Bienvenue à la 38e réunion du Comité permanent du commerce international. Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le jeudi 12 février 2026, le Comité entreprend son étude sur la coopération liée au commerce entre le Canada et Taïwan.
Nous accueillons aujourd'hui, du Bureau économique et culturel de Taipei au Canada, Harry Ho‑jen Tseng, représentant ou ambassadeur, comme je l'appelle tout le temps, ainsi que Henry Chih-hung Liu, directeur, et Ethan Han-ming Chen, directeur exécutif adjoint.
Bienvenue. Nous sommes heureux que vous soyez parmi nous.
Nous entendrons d'abord des déclarations préliminaires, puis nous passerons aux séries de questions des députés.
Monsieur Tseng, je vous invite à faire une déclaration préliminaire de cinq minutes.
Ce n'est pas la première fois que vous comparaissez devant le Comité. Nous sommes heureux de vous revoir.
Monsieur le président et distingués députés, je vous remercie de m'avoir invité à comparaître devant le Comité permanent du commerce international. C'est un grand honneur de comparaître à titre de témoin.
Permettez-moi de commencer par un survol des récentes relations commerciales entre le Canada et Taïwan.
Selon les statistiques sur quatre ans pour 2025, Taïwan et le Canada ont maintenu ou atteint des sommets historiques en ce qui concerne le volume de leurs échanges commerciaux respectifs à l'échelle mondiale. Cependant, lorsqu'on compare les chiffres liés au commerce bilatéral à ceux liés aux échanges commerciaux mondiaux totaux de l'un et de l'autre, le pourcentage semble remarquablement faible.
Le commerce extérieur de Taïwan, stimulé par la demande mondiale soutenue de produits de haute technologie et de technologies de l’information et des communications liés à l'intelligence artificielle, a atteint un niveau record en 2025, avec un commerce mondial total d'environ 1,1 billion de dollars américains. Les échanges commerciaux totaux de biens et de services du Canada, selon les données de Statistique Canada, sont demeurés très robustes tout au long de 2025, pour atteindre environ 1,2 billion de dollars américains. Comme vous pouvez le constater, la différence entre nos deux pays est minime.
Selon des références officielles récentes, le volume annuel des échanges commerciaux entre Taïwan et le Canada est de 6 milliards à 6,5 milliards de dollars américains, ce qui ne représente que de 0,5 à 0,6 % des échanges commerciaux totaux de Taïwan. Taïwan est le 15e partenaire commercial du Canada dans le monde et le 6 e en Asie, mais leurs échanges bilatéraux ne représentent qu'environ 0,5 % des échanges commerciaux mondiaux totaux du Canada. Si l'on s'en tient strictement au pourcentage nominal, la dépendance commerciale mutuelle entre nos deux économies est inférieure à 1 %.
Les atouts du Canada se trouvent en amont de la chaîne d'approvisionnement, tandis que ceux de Taïwan se trouvent dans les secteurs intermédiaires et en aval. Au fil des ans, aucun pont de transformation intermédiaire direct n'a été établi entre nos deux pays. Par conséquent, de nombreuses matières premières canadiennes sont exportées vers des pays tiers pour y être transformées avant d'être importées par Taïwan, ce qui empêche ces flux d'être pris en compte dans les statistiques du commerce bilatéral direct.
Cela traduit‑il un manque d'intérêt pour le marché de l'autre pays? La réponse est non. Le faible pourcentage n'est pas le résultat d'un manque d'intérêt ou de négligence, mais plutôt le reflet de leurs structures géoéconomiques de longue date, ou ce qu'on appelle la « gravité du marché », c'est‑à‑dire que le commerce du Canada est axé sur le marché américain et que celui de Taïwan se concentre sur les marchés de la Chine en plus de ceux de Hong Kong, de l'ANASE et des États-Unis.
Notre commerce bilatéral a‑t‑il une marge de croissance? Oui, il existe un énorme potentiel de croissance, mais les deux pays doivent interagir davantage. À un moment où les chaînes d'approvisionnement mondiales passent d'une délocalisation motivée par les coûts à une délocalisation dans un pays proche motivée par des raisons de sécurité, nous devons accélérer la cadence pour procéder à un changement structurel.
En fait, grâce à la Stratégie du Canada pour l'Indo-Pacifique, nous nous sommes déjà engagés dans cette voie avec l'Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers, ou l'APIE, qui a été signé en 2023, suivi par des accords subséquents sur la résilience de la chaîne d'approvisionnement et l'Accord en matière de science, de technologie et d'innovation, ou l'ASTI, qui a été signé en 2024. Ces mécanismes offrent une protection juridique et ont déclenché une augmentation notable des investissements privés en provenance de Taïwan.
Naturellement, l'étape suivante consiste à proposer un accord-cadre de coopération commerciale. Cet accord-cadre fournira un cadre institutionnel important pour faciliter le commerce, l'investissement, la coopération en matière de réglementation et l'intégration de la chaîne d'approvisionnement entre nos deux pays.
J'aimerais également demander au Canada de continuer à soutenir l'adhésion de Taïwan au PTPGP, ce qui permettra de renforcer la résilience économique régionale et les liens économiques entre Taïwan et le Canada.
Je vous remercie encore une fois de m'avoir donné l'occasion de m'adresser à vous aujourd'hui. Je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
C'est une question très importante pour nous. Je pense que les visites à Taïwan dont vous parlez constituent une pratique qui existe depuis plus de 20 ans. C'est la meilleure façon pour les politiciens canadiens — dans ce cas‑ci, les députés ou les sénateurs — de voir réellement les défis que doit relever Taïwan. Une visite vaut plus de mille mots.
Nous sommes à l'ère de la cybersécurité, et je ne peux pas imaginer... Voir, c'est croire. Parfois, voir, c'est ne pas croire, mais lorsque vous venez à Taïwan, vous passez une semaine entière dans notre environnement et vous parlez aux gens qui sont sur place pour mieux comprendre notre partie du monde. Je pense sincèrement que c'est une pratique très importante que nous pouvons poursuivre. J'espère avoir l'appui de tous les députés ici présents.
Vous savez peut-être que le Canada est en train de revoir sa Stratégie pour l'Indo-Pacifique, qui est entrée en vigueur en novembre 2022. Je tiens à souligner qu'au cours des cinq années d'existence de cette stratégie, le Canada a révisé ses arrangements en matière de sécurité et de défense avec le Japon, la Corée du Sud et les Philippines, mais pas avec Taïwan. Nous avons mené neuf missions commerciales dans la région depuis la mise en œuvre de la stratégie, mais aucune à Taïwan. Quel message Taïwan perçoit-elle de l'inaction du Canada à son égard?
