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Bonjour. Je souhaite à tous la bienvenue à la 21
e réunion du Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration de la Chambre des communes.
[Français]
Je veux commencer par souhaiter chaleureusement la bienvenue à M. Alexis Deschênes, qui fait maintenant partie de notre équipe.
[Traduction]
Nous accueillons un invité très spécial, l'honorable Greg Fergus. Je vous souhaite la bienvenue, à vous aussi. Merci d'être des nôtres aujourd'hui.
Merci à tous. Je commence habituellement à 11 heures pile, mais comme c'est un autre lundi frénétique, rien ne s'est passé comme prévu. Je vous remercie tous de votre patience.
Nous avons aussi parmi nous M. Vincent Neil Ho. Je vous ai vu à notre dernière réunion, et je pensais que vous faisiez déjà partie de notre équipe. Je vous souhaite, à vous aussi, la plus cordiale des bienvenues parmi nous aujourd'hui.
La réunion d'aujourd'hui se déroule en mode hybride. J'aimerais formuler quelques observations à l'intention des témoins et, comme toujours, faire des rappels aux députés.
Je vois que nous avons une témoin sur Zoom dans le premier groupe. À titre de rappel, veuillez cliquer sur l'icône du microphone pour activer votre micro et veuillez vous mettre en sourdine lorsque vous ne parlez pas.
De plus, au bas de votre écran, vous pouvez sélectionner le canal approprié pour l'interprétation, que ce soit le parquet, l'anglais ou le français. Si vous avez des questions, faites‑le-nous savoir.
Si vous êtes présents dans la salle, veuillez utiliser votre oreillette et sélectionner le canal souhaité. Parfois, il est plus facile d'écouter l'ensemble des témoignages en anglais. Il arrive aussi que certains intervenants parlent à voix basse.
Pour vos exposés de cinq minutes, je vous ferai signe lorsqu'il ne vous restera plus qu'une minute. J'indiquerai également à mes collègues autour de la table lorsqu'il leur restera une minute pour leurs questions.
Bien entendu, il faut toujours attendre que je vous nomme avant de prendre la parole. Veuillez ne pas parler en même temps, car cela rend la tâche très difficile pour nos interprètes. Bien sûr, tous vos commentaires doivent être adressés à la présidence.
Chers collègues, veuillez lever la main si vous souhaitez prendre la parole. Le greffier et moi-même ferons de notre mieux pour gérer l'ordre des interventions.
Je vous remercie tous à l'avance de votre coopération.
Conformément à l'article 108(2) du Règlement et à la motion adoptée par le Comité le 16 septembre 2025, le Comité reprend son étude du système d'immigration canadien.
J'aimerais maintenant souhaiter officiellement la bienvenue à nos témoins pour la première heure de notre réunion d'aujourd'hui.
Nous accueillons, par vidéoconférence, Laila Elcano, fondatrice du Caregivers' Action Samaritan Movement — je vous souhaite la bienvenue. Dans la salle se trouvent deux autres témoins. Nous accueillons Nino Melikidze, d'Immitracker. Bienvenue. Nous recevons également Ranya Elfil, de la Sudanese Canadian Community Association. Bienvenue à vous aussi.
Vous disposez chacune de cinq minutes pour faire votre déclaration préliminaire, après quoi nous passerons aux questions.
Je vais commencer par Mme Elcano, qui est en ligne.
Merci, madame la présidente.
Bonjour à tous.
Je m'appelle Laila Elcano. Je suis une ancienne aide familiale. Je travaille aujourd'hui dans le secteur de la santé comme préposée aux services de soutien à la personne. Je suis également active au sein de ma communauté en tant que leader et bénévole. J'ai fondé l'organisation Caregivers' Action Samaritan Movement, ou CaSamaMo, pour permettre aux aides familiaux de s'entraider.
C'est un honneur pour moi d'être invitée à témoigner devant le Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration dans le cadre de son étude sur le système d'immigration canadien. J'espère que mon témoignage saura vous être utile.
En tant qu'aide familiale, je connais de première main les tensions émotionnelles et psychologiques associées à ce travail. Même si j'ai eu la chance de travailler pour une famille aimante et compréhensive, le fait d'être séparée de ma propre famille à l'époque était déjà très difficile, mais il y avait aussi un sentiment d'incertitude. Par moments, l'impression de ne pas avoir de contrôle sur ma propre vie devenait presque impossible à supporter.
Les aides familiaux ou les aides-soignants sont l'épine dorsale de l'économie canadienne. Ils accomplissent un travail essentiel et indispensable à l'économie canadienne. Sans eux, les parents de jeunes enfants ne pourraient pas travailler. Les enfants de parents âgés, malades ou en perte d'autonomie ne pourraient pas, eux non plus, faire partie de la population active. Les familles dont les enfants ont des besoins spéciaux et les personnes handicapées comptent sur le soutien fourni par ces travailleurs. Les aides familiaux apportent un sentiment de normalité en assumant les tâches et les responsabilités que la famille n'est pas en mesure d'assurer pour leurs proches. Il est donc parfaitement juste que ces aides familiaux bénéficient d'une transition simple, fluide et facile vers la résidence permanente, mais le gouvernement les laisse tomber.
Le système d'immigration du Canada comprend un programme de réunification des familles. Il est ironique que le système qui rend possible la réunification des familles soit aussi celui qui déchire des familles. Combien d'aides familiaux vivent séparés de leurs enfants?
L'une des représentantes de CaSamaMo a cinq enfants — quatre garçons et une fille, qui est l'aînée. Il y a deux ans, son mari et ses quatre garçons sont venus s'établir au Canada. Malheureusement, leur unique fille est restée aux Philippines. Pourquoi? C'est parce qu'elle a plus de 22 ans. J'estime — et vous en conviendrez tous, j'en suis sûre — que nos enfants restent nos enfants, quel que soit leur âge. Ils le sont pour la vie. Pourquoi la fille ne pourrait-elle pas rejoindre sa famille installée au Canada? Le plus triste, c'est que leurs fils ici ne peuvent même pas publier de photos d'eux profitant d'un repas au restaurant — ni aucune autre photo —, parce que leur sœur, restée là‑bas, se sentirait alors triste, seule et abandonnée.
Une autre de nos représentantes a pu faire venir son mari, mais pas ses deux enfants. Pourquoi? Ils avaient dépassé l'âge de 22 ans. Après avoir sacrifié tant d'années de séparation, cette mère vieillira ici avec son mari, pendant que leurs deux enfants resteront dans leur pays d'origine.
Dans les deux cas, ces personnes doivent endurer toute une vie de souffrance émotionnelle et psychologique. Est‑ce cela, la réunification des familles? Heureux sont ceux qui n'ont jamais eu à vivre une telle situation.
Compte tenu de la situation actuelle des demandes de résidence permanente — entre les retards, l'accumulation des dossiers et l'absence de voies d'accès concrètes ou solides —, de nombreux autres aides familiaux se retrouveront séparés de leurs enfants, car ceux‑ci finiront inévitablement par atteindre l'âge de 22 ans.
L'évaluation des diplômes d'études suscite également de vives inquiétudes. Je me souviens qu'en 2021, il y avait beaucoup de confusion, d'anxiété, de stress et de détresse dans la communauté des aides familiaux, surtout pour ceux qui étaient déjà ici lorsque cette nouvelle exigence a été annoncée. Nous avons même envoyé une pétition au ministre de l'Immigration de l'époque, Marco Mendicino — pétition qui avait récolté près de 300 signatures — pour lui demander de revoir cette exigence. La voie d'accès de la résidence temporaire à la résidence permanente a été lancée, et la plupart des signataires de la pétition ont pu présenter une demande. Aujourd'hui, la plupart de ces aides familiaux ont obtenu leur citoyenneté, et ils s'épanouissent, s'intègrent avec succès et contribuent pleinement à la société canadienne.
