Bienvenue, chers collègues. J'espère que vous avez tous passé un bel été et que vous êtes bien reposés et prêts à vous pencher sur les défis auxquels notre pays fait face en ce moment.
Bienvenue à la deuxième réunion du Comité permanent du commerce international.
Bienvenue aussi à nos analystes, qui s'occupent toujours de nos réunions et de nos rapports. Nous vous en sommes très reconnaissants.
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le 16 juin 2025, le Comité entreprend son étude sur la participation du Canada au système international de commerce et d'investissement fondé sur des règles.
M. Herman ne sera pas présent, malheureusement, car il n'avait pas la bonne connexion pour son casque d'écoute. Il ne comparaîtra pas aujourd'hui, mais il sera invité à venir sans doute lundi ou à la première occasion.
Nous accueillons donc d'Attac Québec, Claude Vaillancourt, par vidéoconférence, et ici dans la salle nous avons avec nous, du Conseil canadien du porc, René Roy, président, et Stephen Heckbert, directeur général, des gens qui connaissent notre comité et que nous connaissons, pour la plupart.
Nous avons aussi, de l'Association canadienne des constructeurs de véhicules, Brian Kingston, président et chef de la direction, et Jennifer Steeves, directrice, Industrie et affaires aux consommateurs.
Je vous remercie tous beaucoup de nous consacrer du temps aujourd'hui pour entamer notre étude.
Nous allons commencer par les déclarations préliminaires, puis nous passerons aux séries de questions.
Monsieur Kingston, veuillez commencer. Vous avez cinq minutes.
Madame la présidente, mesdames et messieurs les députés, je vous remercie de nous avoir invités à comparaître aujourd'hui dans le cadre de votre étude sur la participation du Canada au système international de commerce et d'investissement fondé sur des règles.
L'Association canadienne des constructeurs de véhicules, ou ACCV, est l'association industrielle qui représente les principaux constructeurs canadiens de véhicules automobiles légers et lourds. Nous comptons parmi nos membres Ford, General Motors et Stellantis, anciennement FCA Canada.
En tant que nation commerçante, le système international de commerce et d'investissement fondé sur des règles est essentiel à la prospérité de notre économie. Le commerce bilatéral de biens et de services représentait 67 % du PIB en 2023. Dans l'industrie automobile, 90 % de la production canadienne sont exportés.
Les politiques commerciales fondées sur des règles et l'harmonisation de la réglementation ont mené à la création d'un marché nord-américain intégré, soit un vaste marché dans lequel les fabricants canadiens vendent annuellement 20 millions de véhicules. C'est cette intégration qui a permis à Ford, General Motors et Stellantis de faire des investissements historiques au Canada au cours des cinq dernières années qui totalisent près de 15 milliards de dollars et qui ont créé des emplois.
L'ACCV a toujours préconisé que le Canada mette en place un système de commerce et d'investissement fondé sur des règles qui respecte les cinq principes suivants.
Premièrement, il ne doit pas en découler des résultats distincts pour le Canada et les États-Unis concernant le commerce de l'automobile.
Deuxièmement, les règles commerciales doivent appuyer une intégration poussée de l'industrie automobile nord-américaine.
Troisièmement, les règles d'origine doivent tenir pleinement compte de notre forte dépendance à des fournisseurs de l'Amérique du Nord et s'y arrimer.
Quatrièmement, il faut des mesures rigoureuses relatives à la monnaie pour veiller à ce que les dispositions sur l'accès au marché dans nos accords commerciaux ne soient pas affaiblies par la manipulation des devises
Enfin, cinquièmement, il faut éliminer toutes les barrières non tarifaires, comme les taxes ou les règlements particuliers, qui entravent le libre-échange.
La Chine n'adhère pas à bon nombre des principes de commerce et d'investissement fondés sur des règles qui ont été essentiels au succès de l'industrie automobile et de l'économie canadienne. L'ACCV appuie fermement le décret imposant une surtaxe à la Chine et établissant des droits de douane de 100 % sur les importations chinoises de véhicules électriques, et nous avons demandé au gouvernement de le maintenir.
