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Merci, monsieur le président.
Je parlais des risques relatifs à la confidentialité des renseignements. Je ne pense pas que la bonne façon de protéger les gens soit de se servir d'eux pour faire de la publicité politique et de recueillir de l'argent. J'invite les gens qui nous écoutent à aller sur le site Web du Bloc québécois, à cliquer sur la section « Les nouvelles » et à aller voir la nouvelle concernant Xavier Barsalou‑Duval. L'article dit que les libéraux ne sont pas fins parce qu'ils ne veulent pas entendre les témoignages des victimes. C'est faux. Puis, regardez, au bas de la page, l'annonce pour solliciter des dons. Là, vous avez le droit de donner 10 $, 20 $ ou 50 $ au parti pour appuyer sa démarche. C'est très jojo.
Je pense que la meilleure façon de protéger les citoyens et les personnes vulnérables est de terminer cette étude et de proposer des solutions. Pendant qu'on mobilise toute la fonction publique pour rechercher des documents et faire des vérifications auprès des services juridiques, on n'est pas en train d'aider les citoyens. C'est inconcevable. Il faut finir cette étude au plus vite pour servir les citoyens au plus vite.
Ceux qui nous écoutent peuvent constater que, sur le site Web du Bloc québécois, la page de l'article qui traite du sujet contient une annonce sollicitant du financement. Toutefois, laissez-moi vous dire une chose. L'objectif premier du Comité est de servir les citoyens dans le contexte du stratagème « Chauffeur inc. ». Or, ce qui est proposé ferait boule de neige. C'est une expression en français. Si on fait une telle demande au ministère des Transports, il y aura des répercussions sur tous les autres ministères. Ça touchera la sécurité publique et les ressources humaines. Le service des ressources humaines devra affecter des employés à la tâche, et ainsi de suite. Ce sera une course folle dans les différents ministères pour savoir qui devra répondre à la demande. Donc, ça aura des répercussions.
J'ai fait une recherche rapide et j'ai constaté que la demande touchait sept ministères, y compris Emploi et Développement social Canada et l'Agence du revenu du Canada, ce qui n'est pas surprenant, puisqu'il est question du feuillet T4A. Donc, voilà les répercussions que l'adoption de la motion proposée aurait sur la fonction publique. Je suppose qu'on est content de ça.
Imaginez-vous tout le travail effectué en double au sein des ministères pour vérifier et arrimer tout ça. C'est un défi logistique que le gouvernement ne peut pas entreprendre. Ce n'est pas faisable. Il y a même certains éléments de la motion qui ne sont pas légaux. Il y a des informations qu'on ne peut pas donner. C'est sans parler du travail de cohérence entre les ministères, qui devront se solliciter pour parler de ce qu'ils vont présenter. Ça entraînerait une surcharge de travail interministériel incroyable.
J'aurais aimé évaluer le coût d'une telle demande. J'ai essayé de trouver des chiffres, mais ce n'est pas évaluable. On ne peut pas quantifier le coût d'une telle demande envers la machine gouvernementale.
Si chaque ministère recevait une telle demande, ça aurait un effet dévastateur sur la bonne gestion de notre gouvernement. Ça aurait des répercussions directes sur la prestation des services. Or, la meilleure façon d'aider les citoyens, c'est de leur donner des services. La prestation de services ne doit pas cesser. On doit continuer à servir les citoyens de la bonne façon.
En ce qui concerne la question du modèle « Chauffeur inc. », on doit continuer à évaluer les demandes de permis à l'international, à évaluer tout ce qui est lié à la compétence fédérale, y compris ce qui est interprovincial, et à vérifier la conformité. La conformité doit être évaluée par le gouvernement fédéral, qui a certaines obligations. C'est un dossier qui touche le ministère des Transports. Le nous l'a bien dit quand il est venu ici. Le ministère des Transports s'occupe de bien des choses.
Le Comité a des études en attente. On reçoit des lettres qui demandent au Comité de faire une étude sur les ports. On dit que c'est important que nous fassions cette étude bientôt parce qu'il y a des choses qui se passent maintenant. Le Comité doit aussi se pencher sur d'autres dossiers. On a entendu le dire que des questions extrêmement importantes qui découlent du budget devront être examinées par ce comité. Donc, encore une fois, nous devons nous pencher sur d'autres dossiers extrêmement importants.
On ne peut pas parler des deux côtés de la bouche. On ne peut pas, d'un côté, dire qu'on veut conclure cette étude et, de l'autre, faire de beaux discours en disant qu'on est choqué du fait qu'il n'y a pas eu de séances la semaine passée, que ce sont les citoyens qui paient pour ça et que les libéraux ne veulent pas recevoir de témoins. Il faut commencer par dire la vérité, il faut commencer par dire les vraies choses, puis on va pouvoir finir cette étude. Aujourd'hui, la séance a commencé par un mensonge et par un jeu de procédure. Je ne veux pas embarquer dans le jeu. Ce n'est pas le genre de politique que je veux faire. Les partis de l'opposition doivent commencer par s'excuser auprès des familles et leur dire la vérité. Ils doivent leur dire que les libéraux voulaient bien les rencontrer, mais en privé. Il est faux de leur dire que les libéraux ne voulaient pas les rencontrer.
Il est important de continuer à donner des services aux citoyens. Donc, il ne faut pas arrêter la machine gouvernementale ni l'utiliser à d'autres fins. Si on l'utilise pour faire de la recherche de documents ou du caviardage, pendant ce temps, il peut y avoir d'autres accidents. Il peut arriver n'importe quoi. On ne souhaite pas qu'il y ait d'autres accidents impliquant des chauffeurs participant au stratagème « Chauffeur inc. » pendant notre étude parce que ça tarde. Il y a des solutions que nous voulons apporter. Ce n'est pas du jour au lendemain qu'on pourra tout régler, mais, au moins, le Comité pourrait formuler des recommandations avec l'aide des analystes. Je suis convaincu que ces derniers ont suffisamment de matériel en ce moment pour faire leur travail.
Malgré ça, nous avons accepté de tenir deux séances de plus, mais, tout à coup, on ne demandait plus seulement deux rencontres. On en demandait peut-être trois, ou bien on en demandait tant et aussi longtemps qu'il y aurait des témoins. Or, des témoins, on peut en trouver autant qu'on veut.
Cependant, nous avons accepté les témoins proposés. Tout ce que nous avons demandé, c'est qu'on respecte la motion originale. Toutefois, on rajoute sans cesse des témoins et ce n'est jamais assez. Même si nous disons oui à ce qui est dans la motion originale, on va encore en rajouter. Si nous retournons à la base et que nous tenons deux séances avec les témoins qui sont sur la liste, y compris des familles de victimes d'accidents impliquant des chauffeurs participant au stratagème « Chauffeur inc. », nous allons pouvoir finir cette étude et formuler des recommandations. C'est tout ce que nous demandons.
Il est important que le public et mes collègues d'en face sachent que nous souhaitons que les familles puissent venir témoigner à huis clos. C'est un peu une question de dignité et de respect.
L'adoption de la motion proposée pourrait créer un dangereux précédent pour ce comité et pour les autres comités parlementaires. Imaginez ce qui se produirait si la machine gouvernementale recevait une autre demande comme celle-là de la part d'un autre comité. Elle serait obligée de rechercher des courriels, des échanges et des notes de breffage pour deux comités, puis trois, puis quatre, et ainsi de suite. En tant que représentant du gouvernement, je vous dis que nous ne pouvons pas accepter ça.
Si nous laissions passer ça et que le Comité recevait des documents en majeure partie caviardés, on dirait alors que le gouvernement a des choses à cacher. Pourtant, il ne ferait que protéger la confidentialité de témoins ou de personnes vulnérables dont la sécurité pourrait être menacée si certaines informations étaient publiquement dévoilées, mais, ça, je suppose que ce n'est pas grave pour les partis de l'opposition. Perdre la vie dans un accident, ça, c'est grave. Tout le monde l'a dit. Cependant, perdre sa vie ou perdre de son intégrité publiquement en raison de la divulgation de documents confidentiels, ça, je suppose que ce n'est pas grave pour les partis de l'opposition. Pour nous, c'est grave. L'intégrité des citoyens, pour nous, doit demeurer totale. Vouloir dévoiler des documents compromettants qui peuvent mettre à risque certaines personnes, ça n'a pas sa place.
L'incohérence augmente quant à l'urgence de régler le problème de la non-conformité dans le secteur du camionnage. En effet, d'un côté, on dit qu'on veut en finir avec l'étude et, de l'autre, on demande l'impossible. Pourquoi? C'est parce qu'on ne veut pas en finir. Pourtant, on a juste à dire oui, aujourd'hui. On a juste à accepter la solution en proposant un amendement afin de tenir deux rencontres et d'inviter les témoins qui sont sur la liste.
Lors de la première rencontre que j'ai eue avec M. Barsalou‑Duval, nous avons parlé du fait qu'on avait oublié un aspect. Je lui ai dit que, moi aussi, je pensais que j'avais oublié d'autres aspects. En effet, il y a l'aspect médical dont on n'a pas parlé. Les chauffeurs sont à risque. J'en ai parlé avec ma médecin de famille. J'ai eu une bonne discussion avec elle. Étant diabétique, je lui ai dit que j'avais un souci, relativement au modèle « Chauffeur inc. », quant au fait que des personnes étaient peut-être moins aptes à conduire. Elle m'a répondu qu'elle avait beaucoup de patients qui sont chauffeurs de camion et que, quand ils sont bien traités, qu'ils sont bien suivis sur le plan médical, qu'ils ont de bonnes conditions de travail et que leurs heures de travail sont conformes aux normes, ils peuvent très bien faire leur travail sans restriction.
J'ai été satisfait par cette réponse de ma médecin. Je n'en ai pas reparlé à M. Barsalou‑Duval. Ce dernier m'avait dit que ce n'était pas une mauvaise idée d'ajouter des témoins pour parler de la question du diabète, mais il s'était demandé où, dans la liste de témoins, on pourrait les ajouter, étant donné qu'on n'avait que deux réunions et que la liste commençait à déborder. Il m'avait même dit qu'il était prêt à enlever un témoin de la liste pour qu'on puisse inviter un témoin, peut-être de Diabète Canada, pour nous parler de la situation médicale des chauffeurs. Toutefois, ma docteure m'a convaincu que ce n'était peut-être pas nécessaire et que les diabétiques ont le droit de vivre à leur façon s'ils ont le bon traitement.
Je parle du diabète, mais ce n'est qu'un exemple. Je pourrais parler d'hypertension ou de n'importe quelle autre maladie professionnelle. Je vous ai juste donné l'exemple du diabète parce que je connais un peu plus cette maladie. Tout ça est en lien avec les discussions que M. Barsalou‑Duval et moi avons eues pour revenir à deux rencontres.
Si nous revenons à deux rencontres, il faut nous pencher sur la liste des témoins. Pour ma part, j'en ai laissé tomber.
Lors de ma première discussion avec M. Xavier Barsalou‑Duval, il m'a également dit que nous avions oublié les compagnies de remorquage. J'ai pris un peu de recul et je lui ai dit que nous pourrions peut-être les inviter. Par contre, comme je le lui ai dit, elles arrivent sur les lieux après que l'accident s'est produit. Elles ne relèvent d'aucune autorité provinciale ou fédérale. La plupart du temps, elles sont appelées par la Sûreté du Québec, la police provinciale ou un autre corps de police, selon le cas. Au besoin, nous allons les recevoir, mais, personnellement, je ne vois pas la pertinence d'inviter des représentants de compagnies de remorquage. Je ne pense pas que ces personnes vont nous apporter quoi que ce soit de plus. Je ne pense pas que les analystes vont faire des recommandations selon lesquelles le remorquage doit être mieux fait dans des situations impliquant le modèle « Chauffeurs inc. ». À la lumière de tous les aspects que j'ai entendus au cours des témoignages, je ne pense pas que le remorquage va avoir un impact. Cependant, j'ai respecté la demande de M. Barsalou‑Duval et j'ai accepté que nous entendions ce qu'avaient à dire des témoins de la famille du remorquage. Tout à coup, une compagnie de remorquage s'est ajoutée à la liste des témoins. Pour ce qui est des autres, on bifurque, on s'en va ailleurs et on en ajoute encore plus à la liste. Or, tous ces ajouts entraînent une augmentation du nombre de documents.
Arrêtons d'accuser les libéraux de vouloir mettre fin à cette étude. En fait, ce que nous voulons, c'est arriver à nos fins. Cette motion ratisse trop large et mes collègues le savent très bien. Ils connaissent très bien le jeu politique. Il y a des députés d'expérience autour de la table qui savent exactement de quoi je parle. Une motion trop large peut vite violer le sens de l'étude que nous avons en ce moment. Ce faisant, il est possible de bifurquer sur n'importe quoi d'autre et d'aller n'importe où. Pourquoi ces députés veulent-ils faire ça? Ils veulent juste chercher la bébite. Ils ne veulent pas régler le problème lié au modèle « Chauffeurs inc. », mais ils veulent plutôt trouver la bébite qui pourrait mettre un peu dans l'embarras un ministère, un employé de la fonction publique, un sous-ministre ou un ministre. Qui sait? Ils espèrent trouver une petite bête noire qu'ils pourront récupérer à des fins politiques. Ils veulent pouvoir mettre ça sur leur page Facebook ou sur leur compte Twitter, ou encore sur le site Internet du Bloc québécois et y joindre un beau signe de dollar. Ces députés pourront ainsi montrer aux gens ce qu'ils ont trouvé et en profiter pour leur demander de l'argent. Ils se servent des familles des survivants et disent que les libéraux sont méchants pour, du même coup, demander des dons.
Ce n'est pas ce que nous voulons comme comité. Nous voulons mieux que ça. Nous voulons que la pratique parlementaire soit faite dans le but de régler un problème ou un dossier. Nous voulons comprendre le dossier, obtenir des précisions auprès des témoins et vérifier la non-conformité. Nous voulons aussi vérifier tout ce qui se passe dans l'industrie du camionnage.
Que viennent faire les compagnies de remorquage là-dedans? Je n'en ai aucune idée. Peut-être allons-nous le savoir quand leurs représentants vont venir témoigner. Je vais préparer des questions. Je pourrais leur demander s'ils peuvent nous expliquer ce qui a causé l'accident du véhicule qu'ils ont remorqué. Ils pourront faire autant de spéculations qu'ils le voudront, mais ils ne pourront pas répondre à ma question, parce que ce n'est pas ce en quoi consiste leur travail. Ils n'ont à rien à voir là-dedans. Pensez-y, logiquement.
Malgré tout, on va aller de l'avant et dire oui à ça. Pourquoi? C'est parce qu'on veut plus de témoins.
On manque la cible. Ça manque de sérieux. On ne prend pas l'orientation voulue pour arriver à nos fins.
Les familles des survivants font partie de ça. Pourquoi ne les rencontrerions-nous pas en privé, lors d'une séance à huis clos? Nous pourrions les écouter raconter leur deuil et leur souffrance.
Évidemment, si ça se fait dans le cadre d'une séance à huis clos, vous ne pourrez malheureusement pas prendre de petits extraits et les publier sur Facebook pour ensuite solliciter des dons de 10, 20 ou 50 $. Vous ne pourrez pas le faire si la séance se tient à huis clos.
Si vous voulez vraiment que ces gens viennent témoigner devant nous, alors qu'ils viennent le faire à huis clos. Ce serait la façon la plus digne dont un comité pourrait recevoir des familles qui ont perdu un être cher.
Il n'y a rien de pire que de raconter des fausses vérités ou des mensonges à ces familles. De grâce, arrêtez de dire à ces gens, en les regardant dans les yeux, que les méchants libéraux ne veulent pas les recevoir au Comité.
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Tout député responsable qui passerait en revue chacune de ces recommandations constaterait que plusieurs d'entre elles interfèrent les unes avec les autres et qu'on empiète sur les champs de compétence provinciale. Il serait peut-être bon de se pencher sur leur légalité aussi. On dit toujours que le gouvernement fédéral ne peut pas empiéter sur les champs de compétence des provinces, et on ne veut pas non plus qu'il se substitue aux contrôleurs routiers de la Société de l'assurance automobile du Québec. On s'entend pour dire que ce dossier est surtout de compétence provinciale.
Par ailleurs, certaines de ces 10 recommandations seraient assurément contestées en cour. Le Bloc québécois peut bien faire n'importe quelle recommandation, car jamais il ne pourra espérer être au pouvoir et gérer le gouvernement canadien. C'est notre rôle à nous, les conservateurs et les libéraux, de ne pas laisser passer n'importe quoi qui peut être dit par le Bloc québécois. Le gouvernement doit agir selon des preuves et des processus administratifs, ainsi qu'en respectant les droits fondamentaux. Il doit être sérieux. Il ne peut pas, pour répondre à la volonté de dénoncer des délinquants, simplement publier des listes noires sans établir des critères très rigoureux et un mécanisme d'appel. S'il le faisait, il pourrait facilement se tromper, causer des ennuis à des familles et mettre dans l'embarras des entreprises de bonne foi. Cependant, on semble croire que ce n'est pas grave et qu'il faut le faire.
Ce n'est pas la bonne façon d'aider l'industrie du camionnage, qui connaît une pénurie de main-d'œuvre et qui se remet toujours de la pandémie. On se rappellera toute l'histoire au sujet de la douane, des vaccins et des frontières interprovinciales et internationales. Les entreprises font face à des coûts d'entretien qui explosent, sans parler des coûts liés au carburant. Plusieurs se demandent si elles devront se conformer à de nouvelles obligations administratives si le Bloc québécois réussit à faire imposer toutes ces restrictions. C'est certainement le cas, et ce n'est pas notre rôle de leur imposer ça. Ce n'est pas le moment de sévir excessivement contre les gens qui sont déjà dans l'industrie et de multiplier les formalités inutiles.
Au gouvernement, nous voulons privilégier des mesures ciblées et efficaces. Nous voulons faire des recommandations sérieuses sans nuire aux entreprises qui respectent les règles. Beaucoup de témoins sont venus nous démontrer qu'ils étaient encore sérieux et qu'ils s'assuraient de bien gérer leur entreprise, en offrant de la formation à leurs employés et en se préoccupant de leur santé et de leur sécurité. On se raccroche à ça, aujourd'hui. Pour avoir le meilleur des deux mondes, il faudrait que toutes les entreprises fassent la même chose que ces gens, c'est-à-dire soutenir leurs employés, respecter le cahier des charges et les heures de travail, et collaborer avec la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail du Québec, soit la CNESST, ou l'organisme équivalent dans les autres provinces.
Oui, il y a des éléments qui relèvent de notre responsabilité. Il y a certains dossiers dans lesquels nous sommes extrêmement à l'affût de ce qu'il faut faire. Toutefois, certaines demandes du Bloc québécois sont tout simplement impossibles à mettre en œuvre. On parle des ressources de l'Agence de revenu du Canada et d'Emploi et Développement social Canada. Il y a des choses que nous pouvons mettre en place et d'autres qui sont plus difficiles.
Commençons par notre recommandation première. Nous avons déjà rétabli l'obligation en ce qui concerne le feuillet T4A, ce qui est une bonne chose. Réglons ce dossier de notre côté le plus rapidement possible.
M. Barsalou‑Duval et les conservateurs auront l'occasion d'inclure tout ce qu'ils voudront dans les recommandations pour faire avancer le dossier. Si M. Barsalou‑Duval veut y inclure certaines des recommandations discutables qu'il a présentées dans la conférence de presse, nous pourrons en débattre ici et, avec l'aide des analystes du Comité, nous pourrons arriver à formuler de bonnes recommandations pour faire avancer le dossier.
On sait que l'approche des conservateurs et du Bloc québécois est axée sur l'aspect punitif. Personne ne veut qu'il y ait des accidents. Personne ne veut perdre un membre de sa famille. Personne ne veut que nos routes soient dangereuses. Cependant, le stratagème « Chauffeurs inc. », les mauvais chauffeurs et l'immigration ne sont pas les seuls facteurs. Pouvons-nous arriver à nos fins et en finir une fois pour toutes?
Je vais vous expliquer d'où on vient. Il est important de savoir que certains témoins nous ont présenté des analyses qui ont été faites par certains acteurs qui ont collecté des données. Nous avons quand même la responsabilité de régler ce dossier, quitte à aller jouer dans les platebandes des provinces. Nous pouvons leur faire certaines recommandations. Même si la sécurité routière est une compétence provinciale, le gouvernement fédéral a mis en place un cadre et a une certaine responsabilité en la matière. Il y a des dossiers liés à la frontière interprovinciale entre le Québec et l'Ontario, par exemple, qui touchent ma circonscription et celle de M. Barsalou‑Duval. Il y a aussi des camions qui partent d'une province et qui traversent une frontière internationale, par exemple celle entre le Canada et les États‑Unis. On parle alors de déplacements extraprovinciaux, qui sont de compétence fédérale.
Dans ce secteur, les normes de travail et les permis sont à jour, et il y a des règlements. Cependant, les témoins nous ont dit que, bien qu'il y ait un processus en place pour l'obtention des permis, il est toujours possible d'obtenir un permis en 24 heures, et il y a différentes recommandations à appliquer rapidement pour que ça change. Il faut y remédier rapidement, mais ça relève de la compétence des provinces. Pouvons-nous envoyer des recommandations aux provinces pour que les travaux débutent?
Pendant nos discussions des dernières rencontres, j'ai même songé à recommander que nous finissions cette étude et que nous en commencions une autre, où on pourrait dire toutes les niaiseries du monde. Ainsi, nous pourrions au moins envoyer certaines recommandations aux analystes pour la rédaction d'un rapport, arriver à nos fins et répondre aux besoins soulevés dans le cadre de cette étude. Ça inclurait les recommandations que nous avons entendues de la part des témoins concernant les heures de service.
Moi, je fonctionnais à l'ancienne. J'ai déjà eu un permis de classe 3 et, à l'époque, j'écrivais mes heures de conduite sur papier, avec un crayon, dans un carnet de bord. Je faisais le tour du camion pour en faire une inspection mécanique complète. Aujourd'hui, on utilise des carnets de bord électroniques et il suffit de changer une lettre dans son prénom ou son nom de famille pour avoir deux carnets différents et accumuler des heures de travail. Je l'ai appris ici, au Comité. Je pourrais utiliser le nom « Stéphane L. Lauzon » et conduire un camion pendant huit heures, puis utiliser le nom « Stéphane Lauzon » pour conduire un autre camion huit heures de plus. Cette pratique met tout le monde en danger. Ça m'a interpellé. Il est urgent de recommander l'établissement d'un registre national ou interprovincial.
Des recommandations, j'en ai plein à faire. Alors, ça me dérange que nous ne puissions pas en déposer aujourd'hui pour arriver à nos fins. Il y en a aussi qui concernent les congés et la protection contre le licenciement, par exemple. Nous avons entendu que certains conducteurs sont contraints de se déplacer du point A au point B, de se constituer en société n'ayant que leur employeur actuel comme client direct et de conduire un camion qui n'est pas toujours inspecté et entretenu. Pourquoi? C'est parce que les entreprises veulent être plus compétitives et réduire leurs dépenses. Ça me brûlait les oreilles d'entendre ça. J'ai des recommandations à faire là-dessus aussi. Il suffit de les donner aux analystes et au greffier pour qu'ils puissent faire leur travail. Il faut faire avancer les choses.
Alors, je trouve inacceptable qu'on dise que nous ne sommes pas de bonne foi et qu'on veuille geler toute la machine gouvernementale. Nous pouvons au moins établir des normes minimales pour les employés des entreprises de transport routier relevant du fédéral. C'est le minimum que le gouvernement fédéral peut faire pour agir directement concernant le phénomène « Chauffeurs inc. » dans son domaine de compétence. Pour ce qui est du reste, on peut recommander ce qu'on veut.
Nous voulons travailler avec les provinces et les témoins qui sont venus ici. Nous avons eu de belles présentations de la part d'inspecteurs de véhicules et d'agents de sécurité qui travaillent sur les autoroutes provinciales. Ils sont venus témoigner pour nous expliquer le problème lié à l'échange d'information entre les provinces et territoires et entre les pays. Il faut trouver un modèle plus universel pour faciliter le travail de ces agents, qui veulent assurer la sécurité des gens. Leur travail n'est pas seulement de vérifier le poids des véhicules. Ça protège nos routes, mais ça ne protège pas la vie des gens. Les camionneurs se promènent sur la route en transportant d'énormes chargements. Il est temps que ça cesse et qu'on fasse des recommandations pour réglementer ça d'une façon plus universelle.
En ce qui concerne la limite légale des heures de conduite, les périodes de repos et les carnets de bord, nous avons notre mot à dire, puisque Transports Canada établit des normes. La semaine passée, je me suis amusé un peu à aller sur le site Web de Transports Canada, parce que j'avais un peu de temps. D'ailleurs, je suis convaincu que vous n'avez pas arrêté de travailler, vous non plus, que vous êtes allés voir ce site Web aussi, que vous avez noté tout ce qui relève de la compétence fédérale et que vous avez réfléchi à ce qui pourrait être amélioré. J'ai commencé à rédiger certaines recommandations. Je me suis aperçu qu'il y avait peut-être des progrès à faire concernant l'application des règles relatives aux trajets interprovinciaux ou internationaux, compte tenu de ce que nous avons entendu pendant toutes les rencontres que nous avons eues. Ces règles sont essentielles à la sécurité routière à l'échelle nationale et internationale.
Nous parlons toujours de ce qui se passe chez nous, mais n'oublions pas que les chauffeurs quittent le pays, et alors nous perdons le fil. Ensuite, ils reviennent et ils sont encore sur notre territoire. Ce sont les mêmes chauffeurs qui livrent notre marchandise, qui servent l'économie canadienne et qui rendent nos entreprises prospères. Ils assurent un service essentiel non seulement à la survie humaine, mais à la survie de chacune des entreprises de vos circonscriptions, qui sont alimentées par le transport, que ce soit le transport routier, ferroviaire ou aérien. Toujours est-il que le transport routier est le moyen le moins coûteux, le plus mobile et le plus efficace pour alimenter nos entreprises, assurer notre bien-être et mettre de la nourriture dans nos assiettes.
Il est essentiel que des règles soient mises en place pour encadrer la sécurité routière à l'échelle nationale. Pour ce faire, nous avons mis en place des exigences en matière de carnets de bord électroniques. J'ai appris qu'il y avait certaines normes techniques. Sur le site Internet, j'en ai aussi appris quant à l'approbation des appareils, c'est-à-dire ceux qui sont reconnus et dont on peut se servir pour travailler.
Or, un appareil ne peut pas détecter une fraude commise par l'emploi d'un faux nom. Nous avons entendu dire que le modèle « Chauffeurs inc. » a recours à toutes sortes de tactiques. Ça ne s'est pas construit dans les 24 derniers jours. Pendant des années, des personnes ont élaboré des stratagèmes et des façons de faire pour contourner le système et les règles, afin de réduire les coûts, d'être plus compétitives, de nuire aux entreprises concurrentes et de prendre plus de place sur le marché.
Notre gouvernement a sa place lorsqu'il s'agit de formuler des recommandations. Dans ce cas, nous pouvons jouer dans les champs de compétence provinciale en faisant des recommandations aux provinces et aux territoires afin de régler certains problèmes qui s'y trouvent.
Je vous parle maintenant d'un dossier dont nous avons beaucoup parlé, qui nous touche et sur lequel nous avons de la poigne: le revenu fiscal.
D'un côté, il y a un problème d'impôt sur le revenu en raison de mauvaises déclarations. De l'autre, il y a des lacunes quant aux cotisations à l'assurance-emploi. Ces mêmes gens, lorsqu'ils n'ont pas d'emploi pendant une période déterminée, vont carrément demander de l'assurance-emploi alors qu'ils n'y ont pas cotisé à sa pleine valeur. Oui, nous avons notre mot à dire sur ça.
De plus, il y a la question des cotisations au Régime de pensions du Canada, du côté du fédéral, et au Régime de rentes du Québec, dans mon cas et celui de M. Barsalou‑Duval, ou au système en place dans les autres provinces.
Nous avons une obligation envers les travailleurs indépendants, ainsi que l'obligation fiscale de répondre adéquatement à toute question de nature légale concernant les entreprises. Il n'y a aucun problème à ce qu'une compagnie soit indépendante. Par le passé, j'en ai eu une, soit Gestion Lauzon. J'étais l'unique employeur, mais j'avais plusieurs clients. Dès qu'il y a seulement un employeur et un client, ça devient problématique. C'est là que nous pouvons intervenir.
Nous avons aussi la responsabilité du rétablissement de l'obligation en ce qui concerne le fameux feuillet T4A dans le cas de « Chauffeurs inc. ». Nous avons remédié rapidement à ce problème.
Compte tenu de tout ça, nous avons quand même un œil sur tout ce qui concerne la régie fiscale, qui comprend entre autres tout ce que je vous ai nommé, les audits de vérification, les faux travailleurs et les travailleurs autonomes qui n'ont qu'un employeur. En effet, tous ces éléments sont du ressort de l'Agence du revenu du Canada.
Je suis bien d'accord pour que nous présentions des recommandations à ce sujet, afin d'aller de l'avant directement à propos d'éléments qui appartiennent au champ de compétence du gouvernement fédéral.
Nous pouvons aussi inclure, dans certaines de nos recommandations, la possibilité d'enquêter sur des entreprises, mais pas nécessairement de le faire sur la place publique en publiant une liste noire des entreprises, par exemple. On peut cependant enquêter sur des entreprises qui utilisent des travailleurs incorporés et qui évitent des charges fiscales. Il faut toujours faire attention à l'aspect légal. Je suis convaincu que certains dossiers pourraient se retrouver devant la cour. Je suis convaincu que nous pouvons faire un bout du travail. J'ai une grande confiance dans les analystes du Comité. Je sais qu'ils vont travailler avec acharnement sur des recommandations et qu'ils vont vérifier l'aspect juridique des lignes de conduite que nous allons imposer.
De plus, il faut réévaluer le statut fiscal pour que chacun paie sa juste part d'impôt et pour qu'il n'y ait pas de paradis fiscaux. Il est important que toutes les compagnies paient leur juste part d'impôt en faisant correctement leurs déclarations de revenus. Pour ce faire, notre gouvernement doit absolument suivre chaque dossier, pour que nous puissions élaborer une stratégie visant non pas à rendre publics les noms de ces entreprises, mais à les ramener à l'ordre au moyen d'un système d'amendes ou de règlements déjà en place. L'Agence du revenu du Canada a déjà, conformément à ses règlements et à ses obligations, les moyens d'intervenir lorsqu'une faute est commise. Les gens y sont habitués. Personne ne veut recevoir une lettre par la poste de la part de l'Agence du revenu du Canada, parce que ce sont rarement de bonnes nouvelles. L'Agence du revenu du Canada fait son travail, qui est d'intervenir envers les personnes fautives qui ont contourné le système.
Dans le cadre de nos recommandations, nous pouvons recommander des mécanismes pour améliorer la force d'intervention de l'Agence du revenu du Canada.
Nous pouvons aussi demander des avis pour savoir comment on peut imposer des pénalités dans les cas de fausses déclarations. Nous avons entendu des témoins nous parler de classifications frauduleuses. Certains conducteurs ont un permis de classe 1 alors qu'ils ne parlent ni le français ni l'anglais. C'est ce que nous avons entendu, n'est-ce pas? Je ne suis pas le seul à l'avoir entendu. J'ai entendu dire que certains conducteurs avaient reçu leur permis de classe 1 en 24 heures. Certains ne connaissent pas le code de la route. Ils risquent de conduire du mauvais côté de la route, parce qu'ils ne connaissent pas les panneaux de signalisation.
Imaginez si nous apprenions demain que les pilotes d'avion peuvent recevoir leur permis en 24 heures, alors qu'ils ne parlent ni le français ni l'anglais et qu'ils ont de la difficulté à lire le texte correspondant aux boutons du tableau de bord. Ce serait un vrai drame. C'est un drame dans le cas du camionnage. C'est une situation aussi dangereuse au sol que dans les airs.
J'ai rencontré des gens d'une école de pilotage, la semaine dernière. Ils m'ont nettement démontré les obligations que doit remplir un pilote. On parle de 1 500 heures de formation de pilotage. Cette formation est régie par le gouvernement canadien, par Transports Canada. On met beaucoup l'accent sur la formation à l'aide de simulateurs de vol et sur la formation pratique. Pourquoi n'accorderait-on pas la même importance à la formation des conducteurs sur les routes? Oui, nous pouvons faire des recommandations à ce sujet, mais ça ne relève pas de notre champ de compétence. C'est le cas pour les pilotes d'avion, mais pas pour les conducteurs de camions qui ne font pas de transport interprovincial ou d'un pays à l'autre.
Est-ce que nous pouvons faire des recommandations aux gouvernements des provinces et des territoires pour faire avancer la vérification et l'inspection, en ciblant tout élément du processus qui relève du champ de compétence provinciale?
Cependant, le fédéral peut intervenir auprès des entreprises qui sont extraprovinciales et qui se constituent en sociétés par actions. Je prends l'exemple d'une compagnie qui s'appellerait Canada inc. Puisqu'elle relèverait du champ de compétence fédérale, nous pourrions intervenir sur le mode de gestion de cette compagnie et lui dire qu'il n'est pas possible de contourner la loi. Autrement dit, il n'est pas possible d'utiliser la compagnie Canada inc. dans sa forme actuelle afin de contourner les règles ou de jouer sur la sécurité du transport au détriment des citoyens québécois et canadiens.
Dans notre cas, en lien avec les règles internationales, nous pourrions mettre beaucoup plus l'accent sur les corridors commerciaux. Il ne faut surtout pas décourager les compagnies qui font les choses de manière légale, qui sont en pénurie de main-d'œuvre et qui peinent à joindre les deux bouts. Parce qu'elles se tiennent droites, elles veulent garder de bonnes conditions de travail pour leurs employés, mais elles peinent à y parvenir. Ce sont des gens consciencieux qui veulent offrir une formation adéquate à leurs employés pour qu'ils travaillent de façon légale et légitime, mais ces entreprises peinent à la payer. Ces entreprises veulent donner le meilleur à leurs conducteurs pour rester ces mêmes compagnies qu'elles ont toujours été. Certains invités qui sont venus témoigner ici représentaient une compagnie familiale dont la relève avait été assurée de père en fille ou de père en fils. Ils étaient fiers de nous parler du contexte de l'entreprise familiale qu'ils voulaient garder. C'est de plus en plus difficile, mais ils le font, parce qu'on leur a enseigné à être droits.
