La séance est ouverte.
Je vous souhaite à tous la bienvenue à la 19e réunion du Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration de la Chambre des communes.
La réunion d'aujourd'hui se déroule sous forme hybride, et je dois vous faire part de quelques formalités administratives. Nous commençons toujours nos réunions par cela. Elles s'adressent plus précisément à ceux qui sont en ligne et à nos visiteurs aujourd'hui.
Pour ceux qui sont sur Zoom, veuillez cliquer sur l'icône du microphone pour activer votre micro et veuillez vous mettre en sourdine lorsque vous ne parlez pas. Toujours pour ceux qui se joignent à nous virtuellement, au bas de votre écran, vous pouvez sélectionner le canal approprié pour l'interprétation: le parquet, l'anglais ou le français. Pour ceux qui sont dans la salle, veuillez vous assurer d'utiliser votre oreillette et de sélectionner le canal désiré.
Je vous ferai signe quand il vous restera une minute.
Veuillez aussi attendre que je vous nomme avant de prendre la parole.
À titre de rappel, comme nous avons l'interprétation — nous avons la chance d'avoir des interprètes, et ils travaillent très fort —, je vous demande de ne pas parler en même temps, car cela rend leur travail très difficile.
Veuillez adresser tous vos commentaires à la présidence. Tous les compliments au cours des deux prochaines heures seront les bienvenus et appréciés. Je plaisante, mais veuillez adresser tous vos commentaires à la présidence.
Chers collègues, veuillez lever la main si vous souhaitez prendre la parole. Le greffier et moi ferons de notre mieux pour gérer l'ordre des interventions.
Je vous remercie tous à l'avance de votre coopération.
Je tiens également à souhaiter la bienvenue à M. Kram et à M. Ho. Je sais que vous allez apporter une contribution positive à nos discussions d'aujourd'hui.
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le 16 septembre 2025, le Comité reprend son étude sur le système d'immigration canadien.
J'aimerais souhaiter la plus cordiale bienvenue à nos témoins aujourd'hui.
Par vidéoconférence, nous accueillons, à titre personnel, Audrey Macklin, professeure et titulaire de la Chaire en droits de la personne, Faculté de droit, Université de Toronto. Bienvenue.
En personne, nous accueillons deux représentantes du Centre de réfugiés: Eva Gracia-Turgeon, directrice, Relations gouvernementales au Québec, et Alina Murad, directrice, Relations gouvernementales au fédéral.
Les deux groupes disposeront de cinq minutes pour faire leur déclaration préliminaire, après quoi nous passerons aux questions.
Je vais commencer par Mme Macklin, qui est en ligne, si cela vous convient. Vous avez cinq minutes.
Bonjour. Je vous remercie de me donner l'occasion de m'adresser au Comité. Mes observations porteront sur l'Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs, ou ETPS.
Comme vous le savez, l'ETPS exige que les États-Unis et le Canada soient des pays sûrs où les personnes peuvent demander et obtenir l'asile. Si les États-Unis ne sont pas un pays sûr, le Canada viole la Charte et le droit international en renvoyant les demandeurs d'asile aux États-Unis.
Aux termes de l'ETPS et de la loi qui la met en œuvre, les États-Unis ne seront pas considérés comme un pays sûr s'ils renvoient des réfugiés dans des pays où ils ne seront pas à l'abri de la persécution ou d'une expulsion subséquente vers un pays où ils ont une crainte fondée de persécution. C'est ce qu'on appelle le refoulement.
Les États-Unis ne seront pas un pays sûr non plus s'ils exposent les demandeurs d'asile à des violations arbitraires des droits de la personne sur leur territoire, y compris à des détentions arbitraires et à d'autres formes de mauvais traitements.
Au milieu de 2023, la Cour suprême du Canada a conclu que les États-Unis, à ce moment, étaient un pays sûr. Elle l'a fait en annulant les conclusions de fait de la juge de première instance lors de la première audition de l'affaire, et en particulier les conclusions selon lesquelles les demandeurs d'asile étaient soumis à une détention arbitraire dans des conditions abusives. La Cour suprême a conclu que la détention des demandeurs d'asile n'était pas systématique, et que les conditions de détention équivalant à des mauvais traitements n'auraient pas pu être raisonnablement prévues par les fonctionnaires canadiens.
Ce jugement concernant les États-Unis n'est aussi permanent que les faits sur lesquels il est fondé le sont, de sorte que si ces faits ont changé, les conclusions de la Cour suprême du Canada ne tiendront plus à l'heure actuelle.
Que se passe‑t‑il aux États-Unis depuis janvier 2025? Permettez-moi de vous donner quelques exemples.
Premièrement, les États-Unis ont interdit toutes les demandes d'asile présentées à la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Interdire les demandes d'asile viole directement les obligations des États-Unis aux termes de la Convention des Nations unies relative au statut des réfugiés, qui oblige les États à étendre leur protection à ceux qui répondent à la définition de réfugié sur leur territoire ou à l'intérieur de leurs frontières.
Deuxièmement, les États-Unis ont conclu plusieurs ententes avec d'autres États vers lesquels ils vont envoyer des demandeurs d'asile. Ce ne sont pas nécessairement des pays que les demandeurs d'asile ont traversés en route vers les États-Unis; ce sont des tiers pays choisi arbitrairement. Bon nombre de ces pays ont un bilan lamentable en matière de droits de la personne. Il s'agit notamment du Soudan, d'Eswatini, du Honduras et du Rwanda. Les personnes qui y sont expulsées risquent d'être emprisonnées, de subir des violations des droits de la personne et éventuellement d'être expulsées vers leur pays d'origine où elles seront persécutées.
Troisièmement, le gouvernement américain utilise maintenant ces ententes avec des tiers pays comme base pour mettre fin aux demandes d'asile déjà présentées aux États-Unis. Il le fait au moyen d'un processus connu sous le nom de prétermission. C'est l'une des nombreuses stratégies que le gouvernement des États-Unis a déployées pour refuser aux demandeurs d'asile l'accès à un processus équitable aux États-Unis et pour les expulser vers des pays où ils pourraient être persécutés ou refoulés, c'est‑à‑dire être retournés dans leur pays d'origine où ils ont une crainte bien fondée de persécution.
En ce qui concerne les conditions des droits de la personne pour les demandeurs d'asile aux États-Unis, je vais vous donner l'exemple de la détention. Comme vous le savez, la Cour suprême du Canada a conclu que la détention n'était pas automatique et qu'elle n'était pas abusive. Aujourd'hui, un an après l'entrée en fonction du président Trump, qui en est à son deuxième mandat, le recours à la détention est maintenant obligatoire et automatique pour les personnes visées par ce qu'on appelle le renvoi accéléré, dont beaucoup sont des demandeurs d'asile.
Jusqu'à présent, plus de 70 000 personnes ont été détenues aux États-Unis, ce qui représente une augmentation de 75 % en un an. Plus de 90 % de cette croissance est attribuable à la détention de personnes, y compris des enfants, qui n'ont aucune condamnation criminelle.