La plus grande source de préoccupation concerne le test de compétence linguistique par l'entremise de l'IELTS et du CELPIP, soit respectivement le système international de tests de la langue anglaise et le programme canadien d'évaluation du niveau de compétence linguistique en anglais. Dans le cadre du Programme des aides familiaux résidants, l'évaluation des diplômes d'études et la preuve de compétence linguistique n'ont jamais fait partie des exigences. Pourtant, tous les aides familiaux ayant participé à ce programme mènent une vie épanouie et prospère. Certains sont des entrepreneurs ou des propriétaires d'entreprises. Ils contribuent à l'économie et à la société canadiennes.
Lors de la dernière table ronde à laquelle j'ai assisté avec le ministre de l'Immigration de l'époque, l'honorable , ainsi qu'avec la et la ministre de l'époque, Ya'ara Saks...
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Merci, madame la présidente et distingués membres du Comité.
Je suis l'une des rares entrepreneures en technologie dans le domaine de l'immigration, et je dirige la plus grande plateforme grand public d'agrégation de données sur l'immigration canadienne. De plus, ayant moi-même immigré par l'entremise du programme Entrée express en 2018, j'en suis en quelque sorte le produit. De mon point de vue unique, le système d'immigration canadien est mis à rude épreuve, non pas parce que l'immigration a perdu de sa valeur, mais bien parce que le système a de plus en plus perdu de vue son objectif.
Lorsque le programme Entrée express a été lancé en 2015, son rôle était clair: il s'agissait d'un mécanisme de sélection pour l'immigration économique en fonction du classement des candidats qualifiés selon leur mérite. Pendant plusieurs années, le système a bien fonctionné. Il sélectionnait de manière prévisible les candidats les plus susceptibles de réussir leur intégration. Depuis, toutefois, le système a commencé à se détériorer. Je voudrais m'attarder sur deux questions interreliées qui expliquent cette dégradation: la mise en œuvre des cibles d'immigration francophone et la mauvaise gestion des catégories d'immigrants qualifiés.
Commençons par l'immigration francophone. Le gouvernement fédéral a établi, en 2025, une cible de 8,5 % pour l'admission de résidents permanents d'expression française hors Québec, et ce pourcentage passera à 10,5 % d'ici 2028. Soutenir les communautés francophones en situation minoritaire est un objectif valable. Le problème est de savoir où cette cible est appliquée. La langue n'étant pas évaluée dans les volets du regroupement familial, des réfugiés et des considérations d'ordre humanitaire, il n'y a pas moyen d'utiliser ces catégories pour atteindre les cibles d'immigration francophone. Ainsi, le programme Entrée express se retrouve, par défaut, à porter tout le poids. Ce n'est pas formulé explicitement, mais c'est la réalité opérationnelle, et les répercussions sont évidentes.
En 2025, une part importante des invitations envoyées dans le cadre du programme Entrée express — 42 % du total — s'adressait à des francophones. La plupart étaient des candidats à l'extérieur du Canada, sans expérience de travail ni formation au pays. Parallèlement, la catégorie de l'expérience canadienne — la voie d'accès conçue pour les personnes qui travaillent déjà au Canada — a subi une diminution du nombre et de l'ampleur des rondes d'invitations. La disparité entre la qualité des candidats était frappante: en effet, la note moyenne dans le système de classement global s'élevait à 529 pour la catégorie de l'expérience canadienne par rapport à 422 pour les candidats francophones. C'est une différence de plus de 100 points. Ce résultat découle de cibles motivées par des considérations politiques, et non par la qualité des candidats.
Selon le rapport de consultation des intervenants, publié en 2024 par IRCC, seulement 14,6 % des répondants considéraient l'immigration francophone comme une priorité absolue, alors qu'une forte majorité mettait l'accent sur les impératifs économiques et les besoins du marché du travail. Pourtant, en 2025, ce sont les cibles d'immigration francophone qui ont occupé une place dominante dans le programme Entrée express.
Quel a été le résultat? Premièrement, le programme Entrée express est déformé et ne parvient plus, bien souvent, à donner la priorité aux candidats ayant le plus grand potentiel de s'établir avec succès au Canada. Deuxièmement, les nouveaux arrivants francophones sont dispersés dans tout le pays, souvent dans des régions où les possibilités d'emploi en français ou les infrastructures d'accueil sont limitées. Il existe déjà un mécanisme plus adapté. Il s'agit du Programme pilote d'immigration dans les communautés francophones, qui permet d'arrimer les objectifs linguistiques à des régions précises qui disposent de la capacité et de la demande nécessaires pour soutenir l'établissement des francophones. C'est précisément dans ce cadre que l'immigration francophone hors Québec peut être mise en œuvre de manière efficace.
En ce qui a trait à la catégorie des travailleurs qualifiés, la filière des sciences, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques, ou STIM, s'est pratiquement effondrée. Aucune ronde d'invitation axée sur ce domaine n'a eu lieu depuis avril 2024, et 19 professions essentielles en STIM — notamment les développeurs de logiciels, les ingénieurs et les scientifiques des données — ont été retirées des professions admissibles. Pendant ce temps, des métiers comme celui d'agent d'assurance y ont été ajoutés, même s'il s'agit essentiellement de fonctions liées à la vente. Quant à la catégorie des professions de la santé, elle n'a reçu que moins du tiers des invitations destinées aux candidats francophones en 2025, ce qui dénote une mauvaise hiérarchisation interne des compétences. Le résultat est prévisible. Les diplômés formés au Canada et les professionnels qualifiés, dont beaucoup travaillent déjà ici, perdent des voies d'accès claires à la résidence permanente. Le Canada forme des talents, mais n'arrive pas à les retenir. Ces conséquences découlent directement de choix politiques qui superposent des objectifs non économiques à des outils de sélection pour l'immigration économique.
Le mémoire que nous avons présenté au Comité propose un changement de cap sans équivoque. Premièrement, il faut séparer les objectifs linguistiques et culturels du programme Entrée express. Deuxièmement, il faut miser sur des programmes ciblés pour atteindre les objectifs en matière d'immigration francophone. Troisièmement, il faut rétablir la catégorie de l'expérience canadienne comme voie d'immigration fiable. Quatrièmement, il faut structurer et prioriser de façon optimale la catégorie des professions en STIM et celle des professions de la santé.
Le Canada a besoin d'un système d'immigration où chaque volet remplit la fonction pour laquelle il a été conçu. Pour que le tout reste fonctionnel, il faut revenir aux principes fondamentaux...
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Bonjour, et merci de m'accueillir.
Je m'appelle Ranya Elfil et je suis membre du conseil d'administration de la Sudanese Canadian Communities Association. Depuis le début de la guerre au Soudan en avril 2023, j'ai travaillé de façon soutenue avec Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, ou IRCC, afin de promouvoir la création des voies humanitaires destinées aux Soudanais touchés par la guerre — une tradition que le Canada a maintenue pour de nombreuses communautés en période de crise.
Le Soudan fait face à un génocide et connaît la plus grande crise humanitaire et de déplacement au monde. Je suis ici aujourd'hui pour témoigner de ce que vit notre communauté — retards prolongés, traitement inéquitable, disparités systémiques — et pour présenter des pistes de solution pour qu'aucune autre communauté n'ait à endurer ce que nous subissons.