Ce que nous voulons, au gouvernement fédéral, c'est étendre ça à l'ensemble des entreprises et des Canada inc. de ce monde qui envoient leurs chauffeurs sur nos routes.
Cependant, nous ne voulons surtout pas briser la chaîne d'approvisionnement, qui est extrêmement nécessaire pour nos concitoyens, pour la population et pour les entreprises.
Non seulement nous gérons des normes internationales, mais nous avons des accords avec d'autres pays. Nous avons encore des ententes avec les États‑Unis et le Mexique. Le travail des chauffeurs est régi par de vieilles ententes. Notre gouvernement travaille d'arrache-pied pour trouver de bonnes ententes ailleurs. Notre gouvernement s'acharne à développer des marchés à l'extérieur des États‑Unis. Il va falloir des chauffeurs, des conducteurs, des gens qui vont s'impliquer, des compagnies fiables qui vont non seulement nous donner un service sécuritaire et fiable, mais qui vont alimenter la chaîne d'approvisionnement canadienne. Nous sommes maintenant dans une période de transition pour la marchandise.
Je pourrais aussi vous parler des différentes classes de permis. Parfois, on va au-delà des classes. Comme nous l'avons vu, certaines classes peuvent aller jusqu'au transport de matières dangereuses, ce qui demande davantage de formation. À la suite de ce que j'ai entendu lors des témoignages, je suis inquiet. Toute ma vie pendant que j'ai travaillé dans ce domaine, j'ai fait le transport de gaz. Quand tu es un soudeur de métier, que tu travailles dans le domaine depuis 25 ans et que tu transportes des réservoirs d'oxygène, d'acétylène, d'argon, de CO2 ou d'autres produits dangereux, tu es accrédité pour transporter ces gaz. Aujourd'hui, je suis inquiet de la situation quant au transport de marchandises dangereuses.
Dans nos recommandations, pouvons-nous inclure la possibilité non seulement de parler de transport, mais aussi d'établir des règles nationales en ce qui concerne le fonctionnement, l'arrimage et la façon sécuritaire de faire le transport de toutes ces marchandises, pour assurer une sécurité sur nos routes? Dans le cas de l'accident qui est survenu, nous sommes simplement chanceux que le camionneur n'ait pas transporté du pétrole ou des produits extrêmement nocifs ou dangereux. Vous savez ce qui est arrivé à Lac‑Mégantic. Nous ne voulons pas que ça arrive sur nos routes. On ne veut pas se rappeler les mauvaises choses. Par contre, laissez-moi vous dire une chose: on est à risque. Quand un accident de la route implique le transport de matériaux secs, c'est peut-être moins grave. Toutefois, il faut se préparer à l'évidence. Pouvons-nous inclure ces propositions dans nos recommandations?
Par ailleurs, on ne va peut-être pas assez loin pour ce qui est de l'étiquetage en matière de transport. Le gouvernement peut-il faire des recommandations à cet égard?
Quand j'ai eu du temps libre mardi et jeudi de la semaine dernière pendant mes heures de travail, je suis allé faire des recherches sur le site. J'ai trouvé un volet complet sur les types de produits qui sont transportés. J'ai été surpris de voir la liste des produits. J'ai fait de la recherche. Nous n'avons jamais parlé de cet aspect, mais c'est encore quelque chose qui nous met à risque. Un chauffeur qui conduit un camion pourrait avoir un accident. Nous avons parlé, surtout avec les témoins, du transport de lourds chargements. Quand un accident implique un camion transportant un lourd chargement, ça n'a pas de pitié. C'est comme un bélier qui rentre dans un mur de béton. C'est extrêmement dangereux. Quand le camion transporte un lourd chargement de produits dangereux, ça représente un risque encore plus important. C'est encore plus dangereux. Pourtant, nous n'avons pas parlé de cet aspect et nous n'avons pas convoqué de témoins à ce sujet. Je serais cependant prêt à formuler des recommandations sans inviter d'autres témoins à venir nous parler du transport de matières dangereuses en lien avec le modèle « Chauffeur inc ».
Nous avons aussi très peu parlé de formation spécialisée. Nous avons beaucoup parlé de la formation et du permis de conduire. Nous avons parlé d'entreprises consciencieuses qui offrent de la formation, qui donnent elles-mêmes de la formation sur le fonctionnement, les trajets, et ainsi de suite. Nous avons aussi parlé des cours de conduite de camions de transport, qui, soit dit en passant, ne sont pas obligatoires. Pour obtenir un permis de classe 1, l'exigence est de réussir l'examen théorique et l'examen pratique pour conduire un camion ayant deux essieux. Ça, c'est inquiétant. Pouvons-nous en savoir plus à ce sujet? Pouvons-nous recommander au gouvernement d'être un peu plus proactif là-dessus?
Soit dit en passant, le Québec a déjà fait un pas en avant. Il a déjà fait certaines annonces pour dire qu'il comptait mettre en œuvre certaines recommandations qui touchent des éléments relevant de ses champs de compétence.
Pouvons-nous suivre l'exemple du Québec et en rajouter? Pouvons-nous prendre ces recommandations et les jumeler aux nôtres? Quand viendra le temps de présenter des recommandations, je vais ressortir ce que le Québec a fait dans les dernières semaines, dans le cas de la Société de l'assurance automobile du Québec, pour l'obtention des permis et la délivrance des permis de classe 1. Le Québec veut rendre ça plus difficile. Il veut rendre ça moins facilement accessible, pour assurer une meilleure sécurité routière.
En tant que gouvernement, nous pouvons travailler sur des normes nationales de sécurité en lien avec ça aussi. Nous pouvons travailler sur un cadre qui est national. Nous pouvons aussi proposer des normes de sécurité routière dans nos recommandations, et ce, toujours en collaboration avec les provinces et le Conseil canadien des administrateurs en transport motorisé.
Avec les témoins, nous avons beaucoup parlé des relations de travail. Nous leur avons posé des questions à ce sujet. J'écoutais mes collègues leur demander ce que nous pouvions faire pour les aider dans les relations, toujours en lien avec le fédéral. Nous allons le voir dans les témoignages que nous avons reçus par écrit: souvent, on mélange les champs de compétence. C'est correct, parce que les témoins ne sont pas des spécialistes. C'est à nous de démêler ça. Il nous arrive même à nous, les élus, de mélanger les compétences provinciales et les compétences fédérales, alors mettez-vous à la place des témoins qui arrivent ici et qui n'ont pas participé à l'étude depuis le début. C'est normal qu'ils mélangent les choses aussi. C'est à nous de faire le tri dans tout ce qui a été dit, avec l'aide des analystes, pour retenir ce qui est bon pour nous, formuler des recommandations qui concernent le fédéral et mettre de côté celles qui ne le concernent pas.
Est-ce que la comparution de représentants d'entreprises de remorquage va nous aider à en savoir plus? Je ne le pense pas, mais j'y accorde le bénéfice du doute. C'est possible qu'ils nous présentent un élément que les analystes pourront ajouter dans notre rapport. Je l'espère, car je ne voudrais pas que toute la salive qui a été dépensée depuis le début concernant ces témoins ne mène à rien.
Cependant, pouvons-nous parler de ce qui nous concerne? Je pense notamment à la prévention de l'exploitation des travailleurs étrangers temporaires.
Tantôt, je vous parlais des ministères auxquels on veut demander de fournir des communications, mais d'autres ministères sont touchés, dont le ministère de la Sécurité publique et de la Protection civile ainsi qu'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. Il faut travailler avec les travailleurs étrangers temporaires et demander toutes les communications du ministère qui en est responsable. Il faut vérifier la conformité et tous les échanges qui ont eu lieu. C'est complètement ridicule de faire ça, si nous voulons arriver à nos fins et formuler des recommandations avec les analystes du Comité pour établir des normes.
Dans le dossier « Chauffeurs inc. », qu'on le veuille ou non, il n'y a pas grand-chose qui relève du fédéral. Celui-ci gère les permis de travail, les travailleurs étrangers temporaires et les autorisations données aux employeurs pour les embaucher. Des inspections sont aussi réalisées par le ministère des Transports et par Emploi et Développement social Canada. De plus, il révoque le permis de travailleurs fautifs qui usent du stratagème « Chauffeurs inc. ». On a vu des entreprises radiées. On a vu le gouvernement intervenir concernant des irrégularités.
C'est malheureux pour certains de mes collègues, mais l'ensemble des recommandations que nous pouvons formuler consistent à demander aux provinces et aux territoires de faire mieux. Pour demeurer sérieux à ce comité et pour garder le cap sur notre objectif, pouvons-nous arriver à formuler des recommandations qui vont dans ce sens? Le fédéral assume ses responsabilités. Nous ne nous sommes jamais cachés. Mes collègues et moi voulons assumer les responsabilités qui incombent au fédéral, que ce soit sur le plan de la fiscalité ou sur celui de la sécurité du transport interprovincial. Nous voulons être présents. Nous sommes parfaitement conscients de la situation. Nous voulons parler des normes fédérales du travail. Je serais prêt à parler des audits et du feuillet T4A. Même si nous avons recommencé à exiger la production du feuillet T4A, je suis prêt à discuter de façons de l'améliorer. Toutefois, les enquêtes sur les accidents, la formation, les permis et l'indemnisation sont des choses qui relèvent du Québec et des autres provinces, tout comme la protection. Mon collègue du Bloc québécois le sait parfaitement. C'est un homme intelligent et intègre, habituellement.
Ça m'étonne que M. Barsalou‑Duval adopte cette position et qu'il oublie volontairement la réalité pour s'adonner à ce spectacle politique. Je n'en reviens pas.
Je vais revenir sur l'article de nouvelles publié sur le site Web du Bloc québécois, dont j'ai cité un paragraphe textuellement, tantôt, et qui reprenait les propos de mon collègue. Je vais peser mes mots, mais j'invite tout le monde à aller lire le paragraphe en question. Malheureusement, certains de mes collègues auront besoin d'une traduction, parce qu'il est écrit seulement en français. C'est normal, parce que c'est sur le site du Bloc québécois et on ne veut pas faire de traduction. Je vais le lire en français et les interprètes s'occuperont de traduire mes propos.
D'abord, on peut lire qu'« Ottawa a pourtant de nombreux leviers ». En effet, j'en ai nommé une bonne liste. Ça commence par les analystes, qui n'attendent que ça, que nous leur fournissions des recommandations. Nous avons la force, nous avons le pouvoir de répondre, à ce comité, pour que nous puissions formuler des recommandations le plus rapidement possible. Nous répondons oui à toute la liste de témoins qu'on a envoyée, nous acceptons de les recevoir en deux réunions, nous laissons tomber toutes mes idées concernant les autres témoins que nous pourrions inviter, pour que nous allions de l'avant. Malgré ça, on dit ceci: « Ottawa a pourtant de nombreux leviers à sa disposition pour casser ce climat de laisser-faire qui profite aux mauvais joueurs qui défient les lois. » Je suis d'accord en « tabarouette » avec mon collègue. C'est fou comme nous ramons dans le même sens. Si on avait écrit ça sur le site du Parti libéral, ça aurait fait mon affaire.
Ensuite, dans l'article, on dit: « Le gouvernement doit comprendre que seule une série d'actions coordonnées pourra garantir la sécurité des usagers de la route. » Jusqu'à maintenant, ça se tient en « tabarouette », parce que les analystes du Comité vont rédiger un rapport selon nos recommandations, et j'ai tellement hâte qu'on puisse comprendre que la seule série d'actions que nous pouvons mettre en place, c'est de coordonner une série de recommandations.
Je poursuis ma citation: « Il faut envoyer un message clair aux entreprises fautives pour mettre un terme à ce dangereux phénomène [...] » C'est ce que « renchérit le porte-parole bloquiste en matière de Transports », selon l'article. C'est ce que nous disons tous depuis le début. Vous avez simplement repris nos mots, monsieur Barsalou‑Duval. Nous sommes tous d'accord. Ce que nous voulons, c'est être clairs et dire aux entreprises fautives de mettre un terme à ce stratagème.
M'avez-vous déjà entendu dire, aujourd'hui ou avant, que nous ne voulons pas réprimander les entreprises fautives? M'avez-vous déjà entendu dire que je ne veux pas qu'elles paient leur juste part d'impôt? M'avez-vous déjà entendu dire, dans toutes les questions que nous avons posées aux témoins, que nous appuyons quelque pratique illégale que ce soit?
Dès ma première intervention, j'ai dit que c'était un excellent sujet d'étude, je vous ai remercié de l'avoir proposé au nom du Bloc québécois, monsieur Barsalou‑Duval, et j'ai dit que ce dossier nous tenait à cœur. Je vous ai dit bravo, puisque ça méritait des applaudissements. Cependant, c'est moins drôle de vous voir saccager cette étude à la fin.
On dit ceci: « Pendant ce temps, le Comité permanent des Transports est paralysé par les libéraux qui refusent de remettre les documents demandés [...] » J'ai pourtant donné une explication claire, aujourd'hui, concernant les documents. J'en ai parlé pendant une vingtaine de minutes. Je pense qu'il est évident pour tout le monde que c'est le début de la fin. Ça m'étonne beaucoup que M. Barsalou‑Duval ait formé une coalition et qu'il se soit embarqué là-dedans. Imaginez-vous donc que les conservateurs ont partagé leur temps de parole avec celui du Bloc québécois afin que M. Barsalou‑Duval puisse proposer cette motion. C'est important que les gens le sachent. Si on ne parle pas de coalition ou de connivence, alors je ne sais pas de quoi on parle.
Je répète ce qu'on dit dans l'article: « Pendant ce temps, le Comité permanent des Transports est paralysé par les libéraux qui refusent de remettre les documents demandés et d'entendre les témoignages des victimes. » Après ça, on vient me dire que je n'ai pas le droit de dire que c'est faux. Je m'excuse, mais les victimes ont le droit de savoir que les libéraux ont beaucoup d'empathie envers les familles et beaucoup d'empathie envers la situation qu'ils ont vécue. Perdre un être cher, ça fait mal. Dans des conditions comme celles-là, c'est encore pire. Il n'y a pas de bonne façon de perdre un être cher. Cependant, quand je vois qu'on utilise ces familles à des fins politiques, je me permets de vous dire que ce n'est pas juste, d'autant plus que, quatre pouces sous l'article publié sur le site — si 10 centimètres, ce n'est pas compréhensible, je vais vous donner la mesure en pouces —, il y a une demande de dons de 10, 15 ou 25 $. Je ne sais pas si mes collègues pensent que ça, c'est plus moral que de le dénoncer. Je m'excuse, mais c'est immoral. Je n'ai pas besoin de me faire remettre à l'ordre pour ça non plus.
Je terminerai par ceci. Je précise que c'est la citation des propos de mon collègue que je termine, et non mon discours: « Ce comité, qui devait être un espace d'écoute et de [soutien], est complètement bloqué par les libéraux [...] » On ne nomme pas les conservateurs, bien sûr que non. On nomme uniquement les libéraux. Ce n'est pas bloqué par les conservateurs. On n'indique pas que ce sont les libéraux et les conservateurs, bien sûr que non. Il manque un petit bout de phrase, qui dirait que c'est selon la coalition entre le Bloc québécois et les conservateurs. Il manque ce bout.
Je vais vous citer exactement ce qui est marqué: « Ce comité, qui devait être un espace d'écoute et de solutions, est complètement bloqué par les libéraux qui vont même jusqu'à refuser de le convoquer. Cette attitude qui ne profite qu'aux entreprises fautives révèle une préoccupante déconnexion et surtout [un manque] flagrant de compassion envers les familles [...] » Ce n'était pas assez de le dire plus haut dans l'article. Ce n'était pas assez de le mettre dans un paragraphe indépendant pour dire que les mauvais libéraux refusent les témoignages des victimes. Non seulement on le met dans l'avant-dernier paragraphe, mais on met aussi dans le dernier paragraphe que c'est un manque flagrant. C'est moi, le méchant, et je n'ai pas le droit de dire que ce sont des mensonges, qu'on attaque les libéraux gratuitement à des fins politiques, mais on a le droit de dire, par contre, qu'il s'agit d'un manque flagrant de compassion envers les familles. Excusez-moi, mais je me permets de répéter à la population que nous sommes de tout cœur avec les familles et que nous voulons les faire témoigner. Ce que j'ai dit, c'est que je veux les faire témoigner à part et à huis clos. Je maintiens ma position. Nous voulons que ces familles soient respectées et nous voulons éviter d'y mêler la politique. De grâce, je demanderais à ce qu'on n'annexe pas une demande de financement aux témoignages de personnes qui ont perdu des êtres chers.
De plus, j'ai de la misère à comprendre que le chef du Bloc québécois et tout le monde adhèrent à tout ça. Si j'étais le whip de ce parti, je ne serais pas trop content de cet élément. Une famille endeuillée reste une famille endeuillée, d'une façon ou d'une autre. Dans ce cas-ci, on se sert d'une situation tragique comme celle d'un accident où des familles ont perdu des êtres chers et on la met sur une page Web sur laquelle apparaît soudainement une fenêtre demandant du financement pour adhérer au parti. Je trouve ça dégueulasse. Il faut peut-être remédier à la situation où on sollicite des dons à cet endroit précis du site du Bloc québécois. Il peut écrire ce qu'il veut ailleurs, mais, quand je vois qu'une demande de financement est jointe à une publication comme celle-là, j'ai un peu de misère à vivre avec ça.
Je veux maintenant revenir sur ce que je vous ai dit tantôt, quand j'ai mentionné d'où nous sommes partis et où nous voulons aller.
Effectivement, la liste des témoins était longue. Pour ce qui est d'ajouter la liste de témoins qui se trouve dans la motion actuelle, quand j'ai rencontré M. Xavier Barsalou‑Duval, nous avons parlé d'inviter des représentants de compagnies de remorquage et j'y ai adhéré. Nous nous sommes alors retrouvés avec des témoins proposés par la coalition. Certaines propositions venaient des conservateurs, mais c'était mélangé. Encore une fois, nous avons été de bonne foi. Nous avons accepté ça de bonne foi. Nous avons dit oui, et ce n'est pas simplement parce que nous sommes un gouvernement minoritaire. Ça n'a rien à voir avec ça. Ça a plutôt à voir avec le gros bon sens. Nous connaissons très bien le rôle que nous avons à jouer en tant que gouvernement. Mes collègues et moi avons expliqué à de nombreuses reprises qu'il est important de ne pas immobiliser la machine municipale.
De plus, nous comprenons le problème que nous avons vécu à propos de la liste des témoins, qui s'est construite avec le temps. Il faut cependant se poser une question. S'il était si important d'inviter la famille à témoigner, il en aurait été question lors de la première rencontre. Combien de rencontres avons-nous tenues exactement depuis le début de la session parlementaire? Je pense que nous en avons eu une dizaine ou une douzaine.
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Merci, monsieur le président.
J'aimerais commencer par féliciter les interprètes pour leur travail. Je les remercie de venir prendre la relève aujourd'hui. Nous leur en sommes très reconnaissants. Vous savez, c'est une tâche ingrate quand on n'a pas les textes sous les yeux et quand la personne parle à un débit assez rapide pendant 1 heure 45 minutes. Ce n'est pas facile pour les interprètes, alors j'aimerais les féliciter.
Cela dit, abordons maintenant le dossier de « Chauffeur inc. ». C'est un dossier qui nous tient tous à cœur et qui nous a beaucoup interpellés à ce comité des transports.
Je vous ai parlé un peu des éléments importants qui ont été soulevés dans le cadre de cette étude, soit la sécurité routière, essentiellement. Nous avons aussi parlé de la justice fiscale, de la protection des travailleurs et de la concurrence équitable entre les entreprises qui doivent mener la barque pour être à la fois rentables et fournir un service adéquat à leurs employés, pour assurer la sécurité et donner la bonne formation, et ainsi de suite. C'est ce dont nous avons parlé, entre autres, dans la première portion de la réunion.
J'ai mis un peu l'accent aussi sur ce qui a été divulgué publiquement à propos de la famille endeuillée touchée par l'accident relativement au phénomène « Chauffeur inc. ». Dans ce contexte de pénurie de main-d'œuvre, ce sont les camionneurs et les camionneuses qui sont affectés. Ils nous fournissent un service essentiel, mais ce n'est pas seulement ça. On parle souvent des camionneurs, des compagnies, mais il s'agit aussi de tous ceux qui travaillent autour de ces entreprises, que ce soit ceux qui s'occupent de l'entretien, les contrôleurs routiers, les réparateurs, ceux qui font la maintenance, les petites entreprises et les répartiteurs, qui font un travail incroyable. On faisait la comparaison, tantôt, avec le secteur de l'aviation. Les contrôleurs routiers ne sont pas des contrôleurs aériens, mais je peux vous dire qu'ils font un travail incroyable en matière de sécurité. Je me suis informé et j'ai pu le vérifier. Ils doivent déterminer quel véhicule doit être entretenu, où on est rendu en ce qui concerne les permis, le trajet. Le trajet est très important. Le fait d'emprunter une autoroute différente peut prolonger le temps du trajet, ce qui peut jouer sur la sécurité. Il y a beaucoup de facteurs de risque en lien avec tout ce dont nous avons parlé depuis le début de cette étude.
On utilise une expression en français qui dit ceci: « Ce qui est bon pour minou est bon pour pitou ». Ce qui est important pour nous et ce que nous aimerions, c'est que toutes les règles du jeu soient les mêmes pour tout le monde. Nous voudrions que les règles soient non seulement les mêmes pour tous, mais qu'elles soient aussi bien appliquées. Bref, nous voudrions appliquer les mêmes règles de jeu pour nous assurer de faire tomber le phénomène « Chauffeur inc. ». Nous voulons le faire de la bonne façon, de façon uniforme partout au Canada. En tant que gouvernement, nous voulons le faire en formulant des recommandations le plus rapidement possible. On s'entend tous là-dessus.
Dans cette pratique, qu'il s'agisse des chauffeurs illégaux, des travailleurs étrangers temporaires, ou TET, des travailleurs autonomes, nous savons tous qu'on doit faire un ménage. Certains travaillent sous la pression de leur employeur, et c'est ce qui a été mis en avant dans les nombreux témoignages que nous avons entendus.
Maintenant, cette pratique entraîne des conséquences extrêmement graves. Nous voulons régler ce problème. Nous voulons éviter d'autres conséquences. Comment pouvons-nous le faire? Il faut arriver à formuler rapidement des recommandations en travaillant avec nos analystes et le greffier, pour que nous puissions passer à autre chose.
Évidemment, il y a toute la question des contraintes. Cela touche les charges sociales, et c'est à nous d'intervenir sur cet aspect.
De plus, il y a la fameuse perte de recettes fiscales. Il s'agit d'une perte de revenus pour notre gouvernement. Autrement dit, il y a un manque à gagner du côté fiscal. Il faut absolument que nous puissions aller chercher notre part, afin de combler ce manque.
Nous assistons aussi à l'érosion de la concurrence loyale. Nous avons entendu les représentants des compagnies qui ont décidé de suivre le droit chemin. Ils ont le cœur à l'ouvrage. Ils nous écoutent aujourd'hui et nous demandent si le Comité peut arriver à ces fins. Je suis convaincu que les invités qui sont venus témoigner devant le Comité dans le cadre de cette étude ne veulent qu'une chose: voir les solutions qu'ils ont apportées être incluses dans nos recommandations. Est-ce que nous allons tout régler? Non. Pouvons-nous apporter rapidement des changements? Je crois que oui. Nous pouvons faire des recommandations aux provinces et aux territoires, afin d'améliorer la situation.
Ensuite, nous avons senti une fragilisation des travailleurs. Ils sont à risque de blessures ou de mauvaises conduites dues à l'influence des entreprises, qui exercent une certaine pression sur eux. C'est fatigant. Nous pouvons facilement recommander de travailler avec les provinces pour trouver des pistes de solutions en but de donner à ces travailleurs un travail digne de leurs compétences et digne d'une chaîne d'approvisionnement dont nous avons grandement besoin. D'après les recherches que j'ai faites, 25 % des chauffeurs pourraient faire de l'amélioration. Ils sont payés selon différents modèles. Dans certaines régions, principalement au Québec et en Ontario, c'est préoccupant. Cette pratique est utilisée ailleurs au Canada, mais, au Québec et en Ontario, elle s'est développée plus rapidement à l'aide des stratagèmes comme ceux dont nous avons entendu parler en lien avec l'obtention des permis.
Il s'agit surtout d'un enjeu d'équité quant à la concurrence loyale. Les entreprises jouent selon les règles et paient leur juste part. Elles sont fières de le faire, parce qu'elles font partie d'une société et d'un État où il y a des droits et des règlements à suivre à la lettre. Toutefois, ça vient avec des responsabilités. Nous avons entendu dire que des compagnies vont baisser leurs coûts considérablement. En tournant les coins ronds, elles peuvent les faire diminuer de 30 % ou 40 %. Par souci d'équité et de concurrence loyale, il faut absolument avoir un mécanisme pour réprimander chacune des compagnies fautives. Il faut les attraper et les juger, sans, toutefois, être obligé de faire le travail des provinces.
Il y a aussi l'enjeu entourant les provinces, qui ont un rôle important à jouer. Dans nos recommandations, j'ai bien hâte que nous nommions l'exemple du Québec. Les premiers qu'il a dû faire ont été dans la transition de la restriction des permis trop faciles à obtenir, et ce, en respectant les règles en place. D'abord, respecter les règles en place est un pas dans la bonne direction. Commençons par le feuillet T4A et les règles de l'obtention d'un permis de conduire. Dans la province du Québec, nous avons la francisation. L'obtention d'un permis peut se faire dans l'une des langues officielles, soit l'anglais ou le français. Il y a la possibilité d'avoir recours à de l'interprétation dans le cadre du processus, afin d'assurer le respect des normes et des règles.
Qui plus est, nous avons toujours à cœur la question de la protection des travailleurs. On l'oublie toujours. On parle toujours des citoyens et des risques sur la route, mais il est aussi question de la protection des travailleurs en lien avec la sécurité publique. Les travailleurs nous ont dit qu'ils ont peur de prendre la route. Ils n'ont pas peur de ceux qui suivent les règles, mais plutôt des autres. Si un travailleur assis dans un gros camion transportant une charge énorme a peur de ses collègues sur la route, alors nous avons tous lieu d'être inquiets. La protection des travailleurs importe beaucoup au Comité. Arrivons à nos fins et faisons de recommandations pour redonner confiance à ces travailleurs, à ces chauffeurs.
Également, beaucoup de compagnies sont en pénurie de main-d'œuvre. Elles sont à la recherche de travailleurs, parce qu'il y a un exode de chauffeurs, qui veulent faire autre chose. Selon des témoins, l'une des raisons pour lesquelles ils veulent faire autre chose est qu'ils ne se sentent plus bien dans ce modèle. Ce modèle est brisé et cette pratique doit cesser le plus rapidement possible. La meilleure façon de briser ce cycle de mauvaise conduite à laquelle s'adonne le modèle « Chauffeurs inc. » est de passer par le Comité, qui fera des recommandations, et d'accepter de recevoir encore des témoins lors de deux rencontres. Nous pourrions avoir une autre demi-rencontre. Nous sommes parfaitement d'accord sur cela. Nous pourrions en avoir une avec la famille endeuillée que nous pourrions recevoir à huis clos, afin de lui poser nos questions et lui démontrer toute notre empathie. Nous pourrions ainsi trouver des solutions pour aider l'avenir de ce dossier.
Par ailleurs, nous pourrions ajouter une prochaine étude qui portera sur les ports.
De plus, enlever tous les documents demandés demande un travail exhaustif de la part de toute l'administration gouvernementale, ce qui n'a aucun bon sens. Il y a une façon de le faire: arriver à une résolution en ce sens et aller de l'avant.
J'ai le goût, la semaine prochaine ou en fin de semaine, d'aller rencontrer la famille endeuillée et lui expliquer la vraie position des libéraux. Je veux lui expliquer exactement le travail que nous avons fait. Toutefois, je ne vais jamais instrumentaliser la conversation que j'aurai avec elle en privé, si j'en ai une. Je n'instrumentaliserai jamais une conversation à propos de quelqu'un qui a perdu la vie en raison du modèle « Chauffeurs inc. », et ce, en la publiant sur mes médias sociaux ou en la mentionnant dans une publication rendue publique. Je ne le ferai pas, quel que soit le type de publication.
Je reviens sur la pression économique ressentie par les entreprises.
Au-delà des commentaires au sujet des chauffeurs illégaux, une nouvelle pression, qui n'existait pas avant la pandémie, est exercée sur les chauffeurs. Je sais que la pandémie a le dos large et je suis tanné d'en parler. Cependant, elle a eu des effets comme l'augmentation des coûts et la déstabilisation de la main-d'œuvre. De plus, des gens ont changé de métier, tandis que d'autres sont retournés suivre une formation. Il y a eu un chambardement dans les corps de métiers. Le transport est un des domaines qui a écopé, et ce, pour toutes sortes de raisons, entre autres, le vaccin. Je ne reviendrai pas là-dessus, parce que nous avons assez parlé de la pandémie.
Il n'en reste pas moins que certains chauffeurs travaillent au-delà des limites légales. Aujourd'hui, les entreprises ont des difficultés en lien avec l'explosion des coûts, notamment ceux de l'essence et de l'entretien des véhicules. De son côté, l'achat des véhicules a beaucoup changé. Ne l'oubliez pas: chaque livraison nécessite de répartir l'assiette des dépenses, qui comprend les avantages, le salaire, les frais d'exploitation et le coût de l'achat.
Des entreprises sont venues nous montrer que le profit diminue de génération en génération. Il y a des générations qui ont bien gagné leur vie alors que les générations d'aujourd'hui ont de la misère à arriver. Non seulement ils subissent la pression des chauffeurs illégaux, mais ils subissent également la pression quotidienne des coûts d'exploitation. Est-ce qu'on peut, au moins, comme comité, donner un petit coup de pouce à toutes ces entreprises? Est-ce qu'on peut leur donner un appui en formulant des recommandations pour qu'on puisse, du moins, régler la portion du problème qui relève du fédéral, et pour qu'on puisse ensuite, en collaboration avec les provinces, régler le problème du stratagème « Chauffeur inc. »?
Plus il y a de risques sur les routes, plus on est vulnérable. Il y a, d'ailleurs, plusieurs facteurs à considérer. On doit vivre avec l'état des routes en décrépitude. On a d'ambitieux projets d'investissement dans les infrastructures pour la sécurité des usagers. Toutefois, il y a de plus en plus de camions sur les routes, étant donné que la population augmente et que, par conséquent, la quantité de services pour répondre aux besoins de la population augmente aussi. Cependant, on n'améliore pas les infrastructures. On doit donc en faire davantage pour les infrastructures, y compris pour leur entretien. En effet, avant d'investir massivement dans les infrastructures, il faut commencer par entretenir ce qu'on a déjà.
Parlons des frais d'exploitation des entreprises. Ces entreprises doivent s'attendre à ce que ce comité puisse formuler des recommandations le plus rapidement possible afin de s'acquitter de son mandat, soit de rendre équitables les activités de toutes les compagnies. On ne peut pas le faire tout seul. On peut le faire ensemble, toutes parties confondues.
Je suis d'accord pour que les recommandations du Comité empiètent légèrement sur des compétences provinciales, parce que ça reste des recommandations du Comité. On a vu ça dans d'autres comités. On peut travailler avec les provinces et les territoires et collaborer avec eux afin de trouver des pistes de solution adéquates pour améliorer une situation qui est du ressort des provinces et du fédéral. Le sujet de notre étude en est un bon exemple, parce que certains de ses aspects dépendent des deux ordres de gouvernement. La responsabilité fédérale première est la collaboration intergouvernementale. Je pense qu'on peut donner beaucoup de poids à ce comité et qu'on peut être un comité essentiel pour trouver la solution.
J'ai suffisamment dit que c'est une compétence partagée entre les provinces et le fédéral. On doit agir très rapidement sur le plan fiscal pour rendre ça plus rentable et on doit renforcer l'application des règles fiscales. On a aussi une chance de collaborer avec les provinces pour harmoniser tout cela et pour mettre des normes et des mécanismes d'inspection.
J'ai eu l'occasion de discuter longuement avec un travailleur du ministère des Transports et de la Mobilité durable du Québec. Ce n'est pas dans mon champ de compétence, mais je peux vous dire une chose: j'ai beaucoup appris. Il se sent un peu pris avec les informations qui sont limitées au Québec. Est-ce qu'on peut alléger les communications, donner les outils nécessaires à une meilleure collaboration entre les provinces, harmoniser les normes et trouver des mécanismes d'inspection?
J'irai plus loin que ça. M. Barsalou‑Duval va peut-être me remettre à l'ordre en disant que je parle d'un sujet qui est de compétence provinciale. Toutefois, je suis formateur de formation. J'ai enseigné pendant 21 ans. Mon acolyte était l'école de camionnage. J'étais en métallurgie, dans un centre de formation professionnelle. J'ai à cœur la formation. La formation, pour moi, c'est la base des connaissances. Je n'aimerais pas que notre nouveau pipeline soit soudé par des soudeurs qui n'ont pas reçu la compétence. Pour un soudeur, il y a des exigences. On demande 1 800 heures de formation et des certificats en soudage haute pression. Si on manque son coup, on se fait mettre dehors.
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J'y reviendrai dans quelques minutes. Mon commentaire est pertinent.
[Français]
J'étais en train de vous expliquer que la formation est extrêmement importante. Dans les différents corps de métiers, les exigences sont tellement élevées. Pour un soudeur de pipeline, on examine aux rayons X chacun des joints soudés. S'il en a manqué trois, il perd sa qualification. C'est ce que j'essaie de vous dire.
C'est un modèle généralisé au Canada. Quand un examen aux rayons X d'un joint soudé détermine qu'un soudeur a manqué son coup, non seulement ce dernier doit refaire son joint, mais il perd un ticket. Après trois échecs, comme des points d'inaptitude pour conduire, il perd son permis.