Avez-vous l'impression qu'on vous consulte et que vous serez pris en compte dans la révision de la Stratégie pour l'Indo-Pacifique, ou avez-vous l'impression que le Canada vous exclut de la région?
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Je vous remercie beaucoup de votre question.
Dans ma déclaration préliminaire de cinq minutes, j'ai indiqué qu'il y a de nombreuses possibilités pour améliorer notre commerce bilatéral, mais qu'il faut que les deux parties interagissent davantage.
Ce que vous dites est vrai. Nous avons remarqué que la mission commerciale d'Équipe Canada s'est rendue dans pas moins de 11 pays de la région indo-pacifique, mais Taïwan n'en faisait pas partie. Cependant, je dirai simplement que Taïwan est le sixième partenaire commercial du Canada en Asie, et que son importance a considérablement augmenté. Comme je l'ai dit, la différence entre les volumes des échanges commerciaux entre nos deux pays est assez faible — soit la différence entre 1,2 billion de dollars américains et 1,1 billion de dollars américains, ce qui n'est pas énorme — et il existe donc des possibilités à explorer entre nos deux pays.
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Je vous remercie, madame la présidente.
J'aimerais poursuivre la discussion sur le point soulevé par M. Mantle, soit la façon dont nous pouvons intensifier nos échanges commerciaux, et je vais parler de notre réponse à cette question.
Bienvenue, monsieur Tseng.
Bienvenue, monsieur Chen.
Bienvenue, monsieur Liu. Je vous connais depuis de nombreuses années, et je vous remercie de votre coopération en vue d'accroître les échanges commerciaux entre Taïwan et le Canada.
Vous avez mentionné que les échanges commerciaux du Canada avec Taïwan ne représentent que 0,5 % de l'ensemble de ses échanges commerciaux. Vous savez peut-être aussi que nous avons un programme très ambitieux. En effet, le gouvernement canadien souhaite doubler ses échanges commerciaux avec des marchés autres que les États-Unis au cours des 10 prochaines années et il cherche à augmenter l'investissement étranger direct de 1 billion de dollars au cours des 5 prochaines années.
Monsieur Tseng, j'ai eu l'occasion de visiter Bora Pharmaceuticals à Mississauga avec vous. Il s'agit d'un investissement d'une entreprise taïwanaise dans cette ville. Je représente une circonscription de Mississauga et j'ai pu constater de mes propres yeux la valeur de cet investissement taïwanais. Lors de cette visite chez Bora Pharmaceuticals, j'ai vu des exemples de la façon dont vous contribuez à notre résilience, à notre système de soins de santé et à la diversification des chaînes d'approvisionnement, ainsi qu'aux secteurs essentiels concernés.
Que pouvons-nous faire pour attirer plus d'entreprises et d'investissements taïwanais au Canada? Quelles recommandations pouvez-vous formuler au Comité? Comment le projet Bora Pharmaceuticals s'est‑il concrétisé, et comment pouvons-nous reproduire ce modèle?
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Merci beaucoup, monsieur Fonseca.
La réponse à cette question est liée à la question précédente sur les missions commerciales. Ainsi, les missions commerciales d'Équipe Canada à Taïwan représentent un moyen très efficace de promouvoir le commerce entre nos deux économies.
À part cela, vous disposez de nombreux outils que vous pouvez utiliser, comme nous le faisons à Taïwan. Je parle des sociétés d'État canadiennes comme Exportation et développement Canada et la Corporation commerciale canadienne. Ces organismes s'apparentent à notre TAITRA, soit le Conseil pour le développement du commerce extérieur de Taïwan, qui dispose d'un bureau à Vancouver et d'un autre à Toronto. Il y a des gens qui exécutent notre programme très proactif ici, au Canada. Je ne sais pas combien de députés ici présents ont une bonne connaissance des outils que nous pouvons utiliser.
Il y a une autre chose qui est également très importante pour nos deux pays, et certains considèrent qu'elle n'est que symbolique, mais je ne suis pas d'accord. La visite de hauts fonctionnaires à Taïwan aura toujours un résultat très positif. La plus récente visite ministérielle à Taïwan a été effectuée par M. John Manley, en 1998. Cela fait trop longtemps. Si vous voulez qu'un commerce s'établisse entre nos deux pays, vous devez vraiment recommencer à organiser de telles visites.
De nombreuses choses peuvent se produire, mais il faut une volonté politique. C'est ce dont je parle.
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Je dois souligner que les médias ont, à mon avis, un peu trop exagéré les conséquences que pourrait avoir cette visite.
À Taïwan, nous sommes convaincus que les relations entre Taïwan et les États-Unis vont se renforcer considérablement. Marco Rubio et M. Trump, pendant qu'ils étaient à Pékin, et par la suite, ont également réaffirmé que la politique américaine à l'égard de Taïwan demeurait inchangée.
Certaines personnes s'inquiètent d'un blocage ou d'un retard des livraisons d'armes à Taïwan. En fait, cela s'est déjà produit par le passé. Je veux dire par là que dans le cadre de contrats de vente d'armes, on n'achète pas un produit déjà fini, prêt à l'emploi, parmi une gamme de choix. On passe un nouveau contrat pour une longue période de fabrication et de production, et le calendrier de livraison varie en fonction de la situation géopolitique.
Pour répondre brièvement à votre question, le sommet entre M. Trump et M. Xi à Pékin n'a pas vraiment eu une grande incidence sur Taïwan. Nous sommes très confiants. De fait, cela ne me préoccupe pas, et les six engagements entre Taïwan et les États-Unis seront maintenus après cette visite également.
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La sécurité alimentaire et la sécurité énergétique sont les deux questions les plus importantes à Taïwan.
Nous ne sommes pas vraiment à l'aube de l'ère de l'intelligence artificielle; nous sommes déjà dans cette ère. Ainsi, Taïwan est confrontée à un défi croissant en matière de demande en énergie et en électricité. Vous avez de l'énergie, du gaz naturel liquéfié et du pétrole. Vous avez de l'électricité, de l'énergie propre et de nombreuses autres ressources pour produire de l'électricité au Canada. Il y a là une synergie naturelle qui ne s'est pas encore concrétisée, et nous souhaitons vraiment que cela se produise. Nous pouvons travailler ensemble sur ce point.