Les préoccupations liées à l'économie et à la sécurité nationale qui ont incité le gouvernement à mettre en place cette surtaxe sont toujours présentes aujourd'hui. L'industrie automobile et l'économie canadienne en général ont tout simplement trop à perdre si cette surtaxe devait être supprimée. Il faut que les règles du jeu soient équitables et que le commerce soit fondé sur des règles pour que l'industrie automobile canadienne puisse faire concurrence à l'industrie chinoise des véhicules électriques.
Dans les marchés du monde entier où des mesures n'ont pas été prises rapidement, les véhicules électriques chinois ont rapidement gagné des parts de marché et sapé l'industrie automobile nationale. Le meilleur exemple est celui du Mexique. Cette année, un véhicule neuf sur trois vendus sera construit en Chine. C'est une augmentation par rapport au 4 % du marché en 2020.
La Chine a obtenu cet avantage concurrentiel grâce à une politique industrielle dirigée par l'État qui a accordé aux fabricants des subventions totales estimées à 230 milliards de dollars américains entre 2009 et 2023. Si on ajoute à cela des normes du travail et environnementales très faibles, les fabricants chinois peuvent ainsi produire et vendre leurs véhicules électriques à un prix bien inférieur à celui auquel pourrait parvenir un fabricant d'équipement d'origine nord-américain.
Comme Unifor l'a abondamment documenté, l'absence de droits des travailleurs en Chine a entraîné une diminution des salaires et une baisse artificielle des coûts de production. Selon une analyse portant sur 30 constructeurs automobiles chinois, le salaire horaire se situe entre 1,93 $ et 4,27 $ américains. Pour faire une comparaison avec les membres de l'ACCV qui sont syndiqués, un assembleur de production gagne un salaire horaire moyen de 44,52 $ et bénéficie, bien sûr, d'un généreux régime de retraite et d'avantages sociaux.
En plus d'avoir des règles du jeu équitables, nous recommandons au gouvernement fédéral d'éliminer l'obligation de vente de véhicules électriques, connue sous le nom de Norme sur la disponibilité des véhicules électriques. Cette obligation fait passer des objectifs de vente arbitraires avant le développement de la chaîne d'approvisionnement nord-américaine. Cette politique a ouvert le marché canadien aux véhicules électriques subventionnés ou faisant l'objet de dumping en provenance de Chine et d'autres pays sans économie de marché.
Nous recommandons que cette obligation malavisée soit abandonnée avant l'examen de l'ACEUM, l'accord de libre-échange nord-américain.
Merci beaucoup de votre temps. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
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Je vous remercie, madame la présidente, de cette invitation.
Je remercie également les membres du Comité du travail qu'ils accomplissent dans ce dossier.
Je m'appelle René Roy et je suis le président du Conseil canadien du porc. Je suis accompagné aujourd'hui de notre directeur général, M. Stephen Heckbert.
[Traduction]
En tant que troisième exportateur de porc en importance dans le monde, les politiques de commerce libre et équitable sont de la plus haute importance pour la prospérité et la vitalité de l'industrie porcine canadienne. Comme vous le savez sans doute, le Canada exporte 70 % de sa production porcine vers près de 80 pays dans le monde. Nous croyons au commerce libre et équitable dans un système fondé sur des règles et nous le soutenons. C'est pourquoi nous sommes heureux d'être consultés sur cette question.
Le système commercial international a subi de nombreux chocs importants. Un système fondé sur des règles — notamment des règles qui reposent sur la science et des données probantes — est un remède à une telle incertitude et accroît la sécurité alimentaire dans le monde.
À notre avis, le Canada doit demeurer un ardent défenseur d'un système de commerce et d'investissement international fondé sur des règles, mais nous devons également exiger la même chose de nos partenaires commerciaux. Par exemple, nous avons un contingent tarifaire avec la Grande-Bretagne dans le cadre de nos efforts continus pour accroître le commerce avec ce pays, mais les règles relatives à la production et à la transformation des animaux que le Royaume-Uni a mises en place nous empêchent d'avoir accès à ce marché. Ces règles ne sont pas fondées sur la science et ne sont pas réciproques, d'un point de vue canadien.
