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45e LÉGISLATURE, 1re SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 132

TABLE DES MATIÈRES

Le mardi 9 juin 2026




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 152
No 132
1re SESSION
45e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le mardi 9 juin 2026

Présidence de l'honorable Francis Scarpaleggia


    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



Affaires courantes

[Affaires courantes]

(1000)

[Traduction]

Instruction au Comité permanent de la sécurité publique et nationale

    Qu'une instruction soit donnée au Comité permanent de la sécurité publique et nationale que, pendant son étude du projet de loi C-22, Loi concernant l’accès légal:
a) le Comité soit habilité à diviser cette mesure législative en deux projets de loi:
(i) le projet de loi C-22A, Loi concernant l’accès aux données et aux renseignements en temps opportun, contenant la partie 1,
(ii) le projet de loi C-22B, Loi concernant l’accès légal, contenant les autres parties du projet de loi C-22;
b) le rapport sur le projet de loi C-22A soit présenté à la Chambre au plus tard cinq jours de séance après l’adoption de la présente motion.
    — Monsieur le Président, c'est toujours un plaisir de prendre la parole au nom des gens de Kamloops—Thompson—Nicola.
    Je viens d'apprendre que si j'arrête de parler pendant une seule seconde, mes collègues applaudiront. Je me sens comme un lutteur professionnel qui fait une pause pour que son public l'acclame. Je remercie mes collègues pour les applaudissements. J'aurais bien aimé avoir ce pouvoir quand j'arpente les rues. Je n'aurais eu qu'à marquer une pause, attendre et écouter, et les gens se seraient mis à applaudir. Je remercie mes collègues de m'avoir appris ça.
    C'est toujours un plaisir de prendre la parole à la Chambre, mais c'est un plaisir particulier de prendre la parole pour présenter cette motion. Je vais la lire pour qu'elle soit consignée au compte rendu, puis j'en parlerai pendant quelques minutes, car je crois qu'elle est importante. La motion dit:
    Qu'une instruction soit donnée au Comité permanent de la sécurité publique et nationale que, pendant son étude du projet de loi C‑22, Loi concernant l'accès légal:
a) le Comité soit habilité à diviser cette mesure législative en deux projets de loi:
(i) le projet de loi C‑22A, Loi concernant l’accès aux données et aux renseignements en temps opportun, contenant la partie 1,
(ii) le projet de loi C‑22B, Loi concernant l’accès légal, contenant les autres parties du projet de loi C‑22;
b) le rapport sur le projet de loi C‑22A soit présenté à la Chambre au plus tard cinq jours de séance après l’adoption de la présente motion.
    Avant de commencer, je tiens à signaler que ma nièce s’est récemment fiancée. Je veux saluer ma nièce, Juliana Bradley, et son nouveau fiancé, Dayton Vidovich. Je leur souhaite de joyeuses noces alors qu'ils s'apprêtent à fixer une date. Je suis très fier d'être l'oncle de Juliana. Nous sommes très fiers de la jeune femme qu'elle est devenue. Elle est une force dans son univers alors qu’elle se fraye un chemin dans la vie d’adulte, et elle s’en sort à merveille. Nous sommes très fiers d'elle et de Dayton, et je leur adresse tous mes vœux de bonheur pour leurs fiançailles.
    Je vais commencer mon intervention en parlant des forces de l'ordre et des Canadiens en général. Les conservateurs estiment que les forces de l'ordre ne disposent pas des outils appropriés pour lutter contre la criminalité. Je repense au projet de loi C‑5, par exemple, qui a été adopté ici lorsque l'ancien ministre Lametti a justifié la détention à domicile pour les coups de feu tirés depuis une voiture. C'était lors de la dernière législature. Les libéraux soutiennent dans cette enceinte qu'ils sévissent contre la criminalité, mais cette mesure législative demeure en vigueur. Dans les cas d'extorsion commise avec une arme à feu, de coups de feu tirés depuis une voiture et de vol qualifié commis avec une arme à feu, une personne peut purger sa peine à domicile. Les libéraux prétendent que, contrairement aux conservateurs, ils sévissent contre la criminalité. Or, c'est tout simplement faux.
    J'ai toujours pris beaucoup de plaisir à prendre la parole à la Chambre. Je me réjouissais à l'idée de m'exprimer ces prochaines minutes sur un projet de loi auquel j'ai consacré beaucoup de temps. Cela dit, je sais qu'un autre de mes collègues y a également consacré pas mal de temps. Il s'agit du député d'York—Durham, avec qui je partagerai mon temps de parole.
    Où cela nous mène-t-il? Cela nous oblige à mettre en place un régime d'accès légal approprié qui donne aux forces de l'ordre les outils dont elles ont besoin tout en respectant, et c'est là le point essentiel, les droits garantis par la Charte et le droit à la vie privée des Canadiens. Je crois qu'il est possible de trouver le juste équilibre. C'est le gouvernement qui rédige ce projet de loi. Il lui appartient de convaincre les Canadiens qu'il a trouvé ce juste équilibre. Jusqu'à présent, en ce qui concerne le comité, je dois dire très franchement que le gouvernement a échoué.
    Pour ceux qui ne connaissent pas bien ce projet de loi, il comporte deux parties. La partie 1 n'est pas si controversée. La partie 1 porte sur la confirmation des renseignements relatifs à l'abonné et sur un mécanisme simplifié pour obtenir des ordonnances de communication.
(1005)
    Il y a une certaine controverse quant à savoir si le seuil doit correspondre à ce que l'on appelle des « motifs raisonnables de croire » ou à ce que l'on appelle des « motifs raisonnables de soupçonner ». On parle de « motifs raisonnables de croire » lorsqu'un agent de police a des motifs raisonnables de croire qu'un crime a été commis et qu'il existe des preuves dans les dossiers ou sur les lieux. À mon avis, les « motifs raisonnables de soupçonner » vont au-delà d'une simple intuition sans toutefois atteindre le niveau de croyance qui, en droit, est qualifié de « croyance subjective ». Des témoins ont dit qu'il existe des considérations relatives à la Charte en vertu de l'article 8 et qu'un seuil fondé sur des motifs raisonnables de soupçonner pourrait être trop bas. Le gouvernement a tenté de faire valoir que la quantité de renseignements qui seraient produits serait limitée, d'où le seuil plus bas.
    Je pense bien que nous réglerons la question à l'étape de l'étude par le comité. Les conservateurs ont proposé un certain nombre d'amendements, tout comme des députés du Nouveau Parti démocratique et du Bloc québécois. Cette partie du projet de loi ne pose pas de problème. À mon avis, ce serait très utile aux forces de l'ordre. Celles-ci nous l'ont dit. À l'heure actuelle, elles doivent souvent aller à la pêche aux renseignements, en se rendant d'un fournisseur à l'autre.
    Je serai très clair. Je vais très bientôt envoyer une lettre au ministre de la Sécurité publique pour lui dire que les conservateurs sont prêts à adopter la partie 1 dès que nous aurons terminé l'étude article par article. J'espère m'être bien fait comprendre.
    J'exhorte le gouvernement à accorder aux forces de l'ordre les éléments qui font déjà consensus, car la partie 2 est très controversée. Je sais qu'elles la réclament. Or, lors de l'étude article par article de la partie 2 par le comité, le gouvernement n'a pas convaincu les Canadiens que le régime d'accès légal proposé assurait un juste équilibre entre le respect de la Charte et la protection du droit à la vie privée. Voilà où nous en sommes.
    Le gouvernement pensait pouvoir faire adopter le projet de loi à toute vapeur par le comité. L'une des choses qui me dérangent le plus, c'est le peu de temps qui nous a été accordé. Les libéraux peuvent dire que nous étudions la question depuis quelque temps déjà, mais le problème, c'est qu'il s'agit d'un projet de loi très controversé et technique. Nous avons entendu des groupes d'experts, dont certains comptaient trois intervenants, qui disposaient de cinq minutes pour leurs déclarations liminaires, après quoi nous étions censés les interroger pendant une heure. Dans les faits, nous n'avons eu que 45 minutes avec trois experts. C'est impossible, dans de telles conditions, d'aller au fond des choses.
    Jusqu'à présent, le gouvernement a dit que nous devons adopter ce projet de loi pour attraper les personnes qui commettent des actes répréhensibles. Personne ne m'entendra jamais dire que nous ne devons pas attraper les terroristes ou les prédateurs d'enfants. J'ai consacré une grande partie de ma vie à ce dernier objectif. Cependant, nous devons le faire d'une manière qui est constitutionnelle, en ce sens que le gouvernement ne peut pas nous demander de l'appuyer « simplement parce que ». Le gouvernement ne s'est pas présenté à la table du comité, n'a pas dit précisément ce dont nous avons besoin et pourquoi, et ne nous a pas dit comment il allait trouver l'équilibre avec les droits garantis par la Charte.
    Adoptons la partie 1 afin de donner ces pouvoirs aux forces de l'ordre.
    Nous avons passé beaucoup de temps sur cette question, mais nous avons besoin de plus de temps pour examiner le projet de loi C‑22. Je pense que nous devrions rappeler des témoins. Le fait est que nous avons eu très peu de temps. Il y avait souvent trois experts dans un groupe d'experts. J'avais parfois droit à six minutes, et je suis le principal porte-parole en la matière. Ce n'était pas suffisant.
    Je vois que mon temps de parole est écoulé. Je vais maintenant répondre aux questions et aux observations de mes collègues.
(1010)
    Madame la Présidente, il est déplorable d'entendre les conservateurs dire qu'ils sévissent contre la criminalité alors qu'en réalité, lorsque vient le moment de se tenir de bout, ils ne sont pas prêts à prendre les mesures qui s'imposent.
    Le gouvernement, sous la direction de l'actuel premier ministre, a été réélu il y a un peu plus d'un an avec un programme législatif substantiel pour lutter contre la criminalité. Or, le Parti conservateur a été le principal obstacle à la mise en œuvre de ces mesures. Il doit assumer ses responsabilités.
     Pourquoi le Parti conservateur ne reconnaît-il pas ce que demandent les organismes d'application de la loi partout au pays? Ils réclament un cadre sur l'accès légal, comme c'est déjà le cas dans les autres pays du Groupe des cinq. Le Canada est d'ailleurs le seul à ne pas avoir de loi sur l'accès légal.
    Pourquoi le Parti conservateur continue-t-il de faire de l'obstruction concernant cette mesure?
    Madame la Présidente, j'aimerais pouvoir emmener le député à la faculté de droit pour un séminaire, car il pontifie et tente de se donner des airs d'avocat, mais...
     Une voix: Oh, oh!
     Frank Caputo: Oh, il serait plus intelligent qu'un avocat. Très bien. Je remercie les députés d'en face pour leur chahut.
    Madame la Présidente, même le député n'est pas d'accord. Les gens qui nous regardent à la maison ne peuvent pas l'entendre, mais le député dit: « Vraiment? Moi? »
    Les députés ministériels ne peuvent pas prétendre qu'ils sévissent contre la criminalité. Je rappelle au député qu'une personne impliquée dans une fusillade au volant d'une voiture peut encore bénéficier de la détention à domicile.
    Ce dont le député n'a pas parlé, c'est du contenu même du projet de loi. C'est exactement le piège dans lequel les libéraux sont tombés: donnez-nous ceci, et tant pis pour la Charte et les préoccupations des Canadiens. Voilà l'arrogance du Parti libéral, et c'est ce qui explique où en est aujourd'hui le projet de loi C‑22.
     Madame la Présidente, nous venons d'entendre le député de Winnipeg Nord, qui siège à la Chambre, au sein du gouvernement, depuis 11 ans, mais qui n'a rien fait pour lutter contre la criminalité. Les libéraux ont présenté le projet de loi C‑5 et le projet de loi C‑75, qui prévoient toutes les mesures possibles pour remettre les criminels violents en liberté, et pourtant, le député reproche maintenant aux conservateurs de ne pas en faire assez pour aider les libéraux, alors qu'ils sont au pouvoir.
    Que pense le député du fait que le gouvernement recommence à pontifier sur la nécessité d'adopter une ligne dure contre la criminalité?
     Madame la Présidente, parlons du projet de loi C‑75. Le député de Winnipeg affirme que les libéraux sévissent contre la criminalité, mais ce n'est pas tout. Si une personne est accusée d'une infraction, le projet de loi C‑75 prévoit qu'elle obtienne la mise en liberté sous caution la moins restrictive, dès que possible. Pourquoi le député ne prend-il pas la parole pour...
    Une voix: Oh, oh!
    Frank Caputo: Madame la Présidente, il a déclaré que cela s'était passé avant l'arrivée du gouvernement actuel.
    Qui est au pouvoir en ce moment? C'est le gouvernement libéral. Qui n'agit pas relativement au projet de loi C‑75? C'est le gouvernement libéral. Qui permet que le statu quo soit maintenu concernant le projet de loi C‑75, grâce à sa majorité? C'est encore le gouvernement libéral. Le gouvernement peut d'ailleurs nous épargner les discours voulant que le projet de loi C‑75 soit une mesure musclée contre la criminalité tant qu'il n'est pas prêt à s'attaquer aux dispositions les moins contraignantes du projet de loi C‑75 concernant la mise en liberté sous caution.
    Le député devrait s'asseoir, car nous avons présenté un projet de loi à ce sujet, à savoir la loi favorisant la détention au lieu de la liberté sous caution, et les libéraux ont voté contre.
(1015)

[Français]

    Madame la Présidente, je suis un peu surprise des propos du député et du fait qu'il propose de retarder l'adoption du projet de loi en ne respectant pas nos règles. Le député a bien décrit le processus en comité, dans le cadre duquel il y a des discours de cinq minutes et du temps pour les questions. Cela dit, nous avons aussi la possibilité d'entendre des experts qui présentent des mémoires. Ainsi, on dispose de tout le temps nécessaire pour vraiment profiter de la qualité des perspectives offertes par les experts. Il n'y a aucun défi en ce qui concerne la prise de décisions et nous devons agir maintenant.
    Est-ce qu'on peut avancer maintenant concernant ce projet de loi?

[Traduction]

    Madame la Présidente, je suis vraiment ravi d'avoir reçu ce commentaire, car, figurez-vous, les amendements au projet de loi C‑22 devaient être présentés, mais nous n'avions pas reçu de mémoire. En fait, plusieurs mémoires n'ont pas été transmis au comité. Je tiens à signaler à mon collègue que des témoins se sont présentés devant le comité en affirmant qu'ils avaient soumis un mémoire quelques jours auparavant. Nous nous sommes regardés, et j'ai demandé à mon équipe: « L'avons-nous reçu? » La réponse était non. J'ai alors demandé au greffier si nous l'avions reçu, et la réponse était non.
    La députée parle de mémoires, mais nous ne les avons même pas reçus. C'est dire à quel point le processus a été précipité. Nous devons ralentir, adopter la partie 1 et laisser la partie 2 de côté.
     Madame la Présidente, je suis heureux de m'exprimer à nouveau au sujet du projet de loi C‑22. J'en ai parlé à l'étape de la deuxième lecture, et j'ai fait part de mes vives inquiétudes quant à la dernière tentative des libéraux de légiférer sur l'accès légal ici au Canada. Dans ce discours, j'ai mis l'accent sur la partie 2, mais je souhaite me concentrer ce matin sur la partie 1 et, en particulier, sur notre motion visant à scinder le projet de loi en deux parties. La partie 1 a été largement présentée comme la section du projet de loi C‑22 consacrée à la confirmation de la fourniture de services, tandis que la partie 2 porte sur le nouvel accès légal et l'architecture de surveillance gouvernementale, qui sont assez problématiques; nous laisserons toutefois la partie 2 de côté pendant la majeure partie de la matinée.
    Par l'entremise de cette motion, nous tentons de nettoyer l'énorme gâchis du gouvernement. L'automne dernier, le gouvernement a présenté un projet de loi, je crois que c'était le projet de loi C‑2, qui comportait une foule de problèmes. Nous avons heureusement pu en empêcher l'adoption. Puis, au lieu de retourner à la planche à dessin et de revenir devant le Parlement avec une proposition sur l'accès légal qui serait raisonnable et mesurée, et qui établirait un équilibre entre les besoins des forces de l'ordre d'arrêter des malfaiteurs — ce à quoi nous tenons tous — et les attentes raisonnables de protection en matière de vie privée des Canadiens relativement à des renseignements qui sont importants pour eux — comme leurs données de localisation, leurs métadonnées, l'identité des personnes à qui ils rendent visite et à qui ils envoient des courriels ou des messages textes — nous avons eu droit au projet de loi C‑22.
    Le projet de loi C‑22 créerait une toute nouvelle architecture de la surveillance décrite dans la partie 2, à laquelle l'ensemble de l'industrie, des entreprises technologiques et des personnes qui connaissent quoi que ce soit aux technologies s'est opposé. Nous n'avons pas été en mesure de tous les entendre, car il semble que le gouvernement ait l'intention de faire avancer le projet de loi. Nous essayons de réparer le gâchis que le gouvernement a fait avec le projet de loi C‑22, car nous pensons que des éléments de la partie 1 pourraient être sauvés.
    Je vais tenter d'expliquer quelques-uns des problèmes que pose la partie 1, et qui, à mon avis, pourraient être corrigés par le comité. Le comité est actuellement saisi de certains de ces amendements. Il en discutera plus tard aujourd'hui. Si ces modifications sont apportées, je pense que la partie 1 sera plus acceptable pour nous, de ce côté-ci de la Chambre. Nous verrons dans quelle mesure le gouvernement veut faire adopter cette partie du projet de loi, mais je crois qu'il est très conscient du problème posé par la partie 2.
    La partie 1 et la partie 2 posent toutes deux problème. Commençons par la partie 1. Si je ne m'abuse, celle-ci comporte trois problèmes que nous voulons résoudre. La partie 1 permettrait à la police de demander à une foule de fournisseurs s'ils offrent ou fournissent des services à un Canadien en particulier. Le problème, c'est que la police serait autorisée à demander tout un ensemble de renseignements personnels, et ce, sans autorisation judiciaire — il faut le souligner —, qui est différente de la nouvelle demande de communication, aussi prévue dans la partie 1 et que j'aborderai dans un instant.
    Ces renseignements ne se limitent pas au nom d'une personne; il peut s'agir des types de services offerts par les entreprises. Il pourrait s'agir, en toute logique, de ce que demande la police, à savoir si le fournisseur Internet d'une personne est Bell ou Rogers, par exemple. Or, il pourrait aussi s'agir de renseignements bien plus vastes.
    Ce que nous proposons, c'est de restreindre l'éventail des types de renseignements qui pourraient être demandés. Si les libéraux sont sérieux quand ils affirment que la police n'a besoin que d'une confirmation de service, très bien. Concentrons-nous alors sur les noms et peut-être sur certains types d'adresses, et limitons fortement la liste des renseignements qui pourraient être demandés. À l'heure actuelle, cette liste n'est pas limitative, ce qui pourrait permettre aux services de police d'obtenir un vaste éventail de renseignements en vertu de la partie 1.
    C'est un point qu'a soulevé le commissaire à la protection de la vie privée dans le mémoire qu'il a présenté au comité de la sécurité publique et au ministre de la Sécurité publique. Le commissaire a recommandé que l'éventail des renseignements visés par cette disposition de la partie 1 du projet de loi soit réduit. Je crois que les conservateurs et le Bloc québécois ont proposé un amendement à cette fin, mais qu'il n'a pas encore été accepté par les libéraux, malheureusement.
(1020)
    Pire encore, non seulement les libéraux refusent d'accepter des amendements de bonne foi visant à répondre à nos préoccupations, mais l'amendement lui-même a été proposé par le commissaire à la protection de la vie privée, et ils refusent de lui permettre d'être présent lors de l'examen de ces amendements par le comité. Le commissaire à la protection de la vie privée a proposé plusieurs amendements. Je viens d'évoquer le premier. J'en mentionnerai deux autres concernant la partie 1.
    Au cours du débat sur cette question, les conservateurs ont demandé que le commissaire à la protection de la vie privée obtienne la même possibilité que les autres fonctionnaires qui, en temps normal, assistent aux réunions, fournissent des informations aux membres du comité et répondent à leurs questions. Nous avons demandé cela sous forme de motion. Nous l'avons demandé par consentement unanime. À chaque fois, on a rejeté notre demande. Je n'ai entendu aucune raison valable pour laquelle le commissaire à la protection de la vie privée ne devrait pas être autorisé à assister aux séances du comité et à se tenir à la disposition des parlementaires, qu'ils soient conservateurs, bloquistes ou libéraux, pour répondre aux questions concernant les amendements à la partie 1.
    Le deuxième problème avec la partie 2, c'est l'éventail de fournisseurs à qui on peut demander une confirmation de fourniture de services. Selon les dispositions actuelles, cela comprend toute personne qui fournit des services de télécommunications. Comme ce n'est pas très bien défini dans la loi, cela pourrait inclure une foule de fournisseurs autres que les entreprises de télécommunications normales. Cela pourrait inclure, par exemple, un avocat, une épicerie ou l'hôtel où quelqu'un a séjourné.
    Encore une fois, nous avons proposé un amendement, qui avait été recommandé à l'origine par le commissaire à la protection de la vie privée, afin que l'éventail de fournisseurs qui pourraient recevoir cette demande de confirmation se limite aux entreprises de télécommunications, car la première chose que les forces de l'ordre veulent savoir, c'est si le fournisseur offre un service de télécommunications ou un service Internet à une personne en particulier. Encore une fois, le commissaire à la protection de la vie privée s'est vu refuser la possibilité de comparaître devant le comité pour répondre aux questions sur l'amendement visant à restreindre l'éventail des personnes qui pourraient recevoir cette demande.
    Le troisième amendement, que j'espère voir examiné en comité — je crois qu'il ne l'a toujours pas été —, prévoit qu'une fois la demande formulée et les informations transmises aux forces de l'ordre, la personne ayant fourni ces informations soit tenue de produire un document précisant la nature des renseignements communiqués. Cela permettrait, au cas où un problème surviendrait et qu'il faille savoir quelles informations ont été transmises, de disposer d'un document attestant de leur contenu. Encore une fois, il s'agit d'une recommandation du commissaire à la protection de la vie privée que les libéraux ont rejetée.
    Ce sont là trois problèmes majeurs dans la partie 1 qui concernent le fond, et j’en vois un autre. Il s’agit de la question du seuil applicable à la demande d’ordonnance de communication, dont il est question dans la deuxième portion de la partie 1. Il y a d’abord la confirmation de la fourniture de services, puis l’ordonnance de communication. Les libéraux ont proposé d’abaisser le seuil d’obtention d’une ordonnance de communication à celui d’un soupçon raisonnable. Cela reviendrait à abaisser le seuil par rapport au motif habituel invoqué pour obtenir une ordonnance de communication, qui sont des motifs raisonnables de croire. Dans ce cas, il y aurait un certain contrôle judiciaire, qui n'aurait pas nécessairement à être exercé par un juge. Il pourrait s’agir d’un autre fonctionnaire judiciaire, tel qu’un agent de la paix qui n’est pas un juge. Il ne serait même pas nécessaire que ce soit un avocat.
    Pour ceux qui ne sont pas juristes ou qui ne sont pas familiers avec ces deux critères, je vais expliquer qu'il s'agirait là d'un changement important, car le premier, le soupçon raisonnable, correspond simplement à l'opinion subjective d'une personne qui pense qu'un événement grave s'est produit. Elle pense qu'un crime a été commis et elle a donc besoin d'information pour vérifier si elle a raison. C'est un seuil très bas. C'est comme une intuition. C'est comme si j'avais l'intuition que quelqu'un a commis un crime et que j'allais donc demander au gouvernement de me fournir tous ses renseignements personnels. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.
    Ce qu'il convient d'approuver au moyen d'un amendement au projet de loi, c'est de ramener ce critère au niveau de celui qui est utilisé depuis des décennies dans le Code criminel pour les ordonnances de communication, à savoir l'existence de motifs raisonnables de croire. Autrement dit, il ne suffirait pas d'avoir une intuition, mais il faudrait également avoir la conviction objective qu'il existe des éléments de preuve. Il ne suffit pas de penser qu'une personne a commis un crime. Il faut savoir qu'il existe des éléments de preuve ou avoir la ferme conviction qu'il en existe.
    Au fil de décennies de jurisprudence de la Cour suprême et de l'ensemble des juridictions de common law, les tribunaux ont établi qu'il ne suffit pas de se fonder sur une simple intuition. En common law, et maintenant aux termes de la Charte, il faut plus qu'une simple intuition pour porter atteinte à la vie privée d'une personne et exiger des renseignements à son sujet. Si les libéraux ne modifient pas ce critère, nous nous opposerons également à la partie 1.
(1025)
    Madame la Présidente, c'est vraiment incroyable d'entendre les conservateurs parler de la Cour suprême et de la nécessité de respecter ses décisions. En général, au cours des débats de ces derniers mois, leur position a plutôt été la suivante: « Il ne faut tout simplement pas écouter la Cour suprême. Il faut tout faire pour s'opposer aux décisions qu'elle a prises. »
    J'aimerais également souligner que de nombreux députés soulèvent chaque jour le sujet du crime organisé pendant la période des questions. La seule façon de lutter contre le crime organisé est de veiller à ce que la police dispose des outils nécessaires pour recueillir des preuves. Les organisations criminelles utilisent des moyens modernes. Elles ont recours à la technologie.
    Pourquoi les conservateurs appuient-ils les géants de la technologie au lieu d'appuyer les Canadiens et la sécurité publique?
     Madame la Présidente, tout ce que nous faisons de ce côté-ci de la Chambre est dans l'intérêt des Canadiens, y compris trouver un équilibre entre la protection de la vie privée et les besoins des forces de l'ordre. J'ai essayé de présenter des arguments très raisonnables et sensés, et non des exagérations.
    Je tiens à préciser à la députée que c'est la force des motifs de la Cour suprême qui est importante. Le fait que le tribunal soit haut placé n'a pas d'importance. C'est la force de ses motifs que nous considérons. Dans le cas présent, son raisonnement sur l'article 8 et les fouilles, les perquisitions et les saisies abusives a une longue histoire, et je l'appuie. Ce n'est pas seulement parce que les juges de la Cour suprême portent la toge que nous les écoutons. C'est en raison de la force de leurs motifs. C'est très important, et la députée ne s'en rend pas compte.

[Français]

    Madame la Présidente, je sais que mon collègue est très préoccupé par les questions que soulève le projet de loi C‑22 et je comprends que la motion d'aujourd'hui a été présentée dans le but de scinder le projet de loi, mais je voudrais entendre mon collègue me parler du fond des choses.
    Une des préoccupations qu'il a soulevée, c'est ce que permettra le projet de loi C‑22 s'il est adopté, soit de pouvoir préserver des données personnelles de tout le monde pendant une année. Il a abordé brièvement la question, mais quelle est son interprétation du projet de loi C‑22, tel qu'il est libellé présentement, sur le type d'information qui pourra être conservée? Cela inclut-il notamment la géolocalisation?

[Traduction]

    Madame la Présidente, je décrirais actuellement le projet de loi C‑22 comme un véritable désastre, un désastre causé par le gouvernement et que cette motion tente de corriger. Comme le souligne très justement le député, la partie 2 prévoit une obligation de conservation des métadonnées, qui inclut les services de géolocalisation.
    Cela signifie que les forces de l'ordre et tout organisme gouvernemental peuvent choisir d'accéder à ces renseignements ultérieurement. On a pu constater dans d'autres pays que cela ne se limite pas aux forces de l'ordre. D'autres organismes gouvernementaux recherchent ces renseignements. Ils sauront avec qui une personne a pris un café, car ils pourront voir deux téléphones intelligents au même endroit. Ils sauront si quelqu'un va à l'église le dimanche, car ils pourront observer les habitudes. Tout cela révèle des renseignements très personnels, ce qui explique précisément pourquoi, en Union européenne, la Cour européenne de justice a déclaré que ces renseignements sont hautement confidentiels et a invalidé les mêmes exigences de conservation des métadonnées que celles prévues par le projet de loi C‑22.
(1030)
    Madame la Présidente, mon collègue a indiqué que cela concernait toute organisation ou entreprise qui transmet des données électroniques pour le compte d'un client.
    Cela inclurait-il les médecins et le secteur médical, qui envoient des ordonnances par télécopieur ou par courriel à la pharmacie? Ils transmettent des données par voie électronique pour le compte d'un client. Ces communications seraient-elles visées par la partie 1 du projet de loi C‑22?
    Madame la Présidente, c'est une bonne question. Le projet de loi comporte certaines exceptions qui visent à régler ce problème, notamment en ce qui concerne les dossiers médicaux et le secret professionnel entre avocat et client, je crois. Le problème, c'est que cela reste très vague, en particulier dans la partie 1, et le commissaire à la protection de la vie privée le souligne. La liste des entités auxquelles on pourrait demander de fournir des renseignements est très vaste, de sorte qu'elle inclurait bien plus que les entreprises de télécommunications. La liste des renseignements qu'elles pourraient être tenues de fournir n'est pas exhaustive. Elle pourrait aller au-delà de ce qui est prévu dans le projet de loi.
    Nous essayons de corriger cela dans la partie 1 afin d'éviter que cela ne se produise. Cela ne concernerait pas un médecin, car celui-ci fait l'objet d'une exception, mais il y a beaucoup d'autres prestataires de soins de santé qui pourraient avoir accès aux renseignements d'une personne. Ces renseignements sont privés. Ils devraient être protégés. Nous devons corriger cela dans la partie 1. Si nous y parvenons, je pense que nous pourrons aller de l'avant. Pour l'instant, cela n'est pas possible.
    Que la Chambre passe maintenant à l'ordre du jour.

[Français]

    Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.

[Traduction]

    Madame la Présidente, nous demandons un vote par appel nominal.
    Convoquez les députés.
(1115)

[Français]

    (La motion, mise aux voix, est adoptée par le vote suivant:)

(Vote no 141)

POUR

Députés

Acan
Al Soud
Ali
Alty
Anandasangaree
Auguste
Bains
Baker
Bardeesy
Battiste
Beech
Begum
Belanger (Desnethé—Missinippi—Churchill River)
Bendayan
Bittle
Blois
Brière
Carney
Carr
Casey
Chagger
Champagne
Chang
Chartrand
Chatel
Chen
Chenette
Chi
Clark
Connors
Cormier
Coteau
Dandurand
Danko
d'Entremont
Deschênes-Thériault
Desrochers
Dhaliwal
Dhillon
Diab
Duclos
Duguid
Dzerowicz
Earle
Ehsassi
El-Khoury
Erskine-Smith
Eyolfson
Fancy
Fanjoy
Fergus
Fisher
Fonseca
Fortier
Fragiskatos
Fraser
Fry
Fuhr
Gaheer
Gainey
Gasparro
Gerretsen
Gladu
Gould
Grant
Greaves
Guay
Guilbeault
Gull-Masty
Hanley
Harrison
Hepfner
Hirtle
Hodgson
Housefather
Hussen
Iacono
Idlout
Jaczek
Jeneroux
Joly
Joseph
Kayabaga
Kelloway
Khalid
Klassen
Koutrakis
Lalonde
Lambropoulos
Lamoureux
Lapointe (Rivière-des-Mille-Îles)
Lapointe (Sudbury)
Lattanzio
Lauzon
Lavack
Lavoie
LeBlanc
Leitão
Lightbound
Long
Louis (Kitchener—Conestoga)
Ma
MacDonald (Malpeque)
MacDonald (Cardigan)
MacKinnon (Gatineau)
Malette (Bay of Quinte)
Maloney
Martin
McGuinty
McKelvie
McKinnon (Coquitlam—Port Coquitlam)
McKnight
McLean (Esquimalt—Saanich—Sooke)
Ménard
Mendès
Michel
Miedema
Miller
Mingarelli
Morrissey
Myles
Naqvi
Nathan
Nguyen
Noormohamed
Ntumba
Oliphant
Olszewski
O'Rourke
Osborne
Petitpas Taylor
Powlowski
Provost
Ramsay
Rana
Robertson
Rochefort
Romanado
Royer
Sahota
Saini
Sarai
Sari
Sawatzky
Schiefke
Sgro
Sheehan
Sidhu (Brampton East)
Sidhu (Brampton South)
Sodhi
Solomon
Sousa
St-Pierre
Sudds
Tesser Derksen
Thompson
Turnbull
Valdez
van Koeverden
Vandenbeld
Villeneuve
Watchorn
Weiler
Wilkinson
Yip
Zahid
Zuberi

Total: -- 167


CONTRE

Députés

Aboultaif
Aitchison
Albas
Allison
Anderson
Anstey
Arnold
Au
Baber
Bailey
Baldinelli
Barlow
Barrett
Barsalou-Duval
Beaulieu
Bélanger (Sudbury East—Manitoulin—Nickel Belt)
Bexte
Bezan
Blanchet
Blanchette-Joncas
Block
Bonin
Bonk
Borrelli
Boulerice
Bragdon
Brassard
Brock
Brunelle-Duceppe
Calkins
Caputo
Chambers
Champoux
Chong
Cobena
Cody
Cooper
Dalton
Davidson
Davies (Vancouver Kingsway)
Davies (Niagara South)
Dawson
DeBellefeuille
Deltell
DeRidder
Deschênes
Diotte
Doherty
Dowdall
Duncan
Falk (Battlefords—Lloydminster—Meadow Lake)
Falk (Provencher)
Fortin
Gallant
Garon
Gaudreau
Gazan
Généreux
Genuis
Gill (Calgary Skyview)
Gill (Brampton West)
Gill (Calgary McKnight)
Gill (Windsor West)
Gill (Côte-Nord—Kawawachikamach—Nitassinan)
Gill (Abbotsford—South Langley)
Godin
Goodridge
Gourde
Groleau
Guglielmin
Gunn
Hallan
Hardy
Ho
Hoback
Holman
Jackson
Jansen
Jivani
Johns
Kelly
Khanna
Kibble
Kirkland
Kmiec
Konanz
Kram
Kramp-Neuman
Kronis
Kuruc
Kusie
Kwan
Lake
Lantsman
Larouche
Lawrence
Lawton
Lefebvre
Lemire
Leslie
Lewis (Essex)
Lewis (Haldimand—Norfolk)
Lloyd
Lobb
Mahal
Majumdar
Malette (Kapuskasing—Timmins—Mushkegowuk)
Mantle
Martel
May
Mazier
McCauley
McKenzie
McLean (Calgary Centre)
McPherson
Melillo
Menegakis
Moore
Morin
Morrison
Motz
Muys
Nater
Normandin
Patzer
Paul-Hus
Perron
Poilievre
Redekopp
Reid
Rempel Garner
Roberts
Rood
Ross
Rowe
Ruff
Savard-Tremblay
Scheer
Schmale
Seeback
Shipley
Simard
Small
Steinley
Ste-Marie
Stevenson
Strahl
Strauss
Thomas
Tochor
Tolmie
Uppal
Van Popta
Vien
Viersen
Vis
Wagantall
Warkentin
Waugh
Williamson
Zimmer

Total: -- 161


PAIRÉS

Députés

Anand
Church
Dabrusin
Dancho
Epp
Hajdu
Hogan
Plamondon
Reynolds
Stubbs
Thériault
Zerucelli

Total: -- 12


    Je déclare la motion adoptée.

Ordres émanant du gouvernement

[Ordres émanant du gouvernement]

[Traduction]

Loi sur Maisons Canada

Projet de loi C‑20 — Motion d'attribution de temps

    Que, relativement au projet de loi C‑20, Loi concernant la constitution de Maisons Canada, au plus cinq heures supplémentaires soient accordées aux délibérations à l'étape de la troisième lecture;
    Qu'à l'expiration des cinq heures prévues pour l'étude à l'étape de la troisième lecture de ce projet de loi, toute délibération devant la Chambre soit interrompue, s'il y a lieu aux fins de cet ordre, et, par la suite, toute question nécessaire pour disposer de l'étape à l'étude à ce moment soit mise aux voix immédiatement et successivement, sans plus ample débat ni amendement.
    Conformément à l'article 67.1 du Règlement, il y aura maintenant une période de questions de 30 minutes.
    Je rappelle aux députés que la priorité est accordée aux députés de l'opposition durant cette période de 30 minutes, sans, toutefois, exclure les députés ministériels. Les députés doivent limiter leurs interventions à environ une minute et ils peuvent prendre la parole plus d'une fois.
    J'invite maintenant les députés qui souhaitent poser des questions à se lever ou à activer la fonction « main levée » pour que la présidence ait une idée du nombre de députés qui désirent participer à ce débat.
    Nous passons aux questions et observations. Le député de Parry Sound—Muskoka a la parole.
    Monsieur le Président, le ministre pourrait-il expliquer à la Chambre pourquoi nous nous empressons d'adopter ce projet de loi maintenant, sachant bien sûr que le gouvernement fédéral compte désormais quatre agences fédérales du logement?
    Nous avons commencé par la Société canadienne d'hypothèques et de logement, la première société d'État qui a permis de résoudre la crise après la Seconde Guerre mondiale. Ensuite, il y a eu la Société immobilière du Canada, qui est également une société d'État. Elle a été créée après la privatisation du CN. Elle est chargée de l'aménagement du territoire et s'en acquitte plutôt bien. Il y a le ministère. Ensuite, le gouvernement a créé une entité du nom de Maisons Canada, qui était une autre agence.
    Maintenant, alors que la session tire à sa fin, les libéraux s'empressent de présenter cette motion d'attribution de temps non seulement pour créer cette agence, mais aussi pour en faire une société d'État. Il est bon de rappeler officiellement, pour ceux qui tiennent le compte, que cela porte à trois le nombre de sociétés d'État fédérales œuvrant dans le domaine du logement, en plus du ministère du Logement, des Infrastructures et des Collectivités.
    Je suppose que la question comporte deux volets. Pourquoi avons-nous besoin d'une quatrième agence du logement, d'une troisième société d'État fédérale, et pourquoi précipitons-nous la création de cette société?
(1120)
    Tout d'abord, monsieur le Président, le Canada est en pleine crise du logement.
    Le coût de la vie cause des problèmes à beaucoup trop de Canadiens, notamment lorsqu'il s'agit de se trouver un toit à la hauteur de leurs moyens. Il faut arriver à loger toutes les personnes qui risquent de finir dans la rue ou qui sont déjà sans abri. Il faut faire quelque chose. L'agence se consacrera au logement à prix raisonnable et au logement hors marché, dont l'offre au Canada ne suffit pas aussi bien à la demande que dans d'autres pays comparables en Europe, où la proportion de logements sociaux est plusieurs fois supérieure. Il nous faut une agence qui s'y consacre.
    Il y a une crise. Voilà pourquoi c'est urgent de mettre cette agence sur pied en tant que société d'État dotée des pouvoirs et des responsabilités que cela suppose. Le gouvernement du Canada pourra ainsi passer à l'action et obtenir des résultats, en partenariat avec les provinces, les territoires, les administrations municipales et les gouvernements autochtones, de manière à fournir les logements à prix raisonnable dont le Canada a besoin.
    Madame la Présidente, le gouvernement adore ajouter de la bureaucratie, et nous en avons aujourd'hui un bon exemple. J'imagine que ma question à l'intention du ministre porte sur les codes du bâtiment. Il y aurait des moyens pour le gouvernement de les simplifier de manière à faire construire davantage de logements sans pour autant dépenser d'argent ni créer des structures bureaucratiques supplémentaires. Il faudrait faciliter les choses en laissant l'industrie et d'autres personnes faire leur travail en fonction de la capacité financière des gens.
    Le ministre a-t-il déjà discuté des codes du bâtiment avec la ministre de l’Industrie, qu'il s'agisse de les simplifier ou de faire connaître aux gens les dépenses que les changements impliqueront, de façon à ce que les Canadiens puissent bâtir davantage de logements et bénéficier d'une offre élargie d'habitations à leur portée financière?
    Madame la Présidente, dans la mise à jour économique du printemps, on a évoqué la possibilité de revoir les codes modèles nationaux, les codes du bâtiment du Canada, avec le Conseil national de recherches, qui relève du ministre de l'Industrie. Nous avons d'excellentes occasions partout au pays pour mieux harmoniser les codes du bâtiment avec ceux des provinces, des territoires et même de certaines villes, pour celles qui contrôlent leurs propres codes. Nous avons certainement l'occasion de clarifier les normes sur les composants des bâtiments préfabriqués et de veiller à ce qu'elles soient acceptées dans tout le pays, afin que les fabricants de panneaux muraux, de planchers et de maisons modulaires puissent faire certifier ces produits à l'échelle du pays. Il s'agit d'une prochaine étape importante dans le travail que nous accomplissons dans ce domaine.
    Madame la Présidente, dans l'une de ses réponses, le ministre du Logement a dit que nous sommes en pleine crise du logement. La question est simple: pourquoi? Les libéraux sont au pouvoir depuis 11 ans et ils agissent comme si cette crise du logement était sortie de nulle part. Ce sont les formalités administratives qu'ils ont ajoutées avec leurs politiques qui ont causé cette crise du logement. Nous avons parlé aux municipalités. Le fait que les libéraux rejettent la responsabilité de cette crise du logement sur qui que ce soit d'autre qu'eux-mêmes est difficile à comprendre, puisqu'ils sont au pouvoir depuis 10 ans.
    Qui a créé cette crise du logement?
    Madame la Présidente, la crise du logement couve depuis des dizaines d'années. Elle découle du fait que le gouvernement fédéral n'a pas fait tout ce qu'il fallait pour assurer la construction de logements financièrement accessibles et de logements hors marché. Elle prend origine dans les années 1990, si ce n'est avant. La responsabilité en revient aux gouvernements de toutes allégeances et aussi à tous les ordres de gouvernement au Canada. Il y a de toute évidence des problèmes à l'échelle municipale. J'ai fait partie d'un conseil municipal. C'est difficile d'approuver assez de projets, rapidement, en conciliant logement privé et logement social. Pour le logement social, il faut l'aide des gouvernements provincial et fédéral. Il faut y consacrer des ressources financières. Maisons Canada constitue un excellent moyen d'accélérer les projets et d'attirer des capitaux privés pour la construction de logements sociaux et à prix raisonnables.

[Français]

    Madame la Présidente, je veux profiter de la présence du ministre pour lui faire part de ce qu'on vit dans ma circonscription, en Gaspésie et aux Îles‑de‑la‑Madeleine. Construire des logements, ça n'implique pas les mêmes coûts partout. En Gaspésie, notamment, ça coûte souvent environ 25 % de plus à cause de l'éloignement et du fait qu'il y a moins de compétition. Aux Îles‑de‑la‑Madeleine, c'est encore pire, parce qu'il faut faire venir tous les matériaux par bateau.
    Voici ma préoccupation et ma demande au ministre. D'abord, est-ce qu'il est conscient du fait que les régions peuvent avoir des coûts de construction différents? Deuxièmement, est-ce que Maisons Canada aura la latitude nécessaire, lorsqu'elle appuiera des projets de logement, pour s'adapter aux réalités régionales?
    Sinon, ce qui arrive présentement, c'est que des projets dans ma circonscription sont bloqués parce qu'on n'arrive pas à faire le projet avec l'enveloppe, étant donné que les coûts de construction ont été basés sur une estimation des coûts en zone urbaine.
(1125)

[Traduction]

    Madame la Présidente, comme on le voit dans la circonscription du député et dans les territoires, les coûts varient considérablement d'un bout à l'autre du pays. La bonne nouvelle, c'est que nous avons maintenant conclu une entente avec le Québec pour la construction, grâce à Maisons Canada, de centaines de logements aux quatre coins du Québec, en partenariat avec la province. Il y a aussi des exemples au Nunavut: 750 logements seront bâtis en partenariat avec le gouvernement territorial et la Nunavut Tunngavik Incorporated, la société de logement nunavoise gérée par les Inuits.
    Nous avons la possibilité de réaliser des projets avec les provinces et les territoires où les coûts de construction sont nettement supérieurs à la norme. C'est d'ailleurs une occasion de mobiliser l'industrie de la fabrication pour faire parvenir des éléments préfabriqués ou des logements modulaires volumétriques dans les régions éloignées des provinces et des territoires. Des usines commencent d'ailleurs à s'implanter à divers endroits au pays pour servir efficacement les régions éloignées tout en faisant baisser les prix.
    Madame  la Présidente, je suis certain que le ministre conviendra qu'il est d'une importance cruciale que nous travaillions en collaboration avec les autres instances, que ce soit les provinces, les peuples autochtones ou d'autres parties prenantes. Il est très clair que les conservateurs ont décidé depuis longtemps de ne pas appuyer le projet de loi C‑20. Si cela ne tenait qu'au Parti conservateur, le projet de loi C‑20 ne serait jamais adopté. C'est pourquoi j'apprécie ce que fait aujourd'hui le ministre du Logement. Compte tenu de l'importance de la collaboration, je me demande s'il pourrait nous en dire davantage. Il a parlé du Québec et des avantages de la collaboration.
    Le ministre pourrait-il nous en dire plus à ce sujet et nous faire part de ses réflexions sur la reddition de comptes dans le cadre de cette mesure législative?
    Madame la Présidente, en ce qui concerne la collaboration, nous avons constaté une adhésion formidable de la part des provinces et des territoires. J'ai mentionné tout à l'heure le Québec et le Nunavut. Nous avons conclu un partenariat avec la Colombie‑Britannique pour construire 1 100 logements abordables, dont 700 sont des logements avec services de soutien et des logements de transition destinés aux personnes qui sont sans-abri ou qui risquent de le devenir. La Nouvelle‑Écosse et le Nouveau‑Brunswick ont tous deux conclu un partenariat avec Maisons Canada pour la construction de plus de 1 000 logements.
    Dès le départ, nous avons conclu des ententes avec les provinces et les territoires; le Yukon et le Nunavut en sont des exemples, tout comme l'Ontario et le Québec. Nous avons actuellement des possibilités de construction dans chaque province et territoire, et des ententes sont déjà en place. Cela témoigne de cette collaboration. Je pense que nous constatons l'intérêt et l'engouement. Cela ne vient pas seulement de différents pouvoirs publics, comme la Ville d'Ottawa, mais aussi du secteur privé.
    Madame la Présidente, c'est toujours un plaisir de prendre la parole au nom des habitants de Kamloops—Thompson—Nicola. Les gens qui nous regardent à la maison ne le savent peut-être pas, mais les députés disposent d'un mécanisme qui leur permet de communiquer directement entre eux. J'ai envoyé trois courriels au ministre. J'avoue candidement que j'ai envoyé des notes à d'autres ministres, et ils ont répondu généralement dans un délai de 12 à 24 heures. C'est une preuve de respect. Pas une seule fois le ministre ne m'a répondu.
    Quel exemple le ministre de la Couronne donne-t-il, lui qui ne peut même pas répondre aux notes que lui envoie un autre député?
    Madame la Présidente, le député peut traverser le parquet. Je serais heureux qu'il vienne me parler. Nous sommes ici, à Ottawa, tout le temps. S'il veut emprunter une voie plus bureaucratique et envoyer des courriels, il peut le faire, mais je suis ici. Je suis ici pour parler de cette question. Nous sommes ici pour bâtir des logements. C'est l'objectif. De nombreux députés des deux côtés de la Chambre m'ont approché, et j'ai eu des discussions avec eux. Je suis certainement prêt à me concentrer sur la construction de logements dans toutes les collectivités du Canada.
(1130)

[Français]

    Madame la Présidente, je veux poursuivre la conversation avec le ministre.
    Il a parlé des maisons préfabriquées et je suis conscient que c'est une tendance qui est privilégiée autant par le gouvernement du Québec que celui du Canada pour réduire les coûts. Cependant, ce qu'on observe en Gaspésie, c'est que les pièces préfabriquées doivent être transportées et que cela constitue un problème.
    Je demande donc qu'on tienne compte, dans l'échafaudage des programmes à venir, du fait que les maisons préfabriquées, si elles sont faites en ville, devront être transportées vers les régions, ce qui ajoute des coûts. Jusqu'à présent, en Gaspésie, on s'aperçoit que ça ne revient pas moins cher, finalement.
    Je mentionne quand même également l'existence de l'entreprise Les Habitations Mont‑Carleton, qui est située à Matane et qui veut devenir un leader canadien. Je pense qu'il y a de l'avenir de ce côté-là.
    Le ministre peut-il nous assurer que, même si on va vers le préfabriqué, on tiendra compte des coûts de transport des pièces?

[Traduction]

    Madame la Présidente, les coûts d'expédition sont élevés dans les régions éloignées du Canada, et ces coûts sont bel et bien pris en compte. Maisons Canada doit en tenir compte lorsqu'elle établit des partenariats avec les provinces et les territoires, ou encore avec des constructeurs communautaires dans diverses régions du pays.
    L'avantage d'expédier des éléments préfabriqués ou des maisons modulaires volumétriques, c'est que seuls ces modules sont expédiés: nous n'envoyons pas de matériaux excédentaires qui seraient ensuite coupés et transformés en déchets. Les déchets de construction représentent la principale source de déchets solides envoyés dans les sites d'enfouissement. Il faut réduire la quantité de déchets au sein de l'industrie, et l'expédition de modules préfabriqués nous permet d'y parvenir. Nous devons toutefois tenir compte de ce coût. Idéalement, nous devons employer autant de travailleurs locaux que possible pour l'assemblage ou l'installation de ces maisons.
    Madame la Présidente, je trouve assez ironique qu'un député conservateur ait envoyé des courriels au ministre, alors que son chef avait demandé aux députés de son parti de ne pas envoyer de lettres d'appui pour des projets dans le cadre du Fonds pour accélérer la construction de logements. Les députés peuvent-ils le croire?
    Il y a quelques mois, nous avons accueilli le ministre au Nouveau‑Brunswick pour une merveilleuse annonce, une entente de 300 millions de dollars avec la province afin de construire jusqu'à 1 500 logements. Le ministre peut-il nous en dire davantage sur cette entente importante conclue avec le Nouveau‑Brunswick? D'ailleurs, des annonces liées à ces projets sont en cours en ce moment même partout dans la province.
    Madame la Présidente, je remercie le député pour le leadership dont il fait preuve au Nouveau‑Brunswick.
    Le Nouveau‑Brunswick a certainement été l'une des premières provinces à adopter la production manufacturière et des méthodes de construction modernes. De nombreuses entreprises qui fabriquent des maisons ou des composantes pour des maisons sont maintenant établies au Nouveau‑Brunswick.
     Des voix: Oh, oh!
    À l'ordre. Le ministre essaie de répondre à la question du député.
    Le ministre a la parole.
    Madame la Présidente, le Nouveau‑Brunswick fait preuve d'un leadership remarquable, non seulement en ce qui concerne les 1 500 logements qui sont actuellement en construction grâce à Maisons Canada et à la province, mais aussi en ce qui concerne le secteur manufacturier. C'est l'une des provinces qui joue un rôle de premier plan en matière de construction de maisons et de composantes d'immeubles ou de résidences. L'avenir est là.
    Bien sûr, le Nouveau‑Brunswick peut répondre aux besoins de fabrication des autres provinces de l'Atlantique et expédier ses produits dans la région, mais la même occasion se présente dans beaucoup d'autres régions du pays pour le secteur manufacturier. Il y a également des occasions, par exemple dans le cadre du modèle du Nouveau‑Brunswick, où beaucoup de petits projets dans les collectivités rurales de la province sont coordonnés par le gouvernement provincial, le ministre du Logement et son équipe. C'est un modèle fantastique pour assurer la réalisation d'un grand nombre de projets différents — petits, moyens et grands — dans toute la province. Nous espérons voir la même chose dans bien d'autres provinces et territoires.
    Madame la Présidente, dans son rapport annuel, la défenseure du logement Marie‑Josée Houle, qui est également conseillère du Cabinet, affirme que « le rythme actuel de construction de logements véritablement abordables est si lent qu'il [faudrait] plus de 1 000 ans » pour répondre à nos besoins.
    Le logement relève de la compétence des provinces et des municipalités. Tous ces organismes servent secrètement les intérêts du secteur privé. Nous avons besoin que le gouvernement réduise les taxes et qu'il se tasse du chemin pour que nous puissions construire des logements.
(1135)
    Madame la Présidente, comme l'a dit la députée, les logements abordables ne sont pas construits assez rapidement. C'est pourquoi nous devons constituer Maisons Canada en société d'État. Elle disposera ainsi de l'ensemble des outils, instruments financiers et mécanismes de reddition de comptes nécessaires pour que la construction avance plus vite du côté fédéral. Nous devons mettre en place des partenariats et faciliter les choses pour le secteur privé de la construction. Nous devons aider les villes, les provinces, les territoires et les gouvernements autochtones à construire plus vite. Nous devons jouer un rôle de facilitateur. Bien sûr, nous comptons principalement sur le secteur privé pour ce qui est des travaux de construction proprement dits. Tous les ordres de gouvernement doivent se coordonner pour faciliter et accélérer la construction de logements abordables.
    Madame la Présidente, je trouve intéressant qu'en 2017, le gouvernement Trudeau ait lancé sa Stratégie nationale sur le logement et qu'il en ait confié la mise en œuvre à la Société canadienne d'hypothèques et de logement. Cette société d'État fédérale, la première en matière de logement, a été chargée de mettre en œuvre ces programmes, entre autres. Elle fait beaucoup de recherches sur le logement, probablement plus que tout autre groupe au pays, et elle est très respectée. Elle offre également une assurance prêt hypothécaire.
    Je trouve intéressant que ce quatrième organisme fédéral chargé du logement, la troisième société d'État fédérale dans ce domaine, soit créé sans échéancier clair ni objectif quant au nombre de logements qui seront construits. J'ai d'ailleurs demandé à des représentants de la Société canadienne d'hypothèques et de logement si le gouvernement avait discuté avec eux des objectifs à atteindre en fonction des besoins. Ils m'ont répondu qu'il n'y avait eu aucune discussion.
    Je me demande si le ministre pourrait expliquer à la Chambre comment le gouvernement justifie la création d'un quatrième organisme fédéral chargé du logement, au coût de 13 milliards de dollars, alors qu'il n'a fait aucune recherche pour établir, à partir de données, combien de logements sociaux doivent être construits.
    Madame la Présidente, je remercie le député d'en face de ses questions et de ses préoccupations. Maisons Canada sera l'organisme du gouvernement fédéral chargé de fournir des logements abordables. La Société canadienne d'hypothèques et de logement, ou SCHL, se concentrera sur les logements offerts sur le marché. Il y aura donc deux organismes responsables du logement: la SCHL pour les logements sur le marché, et Maisons Canada pour les logements hors marché.
    La Société immobilière du Canada, qui a participé à la construction de logements pour le gouvernement fédéral, fera essentiellement partie de Maisons Canada pour la gestion des terres fédérales où des logements abordables peuvent être construits. C'est un élément. Nous allons donc avoir essentiellement deux organismes. Le premier se concentrera sur les logements abordables hors marché, et le deuxième, la SCHL, continuera de soutenir les logements offerts sur le marché, le Programme de prêts pour la construction d'appartements, le programme APH Select et les travaux de recherche dont le député d'en face a parlé, car ils sont précieux pour l'ensemble du secteur du logement.
    Madame la Présidente, le ministre vient de répondre aux questions que j'allais poser, à savoir comment cette structure clarifie l'ensemble du secteur du logement sur le marché et hors marché, quel sera le rôle de la Société immobilière du Canada, et comment cette nouvelle structure sera grandement avantageuse pour les promoteurs.
    Je vais plutôt poser la question suivante au ministre. Je sais que les promoteurs dans ma circonscription vont fournir des logements aux aînés qui ont des problèmes de santé mentale. Ce sont des logements sociaux hors marché. Ils vont virtuellement enrayer l'itinérance chez les jeunes.
    Monsieur le ministre, quelle est la réaction des groupes communautaires à l'égard de Maisons Canada? Comment les promoteurs du secteur du logement sans but lucratif réagissent-ils?
    Je rappelle au député de poser ses questions par l'intermédiaire de la présidence.
    Madame la Présidente, l'agence remporte un énorme succès auprès des constructeurs de logements communautaires ou sans but lucratif. Je pense qu'une majorité des propositions soumises à Maisons Canada vise des projets de collaboration entre le secteur de la construction de logements sociaux ou des organismes sans but lucratif et le secteur privé, qui se chargera de l'essentiel des travaux. Concrètement, ces logements seront gérés par le secteur sans but lucratif, car ils sont à prix raisonnable.
    Je tiens à signaler en particulier le franc succès que remporte l'agence en ce qui concerne les logements de transition ou supervisés. En ce moment, la solution principale au sans-abrisme consiste à faire ce qu'il faut pour que les gens aient accès à un logement assorti d'une offre de services complète. Quelques milliers de logements supervisés sont actuellement en chantier au pays, dans le cadre de partenariats.
(1140)

[Français]

    Monsieur le Président, j'ai une question, qui a déjà été posée, mais je trouve que la réponse n'a pas été adéquate: pourquoi remplacer les structures déjà existantes qui auraient très bien pu avoir la même mission, comme la SCHL?
    Dans le fond, nous ne nous opposerons pas au projet de loi parce qu'il y a eu une entente avec le gouvernement du Québec, mais il aurait été beaucoup plus simple de simplement transférer l'argent au Québec.

[Traduction]

    Madame la Présidente, la Société canadienne d'hypothèques et de logement, la SCHL, demeurera axée sur le côté marché du logement, depuis les services locatifs jusqu'aux produits d'assurance hypothécaire, comme elle le fait depuis des générations. Elle se spécialisera là-dedans, alors que Maisons Canada se spécialisera dans le logement à prix raisonnable. Pour nous, cette séparation est nécessaire. Les deux organismes évoluent dans des domaines d'affaires tout à fait distincts et ils mobilisent des types de partenariats différents avec les provinces, les territoires et les administrations municipales relativement au logement abordable.
    L'entente conclue avec le Québec témoigne des perspectives qu'un partenariat avec Maisons Canada ouvre aux provinces et aux territoires lorsqu'il s'agit de mener à bien des projets de construction résidentielle qui sont avant tout axés sur l'accessibilité financière.
    Madame la Présidente, je pense que le ministre n'a pas tout à fait compris ma question. Quand je lui ai demandé d'expliquer l'absence d'objectifs pour cette nouvelle société d'État de 13 milliards de dollars, le quatrième organisme à être créé, il m'a expliqué ce que fait chacun d'entre eux. J'ai des petites nouvelles: je le comprends. Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi on en a créé un quatrième.
    J'ai ensuite demandé très précisément pourquoi on devait créer une troisième société d'État fédérale et lui donner 13 milliards de dollars, mais aucun autre objectif que de s'occuper avant tout du logement hors marché. Au Canada, le plus important organisme de recherche sur logement est la première société d'État en matière de logement, la Société canadienne d'hypothèques et de logement. Elle mène toutes les recherches.
    Pourquoi la troisième société d'État n'a-t-elle pas parlé à la première société d'État? Pourquoi le ministre n'a-t-il pas établi avec les responsables de la première société d'État pour doter cette chose d'objectifs et de paramètres? Il s'agit de 13 milliards de dollars d'argent public, et il n'y a pas d'objectifs. Pourquoi?
    Madame la Présidente, l'objectif est de construire autant de logements abordables que possible grâce aux fonds alloués par le gouvernement du Canada. Il existe aujourd'hui toute une série de partenariats et de collaborations. Il y a différents niveaux d'abordabilité, comme le sait le député en tant qu'ancien maire. Certains projets proposent des logements supervisés et de transition à des prix très abordables. Ceux-ci nécessitent davantage d'investissements de la part du gouvernement, notamment des investissements en capital, pour atteindre ce niveau d'abordabilité. De nombreux projets proposent également un mélange de logements locatifs abordables.
    Quant à nous fixer des objectifs ambitieux au hasard, ce que nous voulons, c'est que le plus grand nombre possible de logements soient livrés. Nous voulons la plus grande abordabilité possible. C'est l'objectif principal de Maisons Canada. Nous voulons également tirer parti des possibilités offertes par les logements locatifs abordables et les coopératives d'habitation. Nous voulons voir toute une gamme de logements sur le marché intermédiaire, celui des logements intermédiaires qui font défaut, se concrétiser parallèlement à cela. Il s'agit d'une gamme de projets de différents types, avec différents niveaux d'abordabilité, mais nous voulons que tout cela soit optimisé au profit des Canadiens.
     Madame la Présidente, nous avons beaucoup entendu parler, à juste titre, des problèmes liés à toutes les structures bureaucratiques que le gouvernement crée, mais il y a une chose qu'il n'a pas faite en 11 ans, et c'est de négocier un nouvel accord sur le bois d'œuvre avec les États‑Unis. En fait, au cours des cinq dernières années, près de 35 scieries ont fermé dans la province du ministre, la Colombie‑Britannique. Nous lisions beaucoup d'articles sur les fermetures de scieries au Québec. La capacité de produire les matériaux nécessaires à la construction de logements dans ce pays est fortement limitée, mais le gouvernement n'a rien fait à ce sujet.
    Le ministre va-t-il faire pression pour que les scieries rouvrent afin que le Canada puisse produire ce dont on a besoin, ce qui ferait du reste baisser le coût de la construction de logements au pays?
    Madame la Présidente, je comprends les préoccupations du député concernant le bois d’œuvre. Nous voyons dans le programme Maisons Canada une formidable occasion de privilégier l’utilisation du bois canadien dans la construction. Cela profiterait à nos industries, de la Colombie‑Britannique au Québec en passant par le Nouveau‑Brunswick, provinces qui dépendent fortement du bois d’œuvre et de la foresterie. Nous avons là de véritables occasions de développer le secteur à la valeur ajoutée et de préserver les emplois liés au bois d’œuvre ici, au Canada. La politique Achetez canadien est un élément clé du programme Maisons Canada. Elle a été intégrée aux critères d’investissement. Nous recevons actuellement des propositions qui prévoient l’utilisation de bois canadien pour la construction. Nous souhaitons voir, dans le secteur manufacturier, des produits en bois massif et des produits à valeur ajoutée fabriqués à partir de bois canadien.
    C'est l'objectif du programme Maisons Canada: faire tout notre possible pour utiliser des matériaux canadiens, afin de renforcer les secteurs de la construction résidentielle et de la fabrication au Canada, y compris l'industrie forestière. Je travaille en collaboration avec la ministre de l'Industrie et le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles pour assurer que nous tirons pleinement parti de cette occasion et que nous soutenons le secteur.
(1145)
    Madame la Présidente, pour répondre à la question de mon ami et collègue d'Acadie—Bathurst, nous avons eu l'immense plaisir cette année d'accueillir le ministre au Nouveau‑Brunswick et de compter parmi les premières provinces à signer l'entente sur le logement. Dans une province aussi rurale que le Nouveau‑Brunswick, le gouvernement provincial a joué un rôle déterminant dans la mise en œuvre du plan.
    Le ministre peut‑il expliquer pourquoi il était aussi important que la province intervienne activement pour permettre au Nouveau‑Brunswick de conclure une entente rapidement?
    Madame la Présidente, au nom du Nouveau‑Brunswick, je remercie la députée de son leadership.
    À l'instar des autres députés du Nouveau‑Brunswick, nous voyons d'un très bon oeil le partenariat entre Maisons Canada et le Nouveau‑Brunswick pour construire des logements abordables aux quatre coins de la province. Comme l'a indiqué la députée, le gouvernement provincial a joué un rôle de chef de file en étant parmi les premiers à agir. Comme je l'ai mentionné tout à l'heure, la capacité d'intervenir dans des collectivités de toutes tailles a permis à la province de lancer des projets partout au Nouveau‑Brunswick. Cette stratégie permettra de mieux gérer l'offre de logements, ce qui est une excellente nouvelle. Dans ce contexte, il devient plus facile pour Maisons Canada d'investir, puisque la province supervise le portefeuille et réalise des projets dans plusieurs collectivités en même temps.
    Je remercie chaleureusement le Nouveau‑Brunswick pour son rôle d'impulsion à cet égard, ainsi que les députés pour leur appui.
    Madame la Présidente, selon l'Assemblée des Premières Nations, il faudrait construire 157 000 nouveaux logements pour enrayer la grave crise du logement dans les réserves, sans compter les 81 000 logements qui nécessitent des rénovations majeures. Or, les mesures annoncées par le ministre pour les Autochtones ne représentent qu'environ 3 400 logements pour plus de 600 Premières Nations.
    Le ministre peut-il proposer de vraies solutions durables aux crises du logement chez les Premières Nations, au lieu de multiplier les solutions de fortune?
    Madame la Présidente, il est certain que le logement pour les Autochtones constitue un volet très important du mandat de Maisons Canada, tant aujourd'hui que pour l'avenir. Maisons Canada prévoit qu'au moins 10 % du capital destiné au logement abordable sera investi dans le logement autochtone. De nombreuses propositions sont d'ailleurs soumises par des constructeurs autochtones.
    Nous sommes impatients de voir Maisons Canada appuyer des projets. C'est une occasion en or. On l'a constaté au Nunavut et au Yukon, où la population est majoritairement autochtone. Bien entendu, les logements seront fournis par les gouvernements territoriaux, mais ils profiteront aux résidants autochtones. Ce n'est qu'un début: beaucoup de propositions de la part des Premières Nations, des Inuits et des Métis sont à venir, et de nombreux partenariats aussi.

[Français]

    Je dois maintenant interrompre les délibérations et mettre aux voix sur-le-champ la motion dont la Chambre est saisie.

[Traduction]

    Le vote porte sur la motion.
    Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
     Madame la Présidente, nous demandons un vote par appel nominal.
    Convoquez les députés.
(1230)
    (La motion, mise aux voix, est adoptée par le vote suivant:)

(Vote no 142)

POUR

Députés

Acan
Al Soud
Ali
Alty
Anandasangaree
Auguste
Bains
Baker
Bardeesy
Battiste
Beech
Begum
Belanger (Desnethé—Missinippi—Churchill River)
Bendayan
Bittle
Blois
Brière
Carney
Carr
Casey
Chagger
Champagne
Chang
Chartrand
Chatel
Chen
Chenette
Chi
Clark
Connors
Cormier
Coteau
Dandurand
Danko
d'Entremont
Deschênes-Thériault
Desrochers
Dhaliwal
Dhillon
Diab
Duclos
Duguid
Dzerowicz
Earle
Ehsassi
El-Khoury
Erskine-Smith
Eyolfson
Fancy
Fanjoy
Fergus
Fisher
Fonseca
Fortier
Fragiskatos
Fraser
Fry
Fuhr
Gaheer
Gainey
Gasparro
Gerretsen
Gladu
Gould
Grant
Greaves
Guay
Gull-Masty
Hanley
Harrison
Hepfner
Hirtle
Hodgson
Housefather
Hussen
Iacono
Idlout
Jaczek
Jeneroux
Joly
Joseph
Kayabaga
Kelloway
Khalid
Klassen
Koutrakis
Lalonde
Lambropoulos
Lamoureux
Lapointe (Rivière-des-Mille-Îles)
Lapointe (Sudbury)
Lattanzio
Lauzon
Lavack
Lavoie
LeBlanc
Leitão
Lightbound
Long
Louis (Kitchener—Conestoga)
Ma
MacDonald (Malpeque)
MacDonald (Cardigan)
MacKinnon (Gatineau)
Malette (Bay of Quinte)
Maloney
Martin
McGuinty
McKelvie
McKinnon (Coquitlam—Port Coquitlam)
McKnight
McLean (Esquimalt—Saanich—Sooke)
Ménard
Mendès
Michel
Miedema
Miller
Mingarelli
Morrissey
Myles
Naqvi
Nathan
Nguyen
Noormohamed
Ntumba
Oliphant
Olszewski
O'Rourke
Osborne
Petitpas Taylor
Powlowski
Provost
Ramsay
Rana
Robertson
Rochefort
Romanado
Royer
Sahota
Saini
Sarai
Sari
Sawatzky
Schiefke
Sgro
Sheehan
Sidhu (Brampton East)
Sidhu (Brampton South)
Sodhi
Solomon
Sousa
St-Pierre
Sudds
Tesser Derksen
Thompson
Turnbull
Valdez
van Koeverden
Vandenbeld
Villeneuve
Watchorn
Weiler
Wilkinson
Yip
Zahid
Zuberi

Total: -- 166


CONTRE

Députés

Aboultaif
Aitchison
Albas
Allison
Anderson
Anstey
Arnold
Au
Baber
Bailey
Baldinelli
Barlow
Barrett
Barsalou-Duval
Beaulieu
Bélanger (Sudbury East—Manitoulin—Nickel Belt)
Berthold
Bexte
Bezan
Blanchet
Blanchette-Joncas
Block
Bonin
Bonk
Borrelli
Boulerice
Bragdon
Brassard
Brock
Brunelle-Duceppe
Caputo
Chambers
Champoux
Chong
Cobena
Cody
Cooper
Dalton
Davidson
Davies (Vancouver Kingsway)
Davies (Niagara South)
Dawson
DeBellefeuille
Deltell
DeRidder
Deschênes
Diotte
Doherty
Dowdall
Duncan
Falk (Battlefords—Lloydminster—Meadow Lake)
Falk (Provencher)
Fortin
Gallant
Garon
Gaudreau
Gazan
Généreux
Genuis
Gill (Calgary Skyview)
Gill (Brampton West)
Gill (Calgary McKnight)
Gill (Windsor West)
Gill (Côte-Nord—Kawawachikamach—Nitassinan)
Gill (Abbotsford—South Langley)
Godin
Goodridge
Gourde
Groleau
Gunn
Hallan
Hardy
Ho
Hoback
Holman
Jackson
Jansen
Johns
Kelly
Khanna
Kibble
Kirkland
Kmiec
Konanz
Kram
Kramp-Neuman
Kronis
Kuruc
Kusie
Kwan
Lake
Lantsman
Larouche
Lawrence
Lawton
Lefebvre
Lemire
Leslie
Lewis (Essex)
Lewis (Haldimand—Norfolk)
Lloyd
Lobb
Mahal
Majumdar
Malette (Kapuskasing—Timmins—Mushkegowuk)
Mantle
Martel
May
Mazier
McCauley
McKenzie
McLean (Calgary Centre)
McPherson
Melillo
Menegakis
Moore
Morin
Morrison
Motz
Muys
Nater
Normandin
Patzer
Paul-Hus
Perron
Poilievre
Redekopp
Reid
Rempel Garner
Richards
Roberts
Rood
Ross
Rowe
Ruff
Scheer
Schmale
Seeback
Shipley
Simard
Small
Steinley
Ste-Marie
Stevenson
Strahl
Strauss
Thomas
Tochor
Tolmie
Uppal
Van Popta
Vien
Viersen
Vis
Wagantall
Warkentin
Waugh
Williamson
Zimmer

Total: -- 159


PAIRÉS

Députés

Anand
Church
Dabrusin
Dancho
Epp
Hajdu
Hogan
Plamondon
Reynolds
Stubbs
Thériault
Zerucelli

Total: -- 12


    Je déclare la motion adoptée.

Troisième lecture

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 5 juin, de la motion portant que le projet de loi C‑20, Loi concernant la constitution de Maisons Canada, soit lu pour la troisième fois et adopté.
    Monsieur le Président, je prends la parole pour appuyer le projet de loi C‑20, Loi sur Maisons Canada...
    Je dois interrompre le député.
    En fait, il reste trois minutes et demie à la députée de Nanaimo—Ladysmith. Elle est maintenant à la Chambre. Je demande donc au secrétaire d'État d'attendre que la députée ait terminé son discours.
    Monsieur le Président, le projet de loi C‑20 vise à aider les Canadiens à bâtir plus de logements plus rapidement et à promouvoir des techniques de construction novatrices et efficaces pour le secteur du logement. Cet objectif est très important dans des collectivités comme Nanaimo—Ladysmith.
    Comme je l'ai dit au début de mon discours initial, je partagerai mon temps de parole.
    Dans tout le centre de l'île, les familles subissent les mêmes pressions en matière de logement que partout ailleurs au pays.
(1235)
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Je me demande si l'attribution de temps a été calculée correctement. Comment pouvons-nous accorder une minute et demie à la députée?
    Compte tenu de tout ce qui se passe, la députée pourrait-elle avoir l'occasion de prononcer son discours, si elle commence dès maintenant? Nous vous en serions reconnaissants. Il y a trop de bruit. Nous n'écoutions pas attentivement.
    Nous allons laisser la députée de Nanaimo—Ladysmith poursuivre son discours. Il lui reste trois minutes et demie.
    La députée a la parole.
    Monsieur le Président, pour reprendre là où j'en étais l'autre jour, je précise que le projet de loi C‑20 vise à aider les Canadiens à construire davantage de logements plus rapidement et à promouvoir des techniques de construction novatrices et efficaces dans le secteur du logement. Cet objectif revêt une importance capitale pour des collectivités telles que Nanaimo—Ladysmith.
     Dans tout le centre de l'île, les familles subissent les mêmes pressions en matière de logement que partout ailleurs au pays. Les jeunes se demandent s'ils auront un jour les moyens de s'acheter une maison, les personnes âgées cherchent des solutions qui leur permettront de déménager dans un logement plus petit tout en restant proches de leur famille, et les travailleurs ont du mal à se loger à proximité des emplois qui font vivre nos collectivités. Nous convenons qu'il est impossible de relever ce défi en nous en tenant aux approches traditionnelles. Nous devons construire différemment, construire plus vite et avoir recours à des méthodes nouvelles et améliorées ainsi qu'aux normes canadiennes, tout en faisant appel aux entreprises locales qui sont déjà à l'œuvre.
    Le centre de l'île n'a pas attendu l'adoption de mesures législatives. Nous savons que nous ne pouvons pas compter sur le gouvernement pour résoudre nos problèmes à notre place. Des innovateurs locaux ont déjà su saisir l'occasion pour faire du centre de l'île un pôle émergent de la construction modulaire et novatrice.
    J'ai récemment visité les locaux de Cueva Homes, dont le siège social se trouve à Nanaimo. J'y ai découvert exactement le genre d'innovation pratique dont le pays a besoin. Cueva Homes se spécialise dans les maisons modulaires, les annexes, les unités d'habitation accessoires et les solutions de logement compactes qui permettent aux collectivités d'augmenter l'offre sans altérer le caractère de chaque quartier. Les équipes de Cueva Homes sont prêtes à se lancer. Il s'agit de véritables habitations conçues pour de véritables terrains, construites avec une efficacité qui pourrait contribuer à remédier à la pénurie de logements. Elles sont particulièrement bien adaptées à des collectivités comme la nôtre, où de nombreuses familles ont besoin de solutions pour leurs parents âgés ou leurs enfants adultes, sans oublier les locataires et les premiers acheteurs. Le travail de Cueva Homes montre également pourquoi les normes sont importantes. Quand les habitations sont conformes aux normes CSA, même si elles sont fabriquées à l'étranger avec une part importante de matériaux locaux exportés de l'île à cette fin, les collectivités peuvent être assurées que l'innovation ne se fait pas au détriment de la sécurité, de la qualité ou du respect des normes. Cet aspect devrait être au cœur de l'objectif du projet de loi C‑20.
    Je tiens également à souligner Wescon Doors, une autre entreprise de l'île de Vancouver qui contribue à ce même écosystème du logement. Wescon Doors fabrique des portes conçues pour notre climat et pour répondre aux normes canadiennes applicables. Les entreprises comme Wescon Doors nous rappellent que l'innovation en matière de logement ne concerne pas seulement le logement terminé, mais aussi la chaîne d'approvisionnement locale, les composantes, les travailleurs qualifiés et les fabricants qui permettent de construire rapidement des logements de meilleure qualité.
    Si le projet de loi C‑20 vise vraiment à soutenir des techniques de construction novatrices et efficaces, le gouvernement doit donc reconnaître les collectivités comme la nôtre. On y trouve déjà des entreprises qui travaillent dans les logements modulaires, les ensembles préfabriqués dotés de composantes de haute qualité et les constructions adaptées au climat. Il est maintenant possible de lier la politique fédérale aux capacités locales. Nanaimo—Ladysmith est prête à faire partie de cette solution.
    Monsieur le Président, j'ai trouvé encourageant d'entendre la députée d'en face dire que le projet de loi C‑20 inspire les Canadiens et les aide à construire plus de logements plus rapidement. Je conviens que le projet de loi C‑20 est une source d'inspiration.
    La députée peut-elle nous en dire davantage à ce sujet? Grâce au projet de loi C‑20, nous voulons être capables de favoriser ce genre de soutien et de le voir se concrétiser.
    Monsieur le Président, je voudrais faire part au député d'en face de ce que j'entends sur le terrain.
    Nous sommes également préoccupés par le fait qu'il existe déjà de multiples structures administratives. Nous sommes très préoccupés par le programme Maisons Canada et tenons à ce qu'il ne devienne pas un énième programme imposé par Ottawa qui néglige les constructeurs et les fabricants qui résolvent déjà les problèmes sur le terrain, dans des collectivités comme la mienne.
    Nous souhaitons que le gouvernement s'engage à favoriser des solutions pratiques, conformes aux normes CSA et évolutives, comme celles qu'on trouve dans nos collectivités.
(1240)
    Monsieur le Président, le directeur parlementaire du budget par intérim a publié un rapport indiquant que le gouvernement réduisait les services destinés aux personnes vulnérables, notamment en matière d'aide au logement et de logements sociaux, afin de financer une nouvelle bureaucratie.
    Je me demande ce que pense la députée du fait que le gouvernement prive les plus vulnérables de ressources pour financer une nouvelle bureaucratie qui n'ajoutera, comme l'a dit le directeur parlementaire du budget, qu'une « contribution modeste » à l'offre de logements.
    Monsieur le Président, cette question tombe à point, car hier soir encore, dans ma collectivité, notre conseil municipal tenait une réunion extraordinaire consacrée spécifiquement au besoin de logements pour personnes en rétablissement. Toutes sortes de types de logements dans nos collectivités ont été évoqués.
    Les provinces, en particulier celles comme la mienne, sont vraiment en difficulté dans le contexte économique actuel. Bien sûr, cela signifie que les municipalités sont elles aussi en difficulté. Si le gouvernement compte allouer des fonds au logement, il doit vraiment redoubler d'efforts pour résoudre ces problèmes dans des collectivités comme Nanaimo—Ladysmith et ailleurs.
    Monsieur le Président, la députée de Nanaimo connaît bien un grand nombre des problèmes propres à l'île. Le marché immobilier va très bien dans des régions comme Nanaimo, et la solution qu'elle évoque pourrait bien être valable dans ce contexte, mais les marchés urbains où il n'y a pas de segment intermédiaire constituent un véritable défi. Peu importe les formalités administratives et les différents facteurs, les constructeurs et les promoteurs ont beaucoup de difficultés à se développer là-bas.
    Comment devrait-on, selon la députée, encourager les promoteurs à construire dans ces régions sans adopter une approche semblable à celle de Maisons Canada?
    Monsieur le Président, si le député croit que le marché immobilier va bien à Nanaimo, il ne comprend vraiment pas la Colombie‑Britannique. Nous sommes ce segment intermédiaire manquant. Il manque de logements dans le marché privé et de logements sociaux. Nous sommes en pleine crise de la toxicomanie. Hier soir, des témoins nous ont dit à quel point il est difficile pour une personne de résister à l'attrait de la toxicomanie lorsqu'elle va mal, n'a pas de logement et dort dans la rue.
    Cette question était insultante pour les collectivités de ma circonscription.
    Monsieur le Président, je suis un peu déçu de la réponse à cette question, en ce sens que, si on y regarde de plus près, on constate qu'on a beaucoup mis l'accent sur la collaboration. Nous voulons travailler en collaboration avec les municipalités, les provinces, les peuples autochtones, et cetera.
    La députée ne convient-elle pas que la collaboration est la meilleure façon de régler la question dont nous sommes saisis?
    Monsieur le Président, le député d'en face revient à la question précédente et laisse entendre que mes propos étaient insultants, alors qu'on a essayé de me dire que ma collectivité n'a pas besoin de logements à prix moyen ou modique sur le marché et qu'il n'y a rien qui cloche avec notre marché du logement. Je suis désolée, mais c'est un autre député qui ne comprend pas ce qui se passe en Colombie‑Britannique ou dans ma circonscription.
     Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole pour appuyer le projet de loi C‑20, Loi sur Maisons Canada.
    Le défi qui se pose à nous est de taille. Trop de Canadiens ont du mal à trouver un logement abordable, et trop de villes connaissent une pénurie de logements qui continue de faire grimper les coûts. C'est pourquoi le gouvernement a créé l'agence Maisons Canada en septembre 2025. Celle-ci dispose d'un mandat clair: faire construire des logements abordables, aider les constructeurs grâce à du financement et encourager des méthodes de construction novatrices faisant appel à la technologie, aux travailleurs et au bois d'œuvre canadiens. En quelques mois à peine, Maisons Canada a déjà fait avancer des projets et établi des partenariats partout au pays.
    Le projet de loi C‑20 s'appuie sur ces premiers progrès en constituant Maisons Canada en société d'État, lui donnant l'autonomie opérationnelle et le cadre de gouvernance nécessaires pour intensifier les efforts visant à résoudre la crise du logement au Canada. En transformant Maisons Canada, qui est actuellement un organisme de service spécial, en société d'État, le projet de loi renforcera sa capacité à remplir son mandat à grande échelle tout en maintenant son obligation de rendre des comptes au Parlement et aux Canadiens.
    Tous les Canadiens méritent d'avoir un logement abordable où se sentir chez eux. Le logement est un besoin fondamental, et la demande croissante en matière de logement partout au pays exige que des mesures soient prises urgemment. Il ne s'agit donc pas seulement de créer une nouvelle institution. Il s'agit de donner à Maisons Canada les outils dont elle a besoin pour bâtir plus de logements plus rapidement.
    Alors que nous sommes saisis de ce projet de loi, il convient de rappeler précisément les objectifs pour lesquels l'initiative Maisons Canada a été conçue. Maisons Canada a été mise en place pour construire et financer des logements abordables à grande échelle tout en contribuant à rendre le secteur de la construction résidentielle plus productif et plus innovant. Elle permet de lancer plus facilement et plus rapidement des projets de logements abordables à grande échelle et d'attirer des investissements publics, privés et philanthropiques, afin d'en maximiser les retombées.
    Maisons Canada ne se contente pas de financer des projets individuels. Il s'agit d'une nouvelle façon de travailler. Son objectif est de créer des possibilités partout au pays en s'associant avec les pouvoirs publics, les constructeurs, les organismes à but non lucratif et les investisseurs afin de définir et de déployer à grande échelle des solutions de logement à incidence élevée. L'initiative contribue également à moderniser le secteur de la construction résidentielle au Canada en soutenant des approches innovantes, comme des méthodes de construction modernes. Maisons Canada contribue à créer les conditions nécessaires pour construire plus de logements plus rapidement et plus efficacement.
    C'est particulièrement important à un moment où le Canada doit augmenter considérablement son offre de logements. Maisons Canada contribue à développer la capacité nécessaire pour relever ce défi. En tant que société d'État, elle offre à la fois un accès aux terres fédérales, une expertise en matière d'aménagement et des outils financiers souples.
    Elle travaillerait avec des organismes sans but lucratif, des organisations autochtones et tous les ordres de gouvernement pour aider à faire passer les projets de la conception à la construction et pour accélérer la construction de logements abordables. Elle travaillerait également en étroite collaboration avec les promoteurs, les investisseurs, les fabricants et les fournisseurs de logements en insistant sur l'abordabilité à long terme. Les partenaires comprendraient des organismes sans but lucratif, des coopératives, des fournisseurs de logements communautaires ou des organismes qui font la promotion de diverses options de logement pour les Canadiens.
    Ces partenariats stratégiques permettraient de créer des logements abordables pour un éventail de ménages de tous les niveaux de revenu. Ils visent à renforcer les capacités, à favoriser l'innovation et à créer les conditions nécessaires à la construction d'un plus grand nombre de logements partout au Canada, ce qui rend le projet de loi dont nous sommes saisis aujourd'hui si important.
    Le projet de loi C‑20 constituerait Maisons Canada en tant que société d'État. L'organisme aurait ainsi l'autonomie opérationnelle et la structure de gouvernance nécessaires pour accomplir sa mission plus efficacement. Il aurait aussi la souplesse nécessaire pour détenir des actifs, faire des investissements et prendre des décisions à long terme qui soutiennent la construction de logements abordables. Il serait donc bien outillé pour remplir son mandat et construire plus de logements pour les Canadiens. C'est exactement le genre d'outils qu'il faut pour augmenter l'offre de logements et accélérer la construction partout au pays.
    Les partenariats avec les provinces et les territoires sont essentiels au succès de Maisons Canada. Que ce soit grâce au financement de terrains, à une expertise en matière de logement ou à des projets prêts à démarrer, les provinces et les territoires jouent un rôle essentiel dans l'augmentation de l'offre de logements et dans la construction d'un nombre accru de logements.
(1245)
    Prenons l'exemple de ma province, la Colombie‑Britannique. Maisons Canada et BC Housing se sont associés pour construire au moins 1 100 logements, notamment des logements avec services de soutien, des logements de transition et des logements locatifs abordables. Dans le cadre de ce partenariat, on aura recours à des plans normalisés, à des composants préfabriqués de fabrication canadienne et à des méthodes de construction modernes afin de réduire les coûts, d’améliorer la qualité, de raccourcir les délais de construction et de contribuer à accroître la construction de logements à grande échelle. Ces approches témoignent du rôle essentiel que peut jouer l’innovation pour remédier à la pénurie de logements au Canada.
    Il ne s'agit là que de la première phase d'un engagement plus large entre le Canada et la Colombie‑Britannique. En alignant les investissements fédéraux sur des projets prêts à être mis en chantier, Maisons Canada contribue à faire passer ces projets du stade de la planification à celui de la mise en chantier, tout en jetant les bases de la construction de milliers de logements supplémentaires lors des phases futures. L'agence Maisons Canada a été créée précisément pour soutenir ce genre de collaboration, qui montre comment les gouvernements peuvent travailler de concert pour accroître l'offre de logements tout en contribuant à moderniser le secteur de la construction résidentielle.
    Fait important: cela démontre également le potentiel de Maisons Canada en tant qu’institution nationale. En quelques mois seulement, cette agence a fait avancer des projets et des partenariats représentant des milliers de logements partout au pays. Le projet de loi C‑20 vise à transformer cette dynamique initiale en résultats durables à long terme. Faire de Maisons Canada une société d'État renforcerait sa capacité à soutenir davantage de projets, à solidifier les partenariats et à contribuer à la construction d'un plus grand nombre de logements pour les Canadiens.
    Cependant, ce n'est pas tout. En plus de contribuer à la construction d'un plus grand nombre de logements, le programme Maisons Canada contribue également à renforcer l'économie du Canada. En accordant la priorité aux projets et aux partenariats qui investissent dans des matériaux canadiens durables, renforcent les chaînes d'approvisionnement canadiennes et créent des emplois de qualité tout au long du processus de construction, le programme Maisons Canada soutient la stratégie d'achat de produits canadiens du gouvernement fédéral. Cela signifie du bois d'œuvre canadien, des matériaux de construction canadiens, des produits fabriqués au Canada et l'expertise canadienne en matière de construction.
    Dans l'ensemble, le programme Maisons Canada contribue à garantir que les investissements publics génèrent des retombées économiques ici, chez nous. Dans une économie mondiale en mutation, il est important de renforcer les capacités nationales. Le programme Maisons Canada aide à accroître l'offre de logements tout en soutenant les travailleurs, les entreprises et l'innovation au Canada. Les partenariats et les projets déjà en cours témoignent de ce que Maisons Canada peut accomplir. Le projet de loi C‑20 vise à étendre ce qui fonctionne déjà. Il vise à établir les partenariats, les capacités et les approches de construction innovantes nécessaires pour fournir davantage de logements aux Canadiens dans les années à venir.
    En faisant de Maisons Canada une société d'État, le projet de loi lui conférerait la gouvernance, la souplesse et la capacité financière nécessaires pour tirer parti de ces progrès et remplir son mandat à plus grande échelle. Cela permettrait à Maisons Canada de détenir des actifs, de réaliser des investissements, de mettre en œuvre des outils financiers novateurs et de tirer parti des opportunités à long terme plus efficacement, tout en maintenant un cadre de responsabilité clair envers le Parlement et les Canadiens.
    À un moment où les Canadiens ont besoin que plus de logements soient construits plus rapidement et à des coûts plus abordables, le projet de loi C‑20 contribuerait à garantir que Maisons Canada dispose des outils nécessaires pour tenir ses engagements. J'exhorte tous les députés d'en face à l'appuyer.
(1250)
    Monsieur le Président, le député qui vient de prononcer son discours pourrait‑il nous expliquer, à moi et à la Chambre, pourquoi nous avons besoin d'une troisième société d'État fédérale pour effectuer le travail qu'il vient de décrire? Pourquoi la Société canadienne d'hypothèques et de logement ou la Société immobilière du Canada ne pourraient-elles pas s'en charger?
     Monsieur le Président, je pense que cette société d'État pourrait acquérir de nombreux terrains fédéraux, provinciaux et municipaux et y construire rapidement et efficacement des logements. Dans bien des cas, elle détiendrait elle-même ces actifs, et les recettes qui en découleraient pourraient contribuer à la construction de nouveaux logements à l'avenir. On accélérerait aussi nettement le processus.
    Je pense que c'est indispensable. Le Canada a déjà essayé bien d'autres approches, et je pense qu'il est grand temps de construire plus de logements, et ce, plus rapidement. Nous avons besoin d'un organisme comme celui‑ci, qui dispose de la souplesse, des moyens financiers et de la capacité d'agir nécessaires pour construire ces logements beaucoup plus rapidement.

