:
Je déclare la séance ouverte.
Bienvenue à la réunion no 19 du Comité permanent de la défense nationale de la Chambre des communes. Conformément à la motion adoptée le 23 octobre 2025, le Comité se réunit pour reprendre l'examen du projet de loi , Loi modifiant la Loi sur la défense nationale et d'autres lois.
La séance d'aujourd'hui se déroule sous forme hybride. Les membres du Comité sont présents en personne, et notre vice-président participe à distance au moyen de l'application Zoom.
Avant de poursuivre, je vous invite à consulter les directives qui se trouvent sur votre table afin d'éviter les effets Larsen et de protéger la santé et la sécurité de nos interprètes.
Je vous rappelle également, chers témoins et membres du Comité, de bien vouloir attendre que je vous nomme avant de prendre la parole. Si vous souhaitez intervenir, veuillez lever la main. La greffière et moi-même ferons de notre mieux pour gérer l'ordre des interventions. Pour l'interprétation, veuillez utiliser votre écouteur. Sélectionnez le canal approprié pour la séance, l'anglais ou le français. Encore une fois, toutes les observations doivent être adressées à la présidence.
J'aimerais maintenant souhaiter la bienvenue à notre témoin, l'honorable Sean Fraser, ministre de la Justice et procureur général du Canada.
Monsieur, je vous invite à présenter vos observations préliminaires. Vous disposez de cinq à sept minutes, selon le temps qu'il vous faudra pour expliquer combien vous-même et le gouvernement du Canada redoublez d'efforts pour aider les témoins et les victimes les plus vulnérables dans les Forces armées canadiennes.
Je vous en prie.
:
Je laisserai à d'autres le soin de s'exprimer à ce sujet.
[Français]
Merci, monsieur le président.
Je vous remercie tous..
Je suis très heureux d'être ici pour discuter du projet de loi .
J'aimerais d'abord dire que la sécurité publique est une grande priorité de notre gouvernement et des Canadiens.
[Traduction]
Cet automne, la sécurité publique et la réforme de la justice pénale ont été des points importants à l'ordre du jour du Parlement. Vous aurez constaté, à mesure que nous avançons, qu'une partie de cet ordre du jour concerne la réforme de la justice pénale. Nous voulons également nous assurer d'investir à l'avenir dans les services de première ligne, qu'il s'agisse de la GRC, des agents des services frontaliers ou des organismes de première ligne qui aident les victimes. Nous voulons également investir en amont dans le logement abordable, la santé mentale et la lutte contre les dépendances, ainsi que dans des programmes destinés aux jeunes à risque, afin d'aider à mettre fin à long terme à la criminalité et à la criminalité violente.
L'adoption de lois pénales plus strictes occupe une place importante dans cette stratégie. Au cours des derniers mois, plusieurs projets de loi importants en matière de justice pénale ont franchi les étapes du processus parlementaire. Il s'agit notamment de la , qui en est à l'étape de l'étude en comité, et de la , qui prévoit une série de réformes destinées à renforcer le régime de détermination de la peine et à faire en sorte qu'il soit plus difficile pour des récidivistes violents d'obtenir une mise en liberté sous caution.
Plus récemment, vous avez vu le projet de loi , la Loi visant à protéger les victimes, qui concerne une série d'infractions et de sanctions et vise la violence entre partenaires intimes, l'exploitation des enfants, les infractions sexuelles et les sanctions relatives à ces infractions. Ce projet de loi prévoit notamment des peines maximales plus élevées et le rétablissement, dans le respect de la Constitution, de peines minimales obligatoires que la Cour suprême du Canada a annulées.
Surtout, le projet de loi vise à régler le problème des délais dépassés dans le système de justice pénale, notamment en ce qui concerne les affaires d'agression sexuelle. Nous savons que ces affaires font depuis longtemps les frais d'un manque de ressources dans différents ordres de gouvernement et de délais dépassés qui conduisent malheureusement à l'abandon de trop d'affaires, non pas parce que quelqu'un est acquitté, mais à cause de retards. Nous voulons régler ces problèmes en mettant en œuvre de véritables réformes qui permettront de lutter contre les dépassements de délais dans le système, tout en veillant davantage à ce que les agresseurs soient pour finir traduits en justice.
Parallèlement, ces modifications que nous proposons aux lois pénales canadiennes dans un contexte civil créent des chevauchements qui amèneront à modifier des règles du système de justice militaire. Certaines de ces modifications ne figurent pas dans le projet de loi , mais dans les projets de loi et , que j'ai mentionnés, car nous essayons de décloisonner le gouvernement, afin de régler le problème plus généralement et pas seulement dans un ministère ou un autre.
D'autres réformes donnent directement suite aux rapports commandés à des experts de premier plan dans leur domaine, notamment les juges de la Cour suprême Fish et Arbour, afin d'apporter des changements au système de justice militaire. La conversation portera, je crois, sur deux réformes principales aujourd'hui, mais je suis disposé à répondre à des questions sur d'autres sujets.
La première réforme vise à faire en sorte que les plaintes pour infractions sexuelles ne relèvent plus de la compétence du système de justice militaire. Nous avons constaté de réels problèmes, mentionnés en particulier dans le rapport Arbour, qui montrent qu'il n'est pas judicieux que le système de plainte et le tribunal se trouvent dans la chaîne de commandement. Il existe des problèmes dans le système civil comme dans le système militaire, mais la juge Arbour estime qu'il s'agit d'un faux choix, en raison de la crainte de représailles. L'ingérence potentielle de la chaîne de commandement crée une culture où les gens hésitent à signaler des cas parfois flagrants d'agression sexuelle ou d'infractions sexuelles graves qui méritent de faire l'objet d'enquêtes et de poursuites telles que le plaignant ou la plaignante sache qu'il ou elle sera pris au sérieux.
Cela ne veut pas dire que tous les problèmes d'un système n'existent pas dans l'autre, mais simplement que c'est la solution recommandée par les personnes fort compétentes qui ont minutieusement étudié la question. Elles recommandent une voie particulière, qui figurait auparavant dans le projet de loi et qui est maintenant soumise au Comité dans le projet de loi .
