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Merci, madame la présidente et mesdames et messieurs les membres du Comité, de nous donner l'occasion de comparaître aujourd'hui.
Je m'appelle Claire Citeau. Je suis vice-présidente du Conseil des viandes du Canada, qui est la voix des parties prenantes de l'industrie canadienne de la viande titulaires d'un permis fédéral. Je suis accompagnée aujourd'hui de mon collègue, Jorge Correa, vice-président, Accès aux marchés et affaires techniques.
Le Conseil des viandes du Canada représente les transformateurs de viande faisant l'objet d'inspections fédérales, ainsi que les fournisseurs de biens et de services de l'ensemble de l'industrie canadienne de la viande. Nos membres emploient directement plus de 64 000 Canadiens partout au pays et soutiennent environ 300 000 emplois dans toute la chaîne d'approvisionnement.
Le secteur de la viande est l'une des industries canadiennes qui dépendent le plus du commerce. Les exportations représentent plus de 50 % de notre production de bœuf et plus de 75 % de notre production de porc. En 2025, les exportations du secteur ont été évaluées à plus de 11 milliards de dollars. C'est pourquoi la politique commerciale, l'accès aux marchés et la réduction des barrières non tarifaires sont si importants pour la compétitivité à long terme de notre industrie.
Le Conseil des viandes du Canada appuie les efforts du Canada visant à diversifier le commerce et à élargir les débouchés à l'étranger. Nous soutenons également la capacité du gouvernement à dialoguer avec les pays du Mercosur dans le cadre de négociations commerciales officielles, mais nous ne considérons pas le bloc commercial sud-américain comme un marché prioritaire pour les produits de bœuf et de porc canadiens.
Les pays du Mercosur, comme le Brésil et l'Argentine, plus particulièrement, sont d'importants concurrents mondiaux dans le domaine des exportations de bœuf et de porc. Tout nouvel accès à ce marché risque d'être limité et très pointu.
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Par conséquent, si les négociations vont de l'avant, l'accord devra être soigneusement équilibré. Il devrait comprendre un mécanisme de protection clair pour faire face aux augmentations subites des importations dans les secteurs névralgiques, un chapitre robuste sur les mesures sanitaires et phytosanitaires assujetti au règlement des différends et un dialogue bilatéral sur les questions relatives aux mesures sanitaires et phytosanitaires.
Il devrait également prévoir la négociation en temps opportun des exigences en matière d'exportation et des approbations en matière de salubrité des aliments afin que les exportateurs canadiens puissent tirer parti de l'accord, dès son entrée en vigueur.
Le Conseil des viandes du Canada estime que le Canada devrait continuer à accorder la priorité aux marchés qui offrent de meilleures possibilités commerciales à nos exportateurs de produits agroalimentaires, comme les marchés de la région indo-pacifique et de la région du Golfe. De plus, si le Canada choisit de conclure un accord avec le Mercosur, il doit le faire de manière à protéger les secteurs névralgiques et à garantir que les producteurs et les transformateurs canadiens ne soient pas injustement désavantagés.
Bref, le Conseil des viandes du Canada est en faveur de la diversification du commerce. Il convient toutefois d'aborder le marché du Mercosur avec prudence. Un accord entre le Canada et le Mercosur ne sera acceptable que s'il prévoit de véritables mesures de protection, des règles sanitaires et phytosanitaires rigoureuses et applicables, ainsi que des avantages concrets pour les exportateurs canadiens.
Merci encore de nous donner l'occasion de comparaître. Nous serons heureux de répondre à vos questions.
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Merci, madame la présidente.
Bonjour. Je vous remercie de me donner l'occasion de comparaître aujourd'hui. Je m'appelle Tim Klompmaker. Je suis un producteur de poulet de troisième génération de Norwood, en Ontario, et président de Producteurs de poulet du Canada.
Les 2 800 producteurs de poulet du Canada jouent un rôle essentiel dans notre économie et notre système alimentaire. Chaque jour, nous produisons du poulet salubre et de grande qualité, élevé avec soin ici même, au pays, pour les Canadiens. Nous soutenons les accords commerciaux qui favorisent la croissance de l'économie canadienne, mais pas au détriment de la production alimentaire nationale. La gestion de l'offre assure une stabilité pour les agriculteurs, un approvisionnement fiable pour les consommateurs et un réinvestissement continu dans les collectivités rurales partout au pays.
Cela dit, de récents accords — l'Accord de partenariat transpacifique global et progressiste, ou PTPGP, et l'Accord Canada—États‑Unis—Mexique, ou ACEUM — ont déjà eu un effet cumulatif important. En tenant compte des engagements pris dans le cadre de l'OMC, le Canada a accordé un accès au marché pour 129,6 millions de kilogrammes, ce qui représentait 10,8 % de la production canadienne de poulet au moment où ces concessions ont été accordées. Ce que j'avance n'est pas théorique. C'est un accès réel et important qui a déjà été fourni.
Un éventuel accord avec le Mercosur présente un risque encore plus grand. Le Brésil est le plus grand exportateur de poulet au monde et le troisième producteur à l'échelle mondiale. Rien qu'en 2025, il a exporté 5,3 milliards de kilogrammes de poulet, soit environ le tiers de sa production totale. À elles seules, ses exportations représentent près de quatre fois la production totale du Canada. Pour le Canada, il ne s'agit pas d'un problème abstrait. Les importations en provenance du Brésil ont atteint 10,7 millions de kilogrammes en 2025, ce qui en fait notre deuxième source de poulet importé en importance après les États-Unis. Ce volume, combiné à des coûts de production plus faibles et à une portée mondiale croissante, exerce une pression disproportionnée sur les producteurs canadiens.
La question qui se pose est la suivante: comment pouvons-nous développer nos échanges commerciaux sans porter atteinte à notre système alimentaire? Pour notre secteur, la réponse est simple. Tout accord avec le Mercosur doit maintenir les droits hors contingent afin d'assurer un contrôle efficace des importations, éviter toute hausse des contingents tarifaires au‑delà des engagements existants et exclure les lignes tarifaires relatives à la volaille de réforme de l'accès préférentiel, puisqu'on peut remplacer ce produit par du poulet canadien. Ce sont des mesures de protection pratiques et nécessaires.