[Français]

     Monsieur le Président, les municipalités et les organismes communautaires nous demandent davantage d'outils pour construire des logements abordables. Est-ce que mon confrère peut nous expliquer comment créer cette nouvelle société d'État pour répondre à ces besoins?

[Traduction]

    Monsieur le Président, c'est une excellente question, et je m'excuse de ne pas pouvoir y répondre en français.
    Je pense que cette mesure donne d'abord des outils financiers. Cette société dispose d'un fonds de démarrage de 13 milliards de dollars. Elle a donc une grande capacité financière. Elle dispose des véhicules nécessaires, qu'il s'agisse de la Société canadienne d'hypothèques et de logement ou de son propre financement, du nouveau code du bâtiment avec des conceptions préapprouvées, et de la possibilité d'encourager la conception modulaire et de travailler avec des fournisseurs de logements modulaires. Ce sont les types d'outils qui lui donnent les atouts et les capacités nécessaires pour agir beaucoup plus rapidement et efficacement, et aussi pour innover à un moment où le secteur privé hésite parfois à le faire. C'est ce qui fait sa capacité, et en tant que société d'État, elle aurait plus de pouvoir qu'un organisme spécial.

[Français]

     Monsieur le Président, au Québec, il y a le Front d'action populaire en réaménagement urbain, ou FRAPRU, qui a émis plusieurs craintes au sujet du projet Maisons Canada, notamment en ce qui concerne la cherté des logements qui sont qualifiés d'abordables, mais qui coûtent beaucoup plus cher que le prix médian des logements.
    Par exemple, les gens du FRAPRU observent que plusieurs des projets qui sont financés au Québec incluent des logements abordables et intermédiaires, qui coûtent beaucoup plus cher que le loyer médian du marché. Les gens du FRAPRU craignent que les gens les plus vulnérables soient abandonnés si la plus grande partie des investissements sert à construire ce type de logement. Ce qu'ils veulent, c'est plus d'investissements dans le logement social.
    Qu'est-ce que mon collègue a à répondre à ça?
(1255)

[Traduction]

    Monsieur le Président, c'est une excellente question. La mesure de l'abordabilité est, je crois, 30 % du revenu avant impôt d'un ménage, comme moyen d'abordabilité. C'est la cause type, donc cela varie, évidemment.
    Dans les régions où le coût du logement est peut-être moins élevé, on a peut-être moins besoin de Maisons Canada, mais je pense que, dans la plupart des cas, les Canadiens ressentent la pression de devoir consacrer beaucoup plus que 30 % de leur revenu mensuel au logement. L'objectif est de construire le type de logement pour lequel les gens n'ont pas à payer plus de 30 % du revenu de leur ménage.
    Monsieur le Président, j'ai une citation de Mike Moffatt, qui est reconnu comme l'un des plus grands experts de la crise du logement. Voici ce qu’il dit à propos de ce programme: « Le Canada connaît une pénurie importante de logements de trois chambres ou plus et nos villes ont besoin de se densifier, [mais le fait que ce programme] donne la priorité aux petites habitations de faible hauteur est un choix inusité. »
    Pourquoi le gouvernement fait-il le choix étrange d'appuyer la construction du mauvais type de maisons au lieu du type recherché par les Canadiens?
    Monsieur le Président, je ne suis pas d'accord avec le député. Lorsque Maisons Canada prend ses décisions, y compris pour les 1 100 logements en train d'être construits en Colombie‑Britannique, l'organisme s'appuie sur une série de critères couvrant tous les types de logements, tels que les appartements de trois chambres à coucher, les appartements de deux chambres à coucher, les appartements d'une chambre à coucher et les logements accessibles. Il est conçu et construit pour une mosaïque de familles qui en ont besoin. Si des ajustements s'avèrent nécessaires, je serais ravi d'entendre les commentaires des conservateurs en comité pour veiller à ce que Maisons Canada les apporte.
     Monsieur le Président, c'est intéressant. Alors que nous discutons du projet de loi C‑20, Loi sur Maisons Canada, à l'étape de la troisième lecture, je me livre à quelques réflexions. Bien sûr, je me suis déjà exprimé à quelques reprises sur le sujet. J'ai abordé la question du logement maintes fois à la Chambre des communes, en comité et, bien sûr, partout au pays. Je suppose que ce n'est un secret pour personne que j'ai passé la majeure partie de ma vie adulte au sein d'administrations publiques locales, dans la politique municipale. J'ai siégé à des conseils municipaux et participé à des réunions de comités d'urbanisme. J'ai également travaillé avec de nombreux constructeurs locaux et je comprends les démarches qu'ils doivent effectuer pour faire approuver leurs projets.
    Lorsque j'étais maire, j'ai consacré beaucoup de temps à essayer d'accélérer les processus. Quand les choses ont commencé à piétiner, il y a environ 10 ans, j'étais dans le camp de ceux qui ont poussé le conseil de district à réduire de moitié les droits d'aménagement. À l'époque, nous pensions à l'avenir. Maintenant, bien sûr, on parle encore des droits d'aménagement au Canada. Je suppose que mon seul regret en tant que maire, c'est de ne pas avoir suffisamment modifié les systèmes. J'ai travaillé dans ces systèmes pour faire avancer les choses, mais, après mon départ, elles ont un peu ralenti encore, je pense. Il aurait été bon que j'agisse pour changer le processus.
    Des années plus tard, nous voici dans cette enceinte. Je pensais qu'en temps de crise la Chambre pouvait travailler pour cerner les problèmes à l'origine de la crise et que les députés cherchaient ensemble le moyen d'éliminer les obstacles qui rendent la construction de logements plus difficile et plus coûteuse.
    Cependant, en examinant le projet de loi C-20 sous sa forme actuelle, je dois avouer que je commence à perdre un peu patience. Nous sommes au beau milieu d'une crise du logement qui ne fait que s'aggraver. La situation empire chaque mois pour les jeunes familles et les jeunes professionnels. Fait intéressant, je pense que la situation des aînés se détériore également. Nous ne parlons probablement pas assez des aînés et de la façon dont la crise du logement les touche. Si les gens n'ont pas les moyens d'acheter, cela signifie qu'ils n'ont pas les moyens d'accéder au marché, et que celui-ci ne se porte donc pas bien. Cela veut dire que les personnes qui prévoyaient utiliser la valeur nette accumulée sur leur maison pour financer leur retraite se retrouveront en quelque sorte piégées si elles n'ont pas les moyens de la vendre. Il faut que les choses bougent. C'est quelque chose qui touche toutes les générations, pas seulement les jeunes, mais ce sont eux dont nous parlons surtout.
    Après tous les débats et les discussions qui ont eu lieu dans cette enceinte, il est vraiment frustrant de constater que la réponse du gouvernement à cette crise liée à la bureaucratie, aux délais, aux processus et aux frais consiste à créer une toute nouvelle bureaucratie fédérale, qui coûtera des milliards de dollars, appelée la société Maisons Canada. Je tiens à préciser, pour que tous les Canadiens le sachent, que je ne parle pas d'un nouvel organisme. Je parle d'un quatrième organisme fédéral chargé du logement. Nous connaissons tous la Société canadienne d'hypothèques et de logement et le travail qu'elle accomplit. Elle a été créée juste après la Seconde Guerre mondiale et a accompli des miracles en éliminant les obstacles et en facilitant la construction. À l'époque, nous avons réglé la crise du logement en une dizaine d'années. Bien sûr, nous avons aussi la Société immobilière du Canada, qui a été créée et qui aménage effectivement des terrains fédéraux. J'entends les députés d'en face dire que la société Maisons Canada va construire des logements sur des terrains fédéraux, alors qu'il existe déjà une société qui fait cela.
     Le pays est en pleine crise du logement. Je pense que les gens croyaient peut-être, quand ils ont élu ce nouveau premier ministre, qu'il y aurait du changement par rapport au passé. On leur a promis une compétence technocratique, des résultats concrets. On nous a dit qu'on allait avoir un génie de l'économie. Il a été gouverneur de banques, comme la Banque du Canada et la Banque d'Angleterre. Nous pensions que nous allions avoir un chef qui irait au-delà de la politique superficielle du passé et qui apporterait une excellence froide et dure en matière de gestion aux activités du gouvernement fédéral.
    Au lieu de cela, ça a été un peu une déception, un peu une illusion, je dirais. Ce que nous voyons maintenant, c'est la même tendance que le gouvernement précédent à privilégier la forme au détriment du fond. Je peux donner des exemples. Tout d'abord, le lundi matin, avec une régularité de métronome, le premier ministre met un beau casque tout neuf et tout propre, il met un beau gilet de haute visibilité flambant neuf, il va dans la banlieue d'Ottawa et il se tient devant un chantier de construction résidentielle pour une belle séance de photos.
(1300)
    Je dois dire que le premier ministre a l'air de sortir tout droit d'un casting. Il paraît très bien dans cette tenue. L'image est vraiment intéressante parce qu'elle montre que les libéraux font avancer les choses et qu'ils construisent. La mise en scène est vraiment immaculée. J'encourage les députés qui n'ont pas vu l'image à y jeter un coup d'œil. Elle est vraiment excellente. Le premier ministre tient des conférences de presse, mais, ce qui est intéressant avec les conférences de presse, les séances de photos, les beaux discours et les organes bureaucratiques, c'est qu'ils ne permettent pas de construire des logements. Ils ne coulent pas de béton. Il se trouve que poser avec une pelle dorée dans les mains ne permet pas de loger une famille.
    La dure vérité, c'est qu'alors que le premier ministre joue les mannequins arborant de l'équipement de sécurité pour son équipe de communication, le nombre de mises en chantier au Canada, que nous étudions au comité des ressources humaines, est en baisse. Il est en baisse à un moment où la première société d'État fédérale responsable du logement, la Société canadienne d'hypothèques et de logement, qui fait plus de recherche sur le logement que n'importe qui d'autre au pays, a signalé que le Canada doit construire entre 430 000 et 480 000 logements par année simplement pour que tous les logements deviennent abordables. Nous n'arrivons même pas à construire 250 000 logements par année, et le nombre de mises en chantier diminue. La situation ne fait qu'empirer. C'est ce que je trouve extrêmement frustrant. Selon moi, les Canadiens trouvent également cette situation extrêmement frustrante.
    Au comité, nous avons examiné la structure du projet de loi et de l'organisme en question. Nous avons demandé à des experts en logement de venir nous dire ce qu'ils en pensaient, et ils ont ont mis la réalité en évidence. Je tiens à ce qu'on me comprenne bien: nous avons entendu le témoignage de certains des esprits les plus brillants du domaine. Il y avait des constructeurs et des experts. Quelqu'un a mentionné Mike Moffatt, un expert bien connu dans ce domaine. Bien sûr, ils ont tous été très polis devant le comité, car tout le monde agit ainsi; tout le monde est poli. Par contre, si on fait abstraction de leur langage poli, leur verdict collectif était plutôt dévastateur, en fait. Les députés libéraux ne l'ont peut-être pas entendu, mais j'ai entendu à maintes reprises que s'il n'en tenait qu'à eux, ils n'auraient jamais créé cette quatrième agence fédérale du logement.
    Il se trouve que le Canada ne souffre pas d'une pénurie d'agences de logement. Nous avons déjà la Société canadienne d'hypothèques et de logement. Il y a aussi la Société immobilière du Canada, qui exploite les terrains fédéraux. Au moment même où le Canada a besoin de moins de bureaucratie gouvernementale, de coûts, de processus et de complications pour obtenir la permission de construire une maison dans ce pays, le gouvernement a répondu en ajoutant encore plus de bureaucratie. Nous avons vu les limites de cette approche dès le lancement de cette initiative. Je suis sûr que tout le monde se souvient du moment où les libéraux ont fièrement annoncé les six premiers projets qui allaient être réalisés sous la bannière de Maisons Canada sur des terres fédérales. C'était très excitant. Ça montrait qu'ils démarraient sur les chapeaux de roues. C'était un organisme gouvernemental avant même qu'on le transforme en société d'État. Il y avait six nouveaux projets. C'était tellement excitant. Ils ont annoncé ça en grande pompe. Ils ont organisé de superbes mises en scène pour prendre des photos. Tout ça était très beau. La vérité, toutefois, c'est que les six projets annoncés étaient déjà bien avancés, puisqu'ils avaient été lancés par la deuxième société d'État fédérale, la Société immobilière du Canada. Les terrains avaient déjà été choisis. La planification était déjà achevée en bonne partie. Sur certains de ces sites, des unités avaient déjà été construites. On a fait comme s'il s'agissait d'une preuve que Maisons Canada allait accélérer la construction sur les terres fédérales, sauf que Maisons Canada n'a rien fait de tout ça. Tout ce que cet organisme a fait, c'est prendre sous son aile des projets qui étaient déjà bien avancés, qui étaient en cours depuis des années.
    Si les libéraux apposent un nouveau logo de société sur un train et prétendent, lorsque le train quitte la gare, qu'ils ont construit le moteur, c'est ridicule. On ne fait que changer d'étiquette. Ils ont rebaptisé les projets de la Société immobilière du Canada, qu'ils appellent maintenant des projets de Maisons Canada. Nous sommes censés nous en réjouir, car cela aidera prétendument à construire plus de logements, alors qu'en réalité, tout ce qu'ils ont fait, c'est apposer un nouveau logo.
    Si le premier ministre voulait vraiment accélérer l'aménagement des terrains fédéraux, il pourrait élargir le mandat actuel de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, un organisme qui dispose d'un vaste pouvoir législatif. En 2017, on lui a confié la mise en œuvre de la majeure partie des programmes de la stratégie nationale sur le logement du gouvernement. Elle n'avait plus vraiment l'habitude d'offrir des programmes directs, mais elle a déployé plus d'efforts pour mettre les choses en branle, et elle a mis en œuvre ces divers programmes pendant des années.
(1305)
    Cependant, au lieu d'élargir le mandat ou de donner de nouvelles directives à la Société canadienne d'hypothèques et de logement ou à la Société immobilière du Canada, qui mène déjà activement des activités de développement, le premier ministre a créé une toute nouvelle instance dirigeante parallèle, régie par de nouvelles règles.
    Une année s'est écoulée. Le gouvernement libéral n'a construit aucun logement, mais nous célébrons tout de même ce résultat. Non seulement a-t-il créé un nouvel organisme, mais il s'apprête maintenant à faire adopter à la hâte un projet de loi qui en fera une société d'État fédérale. Il s'agira, comme je l'ai souligné, de la troisième du genre. Je ne sais toujours pas ce que nous célébrons. En réalité, l'échec est encore plus grave que le simple fardeau administratif que représente cette nouvelle structure. Des experts comme Mike Moffatt ont d'ailleurs déclaré devant le comité des ressources humaines qu'eux non plus n'auraient pas procédé de cette manière. Par ailleurs, l'un des problèmes de cette mesure réside dans l'absence flagrante d'objectifs concrets, de définitions claires ou de délais contraignants.
    Tout le monde devrait y réfléchir un instant. Il s'agit d'un nouvel organisme fédéral chargé du logement, le quatrième du genre, et de la troisième nouvelle société d'État fédérale dans ce domaine. Le gouvernement lui a octroyé 13 milliards de dollars, mais il n'a fixé aucun objectif quant au nombre de logements que l'organisme doit bâtir. Le gouvernement affirme qu'il va se concentrer sur le logement hors marché. J'ai interrogé la Société canadienne d'hypothèques et de logement à ce sujet l'autre jour. C'est le principal organisme de recherche en matière de logement. La Société nous a indiqué le nombre de logements qu'il faut construire dans ce pays. Elle a souligné qu'au Canada, 95 % des logements relèvent du marché et 5 % du secteur hors marché.
     J'ai donc interrogé la Société canadienne d'hypothèques et de logement à ce sujet. C'est intéressant. Il ne semble y avoir aucun objectif. J'ai demandé si le gouvernement avait eu des échanges avec la Société ou son service de recherche au sujet des objectifs qui devraient être fixés. Le président de la Société a répondu qu'il n'y avait pas eu de discussions de ce genre. J'ai demandé si la Société avait mené des recherches afin de proposer des objectifs au gouvernement. Je comprends que ce projet a nécessité le transfert de personnel de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, et qu'il se peut donc que la Société ait désormais d'autres priorités, mais elle mène toujours des recherches. Elle pourrait peut-être donner son avis sur le nombre de logements hors marché dont le Canada a réellement besoin. Elle ne l'a pas fait.
    Bien sûr, j'ai demandé au ministre il y a quelques instants s'il avait parlé à la Société canadienne d'hypothèques et de logement et à son service de recherche afin de savoir si une analyse avait été menée pour établir le nombre de logements qu'il faut construire.
    Fait intéressant, le premier dirigeant de la Société canadienne d'hypothèques et de logement a dit qu'il ignorait leur objectif, mais qu'une certaine enveloppe leur a été allouée. J'ai dit: « Un instant. C'est établi seulement en fonction de cette enveloppe. L'objectif ne devrait-il pas l'être en fonction du besoin de logements hors marché? » Mes collègues seront peut-être surpris, mais je n'ai pas vraiment obtenu de réponse parce que, bien sûr, il s'agit de Maisons Canada. C'est le bébé du premier ministre. Tout le monde est très emballé et on ne pose pas trop de questions malgré la crise du logement actuel qui s'aggrave. La réponse du gouvernement est de créer un quatrième organisme fédéral du logement et de lui donner 13 milliards de dollars.
    Le ministre a déclaré à la Chambre que l'objectif était de construire le plus grand nombre de logements possible. Eh bien, je ne trouve pas cela très rassurant pour les Canadiens, qui rêvent désespérément de pouvoir un jour devenir propriétaires. Je regarde tous les pages présents ici aujourd'hui. Ces jeunes gens brillants et sympathiques voudront peut-être un jour eux aussi s'acheter une maison. Cela m'inquiète.
    Tout ce que nous offre le gouvernement, ce sont des paroles creuses et des milliards de dollars, mais pas d'objectifs. Comment pouvons-nous mesurer le succès s'il ne fixe aucun objectif ni aucune cible? C'est typique du gouvernement. La Société canadienne d'hypothèques et de logement, qui dispose d'un important service de recherche, a transmis les données sur le logement à tous les organismes, à l'industrie, aux banques et au gouvernement, mais celui-ci refuse de lui parler. Cela ne l'intéresse pas. Il ne veut pas fixer d'objectifs.
    En réalité, le ministre a évoqué l'objectif fixé pour la société Maisons Canada. Il a déclaré que ce chiffre avait été choisi au hasard. Cela ne lui a pas plu. Nous n'avons rien obtenu. De toute évidence, il ne respecte ni le travail de la Société canadienne d'hypothèques et de logement ni les recherches qu'elle mène. Je parlais précisément de faire appel à ces experts, qui ont réalisé plus d'analyses sur le marché immobilier canadien que quiconque, pour les aider à établir un chiffre. Or, aujourd'hui, nous nous retrouvons avec un nouvel organisme, et nous nous apprêtons à adopter à la hâte un projet de loi pour en faire une société d'État, parce que, pour une raison qui m'échappe, ce serait soi‑disant mieux ainsi.
     J'ai discuté avec des promoteurs immobiliers privés et à but non lucratif de tout le Canada qui ont déjà déposé des demandes auprès de Maisons Canada. Il est intéressant de noter que, lorsque la Société canadienne d'hypothèques et de logement administrait ce programme, les constructeurs pouvaient suivre l'évolution de leur demande en ligne et savoir exactement où en était le traitement de leur dossier. Curieusement, ce n'est pas le cas avec Maisons Canada. Les constructeurs doivent donc attendre sans savoir où en est leur dossier.
(1310)
    Ils ne savent pas vraiment quels critères seront utilisés pour statuer sur leur dossier. Ils ne savent pas vraiment quand une décision sera prise. Il n'y a aucun moyen de suivre l'avancement du dossier. Je dois dire, en tant qu'ancien maire ayant été confronté à cette situation sur le terrain, que cette incertitude, ce manque de transparence, est un frein. C'est un frein au développement immobilier. Il faut un certain niveau de certitude pour réaliser ce type d'investissement. Quand un constructeur ne sait pas où en est sa demande dans le processus, les capitaux restent immobilisés. Les prêts fonciers accumulent des intérêts, car il faut emprunter de l'argent pour acheter le terrain. On ne peut pas engager de sous-traitants.
    En créant un organisme sans échéancier, sans objectifs et sans cadre de suivi, le gouvernement n'a pas seulement mis en place une énième structure bureaucratique à un moment où il faudrait réduire la bureaucratie; il a en fait ancré cette paralysie dans le processus. Il a institutionnalisé la bureaucratie, et nous ne savons tout simplement pas quand ce processus sera terminé.
    Les logements sont construits par des constructeurs, pas par des conseils d'administration, et certainement pas grâce à des premiers ministres et à des séances de photos. Les experts en matière de logement qui ont comparu devant le comité des ressources humaines ont indiqué très clairement qu'ils n'auraient pas créé cet organisme. Nous avions déjà les outils nécessaires, et pourtant, nous nous retrouvons maintenant dans cette situation. Nous avons perdu une année entière, alors que la situation continue de s'aggraver, pour créer une quatrième structure bureaucratique fédérale qui ne règle en rien une crise enracinée avant tout dans la lenteur administrative.
    Si nous ne réduisons pas les délais, nous ne réduisons pas les coûts. Le projet de loi C‑20 ne s'attaque pas aux délais. Il crée simplement un empêcheur de tourner en rond qui n'a de comptes à rendre à personne et qui laisse les constructeurs complètement dans le noir. Cela ne crée que ce que j'appelle une illusion de compétence. Nous n'avons pas besoin d'un gouvernement qui agit comme une firme de relations publiques. Nous avons besoin d'un gouvernement qui se concentre sur le travail effacé et peu prestigieux qui consiste à dégager la voie, à éliminer les frictions réglementaires et à rétablir la compétence administrative de base. Nous devons cesser de mettre des bâtons dans les roues des constructeurs et de subventionner la bureaucratie.
    Si nous cessions de créer de nouvelles agences et de nouvelles bureaucraties et de les subventionner à coups de milliards de dollars, peut-être aurions-nous alors les ressources nécessaires pour investir dans les besoins pressants en matière de logements sociaux et de logements avec services de soutien qui existent dans notre pays. Peut-être que si nous prenions le temps de discuter avec les chercheurs afin d'obtenir des données concrètes sur les besoins de notre pays en matière de nombre de logements sociaux, de logements avec services de soutien et de logements hors marché, nous pourrions fixer des objectifs. Nous aurions pu donner à la Société canadienne d'hypothèques et de logement les outils dont elle avait besoin pour veiller à ce que cela se produise.
    Au lieu de cela, nous avons passé une année à mettre en place une nouvelle bureaucratie, et voilà où nous en sommes. La crise est plus grave que jamais, et le ministre a le culot d'affirmer à la Chambre que l'objectif est d'en construire autant que possible. Les libéraux disent de ne pas s'inquiéter et de leur faire confiance, car ils sont au pouvoir depuis seulement 11 ans et ils ont élaboré des stratégies. Ils ont une autre stratégie qu'ils souhaitent mettre en place en matière de logements pour les jeunes en particulier.
    Les Canadiens ne peuvent pas se contenter de stratégies, de déclarations et de séances de photos. Il leur faut des logements. Ils veulent que les pouvoirs publics cessent de mettre des bâtons dans les roues et qu'ils réduisent la bureaucratie, les coûts, les frais et les taxes.
    Le gouvernement avait l'occasion d'agir. Je me suis dit que nous avions peut-être enfin un premier ministre qui comprenait le dossier et l'enjeu, que nous devions utiliser les fonds fédéraux et tirer parti des investissements fédéraux dans les infrastructures pour obtenir des résultats à l'échelle locale, en collaboration avec les provinces et les villes, puis nous tasser du chemin. Or, rien de tout cela ne s'est produit. Aujourd'hui, tout ce que nous avons, c'est une quatrième instance bureaucratique chargée du logement de 13 milliards de dollars, et personne ici ne sait combien de logements seront réellement construits. C'est une énorme déception. Le gouvernement ne fait que donner l'illusion d'agir, et les Canadiens ne peuvent plus se le permettre.
(1315)
    Monsieur le Président, mon collègue a mentionné qu'il avait été maire avant d'être député. Il y avait un programme qui, à l'instar du programme Maisons Canada, était extrêmement utile pour les administrations municipales. C'était le Fonds pour accélérer la construction de logements. Ce n'est pourtant pas ce que le chef conservateur a dit à ses troupes. Selon un article intitulé: « Les députés conservateurs mécontents que [leur chef] leur interdise de faire la promotion du fonds pour le logement », le chef conservateur avait en effet « donné pour consigne aux députés conservateurs de cesser d'intervenir au nom des administrations municipales de leur circonscription qui désirent obtenir du financement [pour le logement] ».
    Le député a dit qu'il avait été maire. Faisait-il partie de ceux à qui l'on a demandé de ne pas envoyer de lettre d'appui pour un projet de logement dans leur municipalité?
    Monsieur le Président, la différence fondamentale entre le député et moi, c'est que je reconnais l'importance de faire avancer les choses. Depuis le début, les conservateurs proposent d'utiliser les fonds fédéraux comme levier pour nous assurer que les municipalités font le travail. Je reconnais qu'en réalité, le Fonds pour accélérer la construction de logements a été utile dans certaines petites collectivités et collectivités rurales qui faisaient déjà de très bonnes choses. Cependant, dans les grands centres, où se trouve l'épicentre de la crise, comme la région du Grand Toronto ou la vallée du bas Fraser et Vancouver, les libéraux ont utilisé cet argent et ont donné des milliards de dollars aux villes qui avaient promis qu'elles feraient mieux. C'est un échec. C'est une autre situation typique des libéraux: ils donnent beaucoup d'argent aux villes, organisent une séance de photos et prétendent que des logements sont construits. Ce programme n'a pas fonctionné.

[Français]

    Monsieur le Président, je félicite mon collègue pour son discours. Le débat d'aujourd'hui sur Maisons Canada m'amène à réfléchir à la raison pour laquelle le gouvernement a mis cette agence en place. En fait, il l'a mise en place parce qu'il y a une crise du logement. Quelle est la cause de cette crise du logement? C'est l'explosion de l'immigration et la perte de contrôle en cette matière de la part du gouvernement. Ce qu'on voit, c'est le gouvernement fédéral qui décide de jouer au pompier pyromane avec des nouveaux programmes.
    Que pense mon collègue lorsqu'il voit ça? Plutôt que d'admettre qu'il a échoué royalement et de corriger ça, le gouvernement décide de créer constamment des nouveaux programmes dont on n'a aucune idée s'ils vont fonctionner ou pas.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suis tout à fait d'accord avec mon collègue sur le fait qu'il s'agit d'une crise qui, à bien des égards, a été provoqué par le gouvernement actuel. Elle couve depuis des années, je l'admets, mais les solutions proposées par les libéraux sont, en réalité, celles que le député a décrites: ils mettent en place de nouvelles bureaucraties, créent de nouvelles agences et distribuent des fonds aux villes qui s'engagent à faire mieux. À titre d'exemple, la Ville de Toronto a reçu plus d'argent que quiconque dans le cadre du Fonds pour accélérer la construction de logements, soit 471 millions de dollars. Les libéraux lui ont donné l'argent et ont conclu l'entente, mais immédiatement après la signature de cette entente, la Ville de Toronto a augmenté ses droits d'aménagement de 40 %.
    Les libéraux ne comprennent-ils pas que la hausse des coûts rend l'achat d'une maison moins abordable et plus difficile? Ils ne l'ont pas compris et ils ne le comprennent toujours pas. Ils alourdissent la bureaucratie. Ils distribuent de l'argent dans le cadre de séances de photos, mais cela ne résout pas le problème. Ils ignorent complètement qu'ils font désormais partie intégrante du problème.
(1320)
    Monsieur le Président, les libéraux ont fait campagne en promettant de réduire les frais municipaux. En fait, je vais citer un extrait de leur campagne. Ils ont dit qu'ils allaient réduire « de moitié les redevances d'aménagement municipales. »
    La Société canadienne d'hypothèques et de logement vient de publier un rapport qui émet une mise en garde contre les redevances d'aménagement élevées des municipalités qui constituent un obstacle majeur à la construction de logements. En réalité, le gouvernement n'a même pas envisagé de réduire les frais municipaux ou il n'a même pas commencé à le faire. Je me demande si mon collègue peut nous dire ce qu'il pense de cette promesse libérale non tenue et du fait qu'on n'aide pas les Canadiens à acquérir les logements dont ils ont besoin.
    Monsieur le Président, mon collègue pose toujours des questions extrêmement pertinentes. C'est un très bon point.
    En fait, en ce qui concerne les droits d'aménagement, le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial de l'Ontario ont mis sur pied un programme visant à réduire les droits d'aménagement, mais seulement si la municipalité présente une demande dans le cadre du programme. Une municipalité peut donc dire: « Ça va, on aime beaucoup nos droits d'aménagement, qui sont de 100 000 $ », et rien ne changera. Ces droits d'aménagement vont demeurer élevés et cela ne donnera aucun résultat. Tout repose sur le fait que la municipalité doit accepter de diminuer ses droits d'aménagement.
    À l'inverse, le plan des conservateurs consisterait à inciter les municipalités à réduire ces droits et à les aider, absolument, à assumer le coût des infrastructures nécessaires à la construction de logements, mais tout reposerait sur les résultats, et non sur l'espoir que la situation s'améliore.

[Français]

     Monsieur le Président, j'ai beaucoup aimé travailler avec mon collègue sur le projet de loi C‑20 au Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées. Il posait de bonnes questions. Nous sentions vraiment qu'il avait l'intention de bien comprendre.
    Pourtant, en l'écoutant aujourd'hui, je me demande vraiment si nous étions au même comité et si nous avons entendu les mêmes témoins.

[Traduction]

    Je trouve le postulat du discours de ce député quelque peu malhonnête. Nous avons entendu les témoins qui ont comparu devant le comité, notamment des promoteurs et des constructeurs, expliquer en quoi Maisons Canada serait utile, car l'augmentation du nombre de logements abordables permettrait d'alléger la pression sur le marché. Nous avons entendu, notamment de la part de la présidente et première dirigeante de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, que Maisons Canada et la SCHL collaborent, et que leurs travaux sont complémentaires. Plus important encore, elle a déclaré que, bien que la Société canadienne d'hypothèques et de logement ait le mandat légal d'effectuer certaines des tâches qui incomberont à Maisons Canada, elle n'est pas équipée pour le faire. Il lui faudrait beaucoup de temps pour atteindre ce niveau de capacité. Je me demande simplement si mon collègue peut vraiment affirmer aujourd'hui qu'aucune de ces questions n'a été abordée en comité.
    Monsieur le Président, je tiens à dire que j'aime beaucoup la députée. Nous avons accompli un excellent travail ensemble. Cependant, je pense qu'elle a été victime d'un problème très courant chez les libéraux: elle n'a entendu que ce qu'elle voulait entendre.
    Il ne fait aucun doute que les constructeurs et les promoteurs ont déclaré qu'ils feraient appel aux outils de Maisons Canada et collaboreraient avec cette agence, qu'ils devaient composer avec la situation que leur impose le gouvernement fédéral et qu'ils allaient s'y adapter. Ils ont également affirmé qu'ils n'auraient pas créé cette agence si cela n'avait tenu qu'à eux. Ce sont bien là les mots qu'ils ont prononcés. Or, tout ce que la députée a retenu, c'est qu'ils adorent l'agence Maisons Canada, qu'ils souhaitent collaborer avec elle et qu'ils veulent mener à bien ces projets.
    J'ai également entendu la présidente et première dirigeante de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, ou SCHL, déclarer que son organisme n'avait pas été conçu pour accomplir le travail que Maisons Canada va désormais réaliser. Ce qui est intéressant à ce sujet, c'est qu'en 2017, lorsque le gouvernement libéral fédéral de l'époque a créé la Stratégie nationale sur le logement, la SCHL n'était pas non plus conçue pour la mettre en œuvre, mais elle s'est développée et l'a fait. C'est ce qui est si déconcertant dans ce plan libéral. Ils ont confié le projet de logement à la SCHL en 2017, qui a su s'adapter, mais voilà que tout à coup, elle serait incapable de se développer pour mener à bien ce projet. Je ne comprends pas pourquoi il y a une quatrième structure bureaucratique fédérale responsable du logement.
     Monsieur le Président, le député a évoqué les taxes et les coûts imposés par le gouvernement. Il en a déjà parlé. Le gouvernement dispose d'autres outils. Au lieu de créer une autre instance bureaucratique qui ne fait que dépenser et gaspiller l'argent, il pourrait prendre d'autres mesures. J'aimerais notamment que le député nous donne son avis sur les codes du bâtiment. Selon certaines estimations, les derniers codes du bâtiment élaborés par les organismes gouvernementaux pourraient faire grimper de 115 000 $ le coût d'une maison moyenne au Canada.
    Je me demande si le fait de modifier les codes du bâtiment ou de tenir compte du coût des dispositions qui y figurent ne serait pas un moyen encore plus simple de réduire le coût du logement dans notre pays.
(1325)
    Monsieur le Président, voilà une autre question extrêmement pertinente de la part de mon collègue. Il se trouve qu’il est entrepreneur en construction et qu’il sait de quoi il parle. Il a lui-même construit des maisons et il comprend les changements dont il est question et leurs conséquences.
     Le véritable problème avec le processus fédéral entourant les codes du bâtiment réside, bien sûr, dans le processus lui-même. Il existe toute une procédure à suivre pour formuler des recommandations visant à modifier le code, que les provinces peuvent choisir d'adopter ou non. Ce qui est intéressant à propos des organismes chargés d'examiner les codes, c'est qu'ils sont composés, pour la plupart, non pas d'électriciens, de plombiers ou de charpentiers, mais de lobbyistes et de vendeurs travaillant pour les fabricants de produits. En réalité, ils ne tiennent jamais compte des implications financières des modifications qu'ils proposent.
    Selon l'Association canadienne des constructeurs d'habitations, les modifications apportées aux codes du bâtiment au cours des 10 dernières années ont fait grimper le coût des maisons de plus de 100 000 $. Ces modifications ne relèvent pas du bon sens ni de l'efficacité énergétique. Elles ont simplement alourdi les coûts, sans que les codes nationaux du bâtiment ni le Conseil national de recherches n'aient pris en compte leurs répercussions sur le prix d'une maison neuve.
    Monsieur le Président, prononcer un discours d'adieu au Parlement, c'est un peu comme faire son propre éloge funèbre, alors si je dois laisser un message à mes collègues, que ce soit ma gratitude personnelle pour avoir eu l'occasion de servir et de faire bouger les choses, ainsi que l'importance inébranlable de faire de la politique autrement.
    La politique, c'est comme pousser un rocher en haut d'une colline. Je pense que nous avons tous ce sentiment à certains moments. C'est à la fois gratifiant et frustrant. C'est un progrès significatif à un moment donné et, en même temps, un travail inachevé. Il y a trois choses qui, selon moi, comptent lorsque nous poussons ce rocher vers le sommet. Parfois, il redescend sur nous, évidemment, et parfois, nous arrivons au sommet ou pensons y être arrivés. Nous avons besoin d'ambition, et je ne parle pas d'ambition sur le plan personnel; je parle d'ambition sur le plan des idées. Nous avons également besoin d'une équipe. Personne n'accomplit quoi que ce soit seul, et je n'aurais rien accompli au fil des ans sans mon équipe.
    Une citation me vient à l'esprit. Elle dit que l'homme raisonnable s'adapte au monde, et que l'homme déraisonnable adapte le monde à lui-même, et c'est pourquoi tout progrès dépend de l'homme déraisonnable. Je pense qu'en politique, il faut parfois faire preuve d'une persévérance presque déraisonnable. Cela porte parfois ses fruits. J'ai eu la chance de participer à des efforts visant à faire avancer les choses à certaines occasions.
    On a pris des mesures plus fermes pour lutter contre les changements climatiques et assurer une meilleure reddition de comptes, au profit de mes enfants et, espérons-le, de notre économie, ainsi que des mesures visant à réduire la pauvreté. Grâce à l'Allocation canadienne pour enfants, des centaines d'enfants sont sortis de la pauvreté. Par ailleurs, le Supplément de revenu garanti revêt une importance capitale pour les aînés. L'Allocation canadienne pour les travailleurs, anciennement connue sous le nom de Prestation fiscale pour le revenu de travail, a été considérablement bonifiée, permettant à des dizaines de milliers de travailleurs de sortir de la pauvreté. J'ai eu la chance de défendre leurs intérêts. Enfin, il y a aussi une nouvelle prestation pour les personnes handicapées qui doit bien sûr être améliorée et renforcée.
    Quand je repense à ces dix dernières années, je me rends compte que ces prestations font partie du travail que nous avons réussi à accomplir ensemble. Si nous avons le courage d'entreprendre une réforme de la Sécurité de la vieillesse, nous pourrons en fait mettre fin à la pauvreté chez les aînés sans dépenser un seul dollar. J'espère que nous y parviendrons au cours des prochaines législatures.
    Des mesures ont été prises pour défendre la concurrence et protéger les consommateurs. Parmi les nombreuses réalisations dont je suis fier, il y a le fait que les présidents et chefs de la direction des entreprises oligopolistiques n'aiment pas participer aux séances de comité où je suis présent, qu'il s'agisse des dirigeants de Rogers, de Bell, de Stellantis, de Facebook, d'Apple, de Google ou encore des géants de l'alimentation.
    Il y a là toute une histoire, car au sein des comités, il est extrêmement important de collaborer, dans la mesure du possible, au-delà des lignes de parti. J'aurai 42 ans la semaine prochaine, mais le jour de mon anniversaire, il y a quelques années, j'étais vraiment furieux parce que les PDG des chaînes d'alimentation avaient tous communiqué entre eux pour mettre fin en même temps à leurs programmes de rémunération des héros mis en place pendant la pandémie pour les travailleurs à faible revenu. J'ai rédigé une motion sur mon téléphone. Nous avons réuni les membres du comité de l'industrie, convoqué les PDG des chaînes d'alimentation et travaillé de façon non partisane pour formuler des recommandations auxquelles le gouvernement a donné suite afin de criminaliser les ententes de fixation des salaires afin qu'une telle situation ne se reproduise plus jamais.
    Nous avons construit plus de logements. J'ai participé à ces efforts et à la défense des droits. Nous en sommes arrivés à un point où, toutes allégeances confondues, nous savons tous qu'il faut mettre fin au zonage restrictif et nous écarter du chemin pour que le marché privé puisse jouer son rôle. Je pense qu'il y a encore du travail à faire pour offrir des logements hors marché et pour réellement traiter le logement avant tout comme un endroit où les gens vivent.
    Des mesures ont été prises pour protéger les animaux, que ce soit pour mettre fin à la captivité des baleines et des dauphins, pour interdire l'enlèvement des nageoires de requin et les essais sur les animaux, en particulier les essais de produits cosmétiques, ou pour renforcer le Code criminel afin de lutter contre la cruauté envers les animaux. Si quelqu'un m'avait dit avant que je sois élu que j'allais assister à une conférence de presse aux côtés de Jane Goodall et de Murray Sinclair afin de plaider pour que les animaux soient bien traités, je ne l'aurais pas cru.
    Nous traitons la toxicomanie comme un problème de santé et nous traitons les Canadiens comme des adultes responsables. Par exemple, nous avons légalisé le cannabis. Non, le ciel ne nous est pas tombé sur la tête, et maintenant je ne suis plus considéré comme un criminel. Nous devons continuer de nous fonder sur les données probantes pour sauver des vies et aborder la toxicomanie pour ce qu'elle est réellement: un problème de santé, tout comme les troubles de l'alimentation, la dépendance au jeu ou la dépendance à l'alcool.
    J'ai été présent pour ma collectivité. Comme tous ceux d'entre nous qui ont servi pendant la pandémie et depuis, j'ai connu la frustration et l'épuisement, mais aussi le privilège d'être là pour mes concitoyens, de soutenir des milliers de personnes et de veiller à ce qu'elles puissent accéder aux prestations et au soutien dont elles avaient besoin dans les moments les plus critiques de leur vie.
     J'ai aussi été présent pour mes concitoyens au cours de ce qui a sans doute été la période la plus pénible des 10 dernières années: j'ai été aux côtés des familles de Danforth, y compris la famille Fallon, à la suite de la fusillade de Danforth. J'ai ensuite pris part aux efforts pour venir en aide à ces familles et réclamer des mesures raisonnables de contrôle des armes à feu.
    Je me suis bel et bien porté à la défense de mes concitoyens. Je me considère comme un intervenant plutôt efficace, mais un expert en rien. Mes concitoyens qui sont experts en quelque chose ou qui ont une expérience vécue m'ont soumis des idées. J'ai plein d'exemples en tête, mais je vais mentionner celui d'Helena Kirk, qui a survécu à un cancer pédiatrique. En travaillant main dans la main avec elle et d'autres intervenants, nous sommes parvenus à mobiliser des dizaines de millions de dollars pour la recherche et le soutien relativement aux cancers pédiatriques.
(1330)
    Nous nous sommes portés à la défense des droits de la personne ainsi que des libertés civiles. Nous avons aussi, comme on le sait, revendiqué le droit de mourir dans la dignité. Dès notre élection, nous nous sommes lancés dans ce dossier. L'un de mes premiers désaccords avec le gouvernement venait d'ailleurs du fait que, pour moi, il fallait rectifier le tir parce que le projet de loi ne me semblait pas constitutionnel. En ce qui a trait à la Loi sur les mesures d'urgence, j'ai dénoncé le fait qu'on y recoure de façon excessive. J'ai contribué à corriger une loi antiterrorisme d'un ancien gouvernement conservateur qui ratissait trop large. J'espère ne jamais avoir manqué de défendre les droits de la personne dans le monde, en toute conscience, au bénéfice des réfugiés rohingyas, des Ouïgours, des militants prodémocraties hongkongais, des Palestiniens et de beaucoup d'autres encore.
    Pour faire de la politique sur le terrain des idées, durant la pandémie, j'ai remplacé mes assemblées publiques habituelles par l'animation d'un balado. J'ai eu la chance d'y accueillir beaucoup de collègues députés de toutes allégeances, et nos échanges ont vraiment axé le débat politique sur les idées. Quand j'y repense, c'est d'ailleurs une promesse que j'avais faite durant la course à l'investiture, en 2013 et en 2014.
    Je pars avec, certes, un sentiment d'accomplissement à certains égards, mais aussi l'impression d'avoir laissé des choses en suspens. J'espère sincèrement que les prochaines législatures prendront plus au sérieux les inégalités de richesse et l'équité entre les générations. J'espère qu'elles prendront des mesures pour garantir que, dans un pays riche comme le nôtre, personne ne vive dans la pauvreté, et que chacun puisse vivre en gardant une dignité fondamentale.
    J'espère que les décideurs prendront des mesures transformatrices pour favoriser la concurrence. Nous sommes un pays d'oligopoles, mais il ne devrait pas en être ainsi. J'espère que nous assisterons à un effort de guerre pour bâtir des logements et des infrastructures de transport et d'énergie propre, et que nous prendrons plus au sérieux l'aide et la coopération internationales en faveur de la paix. Nous aurions bien besoin d'un peu plus de l'esprit de Pearson en ce moment.
    On sait tous que notre travail ne s'accompagne pas d'une description de tâches. Ce travail, on le bâtit soi-même. Pour ma part, j'ai assumé différents rôles au fil des ans, pas trop, mais quand même quelques-uns. J'ai notamment coprésidé le Caucus anti-pauvreté multipartite aux côtés de la sénatrice Pate, où nous avons plaidé en faveur de mesures de soutien du revenu de base et de renforcement du filet de sécurité sociale. J'ai par ailleurs contribué à la mise sur pied du caucus sur le bien-être des animaux, en collaboration avec des collègues libéraux. J'ai aussi été président du caucus du 416, dont les travaux ont permis d'améliorer l'offre de transports en commun et de logements dans notre ville. J'ai également présidé le Groupe canadien de l'Union interparlementaire.
    Puis, dans l'exercice de mes fonctions de ministre du Logement, j'ai livré des résultats concrets pour tous les partis en accélérant la construction de logements. Cette période a été l'une des plus occupées de ma vie, et ma femme peut en témoigner. Je n'aurai servi que quatre mois, mais sous deux premiers ministres.
    Cela dit, le rôle que j'ai le plus souvent assumé, et celui auquel j'ai consacré le plus d'énergie, est celui d'une voix guidée par des principes au Parlement: une voix qui prend les idées au sérieux, qui est prête à collaborer avec les autres partis, qui agit avec intégrité et qui, surtout, fait preuve d'honnêteté, la valeur la plus importante dans cette enceinte.
    J'ai écrit cela il y a un certain temps, et je le crois sincèrement. Je pense que nous sommes tous d'accord pour dire qu'aucun parti politique ne reflète parfaitement tous nos points de vue. Nous trouvons le parti qui représente le mieux nos points de vue et nos valeurs, puis nous nous efforçons de rapprocher notre parti et notre pays de ces objectifs. Pour ma part, j'estime que mon rôle était de pousser le gouvernement à être le meilleur de lui-même. C'est vrai que nous étions parfois en désaccord, mais nous étions en désaccord sur des idées et, plus souvent qu'autrement, avec du temps et de la persévérance, il était possible de faire évoluer les choses.
    Je vais parler de l'importance de l'indépendance. J'en parlais justement à mon épouse. Lors de la course à la direction du Parti libéral de l'Ontario en 2023, j'ai participé à un événement dans le comté de Norfolk. Une femme est arrivée en camionnette devant le café où je m'apprêtais à entrer pour l'événement. Elle avait tous les autocollants anti-Trudeau imaginables. Sa camionnette était complètement recouverte. Je suis allé à l'événement et j'ai vu qu'elle avait un gros cartable d'articles à mon sujet. Je ne savais pas trop comment tout ça allait se terminer.
    J'ai prononcé mon discours et j'ai parlé des idées qui me tenaient à cœur, mais aussi de la façon dont je voulais faire de la politique. Puis j'ai fait le tour des tables pour parler aux gens et, quand je suis arrivé à sa table, elle a rapidement fermé son cartable et m'a dit: « Vous savez quoi? J'ai bien aimé ce que vous avez dit au sujet de l'indépendance. Il nous en faut plus en politique. » Ce qui me frappe, c'est qu'en prenant un peu de recul, on constate qu'il y a plus de choses sur lesquelles nous sommes d'accord que l'inverse. Mais surtout, lorsque nous sortons de cette enceinte, la très grande majorité des députés des deux côtés de l'allée privilégient la même approche en politique.
     Quand je me suis présenté pour la première fois comme candidat à l'investiture, alors que j'avais 29 ans et que je n'avais aucune idée de ce que je faisais, un ami de la faculté de droit m'a offert un livre intitulé Tragedy in the Commons. Je ne sais pas si les députés l'ont lu, mais il s'agit d'une série d'entretiens menés auprès d'anciens parlementaires à la fin de leur mandat. Ils disent tous, en substance, la même chose. C'est une succession de reproches. Ils disent notamment que quand ils sont venus à Ottawa, ils voulaient faire changer les choses le plus possible pour leur collectivité, mais qu'une fois sur place, ils se sont contentés de lire les points de discussion préfabriqués qu'on leur avait donnés, de prononcer les discours rédigés par leurs collaborateurs et de voter comme on leur disait de le faire. Ils n'ont pas réussi à faire changer les choses comme ils l'avaient souhaité.
(1335)
    Quand j'ai été élu, je me suis dit que je n'allais pas tenir une entrevue de départ de ce genre. Au fond de moi, j'ai toujours gardé à l'esprit cette citation de Kurt Vonnegut: « Nous sommes ce que nous prétendons être, donc nous devons faire attention à ce que nous prétendons être. » Je pense d'ailleurs que c'est doublement vrai en politique. C'est mon dernier discours, mais, si je repense à mon premier discours — et pour juger à la fin, il faut parfois revenir au début —, j'avais dit à l'époque que je mettrais l'accent sur l'importance de l'indépendance à la Chambre, sur l'importance de la réflexion et sur l'importance de demeurer raisonnable malgré le désaccord.
    Si je dois laisser un message aux députés, c'est celui-ci: nous devons tous agir en fonction de ce que nous souhaitons pour cette institution. Nous avons besoin de plus d'idées, d'une pensée plus indépendante et de plus d'honnêteté. L'honnêteté est essentielle à la confiance, et la confiance est le fondement même de notre démocratie représentative. Malgré la centralisation, la pression et la discipline de parti, nous devons agir en fonction de ce que nous souhaitons pour la Chambre.
    Oui, j'entends déjà la réponse habituelle: « La politique est pourtant un sport d'équipe, non? » Tout d'abord, je dirais que nous sommes avant tout des mandataires de l'intérêt public, même si cela implique, certes, d'être parfois convoqués au bureau du whip. Nous remportons tous les élections en équipe, mais nous devons nous rappeler pourquoi nous les remportons. Nous remportons les élections pour faire avancer des idées. Nous ne trouvons pas des idées pour gagner des élections.
    La deuxième chose à dire, c'est que nous sommes aussi les porte-parole de nos régions respectives, et la population de ces régions fait aussi partie de notre équipe. Quand je retourne à l'épicerie de mon quartier et que je croise un ami de l'école secondaire, il fait partie de mon équipe. Quand je rentre chez moi et que je croise le bénévole qui a fait du porte-à-porte avec moi sous la neige en 2015, il fait aussi partie de mon équipe.
    Je tiens simplement à dire que, oui, je suis très fier d'appartenir au caucus libéral depuis 2015. Je suis encore plus fier de représenter la circonscription de Beaches—East York. Je tiens à remercier Beaches—East York et tous les membres de ma collectivité. Je remercie toutes les personnes qui m'ont soutenu pour tout ce qu'elles ont fait. Je tiens avant tout à remercier Amy et ma famille, surtout pour m'avoir supporté, mais aussi pour m'avoir soutenu.
    Je propose que nous recueillions d'abord toutes les questions et tous les commentaires, puis que nous donnions à l'honorable député l'occasion d'y répondre en une seule fois.
    Nous passons aux questions et observations. La députée de Calgary Nose Hill a la parole.
    Monsieur le Président, en hommage à mon collègue, j'aimerais vous faire part de quelques leçons que j'ai apprises au fil du temps. Premièrement, le pouvoir et la responsabilité conférés à un député par la direction d'un parti politique ne sont jamais supérieurs à ceux que lui confèrent ses électeurs, et le rôle premier d'un député est de demander des comptes au gouvernement. À cet égard, j'ai vu notre collègue agir dans ce sens même en siégeant au sein du caucus du parti au pouvoir. Cela demande du courage.
    Notre collègue a présenté un projet de loi d'initiative parlementaire audacieux qui a suscité un débat national et poussé son parti au Parlement à prendre des positions claires sur des questions cruciales. Le Parlement ne fonctionne que si chacun d'entre nous garde à l'esprit qui nous a élus. Le Parlement doit donc se montrer beaucoup plus audacieux et beaucoup moins complaisant. Notre collègue quitte la Chambre, mais j'espère que le courage dont il a fait preuve au cours de ses dix années de service ici perdurera. J'émettrais toutefois une mise en garde .
    Voici une autre leçon que j'ai apprise au Parlement: pour accomplir quoi que ce soit pour nos concitoyens, il faut établir un consensus. Or, au Parlement, ces deux leçons sont souvent mutuellement exclusives. Comment peut-on faire progresser un dossier pour ses concitoyens quand son parti refuse d'y donner son aval? Comment arrive-t-on arriver à convaincre ses collègues que sa solution ou son initiative va dans le sens de leurs intérêts?
    La réponse à toutes ces questions, c'est qu'il faut faire preuve d'humilité, de patience, de persévérance et de discipline personnelle. De toutes les vertus humaines, ce sont celles-là qui sont le plus difficiles à maîtriser, et il n'y a pas d'école plus sévère où apprendre à le faire qu'à l'écran de millions de Canadiens pendant que l'on siège en tant qu'élu dans cette poudrière qu'est la bulle d'Ottawa. Je vois mon collègue. Je sais que son cœur a toujours battu pour son électorat. Maintenant qu'il quitte la Chambre, de collègue à collègue, je lui souhaite de poursuivre sa quête d'équilibre entre ces leçons, quelque chose que je dois tous les jours me rappeler de faire, je l'admets.
    Je tiens aussi à le remercier d'avoir pris des risques, d'avoir cherché à se dépasser et d'avoir mérité de se vanter de l'avoir fait. Après tout, c'est très rare parmi les députés. J'espère que, dans sa nouvelle vie, il sera reconnu comme un franc-tireur qui sait forger le consensus. Cela dit, pour le bien de notre pays, c'est ce que je souhaite pour nous tous.
(1340)

[Français]

     Monsieur le Président, c'est triste pour moi d'avoir à faire cette intervention auprès de mon collègue de Beaches—East York, que j'ai connu et que j'ai particulièrement apprécié au Comité permanent de l'industrie et de la technologie pendant plusieurs années.
    D'abord, si sa femme est dans les tribunes, je me permets un peu de flexibilité pour lui dire que mon collègue et elle ont une très belle cuisine, que nous avons pu apprécier à de nombreuses reprises en comité, et qu'ils ont de très beaux enfants aussi, par ailleurs.
    Pour ma part, ce que je vais retenir de mon collègue, c'est son esprit d'indépendance. Ça me rejoint évidemment beaucoup, l'indépendance. Ça fait partie de mes motivations à être en politique. Là-dessus, je voulais le questionner, justement, et il en a parlé lors de son intervention. En effet, pour moi, et à l'image de la députée de Calgary Nose Hill ou de l'ancien député du NPD de Windsor‑Ouest, quand nous étions au Comité permanent de l'industrie, nous savions que nous avions des députés véritablement indépendants.
    En ce qui a trait à l'héritage que mon collègue laisse à la Chambre, j'aimerais lui poser la question suivante: si on créait l'indice Nathaniel Erskine‑Smith quant au degré d'indépendance des députés à la Chambre à l'égard de la ligne de leur parti, comment se porterait cet indice en ce moment?
    Je remercie Nate et lui dis à bientôt.

[Traduction]

    Monsieur le Président, c'est pour moi un honneur et un privilège de pouvoir dire quelques mots aimables à l'égard de mon cher ami de Beaches—East York.
    Je commencerai en disant qu'il est décevant de voir un troisième député progressiste du caucus du gouvernement quitter la Chambre, surtout à un moment où le besoin d'une politique progressiste se fait sentir.
     Selon moi, aucun autre député dans l’histoire du pays ne s'est autant battu et n'a déployé plus d'efforts pour mettre fin à la cruauté envers les animaux et défendre leurs droits. Ce fut un privilège de le voir à l’œuvre, et nous savons tous que nous devons poursuivre sa croisade. Nous allons porter son flambeau.
    La députée de Calgary Nose Hill a parlé de courage, et je veux insister sur ce point. Il a soutenu le NPD bien avant l'entente de soutien de confiance sur l'assurance-médicaments. Je regrette qu'il ne puisse pas en voir les fruits dans sa province. J'espère que le gouvernement en tiendra compte. Il a appuyé mon projet de loi, le projet de loi C‑216, qui propose une approche axée sur la santé pour lutter contre la crise des drogues toxiques. Il faisait figure d'exception au sein de son caucus et s'est rangé de notre côté pour que nous disposions d'un plan pour répondre à cette crise. Je tiens à le remercier pour son appui.
    Je tiens à souligner une chose: son travail à titre de ministre. Il a pris très à cœur notre demande de soutien pour la rénovation d'une piscine dans ma circonscription. Il était conscient de l'importance, pour les aînés, de pouvoir faire de l'exercice dans un endroit sûr, car c'est de la médecine communautaire. Il n'a pas arrêté de m'envoyer des textos et des courriels et de me téléphoner pour suivre l'état du projet. Il a travaillé avec beaucoup de diligence. J'ai été très surpris par sa ténacité; il voulait faire avancer les choses. Il en a résulté le plus important investissement du gouvernement fédéral dans une installation récréative au centre de l'île de Vancouver. Les gens de ma circonscription sont reconnaissants.
    J'espère qu'il nous rendra visite pour que nous puissions saluer le travail incroyable qu'il a accompli dans le cadre de notre projet. Je le remercie de ses efforts et de son courage, et j'ai hâte de voir ce que l'avenir lui réserve.
(1345)
     Monsieur le Président, c'est un plaisir pour moi de parler de mon collègue de Beaches—East York.
    Je suis un député assez nouveau à la Chambre, mais j'ai eu le privilège de collaborer avec le député dans mon ancienne vie, lorsque je dirigeais un groupe de réflexion à l'Université métropolitaine de Toronto. Je suis très heureux que nous ayons eu l'occasion d'échanger sur plusieurs des idées qu'il a évoquées dans son discours, en particulier la politique sur la concurrence et la technologie responsable.
    Ce que j'aime tout particulièrement chez notre collègue qui nous quitte, c'est sa capacité et sa détermination à associer des politiques réfléchies à des politiques engagées. Le député est un homme d'idées. Il est fermement convaincu que l'on peut amorcer un véritable changement en accordant davantage d'attention à ces questions.
    Nous avons collaboré brièvement au comité de l'industrie. En fait, nous avons eu une discussion hier pendant la séance du comité de l'industrie avec un représentant de l'une de ces mégaplateformes qui, je pense, a éveillé l'esprit de notre député sortant de Beaches—East York. Au cours de cette période, j'ai eu l'occasion de comprendre son engagement profond sur les questions et de comprendre pourquoi il est important de bien faire les choses, d'examiner une question dans le détail, de demander des comptes à ceux qui sont concernés par cette question et de participer de manière plus générale à la façon dont ces grands systèmes qui sont si éloignés des gens, à première vue, touchent nos concitoyens de toutes sortes de façons. Ces questions sont notamment l'abordabilité, la protection en ligne et ces êtres précieux qui n'ont pas leur propre voix à la Chambre.
    Je suis très reconnaissant à mon collègue de son engagement à soulever ces questions au niveau du système et à les ramener au niveau non seulement des concitoyens de sa circonscription, mais aussi de ceux qui s'intéressent à des questions semblables partout au Canada. Notre collègue représentait une région à l'est de la rivière Don. Je représente une région à l'ouest de la rivière Don. Au sein du caucus de Toronto et dans le cadre de certains de nos engagements politiques, j'ai beaucoup appris sur la façon dont nous pouvons faire la promotion de politiques engagées et les associer à une démarche politique réfléchie.
    Sur ce, je souhaite à mon collègue la meilleure des chances dans ses nouvelles aventures. Je sais que cet endroit et notre pays sont plus forts grâce à son service.
    Avant de donner la parole au député de Beaches—East York, je tiens à dire, au nom de la Chambre, que nous lui souhaitons, ainsi qu'à sa famille, santé et bonheur.
    Le député de Beaches—East York a la parole.
    Monsieur le Président, je n'aurais pas dû utiliser cette phrase au début de mon intervention. J'avais l'impression de prendre la parole à mes propres funérailles, mais je viens d'entendre d'autres personnes s'exprimer à cette occasion.
    Par où commencer? Mon épouse est cheffe cuisinière et c'est pour cette raison que nous avons une si belle cuisine.
    Je n'ai rien contre le qualificatif « franc tireur ». Je suis un politicien sans gêne qui aime se faire élire, et cela ne fait pas de mal, mais je me suis toujours considéré davantage comme un réformateur. Je ne suis pas seul ici, à prononcer ce discours.
    Je pense aux différentes questions que j'ai soulevées au fil des ans. Lorsque j'ai soulevé pour la première fois des questions relatives à la protection de la vie privée, nous avons travaillé en collaboration au sein du comité. Le consensus était quasi unanime au lendemain du scandale Cambridge Analytica, mais la protection de la vie privée ne figurait pas au programme du gouvernement. C'est ensuite devenu un projet de loi d'initiative ministérielle inscrit au programme du gouvernement, à l'instar du gouvernement numérique dont vient de parler le député de Taiaiako'n—Parkdale—High Park. Nous avons abordé le sujet très tôt et il fait désormais partie intégrante du programme du gouvernement, qui reconnaît que nous menons notre vie en ligne et que nous avons besoin de lois pour respecter et prendre en compte cette réalité.
    La Prestation fiscale pour le revenu de travail, qui est devenue l'Allocation canadienne pour les travailleurs, était une résolution de caucus que j'avais présentée et qui est ensuite devenue une politique du gouvernement.
    Je ne veux pas me mettre les pieds dans les plats, mais l'ancien premier ministre m'a appelé peu après la naissance de mon deuxième fils, en décembre 2019. Je lui ai dit: « Monsieur le premier ministre, merci beaucoup de m'avoir appelé. Je dois être honnête. Ça ne va pas vous plaire, mais je viens encore de remporter la loterie des projets de loi d'initiative parlementaire et je vais faire quelque chose au sujet de la politique sur les drogues. » Il y a eu un silence au téléphone. J'ai dit: « Nous pouvons collaborer. Je pourrais faire cavalier seul et décriminaliser la consommation de drogues, mais donnez-moi un conseiller de votre cabinet, un conseiller du ministère de la Santé et un conseiller du ministère de la Justice, et nous trouverons un consensus et ferons avancer les choses. » C'est ce que nous avons fait; nous avons modifié la loi, et aujourd'hui, nous traitons la consommation de substances davantage comme un problème de santé qu'auparavant.
    Je pense que la persévérance est la bonne attitude. Je pense que la patience est la bonne attitude. Je pense que travailler en collaboration tout en conservant un sens de l'indépendance fondée sur des principes est également un élément important du tableau.
    Ce fut un plaisir de travailler avec les députés. J'ai hâte de nager dans cette piscine. Ils n'ont qu'à me prévenir quand elle sera prête, et je serai à Vancouver.
    En conclusion, comme tout le monde a donné des conseils, je dirais au chef du NPD, qui est nouveau, de rester fidèle à ses principes. Je dirais au premier ministre de rester fidèle à ses valeurs. Je dirais au chef conservateur de trouver son côté sincère et sérieux, et la situation pourrait s'améliorer. Quoi qu'il en soit, je remercie tout le monde.
(1350)
    Monsieur le Président, je souhaite la meilleure des chances à mon ami et collègue dans ses futures entreprises, quelles qu'elles soient, et je tiens à saluer sa famille, son personnel et ses amis, qui, j'en suis sûr, sont vraiment désolés de le voir partir. D'autres passeront un peu plus de temps avec un être cher.
    Cela dit, je veux entrer directement dans le vif du sujet et parler de certaines déclarations du Parti conservateur que j'ai entendues aujourd'hui. Je dis souvent que les conservateurs aiment induire les Canadiens en erreur. Aujourd'hui, encore une fois, nous avons droit à un bon exemple.
    Je crois que le porte-parole conservateur en matière de logement a déjà été maire. Il pourra me corriger si je me trompe. Lors de son intervention, il a essentiellement dit que les municipalités n'ont pas besoin d'aide pour gérer les formalités administratives et réduire le coût de la planification et qu'elles n'en veulent pas. Il devrait se rendre dans certaines municipalités, et j'encourage vraiment les députés d'en face à faire de même. Certains d'entre eux l'ont fait. Je me souviens d'une campagne de lettres de plusieurs députés conservateurs qui demandaient un soutien financier.
    La Ville de Winnipeg, par exemple, a énormément bénéficié des politiques nationales en matière de logement. Je pense notamment au Fonds pour accélérer la construction de logements. Selon le maire et les conseillers municipaux, ce programme a obtenu un vaste appui et, par conséquent, des centaines de logements ont été construits. Affirmer, comme le font constamment les conservateurs, que le gouvernement fédéral devrait simplement se tasser et qu'il n'a pas de rôle à jouer en matière de logement, c'est, au mieux, une erreur. En fin de compte, cela constitue une menace, si l'on considère que les conservateurs pourraient un jour reprendre les rênes du pouvoir, en particulier les conservateurs d'extrême droite que nous voyons jour après jour ici, à la Chambre des communes.
    Le Parti conservateur d'aujourd'hui n'aurait jamais soutenu des organismes comme la Société canadienne d'hypothèques et de logement, qui existe depuis des générations, qui a assuré la stabilité de notre régime hypothécaire et qui a permis à des millions de Canadiens d'obtenir le financement nécessaire pour devenir propriétaires. Je me demande où en sont aujourd'hui la droite conservatrice et ses politiques. Ses députés ont clairement indiqué qu'ils n'appuyaient pas le projet de loi C‑20. Je n'en suis pas surpris.
    Je peux dire à la Chambre que, au bout du compte, le Parti conservateur se trompe encore une fois, puisqu'il ne comprend pas la différence entre la Société canadienne d'hypothèques et de logement et la Société immobilière du Canada et ce que nous proposons dans le projet de loi sur Maisons Canada.
     Arnold Viersen: Nous comprenons la différence.
     L'hon. Kevin Lamoureux: Monsieur le Président, non, ils ne comprennent pas vraiment la différence. Du moins, s'ils comprennent, ce n'est pas ce qu'ils démontrent, puisqu'ils passent leur temps à demander ce qui les différencie. Ils ne comprennent pas.
    Monsieur le Président, je suis sûr que vous comprenez, mais le Parti conservateur, lui, ne comprend pas. Du moins, les députés qui ont pris la parole ne comprennent manifestement pas, car s'ils comprenaient, ils verraient l'intérêt d'adopter ce projet de loi. Maisons Canada a le potentiel de réaliser beaucoup de choses différentes, ce que le Parti conservateur devrait finir par reconnaître, avec le temps. La différence fondamentale entre les libéraux et les conservateurs sur cette question, c'est que nous, la grande majorité des Canadiens et toutes les provinces et tous les territoires — en tant que participants aux programmes fédéraux —, nous reconnaissons que le gouvernement fédéral a un rôle à jouer en matière de logement. C'est un fait qui ne devrait pas être remis en question.
(1355)
    On s'attendrait à ce que les conservateurs comprennent. Cela dit, je ne suis pas surpris. Quand le chef du Parti conservateur était ministre du Logement, son ministère n'a fait construire que six logements. J'ignore où ces logements se trouvent, mais voilà le bilan apparemment. Dans ce contexte, doit-on vraiment être surpris par ce que les conservateurs disent aujourd'hui? Pas du tout.
    S'ils prenaient le temps d'écouter leurs concitoyens et s'ils voulaient vraiment augmenter l'offre de logements, ou s'ils regardaient les mesures proposées par le gouvernement, et en particulier par le premier ministre, dans le programme électoral pour faire baisser le coût de la vie, et donc celui du logement, ils constateraient les résultats: un an plus tard, le prix des logements et des loyers a baissé. Nous avons un gouvernement qui ne ménage aucun effort pour élargir le marché immobilier. Pendant ce temps, les conservateurs nous demandent de nous tasser du chemin. Je ne comprends pas comment ils peuvent penser que des logements abordables vont apparaître de nulle part.
     Une voix: C'est une solution.
     L'hon. Kevin Lamoureux: Non, monsieur le Président, ce n'est pas une solution. C'est une idée débile avancée par les députés conservateurs.
    Au bout du compte, l'immense majorité des Canadiens reconnaissent...
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Je crois que le député a utilisé un mauvais mot, un mot non parlementaire, en parlant des conservateurs et de nos idées. J'aimerais qu'il retire ce mot.
    Le qualificatif ne s'appliquait à personne en particulier, et même si ç'avait été le cas, je ne le considère pas comme non parlementaire.
    La parole est au secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre.
    Monsieur le Président, je suis un peu étonné: alors que les conservateurs affirment avoir la liberté tatouée sur le cœur et refuser toute censure, le député soutient que je ne dois pas dire que le Parti conservateur a des idées débiles.
    Quand on prend un instant pour y réfléchir, la solution des conservateurs à la crise du logement au Canada consiste à se croiser les doigts sans rien faire. Des provinces, des administrations municipales, des organismes sans but lucratif et des intervenants affirment cependant que le gouvernement doit faire quelque chose, de là la pertinence du projet de loi C‑20.
    Grâce au projet de loi C‑20, on mettrait sur pied une société d'État pour favoriser le développement de l'industrie canadienne du logement et de notre parc de logements. On envisage par exemple la promotion des logements modulaires, la multiplication des coopératives d'habitation et d'autres formes de logement sans but lucratif ainsi que la collaboration avec les provinces et les administrations municipales afin d'améliorer le rapport qualité-prix et d'accroître le nombre de logements à prix raisonnable. C'est là tout l'intérêt du projet de loi C‑20.
    Les conservateurs disent pourtant qu'ils n'en veulent pas. Pourquoi? Je n'y comprends rien du tout. Ils affirment comprendre les besoins des Canadiens, sauf que non. Ils vont voter contre le projet de loi C‑20, tout comme ils votent contre la moindre idée qui émane des banquettes ministérielles afin de faire baisser le coût de la vie pour les Canadiens...
(1400)
    Nous reprendrons ce débat tout à l'heure.

Déclarations de députés

[Déclarations de députés]

[Traduction]

Le club Kiwanis de Sault Ste. Marie

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour souligner un jalon remarquable dans l'histoire du club Kiwanis de Sault Ste. Marie, celui-ci célébrant 100 ans de service exceptionnel.
     Depuis sa création en 1926, le club incarne le summum du bénévolat, de la générosité et de l'engagement communautaire. Depuis un siècle, ses membres consacrent d'innombrables heures à améliorer la vie des enfants et des familles en menant des activités de financement, des initiatives d'alphabétisation, des programmes de bourses d'études, des programmes de leadership pour les jeunes et en apportant leur soutien à des organismes locaux.
     Que ce soit grâce au petit-déjeuner de crêpes Kiwanis, au partenariat avec le Thrive Child Development Centre ou aux paniers-cadeaux destinés aux enfants en situation de vulnérabilité, l'influence du club se fait sentir depuis des générations. Ses membres prouvent que les changements durables passent par la compassion, l'inclusion et l'altruisme.
    Je tiens à adresser mes sincères félicitations à tous les membres, passés et présents, du club Kiwanis de Sault Ste. Marie, alors que celui-ci entame son deuxième siècle au service de la communauté. Je suis convaincu que ce nouveau siècle sera tout aussi inspirant que le précédent.

Le 80e anniversaire de la République italienne

    Monsieur le Président, la culture italienne est riche en histoire, en art, en cuisine et en traditions familiales, et elle est axée sur le respect mutuel.
    La famille est extrêmement importante dans la culture italienne. Mon grand-père est arrivé au Canada en 1950, où il a pu trouver un emploi et offrir un foyer à sa famille. J'ai eu le privilège de grandir avec ma nonna. Elle m'a enseigné la beauté de la cuisine italienne, qui est bien appréciée dans ma circonscription, King—Vaughan, et partout au Canada. Ses recettes et ses enseignements de tolérance, de compassion et d'amour occuperont toujours une place précieuse dans ma vie.
    [La députée s'exprime en italien.]
[Traduction]
    En tant que présidente du Groupe interparlementaire Canada-Italie, je suis fière de célébrer le 80e anniversaire de la République italienne. Saluons ensemble les liens d'amitié qui unissent le Canada et l'Italie, et poursuivons nos traditions. Puissions-nous célébrer et continuer à nous épanouir ensemble.
    Viva Canada! Viva Italia!

[Français]

Une entreprise de Mont‑Saint‑Bruno—L'Acadie

     Monsieur le Président, aujourd'hui, je souhaite souligner le rayonnement de Zéro‑C, une entreprise de Mont‑Saint‑Bruno—L'Acadie.
     Récemment, Zéro‑C s'est démarqué en remportant le prix Excellence en tant qu'entreprise manufacturière dans le cadre du gala de la Chambre de commerce et d'industrie de la Rive‑Sud, témoignant ainsi de son dynamisme et de son leadership.
     Zéro‑C se démarque par son engagement à l'égard de solutions durables et tournées vers l'avenir. Elle incarne parfaitement le savoir-faire québécois et la capacité de nos entreprises à innover tout en contribuant à une économie plus responsable et plus performante. Ce succès est le fruit du travail acharné d'une équipe passionnée qui fait la fierté de notre région. Je tiens à féliciter chaleureusement cette entreprise pour cette reconnaissance bien méritée et je lui souhaite beaucoup de succès pour la suite.

[Traduction]

La Transcanadienne

    Monsieur le Président, cela fait plus d'un an que l'actuel premier ministre est en fonction, et les Canadiens attendent toujours que des mesures concrètes soient prises concernant les projets d'intérêt national qui leur avaient été promis.
    Malgré les beaux discours des libéraux, aucun nouveau pipeline n'a été approuvé, et les grands projets restent au point mort, notamment celui de la Transcanadienne dans le Nord‑Ouest de l'Ontario. L'amélioration de cette infrastructure vitale est une priorité absolue pour les habitants de notre région, que ce soit pour la sécurité des voyageurs ou pour la souveraineté économique du pays en général. C'est pourquoi je milite en faveur de ce projet depuis près de sept ans.
    Récemment, j'ai présenté à la Chambre une pétition, signée par des Canadiens de toutes les provinces, demandant au gouvernement d'appuyer l'amélioration du tronçon de l'autoroute traversant le Nord‑Ouest de l'Ontario. Les Canadiens savent que notre autoroute nationale revêt une importance nationale, et il est temps que les libéraux le reconnaissent eux aussi.
    Je prends de nouveau la parole pour exhorter le gouvernement à tenir enfin ses promesses et à lancer enfin les travaux.

[Français]

L'Escadron 785 Saint‑Eustache Kiwanis

    Monsieur le Président, aujourd'hui, je souhaite souligner l'excellence, la discipline et la détermination de l'Escadron 785 Saint‑Eustache Kiwanis.
     Le 6 juin dernier, lors de la compétition provinciale d'exercice militaire de 2026 de l'Unité régionale de soutien aux cadets Est, l'Escadron 785 a remporté la première place dans la catégorie Triomphe, soit la meilleure escouade de sa catégorie.
    Cette victoire est le résultat d'un travail remarquable, d'une grande cohésion d'équipe et d'un engagement exemplaire de la part de nos jeunes cadets. Je tiens à féliciter chaleureusement les cadets, leurs instructeurs, les bénévoles, les familles et tous ceux qui les accompagnent dans leur parcours. Ils font rayonner Saint‑Eustache et toute la circonscription de Rivière‑des‑Mille‑Îles avec fierté.
    Je dis bravo à l'Escadron 785 Saint‑Eustache Kiwanis pour cette magnifique réussite.
(1405)

[Traduction]

Le Programme des travailleurs étrangers temporaires

     Monsieur le Président, le taux de chômage sans précédent enregistré chez les jeunes au Canada est la conséquence directe des politiques d'immigration irresponsables du gouvernement libéral. En inondant le marché du travail de travailleurs étrangers et de résidents temporaires, le gouvernement actuel a provoqué une crise qui a entraîné une baisse des salaires. Au lieu de préserver les débouchés des jeunes Canadiens, ces politiques les ont exclus du marché du travail, ce qui a entraîné une crise de l'emploi dévastatrice.
    Ethan Miranda est un jeune homme brillant qui a toujours suivi le droit chemin. Il a étudié avec assiduité, obtenu d'excellentes notes et a été admis à un programme très sélectif dans l'une des meilleures universités du Canada. Il a obtenu son diplôme avec mention et espérait trouver un emploi dans son domaine. Après avoir postulé à 500 offres d'emploi, il a été contraint d'accepter un poste dont la rémunération dépasse à peine le salaire minimum.
     Le gouvernement libéral a lancé une campagne internationale visant à attirer plus d'étudiants étrangers au Canada. Ces derniers font concurrence à Ethan et à d'autres jeunes Canadiens qui peinent à trouver du travail. Le gouvernement libéral devrait cesser de se plier aux exigences des lobbyistes et commencer à accorder la priorité aux Canadiens. Les conservateurs remplaceraient le programme des travailleurs étrangers temporaires par un programme qui donnerait la priorité aux jeunes et aux travailleurs canadiens.

Forbes Kennedy

    Monsieur le Président, la semaine dernière, des funérailles ont eu lieu à l'aréna Eastlink Centre en l'honneur d'une véritable légende de l'Île-du-Prince-Édouard: Forbes Kennedy.
    Élevé à Charlottetown, Forbie Kennedy s'est forgé une carrière exceptionnelle dans le hockey professionnel, en disputant plus de 600 parties de hockey de la LNH avec les Blackhawks de Chicago, les Red Wings de Détroit, les Bruins de Boston, les Flyers de Philadelphie et les Maple Leafs de Toronto. Réputé pour sa rigueur, sa détermination et sa loyauté sans faille envers ses coéquipiers, il s'est attiré le respect des joueurs et des partisans de l'ensemble de l'Amérique du Nord.
     En dehors de la patinoire, les habitants de l’Île-du-Prince-Édouard le considéraient comme quelqu’un qui n’a jamais oublié d’où il venait. Forbes Kennedy incarnait la ténacité, l’humilité et l’éthique de travail auxquelles les habitants de l'Île-du-Prince-Édouard accordent une grande importance. Il a entraîné des générations de jeunes athlètes, et il demeure un personnage important de la riche histoire du hockey et du baseball de notre province.
     J'adresse mes sincères condoléances à la famille, aux amis et aux anciens coéquipiers de M. Kennedy, ainsi qu'à tous ceux qui pleurent sa disparition. Puisse sa mémoire continuer à être une source d'inspiration, tant sur la glace que hors de la glace.

L'engagement communautaire

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour rendre hommage à un homme qui a passé sa vie à prouver que le succès ne vaut pas grand-chose si on ne le partage pas. Bob Saunders a été qualifié d'éternel bienfaiteur, un titre amplement mérité.
    Fondateur de l'entreprise Saunders Subaru, M. Saunders soutient depuis toujours les jeunes et les anciens combattants ainsi que les arts, les sports, les soins de santé et l'éducation. Il n'a jamais cessé de se montrer généreux envers toute l'île de Vancouver. Je peux en témoigner personnellement. Quand j'étais coureur de l'équipe des Wounded Warriors Canada, j'ai vu de mes propres yeux ce que sa générosité signifiait pour ceux qui continuaient de porter le poids de leur service militaire bien après leur retour à la maison. Ce n'est pas qu'une question d'argent, c'est aussi une question de dignité, d'espoir et de guérison. M. Saunders croit qu'en donnant l'exemple et en faisant preuve de civisme, il inspirera la prochaine génération de leaders communautaires. Il vit selon ses convictions et il est pour moi une source d'inspiration.
    Récemment, j'ai eu l'honneur d'accompagner M. Saunders et sa bien-aimée Norma à l'ouverture de la saison des Shamrocks de Victoria, où nous avons célébré leurs 70 ans de mariage et 70 ans d'efforts pour améliorer le sort de l'île. Au nom de Cowichan—Malahat—Langford et de tous les habitants de l'île de Vancouver, je remercie M. et Mme Saunders et toute leur famille. Leur héritage se transmet dans les vies qu'ils ont changées.

[Français]

Hugo Jobin

    Monsieur le Président, si on marche au parc des pionniers à Baie-Comeau, on verra un serpent long de 1 150 pieds le sillonner, formé par quelque 34 000 pierres peintes par des gens du monde entier, comme un animal fantastique tiré de la mer juste à côté.
    Cette immense créature est sortie du génie d'un jeune garçon, Hugo Jobin. À l'âge de 8 ans, au moment où une leucémie menaçait son enfance, Hugo a choisi de donner vie à son serpent de roche, parce qu'il a alors décidé qu'il battrait non seulement une leucémie, mais aussi un record Guinness.
    Deux ans plus tard, Hugo a vaincu le cancer et déjà tous les records possibles d'amour et de solidarité, avec toute une communauté et, bien sûr, ses parents, Mélanie et Nicolas, ainsi que sa petite sœur.
    Je remercie Hugo de nous montrer que le geste de créer donne une force plus grande encore. Aujourd'hui, il a 10 ans. Le Bloc québécois célèbre la vie avec lui et, bientôt, son record Guinness.
(1410)

[Traduction]

Le Dr Peter Centre

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour défendre le Dr Peter Centre, un organisme de ma circonscription qui offre des programmes de logement, de soins de santé et de nutrition ainsi que des programmes thérapeutiques et culturels afin de venir en aide aux personnes mal desservies et vulnérables. Depuis des décennies, le modèle intégré du centre produit des résultats positifs et mesurables chez ses clients. J'ai personnellement été témoin de ses effets: une dépendance réduite aux services d'urgence, une meilleure santé et un moins grand nombre de surdoses se traduisent par une baisse des coûts des soins de santé à long terme. Cependant, le plus important, c'est l'espoir que les clients tirent de ce programme et le sentiment d'appartenance et d'intégration à la communauté.
    Le Dr Peter Centre a commencé à étendre ce programme à l'ensemble du Canada. Les personnes vulnérables et mal desservies ont besoin de notre aide et de notre soutien pour atteindre les objectifs suivants: une bonne santé et un bien-être social et économique. Après tout, n'est-ce pas pour cela que nous sommes tous ici?

Les Canadiens d'origine chinoise

    Monsieur le Président, il y a 20 ans, l'ancien premier ministre Stephen Harper a présenté à la Chambre des excuses historiques et a accordé une réparation pour la taxe d'entrée imposée aux Chinois. Ce fut un moment déterminant dans la réconciliation de notre pays. Il reconnaissait un tort historique et affirmait les grandes contributions des Canadiens d'origine chinoise au Canada. Des chemins de fer qui ont uni notre pays aux entreprises, aux professions et aux collectivités qui le renforcent aujourd'hui, les Canadiens d'origine chinoise ont façonné le succès de notre pays pendant des générations.
    Aujourd'hui, les Canadiens d'origine chinoise continuent d'exceller dans le service public, l'entrepreneuriat, le milieu universitaire et la culture. C'est pourquoi j'ai présenté la motion M‑32, qui désignerait le 22 juin comme Journée nationale de la contribution des Canadiens d’origine chinoise et le mois de juin comme Mois de la contribution des Canadiens d’origine chinoise.
    Alors que nous soulignons cet anniversaire important, rendons hommage à la résilience, aux réalisations et à l'héritage des Canadiens d'origine chinoise et veillons à ce que leurs contributions continuent d'être reconnues pour les générations à venir.

