Bienvenue à la 29e réunion du Comité permanent du commerce international.
Avant de passer à nos témoins, nous avons une question administrative à régler. Nous recevrons le Président du Conseil national suisse dans quelques semaines, je crois, et nous aimerions avoir votre accord pour couvrir les frais d'accueil.
Des députés: D'accord.
Le vice-président (Adam Chambers): Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le jeudi 12 février 2026, le Comité reprend son étude des échanges commerciaux du Canada avec les pays du Mercosur.
Nous accueillons aujourd'hui Evan Lewis, de l'Agence canadienne d'inspection des aliments; Axel Ndayisaba, du ministère de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire; ainsi qu'Aaron Fowler et Justine Smith, du ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement.
Bienvenue au Comité.
Je crois comprendre que nous aurons droit à deux déclarations liminaires.
Monsieur Fowler, je vous invite à faire la première.
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Merci beaucoup, monsieur le vice-président. Bonjour à vous et aux autres membres du Comité.
Je vous remercie de me donner l'occasion de comparaître à nouveau pour traiter de cet important sujet.
Comme vous le savez, je suis sous-ministre adjoint associé pour le secteur du commerce international à Affaires mondiales Canada et négociateur commercial en chef. Je suis ici aujourd'hui principalement en ma qualité de négociateur en chef de l'Accord de libre-échange Canada-Mercosur.
Monsieur le vice-président, je suis heureux d'être ici pour vous parler du renforcement et de la diversification des relations commerciales du Canada avec les pays du Mercosur.
[Français]
L'automne dernier, le a lancé une nouvelle stratégie de diversification du commerce visant à doubler les exportations canadiennes vers les marchés non américains au cours de la prochaine décennie. L'argument en faveur de la diversification du commerce du Canada n'a jamais été aussi clair.
Dans le contexte de la diversification des échanges commerciaux, le Mercosur est un partenaire important. Ensemble, l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay affichent un produit intérieur brut, ou PIB, combiné de plus de 4 000 milliards de dollars canadiens. Ils représentent un marché de plus de 270 millions de personnes.
[Traduction]
Le gouvernement s'emploie à renforcer les liens en matière de commerce et d'investissement avec ce marché à fort potentiel. Il s'agit notamment d'élargir la collaboration relativement aux minéraux critiques avec l'Argentine et le Brésil et de tirer parti du Service des délégués commerciaux pour cerner les possibilités dans des secteurs prioritaires comme l'agriculture, l'exploitation minière et les technologies propres.
Le Comité se souviendra que les négociations commerciales entre le Canada et le Mercosur ont commencé en 2018 et ont été interrompues par le début de la pandémie de COVID‑19. À l'automne 2025, dans le contexte des efforts de diversification commerciale, le et son homologue brésilien ont annoncé la reprise des négociations en vue d'un accord de libre-échange Canada-Mercosur qui garantirait des débouchés commerciaux en établissant un accès préférentiel aux marchés, ainsi que des règles prévisibles pour les entreprises canadiennes.
Peu de temps après, au sommet des dirigeants du G20 en Afrique du Sud, le et le président brésilien Lula ont convenu d'intensifier ces négociations. Les négociations ont maintenant repris et vont bon train dans le but de conclure un accord commercial significatif le plus rapidement possible et, idéalement, d'ici la fin de l'année.
Plus récemment, les négociateurs ont tenu une série de négociations à Brasília à la fin de février et en tiendront une autre à la fin d'avril. Techniquement, cette série de négociations de la fin février était la huitième, mais c'était la première en plus de six ans. La prochaine sera officiellement la neuvième.
Des consultations publiques ont été tenues de décembre à janvier pour compléter celles menées plus tôt dans le processus. Les responsables canadiens ont ainsi pu indiquer qu'un accord de libre-échange Canada-Mercosur pourrait ouvrir des possibilités dans des secteurs importants, comme l'agriculture et l'agroalimentaire, la machinerie industrielle, les produits pharmaceutiques et les plastiques. Ils ont également souligné la possibilité de créer d'importants débouchés pour les exportateurs de services canadiens, par exemple, dans le domaine des services environnementaux et d'ingénierie.
[Français]
À mesure que les négociations progressent, le gouvernement s'engage à travailler en étroite collaboration avec l'ensemble des partenaires intéressés afin de créer de réelles occasions pour les travailleurs et les entreprises du Canada, de renforcer les chaînes d'approvisionnement, d'élargir l'accès à des marchés diversifiés et fiables, et de rendre la vie plus abordable pour les Canadiens.
[Traduction]
Merci. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
Monsieur le vice-président et mesdames et messieurs les membres du Comité, je vous remercie de me donner l'occasion de comparaître devant vous aujourd'hui au nom de l'Agence canadienne d'inspection des aliments.
Je m'appelle Evan Lewis. Je suis le directeur principal du Secrétariat à l'accès aux marchés.
L'Agence canadienne d'inspection des aliments codirige, avec les représentants d'Affaires mondiales Canada, les négociations sur les obligations en matière de mesures sanitaires et phytosanitaires dans le cadre des accords de libre-échange du Canada. Nous le faisons en étroite collaboration avec Agriculture et Agroalimentaire Canada, et notamment avec le négociateur en chef du Canada pour l'agriculture.
Les mesures sanitaires et phytosanitaires sont les exigences qu'un pays applique aux biens vendus dans le cadre du commerce international aux fins de la protection de la salubrité des aliments, de la santé animale et de la santé des végétaux. Ces mesures peuvent prendre de nombreuses formes. On peut ainsi exiger qu'un produit provienne d'une zone exempte de parasites ou de maladies, et inspecter les produits pour s'assurer qu'ils satisfont aux exigences du Canada en matière de salubrité des aliments.
[Français]
L'Agence canadienne d'inspection des aliments est également chargée d'appliquer la Loi sur la santé des animaux et le Règlement sur la santé des animaux, qui régissent le contrôle des maladies et des substances toxiques. Ces exigences prévoient que les conditions d'importation en matière de santé animale doivent être fondées sur les preuves scientifiques du risque lié à cette importation, lequel est déterminé par le statut zoosanitaire du pays d'origine ou par la méthode de transformation visant à atténuer les risques de maladie.