Cette discussion concerne également la confiance des consommateurs et la sécurité alimentaire. Aujourd'hui, la moitié des Canadiens reconnaissent la marque « Élevé par un producteur canadien ». Parmi eux, 60 % affirment que cette marque fait en sorte qu'ils seront plus enclins à choisir du poulet canadien. Cela nous indique que lorsque les Canadiens savent d'où proviennent leurs aliments, ils choisissent de soutenir la production nationale, ce qui est important. Aussi, le Canada ne peut pas dépendre des importations. Nous avons constaté les risques liés à une trop grande dépendance aux importations. Conformément à nos engagements commerciaux, nous importons 21 % des œufs d'incubation des États-Unis. Or, l'offre insuffisante d'œufs d'incubation aux États-Unis nous a récemment montré à quelle vitesse une dépendance à des produits provenant de l'extérieur peut freiner la production canadienne. À l'heure où le Canada s'efforce de mettre en place une stratégie nationale de sécurité alimentaire, le fait d'accroître notre dépendance aux importations nous éloigne de notre objectif.
Alors que les négociations avec le Mercosur se poursuivent, notre message est simple. Nous exhortons respectueusement le gouvernement à maintenir les droits hors contingent à leurs niveaux actuels, à éviter tout élargissement des contingents tarifaires au‑delà des engagements existants et à exclure les lignes tarifaires sur la volaille de réforme de l'accès préférentiel. Cette position a été constante dans l'ensemble des négociations commerciales. C'est ce qui protège les consommateurs canadiens et renforce notre sécurité alimentaire nationale. Le Canada devra se montrer ferme dans sa réponse pour s'assurer qu'aucune concession ne sera offerte au Mercosur.
Je vous remercie du temps que vous m'avez accordé. Je serai heureux de répondre à vos questions.
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Merci, madame la présidente et mesdames et messieurs les membres du Comité.
Fertilisants Canada représente les producteurs, les fabricants ainsi que les importateurs, les grossistes et les distributeurs au détail d'engrais à base d'azote, de phosphate, de potasse et de soufre. Ensemble, nos membres contribuent à hauteur de plus de 42 milliards de dollars par année à l'économie canadienne et...
Mes excuses, c'est le problème lorsqu'on utilise un iPad; parfois, on appuie là où il ne faut pas.
Nous soutenons plus de 118 000 emplois canadiens.
Les engrais sont essentiels pour nourrir le Canada et le monde. Ils contribuent à environ la moitié de la production alimentaire mondiale. Avec 23 millions de tonnes par année, le Canada est le plus grand producteur de potasse au monde, fournissant près de 40 % des exportations mondiales. Le Canada produit également de la potasse de la façon la plus durable, avec des émissions de 50 % inférieures à celles de la Russie ou de la Biélorussie.
Le conflit actuel en Iran nous rappelle que les engrais font l'objet de transactions partout dans le monde et qu'ils sont très sensibles aux chocs géopolitiques. La fermeture du détroit d'Ormuz attribuable à ce conflit a entraîné une volatilité sur les marchés de l'azote, du phosphate et du soufre, provoquant une forte hausse des prix et suscitant des préoccupations quant à la capacité de répondre à la demande. Un événement se produisant loin des exploitations agricoles canadiennes, comme la guerre en Russie et en Ukraine, un navire bloquant le canal de Suez ou l'instabilité au Moyen-Orient, peut rapidement perturber les marchés des engrais et faire grimper les prix mondiaux.
Les exportations canadiennes de potasse vers la région du Mercosur sont une véritable réussite. Le Brésil est le principal marché d'exportation de potasse du Canada, autre que les États-Unis. La potasse représente également notre principal produit d'exportation vers le Brésil et l'Uruguay, totalisant plus de la moitié de la valeur de l'ensemble des exportations canadiennes vers le Brésil. Ce succès est attribuable à une relation commerciale ouverte et stable et à la capacité d'approvisionner l'un des marchés agricoles mondiaux en pleine croissance.
Les sols brésiliens sont naturellement pauvres en potasse. Les engrais potassiques permettent aux agriculteurs brésiliens d'apporter du potassium, élément essentiel, à leurs cultures, comme le maïs, la canne à sucre, le soya et le café.
Les producteurs d'engrais canadiens ne se contentent pas de vendre leurs produits aux pays du Mercosur; ils disposent d'une solide présence sur le terrain pour répondre à la demande croissante. Canpotex y possède un bureau de vente permanent depuis 2018; K+S Potash exploite un centre de distribution à São Paulo; Mosaic a une présence importante en Amérique du Sud avec plus de 6 000 employés; et Nutrien est active en Amérique du Sud avec 3 000 personnes réparties au Brésil, en Argentine, au Chili et en Uruguay.
La potasse canadienne est un atout stratégique clé pour nos échanges commerciaux avec les pays du Mercosur. Cela dit, notre prospérité en tant que nation commerçante dépend de notre capacité à acheminer efficacement les marchandises vers les marchés mondiaux. Les perturbations de la chaîne d'approvisionnement, souvent causées par des conflits de travail touchant les compagnies ferroviaires et les ports du Canada, ont entraîné la perte de débouchés, érodant ainsi la réputation du Canada en tant que partenaire commercial fiable. Lorsque les exportations canadiennes de potasse stagnent, les producteurs russes et biélorusses interviennent immédiatement pour obtenir des contrats et renforcer leur présence dans des marchés clés.
À la suite du conflit de travail au port de Vancouver en 2023, le Canada a perdu des parts de marché au profit de la Russie et de la Biélorussie en Indonésie et en Malaisie. Ces ventes ne se sont pas encore entièrement rétablies. Même sans perturbations, il n'est pas facile d'acheminer la potasse vers les marchés mondiaux. La potasse canadienne est extraite en Saskatchewan et transportée par train sur plus de 1 700 kilomètres jusqu'au port d'exportation le plus proche. Le port de Vancouver demeure la solution la plus efficace et la plus rentable pour expédier la potasse vers le marché agricole brésilien.
