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Bienvenue à tous les membres du Comité. Il s'agit de la sixième séance du Comité permanent du commerce international.
Conformément au paragraphe 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le 16 juin 2025, le Comité reprend son étude de la participation du Canada au système de commerce et d'investissement international fondé sur des règles.
Nous accueillons aujourd'hui, du Centre canadien de politiques alternatives, M. Stuart Trew, chercheur principal. Bonnie Gee, présidente de la Chamber of Shipping, témoignera par vidéoconférence, et nous accueillons Kyle Larkin, directeur exécutif des Producteurs de grains du Canada.
Bienvenue à tous. Merci d'avoir trouvé le temps de venir témoigner devant le Comité aujourd'hui.
Nous allons commencer, et chacun de vous disposera de cinq minutes.
Monsieur Trew, c'est à vous pour cinq minutes.
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C'est un plaisir pour moi. Merci beaucoup de m'avoir invité à comparaître devant le Comité.
Je suis chercheur au Centre canadien de politiques alternatives. Nous existons depuis 1980, et nous nous penchons sur les politiques de justice sociale, économique et environnementale qui nous orienteraient dans cette direction. Je dirige le projet de recherche sur le commerce et l'investissement, que nous avons entrepris en 1999, à peu près au moment des manifestations de Seattle, qui s'opposaient à certaines des règles commerciales mondiales dont nous parlons aujourd'hui.
Je vais présenter quelques points généraux qui, je l'espère, sont pertinents pour les deux études que le Comité mène en ce moment, soit celle sur l'examen de l'ACEUM et celle sur l'ordre international fondé sur des règles.
Nous sommes très préoccupés, comme tous les membres du Comité, par les guerres commerciales que nous voyons actuellement aux États-Unis, et la désindustrialisation que nous constatons dans notre pays, qui est tout à fait intentionnelle. Cela fait partie de ce que Trump essaie de faire à notre pays. Cela nous inquiète beaucoup.
En ce qui concerne l'ordre fondé sur des règles, je vais faire quelques observations.
L'ordre établi par l'OMC et l'ensemble d'accords sur le commerce que nous avons depuis le début des années 1990 ont été contestés pratiquement depuis le début. Je ne pense pas que la question ait jamais été réglée. Cela ne s'est jamais solidifié. C'est un sujet de contestation depuis le début — pour une bonne raison —, que ce soit dans les rues lors de manifestations publiques à Hong Kong, à São Paolo et à Cancún, ou encore dans le discours universitaire et les salles des politiques gouvernementales. La conviction que ces règles reflétaient une vérité universelle quant aux limites de l'exercice du pouvoir dans un marché économique libre était, je crois, extravagante depuis le début. Nous commençons à en voir les effets, et nous voyons les gens commencer à s'en rendre compte.
Nous avons adopté un système relativement souple pour réglementer le commerce mondial dans le cadre de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, ou GATT — un système qui reconnaissait, par exemple, comment un déséquilibre de la production pouvait devenir un problème économique et politique ou un fardeau pour les pays, et qui permettait aux États de négocier des garanties temporaires comme les contingents d'importation ou les tarifs. Nous avons établi un ensemble rigide de traités qui se chevauchent et qui lient les pays à des politiques qui, si elles sont strictement suivies, étouffent le développement et enchâssent les droits des entreprises au détriment d'autres priorités et droits internationaux, comme la création de bons emplois, le maintien de normes rigoureuses en matière d'environnement et de santé publique, des salaires élevés, le respect des droits de la personne et des droits des peuples autochtones, etc. Toutes les autres obligations internationales ont été reléguées au second plan derrière une croissance sans fin et le fantasme d'une concurrence parfaite sur le marché intérieur et entre les pays. Le système a été conçu pour échouer, et nous ne devrions pas pleurer sa disparition.
De toute évidence, nous avons besoin de règles pour éviter les politiques du chacun pour soi qui favorisent les emplois et les investisseurs nationaux au détriment des emplois et des investissements des autres. Je dirais que c'est le modèle MAGA, le modèle de Trump.
Il y a quelque chose que le gouvernement peut faire ici en réformant notre propre politique de recours commerciaux, comme d'autres témoins l'ont récemment signalé au Comité.
Unifor, le plus important syndicat du secteur privé au Canada, a demandé au Canada de déployer d'autres mesures, comme la Loi sur les mesures extraterritoriales étrangères, pour pénaliser les entreprises qui utilisent l'excuse des tarifs douaniers pour transférer leurs capitaux aux États-Unis, comme nous le voyons faire actuellement par des entreprises comme Diageo ou Futura Tool and Die.
En même temps, le Canada devrait jouer son rôle dans le monde en tant que partenaire équitable. Nous ne devrions pas nous mettre à enfreindre les règles à tort et à travers. Nous devrions respecter les engagements que nous avons pris au sujet des tarifs et de l'accès aux marchés. Dans d'autres domaines, comme les marchés publics, les droits de propriété intellectuelle excessifs ou des limites excessives à la façon dont nous régulons ou établissons une stratégie industrielle, nous devons être prêts à contourner et, dans certains cas, à enfreindre certaines des règles les plus déraisonnables, comme le font d'autres pays. Soyons honnêtes.
Mon deuxième point est que la préservation des anciennes règles du libre-échange va à l'encontre des efforts déployés par le Canada pour élaborer une stratégie industrielle transformatrice. Les politiques d'achat au Canada, en particulier dans le cas des grands projets de construction et d'infrastructure, vont de soi et ont une incidence minime, voire aucune, sur les relations commerciales. Tous les autres le font. Les pays européens ne perdent pas le sommeil lorsqu'ils accordent des contrats à des entreprises européennes, et je ne pense pas que nous devrions non plus. Je pense qu'ils comprendront si nous commençons à le faire de façon plus systématique.
Nous avons aussi vu l'Union européenne emboîter le pas au Canada et au Mexique en imposant des droits de douane sur l'acier pour protéger sa propre industrie. Il y a un certain changement dans ces règles strictes. Rien de tout cela n'est conforme aux règles de l'OMC, tout comme les mesures de rétorsion du Canada prises au début contre Trump — ce qui était une bonne idée à mon avis — ne l'étaient pas, mais elles étaient nécessaires pour protéger les emplois canadiens. Elles étaient nécessaires pour protéger notre sécurité économique, pour reprendre les mots de Trump.
Le troisième et dernier point que je voudrais faire valoir, c'est que le commerce fondé sur des règles devrait aider les travailleurs ainsi que les entreprises. Nous pouvons nous appuyer sur des réussites, comme le mécanisme d'intervention rapide dans l'Accord Canada—États-Unis—Mexique. Cela donne des résultats pour les travailleurs du Mexique, mais il faut le protéger et l'étendre aux milieux de travail canadiens et américains afin que nous puissions commencer à discuter de son extension à d'autres pays. Nous ne pouvons pas le faire à moins de respecter les mêmes règles que celles qui s'appliquent au Mexique.
À la lumière du nouveau plan d'action Canada-Mexique, je pense qu'il serait avantageux de renforcer la coopération avec le Mexique dans des domaines comme les droits de la personne également, en appuyant le mécanisme de protection des défenseurs des droits de la personne et des journalistes, qui relève du gouvernement mexicain. Cela profitera aux entreprises canadiennes en leur donnant une plus grande assurance que leurs opérations au Mexique ne seront pas impliquées, peut-être involontairement, dans des violations des droits de la personne.
Enfin, je dirais que le Canada doit se retirer du régime de règlement des différends entre un investisseur et un État, qui ne favorise pas, ou ne protège pas vraiment les investissements dans d'autres pays ou au Canada. À bien des égards, l'arbitrage international en matière d'investissement est à l'opposé du commerce fondé sur des règles. Ses praticiens élargissent constamment les règles, de leur propre chef, en arbitrage, et ils étendent constamment les protections des entreprises au‑delà des souhaits des parties à la négociation, sans aucun avantage démontrable en termes d'investissements supplémentaires et surtout d'investissement durables. C'est antidémocratique, et cela sape les réformes juridiques dans ces pays qui permettraient d'améliorer la sécurité et la stabilité des entreprises.