J'ai parlé du centre de données pour l'intelligence artificielle. L'intelligence artificielle ne peut fonctionner qu'avec un tel centre et le Canada est l'endroit idéal à cet égard. Je crois que bon nombre d'entre vous en sont parfaitement conscients. Nous avons besoin d'un endroit comme l'Alberta, où l'infrastructure peut être refroidie — ce qui est nécessaire — par l'environnement naturel; il n'y a rien de mieux.
S'il est possible de parler d'un centre de données... Je suis très précis, mais c'est un exemple. Cela répond également à votre question concernant les investissements que nous avons observés au cours des deux ou trois dernières années. Ces investissements n'ont pas été réalisés dans les secteurs de l'énergie, mais plutôt dans les secteurs des technologies de l'information et des communications et de l'intelligence artificielle.
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C'est en fait une question délicate à Taïwan. Je dis « délicate », car l'opinion publique est partagée à ce sujet. Depuis plusieurs années, notre politique et notre vision consistent à faire de Taïwan un État dénucléarisé, car notre île est très petite. Si un accident nucléaire venait à se produire... Pensons à ce qui s'est passé au Japon.
Au cours des 10 dernières années, je crois, nous avons progressivement abandonné l'énergie nucléaire et misé sur les énergies renouvelables. Northland Power, une entreprise canadienne, a réalisé un investissement majeur à Taïwan dans l'énergie éolienne, ce qui est très important, mais là encore, avec l'intelligence artificielle... Les énergies renouvelables — l'énergie éolienne et l'énergie solaire — ne suffisent pas à produire toute l'électricité dont nous avons besoin, et nous parlons désormais d'une nouvelle ère où nous pourrons disposer de meilleures technologies qui rendront l'énergie nucléaire sûre. C'est très important. Nous ne sommes pas indifférents à la question de l'uranium provenant du Canada. Nous sommes d'ailleurs en train d'examiner cette possibilité. Nous nous intéressons également aux nouvelles énergies comme celle produite par l'hydrogène, qui constitue également un atout potentiel du Canada, mais il n'y a rien encore à l'échelle commerciale.
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Merci beaucoup, madame la présidente.
Merci beaucoup de vous joindre à nous aujourd'hui.
Avant de me lancer en politique, j'ai travaillé dans un domaine technique; c'est donc un sujet qui m'intéresse beaucoup. Mes questions porteront sur les technologies de l'information et des communications.
Le Canada envisage de faire du Centre canadien de fabrication de dispositifs photoniques une entité indépendante, et certains acteurs du secteur comparent cette approche à celle adoptée par Taïwan pour la création de TSMC et de son écosystème plus vaste de semi-conducteurs.
Taïwan a mis au point un système d'innovation de calibre mondial qui relie le milieu universitaire, le gouvernement et le secteur manufacturier. Quelles leçons clés ou pratiques exemplaires recommanderiez-vous à des pays comme le Canada qui cherchent à renforcer leurs capacités de fabrication de produits de haute technologie, à avoir une fabrication à grande échelle et à développer des bassins de talents hautement qualifiés? Pourriez-vous nous faire part de l'expérience de Taïwan et des principales leçons que vous avez tirées?
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Je vous remercie, madame, de votre question.
L'année dernière, nous avons diffusé un documentaire présentant comment l'industrie des semi-conducteurs est partie de zéro à Taïwan. TSMC n'a été fondée qu'en 1987, mais en réalité, à Taïwan, nous avons lancé notre industrie des semi-conducteurs dans les années 1970, alors que le Japon occupait le premier rang au chapitre de la capacité de production. Taïwan a contribué à la chaîne d'approvisionnement dans les domaines de l'emballage et des tests, deux domaines dans lesquels nous excellons. Même aujourd'hui, alors que la plupart des gens trouvent que Taïwan excelle dans la fabrication, nous demeurons également le numéro un mondial en matière de tests et d'emballage. TSMC est le leader mondial.
Le succès de Taïwan dans l'industrie des semi-conducteurs n'a en réalité aucun secret. Il faut un gouvernement doté d'une vision. Je viens d'écrire une lettre d'opinion à ce sujet. Certains prétendent que Taïwan aurait volé des technologies aux États-Unis, etc. J'ai voulu éclaircir cela. En 1976, l'ITRI, ou Industrial Technology Research Institute, de Taïwan, a envoyé 20 jeunes ingénieurs dans l'entreprise américaine RCA, ou Radio Corporation of America. À l'époque, RCA était la plus grande entreprise productrice de circuits intégrés, ou CI. Nous avons versé 3,5 millions de dollars américains pour le transfert de technologie et la licence. Notre gouvernement a présenté un projet totalisant 10 millions de dollars américains pour commencer à développer notre industrie électronique à partir de zéro.
Il est très important d'avoir une vision. Il faut faire preuve de cohérence et de détermination. La cohérence et la détermination sont très importantes, et il faut toujours y revenir. Il y a une longue histoire qui sous-tend cela et notre éthique de travail. Nous avons également beaucoup de chance, car le monde semble évoluer vers un monde où les semi-conducteurs sont nécessaires dans tous les domaines. Nous nous sommes lancés dans les semi-conducteurs sans savoir à l'avance ce qui se passerait. Nous ne pouvions pas le prévoir il y a plusieurs décennies. Je dis toujours que le développement de l'industrie des technologies de l'information et des communications à Taïwan a commencé par ces technologies, s'est poursuivi avec l'Internet des objets, pour aboutir aujourd'hui à l'intelligence artificielle des objets, qui combine l'intelligence artificielle et l'Internet des objets. Nous ne savions pas que la situation évoluerait de cette manière, mais nous avons beaucoup de chance de vivre à une époque où nous pouvons montrer notre résilience.
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Merci, madame la présidente.
Je vais continuer la discussion là où elle en était.
Comme on le sait, le transit de frégates du Canada dans le détroit de Taïwan est important pour maintenir la paix et la stabilité dans la région. C'est l'une des routes maritimes de transport de marchandises les plus achalandées du monde. Ce lieu est donc fondamental.
Selon vous, les risques sont-ils importants?
Y a-t-il eu des incidents concernant les frégates du Canada?
Auriez-vous des recommandations à faire là-dessus?
Je crois que les membres du Comité savent qu'auparavant, Air Canada desservait Taïwan. C'était avant la pandémie. Aujourd'hui, trois ans après la fin de la pandémie, deux compagnies aériennes de Taïwan ont repris leurs activités normales à destination du Canada, soit China Airlines et EVA Air. Ensemble, ces deux compagnies aériennes offrent 21 vols vers le Canada par semaine. Leur taux d'occupation atteint 90 %. Les vols sont pleins.