Nous voulons que la potasse canadienne continue d'être un modèle de réussite sur les marchés du Mercosur. Le commerce des engrais donne de meilleurs résultats lorsqu'il est prévisible, exempt de droits de douane et à l'abri des différends commerciaux de façon plus générale. Une mesure concrète à envisager consiste à s'attaquer à la taxe que le Brésil prélève sur les importations par navires et qui s'applique aux marchandises en vrac, dont la potasse. Cette taxe impose des droits de 8 % sur les frais de transport maritime et de déchargement. L'obtention d'un allégement pour la potasse canadienne offrirait un net avantage concurrentiel sur un marché où nous sommes en concurrence directe avec des producteurs à faible coût comme la Russie.
Le maintien d'un accès stable et ouvert aux marchés tout en favorisant des améliorations ciblées comme celle‑ci sera essentiel à la croissance des exportations dans la région et au renforcement de la position du Canada en tant que fournisseur fiable. Nous appuyons fermement les efforts visant à renforcer nos relations commerciales avec le Mercosur, ainsi que les objectifs plus larges du Canada en matière de diversification du commerce et de croissance des exportations.
[Français]
Merci de m'avoir invité aujourd'hui.
J'attends vos questions.
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Le Conseil des viandes du Canada se fait l'écho des craintes mentionnées par d'autres en ce qui a trait à la compétition. Le Brésil est un gros compétiteur.
Cela dit, nos membres représentent des transformateurs et des importateurs. Actuellement, nous importons des produits de ce continent. Nous voyons de petites opportunités. Si nous pouvions saisir ces petites opportunités dans des créneaux précis, nos membres seraient favorables à un accès limité, qui s'accompagnerait de fortes mesures de sauvegarde pour vraiment avoir un contrôle très précis.
Cependant, la priorité reste ailleurs. Nous voyons d'autres opportunités partout dans le monde, notamment dans la zone indo-pacifique et dans d'autres marchés. Je veux aussi noter que notre priorité ultime reste le marché nord-américain. C'est là que les négociations devraient se concentrer, ainsi que dans la zone de l'Asie‑Pacifique ou dans les marchés du Golfe et d'ailleurs. Le Mercosur n'est absolument pas la priorité de nos membres à ce jour.
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Je comprends. Merci beaucoup.
J'aimerais poser des questions à M. Bourque.
Vous avez parlé de fertilisants. Vous avez dit que, présentement, tout ce qui se passait sur le plan géopolitique au Moyen‑Orient rendait la situation difficile. Vous avez aussi parlé du porc.
Est-ce que les rails, sur le plan de l'approvisionnement, font aussi partie des défis?
Qu'en est-il de la capacité? Tantôt, vous avez dit qu'on était capable de faire de l'exportation, mais est-ce qu'on peut continuer à augmenter la capacité d'exportation de potasse du Canada vers les pays du Mercosur et vers d'autres pays?
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La réponse est oui, et je pense que ça s'applique aux trois questions.
Premièrement, pour ce qui est des rails, c'est sûr que, la potasse, c'est pesant, donc c'est transporté par rail, et non par camion ou par bateau.
Par ailleurs, en Saskatchewan, la potasse est une industrie en croissance. On a trois mines actuellement et ça va monter à quatre mines l'année prochaine. Toutes ces mines ont des plans d'agrandissement. On est capable de servir les pays du Mercosur ainsi que d'autres marchés.
La potasse est donc un produit très important pour le Canada.
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J'ai une question pour Mme Citeau.
Je vous souhaite la bienvenue. Ce n'est pas la première fois que nous nous voyons. Nous vous avons entendu parler, l'autre jour, de l'industrie du bœuf, de l'industrie du porc et de l'exportation. En ce qui concerne la région indo-pacifique, vous avez dit qu'on était capable de vendre le bœuf à un meilleur prix, étant donné qu'on y vendait des parties qu'on ne vendait pas ailleurs.
Est-ce qu'il y a des opportunités à cet égard du côté du Mercosur? Est-ce qu'on serait capable de vendre des carcasses à un meilleur prix parce qu'on y vendrait des choses qu'on ne vend pas ici, au Canada, ou qu'on n'exporte pas vers d'autres pays?
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Merci, madame la présidente.
Ça aurait été une bonne question, mais je vais aller ailleurs. Je suis désolé.
Je remercie les témoins de leur présence et de leurs présentations.
Ma première question s'adresse à vous, les producteurs de poulet. D'ailleurs, nous avons reçu vos confrères du Québec, il y a deux semaines.
Nous comprenons bien vos inquiétudes. Vous avez dit à peu près la même chose qu'eux, c'est-à-dire que vous vous êtes fait l'écho de leurs témoignages. Nous comprenons les inquiétudes que suscite l'entrée de la viande du Brésil, tant du point de vue environnemental que du point de vue économique. Je pense que c'est évident qu'on peut parler d'une concurrence. Le mot « déloyale » est peut-être fort, mais on peut parler d'une concurrence inégale, à tout le moins.
Dans tous les cas, prenons la question en amont et commençons de manière plus globale. Quelles sont les priorités commerciales des producteurs de poulet?
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Comme nous l'avons mentionné dans la présentation, ce qui est important pour nous, c'est qu'on s'en tienne au niveau d'accès actuel et qu'on n'augmente pas le niveau d'accès. On importe déjà autour de 10,8 % de la consommation canadienne, donc c'est déjà énorme. On ne veut pas réduire les droits de douane.
Un des problèmes que nous rencontrons beaucoup, c'est l'importation de poules faussement déclarées comme poules de réforme. Donc, pour nous, la priorité sur le plan commercial n'est pas le Mercosur. La priorité, c'est visiblement que le Canada règle la question de l'importation de poules faussement étiquetées comme étant des poules de réforme. Ce problème nuit à la production canadienne. On estime qu'en 2025, de 50 à 55 millions de kilos de poulet ont été importés frauduleusement au Canada au moyen de fausses déclarations. On contourne ainsi les règles canadiennes d'importation et on nuit au développement et à l'essor économique de la production au Canada.