Voilà ce que je voulais dire pour l'instant. Je suis heureux d'avoir l'occasion de le faire. Merci.
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Merci, monsieur le président.
Je remercie les membres du Comité de nous avoir invités.
Je m'appelle Kyle Larkin et je suis le directeur exécutif de Producteurs de grains du Canada, aussi connu sous le sigle PGC. Nous sommes le porte-parole national de plus de 70 000 producteurs par l'entremise de nos 14 groupes d'agriculteurs nationaux, provinciaux et régionaux. En tant qu'association du secteur céréalier axée sur les agriculteurs, PGC défend les politiques fédérales qui appuient la compétitivité et la rentabilité des producteurs de grains à l'échelle du pays.
Étant donné que plus de 70 % des céréales cultivées au Canada sont exportées, un commerce fondé sur des règles est essentiel pour assurer la subsistance des exploitations céréalières familiales partout au pays. En fait, nous exportons nos céréales et nos produits céréaliers dans plus de 160 pays, ce qui représente une valeur d'exportation annuelle de 45 milliards de dollars.
Malheureusement, l'ordre commercial fondé sur des règles et les exportations canadiennes sont aujourd'hui remis en question comme jamais auparavant. L'incertitude commerciale, les barrières tarifaires et non tarifaires sont en hausse, ce qui a une incidence directe sur les producteurs de grains du pays qui comptent sur le commerce international pour leurs revenus agricoles individuels.
Le plus préoccupant, c'est l'incertitude commerciale que nous vivons actuellement avec nos deux principaux partenaires commerciaux. Les États-Unis, vers lesquels nous avons exporté pour plus de 17 milliards de dollars de céréales et de produits céréaliers en 2023, sont devenus un partenaire commercial peu fiable, avec des changements presque quotidiens dans leur politique commerciale internationale. Heureusement, toutes les exportations de céréales et de produits céréaliers continuent d'être exemptes de droits de douane en vertu de l'Accord Canada-États-Unis-Mexique. Cependant, les droits de douane sur l'acier et l'aluminium auront une incidence sur le prix de la machinerie agricole, et l'incertitude commerciale globale a déprimé les marchés des cultures dont dépendent les fermes familiales.
Notre deuxième partenaire commercial en importance, la Chine, vers qui nos exportations de céréales et de produits céréaliers se sont chiffrées à plus de 9 milliards de dollars en 2023, a ciblé directement les producteurs de grains dans le cadre des échanges commerciaux actuels entre nos deux pays. Les droits de 100 % imposés plus tôt cette année sur l'huile de canola, le tourteau de canola et les pois, ainsi que les droits de 75,8 % récemment imposés sur les semences de canola, ont eu un effet néfaste sur les revenus à la ferme. La Chine a également lancé une nouvelle enquête antidumping sur l'amidon de pois, ce qui aggrave les effets sur les producteurs partout au pays.
Que peut faire le Canada dans ce contexte de commerce international changeant? Nous devons d'abord défendre l'ordre commercial fondé sur des règles chez nous par nos propres politiques et décisions. Comme Michael Harvey, de l'Alliance canadienne du commerce agroalimentaire, l'a mentionné au Comité il y a environ deux semaines: « Les mesures protectionnistes, tant à l'échelle nationale qu'internationale, devraient être rejetées, car elles sapent les principes d'un commerce libre, équitable et ouvert. »
Deuxièmement, avec plus de 45 milliards de dollars en exportations de céréales et de produits céréaliers vers plus de 160 pays dans le monde, le Canada demeure un important fournisseur agroalimentaire. Cependant, nous tenu cette position pour acquise depuis trop longtemps alors que nos concurrents mondiaux rattrapent rapidement leur retard et nous disputent des parts de marché. Pour que le Canada demeure l'un des principaux exportateurs de produits agricoles et agroalimentaires au monde, nous devons promouvoir l'ordre commercial fondé sur des règles à l'échelle mondiale, renforcer notre engagement en matière d'accès aux marchés et investir dans une infrastructure favorisant le commerce afin de répondre aux exigences du XXIe siècle.
Enfin, et c'est le plus important, le Canada doit rétablir ses relations commerciales clés. L'incertitude commerciale avec nos deux principaux partenaires commerciaux a un effet dévastateur sur les moyens de subsistance des exploitations céréalières familiales dans l'ensemble du pays. Il faut constamment promouvoir et défendre les avantages de l'ACEUM pour le Canada, les États-Unis et le Mexique. Un engagement continu et accru avec la Chine est essentiel pour résoudre les irritants commerciaux.
Le Canada doit continuer d'inculquer, de promouvoir et de défendre l'ordre commercial fondé sur des règles, tant à l'échelle nationale qu'internationale. Sans cela, nos exportations diminueront, ce qui aura des répercussions à la fois sur les producteurs de grains et sur l'économie nationale du Canada.
Merci beaucoup. C'est avec plaisir que je répondrai à vos questions.
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Madame la présidente et honorables membres du Comité, je vous remercie de nous donner l'occasion de présenter notre point de vue sur les systèmes d'investissement et de commerce internationaux fondés sur des règles.
La Chamber of Shipping est fière de représenter les armateurs et les exploitants internationaux qui transportent plus de 100 milliards de dollars de marchandises par l'entremise des ports canadiens à destination et en provenance de plus de 150 marchés étrangers chaque année. Qu'il s'agisse de céréales cultivées dans les Prairies, de minéraux extraits dans le Nord ou de produits technologiques fabriqués en Ontario et en Colombie-Britannique, le transport maritime relie les producteurs canadiens aux marchés mondiaux.
Le Canada dépend d'un cadre international fondé sur des règles pour s'assurer que les exploitants de navires respectent les normes internationales établies par l'Organisation maritime internationale des Nations unies, ou OMI, où le Canada est considéré comme une nation maritime respectée et influente. L'OMI négocie des conventions qui établissent des normes mondiales en matière de sécurité en mer, de protection de l'environnement et de sécurité maritime. Les États de pavillon où les navires sont immatriculés appliquent la réglementation de l'OMI en faisant inspecter les navires par un réseau mondial d'experts maritimes et d'agents de contrôle de l'État du port désignés dans les pays où les navires sont exploités.
Le Canada est signataire du Mémorandum d'entente de Paris sur le contrôle des navires par l'État du port, qui regroupe 28 administrations maritimes participantes couvrant les eaux des États côtiers européens et le bassin de l'Atlantique Nord de l'Amérique du Nord à l'Europe. Le Canada est également signataire du protocole d'entente de Tokyo, qui regroupe 22 autorités membres dans la région d'Asie-Pacifique. L'objectif de ces protocoles d'entente est d'éliminer l'exploitation des navires qui ne répondent pas aux normes au moyen de campagnes d'inspection concentrées et d'un système harmonisé.
La mise en œuvre, par le Canada, de conventions et de lignes directrices internationales est généralement conforme aux normes mondiales, mais lorsque des lois ou des règlements s'écartent des normes, cela entraîne souvent un coût accru pour les compagnies de transport maritime opérant au Canada, ce qui peut affecter la compétitivité des entreprises canadiennes. Les conventions et normes internationales visent à donner aux armateurs une certitude quant à leurs investissements dans de nouveaux navires et leurs ententes contractuelles.
Les transactions de transport maritime commercial sont également exécutées dans le cadre d'ententes normalisées internationalement reconnues élaborées par le Baltic and International Maritime Council, ou BIMCO. Ces contrats visent à rationaliser les opérations maritimes, à réduire les risques juridiques et à assurer l'équité et la clarté pour les parties concernées.
