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Bonjour. La séance est ouverte. Bienvenue à la 35
e réunion du Comité permanent du commerce international.
Nous avons quelques nouveaux membres à la table. Bienvenue à tous. C'est le meilleur comité sur la Colline. C'est mon opinion personnelle, mais nous avons un excellent groupe de personnes, des membres réguliers et des membres suppléants. Je vous remercie tous d'être ici.
Conformément au paragraphe 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le jeudi 12 février 2026, le Comité entreprend son étude sur les échanges commerciaux entre le Canada et le Japon.
J'ai un budget d'étude de 9 750 $. Est‑ce que tout le monde est d'accord?
Des députés: D'accord.
La présidente: Nous accueillons aujourd'hui, par vidéoconférence, Tyler Fulton, de l'Association canadienne des bovins. C'est quelqu'un que le Comité connaît très bien.
De l'Administration portuaire Vancouver-Fraser, nous accueillons, également par vidéoconférence, Alexa Young, vice-présidente, Affaires gouvernementales, externes et environnementales.
Bienvenue à vous deux.
Nous allons commencer par M. Fulton, qui fera un exposé de cinq minutes.
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Bonjour, madame la présidente. Je vous remercie de me donner l'occasion de comparaître aujourd'hui.
Je m'appelle Tyler Fulton et je suis président de l'Association canadienne des bovins.
Par l'entremise de ses membres provinciaux, l'ACB représente environ 60 000 producteurs de bœuf du Canada qui soutiennent les emplois, l'économie, les collectivités rurales et la sécurité alimentaire.
Aujourd'hui, je vais vous présenter l'histoire à succès de l'industrie canadienne des bovins et du Japon, ainsi que les leçons tirées de cette relation fructueuse.
Le Japon est le deuxième marché d'exportation de bœuf du Canada, après les États‑Unis. Il s'agit d'un marché haut de gamme qui récompense la qualité constante et les relations à long terme avec les clients. Les dirigeants de l'ACB ont eu le privilège de se rendre au Japon pour renforcer nos partenariats et constater par eux-mêmes le succès du bœuf canadien.
En 2025, le Canada a exporté pour 378 millions de dollars de bœuf et de produits du bœuf au Japon. La valeur des exportations de bœuf vers ce marché a augmenté d'environ 76 % entre 2018 et 2025, malgré une volatilité mondiale importante. Grâce au PTPGP, le Canada a obtenu un accès significatif au marché japonais du bœuf. Lorsque le PTPGP est entré en vigueur en 2018, les droits de douane sur le bœuf canadien sont passés de 38,5 % au taux actuel de 27,5 % pour la viande bovine fraîche. Les tarifs continuent de baisser chaque année. Les droits de douane japonais sur le bœuf devraient être de 9 % d'ici 2033. Cette liste tarifaire prévisible est essentielle au développement à long terme des marchés. Le PTPGP est la norme par excellence pour les accords de libre-échange; il établit des engagements ambitieux, des normes fondées sur la science et soutient le commerce fondé sur des règles.
La région indo-pacifique, y compris le Japon, représente la plus grande opportunité à long terme. Je crois que le succès de cette relation commerciale peut fournir trois leçons précieuses pour la diversification du commerce du Canada.
Premièrement, nous devons défendre un commerce fondé sur des règles. Tout nouveau membre du PTPGP doit respecter l'ambition et les normes élevées de l'accord. Les éleveurs et les éleveurs de bovins canadiens ont été profondément déçus par l'adhésion du Royaume‑Uni au PTPGP. Le Royaume‑Uni a adhéré à cet accord tout en maintenant des barrières non tarifaires contre le bœuf canadien, et nous n'avons pas utilisé le levier dont nous disposions pour résoudre ce problème. Par conséquent, il est essentiel que tout élargissement du PTPGP renforce, et non affaiblisse, l'ambition et les normes de l'accord.
Deuxièmement, nous ne devons pas perdre de vue ce qu'est un accès aux marchés significatif. Pour les producteurs, cela signifie non seulement des réductions tarifaires, mais aussi l'élimination des barrières non tarifaires afin que le commerce puisse avoir lieu. Notre succès au Japon est attribuable non seulement à la réduction des tarifs, mais aussi à l'élimination des barrières non tarifaires. Le Japon est un partenaire commercial fiable qui respecte la science et les règles du commerce. Cela élimine les barrières non tarifaires et les autres obstacles au commerce.
Enfin, une diversification commerciale menée sans tenir compte des conséquences ne sert pas les intérêts des Canadiens. Les négociations actuelles du Canada avec le Mercosur illustrent bien cette préoccupation. Il n'existe aucune opportunité viable pour le bœuf canadien dans les pays du Mercosur, et pourtant, nous sommes la principale monnaie d'échange sur la table des négociations. Accorder un accès accru à des pays aux normes peu élevées évince le bœuf canadien produit de manière durable et sape la production nationale à un moment où le cheptel bovin canadien est en train de se rétablir. Le bœuf du Mercosur est également soumis à des normes peu élevées en matière de main-d'œuvre, de santé animale et d'environnement, ce qui met en péril la biosécurité de notre industrie et nuit à notre réputation d'exportateur de bœuf respectant des normes élevées en matière de travail, d'environnement et de production.
Pour les producteurs de bœuf canadiens, ce n'est pas une diversification; c'est un risque sans récompense. Nous devons veiller à ce que les accords commerciaux procurent des avantages à long terme qui encouragent une production accrue au Canada pour répondre à la demande mondiale.
En conclusion, l'ACB appuie une diversification du commerce stratégique, réciproque et significative. Le Japon est un excellent exemple de diversification bien faite. Il s'agit d'un marché fiable, stratégique et de grande valeur pour le bœuf canadien.
Merci. Je serai heureux de répondre à vos questions.
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Merci, madame la présidente et membres du Comité.
[Français]
C'est un honneur pour moi de me joindre à vous aujourd'hui sur les territoires traditionnels des nations musqueam, squamish et tsleil‑waututh.
Le Canada connaît actuellement des circonstances extraordinaires. Les règles commerciales ont été chamboulées. Les Canadiennes et les Canadiens sont anxieux.
Je tiens à vous remercier, vous et tous les parlementaires, de votre service et de votre leadership en cette période critique.
[Traduction]
Il ne fait aucun doute que l'engagement du , M. Carney, à doubler les exportations vers les marchés hors États‑Unis au cours des dix prochaines années est nécessaire et opportun.
