La Chambre reprend l'étude de la motion.
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Monsieur le Président, le Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées a été clair. Il demande au gouvernement de revoir sa façon de distribuer les bourses d'études lorsque l'accès dépend du type d'établissement fréquenté. Il rappelle surtout quelque chose de simple: les décisions du fédéral doivent respecter celles du Québec et des provinces parce que, l'éducation postsecondaire, ça relève du Québec et des provinces. C'est non négociable.
Or, ce qu'on voit en ce moment, c'est qu'Ottawa ne se contente plus d'aider financièrement les étudiants. Il se met aussi à décider indirectement quels établissements donnent accès aux bourses et lesquels n'y donnent pas accès. Le résultat est que deux étudiants reconnus par le Québec peuvent quand même être traités différemment par Ottawa. Pour nous, ce n'est pas acceptable. C'est une intrusion claire dans un champ de compétence qui ne lui appartient pas. Le rôle du fédéral devrait être simple: aider les étudiants, et non redessiner à sa manière la carte de l'enseignement supérieur. Si un établissement reconnu est autorisé par le Québec, les étudiants qui y étudient doivent être traités équitablement.
Pendant que nous nous égarons dans ce débat, il y a un problème encore plus grave qui continue de s'aggraver, soit le sous-financement de la relève scientifique. Depuis plus de 20 ans, les bourses d'études aux cycles supérieurs ont stagné. Certaines n'ont pas été indexées depuis 2003. En pratique, elles ont perdu près de la moitié de leur valeur réelle. Pendant ce temps, on compte aujourd'hui environ 240 000 étudiants aux cycles supérieurs pour à peine 6 000 bourses fédérales. Dans le réseau de l'Université du Québec, c'est encore plus frappant. À peine 1,3 % des étudiants bénéficient de ces bourses d'études fédérales aux cycles supérieurs.
On dit aux jeunes de faire de la recherche, de s'éduquer et de contribuer, mais, dans les faits, on ne leur donne pas les moyens de le faire correctement, et ça se voit. Aujourd'hui, la majorité des étudiants aux cycles supérieurs vivent avec très peu. Certains doivent travailler tout en poursuivant leurs études. Certains vont même jusqu'à fréquenter des banques alimentaires. D'autres songent carrément à abandonner. Au Québec, à Montréal par exemple, certains vivent avec moins de 20 000 $ par année. On sait très bien que ce n'est pas suffisant.
En région, c'est souvent encore plus difficile. Dans le cadre de mon rôle de vice-président du Comité permanent de la science et de la recherche, j'en entends constamment parler. Des étudiants sont épuisés, des professeurs n'arrivent plus à garder leur équipe et le système tient, mais de justesse. Dans ma circonscription, Rimouski—La Matapédia, il y a des centres de recherche appliquée et des équipes qui innovent sur le terrain. Ils me disent la même chose: les ressources ne suivent pas, on ralentit des projets, on les reporte et, parfois, on les abandonne. Ça finit par avoir des répercussions directes sur ce que nous sommes capables de faire chez nous.
Il y a quelques semaines, SEREX, un centre collégial de transfert technologique situé à Amqui, m'a interpelé afin de m'alerter quant au fait que des nouvelles compressions budgétaires dans certains programmes précis risquent de toucher de manière importante ses capacités d'action. Après, on se demande pourquoi les gens partent. Une forte proportion des étudiants aux cycles supérieurs envisagent de quitter le Canada et plusieurs le font déjà. Pourquoi partent-ils? La réponse est simple: ailleurs, les conditions sont meilleures, c'est mieux payé et on a plus de moyens.
Alors, je repose simplement la question: pourquoi former des gens ici si c'est pour ensuite les perdre? À ce rythme, on devient un endroit où on forme des gens pour d'autres pays. En quelque sorte, on est une succursale de passage. On paie et on forme les étudiants, mais d'autres en profitent. Un pays qui fait ça ne travaille pas pour sa population, il travaille pour les autres.
Ce n'est pas seulement un enjeu étudiant, c'est aussi un enjeu économique. Quand nous perdons notre relève, nous perdons des idées, nous perdons de l'expertise et nous perdons la capacité d'innover. Nous perdons aussi des retombées pour nos régions, pour nos entreprises et pour nos institutions. Au Québec, ça nous touche directement. Nos universités, nos cégeps, nos collèges et nos centres de recherche, surtout en région, jouent un rôle clé dans le développement. Quand le financement ne suit pas, c'est tout l'écosystème qui en souffre.
Le gouvernement nous dit maintenant qu'il a agi, qu'il a bonifié et qu'il a prolongé l'aide. Oui, il y a eu des annonces, mais, soyons honnêtes, ça ne règle pas le problème de fond. On ne rattrape pas 20 ans de retard avec quelques annonces. Pendant ce temps, on continue de compliquer l'accès aux bourses. On ajoute des conditions et on fait des distinctions. Alors, d'un côté, on dit qu'on veut aider, et de l'autre, on met des barrières. Ça ne tient pas la route.
Il y a aussi un autre problème. On n'a toujours pas accès à toutes les données nécessaires pour voir clairement ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. On demande aux chercheurs d'être rigoureux, mais le gouvernement, lui, ne donne pas toujours les moyens d'analyser son propre système correctement.
Le gouvernement fédéral affirme vouloir devenir un leader en innovation sur le plan mondial, mais il ne se donne même pas les moyens de ses ambitions. Il est à la queue de peloton au chapitre des investissements en recherche‑développement parmi les pays du G7. Un leader, ça ne sous-finance pas sa relève. Un leader ne complique pas inutilement l'accès aux bourses. Surtout, un leader ne laisse pas ses talents partir dans d'autres pays. Donc, la base est simple. Si on veut avancer, il faut garder notre monde. C'est assez logique.
Pour le Bloc québécois, c'est clair. Le gouvernement doit revoir sa façon de distribuer les bourses. Il doit respecter les décisions du Québec et des provinces. Il doit traiter les étudiants de façon équitable. Surtout, il doit enfin mettre en place un financement stable et durable.
Au fond, il faut se poser la vraie question. Est-ce qu'on veut garder notre monde ici ou est‑ce qu'on accepte tranquillement de devenir une étape dans le parcours de nos chercheurs?
En ce moment, c'est ce qui se passe. On forme ici et on construit ailleurs. Si on ne corrige pas ça, ça va continuer dans cette même direction.
Former des gens ici pour qu'ils réussissent ailleurs, ce n'est pas une stratégie, c'est un échec.
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Monsieur le Président, je vais faire un petit rappel historique.
Au cours des années 1990, Ottawa a choisi de sabrer dans les transferts aux provinces pour assainir ses finances et il a notamment sabré dans le financement des études supérieures. C'est pour ça qu'il y a maintenant des bourses fédérales. Aux dirigeants du G7 qui se plaignaient des manifestations contre l'austérité devant leur Parlement, l'ancien premier ministre Jean Chrétien répliquait que, lui, il n'avait pas ce problème. Dans le fond, il avait réduit les fonds transférés aux provinces, et les provinces avaient réduit à leur tour leurs services, notamment en éducation, et les manifestations se tenaient devant les Parlements provinciaux.
La situation n'a jamais été corrigée. Aux coupes de Chrétien se sont ajoutées celles de Harper, suivies de celles de Trudeau et du présent gouvernement. Par exemple, prochainement, Ottawa va assumer à peine 18 % des dépenses en santé alors que, à l'origine, il s'était engagé à financer la moitié du montant. Pour les services sociaux et l'éducation supérieure, les coupes dont on parle sont du même niveau. Le directeur parlementaire du budget confirme cette iniquité entre les niveaux d'administration. Il regarde les revenus et les dépenses et il rappelle que la marge de manœuvre dans les finances publiques se trouve à Ottawa.
Pourquoi est-ce le cas? C'est parce que, lors du référendum de 1995, Ottawa a eu la frousse. Réalisant que le fédéral était essentiellement absent de la vie des Québécois, le gouvernement s'est lancé dans un vaste programme de réingénierie de l'État au profit du gouvernement fédéral et au détriment du Québec. À l'époque, Paul Martin était ministre des Finances, et le président du Conseil du Trésor était Marcel Massé, un ancien greffier du Conseil privé. Il a utilisé sa connaissance fine de l'appareil de l'État pour se lancer dans un vaste chantier pour faire en sorte que le Québec soit pris à la gorge, mais qu'Ottawa ait une grosse marge de manœuvre financière. Il pensait que les Québécois se mettraient à voir le fédéral comme leur gouvernement, celui vers lequel ils pourraient se tourner pour répondre à leurs besoins et les aider à réaliser leurs projets. Ils seraient ainsi passés de Québécois à Canadiens.
Marcel Massé ne s'en cachait pas. Il a dit, en parlant de Lucien Bouchard, qui était premier ministre du Québec: « Quand Bouchard va devoir couper, nous à Ottawa, nous pourrons démontrer que nous avons les moyens de préserver l'avenir des programmes sociaux. » Il a réussi en partie. Les coupes sombres dans les transferts en santé, en services sociaux et en éducation supérieure — on parle de 40 % de coupes sur 3 ans — ont forcé le gouvernement du Québec à faire des coupes à son tour. On se souvient des mises à la retraite massives des infirmières et des difficultés dans le système d'éducation. On ne s'en est jamais complètement remis.
Pendant ce temps, Ottawa s'est mis à dégager des surplus importants, des surplus tellement indécents en période d'austérité qu'il fallait les cacher. C'est ainsi que lui est venue l'idée de créer une série de fondations. Il s'est mis à verser des grosses sommes dans ces fondations. En faisant ça, il vidait le Trésor fédéral, il diminuait son surplus sur papier et il pouvait continuer à refuser les augmentations de transferts qui auraient permis de maintenir à flot les services à la population dont Québec avait la charge. Or, pour que l'argent soit versé aux fondations et sorte du périmètre comptable, il ne fallait pas que le gouvernement le contrôle directement.