En l'absence de cadres internationaux pour le transport maritime, il y aurait une pléthore de règlements nationaux conflictuels, ce qui entraînerait des distorsions commerciales et de la confusion administrative pour l'industrie, et causerait de l'incertitude, de l'incohérence et de l'inefficacité pour le commerce mondial.
La décision du Bureau du représentant des États-Unis pour le commerce d'imposer de nouveaux droits d'entrée aux navires construits, possédés ou exploités par des intérêts chinois en vertu d'une mesure commerciale prévue à l'article 301 entrera en vigueur le 14 octobre. Cela aura des répercussions sur les navires qui desservent le commerce nord-américain et se traduira probablement par une augmentation des tarifs de marchandises et des coûts pour les entreprises et les consommateurs américains. Deux lignes de conteneurs qui font régulièrement des échanges commerciaux avec les ports américains et canadiens pourraient faire face à des coûts supplémentaires de 2,1 milliards de dollars en 2026. Si le Canada adoptait une approche semblable à l'égard des navires liés à la Chine, le préjudice pour les entreprises canadiennes serait encore plus grand.
De plus, la décision récente des États-Unis de ne pas appuyer le cadre de carboneutralité de l'Organisation maritime internationale, qui devrait être ratifié dans les prochaines semaines, aura d'importantes répercussions. Le cadre de carboneutralité fixe des cibles annuelles de réduction de l'intensité des GES pour les carburants utilisés par les navires jusqu'en 2035, et des pénalités s'appliqueront en cas de dépassement des limites de GES. Étant donné que le Canada a l'intention de ratifier le cadre pour la carboneutralité, la menace des États-Unis d'imposer des mesures de rétorsion aux pays qui appuient ce cadre est très préoccupante, car elle pourrait perturber les flux commerciaux internationaux et créer une incertitude supplémentaire pour les transporteurs opérant sur les marchés américains. Cette position risque également de saper la compétitivité des entreprises canadiennes qui comptent sur des chaînes d'approvisionnement intégrées et une gouvernance maritime stable.
L'industrie mondiale du transport maritime a fait preuve d'une grande souplesse opérationnelle en réponse aux récents changements de politique commerciale et aux perturbations géopolitiques. Face aux nouvelles mesures réglementaires et aux menaces à la sécurité des corridors maritimes stratégiques, les exploitants de navires ont rapidement ajusté leurs stratégies d'acheminement, réaffecté les actifs de la flotte et diversifié les engagements dans les ports afin d'atténuer les risques et de maintenir la continuité de la chaîne d'approvisionnement. Ces réponses adaptatives sont appuyées par des technologies logistiques avancées, une infrastructure intermodale intégrée et de solides cadres de planification d'urgence. La capacité de l'industrie à réagir rapidement et efficacement aux chocs externes souligne son importance stratégique dans le commerce mondial et sa résilience face à des environnements internationaux de plus en plus complexes et volatiles.
La prospérité du Canada dépend depuis longtemps de la stabilité, de la transparence, de la prévisibilité et de l'ouverture que procure le système commercial mondial fondé sur des règles. Toutefois, il s'agit d'un moment charnière, et le Canada devrait accorder la priorité aux secteurs économiques qui subissent les chocs les plus importants tout en peaufinant ses politiques commerciales de façon mesurée, décisive et transparente afin de protéger ses propres intérêts économiques stratégiques et d'assurer sa souveraineté, sa prospérité et sa résilience.
L'industrie du transport maritime s'adapte très bien et continuera de réagir efficacement aux changements de la réglementation et du marché, en raison de sa nature intrinsèquement concurrentielle et dynamique. Nous sommes prêts à appuyer le Canada et sa stratégie de diversification du commerce.
Merci.
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C'est une bonne question.
Je ne dirais pas qu'il y a nécessairement des irritants dans le secteur du grain et des produits céréaliers. Je suis heureux de dire que les céréaliculteurs, qu'ils soient en Alberta, en Saskatchewan, en Oklahoma ou au Nebraska, essaient tous de faire la même chose. Ils essaient de faire pousser des cultures. Ils essaient de gagner leur vie. Ces producteurs sont surtout des mères et des pères de famille, des fils et des filles, et ce qu'ils recherchent, c'est un partenaire égal au sein du gouvernement, que ce soit le gouvernement américain ou le gouvernement canadien. Ce qu'ils veulent, c'est que les échanges commerciaux se poursuivent entre nos deux pays.
Je dis toujours que l'avoine cultivée au Manitoba est principalement expédiée dans cinq ou six États américains où elle est transformée en Cheerios; ces Cheerios sont ensuite réexpédiés ici, au Canada, pour que toutes les familles du pays puissent en profiter. Cela illustre vraiment la nature intégrée de notre espace agricole. Ce scénario n'a pas seulement cours dans le secteur céréalier; il se retrouve aussi dans le secteur du porc et du bétail. Quel que soit le produit agricole, c'est habituellement ainsi que cela fonctionne.
[Traduction]
Je ne suis pas un spécialiste de l'OCRE. Je sais que le poste est maintenant vacant. Nous devons pourvoir ce poste. À l'heure actuelle, nous n'avons pas d'ombudsman pour examiner les activités des entreprises canadiennes à l'étranger. Un certain nombre d'organisations demandent que cela se fasse depuis un certain temps, que ce poste soit renforcé, qu'on lui donne plus de pouvoirs d'enquête, la capacité d'obliger des entreprises à témoigner, etc. Jusqu'à présent, le processus a été plutôt volontaire. Cela devrait faire partie d'un ordre commercial fondé sur des règles et, je crois, améliorerait les choses, non seulement pour les gens, mais aussi pour les entreprises elles-mêmes afin d'offrir une certaine certitude.
D'abord et avant tout, nous devons doter ce poste, puis commencer à parler de donner à l'OCRE plus de responsabilités, plus de pouvoirs d'enquête et plus de capacité pour tenir les entreprises responsables de leurs actes à l'étranger. Je crois que cette question a été soulevée à quelques reprises au Comité.
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J'imagine que c'est urgent. On sait que le poste n'est pas pourvu. Alors, non seulement l'ombudsman n'a pas assez de pouvoirs, mais on ne se soucie pas de pourvoir le poste rapidement.
Entre le 1er janvier 2024 et le 25 juin 2025, sur 34 cargaisons interceptées au Canada en raison de soupçons de recours au travail forcé, on a constaté qu'une seule contenait des produits issus, en tout ou en partie, du travail forcé, et elle provenait de la région du Xinjiang. Pourtant, durant la même période, plusieurs milliers de cargaisons ont été interceptées pour cette raison aux États‑Unis.
Actuellement, des mesures sont en place pour empêcher les produits issus du travail forcé de s'introduire dans nos chaînes d'approvisionnement, mais elles semblent peu efficaces.
D'après vous, le système de contrôle canadien est-il suffisant pour empêcher l'arrivée de produits issus du travail forcé?
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Merci encore de la question.
[Traduction]
Évidemment pas. Je ne sais pas si c'est surtout un problème de ressources. Nous n'avons pas les moyens d'interception et d'enquête dont les États-Unis disposent contre le problème du travail forcé dans les chaînes d'approvisionnement. Cette question sera certainement abordée dans le cadre de l'examen de l'ACEUM. À un moment donné, les États-Unis vont probablement pousser le Canada et le Mexique à faire plus d'efforts pour arrêter les importations de certaines régions, notamment la Chine, mais peut-être aussi d'autres régions. On nous demandera d'en faire plus pour combler les lacunes et il est donc important de se demander comment y arriver. Je pense que nous pourrions peut-être avoir de l'information plus transparente, davantage de bases de données partagées avec les États-Unis en ce qui concerne les importateurs, et peut-être communiquer cette information à des gens à l'extérieur du gouvernement, et à l'extérieur du secteur des affaires, ce qui pourrait faciliter les enquêtes et les poursuites.