On a beaucoup rapporté dans les médias que les conditions de détention violent les droits fondamentaux de la personne — les droits physiques, sexuels et psychologiques, les droits des enfants d'être protégés contre les mauvais traitements —, auxquelles s'ajoutent une nourriture inadéquate, des lacunes dans les soins médicaux, de piètres installations sanitaires, etc. Trente-huit personnes sont mortes dans des centres de détention de l'immigration américains au cours de la dernière année. Toutes les preuves indiquent incontestablement que les États-Unis ne sont pas actuellement un pays sûr pour les demandeurs d'asile.
Pendant ce temps, le gouvernement canadien actuel a redoublé d'efforts pour faire respecter l'ETPS. Il refuse d'expliquer publiquement pourquoi il continue d'appliquer l'entente alors qu'il existe des preuves accablantes que les États-Unis ne sont pas un pays sûr. Les efforts visant à obtenir des comptes par l'entremise des tribunaux se heurtent à un mur.
Voici ce que je demande au Comité: exiger que la et le sous-ministre justifient, preuves à l'appui, le maintien de la désignation des États-Unis comme pays sûr pour les demandeurs d'asile. En l'absence de cette justification, le Canada doit se retirer immédiatement de l'ETPS et réaffecter les ressources pour s'assurer que le traitement des demandeurs d'asile se fasse de façon sécuritaire, régulière et ordonnée aux points d'entrée canadiens le long de la frontière canado-américaine.
Merci beaucoup.
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Notre message aujourd'hui est simple. Le système d'asile du Canada peut être à la fois efficace et humain si on y apporte des changements de politique réalisables et qu'on voit les demandeurs d'asile comme un atout plutôt que comme un fardeau. Le Centre de réfugiés a pu constater à quel point les inefficacités bureaucratiques ont une incidence directe sur la vie des futurs citoyens. Les documents qui arrivent en retard, l'inaccessibilité de l'aide juridique et les voies économiques limitées se conjuguent pour entraver l'établissement autrement réussi des demandeurs d'asile.
La première priorité consiste à moderniser le processus de délivrance des documents. Aujourd'hui, les demandeurs d'asile sont tributaires de documents papier qui arrivent souvent en retard, sont perdus ou mal compris par les fournisseurs de services. Nous proposons d'adopter une carte d'identité sécurisée, munie d'un code QR au verso, qui permettrait de télécharger automatiquement les permis de travail, l'état d'admissibilité et les évaluations de santé, selon un modèle utilisé en Suède. On réduirait ainsi considérablement les délais liés au traitement des demandes et aux envois postaux, on rétablirait la dignité des demandeurs qui accèdent aux services et on accélérerait leur entrée sur le marché du travail.
À l'heure actuelle, certains demandeurs attendent jusqu'à deux ans pour obtenir leur permis de travail initial, non pas parce qu'ils ne sont pas admissibles, mais en raison des goulots administratifs. Ce retard augmente directement la pression sur les systèmes d'aide sociale et les refuges provinciaux, tout en privant l'économie de travailleurs qui sont prêts et disposés à apporter leur contribution. Les données montrent que les demandeurs d'asile font déjà état de revenus plus élevés que ceux des autres catégories; dans certaines provinces, leurs revenus s'approchent de ceux des migrants économiques. Des documents produits plus rapidement veulent dire une intégration plus rapide et de meilleurs résultats économiques.
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Deuxièmement, nous devons aussi uniformiser l'accès à l'aide juridique pour les demandeurs d'asile partout au Canada.
L'accès à la justice ne devrait pas dépendre de la province d'arrivée. Pourtant, les couvertures de l'aide juridique, les modèles de rémunération et la disponibilité des avocats mandatés varient considérablement.
Au Québec, les barèmes d'honoraires manquent de réalisme et de flexibilité, et ils dissuadent ainsi les avocats d'accepter des dossiers d'aide juridique.
En Ontario, la rémunération à l'heure s'est avérée un succès. Le résultat est prévisible: les services aux demandeurs sont surfacturés, ces derniers sont mal conseillés et ils sont exploités par des tiers aux intentions douteuses. Les gouvernements en paient le prix plus tard sous forme d'augmentation des appels, des contrôles judiciaires et des demandes abandonnées.
Une enveloppe financière fédérale-provinciale à frais partagés, associée à des modèles de rémunération normalisés, améliorerait la représentation, réduirait les coûts en aval du système et appuierait les priorités d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, ou IRCC, comme la mobilité des communautés francophones et rurales.
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C'est une très bonne question.
Nous aimerions bien pouvoir collecter des données pour faire un suivi et savoir où les personnes vont. C'est un objectif, mais nous n'avons malheureusement pas le financement pour le faire. Par contre, selon nos estimations, environ la moitié des demandeurs d'asile vont aller vers leur réseau, que ce soit leur famille ou des personnes qu'elles ont rencontrées dans leur parcours migratoire. Quant à l'autre moitié, ce sont des gens qui auront plutôt besoin de passer par des centres d'hébergement, qui peuvent être gouvernementaux ou non, selon le contexte provincial.
De notre côté, le Centre de réfugiés a un programme d'hébergement transitoire. C'est une expertise que notre organisme a développée. Ce que nous avons soulevé dans notre mémoire, c'est que l'hébergement n'est pas assez financé, malheureusement, et que l'expertise se trouve vraiment du côté communautaire. De notre côté, nous sommes quand même en mesure d'offrir cet hébergement, à un coût trois fois moins élevé que celui des chambres d'hôtel subventionnées par le gouvernement fédéral à l'époque, à Niagara Falls.
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D'accord. Je vais intervenir.
La Cour suprême du Canada a conclu qu'une des parties au litige avait fait l'objet d'une détention arbitraire, risquait d'être renvoyée dans son pays d'origine et était détenue aux États-Unis dans des conditions de froid intense. En fait, on utilise un terme pour cela aux États-Unis, « the fridge », le frigo, c'est‑à‑dire qu'on place les gens en détention et qu'on baisse ensuite la température. La Cour suprême du Canada a mentionné que ce n'était probablement pas courant, que cela ne se produisait pas tout le temps et qu'il n'y avait aucune raison de penser que les demandeurs d'asile étaient systématiquement détenus.
C'est ce qui l'a amenée à conclure que les États-Unis, dans leur ensemble, n'étaient pas un endroit non sûr pour les demandeurs d'asile et, de plus, qu'il n'y avait pas de raison de croire que le Canada aurait dû être au courant de circonstances et de cas sans doute exceptionnels ou de situations anormales de ce genre. C'est la conclusion à laquelle le Canada était arrivé en 2023, mais cette conclusion, bien sûr, n'est aussi permanente que les faits sur lesquels elle est fondée le sont. J'espère que je n'ai pas à persuader ceux d'entre vous qui ont suivi ce qui se passe aux États-Unis que cela ne s'applique plus.