Au Québec et au Canada, il y a des systèmes de points pour les permis. Il faut juste les mettre en ordre et les appliquer. Les contrôleurs routiers nous le demandent. Ça peut faire partie des recommandations du Comité. Peut-être que M. Barsalou‑Duval va dire que de telles recommandations iraient trop loin, mais j'ai quasiment envie d'aller là. La motion principale qui est débattue vise à trouver des solutions et à conclure cette étude, puis à formuler des recommandations. J'ai envie de dire aux provinces d'aller jouer dans la formation et d'aller jouer directement là où ça fait mal, c'est-à-dire dans les points d'inaptitude, comme pour les soudeurs. Quand tu pognes un ticket, tu perds la chance de faire ton métier.
La conduite est un privilège. J'ai annoncé ça à ma fille. Ma fille a obtenu son premier permis de conduire et sa première voiture. C'est le premier hiver où elle conduit. La première chose que je lui ai dite, c'est que conduire est un privilège. Je lui ai dit qu'elle devait être extrêmement attentive à ses leçons, passer les examens, suivre les règles, faire face à des intempéries et, surtout, faire face à des conducteurs imprudents. J'ai été obligé de lui dire qu'elle allait devoir composer avec des chauffeurs incompétents de gros camions parce qu'elle allait devoir conduire sur l'autoroute 50 tous les jours. Alors, ma fille apprend à conduire sur l'autoroute 50. On ne peut pas empêcher un enfant de s'exprimer ou d'évoluer dans la vie parce qu'on habite en milieu rural. Je dois donc vivre avec les conséquences du fait que ma fille fait face à des camions tous les jours. Alors, si je ne tiens pas à cœur les familles endeuillées et le Comité, je ne suis pas à la bonne place. Je ne voudrais pas que ma fille se retrouve là-dedans. Je ne voudrais pas que les enfants de personne se retrouvent là-dedans. Je ne voudrais pas que des parents responsables aient la mort de leur enfant sur la conscience parce qu'ils lui ont donné l'occasion de conduire à 17 ans et qu'il a subi un accident en raison d'un chauffeur participant au stratagème « Chauffeur inc. ». Je veux que ça se règle.
C'est la raison de mon lien avec le soudage. J'ai autant à cœur les certificats de qualification pour travailler sur des pipelines. J'ai enseigné, pendant 21 ans, le soudage haute pression pour travailler sur des pipelines. J'ai toujours dit à mes élèves qu'une certification de soudage était un privilège. C'est la même chose pour les chauffeurs, comme ceux qu'on a entendus pendant cette étude. Ces chauffeurs ont fait l'effort de suivre une bonne formation, d'aller chercher de l'expérience et d'apprendre à bien conduire. Ils travaillent pour des compagnies responsables et ne méritent pas d'avoir de la concurrence déloyale de la part d'autres chauffeurs. Cela pourrait affecter un membre de notre famille. Maintenant, en lien avec les objectifs plus larges du gouvernement fédéral, il faut lutter ensemble contre le modèle « Chauffeur inc. » et protéger les droits fondamentaux des travailleurs.
On a très peu parlé de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail du Québec et de ses équivalents dans les autres provinces. Il y a vraiment un enjeu de santé et de sécurité au travail. On doit se préoccuper de la santé des chauffeurs, y compris de leur santé mentale. On doit aussi se préoccuper de leurs familles. Quand un conjoint ou une conjointe conduit un camion pendant des heures qui excèdent le nombre d'heures maximal permis, leur famille est inquiète. C'est tenir les chauffeurs en otage. Ils n'en parlent pas, parce qu'on exerce une emprise sur eux.
On peut régler cela ensemble. On peut arriver à nos fins. On peut assurer une concurrence saine et loyale si on le veut. On peut aussi améliorer indirectement la sécurité routière. Les contrôleurs routiers et les représentants des gouvernements provinciaux demandent une collaboration, une uniformisation des règles et le partage des informations. Il ne s'agit pas simplement de faire des listes et de les rendre publiques. Ce qu'ils veulent, et ce que la majorité de la population veut, c'est de voir tout le monde travailler ensemble afin de parvenir à une solution au problème du stratagème « Chauffeur inc. ».
Vous savez, le phénomène « Chauffeur inc. » n'est pas marginal. Je tiens à vous dire qu'il représente une menace réelle. Je parle rarement de mes inquiétudes et de ma famille, mais chaque fois que je vois Jade partir sur l'autoroute 50, j'ai toujours une boule en dedans que je ne devrais pas avoir, et ce, pour de multiples raisons. On peut revenir sur la conception de l'autoroute. On peut dire que c'est une route de camionnage ou que c'est à cause de la réflexion. Si on recule loin, on peut dire que c'est parce que le gouvernement du Québec a manqué d'argent et qu'il a donc décidé de supprimer des voies et de construire une seule chaussée avec des voies contiguës dans les deux sens. Aujourd'hui, on improvise avec des murets temporaires et on essaie de mettre des balises au centre de la chaussée. Tous les jours, des automobiles entrent en collision avec les balises centrales. J'ai toutes sortes de raisons pour m'inquiéter. Toutefois, je tenais à vous faire comprendre, aujourd'hui, à quel point c'est important pour moi de régler ce dossier, et à vous faire comprendre que je ne parle pas à tort et à travers.
Des milliers de camions par année passent sur nos autoroutes. Je parle souvent de l'autoroute 50, mais vous avez tous, dans votre circonscription, une autoroute où il y a des camions. Partout où il y a des camions, que ce soit dans les ports ou dans les grands centres urbains où les camionneurs doivent manœuvrer dans des espaces très restreints pour faire des livraisons, on est à risque. On a besoin de chauffeurs compétents qui ont été bien formés et qui reçoivent un salaire juste et équitable pour les compagnies.
De grâce, ce serait très préférable qu'on ne se serve pas de ces enjeux à des fins politiques et partisanes en utilisant les sentiments d'une famille endeuillée. Aujourd'hui, on a l'occasion de corriger une faille importante. Je sais qu'il ne reste pas beaucoup de temps, mais je tiens à vous dire une chose avant de quitter. Si on veut absolument revenir à la charge pour travailler ensemble et régler le dossier, je vous demande, si possible, d'accepter la solution suivante, et je vous l'impose. Je propose de tenir deux séances et demie, dont deux liées à la liste de témoins qu'on a. Puis, je propose de tenir une demi-séance pour recevoir la famille endeuillée et, chacun notre tour, leur offrir nos condoléances. On aura l'occasion de leur parler, de les regarder dans les yeux et de leur offrir nos condoléances. On aura l'occasion de leur dire qu'on travaille sur le dossier. Je ne leur dirai jamais que c'est la faute du Bloc québécois d'avoir dit des mensonges, et ainsi de suite. Ce n'est pas le temps de faire de la politique. C'est le temps de faire le deuil avec les familles, mais on doit le faire à huis clos.
C'est important, aussi, de retirer la demande de divulgation des communications concernant le secteur du camionnage. Une telle demande envers la machine gouvernementale n'a pas sa place.
Maintenant, il faut absolument adopter cette motion de façon sérieuse et aborder l'étude sur les ports, qui nous serait grandement bénéfique. Nous avons une chance, tous ensemble, d'avoir un dénouement qui serait fortement « gagnant-gagnant-gagnant » pour les projets au port de Montréal et à Contrecœur. Ça représente des centaines de millions de dollars et des milliers d'emplois. Ce sont des milliers d'emplois chez vous, monsieur Barsalou‑Duval. C'est un projet viable et rentable. C'est pour le bien des organismes, de la communauté et des entreprises chez vous, monsieur Barsalou‑Duval. Ce serait extrêmement rentable d'aller de l'avant et d'aborder cette étude pour que nous puissions regarder...
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Merci, monsieur le président.
Merci d'avoir mis la table.
Nous allons commencer par une bonne nouvelle. Nous allons vous laisser parler aujourd'hui. Nous allons vous écouter. Nous avons peut-être une solution à vous proposer. Nous avons décidé, aujourd'hui, de renvoyer la balle dans votre camp et d'en finir avec cette étude. Je vais bientôt déposer un amendement. C'est un amendement considérable. Ce sera un très bon compromis. Je pense que c'est un amendement qui va nous permettre d'arriver à nos fins ensemble.
Je suis content de voir que, parmi les prochaines personnes sur la liste d'intervenants, il y a un membre des conservateurs et un membre du Bloc québécois. Ils vont pouvoir se prononcer sur cet amendement.
Après avoir déposé mon amendement, je vais remettre mon nom sur la liste et nous déciderons si nous voulons terminer le débat et voter sur cet amendement. Aussi, ça va nous permettre de régler certaines choses qui se sont dites ou qui se sont faites pendant les réunions du Comité. Je suis prêt à faire une correction, si M. le greffier nous rappelle que nous avons oublié une compagnie de remorquage du Québec. Ce sera un bon compromis avec M. Barsalou‑Duval et les conservateurs qui souhaitaient entendre une série de témoins qu'on avait suggérée. M. le président nous a divulgué ça aujourd'hui.
Aujourd'hui, c'est vraiment une tentative honnête que je vous propose. Depuis le début, je maintiens la même position, et c'est encore le cas. Même si je ne trouve pas ça pertinent, j'accepte que le Comité reçoive dans la dignité des survivants d'accidents causés par des camions des entreprises qui utilisent le modèle « Chauffeurs inc. ». Ils pourront venir témoigner ici, mais nous devrons leur donner au moins le choix de le faire à huis clos. Cette responsabilité leur reviendra. Ce sera aux membres du Comité de décider s'ils veulent donner de la dignité à ces survivants.
Je pense que c'est le meilleur compromis que nous pouvons faire entre nous. Je ne parle pas d'exiger une réunion à huis clos, mais d'offrir aux familles endeuillées, ou touchées par les événements, la possibilité de témoigner à huis clos afin d'éviter de transformer le deuil en une arme politique. Cette arme peut être néfaste aussi bien pour la politique que pour les familles.
Ça empêchera également M. Barsalou‑Duval et le Bloc québécois d'utiliser des familles endeuillées comme levier pour forcer la divulgation d'informations, par exemple des informations fiscales, privées, qui pourraient concerner plusieurs dizaines de milliers de Canadiens.
Puis, en garantie, nous serions prêts à voter, pour rendre ça plus facile aujourd'hui. Ce n'est pas parce que je ne veux pas parler. Je pense plutôt que nous pourrions arriver à nos fins assez rapidement. Je pense que le but principal de cette étude, c'est d'adopter un rapport puis d'obliger le gouvernement à rendre ça officiel. C'est ce que nos analystes attendent depuis le début. Je l'ai assez répété.
Si nous poursuivons à ce rythme, rien ne nous mènera à ça. Des témoins se sont déplacés des quatre coins du pays. Ce sont des gens qui ont fait des sacrifices pour se préparer. Pour nous, parler cinq minutes, ce n'est rien, mais, pour d'autres personnes, c'est parfois plus difficile. Ils l'ont fait pour faire avancer notre dossier.
Ce que nous sommes en train de faire comme comité, c'est un manque de respect envers les témoins. Ce qui est important, c'est d'entamer d'autres études aussi.
Je pense notamment à l'étude sur les ports, qui nous tient tous à cœur et qui touche notre circonscription de près ou directement. M. Barsalou‑Duval et moi sommes précisément touchés par ce sujet, plus particulièrement par ce qui se passe à Montréal.
Nous parlons des motions originales, qui ont été déposées au début. Si nous voulions vraiment inviter les survivants d'accidents à témoigner au Comité, pourquoi ne l'avons-nous pas fait dès le début? Pourquoi n'avions-nous pas cette intention? C'est parce qu'au fur et à mesure que le dossier avançait, nous avions des intentions et un programme politique guidant le choix des témoins, qui auraient pu influencer la politique publique. Ça ne devrait pas être mêlé aux décisions prises au sein d'un comité. Au lieu de faire comme nous, mes collègues ont attendu et ils utilisent maintenant les survivants comme des pions, afin de servir un objectif totalement différent.
Voici ce qui m'a vraiment achalé. Lors de la semaine où j'ai fait des recherches, j'ai voulu voir l'article. En cliquant sur ce dernier, une nouvelle fenêtre s'est ouverte. Il s'agissait d'une demande de financement. Autrement dit, on demande aux gens de faire un don de 5, 10, 15 ou 25 $. Je parle de l'article qui dit que les libéraux ne veulent pas que les familles endeuillées ou les familles victimes d'accidents viennent témoigner au Comité. Il s'agit de désinformation.
De plus, il y a une collaboration entre les conservateurs et le Bloc québécois sur le fait que nous avons inclus à notre motion la demande de documents qui ont été rédigés depuis 2018.
Nous avons tous un rôle distinct à jouer au sein du Comité. Cependant, notre rôle commun est de faire des recommandations le plus rapidement possible. Nous savons qu'il s'agit majoritairement d'un enjeu provincial, et le gouvernement fédéral a beaucoup de travail à faire. Le gouvernement du Québec a déjà commencé à faire des pas, et nous aussi, d'ailleurs.
Nous avons commencé par une mesure ciblant le feuillet T4A. De plus, nous avons fait des investissements et notre budget prévoit des investissements massifs se chiffrant à 77 millions de dollars sur quatre ans, afin de continuer à travailler sur le dossier.
Nous savons que le Bloc québécois et les conservateurs ont uni leur force. Cet après-midi, je pense que les conservateurs, le Bloc québécois et les libéraux pourraient unir leur force, afin de voter en faveur de l'amendement que je vais proposer. La balle est dans votre camp. Cet après-midi, je vous propose de voter en faveur de mon amendement pour que nous puissions tourner la page. Nous allons tous passer des belles Fêtes, et les analystes vont avoir beaucoup de travail à faire. Ensuite, nous pourrons passer à une autre étude. Nous allons travailler pour trouver des bonnes recommandations et faire avancer le dossier. Il est important que la population sache que nous sommes tous ici pour la même raison: arriver à nos fins.
Il s'agit d'un manque de respect non seulement envers les citoyens et les témoins, mais surtout envers tous ceux qui soutiennent le Comité, incluant les interprètes et tout le personnel. Je ne les nommerai pas tous maintenant, mais je pourrais le faire plus tard. De plus, on manque de respect aux témoins en les empêchant d'échanger leurs propos. Leurs propos sont extrêmement importants et ils servent à trouver une solution. Il faut arriver à nos fins. Ils ont tous mis la main à la pâte. Ils sont venus nous dire exactement ce qu'ils pensaient.
J'ai été élu pour faire ce travail et non pas pour faire de l'obstruction. Je n'ai pas été élu pour vous faire perdre votre temps, le mien et celui de tout ce beau monde qui nous soutient. J'ai été élu pour que mes convictions puissent aller de l'avant et pour faire avancer mes dossiers.
Le Bloc québécois demande la divulgation d'informations fiscales personnelles. Il s'agit potentiellement des documents de dizaines de milliers de Canadiens et d'entreprises, qui seraient ciblés sans leur consentement. Ce faisant, on joue avec eux. C'est faire planer un danger sur des entreprises, et ce n'est pas ce que nous voulons.
Nous ne voulons pas mobiliser la fonction publique. Nous en avons cependant besoin pour qu'elle mobilise des gens en vue de régler le problème de « Chauffeurs inc. » Nous en avons besoin comme pilier pour communiquer avec nos partenaires des provinces et des territoires, afin que nous puissions faire avancer le dossier. Ce n'est pas à nous de la mobiliser pour qu'elle fasse autre chose que son travail. Si nous voulons vraiment régler le problème de « Chauffeurs inc. », nous avons la volonté et la possibilité de le faire ce matin. Nous avons déjà commencé par la levée du moratoire sur le T4A. Or, il ne s'agit que d'une étape.
Le Bloc québécois nous dit avoir dix recommandations, dont une a été abordée. C'est exactement ça, le but de ce comité: proposer des recommandations et travailler avec nos analystes pour arriver à la fin de l'étude. C'est la bonne façon de faire que d'apporter des recommandations, pourvu qu'elles ne soient pas inconstitutionnelles, qu'il n'y soit pas question de mesures qui sont du ressort des provinces, et qu'il ne s'agisse pas de recommandations qui risqueraient d'entraîner des procédures judiciaires. Nous n'adoptons pas des recommandations en faisant des conférences de presse, mais en les proposant au Comité, en les mettant sur la table et en trouvant des solutions à « Chauffeurs inc. »
Vous savez que je pourrais continuer encore longtemps. Or, mon objectif, aujourd'hui, est de vous laisser parler si vous proposez des recommandations. J'ai vraiment mis la table pour vous donner la chance de passer des belles Fêtes, de clore cette étude et de passer à autre chose.
De grâce, il ne faut pas utiliser les témoins de la mauvaise façon. C'est pour ça que lundi, après avoir pensé à mon affaire en fin de semaine, j'ai déposé un avis de motion qui sera admissible demain vers 15 heures. Je tiens quand même à vous lire cette motion aux fins du compte rendu de ce comité: « Que le Comité fasse rapport à la Chambre sur sa condamnation ferme de l'utilisation des familles en deuil, des victimes et des survivants pour collecter des fonds pour un parti politique. » Ce n'est pas trop demander que de ne pas combiner la page sur les victimes avec une demande de financement, ou de ne pas l'utiliser ailleurs. Si vous cliquez sur le lien que je vous ai fourni, que j'ai fourni à la population et à tout le monde, la première chose qui saute aux yeux en regardant l'article sur les personnes en deuil, c'est une demande de financement de 5, 10, 15 et 25 dollars. Il ne faudrait pas s'en servir comme ça.
J'arrive à mon amendement. Il est simple. Je vais le lire intégralement à l'intention du greffier et je vais en profiter pour demander au personnel, derrière, de l'envoyer au greffier dans les deux langues officielles pour qu'il puisse distribuer les deux versions en même temps, sans nous faire prendre une pause de 15 minutes. Je pense que vous l'avez compris.
Que le Comité ajoute deux réunions supplémentaires de deux heures chacune dans le cadre de l’étude de l’évolution du contexte relatif aux camionneurs au Canada, afin que soient entendus, dans la première rencontre, les témoignages des victimes des camions en privé si les témoins le préfèrent et les représentants des organismes Justice for Truck Drivers, le Caledon Community Road Safety Advocacy Group (CCRSA) et The Joy Smith Foundation ainsi que, dans la seconde rencontre, les témoignages des représentants de 6S Trinity Transport, J+R Hall Trucking, Dan Express, Carmen Transportation, Ludwig Transport Limited, Ontario Trucking Association, BC Trucking Association, et Postes Canada.
Que le Comité fournisse immédiatement après ce témoignage des instructions de rédaction afin de permettre l'élaboration d'un rapport complet à l'intention de la Chambre des communes.
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Merci, monsieur le président.
Premièrement, je voudrais commenter la façon dont on décide de convoquer ou non le Comité, qui est plutôt aléatoire depuis quelques semaines. Je fais partie des gens qui trouvent ça problématique. J'ai toujours cru que, selon la procédure normale, le Comité était convoqué de façon obligatoire, mais j'ai compris que ce n'est pas le cas. De notre côté, nous croyons donc qu'il faudrait réviser nos règles de fonctionnement afin qu'à l'avenir, le Comité soit convoqué de façon appropriée quand le Parlement siège. Autrement, ça devient une autre manœuvre pour empêcher le Comité de faire son travail. Je pense que tous les Québécois, et les Canadiens aussi, probablement, s'attendent à ce que les comités fassent leur travail. Ils ne paient pas des impôts et des taxes pour rien. C'est donc très décevant de voir ce genre de manœuvre, mais on en apprend tous les jours. Il faudra trouver une façon de corriger ça.
Maintenant, je dois dire que les arguments venant de l'autre côté de la table, lors de la dernière rencontre, étaient assez farfelus. J'irais même jusqu'à dire que c'est quasiment du jamais vu. Je pense qu'on s'invente une réalité parallèle. Je n'ai pas l'intention de les reprendre un à un, parce qu'il y en a tellement eu. C'est assez désagréable, parce que quelqu'un qui écoute les propos d'une seule personne qui monopolise tout l'espace pourrait être tenté de croire ce qu'elle dit, s'il ne connaît pas le contexte global. Je trouve donc problématique cette façon de faire.
Ce même individu, M. Lauzon, nous a proposé, dans ses mots d'ouverture, dans un ton que j'ai beaucoup apprécié, de trouver une façon de fonctionner ensemble. Je trouve ça positif, mais vous comprendrez qu'avec ce que nous avons entendu lors de la dernière rencontre, le contraste est un peu frappant, surtout quand la personne qui a empêché le Comité de fonctionner pendant l'ensemble de la rencontre nous parle du respect des contribuables, du personnel qui travaille ici et de tout le monde qui est autour de la table. Nous avons vu ça dans d'autres rencontres. Vous me permettrez, en tout cas, de trouver cette formulation originale.
Cela dit, je fais tout de même partie des gens qui espèrent que le Comité va arriver à une solution, parce que je pense que nous souhaitons avoir un comité qui fonctionne, et non un comité où les membres se parlent entre eux à longueur de journée. Je vous promets donc que je ne parlerai pas pendant toute la rencontre d'aujourd'hui, monsieur le président. Toutefois, je vais quand même revenir sur certains commentaires, notamment ceux me traitant de menteur ayant manipulé les victimes.
Quiconque consulte les « bleus » ou regarde l'enregistrement de la réunion du 6 novembre verra très clairement que le député d' ne voulait pas voir les victimes. Est-ce qu'il a changé d'opinion entretemps? Si c'est le cas, tant mieux, nous allons finir par réussir à recevoir les victimes. D'ailleurs, j'en profiterais pour souligner que, lorsque la motion proposant d'inviter les victimes à venir témoigner a été présentée initialement, soit deux ou trois rencontres avant celle du 6 novembre, les députés du parti gouvernemental ont fait de l'obstruction systématique. Cela démontre que ce ne sont pas seulement les demandes de documents qui les dérangeaient, mais aussi l'idée d'inviter des victimes à venir témoigner.
Est-ce qu'ils s'opposaient à ce que les victimes témoignent ou à ce que nous continuions de travailler sur ce dossier en comité? C'est à eux de nous l'expliquer, mais les propos de M. Lauzon du 6 novembre démontraient très clairement qu'il avait peu de considération pour les victimes et que leur présence à la table l'intéressait peu. Si sa pensée a évolué sur le sujet, je vais en être très heureux, et je pense que les victimes le seront aussi. La société en sortira gagnante. Pour reprendre ses propres propos, c'est un devoir d'humanité. Je ne parle pas du fait d'être libéral, mais de recevoir des gens qui ont subi des accidents, qui ont perdu des êtres chers ou qui ont failli perdre la vie. Il me semble que c'est la moindre des choses que de les recevoir à ce comité pour entendre ce qu'ils ont à nous dire.
En ce qui concerne les commentaires de M. Lauzon sur le financement, ils sont tellement ridicules que je ne sais même pas si ça vaut la peine d'en parler, mais je dois le faire pour que ce soit écrit. Je ne savais même pas à quoi il faisait allusion, quand il en a parlé, car vous comprendrez que je ne gère pas le site Web de notre parti, monsieur le président. Il y a du personnel qui s'en occupe. Mon collègue aurait découvert, à sa grande surprise, qu'il y avait sur le site Web du Bloc québécois un communiqué dans lequel j'évoquais la question des chauffeurs au rabais et que, sur le même site Web, notre parti demandait du financement. Sa surprise me surprend, puisque tous les partis demandent du financement sur leur site Web, qu'il s'agisse du Parti libéral, du Parti conservateur, du NPD, du Parti vert ou du Parti marxiste-léniniste.
C'est donc complètement ridicule. Il est évident que le député d'en face cherchait un prétexte pour déchirer sa chemise, et, cette journée-là, il l'a trouvé. Il a essayé de faire un show de boucane et, malheureusement pour lui, personne n'y a cru, mais il nous a quand même fait perdre beaucoup de temps.
Bref, nous avons assisté à un triste spectacle, dans le dernier mois. Ce n'est pas la façon dont on devrait travailler, ici. Je suis persuadé que, même du côté du gouvernement, il y a des membres qui ne sont pas heureux de travailler de cette manière. Quand on travaille pour ses concitoyens et ses citoyennes, il me semble qu'on a envie de revenir chez soi la fin de semaine et de leur dire pourquoi on s'est battu cette semaine-là. Je ne pense pas qu'ils ont envie d'entendre qu'on s'est assis à la table pour écouter un collègue bloquer les travaux du Comité. Ils ont envie d'entendre qu'on s'est préoccupé des vrais problèmes qu'ils vivent et qu'on a essayé de trouver des solutions.
Malgré tout, j'ai trouvé intéressant l'argument des libéraux concernant l'ampleur des documents demandés dans cette motion. Je n'ai pas eu d'indication claire à ce sujet, mais je comprends que cela pourrait représenter une charge importante, beaucoup de temps et un coût élevé pour la société. Je serais donc prêt à accepter des amendements afin de limiter la demande aux cabinets des ministres, dans un premier temps, plutôt que de viser l'ensemble des ministères.
Pourquoi la demande de documents visant les ministres des , de et du ne ciblerait-elle pas également leurs ministères respectifs? Ce n'est pas quelque chose qu'il faut nécessairement exclure, mais en se limitant aux cabinets de ces trois ministres, dans un premier temps, cela permettra de demander moins de documents. De plus, cela permettra de voir s'il y avait une vraie volonté politique d'agir dans le dossier de la part du gouvernement, ou encore s'il avait entre les mains des éléments qui lui auraient permis de prendre des décisions pour le faire avancer. Il y a peut-être des solutions auxquelles le Comité n'a pas encore pensé et qui ont été proposées par des gens avec lesquels les ministres ont eu des discussions. Ce sont des choses très intéressantes et pertinentes pour le Comité.
J'en fais donc une proposition de façon très ouverte et constructive, même si, de l'autre côté, on n'a pas vu beaucoup de gestes constructifs, si ce n'est qu'on a peut-être pris un ton légèrement moins frivole aujourd'hui.
Là-dessus, je suis prêt à passer la parole aux autres personnes qui ont des choses à dire. J'espère que nous allons trouver une solution aujourd'hui.
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L'amendement que j'ai déposé reprend exactement les éléments de votre motion, monsieur Barsalou‑Duval, y compris les deux réunions de deux heures et la liste de témoins. Nous avons même accepté, par la suite, d'y ajouter l'Association des professionnels du dépannage du Québec. Nous avons voté en faveur de cette proposition d'un trait. Mon amendement propose que le Comité, immédiatement après avoir entendu le dernier témoin, donne des instructions afin de formuler des recommandations et d'aller de l'avant.
Aujourd'hui, mes collègues disent que je fais de l'obstruction, mais ils ont contesté la décision du président en disant que mon amendement n'est pas en lien avec la motion, alors que j'ai repris celle-ci mot pour mot pour faire en sorte que ce soit directement aligné sur les besoins du Comité. J'ai retiré la partie concernant la production de documents, qui représentait une lourde charge de travail pour l'appareil gouvernemental, ce que vous avez admis vous-même, monsieur Barsalou‑Duval. J'ai parlé pendant 20 minutes du fardeau administratif que ça pourrait engendrer. Aujourd'hui, je vais vous prouver que nos fonctionnaires travaillent fort pour résoudre le problème lié au stratagème « Chauffeurs inc. » et qu'on ne veut pas les affecter à d'autres tâches. Que ça vienne des fonctionnaires ou des cabinets de ministres, la production de ces documents exigera des communications et des efforts incroyables, alors que nous avons déjà beaucoup de matériel. Plus de 40 témoins sont venus nous présenter leurs points de vue.
Finalement, en ce qui concerne le lien qu'on retrouve sur le site Web du Bloc québécois pour faire des dons au parti, la pire excuse que j'ai entendue, c'est qu'on n'est pas responsable du site Web. Qu'on parle à la personne qui s'en occupe et qu'on lui dise de ne pas mettre des fenêtres surgissantes pour demander des dons sur une page où on publie des témoignages de personnes qui ont perdu des membres de leur famille dans un accident. Je sais que c'est dans les cordes des conservateurs, qui ont même appuyé cette démarche du Bloc québécois en disant que c'était normal de cliquer sur un bouton pour faire un don, mais on peut choisir où on le place, et je ne reculerai pas là-dessus. Je n'ai pas dramatisé. C'est choquant d'entendre la vérité, et je peux vous dire que les gens qui m'ont contacté après avoir visité ce site Web ont trouvé ça aberrant. Si vous pensez que c'est un coup d'épée dans l'eau, détrompez-vous. Il y a des gens qui sont offusqués de ça.
Monsieur le président, c'est déplorable que nous en soyons là, ce matin, alors qu'il y avait une proposition sur la table. On n'a même pas voulu en discuter. Je suis arrivé avec de bonnes intentions. Je voulais prendre la parole le moins possible. J'ai proposé un amendement raisonnable qui est directement lié au sujet d'aujourd'hui, mais on ne peut même pas aborder le sujet, parce que les conservateurs et le Bloc québécois ont formé une coalition pour se servir d'une disposition du Règlement qui nécessite la signature d'une majorité de membres.
Je sais que c'est choquant, quand on dit que c'est de la connivence, que ce sont des mensonges, que ce sont de fausses vérités ou qu'on déforme la réalité en utilisant un petit bout de phrase à des fins politiques, mais on n'a qu'à lire les propos cités sur le site du Bloc québécois pour constater que ce ne sont pas de fausses allégations.
Le dossier « Chauffeurs inc. » est extrêmement important pour nous. Je suis donc incroyablement déçu, aujourd'hui, car j'aurais voulu que nous arrivions à nos fins cette semaine et que nous reprenions les travaux du Comité jeudi. Nous pourrions faire avancer nos dossiers. J'aimerais parler des ports, entre autres. Le , qui a fait un discours à la Chambre, a préparé tous les comités à ce qui s'en vient. Il y a des éléments extrêmement importants dans le budget, dont une somme de 77 millions de dollars pour régler le dossier « Chauffeurs inc. », ce à quoi les conservateurs et le Bloc québécois se sont opposés en votant contre le budget. Nous avons déjà amorcé une première phase en chargeant des fonctionnaires du dossier des feuillets T4A, mais nous voulons aller encore plus loin et régler tout le dossier.
En ce qui concerne la formation des chauffeurs, ça fait longtemps que l'Ontario a pris les devants, mais c'est maintenant au tour du Québec de s'en occuper. La Société de l'assurance automobile du Québec, la SAAQ, a publié sur son site Internet, dans les derniers jours, les nouvelles normes pour l'obtention du permis de classe 1, qui entreront en vigueur le 15 décembre. Ça permettra de s'assurer que les chauffeurs reçoivent une formation minimale. Ça, c'est faire avancer le dossier. Ce sont de telles recommandations que nous voulons demander aux analystes de rédiger. Plus on retarde le processus, moins nous pourrons formuler de recommandations pour améliorer la sécurité routière et aider la communauté du transport routier et les entreprises.
Ne pourrait-on pas permettre à ces entreprises de souffler un peu, elles qui font face à une injustice fiscale qui existe depuis 2011? Tellement de témoins nous ont dit qu'il fallait s'y attaquer le plus rapidement possible, et je suis bien d'accord. Je sais que les autres témoins vont nous dire la même chose. Pour réparer cette injustice, il faut faire des investissements et mettre des gens à la bonne place. Il y a moyen de le faire ensemble. Ce matin, c'était aussi simple que ça. Nous aurions pu aller de l'avant. Vous auriez eu amplement de chances de nuire au processus dans d'autres études. Vous pouvez faire toutes sortes de culbutes pour nous nuire, car vous avez la majorité. Tant et aussi longtemps que vous allez former cette belle coalition, il n'y aura aucun problème. Vous pouvez décider de tout. Vous pouvez envoyer promener le président comme vous venez de le faire. Vous pouvez tout faire.
Non, ce n'est pas vrai que nous allons vous laisser faire. Nous allons tenir notre bout, pour toutes les raisons que je vous ai données, au nom des fonctionnaires, de tous les employés du Comité, de tous ceux qui sont concernés et de tous les témoins qui sont venus et qui veulent que nous formulions des recommandations. L'intégrité de l'industrie du camionnage est touchée par le phénomène « Chauffeurs inc. » depuis trop longtemps, et on avait l'occasion de régler beaucoup de choses d'un coup en appuyant la proposition qui a été faite cet après-midi.
Il est important de respecter le partage des compétences entre les provinces et les territoires, surtout en ce qui concerne l'échange d'information. On est déjà un modèle, mais il faut faire mieux. J'aimerais donc voir cet élément dans les recommandations.
Il faut que le Comité soit le défenseur du dossier « Chauffeur inc. ». Il faut démontrer qu'on est sérieux et faire des recommandations qui vont aider. Il faut arrêter d'utiliser les victimes d'accident. Cela relève principalement des provinces, et non du fédéral, tout comme les questions des permis, des sanctions, des inspections et des contrôles routiers. On a un rôle à jouer et on peut avoir une incidence sur le portrait global, notamment sur les échanges internationaux et interprovinciaux, mais il ne faut pas prendre les victimes pour des cobayes pendant notre étude. Il faut vraiment les écouter et être attentifs. Il faut les amener à huis clos et leur offrir de témoigner en public s'ils le veulent.
Dans le domaine du transport des marchandises, un pilier économique extrêmement important est touché au moment où on se parle. Des compagnies de camionnage qui existent depuis plusieurs générations sont venues témoigner. Elles sont en train de perdre leur entreprise. Comme députés, on peut vraiment réagir et dire à ces compagnies qu'on est là pour elles et qu'on va les soutenir. Aujourd'hui, on a l'occasion de leur envoyer un message. On a l'occasion de faire des recommandations au gouvernement et d'être de bonne foi en adoptant l'amendement que j'ai proposé au début de la réunion.
Soixante-dix pour cent des marchandises sont transportées par camion. Les chauffeurs sont des piliers de l'économie. Ce sont des personnes envers qui on doit être reconnaissants, car ils ont une certaine responsabilité envers l'économie canadienne. Ils sont indispensables pour l'économie, pour la chaîne d'approvisionnement et pour l'alimentation, aussi. Si on mange aujourd'hui, c'est grâce à eux, parce qu'ils transportent les aliments. Ils transportent aussi les matériaux et les médicaments. C'est une main-d'œuvre essentielle.
J'ai toujours protégé la main-d'œuvre des métiers de la formation professionnelle, y compris les chauffeurs et les conducteurs, comme les conducteurs de grue. Toute ma vie, j'ai été un grand défenseur des travailleurs de métiers. J'ai côtoyé toute ma vie des chauffeurs et je peux vous dire combien il est important d'avoir de bons chauffeurs et des travailleurs qui méritent de se faire valoir sur le marché du travail.
