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Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole pour appuyer le projet de loi , Loi sur Maisons Canada.
Le défi qui se pose à nous est de taille. Trop de Canadiens ont du mal à trouver un logement abordable, et trop de villes connaissent une pénurie de logements qui continue de faire grimper les coûts. C'est pourquoi le gouvernement a créé l'agence Maisons Canada en septembre 2025. Celle-ci dispose d'un mandat clair: faire construire des logements abordables, aider les constructeurs grâce à du financement et encourager des méthodes de construction novatrices faisant appel à la technologie, aux travailleurs et au bois d'œuvre canadiens. En quelques mois à peine, Maisons Canada a déjà fait avancer des projets et établi des partenariats partout au pays.
Le projet de loi s'appuie sur ces premiers progrès en constituant Maisons Canada en société d'État, lui donnant l'autonomie opérationnelle et le cadre de gouvernance nécessaires pour intensifier les efforts visant à résoudre la crise du logement au Canada. En transformant Maisons Canada, qui est actuellement un organisme de service spécial, en société d'État, le projet de loi renforcera sa capacité à remplir son mandat à grande échelle tout en maintenant son obligation de rendre des comptes au Parlement et aux Canadiens.
Tous les Canadiens méritent d'avoir un logement abordable où se sentir chez eux. Le logement est un besoin fondamental, et la demande croissante en matière de logement partout au pays exige que des mesures soient prises urgemment. Il ne s'agit donc pas seulement de créer une nouvelle institution. Il s'agit de donner à Maisons Canada les outils dont elle a besoin pour bâtir plus de logements plus rapidement.
Alors que nous sommes saisis de ce projet de loi, il convient de rappeler précisément les objectifs pour lesquels l'initiative Maisons Canada a été conçue. Maisons Canada a été mise en place pour construire et financer des logements abordables à grande échelle tout en contribuant à rendre le secteur de la construction résidentielle plus productif et plus innovant. Elle permet de lancer plus facilement et plus rapidement des projets de logements abordables à grande échelle et d'attirer des investissements publics, privés et philanthropiques, afin d'en maximiser les retombées.
Maisons Canada ne se contente pas de financer des projets individuels. Il s'agit d'une nouvelle façon de travailler. Son objectif est de créer des possibilités partout au pays en s'associant avec les pouvoirs publics, les constructeurs, les organismes à but non lucratif et les investisseurs afin de définir et de déployer à grande échelle des solutions de logement à incidence élevée. L'initiative contribue également à moderniser le secteur de la construction résidentielle au Canada en soutenant des approches innovantes, comme des méthodes de construction modernes. Maisons Canada contribue à créer les conditions nécessaires pour construire plus de logements plus rapidement et plus efficacement.
C'est particulièrement important à un moment où le Canada doit augmenter considérablement son offre de logements. Maisons Canada contribue à développer la capacité nécessaire pour relever ce défi. En tant que société d'État, elle offre à la fois un accès aux terres fédérales, une expertise en matière d'aménagement et des outils financiers souples.
Elle travaillerait avec des organismes sans but lucratif, des organisations autochtones et tous les ordres de gouvernement pour aider à faire passer les projets de la conception à la construction et pour accélérer la construction de logements abordables. Elle travaillerait également en étroite collaboration avec les promoteurs, les investisseurs, les fabricants et les fournisseurs de logements en insistant sur l'abordabilité à long terme. Les partenaires comprendraient des organismes sans but lucratif, des coopératives, des fournisseurs de logements communautaires ou des organismes qui font la promotion de diverses options de logement pour les Canadiens.
Ces partenariats stratégiques permettraient de créer des logements abordables pour un éventail de ménages de tous les niveaux de revenu. Ils visent à renforcer les capacités, à favoriser l'innovation et à créer les conditions nécessaires à la construction d'un plus grand nombre de logements partout au Canada, ce qui rend le projet de loi dont nous sommes saisis aujourd'hui si important.
Le projet de loi constituerait Maisons Canada en tant que société d'État. L'organisme aurait ainsi l'autonomie opérationnelle et la structure de gouvernance nécessaires pour accomplir sa mission plus efficacement. Il aurait aussi la souplesse nécessaire pour détenir des actifs, faire des investissements et prendre des décisions à long terme qui soutiennent la construction de logements abordables. Il serait donc bien outillé pour remplir son mandat et construire plus de logements pour les Canadiens. C'est exactement le genre d'outils qu'il faut pour augmenter l'offre de logements et accélérer la construction partout au pays.
Les partenariats avec les provinces et les territoires sont essentiels au succès de Maisons Canada. Que ce soit grâce au financement de terrains, à une expertise en matière de logement ou à des projets prêts à démarrer, les provinces et les territoires jouent un rôle essentiel dans l'augmentation de l'offre de logements et dans la construction d'un nombre accru de logements.
Prenons l'exemple de ma province, la Colombie‑Britannique. Maisons Canada et BC Housing se sont associés pour construire au moins 1 100 logements, notamment des logements avec services de soutien, des logements de transition et des logements locatifs abordables. Dans le cadre de ce partenariat, on aura recours à des plans normalisés, à des composants préfabriqués de fabrication canadienne et à des méthodes de construction modernes afin de réduire les coûts, d’améliorer la qualité, de raccourcir les délais de construction et de contribuer à accroître la construction de logements à grande échelle. Ces approches témoignent du rôle essentiel que peut jouer l’innovation pour remédier à la pénurie de logements au Canada.
Il ne s'agit là que de la première phase d'un engagement plus large entre le Canada et la Colombie‑Britannique. En alignant les investissements fédéraux sur des projets prêts à être mis en chantier, Maisons Canada contribue à faire passer ces projets du stade de la planification à celui de la mise en chantier, tout en jetant les bases de la construction de milliers de logements supplémentaires lors des phases futures. L'agence Maisons Canada a été créée précisément pour soutenir ce genre de collaboration, qui montre comment les gouvernements peuvent travailler de concert pour accroître l'offre de logements tout en contribuant à moderniser le secteur de la construction résidentielle.
