La Chambre reprend l'étude de la motion portant que le projet de loi , soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.
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Monsieur le Président, je suis heureux de participer au débat sur le projet de loi , la Loi de 2026 sur l'accès légal.
Pour situer correctement le débat, nous devons revenir sur les étapes qui nous ont menés ici. Je conviens que l'idée de mieux outiller les autorités policières pour leur permettre de mieux lutter contre la criminalité est une bonne chose. Or, le diable se cache toujours dans les détails, comme on dit. À cet égard, le projet de loi soulève certaines préoccupations que nous jugeons important d'étudier à l'étape de l'étude par le comité.
Tout d'abord, certains éléments essentiels doivent absolument figurer dans le projet de loi. J'ai eu l'occasion d'échanger avec des collègues du Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement, ainsi qu'avec des spécialistes en cybersécurité. Le Canada accuse un certain retard dans l'octroi de ces outils à nos forces policières. Le projet de loi arrive donc à point nommé.
Les conservateurs croient au respect de la loi et de l'ordre et ont toujours défendu des mesures sensées pour assurer la sécurité des Canadiens. Depuis une dizaine d'années, nous exhortons les libéraux à renoncer à leurs politiques qui ont échoué et à rétablir la sécurité dans les collectivités du pays. Je peux vous dire que, dans ma ville, Regina, la criminalité est un sujet qui revient fréquemment dans les conversations lorsque nous faisons du porte-à-porte ou lors de diverses activités. La criminalité a continué de monter en flèche sous le gouvernement libéral, qu'il s'agisse de crimes violents, d'agressions sexuelles ou de crimes commis avec une arme à feu. Malgré toutes leurs tentatives infructueuses pour confisquer les armes à feu, la criminalité liée aux armes à feu continue d'augmenter au pays, et cela est dû à l'inefficacité des politiques libérales. Ils ont eu l'occasion, au cours des 11 dernières années, de mettre en œuvre d'autres politiques, mais ils ont continué à appliquer des politiques infructueuses.
L'automne dernier, les libéraux ont présenté un projet de loi semblable, le projet de loi , qui n'allait pas assez loin pour protéger les Canadiens, tout en allant trop loin dans d'autres domaines. Je pense que c'est un point sur lequel nous reviendrons sans cesse en ce qui concerne le projet de loi . Ce projet de loi comporte trois parties. En ce qui concerne la première partie, je pense qu'il y a un certain consensus sur le fait que les forces de l'ordre ont besoin de ces mesures. Cependant, les deuxième et troisième parties sont contestables. Le fait est que le gouvernement est allé trop loin à maintes reprises. Il suffit de penser au recours à la Loi sur les mesures d'urgence, lorsque des comptes bancaires ont été gelés. J'ai prononcé un discours à ce moment-là. J'ai longuement parlé de l'abus de pouvoir du gouvernement. C'est l'une des préoccupations que nous soulèverions lors de l'examen du projet de loi en comité.
Le projet de loi , pour donner un peu de contexte aux gens qui nous regardent à la télévision, visait à restreindre l'utilisation de l'argent comptant et à permettre l'ouverture du courrier sans surveillance. Il exigeait que tout prestataire de services, y compris les hôpitaux, les institutions financières et même les nettoyeurs, divulgue les données des utilisateurs sans contrôle judiciaire. Je dirais donc que le projet de loi est le prédécesseur du projet de loi C‑22. Les libéraux ont retiré certaines de ces très mauvaises mesures du projet de loi .
Nous voulons doter les organismes d'application de la loi des outils dont ils ont besoin pour lutter contre la criminalité et assurer la sécurité de la population, d'autant plus que les menaces se raffinent en cette ère numérique. Ces pouvoirs doivent cependant être assortis de solides garanties, de limites claires et d'une surveillance indépendante afin de protéger les droits et les libertés des Canadiens. Nous examinons attentivement le projet de loi dont nous avons parlé pour veiller à ce que les libéraux ne répètent pas les échecs passés en matière de surveillance gouvernementale. Au comité, les conservateurs seraient en mesure d'entendre de nombreux experts afin d'évaluer et d'améliorer davantage le projet de loi. Nous continuerons de défendre des solutions sensées qui protègent les libertés individuelles, la vie privée et la sécurité des Canadiens.
J'ai écouté mes collègues parler de certaines de leurs préoccupations au sujet du projet de loi . Je pense qu'une de mes collègues a parlé des objectifs de modernisation et de protection de la vie privée qui devraient figurer dans le projet de loi. Le monde a changé la façon dont les Canadiens vivent, communiquent, font leurs transactions bancaires, travaillent et élèvent leur famille. Tout cela s'est mis en ligne rapidement et de façon permanente, mais nos lois n'ont pas suivi le rythme. C'est pourquoi nous devons bien circonscrire le débat. Nous ne sommes pas ici pour débattre d'un projet de loi qui permet aux forces de l'ordre d'espionner des Canadiens innocents et respectueux des lois sans avoir de comptes à rendre; ce n'est pas ce que propose le projet de loi. La question fondamentale dont nous sommes saisis est de savoir comment le Parlement protège les Canadiens dans un pays de plus en plus numérique tout en respectant les droits et les libertés qui nous définissent.
La préoccupation la plus évidente est la sécurité publique. Chaque jour, des Canadiens sont l'objet de fraude en ligne, de vol d'identité, d'extorsion et d'exploitation. Des aînés ont perdu toutes leurs économies. Des familles se sont fait voler leur identité. De bien des façons, l'anonymat et la vitesse d'action en ligne permettent de contraindre des enfants à poser certains gestes et leur causent des préjudices.
Chez nous, nous avons tous des conversations sur l'activité en ligne avec nos enfants. Le Groupe de lutte contre l'exploitation des enfants dans Internet se rend dans les écoles de la Saskatchewan pour expliquer aux enfants pourquoi il est si important de faire attention à toutes les activités en ligne. Il s'assure ainsi que les enfants savent que le contenu en ligne et les gens qui essaient d'obtenir leurs renseignements personnels en ligne constituent de véritables risques de sécurité.
Le premier jour d'école, nous entendons des policiers dire de ne jamais prendre son enfant en photo devant l'école, de ne jamais révéler son niveau scolaire ni l'école qu'il fréquente. Les temps ont bien changé au pays; il est important d'être en sécurité quand on est en ligne. Nous avons souvent ce genre de conversations à la maison. J'espère que c'est aussi le cas dans beaucoup d'autres foyers, afin que les enfants fassent très attention à ce qu'ils font en ligne et qu'ils sachent à qui ils parlent quand ils sont en ligne.
Je vais citer des articles de presse qui abordent certaines préoccupations au sujet du projet de loi : « Des spécialistes des technologies et des juristes affirment que le projet de loi canadien sur l'accès légal risque de rendre les entreprises de télécommunications et les fournisseurs d'accès à Internet du Canada, ainsi que les téléphones et les ordinateurs portables, plus vulnérables aux pirates informatiques et aux services de renseignement étrangers malveillants. »
Cet extrait est tiré d'un article de Marie Woolf paru le 16 mars 2026 dans le Globe and Mail. Je pense que nous pourrons nous pencher sur la question des protections en ligne. Lorsque le projet de loi sera renvoyé au comité, nous pourrons très certainement examiner la question de la surveillance gouvernementale à l'égard des mandats et de ce genre de choses.
Toujours selon cet article, « [l]e projet de loi C‑22, présenté par le ministre de la Sécurité publique [...] la semaine dernière, obligerait les entreprises de télécommunications, les fournisseurs d'accès à Internet et les autres fournisseurs de services numériques à modifier leurs systèmes afin d'offrir des capacités de surveillance et de suivi à la police [...] ». Cela pourrait donner aux pirates informatiques la possibilité d'accéder à ces informations.
C'est ce qui nous préoccupe lorsqu'il est question d'entreposer les données des Canadiens et d'en connaître l'emplacement. Nous voulons nous assurer qu'elles seront en sécurité. Les pirates informatiques peuvent mettre la main sur une plus grande quantité de données si elles sont toutes entreposées au même endroit.
En somme, les conservateurs comprennent que les forces de l'ordre ont besoin de certains outils pour renforcer la sécurité des Canadiens en ligne. Nous voulons simplement nous assurer qu'un contrôle adéquat est en place afin d'empêcher les pirates informatiques d'accéder plus rapidement aux données en ligne des citoyens.
Certains groupes de défense des libertés civiles ont exprimé des préoccupations. Michael Geist, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en droit d'Internet et du commerce électronique à l'Université d'Ottawa, a affirmé que « les inquiétudes concernant les vulnérabilités et le glissement de portée sont réelles ». Il a ajouté: « Sans plus de précision, certains pourraient s'en servir pour cibler les appareils des utilisateurs ou, au bout du compte, affaiblir la sécurité des réseaux. » Nous avions déjà mentionné la possibilité de tels risques.
David Pierce, vice-président des relations gouvernementales de la Chambre de commerce du Canada, a déclaré que ses membres, qui incluent des entreprises canadiennes de télécommunications, comprennent que les forces de l'ordre ont besoin d'un régime d'accès légal. Cependant, les entrepreneurs s'inquiètent vivement du risque de compromission du chiffrement et de vulnérabilité des données.
Nous avons certaines préoccupations à l'égard du projet de loi. C'est pourquoi il sera nécessaire d'inviter des témoins compétents et de consacrer tout le temps qu'il faudra à son étude en comité, afin de permettre à celles et ceux qui s'inquiètent de l'élargissement de la portée du projet de loi et du stockage des données de se faire entendre et de veiller à ce que ces enjeux ne créent pas de failles exploitables par les pirates informatiques. Nous accusons un retard considérable dans l'adoption de projets de loi comme celui-ci en raison de l'inaction du gouvernement libéral. C'est dans ce contexte que les taux de criminalité ont fortement augmenté au cours des 11 dernières années. Espérons que le projet de loi permettra de donner aux policiers certains des outils qu'ils réclament.
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Monsieur le Président, je représente la circonscription d'Algonquin—Renfrew—Pembroke, où des Canadiens aux aguets se soucient de la sécurité. Je suis heureuse de prendre la parole en leur nom au sujet du projet de loi , qui porte sur l'accès légal.
Les conservateurs appuient l'idée de donner aux forces de l'ordre les outils dont elles ont besoin pour lutter contre la criminalité et assurer la sécurité des collectivités. En même temps, ces pouvoirs doivent être assortis de solides mesures de protection, de limites claires et d'une surveillance indépendante afin de protéger les droits et les libertés des Canadiens. Les conservateurs appuient le renvoi du projet de loi au comité pour un examen minutieux.
Le projet de loi représente un test important pour le et sa majorité illégitime. Si les Canadiens avaient décidé collectivement d'élire un gouvernement majoritaire l'année dernière, nous ne serions même pas en train de débattre de ce projet de loi. Les libéraux se seraient servis de leur majorité pour faire adopter de force le projet de loi , la première tentative des libéraux de présenter un projet de loi sur l'accès légal. Ce n'est que parce que nous étions en contexte minoritaire que les conservateurs ont pu empêcher les libéraux de l'adopter.
Si les libéraux avaient obtenu ce qu'ils voulaient, ils auraient pu restreindre l'utilisation de l'argent comptant par les Canadiens. Le projet de loi aurait permis aux libéraux d'ouvrir le courrier des gens sans mandat. Il aurait permis aux libéraux d'exiger, sans mandat, des données de n'importe quel fournisseur de services, mais aussi d'entreprises de télécommunications et d'autres entités privées, en plus des hôpitaux et des banques. Même les entreprises canadiennes de nettoyage à sec auraient été assujetties à cette loi. Le projet de loi allait manifestement trop loin.
Le fait que ces dispositions sont absentes de ce nouveau projet de loi prouve que les conservateurs avaient raison. Comme dans le cas du premier projet de loi, cette nouvelle version n'est pas parfaite. Il y a des questions préoccupantes liées à la conservation des métadonnées et aux critères juridiques pour accéder aux renseignements personnels des Canadiens. Il serait éventuellement possible de corriger ces problèmes à l'étape de l'étude du comité, mais il reste à voir si les députés libéraux qui siègent au comité seront prêts à adopter les corrections proposées. Devra-t-on composer avec une majorité libérale typique sous un premier ministre libéral typique? La façon dont le projet de loi sera traité fournira la réponse aux Canadiens.
Quand Jean Chrétien en était à son troisième gouvernement majoritaire, les journalistes rédigeaient des ouvrages avec des titres comme The Friendly Dictatorship, la dictature amicale. Lorsque Justin Trudeau s'est fait donner par le NPD de Jagmeet Singh un chèque en blanc pour gouverner comme s'il était majoritaire, il a invoqué illégalement la Loi sur les mesures d'urgence et il a violé les droits des Canadiens garantis par la Charte. La seule chose qui soit pire qu'un premier ministre libéral qui dirige un gouvernement majoritaire, c'est un premier ministre libéral convaincu qu'il traverse une crise sans précédent et qui exige de nouveaux pouvoirs.
Jean Chrétien a failli nous mener à l'éclatement du pays. Il s'est servi de la situation pour justifier des dépenses d'urgence destinées à l'achat de drapeaux canadiens au Québec. Il s'est dit qu'il n’avait pas besoin de surveillance. Il sauvait le pays. Lorsque la pandémie a fini par frapper l'Amérique du Nord, le premier réflexe de M. Trudeau a été de demander deux ans de pouvoir de dépenser de manière illimitée sans l'approbation du Parlement. Il s'est dit qu'il n'avait pas besoin de surveillance, car il sauvait le pays. Nous avons désormais un nouveau qui prétend que nous devons affronter une nouvelle crise. Il s'est dit qu'il était le seul à pouvoir régler cette crise en répondant à moins de questions que tout autre premier ministre de notre histoire.