Je tiens également à souligner qu'il ne s'agit pas seulement de situations aléatoires. En fait, l'un des décrets du président Trump impose la détention obligatoire pour une période indéterminée aux personnes qui font l'objet de ce qu'ils appellent un « renvoi accéléré », et dans cette catégorie, on trouve les personnes qui demandent l'asile. C'est un changement radical. Il s'agit d'une détention automatique dans des conditions abusives pour les demandeurs d'asile qui font l'objet d'un renvoi accéléré. C'est un changement important.
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Merci, madame la présidente.
Je remercie les témoins d'être ici avec nous aujourd'hui.
Ça fait plusieurs fois que j'aide des personnes qui sont visées par une mesure de renvoi, alors qu'elles sont au pays depuis longtemps. On réussit parfois à les sortir de l'avion, littéralement. Ça m'est arrivé. Dans certains cas, ça avait pris trois, quatre ou cinq ans pour traiter leur demande d'asile.
On parle souvent de la difficulté que les demandeurs d'asile éprouvent à se loger et à avoir accès à l'aide juridique, ainsi que des difficultés liées au financement pour les organismes qui s'occupent d'eux.
Plutôt que d'essayer d'éteindre des feux tout le temps, ne devrait-on pas se pencher sur les délais de traitement des demandes d'asile? N'est-ce pas le nœud du problème, la base?
Si on parvenait à réduire ces délais afin d'atteindre un seuil qui a du bon sens, ne viendrait-on pas régler beaucoup de problèmes?
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Oui. C'est un très bon point.
Les délais de traitement sont un problème majeur, y compris dans le processus de demande d'asile lui-même. Parfois, il n'y a pas seulement des délais de traitement pour une partie, mais on reporte aussi énormément d'éléments, comme l'audience. Il y a donc beaucoup de changements à la dernière minute. Ce sont aussi toutes des communications qui se font par courriel. Il y a donc une question de littératie qui entre en jeu, car ce n'est pas tout le monde qui est habitué à utiliser la technologie.
Au-delà des délais, on peut aussi parler de la difficulté à accéder à la justice et à une bonne représentation. Ça fait aussi partie des problèmes des personnes que vous avez peut-être vues sur le terrain et qui se sont retrouvées à faire l'objet d'une mesure de renvoi. Nous voyons beaucoup de fraudes. Il y a des personnes qui, n'ayant pu accéder à l'aide juridique, vont aller vers des représentants moins adaptés ou qui ne sont tout simplement pas compétents. Ceux-ci vont envoyer des lots de documents et des demandes copiées-collées. À ce moment-là, c'est sûr que la personne va rapidement être visée par une mesure de renvoi, parce qu'elle n'a pas été bien défendue. C'est beaucoup plus coûteux de revenir en arrière. Vous en êtes conscient.
Vous avez donc absolument raison, et il faut tenir compte de ces deux éléments-là en parallèle.
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Vous venez de soulever le dossier des consultants en immigration, qui ne sont régis par aucune règle, en fin de compte. C'est le far west, et il y a beaucoup d'exploitation de gens complètement vulnérables. Il y a carrément des réseaux qui sont mis en place. Ainsi, même si on veut intervenir, si de l'information fausse a été fournie par le consultant ou la consultante, on se retrouve le bec à l'eau, et ça devient difficile d'agir.
Cependant, il reste que le problème lié aux délais m'intéresse beaucoup, parce que je crois que ça pourrait vraiment être un game changer, comme le disent mes amis de ce côté-ci de la rivière des Outaouais. Souvent, le contexte peut changer. Si une personne fait une demande d'asile, qui est traitée quatre ans plus tard, peut-être que la situation problématique qui l'a poussée à fuir son pays n'existe plus. À l'inverse, une personne pourrait ne plus pouvoir retourner dans son pays depuis qu'elle est arrivée, parce que le contexte a changé.
Cela ne montre-t-il pas de façon évidente la pertinence de demander au gouvernement fédéral de faire des investissements pour réduire de façon rapide et radicale les délais de traitement relativement aux demandes d'asile?
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Absolument. C'est certainement une demande que le secteur fait depuis un certain temps, et notre collègue Mme Macklin pourrait probablement commenter cela aussi. Effectivement, plus les délais sont longs, plus il y a de chances que la situation change, qu'il y ait plus de travail à faire sur le dossier de la personne et que celle-ci doive s'adapter à une nouvelle réalité, tout simplement. C'est sûr et certain.
Par ailleurs, ça s'applique aussi à d'autres délais de traitement. Là, on parle des demandes d'asile, mais nous avons aussi mentionné les délais de traitement liés aux demandes de permis de travail. Au Québec, en 2024, lorsque ceux-ci étaient beaucoup plus raisonnables — on parle d'un délai de deux mois —, nous avons constaté une réduction de 60 % des demandes d'aide sociale de la part des demandeurs d'asile. Les gens ne sont donc pas là pour quémander.
Les gens veulent travailler et être autonomes. C'est évident que, ce qu'ils veulent, c'est que les délais de traitement soient plus rapides. Le sentiment d'impuissance et d'attente est le pire sentiment pour les demandeurs d'asile.
Sachant que les conventions internationales sont signées par le fédéral seulement et que les demandeurs d'asile et les réfugiés relèvent strictement de la compétence fédérale, je ne vois pas pourquoi les provinces, qui sont tributaires de la signature du gouvernement fédéral, devraient payer une facture qui incombe au fédéral, en fin de compte, puisqu'il est le seul et unique responsable. Je ne sais pas si vous êtes d'accord. C'est une proposition en lien avec la vôtre.
Par ailleurs, j'aimerais avoir vos observations sur la répartition des demandeurs d'asile sur l'ensemble du territoire canadien, puisqu'il y a des provinces qui ne fournissent vraiment pas leur part d'efforts, par rapport à l'Ontario et au Québec, par exemple.
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C'est une excellente question.
C'est une véritable occasion de faire preuve de leadership. Il y aura toujours des propos dirigés contre les immigrants dans le discours public. Ils sont toujours là, que les temps soient bons ou mauvais. La vraie question est de savoir qui reprend et exploite ses propos et qui fait l'effort de les contrer. C'est le travail des dirigeants politiques.
J'encourage le gouvernement et tous les parlementaires à prendre des mesures selon une approche descendante pour lutter contre la déshumanisation des non-citoyens — les allégations qui sont peu fondées. Par exemple, ils peuvent contester le fait que les nouveaux arrivants sont responsables de la pénurie de logements. La pénurie de logements nécessite une analyse économique très compliquée de la financiarisation, entre autres choses, du secteur du logement. Il faut penser à la manière de contrer le fait de blâmer, par exemple, les étudiants étrangers qui font ce que font tous les étudiants étrangers, à savoir étudier et, dans une certaine mesure, travailler et habiter dans des collectivités.
Il est très important de ne pas se contenter de prendre en compte les propos anti-immigrants ou les choses qui jettent le blâme sur les nouveaux arrivants pour les problèmes sociaux et économiques complexes, et de les exploiter à des fins politiques. Il est important de faire preuve de leadership. Le gouvernement l'a déjà fait dans le passé, et je pense qu'il peut le refaire.