Lorsque la guerre a éclaté, nous avons présenté un document d'orientation préconisant de multiples voies d'immigration. Au départ, IRCC s'est concentré sur une voie d'accès à des fins de réunification des familles, reconnaissant les répercussions directes sur les Canadiens et les résidents permanents dont les proches sont coincés au Soudan. Le programme a été lancé — après bien des retards — 10 mois plus tard, en février 2024. Le plafond était fixé à 3 250 demandeurs, puis il est passé à 5 000.
Les répondants devaient assumer l'entière responsabilité financière et démontrer un revenu important ou des liquidités de plusieurs milliers de dollars. Les demandeurs, dont beaucoup avaient tout perdu, devaient pour leur part s'acquitter de frais de traitement élevés. Par conséquent, notre communauté a transféré des millions de dollars à IRCC, des fonds qui auraient autrement pu aider des proches déplacés ayant des besoins urgents, comme de la nourriture et des médicaments. Cette situation a fait peser un fardeau financier très lourd sur la communauté. Il y a quelques jours à peine, une jeune membre de la communauté, Muna Jad Alrab — qui, comme tant d'autres, devait cumuler plusieurs emplois pour aider sa famille déplacée en attendant d'être réunie avec elle — est décédée subitement à Montréal, laissant derrière elle une famille en deuil et une communauté enragée.
Nous avons respecté ces obligations financières. Ce que nous n'avions pas prévu, ce sont les retards extraordinaires. Au cours des 13 premiers mois du programme, seulement 9 % des demandeurs sont arrivés au Canada. En octobre 2025, on a déclaré devant ce comité que les demandeurs soudanais pouvaient avoir à attendre jusqu'à 99 mois. Pour des personnes prises au piège dans une zone de guerre active, arrachées à leur foyer et privées de travail, de stabilité et de sécurité, un délai de 99 mois n'est pas simplement un retard. C'est une menace pour leur vie. Environ 7 000 à 8 000 personnes attendent toujours.
Nous avons, à maintes reprises, signalé à IRCC et aux ministres que des délais de traitement prolongés dans une zone de conflit auraient des conséquences mortelles. Notre comité a recensé des cas de demandeurs décédés dans l'attente — emportés par la violence, la chaleur extrême ou l'absence de soins médicaux. À Calgary, un répondant avait présenté une demande en février 2024 pour faire venir sa sœur et ses quatre enfants. Après des mois d'attente, elle a été tuée lorsque sa ville a été prise d'assaut par les Forces de soutien rapide. Ses enfants attendent toujours que leurs dossiers soient traités. Il ne s'agit pas de cas abstraits, mais bien de pertes évitables.
Nous sommes également profondément préoccupés par la révision à la baisse des engagements concernant les réfugiés pris en charge par le gouvernement, ou RPG. En septembre 2024, IRCC s'est engagé à réinstaller 4 000 RPG soudanais par année de 2025 à 2027, en accordant la priorité aux femmes touchées par la violence fondée sur le sexe. Or, en mars 2025, cette cible a été ramenée à un total de 4 000 arrivées d'ici la fin de 2026, soit un tiers de l'engagement initial. Par ailleurs, une demande antérieure visant à lever les exigences de détermination du statut de réfugié — ce qui aurait permis à un plus grand nombre de Soudanais d'avoir accès aux programmes de parrainage privé et communautaire — a été plafonnée à seulement 700 personnes. Alors même que le Soudan traverse la plus grande crise de déplacement au monde, réduire ainsi l'ampleur des engagements envoie un message inquiétant quant aux priorités et à la réactivité du système.
Nous avons également signalé, à de nombreuses reprises, des cas d'enfants ayant la citoyenneté canadienne qui se retrouvent coincés au Soudan.
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Souvent, ces enfants étaient les fils et les filles de pères canadiens décédés et vivaient avec leur mère soudanaise veuve. Bien que ces enfants soient canadiens, leurs mères avaient besoin d'un visa pour les accompagner, ce qui constituait un obstacle à leur départ d'une zone de guerre. Nous avons soulevé cette question en avril 2024, en juillet 2024, ainsi qu'à de nombreuses reprises par la suite.
Un enfant canadien s'est noyé dans un camp de personnes déplacées. D'autres enfants souffraient de la faim, n'étaient pas scolarisés, et n'avaient pas accès aux médicaments adéquats. Bien que certains progrès aient récemment été réalisés dans ce dossier, le rythme s'avère beaucoup trop lent.
Le Conseil canadien pour les réfugiés a démontré que les demandeurs africains font face aux délais de traitement les plus longs et que les bureaux africains chargés des visas ont la charge de travail la plus lourde et le moins de personnel. Notre expérience corrobore ces conclusions. Le problème qui se pose ici ne se limite pas à des retards opérationnels. Il s'agit d'un manque d'équité, de transparence et de cohérence dans la réponse humanitaire du Canada.
Si je peux me permettre, pour conclure, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, ou IRCC, devrait mettre en place un cadre normalisé de réponse aux crises avec des normes de service claires pour les zones de conflit actif, y compris des délais de traitement urgents et des critères transparents. Des mesures de protection de l'équité doivent être intégrées dès le départ dans les programmes humanitaires, notamment la publication de rapports sur les délais de traitement régionaux et l'octroi de ressources suffisantes aux bureaux des visas africains. Par ailleurs, IRCC devrait établir un protocole permanent pour les enfants canadiens bloqués à l'étranger, avec un traitement accéléré et des voies facilitées pour les accompagnateurs. Enfin, un engagement structuré et transparent avec les communautés touchées doit être formalisé afin de réduire l'incertitude et de prévenir les préjudices.
Les politiques canadiennes d'aide humanitaire devraient être évaluées...
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Je vous remercie, madame la présidente.
Merci à tous les témoins qui ont témoigné aujourd'hui sur trois sujets distincts, mais essentiels aux travaux du Comité.
Je souhaite consacrer le reste de mon temps de parole à des questions pour Mme Melikidze.
Vous avez écrit un article intitulé « Repenser le programme Entrée express pour favoriser la croissance économique ». J'aimerais citer un extrait de cet article:
L'un des changements les plus importants apportés au programme Entrée express du Canada est l'abandon discret de la catégorie STIM, malgré son rôle central dans l'économie fondée sur l'innovation et la productivité à long terme. Aucune ronde d'invitation axée sur la catégorie STIM n'a eu lieu depuis avril 2024, et l'IRCC n'a donné aucune indication quant à la date de reprise de ce type de rondes d'invitation.
Pourriez-vous nous donner votre avis sur les raisons qui ont motivé la suppression de la catégorie STIM du programme Entrée express, alors que l'on constate pourtant une pénurie de main-d'œuvre avérée au sein de plusieurs disciplines de cette catégorie de métiers?
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Pour répondre à votre question, permettez-moi d'abord de vous donner un exemple très parlant.
Il y a quelques mois, j'ai discuté avec un diplômé de l'Université de Toronto qui était bloqué à 499 points au titre de la catégorie de l'expérience canadienne, ou CEC, parce qu'il possède deux ans d'expérience professionnelle. Il est pourtant ingénieur civil et occupe un emploi bien rémunéré. Par contre, ce travailleur ne peut pas être sélectionné dans le cadre du programme Entrée express parce que les scores de la catégorie de l'expérience canadienne sont trop élevés, et qu'il n'a pas pu se qualifier pour une ronde d'invitation axée sur les STIM. Il m'a confié qu'il essayait de trouver une voie d'accès spéciale pour obtenir un autre visa afin d'acquérir une année supplémentaire d'expérience professionnelle suffisante pour pouvoir se qualifier pour la prochaine ronde d'invitation de la CEC. Voilà donc un exemple représentatif parmi tant d'autres.