Fait important: cela démontre également le potentiel de Maisons Canada en tant qu’institution nationale. En quelques mois seulement, cette agence a fait avancer des projets et des partenariats représentant des milliers de logements partout au pays. Le projet de loi vise à transformer cette dynamique initiale en résultats durables à long terme. Faire de Maisons Canada une société d'État renforcerait sa capacité à soutenir davantage de projets, à solidifier les partenariats et à contribuer à la construction d'un plus grand nombre de logements pour les Canadiens.
Cependant, ce n'est pas tout. En plus de contribuer à la construction d'un plus grand nombre de logements, le programme Maisons Canada contribue également à renforcer l'économie du Canada. En accordant la priorité aux projets et aux partenariats qui investissent dans des matériaux canadiens durables, renforcent les chaînes d'approvisionnement canadiennes et créent des emplois de qualité tout au long du processus de construction, le programme Maisons Canada soutient la stratégie d'achat de produits canadiens du gouvernement fédéral. Cela signifie du bois d'œuvre canadien, des matériaux de construction canadiens, des produits fabriqués au Canada et l'expertise canadienne en matière de construction.
Dans l'ensemble, le programme Maisons Canada contribue à garantir que les investissements publics génèrent des retombées économiques ici, chez nous. Dans une économie mondiale en mutation, il est important de renforcer les capacités nationales. Le programme Maisons Canada aide à accroître l'offre de logements tout en soutenant les travailleurs, les entreprises et l'innovation au Canada. Les partenariats et les projets déjà en cours témoignent de ce que Maisons Canada peut accomplir. Le projet de loi vise à étendre ce qui fonctionne déjà. Il vise à établir les partenariats, les capacités et les approches de construction innovantes nécessaires pour fournir davantage de logements aux Canadiens dans les années à venir.
En faisant de Maisons Canada une société d'État, le projet de loi lui conférerait la gouvernance, la souplesse et la capacité financière nécessaires pour tirer parti de ces progrès et remplir son mandat à plus grande échelle. Cela permettrait à Maisons Canada de détenir des actifs, de réaliser des investissements, de mettre en œuvre des outils financiers novateurs et de tirer parti des opportunités à long terme plus efficacement, tout en maintenant un cadre de responsabilité clair envers le Parlement et les Canadiens.
À un moment où les Canadiens ont besoin que plus de logements soient construits plus rapidement et à des coûts plus abordables, le projet de loi contribuerait à garantir que Maisons Canada dispose des outils nécessaires pour tenir ses engagements. J'exhorte tous les députés d'en face à l'appuyer.
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Monsieur le Président, c'est intéressant. Alors que nous discutons du projet de loi , Loi sur Maisons Canada, à l'étape de la troisième lecture, je me livre à quelques réflexions. Bien sûr, je me suis déjà exprimé à quelques reprises sur le sujet. J'ai abordé la question du logement maintes fois à la Chambre des communes, en comité et, bien sûr, partout au pays. Je suppose que ce n'est un secret pour personne que j'ai passé la majeure partie de ma vie adulte au sein d'administrations publiques locales, dans la politique municipale. J'ai siégé à des conseils municipaux et participé à des réunions de comités d'urbanisme. J'ai également travaillé avec de nombreux constructeurs locaux et je comprends les démarches qu'ils doivent effectuer pour faire approuver leurs projets.
Lorsque j'étais maire, j'ai consacré beaucoup de temps à essayer d'accélérer les processus. Quand les choses ont commencé à piétiner, il y a environ 10 ans, j'étais dans le camp de ceux qui ont poussé le conseil de district à réduire de moitié les droits d'aménagement. À l'époque, nous pensions à l'avenir. Maintenant, bien sûr, on parle encore des droits d'aménagement au Canada. Je suppose que mon seul regret en tant que maire, c'est de ne pas avoir suffisamment modifié les systèmes. J'ai travaillé dans ces systèmes pour faire avancer les choses, mais, après mon départ, elles ont un peu ralenti encore, je pense. Il aurait été bon que j'agisse pour changer le processus.
Des années plus tard, nous voici dans cette enceinte. Je pensais qu'en temps de crise la Chambre pouvait travailler pour cerner les problèmes à l'origine de la crise et que les députés cherchaient ensemble le moyen d'éliminer les obstacles qui rendent la construction de logements plus difficile et plus coûteuse.
Cependant, en examinant le projet de loi sous sa forme actuelle, je dois avouer que je commence à perdre un peu patience. Nous sommes au beau milieu d'une crise du logement qui ne fait que s'aggraver. La situation empire chaque mois pour les jeunes familles et les jeunes professionnels. Fait intéressant, je pense que la situation des aînés se détériore également. Nous ne parlons probablement pas assez des aînés et de la façon dont la crise du logement les touche. Si les gens n'ont pas les moyens d'acheter, cela signifie qu'ils n'ont pas les moyens d'accéder au marché, et que celui-ci ne se porte donc pas bien. Cela veut dire que les personnes qui prévoyaient utiliser la valeur nette accumulée sur leur maison pour financer leur retraite se retrouveront en quelque sorte piégées si elles n'ont pas les moyens de la vendre. Il faut que les choses bougent. C'est quelque chose qui touche toutes les générations, pas seulement les jeunes, mais ce sont eux dont nous parlons surtout.