[Traduction]
De même, en vertu de la Loi sur la salubrité des aliments au Canada, des exigences strictes interdisent l'importation d'aliments insalubres. Les importations de viande doivent respecter les exigences du Canada en matière de salubrité des aliments et de santé animale. Ces exigences rigoureuses s'appliquent aussi à l'intérieur même de notre pays. Les exportateurs canadiens peuvent ainsi soutenir la concurrence sur la scène mondiale en offrant des produits carnés salubres et de haute qualité à leurs clients de toute la planète.
Je tiens à souligner qu'aucun des accords de libre-échange du Canada ne compromet le droit du gouvernement du Canada de prendre les mesures sanitaires et phytosanitaires nécessaires à la protection de la salubrité des aliments, de la santé animale et de la santé des végétaux. En termes simples, les obligations commerciales du Canada ne diminuent en rien la rigueur des exigences canadiennes en matière de salubrité des aliments, de santé animale et de santé des végétaux applicables aux marchandises importées.
Les obligations commerciales du Canada en matière de mesures sanitaires et phytosanitaires exigent que le gouvernement du Canada applique ses mesures sanitaires et phytosanitaires de manière équitable, sans faire de discrimination entre les marchandises importées et les marchandises nationales ni entre les marchandises importées de différents pays. Ces obligations commerciales exigent également que le Canada applique les mesures sanitaires et phytosanitaires de manière transparente, qu'il fonde ces mesures sur une évaluation scientifique des risques et qu'il prenne les mesures sanitaires et phytosanitaires les moins restrictives possibles pour le commerce tout en assurant le niveau de protection approprié pour le Canada.
Enfin, les accords de libre-échange du Canada établissent des mécanismes de coopération permettant aux organismes de réglementation de supprimer et d'éviter les obstacles commerciaux inutiles.
Ceci conclut mon exposé liminaire. Je me ferai un plaisir de répondre aux questions des membres du Comité.
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Je vais vous faire une brève mise à jour dès maintenant, et je me ferai un plaisir de vous en dire plus long par écrit.
Comme vous le savez, l'Accord de libre-échange Canada-Ukraine modernisé est entré en vigueur en juillet 2024. Il permet principalement de maintenir les conditions d'accès au marché, en particulier pour les marchandises qui figuraient dans l'accord initial de 2017 entre les deux pays. L'accord modernisé met à jour les engagements pris dans le chapitre sur l'investissement en ce qui concerne le commerce des services, l'admission temporaire de gens d'affaires, les services financiers et le commerce numérique en plus d'ajouter des chapitres sur le commerce et le genre, et le commerce et les peuples autochtones.
Il est très difficile pour le moment d'en cerner les répercussions sur le commerce bilatéral vu que les relations commerciales avec l'Ukraine sont bien sûr fortement affectées par le conflit en cours et l'invasion illégale de l'Ukraine par la Russie. Les nouvelles dispositions sur les services et les investissements, en particulier, ont été difficiles à évaluer dans un contexte semblable. Nous serons certes en bonne posture pour poursuivre le dialogue avec l'Ukraine une fois le conflit terminé, notamment aux fins de la reconstruction du pays.
Nous serons heureux de fournir des mises à jour périodiques au Comité au sujet de cette relation.
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Merci, monsieur le président.
Je remercie aussi les témoins de s'être déplacés pour être avec nous aujourd'hui.
Ma première question s'adresse à M. Fowler. Vous m'excuserez, je vais faire un préambule avant de vous poser ma question.
Dans le cadre de l'étude des relations commerciales du Canada avec les pays du Mercosur, nous avons reçu des gens des industries du poulet et du bœuf, qui nous ont parlé de leurs craintes, qui sont tout à fait légitimes. Au cours d'une discussion avec Mme Citeau, vice-présidente du Conseil des viandes du Canada responsable du commerce international, elle m'a dit qu'il y avait des ententes avec des pays d'Asie et que c'était plus de ce côté-là qu'elle voulait aller, mais qu'il y avait eu une croissance de près de 25 % du côté du Mexique. Ça m'a surpris.
Pourquoi y a-t-il une croissance aussi importante du côté du Mexique, tandis que c'est plus difficile du côté du Mercosur? Sa réponse était très intéressante. Elle parlait d'une entente de libre-échange qui a été bâtie sur 20 à 25 ans d'échanges commerciaux et qui donne aujourd'hui, nécessairement, des résultats.
Voici donc ma question pour vous: que ce soit pour les producteurs de poulet ou pour les autres producteurs de viande qui ont des craintes aujourd'hui, est-ce que cette entente commerciale, bien qu'elle puisse être menaçante à court terme, peut être bénéfique à moyen ou long terme, tout comme l'entente avec le Mexique, qui semble porter des fruits et générer une croissance importante 20 ou 25 ans plus tard?
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Merci beaucoup de la question.
Je suis d'accord. Nous sommes bien au courant des sensibilités exprimées par les industries canadiennes, surtout les industries agricoles, en ce qui concerne la possibilité d'un accord avec les pays du Mercosur. Nous en tenons compte à la table des négociations. Évidemment, ce sont des secteurs auxquels s'intéressent les pays du Mercosur sur le plan des exportations, et c'est quelque chose que nous devons gérer au cours de nos négociations.
En ce qui concerne les accords qui sont en place depuis plusieurs années, c'est le cas de notre accord avec le Mexique. Nous avons un accord trilatéral avec les États‑Unis et le Mexique depuis 1994. Nos relations avec le Mexique sont donc beaucoup plus avancées que nos relations avec les pays du Mercosur, avec lesquels nous n'avons jamais eu un accord tel que celui que nous sommes en train de négocier.
Nos statistiques nous indiquent que, pour les accords bilatéraux entre le Canada et ses partenaires, normalement, dans les 10 premières années suivant l'entrée en vigueur d'un accord, on voit une augmentation de plus de 100 % des marchandises exportées vers l'autre pays, contre environ 50 % dans le cas des pays avec lesquels nous n'avons pas d'accord de libre-échange.
Nous savons que l'accord que nous sommes en train de négocier change fondamentalement la nature de nos relations commerciales. C'est pourquoi il est tellement important de s'assurer que tous les intérêts, y compris ceux liés aux sensibilités du secteur agricole que vous avez mentionnées, sont traités d'une façon acceptable pour tout le monde.
J'aimerais commencer par expliquer le rôle d'Agriculture et Agroalimentaire Canada à la table de négociation.