Je me suis également entretenu avec des diplômés en intelligence artificielle de Waterloo qui décident de partir s'installer à San Francisco pour trouver un emploi dans une entreprise en démarrage plutôt que d'attendre la prochaine ronde d'invitation de la CEC axée sur les STIM.
Voilà donc les conséquences concrètes des nouvelles orientations du gouvernement en matière de sélection des immigrants.
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Je vous remercie, monsieur Davies.
Merci, madame Melikidze. D'ailleurs, je tiens à vous dire que vous avez un très beau nom de famille, il est presque aussi beau que le mien.
Nous éprouvons quelques problèmes techniques avec Mme Elcano.
Madame Elcano, je tiens à m'assurer que nous faisons tout notre possible pour vous inclure dans cette conversation. Pourriez-vous nous dire quelques mots? Dites-moi quel temps il fait là où vous vous trouvez, et nous verrons si nous pouvons vous faire participer à la discussion. Si ce n'est pas possible, vous devrez malheureusement nous faire parvenir votre témoignage par écrit.
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Je vous remercie, madame la présidente. Je tiens également à remercier tous nos invités.
J'avais quelques questions à poser à Mme Elcano, mais nous allons plutôt commencer par Mme Elfil. Si vous éprouvez des problèmes avec le son ou l'interprétation, merci de me le signaler.
Madame Elfil, merci d'être venue aujourd'hui, et félicitations pour tout le travail que vous accomplissez au bénéfice de la communauté soudanaise.
Nous devons tenir compte tenu du fait que les seuils d'immigration ont légèrement diminué récemment. Dans le cadre actuel de la politique de regroupement familial du Canada, quels changements, définitions, critères d'admissibilité et assouplissements en matière de traitement des demandes risquent d'avoir le plus grand impact immédiat pour les familles soudanaises?
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Au départ, l'engagement du gouvernement était d'accueillir ces familles soudanaises d'ici la fin de 2024, voire début 2025 au plus tard. Je ne pense pas que nous nous attendions à ce que l'attente se prolonge jusqu'en 2026, date à laquelle est censé débuter le Plan des niveaux d'immigration 2026-2028.
Le problème avec le nouveau Plan des niveaux d'immigration 2026-2028 est que le programme dont il est question a été placé dans une catégorie « Autres », et que cette catégorie est particulièrement restrictive, comportant seulement 5 800 places en 2026, puis 4 000 places en 2027 et en 2028. Les familles soudanaises sont placées dans la même catégorie que d'autres communautés qui se trouvent déjà sur le sol canadien, alors qu'elles se trouvent pourtant soit dans une zone de combat, soit dans des camps de réfugiés.
À mon avis, la meilleure solution serait de mettre en place une initiative spéciale visant à respecter l'engagement du gouvernement canadien à apporter une réponse rapide. Nous devons procéder à la réunification des familles dès que possible, comme cela avait été promis par le passé.
Le nouveau plan des niveaux d'immigration a été annoncé dans le budget de 2025. Le problème, c'est que les demandes d'immigration n'ont pas été traitées de manière équitable en 2025.
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Je vais vous présenter un problème. Pendant que vous parliez, j'ai reçu un courriel de ma circonscription, située en Gaspésie. Les gens dénoncent le fait que les permis de travail pour les travailleurs temporaires ne sont pas renouvelés.
Selon ce que nous comprenons, il y a eu un resserrement des règles pour les seuils, mais j'essayais de concilier tout ça. Je voulais aussi avoir votre vision des choses. Dans le budget de 2025, pour ce qui est du resserrement des règles visant des travailleurs étrangers temporaires, le gouvernement libéral indique que l'on va quand même tenir compte des besoins propres aux communautés rurales et éloignées.
De notre côté, au Québec et dans les régions du Québec, ce n'est pas ce que nous observons.
De votre côté, voyez-vous autre chose?
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Je ne vais pas mentir: je n'ai pas vu beaucoup de demandeurs pour les programmes destinés aux communautés rurales, car nous traitons des programmes plus généraux comme celui de l'Entrée express, et si nous parlons des programmes des candidats des provinces, nous parlons des flux les plus importants.
Cela dit, je ne sais pas exactement ce qu'il en est des renouvellements, mais en ce qui concerne les permis de travail en général, nous avons constaté une augmentation significative des délais de traitement depuis 2024. Si, auparavant, le traitement prenait quelques mois, il faut désormais compter plus de six mois pour certains permis de travail. Les délais de traitement sont clairement devenus plus longs et les retards se poursuivent dans cette catégorie.
Les permis d'études ont également pris du retard. Je sais, par exemple, qu'il n'est même pas possible de demander le permis de travail ouvert pour les jeunes pousses. Les personnes qui ont déjà fait une demande ont vu leur demande annulée, ou le traitement prend tellement de temps qu'il est presque impossible d'obtenir le permis.
Je suis en mesure de parler de cette partie‑là du problème. Cependant, en ce qui concerne la question précise que vous avez posée, je ne dispose malheureusement pas des données nécessaires, mais je pourrais essayer de les trouver pour vous par la suite si vous le souhaitez.
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Parlons maintenant de l'immigration francophone.
Vous en avez fait mention, et vous n'êtes pas la seule. D'ailleurs, encore ce matin, nous avons vu dans un article que l'avocat Evan Green, qui est spécialisé en immigration, reprend un peu votre idée selon laquelle les balises quant à l'immigration francophone seraient une mauvaise politique publique, au bout du compte.
Le gouvernement a décidé d'augmenter les seuils d'immigration francophone, comme vous l'avez dit, pour des motivations politiques. En fait, c'est pour empêcher que la langue française disparaisse, tout simplement, à l'extérieur du Québec. J'ai séjourné un an en Saskatchewan, et je peux vous dire que l'assimilation y est galopante.
Cela dit, il y a ce discours qui dit de plus en plus que d'imposer un critère de langue viendrait trafiquer le système d'immigration.
Pouvez-vous nous expliquer cela? J'ai besoin de comprendre en quoi le fait d'avoir une exigence en matière d'immigration francophone est une mauvaise politique publique.
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Je ne pense pas que ce soit une mauvaise politique publique que d'avoir des niveaux particuliers pour l'immigration francophone. Je pense simplement que cette politique est mise en œuvre de manière extrêmement incorrecte, d'une manière qui, en fait, nuit au Québec, avant tout. Les données initiales du gouvernement concernant l'immigration francophone — je peux trouver la demande d'accès à l'information à ce sujet — indiquent que plus de 80 % des immigrants qui arrivent dans le cadre des programmes fédéraux francophones aboutissent au Québec, car il y a un manque de possibilités d'emploi en dehors du Québec pour les personnes qui ne parlent que le français.
Cela dit, ce n'est pas un problème s'ils vont dans des communautés francophones, ce que j'ai recommandé dans mon mémoire. Ils devraient aller dans des communautés francophones précises en dehors du Québec. Cependant, comme ils arrivent par l'intermédiaire du système Entrée express, ils vont n'importe où au pays, peu importe. Regardez le niveau de qualification de ces candidats. Ils sont généralement peu qualifiés, c'est pourquoi j'ai fait valoir cet argument concernant la différence de points. Ils ne possèdent pas la composante bilingue, donc ils ne maîtrisent pas suffisamment l'anglais pour décrocher un emploi là où cette langue est utilisée. On se retrouve alors avec un afflux d'immigrants peu qualifiés dont la principale compétence — celle pour laquelle ils ont été sélectionnés — est le fait de parler français. Ils viennent au Canada et, essentiellement, ils se retrouvent à chercher des possibilités d'emploi en dehors des communautés francophones et ne parviennent pas à s'établir avec succès.