J'ai mentionné dans mon exposé le mécanisme d'intervention rapide dans le domaine du travail au Mexique, et c'est ainsi qu'il fonctionne. Il a connu beaucoup de succès parce qu'il repose sur les enquêtes que les travailleurs déclenchent eux-mêmes dans les usines, et auxquelles les institutions établies en vertu de l'Accord Canada—États-Unis—Mexique donnent suite.
Je peux imaginer que c'est une mesure très positive pour les travailleurs et les droits de la personne dans le cadre de l'examen de l'ACEUM.
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C'est une priorité pour notre organisation. C'est une priorité pour les syndicats mexicains ainsi que pour les syndicats américains.
Le mécanisme d'intervention rapide dans le domaine du travail de l'Accord Canada-États-Unis-Mexique a connu un certain nombre de succès. Si j'ai bien compris, il a été utilisé au moins 40 fois. Grâce à des enquêtes déclenchées directement par les travailleurs de ces établissements, avec l'aide des États-Unis et du Canada, les employés ont été réintégrés dans leurs fonctions et les votes ont été refaits — pour l'accréditation des syndicats, par exemple, car nous savons qu'il y a beaucoup de syndicats corrompus au Mexique qui tentent de saper le droit des employés à la libre négociation collective et à la liberté d'expression. Cela a été un succès, et des groupes au Mexique espèrent que ce mécanisme sera prolongé lors de l'examen.
D'après ce qu'a dit le bureau du représentant au Commerce des États-Unis — pas à nous directement, mais à des gens à qui il parle —, il souhaiterait également maintenir ce processus dans l'Accord Canada—États-Unis—Mexique, et peut-être l'améliorer en termes de rapidité et de responsabilisation.
Nous craignons que les pourparlers ne se divisent en trois volets — États-Unis-Canada et États-Unis-Mexique —, ce qui nous ferait perdre un peu de contrôle sur la collaboration entre le gouvernement canadien et le gouvernement mexicain pour améliorer ce mécanisme. Nous aimerions que le Canada insiste sur ce point, et entame dès maintenant la conversation avec le gouvernement mexicain. J'espère que nous pourrons maintenir un dialogue à trois afin d'accroître l'influence du Canada dans ces pourparlers.
Les États-Unis sont tout à fait d'accord pour dire que c'est quelque chose que nous pourrions conserver, et j'aimerais que le Canada en fasse sa propre politique et l'inscrive dans les accords, comme celui que nous avons avec l'Indonésie, mais il ne l'a pas fait. Nous n'avons pas de mécanisme d'intervention rapide en Indonésie, où nous savons que le travail forcé et le travail des enfants sont omniprésents dans les chaînes d'approvisionnement.
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Merci, madame la présidente.
Monsieur Larkin, depuis le début de la réunion, vous avez beaucoup parlé du port de Vancouver et un peu de celui de Montréal. Ma circonscription, Beauport-Limoilou, est située dans la région de Québec, où s'effectue beaucoup de transport de grain. Vous avez beaucoup parlé du grain. La région de Québec est en quelque sorte l'entrée du fleuve Saint‑Laurent. C'est la première porte de l'Amérique, comme je me plais à le rappeler. Cela peut-il jouer un rôle supplémentaire dans la diversification du marché de l'Europe?
La semaine passée, un témoin nous a dit que seulement 5 % des exportations par bateau étaient à destination des États‑Unis. On pense donc plus à une diversification des marchés du côté de l'Europe.
Les régions de Québec et de l'Est du Canada, ce qui inclut Montréal, peuvent-elles jouer un rôle supplémentaire dans la diversification des marchés, par exemple ceux de l'Europe?
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Je vous remercie de votre question.
[Traduction]
Comme j'essayais de l'expliquer, la flexibilité doit être notre priorité.
L'Organisation mondiale du commerce est là. Comme nous le savons, les différends ne mènent nulle part. Au terme du processus de règlement des différends, les appels sont interjetés dans le néant.
Des témoins précédents ont dit au Comité que l'ancien système de règles était mis à mal. Les États‑Unis ont pratiquement mis le dernier clou dans ce cercueil.
Le compromis que nous devons faire, c'est d'accepter que... Je comprends qu'il y a des problèmes d'accès au marché pour le blé dur, par exemple en Italie, mais pour les Italiens, c'est de bonne guerre de préférer consommer du blé dur italien. Nous avons parlé des céréales tout à l'heure; c'est une politique raisonnable. Ce n'est peut‑être pas idéal ou optimal, comme on dit sur le marché, mais ce sont des réalités politiques avec lesquelles nous devons composer. Les gens ont des intérêts démocratiques et politiques. Ils veulent développer leur propre industrie. Ils ne veulent pas qu'un représentant du droit commercial vienne toujours leur dire: « Vous ne pouvez pas faire cela, parce c'est contraire à l'accord », un accord que personne n'applique parce que les règles sont toujours en train de changer.
Si nous voulons survivre à cette période de turbulences, nous devons absolument travailler avec des gouvernements aux vues similaires. Nous assistons à une montée de l'autoritarisme partout dans le monde et nous ne pouvons pas aller dans cette direction. Nous pouvons toutefois collaborer avec des gouvernements aux vues similaires et faire des compromis en matière de politique commerciale. Il est peut‑être préférable d'en arriver à une solution négociée que de passer par un mécanisme de règlement des différends contraignant au terme duquel les règles sont suivies à la lettre et où chaque pays essaie d'en tirer le meilleur avantage possible, tout en cherchant des moyens de créer des emplois et, au fond, de gouverner comme bon lui semble.
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Nous reprenons nos travaux.
Nous accueillons David Collins, professeur de droit économique international, qui témoignera à titre personnel par vidéoconférence.
De l'Association canadienne des bovins, nous accueillons Tyler Fulton, président, et Dennis Laycraft, vice‑président exécutif.
De l'Association canadienne des producteurs d'acier, nous accueillons François Desmarais, vice‑président, Commerce et affaires industrielles.
Merci à tous de nous consacrer du temps aujourd'hui. C'est un moment très important et nous vous sommes reconnaissants d'avoir accepté de comparaître devant le Comité.
Monsieur Collins, je vous invite à prononcer votre déclaration préliminaire. Vous disposez de cinq minutes. Allez‑y.
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C'est fantastique, merci beaucoup.
Je m'appelle David Collins, et je suis professeur de droit économique international à la City St. George's de l'Université de Londres. Je suis originaire du Canada et je vis au Royaume‑Uni depuis une vingtaine d'années. Mon point de vue sur le droit du commerce international et de l'investissement, mes domaines de spécialité, me vient surtout du Royaume‑Uni, mais j'ai toujours gardé un œil sur le Canada et les affaires mondiales en général en ce qui concerne le commerce et l'investissement.
D'entrée de jeu, je vous signale que je me fais souvent demander quelles sont les répercussions économiques des guerres commerciales, des tarifs douaniers et ainsi de suite. Je pense pouvoir émettre quelques commentaires à ce sujet, mais en ma qualité d'avocat, je m'intéresse davantage aux répercussions juridiques internationales et à la question de savoir si la vague de protectionnisme, notamment l'imposition de tarifs, est légale en vertu du droit international.
La réponse courte, c'est que ce ne l'est pas. D'après ce que nous voyons, surtout les mesures prises par les États‑Unis, mais pas seulement par ce pays— la Chine, l'Union européenne, l'Inde et d'autres pays en ont également prises —, ces mesures vont à l'encontre du fondement du système commercial mondial qui a été élaboré dans les années 1940 dans le cadre du GATT, qui est ensuite devenu l'Organisation mondiale du commerce. Ces règles se sont ensuite étendues à tous les accords commerciaux régionaux. Le plus connu, du point de vue du Canada, est l'AEUMC ou ACEUM, ainsi que ces méga‑accords régionaux comme le PTPGP et d'autres.