Fait de première importance pour nous: il y a une nouvelle compagnie aérienne basée à Taïwan, nommée Starlux. Elle espère intégrer le marché. En fait, ce que nous souhaitons vraiment, c'est qu'Air Canada desserve Taïwan. Ce serait une très bonne nouvelle. Toutefois, avant... Il y a toujours de la place sur le marché, mais nous avons une nouvelle compagnie aérienne: Starlux. Elle veut aussi offrir un vol par jour à destination du Canada, si possible.
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Merci beaucoup, madame la présidente.
Je souhaite la bienvenue aux témoins, et je les remercie d'être avec nous. Ce qu'ils nous expliquent est très intéressant.
Je vais maintenant faire une mise en contexte.
Ma circonscription, Rivière‑des‑Mille‑Îles, est située au nord de Montréal. On fait beaucoup de transformation agroalimentaire dans ma région. D'ailleurs, vous avez parlé du fait que nous avons beaucoup de liens économiques sur le plan agroalimentaire. Il ne s'agit pas seulement du secteur du transport, mais aussi de tout ce qui touche au domaine aérospatial. Toute la chaîne d'approvisionnement est à côté. Je pense notamment à Airbus et à Bell Helicopter.
Vous venez de parler de la compagnie aérienne Starlux. Vous savez sûrement qu'il vient d'y avoir une entente entre Airbus et AirAsia concernant l'achat de 150 nouveaux avions A220. Je vous lance ça comme ça, si cela vous intéresse. Puisque vous vous souciez d'une nouvelle compagnie aérienne, il serait intéressant pour vous d'examiner ce qui est fait au Québec et au Canada.
Concernant ce qui se passe présentement quant aux échanges commerciaux entre Taïwan et le Canada et étant donné que l'accord bilatéral n'est pas encore signé, comment cela fonctionne-t-il, présentement?
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Je vous remercie pour la précision.
L'accord-cadre de coopération commerciale ne touchera pas les droits de douane. Il ne s'agit pas d'un accord de libre-échange, mais bien d'un cadre. La meilleure façon de le voir, c'est comme une structure de base. L'ACCC est un cadre auquel on ajoute un élément à la fois. Les deux gouvernements doivent absolument avoir une structure de base. C'est la raison pour laquelle j'ai dit, durant ma déclaration préliminaire, que l'objectif est d'établir un cadre institutionnel visant à favoriser le commerce, l'investissement et l'intégration de la chaîne d'approvisionnement, ainsi qu'à renforcer la résilience de nos deux économies. De nombreuses choses peuvent se produire, et nous en avons fait l'essai.
Vous venez de Montréal. Vous savez qu'un des investissements majeurs que nous avons fait en 2024 — soit un an après la signature de l'APIE — était une fusion. Une société taïwanaise, WT Microelectronics, a fait l'acquisition d'une entreprise montréalaise, Future Electronics, pour la somme de 3,8 milliards de dollars américains, dans le but d'établir un réseau de distribution de composantes électroniques de calibre mondial. L'objectif est d'installer deux sièges sociaux, un à Montréal et un à Taipei. J'ai visité Future Electronics. Son nom n'a pas changé. Tous les membres de la direction et du personnel sont restés. La seule différence, c'est que le patron est maintenant à Taïwan. Les relations entre Taipei et Montréal sont très positives, en partie pour cette raison. J'ai très bon espoir que les investissements taïwanais au Canada continueront de se multiplier.
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le jeudi 18 septembre, le Comité poursuit son étude sur le Canada et la prochaine revue ACEUM.
Nous recevons aujourd'hui Kevin Lee, directeur général de l'Association canadienne des constructeurs d'habitations; et Brendan Sweeney, président-directeur général de l'Association canadienne de l'industrie manufacturière du Pacifique.
Bienvenue à vous deux. Merci d'avoir pris le temps de vous joindre au Comité aujourd'hui pour faire avancer la discussion sur un sujet très important, à savoir l'examen de l'ACEUM.
Je vais donner la parole à M. Lee, qui dispose de cinq minutes.
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Je vous remercie de me recevoir aujourd'hui.
L'Association canadienne des constructeurs d'habitations, ou l'ACCH, représente plus de 8 500 entreprises membres partout au pays, qui comprennent des constructeurs, des promoteurs, des entreprises de rénovation, des entrepreneurs spécialisés, et tous les types de fournisseurs et de services de soutien formant le secteur de la construction résidentielle. Nos membres construisent des habitations de faible, de moyenne et de grande hauteur destinées et à la propriété et à la location.
Comme vous le savez, le Canada connaît une crise de l'offre et de l'abordabilité du logement. Selon l'indice du marché de l'habitation de l'ACCH, un indicateur de premier plan de la perception du secteur, durant le premier trimestre de 2026, la confiance des constructeurs du marché des maisons unifamiliales frôlait son niveau le plus bas, et elle n'a jamais été aussi faible chez les constructeurs du marché des logements multifamiliaux. Ces résultats laissent présager une diminution des mises en chantier favorisant l'accession à la propriété. Par conséquent, il est impératif que les répercussions sur le logement figurent parmi les priorités de votre étude sur le prochain examen de l'ACEUM.
Le secteur continue de faire face à de nombreux défis, dont des taxes élevées, des règles sur les prêts hypothécaires excessivement strictes, des pénuries de main-d'œuvre, des coûts des matériaux élevés, des retards dans les processus municipaux et d'autres obstacles qui font que trop peu de logements sont construits. Ces défis se rattachent directement aux problèmes d'abordabilité et ils ont une incidence sur les Canadiens qui souhaitent devenir propriétaires de leur logement. À ces défis s'ajoute l'enjeu important de la baisse de la confiance des consommateurs, causée en grande partie par l'incertitude liée aux droits de douane et au commerce avec les États-Unis.
La recommandation principale de l'ACCH dans le contexte de la guerre commerciale a toujours été que le Canada évite d'imposer des droits de douane sur les matériaux de construction en guise de représailles. Lorsque des contre-mesures tarifaires sont jugées nécessaires, l'ACCH conseille au gouvernement de viser les catégories de produits dont l'offre est abondante au Canada ou dans d'autres pays. Durant les négociations de l'ACEUM, l'ACCH recommande de veiller à ce que l'accord définitif n'entraîne pas une exacerbation des problèmes actuels liés à l'abordabilité du logement au Canada ni la mise en place de mesures à long terme ayant une incidence négative sur le logement et l'accession à la propriété pour les entreprises et les consommateurs.
