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Bonjour. Je déclare la séance ouverte. Bienvenue à la 27
e réunion du Comité permanent du commerce international.
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le jeudi 12 février 2026, le Comité reprend son étude des développements récents dans les relations commerciales du Canada avec la Chine et le Qatar.
Nous accueillons aujourd'hui, à titre personnel, Margaret McCuaig-Johnston, professionnelle en résidence, de l'Université d'Ottawa. Nous accueillons également Andrea Brocklebank, présidente-directrice générale, accompagnée de Tyler Fulton, président, de l'Association canadienne des bovins. Nous recevons aussi Bill Prybylski, directeur, et Brodie Berrigan, directeur principal, Relations gouvernementales et politique agricole, de la Fédération canadienne de l'agriculture, qui se joint à nous en ligne.
Bienvenue à tous.
Nous allons commencer par les déclarations préliminaires et passer ensuite aux questions. J'ai une chemise orange dont je me servirai pour vous faire signe lorsque vos cinq minutes seront presque écoulées, afin de vous permettre de conclure. Cependant, vous disposez de cinq minutes complètes.
Madame McCuaig-Johnston, je vous invite à faire une déclaration préliminaire de cinq minutes au maximum. Merci de nous avoir communiqué le texte à l'avance.
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Monsieur le président, je vous remercie de m'avoir invitée à comparaître aujourd'hui.
J'aimerais commencer par dire que je suis tout à fait favorable aux efforts simplement remarquables déployés par le pour diversifier nos échanges commerciaux dans le monde et pour collaborer avec nos alliés sur des questions de plus en plus importantes en matière de sécurité nationale.
Je vais parler de l'importation et de la fabrication de véhicules électriques chinois, ainsi que de la triste histoire des coentreprises technologiques canadiennes en Chine.
J'ai été surprise que le annonce l'importation de 49 000 à 70 000 véhicules électriques chinois par année, ce qui correspond à plus de la moitié de tous les véhicules électriques qui ont été vendus au Canada l'an dernier. Je suis certaine que l'ambassade de Chine exercera des pressions sur le gouvernement pour qu'il augmente ce nombre. C'est la troisième fois que Pékin utilise efficacement le canola comme levier pour modifier la politique canadienne. En ce qui concerne la Chine, le gouvernement devrait avoir pour priorité absolue de rediriger le canola de nos entreprises en difficulté vers d'autres pays de l'Indo-Pacifique, grâce à notre excellente stratégie dans cette région.
En ce qui concerne les véhicules électriques, Human Rights Watch a publié un rapport en 2024 documentant le travail forcé des Ouïghours pour la fabrication de véhicules et de pièces en Chine. Cela concerne non seulement les marques chinoises, mais aussi les Teslas fabriquées à Shanghai, ainsi que les véhicules Volkswagen, Toyota et General Motors fabriqués là‑bas.
Le rapport a souvent été cité, y compris tout récemment dans le Globe and Mail, le 7 janvier, avant que le ne se rende en Chine. Il est illégal d'importer au Canada des produits dont la fabrication dépend en tout ou en partie du travail forcé. Ces dispositions prévalent toujours, bien qu'un document clé ait disparu du site Web du gouvernement, à savoir celui concernant notre mise en œuvre des exigences de l'Accord Canada-États-Unis-Mexique. Je suis certaine que le gouvernement américain voudra avoir l'assurance que nous appliquons activement nos dispositions relatives au travail forcé.
Les véhicules électriques chinois posent un autre problème, à savoir que leur logiciel Baidu, qui gère les caméras, les microphones et la localisation des voitures, stocke toutes les données les concernant en Chine, tant pour les marques chinoises que pour les véhicules occidentaux fabriqués en Chine. Ce ne serait pas un problème pour un pays normal, mais la Chine a manifesté des intentions malveillantes à notre égard.
Les entreprises chinoises sont tenues d'espionner pour le compte des services de renseignement chinois, sur demande. La façon de régler ce problème est de retirer le logiciel Baidu lorsque les voitures arrivent et de le remplacer par le QNX de BlackBerry, qui est utilisé par les automobiles fabriquées en Amérique du Nord. Je ne sais pas comment il serait possible d'enlever les dizaines de pièces dont la fabrication résulte du travail forcé en Chine.
La fabrication au Canada pourrait aussi poser un problème. Les procédés utilisés par le secteur manufacturier ne sont pas ceux que nous connaissons. Les entreprises chinoises amènent avec elles des ensembles prêts à monter, et les usines d'assemblage sont hautement robotisées et n'ont pas recours à un grand nombre d'employés syndiqués, comme c'est le cas actuellement en Ontario. L'an dernier, le gouvernement du Brésil a poursuivi avec succès BYD pour 10 millions de dollars en raison de ce qu'il a appelé les « conditions d'esclavage » de 200 travailleurs chinois qui étaient amenés là‑bas et qui travaillaient sept jours par semaine sous la surveillance de gardes armés. Les travailleurs brésiliens ont protesté contre les bas salaires et les mauvaises conditions de travail qui leur étaient imposés.
Le gouvernement a annoncé que nous allons également avoir des coentreprises avec des partenaires chinois, surtout dans le domaine de l'énergie propre. Je ne suis pas surprise que les responsables chinois de la négociation aient voulu cela, compte tenu de leur grande réussite avec leurs coentreprises technologiques canadiennes. Je les ai étudiées pendant six ans. Elles comportent des caractéristiques clés qui désavantagent considérablement le partenaire canadien, alors que la technologie est toujours entièrement canadienne.
Le partenaire chinois doit toujours avoir la majorité des parts de la coentreprise et des profits, souvent de l'ordre de 70 %, 80 % ou même 90 %. Le partenaire chinois exerce un contrôle opérationnel et nomme le président-directeur général, le responsable du recrutement et le responsable juridique, qui détient le sceau officiel de l'entreprise, synonyme du contrôle de celle‑ci.
Au fil du temps, le partenaire chinois utilise diverses tactiques pour prendre le contrôle de l'entreprise et en assumer une part de plus en plus grande, jusqu'à l'entièreté parfois. Le partenaire peut alors faire concurrence à l'entreprise canadienne à l'étranger grâce aux salaires chinois qui sont moins élevés. Les cas les plus tristes se sont produits dans le secteur de l'énergie propre et des technologies propres. Nous ne devrions pas poursuivre ces coentreprises avec la Chine.
J'ai quelques suggestions sur la façon dont nous pourrions mieux nous protéger dans le contexte de ces coentreprises au Canada. Je pourrai y revenir en répondant aux questions.
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Bonjour, monsieur le vice-président.
Je remercie les membres du Comité de me donner l'occasion de prendre la parole aujourd'hui.