Il y a d'autres cas, comme l'AECG. L'industrie porcine ne voit pas cet accord d'un bon œil en raison des obstacles techniques au commerce. Nous estimons que le secteur du porc perd à lui seul des débouchés d'environ 400 millions de dollars par année. C'est pourquoi nous exhortons le Comité à faire preuve de vigilance pour veiller à ce que les principes scientifiques qui régissent nos échanges commerciaux soient protégés.
Toutes les projections à long terme de la demande mondiale de porc montrent une croissance pendant très longtemps. La capacité du Canada à fournir du porc de qualité au reste du monde fera partie de notre contribution à la croissance de l'économie canadienne.
Là où l'aide du Parlement nous serait utile, c'est dans nos efforts visant à accroître notre capacité de transformation au Canada, que ce soit en aidant les transformateurs existants à accroître leur capacité ou en encourageant de nouveaux entrants dans l'industrie venant de l'étranger. Pour aider la production porcine canadienne à croître, nous invitons aussi le Comité à se pencher sur ce qui peut être fait pour attirer des investissements directs étrangers dans les installations agroalimentaires.
[Français]
Nous espérons que le Comité continuera de s'assurer que la sécurité alimentaire demeure un élément clé de notre positionnement commercial et stratégique de défense lors de l'examen de ce dossier et de tous les dossiers liés au commerce dans le cadre de son mandat.
Nous serons heureux de répondre à vos questions.
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Bonjour. Nous tenons d'abord à vous remercier de cette invitation.
Attac Québec, Action citoyenne pour la justice fiscale, sociale et écologique, vise entre autres à établir un contrôle démocratique des marchés financiers et de leurs institutions.
Quant à moi, je suis président de cette association et responsable du dossier du libre-échange. Je m'intéresse à cette question depuis plus de 20 ans. J'ai écrit et coordonné trois livres sur le sujet.
Le commerce international fondé sur des règles nous semble fondamental. Cependant, il faut se demander quelles sont ces règles et à qui elles profitent.
Depuis les années 1990, les règles mises en place n'ont pas vraiment été au service des populations dans le monde. Écrites dans des accords de libre-échange négociés en secret sans qu'un nombre suffisant d'acteurs de la société civile soient consultés, elles ont été conçues à l'avantage des grandes entreprises transnationales, souvent pour les mettre à l'abri d'autres règles qu'elles auraient dû suivre pour payer leurs impôts, protéger l'environnement et offrir du travail décent. Le bilan des années de libre-échange, selon les règles inscrites dans les accords commerciaux, n'est donc pas reluisant: on remarque un accroissement des inégalités; une concurrence entre les travailleurs et les travailleuses menant à des pertes d'emploi; un important recul du pouvoir d'achat dans la classe moyenne et chez les plus démunis; une dégradation majeure de l'environnement; ou encore une faible croissance économique. Devant d'importantes pertes de la qualité de vie, de nombreux électeurs et électrices se tournent vers les partis d'extrême droite qui s'alimentent de l'insatisfaction qui résulte des accords de libre-échange. Trop de gens se sentent abandonnés et impuissants.
Donald Trump s'est fait élire, notamment lors de son premier mandat, en recueillant la majorité des votes dans des régions dévastées par les conséquences d'accords de libre-échange, un mal qu'il nommait sans hésitation. Reconduit au pouvoir, Trump refuse de se plier à des règles qui ont été établies et qui ont entraîné de pareils résultats pour appliquer ses propres règles, encore plus désastreuses, qui laissent ses partenaires commerciaux déconcertés.
Devant les tarifs douaniers imprévisibles imposés par le gouvernement Trump et, surtout, devant sa façon intimidante de négocier, le Canada doit s'en tenir à des valeurs fondamentales, ne rien céder à l'avance et offrir avec fermeté un contre-exemple en matière de négociations. En brisant les règles, Trump obtient plus en quelques semaines que les autres pays après des années de négociation. La pire attitude à adopter est de céder devant lui par anticipation. Ainsi, le renoncement précipité à la taxe sur les services numériques, essentielle selon nous, a causé beaucoup plus de tort que de bien et n'a rien changé à l'attitude du président des États‑Unis.