Avec Affaires mondiales Canada et nos collègues des Finances, nous travaillons à la négociation des tarifs et des règles d'origine. Dans ce contexte, nous favorisons les intérêts du secteur agricole, non seulement pour les secteurs axés sur les exportations, mais aussi pour des secteurs sensibles, comme ceux assujettis à la gestion de l'offre.
Nous avons des consultations assez régulières avec les entreprises et les exportateurs. Le Mercosur est un marché très protégé. Il y a beaucoup de droits de douane et de mesures non tarifaires. Nous avons entendu, bien évidemment, des inquiétudes liées à la viande, comme le poulet, le porc et le bœuf, mais il y a aussi des possibilités pour certains secteurs, comme celui des grains et des céréales. Par exemple, il y a des possibilités d'exportation de blé vers le Brésil. C'est un marché où on consomme beaucoup de blé pour faire du pain et d'autres produits. Il en va de même pour les légumineuses, les produits transformés et les aliments pour les chiens et les chats. Ce sont des possibilités importantes.
En ce moment, nous avons une balance commerciale assez négative avec le Mercosur. Nous importons beaucoup de sucre, de café et de jus d'orange. Il y a donc des occasions à saisir pour remédier à cette balance commerciale négative, tout en protégeant, bien sûr, nos intérêts défensifs. Nous sommes bien placés, à Agriculture et Agroalimentaire Canada, pour travailler étroitement avec Affaires mondiales afin de nous assurer que l'accord est assez bien équilibré.
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Reprenons. Je souhaite la bienvenue à nos invités.
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le jeudi 12 février 2026, le Comité reprend son étude sur les relations commerciales entre le Canada et l'Afrique du Nord et de l'Ouest.
Nous recevons aujourd'hui Mohamad Sawwaf, président du conseil d'administration du Conseil de commerce canado-arabe.
Nous sommes heureux de faire votre connaissance.
Nous accueillons aussi Anthony Salloum, directeur associé des relations gouvernementales pour le Canada chez ONE Campaign. Beaucoup de personnes dans la salle connaissent M. Salloum en sa qualité de lobbyiste.
Nous sommes heureux de vous revoir à la Chambre des communes, monsieur.
Les témoins disposeront de cinq minutes chacun pour faire une déclaration préliminaire.
Monsieur Sawwaf, je vais vous céder la parole pour cinq minutes. Je vous ferai signe quand votre temps de parole tirera à sa fin. Vous disposez de cinq minutes pour faire votre déclaration préliminaire.
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Merci beaucoup, monsieur le président. Distingués membres du Comité, bonjour.
Je m'appelle Mohamad Sawwaf. Je comparais devant vous en tant que président du Conseil de commerce canado-arabe, le CABC, un organisme qui, depuis plus de 40 ans, sert de principal pont institutionnel entre la communauté des affaires canadienne et le monde arabe, englobant le Golfe, le Levant et l'Afrique du Nord. C'est un honneur de contribuer à cette étude, et je serai direct: le moment est plus déterminant qu'il n'y paraît.
La zone de libre-échange continentale africaine compte désormais 54 des 55 États membres de l'Union africaine parmi ses signataires. Elle crée la plus grande zone de libre-échange au monde par son nombre de membres, et les règles, les normes et les relations institutionnelles qui régiront l'accès aux marchés sur ce continent sont en train d'être établies aujourd'hui, en ce moment même. Les premiers venus façonneront ces règles. Les autres négocieront leur entrée à des conditions fixées par d'autres.
Le Canada a pris du retard. Cette étude est une occasion d'y remédier. Nous ne sommes pas dépourvus d'atouts. En fait, le Canada dispose de trois avantages stratégiques que peu de nations concurrentes peuvent revendiquer.
Premièrement, il y a notre diaspora. Plus de 750 000 Canadiens d'origine arabe et une importante communauté canadienne d'origine africaine possèdent la maîtrise des langues, le savoir-faire culturel, les réseaux et la connaissance du marché qu'aucune mission commerciale ne saurait reproduire. Ce ne sont pas seulement des atouts culturels, ce sont des atouts commerciaux. Nous ne les avons jamais pleinement mobilisés.
Deuxièmement, il y a la francophonie. Quatorze des 15 États membres de la CEDEAO — la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest — sont francophones. L'identité bilingue du Canada est vraiment un élément qui nous distingue de nos concurrents anglophones sur le plan commercial en Afrique de l'Ouest et qu'ils ne peuvent tout simplement pas égaler. Notre appartenance à l'Organisation internationale de la Francophonie nous offre une plateforme multilatérale que nous n'exploitons pas pleinement.
Troisièmement, il y a l'adéquation sectorielle. Les points forts du Canada dans les domaines de la technologie propre, de l'agroalimentaire, de la finance islamique et inclusive, de la gouvernance minière et de l'enseignement supérieur correspondent directement aux priorités de développement les plus urgentes de la région.
Cette adéquation n'est pas fortuite. Elle est stratégique, mais les entreprises canadiennes, en particulier les PME, se heurtent à de réels obstacles. Le financement des exportations par l'intermédiaire d'EDC et de la BDC reste effectivement inaccessible pour de nombreuses entreprises qui cherchent à pénétrer les marchés africains. La perception du risque dépasse le risque réel.
Les obstacles non tarifaires et les divergences réglementaires imposent des coûts disproportionnés aux petits exportateurs. De plus, notre réseau de délégués commerciaux en Afrique du Nord et de l'Ouest est petit, considérablement plus petit que celui des nations comparables. La présence est un signal d'engagement. Sans elle, la confiance ne s'établit pas, et sans confiance, le commerce ne se matérialise pas.
Le mémoire du CABC contient une analyse détaillée et des données à l'appui, et je vais résumer nos recommandations.
Premièrement, élaborer une stratégie Canada-Afrique pour le commerce et l'investissement, qui comprendrait un chapitre particulier pour l'Afrique du Nord et de l'Ouest, des cibles mesurables et des cadres d'engagement officiels avec le secrétariat de la ZLECAf — la Zone de libre-échange continentale africaine —, et la CEDEAO.
Deuxièmement, moderniser l'accès des PME au financement des exportations, en créant un mécanisme de financement mixte dédié aux entreprises canadiennes qui s'implantent sur les marchés africains, conçu en collaboration avec la Banque africaine de développement et calqué sur des instruments comparables déployés par le Royaume-Uni et les États-Unis.