Je m'appelle Tyler Fulton. Je suis le président de l'Association canadienne des bovins. Par l'entremise de ses membres provinciaux, l'ACB représente environ 60 000 producteurs de bœuf au Canada, qui soutiennent les emplois, l'activité économique et la sécurité alimentaire dans les collectivités rurales du pays.
C'est un plaisir pour moi de revoir les membres du Comité aujourd'hui. Nous sommes heureux d'avoir l'occasion d'intervenir — si rapidement depuis la dernière fois — dans l'étude d'aujourd'hui concernant le commerce avec la Chine et le Qatar. Dans le secteur du commerce et dans l'environnement géopolitique, la diversification des échanges n'a jamais été aussi pertinente. Du point de vue de l'industrie canadienne du bœuf, chaque marché d'exportation compte.
Dans le secteur canadien du bœuf, le commerce représente en moyenne 1 587 $ par animal dans la chaîne d'approvisionnement, soit environ 43 % de la valeur des bovins finis. L'accès à de multiples marchés ne consiste pas seulement à accroître le volume des exportations canadiennes. Il vise à augmenter la demande pour des coupes et des produits individuels. Les pays importateurs font augmenter la demande de coupes qui sont parfois sous-utilisées sur le marché nord-américain. Cela améliore la valeur globale par animal et peut encourager la croissance des troupeaux, ce qui finit par réduire les prix de détail pour les coupes à forte demande au Canada, tout en maintenant la valeur globale des carcasses.
Au nom de l'ACB, nous sommes reconnaissants envers le , le et le pour leur engagement à l'égard de la diversification du commerce dans l'Indo-Pacifique, en Chine et dans la région du Golfe.
Tout d'abord, nous avons quelques observations à faire au sujet de la Chine. La Chine est l'un des plus grands importateurs de bœuf au monde et la deuxième économie mondiale. Avant l'interruption injustifiée du commerce du bœuf en 2021, nous avons vu une croissance continue du marché chinois. Les exportations de bœuf ont atteint près de 200 millions de dollars en 2021. À l'époque, la Chine était le troisième marché d'exportation de bœuf du Canada. Les éleveurs de bovins et les exploitants de ranch canadiens ont accueilli favorablement la réouverture de l'accès à la Chine en janvier dernier. C'était à la fois une victoire diplomatique et une victoire commerciale.
Le résultat est le fruit d'une approche « équipe Canada ». Nous avons eu plaisir à travailler avec le gouvernement, les politiciens et les fonctionnaires, ainsi qu'avec notre bureau de défense des producteurs de viande rouge en Chine. Avec le rétablissement de l'accès à la Chine, notre valeur commerciale devrait augmenter de 100 $ à 120 $ par animal. La diversification du commerce ajoute de la valeur, donne des options aux producteurs de bœuf et nous aide à nous protéger contre l'incertitude commerciale.
La première livraison de bœuf a eu lieu au cours des dernières semaines. Le bœuf canadien est maintenant disponible dans les sept emplacements de Costco en Chine. Il y a d'importants débouchés à long terme pour les exportations de bœuf en Chine, avec une demande de coupes de grande valeur qui ajoutent de la valeur à chaque animal. La Chine est également l'un des plus grands consommateurs d'abats. Il s'agit d'un produit relativement sous-utilisé au Canada, mais très recherché dans d'autres marchés. Bien que les abats ne soient actuellement pas admissibles à l'exportation, nous avons hâte de travailler avec le gouvernement pour en assurer l'accès.
La région du Golfe est un nouveau marché pour le bœuf canadien. Il est possible d'accroître nos exportations vers des pays du Golfe comme les Émirats arabes unis et le Qatar. Les six États du golfe qui constituent le Conseil de coopération du Golfe ont les niveaux de vie les plus élevés au Moyen-Orient. La région devrait être l'un des marchés où la consommation de viande halal augmente le plus rapidement, en raison de la croissance démographique, de la hausse des revenus, du tourisme, de l'urbanisation et d'une production agricole locale limitée.
La région du Golfe est également l'une des régions les plus dépendantes des importations dans le monde pour ce qui est de son approvisionnement alimentaire, avec une demande croissante pour le bœuf et ses produits. Les exportations de bœuf canadien vers le Moyen-Orient sont en croissance, surtout vers l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Qatar et le Koweït. Le Qatar est l'un des marchés où le bœuf canadien a gagné le plus de valeur.
La région du Golfe est un marché concurrentiel. Pour que le Canada y acquière un avantage concurrentiel, il est important d'accroître le financement pour l'accréditation des produits halal et la reconnaissance des certifications, de maintenir une forte présence dans la région, grâce à des missions commerciales et à du soutien sur le marché intérieur, et de défendre l'industrie bovine au pays, afin d'en faciliter la croissance à long terme.
Merci de votre temps. Je serai heureux de répondre à vos questions.
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Bonjour et merci de me donner l'occasion de m'adresser à vous aujourd'hui.
Je m'appelle Bill Prybylski, je suis un agriculteur du centre-est de la Saskatchewan et je suis membre du conseil d'administration de la Fédération canadienne de l'agriculture. La FCA est la plus grande organisation agricole du Canada, représentant plus de 190 000 agriculteurs et leurs familles à l'échelle du pays.
Un environnement commercial mondial stable et prévisible est essentiel à la prospérité des familles canadiennes d'agriculteurs et des collectivités rurales.
La Chine demeure l'un des marchés les plus importants du Canada dans le domaine de l'agriculture, représentant des milliards de dollars en exportations annuelles de produits, comme les oléagineux, les céréales, les légumineuses, le porc, les aliments transformés et les cultures spécialisées. Pour de nombreux secteurs, la Chine est soit la principale destination des exportations, soit l'une des trois principales destinations. Toute perturbation de ce marché a des répercussions immédiates et profondes sur l'ensemble de la chaîne de valeur agricole.
Au cours de la dernière année, les agriculteurs canadiens ont fait face à une grande incertitude à la suite de la réaction de la Chine aux droits de douane imposés par le Canada sur les véhicules électriques, qui a eu des répercussions sur un large éventail de produits, y compris le canola, l'huile de canola, le tourteau de canola, le homard, les pois, le crabe et le porc. Ces droits de douane ont eu une incidence directe sur les résultats financiers des producteurs, de l'ordre de 800 millions de dollars environ au cours des 12 derniers mois.
Bien que les exportateurs canadiens aient cherché à diversifier leurs marchés partout dans le monde, aucun n'égale la Chine pour ce qui est de l'envergure ou du pouvoir d'achat. La FCA s'est donc réjouie de l'annonce du 16 janvier concernant un accord entre le Canada et la Chine en vue d'un allégement tarifaire pour des produits agricoles clés, y compris les graines de canola, le tourteau de canola et les pois. Il s'agit d'une étape importante vers le rétablissement de la stabilité dans un marché essentiel.
