Bienvenue à la 10e réunion du Comité permanent du commerce international. Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le jeudi 18 septembre 2025, le Comité reprend son étude sur le Canada et la prochaine revue de l'ACEUM.
Nous accueillons aujourd'hui, dans notre premier groupe de témoins, M. Krips, de l'Alberta Forest Products Association; Mme Tognarelli et M. Winterhalt, d’Exportation et développement Canada; et Mme White, de Manufacturiers et Exportateurs du Québec.
Je souhaite la bienvenue à tous nos témoins cet après-midi. Nous entendrons des déclarations liminaires. Vous disposerez chacun de cinq minutes pour les prononcer. Pour ceux qui sont dans la salle et qui peuvent me voir ou ceux qui sont en ligne, lorsqu'il vous restera 30 secondes, je lèverai ma chemise orange pour vous signaler, sans toutefois vous interrompre, que vos cinq minutes tirent à leur fin.
Monsieur Krips, je vous invite à prononcer votre déclaration préliminaire pendant les cinq prochaines minutes.
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Je vous remercie, monsieur le vice-président et membres du Comité. Je vous suis très reconnaissant de me donner cette occasion cet après-midi.
L'Alberta Forest Products Association représente 29 entreprises forestières en Alberta. Nos membres vont des sociétés cotées en bourse aux entreprises familiales transmises de génération en génération. Nous représentons toutes sortes d'entreprises, des scieries aux usines de pâtes et papiers, en passant par les usines de granules de bois.
Nous sommes fiers de faire partie de l'industrie forestière canadienne, qui s'étend d'un océan à l'autre, crée 200 000 emplois directs et emploie le plus grand nombre d'Autochtones au pays.
L'une de nos principales demandes concernant l'ACEUM et sa revue est de veiller à ce que le secteur forestier ait voix au chapitre afin que les produits forestiers soient inclus dans l'accord renégocié final, ou à tout le moins que ce secteur soit traité comme une priorité au même titre que d'autres secteurs clés comme ceux de l'acier, de l'aluminium, de l'automobile, des produits laitiers et de l'agriculture, et qu'il le soit lors de toute renégociation de l'ACEUM également.
En plus du processus de règlement des différends commerciaux, qui n'a pas très bien servi le secteur du bois d'œuvre, les versions précédentes de l'ALENA ou de l'ACEUM ont souvent exclu le bois d'œuvre. Cela signifie que nous avons fait l'objet de droits de douane et de quotas supplémentaires qui ont nui aux collectivités, entraîné la fermeture d'usines et une perte d'emplois pour des Canadiens partout au pays.
Un commerce déstabilisé et paralysé n'est pas seulement néfaste pour les Canadiens; il l'est aussi pour les Américains, car il fait augmenter les prix pour les consommateurs américains. De fait, l'Américain moyen n'a déjà plus les moyens d'acheter sa première maison avant l'âge de 38 ans. Les coûts supplémentaires attribuables aux obstacles au commerce aggravent davantage cette situation, et voici la véritable ironie: à l'heure où les scieries canadiennes doivent interrompre leurs activités et que les collectivités en souffrent, les scieries américaines doivent elles aussi interrompre leurs activités. Elles sont en difficulté à cause des consommateurs américains qui n'ont pas la confiance nécessaire pour construire des logements, des droits de douane qui font grimper leurs prix et des représailles d'autres pays contre leurs exportations.
Il nous faut un accord durable qui crée de la certitude des deux côtés de la frontière. Les États-Unis produisent environ 70 % de leur propre bois d'œuvre, mais ils doivent importer les 30 % restants, surtout de l'épinette, du pin et du sapin, que nous produisons ici au Canada — plus particulièrement dans l'Ouest canadien — et qui jouent un rôle indispensable dans la construction de charpentes. Les Américains peuvent soit se procurer ce bois d'œuvre au Canada, soit payer plus cher et l'importer d'Europe.
Je parle au nom de l'industrie forestière de l'Alberta, mais en réalité, cette situation a des répercussions sur les emplois d'un bout à l'autre du pays. La foresterie est l'une des industries fondamentales et essentielles au pays. Elle se trouve dans des collectivités de Terre-Neuve à la Colombie-Britannique, en passant par le Sud du Québec et le Nord du Manitoba. De fait, 300 collectivités au pays dépendent de la foresterie. C'est un secteur qui respecte l'environnement et dans lequel trois générations d'une même famille travaillent dans la même usine. Ce secteur a besoin de certitude et de stabilité. Les investissements nécessaires pour entretenir et moderniser les usines dépassent régulièrement les 100 millions de dollars, mais il n'est pas possible de les effectuer lorsque l'on ne sait pas où ira le produit ni dans quelles circonstances il sera vendu.
En ce moment, nous payons des droits de douane de 35,5 % auxquels s'ajoute un 10 % supplémentaire depuis l'enquête relative à la sécurité nationale menée au sujet du bois d'œuvre en vertu de l'article 232. Cette situation amène des usines de tout le pays à réduire leur production et à renvoyer leurs employés chez eux.
Nous nous réjouissons bien sûr des efforts visant à utiliser davantage notre bois d'œuvre ici, au pays — c'est très important —, et à diversifier nos marchés à l'étranger, ce qui est également très important. Ce sont de bonnes initiatives et des mesures que nous devons prendre. Or, la réalité est qu'environ 50 % de notre bois d'œuvre est exporté aux États-Unis. Nous exportons également de grandes quantités de panneaux de bois, de pâte à papier, de papier journal et d'autres produits forestiers vers le marché américain. La diversification ne nous permettra pas de régler ce problème. Nous devons trouver une solution avec nos collègues et clients américains. C'est pourquoi il est important que notre industrie ait voix au chapitre dans les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis, au même titre que d'autres industries clés comme celles de l'acier, de l'aluminium, de l'automobile, des produits laitiers et de l'agriculture.
Nous demandons aux membres du Comité de plaider en faveur de notre participation à ces négociations et de s'assurer que cette question demeure une priorité absolue pour ce gouvernement. Une fois les négociations entamées, nous demandons au gouvernement du Canada de veiller à ce que le nouvel accord prévoie des mécanismes de règlement des différends améliorés, y compris des échéances exécutoires pour la nomination des membres du groupe spécial binational.
Merci beaucoup. Je serai heureux de répondre à vos questions cet après-midi.
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Monsieur le vice-président et membres du Comité, nous sommes heureux d'être ici aujourd'hui.
Même dans les meilleures circonstances, les affaires et le commerce international comportent des risques et sont empreints d'incertitude. Cette incertitude se manifeste de bien des façons: conditions météorologiques extrêmes, résultats des élections, conflits, maladies et, bien sûr, barrières commerciales.
Toutefois, la présence de partenariats solides et fiables nous aide à gérer ces ralentissements et même à maximiser les occasions qu'ils recèlent. Exportation et développement Canada fait partie de l'écosystème commercial international du Canada; un système qui contribue à établir ces partenariats stratégiques.
[Français]
Pour ceux et celles qui connaissent moins bien Exportation et développement Canada, ou EDC, permettez-moi de vous en présenter rapidement les grandes lignes.
EDC est une société d'État. Nous avons comme mandat de soutenir et de faire croître les exportations canadiennes à l'aide d'une gamme de solutions financières qui aident à réduire les risques pour les exportateurs et les investisseurs canadiens.
Ensemble, ces offres donnent d'abord aux entreprises canadiennes les outils dont elles ont besoin pour réduire les risques financiers. Ensuite, elles leur apportent un soutien en capital nécessaire pour percer de nouveaux marchés et y investir avec confiance. Finalement, elles les aident à croître au niveau international.
Pour vous donner un peu de contexte, je vous dirai que l'année dernière ces produits et ces services ont permis d'appuyer près de 28 000 entreprises et de faciliter des activités d'exportation, d'investissement à l'étranger et de développement du commerce totalisant plus de 123 milliards de dollars.
[Traduction]
Exportation et développement Canada est un organisme anticyclique. Nous intervenons dans les moments les plus difficiles. Nous menons nos activités selon les conditions commerciales, ce qui nous permet, par le fait même, de jouer un rôle complémentaire à celui du secteur privé. Dans le cadre de ce modèle, EDC est financièrement autonome, n'accorde pas de subventions et verse régulièrement des dividendes au gouvernement du Canada.