La construction résidentielle est étroitement liée au commerce nord-américain, et les chaînes d'approvisionnement varient considérablement d'une région du Canada à l'autre. Pour bien des produits, les échanges se font davantage entre le Nord et le Sud qu'entre l'Est et l'Ouest. À titre d'exemple, les distributeurs de l'Alberta et ceux de l'Ontario ne se procurent pas du tout leurs cloisons sèches auprès des mêmes fabricants.
L'ACEUM vise à aplanir les obstacles au commerce, permettant ainsi de choisir entre acheter ou fabriquer. Dans le passé, l'accord a favorisé la création de chaînes de distribution efficaces et efficientes, qui reposent notamment sur des usines spécialisées des deux côtés de la frontière. Par conséquent, toute modification aux règles commerciales, qu'il soit question de droits de douane, de règles d'origine ou d'exigences administratives, aura des répercussions directes et immédiates sur les coûts du logement et les délais de construction.
Les tensions commerciales et les droits de douane contribuent déjà à l'incertitude économique ayant entraîné une augmentation des coûts des intrants. Selon l'indice du marché de l'habitation de l'ACCH concernant le premier trimestre, les coûts des matériaux pour une maison détachée type de 2 500 pieds carrés ont augmenté de 110 000 $ depuis le début de 2020. De son côté, pour la même période, Statistique Canada rapporte une augmentation de 70 % des coûts de construction, y compris ceux associés à la main-d'œuvre. Grâce à l'ACEUM, jusqu'à maintenant, ces coûts n'ont pas augmenté davantage. À ce point‑ci, les augmentations ne sont pas attribuables aux droits de douane; la situation pourrait donc être encore pire.
Lorsque le gouvernement considérait la possibilité d'imposer une deuxième série de contre-mesures tarifaires, l'analyse réalisée par l'ACCH a montré que la portée de ces mesures sur les coûts de construction serait beaucoup plus large. Le secteur canadien de la construction résidentielle est particulièrement vulnérable étant donné sa dépendance aux importations de machinerie, d'appareils, de systèmes CVC, de composantes électroniques, de plastiques comme le PVC, de fenêtres et de portes. Les fenêtres et les portes en verre, en métal et en bois sont considérées comme des produits très vulnérables à l'échelle nationale. L'ACCH a soutenu une demande d'exonération des droits de douane sur l'acier — demande qui a été acceptée — pour les importations de fenêtres et de portes, étant donné la vulnérabilité de ces catégories de produits.
Compte tenu de la crise de l'offre et de l'abordabilité du logement, l'ACCH vous prie de recommander au gouvernement de maintenir la stabilité et la prévisibilité, dans la mesure du possible. Il va sans dire qu'obtenir une prolongation de l'ACEUM avec le moins de perturbations possible doit être une priorité absolue pour le gouvernement. La stabilité favorise les investissements, elle protège les emplois et elle permet aux projets résidentiels d'avancer sans risques inutiles.
De plus, si l'ACEUM menace d'échouer, l'ACCH recommande d'éviter d'imposer des droits de douane sur les intrants du secteur de la construction. Durant la guerre commerciale en cours, l'ACCH a conseillé au gouvernement de ne pas prendre de contre-mesures tarifaires visant les matériaux de construction. Si des contre-mesures s'imposent, elles doivent être judicieusement ciblées de sorte à éviter les produits indispensables à la construction résidentielle et ceux qui ne sont offerts que par un nombre limité d'autres fournisseurs, comme je l'ai déjà mentionné.
De façon générale, les décisions commerciales qui seront prises dans le cadre du prochain examen de l'ACEUM auront une incidence directe sur le coût du logement au Canada — ainsi qu'aux États-Unis, d'ailleurs. Nous encourageons le gouvernement à prendre explicitement en compte l'abordabilité du logement dans ses négociations et à évaluer les répercussions des modifications proposées sur les coûts de construction et sur l'offre de logements.
Merci. J'attends vos questions avec impatience.
Je suis Brendan Sweeney, président-directeur général de l'Association canadienne de l'industrie manufacturière du Pacifique, ou l'ACIMP. L'ACIMP représente les deux plus grands fabricants d'automobiles au Canada, soit Honda et Toyota. Je vous remercie de m'avoir invité à participer à votre importante étude sur le commerce avec les États-Unis.
Le libre-échange de véhicules avec les États-Unis est essentiel à la compétitivité des membres de l'ACIMP. Par conséquent, l'ACIMP et ses membres demandent instamment, primo, l'élimination des droits de douane imposés en vertu de l'article 232, secundo, le renouvellement de l'ACEUM, et ce, en vue d'assurer la viabilité des activités des membres de l'ACIMP au Canada.
En 2025, les membres de l'ACIMP, Honda et Toyota, ont assemblé plus de 938 000 véhicules au Canada, ce qui représente 77 % de l'ensemble des véhicules produits au Canada. Aujourd'hui, la majorité des véhicules construits au Canada par les membres de l'ACIMP sont des véhicules hybrides électriques. Ils sont électriques et hybrides. Environ 85 % de ces véhicules sont exportés aux États-Unis, et le reste est vendu au Canada.
À l'heure actuelle, il n'existe aucun marché viable pour les véhicules fabriqués au Canada qui pourrait remplacer le volume des exportations de nos membres vers les États-Unis. Les membres de l'ACIMP emploient plus de 60 % des travailleurs actifs dans les usines canadiennes d'assemblage de véhicules et ils n'ont jamais procédé au licenciement de travailleurs d'usines d'assemblage au Canada. Ils travaillent en collaboration avec un réseau canadien regroupant plus de 40 fabricants japonais de pièces d'automobile de premier rang qui approvisionnent principalement ou exclusivement nos membres. Ces fournisseurs emploient plus de 20 000 personnes au Canada, ou environ 30 % de la main-d'œuvre active du secteur canadien de la fabrication de pièces d'automobiles.
Les membres de l'ACIMP assemblent plus de véhicules au Canada qu'ils n'en vendent au Canada. En 2025, la proportion était de près de 3/1. Ils utilisent cette stratégie parce qu'elle leur procure des avantages concurrentiels que ne leur offrent pas les usines américaines où des véhicules semblables sont assemblés. Ces avantages concurrentiels découlent de plusieurs facteurs, dont la qualité et la productivité supérieures de la main-d'œuvre canadienne, et les réseaux commerciaux efficaces et intégrés favorisés par des accords comme l'ACEUM.