Nous apprécions certainement les efforts du , du Cabinet, du , des fonctionnaires canadiens et des dirigeants provinciaux qui ont contribué à ce résultat. En vertu de cet accord, les droits de douane sur les graines de canola canadiennes devraient s'établir à 15 %, et les droits de douane appliqués au tourteau de canola et aux pois devraient être entièrement éliminés. Il s'agit d'un progrès important pour les producteurs.
Toutefois, des obstacles importants subsistent. Par exemple, les droits de douane sur l'huile de canola demeurent à 100 % et ceux sur les produits du porc, à 25 %. Ces mesures limitent l'accès aux marchés et nuisent à la valeur des exportations canadiennes.
Au‑delà des droits de douane, les producteurs continuent d'être confrontés à des obstacles non tarifaires. Les agriculteurs ont besoin d'un environnement commercial dans lequel les règles sont claires, cohérentes et durables, qui offre des conditions appuyant la planification à long terme et la gestion des risques.
Le choix du moment est essentiel. De nombreux producteurs de plusieurs produits détiennent toujours des stocks de la campagne agricole 2025, et la saison d'ensemencement 2026 approche rapidement. La prévisibilité dans les grands marchés est essentielle pour prendre des décisions sur les rotations, les intrants, le financement et la commercialisation, mais le Canada doit aussi renforcer sa résilience en réduisant sa dépendance à l'égard d'une ou de deux grandes destinations pour ses exportations et veiller à ce que les agriculteurs aient de multiples voies fiables vers les marchés. En élargissant sa portée dans des marchés à forte croissance comme l'Asie du Sud-Est, l'Inde et le Moyen-Orient, le Canada peut diversifier les risques commerciaux et atténuer les répercussions des perturbations commerciales.
La diversification exige également que nous renforcions notre engagement dans des marchés où le Canada est déjà très présent, comme le Japon et la Corée du Sud, et que nous tirions pleinement parti d'accords comme l'Accord Canada-États-Unis-Mexique, l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne et l'Accord de partenariat transpacifique global et progressiste. Un portefeuille plus diversifié de destinations pour les exportations renforce la stabilité des prix pour les producteurs, crée une nouvelle demande pour un large éventail de produits et fait en sorte que le Canada demeure concurrentiel dans un contexte mondial en évolution rapide.
De plus, la stratégie de diversification du Canada devrait comprendre l'expansion de la transformation à valeur ajoutée au pays. Investir dans des secteurs comme les biocarburants et la transformation des aliments peut créer une nouvelle demande pour les céréales, les oléagineux, le bétail et les cultures spécialisées, tout en réduisant la dépendance à l'égard des marchés externes. La FCA demeure préoccupée par le fait que les modifications proposées au règlement sur les carburants propres ne fournissent pas encore la clarté, la durabilité et les conditions concurrentielles nécessaires pour attirer des investissements et accroître la demande intérieure de matières premières, surtout à la lumière de l'augmentation des importations d'huile de cuisson récupérée.
En conclusion, alors que le Canada s'efforce de stabiliser et d'élargir ses relations commerciales avec la Chine, nous exhortons les décideurs à continuer de reconnaître le rôle essentiel que joue l'agriculture dans l'économie canadienne et la compétitivité mondiale.
Les agriculteurs canadiens ont besoin d'un accès prévisible aux marchés, fondé sur des règles, non seulement pour le canola, mais aussi pour tous les produits agricoles qui dépendent de la Chine et d'autres marchés internationaux.
Je vous remercie de me donner l'occasion de m'adresser à vous aujourd'hui. Je serai heureux de répondre à vos questions.
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Pour ce qui est de la prévisibilité, du point de vue des agriculteurs, notre saison d'ensemencement approche. Nous, les producteurs, avons besoin d'une certaine assurance qu'à l'automne, au moment des récoltes, il y aura un marché stable pour nos produits.
L'an dernier, à peu près à cette période, lorsque des droits de douane ont été imposés, la valeur de nos semences de canola a diminué d'environ 2 $ le boisseau. Lorsque nous faisons des prévisions sur nos niveaux de production et notre rendement du capital investi, il est assez difficile de prédire quel sera le résultat des droits de douane si nous devons faire face à ce genre de fluctuations des prix des produits, au fur et à mesure que nous élaborons nos plans.
Je sais que, sur notre ferme, la baisse de 2 $ le boisseau que nous avons encaissée pour le canola au printemps dernier nous a coûté environ 350 000 $. C'est quelque chose que nous ne pouvons pas planifier, et cela a des répercussions importantes sur nos fermes.
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Il s'agit de coentreprises réunissant une entreprise canadienne et un partenaire chinois en Chine. L'entreprise canadienne se fait souvent prendre sa technologie, sa propriété intellectuelle. Elle doit la transférer au partenaire chinois. L'image de marque est habituellement chinoise et non canadienne. La qualité présente un risque réputationnel, car les pièces sont souvent de moindre qualité que celles que l'entreprise canadienne utiliserait au Canada. Il y a habituellement un centre de R‑D en Chine et un au Canada. Ainsi, la propriété intellectuelle est attirée vers la Chine.
Il se peut que l'entreprise chinoise concurrence une coentreprise en Chine. Elle participe à une coentreprise avec une entité canadienne, puis elle livre concurrence à la coentreprise sur le marché chinois. Souvent, la coentreprise chinoise peut vendre à des pays tiers en concurrence avec l'entreprise canadienne; elle ne fait rien, elle n'assure pas la distribution et ne trouve pas de débouchés pour les produits comme elle est censée le faire. Lorsque l'entreprise canadienne lui demande d'être plus active, elle répond qu'elle le sera, mais en échange d'une plus grande participation.
Étant donné ces tactiques, l'entreprise canadienne, après avoir passé des années à essayer de développer le produit en Chine, finit par abandonner tout simplement le matériel de production et préfère limiter ses pertes.
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Merci, monsieur le président.
Je suis heureux de participer avec vous tous à cette discussion importante. J'apporte un point de vue unique. Je me considère toujours comme un éleveur de bétail et j'ai une solide expérience en matière de défense nationale et, bien sûr, de sécurité nationale.
Je poserai mes premières questions à Mme McCuaig-Johnston.
Je vous remercie de votre témoignage sur les facteurs de risque.
Vous savez, bien sûr, comment Huawei a pu infiltrer Nortel au Canada et lui voler sa propriété intellectuelle, n'est‑ce pas?
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Je vais poursuivre dans la même veine.
Monsieur Bezan, votre intervention est vraiment bien orientée, car il y a là un dilemme. Il est important que nous ayons cette discussion. Je vous remercie d'avoir abordé la question.
En réalité, la Chine est le deuxième marché d'exportation du Canada, après les États-Unis. C'est une économie en croissance. La vraie question est de savoir comment traiter avec la Chine et travailler avec elle. Je comprends ce que nous disent constamment diverses entreprises, surtout du secteur agroalimentaire et agricole, à propos du potentiel du marché chinois. Je comprends aussi les préoccupations soulevées par Mme McCuaig-Johnston.