Pour respecter cet engagement, nous devrons adopter une approche pancanadienne unifiée et agir de façon délibérée. Nous devrons produire davantage: davantage de métaux et de minéraux, de bois et de produits énergétiques, de produits agroalimentaires, de machinerie et d'équipement. Nous devrons également vendre davantage aux clients qui désirent ce que le Canada produit et qui en ont besoin. Et nous devrons être en mesure de transporter ces marchandises là où elles doivent se rendre, de façon fiable. En tant qu'infrastructure clé favorisant le commerce au pays, le Port de Vancouver est un maillon clé de l'équation.
Quelle est, selon nous, l'opportunité principale que le Canada devrait saisir pour atteindre sa cible ambitieuse? Nous devons exporter davantage de notre production vers la région indo-pacifique, qui générera 50 % du PIB mondial d'ici 2040: vers la Chine, la Corée du Sud, les pays membres de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est et le marché dont nous sommes venus parler aujourd'hui — le Japon.
La bonne nouvelle, c'est que le port de Vancouver occupe une position privilégiée pour contribuer à saisir cette opportunité, d'une façon globale et plus précise dans le cas du Japon. Nous sommes donc enchantés que vous meniez cette étude importante.
Pour vous mettre en contexte, le Port de Vancouver est le plus grand port au Canada — plus grand que les cinq ports suivants combinés. Nous sommes aussi le port le plus diversifié en Amérique du Nord, et traitons des marchandises d'une valeur d'environ 350 milliards de dollars chaque année. Des biens de consommation courante de l'Ontario au canola du Manitoba, de la potasse de la Saskatchewan au pétrole de l'Alberta, en passant par le bois d'œuvre de la Colombie‑Britannique… Peu importe le produit auquel vous pensez, il y a de bonnes chances qu'il transite par le Port de Vancouver. Pas moins de 80 % de ces produits prennent déjà le chemin de marchés autres que les États‑Unis. Ces marchés comprennent le Japon, notre deuxième partenaire commercial selon le volume, vers lequel nous exportons principalement du charbon métallurgique, du blé, du canola, des produits forestiers, de l'énergie et plus encore.
En rétrospective, qu'est‑ce qui a favorisé les exportations canadiennes vers le Japon et ses voisins? Des décennies d'investissements — on parle d'environ 9 milliards de dollars au cours des 15 dernières années seulement — nous ont aidés à augmenter constamment les exportations manufacturières, minières et agricoles canadiennes, et à établir de nouveaux records commerciaux année après année. Grâce aux projets transformateurs qui nous attendent — sur lesquels je reviendrai sous peu —, ce ne seront pas seulement les Canadiens et leurs entreprises qui en profiteront, mais aussi les clients du Japon et d'ailleurs.
Dans la foulée du lancement de cette étude, nous entrevoyons trois grandes opportunités.
Premièrement, nous devons investir dans davantage de nouvelles infrastructures à vocation commerciale. La première étape? Mener à bon port des projets transformateurs et profitables pour les Canadiennes et les Canadiens, comme le Terminal 2 à Roberts Bank, qui permettra la création de nouveaux terrains industriels et d'un terminal doté de trois postes de mouillage pouvant accueillir des marchandises d'une valeur annuelle supplémentaire de 100 milliards de dollars. Ce projet a déjà obtenu les approbations d'évaluation environnementale pertinentes et le consentement de 27 Premières Nations. Avec le soutien du Bureau des grands projets du gouvernement, ce projet peut désormais passer à la phase de décision finale d'investissement et de début des travaux. Il s'agit réellement d'un projet transformateur.
De plus, en tant que pays, nous devons aussi investir dans davantage d'infrastructures du dernier kilomètre, notamment des routes, des ponts, des viaducs, des passages inférieurs et des tunnels. Si nous aspirons à doubler nos capacités d'exportation, nous devons également réfléchir à ce que cette intensification signifie pour les collectivités qui accueilleront un trafic ferroviaire et routier accru, et d'autres activités connexes.
Au cours des 15 dernières années, le gouvernement canadien a contribué à deux grandes phases d'investissement dans des infrastructures favorisant le transport ferroviaire dans notre corridor commercial. Mais pour doubler les exportations, nous devons en faire encore bien plus. Nous avons récemment eu le plaisir de soumettre des propositions à cet effet dans le cadre du nouveau Fonds pour la diversification des corridors commerciaux de Transports Canada.
[Français]
Dans une perspective plus large, et si nous voulons bâtir plus d'infrastructures à vocation commerciale, nous devons saisir l'occasion d'apporter des changements systémiques à nos cadres réglementaires, notamment en élargissant les pouvoirs d'octroi de permis des administrations portuaires.
À Vancouver, par exemple, nous avons récemment accordé des permis pour des projets d'envergure, dont l'expansion du terminal Centerm et la construction du terminal céréalier de G3, d'une valeur d'environ un demi-milliard de dollars chacun.
Nous suivons un processus d'évaluation environnementale exhaustif qui comprend des consultations rigoureuses avec les Premières Nations. Nous prenons des décisions opportunes, dont plus de 90 % respectent les délais impartis, ce qui est déterminant pour attirer les investissements. Bref, nous devons accroître le pouvoir des administrations portuaires en matière d'autorisation de projets afin de mieux soutenir les intérêts du Canada.
[Traduction]
Deuxièmement, nous ne devons pas nous contenter de bâtir de nouveaux projets; nous devons aussi optimiser les infrastructures existantes pour en favoriser l'efficacité et la fiabilité. Nous devons travailler main dans la main pour adopter de nouveaux outils numériques et de nouvelles technologies qui permettent le partage de données entre partenaires et l'augmentation de la visibilité de la chaîne d'approvisionnement, dans le but ultime de déplacer les produits plus rapidement, de façon plus sécuritaire et plus durable.
Nous pouvons également optimiser notre capacité commerciale en misant sur des projets comme les travaux de dragage à Second Narrows à Burnaby, en Colombie‑Britannique. Ce projet vise à rétrécir légèrement le chenal afin de permettre aux pétroliers qui quittent...
:
Merci, madame la présidente.
[Français]
Madame Young, je vous remercie de votre discours, qui était intéressant.
[Traduction]
C'est un plaisir de vous voir. J'ai eu le plaisir de visiter le port de Vancouver, il y a quelques mois. De notre point de vue sur l'île de Vancouver, le port de Vancouver est un élément important d'un réseau plus vaste de ports, y compris les ports d'attache que nous avons à Nanaimo, qui s'efforcent d'accroître leurs échanges commerciaux avec des partenaires fiables comme le Japon, qui a été un partenaire stable et important pour le Canada en tant que pays du Pacifique.