En ce qui concerne l'Entente sur les tiers pays sûrs, je pense qu'il est temps que le gouvernement intervienne. Si nous sommes tous alarmés, comme nous devrions l'être, par le traitement réservé aux non-citoyens aux États-Unis, et si nous pensons que notre pays est meilleur dans son attitude et la façon de traiter les non-citoyens, alors il est temps d'intervenir et de le démontrer en révoquant l'Entente sur les tiers pays sûrs. Plutôt que d'investir des ressources, par exemple, d'un milliard de dollars dans l'ASFC pour militariser notre frontière, nous devrions investir cette somme pour assurer l'entrée sûre, régulière et ordonnée des demandeurs d'asile aux frontières terrestres, d'une manière efficace qui répond aux besoins des Canadiens et des demandeurs d'asile.
Je vous remercie de la question.
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Dans les propositions que nous faisons, c'est sûr que la question de la documentation est un défi majeur. On a parlé des délais pour l'obtention des documents, mais il est aussi question de la reconnaissance de ces documents.
Notre système d'immigration est un peu complexe, nous en convenons. Toutefois, le manque de connaissances et de personnel dans différentes institutions gouvernementales, par exemple dans les hôpitaux ou les écoles, et le fait que tout change très rapidement pour ces gens, qui sont incapables de se mettre à jour, font en sorte que beaucoup d'entre eux se font refuser des services auxquels ils ont normalement accès.
Toutefois, en raison de la méconnaissance de la situation, du fait que ces documents ne sont pas uniformes ou normalisés et du fait que beaucoup de petits documents s'ajoutent les uns aux autres, ce qui pourrait être réglé au moyen d'une carte avec un code QR qui rassemble tous ces documents, nous devons très souvent accompagner les gens à leur rendez-vous pour nous assurer qu'ils vont avoir accès aux services auxquels ils ont droit. Tout ça est un obstacle majeur.
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Merci, madame la présidente.
Merci aux témoins d'être ici.
Madame Macklin, je veux revenir sur un point que mon collègue, M. Ho, a évoqué. Par exemple, il y a eu le procès de trois hommes à Abbotsford qui ont assassiné un couple âgé, Arnold et Joanne De Jong. Le procès a commencé le mois dernier. L'un des accusés est un ressortissant indien qui est au Canada avec un visa étudiant.
Si un individu comme lui décide de demander l'asile après coup, après avoir été inculpé, croyez-vous qu'il devrait pouvoir demander l'asile, ou le Canada devrait‑il être en mesure d'expulser une personne comme lui?
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Absolument. Je vous remercie de la question.
Lorsque la plupart des gens pensent aux contributions que les demandeurs d'asile peuvent apporter au Canada, ils pensent à la main-d'œuvre, et c'est un fait indéniable. Les demandeurs d'asile soutiennent le Canada par leurs impôts et leur travail.
Les demandeurs d'asile sont en fait très compétitifs, en particulier dans la province de Québec, par rapport aux migrants économiques. Les demandeurs d'asile sont plus susceptibles d'être des entrepreneurs et de démarrer leur propre entreprise au Canada, apportant de nouvelles cultures et de nouvelles perspectives. C'est certainement avantageux pour le Canada.
Une histoire que tout le monde connaît sans doute est celle de Peace by Chocolate. C'est certainement un exemple de réussite et une excellente histoire à souligner.
Merci.
Leur énergie change, bien entendu. Il y a une panoplie d'émotions, allant d'une grande excitation face aux possibilités qu'offre le Canada à une grande nervosité, peut-être, et il y a le fait qu'ils apportent leurs traumatismes passés avec eux.
Certaines choses sont très difficiles à oublier pour les gens. La paranoïa est bel et bien présente.
En ce qui concerne les façons dont nous aidons les gens à naviguer dans le système, nous offrons de nombreux ateliers différents qui les aident à comprendre le système et son fonctionnement. Bien sûr, il y a des obstacles, et nous faisons de notre mieux pour les surmonter. Citons la littératie numérique, par exemple. La majorité du processus se fait en ligne.
Le fait d'avoir des personnes à leur disposition au Centre pour les aider, leur montrer comment le système fonctionne et leur expliquer l'objectif visé est certainement un avantage pour eux.
[Français]
Nous reprenons la séance.
[Traduction]
Pour votre gouverne, car plusieurs personnes m'en ont fait part, nous terminerons précisément à 18 h 30. Ceux qui ont un rendez-vous galant ou un avion à prendre n'ont pas à s'inquiéter.
Je ferai quelques observations à l'intention des nouveaux témoins. Pour ceux qui sont sur Zoom — bonjour, monsieur Oldman —, veuillez cliquer sur l'icône du microphone pour activer votre micro et veuillez vous mettre en sourdine lorsque vous ne parlez pas. De plus, au bas de votre écran, vous pouvez sélectionner le canal approprié pour l'interprétation: le parquet, l'anglais ou le français.
Pour ceux qui sont dans la salle, vous savez tous que vous pouvez utiliser votre oreillette et sélectionner le canal souhaité. Comme toujours, je vous demande de bien vouloir attendre que je vous nomme avant de prendre la parole. Toutes les observations doivent être adressées par l'entremise de la présidence.
Je voudrais maintenant souhaiter chaleureusement la bienvenue aux témoins du deuxième groupe.
À titre personnel, nous accueillons Christopher Worswick, professeur, Études économiques, de l'Université Carleton.
Bienvenue, professeur Worswick.
Par vidéoconférence, au nom d'Immigrant Services Society of British Columbia, nous recevons M. Jonathan Oldman, directeur général.
Nous vous souhaitons chaleureusement la bienvenue.
Enfin, le dernier mais non le moindre, nous accueillons, du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants, M. Luc Bonaventure Amoussou, directeur exécutif.
[Français]
Je vous souhaite la bienvenue.
[Traduction]
Chacun de vous disposera de cinq minutes pour faire sa déclaration liminaire, après quoi nous passerons aux séries de questions.
Je vais commencer avec le professeur Worswick pour cinq minutes, je vous prie.
Je suis professeur au département d'économie de l'Université Carleton. Mes recherches portent sur les aspects économiques de l'immigration.
Je tiens à remercier le Comité de m'avoir invité à présenter un exposé sur les processus d'immigration du Canada.
Il s'agit d'un sujet très vaste. Comme je n'ai que cinq minutes pour ma déclaration liminaire, je vais mettre l'accent sur ce que je considère être la question la plus pressante liée au processus de l'immigration économique, à savoir la sélection des demandeurs principaux de la catégorie économique.
Depuis la fin des années 1960, le principal modèle que le Canada utilise pour choisir les immigrants est axé sur le capital humain. Plus précisément, nous avons choisi des demandeurs principaux de la catégorie économique qui ont fait des études et qui maîtrisent la langue. On veille en cela à faire en sorte que ces personnes puissent avoir des revenus élevés, peut-être pas dès la première ou la deuxième année de leur arrivée au Canada, mais dans un délai raisonnable.