Après tous les débats et les discussions qui ont eu lieu dans cette enceinte, il est vraiment frustrant de constater que la réponse du gouvernement à cette crise liée à la bureaucratie, aux délais, aux processus et aux frais consiste à créer une toute nouvelle bureaucratie fédérale, qui coûtera des milliards de dollars, appelée la société Maisons Canada. Je tiens à préciser, pour que tous les Canadiens le sachent, que je ne parle pas d'un nouvel organisme. Je parle d'un quatrième organisme fédéral chargé du logement. Nous connaissons tous la Société canadienne d'hypothèques et de logement et le travail qu'elle accomplit. Elle a été créée juste après la Seconde Guerre mondiale et a accompli des miracles en éliminant les obstacles et en facilitant la construction. À l'époque, nous avons réglé la crise du logement en une dizaine d'années. Bien sûr, nous avons aussi la Société immobilière du Canada, qui a été créée et qui aménage effectivement des terrains fédéraux. J'entends les députés d'en face dire que la société Maisons Canada va construire des logements sur des terrains fédéraux, alors qu'il existe déjà une société qui fait cela.
Le pays est en pleine crise du logement. Je pense que les gens croyaient peut-être, quand ils ont élu ce nouveau , qu'il y aurait du changement par rapport au passé. On leur a promis une compétence technocratique, des résultats concrets. On nous a dit qu'on allait avoir un génie de l'économie. Il a été gouverneur de banques, comme la Banque du Canada et la Banque d'Angleterre. Nous pensions que nous allions avoir un chef qui irait au-delà de la politique superficielle du passé et qui apporterait une excellence froide et dure en matière de gestion aux activités du gouvernement fédéral.
Au lieu de cela, ça a été un peu une déception, un peu une illusion, je dirais. Ce que nous voyons maintenant, c'est la même tendance que le gouvernement précédent à privilégier la forme au détriment du fond. Je peux donner des exemples. Tout d'abord, le lundi matin, avec une régularité de métronome, le met un beau casque tout neuf et tout propre, il met un beau gilet de haute visibilité flambant neuf, il va dans la banlieue d'Ottawa et il se tient devant un chantier de construction résidentielle pour une belle séance de photos.
Je dois dire que le a l'air de sortir tout droit d'un casting. Il paraît très bien dans cette tenue. L'image est vraiment intéressante parce qu'elle montre que les libéraux font avancer les choses et qu'ils construisent. La mise en scène est vraiment immaculée. J'encourage les députés qui n'ont pas vu l'image à y jeter un coup d'œil. Elle est vraiment excellente. Le premier ministre tient des conférences de presse, mais, ce qui est intéressant avec les conférences de presse, les séances de photos, les beaux discours et les organes bureaucratiques, c'est qu'ils ne permettent pas de construire des logements. Ils ne coulent pas de béton. Il se trouve que poser avec une pelle dorée dans les mains ne permet pas de loger une famille.
La dure vérité, c'est qu'alors que le joue les mannequins arborant de l'équipement de sécurité pour son équipe de communication, le nombre de mises en chantier au Canada, que nous étudions au comité des ressources humaines, est en baisse. Il est en baisse à un moment où la première société d'État fédérale responsable du logement, la Société canadienne d'hypothèques et de logement, qui fait plus de recherche sur le logement que n'importe qui d'autre au pays, a signalé que le Canada doit construire entre 430 000 et 480 000 logements par année simplement pour que tous les logements deviennent abordables. Nous n'arrivons même pas à construire 250 000 logements par année, et le nombre de mises en chantier diminue. La situation ne fait qu'empirer. C'est ce que je trouve extrêmement frustrant. Selon moi, les Canadiens trouvent également cette situation extrêmement frustrante.
Au comité, nous avons examiné la structure du projet de loi et de l'organisme en question. Nous avons demandé à des experts en logement de venir nous dire ce qu'ils en pensaient, et ils ont ont mis la réalité en évidence. Je tiens à ce qu'on me comprenne bien: nous avons entendu le témoignage de certains des esprits les plus brillants du domaine. Il y avait des constructeurs et des experts. Quelqu'un a mentionné Mike Moffatt, un expert bien connu dans ce domaine. Bien sûr, ils ont tous été très polis devant le comité, car tout le monde agit ainsi; tout le monde est poli. Par contre, si on fait abstraction de leur langage poli, leur verdict collectif était plutôt dévastateur, en fait. Les députés libéraux ne l'ont peut-être pas entendu, mais j'ai entendu à maintes reprises que s'il n'en tenait qu'à eux, ils n'auraient jamais créé cette quatrième agence fédérale du logement.
Il se trouve que le Canada ne souffre pas d'une pénurie d'agences de logement. Nous avons déjà la Société canadienne d'hypothèques et de logement. Il y a aussi la Société immobilière du Canada, qui exploite les terrains fédéraux. Au moment même où le Canada a besoin de moins de bureaucratie gouvernementale, de coûts, de processus et de complications pour obtenir la permission de construire une maison dans ce pays, le gouvernement a répondu en ajoutant encore plus de bureaucratie. Nous avons vu les limites de cette approche dès le lancement de cette initiative. Je suis sûr que tout le monde se souvient du moment où les libéraux ont fièrement annoncé les six premiers projets qui allaient être réalisés sous la bannière de Maisons Canada sur des terres fédérales. C'était très excitant. Ça montrait qu'ils démarraient sur les chapeaux de roues. C'était un organisme gouvernemental avant même qu'on le transforme en société d'État. Il y avait six nouveaux projets. C'était tellement excitant. Ils ont annoncé ça en grande pompe. Ils ont organisé de superbes mises en scène pour prendre des photos. Tout ça était très beau. La vérité, toutefois, c'est que les six projets annoncés étaient déjà bien avancés, puisqu'ils avaient été lancés par la deuxième société d'État fédérale, la Société immobilière du Canada. Les terrains avaient déjà été choisis. La planification était déjà achevée en bonne partie. Sur certains de ces sites, des unités avaient déjà été construites. On a fait comme s'il s'agissait d'une preuve que Maisons Canada allait accélérer la construction sur les terres fédérales, sauf que Maisons Canada n'a rien fait de tout ça. Tout ce que cet organisme a fait, c'est prendre sous son aile des projets qui étaient déjà bien avancés, qui étaient en cours depuis des années.