Le commerce mondial traverse une période de turbulences. Les tarifs n'ont jamais été aussi élevés dans le monde. Ils sont à leur plus haut niveau depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et nous observons une forte tendance vers le protectionnisme, notamment aux États‑Unis, sous la forme de tarifs, mais aussi sous la forme de contrôles des exportations et de barrières non tarifaires très problématiques, comme la non‑reconnaissance de mécanismes d'évaluation de la qualité, pour ne donner que cet exemple. Je pense que l'Union européenne est bien connue pour cela.
L'un des dommages collatéraux des droits de douane américains, c'est la surabondance de certains produits qui en résulte — comme l'acier et l'aluminium pour ne nommer que ceux‑là — partout dans le monde, et ce surplus, qui provient habituellement de la Chine, fait l'objet de dumping sur d'autres marchés. Cela incite ces pays à imposer en parallèle des barrières commerciales, comme l'a fait l'Union européenne au cours des deux derniers jours en annonçant tous ces tarifs.
Ces mesures sont contraires aux principes du GATT. La principale justification invoquée pour ces mesures... Je le répète, nous avons tendance à pointer du doigt les États‑Unis, surtout au Canada. Nous considérons les États‑Unis comme notre principal partenaire commercial, et nous voyons ce qui se passe à Washington. Ces mesures ont tendance à être justifiées par des raisons de sécurité nationale, en vertu de l'article 232 de la loi américaine qui porte sur les tarifs.
Si vous transposez cet article dans le droit international, vous avez l'article XXI du GATT. Son libellé a été rédigé il y a longtemps, dans les années 1940, et il est notoire que cet article du GATT est fondé sur une « autonomie de jugement ». Cela signifie qu'un État membre de l'Organisation mondiale du commerce peut l'invoquer s'il estime que ses engagements en matière de libre‑échange dans le cadre du GATT posent une grave menace à la sécurité nationale. Il existe une disposition semblable dans le cadre de l'AGCS, l'accord sur les services.
Le problème avec cette disposition, c'est qu'elle a vraiment été invoquée abusivement, surtout au cours des cinq dernières années. Des pays du monde entier — surtout les États‑Unis, mais pas seulement — y ont recours pour se justifier d'imposer des barrières commerciales tous azimuts. Vous pourriez l'invoquer de façon plausible pour l'acier, l'aluminium et ainsi de suite, mais elle s'applique aujourd'hui à une vaste gamme de produits. En théorie, cette disposition, dans son libellé actuel, échappe à l'examen du tribunal international, en particulier à l'examen des groupes spéciaux de l'Organisation mondiale du commerce.
Nous avons un recours devant l'OMC qui nous indique que ces décisions peuvent faire l'objet d'un examen visant à évaluer les intérêts essentiels de sécurité, mais il s'agit d'un examen très superficiel, et les groupes spéciaux ont tendance à laisser les pays poursuivre leurs actions. Même dans le cas contraire, il n'y a pas beaucoup de dispositions dans le régime de l'OMC en matière d'application des décisions.
J'ai l'impression d'avoir dépassé mon temps de parole, mais s'il me reste du temps...
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Je vous remercie, madame la présidente et mesdames et messieurs les membres du Comité. Au nom de l'Association canadienne des bovins, je vous remercie de me donner l'occasion de m'adresser à vous au sujet de la nécessité impérieuse d'avoir un système de commerce fondé sur des règles.
Je suis président de l'Association canadienne des bovins et j'ai une exploitation bovine tout près de Birtle, au Manitoba.
Par le biais de nos 9 membres provinciaux, notre association représente plus de 60 000 producteurs bovins à la grandeur du pays. Comme bon nombre d'entre vous le savent déjà, le commerce est un élément vital de nos entreprises. Nous exportons près de la moitié de notre production vers des marchés du monde entier. Grâce à des accords commerciaux progressistes conclus avec des pays qui valorisent eux aussi le commerce fondé sur des règles, nous sommes en mesure d'obtenir une plus‑value de 40 % par animal.
L'Association canadienne des bovins a toujours défendu le commerce libre et équitable, en collaboration avec le gouvernement du Canada et d'autres parties prenantes, dont l'OMC, l'organisme international chargé de promouvoir le commerce fondé sur des règles. Plus de 98 % des échanges mondiaux sont assujettis aux règles de l'OMC ou à celles établies entre partenaires de l'OMC. Notre association a toujours soutenu les efforts de notre gouvernement pour assurer la force de l'OMC. Le commerce fondé sur des règles a procuré aux entreprises la stabilité dont elles ont besoin pour faire du commerce dans le monde entier.
Le contexte actuel est différent de celui d'il y a 20 ans, mais le rôle de l'OMC n'a pas changé. Le Canada et les pays aux vues similaires doivent continuer de défendre le commerce international fondé sur des règles.
Pour cela, nous devons d'abord défendre les entreprises canadiennes qui font l'objet de discrimination, comme c'est actuellement le cas de notre secteur en Chine. Depuis 2021, la Chine n'accepte plus de bœuf canadien, en raison de mesures commerciales injustifiées. Lors d'une comparution précédente devant le Comité, nous avons dit que nous soutenions le Canada dans sa démarche auprès de l'OMC pour régler nos problèmes de longue date d'accès aux marchés. Il est essentiel que le Canada, en tant que pays exportateur, défende les intérêts des entreprises canadiennes et tienne tête aux pays qui ne respectent pas les règles commerciales. Si nous voulons diversifier nos débouchés, il est essentiel que nous collaborions avec des pays alliés qui adhèrent aux mêmes normes commerciales fondées sur la science et les règles.
Les États‑Unis sont de loin notre principal marché d'exportation et nous avons hâte d'avoir l'occasion de comparaître devant le Comité pour discuter plus précisément de l'ACEUM.
Dans le contexte de l'étude d'aujourd'hui, il est pertinent de vous donner cette information. Plus tôt cette année, l'administration américaine a publié un rapport sur les barrières non tarifaires qui nuisent à leurs exportateurs. Les obstacles imposés par des pays tiers qui nuisent aux producteurs bovins américains sont les mêmes que ceux auxquels se heurtent les producteurs canadiens. Nous serons plus forts sur le plan économique si nous collaborons avec les Américains pour lever ces obstacles et nous assurer que nos partenaires commerciaux adhèrent à des règles commerciales fondées sur la science, ce qui est le fondement même du commerce.
C'est dans ce contexte que je tiens à faire part au Comité de notre vive inquiétude concernant le commerce potentiel avec le Mercosur. Au début de l'automne, le gouvernement a annoncé que le Canada ferait progresser la reprise des négociations relatives à un accord de libre‑échange entre le Canada et le Mercosur. Les producteurs de bœuf canadiens sonnent l'alerte concernant tout accord potentiel qui offrirait à quatre des huit principaux pays exportateurs de bœuf un accès élargi au marché canadien. Nous ne pouvons pas appuyer un accord qui autoriserait l'accès du Mercosur au marché du bœuf. Non seulement cela aurait pour effet de remplacer le bœuf canadien sur notre marché intérieur, mais cela nous poserait de nouveaux défis avec notre principal partenaire commercial, qui a très clairement dit ce qu'il pense du commerce avec le Mercosur.
Nous demandons aux parlementaires de défendre le secteur canadien du bœuf et nos débouchés commerciaux, et de concentrer leurs discussions sur la diversification du commerce avec des pays qui adhèrent aux mêmes règles internationales que le Canada.
La demande mondiale en viande bovine est très forte. Au cours de nos voyages à l'étranger, surtout en Asie, nous entendons constamment parler de la demande pour du bœuf de grande qualité nourri aux grains. C'est exactement ce que nous avons à offrir ici au Canada. C'est parce que nous respectons des règles commerciales fondées sur la science que le bœuf canadien est recherché en tant qu'aliment fiable et de grande qualité.