Cela a mené au rapport dévastateur de la vérificatrice générale Sheila Fraser publié en 2005, dont le titre du chapitre 4 était « La reddition de comptes des fondations ». Elle constatait que le gouvernement avait transféré 9 milliards de dollars dans 15 fondations entre 1998 et 2002. Ces 9 milliards de dollars correspondraient aujourd'hui à environ 17 milliards de dollars. Elle avait constaté que le gouvernement n'exerçait aucun contrôle sur 7 de ces 9 milliards de dollars. Dans ces fondations, il y avait notamment la Fondation canadienne des bourses du millénaire, mais aussi des fondations relevant d'autres domaines, comme la Fondation canadienne pour l'innovation, Génome Canada, et j'en passe.
L'idée, c'était d'affaiblir Québec, de le priver de ses moyens, puis d'intervenir par le truchement des fondations, notamment par le truchement de la Fondation canadienne des bourses du millénaire. Pendant qu'on discute du gaspillage fédéral à Ottawa, le Québec peine à assumer ses responsabilités, lesquelles incluent la quasi-totalité des services à la population, dont l'éducation et l'éducation supérieure. Je fais encore référence au directeur parlementaire du budget, qui répète ce qui suit chaque année dans chacun de ses rapports sur la viabilité financière: le coût des responsabilités dont le Québec et les provinces ont la charge augmente plus vite que leurs revenus et Ottawa perçoit plus d'argent que ce dont il a besoin pour assumer ses propres responsabilités.
Les conséquences de ce déséquilibre fiscal sont multiples. Les gouvernements du Québec et des provinces sont pris à la gorge. Une fois les factures payées pour les services absolument essentiels, il n'y a plus de marge de manœuvre alors que, au fédéral, on n'a pas ces contraintes. La marge de manœuvre est telle qu'il peut se permettre de se mêler de ce qui ne le regarde pas en multipliant les ingérences alors qu'il ne sent pas le besoin de gérer efficacement ses propres programmes. Il est là, le problème, et c'est ça, le problème avec le fait qu'Ottawa verse des bourses.
Conséquence du déséquilibre fiscal, le gaspillage est inhérent au système fédéral actuel. Quand on fait des comparaisons, par exemple, on se rend compte qu'un dossier d'assurance-emploi géré par Ottawa coûte deux fois et demie plus cher qu'un dossier d'aide sociale géré par Québec. Il coûte quatre fois plus cher au fédéral de gérer l'émission d'un passeport qu'il en coûte à Québec de gérer l'émission d'un permis de conduire. Quand le fédéral s'occupait de l'hôpital des anciens combattants à Sainte‑Anne‑de‑Bellevue, chaque acte posé coûtait deux fois et demie plus cher que le même acte posé dans un CHSLD québécois. Ça, c'est le gaspillage inhérent au déséquilibre fiscal. Comme Ottawa a beaucoup de ressources, il fait moins attention à bien les gérer.
En 2014, le gouvernement du Québec rendait public un rapport intitulé « Rapport du comité des experts sur les interventions fédérales dans le secteur de la santé et des services sociaux de 2002 à 2013 ». Le gouvernement du Québec avait recensé 37 programmes fédéraux qui étaient autant d'ingérences en santé. Il a réalisé que le montant des transferts était peu généreux en dollars, mais les ingérences étaient nombreuses, coûtaient cher à gérer et les citoyens n'en avaient pas pour leur argent. En fait, le comité en était même venu à la conclusion que gérer ces ingérences coûtait plus cher au gouvernement du Québec que le montant qui était transféré, au point où on concluait que ce serait plus payant de les refuser. C'est ça, le problème du déséquilibre fiscal et de l'ingérence, comme on le voit dans l'éducation supérieure.
On parle de 1 milliard de dollars par ici, 10 milliards de dollars par là, sans contrôle ni obligation de résultat, alors qu'Ottawa ne livre aucun service direct à la population, sauf pour les Premières Nations et les anciens combattants, et on voit ce que ça donne. Pensons à l'augmentation importante récente du nombre de fonctionnaires alors que la qualité des services à la population diminue. Pendant les 10 années Trudeau, 109 000 fonctionnaires de plus ont été embauchés. Imaginons si Québec et les provinces avaient engagé 100 000 infirmières de plus: notre système de santé s'en porterait mieux, tout comme l'éducation si ces efforts y avaient été consacrés.
Au cours des dernières décennies, le Québec s'est distingué des autres provinces, malgré les compressions budgétaires d'Ottawa. Pendant que les autres provinces sabraient dans les services sociaux et démultipliaient les droits de scolarité, le Québec a choisi de mettre en place de nouveaux programmes sociaux qui ont permis de réduire la pauvreté et les inégalités. Je me réfère ici à l'excellent livre publié aux Presses de l'Université de Toronto en 2017: Combating Poverty: Quebec's Pursuit of a Distinctive Welfare State. Les auteurs parlent d'un virage néolibéral pour Ottawa et les autres provinces, qui se rapprochent de la situation qui prévaut aux États‑Unis en matière d'inégalité et de pauvreté. Au contraire, la situation au Québec est plutôt comparable à celle des pays scandinaves, qui sont premiers de classe selon ces critères. Le Québec se démarque particulièrement en ce qui concerne la situation des familles, surtout des familles monoparentales. C'est dû à sa politique familiale qui change tout, que ce soit le congé parental, les centres de la petite enfance et j'en passe. Je rappelle aussi que les frais de scolarité y sont nettement moins élevés. Ce genre de politique avait été encensé il y a quelques années par l'économiste Joseph Stiglitz, qui avait été invité à faire une conférence à l'Observatoire québécois des inégalités. Il avait rappelé le rôle essentiel des politiques publiques pour lutter contre la pauvreté et avait louangé le modèle québécois.
Ça montre notre capacité à nous prendre en main nous-mêmes. Ce dont nous discutons ici, c'est une conséquence des coupes qui avaient été faites dans les années 1990, qui a limité le pouvoir du Québec et des provinces à intervenir en éducation, notamment en matière de bourses. Comme Ottawa a eu les surplus, il a pu s'ingérer, mais sans avoir de vision globale de reddition de comptes. C'est donc une ingérence causée par le déséquilibre fiscal.
Selon moi, la conclusion est qu'il serait bien mieux de gérer tous nos deniers nous-mêmes.
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Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec la députée de .
Le Canada est en pleine crise de l'emploi, et le gouvernement libéral réagit en rendant la formation professionnelle moins accessible financièrement au Canada. En restreignant les bourses d'études canadiennes aux étudiants à temps plein, qui fréquentent un établissement d'enseignement public ou un établissement privé sans but lucratif, c'est exactement ce que fait le coûteux budget libéral de 2025.
Disons clairement ce que cela signifie en réalité. Un étudiant d'une famille à revenu modeste qui choisit d'étudier dans un établissement public aurait encore accès aux bourses fédérales non remboursables. Un autre étudiant, tout aussi travaillant, méritant et déterminé à bâtir sa carrière, qui décide d'aller dans un collège d'enseignement professionnel réglementé, parce que c'est là qu'on offre le programme pratique dont il a besoin, serait puni. C'est le même pays, les mêmes impôts et les mêmes besoins, mais on les traite différemment. Pendant ce temps, le gouvernement libéral choisit de consacrer des millions de dollars au financement de bourses d'études pour les étudiants étrangers tout en réduisant l'aide pour les talents d'ici. Ce n'est pas juste. C'est de la discrimination de type institutionnel qui fait fi des forces du marché libre.
Le moment ne pouvait pas être pire. Selon Statistique Canada, le taux de chômage a atteint 6,7 % en février 2026. On comptait 1,5 million de Canadiens sans emploi, dont 23 % étaient à la recherche d'un emploi depuis plus de six mois, un chiffre bien supérieur à la moyenne d'avant la pandémie, qui était de 17 %. Chez les jeunes de 15 à 24 ans, le taux de chômage a atteint 14 %, et le secteur privé a perdu 73 000 emplois rien qu'au mois de février.
Ce ne sont pas là des chiffres abstraits. Ces chiffres représentent des vies en suspens, des projets reportés, des parents inquiets pour leurs enfants et des jeunes Canadiens qui se demandent s'ils auront un jour la chance de partir sur des bases équitables. Les Canadiens ne travaillent pas parce que les politiques des libéraux ne fonctionnent pas.
Un an après l'entrée en fonction du libéral, le chaos règne toujours sur le marché du travail, en particulier pour les jeunes qui cherchent désespérément à démarrer dans la vie. Les conservateurs ont présenté un plan concret visant à relancer l'économie, à réformer l'immigration, à améliorer la formation professionnelle et à bâtir des logements là où se trouvent les emplois. Les libéraux ont fait obstruction et ils ont rejeté ces idées. Aujourd'hui, au lieu de faciliter l'accès à l'emploi, ils compliquent les choses.
Au moment même où le Canada a besoin de plus de formation pratique et préparatoire à l'emploi, le gouvernement libéral dit à des milliers d'étudiants que la voie qu'ils ont choisie est en quelque sorte moins digne de soutien. Pourquoi le gouvernement libéral réduit-il les bourses d'études pour les Canadiens qui poursuivent des carrières pratiques axées sur l'emploi? Pourquoi un étudiant perdrait-il l'accès au soutien simplement parce que son programme est offert par un collège d'enseignement professionnel plutôt que par un établissement public défini par le gouvernement libéral? En quoi cela rend-il la vie plus abordable pour les Canadiens? En quoi cela aide-t-il un pays qui fait face à une pénurie de main-d'œuvre qualifiée dans certains secteurs?
