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La séance est ouverte. Il s'agit de la cinquième réunion du Comité permanent du commerce international. Je souhaite la bienvenue aux députés et aux témoins.
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le jeudi 18 septembre, le Comité reprend son étude sur le Canada et la prochaine revue, ou prochain examen, de l'ACEUM.
Nous accueillons aujourd'hui, par vidéoconférence, Flavio Volpe, président de l'Association des fabricants de pièces d'automobile. Du Center for North American Prosperity and Security, nous accueillons Jamie Tronnes, directrice générale. De QSL International Ltée, nous accueillons Robert Bellisle, président et chef de la direction, par vidéoconférence.
Bienvenue à tous et merci de prendre le temps de vous adresser au Comité aujourd'hui.
Nous allons commencer par les déclarations préliminaires, puis nous passerons aux questions.
Madame Tronnes, vous avez la parole pendant cinq minutes.
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Merci, madame la présidente, et madame et messieurs les membres du Comité.
Je suis la directrice générale du Center for North American Prosperity and Security, ou CNAPS. Nous sommes le bureau américain de l'Institut Macdonald-Laurier. Je suis honorée de pouvoir comparaître devant vous aujourd'hui.
Depuis le premier gazouillis de Trump sur les droits de douane en novembre, le Canada et le Mexique sont ébranlés par les menaces du président Trump à ce sujet. Nous avons sans doute été les premiers à faire les frais de la fanfaronnade initiale, mais ce sont les autres pays qui sont frappés par les droits les plus élevés. Bien que les industries canadiennes de l'aluminium, du cuivre et de l'acier subissent les contrecoups des droits de douane élevés imposés par les États-Unis en vertu de l'article 232, la grande majorité des échanges commerciaux avec ce pays demeurent exempts de droits de douane pour l'instant. En ce moment, le Canada bénéficie des droits de douane globaux les plus bas grâce à l'ACEUM.
Néanmoins, l'incertitude actuelle sur le marché commercial perturbe les investissements à l'échelle mondiale. Le gouvernement du Canada a pris des mesures pour tenter de rassurer les investisseurs sur le fait que le Canada demeure un endroit solide pour faire des affaires. Tant que l'examen de l'ACEUM ne sera pas terminé, l'incertitude persistera. À ce sujet, en collaboration avec mes collègues de l'Institut Macdonald-Laurier, Richard Shimooka et Tim Sargent, j'ai rédigé un article intitulé « The Grand Bargain: A Path to Prosperity, Security, and Strength for the United States and Canada », soit la grande entente: une voie vers la prospérité, la sécurité et la force pour les États-Unis et le Canada. Nous y faisons valoir que le Canada peut avoir plus de poids dans un accord commercial en en élargissant la portée pour y inclure des mesures que les États-Unis souhaiteraient lui voir prendre. Cette stratégie globale de nature financière, sociale et de sécurité apporte également de la certitude dans les relations commerciales, car les États-Unis obtiennent plus du Canada qu'ils n'en obtiendraient autrement dans le cadre d'un accord commercial. Cependant, la conclusion d'un accord global fait en sorte qu'il est plus difficile pour un président ou un premier ministre de se retirer de l'accord, car il renoncerait alors à tous les autres gains promis par l'autre pays.
Par exemple, en liant un objectif de dépenses de défense à l'accord commercial, le Canada réduirait à néant ce qui préoccupe Washington depuis des décennies, à savoir qu'il ne prend pas assez au sérieux ses dépenses de défense. Un autre exemple serait l'élaboration d'un processus de délivrance de permis pour les projets énergétiques transfrontaliers. Cela garantirait que les investissements à long terme ne sont pas à la merci du bon vouloir des gouvernements à cet égard, comme cela s'est passé avec le pipeline Keystone XL.
Les deux pays peuvent profiter de cette occasion pour ajouter de la certitude et renforcer la relation en réglant un certain nombre d'irritants transfrontaliers grâce à une stratégie de la grande entente. Comme d'autres témoins l'ont dit, ou le diront, au sujet de certains de ces irritants, il y en a deux importants que les Américains aimeraient voir le Canada supprimer.
Il y a d'abord la Loi sur la diffusion continue en ligne du Canada. Cette loi, tout comme la Loi de la taxe sur les services numériques, cible injustement les entreprises américaines et risque d'être discutée au plus haut niveau. Donald Trump cherche déjà à rapatrier le secteur cinématographique et réclame des droits de douane de 100 % sur les films et les productions télévisées produits à l'étranger. Il n'est pas logique que le gouvernement du Canada impose un fardeau financier supplémentaire aux fournisseurs dont les Canadiens choisissent de payer les services. Ces mêmes services de diffusion en continu tournent ou produisent une grande partie de leur contenu au Canada, ce qui génère déjà des emplois et des recettes fiscales pour les Canadiens.
Le deuxième problème concerne les exigences proposées en matière d'accès par une porte dérobée dans le projet de loi . Récemment, le vice-président Vance s'est vanté publiquement d'avoir réussi à convaincre le Royaume-Uni d'abandonner des exigences similaires concernant une porte dérobée dans un système de chiffrement. Cela devrait être perçu comme un signal de l'administration américaine au Canada.
Pour ce qui est des objectifs immédiats en matière de commerce, lorsque le se rendra à Washington cette semaine, son objectif ne doit être rien de moins que le retrait du Canada de la liste des pays assujettis aux droits de douane en vertu de l'article 232. Cette désignation commerciale laisse entendre que le Canada constitue une menace à la sécurité nationale des États-Unis. Le premier ministre Carney devra travailler fort pour détromper l'administration Trump de cette idée, qui a gagné du terrain parce que le premier ministre Trudeau a commis l'erreur de laisser l'acier et l'aluminium chinois faire l'objet de dumping au Canada pendant beaucoup trop longtemps. L'élimination des droits de douane imposés en vertu de l'article 232 sur l'acier et l'aluminium canadiens est également nécessaire pour que le président assure la relance du secteur manufacturier américain. Les États-Unis n'ont pas l'électricité nécessaire pour alimenter leurs centres de données et leurs alumineries. Ils ne peuvent pas, en particulier, assurer l'avenir de ces secteurs sans le gaz naturel canadien pour produire de l'électricité ou l'uranium pour alimenter les centrales nucléaires.
Enfin, j'aimerais mentionner que l'examen de l'accord arrive à un moment difficile dans les relations entre le Canada et les États-Unis. Le CNAPS, mon groupe de réflexion, n'est pas le seul groupe de réflexion canadien ayant une présence physique aux États-Unis. Je suis aussi, depuis la fermeture du Canada Institute du Wilson Center, la seule membre du personnel de ce groupe de réflexion aux États-Unis dont le travail porte uniquement sur les relations entre le Canada et les États-Unis.