Je vais conclure sur cette note. En tant qu'industrie, les producteurs bovins canadiens se réjouissent de la croissance potentielle de la diversification économique. Nos accords commerciaux progressistes, comme le PTPGP, offrent de nombreux débouchés vers des marchés, à l'extérieur du Royaume‑Uni, où le commerce fondé sur des données probantes est la norme.
Pour atteindre les objectifs du Canada en matière de diversification du commerce, le gouvernement et l'industrie doivent conjuguer leurs efforts pour faire en sorte que le commerce fondé sur des règles maintienne les normes.
Je répondrai volontiers à vos questions.
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Madame la présidente et mesdames et messieurs membres du Comité permanent du commerce international, au nom de l'Association canadienne des producteurs d'acier, je vous remercie de m'avoir invité aujourd'hui. C'est toujours un privilège de comparaître devant vous et d'avoir l'occasion de présenter le point de vue de notre secteur sur divers enjeux, notamment sur cette importante question relative à l'engagement du Canada dans un système de commerce international et d'investissement fondé sur des règles.
Au fil des ans, vous nous avez souvent entendus répéter que la situation est désastreuse pour l'industrie sidérurgique canadienne, ce n'est pas différent aujourd'hui. À bien des égards, la situation est encore pire. Depuis une vingtaine d'années, le marché international de l'acier est engagé dans une voie unique, marquée par des pratiques déloyales, du dumping, du contournement de règles et du protectionnisme. Ces lourdes tendances se sont accélérées au cours des derniers mois.
Depuis mars dernier, l'administration américaine nous impose des droits de douane écrasants sur nos exportations d'acier vers notre principal marché. Ces droits ont été haussés à 50 % en juin dernier. De plus, les manufacturiers et les clients canadiens qui osent utiliser de l'acier canadien pour fabriquer leurs produits et les vendre ensuite aux États‑Unis sont également lésés, puisque les tarifs ont été étendus aux produits dérivés. Cela a pratiquement bloqué notre accès au marché américain.
Pour mettre les choses en perspective, l'an dernier, nous avons exporté vers les États‑Unis six millions de tonnes métriques de nos principales formes d'acier, ce qui représente environ 10 milliards de dollars canadiens. Chaque mois qui passe, nous exportons moins. Nous en sommes à 50 % du volume mensuel que nous exportions auparavant, et ce pourcentage est en chute libre.
Qu'on ne s'y trompe pas: les mesures prises par les États‑Unis, en vertu de l'article 232, relativement à l'acier et aux produits dérivés, ne sont pas motivées par le comportement de nos producteurs canadiens. Elles sont attribuables à la surcapacité industrielle mondiale dans le secteur de l'acier, en provenance surtout de la Chine, un pays qui bafoue les règles. Les Américains ont pris des mesures unilatérales parce qu'aucun organisme de commerce international n'est efficacement outillé pour s'attaquer à cette surcapacité, surtout dans le secteur de l'acier.
Au Canada, nous sommes également aux prises avec des pratiques commerciales déloyales.
[Français]
L'industrie sidérurgique canadienne est le canari dans la mine. Notre industrie est la plus importante utilisatrice du mécanisme de recours commerciaux. Des 55 mesures commerciales appliquées par l'Agence des services frontaliers du Canada, 39 sont liées à des produits d'acier ou à des produits qui contiennent de l'acier. C'est 70 % de tous les droits compensatoires. Manifestement, nous avons un problème. Par ailleurs, 60 % de tous les dossiers de dumping d'acier au pays sont reliés à la Chine.
[Traduction]
Dans ce contexte, que devons‑nous faire pour régler le problème de la surcapacité mondiale? Les États‑Unis invoquent depuis des années les articles 232 et 301 pour protéger leur industrie nationale, et pas seulement dans le secteur de l'acier. Quant aux Européens, ils ont annoncé mardi dernier leur intention d'imposer un contingent tarifaire sur toutes les importations d'acier, y compris celles provenant de leurs partenaires de libre-échange, et de remplacer la clause de sauvegarde en place depuis des années. À bien des égards, la politique de l'Union européenne est semblable à celle que le Canada a adoptée cet été. L'une des principales différences, cependant, c'est que les pays européens limiteront les importations de leurs partenaires de libre-échange à 47 % des volumes de l'an dernier, alors que le Canada a fixé sa limite à 100 % des volumes.
De plus, nous devons peaufiner les outils dont nous disposons, par exemple, en modernisant notre réglementation anti‑contournement. Nous devons faire mieux pour lutter contre les pratiques commerciales déloyales de l'économie non marchande et adapter en conséquence l'article 53 du Tarif des douanes afin de mettre un terme à toute nouvelle manœuvre commerciale scandaleuse.
Madame la présidente, mesdames et messieurs les membres du Comité, je vous remercie à nouveau d'avoir accueilli l'ACPA aujourd'hui. Je répondrai avec plaisir à vos questions.
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Pour le Canada, le principal risque est de voir les investisseurs canadiens se tourner vers des marchés étrangers, notamment vers l'Union européenne qui semble adopter une approche très rigoureuse à l'égard de ces questions de sécurité nationale. La situation sera différente d'un État membre à l'autre, et c'est là un pouvoir qui appartient à chacun. Mon inquiétude concerne les entreprises canadiennes qui cherchent à investir à l'étranger dans des pays qui imposent des règles très strictes en matière d'investissement.
Pour vous donner un autre exemple, la Chine a adopté une nouvelle loi sur les investissements étrangers. Au fil des ans, le gouvernement chinois a quelque peu libéralisé son régime d'investissement étranger. Sa liste restreinte d'investisseurs est de plus en plus courte, mais elle est quand même assez importante. Les Chinois pourraient facilement obliger les investisseurs à constituer une coentreprise — ou, pire encore, à transférer leur technologie — et finir par voler la propriété intellectuelle.
De l'autre côté, il y a un risque que les entreprises qui souhaitent investir au Canada trouvent que la Loi sur Investissement Canada est trop stricte et qu'elle constitue un obstacle pour des entreprises désireuses de maintenir leur présence au Canada, de contribuer à l'économie canadienne et de renforcer la concurrence dans des secteurs comme les télécommunications, par exemple. Du point de vue du consommateur canadien, nous voudrions qu'il y ait une croissance et une libéralisation accrues de l'investissement étranger au Canada afin de stimuler la concurrence et d'accroître les choix des consommateurs.
C'est un équilibre délicat à atteindre entre protéger la sécurité nationale du Canada et accueillir des entreprises étrangères susceptibles d'intensifier la concurrence et de dynamiser les marchés canadiens.
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Je vous remercie, madame la présidente.
Permettez-moi tout d'abord de remercier les trois témoins pour leurs interventions très réfléchies. Leurs témoignages arrivent à point nommé tandis que nous examinons les avantages d'un système d'échanges commerciaux fondé sur des règles tenant compte de la position du Canada.
Je vous ai tous écoutés avec beaucoup d'attention. Corrigez-moi si je me trompe, mais j'ai cru comprendre que vous étiez favorable à un système d'échanges commerciaux fondé sur des règles. Vous estimez qu'un tel système a énormément aidé le Canada et les entreprises canadiennes, comme les secteurs de l'élevage et de l'acier.
Nous vivons une période très précaire, où les règles sont modifiées et violées, à commencer par notre principal partenaire commercial. Bien entendu, nous essayons de gérer cette situation de la manière la plus bénéfique possible pour les entreprises et les agriculteurs canadiens.
J'ai une question à vous poser à tous les trois. Je ne dispose que de quelques minutes, alors soyez attentifs au temps disponible.
Pouvez-vous nous conseiller sur ce que nous, parlementaires et membres du gouvernement canadien, devrions faire en ce moment pour maintenir l'avantage canadien et ce système d'échanges commerciaux fondé sur des règles dans cette période très difficile?
Je pourrais commencer par M. Fulton, pour passer à M. Desmarais et terminer par M. Collins.