Comme vous le savez, le port de Nanaimo vient tout juste de signer une entente connexe avec le port de Kaohsiung à Taïwan. Le PDG, Ian Marr, a joué un véritable rôle de chef de file dans la région indo-pacifique par l'entremise de l'Association des ports du Pacifique. Comme vous le savez, des collectivités comme la mienne s'efforcent d'approfondir leurs liens avec des partenaires de la région indo-pacifique, comme le Japon et d'autres, qui partagent nos normes rigoureuses, nos valeurs nationales et la primauté du droit.
Pourriez-vous nous dire si vous constatez une meilleure coordination entre les ports de pays comme le Japon, Taïwan et la Corée du Sud qui ont des normes communes en matière de gouvernance et de commerce avec le Canada?
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Merci, madame la présidente.
Je remercie les témoins d'être avec nous aujourd'hui.
D'entrée de jeu, mes questions s'adresseront à Mme Young.
D'abord, je vous félicite pour la qualité de votre français. Vous êtes très bonne, alors il est très agréable de vous entendre.
Je suis natif et député de la région de Québec. Vous n'êtes pas sans savoir que, vendredi dernier, le port de Québec est devenu le sixième port au Canada à obtenir la certification permettant d'avoir des conteneurs. Il est alors venu s'inscrire dans la stratégie maritime. Cela dit, ce sujet m'intéresse beaucoup.
Comme vous l'avez dit, votre port est le plus grand. Il est très intéressant de vous avoir parmi nous aujourd'hui. Je sais que je n'aurai pas assez de tout mon temps de parole pour vous poser toutes mes questions.
D'entrée de jeu, le Japon est quand même un grand importateur du Canada. En effet, 13 % de vos exportations vont au Japon.
Vous êtes la première témoin à qui je pose une question liée à cette étude. J'aimerais savoir quelle est la capacité du port par rapport au Japon.
Présentement, il s'agit de 13 % de vos exportations. Cela pourrait-il doubler au cours des 10 prochaines années?
Pourriez-vous doubler vos exportations actuelles vers le Japon? Selon vous, le Japon a-t-il le potentiel de le faire? A-t-on les capacités de le faire?
Il s'agit de deux choses. La volonté en est une. Le Japon est-il capable de le prendre et sommes-nous capables de livrer?
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Merci, madame la présidente.
Je remercie nos deux présentateurs de leurs exposés fort pertinents.
Ma première question s'adresse à M. Fulton.
Même si l'étude porte sur le Japon, vous avez quand même abordé le sujet du Royaume‑Uni, un bon exemple qui revient tout le temps. C'est l'idée qu'il y a des barrières sanitaires, phytosanitaires et non tarifaires, même si, sur papier, le produit peut entrer au pays. On peut le comprendre. Par exemple, dans l'agroalimentaire, il peut évidemment y avoir des dangers de maladies et des conditions qui ne seraient pas suffisamment sanitaires du point de vue d'un autre pays.
Sur papier, je pense qu'on s'entend tous sur le fait qu'on ne veut jamais risquer la sécurité de personnes qui pourraient consommer ces produits. Maintenant, il faut évidemment que ce soit réellement fondé et que ce ne soit pas une excuse.
Vous en avez parlé, dans le cas du Japon, on sait que ses réglementations sont extrêmement strictes et que ça peut complexifier vos exportations. Dans votre cas, qu'est-ce qui est le plus difficile? Est-ce que ce sont les coûts additionnels que ça entraîne? Est-ce que c'est la certification, la traçabilité, l'inspection, l'étiquetage ou la distribution?
Bref, si vous pouviez compléter le tableau, cela serait bienvenu.
Merci.
:
C'est encore une bonne question.
[Traduction]
Nous devons réfléchir à la manière dont les investissements réalisés par le passé ont contribué à nous amener là où nous en sommes aujourd'hui. Comme vous venez de le dire, les volumes de fret ont encore atteint un niveau record l'année dernière, avec 170 millions de tonnes métriques. De plus, on a constaté une hausse de 12 % des exportations de céréales, de potasse, de pétrole et d'autres matières premières.
À l'avenir, bien sûr, si nous voulons doubler nos exportations, nous devrons construire davantage, investir davantage, optimiser davantage, et nous devrons relever certains des défis systémiques plus généraux qui laissent parfois entendre à nos clients que nous ne sommes peut-être pas aussi ouverts aux affaires que nous le souhaiterions. Il s'agit notamment de remédier aux conflits ouvriers en donnant suite aux recommandations de la Commission d'enquête industrielle sur les relations de travail dans les ports de la côte Ouest, qui a présenté ses recommandations au gouvernement.
Il y a tout un tas de choses à faire. C'est vrai, nous avons déjà parcouru un long chemin, mais si nous voulons atteindre cet objectif ambitieux, il reste encore beaucoup à faire.
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C'est une excellente question, et je vous en suis très reconnaissant. Je pense que c'est une très bonne occasion pour moi de vous présenter la situation actuelle.
Nous constatons, rien que depuis l'année dernière, une forte hausse de la demande en viande bovine d'origine canadienne. Si les caractéristiques de qualité de la viande bovine nourrie au grain provenant des États-Unis et du Canada sont très similaires, au Mexique et en Corée du Sud, par exemple, les acheteurs préfèrent spécifiquement la viande bovine canadienne à celle de nos homologues américains, en partie en raison des perturbations et de l'incertitude mondiale qui entourent les échanges commerciaux avec les États-Unis.
Pour revenir à votre question, l'opportunité consiste vraiment à acheminer et à faciliter le volume de flux que la demande exige réellement. Je ne peux pas me prononcer précisément sur la question de savoir si le même phénomène se produit au Japon. En termes simples, auparavant, l'industrie américaine était si importante, avec de multiples usines, qu'elle pouvait s'approvisionner auprès de plusieurs usines différentes tout en conservant l'origine américaine. Les acheteurs au Japon et dans ces pays ont choisi de traiter avec ces usines et ces vendeurs parce qu'ils offraient une plus grande flexibilité, garantissant ainsi qu'ils pouvaient obtenir le produit exactement selon les spécifications dont ils avaient besoin.
Or, c'est tout le contraire qui se produit actuellement. On constate que le bœuf canadien est de plus en plus recherché sur ces marchés en raison de l'incertitude.
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Merci beaucoup, madame la présidente.
Je tiens à remercier tous mes collègues pour la discussion très constructive d'aujourd'hui.