Si les libéraux apposent un nouveau logo de société sur un train et prétendent, lorsque le train quitte la gare, qu'ils ont construit le moteur, c'est ridicule. On ne fait que changer d'étiquette. Ils ont rebaptisé les projets de la Société immobilière du Canada, qu'ils appellent maintenant des projets de Maisons Canada. Nous sommes censés nous en réjouir, car cela aidera prétendument à construire plus de logements, alors qu'en réalité, tout ce qu'ils ont fait, c'est apposer un nouveau logo.
Si le voulait vraiment accélérer l'aménagement des terrains fédéraux, il pourrait élargir le mandat actuel de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, un organisme qui dispose d'un vaste pouvoir législatif. En 2017, on lui a confié la mise en œuvre de la majeure partie des programmes de la stratégie nationale sur le logement du gouvernement. Elle n'avait plus vraiment l'habitude d'offrir des programmes directs, mais elle a déployé plus d'efforts pour mettre les choses en branle, et elle a mis en œuvre ces divers programmes pendant des années.
Cependant, au lieu d'élargir le mandat ou de donner de nouvelles directives à la Société canadienne d'hypothèques et de logement ou à la Société immobilière du Canada, qui mène déjà activement des activités de développement, le a créé une toute nouvelle instance dirigeante parallèle, régie par de nouvelles règles.
Une année s'est écoulée. Le gouvernement libéral n'a construit aucun logement, mais nous célébrons tout de même ce résultat. Non seulement a-t-il créé un nouvel organisme, mais il s'apprête maintenant à faire adopter à la hâte un projet de loi qui en fera une société d'État fédérale. Il s'agira, comme je l'ai souligné, de la troisième du genre. Je ne sais toujours pas ce que nous célébrons. En réalité, l'échec est encore plus grave que le simple fardeau administratif que représente cette nouvelle structure. Des experts comme Mike Moffatt ont d'ailleurs déclaré devant le comité des ressources humaines qu'eux non plus n'auraient pas procédé de cette manière. Par ailleurs, l'un des problèmes de cette mesure réside dans l'absence flagrante d'objectifs concrets, de définitions claires ou de délais contraignants.
Tout le monde devrait y réfléchir un instant. Il s'agit d'un nouvel organisme fédéral chargé du logement, le quatrième du genre, et de la troisième nouvelle société d'État fédérale dans ce domaine. Le gouvernement lui a octroyé 13 milliards de dollars, mais il n'a fixé aucun objectif quant au nombre de logements que l'organisme doit bâtir. Le gouvernement affirme qu'il va se concentrer sur le logement hors marché. J'ai interrogé la Société canadienne d'hypothèques et de logement à ce sujet l'autre jour. C'est le principal organisme de recherche en matière de logement. La Société nous a indiqué le nombre de logements qu'il faut construire dans ce pays. Elle a souligné qu'au Canada, 95 % des logements relèvent du marché et 5 % du secteur hors marché.
J'ai donc interrogé la Société canadienne d'hypothèques et de logement à ce sujet. C'est intéressant. Il ne semble y avoir aucun objectif. J'ai demandé si le gouvernement avait eu des échanges avec la Société ou son service de recherche au sujet des objectifs qui devraient être fixés. Le président de la Société a répondu qu'il n'y avait pas eu de discussions de ce genre. J'ai demandé si la Société avait mené des recherches afin de proposer des objectifs au gouvernement. Je comprends que ce projet a nécessité le transfert de personnel de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, et qu'il se peut donc que la Société ait désormais d'autres priorités, mais elle mène toujours des recherches. Elle pourrait peut-être donner son avis sur le nombre de logements hors marché dont le Canada a réellement besoin. Elle ne l'a pas fait.
Bien sûr, j'ai demandé au il y a quelques instants s'il avait parlé à la Société canadienne d'hypothèques et de logement et à son service de recherche afin de savoir si une analyse avait été menée pour établir le nombre de logements qu'il faut construire.
Fait intéressant, le premier dirigeant de la Société canadienne d'hypothèques et de logement a dit qu'il ignorait leur objectif, mais qu'une certaine enveloppe leur a été allouée. J'ai dit: « Un instant. C'est établi seulement en fonction de cette enveloppe. L'objectif ne devrait-il pas l'être en fonction du besoin de logements hors marché? » Mes collègues seront peut-être surpris, mais je n'ai pas vraiment obtenu de réponse parce que, bien sûr, il s'agit de Maisons Canada. C'est le bébé du . Tout le monde est très emballé et on ne pose pas trop de questions malgré la crise du logement actuel qui s'aggrave. La réponse du gouvernement est de créer un quatrième organisme fédéral du logement et de lui donner 13 milliards de dollars.
Le a déclaré à la Chambre que l'objectif était de construire le plus grand nombre de logements possible. Eh bien, je ne trouve pas cela très rassurant pour les Canadiens, qui rêvent désespérément de pouvoir un jour devenir propriétaires. Je regarde tous les pages présents ici aujourd'hui. Ces jeunes gens brillants et sympathiques voudront peut-être un jour eux aussi s'acheter une maison. Cela m'inquiète.
Tout ce que nous offre le gouvernement, ce sont des paroles creuses et des milliards de dollars, mais pas d'objectifs. Comment pouvons-nous mesurer le succès s'il ne fixe aucun objectif ni aucune cible? C'est typique du gouvernement. La Société canadienne d'hypothèques et de logement, qui dispose d'un important service de recherche, a transmis les données sur le logement à tous les organismes, à l'industrie, aux banques et au gouvernement, mais celui-ci refuse de lui parler. Cela ne l'intéresse pas. Il ne veut pas fixer d'objectifs.
En réalité, le a évoqué l'objectif fixé pour la société Maisons Canada. Il a déclaré que ce chiffre avait été choisi au hasard. Cela ne lui a pas plu. Nous n'avons rien obtenu. De toute évidence, il ne respecte ni le travail de la Société canadienne d'hypothèques et de logement ni les recherches qu'elle mène. Je parlais précisément de faire appel à ces experts, qui ont réalisé plus d'analyses sur le marché immobilier canadien que quiconque, pour les aider à établir un chiffre. Or, aujourd'hui, nous nous retrouvons avec un nouvel organisme, et nous nous apprêtons à adopter à la hâte un projet de loi pour en faire une société d'État, parce que, pour une raison qui m'échappe, ce serait soi‑disant mieux ainsi.