En 2025, j'ai coécrit avec Matt Doyle et Mikal Skuterud une étude qui a été publiée dans le Canadian Journal of Economics. Dans cette étude, nous soutenons que pour maximiser le bien-être économique — que l'on mesure habituellement par le PIB par habitant, du moins, chez les économistes —, il faut sélectionner des demandeurs principaux de la catégorie économique dont les revenus, dix ans après leur arrivée au Canada, devraient être supérieurs à la moyenne nationale. En termes généraux, il s'agit là d'une façon sensée d'approcher la question de l'immigration économique.
Est‑ce possible? Je suis certain que oui, si nous prenons la sélection des immigrants au sérieux. Si nous examinons les candidats à l'immigration et les classons en fonction de facteurs tels que la scolarité et la maîtrise de la langue, puis que nous approfondissons les détails clés de leur formation, tels que leur domaine d'études, nous obtiendrons de bien meilleurs résultats pour les candidats les plus probants que nous sélectionnerons. Nous pourrions nous retrouver avec un apport d'immigrants moins importants sur le plan économique, mais beaucoup plus performant.
Beaucoup d'entre vous pensent peut-être que c'est plus ou moins ce que nous faisons, mais je dirais que nous nous en sommes éloignés depuis longtemps. Le système de sélection par catégories permet aux gouvernements de ne plus donner la priorité aux immigrants les mieux rémunérés et de mettre l'accent sur d'autres considérations stratégiques. Du reste, le nombre croissant de candidats provinciaux se concentre trop souvent sur des immigrants économiques peu qualifiés. C'est une autre façon de constater qu'il y a un écart important par rapport à notre ancien modèle fondé sur le capital humain.
Si le bassin potentiel de personnes souhaitant venir vivre au Canada est sans doute très important, beaucoup d'entre elles ne possèdent pas les compétences linguistiques et la scolarité nécessaires pour obtenir des revenus élevés au Canada. Comment cela se traduit‑il concrètement?
En économie, l'idée fondamentale est de faire des choix dans un contexte de rareté. Nous devons commencer à considérer les demandeurs principaux hautement qualifiés comme une ressource rare. Ce n'est qu'ainsi que nous pourrons envisager d'autres objectifs stratégiques, tels que les cibles d'immigrants francophones pour ceux qui s'installent à l'extérieur du Québec ou la priorité accordée aux immigrants économiques qui s'installeront dans de petites collectivités dans le cadre de programmes de candidats des provinces. Or, le fait d'ajouter ces considérations au modèle fondé sur le capital humain nous éloigne de notre objectif fondamental, qui est d'augmenter le PIB par habitant, et cela coûte cher à notre économie.
Je voudrais essayer de faire quelques analogies rapides. Le utilise souvent des analogies avec le hockey, alors j'ai pensé en essayer une, juste pour détendre l'atmosphère. Nous nous dirigeons vers les Jeux olympiques d'hiver. Supposons que nous ayons décidé que l'équipe féminine de hockey, plutôt que d'être composée des meilleures joueuses disponibles, allait être composée des meilleures joueuses disponibles tout en veillant à ce qu'au moins une joueuse vienne de chaque province et territoire. Cela pourrait certes avoir une valeur sur le plan stratégique, car ces femmes seraient de formidables modèles pour les membres de leur communauté, mais je crois que tout le monde se rendrait compte que cela risquerait vraisemblablement — voire considérablement — de réduire nos chances de remporter la médaille d'or.
Il n'y a pas lieu d'avoir de discussion sérieuse à ce sujet, mais je dirais qu'il en va un peu de même de nos programmes de candidats des provinces.
De même, que se passerait‑il si le gouvernement du Canada exigeait que les joueurs de baseball professionnels soient bilingues? Ce serait assez extrême comme position. Je pensais à l'anglais et au français, pas à l'anglais et à l'espagnol, ce qui rendrait la situation encore plus improbable. Cette politique limiterait considérablement les choix de l'organisation des Blue Jays et réduirait considérablement les chances de l'équipe de remporter la Série mondiale.
Je dirais que cela va dans le même sens que nos cibles d'immigrants francophones à l'extérieur du Québec. Pour être clair, il est tout à fait logique d'installer des immigrants francophones au Québec. Je ne critique pas cela.
Pour les immigrants économiques qui s'installent à l'extérieur du Québec, le fait de limiter une partie d'entre eux à des francophones n'aura très probablement aucune incidence sur ces communautés, mais pour y parvenir, nous devrons peut-être laisser tomber d'excellents candidats unilingues anglais ou allophones.
Idéalement, la sélection des demandeurs principaux de la catégorie économique devrait se focaliser sur les personnes qui auront des revenus supérieurs à la moyenne au Canada dans les 10 ans suivant leur arrivée, par exemple. Lorsque d'autres objectifs stratégiques sont proposés, nous devons nous attendre à ce que les immigrants sélectionnés aient des revenus moins élevés. Nous devons également être honnêtes et francs au sujet des compromis que cela implique.
Je vous remercie.
:
Madame la présidente, mesdames et messieurs les membres du Comité, bonjour. Je vous remercie de me donner l'occasion de m'adresser à vous aujourd'hui.
Je m'adresse à vous en tant que directeur général de l'Immigrant Services Society of British Columbia, ou ISSofBC, en tant que membre fondateur d'une initiative appelée « Le Canada auquel nous croyons » et en tant qu'immigrant de première génération.
Depuis 50 ans, l'ISSofBC aide les nouveaux arrivants à se bâtir une vie au Canada. Chaque année, des milliers de personnes se tournent vers nous pour trouver du travail, pour s'intégrer aux collectivités locales et améliorer leurs compétences linguistiques. Nous faisons partie d'un secteur dynamique d'aide à l'établissement enraciné dans les collectivités à l'échelle du pays.
Cependant, nous sommes désormais collectivement confrontés à de l'incertitude et à du scepticisme. Le discours public est passé d'un débat sain fondé sur un consensus sous-jacent à une division qui va en s'accentuant. Le discours est fortement axé sur les thèmes du contrôle et de la sécurité, et notre système est trop souvent présenté comme s'il tombait littéralement en morceaux. Les pressions exercées sur les infrastructures sociales sont souvent présentées de manière simpliste et attribuées à tort à l'immigration. Nous assistons même à l'importation d'un discours anti-immigration provenant de l'extérieur du Canada, d'un discours qui sape nos valeurs et cible les communautés de nouveaux arrivants.
Les données sur l'opinion publique brossent le portrait d'une perte de confiance à l'égard des capacités sur le plan économique et social, ainsi qu'un recul du soutien concernant l'intégration des réfugiés et des nouveaux arrivants. Cependant, les recherches montrent également que plus les gens connaissent les faits derrière l'immigration, moins ils s'en inquiètent. Fondamentalement, les Canadiens croient aux effets positifs de l'immigration.