Le gouvernement libéral dit, d'une part, qu'il investit dans l'éducation postsecondaire pour la maintenir accessible, mais on l'a plutôt vu annoncer des millions de dollars en bourses d'études destinées à des étudiants étrangers. D'autre part, le gouvernement s'apprête à exclure toute une catégorie d'étudiants canadiens ici, au pays, des mesures d'abordabilité dont il se vante. Voilà la tendance des libéraux: faire de grandes annonces et choisir des gagnants et des perdants dans une industrie, et ce sont les travailleurs canadiens qui en paient le prix.
Ce manque de vision se constate particulièrement dans le domaine de l'acupuncture et de la médecine chinoise traditionnelle, qui ont été attaquées à maintes reprises par le gouvernement libéral au cours de la dernière décennie. L'acupuncture et la médecine traditionnelle chinoise ne sont pas des professions marginales. Ce sont de vraies professions qui servent de vrais patients dans de vraies collectivités tous les jours. Les Canadiens de tous les horizons, y compris les communautés autochtones, recherchent ces services pour la gestion de la douleur, le soutien à la réadaptation, la réduction du stress, les soins de bien-être et les traitements complémentaires. Ces praticiens travaillent souvent de concert avec des réseaux plus vastes de santé et de bien-être et servent des patients qui cherchent des options supplémentaires pour gérer leurs maladies chroniques et améliorer leur qualité de vie.
La formation en acupuncture et en médecine traditionnelle chinoise est, par nature, axée sur la pratique. Elle repose sur des stages supervisés, l'acquisition de compétences cliniques, des protocoles de sécurité, le diagnostic, l'interaction avec les patients, l'éthique, la technique et la répétition. Même les programmes publics d'acupuncture mettent l'accent sur la formation clinique pratique, le traitement des patients, les compétences professionnelles, le consentement éclairé et les pratiques sûres en matière d'insertion des aiguilles. Cela nous indique quelque chose d'important: il ne s'agit pas d'un apprentissage informel. C'est une formation sérieuse dans le domaine de la santé, pour laquelle il existe une réelle demande. Cependant, dans la pratique, de nombreux étudiants ici, chez nous, qui se destinent à l'acupuncture et à la médecine traditionnelle chinoise, ont toujours compté sur des établissements spécialisés en dehors du modèle universitaire traditionnel. Ce sont souvent précisément ces types d'établissements que cette politique libérale cherche à affaiblir.
Je veux parler de ceux qui sont réellement lésés quand les libéraux choisissent les gagnants parmi les établissements d'enseignement et réduisent le soutien à la formation en médecine traditionnelle chinoise. Ce sont d'abord les étudiants d'ici qui en pâtissent. Le fils ou la fille d'une famille canadienne qui souhaite se construire une carrière stable dans une profession de santé respectée en pâtit. Le travailleur en milieu de carrière qui cherche à se reconvertir dans un domaine où la demande est en hausse en pâtit. L'étudiant aux revenus modestes, qui ne peut tout simplement pas absorber des milliers de dollars de coûts supplémentaires, en pâtit. L'étudiant qui souhaite exercer une profession pratique, ancrée dans la culture et en contact direct avec les patients en pâtit.
Les emplois sont également touchés. Si moins d'étudiants ont les moyens de s'inscrire, moins d'étudiants obtiennent leur diplôme. Si moins d'étudiants obtiennent leur diplôme, moins de cliniques peuvent embaucher. Si moins de cliniques peuvent embaucher, moins de Canadiens ont accès à des soins. Cela signifie que cette politique libérale ne touche pas seulement les étudiants ici, au pays, mais aussi la main-d'œuvre canadienne en général et le public qui dépend des services qu'elle offre. C'est particulièrement irresponsable dans un marché du travail au ralenti.
Le Canada devrait élargir les voies d'accès rapides à l'emploi fondées sur les compétences, et non les fermer. Les collèges d'enseignement professionnel jouent depuis longtemps un rôle dans la formation rapide des gens pour des métiers précis. Dans un pays où 1,5 million de personnes sont sans emploi et où le chômage de longue durée est élevé, pourquoi un gouvernement sérieux rendrait-il la formation ciblée moins accessible?
Il y a aussi une dimension culturelle que le gouvernement libéral semble ignorer. La médecine chinoise traditionnelle fait partie d'un riche patrimoine transmis de génération en génération et sur tous les continents. Pour de nombreux Canadiens de tous les horizons et de toutes les communautés, y compris ceux d'origine chinoise et d'autres communautés qui connaissent bien ces pratiques, il ne s'agit pas seulement d'une profession, mais d'une tradition vivante qui touche le savoir, la guérison, la discipline et les soins. Un gouvernement qui parle sans cesse d'inclusion ne devrait pas créer des obstacles qui, en pratique, rendent plus difficile l'accès des étudiants à des professions enracinées dans des traditions culturelles valorisées par de nombreuses communautés au Canada. En fait, cette politique libérale mine les professions importantes sur le plan culturel et réduit les débouchés pour les étudiants qui accèdent à des domaines liés à des traditions de soins de longue date ici, chez eux.
Pendant ce temps, le gouvernement libéral dépense des millions de dollars de fonds publics pour offrir des bourses d'études aux étudiants étrangers, tandis que le libéral demande aux Canadiens ordinaires de faire plus de sacrifices.
Parlons de l'accès aux soins de santé. Les Canadiens savent que notre système de santé est mis à rude épreuve. Les temps d'attente sont trop longs, et 6 millions de Canadiens n'ont pas de médecin de famille. Beaucoup de gens cherchent des services professionnels de fournisseurs légitimes qui les aideront à gérer leur douleur, leurs problèmes de mobilité, leur stress, leur rétablissement et leur maladie chronique. Accroître le nombre de praticiens qualifiés en acuponcture et en médecine traditionnelle chinoise peut améliorer l'accès aux soins complémentaires afin d'offrir à un plus grand nombre de Canadiens d'autres options de soutien.
Les libéraux choisissent de rendre plus difficile la formation de notre propre main-d'œuvre, tout en finançant des bourses d'études pour les étudiants étrangers afin de leur permettre de venir étudier chez nous. L'approche du gouvernement libéral est absurde. Alors que le Canada a besoin de plus d'options, il réduit les options pour les talents d'ici. Alors que le Canada a besoin de plus de praticiens qualifiés, il crée de nouveaux obstacles pour les Canadiens tout en donnant des millions de dollars à des ressortissants étrangers. Alors que les étudiants ont besoin de services plus abordables, il supprime des mesures de soutien et envoie l'argent des contribuables à l'extérieur du pays.
Cette politique libérale nuit aux étudiants, car elle fait grimper le coût de l'éducation orientée vers l'emploi. Elle décourage l'inscription à des programmes spécialisés, qui sont souvent offerts en dehors des parcours traditionnels des universités publiques. Elle nuit aussi à l'économie, car elle affaiblit le perfectionnement de la main‑d'œuvre. Enfin, elle compromet l'accès aux soins de santé en risquant de réduire le nombre de professionnels formés.
La position des conservateurs est simple: la formation professionnelle doit correspondre aux besoins de l'économie et non à l'idéologie du gouvernement libéral. Si un programme est légitime, s'il mène à l'obtention d'un titre de compétence, s'il est orienté vers l'emploi et s'il est utile aux Canadiens, les étudiants ne devraient pas être pénalisés sous prétexte que le gouvernement n'aime pas le genre d'établissement qui offre la formation.
Je repose donc la question au gouvernement libéral: entend-il revenir sur sa décision, cesser de traiter certains étudiants comme des étudiants de deuxième classe, reconnaître que les étudiants des collèges d'enseignement professionnel réglementés méritent le même respect que les autres et admettre que des disciplines comme l'acupuncture et la médecine traditionnelle chinoise sont importantes pour les patients, les collectivités, les employeurs et la main‑d'œuvre canadienne?
Les libéraux doivent revoir cette politique, consulter de bonne foi les secteurs performants et corriger le tir avant que les conséquences ne s'aggravent. Il ne s'agit pas simplement d'un poste budgétaire, mais bien de la valeur que nous accordons à l'éducation pratique au Canada, du respect que nous témoignons aux étudiants qui choisissent l'apprentissage pratique, de notre volonté réelle de remédier aux pénuries de main‑d'œuvre et de notre engagement à préserver des professions profondément enracinées dans la culture de communautés qui sont ici chez elles. Il s'agit de savoir si l'accès aux possibilités dans ce pays repose sur le mérite et le travail ou sur l'aval d'un bureaucrate libéral à l'égard d'une institution donnée.
Chez les conservateurs, nous savons où nous en sommes. Nous sommes aux côtés des étudiants canadiens qui souhaitent travailler et étudier dans des établissements qui proposent une formation axée sur l'emploi, des communautés qui veulent que leurs traditions soient respectées et des patients qui souhaitent bénéficier d'un meilleur accès aux soins. Nous défendons le rétablissement de l'équité pour tous les Canadiens qui estiment que s'ils sont prêts à étudier, à suivre une formation, à travailler et à contribuer à notre pays, leur gouvernement devrait alors leur laisser le champ libre pour s'épanouir, au lieu de leur mettre des bâtons dans les roues.
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Monsieur le Président, la motion d'adoption d'aujourd'hui ne porte pas seulement sur les bourses d'études. Il s'agit de savoir si le Canada respecte toujours le genre de travail qui permet au pays de fonctionner.