Au lieu de se cacher sur YouTube, le devrait donner ses conseils prospectifs aux Canadiens depuis le parquet de la Chambre des communes. Que le premier ministre ait pour réflexe de se cacher de la Chambre me porte à croire qu'il échouera à l'épreuve que représente le projet de loi, mais cette épreuve pèse sur les épaules de tous les députés dits libéraux. Trop souvent, ils semblent se prendre pour des membres du Cabinet libéral.
Au cours de la dernière campagne électorale, nous avons frappé, collectivement, à des centaines de milliers de portes. Pas un seul électeur ne m'a dit que sa priorité absolue était de veiller à ce que les entreprises de télécommunications conservent pendant un an des métadonnées sur tous leurs clients. Je parie qu'il en va de même de tous les députés libéraux. Pourtant, avant même que les nouveaux députés aient eu la chance de savoir où se trouvent les toilettes, le gouvernement déposait un projet de loi volumineux visant à donner à l'État de vastes nouveaux pouvoirs. Le projet de loi a été présenté pour la même raison que nous avons un tsar de la lutte contre le fentanyl: les libéraux ont pensé que cette mesure apaiserait l'administration Trump.
L'ancien bureaucrate devenu a demandé à la bureaucratie fédérale de rédiger un projet de loi pour que les États‑Unis retrouvent le bonheur. Avant que ses ministres puissent embaucher du personnel capable de demander à des intervenants comme l'Association canadienne des libertés civiles ce qu'ils pensent du projet de loi, celui-ci a été déposé. Ce n'est que parce que l'opposition était majoritaire que nous avons pu éviter l'adoption de ce premier projet de loi bâclé et boiteux. Les libéraux ont maintenant une majorité fragile qu'ils doivent à des députés désireux comme jamais de servir leurs intérêts personnels.
Les députés libéraux nouvellement habilités vont-ils profiter de cette occasion pour travailler en collaboration, ou vont-ils imposer rapidement le projet de loi à la Chambre pour obtenir une victoire politique? Les soi-disant députés libéraux pensent-ils que les dispositions du projet de loi qui obligeraient les fournisseurs de services à conserver toutes les métadonnées pendant un an sont justifiables?
De nombreux fichiers informatiques contiennent des métadonnées à propos du fichier lui-même. Ainsi, les courriels envoyés par les Canadiens contiennent de nombreuses métadonnées, y compris qui a envoyé le courriel, à quelle heure, quel logiciel et quel matériel ont servi à l'envoyer, l'adresse IP de l'expéditeur et celle de tous les serveurs par lesquels le courriel a transité. Dans le cas des appels faits avec un téléphone cellulaire, les métadonnées comprennent: l'identité de l'appelant et du destinataire, l'heure et la durée de l'appel; les tours de téléphonie cellulaire utilisées pendant l'appel; et même les coordonnées GPS de l'appelant.
Les entreprises de télécommunications conservent ces données aux fins de la facturation, mais elles ne les conservent pas ensuite. Collectivement, les Canadiens font 100 millions d'appels sur leur téléphone cellulaire chaque année. Forcer les entreprises à tenir des bases de données contenant des renseignements sur plus de 36 milliards d'appels téléphoniques présenterait un risque systémique pour la protection de la vie privée.
En plus de maintenir cette vaste base de données secrète pour le gouvernement, les entreprises seraient tenues de maintenir des systèmes qui permettraient au gouvernement de faire facilement des recherches et de recueillir des métadonnées. C'est ce qu'on appelle souvent une porte dérobée. La crainte a toujours été que si on crée une porte dérobée pour le gouvernement, les criminels et les États étrangers hostiles pourront aussi en profiter. Les libéraux diront aux Canadiens de ne pas s'inquiéter. Ils leur rappelleront que le libellé du projet de loi dit que le gouvernement ne serait pas autorisé à demander une porte dérobée qui créerait, selon les représentants de l'entreprise, un risque de piratage.
Malheureusement pour les libéraux, ils ont déposé le projet de loi seulement quelques semaines avant que le monde apprenne que l'entreprise d'intelligence artificielle Anthropic a développé un modèle d'IA si avancé et si dangereux qu'elle en a limité l'accès. Le danger vient du fait que ce nouveau modèle d'IA est parvenu à découvrir des milliers de nouvelles vulnérabilités dans certains des codes informatiques les plus populaires. L'un des systèmes d'exploitation les plus utilisés pour les routeurs présentait une vulnérabilité qui était demeurée dans l'ombre depuis 27 ans.
Le gouvernement demande aux Canadiens de faire confiance à Bell, à Rogers et à Telus pour savoir à l'avance si le gouvernement met notre vie privée à risque. Je dois préciser quelque chose. Je ne sais pas si Bell, Rogers et Telus seraient visés par le projet de loi. Il est raisonnable de supposer, selon le libellé du projet de loi, que les trois grandes entreprises de télécommunications seraient visées. La liste des fournisseurs se trouve à l'annexe 1 du projet de loi, mais cette page est vierge pour le moment.
Il reviendrait au Cabinet de décider quelles entreprises seraient assujetties au projet de loi. Le Cabinet déciderait des mesures que ces entreprises devraient prendre pour donner accès aux renseignements qu'elles détiennent. Au moment de rédiger ces dispositions réglementaires, le Cabinet serait tenu de tenir compte des frais à engager, de la mesure dans laquelle il est possible de s'y conformer et de leurs effets. Cependant, si ces facteurs devaient faire en sorte de limiter les capacités du gouvernement, le Cabinet aurait le pouvoir de prendre en considération tout autre facteur qu'il estime pertinent. Voilà qui est drôlement pratique pour le Cabinet libéral.
Il ne s'agit là que d'un exemple de faille dans ce projet de loi, qui est substantiel. C'est pourquoi les conservateurs appuient le renvoi du projet de loi au comité. L'objectif du projet de loi est de permettre à la police et au SCRS de faire leur travail. Le comité doit avoir suffisamment de temps pour entendre des témoins. Il a besoin de temps pour faire un examen aussi minutieux que l'exige un tel projet de loi.
Nous savons que le est impatient. Il a l'habitude que les gens se contentent de suivre les ordres. Nous avons déjà constaté qu'il considère à tort le travail légitime de l'opposition de perte de temps. Même le Toronto Star, un journal normalement prolibéral, permet qu'on exprime dans ses pages des préoccupations sur l'approche autoritaire du premier ministre. C'est pourquoi le projet de loi est un test si important pour la majorité libérale acquise malhonnêtement. Il pourrait nous montrer que les partis sont capables d'écouter les Canadiens et de s'écouter les uns les autres afin d'améliorer le projet de loi. Sinon, il se pourrait que les libéraux, dans leur tentative désespérée de s'inventer des réussites, imposent le projet de loi de force aux Canadiens.
Le a déjà échoué au test qu'il s'était imposé. Il n'y a aucun accord global avec les États‑Unis. Le prix des aliments est le plus élevé parmi les pays du G7. Nous n'avons pas besoin de conseils pour savoir que le déficit est déjà plus élevé que ce qui avait été prévu il y a six mois. Nous avons besoin d'un premier ministre qui réussira le test de la démocratie.
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Monsieur le Président, quand nous parlons aux habitants de ma circonscription et d'ailleurs au Canada, ils nous disent que la sécurité publique est primordiale et que l'accès légal l'est tout autant pour assurer la sécurité des Canadiens. Ce n'est donc pas une notion abstraite. Ce n'est pas théorique. Cela reflète la réalité des Canadiens, comme les familles, les aînés, les nouveaux arrivants et les jeunes, qui vaquent à leurs occupations quotidiennes en étant de plus en plus préoccupés par ce qui se passe autour d'eux. C'est ce que j'entends directement dans ma circonscription, Mississauga‑Est—Cooksville. Les gens veulent se sentir en sécurité. En même temps, ils veulent savoir que leurs droits sont protégés. Ils s'attendent à ces deux choses, et ils ont raison de s'y attendre.
Au cours de la dernière année, le gouvernement a présenté un cadre clair et complet pour assurer la sécurité publique au Canada, un cadre qui repose sur trois piliers clés. Premièrement, les lois doivent être plus sévères. Cela comprend des réformes du régime de mise en liberté sous caution et de détermination de la peine, des mesures pour lutter contre la haine ainsi que de meilleures mesures de protection contre la violence fondée sur le sexe et l'exploitation des enfants, surtout en ligne. Deuxièmement, il faut soutenir les intervenants de première ligne. Cela veut dire investir dans l'application de la loi, avec 1 000 nouveaux agents de la GRC et 1 000 nouveaux agents frontaliers, mais aussi veiller à ce que la police dispose des outils dont elle a besoin pour faire son travail efficacement. Troisièmement, il faut investir en amont, car les collectivités sont plus sûres non seulement grâce à l'application de la loi, mais aussi grâce à la prévention et aux investissements dans le logement, la santé mentale, le soutien aux toxicomanes et les programmes pour les jeunes à risque.
Il est important de souligner que ces piliers ne sont pas isolés: ils se renforcent mutuellement. À défaut d'application, les lois strictes n'ont guère de sens. L'application seule ne suffit pas sans prévention, et la prévention doit aller de pair avec la responsabilisation. Le projet de loi à l'étude aujourd'hui, le projet de loi , s'inscrit pleinement dans le deuxième pilier. Précisons que soutenir les agents de première ligne ne consiste pas seulement à augmenter leurs effectifs, mais aussi à les doter d'outils adaptés au monde où nous vivons aujourd'hui car, comme nous le savons tous, ce monde a changé.
La technologie a transformé notre façon de vivre et, malheureusement, la manière dont les crimes sont commis. Nous avons tous dans nos poches des appareils très puissants. Nous communiquons instantanément par-delà des frontières. Si ces appareils ont des avantages indéniables, nous ne pouvons pas ignorer que les organisations criminelles s'en servent également. Lors de mes échanges avec les forces de l'ordre, un message ressort clairement: aujourd'hui, la criminalité est de plus en plus numérique, organisée et transnationale.
Il y a des stratagèmes d'extorsion sophistiqués coordonnés en ligne, des réseaux de vol de voitures opérant dans divers territoires, des invasions de domicile liées à des réseaux organisés et, le pire, l'exploitation d'enfants en ligne. Il ne s'agit pas d'incidents isolés, mais bien d'opérations coordonnées, souvent dirigées en temps réel au moyen de communications chiffrées.
Dans Mississauga‑Est—Cooksville, nous ne sommes pas épargnés par les tendances à ce chapitre. Il y a des cas de cyberfraude à l'endroit d'aînés et de nouveaux arrivants, et des situations d'exploitation facilitées par les plateformes numériques. De plus, le crime organisé se sert de la technologie pour échapper à la détection. Ce qui est particulièrement inquiétant, c'est la rapidité avec laquelle ces crimes se produisent. Une arnaque peut vider un compte bancaire en quelques minutes. Une interaction en ligne peut mettre un jeune en danger presque instantanément.
Nos services de police locaux, en particulier la police régionale de Peel, accomplissent un travail remarquable, mais ils ont clairement fait savoir que les outils dont ils disposent doivent évoluer au même rythme que les menaces auxquelles ils font face. Pour les forces de police modernes, l'anonymat constitue l'un des plus grands obstacles. La police ne peut pas arrêter une adresse IP. Elle ne peut pas inculper un numéro de téléphone. Derrière chaque identifiant numérique se cache un être humain. Trop souvent, cet individu est protégé par des lois obsolètes, ce qui crée un déséquilibre préoccupant. Les criminels peuvent agir rapidement, dans l'anonymat et par-delà des frontières. Les forces de l'ordre, quant à elles, sont ralenties par des procédures conçues pour une autre époque. Si nous prenons la sécurité publique au sérieux, nous devons faire le nécessaire pour que notre cadre juridique reflète les réalités modernes.
C'est là que le projet de loi entre en jeu. À la base, il porte sur l'accès légal, c'est-à-dire le fait de donner à la police la capacité d'accéder à des renseignements essentiels de façon rapide, ciblée et légale.
Je tiens à préciser ce que ce projet de loi ferait et ne ferait pas. Il ne donnerait pas un accès illimité aux données personnelles. Il n'autoriserait pas une surveillance sans mécanisme de contrôle. Il propose plutôt de suivre une procédure soigneusement structurée, étape par étape.
Premièrement, lorsqu'une enquête est en cours, la police pourrait demander la confirmation du lien entre un numéro de téléphone ou une adresse IP et un fournisseur de services en particulier. On ne s'intéresse pas au contenu. On ne s'intéresse pas non plus aux communications privées. Il s'agirait simplement d'identifier le réseau. Actuellement, il faut parfois des mois juste pour déterminer par où commencer, des mois où des éléments de preuve peuvent disparaître, des victimes peuvent subir d'autres préjudices et des réseaux criminels peuvent poursuivre leurs activités sans interruption. C'est inacceptable.
