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La séance est ouverte. Bienvenue à tous.
Il s'agit de la 36e réunion du Comité permanent du commerce international. Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le jeudi 12 février 2026, le Comité reprend son étude du commerce du Canada avec l'Afrique du Nord et de l'Ouest.
Nous accueillons aujourd'hui, à titre personnel et par vidéoconférence, Hamid Fadili, conseiller en affaires internationales, Marchés de l'Afrique et Europe. Nous accueillons également Souad Elmallem, présidente et directrice générale, par vidéoconférence. Du Réseau des Femmes d'affaires du Québec, nous accueillons Ruth Vachon, présidente.
Bienvenue. Nous sommes heureux de vous accueillir en personne.
Nous allons commencer par M. Fadili. Vous disposez d'un maximum de cinq minutes pour votre déclaration préliminaire, s'il vous plaît.
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Merci, madame la présidente.
Bonjour, honorables députés.
Je me présente: je m'appelle Hamid Fadili, et je suis conseiller en affaires internationales pour une agence de développement économique provinciale. Je suis ici aujourd'hui à titre personnel pour témoigner sur un sujet très important, un sujet qui représente un fort enjeu économique pour le Canada. Il s'agit de notre positionnement stratégique sur les marchés de l'Afrique du Nord et de l'Afrique de l'Ouest.
Comme vous le savez, chers députés, le monde est en pleine mutation rapide. On parle évidemment des chaînes d'approvisionnement qui se redéfinissent, de la compétition pour l'accès aux ressources qui s'intensifie de plus en plus et de nouveaux pôles de croissance qui émergent. Dans ce contexte, une question centrale se pose: le Canada est-il suffisamment positionné sur les marchés qui structureront l'économie mondiale de demain, dont le marché africain et, spécialement, les marchés de l'Afrique du Nord et de l'Afrique de l'Ouest?
Quand on parle de ces deux marchés, on parle évidemment de marchés en pleine mutation, de marchés émergents et de marchés de consommation importants. Il s'agit de 600 millions d'habitants, d'un PIB combiné de plus de 1 600 milliards de dollars canadiens et d'une croissance moyenne se situant entre 3 et 6 %. À titre d'exemple, l'Afrique de l'Ouest, à elle seule, représente un marché de plus de 400 millions d'habitants, avec certaines des croissances économiques les plus rapides au monde, soit entre 5 et 6 %, et des besoins en infrastructures estimés à près de 135 milliards de dollars canadiens. À l'horizon de 2030, un consommateur sur cinq dans le monde sera un consommateur africain, ce qui en fait une région particulièrement prometteuse pour les années à venir.
Malgré ce potentiel considérable, le Canada accuse un certain retard. Moins de 1 % de notre commerce extérieur est dirigé vers l'Afrique. Imaginez: le Canada exporte pour environ 6 milliards, 7 milliards ou 8 milliards de dollars canadiens par an vers ce continent. En même temps, la Chine, par exemple, exporte pour plus de 330 milliards de dollars en Afrique; l'Union européenne, plus de 400 milliards de dollars; et la Turquie, plus de 40 milliards de dollars. Ce retard se traduit par des occasions économiques perdues pour le Canada.
On pense souvent que l'Afrique est lointaine. En réalité, elle est beaucoup plus proche qu'on ne l'imagine, surtout sur l'axe atlantique. Je vous donne un exemple. Entre le port de Montréal ou le port de Halifax et le carrefour stratégique de Tanger, au Maroc, ou le Port de Casablanca, la distance maritime tourne autour de 6 000 à 7 000 kilomètres selon le point de départ. À titre de comparaison, acheminer des marchandises vers le port de Houston aux États‑Unis et d'autres ports au sud des États‑Unis représente des distances du même ordre, voire parfois supérieures. Pourtant, moins de 10 % des échanges canadiens transitent par cet axe atlantique.
Les secteurs économiques qui seraient prometteurs pour les entreprises canadiennes toucheraient les entreprises actives dans les secteurs de l'infrastructure, des technologies, de l'énergie, des services financiers, de l'agroalimentaire, de l'aérospatiale, de la santé, des transports et autres.
Ces deux régions de l'Afrique, c'est-à-dire l'Afrique du Nord et l'Afrique de l'Ouest, sont des régions complémentaires. Dans le cas de l'Afrique du Nord, on parle d'une plateforme de production avec des infrastructures développées, d'une proximité avec l'Europe et le Moyen‑Orient et de coûts concurrentiels. Bien sûr, on parle de carrefours industriels et logistiques importants. L'Afrique de l'Ouest est un moteur de croissance, comme je l'ai mentionné tantôt. Il s'agit de 400 millions de consommateurs, d'une urbanisation rapide et des besoins accrus et massifs en infrastructure. C'est un marché en pleine expansion.
En conclusion, les faits sont clairs. Ces régions représentent un marché stratégique majeur pour le Canada. Or celui-ci y est sous-représenté. D'autres puissances y sont déjà bien implantées. Cependant, une occasion existe toujours, surtout dans un contexte géopolitique en évolution, où des leviers politiques sont activés et où des nouveaux corridors économiques émergent.
Comme recommandations...
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Mesdames et messieurs, honorables députés, c'est avec grand plaisir que je suis parmi vous aujourd'hui.
Dans un monde qui change rapidement, les pays, les organisations et les entreprises qui réussissent sont ceux qui savent créer des ponts, bâtir des alliances et penser au-delà de leurs frontières. C'est précisément le sens du discours prononcé par le à Davos. Il a officialisé une rupture claire. La priorité, désormais, est de diversifier nos partenariats économiques, de réduire nos vulnérabilités et de réorienter une partie de nos flux nord-sud selon un axe est-ouest. L'Asie et l'Europe sont au cœur de cette ambition, mais un espace pourtant situé dans le voisinage immédiat du Canada demeure sous-estimé et sous-exploité, à savoir l'Atlantique Sud, qui englobe à la fois les pays sud-américains riverains de l'Atlantique et les pays riverains de l'Afrique du Nord et de l'Ouest.