La deuxième réforme que les membres du Comité voudront peut-être approfondir concerne les changements structurels proposés pour que certains acteurs du système de justice militaire soient nommés par le gouverneur en conseil. Là encore, cela permet d'éviter les problèmes qui se posent lorsque ces postes sont occupés par des membres de la chaîne de commandement. Cela ressemble plus au processus utilisé dans le système civil, qui permet, malgré la nomination par décret, une certaine indépendance dans son fonctionnement quotidien.
Il y a d'autres questions dont je serais heureux de discuter, mais je dirai simplement que j'espère que nous pourrons tous travailler ensemble afin de trouver la meilleure solution pour que les victimes de violence sexuelle ou d'agression sexuelle voient leur plainte faire l'objet d'une enquête approfondie, pour qu'elles se sentent suffisamment en sécurité pour porter plainte et, en fin de compte, pour que justice soit faite lorsqu'un crime a été commis.
Monsieur le président, voilà mes observations.
[Français]
Je vous remercie de m'avoir donné l'occasion de participer à cette discussion aujourd'hui.
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Merci, monsieur le ministre.
J'informe aussi les membres du Comité que nous avons parmi nous M. Matthew Taylor, avocat général principal et directeur général de la Section de la politique en matière de droit pénal du ministère de la Justice, et M. Owen Ripley, sous-ministre adjoint principal, Secteur des politiques du ministère de la Justice. Je vois aussi la colonelle Geneviève Lortie, juge-avocate générale adjointe, Modernisation de la justice militaire, Forces armées canadiennes.
Monsieur Bezan, notre vice-président, est en ligne.
Vous disposez de six minutes, monsieur.
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Parlons‑en, monsieur le ministre.
Je suis désolé de vous interrompre, mais mon temps de parole est limité.
La juge Arbour a dit cela, mais les juges Fish et Deschamps, qui ont tous deux siégé à la Cour suprême du Canada, ont dit que les victimes devraient avoir le choix.
Vous êtes prêt à écouter la recommandation de la juge Arbour, et nous respectons évidemment son travail en matière de droits de la personne et dans ce dossier, et nous l'en remercions. Cependant, deux autres juges estiment qu'il faut leur donner le choix. Le Comité a régulièrement entendu des personnes demander que les victimes aient le choix. Si vous vous appuyez sur la position de la juge Arbour, comment pouvez-vous ignorer celle du juge Fish, celle de la juge Deschamps et celle des personnes qui ont comparu devant le Comité? Pourquoi préférez-vous l'une plutôt que l'autre, monsieur le ministre?
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Merci, monsieur le président.
J'aimerais d'abord dire que nous sommes ici pour trouver le meilleur moyen de soutenir les victimes d'infractions sexuelles, et les travaux sur le projet de loi doivent le refléter.
Pendant cette étude, j'ai parlé du modèle québécois et du tribunal spécialisé en matière de violence sexuelle et de violence conjugale. Quelques témoins nous ont dit que ce pourrait être une bonne idée de faire quelque chose de semblable. Toutefois, il est essentiel que le gouvernement fédéral respecte les champs de compétence des provinces. Je pense que mon collègue serait d'accord là-dessus.
Monsieur le ministre, pouvez-vous nous dire de quelle compétence relèverait un tel tribunal? Ensuite, pouvez-vous nous parler de la façon dont on pourrait travailler avec les provinces pour encourager ce genre d'initiative?
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Si, dans un monde fictif, le gouvernement fédéral était habilité à créer des tribunaux spécialisés dans les provinces, mais que les professionnels de ces tribunaux n'étaient pas formés, cela n'améliorerait pas la situation des victimes.
[Traduction]
Nous devons nous assurer qu'il existe des systèmes prêts à fonctionner, avec des personnes sensibilisées aux traumatismes, qui ont reçu la formation voulue et qui ont mis en place des mesures de protection pour que les gens puissent parler, en sachant qu'ils seront pris au sérieux et qu'ils bénéficieront de toute l'aide nécessaire pour témoigner et exprimer pleinement leur point de vue.
[Français]
Ce n'est pas simple. Si le gouvernement fédéral insistait pour que les provinces créent des tribunaux spécialisés, mais que la formation n'était pas adéquate, ce ne serait pas une bonne chose. Toutefois, si les provinces créaient de tels tribunaux avec des investissements pour améliorer l'expérience des victimes, il serait alors possible d'améliorer la justice dans le cadre du processus de justice pénale.
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Les différents projets de loi pénale que nous avons présentés dans un contexte civil modifient également certains éléments du système de justice militaire. Cela peut donc s'appliquer dans les deux contextes.
Dans le projet de loi , en particulier, nous nous concentrons sur la création d'une nouvelle catégorie d'infractions qui mèneront à une accusation implicite au premier degré, que nous regroupons sous le terme d'accusations de féminicide, et il y a une nouvelle infraction de contrôle coercitif. L'existence de ces infractions aidera à donner confiance aux victimes. De même, pour toute une série d'infractions sexuelles et d'infractions liées à l'exploitation d'enfants, l'existence de ces infractions donnera certainement confiance. Cependant, nous aurons aussi des indications plus claires quant à des peines plus sévères, tant maximales que minimales, à prononcer dans les cas concernant des accusations d'ordre sexuel.
Pour répondre précisément à votre question, le projet de loi prévoit deux mesures qui amélioreront très directement la confiance dans le système, et pas seulement dans la loi. La première concerne le problème des délais dépassés. La situation s'est aggravée depuis l'arrêt Jordan, qui a entraîné l'arrêt des procédures de près de 10 000 affaires pour cause de délais dépassés. Nous pouvons changer cela, à la fois en améliorant le processus pour gagner du temps, mais aussi en demandant aux tribunaux d'envisager d'autres solutions que le sursis de l'instance si trop de temps s'est écoulé.