Une fois le lien confirmé, la police devrait alors demander une autorisation judiciaire pour accéder aux renseignements relatifs à l'abonné, comme son nom et son adresse. Ainsi, chaque étape est soumise à une surveillance judiciaire. Il s'agit de renseignements qui étaient autrefois accessibles au public. Je me rappelle que, dans les années 1980 — je suis l'un des plus âgés ici —, on pouvait ouvrir un annuaire téléphonique pour obtenir tous ces renseignements. De nos jours, les forces de l'ordre n'y ont plus accès, c'est pourquoi il faut y remédier. Dans le monde numérique actuel, ces renseignements ne sont pas accessibles sans autorisation légale. Ce n'est que dans des situations urgentes et où le temps est compté, comme en cas d'exploitation d'enfants en cours, que l'accès peut avoir lieu sans autorisation au préalable. Même dans ce cas, des mesures de protection strictes s'appliquent, y compris des mesures de reddition de comptes a posteriori.
Je voudrais prendre un instant pour mettre l'accent sur un élément fondamental de ce projet de loi: la confiance. Les Canadiens doivent avoir l'assurance que leurs droits sont protégés. C'est pourquoi ce projet de loi prévoit des critères juridiques clairs avant que l'on puisse accéder à toute information, une surveillance judiciaire pour les renseignements de nature délicate, des limites précises sur ce qui peut et ne peut pas être demandé, ainsi que des mécanismes redditionnels qui assurent une utilisation appropriée. Il ne s'agit pas d'étendre le pouvoir de l'État sans limites, mais plutôt de faire en sorte que, quand ce pouvoir est utilisé, il le soit de manière responsable, proportionnée et transparente.
En fait, ce projet de loi reflète les orientations de nos tribunaux tout en intégrant les leçons tirées des débats passés. C'est une question d'équilibre. Ce projet de loi assurerait un contrôle judiciaire, des seuils juridiques clairs et une reddition de comptes indépendante. Pour tout dire, il établirait l'un des régimes d'accès légal respectueux de la vie privée les plus solides du G7. Je dirais que cet équilibre est précisément ce à quoi les Canadiens s'attendent. Ils ne veulent pas d'une fausse alternative entre sécurité et protection de la vie privée: ils veulent les deux, et ce projet de loi permettrait d'atteindre ces deux objectifs.
Soyons honnêtes: le Canada est à la traîne. Tous les autres pays du G7 ont un cadre d'accès légal, tout comme nos partenaires du Groupe des cinq. Or, parce que nous n'en avons pas, nos enquêtes sont plus lentes, plus lourdes et moins efficaces. Quand un crime est commis en temps réel, les retards ont des conséquences.
Ce projet de loi n'est pas apparu du jour au lendemain. Il s'appuie sur des années de consultation des forces de l'ordre, d'experts de la protection de la vie privée, de juristes et de parlementaires de tous les partis. Il est par conséquent plus ciblé, plus responsable et plus transparent. Voilà à quoi ressemble un processus législatif responsable.
Quand on parle de sécurité publique, il ne faut pas oublier les intervenants de première ligne — les agents, les enquêteurs et les professionnels — qui travaillent chaque jour pour assurer la sécurité des Canadiens. Ils ne demandent pas de pouvoirs illimités. Ils réclament des outils modernes pour lutter contre les pratiques criminelles modernes. Si on leur donne ces outils assortis des mesures de protection appropriées, on appuie non seulement le travail des forces de l'ordre, mais aussi les victimes. On en parle depuis des dizaines d'années. Les responsables de l'application de la loi nous ont avertis que nous risquons de nous retrouver dans une véritable « zone d'ombre » en perdant l'accès à des éléments de preuve numérique essentiels. Nous avons maintenant l'occasion d'agir, et cette occasion s'accompagne de responsabilités.
Avant de conclure, j'aimerais raconter une petite histoire qui montre pourquoi cette question est importante. Un habitant de Mississauga‑Est—Cooksville a communiqué avec mon bureau dernièrement pour me dire qu'il avait été victime d'une arnaque liée aux cryptomonnaies en ligne. Pour cette personne et pour de nombreuses autres partout au pays, nous devons adopter ce projet de loi, agir rapidement…
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Monsieur le Président, l'approche du gouvernement fédéral pour assurer la sécurité des Canadiens repose sur trois piliers: des lois plus strictes; un soutien accru pour les agents de première ligne, notamment grâce à l'ajout de 1 000 nouveaux agents de la GRC et 1 000 nouveaux agents des services frontaliers; ainsi que des investissements plus importants en amont dans le logement, la santé mentale et les programmes pour jeunes à risque. Le projet de loi cible les deux premiers piliers. Il moderniserait nos lois et donnerait aux policiers les outils qu'ils demandent au Parlement non pas depuis des années, mais depuis des décennies.
Je vais expliquer clairement pourquoi nous avons besoin de ce projet de loi. De nos jours, les crimes les plus graves ne se produisent pas seulement dans nos rues. Ils surviennent aussi sur nos téléphones et dans nos applications. Ces crimes sont planifiés dans des groupes de clavardage, puis ils sont commis en quelques secondes à peine, sans tenir compte des frontières. L'exploitation sexuelle des enfants, la traite des personnes, l'extorsion, le blanchiment d'argent, les réseaux de vols de voitures, la violence motivée par la haine et l'ingérence étrangère sont autant de crimes où les contrevenants agissent maintenant en ligne, et pour lesquels nos lois sont obsolètes.
Le Canada est actuellement le seul pays du Groupe des cinq et du G7 à ne pas avoir de cadre moderne sur l'accès légal. Tous nos plus proches alliés disposent d'outils juridiques qui permettent à leurs services de police — sous réserve d'une surveillance judiciaire — d'obtenir des renseignements numériques de base dans le cadre d'une enquête criminelle. Ce n'est pas le cas des services de police canadiens. Cet écart n'a pas que des ramifications théoriques. Il fait en sorte qu'au Canada, les enquêtes piétinent, les renseignements provenant d'organismes étrangers restent inutilisés et, dans les pires cas, les enquêtes sont tout simplement abandonnées avant même d'avoir commencé.
Selon le Centre canadien de protection de l'enfance, de 2014 à 2024, les affaires d'exploitation sexuelle d'enfants en ligne déclarées par la police ont augmenté de 374 %; or, en 2024, 94 % des affaires liées au matériel d'abus et d'exploitation pédosexuels en ligne n'ont pas débouché sur des accusations, souvent parce que la police n'est tout simplement pas parvenue à identifier la personne derrière le pseudo, ce qui est inacceptable. Le projet de loi contribuerait à changer la donne.
Je vais présenter, en langage clair, ce que le projet de loi fait et, tout aussi important, ce qu'il ne fait pas. Je pense qu'il suffit souvent de comprendre comment quelque chose fonctionne pour dissiper une grande partie de l'inquiétude.
Premièrement, le projet de loi créerait un ordre de confirmer la fourniture de services, un outil simple qui permettrait de répondre par oui ou par non. Voici comment il fonctionne: supposons que la police enquête sur une affaire d'extorsion et qu'elle a un numéro de téléphone. Elle doit savoir quelle entreprise, que ce soit Rogers, Bell, Telus ou n'importe quelle autre, assure les services de ce numéro afin de savoir où envoyer une ordonnance du tribunal. En vertu du projet de loi , la police n'aurait qu'une question à poser: « Fournissez-vous les services associés à ce numéro, oui ou non? » C'est tout. Il n'y a pas de nom, pas d'adresse, pas de contenu, juste une réponse positive ou négative. Aujourd'hui, sans cet outil, la police peut passer des semaines, voire des mois, au tribunal, à égrener toutes les possibilités, juste pour savoir à quelle entreprise remettre l'ordonnance. Le projet de loi C‑22 leur permettrait de ne pas se perdre en conjectures et de mener une véritable enquête.
Deuxièmement, et c'est là la garantie essentielle en matière de protection de la vie privée, lorsqu'un enquêteur sait à quel fournisseur s'adresser, il doit se présenter devant un juge. Le juge doit autoriser de manière indépendante ce qu'on appelle une ordonnance de communication de renseignements sur l'abonné, et ce, avant que l'enquêteur puisse obtenir le nom et l'adresse associés au compte de l'abonné. Il s'agit donc d'un mécanisme de surveillance judiciaire en conformité avec la Charte des droits et libertés. On est bien loin de l'enquêteur qui s'empare des données personnelles d'un citoyen sur simple demande. En fait, l'enquêteur en question devra se présenter devant un tribunal, exposer ses arguments, et laisser un juge décider si les conditions requises ont bel et bien été remplies. En réalité, il s'agit du même type de renseignements que l'on trouvait autrefois dans l'annuaire téléphonique posé sur notre comptoir de cuisine. Cependant, comme les identificateurs numériques révèlent désormais beaucoup plus de renseignements sur nous, la Cour suprême a déclaré, à juste titre, que leur consultation nécessite l'obtention d'un mandat, et le projet de loi tient donc compte de cette réalité.
Troisièmement, le projet de loi obligerait nos principaux fournisseurs de services électroniques à être effectivement en mesure de se conformer à une ordonnance judiciaire valide. Cela semble presque incroyable, mais en vertu de la législation canadienne actuelle, une telle exigence n'existe pas. Un juge peut rendre une ordonnance, et une entreprise peut simplement répondre qu'elle n'est techniquement pas en mesure de fournir les renseignements. Le projet de loi corrigerait ce problème grâce à des exigences adaptées à chaque catégorie de fournisseur et à la mise en place de mécanismes de surveillance exercée par le commissaire au renseignement, qui est indépendant.
Quatrièmement, le projet de loi créerait une voie juridique claire pour que la police canadienne puisse travailler avec nos alliés quand la criminalité traverse la frontière. En 2026, le crime organisé ne s'arrête pas au 49 e parallèle, et nos forces de l'ordre doivent pouvoir agir tout aussi rapidement.
Je suis très chanceuse de représenter l'une des circonscriptions les plus engagées et les plus avisées de ce pays. Les habitants de Davenport se soucient profondément de la vie privée et de la Charte. Je veux qu'ils sachent que leur gouvernement fédéral les a écoutés. Ce n'est pas la première version du projet de loi. Une version antérieure faisait partie du projet de loi l'année dernière. Nous avons entendu les préoccupations soulevées par des spécialistes de la protection de la vie privée, des groupes de défense des libertés civiles et des députés de tous les partis. Nous avons pris ces préoccupations au sérieux, nous avons mené de vastes consultations et nous sommes revenus avec un meilleur projet de loi, mieux conçu, avec une portée plus restreinte.
Voici ce qui a changé. Il n'y a plus d'accès sans mandat aux renseignements relatifs à l'abonné, et l'autorisation judiciaire serait désormais la règle. La définition de « renseignements relatifs à l'abonné » a été réduite aux éléments de base. Le projet de loi protégerait aussi explicitement le secret professionnel de l'avocat et les renseignements médicaux. Les arrêtés ministériels nécessiteraient l'approbation du commissaire au renseignement, qui est indépendant. La conservation des données serait strictement limitée aux métadonnées, pour un maximum d'un an, et ne porterait pas sur le contenu, l'historique de navigation sur le Web et les activités sur les médias sociaux. De plus, l'ensemble de la loi ferait l'objet d'un examen parlementaire obligatoire trois ans après son entrée en vigueur.
Pour être tout à fait claire, il n'y a pas de portes dérobées dans ce projet de loi. La police n'aurait pas directement accès aux communications des gens. Les fournisseurs de services eux-mêmes récupéreraient les renseignements, et seulement sur autorisation d'un tribunal. Il s'agit d'un accès légal, et j'insiste sur le mot « légal ».
En ma qualité de présidente du caucus libéral de Toronto, j'avais le privilège d'être aux côtés du et du chef de la police de Toronto, Myron Demkiw, quand le ministre a parlé du projet de loi au quartier général de la police de Toronto. Quand on passe du temps près du chef de police et qu'on l'entend parler des situations auxquelles les policiers de Toronto sont confrontés chaque jour, comme les cas d'extorsion que subissent des familles de toute la ville, les réseaux de vol de voitures et l'exploitation d'enfants en ligne, on comprend très vite pourquoi ce projet de loi est important et pourquoi les retards ont un coût réel. C'est aussi vrai ailleurs qu'à Toronto. L'Association canadienne des chefs de police, la Fédération de la police nationale et l'Association des chefs de police de la Colombie‑Britannique appuient également ce projet de loi.
En terminant, je tiens à dire à mes concitoyens de Davenport, aux familles qui se sont fait arnaquer, aux parents qui s'inquiètent quand leurs enfants passent du temps en ligne et aux propriétaires de petites entreprises qui ont été menacés d'extorsion que ce projet de loi est pour eux. Je tiens à ce que les habitants de Davenport qui tiennent énormément de la protection de la vie privée prévue dans la Charte sachent que le projet de loi a été élaboré avec soin, et qu'il est fondé sur une surveillance judiciaire et une reddition de comptes indépendante à tous les niveaux. Il ne s'agit pas de choisir entre la sécurité et les droits, mais bien de tenir compte à la fois de la sécurité et des droits, comme les Canadiens s'y attendent.
La criminalité s'est modernisée. Il est grand temps que nos lois fassent de même. J'exhorte tous les députés, tous partis confondus, à renvoyer le projet de loi au comité, à l'étudier, à le renforcer là où cela est possible et à le faire adopter. Les Canadiens attendent depuis de nombreuses années. Ils ne devraient plus avoir à attendre.
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Monsieur le Président, les conservateurs croient au maintien de l'ordre — à un vrai maintien de l'ordre —, pas au genre de discours que tiennent les libéraux en période électorale et qu'ils relèguent aux oubliettes dès que les votes sont comptés. Pour maintenir l'ordre, il faut assurer la sécurité des Canadiens et avoir un système de justice qui fonctionne vraiment.