Nous recommandons de lier le nombre d'immigrants francophones aux communautés francophones afin de faciliter leur installation et de les aider à trouver des débouchés sur le plan professionnel, afin qu'ils ne finissent pas par se replier sur le Québec. C'est là qu'ils ont le plus de chances de trouver un emploi après avoir sondé toutes les possibilités ailleurs, mais sans succès.
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Merci, monsieur Deschênes et madame Melikidze.
[Traduction]
Nous passons maintenant à notre deuxième tour de questions. Il nous reste environ 15 minutes. Nous allons commencer par M. Ho, pour cinq minutes, puis nous passerons à M. Zuberi, pour cinq minutes également.
[Français]
M. Deschênes aura ensuite la parole pour deux minutes et demie. Il restera ensuite seulement trois minutes.
[Traduction]
Je vais donner une minute et demie à M. Redekopp et une minute et demie à Mme Zahid.
Monsieur Ho, vous avez cinq minutes.
:
J'ai participé au programme Entrée express en 2018‑2019. Lorsque je suis arrivée au Canada et que j'ai suivi ce programme, c'était l'une des choses les plus incroyables que j'avais vues dans ma vie. Je ne pouvais vraiment pas croire qu'il existait un pays qui gérait correctement l'immigration. Je me souviens avoir dit à tous mes amis: « C'est incroyable. Ils comprennent vraiment comment hiérarchiser et classer les candidats qualifiés, et ils leur donnent des possibilités de s'intégrer à l'économie. »
Après 2020, le système d'immigration s'est mis à fonctionner un peu n'importe comment. Cela s'est produit pour trois raisons.
Premièrement, de nombreuses mesures ponctuelles ont été introduites à la suite de la COVID afin de compenser la pénurie de main-d'œuvre.
Deuxièmement, le nombre d'immigrants a été augmenté de manière aveugle. Si vous regardez les plans relatifs aux niveaux d'immigration, ils ont continué à augmenter chaque année.
Troisièmement, il y avait beaucoup de laxisme au sujet des fraudes qui se produisaient. Nous savions tous qu'elles avaient lieu. Je suis certaine que les membres de ce comité en ont beaucoup entendu parler lorsque cela a commencé. Ces problèmes n'ont vraiment pris fin que lorsque la situation est devenue tellement grave qu'il a fallu recourir à des mesures radicales et mettre fin à de nombreux programmes.
Les phénomènes les plus marquants que j'ai constatés ont été le fait qu'on ait augmenté les seuils de façon exponentielle sans se soucier des conséquences et le fait qu'on ait fermé les yeux sur de nombreuses fraudes.
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Merci, madame la présidente.
Merci aux témoins de leur présence.
Je commencerai par vous, madame Elfil. Merci de votre témoignage et d'avoir parlé de la situation très difficile qui prévaut au Soudan. Comme vous l'avez mentionné, il s'agit en ce moment de la plus grande crise humanitaire au monde, et nous nous en préoccupons.
Vous avez beaucoup parlé de ce qui se passe précisément dans le cadre du programme qui vous préoccupe, vous et d'autres membres de la communauté soudanaise au Canada. Je voudrais vous poser une question plus générale: comment croyez-vous que le processus d'immigration du Canada pourrait être amélioré pour les populations les plus vulnérables touchées par des conflits armés dans le monde? Cela s'appliquerait au Soudan, bien sûr, mais aussi à d'autres régions. Avez-vous des suggestions à ce sujet? Comment pouvons-nous améliorer notre processus d'immigration?
:
Je ne vais pas prétendre être une consultante en immigration ou quelqu'un qui connaît très bien ce domaine. Je vais parler du point de vue de la défense des droits, domaine dans lequel j'évolue depuis deux ou trois ans. Je dirais simplement qu'il faut avoir un système adéquat...
Je veux dire, l'immigration au Canada s'est toujours déclinée autour de piliers fondamentaux. L'immigration économique faisait partie de ces piliers, mais la composante humanitaire a toujours été au cœur de nos valeurs. Nous avons toujours défendu les communautés touchées par la guerre et créé des programmes pour ce faire.
Nous constatons un manque d'équité dans la réponse apportée à ces communautés. Il faut mettre en place un processus standard et transparent qui vise l'équité dans nos façons de répondre aux communautés en crise, avec des programmes ciblés pour aider ces dernières. Je crois que l'exemple du Programme de réunification des familles pour le Soudan est excellent, car il a directement aidé la communauté soudanaise au Canada, laquelle a été touchée mentalement et émotionnellement par la guerre et par l'effet direct que ce conflit a pu avoir sur leurs familles. C'est un exemple à reproduire, je pense, pour des cas similaires.
:
Merci, monsieur Deschênes.
[Traduction]
Je vous remercie, madame Elfil.
Cela met fin à la première heure de témoignages de la séance d'aujourd'hui. Je tiens à remercier tous les témoins d'avoir pris le temps de comparaître devant nous.
Je vous présente mes excuses, madame Elcano. Je pense que nous devons améliorer un peu notre façon de faire les choses. Vous avez fait tout ce qu'il fallait correctement en ce qui concerne le casque d'écoute, votre arrivée et votre tentative de procéder à l'essai technique. Nous devons trouver un meilleur moyen de nous assurer que tous les témoignages sont entendus, tout en respectant nos interprètes.
Merci à tous.
Nous allons maintenant suspendre la séance pendant cinq minutes afin de permettre à quelques personnes de changer de place.
La séance est suspendue.
J'aimerais souhaiter à tous la bienvenue à notre...
[Français]
Monsieur Deschênes, vous pouvez vous asseoir.
[Traduction]
Mesdames et messieurs les membres du deuxième groupe d'experts, je vous remercie de votre présence.
Comme toujours, je voudrais formuler quelques observations à l'intention de nos nouveaux témoins.
Personne n'est en ligne pendant cette partie de la réunion. Je suis heureuse que tous les participants à la séance soient présents dans la salle.
Veuillez mettre vos casques d'écoute et essayer de le faire à l'avance, car cela facilite l'écoute.
Veuillez adresser toutes vos questions à la présidence.
Bien entendu, vous pouvez cliquer sur l'icône du microphone pour activer votre micro. Veuillez vous assurer de sélectionner le canal qui convient si vous souhaitez écouter nos délibérations en français ou en anglais. Vous pouvez également régler le volume du casque en fonction de vos préférences.
Comme vous l'avez vu tout à l'heure, je préviendrai tous les intervenants lorsqu'il leur restera environ une minute.
Cela dit, je vais maintenant souhaiter officiellement la bienvenue aux témoins de notre deuxième groupe d'experts.
Nous recevons M. James Yousif, qui est avocat et qui témoignera à titre personnel.
Nous accueillons également un représentant de la Chambre de commerce du Canada, à savoir M. David Pierce, vice-président, Relations gouvernementales.
Les représentants de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada sont Mme Liane Roy, présidente, et M. Alain Dupuis, directeur général.
Chaque groupe disposera de cinq minutes pour s'exprimer.
Nous allons commencer par entendre M. Yousif pendant cinq minutes.
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Merci, madame la présidente.
Je vous remercie de m'avoir invité à comparaître devant vous.