Il y a aussi l'enjeu de la pénurie de main-d'œuvre. On ne fait rien pour aider ces gens en n'allant pas de l'avant. C'est une bonne chose qu'on ait eu cette étude et qu'on soit parti du bon pied avec une bonne liste de témoins. C'est une bonne chose qu'on ait écouté les témoins et qu'on leur ait posé les bonnes questions. Jusque là, ça allait bien. Toutefois, le fait de ne pas vouloir en finir, c'est une autre chose. On a la responsabilité de finir l'étude, et on en a eu une très bonne occasion aujourd'hui, au début de la réunion.
Le modèle du camionnage est un modèle défectueux. C'est choquant d'entendre dire que si on veut être concurrentiel, il faut tricher. Cela signifie que les compagnies qui sont droites et qui font bien les choses sont pénalisées. Cela ne devrait pas être le cas.
La pression de la compétition est intense. C'est ce qu'on a ressenti lors des témoignages. Les entreprises facturent par kilomètre, mais elles ont les mêmes coûts. Les témoins nous ont parlé des coûts d'exploitation et des coûts d'entretien des véhicules. Tout ça s'en va en augmentant. Les pièces sont de plus en plus chères. Cependant, là, il y a des gens qui prennent la route en étant moins bien formés et avec des camions en moins bon état qui ont été moins inspectés. Certains chauffeurs ont eu leur permis en 48 heures. C'est comme s'ils l'avaient trouvé dans une boîte de Cracker Jack. C'est ce qu'on a entendu. C'est inconcevable de laisser cette situation se poursuivre.
Or, le gouvernement du Québec est passé à l'action. Ça aurait pu être fait bien avant, mais, encore une fois, ce n'est pas une compétence fédérale. Ce n'est pas à nous de jouer dans les platebandes de Québec. Bref, Québec a fait un grand pas en augmentant la formation. La SAAQ a donné un coup de barre. À partir du 15 décembre, soit dans 14 jours, tous les chauffeurs devront suivre une formation obligatoire. Là, ils n'apprendront plus sur le tas. Ils n'apprendront plus le français en lisant des panneaux. Ils vont apprendre comment conduire un camion dans une école québécoise reconnue ou au moyen d'une autre formation. Les heures vont être obligatoires.
Donc, on va redonner aux chauffeurs le rôle de professionnel qu'ils devraient avoir. Des professionnels de la santé arrivent au Canada et sont obligés de repasser presque tous les examens qu'ils ont faits pendant leur parcours scolaire parce qu'ils doivent être certifiés. Cependant, quand un chauffeur arrive de l'étranger et démontre qu'il a un permis de conduire, on le met sur la route. Dorénavant, on va exiger des formations. Les exigences vont être plus exhaustives. Ça devrait faire partie des recommandations qu'on va inclure dans notre rapport avec l'aide des analystes. L'amélioration de la formation va avoir une incidence, je l'espère, sur la quantité d'accidents. Les accidents impliquant des camions sont des accidents graves, car les camions sont des poids lourds qui transportent souvent des charges extrêmement lourdes. C'est extrêmement dangereux.
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Monsieur Albas, je vous remercie de votre rappel au Règlement, qui m'a permis de faire une pause et de boire de l'eau. C'est très apprécié.
Tout ce que je dis est directement en lien avec le sujet du jour, la motion et l'amendement jugé irrecevable que nous avons déposé aujourd'hui. Cet amendement était directement en lien avec la motion de M. Barsalou‑Duval. Il permettrait de mettre fin à la précarité financière des chauffeurs, dont je parlais avant que M. Albas invoque le Règlement.
Je vais reprendre où j'étais rendu, soit aux heures de travail excessives.
On nous a dit qu'en changeant une lettre de son prénom ou de son nom, le chauffeur peut remettre le compteur d'heures du camion à zéro. Ce faisant, il devient donc de plus en plus vulnérable. On nous a nettement démontré que des chauffeurs travaillent ainsi pendant des heures excessives. Comment pouvons-nous contrer cela? Je vais vous répondre honnêtement. Nous avons beaucoup entendu parler de la problématique, mais j'ai très hâte de trouver des solutions. Malgré toutes les lectures et les recherches que j'ai faites depuis le début de cette étude, ainsi que les témoignages des invités que nous avons reçus, je ne sais pas encore quelles recommandations nous pourrons faire pour remédier à certains problèmes.
Je pense surtout au problème où les gens trichent. Ils se servent de la technologie de façon frauduleuse. Ils modifient un document électronique afin de travailler de plus longues heures. Ce faisant, c'est plus rentable pour eux et ils sont concurrentiels par rapport aux bonnes compagnies.
Par la force des choses, ces chauffeurs ont moins de temps pour faire de la formation professionnelle et, parfois, pour bien entretenir leur camion. Imaginez-vous, on met de côté l'entretien des camions afin d'être plus compétitif. Selon les reportages que nous avons écoutés, il est arrivé qu'un camion perde un pneu pendant qu'il roulait et qu'on ait prouvé que l'inspection du camion n'avait pas été bien faite. Tout ça a un impact direct sur le conducteur et les compagnies.
De plus, ça a un impact direct sur l'économie pour notre gouvernement. Il s'agit de pertes fiscales fédérales, en ce qui concerne le Régime de pensions du Canada, et provinciales, pour ce qui est du Régime de rentes du Québec. On peut penser aussi aux pertes liées à l'assurance-emploi et à l'impôt sur le revenu. Selon ce que nous avons entendu, la différence de revenus qu'une compagnie peut avoir, en raison de cette impartialité, est de l'ordre de 20 à 30 %.
Il y a aussi des pertes fiscales pour les provinces. Elles nous touchent indirectement, car il s'agit des mêmes contribuables. Il y a des pertes d'argent pour les sociétés de transport, que ce soit la SAAQ ou n'importe quelle autre. Il y en a aussi pour la santé et la sécurité au travail partout au Canada, pour Revenu Québec et pour les normes canadiennes du travail.
L'impact sur la concurrence occupe vraiment une grande place, parce que les compagnies intègres et honnêtes en paient le prix. Les compagnies intègres sont pénalisées. Nous pourrions aborder cet impact en proposant des recommandations, comme le fait de miser davantage sur la reconnaissance des compagnies de transport existantes afin de diminuer le nombre d'entreprises qui utilisent le modèle « Chauffeur inc. ».
Ce qu'on entend, depuis le début, c'est qu'on abaisse les niveaux depuis plusieurs années. On assiste à une course vers le bas. On en exige le moins possible pour l'obtention des permis de conduire. On veut faire le plus de transport possible en effectuant le moins d'entretien possible et en donnant le moins de formation possible. On vise le plus de concurrence possible, quitte à abaisser la qualité.
Certaines choses relèvent du gouvernement du Canada, et non des provinces. Je suis vraiment d'accord pour qu'on propose de bonnes recommandations, comme des mesures en matière de fiscalité fédérale. Il faut des recommandations pour éviter les fraudes fiscales et l'évitement fiscal. Que ce soit pour le Régime de pensions du Canada, pour l'assurance-emploi ou pour les impôts impayés, il faut éviter les échappatoires fiscales.
Il faut effectuer des vérifications ciblées des entreprises de type « Chauffeur inc. ». Il faut vraiment tenir un registre des chauffeurs impliqués dans ce stratagème. Je suis convaincu que ça va faire partie de nos recommandations de le faire. Ce qu'on a entendu, c'est qu'on perd le fil des chauffeurs qui font du transport interprovincial ou qui se rendent dans d'autres pays, car ils ne se parlent pas. C'est comme si on recommençait à zéro. Les informations ne sont pas échangées.
On a beaucoup blâmé les travailleurs étrangers temporaires, mais il y a aussi des Québécois, des Ontariens et des Britanno‑Colombiens, entre autres, qui subissent le tort causé par le stratagème « Chauffeur inc. ». Des gens de tous les pays qui se font manipuler et subissent le même tort.
Quelles mesures le gouvernement du Canada peut-il prendre face à ce stratagème? Je crois qu'il a emprunté la bonne voie en levant le moratoire sur les pénalités liées aux feuillets T4A. Depuis 2011, ce moratoire, mis en place par les conservateurs, représentait une échappatoire. Pendant dix ans se disant, on s'est dit qu'on voulait donner aux entreprises le droit de gérer leurs affaires comme elles le voulaient. Cependant, le gouvernement a souvent été blâmé pour ça et accusé d'en faire trop pour les entreprises. On veut que les entreprises soient autonomes, mais voyez ce que ça a donné cette fois.
Ce moratoire a fait en sorte que les cas d'abus ont explosé. Ils se sont accumulés avec les années. Ce n'est pas demain matin qu'on va pouvoir régler tout ça, surtout que le transport est une compétence majoritairement provinciale.
Il est important de dire aujourd'hui que nous avons la possibilité, si nous maintenons notre bonne foi, d'utiliser la motion originale, d'y enlever la production des documents et d'inviter les témoins dont le nom figurait sur la liste — y compris ceux des victimes — à comparaître et leur donner l'occasion de témoigner à huis clos, par respect pour leur dignité.
Maintenant, ce qui relève des provinces et des territoires, comme le Québec — cette histoire a surtout débuté en l'Ontario, puis a explosé au Québec — c'est tout ce qui est en lien avec la sécurité routière. Voulons-nous proposer des recommandations? Je pense que oui. Voulons-nous aller de l'avant, en disant que nous voulons collaborer avec les provinces pour pouvoir établir des normes nationales, surtout en ce qui concerne l'échange de renseignements? J'oserais dire que oui.
D'ailleurs, c'est ce que le gouvernement du Québec a fait, ce mois-ci, en harmonisant ses règles fiscales. C'était une recommandation du gouvernement fédéral, qui avait été implantée auparavant et qui a servi de modèle à l'Ontario.
J'ai nommé l'Ontario, mais je pourrais aussi nommer plusieurs autres provinces. Je pense que huit provinces ont adopté des règlements semblables à celui que le Québec vient d'adopter en matière de formation obligatoire pour les détenteurs de permis de la classe 1.
Tout ce qui touche à ces fameux accidents relève des provinces. Au Québec, il y a la SQ et la police municipale, tandis que les autres provinces ont un service de police provinciale. Les garages mandatés pour faire l'inspection mécanique relèvent du champ de compétence provinciale. C'est aussi le cas des vérifications mécaniques, des contrôles routiers, de la construction et de l'entretien des routes, ainsi que du statut des travailleurs. En effet, nous avons un code du travail national, mais, au Québec, les travailleurs sont régis par le Code du travail du Québec. Par exemple, la classification du statut des employés salariés ou autonomes relève de la province. De plus, les compagnies ont des obligations en matière de santé et de sécurité au travail. Au Québec, ces obligations sont envers la CNESST, soit la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail. Ailleurs, elles ont aussi des obligations envers des organisations similaires. De plus, tout ce qui est en lien avec l'indemnisation des victimes relève du champ de compétence provinciale.
Pouvons-nous fournir des recommandations sur une meilleure manière de faire? Oui, nous le pouvons. Cependant, la SAAQ s'occupe déjà de ce dossier, au Québec. Des causes ont-elles déjà été portées devant les tribunaux provinciaux? Possiblement. À ce moment, le Code civil du Québec est impliqué.
On parle de la vie des gens, de la sécurité et des personnes vulnérables, qui pourraient être en danger. On parle du danger auquel s'exposent non seulement les personnes qui conduisent un camion, mais aussi celles qui se trouvent sur leur route. Pour ma part, je conduis assez souvent sur les autoroutes du Québec. J'ai conduit à l'extérieur du Québec, mais je conduis majoritairement au Québec. Mon expérience me permet de dire qu'il y a de plus en plus de chauffeurs et de plus en plus d'accidents. Ces taux sont toujours en augmentation. Quant aux routes et aux infrastructures, il y a un déficit très important au Québec. La qualité des routes se détériore.
S'il y a une chose que nous pouvons faire, c'est bien de soutenir les provinces, au moins quand ça en vient au dossier des conducteurs de camions, afin que ceux qui se trouvent sur nos routes soient responsables. Nous voulons éviter une augmentation des accidents et éviter d'avoir davantage d'histoires à raconter sur les chauffeurs illégaux ou les chauffeurs au rabais.
Pourrions-nous recommander des évaluations professionnelles sur la façon dont ils obtiennent leur permis de conduire et la manière dont ils conduisent sur la route? Je ne suis pas certain que nous pouvons aller jusque là. Pourrions-nous établir des normes canadiennes? Là, je pense que oui. Nous ne pouvons pas faire l'évaluation des chauffeurs et de ceux qui inspectent les camions, mais nous pouvons créer des normes canadiennes en matière de sécurité. Nous pouvons aussi faire part des bons coups des provinces, afin d'unifier les informations. Il s'agit de voir comment amalgamer tous les renseignements à la grandeur des provinces et des territoires, afin que chaque province puisse coordonner le modèle « Chauffeurs inc ».
Le Bloc québécois nous dit toujours qu'il est le grand défenseur des champs de compétence. Cette étude a été proposée par le Bloc québécois, ce qui est bien correct. Au moment de faire nos recommandations, nous allons vite nous apercevoir que plusieurs recommandations du Bloc québécois portent sur des sujets en lien avec le champ de compétence du Québec. Laissons-nous la chance de passer ça. Donnons-nous l'occasion de travailler avec les analystes du Comité et de présenter des recommandations qui vont peut-être favoriser toutes les recommandations qu'avait mises en place le Bloc québécois. Nous allons au moins mettre en lumière ce qui peut se faire et ce qui ne peut pas se faire. Nous ne sommes pas là pour nuire au système judiciaire et à des entreprises bien établies sur le marché du travail, ni pour faire croître la pénurie de main-d'œuvre déjà sur le marché, mais bien pour trouver des solutions.
Utiliser des victimes pour obtenir des avantages politiques ne devrait pas avoir sa place ici, monsieur le président. Nous devrions écouter les victimes, poser nos questions, faire nos recommandations, mais, par la suite, nous ne devrions pas utiliser...
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J'aimerais d'abord et avant tout remercier M. Lawrence de sa belle initiative.
Le soutien que nous recevons est important. J'en ai assez parlé. J'ai souvent mentionné les analystes du Comité, le greffier, les techniciens et tout le personnel qui gravite autour du Comité. Cependant, nous avons tous de nos employés qui sont là, aussi, et qui doivent subir ça. Alors, ce mot aujourd'hui s'adresse peut-être à ces employés.
Au début de la réunion d'aujourd'hui, nous avions tous la chance de terminer et de laisser les employés consacrer leur énergie à aider leur député à se préparer pour être un champion dans d'autres études. Cela pourrait être une bonne chose pour leur circonscription.
Pour cela, une motion a été modifiée seulement en retirant la production de documents, sans même que j'y aie ajouté quoi que ce soit, sauf en ce qui concerne la dignité des témoins, pour leur dire qu'ils auront le choix de comparaître à huis clos ou en personne.
Je vous remercie d'offrir un repas à tous ces employés, mais ce serait beaucoup plus facile si tous les employés pouvaient prendre leur repas avec leur famille. C'est la même chose pour les employés qui participent à cette réunion du Comité. Nous pourrions adopter la recommandation que j'ai faite au début de mon discours, c'est-à-dire d'accepter le retrait des documents.
J'ai parlé de la solution structurelle que le Comité pourrait adopter pour en finir. Nous pourrions améliorer la régularisation des sous-traitants dans l'industrie du camionnage, car il va toujours y avoir des sous-traitants.
J'ai rencontré un conducteur de camion qui possède son propre camion, qui est incorporé et qui donne son nom à une, deux ou trois compagnies. Parfois, il peut travailler six mois pour la même compagnie, mais il a la liberté, s'il se sent exploité, de mettre fin à l'entente. Il y a de la place pour les compagnies indépendantes légitimes. Je peux vous dire que je connais cette personne. Elle n'a pas un camion récent, mais elle l'entretient bien. Elle ne se contente pas de le laver. Elle y apporte toujours des soins particuliers.
Je peux vous dire une chose: c'est une bonne affaire que d'être chauffeur indépendant et incorporé.
Il faut donc faire attention à la manière dont nous voulons régulariser la sous-traitance des compagnies indépendantes. Ce ne sont pas toutes des mauvaises compagnies ni des pommes pourries. Il y a de bons chauffeurs qui font le travail. Je suis convaincu que certains entrepreneurs n'étaient pas de mauvaise foi. Ils voient arriver la fin du mois. Pour eux, la solution, c'était de faire comme les autres, soit de libérer des chauffeurs pour engager des « Chauffeurs inc. » et leur donner plus de responsabilités pour arriver à la fin du mois. Les compagnies qui ont décidé de jouer franc jeu, de rester intègres et de garder leurs employés paient le prix. C'est extrêmement important de baser un système sur l'équité, surtout pour la protection des travailleurs et des victimes. C'est un rôle qu'on peut jouer. L'importance d'une collaboration provinciale-fédérale...
Lorsque la vie des gens est en jeu, il n'y a pas de place pour la démagogie et l'exagération. Nous avons l'occasion d'aller de l'avant et de proposer des recommandations afin que nous ayons la responsabilité d'agir. Nous avons le droit et l'obligation de faire notre travail, mais aussi d'agir correctement. Il faut absolument travailler ensemble pour déposer des recommandations le plus rapidement possible.
Lorsque cette étude a commencé, il y a quand même assez longtemps, soit le 7 octobre, Stephen Laskowski, de l'Alliance canadienne du camionnage, est venu briser la glace. Je m'en souviens, parce que son nom ressemble au mien. Ses collègues et lui nous ont dit qu'ils sonnaient l'alarme depuis 2018. Dans leur témoignage, ils expliquaient que le modèle « Chauffeurs inc. » avait vu le jour en 2011, sous les conservateurs, à la suite de l'instauration d'un moratoire sur le feuillet T4A. Ce sont eux qui nous ont donné le chiffre que j'ai utilisé dans mes derniers discours et aujourd'hui pour évoquer la somme que ce stratagème permet aux entreprises d'économiser chaque année, soit entre 20 000 $ et 30 000 $ par chauffeur. Imaginez ce que ça représente pour les entreprises qui ont 20 chauffeurs constitués en société. Ce sont des sommes substantielles qui ne servent pas à payer des droits, des redevances et des impôts, ou encore des cotisations à la CNESST, au Québec, et aux organismes équivalents ailleurs au pays.
M. Laskowski était accompagné de Geoffrey Wood et de Jonathan Blackham, qui nous ont présenté leurs constats. Ils ont dit que c'était une crise majeure qu'il fallait régler rapidement et qu'on devait aider l'Alliance canadienne du camionnage, qui représente beaucoup d'entreprises. Pendant qu'on ne trouve pas de solution, disaient-ils, il y a des accidents graves et le réseau de services sociaux du Canada est privé de milliards de dollars chaque année. Peut-on réagir à ce témoignage d'une des plus grandes associations? L'Alliance canadienne du camionnage regroupe sept associations provinciales et représente plus de 5 000 transporteurs et fournisseurs. Peut-on les écouter? Je pense qu'ils sont assez importants. Cette industrie emploie plus de 250 000 Canadiens.
Alors, nous sommes devant un problème et nous voulons le régler. Nous voulions connaître son origine, et je pense que nous l'avons trouvée. Comme l'a dit l'Alliance canadienne du camionnage, entre autres, ce stratagème a vu le jour en 2011, lorsque le moratoire sur le feuillet T4A a été instauré. Nous le savons, maintenant, puisqu'on l'a répété assez souvent. Ça fait depuis 2018 que ces gens alertent le gouvernement, et nous en prenons la responsabilité. Nous voulons aller de l'avant et régler ce problème. Pour ça, il faut être de bonne foi et simplement accepter l'amendement qui a été proposé, plutôt que de le bloquer. On refuse d'en parler parce qu'il est trop raisonnable.
Cet amendement vise à répondre aux préoccupations de l'Alliance, à trouver des pistes de solution et à formuler des recommandations, mais on ne veut pas l'entendre. Les conservateurs et le Bloc québécois, ensemble, ont contesté une décision du président, aujourd'hui, pour empêcher l'amendement d'être déposé.
Les représentants de l'Alliance canadienne du camionnage nous ont dit que la situation s'était transformée en crise de conformité qui profite aux entreprises ayant les meilleures tactiques pour contourner le système et être plus rentables. Elles profitent du fait que le gouvernement fédéral et les provinces travaillent chacun de leur côté et ne se parlent pas beaucoup, du fait que la réglementation change d'une province à l'autre et de la lourdeur administrative pour contourner tout le système, ce qui compromet la sécurité routière. Les gens de l'Alliance nous ont dit que ces entreprises ont appris comment déjouer le système pour commettre des fraudes fiscales et sociales. Ça va aussi loin que la traite des personnes. Je suis tombé de ma chaise quand j'ai entendu ça. On se sert même de ces chauffeurs, en les menaçant, pour transporter des substances illicites venant d'autres pays. C'est une violation des droits du travail. Je prends ces témoins extrêmement au sérieux.
J'ai été abasourdi d'entendre tout ce qui pouvait se faire par le transport routier, qu'on parle de contrebande ou d'expéditions illégales transfrontalières, entre autres. Ça touche les frontières. Imaginez le nombre d'études qu'on pourra faire par la suite, peut-être pas à ce comité-ci, mais au Comité permanent de la sécurité publique, par exemple, et ailleurs. Alors, pouvons-nous faire avancer celle-ci et formuler des recommandations pour qu'on se penche sur ces questions?
C'est un mécanisme qui est néfaste pour le système du camionnage. Personnellement, j'appelle ça le mécanisme de l'arnaque. J'invente peut-être des noms, mais j'ai été très touché par le témoignage de Stephen Laskowski. On nous a dit que les entreprises forçaient les chauffeurs à se constituer en société, mais qu'ils ne répondaient pas aux critères d'indépendance. Ça met à risque leur famille, leur santé, leur sécurité financière et l'intégralité du système. Ici, je parle de l'écosystème des transporteurs routiers, qui nous apportent tous les produits et aliments dont je vous ai parlé au départ, qui alimentent nos entreprises et dont nous dépendons aujourd'hui.
Cette pratique a des conséquences, allant de la privation de droits prévus par le Code canadien du travail à l'évasion fiscale liée au feuillet T4A et aux pertes qu'elle engendre. Ce que je retiens le plus des témoignages des gens de l'Alliance, c'est leur estimation des économies réalisées chaque année par les entreprises qui contournent le système, soit de 20 000 $ à 30 000 $ par chauffeur.
Quand le Comité aura formulé ses recommandations avec l'aide des analystes, on ne pourra pas dire dès le lendemain matin que le problème est réglé, qu'il n'y a plus de chauffeurs au rabais et qu'il n'y a plus de compagnies qui vont économiser de 20 000 $ à 30 000 $ par chauffeur. Il faudra une transition. Pour cela, on doit commencer ici. On doit formuler des recommandations ciblées.
Parmi les solutions immédiates recommandées par l'Alliance canadienne du camionnage, il y avait la levée, pour l'industrie du camionnage, du moratoire sur les pénalités liées aux feuillets T4A. C'est ce qu'on a fait. Alors, on a déjà pris le pas. De plus, il y a de l'argent qui dort, dans le budget, et qui attend d'être approuvé. Il y a aussi des mesures qui doivent être mises en place par l'Agence du revenu du Canada pour qu'on puisse attraper les fautifs. Il y a également le plus gros dossier. On sait que cela relève principalement de la compétence des provinces. Je l'ai assez dit. Toutefois, l'Alliance canadienne du camionnage ne demande pas plus qu'une coordination entre le fédéral et les provinces pour faire une campagne éclair contre la mauvaise classification.
On peut faire un bout avec ça. Il faut que des efforts soient déployés conjointement par toutes les organisations intéressées, que ce soit les organisations de police municipale, l'Agence du revenu du Canada, la GRC ou Emploi et Développement social Canada.
De plus, il faut développer les postes de contrôle routier. Est-ce que le gouvernement fédéral peut aider à faire ça? On ne sait pas jusqu'où on peut faire des recommandations pour aider le contrôle routier dans les provinces. Jusqu'à quel point le fédéral peut-il s'impliquer? Est-ce que sa participation doit être seulement financière? Est-ce que le fédéral peut soutenir les efforts des provinces au moyen d'un code canadien? On peut certainement accélérer la mise en place d'une base de données nationale pour, au minimum, surveiller les parcs de camions à des fins de sécurité. De plus, il faudrait au moins arriver à accélérer l'échange de données entre les provinces et entre le fédéral et les provinces.
Bref, on pourrait reprendre beaucoup de recommandations de l'Alliance canadienne du camionnage. Imaginez-vous donc que ses représentants sont venus témoigner le 7 octobre. Ce sont eux qui ont parti le bal. Ce que j'ai retenu de leur témoignage, c'est que ça m'a vraiment impressionné. J'avais hâte d'arriver au jour où on pourrait faire des recommandations. Réellement, cet après-midi, j'étais convaincu, après le temps de réflexion qu'on a eu, après l'abstention de tenir des réunions et après la réunion demandée en vertu de l'article 106(4) du Règlement, que je pourrais faire, de bonne foi, une demande toute simple aujourd'hui.
On a enlevé l'exigence d'entreprendre une étude sur les ports. On a gardé intégralement le libellé de la motion. On a ajouté l'Association des professionnels du dépannage du Québec à la liste des organisations invitées à témoigner. On donne l'occasion aux témoins d'accident et aux familles endeuillées de venir témoigner, mais à huis clos. Ce n'est pas compliqué. Cela répond exactement à notre mission et à ce que les trois représentants de l'Alliance canadienne du camionnage nous ont demandé.
Donc, ce n'est pas un problème sans solution. Ce qui manque, c'est de la volonté politique. Depuis 2018, ces gens sonnent l'alarme. Aujourd'hui, on a la chance de passer à l'action. Le moratoire sur les pénalités liées aux feuillets T4A est levé pour l'industrie du camionnage. Les contrôles routiers se multiplient. Des sanctions sont déterminées. Le temps des paroles est terminé. On a la volonté politique de protéger les camionneurs et de rétablir l'équité.
Ça a continué, par la suite. Nous avons quand même reçu Angela Splinter, peu de temps après. Elle nous a parlé des chefs de la direction à RH Camionnage Canada.
Nous avons aussi parlé aux représentants de l'Alliance canadienne du camionnage, qui nous ont brossé un portrait de la situation globale. Cet organisme représente sept associations différentes. Il s'agit de l'organisme qui travaille auprès des chauffeurs, c'est-à-dire l'organisme qui a une incidence sur la protection des employés, sur le recrutement et sur les priorités canadiennes. Ça m'a donné un autre son de cloche, un autre volet. Ce qu'ils nous ont dit, à ce moment, c'est que leur rôle est de représenter tout le secteur des ressources humaines. En fait, c'est un conseil national de développement de la main-d'œuvre pour le secteur du transport et de la logistique.
Pour mieux comprendre ce que représente tout ça, c'est-à-dire ce qui mène les chauffeurs à toute la logistique en lien avec leur métier, il faut savoir que cet organisme mobilise plus de 10 000 intervenants et fournit des données sur le marché du travail. RH Camionnage Canada nous a dit, encore une fois, que le secteur du camionnage est essentiel à la chaîne d'approvisionnement. Les deux témoins ont fait les mêmes constats. Les deux sont partis de l'idée que c'est un service essentiel à la chaîne d'approvisionnement. On l'a constaté pendant la pandémie. On a tout fermé, sauf le service de camionnage, n'est-ce pas? On avait besoin de s'alimenter. Il y avait des lignes de marquage au sol dans les magasins. On n'avait pas le droit d'entrer quatre personnes en même temps dans le marché d'alimentation. Il fallait suivre des lignes au sol. On n'a pas été voir à l'arrière, mais les camions reculaient un après l'autre pour alimenter les magasins. On avait besoin des camionneurs. Ils étaient donc importants, à ce moment-là.
Les camionneurs sont aussi importants aujourd'hui pour notre chaîne d'approvisionnement. C'est ce que nous a dit RH Camionnage Canada. On nous a dit que leur travail est essentiel non seulement à la chaîne d'approvisionnement, mais aussi à la croissance économique du Canada. RH Camionnage Canada nous a aussi parlé de croissance économique. On nous a dit que plus de 340 000 camionneurs sont actifs sur le territoire, au Canada. Cet organisme dénonce la violation flagrante des règles fiscales et des règles en matière de travail.
Effectivement, Mme Splinter, de RH Camionnage Canada, a parlé de la protection des emplois, ce qui représente le rôle principal de l'organisme. Elle nous a parlé des répercussions sur le plan de la fiscalité, bien sûr. Elle nous a aussi parlé du rôle de soutien que joue essentiellement son organisme pour protéger les employés des répercussions majeures. C'est une perte de stabilité pour ces travailleurs. Pourquoi? C'est parce qu'il est question de préparation à la retraite, de congés payés, de conciliation travail-famille. Ce sont des aspects qui touchent l'être humain. On joue avec la vie des personnes. On joue sur la défaillance d'un bon père ou d'une bonne mère de famille qui doit être à la maison à des heures raisonnables. On joue sur la sécurité sociale. On joue directement sur l'érosion des normes d'emploi et du filet social canadien. Ça touche tout le monde. Ça touche des familles. Selon RH Camionnage Canada, 340 000 chauffeurs, au minimum, pourraient subir les conséquences de ce phénomène.
Selon RH Camionnage Canada, il faut refaire la réputation de ce secteur, parce qu'il n'a pas une bonne réputation. On doit faire mieux.
Je pense qu'on aura de la difficulté à attirer de la main-d'œuvre. On se retrouve devant un dilemme, où ce n'est pas attrayant.
Les gens recherchent de plus en plus la sécurité de l'emploi. Ils veulent à la fois un bon emploi, qui est bien rémunéré, et être là pour leur famille. Ils ne choisissent pas d'être des députés, à Ottawa, et d'être loin de leur famille. Ils font le choix d'être camionneurs, parce qu'ils veulent être avec leur famille. Nous avons fait un choix; ils en font un. Il faut respecter leur choix.
En raison de leur choix, il va y avoir beaucoup de difficulté non seulement à attirer des travailleurs, mais à les conserver. Si nous ne faisons rien pour adopter des mesures afin de nous attaquer à l'illégalité ou empêcher les entreprises de poursuivre dans la même lignée, il y a un risque pour les transporteurs conformes. Je suis très confiant. Des témoins nous ont dit que de génération en génération ils veulent rester dans la droite ligne. Ils veulent que les employés qui conduisent leurs camions soient formés, bien rémunérés, et qu'ils aient de bonnes conditions de travail. Pour nous, il est extrêmement important d'aller de l'avant dans la droite ligne. Cela dit, une bonne nouvelle.
Toutefois, la distorsion de la concurrence se fait sentir dans les ressources humaines. Imaginez-vous. Elles représentent des employés et elles ressentent la distorsion de la concurrence. Elles disent que les transporteurs conformes sont désavantagés. Deux témoins ont fait la même constatation. Nous allons peut-être écouter 43 autres témoins nous en parler. Nous venons de déclarer une même constatation chez deux témoins: la menace de la viabilité de l'industrie, tout l'écosystème et l'infrastructure, qui sont derrière les conducteurs. Il ne s'agit pas seulement d'une relation de travail. Il y a aussi une question d'éthique, d'équité et d'intégrité nationale. Nous devons mettre fin à cette pratique une fois pour toutes.
Parfois, vous avez raison: il n'est pas facile de faire de la politique et d'arriver à nos fins. Cependant, il s'agit de faire preuve d'équité envers les témoins qui sont venus ici. Il s'agit d'une question d'intégrité nationale et d'une question à savoir pourquoi notre gouvernement doit mettre fin au modèle « Chauffeurs inc. », et ce, pour protéger les droits des camionneurs et assurer un secteur juste et compétitif.
Je n'étais pas certain de ce qui allait se passer quand les représentants des ressources humaines sont venus. Je ne savais pas quelle approche nous allions adopter. Par contre, la femme qui parlait avec son cœur et avec conviction m'a convaincu. Effectivement, si nous pouvons arriver le plus rapidement possible à nos fins, le mieux c'est. Son témoignage a été suivi par celui d'une autre femme, qui s'appelle Johanne Couture. Nous avons posé beaucoup de questions à Mme Couture, qui est la directrice exécutive de la Fédération canadienne des femmes en transport routier. Elle était accompagnée d'autres membres de la Fédération. Autrement dit, nous ne parlions pas à n'importe qui. Je vous ai dit avoir accumulé beaucoup d'expérience en entrepreneuriat et en enseignement, mais seulement pendant 21 ans. Elle l'a fait pendant 31 ans. Elle a 31 ans d'expérience comme chauffeuse professionnelle. Elle a décrit comment le modèle « Chauffeurs inc. » prive les chauffeurs de protection et menace la sécurité publique. Elle nous a dit que c'était une menace pour la sécurité publique.
Imaginez-vous le contexte et le profil de la situation quand elle est venue nous dire ça. Elle a été la propriétaire exploitante d'une entreprise pendant 27 ans. Non seulement elle connaît la conduite, mais elle connaît aussi l'entrepreneuriat et la façon de bien faire les choses. De plus, elle est une spécialiste des transports transfrontaliers. Elle nous a aussi dit qu'elle avait un permis pour transporter des matières dangereuses, dont je vous ai parlé la semaine passée. Le transport de matières dangereuses est déjà une question de sécurité publique importante à aborder, mais les témoins m'ont fait réaliser que c'est encore plus le cas si on considère les risques d'accidents routiers liés aux chauffeurs qui utilisent le modèle « Chauffeurs inc. ». J'ai déjà fait une comparaison avec l'accident ferroviaire survenu à Lac‑Mégantic. Il est très important de prendre au sérieux le transport de matières dangereuses. Imaginez qu'un chauffeur au rabais sans formation se retrouve un jour au volant d'un camion qui transporte des matières dangereuses. Je n'ose même pas imaginer le risque que ça représente, monsieur le président.
Ces gens sont venus témoigner au nom de milliers de professionnels, dont des chauffeurs, des propriétaires exploitants et des instructeurs, mais ils ont bien représenté les propriétaires de petites entreprises de camionnage qui transportent des marchandises précises. Dans le cas de cette témoin, elle ne transporte pas des marchandises en vrac, mais des matières dangereuses.
