Bienvenue à la neuvième réunion du Comité permanent du commerce international.
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le jeudi 18 septembre 2025, le Comité reprend son étude sur le Canada et sur l'examen à venir de l'ACEUM.
Nous accueillons aujourd'hui Ryan Greer, vice-président principal, Affaires publiques et politique nationale, Manufacturiers et Exportateurs du Canada. Nous accueillons également Peter Maddox, président de l'Association de ventes directes du Canada. Et nous attendons M. Kamal El‑Batal, de la MRC de Thérèse-De Blainville, qui devrait se joindre à nous virtuellement sous peu.
M. Naqvi participe également en ligne aujourd'hui.
Bienvenue à tous. Comme vous le savez, vous pouvez faire une déclaration préliminaire de cinq minutes.
Monsieur Maddox, voulez-vous commencer, s'il vous plaît?
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J'aimerais remercier la présidente et les membres du Comité.
L'Association de ventes directes du Canada, ou l'AVD, a été fondée en 1954 et compte, parmi ses membres, plus de 60 entreprises de vente directe et fournisseurs, notamment des marques bien connues comme Mary Kay, Arbonne, Avon, Tocara et Immunotec.
Nous représentons une industrie diversifiée qui est alimentée par un marché nord-américain intégré. Notre association est également membre de la Fédération mondiale de vente directe, une organisation mondiale qui contribue à définir les normes en matière d'éthique de l'industrie dans plus de 50 marchés.
Chaque année, les ventes directes au Canada représentent plus de 3 milliards de dollars de ventes au détail et rapportent 1,5 milliard de dollars en revenus personnels à environ un million de Canadiens qui participent à titre de consultants en vente indépendants, dont 84 % sont des femmes. Ces consultants acquièrent également des compétences en affaires et fournissent un service à leur collectivité. Les ventes totales s'élèvent à plus de 60 milliards de dollars par année à l'échelle du Canada, des États-Unis et du Mexique.
L'industrie que nous représentons est unique à bien des égards. Ces caractéristiques distinctes font de nous une étude de cas idéale pour illustrer les défis liés à l'incertitude commerciale et la nécessité d'établir des relations commerciales solides.
Tout d'abord, parmi les parties prenantes de l'AVD du Canada, on retrouve des grandes multinationales de biens de consommation, des petites entreprises régionales, ainsi que des microentrepreneurs qui composent notre force de vente. De plus, nos membres vendent de tout, des aliments aux suppléments de santé naturels, en passant par les cosmétiques, les vêtements, les bijoux et les articles de cuisine — tous des produits touchés par les contestations commerciales. Enfin, nos membres sont situés au Canada, aux États-Unis, en Amérique latine, en Asie et en Europe, et ils ont tous choisi de faire mener leurs activités dans notre pays.
Pour ces raisons, l'avenir de l'ACEUM est essentiel à la vitalité de nos entreprises membres et de nos entrepreneurs partout au Canada.
Même si nous fournirons des détails et des précisions dans le mémoire écrit que nous vous ferons parvenir, j'aimerais aujourd'hui discuter des principales préoccupations et idées concernant les négociations avec nos partenaires continentaux.
Tout d'abord, je tiens à souligner la valeur d'une exemption équitable de minimis des droits de douane pour de nombreuses entreprises nord-américaines. La capacité d'expédier de petites quantités de produits légitimes directement aux consommateurs partout en Amérique du Nord crée d'excellentes occasions de se constituer une clientèle. Depuis que les États-Unis ont éliminé leur exemption de minimis des droits de douane, à la fin du mois d'août, tous nos membres situés au Canada ont modifié leurs approches commerciales en interrompant leur croissance aux États-Unis, en se retirant du marché américain, en déménageant leurs entrepôts aux États-Unis ou simplement en consacrant un temps et de l'argent précieux à remplir de nouvelles obligations douanières, ce qui nuit à l'économie canadienne.
Selon la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, près du tiers des petites et moyennes entreprises canadiennes s'attendent à subir des répercussions négatives à la suite de la perte de l'exemption de minimis des États-Unis.
Nous demandons donc le maintien d'une exemption de minimis au Canada et le déploiement d'efforts visant à rétablir une exemption équivalente, propre à l'ACEUM, aux États-Unis, afin de servir son objectif initial de favoriser la réussite commerciale à petite échelle, mais cumulative.
Deuxièmement, l'article 15.10.1 de l'ACEUM actuel définit expressément la vente directe comme faisant partie intégrante des petites et moyennes entreprises, et l'accord prévoit des dispositions pour protéger les consommateurs et garantir la participation de l'entrepreneuriat à l'élaboration des politiques. Nous demandons que ce contenu et son engagement continuent d'être inclus dans un ACEUM renégocié, afin que notre industrie et tous les entrepreneurs puissent prospérer et contribuer au commerce régional.
Troisièmement, pour s'aider lui-même en cette période d'incertitude et pour débloquer les fonds d'investissement que les entreprises hésitent à engager, le Canada doit s'engager à réduire les formalités administratives et à améliorer les voies d'accès au marché, comme le l'a indiqué dans ses priorités.
Par exemple, un processus simplifié d'approbation des produits de santé naturels peut grandement améliorer l'innovation et la compétitivité du Canada et aider à mitiger le défi créé par l'importation personnelle de produits non approuvés.
Le Canada devrait profiter de cette période difficile sur le plan commercial pour repenser ses processus en vue d'améliorer son fonctionnement interne et de renforcer son identité nationale.
La vente directe contribue non seulement de façon importante à l'économie nord-américaine, mais elle incarne aussi l'entrepreneuriat moderne. En préservant le libellé actuel qui définit notre industrie, et en saisissant l'occasion de mettre à jour les politiques qui ont une incidence sur la réussite de ces activités, le gouvernement peut renforcer cette contribution.
Notre industrie, en grande partie dirigée par des femmes, joue un rôle essentiel dans les collectivités depuis de nombreuses années et elle continuera à jouer un rôle important dans le partenariat prospère, caractérisé par de faibles barrières et des droits de douane peu élevés, entre nos trois pays.
L'AVD du Canada remercie le Comité de son attention et est prête à fournir des renseignements supplémentaires au besoin.
Je vous remercie.
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Merci, monsieur le président et mesdames et messieurs les membres du Comité, d'avoir invité Manufacturiers et Exportateurs du Canada à comparaître aujourd'hui dans le cadre de cette étude. Depuis les 154 dernières années, Manufacturiers et Exportateurs du Canada représentent la voix du secteur manufacturier canadien et contribuent à la croissance, à la compétitivité et à la prospérité de l'économie industrielle dans toutes les collectivités du pays. Notre secteur emploie 1,8 million de Canadiens, génère près de 850 milliards de dollars de ventes annuelles et produit les deux tiers des exportations canadiennes à valeur ajoutée.
L'idée qui sous-tendait l'ALENA et, plus tard, l'ACEUM, c'est que le Canada, les États-Unis et le Mexique peuvent améliorer leur croissance et leur compétitivité à l'échelle mondiale en éliminant les barrières, en intégrant la production et en traitant l'Amérique du Nord comme une seule plateforme plutôt que comme trois marchés distincts. Ce n'est plus une croyance partagée, ce qui a mené les États-Unis à adopter des politiques qui réduisent la fiabilité et la compétitivité de l'infrastructure industrielle de l'Amérique du Nord. Par conséquent, le Canada fera face à un environnement de négociation difficile lors de l'examen à venir. Nous devons donc aborder la question non pas avec une attitude défensive, mais avec détermination, afin de présenter l'ACEUM comme un moyen de relever nos défis économiques et géopolitiques communs, tout en préservant les avantages fondamentaux qui alimentent la croissance du secteur manufacturier à l'échelle du continent.