Comme nous le savons tous, le Canada est un pays commerçant. Notre prospérité repose sur une circulation constante de marchandises à destination et en provenance du Canada. Ensemble, les importations et les exportations représentent environ 65 % de notre PIB. Les exportations, plus précisément, en représentent environ un tiers. Or, cette année, le pays qui était depuis des générations notre partenaire commercial le plus fiable a amorcé un virage. À l'heure actuelle, il existe peu de certitudes quant aux relations commerciales entre le Canada et les États-Unis et, à EDC, nous commençons à en voir les effets. Les exportations canadiennes ont diminué en août, poussant le déficit commercial à son deuxième niveau le plus élevé jamais enregistré.
Ces constatations se reflètent également dans notre indice de confiance commerciale semestriel — publié au milieu de l'année 2025 — qui s'établit à 65,7, ce qui représente une chute de 3,3 points par rapport aux résultats du sondage mené à la fin de l'année 2024. Il révèle également que 40 % de nos répondants constatent une baisse des commandes en provenance des États-Unis alors que dans le cadre de notre dernier sondage, il y a six mois, seuls 16 % des répondants avaient affirmé la même chose.
Ce qui est peut-être plus encourageant, c'est que le sondage a en outre révélé que les exportateurs s'emploient activement à explorer de nouveaux marchés afin d'élargir leur clientèle. La plupart des répondants — soit 72 % d'entre eux — ont déclaré qu'ils prévoyaient de pénétrer de nouveaux marchés au cours des deux prochaines années et qu'ils se concentraient sur les pays ayant déjà conclu des accords de libre-échange avec le Canada.
Il va sans dire que les propriétaires d'entreprise canadiens ont du mal à prendre des risques alors que chaque jour semble apporter son lot de nouveaux défis.
Je tiens toutefois à être clair. À EDC, nous demeurons très confiants à l'égard des possibilités d'exportation et de partenariat du Canada. Selon nous, notre pays se trouve à un tournant: il dispose véritablement de ce dont le monde a besoin. Nos ressources naturelles et nos technologies propres de classe mondiale doivent jouer un rôle clé dans la transition énergétique. Notre écosystème innovateur de la haute technologie a le potentiel d'être un chef de file à mesure que les industries, les économies et les sociétés progressent dans leur transformation technologique. Le Canada est l'un des pays les plus autosuffisants au monde sur le plan agricole. Ainsi, la chaîne d'approvisionnement agroalimentaire du Canada peut contribuer à ouvrir la voie à l'échelle mondiale.
Pour y parvenir, EDC est d'avis que le Canada doit passer d'un système commercial principalement continental à un système davantage tourné vers le monde. Alors qu'environ 75 % des exportations canadiennes vont toujours aux États-Unis, il n'est pas surprenant que les effets des droits de douane se soient fait sentir dans l'ensemble de l'économie. La proximité des États-Unis avec le Canada, nos chaînes d'approvisionnement fortement intégrées, nos infrastructures favorables et notre longue histoire commune font des États-Unis un partenaire commercial idéal. Pour toutes ces raisons, nous pensons que les États-Unis demeureront le plus important partenaire commercial du Canada.
Pour que le Canada soit un pays prospère doté d'une économie en croissance, il nous faut prévoir une stratégie pour les exportations canadiennes qui sera déployée graduellement, et qui consistera à élargir et à diversifier nos marchés, et non à remplacer la plus importante nation consommatrice au monde. Afin de surmonter les difficultés que pose le marché américain, nos entreprises doivent pénétrer de nouveaux marchés.
En guise de conclusion, permettez-moi d'avancer que la diversification de nos marchés dans la région indo-pacifique, en Europe, en Amérique latine et au‑delà est la clé qui permettra au Canada de saisir une occasion porteuse de changement, de s'éloigner des dépendances économiques du passé et de passer à une économie concurrentielle, résiliente et sûre, fondée sur des relations commerciales fiables avec des marchés du monde entier.
Mme Tognarelli et moi-même serons heureux de vous fournir de plus amples renseignements et de répondre à vos questions. Merci beaucoup de votre temps et de votre intérêt pour cette question aujourd'hui.
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Merci, monsieur le président.
Mesdames et messieurs les députés, c'est un plaisir d'être avec vous aujourd'hui.
Je tiens d'abord à vous remercier de nous donner l'occasion de présenter la voix des manufacturiers et exportateurs du Québec dans le cadre d'un dossier aussi important que celui de l'examen de l'Accord Canada—États‑Unis—Mexique, ou ACEUM.
Manufacturiers et Exportateurs du Québec, ou MEQ, est une association d'affaires consacrée à la croissance du secteur manufacturier. Elle compte sur un réseau de plus 1 000 entreprises manufacturières de toutes tailles, partout au Québec. Nous faisons aussi partie de Manufacturiers et Exportateurs du Canada, la plus grande association commerciale et industrielle au pays, qui a été fondée en 1871.
Rappelons tout d'abord que le secteur manufacturier est l'un des piliers de l'économie québécoise, au premier rang de tous les secteurs en fonction de son poids dans le produit intérieur brut, ou PIB. Il emploie plus de 500 000 Québécoises et Québécois, contribue à 12,3 % du PIB, représente 86,1 % de nos exportations et regroupe un total de plus de 13 600 entreprises. En 2024, au Québec, le secteur manufacturier a généré des ventes globales de près de 220 milliards de dollars. C'est donc un secteur qui est au cœur de notre économie.
MEQ considère que l'ACEUM est globalement une bonne entente, mais elle est une bonne entente lorsqu'elle est respectée par tous les partenaires. Nos entreprises ont pu développer leurs exportations et croître grâce à cette entente et aux ententes précédentes de libre-échange que nous avons eues dans le passé.
Nous avons fait un sondage auprès de nos membres dans les dernières semaines sur leur vision de l'examen de l'ACEUM. Presque l'entièreté des membres sondés, soit 96 % des répondants, souhaite un renouvellement de l'ACEUM. De plus, 90 % des membres appuient l'intégration de notre économie avec l'économie américaine et l'économie mexicaine. Toutefois, les trois quarts des répondants souhaitent des mesures plus strictes pour les pays qui ne respectent pas l'accord.
Évidemment, les événements des derniers mois avec l'administration américaine ont perturbé de façon importante le secteur manufacturier. Il est impératif de mettre fin à la guerre tarifaire en cours, qui nuit à plusieurs de nos sous-secteurs manufacturiers qui sont au cœur de l'économie québécoise, comme le bois, l'aluminium et l'acier, mais qui crée aussi un sentiment global d'incertitude pour les entreprises.
Dans le cadre de l'examen, nous privilégions donc une approche fondée sur les cinq principes suivants.
Premièrement, il faut préserver l'esprit de l'ACEUM, notamment en évitant le plus possible la pérennisation des droits de douane.
Deuxièmement, il faut maintenir l'accès préférentiel au marché américain développé au fil des accords de libre-échange que nous avons signés. Le marché américain demeurera toujours notre principal client pour les entreprises manufacturières à cause de sa proximité géographique, mais aussi à cause de sa taille et de son poids dans le marché de la consommation.
Troisièmement, il faut continuer à favoriser une approche trilatérale incluant les États‑Unis et le Mexique. Au cours des dernières décennies, nous avons développé avec ces partenaires une économie nord-américaine forte et intégrée. Nos entreprises se sont bâties et ont pris de la croissance en tenant compte des trois marchés. Nous avons des entreprises qui ont des lieux de production dans les trois pays. Tout changement à cette approche serait préjudiciable.
Quatrièmement, il faut assurer une représentation du Québec à la table des négociations et aux discussions. Comme lors des négociations précédentes, nous demandons que le Québec soit officiellement représenté, avec la désignation par le gouvernement du Québec d'un négociateur en chef. Cette personne devrait posséder une connaissance approfondie de l'économie québécoise et une expérience en négociation. Elle devrait être en mesure de rallier un large consensus afin d'assurer sa légitimité.