Je remercie les témoins d'être présents.
Monsieur Fulton, votre présence ici nous manque. C'est toujours un plaisir de vous voir.
Bienvenue, Madame Young.
Je voudrais me concentrer sur ce que nous réserve l'avenir et connaître votre avis sur une liste de souhaits concernant ce que vous aimeriez voir se concrétiser en matière d'échanges commerciaux entre le Canada et le Japon. Comme vous le savez sans doute, le ministre du Commerce international, M. Didhu, et le, M. McGuinty, co‑dirigent une mission commerciale au Japon prévue pour la fin du mois de juin. Je crois que ce sera du 23 au 26 juin.
Bien sûr, ils se concentreront sur le secteur de la défense et de la sécurité; sur les technologies de l'information et de la communication, y compris l'IA; sur les technologies propres et sur la transition énergétique. L'agriculture et l'agroalimentaire occuperont une place importante dans cette mission commerciale, notamment en matière d'efficacité énergétique, d'alimentation et, bien sûr, de sylviculture et de produits forestiers. Je sais que des représentants de ce secteur viendront également s'exprimer devant ce comité.
De votre point de vue, quelle importance peut revêtir cette mission commerciale dans un pays comme le Japon, qui est pour nous un partenaire commercial de premier plan? Sur quels aspects souhaiteriez-vous que le gouvernement se concentre en matière de relations commerciales avec un pays comme le Japon?
Nous pourrions peut-être commencer par Mme Young, puis passer à M. Fulton.
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Nous reprenons nos travaux.
Un grand merci à nos témoins et aux membres du Comité.
De la Fondation Asie Pacifique du Canada, nous accueillons Jeff Nankivell, président et chef de la direction. De la Chambre de commerce du Canada, nous accueillons Matthew Holmes, vice-président exécutif, Affaires internationales et chef, Politiques publiques. Et de l'Association des produits forestiers du Canada, nous entendrons Derek Nighbor, président et chef de la direction.
Merci beaucoup d'avoir trouvé le temps de revenir témoigner devant le Comité aujourd'hui.
Nous allons commencer par les déclarations préliminaires de cinq minutes chacune.
Monsieur Nankivell, vous avez la parole.
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Merci, madame la présidente, de me donner l'occasion de témoigner aujourd'hui.
Le principal thème que je développerai aujourd'hui, c'est que les relations commerciales entre le Canada et le Japon ne se définissent plus comme des relations d'exportation traditionnelles. Elles évoluent vers un partenariat économique stratégique axé sur la sécurité économique, la résilience des chaînes d'approvisionnement et les industries de pointe.
À la Fondation Asie Pacifique du Canada, nous avons récemment intensifié nos efforts sur ce sujet, à la lumière de notre expertise interne, des travaux de chercheurs externes et d'institutions partenaires, ainsi que de divers événements comme notre conférence annuelle Canada‑en‑Asie qui s'est tenue à Singapour. Pas plus tard qu'hier, nous avons publié sur notre site Web une nouvelle dépêche de recherche démontrant l'intérêt d'une coopération Japon-Canada dans le domaine des semi-conducteurs et des chaînes d'approvisionnement.
Le Japon est important pour le Canada non seulement parce qu'il s'agit d'un marché majeur et évolué — et cela ne date pas d'hier —, mais parce qu'il est devenu un partenaire clé dans la région indo-pacifique, au moment même où l'accès fiable aux marchés, les chaînes d'approvisionnement de confiance et le commerce régis par des règles sont soumis à des pressions sans précédent. L'idée n'est pas seulement de vendre davantage au Japon, mais de permettre aux entreprises canadiennes de s'ancrer plus profondément dans les chaînes de valeur japonaises et alliées.
Voilà pourquoi le Japon doit être considéré comme un partenaire capable de soutenir la résilience économique du Canada. Cela signifie que nous devons aligner notre relation commerciale sur les secteurs qui servent les intérêts stratégiques de nos deux pays — minéraux critiques et batteries, intelligence artificielle, technologies quantiques, semi-conducteurs, nouveaux matériaux, technologies propres et fabrication de pointe —, tout en maintenant notre collaboration dans les secteurs où nous excellons, comme les sciences de la vie, l'aérospatiale, l'énergie, l'agroalimentaire et la sécurité alimentaire.
Le plus important, c'est que le Canada ne doit pas se contenter d'être un fournisseur de matières premières. Dans le secteur des minéraux critiques et des batteries, notre principal débouché se trouve dans la transformation, le raffinage, le recyclage, les matériaux pour batteries et les activités connexes liées aux chaînes d'approvisionnement. Dans le domaine des technologies de pointe, nous ne devons pas nous limiter à collaborer dans la recherche, mais aussi dans la commercialisation, l'élaboration de normes et la création de partenariats industriels. Dans tous ces secteurs, le Canada doit se positionner comme un partenaire industriel et d'innovation de confiance, et non uniquement comme un exportateur.
L'Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste, ou PTPGP, offre au Canada et au Japon une solide plateforme fondée sur des règles pour atteindre ce but, comme vous l'avez entendu. Le PTPGP a réduit les barrières tarifaires et renforcé le cadre dans lequel les entreprises canadiennes peuvent saisir des occasions au Japon; l'accès officiel à un marché ne se compare pas à un succès commercial au sein de ce marché.
Le Japon est un pays ouvert, mais aussi très strict. Les entreprises canadiennes continuent à se heurter à des obstacles non tarifaires et commerciaux, notamment à certaines normes propres au Japon, à des exigences en matière de certification, à des problèmes de langue et d'étiquetage, à la complexité des réseaux de distribution, à des attentes élevées de la part des consommateurs et à une culture d'affaires fondée sur les relations. Ce ne sont pas des raisons pour éviter le marché. Ces obstacles nous incitent plutôt à faire preuve de patience, à bien nous préparer, à créer des partenariats locaux et à nous engager.
Si nous voulons que nos entreprises, surtout les petites et moyennes, percent sur les marchés japonais, nous devons leur fournir de l'information sur ces marchés, les aider à se retrouver dans le dédale de normes et le processus de certification et les mettre en relation avec des partenaires locaux crédibles.
La Stratégie du Canada pour l'Indo-Pacifique reconnaît que le commerce, l'investissement, l'innovation et la sécurité sont désormais étroitement liés. Dans le contexte canado-japonais actuel, cela signifie que nous devons encourager l'investissement japonais dans les minéraux critiques, l'énergie, les batteries, les technologies propres et la fabrication de pointe au Canada. Cela signifie également que nous devons soutenir les projets communs de recherche et de développement et les partenariats de commercialisation, tout en consolidant les liens entre les entreprises, les universités, les provinces, les territoires, les partenaires autochtones et les acteurs industriels japonais.