Donc, la priorité serait vraiment que le gouvernement fasse le plus d'efforts possible pour limiter ces importations impliquant de fausses déclarations.
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D'abord, je vous remercie de l'initiative du projet de loi. Je remercie aussi tous les parlementaires qui l'ont soutenu à l'unanimité. Le Canada a ainsi donné un signal très clair selon lequel la sécurité alimentaire et le développement de l'agriculture canadienne sont des priorités.
Or, il y a toujours des choses qui peuvent se passer, comme l'exemple que je mentionnais tout à l'heure à propos de l'importation de poulets. En réalité, ce sont des poulets, mais ils sont étiquetés comme étant des poules de réforme. Je comprends que cet exemple excède un peu le cadre des discussions ici, mais je tiens à dire que la poule de réforme n'est pas soumise aux mêmes contrôles d'importation que le poulet.
Donc, il y a des exemples comme ça de choses qui se passent. Il est important que le gouvernement soit bien alerte pour s'assurer qu'au bout du compte, ça ne nuit pas au développement de l'agriculture et de l'économie canadiennes.
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Je vais essayer de répondre à cette question.
Nous avons un contingent tarifaire en vertu de l'Accord Canada—États‑Unis—Mexique qui ne s'applique qu'aux fournisseurs de poulet américains. Le contingent tarifaire de l'OMC est accessible à tous les pays. Une partie vient du Brésil et une autre des États-Unis, mais en vertu du contingent tarifaire de l'OMC.
Les États-Unis n'autorisent pas les produits brésiliens sur leur marché. Tout poulet en provenance du Brésil qui arrive au Canada ne peut donc pas être réexporté aux États‑Unis. C'est assez isolé, et il n'y a pas d'impact réel.
Évidemment, plus il y aura de poulets du Brésil au Canada, moins les Américains s'en réjouiront, car cela pourrait éroder la part du contingent tarifaire de l'OMC qu'ils peuvent combler. Cela ne touche pas le contingent tarifaire de l'ACEUM, mais ils sont en concurrence dans le cadre du contingent tarifaire de l'OMC.
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Merci, madame la présidente.
Le Canada a une stratégie de diversification commerciale très robuste que la majorité d’entre vous approuverait et souhaiterait continuer à promouvoir. Nous avons conclu d'importants accords, comme l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne, ou AECG, ou l'Accord de partenariat transpacifique global et progressiste, ou PTPGP, et certains accords que nous venons de signer avec l'Indonésie. Nous nous tournons désormais vers le Mercosur, l'Inde ou d'autres pays.
La raison de cette diversification est que nous ne voulons pas dépendre d’un seul marché. Nous voulons renforcer notre résilience et nous assurer de ne pas subir les chocs que nous avons connus.
J'aimerais m'adresser à M. Bourque.
Quel pourcentage des fertilisants qui sont extraits ici, au Canada, est exporté? J'aimerais d'abord avoir cette réponse.
Ensuite, quelle est votre stratégie de diversification au sein de votre association? Si un seul marché — que ce soit les États-Unis, le Brésil, la Chine ou l'Inde — achète tous vos produits, comment diversifiez-vous vos ventes entre tous ces marchés? Décidez-vous de ne vendre que 10 % à tel pays et 12 % à un autre? Comment vous y prenez-vous? Pouvez-vous nous expliquer la stratégie et l'approche que vous mettez en œuvre?
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Nous sommes des exportateurs et les plus grands producteurs de potasse au monde. Nous disposons des réserves les plus importantes au monde. Comme je l'ai mentionné, puisque nous produisons aussi la potasse de la façon la plus durable qui soit, nous devrions être le producteur et le vendeur le plus recherché au monde. La grande majorité de la potasse que nous produisons est destinée aux marchés extérieurs. Évidemment, il y a de grands marchés au Canada, mais la majorité est exportée.
Il est important de comprendre que nous importons également environ 50 % des engrais dont nous avons besoin pour les exploitations agricoles partout au Canada; ils sont importés parce que nous ne produisons pas d'engrais phosphaté ici. Tout est importé. Nous importons encore une grande quantité d'engrais azotés, en particulier sur la côte Est. Nous avons même importé, par le passé, de la potasse sur la côte Est en raison du coût du transport. À l'heure actuelle, nous appliquons un tarif douanier sur la potasse russe, de sorte qu'il n'y en a pas beaucoup qui entre au Canada. L’approvisionnement est principalement assuré par le marché intérieur. En raison de cette situation, il est très important pour nous de bénéficier d'une ouverture commerciale. C'est important pour tous les agriculteurs du Canada, comme nous le constatons.
J'ai parlé de la guerre en Iran parce que c'est un exemple de la façon dont un événement mondial peut avoir une incidence sur la disponibilité et le prix des engrais au Canada. Pour ce printemps, il ne semble pas y avoir de problème d'approvisionnement en engrais au Canada, même pour les engrais azotés, dont une grande partie est produite au Moyen-Orient. Cependant, la situation pourrait être différente l'année prochaine, selon l'évolution de cette guerre.
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Nous disposons déjà de marchés établis. Par exemple, nous vendons de la potasse à la Chine et à l'Asie du Sud-Est depuis de nombreuses années. C'est un marché en pleine croissance. Nous souhaitons continuer à le desservir.
Comme je l'ai mentionné plus tôt, la production de potasse au Canada est en croissance. La société BHP ouvrira une nouvelle mine l'an prochain, et les sociétés Mosaic, Nutrien et K+S, qui exercent actuellement leurs activités en Saskatchewan, sont toutes en train d'étendre leurs activités.