Cinquièmement, il faut favoriser la prévisibilité et la stabilité des relations commerciales. Il faut, comme je le disais plus tôt, trouver un terrain d'entente. Les règles qui changent fréquemment et sans préavis nuisent aux entreprises, aux investissements, à l'innovation et, plus largement, à l'économie.
Je vous remercie. Je serai disponible pour répondre à vos questions.
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La National Association of Home Builders aux États‑Unis est un véritable allié naturel. Elle s'oppose depuis longtemps aux droits de douane sur le bois d'œuvre.
Prenons un peu de recul. Cinquante pour cent du bois d'œuvre produit en Alberta reste sur le marché intérieur, donc au Canada. Sur les 50 % restants, environ 96 % à 97 % sont exportés aux États-Unis. Ce pays est, de loin, notre plus important partenaire commercial. Le bois d'œuvre est principalement utilisé dans la construction résidentielle, oui. Nous produisons du bois d'œuvre à partir d'épinettes, de pins et de sapins, dont la croissance est plus longue. Ce bois d'œuvre est plus souple, et les constructeurs aiment beaucoup l'utiliser. Il ne se fend pas lorsqu'on y enfonce des clous.
Il existe une réelle demande pour notre produit dans le marché immobilier là‑bas; on l'apprécie et on le veut. C'est pourquoi il y a cette proportion de 70 % et de 30 %. Avec leur production, les États‑Unis comblent 70 % de leurs besoins, mais pour les 30 % restants, surtout en ce qui concerne leurs besoins en matière de construction et de rénovation, ils doivent se tourner vers l'épinette, le pin et le sapin.
Des associations telles que la National Association of Home Builders nous soutiennent depuis longtemps. Nous continuons à travailler en étroite collaboration avec elles pour faire valoir notre point de vue selon lequel notre approche est axée sur un partenariat. Il n'y a pas que l'épinette, le pin et le sapin. Il y a aussi le pin jaune américain qui est utilisé, notamment, dans la construction de terrasses.
À notre avis, il existe une relation symbiotique entre nos différents types de produits.
Le bois d'œuvre est probablement le différend commercial le plus tenace entre le Canada et les États-Unis. Sa genèse remonte à des décennies, voire des siècles.
Une partie du problème est la différence entre les méthodes de production, de culture et de coupe du bois d'œuvre au Canada — dans l'ensemble du secteur forestier — et les méthodes employées aux États-Unis. Au Canada, environ 90 % des produits de la forêt sont développés dans des terres publiques. Il y a une relation symbiotique avec les entreprises, qui paient des droits de coupe à la province où elles mènent leurs activités, mais ces droits et les ententes que les entreprises concluent avec les provinces s'accompagnent de responsabilités.
Les entreprises doivent faire des coupes et régénérer les forêts. Elles doivent aussi consulter les Premières Nations et les autres collectivités. Dans les deux ans suivant la coupe, elles doivent réensemencer conformément à la réglementation. Normalement, nous faisons pousser trois semis pour abattre un arbre. Il faut ensuite remettre en état les terres et les routes. Tout cela est intégré aux coûts de production, tandis qu'aux États-Unis...
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Je vais vous l'expliquer avec plaisir.
Les entreprises de très petite taille font habituellement appel à la Banque de développement du Canada, ou BDC. Les petites et moyennes entreprises parmi nos clients nous font part des maux de tête que leur causent les fluctuations du régime tarifaire. Donc, en mars dernier, EDC a lancé le Programme d'impact commercial. Nous avons ajouté une capacité de 5 milliards de dollars destinée aux petits et moyens exportateurs pour les aider à atténuer certains des risques qu'ils ont relevés. Il arrive par exemple qu'une hausse du taux des droits de douane après la signature d'un contrat amène l'acheteur aux États-Unis à résilier le contrat parce que les coûts sont élevés pour ses moyens. Nous avons instauré une police d'assurance pour aider à réduire la probabilité que cette situation se produise et pour compenser le différentiel des droits de douane.
Nous avons aussi instauré un soutien additionnel au fonds de roulement à l'intention de nombreux petits et moyens exportateurs pour leur permettre d'améliorer leur production, dans l'espoir qu'ils se tournent vers des marchés secondaires ou tertiaires et qu'ils atténuent certains des risques courus par ceux qui misent uniquement sur un marché d'acheteurs américains. Ce programme est populaire. Jusqu'à présent, selon les chiffres que nous avons reçus aujourd'hui pour la période allant jusqu'en octobre 2024, environ 761 entreprises ont présenté une demande de prêt ou de soutien au fonds de roulement. Les demandes de 30 de ces entreprises ont été retenues, et nous les avons soutenues à hauteur d'environ un demi-milliard de dollars canadiens. Du côté des assurances, aspect peut-être plus important pour les petites entreprises, nous avons aidé à hauteur d'environ 800 millions de dollars canadiens 2 700 entreprises à atténuer certains des risques liés au régime tarifaire américain. Jusqu'ici, nous avons versé environ 1,3 milliard de dollars en soutien depuis mars.
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Les dernières données propres au Québec dont nous disposons datent du mois de mai. Je vais donc être un peu prudente dans ma réponse.
Cela dit, nous voyons des choses similaires. Les gens qui délocalisent leur production sont généralement des gens qui étaient déjà établis ailleurs, comme aux États‑Unis. Ils avaient déjà des cibles de production ou ils avaient commencé des démarches et les avaient accélérées, question de voir ce qui allait se passer.
Ce n'est pas tout le monde qui a vraiment déménagé complètement sa production, comme on le pensait peut-être au début de la guerre tarifaire, en février-mars. Toutefois, certains ont préparé un plan de délocalisation.
Évidemment, cela nous préoccupe beaucoup. Le secteur manufacturier est le plus grand secteur industriel au Québec, mais il est aussi en décroissance depuis les dernières années.
Quand nous voyons des entreprises délocaliser des parties de leur production, nous trouvons donc cela inquiétant.
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La question de l'approvisionnement du secteur public est également importante pour nos membres. Ils ont besoin de liquidités et de prévisibilité. Les entreprises souhaitent avoir accès à des contrats en premier lieu. Elles ne demandent pas nécessairement que des subventions.
Il y a aussi la question de l'agilité quant aux programmes. Il y a de bons programmes, qui sont faits correctement, notamment des programmes qui investissent dans l'innovation. C'est bien. Cependant, il y a des entreprises dont la situation est critique actuellement. Il est urgent de leur fournir de l'aide en matière de liquidités. Je pense notamment à l'industrie des armoires de cuisine et de salles de bain. Des entreprises qui fabriquent leurs produits au Québec ou ailleurs au Canada sont touchées par des droits de douane de 25 %, et ces droits s'élèveront à 50 % en janvier.
Or, elles exportent la majeure partie de leur production. Si on ne les soutient pas, elles ne pourront pas survivre jusqu'à la conclusion des discussions sur l'Accord Canada—États‑Unis—Mexique. Il va donc falloir que le gouvernement soit agile afin d'injecter, à un certain moment et dans des conditions bien précises, des liquidités dans ces entreprises.
Pour nous, c'est important. Nous voyons sur le terrain qu'il y a des entreprises en danger actuellement.
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Merci, monsieur le président.
Je suis bien content d'être des vôtres par vidéoconférence aujourd'hui.
Je dis bonjour à tous les témoins. Je les remercie d'avoir accepté l'invitation à comparaître devant nous.
À titre informatif, j'aimerais dire au Comité que nous nous connaissons, Mme White et moi. Nous avons travaillé ensemble quand j'étais président de la Chambre de commerce, dans une autre vie. Je suis bien content de la revoir aujourd'hui.
Ma première question s'adresse à vous, madame White.
Dans votre présentation, vous avez dit qu'il était impératif de mettre fin à la guerre tarifaire. Ma première réaction a été de me dire que nous aimerions bien ça, nous aussi. Vous avez aussi parlé de faire des affaires aux États‑Unis, d'approche trilatérale, de prévisibilité et de stabilité.
Comme vous le savez, « prévisibilité » était le mot que j'utilisais le plus souvent quand j'étais président de la Chambre de commerce. Mes collègues, qui m'ont écouté pendant les dernières semaines, voient où je veux en venir. D'autres témoins nous ont dit ne jamais avoir vu une situation pareille en 40 ou 50 ans d'expérience en matière de négociation.