La déclaration commune récemment signée sur le Partenariat stratégique global entre le Canada et le Japon, avec sa feuille de route concrète, est un grand pas dans cette direction.
Les partenariats infranationaux et autochtones méritent une attention particulière. De nombreux actifs liés à la sécurité économique du Japon sont ancrés dans des régions et des collectivités particulières. L'établissement de chaînes de valeur durables entre le Canada et le Japon nécessitera un arrimage entre les politiques fédérales, les capacités provinciales, les partenariats autochtones et les investisseurs privés. Le PTPGP a ouvert des portes au moment même où le Japon cherche activement à diversifier ses relations. Il s'agit maintenant d'aider les entreprises canadiennes à franchir ces portes et à se tailler une place dans ce pays.
Concrètement, cela veut dire que nous devons nous concentrer sur trois choses. Premièrement, cibler les possibilités de coopération dans les secteurs où les priorités stratégiques du Japon et les avantages comparatifs du Canada se chevauchent. Deuxièmement, faire du Canada une destination plus attrayante pour des investisseurs et des co‑investisseurs japonais de confiance. Troisièmement, s'assurer que les entreprises canadiennes reçoivent un soutien pratique pour naviguer dans le marché exigeant mais valorisant du Japon.
Si nous arrivons à faire cela, le Canada créera plus de valeur, renforcera nos chaînes d'approvisionnement et notre résilience globale, soutiendra les entreprises et les travailleurs canadiens et consolidera l'un de nos principaux partenariats de l'Indo-Pacifique.
Je vous remercie de m'avoir donné l'occasion de contribuer à votre étude.
[Français]
Je suis impatient de répondre à vos questions dans l'une ou l'autre des langues officielles.
:
Je vous remercie, madame la présidente.
[Français]
Bon après-midi à tous.
[Traduction]
Distingués membres du Comité, je vous remercie de me donner l'occasion de m'adresser à vous aujourd'hui au nom de la Chambre de commerce du Canada.
Notre réseau compte plus de 400 chambres de commerce locales, provinciales et territoriales à travers le pays, et plus de 120 associations professionnelles présentes dans tous les secteurs de l'économie. Avec nos entreprises membres, ce vaste réseau représente plus de 200 000 entreprises de toutes tailles au Canada.
Nous appuyons sans réserve les efforts déployés pour resserrer nos liens commerciaux avec le Japon, l'un de nos principaux partenaires économiques et un allié de confiance dans la région indo-pacifique. Le Japon demeure la quatrième économie mondiale et le quatrième investisseur étranger direct au Canada. La valeur de nos échanges commerciaux s'élève à environ 40 milliards de dollars.
Ces chiffres sont éloquents, mais l'argument stratégique l'est encore plus. En mars dernier, le Carney et son homologue Takaichi ont fait passer leur relation au niveau d'un nouveau partenariat stratégique global axé sur la défense, l'énergie, les minéraux critiques, le commerce et la technologie. Cela reflète une réalité simple: dans un monde de plus en plus incertain, le Canada et le Japon sont des partenaires naturels.
Peu de gens savent que notre relation avec le Japon est l'une de nos plus anciennes. Quatre ans à peine après la pose du dernier crampon du chemin de fer transcontinental, le premier consulat japonais a ouvert ses portes à Vancouver, en 1889. L'ambassade officielle à Ottawa a suivi en 1928, puis la nôtre à Tokyo en 1929. C'était notre troisième ambassade à ouvrir ses portes dans un pays non membre du Commonwealth, après les États-Unis et la France.
Nos milieux d'affaires sont également étroitement liés, grâce notamment au Conseil des Chambres de commerce Japon-Canada, le JCCC, lancé en 2014 dans le cadre d'un partenariat entre la Chambre de commerce du Canada et la Chambre de commerce et d'industrie du Japon. Le JCCC sert de cadre à des échanges annuels visant à consolider les liens commerciaux, à partager les connaissances et à faire progresser les politiques entre nos deux pays. En février dernier, nous avons accueilli une délégation du JCCC à Ottawa, et nous prévoyons retourner au Japon en septembre prochain pour la réunion de 2026 afin de poursuivre nos échanges interentreprises axés sur la sécurité économique, la résilience des chaînes d'approvisionnement, la sécurité énergétique, les technologies de pointe, la sécurité alimentaire et la défense. Vous aurez sans doute remarqué que le mot « sécurité » revient souvent dans ce contexte.
La Chambre de commerce du Canada participera également à la mission commerciale d'Équipe Canada au Japon à la fin juin, comme nous l'avons récemment fait en Corée et au Mexique, pour soutenir le dans ses efforts pour diversifier et renforcer les relations commerciales du Canada avec des partenaires fiables.
Au‑delà de notre relation bilatérale, le Japon est un allié clé en matière de primauté du droit dans d'importantes instances multilatérales, telles que le G7, le G20 et, bien entendu, le PTPGP, comme il en a été question au début de la réunion. L'an dernier, en tant que groupe officiel de mobilisation des entreprises canadiennes aux rencontres du G7 et du G20, la Chambre de commerce du Canada a été l'hôte du Sommet d'affaires 7, appelé le B7, à Ottawa, auquel participait une délégation de la Keidanren, la fédération des entreprises japonaises. Nous avons aussi tenu des réunions parallèles à Johannesburg l'automne dernier, en marge de la réunion du B20.
Ces échanges nous ont permis de définir clairement les priorités des entreprises. Dans le communiqué du B7 de 2025, les dirigeants d'entreprise ont demandé la mise en place de mesures coordonnées pour stabiliser les marchés des minéraux critiques et débloquer les investissements, notamment la mise en place de réserves stratégiques, d'incitatifs fiscaux et d'outils de financement destinés à accroître la capacité de nos partenaires de confiance. Concernant les chaînes d'approvisionnement, nous avons recommandé la création d'un mécanisme du G7 pour coordonner les réponses face aux perturbations et aux goulets d'étranglement, identifier les dépendances à haut risque et soutenir la production de produits stratégiquement critiques. Un an plus tard, les risques sont bien là, malheureusement.