Le budget de 2025 recèle une décision selon laquelle tout jeune Canadien qui choisit un établissement public, comme l'Université de la Colombie‑Britannique, l'Université McGill ou l'Université de Toronto, est admissible à une bourse d'études fédérale, mais s'il opte pour l'un des nombreux collèges d'enseignement professionnel sous réglementation provinciale qui forment des soudeurs, des électriciens, des aides-soignants, des mécaniciens ou des infirmiers auxiliaires, il sera exclu. C'est le même contribuable, la même ambition et le même travail acharné, mais le traitement est différent. Cela révèle quelque chose qui va bien au-delà d'un simple poste budgétaire. Cela révèle un préjugé selon lequel certaines études sont respectables et d'autres ne le sont pas, et que, pour une raison ou une autre, la voie qui mène à une ceinture à outils vaut moins que celle qui mène à un bureau. Cette façon de penser ne pourrait pas être plus dangereuse en ce moment.
Canada a perdu 95 000 emplois cette année. Plus de 50 000 jeunes ont perdu le leur. Notre taux de chômage compte parmi les plus élevés du G7. Pourtant, le gouvernement a choisi de nuire à l'accessibilité financière de la formation professionnelle. C'est complètement illogique. On dit qu'il faut davantage de logements, mais on érige des obstacles à la formation des personnes qui les bâtiront. On dit qu'il faut davantage de travailleurs de la santé, mais on complique la vie des étudiants qui se destinent à une profession axée sur les soins pratiques. On parle de croissance, mais on met des bâtons dans les roues aux personnes mêmes qui savent comment confectionner, bâtir, réparer ou créer des choses.
À l'origine, il y a un problème de mentalité. Beaucoup trop d'années ont été consacrées à prétendre qu'une formation qui n'est pas auréolée d'un prestige ne vaut pas grand-chose, comme si un beau diplôme était foncièrement plus utile qu'une compétence pratique ou comme si, hors des études à Oxford, tout n'était qu'un prix de consolation. En tout cas, à ce chapitre, le se trompe sur toute la ligne, car il faut plus que juste des experts-conseils pour bâtir un pays. Il faut quelqu'un pour poser les fils dans une maison. Il faut quelqu'un pour couler le béton. Il faut quelqu'un pour réparer un camion. Il faut quelqu'un pour veiller au bon fonctionnement des systèmes.
Le travail spécialisé n'est pas un travail de deuxième classe. Il fait partie des fondements de la vie civilisée. Si nous commençons à traiter les gens qui font ce type de travail comme s'ils étaient moins dignes d'être soutenus, non seulement nous commettons une erreur sur le plan de la politique, mais nous enseignons aussi à toute une génération à dévaloriser le travail dont nous avons désespérément besoin pour reconstruire le pays.
L'une des plus étranges contradictions au Canada en ce moment, c'est que tout le pays parle de pénurie de logements, de déficit en matière d'infrastructure, de pénurie de main-d'œuvre dans les métiers et d'une génération de jeunes qui cherchent à se tailler une place dans l'économie. Malgré cela, le gouvernement trouve encore le moyen de faire en sorte qu'il soit plus difficile pour ces jeunes de suivre une formation liée aux emplois même dont nous prétendons avoir désespérément besoin. Ce serait presque comique si ce n'était pas si grave.
Nous nous plaignons que les maisons sont trop chères, mais nous semblons étrangement réticents à parler des charpentiers, des électriciens, des tuyauteurs et des opérateurs de machinerie lourde sans qui aucune maison n'a jamais été construite. Nous parlons de bâtir le pays comme si une simple annonce politique allait suffire à le faire, alors qu'en réalité, les pays sont construits comme ils l'ont toujours été, c'est-à-dire par des gens qualifiés qui savent comment transformer des matières premières en quelque chose d'utile.
Voici pourquoi cette politique est si déconcertante. Au moment même où nous avons besoin de plus de travailleurs qualifiés, d'apprentis et de jeunes Canadiens qui acquièrent des compétences pratiques, professionnelles et recherchées, le gouvernement propose de mettre fin aux bourses d'études pour les étudiants des collèges d'enseignement professionnel qui suivent justement ces formations. C'est comme si, face à une pénurie de main-d'œuvre, on l'examinait de près et on décidait que la réponse logique, c'est de compliquer la tâche de la prochaine génération qui souhaite acquérir ces compétences. Voulons-nous vraiment saboter le système? En ce moment, les Canadiens qui tentent d'embaucher des personnes qualifiées ont besoin de politiques qui permettront de former plus — et non moins — de personnes qualifiées.
N'oublions pas une autre croyance que nous entretenons depuis beaucoup trop longtemps: que la voie la plus sûre vers la prospérité, c'est toujours l'éducation la plus coûteuse, le titre de compétence le plus long et le poste le plus raffiné sur une carte professionnelle. Nous l'avons répété si souvent que c'est devenu du gros bon sens, même si les preuves du contraire s'accumulent. Dans le monde réel, un nombre incalculable de gens de métier qualifiés gagnent d'excellents revenus, élèvent leurs familles, achètent des maisons, bâtissent des entreprises et font souvent tout cela avec moins de dettes, moins de délais et, à vrai dire, moins d'incertitudes que de nombreux jeunes à qui on a promis qu'un diplôme universitaire était la seule garantie de sécurité.
Il y a quelque chose qui cloche dans la façon dont nous avons valorisé certains métiers tout en en sous-estimant d'autres. Bon nombre des travailleurs dont il est question, comme les soudeurs, les électriciens, les mécaniciens-monteurs, les mécaniciens et les techniciens spécialisés dans la machinerie lourde, n'ont pas de mal à joindre les deux bouts. Beaucoup gagnent des revenus qui surprendraient justement ceux qui ont tendance à mépriser les métiers spécialisés. Pourquoi devrait-on s'en étonner? Le savoir-faire a de la valeur. La compétence a de la valeur. Être capable de faire quelque chose de difficile, d'utile et de nécessaire a toujours eu de la valeur. Ce sera toujours le cas.
À un moment donné, nous avons eu tout faux. Nous avons poussé les jeunes à s'endetter lourdement pour s'orienter vers des emplois qui, au moment où ils obtiendront leur diplôme, n'existeront peut-être pas, tout en négligeant des millions d'emplois qui existent bel et bien, sont bien rémunérés et restent vacants parce que trop peu de personnes ont été encouragées à acquérir les compétences nécessaires pour les occuper. Ce n'est pas seulement une incohérence, mais un échec culturel, et la politique à l'étude menace d'aggraver cette erreur, car, lorsque le gouvernement déclare que les étudiants qui s'orientent vers des filières professionnelles ne devraient plus bénéficier des mêmes aides financières que les autres, il fait bien plus que modifier une règle d'admissibilité. Il renforce le vieux préjugé selon lequel certaines formes d'apprentissage mènent à de réels débouchés tandis que d'autres n'y mènent pas, alors que quiconque a examiné le talon de paie d'un ouvrier qualifié prospère ou a récemment essayé d'en embaucher un sait à quel point ce préjugé est ridicule.
Dans de nombreuses régions du pays, un métier spécialisé n'est pas seulement un moyen de bien gagner sa vie. C'est peut-être l'une des meilleures perspectives qui s'offrent à nous. À une époque où les jeunes Canadiens ont du mal à envisager un avenir abordable, il faut être particulièrement aveugle pour mettre des obstacles sur l'une des voies les plus évidentes vers l'indépendance financière.
Peut-être que notre plus grande erreur est de parler encore des métiers comme s'ils ne menaient qu'à un simple emploi, alors que très souvent, ils mènent à quelque chose de bien plus grand. En effet, un métier spécialisé représente bien plus qu'un simple salaire. Il peut être le premier barreau d'une échelle menant à la propriété, à l'indépendance et à l'entrepreneuriat. Un jeune commence comme apprenti, apprend un métier, acquiert de l'expérience, se forge une réputation, décroche des contrats, achète un camion et embauche un assistant, puis une équipe. En peu de temps, ce qui a commencé par l'apprentissage d'un métier est devenu une petite entreprise. Si cela semble banal, c'est uniquement parce que les gens bâtissent le pays de cette manière depuis si longtemps que nous avons oublié à quel point c'est remarquable.
Nous ne devrions pas le tenir pour acquis, car il y a quelque chose d'extrêmement prometteur dans cette voie. C'est l'une des rares voies où quelqu'un peut commencer avec presque rien, si ce n'est la volonté de travailler, et, au fil du temps, bâtir quelque chose de lui-même. Il n'en hérite pas, mais il le bâtit. Bon nombre des personnes qui exercent des métiers que la culture qualifie de métiers ingrats sont, en réalité, des exemples de ce que l'autonomie peut produire. Beaucoup sont des entrepreneurs, beaucoup emploient d'autres personnes et beaucoup créent des possibilités, non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour le prochain jeune à la recherche d'un bon départ.
Il ne s'agit pas d'un simple détail économique. C'est l'économie elle-même. Pourtant, paradoxalement, nous vantons les mérites des petites entreprises tout en nuisant aux établissements qui aident les gens à acquérir les compétences requises pour en créer une. Cela n'a aucun sens, car l'électricien qui démarre une entreprise, le soudeur qui ouvre un atelier de fabrication, l'entrepreneur qui forme une équipe et le mécanicien qui ouvre un centre de services sont les gens qui prennent des risques, qui créent des emplois, qui paient des impôts, qui forment d'autres personnes et qui renforcent les collectivités.
C'est ainsi que l'on crée de la richesse dans le monde réel, et c'est pourquoi cette politique me semble tellement être à courte vue. En dissuadant les étudiants de fréquenter les collèges d'enseignement professionnel, on ne nuit pas seulement aux étudiants, mais aussi aux entreprises qu'ils auraient peut-être créées, aux apprentis qu'ils auraient peut-être formés, aux travailleurs qu'ils auraient peut-être embauchés et aux possibilités qu'ils auraient peut-être créées pour d'autres. Cette approche restreint non seulement le cheminement vers la formation, mais aussi le cheminement vers la propriété. Dans un pays qui s'inquiète de la stagnation de la croissance et de la faiblesse de la productivité et où trop peu de jeunes croient pouvoir améliorer leur sort, il me semble que la dernière chose que le gouvernement doit faire, c'est de compliquer l'accès des jeunes à l'une des voies les plus évidentes pour devenir leur propre patron.