Considérant que nous vivons dans un monde d'imprévisibilité pour peut-être les 5 à 10 prochaines années, comment le gouvernement peut-il aider les entreprises manufacturières à s'en sortir et à vivre dans ce nouveau monde?
Il faut garder en tête que la prévisibilité ne sera pas là, parce que si nous l'attendons, nous risquons de manquer le coche.
Compte tenu de cette nouvelle optique quant à l'imprévisibilité, comment pouvons-nous vous aider?
De quoi les manufacturiers ont-ils besoin pour continuer d'avancer dans cette nouvelle réalité?
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Je vous remercie de la question.
Nous sommes conscients que les négociations avec l'administration américaine ne sont pas simples actuellement. Nous le voyons bien et nous le comprenons. Toutefois, la raison pour laquelle nous nous répétons, c'est que certains secteurs ont des droits de douane très élevés. Un taux de 50 % de droits de douane, c'est important. Il faut alors être capable d'enlever la pression sur ces entreprises.
Comme vous l'avez dit, nous sommes évidemment dans un monde d'incertitude. Je pense souvent que nous sommes sur des montagnes russes et que le manège ne s'arrêtera jamais. Actuellement, nous sommes dans cette situation.
Pour soutenir les entreprises manufacturières, le gouvernement doit tout d'abord se pencher sur ce qu'il est capable de maîtriser dans son environnement d'affaires.
Tantôt, j'ai parlé des travailleurs étrangers temporaires. Je sais que la situation n'est pas la même dans l'ensemble des provinces canadiennes, mais au Québec, nous sommes dans une situation particulière en raison de notre système d'immigration permanente. C'est quelque chose qu'il faut examiner.
Il faut aussi examiner les contrats publics et nous assurer de donner la priorité aux entreprises manufacturières qui fabriquent leurs produits au Canada, et non à celles qui ont seulement un établissement commercial. Des lignes directrices ont été annoncées. Nous avons donc hâte de voir le résultat sur ce plan.
Au-delà de ces mesures importantes, il faut nous pencher sur la question financière. Des entreprises en difficulté travaillent avec EDC ou avec la Banque de développement du Canada, ou BDC, pour étudier des options de financement. C'est très bien, il faut le faire et il faut continuer de travailler dans ce sens.
Cela dit, certaines entreprises ont des problèmes de liquidités. Il faut donc être capable de mettre en place des programmes souples. J'en ai brièvement parlé tantôt. Par exemple, Développement économique Canada pour les régions du Québec a annoncé l'Initiative régionale de réponse tarifaire, ou IRRT. Cette initiative va un peu dans cette direction pour des projets d'une certaine envergure. Elle comporte un volet liquidités et un volet prêt.
Il faut donc être capable d'adapter les programmes. Ce n'est évidemment pas nécessaire de faire ça pour tout le monde. En effet, il n'est pas question d'être un bar ouvert, mais bien de cibler les entreprises et les sous-secteurs qui sont les plus visés par les droits de douane. L'objectif, c'est d'être responsable avec l'argent du gouvernement. Il faut alors examiner ces options.
Par ailleurs, il faut évidemment continuer de déployer des efforts pour négocier de nouveaux marchés, que ce soit à l'intérieur du Canada ou à l'extérieur du Canada.
Cela dit, EDC sait mieux que moi que le développement d'un nouveau marché prend du temps. Développer un nouveau partenariat commercial dans un nouveau pays est complexe. Ces solutions vont donc se mettre en place à plus long terme.
Lorsqu'on parle d'investir de façon importante dans la défense, c'est une bonne nouvelle et c'est très important pour nos entreprises manufacturières québécoises, mais ça n'arrivera pas demain matin.
Il faut être capable de jeter des ponts et de nous assurer que nos entreprises seront toujours là, qu'elles seront fortes et capables de remporter ces contrats quand le gouvernement sera prêt à les proposer.
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La question est intéressante, mais elle n'est pas simple.
Évidemment, nous avons réfléchi à cela avec nos membres. Nous avons mené une première consultation auprès de ceux-ci à ce sujet.
Il est important que, au cours des négociations, on inclue des mécanismes de réponse rapide en cas d'imposition de surtaxe de manière unilatérale. Si une telle situation se reproduit et qu'on réussit à poursuivre les négociations, nos membres voudront certainement que le cadre soit un peu différent.
Pour ce qui est des négociations, la prévisibilité est importante si on considère plus globalement la situation. Il faut regarder ce qui est proposé.
La révision ponctuelle qui sera faite est une bonne nouvelle. Il faut quand même s'adapter au contexte économique et aux nouveaux secteurs. La situation n'est pas simple, compte tenu du gouvernement américain actuel.
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Monsieur le président, chers témoins, bonjour.
Bonjour, madame White. J'espère que vous allez bien.
Vous êtes la présidente-directrice générale de Manufacturiers et Exportateurs du Québec. Je viens de la région de la Beauce, où se trouvent beaucoup de manufactures. Nous en sommes très fiers.
Si j'ai bien compris, le secteur manufacturier représente 90 % des exportations et 500 000 emplois. Depuis 2010, ces chiffres sont plutôt stables, si je ne me trompe pas. On est passé de 500 000 à un peu plus de 500 000. Le PIB est stable aussi depuis 2010, ce que les gens ne voient pas. C'est très impressionnant. Votre secteur domine largement l'industrie, surtout au Québec.
On entend toujours parler de l'acier et de l'aluminium. On dirait que le secteur que vous représentez passe tout le temps en deuxième ou troisième place.
Quelles sont vos observations à ce sujet?
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Je vous remercie de votre question.
[Traduction]
De façon générale, je dirais que l'Afrique est encore la dernière région d'intérêt au Canada. La région pour laquelle l'attention s'est le plus accrue au cours des trois ou quatre dernières années est l'Indo-Pacifique. Au cours des six derniers mois, l'Europe est devenue, comme je le disais, très intéressante pour les entreprises canadiennes, toutes régions et tous secteurs confondus. Nous commençons à voir un peu plus d'intérêt pour le Moyen-Orient après plusieurs années relativement tranquilles. L'Afrique, pour bon nombre d'entreprises, reste la dernière option à plusieurs égards, mais cela varie selon le secteur ou la région.
Pour répondre à votre question, de très bonnes relations ont été tissées et sont maintenues avec la Francophonie et l'Afrique occidentale française. L'Afrique du Sud offre certaines possibilités. Comme je le disais, globalement, l'Afrique est probablement la région qui suscite le moins d'intérêt en ce moment.
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Nous reprenons nos travaux.
Merci beaucoup. Nous allons maintenant passer à notre deuxième groupe d'experts.
Ce soir, nous recevons M. Verheul, qui comparaît à titre personnel, mais qui est bien connu des membres du Comité pour ses connaissances approfondies en matière de commerce. Nous avons les Producteurs laitiers du Canada, représentés par M. Wiens et M. Gobeil. Enfin, nous entendrons M. Caron et M. Tougas, de l'Union des producteurs agricoles.
Je vais maintenant donner la parole aux intervenants pour leurs déclarations liminaires. Vous disposez de cinq minutes chacun, c'est‑à‑dire de cinq minutes pour chaque organisme. Lorsqu'il ne vous restera plus que 30 secondes, je vous le signalerai en brandissant un dossier orange, afin que vous commenciez à conclure votre déclaration et ainsi éviter que je ne vous interrompe. Merci beaucoup.
Monsieur Verheul, nous commencerons par vous. Vous avez cinq minutes.
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Merci et bonjour à tous.
Monsieur le président, distingués membres du Comité, bonjour.
Je m'appelle Steve Verheul. Je suis l'ancien négociateur en chef du Canada et j'ai été le négociateur en chef du Canada pour les négociations de l'Accord Canada—États-Unis—Mexique, ou ACEUM.
Je suis actuellement coprésident canadien de la Coalition for North American Trade, un groupe d'entreprises et d'organisations du Canada, des États-Unis et du Mexique qui œuvre à faire en sorte que l'examen de l'ACEUM soit une réussite. Je suis également membre du Conseil du premier ministre sur les relations canado-américaines et consultant chez GT and Company Executive Advisors.