Face à Trump, le Canada doit adopter une posture qui lui permet de s'assurer pleinement de respecter ce en quoi il croit, et non pas céder à un effet de contamination devant les mesures les plus discutables du gouvernement des États‑Unis. Il doit développer des règles qui lui permettent de mieux protéger l'environnement et d'agir en matière de justice climatique. Il doit maintenir intégralement la gestion de l'offre. Il doit protéger la culture et réaffirmer son adhésion au principe de la diversité culturelle. Il doit aussi rompre avec des règles qui ont été nuisibles. On peut penser au règlement des différends entre investisseurs et États dans le cadre de l'ACEUM ou à la coopération réglementaire, des termes qui permettent, en catimini, de remettre en cause des réglementations souvent nécessaires. Le gouvernement canadien doit résister à tout affaiblissement des règles en matière de santé et de sécurité. Il devrait appliquer tout cela dans ses négociations en cours avec l'Équateur, le Mercosur et l'Indonésie.
Certes, le comportement de notre voisin du Sud est particulièrement imprévisible, à tel point que les ententes qui paraissaient les plus solides, comme l'ACEUM, sont menacées. Toutefois, la pire attitude est de céder à l'intimidation et d'engager notre avenir en suivant les vœux d'un président extrémiste, dont le soutien de sa propre population est faible et qui ne sera pas en place éternellement.
Je suis prêt à répondre à vos questions.
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Merci beaucoup, madame la présidente. Je remercie tous les témoins de leur présence aujourd'hui. J'aimerais aussi vous remercier, comme mon collègue l'a mentionné, d'aider le Comité alors qu'il entreprend, en ce début d'une nouvelle législature, une étude sur une question fondamentale très importante sur l'incidence — et je me plais à penser qu'elle est positive — du système commercial fondé sur des règles et son importance pour l'économie canadienne. Je suis très reconnaissant aux représentants des divers secteurs de leur présence.
J'aimerais poser mes premières questions à M. Kingston, que nous connaissons depuis un certain temps. Je ferai peut-être appel à vos connaissances qui remontent à l'époque où nous étions tous les deux aux études supérieures en politique commerciale internationale. Vous n'étiez pas célèbre à ce moment‑là, mais je savais que vous le seriez un jour, alors je suis heureux que vous soyez là.
Le secteur canadien de l'automobile est un excellent exemple d'un système commercial fondé sur des règles. L'existence de la construction automobile au Canada en est le résultat. Aidez-nous, s'il vous plaît, à remonter à l'époque où la fabrication d'automobiles était inexistante au Canada. Comment cette industrie a‑t‑elle pris forme? Pourriez-vous nous parler du Pacte de l'automobile et de ses caractéristiques uniques, s'il vous plaît?
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Merci, madame la présidente.
Je remercie l'ensemble des témoins de leurs présentations. C'est assez intéressant puisque différents groupes nous font part de leur réalité, de leur marché, de leur perspective et de leurs difficultés.
Monsieur Vaillancourt, si je comprends bien, vous vous intéressez davantage à l'architecture du système. À votre avis, il faudrait profiter de la crise actuelle non seulement pour essayer de redéfinir les choses telles qu'elles étaient auparavant, mais pour tenter de changer le système actuel d'une manière plus profonde et durable.
Cela résume-t-il un peu votre propos?
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Oui, nous appuyons tout à fait cette idée. Effectivement, nous critiquons depuis des années le manque de transparence dans les accords commerciaux.