Le Maroc est, dans cet espace, un excellent exemple de la dynamique qui s'y joue par sa position géographique, par la qualité de ses infrastructures et par sa vision stratégique. Il s'est imposé comme une véritable porte d'entrée vers l'Afrique. Le Maroc, en quelques chiffres, possède des réseaux les plus développés d'Afrique avec environ 50 000 kilomètres de routes bituminées, 2 000 kilomètres d'autoroutes qui s'étendront à 3 000 kilomètres d'ici 2030, 630 kilomètres d'un réseau de train à grande vitesse, ou TGV, très bientôt, une 5G opérationnelle, et j'en passe.
L'Afrique est aujourd'hui le moteur démographique mondial. Mon collègue, M. Fadili, a déjà cité beaucoup de chiffres dans ce sens. Je vais donc passer cette portion.
Avec la mise en œuvre progressive de la Zone de libre-échange continentale africaine, ce marché s'apprête à devenir, après l'Inde et la Chine, le deuxième plus grand marché potentiel du XXIe siècle. Ce qui rend cet espace particulièrement stratégique pour nos partenaires canadiens, c'est qu'il est déjà connecté. Là où la Chine a investi plusieurs milliards de dollars pour bâtir sa route de la soie vers l'Afrique, le Canada bénéficie déjà d'un réseau logistique existant et opérationnel. Le Port Tanger Med est aujourd'hui le quatrième port le plus performant au monde. Le futur Port Dakhla Atlantique, dont la mise en service est prévue en 2028, deviendra un carrefour majeur vers l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique subsaharienne, l'Europe et les Amériques. C'est sans oublier le futur Port de Nador, au nord-ouest du Maroc.
À cela s'ajoutent les autres ports en eau profonde de Dakar, d'Abidjan et de Tema. Depuis Saint John, au Nouveau‑Brunswick, il faut compter entre 10 et 15 jours pour rejoindre l'une de ces destinations, à peine plus que pour atteindre les grands ports européens, et de trois à quatre fois moins que pour les grands marchés asiatiques.
Cette ambition ouvre des perspectives très concrètes. Le Canada et le Maroc partagent plusieurs intérêts communs: la stabilité, l'innovation, la formation, l'ouverture économique et le développement des relations durables. Avec sa toile d'accords de libre-échange avec l'Union européenne, avec les 18 pays de la Grande zone arabe de libre-échange et avec les principales économies africaines, le Maroc offre un accès à un marché de 450 millions d'habitants et un PIB cumulé dépassant les 4 200 milliards de dollars. Son initiative atlantique pour les pays du Sahel ouvre par ailleurs, par le truchement du Port Dakhla Atlantique, un accès à l'océan pour des pays enclavés où plusieurs minières canadiennes y mènent déjà des activités.
Ensemble, nous avons l'occasion de construire bien plus qu'un simple partenariat commercial; nous pouvons construire une relation stratégique utile aux entreprises, aux investisseurs et aux jeunes générations des deux pays. Dans un contexte mondial marqué par l'incertitude, il devient essentiel de diversifier nos marchés, de renforcer nos chaînes d'approvisionnement et de développer des partenariats intelligents. C'est exactement ce que permet la relation Canada‑Afrique et, plus largement, la relation entre les deux rives de l'Atlantique Sud. Elle peut s'épanouir dans plusieurs secteurs: l'agroalimentaire, les technologies, les énergies renouvelables, les mines et les minéraux stratégiques, les infrastructures, le numérique, l'éducation et la santé.
Cependant, pour réussir, il faut une vision claire. Il faut croire aux complémentarités. Le Canada apporte l'expertise, l'innovation, la rigueur et l'accès à des réseaux internationaux. Le Maroc apporte l'ancrage régional, la connectivité africaine et un environnement plus structuré sur les affaires. Sans passé colonial, fort de la Francophonie et d'une importante diaspora africaine, le Canada jouit sur ces deux rives d'une réputation enviable. Ensemble, cela crée une valeur remarquable.
Je crois profondément que les relations les plus durables ne se construisent pas seulement sur les échanges économiques, mais sur la confiance, la compréhension mutuelle et la volonté commune d'avancer ensemble. L'Atlantique Sud est aujourd'hui la pièce manquante du dispositif canadien, et est précisément ce qui peut faire de ce voisinage atlantique et du partenariat Canada‑Maroc l'une des pièces maîtresses d'un modèle gagnant à l'avenir.
Je vous remercie de votre attention.
Je vous remercie de l'occasion que vous me donnez ce matin de faire une présentation devant le Comité.
Je suis la présidente du Réseau des femmes d'affaires du Québec depuis 16 ans, mais, depuis 15 ans, le Réseau se consacre exclusivement à l'accès aux marchés pour les femmes entrepreneures.
Notre initiative se concentre sur les programmes de diversité des fournisseurs, principalement aux États‑Unis. Cependant, avec l'abolition des programmes en 2025, il est crucial pour nous de trouver des pistes concrètes pour renforcer des échanges commerciaux et soutenir l'internationalisation des entreprises canadiennes. Pour nous, ça veut dire celle des femmes.
Au cours des dernières années, le Réseau s'est consacré principalement aux femmes entrepreneures entre elles. L'Afrique de l'Ouest et l'Afrique du Nord sont, pour nous, des marchés intéressants à développer, non seulement parce que c'est un intérêt gouvernemental, mais aussi parce que ça s'inscrit dans le contexte de la Francophonie.