Le problème nous a été présenté, à mon point de vue, comme une forme d'exploitation déguisée en une pratique offrant de la flexibilité, parce qu'on peut se permettre à peu près tout. Je ne parle pas d'innover, mais de trouver des stratagèmes afin de contourner le système pour être plus compétitif, notamment en classant à tort les chauffeurs comme des travailleurs indépendants. Cette pratique les prive des protections et des avantages sociaux auxquels ils ont droit, comme les deux témoins précédents nous l'ont dit. Ça fait trois témoins qui nous en parlent. Je me répète, mais il faut qu'on réagisse.
Je ne peux pas parler pour mes collègues, mais, personnellement, j'ai ressenti la détresse que vivent les petites et moyennes entreprises en raison des conséquences économiques. Cette pression qui s'exerce sur elles s'ajoute aux tarifs insuffisants pour supporter les coûts d'exploitation, qui sont en constante augmentation. Ça compromet la sécurité publique et fait augmenter le nombre d'accidents routiers liés à la fatigue.
Par ailleurs, imaginez l'effet que l'augmentation des accidents liés à la fatigue et des risques routiers aura sur les primes d'assurance. On en a peu parlé, mais c'est un facteur qu'il faut prendre en considération. Ces camions coûtent des dizaines de milliers de dollars, sans parler du coût élevé des réparations. Toutefois, on ne peut pas mettre un prix sur la vie et la sécurité des gens.
Nous avons l'occasion de redorer l'image de la profession de chauffeur, qui est un pilier de l'économie canadienne, d'en faire un emploi sûr et de donner confiance aux chauffeurs. Comment pouvons-nous leur démontrer que nous ne leur manquons pas de respect et que nous voulons donner espoir à la relève?
L'industrie a un parc de véhicules vieillissant et vient de traverser une pénurie de main-d'œuvre. Maintenant, on a l'occasion de remplir les écoles pour former les conducteurs du futur et de faire en sorte que le métier de camionneur soit reconnu comme un métier viable, sûr et équitable sur le plan social.
Les témoins qui sont venus nous parler nous ont présenté des recommandations et, sans dire qu'il ne faut pas en tenir compte, il est aussi important de coordonner nos efforts avec les provinces pour trouver des solutions. J'ai retenu une chose de la part des témoins, qui sont allés encore plus loin. Ils nous ont dit d'appliquer les lois uniformément dans toutes les administrations. C'est un message fort. Ce ne sont pas les mots exacts qu'ils ont dits, mais je les paraphrase. C'est un propriétaire unique qui nous a dit de laver notre linge sale en famille, de trouver des solutions et de discuter entre nous.
Ils veulent que les lois soient appliquées uniformément dans toutes les administrations, que ce soit la SAAQ, les municipalités, les provinces ou le gouvernement fédéral. Ils veulent avoir de bonnes conditions. Ils veulent que nous nous parlions, que le système soit juste et équitable, que les routes soient sécuritaires, que les inspections se fassent uniformément partout au pays et que les gens soient fiers d'exercer ce métier. C'est un peu ça qu'ils nous disent. Ils veulent que nous protégions les travailleurs, que nous soutenions davantage les transporteurs qui se conforment aux règles et que nous rétablissions l'intégrité du secteur. C'est le message qu'ils nous ont livré.
Il est évident que ce n'est plus du tout une question de main-d'œuvre; il s'agit de la sécurité publique et de l'intégrité de l'industrie du camionnage. L'équité et la sécurité ne sont pas optionnelles. Chaque camionneur mérite qu'on respecte ses droits et chaque citoyen mérite des routes sécuritaires. Mettre fin au stratagème « Chauffeurs inc. », c'est protéger les travailleurs, l'intégrité de l'industrie et nos enfants qui prennent les autoroutes, que ce soit au Québec ou dans les autres provinces. Nos enfants doivent se sentir en sécurité sur nos routes. Je comprends que ça puisse faire rire mes collègues conservateurs, mais je n'aimerais pas qu'un jour, le camion d'un chauffeur non conforme aux normes entre en collision frontale avec la Kia de ma fille. C'est la dernière chose qu'on veut.
J'ai pris la peine d'écouter chaque témoin, on leur a posé de bonnes questions et ils m'ont tous impressionné, mais nous n'aurions pu demander mieux comme témoin que celle dont je viens de parler, qui a 30 ans d'expérience comme camionneuse professionnelle. Maintenant, il faut mettre en place des initiatives pour régler les problèmes en matière de sécurité, d'égalité et de lutte contre la traite des personnes. Déjà, ça va régler beaucoup de choses. On peut travailler sur la question de l'immigration et des travailleurs étrangers temporaires, mais il ne faut pas oublier, encore une fois, qu'il y a des conducteurs québécois qui ont une entreprise constituée en société et qui tournent les coins ronds. Ce phénomène n'est pas seulement relié à l'immigration, mais aussi à l'ensemble de l'écosystème de l'industrie du camionnage.
Les témoins ont soulevé des éléments importants. Ils m'ont fait réaliser que la classification des chauffeurs est trompeuse. On s'est fait prendre au piège, car on s'est aperçu que, dans le système, tout est contournable. Non seulement on peut s'enregistrer, mais on peut contourner les règles entourant l'obtention du permis et beaucoup d'autres éléments. Il y a beaucoup de choses qui exigent que notre gouvernement réagisse, et je suis très fier, d'ailleurs, que le gouvernement du Québec ait agi dernièrement. À partir du 15 décembre, de nouvelles normes seront en place pour rétablir l'obligation de suivre une formation pour obtenir le permis de classe 1.
Ce que nous avons entendu signifie, en fait, que les risques sont transférés aux travailleurs, et ces entreprises ne sont pas prêtes à vivre ça. Beaucoup d'entreprises nous disent qu'on change quatre trente sous pour une piastre, comme le dit l'expression québécoise. Il y a des entreprises qui ne font aucun profit et qui en ont plein leur casque. Ce qu'elles veulent, c'est travailler avec le Comité et toutes les instances. Je reviens sur ce qu'on nous a dit, c'est-à-dire que tous les ordres de gouvernement doivent travailler ensemble. Aucun d'entre eux n'est visé en particulier.
Par ailleurs, seulement 4,3 % des chauffeurs de camion sont des femmes. Si on veut attirer plus de femmes dans ce domaine, on a tout intérêt à donner à ce métier toute la dignité qu'il mérite et à reconnaître les avantages d'être chauffeuse de camion. Jamais une de mes trois filles ne m'a dit qu'elle voulait être chauffeuse de camion. Si c'était arrivé, j'aurais été surpris et je lui aurais dit qu'on devrait prendre le temps de s'en parler, parce que c'est un métier non traditionnel pour les femmes. Je suis quelqu'un de très ouvert, alors je l'aurais écoutée. Je lui aurais dit que ce n'était peut-être pas un bon choix dans le contexte actuel, mais que ça pourrait l'être dans le futur. Nous sommes le futur. Nous avons la chance de régler une problématique maintenant, et non demain matin. C'est ce que nous a dit la témoin qui est venue nous voir, une camionneuse avec 31 ans d'expérience, et elle était très crédible.
D'ailleurs, dans ce contexte, pour ajouter aux exemples que j'ai donnés tantôt, je rappelle que, si une chauffeuse se constitue en société, c'est-à-dire qu'elle n'est pas reconnue comme une employée par son employeur, qu'elle doit avoir sa propre entreprise et qu'elle se soutient elle-même, elle n'est pas non plus admissible aux congés parentaux. Si elle tombe enceinte, elle ne pourra plus conduire et elle n'aura donc plus d'emploi jusqu'à ce qu'elle accouche. Elle n'a aucun droit. C'est injuste.
Nous avons la chance de régler ça et d'aider les femmes à s'intégrer au marché du travail. Cette disparition des congés de maternité peut avoir des conséquences dévastatrices sur une famille. Il est aussi important d'avoir un horaire stable. Certaines sont obligées de travailler 60 heures par semaine, sinon elles perdent leur emploi. Elles sont sous cette menace. Il faut donc mettre en place des mesures d'adaptation, tant pour les femmes que pour les hommes. Ça freine aussi la diversité. On veut augmenter le nombre de femmes dans les métiers non traditionnellement féminins, alors pourquoi pas dans le camionnage? À l'époque, quand j'enseignais, on faisait toujours la promotion de tous les corps de métier où on voulait attirer plus de femmes.
C'était la même chose dans les écoles de transport où on en faisait la promotion. Il y avait même des concours à l'interne pour inciter les femmes à venir vers des métiers non traditionnels. À l'époque, il y avait le concours « Chapeau, les filles! », qui visait le monde de l'éducation et la reconnaissance des femmes.
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Merci beaucoup, monsieur le président.
Je vous remercie de m'avoir permis de prendre trois bouchées de mon biscuit et de boire de l'eau. Je vous en suis très reconnaissant, et je suis convaincu que c'était intentionnel de votre part de me laisser faire ceci. Vous avez le cœur sur la main.
Nous avons eu l'occasion de nous parler régulièrement. Nous sommes un bon ami du Bloc, et je veux rappeler à mon ami M. Garon que, effectivement, cette motion est exactement en lien avec le témoignage d'une femme. Elle nous a tellement éblouis pendant son témoignage au Comité. Elle nous a parlé de ses 31 ans d'expérience et de la concurrence déloyale dans ce secteur. Elle nous a aussi parlé un peu du défi que représente son travail en tant que femme camionneuse. Pourquoi en rajouter? Le métier de camionneuse est un excellent métier, qui est censé être rentable. Elle n'est pas censée perdre de l'argent. En plus de son travail, elle doit s'occuper d'autres activités, comme s'occuper de sa famille, de ses enfants, et ainsi de suite. C'est très difficile pour une femme de se trouver dans une situation aussi précaire, compte tenu des compromis que représente son travail en tant que chauffeuse de camion.
Nous avons parlé de la sécurité routière qui est comprise. Je poursuivais sur cette lancée quand il y a eu un rappel au Règlement. La témoin en question nous a dit que cet aspect l'inquiétait beaucoup. C'est un fait qu'on dénonce encore. La troisième témoin a mentionné le fait qu'il y avait moins d'entretien des camions et moins de formation pour ceux qui s'occupent de l'entretien des camions. En fait, on tourne les coins ronds. C'est un peu ce qu'elle nous a dit. Selon elle, il y a une augmentation considérable des accidents reliés aux défaillances mécaniques. Nous n'avons pas les chiffres là-dessus, à proprement parler. Elle a surtout fait allusion à l'accident que nous avons vu dans un reportage, lorsqu'un camion a perdu une roue et s'est renversé à l'envers ou sur le côté.
Selon les échanges que nous avons eus et les questions que nous avons posées, il faudrait créer un programme national d'agrément des camionneurs. Nous avons parlé de nombreux aspects, dont les accidents reliés à la mauvaise formation. Par exemple, on ne sait pas comment attacher la marchandise sur les camions, ou on ne sait pas comment conduire de la bonne façon les camions remplis de marchandise, de manière à éviter des accidents.
Un peu plus tôt, nous avons parlé de la marchandise lourde et de la marchandise dangereuse. J'aimerais maintenant vous parler de l'arrimage des charges. La témoin en question a soulevé un aspect que nous ne connaissions pas et dont nous n'avions pas parlé.
Effectivement, je me souviens d'avoir vu un camion pris sur l'autoroute 15 qui transportait un voyage d'acier, dont la marchandise s'est retrouvée carrément sur le sol, sur l'autoroute, parce que les courroies retenant la marchandise avaient été coupées. Lors de l'arrimage, des coins protecteurs auraient dû être placés pour protéger les courroies de l'acier et empêcher qu'elles soient coupées. Ça n'a pas été fait, parce que la personne responsable n'était même pas au courant. J'étais un des premiers à être pris dans l'embouteillage. On s'est aperçu que cela aurait pu représenter un danger. La marchandise aurait pu tomber sur une voiture et tuer quelqu'un. Heureusement, il n'y a pas eu de blessure ni de mort, mais cela aurait pu se produire. Des gens ont réagi rapidement. Nous avons pu ainsi éviter un accident. Toutefois, ça aurait pu m'arriver puisque ça s'est produit à quelques centaines de pieds d'où j'étais situé.
Dans le cadre des discussions que nous avons eues, la témoin a proposé non seulement la création d'un programme national, mais aussi le rétablissement de l'intégrité. J'en ai parlé un peu, tantôt, avec le deuxième témoin. Nous avons vraiment des devoirs à faire. Il faut non seulement faire des recommandations, mais aussi, en tant que gouvernement, il faut rétablir l'intégrité du métier de camionneur et de camionneuse et protéger les travailleurs qui sont vulnérables. Bien sûr, si on avait un guide contenant des normes professionnelles canadiennes plus élevées pour les camionneurs et les camionneuses, cela pourrait avoir une incidence sur les provinces et les territoires.
Ce n'est plus le temps des consultations. Nous sommes à la recherche de solutions, et nous avons mis de l'eau dans notre vin. Nous retenons, des conversations avec les témoins, qu'ils ont demandé au Comité d'aller de l'avant rapidement. Nous sommes prêts à ajouter deux séances pour recevoir les témoins figurant sur la liste qui a été proposée cet après-midi. Nous sommes prêts, aussi, à recevoir les familles endeuillées. Nous avons toujours dit, depuis le début, que nous voulions les rencontrer à huis clos. Aujourd'hui, nous proposons de leur laisser le choix. S'ils veulent témoigner publiquement, nous les recevrons dans une séance publique. S'ils veulent témoigner à huis clos, nous les recevrons à huis clos. C'est ce que nous demandons pour protéger la dignité des familles endeuillées qui ont subi l'épreuve d'un accident de la route. Ce n'était pas nécessairement un accident lié au phénomène « Chauffeur inc. ». Ça pourrait l'être, mais on ne le sait pas encore.
L'exploitation des chauffeurs de camion qui existe actuellement n'a pas sa place. Il faut vraiment trouver une solution pour que le camionnage reste un métier fondé sur le respect et sur le professionnalisme. Il faut vraiment que ce métier soit reconnu au même titre que les autres métiers. Quand j'exerçais mon métier, si je faisais trois erreurs, je perdais mon certificat de qualification. Quand j'enseignais le soudage sur les pipelines, on avait trois chances. Après trois échecs, je perdais le droit de souder. C'est un peu ce genre de solution qu'on doit proposer. On doit dire aux chauffeurs de camion qu'ils ont l'occasion de bien faire, mais qu'ils doivent éviter de perdre leur qualification. On doit leur rappeler qu'on les a à l'œil et leur dire qu'on veut leur donner les outils nécessaires pour qu'ils soient de bons chauffeurs, mais qu'on veut aussi qu'ils fournissent leur part d'efforts. Bref, dans le cadre des discussions qu'on a eues avec la témoin dont je viens de parler, on a entendu que l'exploitation n'a pas sa place dans notre chaîne d'approvisionnement et qu'on doit agir. On a entendu que, mettre fin au phénomène « Chauffeur inc. », c'est protéger les travailleurs vulnérables, restaurer l'équité et faire du camionnage une profession fondée sur la responsabilité et la fierté. Je pense que c'est le mieux qu'on peut faire comme comité.
Je viens de résumer les témoignages du premier groupe de témoins de la séance du 7 octobre 2025. Étant donné la richesse de ces témoignages, je pensais avoir tout entendu sur le sujet, mais ce n'était pas le cas. L'histoire ne faisait que commencer. En effet, le 7 octobre, dans le cadre des témoignages du deuxième groupe de témoins, nous avons rencontré Steve Bourgeois. Je m'en souviens comme si c'était hier. C'est un consultant et formateur agréé et il a témoigné à titre personnel. Il ne représentait pas une organisation, ce qui fait qu'il était un peu libre de dire ce qu'il voulait.
Tantôt, je vous ai parlé du témoignage d'une femme qui avait 31 ans d'expérience. M. Bourgeois, lui, nous a révélé qu'il avait 34 ans d'expérience. Il nous a également appris qu'il y avait eu une augmentation de 35 % des accidents. Réfléchissez-y et voyez à quel point c'est inquiétant que le nombre d'accidents, souvent mortels, ait connu une augmentation exponentielle en 2023‑2024.
Je vais vous résumer les discussions qu'on a eues avec lui. Les questions étaient excellentes des deux côtés. Les bloquistes et les conservateurs ont posé d'excellentes questions. Le témoin nous a parlé de son expérience au Canada et aux États‑Unis. Il nous a parlé des conditions extrêmes et nous a expliqué à quel point c'était difficile. Il s'est présenté, en quelque sorte, comme le porte-parole d'un groupe d'à peu près 15 000 signataires d'une pétition. Il a dit que ce mouvement, dont il est à l'origine, plaide en faveur de la sécurité routière, de la dignité des chauffeurs de camion et de la légitimité de leur profession. C'est drôle que ce quatrième témoin ait pu résumer en une seule phrase tout ce que les autres témoins avaient réclamé avant lui.
On ne demande pas la lune. La pétition était légitime. Elle plaide tout simplement en faveur de la sécurité routière, de la dignité des camionneurs et de la reconnaissance de la légitimité de leur profession, non seulement pour les femmes, dont j'ai parlé, mais pour les conducteurs en général. Elle a été lancée par une personne qui a 34 ans d'expérience dans ce domaine et qui a formé des chauffeurs. Les problèmes dont il nous a fait part ressemblent un peu à ce que nous avons entendu de la part des autres témoins, mais il a apporté quelques nuances.
D'abord, il nous a parlé des chauffeurs fantômes, soit des conducteurs illégaux sans permis, sans assurance et sans formation sur lesquels on n'a aucune information, jusqu'à ce qu'ils se fassent prendre. C'est allé aussi loin que ça. C'est épeurant. Ils prennent la route au volant de camions qui transportent des charges extrêmement lourdes, dangereuses ou mal arrimées, alors qu'ils n'ont aucune notion théorique ni aucune pratique. Ce n'est vraiment pas correct d'enfreindre la loi d'autant de façons, et ça met en danger la vie de membres de familles.
Quand il nous a parlé de cette pratique, j'ai failli tomber en bas de ma chaise. Il nous a démontré non seulement que ce problème était réel, mais aussi qu'il prenait de l'ampleur. Je pensais qu'il y avait une réduction du nombre de personnes qui consomment au volant, avec la sensibilisation qu'on fait. Je pensais qu'il était difficile d'obtenir un permis de conduire, aujourd'hui. Or j'ai appris qu'on peut en obtenir un en 24 ou 48 heures, qu'il y a des chauffeurs qui conduisent illégalement et qui exploitent le système à tour de bras, et que ces pratiques sont en hausse. Tout l'écosystème dont je vous parle depuis tantôt est fragilisé par le recours d'entreprises au stratagème « Chauffeurs inc. » pour contourner les normes de sécurité.
Ça a des conséquences graves. Comme le témoin nous l'a dit, les accidents mortels ont augmenté de 35 %, et cette donnée date de 2023‑2024. Il y a aussi l'exploitation des immigrants en situation précaire, qui ont peur d'être renvoyés dans leur pays. Ils ont un emploi et, pour eux, c'est déjà mieux que ce qui les attendrait dans leur pays. Dans ma circonscription, il y a des centaines de travailleurs étrangers dans des fermes, dans des entreprises d'entretien de pelouse et dans différentes industries. Je rencontre ces travailleurs chaque année et je sais qu'ils sont extrêmement fiers de venir travailler au Canada. Pour eux, c'est un privilège. La dernière chose qu'ils veulent, c'est déplaire à leur employeur ou ne pas respecter la norme qui est en place à leur arrivée. Ils n'en connaissent pas d'autres. Cette norme consiste à prendre leur camion et à se faire donner un permis, puisqu'ils en avaient un ailleurs.
Personnellement, je ne suis même pas capable de transférer ma licence dans plusieurs domaines. Un médecin francophone ne peut même pas partir de la France pour venir travailler dans un hôpital au Québec s'il n'a pas le permis d'exercice au Canada et au Québec. Il y a une entente, mais il y a des examens à passer et une justification à fournir. Quant aux chauffeurs qui arrivent de l'étranger, leur permis n'est pas vérifiable. C'est ce qu'ont dit les témoins. Dans le cas des médecins, on peut vérifier toute la formation qu'ils ont reçue et leurs spécialités, puis les adapter aux systèmes canadien et québécois. Cependant, dans le cas des chauffeurs, on les prend tels quels, on prend un petit bout de papier, on leur fait passer un examen de conduite pour le permis de classe 1, puis ils prennent la route, alors qu'ils peinent à lire les affiches en français et en anglais. Imaginez les graves conséquences que ça peut avoir.
Ce témoin, qui a 34 ans d'expérience, nous a démontré que cette pratique représente une concurrence déloyale envers les entreprises conformes. Chacun des quatre témoins a parlé de cette concurrence déloyale. Nous avons la chance de réagir, d'en parler et de travailler avec nos analystes pour formuler des recommandations. Le Bloc québécois a déjà une liste de recommandations, et je suis convaincu que les conservateurs ont aussi une liste de bonnes recommandations. Alors, nous pourrions travailler en équipe et en parler ensemble. Je ne suis pas certain que celles du Bloc soient toutes conformes à nos normes, selon nos analystes, qui pourraient juger que certaines d'entre elles risquent de mener à des contestations devant les tribunaux parce qu'elles empiètent sur les champs de compétence des provinces. Cependant, nous pourrions les traiter une à une, consulter nos experts, demander à nos greffiers qu'ils fassent de la recherche et travailler avec nos analystes pour formuler des recommandations.
La meilleure occasion que nous avons eue d'aller de l'avant, aujourd'hui, c'était d'adopter l'amendement à la motion du Bloc québécois que nous voulions déposer. Il reprenait la motion intégralement. Il visait seulement à enlever la demande de production des correspondances de tous les ministères à ce sujet. Cependant, je n'ai même pas pu le déposer, parce que les conservateurs et le Bloc, encore une fois, ont formé une coalition et ont contesté la décision du président pour m'en empêcher. Alors, nous leur avons donné la chance de prendre la parole pour proposer l'amendement eux-mêmes. Tout ce qu'ils avaient à faire, c'était de présenter l'amendement et de s'en attribuer le mérite. Je ne veux même pas qu'ils l'utilisent dans le même sens que les libéraux, je veux juste que nous finissions cette étude.
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Merci, monsieur le président.
Permettez-moi d'entrer directement dans le vif du sujet. J'ai une bonne nouvelle: ce matin, je vais proposer un amendement à la motion originale. J'aimerais expliquer comment nous en sommes arrivés là dans cette étude.
Nous avons adopté une approche constructive. Nous avons même accepté un amendement favorable. Comme le président vient de le dire, nous avons ajouté l'Association des professionnels du dépannage du Québec comme témoin. Nous sommes prêts à aller jusqu'au bout pour proposer des recommandations. Nous nous entendons tous sur le même objectif, soit de permettre au greffier et aux analystes de terminer leur travail et de produire un rapport sérieux contenant de vraies recommandations.
Le cœur du problème se trouve vraiment dans la dernière partie de la motion. Nous avons tenté de déposer un amendement, qui a été rejeté à la dernière réunion. Comme vient de nous le dire le président, cette motion exige du Comité et demande aux ministères des Transports, du Revenu et de l'Emploi de fournir, dans les 30 jours — ce qui est impossible, selon moi —, toute la correspondance ainsi que tous les rapports, courriels et documents liés au problème de la non-conformité dans le secteur du transport routier. Cette demande irréaliste.
À la dernière réunion, nous avons peut-être raté l'occasion de déposer une motion pour plusieurs raisons, notamment, parce que nous n'avions pas les estimations de coûts. Je ne les ai pas plus ce matin et je ne connais pas plus le nombre de ministères. J'ai fait un peu de recherche, et je crois que cela peut tourner autour de six ou sept ministères, parce qu'il y a régulièrement des échanges entre les ministères.
Nous constatons qu'il existe vraiment une coalition entre le Bloc québécois et le Parti conservateur, qui maintiennent leur position quant aux documents demandés en preuve. Après toutes les réunions que nous avons tenues, nous voyons clairement aujourd'hui la stratégie politique derrière cela. Ce n'est pas compliqué: on veut bloquer les travaux. Nous avons bien vu que les deux partis se sont entendus pour viser le même but, soit de nuire à la fin de cette étude. Ils vont même jusqu'à partager leur temps de parole pour arriver au même but.
Se promouvoir mutuellement sur le plan politique comme ça, selon moi, a permis de justifier une campagne de financement par les conservateurs sur le site du Bloc québécois. Imaginez comment ça peut être coordonné entre eux. Nous pouvons voir dans nos registres que les conservateurs protègent vraiment le Bloc québécois quant à la manière de se financer au moyen d'un site Internet.
Selon moi, le Bloc québécois devient ce matin la victime de tout cela. C'est normal que les conservateurs restent fidèles à leurs habitudes et transforment des bribes de nouvelles en fausses informations. On a l'habitude d'entendre répéter toujours les mêmes slogans pour éviter la vérité. Cela dit, la coalition fait des attaques coordonnées contre la présidence. Nous en sommes là. Nous avons vu au cours des dernières réunions qu'on est allé jusqu'à défier la présidence en inventant un prétexte selon lequel il y avait priorité de parole. Le Bloc québécois s'est fait entraîner dans ce mensonge afin d'empêcher les libéraux d'obtenir la parole.
Ce n'est pas dans les habitudes du Bloc québécois d'être de connivence avec les conservateurs. Toutefois, nous constatons aujourd'hui qu'ils le sont bel et bien. Leur tactique équivaut à une attaque directe contre le fonctionnement du Comité et contre la présidence.
Sur son site Internet, le Bloc québécois a publié un article dans lequel il affirme que les libéraux refusent d'entendre les victimes, ce qui est faux. Sur la même page, il sollicite des dons politiques — il l'a même admis — en se servant des familles endeuillées. Nous en avons parlé à la dernière réunion. C'est simple: nous avons un coupable, mais nous blâmons quelqu'un d'autre, quelqu'un qui gère le site. Pourtant, si vous allez aujourd'hui sur le site du Bloc québécois et que vous cliquez sur l'article, la première fenêtre surgissante qui apparaît sert à demander des dons de 5, 15, 20, 25 $. Cela se fait toujours en ligne. Je ne parlerais pas des fenêtres surgissantes de demandes de financement aujourd'hui si elles n'étaient plus là. Si la situation avait été corrigée, on serait ailleurs.
La coalition a empêché le dépôt de l'amendement que nous avons proposé, pourtant conforme aux termes de la motion d'origine. J'ai repris exactement le libellé de la motion d'origine. Nous avons mis de l'eau dans notre vin, mais, encore une fois, les conservateurs ont défié la présidence pour déclarer l'amendement irrecevable, ce qui est totalement faux. Encore une fois, le Bloc québécois est entré dans leur jeu. C'est comme s'il était maintenant dépendant des conservateurs, comme si la coalition l'amenait à répondre aux besoins des conservateurs. Aucune administration sérieuse n'accepterait de produire tous ces rapports, tous ces courriels, tous les documents existants liés à la non-conformité du secteur du camionnage. Nous ne cautionnerions jamais une demande aussi extrême.
Nous faisons face à une absence totale de volonté d'achever l'étude. Le Bloc québécois et le Parti conservateur n'ont aucune intention de terminer cette étude. Ce n'est pas la question des deux réunions qui pose problème, parce que, durant tous les échanges que nous avons eus, il a toujours été question de tenir deux réunions. Nous avons même proposé de rencontrer les témoins des familles endeuillées à huis clos, et cela a été jugé non recevable par l'opposition. C'est comme s'il n'y avait pas de solution.
Allons-nous tenir trois, quatre réunions? Allons-nous allonger la liste des témoins, ajouter des amendements pour pouvoir prolonger cette étude? On ne connaît pas l'avenir, mais il y a une chose qu'on connaît, c'est l'objectif. Cet objectif n'est pas de rétablir la sécurité routière, mais bien c'est de bloquer la fin de cette étude.
Une motion aussi large que celle dont nous sommes saisis peut violer le principe de proportionnalité parlementaire. Selon la pratique parlementaire, une motion doit être proportionnelle au but. Je l'explique ici. Nous cherchons à comprendre une problématique de non-conformité dans le secteur du camionnage. C'est ça que nous voulons. Nous voulons trouver pourquoi les chauffeurs ne se conforment pas aux règles, mais nous voulons obtenir toutes les communications. On ne sait pas pourquoi. Ce n'est même pas pertinent. On exige des documents non ciblés. Ce manque de ciblage entraîne donc des coûts déraisonnables. On parle de millions de dollars. De plus, ça devient un outil d'obstruction politique ou, tout simplement, un outil de reddition de comptes.
Nous sommes favorables à la transparence, mais nous nous opposons à la surcharge administrative qui ralentit l'action, qui coûte cher aux contribuables et qui détourne la fonction publique du travail essentiel qu'elle doit accomplir en faveur de la sécurité routière.
Ce matin, nous partageons le même but: arriver à nos fins et rédiger un rapport. Nous voulons faire des recommandations, afin d'aider les autres ordres de gouvernement, les entreprises et les citoyens de nos circonscriptions, qui ont témoigné à propos d'une problématique sérieuse, et qui dure depuis assez longtemps.
Monsieur le président, j'aimerais déposer un amendement.
Je dois le déposer pour moi, pour le bien des citoyens et pour le bien de la gestion financière canadienne. Avant de le faire, je crois nécessaire, et même impératif d'expliquer clairement pourquoi cet amendement s'impose aujourd'hui. Il faut le dire: si nous voulons respecter le mandat de ce comité et éviter que certains détournent nos travaux de leur objectif réel, cet amendement est indispensable. Nous ne pouvons pas laisser planer le moindre doute sur l'importance de revenir à une démarche sérieuse, responsable et conforme à ce que les citoyens attendent de nous.
Je vais donc exposer les raisons qui justifient cet amendement. Je garderai mon tour de parole immédiatement après son dépôt, afin de vous en parler plus en détail. Je voudrais quand même justifier ma proposition d'amendement. Mon amendement vise à ce que la motion soit modifiée en remplaçant « depuis le 1er janvier 2018 », après le mot « camionnage », par ce qui suit:
, et que le ministère des Transports, des Finances et de l'Emploi fournisse au Comité le coût total et le temps nécessaire à la préparation de ces documents
Je crois qu'il est très important de parler de l'importance des coûts nécessaires à la saine gestion financière. J'aimerais prendre quelques minutes pour vous transmettre cet amendement dans les deux langues officielles. Évidemment, j'ai travaillé en français, mais j'aimerais vous le transmettre en anglais aussi.
Je demanderais deux ou trois minutes, afin que nous puissions transmettre le document à tout le monde.
:
Ce n'était qu'une introduction, un préambule. Avant la merveilleuse idée du député du Bloc québécois d'aller de l'avant afin de recevoir les témoins, on parlait de l'autre partie de la motion et des coûts extrêmes que son adoption entraînerait pour différents ministères. Avant d'être interrompu, je parlais des coûts reliés au tri de tous les documents demandés et à la vérification des renseignements afin que soient protégés les renseignements délicats ou confidentiels qu'ils pourraient contenir. Je disais donc qu'il était difficile d'évaluer combien coûterait tout ce travail, mais que cela représenterait des millions de dollars. Il s'agirait d'une importante mobilisation qui demanderait des centaines d'heures de travail des fonctionnaires.
En effet, si la motion est adoptée, il faudra retrouver chaque document, puis le vérifier, l'analyser et, souvent, le caviarder. Ainsi, un travail sera nécessaire afin de savoir ce qui peut être divulgué publiquement et ce qui doit rester confidentiel. Or, souvent, le fait que des documents sont caviardés est utilisé par les députés de l'opposition. Ceux-ci disent alors qu'ils ne peuvent pas lire et interpréter les documents fournis parce qu'ils sont caviardés. C'est toujours la même chose qui se répète. Toutefois, le caviardage vise à protéger les personnes visées par des renseignements. Il peut s'agir de protéger leurs biens personnels, leur famille ou leur entreprise.
Bref, une telle demande nécessite beaucoup d'énergie. Des centaines de fonctionnaires doivent être mobilisés, ce qui représente des milliers d'heures-personnes. Cela peut prendre plusieurs semaines de travail. Pendant ce temps, les employés ainsi mobilisés ne sont pas disponibles pour faire d'autres tâches.
Comme je l'ai dit tantôt, j'ai eu l'occasion d'être le secrétaire parlementaire du ministre des Services aux citoyens. J'ai donc eu l'occasion de connaître le travail des fonctionnaires qui sont les travailleurs de première ligne pour servir les citoyens. J'ai fait partie d'une étude pancanadienne pour améliorer les services aux citoyens offerts par Service Canada. J'ai traversé le Canada pour faire des consultations afin de rédiger un rapport. Aujourd'hui, je peux parler au nom des fonctionnaires en disant que la grande majorité d'entre eux sont des gens très dévoués dans leur travail. Ce sont des gens consciencieux. Leur semaine de travail est déjà complète. Ils ont beaucoup de travail à faire pour répondre à nos besoins et assurer la sécurité routière dans tous les ministères.
On sait que ce n'est pas juste une question de sécurité publique. Beaucoup de ministères seront affectés par cette demande. On dit que c'est une question qui relève principalement des provinces, mais le fédéral a quand même un rôle important à jouer en matière de fiscalité, d'administration et de réglementation. Donc, si la motion est adoptée, les employés ne pourront pas avancer dans leur travail habituel. Or, ils travaillent, en ce moment, sur des programmes de conformité. Ils travaillent aussi sur la mise en œuvre de nouvelles mesures qui ont été annoncées dans le budget, que les conservateurs et le Bloc québécois ont rejeté. C'est 77 millions de dollars qui ont été investis en lien avec le dossier « Chauffeur inc. ». Ainsi, les fonctionnaires sont en train de travailler pour mettre à jour les normes de sécurité et créer de nouvelles règles afin d'attraper les fautifs qui détournent le système.
Par ailleurs, il y a un risque énorme d'exposer des renseignements personnels et des renseignements commerciaux extrêmement délicats. Il faut être très prudent. Il s'agit de renseignements sur des entreprises relatifs à la non-conformité. Si je m'oppose à cette demande, ce n'est pas parce que je veux protéger ceux qui sont non conformes, mais parce que la divulgation de tels renseignements peut nuire à certaines enquêtes et à certaines personnes qui sont en train de se faire prendre en défaut. De plus, il y a les renseignements personnels de ces travailleurs, mais il y a aussi les renseignements personnels de bons travailleurs qui ne sont pas fautifs et qui travaillent pour de bonnes entreprises.