Premièrement, en ce qui concerne les négociations en tant que telles, on transmet l'information morceau par morceau. Ensuite, il y a aussi un manque de transparence lié au fait qu'on refuse de consulter certains groupes de la population, par exemple le mouvement syndical. Il s'est plaint, à juste titre, qu'il n'a pas été consulté suffisamment en ce qui concerne les accords de libre-échange. De plus, effectivement, lorsque c'est le temps de ratifier un accord de libre-échange, souvent, les délais sont extrêmement courts. Par exemple, quand l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne a été ratifié par le Parlement canadien, cela s'est fait à une vitesse vertigineuse, sans qu'il y ait eu de vrai débat là-dessus, comme si c'était quelque chose qu'on devait accepter.
Alors, il faut donner le temps aux organisations de la société civile de bien examiner les accords et de se prononcer sur ceux-ci, parce qu'il y a peut-être des choses qui ne conviendront pas à tout le monde, et c'est exactement ce qui est arrivé dans le passé. Je pense donc que toute ouverture à une plus grande transparence correspond à ce que nous attendons, nous, les organisations de la société civile qui travaillent sur ces accords de libre-échange. C'est quelque chose de très important en démocratie.
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Tout à fait. La Wallonie avait, en quelque sorte, ralenti les négociations par une série d'objections qui étaient des préoccupations exprimées par beaucoup d'organisations citoyennes, par des syndicats, par...
La Wallonie s'est faite la porte-parole d'une opposition très articulée à cet accord. Je pense qu'il faut le dire.
Le discours de Paul Magnette à ce moment-là était, à mon avis, remarquable, très étoffé et très appuyé.
On connaît les problèmes actuels d'instabilité et on a vu à quel point certains politiciens ont profité de cette instabilité pour finalement arriver à imposer des politiques qui vont à l'encontre de l'intérêt des populations. C'est là, l'un des problèmes.
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Merci, madame la présidente.
Chers collègues et chers témoins, je vous remercie d'être ici pour aider à développer et à soutenir l'économie canadienne.
Bonjour, monsieur Roy. Je vous remercie de vous être déplacé de la plus belle région au Canada pour venir ici à Ottawa. Évidemment, je parle ici de la Beauce. Ma question s'adresse à vous.
Il y a plusieurs occasions d'affaires. Vous avez parlé tantôt de 400 millions de dollars d'occasions. Vous voulez exporter plus de porc sur les marchés internationaux. Nous, les conservateurs, nous voulons évidemment vous appuyer dans ce dossier. Vous en avez parlé tout à l'heure, mais quels sont, selon vous, et pour quelles raisons, les marchés encore peu exploités par l'industrie du porc et où il y a un grand potentiel pour les exportations?
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Je vous remercie de votre question.
Je vais commencer par les pays dans lesquels nous sommes présents et où nous pourrions augmenter cette présence.
L'Asie du Sud-Est est une région qui a un très fort potentiel, dont la population est encore jeune et qui augmente sa consommation de viande, notamment des viandes rouges. C'est donc un marché sur lequel nous avons un œil et dans lequel nous sommes très actifs.
Il y a des marchés, comme l'Union européenne, où il y a un fort potentiel, notamment pour les produits à forte valeur ajoutée. On y a, malheureusement, peu d'accès. Bien que nous ayons une entente de libre-échange, nous n'avons pas, aujourd'hui, accès au marché européen.
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Je vais devoir faire attention aux termes que j'emploie, parce que c'est un sujet un peu plus technique.
Dans notre domaine, celui de la viande porcine, tous les abattoirs inspectés par l'Agence canadienne d'inspection des aliments ont la possibilité d'échanger de la viande au Canada et à l'international. Cependant, ceux qui ont une licence délivrée par une agence d'inspection provinciale sont limités, pour la plupart, à faire leurs échanges commerciaux dans leur province.
Ce que nous avons proposé au gouvernement, c'est de procéder à une harmonisation dans l'éventualité où il y aurait une ouverture de ces marchés pour les abattoirs inspectés par une agence provinciale. Sinon, cela risque de miner la confiance du consommateur s'il y a des problèmes, parce qu'on sait que les normes varient substantiellement d'une province à l'autre.
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Merci, madame la présidente.