Puisque nous sommes au Québec, je dirais que 75 % de nos femmes préfèrent de loin faire des affaires en français. Il y a certes l'Europe, mais, pour elles, l'Afrique est un marché extrêmement intéressant.
J'ai la chance de représenter le Canada au sein de Femmes chefs d'entreprises mondiales, un réseau qui regroupe près de 1 million de femmes entrepreneures dans le monde, et qui est présent dans 120 pays. Je reviens d'un congrès en Égypte, où 40 pays étaient représentés. Beaucoup de présidentes d'entreprises venant de l'Afrique, entre autres du Mali, étaient présentes. Ces femmes ont des entreprises, par contre elles ne peuvent pas toutes se payer des voyages comme ça. Elles veulent aussi des possibilités d'affaires.
Depuis des années, nous croyons à la croissance par les pairs. Il faut savoir que 98 % des entreprises au Canada sont de petites entreprises. Cela veut donc dire que nos femmes entrepreneures ont aussi des petites entreprises. Si elles avaient la chance de développer des projets entre réseaux de femmes, ça pourrait être vraiment intéressant.
Par exemple, en Côte d'Ivoire, une communauté de femmes fabrique des produits que nous pourrions acheter là-bas et transformer chez nous. Ça nous permettrait ainsi de faire grandir les entreprises de l'Afrique et les entreprises du Canada.
Nous visons souvent les gros contrats, mais les livrables sont très importants. Nous misons surtout sur la capacité de livrer les choses. Quand 98 % des entreprises sont de petite taille, il faut être capable de leur donner des contrats à la mesure de leur capacité. C'est ainsi que nous pourrons construire une économie durable.
Aussi, il faut savoir que 80 % des femmes sont dans le secteur des services. Alors, internationaliser des entreprises avec des femmes qui sont dans le secteur des services, c'est beaucoup plus facile. Toutefois, comme beaucoup de femmes entrepreneures sont dans ce secteur, beaucoup d'entre elles ne sont pas admissibles aux différentes initiatives mises en place actuellement par le gouvernement.
À l'ère dans laquelle nous vivons aujourd'hui, peu importe la taille des entreprises, diversifier les marchés hors des États‑Unis devient essentiel. Dans ce contexte, l'Afrique est une excellente alternative pour offrir aux entreprises à propriété féminine des occasions à la mesure de leur capacité.
Au cours des trois dernières années, nous avons eu du soutien fédéral qui nous a permis de créer la plateforme Maïa, consacrée strictement aux entreprises à propriété féminine. Le but est de rendre visibles les occasions d'affaires que les femmes peuvent se donner entre elles. Cette plateforme a été créée pour faciliter le commerce interentreprises au Canada, mais elle serait facilement adaptable à l'international pour tous les marchés dont nous venons de parler.
Pour nous, le fait de donner aux entrepreneures canadiennes des occasions et des contrats à leur portée est vraiment notre priorité. C'est excellent pour les petites et moyennes entreprises, c'est aussi excellent pour les petites entreprises qui sont souvent inadmissibles aux différents programmes.
Pour nous assurer de donner aux femmes une bonne base, nous avons créé des outils comme l'index Export. À l'aide de l'intelligence artificielle, ces outils donnent des diagnostics de maturité aux femmes pour leur permettre de voir quand elles sont prêtes, quels marchés elles pourraient développer et où il serait pertinent d'aller. Nous leur proposons donc d'utiliser cette plateforme, financée par le gouvernement, pour développer des marchés sur d'autres continents et maximiser les investissements déjà faits par le gouvernement.
Par ailleurs, dans un contexte où nous devons diversifier nos marchés au‑delà des États‑Unis, des régions comme l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique du Nord représentent des occasions stratégiques accessibles en français et alignées sur nos forces. Alors, pour en tirer pleinement profit, ça prend des mécanismes adaptés aux petites entreprises, si nous voulons qu'elles grandissent, des contrats à leur portée et, aussi, des outils structurants pour les soutenir.
Enfin, nous souhaitons inviter tous les partis à unir leurs voix pour que plus d'entreprises détenues par des femmes soient incluses dans les différentes initiatives gouvernementales et qu'en fin de compte ça ne devienne pas une mesure sociale, mais plutôt une décision économique, parce que l'économie de demain ne peut pas se construire sans les femmes.
Merci.
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Merci beaucoup, madame la présidente.
Je souhaite la bienvenue à nos témoins.
L'étude actuelle est fantastique, et je sais qu'il ne nous reste que quelques réunions. Je voulais mentionner, étant donné que ça a fait les manchettes, que l'ambassadeur de Chine a fait quelques commentaires sur les recommandations concernant les endroits où les députés devraient se rendre. Je pense que nous avons une étude sur Taïwan. J'aimerais beaucoup tenir une réunion avant notre départ, et peut-être même inviter l'envoyé ici pour qu'il précise ces commentaires.
J'aimerais revenir à notre étude. Merci beaucoup. L'une des principales choses que le Comité pourra faire, c'est de formuler des recommandations au gouvernement sur les mesures stratégiques que vous aimeriez qu'il prenne.
Parmi les questions que j'ai souvent posées aux témoins figure la suivante: selon vous, quel est le plus grand risque que le gouvernement doit garder à l'esprit au moment d'élargir ou de chercher à élargir ses relations commerciales avec l'Afrique, sachant que l'Afrique est un ensemble de pays? Si vous voulez limiter votre réponse à une région en particulier, c'est très bien. J'aimerais que chacun d'entre vous me fasse part de ses commentaires à ce sujet, car nous pourrions les inclure dans le rapport.