Le Canada a eu des années pour se préparer aux négociations de l'ACEUM, mais il est clair qu'en tant que pays, nous avons tenu pour acquis notre droit de commercer librement avec les États-Unis. Il n'incombe pas seulement au gouvernement de défendre le commerce canadien. Il faut une approche pancanadienne — les entreprises, la société civile, les groupes de réflexion, etc. — pour faire entendre nos voix dans l'espace américain.
Merci.
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Merci, madame la présidente.
J'ai entendu que l'accent était mis sur les cinq minutes. Je pense que nous nous connaissons bien.
Je remercie les membres du Comité de leur invitation.
Je m'appelle Flavio Volpe et je suis le président de l'Association des fabricants de pièces d'automobile. Nous représentons plus de 200 entreprises canadiennes qui conçoivent, réalisent et fabriquent des composants pour presque tous les véhicules construits en Amérique du Nord. Ensemble, nous employons environ 100 000 Canadiens et soutenons 400 000 autres emplois dans les domaines de la logistique, de la technologie, de l'outillage et des matériaux de pointe.
La fabrication automobile, en particulier pour nous, n'est pas seulement une source de fierté; c'est l'un des principaux secteurs d'exportation du Canada, représentant environ 82 milliards de dollars d'exportations par année. Il y a un équilibre commercial entre les deux pays ici, et c'est une grande fierté. Quatre-vingt-cinq pour cent des voitures que nous fabriquons au Canada vont aux États‑Unis. Presque tous les véhicules qui circulent sur les routes américaines ont une part de contenu canadien. Voilà à quoi ressemble l'intégration.
Lorsque nous parlons de l'examen de l'ACEUM, nous parlons en fait du fondement de notre sécurité économique. L'ACEUM n'a pas seulement remplacé l'ALENA; il l'a modernisé pour bâtir une économie qui repose sur les véhicules de l'avenir, les semi-conducteurs, le commerce numérique et l'innovation à zéro émission. Cela a renforcé le principe fondamental que nous avons prouvé au cours des sept dernières décennies, à savoir qu'en Amérique du Nord, on gagne ensemble ou on perd séparément.
Ce ne sont pas que de belles paroles. Le secteur de l'automobile le montre tous les jours. Une voiture assemblée en Ontario traverse la frontière canado-américaine. Ses pièces traversent jusqu'à sept fois la frontière avant que le véhicule ne soit fini. En moyenne, les véhicules canadiens contiennent environ 50 % de contenu américain et environ 55 % de matières premières américaines. Nous avons beaucoup de matières premières mexicaines et de biens fabriqués au Mexique. Nous sommes un seul écosystème de production, et non trois pays concurrents.
En nous préparant pour cet examen, nous devons protéger cette intégration d'une vision politique à court terme. Tout d'abord, bon nombre d'entre nous se souviennent de 2018 et des droits de douane imposés au titre de la sécurité nationale en vertu de l'article 232 qui ont pris nos industries par surprise. Les entreprises canadiennes ont versé des centaines de millions de dollars en droits de douane sur des pièces qui étaient majoritairement fabriquées en Amérique du Nord. Ces droits n'ont protégé personne; ils ont puni la chaîne d'approvisionnement la plus intégrée au monde, et l'histoire se répète aujourd'hui.
Nous entendons quotidiennement des échos de cette rhétorique à Washington dans les discussions au sujet des nouveaux droits de douane sur les véhicules et les camions lourds — aujourd'hui même —, des examens unilatéraux des accords ou des nouvelles enquêtes relativement à l'article 232. Soyons clairs. On ne peut pas avoir une chaîne d'approvisionnement continentale si l'un des partenaires continue de menacer l'autre. Le Canada doit faire valoir directement et publiquement l'idée que fabriquer en Amérique du Nord est une question de sécurité nationale. Nous construisons les systèmes qui font fonctionner nos économies et nos armées, des transmissions et véhicules blindés au stockage de l'énergie. Une hausse des droits de douane n'a pas sa place quand nous devons tous faire face à la Chine.
Lorsque l'ACEUM a fait passer la teneur en valeur régionale à 75 %, les fournisseurs canadiens ont investi en conséquence. Nous avons augmenté notre capacité nationale pour l'estampillage, le moulage, l'acier, l'aluminium, les minéraux critiques de qualité batterie et les matériaux cathodiques. Depuis 2019, nous avons également augmenté notre empreinte aux États‑Unis pour la porter à 176 usines de pièces qui emploient 48 000 Américains. C'est 10 % de plus qu'en 2019.
Les membres de l'AFPA ont fait plus de 3 milliards de dollars de nouveaux investissements dans la chaîne d'approvisionnement au Canada depuis 2020. Ils ont été faits de bonne foi en supposant que les règles seraient appliquées de façon uniforme.
Cet examen est une occasion à saisir pour le Canada. En effet, une occasion unique s'offre à lui, soit celle de fournir à tout le continent des composants de technologie propre qui proviennent actuellement uniquement de la Chine. Nous avons des matières premières. Nous avons des minéraux. Nous avons du talent. Nous avons également une réputation de fiabilité et de sécurité. Ce qui nous manque, c'est la rapidité.
Les Américains ont été les premiers à agir en adoptant l'Inflation Reduction Act. Le Mexique a adopté de nouvelles politiques sur le contrôle énergétique intérieur. Le Canada doit agir maintenant. Ce n'est pas un slogan. La politique industrielle est la nouvelle politique commerciale. Il faut investir massivement pour acheminer les minéraux critiques vers les marchés et être un partenaire fiable pour les Américains afin d'aider le continent à cesser de dépendre de la Chine.
En 2018, lorsque nous avons fait face à la menace d'imposition de droits de douane pour des raisons de sécurité nationale, notre secteur a fait front commun avec le gouvernement, les syndicats et les consommateurs de tout le continent. Nous avons parlé d'une seule voix. Nous sommes restés calmes. Nous avons gagné cette bataille. Nous devons faire de même en 2026.
Je rencontre des fournisseurs de Windsor, d'Oshawa, de Detroit et de Querétaro. Ils ne voient pas vraiment les frontières; ils voient les calendriers de production. Ils ne demandent pas si c'est canadien, américain ou mexicain. Ils demandent si tel chargement peut être livré à tel endroit avant telle date.