Je vais remonter un peu plus loin dans le temps que le secrétaire parlementaire Naqvi pour situer l'origine du commerce ici au Canada. À vrai dire, nous pourrions remonter au début du Canada, avec notre commerce des fourrures, et passer à 1965, comme nous l'avons entendu, avec le Pacte de l'automobile. Le Canada est encore aujourd'hui une nation commerçante.
Le Canada représente 0,5 % de la population mondiale, mais 2,5 % du commerce mondial: nous jouons donc dans la cour des grands. C'est parce que le commerce a toujours été une priorité pour nous. Nous y voyons des perspectives de croissance, mais aussi des possibilités pour nos travailleurs et nos entreprises. Nous avons toujours été axés sur le commerce — le commerce, précisons‑le, équitable.
Les ententes que nous avons cherché à mettre en place... J'ai eu l'occasion de siéger à ce comité du commerce international en 2015, alors que nous renégociions l'ALENA — le nouvel ALENA ou l'ACEUM, comme nous l'appelons aujourd'hui — et que nous négociions l'Accord de partenariat transpacifique global et progressiste, ou PTPGP, ainsi que l'Accord économique et commercial global avec l'Europe. Dans ces accords — et cela rejoint le point soulevé par M. Vaillancourt —, nous avons toujours voulu intégrer des règles du jeu équitables pour les normes du travail, les normes environnementales, etc. Je sais que M. Kingston et son association y accordent de l'importance.
Nous avons constaté que nous devions grandement diversifier nos marchés. Voilà pourquoi nous avons mis en place ces ententes. En 2018, nous nous sommes fixé comme objectif, par l'entremise d'Affaires mondiales Canada, d'augmenter nos exportations vers d'autres marchés que les États-Unis de 50 % d'ici 2025. Eh bien, nous avons atteint cet objectif ambitieux avant 2024. Nous avons atteint cet objectif de 50 %, en partie grâce à des groupes comme le Conseil canadien du porc. Le Conseil canadien du porc a fait un travail exceptionnel. D'ailleurs, certains membres du Comité — madame la présidente, monsieur le secrétaire parlementaire, M. Chambers et d'autres — étaient à la réunion des chefs de mission pour la région indo-pacifique hier. L'ambassadeur du Japon au Canada, Son Excellence M. Yamanouchi, ne tarissait pas d'éloges à l'égard du porc canadien: il a demandé comment le Japon pourrait obtenir plus de porc canadien et ce que nous pouvons faire pour favoriser ces exportations.
Grâce aux ententes que nous avons conclues et pour accomplir nos réalisations, cette augmentation de 50 %... Expliquez-nous quels éléments dans ces accords ont permis à une industrie comme celle du porc de prendre autant d'expansion et d'exporter ses produits. J'ai entendu dire que 70 % de nos produits sont exportés.
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Oui, effectivement, l'industrie porcine, en général, a été très proactive en matière de commerce, notamment au Japon. Je vais prendre l'exemple du Japon pour illustrer ce que vous décrivez.
Le fait que nous ayons des règles basées sur la science nous permet d'avoir un langage commun. Grâce à ce langage commun, nous pouvons facilement résoudre les difficultés, parce que nous nous comprenons.
Un bon exemple est que nous avons un bureau de l'ACIA au Japon. La présence de personnel sur le terrain nous aide beaucoup à communiquer et à trouver des solutions lorsqu'il y a des problèmes techniques. Ce succès est évident aujourd'hui. Par ailleurs, pour ce qui est de la valeur, le Japon est notre premier marché d'exportation au monde, devant les États-Unis. C'est du jamais vu. Cela montre à quel point nous pouvons connaître du succès grâce à des règles fondées sur la science.
Nous avons entendu parler des défis budgétaires, et il est certain que les bureaux comme ceux de l'ACIA sont importants pour nous. Ils sont un tremplin pour promouvoir notre façon de faire des affaires avec le reste du monde.
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Je pense que, dans toutes ces années de libre-échange, il y a deux failles fondamentales, deux choses dont on ne semble pas tenir compte dans les accords de libre-échange et dans les règles qu'on établit.