Mon message principal est que nous soutenons le commerce dans le monde entier. Nous trouverons les marchés, mais ce qui nous préoccupe, c'est la chaîne d'approvisionnement, et plus particulièrement les infrastructures de celle‑ci. Toute la potasse qui est produite pour l'exportation vient de la Saskatchewan, et elle doit parcourir de longues distances. Nous avons rencontré d’importants problèmes réglementaires, mais surtout des problèmes de main-d'œuvre et d'infrastructure.
Nous travaillons avec le gouvernement pour identifier les projets d’infrastructure auxquels nous souhaitons voir accorder la priorité afin de disposer d’une chaîne d’approvisionnement plus fiable. De plus, nous sommes très préoccupés par les conventions collectives et, franchement, par l’ensemble du Code du travail, car il y a trop de contre-grèves et de grèves, ce qui entraîne une instabilité. Lorsque cela se produit, nous perdons des parts de marché. J'ai donné l'exemple de l'Indonésie. Il y a un seul acheteur de potasse dans cette région, et si cette personne ne reçoit pas sa livraison de potasse à cause d'une grève à Vancouver, elle se tourne vers la Biélorussie ou la Russie, mais elle ne reviendra pas facilement puisqu'elle a déjà été déçue. La fiabilité est essentielle.
Nous vivons dans un monde dangereux et imprévisible. Nous ne pouvons contrôler ni les guerres ni bon nombre des droits de douane imposés par d’autres pays, mais nous pouvons le faire pour nos infrastructures de transport, notre cadre de travail et notre système réglementaire. Si nous parvenons à harmoniser ces éléments, nous serons en mesure d’exporter beaucoup plus de produits du Canada vers le monde entier, y compris vers le Mercosur, qui est un marché en pleine croissance. Ce qu’il faut savoir à propos de ce marché, c’est qu’il compte près de 300 millions de personnes. Il est presque aussi grand que celui des États-Unis, ce qui offre toutes sortes d’occasions de commerce équitable.
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Merci, madame la présidente.
Maintenant, je vais m'adresser aux représentants du Conseil des viandes du Canada.
Je ne vous poserai pas la même question que celle que j'ai posée aux producteurs de poulet concernant la déforestation, parce que, dans le cas du bovin, c'est bien démontré. On a les chiffres. On sait que jusqu'à 80 % de la déforestation en Amazonie serait due à l'élevage bovin. Évidemment, les conséquences environnementales sont claires. On est dans un monde où tous les pôles de la planète sont interreliés. De plus, on dit que la forêt amazonienne est le poumon de la planète. Donc ça, ce n'est pas à démontrer.
Du point de vue strictement économique, étant donné que vous avez des membres qui sont des transformateurs, est-ce que vous craignez que ça puisse entacher, par exemple, la réputation de la viande canadienne si des importations non traçables devaient survenir à la suite d'une entente avec le Mercosur? Sinon, est-ce qu'il y aurait d'autres conséquences qu'on ne soupçonne pas?
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J'aimerais ajouter une chose. Il n'y a pas eu non plus de nouvelle production d'azote, ce qui est sans doute plus important.
L'azote est produit là où le gaz naturel ou l'électricité est bon marché. Nous avons une usine en Ontario qui a été construite à une époque où l'électricité était moins chère, et nous en avons une autre en Alberta. Il y a des gens qui ont envisagé de prendre de l'expansion en Alberta. Jusqu'à présent, nous n'avons pas vu d'investissements se concrétiser. Ce serait pourtant tout à fait logique.
En ce qui concerne le phosphate, il y a certainement des secteurs qui présentent un potentiel. Il ne servirait pas que pour les engrais. Le phosphate serait également utilisé en tant que minerai critique, en plus de l'épandage d'engrais. Étant donné que nous importons actuellement la totalité de notre phosphate, ce serait une très bonne cible, tout comme les engrais azotés, qui sont considérablement plus chers au Canada que dans d'autres pays — en fait, certainement plus qu'au Moyen-Orient.
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Merci, madame la présidente.
Je remercie les témoins d'avoir pris le temps de se déplacer ici. Nous leur en sommes extrêmement reconnaissants.
Je vais commencer par une question que je voulais poser, il y a quelques semaines. Je vais profiter de l'occasion pour la poser aux producteurs de bœuf et de poulet.
Nous avons reçu ici la présidente de la Chambre de commerce Brésil-Canada, Mme Saad. Elle voyait beaucoup d'occasions à saisir du côté du Mercosur. De votre côté, vous dites qu'il faut agir avec prudence. Il semble y avoir un grand écart entre ce que nous avons entendu de sa part et ce que vous dites. Pour sa part, elle dit qu'il y a des possibilités. Pour votre part, quand nous vous en parlons, vous dites qu'il faut plutôt faire attention.
Selon vous, monsieur Ruel et madame Citeau, d'où provient cet écart? Pouvez-vous nous le dire, pour que M. et Mme Tout‑le‑Monde puissent mieux comprendre?
D'un côté, on dit qu'il y a beaucoup de possibilités pour tous les marchés. De l'autre côté, on dit que ce n'est pas si évident que ça.
J'aimerais entendre rapidement votre opinion là-dessus.
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Nous accueillons maintenant M. David Collins, professeur de droit économique international, qui témoigne à titre personnel par vidéoconférence.
Nous recevons par vidéoconférence M. Sègbédji Parfait Aïhounhin, directeur général de la Chambre de commerce Québec-Afrique.
Merci à vous deux d'être ici.
Nous allons commencer par un exposé de cinq minutes, puis nous céderons la parole aux membres du Comité.
Monsieur Collins, je vous invite à faire une déclaration préliminaire d'un maximum de cinq minutes, s'il vous plaît.
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Merci beaucoup de m'avoir invité.
Veuillez m'interrompre si je dépasse les cinq minutes.
La diversification commerciale du Canada vers l'Afrique du Nord et de l'Ouest devrait reposer sur un petit nombre de pays prioritaires où la dynamique économique, la stabilité politique — par rapport à la région — et les liens existants rendent l'expansion commerciale réaliste à court terme.