Ces avantages concurrentiels se sont amenuisés depuis avril 2025, résultat direct des droits de douane imposés aux termes de l'article 232 par les États-Unis, qui ont clairement exprimé leur intention de rapatrier la production automobile. Des facteurs perturbateurs, tels que les quotas d'importation imposés aux acteurs non marchands et les politiques environnementales non compatibles avec les types de véhicules fabriqués au Canada, ont affaibli davantage la compétitivité ou risquent de le faire. Si les droits de douane imposés en vertu de l'article 232 ne sont pas éliminés, les avantages concurrentiels s'amenuiseront davantage, et si l'ACEUM n'est pas renouvelé, ce sera encore pire.
À court terme, l'avenir des usines canadiennes d'assemblage des membres de l'ACIMP n'est pas menacé, mais à long terme, leur viabilité pourrait être mise en péril si les droits de douane imposés en vertu de l'article 232 ne sont pas éliminés et si l'ACEUM n'est pas renouvelé. Inversement, si les droits de douane imposés aux termes de l'article 232 sont éliminés et si les dispositions renouvelées ou mises à jour de l'ACEUM sont favorables, les membres de l'ACIMP retrouveront leurs avantages concurrentiels, ce qui soutiendra leurs engagements à long terme envers le Canada et les collectivités où ils mènent leurs activités.
Les membres de l'ACIMP sont attachés au Canada, ils continuent d'exploiter leurs usines d'assemblage à plein rendement ou plus, et ils n'ont procédé à aucun licenciement. Nous espérons que le Canada fera aussi preuve d'engagement en prenant des mesures rapides et concrètes visant les droits de douane imposés en vertu de l'article 232 et l'ACEUM.
Merci.
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Premièrement, c'est toujours un excellent objectif. Continuez en ce sens, mais utilisez également vos capacités de vote aux trois ordres de gouvernement.
Les trois ordres de gouvernement ont un rôle à jouer pour rendre le logement plus abordable et plus accessible, et c'est probablement la chose sur laquelle les Canadiens se concentrent le moins, mais qui a le plus d'impact, à l'échelle municipale, surtout pour les jeunes Canadiens qui cherchent de nouveaux types et de nouvelles formes de logement. Il y a beaucoup de choses au municipal qui font obstacle, du zonage aux règlements administratifs, en passant par le syndrome « pas dans ma cour » et la lutte contre les logements intercalaires — toutes ces choses.
Ne renoncez pas à votre rêve. Continuez en ce sens, mais faites‑vous entendre et soyez actifs également.
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Merci, madame la présidente.
Merci, monsieur Sweeney et monsieur Lee. Vos témoignages sont très utiles.
Permettez‑moi de commencer par M. Sweeney.
D'après ce que je comprends, vos membres et, en fait, votre organisation, l'ACIMP, ont été consultés au sujet de l'ACEUM à de nombreuses reprises parce que nous accordons de l'importance aux points de vue que vous apportez.
Est‑ce exact? Avez-vous été en contact avec le gouvernement à différentes occasions?
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C'est extrêmement problématique.
Ce qui a le plus d'incidence sur le marché américain, ce sont les droits de douane sur le bois d'œuvre et ce différend en cours. Les États‑Unis dépendent beaucoup de ce que nous faisons pour exporter non seulement beaucoup de bois d'œuvre, mais aussi du bois d'œuvre de très grande qualité. En fait, vous entendrez beaucoup parler du pin jaune du Sud des États‑Unis. C'est un produit de qualité inférieure. Non seulement ils paient plus partout... parce que lorsqu'ils imposent des droits de douane sur le bois d'œuvre canadien, cela signifie simplement que toutes les scieries américaines augmentent leurs prix. Ensuite, ils voient les prix augmenter partout pour un produit de qualité inférieure, ce qui leur pose problème à bien des égards.
De plus, vous pouvez ajouter beaucoup d'autres produits que nous fabriquons et expédions au sud de la frontière. Cependant, il ne fait aucun doute que le bois d'œuvre est le principal problème auquel les Américains sont confrontés en ce qui concerne les exportations canadiennes vers les États‑Unis.
J.D. Power est une organisation automobile aux États‑Unis qui décerne quatre niveaux différents — le platine, l'or, l'argent et le bronze — pour la qualité initiale en usine. Depuis que je travaille dans l'industrie automobile — environ 15 ans maintenant —, au moins une usine de Honda ou de Toyota au Canada a remporté l'un de ces prix. Parfois, il s'agit de deux usines. Parfois, les deux entreprises remportent des prix. Ce sont les seules usines au Canada qui ont remporté ces prix depuis 2013.
Je crois que l'une des deux usines de Toyota à Cambridge, en Ontario, est l'usine qui a reçu le plus de prix de J.D. Power pour la qualité initiale en Amérique du Nord. S'il ne s'agit pas de l'usine la plus primée au monde, elle en est très proche.
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Oui. Pour répondre à votre question, c'est un problème récurrent pour la National Association of Home Builders aux États‑Unis parce que, pour faire suite à ce que j'ai dit plus tôt, les tarifs sur le bois d'œuvre sont un problème majeur pour les coûts de construction au sud de la frontière. C'est un effort continu.
Il y a plusieurs organisations aux États‑Unis qui s'opposent à tous ces droits de douane. Même les Canadiens, au début, lorsque les droits de douane ont commencé, ne comprenaient pas que les droits de douane américains sur les produits canadiens avaient une incidence sur le prix des produits américains. Dans notre cas, il s'agit de maisons américaines, et non de maisons canadiennes. Ce sont les contre‑mesures tarifaires qui nous posent problème.
Comme nous le disons depuis le début, le plus gros problème pour le Canada n'est pas tant les tarifs douaniers. C'est plutôt toute l'incertitude et le préjudice économique que nous subissons. Il est donc très difficile pour les gens de prendre la décision d'acheter une maison ici, au Canada.
Monsieur Lee, nous connaissons la politique « Achetez américain ». Cependant, il y a aussi une volonté d'établir une politique « Achetez canadien ». Il y a une volonté affirmée du gouvernement canadien d'inclure davantage l'acier et le bois canadiens dans les constructions.
Accueillez-vous ça favorablement?
Craignez-vous que ça entraîne une escalade?
Au contraire, pour bien négocier, n'est-il pas préférable de répondre à une telle politique par une politique similaire?
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Je pense que c'est une bonne... Il est toujours bon d'acheter des produits canadiens. Nous pouvons tous nous entendre là‑dessus.
Le problème se pose lorsqu'il est question de chaînes d'approvisionnement intégrées. Prenons l'exemple de l'acier. Nous avons des aciéries des deux côtés de la frontière qui sont très proches les unes des autres, mais elles se spécialisent dans différents types de poutres. Une usine canadienne fabrique un type de poutre, et une usine américaine fabrique un autre type de poutre, de sorte que le réoutillage coûte très cher et n'est pas nécessairement efficace parce qu'on n'obtient pas les mêmes types d'économies d'échelle et de volume.