Le nouveau partenariat stratégique global offre une solide feuille de route pour la poursuite de la collaboration, notamment en modernisant le Comité économique mixte afin de refléter les priorités émergentes telles que les minéraux critiques, la fabrication de pointe, la sécurité énergétique et les nouvelles technologies. Il ouvre aussi des débouchés industriels concrets. Par exemple, comme vous l'avez entendu, le Canada et le Japon ont convenu de tirer parti de la coopération existante dans les chaînes d'approvisionnement des batteries et dans les sciences et les technologies industrielles, tout en continuant à soutenir les constructeurs automobiles japonais qui investissent au Canada, considéré comme un point d'entrée incontournable sur le marché nord-américain.
Ma visite à l'exposition universelle d'Osaka de 2025, l'automne dernier, m'a rappelé que même si nous sommes séparés par le vaste océan Pacifique, nous sommes en fait des voisins. En tant que principal point d'entrée du Canada dans le cadre de notre stratégie indo-pacifique globale, le Japon demeure l'un de nos partenaires les plus fiables et stratégiquement importants dans la région et à l'échelle mondiale.
En conclusion, la Chambre de commerce du Canada est d'avis que le resserrement des liens avec le Japon sert l'intérêt national du Canada et est compatible avec notre objectif de diversification du commerce dans un ordre fondé sur des règles.
Je vous remercie, madame la présidente.
:
Madame la présidente et distingués membres du Comité, je vous remercie de m'avoir invité à discuter avec vous de l'état actuel et de l'avenir des échanges commerciaux entre le secteur forestier canadien et le Japon.
Je suis ravi d'avoir l'occasion de partager ce moment avec mes collègues et j'en profite pour saluer nos collègues de la Chambre de commerce. Nous sommes fiers d'en être membres et nous les remercions pour le travail qu'ils accomplissent pour faciliter l'organisation de bon nombre des missions commerciales.
Permettez-moi aussi de souligner le travail du groupe Produits de bois canadien, qui est un partenaire de notre association, l'APFC. Ce groupe dirige notre travail de diversification des marchés d'exportation.
En tant que fils et petit‑fils de travailleurs du secteur des pâtes et papiers de la vallée de l'Outaouais, et gendre d'un ancien mécanicien de machines fixes de l'usine de pâtes et papiers de Smooth Rock Falls, en Ontario, je suis très fier de travailler avec notre équipe pour faire entendre la voix de notre secteur, de ses employés et de ses communautés tout au long de sa vaste chaîne de valeur, qui comprend les producteurs de bois d'œuvre, de panneaux, de bois d'ingénierie, de pâtes et papiers, sans oublier la bioénergie. Cette industrie canadienne génère près de 90 milliards de dollars par année d'activité économique et 37 milliards de dollars par année en exportations, ce qui la classe parmi les quatre principales industries exportatrices du Canada. Actuellement, la valeur de nos expéditions vers le Japon est de l'ordre d'un milliard de dollars.
Comme les droits de douane sur le bois d'œuvre résineux combinés à ceux appliqués en vertu de l'article 232 atteignent actuellement 45 %, la priorité de notre secteur demeure la suppression des droits de douane imposés au titre de l'article 232 et des risques qu'ils posent pour l'avenir, ainsi que la conclusion d'un accord durable sur le bois d'œuvre résineux. Parallèlement, nous misons sur les possibilités offertes par le marché intérieur pour accroître l'utilisation du bois chez nous et diversifier nos marchés d'exportation. Les occasions existent, mais elles sont marginales par rapport aux quelque 8 milliards de dollars de livraisons annuelles de bois d'œuvre résineux vers les États‑Unis.
Le secteur forestier fait du commerce avec le Japon depuis une centaine d'années. Le groupe Produits de bois canadien existe depuis 50 ans. Il nous a fallu tout ce temps pour atteindre un chiffre d'affaires d'un milliard de dollars. C'est beaucoup de travail et je suis heureux de vous donner plus de détail à ce sujet.
Voici nos priorités concernant le Japon.
Nous voulons préserver et accroître la part du bois d'œuvre. N'oublions pas que le Japon n'a pas une culture naturelle de la construction en bois et que le Canada a joué un rôle de premier plan dans l'introduction et l'essor de cette culture au Japon. Notre bois d'échantillon représente maintenant 65 % du marché japonais des deux‑par‑quatre. Pour conserver et accroître cette part, nous devons maintenir notre engagement technique à l'égard des normes du marché japonais et du système de charpente à ossature.
En ce qui concerne le bois massif et les systèmes de pointe de construction en bois, l'apport du Canada peut s'aligner sur les priorités du Japon en matière de rénovation de logements, de décarbonation et de résilience sismique. Il constitue un prolongement du soutien fourni par le gouvernement fédéral et les provinces pour la reconstruction après le séisme qui a frappé la région de Tohoku en 2011.
Dans le domaine de la bioéconomie forestière, nous voyons un potentiel dans le biocarbone, les biocarburants et la biomasse, qui sont également des priorités émergentes du Japon dans le secteur de la décarbonation.
Quelques obstacles sont toutefois à signaler.
Le marché japonais est en recul, tandis que l'offre japonaise ne cesse de croître. Les mises en chantier sont en baisse en raison du vieillissement de la population et le bois d'œuvre classé au Japon gagne des parts dans le segment des deux‑par‑quatre.
Les concurrents d'Europe et d'ailleurs prennent de l'expansion. Nous assistons à une pénétration agressive sur le marché japonais du bois d'œuvre, de la pâte à papier et des granulés provenant de l'Union européenne.
Nous constatons un durcissement des normes et des exigences en matière de durabilité. Les nouvelles règles japonaises en matière de durabilité et de traçabilité exigent un engagement technique soutenu.
Il ne s'agit pas seulement de vendre plus de bois au Japon; nous devons être présents dans le pays, travailler sur les codes et les systèmes, développer le marché et, ensuite, démontrer nos compétences. C'est vraiment un processus en trois étapes.
Ici au Canada, nous observons des pressions du côté de l'offre attribuables à la réduction des coupes forestières autorisées, au dédoublement des réglementations fédérales et provinciales, à la fiabilité des réseaux ferroviaires et portuaires, ainsi qu'au coût des services ferroviaires canadiens.
Nos demandes et nos offres pour relever les défis actuels comprennent notamment un financement spécifique pluriannuel destiné au groupe Produits de bois canadien afin de lui permettre de tirer parti de ses succès en matière de développement des exportations; le doublement du financement du Programme de leadership mondial sur les forêts de RNCan; ainsi qu'une collaboration en matière d'investissements dans le soutien à l'entrée sur le marché, des outils d'harmonisation des spécifications, des laboratoires d'essais et des réseaux de distribution au Japon. Il existe également des possibilités de ce genre en Corée.