En Afrique du Nord, le Maroc est sans doute le partenaire le plus prometteur du Canada. Sa stratégie industrielle a permis de bâtir avec succès des secteurs axés sur l'exportation, tels que la construction automobile, l'aérospatiale et les énergies renouvelables. Les entreprises canadiennes peuvent avoir accès à ces écosystèmes grâce à la fourniture de composants, de services d'ingénierie et de technologies d'énergie propre, en particulier dans les domaines de l'énergie solaire et de l'hydrogène vert. Les nombreux accords commerciaux que le Maroc a conclus avec l'Union européenne et les États-Unis en font également une porte d'entrée pour les entreprises qui cherchent à s'intégrer aux chaînes de valeur transatlantiques à partir d'une base africaine.
L'Égypte offre un très vaste marché intérieur, a d'importants besoins en infrastructure et joue un rôle central dans l'énergie et la logistique régionales, notamment avec le corridor du canal de Suez. Les possibilités pour le Canada se situent dans le financement des infrastructures, la gestion de l'eau, les systèmes agroalimentaires et les partenariats en éducation, bien que la complexité réglementaire et les contraintes en matière de change exigent une forte atténuation des risques.
En Afrique de l'Ouest, la Côte d'Ivoire et le Sénégal comptent parmi les marchés francophones les plus attrayants. La Côte d'Ivoire est une économie en pleine croissance qui a l'ambition de monter dans la chaîne de valeur du cacao pour passer à la transformation et à la fabrication. Cela correspond bien aux capacités canadiennes en matière de technologie pour la transformation agroalimentaire, de logistique et de systèmes de certification. Le Sénégal s'est positionné comme une plaque tournante régionale pour les services, les infrastructures et l'énergie, y compris l'exploitation du gaz extracôtier et les énergies renouvelables. Le pays est également stable sur le plan politique par rapport aux normes régionales et courtise activement les investissements étrangers.
Le Ghana apporte un complément anglophone, avec des atouts dans les domaines de l'exploitation minière, de la technologie financière et de la gouvernance. Les sociétés minières canadiennes sont déjà présentes, mais il existe un potentiel d'expansion vers la transformation en aval, les services numériques et les technologies liées à l'environnement, à la société et à la gouvernance.
Le Nigéria, bien que plus difficile à pénétrer, ne peut être ignoré compte tenu de son envergure. Il est particulièrement pertinent pour les services numériques, les industries créatives et l'énergie, même si l'entrée sur le marché exige une structuration minutieuse et des partenariats locaux.
Le Canada n'a conclu aucun accord de libre-échange global avec des pays africains. Il s'appuie plutôt sur un ensemble disparate d'accords sur la promotion et la protection des investissements étrangers, ou APIE, et sur sa participation à des cadres multilatéraux comme l'Organisation mondiale du commerce, ou OMC. Le Canada a un APIE en vigueur avec l'Égypte et a signé des accords avec des pays comme le Bénin, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, la Guinée, le Mali, le Nigéria et le Sénégal. Ces accords offrent des protections aux investisseurs, mais ne contribuent guère à réduire les barrières tarifaires ou non tarifaires. Les préférences commerciales sont plutôt régies par le Tarif de préférence général du Canada à l'intention des pays en développement, et par les processus d'intégration régionale africains, en particulier l'Accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine.
Compte tenu de ce cadre commercial officiel limité, les outils les plus efficaces dont dispose le Canada sont d'ordre financier et institutionnel, plutôt que fondés sur des traités. Exportation et développement Canada et FinDev Canada peuvent jouer un rôle dans l'atténuation des risques liés aux projets dans des pays comme le Sénégal ou la Côte d'Ivoire, en particulier dans les domaines de l'infrastructure, de l'énergie et de la transformation agricole. Il est également possible d'élargir le financement en devises locales, ce qui est souvent essentiel dans des marchés comme le Ghana ou l'Égypte, où la volatilité des taux de change est une contrainte. En même temps, le Canada peut collaborer plus directement avec le Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine pour soutenir l'harmonisation douanière, la facilitation du commerce numérique et l'harmonisation des normes, qui sont parmi les obstacles non tarifaires les plus importants auxquels font face les entreprises canadiennes.
Le Québec pourrait établir des liens avec le Sénégal ou la Côte d'Ivoire dans des secteurs comme l'éducation, les services numériques et les infrastructures vertes, alors que l'Ontario et l'Alberta pourraient se concentrer sur le Ghana et le Nigéria dans les domaines des services miniers, de la technologie financière et de l'énergie. Le Maroc pourrait servir de plaque tournante industrielle pour les entreprises canadiennes qui cherchent à fabriquer ou à assembler des produits destinés à l'exportation en Europe et en Afrique, tandis que l'Égypte pourrait ancrer des partenariats à grande échelle en matière d'infrastructure et de logistique. Ces relations peuvent être renforcées par des collaborations universitaires, des programmes de formation professionnelle et des plateformes de co‑innovation, en particulier dans des domaines comme l'intelligence artificielle et l'adaptation aux changements climatiques.
La Francophonie offre un mécanisme pratique pour accélérer plusieurs de ces initiatives, notamment au Sénégal, en Côte d'Ivoire et au Maroc. Le partage de la langue et des traditions juridiques, notamment des systèmes de droit civil compatibles avec ceux du Québec, réduit les coûts de transaction et facilite la coopération réglementaire. Le Canada peut en tirer parti en favorisant la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, en harmonisant les normes techniques dans des secteurs comme l'agroalimentaire et la construction, et en élargissant les possibilités de mobilité pour les étudiants et les travailleurs qualifiés. Les réseaux d'affaires francophones et les missions commerciales peuvent également être développés pour mettre directement en relation les PME, ce qui s'avère souvent plus efficace que les grands accords officiels sur ces marchés.
Merci. Voilà qui conclut ma déclaration préliminaire.
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Merci beaucoup, monsieur Collins.
Nous passons maintenant à M. Aïhounhin.
Monsieur Aïhounhin, vous disposez strictement de cinq minutes. Je lèverai la main et nous devrons alors vous interrompre. En répondant à certaines des questions du Comité, vous pourrez peut-être faire certaines des observations que vous n'aurez pas le temps de faire pendant votre déclaration préliminaire, le cas échéant. Les membres du Comité ont toujours beaucoup de questions et c'est une bonne occasion pour vous de le faire.