Comment peut‑on concilier les deux éléments? Je voudrais que nous creusions un peu la question
Monsieur Prybylski, monsieur Fulton et madame Brocklebank, pourriez-vous nous dire un mot de ce que la Chine signifie pour nos agriculteurs et notre secteur agricole, ainsi que des débouchés économiques pour l'ensemble du secteur?
Madame McCuaig-Johnston, je m'adresse à vous.
Parlons des mesures de protection. Vous avez commencé votre exposé en disant que vous vous félicitez également de la stratégie de diversification.
Vous avez également dit, sauf erreur, que vous comprenez que le Canada se tourne vers la Chine, mais vous avez soulevé de graves préoccupations au sujet de l'importation de véhicules électriques, etc. Selon votre opinion éclairée, quelles mesures de protection le Canada devrait‑il mettre en place pour que nous puissions agir de façon stratégique afin de promouvoir nos intérêts économiques sans nous rendre vulnérables sur le plan de la sécurité?
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D'abord, je suis tout à fait d'accord pour dire que nous ferons toujours du commerce avec la Chine. Nous voulons ses produits manufacturés. Les Chinois veulent nos ressources. J'étais d'accord pour que nous leur offrions quelque chose qu'ils veulent vraiment, comme l'investissement dans l'énergie — l'énergie de sources classiques — plutôt que l'importation de véhicules, mais la décision est prise.
L'une des mesures de protection dont nous avons absolument besoin est la disposition de l'ACEUM sur le travail forcé. Les États-Unis ont des lois très strictes sur le travail forcé, et le Canada a l'obligation, en vertu de la Loi de mise en œuvre de l'ACEUM, d'avoir un régime très solide pour combattre le travail forcé. Comme je l'ai dit, le rapport de Human Rights Watch fait état du recours au travail forcé pour produire des dizaines de pièces d'aluminium qui entrent dans la fabrication des véhicules chinois.
L'Avis des douanes 20-23 interdit l'importation de « marchandises extraites, fabriquées ou produites en tout ou en partie par le travail forcé ». Il a disparu du site Web du gouvernement. Le lien qui, dans un autre document, renvoyait à cet avis a également disparu.
Il y a un nouveau document sur le site Web. Il s'agit de l'Avis des douanes 26-05 sur les exigences relatives aux permis pour importer au Canada des véhicules électriques fabriqués en Chine. Il définit les lois et règlements auxquels les véhicules chinois « doivent être conformes », comme le Règlement sur la sécurité des véhicules automobiles, la Loi sur la protection des végétaux et le Règlement sur la sécurité des pneus de véhicule automobile. Pas un mot sur le travail forcé. Il faut d'abord corriger la situation.
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Merci, monsieur le président.
Madame McCuaig‑Johnston, vos derniers commentaires sur le travail forcé étaient de la musique à mes oreilles. Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais mon collègue M. Simon‑Pierre Savard‑Tremblay a justement déposé, à la Chambre, un projet de loi similaire à ce qui existe aux États‑Unis. Ce projet de loi vise à créer l'obligation de démontrer que les produits importés ne sont pas issus de l'exploitation des travailleurs, du travail forcé, de l'esclavage, du travail des enfants et ainsi de suite. Nous espérons que nous aurons l'appui du gouvernement et de l'opposition conservatrice pour le faire adopter. Ça va grandement changer les choses pour l'avenir.
Je voudrais également revenir sur un élément. Dans la discussion qu'on a eue, on a mentionné la notion de stabilité ou, du moins, de prévisibilité du partenaire chinois, ce qui m'a fait penser à un exemple en particulier. Au Québec, l'entreprise Lion électrique, qui fait des autobus, a fait faillite. Elle était sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies et elle a failli complètement disparaître.
La raison pour laquelle ça s'est produit, c'est que des investissements substantiels ont été faits dans l'entreprise en prévision d'une future demande importante liée à des subventions fédérales qui ne sont jamais venues. Étant donné que le marché lié aux subventions ne s'est jamais concrétisé, l'entreprise a fait face à des difficultés financières importantes parce qu'elle avait fait des investissements massifs dans ses propres installations. Après ça, elle a dû faire face aux coûts fixes sans avoir les revenus nécessaires.
Messieurs Prybylski et Fulton, ne craignez-vous pas qu'on finisse par faire des investissements importants dans les infrastructures, dans la production pour qu'au bout du compte, l'accès au marché chinois soit coupé? Cela ne risque-t-il pas en fin de compte de déstabiliser nos entreprises? N'est-il pas possible que la situation soit pire que ce qu'on vit présentement ou que ce qu'on a vécu dans le passé?
Monsieur Prybylski, vous pourriez répondre en premier.
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Non. C'est pourquoi je m'inquiète de la disparition de ce document en ligne et du fait que l'avis des douanes ne dit rien du travail forcé à propos des véhicules chinois. Il faudrait rappeler aux entreprises chinoises que le Canada se conforme à l'ACEUM et qu'elles devront prouver qu'il n'y a aucun recours au travail forcé.
Nous ne pouvons pas croire ces entreprises sur parole. Les Chinois nous appellent hāns, dans le premier ton, et non pas l'ethnie han, dans le quatrième ton. Ils disent que les hāns sont très simples et qu'il est facile de les manœuvrer, mais ils rient dans notre dos parce que l'autre sens de ce terme en mandarin est « idiot et naïf ».
J'ai parlé à des avocats de Shanghai qui conseillent les entreprises occidentales dans leurs négociations. Ils disent que les Canadiens ne sont pas prêts à quitter la table, qu'ils veulent conclure des ententes à tout prix. C'est pourquoi nous avons des coentreprises aussi terribles, comparées à celles des Américains et des Européens. C'est vraiment déplorable. Les entreprises d'énergie propre ont vraiment été exploitées. Il s'agit de petites et moyennes entreprises. Elles ne peuvent pas se permettre de perdre leur propriété intellectuelle.
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Merci, monsieur le président.
Je souhaite la bienvenue aux témoins. Il est toujours intéressant de connaître leur point de vue.
Nous parlons beaucoup de la Chine, mais il ne faut pas oublier que cette étude porte aussi sur le Qatar. Si vous avez des impressions sur le Qatar, c'est sûr et certain que ça nous intéresse.
J'aurais une question pour M. Fulton.
Si j'ai bien compris, 50 % de la production canadienne est exportée et, de ces 50 %, 70 % vont aux États‑Unis. Quelle part va en Chine? Quelles sont les occasions au Qatar? Selon vous, quelle part de marché pourrions-nous aller chercher au Qatar? Nous envoyons 70 % de notre production aux États‑Unis; il faudrait assurément essayer de diminuer ça.
Je vous laisse m'expliquer ça.