La réalité, c'est que la politique doit refléter cela, non seulement dans l'intérêt des Canadiens, mais aussi des Américains. Nous devons nous assurer que les Américains comprennent que les voitures américaines ou japonaises fabriquées au Canada sont différentes des voitures fabriquées ailleurs: elles ont un contenu américain. Quand les véhicules viennent de pays comme le Japon, la Corée ou l'Europe, les constructeurs de véhicules de ces pays ne passent pas de commandes à des usines au Michigan, et ils ne passent pas de commandes d'acier en Pennsylvanie comme nous le faisons.
Nous avons la chance de renforcer la relation, mais le devra faire preuve d'un leadership très habile pour y parvenir.
Merci, madame la présidente.
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Madame la présidente, chers membres du Comité, à titre de président et chef de la direction de QSL, j'aimerais vous remercier de m'avoir offert le privilège de partager mon point de vue sur le rôle essentiel du transport maritime dans l'économie canadienne et de mettre en lumière la façon dont notre secteur s'adapte aux défis et circonstances actuels.
[Traduction]
Le réseau de transport maritime qui s'étend jusqu'aux Grands Lacs constitue l'épine dorsale logistique et industrielle de notre économie. Quatre portes d'entrée importantes structurent notre commerce: l'Est et l'Ouest du Canada, le golfe du Mexique, le Saint-Laurent et les Grands Lacs.
Saviez-vous que 80 % des marchandises utilisées par les Canadiens sont transportées par bateau, alors que seulement 5 % de nos échanges commerciaux avec les États-Unis sont transportés de cette manière? La moitié de toutes nos importations et exportations sont transportées par bateau, qu'il s'agisse de produits finis, de matières premières ou de ressources indispensables pour nos industries. QSL est une entreprise maritime basée au Québec qui compte plus de 2 000 employés dans plus de 66 terminaux au Canada et aux États-Unis. Notre position stratégique nous permet de prévoir les changements du marché et de nous y adapter rapidement.
Nous constatons, en effet, des changements très importants. La baisse notable des volumes d'acier dans les ports canadiens témoigne d'un ralentissement de l'industrie automobile. Dans le secteur de l'aluminium, les expéditions qui étaient auparavant faites aux États-Unis par voie ferrée prennent maintenant la direction de l'Europe par bateau. Certains de nos ports sont sous pression, mais nous sommes agiles et capables de nous adapter et de trouver de nouvelles solutions pour nos clients.
Le secteur de l'énergie éolienne a, quant à lui, connu un fort essor en Ontario, au Québec et dans les provinces de l'Atlantique, où de nombreux projets sont annoncés et en cours. Les composantes et les pales des éoliennes arrivent d'usine au Québec ou par bateau d'Europe en transitant par le Saint-Laurent, un corridor essentiel qui soutient cette économie en croissance. Les produits essentiels à notre vie quotidienne, comme les céréales, le sucre et le sel de voirie, résistent à l'épreuve du temps.
Enfin, l'infrastructure pour l'exploitation des minéraux de base est essentielle à la création de valeur, à la productivité et à la souveraineté économique. Le transport maritime se démarque par sa flexibilité. Notre efficacité a une incidence directe sur les entreprises et les consommateurs canadiens, tant pour les importations que pour les exportations.
En ce qui concerne les investissements dans les priorités stratégiques, les États-Unis ont récemment fait des investissements substantiels dans les infrastructures portuaires, en particulier le long de la côte Est, pour soutenir la croissance extracôtière et renforcer les chaînes d'approvisionnement. Des ports comme ceux de New York, du New Jersey, de Savannah, de Charleston, de la Virginie et de Baltimore ont reçu des milliards de dollars en financement public et privé pour accroître la capacité de gestion des conteneurs, moderniser les terminaux et recevoir les composantes d'éoliennes arrivant d'Europe.
Pour demeurer concurrentiels, nos priorités sont claires.
Nous devons investir dans les infrastructures portuaires. Plusieurs projets sont à l'étude. Le soutien du secteur maritime et l'accélération des investissements publics sont essentiels à la compétitivité et à la productivité du Canada. Je pense notamment à Belledune, au Nouveau-Brunswick, à Sheet Harbour, en Nouvelle-Écosse, ainsi qu'à Saguenay et à Québec, au Québec.
Encourager l'investissement privé et simplifier les processus administratifs aident les projets à aller de l'avant avec efficacité et à ouvrir de nouvelles possibilités. Par exemple, en novembre 2023, nous avons demandé à l'Agence des services frontaliers du Canada d'approuver les formalités douanières pour un projet international de manutention de conteneurs au Québec. Si l'approbation est obtenue, nous sommes prêts à investir immédiatement 60 millions de dollars dans les infrastructures. Ce projet aurait un retour sur investissement pour les contribuables canadiens, selon l'investissement de l'ASFC, de moins d'un an.
Il est très avantageux pour le gouvernement fédéral de concentrer ses investissements dans l'infrastructure maritime stratégique en axant ses ressources sur des projets clés et des gains rapides qui ont des retombées immédiates. Nous pouvons améliorer considérablement la fluidité du mouvement des marchandises, rendre les entreprises canadiennes plus concurrentielles, faciliter l'accès à de nouveaux marchés et saisir les occasions émergentes. Cette approche permet non seulement de maximiser les retombées économiques pour le pays, mais aussi d'améliorer notre compétitivité et notre résilience dans un environnement mondial en rapide évolution.
En conclusion, en accélérant la mise en œuvre de ce genre de projets, nous ouvrons encore davantage le monde aux entreprises et aux consommateurs canadiens. Cela stimulera la productivité, la compétitivité et la création d'emplois partout au pays. La concentration des investissements fédéraux dans les infrastructures maritimes stratégiques accroît la fluidité du mouvement des marchandises, ouvre l'accès à de nouveaux marchés et maximise les avantages économiques pour le Canada.
Merci.
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Merci, madame la présidente.
Ma première question s'adresse à M. Bellisle.
D'entrée de jeu, monsieur Bellisle, je dois souligner que nous nous connaissons, puisque nous avons eu à nous côtoyer lorsque j'occupais mon ancien rôle de président de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec. Votre entreprise est un des acteurs importants de la région.
Outre le contexte actuel, j'aimerais que vous nous parliez de l'importance de la chaîne d'approvisionnement que nous avons ici, au Canada et en Amérique. J'en ai parlé ici, la semaine dernière, lors d'une rencontre avec d'autres invités au sujet des négociations. On veut construire un Canada fort et plus autonome.