En ce qui concerne les missions commerciales au Japon, nous en avons organisé une, en novembre dernier, en collaboration avec les gouvernements de la Colombie-Britannique et de l'Alberta, qui portait précisément sur le secteur forestier.
C'était là un aperçu de notre entreprise et des possibilités qui s'offrent à nous.
Je vous remercie du temps que vous m'avez accordé et je répondrai avec plaisir à vos questions.
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J'ai hâte d'en discuter avec vous et de visiter Kalesnikoff, Interfor et Mercer, qui sont des entreprises importantes. C'est un pôle d'activité qui compte pour nous dans cette région de la Colombie-Britannique.
Il y a plusieurs facteurs en jeu. Les droits de douane sur le bois d'œuvre et les droits imposés au titre de l'article 232 sont actuellement passablement élevés, soit de 45 % au total. Nous ne voulons pas nous précipiter pour conclure un mauvais accord, nous devons d'abord obtenir un certain degré de certitude. Je dirais que les droits de douane imposés au titre de l'article 232, que le président peut décider d'augmenter ou de modifier d'un simple trait de plume, demeurent une véritable inconnue. Le différend sur le bois d'œuvre résineux suit un processus, aussi pénible soit‑il. Les droits de douane appliqués en vertu de l'article 232 sont un peu plus imprévisibles.
Nous avons quelques problèmes qui sont propres à la Colombie-Britannique. Les permis provinciaux, notamment, nous posent un lot de difficultés. D'après ce que j'ai pu constater en parcourant le pays, ce problème est propre à cette province. L'industrie est en difficulté partout au pays, mais elle se heurte à des problèmes particuliers en Colombie-Britannique en raison des séquelles du passé, des incendies et du dendroctone du pin, sans parler de la réglementation provinciale. Nous espérons que les mesures de soutien des liquidités seront maintenues pour permettre aux scieries de demeurer en activité. Nous avons perdu des milliers d'emplois. J'ai été impressionné par la résilience du secteur dans son ensemble, mais plus la situation s'éternise, plus le risque augmente. De plus, il est impératif d'offrir un soutien aux employés...
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C'est une excellente question, madame la présidente. C'est vraiment au cœur de la tâche qui nous attend.
D'après les échanges que nous avons eus avec divers partenaires et notre collaboration avec les milieux d'affaires des deux pays, je pense que le Japon recherche la fiabilité de l'approvisionnement. Nous avons tous du travail à faire à cet égard. Nous avons entendu la représentante de l'administration portuaire au début de la réunion. Si nous voulons atteindre nos objectifs en matière de commerce de marchandises, pour devons régler de toute urgence les contraintes liées aux infrastructures physiques.
En ce qui concerne l'investissement, qui est un élément essentiel des gains potentiels que nous pouvons tirer de notre partenariat avec le Japon, nous devons agir de toute urgence là aussi pour créer les conditions qui encouragent les investisseurs japonais — qui ont beaucoup d'argent et un appétit pour les ressources, particulièrement dans des domaines comme les minéraux critiques, qui revêtent une importance géostratégique — à aller de l'avant, mais nous devons leur garantir qu'ils bénéficieront des conditions requises pour le faire. Ils ont déjà fait l'expérience. Ils ont vu des entreprises japonaises, comme Mitsubishi, jouer un rôle de premier plan dans le projet LNG Canada. Je suis heureux de dire que c'est maintenant une réussite, mais il a fallu beaucoup de temps pour en arriver là où nous sommes aujourd'hui.
Cela nous ramène à la question générale qui est de savoir ce que nous devons faire pour rendre l'environnement d'investissement pour les grands projets beaucoup plus attractif et aussi pour nous présenter comme un partenaire fiable. J'ajoute que quand les chefs d'entreprise japonais s'intéressent au Canada, ils s'inquiètent au sujet de notre accès au marché américain. Notre accès futur au marché américain est un facteur prépondérant dans leur processus décisionnel, comme l'a clairement fait savoir l'ambassadeur du Japon.
Parallèlement, ils observent aussi ce qui se passe aux États‑Unis et, en privé, ils nous disent qu'ils envisagent de transférer certaines activités des États‑Unis vers le Canada en raison de notre fiabilité et de notre prévisibilité. Ils ont une vision à long terme; par conséquent, plus nous arriverons à nous présenter comme un partenaire fiable et stable et à leur montrer que nous travaillons sur des enjeux qui revêtent la plus haute importance à leurs yeux, plus vite nous pourrons débloquer ces investissements.
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Merci, madame la présidente.
Je remercie les témoins d'être ici aujourd'hui.
Je vous écoute depuis le début. Vous êtes convaincus qu'il faut augmenter nos échanges avec le Japon.
Je vais poser une question à M. Nankivell, et je pense que M. Holmes pourrait compléter sa réponse, ou vice-versa. En préparant mes questions, je me suis dit que l'un ou l'autre pourrait y répondre.
La réponse à ma première question pourrait être très rapide. Selon vous, avons-nous assez de représentants commerciaux au Japon, et vice-versa, pour accélérer les choses? On parle d'accompagnement des entreprises, on veut ouvrir de nouveaux marchés, on veut diversifier les marchés.
Selon vous, y a-t-il assez de représentants présentement?
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Merci, madame la présidente.
Je remercie les témoins de leur présence et de leurs présentations.
J'ai l'impression que ma première question devrait probablement s'adresser à M. Nankivell et à M. Holmes. On reviendra au bois par la suite, parce que le Québec est aussi un grand producteur. Toutefois, je sais qu'on n'en envoie pas beaucoup au Japon. Ça vient plus de Colombie‑Britannique. On en reparlera.
On a vraiment beaucoup de pêcheurs au Québec. On a une importante industrie de la pêche. On sait que les Japonais sont de grands consommateurs de produits de la pêche. Or, ils sont aussi à côté de la Chine, qui fait de la surpêche militarisée. On sait qu'elle utilise de gigantesques bateaux qui font de la surpêche et qui détruisent les océans.
Le Japon tire-t-il son épingle du jeu là-dedans? D'où viennent, essentiellement, le poisson et les produits de la mer que les Japonais consomment? Autrement dit, avons-nous des occasions de ce côté-là, un peu comme les possibilités dont nous a parlé le représentant de l'Association canadienne des bovins dans la première partie de la réunion?
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Monsieur le président, je sais que vous et mes collègues savez que je suis député de Mississauga, et je vais faire ici une déclaration impartiale, mais audacieuse.