En outre, la mise en œuvre des modifications apportées à la Charte des droits des victimes donnera confiance, car les gens sauront qu'ils recevront de manière proactive l'information à laquelle ils ont droit, qu'ils auront accès aux aides au témoignage et qu'ils seront entendus, grâce aux déclarations des victimes. Même en matière de libération conditionnelle, quand quelqu'un sera transféré d'un établissement à un autre d'un niveau de sécurité différent, le fait de veiller à ce qu'elles continuent de bénéficier d'un droit inscrit dans la Charte des droits des victimes renforcera la confiance dans le système civil. Pour répondre à votre question, bien qu'il y ait des changements équivalents dans le contexte militaire, ceux‑ci permettront aux personnes concernées de savoir qu'elles peuvent participer pleinement au processus et qu'il est plus probable que l'on aboutira à un résultat fondé sur les preuves présentées au procès, au lieu qu'une suspension soit ordonnée à cause de délais dépassés.
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Merci, monsieur le président.
Monsieur le ministre, bonjour.
Tous les experts sérieux qui se sont penchés sur la question, comme Mme Arbour, M. Fish, M. Drapeau et Mme Deschamps, affirment qu'il faut un organisme indépendant hors de la chaîne de commandement pour enquêter, recevoir les plaintes et protéger les victimes contre les représailles.
Pourquoi votre gouvernement refuse-t-il ce mécanisme essentiel, alors que 80 % des survivantes ne font jamais de dénonciation et que la confiance est rompue?
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Certainement. J'ai mentionné au début que, lorsque nous nous réunissons pour essayer de déterminer la bonne voie législative à suivre en tant que gouvernement, nous nous efforçons de travailler avec l'ensemble des ministères pour éliminer les cloisonnements. Nous essayons de concentrer la conversation sur le problème que nous tentons de résoudre, au lieu de nous attarder sur la question de savoir qui est responsable de telle ou telle politique.
Dans ce cas précis, nous nous efforçons de résoudre un problème très concret qui touche les victimes dans le contexte tant civil que militaire, lesquelles hésitent à se manifester et à signaler les agressions sexuelles, ou plus généralement les infractions sexuelles, et qui, souvent, ne parviennent pas à obtenir justice lorsqu'elles entrent dans le système. Dans le contexte militaire, cela peut évidemment avoir des répercussions très graves sur la vie et la carrière d'une personne. Dans un contexte civil, nous nous attaquons à d'autres défis, tels que les retards, par exemple.
Nous nous efforçons de concilier ces éléments non seulement en adoptant conjointement de nouvelles infractions et en les intégrant par référence dans un contexte militaire, mais également en abordant des questions, telles que les retards, par des moyens comparables et en adaptant la Charte canadienne des droits des victimes et les droits équivalents à certaines procédures dans un contexte militaire.
Nous voulons nous assurer que, quel que soit le système dans lequel une personne se trouve et, quel que soit le contexte dans lequel une agression a lieu, les gens ont accès à un système qui sera géré de manière indépendante, auquel ils font confiance et qui leur permettra d'obtenir justice en fin de compte.
Nous avons du travail à faire tant dans le contexte militaire ue dans le contexte civil, mais nous nous y attelons actuellement. Le projet de loi propose des réformes importantes qui, à mon avis, amélioreront les deux systèmes.
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Nous voulons, tout d'abord, nous attaquer au problème, mais, ensuite, nous voulons bâtir un système envers lequel les gens peuvent avoir confiance. Les victimes d'agression sexuelle au Canada ne font pas l'objet d'une grande confiance, que ce soit dans le système civil ou militaire, et ce n'est pas étonnant. Les gens essaient de signaler des crimes, mais on ne les croit pas.
Elles ont parfois affaire à des agents de première ligne qui sont peut-être animés de bonnes intentions, mais qui n'ont pas reçu la formation appropriée. Elles peuvent avoir affaire à des procureurs qui n'ont pas été formés à tenir compte des traumatismes et qui peuvent parfois être perçus comme évaluant froidement les probabilités de condamnation dans une situation où une personne est à nouveau traumatisée, racontant son histoire, une fois de plus, à un autre acteur du système. Si elles se retrouvent devant une cour ou un tribunal, on leur demande de raconter à nouveau leur histoire, elles sont contre-interrogées, questionnées et on jette le doute sur l'expérience la plus traumatisante de leur vie.
Nous voulons que les gens sachent que les changements que nous apportons sont inspirés par des personnes qui ont vécu cette expérience et qui ont passé leur carrière à travailler dans ce domaine. Selon ces engagements, nous avons de bonnes raisons de croire que nous pouvons améliorer le système et que nous le ferons.
Il faudra quelque temps pour que certains de ces changements prennent effet. Certains auront un impact positif plus rapidement. D'autres ne seront pas pleinement mis en œuvre au cours des prochains jours, et il faudra un certain temps, peut-être quelques années, pour que les personnes qui travaillent dans ces systèmes soient pleinement formées. Encore une fois, cela dépendra des investissements réalisés par les provinces, de l'aide que celles‑ci recevront du gouvernement fédéral et des processus qui seront pleinement intégrés non seulement dans le système sur le papier, mais aussi dans la culture et la pratique.
C'est un problème que nous sommes déterminés à résoudre. Nous pensons que les projets de loi que nous avons présentés — les projets de loi , et — auront un impact considérable, et nous espérons que les gens verront que nous travaillons très fort.
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Merci, monsieur le président.
Le projet de loi et le projet de loi abordent des questions semblables de plusieurs façons. En général, lorsque je comparais, je peux répondre à des questions plus générales sur mon portefeuille. Le projet de loi C‑16 contient en fait des mesures qui concernent directement ce comité. Prenez, par exemple, notre travail que nous accomplissons pour lutter contre les retards dans le traitement des dossiers relatifs aux infractions sexuelles. Dans un contexte civil, nous simplifions et renforçons les règles de procédure dans les procès pour agression sexuelle, par exemple la présentation de preuves, la production de dossiers privés contenant les antécédents médicaux ou psychologiques particuliers d'une personne, les échanges entre le plaignant et la victime qui peuvent être présentés afin de simplifier le processus et de le faire avancer.