Si nous voulons que le travail redevienne attrayant et si nous voulons rétablir le respect, au pays, pour le travail assidu, les compétences et l'esprit d'entreprise, nous devons commencer par adopter cette motion et cesser de punir les étudiants qui se préparent à faire le travail qui les attend.
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Monsieur le Président, je prends la parole au sujet du septième rapport du Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées, mais surtout pour défendre les intérêts des étudiants de ma circonscription, Oshawa, qui sont laissés pour compte par la décision du gouvernement libéral.
Soyons clairs sur ce qu'implique cette politique. Elle établit une distinction entre les étudiants. Cette distinction ne repose pas sur les efforts, le talent ou l'ambition, mais uniquement sur le lieu où ils choisissent d'étudier. Cette distinction crée deux catégories de Canadiens. Ce n'est pas de l'équité, mais plutôt de la discrimination.
Oshawa est une collectivité fondée sur le travail acharné. Elle se compose de gens de métier, de travailleurs de la santé, de techniciens et de spécialistes qualifiés qui font tourner l'économie et contribuent à la prospérité de notre pays. Nous sommes fiers de nos établissements d'enseignement, comme le collège Durham et l'Université Ontario Tech. Ces établissements jouent un rôle essentiel pour façonner l'avenir de notre collectivité et pour préparer les étudiants à la réussite.
Ce ne sont pas tous les programmes qui sont offerts dans une université ou un établissement collégial publics. Beaucoup d'étudiants optent pour un collège d'enseignement professionnel parce qu'on y obtient une formation pratique qui ouvre directement la porte à l'emploi. Pour certains programmes spécialisés, il n'y a d'ailleurs pas d'autre option. Ce ne sont pas des établissements de deuxième classe. Ils sont réglementés et reconnus, et ils jouent un rôle névralgique dans notre système d'éducation. Malgré tout, les changements que le gouvernement a apportés dans le budget de 2025 envoient un message limpide aux étudiants qui les fréquentent: ils ne méritent pas autant d'aide que les autres.
Imaginons une jeune personne d'Oshawa. Peut-être qu'elle achève ses études secondaires ou qu'elle vient de les terminer. Peut-être qu'elle veut se réorienter après avoir été licenciée. À cause des ratés des libéraux, c'est après tout fréquent dans le secteur automobile à Oshawa. Peut-être qu'elle veut procurer un avenir plus prometteur à sa famille. En faisant des recherches, elle trouve un programme qui correspond à ses objectifs. C'est une formation pratique et ciblée qui déboucherait sur un emploi, sauf qu'elle se donne dans un collège d'enseignement professionnel. Sur la base de cet unique facteur, le gouvernement refusera d'accorder une bourse à cette personne. L'étudiant d'à côté suit un autre programme dans un autre genre d'établissement. Lui recevra de l'aide, mais pas elle.
En quoi est-ce que c'est juste? Comment peut-on parler de traitement équitable? Comment le moindre député peut-il justifier une telle discrimination? Cette politique n'opère pas en vase clos. Elle a des conséquences bien réelles. Nous le savons, du moins si nous sommes à l'écoute de nos concitoyens.
Les familles d'Oshawa sont déjà à bout de souffle. La vie coûte cher, tout comme le loyer et l'épicerie, et chaque dollar compte. Les bourses d'études ne sont pas un luxe. Elles déterminent souvent si une personne peut réellement se permettre d'entreprendre des études. Quand le gouvernement met fin à cette aide financière, il ne se contente pas de retrancher une ligne budgétaire: il ferme des portes et envoie le message que certains parcours ont moins de valeur.
Qui en paie le prix? Ce sont les Canadiens à revenu faible ou moyen. Force est de constater que le gouvernement semble déterminé à les laisser pour compte.
On parle ici de personnes qui cherchent à acquérir de nouvelles compétences, de nouveaux Canadiens qui bâtissent leur avenir et de parents seuls à la recherche de stabilité professionnelle. On parle aussi de travailleurs en transition provenant d'industries en transformation ou en déclin, notamment de nombreux travailleurs de l'automobile, comme ceux de l'usine d'assemblage de GM, à Oshawa, qui ont perdu leur emploi en raison des droits de douane injustifiés imposés par les États‑Unis et de l'incapacité du à conclure un accord commercial. C'est à ces personnes que nous devrions venir en aide. Or, une fois de plus, le gouvernement choisit de les laisser tomber.
Il y a une autre conséquence qu'on ne peut pas ignorer. À un moment où le Canada fait face à de graves pénuries de main-d'œuvre, cette politique n'a absolument aucun sens. À Oshawa et dans toute la région de Durham, les employeurs sont à la recherche de travailleurs qualifiés. Nous avons besoin de gens de métier, de préposés aux services de soutien à la personne, de techniciens et de personnes prêtes à travailler sur-le-champ.
Les collèges d'enseignement professionnel jouent un rôle essentiel pour répondre à ces besoins. Ils offrent une formation rapide et ciblée qui permet aux étudiants d'occuper rapidement un emploi. Pourtant, le gouvernement a décidé de faire en sorte qu'il soit plus difficile pour eux d'opter pour cette voie. Pourquoi? Pourquoi décourager les gens de s'inscrire précisément dans le genre de programmes dont l'économie a désespérément besoin et dont elle dépend? Pourquoi réduire le nombre de diplômés dans les domaines où la demande est forte? Pourquoi aggraver les pénuries de main-d'œuvre à un moment où les Canadiens en ressentent déjà les effets?
La réponse n'est pas logique. Elle est ancrée dans une approche boiteuse qui sous-estime l'enseignement pratique. Cela envoie le message que certaines formes d'apprentissage sont plus légitimes que d'autres, que travailler avec ses mains est moins valable que de s'asseoir dans une salle de cours, et que les carrières pratiques appartiennent à une classe inférieure. Ce n'est pas le bon message à envoyer. C'est mauvais pour Oshawa, mauvais pour le Canada et profondément injuste pour les étudiants qui essaient simplement de se bâtir une vie meilleure.
J'aimerais vous parler de mon expérience personnelle, qui met bien en lumière cette question. Mon fils est sur le point d'obtenir son diplôme à l'Université Western, et je ne pourrais être plus fière. Il va obtenir un diplôme en économie et il est très enthousiaste quant à ses projets d'avenir. Ma fille est en 10e année et commence à réfléchir sérieusement à son avenir. Ces derniers temps, nous avons eu de nombreuses discussions sur la suite de son parcours et sur ce qu'elle pourrait vouloir faire après l'école secondaire. Ce qui m'inquiète, c'est le message que cette politique pourrait envoyer à des jeunes comme elle. Est-ce qu'on sous-entend qu'une formation dans un collège professionnel a moins de valeur qu'une formation dans une université publique?
Quand j'ai dit à ma fille qu'elle n'avait pas à suivre un parcours universitaire et qu'elle pourrait trouver une formation pratique plus appropriée dans un collège d'enseignement professionnel, sa réponse immédiate a été de se demander si c'était suffisant. Cette question en dit long. Ma fille a demandé si le collège professionnel était suffisant. Des politiques comme celle des libéraux risquent de renforcer l'idée que les métiers et l'éducation axée sur la carrière sont en quelque sorte inférieurs, alors qu'en réalité ce sont des voies essentielles, respectées et gratifiantes.
Je n'ai pas encore vu un seul député libéral prendre la parole pour reconnaître cette réalité. Je ne les ai pas encore entendus dire qu'ils ne sont pas en train de créer deux niveaux dans notre système d'éducation. Pourtant, c'est exactement ce qu'ils sont en train de faire. Ils se livrent à de petits jeux sur le sujet de la journée au lieu de se concentrer sur ce que la motion proposerait.
Les provinces et les territoires réglementent déjà les collèges professionnels. Ils déterminent quelles institutions respectent les normes, ils approuvent les programmes et ils assurent la reddition de comptes, alors pourquoi le gouvernement fédéral intervient-il pour annuler leurs décisions? Pourquoi impose-t-il une politique générale qui ne tient pas compte des réalités sur le terrain? La recommandation du comité est simple: harmoniser l'admissibilité aux bourses d'études fédérales avec les décisions provinciales et territoriales, respecter les systèmes déjà en place et, surtout, traiter les étudiants sur un pied d'égalité. Ce n'est pas une proposition radicale. Franchement, c'est très raisonnable: traiter les étudiants sur un pied d'égalité.
Revenons aux gens que je représente. Dans Oshawa, j'ai discuté avec des étudiants qui s'efforcent de faire des choix de vie judicieux. Ils réclament un système qui ne désavoue pas leurs objectifs et qui les aide à les concrétiser. Ils ont raison de le faire, car le fait d'être traités de façon juste ne devrait pas dépendre de l'établissement où ils étudient. Leurs débouchés ne devraient pas dépendre d'une distinction d'ordre bureaucratique. On ne devrait pas leur refuser de l'aide en raison d'une catégorie qui n'a rien à voir avec leur potentiel ou leur apport à la société.
Les députés ont le devoir de veiller à ce que les politiques soient justes, à ce que les perspectives soient démocratisées et à ce qu'aucun Canadien ne soit traité comme quantité négligeable. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'au-delà des bourses, c'est une question de dignité et de potentiel. Je vois venir les questions des députés libéraux sur le potentiel et la dignité. Quelle que soit la voie que les Canadiens choisissent, ils méritent tous d'avoir autant la possibilité de réussir.
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Monsieur le Président, un bref passage est enfoui discrètement à la page 248 du budget de 2025. Il n'a pas fait les manchettes, n'a pas donné lieu à une conférence de presse et n'a pas suscité de débat public. Toutefois, pour de nombreux jeunes Canadiens et pour des circonscriptions comme la mienne, ce passage est très important parce que c'est là que le gouvernement nous signale son intention d'éliminer les bourses d'études pour les étudiants qui fréquentent des établissements d'enseignement privés.