Au cours des dernières semaines, Manufacturiers et Exportateurs du Canada ont sondé 250 fabricants de partout au pays sur l'avenir de l'Accord. Nous avons appris que 96 % des fabricants sont en faveur de la prolongation de l'Accord pendant l'examen de 2026, et que seulement 3 % s'y opposent. De plus, 75 % d'entre eux indiquent qu'un non-renouvellement en 2026 aurait une incidence négative sur leur entreprise, et seulement 2 % affirment qu'il n'y aurait aucune incidence. Les opinions sont partagées quant à la question de savoir si le Canada devrait accepter un droit de douane de base. Ainsi, 18 % des fabricants affirment que tout droit de douane de base rendrait leur entreprise non concurrentielle, et 13 % indiquent qu'ils pourraient fonctionner avec un droit de douane pouvant atteindre 2,5 %. Ensuite, 25 % disent pouvoir absorber un droit de douane pouvant aller jusqu'à 5 % et 24 % disent qu'ils pourraient absorber un droit de douane pouvant aller jusqu'à 10 %, mais seulement 2 % des fabricants disent qu'ils resteraient concurrentiels avec un droit de douane supérieur à 15 %. Malgré les dommages causés à la réputation et à l'économie par les mesures américaines, 88 % des fabricants sont favorables à une intégration économique accrue en Amérique du Nord.
Ces constatations montrent clairement que, même face aux mesures commerciales capricieuses des États-Unis, les fabricants souhaitent que le Canada adopte une approche pragmatique et axée sur les solutions en ce qui concerne le commerce entre le Canada et les États-Unis.
Compte tenu de ces résultats, j'aimerais vous faire part très rapidement de certaines des priorités des Manufacturiers et Exportateurs du Canada à l'approche de l'examen. La priorité absolue, et la plus urgente, est de trouver un moyen de se soustraire aux droits de douane injustifiés imposés en vertu de l'article 232. Des milliers de travailleurs ont déjà perdu ou risquent de perdre leur emploi à cause de ces droits de douane. Nous espérons pouvoir obtenir dès que possible une exemption à l'article 232 dans le cadre de discussions bilatérales.
La deuxième priorité est de préserver l'accès du Canada au marché américain et la continuité des chaînes d'approvisionnement existantes dans le secteur manufacturier. Aussi évident que cela puisse paraître, il est essentiel de préserver les réseaux de production qui ont été bâtis au fil des décennies pour encourager les investissements régionaux et conserver les emplois manufacturiers de haut niveau en Amérique du Nord.
La troisième priorité consiste à renforcer notre approche commune pour protéger le marché nord-américain contre les pratiques commerciales déloyales des économies non marchandes. Le Canada, les États-Unis et le Mexique font face à des menaces communes liées aux importations subventionnées et aux importations effectuées à des prix de dumping, en particulier de la Chine. Nous devrions continuer d'harmoniser les mesures visant à protéger les producteurs nord-américains. Je tiens à insister sur ce point. Malgré les mesures préjudiciables qui ont été prises à l'égard du Canada, nous devons nous rappeler qu'il existe aux États-Unis un consensus bipartite à long terme, à l'échelle du gouvernement, sur les questions de sécurité économique et nationale dans le contexte des relations avec la Chine.
Quatrièmement, nous devons renforcer la coopération nord-américaine en matière d'énergie et de minéraux critiques. Nous savons que ce sont des secteurs importants pour les États-Unis. Un accord renouvelé pourrait permettre de s'aligner sur des questions telles que les permis, les incitatifs à l'investissement et la constitution de réserves pour renforcer les chaînes d'approvisionnement continentales et réduire la dépendance à l'égard de sources non alliées.
Cinquièmement, il faut renforcer l'infrastructure industrielle de défense nord-américaine. À mesure que le Canada augmentera ses dépenses dans le secteur de la défense, il aura l'occasion non seulement d'améliorer ses propres capacités en matière de souveraineté, mais aussi de renforcer l'infrastructure industrielle de défense commune en Amérique du Nord.
Sixièmement, il faut évaluer rationnellement les irritants commerciaux et la fiabilité du Canada. Le Canada devrait réexaminer son approche à l'égard des secteurs protégés, de la fiabilité de la chaîne d'approvisionnement et d'autres irritants frontaliers sur des questions que nous savons importantes pour les États-Unis.
Septièmement, nous pensons que c'est l'occasion de tirer parti des comités et des groupes de travail sous-utilisés dans le cadre de l'ACEUM. En effet, certains mécanismes de l'accord, comme le comité sur la compétitivité et le comité sur les pratiques exemplaires en matière de réglementation, demeurent en grande partie inactifs. On pourrait leur confier la tâche d'élaborer des réponses stratégiques plus rapides et en temps réel aux défis économiques et géopolitiques émergents auxquels nos pays font face.
Enfin, nous croyons que le Canada peut exercer des pressions en vue d'aider à renforcer les mécanismes de conformité pour régler les irritants et améliorer le fonctionnement de l'Accord. Le Canada devrait appuyer des outils d'application de la loi plus robustes et plus transparents qui garantissent que toutes les parties respectent leurs obligations.
En conclusion, nous reconnaissons que la capacité du Canada de préserver son accord commercial avec un partenaire qui considère le commerce comme un jeu à somme nulle nécessitera sans aucun doute un certain nombre de discussions, de décisions et de compromis difficiles.
Comme nous l'avons fait lors des dernières négociations, Manufacturiers et Exportateurs du Canada utiliseront leur place à la table des négociations pour veiller à ce que les intérêts des fabricants canadiens et de leurs travailleurs soient représentés dans nos efforts visant à préserver les caractéristiques qui font de l'Amérique du Nord le meilleur endroit au monde pour les activités de fabrication.
Je vous remercie et je me ferai un plaisir de répondre à vos questions.
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Oui. Nous devons nous concentrer là‑dessus.
Le Canada fait beaucoup affaire avec la Chine. Nous vendons beaucoup à la Chine. Les fabricants canadiens dépendent d'un certain nombre d'intrants chinois qui ne sont pas disponibles au Canada ou sur le marché nord-américain, donc ce n'est pas tout à fait l'un ou l'autre. Cependant, dans certains secteurs et domaines d'activité, nous savons que la Chine se livre à des pratiques déloyales. À cet égard, nous avons l'occasion de continuer à nous aligner sur les États-Unis, en particulier, et sur le Mexique pour protéger le marché nord-américain.
Cela dit, pour être juste envers les négociateurs canadiens et autres, le Canada a emboîté le pas aux États-Unis, avant même l'élection du président Trump, en prenant des mesures spécifiques concernant l'acier et les véhicules électriques. Notre récompense pour cela est d'être punis par la Chine et par les Américains.
Le Canada doit transmettre un message important à ses alliés américains: s'ils veulent que nous agissions dans le respect des intérêts de tous nos fabricants communs et de leurs travailleurs, les Américains, eux aussi, doivent agir d'une manière conforme à celle dont nous agissons. Malheureusement, nous n'avons pas obtenu le soutien ni la réaction que nous aurions souhaités de la part des Américains pour les avoir suivis ou, dans certains cas, pour être allés plus loin sur le plan des politiques.
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Je pense que le gouvernement a pris de bonnes mesures. Il est certain que plusieurs de nos membres du milieu des PME et certains de nos membres du domaine des grandes entreprises ont dû recourir ou continuent de recourir au programme de travail partagé de l'assurance-emploi.