Le projet de loi prévoi des réformes très semblables dans le contexte militaire. Nous pensons que, lorsque ces réformes seront bien harmonisées l'une avec l'autre, nous pourrons garantir une certaine cohérence des processus. Il est important de noter que, en fin de compte, quel que soit le système concerné, les gens comprennent que le processus sera rapide, qu'il sera équitable et qu'il réduira le traumatisme que les victimes doivent revivre lorsqu'elles racontent leur histoire, une fois de plus, dans le système judiciaire après l'avoir vécue personnellement.
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Merci, monsieur le président.
Il est regrettable que nous nous concentrions autant sur le projet de loi et le mettions à l'avant-plan avant même qu'il ne soit débattu, plutôt que de porter notre attention sur le projet de loi et les cas précis de traumatismes sexuels dans l'armée.
Nous avons entendu les témoignages bouleversants de nombreuses victimes et survivants, monsieur le ministre. La grande majorité d'entre eux ont dit vouloir avoir le choix. Nous avons entendu les témoignages des juges Deschamps et Fish, qui se sont dits favorables au choix entre le système judiciaire militaire et le système judiciaire civil. Vous ne vous concentrez que sur le rapport de la juge Arbour. Je pense que toutes les voix devraient être prises en compte. Toutes ces recommandations devraient être incluses et il ne faudrait pas faire de sélection arbitraire. Les victimes ont déclaré à une écrasante majorité qu'elles ne porteraient pas la plupart de leurs affaires, y compris celles de moindre importance, devant les tribunaux civils. En fait, beaucoup d'entre elles ont déclaré que leurs affaires avaient été rejetées par le système civil.
Pourquoi ne tenez-vous pas compte de la voix de tout le monde et de la voix de la majorité? Pourquoi insistez-vous pour supprimer le choix, enlevant aux victimes la possibilité de choisir? Il s'agit de traumatismes sexuels militaires, qui sont très différents des traumatismes sexuels ordinaires. Pourquoi insistez-vous pour leur retirer le choix entre ces deux systèmes?
Je vous remercie, mais il ne s'agit pas ici de votre point de vue. Il s'agit du point de vue des victimes. Je vous remercie d'avoir écouté des milliers de victimes. Dans leur grande majorité, elles ont soutenu le choix.
De plus, plus tôt dans votre témoignage, j'ai été heureux d'entendre que vous avez dit que la police civile avait reçu une formation appropriée pour traiter les agressions sexuelles — je pense que c'est très important — et qu'elle était sensibilisée aux traumatismes. Vous le reconnaissez. Cependant, les traumatismes sexuels dans l'armée sont très différents. La police de Victoria a la capacité de traiter les affaires à la BFC Esquimalt, la deuxième plus grande base du Canada, et le chef de police de Victoria a affirmé qu'ils auraient besoin d'une formation spécialisée pour traiter les traumatismes sexuels dans l'armée, qu'ils auraient besoin de financement pour soutenir le travail supplémentaire et qu'ils n'avaient pas la capacité de traiter ces affaires. Il pourrait s'agir de centaines de cas.
Le gouvernement leur apportera‑t‑il son soutien, veillera‑t‑il à ce qu'ils reçoivent la formation nécessaire pour traiter les traumatismes sexuels militaires et leurs particularités, pour gérer les différents types de preuves, les dossiers, les dossiers personnels et l'accès à l'information?
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Merci, monsieur le président.
Ce matin, nous avons écouté nos collègues d'en face qui laissaient entendre qu'une majorité apparemment écrasante de témoins et de victimes qui ont témoigné ici ont dit qu'ils ne pouvaient obtenir réparation de manière adéquate, ni dans le système civil ni dans le système militaire. Ils souhaitent avoir le choix.
Nous avons entendu des témoignages tout aussi détaillés de victimes qui ont été agressées, monsieur le ministre, et qui craignaient que le système dans lequel elles ont été agressées soit maintenant celui dans lequel elles cherchent à obtenir réparation pour cette agression. Elles le font devant les personnes mêmes qui les ont agressées ou dans l'institution même où elles ont été agressées. C'est une des observations que j'ai faites tout au long de nos délibérations sur cette question.
J'ai déjà établi un parallèle à ce sujet, notamment dans le cas de cours martiales pour agression sexuelle dont j'ai été témoin, où les femmes — c'étaient toujours de femmes — étaient des femmes en uniforme qui portaient plainte contre quelqu'un portant le même uniforme et comparaissaient devant un tribunal composé de personnes portant le même uniforme.
Où est la confiance si nous ne supprimons pas ce système? C'est la question fondamentale qui se pose ici.
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Tout d'abord, dans votre préambule, vous avez décrit les questions posées par nos amis, et je pense qu'il est important de s'en souvenir. Je pense que nous sommes des amis qui recherchons les mêmes résultats. Ce que nous devons déterminer, c'est la bonne voie à suivre pour obtenir ces résultats.
Vous soulevez un point très important. Il est difficile pour une personne d'avoir confiance dans le système où l'agression a eu lieu si elle sait qu'il y a une chaîne de commandement dans laquelle la plainte sera traitée et que, au sein de cette chaîne de commandement, certaines personnes pourraient avoir le pouvoir de limiter considérablement les conséquences personnelles, en dehors des répercussions pénales, de l'agression que cette personne a pu subir. Imaginez-vous à la place d'une personne dans ce système. Vous diriez: « Si je parle, je risque d'être licenciée, de me voir refuser une promotion ou d'être sanctionnée par mes collègues. »
Confier l'ensemble de ce processus à une instance civile indépendante, qui ne sera pas soumise à la chaîne de commandement, permettra non seulement d'obtenir de meilleurs résultats pour les personnes qui se manifestent, mais aussi d'encourager davantage de personnes à se manifester, car elles auront davantage confiance dans l'indépendance du système. Je pense que c'est précisément le point essentiel.