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Je peux répondre en premier, monsieur Fulton, si vous êtes d'accord.
À propos de la Chine, je dirai que, lorsqu'il s'est ouvert au départ, ce marché était au troisième rang pour le Canada. La Chine a rapidement pris de l'importance. Le volume est élevé.
Le Qatar et les autres marchés des Émirats arabes unis sont un peu différents. Ils veulent des coupes de grande valeur, dont certaines sont également en demande en Amérique du Nord. L'une des choses importantes, cependant, c'est que la plupart des viandes doivent être certifiées halal. Il s'agit donc d'un processus de certification différent. Il s'agit essentiellement de créer une chaîne d'approvisionnement distincte, surtout au niveau de la transformation.
La taille du marché doit encore être vérifiée, mais il semble y avoir un énorme intérêt. Il s'agit simplement de veiller à ce que des mesures soient en place au Canada pour assurer un volume suffisant et constant, la reconnaissance des processus de certification dans nos usines de transformation et le volume requis. Le potentiel de croissance est très important, compte tenu de la hausse des revenus de ces populations, de la progression démographique, etc.
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Merci, monsieur le président.
Monsieur Prybylski, j'aimerais poursuivre sur la question que j'ai posée à Mme McCuaig‑Johnston.
On sait que la Chine peut, de façon imprévisible, se retirer et appliquer des sanctions. Dans une certaine mesure, on devient dépendant d'un marché. Comment feriez-vous pour prémunir votre industrie contre les conséquences liées à ça?
J'imagine que, si vous perdiez tout d'un coup 30 %, 25 % ou même 10 % de votre marché vers un pays dans un domaine précis, il y aurait certainement des conséquences. Comment peut-on se protéger quand il y a un tel lien de dépendance, quand on sait que la Chine a ces habitudes-là?
J'aimerais maintenant poser une question à Mme McCuaig‑Johnston.
Nous avons récemment appris qu'un accord de libre-échange entre le Canada et Taïwan était sur la table. Taïwan semble être un partenaire beaucoup plus fiable que la Chine. Cela dit, il semble que le Canada ne va pas signer ou conclure cet accord. De notre côté, nous nous demandons si ce n'est pas justement parce qu'on veut favoriser des liens avec la Chine.
Voici donc ma question pour vous: en développant des liens avec la Chine, un partenaire instable qui ne respecte pas nos propriétés intellectuelles et qui fait de l'ingérence étrangère, ne pourrait-on pas nuire à d'autres partenariats qui seraient plus bénéfiques pour le pays?
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Nous reprenons la séance.
Un témoin doit redémarrer son ordinateur. Nous vérifierons les communications lorsqu'il pourra se joindre à nous.
Pour éviter de perdre du temps, je vais tout de suite présenter les témoins.
M. Garry Clement, président-directeur général du Clement Advisory Group et auteur, comparaît à titre personnel. De la Fondation pour la défense des démocraties, nous accueillons Edmund Fitton-Brown. Il redémarrera son ordinateur dans un instant. Du Conseil canadien du homard, nous accueillons Geoff Irvine, directeur exécutif.
J'invite chaque témoin à faire une déclaration liminaire de cinq minutes au maximum. Nous passerons ensuite aux questions.
Monsieur Clement, c'est un plaisir de vous recevoir. Je vous souhaite la bienvenue au Comité. Vous avez cinq minutes.
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Bonjour, monsieur le vice‑président et distingués membres du Comité. Je vous remercie de me donner l'occasion de témoigner devant vous aujourd'hui.
Les répercussions économiques, politiques et stratégiques de la Chine sur le Canada méritent beaucoup plus d'attention que par le passé. Je félicite le Comité de se pencher sur cet important dossier.
Mon point de vue est façonné par plus de 50 ans de travail dans les domaines de l'application de la loi, du renseignement, des enquêtes sur les crimes financiers et de la conformité du secteur privé. Depuis 34 ans, mes efforts se concentrent sur le blanchiment d'argent et les enquêtes transnationales sur le crime organisé. Au cours des 16 dernières années, j'ai conseillé des institutions financières et des sociétés en matière de risques liés à la criminalité financière, de gouvernance et d'exposition à la situation géopolitique. Cette expérience m'a permis d'acquérir une vision unique de la manière dont les gouvernements, les organismes de réglementation, les institutions financières et les entreprises évaluent les risques lorsqu'ils traitent avec des acteurs internationaux aussi complexes que la République populaire de Chine.
Au début de ma carrière, j'ai été en poste à Hong Kong où j'ai reçu une formation avancée sur le crime organisé asiatique et travaillé en étroite collaboration avec l'agent des affaires étrangères Brian McAdam sur les risques associés au programme canadien des immigrants investisseurs. Ensemble, nous avons documenté comment des personnes liées à des triades ont réussi à obtenir le statut d'immigrant au Canada et à transférer des capitaux considérables à Vancouver et à Toronto, souvent par le biais d'investissements dans l'immobilier et l'infrastructure. À l'époque, j'avais prévenu les autorités que Vancouver finirait par remplacer Hong Kong en tant que plaque tournante majeure vers l'Amérique du Nord.
J'ai passé une grande partie de ma carrière à analyser les recoupements entre le crime organisé, le financement illicite et les acteurs étatiques. Nous avons contribué au projet Sidewinder, une initiative qui examine les liens entre les réseaux du crime organisé et l'influence exercée par l'État chinois. Malgré l'abandon de ce projet, bon nombre des premiers avertissements lancés se sont avérés prémonitoires.
Aujourd'hui, la Chine demeure un important partenaire commercial du Canada. Cependant, nos relations ne peuvent plus être envisagées uniquement sous l'angle économique. Le commerce est désormais directement lié à la sécurité nationale, à l'ingérence étrangère, au contrôle de l'infrastructure stratégique, aux risques liés au transfert de technologies, à la souveraineté dans l'Arctique et aux vulnérabilités de la chaîne d'approvisionnement. Contrairement aux économies de marché occidentales, la Chine fonctionne à l'intérieur d'un système au sein duquel les autorités étatiques, les activités des entreprises, les services de renseignement et les organismes d'application de la loi sont étroitement intégrés. Conformément à la loi chinoise sur le renseignement national, les organisations et les citoyens peuvent être contraints de coopérer avec les services de renseignement étatiques lorsqu'on leur demande, même lorsqu'ils exercent leurs activités à l'étranger. Cette situation a d'importantes répercussions sur les partenariats technologiques, l'infrastructure de télécommunications, l'investissement étranger et la collaboration en matière de recherche.