Je tiens également à remercier l'Institut C.D. Howe d'avoir appuyé la publication, le mois dernier, de mon article sur la politique d'examen des dossiers de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié.
La politique d'examen des dossiers consiste à accepter rapidement les demandes d'asile sans tenir d'audience ni poser de questions au demandeur. Par exemple, entre janvier 2019 et février 2023, la CISR a accepté 24 599 demandeurs d'asile au Canada sans leur poser la moindre question. Cette politique est toujours en vigueur, et je pense qu'elle est problématique pour plusieurs raisons.
Premièrement, cette politique n'a pas fonctionné. Au cours de la période considérée, le nombre de demandes en attente est passé de 17 000 en 2016 à 300 000 en 2025, soit une augmentation de plus de 1 400 %.
Deuxièmement, cette politique pourrait également accroître les risques pour le Canada. L'audience sur la demande d'asile sert à détecter les risques pour la sécurité nationale et les fraudes. Si, au cours de l'audience, les questions soulevées déclenchent des signaux d'alarme, le membre de la CISR doit interrompre l'audience et en informer le ministre afin de lui donner la possibilité d'intervenir. Si la CISR accepte des demandes sans tenir d'audience ni poser de questions, ces risques ne seront jamais détectés, la capacité d'intervention du ministre sera réduite à néant et les risques pour le Canada augmenteront.
Cette politique pourrait nuire à la capacité des membres de la commission à évaluer librement les éléments de preuve contenus dans leurs dossiers, d'une façon qui n'est pas compatible avec le droit des tribunaux administratifs, en imposant une structure obligatoire de triage des dossiers dans laquelle des personnes autres que celles auxquelles le Parlement a délégué des pouvoirs évaluent les éléments de preuve contenus dans chaque dossier et font des recommandations implicites aux commissaires. Cela nuit à l'évaluation indépendante des éléments de preuve contenus dans leurs dossiers et incite les membres de la commission à prendre rapidement des décisions positives sans poser de questions.
Il est également préoccupant de constater que la CISR semble avoir mis en œuvre cette politique de manière unilatérale, sans consulter les ministres ou le Cabinet, alors que cette politique a des répercussions directes sur les mandats conférés par la loi aux ministres d'IRCC et de la Sécurité publique, ce qui ne devrait pas être possible. La CISR est un tribunal administratif. Elle n'a pas le pouvoir d'élaborer par elle-même des politiques qui ont des répercussions directes sur le mandat du ministre de la Sécurité publique ou du ministre de l'Immigration.
Par exemple, au Royaume-Uni, en France, en Nouvelle-Zélande et en Australie, un changement de politique comme celui‑ci aurait nécessité l'approbation des ministres, du Cabinet et, éventuellement, du Parlement.
Je pense que cela pourrait indiquer un problème structurel dans le modèle canadien. La CISR du Canada est peut-être trop indépendante; elle ne rend de comptes à aucun ministre. Pour cette raison, elle ne peut pas être observée avec clarté et ses actions sont imprévisibles. De manière plus générale, le taux d'acceptation ou de reconnaissance de la CISR est désormais passé à 80 % des demandes tranchées sur le fond, à l'exclusion des demandes retirées ou abandonnées.
À titre de comparaison, en 2024, l'Irlande a accepté 30 % des demandes tranchées sur le fond, la Suède, 40 % et l'Allemagne, 59 %. Les recherches semblent indiquer que les taux d'acceptation sont un facteur important dans le choix du pays de destination des demandeurs d'asile. Le taux d'acceptation exceptionnellement élevé de la CISR pourrait attirer davantage de demandeurs d'asile au Canada.
En conclusion, je formulerais deux recommandations.
La première consiste à abolir la politique d'examen des dossiers et à rétablir les audiences régulières en personne.
Deuxièmement, les ministres et le Cabinet devraient assumer la responsabilité de la politique en matière d'asile du Canada. Il pourrait être utile d'envisager le transfert des fonctions actuellement exercées par la CISR vers un cadre qui les place sous la supervision du gouvernement, d'une manière qui accorde un degré d'indépendance suffisant à chaque tribunal, mais qui aboutit également à une relation hiérarchique directe avec les ministres et le Cabinet. C'était l'une des recommandations formulées pour la Section de la protection des réfugiés dans le cadre de l'examen indépendant commandé par le gouvernement Trudeau en 2017. J'estime que c'est une bonne option qui mérite d'être envisagée pour les quatre tribunaux qui composent la CISR.
Je vous remercie de votre attention.
Bonjour, madame la présidente. Bonjour, mesdames et messieurs les députés.
Je vous remercie de me donner l'occasion de comparaître devant vous aujourd'hui au nom de la Chambre de commerce du Canada et de notre nouveau conseil sur l'immigration, afin de témoigner dans le cadre de votre étude sur le système d'immigration.
La Chambre de commerce du Canada est la plus grande association commerciale du pays. Elle est dotée d'un réseau actif de 400 chambres à l'échelle nationale qui représentent près de 200 000 entreprises. Nous sommes présents dans presque tous les secteurs, dans presque toutes les régions et certainement dans la plupart des circonscriptions électorales du Canada.
L'immigration est un moteur essentiel de la croissance économique du Canada. Pour des milliers d'entreprises, l'immigration temporaire et permanente n'est pas facultative. C'est un impératif économique.
Cet impératif économique est devenu encore plus pertinent en janvier dernier avec l'entrée en fonction de l'actuelle administration américaine. Depuis, les entreprises canadiennes sont soumises à des pressions en raison des risques réels ou potentiels liés aux droits de douane qui pourraient mettre fin à leur secteur d'activité. Elles subissent des pressions en raison des changements radicaux apportés à la politique fiscale américaine, et on leur demande de se diversifier vers de nouveaux marchés.
À une époque où les entreprises canadiennes doivent faire face à une concurrence sans précédent, le fait de faire face à une difficulté supplémentaire, à savoir une diminution de la main-d'œuvre, pourrait représenter un obstacle insurmontable pour elles. Cela les obligerait à prendre des décisions difficiles, comme la réduction de leurs services, la cessation de la production de certains biens ou, pire encore, la délocalisation de leurs activités dans des régions où elles peuvent trouver la main-d'œuvre nécessaire.
Je suis entré au service de la Chambre de commerce du Canada en janvier dernier. Au cours de l'année écoulée, j'ai eu l'occasion de rencontrer la plupart de nos membres. D'après les réunions que j'ai eues avec eux, je peux vous affirmer que, parmi leurs trois principales préoccupations, il y a toujours l'accès à une main-d'œuvre qualifiée ou l'accès à l'immigration pour développer notre économie. Ces facteurs figurent également parmi les trois principaux risques qu'ils perçoivent.
Le fait est que le taux de fécondité de notre population est historiquement faible, et cela s'ajoute à une diminution rapide de la main-d'œuvre en raison d'une vague imminente de départs à la retraite dans des secteurs essentiels de notre économie. Le fait est que nous sommes aux prises avec un problème démographique.
La Chambre de commerce du Canada et ses membres reconnaissent qu'au cours des dernières années, la croissance démographique rapide et disproportionnée de certaines collectivités canadiennes a exercé des pressions sur les logements, les infrastructures et les services sociaux, mais nous devons attirer votre attention sur le fait que ces pressions ne sont pas ressenties de manière égale dans l'ensemble du pays. Dans de nombreuses collectivités rurales ou éloignées, ainsi que dans certains secteurs particuliers de notre économie, les employeurs continuent de faire face à des défis persistants et structurels en matière de main-d'œuvre. Citons par exemple Thunder Bay, une grande partie du Nord de l'Ontario, certaines régions du Québec et du Canada atlantique, ainsi que l'ensemble de l'Ouest canadien.