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Puis‑je continuer? Merci.
Le degré de formation et de spécialisation qui existe au sein du système civil peut varier d'une province à l'autre au Canada. C'est une question qu'il nous faudra chercher à régler, et nous devrons nous inspirer des meilleures pratiques les uns des autres. Nous voyons émerger certaines pratiques uniques. Un de nos collègues a mentionné les tribunaux spécialisés au Québec. D'autres provinces mettent en place des tribunaux spécialisés pour traiter ce genre d'affaires.
Nous avons offert des ressources pour ce genre de formation, mais nous n'essayons pas de prédéterminer où les provinces devraient dépenser leurs ressources. Nous essayons de déposer des fonds et de dire: « Lorsque vous créez, en pleine connaissance de la culture qui existe dans votre région, la capacité d'obtenir des résultats grâce à cette formation, nous mettons à votre disposition des ressources qui vous aideront à répondre aux priorités qui se dégagent à l'échelle locale et vous permettront de relever au mieux les défis qui existent dans votre région. »
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Je reviens sur la question du choix.
L'idée que supprimer le choix serait bénéfique pour la victime me semble l'une des plus paternalistes. C'est presque du pénispliquer de dire qu'il ne devrait pas y avoir de choix, alors que toutes les victimes présentes ici, à l'exception d'une seule, ont déclaré préférer avoir le choix, se sentir beaucoup plus en sécurité avec cette possibilité et qu'il existe de nombreux cas où elles pourraient souhaiter rester dans le système.
De plus, nous avons entendu des témoignages provenant du système de justice militaire lui-même — accusation, défense et grand prévôt — qui affirme qu'il en a la capacité, que la culture a changé au cours des cinq ou dix dernières années, et qu'il est beaucoup plus disposé à poursuivre ces affaires au sein de l'armée, si nécessaire, si la victime choisit de le faire.
Nous tournons en rond. Vous nous donnez toutes sortes de raisons pour lesquelles vous pensez ainsi, malgré les preuves et les témoignages. Êtes-vous prêt à changer d'avis et à donner aux victimes le choix, si vous réexaminez les preuves? Êtes-vous ouvert à cette possibilité, ou est‑ce une question réglée?
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Je vous remercie, monsieur le président.
Je tiens à remercier le ministre d'être venu aujourd'hui.
Monsieur le ministre, vous savez que j'ai deux fils et une belle-fille qui servent dans les Forces armées canadiennes.
Nous savons également qu'en 1998, nous avons transféré les enquêtes et les poursuites pour agression sexuelle du système civil aux Forces armées canadiennes. Nous savons également que, de 1998 à 2021, de nombreux membres des Forces armées canadiennes victimes d'agression sexuelle n'ont jamais dénoncé leur agresseur, comme vous l'avez dit, en raison de ce faux choix. Ils avaient le choix entre se taire ou risquer de perdre leur emploi et d'être ridiculisés. Ils ont choisi de servir leur pays et n'ont pas dénoncé les faits, car ils savaient qu'ils n'avaient pas le choix. C'est ce qui ressort des témoignages.
En 2021, nous avons reçu la directive provisoire de transférer ces enquêtes et ces poursuites aux tribunaux civils. Nous avons mis en œuvre un changement culturel important. À l'époque, le CEMD a également consulté plus de 14 000 membres et anciens membres des Forces armées canadiennes afin de recueillir leur avis sur la manière de procéder pour changer cette culture. L'objectif n'est pas de garantir la tenue d'enquêtes et de poursuites, mais de faire en sorte que ce comportement cesse. Nous demandons à des hommes et à des femmes de risquer leur vie. Nous demandons aux familles qui soutiennent les membres des Forces armées canadiennes de faire confiance au système. En 2021, ce système ne jouissait d'aucune confiance. Nous sommes en train de la rétablir.
Ma question est la suivante: existe‑t‑il un autre lieu de travail qui enquêterait et poursuivrait ses propres membres, à part la GRC? Je ne le pense pas, et c'est la raison pour laquelle nous avançons avec le projet de loi pour rendre justice aux victimes, hommes et femmes. Cela améliorera également la culture au sein des Forces armées canadiennes. Convenez-vous que la mise en œuvre du projet de loi et la recommandation stricte du rapport Arbour visant à retirer les enquêtes et les poursuites des mains des Forces armées canadiennes pour les transférer au système civil contribueront à rétablir la confiance dans le système?
Vous avez raison de vous concentrer sur la résolution du problème plutôt que sur le choix d'un système ou d'un autre, et la confiance est un élément essentiel pour y parvenir. Le passage d'un système à l'autre du jour au lendemain ne résoudra pas le problème en soi, mais c'est une première étape essentielle pour rétablir cette confiance, ce qui prendra du temps.
Nous devrons également nous attaquer aux défis systémiques très sérieux qui existent au sein du système civil. Cela ne fait aucun doute. Toutefois, après avoir lu le rapport, constaté l'engagement de 14 000 membres des FAC et vu un millier de victimes participer aux délibérations de la juge Arbour, il est assez clair pour moi que le système actuel ne fonctionne pas. La question de savoir s'il pourrait être reconstruit, même avec toutes les ressources du monde, compte tenu du manque fondamental de confiance, est très réelle. J'en ai conclu qu'il n'est pas possible d'avoir confiance lorsqu'on craint de subir des représailles pour s'être exprimé.
Outre l'impact sur la victime qui ne voit pas la justice rendue, alors que nous essayons activement de recruter des femmes pour rejoindre les Forces armées canadiennes, il ne serait pas honnête de leur dire que leur expérience sera différente de ce qu'elle a été historiquement. Les gens quitteront le service. D'autres ne s'engageront pas. Si elles vivent une expérience traumatisante, comme une agression sexuelle, elles seront incitées à garder le silence, sous peine d'être punies. Ce n'est pas de la justice. Ce système ne sert tout simplement pas les intérêts du pays, des Forces armées ou des individus.
À mon avis, transposer cela dans un contexte civil est une étape essentielle, mais nous devrons fournir un travail considérable pour y parvenir.