Le Canada a déjà fait les frais de son incapacité à reconnaître ces risques. La faillite de Nortel, jadis un chef de file mondial des télécommunications comptant près de 95 000 employés disséminés à travers le monde, demeure l'une des faillites commerciales les plus marquantes de l'histoire du Canada. Des preuves ont par la suite révélé l'existence d'un vol systématique de propriété intellectuelle qui a affaibli la position concurrentielle de Nortel. Les services de renseignement canadiens ont signalé à maintes reprises que la Chine figurait parmi les partenaires les plus actifs à cibler des institutions canadiennes à des fins d'espionnage économique et technologique, en particulier dans des domaines comme l'intelligence artificielle, la fabrication de pointe, les télécommunications, les technologies émergentes et la recherche universitaire.
Voici ce que fait remarquer Cheryl Yu dans un récent rapport publié par la fondation Jamestown:
Le Parti communiste chinois, le PCC a mis en place un réseau mondial d'agents et d'organisations dans le cadre de sa stratégie du front uni. Dans quatre États démocratiques — les États‑Unis, le Canada, le Royaume‑Uni et l'Allemagne —, ce réseau regroupe plus de 2 000 organisations.
Ces organisations cherchent souvent à influer sur les décisions politiques et à orienter le discours public en encourageant des personnes et des institutions à prendre en considération les intérêts et les sensibilités de Pékin. Quand il y a opposition, la stratégie du front uni peut servir d'outil politique pour isoler, neutraliser ou contrer les critiques à l'égard du gouvernement chinois. Des preuves de cette dynamique ont été mises en évidence dans les travaux de la commission Cullen, devant laquelle j'ai témoigné, et ceux de la commission Hogue qui examinait l'ingérence étrangère.
Ces questions ont également fait l'objet d'analyses approfondies dans le milieu du journalisme d'enquête, notamment dans le livre de Sam Cooper, Wilful Blindness, et l'ouvrage Canada Under Siege, que j'ai corédigé avec Michel Juneau Katsuya et Dean Baxendale.
Le Canada doit donc commencer à traiter la sécurité économique au même titre que la sécurité nationale.
L'initiative « la ceinture et la route », lancée par la Chine, illustre encore mieux comment l'engagement économique peut servir certains objectifs géopolitiques. Grâce à des investissements d'envergure dans les ports, les télécommunications et l'infrastructure énergétique, la Chine s'est dotée d'un levier stratégique dans des régions où la dépendance à la dette a permis à des entreprises chinoises de contrôler des actifs essentiels.
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Bonjour à tous d'Halifax. Je vous remercie de m'avoir invité à témoigner aujourd'hui.
Le Conseil canadien du homard représente l'ensemble de la chaîne de valeur du homard au Canada et ses membres participent à la pêche, à l'achat, à la transformation, à l'expédition de homards vivants et à l'exportation de homards canadiens, les meilleurs au monde. Nous nous concentrons sur le marché du homard et gérons les programmes de commercialisation et de promotion, nous défendons les intérêts de nos membres et les sensibilisons aux enjeux liés à l'accès au marché et nous leur communiquons des renseignements sur le marché. Nous collaborons avec l'ensemble des gouvernements dans le cadre de projets de développement commercial et gérons le programme du Marine Stewardship Program, ou MSC. Nos membres proviennent des cinq provinces de l'Est du Canada.
Le homard est le produit du secteur de la pêche et des fruits de mer qui a le plus de valeur au Canada, ses exportations ayant atteint près de 3 milliards de dollars l'an dernier. Le homard fait vivre des milliers de Canadiens qui travaillent sur quelque 9 500 bateaux de pêche et dans des centaines d'entreprises de transformation sur le littoral et de transport maritime. Nous sommes le plus grand producteur de homard au monde, les débarquements totalisant plus de 200 millions de livres, dont 40 % de la valeur sont exportés vivants et 60 % sous forme transformée.
Je vous remercie de m'avoir invité à parler de la Chine et du Qatar. Je vais d'abord parler de la Chine.
L'an dernier, nos exportations ont diminué d'environ 45 % par rapport à l'année précédente. Nous avons exporté vers la Chine du homard sous les deux formes pour une valeur de 308 millions de dollars, comparativement à 521 millions de dollars l'année précédente. Il s'agit là d'une baisse considérable, qui est principalement attribuable à la situation tarifaire, mais également à un autre concurrent.
La Chine achète des homards vivants et congelés du Canada, la grande majorité étant des homards vivants. L'an dernier, les exportations de homards vivants ont représenté 284 millions de dollars, et les homards congelés, 24 millions de dollars. En 2024, le marché chinois est devenu notre principal marché de homards vivants, alors qu'il était pratiquement inexistant 12 ans auparavant. Il s'agit là d'une croissance exceptionnelle de nos expéditions vers la Chine.
Jusqu'en avril 2025, le Canada bénéficiait d'un tarif de la nation la plus favorisée de 7 %, auquel s'ajoutait une TVA de 9 % payée par les importateurs chinois. Avec l'ajout du nouveau droit de douane de 25 % imposé en avril dernier, notre tarif est passé à 32 % pour cet important marché.
Les États‑Unis sont notre concurrent sur le marché de l'espèce Homarus americanus. Comme les Américains ont bénéficié d'un avantage tarifaire de 15 % tout au long de l'été et de l'automne derniers, une grande partie de notre homard a donc été transportée par camion aux États‑Unis et expédiée vers la Chine en raison de cet avantage tarifaire. Nous avons fini par vendre notre homard, sans toutefois profiter de la marge sur l'exportation.
En plus du problème tarifaire, deux concurrents ont refait surface ou sont entrés sur le marché chinois du homard. L'Australie, comme tout le monde sait, a été absente du marché chinois pendant environ quatre ans. Elle est revenue sur le marché l'an dernier et a déjà retrouvé la position qu'elle occupait avant son exclusion en 2021.
Parallèlement, le homard vietnamien a fait une entrée fracassante sur le marché. Le Vietnam produit maintenant des quantités massives de homards. Je vous ai fourni un graphique que vous pouvez faire circuler, qui indique l'essor du homard vietnamien sur le marché chinois au cours des dernières années. C'est incroyable.
Heureusement pour nous, mais malheureusement pour les Vietnamiens, de terribles tempêtes et typhons ont anéanti la totalité de leurs stocks en novembre et décembre derniers, ce qui a fait grimper considérablement la demande pour le homard canadien encore disponible à cette période de l'année. Il faudra au Vietnam encore une dizaine de mois de plus pour retrouver le même volume de homard, ce qui nous donne la possibilité de regagner notre position sur le marché chinois.
Nous sommes en train d'établir un plan pour faire face à cet environnement concurrentiel dans la région grâce à de nouvelles activités de commercialisation.
Au sujet du Qatar, brièvement, je fais remarquer que c'est un très petit marché pour le homard. L'an dernier, nos exportations ont totalisé seulement 674 000 $, et l'année précédente, 619 000 $. Nous y exportons une gamme de produits vivants et congelés, comme en Chine. Quoi qu'il en soit, nous entrevoyons une excellence occasion d'affaires au Moyen‑Orient en général, malgré la situation actuelle. Les Émirats arabes unis ont acheté des volumes beaucoup plus importants en pourcentage. L'Arabie saoudite représente une occasion à saisir, dès que la situation géopolitique actuelle sera réglée.