Les jeunes de la circonscription Port Moody—Coquitlam

    Monsieur le Président, ces trois dernières semaines, dans la circonscription de Port Moody—Coquitlam, j'ai été profondément inspirée par des jeunes remarquables. J'ai rencontré des étudiants à l'activité de simulation des Nations unies de la Youth Leadership Society de la Colombie‑Britannique, des membres de l'équipe des jeunes journalistes de HanaTV et des participants au concours d'art oratoire de la Steps Together Foundation. Ces jeunes gens ont débattu des droits de la personne et de la diplomatie, ont découvert le journalisme ou ont trouvé le courage de se faire entendre. J'ai aussi eu l'honneur de rencontrer des membres de l'Escadron 754 Phoenix des Cadets de l'Aviation royale du Canada et d'entendre le remarquable Orchestre symphonique des jeunes de Port Moody.
    Ces activités ne sont pas le fruit du hasard. Elles sont le résultat du travail de fondateurs, de mentors, de familles et de chefs de file dans tous les domaines qui se dévouent corps et âme pour aider les jeunes à grandir et à devenir des leaders. Cela me donne beaucoup d'espoir pour l'avenir du Canada.

[Français]

L'économie

    Monsieur le Président, la triste réalité est que le Canada est en récession.
    Si les libéraux refusent de le reconnaître et jouent avec les mots, les maux des Canadiens, eux, sont bien réels. Un total de 2,2 millions de Canadiens, dont le tiers sont des enfants, se nourrissent aux banques alimentaires. Le Canada a la pire inflation alimentaire du G7. L'habitation n'est plus abordable et les jeunes perdent le rêve d'être propriétaires. L'économie générale ne va pas mieux. La productivité est en chute, les entreprises investissent moins et c'est le cinquième trimestre négatif. Le directeur parlementaire du budget affirme que le marché du travail s'est affaibli et que les entreprises reportent leurs projets d'investissement en raison de l'incertitude accrue.
    Les banques prévoient une croissance misérable s'élevant à 0,8 % selon la Banque Scotia et à 0,5 % selon BMO. C'est ça, la réalité de tous les Canadiens. Depuis que le premier ministre est en poste, nous avons connu trois trimestres négatifs. Malheureusement oui, le Canada est en récession. À quand des résultats concrets pour tous les Canadiens?

Remorquage Boissonneault

     Monsieur le Président, aujourd'hui, je veux souligner un geste de générosité qui mérite d'être reconnu.
    Récemment, le quadriporteur de mon père, âgé de 94 ans, est tombé en panne. Pour lui, ce véhicule représente bien plus qu'un moyen de transport: c'est son autonomie et sa liberté.
    Nous avons appelé Remorquage Boissonneault à la rescousse. Une fois le transport terminé, j'ai demandé au remorqueur, M. Luc Dumont, combien nous lui devions. Sa réponse a été que nous ne devions rien et qu'il ne facturait pas ce type de service aux aînés.
    Mon père a été touché par ce geste simple qui permet aux aînés, qui vivent souvent avec des revenus modestes, d'éviter une dépense supplémentaire et de conserver leur mobilité. À une époque où nous parlons souvent de grands défis auxquels nos aînés font face, il est important de reconnaître ces gestes concrets qui améliorent réellement leur quotidien.
    Je remercie Remorquage Boissonneault de sa générosité et de son exemple de solidarité à toute notre communauté.
(1415)

[Traduction]

L'économie

    Monsieur le Président, le Canada tire de l'arrière. Sous le premier ministre libéral, le Canada est le seul pays du G20 à être en récession. Les familles en font les frais au quotidien. Les chèques de paie s'épuisent plus vite qu'avant, les factures s'accumulent et l'accès à la propriété devient hors de portée. Les Canadiens n'ont plus qu'à poser une question simple: comment en sommes-nous arrivés là ? La réponse, c'est l'échec économique des libéraux qui dure depuis une décennie.
    Les libéraux ont déclaré au printemps dernier qu’ils emprunteraient 65 milliards de dollars, mais, selon la gardienne indépendante de la rigueur budgétaire parlementaire, le chiffre s’élève en réalité à 72 milliards de dollars. Cela représente 7 milliards de dollars de dette en plus, 7 milliards de dollars de plus que devront rembourser nos enfants et petits-enfants. Les libéraux continuent de dépenser sans penser à l'avenir, tandis que les Canadiens en paient le prix aujourd’hui, avec une dette plus élevée, des coûts plus élevés et moins de débouchés.
    Les Canadiens méritent mieux que des excuses. Ils méritent un gouvernement qui stimule la croissance économique au lieu d'alourdir la dette. Il est temps de mettre un terme aux dépenses inconsidérées, de rétablir la rigueur budgétaire et de remettre le Canada sur la bonne voie.

Le Mois national de l'histoire autochtone

    Monsieur le Président, le mois de juin est le Mois national de l'histoire autochtone, une occasion de célébrer l'histoire, la culture, les langues et les contributions des Premières Nations, des Inuits et des Métis partout au Canada.
    Dans ma circonscription, West Vancouver—Sunshine Coast—Sea to Sky Country, nous vivons sur les territoires ancestraux et non cédés des nations Squamish, Shíshálh, Líl̓wat et N'Quatqua. Des découvertes archéologiques en Colombie‑Britannique montrent que les peuples autochtones vivent sur ces terres depuis plus de 14 000 ans, ce qui représente l'une des plus longues histoires humaines continues au monde.
    Ce mois-ci, les communautés de notre région se rassemblent pour célébrer l'histoire et la culture autochtones. Que ce soit en participant aux « syíyaya Days » sur la Sunshine Coast, en se joignant aux célébrations de la Journée nationale des peuples autochtones au Centre culturel Squamish Lil'wat ou en découvrant l'histoire autochtone lors d'une visite guidée de Talaysay Tours dans West Vancouver, les occasions ne manquent pas d'apprendre des premiers peuples de ces terres et de les célébrer.
    J'encourage tous les Canadiens à saisir cette occasion pour écouter, apprendre et célébrer le riche patrimoine autochtone qui continue de façonner nos collectivités et notre pays.
    [Le député s'exprime en ucwalmícwts.]

Questions orales

[Questions orales]

[Français]

Le transport ferroviaire

    Monsieur le Président, alors que les Canadiens paient le prix pour la seule récession parmi les pays du G20, le premier ministre force maintenant les Canadiens à payer 90 milliards de dollars pour un TGV qui va détruire des fermes au Québec, sans consulter les agriculteurs. En effet, des communautés dans les régions du Québec vont payer le prix sans même avoir de gare.
    Pourquoi le premier ministre sacrifie-t-il les régions du Québec pour un autre éléphant blanc libéral?
     Monsieur le Président, les Québécois et les Québécoises ont voté pour un gouvernement libéral lors de la dernière élection. Ils ont élu 44 députés libéraux québécois, et le TGV faisait partie de la plateforme électorale libérale au Québec.
     Le TGV va créer plus de 50 000 emplois, apporter plus de 37 milliards de dollars du PIB, un avenir plus prospère, plus soutenable pour le Québec.
     Monsieur le Président, cela ne fait que créer des emplois pour les petits amis libéraux.
    Cette voie ferrée « fantôme » compte déjà 13 vice-présidents, qui ont tous reçu une prime de 2,3 millions de dollars, sans qu'un seul pouce de rail ait été construit au Canada. Maintenant, le premier ministre veut forcer les fermiers à perdre leurs terres et imposer un coût de 4 000 $ à chaque famille canadienne.
    Pourquoi propose-t-il un autre éléphant blanc alors qu'on est déjà en récession?
     Monsieur le Président, il faut être en faveur des grands projets à l'échelle nationale.
    On parle d'une petite voie qui n'a que 60 mètres de largeur, mais qui est le plus grand projet d'infrastructure de l'histoire de ce pays.
    C'est le moment de bâtir un Québec fort, c'est le moment de bâtir un Canada fort, et nous allons le faire.
(1420)

[Traduction]

L'économie

     Monsieur le Président, le premier ministre libéral a créé la seule récession du G7 et du G20. Aujourd'hui, le Bureau du surintendant des faillites a révélé que la situation s'aggrave: il y a une augmentation de 8 % des dossiers d’insolvabilité de consommateurs et une augmentation de 10 % des faillites. Depuis l'arrivée au pouvoir du premier ministre il y a 12 mois, nous avons enregistré le plus grand nombre de cas d'insolvabilité en 15 ans. Le premier ministre libéral a créé ce gâchis en doublant le déficit, en faisant grimper l'inflation et en freinant la croissance.
    Annulera-t-il ces politiques libérales désastreuses avant que d'autres Canadiens ne fassent faillite?
    Monsieur le Président, nous sommes au cœur de la plus grande transformation de l'économie canadienne depuis des décennies. Nous bâtissons une économie plus forte, plus résiliente et plus indépendante, et notre plan commence à porter fruit.
    La semaine dernière, nous avons appris que nous avons créé plus de 88 000 emplois, tous à temps plein, tous dans le secteur privé. L'économie du Canada crée deux fois plus d'emplois que celle des États‑Unis. Il y a plus de Canadiens au travail que d'Américains et, avec un écart de sept points de pourcentage, plus de Canadiennes que d'Américaines.
    Oh, monsieur le Président, le premier ministre est effectivement en train de transformer l'économie. Il l'a transformée en la seule économie en récession du G20. Malheureusement, cette année, il y a eu une perte nette de 24 000 emplois, ce qui signifie que nous avons le deuxième taux de chômage en importance du G7, et il est un tiers plus élevé que celui des États‑Unis.
    Aujourd'hui, Equifax a déclaré que « l'entrepreneuriat canadien est en déclin et que les défis en matière de paiement du côté des entreprises ont continué de s’aggraver, alors que de plus en plus d'entreprises ont pris du retard dans leurs paiements ». Le nombre de petites entreprises fondées au cours des 24 derniers mois a diminué
    Les entreprises existantes font faillite. Aucune nouvelle entreprise ne voit le jour. Le premier ministre va-t-il faire marche arrière avant que d'autres fassent elles aussi faillite?
    Monsieur le Président, ce qui compte, c'est que les gens croient en l'économie et qu'ils aillent de l'avant. Le chef de l'opposition ne croit pas au Canada.
    Voici les faits. Il y a plus de Canadiens sur le marché du travail que d'Américains. Il y a 7 % plus de Canadiennes sur le marché du travail que d'Américaines. Les investissements des entreprises dans la machinerie et l'équipement ont augmenté de 10 %. Nous avons le plus haut niveau d'investissements directs étrangers en 20 ans. Un excédent commercial vient d'être enregistré. Nous bâtissons un Canada fort.
    Monsieur le Président, le premier ministre m'accuse de ne pas croire au Canada. C'est mon devoir patriotique de me battre pour ceux qui souffrent des conséquences de la récession qu'il a provoquée.
     Il commet une fois de plus l'erreur de confondre le Canada avec le Parti libéral. Nous n'allons pas recevoir de leçons de patriotisme d'un homme qui place l'argent de son entreprise dans un paradis fiscal et qui déménage le siège social de son entreprise à l'étranger. Nous allons continuer à nous battre pour les travailleurs canadiens, les consommateurs canadiens et une économie canadienne forte.
    Des voix: Oh, oh!
     Je n'ai pas entendu la question. Nous passons à la question suivante.
    Monsieur le Président, je comprends que le premier ministre ne soit pas en mesure de défendre le bilan économique désastreux dont il est responsable. Le Canada est le seul pays du G7 à être en récession.
    Au lieu de remettre en cause le patriotisme des autres, pourquoi le premier ministre ne prend-il pas la responsabilité des dégâts qu'il a causés? Equifax indique que le taux national de retard de paiement de 60 jours chez les entreprises a augmenté de 11 % d'une année à l'autre, au cours du dernier trimestre, et que la flambée des coûts et l'inflation galopante sont les principaux facteurs responsables. C'est ce que rapporte l'organisme.
    Nous savons que le premier ministre a réussi à nous plonger dans la seule récession du G7. Va-t-il mettre fin à ces politiques désastreuses avant de pousser davantage de personnes à la faillite?
    Monsieur le Président, nous bâtissons une économie plus forte, plus résiliente et plus indépendante. L'estimation anticipée du PIB pour le mois d'avril fait état d'une croissance de 0,4 %. Je vais annualiser ce chiffre pour aider le chef de l'opposition: on arrive à une croissance de 5 %.
    Le Canada vient d'enregistrer un excédent commercial. Au cours du dernier mois, le pays a connu la plus forte croissance de l'emploi au sein du G7 avec 88 000 emplois créés, soit deux fois plus qu'aux États‑Unis, sans parler des investissements étrangers qui progressent deux fois plus vite.
(1425)

[Français]

L'identité et la culture canadiennes

    Monsieur le Président, le premier ministre abandonne la culture québécoise face aux géants du Web et face à Donald Trump. Il a d'abord sacrifié la taxe sur les services numériques. C'est une perte de 1,4 milliard de dollars par année en échange de rien pantoute. Aujourd'hui, il ordonne au CRTC d'annuler chaque sou de redevances exigées aux diffuseurs en ligne comme Netflix et Amazon Prime. Pourtant, l'Union européenne, elle, impose des redevances aux diffuseurs, et les diffuseurs s'y conforment sans hausses de coûts notables pour leurs clients.
    Pourquoi le premier ministre est-il si pressé de jeter notre culture en pâture à Donald Trump?
    Monsieur le Président, la question qui se pose est la suivante: pourquoi le Bloc québécois vote-t-il chaque fois contre les investissements dans la culture québécoise, dans la culture francophone et dans la culture canadienne? Dans le dernier budget, c'est plus de 760 millions de dollars, et nous venons de proposer 600 millions de dollars pour le secteur culturel francophone et canadien.
    Monsieur le Président, dressons un portrait récent de l'œuvre du premier ministre. Le premier ministre abandonne la culture au profit exclusif des géants du numérique comme Netflix ou Amazon. Le premier ministre abandonne la lutte contre les changements climatiques au profit exclusif des actionnaires américains des pétrolières. Le premier ministre abandonne le contrôle des pesticides au profit exclusif des multinationales de l'agrochimie.
    Jamais un premier ministre n'a autant déréglementé au service des grandes entreprises étrangères. Se vendre à l'étranger au plus offrant, est-ce ça, son Canada fort?
    Monsieur le Président, le Bloc québécois est toujours contre. Il est contre les grands investissements dans la culture, y compris la culture francophone et québécoise. Il a voté contre, dans le dernier budget, les grands crédits d'impôt à l'investissement dans le secteur de l'électricité. Il est contre l'accord avec le Québec qui a été annoncé la semaine dernière et qui représente 10 milliards de dollars d'investissements dans tous les secteurs, notamment dans la santé et le transport en commun.
     Monsieur le Président, la première chose que le premier ministre a sacrifiée dans la guerre commerciale avec Washington, c'est la culture en français.
     Ça rappelle Winston Churchill, à qui, en pleine guerre mondiale, on avait conseillé de couper le financement de la culture. Churchill avait demandé, si ce n'était pas pour la culture, pourquoi ils se battaient.
    Ce que le premier ministre a sacrifié à Donald Trump, c'est ce qui distingue la nation québécoise, c'est notre culture dans notre langue. Comment peut-il utiliser l'expression de l'existence du peuple québécois comme une simple monnaie d'échange?
     Monsieur le Président, c'est triste, mais il me semble que le Bloc québécois n'a pas lu le dernier budget. Il y a dedans plus de 750 millions de dollars pour la culture: la culture canadienne, la culture québécoise, la culture francophone, y compris pour Téléfilm Canada, le Fonds des médias du Canada, l'Office national du film du Canada, le Conseil des arts du Canada et Radio‑Canada.
    Nous venons aussi d'ajouter 600 millions de dollars pour la culture.

[Traduction]

L'économie

    Monsieur le Président, en plus d'être une source d'embarras pour le premier ministre, qui est le seul dirigeant du G20 à avoir causé une récession...
     Des voix: Oh, oh!
    J'entends un député situé plutôt loin dans un coin. Il y a quelque chose qui cloche dans cette équation.
    Le chef de l'opposition peut reprendre depuis le début.
    Monsieur le Président, être à la tête du seul pays du G20 en récession n'est pas seulement une source d'embarras pour le premier ministre libéral, qui s'est trompé sur tous les enjeux économiques de la dernière décennie. Ça a aussi de graves conséquences pour les Canadiens. Hier, à l'aéroport de Calgary, j'ai rencontré un électricien qui m'a dit que même s'il travaille sans arrêt, il a dû retourner vivre chez sa mère parce qu'il n'a pas les moyens de faire face à l'inflation libérale et, maintenant, à la récession libérale.
    Nous savons que les proches du Parti libéral s'enrichissent grâce aux paradis fiscaux, aux cadeaux et aux contrats de consultation, mais pourquoi les gens qui travaillent fort, comme cet électricien, sont toujours ceux qui doivent en payer le prix?
(1430)

[Français]

     Monsieur le Président, hier, le chef d'opposition était à l'aéroport international de Calgary. Hier, j'étais ici avec d'autres députés de la Chambre à l'intronisation de la gouverneure générale.

[Traduction]

    Elle a qualifié notre projet de « projet commun ». La première ministre de l'Alberta a déclaré que « le premier ministre actuel a travaillé de façon très constructive avec notre gouvernement pour élaborer un protocole d'entente [avec l'Alberta] ». Il a déjà attiré des dizaines de milliards de dollars d'investissements pour de nouveaux pipelines, du gaz naturel, des centres de données, de l'électricité et bien plus encore.
    C'est ainsi que nous bâtissons la province, et c'est ainsi que nous bâtissons le pays.
    Monsieur le Président, la question portait sur un électricien qui a dû retourner vivre chez sa mère, malgré le fait qu'il a travaillé fort, qu'il a obtenu son permis, qu'il se présente au travail tous les jours et que, contrairement au premier ministre, il paie la totalité de ses impôts au Canada. Il paie le prix de la récession libérale. Le Canada est le seul pays du G20 à être en récession.
    Le premier ministre annulera-t-il les politiques libérales désastreuses, coûteuses et inflationnistes qui ont forcé cet électricien à retourner vivre dans le sous-sol de sa mère et ont plongé notre pays dans une récession, ou restera-t-il les bras croisés en affichant un sourire narquois?
    Monsieur le Président, le chef de l'opposition devrait parler au président national de la Fraternité internationale des ouvriers en électricité, qui a systématiquement applaudi notre approche pour réaliser de grands projets au pays, y compris le plus grand projet d'électrification des transports de l'histoire du continent, un projet de train à grande vitesse qui emploiera plus d'électriciens que tous ceux que ce type aurait pu rencontrer en 15 ans.
    Monsieur le Président, a-t-il dit 15 ans? Le projet ne sera même pas en chantier dans 15 ans.
    Entretemps, des salauds et des proches du Parti libéral s'enrichiront avec l'argent des électriciens canadiens. À ce jour, 13 vice-présidents ont déjà reçu 2,3 millions de dollars en primes pour un projet de train qui ne verra pas le jour avant une dizaine d'années. Si jamais le projet aboutit, la facture sera de 8 000 $ par famille.
    Pourquoi puise‑t‑il sans cesse dans les poches des travailleurs pour remplir celles des proches du Parti libéral?
    Nous devons faire preuve de prudence dans le choix de nos mots si nous voulons respecter le décorum que les Canadiens attendent de nous.
    Monsieur le Président, la principale différence entre les députés de ce côté-ci de la Chambre et le chef de l'opposition, ainsi que ceux qui reprennent ses questions, c'est que nous croyons que les Canadiens peuvent y arriver, qu'ils peuvent réaliser un projet qui ajoutera 51 000 emplois à l'économie canadienne, dont des milliers pour des électriciens. Nous croyons qu'un projet ambitieux de train à grande vitesse peut transformer l'économie du pays en y injectant des milliards de dollars. Soit dit en pensant, un projet connexe sera proposé en Alberta.
    Nous croyons en l'avenir du pays. Lui n'y croit pas.
    Monsieur le Président, apparemment, ils ne croient pas en la capacité de leur premier ministre à répondre aux questions ni à défendre son propre bilan économique.
    Nous aussi, nous croyons que les Canadiens peuvent en faire beaucoup, si seulement le gouvernement se tassait du chemin.

[Français]

    Malheureusement, le Bureau du surintendant des faillites montre de nouvelles preuves que la récession libérale, la seule récession du G20, frappe les Canadiens. Le taux d'insolvabilité a augmenté de 8 % et les faillites ont augmenté de 10 %.
     Les politiques de ce gouvernement libéral forcent des Canadiens à faire faillite. Les libéraux vont-ils renverser ces politiques coûteuses et déficitaires qui ont causé cette récession?
    Monsieur le Président, je sais que nous sommes mardi et que le chef de l'opposition est en quête de bonnes nouvelles. J'en ai, des bonnes nouvelles pour lui. Comme le premier ministre l'a annoncé, l'économie canadienne a créé plus de 80 000 emplois. Nous avons la deuxième croissance la plus rapide parmi les pays du G7. Nous attirons des investissements record au pays. Nous croyons dans les travailleurs canadiens. Nous croyons dans l'industrie canadienne.
     Nous croyons dans un Canada prospère, et chaque jour est une bonne journée pour se battre pour les travailleurs canadiens.
(1435)
    Monsieur le Président, apparemment, il ne croit pas dans la capacité du premier ministre de répondre à des questions. Le ministre des Finances, qui est là depuis 10 ans pour donner le pire bilan de croissance, dit des faussetés. Il dit que le Canada se classe deuxième pour ce qui est de la croissance. Sous ce premier ministre, le Canada est le dernier, il est le seul pays du G7 et du G20 qui est en faillite. Aujourd'hui, Equifax Canada indique qu'il y a une baisse de 39 % du nombre de nouvelles entreprises.
    Quand le gouvernement va-t-il se tasser du chemin et mettre fin à cette récession?
     Monsieur le Président, je n'ai aucune leçon à recevoir du chef conservateur. Le seul emploi qu'il a eu dans les 10 dernières années, c'est d'être ici, à la Chambre. Les Canadiens et les Canadiennes savent que, de ce côté-ci de la Chambre, nous sommes à bâtir une économie résiliente, une économie plus prospère, l'économie la plus forte des pays du G7.
     Récemment, même le Fonds monétaire international disait que le Canada a la position fiscale la plus solide. De ce côté-ci de la Chambre, nous croyons dans les Canadiens. Nous croyons au destin du Canada, et, chaque jour, nous allons nous battre pour bâtir un Canada plus prospère pour l'ensemble des Canadiens.
    Monsieur le Président, pourquoi le premier ministre ne peut-il même pas défendre son bilan économique? C'est peut-être parce qu'Equifax Canada a également rapporté aujourd'hui, et je cite, que le taux national d'arriérés liés aux opérations financières de 60 jours et plus des entreprises a augmenté de 11 %.
    Sous le leadership du premier ministre, le taux de faillite est le plus élevé depuis 15 ans. Non seulement nous sommes le seul pays du G20 qui est entré en récession, mais les Canadiens font faillite.
    Le premier ministre va-t-il renverser les politiques libérales coûteuses qui causent ces faillites?
    Monsieur le Président, lorsqu'on écoute le chef de l'opposition, le problème, c'est qu'il a l'air de se réjouir du fait qu'il puisse y avoir des mauvaises nouvelles. La réalité, c'est qu'il y a plein de bonnes nouvelles. Je vais lui en donner.
    Il y a notamment 200 nouveaux emplois chez Tenaris, à Sault Ste. Marie. Nous venons de protéger plus de 300 emplois chez Kruger, à Trois‑Rivières. Nous venons également de protéger 240 emplois chez Kap Paper, dans le Nord de l'Ontario. Nous avons fait en sorte que 400 nouveaux emplois soient créés chez Siemens Canada. L'entente que nous venons de faire concernant le GlobalEye avec Saab et Bombardier représente 3 000 nouveaux emplois.
    Je pourrais continuer.

[Traduction]

    Monsieur le Président, ma question s'adressait au premier ministre. Il n'est pas étonnant qu'il ne puisse pas se lever pour y répondre. Il a eu tort sur toutes les questions économiques de la dernière décennie. Il a eu tort à propos des taxes sur le carbone, il a eu tort de dire qu'il voulait laisser la moitié de nos réserves de pétrole et de gaz dans le sol, il a eu tort de s'opposer aux oléoducs et il a eu tort de favoriser l'impression de billets pour financer les déficits, ce qui a entraîné une inflation galopante. Aujourd'hui encore, il a tort.
    Il est le seul, parmi les dirigeants des pays du G7, à avoir provoqué une récession. L'autre jour, j'ai rencontré une coiffeuse dans le marché By qui ne sait pas comment elle va pouvoir payer son loyer, car les salaires stagnent et les coûts augmentent. Le premier ministre va-t-il se lever et lui expliquer pourquoi il est le seul dirigeant du G7 à avoir provoqué une récession?
    Monsieur le Président, nous avons une excellente nouvelle. En mai, 88 000 emplois ont été créés, notamment pour les jeunes. Les jeunes trouvent de nouveaux emplois, tout comme les femmes partout au pays. Je pourrais citer d'autres projets, et je suis convaincue que le chef de l'opposition s'en réjouira. Il y a 300 nouveaux emplois chez Hitachi à Varennes, au Québec. Chez Alstom, il y a de nouveaux emplois à Saint-Bruno-de-Montarville. Il y a également de nouveaux emplois à Vancouver, chez Providence Health Care, soit 768 nouveaux emplois pour ce projet. Chez Hanon Systems à Vaughan, il y a 300 nouveaux emplois. J'ai des dizaines d'autres exemples.

[Français]

L'industrie pétrolière et gazière

    Monsieur le Président, une semaine après 300 maires et mairesses, c'est la société civile qui dénonce la dérive pétrolière libérale. En effet, 122 groupes environnementaux, dont 49 du Québec, signent une lettre aujourd'hui. Ils sont ici avec un message clair: les nouveaux pipelines, c'est non. C'est non à tout projet qui menace le climat, qui menace les espèces en danger, qui menace les relations avec les Autochtones et la souveraineté des gouvernements. C'est une trahison envers tous les citoyens qui croient encore à la lutte climatique.
    Est-ce que le premier ministre va cesser sa dérive pétrolière et gazière?
(1440)
    Monsieur le Président, c'est vraiment une question importante que mon collègue nous pose. Je salue tous les militants qui luttent, comme nous, pour un air propre, une eau propre.
    Toutefois, il est aussi fondamental que nous soyons une puissance économique autonome. C'est pourquoi nous travaillons sur plusieurs fronts en même temps. Nous allons travailler pour respecter nos engagements climatiques de 2050. Le règlement sur le méthane, la stratégie d'électrification, le plan d'action pour la nature, ce sont toutes des stratégies pour y arriver. Ce que nous allons faire, c'est produire de l'énergie de plus en plus propre.
    Monsieur le Président, les groupes environnementaux rappellent que l'entente avec l'Alberta pour un nouveau pipeline, on a déjà joué dans ce film-là: il s'intitule Trans Mountain. Les citoyens ont payé près de 40 milliards de dollars pour un nouveau pipeline de pétrole sale. En échange, le secteur pétrolier n'a fait absolument aucun effort pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Elles ont même explosé. Le Canada est carrément devenu un promoteur pétrolier aux frais des Québécois. Quel navet!
    Est-ce que le premier ministre va enfin comprendre qu'on ne veut pas rejouer dans ce film-là?
     Monsieur le Président, le Bloc québécois est juste capable de dire non et n'est pas capable de faire deux choses en même temps: marcher et mâcher de la gomme.
    Nous sommes capables de nous battre contre les changements climatiques en protégeant notre économie et en développant nos ressources naturelles. C'est ce que nous faisons ici au Canada, responsablement.

L'économie

    Monsieur le Président, la semaine dernière, nous avons rencontré des entreprises partout au Québec. C'est partout le même constat: l'incertitude entourant l'ACEUM et les droits de douane imposés en vertu de l'article 232 des États‑Unis fait grimper la pression financière sur nos manufacturiers et freine les investissements. Des entrepreneurs nous disent qu'ils repoussent des projets d'expansion, retardent l'achat d'équipements et hésitent à investir dans leur croissance. Voilà la réalité sur le terrain pendant que le Canada est le seul pays du G7 en récession.
    Le premier ministre comprend-il que ce sont les entreprises québécoises qui paient aujourd'hui le prix de son incapacité à rétablir la confiance dans notre économie?
     Monsieur le Président, nous travaillons avec le gouvernement du Québec justement pour aider ces entreprises québécoises et les entreprises partout au pays qui sont touchées par les droits de douane. Voilà pourquoi nous avons annoncé récemment 1,5 milliard de dollars pour soutenir les entreprises dans le secteur de l'acier et de l'aluminium touchées par les nouveaux droits de douane qui ont été imposés par la Maison-Blanche. En parallèle, mon collègue aux ressources naturelles vient tout juste d'annoncer plus de financement pour le secteur des produits forestiers.
    Nous vivons une guerre tarifaire impitoyable et nous allons protéger nos travailleurs et nos entreprises.
     Monsieur le Président, ce qu'il faut comprendre, c'est que les entreprises nous ont dit qu'elles attendent. Elles attendent pour investir, elles attendent avant d'agrandir leurs installations, elles attendent avant de prendre des risques. Est-ce que c'est ça, le bien économique du gouvernement: un climat d'incertitude qui paralyse l'investissement privé au moment même où le Canada est en récession?
     Le premier ministre est-il fier d'avoir créé un climat où les entrepreneurs choisissent d'attendre ou d'investir ailleurs plutôt qu'au Canada?
    Monsieur le Président, alors que, comme tout le monde le sait, nous faisons face à des droits de douane illégaux et injustifiés de la part des Américains, nous allons toujours, de ce côté-ci de la Chambre, soutenir nos entreprises et nos travailleurs.
    Nous allons les soutenir en investissant dans leur capacité d'innover, leur capacité de produire, leur capacité à diversifier les marchés. On remarquera que, d'une année à l'autre, les exportations à l'extérieur des États‑Unis ont augmenté de 40 % au pays. Nous allons les soutenir aussi en construisant des grands projets. Je pense entre autres au projet de tramway à Québec qui va avoir des retombées de 10,5 milliards de dollars et qui va créer 77 000 emplois directs et indirects. Je ne peux pas concevoir que les conservateurs s'y opposent.

Le secteur de l'acier et de l'aluminium

    Monsieur le Président, dans les derniers jours, pour la révision de l'ACEUM, nous avons rencontré des dizaines d'entreprises partout au Québec.
    Le constat est clair: dans le domaine de l'acier, nos entreprises sont complètement abandonnées par ce gouvernement libéral. Les Américains, eux, protègent leur marché de l'acier avec des droits de douane allant jusqu'à 100 % sur les importations asiatiques. Que font les libéraux ici au Canada? Ils ne font rien pantoute. Pire, ils laissent les pays asiatiques faire du dumping et inonder notre marché canadien.
    Est-ce que ce gouvernement libéral peut mettre son pied à terre et défendre l'industrie de l'acier canadienne?
(1445)
    Monsieur le Président, c'est très drôle d'être assis ici et d'écouter les conservateurs parler des PME alors qu'ils sont contre le projet de train à grande vitesse qui créerait des milliers d'emplois dans les PME du Québec. C'est très drôle de les entendre parler de l'acier alors que nous prévoyons un projet incroyablement prometteur pour les producteurs d'acier. C'est hallucinant d'entendre ces conservateurs se ranger contre un projet transformateur pour la mobilité qui rejoint les quatre plus grandes villes du Québec et qui crée des milliers de possibilités pour nos PME.
    Là, ils se lèvent pour parler de la situation chez nos PME. C'est très ironique.
     Monsieur le Président, il n'y a rien de drôle.
    Je le répète, les libéraux laissent les pays asiatiques domper leur acier chez nous. Garaga, une entreprise de la Beauce, a envoyé au gouvernement libéral des courriels avec des preuves que des portes de garage de l'Asie non conformes et contenant des produits toxiques interdits au Canada entrent ici. Que font les libéraux? Ils ne font rien pantoute encore. Ils les laissent entrer. Garaga n'a qu'à se débrouiller. Après 10 ans d'échecs, la seule chose que ce gouvernement libéral a réussi à faire, c'est endetter les Canadiens et affaiblir nos entreprises.
    Les libéraux peuvent-ils se réveiller et s'occuper de notre monde?
     Monsieur le Président, nous nous occupons de notre monde. C'est pour ça que les Québécois et les Canadiens nous font confiance.
    Le premier ministre, le ministre des Finances, le ministre responsable du Commerce Canada—États‑Unis et moi-même travaillons tous les jours pour protéger les gens dans le domaine de l'acier. Nous avons entre autres protégé le secteur de l'acier en faisant en sorte de prévenir toute forme de dumping.
    S'il y a quoi que ce soit que mon collègue veut soulever, nous sommes prêts à travailler de concert avec lui et avec tous les producteurs d'acier au Canada, parce que nous devons protéger nos usines et nos aciéries. En même temps, ce que nous faisons, c'est que nous offrons du financement pour aider nos travailleurs et nos entreprises.

Le commerce international

    Monsieur le Président, avec mes collègues, j'ai eu le privilège de rencontrer certaines des plus grandes entreprises de ma circonscription, la semaine dernière. Toutes m'ont dit la même chose: elles subissent les conséquences des droits de douane américains, de l'incertitude économique, de la récession actuelle et des problèmes de main-d'œuvre. Le plus inquiétant, c'est que plusieurs nous ont informés que jamais elles n'ont été consultées par le gouvernement libéral sur l'avenir de l'ACEUM, malgré les répercussions directes sur leurs travailleurs et leurs investissements.
    Pourquoi les libéraux continuent-ils de prendre des décisions qui affectent nos entreprises sans prendre le temps de les écouter?
     Monsieur le Président, au contraire, nous sommes très impliqués sur tous les plans avec des entreprises canadiennes, avec des représentants des travailleurs canadiens, avec nos collègues dans les provinces et les territoires. Nous faisons régulièrement, sur une base hebdomadaire, des consultations, des tables rondes avec différents secteurs de l'économie. Nous allons en faire la semaine prochaine, nous en avons fait cette semaine, nous en avons fait la semaine passée. Nous sommes très impliqués et très actifs parce que c'est important pour nous d'écouter exactement les gens dont notre collègue parle.

[Traduction]

La diversité et l'inclusion

    Joyeuse saison de la fierté, monsieur le Président. Aujourd'hui, le premier ministre et les parlementaires se sont rassemblés sur la Colline du Parlement pour hisser le drapeau de la fierté et marquer le début de la saison de la fierté au Canada. La saison de la fierté, c'est plus qu'une célébration. Elle nous rappelle que les droits et libertés des Canadiens 2ELGBTQIA+ ne doivent pas être tenus pour acquis. En cette époque où la haine gagne du terrain et où certaines voix à la Chambre continuent de remettre en question l'inclusion complète des personnes 2ELGBTQIA+, les Canadiens s'attendent à ce que les dirigeants se tiennent fermement du côté de l'égalité, de la dignité et des droits de la personne.
    La ministre des Femmes et de l'Égalité des genres pourrait-elle dire à la Chambre comment le gouvernement continuera de protéger la sécurité, la dignité et la pleine inclusion des Canadiens 2ELGBTQIA+?
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue des efforts fantastiques qu'il déploie dans ce dossier. Le Canada atteint son plein potentiel quand tout le monde peut participer pleinement à la société, à l'abri de la peur, de la discrimination et de la haine.
    En ce début de la saison de la fierté, nous réaffirmons notre engagement à protéger la Charte des droits et libertés pour tous les Canadiens, peu importe leur identité et qui ils aiment. Dans le budget de 2025, nous avons prévu 54,6 millions de dollars sur cinq ans pour renforcer les organisations 2ELGBTQIA+ partout au Canada, y compris 7,5 millions de dollars pour assurer la sécurité des festivals de la fierté gaie.
    Joyeuse saison de la fierté.

L'économie

    Monsieur le Président, tous les autres pays du G20 sont confrontés aux mêmes problèmes mondiaux que le Canada, mais, sous le premier ministre libéral, le Canada est le seul pays du G20 à connaître une récession. Ces derniers jours, nous en avons appris davantage sur l'état désastreux de notre économie sous sa direction. L'économie s'est contractée au cours de trois des quatre derniers trimestres, le PIB par habitant stagne et notre productivité a atteint son plus bas niveau en sept ans.
    Le premier ministre va‑t‑il admettre que ses politiques ratées ont causé cette récession, ou va‑t‑il continuer de nier la réalité que vivent des millions de Canadiens qui souffrent sous sa gouverne?
(1450)
     Monsieur le Président, les Canadiens ne suivront pas les conseils d'un chef qui n'a jamais travaillé dans le secteur privé. Il n'a aucune expérience concrète.
    Ceux d'entre nous qui ont effectivement travaillé au sein de l'économie avons le choix lorsque nous sommes confrontés à des problèmes. Nous pouvons agir comme le chef du Parti conservateur, gesticuler, ne proposer aucune solution et rejeter la faute sur tout le monde, ou bien nous pouvons prendre les rênes. Nous pouvons prendre des décisions. Nous pouvons jeter les bases solides d'une économie forte pour l'avenir.
     Le chef du Parti conservateur n'a aucune expérience. Le premier ministre va bâtir l'économie la plus forte du G7.
    Monsieur le Président, les Canadiens ne peuvent pas faire confiance aux demi-vérités ou aux paroles mielleuses des libéraux en ce moment. Selon la directrice parlementaire du budget, la probabilité que le gouvernement libéral atteigne sa propre cible budgétaire est inférieure à 1 %. Les banques prévoient une croissance de 0,5 % en 2026.
    Le premier ministre assumera-t-il la responsabilité d'avoir fait passer l'économie canadienne au dernier rang, ou continuera-t-il à emprunter et à dépenser pour s'attribuer le mérite de notre effondrement économique?
    Monsieur le Président, si le chef travaillait vraiment dans le secteur privé et que, devant un conseil d'administration, il passait son temps à rejeter la faute sur tout le monde sans proposer de solutions, il serait congédié. En fait, il a déjà été congédié par les habitants de l'ancienne circonscription de Carleton.
    De ce côté-ci de la Chambre, nous sommes déterminés à bâtir une économie forte. Le mois dernier, 88 000 emplois ont été créés au Canada. Les fondements de notre économie sont solides. Nous sommes déterminés à bâtir l'économie la plus forte du G7. Le chef conservateur n'offre rien d'autre que des conférences de presse dans des stationnements vides, des discours creux et des slogans.
    Monsieur le Président, sous le premier ministre libéral, le Canada est le seul pays du G20 à être entré en récession. Ces derniers jours, nous en avons appris beaucoup plus sur la gravité de la situation de l'économie sous sa gouverne. Voici les faits. L'économie s'est contractée au cours de deux des trois derniers trimestres et de trois des quatre derniers trimestres. Deux grandes banques, BMO et la Banque Scotia, prévoient toutes deux que l'économie canadienne affichera une croissance équivalant à moins de la moitié de celle des États‑Unis. Notre PIB par habitant est inférieur à ce qu'il était il y a trois ans. Après une décennie de gouvernement libéral, la situation économique se détériore de jour en jour.
    Le premier ministre va‑t‑il faire son travail, prendre ses responsabilités et expliquer aux Canadiens pourquoi il a plongé le pays dans une récession?
     Monsieur le Président, voici les faits. Nous avons créé 88 000  emplois le mois dernier. Le chômage est en baisse. Les investissements directs étrangers ont atteint leur plus haut niveau en 20 ans, le niveau le plus élevé parmi les pays du G7. Nous avons suspendu la taxe d'accise sur le carburant, qui est de 10 ¢ le litre. Nous avons augmenté l'exonération cumulative des gains en capital. Nous avons réduit les impôts de 22 millions de Canadiens. Nous investissons massivement dans le logement, les infrastructures et la défense, et l'excédent commercial est désormais en hausse.
    Le député doit vérifier les faits.
    Monsieur le Président, malgré tout ce que le ministre vient de dire, le Canada est toujours en récession. Cependant, nous savons déjà que le premier ministre ne peut pas faire son travail, car le Canada est le seul pays du G20 qui est en récession. Après une dizaine d'années sous le régime libéral, les entreprises ont cessé leurs investissements. Les investissements en capital sont en baisse pour un cinquième trimestre d'affilée. La nouvelle directrice parlementaire du budget du gouvernement vient d'annoncer que le gouvernement n'a que 1 % de chances d'atteindre sa cible budgétaire.
    Le premier ministre prétend qu'il est un gestionnaire de crise et un brillant économiste. Si c'est vraiment le cas, pourrait-il prendre la parole à la Chambre pour expliquer aux Canadiens pourquoi il a entraîné le Canada dans une récession?
    Monsieur le Président, je vais expliquer ce que nous avons fait pour les Canadiens, rien que dans le secteur de la défense: navires de soutien interarmées, 3 500 emplois; navires de patrouille extracôtiers et de l'Arctique, 2 300 emplois; aéronefs de recherche et sauvetage à voilure fixe, 1 800 emplois; système d'aéronefs télépilotés, 700 emplois; destroyers de la classe Fleuves et rivières, 5 250 emplois; modernisation des véhicules logistiques, 1 900 emplois; véhicules blindés de soutien au combat, 1 650 emplois. Ce sont des dizaines de milliers d'emplois, rien que dans le secteur de la défense.
    Ralliez-vous à nous. Arrêtez de dénigrer le pays. Aidez-nous à le bâtir.
(1455)
    Je rappelle aux députés de s'adresser à la présidence.
    Le député de Saskatoon-Sud a la parole.
    Monsieur le Président, sous le premier ministre libéral, le Canada est le seul pays du G20 à être entré en récession. L'économie a connu une contraction au cours de trois des quatre derniers trimestres. Les libéraux ont déjà emprunté plus que les 65 milliards de dollars prévus. La directrice parlementaire du budget prévoit désormais que le montant des emprunts atteindra 72 milliards de dollars.
     Le premier ministre pourrait‑il dire aux Canadiens s'ils traversent une récession ou si leur situation ne s'est détériorée qu'en théorie après une décennie de gouvernement libéral?
    Monsieur le Président, voilà dix ans que 14 conservateurs de la Saskatchewan ne font absolument rien pour défendre les intérêts de la province.
    De ce côté-ci de la Chambre, nous bâtissons l'économie. Nous sommes fiers des entrepreneurs qui ont créé 88 000 nouveaux emplois. Nous sommes reconnaissants envers les investisseurs. Nous sommes ravis de constater que les producteurs contribuent à cette force: le colza de la Saskatchewan, l'uranium, la potasse, le pétrole et le gaz du Canada.
    Nous ne restons pas les bras croisés...
    Le député de Mission—Matsqui—Abbotsford a la parole.

L'emploi

    Monsieur le Président, de ce côté-ci de la Chambre des communes, nous croyons au formidable potentiel de la jeunesse canadienne. Toutefois, selon la Banque du Canada, l’afflux de travailleurs étrangers temporaires fait baisser les salaires et rend plus difficile pour les jeunes Canadiens de trouver un emploi. Le taux de chômage chez les jeunes dépasse les 14 %.
    Les conservateurs donneraient la priorité à l'emploi chez les jeunes Canadiens, mais les libéraux continuent d'inonder le marché du travail de travailleurs étrangers temporaires alors que les jeunes Canadiens ne trouvent pas de travail. Pourquoi?
     Monsieur le Président, je remercie mon collègue de l'opposition pour sa question portant spécifiquement sur les emplois destinés aux jeunes et l'emploi chez les jeunes.
    Le nombre d'emplois chez les jeunes a augmenté de 22 000 en mai. Le chômage chez les jeunes a baissé de 0,9 %, ce qui constitue la première baisse depuis janvier. Il reste donc du travail à faire. C'est pourquoi nous avons annoncé un investissement de 6 milliards de dollars dans l'initiative Une Équipe Canada forte, qui vise à mobiliser les travailleurs des métiers spécialisés pour renforcer la main-d'œuvre. Ce plan s'appuie sur des programmes d'emploi destinés aux jeunes, comme le programme Emplois d'été Canada. Les jeunes de la Colombie‑Britannique voient les perspectives s'ouvrir à eux.
     Monsieur le Président, les jeunes Canadiens aiment le programme Emplois d'été Canada, mais cela ne change rien au fait que le gouvernement actuel a laissé entrer plus de 170 000 travailleurs étrangers au cours des quatre derniers trimestres. Ces programmes étaient censés être temporaires, mais, sous le gouvernement actuel, ils sont devenus permanents et échappent à tout contrôle. Le Globe and Mail parle d'un « problème persistant » créé par la dépendance excessive d'Ottawa à l'égard des travailleurs étrangers.
    Pourquoi le gouvernement actuel a-t-il laissé le Programme des travailleurs étrangers temporaires échapper à tout contrôle et quand le freinera-t-il enfin?
    Monsieur le Président, je pense qu'il y a un équilibre à trouver, et nous trouvons cet équilibre entre les besoins en main-d'œuvre et le Programme des travailleurs étrangers temporaires.

[Français]

    Je vais simplement inviter mon collègue à répéter sa question en français, parce que, ce que j'entends de la part de ses collègues québécois, c'est qu'on a besoin d'avoir plus de travailleurs étrangers temporaires. Cet équilibre-là, on le trouve précisément dans les milieux ruraux et au Québec pour répondre aux besoins de main-d'œuvre partout au pays.

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'aimerais que le ministre dise à Ethan Miranda, un jeune travailleur du secteur technologique qui, comme il l'a confié au comité de l'immigration, n'arrive pas à trouver un emploi malgré le fait qu'il est très instruit et qu'il a envoyé son CV à plus de 500 entreprises, que nous avons besoin de plus de travailleurs étrangers temporaires. Les conservateurs aboliraient le Programme des travailleurs étrangers temporaires et le remplaceraient par un programme ciblé pour les emplois agricoles qui sont véritablement difficiles à pourvoir. Le programme orienterait les Canadiens sans emploi vers les régions où il y a de graves pénuries de main-d'œuvre.
    Pourquoi les libéraux ne font-ils pas de même?
(1500)
    Monsieur le Président, je pensais que ma collègue soulignait l'hypocrisie crasse et abjecte des députés d'en face. Nous recevons de nombreuses demandes légitimes de la part de petites et moyennes entreprises dans les régions rurales du Québec qui cherchent à avoir plus de travailleurs étrangers temporaires. La députée et le député de la Colombie‑Britannique font de la démagogie sur cette question et rejettent la responsabilité de certaines situations sur les travailleurs étrangers temporaires. Ils vont devoir s'entendre d'une façon ou d'une autre sur la question des travailleurs étrangers temporaires.
    Monsieur le Président, oui, certaines régions au Canada affichent un taux de chômage minime. Dans les grands centres urbains du pays, le chômage est pourtant hors de contrôle. Plus de 400 000 jeunes Canadiens sont sans emploi. Au lieu d'inonder le marché du travail avec davantage de travailleurs étrangers temporaires, le gouvernement devrait essayer de jumeler les Canadiens disponibles à ces emplois. On devrait centrer les politiques sur ce jumelage plutôt que dans l'intérêt des lobbyistes.
    Pourquoi le gouvernement n'abolit-il pas le Programme des travailleurs étrangers temporaires afin de jumeler les Canadiens aux emplois disponibles?
    Monsieur le Président, le nombre de travailleurs étrangers temporaires au pays a diminué de plus de 50 %. Cela ne veut pas dire que l'équilibre a été atteint. Il y a des problèmes légitimes dans les régions rurales et ailleurs au pays, notamment dans les petites entreprises en milieu rural au Québec, et les députés d'en face peuvent en témoigner à juste titre.

[Français]

     L'ultime double jeu, et je pensais qu'on avait mis fin à cette époque il y a 20 ans, c'est dire, à la Chambre, une chose en anglais et une autre en français.
    L'hypocrisie, on en a marre.

[Traduction]

La sécurité publique

    Monsieur le Président, ayant travaillé dans le domaine des projets de sécurité publique, je sais que les cybermenaces représentent un risque croissant pour les Canadiens. Le gouvernement s'attaque de front à ce problème. La semaine dernière, le projet de loi C‑8, Loi concernant la cybersécurité, a été adopté à l'étape de la troisième lecture au Sénat et attend maintenant la sanction royale. Cette mesure législative permettra aux exploitants d'infrastructures essentielles de se préparer aux cyberincidents, de les prévenir et d'y réagir.
    Le ministre de la Sécurité publique pourrait-il expliquer ce que cela signifie pour la sécurité des Canadiens et des infrastructures essentielles dans des secteurs clés comme les finances, les télécommunications, l'énergie et les transports?
    Monsieur le Président, je tiens à remercier ma collègue d'Oakville‑Ouest de ses efforts dans ce dossier.
    Les Canadiens doivent avoir confiance dans l'intégrité et la sécurité des produits et des services qu'ils utilisent chaque jour. C'est pourquoi nous prenons les dispositions nécessaires pour protéger les Canadiens, nos infrastructures essentielles et notre économie au moyen du projet de loi C‑8. Cette mesure législative aidera les exploitants d'infrastructures essentielles à mieux se préparer aux cyberincidents qui menacent les intérêts canadiens, à mieux les prévenir et à mieux y réagir. Nous continuerons de moderniser les outils de sécurité du Canada tout en protégeant la vie privée et en assurant la sécurité des Canadiens.
    Monsieur le Président, la politique d'ouverture des frontières du gouvernement libéral a permis à 700 terroristes liés au régime du Corps des Gardiens de la révolution islamique d'entrer au Canada. Le 28 mai, la ministre libérale de l'Immigration, qui a échoué dans ses fonctions, a dit à la Chambre que 17 800 demandes ont été passées en revue pour relever les possibles interdictions de territoire. Or, au terme de tout cela, les Canadiens n'ont obtenu qu'une poignée de visas annulés, quelques enquêtes en cours menées par l'Agence des services frontaliers du Canada et l'expulsion d'une seule personne. Les Canadiens d'origine iranienne de Richmond Hill et de tout le pays ne se sentent plus en sécurité dans leurs propres collectivités.
    Comment les libéraux peuvent-ils prétendre qu'ils protègent les Canadiens alors qu'ils laissent sans cesse les terroristes circuler librement sur notre territoire?
    Monsieur le Président, rétablissons les faits. J'ai répondu pendant quatre heures aux questions posées en comité plénier pour que tous les Canadiens puissent m'entendre. J'ai clairement indiqué dans ma réponse que les représentants du Corps des Gardiens de la révolution islamique sont interdits de territoire au Canada et n'ont pas leur place dans notre pays.
     Des voix: Oh, oh!
     L'hon. Lena Metlege Diab: Je ne sais pas si l'opposition veut entendre la réponse, car je n'entends que du chahut.
    Oui, il y a des voix qui s'élèvent de ce côté-ci.
    Veuillez baisser le ton.
    La ministre peut poursuivre.
    Monsieur le Président, c'est le gouvernement actuel qui a imposé cette interdiction. L'interdiction reste en vigueur. Nous allons continuer de protéger les Canadiens.
(1505)
    Monsieur le Président, le gouvernement a accordé un visa à un ancien commandant du Corps des Gardiens de la révolution islamique, qui est arrivé à l'aéroport Pearson de Toronto le 28 avril pour assister à la Coupe du monde de la FIFA. Le gouvernement a aussi omis d'expulser un partisan du régime iranien qui a été reconnu coupable de violations de sanctions et qui est ici depuis si longtemps qu'il poursuit maintenant le gouvernement. Le gouvernement a dit il y a déjà un an que des dizaines de hauts fonctionnaires iraniens sont ici, mais il n'y en a exactement qu'un seul qui a été déporté, comme on l'a déjà mentionné.
    Quand le gouvernement prendra-t-il au sérieux les menaces d'ingérence étrangère et quand protégera-t-il notre communauté persane?
    Monsieur le Président, la sécurité de tous les Canadiens est d'une importance capitale pour le gouvernement. C'est pourquoi nous prenons des mesures décisives pour assurer la sécurité à la frontière, notamment en veillant à ce que les personnes interdites de territoire au Canada ne soient pas autorisées à entrer.
    Si les députés conservateurs veulent parler sérieusement de criminalité et d'application de la loi, ils doivent prendre au sérieux le projet de loi C‑22, qui porte sur l'accès légal. Au lieu de faire de l'obstruction et de traîner les pieds par rapport à ce projet de loi crucial, ils devraient l'appuyer dès aujourd'hui afin que nous puissions le faire adopter avant l'ajournement.
    Monsieur le Président, ces ministres doivent savoir que si une personne est interdite de territoire, elle n'est pas autorisée à entrer dans le pays. La ministre de l'Immigration a reconnu devant la Chambre que son gouvernement avait laissé entrer au pays des personnes ayant des liens avec le Corps des Gardiens de la révolution islamique et elle a admis que des milliers de visas avaient été ou devaient être réexaminés depuis le début de l'année, mais elle refuse de dire combien de personnes ayant des liens avec le Corps des Gardiens de la révolution islamique se trouvent actuellement ici.
    La ministre peut-elle se lever maintenant et enfin dire à la Chambre si plus d'un membre du Corps des Gardiens de la révolution islamique a été expulsé de ce pays?
    Monsieur le Président, essayons encore une fois. Comme nous l'avons répété à maintes reprises, les dirigeants du Corps des Gardiens de la révolution islamique sont interdits de territoire au Canada. Ils ne sont pas admis. Il existe une interdiction, et elle est toujours en vigueur. Tout haut responsable ayant servi sous le régime iranien depuis juin 2003 est interdit de territoire au Canada.

[Français]

L'économie

    Monsieur le Président, face à une volatilité sans précédent, les Canadiens veulent à la fois un plan à long terme pour la croissance économique et des mesures immédiates pour les aider à faire face à la hausse des coûts de la vie. Notre nouveau gouvernement offre les deux.
    La semaine dernière, plus de 12 millions de Canadiens ont commencé à recevoir la prestation canadienne bonifiée pour l'épicerie et les produits essentiels. Ce versement unique, combiné aux paiements futurs, permettra à une famille de quatre personnes de recevoir jusqu'à 1890 $ par année. Ce n'est qu'une des façons dont nous augmentons l'abordabilité pour les Canadiens.
    Le ministre des Finances pourrait-il nous informer des autres mesures que nous avons prises pour améliorer l'abordabilité?
     Monsieur le Président, je veux remercier mon collègue de son leadership et de son excellente question.
    Effectivement, il a permis de faire la lumière sur la bonne nouvelle que nous avons eue, la semaine dernière.
    Avec le premier ministre, nous sommes en train de bâtir l'économie la plus résiliente du G7. Alors que nous constatons que l'économie canadienne est en forte croissance, en même temps, nous sommes très conscients que la question qui importe aux Canadiens est celle de l'abordabilité.
    Nous savons que nous devons agir en matière de logement, de l'épicerie et du prix de l'essence. La semaine dernière, 12 millions de Canadiens et Canadiennes ont reçu une aide supplémentaire pour faire face à l'augmentation du coût de l'épicerie. Tous les Canadiens à la maison savent que, de ce côté-ci de la Chambre, nous serons toujours là.

[Traduction]

L'agriculture et l'agroalimentaire

    Monsieur le Président, plusieurs agriculteurs et médias locaux m'ont dit que des parcelles d'essai de la seule station de recherche fédérale sur les produits biologiques du Canada, à Swift Current, ont été labourées et recouvertes, détruisant des années de recherches précieuses. Le ministre dira probablement qu'il s'agit d'un processus courant en culture biologique et qu'il ne faut pas s'en faire avec les données perdues, mais la réalité est qu'il s'agit d'une piètre tentative de la part des libéraux de réagir à la forte résistance des agriculteurs et de l'industrie.
    Le ministre de l’Agriculture libéral a dit qu'il était avantageux de fermer les centres de recherche fédéraux, mais l'agriculture biologique au Canada est une industrie de 11 milliards de dollars qui est en pleine croissance.
    Le ministre souhaite-t-il vraiment qu'on se souvienne de lui comment étant celui qui a anéanti la recherche biologique au Canada?
    Monsieur le Président, je pense que le député d'en face sait exactement ce qui s'est passé à la station de recherche sur les cultures biologiques. Ils labourent les champs et travaillent la terre, comme ils le font tous les deux ans, et ils continueront de le faire.
    La recherche est importante au Canada. Nous en faisons depuis 140 ans. Nous avons plus de 17 stations qui demeureront ouvertes, et nous continuerons d'assurer la croissance de la recherche au Canada.
(1510)

[Français]

Le commerce international

    Monsieur le Président, Donald Trump impose des droits de douane aux pays qui n'en font pas assez pour contrer le travail forcé dans leurs importations. C'est un prétexte, mais c'est vrai que le Canada est une véritable passoire, n'ayant presque rien saisi à la frontière.
    Dès l'automne dernier, j'ai déposé le projet de loi C‑251, qui obligerait les importateurs à prouver que les produits de certaines régions ne sont pas l'objet de travail forcé ou de travail des enfants.
    Maintenant que le premier ministre dit enfin vouloir en faire plus pour lutter contre le travail forcé, va-t-il faire adopter mon projet de loi à toutes les étapes?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le Canada possède certaines des lois les plus strictes et les plus rigoureuses au monde en matière de travail forcé, et nous condamnons clairement le travail forcé partout où il est pratiqué. Toutes les marchandises qui entrent au pays sont soumises à un processus rigoureux de contrôle et de vérification. Après 10 ans de négligence, nous rebâtissons l'Agence des services frontaliers du Canada afin de veiller à ce que les lois soient appliquées. Nous allons poursuivre ce travail. Nous protégerons les intérêts du Canada aujourd'hui et demain.

La santé

    Monsieur le Président, la section 8 du projet de loi C‑30, qui n'a fait l'objet que de trois heures de débat à la Chambre avant qu'on nous impose l'attribution de temps, constitue le plus important recul de l'histoire du pays en matière de protection de la santé et de l'environnement dans la réglementation des pesticides.
    Je pose la question au gouvernement et au premier ministre: qui est à l'origine de ce recul? Je sais de source sûre que ce n'est pas l'industrie. Pourquoi le gouvernement agit-il ainsi au détriment de notre environnement et de notre santé?

[Français]

    Monsieur le Président, comme je l'ai dit hier, la priorité du gouvernement canadien et du ministère de la Santé est de protéger la santé et la sécurité des Canadiens.
    Toutefois, je le répète, on peut marcher et mâcher de la gomme en même temps: on s'occupe aussi du secteur agricole, avec lequel nous travaillons de près.
    Cela dit, nous prendrons toujours des mesures pour protéger la santé des Canadiens en même temps que nous développerons notre économie et notre souveraineté alimentaire.

[Traduction]

Présence à la tribune

    Je voudrais signaler aux députés la présence à notre tribune de l'honorable Michael Tibollo, procureur général associé de la province de l'Ontario.
     Des voix: Bravo!
    Le député d'Okanagan Lake‑Ouest—Kelowna‑Sud invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, je serai bref. Je soulève cette question parce que je suis préoccupé par le fonctionnement de la Chambre et par une de vos décisions. J'ai constaté qu'à plusieurs reprises, vous avez interrompu le chef de l'opposition officielle en disant qu'il ne posait pas de question.
    C'est la période des questions. Il est censé y avoir des questions.
    Le député peut prendre un peu plus de temps, mais nous devons procéder à un vote.
    Monsieur le Président, ce lieu me tient à cœur, et j’espère qu’il en va de même pour vous et que vous pourrez écouter ce que j’ai à dire. Si vous interrompez quelqu'un parce qu’il n’a pas marqué la fin d’une question d’une inflexion ou qu’il ne l’a pas formulée correctement, si vous faites cela au chef de l’opposition, cela pourrait arriver à n'importe quel député de l'opposition.
    Étant donné que les prédécesseurs du Président n'ont pas choisi de réglementer la qualité des réponses du premier ministre et du gouvernement, pourquoi...
    Le député devrait savoir que le Règlement ne permet pas à la présidence d'exiger une réponse, mais que les questions peuvent parfois être irrecevables.

Ordres émanant du gouvernement

[Ordres émanant du gouvernement]

[Traduction]

La prolongation des séances

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 8 juin, de la motion.
    Comme il est 15 h 14, la Chambre passe maintenant au vote par appel nominal différé sur la motion visant à prolonger les heures de séance de la Chambre.
    Convoquez les députés.
(1545)
    (La motion, mise aux voix, est adoptée par le vote suivant:)

(Vote no 143)

POUR

Députés

Aboultaif
Acan
Aitchison
Al Soud
Albas
Ali
Allison
Alty
Anandasangaree
Anderson
Anstey
Arnold
Au
Auguste
Baber
Bailey
Bains
Baker
Baldinelli
Bardeesy
Barlow
Barrett
Barsalou-Duval
Battiste
Beaulieu
Beech
Begum
Belanger (Desnethé—Missinippi—Churchill River)
Bélanger (Sudbury East—Manitoulin—Nickel Belt)
Bendayan
Berthold
Bexte
Bezan
Bittle
Blanchet
Blanchette-Joncas
Block
Blois
Bonin
Bonk
Borrelli
Boulerice
Bragdon
Brassard
Brière
Brock
Brunelle-Duceppe
Calkins
Caputo
Carney
Carr
Casey
Chagger
Chambers
Champagne
Champoux
Chang
Chartrand
Chatel
Chen
Chenette
Chi
Chong
Clark
Cobena
Cody
Connors
Cooper
Cormier
Coteau
Dalton
Dandurand
Danko
Davidson
Davies (Vancouver Kingsway)
Davies (Niagara South)
Dawson
DeBellefeuille
Deltell
d'Entremont
DeRidder
Deschênes
Deschênes-Thériault
Desrochers
Dhaliwal
Dhillon
Diab
Diotte
Doherty
Dowdall
Duclos
Duguid
Duncan
Dzerowicz
Earle
Ehsassi
El-Khoury
Erskine-Smith
Eyolfson
Falk (Battlefords—Lloydminster—Meadow Lake)
Falk (Provencher)
Fancy
Fanjoy
Fergus
Fisher
Fonseca
Fortier
Fortin
Fragiskatos
Fraser
Fry
Fuhr
Gaheer
Gainey
Gallant
Garon
Gasparro
Gaudreau
Gazan
Généreux
Genuis
Gerretsen
Gill (Calgary Skyview)
Gill (Brampton West)
Gill (Calgary McKnight)
Gill (Windsor West)
Gill (Côte-Nord—Kawawachikamach—Nitassinan)
Gill (Abbotsford—South Langley)
Gladu
Godin
Goodridge
Gould
Grant
Greaves
Groleau
Guay
Guglielmin
Guilbeault
Gull-Masty
Gunn
Hallan
Hanley
Hardy
Harrison
Hepfner
Hirtle
Ho
Hoback
Hodgson
Holman
Housefather
Hussen
Iacono
Idlout
Jackson
Jaczek
Jansen
Jeneroux
Jivani
Johns
Joly
Joseph
Kayabaga
Kelloway
Kelly
Khalid
Khanna
Kibble
Kirkland
Klassen
Kmiec
Konanz
Koutrakis
Kram
Kramp-Neuman
Kronis
Kuruc
Kusie
Kwan
Lake
Lalonde
Lambropoulos
Lamoureux
Lantsman
Lapointe (Rivière-des-Mille-Îles)
Lapointe (Sudbury)
Larouche
Lattanzio
Lauzon
Lavack
Lavoie
Lawrence
Lawton
LeBlanc
Lefebvre
Leitão
Lemire
Leslie
Lewis (Haldimand—Norfolk)
Lightbound
Lloyd
Lobb
Long
Louis (Kitchener—Conestoga)
Ma
MacDonald (Malpeque)
MacDonald (Cardigan)
MacKinnon (Gatineau)
Mahal
Majumdar
Malette (Bay of Quinte)
Malette (Kapuskasing—Timmins—Mushkegowuk)
Maloney
Mantle
Martel
Martin
May
Mazier
McCauley
McGuinty
McKelvie
McKenzie
McKinnon (Coquitlam—Port Coquitlam)
McKnight
McLean (Calgary Centre)
McLean (Esquimalt—Saanich—Sooke)
Melillo
Ménard
Mendès
Menegakis
Michel
Miedema
Miller
Mingarelli
Moore
Morin
Morrison
Morrissey
Motz
Muys
Myles
Naqvi
Nater
Nathan
Nguyen
Noormohamed
Normandin
Ntumba
Oliphant
Olszewski
O'Rourke
Osborne
Patzer
Paul-Hus
Perron
Petitpas Taylor
Poilievre
Powlowski
Provost
Ramsay
Rana
Redekopp
Reid
Rempel Garner
Richards
Roberts
Robertson
Rochefort
Romanado
Rood
Ross
Rowe
Royer
Ruff
Sahota
Saini
Sarai
Sari
Sawatzky
Scheer
Schiefke
Schmale
Seeback
Sgro
Sheehan
Shipley
Sidhu (Brampton East)
Sidhu (Brampton South)
Simard
Small
Sodhi
Solomon
Sousa
Steinley
Ste-Marie
Stevenson
St-Pierre
Strahl
Strauss
Sudds
Tesser Derksen
Thompson
Tochor
Tolmie
Turnbull
Uppal
Valdez
van Koeverden
Van Popta
Vandenbeld
Vien
Viersen
Villeneuve
Vis
Wagantall
Warkentin
Watchorn
Waugh
Weiler
Wilkinson
Williamson
Yip
Zahid
Zimmer
Zuberi

Total: -- 325


CONTRE

Députés

Savard-Tremblay

Total: -- 1


PAIRÉS

Députés

Anand
Church
Dabrusin
Dancho
Epp
Hajdu
Hogan
Plamondon
Reynolds
Stubbs
Thériault
Zerucelli

Total: -- 12


    Je déclare la motion adoptée.

[Français]

Privilège

Les propos du secrétaire parlementaire de la ministre de l'Industrie — Décision de la présidence

[Décision de la présidence]

    Je suis maintenant prêt à me prononcer sur la question de privilège soulevée le 1er juin 2026 par le député de Louis‑Saint‑Laurent—Akiawenhrahk concernant les propos tenus par le secrétaire parlementaire de la ministre de l'Industrie lors de la période des questions orales du vendredi 29 mai 2026.
    Le député a indiqué que les données publiées par Statistique Canada faisaient état de deux trimestres consécutifs de contraction du PIB, ce qui, selon lui, correspond à la définition généralement admise par les économistes d'une récession. Le député a soutenu en outre que le secrétaire parlementaire, compte tenu de ses antécédents professionnels dans les domaines de l'économie et des finances, savait que ses réponses étaient inexactes. Enfin, le contexte de l'échange entre les deux a donné à penser au député que le secrétaire parlementaire avait l'intention d'induire la Chambre en erreur. Pour ces raisons, le député estime que les trois conditions essentielles pour établir qu'il y a, de prime abord, atteinte au privilège ont été remplies.

[Traduction]

    Le secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre a rétorqué que son collègue n'avait à aucun moment induit la Chambre en erreur. D'après lui, le litige porte sur une divergence d'opinions et il s'agit donc d'un différend sur les faits. Citant des décisions rendues par d'anciens Présidents, le secrétaire parlementaire a fait remarquer qu'il n'appartenait pas à la présidence de se prononcer sur l'exactitude des déclarations faites à la Chambre lorsque l'affaire en cause implique d'interpréter différents points de vue.
    Lorsqu'il a présenté ses observations, le député de Louis-Saint-Laurent—Akiawenhrahk a fait mention des critères qui servent à déterminer si un député a intentionnellement induit la Chambre en erreur ou non. Les trois conditions sont expliquées à la section 3.16 de la quatrième édition de La procédure et les usages de la Chambre des communes. Il faut démontrer qu'une déclaration était effectivement trompeuse, que le député en cause savait qu'elle était inexacte et que celui-ci avait l'intention d'induire la Chambre en erreur. Il est important de rappeler que cette dernière condition, qui exige de prouver l'intention du député, est très stricte.

[Français]

    À cet égard, dans une décision rendue le 19 octobre 2000, qui figure à la page 9247 des Débats de la Chambre des Communes, le président Parent a déclaré en termes très succincts:
    Même si des députés peuvent être en désaccord, parfois profond, sur la façon dont d'autres députés interprètent la situation, il s'agit là d'une question bien différente de celle beaucoup plus grave de chercher à savoir si une telle interprétation est délibérément et sciemment fausse. Seules des preuves irréfragables peuvent permettre à la Chambre ou à son président d'agir dans les cas où l'on a tenté d'induire en erreur les députés.
    Ainsi, dans ces situations, le rôle de la présidence se limite à examiner les éléments d'information qui ont été présentés à la Chambre. En l'occurrence, on demande indirectement à la présidence de conclure que l'interprétation de données économiques est correcte et que toute autre interprétation ne peut être avancée que dans l'intention d'induire la Chambre en erreur. La présidence ne s'engagera pas dans ce genre de débat.

[Traduction]

    Les réponses que le secrétaire parlementaire lui a fournies ont beau susciter un désaccord profond chez le député de Louis-Saint-Laurent—Akiawenhrahk, la présidence ne considère pas qu'on satisfait aux conditions permettant de conclure qu'un député a intentionnellement induit la Chambre en erreur. Force m'est de constater qu'il s'agit d'une divergence de vues quant aux faits, c'est-à-dire d'une question d'interprétation.
    En conséquence, je conclus qu'il n'y a pas matière à question de privilège.

[Français]

     En terminant, je me permets de citer une décision rendue par le Président Milliken le 6 décembre 2004, qui se trouve à la page 2319 des Débats de la Chambre des Communes. Il a dit ceci: « Les divergences d’opinion portant sur les faits et sur la façon de les interpréter sont au cœur même des débats de la Chambre. »
    Je remercie les députés de leur attention.
(1550)

[Traduction]

Loi sur Maisons Canada

[Ordres émanant du gouvernement]