Troisièmement, établir un programme officiel de diplomatie commerciale pour la diaspora, en déployant des professionnels des diasporas canadiennes arabe, africaine et francophone en tant que conseillers aux marchés, qu'envoyés commerciaux et qu'intermédiaires en matière d'investissement intégrés au sein du Service des délégués commerciaux.
L'Afrique du Nord et de l'Ouest n'ont pas besoin de la charité du Canada. Elles ont besoin d'un partenariat d'égal à égal avec lui, d'un engagement à long terme et du niveau de sophistication nécessaire pour répondre à l'ambition d'un continent qui se construit en temps réel. Le Conseil de commerce canado-arabe est prêt à être un partenaire constructif dans ce travail.
Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions et je vous remercie sincèrement de m'avoir accordé le privilège de comparaître devant vous aujourd'hui.
À la fin de ma déclaration, vous serez persuadés que nos deux déclarations ont été rédigées par la même personne. C'est le reflet du consensus qui règne au sein des communautés de la diaspora au Canada, ainsi que des préoccupations similaires que nous entendons en tant qu'organisation qui se consacre à l'Afrique et aux relations entre le Canada et l'Afrique.
ONE a récemment publié un bulletin pour souligner le premier anniversaire de la Stratégie du Canada pour l'Afrique, dont vous discutez. Notre message central était simple. Si le Canada veut vraiment diversifier ses échanges commerciaux, l'Afrique doit faire partie de ses efforts. Les relations entre le Canada et l'Afrique doivent être discutées ici, au sein de votre comité. Nous sommes très heureux de voir que c'est le cas aujourd'hui, car trop souvent, le continent est vu uniquement comme un cas de charité. On en parle toujours comme d'un bénéficiaire d'aide et non comme d'un avantage stratégique pour le Canada. Cette vision erronée ne sert pas les intérêts du Canada.
En effet, l'Afrique revêt une importance particulière pour le Canada, tant sur le plan économique que stratégique. Selon les prévisions, elle devrait connaître une croissance plus rapide que l'Asie en 2026. D'ici 2050, un habitant sur quatre de la planète sera africain. L'accord de libre-échange continental africain dont mon collègue vient de parler est en train de créer la plus grande zone de libre-échange au monde, réunissant 1,3 milliard de personnes dans 54 pays, comme il a été mentionné, avec un PIB combiné de 3,4 billions de dollars américains. Ce sont des chiffres importants dont il faut tenir compte.
Pour le Canada, cela représente à la fois une occasion et une nécessité. Notre analyse montre qu'avec un plan de mise en œuvre adéquat, les exportations canadiennes vers les pays africains pourraient doubler au cours de la prochaine décennie. Elles pourraient atteindre 13 milliards de dollars d'ici 2035. Les importations en provenance des pays africains pourraient également doubler, pour atteindre 20,9 milliards de dollars d'ici 2035. Les entreprises et les consommateurs canadiens bénéficieraient non seulement de nouveaux marchés, mais aussi de nouvelles chaînes d'approvisionnement.
Nous recommandons trois mesures immédiates. Premièrement, publier un plan de mise en œuvre assorti d'objectifs mesurables en matière de commerce, d'investissement et d'engagement diplomatique. Deuxièmement, organiser une mission commerciale en Afrique dirigée par le premier ministre, à laquelle participeraient des entreprises canadiennes et des secteurs prioritaires. Troisièmement, créer un mécanisme de financement dédié pour soutenir les investissements entre le Canada et l'Afrique et mettre en œuvre le mécanisme d'engagement de la diaspora qui a été promis dans la stratégie. Tout au long de nos consultations, c'est une mesure nécessaire qui revenait constamment.
Le Fonds d'investissement du Canada pour l'Afrique pourrait contribuer à mobiliser des capitaux privés, à réduire les risques pour les investisseurs et à soutenir les partenariats entre les entreprises canadiennes et africaines.
[Français]
Les relations Canada-Afrique devraient être fondées sur le commerce, la prospérité mutuelle et un partenariat authentique, car c'est la base la plus solide pour une relation durable et moderne.
L'Afrique n'est pas un bénéficiaire passif de l'aide extérieure. C'est un continent de marchés en croissance, d'entrepreneurs, d'innovateurs et de jeunes talents qui contribueront à façonner l'économie mondiale dans les décennies à venir.
Il est à noter que certaines monnaies africaines figurent désormais parmi les plus performantes du monde en 2025, portées par les prix élevés des matières premières et une amélioration de la stabilité macroéconomique.
[Traduction]
Vous avez tous reçu notre bulletin parlementaire, « Gazeti la Afrika », dans vos boîtes de réception le 12 mars. Nous prévoyons l'envoyer quatre fois par année pour tenir les parlementaires informés.
Voici l'un des exemples dont nous avons parlé dans notre bulletin. En Afrique du Nord, l'Algérie a annoncé la construction du gazoduc transsaharienne, le TSGP, prévu de longue date. Le TSGP est un projet de gazoduc de 4 128 kilomètres destiné à relier les gisements de gaz du sud du Nigeria à l'Algérie via le Niger afin d'exporter du gaz vers l'Europe. C'est le genre de projets qui se concrétisent aujourd'hui.
En Afrique de l'Ouest, par exemple, le Nigeria a signé un accord industriel avec la Corée du Sud pour créer la première usine de fabrication de véhicules électriques à grande échelle en Afrique. L'usine prévue devrait produire 300 000 véhicules par an et créer environ 10 000 emplois directs et indirects sur le continent.
Le Canada apporte à la table son expertise, ses capitaux, sa technologie et des institutions dignes de confiance, et les partenaires africains apportent des possibilités, leurs ambitions et une valeur stratégique, mais une relation sérieuse doit reposer sur le respect mutuel.
[Français]
Cela signifie aller au-delà d'une mentalité dépassée axée d'abord sur la charité et évoluer vers des partenariats qui créent des emplois, élargissent les marchés, renforcent les chaînes d'approvisionnement et favorisent des sociétés plus saines et plus stables.
[Traduction]
Il est urgent d'agir maintenant, parce que le Canada cherche à diversifier son commerce et ses partenariats dans un monde incertain, et que l'essor économique et démographique de l'Afrique s'accélère. Si le Canada veut établir des relations solides dans les marchés en croissance de l'avenir, c'est un moment crucial pour agir.