C'est tout ce que j'avais à vous dire.
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Merci beaucoup de nous avoir invités à témoigner. C'est un grand honneur pour nous d'être ici.
Votre demande initiale s'adressait à ma collègue Natalie Ecanow, notre principale experte sur le Qatar. Comme elle avait un conflit d'horaire, je la remplace. Je suis son superviseur et je dirige nos travaux sur la péninsule arabique.
Permettez‑moi d'abord de vous donner un aperçu de la Foundation for Defense of Democracies. La FDD est un groupe de réflexion non partisan qui se consacre à la protection de la sécurité nationale des États‑Unis et à l'avancement des intérêts américains. Nous regroupons la recherche rigoureuse, la défense stratégique des intérêts et des mesures législatives visant à orienter la politique étrangère américaine face aux principales menaces qui planent sur les États‑Unis, notamment les ambitions nucléaires de l'Iran, l'influence croissante de la Chine, la guerre d'agression de la Russie, la cyberguerre et la guerre de l'information ainsi que les idéologies extrémistes. La FDD ne reçoit aucun financement de gouvernements étrangers. Cette indépendance nous permet de parler clairement, d'agir avec audace et d'influencer les politiques aux plus hauts niveaux du gouvernement américain, tant au Capitole qu'au sein de l'exécutif.
Mon domaine d'expertise couvre surtout le Moyen‑Orient et la lutte contre le terrorisme, mais pas la Chine. Je ne ferai donc pas d'observations préliminaires sur la Chine, mais si vous me posez des questions à ce sujet, j'y répondrai de mon mieux. Ayant travaillé pendant cinq ans pour le Conseil de sécurité des Nations unies, j'ai une bonne idée des objectifs chinois, du moins dans ce contexte.
J'aimerais soulever un point important au sujet du Qatar. C'est un minuscule pays extrêmement riche qui nourrit des ambitions politiques et idéologiques mondiales. Si vous prenez en compte uniquement les ressortissants qatariens, par opposition aux expatriés qui forment près de 90 % de la population, c'est de loin le pays le plus riche au monde par habitant. La Qatar Investment Authority gère un fonds souverain de plus d'un demi‑billion de dollars américains.
Dans une société monarchique et tribale qui ne compte qu'un tiers de million de ressortissants qatariens, il existe une forte cohésion sociale et politique qui explique le déploiement de cette richesse nationale, utilisée depuis des décennies pour faire des investissements stratégiques massifs à l'étranger. Parallèlement, le Qatar a toujours fait avancer un programme islamiste en parrainant le Hamas et les Frères musulmans dans leur ensemble et en accueillant Al Jazeera, un empire médiatique qui imite le journalisme indépendant, tout en faisant la promotion d'un programme islamiste et en évitant de critiquer l'État du Qatar.
La FDD recense l'ensemble des investissements du Qatar aux États‑Unis. Notre outil de suivi indique actuellement un montant avoisinant les 430 milliards de dollars. Il s'agit là seulement du chiffre établi par notre outil de suivi et il fait l'objet d'une évaluation par les pairs, mais il continue de grimper. Quoi qu'il en soit, nous parlons ici d'un montant de l'ordre de 500 milliards de dollars. Par mesure de prudence, la meilleure façon d'exprimer cela est sans doute de dire que les Qatariens ont certainement investi plus de 400 milliards de dollars sous forme d'investissements, de subventions et d'engagements depuis l'année 2000 aux États‑Unis d'Amérique. Cet argent est réparti à la grandeur du pays, dans la quasi-totalité des secteurs, dont la défense, l'énergie, l'immobilier, l'éducation et le sport.
En conclusion, si j'ai un conseil à vous donner, ce serait de vous méfier des investissements du Qatar. Si vous les accueillez favorablement, vous imiterez en quelque sorte bien d'autres pays. Les Américains et les Britanniques l'ont fait. Le Qatar a déjà réussi à investir dans tant d'autres grandes économies, on ne saurait reprocher au Canada d'agir avec imprudence. C'est évidemment extrêmement tentant sur le plan économique, parce que cela fait affluer une grande quantité de capitaux au pays. Ces investissements peuvent être très bénéfiques pour l'économie, mais ils s'accompagnent de conditions. Ils s'inscrivent dans une campagne stratégique d'influence. Vos médias, vos écoles et vos universités seront ciblés au fil du temps par le Qatar à des fins islamistes.
Je vais m'arrêter ici.
Je vous remercie.
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Merci, monsieur le président.
Chers témoins, nous allons parler un peu de commerce international, puisque nous sommes ici pour ça, bien sûr.
J'aimerais aussi parler un peu de la diversification des marchés. Nous parlons de la Chine et du Qatar, mais il y a aussi plusieurs autres accords à l'étude, dont les projets de loi et .
Ma première question s'adresse à M. Irvine et porte sur le homard.
Le Canada est le premier producteur mondial. Je vous félicite. Nous sommes très fiers du homard du Canada, particulièrement du homard d'Halifax.
J'aimerais que vous me parliez un peu de la diversification des marchés. On le voit, le commerce mondial change et les chaînes d'approvisionnement bougent. Nous sommes dans une période d'imprévisibilité incroyable. Vous avez subi nécessairement les droits de douane de la Chine.
J'aimerais vous poser deux questions.
Premièrement, quel est le pourcentage de vos ventes en Chine et quel est le pourcentage de vos ventes au Qatar, qui est sûrement moins élevé?
Deuxièmement, devrait-on diversifier davantage nos marchés, ou devrait-on simplement augmenter nos ventes en Chine et au Qatar?
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Vous avez parlé de 2 % dans le cas des ports de Vancouver. C'est un chiffre que je n'avais pas, mais qui est intéressant. Je pense que ça apporte beaucoup d'eau au moulin quant à des changements à apporter à la loi.
À l'inverse, nous avons des chiffres qui montrent que, dans l'histoire, à peine quelques cargaisons ont été saisies. Il n'y a pas si longtemps, des hauts fonctionnaires qui ont témoigné devant le Comité nous ont mis à jour là-dessus. De plus, une infime portion de ces cargaisons est restée saisie, parce que beaucoup de marchandises ont été restituées quand l'importateur a porté plainte et qu'il a demandé de les ravoir.
À l'inverse, le modèle américain fonctionne extrêmement bien, notamment pour ce qui provient de la région ouïghoure. Dans le cas du Canada et de ce que je vous ai dit avant, ça provient de toutes les régions du monde confondues. Aux États‑Unis, juste pour la région ouïghoure, la valeur des marchandises saisies représente des milliards de dollars américains.