    La Chambre reprend l'étude de la motion portant que le projet de loi C‑20, Loi concernant la constitution de Maisons Canada, soit lu pour la troisième fois et adopté.
    Monsieur le Président, c'est toujours un plaisir de prendre la parole pour offrir quelques réflexions sur les enjeux importants qui touchent les Canadiens, et j'espère ainsi expliquer mon point de vue et pourquoi il est essentiel que le gouvernement du Canada continue à travailler pour créer des possibilités permettant à davantage de personnes d'accéder à la propriété et, à terme, de voir se construire davantage de logements ici, au Canada.
     Il y a plusieurs années, quand j'ai été élu pour la première fois à l'Assemblée législative du Manitoba, ma première responsabilité consistait à occuper les fonctions de porte-parole en matière de logement et de whip adjoint du parti. C'est une expérience que j'ai beaucoup aimée, car elle m'a permis d'acquérir une très bonne compréhension du secteur du logement à cette époque. Je n'ai jamais perdu mon intérêt pour ce sujet et j'ai d'ailleurs participé à de nombreux débats au fil des ans sur la question du logement. Quand je suis arrivé à Ottawa, j'ai continué à participer à des discussions et à des débats sur cette question importante qu'est le logement.
    Depuis le tout début, j'ai toujours reconnu que le gouvernement fédéral a, et devrait avoir, un rôle à jouer dans le logement au Canada. Le problème existe depuis un certain temps. Le ministre a dit tantôt, en réponse à une interruption et à des commentaires de l'opposition, que la question dont nous sommes saisis aujourd'hui ne sort pas de nulle part. Le problème existe depuis longtemps, et il a fallu plus d'une génération pour en arriver là.
    Il fut un temps, au début des années 1990, et même dans les années 1980, où des gouvernements de différentes allégeances politiques et de différents niveaux parlaient de retirer au gouvernement fédéral la responsabilité en matière de logement. Aujourd'hui, nous réalisons que le gouvernement fédéral doit non seulement être impliqué dans ce dossier, mais aussi assumer un véritable rôle de leadership. La question du logement touche toutes les communautés. Elle a une incidence sur tout le monde, pas seulement les propriétaires et les futurs propriétaires. Qu'il soit question de croissance ou, dans certains cas, de construction intercalaire, les conséquences pourraient être très négatives si le gouvernement fédéral n'intervient pas directement dans ces processus.
    J'ai pu constater cet engagement de manière très concrète. Prenons, par exemple, ce que fait Habitat pour l'humanité Canada au sein des collectivités du pays. Je représente une circonscription qui a probablement le plus bénéficié des efforts d'Habitat pour l'humanité visant à rendre le logement abordable, ou qui figure parmi les 5 ou 10 circonscriptions en ayant le plus bénéficié. Dans Winnipeg‑Nord, j'estime que bien plus de 100 logements, soit 100 familles, ont bénéficié de l'action d'un incroyable organisme sans but lucratif, et on parle d'une seule circonscription fédérale. Partout, du quartier de Point Douglas à Shaughnessy Park, en passant par The Maples et les banlieues, Habitat pour l'humanité a aidé à construire des logements que les occupants actuels n'auraient autrement pas pu se permettre. L'organisme a rendu ces logements abordables.
    Aujourd'hui, nous avons un gouvernement qui reconnaît cela et qui soutient Habitat pour l'humanité. J'espère que ce soutien se poursuivra à l'avenir. Je pense aux programmes de revitalisation du passé, où les gouvernements collaboraient pour constituer un fonds afin de rénover le parc immobilier et, dans certains cas, de promouvoir la construction de coopératives d'habitation.
(1555)
    Avant de devenir parlementaire, je m'impliquais au sein de la Weston Residents Housing Cooperative, et nous avons réussi à construire des logements abordables. Nous avions grandement besoin du soutien du gouvernement. À l'époque, c'était le gouvernement provincial qui nous apportait ce soutien, mais aujourd'hui, nous ne constatons pas beaucoup de progrès en matière de développement des coopératives d'habitation.
    Cependant, grâce au premier ministre et au gouvernement actuels, la Loi sur Maisons Canada rétablirait le soutien aux coopératives d'habitation, lesquelles jouent un rôle très important. Je pense à Willow Park, dans Winnipeg‑Nord, sans doute la coopérative d'habitation la plus ancienne et la mieux établie au Canada, voire en Amérique du Nord. Cette communauté bénéficie de l'intervention directe du gouvernement.
    L'intervention directe du gouvernement prend de nombreuses formes différentes. J'ai mentionné les coopératives d'habitation. Je pourrais parler de l'intervention directe ou indirecte du gouvernement pour les logements intercalaires, mais le gouvernement construit également des logements à but non lucratif. Il y a peut-être 25 ans, il existait des logements abordables construits par l'État, et les locataires qui y vivaient payaient moins de 30 % de leur revenu annuel, quel que soit ce dernier. On construit des logements abordables, car il y a parfois de nombreux problèmes générationnels. Certaines personnes se trouvent dans une situation difficile pour toutes sortes de raisons et dépendent fortement des logements construits par l'État.
    De nombreuses organisations de Winnipeg-Nord, issues des communautés ukrainienne, allemande ou polonaise, ont construit des habitations. Quand je parle d'habitations, je veux dire des immeubles d'habitation. Le Canadian Polish Manor compte plus d'une dizaine d'étages. Il en va de même pour le Canadian German Society Manor qui a été construit. La communauté ukrainienne en a construit quelques-uns. Même si elle n'en assure pas nécessairement la gestion aujourd'hui, ou pas dans tous les cas, ces immeubles ont été construits en partie grâce à des fonds fédéraux. Ils offrent un logement à des aînés. Les aînés de la région qui ont des enfants adultes ou dont le conjoint est décédé souhaitent souvent rester dans la collectivité. Souvent, ces immeubles construits par des communautés et des organismes à but non lucratif sont là pour soutenir ces aînés et leur procurer un logement afin qu'ils puissent quitter leur maison unifamiliale pour s'installer dans un milieu de vie différent.
    Au fil des ans, toutes sortes de programmes ont été mis en place pour soutenir le logement abordable. Pendant plusieurs années, ces initiatives ont pratiquement cessé d’exister, car les différents ordres de gouvernements ont décidé de se retirer du dossier. Nous l’avons constaté, je dirais, au plus fort de l’ère Harper. C'est pourquoi j'ai mentionné le fait que chef du Parti conservateur a été ministre du Logement et le nombre de logements sans but lucratif qui ont effectivement été construits sous sa responsabilité. Il y en a eu moins de 10. On se demande ensuite pourquoi ce problème se présente aujourd'hui. Il ne s'est pas produit du jour au lendemain.
    Je me réjouis que cette question ait pris de l'importance à un point tel que, lors de la dernière campagne électorale fédérale, il y a un peu plus d'un an, le premier ministre du Canada a décidé de s'engager plus fermement en faveur des collectivités et des Canadiens en rendant le logement plus abordable. Cela s'est produit de diverses manières.
(1600)
    Nous savons que le prix des maisons a diminué depuis les dernières élections. Nous savons que le coût des loyers a diminué. Nous savons aussi que le premier ministre et le gouvernement actuel ont mis en place des mesures précises pour trouver des façons des moyens d'accroître tant le parc de logements que, dans la mesure du possible, les conditions de logement en général, et ce, grâce à différents types de programmes.
    Maisons Canada est une société indépendante qui est financée à hauteur de 13 milliards de dollars, une somme qui figure déjà dans le budget de 2025. Cet organisme fera en sorte qu'il y ait plus de logements abordables dans tout le pays, d'un océan à l'autre. Il montre que le gouvernement du Canada travaille en collaboration avec les provinces et différents intervenants pour maximiser le logement.
    J'aimerais entendre ce que le Parti conservateur a à dire aujourd'hui. Y a-t-il quelqu'un au sein du Parti conservateur qui croit que le gouvernement du pays a un rôle à jouer en matière de logement? Les conservateurs ne semblent pas croire qu'il a un rôle à jouer, d'après ce que j'ai entendu jusqu'à présent. Si un conservateur est prêt à se lever et à dire que oui, le gouvernement du pays a un rôle à jouer dans ce domaine, je serais ravi de l'entendre.
    Monsieur le Président, nous savons que le projet de train à grande vitesse Alto, dont l'achèvement est prévu vers la fin de la prochaine décennie, en 2040, compte déjà treize vice‑présidents au sein de cet organisme, qui perçoivent déjà des primes, alors que nous n'avons pas encore posé un bout de voie.
    Le député a décrit Maisons Canada comme un organisme fédéral indépendant. Combien y aura‑t‑il de vice‑présidents, et vont‑ils déjà recevoir des primes?
    Monsieur le Président, je suppose que je peux comprendre cette question dans une certaine mesure, mais elle n'a absolument rien à voir avec le sujet.
    Cependant, si l'on examine ce qui est proposé et ce que le gouvernement présente comme un projet d'envergure, mené en collaboration avec la province de Québec, on constate qu'il s'agit d'un projet qui a reçu le soutien des progressistes-conservateurs. Il a également reçu celui des conservateurs.
     Le député constatera que, sous les gouvernements précédents, notamment sous le régime Harper, certains députés du caucus conservateur appuyaient en réalité ce projet et s'opposaient à ce que prône aujourd'hui le Parti conservateur d'extrême droite. Les conservateurs tentent de présenter une situation qui ne correspond pas à la réalité. Espérons que nous en apprendrons beaucoup plus sur ce projet dans les jours à venir.
    Monsieur le  Président, j'ai écouté attentivement le discours de mon collègue, dont les réflexions m'ont beaucoup plu. Je pense qu'il s'agit d'une mesure législative importante et j'estime personnellement que le gouvernement fédéral a un rôle névralgique à jouer dans le domaine du logement.
    Des habitants de Waterloo se réjouissent sincèrement que le gouvernement fédéral recommence à bouger dans le domaine du logement, en concertation avec les autres ordres de gouvernement. Nous avons d'ailleurs bénéficié de subventions fédérales substantielles pour élargir le parc de logements financièrement accessibles, qui continuera d'exister chez nous des générations durant, en plus des projets les plus anciens dont on n'avait pas pu s'occuper jusqu'ici.
    Selon le député, pourquoi les conservateurs considèrent-ils que le gouvernement fédéral n'a aucun rôle à jouer? Pourquoi redoutent-ils autant que le gouvernement vienne en aide aux Canadiens, qu'il leur donne un coup de pouce?
    Dans la région de Waterloo, des concitoyens me posent des questions sur le fait que les députés conservateurs s'opposent au projet de loi, à nos mesures législatives et au budget alors que, lorsqu'il est question de projets dans le domaine du logement, ils envoient des lettres d'appui qui n'ont concrètement aucune utilité. Nous savons que, par le passé, des députés conservateurs se sont fait rabrouer pour avoir réclamé de l'aide au ministre du Logement pour leur circonscription.
    De toute évidence, il y a des députés conservateurs qui veulent que le gouvernement fédéral subventionne des projets en matière de logement dans leur circonscription. J'invite donc le député à en dire davantage là-dessus. C'est dommage que le Parti conservateur ne soit pas la même longueur d'onde à ce chapitre, mais je suis convaincue qu'il y a des députés conservateurs qui sont convaincus que le gouvernement fédéral a un rôle à jouer. Qu'en pense le député?
(1605)
    Monsieur le Président, je pense que je vais décortiquer la question en deux ou trois points. Tout d'abord, aujourd'hui, la direction du Parti conservateur à la Chambre affiche, à mon avis, une attitude d'extrême droite de type « écartez-vous du chemin ». C'est ce groupe qui a vivement critiqué les conservateurs les plus progressistes au sein du caucus. Ils sont beaucoup moins nombreux, mais ce sont eux qui voient vraiment la valeur du projet de loi et qui ont écrit des lettres au gouvernement pour lui dire qu'ils l'appuyaient et qu'ils le voulaient.
    Ils ont été réprimandés. On leur a dit d'arrêter d'écrire des lettres de soutien pour leur circonscription. Cette directive est venue de l'équipe de direction du Parti conservateur à la Chambre, ou de toute l'équipe de direction, et de nombreux députés qui, à mon avis, sont d'extrême droite et pensent que le gouvernement fédéral n'a absolument aucun rôle à jouer en matière de logement.
    Comparons cela au début de la question que ma collègue de Waterloo a posée. Elle a souligné à quel point le logement est important pour Waterloo et elle défend constamment les intérêts de Waterloo, non seulement sur la question du logement, mais aussi dans un large éventail de dossiers. Elle défend les intérêts de Waterloo et reconnaît la valeur de la collaboration, et c'est exactement ce que fait le gouvernement fédéral, car nous comprenons que l'objectif ultime est d'accroître le parc de logements du Canada, en particulier en ce qui concerne l'abordabilité.
    Monsieur le Président, le secrétaire parlementaire a mentionné que le problème d'abordabilité n'est pas apparu du jour au lendemain. J'en conviens, mais on se rappellera que le problème s'est aggravé depuis 11 ans. En effet, il a commencé sous le gouvernement libéral de Trudeau, et il se poursuit maintenant sous le gouvernement libéral actuel.
    J'ai fait du porte-à-porte dans ma circonscription, London—Fanshawe, que je suis fier de représenter, pour échanger avec mes concitoyens. Je me souviens tout particulièrement d'avoir parlé à des parents dont les enfants adultes vivent encore avec eux. Ils sont au bord des larmes quand ils expliquent avec émotion qu'ils veulent que leurs enfants excellent dans la vie, mais que, malheureusement, ils ne peuvent pas se permettre d'acheter une maison.
    Les libéraux ont promis de construire 500 nouveaux logements chaque année. Cependant, selon les prévisions de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, le nombre de mises en chantier au Canada suivra une tendance à la baisse pour atteindre 212 000 en 2028. Que dois-je dire aux parents qui aiment leurs enfants, mais qui veulent les voir partir de la maison? Que dois-je leur dire, alors qu'ils savent que le nombre de logements construits est insuffisant?
     Monsieur le Président, le député peut leur dire ce qui suit très clairement, car les chiffres et les faits le démontrent sans équivoque. Il y a un peu plus d'un an, les Canadiens ont élu un nouveau premier ministre doté d'une expérience remarquable dans le domaine de la gestion de l'économie et de son fonctionnement. Des résultats positifs ont été obtenus dans le secteur du logement. Les logements sont devenus plus abordables; leur prix a diminué. Les loyers ont globalement baissé. Le gouvernement a travaillé en collaboration avec les différentes provinces et les différents territoires, et le parc de logements s'est en fait agrandi. Le problème de l'abordabilité est également abordé de différentes manières.
    En l'espace d'un an, le nouveau gouvernement et le nouveau premier ministre ont déjà apporté des changements positifs, et je suis optimiste quant à l'avenir et à notre capacité d'atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés.
    J'ai trouvé le dernier échange intéressant, monsieur le Président. Voilà un exemple de député conservateur qui réclame davantage d'investissements dans le logement et la construction de plus de logements à prix raisonnable. C'est parce qu'il sait que ses concitoyens ont besoin que le gouvernement fédéral joue un rôle. Pourtant, au lieu de travailler main dans la main avec les ministériels de façon à apporter encore plus de positif aux Canadiens, les conservateurs préfèrent enliser les travaux et laisser les Canadiens en arracher.
    Je suis fascinée. La même chose s'est passée au comité, hier: le Parti conservateur fait des pieds et des mains afin quasiment d'intensifier les problèmes des Canadiens au lieu de contribuer à les résoudre. C'est probablement pour cette raison que le Parti conservateur demeure l'opposition professionnelle: au fond, il ne veut pas contribuer à résoudre les problèmes.
    Le secrétaire parlementaire en dirait-il davantage sur l'importance que revêt le projet de loi, sur le rôle du gouvernement fédéral et sur ce que la mesure apporterait de positif aux personnes comme celles dont le député de London—Fanshawe vient de parler?
    J'avoue que je commence à m'ennuyer de l'ancienne députée de London—Fanshaw, car je suis convaincue qu'elle se serait à tout le moins battue bec et ongles pour ses concitoyens au lieu de faire de l'obstruction en espérant qu'ils en arrachent. Je veux que les Canadiens soient florissants. Je me battrai pour les gens de Waterloo. J'aimerais connaître les observations du député.
(1610)
    Monsieur le Président, lorsque je pense aux habitants de London—Fanshawe, tout comme lorsque je pense aux habitants de nombreuses autres circonscriptions, je pense à la manière dont le projet de loi C‑20 améliorerait la situation. La question n'est pas de simplement suivre aveuglément la direction du Parti conservateur, même si les conservateurs ont tout faux dans ce dossier. Maisons Canada a pour objectif d'examiner différentes méthodes de construction, comme les maisons modulaires. Il y a des moyens d'examiner, en travaillant avec les parties prenantes, la manière dont nous allons faire construire plus de logements.
    Pensons aux concitoyens pour qui le député veut que l'on construise plus de logements. Le gouvernement national fait preuve de compassion et avance dans cette direction. Son propre chef dit d'arrêter. En fait, la députée de Waterloo l'a peut-être mis dans l'eau chaude en soulignant qu'il éprouve peut-être une certaine sympathie pour les besoins de ses concitoyens.
    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec la députée de Sentier Carlton—Eagle Creek.
    C'est un plaisir d'intervenir aujourd'hui au nom des bonnes gens de Ponoka—Didsbury. Je suis heureux d'annoncer que le chef de mon parti ne crie pas après moi pendant les réunions du caucus et qu'il m'écoute quand je porte des préoccupations à son attention.
    Je prends humblement la parole pour m'opposer à la mesure législative du gouvernement dont nous débattons actuellement, le projet de loi C‑20, Loi sur Maisons Canada.
    Le premier ministre libéral et son gouvernement ont fait de grandes promesses au cours de la dernière année. lls sont toujours aussi passionnés par la bureaucratie, les dépenses et les idées qui mèneront à des échecs retentissants. Ce projet de loi ne représente qu'une partie de la mise en œuvre d'une grande promesse. Il garantit beaucoup de bureaucratie, beaucoup de dépenses et un déficit encore plus imposant.
    Lorsqu'il a été élu à la tête d'un gouvernement minoritaire l'année dernière, le premier ministre a déclaré qu'il allait « bâtir, bâtir, bâtir » mais, hélas, il n'a rien bâti du tout. Comment en sommes-nous arrivés là? Eh bien, c'est à force de promesses non tenues et d'encouragement à l'échec. Il semble qu'on ne cesse de récompenser l'incompétence. En campagne électorale, le premier ministre avait promis de doubler la construction de logements pour atteindre 500 000 habitations par an et d'intervenir à une vitesse jamais vue depuis des générations. Jamais vue, c'est le cas de le dire, car on ne voit rien bouger quand rien ne bouge. Il n'y a rien à voir.
    Qui le premier ministre a-t-il choisi pour l'aider à concrétiser sa promesse de construire le plus grand nombre de logements de l'histoire du Canada? Il a choisi le député de Vancouver Fraserview—Burnaby‑Sud. Écoutez ce qui suit. Lorsqu'il était maire de Vancouver, ce député a augmenté les droits d'aménagement de 141 %, a fait grimper le prix des logements de 149 %, a vu le loyer moyen bondir de 50 % et a assisté à une hausse de 38 % du nombre de sans-abri. C'est ce qu'on appelle récompenser l'incompétence. Sous son mandat, Vancouver est devenue l'un des marchés les plus dispendieux non seulement de l'Amérique du Nord, mais du monde entier.
    Ce député est celui à qui le premier ministre libéral a confié la tâche de trouver une solution à la crise du logement, le même ministre qui a déclaré dès son premier jour en poste qu'il n'était absolument pas nécessaire que le prix des logements baisse au pays. Il n'est pas étonnant qu'on ne construise pas de logements au pays. On ne construit rien. Il y a là un schéma récurrent: pas de logements, pas de pipelines, pas de projets énergétiques et pas d'infrastructures. Le premier ministre n'arrive pas à faire construire quoi que ce soit. Cela fait plus d'un an que le premier ministre a fait la grande promesse de construire un demi-million de logements par an et le constat est le suivant: moins de permis, moins de mises en chantier et une crise du logement qui se transforme rapidement en cauchemar.
    La Société canadienne d'hypothèques et de logement, l'un des quatre organismes gouvernementaux chargés du logement, a déclaré que le Canada devait construire entre 430 000 et 500 000 logements par an pendant une dizaine d'années pour revenir au niveau d'abordabilité du logement de 2019. Le premier ministre a promis de construire ce demi-million de logements par an, et il a déclaré que la nouvelle société d'État, Maisons Canada, serait l'un des principaux moteurs de ce programme de construction.
    Cependant, les rapports publiés depuis cette promesse indiquent que Maisons Canada n'aurait la capacité de construire qu'environ 400 000 logements répartis dans six villes canadiennes différentes. Cela ne représente qu'à peine 1 % de la promesse initiale des libéraux de construire 500 000 logements. D'où viendront les 496 000 autres logements, si ce n'est de ce nouvel organisme doté d'un budget de 11,5 milliards de dollars?
    Concernant les six sites en question, je rappelle à tout le monde que ce ne sont même pas de nouvelles annonces. Ce sont tous de vieux projets sur lesquels travaillait déjà la Société immobilière du Canada, une autre bureaucratie du gouvernement chargée du logement. Le gouvernement a pris ces sites et les a présentés comme étant des projets relevant d'un nouvel organisme. Il dit avoir fait des progrès. Il n'y a pas de progrès; il n'y a qu'un échec lamentable. Il n'y a pas de nouveaux logements qui sont construits. Il n'y a qu'une séance de photos coûteuse, comme dans le cas du faux chantier de construction pour lequel le premier ministre a dépensé 35 000 $ en septembre dernier, lorsqu'il a annoncé le projet de Maisons Canada à Ottawa: une fausse solution à une véritable crise du logement libérale.
    Selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement, il y aura une dégringolade des mises en chantier au Canada qui passeront de 270 000 cette année à 212 000 unités d'ici 2028. Dans tout le pays, les mises en chantier diminueront de 18,1 % au cours des deux prochaines années en raison des coûts de construction qui montent en flèche, et le problème ne fait qu'empirer. La situation s'aggrave de jour en jour, et nous n'avons tout simplement plus de temps à perdre. Un an après la promesse d'un demi-million de logements par année, nous voilà confrontés à un effondrement catastrophique du marché.
    Peut-être que le nouveau Bureau des grands projets du premier ministre, qui n'a pas encore approuvé de grand projet, poursuivra cet objectif ambitieux. Le problème, ce sont les résultats. Le premier ministre n'est pas très bon en résultologie.
(1615)
    Le premier ministre a promis qu'on allait construire à une vitesse jamais vue auparavant, à une vitesse comme on n'en voit qu'une fois par génération, mais voilà où nous en sommes, un an après le début de son mandat. Nous sommes en train de débattre du projet de loi C‑20, qui a la capacité de faire construire seulement 1 % des logements promis par le gouvernement.
    Le ministre a déclaré qu'un élément clé du programme Maisons Canada consiste à accélérer la construction de logements. Il ne débute pas en force. Il lui a fallu près d'un an rien que pour présenter à la Chambre un projet de loi qui n'accomplit rien. Au cours des dernières années, les données de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, c'est-à-dire les données du gouvernement, ont montré que les mises en chantier sont en baisse au pays et qu'elles continueront de diminuer à l'échelle nationale cette année et l'année prochaine.
    Selon l'Association canadienne de l'immobilier, le prix des maisons à l'échelle nationale a augmenté de 2,2 % par rapport à la même période l'an dernier. Le prix moyen des maisons a augmenté dans toutes les provinces du Canada. La situation est encore pire dans les territoires. Au Yukon, le prix moyen des maisons a augmenté de plus de 80 000 $ par rapport à la même période l'an dernier. La crise du logement ne se résorbe pas. Elle échappe à tout contrôle. Quelle est la solution du gouvernement? C'est plus de bureaucratie, plus de consultants, plus de séances de photos et plus de promesses brisées.
    Le rôle de la loyale opposition de Sa Majesté consiste à demander des comptes au gouvernement, à promouvoir des politiques judicieuses et à corriger le gouvernement lorsque cela s'avère nécessaire. On pourrait penser que le rôle du gouvernement est d'écouter, mais il ne le fait pas. Le rôle de l'opposition fait partie intégrante du fonctionnement du Parlement et il revêt une importance encore plus grande dans le Parlement minoritaire légitime auquel les libéraux ont été élus l'année dernière. Ce rôle d'opposition nous a été confié par plus de 8 millions d'électeurs de partout au pays. Notre chef a clairement indiqué que nous nous opposerions aux mauvaises politiques et soutiendrions les bonnes. Or, cette politique est mauvaise. Elle est coûteuse, elle ne permet pas de construire de logements, elle sert à rémunérer des bureaucrates et des consultants et elle chevauche le travail déjà accompli par plusieurs autres agences fédérales du logement. Bref, elle est inutile.
    Lorsque le ministre du Logement est devenu maire de Vancouver, en 2008, une maison isolée là-bas coûtait en moyenne 942 000 $. Le dernier jour où il a occupé cette fonction, le prix moyen avait grimpé à 1,8 million de dollars. C'est la même chose à l'échelle du pays. Le prix des habitations reste à des sommets hors de prix. Il n'y a ni acheteurs, ni vendeurs, ni constructions neuves. Le marché est au point mort. La réaction des libéraux consiste à créer une agence de logement dotée d'un budget de 11,5 milliards de dollars qui pourrait éventuellement aboutir à la construction d'un maximum de 4 000 habitations. Mon collègue de Parry Sound—Muskoka a proposé une politique de logement détaillée et efficace pour stimuler la construction de logements en tant que telle, aux quatre coins du pays, sauf que le ministre du Logement refuse de lui prêter l'oreille. Il tient mordicus à ses façons de faire, celles-là mêmes qui ont fait de Vancouver le marché du logement le moins financièrement accessible en Amérique du Nord et l'un des plus coûteux au monde.
    Les conservateurs ne sont pas favorables à l'alourdissement de la bureaucratie dans le secteur déjà hautement réglementé du logement. Voici plutôt ce que nous préconisons, en encourageant le gouvernement à y donner suite.
    Exonérons de TPS tous les logements neufs de moins de 1,3 million de dollars, de manière à faire économiser jusqu'à 65 000 $ à une famille qui achète une habitation neuve et à libérer le potentiel de la construction domiciliaire dans tous les marchés au pays.
    Lions les fonds fédéraux destinés aux infrastructures à la construction domiciliaire afin d'encourager la construction et les logements neufs. Pour obtenir l'argent, les municipalités seraient tenues d'accorder des permis pour construire au moins 15 % de plus de logements chaque année.
    Réduisons les droits d'aménagement de 50 %. Les libéraux en avaient fait la promesse pendant la dernière campagne électorale, mais ils ne l'ont pas tenue. Une telle mesure allégerait considérablement le fardeau financier des constructeurs et permettrait à ces derniers de se concentrer sur ce qu'ils font le mieux: construire des logements.
    Mettons fin à l'imposition des gains en capital réinvestis dans de nouveaux logements au Canada, et libérons ainsi des milliards de dollars d'investissements pour le secteur de la construction domiciliaire.
    Ce sont des mesures de fond qui pourraient changer la donne dans le secteur immobilier, mais le gouvernement refuse d'y prêter attention. Par exemple, la réduction de la TPS sur toutes les habitations neuves de moins de 1,3 million de dollars est réclamée par des experts en construction domiciliaire, tant libéraux que conservateurs, depuis plus d'un an.
    Le ministre du Logement n'écoute pas. Dans un balado l'été dernier, le ministre a lui‑même reconnu que notre proposition de réduire la TPS constituait un « grand changement radical à apporter ». Or, sous le gouvernement actuel, le Canada traverse une crise du logement sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. Au lieu d'être à la hauteur, le gouvernement a échoué et a aggravé la situation. Peut-être que des changements profonds et radicaux sont précisément ce qu'il faut pour permettre aux Canadiens d'accéder au logement qu'ils veulent.
(1620)
    Monsieur le Président, la réalité, c'est qu'il y a un peu plus d'un an, les Canadiens ont élu un nouveau premier ministre et un nouveau gouvernement. Nous avons présenté un projet de loi substantiel visant à faire construire plus de logements au Canada. Le député tente de donner une fausse impression, mais je peux lui confirmer que Maisons Canada permettra réellement de construire des milliers et des milliers de logements abordables.
    La position du Parti conservateur est de dire: « Tassez-vous du chemin. Nous n'avons pas besoin de Maisons Canada. » Ces propos viennent toutefois d'un parti de l'opposition dont le chef a fait construire six logements sans but lucratif pendant qu'il était ministre du Logement.
    Pourquoi devrions-nous écouter le Parti conservateur?
    Monsieur le Président, j'aimerais revenir sur les politiques de l'ère Harper. Parmi les principales politiques liées au logement, il y a eu le crédit d'impôt pour la rénovation domiciliaire en 2009, qui a donné lieu à des investissements massifs dans les Canadiens pour qu'ils investissent dans leur propre maison. Ce crédit d'impôt aidait à couvrir des dépenses supérieures à 1 000 $, jusqu'à concurrence de 10 000 $. Il y a eu un allégement fiscal de 1 350 $ pour que les gens puissent conserver leur maison et la garder en bon état.
    Le crédit d'impôt pour l'achat d'une première habitation dans le budget de 2009 valait jusqu'à 750 $ à l'époque, ce qui compensait les frais de clôture pour l'achat d'une nouvelle maison. Avec l'élargissement du Régime d'accession à la propriété, le gouvernement a fait passer de 20 000 $ à 25 000 $ le montant que les Canadiens pouvaient retirer de leur REER.
    Les dépenses d'infrastructure du Plan d'action économique ont permis d'investir dans de nombreux logements communautaires.
    Nous avons resserré les règles sur les hypothèques. Nous nous sommes assurés de ne pas entrer dans une crise financière. Nous avons réglementé l'environnement au lieu d'essayer de tout faire pour tout le monde. Nous avons construit 2 millions de logements alors que la population n'a augmenté que de 3,2 millions d'habitants. Nous avons suivi le rythme auquel la population augmentait, ce que les libéraux n'ont pas réussi à faire, et ce, de façon lamentable.
    Monsieur le Président, voici ce qui me laisse vraiment perplexe. J'ai fait partie d'un gouvernement de la Saskatchewan qui a mis en place un plan de logement. Il contenait des chiffres. Ce plan, élaboré en 2011 par le gouvernement de la Saskatchewan, prévoyait que le programme Head Start on a Home permettrait de construire 1 000 logements, que le programme d’accession à la propriété à coût abordable permettrait d’en construire 600, que la mesure d’incitation à la construction de logements locatifs permettrait d’en construire 2 900, avec 35 millions de dollars alloués aux logements locatifs, et qu’Habitat pour l’humanité en construirait 30.
    Quand on élabore un plan, on y inclut des chiffres. Ce plan promettait la construction de 4 690 logements en cinq ans. Pourquoi le gouvernement libéral n'indique‑t‑il pas dans son programme le nombre et le type de logements qu'il prévoit construire?
     Monsieur le Président, je sais que mon collègue connaît la réponse, mais voici comment les libéraux s'y prennent. Ils prennent les enjeux qui sont à l'ordre du jour au niveau mondial. Les marchés financiers et les responsables des banques centrales, comme l'actuel premier ministre, créent une pénurie mondiale d'un certain produit, font grimper la demande pour ce produit en provoquant cette pénurie, puis proposent des mesures de dépenses déficitaires de type socialiste pour résoudre le problème, dont tous les initiés, leurs amis et les grands groupes d'intérêts tirent ensuite profit. C'est pourquoi nous nous retrouvons dans cette situation. Ils peuvent appliquer cette stratégie au logement ou à n'importe quel autre secteur de notre économie.
     Les députés ont‑ils déjà remarqué que rien ne se fait jamais dans ce pays sans que le gouvernement ne dépense une quantité considérable d'argent public? Il semble toutefois que cela ne fonctionne pas. Notre déficit ne fait qu'augmenter et la situation ne fait qu'empirer.
(1625)
    Monsieur le Président, les observations du député sur l'importance d'être vraiment là pour répondre aux besoins des Canadiens et de trouver des moyens de le faire ne m'échappent pas.
    Pas plus tard que le mois dernier, les gouvernements du Canada et de l'Alberta ont déclaré dans un communiqué de presse qu'ils allaient investir 323 millions de dollars dans le logement abordable. Il y aura 41 projets en Alberta. Ils construiront également plus de 70 nouvelles places dans des refuges pour les Albertains dans le besoin. Dans ce communiqué de presse, signé par les gouvernements du Canada et de l'Alberta, il est question de Maisons Canada.
    J'aimerais savoir si le député appuie les 41 projets dont il est question ici, y compris les projets à Red Deer, à Lacombe, à Calgary et à Edmonton. La liste est longue.
    Croit-il que le gouvernement fédéral a un rôle à jouer...
    Je dois interrompre la députée pour donner au député de Ponoka—Didsbury l'occasion de répondre.
    Monsieur le Président, je vais raconter à tout le monde un incident qui s'est produit à la Chambre. C'est arrivé le jour où l'ancien premier ministre a annoncé la taxe sur le carbone pour les consommateurs. La députée d'en face est venue s'asseoir à mes côtés et a essayé de me convaincre que mes enfants allaient adorer cette nouvelle taxe parce que c'était la chose woke à faire. À l'heure actuelle, mes enfants gagnent beaucoup d'argent, mais vivent toujours dans le sous-sol de ma maison. Ils n'ont pas les moyens de s'acheter une maison parce qu'elle est députée depuis 11 ans, ce qui a fait du pays un véritable désastre.
    Monsieur le Président, je suis heureuse de prendre la parole aujourd’hui, à l'étape de la troisième lecture du projet de loi C-20, qui vise à créer l'organisation bureaucratique Maisons Canada.
    Comme je l'ai mentionné lors du débat qui a eu lieu à l'étape de la deuxième lecture, le projet de loi constitue la dernière tentative des libéraux pour résoudre un problème qu'ils ont créé. Malheureusement, leur solution consiste à établir une nouvelle société d'État, dont ils promettent qu'elle réglera leur problème de logement. Il s'agit ni plus ni moins de leur troisième société d'État.
    Au cours des dix dernières années, les jeunes Canadiens ont vu le prix des loyers et des maisons doubler. L'inflation a grimpé en flèche, ce qui a réduit à néant leur capacité à épargner pour l'avenir. Ils ont perdu espoir de devenir un jour propriétaires.
     Nous nous souvenons tous de la promesse que le premier ministre a faite lors des dernières élections, c'est-à-dire de construire des logements à une vitesse jamais vue depuis une génération. La présente génération s'appauvrit. Depuis, il a multiplié les discours grandiloquents, en rappelant aux Canadiens que, pendant une grande partie de notre histoire, notre pays a su mener à bien des projets cruciaux et construire les logis dont il avait besoin. Je dis délibérément « pendant une grande partie de notre histoire », car au cours des dix dernières années, sous le gouvernement libéral, les entreprises ont été contraintes de réduire leurs effectifs et de mettre à pied des travailleurs, des commerces ont dû fermer leurs portes, et les constructeurs n’ont pas été en mesure de faire des mises en chantier en raison de l’augmentation des coûts et du fardeau réglementaire.
    Après qu'on ait promis de faire construire 500 000 nouveaux logements par année, le directeur parlementaire du budget estime que le nombre de logements construits annuellement au Canada ne sera que de 222 000 en moyenne, ce qui est bien en deçà du nombre dont on a besoin et du nombre promis. Cependant, au lieu de tenir leur promesse de faire construire ces logements, les libéraux créent encore une autre structure bureaucratique. C'est la quatrième fois qu'ils essaient d'avoir recours à la bureaucratie pour tenter de résoudre la crise du logement qu'ils ont créée.
    Pendant que le gouvernement libéral continue de dire aux jeunes Canadiens qu'il y aura bientôt des solutions, que le gouvernement tiendra ses promesses et qu'il a seulement besoin d'un plus de temps, les jeunes se lèvent chaque matin en ayant moins espoir de verser une mise de fonds sur une maison, de démarrer une carrière qui répondra à leurs besoins ou de fonder une famille. Après avoir passé 10 années à se tromper, de combien de temps les libéraux ont-ils besoin pour bien faire les choses?
    Nous apprenons maintenant que leur grande proposition consiste à créer une autre structure bureaucratique. Le gouvernement est tellement déconnecté de la réalité qu'il croit qu'en faisant sans cesse la même chose, il obtiendra, on ne sait trop comment, un résultat différent. Plutôt que d'abroger des réglementations ou des lois trop contraignantes, le plan des libéraux consiste à créer une autre énorme société d'État de plusieurs milliards de dollars pour faire ce que le secteur privé fait déjà, sauf que les choses iront plus lentement, coûteront plus cher et nécessiteront plus de formalités administratives.
    Le bilan des libéraux en matière de surveillance des sociétés d'État n'est pas brillant non plus. Pensons à Postes Canada. Sous le gouvernement, la société d'État est devenue insolvable et elle a reçu non pas un, mais deux prêts de 1 milliard de dollars que les contribuables doivent payer. Tout ça parce que les libéraux n'ont pas agi et ont attendu cinq ans pour approuver le plan stratégique de Postes Canada.
    La Banque de l'infrastructure du Canada, une autre société d'État, a accordé un prêt de 1 milliard de dollars à une entreprise chinoise de construction navale au lieu de donner ce travail à des travailleurs compétents en Colombie‑Britannique.
    Quant à la Société immobilière du Canada, sa responsabilité d'aménager des propriétés fédérales et de les convertir en logements appartiendra désormais à Maisons Canada. Les six projets qui ont été annoncés, comme mon collègue l'a souligné plus tôt, avaient déjà été approuvés et l'aménagement était bien entamé. Seulement 49 % des terrains fédéraux que la Société immobilière du Canada s'était engagée à aménager seront effectivement aménagés d'ici 2028. Selon la vérificatrice générale, il faut de six à huit ans pour aliéner un bien immobilier fédéral. Ces retards ne sont pas des incidents isolés. Il s'agit d'une longue série d'échecs qui témoignent d'un véritable manque de volonté de s'attaquer sérieusement au problème. Il n'y a aucune raison de croire qu'en transférant ces propriétés vers une nouvelle entité bureaucratique, les choses s'accéléreront et deviendront plus efficaces.
    Une réorganisation, ce n'est pas une réforme, sauf que le message ne semble pas passer. Croire que c'est en payant des conseillers stratégiques pour qu'ils siègent au conseil d'administration de structures bureaucratiques qu'on obtient des résultats dénote un manque de créativité et un refus de reconnaître qu'une nouvelle approche s'impose.
(1630)
    Ce n'est pas parce que le gouvernement recommence à jouer un rôle dans le domaine de la construction qu'il doit retenir les services d'experts-conseils ni multiplier les délais, au contraire. Ce n'est pas en formant un nouveau conseil d'administration qu'on réglera la crise de l'offre qu'ont causée les libéraux. Ce qu'il faut aux constructeurs, c'est que les coûts de construction diminuent, et pour qu'ils diminuent, il faut faire baisser les dépenses attribuables aux pouvoirs publics, en prenant conscience que ces dépenses ne se limitent pas aux droits d'aménagement ni à la TPS qui est facturée à la vente d'une maison. Ces dépenses se cachent aussi dans les règles byzantines qui constituent le premier obstacle à toute mise en chantier, des règles qui nuisent à la concurrence, qui ralentissent les projets et qui font graduellement grimper les prix.
    Ce n'est pas en livrant concurrence à l'industrie, avec une enveloppe de 13 milliards de dollars puisés à même les deniers publics qu'elle a elle-même payés, qu'on stimule ses activités. Ce n'est pas en alourdissant des démarches déjà beaucoup trop complexes qu'on arrive à faire bâtir des logements. Je précise que, selon l'OCDE, le zonage restrictif et les régimes d'approbation fragmentés entre divers pouvoirs publics comptent parmi les principaux obstacles à l'élargissement de l'offre de logements au Canada. Or, Maison Canada ne réglera aucunement ces problèmes, ce qui se traduira par un coût humain bien réel.
    Les jeunes Canadiens sont contraints de travailler plus longtemps dans l'espoir d'accéder un jour au marché immobilier. Nous devons également reconnaître que l'économie perd du terrain lorsque les travailleurs de la construction sont mis à pied et que la construction ralentit, alors même que la nécessité de bâtir, de créer des emplois et de faire baisser les prix n'a jamais été aussi pressante.
    Construire est devenu complexe, et le fardeau réglementaire s'est alourdi. Les Canadiens n'ont pas besoin qu'on leur rappelle l'époque où on construisait au pays. C'est plutôt au gouvernement ici même, à Ottawa, qu'il faut rappeler qu'il laissait autrefois les bâtisseurs bâtir. Si le gouvernement libéral entend réellement résoudre la crise du logement qui frappe le pays, il doit cesser de rejeter la faute ailleurs et revoir son approche. On en a bien besoin dans la capitale. C'est ainsi qu'on pourra livrer les résultats escomptés pour les Canadiens.
    Le changement rend souvent mal à l'aise. Il faudrait abandonner l'idée qu'« Ottawa a toujours raison » et revenir au gros bon sens: laisser les jeunes innover, permettre aux entreprises de s'adapter et laisser le marché stimuler la croissance. Comme client, le gouvernement ne peut pas soutenir indéfiniment la demande, ni créer à lui seul les emplois nécessaires ou loger tous les Canadiens. Il ne devrait d'ailleurs pas chercher à le faire. Les Canadiens comptent parmi les personnes les plus compétentes au monde. Le gouvernement ne doit pas l'oublier.
    On ne devrait pas demander aux jeunes Canadiens de faire plus de sacrifices qu'ils n'en ont déjà fait. Ils méritent qu'on leur donne une vraie chance de travailler fort afin de trouver le logement qui leur plaît, de bâtir la vie qu'ils souhaitent et de fonder une famille. Les 500 000 logements par an nécessaires pour nous sortir de la crise ne seront pas construits par une quatrième instance bureaucratique chargée du logement dont les formalités administratives bloquent les projets. Ce sont les constructeurs et les travailleurs compétents qui construisent, pas les conseils d'administration.
    Les Canadiens n'ont pas à se contenter d'un projet de 13 milliards de dollars dont les retombées se limitent à 5 000 logements par année. Il est possible de faire mieux, mais pour y arriver, il faut du changement, pas du réchauffé. Or, ce projet de loi n'est rien d'autre que du réchauffé.
(1635)
    Monsieur le Président, je sais que nous parlons de Maisons Canada et de la création de cet organisme indépendant. L'intervenante précédente a mentionné qu'aucun logement n'avait été bâti. En mars, j'ai assisté à l'inauguration d'un immeuble de 30 logements de transition dans ma circonscription. J'ai donc constaté que nous bâtissons des logements dans ma propre circonscription. Nous bâtissons pour assurer l'offre qui permettra à un plus grand nombre de Canadiens de trouver un logement et d'acheter leur première maison.
    Par conséquent, je ne sais pas trop pourquoi les députés d'en face disent qu'aucun logement n'est bâti, alors que je sais pertinemment qu'on en a bâti dans ma circonscription. D'ailleurs, le site de Longueuil a été l'un des six sites initialement retenus.
    Monsieur le Président, je me contenterai de faire cette suggestion: la députée n'a pas besoin de me croire sur parole. Elle n'a pas non plus besoin de croire ce que disent mes collègues de ce côté-ci de la Chambre. Elle devrait peut-être relire le rapport de la vérificatrice générale ou celui de la directrice parlementaire du budget, déposé l'automne dernier. Dans son rapport de l'année dernière, la vérificatrice générale a constaté un manque flagrant de transparence dans la communication des chiffres relatifs aux initiatives gouvernementales en matière de logement, ce qui sape encore davantage la confiance des Canadiens dans la capacité du gouvernement à résoudre la crise du logement. Selon sa propre définition des logements, le gouvernement refuse d'être transparent sur les types de logements qu'il fait bâtir et sur la question de savoir s'ils répondront aux besoins des familles. Je rappellerais à la députée qu'elle doit également examiner ce que d'autres disent au sujet de cette crise et sur la façon dont le gouvernement s'y prend.
     Monsieur le Président, je remercie ma collègue de Sentier Carlton—Eagle Creek pour sa maîtrise des chiffres et des faits. Je tiens à souligner qu'il y a 11 ans, la mensualité moyenne d'un prêt hypothécaire s'élevait à 1 432 $. Après 10 années de gouvernement conservateur, le loyer mensuel moyen s'élevait à 973 $.
    La députée pourrait-elle expliquer à la Chambre qu'au Canada, un tiers du coût de construction d'une habitation est imputable aux taxes, aux frais, aux prélèvements, aux retards et aux permis imposés par le gouvernement? Dans ma collectivité d'Hamilton, en Ontario, ce pourcentage atteint même 36 %, ce qui fait grimper le coût du logement et empêche les jeunes d'accéder à la propriété.
    Monsieur le Président, mon collègue comprend probablement les chiffres beaucoup mieux que moi. Je dirai simplement ceci: je suis mère de quatre enfants adultes qui ont récemment acheté des maisons, et le coût pour accéder à la propriété est astronomique. Nous savons que les jeunes Canadiens rêvent encore de devenir un jour propriétaires, et nous savons que le gouvernement perd un temps précieux en créant des structures bureaucratiques au lieu d'essayer de trouver une solution différente pour une fois afin de régler le problème et de réussir à construire plus de logements pour nos jeunes.

[Français]

    Monsieur le Président, le projet de Maisons Canada n'est pas un mauvais projet puisqu'on vit une crise du logement et que toute démarche qui vise à corriger la situation n'est que bienvenue.
     Toutefois, selon la façon dont on a libellé ce projet de loi, le gouvernement fédéral se trouve à empiéter sur des champs de compétence du Québec et des provinces, ce qui me met toujours un peu mal à l'aise. Il y a eu une entente entre Québec et Ottawa sur un certain nombre de choses, ce qui devrait permettre de colmater des brèches.
    J'aimerais que ma collègue me dise ceci. Quant à elle, n'y aurait-il pas eu lieu de plutôt transférer simplement de l'argent aux provinces en leur proposant de voir au logement dans chaque province et au Québec en fonction des priorités et des problématiques que vit chacune des provinces canadiennes?
(1640)

[Traduction]

    Monsieur le Président, il ne fait aucun doute que les partenariats entre les municipalités, les provinces et le gouvernement fédéral sont importants dans ce dossier. Les conservateurs estiment que l'objectif de ces partenariats en matière de logement devrait être de réduire les coûts et les retards qui empêchent la construction de logements, et ce, en collaboration avec d'autres ordres de gouvernement.

[Français]

     Monsieur le Président, je vais simplement indiquer que je vais partager mon temps de parole avec la toujours pimpante députée de South Shore—St. Margarets.
    Je veux parler d'un schéma répétitif de la part du gouvernement. Moi, je vois ça, il me semble, depuis le début de cette législature. Il y a deux crises qui nous touchent. Je vais prendre deux crises importantes qui nous touchent, même s'il y en a peut-être plus. Il y a la crise du logement, d'une part, et il y a la crise tarifaire, d'autre part.
    Dans une vie précédente, quand j'étudiais en philosophie, on nous donnait une définition de « crise » qui était assez simple. C'est quand un organisme traverse une période qui le répartit entre la vie ou la mort. Répondre à une crise, c'est donc s'assurer de la survie d'un organisme. Si on n'y répond pas, cet organisme va mourir. C'était une définition que j'avais dans mes cours de philosophie.
    Qu'est-ce que ça suppose? Pourquoi dis-je ça? C'est parce que, finalement, quand on est en période de crise, il faut une action prompte qui donne des résultats. Une crise cardiaque, c'est peut-être le meilleur exemple. Si on fait une crise cardiaque, on ne se satisferait pas de mes commentaires si je disais de ne pas lâcher et de respirer parce que ça va finir par passer. On voudrait une action prompte. On voudrait avoir des soins pour arriver à maintenir son organisme.
    Ce que je vois aujourd'hui de la part du gouvernement, c'est justement un manque d'actions qui sont promptes. Là, on est devant Maisons Canada et je vais donner un exemple. Chez nous, dans ma circonscription, il y a un organisme qui s'appelle Loge m'entraide, qui avait son financement de la Société d'habitation du Québec, ou SHQ, pour faire du logement social et qui devait recevoir de l'argent du FLA, soit le Fonds pour le logement abordable, qui venait de la SCHL.
    Ça, c'était au début, en 2024. Cet organisme avait son financement de la SHQ. Les gens de la SCHL disaient que si on avait du financement de la SHQ, on devrait recevoir de l'argent du Fonds pour le logement abordable. Quelques mois se sont écoulés. Le Fonds pour le logement abordable a disparu. Le gouvernement a dit qu'il allait avoir une nouvelle entente avec les provinces et qu'on reviendrait par la suite pour voir si les projets de la SHQ allaient se qualifier.
     Il s'est écoulé à peu près 18 mois depuis et les gens de l'organisme Loge m'entraide attendent toujours leur financement du gouvernement fédéral. On s'est débarrassé du FLA qui devait être refinancé par le gouvernement dans le budget, mais, dans ce dernier, finalement, ce qu'on a appris, c'est qu'il allait avoir un nouveau programme. Ce nouveau programme allait régler tous les problèmes. Ce nouveau programme, c'est Maisons Canada, mais, en attendant, il n'y a pas de construction de logement social chez nous parce que le gouvernement fédéral n'est pas capable de répondre à la crise.
    Un autre élément qui m'apparaît essentiel, c'est que, tout au long de la campagne électorale, et même après, j'ai entendu le premier ministre et le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, dire qu'il y a un secteur qui est particulièrement touché par les droits de douane depuis 2017 et que c'est le secteur forestier. Nous, nous vivions avec ça, les droits de douane de la part des Américains, avant même la crise tarifaire. Ces deux personnes nous disaient qu'elles savaient qu'il y a un secteur particulièrement touché, celui du bois d'œuvre, mais qu'elles allaient régler cette question avec un vaste chantier. Le premier ministre a dit ça pendant la campagne électorale. Le ministre des Ressources naturelles a répété ça ad nauseam. Ils disaient qu'ils allaient régler ça par un vaste chantier qui allait permettre de bâtir des maisons avec le bois canadien.
    Moi, je suis un gars qui aime la coopération. Je me suis dit que nous demandons ça, nous, depuis que je suis arrivé ici en 2019 et que ce gouvernement a peut-être compris qu'il devait soutenir l'industrie forestière.
    Or, où sommes-nous rendus aujourd'hui? Si je regarde dans le projet de loi constituant Maisons Canada, y a-t-il quelque chose qui indique clairement qu'on doit utiliser le bois canadien? Je ne sais pas si on l'a vu, mais, moi, je ne l'ai pas vu. Il n'y a absolument rien qui indique, outre les vœux pieux de la part des gens du Parti libéral, que les constructions vont se faire en bois. C'est donc une autre crise qui est majeure, celle du bois d'œuvre, qui touche principalement le Québec, qui touche aussi un peu l'Ontario et qui touche également la Colombie‑Britannique, mais absolument rien là-dedans ne nous dit que le gouvernement fédéral veut privilégier le bois comme matériau, outre les déclarations qui ont été faites.
    Si je dis ça, c'est que c'est très important parce que je me rappelle qu'en 2025, pour la première fois, un gouvernement fédéral a dit en réponse à la crise qui touche le bois d'œuvre qu'il allait fournir des liquidités. En août 2025, le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles a dit qu'il y aurait un programme d'accès aux liquidités pour les gens du secteur forestier qui traversent une des pires crises qu'ils ont jamais vécue.
(1645)
    De huit à neuf mois plus tard, des gens m'ont contacté, dans ma circonscription, pour me dire qu'ils aimeraient avoir accès au programme de la Banque de développement du Canada, la BDC, mais il est encore flou et les règles sont tellement difficiles à comprendre que je ne connais personne qui y a accès. De huit à neuf mois plus tard, nous sommes en période de crise, comme je le disais tout à l'heure. Si on fait une crise cardiaque, on veut des résultats tout de suite. De huit à neuf mois plus tard, absolument rien n'a été fait pour soutenir le secteur forestier. Le gouvernement fédéral annonce alors qu'il va lancer une vaste stratégie pour construire des bâtiments en bois.
    Comment est-il possible de construire des bâtiments en bois quand la majorité des entreprises, que ce soit les petites scieries ou les producteurs de bois d'œuvre, sont en train de fermer?
    Comment peut-on recréer cette dynamique quand on laisse les compagnies du secteur forestier mourir?
    Pourtant, nous nous sommes assis et nous avons fait des propositions. Nous sommes en mode « collaboration ». Parfois, c'est vrai que nous critiquons à la Chambre les mesures du gouvernement. Cependant, nous lui avons proposé quelque chose. La première chose que nous avons faite a été d'aller voir les gens du secteur forestier pour leur dire qu'il y aura des perspectives d'affaires. Le gouvernement veut lancer un vaste chantier, on leur a donc demandé ce qu'ils pouvaient offrir. Ces gens nous ont dit que, avant d'être en mesure d'offrir quelque chose, leurs compagnies doivent rester en vie, elles doivent passer à travers la crise tarifaire actuelle avec les États‑Unis, et la meilleure solution pour y arriver serait que le gouvernement avale une partie des droits antidumping et compensateurs à la fin de chaque mois.
    Aujourd'hui, un montant de plus de 13 milliards de dollars est retenu captif à la frontière en fidéicommis par les Américains. Ce montant appartient au secteur forestier. S'il était possible d'injecter 13 milliards de dollars dans cette filière, tout le monde serait aux anges. Par contre, ce montant de 13 milliards de dollars est captif. Les gens du secteur forestier sont quand même conciliants. Ils ne souhaitent pas se faire rembourser ce montant tout de suite. Ils veulent épuiser les recours disponibles auprès des tribunaux de commerce international. Entre-temps, il souhaite demander au gouvernement d'avaler 50 % de ces droits compensateurs, antidumping et de douane à la fin de chaque mois. Un droit de douane de 10 % amène le montant total des droits de douane à 45 %. De plus, ce n'est pas une subvention, parce qu'éventuellement, ce problème va se régler. L'industrie forestière demande au gouvernement d'adopter cette suggestion pour qu'elle soit en mesure de maintenir l'écosystème en vie. Quand il y aura une relance de la construction, les compagnies forestières seront présentes et elles n'auront pas toutes disparu.
    Le gouvernement a refusé cette solution.
    Une autre solution lui a été proposée pour maintenir l'écosystème et la chaîne de valeur qui nous permet de faire des constructions en bois. On lui suggérait de donner l'équivalent d'une subvention salariale, ce qui était simple pour lui.
    Le gouvernement a aussi refusé cette solution.
    La semaine dernière, le gouvernement a annoncé en grande pompe ce qu'était la stratégie du groupe de travail. Elle est fort intéressante. On nous a parlé de 10 milliards de dollars sur 10 ans. Ce montant sera-t-il réellement distribué? Je ne le sais pas, mais cette mesure a été annoncée en grande pompe.
    Aujourd'hui, y a-t-il des solutions et des résultats probants permettant au secteur forestier de répondre à ce que sera le vaste chantier des projets de Maisons Canada? Il n'y a absolument rien.
    Pour finir, Maisons Canada est une belle stratégie, mais, au bout du compte, il ne se passe absolument rien. Ce gouvernement exprime des vœux, mais il passe à l'action de façon très lente. C'est ce qui est décevant.
    J'ai hâte d'entendre les questions de mes collègues à ce sujet. J'ai aussi hâte de voir leur bilan à ce jour.
(1650)
    Avant de passer aux questions et commentaires, et conformément à l'article 38 du Règlement, je dois faire connaître à la Chambre les questions qu'elle abordera à l'heure de l'ajournement ce soir, à savoir: le député de Calgary Crowfoot, Les finances; le député de Courtenay—Alberni, Le transport maritime; et le député de York—Durham, Le logement.

[Traduction]

     Monsieur le Président, je reconnais que l'industrie forestière au Canada fait l'objet de préoccupations et de problèmes très graves. Au moyen de la politique « Achetez canadien » et d'autres initiatives, le gouvernement fait tout ce qu'il peut pour soutenir cette industrie.
    La question que je souhaite poser au député concerne le projet de loi lui-même. La Loi sur Maisons Canada permettrait au gouvernement du Canada, en toute indépendance, de collaborer avec les divers pouvoirs publics. Cette collaboration s'est avérée très fructueuse avec le gouvernement du Québec, dans le cadre de l'accord qui a été conclu. Je me demande si le député pourrait simplement donner son point de vue à la Chambre sur les raisons pour lesquelles il est important que ce projet de loi soit adopté et que l'on travaille en collaboration avec les divers intervenants.

[Français]

     Monsieur le Président, comme je l'ai dit tantôt, je suis en mode collaboration. Cependant, il n'y a pas de résultat. Des fois, je me questionne quant à l'intérêt du gouvernement pour la filière forestière.
    Le truc qui m'a le plus frappé dans la mise à jour économique intitulée « Un Canada fort pour tous », c'est que, quand on cherche les mots « forêt » ou « foresterie », ils n'apparaissent que six fois. Or, quand on cherche les mots « pétrole » ou « entreprise pétrolière », ils apparaissent 153 fois. Un Canada pour tous, c'est donc le Canada de l'énergie de l'Ouest canadien. Ce n'est pas le Canada du secteur forestier.
    La politique, comme on le sait, est un rapport de force, et, malheureusement, présentement, lorsqu'il est question de l'industrie forestière, notre rapport de force est inexistant.

[Traduction]

    Monsieur le Président, ma question est simple. Le Bloc appuiera-t-il ce projet de loi? S'il le fait, comment peut-il justifier son appui à un projet de loi qui n'apporterait pas de résultats concrets aux Canadiens ni de soutien réel à l'industrie forestière? Le député peut-il préciser si son parti entend appuyer ce projet de loi?

[Français]

    Monsieur le Président, notre position est assez simple: nous souhaitons qu'il y ait davantage de construction de logements et nous souhaitons qu'un soutien arrive pour l'industrie forestière.
    Notre critique porte sur la lenteur d'action du gouvernement. S'il ne passe pas à l'action immédiatement pour soutenir le secteur forestier, le gouvernement aura perdu, dans ce secteur d'activité économique, les forces vives. Des petites régions comme la mienne, que ce soit au Saguenay—Lac‑Saint‑Jean, en Abitibi ou sur la Côte‑Nord, sont dévitalisées et vont en payer le prix. Le gouvernement fait la sourde oreille et n'est pas prêt à écouter les demandes légitimes de l'industrie. Il est encore au stade de l'annonce et non pas à celui de réponse à la crise.
    Nous allons quand même voter pour cette initiative. Si elle arrive à terme et qu'elle est bonne pour tout le monde, nous ne voterons pas contre. Le but n'est pas de s'opposer pour s'opposer. Ce n'est pas ce que nous faisons, nous.
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de Jonquière de son discours toujours passionnant et passionné comme lui.
    J'étais quand même étonné lorsque je l'écoutais parler. Dans ma tête à moi, construire une maison, ça commence avec du bois. Je pense qu'on pourrait poser la question à n'importe quel enfant de 6 ans à l'école. Si on lui demandait de quoi on a besoin pour construire une maison, la première chose qu'il dirait, c'est du bois. Mon collègue nous dit, que, dans le budget, il n'est pas question de bois, sauf six fois en je ne sais pas combien de pages. On pourrait penser que c'est un oubli, sauf que j'ai compris que mon collègue de Jonquière a fréquemment interpellé les membres du gouvernement pour leur demander ce qu'ils faisaient avec l'industrie forestière. Malheureusement, il semble qu'ils aient fait la sourde oreille.
    Mon collègue est-il capable de nous expliquer l'espèce d'insensibilité ou de fermeture des membres du gouvernement quant à l'industrie forestière?
(1655)
    Monsieur le Président, c'est une excellente question. C'est assez simple: le gouvernement fédéral n'a jamais voulu faire la bataille sur le bois d'œuvre. On est à la merci des Américains. Non seulement ça, on a un secteur d'activité économique qui ne peut même pas bénéficier de l'aide du gouvernement fédéral actuellement, puisqu'on est renvoyé constamment à Affaires mondiales Canada et on se fait dire non.
    Ce que fait le gouvernement fédéral depuis les 10 dernières années est odieux. Il a laissé cette situation empirer et, aujourd'hui, on vit avec des consolidations dans le secteur forestier qui sont épouvantables.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour exprimer mon soutien entier au projet de loi C‑20, la Loi sur Maisons Canada. Je le fais en tant que fière députée de South Shore—St. Margarets. Chaque jour où nous avons l'occasion de parler au nom des habitants de notre circonscription est toujours un grand jour.
    Je souhaite parler aujourd'hui de la crise du logement au Canada et du fait qu'elle n'est pas seulement théorique. C'est un sujet dont les résidents, les entrepreneurs et les dirigeants de ma collectivité me parlent chaque jour. Dans toutes les collectivités de ma région, de Shag Harbour à Tantallon, le message est clair: nous avons besoin de plus de logements, non pas un jour ou plus tard, mais dès maintenant.
    Dans South Shore—St. Margarets, le défi ne tient pas seulement à l'abordabilité, mais aussi à la disponibilité. La plupart des points dont nous avons parlé aujourd'hui portent sur l'un de ces deux aspects. Je voudrais aborder notre capacité à répondre à la fois aux enjeux de l'abordabilité et de la disponibilité.
    Des employeurs à South Shore—St. Margarets souhaitent recruter, mais ils ne parviennent pas à attirer de travailleurs, car il n’y a parfois nulle part où les loger. Nous avons également besoin d’infrastructures pour soutenir cela. Nous avons de jeunes familles qui souhaitent rester dans la collectivité, mais qui n’ont pas les moyens d’acheter une maison. Nous avons des aînés qui souhaitent vieillir chez eux, au sein de la collectivité, mais qui ont peu d’options. Nous avons des communautés en pleine croissance qui sont freinées, non pas par un manque de débouchés, mais par un manque d’offre de logements. Il ne s’agit pas seulement d’un problème de logement. C’est un problème économique, un problème de main-d’œuvre et aussi un problème de viabilité communautaire.
     Je ne veux pas passer pour une pessimiste. Expliquons maintenant pourquoi le projet de loi C‑20 est si important. Il vise à constituer Maisons Canada en société d'État, comme nous en avons discuté aujourd'hui à la Chambre, en lui conférant l'indépendance, la souplesse et les outils nécessaires pour réellement construire des logements à l'échelle requise. Il s'agit ici de passer à l'action.
    Maisons Canada ne financerait pas les projets un à un. Cette société d'État agirait à titre de bâtisseur, de partenaire et de catalyseur, et travaillerait de concert avec les municipalités, les provinces, les communautés autochtones, les organismes sans but lucratif, les coopératives et le secteur privé. C'est une occasion qui est aussi soutenue par un financement initial de 13 milliards de dollars pour démarrer le travail.
    Je tiens à parler sans détour de ce que les gens de ma circonscription m'ont dit. J'ai rencontré des promoteurs, des constructeurs, des gens de métier et des organismes de logement communautaire, et ils sont tous d'accord sur une chose: ils sont prêts à construire, mais ils ont besoin de conditions propices. Dans certains cas, ils doivent avoir accès à des terrains. Ils ont besoin d'un financement adapté au marché d'aujourd'hui. Mais surtout, ils ont besoin d'infrastructures pour soutenir la croissance. Sans infrastructures, on ne peut pas construire de logements.
    Dans South Shore—St. Margarets, nous voyons déjà quel type de collaboration permet la construction de logement. Dans ma circonscription, le partenariat entre la Municipalité du district de Lunenburg et la ville de Bridgewater est un excellent exemple. Elles ont dirigé une coentreprise pour leur système de traitement des eaux usées, et c'est exactement le genre d'investissement progressiste dont nous avons besoin.
    Il y a quelques mois à peine, j'ai été très fière de faire partie des quelques députés qui ont fait certaines de nos grandes annonces à cet égard. Lorsque les municipalités travaillent ensemble, elles peuvent élargir des infrastructures essentielles comme les réseaux d'aqueduc et d'égout, et elles peuvent libérer le potentiel de construction de logements à grande échelle. Ce sont des investissements fondamentaux, et les choses stagnent depuis trop longtemps à cet égard. Nous l'avons constaté au gouvernement, et le nouveau gouvernement est là pour y remédier. L'organisme Maisons Canada en est conscient. Il comprend que, si nous voulons que des logements soient construits, nous devons également soutenir les systèmes qui permettent de les construire.
    Une autre raison pour laquelle ce projet de loi est important pour les habitants de ma circonscription rurale de la Nouvelle‑Écosse, c'est qu'il tient compte des divers besoins en matière de logement. L'abordabilité du logement dans South Shore—St. Margarets n'est pas la même que dans de nombreuses autres régions et dans les centres urbains.
(1700)
    C'est pourquoi Maisons Canada utilise une définition de l'abordabilité qui est fondée à la fois sur le lieu et sur le revenu afin de garantir que les logements reflètent la réalité des revenus locaux. C'est important parce que les logements doivent être véritablement abordables pour les gens qui vivent et travaillent dans nos collectivités, et non parce qu'ils correspondent à une moyenne nationale abstraite.
    J'ai également été très impressionnée par l'une des tables rondes avec notre ministre que j'ai aidé à organiser l'été dernier, alors qu'il parcourait le pays pour écouter les Canadiens et apprendre d'eux. Il leur apporte maintenant des réponses grâce à ce projet de loi. Lors de ces tables rondes, j'ai rencontré des promoteurs et tout un éventail de constructeurs qui m'ont fait part de leurs préoccupations, tant positives que négatives, voire parfois très critiques, en réponse à la tenue de ces consultations par le ministre.
    Les collectivités rurales sont souvent négligées dans les stratégies nationales de logement, mais nous savons qu'elles sont essentielles à l'économie, à la culture et à l'identité du Canada. Que ce soit dans les secteurs de la foresterie, des pêches, du tourisme ou de la petite entreprise, les régions rurales comme la nôtre jouent un rôle vital. Cependant, sans logement, comment pouvons-nous soutenir cette vitalité? La reconnaissance des besoins des régions rurales dans le projet de loi C‑20 comprend un soutien pour les infrastructures, les transports et la revitalisation des collectivités. Il s'agit d'un important pas en avant.
    Ce projet de loi porte également sur le partenariat, et dans South Shore—St. Margarets, car c'est grâce à des partenariats que nous faisons avancer les choses. Les municipalités collaborent. Des organismes sans but lucratif et des coopératives se mobilisent. J'ai récemment assisté à l'annonce de la mise en chantier d'une coopérative d'habitation partagée de huit logements dans la petite ville de Liverpool. Ce n'est que huit logements, mais c'est énorme dans nos petites municipalités rurales et côtières.
    Nous voyons également des dirigeants travailler en commun pour concevoir des projets de plus grande envergure. Maisons Canada servira justement à soutenir ce type de collaboration, car lorsque les collectivités peuvent compter sur les ressources fédérales et la capacité du secteur privé, il est possible de transformer les idées en chantier et les plans en logements concrets.
    Nous souhaitons également mettre en avant certaines de ces possibilités économiques dans le cadre de cette initiative. Le programme Maisons Canada ne se limite pas au logement. Il vise à renforcer les capacités au Canada. Il s'agit de recourir à la main-d'œuvre, aux matériaux et à l'expertise canadiens. Pour la circonscription de South Shore—St. Margarets, cela se traduit par des opportunités pour les gens de métier. Cela signifie également des opportunités liées au secteur forestier et aux chaînes d'approvisionnement. Nos collègues viennent d'évoquer le manque de soutien au secteur forestier. J'ai rencontré des représentants de plusieurs scieries de ma circonscription ainsi que certains des fabricants de maisons préfabriquées pour discuter de ce qu'ils font concrètement pour construire ces maisons au moyen de la chaîne d'approvisionnement locale. Leurs efforts mènent à de bons emplois qui font vivre les familles de notre région. C'est comme si des entreprises familiales multigénérationnelles telles que Freeman Lumber, dans ma circonscription, collaboraient avec d'autres comme Lloyoll Prefabs, Walls et CLATTCO Construction, toujours dans ma circonscription, autour d'un objectif commun: offrir un toit aux gens. À l'heure où l'incertitude mondiale s'accroît, investir dans l'industrie canadienne permet de résoudre les problèmes liés à la pénurie de logements. C'est la bonne approche. L'innovation est essentielle.
    Je tiens à répondre directement à l'idée selon laquelle ce projet de loi crée une structure bureaucratique inutile. En tout respect, je ne suis pas d'accord. Ce projet de loi vise à rationaliser, et non à ajouter des niveaux. Maisons Canada rassemble l'expertise, les outils de financement et les partenariats au sein d'une seule organisation ayant un objectif clair.
    La crise du logement ne s'est pas manifestée et ne sera pas résolue du jour au lendemain. Ce que les Canadiens attendent de nous, c'est que nous allions de l'avant. Ils s'attendent à ce que nous travaillions ensemble. Ils s'attendent à ce que nous prenions des mesures audacieuses et concrètes. Le projet de loi C‑20 est l'une de ces mesures. Pour la jeune famille de Bridgewater qui travaille et cherche à acheter sa première maison, pour l'infirmière qui envisage de travailler sur la Rive-Sud, mais qui ne parvient pas à trouver de logement, et pour la personne âgée de Lunenburg qui souhaite rester près de sa communauté, ce projet de loi est important.
(1705)
    Monsieur le Président, les données de la directrice parlementaire du budget indiquent que, s'il était adopté, ce projet de loi ne permettrait de créer qu'à peine 1 % des logements nécessaires chaque année. Comment une députée peut-elle justifier de dépenser des milliards de dollars pour une énorme société d'État, alors que cela n'aurait qu'un impact négligeable sur la crise du logement?
    Monsieur le Président, j'aimerais parler à mon collègue de l'Ontario de Carolyn Whitzman. J'ai siégé au comité HUMA, où nous avions ce dossier à étudier. Je voudrais lire une citation de Mme Whitzman concernant Maisons Canada et la nécessité pour cette entité de bénéficier de l'indépendance d'une société d'État. Elle a déclaré qu'il était évident dès le départ que l'on fusionnait la Société immobilière du Canada existante. La véritable question portait ici sur l'abordabilité, les cibles et le rendement économique et social attendu, ainsi que sur la nécessité de ces plans pour une stratégie nationale en matière de logement. Elle en était une fervente partisane.
    Par conséquent, je voudrais rappeler à mon collègue que nous avons des gens qui font le travail et j'aimerais beaucoup voir la réceptivité de notre ministre à ce sujet.

[Français]

    Monsieur le Président, c'est un peu toujours la même chose.
    Le gouvernement fédéral propose des stratégies. C'est le cas du programme Maisons Canada. Il propose aussi d'outiller à nouveau le secteur forestier, mais cela ne se fera pas en six mois. On va en voir les résultats sur 10 ans.
    Le gouvernement fédéral n'est pas assez agile pour agir dans des délais et des temps raisonnables.
    C'est pour cela que, dans mon intervention de tout à l'heure, je donnais l'exemple du Fonds pour le logement abordable, qui est passé de la SCHL à Maisons Canada et qui fait en sorte qu'aujourd'hui, les projets qui auraient obtenu ce financement il y a une dizaine de mois se retrouvent à attendre.
    C'est ça, le problème de ces initiatives.
    Ma collègue vit peut-être la même chose dans sa circonscription.

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous vivons des expériences similaires dans nos circonscriptions. J'ai beau habiter dans une circonscription côtière, nos localités ont leur fierté.
    Je dirai à mon collègue que le nouveau gouvernement est arrivé au pouvoir il y a seulement un an. Nous jetons les bases des infrastructures. Nous tentons de faire adopter ce projet de loi qui permettrait de tout débloquer et de lancer des chantiers. Dans ma propre circonscription, il y a eu de nombreuses annonces et de nombreuses mises en chantier.
    J'ai discuté avec les acteurs du secteur forestier de ma circonscription. Mon collègue souhaite parler du manque de soutien de ce secteur. J'ai discuté avec Derek Nighbor, de l'Association des produits forestiers du Canada, pour trouver des moyens de collaborer avec les scieries et les entreprises de construction préfabriquée de ma région et d'établir des partenariats afin de lancer davantage de chantiers de construction de logements privés et coopératifs ainsi que des logements hors marché.
    Monsieur le Président, ma collègue a parlé des municipalités dans son intervention. J'ai déjà été conseillère municipale. Les municipalités doivent toujours jongler avec beaucoup de dossiers en même temps et trouver un certain équilibre. Le logement fait partie des principaux dossiers. Je me demande si ma collègue pourrait nous en dire plus sur le rôle qu'elle envisage pour les municipalités, mais aussi sur les effets positifs que ce projet de loi aurait sur elles.
    Monsieur le Président, en tant qu'ancienne conseillère municipale, l'exemple que j'ai donné dans mon discours d'aujourd'hui concernant notre municipalité et notre district, Lunenburg, ainsi que ma ville, Bridgewater, est celui de personnes qui tentaient de mettre sur pied un grand complexe de logements sociaux juste à l'extérieur de Bridgewater, mais qui ne disposaient pas d'un réseau de traitement des eaux usées. C'est pourquoi ils collaborent avec la ville. Ils travaillent avec la municipalité et mettent sur pied un projet d'envergure qui va venir en aide à plus de 3 000 personnes dans ma circonscription; ces partenariats sont donc essentiels.
    J'aimerais demander aux députés qui s'opposent à ce projet de loi s'ils se sont entretenus avec tous les principaux acteurs et intervenants. Que font-ils, en tant que représentants, pour contribuer à la mise en œuvre de ces projets et au lancement des travaux?
(1710)
    Monsieur le Président, je suis heureux de participer au débat sur le projet de loi C‑20, Loi sur Maisons Canada, qui correspond à une promesse faite par les libéraux lors de la campagne électorale de 2025. Je ne me souviens plus du nom du candidat libéral contre lequel je me suis présenté, mais il était très enthousiaste à ce sujet et affirmait qu'il allait faire construire ces logements et que ce serait une excellente politique.
    Je me souviens d'avoir pensé que la Saskatchewan abrite de nombreuses sociétés d'État. Je sais comment fonctionnent les sociétés d’État. J’ai fait partie du gouvernement de la Saskatchewan. Je ne me souviens pas de beaucoup de situations où des sociétés d’État étaient impliquées et où le processus a été rationalisé ou le développement s’est accéléré et les choses ont été menées à bien plus rapidement. Ce n’était pas vraiment le cas lorsque les sociétés d’État s’impliquaient dans le développement à l’échelle locale. Cependant, il y a quelques points que je tiens à soulever dans mon discours.
    Je vais lire le témoignage de véritables experts en construction de logements. Mike Moffatt, de l'Initiative Missing Middle, a dit: « Il manque à Maisons Canada un objectif clair, des cibles précises, des indicateurs de rendement clés et des mesures de reddition de comptes. Le public n'a pas été informé du nombre de logements que le programme permettra de construire, des types de logements qui seront construits, des loyers ou des prix, ni de l'échéancier prévu. »
    Lors d'une séance du Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées, David Wilkes, le représentant de la Building Industry and Land Development Association, a déclaré: « Pour mettre cette crise [du logement] en perspective, en 2025, un peu plus de 5 000 nouvelles maisons ont été vendues dans la RGT, le plus bas niveau enregistré depuis 1981, année à laquelle nous avons commencé à tenir des statistiques. Ce déclin de 80 % par rapport à la moyenne de 10 ans se compare aux années faibles de 2024 et de 2023 ». Il a également ajouté: « Il est important de noter que 95 % du parc immobilier au Canada — dans les marchés de la propriété et de la location — se trouve dans le marché privé ».
    Lors d'une séance du Comité, Scott Andison, le représentant de l'Ontario Home Builders' Association, a déclaré: « Le ralentissement de la construction immobilière ne frappe pas seulement l'industrie du logement; cela entraîne aussi des pertes d'emplois dans les localités, des pertes de revenus pour le gouvernement et la réduction du nombre de maisons où s'épanouissent les familles ». Il a également ajouté: « Puisque notre association représente les constructeurs de logements à l'échelle de la province, nous savons que ce sont les constructeurs, et non pas le gouvernement, qui possèdent l'expertise et les habiletés qui permettront de construire les logements dont la province a besoin ».
     J'ai l'honneur de partager mon temps de parole avec mon collègue, le député de Calgary-Centre.
    Je repense ainsi à l'époque où je faisais partie du gouvernement du Parti saskatchewanais, en Saskatchewan. En 2011, nous avons présenté notre plan de logement. La plupart des libéraux n'en croiront pas leurs oreilles, mais c'était un plan avec des chiffres des objectifs explicites afin de faire savoir ce que nous entendions accomplir. Il comportait 5 volets: Head Start On A Home, Affordable Home Ownership, Rental Construction Incentive, une enveloppe de 35 millions de dollars pour le logement locatif ainsi qu'un partenariat avec Habitat pour l'Humanité. Chacun était chiffré, avec des objectifs respectifs de 1 100, de 600, de 2 900, de 160 et de 30 logements, pour un total donc de 4 690 logements. Les députés sont-ils capables d'imaginer qu'un gouvernement propose un programme en inscrivant noir sur blanc ses objectifs de construction, de manière à ce que la population sache sur quoi porte son vote?
    C'est là mon problème avec le programme Maisons Canada: le gouvernement a mis 13 milliards de dollars sur la table pour créer une toute nouvelle structure bureaucratique. Ce serait super que mes collègues libéraux me disent combien de ces 13 milliards de dollars finiront en primes pour les cadres. De cette enveloppe, quelle somme servira à payer des bureaucrates à Ottawa plutôt qu'à mettre des projets en chantier?
    Nous avons reçu beaucoup d'information sur les primes versées aux dirigeants des sociétés d'État au cours de la dernière année. De combien d'argent parle-t-on exactement? À mon avis, des millions de dollars ont été versés aux dirigeants de sociétés d'État qui n'ont livré aucun résultat.
    Pour ma part, je crains que le projet de loi C‑20 donne lieu à beaucoup de primes pour les dirigeants et très peu de logements pour les Canadiens.
(1715)
    Monsieur le Président, la députée de Waterloo a posé une question à un collègue du député, qui vient de l'Alberta. Je suis entièrement d'accord avec la députée sur le sujet. Des ententes ont déjà été conclues avec l'Alberta et la Saskatchewan pour des projets de logement, et le travail de collaboration avec les différentes administrations se poursuit.
    Le député peut-il être très clair? S'il est contre le projet de loi et contre l'intervention de l'État dans le secteur du logement, qu'il le dise sans équivoque? Aura-t-il l'audace de dire qu'il s'opposera à des projets qu'appuient pourtant tous les ordres de gouvernement?
    Monsieur le Président, je n’ai pas besoin d’être très audacieux. Je pense que les gouvernements provinciaux ont effectivement besoin d’un certain financement fédéral. Je ne pense pas que le gouvernement fédéral ait besoin de créer une autre structure bureaucratique pour écouter les municipalités et les provinces et leur fournir les fonds dont elles ont besoin pour construire des logements. Il n’a pas à se lancer dans la construction de logements. Il peut en effet aider les provinces en matière de financement. Le gouvernement n’a pas à choisir les gagnants et les perdants, bien que les libéraux aiment le faire, j'en suis sûr. Lorsque le programme Maisons Canada aura été réalisé, je suis certain que Brookfield construira de nombreuses maisons au Canada.
    Monsieur le Président, le député a évoqué les primes versées aux dirigeants, et je tiens simplement à souligner que l’entreprise a également accordé d’importantes primes à ses dirigeants, alors qu’elle n’a construit aucun kilomètre de voie ferrée. Je tenais simplement à ce que cela figure également au compte rendu.
    Je voudrais poser quelques questions supplémentaires à mon collègue au sujet des taux d’intérêt et de la valeur de notre dollar, de leurs répercussions sur la construction de logements, et de ce que fait le gouvernement pour influencer ces facteurs.
    Monsieur le Président, nous savons que le dollar canadien s'est déprécié. En fait, son cours a encore baissé ces derniers jours, de sorte que notre dollar n'a plus la même valeur qu'auparavant.
    Pour ce qui est des taux d'intérêt, la situation du dollar canadien et de notre pouvoir d'achat est telle que, plus le gouvernement dépense, plus les déficits s'alourdissent. La directrice parlementaire du budget vient d'indiquer qu'en fait, le déficit sera supérieur de 50 milliards de dollars aux prévisions établies il y a seulement quelques mois. Quand le gouvernement continue de dépenser sans compter, les Canadiens se retrouvent avec moins d'argent dans leurs poches, et l'inflation augmente.
    Les députés ministériels parlent de s'approvisionner en bois pour construire des logements au Canada, mais la fermeture de 36 scieries au cours des deux dernières années en Colombie‑Britannique et au Québec va aussi rendre la construction de logements moins abordable. Malgré ses promesses, le gouvernement n'arrive pas à conclure un accord avec les États‑Unis en ce qui concerne les droits de douane sur le bois d'œuvre.
    Monsieur le Président, mon collègue a soulevé de bons points. Dans ma circonscription, le projet no 1 soumis à Maisons Canada vise à soutenir des gens qui ont une déficience intellectuelle. Nous savons que l'organisation L'Arche Canada aide de nombreuses personnes ayant une déficience intellectuelle. Dans ma circonscription, elle s'appelle L'Arche Comox Valley. Je suis sûr que c'est aussi L'Arche dans Regina—Lewvan.
    À l'heure actuelle, Maisons Canada retarde toutefois le projet. Selon ses responsables, le projet ne répondrait pas aux critères sur les besoins en matière de soutien et de transition. Comment peut-on dire que des personnes ayant une déficience intellectuelle ne répondent pas aux critères sur les besoins en matière de transition? C'est un projet qui est soutenu par L'Arche Canada, sauf que les responsables de Maisons Canada disent qu'ils ne peuvent rien faire en ce moment. Le cabinet du ministre dit qu'il ne peut pas communiquer avec Maisons Canada et s'en mêler. Ces gens, qui comptent parmi les plus vulnérables de la société, n'ont nulle part où aller en ce moment. Ils comptent sur nous.
    Mon collègue pourrait peut-être nous expliquer à quel point cette situation est catastrophique.
    Monsieur le Président, les propos de mon collègue du NPD touchent au cœur de mon argument. Le gouvernement fédéral ne devrait pas choisir les gagnants et les perdants. Le gouvernement provincial et les municipalités peuvent mettre en place des programmes pour fournir des logements à ceux qui en ont le plus besoin. Le gouvernement peut fournir une partie du financement, mais les gens sur le terrain qui s'occupent de construire ces logements devraient être en mesure d'obtenir cet argent pour aider à ce que les logements soient bel et bien construits. Je suis fier d'avoir fait partie du gouvernement de la Saskatchewan qui a mis en place le programme de revenu garanti pour les personnes handicapées. Il faut s'occuper des personnes les plus vulnérables de la société.
(1720)
    Monsieur le Président, au début de l'actuelle législature, j'ai rencontré sur le parquet le nouveau ministre du Logement pour discuter de son portefeuille. Je lui ai alors dit très clairement qu'il devait faire table rase et repartir de zéro, car tous les conseils qui lui avaient été donnés, et ce que j'ai moi-même observé depuis six ans à la Chambre, n'étaient, à mon avis, que de la foutaise, sans compter l'absence de résultats de la Société canadienne d'hypothèques et de logement. Toutes les instances bureaucratiques qui relèvent actuellement de son ministère n'engendrent que des dépenses supplémentaires sans rien accomplir.
    Voilà qui situe mon discours sur ce qui est souhaitable pour le Canada.
    Depuis 2019, le gouvernement fédéral a ajouté ou élargi une bonne dizaine d'initiatives et de programmes d'envergure en matière de logement, sans faire le ménage dans ce qui existait déjà. Résultat: un système fragmenté avec des fonds qui se chevauchent, des programmes de prêts à profusion, des organismes multiples et une énième société d'État en prime. Le tout s'insère dans une stratégie nationale sur le logement de plus de 100 milliards de dollars, conçue non pas comme une solution unique et ciblée, mais comme un ensemble de programmes complémentaires.
    Le problème n'est pas le manque d'initiatives fédérales. Le problème, c'est que cet ensemble de plus en plus grand de programmes ne se traduit pas par la construction du nombre de logements dont les Canadiens ont réellement besoin. Or, au lieu de se concentrer sur les causes de cette situation, le projet de loi nous mettrait sur la mauvaise voie. Le projet de loi C‑20 ne vise pas vraiment à construire des logements. Il vise à créer un autre organe bureaucratique fédéral.
    Il faut être honnête au sujet de ce qui fait grimper le coût du logement au pays. Le principal facteur n'est pas le manque d'idées ou de programmes. Ce sont les coûts de construction, et ces coûts sont de plus en plus déterminés par le gouvernement: les taxes, les frais, la réglementation et les changements constants apportés aux règles du jeu. Lorsque je présidais le conseil pour la croissance économique, c'est ce que des gens de partout au pays nous ont dit. Chaque fois que le gouvernement change le Code du bâtiment, ajoute une exigence ou retarde un permis, cela fait grimper les coûts, et ceux-ci ne disparaissent pas. Ils sont refilés directement à l'acheteur ou au locataire.
    Nous avons vu ce qui se passe quand les gouvernements réagissent de manière excessive en adoptant des politiques de nature générale et autoritaire. En Ontario, les condominiums de 500 pieds carrés dominent maintenant des pans entiers du marché immobilier. Ils ont été construits non pas parce que les familles en avaient besoin, mais plutôt parce que des décisions politiques ont poussé le marché dans cette direction. C'est ce qui se produit quand le gouvernement tente de dicter de manière centralisée les résultats au lieu de permettre au marché de répondre à la demande réelle. La même chose se produit dans ma ville, Calgary.
    Au cours des quatre dernières années, l'administration municipale de Calgary a adopté une politique de rezonage général, qu'elle a présentée comme une solution à la crise des logements abordables. Que s'est-il passé? Selon une évaluation récente, les principaux bénéficiaires de cette approche n'étaient pas les acheteurs de propriété. Ce sont des spéculateurs fonciers et des promoteurs immobiliers qui ont profité de la valeur accrue. Les collectivités ont souffert pendant que le coût de la vie ne s'est pas beaucoup amélioré, et les habitants de Calgary s'en sont aperçus. C'est pourquoi il y a eu un renouveau politique à l'échelon municipal. Des politiciens ont été mis à la porte à cause de leur faux départ et du décalage entre ce qu'ils prétendaient faire et ce qu'ils accomplissaient réellement. Les gens comprennent que le simple fait de changer le zonage partout sans tenir compte des coûts et de la mise en œuvre ne donne pas automatiquement des logements abordables.
    Cela nous amène au projet de loi C‑20. Au lieu de s'attaquer aux facteurs de coût structurels du système, le gouvernement élargirait son empreinte. Maisons Canada disposerait de vastes pouvoirs en matière de financement, d'acquisition de terrains et d'aménagement et entraînerait un coût considérable: 13 milliards de dollars supplémentaires sur cinq ans.
    Cependant, la question que les Canadiens devraient se poser est simple: qu'obtiendrions-nous en échange de cet argent? Les données probantes laissent à penser que ce ne serait pas beaucoup. Même une analyse commanditée par le gouvernement montre que le programme ne permettrait de construire qu'une fraction des logements promis, soit 5 200 logements prévus par année. Parallèlement, nous alourdirions l'appareil gouvernemental en augmentant le nombre d'administrateurs, les frais généraux et les niveaux hiérarchiques. Ce coût ne permet pas de construire des logements. Il alourdit la bureaucratie.
    Il faut aussi tenir compte du coût unitaire. Lorsque le gouvernement intervient en tant que promoteur, les coûts ont tendance à augmenter, et non à diminuer. Les projets prennent plus de temps, les risques augmentent, la reddition de comptes devient moins claire et, au bout du compte, ce sont les contribuables qui doivent assumer ce fardeau. En réalité, nous demanderions aux Canadiens, qui doivent déjà faire face à des coûts de logement élevés, de financer en plus une structure fédérale élargie qui ne comporte pas d'objectifs clairs en matière de réalisation.
(1725)
    Des experts nous ont déjà mis en garde à ce sujet. Ils ont dit au comité que Maisons Canada n'a ni objectifs clairs, ni cibles, ni mécanismes de reddition de comptes. Nous élargirions l'appareil gouvernemental sans pouvoir mesurer clairement le succès de la démarche.

[Français]

     Il est évident que le coût du logement est trop élevé au Canada, mais il faut aussi être clair quant aux causes. Ce sont les taxes, les frais et les règlements qui font augmenter les coûts de construction. Chaque nouveau règlement, chaque délai, chaque changement au Code national du bâtiment ajoute des coûts supplémentaires, et les coûts sont payés par les Canadiens.
    Le projet de loi C‑20 ne règle pas ces problèmes. Au contraire, il augmente la taille du gouvernement et crée une nouvelle bureaucratie. Comme les experts l'ont dit en comité, il n'y a ni cible claire ni mécanisme de reddition de comptes. Ce dont nous avons besoin, ce n'est pas plus de bureaucratie. C'est un environnement où les constructeurs peuvent bâtir plus rapidement et à moindre coût.

[Traduction]

    Comment mettre fin à l'escalade des coûts? Il faut apporter de la discipline et de la stabilité aux codes du bâtiment, réduire les délais et l'incertitude liés aux approbations, limiter la croissance des structures gouvernementales qui ajoutent des coûts sans augmenter l'offre, et veiller à ce que les fonds publics génèrent réellement des résultats mesurables. Les Canadiens subissent déjà des pressions financières importantes. L'endettement augmente, et de plus en plus de ménages sont à bout de souffle. Les Canadiens ne pourront pas supporter des politiques qui font augmenter les coûts, que ce soit directement par une augmentation des prix du logement ou indirectement par une augmentation des dépenses publiques.
    Au bout du compte, tout est une question de résultats. Y aura-t-il plus de logements? Les coûts seront-ils réduits? Le coût de la vie baissera-t-il? Le projet de loi C‑20 ne permet d'atteindre aucun de ces trois objectifs. Il élargirait l'appareil gouvernemental, il augmenterait les dépenses et il ne s'attaquerait pas aux inducteurs de coûts qui limitent l'offre. Je continuerai d'appuyer des solutions qui se concentrent sur ce qui compte vraiment: réduire le coût de la construction des logements dont les gens ont besoin et rendre l'accession à la propriété de nouveau possible pour les Canadiens, y compris les habitants de Calgary et de toute l'Alberta.
    Il y a de nombreuses façons dont le gouvernement fédéral peut intervenir dans ce dossier, mais comme je l'ai dit au ministre lorsqu'il a pris le portefeuille du Logement, la principale chose qu'il peut faire, c'est de remettre en question les avis des gens qui conseillent le gouvernement depuis 11 ans, car tout ce qu'ils ont fait, c'est alourdir les coûts du système, les coûts de construction de logements et les coûts pour les Canadiens, notamment en augmentant leur endettement. Des sommes faramineuses continuent d'être dépensées dans le secteur du logement. Les gens ont besoin d'un logement. C'est désormais la première dépense pour tous les Canadiens, sans exception. Nous ne pouvons pas continuer à alourdir les coûts liés au besoin fondamental de se loger dans notre société, sans parler de ce qui se passe avec l'inflation alimentaire dans ce pays.
    L'inflation dans le secteur du logement est sans aucun doute un problème que nous devons maîtriser. Ce projet de loi n'y contribuerait en rien. Il alourdirait les coûts, et ce sont les Canadiens qui devraient assumer ces coûts. Réfléchissons au coût de la dette par ménage dans notre société. Le coût du remboursement de la dette s'élève à environ 3 400 $ par ménage. Le loyer moyen à Calgary pour une maison de deux chambres est de 1 700 $ par mois; ainsi, chaque famille canadienne à Calgary paie en réalité l'équivalent de deux mois de loyer pour couvrir les intérêts versés sur la dette fédérale à l'heure actuelle. C'est une somme exorbitante qui s'ajoute au coût de tout ce que nous devons payer dans notre société à l'heure actuelle.
    Ce n'est pas tout. Il s'agit seulement du fédéral. Bien sûr, il y a la dette provinciale, la dette municipale et la dette des entreprises. Il y a aussi la dette personnelle. Ce projet de loi ne ferait rien pour réduire le niveau d'endettement auquel les Canadiens sont confrontés. Il rendrait les choses moins abordables. Il aggraverait la situation des Canadiens. Nous nous y opposons fermement.

Message du Sénat

    J'ai l'honneur d'annoncer à la Chambre que le Sénat lui a adressé un message pour l'informer qu'il a adopté le projet de loi S‑215, Loi instituant le Mois national de l'immigration, qu'il la prie d'approuver.