La première, c'est une protection de l'environnement beaucoup plus significative qu'elle ne l'est présentement. Actuellement, la tendance des gouvernements est même de laisser tomber la protection de l'environnement pour des raisons économiques, mais ça se justifie très mal, parce que l'environnement devrait être une priorité absolue. Ça, c'est la première chose.
Le deuxième problème que les règles des accords de libre-échange n'ont pas réussi à résoudre, ce sont les inégalités sociales, qui sont constamment croissantes. La fiscalité est complètement exclue de ces accords de libre-échange, mais pourquoi ne serait-elle pas incluse, alors que ça concerne directement la concurrence entre les pays, la concurrence commerciale? Cette question des inégalités sociales qui s'accentuent d'année en année et qu'on n'arrive pas à résoudre nous apparaît donc très problématique.
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Oui, mais cette entente est nettement insuffisante, il faut le dire. Un impôt minimal de 15 % incite quand même plusieurs pays à abaisser leur taux d'imposition. Ce n'est donc pas satisfaisant.
De plus, il y a toutes sortes d'échappatoires, finalement. C'est une entente extrêmement complexe, dont l'intention est bonne, mais dont la pratique, finalement, n'est pas du tout satisfaisante. C'est sûr que c'est mieux que rien, actuellement.
Malheureusement, le président Trump fait des pressions pour éliminer cette entente. Donc, plutôt que de l'améliorer, on s'en va dans le sens d'une destruction. Je dirais que c'est vraiment décourageant pour les gens qui travaillent à la justice sociale depuis des années. On a donc l'impression de vivre une période de recul alors que, à l'étape où on en est dans notre civilisation, on devrait faire des avancées significatives.
Je m'appelle Steve Lavoie. Je ne veux pas déplaire à mon collègue M. Groleau, mais je suis natif de la plus belle région du Québec, soit le Bas‑Saint‑Laurent, qui n'est pas loin de la Beauce. Je suis fils d'agriculteur. J'ai vécu entouré de voisins qui faisaient de la production porcine.
Ce que vous avez dit m'interpelle beaucoup. Je vais donc vous poser quelques courtes questions au départ pour bien nous situer.
J'ai l'impression que ça fait 20 ou 30 ans qu'il est difficile pour les producteurs de porc d'écouler leur production. Est-ce que je me trompe? Est-ce que ça fait plus de 30 ans?
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Je vais poursuivre la discussion, mais je vais d'abord reprendre mes collègues MM. Groleau et Lavoie: la plus belle région, c'est celle des Basses‑Laurentides.
Auparavant, nous avions l'usine General Motors de Boisbriand, anciennement Sainte‑Thérèse‑Ouest. Je suis certaine que vous vous en souvenez.
Il y a aussi Paccar et Raufoss. Celle-ci produit des pièces en aluminium, comme des jantes. J'aimerais savoir si cela pourrait avoir des répercussions sur le marché. Jusqu'à maintenant, selon ce que j'ai entendu, ces entreprises continuent d'exporter leurs produits à l'extérieur du pays, mais je crois qu'elles font aussi des affaires avec les entreprises du Sud de l'Ontario.
Plus tôt, vous avez beaucoup parlé des voitures électriques de la Chine.
Quelles mesures nous suggérez-vous de prendre pour lutter contre le marché des voitures électriques chinoises?
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Au cours des dernières semaines, mon président et moi étions en Asie du Sud‑Est dans le cadre d'une mission commerciale avec le . Il faut savoir que ces marchés lient la sécurité alimentaire à la disponibilité alimentaire de manière beaucoup plus directe qu'en d'autres endroits. Par exemple, la capacité de production alimentaire de l'Indonésie, de Singapour ou des Philippines n'est pas suffisante pour répondre à la demande de leurs marchés respectifs. Il leur faut donc avoir accès à la viande de porc du Canada, entre autres produits.