Vous avez des installations partout en Amérique. J'aimerais donc que vous me parliez de l'importance d'avoir une chaîne d'approvisionnement forte et autonome et que vous me donniez des exemples concrets, si vous en avez, de choses que QSL fait pour démontrer toute l'importance de la chaîne d'approvisionnement pour le Canada.
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Merci, monsieur Lavoie.
D'abord, il est bon de rappeler que, si le corridor des Grands Lacs et du Saint‑Laurent formait une économie unie, c'est-à-dire en regroupant le Canada et les États‑Unis, cela formerait la troisième économie en importance au monde. Ce flux logistique est donc extrêmement important. Compte tenu de la situation géopolitique actuelle, il faut continuer d'investir dans ces infrastructures, et le volet maritime est au cœur de tout cela. Je l'ai expliqué tout à l'heure, 80 % des biens consommés, utilisés ou manutentionnés sont transportés par navire. Cette chaîne logistique est donc critique.
Durant la pandémie de la COVID‑19, qui n'a pas été la plus belle période de notre vie collective, c'est le secteur du transport maritime, essentiellement, qui a permis au pays de continuer de fonctionner. Il ne s'est pas arrêté une seule journée pendant la pandémie, parce que c'était un service absolument essentiel pour acheminer les biens aux Canadiens et aux Canadiennes.
Maintenant, chez QSL, nous avons plusieurs projets. Plus tôt, j'ai mentionné le projet à Belledune et le projet d'éoliennes en mer en Nouvelle‑Écosse. Par ailleurs, en novembre 2023, nous avons fait une demande concernant un centre de dédouanement à Québec pour que l'on puisse y dédouaner des conteneurs. Le port de Québec est le dernier port en eau profonde, alors cela permettrait à de plus gros navires de venir se décharger ici, à Québec. Cela permettrait aussi d'alléger les navires qui doivent continuer vers Montréal, qui est une plaque tournante pour acheminer les produits vers la région de Toronto ou vers le Midwest américain. Le secteur maritime est donc au cœur de la souveraineté économique de notre pays.
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Je crois avoir mentionné tout à l'heure que le secteur de l'acier a été touché de façon importante. Il y a d'importantes baisses dans les ports qui mettaient l'accent sur les produits de l'acier et sur les intrants. Si on produit de l'acier pour le secteur de l'automobile, ça prend ce qu'on appelle des « brames », qui sont des demi-produits. On faisait des importations importantes de ce produit.
Naturellement, dans le secteur de l'aluminium, la plus grande partie de la production des alumineries québécoises était destinée aux États‑Unis, l'accent est mis sur les efforts pour trouver d'autres marchés. C'est là, encore, que le transport maritime devient important. On veut changer les créneaux, mais il n'y a pas d'autres pays qui ont un lien terrestre avec nous. Il faut exporter cet aluminium en Europe. Or, le secteur maritime devient encore une fois extrêmement important.
Les autres produits comme les grains, les céréales, et ainsi de suite, sont des commodités qui demeurent fortes et qui n'ont pas encore été touchées par les droits de douane.
Je crois qu'il est important de se souvenir aussi de nos ressources naturelles et de notre secteur manufacturier, qui sont la colonne vertébrale de notre pays.
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Merci, madame la présidente.
Monsieur Volpe, j'étais content de voir que l'Association des fabricants de pièces d'automobile n'appelle pas à la fin ou à la réduction des droits de douane sur les véhicules électriques chinois, compte tenu de tous les dangers en matière de sécurité et de collecte de données qui peuvent survenir. Je vous félicite à cet égard.
Cela dit, ma question sera relativement en lien avec ce sujet.
Tout d'abord, à votre connaissance, le Mexique peut-il servir de voie de passage pour des pièces ou pour des voitures chinoises?
Ce serait surprenant que ce soit le cas pour des voitures comme telles, mais on peut se poser la question au sujet des pièces.
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Cela a aidé. Cela a assurément aidé.
Nous sommes passés d'une exigence de contenu nord-américain de 62,5 % pour 29 catégories de pièces dans l'ALENA à 75 % pour probablement le double du nombre de catégories. Ensuite, en ce qui concerne les pièces, nous sommes passés d'une exigence de contenu local de 60 % à une exigence entre 65 et 75 %, selon les pièces.
Entretemps, les Chinois sont devenus beaucoup plus concurrentiels quant à l'étendue et aux types de pièces. Les véhicules se sont modernisés. Les véhicules équipés d'un plus grand nombre de dispositifs électroniques offrent aux Chinois une occasion plus grande de dominer dans ce secteur.
Oui, il y a moins de contenu non local. Dans certains cas, le contenu chinois est à peu près le même, car les Chinois ont étendu leur participation sur le marché dans les 25 % autorisés sur les voitures et de 25 à 35 % autorisés sur les pièces.
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Tout d'abord, oui, elles étaient plus satisfaisantes pour les fournisseurs de pièces, tant canadiens qu'américains et mexicains. Elles nous offraient une meilleure occasion de vendre nos produits aux usines d'assemblage de véhicules nord-américaines.
Toutes les entreprises d'assemblage de véhicules vous diront qu'il est impossible de fabriquer une voiture sans contenu chinois. Si votre voiture a une batterie, les cellules sont fort probablement chinoises, qu'il s'agisse d'un véhicule conventionnel hybride, d'un véhicule hybride rechargeable ou d'un véhicule électrique. Le Canada a une occasion de jouer un rôle.
Avec la plateforme à tension plus élevée de ces véhicules électriques, je dirais qu'il y a plus de dispositifs électroniques dans les véhicules. C'est une grande force des Chinois. Nous en sommes conscients. Pourrions-nous faire plus? Les Américains aimeraient certainement tirer davantage parti de cette situation. Ils aimeraient tirer parti de ce chiffre. Je ne pense pas que ce soit un secret qu'ils aient fait la promotion de 75 à 85 % la dernière fois.
Malgré le fait que j'aimerais qu'il y ait plus de contenu canadien, américain et mexicain, nous devons faire attention que le reste de notre réglementation corresponde. Si nous déclarons vouloir passer à 100 % de véhicules électriques d'ici 2035, comme l'administration américaine l'a prévu sur papier et comme le Canada l'avait prévu avant la pause, la seule solution actuelle est chinoise, ce qui n'est pas compatible avec les autres objectifs.
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L'incidence des droits de douane imposés au titre de l'article 232 est très grave. Ces droits touchent de nombreuses industries, pas seulement au Canada — de toute évidence, il est important d'exporter nos produits vers les États-Unis —, mais ils ont aussi une incidence sur les produits américains et les produits finis. Nos chaînes d'approvisionnement, comme M. Volpe en a également parlé, sont étroitement liées. Si nous ne pouvons pas exporter nos produits sans droits de douane, c'est très difficile pour les fabricants américains, ou même pour les fabricants mexicains, qui tentent de passer par la chaîne d'approvisionnement.
