l'argent des contribuables et l'investir dans la transition énergétique, dans les énergies renouvelables et dans les solutions qui vont nous aider pour le futur.
On ne peut pas arrêter les énergies fossiles du jour au lendemain. Nous sommes au courant qu'il faut commencer par plafonner la production avant de la réduire graduellement et qu'il faut le faire en collaboration avec les travailleurs de cette industrie. Le Bloc québécois est totalement solidaire de ces derniers et veut les aider à faire cette transition. Nous allons être là pour eux.
Voir le profil de Elizabeth May
PV (BC)
Monsieur le Président, je voudrais aussi vous féliciter pour votre nomination à la vice-présidence.
Je dirai à mon collègue de Burnaby-Sud que si nous sommes prêts à tout faire — et il s'agit d'une question politique difficile pour lui —, cela exigera du chef du NPD fédéral qu'il soit prêt à décevoir la cheffe du NPD de l'Alberta en annulant le projet d'expansion de l'oléoduc Trans Mountain, ainsi que le premier ministre de la Colombie‑Britannique, M. Horgan, en annulant les projets de gaz naturel liquéfié et leurs subventions et en interdisant la fracturation. Le député est-il prêt à s'engager dans cette voie?
Voir le profil de Jagmeet Singh
NPD (BC)
Monsieur le Président, nous devons tout faire en notre pouvoir en tant que députés pour que le pays fasse sa part. Nous savons que le fédéral continue de subventionner le secteur du pétrole et du gaz à hauteur de plusieurs milliards de dollars. Cet argent devrait servir à financer les énergies renouvelables. Cet argent devrait servir à l'établissement d'une stratégie pour les travailleurs. Cet argent devrait servir à lutter contre les changements climatiques. Nous allons faire tout ce qu’il est possible de faire à la Chambre pour que toutes nos ressources servent à régler le problème, à bâtir un avenir meilleur et à protéger les collectivités dès maintenant.
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