Dans le cadre de vos réflexions, la Stratégie du Canada pour l'Indo-Pacifique vous offrira un modèle utile. Lorsque cette stratégie a été lancée, elle bénéficiait d'un plan de mise en œuvre clair et d'engagements de financement importants de 2,3 milliards de dollars. Bref, le Canada a une stratégie, mais ce dont il a besoin maintenant, c'est de la mettre en œuvre. Si le Canada passe de la parole aux actes et agit avec détermination et cohérence, il peut établir des partenariats plus solides avec l'une des régions dont la croissance est la plus rapide au monde, tout en faisant progresser ses propres intérêts économiques.
Je vais m'arrêter ici. Merci beaucoup.
:
Merci, monsieur le vice-président.
Tout d'abord, messieurs, je n'ai pas trouvé que vos déclarations étaient les mêmes, mais elles étaient certainement complémentaires. Vous parlez tous les deux d'une occasion extraordinaire qui s'offre à nous.
Dans les documents fournis, je remarque qu'on dit notamment que depuis que le gouvernement a annoncé la nouvelle stratégie sur l'Afrique il y a un an, les progrès sont lents. J'y vois une tendance à faire de grandes annonces et à obtenir peu de résultats. Je suis vraiment déçu de voir que c'est aussi le cas ici.
Vous avez tous les deux parlé de la taille du marché africain, des possibilités qu'il recèle, de l'importance de comprendre d'autres pays et d'autres systèmes et de l'occasion qui nous est donnée d'y participer. Je vais demander à chacun d'entre vous de me dire quelle est, selon vous, la principale raison pour laquelle les progrès ont été si lents en Afrique, et quelle solution précise vous proposeriez. Vous nous avez donné un excellent aperçu général, mais choisissez celle qui se trouve en haut de la pile et sur laquelle nous pouvons travailler.
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Permettez-moi d'être juste, car il est important que je le sois. Parfois, de l'extérieur, il est très difficile de voir si les choses bougent. L'une des préoccupations de la diaspora, c'est qu'elle ne voit pas toujours si les choses bougent du côté du gouvernement.
Nous avons parlé notamment de la nécessité de mettre en place un mécanisme de consultation qui amènerait la diaspora à entrer en contact de façon officielle et organisée avec les responsables pour l'Afrique, par exemple, à la direction des affaires panafricaines d'Affaires mondiales Canada. Il faut mettre en place un mécanisme officiel qui permet ce genre de contribution officielle et avoir aussi un canal de communication entre les fonctionnaires d'Affaires mondiales Canada, la diaspora et les entrepreneurs.
Il y a beaucoup d'entrepreneurs au pays qui ont hâte de se lancer, mais ils disent avoir l'impression que le ministère ne réagit pas ou est trop lent, ou qu'il n'y a pas assez de communication entre la division du financement innovateur d'Affaires mondiales et FinDev, la filiale d'Exportation et développement Canada, par exemple. Quand on parle aux hauts fonctionnaires, ils disent que les choses bougent beaucoup. Le problème, c'est qu'on ne le voit pas parfois. Selon nous, donc, la première chose qui peut être faite, qui est tangible et réalisable à court terme, c'est de mettre en place un mécanisme de consultation officiel.
Je vais m'arrêter ici et céder la parole à mon collègue.
Je veux me concentrer sur la question de la volonté politique. L'an dernier, la volonté politique était là, la stratégie a été discutée et mise en place. Cependant, il n'y a pas eu de progrès. À quoi doivent ressembler ces progrès? Je comparerais cela à ce que nous avons vu récemment au Moyen-Orient, en particulier avec le Conseil de coopération du Golfe. Il y a énormément d'activités en ce moment, des visites ministérielles des deux côtés. Bien sûr, le s'y est rendu, et cela a envoyé un signal très fort, non seulement aux pays de la région pour leur dire que le Canada est ouvert aux affaires, que nous sommes prêts à diversifier nos échanges et à ouvrir des portes stratégiques, mais aussi à la diaspora et au monde des affaires pour leur dire qu'ils peuvent maintenant s'engager en toute confiance dans la région, et que ce sera réciproque de l'autre côté.
Par exemple, j'ai des membres qui exportent dans la région africaine, et on m'a dit pas plus tard qu'hier soir, quand je me préparais pour cette réunion, qu'EDC ne soutient ou n'assure que dans un seul sens, c'est‑à‑dire les exportations du Canada vers... et n'assure pas... C'est basé sur les risques par pays. Par exemple, pour l'Angola, ce n'est que 50 % jusqu'à une certaine limite, tandis que si vous vous adressez à un fournisseur d'assurance comme Allianz, qui a une bonne expérience sur le terrain et qui compte de nombreux partenaires capables d'évaluer les risques de manière plus crédible, il sera heureux de faire affaire avec vous. Dans une approche descendante, le signal donné par le Cabinet du premier ministre sera ensuite transmis à tous les organismes gouvernementaux pour leur dire qu'il s'agit d'une région stratégique et importante à considérer, et tout sera beaucoup plus rapide que par le passé.
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Je suis tout à fait d'accord avec vous, mais je préférerais être deuxième que dernier. L'initiative de la Chine est exemplaire à cet égard. Pas plus tard qu'hier, j'ai vu une annonce en Égypte concernant la construction d'un monorail de 22 stations pour relier la ville administrative au Caire.
Je suis allé à Dubaï et dans d'autres grandes villes de la région, et chaque fois que je me rends dans l'un de ces aéroports, je vois les trains légers de Bombardier. Où est Bombardier quand ces occasions sont offertes? Toutefois, comme l'Égypte n'est pas une priorité pour le Canada, ces occasions ne se présentent pas à nous, de sorte que d'autres, bien sûr, vont rafler la mise. C'est un exemple.
Je pense qu'il est possible pour nous de tirer notre épingle du jeu, nous avons les fabricants, l'expertise. Nous sommes connus à l'échelle mondiale dans ces domaines particuliers, alors nous devons simplement être plus présents, faire connaître ces occasions, soumissionner sur ces énormes contrats et profiter de ces possibilités.
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Si vous me le permettez, j'ajouterais que l'entrepreneuriat ne manque pas dans ce pays, et les communautés de la diaspora ne manquent ni d'énergie ni d'enthousiasme. Certains commentaires sont récurrents, à savoir que ces communautés ont parfois l'impression que les divers organismes chargés d'ouvrir ces corridors ne travaillent pas en synergie. On évoque un effet de cloisonnement entre la Division du financement innovateur d'Affaires mondiales et FinDev.