Monsieur Aïhounhin, allez‑y, s'il vous plaît. Je vous cède la parole pour cinq minutes.
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Merci beaucoup, madame la présidente.
Mesdames et messieurs les membres du Comité, je vous remercie de donner à la Chambre de commerce Québec-Afrique l'occasion de contribuer à votre étude sur les relations commerciales entre le Canada, l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique du Nord.
La motion du Comité est particulièrement pertinente puisqu'elle vise à trouver des pistes concrètes de diversification commerciale, à renforcer la présence canadienne en Afrique et à mobiliser la francophonie comme levier d'échanges et de partenariats. C'est là que la Chambre de commerce Québec-Afrique intervient.
Je vais vous présenter différents points, en un maximum de cinq minutes, pour expliciter cela.
Le premier point concerne les secteurs économiques à fort potentiel. Pour nous, à la Chambre de commerce, les secteurs économiques à fort potentiel sont l'agro-industrie, l'agritechnologie, les technologies de traçabilité et de conformité, les énergies renouvelables, la santé globale appliquée aux chaînes agroalimentaires ainsi que la formation technique et professionnelle.
Le deuxième point concerne les outils commerciaux existants et ceux à renforcer. Il faut reconnaître que le Canada dispose déjà d'outils utiles, mais ces outils doivent être mieux adaptés aux réalités africaines. Je pense notamment aux outils déployés par Exportation et développement Canada, qui offre du financement commercial, de l'assurance et d'autres services. Dans les faits, les entreprises canadiennes ont besoin de plus d'outils de facilitation, comme de l'accompagnement à la certification, des informations sur les normes, du soutien logistique, la réduction des asymétries d'information et la sécurisation des chaînes d'approvisionnement.
Le troisième point porte sur les partenariats économiques et d'innovation. La relation commerciale ne doit pas être pensée comme une logique unidirectionnelle d'exportation entre le Canada et l'Afrique, mais comme une logique de partenariats économiques multiacteurs, c'est‑à-dire entre le Canada, les provinces, les organisations régionales africaines, les centres de recherche, les universités et les entreprises.
Le quatrième point concerne la durabilité, la gouvernance et l'inclusion. La Chambre de commerce considère que la croissance commerciale ne sera durable que si elle est accompagnée d'exigences de transparence, de gouvernance, de qualité sanitaire, d'inclusion et de gestion des risques. Nous allons revenir plus tard sur cet élément pour l'expliciter.
Le cinquième point porte sur les chaînes de valeur régionales et la coproduction industrielle. C'est probablement ici que se trouve la plus grande opportunité stratégique pour le Canada. Ainsi, la contribution du Canada ne devrait pas se limiter à vendre des produits finis; elle devrait aussi viser à construire des chaînes de valeur régionales, à soutenir la transformation locale et à favoriser la coproduction. Pour ce qui est de ce point, la Chambre de commerce a un scénario, que je vais expliciter plus tard.
Le dernier point concerne la francophonie comme levier commercial. Pour la Chambre de commerce, la francophonie n'est pas un élément accessoire. C'est un accélérateur de confiance, de mobilité et d'interopérabilité institutionnelle. Elle doit favoriser les relations d'affaires, la formation, le réseautage et d'autres événements. Des statistiques prouvent d'ailleurs qu'il y a des essais à cet égard.
En ce sens, la Chambre de commerce constitue un exemple concret de mise en œuvre de la Stratégie du Canada pour l'Afrique, en raison du plan stratégique qu'elle a eu à élaborer et qui prend appui sur cette stratégie.
En conclusion, la Chambre de commerce invite respectueusement les députés de la Chambre des communes à soutenir et à accompagner de manière concrète la mise en œuvre de son Plan stratégique 2026‑2030 ainsi que les actions portées par l'ensemble de ses partenaires.
Dans un contexte international marqué par la recomposition des chaînes de valeur pour le Canada et par la nécessité de diversifier ses partenaires économiques, l'occasion qu'offre la Chambre de commerce est réelle.
C'est pour cette raison que nous souhaitons humblement que la Chambre de commerce, dans ses initiatives avec ses partenaires, soit soutenue dans une démarche structurée, alignée sur les priorités commerciales du Canada et porteuse de retombées concrètes.
Je vous remercie.
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Je dirais que d'un point de vue pratique et sur le plan de la faisabilité, surtout en ce qui concerne la question des risques, le Maroc offre probablement les plus grandes possibilités, d'après ce que je peux en juger. C'est un pays généralement stable. Il est enclin à signer des accords de libre-échange. On considère que la primauté du droit y est raisonnablement bien établie. Bien sûr, le Maroc offre des possibilités économiques, non seulement dans le secteur de l'extraction, mais aussi dans le secteur manufacturier. Il pourrait s'agir d'une porte d'entrée intéressante vers l'Union européenne.
Évidemment, on peut se tourner vers les grands pays. Par exemple, le Nigeria offre des possibilités très intéressantes, mais la situation politique n'y est pas des plus stables. Cela peut représenter un problème du point de vue de l'assurance contre les risques politiques. Je dirais qu'il en va de même pour l'Égypte. La Tunisie aurait pu figurer parmi ces pays, mais elle connaît de nombreux problèmes liés à l'instabilité politique depuis quelque temps.
Le Maroc figurerait tout en haut de ma liste. En deuxième position, je mettrais probablement la Côte d'Ivoire. Je pense notamment qu'en ce qui concerne la Francophonie, la Côte d'Ivoire offre des débouchés prometteurs également. De plus, sa situation est passablement plus stable.
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La Chine est omniprésente en Afrique. Je ne pense pas qu'il y ait une région africaine qui soit plus influencée par la Chine qu'une autre, bien que des projets d'infrastructure soient menés dans divers pays. Je ne dirais pas qu'il y a plus de risques en Afrique du Nord et de l'Ouest qu'ailleurs en ce qui concerne la Chine.