On ne connaît pas la stratégie d'enquête. Personne, dans ce comité, n'est un spécialiste dans ce domaine. Cependant, je suis convaincu que la divulgation de renseignements demandée peut nuire au processus d'élaboration des enquêtes visant à trouver les fautifs par rapport au dossier « Chauffeur inc. ».
Sans aller trop loin dans les détails, on peut dire que des échanges peuvent aussi avoir été faits avec les provinces et les territoires. Il peut donc y avoir des détails concernant le travail des contrôleurs routiers. On a reçu un contrôleur routier du Québec, un homme extrêmement gentil. Il m'a invité dans un de ses postes de contrôle et il m'a même donné un écusson de contrôleur routier en guise de souvenir. Il m'a appris beaucoup de choses. Je ne voudrais surtout pas nuire à son travail. Évidemment, il nous a dit qu'il faudrait qu'il y ait une collaboration entre le gouvernement canadien et les provinces pour améliorer le processus d'échange de renseignements. On ne veut pas nuire au système et aux contrôleurs routiers. Or, la demande de renseignements proposée peut nuire aux communications entre le ministère fédéral et les provinces et territoires, et elle peut nuire au bon fonctionnement du système actuel.
On a le choix de mobiliser tout le personnel pour faire un exercice bureaucratique ou de le mobiliser pour assurer la sécurité routière. Pour nous, le choix n'est pas compliqué. Nous avons choisi la sécurité routière. Nous avons choisi de ne pas nuire à la fonction publique et de laisser les fonctionnaires faire leur bon travail au lieu de les mobiliser pour faire un exercice bureaucratique qui n'est pas nécessaire. En outre, j'ai parlé du risque que pose la divulgation des renseignements pour les clients, mais il y a aussi un risque pour le personnel. Il y a un risque par rapport aux renseignements commerciaux délicats. En effet, les communications visées concernent des personnes qui ont aussi eu des communications par rapport au plan ambitieux que nous avons pour le Canada, soit de développer davantage son économie. Or, dans la motion, il est indiqué qu'on veut toutes les communications. Puisqu'on demande toutes les communications, cela comprend les communications relatives au plan stratégique pour le développement économique du Canada et le plan pour un Canada meilleur. Donc, le fait de demander la totalité des documents existants peut nuire, étant donné les détails qu'ils peuvent contenir concernant le fonctionnement des organisations.
Quand j'ai fait une tournée pancanadienne, j'ai découvert qu'à l'intérieur de chacun des ministères, il y a du personnel spécialisé. Il y a également de nombreux niveaux. Les fonctionnaires de certains niveaux ont beaucoup de responsabilités, parce qu'ils sont des décideurs par rapport aux travailleurs de première ligne. Or, la motion propose d'utiliser ces travailleurs spécialisés pour faire du travail de caviardage rigoureux afin de protéger l'intégrité de l'écosystème du camionnage. Toutefois, on ne parle pas juste du camionnage, parce qu'on demande la totalité des documents et des échanges depuis 2018. Cela signifie qu'on demande à ce personnel spécialisé de ne pas faire son travail. On lui demande plutôt de caviarder des documents pour protéger l'intégrité du système.
Il y a des risques à demander ça. On s'expose à des poursuites. La divulgation de renseignements au Comité pourrait nuire à des entreprises qui sont droites. Or, ces entreprises ont déjà beaucoup de poids à porter sur leurs épaules. On les a entendues. Elles doivent déjà supporter la pression causée par le phénomène « Chauffeur inc. ». De plus, d'autres facteurs dans l'écosystème du camionnage font augmenter la pression sur elles depuis 2011. Elles doivent supporter des coûts croissants, comme les coûts d'administration. Alors, imaginez si une compagnie voyait ses renseignements divulgués. Cela pourrait lui nuire. Ce n'est pas ce qu'on veut en tant que comité. Si une compagnie droite a communiqué avec des fonctionnaires pour leur donner des exemples de bonne conduite, on ne veut pas que ses renseignements soient divulgués publiquement. On ne veut pas que les noms des compagnies qui ont collaboré soient publiés.
Les représentants qui sont venus témoigner l'ont fait pour aider ce comité. Alors, la demande de divulguer l'ensemble des renseignements et des communications depuis 2018 est irrecevable. Les renseignements demandés sont des secrets commerciaux. Quand j'ai fait le tour de plusieurs bureaux partout au Canada, j'ai eu l'occasion d'écouter des conversations entre des travailleurs de première ligne. Évidemment, je dois respecter la confidentialité de ces conversations. Je ne peux pas dévoiler des noms ni des renseignements précis, car ce sont des renseignements extrêmement délicats. On peut entendre des histoires d'horreur. Ce sont des travailleurs de première ligne. Imaginez si des communications contenant des renseignements confidentiels étaient dévoilées au grand jour, et je ne parle que des travailleurs de première ligne. En plus, on demande aussi de divulguer les communications entre les ministères. Donc, cela aurait un effet boule de neige sur d'autres ministères.
Chaque ministère qui doit faire une recherche doit travailler avec d'autres ministères en parallèle. Je vais vous expliquer comment j'ai perçu ça, lors de ma tournée pancanadienne à titre de secrétaire parlementaire du ministre des Services aux citoyens. Je tire mon chapeau à tous les fonctionnaires dévoués, encore une fois, qui nous représentent sur le terrain. Nous avons besoin d'eux pour servir les citoyens, et non pour produire des documents caviardés. Je n'ai rien contre le droit démocratique de demander des renseignements, mais on ne parle pas de renseignements précis, ici. On demande aux ministères de produire tous les documents relatifs à cette question remontant à aussi loin qu'en 2018.
Lorsqu'on demande aux fonctionnaires pourquoi ils ne sont pas capables de résoudre le problème de prime abord, ils disent que tout est une question de formation. Chaque employé de la fonction publique suit une formation continue pour avoir un portfolio varié ou pour devenir un spécialiste. Dans plusieurs ministères, il y en a qui reçoivent de la formation sur le dossier « Chauffeurs inc. ». Il faut donner aux travailleurs de première ligne la chance de recevoir toute la formation nécessaire pour répondre aux demandes. Par exemple, je pense à un employé d'un comptoir de Service Canada qui répond à la demande d'un chauffeur concernant l'assurance-emploi, le Régime de pensions du Canada ou une carte d'assurance sociale perdue.
Alors, non seulement les fonctionnaires doivent répondre aux besoins des citoyens, mais ils doivent aussi suivre une formation continue durant leurs heures de travail. Ces formations sont souvent données en ligne par leurs supérieurs ou par des firmes externes, et ça nous aide à avoir de bons employés qui ont le plus de connaissances possible. Ce qu'on veut éviter, c'est qu'un chauffeur, qu'il soit constitué en société ou non, fasse une demande de renseignements à un ministère et qu'on ne soit pas capable de lui répondre parce qu'aucun employé n'est disponible, ou parce que l'employé qui reçoit sa demande est trop peu expérimenté.
Lorsqu'un fonctionnaire n'est pas en mesure de répondre à une demande, il doit la faire escalader, comme on le dit dans le jargon des fonctionnaires. Ça veut tout simplement dire qu'il la remet dans le système pour qu'un employé plus expérimenté qui connaît le dossier puisse y répondre. Plus on fait escalader une demande, plus ça retarde le processus, et plus ça augmente la charge administrative. Si ces employés plus expérimentés ne sont pas disponibles parce qu'ils sont en train de rédiger des rapports, de faire de la recherche ou de travailler avec le contentieux pour savoir si quelque chose est légal ou non, on se retrouve devant un mur et on n'est pas capable de répondre aux besoins.
Quand je dis que ça peut impliquer plusieurs ministères, je pense aussi aux documents qui font double emploi, puisque plusieurs ministères peuvent avoir les mêmes communications. Il faut donc faire le ménage là-dedans pour éviter la répétition de tous les renseignements détenus par plus d'un ministère. Tous les ministères devront se parler. Ça va prendre une gestion du temps incroyable. Ce sont des centaines d'employés qui devront être mobilisés. On sait qu'un changement dans la gestion du temps nuit au fonctionnement d'une organisation. Tous ceux qui ont déjà été dans les affaires avant de devenir députés savent exactement de quoi je parle.
Je vais vous donner un exemple. Si on est censé recevoir une commande d'acier à 10 heures, mais qu'on reçoit un appel disant qu'on ne la recevra pas à temps parce qu'un chauffeur est absent, c'est tout le processus de réception de cette commande qui change. La dynamique change, les employés doivent être réaffectés à d'autres tâches et ça entraîne une perte de temps. Chaque minute compte, pour une entreprise privée. Pour ce qui est du gouvernement, je comprends que les conservateurs et le Bloc québécois se foutent un peu de ce volet, mais ce n'est pas notre cas. Nous voulons être proactifs, fournir le maximum de détails et rencontrer les nouveaux témoins, les familles endeuillées, avec dignité, en leur donnant le choix de témoigner en public ou à huis clos.
Alors, nous voulons surtout éviter de faire une demande de production de documents qui va mobiliser toute la fonction publique. Toutes ces équipes devront être réaffectées à d'autres tâches qu'elles n'ont pas l'habitude de faire, et on aura du mal à traiter toutes les demandes de vérification de conformité liées aux entreprises de camionnage. De plus, les provinces et les municipalités devront attendre plus longtemps pour avoir du soutien concernant leurs projets routiers, on va devoir mettre de côté l'amélioration de toutes les normes liées aux inspections pour la sécurité publique, et ça va nuire à la gestion du Programme des travailleurs étrangers temporaires, qui est aussi un dossier chaud.
En ce moment, ce sont les citoyens et les entreprises qui paient le prix de cette diversion qui a été créée au Comité. Nous devons répondre aux besoins et formuler des recommandations pour arriver à nos fins. Compte tenu de l'urgence du dossier « Chauffeurs inc. », il est incohérent de demander la production d'autant de documents, remontant à aussi loin que 2018. Nous jugeons cette demande irrecevable, et nous ne céderons pas sur ce point. Nous ne demandons pas mieux que de travailler ensemble pour trouver des solutions.
Nous ne voulons surtout pas retarder la mise en œuvre des mesures de conformité qui ont déjà été annoncées. Le Québec a emboîté le pas à l'Ontario en annonçant qu'il y aura deux formations obligatoires pour obtenir un permis de classe 1, et cette nouvelle exigence entrera en vigueur dans 11 jours. Il s'est basé sur le Code canadien de sécurité, et nous en sommes fiers. Nous ne voulons pas bloquer l'amélioration des programmes que nous fournissons aux provinces. Nous voulons travailler davantage avec elles. L'Ontario a déjà agi il y a longtemps, mais il y a d'autres provinces qui ont des mesures assez avancées dans le domaine. Le Québec traînait la patte un peu, mais il a décidé de réagir dernièrement.
Par ailleurs, une motion trop large peut nous empêcher d'atteindre notre objectif commun, soit d'arriver à des recommandations. Revenons à la collaboration qu'il devrait y avoir entre les conservateurs, le Bloc québécois et les libéraux, dans des limites raisonnables. Nous avons choisi ensemble les témoins que nous voulions avoir. Nous avons même décidé, à l'unanimité, d'ajouter l'Association des professionnels du dépannage du Québec à la liste de témoins.
Nous sommes en attente et nous avons tous hâte de produire un rapport en collaboration avec les analystes, qui font un travail exceptionnel. Nous l'avons vu dans le cadre d'autres études. Nous avons vu le travail être accompli très rapidement quant à certains projets proposés par les analystes. Nous voulons mettre dans notre rapport les statistiques frappantes que nous avons reçues. J'en ai donné quelques exemples, cette semaine, et je pourrai vous en donner d'autres tantôt. Ce qui m'a le plus frappé, c'est d'entendre que les entreprises qui restent dans le droit chemin subissent une perte de profits de 20 % à 30 % chaque année. C'est très difficile à comprendre, encore aujourd'hui.
Par ailleurs, nous avons beaucoup mis l'accent sur le retour du feuillet T4A. Même M. Barsalou‑Duval reconnaît que c'est un progrès majeur. Déjà, nous pouvons nous entendre là-dessus. Le gouvernement n'est pas fermé. Nous demandons simplement de travailler ensemble de façon ciblée, plutôt que de vider les serveurs des ministères. N'abusons pas de la fonction publique. Il faut favoriser la transparence, oui, mais pas une surcharge administrative qui ralentirait l'action, qui coûterait cher aux contribuables et qui détournerait la fonction publique du travail essentiel qu'elle fait pour assurer la sécurité routière. C'est ça qu'on a dit ce matin, essentiellement.
J'ai vraiment à cœur ce dossier pour plusieurs raisons, que vous connaissez. Il faut toutefois savoir qu'il y a beaucoup d'éléments concernant la sécurité routière qui nous touchent et dont nous devons tenir compte. Il y a aussi les statistiques qui nous ont été révélées par des témoins. Ce sont des statistiques qui font peur. Nous avons également reçu, aujourd'hui, des chiffres de la part de certains témoins. J'aimerais en partager quelques-uns avec vous.
D'abord, je veux parler du Québec. Pour le Québec, la SAAQ, soit la Société de l'assurance automobile du Québec, est une référence. Or, ni la SAAQ ni Transports Canada ne maintiennent de statistiques par catégorie de chauffeur. On a eu beau chercher les chiffres, on n'a rien trouvé, et personne, lors des témoignages, n'a donné au Comité des statistiques précises concernant les chauffeurs au rabais ou les chauffeurs qui participent au stratagème « Chauffeur inc. ».
Tous les témoins ont recommandé qu'on soit meilleur par rapport à l'échange d'information. Toutefois, en partant, on n'avait pas toutes les informations. En effet, il y a plusieurs catégories de chauffeurs. Il y a des chauffeurs au rabais, des chauffeurs qui participent au modèle « Chauffeur inc. », des chauffeurs qui respectent la loi, des chauffeurs qui sont travailleurs autonomes, des chauffeurs qui ont une compagnie, mais qui travaillent avec plusieurs compagnies et qui respectent donc la loi. Je pourrais vous parler, un peu plus tard, des différents statuts que les chauffeurs peuvent avoir. Cependant, la base de données dont je parle contient des données sur les types de véhicules. Il peut s'agir de camions lourds ou de tracteurs routiers. Toutefois, ces données ne comprennent pas le statut des chauffeurs. Il n'y a pas de données sur les chauffeurs au rabais ou les chauffeurs illégaux. Dans les données sur le nombre d'accidents et de décès, on ne comptabilise pas le statut d'emploi des chauffeurs impliqués. On compile seulement des statistiques générales. De plus, certaines statistiques de 2025 n'ont pas encore été compilées. Bref, on peut documenter les collisions impliquant les camions lourds. On peut le faire sans problème. Toutefois, on ne peut pas isoler, dans les données officielles, la part exacte des accidents impliquant des chauffeurs au rabais. Des témoins sont peut-être venus parler de certaines choses, mais il n'y a pas de données officielles à cet égard. Le Comité devrait donc demander, dans ses recommandations, que de telles données soient compilées.
Pour régler le problème du phénomène « Chauffeur inc. », il faut d'abord être capable d'attraper les fautifs. Il faut donc qu'il y ait des échanges de données entre les provinces, les territoires et le gouvernement du Canada afin de cibler plus facilement les fautifs et de les réprimander. La répression, j'y crois. En tant qu'ex-président de la Commission de la sécurité publique de Gatineau, je peux vous dire que la répression fonctionne. Gatineau a été la première ville canadienne à installer des radars photo à l'époque où j'étais le président de la Commission de la sécurité publique. On installait des radars photo là où il y avait des plaintes. À chaque endroit où on en installait, je vous garantis qu'on ne donnait pas beaucoup de contraventions, car les gens réduisaient leur vitesse. En outre, on a fait beaucoup de progrès en urbanisme avec l'aménagement des trottoirs et le réaménagement des routes pour donner aux gens l'impression que la route est moins large afin qu'ils ralentissent et qu'il y ait, ainsi, moins de contraventions à distribuer. Par contre, les camions ont la voie libre sur les autoroutes. On ne peut pas mettre de restrictions routières. On ne peut pas mettre des dos d'âne sur une autoroute et on ne peut pas y faire des aménagements pour faire ralentir les poids lourds. Donc, la solution de répression, c'est de donner les outils nécessaires aux provinces et aux territoires afin d'améliorer les statistiques et de mieux travailler ensemble.
Commençons par agir en tant que membres du Comité et par donner, le plus rapidement possible, des recommandations directement aux provinces, pour améliorer le sort des chauffeurs travaillant sous le modèle « Chauffeurs inc. ».
En 2024, au Québec, il y a eu 379 décès sur les routes, tout type d'usagers et de véhicules confondus. Je suis obligé de considérer dans leur ensemble les statistiques des accidents impliquant des véhicules lourds, tels que les camions lourds, les autobus scolaires, les autobus et les véhicules-outils, car il n'y a pas de statistiques consacrées aux camions lourds avec une remorque, incluant des chargements et un chauffeur illégal, un travailleur étranger temporaire ou quelqu'un qui n'a pas les compétences. Il n'y a pas de statistiques précises, mais il y a eu 100 décès dans des accidents impliquant des véhicules lourds, incluant les autobus scolaires, les autobus et les véhicules-outils, en 2024, contre 74 décès en 2023. Ça représente une augmentation de 35,1 %, ce qui est un record depuis 15 ans. C'est une augmentation considérable du nombre de morts sur nos routes. Nous sommes réunis aujourd'hui pour en parler et pour arriver à nos fins. La production de documents ne changera pas ces statistiques. Parmi ces 100 décès, 77 ont été causés par des collisions avec un camion lourd ou un tracteur routier, contre 57 en 2023. Ce sont les données que nous devons retenir.
Je le traduis en langage politique simple pour bien me faire comprendre: le nombre de décès dans les collisions impliquant un poids lourd a bondi de 35 % entre 2023 et 2024. Mes collègues peuvent utiliser ces données sur les médias sociaux. Le nombre de décès dans des accidents impliquant un véhicule lourd est passé de 74 à 100, dont 77 causés par des collisions impliquant un camion lourd ou un tracteur routier. Est-ce assez pour que notre comité propose des recommandations et passe à autre chose?
Il est question de décès. Beaucoup d'accidents ont de graves conséquences et des dommages collatéraux, parce que les décès impliquent des pères de famille, des mères de famille et même d'enfants. Des familles sont endeuillées et directement concernées par ces décès. Le nombre de personnes accidentées impliquées dans une collision avec un véhicule lourd monte à 2 514. Imaginons le nombre de compensations financières données par la Société de l'assurance automobile du Québec, ou SAAQ, la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail ou des assurances privées. Imaginons les conséquences du nombre de blessés légers ou graves et du nombre de décès sur l'économie, sur les chauffeurs et sur les compagnies. Le chauffeur n'ayant pas livré la commande d'acier à une entreprise à 10 heures du matin a peut-être eu un accident, ou bien lui ou ses enfants étaient trop malades pour qu'il vienne travailler. Ceux qui attendent la commande ne connaissent pas la raison de son absence, mais espèrent qu'il ne fait pas partie des 2 514 personnes accidentées, légèrement ou gravement blessées, ou décédées en 2024. Ces 2 514 personnes représentent environ 9 % de toutes les personnes accidentées sur les routes du Québec en 2024. En 2023, 2 788 personnes étaient accidentées.
Les personnes accidentées qui occupaient un véhicule lourd, à savoir les chauffeurs et les passagers, étaient au nombre de 1 870 en 2024, contre 2 005 en 2023.
La SAAQ calcule aussi un « taux de décès des personnes accidentées impliquées dans une collision avec un camion lourd ou un tracteur routier, pour 1 000 camions lourds et tracteurs routiers en circulation ». En 2024, ce taux s'élevait à 0,4. Le taux de l'ensemble des personnes accidentées impliquées dans une collision avec un camion lourd ou un tracteur routier est de 10,3 personnes accidentées pour 1 000 camions lourds en circulation.
C'est sérieux. Ces statistiques font froid dans le dos.
Comme je l'ai dit dans mon préambule, les premières données partielles pour 2025 ne comprennent que les statistiques de janvier à août, puisque les compilations des données des mois suivants n'ont pas encore été faites. Toutefois, d'après les données provisoires, le bilan est de 235 décès sur nos routes au Québec cette année seulement. Certains de ces décès ont eu lieu sur l'autoroute que je prends tous les jours. Ce mois-ci encore, deux accidents graves ont eu lieu sur l'autoroute 50. Pour la même période, le bilan passe de 227 accidents mortels en 2024 à 235 en 2025.
Toujours de janvier à août, puisque nous n'avons pas les statistiques des mois suivants, huit occupants de camions lourds ou de tracteurs routiers sont décédés. C'est huit décès de trop. Durant la même période en 2024, il y en avait eu dix, donc, c'est moins que l'année dernière. C'est une moyenne de cinq décès par année. Je ne veux pas minimiser ce nombre, mais cinq familles sont directement touchées par ces décès. Chaque décès est un décès de trop.
Il faut considérer toutes les personnes accidentées, y compris les occupants de camions lourds ou de tracteurs routiers, et la gravité des accidents. De janvier à août 2025, il y a eu 323 personnes accidentées contre 291 en 2024. C'est une augmentation considérable. De 2020 à 2024, le nombre moyen de personnes accidentées et blessées à cause d'occupants de camions lourds ou de tracteurs routiers est de 319. Même si, sur la période de janvier à août, le nombre de morts parmi les occupants de camions lourds est légèrement en baisse par rapport à 2024, le nombre total de chauffeurs et de passagers de camions lourds accidentés est à la hausse.
Je connais davantage les données du Québec, mais il y a des données pancanadiennes. Les données pancanadiennes sont publiées par l'intermédiaire d'un bilan national établi par Transports Canada dans un délai de 18 mois, car ce sont des données assez lourdes à compiler. Je suis convaincu que mes collègues sont allés sur le site de Transports Canada et ont vu les conséquences sur notre préparation pour ce comité. Avant de recevoir les témoins, j'ai consulté certaines statistiques. Le dernier bilan complet disponible, dont j'aimerais parler, date de 2023. Il n'y a pas encore de statistiques officielles pour 2024 et 2025, parce que les fonctionnaires tardent à servir nos citoyens, travaillent sur différents programmes et compilent les programmes. Imaginons qu'à ce délai d'attente de 18 mois, nous ajoutons un autre délai pour exiger des documents. Il s'agit des mêmes personnes et des mêmes ministères, mais, si nous ajoutions le temps d'attente pour obtenir tous les documents et toutes communications de tous les ministères, le délai de 18 mois d'attente passerait peut-être à 36 mois. Or, nous voulons des données pour nous baser sur des faits, et nous voulons connaître les bilans pour mieux prendre les décisions.
Les statistiques de 2024 et 2025 pour tout le pays ne sont pas encore disponibles, mais je peux parler des statistiques de 2023. Au fédéral, le calcul des décès dans les collisions impliquant des véhicules commerciaux se base sur une autre définition. On appelle ça des véhicules commerciaux. En 2023, il y a eu 399 décès dans des collisions avec un véhicule commercial. Cette catégorie de véhicules inclut les camions lourds, les autobus, etc. Parmi les 1 964 décès survenus sur la route, 20 % ont été causés par des collisions avec un véhicule commercial. De plus, 29 occupants de camions lourds sont décédés. C'est 29 décès de trop parmi les occupants de poids lourds, c'est-à-dire de camions de plus de 4 530 kilogrammes environ. Il est question des transporteurs qui alimentent la chaîne d'approvisionnement partout au Canada.
Il y a 29 accidents mortels pour les occupants de camions lourds ou de tracteurs routiers, donc 58 chauffeurs ou passagers de camions lourds sont concernés, parce qu'il y a une stratégie de conduite en équipe, de voyage à deux, pour les camions lourds. Le passager n'est pas nécessairement responsable de l'accident, mais il est touché. Ainsi, en 2023, plus de 58 chauffeurs ou passagers de camions lourds sont morts dans des collisions impliquant un véhicule commercial. Le nombre de ces collisions est à la hausse depuis la pandémie. Il y a eu 336 décès en 2020, 362 décès en 2021, 376 décès en 2022, puis 399 décès en 2023. La tendance a été à la baisse, mais est repartie à la hausse. Aujourd'hui, selon les dernières statistiques, il y a environ 400 décès dans des collisions impliquant des véhicules commerciaux.
Dans ce contexte, comment les chauffeurs au rabais, les chauffeurs de camion roulant selon le modèle « Chauffeurs inc. », sont-ils ciblés? Je parle de statistiques réelles présentées par Transports Canada. En tant que membres du Comité, comment pouvons-nous cibler les chauffeurs au rabais, les chauffeurs de camion roulant selon le modèle « Chauffeurs inc. »?
Aujourd'hui, notre objectif est de fournir des recommandations pour régler le problème des chauffeurs au rabais. Ce point s'éloigne strictement des statistiques. Nous aimerions avoir une base de données et des documents officiels, comme ceux que la SAAQ fournit au Québec et ceux que le gouvernement canadien produit par l'entremise de Transports Canada. Pouvons-nous tenir un registre des irrégularités des chauffeurs de camions sur nos routes? Pouvons-nous travailler avec des données pour établir des recommandations par l'entremise des analystes, et contribuer à la mise en commun d'informations appuyées sur des données ayant vraiment trait au dossier « Chauffeurs inc. »? Pouvons-nous travailler avec les ministères?
C'est 77 millions de dollars qui ont été investis à cet effet. Les conservateurs et les bloquistes ont voté contre ces 77 millions de dollars dans le budget, alors qu'ils peuvent améliorer la situation liée au problème « Chauffeurs inc. ». Nous bloquons ce comité pour ne pas progresser sur la rédaction du rapport, mais nous sommes prêts à recevoir des témoins, à recevoir les familles endeuillées dans le respect et la dignité, en leur donnant le choix de témoigner à huis clos ou en public. Nous sommes prêts à ça. Tout ce que nous voulons, c'est ne pas nuire à la fonction publique et ne pas demander la rédaction de milliers de documents, nécessitant des milliers d'heures de travail aux fonctionnaires, à des fins politiques.
Nous voulons des données, car c'est impossible de trouver la raison exacte de l'implication des « Chauffeurs inc. » dans les accidents à partir des données officielles dont je viens de vous parler. Nous pouvons rejeter la faute sur l'immigration ou les entreprises incompétentes qui ont tourné les coins ronds pour économiser en faisant moins d'inspections ou en engageant quelqu'un après lui avoir fait passer son permis en 24 heures. Nous pouvons rejeter la faute sur qui nous voulons, mais, si nous n'arrêtons pas les « Chauffeurs inc. » et n'allons pas de l'avant, le problème va continuer.
Les provinces l'ont compris et ont commencé à prendre les devants pour nous soutenir. Dans 11 jours, le Québec va obliger les futurs camionneurs à suivre deux formations, dont une aboutissant à l'obtention d'un diplôme d'études professionnelles, ou DEP. La deuxième formation est un programme impliquant une autre forme de formation professionnelle que le DEP afin d'obtenir l'équivalence d'une formation adéquate pour prendre nos routes.
Un article du Journal de Montréal rapportait qu'entre le 20 décembre 2024 et le 22 mars 2025, 142 collisions ou incidents impliquant des chauffeurs au rabais ont été répertoriés. Je ne sais pas d'où proviennent les données, mais cet article d'un média québécois dit qu'il y a eu 142 incidents ou collisions impliquant des chauffeurs fautifs, des chauffeurs au rabais. Nous avons le site d'intervention des autorités et le lieu des contrôles routiers par la police. Ce n'est pas une statistique de la SAAQ. Bien que ce ne soit ni une statistique, ni une compilation journalistique de signalements, ni un article scientifique, les contrôleurs routiers du Québec m'ont réellement fait part d'une hausse considérable du nombre de chauffeurs au rabais et m'ont rappelé notamment la hausse de 35 % du nombre de décès liés aux poids lourds entre 2023 et 2024.
Honnêtement, cette base de données officielle ne distingue pas les chauffeurs salariés et les chauffeurs au rabais, les chauffeurs constitués en société. Des Canadiens qui conduisent nos camions, qui sont en règle, qui ont suivi la formation et qui ont de l'expérience, sont parfois impliqués dans un accident. Ça s'appelle « un accident ».
Monsieur Lawrence, vous avez travaillé dans le secteur des assurances assez longtemps. Vous avez représenté des gens impliqués dans des accidents. Vous savez donc très bien que des gens de bonne foi, qui ont reçu la formation et qui conduisent bien peuvent quand même être impliqués dans un accident. C'est pour cette raison qu'ils s'assurent. De bonnes personnes ont subi des accidents, donc elles ne doivent pas être incluses dans ce que nous analysons aujourd'hui. En tant que comité...
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Monsieur le président, ça me fait plaisir d'expliquer où je m'en vais. La motion principale parle vraiment des victimes. On en revient à la première portion de la motion, et il est question de trouver des solutions au problème.
Les témoignages reçus font non seulement état de décès lors de collisions dans 35 % des cas, mais aussi de préoccupations pour les chauffeurs non fautifs. Tous les témoignages contenaient des cris du cœur de compagnies venues nous voir pour nous demander si elles pouvaient continuer d'être conformes, de payer leurs frais, d'avoir des revenus, et d'être financièrement saines tout en restant conformes. C'est le cri du cœur que nous avons entendu.
Pour ce faire, il faut vraiment connaître la situation des compagnies et des chauffeurs qui conduisent pour ces compagnies. J'ai parlé du Québec, parce que j'ai un peu plus d'expérience à ce sujet, et j'ai parlé de Transports Canada, parce que c'est directement lié aux chauffeurs que nous étudions et c'est du ressort du gouvernement canadien.
Or, malheureusement, ce n'est pas mieux en Ontario. En 2023, selon le ministère des Transports de l'Ontario, il y a eu 106 décès dans des collisions impliquant de gros camions. La définition change encore, car il est ici question de « gros camions ». Les accidents impliquant de gros camions provoquent 17,2 % de tous les décès sur la route en Ontario. Beaucoup de routes de l'Ontario sont faites pour le transport routier et les gros camions. En 2022, la police provinciale de l'Ontario a répertorié 9 110 accidents impliquant des camions lourds, ce qui est un record en plus de 10 ans, et 71 décès en découlant. Comme j'en ai parlé aux membres du Comité tantôt, la principale cause est malheureusement la vitesse. C'est pourquoi j'ai parlé tantôt de la meilleure façon de réduire le nombre d'accidents, à savoir la répression relative à la vitesse.
Les principales causes des accidents sont la vitesse excessive et les changements de voies dangereux. C'est ce que je subis sur l'autoroute 50. À plusieurs reprises depuis 2015, en retournant à la maison, j'ai vu des véhicules dévier de leur route. Ce sont souvent des camions. Je n'ai aucune idée de ce que les chauffeurs font dans leur camion, mais les deux roues du camion sont dans ma voie. Sur l'autoroute 50, quelqu'un dans la lune fait un face-à-face. Si je n'étais pas vigilant sur l'autoroute 50, mes enfants se retrouveraient sans père, et mon épouse, sans mari, parce que des camions mettent les deux roues dans ma voie quand je retourne à la maison. Les changements de voix dangereux sont la deuxième principale cause des accidents.
Par ailleurs, on pense que les camions sont faciles à arrêter. Des véhicules coupent et pressent les camions sur la route. Les conducteurs comprennent mal le comportement des camions. Les chauffeurs de camion ont dit qu'ils ont de plus en plus peur les uns des autres. Ils ont peur des autres chauffeurs de camion. Des chauffeurs de camion sont venus dire qu'ils ont peur de leurs collègues d'autres compagnies, parce qu'ils risquent d'avoir un accident à cause des incompétents qui prennent la route.
Qui est mieux placé qu'un chauffeur de camion sur la route pendant des centaines d'heures par année pour témoigner que les chauffeurs de camion sont extrêmement dangereux sur la route? Les spécialistes de la province de l'Ontario ont dit que le manque de distance entre les véhicules est la troisième cause des décès causés par les camions lourds.
J'aimerais terminer ce point avec des statistiques très intéressantes selon lesquelles, au Québec, en 2024, le nombre de décès impliquant des véhicules lourds a augmenté de 35 % par rapport à 2023. Il y a eu 74 décès en 2023 contre 100 décès en 2024. Ce sont des données à retenir. Mes collègues peuvent les utiliser sur les médias sociaux pour dire que le Comité est là pour améliorer le sort des gens et trouver une façon de régler le problème « Chauffeurs inc. ». Il s'agit du nombre de décès survenus à cause d'accidents impliquant des véhicules lourds le plus élevé depuis 15 ans. Transports Canada a affirmé qu'il y a une hausse continue du nombre de décès impliquant des véhicules commerciaux. En effet, en 2020, il y a eu 343 décès; en 2021, il y a eu 381 décès; en 2022, il y a eu 390 décès; et en 2023, il y a eu 399 décès. J'invite tous mes collègues à se souvenir de ces données, à lire les statistiques sur les collisions de la route Canada: 2023 de Transports Canada et les collisions impliquant des véhicules commerciaux au Canada, 2012‑2021 de Transports Canada, ainsi qu'à parcourir le site de la Société de l'assurance automobile du Québec et le site du ministère des Transports de l'Ontario. Au Québec seulement, en 2024, 100 personnes ont perdu la vie dans les collisions impliquant un véhicule lourd, dont 77 à cause d'accidents impliquant des camions lourds ou des tracteurs routiers. L'augmentation de 35 % par rapport à 2023 m'interpelle beaucoup, et ce, avant même de distinguer la portion de ces données qui relève du modèle « Chauffeurs inc. ».
C'est pourquoi aujourd'hui, par l'entremise de nos recommandations, c'est important de donner les outils aux gouvernements provinciaux et à tous les acteurs du milieu pour trouver la solution. Nous devons donc travailler avec les analystes et le greffier pour arriver à nos fins, parce que la sécurité routière est extrêmement importante. Les gouvernements investissent des millions de dollars en publicité à la rentrée scolaire. Ils diffusent de la publicité sur la vitesse sur les autoroutes, notamment l'autoroute 417. Les publicités disent que le cellulaire est mortel et qu'il ne faut pas texter au volant. Au Québec, elles présentent des images de personnes semblables à celles destinées à montrer les dangers du cancer sur les paquets de cigarettes. Sur des affiches du Québec, on présente le résultat d'un accident de quelqu'un qui roulait trop vite. La sécurité routière nous préoccupe beaucoup, et nous avons l'occasion d'améliorer un volet de l'étude directement lié à la motion du Bloc québécois.