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Très brièvement, je pense avoir une vision intéressante en tant qu'étranger qui regarde le Canada à partir d'un autre pays. Je peux vous dire, avec beaucoup d'optimisme, que le Canada jouit d'une excellente réputation en tant que champion du commerce mondial. De nombreux pays admirent le Canada, qui fait un excellent travail pour défendre le système commercial mondial.
À mon avis, le Canada doit continuer de participer à des tribunes comme l'Organisation mondiale du commerce, de faire preuve de leadership dans le cadre du PTPGP et de négocier des accords de libre-échange comme il l'a fait jusqu'à présent.
Mon seul conseil sur ce que le Canada pourrait faire de mieux est qu'un certain nombre de pays avec lesquels j'ai discuté suggèrent souvent que le Canada s'écarte trop du sujet et a tendance à inclure dans les négociations commerciales des éléments qui ne sont pas vraiment liés au commerce. Il transforme les traités commerciaux internationaux en instruments généraux de politique, comme en ce qui concerne les changements climatiques, l'accessibilité et l'inclusivité. Je crains qu'il n'y ait un léger changement d'orientation de mission dans certaines de ces négociations commerciales avec le Canada, et je pense que cela rend ces accords beaucoup plus difficiles à réaliser.
Tenez‑vous‑en à la mission fondamentale qui consiste à libéraliser le commerce, à réduire les obstacles au commerce et aux investissements et à promouvoir l'ouverture des marchés, et soyez moins préoccupés par ces questions de politique publique qui ne sont pas liées au commerce.
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En effet, la Chine est à la source de tous les problèmes de l'industrie sidérurgique mondiale. Plus de la moitié de la capacité de production sidérurgique se trouve en Chine.
Il est vrai que la Chine consomme beaucoup d'acier, mais sa consommation diminue sans qu'elle ajuste sa production en conséquence. Elle continue de construire des aciéries, et même d'investir dans des capacités industrielles de certains pays limitrophes. Elle continue donc de produire à un niveau supérieur à la demande et elle inonde tous les marchés mondiaux de ses surplus d'acier.
Des groupes de pays comme l'Union européenne tentent de se protéger du dumping fait par la Chine. Présentement, nous avons affaire à un système de recours commerciaux complètement submergé par les produits chinois. Cela ne se limite d'ailleurs pas à l'acier, car il y a d'autres produits.
Nous constatons aussi que la Chine devient de plus en plus sophistiquée dans son approche industrielle. C'est le cas non seulement pour l'acier primaire, mais aussi pour des produits dérivés ou des produits contenant de l'acier.
Plusieurs constatent sans surprise que bon nombre des clients de notre industrie au Canada n'existent plus. Pensons aux fabricants de matelas, par exemple, dont l'acier entrait dans la composition de leurs produits. Maintenant, au lieu d'exporter de l'acier brut, les Chinois expédient tout simplement des produits contenant de l'acier.
Il s'ensuit donc un effet multiplicateur dans d'autres secteurs. D'ailleurs, si les mesures tarifaires américaines sur l'acier visent aussi énormément les produits dérivés, c'est notamment en raison de leur valeur ajoutée. Les répercussions se font sentir chez nous aussi.
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Merci, madame la présidente.
Ma première question s'adresse à M. Collins.
Vous avez beaucoup parlé de droits de douane protectionnistes. Des choses quand même assez extraordinaires surviennent présentement en raison de tout ce qui se passe aux États‑Unis. Tout le monde cherche à diversifier ses marchés partout sur la planète. Nous sommes tous à la recherche de la même chose.
La semaine passée ou il y a deux semaines, nous avons entendu M. Herman, qui a passé les quelque 50 ans de sa carrière à négocier des ententes commerciales, dire que c'était du jamais vu. Nous entrons donc dans une ère de jamais vu.
Êtes-vous d'accord pour dire que nous entrons dans une nouvelle ère mondiale en ce qui a trait au commerce et que les règles que nous avons connues jusqu'ici vont changer?
Si vous êtes d'accord sur cet énoncé, à quoi la situation devrait-elle ressembler dans 10 ans, selon vous, pour en arriver à une situation où toutes les industries du Canada trouvent leur place, que ce soit au moyen de la diversification ou par l'instauration de nouvelles règles?
J'aimerais entendre votre vision de ce à quoi devrait ressembler le marché mondial d'ici 10 ans, dans cette nouvelle ère.
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Merci beaucoup. C'est une excellente question.
J'aimerais vous donner une réponse optimiste et vous dire que tout ira bien dans 10 ans et que nous reverrons une communauté multilatérale heureuse sous l'égide de l'Organisation mondiale du commerce, mais cela me semble peu probable. Je pense que nous entrons dans l'ère d'une nouvelle normalité. L'âge d'or du libre-échange de la fin du XXe siècle et du début du XXIe siècle est probablement révolu. Son déclin ne fait aucun doute.
Pour être réaliste, je soupçonne que, dans les cinq à dix prochaines années, nous allons probablement voir émerger un nouveau monde bipolaire. L'hypothèse a été étudiée. De nombreuses études en relations internationales, de même qu'en droit international, ont été menées à ce sujet. Il y aura un monde américain et un monde chinois, chacun avec ses alliés. Je pense que nous savons de quel côté le Canada se range, dans le camp américain. C'est pourquoi il est très important de maintenir une relation solide avec les États-Unis. Il y aura un camp occidental — les États-Unis, l'Union européenne, le Royaume-Uni, certaines parties de l'Asie, l'Australie, le Japon et ainsi de suite — et le reste du monde, avec la Chine et la Russie. Pour l'Inde, nous ne le savons pas. L'Inde est à cheval entre les deux camps, mais nous verrons où elle finira par se positionner.
Une de mes préoccupations concernant le paradigme que je viens d'énoncer est qu'il semble que la plupart des pays en développement, c'est‑à‑dire l'Afrique, l'Amérique du Sud et l'Asie du Sud, vont probablement se ranger dans le camp chinois. Cela s'explique par l'énorme succès du régime de la Ceinture et de la Route, qui s'est mis en place sous nos yeux au cours des cinq dernières années, ainsi que par le retrait des États-Unis de la scène mondiale ces deux dernières années, qui a permis à la Chine de s'imposer.
Une fois encore, nous savons où le Canada se situera dans ce paradigme. Je ne pense pas que la question se pose vraiment, mais il sera intéressant de voir les éventuels cadres réglementaires et le sort de l'OMC. Je soupçonne que le PTPGP sera l'un des régimes dominants du pacte canado-américain. L'autre groupe ressemblera probablement au RCEP, ou Partenariat économique global régional, qui comprend la Chine et d'autres pays asiatiques.
J'espère simplement que l'Occident restera fidèle aux principes du libre marché, pas seulement au libre marché et à la libéralisation, mais... Pour reprendre ce que j'évoquais tout à l'heure, dans la mesure où nous avons ces normes — nous avons parlé des normes du travail et des normes environnementales —, j'espère qu'elles seront fondées sur la science. Je veux un régime rationnel, fondé sur la science. Je pense que nous le voyons dans le langage du PTPGP. Je ne veux pas du principe de précaution que l'Union européenne préconise, selon lequel tout est dangereux tant que les vérifications nécessaires n'ont pas été faites, et donc tout est interdit. Cela semble vraiment être la mentalité de l'Union européenne. Des marchés libres et fondés sur la science...
Je pense que nous savons qui sont nos alliés. Nous serons dans le camp des États-Unis, alors nous devons redresser cette relation.
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C'est une très bonne question.
Ça fait maintenant plus d'un an que nous avons demandé l'imposition de droits de douane sur l'acier chinois entrant au pays. Cette mesure est en vigueur depuis près d'un an, soit depuis novembre dernier. Jusqu'à présent, nous observons que les importations d'acier chinois ont pratiquement diminué de moitié, cette année. Il s'agit d'une baisse considérable, qui est très bien accueillie.