Pour commencer, précisons que la disposition portant sur l'examen consignée à l'article 34.7 de l'ACEUM n'était pas une disposition que le Canada ou le Mexique souhaitaient voir incluse dans l'accord, mais maintenant que cet examen approche à grands pas, nous devons reconnaître que, même en ces temps difficiles, il comporte à la fois des difficultés et des possibilités favorables.
La principale difficulté concerne bien sûr les droits de douane imposés par l'administration Trump. Étant donné qu'il ne semble pas y avoir d'accord satisfaisant ou durable sur la table pour le moment, il est peu probable que ces questions soient résolues avant l'examen. Le Canada devra faire pression pour maintenir les exemptions actuelles de l'ACEUM et s'attaquer aux droits de douane américains au titre de l'article 232, ces droits qui frappent si durement nos secteurs de l'acier, de l'aluminium, de l'automobile et du bois d'œuvre, entre autres. Ces droits de douane sont clairement incompatibles avec l'ACEUM et, en fait, avec tout accord de libre-échange. Cela sera probablement la plus grande difficulté que nous aurons à surmonter.
Les questions que nous prévoyons aborder lors de l'examen comprennent bien sûr les règles d'origine, ainsi que diverses questions bilatérales, car les États-Unis ont une longue liste de questions bilatérales tant avec le Canada qu'avec le Mexique. L'examen portera aussi sur un certain nombre de nouvelles questions qui posent problème.
On abordera aussi certains enjeux tels que l'harmonisation et le renforcement de la sécurité économique et de la compétitivité de l'Amérique du Nord. Ces questions ont été soulignées de façon particulière dans l'avis de consultation de la partie américaine, et je pense qu'il est important que nous en discutions, car cela nous offrira la possibilité de poursuivre des causes communes à travers l'Amérique du Nord avec les États-Unis, un élément de grande importance pour la suite des choses.
Le plus grand défi auquel le Canada et le Mexique seront confrontés sera de convaincre les États-Unis que la prolongation de l'accord est le moyen le plus efficace de promouvoir la croissance économique et la prospérité dans les trois pays, que cela est essentiel pour garantir une sécurité économique optimale et qu'eux, les États-Unis, seront beaucoup plus concurrentiels sur la scène internationale en misant sur un marché nord-américain intégré plutôt que de faire cavalier seul.
Au Canada et aux États-Unis, la date limite pour présenter des mémoires dans le cadre des consultations publiques sur l'examen est le 3 novembre. Au Mexique, ce sera quelques semaines plus tard. Ces consultations offrent aux parties prenantes des trois pays une occasion importante de manifester leur soutien à l'ACEUM et à un marché nord-américain intégré et concurrentiel.
Le United States Trade Representative, ou USTR, est tenu de présenter au Congrès, en janvier, un rapport contenant son évaluation du fonctionnement de l'accord, des recommandations ciblées concernant les mesures à proposer et la position des États-Unis sur la prolongation de la durée de l'accord. Pour le moment, il est peu probable que les États-Unis se prononcent en faveur d'une prolongation de l'accord, ce qui ne manquera pas de faire monter la pression sur le Canada et le Mexique. Les États-Unis comptent utiliser cela comme moyen de pression.
La période entre janvier et juin sera cruciale pour l'avenir de l'ACEUM et pour nos relations commerciales avec les États-Unis. Les discussions menées pendant l'examen permettront au Canada d'exercer une influence plus grande que celle qu'il a eue dans le cadre des discussions plus restreintes qui se sont tenues récemment. Il sera néanmoins important pour le Canada de veiller à être bien préparé. Quoi qu'il en soit, il y a beaucoup de travail à faire.
Tout au long des négociations de l'ACEUM, le Canada a mené de vastes consultations auprès de l'industrie, des syndicats, des provinces et des territoires sur les approches stratégiques, les positions détaillées et les solutions de rechange. Cela lui a permis d'arriver à la table des négociations avec une connaissance approfondie des enjeux, une meilleure compréhension des divers avantages et inconvénients des différentes propositions, et en étant bien préparé à divers scénarios. Nous avions également l'avantage d'une position canadienne très unifiée regroupant l'industrie, les syndicats, les provinces et les territoires, ce qui nous a permis d'agir avec fluidité à la table des négociations, avec la confiance d'un soutien solide derrière nous. Nous devons nous assurer d'amorcer cet examen avec les mêmes avantages que la dernière fois.
Merci, monsieur le président.
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Monsieur le vice-président, membres du Comité, je vous remercie. Je suis heureux d'être ici aujourd'hui.
Je m'appelle David Wiens et je suis producteur laitier à Grunthal, au Manitoba. Je suis également président des Producteurs laitiers du Canada. Je suis accompagné aujourd'hui de Daniel Gobeil, qui est également producteur laitier. M. Gobeil est le vice-président des Producteurs laitiers du Canada et président des Producteurs de lait du Québec.
Au nom de nos membres et de plus de 9 000 producteurs laitiers d'un océan à l'autre, je suis heureux d'être ici pour vous faire part de notre point de vue sur la prochaine révision de l'Accord Canada—États-Unis—Mexique, ou ACEUM. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent des fermes canadiennes sont des entreprises familiales et la taille moyenne d'une ferme laitière au Canada est de 105 vaches. La production laitière fournit plus de 270 000 emplois aux Canadiens et contribue à hauteur de 28 milliards de dollars au PIB de notre pays.
Je tiens à dire à quel point nous sommes enchantés de l'engagement pris par le et par les chefs de tous les partis de ne pas aborder la question de la gestion de l'offre dans les futures discussions commerciales. Nous restons néanmoins très préoccupés par les références répétées formulées par l'administration américaine au sujet du secteur laitier canadien. Nous voulons nous assurer que tous les parlementaires comprennent que le fait de garder la question de la gestion de l'offre à l'écart des discussions lors des futures discussions commerciales signifie qu'aucune concession ne sera faite.
Cela va au‑delà de l'accès aux marchés, y compris l'attribution de contingents tarifires à laquelle le Canada a droit et pour laquelle une décision a déjà été rendue. Nous voulons nous assurer que nous pourrons continuer, car la décision du groupe spécial était juridiquement contraignante et ne devrait donc même pas faire l'objet d'autres discussions. Producteurs laitiers du Canada estime que l'impact combiné de l'accès au marché accordé dans le cadre de l'ACEUM et d'autres accords commerciaux du Canada, et des engagements que nous avons pris devant l'Organisation mondiale du commerce, ou OMC, représente environ 18 % de la production laitière du Canada.
En plus d'un accès supplémentaire au marché, le gouvernement canadien a renoncé à une partie de sa souveraineté en accordant aux États-Unis le droit d'être consultés sur les changements apportés à notre système laitier. Il a également concédé un seuil sur les exportations mondiales de certains produits laitiers canadiens, comme le lait écrémé en poudre, le concentré de protéines de lait et les préparations pour nourrissons. Cette concession sans précédent ne s'applique qu'au Canada. Or, chaque fois que des concessions sont accordées, cela se répercute négativement sur notre contribution à l'économie. En outre, ces concessions freinent la croissance et les investissements, et nuisent aux collectivités et aux familles agricoles qui dépendent de notre secteur pour vivre.
Sur ce, je cède la parole à M. Gobeil pour qu'il nous livre la suite et la fin de cet exposé.
Monsieur le président et membres du Comité, bonjour.
Merci de nous accueillir aujourd'hui.
Bien que M. Wiens m'ait présenté plus tôt, j'aimerais ajouter qu'avec mes neveux et mes enfants, j'exploite une ferme laitière avec une vue sur la baie.
Le Canada doit adopter une approche visant à ne causer aucun préjudice lors de la prochaine révision, en précisant clairement que le processus vise à évaluer et à assurer le bon fonctionnement de l'accord, et non à le rouvrir pour négocier de nouvelles dispositions.
Bien que l'Accord actuel présente des défis pour les producteurs laitiers et offre peu d'avantages, il assure une certaine prévisibilité et il contribue à l'économie dans son ensemble. Cette stabilité doit être préservée, ce qui explique l'importance d'avoir un examen pour s'assurer du bon fonctionnement de l'Accord.