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Si vous le permettez, nous allons reprendre. Bienvenue à nouveau.
Conformément à la motion adoptée le 16 septembre 2025, le Comité se réunit pour poursuivre son étude sur l'intégration de la Garde côtière canadienne au ministère de la Défense nationale.
Je voudrais maintenant souhaiter la bienvenue à nos témoins: Natasha Kim, sous-ministre déléguée du ministère de la Défense nationale, Mario Pelletier, commissaire de la Garde côtière canadienne, et Katia Jollez, directrice générale du Bureau de la gestion du changement et de l'intégration de la Garde côtière canadienne.
Je vous invite maintenant à faire votre déclaration préliminaire, madame Kim.
Vous disposez de cinq minutes.
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Merci beaucoup, monsieur le président, et bonjour aux membres du Comité.
Je suis ravie de m’adresser à vous aujourd’hui, en compagnie de mes collègues de la Garde côtière canadienne, alors que vous vous penchez sur l’intégration de la GCC à la Défense nationale. En mon nom et en celui de la sous-ministre, j’aimerais commencer par souligner que nous avons été absolument enchantées d’accueillir la Garde côtière au sein de la famille de la Défense au cours des derniers mois.
Le 2 septembre, au moyen d’un décret, environ 6 700 membres du personnel de la Garde côtière et près de 450 employés du ministère des Pêches et des Océans, ont été transférés au ministère de la Défense nationale. Nous constatons chaque jour à quel point nous sommes chanceux de compter des gens si compétents et dévoués dans notre équipe.
Je débuterai en faisant le point sur le processus de transition, qui progresse bien.
[Français]
Cette transition repose sur une approche axée sur le personnel qui prévoit des communications claires et une interaction continue avec les employés, ainsi que des mesures proactives pour assurer la continuité des opérations.
Le ministère de la Défense nationale et le ministère des Pêches et des Océans ont développé un protocole d'entente établissant les principes, les rôles et les responsabilités clés qui guident cette transition, garantissant ainsi que les opérations et les programmes se poursuivent sans encombre et que le personnel est intégré dans le cadre d'un processus coordonné.
Des progrès significatifs sont réalisés et se poursuivent pour garantir que le personnel est bien équipé et formé pour effectuer son travail au sein du ministère de la Défense nationale.
Pour de nombreux employés, les activités quotidiennes ont très peu changé. Ils continuent souvent de travailler aux mêmes endroits et sont initiés de manière progressive au matériel et aux systèmes de défense afin d'assurer un minimum de perturbations.
Les ministères collaborent aussi pour assumer la responsabilité d'environ 1 000 actifs immobiliers. Les transferts débuteront à la fin de cette année financière.
[Traduction]
Un principe fondamental guidant cette transition est l’engagement du MDN à préserver l’identité et la culture uniques de la Garde côtière, qui se refléteront dans des éléments comme les cartes d’identité, le système d’honneurs, l’héraldique et les traditions.
Préserver l’identité unique et le rôle distinct de la Garde côtière est également crucial dans le cadre des discussions sur son mandat au sein de la Défense nationale. J’aimerais souligner que la Garde côtière canadienne demeure un organisme de service spécial civil. Il est important de noter que la Garde côtière relève de la sous-ministre, et non de la cheffe d’état-major de la défense. Bien que les employés de la Garde côtière collaborent étroitement avec les membres des Forces armées canadiennes, ils ne sont pas assujettis à la chaîne de commandement militaire.
Il n’est pas non plus prévu d’armer la Garde côtière canadienne, de la militariser ou de lui confier un rôle d’application de la loi. La Garde côtière continuera de fournir des services essentiels comme la recherche et sauvetage, le déglaçage et les services de communication et de circulation maritimes, tout en protégeant l’environnement marin du Canada et en aidant d’autres ministères à jouer leurs rôles importants dans des domaines comme les sciences marines et océaniques. Elle continuera d’offrir ces services en vertu de plusieurs cadres législatifs comme la Loi sur les océans, la Loi sur la marine marchande du Canada et la Loi sur les épaves et les bâtiments abandonnés ou dangereux.
Comme le savent les membres du Comité, le projet de loi , Loi visant à renforcer le système d’immigration et la frontière du Canada, propose un amendement à la Loi sur les océans afin d’officialiser le mandat de la Garde côtière canadienne en matière de sécurité et de lui donner l’autorisation de recueillir, d’analyser et de communiquer de l’information et du renseignement à des fins de sécurité. En soutien et en complément au transfert de la CCG au MDN, cette modification facilitera les opérations visant à préserver la sûreté et la sécurité de nos eaux et de nos côtes, ainsi que notre souveraineté dans l’Arctique.
Pour être clair, intégrer la Garde côtière à la Défense améliorera la sécurité et la sûreté de la population canadienne en étendant notre portée, en améliorant la coordination avec les partenaires du domaine de la sécurité et du renseignement et en augmentant l’interopérabilité avec les Forces armées canadiennes. Les membres du personnel de la Garde côtière et des FAC travaillent côte à côte depuis longtemps, mais crucialement, cette intégration permettra une meilleure planification stratégique, un partage des ressources, des possibilités d’approvisionnement et des économies d’échelle pour les opérations maritimes.
La Garde côtière apporte une flotte importante, une expertise approfondie des eaux canadiennes et une forte présence sur toutes les côtes, dans les Grands Lacs, dans le fleuve Saint-Laurent et dans l’Arctique canadien, où elle travaille en étroite collaboration avec les Autochtones pour tirer parti des connaissances locales.
[Français]
Ces capacités sensibiliseront le Canada aux menaces émergentes, notamment dans les approches maritimes nordiques de l'Arctique.
Je remercie tous les membres du Comité de nous donner cette occasion de parler de la Garde côtière canadienne et de cette transition.
Nous serons heureux de répondre à vos questions.
Merci.
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C'est une très bonne question.