À première vue, le choix du gouvernement peut sembler technique, voire raisonnable, aux yeux de ceux qui croient que tout le monde devrait aspirer à un diplôme universitaire, mais quand on y regarde de plus près, on voit qu'un enjeu beaucoup plus important se cache derrière ce choix. Le gouvernement libéral nous révèle ainsi qu'il valorise certaines carrières plus que d'autres, et il accorde les bourses d'études en conséquence. C'est franchement un signe d'aveuglement, et j'en sais quelque chose. Je suis fière d'être à la fois orfèvre et avocate. J'ai un métier et une profession qui m'ont servi tous les deux à gagner ma vie à divers stades de ma carrière. Certains seraient surpris d'apprendre lequel, du métier et de la profession, m'a permis de subvenir le mieux aux besoins de ma famille.
La stigmatisation est bien réelle. Quand je dis que je suis avocate, les gens réagissent d'une certaine manière. Oui, il y a des blagues sur les avocats, mais il y a aussi une certaine dose de respect et de déférence. Lorsque je dis que je suis orfèvre, une personne de métier, la réaction est différente. Je n'ai pas besoin de l'expliquer aux personnes de métier qui nous regardent. Il y a moins de crédibilité, comme si l'une de ces voies était plus sérieuse, plus digne et plus importante.
J'ai vécu dans ces deux mondes. Des portes se sont fermées pour moi lorsque je suis passée de la catégorie des gens qui se douchent le matin à celle de ceux qui se douchent en rentrant du travail. C'est pourquoi cette question me tient à cœur, car ce qui se cache dans le budget n'est pas seulement un changement de financement. C'est un signal qui indique que certaines formes d'études méritent plus que d'autres de bénéficier du soutien public. Cela revient à dire que le cursus suivi dans un amphithéâtre universitaire a plus de valeur que celui suivi dans un atelier, un laboratoire de formation ou un programme d'apprentissage pratique. C'est une erreur.
Il y a une vieille fable que beaucoup d'entre nous ont apprise dans leur enfance. C'est celle du lion et du rat. Le lion, puissant et sûr de lui-même, se moque du rat parce qu'il est petit et insignifiant. Quelle valeur pourrait bien avoir une créature aussi minuscule? Cependant, plus tard, le lion se retrouve pris dans un filet, et c'est le rat, celui qu'on avait jugé sans importance, qui ronge les mailles du filet et libère le lion. La leçon est simple: la force prend de nombreuses formes, et ce que certains rejettent peut s'avérer essentiel.
Lorsque nous devons construire à un rythme jamais vu depuis un siècle, nous n'avons pas seulement besoin d'avocats. Il nous faut aussi des charpentiers, des monteurs d'échafaudages, des soudeurs et des conducteurs d'engins Cat, y compris ceux qui ont obtenu leur certificat dans un établissement privé. Si nous devons faire face à des pénuries, nous avons besoin de tous ceux qui peuvent mettre la main à la pâte.
Dans des circonscriptions comme Nanaimo—Ladysmith, ce n'est pas une question abstraite. C'est la réalité. Nous sommes une collectivité qui se bâtit grâce à des gens qui travaillent autant de leurs mains que de leur tête. Ce sont des artisans, des techniciens, des travailleurs sociaux et des propriétaires de petites entreprises. Ce sont les gens qui réparent, qui construisent des choses et qui font tourner l'économie locale.
La fin de semaine dernière, j'ai eu l'occasion de participer à un café réparation, un espace de collaboration où les participants s'entraident pour réparer des objets. Les compétences requises ne s'acquièrent pas toujours dans le cadre d'un parcours universitaire classique. Beaucoup d'entre nous les avons acquises en fréquentant des collèges d'enseignement professionnel privés. Nous avons suivi une formation ciblée et pratique. Nous avons acquis des compétences précises qui nous ont menés directement vers l'emploi, dans des domaines comme le soutien aux soins de santé, l'éducation préscolaire, le soudage, les métiers de la construction, les technologies de l'information et les services personnels.
Il ne s'agit pas de plans de rechange. Ce sont des parcours essentiels vers l'emploi et, pour de nombreux jeunes, les voies les plus directes d'accès au marché du travail. C'est d'autant plus important aujourd'hui, dans un contexte de chômage élevé chez les jeunes. Les jeunes Canadiens ont du mal à se faire une place. Ils cherchent une porte d'entrée. Ils veulent bâtir leur avenir. Ils sont animés par le désir de gagner de l'argent et de trouver le chemin le plus direct vers un revenu qui leur permettra d'accéder, du moins en partie, au niveau de vie de leurs parents.
Parallèlement, des employeurs de tout le pays ont du mal à recruter des travailleurs qualifiés. Ce constat est partagé par les entreprises de construction, les fournisseurs de soins de santé et les petites entreprises en croissance. Il y a un vide à combler, et il est bien réel. On pourrait donc s'attendre à ce que le gouvernement cherche à régler le problème en appuyant les programmes qui permettent aux jeunes d'accéder rapidement à de véritables emplois. Or, que fait le gouvernement à la place? Il ferme des portes.
Ce changement fait en sorte qu'un étudiant qui fréquente une université publique demeure admissible aux bourses fondées sur les moyens, mais un étudiant qui fréquente un collège privé d'enseignement professionnel, même s'il suit un programme qui mène directement à un emploi, n'a plus accès à ces bourses. Le besoin financier, l'ambition et le désir de contribuer sont les mêmes, mais ils sont traités différemment. Pourquoi? C'est à cause du type d'établissement qu'ils ont choisi. Ce n'est pas équitable. Ça revient à choisir les gagnants et les perdants, et ça ne tient pas compte de la façon dont notre système d'éducation a évolué.
Les universités publiques jouent un rôle important, c'est bien évident. Nous avons besoin d'universités de premier plan. Nous avons besoin de la recherche. Nous avons besoin de la formation professionnelle dans des domaines tels que la médecine, le droit et le génie. Cependant, les universités ne sont pas conçues pour répondre à tous nos besoins. Elles ne sont pas conçues pour offrir une formation rapide adaptée à des emplois précis. Elles n'ont pas toujours la souplesse nécessaire pour répondre rapidement aux pénuries de main-d'œuvre locales. Elles n'offrent pas toute la gamme de programmes pratiques dont dépendent de nombreuses industries.
C'est là que les collèges d'enseignement professionnel privés entrent en jeu. Ils sont plus petits, plus ciblés et plus souples. Ils sont plus comme le rat de la fable. Ils peuvent lancer des programmes rapidement et adapter la formation à des employeurs locaux. Ils peuvent offrir des parcours ciblés et plus courts. Ils peuvent permettre aux gens d'accéder au marché du travail en quelques mois, plutôt qu'en quelques années. Pour de nombreux étudiants, surtout ceux qui ne peuvent pas se permettre de passer quatre ans sans travailler, c'est important.
Imaginons une jeune personne de Nanaimo—Ladysmith. Peut-être qu'elle ne peut pas quitter sa collectivité pour aller à l'université. Elle a peut-être besoin de travailler pendant ses études. Elle cherche peut-être un programme qui lui permettra d'obtenir un emploi le plus rapidement possible. Elle trouve un programme dans un collège privé local. Le programme convient à sa situation et correspond à ses objectifs. Il mène directement à l'emploi, et elle pourrait même travailler à temps partiel pendant ses études. Or, avec ce budget, elle perd l'accès aux bourses d'études. Que se passe-t-il alors? Elle s'endette davantage, elle travaille plus d'heures à temps partiel, elle retarde sa formation ou elle abandonne carrément ses études. Cela n'aide pas les jeunes. Cela leur ferme des portes, alors même que le gouvernement prétend se concentrer sur l'emploi chez les jeunes.
C'est là que réside la contradiction de cette politique. D'une part, on entend parler d'investissements dans les programmes d'emploi et de formation professionnelle. Les conférences de presse se succèdent. D'autre part, on voit une décision discrète enfouie dans un budget qui fait en sorte qu'il est plus difficile pour les jeunes de suivre certaines des voies d'accès les plus directes aux emplois. Cela ne concorde pas, et cela reflète quelque chose de plus profond. Cela reflète une mentalité qui accorde plus de valeur à un type de travail qu'à un autre. Cela renforce les différences de classes que je pensais que nous tentions de démanteler.
Les Canadiens savent que la dignité vient, non pas du type d'institution qui délivre le diplôme, mais du travail lui-même. Elle vient du travail accompli pour construire une maison, prendre soin d'un patient, réparer une pièce d'équipement, exploiter une petite entreprise ou maîtriser un métier. J'en ai été témoin dans ma propre vie. Le métier d'orfèvre requiert une précision qui rivalise avec n'importe quelle profession. Il faut de la discipline, de la créativité et des compétences. On retire de la fierté à produire quelque chose de tangible et de durable, et pourtant, trop souvent, ces voies sont traitées comme des voies de deuxième rang.
Cette politique risque d'élargir cet écart. Ce n'est pas le message que nous devrions envoyer. Si nous voulons vraiment nous attaquer au chômage chez les jeunes, nous devrions soutenir toutes les voies crédibles vers le travail, qu'elles passent par un campus universitaire ou un petit collège professionnel. Nous devrions nous poser une question simple: ce programme aide-t-il un jeune à trouver un emploi? Si la réponse est affirmative, nous devrions trouver des moyens de le soutenir, au lieu d'annuler le soutien.