Notre système d'immigration doit refléter l'ensemble des besoins du marché du travail en matière de main-d'œuvre hautement qualifiée, moyennement qualifiée et peu qualifiée dans les centres ruraux et urbains. D'après les recherches menées par notre laboratoire de données commerciales, environ 1 % de la main-d'œuvre canadienne est composée de travailleurs étrangers temporaires, qui jouent pourtant un rôle essentiel en comblant les pénuries dans les secteurs de l'agriculture, de la transformation alimentaire, de la construction, de l'hôtellerie, de la fabrication et des soins de santé.
Maintenant, soyons clairs. La Chambre de commerce du Canada croit fermement qu'un Canadien qualifié devrait avoir accès à un emploi au Canada et pouvoir postuler pour cet emploi. Ces emplois devraient être attribués aux Canadiens et aux résidents permanents qui les veulent et qui sont qualifiés pour les occuper, mais j'espère que nous pouvons tous tomber d'accord pour dire que, si ces conditions ne sont pas remplies et qu'aucun Canadien qualifié ne veut de cet emploi, un propriétaire d'entreprise canadien qualifié devrait être en mesure de trouver les travailleurs qualifiés dont il a besoin grâce à un programme comme le Programme des travailleurs étrangers temporaires, afin d'éviter d'être contraint de réduire sa production, de déménager son entreprise ou de fermer ses portes.
Au cours des deux dernières années, nous avons entendu de nombreuses critiques qui ciblaient le Programme des travailleurs étrangers temporaires, et la plupart d'entre elles étaient justifiées. Certes, la mise en œuvre du programme au cours des dernières années a posé des problèmes aux employeurs, sans aucun doute aux Canadiens et surtout à ceux qui participent au programme, mais cela ne devrait pas atténuer la nécessité, voire l'impératif, pour le Canada d'avoir un programme d'immigration qui permet aux employeurs d'avoir accès à une main-d'œuvre qui n'est pas disponible au pays.
Les multiples changements réactifs apportés à la politique d'immigration au cours des dernières années, tels que les modifications apportées au permis de travail postdiplôme et au Programme des travailleurs étrangers temporaires ainsi que la réduction générale des niveaux d'immigration, ont créé une grande incertitude et ont eu des répercussions négatives sur les entreprises et les collectivités partout au pays. Pris dans leur ensemble, ces changements ont érodé la confiance des Canadiens dans le système, tout en nuisant à la réputation du Canada à l'étranger en tant que destination pour les travailleurs les plus talentueux et les plus brillants.
Les entreprises et les Canadiens ont besoin que la certitude et la prévisibilité soient à nouveau au cœur de notre système d'immigration. Au nom de la Chambre de commerce du Canada et de notre conseil sur l'immigration, je tiens à vous dire que nous sommes impatients de vous aider à atteindre cet objectif.
Je vous remercie de votre attention.
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Madame la présidente, mesdames et messieurs les députés, bonjour.
Je vous remercie d'avoir invité la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, ou FCFA, à témoigner aujourd'hui.
Je m'appelle Liane Roy, et je suis accompagnée de notre directeur général Alain Dupuis.
Depuis 50 ans, la FCFA est la voix nationale et internationale des francophones, des Acadiens et des Acadiennes vivant en situation minoritaire dans neuf provinces et trois territoires. Elle est à la tête d'un réseau de plusieurs centaines d'organismes et d'institutions francophones de partout au pays. Elle est l'interlocutrice du gouvernement fédéral pour tout ce qui touche à l'épanouissement de nos communautés.
En 2001, la FCFA et son réseau ont fait de l'immigration francophone une priorité en matière de développement national de nos communautés. La FCFA a rapidement pris le leadership national dans ce dossier. En 25 ans, nos communautés ont fait d'immenses progrès. Par exemple, chaque province et chaque territoire compte désormais au moins un service d'accueil et d'établissement en français.
Sur le plan du recrutement, le bilan s'améliore, mais reste plus partagé. Dès 2003, le gouvernement et les communautés ont adopté conjointement une cible de 4,4 % pour l'immigration francophone en milieu minoritaire. Il a fallu 19 ans pour atteindre cette cible. Entretemps, il y a eu plusieurs années de stagnation. À peine 2 % des immigrantes et des immigrants admis ailleurs qu'au Québec étaient francophones. Le gouvernement fédéral comptait sur les instruments généraux d'immigration pour atteindre la cible, sans mécanisme particulier pour y arriver.
Or, la FCFA et son réseau ont fait valoir pendant des années qu'il leur fallait des programmes conçus expressément pour l'immigration francophone. Le gouvernement a modifié peu à peu le pointage accordé aux candidats et candidates admissibles au programme Entrée express qui connaissaient le français. C'est en partie ce qui a permis d'atteindre la cible de 4,4 % en 2022.
Par contre, à ce moment-là, nous avions pris du retard. La francophonie canadienne a, pendant une génération, été privée de l'immigration nécessaire à sa vitalité et à son renouvellement. Cela a occasionné une chute plus rapide du poids démographique de nos communautés. Une étude statistique commandée par la FCFA a révélé que, pour freiner et renverser le déclin démographique de nos communautés, il fallait désormais des cibles de 12 % dès 2024, qui passeraient progressivement à 20 % d'ici 2036.
La Loi sur les langues officielles, modernisée en 2023, engage le gouvernement à agir pour ramener le poids démographique de nos communautés à son niveau de 1971. Par conséquent, le gouvernement a adopté sa première politique en matière d'immigration francophone au début de 2024. Il a aussi revu à la hausse les cibles d'immigration francophone. En 2025, la proportion d'immigrants et d'immigrantes francophones admis ailleurs qu'au Québec se situait à 8,9 %. Les outils actuellement en vigueur, comme la sélection axée sur les ensembles dans le cadre du programme Entrée express, semblent insuffisants pour permettre d'atteindre des cibles d'immigration francophone plus élevées.
Par ailleurs, ces outils mènent à une concentration de l'immigration francophone dans deux provinces, soit l'Ontario et le Nouveau‑Brunswick. Or, toutes nos communautés veulent bénéficier de l'immigration francophone.
La politique lancée en 2024 promet la création d'un programme d'immigration économique propre à notre francophonie. Ce programme permettra de jumeler des immigrants et immigrantes à des besoins en main-d'œuvre, particulièrement dans les régions et en milieu rural où les besoins sont criants. Il permettra de retenir ces immigrants et immigrantes aux endroits où il existe de l'emploi.
Il permettra aussi de diminuer les pénuries de main-d'œuvre.
Il fera en sorte que les critères soient mieux adaptés aux réalités socioéconomiques des pays sources francophones, particulièrement l'Afrique. Enfin, il augmentera la capacité de la main-d'œuvre du Canada en matière de bilinguisme, avantage compétitif important à un moment où notre pays cherche à diversifier ses marchés, notamment avec les 90 États et gouvernements membres de la Francophonie.
Nous recommandons donc à ce comité de demander au gouvernement d'accélérer la mise en œuvre d'un programme d'immigration francophone économique distinct, en étroite collaboration avec nos communautés, pour que ce dernier voie le jour en 2026. De cette manière, IRCC aura tous les moyens nécessaires pour faire croître l'immigration francophone au pays, conformément à ses obligations au titre de la Loi sur les langues officielles modernisée.
Je vous remercie. Nous sommes prêts à répondre à vos questions.
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Je vous remercie de votre question.