Nous attendons de voir comment certaines mesures régionales d'incitation aux investissements seront mises en œuvre, et nous nous intéressons au Fonds de réponse stratégique afin de voir comment en bénéficier.
Dans l'ensemble, je pense que le gouvernement a fait de son mieux en matière de remises de droits de douane. Le processus a été extrêmement difficile et complexe. Nous avons fait face à quelques problèmes de délais et à des difficultés au cours du processus de remise. La démarche est parfois encore très fastidieuse et prend beaucoup de temps pour les fabricants.
Le facteur le plus important que le gouvernement doit prendre en considération pour l'avenir est de demeurer flexible. C'est la chose la plus importante. Comme nous l'avons vu, les États-Unis menacent d'augmenter les droits de douane. Ils ont augmenté les droits de l'article 232 applicables aux produits dérivés. Certains de nos fabricants dont les produits étaient totalement exemptés au titre de l'ACEUM jusqu'à il y a un mois et demi ont soudainement découvert que tous leurs produits exportés vers les États-Unis étaient soumis à des droits de douane de 50 %.
Nous devons nous assurer que les mesures, les programmes et le processus de remise de droits de douane mis en place par le gouvernement fédéral sont aussi souples et adaptables que l'exige le contexte actuel. Nous pensons que c'est la première étape pour tenter de gérer la situation.
Globalement, comme je l'ai mentionné précédemment, certaines mesures plus générales visant à soutenir la compétitivité et la productivité des entreprises doivent se poursuivre ou même être accélérées. Nous ne pouvons pas préserver tout le monde dans un environnement comme celui‑ci. Ce que nous pouvons faire, c'est essayer de favoriser les investissements et les débouchés pour autant d'entreprises et de travailleurs que possible en examinant ce que l'on peut faire au chapitre de la réglementation fiscale, du commerce interprovincial et d'autres éléments de ce genre.
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De notre côté, nous n'avons eu aucun problème à faire part des risques et des possibilités au gouvernement.
L'examen de l'ACEUM s'en vient, et la dernière fois, nous étions — et j'utilise le nous royal, car c'était avant que je me joigne à l'organisation — l'une des rares associations commerciales nationales à avoir des échanges hebdomadaires, voire quotidiens dans certains cas, avec les négociateurs commerciaux sur ce qui était sur la table et sur l'approche adoptée par le Canada. Nous espérons que ce type de démarche sera maintenu afin qu'il existe un moyen systématique et très officiel de savoir ce qui se passe.
Pour l'instant, sur le plan bilatéral, il est un peu plus difficile de savoir comment se déroulent les négociations et ce qui est sur la table. Nous comprenons qu'il y a probablement des raisons légitimes à cela.
Nous continuerons à communiquer avec le gouvernement. Je pense que la manière dont il va structurer le processus à l'approche de l'examen officiel de l'ACEUM sera très importante.
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Oui. Nous collaborons très étroitement avec l'association américaine des fabricants, qui est notre homologue aux États-Unis. Nous communiquons avec elle presque toutes les semaines. Les membres de sa direction sont venus à Ottawa à quelques reprises au cours des 12 derniers mois. Des représentants de notre organisation ont également rencontré des représentants de cette association à Washington et au Capitole.
En bref, ils nous ont dit ce que beaucoup d'entre vous ont probablement entendu de la part d'homologues à Washington. Il faut en quelque sorte adopter une approche qui va dans tous les sens pour essayer de déterminer qui a de l'influence à un moment précis au sein de l'administration. Ils sont confrontés à certains des mêmes défis que nous lorsqu'ils tentent de faire valoir à l'administration américaine les vertus et la valeur de l'industrie manufacturière nord-américaine.
Il y a des membres de cette association qui tirent profit de certains droits de douane ou de certaines mesures protectionnistes.
En général, l'association continue de plaider en faveur de l'ACEUM au Capitole et auprès de l'administration américaine. Environ les trois quarts des exportations canadiennes vers les États-Unis sont des intrants, et ces intrants contribuent à alimenter l'industrie manufacturière américaine.
Nous allons continuer de travailler avec elle tout au long du processus d'examen de l'ACEUM pour nous assurer que nous adoptons la même approche auprès des gouvernements.
J'ajouterais que nous collaborons très étroitement également avec notre homologue au Mexique. En fait, les trois associations se sont réunies à Ottawa à peu près au même temps l'année dernière pour discuter de l'avenir de l'ACEUM et de la mesure dans laquelle cet accord a bénéficié à nos organisations et à nos membres.
De façon générale, nos membres appuient les efforts visant à diversifier les marchés d'exportation du Canada. Un grand nombre d'entre eux tentent activement en ce moment de diversifier leurs marchés, afin de compenser la baisse de leurs ventes aux États-Unis. Toutefois, la diversification n'est pas une solution à notre problème avec les États-Unis. La seule solution à ce problème est la résolution de ce problème.
Les chaînes d'approvisionnement manufacturières en Amérique du Nord sont très fortement intégrées. La plupart des produits que nous vendons sont des intrants pour l'industrie manufacturière américaine, qui reviennent au pays en tant que produits à valeur ajoutée qui seront utilisés dans l'industrie canadienne. Il n'y a pas beaucoup de fabricants automobiles suédois qui ont un besoin criant de pièces automobiles canadiennes.
Bien que nous soutenons les efforts de diversification, nous voulons nous assurer qu'on ne perd pas de vue les manufacturiers. Je crois qu'il existe des possibilités de diversification dans le domaine des exportations de matières premières et des exportations en vrac. Il peut s'avérer très difficile d'atteindre, de gérer et de servir un marché autre que les États-Unis.
Il y a une chose que nous espérons qu'on ne perdra pas de vue lorsqu'il s'agit de diversification, et c'est que, ce qui permettra aux entreprises manufacturières ou autres d'avoir accès à un autre marché, ce n'est pas seulement la capacité d'y vendre leurs produits, mais aussi la capacité d'y être concurrentielles sur le plan des coûts. Le Canada est un pays où les coûts sont élevés pour les entreprises. Cette situation est compensée par notre situation géographique, notre proximité au marché américain et notre accès à ce marché.
Les efforts de diversification du commerce canadien, qui, je le répète, valent la peine selon nous, devront s'accompagner d'une poussée stratégique pour tenter de réduire les coûts de production au Canada. Cela signifie qu'il faudra investir dans des infrastructures qui facilitent le commerce, rendre le régime fiscal plus concurrentiel et le rationaliser et déployer d'énormes efforts pour réduire la paperasse et le fardeau réglementaire au sein de tous les ordres de gouvernement. Cela rendra nos produits plus concurrentiels au Canada et dans le reste de l'Amérique du Nord, mais aussi dans ces marchés d'exportation que nous espérons développer.
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Je tiens à préciser que ces 16 % sont tirés d'un sondage que nous avons mené au début de l'été. C'étaient des entreprises qui avaient déjà une capacité de production aux États-Unis. Il ne serait pas inhabituel que des entreprises qui produisent dans les trois marchés s'ajustent au besoin, en fonction d'un certain nombre de facteurs.
Ce que nous voulions évalué était fondé sur les menaces immédiates et les barrières tarifaires, et sur la façon dont nous voyions les choses.
En résumé, nous n'avons pas posé de sous-questions à ces 16 % des répondants. Soit dit en passant, on pense qu'une partie de cette production pourrait être conservée à court terme, et qu'elle pourrait revenir au Canada. Ce sont de grandes installations qui ont la capacité de gérer leurs activités.
Ce qui nous préoccupe à long terme, c'est que s'il y a des réaffectations permanentes des capitaux ou des investissements dans des installations pour les réaménager, il sera beaucoup plus difficile de rapatrier une partie de la production perdue. À courte échéance, nous ne sommes pas trop inquiets, mais à long terme, plus l'incertitude persiste, plus nous doutons de revoir cette production.