En ce qui concerne la gestion des risques, l'un des problèmes, bien sûr, c'est que les entreprises chinoises peuvent compter sur un soutien de l'État bien plus important que celui dont disposent les entreprises canadiennes. Cette situation place automatiquement les entreprises canadiennes en position de faiblesse, car elles ne bénéficient pas d'un financement public aussi important que celui dont peuvent bénéficier les entreprises chinoises. Cela leur donne d'emblée un avantage dans les processus d'appel d'offres, par exemple pour des projets d'infrastructure.
Si nous voulons nous adapter à la situation, l'une des solutions consisterait à mettre en place des accords sur les investissements qui prévoient des mesures de protection pour les investisseurs. Là encore, cela ne résoudrait sans doute pas vraiment le problème du levier, mais cela permettrait de réduire les risques sur le plan politique. Si les investissements sont basés sur des contrats, je suggérerais d'y inclure des dispositions très rigoureuses sur le règlement des différends afin que les entreprises canadiennes soient protégées en cas de conflit avec l'État hôte.
Sur le plan commercial, je pense que la meilleure stratégie consisterait à choisir des secteurs dans lesquels les entreprises chinoises sont moins présentes, comme les énergies renouvelables, les investissements axés sur l'environnement et socialement responsables et peut-être la haute technologie. La Chine a tendance à se concentrer sur les secteurs de l'extraction.
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Merci beaucoup, madame la présidente.
Je remercie les témoins d'être des nôtres aujourd'hui.
C'est ma motion qui a proposé le sujet que nous étudions aujourd'hui et j'en suis très fière. Le Comité étudie donc les possibilités d'échanges commerciaux avec l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique du Nord.
Je vous remercie des bons conseils que vous nous avez déjà donnés. Sincèrement, je vous remercie d'être là.
Je pense que la francophonie peut être un pivot et offrir la possibilité d'augmenter les échanges commerciaux entre les différents pays. La raison pour laquelle vous êtes parmi nous aujourd'hui, c'est justement pour nous aiguiller vers les meilleures possibilités d'échanges commerciaux à faire, selon vous.
Monsieur Aïhounhin, comment la diaspora africaine peut-elle nous aider à augmenter les échanges commerciaux en même temps que la francophonie?
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En réalité, je vais juste citer l'exemple qu'on a à côté, aux États‑Unis, où l'AGOA, soit l'African Growth and Opportunity Act, s'applique aux pays africains qui y sont admissibles et qui respectent les normes.
Vous savez, dans 30 ans, une personne sur quatre sur la planète sera Africaine. Ça voudra dire qu'il y aura toutes ces bouches à nourrir. Les cinq besoins fondamentaux, soit se nourrir, se vêtir, s'instruire, se soigner et se loger, devront être couverts. Le marché africain ainsi que les gouvernements actuels sur le continent, malgré leurs efforts, n'ont pas la capacité de couvrir ces besoins. Or, tous les pays qui sont présents en Afrique, en dehors du Canada, sont présents seulement dans le secteur des mines. Alors voilà des occasions d'affaires à aller chercher. Le Canada a le savoir-faire dans ces domaines d'expertise. Vous voyez un peu, que ce soit l'éducation...
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Merci, madame la présidente.
Je remercie les témoins de leur présence et de leurs présentations.
C'est un sujet fort intéressant. Comme Québécois, je me réjouis tout particulièrement d'une explosion démographique de la francophonie, qui pourrait redevenir une véritable force dans le monde. Je pense qu'on aurait intérêt à développer des alliances intrafrancophones et à partager une vision du monde francophone. Je pense que la planète s'en porterait mieux sur tous les plans.
Je vais avoir une question à poser à chaque témoin. Je vais revenir vers vous dans un instant, monsieur Aïhounhin, mais je vais commencer par M. Collins.
Monsieur Collins, ce sera peut-être une mission impossible pour vous, mais, étant donné que vous êtes professeur, j'aurais envie de vous demander ceci: si nous étions vos étudiants et que vous aviez quelques minutes à peine pour nous brosser le portrait de la guerre économique opposant les États‑Unis, la Chine et la Russie, que diriez-vous? En effet, on oublie souvent la Russie, mais sa présence est importante en Afrique aussi. Par ailleurs, je crois que la relation France-Afrique est chose du passé et que c'est pas mal terminé. Bref, pourriez-vous nous brosser le portrait des affrontements entre les empires, pourrait-on dire, qui sont présentement sur le continent africain?
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Oui, mais les couleurs ne conviennent pas. Je vais essayer de vous expliquer.
En examinant une carte de l'Afrique et les liens entre chaque pays africain et les États-Unis ou la Chine, on constate que l'Afrique est étonnamment tournée vers la Chine. La présence américaine en Afrique est très faible. C'est, en quelque sorte, le résultat d'une décision délibérée des États-Unis de se retirer de la mondialisation et de celle de la Chine de s'y engager, de signer des accords et de fournir des contrats d'infrastructure. Il s'agit là d'une erreur stratégique de la part des États-Unis.
Dans la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, pour reprendre l'exemple auquel vous avez fait allusion, la Chine est clairement en train de gagner en Afrique. Reste à voir si c'est dans l'intérêt des Africains. Certes, la situation a donné lieu à la construction de nombreuses infrastructures, mais nous verrons quelles obligations lieront les pays africains à la Chine à long terme. À mesure que l'Afrique progresse et gravit les échelons pour devenir un continent doté de pays avancés sur le plan technologique, elle pourrait avoir des problèmes avec la Chine.
En ce qui concerne l'Occident, pour ainsi dire, si l'on considère que le Canada se situe du côté occidental de la guerre commerciale, je pense que le pays a une tâche difficile à accomplir pour supplanter la Chine, surtout compte tenu des importants investissements publics chinois dans cette région du monde. Ce n'est pas impossible, mais je souscris totalement à votre analyse. Je pense que la guerre commerciale fait rage et que la Chine domine dans cette région du monde.