Nous parlons aujourd'hui du projet de loi , qui porte sur la façon dont les forces de l'ordre enquêtent sur les crimes commis dans le monde numérique. La criminalité a changé. Le trafiquant de drogue qui menait autrefois ses activités au coin d'une rue utilise désormais des applications chiffrées. Le fraudeur qui émettait auparavant des chèques sans provision vole maintenant les données de cartes de crédit en ligne. Le prédateur qui rôdait dans un parc cible maintenant des enfants sur Internet.
Si le Parlement ne donne pas aux forces de l'ordre les outils nécessaires pour suivre les criminels dans le monde numérique, ceux-ci continueront de sévir. Les conservateurs le savent. Nous sommes favorables à ce que les forces de l'ordre disposent des outils modernes dont elles ont besoin pour faire leur travail, mais nous sommes aussi conscients que le gouvernement ne doit pas bénéficier d'un passe-droit lorsqu'il s'agit des renseignements personnels des Canadiens.
J'aimerais parler aux députés d'un cas qui montre exactement la nature de la problématique sur laquelle le Parlement doit se pencher. Dans l'affaire R. c Bykovets portée devant la Cour suprême, la police enquêtait sur une fraude en ligne commise par un fraudeur qui utilisait des données de carte de crédit volées pour acheter des cartes-cadeaux en ligne. Les enquêteurs ont déterminé que les activités étaient liées à une adresse IP et ont obtenu des renseignements sur l'abonné, puis des accusations ont été portées. Cependant, la cour a appuyé sa décision non pas sur les éléments de preuve qui avaient été découverts, mais sur la façon dont on les avait obtenus. Ces données pouvaient révéler des renseignements personnels sur les activités en ligne d'une personne. Les enquêteurs ne peuvent aller de l'avant que si on peut établir un lien entre ces données et une personne réelle. Dans cette affaire, les éléments de preuve ont été rejetés parce qu'on avait obtenu l'adresse IP sans mandat.
Voilà la réalité sur laquelle le Parlement doit se pencher aujourd'hui. Dans une enquête impliquant des données numériques, il ne suffit pas de trouver des éléments de preuve. La loi doit permettre aux forces de l'ordre de faire les choses correctement. Si cette étape n'est pas suivie correctement, l'affaire peut tomber à l'eau, et on risque de ne pas pouvoir rendre justice. C'est pourquoi le Parlement doit adopter un bon projet de loi.
Avant d'en dire plus sur le projet de loi , il convient de rappeler comment nous en sommes arrivés là. En effet, ce n'est pas la première fois que le gouvernement libéral tente d'élargir l'accès aux renseignements personnels des Canadiens. L'automne dernier, les libéraux ont présenté le projet de loi . Il proposait un élargissement radical de la surveillance gouvernementale qui a alarmé de nombreux Canadiens, y compris bon nombre de mes concitoyens. Il aurait donné au gouvernement l'accès aux données personnelles détenues par un large éventail de fournisseurs de services, avec très peu de surveillance. Il prévoyait des pouvoirs ministériels étendus, sans pratiquement aucune obligation de rendre des comptes à une instance indépendante. Il imposait des obligations bien au-delà du secteur des communications.
Les conservateurs ont riposté. Nous avons contraint les libéraux à supprimer les dispositions qui auraient permis d'accéder au courrier sans mandat. Nous les avons contraints à supprimer les dispositions qui auraient permis des demandes générales de données personnelles sans seuil juridique défini. Après tout cela, ils sont revenus avec le projet de loi . Quand le gouvernement doit réécrire deux fois son projet de loi parce qu'il est allé trop loin, cela soulève de nombreuses inquiétudes. C'est exactement pour cette raison que le Parlement doit examiner le projet de loi avec soin.
Soyons honnêtes quant au bilan du gouvernement en matière de criminalité. Depuis 10 ans, les libéraux ont laissé la criminalité devenir incontrôlable. Les crimes violents sont en hausse, les vols de voitures sont en hausse, et le régime de mise en liberté sous caution favorise la récidive. Les Canadiens sont moins en sécurité aujourd'hui qu'ils l'étaient quand les libéraux sont arrivés au pouvoir. Qu'ont fait les libéraux pour corriger la situation? Absolument rien.
Les Canadiens ne sont pas dupes. Ils ont vu le gouvernement parler de répression de la criminalité alors que des criminels sont remis en liberté sous caution le jour même de leur arrestation. Ils ont vu le gouvernement faire la leçon aux Canadiens sur la sécurité tout en sabrant dans les outils qui les protègent. Voilà que ce même gouvernement demande au Parlement de lui accorder un accès accru aux données personnelles des Canadiens.
Que prévoit concrètement le projet de loi ? La partie 1 propose un seuil moins élevé d'accès aux renseignements sur les abonnés. Elle permettrait ainsi aux enquêteurs d'associer plus rapidement une adresse IP à une personne identifiable, et ce, sans mandat.
La partie 2 obligerait les fournisseurs de services électroniques à conserver les données, y compris les adresses IP et les données de localisation, en vue d'un accès ultérieur. Le projet de loi conférerait également aux ministres le pouvoir d'imposer des exigences techniques aux fournisseurs de services au moyen d'arrêtés confidentiels. Selon moi, c'est l'aspect le plus important. Je pense aussi qu'il s'agit probablement de l'un des principaux points d'achoppement. Ces arrêtés seraient soumis à l'examen du commissaire au renseignement.
Chacun de ces trois éléments suscite de graves préoccupations. Les renseignements sur les abonnés peuvent révéler à la fois l'identité d'une personne et ses comportements en ligne. De plus, sans limites clairement établies, les risques d'utilisation inappropriée augmentent. La conservation des données crée également une base permanente d'informations accessibles ultérieurement. En l'absence de règles précises sur leur stockage, leur durée de conservation et leur protection, ces données deviendraient vulnérables. Enfin, les arrêtés ministériels permettraient d'imposer des exigences aux systèmes privés sans que le public le sache. Comme je l'ai déjà dit, il s'agit probablement de l'aspect le plus préoccupant du projet de loi. Une plus grande transparence est nécessaire pour que le public sache ce qui se passe. Rien ne nous garantit que la surveillance exercée par le commissaire au renseignement soit, à elle seule, suffisante. Ces préoccupations sont bien réelles et elles ont déjà obligé le gouvernement à revoir en profondeur le projet de loi . On les retrouve encore aujourd'hui dans le projet de loi .
Les conservateurs souhaitent que ce projet de loi soit renvoyé au comité. La deuxième lecture porte sur le principe du projet de loi. Les membres du comité, quant à eux, auront l'occasion de déterminer si le texte du projet de loi est adéquat et si l'effet sera celui qui est recherché. Ce projet de loi a besoin d'un examen minutieux. Il n'indique pas clairement qui doit conserver les données, où elles seraient stockées, pendant combien de temps elles seraient conservées, ni comment elles seraient protégées. Ce type de lacunes risque d'exposer le système à toutes sortes d'abus.
La définition d'un « fournisseur de services électroniques » est large. En effet, la portée de cette définition peut s'étendre bien au-delà des télécommunications, pour englober les plateformes de messagerie, ainsi que les services infonuagiques. Le projet de loi vise à fixer certaines limites quant à l'exclusion de la conservation des contenus, de l'historique de navigation et de l'activité sur les réseaux sociaux, mais il n'est pas certain que ces distinctions tiendraient la route.
Des membres des forces de l'ordre auront l'occasion de se faire entendre devant le comité, et de nous faire part de leurs besoins sur le terrain. C'est là que les experts en protection de la vie privée pourront nous expliquer de quelle manière ce type de mesures risquent d'affecter la population canadienne. Voilà le rôle qui nous revient à titre de parlementaires. Les conservateurs sont favorables à ce que les forces de l'ordre disposent des outils dont elles ont besoin, dans un cadre qui respecte les droits des Canadiens. Bref, le fait de renvoyer ce projet de loi au comité permettrait au Parlement d'y apporter des modifications avant qu'il n'entre en vigueur.
Je représente une région rurale de l'Ouest du Manitoba. Mes concitoyens se soucient profondément de leur sécurité et de leur liberté. Ils veulent que les forces de l'ordre disposent des outils nécessaires pour protéger leurs collectivités. Ils s'attendent aussi à ce que leur gouvernement protège leurs droits. Ces deux éléments ne sont pas en conflit. Une application efficace de la loi et de solides mesures de protection pour les Canadiens peuvent et doivent aller de pair.
L'affaire R. c Bykovets nous rappelle que les raccourcis dans la procédure peuvent nuire même à l'enquête la plus rigoureuse. L'histoire de la mesure législative libérale contenue dans le projet de loi nous rappelle ce qui se passe quand le gouvernement va trop loin. Les conservateurs ne laisseront pas cela se reproduire. Nous veillerons à ce que ce projet de loi serve à la fois la justice et la liberté, car les Canadiens ne méritent rien de moins.
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Monsieur le Président, c'est avec un grand plaisir que je prends la parole au sujet d'un projet de loi qu'il faut absolument renvoyer à un comité, selon moi. Nous sommes déjà en retard en matière d'accès légal. Comme le disait mon collègue le il y a quelques minutes, tous nos partenaires du Groupe des cinq et du G7 ont déjà modernisé leurs lois en la matière.
À son arrivée au pouvoir, le gouvernement a établi quelques grandes priorités. L'une d'elles était de s'occuper avant tout sur l'économie, et une autre était de susciter un sentiment de sécurité chez les Canadiens. Pour cette dernière, nous devons veiller à donner aux forces policières, au SCRS et à tout le milieu de la sécurité, les outils dont ils ont besoin pour lutter contre le crime organisé, les menaces terroristes, l'ingérence étrangère et les autres menaces de notre ère numérique qui étaient encore inexistantes il y a une vingtaine d'années.
Pour ce faire, le gouvernement pourrait utiliser le projet de loi visant à lutter contre la haine qui vient d'être adopté par la Chambre et dont le Sénat est maintenant saisi. Ce projet de loi donnerait à la police les outils qu'elle a demandés pour mieux lutter contre la haine. Un projet de loi a aussi été adopté avec une forte majorité de sorte à rendre plus difficile l'obtention d'une mise en liberté sous caution pour les criminels dangereux et les récidivistes. En outre, il y a un projet de loi actuellement à l'étude au comité de la justice et qui porte sur la violence entre partenaires intimes, les féminicides et le partage d'images. Enfin, le gouvernement veille à ce que la police dispose des outils nécessaires pour faire face aux menaces qui viennent des réseaux.
Avant d'être élu, j'ai eu le privilège d'être l'avocat-conseil et le directeur général d'une entreprise de technologie. J'ai souvent eu affaire à des fournisseurs de services Internet et à des entreprises de télécommunications. Ce projet de loi vise à simplifier l'obtention de renseignements auprès de ces entreprises par les forces de l'ordre. C'est le cœur du projet de loi.
Le projet de loi comporte trois parties. Je veux parler de la première partie du projet de loi, le cœur du projet de loi, qui porte sur les nouvelles mesures visant à aider les forces de l'ordre à obtenir des renseignements et à lutter contre la criminalité à l'ère numérique.
Le premier problème auquel nous devons nous attaquer, c'est la façon dont les forces de l'ordre peuvent découvrir quelle entreprise de télécommunications ou quel fournisseur de services Internet possède les renseignements nécessaires pour ensuite demander un mandat afin d'obtenir des renseignements plus détaillés. Selon la loi actuelle, à la suite de l'arrêt de la Cour suprême dans l'affaire R. c Spencer en 2014, les fournisseurs de services de télécommunications ne fournissent généralement des renseignements qu'une fois qu'une ordonnance du tribunal a été obtenue. Cependant, si les forces de l'ordre ne peuvent pas déterminer quelle entreprise de télécommunications a le numéro de téléphone, l'adresse du fournisseur de services Internet ou le courriel lié à la violation potentielle ou présumée du Code criminel, elles se retrouvent alors dans une impasse parce qu'elles doivent savoir à qui s'adresser et avoir des motifs raisonnables de le faire avant de pouvoir obtenir une ordonnance du tribunal.
Dans le projet de loi, nous avons créé un paragraphe intitulé « Ordre de confirmer la fourniture de services ». Il dit essentiellement que les forces de l'ordre peuvent remplir ce formulaire et que le fournisseur de services devra répondre s'il est, par exemple, le fournisseur d'un numéro précis ou d'une adresse de courriel précise. Tout ce qui serait fourni, c'est une liste très rudimentaire permettant de déterminer s'ils ont cette information ou non. Il peut s'agir de l'adresse liée au compte, de l'adresse courriel, du numéro de téléphone, de la durée du service et du type de service offert. Aucun renseignement détaillé ne serait fourni sans une ordonnance du tribunal, mais cela réglerait la question de l'affaire R. c Spencer, qui, à mon avis, a rendu excessivement complexe l'obtention de renseignements de base auprès d'une entreprise de télécommunications.
[Français]
Quand j'étais jeune, il y avait quelque chose qui s'appelait les pages blanches et les pages jaunes. Nous pouvions y trouver les numéros de téléphone, les adresses et les noms de tout le monde. Si la police cherchait un numéro de téléphone, elle pouvait trouver l'information dans un répertoire téléphonique.
Maintenant, avec les téléphones cellulaires, ça n'existe plus. J'imagine que ça existe quelque part, mais c'est très peu utilisé. Je ne sais même pas moi-même où on peut le trouver exactement. Je sais qu'on peut trouver l'information grâce au service 411 en ligne.
S'il s'agit d'information du domaine public, il n'est pas nécessaire d'aller en cour pour obtenir une ordonnance afin d'y avoir accès, puisqu'elle est déjà disponible sur Internet.