Affaires émanant des députés

[Affaires émanant des députés]

(1730)

[Traduction]

La Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 10 mars, de la motion portant que le projet de loi C‑232, Loi modifiant la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition (délinquants ayant une cote de sécurité maximale), soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.
    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour appuyer le projet de loi C‑232, qui a été présenté par mon ami et collègue le député de Niagara Falls—Niagara-on-the-Lake, mais je le fais avec un profond sentiment de frustration parce que ce projet de loi ne devrait pas être nécessaire. Le Canada aurait dû régler cette question il y a des années.
    Dans ma circonscription, Niagara‑Sud, se trouve le lac Gibson, à Thorold. Chaque fois que je traverse le pont qui enjambe ce lac, je pense à Kristen French et à Leslie Mahaffy. Je ne peux pas traverser ce lac sans me rappeler que c'est dans celui-ci que Paul Bernardo a jeté les restes de deux jeunes filles innocentes après leur avoir infligé des sévices d'une cruauté inimaginable. L'horreur de ces crimes est impossible à exprimer adéquatement. Pour ceux d'entre nous qui ont vécu ce sombre chapitre de l'histoire de la région de Niagara, ce souvenir ne s'est jamais estompé et reste gravé dans la mémoire des habitants de la région.
    C'est pourquoi les Canadiens ont été scandalisés lorsque, le 29 mai 2023, le Service correctionnel du Canada a discrètement transféré Paul Bernardo, un violeur en série, un tortionnaire sadique et un meurtrier, de l'établissement de Millhaven, un pénitencier à sécurité maximale, à un établissement à sécurité minimale dans une région rurale du Québec. Les familles de Kristen French et de Leslie Mahaffy ont appris cette décision quelques heures seulement avant qu'elle ne soit rendue publique. Il n'y a eu aucune consultation, aucune explication valable et aucune considération pour l'angoisse que cette décision ferait remonter. L'avocat des familles, Tim Danson, a dit qu'elles étaient dévastées, que ce transfert les avait forcées à revivre les pires moments de leur vie.
    Les Canadiens d'un bout à l'autre du pays ont partagé cette indignation. Des dirigeants politiques des quatre coins du pays ont condamné cette décision. Cette unanimité a eu de l'importance parce qu'elle a révélé quelque chose de fondamental au sujet des Canadiens: peu importe leur allégeance politique, la plupart des Canadiens ont instinctivement compris que les délinquants les plus dangereux et les prédateurs doivent être placés dans des établissements à sécurité maximale. Ce n'est pas par vengeance ou réaction émotive, mais parce que la justice, la sécurité publique et la clarté morale l'exigent.
    Malgré l'indignation nationale, rien n'a changé. Paul Bernardo est toujours dans un établissement à sécurité moyenne. Chaque fois que je traverse ce pont au lac Gibson, je me rappelle, alors que Kristen French et Leslie Mahaffy ont perdu la vie à jamais, que l'homme qui les a détruites bénéficie maintenant de conditions que la grande majorité des Canadiens estiment tout à fait inappropriées. Cette réalité n'est pas seulement décevante. Elle est profondément honteuse.
    Paul Bernardo n'est pas simplement un meurtrier condamné. Il a été déclaré « délinquant dangereux », une désignation réservée aux personnes les plus violentes et les plus dangereuses de notre société. Le Parlement a créé cette désignation précisément parce que certains délinquants font preuve d'une brutalité persistante et présentent un risque extrêmement élevé de récidive violente, au point où des mesures exceptionnelles pour protéger le public s'imposent. La désignation de « délinquant dangereux » n'est pas appliquée à la légère. Elle est rare et s'accompagne de peines d'emprisonnement à durée indéterminée, car les tribunaux reconnaissent qu'on ne peut pas faire confiance à ces personnes en l'absence de mesures de contrôle très strictes.
    Que nous révèlent encore ces évaluations au sujet de Paul Bernardo? Une évaluation des risques conjugaux réalisée en 2014 a permis de conclure qu'il présentait un risque élevé de violence envers ses partenaires intimes et un risque persistant pour autrui. Des évaluations cliniques menées plusieurs décennies après son incarcération ont mis en évidence des problèmes psychologiques persistants et des progrès seulement sporadiques. Les experts sont arrivés à la conclusion qu'il ne démontrait qu'un très faible degré de réadaptation réelle, d'acceptation de ses crimes et de reconnaissance de sa responsabilité.
    Lorsque Paul Bernardo a comparu devant la Commission des libérations conditionnelles en 2024, sa demande a été rejetée pour la troisième fois. La commission a invoqué l'extrême violence de ses infractions, le caractère récurrent de ses crimes, ses traits de personnalité narcissiques et les craintes persistantes de récidive sexuelle. Le Service correctionnel du Canada lui-même s'est opposé à plusieurs reprises à sa libération. Même la commissaire du Service correctionnel du Canada aurait reconnu que Paul Bernardo continuait de présenter des traits psychopathiques. Voilà l'individu que notre système a jugé apte à être placé dans un établissement à sécurité moyenne.
    Au cœur de cette controverse se trouve le principe énoncé dans la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition, qui exige que les autorités prennent en charge les détenus dans un environnement « où seules existent les restrictions les moins privatives de liberté », tout en assurant la sécurité publique et la bonne gestion des pénitenciers. En principe, la réinsertion sociale est un objectif important de la politique correctionnelle. Les Canadiens croient en la réinsertion sociale lorsque celle-ci est véritablement possible, mais les législateurs n'ont jamais conçu ce principe pour qu'il soit appliqué automatiquement ou aveuglément. Ils ne l'ont jamais conçu pour les prédateurs sexuels sadiques dont les crimes comptent parmi les pires de l'histoire du Canada et qui, des décennies plus tard, continuent de susciter de vives inquiétudes lors des évaluations des risques.
(1735)
    En utilisant la désignation de « délinquant dangereux », le Parlement affirme sans ambiguïté que certaines personnes représentent une menace particulièrement persistante. Dans le système actuel, cependant, un processus de reclassification administrative fondé sur des critères comportementaux progressifs observés en milieu carcéral peut, dans les faits, affaiblir cette conclusion judiciaire. C'est précisément cette contradiction qui rend nécessaire le projet de loi C‑232.
    Tim Danson l'a dit avec éloquence: les peines prononcées reflètent les valeurs morales de la société, et les conditions de détention doivent refléter ces mêmes valeurs. Les Canadiens comprennent intuitivement qu'il existe des crimes si odieux, des criminels si dangereux et des torts si irréparables que la seule réponse proportionnée est la détention dans les conditions les plus restrictives permises par notre système correctionnel.
    Ce débat ne porte pas seulement sur la gestion des délinquants. Il concerne aussi les victimes. Depuis plus de 30 ans, Debbie Mahaffy et Donna French vivent un chagrin inimaginable. Elles ont dû endurer des audiences de libération conditionnelle à répétition, des batailles juridiques, l'attention des médias et la réouverture constante de blessures qui ne peuvent jamais cicatriser complètement. Leur courage a été extraordinaire, mais, même après toutes ces années, le système continue de leur imposer de nouveaux fardeaux.
    En 2024, parce que M. Bernardo avait été transféré dans un établissement à sécurité moyenne, des problèmes de logistique ont initialement empêché les mères de comparaître en personne à l'audience de libération conditionnelle. Tim Danson a qualifié leur réaction de « bouleversante ». Il a dit qu'il s'agissait d'un recul catastrophique pour les droits des victimes et d'une insulte pour les familles qui ont déjà enduré plus de souffrances que la plupart des Canadiens peuvent l'imaginer, et il avait raison.
    Il y a un lien direct entre l'endroit où sont placés les délinquants dangereux et les droits des victimes. Le placement en prison a une incidence sur l'accès, la participation, les mesures de sécurité et la capacité des familles des victimes à faire face aux personnes responsables de leurs souffrances. Des amis et des défenseurs de Kristen French ont dit devant un comité parlementaire que le système semblait accorder la priorité aux droits administratifs de Bernardo plutôt qu'aux droits des victimes et des survivants. De nombreux Canadiens croient qu'ils ont eu raison de dire cela.
    La Charte canadienne des droits des victimes garantit aux victimes le droit à l'information, à la protection et à une participation significative au système de justice. On ne peut pas simplement faire fi de ces principes en révisant des classifications correctionnelles derrière des portes closes. Le projet de loi C‑232 tient compte de cette réalité en établissant explicitement un lien entre les droits des victimes et les décisions concernant le placement de délinquants dangereux.
    Le Service correctionnel du Canada a par la suite réexaminé le transfèrement de Paul Bernardo et conclu que la procédure avait été menée dans le respect de la loi et des directives en vigueur. Il a toutefois reconnu que la famille aurait dû être mieux informée. Ces deux conclusions sont très révélatrices. Si une procédure peut respecter le cadre applicable tout en aboutissant à un résultat qui choque la conscience de la nation, alors le problème n'est plus simplement d'ordre administratif. Le problème est d'ordre législatif. C'est la loi elle-même qui exige une réforme.
    Kristen French avait 15 ans. Leslie Mahaffy avait 14 ans. Ces vies ont été volées par des actes d'une cruauté calculée qui ont horrifié tout un pays. Des décennies plus tard, leurs mères continuent de se battre pour la dignité, pour la responsabilisation et pour un système de justice qui reconnaisse pleinement l'ampleur de ce qui leur a été enlevé. Pendant ce temps, l'auteur de ces crimes purge sa peine dans un établissement à sécurité moyenne. Les Canadiens savent instinctivement que cette situation n'est pas juste.
    L'argument moral qui sous-tend le projet de loi C‑232 n'est pas compliqué. Il s'agit de délinquants dont les crimes témoignent d'une dépravation si tenace, d'un danger si profond et d'un tort si catastrophique que la sécurité maximale n'est pas seulement appropriée, mais nécessaire, non pas à titre temporaire ni symbolique, mais tant que la menace qu'ils représentent persiste.
    Il est temps que nos lois reflètent cette réalité de manière cohérente et sans équivoque. Nous avons l'obligation morale de veiller à ce que les délinquants les plus dangereux du Canada restent derrière les murs d'établissements à sécurité maximale, à la mesure de la violence effroyable qu'ils ont infligée à des innocents.
    Je demande à mes collègues d'adopter ce projet de loi. Que le Parlement envoie un message clair et sans équivoque: le Canada ne perdra jamais de vue son devoir envers les victimes, son obligation envers la sécurité publique et sa responsabilité de veiller à ce que les criminels les plus dangereux soient soumis aux conditions de détention les plus sûres que notre système de justice peut offrir.
(1740)
    Monsieur le Président, assurer la sécurité des Canadiens est une priorité absolue non seulement pour le gouvernement, mais aussi pour tous les députés à la Chambre.
    Le projet de loi C‑232 propose de nouvelles règles qui exigeraient que les délinquants dangereux et les individus reconnus coupables de plus d'un meurtre au premier degré purgent la totalité de leur peine dans un établissement à sécurité maximale. Le projet de loi maintient qu'une telle mesure contribuerait à la sécurité publique.
    Le gouvernement soutient les victimes et tous les Canadiens qui veulent assurer la sécurité de nos collectivités. Nous comprenons l'intention derrière ce projet de loi, mais nous croyons que l'approche proposée dans le projet de loi comporte des lacunes importantes.
    Premièrement, le projet de loi va à l'encontre de l'objectif et des principes mêmes qui sous-tendent le système correctionnel fédéral et son mandat: assurer la réadaptation et la réinsertion sociale des délinquants. La grande majorité des délinquants retournent dans la société après avoir purgé leur peine. L'objectif est de veiller à ce qu'ils le fassent en tant que membres de la collectivité productifs et respectueux des lois. À elles seules, les peines ne rendent pas nos collectivités plus sûres. Il faut aussi miser sur la réadaptation.
    La Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition est soigneusement conçue pour établir un équilibre entre la punition, la sécurité publique et l'éventuelle réinsertion sociale des délinquants. Elle est conçue pour garantir que le transfèrement d'un délinquant vers un établissement à sécurité moyenne ou minimale ne se produit que lorsqu'il ne représente plus un risque indu pour la société et qu'il peut être géré en toute sécurité.
    Toutes les décisions relatives aux transfèrements reposent sur des évaluations professionnelles approfondies menées par des équipes de gestion de cas, des psychiatres et des professionnels de la sécurité. Le projet de loi C‑232 porterait atteinte à l'expertise des professionnels du milieu correctionnel et lierait les mains des personnes chargées de la gestion de ces délinquants. Les établissements à sécurité maximale sont, par nécessité, des environnements hautement restrictifs axés principalement sur le confinement. Ils offrent aux délinquants moins de possibilités d'accès aux programmes nécessaires, tels que l'éducation, les traitements liés à la violence conjugale et à la toxicomanie, ainsi que la formation professionnelle et l'acquisition de compétences, qui les aident à sortir de la criminalité.
    Des années de données empiriques nous ont montré que l'accès à ces programmes est un outil éprouvé pour la réadaptation. Ces programmes sont plus facilement accessibles dans les établissements à sécurité minimale. En maintenant les délinquants en sécurité maximale plus longtemps que nécessaire, nous empêchons les délinquants purgeant des peines déterminées de bénéficier du traitement et de la formation professionnelle dont ils ont besoin pour réintégrer la société en toute sécurité à leur libération.
    En d'autres termes, en exigeant que les délinquants restent en sécurité maximale indépendamment de leur comportement, de la réussite des programmes ou de la réduction du risque, nous obtiendrions en fait le contraire de l'objectif déclaré du projet de loi. Maintenir les délinquants dans des prisons à sécurité maximale ne signifie pas qu'ils ne réintégreront jamais la société. Cela signifie que nous manquons à notre responsabilité de veiller à la réadaptation efficace des délinquants et à leur réinsertion social en toute sécurité lorsqu'ils retournent dans la collectivité.
    La vérité, c'est que le projet de loi C‑232 nuirait à la sécurité, parce que les détenus à sécurité maximale seraient directement libérés dans la collectivité sans aucune possibilité de réadaptation. En outre, restreindre l'accès aux programmes dont les délinquants ont besoin pour corriger leurs comportements criminels finirait par rendre nos établissements moins sûrs en intensifiant les tensions, la colère et les problèmes de comportement, ce qui augmenterait la violence dans nos prisons. Cela mettrait également en danger le personnel et les personnes qui travaillent dans ces milieux.
    Le gouvernement craint également que le projet de loi C‑232 n'empire la situation des Autochtones dans les établissements à sécurité maximale. Il limiterait davantage leur accès à des interventions et à des programmes adaptés à leur culture, ainsi qu'à la mise en liberté sous condition. De plus, le projet de loi soulèverait d'importantes préoccupations liées à la Charte puisqu'il s'appliquerait aux détenus actuels et pourrait compromettre leurs chances d'obtenir une mise en liberté sous condition.
(1745)
    La classification d'un délinquant doit être un processus dynamique, et non une étiquette figée attribuée au moment du prononcé de la peine.
     Soyons clairs: le gouvernement convient qu'il faut imposer des peines sévères aux criminels violents. En effet, toute personne ayant commis un crime grave doit purger sa peine. Le projet de loi donne lieu à des déclarations et des extraits médiatiques accrocheurs, mais notre responsabilité envers les Canadiens est d'adopter des politiques qui rendront réellement nos communautés plus sûres. Il est prouvé que des programmes efficaces de réadaptation et de réinsertion sociale sont essentiels pour garantir la sécurité publique.
    Dans le cadre du système actuel, un détenu est placé dans un établissement à sécurité maximale lorsqu'il représente un danger pour le public, le personnel ou la sécurité de l'établissement, et il y reste jusqu'à atténuation des facteurs de risque. Des évaluations objectives des risques doivent d'abord établir que le détenu ne représente plus un danger avant que tout assouplissement des restrictions puisse être envisagé. Même dans ce cas, ces assouplissements sont progressifs et étroitement surveillés.
    Le projet de loi C‑232 compromettrait la sécurité de nos communautés, car il fait passer la volonté politique avant les données factuelles qui montrent ce qui fonctionne le mieux pour renforcer la sécurité publique. Les Canadiens méritent mieux que cela. Pour ces raisons, j'exhorte tous les députés à voter contre le projet de loi

[Français]

    Monsieur le Président, le système correctionnel canadien repose actuellement sur la réhabilitation et la réinsertion sociale. Il y a des gens qui commettent différents crimes, certains plus graves que d'autres. L'objectif est toujours de détenir ces personnes. Il y a une part de punition, mais il y a aussi une grande part de réhabilitation pour faire en sorte que, lorsqu'ils sortent de prison, ils soient moins dangereux qu'au moment où ils y sont entrés. Cette réhabilitation et cette réinsertion sociale, c'est la clé du succès dans un système pénitentiaire.
    Comme je le disais, si un détenu est libéré sans avoir été réhabilité, il constitue un risque important pour la société. Inévitablement, ces gens-là finissent par sortir de prison, sauf certaines exceptions. Il y en a qui vont y mourir, mais la grande majorité va sortir du pénitencier à un certain moment. Ce qu'on souhaite, c'est qu'ils soient le moins dangereux possible à ce moment-là. Il faut donc procéder à une réhabilitation.
    Je ne suis pas travailleur social ou criminologue et je n'ai pas les compétences nécessaires pour argumenter sur les vertus de la réhabilitation ou sur la meilleure façon de réhabiliter quelqu'un. Toutefois, je pense que les fins de semaine de liberté, après lesquelles les gens reviennent en établissement, l'apprentissage d'un métier et toutes ces choses-là font partie d'un ensemble de mesures qui permettent de réhabiliter des individus et de voir à leur réinsertion sociale en bout de parcours.
    Or, le projet de loi vise à augmenter la cote de sécurité pour certains crimes. On peut en convenir, il s'agit de crimes parmi les plus graves. Cependant, la conséquence de cela, c'est que ces gens-là ne pourront pas bénéficier de mesures de réhabilitation adéquates. D'une certaine façon, on se tire dans le pied en faisant cela.
    Je comprends que ce projet de loi est issu d'un certain nombre de cas qui sont, avouons-le, des scandales. Cela a frappé l'imaginaire d'à peu près tout le monde. On pense à Paul Bernardo et à Luka Rocco Magnotta, qui ont commis des crimes odieux. On réagit à ces crimes-là. C'est un phénomène humain normal. Toutefois, je pense qu'en tant que législateurs, nous devons nous garder d'adopter des lois qui ne font que réagir à des cas scandaleux qui suscitent la réprobation d'à peu près tout le monde dans la société. Les lois doivent s'appliquer à l'ensemble de la société et non pas devenir des espèces de gestes de vengeance ou de protection face à des cas isolés qui ne devraient pas survenir très souvent.
    Il n'y a pas que Paul Bernardo et Luka Rocco Magnotta, il y a aussi d'autres situations. Je pense à Claude Paquin, acquitté en 2024 relativement à deux meurtres dont il avait été trouvé coupable 41 ans plus tôt. Cet individu a passé 41 ans en prison inutilement. On pense aussi à Daniel Jolivet, condamné pour quatre meurtres. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales a récemment affirmé qu'il y avait possiblement eu des erreurs judiciaires. Cet individu-là aussi a passé de très nombreuses années en prison.
    Ce n'est pas facile et je ne blâme pas le système. Je comprends qu'il n'y a rien de parfait. La justice parfaite, qui ne pénaliserait que les criminels et qui libérerait tous les innocents, nous en rêvons tous. Toutefois, cette justice ne serait pas humaine et ne serait pas possible. Il faut accepter de composer avec un certain nombre d'erreurs.
    Si on admet un certain nombre d'erreurs et qu'on admet la faiblesse du système dans des cas isolés, je pense qu'on doit chercher à obtenir les résultats les plus probants. Il faut s'assurer qu'on ne réagit pas en pénalisant deux ou trois individus précis. Il faut s'assurer que notre système permet de réhabiliter les gens qui ont été trouvés coupables. Il faut que le système nous permette d'avoir une société plus sécuritaire lorsque ces gens sortent de prison, car ils ne sont plus dans le même état d'esprit que lorsqu'ils y sont entrés.
(1750)
     Présentement, les cotes de sécurité sont attribuées en fonction du comportement du détenu. Un détenu qui a un bon comportement en prison risque de voir sa cote de sécurité adaptée à ce bon comportement. Ça peut lui permettre une mise en liberté durant les fins de semaine. Ça peut lui permettre un certain nombre de choses et contribuer à sa réhabilitation, comme je le disais tantôt.
     Quand vient le temps des mises en liberté provisoire ou conditionnelle, on dispose d'expertises professionnelles. Des criminologues et de nombreux autres professionnels peuvent témoigner devant la Commission des libérations conditionnelles du Canada pour dire qu'un individu présente tel ou tel aspect à travailler et qu'il peut, oui ou non, être libéré. Ce processus, qui consiste à adapter les cotes de sécurité en fonction du bon comportement du détenu et à s'appuyer sur une expertise professionnelle avant de décider de quelle façon et à quel moment on va le remettre en liberté, fait partie des atouts de notre système judiciaire. Ça contribue à la réhabilitation des individus qui ont été condamnés et ça nous permet de penser que, quand ils vont sortir de prison, ils seront mieux qu'au moment où ils y sont entrés.
    Par ailleurs, il y a un autre aspect que je voudrais aborder. Mon collègue libéral en a parlé tantôt. Ce que propose le projet de loi C‑232 pourrait fort bien être jugé comme étant inconstitutionnel s'il devait être contesté en cours. On sait que la Cour suprême du Canada a déjà déclaré que les peines cruelles et inusitées sont inconstitutionnelles. Dans le cas qui nous occupe, le fait de donner une cote de sécurité maximale à un individu et de lui enlever à peu près tout espoir de sortie de prison ne pourrait-il pas être jugé comme étant une peine cruelle et inusitée? J'ai un doute là-dessus. Je pense qu'on va un peu loin dans l'aspect punitif du système judiciaire et que le risque est important. Si la Cour suprême devait annuler ces dispositions pour des raisons constitutionnelles, des raisons de Charte, on se retrouverait dans une situation probablement pire que celle qu'on a actuellement.
    Nous sommes solidaires, au Bloc québécois, des victimes de ces monstres-là — je pense que c'est le mot, il faut le dire —, des crimes odieux, des crimes monstrueux qui ont été commis. Je ne connais personne qui va absoudre ces crimes-là. Nous sommes solidaires de ces victimes, mais nous voulons éviter de tomber dans cette espèce de panneau qui nous conduirait à jeter le bébé avec l'eau du bain, comme on dit souvent. Il y a des cas isolés d'individus avec lesquels on doit composer, et on compose déjà avec eux. Le système judiciaire, je pense, s'assure de détenir ces gens-là et d'éviter qu'ils ne deviennent un danger pour la société. Toutefois, il ne faut pas construire l'ensemble du corpus législatif canadien en fonction de ces cas isolés.
    Nous dénonçons les criminels, nous les condamnons, nous soutenons les victimes et nous sommes solidaires d'elles, mais nous refusons d'embarquer dans un processus judiciaire qui serait basé sur la vengeance. Ce serait une mauvaise inspiration. La réhabilitation, la réinsertion sociale des gens qui ont commis des crimes, c'est la voie sur laquelle on doit persister, quant à moi. On peut l'améliorer, toutefois. J'en suis. Je pense qu'on manque, par exemple, de statistiques en matière de réhabilitation. Les mesures qu'on prend en prison pour réhabiliter les détenus, pour voir à leur réinsertion sociale, ont-elles un bon effet ou pas? Ce n'est pas évident. Au Comité permanent de la justice et des droits de la personne, nous avons interrogé à de nombreuses reprises de nombreux experts sur la question. On manque de statistiques. On pourrait davantage étudier cet aspect de notre système pénitentiaire et probablement l'améliorer.
    Restons sur la bonne voie sur laquelle nous sommes partis, travaillons pour améliorer cette voie et évitons de tomber dans le piège d'une vengeance qui ne pourrait que nous nuire.
(1755)

[Traduction]

    Monsieur le Président, c'est vraiment un honneur pour moi de prendre la parole aujourd'hui pour débattre d'une mesure législative absolument cruciale qui vise à rétablir la justice dans le système correctionnel du Canada. Cette mesure garantirait que les délinquants les plus dangereux et les tueurs en série écopent de la peine qu'ils méritent pleinement.
    Je tiens d'abord à remercier mon collègue, le député de Niagara Falls—Niagara-on-the-Lake, d'avoir présenté ce projet de loi, qui vise à modifier la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition.
    Ce projet de loi est une réponse sensée aux préoccupations croissantes des Canadiens, qui craignent qu'après 11 ans de gouvernement libéral, notre système de justice les laisse tomber, eux et leur famille.
    En mai 2023, sous le gouvernement libéral, le Service correctionnel du Canada a transféré le tueur en série et violeur condamné Paul Bernardo d'une prison à sécurité maximale à une prison à sécurité moyenne. Comme beaucoup le savent, Bernardo est le monstre responsable de l'enlèvement et de la mort de Kristen French, de Leslie Mahaffy et de Tammy Homolka, ainsi que de l'agression de dizaines de femmes innocentes. Pour les amis, les familles et les concitoyens des victimes, sa libération d'un établissement à sécurité maximale a été une injustice traumatisante.
    Malheureusement, après plus d'une décennie de lois libérales laxistes en matière de criminalité, cet incident n'est pas un cas isolé, mais s'inscrit simplement dans une tendance désolante. Parmi les autres exemples, mentionnons: le meurtrier et sadique sexuel Luka Magnotta; Michael Rafferty, l'auteur du meurtre brutal de Tori Stafford, âgée de huit ans; le violeur en série Russell Williams; ainsi que Dellen Millard et Mark Smich, tous deux condamnés pour triple meurtre.
    Tous ces criminels sont les pires parmi les pires, des délinquants dangereux que les libéraux ont laissé sortir des établissements à sécurité maximale pour les transférer dans des prisons à sécurité moyenne, où ils jouissent, entre autres, de patinoires de hockey, de terrains de tennis, de la télévision et de films, tandis que les familles de leurs victimes pleurent leurs proches et s'en souviennent courageusement chaque jour. Ce sont elles qui, en réalité, purgent une peine à perpétuité.
    C'est précisément pour cette raison que le projet de loi C‑232 revêt une telle importance. Ce projet de loi modifierait la loi sur la mise en liberté sous condition afin d'exiger que les délinquants dangereux et les personnes reconnues coupables de plusieurs chefs d'accusation de meurtre au premier degré soient placés dans des établissements pénitentiaires à sécurité maximale. Il s'agit d'un pas en avant vers un système de justice équilibré.
    Ce projet de loi apporterait deux changements importants. Premièrement, il redonnerait à la loi une formulation juste et proportionnée. Le projet de loi C‑232 rétablirait la norme juridique régissant le placement en établissement pénitentiaire, à savoir la formulation « où seules existent les restrictions nécessaires », qui avait été instaurée avec succès sous le gouvernement Harper en 2012.
    Bien sûr, en 2019, il a fallu que les libéraux la vident de sa substance. Le projet de loi C‑83 a modifié la norme juridique pour que le détenu soit incarcéré dans un milieu où seules existent les restrictions les moins privatives de liberté. Interrogée sur les répercussions de cette norme peu contraignante, l'ancienne directrice générale de la Direction générale des affaires correctionnelles et de la justice pénale de Sécurité publique Canada a déclaré: « Les conservateurs ont tout à fait raison. Bien sûr, ça a contribué au transfèrement de M. Bernardo, parce que c'est un principe qui sous-tend toutes les décisions […] un principe fondamental. » Il est essentiel d'annuler les effets néfastes du projet de loi C‑83 pour rééquilibrer le régime tordu des libéraux en matière de détermination de la peine.
    Deuxièmement, le projet de loi C‑232 ferait en sorte qu'il soit absolument obligatoire pour les délinquants dangereux comme MM. Bernardo, Millard, Smich, Magnotta et Rafferty d'être condamnés à une peine d'emprisonnement dans un établissement à sécurité maximale. Malheureusement, seulement 13 % des délinquants dangereux au Canada sont actuellement détenus dans une prison à sécurité maximale.
    En 2023, 580 des 736 personnes considérées comme des délinquants dangereux au Canada étaient détenues dans un établissement à sécurité moyenne. Près de 90 % des délinquants dangereux sont actuellement détenus dans une prison à sécurité minimale ou à sécurité moyenne.
(1800)
     En novembre 2025, Dellen Millard, condamné pour le triple meurtre de son père, de Laura Babcock et de Tim Bosma, a été transféré d'une prison à sécurité maximale vers une prison à sécurité moyenne. Je me fais l'écho de la question posée par la famille de Tim Bosma: « Si un meurtrier condamné trois fois pour meurtre au premier degré est récompensé pour son “bon comportement” dans le système pénal canadien et transféré dans une prison à sécurité réduite, qui remplit alors les prisons à sécurité maximale? Les criminels à cravate? » Cela n'a aucun sens.
     De ce côté-ci de la Chambre, les conservateurs sont à l'écoute. Le projet de loi C‑232 est une réponse à la pratique scandaleuse du Service correctionnel du Canada consistant à attribuer des classifications de sécurité de manière trop laxiste. La police et les défenseurs des victimes reconnaissent que ce projet de loi constitue une mesure attendue depuis longtemps pour protéger les victimes et rétablir la confiance dans le système de justice du Canada. Le chef du service de police régional de Niagara, Bill Fordy, constate chaque jour l'effet des crimes violents sur les victimes et les collectivités, ainsi que l'importance de ces discussions. Les policiers et les responsables de l'application de la loi partout au Canada comprennent l'importance de rebâtir un système de justice en lequel les Canadiens peuvent avoir confiance.
     Alicia Googoo, qui a survécu à de la violence subie pendant son enfance et qui a fondé l'association de défense des droits des victimes Our Heart on Our Sleeve, est consciente des risques qu'il y a à ne pas prendre au sérieux les délinquants dangereux. Elle a exhorté le Parlement à agir en disant que la sécurité publique et la responsabilité « ont des conséquences concrètes pour les enfants, les familles et les victimes. »
    Lorsque Paul Bernardo a été transféré en 2023, les membres du Syndicat des agents correctionnels du Canada au Québec et en Ontario, étonnés par la décision, ont demandé au gouvernement libéral d'apporter un changement. Il ne l'a pas fait. L'avocat des familles des victimes, Tim Danson, a clairement indiqué qu'une amélioration des dispositions législatives est justifiée en ce qui concerne les délinquants les plus dangereux du Canada. Pourtant, les libéraux ne cessent de faire fi de l'appel à l'action des Canadiens. Les libéraux prétendent sévir contre la criminalité, mais ils ne cessent d'appuyer des projets de loi qui affaiblissent notre système de justice et qui font passer les droits des délinquants avant ceux des victimes.
    Le projet de loi C‑14 préserverait le principe de retenue qui permet à des délinquants violents d'être libérés et de terroriser leurs collectivités. Le projet de loi C‑16 introduit un mécanisme de dérogation à l'égard des peines minimales obligatoires, ce qui mine fondamentalement l'effet dissuasif et réprobateur des peines minimales obligatoires et donne essentiellement aux criminels un passe-droit pour éviter la prison.
    Les libéraux prétendent avoir changé, mais, en réalité, ils sont exactement les mêmes, et leurs politiques sont les mêmes que nous voyons depuis 11 ans. Quand Bernardo a été libéré du pénitencier à sécurité maximale, le ministre libéral de la Sécurité publique de l'époque s'est déchargé de toute responsabilité. Personne ne l'a cru quand il a dit ne pas avoir été au courant de ce transfert, et il n'a absolument rien fait pour atténuer les conséquences de cette décision pour les Canadiens. Grâce à la pression incessante des conservateurs, le ministre a été renvoyé du Cabinet — sans doute à cause de cette décision —, mais personne n'a jamais annulé cette décision. Par la suite, on a récompensé ce ministre discrédité en le nommant chef de cabinet de l'actuel premier ministre. Les libéraux ont maintenant l'occasion de changer de cap. En soutenant ce projet de loi, le gouvernement pourrait enfin montrer qu'il est sincère quand il dit avoir changé, que c'est un nouveau gouvernement libéral et qu'il veut protéger les Canadiens.
    En 2022, le taux d'homicides a atteint son plus haut niveau en 30 ans. En janvier 2026, un sondage Angus Reid a révélé que 62 % des Canadiens croient que la criminalité a augmenté dans leur collectivité au cours des cinq dernières années et qu'ils ne se sentent pas en sécurité. Plus que jamais, nous devons protéger nos collectivités, protéger les droits des victimes et nous opposer aux délinquants les plus vils du système. Comme l'a dit Marcia Penner, l'amie d'enfance de Kristen French, à la complice de Bernardo: « Vous ne gagnerez jamais. Kristen, Leslie et Tammy ont gagné. Leur mémoire est bien vivante, et elle le restera à jamais [...] Nous nous souviendrons toujours de ces filles, nous les aimerons et nous les chérirons. » Le projet de loi C‑232 vise à protéger la mémoire des victimes.
(1805)
    Avant de reprendre le débat, je rappelle aux députés que, quand ils sont à la Chambre, ils doivent porter un veston. Même s'il fait un peu chaud ici, il faut quand même porter un veston à la Chambre.
    Nous reprenons le débat. La députée de Nanaimo—Ladysmith a la parole.
    Monsieur le Président, quand j'étais enfant, ma maison était adossée à un ravin. Elle se trouvait au bout d'une longue rue qui n'était bordée par aucune habitation sur les premières centaines de mètres. En hiver, je descendais de l'autobus dans l'obscurité et je rentrais chez moi à pied, seule.
    À l'adolescence, il me semblait que chaque son était perçant et que chaque ombre se rapprochait, parce que je savais, grâce aux nouvelles du soir, qu'il y avait un homme qui attaquait des filles comme moi. On l'appelait le « violeur de Scarborough ». Je vivais à North York, mais les ravins communiquent entre eux. J'étais terrifiée, même si j'essayais de ne pas le montrer. J'ai appris à faire attention, à me dépêcher de rentrer chez moi, à glisser ma clé entre mes doigts, à regarder derrière moi et à ne jamais présumer que j'étais en sécurité.
     Paul Bernardo ne m’a jamais touchée. Je ne l’ai jamais rencontré. Pourtant, il a véritablement été l’un des monstres de mon enfance. Ses crimes odieux ont détruit des familles et ont bouleversé la façon dont toute une génération de filles vivait au quotidien. Il nous a appris la peur avant même que nous ayons les mots pour l’exprimer. Si mon cœur s'emballe et si j'ai l'estomac noué quand je pense à Paul Bernardo dans une prison à sécurité moyenne, je ne peux imaginer ce que ressentent les familles des jeunes femmes et des filles qu'il a violées, torturées et assassinées. Pour elles, ce n'est pas une peur abstraite. C'est une plaie béante qui ne se referme jamais.
    Je prends aujourd’hui la parole pour apporter mon soutien sans réserve au projet de loi C‑232, Loi modifiant la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition, présenté par mon collègue, le député de Niagara Falls—Niagara-on-the-Lake. Le projet de loi est clair, de portée modeste et nécessaire. Il prévoit que les délinquants qui ont été déclarés dangereux par un tribunal ou déclarés coupables de plus d’un meurtre au premier degré doivent se voir attribuer la cote de sécurité maximale et être incarcérés dans un pénitencier à sécurité maximale ou dans un secteur à sécurité maximale d'un pénitencier. Cela ne devrait pas prêter à controverse.
    D'ailleurs, la plupart des Canadiens à qui je parle sont choqués quand ils apprennent que ce n'est pas déjà dans la loi. Ç'aurait pu être le cas, sauf qu'en 2019, les libéraux ont adopté le projet de loi C‑83, qui oblige le Service correctionnel du Canada à placer un détenu dans le pénitencier offrant l'environnement le moins restrictif possible. Bien que le Service correctionnel du Canada puisse tenir compte du comportement carcéral du délinquant, du risque qu'il s'évade, du risque qu'il poserait pour la sécurité publique s'il s'évadait et du fait qu'il participe à des programmes, il ne peut pas se demander si la monstruosité des crimes commis justifie qu'il soit maintenu de façon permanente dans un établissement à sécurité maximale.
    Si un délinquant se comporte bien en prison, il est jugé comme gérable. Si les autorités estiment qu'une surveillance maximale n'est pas nécessaire, le délinquant peut être reclassifié. Voilà comment une personne ayant commis les crimes les plus horribles qui soient peut quand même être transférée vers un établissement à sécurité moyenne. Le Service correctionnel du Canada n'a pas enfreint la loi quand il a transféré Paul Bernardo dans un pénitencier à sécurité moyenne. L'examen réalisé à la suite du tollé provoqué par ce transfèrement a conclu que celui-ci était justifié et qu'il respectait la loi et les politiques. Le problème se trouve donc au niveau des lois et des politiques.
    Nous devons être honnêtes quant à ce que les comportements en prison peuvent nous indiquer ou non. La plupart du temps, les délinquants les plus dangereux ne sont pas dangereux parce qu'ils sont incapables de se contrôler. Ils sont dangereux parce qu'ils savent se contrôler. Ils savent être patients et sympathiques et ils peuvent respecter les règles lorsque cela fait leur affaire. Nous avons entendu tout cela au comité. Un dossier sans taches n'oblitère pas le sadisme, les comportements de prédation ni le fait qu'un tribunal a conclu qu'un individu est un délinquant dangereux, mais ce dossier peut permettre d'être transféré dans un établissement à sécurité moyenne.
    C'est insupportable pour les familles des victimes. Elles assistent aux procès, elles entendent les preuves, elles pleurent leurs filles, leurs sœurs et leurs amies, et elles découvrent comment les victimes ont été torturées, violées et tuées. Elles sont condamnées à vivre un deuil à perpétuité. Elles ne peuvent pas effacer de leur mémoire ce qu'elles ont entendu dans ces salles d'audience. Puis, elles apprennent que le délinquant a été transféré dans un établissement d'un niveau de sécurité moindre parce que l'accent n'est plus mis sur l'horreur de l'infraction, mais sur la cote actuelle du délinquant. Ce n'est pas de la justice telle que l'envisagent la plupart des Canadiens.
(1810)
    Comprenons bien ce qu'implique une cote de sécurité maximale. Ce n'est pas une question de vengeance, ce n'est pas de la cruauté et ce n'est pas un déni des droits fondamentaux de la personne. C'est une façon de reconnaître le fait que certains délinquants ont dépassé la mesure à un point tel qu'il y va de la sécurité publique, de la confiance de la population et du respect des victimes.
    Qualifier quelqu'un de délinquant dangereux est un des constats les plus graves que puisse faire un tribunal. C'est un terme réservé aux délinquants qui ont manifesté une tendance à la violence grave, à la violence sexuelle ou à un comportement tellement brutal qu'ils représentent un danger permanent pour la société. C'est comme le meurtre au premier degré, qui dénote un acte planifié et délibéré et qui compte parmi les homicides les plus graves en droit canadien. Quelqu'un qui est reconnu coupable de plus d'un chef d'accusation de meurtre au premier degré n'a pas commis une erreur tragique: il a volontairement enlevé la vie à des gens.
    Le projet de loi C‑232 imposerait une règle fondamentale: les délinquants dangereux et les délinquants reconnus coupables de plus d'un meurtre au premier degré doivent se voir attribuer une cote de sécurité maximale et ils doivent être incarcérés dans un pénitencier à sécurité maximale ou dans un secteur à sécurité maximale d'un pénitencier. Ces individus seraient de ce fait inadmissibles à une permission de sortir sans escorte. La mesure législative donnerait une consigne limpide au Service correctionnel du Canada: pour une catégorie très restreinte des pires délinquants, qui comprend des noms bien connus comme ceux de Bernardo, de Magnotta et de Smich, la sécurité maximale n'est pas optionnelle, mais bien obligatoire.
    Depuis mon élection, j'ai passé bien plus de temps que je ne l'aurais cru auprès de familles endeuillées. Je suis frappée par l'ampleur et l'étendue de la violence faite aux femmes et aux filles dans ce pays. Je ne me rendais pas compte à quel point le gouvernement libéral avait fait pencher la balance en faveur des délinquants, laissant les victimes et leurs familles durement éprouvées et, trop souvent, à nouveau traumatisées. Je m'oppose fermement à ce qu'on dise aux femmes, aux filles ou à leurs familles que ceux qui les ont terrorisées, traquées, violées ou tuées pourraient un jour voir leurs conditions de détention assouplies sous prétexte qu'ils ont passé assez de temps derrière les barreaux ou qu'ils se sont bien comportés en prison.
    Je tiens à remercier le député de Niagara Falls—Niagara-on-the-Lake d'avoir présenté ce projet de loi. Il a accompli quelque chose d'important: il a su transformer l'indignation des Canadiens à l'égard des Bernardo, des Magnotta et des Smich de ce monde, qui, sauf erreur, sont aujourd'hui détenus dans des établissements à sécurité moyenne, en une mesure législative concrète. C'est pour ça que nous avons été élus.
    Pas plus tard que la fin de semaine dernière, alors que j'étais de retour chez moi, j'ai rencontré une femme qui m'a parlé de violence, de peur et de la nécessité pour les dirigeants de prendre au sérieux la violence familiale et la violence faite aux enfants et aux femmes. Je lui ai promis que je prendrais la parole à la Chambre, que j'utiliserais ma voix et que je ne permettrais pas que ces questions soient amoindries, enterrées ou balayées sous le tapis par du langage bureaucratique et des concepts juridiques sophistiqués. Aujourd'hui, en appuyant le projet de loi C‑232, je tiens cette promesse, car la violence faite aux femmes n'est pas un concept abstrait, et la violence faite aux enfants n'est pas un point de discussion. Cette violence se traduit par des blessures que doivent porter des familles, des communautés et des survivants, et ceux-ci ont besoin de savoir que les députés sont prêts à agir.
    Le projet de loi C‑232 ne réparerait pas le mal commis par Bernardo, Smich, Magnotta et les autres individus que les Canadiens n'évoquent qu'avec horreur. Il ne ramènerait pas Leslie Mahaffy, Kristen French, Laura Babcock, Tim Bosma, Jun Lin ni toutes les autres victimes. Il établirait toutefois que certains crimes sont si graves et certains délinquants si dangereux que lorsqu'il est déterminé qu'ils doivent être détenus dans un établissement à sécurité maximale, cela signifie qu'ils seront bel et bien détenus dans un établissement à sécurité maximale. Le projet de loi dirait également à toutes les femmes, à tous les parents, à tous les survivants et à tous les proches endeuillés qui regardent ce débat que leur peur n'est pas irrationnelle, que leur deuil n'est pas oublié et que leur Parlement a le devoir de les soutenir.
    J'exhorte tous les députés à appuyer le projet de loi C‑232.
(1815)
    Monsieur le Président, c'est un honneur de prendre la parole à la Chambre aujourd'hui au sujet d'un projet de loi qui contribuerait à rétablir la confiance des Canadiens dans le système de justice pénale et dans les institutions chargées d'assurer la sécurité des collectivités.
    Mon collègue de Niagara Falls—Niagara-on-the-Lake a présenté le projet de loi C‑232 après des contacts directs avec des proches de victimes qui ont été stupéfaits et outrés par un appel téléphonique qu'ils ont reçu du Service correctionnel du Canada, qui les a informés que Paul Bernardo, un tueur en série et violeur condamné, était transféré d'un établissement à sécurité maximale en Ontario à un établissement à sécurité moyenne au Québec. Comme beaucoup de Canadiens, ils ne comprenaient pas comment on pouvait prendre une telle décision. Ils se sentaient trahis par un système qui semblait faire passer les intérêts des délinquants dangereux avant les droits, les inquiétudes et la dignité des victimes et de leurs familles.
    Le projet de loi porte sur la responsabilité et la transparence, et il vise à ce que les victimes ne soient jamais reléguées au second plan. Les Canadiens méritent d'avoir l'assurance que le système de justice accorde la priorité à la sécurité publique et respecte ceux qui ont le plus souffert aux mains de criminels violents.
    La décision de transférer Paul Bernardo d'un établissement à sécurité maximale vers un établissement à sécurité moyenne a choqué le pays, mais elle a également fait revivre le traumatisme aux familles, aux amis et aux collectivités des victimes. À titre de député de la région de Niagara — ou, plus précisément, de ma circonscription, Hamilton-Est—Stoney Creek, qui est proche de celle du député et de la région du Grand Toronto —, ce projet de loi me touche de près. Je suis sûr qu'il touche également de nombreuses personnes dans la région du Grand Toronto. Les souvenirs tenaces des atrocités commises par Paul Bernardo sont encore présents dans notre région.
    C'est pourquoi nous avons présenté le projet de loi C‑232. Il vise à remédier à un problème qui n'aurait jamais dû exister. Les Canadiens s'attendent à ce que les criminels les plus dangereux du pays, qui ont commis des actes horribles et ont été désignés par les tribunaux comme des délinquants dangereux, restent dans des établissements à sécurité maximale. Or, dans le système actuel, des délinquants comme Paul Bernardo ont été autorisés à passer d'un établissement à sécurité maximale à un établissement moins restrictif. Ce n'est pas ce à quoi s'attendent les familles des victimes. Ce n'est pas ce à quoi s'attendent les Canadiens. Le projet de loi garantirait que les délinquants dangereux et les tueurs en série restent là où ils doivent être: dans des prisons à sécurité maximale. Il exigerait que tous ces délinquants se voient attribuer la cote de sécurité maximale de façon permanente et qu'ils soient incarcérés en conséquence.
    Le projet de loi éliminerait également le critère relatif à «  l'environnement le moins restrictif possible », qui a été introduit par les libéraux dans le projet de loi C‑83 en 2018. Les politiques laxistes des libéraux en matière de criminalité ont détourné l'attention de la sécurité publique et des victimes pour la porter sur les intérêts des délinquants. Il est temps de remettre la sécurité publique et les victimes en tête de la liste des priorités. Les Canadiens veulent un système de justice qui accorde la priorité à la sécurité publique et qui respecte les victimes et leur famille, et ils veulent des règles sensées qui garantissent que les pires délinquants subissent des conséquences proportionnelles à la gravité de leurs crimes. C'est exactement ce que le projet de loi C‑232 vise à accomplir.
    En plus de renverser les politiques laxistes des libéraux, le projet de loi C‑232 rétablirait une approche plus équilibrée et sensée en matière de services correctionnels en rétintroduisant le principe des « restrictions strictement nécessaires », qui a été instauré par le gouvernement conservateur précédent dans le cadre de la Loi sur la sécurité des rues et des communautés de 2012. Cette mesure législative reconnaissait une réalité simple, mais importante, à savoir que la responsabilité première de notre système correctionnel est de protéger le public, d'assurer la sécurité et de veiller à ce que les délinquants soient tenus responsables de leurs actes comme il se doit. On pourrait penser que c'est une déclaration pleine de bon sens, mais le gouvernement libéral s'en éloigne de plus en plus depuis qu'il a présenté le projet de loi C‑83, en 2018, qui mettait davantage l'accent sur les conditions les moins restrictives possible pour les délinquants.
    Le projet de loi C‑232 contribuerait à rétablir l'équilibre auquel les Canadiens s'attendent. Il remettrait la sécurité publique au centre du processus décisionnel dans le secteur correctionnel et il ferait en sorte que les droits des victimes et les préoccupations des Canadiens ne soient pas éclipsés par les intérêts des délinquants violents.
    Ce projet de loi est accueilli favorablement par les forces policières et les défenseurs des droits des victimes. Voici ce qu'a déclaré Marcia Penner, défenseure des droits des victimes et amie de Kristen French, l'une des victimes de Paul Bernardo:
    Je fais partie des personnes dont la vie a été bouleversée à jamais par un crime violent. Je sais d'expérience que les victimes et leur famille subissent les conséquences de ces actes horribles tous les jours. Les Canadiens s'attendent à ce que les délinquants les plus dangereux restent dans des établissements à sécurité maximale. Le projet de loi C‑232 contribue au rétablissement de ce principe plein de bon sens tout en respectant la voix des victimes.
(1820)
    Le chef du service de police régional de Niagara, Bill Fordy, a déclaré ceci:
    La sécurité communautaire est renforcée lorsque nous continuons à mener des discussions réfléchies sur la manière dont notre système judiciaire traite les délinquants dangereux et récidivistes. Les policiers constatent chaque jour l'effet que les crimes violents peuvent avoir sur les victimes et sur l'ensemble de notre collectivité, et c'est pour cela que ces discussions sont importantes. Notre priorité reste de protéger le public tout en soutenant les victimes et en préservant la confiance dans le système judiciaire.
    Assez, c'est assez. Depuis trop longtemps, les familles des victimes se sentent abandonnées par un système qui semble se préoccuper davantage des droits des délinquants que de la douleur causée par leurs crimes. Chaque fois qu'un délinquant dangereux est récompensé par un transfèrement dans un établissement moins restrictif, les familles des victimes sont obligées de revivre les pires moments de leur vie. Cela leur rappelle que leurs proches ne rentreront jamais à la maison, tandis que la personne responsable continue de bénéficier des privilèges et des égards que lui accorde le système qui les a laissées tomber. Ce n'est pas ce que j'appelle de la justice.
    Les Canadiens comprennent que les gens comme Paul Bernardo ont commis des crimes si horribles qu'ils ont changé à jamais la vie d'innombrables familles. Ces familles méritent d'avoir l'assurance que les personnes responsables resteront comme il se doit dans des établissements à sécurité maximale.
    Je prends la parole ici aujourd'hui parce que j'ai promis aux familles de ma collectivité que je ferais tout en mon pouvoir pour la rendre plus sûre. Je leur ai promis que leur voix serait entendue à la Chambre des communes.
    Le projet de loi C‑232 vise à rétablir la confiance envers nos institutions, à faire passer la sécurité publique en premier et à veiller à ce que les victimes et leur famille soient traitées avec la dignité et le respect qu'elles méritent. Je demande à tous les députés de se joindre à moi pour appuyer ce projet de loi. Ensemble, nous pouvons signaler clairement que les victimes sont importantes, que la sécurité publique est importante, et que certains crimes sont tellement horribles qu'on ne devrait jamais récompenser les délinquants qui les ont commis en leur accordant des conditions moins restrictives.
    Plus important encore, c'est une façon d'honorer la mémoire des personnes dont la vie a été fauchée beaucoup trop tôt et de soutenir les familles qui continuent de porter ce deuil chaque jour.
    J'offre au député de Niagara Falls—Niagara‑on‑the‑Lake son droit de réplique.
    Monsieur le Président, c'est un honneur de prendre la parole à la Chambre aujourd'hui pour exprimer quelques dernières réflexions sur mon projet de loi d'initiative parlementaire, le projet de loi C‑232, avant que nous ne clôturions le débat à l'étape de la deuxième lecture et que nous passions au vote.
    Quand j'ai présenté ce projet de loi pour la première fois, le projet de loi C‑342 de la 44e législature, j'ai promis à mes concitoyens de faire tout mon possible pour tenter de corriger une mauvaise décision que le gouvernement libéral avait prise dans le projet de loi C‑83 en 2019. Si je présente ce projet de loi une nouvelle fois, c'est une preuve de mon engagement sans faille à tenir ma promesse envers mes concitoyens.
    S'il était adopté, le projet de loi C‑232 imposerait que les détenus reconnus comme délinquants dangereux ou condamnés pour plus d'un meurtre au premier degré se voient attribuer une cote de sécurité « maximale », et que les autorités les incarcèrent dans un pénitencier à sécurité maximale ou dans une zone de sécurité maximale au sein d'un pénitencier. Les parlementaires doivent considérer ce projet de loi comme une mesure non partisane et une réponse législative sensée aux préoccupations exprimées par bon nombre de nos concitoyens.
    C'est l'occasion de faire ce qui est juste. Les autorités doivent veiller à ce que les monstres comme Paul Bernardo, Mark Smich, Dellen Millard et Luka Magnotta purgent leur peine dans un établissement à sécurité maximale, comme il se doit.
    Plus tôt dans le débat, mon collègue du Bloc a dit craindre que le projet de loi ne vise qu'un seul cas. Il n'en est rien, comme en témoigne la liste de criminels notoires que je viens de lire. Mon collègue du Bloc a aussi exprimé des craintes quant au jugement du Service correctionnel du Canada et au fait que, parfois, le système de justice fait des erreurs. Je suis d'accord. En fait, c'est la raison même pour laquelle nous débattons de ce projet de loi aujourd'hui. Le Service correctionnel du Canada a commis une erreur en transférant Paul Bernardo d'un établissement à sécurité maximale à un établissement à sécurité moyenne. Cette erreur doit être corrigée.
    Réduire la cote de sécurité de ces monstres criminels, ce n'est pas de la justice. C'est une injustice envers les victimes et leurs proches. Les victimes dans ces cas se sont fait voler leur vie, et leurs êtres chers survivants n'ont d'autre choix que d'endurer toute une vie de douleur et de souffrance.
    Je tiens également à prendre un moment pour parler de certaines choses que nous avons entendues et d'autres que nous n'avons pas entendues de la part des députés libéraux.
     Plus tôt au cours du débat, mes collègues libéraux ont longuement parlé de réadaptation. J'aimerais que les libéraux précisent s'ils pensent que des monstres criminels comme Paul Bernardo peuvent être réadaptés. N'oublions pas que l'ancienne commissaire du Service correctionnel du Canada, Anne Kelly, lorsqu'elle a comparu devant le comité de la sécurité publique, a qualifié Paul Bernardo de « psychopathe ». Le projet de loi vise clairement les délinquants les plus dangereux du Canada. Les libéraux croient-ils vraiment que Paul Bernardo devrait être réadapté ou qu'il mérite de l'être?
    Malheureusement, on nous explique trop souvent dans cette magnifique enceinte pourquoi certaines choses sont impossibles et pourquoi on ne peut pas mettre en œuvre ce genre de changement. Au lieu de cela, mobilisons notre volonté politique, notre courage et notre sens des responsabilités pour mener à bien cet important changement.
    Marcia Penner, une de mes concitoyennes, défenseure des droits des victimes et amie de Kristen French, soutient la modification proposée. Elle a déclaré: « En tant que personne dont la vie a été bouleversée à jamais par un crime violent, je sais par expérience que les victimes et leurs familles subissent chaque jour les conséquences de ces actes horribles. Les Canadiens s’attendent à ce que les délinquants les plus dangereux restent dans des établissements à sécurité maximale, et le projet de loi C‑232 contribue à rétablir le principe du bon sens tout en respectant la voix des victimes. »
(1825)
    Alicia Googoo, fondatrice de l'organisme de défense des droits des victimes Our Heart on Our Sleeve, a déclaré à propos du projet de loi C‑232: « Étant moi-même une survivante, je comprends la peur et le traumatisme durables que peuvent laisser derrière eux les auteurs d'actes violents. Je sais quels dangers peuvent exister lorsque la société ne prend pas au sérieux les risques que représentent les délinquants les plus dangereux. Le projet de loi C‑232 envoie un message clair: la sécurité publique est importante et la protection des Canadiens doit demeurer une priorité. »
    J'espère sincèrement que mes collègues de tous les partis réfléchiront sérieusement à leur position, qu'ils la reverront et qu'ils voteront en faveur du projet de loi C‑232 afin que cette importante mesure législative puisse être renvoyée au comité pour qu'il l'étudie.
(1830)
    Comme il est 18 h 30, la période réservée aux débats est expirée.
    En conséquence, le vote porte sur la motion.
    Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
    Monsieur le Président, je demande un vote par appel nominal.
    Conformément à l'article 93 du Règlement, le vote par appel nominal est reporté au mercredi 10 juin, à la fin de la période prévue pour les questions orales.

Ordres émanant du gouvernement

[Ordres émanant du gouvernement]

[Traduction]

La Loi concernant la constitution de Maisons Canada

    La Chambre reprend l'étude de la motion portant que le projet de loi C‑20, Loi concernant la constitution de Maisons Canada, soit lu pour la troisième fois et adopté.
    Monsieur le Président, aujourd'hui, nous avons vu le Parti conservateur décider de continuer d'empêcher les Canadiens d'avoir une stratégie nationale sur le logement ou un programme qui intègre Maisons Canada, qui est là pour soutenir les Canadiens de façon très concrète.
    Le député appuie-t-il, en principe, un gouvernement national qui s'attaque à une question nationale en créant des mécanismes pour veiller à ce que les questions soient bel et bien réglées...
     Le député de Calgary-Centre a la parole.
    Monsieur le Président, je n'apprécie guère l'idée selon laquelle nous privons les Canadiens d'une solution. Depuis maintenant 11 ans, le gouvernement libéral a tenté à de nombreuses reprises de régler cette question en s'attaquant au problème de l'itinérance et du logement au Canada, et il n'a fait qu'empirer les choses au cours des 11 dernières années.
    À un moment donné, les libéraux doivent accepter qu'ils ont échoué et réaliser que la meilleure chose à faire, c'est probablement de se débarrasser des infrastructures que nous avons pour le logement ici, à Ottawa, et de transférer les fonds aux provinces, qui seraient plus aptes à résoudre le problème que ne l'a été le gouvernement.

[Français]

     Monsieur le Président, pour continuer dans cet ordre d'idées, j'aimerais poser une question à mon collègue.
    Tout à l'heure, dans le discours que j'ai fait, j'indiquais que le gouvernement ajoutait une couche administrative. Par le passé, il existait déjà des programmes gérés par la Société canadienne d'hypothèques et de logement, ou SCHL.
    Dans ma circonscription, je vois beaucoup de projets de développement de logements sociaux qui, malheureusement, ne sont pas financés. Ils ont le financement de la Société d'habitation du Québec, ou SHQ, du côté québécois, mais ils n'ont pas le financement du côté fédéral depuis plusieurs mois, parce qu'on leur demande d'attendre le projet Maisons Canada. Or, auparavant, la SCHL était en mesure de faire ça.
    Mon collègue est-il d'accord avec moi pour dire qu'il y a une couche de complexité? Peut-être vit-il le même type de problème dans sa circonscription, où des projets qui sont déjà prêts à émerger de terre sont retardés par la lenteur du gouvernement fédéral.
    Monsieur le Président, c'est une très bonne question de la part de mon collègue.
    C'est exactement ça. Si un formulaire de demande vient d'une organisation de la province de l'Alberta ou de la ville de Calgary, elle doit avoir l'appui du gouvernement provincial.
     Après ça, il y a un autre formulaire au niveau fédéral. Cela prend beaucoup de temps, d'effort et d'argent de la part de l'organisation. C'est un gaspillage de temps, de ressources humaines et d'argent.
    Ce serait mieux s'il n'y avait qu'un seul processus pour les demandes de subventions pour le logement au Canada.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de ses observations sur ce nouveau projet de loi sur Maisons Canada.
    Nous avons deux sociétés d'État: la Société canadienne d'hypothèques et de logement et la Société immobilière du Canada. Or, au cours des 11 dernières années, les libéraux n'ont pas su tirer parti de ces deux sociétés, et voilà qu'ils s'efforcent désormais de créer une nouvelle structure bureaucratique sous le nom de Maisons Canada.
    Pourquoi les libéraux tiennent-ils tant à alourdir la bureaucratie, au lieu de se concentrer sur les résultats et sur les besoins réels des Canadiens, à savoir des logements abordables?
(1835)
    Monsieur le Président, je reçois aujourd'hui de nombreuses questions pertinentes sur le sujet. La réponse à cette question est assez complexe, je m'excuse donc d'avance auprès de mes collègues des deux côtés de la Chambre.
    La raison pour laquelle le gouvernement met actuellement en place toutes ces sociétés d'État, c'est que, au bout du compte, celles-ci ont leurs propres bilans financiers, et ces bilans ne sont pas inclus dans le bilan du gouvernement, aussi incroyable que cela puisse paraître.
    Le gouvernement a actuellement une dette de 1,4 billion de dollars. Cependant, il a emprunté près de 2 billions de dollars. Où sont passés les 600 autres milliards? Ils figurent dans les bilans de toutes les sociétés d'État, qui ont des pratiques insuffisantes en matière de reddition de comptes, et ont été empruntés par celles-ci. Nous avons prouvé à maintes reprises à la Chambre qu'il existe toute une série de dépenses qui auraient dû être radiées par ces organisations, mais qui continuent de figurer dans leurs bilans.
    Au final, le coût pour les Canadiens sera énorme. La dette réelle sur laquelle nous payons des intérêts s'élève à 2 billions de dollars. Cela va l'alourdir davantage.
    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec la députée de Rivière‑des‑Mille‑Îles.
    Je suis heureux d'avoir l'occasion de parler de la Loi sur Maisons Canada, présentée par le gouvernement du Canada, et en particulier de l'importance de Maisons Canada pour soutenir l'économie canadienne et la politique « Achetez canadien » du gouvernement fédéral.
    Maisons Canada est un organisme de service spécial mis sur pied en septembre 2025 au sein de Logement, Infrastructures et Collectivités Canada. Cette nouvelle agence fédérale, qui travaille rapidement et efficacement, a déjà réalisé des progrès importants en vue d'offrir plus de logements abordables aux Canadiens. Si elle était une société d'État, Maisons Canada disposerait de la souplesse et de l'autonomie opérationnelle nécessaires pour remplir son mandat, tout en maintenant un cadre de reddition de comptes clair envers le Parlement. C'est pourquoi la Loi sur Maisons Canada est une mesure législative historique.
    Le gouvernement du Canada doit renforcer sa capacité à répondre à la crise du logement au pays, améliorer l'offre de logements et accélérer l'innovation dans le domaine de la construction domiciliaire. Beaucoup trop de Canadiens ont du mal à trouver un logement abordable. Le coût du logement fait des ravages, et la productivité dans le secteur de la construction est faible.
    Les méthodes de construction et de financement traditionnelles ne permettent pas à elles seules de construire des logements à l'échelle et à la vitesse dont les Canadiens ont besoin. Maisons Canada centralisera des fonctions qui étaient auparavant réparties entre plusieurs ministères, organismes et programmes, ce qui limitait la capacité du gouvernement à avoir la plus grande incidence possible. L'agence agira en tant que promoteur, bailleur de fonds, facilitateur et catalyseur pour rendre le secteur de la construction résidentielle plus productif. Les Canadiens ont besoin de plus de logements et la Loi sur Maisons Canada permettrait de construire des logements plus rapidement, plus efficacement et à l'échelle requise.
    Le paysage commercial mondial évolue rapidement. En réponse, nous bâtissons une économie canadienne plus résiliente et plus indépendante. Au cœur de cette stratégie se trouve un plan ambitieux visant à réaliser des projets d'intérêt national, à construire plus de logements abordables et à renforcer les infrastructures locales. Nous nouons des relations solides avec tous les ordres de gouvernement, les municipalités, les territoires et les provinces, ainsi qu'avec nos partenaires autochtones. Nous faisons des investissements stratégiques pour bâtir une économie plus forte et plus durable qui vise à réduire les formalités administratives, à éliminer les obstacles au commerce international et à conclure de nouveaux accords qui stimuleront les économies locales. Pour ce faire, il faudra une main-d'œuvre qualifiée forte.
     C'est la raison pour laquelle, le 29 avril dernier, dans le cadre de la mise à jour économique du printemps, le premier ministre a annoncé l'initiative Une Équipe Canada forte. Cette initiative pancanadienne de 6 milliards de dollars permettra de recruter, de former et d'embaucher de 80 000 à 100 000 nouveaux travailleurs des métiers désignés Sceau rouge au cours des cinq prochaines années. L'initiative Équipe Canada forte transformera le secteur des métiers spécialisés et elle attirera davantage d'apprentis sur le marché du travail. Elle veillera à ce que les jeunes Canadiens soient prêts à construire les logements et les infrastructures dont nous avons besoin. Elle permettra de créer de nouveaux emplois, d'assurer de bons emplois et de renforcer la main-d'œuvre canadienne de demain.
    Le gouvernement du Canada prend des mesures décisives dès maintenant, afin de faire du Canada l'une des économies à la croissance la plus rapide et la plus compétitive au monde, et d'inaugurer une nouvelle ère de sécurité économique et de prospérité pour les Canadiens. Le gouvernement du Canada, qui s'appuie également sur les bases solides d'industries fortes, le fera en faisant la promotion de sa politique d'achat au Canada.
    À titre de société d'État, Maisons Canada serait financée à même l'enveloppe initiale de 13 milliards de dollars, qui a été annoncée dans le budget de 2025. Maisons Canada a été conçue pour regrouper en un seul endroit le soutien fédéral pour les logements abordables en travaillant de concert avec d'autres ministères et organismes gouvernementaux. Elle agira rapidement et mettra à profit des terrains fédéraux. Elle soutiendra des méthodes de construction novatrices et elle formera de vastes partenariats dans tous les secteurs afin de fournir des logements abordables.
    Maisons Canada est un élément clé de la nouvelle stratégie industrielle du Canada qui vise à stimuler la productivité du secteur de la construction résidentielle. Maisons Canada donnera la priorité aux projets dans lesquels on utilise des matériaux fabriqués au Canada, tels que le bois massif, le bois d'œuvre, l'acier et l'aluminium. Ce programme favorisera les méthodes de construction modernes, comme les maisons modulaires et préfabriquées, afin de réduire les délais de construction, le gaspillage de matériaux et les répercussions environnementales.
    Le gouvernement fédéral tire parti de ses relations avec les principaux intervenants, notamment les promoteurs privés, les entreprises, les organismes communautaires et sans but lucratif, ainsi que d'autres partenaires gouvernementaux et autochtones. En travaillant ensemble, nous créons des possibilités d'emploi ici même, au pays, et nous soutenons la main-d'œuvre canadienne. Ensemble, nous bâtissons des collectivités plus fortes et un Canada plus fort.
(1840)
    Le gouvernement du Canada a présenté un nouveau cadre stratégique pour la politique « Achetez canadien » qui est entré en vigueur le 16 décembre 2025. Cette politique tire parti des investissements fédéraux en donnant la priorité aux fournisseurs, au contenu et aux matériaux canadiens pour bâtir une économie nationale plus forte, plus résiliente aux perturbations mondiales et mieux placée pour soutenir les travailleurs et les entreprises du Canada. La politique est exhaustive et couvre non seulement les achats directs, mais tous les investissements fédéraux. Elle est appliquée par les ministères, les organismes et les sociétés d'État fédéraux.
    Maisons Canada appliquera la politique « Achetez canadien » du gouvernement du Canada en renforçant les chaînes d'approvisionnement nationales. Chaque nouvelle construction résidentielle augmentera la demande en acier, en bois d'œuvre et en aluminium canadiens, ce qui favorisera la prospérité des travailleurs et des entreprises. En outre, la politique est flexible et comprend un cadre pour tenir compte des règles des provinces et des territoires, qui peuvent aussi appliquer des normes similaires. Ces changements aux règles d'approvisionnement aideront les industries canadiennes à devenir plus autosuffisantes et plus résilientes aux changements dans l'économie mondiale.
    La politique « Achetez canadien » soutient des secteurs stratégiques, comme les industries canadiennes de la construction et de la défense, et elle s'applique à des projets visant, par exemple, les bâtiments, les ponts, les pièces d'avion, et bien plus encore. Elle exige que les achats fédéraux importants en matière de construction et de défense utilisent des produits d'acier, d'aluminium et de bois fabriqués au Canada.
    Le gouvernement du Canada s'efforce également d'accroître les occasions économiques pour les entreprises des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Dans le cadre du processus d'approvisionnement fédéral, les ministères et les organismes fédéraux sont tenus de veiller à ce qu'au moins 5 % de la valeur totale des marchés publics soient attribués à des entreprises autochtones. Cela inclut les entreprises détenues et exploitées par des aînés, des conseils de bande ou des conseils tribaux, les entreprises inscrites dans le répertoire des entreprises autochtones du gouvernement du Canada et les entreprises inscrites sur une liste d'entreprises bénéficiaires d'un traité moderne.
    Grâce à la nouvelle politique « Achetez canadien », nous faisons du gouvernement un moteur de l'édification du pays en devenant notre propre meilleur client, en protégeant les entreprises canadiennes et en offrant aux travailleurs canadiens des emplois bien rémunérés qui contribuent à la prospérité de notre pays.
     Le gouvernement du Canada prend des mesures législatives telles que la Loi sur Maisons Canada afin de renforcer le pays. Nous investissons ainsi dans les industries canadiennes et créons ainsi davantage d'emplois. Maisons Canada s'inscrit dans les efforts stratégiques du gouvernement fédéral visant à investir dans la modernisation de notre pays, à protéger les intérêts du Canada et à faire de notre économie l'une des plus fortes du G7. En faisant de Maisons Canada une société d'État, le gouvernement du Canada serait mieux placé pour garantir aux Canadiens l'accès à un logement abordable. Partout au pays, nous voulons multiplier et accélérer la construction efficace d'habitations à l'aide de matériaux, de travailleurs et d'entreprises canadiens.
    La Loi sur Maisons Canada permettrait au gouvernement fédéral d'exercer une influence plus importante et plus positive sur le système de logement canadien. Ensemble, les investissements réalisés par Maisons Canada, en collaboration avec des partenaires clés, contribueraient à renforcer l'économie canadienne et à créer des retombées économiques durables pour les collectivités partout au pays.
    Monsieur le Président, le député nous manque au sein du comité des opérations gouvernementales. Il peut revenir quand il le souhaite.
    Il a évoqué le soutien apporté par ce plan au logement abordable, mais le directeur parlementaire du budget indique que, malgré ces milliards de dollars de dépenses, le gouvernement ne devrait construire que 13 000 logements destinés aux personnes à faibles revenus et que, de surcroît, ces fonds proviendraient d'une ponction sur le Fonds pour le logement abordable et d'autres aides destinées aux Canadiens en situation de vulnérabilité.
     Pourquoi le gouvernement veut-il pénaliser les Canadiens vulnérables et dépenser de l'argent pour une structure bureaucratique supplémentaire qui ne créera que 13 000 nouveaux logements?
(1845)
    Monsieur le Président, je tiens à remercier le député d'en face pour les efforts qu'il déploie, en tant que président, afin de maintenir un ton modéré lors des séances d'information du Comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires. Nous aimons son attitude. Dans le cas présent, cependant, je voudrais l'inviter à mieux prendre en compte les efforts déployés dans le cadre de la Loi sur Maisons Canada pour regrouper tous les organismes en un seul, afin de réduire les coûts et de développer et d'étendre l'offre de logements abordables.
    La personne qui a été nommée à la tête de cette agence du logement est l'une des figures de proue du secteur du logement abordable à l'échelle nationale, et nous saluons ses initiatives ainsi que ses efforts visant à accroître la valeur des logements au Canada.

[Français]

    Monsieur le Président, j'aimerais rappeler à mon collègue que, comme pour n'importe quoi, la solution la plus simple est généralement de faire confiance aux ordres de gouvernement qui sont les plus à même de répondre aux besoins.
    Dans le cas du logement, c'est vrai qu'une entente a été signée entre le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec, mais c'est quand même le Québec qui est conscient des besoins en matière de logement, qu'il s'agisse de logements sociaux ou d'autres types de logements.
    Malheureusement, avec Maisons Canada, on va voir s'ajouter une autre couche administrative, qui n'est ni efficiente ni efficace et qui ralentit l'ensemble du processus.
    Mon collègue est député de l'Ontario. Je me demande si c'est la même chose dans sa province.

[Traduction]

     Monsieur le Président, j'espère que le député se trompe, car la Loi sur Maisons Canada et l'agence elle-même ont reconnu que plusieurs autres provinces ont déjà mis en place des pratiques d'approvisionnement. Nous souhaitons utiliser ces pratiques en parallèle. Il ne s'agirait pas d'une duplication. Nous voulons que l'ensemble du Canada, y compris le Québec, bénéficie de coûts réduits, d'une plus grande efficacité et d'une plus grande rapidité, afin de permettre aux Québécois d'accéder à la propriété ici, au Canada.

[Français]

    Monsieur le Président, j'ai écouté avec attention le très bon discours de mon collègue, qui est très compétent. C'est vrai: cela constitue une étape majeure du plan du gouvernement visant à construire davantage de logements plus rapidement et à faire en sorte que chaque Canadien dispose d'un logement abordable.
    Qu'est-ce que mon collègue croit que ça aura comme effet dans sa circonscription, Mississauga—Lakeshore?

[Traduction]

    Monsieur le Président, c'est essentiel pour ma circonscription, Mississauga—Lakeshore. Nous avons d'ailleurs un terrain appartenant à la Société immobilière du Canada.
    Beaucoup de gens parlent du réaménagement et de la revitalisation de notre secteur riverain, mais nous avons également besoin de logements abordables. C'est pourquoi trois projets sont en cours de lancement et de construction dans ma circonscription. La région de Peel a apporté un soutien considérable pour faciliter la mise en œuvre de ces projets, car le gouvernement fédéral du Canada a pris ses responsabilités et a permis que cela se concrétise.
    Monsieur le Président, je trouve très offensant que le député dise que je suis un président « modéré ». Cela me blesse au plus profond de mon âme.
    L'une des promesses électorales des libéraux était de réduire de moitié les droits d'aménagement municipaux. Ce n'est pas ce qui s'est produit en Alberta, en Colombie‑Britannique et dans tout le pays. Pourquoi le gouvernement libéral a-t-il encore une fois rompu sa promesse?
    Monsieur le Président, le député est modéré, sauf sur cette question.
    Le fait est que nous réduisons les coûts et que nous travaillons avec les autres provinces. L'Ontario a d'ailleurs apporté une contribution équivalente à certaines de ces réductions, et c'est important. Nous devons travailler en collaboration. Je demande aux députés de l'opposition de se joindre à nous pour aider leurs concitoyens à réduire le prix de leur logement. Unissons nos efforts pour rendre le logement plus abordable partout au Canada.

[Français]

     Monsieur le Président, je vous remercie de me donner l'occasion de prendre la parole aujourd'hui pour appuyer la loi sur Maisons Canada. Cette loi décisive fera de Maisons Canada une société d'État chargée de bâtir des logements abordables et d'en élargir l'offre pour les Canadiens.
    Le Canada traverse une crise du logement. À ce jour, les efforts fédéraux ont été répartis entre plusieurs ministères, organismes et provinces, ce qui a limité la capacité du gouvernement à avoir un impact maximal. Les approches traditionnelles en matière de construction et de financement n'offrent ni l'ampleur ni la capacité dont les Canadiens ont besoin. C'est pourquoi nous adoptons une nouvelle approche.
    Tous les Canadiens méritent d'avoir un logement abordable. Le logement est un besoin fondamental et la demande croissante de logements partout au pays exige une action urgente. Maisons Canada a été créée pour agir rapidement et efficacement. Cette loi donnera à Maisons Canada la souplesse et l'autonomie opérationnelle nécessaires pour remplir son mandat.
    En tant que société d'État, Maisons Canada maintiendra un cadre de reddition de comptes clair envers le gouvernement. Cela renforcera sa capacité à former des partenariats dans l'ensemble de l'écosystème du logement et à fournir des logements abordables à l'échelle et à la vitesse dont les Canadiens ont besoin.
    Maisons Canada rationalisera les efforts fédéraux en matière de logement en agissant à titre de promoteur, de bailleur de fonds, de rassembleur et de catalyseur d'innovation dans le secteur du logement. Elle occupera une place centrale dans l'établissement de partenariats solides avec tous les paliers de gouvernement et les communautés autochtones. Elle travaillera avec des organismes à but non lucratif et d'autres intervenants clés dans le secteur du logement pour stimuler la construction de logements abordables partout au Canada. Cela comprend des promoteurs privés et des organismes communautaires.
    Comme on le sait, dans Rivière‑des‑Mille‑Îles, on s'active déjà avec les organismes qui veulent travailler avec Maisons Canada. On a déjà des logements communautaires, qui sont justement bâtis avec des organismes communautaires, que ça soit à Saint‑Eustache, à Boisbriand, à Deux‑Montagnes ou à Rosemère. Évidemment, nous voulons tous construire des logements abordables.
    Maisons Canada ne peut pas agir seule. La réussite de ses réalisations repose sur des partenariats. Une collaboration accrue entre tous les paliers de gouvernement, que ce soit municipal, fédéral ou provincial, et avec les principaux partenaires, est nécessaire pour relever les défis en matière de logement auxquels nous sommes confrontés partout au pays. Maisons Canada simplifie et accélère la mise en chantier de projets de logements abordables à grande échelle. L'agence attire des investissements publics, privés et philanthropiques, maximisant ainsi son impact.
    La loi sur Maisons Canada facilitera l'établissement de partenariats à l'échelle de l'écosystème du logement afin de réunir le financement approprié et les bons projets. En tant que société d'État, Maisons Canada regroupera sous une même structure l'accès à des terrains fédéraux, l'expertise en développement et des outils financiers souples. Elle accélérera la construction de logements abordables en travaillant avec des organismes à but non lucratif, des organisations autochtones et tous les paliers de gouvernement. Cette approche réduit les risques, élimine les obstacles et guide les projets tout au long du processus de développement.
    Maisons Canada travaillera également en étroite collaboration avec des promoteurs, des investisseurs et des fabricants pour financer et bâtir des logements. Elle travaillera directement avec des constructeurs et des fournisseurs de logements axés sur l'abordabilité à long terme. Cela comprend les organismes à but non lucratif, les coopératives, les fournisseurs de logements communautaires et les organisations qui feront la promotion de diverses options de logement pour les Canadiens. Ces partenariats stratégiques permettront de créer des logements abordables pour un large éventail de ménages, quels que soient leurs revenus.
    Nous travaillons avec les intervenants dans Rivière‑des‑Mille‑Îles afin d'accélérer la construction de logements abordables partout dans la circonscription.
    Maisons Canada sera habilitée à collaborer avec tous les ordres de gouvernement et les partenaires communautaires dans le cadre d'ententes, de soutien financier, de coentreprises et d'initiatives de développement conjointes.
(1850)
    L'agence cherchera à établir une collaboration et une coordination étroite avec les provinces et les territoires, qui aideront à faire avancer les projets prioritaires. Cela pourra notamment comprendre la mise à disposition de terrains, l'accélération des processus d'approbation et la suppression de frais applicables.
    Je passe maintenant aux partenariats avec les communautés autochtones. Les Autochtones sont confrontés à des défis uniques en matière de logement. Maisons Canada collaborera avec le gouvernement des Premières Nations, des Inuits et des Métis, ainsi qu'avec les fournisseurs de logements autochtones et les organisations autochtones en milieu urbain à des propositions qui permettront d'obtenir des résultats communs sur le plan du logement. Maisons Canada répondra aux besoins en logement des communautés autochtones dans un esprit de collaboration. Le gouvernement du Canada respecte la souveraineté autochtone et appuie des solutions de logements autodéterminées qui sont conçues et mises en œuvre dans une perspective autochtone. Nos partenaires autochtones savent comment intégrer la culture et adopter des solutions de logement qui permettent à leur communauté de prospérer. Maisons Canada est déterminée à bâtir une étroite collaboration avec les Autochtones et favoriser l'atteinte des priorités relatives aux logements autochtones.
    J'aimerais maintenant parler des partenariats provinciaux. Depuis son lancement, Maison Canada a agi rapidement pour lancer des projets de logement. Le gouvernement du Canada a recensé des terrains publics pouvant être convertis en logements. Nous avons travaillé en partenariat avec les administrations locales pour réduire la paperasse et accélérer les approbations.
    En avril 2026, le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec ont annoncé un premier partenariat pour soutenir la construction de près de 865 nouveaux logements abordables dans l'ensemble de la province. L'investissement total dans le logement abordable, le logement avec services de soutien et le logement de transition dans la province s'élève à 200 millions de dollars. Maisons Canada fournit environ 100 millions de dollars en financement et le Québec contribue à la hauteur de 100 millions de dollars.
    Les logements de soutien et de transition sont très importants dans un contexte de violence conjugale. C'est d'ailleurs une des priorités du caucus des femmes libérales. Ceci est un résultat direct du protocole d'entente établissant des principes de la collaboration pour le déploiement de Maisons Canada au Québec. Signé en janvier 2026, ce protocole d'entente orientera la collaboration future et veillera au déploiement harmonisé des projets de Maisons Canada partout au Québec. Grâce à leur collaboration, le gouvernement fédéral et le Québec accéléreront les processus d'approbation et détermineront des projets de logements supplémentaires. Les investissements combinés aideront à bâtir plus de logements abordables dans les collectivités qui en ont le plus besoin.
    En mars 2026, le gouvernement du Canada, par l'entremise de Maisons Canada, et le Nouveau‑Brunswick ont travaillé en partenariat pour bâtir des logements abordables. Ce partenariat accélère la livraison de jusqu'à 1 200 logements prêts à être mis en chantier, avec une possibilité de 1 500 logements. Au moins la moitié des logements seront destinés aux Canadiens à faible revenu et au moins 160 logements seront des logements avec services de soutien ou des logements de transition. Environ 30 % des logements, donc jusqu'à un total de 450 logements, seront construits dans de petites agglomérations en milieu rural. Je suis membre du caucus rural depuis plusieurs années, où un des commentaires qu'on entend souvent est qu'il faut s'assurer de construire des logements abordables dans les milieux ruraux aussi.
    En conclusion, le développement et le renforcement des partenariats sont essentiels à la construction de logements pour les Canadiens. En combinant des ressources et en trouvant des solutions novatrices avec ses partenaires, Maisons Canada jette les bases de solutions durables. La Loi sur Maisons Canada fera de Maisons Canada une société d'État dotée d'un mandat, d'une structure de gouvernance et de pouvoirs clairs. En tant que société d'État, Maisons Canada disposera de l'indépendance opérationnelle, de la gouvernance et de la souplesse nécessaires pour livrer des logements abordables à grande échelle. Cette loi permettra à Maisons Canada de fonctionner de manière indépendante du gouvernement, de gérer ses actifs, de déployer des outils financiers novateurs et de prendre plus efficacement des décisions d'investissement à long terme. C'est là toute la force des partenariats: mettre en œuvre des changements transformateurs. Nous travaillons ensemble pour élaborer une approche solide et plus unifiée en matière de logement à l'échelle du pays.
(1855)

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'ai une question très simple à poser. Quelles sont les cibles pour les 12 prochains mois en ce qui concerne le nombre de logements qui seront construits par l'entremise de Maisons Canada?
    Monsieur le Président, je vais donner une réponse très simple. Je prie les députés d'appuyer notre projet de loi.
(1900)
    Monsieur le Président, ma collègue de Long Range Mountains a posé une question très claire. Les Canadiens méritent une réponse claire. Je vais donner à la députée d'en face une autre chance et la prier de bien vouloir répondre.

[Français]

    Monsieur le Président, si je comprends bien la question de mon collègue, il souhaiterait que je réponde de façon plus élaborée à la question de ma collègue de l'autre côté.
    Évidemment, si on veut s'assurer que Maisons Canada pourra construire des maisons, la première étape est de voter en faveur du projet de loi afin qu'il soit mis en œuvre.
    Par la suite, il sera possible d'utiliser Maisons Canada pour construire des maisons.
    Monsieur le Président, il y a certainement, dans la circonscription de ma collègue des gens qui ont des projets très intéressants, qui sont enthousiastes parce qu'ils vont peut-être pouvoir avoir accès à du terrain ou à du financement.
    Qu'est-ce qu'elle entend dire dans sa circonscription?
    Monsieur le Président, je remercie mon honorable collègue de son excellente question.
    Ma circonscription, c'est Deux-Montagnes, Saint‑Eustache, Boisbriand, Rosemère. Les gens ne s'en souviennent peut-être pas, mais, en 2017, il y a eu des inondations centennales. Ainsi, à Deux‑Montagnes, des maisons qui ont été démolies. Nous attendons l'approbation de la Communauté métropolitaine de Montréal pour réutiliser ces terrains.
    Grâce au gouvernement fédéral, il existe un fonds consacré aux effets des changements climatiques. Ces terrains se trouvent maintenant à l'intérieur d'une digue. On pourra y construire rapidement des logements. Voilà pour Deux‑Montagnes.
    À Saint‑Eustache, il y a déjà des projets communautaires. On sera prêt à les mettre en branle dès que le gouvernement ira de l'avant.
    Quant aux deux autres villes, Boisbriand et Rosemère, elles ont également des projets. À Rosemère, il faut venir faire un tour. On va trouver une façon de construire des immeubles à logements.
    Monsieur le Président, un élément est revenu abondamment, ce soir, et c'est le fait que, malheureusement, le gouvernement fait de nombreuses annonces, mais qu'il n'est ni efficace ni efficient.
    Je donnais l'exemple d'un organisme de chez nous, Loge m'entraide, qui devait recevoir son financement par l'entremise de la SCHL. Malheureusement, on lui a dit qu'il fallait attendre de voir si ce programme de la SCHL serait financé à nouveau.
    Finalement, il faut maintenant attendre que ce soit Maisons Canada qui prenne le relais. Ainsi, la construction de logements sociaux dans ma circonscription est retardée par le gouvernement fédéral.
    Je me demande si ma collègue vit la même chose, parce que, présentement, les délais peuvent faire en sorte que des projets de logements sociaux devront attendre jusqu'à 18 mois avant de voir le jour.
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son excellente question.
    Effectivement, nous faisons la transition de la SCHL vers Maisons Canada.
    Cette nouvelle structure sera plus flexible. Les fonds pourront être utilisés en collaboration avec des organismes. Comme je l'ai dit plus tôt, que ce soit dans le secteur public ou dans le secteur privé, nous allons être en mesure de mettre ces projets en place plus rapidement.
    Cette transition offrira une autonomie opérationnelle accrue, le pouvoir d'assumer des risques et une structure de gouvernance adaptée comprenant un conseil d'administration ainsi qu'une direction nommés par le gouvernement.
    Cela demande un peu de patience, mais nous allons terminer la session.
    Ce que je demande directement à mon collègue, c'est d'appuyer le projet de loi C‑20, afin que nous puissions passer à l'étape suivante.

[Traduction]

    Monsieur le Président, c'est un organisme que le gouvernement a décidé de créer pour alourdir la bureaucratie au lieu de construire des logements. Ma question à la députée d'en face est donc très simple. Combien de logements ont été construits dans sa circonscription depuis la création de cet organisme?

[Français]

     L'honorable députée de Rivière-des-Mille-Îles doit répondre en 30 secondes.
    Monsieur le Président, en 30 secondes, je répondrai à mon honorable collègue qu'il faut justement s'assurer d'adopter le projet de loi d'abord.
    Je crois que le chef de l’opposition officielle, lorsqu'il était au gouvernement, a construit six logements.
    Il est donc certain que nous allons faire mieux que cela, et rapidement.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole ce soir avec mon amie et collègue, la députée de Fort McMurray—Cold Lake.
    C'est un plaisir pour moi de prendre la parole aujourd'hui, comme toujours, au nom des habitants de Long Range Mountains, qui travaillent dur, sur un sujet qui me tient particulièrement à cœur: le logement.
    Avant de me lancer en politique, j'ai passé près de 20 ans dans le secteur immobilier en tant qu'agente, courtière et accompagnatrice en immobilier. Mon mari est constructeur, et ma fille est agente de vente. J'ai observé les marchés partout au pays, ainsi que dans ma province, Terre‑Neuve‑et‑Labrador, et je comprends parfaitement les pressions et les entraves qui pèsent actuellement sur l'offre de logements et l'accession à la propriété.
    J'ai observé les changements dans le marché et je suis extrêmement préoccupée, non seulement pour les jeunes qui cherchent à y entrer, mais aussi pour les aînés qui souhaitent déménager dans un logement plus petit, ce qui permettrait de faire de la place pour d'autres familles. Je m'inquiète pour ceux qui possèdent actuellement une maison, mais qui rêvent d'en construire une autre plus adaptée à leurs besoins, ainsi que pour les acheteurs qui souhaitent acquérir un logement plus spacieux, car ce sont eux aussi qui dynamisent le marché et libèrent de l'espace pour que d'autres puissent y entrer.
    Dans le marché actuel, le nombre de propriétés à vendre est faible comparativement aux niveaux habituels, ce qui exerce une pression à la hausse sur les prix, et il y a peu ou pas de mouvement permettant à d'autres personnes d'entrer dans le marché. De plus, les coûts de construction sont élevés et les marchés sont sous pression, même dans les régions du pays où ils sont généralement stables et où il y a un équilibre entre l'offre et la demande. Le Canada rural en est un parfait exemple, mais l'abordabilité du logement est désormais compromise même dans ces marchés. L'abordabilité du logement est une caractéristique déterminante du Canada rural, et nous ne pouvons pas permettre que l'accession à la propriété devienne inabordable, en particulier dans ces régions.
    Comme le dit si bien l'association des agents immobiliers de Terre‑Neuve‑et‑Labrador: « L'accession à la propriété est la pierre angulaire de la stabilité des collectivités, de la prospérité économique et de la sécurité personnelle. À Terre‑Neuve‑et‑Labrador, cette aspiration a longtemps été à portée de main, notre province affichant constamment l'un des taux d'accession à la propriété les plus élevés au Canada. C'est le reflet de nos valeurs profondément enracinées: l'autonomie, la fierté du lieu et l'investissement à long terme dans les familles et les quartiers. Or, aujourd'hui, ce rêve est de plus en plus menacé. Les défis liés à l'offre de logements, à l'augmentation des coûts et à l'abordabilité empêchent de nombreux habitants durs à la tâche de devenir propriétaires. Si nous voulons préserver cet héritage et faire en sorte que les générations futures puissent profiter de la sécurité et des possibilités qu'offre l'accession à la propriété, il faut prendre des mesures décisives. »
    Toutefois, la statistique la plus triste en matière de logement au pays est que l'âge médian des primo-accédants en Ontario est 40 ans, en raison du coût de la vie élevé, de la hausse des coûts d'emprunt, de la prolongation de la période de location et du report de la constitution d'un foyer. Cela signifie que les Canadiens ne se constituent un patrimoine immobilier que beaucoup plus tard dans leur vie et que le rêve de devenir propriétaire s'éloigne de plus en plus des jeunes.
    La réponse des libéraux à un marché immobilier sous tension est le projet de loi à l'étude aujourd’hui, le projet de loi C‑20. Toutefois, au lieu d’un véritable plan de construction de logements, les libéraux ont continué sur la même voie et mis en place une quatrième structure bureaucratique coûteuse en matière de logement, et sont loin de construire à ce qu’ils appellent « un rythme jamais vu depuis des générations ». En fait, la défenseure du logement du gouvernement libéral a déclaré qu’au rythme actuel de construction de logements abordables, il faudrait plus de 1 000 ans pour rétablir l'abordabilité du logement pour les Canadiens les plus pauvres.
    Examinons attentivement les faits. Aux dernières élections, le premier ministre libéral a sillonné le pays, promettant de doubler la construction de logements et de livrer 500 000 nouvelles habitations chaque année. Il a promis d'agir avec une rapidité comme nous n'en avons pas vue depuis la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, plus d'un an après le début de son mandat, on constate exactement le contraire. Le nombre de permis délivrés et de mises en chantier est en baisse et, selon la Société canadienne d'hypothèques et de logement, le nombre de mises en chantier à l'échelle nationale devrait tomber à seulement 212 000 par an d'ici 2028. Cela représente une baisse de 18,1 % au cours des deux prochaines années. La SCHL a explicitement déclaré que nous devions construire entre 430 000 et 480 000 logements par an jusqu'en 2035, ne serait-ce que pour rétablir un niveau d'accessibilité minimal.
    Qu'en est-il de cette nouvelle société d'État libérale de 13 milliards de dollars qui sera créée avec le projet de loi C‑20? Le directeur parlementaire du budget a indiqué que les libéraux n'ont pas de véritable plan pour construire les 500 000 logements qu'ils ont promis et qu'ils n'en ajouteront que 5 200 par an. Cela ne représente qu'à peine 1 % de ce qu'ils ont promis aux Canadiens.
    Malheureusement, il y a pire. Quand on l'a interrogé sur les cibles pour la nouvelle agence de 13 milliards de dollars, le ministre du Logement a ouvertement admis qu'aucun objectif précis n'a été fixé quant au nombre de logements à construire.
    Dans le cadre de son témoignage devant le Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées, Mike Moffatt a affirmé clairement ce qui suit à propos du projet de loi: « Il manque à Maisons Canada un objectif clair, des cibles précises, des indicateurs de rendement clés et des mesures de reddition de comptes. Le public n'a pas été informé du nombre de logements que le programme permettra de construire, des types de logements qui seront construits, des loyers ou des prix, ni de l'échéancier prévu. »
    Il a ajouté: « Je ne pourrai pas vous dire, dans cinq ans, si Maisons Canada aura été efficace ou non, car il n'y a pas de critères permettant d'en mesurer le succès. C'est un problème. »
(1905)
    On connaît la chanson: le gouvernement annonce des milliards de dollars, il crée une toute nouvelle structure bureaucratique financée par les contribuables, mais il ne fixe pas d'objectifs et n'obtient pas de résultats concrets pour les Canadiens ordinaires qui travaillent d'arrache-pied et qui paient les factures. Quiconque travaille dans le secteur privé sait que, si on entreprend un grand projet sans fixer d'objectifs ou d'indicateurs de rendement clés, on court tout droit à l'échec.
    À un moment crucial où nous avons besoin d'augmenter l'offre et où les constructeurs réclament moins d'intervention de l'État, les libéraux s'attachent à créer une nouvelle bureaucratie qui équivaut à un exercice coûteux de renouvellement de son image.
    Il y a quelques semaines, un rapport du Bureau du surintendant des faillites a révélé que, au cours des trois premiers mois de 2026, l'insolvabilité chez les consommateurs a augmenté de 8,5 % par rapport à l'année dernière. Le nombre de Canadiens qui demandent l'aide prévue par la Loi sur la faillite et l'insolvabilité a atteint des niveaux jamais vus depuis la grande récession de 2009.
    Aujourd'hui, les Canadiens doivent en moyenne 1,77 $ pour chaque dollar qu'ils gagnent. Pour les 20 % des personnes les moins bien nanties — celles que les libéraux prétendent vouloir aider avec les logements hors marché —, le ratio de l'endettement par rapport au revenu s'élève à 430 %, ce qui est astronomique. Chaque mois, plus de 4 Canadiens sur 10 sont à 200 $ ou moins de l'insolvabilité. Ils ont épuisé leurs économies, ils ont atteint la limite de leurs cartes de crédit et ils ont refinancé leur maison simplement pour suivre le rythme de l'inflation alimentaire, de la hausse des loyers et de la montée en flèche des paiements hypothécaires. De toute évidence, le plan ne fonctionne pas.
    Les conservateurs croient qu'il faut rétablir le rêve de l'accession à la propriété et donner au secteur privé les moyens de construire les logements dont les Canadiens ont besoin, car nous savons que nous disposons de la main-d'œuvre. Au Canada, plus de 131 000 personnes qui ont de l'expérience dans le domaine de la construction sont actuellement au chômage. Quelque 127 000 Canadiens, qui ont déjà reçu un certificat ou un diplôme professionnel, sont sans emploi. Nous avons les gens de métier qualifiés, le bois d'œuvre et les terrains. Ce qui nous manque, c'est un plan du gouvernement fédéral qui donnera au secteur privé les moyens d'agir et qui permettrait aux constructeurs de bâtir, d'autant plus que 95 % de l'offre actuelle provient du marché du logement.
     Je ne suis pas la seule à le dire. Comme le représentant de l'Ontario Home Builders' Association l'a déclaré lors de son témoignage: « Puisque notre association représente les constructeurs de logements [...], nous savons que ce sont les constructeurs, et non pas le gouvernement, qui possèdent l'expertise et les habiletés qui permettront de construire les logements dont la province a besoin » et « le rôle du gouvernement n'est pas de devenir constructeur, mais plutôt donner à ceux qui exécutent déjà ce travail chaque jour les moyens de le faire mieux, de le faire plus vite et à plus grande échelle. »
    Les conservateurs ne sont pas favorables à l'ajout d'autres formalités administratives libérales dans le secteur du logement. Les constructeurs de tout le pays supplient les libéraux d'intervenir moins, et non plus. Encore une fois, je tiens à souligner que 95 % des logements au Canada sont fournis par le marché privé. Pour faire baisser les prix, il faut augmenter l'offre de logements, et nous y parviendrons en réduisant les coûts de construction.
    Si les libéraux veulent vraiment résoudre cette crise, ils devraient adopter notre plan au lieu de mettre en place une bureaucratie coûteuse et irresponsable qui fait grimper les coûts. Nous voulons que le rêve de l'accession à la propriété redevienne accessible. Nous voulons donner au secteur privé les moyens de rétablir l'équilibre du marché en supprimant la TPS sur toutes les maisons neuves vendues pour moins de 1,3 million de dollars. À elle seule, cette mesure permettrait aux familles canadiennes d'économiser jusqu'à 65 000 $ sur l'achat d'une nouvelle maison; elle déclencherait immédiatement une énorme vague de construction résidentielle dans tout le pays.
    Les conservateurs savent qu'il ne suffit pas d'appliquer cette mesure uniquement aux acheteurs d'une première maison pour faire vraiment bouger les choses. Nous comprenons aussi que, dans de nombreux marchés, beaucoup d'acheteurs d'une première maison n'ont pas les moyens de construire. Nous savons que certains aînés qui souhaitent déménager dans un logis plus petit sont prêts à acheter une nouvelle construction, et que l'espace qu'ils libèrent alors peut répondre aux besoins d'une famille grandissante. Limiter cette mesure aux acheteurs d'une première maison n'est donc pas la bonne approche.
    L'enveloppe fédérale pour les infrastructures serait rattachée à la construction résidentielle. Une fois l'incitatif en vigueur, les administrations municipales petites et grandes commenceraient à préparer l'élargissement de leur milieu bâti et à autoriser les projets de construction. Un gouvernement conservateur obligerait les grandes villes à accroître le nombre de permis de construire d'au moins 15 % par année pour qu'elles obtiennent leurs fonds du fédéral.
    La différence saute aux yeux. D'une part, le gouvernement libéral estime que, quel que soit le problème, la solution consiste à dépenser davantage, à creuser le déficit, à alourdir le fardeau fiscal et à créer une quatrième coûteuse structure bureaucratique sur le logement qui n'a aucun objectif défini et qui n'apporte rien aux Canadiens. D'autre part, les conservateurs croient dans l'efficacité des travailleurs canadiens, des constructeurs et des collectivités. Nous voulons donner au secteur privé les moyens d'accroître l'offre et de rétablir un équilibre en allégeant son fardeau fiscal et en réduisant les coûts de construction, de manière à ce que les jeunes Canadiens puissent se permettre d'avoir un chez-soi.
    Pour ces raisons, je ne peux pas appuyer le projet de loi C‑20.
(1910)
    Monsieur le Président, même si la députée a de l'expérience dans le secteur du logement, j'ai tendance à ne pas être d'accord avec elle. Au bout du compte, elle tente de donner l'impression que le gouvernement national n'a pas de rôle à jouer dans ce domaine, alors qu'en réalité, bon nombre des mesures prises par le gouvernement soutiennent le secteur privé. Après l'adoption du projet de loi, j'ai bon espoir que la société d'État Maisons Canada contribuera à l'expansion de l'industrie des maisons modulaires. En fait, nous le constatons déjà.
    Le gouvernement peut contribuer de diverses manières à accroître le parc de logements. Certaines des affirmations de la députée portaient notamment sur les coûts. N'oublions pas que le premier ministre occupe son poste depuis à peine plus d'un an. Non seulement le prix des logements s'est déjà stabilisé au Canada, mais il a même diminué dans de nombreuses régions. Les loyers ont aussi diminué.
    De toute évidence, le gouvernement peut changer les choses. La députée ne convient-elle pas que nous devons collaborer?
(1915)
    Monsieur le Président, je ne suis pas certaine qu'il y avait une question là-dedans.
    Les conservateurs font confiance aux Canadiens et au secteur privé. Ils ne croient pas que nous avons besoin de plus de bureaucratie pour résoudre la crise du logement au pays. Nous parlons régulièrement aux intervenants, aux experts dans ce domaine, et ils nous disent ce dont ils ont besoin. Ce n'est pas le projet de loi qu'ils demandent.
    Monsieur le Président, ma collègue et bonne amie a de solides connaissances dans ce domaine. Je me demande si elle peut expliquer pourquoi continuer à alourdir la bureaucratie ne permet pas de construire des logements et nous dire ce qu'elle constate dans sa province, Terre‑Neuve‑et‑Labrador.
    Monsieur le Président, je tiens à remercier mon amie, qui a des liens étroits avec Terre‑Neuve‑et‑Labrador, de sa question.
    Lorsque nous alourdissons la bureaucratie gouvernementale, nous augmentons la taille du gouvernement et nous augmentons ses dépenses, ce qui fait grimper l'inflation, ce qui fait grimper le coût de tout, y compris le coût de la construction de logements. Ce n'est pas la solution.
    Nous voulons libérer le potentiel du secteur privé pour qu'il puisse réduire ces coûts, afin que nous puissions stimuler la construction de logements. Cette approche changerait vraiment les choses. Comme je l'ai dit, dans les régions rurales du Canada, le pourcentage de personnes qui sont propriétaires est très élevé. Les libéraux ne veulent jamais parler des pressions qui s'exercent sur le logement social, mais le problème, c'est que nous rendons le coût de la vie inabordable et que nous mettons plus de gens dans une situation où ils n'ont pas les moyens d'accéder à la propriété. C'est ce que nous voulons corriger.
     Monsieur le Président, je suis fier de m'exprimer au nom des habitants de London—Fanshawe. Je fais du porte-à-porte et j'écoute mes concitoyens. Ils sont préoccupés par l'impact de la crise sur les jeunes et par le manque de possibilités pour eux de devenir propriétaires.
     J'applaudis ma collègue. Elle et des membres de sa famille sont des experts dans les secteurs de l'immobilier et de la construction résidentielle. Je me demandais simplement si elle pouvait nous en dire davantage à ce sujet et nous expliquer les difficultés rencontrées par les jeunes de sa circonscription pour accéder à la propriété dans le contexte de la crise du coût de la vie.
    Monsieur le Président, quand tous les coûts augmentent, ce sont les jeunes qui en souffrent le plus, en particulier ceux qui désirent accéder au marché immobilier.
     À mesure que les prix de l'immobilier augmentent, les loyers augmentent eux aussi. Cela signifie que tout coûte plus cher. Ils n'arrivent pas à économiser pour constituer une mise de fonds, et ils ont l'impression d'être pris dans un cercle vicieux. Si les jeunes ne parviennent pas à devenir propriétaires assez tôt, ils ne peuvent pas commencer à se constituer un patrimoine. Voilà un autre exemple de notre incapacité à répondre aux attentes de la prochaine génération, car nous ne prenons pas cette crise du logement assez au sérieux.