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Merci, madame la présidente.
Monsieur Greer, je connais bien le domaine manufacturier. J'ai eu l'occasion de travailler dans les banques, notamment en Beauce, la région de mon collègue conservateur, où il y a beaucoup de manufacturiers. J'ai souvent travaillé avec des manufacturiers pendant ces quatre années en Beauce.
Je me permets un commentaire sur le sondage que vous avez mentionné tout à l'heure. Il cherchait à déterminer si les entreprises étaient prêtes à accepter 5 ou 10 % de droits de douane. Je suis un peu surpris que la réponse ne soit pas zéro. Je ne connais pas une entreprise qui est prête à payer des droits de douane, car le moindre pourcentage est important pour elles.
Cela dit, les manufacturiers doivent investir de grosses sommes dans leurs chaînes de montage. Ce sont de gros montants nécessaires pour rester compétitifs et augmenter la productivité.
Tout à l'heure, vous avez fait sept ou huit demandes très louables et importantes. Cependant, nous sommes dans un contexte exceptionnel. Nous avons posé la même question à toutes les personnes qui sont passées devant le Comité. Certaines ont plus de 50 ans d'expérience et n'ont jamais vu une telle situation.
Comme je le disais, j'étais banquier, donc je sais que, pour une entreprise qui investit beaucoup d'argent et pour le banquier, la prévisibilité est extrêmement importante. Dans ce contexte, notre voisin du Sud ne nous offre pas de prévisibilité pour les trois prochaines années et nous ne pouvons plus compter dessus. Quel est votre point de vue? Quels sont vos conseils? Tout en gardant en tête que cette prévisibilité ne reviendra peut-être pas à moyen ou à long terme, que faut-il pour aider les manufacturiers à surmonter cette crise et à continuer de croître pour rester compétitifs?
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En ce qui a trait au premier point sur l'acceptation d'un droit de douane, je vais apporter une précision. Voici la question exacte que nous avons posée: « À quel seuil tarifaire votre entreprise ne serait-elle plus concurrentielle? » La question ne portait pas sur l'acceptabilité; nous avons simplement demandé à nos membres à quel seuil tarifaire elle resterait concurrentielle, en fonction du fonctionnement de leur entreprise. Ce n'est pas une question à laquelle il leur était facile de répondre. Je tenais à le préciser.
Dans le milieu des affaires, si ce niveau d'incertitude se maintient à moyen et à long terme, ce qui est tout à fait possible, plusieurs choses peuvent survenir. Premièrement, comme je l'ai déjà dit, il faut que le Canada s'empresse beaucoup plus à mettre en place les politiques qu'il contrôle. Nous sommes optimistes. Il y a eu beaucoup de pressions et de bruit au sujet des barrières commerciales interprovinciales et de la reconnaissance mutuelle au cours du premier semestre de l'année. Il semble qu'une grande partie de ce travail se poursuit bilatéralement entre les provinces. Or, je n'ai ni vu ni entendu autant d'empressement à faire tomber ces barrières. Nous espérons que le travail se poursuivra en accélérant la cadence.
Comme je l'ai déjà mentionné en ce qui concerne l'imprévisibilité, il existe des moyens de réduire les incitatifs fiscaux, le fardeau réglementaire et les formalités administratives qui, selon nous, pourraient vraiment encourager l'investissement et réduire une partie du risque dans d'autres domaines où les fabricants continueront de le voir sur le plan commercial.
Dans les grandes lignes, la chose la plus importante que nous puissions faire est d'essayer de conclure un bon accord — pas n'importe quel accord, mais un bon accord — avec les États-Unis, tant sur le plan bilatéral que, bien sûr, dans le cadre des négociations de l'ACEUM.
Je sais que certains préconisent d'être patients et de laisser le processus politique suivre son cours au sud de la frontière. J'imagine que ces gens proviennent de secteurs qui sont moins directement touchés que le secteur manufacturier. Quelque 60 000 emplois ont été perdus entre janvier et août dans le secteur manufacturier, et je m'attends à ce que ce nombre augmente dans les semaines à venir.
Nous sommes d'avis que nous devrions faire tout ce qui est raisonnable et juste pour ne pas laisser cette incertitude persister, du moins en ce qui concerne les droits de douane actuels et l'ACEUM.
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Oui, je pense que c’est une préoccupation.
De notre point de vue, la meilleure issue du processus d’examen de l’ACEUM serait que les parties acceptent de renouveler l’accord en 2026 pour accroître la certitude, même s’il fallait avoir des discussions et faire des compromis très difficiles. Je ne pense pas que ce processus d’examen annuel et de réévaluation où les parties pourraient essayer de solliciter ou d’obtenir de nouvelles concessions soit favorable aux investissements et à la certitude dans le secteur manufacturier. Nous nous attendrions à ce qu’une telle situation se reflète dans les investissements de nos membres au sein de leur entreprise, et aussi dans les décisions des fabricants aux États-Unis.
Que vous soyez d’accord ou non, je pense que la théorie pragmatique de nombreuses personnes qui préconisent la politique tarifaire à Washington, D.C., est la suivante. S’il y a une certitude à long terme que les droits de douane resteront, les fabricants feront les investissements nécessaires pour surmonter cette barrière tarifaire. Or, sans certitude à long terme que les mesures tarifaires demeureront en place, les fabricants ne seront pas incités à faire ces investissements aux États-Unis.
Je m’attends à ce que l'incertitude n’ait pas seulement une incidence sur les fabricants au pays, mais qu'elle ait aussi de graves répercussions sur ceux des États-Unis et du Mexique.
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Le seuil
de minimis a une incidence de part et d’autre de la frontière. Certains de nos membres sont des entreprises américaines. Même si le vendeur individuel du produit se trouve au Canada, le produit est expédié au Canada à partir d’un centre de distribution quelque part aux États-Unis, et il profite donc des règles
de minimis actuellement en vigueur au Canada. De toute évidence, ils y sont très favorables. Lorsque le produit est vendu à ce consommateur canadien, il y a quelqu’un au Canada — un petit entrepreneur — qui touche une commission sur cette vente.
Dans l’autre sens, il y a évidemment des entreprises canadiennes qui expédient leurs produits sur le marché américain et qui ont profité de cette exemption de l’ACEUM par le passé.
Fait intéressant, la dernière fois que nous avons négocié l’ALENA 2.0, comme nous l’appelions à l’époque, les États-Unis voulaient que le seuil de minimis de tout le monde passe à 800 $. Ils voulaient que ce soit élevé pour tout le monde. Maintenant, il est revenu à zéro, ce qui est tout un changement.
Évidemment, si nos membres au Canada veulent maintenant expédier leurs produits aux États-Unis, ils doivent percevoir des droits sur chaque livraison là‑bas. Il y a beaucoup de paperasse. La conformité à l’ACEUM peut contourner ce problème, mais ce n’est pas une solution miracle qui fonctionne pour tout le monde. Beaucoup de nos membres sont des entreprises mondiales, et leurs produits sont fabriqués avec des composants provenant de différents marchés. La conformité à l’ACEUM n’entre pas vraiment en jeu là non plus.
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En général, nous sommes assez satisfaits de la façon dont les choses se sont déroulées dans le cadre de l’accord actuel. Comme je ne suis pas un expert en commerce au même titre que M. Greer, je ne connais pas tous les articles, mais nous n’avons pas reçu de plaintes au cours des six ou sept dernières années au sujet de l’ACEUM actuel.