[Traduction]
Nous avons eu un autre jugement de la cour qui a semé la confusion quant à savoir si un fournisseur de services Internet ou une entreprise de télécommunications pouvait fournir des renseignements du domaine public sans ordonnance du tribunal ou si la police pouvait utiliser des renseignements du domaine public sans ordonnance du tribunal. Il y avait également de la confusion quant à ce qui se passerait si un bon samaritain, une entreprise ou quiconque offrait volontairement aux forces de l'ordre des renseignements concernant, par exemple, l'adresse de facturation d'un numéro de téléphone soupçonné d'être à l'origine d'une fraude.
Il y a tous ces gens qui nous appellent constamment dans ce pays pour essayer de nous escroquer. Je ne sais pas combien de fois quelqu'un de chez Windows, pas Microsoft, mais Windows, m'a appelé pour me dire que mon ordinateur ne fonctionnait plus et que je devais lui donner mon mot de passe pour qu'il le répare. Quelqu'un m'appelle à partir d'un numéro de téléphone et essaie de m'escroquer. Ce même numéro de téléphone est à l'origine d'une arnaque ciblant les personnes âgées: on appelle des personnes âgées et on se fait passer pour leur petit-fils ou leur petite-fille. On dit qu'on a eu un accident et qu'il faut que les grands-parents envoient de l'argent, mais qu'il ne faut en aucun cas qu'ils en parlent à un autre membre de la famille.
J'ai entendu de nombreuses personnes raconter qu'elles avaient été victimes de cette arnaque « grands-parents ». Si quelqu'un dispose de ces informations, il devrait pouvoir les transmettre à la police. Si l'entreprise, le fournisseur de télécommunications, transmet volontairement ces informations à la police sans mandat judiciaire, celle-ci devrait être autorisée à les utiliser. Ce projet de loi précise qu'elle peut le faire. Il règle également la question des informations, telles que les numéros de téléphone, les adresses courriel et autres, qui peuvent se trouver à l'étranger.
[Français]
J'imagine qu'il y a plusieurs numéros de téléphone et adresses courriel différents utilisés pour contacter des Canadiens à partir de l'étranger. On sait que l'Inde est un pays où il y a beaucoup de fraudes, notamment de nombreux appels frauduleux dirigés vers le Canada. Il y a également des attaques qui proviennent de la Russie. Or, jusqu'à maintenant, il est très difficile en vertu de la loi d'obtenir de l'information dans un pays étranger. Le projet de loi va nous donner ce pouvoir et va donner à d'autres pays la possibilité de demander des renseignements aux tribunaux canadiens d'une manière plus équitable et plus juste. Si, par exemple, la France est victime d'une fraude commise par un numéro ou une personne provenant du Canada, on devra également l'aider à obtenir de l'information. C'est, selon moi, un très bon début.
[Traduction]
Le projet de loi clarifierait également la question du droit de la police d'utiliser des informations en situation d'urgence. Par exemple, en cas d'attaque terroriste, nous ne voulons certainement pas que la police ait besoin d'une ordonnance du tribunal afin d'obtenir les informations nécessaires pour tenter de déjouer une attaque terroriste contre le Canada ou une menace à la cybersécurité. Toutes ces questions sont traitées dans le projet de loi. L'un des points sur lesquels, je pense, les députés de tous les partis représentés à la Chambre s'accordent à peu près à l'unanimité, c'est que ce projet de loi devrait être renvoyé au comité afin d'être examiné comme il se doit par un comité parlementaire.
[Français]
Je crois qu'il y a consensus pour qu'un comité parlementaire étudie ce projet de loi, entende des témoins et examine s'il y a lieu d'y apporter des amendements. Il est très important de donner aux policiers et à notre appareil de sécurité les outils nécessaires.
[Traduction]
Je vais conclure, et je suis prêt à répondre aux questions de mes collègues.
:
Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de .
Pour les gens qui nous regardent à la maison, les libéraux s'apprêtent à réglementer Internet.
C'est un moment très grave. Les libéraux ont présenté un projet de loi relatif aux activités policières sur Internet et aux poursuites contre les auteurs d'actes criminels sur Internet. Évidemment, cela va soulever beaucoup de questions sur la vie privée, la loi et l'application de la loi. Je propose de débattre en tout professionnalisme du fait que les libéraux vont surveiller ce qui se passe sur Internet tout en préservant les droits fondamentaux garantis par la Charte, car nous sommes tous d'accord pour dire qu'il faut préserver ces droits.
Les conservateurs appuient l'idée de donner aux forces de l'ordre les outils dont elles ont besoin pour lutter contre la criminalité et assurer la sécurité publique, en particulier en cette ère numérique où les menaces sont de plus en plus perfectionnées. Parallèlement, ces pouvoirs doivent s'accompagner de solides mesures de protection, de limites claires et d'une surveillance indépendante afin de protéger les droits et libertés des Canadiens. Les conservateurs n'arrêteront jamais de défendre la liberté, la vie privée et la sécurité des gens.
Commençons par certaines lois. Les libéraux veulent savoir si Madame Unetelle est une cliente de Telus. Ils veulent que les forces de l'ordre aient le droit d'appeler un fournisseur de services Internet, sans mandat, et de lui demander simplement si Madame Unetelle est sa cliente. Je dois dire que je n'ai rien contre. Il s'agit probablement de renseignements publics, et dans l'intérêt de la sécurité, les fournisseurs pourraient probablement adapter leur politique en matière de protection de la vie privée pour que ce soit permis.
Je vois que mon ami de est d'accord. J'en suis heureux.
J'aimerais lui faire une autre proposition. Telus ou Rogers savent que Madame Unetelle est une cliente, et la police veut saisir des dossiers supplémentaires sur Madame Unetelle, des renseignements de base comme l'adresse IP, le lieu, et cetera. Nous parlons maintenant de renseignements personnels contenus dans les dossiers de l'entreprise. Comme le dit mon ami de , ils vont se rendre devant un juge. Alléluia.
Le problème, c'est que, généralement, pour obtenir un mandat, un agent de police doit jurer de la croyance raisonnable qu'une activité criminelle a pu avoir lieu. La « croyance raisonnable » est un terme technique important parce que l'agent de police s'engage à signer une déclaration sous serment fondée sur une croyance subjective. Cependant, dans le projet de loi, les libéraux proposent d'abaisser ce seuil à un soupçon raisonnable.
Si un policier dit qu'il a des motifs raisonnables de soupçonner qu'un crime a été commis, ce serait alors suffisant pour satisfaire aux conditions du mandat et accéder aux renseignements supplémentaires de Madame Unetelle. Nous y réfléchirons au comité, et je vais vouloir entendre des témoignages, mais je ne suis pas certain qu'il soit prudent d'abaisser le seuil des perquisitions et des saisies. Il s'agit donc d'une disposition très problématique.
Deuxièmement, les libéraux demandent aux fournisseurs de services Internet de collaborer avec eux à la création de divers systèmes qui les aideront à poursuivre les criminels et à trouver les délinquants. C'est un objectif noble et nécessaire, j'en conviens. Ils demandent aux fournisseurs de services Internet de créer des systèmes de conservation des données, des portes dérobées où le gouvernement pourrait entrer des communications chiffrées et d'autres moyens pour aider les forces de l'ordre. Ce qu'il faut retenir, c'est que ce n'est pas en vertu d'un mandat de la cour, parce qu'un crime a été commis, qu'on demanderait à ces entreprises de dire qu'elles ont maintenant besoin de créer un système.
On procéderait au moyen d'un arrêté ministériel, approuvé au préalable par le commissaire au renseignement. Autrement dit, le ministre demanderait au secteur privé de mettre un système en place, sans présumer qu'un crime a été commis.
C'est très bien, mais même là, le problème réside dans ce que l'on entend par « fournisseur de services électroniques », car on peut ratisser très large. Selon le libellé actuel du projet de loi, un fournisseur de services électroniques désigne une « [p]ersonne qui, seule ou au titre de son appartenance à un groupe, fournit des services électroniques, notamment en vue de permettre la communication, et qui, selon le cas: fournit ces services à des personnes se trouvant au Canada [ou] exerce tout ou partie de ses activités commerciales au Canada ».
Si l'on parle de Telus, de Sprint ou de Rogers, d'accord, mais je dirai à mes deux collègues, le député de Winnipeg et le député de , qui viennent d'en parler, que j'aimerais savoir hors de tout doute si cela pourrait également s'appliquer à un cabinet d'avocats. Cela pourrait-il s'appliquer à un cabinet d'expertise comptable? Cela pourrait-il s'appliquer à un établissement d'enseignement? Toutes ces entités correspondent à la définition de « fournisseur de services électroniques » telle qu'elle est actuellement libellée dans le projet de loi.
C'est quelque chose qui m'inquiète. Je demande que nous étudiions cette définition très attentivement au comité. Je suis sûr que même les députés d'en face qui penchent à gauche conviennent qu'il faut établir des limites raisonnables et qu'un ministre ne peut pas ordonner secrètement à un cabinet d'avocats, sans aucune autorisation judiciaire, sans supervision d'un juge et sans possibilité de recours, de créer un système de conservation des données ou une porte dérobée pour obtenir accès aux renseignements de sa clientèle. De grâce, soyons très prudents.
J'en viens maintenant à mon dernier point, c'est-à-dire ce qui est difficile dans le projet de loi. Le ministre de la Sécurité publique ordonnerait la conservation des métadonnées — en gros, toutes les données qui passent par les infrastructures d'un fournisseur de services électroniques — pendant 365 jours. Cette disposition soulève une question intéressante au sujet de l'article 8, qui porte sur les fouilles, les perquisitions et les saisies abusives, étant donné que c'est le ministre, et non un tribunal, qui ordonnerait au fournisseur de services Internet de conserver toutes les données pendant 365 jours, sans mandat. Même si quelqu'un n'a pas commis d'infraction, le ministre pourrait vouloir que le fournisseur de services Internet conserve les données au cas où cette personne en aurait commis une. Ce n'est pas ainsi que fonctionne notre système judiciaire.
Les gens diront que ce n'est pas le gouvernement qui saisirait les données. Ça n'a pas d'importance. Si le gouvernement ordonnait à une autre institution, en l'occurrence un fournisseur de services Internet, de saisir ces données, le fournisseur en question deviendrait un agent du gouvernement. Le résultat serait le même, à savoir une violation de l'article 8, car il s'agirait d'une saisie abusive. Nous devons y réfléchir très attentivement. Je pense avoir démontré de prime abord que cette mesure contreviendrait à la Charte.
Il faut de faire la distinction avec ce qui s'est passé dans l'affaire Snowden. J'aimerais parler un peu d'Edward Snowden. En 2013, il a révélé le pot aux roses: le gouvernement recueillait toutes sortes de métadonnées. Il les recueillait toutes alors que, pour recueillir les métadonnées, il fallait s'adresser à la Foreign Intelligence Surveillance Court des États‑Unis. On peut s'interroger au sujet de ce tribunal et de son efficacité, mais il n'en reste pas moins qu'il fallait passer par un tribunal. Or, selon le projet de loi, il n'y aurait pas de tribunal. On se contenterait de tout saisir.
Pour être juste envers mes amis libéraux, je reconnais que le gouvernement ne serait pas en mesure de consulter les renseignements saisis sans une ordonnance du tribunal, sans un mandat. Le fournisseur de services Internet conserverait le tout. Pour accéder aux données, le gouvernement obtiendrait une ordonnance du tribunal. Néanmoins, la saisie aurait quand même lieu.
J'en viens ainsi à mon dernier point: la sécurité. C'est très clair. Selon le Globe and Mail, nous ne sommes pas prêts. Nous ne disposons pas des systèmes nécessaires pour ordonner ce type de collecte massive de métadonnées ou créer des portes dérobées. L'article affirme que « les experts mettent en garde contre le fait que le régime d'accès légal permettrait éventuellement à des pirates informatiques d'exploiter l'architecture intégrée aux systèmes électroniques ». C'est exactement ce qui s'est produit aux États‑Unis. Les pirates informatiques chinois du groupe Salt Typhoon, qui travailleraient pour l'État chinois, ont exploité les infrastructures d'interception légale que les entreprises de télécommunications américaines avaient été tenues par la loi de mettre en place. Ils ont même réussi à s'introduire dans les systèmes de la Maison-Blanche. Leurs systèmes sont nettement plus avancés que les systèmes canadiens.
Nous savons que l'accès légal est nécessaire, mais nous devons fixer des limites appropriées et protéger les libertés civiles. Le gouvernement a un problème avec les libertés civiles.
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Monsieur le Président, le projet de loi compte parmi les nombreux projets de loi prometteurs qui ont le potentiel de devenir de bonnes politiques grâce au travail du comité. C'est ici même, à l'étape de la deuxième lecture, qu'on commence à cerner les problèmes du projet de loi C‑22. C'est ce que font mes collègues de ce côté-ci de la Chambre: ils examinent certains points, ils posent des questions, ils repèrent des points faibles qu'on pourrait éliminer ou des points forts qui pourraient être renforcés. Après ce débat, si la Chambre est d'accord, le projet de loi C‑22 sera renvoyé au comité, où il fera l'objet d'un débat et d'amendements, qui seront ensuite mis aux voix.