Comme l'a souligné M. Wiens, l'ACEUM actuel prévoit un accès important sans droits de douane pour les produits laitiers américains. Les droits de douane ne s'appliquent que si les États‑Unis dépassent le seuil qui a déjà été négocié.
En ce moment, les États‑Unis exportent environ 2,5 fois plus de produits laitiers que le Canada en exporte vers les États‑Unis. Bien sûr, 50 % des produits laitiers importés par le Canada proviennent des États‑Unis. Manifestement, on parle de quantités vraiment importantes, soit 100 000 tonnes annuellement. Cette dépendance accrue aux importations de produits laitiers signifie que notre approvisionnement alimentaire devient plus vulnérable aux problèmes mondiaux indépendants de notre volonté. Je pense notamment aux hausses et aux baisses extrêmes de l'économie, aux catastrophes naturelles, aux épidémies ou aux conflits mettant en cause des gouvernements.
En conclusion, je pense que l'économie canadienne doit être préservée afin de protéger les emplois ainsi que les communautés rurales, tout en protégeant la sécurité et la souveraineté alimentaire. Le Canada doit veiller à ce qu'aucune autre concession ne soit accordée lors de la prochaine révision de l'ACEUM.
Nous sommes maintenant disponibles pour répondre à vos questions.
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Merci, monsieur le président.
Je vous remercie de nous accueillir aujourd'hui.
Je suis accompagné de M. David Tougas, qui est agroéconomiste à l'Union des producteurs agricoles.
Je suis président général de l'Union des producteurs agricoles, ou UPA. Je suis également producteur laitier et j'exploite de grandes cultures à Louiseville, au Québec.
L'UPA regroupe l'ensemble des 42 000 productrices et producteurs agricoles exploitant plus de 29 000 entreprises agricoles dans toutes les régions du Québec. Nous représentons donc tous les secteurs de production actifs sur les marchés locaux, nationaux et internationaux.
L'ACEUM est un accord essentiel pour la filière agroalimentaire canadienne. Depuis sa ratification en 2020, la valeur des exportations agroalimentaires vers les États‑Unis est passée de 35 milliards de dollars canadiens à près de 58 milliards de dollars. La balance commerciale s'est accrue de 177 % sur la même période. Malgré les tensions tarifaires actuelles avec les États‑Unis, l'ACEUM a épargné notre secteur agroalimentaire de la majorité des tarifs, ce qui confirme son rôle stratégique pour l'économie canadienne.
L'UPA invite le gouvernement canadien à tout mettre en œuvre pour que l'Accord garde sa forme actuelle. Les chaînes d'approvisionnement sont profondément intégrées dans les trois pays, et une approche par mini-traités bilatéraux serait inefficace. Cette approche serait aussi une source de confusion pour les entreprises.
Un accord global avec les États‑Unis et le Mexique demeure essentiel pour préserver la fluidité des échanges et la compétitivité des entreprises nord-américaines. Il reste pertinent, comme le démontrent des initiatives multilatérales, comme l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste, soit le PTPGP, l'Accord de libre-échange Canada-Mercosur ou le nouvel accord entre la Chine et l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est.
Si des négociations devaient être engagées dans le cadre de l'examen de l'ACEUM en 2026, le Canada se doit de défendre fermement les secteurs agroalimentaires et forestiers, véritables moteurs économiques et piliers de notre sécurité nationale.
Les 190 000 entreprises agricoles canadiennes soutiennent tout l'écosystème alimentaire du Québec et brillent sur les marchés. En 2024, elles ont généré des recettes s'élevant à 92 milliards de dollars.
À elle seule, l'industrie agroalimentaire soutenait plus de 541 000 emplois et contribuait à hauteur de plus de 67 milliards de dollars au PIB en 2024, soit cinq fois plus que le secteur automobile. L'agroalimentaire est présent dans toutes les régions du pays, du Saguenay à la Saskatchewan, de la vallée de l'Okanagan à l'Île‑du‑Prince‑Édouard, et ce secteur s'avère une source stratégique de croissance économique et de vitalité dans les zones rurales.
Défendre l'agroalimentaire, c'est défendre notre économie, notre sécurité alimentaire et notre souveraineté. Le projet de loi constitue une avancée majeure pour ce qui est de protéger la gestion de l'offre en interdisant la cession des parts de marché par des contingents tarifaires. Toutefois, la pression exercée par les États‑Unis sur notre système demeure bien réelle. Le Canada doit adopter une position ferme par rapport à toute tentative d'affaiblissement de la gestion de l'offre et défendre ses intérêts nationaux avec la même détermination que les États‑Unis, qui protègent leurs secteurs.
Une voie concrète pour faciliter les échanges entre les trois pays réside dans l'harmonisation des règles. La réciprocité des normes simplifierait l'accès aux marchés, renforcerait la compétitivité des entreprises agricoles canadiennes et favoriserait un environnement commercial plus équitable.
Le conflit du bois d'œuvre pénalise injustement les 31 100 producteurs de la forêt privée québécoise. Ces producteurs subissent des tarifs américains sans soutien, contrairement aux usines et aux travailleurs qui bénéficient des programmes d'appui. La forêt privée du Québec génère plus de 24 000 emplois et des revenus de près de 5 milliards de dollars. Il est temps de reconnaître son rôle stratégique et de l'exempter des mesures punitives dans le cadre de l'ACEUM.
Je conclurai par un appel à la vigilance. Les droits de douane imposés par les États‑Unis sur les produits agroalimentaires étrangers bouleversent actuellement le flux commercial. Des volumes importants des produits initialement destinés au marché américain sont redirigés vers le Canada, souvent à des prix qui s'apparentent à du dumping.
Le Canada doit intervenir pour protéger ses producteurs agricoles contre les pratiques commerciales déloyales qui fragilisent nos filières et menacent l'équilibre de notre marché intérieur. Il doit aussi agir de façon responsable et remplir ses obligations alimentaires à l'égard des Canadiens. C'est une véritable question de sécurité nationale.
Merci de votre attention.
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Monsieur le président, chers témoins, chers collègues, bonjour.
Monsieur Gobeil, vous êtes le président des Producteurs laitiers du Québec. Je viens de la Beauce. Nous ne nous obstinerons donc pas beaucoup. Il y a énormément de producteurs laitiers dans ma région. Il y a en aussi dans ma famille. Même si je n'en suis pas un, je connais bien ce secteur.
Nous sommes ici pour parler du prochain examen de l'ACEUM. Les gens m'en parlent beaucoup, et cela les stresse un peu.
J'imagine que vous entendez aussi dire la même chose de tous vos producteurs. Il semble que les libéraux seraient prêts à laisser tomber une petite partie de l'Accord. Au Parti conservateur, nous trouvons que c'est inacceptable.
Avez-vous bon espoir que le secteur laitier sera pleinement défendu dans les prochaines renégociations quant à cet accord?
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Merci beaucoup de la question, monsieur Groleau.
Effectivement, vous êtes dans une très belle région de production laitière.
Depuis les dernières élections, nous avons entendu parler des engagements que le gouvernement a pris. Il a aussi été question du projet de loi , qui a fait l'objet de discussions.
Cela dit, comme vous le savez, le secteur laitier a subi des concessions successives lors des trois dernières négociations commerciales. Je vous dirais que nous sommes à un point de rupture. Nous avons concédé 18 % de nos parts de marché. Vous parlez à des producteurs, chez vous. Les conséquences sont réelles.
Nous comptons sur le travail des parlementaires pour que, justement, ces paroles se traduisent par des négociations avec les pays en cause.
On tient parfois le secteur de l'agriculture et de l'agroalimentaire pour acquis dans notre pays présentement. Comme je l'ai mentionné tantôt à propos du PIB, il a été démontré que l'industrie agroalimentaire y contribuait cinq fois plus que le secteur automobile.
On veut protéger le secteur automobile, mais il reste que l'agriculture et l'agroalimentaire sont quand même des secteurs performants. L'industrie agroalimentaire évolue, et je pense qu'il y a un potentiel de développement énorme en agriculture.