Monsieur Fadili, nous pouvons suivre l'ordre de votre déclaration.
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Je peux vous dire que l'Afrique est un marché où il y a des facteurs à prendre en compte, ainsi que des enjeux, comme dans tous les autres marchés. Il est vrai que pour certains secteurs surtout c'est un peu compliqué. Je pense, par exemple, au secteur de la défense et de la sécurité ainsi qu'à d'autres secteurs. C'est là que le Canada pourrait mesurer un peu ses actions.
Je crois cependant que d'autres secteurs, notamment tout ce qui touche à la santé, ont une mission humanitaire. En parallèle, il s'agit de coopération internationale, mais il y a aussi le côté du commerce et de l'investissement.
D'un pays à l'autre, ça diffère. Il y a des pays où le niveau de maturité politique et économique est plus élevé qu'en d'autres endroits, mais il revient au Canada de faire une priorisation. D'ailleurs, cela fait partie de mes recommandations au Canada: prioriser les pays de ces régions en les classant au premier, au deuxième ou au troisième rang en fonction de leurs enjeux, et de voir comment les traiter différemment.
C'est ce que je peux dire en réponse à votre question.
J'abonde un peu dans le même sens que M. Fadili.
Pour ce qui est du continent africain, il s'agit de 54 pays qui ne sont pas tous au même niveau. Ils n'ont pas tous les mêmes défis et ne sont pas tous aussi avancés. Toutefois, il est intéressant — cela explique mon intervention de tout à l'heure — de voir que des pays sont plus avancés que d'autres dans le domaine des affaires. Ils ont les infrastructures nécessaires, la volonté et la stratégie pour le faire. Je pense que le Canada doit opter pour une vision où on gère son risque de manière à créer des relations solides avec des pays déjà prêts en ce sens.
Géographiquement, il est clair pour moi que le Maroc est dans cette position. Je ne parle pas juste du Maroc, mais de certains pays de l'Afrique de l'Ouest. Quand je fais allusion aux pays qui nous permettent l'accès à ce corridor en eaux profondes, aux ports en eaux profondes en Afrique de l'Ouest, l'idée est vraiment de créer des relations solides, des partenariats entre les gouvernements de manière à encadrer le tout. Toutefois, il est clair qu'il faut prioriser les pays les mieux préparés en matière d'infrastructures et de capacité à faire des affaires.
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Merci beaucoup, madame la présidente.
Je remercie beaucoup les témoins d'être ici.
J'ai bien apprécié tous vos témoignages.
Madame Vachon, je sais que vous êtes allée plusieurs fois en Afrique au cours de missions commerciales. Vous m'aviez déjà dit aussi que, justement, pour avoir des relations commerciales, ce ne doit pas être qu'une fois.
Vous avez parlé tantôt du soutien, de Desjardins et de tout ça, mais, nos délégués commerciaux font-ils un travail correct? Est-ce que ça prend de meilleurs échanges? Doit-il y en avoir plus?
J'aimerais entendre vos commentaires là-dessus.
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Merci beaucoup, madame Vachon.
J'ai une question à vous poser, madame Elmallem.
Vous avez des connaissances. Ma circonscription, Rivière‑des‑Milles‑Îles, est située dans les Basses‑Laurentides. Vous n'êtes pas sans savoir que le secteur de l'aérospatiale est très bien représenté.
J'ai parlé un peu plus tôt à Mme Vachon des délégués commerciaux.
Croyez-vous qu'il y a des améliorations à faire à cet égard pour renforcer nos liens commerciaux, que ce soit dans le Nord, que ce soit une plaque tournante, au Maroc ou en Côte d'Ivoire?
J'aimerais entendre votre point de vue là-dessus.
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Je vous remercie, madame Lapointe, de votre question bien pertinente.
Comme Mme Vachon, je dirai simplement que ça dépend des projets, ça dépend des secteurs et ça dépend de la complexité. De façon générale, il y a un service, certes. Peut-on l'améliorer? Bien sûr, et je pense qu'il faut entrer dans le détail et ne pas se limiter à l'aspect générique. L'aspect relationnel, c'est une chose. On peut mettre des gens en relation. Toutefois, vu que je travaille à des projets depuis maintenant presque 20 ans dans ce corridor Afrique-Canada, je pense qu'il y a une relation à faire de retour. C'est l'élément que je voulais soulever. J'ai travaillé à plusieurs projets d'aéronautique, mais j'ai aussi implanté d'autres projets, notamment au Maroc. Du côté canadien, je pense que nous avons besoin de comprendre les occasions.
Je donne un exemple très banal: si je n'avais pas été chez Bombardier en 2005 et que j'avais commencé à prêcher chez mon employeur pour lui dire qu'il y avait là une occasion, personne ne l'aurait su. L'information ne remonte pas, c'est-à-dire qu'il faut remonter l'information pour rassurer les gens. On parle tout le temps de risques, mais on ne parle pas des occasions, et je pense qu'il est important d'en parler. Il y a des risques partout, mais, si on met l'accent sur les risques et qu'on ne le met pas l'accent sur les occasions, c'est là qu'on manque le bateau.
Par exemple, personne n'aurait su que, en 2008, le Maroc avait 96 entreprises en aéronautique. Il a fallu que je fasse moi-même l'exercice, que je convainque mon patron de venir avec moi pour voir sur les lieux. Pour croire, il faut voir, et c'est là que notre point de vue change. La qualité du développement de certains pays africains et de leur industrie n'est pas remontée vers le Canada. C'est seulement quand les gens se déplacent eux-mêmes qu'ils voient l'occasion, d'où le manque de... Je pense qu'on a un exercice à faire pour s'assurer de donner une clarté en ce qui a trait aux occasions.