Le lion dans la fable ne pensait pas avoir besoin du rat, mais le moment venu, il s'est avéré que ce qui semblait petit était en fait essentiel. Nous ne devrions pas commettre cette erreur en matière de politique d'intérêt public. Tant que le gouvernement ne sera pas prêt à financer ces programmes au moyen des universités publiques, les programmes privés de ce genre seront essentiels à notre économie. Ils sont essentiels pour donner aux jeunes Canadiens une véritable chance de réussir.
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Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec la députée de .
Je suis très fier de prendre la parole au nom des habitants de Skeena—Bulkley Valley au sujet de la motion, qui porte sur les bourses d'études canadiennes pour étudiants à temps plein. Cela me ramène à il y a 20 ans, à l'époque où ma petite Première Nation, la nation Haisla, tentait d'intégrer ses membres à l'économie, en particulier au marché du travail. Essentiellement, ce dont nous débattons ici, c'est d'une motion visant à ce que le gouvernement fédéral limite les bourses d'études aux établissements publics et aux établissements privés à but non lucratif.
Pendant que nous y sommes, je dois parler de l'institut de Kitimat Valley, un établissement d'enseignement postsecondaire privé de ma circonscription, dans la ville de Kitimat, qui était en faillite. Nous reconnaissions l'importance de sauver l'institut de Kitimat Valley. En tant que petite bande des Premières Nations assujettie à la Loi sur les Indiens, nous n'avions pas d'argent, mais nous pouvions en voir l'importance, car des emplois dans les secteurs forestier, minier et du gaz naturel liquéfié se profilaient à l'horizon. Nous avons donc fait ce que nous pouvions pour réunir les fonds nécessaires pour acheter cet institut postsecondaire privé et le sauver. Avons-nous reçu de l'aide du gouvernement? Non, nous n'en avons pas reçu. C'est le secteur privé qui est venu à notre secours, les entreprises. Les premières années ont été difficiles sans le soutien du gouvernement, provincial ou fédéral.
À l'époque, nos concitoyens étaient confrontés à la même situation que celle à laquelle sont confrontés les jeunes Canadiens aujourd'hui. Au Canada, les jeunes n'ont aucune perspective et aucun avenir, alors ils essaient de s'en aller. Ils tentent de partir aux États‑Unis pour avoir de meilleures chances de se bâtir une vie. Tout récemment, au congrès libéral, on a proposé d'imposer une taxe de départ de 500 000 $ à ces jeunes qui veulent partir. Si quelqu'un veut quitter le Canada pour trouver un emploi ou fonder une entreprise à l'extérieur du pays, il pourrait se voir imposer une taxe de départ, comme les libéraux en ont débattu lors de leur congrès. Non seulement ils nuisent à l'économie pour que les jeunes ne puissent pas se bâtir une vie, mais ils veulent les punir avec cette éventuelle taxe de départ.
Ce n'est pas ainsi qu'on fera du Canada le pays le plus performant du G7, et encore moins une superpuissance énergétique. Pour que notre pays devienne l'un ou l'autre, nous avons besoin de travailleurs, de préférence des travailleurs canadiens formés au Canada, sur notre territoire. Sinon, nous soutenons essentiellement l'économie d'autres pays, surtout lorsqu'il s'agit de pénuries de main-d'œuvre dans les domaines professionnels et techniques.
De nombreux étudiants comptent sur les bourses pour financer leurs études professionnelles, y compris les étudiants des Premières Nations. Les Premières Nations n'ont aucune possibilité réelle de s'exprimer sur le sujet du débat d'aujourd'hui. Si un Autochtone ordinaire, qui n'a jamais quitté la réserve et ne souhaite pas la quitter, doit s'en aller pour suivre une formation ou trouver un emploi, il voudra, à un moment donné, retourner dans sa communauté ou sur son territoire. C'est là un véritable combat. Non seulement nous disons à cette personne d'aller de l'avant et de se débrouiller dans le monde extérieur, mais nous lui disons en substance qu'elle devra faire face à des problèmes d'abordabilité causés par la Loi sur les Indiens, car elle ne recevra pas 100 % du financement. Pour une Première Nation qui ne dispose pas de revenus autonomes, cela devient un exercice budgétaire et limite ce qu'elle peut faire pour ses jeunes. C'est pourquoi nous avons acheté l'institut de Kitimat Valley. Nous avons rassemblé tant bien que mal les fonds nécessaires pour y parvenir.
La proposition exclut d'ailleurs cet institut, que ma bande gère sur un terrain privé. Nous avons acheté ce terrain au gouvernement provincial, nous avons conservé un statut de propriété en fief simple et nous continuons à payer les impôts qui s'y rapportent, car nous comprenons que l'économie a une portée bien plus large que ce que nous imaginons.
Je ne pense pas que le gouvernement tienne véritablement compte de tous les aspects liés à un établissement d'enseignement postsecondaire privé, notamment la fiscalité et l'embauche des enseignants et du personnel d'entretien. Toutes les personnes qui travaillent dans un établissement contribuent à l'économie, tant au niveau local que provincial et fédéral. Cependant, c'est la prochaine génération de travailleurs qui va en subir les conséquences, car elle ne peut pas acquérir la formation nécessaire dans les seuls établissements publics.
Pour les Premières Nations qui tentent de faire preuve de créativité et qui s'efforcent de tracer l'avenir pour leurs jeunes en fonction des conditions qui leur sont imposées par la Loi sur les Indiens, c'est une réalité difficile. On ne peut pas se perdre en considérations du type « l'œuf ou la poule » quand on oppose l'économie et l'éducation. J'ai très vite compris que tout ce que nous faisions en matière de formation et d'éducation nous revenait sous forme de colère, car l'économie de notre région était anémique. On s'attendait à ce qu'un emploi suive cette formation. C'est là que j'ai compris que la formation et l'éducation vont de pair avec le développement économique. C'est inévitable, sinon les gens quittent notre communauté. Nous subissons un exode des cerveaux. Voilà ce qui se passe actuellement au Canada: nos meilleurs éléments, qu'ils aient fréquenté ou non un établissement public, partent aux États‑Unis.
Cette motion n'apporte rien. Elle pénalise les jeunes, elle pénalise les Canadiens, et pourquoi? S'agit-il d'une question de budget? Si c'est cela, qu'on le dise clairement. Cependant, si nous voulons que le Canada tourne à plein régime, nous devons prendre en compte tous les aspects de la formation, en particulier si nous pensons à ce que nous faisons en tant que petites communautés des Premières Nations de la Colombie‑Britannique et de tout le Canada qui souhaitent contribuer à l'économie et faire entrer nos membres sur le marché du travail.
Sans l'institut de Kitimat Valley, il n'y aurait pas eu suffisamment de travailleurs pour construire le projet de LNG Canada. Quand on pense à LNG Canada, on parle de 50 000 travailleurs de la construction. Je dois malheureusement dire que tous ces travailleurs ne venaient pas du Canada. Ils venaient de partout. Ils venaient des États‑Unis. Ils venaient de toutes les régions du Canada, de différentes provinces. Je considère que c'est un secteur spécialisé. Je comprends, mais on ne développera pas la main-d'œuvre canadienne en limitant les choix.
Le Canada se trouve dans une situation très difficile compte tenu de la guerre commerciale menée par les États‑Unis et des négociations à venir. Je suis d'accord: nous devons être indépendants en tant que pays. Nous devons diversifier nos échanges commerciaux et reconstruire notre économie après 10 ans de politiques, de réglementation et de mesures législatives paralysantes. Cependant, écarter un certain type d'établissement d'enseignement est une erreur. Une telle approche ne contribue pas à former la main-d'œuvre. Elle ne contribue pas à bâtir l'avenir.
Si nous voulons devenir une superpuissance énergétique — pensons à LNG Canada, ou peut-être à Chevron, qui a quitté le Canada en apportant avec elle un investissement de 30 milliards de dollars — et si nous voulons relancer ce secteur, nous devons redonner espoir aux gens. Nous devons leur donner de l'espoir. Cette motion ne le fait pas.
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Monsieur le Président, il fut un temps dans ce pays où les gens savaient que s'ils travaillaient fort, s'ils faisaient les bons choix et s'ils investissaient dans leur avenir, ils pouvaient améliorer leur sort. C'était le rêve canadien. Or, pour beaucoup de Canadiens, ce rêve semble désormais inaccessible. Les coûts augmentent, les occasions se font plus rares et, malgré tous leurs efforts, de plus en plus de gens voient leur situation se détériorer. Dans un contexte comme celui-ci, le rôle du gouvernement devrait être simple: aider les gens à se bâtir une vie au lieu de leur mettre des bâtons dans les roues. C'est pourquoi cette politique est inacceptable. Au lieu d'ouvrir des portes, elle les ferme.
Le gouvernement a proposé de restreindre l'accès à la bourse canadienne pour étudiants à temps plein. À première vue, cela peut sembler anodin. Cependant, dans les faits, la situation se résume ainsi: deux étudiants peuvent travailler tout aussi fort, aspirer à une carrière et chercher à se bâtir un avenir dans ce pays, mais seulement l'un d'entre eux recevra une aide financière parce que l'autre ne fréquente pas le bon genre d'établissement. Ce n'est pas juste, ce n'est pas du gros bon sens et ce n'est pas ainsi que nous reconstruirons le rêve canadien.
Dans la région de Waterloo, les gens sont extrêmement fiers de leurs institutions postsecondaires. Il y a par exemple le Collège Conestoga, l'Université Wilfrid Laurier et l'Université de Waterloo, mais il y a également d'autres établissements fantastiques, comme le Collège triOS, dont les responsables ont communiqué avec moi personnellement parce qu'ils étaient inquiets du changement en question. Ces collèges servent les personnes des environs à qui le système traditionnel ne convient pas, comme les mères seules qui veulent aller à l'école même si elles occupent deux emplois ou quiconque est en mesure de ne pas déroger à son horaire de travail habituel pour suivre des cours. Or, toutes ces personnes se demandent maintenant si elles ont les moyens de terminer leur programme. Des étudiants qui aspirent à devenir adjoints au médecin, préposés aux bénéficiaires ou techniciens en informatique se font désormais dire que l'aide qu'ils attendaient ne se concrétisera peut-être pas.