J'ai discuté avec des promoteurs immobiliers privés et à but non lucratif de tout le Canada qui ont déjà déposé des demandes auprès de Maisons Canada. Il est intéressant de noter que, lorsque la Société canadienne d'hypothèques et de logement administrait ce programme, les constructeurs pouvaient suivre l'évolution de leur demande en ligne et savoir exactement où en était le traitement de leur dossier. Curieusement, ce n'est pas le cas avec Maisons Canada. Les constructeurs doivent donc attendre sans savoir où en est leur dossier.
Ils ne savent pas vraiment quels critères seront utilisés pour statuer sur leur dossier. Ils ne savent pas vraiment quand une décision sera prise. Il n'y a aucun moyen de suivre l'avancement du dossier. Je dois dire, en tant qu'ancien maire ayant été confronté à cette situation sur le terrain, que cette incertitude, ce manque de transparence, est un frein. C'est un frein au développement immobilier. Il faut un certain niveau de certitude pour réaliser ce type d'investissement. Quand un constructeur ne sait pas où en est sa demande dans le processus, les capitaux restent immobilisés. Les prêts fonciers accumulent des intérêts, car il faut emprunter de l'argent pour acheter le terrain. On ne peut pas engager de sous-traitants.
En créant un organisme sans échéancier, sans objectifs et sans cadre de suivi, le gouvernement n'a pas seulement mis en place une énième structure bureaucratique à un moment où il faudrait réduire la bureaucratie; il a en fait ancré cette paralysie dans le processus. Il a institutionnalisé la bureaucratie, et nous ne savons tout simplement pas quand ce processus sera terminé.
Les logements sont construits par des constructeurs, pas par des conseils d'administration, et certainement pas grâce à des premiers ministres et à des séances de photos. Les experts en matière de logement qui ont comparu devant le comité des ressources humaines ont indiqué très clairement qu'ils n'auraient pas créé cet organisme. Nous avions déjà les outils nécessaires, et pourtant, nous nous retrouvons maintenant dans cette situation. Nous avons perdu une année entière, alors que la situation continue de s'aggraver, pour créer une quatrième structure bureaucratique fédérale qui ne règle en rien une crise enracinée avant tout dans la lenteur administrative.
Si nous ne réduisons pas les délais, nous ne réduisons pas les coûts. Le projet de loi ne s'attaque pas aux délais. Il crée simplement un empêcheur de tourner en rond qui n'a de comptes à rendre à personne et qui laisse les constructeurs complètement dans le noir. Cela ne crée que ce que j'appelle une illusion de compétence. Nous n'avons pas besoin d'un gouvernement qui agit comme une firme de relations publiques. Nous avons besoin d'un gouvernement qui se concentre sur le travail effacé et peu prestigieux qui consiste à dégager la voie, à éliminer les frictions réglementaires et à rétablir la compétence administrative de base. Nous devons cesser de mettre des bâtons dans les roues des constructeurs et de subventionner la bureaucratie.
Si nous cessions de créer de nouvelles agences et de nouvelles bureaucraties et de les subventionner à coups de milliards de dollars, peut-être aurions-nous alors les ressources nécessaires pour investir dans les besoins pressants en matière de logements sociaux et de logements avec services de soutien qui existent dans notre pays. Peut-être que si nous prenions le temps de discuter avec les chercheurs afin d'obtenir des données concrètes sur les besoins de notre pays en matière de nombre de logements sociaux, de logements avec services de soutien et de logements hors marché, nous pourrions fixer des objectifs. Nous aurions pu donner à la Société canadienne d'hypothèques et de logement les outils dont elle avait besoin pour veiller à ce que cela se produise.
Au lieu de cela, nous avons passé une année à mettre en place une nouvelle bureaucratie, et voilà où nous en sommes. La crise est plus grave que jamais, et le a le culot d'affirmer à la Chambre que l'objectif est d'en construire autant que possible. Les libéraux disent de ne pas s'inquiéter et de leur faire confiance, car ils sont au pouvoir depuis seulement 11 ans et ils ont élaboré des stratégies. Ils ont une autre stratégie qu'ils souhaitent mettre en place en matière de logements pour les jeunes en particulier.
Les Canadiens ne peuvent pas se contenter de stratégies, de déclarations et de séances de photos. Il leur faut des logements. Ils veulent que les pouvoirs publics cessent de mettre des bâtons dans les roues et qu'ils réduisent la bureaucratie, les coûts, les frais et les taxes.
Le gouvernement avait l'occasion d'agir. Je me suis dit que nous avions peut-être enfin un qui comprenait le dossier et l'enjeu, que nous devions utiliser les fonds fédéraux et tirer parti des investissements fédéraux dans les infrastructures pour obtenir des résultats à l'échelle locale, en collaboration avec les provinces et les villes, puis nous tasser du chemin. Or, rien de tout cela ne s'est produit. Aujourd'hui, tout ce que nous avons, c'est une quatrième instance bureaucratique chargée du logement de 13 milliards de dollars, et personne ici ne sait combien de logements seront réellement construits. C'est une énorme déception. Le gouvernement ne fait que donner l'illusion d'agir, et les Canadiens ne peuvent plus se le permettre.
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Monsieur le Président, prononcer un discours d'adieu au Parlement, c'est un peu comme faire son propre éloge funèbre, alors si je dois laisser un message à mes collègues, que ce soit ma gratitude personnelle pour avoir eu l'occasion de servir et de faire bouger les choses, ainsi que l'importance inébranlable de faire de la politique autrement.