Des droits de douane au titre de l'article 232 ne seront pas imposés à toutes les composantes de l'automobile, mais il y en aura sur les pièces supplémentaires qui figurent sur la liste des produits inclus. Nous constatons que les droits de douane imposés au titre de l'article 232 s'appliquent notamment à des transformateurs électriques. Dans un pays comme les États-Unis, qui est en guerre pour répondre à la demande énergétique liée à l'intelligence artificielle, il est un peu insensé qu'ils imposent des droits de douane au titre de l'article 232 sur les transformateurs électriques, les lignes électriques en aluminium et le cuivre dont ils ont besoin à l'heure actuelle pour construire le réseau électrique, qui est une priorité du gouvernement.
Cela a une incidence sur la capacité du Canada de faire avancer les choses. Cela nuit à notre capacité de vendre des produits aux États-Unis, mais surtout, cela nous nuit à l'échelle nationale parce qu'en étant soumis aux droits de douane prévus à l'article 232, nous sommes en quelque sorte un ennemi des États-Unis, ce que je ne pense pas que nous soyons. Nous avons nos alliés traditionnels. Nous sommes peut-être en désaccord pour le moment, mais cela ne signifie pas que nous sommes une menace pour la sécurité nationale des États-Unis simplement parce que nous leur fournissons de l'aluminium, de l'acier et du cuivre.
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Merci, madame la présidente.
Merci aux témoins de comparaître devant le Comité du commerce international dans le cadre de notre étude de l'ACEUM. Après vous avoir tous écoutés, je tiens à vous remercier d'être les champions et les ambassadeurs d'un système nord-américain intégré. Nous avons entendu M. Bellisle parler de tirer parti de la troisième économie en importance au monde. J'ai également entendu Mme Tronnes tenir les mêmes propos. Je pense aussi, monsieur Volpe, que l'Amérique du Nord gagne ensemble, et vous avez absolument raison.
Lorsque nous communiquons notre message aux États-Unis, comment pouvons-nous leur démontrer qu'un système nord-américain intégré signifie également des emplois américains et une politique visant à prioriser les intérêts américains? Monsieur Volpe, je pense que vous avez évoqué une augmentation de 10 % des emplois depuis le premier accord que nous avons conclu après avoir renégocié l'ALENA.
Ma question s'adresse à vous tous. Comment pouvons-nous aborder cette question de la meilleure façon possible pour que nous puissions transmettre le bon message à la Maison-Blanche, par l'entremise du milieu des affaires, des syndicats, des travailleurs, etc., aux États-Unis?
Je vais commencer avec M. Volpe.
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Merci, monsieur Fonseca.
Le défi consiste à savoir si la Maison-Blanche est à l'écoute. Ce que nous avons pu faire pour obtenir une exemption pour des pièces automobiles est d'expliquer aux Américains à quel point nous avons investi dans 23 États américains et dans 176 usines. Ce nombre a augmenté parce que le président actuel a lancé l'AEUMC initial. De plus, dans l'AEUMC, le contenu américain était environ 10 % plus élevé en 2024 qu'en 2019. C'est différent de la façon dont ils font des affaires avec le Japon, qui est un excellent partenaire commercial pour eux et pour nous. Les composantes américaines ne traversent pas le Pacifique pour revenir sous forme de voitures. Nous avons réussi à les convaincre en faisant valoir, je pense — le Canada n'a rien échangé —, que les pièces automobiles canadiennes pouvaient entrer aux États-Unis en bénéficiant d'une exemption de droits de douane.
Plus précisément, notre priorité commune de rivaliser avec la Chine est importante pour la Maison-Blanche, ce que nous devons lui expliquer et lui démontrer. Les Chinois utilisent du graphite, par exemple. Si vous voulez fabriquer une borne positive pour une batterie, vous avez besoin de graphite. En fait, 95 % du graphite mondial provient de la Chine, qui assure également 85 % de son traitement. Nous devons montrer aux Chinois que nous avons du graphite.
Il en va de même pour le lithium. Il ne s'agit pas seulement d'en avoir, mais notre pays, notre gouvernement aux deux niveaux doit s'engager à autoriser l'extraction, le traitement et la livraison des produits qui lui permettent de s'affranchir de la Chine. Je pense que les Américains ne se contentent pas des discours chaleureux. Ils doivent voir des délais et des dates. Nous devons faire de même. À vrai dire, nous n'avons pas un marché attractif au Canada pour être notre propre marché. Nous avons besoin de la sécurité et du volume d'un marché américain. C'est difficile. Il y a beaucoup de travail à faire, mais il faut le faire au final.
Le Canada possède de nombreuses ressources dont les États-Unis ont besoin. Nous avons les 34 minéraux essentiels. Nous avons des métaux rares. En fait, nous possédons même des gaz critiques, que nous oublions souvent. L'hélium est un composant important dans la fabrication de semi-conducteurs, par exemple.
Le Canada est bien placé... qu'il s'agisse de la potasse ou de l'uranium. La Saskatchewan possède une foule de ressources dont les États-Unis ont besoin. Quand je discute avec des Américains à Washington et leur parle de toutes les occasions qui existent au Canada en matière d'extraction, d'exploitation minière et de minéraux critiques, ils ont du mal à y croire. Ils se demandent: « Pourquoi nous approvisionnons-nous en Chine, et pourquoi ne nous approvisionnons-nous pas au Canada? »
Je dois dire qu'il faut beaucoup de temps pour ouvrir les esprits. L'obtention des permis prend beaucoup de temps. Le gouvernement a compris des choses, je crois. Nous entendons dire que... au sujet des permis. Nous avons le Bureau des grands projets qui est ouvert maintenant. C'est un grand pas en avant pour l'extraction de nos produits, mais nous devons agir le plus rapidement possible. Nous sommes dans une course, et nous n'avons pas vraiment l'impression d'avancer rapidement.
En ce qui concerne la grande entente, l'un des sujets dont nous discutons est de regrouper les éléments dans un accord commercial fiscal exhaustif. Imaginez dire à un investisseur dans une mine, « écoutez, nous avons déjà conclu une entente avec les États-Unis pour la construction d'une usine de traitement », ou « nous avons 10 investisseurs de la société X, car nous savons que les États-Unis vont acheter tout notre tungstène », ou encore « nous savons que la construction d'une usine de traitement est déjà en cours pour cette mine, alors tout ce que nous vous demandons, c'est de la construire ». Cela crée vraiment de la certitude sur le marché. Cela génère et attire des investissements. C'est le genre de choses que nous pourrions intégrer dans une entente commerciale.