À notre avis, l'immigration francophone à l'extérieur du Québec doit d'abord et avant tout répondre aux besoins économiques de la minorité francophone. Comme on le sait, nous sommes aux prises avec des pénuries de main-d'œuvre dans des domaines clés, comme l'enseignement. En effet, il manque au moins 15 000 enseignants de langue française et de langue seconde à l'extérieur du Québec. Par conséquent, si nous voulons maintenir un Canada bilingue, il nous faut certainement des enseignants qualifiés.
Il nous manque également 75 000 places en garderie francophone. Il est très difficile de placer ses enfants dans une garderie en français à l'extérieur du Québec. Comme on le sait, s'ils ne sont pas éduqués en français durant leur petite enfance, les enfants n'iront pas dans une école francophone.
Ce sont donc les deux secteurs fondamentaux pour l'avenir du bilinguisme au Canada, mais il y a également un potentiel à développer le bilinguisme dans d'autres secteurs. Nous savons que les secteurs des transports et du tourisme, par exemple, requièrent le bilinguisme pour bien accueillir les Canadiens et leur permettre de se déplacer.
On peut aussi compter sur la bilinguisation d'un plus grand nombre de secteurs de l'économie canadienne dans toutes les provinces et tous les territoires. En effet, nous sommes dans une période de diversification de l'économie canadienne. Plus nous utiliserons l'avantage du bilinguisme du Canada, plus nous pourrons diversifier les marchés.
Comme Mme Roy l'a mentionné, la Francophonie regroupe 90 États de partout dans le monde où on parle français. À notre avis, il est important d'appuyer le maintien et l'accroissement du bilinguisme au Canada.
Le fait qu'on a excédé la cible en 2025 est important. C'est un signe qu'on s'en va dans la bonne direction, mais malheureusement, il y a plusieurs années de retard.
De 2003 à 2019, on n'a pas pu atteindre les cibles de 4,4 %. Ce retard a vraiment causé une perte, sur le plan démographique, dans nos régions et dans nos communautés. Il est donc très important de s'assurer qu'on peut atteindre les cibles. Cela dit, il faut aussi fixer des cibles qui sont encore plus ambitieuses pour être capables, justement, d'assurer la vitalité de nos communautés.
Le a annoncé une cible de 12 % pour 2029. Toutefois, nous pensons qu'on devrait aller encore plus loin pour être capable de rattraper toutes ces années où on n'a pas atteint la cible.
Il y a quelques années, le commissaire aux langues officielles a mené une étude qui démontrait que le manque à gagner dans nos communautés — parce qu'on n'avait pas atteint les cibles pendant deux décennies — était d'environ 73 000 personnes. Nous sommes donc toujours dans cet aspect de rattrapage. Il faut atteindre les cibles, mais il faut avoir des cibles encore plus ambitieuses.
:
C'est une excellente question, et nous en parlons souvent.
Il est important de mettre en place des lentilles francophones dans les programmes existants à IRCC.
De plus, la politique lancée par le gouvernement en 2024, soit la Politique en matière d'immigration francophone, parle d'un programme d'immigration économique distinct pour les francophones.
Selon nous, il est très important que ce programme voie le jour. Nous recommandons qu'il soit mis en place le plus rapidement possible, parce qu'un programme d'immigration distinct pour les communautés francophones enverrait un message fort pour accroître l'immigration francophone. Ce serait un engagement pérenne dans l'évolution et la vitalité de nos communautés. Ça assurerait une cohérence avec la cible en immigration francophone. Ça assurerait une reddition de comptes détaillée. Ça s'alignerait sur la norme d'égalité réelle prévue par la Loi sur les langues officielles.
Comme je l'ai mentionné dans mes remarques d'ouverture, suivant la nouvelle version de la Loi sur les langues officielles, adoptée en 2023, il faut retourner au poids démographique des francophones qui existait en 1971.
Je veux d'abord vous remercier, parce que vous faites une contribution assez importante aujourd'hui. Vous nous exposez une façon de faire qui était jusqu'à aujourd'hui inconnue.
Si je comprends bien, les demandes venant de demandeurs d'asile ont augmenté à partir de 2017. À la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, on s'est alors dit qu'il fallait alléger les tâches et écarter les contrôles de sécurité, étant donné le surplus de travail.
Ce que vous nous exposez, c'est que, pendant quatre ans, 25 000 demandeurs d'asile ayant demandé le statut de réfugié ont été admis sans rencontrer aucun agent, sans qu'aucune question ne leur ait été posée et qu'on s'est fié uniquement sur leur déclaration écrite.
Ce processus n'était pas en vigueur avant 2019.
Est-ce bien ça?
:
C'est exact. En 2010, d'importants investissements ont été réalisés et des réformes ont été apportées au système. Le nouveau système a été mis en place en 2012. La clé de ces réformes était que la Commission de l'immigration et du statut de réfugié devait maintenir un certain niveau de finalisation des demandes chaque année. Entre 2012 et 2017, elle n'a pas été en mesure d'atteindre ces objectifs, et un deuxième arriéré s'est accumulé.
Ensuite, et je pense qu'il est important de comprendre ce point, en 2017, le gouvernement Trudeau a commandé une étude indépendante en raison de l'incapacité persistante de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié à rattraper son retard et à respecter ses engagements en matière de traitement des demandes. Le gouvernement Trudeau a chargé l'ancien sous-ministre Neil Yeates de diriger un examen indépendant du système d'asile.
M. Yeates examinait toutes les options. Son rapport a été publié. Il y avait deux options principales. La première était de laisser les choses telles quelles. La seconde consistait à mettre en œuvre ce qu'il appelait une « réforme structurelle majeure », c'est‑à‑dire transférer la division de la protection des réfugiés de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada afin qu'elle relève directement d'un ministre pour que les ministres et le Cabinet puissent exercer une surveillance et qu'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada puisse mieux contrôler cet aspect problématique du système.
En 2017, on faisait beaucoup pression sur la Commission de l'immigration et du statut de réfugié pour qu'elle augmente rapidement son taux de finalisation. C'est en utilisant l'outil politique que je viens de décrire qu'elle a réussi à le faire.
:
D'accord. J'en ai assez entendu sur ce sujet.
Je propose:
Que, compte tenu de l’article paru dans le National Post le 23 février 2026, intitulé « Overwhelmed by asylum claims, Ottawa coped by ignoring security protocols » (Submergé par les demandes d’asile, Ottawa fait fi des protocoles de sécurité), et à la lumière de son étude sur le système d’immigration canadien, le Comité invite la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada à comparaître devant lui pendant deux heures, dès que possible et au plus tard le mercredi 11 mars 2026.
Chers collègues, voici les raisons qui m'ont poussée à présenter cette motion. L'étude que nous menons actuellement vise à examiner les moyens d'améliorer l'ordre, l'équité et l'efficacité du système d'immigration canadien, et le système d'asile fait partie des points qui ont été abordés.
Nous avons entendu aujourd'hui que la Commission de l’immigration et du statut de réfugié a peut-être pris la décision unilatérale d'accélérer le traitement des demandes d'asile provenant d'une liste de pays, ce qui pourrait avoir compromis la sécurité du Canada. Je pense qu'elle doit comparaître devant le Comité pour expliquer ce qui s'est passé. Sinon, je pense que nous allons continuer à entendre parler de cette affaire dans les médias, et je voudrais que ces éléments soient consignés officiellement.
C'est très préoccupant, et ces éléments correspondent à la portée de notre étude. Il pourrait s'agir d'une autre liste de témoins.
Merci.