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Merci, madame la présidente.
Chers témoins, je vous remercie d'être des nôtres aujourd'hui, et je vous remercie de vos présentations.
Madame Vachon, vous représentez le Réseau des Femmes d'affaires du Québec, un milieu d'affaires qui ressemble à celui de l'ensemble du Québec, mais qui a quand même ses particularités.
Vous avez parlé des débouchés, et vous avez fait une présentation sur l'Afrique, entre autres choses. Pour ce qui est des femmes d'affaires et de l'Afrique, en particulier, y a-t-il quelque chose à souligner?
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Merci, madame la présidente.
Monsieur Fadili, vous avez mentionné l'énergie comme l'un des secteurs offrant des possibilités de commerce et d'intensification des relations commerciales. Je crois que je suis encore le seul député de ce comité qui vient de l'Ouest canadien, une région du Canada qui produit beaucoup d'énergie.
Au sujet de l'Afrique du Nord et de l'Afrique de l'Ouest, j'ai lu qu'il y a une production importante tant de pétrole brut que de gaz naturel. L'Afrique du Nord, en particulier, est devenue un fournisseur très important de gaz naturel liquéfié pour l'Europe. C'est le résultat des défis liés à l'approvisionnement en gaz naturel russe.
Avez-vous quelque chose à dire à ce sujet? Il semble qu'il y ait à la fois une grande production et des possibilités croissantes d'importation, et je suppose que c'est principalement dû à un besoin accru en énergie. Encore une fois, c'est un sujet que vous avez abordé plus tôt.
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Oui. Je vous remercie de la question.
[Français]
En réalité, je voulais seulement porter à votre attention le fait que je préside un organisme qui s'appelle United Actions for Africa, qui est constitué d'un groupe de la diaspora africaine au Canada et partout dans le monde. Notre mission est très claire: nous travaillons à nous assurer de garder un lien avec le continent et nous travaillons à des projets structurants du Canada vers l'Afrique.
Tous les membres de mon organisation sont des professionnels, des gens d'affaires et des entrepreneurs dans différents secteurs. Ils travaillent non seulement à promouvoir ce pont, mais aussi à le créer. Nous développons de vrais projets sur lesquels nous sommes en train de plancher de manière à ce que nous puissions être dans la structure de projets vers le continent africain. Nous tablons sur les connaissances de chaque membre et les relations qu'il a dans le continent.
Dans ce groupe, il y a des gens de la diaspora africaine qui étaient à l'étranger, et qui, maintenant, ont leur entreprise en Afrique, d'où la solidité de ce groupe.
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Je peux commencer, monsieur Lavoie.
Effectivement, il n'y en a qu'un seul. Il y en avait plusieurs, mais leur nombre a été réduit, malheureusement.
La question d'EDC est très centrale parce que, moi-même, j'ai été impliquée. Je vais le dire de façon tout à fait franche, car il est important qu'on se dise la vérité. J'ai été impliquée dans des projets. Le secteur privé était prêt à prendre part à un projet vers le continent, et nous avons entendu qu'EDC n'était pas prêt en raison des risques associés au fait d'appuyer ce genre de projet, avec des mécanismes qui sont à mon avis tout à fait archaïques et qui n'ont pas de sens aujourd'hui.
C'est donc un vrai sujet. J'ai déjà porté cette voix auprès d'EDC pour qu'on change les choses.
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Personnellement, je pourrais compléter ce que Mme Vachon a dit. Je suis d'accord avec elle, mais j'ajouterais un élément.
Au-delà du service des délégués commerciaux, c'est un service qui joue un rôle de A à B, mais il n'y en a pas de B à C ni de C à D. Souvent, quand on est dans un projet important, il est important d'avoir un bon accompagnement. Je ne dis pas ça parce que je prêche pour ma paroisse, mais l'accompagnement qu'on fait dans mon entreprise, 6temik, va au-delà des premières mises en relation. C'est un travail qui requiert une expertise particulière, comme la connaissance d'un secteur, les subventions et la façon de négocier, d'accompagner et de gérer l'ensemble des projets.
Dans les projets à l'international, que ce soit les attachés commerciaux ou tout ce qu'on a comme services dans notre équipe canadienne, on doit s'assurer que cette équipe est bien complétée avec des gens qui connaissent un marché en particulier. Je pense que c'est crucial.
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Merci, madame la présidente.
Je remercie nos témoins de leur présence et de leurs précieux témoignages dans le cadre de notre étude.
Le document du gouvernement sur la politique commerciale à l'égard de l'Afrique publié l'an dernier estime que le commerce de marchandises du Canada avec tous les pays africains s'élevait à environ 15 milliards de dollars, ce qui, bien sûr, correspond à une erreur d'arrondissement par rapport au commerce total de marchandises du Canada avec le monde et avec les États‑Unis, notre principal partenaire commercial.
À votre avis, quelles seraient les limites inférieure et supérieure de ce nombre au cours des cinq prochaines années? Je cherche à comprendre l'ampleur des avantages que le Canada pourrait retirer de l'affectation de ressources supplémentaires à l'expansion du commerce avec l'Afrique.
Je vais demander à chacun des témoins de répondre, en commençant par M. Fadili.
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Je vais enchaîner sur ce que Mme Elmallem a dit.
Nous le voyons plutôt du point de vue des investissements. Étant donné que le travail n'est pas tout à fait commencé, qu'il n'est pas tellement présent, nous voyons ça sur une période de dix ans. On se dit: « La graine qu'on va semer, qu'est-ce que ça va pouvoir rapporter? »
Ici, maintenant, je ne serais pas en mesure d'avancer des chiffres pour montrer ce que ça va rapporter, parce que notre indicateur de rendement clé est plus axé sur le nombre d'initiatives que nous pouvons amener en Afrique pour être capables de les faire grandir, plutôt que, pour l'instant, sur ce que ça va rapporter.