Que manque‑t‑il pour aider les Canadiens à renouer avec la confiance? Beaucoup d'entre nous estiment qu'il faudrait une vision positive renouvelée de l'immigration qui réaffirmerait à quel point une stratégie d'immigration réussie est essentielle pour la prospérité, la diversité et la durabilité futures du Canada.
Près de 200 organismes de la société civile, d'organismes du monde des affaires et d'organismes communautaires à l'échelle du pays ont approuvé l'appel lancé par Le Canada auquel nous croyons en faveur de cette vision renouvelée, qui repose sur cinq principes phares.
Le premier principe est de mettre de l'avant des programmes d'immigration plus simples et plus clairs aptes à stimuler la croissance économique. Le système actuel est confus et trop fragmenté. Parallèlement, en Colombie-Britannique, par exemple, où l'immigration et la croissance démographique sont lentes, la demande de main-d'œuvre devrait dépasser l'offre de près de 170 000 personnes au cours de la prochaine décennie.
Le deuxième principe est une coordination pangouvernementale afin d'aligner l'immigration sur les tendances démographiques et la demande de main-d'œuvre, tout en garantissant les investissements communautaires nécessaires. Aujourd'hui, nous traitons encore ces questions comme des sujets distincts, alors qu'elles sont profondément liées.
Le troisième principe est le rejet des discours anti-immigration qui divisent et sont contraires à la réalité. Au Canada, nous parlons peut-être plusieurs langues et venons de nombreux endroits différents, mais malgré nos différences, nous veillons les uns sur les autres.
Le quatrième est un engagement renouvelé en faveur de programmes humanitaires robustes qui continuent de transformer des vies et font en sorte de préserver notre réputation à l'étranger. Aujourd'hui, trop de Canadiens peinent à comprendre comment fonctionnent les différents flux de réfugiés, comment nous atteignons nos objectifs et remplissons nos obligations, et comment le soutien aux réfugiés rassemble les collectivités.
Enfin, et c'est important, il faut des façons transparentes de mesurer le succès afin que nous puissions brosser un portrait clair des impacts économiques, sociaux et mondiaux de l'immigration, et dont les résultats peuvent être communiqués aux Canadiens. Le succès qui ne se définit principalement qu'en nombre total d'arrivées et de taux de population n'est plus suffisant.
Notre appel est encore plus pressant aujourd'hui qu'il ne l'était au moment où nous l'avons lancé, en avril dernier.
Au cours de ces audiences, vous avez entendu différentes propositions politiques particulières. Cependant, vous avez également entendu d'autres personnes, ainsi qu'un nombre croissant de voix dans les médias, les milieux politiques et les milieux d'affaires, dire que le moment est venu d'avoir une discussion plus étoffée sur l'immigration. C'est aussi ce que nous entendons dans nos conversations de tous les jours avec nos concitoyens.
Nous exhortons le Comité à formuler deux recommandations de base. Premièrement, il faut transformer le processus actuel de planification des niveaux d'immigration en une approche pangouvernementale et pansociétale qui coordonne et harmonise tous les éléments stratégiques et toutes les parties prenantes. Deuxièmement, il faut adopter les cinq principes phares de notre initiative, Le Canada auquel nous croyons, comme base d'une vision renouvelée. Le moment est venu de repartir à zéro. L'avenir du Canada en dépend.
Pour terminer, permettez-moi de vous parler d'Ebrahim, un jeune réfugié du Yémen qui bénéficie d'une protection ici au Canada. Présentés sous un certain angle, ces quelques mots à son sujet sont susceptibles de donner lieu à des images et des jugements très particuliers.
Ce qu'il faut également savoir à propos d'Ebrahim, c'est qu'il est développeur de logiciels, entrepreneur en herbe et bénévole au sein de sa collectivité. « J'ai tout laissé derrière moi », m'a‑t‑il confié lors d'une récente conversation, mais il croyait que le Canada « pouvait être un endroit où il allait être en mesure de se refaire une vie ». Nous nous devons de fournir à Ebrahim une vision de sa terre d'accueil tout aussi positive que la sienne.
Merci.
[Traduction]
Madame la présidente, mesdames et messieurs, je m'appelle Luc Bonaventure Amoussou. Je suis directeur général du Immigrants Working Centre, l'IWC, et vice-président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario. C'est un honneur pour moi de comparaître aujourd'hui au nom de la Ville d'Hamilton et de l'IWC, un organisme qui soutient les nouveaux arrivants depuis plus de 38 ans.
Je m'adresse à vous aujourd'hui non seulement en tant que dirigeant du secteur de l'établissement, mais aussi en tant que personne qui a vécu l'expérience d'immigrer au Canada. Avec plus de 25 années d'expérience en mobilité internationale, notamment au sein de l'ONU, je peux affirmer en toute confiance que le Canada demeure l'une des destinations les plus accueillantes et les plus attrayantes au monde.
Du point de vue de l'IWC, l'immigration est bien plus qu'une question de réussite sociale. C'est une nécessité économique pour le Canada. Selon Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, l'immigration représentera presque 100 % de la croissance de la population active d'ici 2030 et, d'ici 2032, elle devrait représenter 100 % de la croissance démographique du pays. Pour Hamilton, comme pour le Canada, l'immigration n'est pas une option: elle est essentielle à notre avenir économique.
La question aujourd'hui n'est donc plus de savoir si le Canada peut accueillir les nouveaux arrivants, mais comment il peut les accueillir — comment veiller à ce que ces derniers ne soient pas tenus responsables de défis sociétaux plus larges, et comment favoriser leur intégration dans nos communautés et sur notre marché du travail. Toutefois, notre capacité à soutenir efficacement les nouveaux arrivants est mise à l'épreuve. Bien que la stabilisation des niveaux d'immigration annoncée en novembre 2024 soit compréhensible, les compressions budgétaires introduites en avril 2025 ont mis notre secteur — et nos clients — sous une pression immense. Ces compressions ont affaibli des services essentiels et accentué les difficultés en matière de santé mentale auxquelles sont confrontés les nouveaux arrivants.
Il faut être clair sur un point: l'immigration est permanente. Le financement qui soutient l'intégration doit donc être, lui aussi, permanent. Le financement basé sur des projets crée des écarts, un roulement du personnel et une instabilité des services. Les services essentiels ne peuvent pas dépendre de projets pilotes à court terme. Nous recommandons fortement de revenir à des cycles de financement de cinq ans pour le secteur de l'établissement, et de prolonger de deux ans les accords actuels.
En tant qu'organisme de première ligne qui travaille avec des milliers de nouveaux arrivants chaque année, nous constatons directement comment les processus d'immigration façonnent leurs premières expériences au Canada. Les nouveaux arrivants font régulièrement face à des exigences documentaires complexes, à des consignes peu claires, à des obstacles numériques et à des délais de traitement prolongés. Même de petites erreurs peuvent retarder une demande de plusieurs mois, entraînant perte d'emploi, difficultés financières, séparation familiale et impacts sérieux sur la santé mentale. Au cours des derniers mois, nous avons observé une hausse importante de la vulnérabilité psychologique chez notre clientèle. Les organismes d'établissement comme le nôtre jouent un rôle essentiel pour aider les nouveaux arrivants à surmonter ces défis.