La politique, c'est comme pousser un rocher en haut d'une colline. Je pense que nous avons tous ce sentiment à certains moments. C'est à la fois gratifiant et frustrant. C'est un progrès significatif à un moment donné et, en même temps, un travail inachevé. Il y a trois choses qui, selon moi, comptent lorsque nous poussons ce rocher vers le sommet. Parfois, il redescend sur nous, évidemment, et parfois, nous arrivons au sommet ou pensons y être arrivés. Nous avons besoin d'ambition, et je ne parle pas d'ambition sur le plan personnel; je parle d'ambition sur le plan des idées. Nous avons également besoin d'une équipe. Personne n'accomplit quoi que ce soit seul, et je n'aurais rien accompli au fil des ans sans mon équipe.
Une citation me vient à l'esprit. Elle dit que l'homme raisonnable s'adapte au monde, et que l'homme déraisonnable adapte le monde à lui-même, et c'est pourquoi tout progrès dépend de l'homme déraisonnable. Je pense qu'en politique, il faut parfois faire preuve d'une persévérance presque déraisonnable. Cela porte parfois ses fruits. J'ai eu la chance de participer à des efforts visant à faire avancer les choses à certaines occasions.
On a pris des mesures plus fermes pour lutter contre les changements climatiques et assurer une meilleure reddition de comptes, au profit de mes enfants et, espérons-le, de notre économie, ainsi que des mesures visant à réduire la pauvreté. Grâce à l'Allocation canadienne pour enfants, des centaines d'enfants sont sortis de la pauvreté. Par ailleurs, le Supplément de revenu garanti revêt une importance capitale pour les aînés. L'Allocation canadienne pour les travailleurs, anciennement connue sous le nom de Prestation fiscale pour le revenu de travail, a été considérablement bonifiée, permettant à des dizaines de milliers de travailleurs de sortir de la pauvreté. J'ai eu la chance de défendre leurs intérêts. Enfin, il y a aussi une nouvelle prestation pour les personnes handicapées qui doit bien sûr être améliorée et renforcée.
Quand je repense à ces dix dernières années, je me rends compte que ces prestations font partie du travail que nous avons réussi à accomplir ensemble. Si nous avons le courage d'entreprendre une réforme de la Sécurité de la vieillesse, nous pourrons en fait mettre fin à la pauvreté chez les aînés sans dépenser un seul dollar. J'espère que nous y parviendrons au cours des prochaines législatures.
Des mesures ont été prises pour défendre la concurrence et protéger les consommateurs. Parmi les nombreuses réalisations dont je suis fier, il y a le fait que les présidents et chefs de la direction des entreprises oligopolistiques n'aiment pas participer aux séances de comité où je suis présent, qu'il s'agisse des dirigeants de Rogers, de Bell, de Stellantis, de Facebook, d'Apple, de Google ou encore des géants de l'alimentation.
Il y a là toute une histoire, car au sein des comités, il est extrêmement important de collaborer, dans la mesure du possible, au-delà des lignes de parti. J'aurai 42 ans la semaine prochaine, mais le jour de mon anniversaire, il y a quelques années, j'étais vraiment furieux parce que les PDG des chaînes d'alimentation avaient tous communiqué entre eux pour mettre fin en même temps à leurs programmes de rémunération des héros mis en place pendant la pandémie pour les travailleurs à faible revenu. J'ai rédigé une motion sur mon téléphone. Nous avons réuni les membres du comité de l'industrie, convoqué les PDG des chaînes d'alimentation et travaillé de façon non partisane pour formuler des recommandations auxquelles le gouvernement a donné suite afin de criminaliser les ententes de fixation des salaires afin qu'une telle situation ne se reproduise plus jamais.
Nous avons construit plus de logements. J'ai participé à ces efforts et à la défense des droits. Nous en sommes arrivés à un point où, toutes allégeances confondues, nous savons tous qu'il faut mettre fin au zonage restrictif et nous écarter du chemin pour que le marché privé puisse jouer son rôle. Je pense qu'il y a encore du travail à faire pour offrir des logements hors marché et pour réellement traiter le logement avant tout comme un endroit où les gens vivent.
Des mesures ont été prises pour protéger les animaux, que ce soit pour mettre fin à la captivité des baleines et des dauphins, pour interdire l'enlèvement des nageoires de requin et les essais sur les animaux, en particulier les essais de produits cosmétiques, ou pour renforcer le Code criminel afin de lutter contre la cruauté envers les animaux. Si quelqu'un m'avait dit avant que je sois élu que j'allais assister à une conférence de presse aux côtés de Jane Goodall et de Murray Sinclair afin de plaider pour que les animaux soient bien traités, je ne l'aurais pas cru.
Nous traitons la toxicomanie comme un problème de santé et nous traitons les Canadiens comme des adultes responsables. Par exemple, nous avons légalisé le cannabis. Non, le ciel ne nous est pas tombé sur la tête, et maintenant je ne suis plus considéré comme un criminel. Nous devons continuer de nous fonder sur les données probantes pour sauver des vies et aborder la toxicomanie pour ce qu'elle est réellement: un problème de santé, tout comme les troubles de l'alimentation, la dépendance au jeu ou la dépendance à l'alcool.
J'ai été présent pour ma collectivité. Comme tous ceux d'entre nous qui ont servi pendant la pandémie et depuis, j'ai connu la frustration et l'épuisement, mais aussi le privilège d'être là pour mes concitoyens, de soutenir des milliers de personnes et de veiller à ce qu'elles puissent accéder aux prestations et au soutien dont elles avaient besoin dans les moments les plus critiques de leur vie.
J'ai aussi été présent pour mes concitoyens au cours de ce qui a sans doute été la période la plus pénible des 10 dernières années: j'ai été aux côtés des familles de Danforth, y compris la famille Fallon, à la suite de la fusillade de Danforth. J'ai ensuite pris part aux efforts pour venir en aide à ces familles et réclamer des mesures raisonnables de contrôle des armes à feu.