Vous avez posé une question tout à l'heure au sujet de certains des messages que nous utilisons. Mes collègues et moi avons analysé nos déficits commerciaux. Soixante-six pour cent de notre déficit commercial avec les États-Unis concerne les intrants manufacturiers, primaires et secondaires. Ce sont les intrants destinés à la fabrication dont les Américains ont vraiment besoin pour mener à bien leurs activités. Ils nous donnent beaucoup de poids. C'est un bon argument pour leur rappeler que nous ne leur fournissons pas de produits finis. Nous leur donnons des ressources pour qu'ils puissent fabriquer les produits, les vendre et réaliser des profits.
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Madame Tronnes, j'aimerais maintenant que nous parlions un peu plus en détail de la coordination stratégique avec les États‑Unis, par rapport à la Chine.
On sait que, à plusieurs égards, les États‑Unis ne font pas confiance au Canada, qu'ils le perçoivent un peu comme une passoire, et parfois, comme un partenaire très peu sérieux sur le plan stratégique.
Selon vous, comment pourrions-nous renforcer cette coordination et pallier certaines craintes des Américains?
On sait que votre organisme nous avait prévenus que Pékin était en train de profiter de cette divergence.
Comment pourrions-nous nous assurer que le régime de Pékin n'exploite pas les divergences politiques et économiques entre le Canada et les États‑Unis?
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Merci beaucoup, madame la présidente.
Je remercie tous les témoins d'être parmi nous aujourd'hui.
J'ai des questions à poser à tous les témoins, mais je vais commencer par vous, monsieur Volpe.
J'ai lu que le Canada avait besoin d'un constructeur automobile national. Selon vous, il faudrait que nous ayons un véhicule entièrement canadien.
Récemment, j'ai eu la chance d'assister à un échange à l'ambassade de l'Allemagne à Ottawa, où on nous a présenté le prototype d'un véhicule électrique entièrement construit avec des pièces d'automobile canadiennes.
Évidemment, ce prototype coûte très cher, mais pourrait-il s'agir d'un projet qui nous aurait évité la situation que nous connaissons actuellement avec les États‑Unis et le Mexique?
Je crois savoir de qui vous parlez et qui a coordonné le prototype.
C'est de toute évidence le projet Arrow, qui a été préparé par l'Association des fabricants de pièces d'automobile du Canada en partenariat avec l'Université Ontario Tech pour démontrer que toutes les composantes des automobiles du futur peuvent se trouver au Canada. Les constructeurs ne pouvaient pas obtenir d'écrans tactiles au Canada en 2023, mais trois autres entreprises m'ont garanti que nous pouvons le faire aujourd'hui.
Mon commentaire sur les automobiles construites au Canada n'a rien à voir avec le projet Arrow, qui démontre en fait ce que nous sommes capables de faire d'un point de vue technologique.
Je me suis lancé dans un comité directeur et dans une étude de faisabilité sur l'établissement d'un constructeur automobile national au Canada. L'étude se penche sur la façon dont s'y est pris le Mexique, en réponse à cette même menace de Donald Trump qui plane aussi sur nous, pour mettre sur les rails le projet Olinia de la présidente Sheinbaum et sur la capacité ou non du Canada de diriger lui-même ces activités industrielles.
Il faut définir dans le cadre de cette étude de faisabilité ce que nous souhaitons faire au pays. Nous ne voulons pas d'un constructeur automobile national. Je ne propose pas la mise en place d'un constructeur automobile appartenant à l'État qui ferait concurrence aux Chinois au moyen du même modèle d'affaires que le leur.
Avons-nous des capitaux mobiles, des technologies, de la main-d'œuvre et assez de rêveurs au pays qui disent que cela en vaudrait la peine? Nous allons bien y réfléchir, mais avec une bonne dose d'humilité. Si les experts de chaque discipline sont d'avis que nous ne devrions pas prendre ce risque avec des partenaires du secteur public, nous ne le ferons pas.
C'est une perspective très intéressante. Il faut avoir l'esprit ouvert et réfléchir à des solutions, étant donné tout ce qui passe dans le monde et le déséquilibre qu'on vit depuis janvier dernier.
Monsieur Bellisle, tantôt, vous avez demandé qu'il soit permis de faire du dédouanement à Montréal pour alléger les bateaux afin qu'ils puissent se rendre à Montréal et, éventuellement, vers les Grands Lacs. À partir de là, on peut même aller se promener jusqu'au Mississippi.
Que vouliez-vous dire, exactement, par « dédouanement » et « alléger »?
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Nous demandons qu'il soit permis aux navires de dédouaner des marchandises au port de Québec pour qu'ils puissent se rendre au port de Montréal.
À Québec, la profondeur de l'eau est de 15 mètres, ce qui permet à certains types de navires de passer. Dans l'axe du Saint-Laurent, la profondeur de l'eau est de 10,5 à 11 mètres. Si un navire à pleine charge demande 12,5 mètres d'eau, il faut l'alléger pour qu'il soit capable d'entrer à Montréal.
Actuellement, les navires qui partent d'Europe et qui se rendent directement à Montréal doivent être chargés à 80 % ou 85 % de leur capacité. Si les navires pouvaient s'arrêter à Québec, ils pourraient augmenter leur charge de 15 % pour les importateurs ou les exportateurs. Imaginez les gains en énergie, en réduction de gaz à effet de serre et en compétitivité. En effet, les coûts sont déjà absorbés. Les marins et le carburant sont déjà à bord. Le navire passe littéralement devant mon bureau et va jusqu'à Montréal avec une charge inférieure de 15 % à sa pleine capacité.
Si on pouvait recevoir ces navires au port de Québec, on pourrait donc leur permettre de transporter plus de marchandises et de s'alléger à Québec afin qu'ils puissent continuer leur chemin jusqu'à Montréal. Cela rendrait la chaîne logistique beaucoup plus compétitive.
Je suis certain que M. Volpe était là entre 2017 et 2022, lors des négociations du premier ALENA. À l'approche de la revue de l'ACEUM... Auparavant, lorsque nous tenions des négociations, nous le faisions en tant qu'Équipe Canada. Tout le monde ici en faisait partie. Nous adoptions une approche holistique partout où nous allions.
À la Chambre des communes et dans la sphère politique, des propos négatifs ont circulé entre autres sur les entreprises, les travailleurs et la main-d'œuvre au Canada. Lorsque nous sommes à Washington, est‑il pertinent de livrer un message laissant entendre que nous faisons front commun?