[Français]

    L'honorable député de Pierre‑Boucher—Les Patriotes—Verchères dispose de 30 secondes pour poser sa question.
     Monsieur le Président, je félicite ma collègue pour son discours. Ma question sera courte.
    Le projet de loi que nous étudions présentement est celui qui vise à constituer Maisons Canada. Moi, je trouve ça triste de voir qu'on s'est retrouvé avec une crise du logement. Le secrétaire parlementaire disait tantôt que son gouvernement est en train de régler la crise.
    Qu'est-ce que le gouvernement a fait de spécial pour atténuer la crise du logement récemment, si ce n'est de commencer finalement à écouter les critiques que nous lui adressions pour dire qu'il y avait de l'exagération en matière d'immigration?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je comprends cette frustration. Nous devons mesurer le succès en fonction des résultats, et non en fonction des annonces de financement, des formalités administratives ou d'une nouvelle discussion visant à recueillir davantage de conseils qui ne mèneront finalement pas à la construction de nouveaux logements.
    Monsieur le Président, l'accès à la propriété a déjà été au cœur du rêve canadien. Pendant des générations, les Canadiens ont cru que s'ils travaillaient fort, respectaient les règles, payaient leurs impôts et contribuaient à leur collectivité, ils auraient la possibilité d'acheter une maison, d'élever une famille et de se bâtir un avenir sûr. Ces attentes n'avaient rien de déraisonnable. Elles faisaient partie de la promesse de notre pays, une promesse qui est maintenant plus inaccessible que jamais.
    Après plus d'une décennie de gouvernement libéral, les Canadiens sont confrontés à une crise du coût de la vie comme on n'en avait pas vu depuis des générations. Le coût de l'épicerie a monté en flèche, les factures de services publics continuent d'augmenter, les familles paient plus cher à la pompe, à la caisse et pour pratiquement tous leurs besoins essentiels. C'est toutefois dans le secteur du logement que cet échec est le plus évident. L'accession à la propriété devient un objectif de plus en plus inatteignable pour les travailleurs canadiens. Des jeunes qui ont fait tout ce qu'il fallait perdent maintenant espoir. Après avoir fait des études, être entrés sur le marché du travail, avoir économisé avec diligence et avoir retardé de grandes décisions, ils voient maintenant leur rêve de devenir propriétaire s'éloigner de plus en plus.
    Les statistiques dressent un tableau inquiétant. Selon le Bureau du surintendant des faillites, le nombre de Canadiens ayant demandé à bénéficier des dispositions de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité au cours du premier trimestre de 2026 a atteint des niveaux jamais vus depuis la Grande Dépression. Les cas d'insolvabilité des particuliers ont augmenté de 8,5 % par rapport à la même période l'année dernière, et les défauts de paiement sur les prêts hypothécaires ont atteint leur plus haut niveau depuis 2021.
     Les ménages canadiens sont accablés d'une dette colossale de 2,6 billions de dollars, et le Canadien moyen doit désormais 1,77 $ pour chaque dollar gagné, mais le fardeau est encore plus lourd pour les personnes à revenu faible ou moyen. Des témoignages devant le comité des finances ont révélé que, pour les 80 % des ménages les moins bien nantis, le ratio de la dette par rapport au revenu dépasse les 200 %. Pour les 20 % les plus pauvres, il avoisine les 430 %. Ces chiffres sont bien plus que de simples statistiques. Ils représentent des familles qui épuisent leurs économies, simplement pour essayer de s'en sortir. Ils représentent des personnes âgées qui craignent pour leur sécurité financière. Ils représentent de jeunes couples qui se demandent quand ils pourront enfin économiser assez d'argent pour verser un dépôt pour l'achat d'une maison. Ils représentent des Canadiens qui refinancent leur prêt hypothécaire, qui atteignent la limite de leur marge de crédit et qui contractent des dettes supplémentaires simplement pour pouvoir payer leur loyer, leur épicerie et d'autres produits de première nécessité.
    Le Canada traverse une crise du logement. Il ne s'agit pas d'un défi du logement ou d'un problème de logement, mais d'une crise du logement, qui était en gestation depuis des années. J'ai vu les conséquences de cette crise dans ma ville, Fort McMurray, où il y a des hauts et des bas depuis que les gens connaissent l'existence des sables bitumineux. Cependant, cela n'a jamais été aussi vrai qu'au cours de la dernière décennie sous le gouvernement libéral, qui a dit aux habitants de ma circonscription qu'il ferait disparaître progressivement leurs emplois et qu'ils ne devraient pas travailler dans ce genre d'industrie.
    Au cours des 10 dernières années, le nombre de mises en chantier a essentiellement chuté à presque zéro, ce qui signifie qu'à l'heure actuelle, nous ne disposons pas de constructeurs prêts à construire, car la plupart d'entre eux ont quitté la ville. La plupart des travailleurs de la construction ont quitté la ville, car il n'y avait pas d'emplois, étant donné que les gens n'achetaient pas de maisons. Ce qu'on a observé et que l'on observe toujours, ce sont des gens en situation de capital négatif, c'est-à-dire que le solde de leur hypothèque est supérieur à la valeur de leur propriété. S'ils veulent vendre leur maison, ils ont le choix entre payer un tas d'argent et faire faillite. Ce n'est pas une situation dans laquelle les Canadiens veulent se retrouver, mais c'est pourtant vers cela que nous fonçons à cause de la mauvaise gestion de l'économie par les libéraux au cours des 10 dernières années.
    Les décisions que prennent les libéraux et les décisions que nous prenons ici, au Parlement, ont des répercussions concrètes sur la vie des Canadiens. Il ne s'agit pas seulement d'une crise pour les familles qui cherchent à acheter une maison. C'est aussi une crise pour les travailleurs qui construisent des maisons, comme les électriciens, les charpentiers, les plombiers et les soudeurs. Ça a des répercussions sur toutes sortes de travailleurs de la construction. Lorsque les projets sont retardés par des formalités administratives gouvernementales, ou lorsqu'au lieu d'attendre quelques mois pour obtenir un permis, il faut patienter pendant des années, les investissements disparaissent. C'est un de ces problèmes, car lorsque les investissements disparaissent, les emplois disparaissent avec eux.
(1920)
    Nous devons y réfléchir un instant. Le Canada est aux prises avec une grave crise du logement et une grave pénurie de logements. Nous avons besoin de millions de nouveaux logements dans l'ensemble du pays. Des travailleurs qualifiés sont prêts à les construire, mais les politiques gouvernementales ralentissent les projets de construction et empêchent même les projets de démarrer. Chaque projet de logement annulé, reporté ou jugé trop cher pour aller de l'avant représente des logements en moins pour les travailleurs, des occasions de formation en moins pour les apprentis, des possibilités en moins pour les jeunes qui commencent dans les métiers et des chèques de paie en moins pour les travailleurs canadiens. Voilà la réalité que le gouvernement libéral ne comprend pas.
    Quelle est la solution des libéraux? C'est de créer un autre organe bureaucratique du logement. Ce dont nous sommes témoins avec Maisons Canada, c'est la création d'une quatrième structure bureaucratique canadienne du logement parce que leur solution à tant de problèmes se résume simplement à alourdir la bureaucratie gouvernementale. La réalité, c'est que nous n'avons pas encore été en mesure de comprendre, au comité des ressources humaines, du développement des compétences et du développement social, quels pouvoirs de Maisons Canada ne pouvaient pas être exercés par l'intermédiaire de la Société canadienne d'hypothèques et de logement ou de la Société immobilière du Canada, c'est-à-dire deux bureaucraties déjà en place.
    Les libéraux succombent plutôt à l'attrait de la nouveauté en établissant une autre structure et ils prétendent qu'ils bâtiront à une vitesse inimaginable. En réalité, les chantiers de construction tournent au ralenti. La plupart des personnes qui ont comparu devant le comité dans le cadre de l'étude du projet de loi ne comprenaient pas vraiment ce que Maisons Canada allait faire. Elles avaient des idées générales, mais rien de concret. Quand la présidente-directrice générale a témoigné devant le comité, nous avons appris combien de logements la société avait construits. La réponse, je crois, était neuf, ce qui n'est pas un rythme jamais vu auparavant.
    Les libéraux ont promis de bâtir 500 000 logements par an, mais selon les projections de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, le nombre de mises en chantier pourrait en réalité chuter à environ 212 000 logements d'ici 2028. Il ne s'agit pas simplement d'un léger écart. C'est un échec monumental, d'une ampleur historique. Plus inquiétant encore, le directeur parlementaire du budget a constaté que le programme Maisons Canada ne permettrait de construire qu'environ 5 000 logements par an. Cela ne représente que 1 % de l'objectif annuel du gouvernement en matière de logement.
    Les Canadiens méritent mieux que des annonces qui font les gros titres, mais ne donnent aucun résultat. En réalité, les constructeurs n'ont cessé d'indiquer au gouvernement ce dont ils ont besoin. La solution ne réside pas dans la multiplication de structures bureaucratiques. La solution ne réside pas dans la création de nouvelles agences gouvernementales. La solution ne réside pas dans l'implication d'Ottawa. La solution ne réside pas dans le fait qu'Ottawa tente de se transformer en promoteur immobilier. La solution consiste à créer les conditions permettant aux constructeurs de construire.
     Le PDG de l'Ontario Home Builders' Association a parfaitement résumé la situation lors de son témoignage devant le comité. Il a dit: « [...] le rôle du gouvernement n'est pas de devenir constructeur, mais plutôt donner à ceux qui exécutent déjà ce travail chaque jour les moyens de le faire mieux, de le faire plus vite et à plus grande échelle. » Le Parti conservateur du Canada partage entièrement cet avis, et nous estimons que tous les Canadiens devraient avoir la possibilité d'accéder à la propriété et de bénéficier d'un logement sûr et abordable.
    Voilà pourquoi les conservateurs estiment que le gouvernement fédéral peut aider les constructeurs de logements partout au pays en abolissant la TPS sur toutes les maisons neuves d'une valeur inférieure à 1,3 million de dollars, ce qui permettrait aux familles d'économiser jusqu'à 65 000 $, stimuler la construction en liant les fonds fédéraux destinés aux infrastructures à la construction de logements, obliger les municipalités à autoriser au moins 15 % de logements supplémentaires chaque année, réduire de 50 % les droits d'aménagement, ce que les libéraux avaient promis lors de la dernière campagne électorale mais qu'ils ont refusé de mettre en œuvre, supprimer l'impôt sur les gains en capital liés au réinvestissement dans des logements neufs au Canada et débloquer des milliards de dollars d'investissements dans le secteur de la construction de logements du pays. Nous estimons surtout que le gouvernement devrait se concentrer sur les résultats plutôt que sur les annonces.
    Je sais que c'est étonnant, mais les Canadiens ne mesurent pas le succès au nombre de programmes gouvernementaux qui sont en place. Ils mesurent le succès en fonction de leur capacité à acheter une maison. Ils mesurent le succès en fonction des possibilités qui s'offrent à leurs enfants. Ils mesurent le succès en fonction de la croissance et de la prospérité de leurs collectivités. Pour trop de Canadiens, rien de cela n'est au rendez-vous de nos jours. L'inaction est lourde de conséquences. Les Canadiens en ont assez des excuses. Ils en ont assez des cibles ratées. Ils sont las des annonces qui ne se concrétisent jamais. Ils veulent de l'action. Ils veulent des logements. Ils veulent un coût de la vie abordable. Ils veulent des gouvernements qui éliminent les obstacles au lieu d'en créer.
    En tant que députée de Fort McMurray—Cold Lake, je continuerai à me battre pour les travailleurs, les familles, les gens de métier et les jeunes Canadiens qui veulent simplement avoir une chance équitable de réussir, d'économiser, d'acheter une maison, de se bâtir un avenir et de léguer quelque chose à leurs enfants. C'était autrefois la promesse du Canada et ce devrait l'être à nouveau. Il est temps de rétablir la promesse du Canada.
(1925)
    Monsieur le Président, les conservateurs doivent vraiment regarder la réalité en face. En Colombie‑Britannique, d'où vient mon collègue de Fleetwood—Port Kells, plus de 1 100 logements seront construits grâce au gouvernement actuel et à son partenariat avec la province. Où est le problème? Des centaines de ces logements seront des logements supervisés.
    Les conservateurs, eux, ne font rien et se contentent de dire que le gouvernement n'y arrivera pas. Eh bien, j'ai une nouvelle pour eux: en collaboration avec la Colombie‑Britannique et divers intervenants, le gouvernement du Canada livrera plus de 1 000 logements au cours des 12 prochains mois.
    La députée d'en face appuie-t-elle les initiatives visant à offrir des logements sans but lucratif aux Canadiens?
(1930)
    Monsieur le Président, je sais que le député d'en face peut s'emporter et s'époumoner, et y mettre toute sa passion, mais cela ne change rien au fait que plus de 80 % des Canadiens souhaitent devenir propriétaires. Ils veulent posséder leur propre maison. Le gouvernement a créé une énième structure bureaucratique dédiée au logement, ce qui porte à quatre le nombre de ces structures au niveau fédéral au Canada. Le directeur parlementaire du budget du gouvernement lui-même a déclaré que Maisons Canada ne permettrait de construire que 5 000 logements par an, soit 1 % de ce que les libéraux avaient promis. Je ne pense pas que cela réponde aux attentes des Canadiens. Je me demande si le député le pense.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue avec qui je siège au Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées, qui étudie cette question du projet de loi C‑20, Loi sur Maisons Canada.
    Nous avons entendu dire que le Québec, avec la Société d'habitation du Québec, aurait le dernier mot sur les projets de Maisons Canada. Il reste que, ce que nous avons entendu de plusieurs témoins en comité, ce sont toutes les incertitudes entourant Maisons Canada. Quelle est la définition de l'abordabilité? Les municipalités en milieu rural vont-elles avoir leur part du marché? Que va-t-il se passer avec les aînés et les femmes qui ont de la difficulté à se loger? Bref, il y a encore beaucoup d'incertitudes.
    Ma collègue ne pense-t-elle pas, comme moi, que ça aurait été mieux finalement de transférer des sommes au Québec et aux provinces, qui sont peut-être plus au fait des besoins de leurs communautés en matière de logement?
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue avec qui j'ai l'honneur de siéger au Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées, ainsi qu'au Comité permanent de la condition féminine.
    La réalité est vraiment claire. Nous avons entendu tellement de témoins dans le cadre de l'étude du projet de loi C‑20 en comité. Les témoins ont dit qu'il y avait beaucoup d'incertitudes, qu'ils n'obtenaient pas de réponse justifiant à quoi ça servirait ni pourquoi ça ne pouvait pas être fait par les autres structures déjà existantes.
    Ottawa a décidé de construire une autre structure, de mettre en place une nouvelle bureaucratie. Ça ne fonctionne pas. La réalité, c'est qu'on a besoin de travailler plus étroitement avec les provinces, les territoires et les gouvernements autochtones partout au pays, car ce qu'Ottawa fait ne fonctionne pas.

[Traduction]

    Monsieur le Président, le logement est une question cruciale en ce moment au Canada. Nous ne pouvons pas perdre de temps à créer plus de bureaucratie, à parler davantage et à ne rien faire. Par exemple, Maisons Canada est une nouvelle structure bureaucratique. À Penticton, le logement est de plus en plus cher. Dans ma vaste circonscription, Similkameen—Okanagan‑Sud—Kootenay‑Ouest, plusieurs collectivités ont demandé à bénéficier du Fonds pour accélérer la construction de logements au cours des dernières années. Aucune d'entre elles n'a obtenu de réponse favorable.
    Pourquoi créer une nouvelle structure bureaucratique alors que cela ne fonctionne pas?
    Monsieur le Président, je tiens à remercier ma spectaculaire collègue du Sud de la vallée de l'Okanagan de son excellent travail.
    Elle souligne à juste titre le fait que la bureaucratie existante, sur laquelle mise le gouvernement du Canada, est trop éloignée du terrain pour être en mesure de comprendre certains des besoins des collectivités. C'est l'un des grands problèmes auxquels nous sommes confrontés. Cependant, la réponse des libéraux est la suivante: « Allourdissons davantage la bureaucratie. Ne bâtissons pas plus de maisons. Ne faisons rien...

[Français]

    Nous reprenons le débat.
    L'honorable député d'Argenteuil—La Petite‑Nation a la parole.
     Monsieur le Président, j'aimerais partager mon temps de parole avec la députée de Guelph.
    Je suis très heureux d'avoir l'occasion de parler de la loi sur Maisons Canada du gouvernement du Canada, et plus particulièrement de l'importance de Maisons Canada pour soutenir l'économie canadienne et la politique « Achetez canadien » du gouvernement fédéral.
    Depuis 2025, Maisons Canada est un organisme de service spécial qui fait partie de Logement, Infrastructures et Collectivités Canada. Grâce à son travail rapide et efficace, cette nouvelle agence fédérale a déjà accompli des progrès considérables pour offrir davantage de logements abordables aux Canadiens, notamment aux familles, aux femmes, aux mères de famille monoparentale, et surtout aux familles qui sont dans le besoin.
    En tant que société d'État, Maisons Canada disposera de la souplesse et de l'autonomie opérationnelle nécessaires pour rendre remplir son mandat et elle suivra un cadre de reddition de comptes clair envers le gouvernement. C'est pourquoi la loi sur Maisons Canada est une mesure législative décisive. Le gouvernement du Canada doit renforcer sa capacité à faire face à la crise du logement, à accroître l'offre de logements et à accélérer l'innovation dans la construction résidentielle. Il y a trop de Canadiens qui ont du mal à trouver un logement qu'ils peuvent se permettre. Les coûts de logement augmentent, l'offre ne suit pas la demande et la productivité dans le secteur de la construction est très faible. Les approches traditionnelles en matière de construction et de financement ne suffisent pas à elles seules à atteindre l'échelle et la rapidité dont les Canadiens ont besoin.
    Maisons Canada va centraliser les fonctions qui étaient auparavant réparties entre plusieurs ministères, organismes et programmes, ce qui limitait la capacité du gouvernement à maximiser son impact. Elle agira à titre de promoteur, de bailleur de fonds, de rassembleur et de catalyseur d'innovation pour contribuer à un secteur de construction de logements encore plus productif. Les Canadiens ont besoin de plus de logements et la loi sur Maisons Canada permettra de bâtir des logements rapidement, plus efficacement et à l'échelle requise.
    Concrètement, chez nous, dans Argenteuil—La Petite‑Nation, depuis le lancement de l'initiative Maisons Canada, notre bureau a fait de l'information et de la mobilisation des acteurs locaux une priorité. Nous sommes convaincus que, pour répondre à la crise du logement, il faut non seulement mettre en place des programmes ambitieux, mais aussi s'assurer que les entreprises, les promoteurs et les municipalités connaissent les outils qui sont à leur disposition. C'est le mandat des députés de tous les partis. Notre mandat est de faire la promotion de Maisons Canada dans notre environnement de travail, dans nos circonscriptions. C'est ensemble que nous pouvons en faire plus dans chacune de nos circonscriptions.
    Dans Argenteuil—La Petite‑Nation, par exemple, nous avons entrepris un important travail de sensibilisation auprès du secteur de la construction. Nous avons recensé les entreprises de notre territoire afin de pouvoir leur transmettre les informations relatives à Maisons Canada. Nous avons même recensé des entreprises qui sont à l'extérieur de notre circonscription, mais qui viennent entreprendre des travaux dans notre circonscription, notamment en les invitant à participer au webinaire d'information organisé par le gouvernement fédéral.
    Ces démarches visent à favoriser la participation des entreprises de chez nous et à leur permettre de saisir les occasions offertes par cette nouvelle initiative. Ça commence parfois par rencontrer les représentants des municipalités. Dans ma circonscription, Argenteuil—La Petite‑Nation, il y a 41 municipalités. C'est donc important de sensibiliser les préfets des MRC, les maires, les conseillers municipaux. Quand ils ont vent d'une possibilité de construction, nous transmettons les informations. Parallèlement, nous informons toutes les municipalités des grandes orientations du programme. Les administrations municipales sont des partenaires pour nous, elles sont incontournables dans le développement de nouveaux projets résidentiels. Il est essentiel qu'elles soient rapidement mises au fait des possibilités offertes par Maisons Canada.
    Notre message a toujours été clair. Nous voulons que les projets réalisés dans nos régions profitent à nos travailleurs, à nos entreprises et à nos communautés. C'est pourquoi nous avons également mis l'accent sur l'utilisation de matériaux d'origine canadienne et sur les méthodes de construction modernes et innovantes, notamment la construction modulaire ou préfabriquée en usine, qui permettent d'accélérer la mise en chantier de logements tout en soutenant notre économie.
(1935)
    Les investissements de Maisons Canada visent à augmenter l'offre de logements abordables, communautaires et hors marché, tout en favorisant des projets prêts à démarrer et capables d'avoir un impact durable. Notre rôle, dans notre bureau de député, est de faire la promotion de ces occasions, de mettre les bonnes personnes en contact et d'accompagner les intervenants locaux dans leurs démarches. Nous demeurons pleinement engagés à promouvoir le programme.
    J'invite tous mes collègues à la Chambre à faire comme dans Argenteuil—La Petite‑Nation, c'est-à-dire à soutenir les initiatives porteuses et à travailler avec l'ensemble des partenaires de leur région. Chaque nouveau projet de logement représente une occasion de répondre aux besoins des familles, des travailleurs, des aînés, des familles monoparentales. En informant, en mobilisant et en accompagnant nos partenaires locaux, nous contribuons concrètement à bâtir davantage de logements et à renforcer nos communautés pour les années à venir.
    L'initiative Une Équipe Canada forte transformera le secteur des métiers spécialisés. Cela créera des emplois spécialisés pour les ouvriers, les plombiers, les électriciens. Cela nous permettra de prospérer davantage et de créer des emplois. On attirera davantage d'apprentis sur le marché du travail. Je viens du domaine de la construction, plus précisément des métiers. Lorsque des annonces gouvernementales sont faites en temps opportun, cela permet d'attirer des étudiants qui sont encore sur les bancs d'école et de les intégrer comme apprentis afin de former la relève de l'avenir et de créer de bons emplois.
    Cette initiative fera en sorte que les jeunes Canadiens seront prêts à bâtir les logements et les infrastructures dont nous avons besoin. Elle permettra de créer de nouveaux emplois, de donner accès à de bons emplois et de renforcer la main-d'œuvre canadienne de demain. C'est ainsi que nous avons développé au fil du temps des métiers qui, il y a 20 ou 25 ans, n'existaient pas, comme le carrelage, les formations en toiture ou encore la finition intérieure. Il s'agit de métiers issus de la formation professionnelle et appelés à continuer de croître dans le domaine de la construction.
    Le gouvernement du Canada prend des mesures décisives dès maintenant pour transformer notre pays et le rendre plus résilient pour qu'il puisse passer de la dépendance à la résilience. L'objectif est de faire du Canada l'une des économies à la croissance la plus rapide et la plus compétitive au monde et d'ouvrir une nouvelle ère de sécurité économique et de prospérité pour les Canadiens.
    Au Québec, je suis fier de faire la promotion de Maisons Canada parce que des partenaires y adhèrent. Les organismes y croient et le milieu y croit. Rien n'est parfait, mais nous disposons au moins d'un mécanisme de reddition de comptes qui nous permettra de suivre les projets un à un, afin de maximiser la réalisation de logements, de mettre fin à la crise du logement et de faire baisser les loyers. Le gouvernement du Canada y parvient en s'appuyant sur des bases solides des industries canadiennes fortes. Nous investissons dans notre avenir et favorisons la croissance de notre économie grâce à Maisons Canada et à l'application de la politique « Achetez canadien ».
    En tant que société d'État, Maisons Canada sera financée par l'enveloppe initiale de 13 milliards de dollars annoncée dans le budget de 2025. Maisons Canada a été conçue pour regrouper en un seul endroit le soutien fédéral pour le logement abordable en travaillant de concert avec d'autres ministères et organismes gouvernementaux, dont le gouvernement du Québec. C'est un partenariat. Le gouvernement du Québec est fier de travailler avec nous pour bâtir un Canada plus fort et un Québec plus fort.
(1940)

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'ai écouté le discours de mon collègue. Il a notamment parlé de reddition de comptes. J'ai été très heureuse de l'entendre.
    Je vais lui poser la même question que j'ai posée à l'autre députée et à laquelle je n'ai pas obtenu de réponse. La question est très simple: quelles sont les cibles pour les 12 prochains mois en ce qui concerne le nombre de logements qui seront construits dans le cadre du programme Maisons Canada?

[Français]

    Monsieur le Président, si vous n'avez pas obtenu la réponse précise avant, je ne peux pas vous la donner davantage. Ce n'est pas un calendrier fixe. J'ai expliqué le processus que nous suivons dans Argenteuil—La Petite‑Nation: nous envoyons des documents un peu partout, nous sollicitons les gens, nous rencontrons les entrepreneurs, nous libérons des terrains des municipalités et nous travaillons avec les MRC. Notre objectif est immense. Vous demandez un chiffre précis, mais il n'existe pas de boule de cristal pour un beau programme comme celui-là. La réponse est que nous voulons construire le plus de logements possible.
     Avant de passer aux questions et commentaires, je tiens à rappeler aux députés d'adresser leurs propos à la présidence et non à un autre député.
    Le député de Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères a la parole.
    Monsieur le Président, je félicite mon collègue pour son discours. On pourrait dire qu'il défend inlassablement son parti avec toute la vigueur qu'on lui connaît. Par ailleurs, malgré tout le désaccord qu'il peut y avoir entre nous, je vais me permettre de lui poser une question.
    On connaît le programme Maisons Canada, qui s'appelait auparavant Bâtir Maisons Canada. Cela a fait réagir bien des gens, notamment parce que certains estimaient que le nom résultait d'une mauvaise traduction du genre « E.T. téléphone maison ». Cela les a emmenés à changer le nom du programme.
    Cela fait aussi penser à d'autres situations que nous avons vues, notamment celle de janvier 2025, alors que le site Web du chef libéral, devenu depuis premier ministre, était rempli de fautes et semblait avoir été traduit à l'aide de Google Traduction.
    Je pense aussi au slogan de campagne électorale « Elbows up », qui se traduisait en français par « On lève le coude ». Or, lever le coude, c'est prendre un verre.
    Tout cela nous a menés jusqu'au 25 mars 2026, alors que nous avons fini par apprendre qu'il n'y avait aucun francophone dans l'équipe de rédaction du discours de Mark Carney.
    Quand je...
(1945)
    On ne peut pas utiliser le nom du premier ministre, seulement son titre.
    J'invite le député à continuer son discours.
    Monsieur le Président, le premier ministre est nouveau, comme me le disait ma collègue de l'autre côté de la Chambre. Alors, parfois, on a encore le réflexe de dire son nom.
    Cela nous mène à dire qu'avec tous ces problèmes — mon collègue de l'autre côté de la Chambre pourrait l'admettre —, les politiques gouvernementales, les décisions et leur mise en œuvre se font en anglais.
    Le Québec, lui, passe en deuxième. Le français, c'est un à-côté. Finalement, à Ottawa, on se fiche pas mal de notre réalité.
    Monsieur le Président, j'aimerais remercier mon collègue, qui sait très bien que je défends fortement la langue française.
    Maisons Canada, c'est une bonne nouvelle. Mon collègue préfère nous parler de la langue française alors que nous débattons le dossier de Maisons Canada. Nous n'avons que de bonnes nouvelles à annoncer avec Maisons Canada. C'est un bon programme qui est mis en place.
    Quand mon collègue s'attaque à la langue française, c'est parce qu'il n'est pas capable de s'attaquer à Maisons Canada.

[Traduction]

     Monsieur le Président, je me demande si mon collègue peut revenir sur le fait que Maisons Canada et le gouvernement ont effectivement négocié et conclu un accord avec la province de Québec. Des logements abordables vont être construits à Québec, à Montréal et dans d’autres collectivités rurales. Ce n’est qu’une question de temps. Ces logements verront bel et bien le jour, ce qui témoigne de la collaboration entre les deux ordres de gouvernement. J’aimerais connaître son avis à ce sujet.

[Français]

    Monsieur le Président, effectivement, non seulement je suis un grand défenseur de la langue française, mais on sait très bien que je suis aussi un porte-drapeau de la ruralité et des régions. J'ai fait en sorte, tout au long du processus, que les régions et la ruralité soient reconnues.
    J'ai expliqué exactement le modèle à suivre dans une circonscription où la majorité des municipalités sont rurales. Nous devons travailler avec les municipalités, les conseillers municipaux, les maires, les directions générales et les MRC afin de faire la promotion de Maisons Canada.
    J'ai une bonne nouvelle: cela fonctionne. Cela fonctionne, parce qu'on reçoit des réponses, des demandes et qu'il y a de la construction.
    Où cela se passe-t-il? C'est en ruralité et en région.
    J'invite mes collègues du Bloc québécois et mes collègues qui représentent des régions rurales partout au Canada à suivre l'exemple d'Argenteuil—La Petite-Nation.

[Traduction]

     Monsieur le Président, je suis ravie d’avoir à nouveau l’occasion de prendre la parole pour soutenir la Loi sur Maisons Canada. Cette loi historique fera de l'agence Maisons Canada une société d’État chargée de construire des logements et d’accroître l’offre de logements abordables pour les Canadiens, c'est-à-dire des logements véritablement abordables dont les prix sont indexés sur les revenus.
    Nous traversons une crise du logement, et nous en convenons tous. Jusqu'à présent, les efforts déployés par le gouvernement fédéral ont été dispersés entre divers ministères, organismes et programmes. Cela limite la capacité du gouvernement à avoir une incidence maximale. Les méthodes traditionnelles de construction et de financement ne permettent pas d'atteindre l'envergure ni la rapidité dont les Canadiens ont besoin; voilà pourquoi nous adoptons cette nouvelle approche consolidée.
    Bien sûr, tous les Canadiens méritent d'avoir un logement abordable où il fait bon vivre, mais en continuant à faire comme on le fait depuis des générations...

[Français]

    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Vous serez peut-être en mesure de m'éclairer à propos de ce qui suit.
    Dans mon intervention, tout à l'heure, j'ai nommé le premier ministre parce que je lisais simplement le titre d'un article.
    Je voudrais savoir si, selon les précédents, lorsqu'on lit le titre d'un article qui contient le nom d'un député de la Chambre, cette pratique est permise ou non.
    Le Règlement est clair: on ne peut pas faire indirectement ce qu'on ne peut pas faire directement. Même si on lit une citation d'un document papier ou d'un courriel d'un concitoyen sur un écran de téléphone ou d'ordinateur, on ne peut pas à la Chambre faire référence au nom d'un député ou d'un ministre en exercice.
    L'honorable députée de Guelph a la parole.
(1950)

[Traduction]

    Monsieur le Président, le logement est un besoin fondamental, et la demande croissante de logements partout au pays nécessite des mesures urgentes. Pendant que l'opposition insiste pour s'attarder inutilement à la structure, qu'elle n'aime pas, nous nous mettons en branle.
    Maisons Canada pourrait agir rapidement et efficacement, tout en offrant plus de souplesse que jamais auparavant. Le projet de loi donnerait à cette société d'État la souplesse et l'autonomie opérationnelle nécessaires pour remplir son mandat. En tant que société d'État, Maisons Canada maintiendrait un cadre de reddition de comptes clair envers le gouvernement. Elle rendrait des comptes sur ces chiffres, ce qui renforcerait sa capacité à établir des partenariats dans tout le système de logement et à fournir des logements abordables à une échelle et à un rythme qui répond aux besoins des Canadiens. Plutôt que de travailler en vase clos, on établirait une vaste collaboration.
    Maisons Canada rationaliserait les efforts fédéraux en matière de logement en agissant à titre de promoteur, de bailleur de fonds, de rassembleur et de catalyseur d'innovation dans le secteur du logement. Elle jouerait un rôle central dans la création de partenariats solides avec tous les ordres de gouvernement et les communautés autochtones. Elle travaillerait également avec les organismes à but non lucratif et d'autres intervenants clés du secteur du logement, dont des promoteurs et des organisations communautaires, pour faciliter la construction de logements réellement abordables partout au Canada.
    Maisons Canada ne peut pas agir seule. Son succès dépend de ses partenariats. Une collaboration accrue entre tous les ordres de gouvernement et avec les principaux partenaires est nécessaire pour relever les défis en matière de logement auxquels nous sommes confrontés partout au pays.
    Maisons Canada permettrait de lancer plus facilement et plus rapidement des projets de logements abordables à grande échelle. L'agence attirerait des investissements publics, privés et philanthropiques, maximisant ainsi son incidence.
    Maisons Canada faciliterait la mise en place de partenariats au sein de l'ensemble du secteur du logement afin de réunir le financement, les terrains et les projets qui conviennent. En tant que société d'État, elle regrouperait sous un même toit l'accès aux terrains fédéraux, l'expertise en matière d'aménagement et des outils financiers flexibles. Voilà qui constitue une nouveauté.
    L'agence permettrait d'accélérer la construction de logements abordables en collaboration avec les organismes à but non lucratif, les organisations autochtones et tous les ordres de gouvernement. Cette approche réduit les risques, élimine les obstacles et guide les projets tout au long du processus de développement. Ces organismes à but non lucratif ne sont parfois pas de grande taille, en particulier dans les petites collectivités. Maisons Canada pourrait les aider à naviguer dans le processus.
    Nous voulons que des logements soient financés et construits. Nous travaillerons directement avec les constructeurs et les fournisseurs de logements qui mettent l'accent sur l'abordabilité à long terme. Cela comprend, comme je l'ai dit, les organismes sans but lucratif, les coopératives, les fournisseurs de logements communautaires et les organismes qui font la promotion de diverses options de logement pour les Canadiens. Ces partenariats stratégiques permettront de créer des logements abordables pour toute une gamme de ménages, quel que soit leur niveau de revenu. Maisons Canada serait habilité à mettre en œuvre cette collaboration au moyen d'ententes, d'un soutien financier, de coentreprises et d'initiatives de développement conjointes. L'agence chercherait à établir une collaboration et une coordination étroites avec les provinces et les territoires afin de faire avancer ces projets prioritaires, car nous pouvons accomplir davantage en travaillant ensemble. Cela pourrait inclure la mise à disposition de terrains, l'accélération du processus d'approbation et la dispense des frais applicables.
    Nous savons que les peuples autochtones sont confrontés à des défis particuliers en matière de logement. Maisons Canada collaborerait à l'élaboration de propositions visant à obtenir des résultats communs en matière de logement avec les gouvernements des Premières Nations, des Inuits et des Métis, les fournisseurs de logements autochtones et les organismes autochtones urbains. Maisons Canada répondrait aux besoins des communautés autochtones en matière de logement dans un esprit de collaboration. Le gouvernement du Canada respecte la souveraineté autochtone et appuie les solutions de logement autodéterminées qui sont conçues et mises en œuvre selon une perspective dirigée par les Autochtones. Nos partenaires autochtones savent comment intégrer la culture et adopter des solutions de logement qui permettent à leurs communautés de s'épanouir. Combiné aux investissements dans les infrastructures que le gouvernement a annoncés et a déjà entamés, ce programme pourrait changer la donne.
    Depuis le lancement du programme Maisons Canada, ses responsables ont agi rapidement pour mettre en œuvre des projets de logement. Le gouvernement du Canada a recensé des terrains publics pouvant être affectés à la construction de logements. Nous avons établi des partenariats avec des gouvernements locaux, afin de réduire les formalités administratives et d'accélérer les processus d'autorisation.

[Français]

    Au mois d'avril, le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec ont annoncé un premier partenariat pour créer presque 865 nouveaux logements abordables dans la province. L'investissement total en logements abordables, en logements avec service de soutien et en logement de transition dans la province s'élève à 200 millions de dollars. Cet investissement est partagé entre Maisons Canada et le gouvernement du Québec.

[Traduction]

    En Ontario, le projet Arbo à Downsview accueillera 540 nouveaux logements, auxquels s'ajouteront ultérieurement 1 700 autres logements. À Ottawa, la construction de 1 100 logements a été annoncée, mais à terme, le projet comptera 3 000 logements.
    Le fait est que ce genre de projet ne se réalise pas du jour au lendemain. Il faut d'abord trouver des terrains, et des investisseurs. Il faut coordonner les différents corps de métier et préparer le chantier. Il faut que le site ait accès aux services publics. Ce qui peut commencer modestement peut en réalité prendre de l'ampleur avec le temps, et je pense que c'est le problème qui nous échappe.
    En collaborant, les gouvernements fédéral et provincial pourraient accélérer le processus d'autorisation et déterminer de nouveaux projets de logement. Ces investissements conjoints contribueraient à la construction d'un nombre plus important de logements abordables dans les collectivités qui en ont le plus besoin. Cette approche est fondée sur des connaissances locales et des projets locaux, et elle est appuyée par de nombreuses mesures de soutien et d'orientation prises par le gouvernement fédéral.
    En mars 2026, par l'entremise de Maisons Canada, le gouvernement du Canada, et le Nouveau‑Brunswick ont travaillé en partenariat pour construire des logements abordables. Ce partenariat permet d'accélérer la construction de jusqu'à 1 200 logements abordables prêts à démarrer, un nombre qui, là encore, pourrait être porté à 1 500 unités. Il faut aussi tenir compte des contraintes liées aux terrains. Maisons Canada et le Nouveau‑Brunswick fournissent chacun jusqu'à 150 millions de dollars pour le projet. Nous pouvons voir qu'il y a de la collaboration. Ce serait bien qu'il y en ait plus à la Chambre. Ensemble, le Nouveau‑Brunswick et Maisons Canada s'efforcent d'attirer d'autres partenaires municipaux, privés et philanthropiques pour atteindre la cible de 1 500 logements. Au moins la moitié de ces logements iraient à des Canadiens à faible revenu, et un minimum de 160 seraient des logements supervisés ou de transition. Environ 30 % de ces logements, soit jusqu'à 450, seraient de petite taille et en milieu rural, ce qui est essentiel. Ce n'est pas parce que ces nombres semblent petits qu'ils sont négligeables — chacun de ces logements est important pour une famille.
    En janvier 2023, le gouvernement du Canada, le gouvernement du Nunavut et la Nunavut Tunngavik Incorporated ont signé un accord de principe qui permettra de construire jusqu'à 750 logements dont le territoire a grandement besoin. Cela fait beaucoup de maisons dans l'Arctique. Il s'agira de logements sociaux, abordables et supervisés. En vertu de cet accord, Maisons Canada fournirait à nouveau un investissement équivalent à celui du gouvernement du Nunavut. Dans le cadre de ce partenariat, environ 30 % des logements seraient construits hors site pour intégrer des méthodes de construction modernes. Cela simplifiera les processus de construction et contribuera à accélérer la construction de logements, tirant ainsi le meilleur parti de la courte saison de la construction dans le Nord tout en limitant les coûts. On s'attend à ce que la construction des premiers logements soit achevée bientôt.
    Dans ma circonscription, Guelph, le fabricant Pacd Homes a conçu des maisons prêtes à monter. Elles peuvent être assemblées en quelques semaines. Ce genre d'innovation change la donne.
     En Nouvelle‑Écosse, Maisons Canada a permis de réaliser un projet qui me tient particulièrement à cœur. Ce projet prévoit la construction de 1 430 logements abordables, dont 500 logements communautaires et logements sans but lucratif qui font déjà partie des projets prévus par la province. Parmi ceux-ci, 300 logements seraient construits sur le site du parc Shannon, où j’ai fait mes études secondaires. Il s’agit notamment de logements de transition ou avec services de soutien, ainsi que de logements sociaux.
     Je ne sais pas ce qu'il en est en Nouvelle‑Écosse, mais, en Ontario, les investissements dans le logement social ont été pratiquement inexistants. Nous en avons cruellement besoin. Nous avons cruellement besoin de logements avec services de soutien et l'actuel gouvernement s'emploie à en créer.
    Grâce à Maisons Canada, tous les ordres de gouvernement uniraient leurs efforts en vue de résoudre la crise du logement. Nous augmenterions l’offre de logements abordables et réduirions les obstacles à la construction grâce à une approche structurée et collaborative. Avec la participation de partenaires privés, publics et gouvernementaux, nous ferions construire des logements. Nous développerions et renforcerions les partenariats, car ils constituent un aspect essentiel de la construction de logements pour les Canadiens. Le projet de loi permettrait à Maisons Canada de fonctionner de manière indépendante du gouvernement, de gérer des actifs, de déployer des outils financiers innovants et de prendre des décisions d’investissement à long terme de manière plus efficace.
    C'est là toute la force du partenariat: mettre en œuvre des changements transformateurs. Nous travaillons de concert pour élaborer une stratégie solide et plus cohérente en faveur d'un logement véritablement abordable dans tout le pays.
(1955)
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue d'en face pour ses efforts dans ce dossier. Elle a parlé des infrastructures dont on a besoin avant même d'entamer la construction de logements, notamment pour l'approvisionnement en eau. Je souligne que cela fait 11 ans que les libéraux brisent les promesses faites aux Autochtones en ce qui concerne l'eau potable, en plus d'avoir rompu à deux reprises leur promesse au sujet d'un projet de loi sur l'eau, qu'ils ont faite au cours de la présente législature.
    Faisons preuve d'indulgence à leur égard pour l'instant et prétendons qu'ils construiront des logements pour les communautés autochtones. Rien que dans les réserves des Premières Nations, il manque 157 000 logements. Qu'est-ce que Maisons Canada y changerait? Quel est le nombre précis de logements qui seraient construits dans les réserves?
    Monsieur le Président, c'est une excellente question. Cela en dit long sur l'esprit de collaboration qui règne autour de ce projet de loi. Étant donné que de nombreux ministères pourraient être impliqués, Maisons Canada pourrait aider à coordonner le tout.
    J'ai également parlé des partenariats avec les provinces et les territoires. Il ne reviendrait pas au gouvernement du Canada de prendre ces décisions. Elles seraient prises en partenariat avec les homologues provinciaux et territoriaux.
(2000)

[Français]

    Monsieur le Président, ma question pour ma collègue est bien simple. J'aimerais savoir si elle est au courant de l'impact direct de la création d'une nouvelle structure administrative qu'on appelle la patente Maisons Canada et qui a fait en sorte que, entre autres dans Laurentides—Labelle, des projets n'ont pas pu être finalisés alors que des femmes victimes de violence ont besoin de répit. La construction a été mise de côté pour voir où est le financement et je ne suis pas sûre que ça va être complété.
    Ma collègue est-elle au courant du fait que, si on avait poursuivi les transferts au Québec, des femmes victimes de violences n'auraient pas été à la rue?
     Monsieur le Président, c'est un problème qui est extrêmement important. Si c'est vraiment le cas, c'est dommage que, dans la transition des programmes, il y ait eu un remous comme ça. La députée a l'adresse courriel où elle peut directement faire des revendications et poser des questions auprès de Maisons Canada. Je l'encouragerais à le faire.
    Ce que je dirais, c'est que Maisons Canada va permettre beaucoup plus de logis pour des femmes violentées et des gens en situation précaire. On le sait: le logement abordable, c'est une clé, c'est important pour que les femmes puissent fuir des situations violentes. Nous sommes tout à fait d'accord là-dessus. Le but, vraiment, c'est d'investir pour pouvoir construire plus de logis abordables, et aussi des logis de transition.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de ses observations. J'aimerais qu'elle nous en dise davantage sur l'importance de travailler en collaboration, en particulier avec les provinces, les peuples autochtones et d'autres intervenants, pour faire en sorte qu'il y ait plus de logements abordables. J'ai été très heureux d'entendre la députée dire qu'il y a environ 1 400 logements dans sa province. Je crois que c'est ce qu'elle a dit. Certains d'entre eux se trouveront dans sa propre circonscription. Pourrait-elle nous en dire plus à ce sujet?
    Je sais que la Nouvelle‑Écosse n'est pas seule. Le Nouveau‑Brunswick comptera également 1 000 logements, ou presque.
    Je répète, quelle est l'importance de travailler en collaboration? Ma collègue pourrait-elle nous parler de la manière dont sa circonscription pourrait tirer profit de cette collaboration?
    Monsieur le Président, chaque province a sa propre loi sur les municipalités. Chaque province a ses propres règlements. Chaque municipalité peut avoir ses règlements aussi. Cette collaboration est donc importante, tout comme la simplification de certaines règles afin qu'on puisse agir plus rapidement. Les provinces doivent manifestement collaborer. Il leur revient souvent, en fin de compte, de fournir les services de soutien dans les logements supervisés. Tous ces efforts visent à accélérer les choses là où il y a une volonté des provinces, une volonté des territoires et de l'intérêt de la part des Premières Nations, afin qu'on trouve ensemble des solutions pour un projet qui convient à son contexte.
    Voilà la différence avec Maisons Canada. L'organisme peut proposer des terrains, aider au financement et mettre en relation les investisseurs. Cette nouvelle structure offre justement cette flexibilité.
    Monsieur le Président, je tiens d'abord à mentionner un grand événement qui s'est déroulé dans le comté d'Oxford il n'y a pas si longtemps, le Woodstock Truck Show. Ce rassemblement a commencé à Woodstock il y a 12 ans, mais il s'est malheureusement déplacé sur la limite avec Burford, qui se trouve dans le comté de Brant. Ce groupe fait un travail fantastique pour unir les camionneurs de l'Amérique du Nord, qui se rassemblent et recueillent des fonds pour de grandes causes. Rien que cette année, ils ont recueilli près de 150 000 $ pour soutenir les Jeux olympiques spéciaux et l'organisme Woodstock and District Developmental Services, à Woodstock. Ces gens méritent le respect. Les camionneurs transportent les marchandises. Ils nourrissent les familles. Ils sont toujours là, et nous voulons leur rendre hommage pour ce qu'ils accomplissent.
    Le sujet d'aujourd'hui, la construction de logements, est important. Ces 11 dernières années, le gouvernement a fait de grandes promesses, de grandes annonces et des séances de photos en disant qu'il allait commencer à construire des logements et qu'il allait construire 500 000 logements en un an, mais, au lieu de cela, nous avons eu le contraire. Le coût du logement a doublé. Les paiements hypothécaires ont doublé. Les loyers ont doublé. La mise de fonds nécessaire à l'achat d'un logement neuf a doublé. Toute une génération est maintenant exclue du marché. Il y a des constructeurs qui ne construisent pas, des vendeurs qui ne vendent pas et des acheteurs qui n'achètent pas, et cela a de lourdes conséquences pour les Canadiens.
    Les jeunes entrepreneurs et les jeunes Canadiens ont longtemps rêvé d'accéder un jour à la propriété, mais cette époque est révolue. Neuf jeunes sur dix croient qu'ils ne pourront jamais acheter une maison. Ils souhaitent devenir propriétaires; ils souhaitent fonder une famille. C'était possible à une certaine époque. Une personne qui travaillait fort, respectait les règles et avait un emploi décent pouvait économiser de l'argent pour une mise de fonds, acheter une maison décente dans un bon quartier et élever sa famille en fonction de ses valeurs. C'était la promesse du Canada, mais ce n'est plus le cas. Au lieu de défendre les intérêts des Canadiens et de leur faciliter la vie, que font les libéraux? C'est toujours la même histoire.
    Le premier ministre a fait toutes sortes de belles promesses. Il a dit que ce n'était plus l'ancien gouvernement mais un nouveau gouvernement, qui changerait les choses. Quand je regarde de l'autre côté de la Chambre, pourtant, je vois exactement les mêmes ministres et les mêmes députés, ceux-là mêmes qui ont causé la crise du logement que nous connaissons aujourd'hui. L'ancien ministre du Logement a causé la crise de l'immigration avant de devenir ministre du Logement et de détruire l'industrie du logement. Aujourd'hui, il est ministre de la Justice et il détruit le système de justice. Les crises que vivent nos collectivités ont été causées par les libéraux.
    Avant même de pouvoir acheter une maison, il faut réussir à survivre. Aujourd'hui, les Canadiens travaillent de plus en plus fort, mais ils s'en sortent à peine. Ils n'arrivent pas à épargner pour faire une mise de fonds. Ils n'arrivent même plus à faire l'épicerie, bon sang. En un seul mois, 2,2 millions de Canadiens ont eu recours aux banques alimentaires, un record. De ce nombre, une personne sur dix est un aîné et une personne sur quatre est un enfant. En tant que père, ça me bouleverse de savoir que des enfants vont à l'école le ventre vide. Ça devrait bouleverser tous les députés. Les enfants devraient aller à l'école le ventre plein, prêts à apprendre pour devenir les leaders de la prochaine génération. Malheureusement, à cause du gouvernement, c'est tout le contraire.
    Les libéraux pourraient me chahuter. Je sais qu'ils adorent le faire. Ils se fâchent quand nous parlons des faits parce que cela va à l'encontre de leur discours et de ce qu'ils vendent aux médias, mais les Canadiens sont au courant de la réalité. Ils ne sont pas dupes. Ils constatent que les Canadiens ont du mal à joindre les deux bouts.
    Je peux raconter à la Chambre quelques histoires qui se sont déroulées dans ma circonscription, Oxford, pas plus tard que la semaine dernière. Le gouvernement a dit qu'il allait remettre des crédits alimentaires. Certaines personnes ont reçu 18 $. D'autres ont reçu 5 $, mais le gouvernement leur en a promis beaucoup plus. De ce côté-ci de la Chambre, nous défendrons toujours les réductions d'impôt et nous veillerons à ce que l'argent retourne dans les poches des Canadiens, mais pas de la manière dont le gouvernement s'y prend.
(2005)
    Voici un témoignage de Dezmond: « La vie devient de plus en plus difficile pour les jeunes Canadiens qui ont une famille, comme moi, à cause des taxes supplémentaires et de la hausse du coût de la vie. En tant qu'apprenti, je perds des heures de travail à mon emploi à temps plein [et je ne peux pas] lancer ma carrière. » Il n'a pas les moyens de vivre dans ce pays.
    Tiffany est une mère seule qui élève deux adolescents. Ses parents vieillissants, qui sont à la retraite, lui envoient 1 000 $ par mois pour qu'elle achète de la nourriture et pour l'aider à payer son loyer. Pourtant, elle a un emploi et, à la fin du mois, il lui reste 64 $ sur ce transfert de 1 000 $. C'est une histoire que nous entendons d'un bout à l'autre du pays: des parents subventionnent maintenant l'avenir de leurs enfants.
    Cette nouvelle structure bureaucratique annoncée par les libéraux ne ferait absolument rien pour résoudre la crise de l'abordabilité, mais elle continuerait à remplir les poches des proches du Parti libéral. Ils veulent créer une autre structure bureaucratique, une de plus, pour la construction de logements, dans laquelle ils choisissent la direction, les projets, le montant en dollars, où ils essaient de se cacher derrière des portes closes, et il y a un manque de transparence. Encore une fois, les riches s'enrichissent, et les Canadiens moyens de la classe laborieuse continuent d'éprouver des difficultés.
    Tiens, quelle coïncidence. Je me demande quel est l’un des plus grands gestionnaires de biens immobiliers du pays. Quelqu’un sait-il de quelle entreprise il s’agit? Je me le demande. C'est Brookfield. Ô surprise, Brookfield est l'un des plus grands gestionnaires de biens du Canada. Je me demande qui a des liens avec cette entreprise. Il faut se poser ces questions. Il faut de la transparence à la Chambre. Nous devons savoir où iraient les fonds. Il est injuste que les Canadiens travaillent d'arrache-pied, fassent des sacrifices, s'éloignent de leur famille...
     Une voix: Respectent les règles.
     Arpan Khanna: C'est tout à fait exact. Ils respectent toutes les règles, monsieur le Président, mais on les relègue au second plan.
    Quant aux chiffres promis par les libéraux en matière de logement, ils n'atteignent même pas les objectifs fixés. Je pense que les libéraux n'ont atteint que 2,1 % de la cible qu'ils s'étaient eux-mêmes fixée. Dans quel métier ou emploi un tel échec serait-il récompensé? Les libéraux devraient être tenus responsables de leurs échecs.
    Les Canadiens voient clair dans le jeu du premier ministre. Ils sont en train de se réveiller. Le premier ministre est doué pour prononcer de grands discours, et je vais être honnête. Dans son discours à Davos, le premier ministre a dit certaines choses justes. Certaines de ses propos étaient sensés, mais des paroles creuses ne permettent pas de construire des logements, de remplir des estomacs vides et de créer des emplois. Malheureusement, c'est tout ce que nous obtenons avec le gouvernement libéral.
    Un autre point nous préoccupe quand les libéraux parlent de construire des logements. Je constate que l'étalement urbain gagne nos terres agricoles. Nos fermes nous sont retirées. Dans le comté d'Oxford, les gens sont très inquiets. Les agriculteurs sont l'épine dorsale de la région, ainsi que du pays. Ils nourrissent les familles. Je suis très préoccupé par la disparition de certaines terres agricoles. Une fois qu'elles seront recouvertes d'asphalte, elles seront perdues à jamais.
    Dans le comté d'Oxford, nous avons des terres de la classe 1, c'est‑à‑dire qu'elles comptent parmi les meilleures terres agricoles du pays. Les députés parlent d'un pays autonome. La sécurité alimentaire est une priorité. L'augmentation de la production et de la récolte ici, au Canada, doit être une priorité. Quand les libéraux lancent des projets irresponsables qui nous privent de nos terres agricoles, il y a un problème. L'un des projets dont nous entendons parler est en cours dans l'Est de l'Ontario. Ma collègue, qui s'oppose ardemment au projet de train Alto, est ici aujourd'hui. Ce projet sera un autre gâchis assuré.
    Les libéraux retirent leurs terres aux agriculteurs. Les agriculteurs ont besoin de ces terres, et ils viendront ici, au Parlement, pour se faire entendre. J'encourage vivement les députés d'en face à se rallier aux conservateurs, comme ma collègue de l'Est de l'Ontario, qui expriment de sérieuses préoccupations à ce sujet.
    Les libéraux peuvent parler autant qu'ils le veulent. Les actes doivent suivre les paroles. Nous ne voyons pas de résultats. Plus d'un an s'est écoulé. Ils forment un gouvernement majoritaire. Ils n'ont aucune excuse.
(2010)
    L'itinérance ne devrait pas être en hausse, mais elle l'est sous leur gouverne. Il y a des villages de tentes partout, y compris à Winnipeg. J'étais dans cette ville il y a quelques mois et j'ai rencontré le maire. Il constate dans sa collectivité qu'il y a une crise de la criminalité et des villages de tentes. Cette situation soulève de graves préoccupations. Encore une fois, il y a de l'argent pour les riches, mais rien pour ceux qui en arrachent. Il faut que ça change.
    C'est pourquoi les conservateurs ont toujours proposé des solutions pour construire plus de logements à un prix abordable, que tous les Canadiens seraient en mesure d'acheter. C'est pourquoi nous avons proposé de réduire la TPS sur les maisons neuves d'une valeur maximale de 1,3 million de dollars, ce qui permettrait à la famille moyenne d'économiser 65 000 $. C'est une grosse somme qui contribuerait à stimuler l'économie tout en donnant aux acheteurs d'une première maison une chance d'accéder au marché.
    Nous avons parlé d'éliminer l'impôt sur les gains en capital afin que les investisseurs puissent investir et que les personnes qui veulent acheter leur première propriété locative puissent entrer sur le marché. Contrairement aux libéraux, nous voulons créer un environnement économique où l'argent revient dans notre pays. Il y a de l'argent qui est parti vers le sud au cours des 11 dernières années.
    Nous avons parlé de l'adoption de mesures incitatives pour les municipalités afin que notre pays devienne l'un des plus rapides en matière d'octroi de permis. Le Canada figure parmi les pays de l'OCDE où l'octroi de permis est le plus lent. Je crois que nous occupons la 63e place sur 67. C'est plutôt mauvais. Nous avons le coût du logement par habitant le plus élevé et le niveau d'endettement des ménages le plus élevé du G7. Ce sont là des sujets de préoccupation majeurs.
    Les conservateurs mettraient en place des mesures incitatives pour les municipalités: en accordant des permis plus rapidement, elles bénéficieraient également d'une prime au moment du financement des infrastructures. Nous voulons nous tasser du chemin. Il faut mettre fin à ces règlements bureaucratiques absurdes qui ne profitent qu'aux initiés. Laissons les constructeurs construire. Laissons les agriculteurs cultiver. Ne bloquons pas le progrès dans notre pays. C'est notre plan conservateur: un plan où les jeunes Canadiens pourraient accéder à la propriété, où les aînés pourraient prendre leur retraite en paix et dans la dignité, et où les travailleurs, lorsqu'ils font ce sacrifice, pourraient acheter une maison. Mettons fin à la bureaucratie. Lançons les travaux.
    Sur ce, je propose:
    Que la Chambre s'ajourne maintenant.
(2015)
    Le vote porte sur la motion.
    Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
    Monsieur le Président, je demande un vote par appel nominal.
    Convoquez les députés.
(2100)
    (La motion, mise aux voix, est rejetée par le vote suivant:)

(Vote no 144)

POUR

Députés

Aboultaif
Aitchison
Albas
Allison
Anstey
Arnold
Au
Baber
Bailey
Baldinelli
Barlow
Barrett
Begum
Berthold
Bexte
Bezan
Block
Bonk
Borrelli
Bragdon
Brassard
Brock
Calkins
Caputo
Chambers
Cobena
Cody
Cooper
Dalton
Davidson
Davies (Niagara South)
Deltell
DeRidder
Diotte
Doherty
Dowdall
Duncan
Falk (Battlefords—Lloydminster—Meadow Lake)
Falk (Provencher)
Gallant
Généreux
Genuis
Gill (Calgary Skyview)
Gill (Brampton West)
Gill (Calgary McKnight)
Gill (Windsor West)
Gill (Abbotsford—South Langley)
Godin
Goodridge
Gourde
Groleau
Guglielmin
Gunn
Hallan
Hardy
Ho
Hoback
Holman
Jackson
Jansen
Jivani
Kelly
Khanna
Kibble
Kirkland
Konanz
Kram
Kramp-Neuman
Kronis
Kuruc
Kusie
Lake
Lawrence
Lawton
Lefebvre
Leslie
Lewis (Essex)
Lewis (Haldimand—Norfolk)
Lloyd
Lobb
Mahal
Malette (Kapuskasing—Timmins—Mushkegowuk)
Mantle
Martel
May
Mazier
McCauley
McLean (Calgary Centre)
Melillo
Menegakis
Moore
Morin
Muys
Nater
Patzer
Paul-Hus
Redekopp
Rempel Garner
Richards
Roberts
Rood
Ross
Rowe
Ruff
Scheer
Schmale
Shipley
Small
Steinley
Stevenson
Strahl
Strauss
Thomas
Tochor
Uppal
Van Popta
Vien
Viersen
Vis
Wagantall
Warkentin
Waugh
Williamson
Zimmer

Total: -- 124


CONTRE

Députés

Acan
Al Soud
Ali
Alty
Anandasangaree
Auguste
Bains
Baker
Bardeesy
Barsalou-Duval
Battiste
Beaulieu
Beech
Belanger (Desnethé—Missinippi—Churchill River)
Bendayan
Bittle
Blois
Bonin
Brière
Brunelle-Duceppe
Carney
Carr
Casey
Chagger
Champagne
Champoux
Chang
Chartrand
Chatel
Chen
Chenette
Chi
Clark
Connors
Cormier
Coteau
Dandurand
Danko
DeBellefeuille
d'Entremont
Deschênes
Deschênes-Thériault
Desrochers
Dhaliwal
Dhillon
Diab
Duclos
Duguid
Dzerowicz
Earle
Ehsassi
El-Khoury
Erskine-Smith
Eyolfson
Fancy
Fanjoy
Fergus
Fisher
Fonseca
Fortier
Fortin
Fragiskatos
Fraser
Fry
Fuhr
Gaheer
Gainey
Garon
Gasparro
Gaudreau
Gazan
Gerretsen
Gill (Côte-Nord—Kawawachikamach—Nitassinan)
Gladu
Gould
Grant
Greaves
Guay
Gull-Masty
Hanley
Harrison
Hepfner
Hirtle
Hodgson
Housefather
Hussen
Iacono
Idlout
Jaczek
Jeneroux
Joly
Joseph
Kayabaga
Kelloway
Khalid
Klassen
Koutrakis
Kwan
Lalonde
Lambropoulos
Lamoureux
Lapointe (Rivière-des-Mille-Îles)
Lapointe (Sudbury)
Larouche
Lattanzio
Lauzon
Lavack
Lavoie
LeBlanc
Leitão
Lemire
Lightbound
Long
Louis (Kitchener—Conestoga)
Ma
MacDonald (Malpeque)
MacDonald (Cardigan)
MacKinnon (Gatineau)
Malette (Bay of Quinte)
Maloney
Martin
McGuinty
McKelvie
McKinnon (Coquitlam—Port Coquitlam)
McKnight
McLean (Esquimalt—Saanich—Sooke)
McPherson
Ménard
Mendès
Michel
Miedema
Miller
Mingarelli
Morrissey
Myles
Naqvi
Nathan
Nguyen
Noormohamed
Normandin
Ntumba
Oliphant
Olszewski
O'Rourke
Osborne
Perron
Petitpas Taylor
Powlowski
Provost
Ramsay
Rana
Robertson
Rochefort
Romanado
Royer
Sahota
Saini
Sarai
Sari
Savard-Tremblay
Sawatzky
Schiefke
Sgro
Sheehan
Sidhu (Brampton East)
Sidhu (Brampton South)
Simard
Sodhi
Solomon
Sousa
Ste-Marie
St-Pierre
Sudds
Tesser Derksen
Thompson
Turnbull
Valdez
van Koeverden
Vandenbeld
Villeneuve
Watchorn
Weiler
Wilkinson
Yip
Zahid
Zuberi

Total: -- 186


PAIRÉS

Députés

Anand
Church
Dabrusin
Dancho
Epp
Hajdu
Hogan
Plamondon
Reynolds
Stubbs
Thériault
Zerucelli

Total: -- 12


     Je déclare la motion rejetée.

[Français]

     Conformément à l'ordre adopté plus tôt aujourd'hui, il est de mon devoir d'interrompre les délibérations et de mettre aux voix sur le champ toute question nécessaire pour disposer de l'étape de la troisième lecture du projet de loi dont la Chambre est maintenant saisie.
    Le vote porte sur la motion.

[Traduction]

    Si un député participant en personne désire que la motion soit adoptée ou adoptée avec dissidence ou si un député d'un parti reconnu participant en personne désire demander un vote par appel nominal, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
    Le secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre des communes a la parole.
    Monsieur le Président, je demande un vote par appel nominal.
    Conformément à l'article 45 du Règlement, le vote par appel nominal est reporté au mercredi 10 juin 2026, à la fin de la période prévue pour les questions orales.

Loi visant à protéger les victimes

    Monsieur le Président, je voudrais d'abord demander le consentement unanime pour partager mon temps de parole avec la députée de Prescott—Russell—Cumberland.
    D'accord?
    Des voix: D'accord.
     Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole aujourd'hui à l'étape de la troisième lecture du projet de loi C‑16, Loi visant à protéger les victimes. Ce projet de loi repose sur un principe simple, mais essentiel: nos lois doivent s'adapter aux réalités auxquelles les Canadiens sont confrontés aujourd'hui. La criminalité évolue. La technologie évolue. Les expériences vécues par les victimes évoluent...
(2105)

[Français]

    Je dois interrompre le député.
    La députée de Laurentides—Labelle désire faire un rappel au Règlement.
     Monsieur le Président, malheureusement, nous n'avons pas accès à l'interprétation.

[Traduction]

    Est-ce que cela fonctionne maintenant?
    Le secrétaire parlementaire peut poursuivre son discours. L'interprétation fonctionne de nouveau.
    Monsieur le Président, la criminalité évolue. La technologie évolue. Les expériences vécues par les victimes évoluent. Le Parlement a la responsabilité de veiller à ce que nos lois pénales évoluent elles aussi.
    La Loi visant à protéger les victimes tient compte des réalités de la victimisation moderne. Elle renforce la protection des victimes et des survivants. Elle s'attaque aux nouvelles formes d'abus et d'exploitation. Elle augmente la responsabilité des auteurs d'infractions graves. Elle fournit aux forces de l'ordre et aux tribunaux des outils supplémentaires pour contribuer à assurer la sécurité des Canadiens.
    Tout au long du débat, nous avons discuté de la sécurité publique, de la violence faite aux femmes, de la protection de l'enfance, de l'exploitation en ligne et des droits des victimes. Il ne s'agit pas là de questions abstraites. Il s'agit de personnes bien réelles. Cela touche des familles partout au pays. Elles méritent une réponse concrète de la part du Parlement.

[Français]

    La loi visant à protéger les victimes répond directement aux préoccupations exprimées par les victimes, les survivantes et les survivants, les organismes communautaires et les experts du système de justice partout au pays. Elle vise à mieux protéger les personnes vulnérables et à faire en sorte que nos lois reflètent les réalités d'aujourd'hui.

[Traduction]

    L'une des mesures les plus importantes de la loi serait la création d'une nouvelle infraction de contrôle coercitif. Depuis de nombreuses années, les survivants et les défenseurs des droits nous disent que la maltraitance commence bien avant que la violence physique ne se manifeste. Très souvent, elle commence par de l'intimidation, de l'isolement, de la manipulation ou des menaces. Elle commence par un schéma comportemental visant à dominer la vie d'une autre personne. Les victimes peuvent être coupées de leur famille et de leurs amis. Leurs finances peuvent être contrôlées, leurs communications surveillées et leur indépendance progressivement supprimée.
    Prises ensemble, ces actions peuvent créer un climat de peur et de contrôle aux conséquences dévastatrices; pourtant, trop souvent, on n'intervient qu'une fois que la violence s'est intensifiée. Trop souvent, les signes avant-coureurs ne sont reconnus qu'après qu'une tragédie s'est produite.
    La Loi visant à protéger les victimes constituerait un pas en avant important. En créant une nouvelle infraction de contrôle coercitif, le Parlement reconnaîtrait que la maltraitance ne se définit pas uniquement par la violence physique, mais que la maltraitance psychologique, la maltraitance émotionnelle et les schémas de domination et de contrôle ont leur importance, et que les victimes méritent d'être protégées avant que la violence ne s'intensifie.

[Français]

    Trop souvent, les victimes se demandent pourquoi personne n'est intervenu plus tôt. La création d'une nouvelle infraction liée au contrôle coercitif permet de reconnaître enfin une réalité que les survivantes et les survivants décrivent depuis des années. Cette mesure donne aux autorités un outil supplémentaire pour intervenir plus tôt et mieux protéger les personnes à risque.

[Traduction]

    La protection des enfants est un autre objectif important de la Loi visant à protéger les victimes. Tous les députés conviendront, je crois, que les enfants méritent d'être en sécurité, protégés et à l'abri de l'exploitation. Malheureusement, les criminels utilisent de plus en plus les plateformes numériques pour conditionner de futures victimes, distribuer du matériel d'exploitation, se livrer à la sextorsion et planifier des abus. Internet offre d'énormes possibilités, mais il crée aussi de nouveaux risques. La loi doit s'adapter à ces risques.
    La Loi visant à protéger les victimes renforcerait le cadre juridique relatif à l'exploitation sexuelle des enfants et aux abus en ligne. Elle prévoit des exigences de déclaration obligatoires pour les entreprises de médias sociaux en cas de découverte de matériel d'abus et d'exploitation pédosexuels. Les Canadiens s'attendent à juste titre à ce que les plateformes numériques agissent de manière responsable et coopèrent pour protéger les enfants contre l'exploitation. Les parents s'attendent à ce que le Parlement réagisse quand des criminels se servent de la technologie moderne pour cibler des jeunes. Ce projet de loi constitue la réponse du Parlement.
(2110)

[Français]

     La protection des enfants ne devrait jamais être une question partisane. La lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants ne devrait jamais être une question partisane. Nous avons tous la responsabilité d'agir lorsque la sécurité des jeunes est menacée.

[Traduction]

    La loi visant à protéger les victimes permettrait aussi de réagir à la menace croissante que sont les hypertrucages sexuellement explicites et les abus qui reposent sur des images. La technologie continue d'évoluer à une vitesse incroyable. L'intelligence artificielle a créé des possibilités remarquables, mais elle peut également être utilisée à mauvais escient. Nous avons vu des images sexuellement explicites troublantes ayant été créées et distribuées sans le consentement de la personne représentée. Les femmes et les filles ont été ciblées de manière disproportionnée par ces pratiques préjudiciables.
    Personne ne devrait craindre que ses traits soient manipulés et utilisés contre lui. Personne ne devrait avoir à subir le traumatisme causé par la découverte d'images sexuellement explicites ayant été créées ou diffusées sans son consentement. La loi visant à protéger les victimes moderniserait le Code criminel afin de s'attaquer à ces réalités et de veiller à ce que les victimes soient protégées, peu importe que la violence soit exercée en ligne ou en personne.
    La reddition de comptes est également un principe important qui sous-tend le projet de loi. Les Canadiens s'attendent à ce que les crimes graves entraînent de graves conséquences. Ce sont des attentes raisonnables et elles transparaissent dans la loi visant à protéger les victimes. La mesure législative rétablirait plus d'une douzaine de peines minimales obligatoires liées à des infractions sexuelles graves contre des enfants, augmenterait les peines pour les prédateurs d'enfants et renforcerait la réponse du système de justice pénale à certains des pires crimes commis dans notre société. Les enfants victimes d'exploitation sexuelle ressentent souvent ce traumatisme tout au long de leur vie. Les familles sont dévastées. Les collectivités sont ébranlées. Les conséquences vont bien au-delà de l'infraction elle-même. Notre système de justice doit réagir en conséquence.
    Le projet de loi reconnaîtrait également que les victimes ont besoin de soutien tout au long de la procédure judiciaire. Pour beaucoup d'entre elles, le crime lui-même n'est que le début d'un pénible parcours. Participer à une procédure pénale peut être intimidant et stressant, et peut faire revivre le traumatisme. Le projet de loi visant à protéger les victimes élargirait l'accès aux mesures visant à faciliter le témoignage et aux mesures de soutien afin d'aider les victimes et les témoins à participer plus pleinement à la procédure judiciaire.

[Français]

    La loi élargirait également l'accès aux mesures de soutien pour les victimes et les témoins. Elle contribuerait à rendre le système de justice plus accessible, plus humain et davantage axé sur les besoins des personnes qui ont déjà vécu des expériences traumatisantes.

[Traduction]

    Ces réformes contribueraient à améliorer l'expérience des victimes, tout en appuyant l'objectif plus large de garantir que justice soit faite et perçue comme ayant été faite.
    Hier, certains députés ont voté contre le projet de loi visant à protéger les victimes à l'étape du rapport. C'est leur choix, mais ils devront expliquer aux Canadiens pourquoi ils se sont opposés à un projet de loi qui érigerait en infraction le contrôle coercitif, renforcerait la protection des enfants et des victimes et rétablirait les peines minimales obligatoires pour les infractions sexuelles graves commises contre les enfants.
    Pour notre part, nous sommes fiers de soutenir le projet de loi. Nous sommes fiers de soutenir les victimes, nous sommes fiers de soutenir les survivants, et nous sommes fiers de contribuer à rendre les collectivités plus sûres. En fait, les questions qui se posent à nous sont simples. Pensons-nous que les victimes méritent une protection renforcée? Pensons-nous que les enfants méritent d'être mieux protégés contre l’exploitation? Pensons-nous que les survivants méritent d’être entendus? Pensons-nous que nos lois devraient évoluer pour faire face aux nouvelles menaces? Pensons-nous que la Chambre devrait agir lorsque des changements s’imposent? Je crois que la réponse à toutes ces questions est oui. C’est pourquoi j’encourage tous les députés à appuyer le projet de loi à l’étape de la troisième lecture.
    Monsieur le Président, je suis reconnaissant au député de Mont‑Royal d'avoir présenté le projet de loi d'une manière qui le fait paraître très simple. Nous entendons souvent les députés de l'opposition officielle dire qu'ils veulent que le gouvernement s'attaque à la criminalité de manière plus énergique, et ils parlent de l'importance des victimes. Compte tenu de ce que nous avons entendu de la part du député de Mont‑Royal, on peut facilement conclure qu'il s'agit d'un projet de loi que le Parti conservateur devrait non seulement appuyer, mais aussi souhaiter voir adopté sans tarder.
    Je me demande si le député pourrait nous faire part de ses réflexions sur la façon dont l’adoption du projet de loi contribuerait à bâtir une société meilleure et plus saine.
    Monsieur le Président, j'apprécie toujours les questions du secrétaire parlementaire.
    L'objectif du gouvernement actuel est que les gens soient et se sentent en sécurité, et que les collectivités soient plus sûres. C'est pourquoi le gouvernement a présenté un ambitieux programme de réformes pénales visant à rendre plus difficile la mise en liberté sous caution des personnes mal intentionnées et des récidivistes, à garantir aux victimes de crimes haineux un meilleur accès aux outils dont dispose la police pour poursuivre les auteurs de ces crimes haineux, et, en l'occurrence, à garantir la protection des victimes, en particulier des femmes et des enfants, qui, dans de nombreux cas, sont exposés de manière disproportionnée à la menace de contrôle coercitif ou d'exploitation.
    Ce projet de loi constitue un élément essentiel de la panoplie d'outils à la disposition de la police et des procureurs. Il revêt une grande importance pour les victimes et l'ensemble des Canadiens, et j'encourage tout le monde à se joindre à nous pour voter en faveur du projet de loi.
(2115)
    Monsieur le Président, je conviens tout à fait que nous devons assurer la sécurité de nos collectivités et protéger les victimes de toute forme de violence et de criminalité au Canada. Je vais donc poser une question très simple: si tel est véritablement l'objectif du projet de loi, pourquoi les libéraux rendraient-ils facultatives les peines minimales obligatoires?
    Monsieur le Président, il est tout à fait déraisonnable d'interpréter ce projet de loi comme rendant facultatives les peines minimales obligatoires. En fait, ce projet de loi empêcherait les tribunaux d'annuler les peines minimales obligatoires en se fondant sur des hypothèses. C'est exactement le genre de projet de loi que les conservateurs devraient appuyer. Les conservateurs ont vivement critiqué le fait que les tribunaux aient annulé des peines minimales obligatoires en se fondant sur des hypothèses.
    Je parle de l'arrêt Senneville rendu l'année dernière. Ce projet de loi rétablirait les peines minimales obligatoires et empêcherait les tribunaux de faire ce qui s'est produit avec l'arrêt Senneville, c'est-à-dire qu'il leur permettrait seulement de juger la personne qui se trouve devant eux, et non de rejeter toute une catégorie de cas sur la base d'une situation hypothétique. La députée devrait relire le projet de loi.

[Français]

    Monsieur le Président, j'aimerais savoir ce que mon collègue pense du déroulement de l'étude en comité du projet de loi C‑16. Il y a eu beaucoup de tentatives délibérées de la part des conservateurs pour entraver les travaux. Sous couvert d'amendements hors de la portée du projet de loi, nos collègues ont multiplié les interventions dilatoires.
    Considérant que nous avons une avancée et que nous sommes en faveur, même si elle n'est pas parfaite, que pense mon collègue du comportement des conservateurs?
    Monsieur le Président, comme mon honorable collègue l'a dit, cette mesure législative est un pas en avant. Tout le monde devrait être pragmatique. On n'aura jamais tout ce qu'on veut, mais ce projet de loi est une très bonne nouvelle pour tout le monde qui souhaite des communautés plus sécuritaires au Canada. C'était très malheureux en comité de devoir être assis pendant des heures et des heures à regarder des tentatives de faire dérailler ce projet de loi.
    Comme les autres projets de loi que nous avons déposés et qui traitent de la justice, il s'agit de quelque chose de très important pour les Canadiens et les Canadiennes.

[Traduction]

     Monsieur le Président, j'ai beaucoup aimé le discours du député. Je sais que nous n'avons pas beaucoup de temps avant le prochain intervenant. Ainsi, je demande simplement au député de profiter de ce moment pour expliquer aux Canadiens les choses qui sont visées par ce projet de loi. Cela nous aidera à lutter contre la désinformation qui circule actuellement.
    Monsieur le Président, c'est simple: les images sexuelles générées par l'intelligence artificielle qui représentent une vraie personne. La loi actuelle n'a pas encore de dispositions sur la diffusion d'images sexuelles d'une personne qui ont été générées par l'intelligence artificielle. Ce projet de loi viendrait combler cette lacune pour nous permettre de traduire en justice les personnes qui commettent de tels actes.
    Monsieur le Président, je prends la parole à la Chambre aujourd'hui pour aborder une question qui exige non seulement toute notre attention, mais aussi une action collective et soutenue: la violence à l'égard des femmes et des filles, ainsi que la protection des victimes et des survivantes partout au Canada.
    La violence faite aux femmes n'est pas un concept abstrait. Elle n'est pas rare. Elle ne se limite pas aux gros titres ou aux statistiques. Elle se produit chez nous, dans nos quartiers, et trop souvent loin des regards. Elle touche des femmes de tous les âges, de tous les horizons et de toutes les régions, y compris ma circonscription, Prescott—Russell—Cumberland. Voilà pourquoi la Loi visant à protéger les victimes constituerait l'une des réformes les plus importantes et les plus nécessaires du système de justice criminelle canadien depuis des générations.
    Bien qu'il soit d'une grande portée, ce projet de loi s'articule clairement autour de quatre grands piliers: premièrement, la lutte contre la violence fondée sur le sexe et la violence entre partenaires intimes; deuxièmement, la protection des enfants contre les prédateurs; troisièmement, le renforcement des droits des victimes; et quatrièmement, la réduction des retards judiciaires et l'amélioration de l'intégrité du système. Collectivement, ces réformes permettraient de moderniser le Code criminel afin de répondre aux menaces actuelles, d'intervenir plus tôt pour prévenir la violence, et de faire en sorte que le système de justice fonctionne plus rapidement, plus équitablement et avec davantage de compassion envers les victimes et les survivantes.
(2120)

[Français]

     La violence fondée sur le genre est rarement un acte isolé. Il s'agit plutôt d'un cycle de contrôle, de peur et d'intimidation. Ce projet de loi reconnaît les comportements coercitifs et contrôlants, renforce les infractions liées au harcèlement criminel et modernise l'infraction de distribution non consensuelle d'une image intime afin de refléter les préjudices réels causés par la violence à caractère sexuel en ligne. Il reconnaît également l'issue la plus tragique de cette violence en qualifiant le féminicide de meurtre au premier degré, envoyant ainsi un message clair. Les crimes motivés par la haine et fondés sur le genre seront traités avec toute la rigueur de la justice.