Cela dit, il faut avoir des programmes adaptés à notre réalité sur le terrain. Il faut surtout avoir des ententes, comme on l'a déjà dit. Il faut offrir de la prévisibilité. Pour y arriver, il faut être en mesure de mettre en place des programmes.
Monsieur Gobeil a mentionné le fait qu'il faut protéger le système de la gestion de l'offre. J'ajouterai que, au-delà de la gestion de l'offre, il faut tenir compte de tout l'aspect lié à la mise en marché collective.
Je suis sûr que vous connaissez le secteur acéricole, c'est-à-dire la production de notre sirop d'érable. Nous exportons 62 % de ce produit du côté américain. Une entente comme l'ACEUM nous permet de maintenir ces exportations directes et d'amener cette prévisibilité.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Je souhaite la bienvenue aux témoins.
Ça me fait plaisir de pouvoir leur poser des questions.
Monsieur Verheul, nous nous sommes déjà rencontrés au Comité permanent du commercial international alors que vous étiez négociateur en chef du Canada pour l'ALENA. J'ai eu la chance de participer à cette réunion, et cela s'est révélé une très belle expérience.
Vous avez parlé tantôt d'une disposition qui agace le Mexique et le Canada. La disposition avait été adoptée, mais vous n'étiez pas d'accord pour l'inclure dans l'entente.
Pouvez-vous nous en dire davantage à ce sujet?
J'aimerais que vous me parliez aussi de la question des règles d'origine. Vous avez dit tantôt que les négociations seraient difficiles.
Quelles seraient vos suggestions à cet égard?
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Je ne pense pas qu'il y ait d'autres solutions que de travailler fort, d'avoir beaucoup de discussions et de multiplier les contacts.
Je pense que nous sommes partis du mauvais pied avec le Mexique. Certaines déclarations de certains premiers ministres provinciaux ont considérablement affaibli nos relations avec ce pays. Ils tentent maintenant de réparer ces fautes, mais il reste que nous devons essayer de nous mettre d'accord avec le Mexique et de travailler avec lui pour faire face au problème que nous posent les États-Unis.
Je pense également que nous pourrions faire beaucoup plus pour nous assurer que l'industrie, les provinces et les territoires sont de notre côté. Ils doivent comprendre tout ce que le gouvernement tente d'accomplir et être consultés sur la stratégie, sur les solutions de rechange et sur les différents scénarios. Nous pourrons ainsi nous avancer plus facilement à la table des négociations.
Je pense que c'est la question qui me préoccupe le plus, car lorsque nous nous sommes assis à la table pour négocier l'ACEUM, le Canada en savait beaucoup plus sur chaque question à l'ordre du jour que les deux autres parties. Nos représentants étaient au fait de ces questions parce que nous avions passé beaucoup de temps à consulter l'industrie. En fin de compte, nous négocions ces ententes pour l'industrie et, dans cette optique, nous devrions nous assurer de savoir ce dont elle a besoin avant de nous engager.
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Merci, monsieur le président.
Je remercie tous les témoins de leur présentation.
Ma première question s'adressera aux représentants de l'organisme Producteurs laitiers du Canada et à ceux de l'Union des producteurs agricoles.
Je représente la circonscription de Saint‑Hyacinthe—Bagot—Acton. Comme vous pouvez vous en douter, ma région compte aussi des entreprises agricoles. On y fait aussi un peu de transformation agroalimentaire, sans dire que la région en est la capitale.
La question de la gestion de l'offre a été soulevée devant notre comité. D'ailleurs, nous avons reçu , le ministre responsable du Commerce Canada—États‑Unis, des Affaires intergouvernementales et de l'Unité de l'économie canadienne. Il nous a dit qu'il n'était pas question de toucher à la gestion de l'offre.
Ce qui était ressorti de la discussion ne concernait pas vraiment les brèches dans le système ni les contingents tarifaires. Il s'agissait plutôt de travailler sur les règles d'importation de diverses manières.
Pouvez-vous nous expliquer en quoi cet exercice revient à changer quatre trente sous pour une piastre?
C'est un fait, cela n'ira pas à l'encontre du projet de loi . Cependant, si les rumeurs étaient fondées et qu'il fallait en arriver là, ça pourrait cependant vous nuire de façon concrète.
Cela dit, il est permis d'accorder le bénéfice du doute à cela.
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Je vais répondre en premier à votre question.
Manifestement, ça fait jaser quand nous disons qu'il n'y aura aucune concession. Cela concerne aussi l'allocation des contingents tarifaires.
En matière de stabilité, comme vous le savez, les producteurs ont perdu des parts de marché. Les transformateurs ne transforment pas ce produit. En ce moment, Affaires mondiales Canada a accordé des contingents tarifaires aux transformateurs laitiers. De notre côté, c'est primordial pour la stabilité. Entrer dans le détail peut apporter un déséquilibre sur le marché.
Beaucoup de groupes de discussion concernant l'allocation des contingents tarifaires par les Américains ont eu lieu. Ces groupes de discussion ont tous été en faveur du Canada pour ce qui est de l'administration de l'entente. Pourquoi donner ce qui est réglementaire et ce qui a été fait de la bonne façon? Nous ne voulons faire aucune concession, à tous les égards.
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Il y a quelques semaines, nous avons eu une rencontre avec l'organisation qui représente les producteurs américains et avec certains producteurs mexicains. Ce n'est pas ce que veulent les producteurs, loin de là. Ils ont plutôt des difficultés sur le plan tarifaire avec la Chine, et c'est ce qu'ils voudraient régler.
Je suis d'accord avec M. Gobeil, nous nous entendons là-dessus. Ce n'est pas ce que veulent les producteurs. Quand on leur demande s'ils sont d'accord sur les droits de douane que les Américains sont en train d'imposer, ils sont loin de l'être. Ils ne sont pas heureux de cette situation parce que ça crée de l'inflation.
Il y a un déséquilibre économique. De 20 à 25 % des entreprises agricoles américaines sont en difficulté financière présentement. Dans nos échanges de producteurs à producteurs, nous constatons clairement que cela ne correspond pas à ce qu'ils demandent. Au contraire, il faut revenir à une façon de faire établie.
Il faut reconnaître aussi que l'ACEUM est une plus-value pour nos trois pays. J'en ai parlé tantôt. J'ajouterai que des pays membres des BRICS, comme le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine, concluent aussi des ententes commerciales. Les pays se regroupent pour faire front commun sur d'autres marchés.
Nous devons maintenir l'ACEUM et ne pas ouvrir la porte à l'augmentation des contingents tarifaires à l'importation.
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Comme on l'a mentionné, quand le Canada impose des contre-mesures tarifaires, il peut se pénaliser lui-même. Il faut vraiment le faire de façon judicieuse.
Par ailleurs, comme je le disais dans mon allocution, depuis que les Américains ont imposé des droits de douane sur des produits maraîchers et horticoles ainsi que sur des légumes de transformation, on constate que ces produits arrivent d'autres pays. Ces pays exportaient habituellement leurs produits aux États‑Unis, mais, vu les droits de douane, ils se sont tournés vers le Canada.
Cela crée une brèche et entraîne des conséquences majeures sur nos producteurs relativement à leurs produits et à leurs activités de transformation. Nous constatons qu'il y a une diminution de la production dans nos usines de transformation. Une partie de ces importations proviennent notamment de la Chine, du Brésil, de l'Égypte ou de la Thaïlande. Il faut donc trouver une façon de faire pour améliorer la situation.
Ce qui est inacceptable, selon moi, c'est que l'on favorise ainsi des produits importés dans nos centres de santé et dans nos hôpitaux, au lieu de se tourner vers nos producteurs locaux. C'est inconcevable. Les Canadiens et les Canadiennes veulent donner la priorité aux produits du Canada. Le gouvernement doit s'attaquer à ce problème.
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À mon avis, le Canada n'est pas en bonne position pour mener des négociations plus modestes et plus segmentées. Cela signifierait essentiellement que les États-Unis pourraient exercer une influence considérable sur une poignée de questions, puis refaire la même chose avec une autre poignée de questions.