Je pose la question aux témoins.
Premièrement, les règles d'origine ont été bénéfiques aussi bien pour les investissements américains que pour les investissements canadiens. Elles offrent un degré de certitude, et j'estime que la structure de l'ACEUM sera toujours plus utile pour les entreprises désireuses de planifier leurs investissements que l'absurdité bilatérale des droits de douane liés à la sécurité nationale.
Deuxièmement, les investisseurs recherchent des possibilités sur 10 et 20 ans pour leurs mouvements de capitaux dans le secteur de l'automobile à l'intérieur de l'Amérique du Nord et considèrent également la Chine comme la plus grande menace en matière de rendement. Les choses iront beaucoup mieux si nous pouvons créer ces règles contribuant à nous mettre à l'abri des subventions et de l'influence chinoises pour que l'argent continue de circuler sur le continent.
Troisièmement, s'il y a un aspect qui facilite vraiment les relations entre le Canada et les États-Unis, c'est que nous valorisons tous les deux le capital humain de la même façon. Nous versons des salaires équivalents, nous offrons une formation analogue et nous faisons mutuellement confiance aux grands esprits de part et d'autre de la frontière. C'est de plus en plus la même chose avec le Mexique. Nous devrions considérer cela comme la ressource servant de base aux relations entre nos trois pays, en tablant sur le climat de paix et le degré d'interchangeabilité que cela nous procure.
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Pas directement pour la livraison de tels produits, mais je vais revenir un peu en arrière dans ma carrière.
J'ai été PDG à Trinité-et-Tobago. Essentiellement, tout le pays dépend de l'exploitation du gaz naturel, et je pense que ces infrastructures sont essentielles. Au Canada, nous devons envisager de mettre en place des infrastructures semblables et d'extraire notre gaz naturel du sol pour qu'il alimente nos efforts de fabrication, d'industrialisation et de commerce extérieur. Des pays comme l'Allemagne veulent travailler avec nos entreprises canadiennes pour mettre au point de l'énergie verte, de l'hydrogène, etc. À titre d'exemple, le port de Belledune, avec sa stratégie en matière d'énergie verte, est particulièrement bien placé pour le faire.
Je pense que ce sont des domaines sur lesquels nous devons nous concentrer en matière d'infrastructure.
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Merci, madame la présidente.
Je vais continuer avec M. Bellisle.
Monsieur Bellisle, vous avez dit des choses intéressantes, tout à l'heure, en ce qui a trait à la chaîne d'approvisionnement. Vous avez parlé d'investissements.
Qu'arriverait-il si, demain matin, le Canada n'investissait pas pour suivre ce qui se fait présentement aux États‑Unis et dans le reste du monde?
Comment voyez-vous cela? Quel est l'avenir, selon vous, sans ces investissements?
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Investir dans les infrastructures est essentiel. C'est le cœur névralgique de nos économies.
Je sais que, au cours des dernières années, le secteur des TI est devenu beaucoup plus attrayant que les économies traditionnelles. Lorsque des pays font un virement de cap pour l'amélioration de leur prospérité, cela se fait par le truchement des chaînes industrielles. Si on n'a pas une infrastructure, on ne peut pas avoir une chaîne industrielle. C'est aussi simple que cela.
On doit investir dans les chaînes industrielles. Cependant, pour ce faire, on doit avoir une fluidité sur le plan logistique. Comme je l'ai mentionné, 80 % de tout ce qui se fait et de tout ce qui se consomme transitent par navire. Si on n'a pas l'infrastructure nécessaire, on ne peut pas participer à la compétition. C'est comme vouloir jouer au hockey sans avoir une paire de patins.
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Pour comprendre ce qui se passe dans les chaînes logistiques, vous n'avez qu'à penser au problème du niveau d'eau dans le canal de Panama, au blocage du canal de Suez, aux dangers dans certaines mers en lien avec le piratage, et ainsi de suite. Je crois que le fait d'avoir un flux qui est assuré est un premier élément très important. C'est pour cela qu'il faut continuer à investir dans les infrastructures. On a vu ce qui s'est passé quand un navire a frappé un pont à Baltimore et toutes les interruptions qui en ont découlé.
Le deuxième élément important, surtout pour le Canada, c'est la réduction du fardeau administratif. Je parlais tantôt de l'Irlande, qui se classe maintenant au 15e rang pour ce qui est du secteur manufacturier. Comment ces gens ont-ils réussi cela? Eh bien, ils sont passés du 20e rang mondial sur le plan du fardeau administratif au 3e ou au 5e rang. Le Canada se classe actuellement au 20e rang, ou plus loin, en matière de fardeau administratif.
On doit donc réduire le fardeau administratif pour faire avancer des projets. Je mentionnais le projet de Québec, mais il y en a aussi un à Sorel. On cherche à faire des avancées en Nouvelle‑Écosse et au Nouveau‑Brunswick. Le gros morceau, c'est naturellement le volet administratif. On parle d'années alors que les conséquences découlant des droits de douane se font sentir en jours, en semaines et en mois.
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Je peux vous dire que j'ai beaucoup de discussions au Capitole. Les alliés sont discrets, mais nombreux. Nombre de membres du Congrès et certains sénateurs sont extrêmement inquiets, et leurs électeurs leur font aussi part de leurs préoccupations. Plus les élections de mi‑mandat approchent, plus il sera difficile pour eux de surmonter les problèmes et de résister aux pressions. On le voit déjà notamment chez les agriculteurs du secteur du soja. L'administration Trump aime faire les choses en secret, dans les coulisses. Elle n'aime pas se faire critiquer ouvertement. Par conséquent, beaucoup de nos alliés s'affairent discrètement. Cependant, ils ne le font pas parce que c'est dans l'intérêt du Canada; ils le font parce que c'est dans l'intérêt de leurs électeurs et de leur secteur manufacturier, et parce que les droits de douane vont coûter cher.
Cela étant dit, il y a quelques mois, j'ai eu une discussion ici, à Ottawa, avec nul autre que M. Robert Lighthizer, le grand-père des droits de douane. Il m'a dit que la première règle, c'est qu'on n'impose pas de droits de douane sur ses intrants. À son avis, sans l'ACEUM, le régime douanier des États-Unis ne pourra pas fonctionner. Le secteur manufacturier des États-Unis a tout simplement besoin de trop d'intrants pour que le régime fonctionne. Étant donné que M. Lighthizer ne fait pas partie de l'administration — il est maintenant à la retraite —, je ne sais pas à quel point sa voix porte, mais il est bon de se rappeler que tout cela est négociable.