Lorsque nous parlons d'investissements directs étrangers, ce n'est pas que ces investissements sont nécessaires d'un point de vue financier au Canada. Il s'agit plutôt d'établir des liens avec des marchés comme celui des Philippines, où il pourrait y avoir une entreprise qui souhaite s'assurer un accès à tel ou tel produit. L'investissement de l'entreprise philippine pourrait bien être lié à l'accès au produit canadien et donc à un traitement préférentiel pour le marché philippin. Lorsque nous parlons d'investissements étrangers directs, c'est vraiment de cela qu'il s'agit.
Nous ne cherchons pas vraiment à attirer des entreprises pour qu'elles viennent investir au Canada, mais plutôt à cibler des marchés particuliers à travers le monde qui, de toute façon, souhaiteraient acheter davantage de nos produits. Aidons-les à trouver des moyens d'intégrer cela à des enjeux de défense et de sécurité alimentaire.
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Merci, madame la présidente.
Je suis le seul député québécois qui n'a pas encore dit qu'il avait la plus belle circonscription. Je le fais maintenant: Saint‑Hyacinthe—Bagot—Acton est la plus belle circonscription, ex æquo avec celle de M. Lavoie. C'est de là que je viens, alors pour moi, la région de Québec est pas mal ex æquo aussi. Elle reste bien ancrée dans mon cœur. En fait, tout le Québec est magnifique. C'est une des raisons pour lesquelles ça devrait être un fichu de beau pays. Par contre, ce que je viens de dire ne fera probablement pas consensus.
Cela étant dit, monsieur Vaillancourt, parlons de l'Organisation mondiale du commerce, ou OMC. Quand on parle de règles et de commerce basé sur les règles, c'est souvent l'institution évoquée. Les règles de l'OMC sont encore en vigueur. On dit souvent, lorsqu'un accord tombe, qu'il restera toujours les règles de l'OMC.
Cependant, l'ORD, soit l'Organe de règlement des différends, est encore bloqué. Je me rappelle que ce comité avait fait une étude à ce sujet, en mars 2020. Depuis, à peu près rien ne s'est passé. À l'époque, c'était la première administration Trump. Le paradigme s'est maintenu sous l'administration Biden.
Vous nous dites que c'est bien beau, d'avoir des règles, mais pas à tout prix. Actuellement, plusieurs disent que, sans l'OMC, on est un peu fichu, parce qu'on assisterait au règne absolu de l'administration Trump.
L'OMC, dans son ancienne forme, ne méritait-elle pas des réformes?
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Merci, chers collègues.
Pour boucler la boucle, monsieur Roy, vous serez sûrement d'accord avec moi pour dire que plusieurs aimeraient être Beaucerons, mais nous sommes très peu, malheureusement, ou heureusement pour nous.
Je vous ai entendu parler de prévisibilité et d'ententes à long terme plus rigides, du besoin d'accroître notre capacité de production et d'un manque de rigueur en ce qui concerne l'entente avec l'Union européenne. Je sais aussi qu'il y a une question sanitaire.
Pouvez-vous préciser votre propos? Quels sont les problèmes? Il me semble qui, si le gouvernement s'en occupait, il serait assez facile de les régler.
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Tout d'abord, en tant que fier Canadien, je tiens à dire que je trouve toutes les régions de ce pays magnifiques. Merci de nous parler de vos régions respectives.
Je reviens à M. Kingston et à M. Roy.
Nous vivons une période très incertaine. Monsieur Kingston, je crois que vous avez parlé de l'importance que la certitude revêt pour les entreprises. Le Canada se focalise sur ses relations avec les États‑Unis, certes, mais aussi sur la diversification de ses échanges commerciaux. Nous continuons de croire fondamentalement qu'un système commercial libéralisé et fondé sur des règles est une bonne chose pour les Canadiens et pour l'économie canadienne.
À très court terme, du point de vue de vos deux industries et sachant que nous menons actuellement des discussions avec les États‑Unis et d'autres régions du monde, que souhaiteriez-vous voir mis en place pour renforcer davantage le système commercial régi par des règles auquel nous souscrivons et faire en sorte que cela ait un impact positif non seulement sur vos industries respectives, mais surtout sur les Canadiens?
Commençons par M. Kingston.