Ce sur quoi je reviendrais, c’est que je pense que le Canada est en mesure... Notre industrie est majoritairement formée d’entrepreneurs. Tant que les consommateurs et les gens sont protégés, nous voulons que le gouvernement, dans une certaine mesure, s’enlève du chemin et laisse nos entrepreneurs faire leur travail.
J’aimerais parler de l’excellente occasion qui s’offre au Canada de réduire certains de ces obstacles à l’investissement, qu’il s’agisse de réglementer les produits... J’ai parlé un peu de Santé Canada dans ma déclaration préliminaire et de la possibilité de créer des moyens de réglementer les produits et de les mettre sur le marché plus rapidement. Cela peut inciter les entreprises canadiennes à commencer à fabriquer et à vendre des produits au Canada.
Comme je l’ai mentionné, pour nous, il s’agit de savoir comment réduire les obstacles plutôt que de savoir comment changer les règles.
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En théorie, l'harmonisation est une bonne chose, mais il faut prendre garde à ce que l'on souhaite, car parfois, on harmonise selon un code ou un niveau qui ne convient pas forcément à notre pays.
Prenons l'exemple de la réglementation des produits de santé naturels. Le Canada applique une réglementation rigoureuse à ce chapitre. Nous en sommes ravis. Cela témoigne du succès de nos entreprises au Canada et du niveau d'éthique auquel elles adhèrent. Aux États-Unis, la réglementation est généralement moins stricte pour les produits de santé. Nous voulons conserver notre niveau actuel. Évidemment, s'il existait un moyen de faire en sorte que les États-Unis atteignent ce niveau, ce serait une bonne chose.
Je pense qu'il existe, en fonction du risque, des moyens d'abaisser les barrières réglementaires imposées aux entreprises afin que l'on puisse se concentrer sur les produits ou les activités à risque élevé, puis permettre une commercialisation plus rapide des produits à moindre risque, souvent pendant qu'ils sont tendance. Si une entreprise souhaite lancer un produit de santé naturel, il lui faut parfois de 12 à 18 mois pour obtenir l'autorisation réglementaire au Canada. Au bout de cette période, les ingrédients contenus dans le produit risquent de ne plus intéresser les gens du domaine des produits de santé naturels. Pendant ces 12 à 18 derniers mois, le produit a été vendu aux États-Unis et au Mexique. Nous aimerions donc vraiment que ce problème soit résolu.
Nous accueillons deux représentantes de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante: Mme Corinne Pohlmann, vice-présidente exécutive, Défense des intérêts; et Mme Michelle Auger, directrice du commerce et de la concurrence sur les marchés, Affaires nationales. Nous recevons également M. David Hamel, directeur des opérations de Scierie Clermond Hamel ltée. Enfin deux témoins comparaissent par vidéoconférence et représentent Québec International. Il s'agit du président-directeur général, M. Carl Viel; et de l'économiste principal, M. Émile Émond.
Je suis ravie de voir que tout le monde est présent et prêt à commencer.
Madame Pohlmann, voulez-vous commencer, s'il vous plaît?
Bonjour. Je m'appelle Corinne Pohlmann. Je suis vice-présidente exécutive de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, ou FCEI. Je suis accompagnée de ma collègue, Michelle Auger, qui est directrice du commerce et de la concurrence sur les marchés.
Nous tenons à vous remercier de nous donner l'occasion de participer à la réunion d'aujourd'hui.
Comme beaucoup d'entre vous le savent peut-être, la FCEI est une organisation non partisane et sans but lucratif qui représente plus de 100 000 petites et moyennes entreprises de tous les secteurs d'activité et de toutes les régions du Canada.
Nous sommes ici pour vous présenter le point de vue des petites entreprises sur le commerce nord-américain à l'approche du premier examen conjoint de l'ACEUM.
Comme vous le savez sans doute, les coûts liés à l'exploitation d'une entreprise ont atteint des sommets sans précédent en raison de la hausse des impôts, des loyers, des assurances et d'autres dépenses d'exploitation, ainsi que de l'alourdissement du fardeau réglementaire et de conformité. L'incertitude commerciale qui persiste entre le Canada et les États-Unis a ajouté une couche d'instabilité. Pour de nombreuses petites entreprises, les droits de douane ont entraîné une augmentation des coûts et une réduction des marges. Il n'est donc pas surprenant que les deux tiers de nos membres estiment que le Canada devrait procéder rapidement à l'examen de l'Accord Canada—États-Unis—Mexique.
Avant que la guerre commerciale n'éclate, un peu plus de la moitié des petites entreprises faisaient du commerce avec les États-Unis directement, et des milliers d'autres en faisaient indirectement par l'intermédiaire de fournisseurs ou de clients.
Compte tenu de l'incertitude, des pressions financières, des perturbations de la chaîne d'approvisionnement et d'autres répercussions sur les petites entreprises, 92 % des petites entreprises canadiennes croient que le Canada devrait renforcer ses liens commerciaux avec d'autres pays que la Chine et les États-Unis. En fait, nous avons déjà constaté qu'environ un tiers des petites entreprises se détournent complètement ou partiellement des États-Unis comme partenaire commercial. Cependant, nous devons être réalistes. La plupart d'entre elles continuent de faire des affaires avec les États-Unis et il demeure important que le Canada et les États-Unis entretiennent des relations stables, ce qui est plus facile à réaliser dans le cadre d'un accord comme l'Accord Canada—États-Unis—Mexique.
À l'heure actuelle, l'ACEUM offre un cadre utile qui peut aider les petites entreprises à s'orienter et à maintenir une situation stable sur les marchés nord-américains. Cependant, un certain nombre de facteurs limitent toujours la capacité des petites entreprises à profiter des avantages de l'accord.
Par exemple, de nombreuses petites entreprises ont du mal à s'y retrouver dans les droits de douane actuels. On ne sait pas très bien à quel moment et de quelle manière les droits supplémentaires s'appliquent, ni à quels produits, ce qui empêche de nombreuses entreprises de planifier leurs activités en toute confiance.
Au‑delà des droits de douane, le coût du transport des marchandises et les fluctuations monétaires constituent des obstacles supplémentaires. Si les propriétaires d'entreprises comprennent que le commerce engendre certains coûts, beaucoup ne prévoient pas les nombreux obstacles qui créent des goulots d'étranglement inutiles et des coûts supplémentaires dans le processus.
Je vais maintenant céder la parole à ma collègue, qui vous en dira plus sur certains de ces obstacles.
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Merci, madame Pohlmann.
Si les petites entreprises continuent de subir les effets négatifs des droits de douane et des coûts directs, bon nombre d'entre elles sont également confrontées à des barrières non tarifaires qui limitent leur capacité à faire du commerce avec les États-Unis et le Mexique.
En effet, la complexité des règles d'octroi de permis et des procédures douanières, des différences réglementaires et d'autres exigences administratives empêchent souvent les petites entreprises de profiter pleinement de l'ACEUM. Il est nécessaire d'améliorer la coordination entre les ministères, les organismes et les acteurs du commerce. Souvent, les entreprises sont soumises à des exigences qui se chevauchent, reçoivent de l'information peu claire et les réponses tardent à venir lorsqu'elles cherchent à obtenir des éclaircissements sur des questions transfrontalières. Pour les petites entreprises, même de courts délais ou un manque d'orientation peuvent avoir des conséquences financières importantes.