Il ne fait aucun doute que le rétablissement de l'ACEUM et ce genre de certitude... Il y a une raison pour laquelle cela a été fait au fil des ans. Cela crée de la certitude, de l'efficacité et une baisse des prix.
À long terme, si nous ne sommes pas en mesure d'obtenir cette certitude des États‑Unis, il faudra différents types d'investissements, et il y aura une certaine quantité d'investissements au Canada. De plus, la première réaction à ce qui se passe aux États‑Unis est la suivante: qui d'autre peut produire et être concurrentiel?
Il n'est pas naturel d'essayer de tout faire à l'échelle nationale. Ce n'est pas efficient. Ce n'est pas efficace. Le libre‑échange a eu une incidence positive sur la majeure partie du monde en rehaussant le niveau de vie.
C'est une situation très malheureuse — pour dire l'euphémisme de l'année — qui se produit avec les États‑Unis, mais la solution est d'essayer de régler ce que nous avons ou de travailler avec d'autres partenaires, parce qu'essayer de tout faire à l'échelle nationale ne serait pas efficient et efficace. Il y a des limites à ce que nous pourrions faire qui serait logique d'un point de vue économique.
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Comme je l'ai dit, ils le sont en raison du bois d'œuvre et de la hausse de prix.
Ce qui les avantage un peu, c'est une réglementation un peu moins stricte. C'est un sujet dont nous discutons au Canada, notamment en ce qui concerne le logement, la construction domiciliaire et la nécessité d'examiner des questions telles que le code du bâtiment, en particulier au niveau municipal où il existe toutes sortes de réglementations qui rendent très difficile la construction répétée d'un même type de maison.
Il faut adopter une approche plus avisée en matière de réglementation et de rationalisation. Il ne s'agit pas d'abandonner la réglementation, mais d'agir beaucoup plus intelligemment afin d'obtenir des résultats bien plus efficaces. Les Américains ont toujours un peu mieux réussi à cet égard, et ils adoptent une approche plus énergique sur certaines de ces questions.
Pour répondre à votre question initiale, ils sont extrêmement préoccupés par la hausse des prix, les droits de douane et tout le reste, mais ils se réjouissent également de voir un peu de progrès en matière de déréglementation, ce que nous devrions probablement tous faire. L'Australie a notamment suspendu les modifications du code du bâtiment pour les cinq prochaines années. C'est une mesure que nous devrions prendre également.
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Absolument. Surtout quand on parle de construction modulaire en 3D, on parle d'un pourcentage à un chiffre — d'à peu près 3 %. Un plus grand nombre de nos membres ont recours à la construction par panneaux et d'autres formes de construction. Il y a les maisons préfabriquées et les maisons fabriquées en usine. C'est parfois la même chose, car elles sont fabriquées dans des espaces clos, ce qui utilise parfois davantage d'automatisation.
Il serait possible d'y recourir beaucoup plus. La raison pour laquelle le Canada n'a pas fait ce choix — ni d'ailleurs les États-Unis et l'Australie, trois pays très semblables dans leurs pratiques de construction résidentielle — tient aux fluctuations du marché immobilier.
La productivité est mal comprise dans le secteur de la construction résidentielle. Je ne vais pas aborder ce sujet pour l'instant, durant ces quelques minutes, mais nous fonctionnons essentiellement avec des chaînes de montage. C'est juste qu'elles se trouvent à l'intérieur des maisons. Les différents corps de métier se succèdent à l'intérieur de la maison, et c'est en fait très efficace. Nous n'avons pas de frais généraux élevés. Nous n'avons pas de grands bâtiments. Nous n'avons pas d'énormes machines qui mènent les entreprises à la faillite lorsque les activités ralentissent.
C'est le principal obstacle auquel nous avons été confrontés dans le monde occidental — à vrai dire, dans la plupart des pays. Certains pays sont devenus très automatisés grâce à des investissements gouvernementaux réalisés au fil du temps. Toutefois, d'autres pays, comme l'Irlande, ont récemment tenté d'y injecter des sommes considérables, et ces entreprises sont en train de faire faillite.
Je ne dis pas que nous ne devrions pas nous engager dans cette voie. Nous avons un conseil de la construction modulaire au sein de notre association. Nous avons une stratégie de transition sectorielle pour y parvenir, mais ce n'est pas aussi simple que de dire, « C'est simplement plus rapide, alors faisons‑le ». Soit dit en passant, je devrais aussi préciser que ce n'est pas moins cher, et nos usines vous le confirmeront.
Il y a toutes sortes de grands avantages. C'est beaucoup plus rapide. Le temps, c'est de l'argent, alors si on peut parvenir à obtenir les autorisations municipales et à ce que tout fonctionne correctement, on peut économiser de l'argent ainsi. Toutefois, les corps de métier et la pénurie de main-d'œuvre constituent notre principal défi. C'est pourquoi nous croyons que nous devrons davantage nous tourner vers la fabrication en usine à l'avenir, mais il y a parfois d'autres obstacles qui ne sont pas toujours évidents.
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Nous ne l'avons certainement pas, mais cela n'enlève rien à l'idée de doubler les mises en chantier. C'est une cible très importante.
Mais surtout, il existe de nombreux obstacles à l'atteinte de cet objectif, notamment l'abordabilité du logement, les interprétations des règlements et des codes, qui varient d'une municipalité à l'autre, voire d'un responsable du bâtiment à l'autre. Il y a tellement d'obstacles qui nous empêchent de mener des projets rapidement et à moindre coût. La main-d'œuvre n'est pas le principal problème. Si le marché était plus favorable, la main-d'œuvre serait presque notre principale préoccupation. C'est une autre raison pour laquelle la fabrication en usine sera si importante.
Pour répondre à votre question, il n'existe aucune solution miracle, mais nous devons tout mettre en œuvre, car tout a mal tourné, et nous devons prendre toutes les mesures nécessaires pour corriger la situation et aller de l'avant.
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Je vous remercie tous les deux d'être venus et de nous avoir fait part de vos points de vue sur ce sujet très important.
Je pense qu'il est très clair que les défis auxquels vous êtes tous confrontés dans vos industries respectives, par rapport aux États-Unis, ne sont pas attribuables au Canada. Ils nous ont été imposés.