Je serais ravie que les droits de douane deviennent chose du passé, mais le président a été très clair: « droits de douane » est son terme favori, et il a pour objectif d'engranger des recettes douanières.
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Merci, madame la présidente.
M. Chambers m'a toujours paru comme une personne qui respecte le temps imparti avec zèle et qui suit la loi à la lettre, mais je suis très heureux de voir qu'il se sent très à l'aise ici de poser toutes ses questions. Ce sont de très bonnes questions. Nous avons reçu d'excellentes réponses de la part de nos témoins, dont Mme Tronnes.
Madame Tronnes, vous venez de parler de vos discussions avec M. Lighthizer. Je suis heureux d'entendre qu'elles sont très positives. Comme vous l'avez dit, M. Lighthizer est le grand-père des droits de douane. Est‑ce bien le qualificatif que vous lui avez donné? Oui.
Je vous remercie d'avoir établi votre centre aux États-Unis. J'aimerais revenir là‑dessus.
D'après vous, le Canada devrait‑il mettre à contribution le secteur privé et les fonctions diplomatiques des groupes de réflexion aux États-Unis de manière plus énergique afin d'influencer les leaders d'opinion américains?
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Oui, absolument. En ce moment, je me sens vraiment seule dans mon coin. Je constate qu'il en est de même pour les analystes canadiens du milieu universitaire. Nous sommes très peu nombreux non seulement à Washington, mais aussi aux quatre coins des États-Unis. C'est un grave problème pour le Canada.
Pour mettre les choses en perspective, je suis la seule employée. Je suis la seule à représenter le Canada à Washington. Le Mexique compte cinq instituts comme le nôtre, sans compter les centres d'études sur l'Amérique latine qu'ont près de la moitié des groupes de réflexion principaux aux États-Unis. Aucun groupe de réflexion aux États-Unis n'a de centre d'études sur le Canada. Si l'on se trouve quelque part, ce serait peut-être pour des dossiers liés à l'Arctique, mais c'est très difficile à trouver.
J'ai aussi beaucoup de difficulté à trouver des lobbyistes canadiens aux États-Unis, et pas nécessairement des associations industrielles qui représentent le Canada. Quand les entreprises me demandent quelles associations canadiennes elles devraient soutenir, je réponds simplement: « Oui. » Il faut toutes les soutenir. Il faut élargir la présence du Canada aux États-Unis. Il faut plus de voix canadiennes.
Les Canadiens n'ont pas l'habitude de devoir se battre pour obtenir de l'attention aux États-Unis; par conséquent, ils en ignorent le coût. Il est coûteux de se faire entendre, d'avoir des groupes de réflexion et des programmes universitaires, et de pousser les gens à s'intéresser à son pays et à l'étudier dans la capitale mondiale, où passent tous les problèmes. Toutefois, à un moment pareil, cela en vaut le coût.
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Oui, c'est une très grande question.
Eh bien, McDavid vient de signer son contrat, alors on ne peut pas l'échanger à nouveau — pas qu'on le voudrait.
D'après moi, il faut vraiment renforcer notre position auprès des États‑Unis. Je sais qu'on parle en ce moment de diversifier nos marchés d'exportation. Qu'on le fasse ou non a peu d'importance aux yeux des États‑Unis, pourvu qu'ils puissent toujours obtenir des produits de notre part. Ils ne s'opposent pas à ce que nous réalisions des profits ailleurs aussi. Ils n'en font pas une affaire personnelle, et nous devrions suivre leur exemple.
Cela étant dit, je trouve important que le Canada demeure indispensable aux États‑Unis. Ils doivent pouvoir compter sur nous. Ils doivent avoir confiance que nous allons respecter nos engagements, que nous allons permettre la réforme, que nous n'allons pas réduire nos dépenses militaires et que nous allons tenir toutes nos autres promesses.
À ce point‑ci, notre alliance peut seulement être renforcée. Elle a été légèrement affaiblie, mais la situation ne peut que s'améliorer.
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Récemment, j'ai eu l'honneur de m'entretenir à ce sujet avec le secrétaire adjoint à l'Énergie. Les Américains sont très conscients de la mesure dans laquelle ils dépendent du Canada non seulement pour le pétrole, mais aussi pour le gaz naturel.
Le secrétaire Wright a promis de doubler les exportations américaines de gaz naturel en cinq ans. Pour y arriver, les États‑Unis devront aussi doubler les importations canadiennes de gaz naturel en cinq ans, étant donné que le bassin permien n'est peut-être pas à sec, mais que la production de pétrole de schiste a atteint son sommet. Par conséquent, il deviendra plus coûteux pour les États‑Unis de produire de l'énergie.
Franchement, déjà, notre réseau de pipelines a presque atteint sa pleine capacité. C'est un sérieux problème. Au cours des cinq prochaines années, les États‑Unis augmenteront de 100 gigawatts la production de leurs centrales au gaz naturel, et leur réseau de pipelines a presque atteint sa capacité maximale.
Que les États‑Unis le veuillent ou non, la construction de pipelines connaîtra un essor, et une partie de l'acier et de l'aluminium pourrait devoir provenir du Canada. Les moteurs nécessaires pour acheminer leur produit vers le marché devront certainement venir du Canada. Les États‑Unis offrent de nombreux débouchés lucratifs aux entreprises canadiennes et aux entreprises énergétiques.
Par ailleurs, ils sont très conscients que la dépendance à l'IA entraîne une dépendance au Canada. Qu'ils le sachent ou non, c'est un fait.
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Sauf erreur, le Canada a conclu 16 accords de libre-échange. Cela signifie qu'il en reste beaucoup à faire. Nous devrions certainement tirer parti des accords de libre-échange déjà en place. Nous devrions également négocier de nouveaux accords avec d'autres pays.
M. John Denton, le secrétaire général, je crois, de la Chambre de commerce internationale, a rencontré beaucoup de monde pour discuter de la possibilité d'augmenter le nombre d'accords de libre-échange à l'échelle mondiale.
Je pense qu'il vaudrait la peine — je réfléchis à voix haute — de considérer la possibilité d'établir une zone internationale de libre-échange. Pourquoi ne pas unir les accords de libre-échange en vigueur pour créer une plus grande zone d'influence?
Le Canada pourrait se pencher sur toutes sortes de solutions. Pour multiplier les échanges commerciaux, il faut prendre des mesures visant à favoriser les échanges et il faut créer de la certitude quant à l'environnement commercial. C'est ce que font les accords.