Je me suis bel et bien porté à la défense de mes concitoyens. Je me considère comme un intervenant plutôt efficace, mais un expert en rien. Mes concitoyens qui sont experts en quelque chose ou qui ont une expérience vécue m'ont soumis des idées. J'ai plein d'exemples en tête, mais je vais mentionner celui d'Helena Kirk, qui a survécu à un cancer pédiatrique. En travaillant main dans la main avec elle et d'autres intervenants, nous sommes parvenus à mobiliser des dizaines de millions de dollars pour la recherche et le soutien relativement aux cancers pédiatriques.
Nous nous sommes portés à la défense des droits de la personne ainsi que des libertés civiles. Nous avons aussi, comme on le sait, revendiqué le droit de mourir dans la dignité. Dès notre élection, nous nous sommes lancés dans ce dossier. L'un de mes premiers désaccords avec le gouvernement venait d'ailleurs du fait que, pour moi, il fallait rectifier le tir parce que le projet de loi ne me semblait pas constitutionnel. En ce qui a trait à la Loi sur les mesures d'urgence, j'ai dénoncé le fait qu'on y recoure de façon excessive. J'ai contribué à corriger une loi antiterrorisme d'un ancien gouvernement conservateur qui ratissait trop large. J'espère ne jamais avoir manqué de défendre les droits de la personne dans le monde, en toute conscience, au bénéfice des réfugiés rohingyas, des Ouïgours, des militants prodémocraties hongkongais, des Palestiniens et de beaucoup d'autres encore.
Pour faire de la politique sur le terrain des idées, durant la pandémie, j'ai remplacé mes assemblées publiques habituelles par l'animation d'un balado. J'ai eu la chance d'y accueillir beaucoup de collègues députés de toutes allégeances, et nos échanges ont vraiment axé le débat politique sur les idées. Quand j'y repense, c'est d'ailleurs une promesse que j'avais faite durant la course à l'investiture, en 2013 et en 2014.
Je pars avec, certes, un sentiment d'accomplissement à certains égards, mais aussi l'impression d'avoir laissé des choses en suspens. J'espère sincèrement que les prochaines législatures prendront plus au sérieux les inégalités de richesse et l'équité entre les générations. J'espère qu'elles prendront des mesures pour garantir que, dans un pays riche comme le nôtre, personne ne vive dans la pauvreté, et que chacun puisse vivre en gardant une dignité fondamentale.
J'espère que les décideurs prendront des mesures transformatrices pour favoriser la concurrence. Nous sommes un pays d'oligopoles, mais il ne devrait pas en être ainsi. J'espère que nous assisterons à un effort de guerre pour bâtir des logements et des infrastructures de transport et d'énergie propre, et que nous prendrons plus au sérieux l'aide et la coopération internationales en faveur de la paix. Nous aurions bien besoin d'un peu plus de l'esprit de Pearson en ce moment.
On sait tous que notre travail ne s'accompagne pas d'une description de tâches. Ce travail, on le bâtit soi-même. Pour ma part, j'ai assumé différents rôles au fil des ans, pas trop, mais quand même quelques-uns. J'ai notamment coprésidé le Caucus anti-pauvreté multipartite aux côtés de la sénatrice Pate, où nous avons plaidé en faveur de mesures de soutien du revenu de base et de renforcement du filet de sécurité sociale. J'ai par ailleurs contribué à la mise sur pied du caucus sur le bien-être des animaux, en collaboration avec des collègues libéraux. J'ai aussi été président du caucus du 416, dont les travaux ont permis d'améliorer l'offre de transports en commun et de logements dans notre ville. J'ai également présidé le Groupe canadien de l'Union interparlementaire.
Puis, dans l'exercice de mes fonctions de ministre du Logement, j'ai livré des résultats concrets pour tous les partis en accélérant la construction de logements. Cette période a été l'une des plus occupées de ma vie, et ma femme peut en témoigner. Je n'aurai servi que quatre mois, mais sous deux premiers ministres.
Cela dit, le rôle que j'ai le plus souvent assumé, et celui auquel j'ai consacré le plus d'énergie, est celui d'une voix guidée par des principes au Parlement: une voix qui prend les idées au sérieux, qui est prête à collaborer avec les autres partis, qui agit avec intégrité et qui, surtout, fait preuve d'honnêteté, la valeur la plus importante dans cette enceinte.
J'ai écrit cela il y a un certain temps, et je le crois sincèrement. Je pense que nous sommes tous d'accord pour dire qu'aucun parti politique ne reflète parfaitement tous nos points de vue. Nous trouvons le parti qui représente le mieux nos points de vue et nos valeurs, puis nous nous efforçons de rapprocher notre parti et notre pays de ces objectifs. Pour ma part, j'estime que mon rôle était de pousser le gouvernement à être le meilleur de lui-même. C'est vrai que nous étions parfois en désaccord, mais nous étions en désaccord sur des idées et, plus souvent qu'autrement, avec du temps et de la persévérance, il était possible de faire évoluer les choses.
Je vais parler de l'importance de l'indépendance. J'en parlais justement à mon épouse. Lors de la course à la direction du Parti libéral de l'Ontario en 2023, j'ai participé à un événement dans le comté de Norfolk. Une femme est arrivée en camionnette devant le café où je m'apprêtais à entrer pour l'événement. Elle avait tous les autocollants anti-Trudeau imaginables. Sa camionnette était complètement recouverte. Je suis allé à l'événement et j'ai vu qu'elle avait un gros cartable d'articles à mon sujet. Je ne savais pas trop comment tout ça allait se terminer.
J'ai prononcé mon discours et j'ai parlé des idées qui me tenaient à cœur, mais aussi de la façon dont je voulais faire de la politique. Puis j'ai fait le tour des tables pour parler aux gens et, quand je suis arrivé à sa table, elle a rapidement fermé son cartable et m'a dit: « Vous savez quoi? J'ai bien aimé ce que vous avez dit au sujet de l'indépendance. Il nous en faut plus en politique. » Ce qui me frappe, c'est qu'en prenant un peu de recul, on constate qu'il y a plus de choses sur lesquelles nous sommes d'accord que l'inverse. Mais surtout, lorsque nous sortons de cette enceinte, la très grande majorité des députés des deux côtés de l'allée privilégient la même approche en politique.