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Concrètement, en ce qui concerne les actions que le Canada pourrait entamer pour bénéficier de ce potentiel, comme ça a été mentionné, il y a le fait de prioriser cinq ou sept pays prioritaires dans cette région, des pays qui sont stables, qui ont un fort potentiel économique et qui ont plus de liens avec le Canada que les autres.
Il y a aussi le renforcement de notre position diplomatique pour établir une certaine confiance avec les investisseurs et avec la société civile.
La question du financement a également été abordée. Par exemple, ça vaut peut-être la peine de voir s'il est possible, pour Exportation et développement Canada et les autres, de mettre en place des fonds qui sont réservés aux investisseurs canadiens qui aimeraient explorer toutes les possibilités d'affaires dans ces régions.
Du côté de la logistique, nous avons parlé, tantôt, de l'avantage d'établir des liaisons atlantiques entre les ports de Montréal et d'Halifax et des ports en Afrique, comme ceux de Dakhla, de Tanger et de Dakar, et de voir si des accords concernant la logistique sont possibles.
Il y a toujours, aussi, la question de la protection des investisseurs. C'est le rôle du politique de voir comment protéger les investisseurs qui aimeraient explorer ces marchés.
En général, ce sont des exemples de choses qui pourraient être entamées dans les prochains mois, en commençant par établir un certain niveau de confiance entre le Canada et chacun de ces pays, de façon bilatérale, selon leur réalité distincte.
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Notre intention n'est pas de cibler beaucoup de pays.
Mme Elmallem a parlé du secteur agroalimentaire. Même si nous sommes multisectoriels, je dirais que ce secteur est celui où nous sommes le plus capables de nous projeter.
La Francophonie, aussi, est très importante, mais j'ajouterais que, pour nous, c'est important de se fier aux recherches que notre gouvernement fait. Nous pouvons donner des commentaires, mais notre gouvernement, par les recherches qu'il a faites, sait où il est important de s'investir. C'est sûr qu'au début, on procède en faisant confiance à ce que le gouvernement a déterminé quant aux secteurs qui sont moins fragiles pour nous.
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Nous reprenons nos travaux.
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le jeudi 12 février 2026, le Comité reprend son étude sur le libre-échange au Canada.
Nous accueillons aujourd'hui, du Conseil canadien du porc, René Roy, président, et Claire Citeau, vice-présidente principale. Par vidéoconférence, nous accueillons Carl Viel, président-directeur général de Québec International.
Bienvenue à tous.
Monsieur Viel, vous avez la parole pour cinq minutes.
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Merci beaucoup, madame la présidente.
Mesdames et messieurs les membres du Comité, je vous remercie tout d'abord de m'avoir invité pour aborder devant vous le libre-échange à l'intérieur du Canada, un enjeu fondamental pour la compétitivité de nos entreprises et du Canada.
Comme j'ai déjà eu la chance de témoigner devant vous, je ne reviendrai pas sur l'ensemble des mandats de notre agence de développement économique, mais il est important de se rappeler que nous avons celui du développement des marchés, un levier essentiel pour soutenir la croissance des entreprises.
Historiquement, au Canada comme au Québec, nos entreprises ont bâti leurs relations commerciales selon un axe nord-sud, principalement. Cette réalité s'explique par la géographie, par la structure économique et par des décennies de chaînes d'approvisionnement organisées dans cette direction. Ces relations demeurent importantes, mais elles ne devraient plus être les seules sur lesquelles repose la croissance des entreprises.
Aujourd'hui, il devient de plus en plus clair que le développement d'un véritable réflexe est-ouest à l'intérieur du Canada représente un potentiel largement sous-exploité. Le marché canadien offre pourtant une diversité remarquable d'expertises, d'industries, de bassins de talents et de pôles d'innovation, souvent complémentaires d'une province à l'autre.
Cependant, développer des relations commerciales interprovinciales ne se fait pas automatiquement. Créer des habitudes d'affaires, bâtir un réseau de confiance et comprendre les réalités commerciales propres à chacune des provinces demandent du temps et de l'accompagnement. Trop souvent, les entreprises sous-estiment les occasions d'affaires à l'intérieur même du Canada tout en priorisant des marchés plus éloignés et plus exigeants. C'est pourquoi le libre-échange à l'intérieur du Canada doit être vu non seulement comme un enjeu réglementaire, mais aussi comme un objectif qui dépend d'un changement de culture d'affaires. Encourager les entreprises à penser en fonction d'un axe est-ouest, à collaborer davantage avec des entreprises d'autres provinces et à intégrer des partenaires canadiens dans leurs chaînes de valeur, c'est renforcer la solidité de notre économie nationale dont nous avons besoin.
À ce titre, nous saluons les efforts et les changements réglementaires en cours pour faciliter le commerce intracanadien. La réduction des barrières non tarifaires, l'harmonisation de certaines normes, la reconnaissance mutuelle des certifications et la simplification des règles de mobilité des biens, des services et de la main-d'œuvre constituent des avancées importantes. Elles envoient surtout un signal clair: le marché canadien doit fonctionner comme un véritable espace économique intégré.
Toutefois, ces avancées réglementaires doivent s'accompagner d'un travail sur le terrain. Les entreprises, particulièrement les PME, ont besoin d'être guidées pour tirer pleinement parti des nouvelles possibilités, identifier des partenaires ailleurs au pays, comprendre les cadres réglementaires provinciaux, adapter leurs stratégies commerciales et établir des réseaux solides au-delà de leur marché naturel.