Lorsque nous avons commencé à parler d'intégrer la Garde côtière à la Défense nationale, compte tenu du mandat accru de la Garde côtière en matière de sécurité, il a toujours été très clair qu'il fallait maintenir ce mandat lié à la sécurité, qui inclut la protection de l'environnement. Tous nos navires sont dotés d'un équipement antipollution. Ce n'est pas seulement pour lutter contre la pollution générée par le navire, mais pour pallier des événements causés par d'autres navires. Dans l'Arctique, nous avons une quarantaine de caches. Là où nous avons de l'équipement dans les communautés, celles-ci peuvent y avoir accès avant même notre arrivée. Chaque navire qui navigue dans l'Arctique a la responsabilité d'avoir de l'équipement pour lutter contre la pollution qui pourrait arriver par accident.
Nous avons beaucoup d'équipement. Nous avons aussi des grandes caches à trois endroits dans l'Arctique, où nous pouvons mettre de l'équipement acheminé aussi par avion. Nous pouvons déployer de l'équipement beaucoup plus important en cas de déversement majeur.
En ce qui concerne les côtes Est et Ouest de même que les Grands Lacs, les compagnies ont l'obligation d'avoir une entente avec un organisme d'intervention environnementale. Dans l'Arctique, il n'y a pas encore assez de gens pour cela. Cette responsabilité revient à la Garde côtière, d'où le fait qu'elle a des caches un peu partout pour avoir accès à de l'équipement ou pour donner aux communautés locales un accès à de l'équipement.
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Je dirais que c'est assez naturel. Toute opération dans l'Arctique demande une bonne planification. La réunion de clôture de la saison des opérations dans l'Arctique a lieu présentement à Halifax. Nous allons avoir une réunion d'ouverture de la prochaine saison des opérations dans l'Arctique au mois de mai. Nous y invitons tous nos collègues et nos partenaires pour qu'ils puissent communiquer leurs besoins et pour qu'on puisse parler des possibilités de collaboration. Les États‑Unis sont là.
Quant au Groenland, nous y soutenons la base aérienne des États‑Unis en escortant les navires qui vont la ravitailler. Cette base sert aussi au Canada, car les forces armées s'en servent comme escale lorsqu'elles voyagent dans l'Arctique.
En ce qui concerne le Groenland, il y a aussi tout le volet de recherche et de sauvetage. Étant donné que nous avons une frontière commune, nous sommes souvent appelés à collaborer dans des cas de recherche et de sauvetage. Pour nous préparer à ça, nous planifions toujours des exercices. L'Opération NANOOK en est un.
Cet été, nous allons encore faire quelque chose conjointement avec les États‑Unis, comme nous le faisons bon an mal an. Avec le Groenland, aussi, il y a ce qu'on appelle le Forum des gardes côtières de l'Arctique. Les pays membres s'y rassemblent une fois par année. De plus, nous essayons de faire des exercices régulièrement.
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Je vous remercie de votre question, monsieur Blanchette‑Joncas.
Je pense qu'il est possible de donner plus de détails concernant les transferts. Cependant, juste pour clarifier les choses, j'aimerais dire que les fonctions de Pêches et Océans Canada restent avec Pêches et Océans Canada.
Nous avons transféré quelques employés de Pêches et Océans Canada, soit presque 450, pour les fonctions de soutien, comme la gestion des ressources humaines, la gestion des finances, les services juridiques et les services immobiliers. Ces fonctions ne concernent pas le mandat de Pêches et Océans Canada. Ces employés ont été transférés pour soutenir l'intégration de la Garde côtière.
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Vous avez mentionné que la Garde côtière disposait de radars fixes.
C'est exact.
Tous ces radars transmettent des informations à l'armée. La Garde côtière relève du budget du MDN. Elle effectue des tâches pour le MDN. Elle coopère avec la marine et mène des exercices avec la Garde côtière américaine, qui, si je comprends bien, est militarisée. Vous affirmez toutefois qu'il s'agit d'une organisation civile.
Elle est également une cible militaire légitime, compte tenu des circonstances dans lesquelles elle opère. Certains de mes collègues l'ont déjà mentionné. Il y a une réelle incohérence entre prétendre être civile d'un côté et effectuer des tâches militaires de l'autre, tout en accomplissant des tâches civiles qui n'ont rien à voir avec le MDN.
Cela n'aurait‑il pas pu être modifié et fait? Vous avez dit que vous coopériez déjà avec la marine. Ne pourrait‑on pas simplement changer cela en dehors du système du MDN? En quoi le fait de l'intégrer au budget du MDN améliore‑t‑il la capacité, ce qui ne pourrait être fait sans cela?
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Quant au statut de cible militaire légitime, je pense que mon collègue a mentionné que nous sommes les premiers combattants non armés sur le théâtre des opérations.
Comment allez-vous...? Je veux dire, vous pouvez prétendre être des civils jusqu'à ce que l'autre camp commence à tirer, car il tire sur une cible militaire légitime. En 1943, je crois, les Britanniques ont installé des stations radars tout le long de la côte, et les Allemands ont pris un grand plaisir à les bombarder, car elles constituaient des cibles militaires légitimes. Vous créez une situation dans laquelle la Garde côtière est une cible militaire légitime.
Je reviens à la question de mon collègue: quelles sont vos règles d'engagement lorsque vous êtes effectivement engagés? Vous vous retirez simplement et laissez la marine intervenir? Comment cela fonctionne‑t‑il?
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Il s'agit d'une ligne que nous avons ajoutée à la Loi sur les océans. Avant d'expliquer en quoi cela profite au ministère, je vais aborder l'aspect interministériel.
Comme vous le savez, nous sommes membres des centres des opérations de la sûreté maritime depuis 2004. C'est là que nous siégeons avec nos collègues de l'ASFC, de la GRC, du MDN, de Pêches et Océans Canada et de Transports Canada. Nous avons apporté beaucoup d'informations à la table, mais elles ne pouvaient servir que des fins de sécurité, et non de sûreté.