Ces établissements jouent un rôle dans la préparation de la prochaine génération. Ils élargissent l'éventail des choix possibles en proposant aux étudiants des cheminements et des calendriers différents ainsi que des moyens de réussir autrement. Tout le monde ne suit pas le même parcours. C'est la réalité. Certains veulent aller à l'université, mais d'autres préfèrent une formation plus pratique que théorique qui leur permettra d'accéder plus rapidement au marché de l'emploi. Les collèges d'enseignement professionnel sont là pour eux. Ils offrent de la formation, souvent moins longue, axée sur de vrais emplois dans de vraies industries. Ils préparent les étudiants à devenir préposés aux bénéficiaires, adjoints au médecin, techniciens en informatique ou ouvriers spécialisés. Il ne s'agit pas là de pis-aller, mais bien de métiers essentiels. On parle de gens qui font partie de notre quotidien. Pourtant, selon la politique en question, de nombreux étudiants perdront leur bourse fédérale non pas parce que le travail qu'ils accompliront n'est pas aussi nécessaire ni parce que la carrière de leur choix ne répond à aucun besoin, mais du fait de l'établissement qu'il fréquentent étant donné que le cheminement traditionnel ne leur convenait pas.
Il faut y réfléchir. On dit aux personnes qui veulent travailler dans le domaine de la santé, dans les métiers spécialisés ou dans la technologie qu'ils ont choisi la mauvaise voie et qu'ils sont désormais laissés à eux-mêmes. En même temps, il y a une pénurie de la main-d'œuvre, et toutes nos collectivités manquent de travailleurs. Donc, pourquoi complique-t-on la tâche des gens qui veulent acquérir ces compétences? Pourquoi crée-t-on des difficultés financières? C'est ce qu'on fait ici. Il sera encore plus difficile pour les gens de passer à une autre étape et beaucoup d'entre eux ne pourront pas se le permettre. Il faut se demander qui est le plus touché par cette mesure. Ce ne sont certainement pas les étudiants qui ont le plus de ressources. Ce sont ceux qui tentent d'améliorer leur sort et qui retournent sur les bancs d'école, comme les néo-Canadiens, ceux qui sont à la recherche d'une deuxième chance ou encore ceux qui sont en quête d'un nouveau départ. Cette politique ne touche pas tout le monde de la même manière, et elle nuit à ceux qui tentent de remonter la pente.
Parlons maintenant du coût de la vie, car c'est là que le bât blesse le plus. La plupart des étudiants n'ont pas d'argent à dépenser. Ils comptent sur les bourses pour être en mesure de poursuivre leurs études. Les loyers sont élevés, le prix de l'épicerie augmente et, de façon générale, tout coûte plus cher. Pour certaines personnes qui se demandent si elles peuvent reprendre leurs études, changer de carrière ou acquérir de nouvelles compétences, ce soutien peut faire la différence entre aller de l'avant ou rester sur place. En retirant cette aide à un groupe particulier d'étudiants, le gouvernement ferme une porte essentielle, et ce sont les personnes à faibles et moyens revenus qui en subiront les conséquences. Ce sont les Canadiens de ces catégories qui sont les plus durement touchés, précisément ceux qui tentent de progresser et d'échapper au cercle vicieux dans lequel ils se trouvent.
Il y a un autre élément qui est important, surtout dans un endroit comme Kitchener: la pression supplémentaire que subiront les établissements d'enseignement postsecondaire. Ils contribuent aux collectivités et soutiennent les économies locales, mais nous avons aussi constaté que ça exerce une pression sur le logement, les infrastructures et les services. Il faut aussi s'attaquer à ces difficultés.
La politique proposée par le gouvernement ne règle pas ces problèmes. Elle ne règle pas le problème du logement et n'améliore pas la surveillance. Elle ne renforce pas le système. Elle ne fait que rendre la vie plus difficile pour les étudiants canadiens qui choisissent une formation professionnelle. Nous devrions offrir plus de formations souples et ciblées pour répondre à la demande, pas moins. Les collèges d'enseignement professionnel sont souvent le moyen le plus rapide de répondre aux besoins en main-d'œuvre. Ils s'adaptent rapidement et mettent l'accent sur des compétences précises. En cette époque où l'économie est en pleine transformation, ce genre de souplesse n'est pas une faiblesse, mais une force.
Les provinces réglementent ces établissements scolaires. Ce sont elles qui décident quels établissements sont légitimes et quels programmes répondent aux normes. Le comité a formulé une recommandation simple. Si une province estime qu'une école est valable, le gouvernement fédéral devrait respecter cela. Voilà comment on fait passer les étudiants en premier. Jusqu'à maintenant, le gouvernement n'a pas expliqué pourquoi il souhaite apporter ce changement ni quel problème il cherche à résoudre. Du point de vue des Canadiens, ce changement ne réglera rien; il ne fait que créer de nouveaux problèmes. Il crée des injustices et des obstacles, et il envoie le mauvais message sur la valeur du travail.
Au fond, tout se résume à quelque chose de simple: il s'agit de respecter les étudiants, de respecter le choix d'un cheminement différent et de respecter l'idée qu'il y a toutes sortes de façon de se bâtir une vie dans notre pays. L'université, c'est un bon choix de vie. Le collège, c'est un bon choix de vie. J'ai moi-même fait des études collégiales. La formation professionnelle, c'est aussi un bon choix de vie. Tous ces types d'établissements sont nécessaires. Il faut tous les soutenir, pas dire à un groupe qu'il est plus important qu'un autre. Dire à un groupe qu'il est plus important qu'un autre, c'est nuire à la main-d'œuvre et à l'économie d'ici. C'est rendre le rêve canadien inatteignable.
Ce qu'on demande n'a rien de compliqué: abandonnons la politique et revenons à un système juste en apportant une aide à tous les étudiants, peu importe le cheminement qu'ils choisissent. Après tout, si on cherche vraiment à aider les Canadiens à améliorer leur sort, il faut arrêter de leur mettre des bâtons dans les roues.
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Monsieur le Président, je veux poursuivre cette discussion à la Chambre, car elle est très importante pour tout le Canada, en particulier pour les personnes vivant dans des collectivités rurales. Nous parlons ici des changements apportés par le gouvernement libéral dans le budget de 2025, qui empêchent injustement les étudiants des collèges d'enseignement professionnel d'être admissibles aux bourses d'études du fédéral.
Évidemment, cela nuit à l'abordabilité et aux besoins en main-d'œuvre au Canada. Cela nuit aussi à la formation professionnelle, dont tout le monde à la Chambre parle quotidiennement et dont nous aurons besoin si nous voulons construire les logements et les infrastructures dont le pays aura besoin sous peu.
Cette politique crée deux catégories d'étudiants, qui sont basées uniquement sur leur lieu d'études. Ce n'est pas à nous, à la Chambre, de décider qui prodigue une meilleure éducation ou quel type d'éducation quelqu'un devrait recevoir en premier lieu. Je sais que lorsque mes enfants ont décidé de poursuivre leurs études, je voulais qu'ils puissent décider eux-mêmes où ils iraient. En tant qu'institution, nous faisons réellement la promotion de tous les types d'éducation afin d'avoir des collectivités plus complètes au Canada.
Cette politique pénalise les étudiants qui choisissent une éducation pratique axée sur l'emploi. De ce côté-ci de la Chambre, nous estimons — et je suis sûr que tout le monde à la Chambre est d'accord — que bon nombre des programmes qui sont essentiels pour progresser en tant que pays autonome ne sont offerts que dans les collèges d'enseignement professionnel. Les collèges publics sont formidables, bien sûr. Nous avons certains des meilleurs établissements au monde, mais pour les résidants des petites collectivités rurales comme celles de Similkameen—Okanagan‑Sud—Kootenay‑Ouest, les collèges publics et les universités sont plutôt éloignés. Ils ne sont pas accessibles à tous, et ils n'offrent pas certains des programmes dont nous avons besoin.
Prenons par exemple les hygiénistes dentaires. J'aimerais bien aller chez le dentiste pour voir une hygiéniste, mais le délai d'attente est de six à huit mois dans tous les cabinets de dentistes de ma région. Dans les collectivités encore plus éloignées de Similkameen—Okanagan‑Sud—Kootenay‑Ouest, les délais d'attente sont encore plus longs. Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.
Les collèges d'enseignement professionnel jouent un rôle de premier plan pour former rapidement la main-d'œuvre. Si l'on retire l'admissibilité aux bourses à ce segment particulier de gens qui veulent pouvoir poursuivre leurs études, ils seront évidemment moins enclins à s'inscrire. Cela réduira le nombre de diplômés et aggravera les pénuries de main-d'œuvre dont nous parlons chaque jour à la Chambre.
En ce qui concerne l'abordabilité, de nombreux étudiants comptent sur ces bourses pour se payer des études dans un collège d'enseignement professionnel. Beaucoup de gens comprennent qu'il ne s'agit pas de choisir entre une école publique et un collège professionnel. Ce n'est pas un choix. Beaucoup de gens n'ont pas de moyen de transport, en particulier dans les collectivités rurales. Nous n'avons pas de SkyTrain pour nous rendre dans une grande ville comme Kelowna. Nous n'avons pas de transport en commun. Parfois, le collège professionnel qui se trouve au bout de la rue ou à proximité est vraiment la seule possibilité pour les gens de poursuivre leurs études et de nourrir ensuite leur famille. Ce n'est pas un choix amusant. Cela limite la mobilité ascendante et l'accès à d'autres débouchés. Je déconseille cette politique.