Dans ce contexte, les organismes de développement économique jouent un rôle clé. Chez Québec international, nous agissons comme catalyseur en appuyant les entreprises dans leur préparation commerciale, en facilitant les maillages interprovinciaux et en contribuant à la création de corridors économiques canadiens. Nous constatons que, lorsque les entreprises développent des relations durables à l'intérieur du pays, leur capacité à croître et à exporter à l'extérieur du Canada se trouve également renforcée. Le libre-échange interprovincial est donc bien plus qu'un enjeu domestique. Il constitue un outil stratégique de diversification, de résilience et de compétitivité pour nos entreprises tout en réduisant leur dépendance à un nombre limité de marchés.
En conclusion, si nous voulons renforcer la performance économique du Canada, nous devons pleinement exploiter le potentiel de notre propre marché. Cela passe par des règles plus fluides, certes, mais aussi par un changement de réflexe: passer d'une logique principalement nord-sud à une culture d'affaires véritablement est-ouest.
En favorisant les échanges entre provinces, en soutenant la création d'un réseau interprovincial et en accompagnant activement les entreprises dans cette démarche, nous renforçons non seulement le commerce intérieur, mais aussi la position du Canada dans l'économie mondiale.
Merci.
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Merci, madame la présidente.
Chers membres du Comité, je vous remercie de me donner l'occasion aujourd'hui de vous faire part de nos commentaires sur ce sujet.
Je m'appelle René Roy. Je suis un producteur de porc du Québec dans la région de la Beauce et je suis le président du Conseil canadien du porc. Notre organisation représente plus de 7 000 producteurs du Canada, qui soutiennent plus de 100 000 emplois et génèrent plus de 5 milliards de dollars de recettes annuellement. Aujourd'hui, je suis accompagné de Mme Claire Citeau, vice-présidente principale.
[Traduction]
Le porc canadien est une pierre angulaire de l'approvisionnement alimentaire national et du commerce international, plus de 70 % de notre production étant exportée dans plus de 80 pays. Ce succès repose sur une réputation d'excellence en matière de salubrité des aliments, de traçabilité et de santé animale, le tout soutenu par la surveillance rigoureuse du système d'inspection fédérale du Canada. En effet, ce système a déjà réglé notre problème de commerce intérieur pour le porc, car environ 94 % de nos produits passent par des usines inspectées par le gouvernement fédéral.
Bien que le Conseil canadien du porc soutienne l'esprit du renforcement du marché intérieur du Canada, nous devons veiller à ce que notre marché mondial continue d'accueillir nos produits, grâce à sa confiance dans notre système fondé sur les inspections par le gouvernement fédéral. Les produits transformés dans les usines inspectées par le gouvernement fédéral peuvent passer d'une province à l'autre sans aucune barrière, et nous nous opposerions à toute mesure qui considérerait les produits de viande inspectés par les provinces comme équivalents à ceux inspectés par le gouvernement fédéral. À l'heure actuelle, la viande provenant d'usines inspectées par les provinces ne peut être vendue que dans la province où elle a été produite.
Ce cadre reflète de réelles différences. Les installations inspectées par le gouvernement fédéral doivent respecter les exigences de la Loi sur la salubrité des aliments au Canada, notamment une surveillance vétérinaire continue, des plans de contrôle préventif validés, des mesures de traçabilité et des protocoles d'analyse des agents pathogènes alignés sur les normes du Codex Alimentarius.
Le Conseil canadien du porc n'appuie pas l'affaiblissement de notre système actuel. Le fait de considérer une inspection provinciale équivalente à une inspection fédérale sans une amélioration des normes d'une manière unifiée dans l'ensemble du pays compromettrait la salubrité des aliments, la confiance des consommateurs et la réputation internationale du Canada.
Il y a un exemple d'usine provinciale qui cherche à devenir une installation inspectée par le fédéral, et nous invitons le Comité à travailler avec les fonctionnaires pour trouver le mécanisme qui aidera cette usine. Northern Farms est un exemple parfait d'un groupe de fermes qui essaient de mettre en œuvre ce que le gouvernement demande, mais qui constatent que les fonctions internes du gouvernement ne suivent pas le rythme du programme des décideurs.
Le Conseil canadien du porc reconnaît que le projet de loi vise à améliorer le commerce intérieur. Nous croyons que, grâce à deux mesures, cet objectif peut être atteint sans nuire au cadre de salubrité des aliments du Canada.
La première mesure est le maintien de l'exigence que les produits de viande faisant l'objet du commerce interprovincial proviennent d'usines inspectées par le gouvernement fédéral et autorisées conformément à la Loi sur la salubrité des aliments au Canada. La deuxième mesure est le soutien des installations provinciales qui souhaitent faire la transition vers une licence fédérale au moyen de programmes de partage des coûts, comme il en a été question plus tôt en ce qui concerne Northern Farms.
Nous ne sommes pas contre les usines inspectées par les provinces. Nous voulons simplement nous assurer que leurs produits restent dans la province où ils ont été inspectés.
Le Conseil canadien du porc exhorte le gouvernement du Canada à maintenir l'intégrité des inspections fédérales, à préserver la confiance des consommateurs et de la communauté internationale et à assurer des règles du jeu équitables pour tous les exploitants. Nous appuyons le commerce interprovincial du porc seulement lorsque les usines provinciales sont modernisées selon les normes fédérales. De cette façon, le projet de loi peut atteindre ses objectifs tout en protégeant la force et la compétitivité à long terme du secteur canadien du porc.
Nous serons heureux de répondre à vos questions. Merci.
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C'est une bonne question. Comme je l'ai dit dans mon témoignage, je pense qu'il reste encore du travail à accomplir pour gérer certains des obstacles que nous devons affronter dans le système canadien.