J'ai déposé le projet de loi , qui imite le modèle américain. On inverserait donc le fardeau de la preuve en établissant une liste d'entités.
Est-ce qu'on devrait aller dans ce sens pour ce qui est de la loi canadienne?
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C'est une excellente question. Il ne fait aucun doute que le Qatar finance et parraine les Frères musulmans, ce que nous pouvons confirmer par la présence de certains personnages clés qui sont stationnés au Qatar. Ce pays appuie également le Hamas. Comme vous le savez, des dirigeants du Hamas sont actuellement présents au Qatar où Al Jazeera est un organe d'État. C'est un empire médiatique qui appuie le programme des Frères musulmans à l'extérieur du Qatar. Pour ce qui est de l'investissement direct au Qatar, il faut se demander s'il se fait dans des secteurs que vous considérez comme stratégiquement sensibles. Je pense que c'est fondamental.
Je ne sais pas quelle loi canadienne s'applique à cet égard, mais si vous avez une loi spéciale qui fait que le secteur de l'éducation, par exemple, est visé par des règlements spéciaux qui en font un secteur particulièrement sensible pour la santé et le bien-être au Canada, ou si vous avez une structure semblable qui influe sur le type de contrôle que les gens sont autorisés à exercer sur les organisations médiatiques, je vous recommanderais d'examiner les choses sous ces angles.
De plus, bien sûr, le lobbying du Qatar est actif dans la profondeur, jusqu'à des endroits comme Washington. Par conséquent, si vous avez des règles qui déterminent s'il est possible de payer des gens comme lobbyistes pour le Qatar et de continuer à servir dans des secteurs sensibles du gouvernement canadien ou d'autres parties de la société canadienne, il serait souhaitable de les faire appliquer. Je pense que c'est ce qu'il faut examiner.
Personne ne dit qu'il faut empêcher le Qatar d'investir dans d'autres pays. Il dispose d'un important excédent et d'un fonds souverain. S'il veut acheter de grands immeubles, des clubs de football ou d'autres choses du genre, je ne pense pas que quiconque y voit un grand mal, mais nous avons vu des preuves claires qu'il a...
Je vais donner la parole à M. Fitton-Brown pour qu'il puisse terminer son intervention, mais avant cela, je...
J'ai écouté très attentivement les témoignages et je n'ai entendu personne dire qu'il ne fallait pas discuter avec la Chine ou le Qatar. Personne n'a dit que nous ignorions certains des défis politiques posés par ces deux pays. Personne n'a dit que ce sont des parangons de démocratie. Ce que j'entends — et je crois, monsieur Clement, que cela vient de vous — c'est qu'il faut agir en toute conscience et qu'il faut prévoir des garde-fous. Pouvez-vous tous deux nous éclairer sur ces thèmes?
Je vais commencer par M. Fitton-Brown et lui demander de quel genre de diligence ou de vigilance nous devons faire preuve en matière de diversification du commerce avec des pays comme le Qatar et la Chine.
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Il s'agit de cas légèrement distincts, non pas parce que... Les deux cas doivent faire l'objet de la même attention parce qu'ils représentent tous deux une occasion de même qu'un risque ou une menace potentielle.
Bien sûr, il y a une énorme différence d'échelle, ce qui n'est pas négligeable. Traiter avec la Chine n'est pas la même chose que traiter avec le Qatar. En fait, il faut prendre une décision nationale pour déterminer dans quelle mesure on veut embrasser la Chine sur le plan commercial parce que, au bout du compte, cela finira par avoir une influence dans n'importe quel pays avec lequel elle a des relations commerciales étroites. Je pense, par exemple, qu'il sera beaucoup plus difficile de négocier un traité avec la Chine qui, d'une façon ou d'une autre, pourrait limiter sa liberté d'action. La Chine ne sera pas prête à signer un tel traité parce qu'elle estime qu'elle négocie en position de force, celle « d'économie montante » du monde.
Le Qatar étant beaucoup plus petit, les choses sont donc beaucoup plus faciles à gérer, dans la mesure où l'on se concentre sur ce pays. Le problème avec le Qatar a toujours été que les gens se sont montrés plutôt complaisants à son endroit en disant: « Eh bien, quel pourrait être le problème? » Dans le cas d'un petit pays comme le Qatar, qui voudrait investir au Canada et faire de nous un partenaire amical en matière de politique étrangère... À un moment comme celui‑ci, par exemple, tandis qu'ils ont été frappés par l'Iran sans raison valable, dans le contexte des hostilités actuelles dans la région du golfe, les Qataris sont en quête d'alliés et de partenaires occidentaux, notamment de membres compétents de l'OTAN comme le Canada. Face à des structures comme Al Jazeera, l'Autorité d'investissement du Qatar ou tout investisseur qatari majeur dans un secteur sensible de votre économie, nous aurions le droit d'imposer certaines conditions et de dire qu'il y a des domaines dans lesquels nous nous réservons la latitude de veiller à ne pas renoncer à notre souveraineté sur des secteurs particulièrement sensibles.
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Je suis d'accord avec M. Fitton-Brown. Je ne pense pas qu'on puisse comparer le Qatar avec la Chine. C'est un peu comme l'éléphant et la fourmi. Nous sommes une fourmi face à la Chine.
Il nous faut comprendre que la Chine a un point de vue tout à fait différent du nôtre. La démocratie ne fait pas partie de sa grammaire. La primauté du droit non plus. Elle se délecte de sa capacité à semer la confusion au sein de notre Parlement. Nous devons être conscients qu'elle est prête à le faire.
Jusqu'où nous voulons aller... Nous devons envisager de l'accueillir dans nos universités dans le cadre d'accords d'études. Tout ce qui se fait dans nos universités retourne en Chine. Si nous permettons aux Chinois d'accéder à l'un de nos réseaux de télécommunications, tout cela retournera en Chine.
Il faut comprendre que les règles du jeu ne sont pas les mêmes pour tous. Pouvons-nous commercer avec la Chine? Oui, mais soyons réalistes quant à ce que nous sommes prêts à faire, et à quel prix.
C'est pourquoi, quand j'ai entendu parler de cette entente avec la GRC... Comment cela a‑t‑il été intégré au commerce? Je ne comprends pas. Cela va bien au‑delà d'un accord commercial, et c'est extrêmement dangereux.
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Il faut y voir un avertissement.
Je ne pense pas que nous ayons abordé cette question en sachant ce qu'il fallait savoir, que ce soit parce que nous n'avons pas été correctement informés... Je suis heureux de constater que ce comité l'a été.
Toutefois, il faut se demander si ceux qui sont allés en Chine avaient été correctement informés. Étaient-ils conscients, dès leur arrivée, qu'il existait certains domaines à éviter, qu'ils auraient dû délimiter clairement ou en fonction desquels ils auraient dû se prémunir?
Je ne suis pas certain que tel a été le cas.