Les comités sont un outil exceptionnel qui permet à tous les partis de transformer un projet de loi médiocre en une bonne politique, ou de prendre un bon projet de loi et de le rendre encore meilleur. Nous interrogeons des témoins et nous tenons compte des préoccupations de chacun jusqu'à ce que nous ayons un projet de loi qui fonctionne pour tous les partis et, par extension, pour tous les Canadiens. Malheureusement, les libéraux ont commencé à décrire ce travail comme de l'obstruction, ce qui est faux, car c'est ainsi que la démocratie parlementaire canadienne est censée fonctionner. Je tiens à parler de cette allégation d'obstruction fabriquée de toutes pièces par les libéraux car, puisque les médias qui nous entourent sont pro-gouvernement, si je ne dis pas ce qui se passe aux Canadiens à la Chambre, ils ne l'apprendront pas.
Contrairement aux libéraux, qui cherchent à faire de l'obstruction, nous, conservateurs, espérions véritablement que le volerait une autre de nos promesses électorales et qu'il irait de l'avant avec la construction du fameux corridor énergétique qu'il avait lui-même promis. Nous l'avons cru lorsqu'il a dit qu'il ferait du Canada une superpuissance énergétique. Nous espérions qu'il agirait rapidement et avec détermination pour acheminer l'énergie canadienne propre vers un monde qui en a grandement besoin. Voilà pourquoi nous avions voté pour le projet de loi au tout début du mandat du premier ministre, ce qui lui a accordé des pouvoirs sans précédent pour atteindre ces objectifs.
Le dispose de pouvoirs plus étendus que ceux dont disposait le premier ministre John A. Macdonald lorsque celui-ci a fait construire des milliers de kilomètres de voies ferrées d'un bout à l'autre de certains des terrains les plus inhospitaliers qu'on puisse imaginer. Le premier ministre dispose de technologies qui laisseraient Macdonald pantois. Nous pouvons accomplir en un jour ce qui prenait une année à l'époque de Macdonald.
Le peut observer en temps réel depuis une altitude de 100 kilomètres et voir à l'intérieur du sol grâce à la technologie LIDAR. Il peut visualiser le tracé. Il peut modéliser un pipeline. Il peut même suivre sa construction en temps réel depuis le confort de son siège d'avion. Il pourrait faire construire un pipeline en deux ans s'il le voulait, mais, un an après le projet de loi , il n'a même pas entamé un projet de pipeline. Il n'a pas de plan pour en construire un. Il n'a pas de tracé. Il n'y a pas même une lueur dans l'œil d'un géomètre. Que penserait une personne rationnelle de tout cela?
Le a promis de grands projets d'importance nationale majeure. L'année dernière, il avait promis que nous aurions un accord avec les Américains à l'heure actuelle. Il avait promis d'agir à un rythme sans précédent depuis des générations pour dynamiser l'économie canadienne. Cependant, il n'est pas resté assez longtemps au Canada pour faire bouger quoi que ce soit. Au lieu d'un corridor énergétique, nous avons le néant. Au lieu de logements, nous avons une bureaucratie extrêmement coûteuse et des décors vides qui sont démontés dès que la séance photo est terminée. Au lieu d'un chemin de fer continental d'un océan à l'autre, nous avons un gâchis de 90 milliards de dollars entre deux villes de l'Est qui ne verra probablement jamais le jour, et même ce projet est déjà enlisé dans les scandales et les controverses avant même que l'accaparement des terres ne commence.
Malheureusement, le est généralement absent d'Ottawa, parcourant le monde sans but précis, à grands frais pour les contribuables et avec un budget de restauration qui ferait rougir l'empereur Néron, tout cela apparemment pour éviter les questions épineuses lors de la période des questions, puisqu'il n'a pas vraiment produit grand-chose, si ce n'est un mémoire de premier cycle en relations internationales à Davos.
J'en parle parce qu'il y a un problème qui m'inquiète. Si nous votons pour renvoyer le projet de loi à un comité, comment peut-on demeurer confiants que les libéraux respecteront le processus en comité et qu'ils ne tenteront pas de contourner la voix des Canadiens? Comment pouvons-nous être certains que les libéraux respecteront le travail fait à l'étape de l'étude en comité? Voici ce qui devrait se passer. Après les contributions, les témoins, les débats et les amendements de tous les partis, le travail que tous auront accompli sera pris en compte et fera l'objet d'un vote. Il en résultera un projet de loi modifié par les Canadiens grâce à la démocratie représentative. C'est ainsi que les choses devraient se passer, mais ce n'est pas le cas. Je veux donc prendre un moment pour discuter de ce qui se passe réellement.
Je veux parler d'une tactique troublante utilisée par les libéraux pour contourner ce processus. Je crains que le projet de loi subisse le même sort que le projet de loi . Je suis membre du comité de la défense nationale. Nous avons récemment étudié le projet de loi C‑11, qui vise principalement à transférer les cas d'agression sexuelle du système militaire au système de justice civile. Comme la plupart d'entre nous, probablement, après toutes les histoires d'horreur que nous avons entendues dans les médias, je m'attendais à ce que le projet de loi soit facilement approuvé et que la compétence soit simplement transférée au civil. Cependant, tous les membres du comité ont été surpris.
Les avocats de la défense et les procureurs des forces armées nous ont dit que les études sur lesquelles s'appuyait le projet de loi dataient de 10 ans et ne reflétaient plus la culture militaire actuelle. Ils ont fait valoir qu'ils avaient à la fois les compétences et la capacité nécessaires pour traiter ces cas et que la culture des Forces armées canadiennes avait radicalement changé au cours de ces 10 années.
Nous avons écouté la police civile, qui nous a dit que, même si elle avait les compétences requises, elle n'avait pas la capacité nécessaire pour absorber encore plus de travail, surtout dans les endroits où il y a des bases militaires à proximité.
Ensuite, nous avons écouté bon nombre de personnes qui ont été victimes d'agression sexuelle au sein des forces armées. J'ai vraiment été surpris — comme la plupart des gens au comité, à mon avis — par le témoignage des victimes, qui me semblaient être les plus susceptibles de vouloir sortir du système de justice militaire. Je pensais que seulement une personne ou deux allaient dire qu'elles aimeraient pouvoir choisir entre le système de justice militaire et le système civil, mais il se trouve qu'à peu près tous les témoins à qui nous avons parlé voulaient pouvoir faire ce choix.
À la suite des témoignages de nombreuses victimes, il est devenu évident que le projet de loi devait être modifié. Par conséquent, avec l'appui du député du Bloc qui siège au comité, nous avons collaboré afin de modifier une motion libérale désuète en fonction de ce que souhaitaient tous les intervenants, y compris les victimes et les enquêteurs. Nous avons donné un choix aux victimes. Jusque là, tout allait bien. Nous avions transformé un projet de loi acceptable en un bon projet de loi. Vendredi, tard dans l'après-midi, le a fait fi des avocats civils et militaires, de la police civile et militaire et même des victimes en proposant à la Chambre d'étudier le projet de loi à l'étape du rapport.
Il essaie de retirer nos amendements au projet de loi. Pourquoi les libéraux agissent-ils ainsi? Nous avions transformé un projet de loi correct en un bien meilleur projet de loi. Il ne semble y avoir aucune explication à cela. Pourquoi les libéraux voudraient-ils faire fi du système de justice militaire, du système de justice civile ainsi que des victimes?
Il y a une raison. Non seulement le n'a pas tenu ses promesses électorales, mais il ne les tiendra pas parce qu'il n'en a tout simplement pas les moyens. Les fissures dans notre économie se sont transformées en gouffres, et il a besoin qu'on déclenche des élections avant que les Canadiens ne ressentent pleinement les conséquences de son inaction délibérée. Le premier ministre sait que les Canadiens vont commencer à remarquer l'écart croissant entre les annonces grandioses de son gouvernement et la sombre et dure réalité de leur situation financière. Il lui faut donc un gouvernement majoritaire, et vite. Il est allé rôder dans les banquettes de l'opposition et, oui, il a réussi à gagner artificiellement une majorité, mais le premier ministre a peur de la perdre, puisque son caucus compte maintenant à la fois des députés de l'extrême droite et de l'extrême gauche. Il l'a comparé à une grande tente, mais en fait de tente, ça commence à ressembler au chapiteau d'un cirque. C'est pourquoi il lui faut des élections.
Cependant, le ne veut pas qu'on lui reproche de déclencher des élections, alors les libéraux n'arrêtent pas de parler d'obstruction pour donner l'impression que les processus normaux du Parlement sont inappropriés. S'il emploie de telles tactiques maintenant qu'il a un gouvernement majoritaire, il sait que c'est pour créer le genre de division au sein du Parlement qu'il peut pointer du doigt et qualifier d'obstruction. Le projet de loi pourrait être un bon projet de loi s'il franchit l'étape de la deuxième lecture et est renvoyé au comité. Je crains qu'il subisse le même sort que le projet de loi , qu'il soit soumis à l'examen d'experts, qu'il soit modifié pour en faire un projet de loi beaucoup plus clair et meilleur, puis que tous les changements positifs soient supprimés à l'étape du rapport. C'est de l'obstruction, bien sûr, mais pas de la part des conservateurs.
Les conservateurs font ce qu'ils sont censés faire dans l'intérêt des Canadiens. Le et le Parti libéral, quant à eux, agissent pour le Parti libéral. Ils tentent de fabriquer d'autres élections dont personne ne veut en essayant de faire croire que ce n'est pas leur faute. Ce n'est pas l'ordre et la bonne gouvernance, mais une arrogance sournoise de la part des libéraux. Les Canadiens n'ont qu'à bien se tenir.
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Monsieur le Président, c'est toujours un plaisir de prendre la parole à la Chambre pour représenter les bonnes gens de Ponoka—Didsbury. Je me considère plutôt à droite, mais mon collègue de me fait paraître comme un modéré à la Chambre aujourd'hui. Je n'ai malheureusement pas l'occasion de revenir en arrière pour modifier mon discours afin d'être à la hauteur de celui de mon nouveau meilleur ami. Nous allons passer beaucoup plus de temps ensemble, si je me fie à ce qu'il avait à dire au sujet du gouvernement.
Il est important de parler du projet de loi , Loi concernant l'accès légal. C'est un peu étrange de prendre la parole en ce moment, car j'ai l'impression que nous parlions de cette question pas plus tard que l'automne dernier. C'est la deuxième fois que le gouvernement tente de faire adopter cette mesure législative. Les libéraux ont essayé de faire adopter un ensemble de lois semblables dans un vaste projet de loi omnibus, le projet de loi , mais ce projet de loi n'a pas été adopté, et on dirait bien que le gouvernement a maintenant décidé de le présenter à nouveau. Nous savons que ce projet de loi nous arrive dans le sillage d'un gouvernement minoritaire, mais que celui-ci se transformera bientôt en gouvernement majoritaire. C'est quelque chose qu'il faut toujours garder à l'esprit. Si ce projet de loi a été rédigé de la même façon que ce gouvernement majoritaire a été formé, nous avons toutes les raisons de croire qu'il s'y cache des sournoiseries.
Les libéraux se drapent dans leur message et les phrases-clés du Cabinet du premier ministre. Selon eux, ce projet de loi contribuerait à assurer la sécurité des Canadiens et à endiguer la criminalité. Pourtant, c'est uniquement parce que les libéraux sont au pouvoir depuis 11 ans que nous avons une criminalité débridée. Si le projet de loi portait vraiment sur le maintien de l'ordre, sur la réduction de la criminalité ou sur la protection des victimes, les conservateurs l'appuieraient sans réserve, mais ce n'est pas du tout le cas. C'est une question de pouvoir, de contrôle. Ce projet de loi est profondément orwellien.
Les conservateurs de ce pays ont toujours cru au maintien de l'ordre. Croire en la primauté du droit dans ce pays et la respecter est un aspect fondamental de notre identité. À une certaine époque, les gouvernements respectaient eux aussi les lois. Il serait bien d'y revenir à un moment donné.
Au cours des 11 dernières années, les libéraux ont eu de nombreuses occasions de nous montrer qu'ils veulent également réduire la criminalité, mais chaque fois que nous leur en donnons l'occasion au Parlement, ils semblent voter contre. Les libéraux ont l'habitude de refuser la réforme de la mise en liberté sous caution et d'adopter des mesures législatives de capture et de remise en liberté. Aujourd'hui, après une décennie, ils s'attendent à ce que les députés de l'opposition croient qu'ils veulent vraiment lutter contre la criminalité. Eh bien, je ne suis pas dupe.
La semaine dernière, nous avons débattu du projet de loi C‑25, qui vise à modifier la Loi électorale du Canada. L'un des objectifs de ce projet de loi est de prévenir l'ingérence étrangère. Au cours du débat sur ce projet de loi, j'ai cité l'exemple des 700 membres du Corps des gardiens de la révolution islamique qui vivent aujourd'hui librement au Canada. Le gouvernement refuse de les expulser ou de les emprisonner. Ces agents étrangers sont pourtant présents en sol canadien dans le but de collecter des fonds, de mener leurs activités et de nuire à notre pays, et ce, jour après jour. Les libéraux ne peuvent pas prétendre qu'ils prennent au sérieux la lutte contre l'ingérence étrangère s'ils ne sont pas prêts à expulser les terroristes et les criminels qui vivent dans notre pays. Ils ne peuvent pas non plus prétendre qu'ils prennent au sérieux la criminalité et la protection des Canadiens tout en refusant d'expulser ces mêmes terroristes et criminels hors du pays. Les libéraux ne peuvent pas faire les deux. C'est parce qu'ils ne prennent pas au sérieux les enjeux liés à la criminalité.