Si vous me le permettez, j'ai trois exemples à vous donner.
Le premier concerne les deux langues officielles. Si vous êtes un Canadien vivant à Vancouver et que vous souhaitez exporter des produits vers le Québec, le Nouveau‑Brunswick ou l'Ontario, vous pourriez avoir affaire à des clients qui parlent français. Il pourrait donc y avoir un obstacle linguistique.
Le deuxième concerne les deux systèmes juridiques que nous avons au Canada: la common law et le droit civil.
Le troisième concerne les différences fiscales entre les provinces. C'est le troisième obstacle sur lequel nous devons nous pencher.
Comme je l'ai dit, l'autre aspect, c'est qu'au fil des ans, nous avons principalement orienté nos efforts du nord vers le sud, plutôt que d'est en ouest ou d'ouest en est. Compte tenu de la situation actuelle, je pense que le Canada va dans la bonne direction pour améliorer les échanges commerciaux entre les provinces et les territoires.
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Parfait. Je pense qu'on comprend bien le danger. C'est intéressant, parce que je dis souvent que la levée des barrières, que le libre-échange soit interprovincial ou international, c'est la même chose, c'est-à-dire que ce ne doit pas être une religion. Certaines barrières sont pertinentes.
Une barrière existe, dans la vie, sur le plan strictement physique. Une bonne clôture peut avoir bien des bénéfices dans certains cas. On s'entend, enlever celles qui sont inutiles peut aider les producteurs, les transformateurs et les exportateurs, etc. Bien sûr, s'il y en a qui peuvent venir freiner certains vents dont on ne veut pas, je ne pense pas qu'il faille s'y opposer pour le plaisir de le faire. Votre exemple, je crois, est assez patent là-dessus. Je vous remercie de cette mise en garde. Je crois donc que le Comité va en prendre note.
J'aurais envie de me tourner maintenant vers M. Viel, afin de poursuivre un peu sur la même lancée, mais pas tout à fait. Le libre-échange est souvent souhaitable et souvent bon. Toutefois, plusieurs entreprises seront aussi habituées à recevoir des traitements de faveur, mais, à partir du moment où il y aura un accord, elles n'en recevront plus. On leur dira qu'elles sont sur un pied d'égalité avec la concurrence étrangère.
Dans le cas interprovincial, y aurait-il une adaptation et une préparation à prévoir?
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Merci, madame la présidente.
Monsieur Roy, je vous souhaite un bon retour au Comité. C'est toujours un plaisir de recevoir un témoin qui vient de la plus belle région au Canada, la Beauce, évidemment.
Le gouvernement a fait des annonces, l'année passée, sur le fait qu'il enlevait des barrières tarifaires. Il y en a encore, elles sont encore bien présentes, mais elles touchent un peu moins le secteur du porc, par contre.
Qu'est-ce qu'on peut faire pour aider nos producteurs de la Beauce?
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Je vous remercie de cette question.
J'aimerais insister sur le fait que nous avons besoin d'installations inspectées par les provinces. La question n'est pas là. Nous nous demandons quand viendra le temps de faire du commerce interprovincial. Nous ne remettons pas en question la réalité terrain, à savoir qu'il y a un marché servi par ces petites usines de transformation, la plupart du temps, surtout dans les communautés éloignées des grands centres.
Notre objectif est de nous assurer de maintenir la confiance. Pour nous assurer de maintenir la confiance, nous devons maintenir une norme provinciale qui permettra le commerce interprovincial, selon la norme en vigueur dans les installations inspectées par le gouvernement fédéral. Ainsi, nous créerons de la confiance non seulement chez nos consommateurs, mais aussi à l'échelle internationale, parce que s'il y avait une érosion du commerce interprovincial, puis qu'on remarquait un degré de salubrité inférieur aux normes de sécurité alimentaire après l'exportation de cette viande, cela pourrait créer un grave problème de confiance chez nos partenaires internationaux.
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Je vous remercie de votre question.
D'abord, il faut regarder le potentiel par secteur et évaluer les occasions. Tout à l'heure, j'ai donné l'exemple des secteurs gaz et pétrole. Au Québec, les entreprises, les Eddyfi de ce monde, sont très portées sur les tests non destructifs. Il faut présenter à ces entreprises les occasions qui s'offrent à elles à l'intérieur du Canada et, par la suite, les aider à rencontrer les bonnes personnes pour se lancer dans les processus d'appels d'offres et obtenir des contrats.
Il est donc certain qu'il y a des potentiels énormes dans différents marchés. Tout à l'heure, le secteur de l'énergie a été mentionné, et je viens d'y faire référence.
Le secteur agroalimentaire est certainement un secteur important. On a de très grandes chaînes et bannières au Canada et au Québec, mais aussi dans les provinces atlantiques, comme Sobeys.
Exploiter le potentiel, c'est aider les entreprises en s'assurant qu'elles vont être compétitives. Ce que M. Roy a dit dans son intervention tout à l'heure, c'est que c'est très important d'amener les entreprises à adopter des normes canadiennes, qui sont les mêmes qu'à l'international. C'est toujours important d'aller vers le haut pour aider les entreprises à se qualifier sur le plan canadien, afin qu'elles puissent rapidement aller à l'international. Ce sont donc des occasions.
Au Québec, on a aussi une industrie de services, dans le secteur des technologies de l'information, par exemple. Ce secteur n'est pas nécessairement très bien pris en compte, mais il offre un énorme potentiel pour les entreprises. On l'a vu, entre autres, avec Coveo, qui a signé une entente avec Bell et le gouvernement canadien sur l'intelligence artificielle.
Le volet des services est donc un autre élément très important à prendre en considération.