D'ailleurs, je le remercie encore une fois d'avoir proposé cette motion. C'est un dossier qui me tient vraiment à cœur, et la première partie de la motion convient à tout le monde. Nous pourrions si facilement adopter cette motion et terminer l'étude en acceptant exactement ce que nous demandons pour préserver la dignité des familles des témoins victimes d'accidents, à savoir leur donner le choix de venir témoigner en privé, lors d'une séance à huis clos, ou en public.
Notre but est d'avoir une justice sociale et une équité fiscale. Nous avons beaucoup parlé de finances, alors parlons davantage de justice sociale et d'équité fiscale pour les camionneurs.
Des témoins, des camionneurs qui sont venus dans cette salle sont affectés par des mesures mises en place dans le budget de 2025, par des dispositions du Code canadien du travail, et par des engagements politiques visant à leur assurer la justice sociale et l'équité fiscale. Nous sommes dans un contexte politique de comité parlementaire. Par l'entremise de ses investissements, le gouvernement fédéral s'engage à protéger les droits des travailleurs et à assurer l'équité fiscale dans le secteur du camionnage. En faisant bien notre travail, nous avons de l'argent à gagner. Nous pouvons donc obtenir l'équité fiscale grâce à des recommandations. Nous pouvons donner les outils aux ministères et leur donner l'argent nécessaire pour embaucher les bonnes personnes, les spécialistes, pour récupérer des sommes auprès des conducteurs illégaux.
Le stratagème « Chauffeurs inc. » repose sur un classement erroné des chauffeurs en tant que travailleurs autonomes, alors qu'ils ne devraient pas l'être. En effet, ce n'est pas vrai qu'un chauffeur peut se définir comme fournisseur pour une unique compagnie. Il peut le faire la première semaine en pensant qu'en tant que compagnie, il va conduire pour d'autres compagnies, mais aujourd'hui on sait que ça ne finit pas de même. La compagnie confie un camion au chauffeur, lui dicte ses itinéraires et lui dit qu'elle ne penchera pas sur la sécurité et l'entretien du véhicule. Elle va tourner les coins ronds et vouloir que le chauffeur conduise un maximum de temps possible pour que ça soit rentable. Elle dit que le chauffeur va être travailleur autonome. Même des témoins nous ont dit que certains chauffeurs demandent ce statut. C'est payant sur le coup, quand on est en santé, qu'on n'a pas d'accidents, qu'on est prêt à frauder et qu'on est prêt à avoir deux journaux de bord. C'est payant jusqu'au moment où le chauffeur commet une bévue et se retrouve sans assurance-emploi, sans protection de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail et sans assurance-maladie. Après l'accident ou la perte d'emploi pour telle ou telle raison, c'est donc très difficile pour le conducteur de justifier que la constitution en société était rentable.
Le stratagème « Chauffeurs inc. » repose sur les travailleurs autonomes. Nous devons trouver des façons de le faire cesser et émettre des recommandations. Dans le fond, l'objectif est de mettre fin aux pratiques abusives et de garantir que les règles du jeu sont les mêmes pour tous.
Depuis le début, j'ai toujours dit la même chose. J'ai souvent posé la question à des témoins pour savoir comment le gouvernement pourrait faire mieux afin d'avoir les mêmes règles du jeu pour tous. J'ai toujours été pour le respect des normes et la détention des bons permis de conduire, et pour l'équité pour les familles, les travailleurs, les travailleuses et les compagnies qui veulent avoir une entreprise avec des conditions financières saines.
Maintenant, les mesures clés du budget de 2025 ne sont pas compliquées.
D'abord, il est question de lever le moratoire sur les feuillets T4A. Nous l'avons fait, et les fonctionnaires travaillent là-dessus. Ça aura un effet direct sur l'industrie de camionnage.
Ensuite, il faut donner les outils pour que les ministères se parlent entre eux et trouvent les fautifs pour récupérer de l'argent. Un financement de 77 millions de dollars sur quatre ans est consacré à ça. L'adoption du budget permet d'avoir dès maintenant 19,2 millions de dollars par année, sur le terrain, pour l'inspection de la conformité.
Il y a également une modification législative pour renforcer l'application du Code canadien du travail et la mise en commun d'informations entre l'Agence du revenu du Canada et Emploi et Développement social Canada.
C'est la clé des recommandations que nous devrions faire, parce que nous devons vraiment recommander un ensemble de mesures pour donner les outils nécessaires à notre gouvernement non seulement sur le plan fiscal, mais aussi sur le plan moral et sur le plan de la gestion des entreprises. Nous devons faire des recommandations au gouvernement du Québec et aux autres provinces pour améliorer ensemble le sort des entreprises du secteur de la conduite de camions lourds qui veulent bien faire.
La justice sociale et l'équité fiscale sont liées par le fait qu'elles garantissent aux camionneurs l'accès aux protections minimales prévues par la loi, par le Code canadien du travail. Le Code canadien du travail contient déjà des normes préétablies et certaines règles entourant les congés payés.
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Merci, monsieur le président.
Effectivement, ce que je dis est directement lié à la motion. Des témoins réels sont venus donner aux analystes des recommandations pour que nous travaillions et achevions le mieux possible un rapport le plus rapidement possible. C'est donc directement lié à la motion à l'étude. Nous voulons vraiment arriver à nos fins pour entendre d'autres témoins afin d'achever le rapport.
Je disais que ça a des conséquences directes sur les entreprises conformes. Une compagnie a dit que la solution actuelle était de réduire des flottes, de geler l'économie, de licencier des gens et de faire perdre leur travail à des employés à cause d'un niveau trop élevé d'irrégularités liées au modèle « Chauffeurs inc. ». Imaginons devoir dire à un employé que nous suivons les règles, mais qu'il doit perdre son emploi parce que nous devons diminuer nos effectifs, parce que l'activité n'est plus rentable et nous n'avons plus de contrats. À qui sont attribués les contrats? Ils sont attribués aux personnes fautives dont la facturation peut être moins élevée, qui peuvent tourner les coins ronds et ne pas faire d'inspections. Le témoin vient nous dire qu'il n'est pas capable de rivaliser avec la concurrence. Imaginons comment c'est difficile pour un employeur de témoigner aujourd'hui qu'il perd du monde et qu'il licencie des gens parce qu'il a une compagnie conforme et il veut rester conforme. Est-ce possible de rester conforme? C'est la question qu'il pose.
Pouvons-nous donner aux analystes des recommandations et les outils nécessaires pour arriver à nos fins et terminer cette étude? En ce qui concerne l'incapacité à rivaliser, ce témoin a parlé d'une perte de contrats au profit des transporteurs illégaux. C'est digne des années 1990, et non d'aujourd'hui. Depuis 1990, ces entreprises conformes commençaient à subir ce phénomène. Ce sont des compagnies qui se transmettent de génération en génération.
Depuis 2011, le gouvernement a mis de l'huile sur le feu et du bois dans le poêle. Par l'entremise des mesures concernant le feuillet T4A, le gouvernement a ajouté la possibilité d'un moratoire sur la gestion des entreprises constituées en société travaillant pour une même compagnie, ce qui a fait déborder le vase. Depuis ce moment-là, une construction illégale s'est faite au fil des années pour en arriver à la situation d'aujourd'hui, à savoir qu'un témoin est venu nous demander s'il pouvait rester conforme, s'il pouvait bien faire les choses, sans contourner le système, tout en restant compétitif. Il ne manque pas de contrats. Le transport routier est en croissance, sauf que ce sont les mêmes compagnies qui obtiennent les contrats: les personnes fautives dont la facturation est moins élevée, qui ne respectent pas les normes de sécurité routière et qui ne respectent pas les normes liées aux conditions de travail. Ils contournent le système en fraudant. C'est sûr que nous voulons recommander de continuer sur la lancée de la levée du moratoire sur le feuillet T4A.
Le témoin ne gère pas le budget canadien qui vient d'être déposé, mais il a déjà prévu de demander plus de ressources pour l'Agence du revenu du Canada et Emploi et Développement social Canada afin de renforcer les audits, de combler le manque et de résoudre le problème.
Il a aussi demandé la mise en commun d'informations. Pouvons-nous favoriser la mise en commun d'informations entre les ministères? M. Barsalou‑Duval recommande une certaine forme de mise en commun des informations et des documents. Pouvons-nous transmettre cette recommandation aux analystes pour en discuter, pour arriver à nos fins et pour terminer cette étude?
Le témoin a aussi demandé d'accélérer la création d'une base de données nationale des transporteurs à des fins de transparence.
Il faudrait créer cette base de données. Nous avons le pouvoir et l'autorité de travailler avec les provinces et les territoires pour créer cette fameuse base de données nationale de transporteurs pour que les informations sur les coupables soient transmises entre les provinces et les territoires afin de rendre nos routes plus sécuritaires et d'établir un équilibre sur le marché des camionneurs.
Cela dit, le respect des règles est au cœur de notre système. En tant que gouvernement, nous avons la responsabilité légale et morale de garantir un marché équitable et sécuritaire, et c'est la raison pour laquelle nous voulons lever le moratoire sur les pénalités liées aux feuillets T4A. Renforçons les inspections et appliquons le Code canadien du travail pour résoudre le problème « Chauffeurs inc. » et protéger les camionneurs.
C'est le résumé de nos discussions avec ce témoin. Chris McKee a répondu aux questions des conservateurs, des bloquistes et des libéraux en donnant de très bonnes informations. Son message était clair: revenir sur la fraude fiscale et sociale ou sur le moratoire sur les pénalités liées aux feuillets T4A. La même chose revient toujours d'un témoin à l'autre.
Je suis parfois obligé de répéter certains éléments parce qu'un même témoin a répété la même chose pour la mettre en évidence. Dire une chose cinq fois ne donne pas l'obligation de l'appliquer, mais, quand cinq témoins disent la même chose et exercent beaucoup de pression en nous rappelant qu'un même défi revient, il faut vraiment le prendre en considération.
Mark Bylsma, le président d'Ontario Trucking Association, est venu nous rencontrer le 9 octobre pour cette étude. Nous n'avons pas reçu des gens incompétents. M. Bylsma a 30 ans d'expérience en affaires dans une petite entreprise familiale de l'Ontario exploitant 40 camions. Je prends autant en considération les dires d'un représentant d'une compagnie de 40 camions que ceux d'un représentant d'une compagnie de 300 ou de 400 camions. Je tiens à mentionner que je parle de son témoignage avant de vous proposer autre chose parce qu'il était alarmant. En effet, il a dit qu'il n'y aura pas de deuxième génération dans son entreprise. Ça fait mal à entendre, car ça signifie que lorsqu'il cessera de travailler, son entreprise cessera également toute activité. Pourquoi? C'est parce qu'il a jeté l'éponge et pense qu'il n'y a plus d'avenir dans l'industrie du camionnage au Canada. Ça fait mal d'entendre ça.
Pouvons-nous sauver au moins certaines compagnies qui ont le courage de vouloir continuer leurs activités? Pouvons-nous régler le problème? Ça fait mal de nous faire dire par un témoin comme Mark Bylsma, qui a autant d'expérience, qu'il a jeté l'éponge principalement à cause du modèle illégal des fameux chauffeurs au rabais, de la fameuse fraude fiscale et sociale qu'est le modèle « Chauffeurs inc. ». J'ai eu le goût de lui demander de tenir un peu le coup afin de voir si nous pouvons lui donner de l'espoir d'une autre façon.
Nous travaillons sur des recommandations. Est-ce que ce comité peut donner des recommandations aux Canadiens avant Noël? Est-ce que nous pouvons faire de nos recommandations un cadeau de Noël? Aujourd'hui, nous sommes obligés de dire non. Nous ne sommes pas de bonne foi, mais il faut vraiment trouver une solution pour répondre à ce problème.
Le témoin a mentionné une petite donnée qui m'a achalé. Nous avons souvent parlé de données. Par exemple, un chauffeur illégal coûte 20 000 à 30 000 $ de moins.
Quand je dis « illégal », je joue sur les mots, mais il s'agit d'un chauffeur au rabais ou d'un chauffeur constitué en société. Je mets tout ça dans le même panier. Quoiqu'il en soit, M. Bylsma nous a mentionné une donnée et nous a parlé de tarifs. Ce sont les gens sur le terrain qui nous parlent de tarifs. Il a comparé un tarif de 650 $, qu'il devrait facturer, à un tarif artificiellement bas de 585 $ par livraison. Il y a donc un manque à gagner substantiel pour chaque livraison, pour chaque chauffeur et pour chaque transaction de sa compagnie, ce qui cause une érosion des marges et des pertes de contrats pour les transporteurs conformes. Je comprends pourquoi il veut jeter l'éponge et dit que c'est une menace réelle pour les entreprises respectueuses et en règle. Il risque la faillite. Il a osé dire le mot « faillite ». Il est question de l'effondrement des normes de sécurité et de formation, de l'aggravation de la pénurie de main-d'œuvre en chauffeurs, et de la détérioration des conditions de travail.
M. Bylsma nous a rappelé que si les chauffeurs au rabais se jouent d'eux, ils se jouent de nous aussi. Ils provoquent des pertes de recettes fiscales pour les gouvernements, donc nous perdons de l'argent. Le témoin a quand même eu le courage de nous demander d'émettre des pistes de solution. Pendant la période de questions, nous avons demandé à M. Bylsma comment améliorer les choses. La réponse était simple: il suffit de nous assurer que les compagnies sont respectueuses et en règle.
Quel outil pouvons-nous utiliser pour que ces entreprises soient en règle? Premièrement, nous avons des lois en place, alors il faut les appliquer, les renfoncer et s'outiller pour les faire respecter. Nous avons commencé par l'entremise de la mesure liée au feuillet T4A, mais nous pouvons faire plusieurs autres choses pour aider la machine.
Ensuite, comment protéger les droits des employés et assurer une concurrence équitable? Il faut trouver des façons de protéger les droits des employés et d'assurer cette concurrence équitable. M. Bylsma nous a suggéré de suivre les recommandations de l'Alliance canadienne du camionnage, car les associations se parlent entre elles et essaient de trouver des solutions. Toutefois, elles ont besoin de l'aide de notre comité et des comités parlementaires provinciaux. Elles ont besoin de la volonté politique pour suivre des recommandations.
Ce que je retiens du message, du cri du cœur que M. Bylsma nous a envoyé en disant que des compagnies vont carrément jeter l'éponge, c'est que le respect des règles ne devrait pas être facultatif. Notre gouvernement a la responsabilité de les appliquer. C'est la raison pour laquelle nous levons le moratoire sur le feuillet T4A, nous allons renforcer les inspections et nous allons appliquer le Code canadien du travail pour rétablir l'équité et assurer un avenir à l'industrie du camionnage au Canada. Pour ce faire, il faut voter en faveur du budget, car 77 millions de dollars nous attendent.
J'ai évidemment beaucoup parlé du Québec, mais j'aimerais quand même revenir sur le témoignage de Véronique Gagnon, vice-présidente de Transport St‑Pamphile inc., une entreprise de troisième génération. Dans le passé, j'ai déjà parlé des entreprises transmises de génération en génération, alors qu'il y a de moins en moins de preneurs. Maintenant, certaines entreprises risquent de s'éteindre.
Lors de son intervention, Mme Gagnon, copropriétaire de cette entreprise qui existe depuis 1948, nous a beaucoup parlé de la concurrence déloyale.
Elle aussi nous a parlé des chauffeurs non qualifiés, mais elle en a rajouté une couche en nous parlant des chauffeurs non assurés. Je ne connais pas sa source, mais elle est venue témoigner du fait que les chauffeurs ne sont pas assurés, alors j'ai vraiment pris ça au sérieux. Assurer les camions et les chauffeurs est un autre coût que les compagnies conformes doivent assumer. Précédemment, nous avons parlé du coût des assurances qui a explosé partout au Canada. Au Québec, c'est la même chose. Les véhicules doivent être assurés en bonne et due forme. On ne peut pas prendre n'importe quelle assurance au coin de la rue pour assurer les véhicules, car ça vient avec des responsabilités. Certaines compagnies font du transport de marchandises dangereuses, d'autres ont des particularités auprès des assurances, et certaines ont des dossiers d'assurance assez importants parce qu'il y a eu des accidents ou des réclamations, donc les coûts ont augmenté. Ce sont non seulement les coûts généraux, mais aussi les coûts liés à la personne et au camion assurés.
Ces pratiques mènent donc à une concurrence déloyale. La témoin est venue nous dire que les transporteurs ont des frais d'exploitation. Elle n'a pas comparé le tarif de 500 $ au tarif de 600 $ dont nous avons parlé tantôt, mais elle nous a parlé de tarifs ridiculement bas qui ne couvrent pas les frais réels d'exploitation, ce qui veut dire que les compagnies qui les pratiquent peuvent soumissionner et avoir des contrats.
Les intermédiaires, qui sont les donneurs d'ouvrage, ont un rôle à jouer, parce qu'ils ont une certaine quantité de marchandises à livrer. Plus ils économisent sur le transport, plus ils économisent sur les coûts, plus la marchandise est rentable. Les intermédiaires, les donneurs d'ouvrage, magasinent. Les entreprises utilisent un système canadien, à savoir les offres d'achat. Elles font des appels d'offres. Par l'entremise de ces appels d'offres, les compagnies fautives peuvent déjà prévoir à long terme le nombre de chauffeurs non nécessairement conformes aux normes d'aujourd'hui, qui permettent d'avoir des coûts moindres que la concurrence afin d'obtenir ces contrats. C'est alarmant. Ce témoin est venu nous livrer le cri du cœur d'une entreprise qui est active depuis plusieurs générations, qui opère depuis 1948.
Comment pouvons-nous en arriver là?
Nous avons les moyens de régler cette situation aujourd'hui. Nous pouvons décider de recevoir les nouveaux témoins demandés, les familles endeuillées, mais il faut aussi émettre des recommandations. La seule chose que nous demandons est de recevoir les familles en leur laissant le choix de venir témoigner à huis clos ou en public, en présence ou à distance.
Répondre à cette témoin est ce qui compte. Elle nous a donné des exemples alarmants, par lesquels j'ai appris que certains chauffeurs ne sont même pas assurés. Pour économiser des frais, les compagnies prennent un risque et envoient des chauffeurs non assurés sur la route. Ils savent que les échanges d'information sur les profils de mauvais conducteurs entre les provinces et les différents pays sont difficilement retraçables, parce que les chauffeurs peuvent partir du Mexique et venir au Canada. J'ai beaucoup d'exemples alarmants. Certains chauffeurs sont incapables d'effectuer des inspections de base. Nous l'avons entendu des témoins.
J'ai déjà eu mes cours de chauffeur, et j'ai appris comment inspecter des camions. Effectivement, mon métier m'a amené à conduire des camions lourds. J'ai eu mon permis de classe 3, qui est équivalent à la classe 1, sauf que je n'ai pas passé mon examen sur un camion excédant 2 essieux et 45 pieds. J'ai passé mon examen sur un camion d'une capacité de cinq tonnes, ce qui m'a fait avoir mon permis de classe 3.
Avoir un permis de classe 3 implique de faire une inspection. J'ai eu la même formation que les gens qui passent un permis de classe 1. Il faut apprendre quelques bases en mécanique. La compétence d'inspection des véhicules vient de la formation. Je l'ai passée en autodidacte. Aujourd'hui, au Québec, on exige deux formations directement liées à ce que nous vivons. Nous voulons des chauffeurs compétents qui savent inspecter des véhicules.
Mme Gagnon est venue nous signaler une concurrence déloyale. Elle était découragée, parce que certains conducteurs ne savaient même pas inspecter leur propre véhicule. Pour que les membres du Comité comprennent bien, il y a une fameuse liste de vérification à respecter. Il faut vérifier les freins pneumatiques ou hydrauliques, dépendamment du système, les pneus, les fluides, l'état général du camion, les feux arrière, les feux avant, les signaux, les essuie-glace et le niveau du liquide lave-glace, pour voir si tout est correct. Je ne la dirais pas au complet, mais il y a une liste de toutes les vérifications à faire. Or, Mme Gagnon est venue nous dire que des conducteurs de camions ne sont même pas capables de suivre la liste de vérification. Comment voulons-nous que les compagnies conformes rivalisent avec ça? C'est de l'incompétence. Il faut arrêter ça et trouver les personnes fautives pour que les chauffeurs soient légalement qualifiés pour conduire les camions sur la route.
La témoin nous a surtout parlé surtout de la pression financière accrue sur les entreprises conformes. Tous les témoins nous ont parlé de cette fameuse pression accrue. L'entreprise de Mme Gagnon pourrait s'en sortir, parce que c'est la troisième ou la quatrième génération d'une entreprise active depuis 1948. Dans le passé, l'entreprise a fait des profits. Mme Gagnon ne l'a pas dit, mais je présume que cette entreprise vit sur son vieux-gagné pour essayer de sortir la tête de l'eau et de respirer, et continuer d'être en affaires parce qu'ils croient en ce qu'ils connaissent le mieux, à savoir le transport routier.
C'est un cri d'alarme. Tout comme le dernier témoin qui représentait plusieurs centaines de camionneurs, elle nous a avertis d'un risque de disparition des transporteurs traditionnels, c'est-à-dire que la norme du transport routier va devenir le modèle « Chauffeurs inc. ». Si nous ne nous occupons pas de ça, si nous ne formulons pas de recommandations, si nous n'allons pas de l'avant et si nous ne travaillons pas avec les provinces, « Chauffeurs inc. » risque de remporter cette bataille et de devenir la norme. Est-ce que c'est ce que nous voulons, en tant que députés? Pouvons-nous arriver à nos fins et donner à nos analystes et au greffier le choix de terminer cette étude pour être fiers de dire que ce n'est pas « Chauffeurs inc. » qui a gagné?
Notre comité a de super bonnes recommandations à mettre en place. Retroussons nos manches et donnons les outils aux fonctionnaires, aux provinces et aux territoires pour travailler ensemble. Réunissons tous les corps de policiers et faisons la surveillance routière ensemble. Transmettons-nous les informations. C'est ça, le cri du cœur de Mme Gagnon.
Malgré tous les exemples que je vous ai donnés, pour rester dans nos compétences fédérales, nos solutions doivent consister à renforcer le contrôle. Nous voulons vérifier les compétences des chauffeurs. Après le témoignage de Mme Gagnon, j'ai nécessairement envie d'ajouter qu'il faut mettre en place un moyen de contrôler les assurances. Les propos du contrôleur routier, à savoir qu'ils ont peu ou pas de moyens de savoir si le véhicule est assuré, m'ont chauffé les oreilles. Les contrôleurs n'ont pas nécessairement le réflexe d'appeler les assurances pour vérifier si le véhicule est assuré, surtout s'il vient d'une autre province. Les véhicules arrivent au Québec, mais les contrôleurs n'ont pas l'autorisation de fouiller dans leurs renseignements. C'est apeurant.
Le message que nous envoyons aux personnes fautives, et qui a été apporté par le témoin quand nous l'avons reçu, c'est que, si elles ne s'assurent pas, ça coûte moins cher et elles ne se feront pas prendre. Ce comité peut-il mettre en place des contrôles renforcés pour les assurances? Est-ce qu'un contrôle des plaques est possible?
J'ai fait inspecter mon véhicule dernièrement, lorsque je l'ai vendu. Quand je suis allé à la SAAQ pour inscrire le changement de plaques, ils ont demandé une inspection du véhicule. Je l'ai fait inspecter et j'ai reçu le constat: mon véhicule était conforme. Quand je suis retourné à la SAAQ avec le client pour vendre mon véhicule, j'ai donné le certificat de conformité de mon véhicule, mes permis et mon enregistrement. Nous avons mis tout ça sur la table. On m'a ensuite demandé une preuve d'assurance. Il fallait que je montre la preuve d'assurance de mon véhicule. Avant de sortir de la cour, mon client devait aussi démontrer que le véhicule était assuré auprès d'une compagnie d'assurances. Il y a donc des exigences pour les petits véhicules privés que les camionneurs n'ont même pas.
D'après ce que nous avons entendu, il n'y a pas vraiment de moyens de vérifier si les camions sont assurés. Je mets l'accent sur ce sujet, car peu de témoins en ont parlé. Ça m'a beaucoup impressionné, alors j'aurais fait faire des recherches sur les assurances. J'y reviendrai tantôt, parce que j'ai plusieurs éléments à aborder à propos de ce témoin qui parlait des assurances de véhicules, mais je ne veux pas perdre le fil du témoignage de Mme Gagnon de Transport St‑Pamphile inc.
En fin de compte, nous retenons du témoignage de Mme Gagnon que les transporteurs qui respectent la loi sont poussés droit dans le mur. Encore un témoin qui nous dit ça. Cette témoin a fait un cri du cœur en disant que cette situation doit cesser, et pas dans six mois, car les transporteurs ne savent pas s'ils vont tenir jusque là. Elle doit cesser maintenant.
Nous devons agir maintenant, et notre gouvernement l'a compris. Nous avons levé le moratoire sur le feuillet T4A, et nous avons investi 77 millions de dollars. Maintenant, c'est au Comité de travailler sur le respect des règles, sur une obligation légale de sécurité publique et sur une responsabilité nationale. Pourquoi notre gouvernement agit-il? Nous avons commencé par lever le moratoire sur le feuillet T4A, mais nous devons renforcer les inspections et appliquer le Code canadien du travail pour mettre fin au modèle « Chauffeurs inc. » et protéger les transporteurs conformes. Notre gouvernement agit pour répondre aux besoins de Mme Gagnon, qui est venue témoigner le 9 octobre.
Toutefois, Mme Gagnon n'a pas été la seule à lancer un cri du cœur. Le 9 octobre, elle était accompagnée par d'autres témoins. Nous avons tous bien entendu le message. Grâce aux témoins, c'était une journée extrêmement importante et j'ai beaucoup appris. Nous pensions dormir là-dessus. Je pensais avoir assez de matériel à présenter aux analystes, mais nous savions que d'autres bons témoins étaient attendus. Nous avons beaucoup abordé la sécurité routière. Nous voulions en savoir davantage sur les répercussions économiques.
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En effet, je peux comprendre qu'on ne veuille pas parler de cette motion et qu'on ne veuille pas de cette motion pour régler le problème avec nos analystes et le greffier à cause d'intentions politiques. Cependant, ce que j'explique est directement lié à la première et à la deuxième partie de la motion. La motion mentionne des témoins qui nous ont donné des outils pour trouver des solutions et répondre à leurs besoins, comme l'a fait Harman Bhangu, qui est venu comparaître devant le Comité le 21 octobre.
Nous respectons ceux qui se lancent en politique. C'est un député provincial de la Colombie‑Britannique, porte-parole en matière d'emploi et de développement économique. Nous avions intérêt à l'écouter, surtout que c'est un député provincial de la Colombie‑Britannique. Il nous a parlé de son expérience dans le secteur du camionnage et du gravier, et de l'exploitation des travailleurs étrangers temporaires. Lors de son témoignage, nous avons constaté que la question était plus politique, mais nous avons tout de même eu de très bonnes discussions avec lui. Ces discussions avec un collègue député nous ont permis d'un peu mieux comprendre ce qui se passe dans les provinces, surtout que ce n'est pas ma province.
Ça m'a aussi permis d'en apprendre davantage le fonctionnement du système ailleurs. Le député nous a précisément parlé des risques pour les chauffeurs dans le contexte provincial de la Colombie‑Britannique. Il nous a dit que « Chauffeurs inc. » devient une norme, un modèle d'affaires. C'est inquiétant quand un député, comme nous, connaît le dossier et dit que ce modèle devient un modèle d'affaires. En réalité, c'est aussi une faille légale. Des entreprises ont étudié pour contourner le système dans le but de devenir plus concurrentielles et d'éviter leurs obligations fiscales et sociales. En plus de connaître le sujet, ce député nous a expliqué la façon dont ce modèle fonctionne dans sa province.
J'ai donc une mauvaise nouvelle, à savoir que c'est le même concept que dans les autres provinces. Le concept est que le chauffeur crée une société, et est payé comme fournisseur, non comme employé. C'est directement lié au concept de « Chauffeurs inc. » en Ontario, au Québec ou dans d'autres provinces.
Il y a des conséquences à cette absence de déductions à la source. Ces chauffeurs ne paient pas d'assurance-emploi et ne paient pas pour leur régime de pensions, à savoir le Régime de pensions du Canada dans cette province. Il y a une perte de millions de dollars de recettes fiscales. Un député responsable de la fiscalité est venu nous dire qu'il y a une perte de millions de dollars de recettes fiscales à cause de l'avantage concurrentiel injuste des fraudeurs. Au début, il nous a parlé d'un contournement du système, mais, plus tard dans son témoignage, il nous a davantage parlé de fraudeurs. C'est à peu près le même langage.
L'effet pour ces chauffeurs de Colombie‑Britannique n'est pas différent d'ailleurs. Ils ont l'illusion d'avoir un meilleur taux horaire alors que c'est un faux taux horaire.
Les compagnies tournent les coins ronds et jouent avec la protection relative aux congés, aux heures supplémentaires et aux assurances. En effet, le témoin a parlé des assurances en cas d'accident. Le chauffeur est prêt à prendre le risque, mais pas toujours. Souvent, il est mis sous pression par ces compagnies. Non seulement il a un emploi bien rémunéré en ne respectant pas les lois, mais il ne voit pas plus loin que le bout de son nez en se disant que, s'il lui arrive quelque chose, il ne sera pas protégé. C'est un peu le message de ce témoin. Ces compagnies sont prêtes à prendre des risques accrus pour les travailleurs étrangers temporaires. Le député nous a dit qu'ils sont souvent contraints de se constituer en société. Nous pensions vivre ça uniquement au Québec et en Ontario, mais ce témoin vient de Colombie‑Britannique.
Nous avons invité des témoins vraiment pertinents qui nous ont montré que la constitution en société concerne tout le Canada. Le problème s'est répandu depuis 2011, alors il faut vraiment le prendre au sérieux. On nous a très bien montré que le problème s'est répandu dans tout le pays. Un député provincial est venu nous informer de la situation, possiblement en raison de renseignements qu'il a eus par l'entremise de certains comités, de son portefeuille ou de ses fonctionnaires. C'est un gros problème pour l'industrie et les sociétés. L'érosion des normes de sécurité a été prouvée par le manque de formation, d'entretien et de respect des heures. Le témoin a mis l'accent sur la concurrence déloyale et l'affaiblissement des entreprises conformes. Il nous a dit que, plus les entreprises sont conformes, moins elles réussissent dans les affaires. C'est un peu son message. Les compagnies non conformes deviennent maintenant la norme, ce qui n'est pas acceptable. Ce témoin a toujours fait référence au danger pour la sécurité publique et a beaucoup insisté sur la sécurité publique.
Nous pouvons tirer des conclusions de nos discussions avec ce témoin d'une autre province, qui fait le même métier que nous. Il est député provincial et responsable de ce dossier. Ensemble, nous pourrions tirer une ligne claire, à savoir que si un chauffeur est engagé par une entreprise conforme, nous devons le soutenir, mais, s'il s'est constitué en société, nous devons l'avoir à l'œil, appliquer le feuillet T4A, et nous assurer que les règles sont suivies. Chacun doit payer sa juste part d'impôts et accéder à des retours fiscaux.
Nous avons aussi des points en commun, parce que nous voulons tous les deux renforcer la loi. Nous voulons renforcer non seulement la loi, mais aussi l'application de la loi. Nous pouvons utiliser certaines lois déjà en place. Le feuillet T4A est un premier levier. Nous pouvons travailler avec les provinces et les territoires pour nous assurer d'avoir un levier encore plus fort, c'est-à-dire des sanctions dissuasives. Tantôt, j'ai parlé de répression. Je suis un fervent défenseur de la répression. Que ce soit dans les zones scolaires, sur les autoroutes ou pour les camionneurs, je suis un grand défenseur de la répression. Le témoin nous a parlé d'une formule dissuasive pour décourager les chauffeurs d'être fautifs, mais il faut les attraper.
Le témoin nous a aussi dit de protéger les travailleurs vulnérables, qui ne sont pas nécessairement tous fautifs. Un travailleur vulnérable est quelqu'un qui veut bien gagner sa vie pour faire vivre sa famille et payer les coûts de la vie de tous les jours.
Toutefois, il peut être exploité par un entrepreneur qui ne lui laisse pas le choix sous peine de lui faire perdre son boulot. Des travailleurs vulnérables sont donc illégaux alors qu'ils ne veulent pas nécessairement l'être. Ils tombent dans le moule des irrégularités par l'entremise d'entreprises qui établissent les chauffeurs illégaux comme la norme.
Nous avons parlé d'immigration avec un spécialiste des travailleurs étrangers. Mettons-nous dans la peau d'un travailleur étranger qui arrive au Canada avec un visa de travailleur étranger et qui se fait promettre un boulot dans une compagnie de transport, parce que c'est ce qu'il faisait chez lui. En effet, il y a des transporteurs partout, y compris en Inde et au Mexique. Le travailleur étranger arrive au Canada et trouve un pays prospère où il envisage d'établir sa famille, d'élever ses enfants et d'avoir des enfants canadiens. Il vient ici et accorde toute sa confiance à une entreprise, qui le fait entrer dans un bureau pour lui faire signer des papiers en lui disant qu'il aura un camion. Quel recours un travailleur étranger temporaire peut-il avoir entre les quatre murs d'un bureau d'une compagnie qui va lui donner un emploi? Il considère le salaire, qui est alléchant comparé à celui qu'il gagnait dans son pays. Dans son pays, il travaillait peut-être pour 50 $ par semaine. Lorsqu'il arrive ici, on lui fait miroiter une somme alléchante, sauf qu'il y a un paquet de conditions non respectées. Or, il ne peut pas se défendre et a des contraintes liées à sa langue.