Les libéraux sont néanmoins bien décidés à s'arroger continuellement davantage de pouvoir. Cela, nous le savons avec certitude. Vendredi, mon collègue le député de a qualifié le projet de loi de nouvelle version du projet de loi , et il a tout à fait raison.
L'automne dernier, les libéraux ont présenté le projet de loi , Loi visant une sécurité rigoureuse à la frontière, qui n'a pas réussi à protéger les Canadiens tout en allant trop loin dans de nombreux domaines de compétence où il n'était pas nécessaire de le faire, comme autoriser les forces de l'ordre à ouvrir le courrier des gens et à l'inspecter sans aucune procédure établie. Il y a eu une forte résistance à ce sujet, non seulement de la part de l'opposition, mais aussi de centaines de groupes de défense, qui se sont fermement opposés à ce projet de loi en raison des risques qu'il poserait pour les libertés civiles de la population canadienne. Les conservateurs ont réussi à bloquer le projet de loi C‑2: ils ont empêché les libéraux de limiter l'utilisation de l'argent comptant dans les transactions, d'ouvrir le courrier sans aucune surveillance et d'exiger que tout fournisseur de services, y compris les hôpitaux, les institutions financières et probablement même le nettoyeur du coin, communique les données des utilisateurs sans aucune surveillance judiciaire.
Le projet de loi a supprimé certaines de ces dispositions auxquelles nous nous opposions, mais il a réintroduit certaines des parties proposées dans le projet de loi qui avaient été rejetées quand les libéraux détenaient leur gouvernement minoritaire légitime. Ils ont depuis présenté de nouveau ce projet de loi, maintenant qu'ils savent qu'ils auront la majorité des voix à la Chambre. Cela semble être une occasion très commode, n'est-ce pas?
Nous, les conservateurs, sommes d'accord pour donner aux forces de l'ordre les outils dont elles ont besoin pour lutter contre la criminalité et assurer la sécurité des collectivités, en particulier à mesure que les menaces et les dangers évoluent à l'ère numérique, mais nous croyons également que ces pouvoirs doivent être assortis de mesures de protection rigoureuses.
Il faut aussi qu'il y ait des limites claires et un contrôle indépendant pour protéger les droits et les libertés des gens ici, au Canada. Le projet de loi était un projet de loi mal ficelé que l'opposition ne pouvait pas appuyer et n'a pas appuyé, non seulement parce qu'il ne répondait pas adéquatement au problème des délinquants dans notre société, mais aussi parce qu'il portait une atteinte injustifiable aux libertés et aux droits des Canadiens.
Aujourd'hui, les libéraux cherchent à réintroduire dans ce projet de loi bon nombre des mesures du projet de loi qui ont été rejetées. Ils ont rebaptisé leur mesure législative boiteuse projet de loi et l'ont à nouveau présenté à la Chambre, où ils bénéficieront bientôt, comme je l'ai dit, d'une majorité obtenue sans légitimité. Cela devrait inquiéter les Canadiens, en particulier les plus de 11 millions d'électeurs canadiens qui n'ont pas voté pour un candidat libéral aux dernières élections.
Notre caucus a exprimé très clairement sa position sur l'obsession des libéraux pour un gouvernement hypertrophié et puissant: un tel gouvernement est inutile, et c'est un abus de pouvoir flagrant.
Le projet de loi est spécifiquement axé sur les fournisseurs de services de télécommunications et les fournisseurs de services Internet, et il instaurerait un mécanisme de contrôle des arrêtés ministériels. Les libéraux ont déjà interdit la publication de nouvelles sur Meta. Pourquoi ont-ils besoin d'avoir accès aux renseignements des Canadiens par l'entremise d'Internet et des fournisseurs de services de télécommunications? Les renseignements personnels des Canadiens seront-ils communiqués au gouvernement aux termes de ce projet de loi, comme cela aurait été le cas avec le projet de loi ? Le gouvernement refuse de nous le dire. Y a-t-il un député ministériel qui peut répondre à ma question? S'il y en avait un, il ne le ferait probablement pas. D'ailleurs, si quelqu'un pouvait fournir une réponse à ma question, il est probable qu'elle serait mauvaise.
La sécurité des Canadiens n'est qu'un prétexte pour les gens d'en face. Les libéraux ont eu plus d'une décennie pour assurer la sécurité de nos concitoyens, et ils ont continuellement laissé la criminalité empirer. Les libéraux disent que le projet de loi est nécessaire pour suivre la croissance rapide de l'environnement numérique mondial et pour contribuer à assurer la sécurité des Canadiens. Cependant, je ne peux m'empêcher de me demander si c'est vrai. Je dirais que ce n'est pas toujours le cas. Pourquoi? C'est parce que les libéraux ont voté contre toutes les mesures législatives visant à réduire la criminalité que les conservateurs ont présentées à la Chambre depuis le début de la présente législature, en mai dernier.
Les libéraux ont ignoré à maintes reprises les appels de tous les premiers ministres provinciaux et territoriaux qui ont réclamé une réforme du régime de mise en liberté sous caution. Ils ont refusé de nommer des juges, si bien que des affaires concernant des criminels violents sont rejetées en raison des délais. Pour les libéraux d'en face, il ne s'agit pas de réduire la criminalité. Il s'agit uniquement de trouver un prétexte pour acquérir plus de pouvoir et de contrôle.
Même Andrew Coyne, commentateur à la CBC connu pour son soutien indéfectible aux conservateurs — je plaisante, bien sûr —, a déclaré la semaine dernière que le avait « un penchant autocratique des plus marqués » et qu'il le montrait. Andrew Coyne a tenu ces propos alors que le gouvernement était minoritaire. À quel point la situation va-t-elle empirer dans un contexte majoritaire? Tout est une question de contrôle, de contrôle centralisé par le banquier central.
Le projet de loi portait sur le contrôle en autorisant les forces de l'ordre à ouvrir notre courrier. Le projet de loi permettrait de contrôler ce que les croyants ont le droit de dire à voix haute ou la manière dont les textes doivent être interprétés. Le projet de loi viserait à contrôler le droit à la vie privée des Canadiens au moyen d'une surveillance accrue de la part du gouvernement et d'un accès élargi à l'information.
Nous le savons parce que les libéraux ont déjà fait ce genre de tentatives pour s'arroger des pouvoirs. Pensons aux modifications qu'ils voulaient apporter au Règlement en 2016. Je ne sais pas si beaucoup de personnes ici s'en souviennent, mais moi, je m'en souviens. En gros, ils voulaient prendre le contrôle de la Chambre. Ils ne voulaient pas d'une opposition; ils voulaient un public.
Il y a eu l'ingérence de l'ancien premier ministre dans le scandale SNC‑Lavalin en 2019, suivie du congédiement de la première femme autochtone à occuper le poste de ministre de la Justice dans l'histoire du Canada. De plus, on constate une réduction constante, au moyen de l'attribution de temps, de la durée des débats sur des projets de loi importants. Il y a eu des bâillons imposés aux organismes de surveillance du gouvernement, ainsi que l'invocation inutile de la Loi sur les mesures d'urgence en 2022, qui a conduit les libéraux à geler les comptes bancaires de centaines de Canadiens.
Le projet de loi prévoyait un élargissement des pouvoirs du Cabinet. Le projet de loi autorise les ministres à exempter les personnes et les organisations de leur choix de l'application de toute loi fédérale, y compris le Code criminel. Il y a maintenant de la surveillance en ligne et de l'accès aux renseignements des Canadiens.
Chaque fois que les libéraux sont chargés de résoudre un problème, ils choisissent systématiquement d'exercer un contrôle total et une domination absolue sur la situation. Ils s'emparent du pouvoir pour le simple plaisir du pouvoir. Ils contrôlent les impôts des gens, leurs finances, ce qu'ils disent, les textes religieux qu'ils lisent à haute voix, les armes à feu avec lesquelles ils sont autorisés à chasser, ce qu'ils doivent croire pour avoir droit aux subventions canadiennes pour les emplois d'été, ainsi que les saumons qu'ils sont autorisés à pêcher sur la côte ouest.
Tout est une question de contrôle. C'est toujours excessif. C'est toujours trop. C'est toujours exagéré. Ça ne résout jamais le problème, quoiqu'on ne peut pas être à la fois le problème et la solution. Le projet de loi ne fait bien sûr pas exception.
Les conservateurs ont proposé de nombreuses mesures législatives pour lutter contre la criminalité et protéger les Canadiens, mais les libéraux continuent de rejeter nos propositions tout en favorisant leurs politiques laxistes en matière de criminalité qui permettent sans cesse à des délinquants violents d'être libérés sous caution.
Le gouvernement n'a pas à porter atteinte aux droits des Canadiens pour résoudre le problème de la montée en flèche de la criminalité. On peut résoudre ce problème et protéger les Canadiens en mettant les délinquants violents en prison, en renforçant les dispositions législatives sur la mise en liberté sous caution et en expulsant les non-citoyens coupables de crimes violents. Je ne vois rien de tout cela dans ce projet de loi. C'est parce que les libéraux ne veulent pas vraiment régler le problème. Tout ce qu'ils veulent vraiment, c'est obtenir plus de pouvoirs pour eux-mêmes et pour leurs amis, ainsi que prendre l'argent des contribuables canadiens et s'en servir pour leur...
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Monsieur le Président, j'aimerais commencer mon discours en remerciant OpenMedia, la Canadian Constitution Foundation et David Fraser, avocat spécialisé en protection de la vie privée, pour leur excellent travail sur le projet de loi . L'analyse que je m'apprête à présenter est très semblable à la leur, et si les députés du gouvernement libéral avaient bien voulu écouter attentivement ces groupes de défense des libertés civiles, ils n'auraient pas besoin de m'entendre parler de ce projet de loi. Ils ne l'ont malheureusement pas fait, et voilà pourquoi nous en sommes ici aujourd'hui.
Quand j'ai lu le roman 1984, de George Orwell, vers l'âge de 13 ans, j'ai été horrifié par l'extrait suivant du chapitre 1:
Le télécran servait simultanément de récepteur et d'émetteur. Il enregistrait dès qu'on émettait un son plus élevé qu'un murmure très bas, et tant qu'on se trouvait dans le champ de vision [...], on pouvait à la fois être écouté et regardé. Bien sûr, il n'y avait aucun moyen de savoir si on était observé à tel ou tel moment. À quelle fréquence et selon quelle règle la police de la pensée se branchait-elle [...], on ne pouvait que le deviner.
Il y a 27 ans, ça m'a donné froid dans le dos. Les gens pourraient-ils vraiment vivre sous un gouvernement qui écoute leurs moindres paroles et qui surveille leurs moindres faits et gestes? Comment la nature humaine pourrait-elle s'épanouir un tant soit peu en l'absence totale de vie privée? Même lorsque j'étais très jeune, je savais que c'était juste mal que ma sœur fouille dans mes affaires dans ma chambre ou que je lise son journal intime, non pas parce qu'une figure d'autorité m'avait dit que c'était mal, mais parce que je le savais au fond de moi. On ne peut pas développer ses opinions, ses sentiments ou sa propre identité sous un regard inquisiteur. C'était une question de respect envers mes amis et ma famille. Que se passerait-il si une autorité aussi puissante que le gouvernement ou la police violait notre vie privée? Je savais que ma mère et sa famille avaient fui un régime communiste dans les années 1960, mais à l'époque, le télécran n'était que de la science-fiction. Est-ce que ma famille aurait pu planifier sa fuite s'il y avait eu un télécran chez elle?
Je savais vaguement qu'il y avait eu des révolutions en Allemagne de l'Est et dans toute l'URSS, mais même en 1989, quand ces révolutions ont commencé, la notion de télécran relevait encore de la science-fiction. Aujourd'hui, je suis encore plus horrifié. Nous avons maintenant la capacité technologique de fabriquer des télécrans. J'ai un téléphone dans ma poche et une montre Apple à mon poignet. Je suis particulièrement horrifié parce que le gouvernement libéral tente, avec le projet de loi dont nous sommes saisis, de rendre possible la surveillance par le télécran de 1984 à partir de tous les téléphones cellulaires, AirPod, Apple Watch, télévisions intelligentes et véhicules, bref, de tout ce qui est connecté à Internet. Je cite encore une fois l'extrait de 1984: « Bien sûr, il n'y avait aucun moyen de savoir si on était observé à tel ou tel moment. »
Je sais que les députés d'en face trouveront mes opinions saugrenues, mais elles ne le sont pas. Je me permets de leur présenter leur propre loi pour leur montrer comment ils font exactement ce qu'ils ont juré de ne jamais faire.
Le paragraphe 5(2) proposé se lit comme suit:
Le gouverneur en conseil [c'est-à-dire le gouvernement] peut prendre des règlements concernant les obligations incombant aux fournisseurs principaux, notamment des règlements concernant:
a) l'élaboration, la mise en œuvre, l'évaluation, la mise à l'essai et le maintien de leurs capacités opérationnelles et techniques, notamment en ce qui touche l'extraction et l'organisation de l'information à laquelle l'accès est autorisé [...]
En clair, cela revient à utiliser un moyen détourné. À l'heure actuelle, j'ai cru comprendre que ma montre enregistre tout ce que je dis. Si je m'exclame: « Dis, Siri », tout ce que je dis ensuite est envoyé vers le service infonuagique pour y être traité. Si je ne dis pas « Dis, Siri », rien n'est envoyé vers le service infonuagique. Le paragraphe 5(2)(a) proposé permet au ministre d'exiger qu'Apple intègre la possibilité pour les autorités d'écouter ma montre Apple Watch, que je dise « Dis, Siri » ou non. Il en irait de même pour mon téléphone et pour mes AirPods. Oui, il faudrait un mandat pour pouvoir réellement nous écouter, mais ce projet de loi franchit la première étape décisive qui consiste à mettre en place toute une architecture de surveillance. Une fois une telle architecture mise en place, elle risquera d'être utilisée à mauvais escient, que ce soit par le gouvernement ou par des pirates informatiques. Une fois mise en place, elle ne pourra plus être démantelée. Nous en sommes au stade où le gouvernement détient la possibilité d'installer des télécrans orwelliens au sein même de nos foyers, mais promet de ne les utiliser que si nous nous comportons mal.