Je peux dire qu'il y a eu du mouvement au cours de la dernière année. Par exemple, le gouvernement — et c'est tout à son honneur — a créé un pôle commercial pour l'Afrique. Il a regroupé les ressources, les ressources humaines et certains des plus grands experts d'Affaires mondiales en un endroit pour améliorer, à tout le moins, la communication et la coordination entre les divisions.
On s'est également efforcé de réduire les cloisonnements entre les divisions. FinDev dispose maintenant d'outils plus souples en matière de finance innovante, de sorte que l'un d'eux intervient en amont, et l'autre dans le troisième volet et dans des volets d'investissement plus avancés, par exemple. Il reste beaucoup de travail à faire, étant donné que ces connaissances, ces renseignements et ces volets ne sont pas encore officiellement en place.
Il y a une préoccupation constante. Nous avons tous vu ce qui s'est passé avec le budget de l'automne dernier. Le ministère doit maintenant composer avec l'une des plus importantes réductions des coûts de fonctionnement de son histoire. Cela touche le personnel et les ressources, et signifie également une réduction du personnel des bureaux commerciaux. Une décision distincte du gouvernement entraîne la réduction des coûts de fonctionnement, ce qui pose problème.
Ce que nous disons, c'est que si l'on veut réussir, si le commerce est vraiment une priorité, il faut accorder la priorité aux bureaux commerciaux sur le continent et en augmenter le nombre. Il convient de souligner que FinDev vient d'ouvrir un nouveau bureau commercial sur le continent. Il faut donc poursuivre dans cette voie, renforcer les liens avec la diaspora et mettre en place les fonds et les mécanismes d'investissement dont la diaspora a besoin, ici, pour pouvoir exporter.
J'ai un dernier commentaire. La présence d'une mission commerciale envoie des messages d'une grande importance au continent. La participation du ou d'un ministre à une mission commerciale a de multiples retombées. Cela indique à l'ensemble du continent que le Canada aborde avec sérieux ses relations avec l'Afrique. Cela comprend d'autres personnes qui accompagnent le ministre. Par exemple, lorsque est allé au Mexique, 370 personnes représentant 240 organisations ont participé à cette mission commerciale. Au Canada, nous savons comment mener des missions commerciales. Concentrons-nous sur l'Afrique, organisons une mission commerciale en Afrique et préparons‑la correctement.
Ce sont des exemples concrets de mesures à prendre pour faire avancer la stratégie.
Merci.
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Merci, monsieur le président.
Je remercie les témoins d'être avec nous. Je les remercie aussi de leurs présentations respectives. Je vais commencer par M. Salloum.
D'abord, je vous souhaite un bon retour à la Chambre des communes.
Essentiellement, vous dites que le Canada devrait commercer davantage avec l'Afrique. De ce côté-là, il n'y a pas de problème, mais vous soulevez aussi des problèmes liés à la transparence et à la corruption.
Il y a toutes sortes de choses que vous avez dites dans votre présentation, lesquelles méritent réflexion. Cependant, qu'est-ce qu'on peut faire concernant la transparence et la corruption?
Comment peut-on s'assurer qu'il y a un suivi et que les élites locales, là-bas, ne détournent pas les sommes?
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Faudrait-il établir des exigences en matière de gouvernance lorsqu'on conclut de telles ententes?
Lorsque l'on commence à faire du commerce avec un pays, il s'agit de faire des investissements, mais faut-il imposer des exigences en matière de changements?
Ça s'est déjà vu dans le passé. Dans les années 1990, celles du néolibéralisme fort, on appelait ça des ajustements structurels.
Le Fonds monétaire international, ou FMI, et le Groupe de la Banque mondiale faisaient des prêts assortis de conditions. Il fallait que les pays mettent en place des réformes en profondeur. C'étaient des réformes en matière de démocratie et de gouvernance, ce qui n'est pas un mal en soi, mais elles étaient aussi très néolibérales par essence.
Il y a donc une partie des gens qui se sont enrichis, mais il y en a une autre qui est restée profondément ancrée dans les inégalités. Comment s'assurer que ce n'est pas une espèce de condition similaire? Il y a la question de la corruption, mais il y a aussi la question du respect de la souveraineté de ces pays. Ce n'est donc pas évident.
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Je vais vous parler d'un autre rapport que nous avons fait l'année passée sur le lien entre l'investissement dans le développement et le libre-échange.
Il y a un lien important entre le commerce et le développement. Il est important que nous respections nos obligations internationales en matière de développement parce que c'est une composante importante de tout ce que nous faisons. Nous offrons de l'aide en ce qui concerne la gouvernance, de même qu'en ce qui concerne les crises liées à des pandémies, par exemple.
Nous offrons aussi de l'aide sur le plan de l'échange de technologies, et peut-être aussi sur le plan des ressources humaines. Nous envoyons des spécialistes. Nous pouvons offrir ce type d'aide à un pays au début. Quand il atteint un état que nous jugeons satisfaisant et qu'il est assez transparent, nous pouvons passer à la prochaine étape, qui est l'étape économique, le libre-échange.
[Traduction]
Commençons par le développement, la gouvernance, l'aide et l'autonomie dans la prestation de programmes importants. Lorsque le gouvernement de ce pays atteint une certaine étape et que nous sommes sûrs de pouvoir passer à l'étape suivante, nous pourrons parler d'un APIE avec ce pays. Ensuite, nous parlerons de commerce.
[Français]
C'est une évolution. Cependant, nous devons commencer maintenant, parce que ça prend du temps.
C'est une bonne question, et cette question nous préoccupe.
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C'est exact. Il s'agit d'un avis verbal.
J'ai fourni le texte au greffier, mais je vais lire la motion aux fins du compte rendu pour la gouverne de tous les membres. Elle porte sur le Décret de remise visant des marchandises de l'Ukraine.
La motion se lirait comme suit:
Que le Comité permanent du commerce international:
1. réaffirme son soutien indéfectible à la souveraineté, à l'indépendance et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine;
2. reconnaisse l'aide du gouvernement du Canada à l'Ukraine et manifeste son soutien;
3. demande au ministre des Finances de prolonger immédiatement et inconditionnellement la période pour laquelle la remise est accordée en vertu du Décret de remise visant des marchandises de l'Ukraine ou de tout autre instrument, en l'appliquant aux marchandises importées pendant la période commençant le 9 juin 2022 et se terminant le 9 juin 2031 plutôt qu'aux marchandises importées pendant la période commençant le 9 juin 2022 et se terminant le 9 juin 2026;
4. demande au ministre des Finances de répondre par écrit à la demande du Comité dans un délai de 15 jours;
5. charge la présidente d'en faire immédiatement rapport à la Chambre.