La seule façon pour le Canada d'avoir un plus grand pouvoir de négociation est de mener des discussions générales où divers enjeux peuvent être mis en équilibre les uns par rapport aux autres. On pourra alors commencer à envisager un ensemble global qui peut être équilibré. Il est très improbable que l'on puisse obtenir un résultat équilibré à partir de ces quelques enjeux mineurs et en les traitant un à la fois.
Permettez-moi d'approfondir un peu. Si nous parlons d'acier, d'aluminium et d'énergie, cela ne nous fera pas vraiment avancer. Nous n'obtiendrons pas de résultats exceptionnels sur l'acier et l'aluminium, car les États-Unis se réserveront suffisamment de marge de manœuvre pour s'assurer de pouvoir ramener la production sur leur territoire. Nous n'obtiendrons pas de résultats exceptionnels à ce chapitre.
En matière d'énergie, il nous faudra payer. Il nous faudra payer pour un résultat somme toute moyen, ce qui, à mon avis, n'est pas ce que nous souhaitons. Je pense que nous devons essayer de récupérer une partie de notre influence et nous positionner de manière à pouvoir l'utiliser.
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Merci, monsieur le président.
Je vais partager mon temps de parole avec mon collègue M. Naqvi.
Ma première question s'adresse à M. Verheul.
Monsieur Verheul, vous avez parlé de prévisibilité et du fait que c'est la préoccupation de tout le monde. La situation actuelle est très différente de ce que vous avez vécu lors de la première négociation.
J'ai moi-même parlé de prévisibilité pendant 20 ans, dans le secteur bancaire. J'ai appris une chose, soit qu'il faut toujours prévoir le pire et espérer le meilleur. En ce moment, le Canada négocie avec les États‑Unis. Je vous ai entendu dire qu'il fallait s'entendre avec le Mexique et les États‑Unis. Parallèlement, beaucoup d'entreprises nous parlent de la nécessité de diversifier les marchés.
J'ai entendu beaucoup de conseils sur la négociation. Outre cela, que conseilleriez-vous au Canada de faire pour prévoir le pire?
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Je pense qu'il y a une multitude de choses que nous devons faire. Nous devons prendre une série de mesures complexes.
Concernant les États-Unis, nous devons évidemment maintenir le dialogue. Nous devons participer à des discussions qui pourraient ressembler à des négociations, car nous pourrions en tirer des enseignements, même si les résultats ne seront pas forcément très prometteurs. Le processus doit se poursuivre.
Pour ce qui est de la diversification des exportations, il faut poursuivre ces efforts en parallèle, mais je pense qu'il faut reconnaître que la structure actuelle de notre économie, dans de nombreux secteurs, est entièrement orientée vers les États-Unis, par exemple les exigences de la réglementation américaine ou les attentes des consommateurs américains. Une bonne partie de nos exportations aux États-Unis sera transformée aux États-Unis. La transition à grande échelle vers d'autres marchés est un enjeu important. Je pense que nous devons y accorder davantage d'attention.
Si nous voulons accroître notre présence en Europe, par exemple, je pense qu'il est impératif de réfléchir aux façons d'aider les entreprises canadiennes à s'adapter à des normes de production différentes, aux exigences des acheteurs européens, et de veiller à ce que les entreprises aient une véritable occasion de progresser en Europe. Je ne pense pas que ce soit le cas non plus.
Nous devons faire les deux. Nous devons faire tout ce qu'il est possible de faire avec les États-Unis sans sacrifier nos intérêts, ce qui serait le cas avec un mauvais accord. Nous devons chercher des possibilités de diversification et réfléchir davantage à ce que cela signifie et exige. Comme nous l'avons tous entendu, nous devons intensifier les efforts pour mieux tirer parti du marché intérieur. Cela mérite que l'on y réfléchisse plus que nous l'avons fait jusqu'à maintenant.
Voilà les trois véritables avenues sur lesquelles nous devons nous concentrer, à mon avis.
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Oui, c'est le grand défi auquel nous sommes confrontés.
À ma connaissance, il n'y a actuellement aucun recours quant à la légalité de l'article 232. La Cour suprême a été saisie de la question générale des droits de douane, et elle rendra sa décision en janvier. Je pense qu'il y a de fortes chances qu'elle tranchera en notre faveur. La loi est très claire dans ce cas précis.
Cependant, concernant l'article 232, même s'il prévoit la possibilité d'invoquer des menaces à la sécurité nationale pour justifier l'imposition de droits de douane au Canada sur des produits comme l'acier et l'aluminium — ce qui, à première vue, semble plutôt ridicule —, il repose sur un fondement juridique plus solide, et nous devons donc nous en occuper. Revenons brièvement sur la première négociation. Les États-Unis ont imposé au Canada ces mêmes droits de douane sur l'acier et l'aluminium en vertu de l'article 232. Nous avons réussi à les faire retirer, mais cela a pris du temps.
Actuellement, notre plus grand défi est d'éviter d'aller trop vite, car à bien des égards, ce n'est pas vraiment le moment. Actuellement, le Canada n'a aucune offre des États-Unis pouvant mener à un accord convenable. Cela pourrait venir. Je pense que c'est fort probable, mais il faudra que certains indicateurs économiques évoluent aux États-Unis. Il faudra une détérioration des indicateurs en matière d'emploi et d'inflation.
Je garde toujours à l'esprit que même si le président Trump adore les droits de douane, comme il le dit souvent, peu de gens aux États-Unis partagent cet avis. J'ai parlé à de nombreux membres républicains du Congrès. Dans l'ensemble, l'industrie américaine ne partage pas cet amour. La population américaine est contre. Par conséquent, nous devons laisser ce mécontentement devenir de plus en plus fort. Même si c'est difficile, nous devrons attendre de meilleures conditions.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Je remercie tous les témoins d'être parmi nous.
Je remplace mon collègue Jason Groleau, et je suis bien content d'être là. Habituellement, je siège au Comité permanent des finances, qui a un lien direct avec ce comité-ci. Je suis aussi bien content de retrouver M. Caron et M. Gobeil.
Chez nous, à Victoriaville, dans le Centre‑du‑Québec, l'agriculture est importante. Cela m'inquiète aussi qu'on parle beaucoup de l'acier, de l'aluminium et du secteur automobile dans les négociations, mais qu'on parle peu de l'agriculture, de la gestion de l'offre et de la foresterie.
Quel est votre degré d'inquiétude relativement aux négociations qui sont en cours?
Ma question s'adresse à M. Gobeil et à M. Caron.
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Merci, monsieur Lefebvre.
Effectivement, et ont pris des engagements publiquement. Cependant, comme M. Verheul l'a dit, les consultations ont lieu à des niveaux très élevés, soit avec les équipes des premiers ministres provinciaux. Quant à nous, nous représentons les filières, et nous avons beaucoup d'information.
Je rappelle que, lors des dernières négociations, certaines concessions ont fait en sorte de plafonner les exportations du Canada partout dans le monde. On n'avait jamais vu cela auparavant, un accord entre trois pays qui empêche le Canada d'exporter partout dans le monde.
C'est certain que notre porte est ouverte. Nous sommes prêts à participer à des consultations, mais nous ne ferons certainement aucune concession.
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Merci. Ces questions s'adressent à M. Verheul.
Monsieur Verheul, j'étais ici en 2018 et vous étiez assis à la même place que maintenant, pendant les négociations du nouvel ALENA avec la première administration Trump. Je me souviens que Mme Hillman était assise juste à côté de vous. Une des choses que nous avons mises en place et qui nous a donné un poids considérable, c'était notre approche d'Équipe Canada: tout le monde, l'ensemble des intervenants, dans le cadre du travail qui a été accompli, était sur la même longueur d'onde.
Aujourd'hui, nous sommes à une autre époque et les choses ont changé, y compris ici, au Parlement. Je me souviens qu'à l'époque, tous les parlementaires étaient d'accord. Tout le monde était sur la même longueur d'onde. Nous faisions tous partie d'Équipe Canada et tout était positif. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Certains parlementaires ont politisé ces négociations et se sont montrés, à mon avis, très négatifs à l'égard du Canada. Cela nuit‑il à notre pouvoir de négociation? Cela nous nuit‑il dans le cadre de votre travail, lorsque vous êtes à Washington?