Il faut d'ailleurs reconnaître que le gouvernement du Canada a pris une bonne mesure innovatrice et avant-gardiste en imposant une surtaxe sur l'acier importé en fonction de sa provenance selon le principe de la coulée et de la fonte de l'acier. Nous visons une meilleure traçabilité, en ciblant vraiment l'acier chinois. C'est très bien, mais nous continuons de recevoir d'importants volumes d'acier chinois.
L'Union européenne a adopté le modèle canadien de traçabilité. Les Américains ont aussi ce système de traçabilité. Toutefois, il faut en faire davantage, notamment en ce qui concerne les produits dérivés ou les produits contenant de l'acier. C'est vers là que la Chine risque de se tourner prochainement. En effet, si elle voit que ses produits primaires ne peuvent pas pénétrer le marché, elle utilisera tout simplement son acier dans des produits finis qu'elle enverra ensuite chez nous.
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C'est une question intéressante. Je pense que la rencontre entre le et le résident a semblé se dérouler plutôt bien, en apparence, et M. Carney fait un excellent travail pour ce qui est de gérer M. Trump. Les deux hommes semblent avoir établi une bonne relation, ce qui est très important avec un président qui accorde beaucoup d'importance aux relations personnelles.
Je suis préoccupé par les commentaires de M. Lutnick au sujet du secteur canadien de l'automobile. C'est vraiment inquiétant. Il semble que les dossiers de l'acier et de l'aluminium seront peut-être réglés, mais c'est l'industrie automobile du Canada qui m'inquiète vraiment. On dirait que les Américains ne veulent pas qu'il y ait d'assemblage au Canada, ce qui est très préoccupant.
Je dois être honnête avec vous. Cela peut surprendre les Canadiens, mais le Royaume-Uni ne s'intéresse pas vraiment à ce qui se passe en Amérique du Nord. Ce n'est vraiment pas sur notre radar. Dans notre pays, ce qui importe, c'est la relation bilatérale entre le Royaume-Uni et les États-Unis. Bien sûr, les relations les plus importantes pour le Royaume-Uni sont celles avec l'Union européenne, surtout sous le gouvernement travailliste et le premier ministre Starmer, qui souhaite manifestement ramener le Royaume-Uni dans le giron de l'Union européenne.
Je pense que, de façon générale, tous les pays du monde observent toutes les interactions qui ont lieu à la Maison-Blanche, car ils ont l'impression d'être les prochains sur la liste. On croirait être assis dans la salle d'attente du dentiste. Vous entendez les bruits qui proviennent de la pièce voisine et vous êtes nerveux parce que votre tour dans le bureau ovale s'en vient.
Dans la mesure où le président Trump s'est montré accueillant, a changé de ton et est beaucoup plus respectueux envers le nouveau du Canada, je ense que c'est bon signe. Cela montre qu'il y a au moins une certaine volonté de négcir. Bien sûr, ici, un accord a été signé entre le Royaume-Uni et les États-Unis, mais il ne s'agit as d'un accord de libre-échange complet.
Je pense que nous allons voir... De toute évidence, il reste quelques années avant l'expiration de l'ACEUM, mais je ne serais pas surpris qu'il y ait des mini-accords, peut-être des ententes sectorielles qui ne seraient pas techniquement des traités au sens de la Convention de Vienne. Cependant, cela semble être la nouvelle façon de faire les choses, en concluant des protocoles d'entente qui peuvent être sectoriels. J'aimerais croire que nous en verrons quelques-uns dans les mois à venir, comme ceux que les États-Unis ont conclus avec le Japon et d'autres pays, et je suis donc prudment optimiste sur la plupart des points, sauf pour le secteur de l'automobile. C'est inquiétant.
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Il y a deux ou trois éléments. Les plus importants sont évidemment les ressources naturelles et le pétrole brut de l'Alberta. Ce sont les plus importants. Il y en a d'autres, moins importants. En ce qui concerne la taxe sur les services numériques, selon moi, c'était une excellente idée de l'éliminer. C'est ce que j'avais moi-même préconisé. J'ai écrit des articles à ce sujet. Il semble que cette carte a déjà été abattue, alors je ne pense pas qu'on puisse s'en servir de nouveau, à moins peut-être que le Canada menace de la réintroduire. Ce serait une autre histoire. Je ne sais pas si cela donnerait le bon ton.
L'autre atout est peut-être plus modéré. Je pense aux actions plus personnelles des touristes canadiens qui se sont mis spontanément à boycotter les États-Unis. C'est une menace que le Canada a laissé planer à juste titre.
Nous avons entendu le premier ministre Doug Ford parler des enjeux liés à l'alcool, et il a évoqué les ressources naturelles. Encore une fois, je ne suis pas sûr que c'est de son ressort. Les ressources naturelles sont importantes, mais il incombe aussi aux Canadiens, comme le fait l'équipe, de faire remarquer aux Américains qu'il n'y a pas vraiment un secteur américain et un secteur canadien de l'automobile. Il y a un secteur nord-américain de l'automobile. Les secteurs sont si profondément intégrés que tenter de dissocier la chaîne d'approvisionnement du Canada finira par être désastreux pour les États-Unis. Au bout du compte, ce sera un exercice contre-productif.
Il est nostalgique et utopique de penser que l'on peut ramener l'âge d'or de l'industrie manufacturière des années 1950 et 1960 aux États-Unis. Certaines personnes intelligentes et brillantes chuchotent probablement à l'oreille du président Trump pour le lui expliquer.
Je pense que l'approche adoptée par le Canada est assez bonne...
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Premièrement, en ce qui concerne l'OMC, je le comprends parfaitement. Je ne vais pas contredire ici ceux qui disent que l'OMC ne fonctionne pas. Les problèmes sont nombreux. Cependant, il vaut mieux l'avoir — et on peut la réformer — que de ne pas l'avoir du tout.
L'OMC en fait beaucoup plus que ce que les gens pensent. De nombreux comités travaillent à l'établissement de normes internationales. Il y a beaucoup d'activité dans le domaine du commerce numérique. Il y a l'accord sur la facilitation des échanges. Il y a l'accord sur la facilitation des investissements. Nous avons tendance à penser à l'OMC et à ces droits de douane ronflants sur les automobiles, etc. Nous savons que le cadre de règlement des différends ne fonctionne pas comme il le devrait, mais il y a toujours la procédure du groupe spécial. Il y a l'accord multipartite sur les recours provisoires, dont le Canada fait partie. Il fonctionne en partie, mais pas aussi bien qu'il le devrait. Je ne pense pas que nous devrions le rejeter, comme nous avons tendance à le faire.
En ce qui concerne le deuxième point, à savoir l'ACEUM, votre question portait précisément sur le règlement des différends dans le cadre de cet accord. Selon le cadre de règlement des différends, les tribunaux internationaux neutres sont composés de membres nommés par les deux parties. Sur le plan de la procédure, cela ne m'inquiète pas beaucoup. Je sais que nous avons supprimé le mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États dans la refonte de l'ACEUM. C'était peut-être une erreur, mais je ne suis pas convaincu qu'elle soit monumentale. Je pense que les procédures de règlement des différends sont tout à fait acceptables. Sur le plan de la procédure, je ne crois pas qu'il y ait là des problèmes. Il y en a peut-être ici et là en ce qui concerne la transparence.
Quant à ce que le Canada doit faire pour faire face aux droits de douane imposés au titre de l'article 232, je pense que nous connaissons la réponse. Les Américains se plaignent toujours du dossier du lait. Ils n'aiment pas le système de gestion de l'offre du secteur laitier canadien. Aucun pays au monde... Je sillonne le monde et j'entends: « Oh, vous venez du Canada. Pourquoi votre secteur laitier est‑il si fortement contrôlé? » Je sais que c'est délicat sur le plan politique au Canada. Vous ne voulez peut-être pas l'entendre parce que vous le savez tous, mais c'est un enjeu important pour les partenaires commerciaux du Canada. Il faut vraiment trouver une solution.