Un autre problème concerne les règles d'origine et la nécessité de s'assurer que les produits sont conformes à l'ACEUM. Pour de nombreuses PME, le processus consistant à déterminer et à prouver l'origine est très technique et peut varier en fonction de la composition du produit et des documents du fournisseur. Tous ces facteurs créent encore plus d'incertitude pour les petites entreprises qui importent des composantes ou des matières premières avant d'exporter le produit final. Par conséquent, de nombreuses PME évitent tout simplement de faire du commerce transfrontalier en raison du risque de non-conformité ou du fardeau administratif que cela représente.
De plus, les PME ont du mal à s'adapter au nouveau portail de la Gestion des cotisations et des recettes de l'ASFC, ou GCRA. Les exigences relatives à la garantie financière sont souvent inaccessibles pour de nombreuses petites entreprises et il est difficile de s'y retrouver sur la plateforme.
L'élimination du seuil de minimis aux États-Unis a également fait très mal aux petits exportateurs. Essentiellement, cette mesure fait disparaître un avantage important sur le plan des coûts et des formalités administratives qui rendait les expéditions de faible valeur vers les États-Unis plus facile.
Par ailleurs, la mobilité de la main-d'œuvre est une question préoccupante. Bien que l'ACEUM devait faciliter en partie les déplacements temporaires de professionnels de part et d'autre de la frontière, de nombreuses petites entreprises se heurtent toujours à des interprétations incohérentes des règles aux points d'entrée. Cette incertitude ajoute du temps, des coûts et des risques pour de nombreuses PME qui tentent d'envoyer du personnel et des fournisseurs de services à leurs clients américains.
En bref, en réduisant les divergences réglementaires, en simplifiant les processus à la frontière et en améliorant la communication entre le gouvernement et les entreprises, on aiderait grandement les PME à réussir dans le commerce nord-américain.
Les accords commerciaux ont toujours mieux reflété les priorités des grandes entreprises, tandis que les petites, qui représentent 98 % de l'ensemble des entreprises canadiennes, ont été sous-représentées. Bien que l'ACEUM marque une avancée importante en incluant un chapitre consacré aux PME qui préconise la mise en place de plateformes d'échange d'information, d'un comité sur les PME et de mesures de soutien au commerce numérique, il reste encore fort à faire pour aider les petites entreprises à s'orienter dans le commerce nord-américain.
Au moment où l'examen de l'ACEUM approche, nous souhaitons vivement que tous les chapitres pertinents de l'accord soient examinés sous l'angle des petites entreprises, afin que l'accent soit mis sur leurs besoins, non pas uniquement dans un chapitre, mais dans l'ensemble de l'accord. Les chapitres relatifs aux règles d'origine, à l'administration des douanes, à la facilitation des échanges et au commerce numérique ne sont que quelques exemples où l'on pourrait tenir compte du point de vue des petites entreprises afin de les aider réellement à s'y retrouver dans l'accord.
Nous vous remercions pour le temps que vous nous avez accordé aujourd'hui. Nous serons ravies de répondre à toutes vos questions.
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Merci, madame la présidente.
Je remercie tous les membres du Comité de me donner l'occasion de leur parler de notre réalité et de ce que nous vivons concrètement, jour après jour, dans l'industrie du bois d'œuvre.
Je m'appelle David Hamel. Je suis directeur des opérations chez Clermond Hamel ltée, une entreprise familiale établie à Saint‑Éphrem‑de‑Beauce depuis maintenant plus de 135 ans. Ma sœur France, mon frère Nicolas et moi faisons partie de la cinquième génération à y travailler. Notre histoire commence en 1890 avec mon arrière-arrière-grand-père, qui exploitait un petit moulin à scie alimenté par l'eau de la rivière. Aujourd'hui, nous sommes devenus une grande scierie moderne qui produit 150 millions de pieds-planches de bois par année. Cent pour cent de notre bois provient de forêts privées.
Nous produisons du bois qu'on retrouve dans les maisons, dans les commerces et dans les infrastructures partout au pays. Ça représente environ 4 000 camions de produits finis chaque année, et ce, sans compter les copeaux, la sciure, la planure et l'écorce, qui en représentent autant. Nous employons plus de 140 personnes, dont plusieurs sont là depuis plus de 30, 40, et même 50 ans. Ce sont des travailleurs passionnés, profondément attachés à leur métier et à la région. Une centaine d'emplois indirects dépendent aussi de notre activité.
Au fil des ans, nous avons constamment investi dans la technologie, l'automatisation et la formation pour toujours rester les meilleurs et être les leaders dans notre domaine.
Aujourd'hui, nous traversons une période extrêmement difficile. Depuis le 9 août dernier, les droits de douane imposés par les États‑Unis sur le bois d'œuvre canadien ont explosé. Nous sommes passés d'un taux de 14 % à un taux de plus de 35 %. Depuis le 14 octobre, un 10 % supplémentaire s'est ajouté. Concrètement, nous payons maintenant 45 % de droits de douane pour exporter notre bois. J'ai bien dit « nous » car, dans le secteur du bois d'œuvre, c'est l'exportateur qui paie les droits antidumping et compensateurs et la taxe Trump.
Le résultat est qu'une entreprise comme la nôtre, qui faisait encore des profits en juillet, est devenue déficitaire du jour au lendemain. Avant ces hausses, la moitié de notre production partait aux États‑Unis. Aujourd'hui, nous exportons à peine 5 % de notre production. Nous nous sommes donc repliés sur le marché canadien. Or, tous nos concurrents ont fait la même chose, avec pour résultat que le marché canadien se fait inonder de bois. Les prix chutent et la situation empire chaque semaine. En trois mois, le prix du deux-par-quatre au Canada est passé de 2,91 $ à 2,60 $, connaissant une baisse de 12 %, alors que nos coûts, eux, continuent d'augmenter.
Au Canada, la foresterie au Canada représente en tout 495 000 emplois directs ou indirects, un PIB de 34 milliards de dollars et des exportations de 45 milliards de dollars. Au Canada, nos scieries sont parmi les plus performantes en Amérique du Nord. Près de 95 % d'entre elles sont déjà très modernisées et équipées à la fine pointe de la technologie. Nous n'avons pas besoin de prêts pour devenir plus productifs, nous le sommes déjà, et ça ne ferait qu'empirer les choses. Ce dont nous avons besoin, c'est de souffler et de respirer un peu dans une période où la pression devient intenable.
C'est là que le gouvernement peut vraiment améliorer la situation. Il doit nous rendre indépendants des États‑Unis. Il devrait nous redonner l'argent de la réplique tarifaire qu'il avait imposée cette année. Par ailleurs, on doit arrêter de dire qu'il manque de logements au Canada, et s'assurer d'en construire en bois, tout en récompensant ceux qui utilisent le bois dans leurs constructions. Toutes les constructions et les rénovations d'édifices publics devraient faire appel au bois. Une autre façon de nous aider serait de réduire les coûts à la source, notamment les coûts de la récolte, du transport et de l'énergie, ce qui permettrait aux scieries d'avoir un meilleur coût d'approvisionnement. Le gouvernement pourrait aussi négocier une entente différente avec les États‑Unis au sujet des usines qui s'approvisionnent à 100 % dans des forêts privées, comme c'était le cas entre 2006 et 2015, car les coûts d'approvisionnement sont plus élevés que ceux en forêts publiques.
Le bois d'œuvre n'est pas qu'un produit d'exportation, c'est une fierté nationale, un savoir-faire unique et le cœur économique de plusieurs régions comme la nôtre. Si rien n'est fait, c'est tout à un pan de notre histoire industrielle qui risque de disparaître, et, avec lui, les emplois des milliers de travailleurs qui auront tout donné pour leur métier.