En guise de contexte pour les autres membres du Comité, cela a pour effet de prolonger la période prévue par le Décret de remise visant des marchandises de l'Ukraine — l'instrument qui permet aux marchandises de l'Ukraine d'entrer au Canada en franchise de droits — d'une période d'un an à une période de cinq ans.
Cela découle d'un commentaire que j'entends constamment: la période d'un an est trop courte pour que les entreprises ukrainiennes puissent trouver des clients, solliciter des ventes, conclure des ententes et produire des biens. Elles ne peuvent donc pas tirer parti de cette mesure. Dans nos discussions, on m'a demandé de prolonger la période, et j'ai proposé une période de cinq ans.
J'ai donné avis de la motion. Nous pourrons en discuter plus tard, ou après la réunion également. Cela nous conviendrait également, alors je vous remercie.
Merci aux témoins. Je suis désolé d'avoir pris un peu de mon temps pour traiter d'une question qui concerne le groupe de témoins précédent. Je vous remercie de votre présence et de vos précieux conseils.
Monsieur Salloum, la première mesure que vous présentez dans le rapport que vous avez fourni est la publication d'un plan de mise en œuvre avec des objectifs mesurables.
Pourriez-vous nous dire quels seraient vos cinq principaux objectifs? Si le Comité faisait le point sur la question du commerce en Afrique, l'an prochain ou dans deux ans, quelles sont les cinq choses les plus importantes que nous devrions avoir accomplies, selon vous?
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Oui, je suis tout à fait d'accord, s'il était possible de nous concentrer sur le plus petit dénominateur en ce qui a trait aux résultats exploitables ou simplement sur ce que nous pouvons faire, au minimum, pour faire avancer les choses.
Mon collègue a indiqué qu'il faut commencer. À quoi cela ressemble‑t‑il? S'agit‑il d'un engagement plus ferme, d'une mission commerciale? C'est très faisable. Cela fait partie des résultats que nous souhaiterions voir dans la prochaine année: une mission commerciale du Canada à l'étranger dans une ou plusieurs régions de l'Afrique, qui est partagée entre le Nord, l'Est et l'Ouest. Nous avons de nombreuses relations avec l'Afrique du Nord en particulier. Nous l'avons constaté.
Nous pourrions aussi mettre l'accent sur les possibilités qui s'offrent à nous pour accroître le commerce, n'est‑ce pas? Comme M. Fonseca l'a mentionné, le commerce stagne. Que devons-nous faire pour accroître les échanges commerciaux? Faut‑il travailler avec EDC pour les activités d'importation et d'exportation? Faut‑il regarder les produits que l'Afrique a à offrir, mais que nous n'importons pas? Nous traversons actuellement une période tumultueuse. La sécurité alimentaire redevient un enjeu. Quelle est la position du Canada sur l'agroalimentaire et la technologie? Aidons-nous ces pays à être... Le gaz naturel liquéfié, le pétrole et le gaz naturel sont tous des éléments qui reviennent d'actualité, à l'avant-plan. Dans ce cas, comment pouvons-nous renforcer...
L'augmentation du nombre de vols est une autre solution qui, à mon avis, est facile. Par exemple, nous avons vu qu'Air Maroc offre des vols directs vers Montréal, et maintenant vers Toronto. L'augmentation du nombre de vols favorise la mobilité. Les vols directs vers le Canada favorisent naturellement l'augmentation des échanges commerciaux et du transport des marchandises. Les gens ont davantage de possibilités de visiter notre pays, qu'ils participent à des délégations ou non, et c'est sans compter les touristes.
Cela pourrait être trois éléments à retenir qui sont à la fois très mesurables et tout à fait réalisables dans la prochaine année.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Merci beaucoup aux témoins d'être avec nous. Votre contribution est très intéressante.
Nous avons reçu le mémoire de l'organisation Campagne ONE avant la réunion, et nous avons pu en prendre connaissance. J'aimerais poser plusieurs questions.
L'Afrique n'est pas homogène. Il faut en tenir compte au moment de décider quel pays on va privilégier.
Dans le cadre de cette étude, que j'ai proposée, quelles mesures concrètes et immédiates devrions-nous recommander?
Vous avez dit qu'il fallait agir tout de suite. Vous avez parlé de vols directs. Cela dit, comment devons-nous renforcer, dès maintenant, les relations commerciales avec l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique du Nord?
Vous avez dit tantôt qu'il faudrait augmenter le nombre de missions commerciales. Vous avez aussi proposé que le Canada s'inspire de la Stratégie du Canada pour l'Indo‑Pacifique.
J'aimerais avoir vos observations à ce sujet.
[Traduction]
Je pense qu'il faut assurer une certaine présence si l'on veut bâtir sur ce qui existe déjà. Cela signifie accroître la présence sur le terrain, notamment le nombre de bureaux commerciaux ou de délégués commerciaux, et faire clairement savoir qu'il y a des Canadiens sur place qui travaillent en collaboration avec les autorités gouvernementales.
Le Conseil de commerce canado-arabe a également cherché des façons de tisser des liens avec les conseils d'affaires locaux de la région, comme le Conseil d'affaires Canada-Égypte, qui a récemment été créé du côté canadien. On pourrait aussi se tourner vers le Maroc, l'Algérie ou la Tunisie.
Pour répondre à votre question, madame Lapointe, par qui doit‑on commencer? Pourquoi ne pas commencer par les pays qui sont, selon nous, plus avancés sur les plans du cadre institutionnel, de la gouvernance, des droits de la personne et des règles et règlements?
Le Maroc et l'Afrique du Sud, par exemple, ont commencé à faire pousser des oranges pour augmenter leurs exportations de jus d'orange. Ce sont d'autres exemples de pays avec lesquels le Canada peut commencer à discuter. Nous pourrions ainsi trouver une autre source d'approvisionnement pour les produits qu'on aime, ici, au Canada.
On peut aussi penser au chocolat et au cacao.
[Traduction]
Même s'ils produisent 50 % du cacao mondial, la Côte d'Ivoire et le Ghana n'occupent qu'une fraction du marché mondial du chocolat.