Désormais, grâce à notre mandat de sécurité, nous aurons accès à une partie de leur information. Ils auront accès à une partie de notre information, et la Garde côtière sera en mesure de se faire une idée beaucoup plus précise de ce qui se passe en mer.
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Merci pour cette question.
Notre approche de la gestion du changement est double. Premièrement, nous accordons la priorité aux personnes: nous veillons à ce qu'elles comprennent les implications de la transition et de l'élargissement du mandat pour elles, et nous nous assurons qu'elles disposent des outils nécessaires et qu'elles ont les moyens d'apporter leur contribution. Deuxièmement, nous assurons la continuité du service. Comme le commissaire et la sous-ministre déléguée l'ont déjà mentionné, alors que nous assumons ce nouveau rôle, comment pouvons-nous nous assurer de continuer à offrir l'ensemble des programmes nationaux que nous offrons déjà?
La Garde côtière est intégrée au ministère de la Défense nationale de nombreuses façons. Nous avons reçu un accueil chaleureux. Les employés peuvent suivre une formation pour comprendre comment fonctionner au sein du nouveau ministère, qu'il s'agisse des pouvoirs dont ils disposeront, de la composition de leurs équipes ou des différents outils dont ils disposeront.
Du point de vue de la sécurité, le travail se poursuit. Le projet de loi est toujours devant le Parlement. En attendant l'adoption de ce projet de loi et l'élaboration d'un programme de sécurité maritime pour la Garde côtière, nous travaillerons en étroite collaboration avec nos collègues du ministère de la Défense nationale afin de définir ce que cela signifiera pour les employés.
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C'est une excellente question. Je dirais que nous poursuivons trois grands axes d'action.
Premièrement, comme nous l'avons dit, nous veillons à accueillir le personnel de manière ordonnée et coordonnée à mesure qu'il intègre les systèmes du MDN. Cela prendra un certain temps, et nous voulons nous assurer de le faire correctement.
Deuxièmement, je dirais qu'il y a l'aspect de la planification, c'est-à-dire la capacité de planifier stratégiquement, qu'il s'agisse d'approvisionnements, de projets ou d'infrastructures. De ce côté‑là, il y aura de nombreuses synergies. Je pense que nous représentons désormais l'essentiel de la Stratégie nationale de construction navale, et nous voulons donc tirer parti de nos relations avec les chantiers navals.
Troisièmement, sur le plan opérationnel, dont nous avons beaucoup parlé aujourd'hui, je pense qu'il y aura de nombreuses occasions de faire évoluer cette transition au fil du temps.
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Je peux commencer, monsieur le président, et le commissaire voudra peut-être compléter mes propos.
Je dirai simplement que, même lorsque la Garde côtière canadienne relevait du ministère des Pêches et des Océans, une partie importante de son budget, je pense même la majeure partie, était incluse dans la définition de l'OTAN, par exemple, les brise-glaces, et nous constatons que cette partie du budget augmente avec le temps. Nous aurions de toute façon vu une proportion croissante du budget de la Garde côtière incluse dans la contribution.
Avec le changement, nous sommes désormais à 100 %, évidemment, mais avec le mandat de sécurité, nous aurions été proches de ce taux de toute façon. Le mandat de sécurité n'est pas nécessaire au transfert, mais il aurait certainement été complémentaire à ce que nous essayions d'accomplir.
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Merci, monsieur le président.
Je partagerai mon temps de parole avec ma collègue, Mme Romanado.
Madame Kim et monsieur le commissaire Pelletier, merci d'être venus ici à plusieurs reprises. Apparemment, personne ne vous a dit que le café ici est horrible, mais vous êtes toujours les bienvenus à notre table.
Il a été suggéré, c'est une lubie chez nos amis, qu'en cas de menace, nous devrions en quelque sorte nous attendre à ce que le personnel de la Garde côtière se batte.
Cela a‑t‑il déjà été évoqué dans les discussions sur la transition visant à placer la Garde côtière canadienne sous l'égide du MDN?
Par votre intermédiaire, monsieur le président, j'aimerais remercier les témoins d'être revenus nous voir.
Certains se demandent pourquoi la Garde côtière est transférée sous la responsabilité du ministère de la Défense nationale.
Êtes-vous d'accord pour dire que, en matière de sécurité dans l'Arctique, ce changement répond à de nouveaux défis en matière de sécurité? Les eaux arctiques s'ouvrent sur le plan de l'interopérabilité. Nous renforçons notre coopération avec des partenaires internationaux, dont les États-Unis et l'OTAN. Pour la défense intégrée, cela combine l'expertise civile et maritime et les capacités de défense militaire pour une approche plus holistique de la sécurité maritime. Ce portrait est‑il juste, selon vous?
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Merci à nos témoins d'avoir participé à la séance.
Le temps file. Je tiens à souligner pour ceux qui nous regardent, à la télévision et ailleurs, la contribution du personnel et de l'équipe à la tenue de nos séances et à les en remercier. Je tiens également à remercier nos analystes pour leur précieuse contribution, ainsi que tous les membres du Comité qui comprennent notre préoccupation et notre priorité de protéger nos hommes et nos femmes en uniforme et les membres de la Garde côtière qui protègent notre souveraineté chaque jour et nous permettent d'étendre la portée, la protection et la participation du Canada dans le travail que nous accomplissons à l'échelle mondiale.
Je sais que les fêtes approchent et que certains de nos hommes et femmes sont affectés à l'étranger. Eux aussi méritent d'être reconnus et remerciés pour leur contribution. Je sais que certains anciens militaires ici présents le savent d'expérience. Nous les remercions.
Je tiens également à informer le Comité que notre greffière, Ariane Calvert, nous quitte pour occuper d'autres fonctions au sein du gouvernement. Un nouveau ou une nouvelle titulaire nous sera assigné l'année prochaine. Au nom de nous tous, je tiens à la remercier pour son immense contribution et les services qu'elle a rendus à notre comité. Merci, Ariane.
Avant de lever la séance, je vois que vous avez levé la main, monsieur Blanchette-Joncas. Nous sommes à court de temps.