Ce qu'il faut retenir, c'est que nous ne pourrons pas tenir bien longtemps en encaissant des pertes financières, et nous avons rapidement besoin d'aide. Le marché canadien se fait inonder de bois, donc les prix baissent chaque semaine. De plus, le marché ne suffit pas présentement à consommer tout le bois produit, donc il faut stimuler la consommation de bois, et ce, rapidement.
Il faut agir maintenant.
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Madame la présidente, mesdames et messieurs, chers membres du Comité, je vous remercie de l'invitation et de l'occasion de me présenter devant vous cet après-midi. Je suis accompagné par M. Émile Émond, économiste principal chez Québec International.
Partenaire de premier plan des acteurs du développement économique régional, Québec International facilite et accompagne la croissance des entreprises et accélère leur réussite au Québec, au Canada et à l'international, le tout dans une perspective durable et empreinte de diversité.
En tant qu'agence de développement économique de la région de Québec, nous soutenons les entreprises dans l'attraction et la rétention de travailleurs et d'étudiants internationaux, nous faisons la prospection d'investissements étrangers, nous soutenons l'entrepreneuriat technologique, les exportations et la commercialisation, ainsi que le développement des secteurs de force, et ce, au bénéfice de notre écosystème.
En 2024, dans un contexte teinté d'incertitude et marqué par le ralentissement de l'économie québécoise, notre équipe a accompagné 177 projets et plus de 1 800 entreprises et organisations, qui ont généré des retombées économiques de 1,34 milliard de dollars en investissements sur le territoire, soit la troisième année consécutive au‑dessus du milliard de dollars de retombées économiques.
En tant qu'Organisme régional de promotion des exportations, ou ORPEX, de la région de la capitale nationale, Québec International offre un service de proximité et de première ligne aux PME pour faciliter leurs démarches de développement de marchés à l'international.
Depuis plus de 150 ans, la chaîne d'approvisionnement s'interconnecte entre le Canada et les États‑Unis. Avec les accords de libre-échange nord-américain, il est commun que les matières premières d'un pays soient transformées et assemblées dans un autre, pour ensuite être vendues dans un troisième.
Aujourd'hui, les droits de douane imposés par les États‑Unis atteignent leur niveau le plus élevé depuis les années 1930. Cette situation a un impact tangible pour les quelque 800 exportateurs de la région de Québec, en particulier ceux visés directement par ces mesures tarifaires. En réaction, Québec International a mis en place, en collaboration avec plusieurs partenaires, des événements propres à la diversification des marchés.
En juin 2025, 92 % des exportations canadiennes vers les États‑Unis franchissaient toujours la frontière sans être assujetties à des droits de douane, en vertu de l'Accord Canada—États‑Unis—Mexique, ou ACEUM.
Le marché américain est crucial pour les entreprises de Québec. Tout porte à croire que les États‑Unis demeureront leur principal partenaire commercial à l'international, en raison de sa proximité géographique et de la taille de son marché. Les accès au marché rendus possibles par l'ACEUM sont bénéfiques pour le développement des entreprises d'ici. Ils servent également d'argument de taille pour attirer dans la région les filiales étrangères qui contribuent à notre développement économique.
Or, dans le contexte actuel, la diversification n'est plus un luxe: c'est une nécessité. Pour parvenir à développer de nouveaux marchés avec d'autres partenaires internationaux et à l'intérieur du Canada, les petites et moyennes entreprises ont besoin de soutien, parfois financier, mais surtout dans un accompagnement personnalisé. Bien réussir à pénétrer un marché hors Québec demande du temps, soit environ deux ans, et nécessite le déploiement de moyens et d'efforts importants.
Il est donc essentiel de soutenir les organismes qui, comme Québec International, accompagnent ces entreprises. En ayant les contacts et les réseaux ainsi que les connaissances des différents marchés, nous pouvons accompagner adéquatement les entreprises, particulièrement les PME, pour qu'elles obtiennent du succès.
Nos activités génèrent des retombées importantes pour l'économie régionale. En 2024, notre équipe de développement des marchés extérieurs a accompagné 15 nouvelles entreprises exportatrices. De plus, différentes activités d'exportation et de commercialisation ont généré plus de 26 millions de dollars en retombées économiques.
Voici quelques priorités. Il faut d'abord former et accompagner les entreprises, notamment dans leur diversification de marchés. Pour ce faire, il faut intensifier le soutien aux organisations comme les ORPEX et Québec International pour outiller les PME dans leur diversification de marchés et leur utilisation stratégique de l'ACEUM. Ensuite, il faut donner une voix aux PME. Cela signifie d'inclure tous les secteurs et, surtout, d'inclure la perspective des PME durant les consultations pour nous assurer que leurs besoins sont pris en compte lors de l'examen conjoint de l'ACEUM…
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Madame la présidente, chers invités, bonjour.
Monsieur Hamel, la scierie Clermond Hamel est un leader du domaine forestier, au Québec. C'est une entreprise de la plus belle région du Canada, la Beauce évidemment, ce que je me plais à redire. Elle se trouve plus précisément à Saint‑Éphrem, un fier petit village de ma région où il y a plein d'entreprises. Je tiens à mentionner que vous et votre famille êtes impliqués dans votre communauté et que vous y contribuez sans compter depuis des dizaines d'années. Je vous félicite, monsieur Hamel.
Maintenant, j'aimerais parler des droits de douane américains, qui ont atteint 45 % dans votre domaine. C'est majeur. Quelles sont les conséquences immédiates pour votre entreprise? Vous en avez parlé, mais qui paie ces droits de douane?
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Merci beaucoup. Je vais d'abord répondre à la deuxième partie de votre question.
Il est très important d'aider les entreprises à se diversifier. C'est un travail qui est long, mais qui en vaut la peine. C'est un peu comme le principe en investissement selon lequel on ne doit pas mettre tous ses œufs dans le même panier ou investir toutes ses économies dans le même titre boursier. Toutefois, comme d'autres l'ont mentionné plus tôt aujourd'hui, les chaînes d'approvisionnement sont tellement intégrées entre le Canada et les États‑Unis que ça va prendre plus de temps et plus d'efforts pour développer les exportations ailleurs.
Il y a aussi un autre aspect qui est parfois sous-estimé, à savoir le fait que les coûts du commerce intérieur d'est en ouest au Canada, ou d'ouest en est, sont beaucoup plus grands que les coûts pour exporter au sud de la frontière. On doit donc également améliorer le réseau de distribution sur le territoire canadien.
En ce qui concerne la première partie de votre question, la prévisibilité est très importante. En effet, puisque les entreprises font des investissements à moyen terme et à long terme, elles veulent savoir comment les choses vont évoluer. On doit donc soutenir la prévisibilité et permettre aux entreprises de savoir où elles vont dans les années futures.
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Non, nous n'en savons rien. Nous savons très peu de choses sur l'utilisation qui en est faite.
L'un des principaux conseils que nous avons donnés est de rendre cet argent le plus rapidement possible et de ne pas compliquer les choses. Il faut que ce soit le plus simple possible.
Bon nombre des petites entreprises estiment avoir mis beaucoup d'argent dans ces droits de douane et aimeraient en récupérer une partie tandis qu'elles tentent de s'en sortir malgré les machinations actuelles. Donc, non, à part que des programmes ont été mis en place par les agences de développement régional dans le cadre de l'Initiative régionale de réponse tarifaire, qui était destinée aux petites entreprises. On constate que les agences de développement régional ont toutes des programmes différents. Elles ont toutes des critères différents et, pour beaucoup d'entre elles, les critères n'incluent même pas les petites entreprises.
Par exemple, en Colombie-Britannique, il faut que l'entreprise compte au moins 10 employés. Une entreprise qui en compte moins que 10 ne peut pas y avoir accès. Au Québec, il faut qu'elle fasse partie du secteur manufacturier et qu'elle ait eu au moins 2 millions de dollars de revenus l'année précédente, ce qui exclut la plupart des petits fabricants québécois.