[Traduction]

    Les enfants sont exposés à des risques croissants dans un monde numérique où les prédateurs utilisent de plus en plus la technologie pour exploiter les gens et leur faire du mal. Le nombre de cas d'agression et d'exploitation sexuelle contre des enfants déclarés par la police aujourd'hui est plus de 12 fois supérieur à ce qu'il était qu'en 2008. Ce projet de loi renforcerait les protections en élargissant les infractions de leurre d'enfants et de sextorsion, en s'attaquant au recrutement de jeunes et en rétablissant les peines minimales obligatoires pour les infractions sexuelles les plus graves commises contre des enfants au moyen d'un mécanisme de dérogation qui garantirait des peines justes et constitutionnelles. Il enverrait un message clair: les crimes contre les enfants seront toujours traités avec le plus grand sérieux.

[Français]

     La justice ne se limite pas aux condamnations. Elle concerne aussi la manière dont les victimes sont traitées à chaque étape du processus. Trop de survivantes et de survivants se sentent invisibles, subissent des retards et sont retraumatisés par des procédures complexes. Ce projet de loi renforce la Charte canadienne des droits des victimes en consolidant un système de justice axé sur les victimes et en tenant compte des traumatismes. Il affirme le droit des victimes au respect et à l'équité, assure la communication proactive de l'information, élargit l'accès aux mesures d'aide au témoignage et précise le droit des victimes de présenter des déclarations tout au long des étapes de la détermination de la peine, de la libération conditionnelle et du système correctionnel. Il améliore également le partage de l'information afin que les victimes ne soient pas laissées dans l'ombre concernant les décisions qui touchent leur sécurité.

[Traduction]

    Les retards dans le système de justice ont de graves conséquences. Trop souvent, les affaires d'agression sexuelle et celles impliquant des crimes violents s'effondrent avant même d'être entendues. La Loi visant à protéger les victimes apporterait une solution directe à ce problème en exigeant que les tribunaux envisagent des mesures de rechange avant de rejeter des affaires en raison de retards, en modernisant la façon dont les délais déraisonnables sont évalués et en simplifiant les procédures dans les procès pour infractions sexuelles. Elle élargirait également le recours à des mesures de rechange et réparatrices lorsque ces mesures sont appropriées et lorsque la sécurité publique n'est pas menacée, ce qui permettrait d'assurer la responsabilité tout en préservant l'équité.
    On ne saurait trop insister sur l'urgence de ce projet de loi. En 2024 seulement, 187 femmes ont été tuées violemment au Canada, soit près d'une femme tous les deux jours. Derrière chaque chiffre, il y a une vie perdue, une famille dévastée et une collectivité changée à jamais. Les victimes continuent de faire face à des obstacles, à la retraumatisation, à un manque d'information, à des procédures complexes et à des délais qui minent la confiance dans le système de justice. Les enquêtes nationales et provinciales, de même que le Plan d'action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe, ont tous réclamé des protections plus solides, des interventions plus précoces et un processus judiciaire plus fiable. Ce projet de loi répondrait à ces appels.

[Français]

     Les lois sont importantes, mais ce qui se passe sur le terrain l'est tout autant. Dans ma circonscription, Prescott—Russell—Cumberland, des organismes comme la Maison Interlude nous montrent à quoi ressemble un soutien concret et efficace. Depuis plus de 40 ans, la Maison Interlude place les femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants au cœur de sa mission. Grâce au leadership de pionnières féministes et à l'engagement d'un personnel dévoué, la Maison Interlude est devenue une véritable bouée de sauvetage pour les familles qui fuient la violence.
    C'est pourquoi, en novembre dernier, j'étais fière d'annoncer, au nom du ministre du Logement et de l’Infrastructure, plus de 17 millions de dollars de financement fédéral par l'entremise du Fonds pour le logement abordable afin de soutenir la construction de 35 logements sécuritaires à Embrun. Ce projet de maison de deuxième étape offrira aux femmes et aux enfants fuyant la violence un milieu de vie sécuritaire, stable et bienveillant, un pont essentiel entre l'hébergement d'urgence et l'autonomie à long terme. Chaque résidante recevra un accompagnement personnalisé pour reconstruire sa vie, retrouver son autonomie et planifier un avenir plus sécuritaire. On n'offrira pas seulement un toit à ces femmes, on leur offrira la stabilité et la dignité auxquelles elles ont droit. C'est ainsi que les politiques prennent vie. C'est ainsi que la justice devient tangible.
(2125)

[Traduction]

     La Loi visant à protéger les victimes porte sur la reddition de comptes, la prévention et, surtout, la dignité. Elle s'appuie sur des réformes antérieures et constitue un nouveau pas important vers le renforcement de la sécurité et de la justice pour les Canadiens. Elle témoigne d'un engagement sans équivoque envers la protection des femmes, des enfants et de toutes les victimes de violence, tant sur le plan juridique que dans la pratique et au sein de nos communautés.
    Alors que nous nous employons à bâtir un Canada fort, nous devons veiller à ce que cette force ne se mesure pas uniquement à l'aune de l'indépendance économique, mais aussi à celle de la manière dont nous protégeons les plus vulnérables d'entre nous. J'exhorte tous les députés à appuyer ce projet de loi et à défendre les intérêts des victimes et des survivants partout au Canada.

[Français]

    Monsieur le Président, j'aimerais poser la question suivante à ma collègue. Le Bloc québécois avait proposé un amendement qui permettait de corriger une erreur et d'améliorer le soutien juridique.
    J'aimerais savoir pourquoi les députés du gouvernement ont voté contre cet amendement quand la logique de notre intervention était valable et justifiée.
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de sa belle question.
    Le projet de loi établit les normes nationales du Code criminel tout en respectant les compétences provinciales. La loi soutient déjà les efforts provinciaux en question.

[Traduction]

    Monsieur le Président, les libéraux affirment que ses mesures législatives rendent le Canada plus sûr, font en sorte que l'on sévisse davantage contre les criminels et soutiennent les victimes d'actes criminels. Or, dans ma propre ville, Calgary, nous avons connu quatre fusillades rien qu'au cours des 10 derniers jours. Cela me porte à croire que le Canada, sous le gouvernement libéral, n'est pas plus sûr. Je commence vraiment à me demander, comme beaucoup de Canadiens sans doute, et certainement comme les habitants de Calgary, si les mesures législatives que le gouvernement libéral présente depuis maintenant 10 ans contribuent réellement à rendre le Canada plus sûr.
    Qu'en pense la députée?
    Monsieur le Président, je vais être franche. Il reste encore beaucoup de travail à faire pour protéger les femmes et les enfants contre la violence, notamment la violence familiale et les mauvais traitements. Il ne fait aucun doute qu’il faut redoubler d’efforts à cet égard.
    Le projet de loi prévoit et mettrait essentiellement en place une approche générationnelle visant à procéder à une réforme du Code criminel afin d’aller, dans la mesure du possible, plus loin que ce qui a été fait au cours de la dernière génération pour gérer ces problèmes. Ce travail n’est jamais terminé. Nous devons continuer de nous attaquer à ces problèmes à mesure qu’ils évoluent, que la technologie évolue, que les systèmes judiciaires évoluent et que les formes de violence évoluent. Nous devons continuer d’avancer, mais je constate que le projet de loi permet de faire tout ce qui est en notre pouvoir, et cela ne s’arrête pas dès maintenant.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie grandement ma collègue à la fois de son éloquence et de la façon dont elle a présenté ce projet de loi et plusieurs éléments. J'aimerais bien ajouter un élément qui est très important dans ce projet de loi, et c'est le soutien des municipalités et des groupes de policiers.
    J'aimerais demander à ma collègue si elle peut nous expliquer un peu plus la question des droits des victimes, développer sa pensée à ce sujet et, bien évidemment, nous parler de la façon dont ce projet de loi donnerait plus de protections aux survivants de violence.
(2130)
    Monsieur le Président, le projet de loi s'articule clairement autour des quatre piliers fondamentaux pour soutenir les victimes: la lutte contre la violence fondée sur le genre et la violence entre partenaires intimes; la protection des enfants contre les prédateurs; le renforcement des droits des victimes; enfin, la réduction des délais judiciaires.
     Ensemble, ces réformes modernisent le Code criminel afin de répondre aux menaces contemporaines, d'intervenir plus tôt pour prévenir la violence et de faire en sorte que le système de justice fonctionne plus rapidement et plus équitablement pour les victimes et les survivants.

[Traduction]

    Nous avons le temps pour une question très brève.
    Monsieur le Président, la Loi visant à protéger les victimes supprimerait les peines minimales obligatoires. Elle accorderait ce pouvoir discrétionnaire aux juges. La question que je souhaite poser à la députée d'en face est très brève. Quand l'auteur d'un crime contre une victime sort de...
    J'ai bien dit « une question très brève ».
    La députée de Prescott—Russell—Cumberland peut répondre en 15 secondes ou moins.
    Monsieur le Président, je m'excuse. Je n'ai pas vraiment compris la question. Je remercie tout le monde.
    Monsieur le Président, je commence mon intervention en demandant le consentement unanime de la Chambre pour partager mon temps de parole avec mon collègue le député de Montmorency—Charlevoix.
    D'accord?
    Des voix: D'accord.
    Monsieur le Président, c'est toujours un plaisir et un privilège de prendre la parole au nom des braves gens de ma circonscription.
    J'en suis à ma troisième, voire quatrième, intervention de fond sur le projet de loi C‑16, sans compter les nombreuses interventions que j'ai faites lors de l'étude au comité de la justice et nos discussions approfondies lors de l'examen article par article. Je souhaite profiter de cette occasion pour aborder le sujet sous un angle nouveau. Je souhaite profiter de cette occasion pour expliquer aux Canadiens la vérité qui se cache derrière ce projet de loi, et non la fiction ni le monde utopique que le gouvernement libéral tente de dépeindre.
    On nous a si souvent traités d'alarmistes. Or, le nouveau gouvernement libéral affirme qu'il prend très au sérieux la sécurité des collectivités et les droits des victimes, et qu'il assume ses responsabilités avec sérieux. J'ai toujours dit, lors des nombreuses assemblées publiques que j'ai organisées partout au pays, que la responsabilité première de ce vieux gouvernement libéral usé est d'assurer la sécurité des Canadiens. Pourquoi, depuis les élections de 2025, y a-t-il trois projets de loi en matière de justice pénale qui ne font que légèrement bouger les choses sans aller jusqu'au bout de ce qui est nécessaire pour rétablir l'équilibre dans le système de justice pénale canadien?
    Prenons, par exemple, le projet de loi C‑9. L'étude au comité progressait de façon raisonnable jusqu'à ce que le ministre de la Justice et le Bloc québécois concluent une entente secrète pour supprimer un moyen de défense prévu dans le Code criminel depuis 52 ans, risquant ainsi de criminaliser des pasteurs et des dirigeants religieux qui lisent des passages de leurs textes religieux. Voilà ce qui s'est passé avec le projet de loi C‑9.
    Pendant des années, le gouvernement a entendu tous les principaux intervenants du pays au sujet du projet de loi C‑14. Ils suppliaient le gouvernement de leur donner les outils nécessaires pour garder les récidivistes violents derrière les barreaux. Ces gens terrorisaient les collectivités et les victimes. Le gouvernement prétend avoir écouté ces demandes. Il a présenté le projet de loi C‑14. Nous avons parlé du principe de retenue dans le projet de loi C‑14, un principe introduit sous le gouvernement de Justin Trudeau, en 2019. Selon le principe de retenue, tous les accusés devaient être libérés selon les conditions les moins sévères et à la première occasion. Au Parti conservateur, nous avons dit qu'il fallait prendre les moyens nécessaires pour empêcher ces gens de terroriser constamment nos collectivités. Nous devions remplacer le principe de retenue par le principe de protection de la collectivité.
    C'est pourquoi mon collègue le député d'Oxford a présenté le projet de loi favorisant la détention au lieu de la liberté sous caution, une mesure législative raisonnable appuyée par les principales associations de policiers et des chefs de police de partout au pays. Le gouvernement l'a rejeté, et nous débattons maintenant du projet de loi C‑16.
    Encore une fois, je tiens à faire la distinction entre les faits et la fiction. La fiction que le gouvernement tente de faire valoir, c'est que les conservateurs ont toujours fait de l'obstruction lorsque le comité débattait du projet de loi C‑16, qu'il l'examinait et qu'il l'étudiait. Le fait est que le Parti conservateur du Canada a toujours appuyé 99 % du projet de loi C‑16. Or, le projet de loi contient, à l'article 63, une pilule empoisonnée, une limite à ne pas franchir, qui bouleverseraient complètement l'efficacité du régime de détermination de la peine. Il aurait pour effet que les peines minimales obligatoires ne soient plus considérées comme telles en permettant aux juges, de leur propre initiative ou à la demande de l'accusé ou de son avocat, de faire valoir que l'imposition d'une telle peine constituerait une peine cruelle et inusitée.
    D'où émane ce débat? Il émane de la décision désastreuse de notre plus haut tribunal, qui est situé à quelques coins de rue de cette vénérable Chambre, à savoir la Cour suprême du Canada. Dans l'arrêt Senneville, la Cour a statué qu'une peine minimale obligatoire d'un an pour possession de matériel d'abus pédosexuels et accès à ce dernier va à l'encontre de l'article 12 de la Charte.
(2135)
    Ces deux individus, qui ont porté leur affaire devant la Cour suprême du Canada, avaient accumulé des centaines et des centaines de photos et de vidéos montrant des victimes âgées d'à peine 3 ans se livrant aux formes les plus grotesques d'actes sexuels avec des adultes. Les éminents juges, à quelques coins de rue d'ici, ont estimé qu'il serait cruel et inusité de condamner ces deux pervers sadiques à une peine minimale obligatoire d'un an. Si j'étais ministre de la Justice, je dirais qu'un an, ce n'est pas suffisant. On devrait les enfermer pour cinq ans, voire plus longtemps, car c'est là qu'est leur place. Si nous parlions d'une affaire semblable à quelques heures de la région d'Ottawa, dans l'État de New York, aux États‑Unis, ces deux pervers sadiques risqueraient une peine de prison à deux chiffres. C'est là toute la différence entre nos deux systèmes de justice. Ce qui est encore plus consternant dans cette décision, et c'est là le problème du projet de loi C‑16, c'est que le juge de première instance a décidé de son propre chef que, malgré l'ampleur de la collection et son contenu, aussi troublant soit-il, une peine minimale obligatoire d'un an était trop sévère. Ce juge a condamné ces deux pervers à une peine de 45 jours d'emprisonnement à purger la fin de semaine.
     Quelle a été notre réaction? La volonté collective du Canada a été ébranlée dans ses fondements. Que se passe-t-il avec les juges? Que se passe-t-il avec le système de justice? Il n'est guère étonnant que les Canadiens et les victimes manquent de confiance dans le système de justice pénale lorsqu'ils voient le plus haut tribunal du pays rendre une décision de cette nature. Nous avons supplié le gouvernement d'intervenir pour régler ce problème en recourant à la disposition de dérogation. L'article 33 est inscrit dans la Charte depuis 1982. Nous n'aurions pas de Charte sans l'article 33, mais, non, le gouvernement ne peut pas faire cela. Non. Nous devons maintenant donner aux juges le pouvoir discrétionnaire suprême de déterminer eux-mêmes si une peine minimale obligatoire est appropriée dans les circonstances, et il n'y a que quelques garde-fous à cet égard. La première condition, c'est que les deux seules infractions auxquelles ils ne peuvent pas toucher sont le meurtre et la trahison. La deuxième condition, c'est qu'ils doivent imposer une peine d'emprisonnement. Toutefois, à cet égard, rien n'empêche les juges au pays d'imposer une peine d'emprisonnement d'un jour ou une peine correspondant au temps déjà passé en détention. Avec le projet de loi C‑16, une telle peine serait possible.
    J'ai demandé à maintes reprises au ministre de la Justice, à la Chambre et au comité si on comptait rétablir les peines minimales obligatoires qui avaient été éliminées, et pourquoi on ne pouvait pas aller plus loin en incluant tout ce qui avait été éliminé par le projet de loi C‑5. Il s'agit du projet de loi désastreux qui allait avoir les conséquences néfastes contre lesquels j'avais mis en garde le ministre de la Justice de l'époque, David Lametti. Nous avons maintenant des trafiquants de fentanyl et d'autres types d'opiacés synthétiques — ceux que des juges de partout au pays appellent les marchands de la mort — qui bénéficient de peines avec sursis. Auparavant, on devait les enfermer pendant des années, mais maintenant, ils peuvent demander une peine avec sursis. Le ministre de la Justice a honteusement refusé de rétablir les peines minimales obligatoires pour toutes les infractions liées à la drogue et la majorité des infractions liées aux armes, y compris l'extorsion avec une arme à feu, un problème qui fait rage dans tout le pays.
    Pour toutes ces raisons, comme je l'ai dit, j'encourage tous les députés à voter contre le projet de loi C‑16.
(2140)
    Monsieur le Président, mon collègue d'en face parle de la disposition de dérogation. Votre gouvernement a déclaré publiquement qu'il utiliserait la disposition de dérogation pour retirer des droits aux Canadiens, qu'il s'agisse de la liberté de religion ou de tout autre droit. C'est pourquoi votre parti a voté en faveur du projet de loi C‑21, qui enlèverait des droits aux Canadiens.
    Je rappelle aux députés qu'ils doivent adresser leurs observations à la présidence.
    Le député de Brantford—Brant‑Sud—Six Nations a la parole.
    Monsieur le Président, le député se trompe sur toute la ligne. Notre parti a toujours dit, et notre chef a été très clair, que nous aurons recours à la disposition de dérogation lorsqu'il sera question des lois pénales absurdes et de cette absurdité ayant découlé de la décision de la Cour suprême du Canada sur le matériel d'abus pédosexuel, qui est un exemple parfait.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours. Je sais qu'il s'est intéressé à la question de la sécurité des femmes. Il a même participé à quelques réunions du Comité permanent de la condition féminine.
    Le projet de loi C‑16 reprend beaucoup d'éléments qui sont des demandes du Comité permanent de la condition féminine. Ces requêtes sont basées sur des demandes provenant de survivantes et de victimes, notamment à propos des délais judiciaires et de la criminalisation du contrôle coercitif. Le Comité permanent de la condition féminine a mis ces enjeux en avant et ça se retrouve dans le projet de loi C‑16.
    En a-t-il discuté avec ses collègues conservatrices?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je ne suis pas certain qu'il y avait une question, mais je suis tout à fait d'accord avec la députée. Le projet de loi C‑16 comporte des améliorations évidentes en ce qui concerne la sécurité des victimes et la procédure à leur égard, et c'est pourquoi j'ai dit dès le départ que 99 % de son contenu est acceptable. Nous serions très favorables à l'idée de le scinder pour faire en sorte que les bonnes dispositions, soit 99 % du projet de loi, soient renvoyées au Sénat. Nous voulons par contre que le mécanisme de dérogation empoisonné proposé à l'article 63 soit supprimé.
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa compassion et de son expertise.
    Le député a lu les petits caractères du projet de loi. Le parti d'en face promet de rétablir les peines minimales obligatoires, mais, à la page suivante, il prévoit une disposition permettant aux juges d'imposer des peines plus clémentes, sans qu'il y ait de critère de proportionnalité. Dans l'arrêt Senneville, la Cour suprême a clairement expliqué comment fixer des peines minimales applicables. Le projet de loi ne tient pas compte de cette feuille de route.
    Ma question pour mon collègue est simple. À son avis, quand un délinquant s'en sortira avec une peine inférieure à la peine minimale prévue dans le projet de loi, sur qui le parti d'en face rejettera-t-il la faute, sur le tribunal ou sur la mesure législative qui aura permis que cela se produise?
(2145)
    Monsieur le Président, j'espère qu'ils blâmeront le juge et, surtout, les outils sur lesquels le juge s'appuie, que le gouvernement fédéral fournit. L'un de ces outils, le projet de loi C‑16, mènera à des résultats absurdes et indécents dans tout le pays.
    J'ai demandé au ministre de la Justice de nommer un accusé qui ne dira pas qu'une peine minimale obligatoire mènera à une peine cruelle et inusitée. Toute personne qui fait face à des accusations criminelles assorties d'une peine minimale obligatoire a le droit d'utiliser cet argument.
    Monsieur le Président, ce n'est pas l'avocat de la défense qui, en fin de compte, prend la décision. C'est le juge. Il est plus qu'évident que le Parti conservateur n'a absolument aucune confiance dans l'indépendance judiciaire ni dans la capacité des juges à prendre de bonnes décisions.
    C'est un commentaire.
    Monsieur le Président, je suppose que le député d'en face trouve tout à fait acceptable la décision du juge de première instance dans l'affaire Senneville, qui a imposé une peine de 45 jours, à purger les fins de semaine, pour la possession de centaines d'images de fillettes de 3 ans sodomisées par des hommes?

[Français]

     Monsieur le Président, il est 21 h 45 présentement à la Chambre. La plupart des Canadiens sont en train de coucher leurs enfants, de les amener au lit, de finir leur journée, de finir leur soirée et de se préparer à aller dormir. Ils ne regardent pas les travaux du Parlement et c'est exactement ce que les libéraux veulent. Ils sont très contents quand les gens ne regardent pas ce qui se passe ici, parce que, ce que font les libéraux en ce moment, ce soir, c'est bâcler des projets de loi qui auraient dû être travaillés depuis un an en collaboration avec les partis de l'opposition, afin de finalement obtenir l'accord de tous.
    Il ne s'agit pas de faire adopter leurs projets de loi, mais de faire adopter des projets de loi pour que tous les Canadiens s'y retrouvent. Or plutôt que de faire ça, ils ont travaillé très fort pour se tricoter une majorité dans les coulisses pour ensuite être en retard et essayer de sauver les meubles en accélérant les choses et en faisant siéger les députés au Parlement jusqu'à minuit pour essayer de faire adopter leurs projets de loi.
    Si on veut un exemple concret de ce qui se passe présentement et de la manière dont le gouvernement fonctionne, on n'a qu'à regarder ce qui se passe au Comité permanent de la sécurité publique et nationale relativement au projet de loi C‑22. La commissaire à la protection de la vie privée du Canada, qui est une personne complètement indépendante, une haute fonctionnaire du Parlement, dont le travail est précisément de protéger les droits à la vie privée des Canadiens, a demandé de venir témoigner au sujet du projet de loi C‑22, un projet de loi qui va demander aux fournisseurs de services électroniques de garder toutes les métadonnées des gens pendant un an pour que le gouvernement puisse y avoir accès. On parle de la navigation sur Internet, des numéros de téléphone, des appareils utilisés, des gens avec qui on se trouve. La commissaire a dit que ce projet de loi relevait directement de son mandat, qu'elle avait de vraies préoccupations concernant la vie privée des Canadiens et qu'elle voulait comparaître.
    Au Parlement, il y a une procédure qui s'appelle le consentement unanime. N'importe quel député peut le demander. Cela veut dire qu'on accepte maintenant, tous ensemble, de faire quelque chose. Les députés conservateurs ont demandé le consentement unanime pour que la commissaire à la protection de la vie privée du Canada puisse participer à l'examen du projet de loi. Les libéraux l'ont refusé. C'est bizarre. Les conservateurs ont donc essayé autrement. Ils ont présenté une motion pour suspendre l'étude sur cet article seulement afin de l'étudier un peu plus tard pour permettre à la commissaire de participer. Les libéraux ont encore voté contre. Il y a eu deux tentatives et deux refus.
    Les libéraux réduisent la commissaire à la protection à la vie privée du Canada au silence deux fois pour l'empêcher, finalement, de défendre les droits des Canadiens, dont la protection constitue son travail de tous les jours. Ce n'est pas une question de procédure. C'est un gouvernement qui a peur de la transparence. C'est le cas dans bien des dossiers, et on le constate actuellement avec le projet de loi C‑16, qui est un projet de loi volumineux. Il contient des bonnes choses et je vais en parler, mais on y trouve une petite pilule empoisonnée de laquelle on doit parler.
    C'est important de comprendre que, quand on vote sur un projet de loi, on ne vote pas juste sur une ligne. On vote sur un grand document. Comme je le disais, le projet de loi comporte des bonnes choses. Faire en sorte que le meurtre d'un partenaire intime soit automatiquement qualifié de meurtre au premier degré est une très bonne chose. C'est notre collègue le député de Kamloops—Thompson—Nicola qui a fait cette proposition. Le projet de loi vise à interdire les hypertrucages d'images intimes. C'est encore un député de chez nous qui a proposé ça. Ce sont de bons éléments qu'on retrouve dans le projet de loi. Malheureusement, il y a dans ce projet de loi l'article 63, et, quand vient le temps de voter, c'est l'ensemble du projet de loi qui est soumis au vote, y compris cet article.
    Que dit cet article? En ce moment, au Parlement, les représentants élus par les citoyens ont dit que, si on commet un crime grave, on va en prison pour un minimum d'années prédéfini. Il n'y a pas d'exception. Si on commet ce crime, on sait à quoi on va faire face. On appelle ça la peine minimale obligatoire. C'est le plancher. On ne peut pas aller plus bas que ça. C'est une garantie. C'est une promesse que le Parlement a faite aux victimes, à savoir que leurs agresseurs vont devoir faire face à de vraies conséquences.
    Toutefois, l'article 63 que les libéraux proposent dans le projet de loi C‑16 brise cette promesse-là en disant que, si un juge estime que la peine minimale est trop sévère pour un accusé en particulier, le juge peut l'ignorer et imposer des peines moins sévères. Les libéraux veulent que cette nouvelle approche s'applique à tous les crimes graves au Canada ou presque, et je vais en citer quelques-uns: agression sexuelle grave avec une arme à feu, la traite des personnes, les fusillades, le trafic d'armes. Dans tous ces cas, on n'est pas obligé d'avoir des peines minimales.
    Rendre les peines minimales facultatives pour ces crimes est vraiment grave. Les Canadiens ont peur. Ils ont des raisons d'avoir peur. Après une décennie sous un gouvernement libéral, la traite des personnes a augmenté de 84 %, les agressions sexuelles ont augmenté de 76 % et la criminalité violente a augmenté de 55 %. Ce ne sont pas des statistiques dans une page, ce sont des familles. Ce sont des femmes, ce sont des enfants, ce sont des victimes. Ce sont des communautés comme la mienne, dans Montmorency—Charlevoix, où les gens se lèvent le matin, travaillent fort, élèvent leurs enfants, mais s'attendent à ce qu'un gouvernement les protège.
(2150)
    Cependant, qu'est-ce que les libéraux font face à l'augmentation de la criminalité violente au pays? Ils présentent un projet de loi qui facilite la tâche aux juges qui veulent imposer des peines plus légères aux personnes qui commettent des crimes graves. Ils font tout ça pourquoi? Est-ce pour améliorer les statistiques d'emprisonnement? Pour qui fait-on cela? Ce n'est certainement pas pour les victimes et leurs familles.
    Pourquoi les libéraux aiment-ils toujours mieux nous dire à la Chambre que les criminels ont des droits, mais qu'on ne parle jamais des droits des victimes ou de ce qui se passe pour elles? C'est terrible de voir ça aller.
    Je vais parler de ce qui se passe concrètement en prison présentement. Ce ne sont pas des théories, il s'agit de faits. Tout ce que je vais dire est lié. En 2019, c'est le chapitre 1: avec le projet de loi C‑83, les libéraux ont mis fin à l'isolement préventif des détenus les plus violents. À la place, ces détenus, qui sont violents en prison, ont des unités confortables, des psychologues, des infirmières, même de la zoothérapie — ça va bien — et du soutien social. Tout ça est financé par les citoyens.
    En 2022, c'est le chapitre 2: avec le projet de loi C‑5, on a aboli les peines minimales pour les crimes avec des armes. Les juges ont commencé à donner des sanctions communautaires à des hommes et des femmes qui commettent des crimes avec des armes illégales, à des trafiquants d'armes, à des récidivistes. Un juge a lui-même écrit qu'il devait se pincer le nez à la suite de la sentence qu'il était obligé d'imposer.
    Maintenant, c'est le chapitre 3: avec le projet de loi C‑16, on veut rendre facultatives pratiquement toutes les peines minimales qui restent.
    Pendant ce temps-là, à Donnacona, une prison qui est à peu près à 40 minutes du début de la limite de ma circonscription, il y a eu quatre meurtres en moins d'un an. Les gardiens m'ont écrit. Je leur parle régulièrement. Ils me contactent. Ils me disent qu'il y a des armes illégales qui rentrent, que le nombre de criminels violents augmente. Ils parlent de sang à nettoyer. Après ça, on continue comme si de rien n'était. Ils me parlent du stress qu'ils vivent chaque jour.
    Le syndicat des agents correctionnels parle de plus de 350 postes vacants au pays parce que les agents tombent comme des mouches présentement, tellement ils vivent du stress intense dans leur milieu de travail. Pendant ce temps-là, l'administration veut réduire le nombre d'agents en poste et donc mettre plus de pression sur les agents qui restent.
    C'est ça qui se passe. Les criminels violents sont violents à l'extérieur, mais sont aussi violents quand ils sont à l'intérieur. Les criminels qui sont violents en liberté sont aussi violents en prison, et les libéraux veulent réduire les peines de ces gens-là. Quel message est-ce que ça envoie?
    J'ai été envoyé ici à la Chambre par les citoyens de Montmorency—Charlevoix, mais pas pour approuver des projets de loi sur pilote automatique, ni me taire pendant que le gouvernement enlève des outils qui protègent mes citoyens, le peuple québécois au grand complet.
    Le gouvernement fédéral devrait être excellent dans un minimum de choses puis se tasser du chemin quand c'est la compétence des provinces. Les lois canadiennes sont assurément un élément dans lequel les citoyens devraient avoir confiance et dans lequel notre travail ici, à Ottawa, est important. On devrait être concentrés sur ces choses-là, celles qui sont des affaires du fédéral.
    Le danger concret des citoyens, lui, n'attend pas les idéologies. Quand le Parlement a établi une peine minimale obligatoire, il fait une promesse. Des représentants des élus, des gens imputables envers les électeurs, pas nommés à vie, des gens que les électeurs ont décidé d'envoyer ici ont fait la promesse de venir les défendre au Parlement.
    Quand l'article 63 du projet de loi permet à un juge de contourner cette promesse, il n'affaiblit pas seulement la politique, il affaiblit toute notre image et la confiance des gens dans nos institutions. Ce qu'il est important de comprendre, c'est que ce n'est pas mon point de vue qui est important, mais celui des citoyens. Leur opinion compte. Il serait peut-être temps que les libéraux commencent à écouter le peuple.
    Je vais dire aux Canadiens exactement ce qui s'est passé en comité. On a proposé la ligne 22. On a dit qu'au minimum, la soupape de sécurité, la sortie de secours des peines minimales, ne devrait pas s'appliquer à quelqu'un qui a déjà un casier judiciaire. On a proposé la ligne 25. On a dit que les infractions sexuelles contre les enfants et le trafic de drogue grave devraient être complètement exclus des sentences les plus légères. Les enfants méritent la protection.
    Aux lignes 25.2 et 25.3, on a dit que les agressions sexuelles graves et l'extorsion ne devraient pas non plus bénéficier de cette sortie de secours. On a aussi proposé la ligne 29. Celle-là n'avait rien à voir avec les sentences. On a simplement dit que, quand un contrevenant est condamné pour violence entre partenaires intimes et qu'il est libéré de détention, la victime devrait être informée automatiquement. Chaque fois, on a été défaits.
(2155)
    Je vais terminer là-dessus. Les familles de Montmorency—Charlevoix regardent ce qui se passe. Les Québécois et les Canadiens regardent aussi ce qui se passe. On ne rend pas le Canada plus sécuritaire en rendant les criminels plus confortables.

[Traduction]

    Monsieur le Président, en réalité, le projet de loi C‑16 rétablirait plusieurs peines minimales obligatoires qui ont été jugées contraires à la Charte canadienne des droits et libertés. Le projet de loi C‑16 rétablirait bon nombre de ces peines minimales obligatoires. Il ajoute la disposition relative aux circonstances exceptionnelles pour protéger l'intégrité des lois et faire en sorte qu'elles ne soient plus jugées contraires à la Charte. Autrement dit, il les rendrait conformes à la Charte.
    Il me semble que le Parti conservateur essaie simplement de trouver une excuse pour justifier sa position.

[Français]

    Monsieur le Président, c'est un exemple parfait de ce dont j'ai parlé dans mon discours. On parle de droits et de libertés. On parle des droits et des libertés de criminels, présentement. Le droit des victimes, où est-il? Les victimes ont peur et le taux de crime augmente. Quel est le message qui est envoyé? On va encore laisser une soupape pour permettre aux criminels violents de s'en sortir et permettre aux juges de ne pas donner des sentences minimales. Non, ce n'est pas de ça que nous avons besoin au pays.
     Nous avons besoin d'un système judiciaire qui est solide et qui indique aux criminels quelles seront les conséquences auxquelles ils feront face s'ils commettent un crime. Il ne faut pas que le système leur laisse le champ libre en disant que, finalement, ils vont peut-être pouvoir être à la maison pour le reste de leurs jours pendant que les victimes devront vivre dans la peur. C'est terrible comme message.
    Monsieur le Président, je félicite mon collègue de Montmorency—Charlevoix pour son discours d'aujourd'hui. Cette semaine, j'ai eu l'occasion de siéger avec lui brièvement au Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique, dont il est un membre permanent, je présume.
     À ce moment-là, j'ai eu l'occasion de déposer une motion dans laquelle je dénonçais la proximité entre les libéraux et le lobby des chauffeurs au rabais, qui utilisent le stratagème « Chauffeurs inc. », qui affaiblit les conditions de travail des gens et qui cause des accidents.
     Les libéraux ont l'air d'être pas mal proches de ces gens. Certains d'entre eux sont même des militants libéraux qui financeraient le Parti libéral. Je demandais que le Comité se penche sur cette question. J'aimerais savoir si je vais pouvoir obtenir l'appui de mon collègue ainsi que l'appui du Parti conservateur à ce sujet.
    Monsieur le Président, c'est une drôle de question, parce que nous parlons présentement des droits des victimes. Nous parlons de lois qu'on est en train d'assouplir. Les libéraux veulent assouplir les lois pour que des criminels ne fassent pas face à la justice.
     Je ne peux pas m'engager aujourd'hui et répondre à la question de mon collègue au nom de l'ensemble du Parti conservateur. Sa motion a été déposée hier et elle va être analysée. Au Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique, nous sommes très stricts et nous travaillons fort. Nous voulons nous assurer que l'éthique est au cœur de chaque décision. S'il y a du travail à faire et qu'il est important pour nous de le faire, nous serons là. Tenir les libéraux responsables de leurs décisions, c'est notre pain et notre beurre tous les jours.
(2200)
     Monsieur le Président, ça fait plus d'un an que mon collègue siège à la Chambre avec notre équipe conservatrice. Je voudrais connaître son opinion à propos de la gestion du gouvernement en matière de sécurité publique et en ce qui concerne le système de justice. J'aimerais qu'il nous dise quelle est son opinion après un an à la Chambre, comparativement à celle qu'il avait avant d'arriver ici.
    Monsieur le Président, oui, ça fait un an que je suis à la Chambre et que j'ai le privilège de travailler conjointement avec tous mes collègues et avec le Parti conservateur. On se rend compte que, depuis un an, les libéraux ont passé plus de temps à essayer de se tricoter une majorité derrière les rideaux qu'à essayer de s'entendre avec l'opposition. C'est pourtant le mandat qui leur avait été donné par les citoyens, qui avaient élu un gouvernement minoritaire. Les libéraux avaient le mandat de travailler avec l'opposition pour s'assurer de faire cheminer des lois qui sont dans l'intérêt de l'ensemble des Canadiens. Il ne s'agissait pas d'imposer leur vision des choses, mais bien de respecter notre vision des choses. Chaque député est envoyé par ses concitoyens pour venir faire le travail ici.
     Ce n'est pas ce que les libéraux ont voulu faire. Ils n'ont pas passé de temps à travailler fort ici, ils ont plutôt travaillé derrière les rideaux pour se tricoter une majorité et pour finalement arriver ici, bomber le torse et dire que ce sont eux qui mènent.
    Aujourd'hui, nous en faisons les frais. Nous sommes ici jusqu'à minuit le soir parce que les libéraux veulent obtenir un beau petit résultat. Ils essaient de faire adopter des lois qu'ils n'ont pas été capables de travailler quand c'était le temps de le faire.
    Monsieur le Président, on pourrait effectivement parler de personnes qui se cachent en arrière d'un rideau. Enfin, je vais arrêter là mon commentaire. Le projet de loi C‑16 est le sujet de la discussion de ce soir.
    Sérieusement, ce projet de loi vise une meilleure protection des femmes, bien sûr, mais, le problème que j'observe d'abord, c'est que ce projet de loi ne réglera pas tout. Je pourrai en parler, et je sais que ma collègue de Laurentides—Labelle, avec qui je partagerai mon temps de parole, en parlera aussi.
    Nous avons besoin du consentement unanime pour ça.
    La Chambre est-elle d'accord?
    Des voix: D'accord.
    La députée de Shefford peut continuer.
     C'est la troisième fois que je parle de ce projet de loi, sans siéger au Comité permanent de la justice et des droits de la personne. Ce projet de loi, nous en avons beaucoup parlé par la bande au Comité permanent de la condition féminine. J'en ai déjà dit beaucoup.
    Je reviendrai peut-être un peu plus sur le projet de loi C‑16, mais j'ai aussi envie, dans mon discours, de parler du fait que la protection des femmes passe aussi par de meilleurs logements et des services de proximité. J'y reviendrai.
    Au Bloc québécois, bien entendu, nous appuyons le principe du projet de loi C‑16, ce projet de loi qui apporte des améliorations importantes pour mieux protéger les victimes de violences. Il reconnaît notamment le contrôle coercitif. Il renforce certains droits des victimes et modernise le droit criminel. Toutefois, une question fondamentale demeure: peut-on réellement protéger une femme si elle n'a nulle part où aller lorsqu'elle quitte la violence? La justice est essentielle, mais nous avons aussi beaucoup entendu en comité qu'elle ne suffit pas à elle seule. Je vais donc parler d'abord de cette question du logement. Je parlerai ensuite des avancées du projet de loi C‑16. Je vais terminer en parlant aussi des particularités du Québec dans tout ça.
    Une femme qui quitte la violence a d'abord besoin d'un endroit où vivre. Derrière chaque casier judiciaire et chaque dossier, il y a une femme qui prend la décision extrêmement difficile de quitter son agresseur. Cette décision, elle implique souvent d'abandonner son domicile, de quitter son emploi, de déraciner ses enfants et de perdre sa sécurité financière. Sans solution en matière de logement, plusieurs femmes demeurent prisonnières de leur situation. Ce que nous ont dit en comité les survivantes, c'est que les maisons d'hébergement ne sont pas de simples refuges. Les témoignages que nous avons entendus au Comité permanent de la condition féminine nous l'ont rappelé. Les maisons d'hébergement sont de véritables lieux de reconstruction. Elles offrent un toit, un accompagnement psychosocial, un soutien juridique, une aide financière, un soutien pour les enfants et un accompagnement vers l'autonomie. Pour plusieurs femmes, c'est la première nuit depuis longtemps où elles dorment sans craindre pour leur vie et celles de leurs proches.
    Le logement, c'est aussi un enjeu de sécurité publique. En effet, une femme qui quitte un conjoint violent doit souvent choisir entre retourner chez son agresseur ou vivre dans la précarité. Ça, c'est absolument terrible. Elle doit attendre pendant des mois un logement abordable. Tant que cette réalité existera, aucune réforme du Code criminel ne suffira. J'ai quelques chiffres éloquents. En 2024‑2025, le Canada comptait environ 561 établissements résidentiels destinés aux victimes de violences. Malgré ça, les responsables identifient toujours le manque de logements abordables comme l'un des principaux obstacles à la sortie durable de la violence.
    Les recherches démontrent que les femmes ayant accès à un logement de deuxième étape réussissent beaucoup plus souvent à reconstruire leur vie et à éviter un retour vers leur agresseur. Les violences sexuelles demeurent massivement sous-déclarées. En effet, près de neuf agressions sexuelles sur dix ne sont jamais signalées aux policiers. En 2024, 81 femmes ont été tuées par un partenaire intime au Canada, dont 25 au Québec. On est déjà rendu à 10 féminicides en 2026. L'un des premiers, c'était chez nous, à Rougemont, dans la circonscription de Shefford.
    Par ailleurs, j'ai mentionné le contrôle coercitif. J'aimerais parler des avancées de ce projet de loi après avoir parlé de l'importance d'élargir l'aide aux femmes victimes de violences. Qu'on s'attaque au contrôle coercitif est une avancée importante. Le Bloc québécois salue la création de l'infraction de contrôle coercitif. Cette reconnaissance est essentielle. Ça fait suite à une étude que j'avais apportée au Comité permanent de la condition féminine à la suite d'une demande de l'Assemblée nationale de Québec avec des députés qui avaient travaillé à un rapport intitulé « Rebâtir la confiance ». Cependant, Ottawa ne bougeait pas.
    Il a fallu plusieurs années, et il y a eu une conférence de presse en fin de l'année dernière du Comité permanent de la condition féminine qui venait rappeler que, l'une des recommandations principales de mon rapport était de criminaliser le contrôle coercitif. Cette reconnaissance est essentielle. La violence ne laisse pas toujours des blessures visibles. Celles-ci peuvent être d'ordre psychologique, économique, social, numérique ou émotionnel.
(2205)
    La dépendance financière fait souvent partie intégrante de ce contrôle. Une femme qui n'a pas les moyens de se loger ou de nourrir ses enfants demeure vulnérable, même avec les meilleures lois. C'est important de le dire, il faut vraiment travailler à l'autonomisation économique des femmes, parce qu'on ne peut pas briser un cycle de violence conjugale si, pendant des années, une femme n'a pas été capable d'accumuler les moyens financiers nécessaires pour s'en sortir. Elles restent dans une boucle, dans une spirale sans fin, où l'homme, pour répondre à ses besoins, à ses attentes et pour contrôler sa victime, contrôle cette dernière sur le plan financier. Il faut aussi penser à l'autonomisation économique des femmes et à des moyens pour que les femmes puissent prendre pleinement leur pouvoir sur le plan financier.
    Ce que nous avons aussi entendu durant les témoignages au Comité permanent de la condition féminine, c'est que les femmes aînées ne doivent pas être oubliées. Le contrôle coercitif touche aussi des personnes âgées. Ce qui est inquiétant, c'est que certaines femmes vivent de la violence exercée par un conjoint, un proche aidant ou même un enfant adulte. Les données démontrent également qu'il y a eu une augmentation importante des situations de violence familiale envers les personnes aînées au cours des dernières années. Le système doit être capable de reconnaître ces réalités particulières.
    Je souhaite aussi parler de l'importance de respecter les compétences du Québec, parce que les services sociaux, les maisons d'hébergement et le logement relèvent principalement du Québec. Il ne faut pas l'oublier. Le gouvernement fédéral doit soutenir financièrement ces réseaux sans imposer ses propres conditions. Les organismes québécois connaissent les réalités du terrain et répondent déjà aux besoins des victimes. Il est donc important de voir ce qu'on transfère pour aider les organismes qui travaillent auprès des victimes. Le personnel est épuisé, il a besoin de ressources et de moyens pour prendre soin de ces victimes et prendre soin des survivantes.
    Le projet de loi C‑16 n'est pas parfait, et le Bloc québécois avait même proposé des amendements, particulièrement en ce qui concerne l'article 810 du Code criminel, qui demeure beaucoup trop subjectif. Au Comité permanent de la condition féminine, j'ai proposé, en collaboration avec mes collègues conservatrices, une étude concernant l'article 810 du Code criminel. Le Bloc québécois a voulu enlever cet aspect du projet de loi C‑16, parce qu'il est démontré que les conditions liées à article 810 créent parfois un faux sentiment de sécurité chez les victimes. Nous avons proposé des amendements et il y aurait eu des amendements à apporter au projet de loi C‑16.
    Or, ce qui est cœur de tout ça, c'est que le Code criminel est renforcé et qu'on crée de nouvelles infractions. Toutefois, le Code criminel est de compétence fédérale, alors que l'application de la justice et l'administration de la justice relèvent du Québec et des provinces. Hier, je l'ai dit à la ministre des Femmes et de l'Égalité des genres et je lui ai demandé d'en parler avec son collègue le ministre de la Justice. Si on ne s'organise pas pour qu'il y ait des transferts au Québec pour l'administration de la justice, pour reconnaître qu'il y aura beaucoup plus de poids sur le système de justice au Québec, on va se donner des lois, mais on n'aura pas les moyens de les appliquer. On n'aura pas les moyens de vraiment prendre soin des victimes et des survivantes.
    En conclusion, le Bloc québécois appuiera le projet de loi C‑16. Il constitue une avancée réelle pour les victimes. Toutefois, il faut éviter de croire que le Code criminel peut tout régler et que c'est comme un coup de baguette magique. Une femme a besoin d'une justice efficace, d'un logement sécuritaire, d'une place dans une maison d'hébergement, d'un revenu suffisant et d'un accompagnement psychosocial de qualité.
    Comme je l'ai dit à la ministre hier, le Bloc québécois sera là pour rappeler les amendements qui avaient été proposés par le Bloc québécois au Comité permanent de la justice et des droits de la personne. La meilleure façon de protéger les femmes, ce n'est pas seulement de punir les agresseurs, c'est aussi de donner aux victimes les moyens concrets de partir et de reconstruire leur vie dans la dignité.
    Nous leur devons ça, parce qu'il ne faut pas qu'il y en ait une de plus.
(2210)
    Monsieur le Président, je souhaite remercier ma collègue de son discours. Elle est une championne infatigable du combat contre la violence fondée sur le genre. Nous avons eu l'occasion d'en discuter à plusieurs reprises. Dans son discours, on a pu constater sa sincérité et le travail acharné qu'elle effectue dans ce dossier.
    Présentement, nous pouvons adopter un projet de loi qui nous permet de faire du progrès. J'aimerais savoir quels sont les autres progrès que ma collègue envisage pour la suite.
    Monsieur le Président, comme je l'ai dit, le Bloc québécois avait proposé des amendements pour essayer d'éviter certaines incohérences qu'il y a dans le projet de loi C‑16. Comme je l'ai dit, à propos de l'article 810 du Code criminel, nous souhaitons que les critères soient plus objectifs que subjectifs. C'était un des amendements qui avait été proposé par mon collègue pour corriger cette situation. C'est le genre d'amendement que nous aurions aimé inclure dans le projet de loi, mais les libéraux ont, malheureusement, voté contre. Alors, c'est sûr que nous devrons le rappeler.
    La question de l'article 810 du Code criminel devra être abordée, parce que, manifestement, cet article ne fait pas son travail pour s'assurer que les victimes sont en sécurité. Le Bloc québécois continuera à surveiller de près la question de l'article 810 du Code criminel.
     Monsieur le Président, je suis très touchée par le discours de ma collègue de Shefford. On parle de reprendre le pouvoir sur sa vie. Il y a quelques heures à peine, lors de l'étude du projet de loi C‑20, on parlait de bâtir le Canada.
    J'ai posé la question suivante: comment se fait-il qu'un programme ait été mis en place au point de mettre en péril ou de suspendre les activités d'organismes venant en aide aux femmes violentées, alors même qu'ils étaient en train de développer des refuges pour elles? Quand ma collègue dit qu'il faut absolument être conséquent avec le Québec, j'aimerais savoir si effectivement il y a des avancées à faire concrètement.
     Monsieur le Président, en effet, des représentants de ces organismes du Québec sont venus témoigner au sujet des refuges. En ce moment, ce qu'on observe, ce sont des listes d'attente qui s'additionnent. Quand je dis qu'on ne peut pas régler la situation d'un coup de baguette magique, Maisons Canada en est un bel exemple. On ne sait pas vraiment ce qui va arriver de cette chose-là, qui est encore très floue. On a beaucoup de questions à poser.
    Une chose est certaine: les listes d'attente s'allongent. De plus en plus de femmes arrivent là où on offre des ressources d'urgence. Ensuite, comme elles n'ont pas de place en maison de deuxième étape, elles restent à l'étape des ressources d'urgence. Cela prive donc de places d'autres femmes qui auraient besoin de ces ressources d'urgence. Celles-ci restent donc chez elles et n'arrivent pas obtenir les ressources d'urgence. Les autres femmes qui seraient prêtes à une deuxième étape ne peuvent pas y accéder parce qu'il n'y a pas de place.
    Après la deuxième étape, où vont ces femmes et que font-elles? Souvent, elles ont leur famille. On veut s'assurer que ces gens sont logés dignement, en sécurité. Parfois, il faut des logements supervisés pour s'assurer de la suite. Bref, toutes les étapes sont retardées. C'est un enjeu crucial parce que c'est souvent la raison pour laquelle une femme se dit qu'elle ne peut pas s'en sortir et qu'elle reste dans un cycle de violence parce qu'elle ne sait pas où aller avec ses enfants. C'est une préoccupation immense.
(2215)

[Traduction]

    Monsieur le Président, les conservateurs prennent la sécurité publique et le système de justice très au sérieux. Or, le fait que le projet de loi C‑16 élimine les peines minimales obligatoires, sauf pour le meurtre et la trahison, suscite de sérieuses réserves.
    D'après ma collègue bloquiste, comment l'élimination des peines minimales obligatoires se répercutera-t-elle sur la société?

[Français]

    Monsieur le Président, il y a quand même un peu de désinformation parce que le projet de loi que nous étudions ce soir reprend essentiellement la proposition du Bloc québécois de rétablir les peines minimales dans le cas de crimes graves. Il reprend aussi l'idée du Bloc québécois quant à la possibilité de recruter les jeunes plus tôt et sur les hypertrucages. Il y a beaucoup d'avancées dans ce projet de loi.
     Je pense que nous en sommes à l'étape de se poser la question. Il est le temps d'avancer. Je sais qu'il y a des choses à améliorer. Il faudra continuer à surveiller l'évolution, comme je le répète, car ce n'est pas un coup de baguette magique.
    Toutefois, je pense que la désinformation doit cesser et qu'on doit travailler pour l'avancée et la reconnaissance des victimes, et pour aider les survivantes à faire leur bout de chemin et à se reprendre en main.
     Monsieur le Président, je remercie ma collègue de Shefford de son travail, notamment auprès des personnes en situation d'itinérance, des femmes victimes de violence et des aînés, des clientèles vulnérables dans une région où nous sommes voisines.
    J'aimerais que ma collègue nous explique quelles sont les solutions pour contrer le contrôle coercitif qui fonctionnent le mieux présentement dans sa circonscription, notamment les initiatives qui viennent du milieu.
    Qu'est-ce qui fonctionne bien chez elle?
     Monsieur le Président, je dirais que c'est d'abord et avant tout d'être à l'écoute des victimes. Comme l'ont dit les représentants de beaucoup de corps policiers, pour pouvoir contrer ce contrôle coercitif, il faut d'abord l'encadrer dans le Code criminel afin de leur donner des outils. Sinon, c'est trop difficile pour eux d'agir et d'agir plus tôt, en amont. C'est ce que ça fait. Reconnaître le contrôle coercitif, c'est reconnaître qu'avant, il y a des signes précurseurs et que les policiers doivent pouvoir intervenir beaucoup plus tôt. Pour y parvenir, il faut passer par la criminalisation et par une écoute des victimes.
    Monsieur le Président, au cours des quatre derniers mois de l'année 2026, le Québec a déploré 10 féminicides. C'est un bilan qui a égalé une moyenne annuelle de la dernière décennie. C'est épouvantable. J'espère que mon collègue de l'autre côté de la Chambre en est conscient, parce que c'est des tragédies. C'est vraiment un bilan de tragédies conjugales qui est inacceptable.
     En fait, cette hausse suscite chez moi une très grande inquiétude, peut-être plus grande que celle de mon collègue d'en face. C'est la même réaction chez les organismes de défense des droits et dans la société civile, parce qu'à ce rythme, on pourrait dépasser le record de 16 féminicides survenu en 2021. On ne veut pas le dépasser. Les mots ici sont importants: « féminicide », ce n'est pas un fait divers, c'est un enjeu de société grave.
     Le projet de loi C‑16, Loi modifiant certaines lois en matière pénale et correctionnelle (protection de l'enfance, violence fondée sur le sexe, délais et autres mesures) est rendu à la troisième lecture. Ce que vient faire le projet de loi, c'est qu'il modifie le Code criminel pour, ma collègue l'a dit tantôt, créer une nouvelle infraction interdisant à toute personne d'adopter un schéma de comportement contrôlant ou coercitif à l'égard d'un partenaire intime. Ensuite, il assimile à un meurtre au premier degré un meurtre qualifié de féminicide lorsque la victime est une femme dans l'une des circonstances suivantes: le meurtre est commis par l'accusé contre son partenaire intime dans le contexte d'un schéma de comportement contrôlant ou coercitif; le meurtre est commis dans un contexte de violence conjugale; le meurtre est commis dans un contexte de traite de personnes; ou le meurtre est motivé par la haine. Aujourd'hui, c'est le temps de dire que c'est assez et qu'on ne veut plus de féminicides.
     Le Bloc québécois va continuer d'appuyer le projet de loi. Évidemment, c'est avec certaines réserves. Je pense encore que le projet de loi C‑16 est une avancée très importante pour la protection des gens en matière des violences entre partenaires intimes et d'infractions sexuelles. Notamment, le Bloc québécois appuie fortement les modifications aux délais judiciaires, soit la question des procès avortés. Nous appuyons la nouvelle infraction au Code criminel qu'est l'acte de recruter un jeune pour commettre un crime, l'introduction d'une clause de dérogation pour les peines minimales et le renforcement des dispositions du Code criminel entourant le harcèlement et les violences sexuelles faites majoritairement aux femmes.
     L'étude en comité du projet C‑16 s'est déroulée malgré, comme je l'ai dit tantôt, les tentatives délibérées de nos collègues conservateurs de faire ce qu'ils pensent être leur devoir. Malheureusement, la partisanerie fait en sorte qu'on tente d'entraver les travaux. En déposant une ribambelle d'amendements dépassant manifestement la portée du projet de loi, nos collègues de l'opposition officielle ont multiplié les interventions dilatoires. Certaines ont été republiées sur les réseaux sociaux à des fins purement partisanes, transformant ainsi les travaux du comité en tribune électorale. Cependant, à quoi d'autre faut-il s'attendre de leur part? Des fois, je me demande si c'est leur mandat d'être constructifs.
    Malgré tout, le travail a été fait, et c'était en grande partie grâce à mon collègue de Rivière-du-Nord et à ma collègue de Shefford. La protection pour les proches d'une victime de contrôle coercitif a été élargie pour inclure même les animaux. C'est bien. C'est une bonne chose. Il y a eu également la création d'une peine aggravée pour la distribution non consensuelle d'images intimes lorsque l'image a été produite dans le contexte d'une agression sexuelle grave.
(2220)
     Il y a deux décisions qui ont été prises lors d'une étude en comité, qui laissent subsister des lacunes qui méritent d'être soulevées, car elles affaiblissent la cohérence du projet de loi et risquent de compromettre les personnes que le projet de loi C‑16 cherche à protéger. Je vais revenir sur la distribution non consensuelle d'images intimes lorsque l'image a été produite dans le contexte d'une agression sexuelle grave.
    Lors de la 43e législature, j'étais vice‑présidente du Comité de l'accès à l'information, de la protection de la vie personnelle et de l'éthique. Nous avions fait une étude sur le géant de la pornographie en ligne, Pornhub. J'ai visionné des centaines d'heures de contenus pornographiques où on voyait des femmes se faire filmer contre leur gré pendant des actes sexuels consentis ou non. Ces femmes ne savaient même pas qu'elles étaient filmées, mais que, en plus, elles se retrouveraient en ligne.
    En tant que mère de deux jeunes adultes, je ne peux pas tolérer qu'il y ait des abrutis, des sans-génie, qui filment sérieusement sans consentement des vidéos de ces femmes, et d'hommes aussi, pendant des actes sexuels. Imaginons à quel point ça peut détruire une vie, une carrière, une famille, une confiance en soi à l'âge où on se bâtit comme humain, où on acquiert de la confiance en soi. Qu'on me comprenne bien: ces actes sur des personnes de 37, 45 ou 75 ans sont tout aussi répréhensibles et doivent devenir inacceptables autant sur le plan criminel que sur le plan éthique.
    Notre société évolue, nos mœurs évoluent et nos moyens de communication évoluent. Aujourd'hui, je suis terrifiée de savoir que ça pourrait nous arriver, et ça, en toute impunité. Il faut agir maintenant avec d'autres moyens qui pourront combler certaines lacunes.
    Prenons soin de nous, et que justice soit rendue.
(2225)
    Monsieur le Président, j'ai vraiment apprécié le discours de ma collègue et, entre autres, ses commentaires sur la façon dont ça s'est passé en comité. Je trouve qu'elle a très bien décrit la situation pour un problème urgent, un problème qu'on prend avec sérieux.
    Dans le sérieux avec lequel on doit traiter la chose, pour elle, qu'est-ce qui est le plus important à court terme?
    Monsieur le Président, je comprends qu'il y a une joute parlementaire. Nous avons des procédures pour mener ou pour freiner notre processus, mais j'implore mes collègues. Il y a des enjeux où la partisanerie n'a pas lieu d'être. Moi, je dis à l'ensemble des députés à la Chambre que, lorsqu'il y a des enjeux de sécurité, de criminalité ou qu'on parle même d'aide médicale à mourir, nous devons laisser tomber la partisanerie et mettre l'humain au centre de nos décisions.
    Monsieur le Président, j'étais vraiment déçue d'entendre, ce soir, que le projet de loi C‑9 avait été adopté grâce à un pacte entre le gouvernement et le Bloc québécois. Pour moi, ce n'est pas juste, ce n'est pas vraiment la façon dont nous devrions créer les lois.
    Je voudrais savoir si ma collègue pense que c'est vraiment la façon dont elle veut que les lois soient créées ici, c'est-à-dire avec des pactes, des accords, des échanges, au lieu d'être transparent avec les Canadiens et les Canadiennes.
    Monsieur le Président, je viens justement de parler de partisanerie.
    La partisanerie a ses limites. Ne pas être d'accord sur une décision ou voter contre, c'est une chose. Cependant, le fait d'utiliser les réseaux sociaux pour en faire une tribune électorale est inacceptable, à mon avis. Je ne veux même pas savoir à combien s'élevait la cagnotte qui a été amassée.
    Cela démontre un manque de sérieux, finalement. On a beau se considérer comme des parlementaires aguerris qui représentent leurs électeurs, mais, je suis désolée, on en oublie le fondement même de l'être humain.
    Monsieur le Président, c'est vrai qu'en comité, nous avons travaillé de la façon la moins partisane possible. Au moyen de nos autres travaux, des questions ont été posées par les députés des différents partis à des victimes et à des témoins qui sont venus. Par la bande, dans le cadre d'autres études, nous leur demandions si le projet de loi C‑16 devait être adopté.
    Tous les intervenants nous demandaient de voter en faveur du projet de loi C‑16 et ils nous expliquaient à quel point il constituait une avancée.
    Je voudrais souligner une autre avancée. En effet, au cours de la dernière législature, le Bloc québécois avait déposé un projet de loi visant également à encadrer les conséquences de l'arrêt Jordan sur la question des délais judiciaires. Le projet de loi C‑16 vient donc toucher à cette question aussi.
    Encore là, pour éviter des délais judiciaires supplémentaires, il faudra sérieusement envisager de donner davantage de moyens aux provinces et au Québec afin qu'ils puissent administrer convenablement ce nouveau régime législatif.
    Qu'en pense ma collègue?
(2230)
    Monsieur le Président, encore une fois, on parle de la prestation et de l'application des lois...
    Des voix: Oh, oh!
    Je pense que je dérange certaines personnes à la Chambre, monsieur le Président. Je parlais de mon collègue d'en face. Il revient et il nous dérange. Il est 22 h 30. On est fatigué.
    Sérieusement, on parle du respect et de la dignité des femmes, et c'est ce qu'on fait ce soir. Je pense que certains de mes collègues auraient besoin de l'interprétation, parce qu'ils ne comprennent absolument pas ce que je dis.
    Bref, effectivement, il faut que les provinces et le Québec aient tout ce qu'il faut pour mettre en application ces mesures dans le respect, la dignité et la sécurité des femmes.

[Traduction]

    Monsieur le Président, c'est un plaisir de prendre la parole à la Chambre des communes ce soir.
    Je suis étonné, d'ailleurs, car j'avais hâte de poser une question à mon ami le député d'Oxford.
    Quand vous voudrez.
    Il dit « Quand vous voudrez », monsieur le Président, mais ce n'est pas tout à fait vrai.
    Bref, nous étions en plein débat, un débat sain, sur le projet de loi C‑20. Je rappelle d'ailleurs que les conservateurs avaient précédemment jeté les hauts cris parce qu'ils voulaient en débattre plus longuement. Les députés s'en souviennent-ils?
    Alors que je m'apprêtais à lui poser une question, étant donné que son discours achevait, le député d'Oxford a présenté une motion d'ajournement du débat. Je n'en revenais vraiment pas. Je pense que les hauts fonctionnaires de la Chambre ne savaient pas trop ce qui se passait. Remettons les choses en contexte: pour la première fois depuis des années, le Parti conservateur avait voté, à peine quelques heures avant, pour que la Chambre siège jusqu'à minuit. C'est la décision qu'avaient prise les conservateurs. Ils avaient voté pour que les séances durent jusqu'à minuit.
    Pourtant, qu'est-ce qu'ils ont fait deux ou trois heures plus tard? Le député d'Oxford a demandé à la Chambre...
    Le député de Leduc—Wetaskiwin invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, c'est un débat paradoxal. Je ne pense pas que nous ayons le quorum, car ses collègues ne sont pas très nombreux.
    Monsieur le Président, il y a plus de libéraux que de conservateurs.
    Monsieur le Président, en réalité, ce n'est pas le cas. C'est le projet de loi des libéraux.
    Il y a quorum.
    Le secrétaire parlementaire peut reprendre son intervention.
    Monsieur le Président, si mon collègue d'en face n'aime pas ce qu'il entend, il a le choix. Il peut quitter l'enceinte.
    Au bout du compte, il est important que les Canadiens prennent conscience des petits jeux que jouent les députés du Parti conservateur jour après jour, que cela consiste à faire de l'obstruction ou à essayer d'empêcher le débat sur des projets de loi importants que nous, en tant que gouvernement, présentons à la Chambre des communes dans l'espoir que les conservateurs finissent par se réveiller et par faire ce qui s'impose et répondre aux besoins des Canadiens, que ce soit avec les projets de loi C‑16 ou C‑20.
    Je reviens à ce que j'essayais de souligner au sujet du Parti conservateur. Il était en faveur de siéger tard. Quelques heures plus tard, le député d'Oxford a proposé d'ajourner le débat. Qu'est-ce que ça fait? Cela met fin au débat...
    Le député d'Oxford invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, je comprends que le député ait tendance à s'égarer dans ses propres digressions. Or, nous sommes saisis aujourd'hui d'un projet de loi très important qui vise à protéger les victimes et, pourtant, le député ne parle pas du projet de loi qui nous occupe.
    Je comprends qu'il a tendance à se livrer à de petits jeux...
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Rien ne saurait être plus pertinent au débat qu'un événement qui s'est produit pendant celui-ci.
    Une grande latitude est permise dans ce genre de débat. Je sais que le député reviendra au sujet qui nous occupe.
    Le secrétaire parlementaire a la parole.
    Monsieur le Président, il est à la fois navrant et lamentable que les députés d'en face aient invoqué deux fois le Règlement jusqu'à présent. Les conservateurs devraient avoir honte de leur comportement à la Chambre. Les Canadiens ne devraient pas avoir à voir ça.
    Au bout du compte, disons les choses comme elles sont: en présentant la motion d'ajournement, les conservateurs voulaient surtout faire passer quelques messages aux Canadiens. Le premier, c'est qu'ils ne veulent vraiment pas siéger tard. C'est aussi simple que ça. Leur bonne vieille paresse refait surface. Le deuxième, c'est que même s'ils disent vouloir débattre des projets de loi, ils préfèrent recourir à la sonnerie pour faire traîner les choses et écouler le temps de débat, empêchant du même coup bon nombre de leurs collègues à prendre la parole au sujet du projet de loi...
     Des voix: Oh, oh!
(2235)
    Le secrétaire parlementaire a la parole.
    Monsieur le Président, encore une fois, c'est vraiment incroyable. Les conservateurs ont besoin de se calmer un peu.
    Ils ont eu l'occasion de débattre plus longuement du projet de loi C‑20, mais ils ont délibérément choisi de ne pas le faire parce qu'ils trouvaient qu'il était temps d'aller faire dodo. Je ne dis pas ça à la légère. Nous avons dû tenir un vote. Nous avons voté sur une motion des conservateurs visant à mettre fin à la soirée parce qu'ils trouvaient qu'il se faisait tard, et 13 % des membres de leur caucus ne se sont même pas présentés pour voter. Même leur chef a décidé de ne pas voter là-dessus.
    Les conservateurs se croient bien intelligents en jouant à ce jeu. Ils se sont dit qu'il était temps d'essayer d'en passer une petite vite aux libéraux et d'essayer de rentrer chez eux pour aller se coucher un peu plus tôt ce soir. Qu'est-ce que ça a donné? Même leur chef ne s'est pas présenté pour voter, à l'instar de 13 % de leur caucus. Tout un jeu. C'est peut-être un jeu pour le Parti conservateur du Canada, mais je tiens à dire à ceux qui suivent le débat que nous, nous prenons très au sérieux...
    Le député de Regina—Wascana invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, le député a-t-il quelque chose de pertinent à dire sur le projet de loi C‑16, le sujet du débat?
    J'ai déjà abordé la question de la pertinence. Il y a une grande latitude à cet égard.
    Le secrétaire parlementaire peut reprendre son intervention.
    Monsieur le Président, il semble que les conservateurs ne prennent pas cette soirée au sérieux et qu'ils ne souhaitent pas nécessairement participer pleinement au débat sur la criminalité. Cela dit, j'assure aux personnes qui suivent le débat à la maison que le premier ministre et les députés du caucus libéral, qui ont été élus pas plus tard que l'année dernière, se sont engagés auprès des Canadiens à prendre le dossier de la criminalité au sérieux. Cet engagement faisait partie de notre plateforme.
    Nous avons présenté une série de mesures législatives visant à rendre les collectivités du pays plus sûres pour tous les Canadiens. Le plus grand obstacle à la réalisation de cet objectif, et par le fait même à l'adoption de ces mesures, c'est le Parti conservateur du Canada. Les conservateurs trouvent toutes sortes d'excuses et de stratagèmes, même s'ils sont ridicules, pour empêcher leur adoption.
    Je vais donner un exemple concret. Prenons le projet de loi C‑16. À écouter les interventions et les critiques des députés conservateurs, on pourrait croire que leur principal motif d'opposition tient à leur revirement partiel sur la question du mécanisme de dérogation relatif aux peines minimales obligatoires. Le premier ministre et le gouvernement prennent les peines minimales obligatoires très au sérieux. C'est d'ailleurs pourquoi nous en avons rétabli un certain nombre, et je vais en énumérer quelques-unes. Cela dit, les conservateurs affirment ne pas pouvoir appuyer le projet de loi en raison du mécanisme de dérogation.
    J'ai une citation. Le député de Brantford—Brant‑Sud—Six Nations est le nouveau porte-parole des conservateurs en matière de justice, mais avant lui, c'était le député de Kamloops—Thompson—Nicola. Je vais me permettre de parler à mes collègues du député de Kamloops—Thompson—Nicola, lorsqu'il était porte-parole du Parti conservateur du Canada en matière de justice. Pour être juste, j'avoue que, depuis qu'il a quitté cette fonction, les conservateurs se sont déplacés encore plus à droite du spectre politique, mais voici néanmoins ce qu'il avait dit précédemment: « [...] le gouvernement libéral pourrait rendre cette approche constitutionnelle en ajoutant [un mécanisme de dérogation] soit prévoir une exception à l'imposition de la peine minimale obligatoire pour s'attaquer aux problèmes que le ministre de la Justice a soulevés. » Il faut le faire:l'ancien porte-parole conservateur en matière de justice recommandait carrément au gouvernement de prévoir un mécanisme de dérogation. Pourtant, maintenant, les conservateurs ont changé d'avis. Pourquoi? Ce n'est pas parce que c'est logique, mais bien parce qu'ils se cherchent une excuse afin de paralyser le programme politique du premier ministre et du gouvernement en vue de rendre le pays plus sûr. Honte au Parti conservateur.
    Étant donné que le Parti conservateur n'avait pas la moindre intention de laisser le projet de loi C‑16 suivre son cours, nous avons fini par devoir recourir à l'attribution de temps. C'est parce que cette mesure ne cadre pas avec leur propre programme politique, qui est surtout axé sur l'intérêt personnel et la promotion.
     Regardons les choses en face: qu'est-ce que les membres du Parti conservateur aiment faire? Ils aiment tenir un discours musclé sur la criminalité; en fait, ils adorent ça. De quoi avons-nous parlé aujourd'hui pendant l'heure réservée aux initiatives parlementaires? Nous avons entendu les conservateurs, les uns après les autres, critiquer le gouvernement au sujet du transfèrement de détenus des prisons à sécurité maximale vers des prisons à sécurité moyenne. Ils essaient de donner l'impression que les libéraux sont laxistes.
    Si l'on examine les 15 dernières années, c'est en réalité lorsque le chef du Parti conservateur siégeait au Cabinet que le nombre de transfèrements de détenus de la sécurité maximale vers la sécurité minimale a atteint son niveau record. Ce sont en effet les conservateurs qui ont enregistré le plus grand nombre de transfèrements de détenus de prisons de sécurité maximale vers des prisons de sécurité moyenne. Certains de mes collègues ne s'en sont peut-être pas rendu compte. Qu'ont fait les conservateurs à l'époque? Ils n'ont absolument rien fait. Sur cette question, ils ont fait exactement ce qu'ils ont fait pour le rétablissement des peines minimales obligatoires: absolument rien.
    Des voix: Oh, oh!
(2240)
     À l'ordre. Je demande que l'on mette fin à ces échanges. Si nous parvenons à limiter ces échanges, nous disposerons ensuite d'une période de 10 minutes pour les questions et les observations. Il nous a fallu environ 12 minutes pour en arriver à la marque des 10 minutes du discours.
    Je vais demander au député de reprendre son intervention.
    Monsieur le Président, les conservateurs aiment répéter qu'ils sévissent contre la criminalité, mais la réalité est tout autre: en matière de peines minimales obligatoires, ils n'ont absolument rien fait sous la direction de l'actuel chef conservateur, même lorsque celui-ci faisait partie d'un gouvernement majoritaire. Les conservateurs ont eu l'occasion d'agir, mais ils ont choisi de ne rien faire. Le premier ministre et le gouvernement, eux, passent à l'action en rétablissant les peines minimales obligatoires, sans l'aide du Parti conservateur. Ce n'est pas idéal, mais on poursuit.
    Qu'est-ce qui motive le Parti conservateur? Ce n'est certainement pas la bonne politique publique. C'est loin d'être le cas. Au fond, ils cherchent deux choses: projeter une fausse image de fermeté et remplir leurs coffres. Ils prennent plaisir à dire que tout va mal au Canada. Je pourrais donner plein d'exemples de la façon dont ils poussent des idées extrêmes pour ensuite s'en servir pour recueillir des fonds.
    J'ai reçu des lettres de collecte de fonds des conservateurs, qui tentent de faire de l'argent avec la criminalité. Je dis à mes amis conservateurs d'en face qu'il est temps qu'ils cessent de penser à la direction du Parti conservateur et à la droite conservatrice qui domine de plus en plus ce parti chaque jour. Je pense qu'il est temps qu'ils commencent à faire passer les intérêts de la population canadienne avant la direction du Parti conservateur et le mouvement d'extrême droite ici, au Canada.
    La quantité de mésinformation que le Parti conservateur du Canada diffuse constamment auprès des Canadiens est honteuse. C'est vraiment le cas. Il faut que ça cesse. C'est mésinformation après mésinformation, à la Chambre ou ailleurs.
    Examinons ce que ferait vraiment le projet de loi C‑16. Je pense que le monde entier saluerait le Canada qui, pour la première fois, érigerait en infraction le comportement coercitif à l'égard d'un conjoint. Voilà la mesure que bloque le Parti conservateur. Le projet de loi C‑16 vise à lutter contre les féminicides. Qu'on me montre un autre pays dans le monde où le féminicide est considéré comme un meurtre au premier degré. Les conservateurs aiment répéter qu'ils sévissent contre la criminalité, mais en réalité, là encore, ils ne veulent tout simplement pas que le projet de loi soit adopté, même s'il s'agit d'une mesure législative importante qui aurait une grande incidence au pays.
    Les députés parlent de rétablir les peines minimales obligatoires. Je vais expliquer de quoi il s'agit. Tout d'abord, le projet de loi rétablirait les peines minimales obligatoires pour les contacts sexuels avec un enfant et pour l'incitation à des contacts sexuels. C'est un problème très grave. Au moins, de ce côté-ci de la Chambre, le premier ministre et le gouvernement reconnaissent qu'un tel comportement devrait entraîner une peine minimale obligatoire. C'est pourquoi le projet de loi rétablit une telle peine pour ces infractions.
    Je vais donner un autre exemple.
     Une voix: Oh, oh!
     L'hon. Kevin Lamoureux: Monsieur le Président, j'ai quelques exemples à donner, alors le député devrait se calmer et les écouter. Le député apprendra quelque chose, et j'espère qu'il changera d'attitude et qu'il votera en faveur du projet de loi.
    Ensuite, le projet de loi rétablirait les peines d'emprisonnement obligatoires pour l'exploitation sexuelle d'un enfant, notamment les mauvais traitements infligés par des personnes en situation de confiance. Je m'attendrais à ce que le Parti conservateur soit heureux à l'idée d'appuyer ce type de projet de loi.
    Examinons un autre exemple. Le projet de loi rétablirait les peines minimales obligatoires pour la production, la possession, l'accès ou la distribution de matériel d'abus pédosexuels. Le projet de loi prévoit autre chose. Il contient bien d'autres dispositions, mais, jour après jour, les députés conservateurs examinent l'approche holistique de la série de mesures législatives sur la criminalité que nous avons présentées. Ce n'est pas la première fois que je tente de contraindre par la honte les conservateurs à faire ce qui s'impose pour répondre aux besoins de leurs concitoyens.
(2245)
    Je vais donner un autre exemple. Le projet de loi rétablit les peines d'emprisonnement minimales obligatoires pour le leurre d'enfants en ligne et la sextorsion contre des enfants, des crimes qui ont des conséquences dévastatrices sur les enfants et les familles. Voilà le genre de peines minimales obligatoires qui seraient rétablies afin que nos collectivités soient plus sûres. Si les conservateurs veulent parler de collectivités plus sûres, il est temps qu'ils joignent le geste à la parole et qu'ils appuient ce que le premier ministre et le gouvernement présentent à la Chambre des communes. Il est temps qu'ils cessent leurs petits jeux et qu'ils votent en faveur du projet de loi.
    Que ce soit ici, à la Chambre des communes, ou dans nos comités permanents, les conservateurs doivent reconnaître qu'au bout du compte, comme le premier ministre et tous les membres du caucus libéral l'ont dit très clairement, nous voulons bâtir un Canada plus fort et plus sain, un Canada qui est là pour tous les Canadiens. Lorsque nous parlons de bâtir un Canada plus sain et plus fort, cela inclut la question de la sécurité communautaire. C'est la raison pour laquelle nous avons mis en place une série de mesures législatives.
    Rappelons-nous le projet de loi C‑2, la première mesure que nous avons présentée. Nous étions en situation minoritaire et nous n'avons obtenu la collaboration d'aucun parti à la Chambre. L'adoption de ce projet de loi ne semblait pas intéresser les autres partis. J'en ai parlé à l'époque, et j'en suis ressorti découragé. Le projet de loi abordait différents sujets: le fentanyl, l'accès légal, la sécurité de la frontière, les demandeurs d'asile et la stabilité du système d'immigration. C'était un projet de loi bien étoffé. Toutefois, le Bloc québécois et le Parti conservateur ont formé une alliance improbable pour en bloquer l'adoption.
    Dans un contexte de gouvernement minoritaire, nous avons été contraints de scinder le projet de loi. Nous avons présenté le projet de loi C‑12, qui a permis de rallier un certain consensus et d'en assurer l'adoption. Or, cela s'est fait au prix de concessions importantes, puisque plusieurs éléments ont dû être abandonnés temporairement. Nous avions alors promis d'y revenir en temps voulu. En ce qui concerne l'asile et la sécurité à la frontière, nous avons dû revenir avec le projet de loi C‑12. Nous avons réussi à le faire adopter, non sans difficulté, comme dans le cas du projet de loi C‑14.
    Puisque les conservateurs brettent relativement au projet de loi C‑16, voyons ce qu'ils ont fait relativement au projet de loi C‑14, sur la réforme de la mise en liberté sous caution. Des agents de la paix, des concitoyens, des représentants des provinces et des territoires, des dirigeants autochtones et beaucoup d'autres intervenants étaient tous d'accord: ils voulaient que le projet de loi C‑14 sur la réforme de la mise en liberté sous caution soit adopté.
    Je me rappelle être intervenu ici même l'an dernier, en novembre, pour faire une déclaration limpide: pourquoi ne pas adopter le projet de loi pour le renvoyer au Sénat avant Noël? C'était vraiment possible. Nous aurions pu le faire. Tout ce qui nous en a empêchés, c'est le Parti conservateur du Canada. Voilà ce qui nous a empêchés d'adopter le projet de loi qui visait à réformer la mise en liberté sous caution. Quel dommage.
    Je pense que si les députés consultaient les forces de l'ordre, d'autres pouvoirs publics et des intervenants, s'ils leur prêtaient l'oreille, ils constateraient que ceux-ci sont pratiquement unanimes sur le désolant bilan du Parti conservateur du Canada, qui a privé les Canadiens de la possibilité d'avoir une loi pour rendre le pays plus sûr. Les conservateurs avaient la possibilité d'agir en ce sens.
    Venons-en maintenant au projet de loi C‑22, qui est lui aussi issu du projet de loi C‑2. Il porte sur des problèmes comme l'extorsion et, encore une fois, les activités criminelles axées sur les enfants. Cette fois, le Parti conservateur a dit: « Jamais de la vie. Il n'en est pas question. C'est non. » Il ne veulent rien savoir. Même si les discussions avec les représentants d'organismes d'application de la loi partout au pays révèlent qu'ils sont extrêmement favorables au projet de loi C‑22, le Parti conservateur, lui, ne veut absolument pas appuyer, de quelque façon que ce soit, une mesure législative qui porte sur l'accès légal.
(2250)
    D'un côté, ils agissent parfois comme des pois sauteurs lorsqu'il est question d'extorsion. Ils aiment en discuter, mais dès que nous présentons un projet de loi pour y remédier, ils se livrent de nouveau à de l'obstruction. Grand bien leur fasse. Ils veulent faire de la diffamation. C'est leur principale préoccupation. Le gouvernement et le premier ministre vont se concentrer sur la mise en œuvre de politiques publiques solides au moyen de mesures législatives et budgétaires. Nous allons constater que, qu'il s'agisse de projets de loi ou du budget, cela ne fait que refléter les résultats des dernières élections et ce que les Canadiens disent vouloir aux députés libéraux.
    Monsieur le Président, les libéraux nous ont donné toute une représentation de théâtre visant à nous mener en bateau, mais j'ai quelques faits à présenter.
    Daniel Senecal a été libéré sous caution à Welland pour un crime horrible parce que ce député a voté pour le projet de loi C‑75. La plupart de ces députés ont voté comme lui. Voilà le résultat bien réel de la mauvaise politique libérale qu'ils ont approuvée en votant pour les projets de loi C‑75 et C‑5. Maintenant, il va nous parler et nous mener en bateau.
    Voici un autre fait: tous les députés d'en face ont voté contre le projet de loi C‑381, qui aurait rétabli les peines minimales obligatoires pour l'extorsion; le projet de loi C‑220, qui aurait empêché les juges d'utiliser le statut d'immigrant pour réduire les peines; et le projet de loi C‑246. Ils ont voté contre tout cela il y a quelques mois à peine. C'est une magnifique représentation où l'on nous mène en bateau...
     Le député de Winnipeg‑Nord a la parole.
    Pourquoi...
     Une voix: Vous n'avez plus la parole.
     Ned Kuruc: Vous devriez avoir honte...
     Des voix: Oh, oh!
    À l'ordre. Lorsque la présidence est debout, personne d'autre ne devrait prendre la parole.
    Le député peut répondre.
    Monsieur le Président, je pense que le député d'en face est relativement nouveau à la Chambre des communes, mais il n'est pas le seul. Plus de 70 libéraux ont également été élus lors des dernières élections. Les Canadiens ont pris cette décision — et je dirais que c'était une bonne décision — après avoir comparé les chefs de tous les partis politiques et élu un nouveau premier ministre.
    Le nouveau premier ministre et le nouveau gouvernement ont présenté des projets de loi importants. Les conservateurs doivent arrêter de se référer aux gouvernements précédents et se concentrer sur le gouvernement actuel et sur les mesures qui sont prises pour rendre nos collectivités plus sûres. Ils doivent assumer la responsabilité non seulement de leurs votes antérieurs, mais aussi de leur comportement à la Chambre. C'est le Parti conservateur qui prive les Canadiens de collectivités plus sûres en raison de ses attitudes, de ses manœuvres d'obstruction et de ses petits jeux à la Chambre des communes.
(2255)

[Français]