Plus inquiétant encore, ce projet de loi pourrait contraindre les fournisseurs de services électroniques visés par l'article 7 proposé, tels qu'Apple, Signal, Telegram ou Tinder, à garder cette porte dérobée secrète. L'article 15 proposé stipule ce qui suit:
[…] il est interdit au fournisseur de services électroniques et à toute personne agissant en son nom de communiquer :
[…] (c) le fait que le fournisseur de services électroniques est assujetti à l'arrêté;
En termes simples, cet article prévoit que la construction d'une porte dérobée par le gouvernement soit tenue secrète. Après l'adoption du projet de loi, le fabricant de notre téléphone cellulaire, notre service de messagerie et notre application de rencontre pourraient recevoir une ordonnance secrète lui enjoignant d’intégrer une porte dérobée au système pour que le gouvernement puisse nous surveiller, et nous pourrions ne jamais en être informés. L'extrait de 1984 que j'ai cité tout à l'heure mentionne ceci: « À quelle fréquence et selon quelle règle la police de la pensée se branchait [...] on ne pouvait que le deviner. » Pourquoi? Si le projet de loi était conforme aux règles, pourquoi permettrait-il au ministre de la Sécurité publique de faire construire des portes dérobées? Certains Canadiens, dont je ne fais pas partie, pourraient dire qu'il est acceptable que le gouvernement lise leurs messages sur Tinder, qu'ils s'en fichent, mais qu'il faut au moins qu'ils en soient informés. Le projet de loi permet expressément à un ministre de le faire en secret. Pourquoi?
À ces seuls égards, la création d'une architecture de surveillance détournée et l'intention exprimée d'en maintenir certaines composantes secrètes, les libéraux devraient avoir honte. Les libéraux sont censés s'opposer aux excès de pouvoir de l'État. Ils ne sont pas censés en être la source, mais il y a pire.
Comme le prévoit l'alinéa 5(2)d) proposé, en plus d'exiger la mise en place de mécanismes d'accès dérobés, les ministres du gouvernement peuvent obliger tous les fournisseurs de services électroniques à recueillir et à conserver toutes les métadonnées pendant un an. Or, les métadonnées englobent une foule de renseignements et parmi ceux-ci, la localisation est, à mon avis, la plus inquiétante. À cet égard, le projet de loi va plus loin que la surveillance dystopique de 1984, en transformant chaque appareil connecté en outil de surveillance et de géolocalisation, dont les données pourraient être produites en preuve devant les tribunaux.
Voici quelques exemples qui expliquent mon inquiétude. Nous venons de traverser une pandémie au cours de laquelle certains gouvernements sont allés beaucoup trop loin en restreignant les droits de la personne sur la base de critères non scientifiques. Se souvient-on des zones rouges et des zones vertes, ou des « bulles » de six personnes? La Chambre sera peut-être surprise d'apprendre que je n'ai jamais enfreint une seule règle liée à la COVID, même si j'ai vivement critiqué le caractère non scientifique de ces règles, mais je sais que beaucoup de gens l'ont fait. Je sais que certaines personnes siégeant du côté du gouvernement l’ont fait. Tout le monde sait que Justin Trudeau a enfreint les règles liées à la COVID et enfreint la Loi sur la réouverture de l’Ontario en participant à une manifestation du mouvement Black Lives Matter ici, à Ottawa.
Si le projet de loi est adopté, lorsqu'une autre pandémie éclatera et que des règles absurdes seront mises en place, il sera possible à n'importe quel agent de police de déclarer qu'il soupçonne le député de d'avoir enfreint les règles liées à la pandémie, d'obtenir un mandat et de voir où il était à chaque instant au cours des 365 derniers jours. S'il avait un jour mis les pieds dans une zone rouge ou enfreint la quarantaine, ce serait fini. Cette capacité ne s'appliquerait pas uniquement aux lois relatives à la COVID. Elle s'appliquerait à toutes les lois. Chrystia Freeland a déjà été reconnue coupable d'avoir dépassé la limite de vitesse de 30 kilomètres à l'heure sur l'autoroute pour aller voir son père. À la suite de cette conviction, un policier pourrait vérifier sa vitesse à chaque instant, au cours des 365 jours précédents.
N'envoie jamais demander pour qui sonne le glas; il sonne pour toi. Comme l'a dit le chef des services secrets de Joseph Staline: « Montrez-moi l'homme et je vous trouverai le crime. » Si tout le monde ici est surveillé en permanence, 24 heures sur 24, nous risquons tous d'être reconnus coupables de quelque chose. Si le gouvernement du jour adopte ce projet de loi dans sa forme actuelle, je crains que les libéraux ne voient un jour ces dispositions utilisées contre eux. Je jure que ce n'est pas moi qui le ferai, mais qui sait qui sera premier ministre en 2046. Je crains que son nom de famille soit Trudeau-Perry.
Les libéraux regretteront le jour où ils ont éliminé tous nos droits collectifs à la vie privée. Je les exhorte à corriger le tir. Nous pouvons attraper les malfaiteurs sans violer le droit à la vie privée de tous les Canadiens.
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Monsieur le Président, comment pouvons-nous donner des moyens suffisants aux forces de l'ordre et au Service canadien du renseignement de sécurité pour qu'ils puissent avoir accès à des données numériques et lutter efficacement contre le crime organisé et les menaces à la sécurité nationale tout en ne tombant pas dans une ère de surveillance généralisée, intrusive et excessive?
C'est la question que nous nous posons aujourd'hui à l'occasion de ce débat sur le projet de loi : comment peut-on moderniser nos forces de l'ordre sans empiéter sur le droit des citoyens à leur vie privée?
Dans le projet de loi C‑22, il y a la recherche d'un équilibre. Je comprends qu'on pourra probablement voir en comité si cet équilibre a été atteint.
De notre côté, au Bloc québécois, nous avons plusieurs questions relativement à ce qui est avancé, bien que nous souscrivions à ce désir d'équiper correctement nos forces de l'ordre. Il y a des questions qui se posent sur plusieurs aspects.
Le premier, ce sont les nouvelles ordonnances proposées. On veut faciliter le travail des forces de l'ordre lorsqu'elles doivent aller de l'avant dans des enquêtes. Comment le fait-on? On crée une nouvelle ordonnance. C'est une ordonnance qui va permettre aux forces de l'ordre, sans même passer devant un tribunal, de simplement demander à un fournisseur de services Internet ou électronique si une personne est abonnée à ces services ou non.
Un policier n'a qu'à avoir des soupçons pour faire cette demande, et un soupçon, c'est très petit. Un soupçon, c'est la norme la plus basse qu'on a en droit pénal canadien. Souvent, on va demander aux policiers d'avoir des « motifs raisonnables de croire » qu'un crime a été commis. C'est encore l'état actuel du droit.
Pourquoi demande-t-on aux policiers d'avoir des motifs raisonnables de croire qu'un crime a été commis? C'est pour empêcher des expéditions de pêche et pour forcer les policiers à s'assurer d'avoir un minimum de preuves avant d'obtenir les données personnelles des gens.
L'autre ordonnance prévue dans le projet de loi C‑22 concerne la communication des renseignements relatifs à la personne abonnée. Encore une fois, le fardeau de la preuve exigé des forces policières est faible: si elles ont en main un numéro de téléphone, par exemple, ou une adresse IP, elles n'ont besoin d'avoir que des soupçons qu'un acte criminel a été commis ou sera commis. Or, c'est très mince et ça ne prend pas grand-chose. Elles pourront se rendre devant un tribunal pour obtenir une ordonnance de communication des renseignements. Elles pourront obtenir le nom et l'adresse de la personne à qui appartient l'adresse IP et parvenir à la localiser. Est-ce qu'on atteint l'équilibre avec une telle mesure lorsqu'on abaisse le fardeau de la preuve? Nous devrons nous poser la question et nous devrons écouter les spécialistes en matière de protection de la vie privée, parce que la tentation pourrait être forte pour un policier de faire très rapidement une demande de communication de documents, étant donné que ce sera dorénavant beaucoup plus facile.
Un autre point qui est assez préoccupant et qui soulèvera des questions concerne le fait que, dans le cadre du projet de loi , le ministre de la Sécurité publique devra d'abord déterminer de quels fournisseurs de services il pourrait exiger qu'ils se dotent de capacités techniques.
Il faut se rendre compte d'où on s'en va: présentement, certains fournisseurs de services de téléphonie ou de réseaux sociaux ne conservent pas vraiment les données qu'ils ont, parce que ça ne les intéresse pas, puisqu'ils ne sont en affaires qu'à des fins commerciales. Ils vont garder certaines données pour peut-être faire du profilage commercial, mais ils ne vont pas les garder pendant un temps très long ni d'une façon ordonnée, étant donné qu'ils n'ont aucun intérêt commercial à le faire.
Or, dans le fond, ce que l'État propose avec le projet de loi C‑22, c'est d'obliger un fournisseur de services à se doter de la capacité technique de conserver des métadonnées pour une année, incluant les données de géolocalisation de ses abonnés. On les obligera également à s'assurer qu'ils sont capables de fournir ces renseignements dans un délai assez court, sous prétexte que les forces policières pourraient en avoir besoin pour savoir où était telle personne à telle date.
On comprend bien sûr l'efficacité fantastique que ça va donner aux forces de l'ordre, parce que dès qu'elles auront un motif de soupçonner qu'un crime a été commis, elles pourront aller chercher des données de localisation pour savoir où une personne était à telle date.
Ça va aider, mais ça soulève des préoccupations très légitimes, parce que, comme mon collègue l'a mentionné, on va constituer et structurer une base de données dans laquelle il va y avoir des millions et des millions de points de localisation pour chacun des individus. Chacun d'entre nous a bien sûr un téléphone et ça veut dire qu'avec les données de la dernière année, on pourrait savoir à tout moment où nous étions.
Bien sûr, cette idée vise les criminels, mais il y a 99,9 % des gens au pays qui n'en sont pas et dont les données vont être capturées quelque part. Chaque fois qu'il y a des données comme ça en nombre important, ça peut susciter l'intérêt du crime organisé. On connaît les pirates informatiques, mais il y a toutes sortes de scénarios qui nous viennent en tête quand nous pensons à toutes ces métadonnées qui vont être conservées. En ce sens, les préoccupations que les gens peuvent avoir, pour ma part, je les comprends. Il faudra poser des questions, parce que ce n'est pas l'État qui va faire une banque de données; ce sont des entreprises. Alors, on va exiger qu'elles les conservent, mais qu'est-ce qu'on va exiger comme protection de ces données? Il y a des exemples. Il y a quelques années, c'est chez Desjardins qu'il y a eu une fraude. Parfois, il peut y avoir des bons mécanismes, mais il y a des gens à l'intérieur qui sont mal intentionnés. Une année de métadonnées de géolocalisation, c'est comme un trésor pour pirates, et ça donne un peu le vertige.
Une autre préoccupation que nous avons est au sujet de l'Office de surveillance des activités en matière de sécurité nationale et de renseignement. Normalement, on s'attendrait à ce que cet office reçoive plus de moyens financiers et légaux, et de ressources matérielles également, pour faire son travail et pour nous rassurer un tant soit peu au sujet de ce nouveau système de surveillance qu'on met sur pied. Une des choses qui nous inquiète, c'est que, lorsque des interventions seront faites, cet office n'en sera informé que 12 mois plus tard. Il y a d'autres pays, comme l'Australie, où on notifie l'office en temps réel. Or, 12 mois plus tard, on commence à être pas mal loin de l'abus, si un abus a été commis. Nous avons donc une préoccupation de ce côté.
Après ça, il y a la préoccupation en ce qui concerne les moyens financiers. Le gouvernement a annoncé des compressions tous azimuts qui vont toucher notamment cet office. Ce sont des compressions de 15 %. Alors qu'on donne des pouvoirs accrus aux forces de l'ordre et que des données personnelles importantes seront stockées auprès des fournisseurs de services, nous voudrions à tout le moins être convaincus que l'Office aura les moyens d'agir.
J'ai des questions également sur le pouvoir réglementaire qui est accordé. Depuis avril dernier, le gouvernement a la fâcheuse habitude de proposer souvent de procéder par voie réglementaire. Alors, il y a des inquiétudes. Comment va-t-on déterminer exactement ce qu'est un fournisseur de services? Il y a des institutions bancaires qui s'inquiètent. Est-ce qu'elles vont être considérées? Si elles offrent un service bancaire, est-ce qu'il faut qu'elles gardent ces données aussi? Le pouvoir du ministre d'agir de façon réglementaire et par arrêté ministériel suscite quelques interrogations de notre côté, tout comme l'arrimage avec la nouvelle loi 25 du Québec, qui vise à protéger les renseignements personnels et qui a forcé les entreprises et les organismes au Québec à s'adapter pour protéger les données. Est-ce qu'on va ajouter une autre couche de protection? Il faudra bien faire, mais il faudra aussi le faire avec prudence et ne pas répéter les protections législatives.