Ainsi, l'entreprise le met au volant d'un camion et lui fait passer son permis en 24 ou 48 heures. Ensuite, elle le met sur la route et lui confie 16 000 livres de marchandises, alors qu'il ne sait même pas quelle route prendre et a de la misère à lire les affiches. Comment voulons-nous qu'un tel travailleur étranger temporaire sache comment inspecter son véhicule en suivant les normes canadiennes, alors que chez lui, peut-être que les transporteurs roulent avec des pneus ramassés à droite et à gauche qu'ils mettent sur le camion, car le camion doit rouler? Toutefois, au Canada et dans les provinces, il y a des normes à respecter. Le témoin qui nous a parlé des travailleurs étrangers temporaires a demandé comment nous pensons que les travailleurs peuvent se défendre contre l'exploitation qu'ils subissent en tant que travailleurs du secteur routier. Par son cri du cœur, le témoin nous a demandé de rétablir l'équité pour les transporteurs conformes et de fermer la faille sur laquelle le modèle « Chauffeurs inc. » se base. Il faut y arriver.
Ce témoin est un collègue, un député de la Colombie‑Britannique, qui représente un ministère et qui est porte-parole en matière d'emploi et de développement économique. Son boulot est de rassembler le maximum de renseignements possibles et de défendre un dossier. Être critique sur chaque dossier est le boulot de l'opposition. Chacun de mes collègues fait ses devoirs. Dans le dossier du transport, ce témoin a fait ses devoirs. Il est venu parler de l'exploitation que les travailleurs étrangers subissent dans le secteur du camionnage.
Nous ne sommes pas spécialistes du sujet, et nous ne le serons pas. Toutefois, je peux dire que nous pouvons changer les choses dès aujourd'hui, en mandatant les analystes et le greffier pour arriver à nos fins et achever le rapport pour émettre des recommandations destinées à empêcher l'exploitation des travailleurs étrangers temporaires.
Nous avons entendu toutes sortes d'histoires de travailleurs étrangers. Il y en a plusieurs centaines dans ma circonscription. Ils ne sont pas nécessairement dans le secteur routier, mais certains le sont, car je suis dans une région plutôt agricole. Je ne manque jamais l'occasion de me promener dans ma circonscription pour rencontrer les travailleurs étrangers et avoir de bonnes discussions avec des propriétaires. Souvent, je ne peux pas converser en français ou en anglais avec les travailleurs étrangers, mais ce sont des gens qui ont le cœur à l'ouvrage et prennent leur travail au sérieux.
Grâce à eux, nous pouvons récolter nos raisins et nos bleuets. S'ils n'étaient pas là, nous ne serions même pas capables de faire nos récoltes et nous perdrions nos cultures.
C'est la même chose pour les chauffeurs. Parmi ces chauffeurs, des travailleurs étrangers ont droit à la formation et à un statut légal. Ils ont le droit d'être rémunérés selon les normes québécoises et canadiennes. Ils ont le droit d'avoir la dignité du métier de transporteur et de ne pas être exploités par des compagnies qui veulent tourner les coins ronds.
Nous avons parlé de ce dossier avec le conseiller en politique de la Canada Truck Operator Association. Arjun Vishwanth a adopté une position controversée. Il défend la constitution en société volontaire. Malheureusement, le moratoire relatif au feuillet T4A qui a été mis en place en 2011 a été enlevé, ce qui signifie que les chauffeurs voulant la constitution en société volontaire doivent le faire selon les règles. Pour ce témoin, être un chauffeur au rabais n'est pas un statut légal et n'existe dans aucune loi, aucun règlement et aucune décision judiciaire. D'après ce témoin, il y a un vide.
Nous voulons combler ce vide et mettre l'accent sur le fait que le chauffeur doit être conforme pour prendre la route. C'est la base. Le travail se fera en amont.
Ce que le témoin nous a dit m'a un peu chauffé les oreilles, notamment le fait que les petites et moyennes entreprises subiraient des audits disproportionnés. Je n'ai rien contre le fait de soumettre une entreprise à un audit. Si elle n'a rien à cacher, elle peut montrer ses comptes.
Le Comité veut que les rapports d'audits, les sanctions et les constats d'infraction soient transmis à l'ensemble de ses membres pour les inclure dans ses recommandations d'amélioration sans empiéter sur les champs de compétences provinciales. En effet, tout ce qui concerne les permis, les amendes et les sanctions relève des compétences provinciales.
Est-ce que nous pouvons progresser grâce à ça? Oui.
Nous avons parlé des mythes à dénoncer. Je pense que nous avons eu assez de témoins pour savoir que ce n'était pas des mythes. On dit que ce sont des mythes et des histoires inventées, mais ce sont des millions de dollars perdus pour l'Agence du revenu du Canada, alors nous devons agir rapidement.
Ce témoin a parlé de fausses données en disant que c'est facile de parler de plusieurs millions de dollars. Même si je ne peux pas quantifier les effets, car nous n'avons pas terminé l'étude, c'est beaucoup d'argent de perdu.
Avec les analystes du Comité, nous n'avons pas non plus ciblé certaines actions à réaliser, mais ce témoin a dit que nous nous basions sur un modèle erroné. Un témoin vient nous dire que notre étude ne peut pas être basée sur des données ou des témoignages erronés, alors qu'un grand nombre de témoins de qualité, tant des acteurs administratifs que des gens liés aux activités, nous ont lancé un cri de cœur et nous ont dit qu'ils ont besoin d'un coup de main et de soutien pour continuer, parce qu'ils risquent de faire faillite et de fermer leurs portes. Dire que toutes ces données sont bidon, c'est dire que les données issues de la Société de l'assurance automobile du Québec, du ministère des Transports de l'Ontario et de Transports Canada ainsi que les autres témoignages sont faux. Les données sont probantes.
Ce que je retiens des dires de ce témoin, c'est que la constitution en société est légale et volontaire, et qu'il faut absolument dire oui aux compagnies qui veulent avoir des chauffeurs constitués en société afin de tourner les coins ronds.
Les grands transporteurs eux-mêmes font appel à des chauffeurs constitués en société sous le modèle de propriétaire exploitant en Ontario ou ailleurs au Canada, ce qui relève du double standard. Les grands transporteurs font souvent affaire avec des intermédiaires et ne savent pas comment ces intermédiaires gèrent leur compagnie. Ils ont une chaîne d'approvisionnement qui est ainsi faite, et ils n'ont pas le contrôle sur le sous-traitant. C'est un monde de sous-traitance et de transporteurs, parce que l'individu qui donne l'ouvrage ou le fabricant n'est pas nécessairement mandaté pour régulariser le chauffeur qui s'est vu confier la sous-traitance d'une compagnie pour livrer la marchandise.
Ce témoin nous a dit que les grands transporteurs eux-mêmes utilisent des chauffeurs. C'est vrai. Nous allons recevoir un représentant de Postes Canada. Certains transporteurs de Postes Canada font affaire avec d'autres compagnies. J'ai hâte d'entendre les témoignages afin de progresser. Pouvons-nous rencontrer ces autres compagnies? Pouvons-nous en savoir plus à ce sujet? C'est la norme. Dans toutes les agences, les compagnies et les entreprises, on fait affaire avec des sous-traitants pour contrôler le transport au moyen de soumissions. La soumission ne stipule pas qu'on veut une compagnie qui emploie des chauffeurs légalement reconnus; elle stipule qu'on veut une compagnie qui va transporter la marchandise du point A au point B en respectant les normes et en étant conformes. On fait confiance au réseau. En effet, les provinces ont l'obligation de délivrer les bons permis. Les chauffeurs sont obligés d'être assurés et d'avoir des camions conformes. Il y a des centres d'inspection et des centres de contrôle pour le poids du camion, ainsi que des inspecteurs routiers et des policiers formés pour ces contrôles. Cependant, les soumissions ne précisent pas le rôle secondaire d'inspecter le camion pour savoir s'il est conforme. On octroie des contrats à des entreprises qui ont soumissionné et qui ont gagné l'appel d'offres. C'est ainsi que la chaîne d'approvisionnement fonctionne.
Le témoin nous a parlé de sécurité routière. Il n'y a effectivement aucune corrélation entre la sécurité routière et le statut du chauffeur, qui est déjà régi par le Code national de sécurité. Le Code comporte 16 normes. On dit qu'il n'y a aucune corrélation entre la sécurité routière et le statut du chauffeur, parce qu'il est déjà régi. Pour ma part, je pense que chacune des provinces devrait travailler avec nous pour détecter les chauffeurs illégaux. Selon moi, les inspections routières devraient être menées en collaboration. Nous devons travailler avec les provinces afin de mener des audits tant sur les infractions que sur le plan fiscal.
Nous avons des choses à vérifier dans la Charte canadienne des droits et libertés et avec la cour à propos des compétences en matière de permis et de poursuites, mais nous sommes encore loin de là. Ce ne sera pas demain matin. Selon le témoin, il n'y a pas grand-chose à faire, mais nous avons beaucoup à faire.
C'est sûr que même si nous commençons le processus demain, nous ne réglerons pas tout en un court laps de temps. Il faut absolument démarrer la machine le plus rapidement possible pour trouver des solutions. Il faut faire un pas à la fois. Commençons par la sécurité routière. Nous devons collaborer avec les provinces. Il y a aussi l'aspect de la fiscalité. Commençons par ça. Laissons les provinces délivrer les permis. Même si le témoin avait certaines contradictions, j'ai quand même dit que nous pourrions suivre certaines recommandations et idées qu'il a proposées. Est-ce que nous pouvons intégrer la notion de volonté dans les règles? Non.
Nous ne pouvons pas demander de suivre les règles sur une base volontaire. Pour moi, une règle est une règle. Quand nous avons des normes, des règles ou des règlements, nous devons les suivre. Ce comité est régi par certaines règles, dont une que je connais très bien, à savoir l'article 106(4) du Règlement. Nous pouvons effectivement suivre les règles pour établir un comité.
Ce qu'il faut comprendre aujourd'hui, c'est que les règles sont déjà en place.
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Merci, monsieur le président.
Parlons de la motion qui est proposée. Tout d'abord, je tiens à répéter que je ne suis pas d'accord avec le processus suivi aujourd'hui. D'ailleurs, je crois que nous allons documenter cela et soulever la question auprès des autorités compétentes. Je tiens à remercier le greffier d'avoir essayé d'être aussi impartial que possible. Malheureusement, j'ai l'impression qu'il a subi beaucoup de pression aujourd'hui.
Aujourd'hui, je vais parler du fait que passer à un nouveau sujet, comme les ports... Nous voudrons peut-être lancer le processus et mener une étude sur les ports, mais je tiens à souligner que le gouvernement et les députés ministériels n'ont pas comparu devant le Comité dans le cadre de notre étude sur BC Ferries.
Monsieur le président, je crois que vous et le greffier avez invité l'ancienne ministre des Transports, , à comparaître devant le Comité. Jusqu'à présent, elle ne l'a pas fait. Elle siège désormais à la Chambre à titre de députée, mais elle ne fait plus partie du Cabinet. Je n'en dirai peut-être pas plus. Je pense qu'elle a une obligation morale, étant donné qu'elle a laissé ses empreintes sur tout ce qui a trait à BC Ferries.
Je répète, pour les gens à la maison, que la Banque de l'infrastructure du Canada a donné 1 milliard de dollars de l'argent des contribuables à BC Ferries, qui délocalise maintenant des emplois canadiens dans un chantier naval hybride — c'est‑à‑dire où l'on fabrique à la fois des navires civils et militaires — en Chine.
Lorsque était en Chambre, elle a dit qu'elle avait écrit à Mike Farnworth, le ministre. Elle a dit qu'elle avait des réserves à propos de l'approvisionnement. Dans cette lettre, que nous avons fini par obtenir, elle a d'ailleurs exprimé ses préoccupations relatives à la sécurité nationale.
Monsieur le président, j'ai bien peu d'exemples de questions qui méritent d'avoir, comme la sécurité nationale, priorité sur presque tout le reste; pas même la question d'empêcher les députés de se faire entendre. La sécurité nationale est fondamentale. C'est la raison d'être de l'État.
[Français]
Il est important pour un gouvernement de protéger la population, particulièrement la souveraineté du pays. Tout le monde sait exactement ce que représente le défi de travailler avec un régime communiste comme celui de la Chine. Il est donc très important de rassurer la population, à savoir que l'État est prêt à relever tous les défis, particulièrement en ce qui concerne la sécurité du système sensible qui opère les bateaux.
[Traduction]
Mme Freeland a soulevé la question de la sécurité nationale auprès du ministre Farnworth. BC Ferries a immédiatement déclaré qu'un autre secteur s'occuperait des systèmes de nature délicate qui se trouveraient à bord de ces navires.
Monsieur le président, je me suis renseigné auprès de gens de l'industrie. Ils ont dit que, selon ce qu'ils savent des contrats clés en main comme celui que le chantier a obtenu, tout se fait sur place. Des représentants de syndicats sont venus nous faire part de leurs préoccupations relatives au secteur de l'acier, à la façon dont les travailleurs sont traités et à l'absence de lois environnementales.
J'ai été le vice-président du comité sur les relations sino-canadiennes lors de législatures précédentes, et je ferai remarquer que de nombreuses personnes ont mentionné que la technologie qu'utilise la Chine dans bon nombre de ses produits est subventionnée — nous achèterons pour 1 milliard de dollars d'acier et d'aluminium chinois subventionnés, ce qui nuit à la main-d'œuvre —, mais aussi que la Chine a accès à ces systèmes et à ce qu'ils contiennent. D'ailleurs, dans certains pays européens, on se demande s'il est prudent d'acheter ces produits, en particulier lorsqu'il est question des véhicules électriques.
Je reviens à la sécurité nationale et à . À titre d'ancienne ministre, elle est bien au fait de tout cela. Après avoir écrit cette lettre à Mike Farnworth, ce dernier ainsi que les représentants de BC Ferries y ont répondu. Soit dit en passant, Mike Farnworth était très contrarié du fait que le gouvernement posait des questions aux représentants de la Colombie-Britannique, mais, là encore, bon nombre de nos citoyens diraient que le risque géopolitique... Le a lui-même déclaré que le plus grand risque géopolitique pour le Canada — je crois qu'il a utilisé le mot « menace » — est la Chine; le gouvernement communiste de Pékin.
Nous posions des questions sur la sécurité nationale et voulions l'inviter parce que... Fait intéressant, a écrit au pour lui faire part de ses préoccupations relatives à la sécurité nationale. Elle a d'ailleurs reproché à BC Ferries de ne pas avoir de politique favorisant les produits canadiens. Je tiens à préciser que je trouve cela absolument hilarant, monsieur le président. Marine Atlantique est une société d'État fédérale qui relevait du portefeuille de Mme Freeland. Elle a oublié de mentionner que cette société ne possédait pas, elle non plus, de politique d'approvisionnement favorisant les produits canadiens.
Quel est le rapport entre tout cela et la motion? C'est très simple. Cette question porte sur le fait que des préoccupations subsistent en matière de sécurité nationale et seule peut y répondre en sa qualité d'ancienne ministre qui était en poste pendant ce processus et qui a envoyé des lettres aux ministres provinciaux et fédéraux.
Certains députés libéraux croient peut-être qu'il est tout à fait acceptable que l'on permette à ... C'est une ancienne ministre, alors laissons‑la tranquille parce qu'elle en a assez fait pour le pays. En toute honnêteté, parfois, lorsque l'on est sur le point de partir... Comme nous l'avons appris, elle a accepté un prestigieux poste à Oxford. J'aimerais prendre un moment pour dire que cela me pose problème. Je ne crois pas que les politiciens devraient dire à la presse ce qu'elle doit écrire, ou quels devraient être ses grands titres, mais j'ai vu un titre qui disait que Chrystia Freeland allait occuper un prestigieux poste à Oxford. Monsieur le président, je me suis dit: « Être député, c'est assez prestigieux. » Il faut le souligner.
C'est un poste assez prestigieux parce que l'on défend les intérêts, dans certains cas, de 115 000 concitoyens. C'est parfois un peu plus ou un peu moins. Se faire refuser le droit de parole et se faire dire, par une quelconque autorité extérieure à soi-même, que l'on n'avait pas levé la main, privant ainsi ses concitoyens de la possibilité de présenter des arguments de fond sur des motions... Je me répète peut-être, monsieur le président, et je veux m'en tenir à la motion dont nous sommes saisis parce qu'un expert sait — comme le sait M. Lauzon — qu'après trois minutes et demie, il faut revenir à la motion.
Sauf erreur, le fait toujours partie du Cabinet. Même s'il a commis de graves erreurs, comme le fait d'avoir eu des conversations privées — qui ont été enregistrées par un locataire — au cours desquelles il a exprimé son désaccord avec la politique gouvernementale, il est toujours le ministre. En sa qualité de ministre, il est censé rendre des comptes au Parlement. Or, ce comité parlementaire est complètement pris par les manœuvres d'obstruction — du moins jusqu'à plus tôt aujourd'hui — de M. Lauzon. Le ministre n'a donc pas pu venir en comité.
Je vais commencer mon intervention d'aujourd'hui en m'adressant au . Vous devez comparaître devant notre comité. Vous devez honorer votre engagement. Lorsque vous avez juré que vous n'alliez pas, en tant que ministre, tirer un avantage personnel de vos fonctions... Lorsque vous avez prêté serment à Rideau Hall, devant tout le monde, vous vous êtes engagé à rendre des comptes et à ne pas simplement penser à votre propre confort. Je répète au ministre de la Sécurité publique qu'il doit comparaître devant le Comité.
Pour que nous puissions entreprendre... Je sais que les libéraux veulent que nous nous penchions sur un sujet autre que BC Ferries et la sécurité ou l'absence de sécurité sur les routes et les autoroutes canadiennes... Je peux comprendre qu'ils veuillent parler de quelque chose qui fait davantage leur affaire.
Monsieur le président, l'un des grands avantages des gouvernements minoritaires, c'est que les décisions ne relèvent pas seulement d'eux. Justement, je ne me suis jamais posé de questions lorsque des députés se mettent à faire de l'obstruction, tant qu'ils peuvent simplement garder la parole et revenir toutes les trois minutes et demie à la motion, comme celle‑ci, qui propose de passer à une étude sur les ports sans terminer la précédente.
Il est temps, pour une fois, que les conservateurs se fassent entendre au sein du Comité. J'ai l'impression que nous entendons constamment les libéraux ou qu'on nous dit toujours que nous ne pouvons pas prendre la parole. Ce n'est pas quelque chose que nous allons tolérer aujourd'hui.
Je reviens au . J'aimerais lui poser plusieurs questions. Par exemple, Marine Atlantique exploite l'un de ces navires au sein de sa flotte. J'aimerais donc savoir deux choses.
Premièrement, il y a une importante mesure législative, la protection du travail des enfants, et... Non, c'est la protection contre... la protection des enfants contre le travail forcé... Je suis désolé, monsieur le président. Le nom du projet de loi m'échappe, mais il s'agissait d'un projet de loi libéral. Tous les ans, chaque entité visée, comme BC Ferries ou Marine Atlantique, doit présenter un rapport dans lequel elle indique si ses chaînes d'approvisionnement ont été compromises par le travail forcé ou le travail des enfants. Il va sans dire que le gouvernement de Pékin était très mécontent lorsque le Parlement a déclaré que la situation des Ouïghours en Chine était intolérable. J'espère simplement que tout le monde autour de cette table est d'accord avec moi pour dire que cette situation est intolérable. Cette question relève du . Avant que nous ne procédions à une étude sur les ports, comme le propose cette motion, j'aimerais savoir si BC Ferries a soumis un formulaire mis à jour à ce sujet afin que nous puissions savoir si le ministre a examiné ces éléments.
Par ailleurs, j'aimerais aussi savoir, monsieur le président... Le navire de Marine Atlantique appartient à des Suédois. Je ne sais pas si les députés le savent, mais il s'avère que les propriétaires suédois le louent pendant cinq ans. Je crois qu'il y a une option d'achat. Je me pose des questions, parce que, comme on le sait, louer coûte toujours plus cher qu'acheter. Cependant, je comprends qu'il y a une incidence sur la sécurité nationale. Les excellents fonctionnaires de Sécurité publique Canada diraient probablement: « Eh bien, il ne s'agit pas d'un navire que nous ajoutons de façon permanente à la flotte du Canada. Il appartient à une entreprise étrangère et peut naviguer en vertu d'une location limitée. Par conséquent, nous n'avons pas besoin d'enquêter sur une technologie qui recueille peut-être des renseignements à notre insu. »
Monsieur le président, je pense que la situation concernant BC Ferries est très différente. À mon avis, il convient de demander au de comparaître devant le Comité pour répondre à ces importantes questions au sujet de Marine Atlantique et de l'acquisition de ces navires avec l'argent des contribuables canadiens.
Les libéraux ne voient peut-être aucun inconvénient à ce que nous passions à autre chose. Les conservateurs sont préoccupés par cette acquisition. Nous craignons que la Banque de l'infrastructure du Canada, qui verse autant d'argent... Je sais que le Bloc québécois, au cours d'une législature précédente, a voté en faveur de l'abolition complète de la Banque, avec les conservateurs. Je pense que bon nombre de mes concitoyens seraient très inquiets de voir l'argent de leurs impôts, au lieu de soutenir l'acier de l'Ontario, l'aluminium du Québec... Soyons clairs, monsieur le président: il y a beaucoup d'acier et d'aluminium ici.
J'aimerais ensuite poser une autre question au , lorsqu'il comparaîtra. Étiez-vous au courant de ce qui suit, monsieur le président? Saviez-vous que le ministre de la Sécurité publique est responsable des décrets de remise des droits? Lorsqu'une entreprise veut faire venir — comme avec cette acquisition — un grand traversier, c'est en fait le ministre de la Sécurité publique qui peut présenter un décret de remise des droits au Cabinet. C'est lui qui peut formuler cette recommandation. J'aimerais que le ministre de la Sécurité publique nous dise s'il accordera un tel décret, contournant ainsi les tarifs.
Je sais que quand le s'est rendu à Sault Ste. Marie pour parler aux travailleurs, il a claironné qu'il allait prendre des mesures rigoureuses pour bloquer l'acier chinois bon marché. Il a fait grand cas des droits de douane de 25 %, ou même plus, qui seraient imposés sur certains produits. Il a affirmé que ces mesures seraient prises pour protéger les travailleurs canadiens.
Dans les faits, monsieur le président, je ne trouve pas qu'il protège très bien les travailleurs canadiens. D'abord, de toute évidence, les droits de douane injustifiés imposés par Donald Trump et son administration ont mis une énorme pression sur Algoma Steel, qui a déjà dû procéder à un millier de licenciements. Par ailleurs, 500 millions de dollars ont été versés à cette entreprise, en vertu de paramètres que nous ignorons.
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Je vous remercie de cette intervention. Je sais que M. Lauzon a aimé que j'intervienne, car cela lui a donné un moment pour réfléchir, mais je parle vraiment de la motion. Comment pouvons-nous aller de l'avant avec l'étude sur les ports si certaines questions liées à BC Ferries demeurent sans réponse, monsieur le président? Voilà un lien direct. S'il m'arrive de parler plus de trois minutes et demie sur un sujet sans revenir à la motion, je m'attends à ce que M. Lauzon ait la gentillesse de me le dire.
Monsieur le président, la présente situation ne me satisfait pas. Je sais que la population n'est pas satisfaite. Si vous demandiez aux Canadiens s'ils estiment, dans le contexte actuel, que nous devrions donner un milliard de dollars de leurs impôts par l'intermédiaire d'une banque qui n'a de comptes à rendre à personne, par l'intermédiaire d'un gouvernement qui semble ne pas vouloir être tenu responsable de la décision de la Banque de l'infrastructure du Canada, qui relève directement de lui... Il finance la banque. Si le était venu ici pour parler du budget des dépenses — les députés libéraux ont fait de l'obstruction pendant je ne sais combien de temps, soulevant une multitude de questions intéressantes —, nous aurions peut-être pu lui poser ces questions, ou encore convoquer mon collègue de la Colombie-Britannique, le .
C'est une parenthèse. L'obstruction des libéraux semble avoir pris fin, et maintenant, avant de passer à autre chose, je pense qu'il est important que les conservateurs expliquent pourquoi BC Ferries est un enjeu qui n'a pas encore été abordé, comme je le soulignerai, non seulement par les députés ministériels, mais aussi par les membres du Comité. Je n'ai entendu aucun libéral manifester le désir d'en entendre davantage. J'ai demandé au secrétaire parlementaire... ou plutôt, le secrétaire parlementaire m'a assuré que , lorsqu'elle viendra, répondra à chacune de mes questions. Cela ne me fera peut-être pas plaisir, mais il a dit que je serais satisfait. Monsieur le président, l'opposition n'a jamais eu comme position d'être heureuse si elle n'est pas satisfaite.
Pour revenir à la motion, puisque cela fait environ trois minutes et demie, passer à cinq réunions sur la modernisation des ports du Québec et du Canada dans le but de trouver de nouveaux marchés et réduire la dépendance à l'égard des États-Unis, je crois comprendre que le Comité a produit, lors des législatures précédentes, trois rapports sur les ports assortis de recommandations au gouvernement. Je ne parlerai pas de ces rapports; je n'étais pas là. Monsieur le président, je me contenterai de dire que le Comité n'a pas formulé des recommandations au gouvernement pour qu'il les ignore. Il a sous la main les trois études sur les ports précédemment réalisées par le Comité. Ne pas formuler de recommandations au sujet de BC Ferries avant de faire une autre étude sur les ports qui sera largement ignorée par le gouvernement ne rend pas service au public ni à nous-mêmes.
Pourquoi le savons-nous, monsieur le président? Le Comité a travaillé avec acharnement avant l'ajournement des travaux. Je sais que M. Barsalou-Duval a fait des heures supplémentaires. Je sais que nos députés ont fait de même pour étudier le projet de loi , avec pour résultat que le Comité a fini par adopter ce projet de loi avec de nombreuses mesures de reddition de comptes. Je félicite mon ami du Bloc. Plusieurs de ses amendements ont été inclus. Nous avons appuyé certains d'entre eux — beaucoup, je crois —, et je pense que cela a donné une meilleure mesure législative. Nous avons accordé cela aux ministres qui affirmaient que l'accélération des projets était pour le bien du pays.
Le Bureau des grands projets, monsieur le président... à l'instar des recommandations formulées par le Comité dans le cadre des études précédentes sur les ports, rien dans le projet de loi n'a été désigné comme étant dans l'intérêt national. Il me semble que nous agissons avec empressement pour tout ce que le gouvernement considère comme important, et il n'y donne même pas suite.
Avant d'entreprendre une autre étude sur les ports du Canada... Je serais ravi de parler des ports. Par exemple, j'ai certaines préoccupations au sujet du port de Prince Rupert, qui fait actuellement l'objet de poursuites par une Première Nation relativement à une entente d'exclusivité. À un moment donné, il faudra peut-être aborder la question de savoir si les ports devraient pouvoir conclure de telles ententes sans le divulguer, alors qu'ils sont censés consulter les Autochtones. Cela s'est produit, c'est certain, sous le gouvernement actuel. Cette poursuite... cette Première Nation... Je suis sûr que le gouvernement essaiera d'ignorer cette situation aussi.
Monsieur le président, la question de BC Ferries demeure très importante pour moi, mais d'autres questions pourraient être abordées avant d'en arriver là. Permettez-moi de présenter brièvement quelques autres enjeux.
Par exemple, si vous voyagez par avion avec l'une de nos compagnies aériennes à destination de l'Ouest canadien, il arrive — sans que ce soit la faute du personnel ou des pilotes — qu'en raison d'importantes pénuries chez NAV CANADA, que l'on apprenne soudainement qu'un appareil est cloué au sol ou est obligé de tourner en rond. Tim Perry, le président de l'Association des pilotes de ligne, a déclaré publiquement qu'il s'agit d'une préoccupation considérable et que cela nuit à la réputation internationale du Canada. Lorsque des gens manquent leur vol de correspondance dans des endroits comme l'aéroport international de Vancouver, c'est un grave problème. Je sais que ces pénuries de main-d'œuvre ont même touché la circonscription de Kelowna. Ce n'est pas ma circonscription, mais je suis certain que de nombreux électeurs de ma circonscription ont été touchés par les pénuries de main-d'œuvre chez NAV CANADA.
Malheureusement, l'organisme semble ne pas avoir de comptes à rendre à qui que ce soit. Ce sont des gens très gentils. Ils sont venus discuter avec moi, et m'ont assuré avoir la situation bien en main. Je sais que certains députés du Parti libéral viennent de Winnipeg. Je le sais, car M. Lauzon siège à ce comité et que est à la Chambre des communes, où il est le porte-parole du nouveau gouvernement libéral. Il parle continuellement, en fait. Je suis intrigué par le fait qu'il a tenu de nombreuses réunions de circonscription dans un McDonald's local. Je parie qu'il a probablement entendu parler de ce problème, car l'aéroport de Winnipeg est l'un des aéroports touchés, en plus de celui de Vancouver et, je crois, celui de Calgary.
L'aéroport de Calgary est du nombre. En toute honnêteté, je dois dire qu'il y a eu une modernisation de la flotte depuis 2021 ou 2022. Air Canada et WestJet, notamment, ont modernisé leur flotte, ce qui a changé la donne. En raison des correspondances, certains députés de l'Alberta et de la Saskatchewan sont obligés de passer par Calgary ou Vancouver simplement pour se rendre à Ottawa.
Lorsque la réputation internationale de NAV CANADA nous cause des problèmes, que des députés portent attention à ces questions pour leurs électeurs, et que les pilotes... Vous n'imaginez pas combien de députés ont communiqué avec mon bureau pour dire que les pilotes estiment qu'il s'agit d'un problème majeur. Or, les libéraux demeurent muets à ce sujet. Nous devons les convoquer. Nous devons poser des questions aux gens de NAV CANADA pour savoir comment ils comptent pallier ces pénuries.
Je sais aussi que l'ASFC a souvent des problèmes de pannes informatiques. Étant donné que je suis le porte-parole de l'opposition en matière de transports, des gens pris dans une file d'attente ont publié des gazouillis avec photos, en m'identifiant, pour me demander ce que je comptais faire à ce sujet. Eh bien, je n'ai pas eu l'occasion de prendre la parole pour souligner qu'il s'agit de questions importantes.
En fait, je voulais terminer l'étude sur les chauffeurs au rabais, alors je suis très favorable aux changements demandés par M. Barsalou-Duval. Au départ, c'est moi qui ai proposé trois réunions. Monsieur le président, la tenue de trois réunions consacrées à l'évolution du contexte relatif aux camionneurs au Canada, comme proposé dans cette motion, est une excellente idée.
[Français]
C'est important pour comprendre les approches. C'est essentiel pour le rapport du Comité. Notre comité va potentiellement entendre directement les victimes. Leurs voix et leurs termes sont importants. C'est important de leur donner du temps pour faire comprendre leurs points de vue et soulever les défis. C'est très important pour moi.
[Traduction]
C'est également important pour les diverses associations. Par exemple, je me permets de saluer rapidement l'un des groupes qui participent à cela, le Caledon Community Road Safety Advocacy Group, parce que je sais que ces gens suivent nos délibérations. Ils avaient hâte de venir ici. J'ai vu sur leur site Web une partie du travail qu'ils ont réalisé et certains récits très poignants sur l'évolution du contexte du camionnage au Canada. Je suis tout à fait favorable à cette motion.
Monsieur le président, ce qui pose problème, c'est le libellé actuel de la motion. À ce moment‑ci, nous ne pouvons pas l'appuyer sans d'importantes modifications. Je commencerais par les modifications importantes nécessaires au sujet de BC Ferries. Je ne peux pas aller de l'avant sans un sentiment de résolution. J'ai besoin de pouvoir tourner la page, monsieur le président, et malheureusement, le gouvernement ne m'en a pas offert la possibilité, car je n'ai pas l'impression qu'il a rendu des comptes. Je ne pense pas que... J'estime toujours que le prêt devrait être annulé et que nous devrions chercher à trouver des façons de construire ces navires ici au Canada au lieu de laisser ces contrats être octroyés à un chantier naval hybride en Chine et de soutenir leur industrie — leur machine de guerre —, parce que tout cela est fondamental. Pour eux, cela forme un tout.
Ici, au Canada, nous avons la Stratégie nationale de construction navale, qui est une grande réussite. Je sais que le gouvernement s'en est réjoui et a vanté tous les bienfaits de cette stratégie pour l'économie. Cela a été très bénéfique pour des endroits comme Halifax, où se trouve le chantier naval Irving. Il y a Seaspan, une excellente entreprise qui construit de formidables navires pour la Garde côtière — des navires scientifiques — ainsi que des brise-glace, et qui utilise de l'acier canadien, mais pas uniquement.
Monsieur le président, j'ignore si vous le savez, mais une bonne partie de l'acier pour les brise-glace provient de la Finlande, où la Davie détient des parts d'une entreprise. Un des aspects dont il faut discuter, à mon avis, si nous tenons à miser sur la fabrication canadienne, c'est la pertinence d'importer une partie de cette expertise au Canada, car aux dernières nouvelles, monsieur le président, nous avons d'excellentes aciéries.
Ce sont tous des problèmes auxquels, j'en ai bien peur, le gouvernement du Canada ne s'attaque pas actuellement.
Comme je l'ai dit, nous pourrions envisager d'appuyer les éléments que M. Barsalou-Duval a manifestement négociés avec les députés ministériels, car il semble, essentiellement, que la motion qui a été modifiée provenait du Parti libéral. Si M. Greaves était présent, je suppose que je pourrais dire qu'il semble y avoir une coalition entre les libéraux et le Bloc. En fait, M. Lauzon a indiqué, plus tôt, qu'il y avait une coalition entre les conservateurs et le Bloc, mais ce serait assez ridicule. En fin de compte, comme vous le savez, les députés du Bloc ont leur opinion sur ce qui est bon pour leur province, et nous, les conservateurs, avons la nôtre. Il arrive que les deux convergent et, évidemment, il arrive que le Parti libéral semble vouloir appuyer le Bloc et obtenir son appui, du moins pour ce qui est de l'actuelle modification à la motion.
Je pense qu'il est très ridicule de dire — et je sais que M. Greaves a essayé de faire valoir ce point sur Twitter — que c'était vraiment... Vous ne le croirez pas, monsieur le président. Il a fait un rapport pour ses électeurs, avec un arrière-plan charmant, car Victoria est une ville magnifique. C'est très beau sur la côte.