Nous savons que l'ALENA et, par la suite, l'ACEUM, sont des accords mûrement réfléchis. Ce sont des accords modèles qui ont très bien servi les intérêts non seulement du Canada, mais aussi des États-Unis et du Mexique. Je m'appuie sur ma propre expérience en tant qu'avocat spécialisé en droit commercial. Par le passé, d'autres pays considéraient l'ALENA, à l'époque, comme un traité qu'ils voulaient reproduire en raison de son incidence sur les économies, les chaînes d'approvisionnement intégrées et la résilience qu'elle y apportait.
Nous voici maintenant. Nous sommes à ce tournant. Bien entendu, il nous incombe de conclure le meilleur accord pour le Canada et les industries canadiennes. On ne doit s'attendre à rien de moins, à mon avis. Nous ne pouvons pas nous empresser de conclure un accord qui n'est pas avantageux pour les secteurs et les industries dont vous parlez.
J'aimerais que vous nous fassiez part de vos suggestions ou recommandations. Si vous donniez des conseils au gouvernement du Canada dans ces négociations et conversations très difficiles, quelle position adopteriez-vous? Que suggéreriez-vous, de façon plus générale ou plus précise, du point de vue de vos industries respectives, quant à la position et à l'attitude que le gouvernement canadien devrait adopter?
Je vais commencer avec M. Lee, puis je céderai la parole à M. Sweeney.
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Il ne fait aucun doute que si on pouvait simplement continuer avec l'ACEUM tel quel... Comme vous l'avez mentionné, c'est un excellent accord. Il a permis de maintenir les droits de douane à un niveau très bas pour la plupart des matériaux. Comme je l'ai dit plus tôt, le fait que l'on puisse continuer à l'heure actuelle avec une incidence limitée sur les prix, malgré la guerre commerciale en cours, témoigne du fait que l'ACEUM a été bien structuré, du moins pour notre industrie. C'est certainement l'objectif.
Je suis d'accord avec vous pour dire qu'on ne doit pas se précipiter pour régler un problème en concluant un mauvais accord pour le Canada, d'autant plus qu'on verra bien, quel que soit cet accord, dans quelle mesure il sera durable, compte tenu de la façon dont se déroulent les négociations avec les États-Unis et de la volatilité toujours présente.
Je dirais qu'il est essentiel de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour conclure le bon accord. L'idéal serait d'en avoir un assez similaire à l'accord actuel, car c'est le type d'accord qu'il faut continuer de conclure avec le reste du monde, étant donné l'incertitude qui règne au sud de la frontière.
On peut fabriquer plus de produits au Canada, mais il n'est pas logique d'essayer de tout fabriquer au pays, alors il est doublement important d'avoir des relations commerciales solides avec le reste du monde en ce moment.
Le dernier point est très important, la partie sur les distractions, parce que les distractions ne manquent pas, malheureusement. Il est impératif de se concentrer et de faire preuve de discipline dans ces négociations, et je pense que c'est précisément ce que fait le gouvernement canadien.
Monsieur Sweeney, vos membres, Honda et Toyota, sont deux très grands fabricants d'automobiles dans le monde. Ils exportent directement du Japon aux États-Unis et par l'entremise du Canada et d'autres régions du monde. Pouvez-vous nous dire ce qu'ils pensent de la stabilité de tout accord qui sera conclu? M. Lee a fait allusion au fait que, parfois, on se demande si les accords signés valent même le papier sur lequel ils sont écrits. Il y a également eu du va-et-vient avec le Japon.
Qu'en pensent vos membres? Que conseillent-ils au Canada pour s'assurer que l'accord que nous concluons est, en fait, durable?
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Merci, madame la présidente.
Je remercie les témoins d'être ici.
Nous allons rester sur le même sujet. J'ai hésité avant de vous poser ma question, monsieur Sweeney, mais j'ai bien aimé ce que mon collègue a soulevé. J'aimerais donc continuer la discussion là-dessus. Vous allez probablement m'aider dans ma réflexion.
En mars dernier, j'ai eu la chance d'aller en Norvège. Vous savez que, au cours de la dernière année, tous les nouveaux véhicules vendus en Norvège étaient des véhicules électriques.
En Norvège, les voitures électriques chinoises, par exemple, représentent environ 10 % des ventes. Il n'y a pas de restrictions. Ce sont en grande partie les consommateurs qui décident. Les consommateurs préfèrent tout simplement les autres voitures, probablement des voitures comme celles que vous produisez. Je n'arrive pas à me faire une idée là-dessus.
Par ailleurs, vous avez dit qu'il fallait que les Norvégiens investissent ici. Je suis d'accord avec vous. Votre contribution est essentielle, au Canada. Toutefois, je n'arrive pas à voir si le modèle de la Norvège, qui laisse les consommateurs choisir, pourrait être reproduit ici.
Pourriez-vous m'éclairer là-dessus?
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Je vous remercie de votre réponse.
Monsieur Lee, des représentants de l'Association des banquiers canadiens seront à Ottawa, demain.
Je sais que le gouvernement a établi des mesures pour aider les acheteurs d'une première maison, notamment en ce qui a trait à la taxe sur les produits et services.
Les banques se sont-elles adaptées au cours des deux ou trois dernières années, tant pour les constructeurs que pour les particuliers?
Sentez-vous qu'elles s'adaptent et qu'elles vous aident à surmonter tout ça?
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Il ne fait aucun doute que les municipalités jouent un rôle déterminant pour ce qui est de favoriser, ou d'entraver, la construction d'un plus grand nombre de logements.
Le plus gros problème auquel nous avons fait face au cours des dernières années a été les droits d'aménagement, les taxes d'aménagement, qui ont augmenté de 700 %, et c'est dans nos grandes villes que la situation est la pire. Les taxes peuvent maintenant dépasser les 30 %, par exemple, dans des villes en l'Ontario, ce qui n'est pas viable. Il faut absolument trouver d'autres moyens de financer les infrastructures et les autres installations dont le coût s'est glissé dans ces taxes d'aménagement. C'est un gros problème.
Il faut aussi pouvoir approuver les projets plus rapidement. C'est devenu très lent dans les endroits où on a le plus besoin de maisons.
Nous effectuons une étude comparative entre les municipalités tous les deux ou trois ans. Il n'est pas surprenant que les endroits où les prix sont les plus abordables soient ceux où on est en mesure d'approuver et d'autoriser les projets très rapidement. Où la situation est-elle la pire? C'est dans la région du Grand Toronto et la vallée du bas Fraser, en Colombie-Britannique, et c'est là où l'on a le plus besoin de maisons, mais c'est là aussi où il faut le plus de temps pour faire approuver et autoriser quoi que ce soit.