Une collaboration renforcée entre Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada et le secteur de l'établissement permettrait de résoudre nombre de ces difficultés. Voici les quatre points sur lesquels il faut se concentrer: réduire les obstacles numériques et linguistiques, améliorer la communication avec les partenaires de première ligne, réviser l'impact des outils de traitement basés sur l'IA et veiller à ce que les instructions des demandes soient claires, complètes et cohérentes.
Les organismes d'établissement ne sont pas seulement des fournisseurs de services: ce sont des partenaires. Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada et le secteur de l'établissement peuvent travailler ensemble pour rendre le système canadien plus efficace.
Permettez-moi de conclure en disant ceci: la réussite économique du Canada dépend de l'immigration — et la réussite de l'immigration dépend de services d'établissement solides, stables et adéquatement financés. Lorsque les nouveaux arrivants réussissent, le Canada réussit avec eux.
Merci beaucoup.
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L'article dont j'ai parlé plus tôt a été rédigé avec Mikal Skuterud et Matthew Doyle. Nous avons commencé à y travailler autour de cette période. Il est possible que ce soit une première version de cet article.
La croissance des niveaux d'immigration permanente nous préoccupait. Finalement, l'extraordinaire croissance de la migration temporaire est devenue un problème plus important. La combinaison des deux changements a mené à une forte augmentation de la population, une augmentation jamais vue, du moins depuis les années cinquante. Je crois que cela a mis à mal notre capacité d'aider à l'établissement.
Je suis sensible aux difficultés de mon collègue ici présent. Ce doit être extrêmement difficile. C'est une combinaison de niveaux, laquelle, je sais, correspond à une autre partie de l'étude. Toutefois, c'est aussi lié à la sélection.
Mon collègue a mentionné, il a d'ailleurs parfaitement raison, que la croissance de la main-d'œuvre viendra de l'immigration. Or, ce n'est pas seulement le nombre de travailleurs qui importe, ce sont aussi les revenus. Si nous cherchons à financer des programmes sociaux, ce n'est pas seulement le nombre de personnes qui compte, mais leur degré de prospérité.
Je tiens à souligner clairement que je parle des programmes à caractère économique. Je suis un fervent partisan des programmes pour les réfugiés. Nous avons besoin de services pour aider les immigrants de catégories « réfugiés » et « regroupement familial ». J'aimerais simplement que nous ayons moins besoin de ces services pour les immigrants de catégorie économique.
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C'est parfait, madame la présidente. Il n'y a pas de problème.
Professeur Worsick, je vous suis très reconnaissant d'être ici aujourd'hui.
Vous serez agréablement surpris. Je pense que tous les membres du comité sont des amateurs de hockey. C'est évidemment, par définition, un sport on ne peut plus canadien.
Les analogies sont utiles, mais si nous poussons la vôtre jusqu'à sa conclusion logique, vous parlez en faite de différences de degrés plutôt que de catégories. J'entends par là, si nous poursuivons avec votre analogie, qu'il y a une différence entre un ailier droit et un joueur du centre, mais pas tant. Au bout du compte, ce sont des joueurs de hockey.
Votre analogie, et, bien franchement, votre argument général ne sont peut-être pas si justes que cela si on pense au rôle du système d'immigration dans l'amélioration de l'économie, dans le cas où on ne parvient pas à trouver au pays des personnes qui ont certaines compétences.
Dites-m'en un peu plus, parce que le raisonnement m'échappe. Je le dis en tout respect. Si nous cherchons à combler des lacunes dans les compétences, nous voudrons évidemment accueillir des personnes aux profils variés, y compris de la catégorie « revenus ». Les métiers présentent un défi. Il est difficile de trouver des personnes dans le secteur des métiers, pour donner un exemple. Vous pouvez aussi parler aux propriétaires d'entreprises dans des régions rurales ou éloignées. Il leur est très difficile de trouver des gens.
Il me semble que nous aurons des problèmes si nous faisons venir des personnes d'une seule fourchette de revenus ou d'une certaine catégorie de revenus, si vous voulez. Le système d'immigration devrait d'abord et avant tout être au service de l'économie.
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Merci, madame la présidente.
Je vais rester dans les analogies avec le hockey. Effectivement, le du Canada et toutes ses troupes libérales ont utilisé l'expression « elbows up » pendant la dernière campagne électorale, qui se traduit en français par « lever le coude ».
Cela dit, l'expression « elbows up », en anglais, veut dire se protéger au hockey. L'expression « lever le coude », en français, veut dire « prendre un coup » ou « prendre une brosse », par chez nous. Vous voyez qu'il y a quand même des différences entre le français et l'anglais qui font en sorte que c'est pertinent de soulever la diversité des mots. Même lorsqu'ils sont traduits mot à mot, ça ne veut pas dire qu'ils ont nécessairement le même sens.
Monsieur Worswick, lors de votre allocution d'ouverture, vous avez dit que les critères comme l'immigration francophone hors Québec nous éloigneraient de nos objectifs sur le plan économique.
Ai-je bien compris? J'ai peut-être mal compris, justement.
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Je vous suggère très humblement — vous en faites ce que vous voulez — de ne pas oublier certaines choses, lorsque vous faites ce genre de présentation. La langue, c'est un sujet très sensible, surtout dans les communautés qui sont en situation minoritaire à l'extérieur du Québec. L'immigration francophone hors Québec pour les francophones à l'extérieur du Québec, c'est éminemment important, voire vital, pour la survie et la croissance de leur population.
À ce moment-là, il ne faut pas seulement le voir d'un point de vue économique. Quant à moi, ça a aussi un bon potentiel sur le plan économique, de toute façon. Vous en faites ce que vous voulez. Franchement, il n'y a aucun jugement de ma part. C'est une suggestion que je vous fais. Il est important, dans un pays qui se dit avoir deux langues officielles, de favoriser les communautés linguistiques en situation minoritaire.
Cela m'amène à vous, monsieur Amoussou. Malheureusement, je n'ai plus beaucoup de temps. J'aurais aimé vous poser plus de questions.
Quels sont les principaux obstacles que rencontrent les nouveaux arrivants lors des premières étapes du processus d'immigration?
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Premièrement, le principal obstacle pour les nouveaux arrivants, c'est essentiellement la difficulté de trouver un travail qui correspond vraiment à leurs compétences et qui les valorise. Ils commencent toujours par trouver un travail précaire, pas bien rémunéré. Ça leur prend du temps avant d'atteindre leur plein potentiel.
Deuxièmement, aujourd'hui, surtout en Ontario, c'est le logement qui est devenu un problème. Sans crédit, c'est difficile d'être accepté par les locateurs. Ça devient un vrai problème. On trouve des gens à qui on demande de plus en plus un dépôt correspondant parfois à six mois de loyer avant qu'ils puissent avoir un logement.