Mississauga est le premier pôle d'investissement japonais au Canada. Sur les 250 plus grandes entreprises japonaises implantées partout au Canada, plus de 100 sont situées à Mississauga. Il s'agit d'entreprises comme Canon, Panasonic, Fujitsu, Ricoh et Mitsubishi Logistics, entre autres.
Comment tout cela a‑t‑il commencé? Je vais vous ramener plus de 40 ans en arrière. Si vous vous souvenez bien, notre formidable mairesse Hurricane Hazel McCallion s'est rendue au Japon et a noué des relations avec ce pays. Mississauga est jumelée avec Kariya, au Japon. Ces relations ont permis d'attirer de nombreuses entreprises, dont certaines sociétés phares, comme Canon, et d'autres ont suivi. Ces liens étroits se sont maintenus grâce à des relations interpersonnelles et, par l'intermédiaire d'Invest Mississauga, plusieurs missions commerciales ont été organisées.
Nous avons désormais le Partenariat transpacifique global et progressiste. Le vient de se rendre au Japon, et le partenariat stratégique a été évoqué. Les ministres et se rendent au Japon dans le cadre d'une mission commerciale.
Je voudrais que vous nous brossiez un tableau de la situation, monsieur Nankivell. Qu'est‑ce que cela signifie, et quelles pourraient en être les retombées en fait d'investissements directs étrangers?
Je tiens également à vous signaler que nous nous sommes fixé un objectif très ambitieux: attirer 1 000 milliards de dollars d'investissements directs étrangers au cours des cinq prochaines années. Comment cette mission commerciale peut-elle contribuer à la réalisation de cet objectif?
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Les relations entre le Canada et le Japon constituent une belle histoire à raconter sur le demi-siècle écoulé. Je pense que les perspectives pour le demi-siècle à venir sont encore plus prometteuses si l'on considère l'évolution de nos situations géopolitiques respectives.
Comme je l'ai mentionné, ce genre de visites revêt une grande importance. La prochaine, à laquelle participeront le et le , sera axée sur les secteurs de la haute technologie et sur les possibilités de collaboration dans l'industrie de la défense, et ce sont là des initiatives tout à fait pertinentes. Le défi consistera à mener ces efforts de manière durable, puis à poursuivre le travail sur le terrain en nous rendant régulièrement et de manière soutenue au Japon à un haut niveau et en invitant des visiteurs de haut rang du Japon au Canada.
N'oublions pas que le centenaire des relations diplomatiques bilatérales aura lieu en 2028. Du côté japonais, on s'y prépare déjà activement. Je pense que nous pourrions accueillir des visiteurs de haut rang en provenance du Japon.
Du côté canadien, nous devrions tirer pleinement parti de cette occasion et poursuivre nos efforts, mais, parallèlement, nous devons agir chez nous pour améliorer le climat d'investissement, obtenir des résultats positifs dans les négociations sur le marché nord-américain et continuer à créer les conditions concrètes qui permettront de faire valoir que le Canada est la destination de choix.
Je suis heureux de constater, après l'année écoulée, que les Canadiens prennent conscience du rôle qu'ont joué les constructeurs automobiles japonais, deux en particulier, comme étant de loin les plus grands assembleurs de véhicules au Canada. Cela n'était pas aussi présent qu'aujourd'hui dans la conscience collective il y a, disons, deux ans. Ce sont des entreprises socialement responsables, et nous aurions tout intérêt à en attirer davantage.
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C'est ce que nous appelons la Conférence Canada‑en‑Asie. Nous l'avons lancée en 2023, initialement dans le cadre d'un partenariat entre la Fondation Asie-Pacifique du Canada et Universités Canada. Nous avons collaboré avec des universités canadiennes pour inviter leurs diplômés provenant de toute l'Asie — Inde, Asie du Sud, Asie du Sud-Est, Japon, Corée, Chine, Australie, Nouvelle-Zélande, etc. — à un rassemblement annuel réunissant des chefs d'entreprise, des organismes gouvernementaux, des agences d'attraction des investissements, ainsi que des instances gouvernementales provinciales et municipales du Canada et leurs homologues asiatiques.
Nous venons de vivre la quatrième édition en février dernier. Elle a son siège à Singapour, où nous avons désormais un bureau avec le soutien du gouvernement du Canada. Pour la conférence, nous comptons sur 30 partenaires qui la soutiennent financièrement, issus tant du secteur privé que du secteur public. Plus de 600 participants y assistent. Les deux tiers sont basés en Asie, un tiers au Canada. L'an dernier, plus de 200 participants venaient du Canada. C'est à peu près l'équilibre que nous recherchons. Plus de la moitié des participants travaillent dans le secteur privé ou dans des organisations qui soutiennent directement le secteur privé.
Le Japon en fait partie. Ce n'est pas une conférence Canada-Singapour, mais une conférence Canada-Asie. Nous avons reçu le soutien d'entreprises japonaises, d'universités et d'autres participants. Nous travaillons à étoffer cet appui. Nous voulons multiplier ce type d'activités dans la région.
Cela prend véritablement de l'ampleur. Lorsque nous réunissons nos meilleures universités… Une part importante de l'image de marque du Canada repose sur la qualité de notre capital humain et de nos chercheurs de pointe. Nous réunissons les principaux pôles de recherche, les grappes d'innovation, les incubateurs et accélérateurs, tout l'écosystème de capital-risque, ainsi que leurs homologues asiatiques.
C'est le genre de maillage que nous devons construire entre le Canada et l'Asie. Les liens de cet ordre se tissent naturellement entre le Canada et les États-Unis, ainsi qu'entre le Canada et l'Europe. Ils sont sous-développés et peu denses entre le Canada et l'Asie. Nous sommes convaincus, et le Japon en est une excellente illustration, que cette toile d'appuis est nécessaire pour conclure les accords commerciaux. L'Asie n'est pas un endroit où l'on peut simplement arriver en disant: « Voici mon produit, voulez-vous l'acheter? Signez ici. » Il faut d'abord bâtir ces relations et instaurer un climat de confiance.
La réputation que nous avons en Asie comme Canadiens repose en grande partie sur le travail, depuis plus d'un siècle, de nos grandes sociétés canadiennes, comme Manulife, Sun Life, les fonds de pension et d'autres. Plus nous pourrons exposer les décideurs et les nouveaux publics en Asie à cette réalité, plus nous réussirons à réaliser nos objectifs économiques, sécuritaires et géopolitiques.