[Français]
En effet, 56 % de nos importations de chocolat sont faites à partir des États‑Unis. Les États‑Unis importent du cacao et produisent le chocolat, et c'est ce produit fini que nous importons. C'est pourquoi le prix du chocolat au Canada est maintenant tellement élevé.
Pourquoi ne pas mettre en place un processus à valeur ajoutée avec la Côte d'Ivoire ou le Ghana pour importer directement, à partir de ces endroits, le chocolat sous la forme de produit fini? Comme ça, on pourrait diversifier nos sources d'approvisionnement ainsi que favoriser la croissance et la stabilité de notre économie dans ce secteur.
C'est juste deux exemples. Nous pouvons vous en fournir plein d'autres. C'est pourquoi nous avons produit notre mémoire. Nous allons vous en envoyer trois ou quatre fois par année où vous trouverez plein d'exemples comme ça.
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Je serai très bref; c'est un exemple qui met le Canada en valeur.
Pour ceux qui ne le savent pas, le Maroc importe presque exclusivement du blé dur canadien. Cela représente 99 % de ses importations; peu de gens le savent. C'est à tel point que lorsque le blé est vendu sur le marché à l'état brut, les gens savent qu'il s'agit de blé canadien en raison de sa teinte et de sa couleur, car c'est un blé de meilleure qualité comparativement au blé moins coloré.
Cela témoigne de la qualité du blé dur canadien qui est exporté au Maroc, mais est‑il également exporté vers d'autres pays d'Afrique? Je ne le sais pas. Cela pourrait être un point de départ pour se demander comment accroître les exportations de blé canadien dans la région africaine.
À l'inverse, l'Égypte est le deuxième plus grand producteur de dattes au monde. Je vois des dattes tunisiennes chez Costco, ce qui est formidable aussi, car cela profite également à la région africaine, mais les dattes égyptiennes sont-elles disponibles? Nous savons que l'Égypte a le Nil; c'est donc une région très fertile. Il y a tant de choses qui pourraient être avantageuses pour le Canada du point de vue agricole. Évidemment, nous pourrions également partager l'expertise dans les domaines des technologies et de l'agriculture que nous avons ici en Ontario, ainsi que dans les Prairies et dans l'Ouest.
Merci, monsieur le président.
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Merci, monsieur le président.
Monsieur Sawwaf, bien évidemment, la pénétration chinoise en Afrique n'est pas un secret. Ce n'est pas quelque chose qui est tabou non plus. Or, au début de cette étude, nous avons reçu un professeur qui nous a dit, justement, que l'occasion à saisir serait peut-être, au lieu d'affronter directement la Chine, d'aller dans des secteurs où elle est moins concurrentielle en Afrique, à savoir les secteurs de haute valeur ajoutée et de haute technologie.
Au Québec, on sait qu'on a une expertise en aérospatiale, en énergie propre, en minéraux critiques, en ingénierie ou en intelligence artificielle. Je regarde ça et je me dis que, pour les fleurons québécois, il y aurait de bonnes occasions à saisir en Afrique du Nord.
Avez-vous la même impression? Si je me trompe, expliquez-moi pourquoi.
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Si j'ai bien compris, vous me demandez pourquoi on ne commence pas par la zone de libre-échange africaine. C'est parce qu'elle n'est pas encore prête. Il y a encore des négociations. Ce n'est pas encore accompli. Donc, il faut que nous attendions un peu. Pendant ce temps, à court terme, nous pouvons faire des ententes bilatérales avec quatre ou cinq pays. À long terme, quand la zone de libre-échange sera prête, le Canada pourra commencer à négocier avec d'autres pays. Cependant, comme vous le savez, ça prend beaucoup de temps pour en arriver là.
Cela dit, je veux juste mentionner qu'il y a des négociations et des projets provinciaux et régionaux entre le Canada et l'Afrique. Par exemple, le gouvernement du Québec a engagé l'entreprise Kasi Insight pour que celle-ci analyse la situation. Elle a produit un bon rapport, assorti de beaucoup de détails, sur la manière dont le Québec peut augmenter ses exportations en Afrique. On a prouvé, par exemple, que le Québec pourrait multiplier ses exportations par 10 d'ici 2035.
Il y a donc beaucoup d'étapes. Le Canada, l'Ontario et le Québec, par exemple, peuvent s'entendre avec quelques pays au début, mais, par la suite, ce sera avec toute la zone de libre-échange en Afrique.
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Merci beaucoup. Je serai bref. Je sais que la réunion tire à sa fin et je vous suis reconnaissant de nous consacrer du temps.
Merci beaucoup, messieurs Salloum et Sawwaf.
Habituellement, je ne siège pas à ce comité, mais je suis ravi de pouvoir poser cette question. La dernière partie de cette discussion m'amène à parler d'une réussite locale, Sprague Foods, qui se trouve dans ma circonscription, Bay of Quinte. Sprague Foods vient de célébrer son 100e anniversaire, et on pourrait dire que c'est la seule conserverie à toujours exister dans la région de la baie de Quinte, dans le comté de Prince Edward. Cette réussite est tout de même assez fascinante, surtout dans le marché actuel qui prône les achats canadiens. Leurs produits se trouvent partout au Canada en ce moment. Leurs produits — des haricots, des légumineuses et des soupes — sont très recherchés. Aucun d'entre eux ne contient de viande.
Je pense au marché africain. La compagnie a notamment pénétré le marché américain dans tous les Costco aux États-Unis. Tout le monde s'arrache ses produits, mais elle est très ambitieuse, et je peux l'imaginer accéder au marché africain. Quels conseils devrais‑je donner à Rick, Jane et Keenan Sprague pour qu'ils percent ce marché?
Voilà qui conclut notre discussion avec le deuxième groupe de témoins. Les témoins peuvent partir s'ils le souhaitent. Le Comité doit très brièvement terminer certains travaux.
Je tiens à vous remercier tous deux de vos témoignages sur les possibilités qui s'offrent au Canada en Afrique. Merci d'avoir comparu devant nous. Nous espérons vous réinviter à l'avenir.
Sauf erreur de ma part, nous devrions régler la question en approximativement quelques minutes. Les partis ont discuté entre eux. Nous en étions à une motion de M. Mantle concernant l'obtention de certains renseignements de la part de l'ASFC.
Je cède brièvement la parole à M. Mantle avant d'écouter M. Lavoie, qui, si j'ai bien compris, aimerait également donner son point de vue sur la motion.