Troisièmement, un autre obstacle important pour les francophones en général et les allophones, c'est l'apprentissage de la langue. Nous avons reçu beaucoup de gens d'autres pays et, pour vraiment apprendre l'anglais de manière à pouvoir fonctionner, cela prend au moins quatre ans. Certains ne veulent pas le faire, mais ça ne fait que retarder leur intégration économique et leur réussite.
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Quelqu'un parmi vous a mentionné les lacunes en matière de compétences. J'espère que vous avez suivi ce qui se passe dans le secteur postsecondaire, où l'on assiste à un afflux massif d'étudiants temporaires au pays, un phénomène que le Comité a étudié de manière assez approfondie. L'un des problèmes que j'ai constatés est que le gouvernement a modifié la façon dont les diplômés peuvent obtenir et conserver un emploi et accéder à la résidence permanente. Ce processus est désormais pratiquement à l'arrêt.
Dans ma circonscription, il y a le Collège Niagara, un établissement d'enseignement très important. Il offre des programmes de classe mondiale en arts culinaires, en brassage et en distillation, ainsi que des programmes de deux, trois et quatre ans. Auparavant, on pouvait obtenir un permis de travail pour une durée équivalente à celle des études; maintenant, une fois diplômée, la personne doit partir.
Je suis propriétaire d'une brasserie, donc je suis constamment à la recherche de brasseurs. Je n'arrive plus à en trouver, notamment parmi les diplômés de ce programme, car ils doivent quitter le pays. Cependant, les personnes qui obtiennent un... Sans vouloir manquer de respect aux arts libéraux, si vous avez un diplôme en sociologie, vous pouvez rester pendant une durée équivalente à celle de vos études. Considérez-vous cela comme un problème? Recommanderiez-vous des changements à cet égard?
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Oui, il faut reconnaître que, quoi que les gens en disent, nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne. Tout devient beaucoup plus difficile, parce que nous sommes immigrants et parce que nous sommes une génération nouvelle, ici. Nous avons remarqué que ça prend 10 ans à un nouvel arrivant pour rattraper le niveau de quelqu'un qui est né au Canada. Dès qu'il met le pied au Canada, il a 10 ans de retard, quel que soit le niveau d'éducation.
Au cours de notre processus d'intégration, nous essayons de réduire ce délai de 10 ans à 5 ans, si c'est possible. Toutefois, ça reste un gros défi. Un nouvel arrivant né en Algérie ou au Bénin a 10 ans à rattraper, surtout sur le plan du salaire, par rapport à quelqu'un qui est né ici, même en ayant fait les mêmes études et en ayant obtenu les mêmes diplômes.
Contrairement au professeur, je n'aimerais pas réduire l'immigration au Canada pour des raisons économiques. Oui, nous voulons réussir économiquement, mais il y a aussi un côté humain. Il faut faciliter le processus pour que celui qui arrive puisse contribuer de façon substantielle à l'économie du Canada. Il ne faut pas dire qu'on choisit quelqu'un seulement parce qu'il peut faire 100 000 $, et qu'un autre qui ne fera jamais 60 000 $ doit rentrer chez lui. Je crois que ce n'est pas bon et que cela ne donne pas une belle image à un pays.
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Merci, madame la présidente.
Monsieur Amoussou, je viens du Lac‑Saint‑Jean, une région assez éloignée, dans le nord du Québec. De plus en plus de nouveaux arrivants viennent sur notre territoire, et nous sommes heureux de les accueillir. Beaucoup de gens viennent se plaindre au bureau de député, qui est devenu une extension d'IRCC, parce qu'ils n'arrivent pas à parler à quelqu'un.
Des fois, ces gens sont perdus dans le processus. Nous sommes justement ici pour en parler.
N'y a-t-il pas là un problème évident lorsque les gens sont perdus dans les divers processus d'immigration au Canada et qu'ils ne peuvent pas être simplement accompagnés par le gouvernement fédéral, parce qu'ils n'ont pas accès à des services directs?
N'est-il pas là, le problème?
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C'est un gros problème, qui s'est intensifié dernièrement à cause de l'usage de l'intelligence artificielle. Les gens parlent à des machines, et non à des humains. Ils remplissent des fiches, mais, dès qu'il y a une erreur, le tout leur est retourné.
Aujourd'hui, même quelqu'un d'une organisation comme la nôtre, qui collabore directement avec IRCC, peut appeler un agent et attendre pendant quatre heures sans que personne ne réponde. C'est déjà frustrant pour des organismes partenaires comme le nôtre, alors imaginez la frustration d'un client qui appelle directement et qui n'obtient pas de réponse.
Je crois qu'on est en train de passer à un système piloté automatiquement par l'intelligence artificielle. Cependant, le côté humain est très important.
À part les immigrants de la catégorie économique, il y a des gens vulnérables ayant parfois des barrières linguistiques qui doivent parler à des robots ou à une interface d'intelligence artificielle. C'est vraiment dommage. Il faut un usage équilibré.
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Oui, merci de me donner l'occasion de le faire.
Le processus actuel du plan des niveaux tient compte de nombreux commentaires, mais nous entendons dire dans les communautés et dans différents secteurs qu'un processus à plus long terme, à l'échelle de l'ensemble du gouvernement, pourrait être envisagé, un processus qui — comme vous l'avez entendu d'autres témoins lors d'autres réunions — coordonnerait dans l'ensemble du gouvernement, et pas seulement à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, différents volets de l'immigration complémentaires et alignés, et qui permettrait une contribution plus structurée et plus influente de l'ensemble de la société à la planification des niveaux.
À l'heure actuelle, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada mène de vastes consultations, mais il ne s'agit pas d'un processus pangouvernemental ou impliquant l'ensemble de la société. Ce que nous constatons dans la couverture médiatique et la communication concernant le plan des niveaux, c'est qu'il est souvent réduit à deux chiffres. L'une des recommandations de notre initiative « Le Canada auquel nous croyons » fixe des objectifs stratégiques beaucoup plus clairs pour les volets économique, humanitaire et autres de l'immigration.
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Je crois que c'est tout le temps que nous avons.
Merci beaucoup, madame Tesser Derksen et monsieur Oldman.
Je tiens à remercier tous les témoins pour leur temps et leurs importantes contributions. À la lumière de cette excellente conversation, vous souhaiterez peut-être soumettre d'autres éléments au comité. Je vous encourage tous les trois à le faire. Merci encore.
Avant de lever la séance — car je sais que M. Brunelle‑Duceppe est pressé de partir —, je vous informe que la deuxième version du rapport préliminaire sur l'étude relative aux étudiants étrangers devrait être distribuée le vendredi 20 février. Afin d'avoir le temps de l'examiner, nous prévoyons tenir la première réunion d'examen le mercredi 25 février. D'ici là, nous prévoyons inviter des témoins pour l'étude sur l'immigration.
Je voulais simplement vous informer de ce qui était prévu pour l'instant.
Il est maintenant 18 h 30.
La séance est levée.