Je pense que les choses ne fonctionnent pas nécessairement comme prévu.
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Pour notre part, le marché vers lequel nous nous tournons en ce moment en raison de notre géographie, c'est naturellement l'Europe. Il y a deux avantages à cela: premièrement, la facilité à s'y déplacer et, deuxièmement, la facilité à pouvoir travailler dans ce marché. Nous retrouvons cette même facilité ailleurs, également, par le truchement des ambassades canadiennes. Nous avons la chance, au Québec, d'avoir des délégations qui aident nos entreprises à se mettre rapidement en contact avec des acheteurs ou des distributeurs potentiels.
L'autre élément que nous considérons important est la chance que nous avons de faire affaire avec certains pays francophones. Au mois de mai 2026, nous organiserons notre troisième Rendez-vous d'affaires de la francophonie, justement pour tisser des liens avec des partenaires francophones. N'oublions pas non plus que nous avons une communauté francophone répartie dans tout le Canada; je me permets donc de dire qu'il faut continuer à travailler sur cet élément pour aider nos entreprises à pouvoir mieux exporter d'un bout à l'autre du Canada.
Nous soulignons par ailleurs les mesures qui ont été mises en place dernièrement par le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux afin d'atténuer les barrières entre les différentes provinces. M. Hamel a fait référence à un point que j'ai moi aussi mentionné, soit de trouver des façons d'aider les entreprises qui veulent exporter au sein du Canada à diminuer leurs coûts d'exportation.
J'ajouterais qu'il faut aussi penser que, pour nos entreprises et nos entrepreneurs situés au Québec qui veulent se déplacer en Asie, par exemple, c'est beaucoup plus long et les délais sont longs comparativement à une entreprise basée à Vancouver. Donc, il faut tenir compte du fait que des déplacements viennent s'ajouter et que les façons de faire affaire sont différentes. Si on pense à l'Asie ou à l'Afrique, notamment, ce sont des continents sur lesquels il faut travailler. À cet égard, il faut aussi aider nos entrepreneurs à bien s'assurer qu'ils se protégeront par rapport aux risques et qu'ils seront payés lorsqu'ils feront des affaires et concluront des ententes ou des ventes.
Ce sont tous des éléments à considérer. J'ajouterais aussi que nous avons déjà vu certaines entreprises commencer à faire des affaires sur certains marchés sans avoir d'abord protégé leur propriété intellectuelle. La préparation en amont est très importante pour faciliter les affaires de nos entrepreneurs.
La diversité, comme je l'ai dit précédemment, c'est un élément de stabilité, c'est cette chance que nous avons d'avoir plusieurs ententes commerciales avec plusieurs pays et continents.
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Merci, madame la présidente.
Monsieur Hamel, je parlais tout à l'heure de subventions semblables à celles accordées pendant la pandémie de la COVID‑19 pour aider les employeurs à court terme. Je comprends que, pendant le ralentissement de l'hiver, ce serait important pour vous d'avoir quelque chose en place.
Le Bloc québécois a proposé plusieurs mesures en foresterie. Nous proposions, entre autres, une charte du bois pour forcer l'utilisation du bois dans la construction des bâtiments, qui serait imposée par le fédéral. Nous envisageons aussi, en ce qui touche le Code national du bâtiment et l'agence Maisons Canada, qu'il y ait une obligation de choisir du bois canadien et québécois. Selon vous, est-ce que ces mesures seraient intéressantes à court terme?
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Merci, madame la présidente.
Monsieur Hamel, nous parlions des régions rurales et du manque d'investissements dans le secteur forestier de la part du gouvernement libéral. Pourtant, il faudrait nous intéresser aux régions rurales, car, à moins que je me trompe, il n'y a pas beaucoup de camions de bois qui sortent du centre-ville de Toronto ou du centre-ville de Montréal.
Tout à l'heure, nous parlions de flux de trésorerie. Le programme intitulé Initiative régionale de réponse tarifaire, que vous avez mentionné, sert à améliorer la productivité. L'autre option serait un prêt. Si nous ne faisons rien, combien d'entreprises pourront surmonter cette crise? Vous disiez que ça ira mieux l'année prochaine, mais qu'est-ce qui arrive dans les régions aujourd'hui?
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Merci, madame la présidente.
Merci à nos témoins.
Ma question s'adresse aux représentantes de la FCEI.
Je constate que près de la moitié des membres de votre organisation estiment que les États-Unis ne sont pas un partenaire commercial fiable à l'heure actuelle. Je remercie vos membres, car beaucoup d'entre eux ont cherché à trouver des fournisseurs nationaux — plus de 32 % en ont trouvé — et c'est une bonne chose pour le Canada. Je sais qu'ils recherchent cette certitude dont tout le monde a besoin, cette stabilité et cette prévisibilité.
Je constate également que 92 % d'entre eux souhaitent diversifier leurs activités. Ils croient en la diversification. Je vais m'attarder un peu sur ce point.
Vos membres ont-ils pu, grâce à nos délégués commerciaux dans le monde, saisir cette occasion d'accroître leurs activités?
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Je dirais que nos membres ne connaissent pas le Service des délégués commerciaux. Tout d'abord, ils ne savent même pas qu'il existe, ou très peu d'entre eux le savent. Nous les avons interrogés à plusieurs reprises au fil des ans, et je pense que moins de 5 % d'entre eux savent ce que fait le Service des délégués commerciaux. C'est là le premier problème.
Le deuxième problème est que même s'ils savent de quoi il s'agit, ils ne pensent pas nécessairement que l'aide offerte leur est destinée. Souvent, pour faire appel au Service des délégués commerciaux, il faut faire partie d'un certain type d'industrie ou avoir un certain type de projet, et si l'on n'entre pas dans cette catégorie, on ne peut pas bénéficier de l'aide qu'il offre.
Le troisième problème est que nous entendons souvent dire que si quelqu'un se lance dans le commerce, on lui dit qu'il doit s'adresser aux délégués commerciaux provinciaux, et non fédéraux. C'est même ce que m'ont dit des gens du Service des délégués commerciaux.
Même si je pense que le Service des délégués commerciaux peut être très utile, je ne suis pas sûre qu'il cible nécessairement les petites entreprises ou qu'il leur soit aussi utile que nous le pensons.
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Il nous faut alors trouver un moyen de mieux communiquer avec ces entreprises et de leur montrer les possibilités que bon nombre de nos accords commerciaux internationaux offrent.
C'est sur ce point que je voudrais maintenant m'attarder, à savoir l'AECG.
Monsieur Viel, je pense que nous devons vous mettre en contact avec M. Hamel. Je viens de consulter les données relatives à notre commerce du bois d'œuvre avec l'Europe. En 2022, il s'élevait à 356 millions de dollars avec le Royaume-Uni, à 101 millions de dollars avec l'Allemagne et à environ 100 millions de dollars avec la France. Il pourrait s'agir là d'une bonne occasion.
La semaine dernière, je discutais avec les expéditeurs et ils ont dit qu'au cours des derniers mois, ils avaient constaté que le nombre de conteneurs à destination de l'Europe avait presque doublé, depuis le port de Montréal. Nous observons donc une augmentation considérable des échanges commerciaux avec l'Europe, ce qui pourrait être une possibilité.
Je sais que nous essayons de faire passer le montant de nos échanges commerciaux en dehors des États-Unis de 300 à 600 milliards de dollars.
Monsieur Hamel, serait‑ce une occasion pour votre entreprise?