    Monsieur le Président, je vais essayer de ramener un peu de calme, parce que j'ai honte en ce moment. Je revis malheureusement un épisode que j'ai vu au Comité permanent de la condition féminine où, au lieu d'écouter les victimes, mes collègues libérales et mes collègues conservatrices s'engueulaient. Les victimes sont parties en pleurant et je revis ce même moment-là. Les députés des deux côtés peuvent rire de ce sujet et s'engueuler, mais la question du projet de loiC‑16 est trop importante pour les victimes pour qu'on observe ce que je vois en ce moment. J'ai vraiment honte au nom des victimes et des survivantes.
    Je vais revenir un peu sur un élément. Pendant l'étude du projet de loi C‑16, les conservateurs ont fait de l'obstruction, alors que le Bloc québécois essayait d'être constructif et de proposer des amendements. Par exemple, pour essayer de corriger une erreur dans ce projet de loi, nous avons consulté des experts juridiques. Le Bloc québécois a voulu inclure des dispositions concernant un test objectif. Ces dispositions auraient permis au juge de tenir compte de l'ensemble du contexte, des antécédents, des comportements coercitifs, des menaces envers les proches et les animaux. C'est ce que fait l'infraction elle-même. Or, malgré la logique de ces interventions, les libéraux ont voté contre.
    Je nous invite à revenir à un ton beaucoup plus calme, parce que, sérieusement, ce que nous vivons en ce moment autour du projet de loi C‑16 ne sert aucunement l'intérêt public. Rappelons que le projet de loi C‑16 vise à trouver des solutions concrètes pour qu'il n'y en ait pas une de plus.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je peux dire à la députée du Bloc que ce qui motive le gouvernement du Canada — et je dirais même tous les membres du caucus libéral —, c'est en fait la question des victimes et la manière dont nous pouvons les aider et les soutenir. C'est ce que prévoit le projet de loi C‑16, et je peux en donner quelques exemples. Il s'agit également d'apporter un sentiment de sécurité aux collectivités que nous représentons. Voilà ce qui nous motive.
    Plus précisément, pour ne citer que quelques exemples, ce projet de loi permettrait de fournir de l'information aux victimes de manière proactive, sans qu'elles aient à en faire la demande officielle, et élargirait l'accès aux mesures visant à faciliter le témoignage des victimes d'actes de violence et d'infractions de violence contre un partenaire intime. Le projet de loi C‑16 prévoit un certain nombre de mesures que nous avons mises en place parce que nous sommes conscients des difficultés auxquelles les victimes doivent faire face et qui s'étendent souvent sur des années.
    Monsieur le Président, j'ai écouté avec beaucoup d'intérêt le discours de mon collègue. J'ai travaillé comme avocate spécialisée en droit de la famille et j'ai aidé des femmes qui fuyaient la violence familiale.
    Cependant, l'une des choses que j'ai remarquées, qui a été très difficile à gérer, c'est la quantité de fausses informations dont les électeurs me parlent au sujet du projet de loi C‑16 à cause de ce que nos collègues conservateurs publient sur leurs réseaux sociaux. D'ailleurs, ce soir même, un de mes concitoyens m'a envoyé un courriel pour me poser des questions sur une vidéo qui a été publiée par l'ancienne députée conservatrice de Peterborough — Dieu merci, elle n'est plus députée —, et dans laquelle on racontait toutes sortes d'absurdités au sujet du projet de loi C‑16.
    Selon mon collègue, comment cette manipulation de l'information par les conservateurs influence-t-elle la compréhension qu'ont ses concitoyens du projet de loi C‑16?
    Monsieur le Président, j'ai parlé de la façon dont les membres de l'opposition officielle diffusent de la mésinformation à outrance, que ce soit ici à la Chambre des communes, dans les médias sociaux ou dans les courriels qu'ils envoient. Ils le font littéralement tout le temps. Par exemple, en ce qui concerne les peines minimales obligatoires que nous rétablirions dans des circonstances exceptionnelles, les conservateurs essaient d'induire les Canadiens en erreur sur ce que cela signifierait réellement.
    Au bout du compte, le projet de loi C‑16 rétablirait les peines minimales obligatoires. Il protégerait notamment nos enfants contre toutes les formes d'exploitation. Je vois ça comme une bonne chose, et il est aussi lamentable que déplorable de voir le Parti conservateur induire intentionnellement les Canadiens en erreur sur cette question.
    Monsieur le Président, il était intéressant d'entendre le député répondre à une de nos questions en prenant très clairement ses distances par rapport aux 10 années d'un gouvernement dont il faisait partie. Voici quelques faits sur ces 10 années: depuis 2015, la traite des personnes a augmenté de 84 %, les agressions sexuelles, de 76 %, et les crimes violents, de 55 %.
    Le député aimerait-il profiter de l'occasion pour exprimer ses regrets à l'égard du rôle qu'il a joué dans l'adoption des lois qui ont mené à ces résultats épouvantables?
(2300)
    Monsieur le Président, les conservateurs font souvent beaucoup de recherches pour tenter de justifier un comportement qui ne fait que dévaloriser le Canada, manquer de respect à celui-ci et dénigrer la direction que prend le pays.
    Je peux dire au député qu'il doit commencer à s'arrêter à ce qui s'est passé au cours des 13 à 14 derniers mois, depuis que les Canadiens ont pris la sage décision, à mon avis, d'élire un nouveau premier ministre et un nouveau gouvernement qui proposaient un programme complètement différent. Une partie de ce programme vise à rendre les collectivités que nous représentons plus sûres. J'aimerais que les députés du Parti conservateur du Canada, pour reprendre leurs mots, s'enlèvent du chemin pour permettre à ce projet de loi et à ces initiatives, de devenir loi afin que nos concitoyens soient plus en sécurité.
    Monsieur le Président, en 2018, le comité de la justice a étudié la question des comportements coercitifs et contrôlants. Depuis, nous cherchons à garantir la sécurité des femmes dans nos collectivités.
    J'aimerais savoir pourquoi le député pense que nous ne pouvons pas unir nos efforts en tant que parlementaires, en tant que Canadiens, en tant que dirigeants de notre pays, pour soutenir les femmes et veiller à ce que leur sécurité soit au cœur de nos préoccupations, tant au Parlement que dans nos collectivités.
    Monsieur le Président, je pense que le projet de loi C‑16 est un excellent texte législatif qui aurait très facilement pu faire l'objet d'un consensus pour reconnaître, par exemple, le contrôle coercitif comme une nouvelle infraction et pour faire passer le féminicide au rang de meurtre au premier degré dans certaines situations. Ce sont là des mesures très concrètes. Au bout du compte, j'aurais aimé que les députés de tous les partis reconnaissent la valeur de ce projet de loi. Nous n'avions pas besoin de chercher de faux prétextes pour justifier un comportement déplorable, ce dont nous avons été témoins de la part du Parti conservateur.
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Alors que mon collègue de Winnipeg‑Nord commençait son intervention, un député du caucus conservateur a crié: « Il n'a pas pris ses médicaments. » Les députés ne crieraient jamais: « Il n'a pas pris son insuline. » Il est contraire aux usages parlementaires de dénigrer les Canadiens aux prises avec des problèmes de santé mentale, et cela mérite des excuses.
    Je remercie la députée de Guelph de son recours au Règlement. Nous allons écouter l'enregistrement et nous ferons rapport à la Chambre au besoin.
     Nous reprenons le débat. La députée de Kitchener‑Centre a la parole.
    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député d'Hamilton-Est—Stoney Creek .
    Je prends la parole aujourd'hui au sujet du projet de loi C‑16, Loi visant à protéger les victimes. Le titre de ce projet de loi place la barre très haut. La protection des victimes est l'élément le plus important de tout système de justice. Les Canadiens s'attendent, à juste titre, à ce que le système soutienne les personnes qui ont subi des préjudices, protège les personnes vulnérables et tienne les délinquants responsables de leurs actes.
    Le projet de loi C‑16 tente de s'attaquer à un certain nombre de problèmes graves, notamment la violence entre partenaires intimes, l'exploitation sexuelle, la violence sexuelle, les droits des victimes et les délais du système de justice. Notre système de justice n'a pas toujours répondu à ces attentes. Trop souvent, les victimes ont l'impression d'être une considération secondaire. Trop souvent, les familles attendent que justice soit rendue. Trop souvent, les Canadiens se demandent si notre système de justice fait passer les droits des délinquants avant la sécurité des collectivités.
    De nombreux Canadiens l'ont constaté lors d'un cas récent à Kitchener, où un ancien neurologue a été acquitté de 48 chefs d'accusation d'agression sexuelle. Des dizaines de victimes ont eu le courage de se manifester et de raconter leur histoire, mais le système de justice ne les a pas écoutées et ne les a pas prises au sérieux. Nous pouvons convenir qu'il faut énormément de courage à une victime pour raconter ce qu'elle a vécu. Lorsqu'elles le font, il est important que nous les traitions avec dignité, que nous écoutions leurs préoccupations et que nous veillions à ce que leurs voix soient entendues. C'est pourquoi, lorsqu'une mesure législative comme celle-ci est présentée, nous devons la soumettre à des normes rigoureuses.
     Certaines dispositions du projet de loi constitueraient des avancées positives. L'un des changements les plus importants serait la création d'une nouvelle infraction interdisant les comportements coercitifs ou contrôlant à l'égard d'un partenaire intime. Beaucoup de gens pensent que la violence commence lorsqu’une personne est agressée physiquement, mais elle commence souvent bien avant cela. Elle commence par la manipulation, l’isolement et les menaces. Elle commence par le contrôle des allées et venues d’une personne, des personnes qu’elle fréquente, de celles avec qui elle passe son temps, de la façon dont elle dépense son argent ou de la manière dont elle mène sa vie quotidienne. Ces comportements érodent lentement l’indépendance d’une personne et la laissent avec le sentiment d’être piégée dans une situation dangereuse. Au moment où la violence physique survient, les signes avant-coureurs peuvent être présents depuis des mois, voire des années. Reconnaître ces signes avant-coureurs dans la loi est une étape importante. S'il est possible d'intervenir plus tôt, des vies peuvent être protégées et de futures violences peuvent être évitées.
     Une autre histoire qui s'est déroulée dans ma circonscription concerne une femme qui a été étranglée par son mari devant leur fille. Aujourd'hui, elle et sa fille vivent dans un refuge pour victimes de violence familiale, où elles tentent de reconstruire leur vie et de retrouver la sécurité. Cependant, bien qu'il ait plaidé coupable, l'homme responsable se trouve toujours au Canada en situation irrégulière. Lorsque les victimes et leurs familles se retrouvent dans de telles situations, elles en viennent à se poser une question simple: où est la justice?
    Voilà pourquoi l'adoption d'une mesure législative telle que le projet de loi C‑16 revêt une grande importance. Les victimes ont besoin de plus que de belles paroles. Elles doivent savoir que le système de justice les protégera, les soutiendra et obligera les contrevenants à rendre des comptes pour les préjudices qu'ils ont causés.
     Ce projet de loi comprend également des mesures visant à lutter contre l'exploitation des enfants, un aspect qui devrait faire l'unanimité au Parlement. Les technologies offrent des possibilités incroyables, mais elles s'accompagnent également de dangers bien réels. Tous les parents ici présents s'accorderont à dire que nous élevons nos enfants dans un monde très différent de celui dans lequel nous avons grandi. Les prédateurs peuvent très facilement entrer en contact avec les enfants par les réseaux sociaux, les téléphones, les ordinateurs et les plateformes de jeux vidéo. Le danger est bien réel. Il faut protéger nos enfants.
    Le projet de loi viserait également à actualiser les dispositions relatives aux images intimes et aux images à caractère sexuel modifiées numériquement. Qu'une image soit prise avec un appareil photo ou qu'elle soit générée par l'intelligence artificielle, les conséquences pour les victimes sont dévastatrices. Des réputations peuvent être ruinées. Des carrières peuvent être compromises. La santé mentale peut en pâtir, et les relations personnelles peuvent en être affectées. Les victimes méritent d'être protégées, quelle que soit la manière dont cette image a été créée.
    Pour de nombreuses victimes, se retrouver dans le système de justice peut s'avérer accablant alors qu'elles doivent déjà faire face au traumatisme qu'elles ont subi. Elles peuvent ne pas comprendre ce qu'il advient de leur affaire ni la façon dont les décisions sont prises. Elles peuvent se sentir perdues dans une procédure qui semble se concentrer sur tout le monde, sauf sur elles. Il faut que ça change. Les victimes méritent d'être informées et respectées, et elles méritent de savoir qu'elles comptent.
    Les conservateurs ont travaillé sur ce projet de loi de manière constructive. Nous avons appuyé les mesures visant à mieux protéger les victimes, à lutter contre le contrôle coercitif, à combattre l'exploitation des enfants et à renforcer les droits des victimes. Cependant, malgré ces mesures positives, le projet de loi comporte également un changement majeur en matière de détermination de la peine qui mérite notre attention. Le gouvernement affirme que ce changement vise à accorder plus de souplesse et de pouvoir discrétionnaire, mais les Canadiens méritent de comprendre ce qu'il impliquerait réellement. Le projet de loi permettrait à un juge de contourner toutes les peines minimales obligatoires prévues dans le Code criminel, à quelques exceptions près. Autrement dit, il rendrait les peines obligatoires facultatives, alors que ce qui est « obligatoire » n'est pas censé être « facultatif ».
(2305)
    Pourquoi est-ce important? C'est important parce que les peines minimales obligatoires sont là pour les crimes les plus graves. Elles reposent sur le principe selon lequel certains crimes sont si graves qu'il faut prévoir des conséquences minimales pour la personne déclarée coupable. Cela ne peut pas être qu'une suggestion. Si un crime est passible d'une peine minimale obligatoire, les Canadiens s'attendent à ce qu'on fasse preuve de cohérence et de responsabilité en toutes circonstances. Les victimes n'ont pas à se demander si la peine sera proportionnelle à la gravité du crime.
    Si les peines obligatoires devenaient facultatives, la confiance dans notre système de justice s'en trouverait encore affaiblie. C'est pourquoi la question mérite une attention sérieuse. Il y a déjà de la souplesse dans notre système de justice. Les policiers font preuve de discernement au moment de déterminer s'il y a lieu ou non de porter des accusations. Les procureurs de la Couronne exercent un pouvoir discrétionnaire lorsqu'ils déterminent comment gérer les dossiers. Chaque jour, les procureurs prennent des décisions sur les accusations à porter et sur la position à adopter devant le tribunal.
    Lorsque le Parlement a créé une peine minimale obligatoire, il l'a fait non pas par accident, mais parce que les Canadiens s'attendent à un certain niveau de responsabilité pour un crime grave. Les Canadiens ne sont peut-être pas tous d'accord sur le seuil à respecter, mais ils comprennent que ce seuil devrait être établi. Ce qu'ils ne comprennent pas, c'est pourquoi le Parlement établirait un seuil, puis un mécanisme pour y déroger.
    J'entends beaucoup de contrariété de la part des habitants de Kitchener‑Centre et, franchement, de gens de tout le pays, au sujet de ce qui semble être un écart croissant entre ce que dit le système de justice et ce qu'il fait réellement. Les gens entendent dire qu'un crime est passible d'une peine minimale obligatoire, mais ils découvrent ensuite que la peine pourrait ne pas être obligatoire. Ils entendent dire que les victimes sont la priorité, mais ils voient ensuite les victimes passer des années à tenter de s'y retrouver dans un système qui semble déroutant et accablant. Ils entendent dire que la sécurité publique est la considération première, mais ils lisent ensuite des histoires de récidivistes qui circulent en boucle dans le système de justice.
    Que ces perceptions soient justes ou non, elles sont réelles, et la confiance du public est importante. Notre système de justice repose sur la confiance. Il faut que les gens croient que les règles sont appliquées équitablement, que les crimes graves sont traités avec sérieux et que les victimes comptent, un point c'est tout. C'est particulièrement important quand il est question de crimes qui laissent des séquelles durables pour les victimes, les familles et des collectivités entières.
    Les conséquences de la violence ne s'arrêtent pas à la fin d'un procès. Les victimes en portent les séquelles pendant des années. Les enfants et les familles en portent les séquelles toute leur vie. Quiconque s'est déjà retrouvé face à une victime de violence sait que l'impact de la violence dépasse largement les murs des salles d'audience. La responsabilité est importante, mais pas parce qu'elle peut réparer le mal causé. C'est impossible. La responsabilité est importante parce qu'elle montre aux victimes que la société est consciente de la gravité de ce qui leur est arrivé. Elle leur montre que leur souffrance ne passe pas inaperçue.
    Les Canadiens sont de plus en plus inquiets de la sécurité publique. Les récidivistes font des allers-retours dans le système et les victimes ont du mal à obtenir justice. Pourquoi donc affaiblir une fois de plus les peines infligées aux contrevenants tandis que les victimes essayent de reconstruire leur vie? Pensons-y un peu. Tandis que les victimes demeurent traumatisées, le Parlement créerait une nouvelle voie permettant aux contrevenants d'échapper aux conséquences de leurs actes. Voilà qui ne correspond pas à l'idée que les Canadiens se font d'une loi « visant à protéger les victimes ».
    Les Canadiens veulent que les criminels soient tenus responsables de leurs actes. Ils veulent des conséquences. Ils veulent savoir que, si le Parlement déclare qu'une peine est obligatoire, cela signifie qu'elle est vraiment obligatoire. Nous voulons un système de justice qui protège les victimes tout en tenant les criminels responsables de leurs actes.
    Je tiens à ce que ma collectivité sache que je ne vote pas contre la protection des victimes de violence entre partenaires intimes. Je ne vote pas contre la protection des victimes d'exploitation d'enfants. Je ne vote pas contre les victimes de violence sexuelle. Je ne vote pas contre la protection des droits des victimes en ce qui concerne les retards du système de justice. Mon vote est contre le fait de rendre facultatives les peines minimales obligatoires. Il concerne donc l'article 63. Quand quelqu'un en viendra à prétendre que j'ai voté contre la protection des victimes, je souhaite que tout le monde se souvienne que j'ai voté pour que les victimes soient réellement protégées puisque j'ai voté pour que les peines minimales obligatoires soient maintenues et qu'il ne s'agisse pas d'une option.
(2310)
    Monsieur le Président, bien que la députée ait exprimé des émotions très sincères, je me demande pourquoi elle fait un amalgame entre les peines minimales obligatoires et ce que subissent les victimes de violence familiale et de violence entre partenaires intimes.
    En 2018, quand le comité de la justice a mené une étude sur la possibilité de faire du contrôle coercitif une infraction au Code criminel, le chef de police de la région de Peel était tout à fait en faveur de ce changement et a dit que nous en avions besoin. Aujourd'hui, les chefs de police appuient le projet de loi.
    Je ne comprends pas pourquoi les conservateurs bloquent un projet de loi qui sauverait des vies. Tous les deux jours, une femme est assassinée à cause de la violence entre partenaires intimes. Je ne comprends pas la justification que la députée utilise pour voter contre le projet de loi.
    Monsieur le Président, les interprétations partisanes ont déjà commencé. Je ne vote pas contre la protection des victimes de violence entre partenaires intimes. D'aucune façon. Ce que nous ne pouvons pas appuyer, c'est l'idée de rendre les peines minimales obligatoires facultatives afin que le juge puisse décider si l'auteur de l'infraction est passible d'une peine quelconque. Nous ne pouvons tout simplement pas appuyer cette mesure.
    Je dis ici aujourd'hui que je voterais en faveur des victimes de violence entre partenaires intimes. Nous avons travaillé fort avec le gouvernement pour veiller à ce que ces corrections soient apportées afin que les peines minimales obligatoires soient supprimées, mais le gouvernement a refusé de travailler avec nous dans ce dossier. C'est la vérité.
(2315)

[Français]

    Monsieur le Président, ce soir, on constate qu'il y a une ligne de parti. Je ressens ce que ma collègue désire. Il y a des répercussions à voter contre parce que c'est insuffisant et que la portée du projet de loi n'est pas assez forte.
    On peut faire une analyse et se dire qu'on pourra réévaluer le projet de loi.
    A-t-on fait des avancées?
    Si la réponse est oui, peut-on assurer la sécurité des victimes, en ce moment?
    Si la réponse est oui, ils devraient, de grâce, faire un vote libre.

[Traduction]

    Monsieur le Président, le projet de loi ne va pas dans la bonne direction, car il contient un élément, l'article 63, qui supprimerait les peines minimales obligatoires et qui rendrait leur utilisation facultative. Ce n'est pas un pas dans la bonne direction. Tous les autres éléments du projet de loi — 99 % du projet de loi — constituent un pas dans la bonne direction, mais ce 1 % constitue un pas en arrière, et c'est ce que nous ne pouvons pas appuyer.
    Monsieur le Président, plus tôt ce soir, le secrétaire parlementaire a affirmé que les conservateurs aiment jouer à de petits jeux. C'est tellement loin de la vérité. De son côté de la Chambre, il peut bien jouer au tic-tac-toe ou au Scrabble. C'est son affaire. Les conservateurs, eux, sont là pour les victimes d'actes criminels. Nous travaillons de longues heures pour la sécurité publique et pour le système de justice au nom des Canadiens. Comme je viens de le dire, le secrétaire parlementaire nous a accusés de jouer à des petits jeux.
    Pourquoi le gouvernement libéral supprimerait-il les peines minimales obligatoires, ce qui permettrait aux juges, au moment de déterminer la peine, de se servir du temps passé en détention ou d'imposer une peine d'une journée à un criminel reconnu coupable? Ce que je veux dire, c'est pourquoi le gouvernement libéral...
    Le député de Kitchener‑Centre a la parole.
    Monsieur le Président, on ne précise pas ce que devrait être la peine; je veux simplement parler de certaines des conséquences qui en découlent. À cause de la loi issue du projet de loi C‑5, un passeur de drogue en liberté sous caution qui attendait le prononcé de sa peine pour des infractions antérieures commises avec une arme à feu a été arrêté avec 55 grammes de cocaïne. Il a reçu une peine de seulement 12 mois, en partie à cause de son statut d'immigration. Selon le juge, ses crimes méritaient le double.
    Le juge de l'Ontario a réduit de moitié la peine du contrevenant, qui risquait fort probablement d'être expulsé parce qu'il purgeait déjà une peine d'emprisonnement de six ans au Canada pour trafic de fentanyl et pour des infractions liées aux armes à feu. Dans sa décision, le juge a écrit: « M. Rush n'est pas citoyen canadien et il est susceptible d'être expulsé en raison de ces infractions. Il s'agit d'une conséquence collatérale importante. » En effet. Il aurait dû en subir les conséquences et être expulsé.
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de partager son temps de parole avec moi.
    Avant de parler du projet de loi C‑16, je tiens à souligner que, la fin de semaine dernière, les formidables habitants d'Hamilton‑Est—Stoney Creek ont célébré le 213 e anniversaire de la bataille de Stoney Creek, l'une des victoires les plus marquantes de l'histoire du Canada. En juin 1813, une force déterminée, composée de soldats britanniques, de miliciens de la région et de loyaux colons, a combattu une armée américaine largement supérieure en nombre et elle a remporté l'affrontement, qui est considéré comme la bataille de Stalingrad de la guerre de 1812. Cette force a fait preuve d'un courage qui a contribué à renverser le cours des événements entourant la défense du Haut‑Canada et elle a montré que les habitants de ce pays ne se laisseraient pas intimider par un gros voisin.
    Plus de deux siècles plus tard, la bataille de Stoney Creek demeure un puissant rappel de l'esprit canadien: la résilience, l'indépendance et la détermination à défendre nos intérêts nationaux. Pendant que les Canadiens continuent à composer avec l'incertitude économique et les problèmes au-delà de nos frontières, les leçons de Stoney Creek demeurent plus pertinentes que jamais. Notre force a toujours découlé de notre unité, de notre persévérance et de notre confiance dans le Canada. Puissions-nous toujours honorer ceux qui ont défendu ce pays et continuer à bâtir un Canada libre, fier et souverain.
    Je prends moi aussi la parole aujourd'hui au sujet du projet de loi C‑16 et plus particulièrement contre l'article 63, c'est-à-dire le mécanisme de dérogation, qui constitue une grave lacune camouflée dans le libellé. D'abord, c'est un fait qu'après 11 ans de gouvernement libéral, les Canadiens sont moins en sécurité. Les crimes violents ont augmenté de 55 %, et les extorsions, de 330 % partout au Canada. Depuis 2015, la traite des personnes a augmenté de 84 %. Les agressions sexuelles ont augmenté de près de 76 %, et les Canadiens le constatent. Ils voient d'autres Canadiens qui ont peur et qui se sentent menacés. Ils constatent que la criminalité est de plus en plus courante. Ils voient des récidivistes arrêtés un jour et remis en liberté le lendemain. Dans un pays où on s'est déjà senti en sécurité, c'est complètement hors de l'ordinaire. Les Canadiens ont désespérément besoin de changement. Ils veulent se sentir de nouveau en sécurité.
    Après tout cela, quelle est la réponse des libéraux? Toujours la même rengaine. Le premier ministre veut faire croire aux Canadiens qu'il sévit contre la criminalité, mais le projet de loi C‑16 prouve le contraire. Les libéraux essaient de présenter cette mesure législative comme une façon de serrer la vis aux criminels alors qu'elle cache une échappatoire qui permettrait aux juges de contourner presque toutes les peines minimales obligatoires restantes dans le Code criminel.
    Le projet de loi C‑16 modifierait les principes généraux de détermination de la peine de sorte que les tribunaux imposeraient une peine inférieure à une peine minimale obligatoire si l'application de celle-ci constituait une peine cruelle et inusitée pour le contrevenant. Cette mesure s'appliquerait à toutes les peines minimales obligatoires qui figurent actuellement dans le Code criminel, les seules exceptions étant le meurtre et la haute trahison. En fait, cela signifie que les peines minimales obligatoires ne seraient plus obligatoires. Une peine d'emprisonnement serait toujours nécessaire, mais la durée de l'emprisonnement serait laissée à la discrétion du juge.
    Au cours des 11 dernières années, les libéraux ont progressivement affaibli les lois qui protègent les Canadiens contre les criminels en gardant ces derniers derrière les barreaux. Aujourd'hui, ils veulent que les juges ignorent bon nombre de celles qui subsistent. Dans un projet de loi intitulé Loi visant à protéger les victimes se cache une disposition visant à offrir aux criminels un passe-droit pour éviter la prison qui protégerait apparemment les victimes. Ce n'est pas ce que j'appelle sévir contre la criminalité. C'est faire preuve d'indulgence envers les criminels.
    Les libéraux ont voté contre les projets de loi conservateurs suivants qui auraient instauré des règles plus strictes en matière de mise en liberté sous caution et des peines plus sévères pour les délinquants violents et récidivistes. Le projet de loi C‑381 aurait rétabli les peines minimales obligatoires pour l'extorsion, mais les libéraux ont voté contre. Le projet de loi C‑220 aurait empêché les juges de tenir compte du statut d'immigrant pour réduire les peines, mais les libéraux ont voté contre. Le projet de loi C‑246 aurait contraint les criminels reconnus coupables de plusieurs infractions sexuelles à purger des peines consécutives, mais les libéraux ont voté contre.
    Les libéraux ont également affaibli les lois sur la mise en liberté sous caution au moyen du projet de loi C‑75. Les chefs de police, les premiers ministres provinciaux et les conservateurs les avaient mis en garde, mais les libéraux ont ignoré tout le monde. Le résultat a été le principe de la retenue, qui consiste à libérer les criminels dès que possible en les soumettant aux conditions les moins contraignantes possibles. C'est un système de justice où les délinquants sont remis en liberté sitôt arrêtés, et où les récidivistes violents défilent devant les tribunaux avant de réintégrer nos collectivités.
    En 2022, le projet de loi C‑5 des libéraux a aboli 14 peines minimales obligatoires, notamment pour la possession et la décharge d'armes et d'armes à feu. Ces lois libérales ont eu pour résultat direct que de nombreux contrebandiers d'armes à feu, trafiquants d'armes et criminels violents n'ont pas purgé de peine d'emprisonnement pour des crimes qui auraient dû les envoyer derrière les barreaux. À Hamilton-Est—Stoney Creek, la police a porté des accusations liées aux armes à feu à maintes reprises contre des personnes qui sont déjà en probation, qui sont soumises à des conditions de libération ou qui sont en probation pour possession d'armes à feu.
(2320)
    Les Canadiens se demandent pourquoi des personnes qui ont déjà démontré qu'elles ne tiendraient pas compte des ordonnances des tribunaux continuent d'avoir des démêlés avec la police pour de nouvelles accusations. Les Canadiens perdent confiance dans un système de justice qui semble plus axé sur l'idée de donner une autre chance aux contrevenants que sur le fait de donner une tranquillité d'esprit aux victimes. Lorsqu'une personne est arrêtée pour une infraction grave commise avec une arme à feu alors qu'elle fait déjà l'objet d'une ordonnance d'un tribunal, les Canadiens ne considèrent pas qu'il s'agit d'une erreur. Ils voient un système créé par les libéraux qui ne les protège pas. Chaque fois qu'un récidiviste violent est libéré pour commettre un autre crime, une autre famille, un autre propriétaire d'entreprise ou une autre collectivité en paie le prix. Les conséquences et la peur sont réelles, et la frustration des Canadiens est tout à fait justifiée.
    Il n'est pas surprenant que, sous le gouvernement libéral, la criminalité augmente à un rythme alarmant. Maintenant, les libéraux répètent la même erreur. Les Canadiens veulent se sentir en sécurité. Les criminels sont de plus en plus agressifs. Ils ciblent les entreprises et utilisent l'intimidation et la violence. La réponse des libéraux est un projet de loi qui pourrait permettre aux délinquants reconnus coupables d'extorsion avec une arme à feu prohibée de recevoir une peine inférieure à la peine minimale obligatoire actuelle. Cela n'a aucun sens. Si quelqu'un utilise une arme à feu pour terroriser un propriétaire d'entreprise, les Canadiens s'attendent à de graves conséquences et non à des passe-droits et à de la clémence. Ils ne s'attendent certainement pas à ce que le gouvernement libéral fasse en sorte qu'il soit plus facile pour les criminels d'éviter d'être punis. Cela n'a aucun sens.
    En tant qu'élus, nous avons le devoir de rendre nos collectivités et le Canada en général plus sûrs. Ce n'est pas facultatif. Les conservateurs croient que le système de justice doit défendre les victimes, et non les criminels, que les peines minimales obligatoires doivent être réellement obligatoires et que les membres du crime organisé, les récidivistes violents et les délinquants sexuels doivent rester derrière les barreaux, comme il se doit, et non être traités comme s'ils avaient droit à un nombre infini de deuxièmes chances. C'est pourquoi les conservateurs demandent au gouvernement de corriger ce projet de loi.
    Les libéraux essaient de permettre aux juges de ne pas appliquer les peines obligatoires pour les infractions suivantes: les agressions sexuelles graves commises avec une arme à feu, la traite des personnes, de multiples infractions violentes commises avec une arme à feu, l'extorsion avec une arme à feu, le trafic d'armes et les fusillades au volant commises avec une arme à feu prohibée ou à autorisation restreinte. Ce n'est pas pour rien que le Parlement a fixé des peines minimales obligatoires pour ces crimes odieux. Si les libéraux permettent aux juges de ne pas appliquer les peines minimales obligatoires, celles-ci n'auront plus rien d'obligatoire, un point c'est tout. Les mesures obligatoires ne sont pas facultatives, et c'est pour cette idée que les conservateurs se battent.
    Nous nous réjouissons des changements positifs apportés au projet de loi. L'interdiction des hypertrucages mettant en scène des partenaires intimes et l'instauration de la déclaration obligatoire du matériel d'abus pédosexuels aideraient les Canadiens et assureraient la sécurité de nos enfants. Malgré ces changements, le projet de loi C‑16 ne parvient toujours pas à renverser la dangereuse politique laxiste en matière de criminalité que les libéraux ont passé les 11 dernières années à mettre en œuvre. Trente des amendements proposés par les conservateurs qui visaient à renforcer ou à rétablir les peines minimales obligatoires pour les crimes violents et graves ainsi que pour les récidivistes violents ont été rejetés ou jugés hors du champ d'application. Ces amendements auraient rendu nos rues plus sûres en éliminant le mécanisme de dérogation pour les crimes comme l'extorsion, les voies de fait graves et les infractions sexuelles contre des enfants, et ils auraient veillé à ce que les criminels qui commettent ces actes odieux restent derrière les barreaux, comme il se doit.
    Le mécanisme de dérogation serait une disposition dangereuse à inclure dans ce projet de loi par ailleurs positif. Il s'agit là d'un autre exemple de demi-mesures libérales. Nous sommes parvenus au stade actuel avec un bon projet de loi qui protégerait les Canadiens contre les crimes graves, mais le maintien du mécanisme de dérogation irait complètement à l'encontre des principes visant à assurer la sécurité des victimes. Les libéraux devraient simplement retirer cette disposition afin que le Parlement puisse s'atteler à l'amélioration de ce projet de loi en vue d'assurer la sécurité des victimes.
(2325)
    Monsieur le Président, le député a parlé avec beaucoup de passion du sujet sur lequel porte ce projet de loi, mais je ne peux m'empêcher de penser qu'un peu plus tôt ce soir, les conservateurs ont présenté une motion visant l'ajournement de la Chambre, en vue de mettre fin à ce débat. Il n'aurait alors pas eu l'occasion de s'exprimer sur le projet de loi comme il vient de le faire.
    En fait, alors que tous les libéraux ont voté sur cette motion d'ajournement, 18 conservateurs ne l'ont pas fait, y compris le chef de l'opposition. Ils n'ont même pas voté sur la motion qu'ils avaient eux-mêmes présentée. Les conservateurs auraient eu tout le temps de planifier cela. Ils auraient pu s'y préparer depuis midi aujourd'hui, en prévision de ce moment. Ils auraient pu dire à tous leurs collègues: « À cette heure précise, nous allons jouer ce coup. Assurez-vous de voter. » Or, ils ne l'ont pas fait. Cela montre bien qu'il ne s'agit que d'un jeu pour eux.
    Pourquoi font-ils cela? Pourquoi le député a-t-il voté en faveur de cette motion d'ajournement?
    Monsieur le Président, je trouve très préoccupant de prendre la parole au sujet d'un projet de loi qui vise à assurer la sécurité des Canadiens, un projet de loi que je trouve très positif en un sens, mais qui contient un mécanisme de dérogation qui permettrait aux juges de ne pas imposer de peines minimales obligatoires, et le député ne veut même pas en parler. Il veut simplement esquiver la question. Soyons sérieux un instant. Les Canadiens veulent que le pays soit plus sûr. Plus vite les libéraux s'en rendront compte, travailleront avec nous et examineront nos amendements, plus vite nous pourrons assurer la sécurité des Canadiens.
    Monsieur le Président, je suis heureux d'avoir l'occasion de prendre la parole au sujet de ce projet de loi. Avant de commencer, je tiens à saluer Laurel Collins, l'ancienne députée de Victoria, qui, comme vous vous en souviendrez peut-être, a été une championne de la lutte contre la violence fondée sur le sexe et qui a préparé le terrain pour le débat d'aujourd'hui.
    Si le projet de loi C‑16 cherche à protéger les femmes et les enfants, il faut bien faire les choses. Nous devons écouter les experts. Nombre d'entre eux, dont des organisations de femmes, des groupes de survivants et des avocats, ont réclamé à maintes reprises qu'on investisse davantage dans les programmes de prévention, de logement, de sécurité du revenu et de protection contre la violence. Toutefois, les libéraux et les conservateurs votent systématiquement contre les amendements que nous proposons, en particulier celui de la députée de Winnipeg-Centre.
    Mon collègue pourrait peut-être expliquer pourquoi les conservateurs ont voté contre ces amendements au lieu de s'efforcer d'endiguer la violence avant qu'elle ne commence, car c'est un aspect crucial du problème.
(2330)
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question, mais je tiens à être clair. Les conservateurs veulent des peines minimales obligatoires pour les crimes odieux. Nous ne voulons pas qu'on offre un passe-droit pour éviter la prison aux criminels qui attaquent des femmes et des enfants. Nous sommes sévères à l'endroit des criminels.
    C'est ce en quoi je crois. C'est pourquoi j'ai été élu. C'est pourquoi je voulais devenir politicien. Je voulais changer les choses. Je tiens également à ce que, lorsque les criminels comparaissent devant les tribunaux, on leur impose une peine minimale obligatoire pour avoir commis des abus sexuels envers des enfants ou des actes de violence contre des femmes. Nous ne devrions pas avoir une disposition qui permettrait au juge de voir les choses autrement. C'est ce que veulent les conservateurs, et si les libéraux pouvaient simplement travailler avec nous dans ce dossier, ce serait un bon projet de loi.

[Français]

     Monsieur le Président, si je me fie à ce que j'ai entendu ce soir, au cours de ce débat, je ne sais pas si mon collègue conservateur a consulté ses collègues. Moi, il y a deux choses que je retiens des témoignages que nous avons reçus lors des dernières études au Comité permanent de la condition féminine sur cette question des violences envers les femmes.
    La première chose, c'est que les victimes disaient que le projet de loi C‑16 était un pas qu'il fallait franchir. On nous disait qu'il fallait agir, donner plus de mordant au Code criminel. Tout à l'heure, j'ai entendu dire que nous étions d'accord à 99 %. Une fois que nous sommes rendus là, le 1 % qui reste peut se corriger, se travailler de façon non partisane. L'autre chose, bien entendu, c'est que ce projet de loi ne règle pas tout. Je le reconnais, le Bloc québécois le reconnaît aussi et je l'ai dit à la ministre. Nous allons revenir avec les amendements que nous avions proposés.
    Pourquoi ne pas avoir cette approche qui consiste à dire que nous adoptons ce projet de loi et que nous travaillerons ensuite pour proposer d'autres mesures? Nous pourrons aussi travailler sur l'ensemble de l'écosystème, c'est-à-dire aider les groupes, travailler sur la question du logement, continuer à travailler sur le Code criminel. Bref, il faut voir ça vraiment comme un continuum de services.

[Traduction]

    Monsieur le Président, le fait est que nous pouvons tous venir à la Chambre, parler de cela et avoir la conscience tranquille, mais si nous ne resserrons pas les règles en ce qui concerne les peines minimales obligatoires, tout cela ne servira à rien. Voilà la vérité. Si nous laissons une échappatoire permettant à un juge de libérer des criminels, comme l'a fait la Cour suprême dans une affaire de matériel à caractère pédopornographique ou de pornographie juvénile, c'est complètement inutile. Il faut des peines minimales obligatoires, un point c'est tout. C'est ce que préconisent les conservateurs.
    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec ma collègue de South Shore—St. Margarets.
    Je suis heureuse de prendre la parole aujourd'hui au nom de mes concitoyens de la circonscription de Peterborough pour débattre du projet de loi C‑16, Loi visant à protéger les victimes. J'aimerais replacer cette mesure législative dans le contexte des efforts plus vastes du Canada pour lutter contre la violence fondée sur le sexe et la prévenir.
    La violence fondée sur le sexe est une réalité persistante et mesurable qui touche les femmes, les filles et les personnes de diverses identités de genre partout au pays. En 2024, 187 femmes et personnes de diverses identités de genre ont été violemment assassinées au Canada, soit une aux deux jours. Les femmes sont beaucoup plus susceptibles que les hommes d'être victimes de formes graves de violence entre partenaires intimes, de violence sexuelle et de harcèlement criminel. En 2024, un partenaire intime était impliqué dans plus du quart de tous les crimes violents.
    Il ne s'agit pas d'incidents isolés, et notre système de justice a du mal à punir efficacement ces crimes en raison de la complexité de la violence fondée sur le sexe et des modèles de comportement qui constituent souvent de la maltraitance. Le taux de violence entre partenaires intimes, l'une des formes les plus répandues de violence fondée sur le sexe subie par les femmes et les filles, est plus de trois fois et demie plus élevé que chez les hommes et les garçons. Les femmes autochtones, les femmes handicapées et les jeunes femmes sont encore plus à risque.
     Le gouvernement du Canada a reconnu que la lutte contre la violence fondée sur le sexe exigeait une réponse globale et coordonnée. En 2017, le gouvernement fédéral a publié une stratégie fédérale de lutte contre la violence fondée sur le sexe et il a depuis investi plus de 800 millions de dollars par année pour coordonner les mesures fédérales autour de trois axes: la prévention de la violence fondée sur le sexe, le soutien aux victimes et à leur famille et la promotion d'un système de justice adapté.
     Depuis 2022, le gouvernement fédéral s'est engagé dans un plan d'action national visant à mettre fin à la violence fondée sur le sexe, un cadre décennal qui a pour objectif d'éradiquer la violence fondée sur le sexe au Canada en soutenant les victimes et les survivants d'actes criminels ainsi que leur famille et en améliorant leur expérience au sein du système de justice pénale. Des efforts considérables ont été déployés à cet égard. Par exemple, la Stratégie fédérale d'aide aux victimes vise à donner aux victimes une voix plus efficace au sein du système de justice pénale et à améliorer leur accès à la justice. Grâce au Fonds d'aide aux victimes, qui fait partie de la Stratégie fédérale d'aide aux victimes, des ressources sont mises à la disposition des provinces et des territoires pour la mise en œuvre de la Charte canadienne des droits des victimes, notamment pour l'élaboration de matériel d'éducation et d'information juridiques à l'intention du public, ainsi que pour la formation des professionnels de la justice pénale sur cette mesure législative.
    Des efforts considérables ont également été déployés pour renforcer la réponse du système de justice pénale à la violence fondée sur le sexe. Le Code criminel du Canada prévoit une réponse globale à toutes les formes de violence, d'exploitation et des mauvais traitements à l'égard de toute personne au Canada. Au cours des dernières années, les modifications législatives apportées par l'ancien projet de loi C‑51 et le projet de loi C‑75 ont clarifié et renforcé les lois sur les agressions sexuelles ainsi que la réponse du système de justice pénale à la violence entre partenaires intimes, et l'ancien projet de loi C‑233 a imposé des conditions plus strictes aux personnes accusées d'une infraction liée à la violence entre partenaires intimes. De plus, l'ancien projet de loi S‑205, entré en vigueur en avril dernier, a créé un nouvel engagement de ne pas troubler l'ordre public spécialement conçu pour offrir une meilleure protection aux victimes de violence entre partenaires intimes et à leurs enfants, notamment en permettant l'imposition de conditions au défendeur telles que la surveillance électronique. Tous ces efforts reflètent une prise de conscience quant à la nécessité de combiner prévention, protection, responsabilisation et soutien aux survivants.
    Aujourd'hui, le projet de loi C‑16 fait partie intégrante de ce continuum. Il renforce le Code criminel en tenant directement compte de ce que les survivants, les défenseurs des droits et les professionnels de première ligne nous disent depuis longtemps sur la manière dont se manifeste réellement la violence fondée sur le sexe. Le projet de loi C‑16 crée une nouvelle infraction qui criminalise les schémas de comportement contrôlant ou coercitif à l'égard d'un partenaire intime. Il tient ainsi compte du fait que les mauvais traitements sont infligés sur une longue période. Il aligne la loi sur la réalité vécue par les survivants et permet une intervention plus précoce, avant que les comportements contrôlants ou coercitifs ne se transforment en sévices physiques graves ou en décès. Il favorise également des interventions plus pertinentes de la part de la police et du ministère public en exigeant une évaluation contextualisée des rapports de force et de l'exploitation.
     Le projet de loi C‑16 s'attaque également à la manifestation la plus extrême de violence fondée sur le genre: le meurtre de femmes simplement parce qu'elles sont des femmes. En nommant et en reconnaissant explicitement le féminicide dans le Code criminel, le projet de loi reconnaît que les femmes et les filles sont victimes d'un nombre disproportionné de meurtres dans certains contextes spécifiques, notamment la violence entre partenaires intimes, la violence sexuelle, l'exploitation et les agressions motivées par la haine. Il est important de nommer le féminicide. Cela rend visible une réalité qui est trop souvent occultée et affirme que ces meurtres ne sont pas des tragédies aléatoires, mais des défaillances systémiques qui exigent une reddition de comptes.
     Le projet de loi garantirait que les meurtres commis dans de telles circonstances soient considérés comme des meurtres au premier degré. Il imposerait également aux juges, lorsqu'ils déterminent la peine pour un homicide involontaire dans le même contexte, d'envisager des peines équivalentes à celles prévues pour un meurtre au deuxième degré, notamment l'emprisonnement à perpétuité et une période d'inadmissibilité à la libération conditionnelle de 10 à 25 ans.
    Surtout, le projet de loi C‑16 reconnaît également que la violence fondée sur le sexe se produit de plus en plus par le truchement de la technologie. La montée des hypertrucages sexuellement explicites, de la sextorsion et du harcèlement en ligne a ouvert de nouvelles voies à la violence, en ciblant particulièrement les femmes et les filles. Ces formes de violence peuvent détruire des réputations, des moyens de subsistance et la santé mentale, et elles réduisent souvent les victimes au silence par la honte et la peur.
(2335)
    Le projet de loi comblerait ces lacunes en précisant que la distribution non consensuelle d'images intimes comprend les hypertrucages réalistes, en criminalisant les menaces de distribution de tels documents et en alourdissant les peines pour ces infractions. Ces mesures s'ajouteraient aux initiatives existantes du gouvernement du Canada visant à lutter contre les préjudices en ligne et à protéger la sécurité numérique, en particulier pour les jeunes.
    Le projet de loi moderniserait également l'infraction de harcèlement criminel. Les données montrent que le harcèlement criminel et le harcèlement sont courants avant les actes de violence grave. Pourtant, l'exigence actuelle de prouver la peur subjective d'une victime a rendu l'intervention précoce difficile.
    De plus, le projet de loi C‑16 propose des réformes à la Charte canadienne des droits des victimes afin de mieux protéger les victimes et d'élargir l'accès aux moyens destinés à faciliter les témoignages pour les adultes victimes de violence entre partenaires intimes, d'infractions sexuelles et de harcèlement criminel, des infractions qui touchent de manière disproportionnée les femmes et les filles. Ces mesures amélioreraient les résultats du système de justice pour les victimes en reconnaissant que les systèmes judiciaires peuvent être traumatisants à nouveau et que soutenir une participation significative est essentiel à la justice. Le projet de loi s'appuierait également sur les récentes réformes des engagements de ne pas troubler l'ordre public et du contrôle des armes à feu, ce qui montre clairement que l'accès aux armes à feu augmente considérablement le risque de violence mortelle entre partenaires intimes. En renforçant les outils de prévention et en comblant les lacunes en matière d'application de la loi, le projet de loi C‑16 appuierait l'engagement général du gouvernement du Canada d'assurer la sécurité des victimes et des collectivités.
    Le projet de loi C‑16 est une étape nécessaire de la lutte contre la violence fondée sur le sexe que le Canada s'est engagé à livrer avec sérieux, clarté et détermination. Cela met en lumière une dure réalité: la violence est rarement un acte isolé, mais s'inscrit souvent dans un schéma récurrent; les technologies ont donné naissance à de nouveaux moyens de maltraitance. Trop de femmes et de filles continuent de perdre la vie dans des circonstances qui auraient pu être évitées. En érigeant en infraction pénale le contrôle coercitif, en reconnaissant le féminicide, en renforçant les mesures de protection contre la violence en ligne et la violence conjugale, et en réduisant les obstacles rencontrés par les victimes et les survivants d'actes criminels au sein du système pénal, ce projet de loi permettrait de rendre notre législation conforme à la réalité vécue et aux données factuelles.
    Pour ces raisons, j'exhorte tous les députés à appuyer le projet de loi C‑16. La lutte contre la violence fondée sur le sexe n'est pas une option. La protection des victimes est non négociable, et la justice doit être rendue avant que d'autres vies humaines ne soient perdues.
(2340)
    Monsieur le Président, j'ai bien aimé ce discours et tout ce que la députée a dit au sujet de la violence faite aux femmes. Je suis une femme et je m'adresse à une femme, alors j'aimerais comprendre deux ou trois choses au sujet du mot « obligatoire ». Les libéraux essaient de permettre aux juges de ne pas tenir compte des peines obligatoires dans le cas des agressions sexuelles graves commises avec une arme à feu, dont les victimes sont principalement des femmes. Il en est de même pour la traite des personnes, dont les victimes sont principalement des femmes, et pour de nombreuses infractions liées aux armes à feu.
    Comme je suis une enseignante, j'ai eu le réflexe de chercher la définition du mot « obligatoire », qui signifie très clairement que quelque chose est exigé ou ordonné par une loi, un règlement ou une autorité. Puisque les juges sont autorisés à ne pas tenir compte de ce qu'on appelle les peines obligatoires, et que ce projet de loi prétend renforcer les peines minimales obligatoires, la députée peut-elle me dire ce que le mot « obligatoire » signifie pour elle?
    Monsieur le Président, je crois qu'il est très important, lorsque nous parlons de ces projets de loi, que nous fassions bien attention aux mots que nous utilisons et à ce que nous publions en ligne. Ce projet de loi rétablira 15 peines minimales obligatoires. Il est également très important que les juges aient un pouvoir discrétionnaire. Il y a une raison pour laquelle ils sont choisis; ils sont choisis parce qu'ils sont brillants et bienveillants. L'opposition doit comprendre que la mésinformation que vous répandez ne fait rien pour aider les victimes partout au Canada.
    Je rappelle à la députée qu'elle doit s'adresser à la présidence.
    Nous poursuivons les questions et observations. La secrétaire d'État aux Aînés a la parole.
    Monsieur le Président, nous savons que 76 % des causes portées en appel concernant les peines minimales obligatoires de l'époque Harper ont été gagnées. Nous savons aussi que les conservateurs affirment qu'ils n'appuieront pas ce projet de loi si on n'y ajoute pas d'autres peines minimales obligatoires, mais la validité constitutionnelle de celles-ci a été contestée à 217 reprises depuis 2021. Alors que les tribunaux invalident les peines minimales obligatoires, pourquoi les conservateurs veulent-ils que le gouvernement ajoute des dispositions qui vont affaiblir la mesure législative, rendre son invalidation plus probable, faire perdre le temps aux tribunaux et gaspiller de l'argent en raison de dispositions inconstitutionnelles? Selon vous, quelle est la vraie raison pour laquelle ils...
    Je rappelle à la secrétaire d'État aux Aînés qu'elle doit adresser ses questions à la présidence.
    La députée de Peterborough a la parole.
    Monsieur le Président, ma collègue a très bien décrit ce qui se passe vraiment ici. J'aimerais prendre un instant pour parler, en tant que survivante de violence familiale, de l'importance cruciale de ce projet de loi.
    Il est difficile de trouver les mots pour exprimer à quel point il est difficile de tenter de s'y retrouver dans un système de justice après avoir été victime d'un acte criminel. Le projet de loi remédierait à ce problème. Il s'attaquerait au contrôle coercitif, ce qui est extrêmement important. Il est très difficile de comprendre ce que vivent les victimes de violence contre un partenaire intime et ce qu'elles endurent pendant des années. Le projet de loi remédierait à ce problème.
    J'aimerais que les conservateurs comprennent, qu'ils arrêtent de mettre des bâtons dans les roues, comme ils le disent, qu'ils appuient ce projet de loi pour les victimes et qu'ils montrent aux survivants que nous sommes à l'écoute.

[Français]

    Monsieur le Président, nous débattons ce soir du projet de loi C‑16, qui a été déposé à la fin de l'année dernière. Cependant, ce qui m'impressionne toujours, ce sont les délais.
    Ça faisait des mois, voire des années, que le Comité permanent de la condition féminine demandait des avancées sur différents aspects: les délais judiciaires, la criminalisation du contrôle coercitif et, comme le demandaient également le Bloc québécois et d'autres intervenants, la question des images intimes générées par l'intelligence artificielle, les hypertrucages. Tout cela faisait des semaines, des mois, des années que c'était demandé.
     Ça a pris une conférence de presse du Comité permanent de la condition féminine où nous avons fait preuve de non-partisanerie, où les députés provenant de toutes les formations politiques qui sont membres de ce comité ont demandé au gouvernement d'agir pour criminaliser le contrôle coercitif, pour prendre des mesures contre les violences faites aux femmes.
    C'est un premier pas important, mais pourquoi cela n'a-t-il pas été fait avant?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je pense que nous pouvons tous les deux convenir que ce projet de loi répond aux préoccupations exprimées et qu'il le fait de manière très réfléchie, à la suite de consultations avec les survivants et les groupes qui travaillent avec les survivants et les victimes. Bien que je sois d'accord avec la députée pour dire que cela aurait dû être fait il y a longtemps, nous pouvons le faire maintenant. Or, les conservateurs nous empêchent de faire adopter le projet de loi. Nous pouvons prévenir des décès et des crimes.
(2345)
    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour appuyer fermement le projet de loi C‑16, Loi visant à protéger les victimes. Ce projet de loi représente l'une des mises à jour les plus importantes du système de justice pénale du Canada depuis des générations. Il témoigne d'une compréhension claire du fait que nos lois doivent évoluer pour répondre aux réalités auxquelles les Canadiens sont confrontés aujourd'hui, réalités qui comprennent l'augmentation des cas de violence entre partenaires intimes, d'exploitation en ligne, de contrôle coercitif et de violence faite aux femmes, sans oublier les préoccupations croissantes concernant la confiance du public dans le système de justice.
    Au fond, le projet de loi C‑16 porte avant tout sur la protection. Il s'agit de protéger les femmes, les enfants et les survivants, et de veiller à ce que les victimes soient traitées avec dignité, compassion et équité tout au long du processus judiciaire.
    Partout au Canada, et certainement dans ma province, la Nouvelle‑Écosse, la crise liée à la violence faite aux femmes et à la violence entre partenaires intimes s'accentue. Des femmes continuent d'être maltraitées, contrôlées, terrorisées et, trop souvent, tuées par leur partenaire intime. En 2024, 187 femmes ont été tuées violemment au Canada. C'est près d'une femme tous les deux jours. Il ne s'agit pas d'incidents isolés.
    Ces tragédies se produisent dans les grandes villes, les quartiers urbains et les collectivités rurales, comme ma circonscription, South Shore—St. Margarets. Nous ne connaissons que trop bien ces réalités. Bien que nos concitoyens soient forts, compatissants et profondément soudés, les collectivités rurales comme la mienne se heurtent également à des obstacles particuliers lorsqu’il s’agit d’échapper à la violence et d’obtenir de l’aide. Les survivants peuvent vivre loin des refuges ou des services de counseling. Les moyens de transport peuvent être limités. L'accès à une aide juridique peut nécessiter des heures de trajet. Dans les petites collectivités, l'anonymat peut être difficile, et de nombreuses victimes craignent de ne pas être crues ou de subir des représailles si elles se manifestent.
    J'ai eu des conversations avec le personnel d'organismes de première ligne de ma circonscription, des militants, des survivants et des fournisseurs de services partout dans South Shore—St. Margarets. Nous avons été très clairs sur un point: nos systèmes doivent en faire plus pour protéger les victimes avant l'escalade de la violence. C'est exactement ce que vise le projet de loi C‑16.
    L'un des aspects les plus importants de ce projet de loi est la reconnaissance des comportements coercitifs et contrôlants. Depuis des années, les survivants et les militants nous disent que la violence n'est pas toujours physique. Elle peut être émotive. La maltraitance peut être psychologique. Elle peut être financière ou facilitée par la technologie. Elle peut prendre la forme d'intimidation, de surveillance, d'isolement, de menaces, d'humiliation, de manipulation et de peur. Nous savons que le contrôle coercitif est l'un des meilleurs indicateurs de la violence meurtrière.
     Le projet de loi C‑16 créerait une nouvelle infraction au Code criminel interdisant les comportements coercitifs ou contrôlant à l'égard d'un partenaire intime. Cela permettrait d'intervenir avant que la violence ne devienne mortelle. Le mot « avant » est ici essentiel, car trop souvent, le système judiciaire n'intervient qu'après qu'une personne a déjà subi un préjudice grave.
    Des organismes dans South Shore—St. Margarets connaissent parfaitement ces réalités. L'institut Be the Peace, situé dans ma circonscription, a accompli un travail remarquable en aidant les jeunes et les communautés à nouer des relations plus saines et à prévenir les cycles de violence avant même qu’ils ne s’installent. Le centre pour femmes Second Story, dont j’ai été directrice avant de devenir députée, continue d’offrir des services de défense des droits, d’éducation et de soutien aux femmes confrontées à la violence, aux inégalités et aux traumatismes. La société Thriving Twogether est devenue une voix communautaire importante à Shelburne, Yarmouth, Digby et dans le comté de Queen, axée sur le bien-être, les soins tenant compte des traumatismes et le renforcement des soutiens aux survivantes et à leurs familles. Harbour House, un refuge pour femmes situé dans ma circonscription, continue d'offrir des services essentiels d'hébergement et d'entraide aux femmes et aux enfants fuyant la violence dans nos collectivités.
(2350)
    Ces organismes comprennent depuis longtemps ce que ce projet de loi propose maintenant d'inscrire dans la loi, à savoir que la violence est seulement physique et qu'il faut intervenir plus tôt.
    Le projet de loi C‑16 mettrait également des lois canadiennes à jour afin de lutter contre des problèmes bien réels que posent les abus liés à la technologie. Je rappelle que j'ai parlé de moyens « techniques » tout à l'heure. Les prédateurs utilisent de plus en plus les plateformes en ligne pour exploiter des femmes et des enfants. Nous parlons d'hypertrucages. Avant de devenir parlementaire, j'ai été enseignante, éducatrice et directrice d'école. Les députés peuvent imaginer le genre de situation que j'ai dû gérer et dont j'ai dû parler avec des parents et des survivants. La technologie des hypertrucages est instrumentalisée pour créer des images sexuelles sans consentement. Les députés peuvent imaginer le traumatisme que cela peut faire subir à une jeune fille dans une salle de classe ou à un jeune enfant, ainsi qu'à sa famille et à sa communauté tissée serrée.
    Les enfants sont ciblés par la sextorsion, le leurre en ligne et l'exploitation. La police a signalé que les infractions liées à l'exploitation sexuelle des enfants sont maintenant beaucoup plus nombreuses qu'il y a un peu plus de 10 ans. Les parents de tout le Canada sont très inquiets, et à juste titre. En réponse à cela, le projet de loi C‑16 renforcerait les mesures de protection contre l'exploitation des enfants, élargirait la portée des infractions liées au leurre et à la sextorsion en ligne, criminaliserait les hypertrucages sexuels et renforcerait certaines peines obligatoires pour les infractions sexuelles graves contre les enfants. Nos lois doivent suivre l'évolution des technologies employées par les prédateurs.
    Un autre pilier essentiel du projet de loi est le renforcement des droits des victimes. Il arrive encore trop souvent que des victimes soient traumatisées une seconde fois au contact du système judiciaire. Elles se sentent mal informées, ignorées, exclues ou traitées comme de simples témoins de leur propre traumatisme, plutôt que comme des personnes méritant dignité et respect. Le projet de loi C‑16 renforcerait la Charte canadienne des droits des victimes en affirmant que les droits des victimes doivent être traités avec respect, courtoisie, compassion et équité. Il garantirait que les victimes reçoivent des informations de manière proactive, améliorerait l'accès aux moyens destinés à faciliter les témoignages et reconnaîtrait l'intérêt des victimes à ce que les procédures soient menées à bien dans les meilleurs délais. Ces changements sont importants, car une justice retardée est souvent une justice refusée, en particulier pour les survivants de violences sexuelles et de violences entre partenaires intimes.
    De nombreux Canadiens ont vu des affaires criminelles graves être réduites à néant à cause des retards judiciaires. Comment les gens peuvent-ils obtenir de l'aide et tourner la page quand ces retards judiciaires les forcent à revivre leur traumatisme ou que les agresseurs changent d'avocat à maintes reprises, ce qui relance les procédures et réactive leur traumatisme? Il arrive que des victimes soient forcées de revivre des traumatismes pendant des années puis qu'il y ait un arrêt des procédures avant que les responsables n'aient eu à rendre des comptes. De telles situations minent la confiance envers notre système de justice. Le projet de loi C‑16 prévoit des mesures concrètes pour remédier à ces retards tout en respectant pleinement les droits garantis par la Charte et l'indépendance judiciaire. Le projet de loi exigerait que les tribunaux envisagent des solutions de rechange avant d'imposer un arrêt des procédures. Il simplifierait les procédures dans le cas des procès pour agression sexuelle. Il rendrait aussi le traitement de nombreux cas complexes plus efficace. Il contribuerait à faire en sorte que les infractions graves soient jugées en fonction de leur bien-fondé au lieu d'être abandonnées à cause de retards procéduraux. Il s'agit de trouver un équilibre entre l'équité et la reddition de comptes, un équilibre que prône le gouvernement.
    Je me demande pourquoi, à l'étape du rapport, les conservateurs rejettent les amendements et le projet de loi. Le comité de la justice a entendu des dizaines de témoins et examiné plus de 100 amendements. Nous avons entendu des survivants, des militants...
(2355)
    Nous passons aux questions et observations. Le député de Cowichan—Malahat—Langford a la parole.
    Monsieur le Président, je remercie la députée d'en face de son discours empreint de compassion et je reconnais qu'une grande partie du projet de loi va dans la bonne direction et qu'il est effectivement bon. Cependant, une partie du projet de loi promet de rétablir les peines minimales obligatoires, et une autre contient une disposition permettant aux juges d'imposer des peines inférieures aux peines minimales obligatoires.
    Ma question est simple. Quand un délinquant écope d'une peine inférieure à la peine minimale obligatoire prévue par le projet de loi, sur qui la députée d'en face dira-t-elle à la victime de rejeter le blâme: les tribunaux ou le projet de loi qui a été rédigé pour permettre une telle situation?
    Monsieur le Président, je tiens à souligner que le député a lu le même bout de papier plus tôt ce soir. Il a posé exactement la même question au sujet d'un petit amendement à un énorme projet de loi proactif.
    Je tiens à lui parler de toutes les personnes et de tous les organismes que nous avons entendus. Comme le député d'en face, j'étais membre du Comité permanent de la condition féminine lorsque nous avons entendu les centaines de victimes et de témoins. En ce qui concerne la protection des enfants, le Centre canadien de protection de l'enfance et d'autres organismes sont en faveur du projet de loi. En ce qui concerne les droits des victimes, la Domestic Violence Prevention Society, Animaux Canada et Niki Sharma, procureure générale de la Colombie‑Britannique, appuient le projet de loi. Je pourrais continuer. La Fédération canadienne des municipalités et l'Association canadienne des policiers appuient le projet de loi. Je pourrais continuer toute la nuit.
    Monsieur le Président, j'ai énormément de respect pour ma collègue. En ce qui concerne les néo-démocrates, notre principale préoccupation, c'est que nous voyons actuellement les libéraux sabrer dans les programmes essentiels en matière de prévention. Ils laissent également des programmes prendre fin. Ma collègue pourrait peut-être nous expliquer comment le gouvernement prévoit réduire la violence faite aux femmes et le nombre de victimes de violence entre partenaires intimes alors qu'il supprime les programmes qui sont essentiels en matière de prévention. Les experts nous ont dit à maintes reprises qu'il faut non seulement maintenir ces programmes, mais augmenter considérablement les investissements. Il est essentiel d'en tenir compte.
    Monsieur le Président, j'ai moi aussi beaucoup d'admiration et de respect pour mon collègue d'en face, mais, dans ce cas-ci, je dois remettre en question ses propos. Plus tôt aujourd'hui, nous avons parlé de mésinformation et de désinformation, et j'ai l'impression que nous avons ici un cas de mésinformation. Nous savons que certains de nos projets et de nos volets de financement arrivent à terme. Cela ne veut pas dire qu'ils vont disparaître. Cela signifie qu'ils sont renouvelés à mesure que nous adoptons des projets de loi à la Chambre dans le cadre de notre mise à jour économique. En réponse à la question du député, je tiens à dire que cela fait partie de notre stratégie économique chaque fois que nous rétablissons le financement de ces programmes.
    Monsieur le Président, ma collègue a prononcé un discours qui venait du fond du cœur. Je suis très heureuse d'avoir été ici pour l'entendre.
    J'ai déjà mentionné à la Chambre que j'ai travaillé comme avocate en droit de la famille. J'ai travaillé dans le secteur de la lutte contre la violence faite aux femmes, auprès de femmes qui fuyaient la violence subie à la maison. Il m'arrivait souvent de recevoir des femmes dans mon bureau qui me disaient: « Mon Dieu, je ne sais vraiment pas comment j'en suis arrivée là. Ce n'est pas ainsi que j'imaginais ma vie. » En y repensant, ces femmes constataient que, au début, la violence était presque imperceptible. Elle commençait généralement par ce que nous appelons aujourd'hui le contrôle coercitif, que ce soit sur le plan financier, émotionnel ou social.
    Je me demande si ma collègue peut nous expliquer comment le projet de loi C‑16 vise à criminaliser le contrôle coercitif et à faire en sorte que les femmes se sentent plus à l'aise de se manifester.
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue pour son travail en tant qu'avocate en droit de la famille, car ces avocats sont parfois des héros méconnus qui aident les femmes qui fuient la violence à s'orienter dans des systèmes qui les ont parfois laissées tomber. Sur la question du contrôle coercitif, ce projet de loi aiderait les femmes. Il les protégerait et il contribuerait à protéger leurs enfants pendant qu'elles naviguent dans certains systèmes. Il permettrait de remédier à certains des retards. C'est une bonne nouvelle si le gouvernement présente autant de projets de loi différents en matière de criminalité. Cela n'avait pas été fait depuis 20, 30 ou 40 ans. Je suis contente que nous fassions des progrès en ce sens.
(2400)

[Français]

    Monsieur le Président, il est vrai que, souvent, on voit une réponse judiciaire comme un coup de baguette magique qui va tout régler.
    Ce dont nous entendons parler en comité, c'est l'importance de travailler en prévention. Je le disais hier à la ministre des Femmes et de l'Égalité des genres. Je lui ai dit qu'il y a aussi une étude importante sur la montée du masculinisme et de l'antiféminisme et que le Comité permanent de la condition féminine va faire une conférence de presse et va déposer ce rapport éventuellement. Je lui ai demandé si elle allait s'intéresser aux recommandations qui se retrouveront dans ce rapport.
    Que pense ma collègue de l'importance de travailler en amont, en prévention?

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'ai brièvement siégé au comité de la condition féminine aux côtés de ma collègue d'en face, en remplacement d'une autre députée, pendant l'étude de ce rapport. Ma collègue parle de prévention. C'est précisément l'objectif des organismes de ma circonscription comme le projet « Be the Peace », le Second Story Women's Centre, Harbour House et Thriving Twogether. Ces organismes proposent des mesures préventives afin que, lorsque de telles affaires sont portées devant les tribunaux, les personnes concernées puissent obtenir le soutien qu'elles méritent.
    Monsieur le Président, je suis heureux d'être ici ce soir avec mes collègues pour débattre de cette question importante. C'est ce que nous faisons à la Chambre. Nous débattons, nous échangeons sur des questions importantes pour les Canadiens, et nous avons d'excellentes discussions.
    Cependant, il y a une chose qui est absolument incontestable, si on accorde la moindre importance aux données probantes, et c'est que la politique en matière de justice des libéraux est un échec. Depuis 10 ans, les Canadiens ont manifestement souffert sur le plan de la justice.
    En tant qu'ancien membre du comité de la justice, je n'oublierai jamais le témoignage d'une femme qui avait elle-même été victime d'un crime. Elle a déclaré que nous avions maintenant un système judiciaire au Canada, et non un système de justice. J'ai été très touché par ces paroles, et depuis, comme bon nombre de mes collègues de ce côté-ci de la Chambre, je suis déterminé à écouter ces voix et à améliorer le système pour en faire un système vraiment juste dont les Canadiens pourraient être fiers et qui leur permettrait de se sentir en sécurité.
    Je sais que si je demandais à mes concitoyens, ce que je fais d'ailleurs, et si beaucoup d'autres députés demandaient à leurs concitoyens s'ils se sentaient plus en sécurité qu'il y a 10 ans, ils répondraient que les choses ont changé. Craignent-ils pour la sécurité de leurs enfants lorsqu’ils les envoient au centre commercial ou les laissent aller à l’école à pied? Craignent-ils pour leur sécurité lorsqu’ils quittent leur domicile? Craignent-ils de laisser leur voiture sans surveillance? Dans la collectivité où j'ai vécu pendant toute ma vie, nous ne verrouillions pas les portes de nos voitures. Beaucoup de gens ne verrouillaient pas les portes de leur maison; ils les laissaient simplement déverrouillées. Voilà le genre de quartier et de collectivité que c'était. Ce n'est plus le cas aujourd'hui et ce changement est dû au système de justice dysfonctionnel des libéraux.
    J'ai entendu certaines observations ce soir sur les peines minimales obligatoires, et cetera. Il ne fait toutefois pas l'ombre d'un doute que les libéraux ne savent pas ce qu'ils font quand il est question de justice au Canada. Certaines statistiques sont absolument stupéfiantes. Depuis 2015, année où les libéraux sont arrivés au pouvoir, la traite des personnes au Canada a augmenté de 84 %, les agressions sexuelles, de 76 %, et les crimes violents, de 55 %. Au cours de leurs 9 premières années au pouvoir, le nombre total d'homicides a augmenté de 28 % et le nombre d'infractions violentes commises avec une arme à feu, de 117 %. Il s'agit de neuf années consécutives d'augmentation. Les cas d'extorsion ont augmenté de près de 400 %, les vols de voitures, de 50 %, et les infractions sexuelles contre les enfants, de plus de 100 %. Les cas de séquestration ou d'enlèvement, de communications indécentes ou harcelantes, et de traite de personnes ont augmenté de près de 100 %.
    Lorsque nous parlons de ces choses, il ne s'agit pas seulement de statistiques. Chaque cas représente une victime, sa famille et une collectivité qui se sent moins en sécurité qu'avant. Ces statistiques, de même qu'une profonde douleur, sont le fruit de toutes les terribles mesures législatives de la dernière décennie.
    Quelles sont certaines de ces terribles mesures législatives? Est-ce que tout cela est dû au hasard? Y avait-il des choses, comme les députés du gouvernement libéral se plaisent à dire, qui échappaient à leur contrôle? Non, il s'agissait de choses qui étaient tout à fait sous le contrôle du gouvernement, et il a pris des mesures concrètes qui ont manifestement aggravé la situation.
    De quoi est-ce que je parle? Il y a le projet de loi C‑75, qui a fondamentalement changé notre système de mise en liberté sous caution et qui a introduit ce qu'on appelle le principe de retenue, qui oblige les juges à appliquer les dispositions les moins sévères possible au moment de prendre des décisions en matière de mise en liberté sous caution. Cela a mené à des situations absolument scandaleuses et absurdes comme celle dont nous avons entendu parler au comité de la justice. Le service de police de Toronto a parlé de situations où des gens qui avaient déjà été libérés sous caution pour un crime commis avec une arme à feu étaient de nouveau libérés sous caution pour un crime commis avec une arme à feu. On parle de gens qui ont commis une infraction avec une arme à feu, qui ont été libérés sous caution, puis qui ont été arrêtés de nouveau pour une infraction grave commise avec une arme à feu, puis encore libérés sous caution, pour ensuite être arrêtés une troisième fois. Ils avaient déjà été libérés sous caution les deux fois précédentes. Ce n'était pas une situation rare. Le projet de loi C‑75 a modifié les règles concernant la mise en liberté sous caution, les forces policières et les groupes de victimes partout au pays. Les procureurs généraux des provinces nous ont tous exhortés à nous pencher sur les dispositions laxistes en matière de mise en liberté sous caution que le gouvernement a mises en place.
(2405)
    L'autre projet de loi qui me vient à l'esprit est le projet de loi C‑5. Il a été question ce soir des peines d'emprisonnement obligatoires. Les conservateurs estiment que les infractions graves devraient donner lieu à des peines d'emprisonnement obligatoires. Certains députés libéraux qui se prononcent en faveur d'un durcissement des peines défendaient, il y a quelques années à peine, le projet de loi C‑5, qui a supprimé les peines d'emprisonnement obligatoires pour l'importation, l'exportation et la production de drogues dures, les drogues de l'annexe I. Ce projet de loi a supprimé les peines d'emprisonnement obligatoires pour des infractions comme l'incendie criminel, la décharge d'une arme à feu depuis une voiture et les infractions graves liées aux armes à feu.
    En plus de supprimer les peines obligatoires, ce projet de loi a également permis le recours à la détention à domicile. Quelqu'un pourrait incendier la maison d'une autre personne, puis purger sa peine dans le confort de son propre domicile, en jouant aux jeux vidéo et ainsi de suite, comme on peut l'imaginer. Des individus pourraient commettre des infractions graves et violentes, puis être condamnés à la détention à domicile, et les gens seraient contraints de les côtoyer dans la collectivité, alors que ce type de mesure ne devrait pas être appliquée dans ces cas.
    Voilà qui nous amène au projet de loi C‑16. Ce projet de loi prévoit un autre passe-droit pour éviter la prison. Les libéraux ne peuvent pas s'en empêcher. Il existe de nombreuses peines minimales obligatoires pour des crimes que le Parlement juge graves. Même si de nombreuses peines minimales obligatoires judicieuses et efficaces prévues dans le Code criminel ont été jugées constitutionnelles, le projet de loi créerait un mécanisme de dérogation permettant aux juges de ne pas appliquer la peine obligatoire, même dans le cas d'infractions pour lesquelles la peine obligatoire a été maintenue.
    Parmi les infractions pour lesquelles le projet de loi C‑16 permettrait aux juges de ne pas tenir compte des peines d'emprisonnement obligatoires — que le Parlement a pourtant jugé bon d'imposer, aujourd'hui et dans le passé — figurent les agressions sexuelles graves commises avec une arme à feu, la traite de personnes, les infractions violentes répétées commises avec des armes à feu, l'extorsion perpétrée avec une arme à feu, le trafic d'armes et les fusillades commises à partir d'un véhicule avec des armes à feu à autorisation restreinte ou prohibées.
    Les Canadiens en ont assez. Ils en ont assez des crimes violents et de l'extorsion. Ils en ont assez des agressions, des agressions sexuelles et des crimes contre les biens. Ce projet de loi nuirait à notre système de justice en permettant aux juges de faire fi des peines obligatoires que le Parlement a jugé bon de mettre en place. Le Parlement a mis en place ces sanctions pour protéger les Canadiens qui méritent tant cette protection. Cela fait écho aux propos du témoin qui a comparu devant le comité de la justice et qui a déclaré que nous devions avoir non seulement un système judiciaire, mais aussi un système de justice. Ce témoin nous a implorés de prendre des mesures pour veiller à ce que nous ayons un système de justice. Eh bien, je peux assurer à mes collègues que permettre l'élimination de toutes les peines minimales obligatoires, comme le ferait ce projet de loi, n'est pas ce que cette personne avait en tête.
    Je tiens à saluer quelques-uns de mes collègues, notre ministre du cabinet fantôme en matière de justice, le député de Brantford—Brant‑Sud—Six Nations, notre ministre du cabinet fantôme en matière de sécurité publique, le député de Kamloops—Thompson—Nicola, ainsi que toute notre équipe de ce côté-ci de la Chambre. Au cours de la dernière décennie, dans les domaines du vol de voitures, des drogues, de l'extorsion, des crimes violents et des crimes contre les enfants, tous les domaines où nous pouvions protéger les gens dans nos collectivités, les députés conservateurs ont pris la parole et présenté des projets de loi d'initiative parlementaire.
(2410)
    L'une des mesures que j'ai proposées rétablirait les peines obligatoires pour le trafic de fentanyl et de cocaïne et l'exploitation d'un laboratoire de méthamphétamine. Ce sont les peines obligatoires que le gouvernement libéral, dans sa sagesse, a décidé de supprimer. Si nous demandions si la situation de la criminalité et de la toxicomanie au Canada s'est améliorée grâce aux politiques libérales au cours des 10 dernières années, personne dans cette enceinte ne répondrait par l'affirmative. À moins d'être prêt à rejeter les preuves que nous fournit Statistique Canada, il n'y a pas un seul député à la Chambre qui dirait que la situation s'améliore en ce qui concerne les crimes violents, les crimes contre les biens, les crimes contre les femmes et les crimes contre les enfants.
    Lorsque nous examinons des solutions, nous devons envisager des solutions qui seront efficaces, et non des demi-mesures. Ce que ce projet de loi ferait — et c'est une disposition que je ne peux certainement pas appuyer —, c'est permettre aux juges de ne pas appliquer les peines minimales obligatoires dont la validité a été confirmée par la Constitution, qui existent dans le Code criminel et qui ont été incluses dans le projet de loi pour une raison: elles constituent une reconnaissance de la gravité des infractions visées.
    J'entends souvent dire à la Chambre que la chose la plus importante que nous puissions faire, c'est de protéger nos concitoyens. Je prends ce défi très au sérieux. Pour un certain nombre de personnes que je connais à la Chambre, des collègues à qui j'ai parlé, améliorer le système de justice pénale est l'une des principales raisons pour lesquelles ils se sont lancés en politique et ont fini par se faire élire députés.
    Nous devons faire de notre mieux. Certaines peines minimales obligatoires ont été invalidées, mais ce serait une grave erreur de permettre aux juges de ne pas tenir compte de celles qui ont été maintenues. Il faut défendre les victimes d'actes criminels.

Motion d'ajournement

[Motion d'ajournement]

    L'ajournement de la Chambre est proposé d'office conformément à l'article 38 du Règlement.

[Traduction]

Le transport maritime

    Monsieur le Président, je suis de nouveau ici ce soir, à minuit quatorze.
    Le financement équitable des traversiers est une question cruciale pour les habitants de l'île de Vancouver et des régions côtières de la Colombie‑Britannique. C'est une question si sérieuse qu'elle ne peut rester sans réponse. Je suis sûr que les libéraux espéraient que je ne serais pas ici ce soir, mais me voici. Je suis ici parce que l'abordabilité des traversiers, la compétitivité économique et l'équité en matière de transport sont importantes pour près de 1 million de personnes qui vivent sur l'île de Vancouver et pour les collectivités côtières qui dépendent chaque jour de BC Ferries.
    Pour bon nombre de mes concitoyens, BC Ferries n'est pas seulement une commodité, c'est une nécessité. Il s'agit d'un lien de transport essentiel qui relie les gens au travail, aux soins de santé, à l'éducation, à la famille et aux possibilités économiques. Le gouvernement libéral reconnaît que les traversiers sont une infrastructure de transport essentielle dans le Canada atlantique, mais il continue de traiter la Colombie‑Britannique différemment.
    En juillet dernier, le premier ministre a annoncé une réduction de 50 % des tarifs des traversiers financés par le gouvernement fédéral dans le Canada atlantique. Cette décision a reconnu une réalité importante. L'abordabilité des traversiers est importante parce que le transport par traversier est une infrastructure essentielle, puisque nous avons le plus long littoral au monde. Je suis favorable à ce financement.
    La question est de savoir pourquoi le même principe ne s'applique pas à la Colombie‑Britannique. Les habitants de la Colombie‑Britannique paient les mêmes taxes fédérales que les Canadiens du Canada atlantique, et pourtant, en ce qui concerne le financement des traversiers, nous recevons des niveaux de soutien radicalement différents.
    BC Ferries a l'un des plus grands réseaux de traversiers au monde. Elle exploite 25 itinéraires, dessert environ 1 600 kilomètres de côtes, gère 47 terminaux, peut compter sur une flotte de 37 navires et transporte plus de 22 millions de passagers par année. Selon la Bibliothèque du Parlement, les subventions fédérales de fonctionnement représentent environ 3 % des recettes d'exploitation de BC Ferries. En comparaison, le financement fédéral représente environ 43 % des coûts d'exploitation des services de traversiers financés par le gouvernement fédéral dans les provinces de l'Atlantique.
    Cette disparité est également évidente au prorata de la population. Les Britanno‑Colombiens reçoivent environ 5 à 6 $ par personne en subventions fédérales de fonctionnement pour les services de traversiers, tandis que les Canadiens de l'Atlantique reçoivent environ 125 $ par personne. Ces chiffres révèlent un déséquilibre important dans le financement fédéral des infrastructures de transport essentielles un peu partout au pays.
    Soyons clairs. Je n'essaie pas de m'opposer à l'aide accordée aux provinces de l'Atlantique. Je suis pour cette aide. J'essaie plutôt de montrer qu'il y a une iniquité. La Colombie‑Britannique est en train de procéder à un examen des tarifs des traversiers, examen qui a une incidence sur les services. BC Ferries nous prévient que si elle ne peut pas obtenir un financement additionnel, ses clients pourraient devoir subir des hausses de tarifs de plus de 30 % au cours des prochaines années. Il pourrait aussi y avoir des réductions de services, ou les deux. À un moment où les Canadiens ont du mal à supporter le coût de la vie, cette perspective devrait préoccuper tous les députés, en particulier les députés des régions côtières de la Colombie‑Britannique.
    Le cadre de financement actuel repose sur des accords historiques conclus il y a plusieurs décennies, à une époque où l'île de Vancouver comptait environ la moitié de sa population actuelle. Aujourd'hui, l'île de Vancouver compte près de 1 million d'habitants et sa superficie est comparable à celle de l'île du Sud de la Nouvelle‑Zélande. Elle abrite une économie régionale majeure qui dépend de services de transport par traversier fiables et abordables.
    Si le modèle actuel ne reflète plus les réalités du Canada d'aujourd'hui, il est temps de le réexaminer et de le modifier afin de corriger l'accord. Les habitants de l'île de Vancouver et des régions côtières de la Colombie‑Britannique ne devraient pas avoir à former une province pour pouvoir bénéficier d'un soutien fédéral équitable de la part du gouvernement fédéral en matière d'infrastructures de transport essentielles. Si l'abordabilité des services de traversiers est importante dans le Canada atlantique, elle devrait l'être également en Colombie‑Britannique.
    Je demande au gouvernement fédéral de donner une véritable réponse dès ce soir. Il faut que des mesures soient prises pour les habitants des régions côtières de la Colombie‑Britannique.
(2415)
    Monsieur le Président, je tiens à parler aujourd'hui de l'importance des services de traversiers au Canada et à réaffirmer la volonté du gouvernement de veiller à ce que ces services demeurent fiables, abordables et durables pour les générations à venir.
    Les traversiers sont essentiels pour les collectivités, et il s'agit d'une responsabilité que le gouvernement prend au sérieux. Que ce soit pour rendre visite à des amis et à des membres de la famille ou pour acheminer des marchandises vers les marchés, les Canadiens et les entreprises de tout le pays comptent sur des services de traversiers sûrs et efficaces pour maintenir les liens entre les collectivités et bâtir une économie qui a des bienfaits pour tout le monde.
    BC Ferries exploite des traversiers sur la côte du Pacifique et est l'un des plus grands exploitants du genre au monde. Elle transporte plus de 22 millions de passagers et 9 millions de véhicules chaque année et, ce faisant, fournir un service public qui est absolument essentiel dans la vie quotidienne des Britanno-Colombiens. BC Ferries est une entreprise canadienne qui est gérée de manière indépendante et qui appartient à l'État. La seule action avec droit de vote est détenue par la B.C. Ferry Authority, qui fait partie du gouvernement provincial.
    Pour les habitants de l'île de Vancouver, des îles Gulf, de la Sunshine Coast et d'innombrables petites collectivités côtières, les traversiers ne sont pas simplement commodes; ils constituent le seul moyen d'avoir accès aux services de santé, aux études et aux débouchés économiques. Le gouvernement du Canada est conscient de cette réalité depuis longtemps. Il verse une contribution annuelle indexée à la province de la Colombie‑Britannique depuis 1977 et considère les traversiers comme une partie du réseau routier provincial. Cette année seulement, cette aide s'élève à près de 38,6 millions de dollars, une somme qui illustre concrètement le partenariat entre Ottawa et la Colombie‑Britannique.
    Pendant la pandémie, le financement fédéral octroyé dans le cadre de l'Accord sur la relance sécuritaire a permis aux traversiers de continuer à naviguer. Sans ce partenariat, les collectivités auraient dû faire face à une hausse des tarifs ou à une réduction des services. Aucune de ces deux options n'étant acceptable, le gouvernement est intervenu pour maintenir le système à flot.
    Le gouvernement du Canada a également pris des mesures pour soutenir les exploitants de traversiers au Canada, notamment en supprimant les droits d'importation sur les traversiers d'occasion et en accordant des prêts à BC Ferries afin de l'aider à renouveler sa flotte avec des navires modernes. Ces efforts s'inscrivent dans le cadre de la Stratégie nationale de construction navale. Depuis 2012, cette stratégie a permis de créer ou de préserver plus de 20 000 emplois par année, elle a contribué à hauteur de dizaines de milliards de dollars à notre PIB et elle a rétabli la stabilité d'un secteur autrefois en proie à des cycles d'expansion et de ralentissement.
    Les traversiers ne sont pas de simples services régionaux. Ils font partie intégrante de l'infrastructure nationale. Ils constituent des obligations constitutionnelles dans l'Est, des corridors essentiels dans l'Ouest et des artères vitales partout ailleurs. Investir dans les services de traversiers, c'est investir dans les Canadiens, dans les collectivités et dans l'unité de notre pays.
(2420)
    Monsieur le Président, je tiens d'abord à remercier ma collègue d'être restée éveillée tard ce soir pour participer à cet important débat.
    Je vais rectifier quelques faits. Premièrement, l'aide liée à la pandémie que le gouvernement fédéral a fournie à BC Ferries a également été offerte sur la côte Est. L'aide fournie par habitant était la même. Deuxièmement, les prêts dont la députée a parlé sont des prêts remboursables. Même si on tient compte des intérêts sur les prêts qui s'élèvent à 26 millions de dollars par année et des 38 millions de dollars d'aide fédérale, quand on calcule les économies réalisées sur 25 ans au chapitre des prêts, on est bien loin des centaines de millions de dollars de subventions que le gouvernement fédéral accorde à la côte Est.
    Il y a environ 350 000 passagers sur la côte Est et 22 millions de personnes empruntent BC Ferries. Cependant, le gouvernement fédéral donne des centaines de millions de dollars au Canada atlantique, ce que nous appuyons, mais il pénalise les Britanno‑Colombiens. Cela fait bien trop longtemps que le gouvernement n'a pas revu le financement essentiel pour les traversiers qu'empruntent les Britanno‑Colombiens. Il est temps que le gouvernement corrige la situation.
    La population de l'île de Vancouver est supérieure à la population totale du Nouveau‑Brunswick, de Terre‑Neuve‑et‑Labrador et de l'Île‑du‑Prince‑Édouard, et elle est presque égale à celle de la Nouvelle‑Écosse. Nous attendons depuis trop longtemps. Si je suis ici à 0 h 22, ce n'est pas parce que je pense que c'est juste. C'est injuste.
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son travail et de ses efforts dans cet important dossier.
    Comme je l'ai déjà mentionné, les services de traversiers au Canada sont un service essentiel qui permet aux collectivités d'acheminer les marchandises vers les marchés et de soutenir l'économie. BC Ferries est l'un des plus grands exploitants de traversiers au monde. Il fournit un service public essentiel qui joue un rôle central dans la vie quotidienne des Britanno-Colombiens, en créant un lien entre les petites collectivités et en facilitant l'accès à des services clés tels que les rendez-vous chez le médecin et l'éducation.
    Nous sommes très conscients de l'importance des traversiers pour ces communautés. C'est pourquoi, depuis 1977, nous versons une contribution annuelle indexée à la Colombie‑Britannique pour le service de traversiers côtiers de la province. Cette année seulement, cette contribution s'élève à près de 38,6 millions de dollars. En échange de cette subvention annuelle, la province de la Colombie‑Britannique assume l'entière responsabilité de déterminer quels services de traversiers reçoivent une aide financière, et le gouvernement du Canada a été libéré de toutes ses obligations liées au financement et à l'exploitation du service de traversier dans la province. En plus de la subvention, nous fournissons également du financement à BC Ferries.
    Je regrette, mais le temps alloué est écoulé.
    Les députés de York—Durham et de Calgary Crowfoot n'étant pas présents pour aborder les questions qu'ils devaient soulever au moment de l'ajournement conformément à l'avis qu'ils avaient donné, ce dernier est réputé avoir été retiré.
    La motion portant que la Chambre s'ajourne maintenant est réputée adoptée. La Chambre s'ajourne donc à plus tard aujourd'hui, à 14 heures, conformément à l'article 24(1) du Règlement.
    (La séance est levée à 0 h 24.)
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