Quand je me suis présenté pour la première fois comme candidat à l'investiture, alors que j'avais 29 ans et que je n'avais aucune idée de ce que je faisais, un ami de la faculté de droit m'a offert un livre intitulé Tragedy in the Commons. Je ne sais pas si les députés l'ont lu, mais il s'agit d'une série d'entretiens menés auprès d'anciens parlementaires à la fin de leur mandat. Ils disent tous, en substance, la même chose. C'est une succession de reproches. Ils disent notamment que quand ils sont venus à Ottawa, ils voulaient faire changer les choses le plus possible pour leur collectivité, mais qu'une fois sur place, ils se sont contentés de lire les points de discussion préfabriqués qu'on leur avait donnés, de prononcer les discours rédigés par leurs collaborateurs et de voter comme on leur disait de le faire. Ils n'ont pas réussi à faire changer les choses comme ils l'avaient souhaité.
Quand j'ai été élu, je me suis dit que je n'allais pas tenir une entrevue de départ de ce genre. Au fond de moi, j'ai toujours gardé à l'esprit cette citation de Kurt Vonnegut: « Nous sommes ce que nous prétendons être, donc nous devons faire attention à ce que nous prétendons être. » Je pense d'ailleurs que c'est doublement vrai en politique. C'est mon dernier discours, mais, si je repense à mon premier discours — et pour juger à la fin, il faut parfois revenir au début —, j'avais dit à l'époque que je mettrais l'accent sur l'importance de l'indépendance à la Chambre, sur l'importance de la réflexion et sur l'importance de demeurer raisonnable malgré le désaccord.
Si je dois laisser un message aux députés, c'est celui-ci: nous devons tous agir en fonction de ce que nous souhaitons pour cette institution. Nous avons besoin de plus d'idées, d'une pensée plus indépendante et de plus d'honnêteté. L'honnêteté est essentielle à la confiance, et la confiance est le fondement même de notre démocratie représentative. Malgré la centralisation, la pression et la discipline de parti, nous devons agir en fonction de ce que nous souhaitons pour la Chambre.
Oui, j'entends déjà la réponse habituelle: « La politique est pourtant un sport d'équipe, non? » Tout d'abord, je dirais que nous sommes avant tout des mandataires de l'intérêt public, même si cela implique, certes, d'être parfois convoqués au bureau du whip. Nous remportons tous les élections en équipe, mais nous devons nous rappeler pourquoi nous les remportons. Nous remportons les élections pour faire avancer des idées. Nous ne trouvons pas des idées pour gagner des élections.
La deuxième chose à dire, c'est que nous sommes aussi les porte-parole de nos régions respectives, et la population de ces régions fait aussi partie de notre équipe. Quand je retourne à l'épicerie de mon quartier et que je croise un ami de l'école secondaire, il fait partie de mon équipe. Quand je rentre chez moi et que je croise le bénévole qui a fait du porte-à-porte avec moi sous la neige en 2015, il fait aussi partie de mon équipe.
Je tiens simplement à dire que, oui, je suis très fier d'appartenir au caucus libéral depuis 2015. Je suis encore plus fier de représenter la circonscription de Beaches—East York. Je tiens à remercier Beaches—East York et tous les membres de ma collectivité. Je remercie toutes les personnes qui m'ont soutenu pour tout ce qu'elles ont fait. Je tiens avant tout à remercier Amy et ma famille, surtout pour m'avoir supporté, mais aussi pour m'avoir soutenu.
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Monsieur le Président, je n'aurais pas dû utiliser cette phrase au début de mon intervention. J'avais l'impression de prendre la parole à mes propres funérailles, mais je viens d'entendre d'autres personnes s'exprimer à cette occasion.
Par où commencer? Mon épouse est cheffe cuisinière et c'est pour cette raison que nous avons une si belle cuisine.
Je n'ai rien contre le qualificatif « franc tireur ». Je suis un politicien sans gêne qui aime se faire élire, et cela ne fait pas de mal, mais je me suis toujours considéré davantage comme un réformateur. Je ne suis pas seul ici, à prononcer ce discours.
Je pense aux différentes questions que j'ai soulevées au fil des ans. Lorsque j'ai soulevé pour la première fois des questions relatives à la protection de la vie privée, nous avons travaillé en collaboration au sein du comité. Le consensus était quasi unanime au lendemain du scandale Cambridge Analytica, mais la protection de la vie privée ne figurait pas au programme du gouvernement. C'est ensuite devenu un projet de loi d'initiative ministérielle inscrit au programme du gouvernement, à l'instar du gouvernement numérique dont vient de parler le député de . Nous avons abordé le sujet très tôt et il fait désormais partie intégrante du programme du gouvernement, qui reconnaît que nous menons notre vie en ligne et que nous avons besoin de lois pour respecter et prendre en compte cette réalité.
La Prestation fiscale pour le revenu de travail, qui est devenue l'Allocation canadienne pour les travailleurs, était une résolution de caucus que j'avais présentée et qui est ensuite devenue une politique du gouvernement.
Je ne veux pas me mettre les pieds dans les plats, mais l'ancien premier ministre m'a appelé peu après la naissance de mon deuxième fils, en décembre 2019. Je lui ai dit: « Monsieur le premier ministre, merci beaucoup de m'avoir appelé. Je dois être honnête. Ça ne va pas vous plaire, mais je viens encore de remporter la loterie des projets de loi d'initiative parlementaire et je vais faire quelque chose au sujet de la politique sur les drogues. » Il y a eu un silence au téléphone. J'ai dit: « Nous pouvons collaborer. Je pourrais faire cavalier seul et décriminaliser la consommation de drogues, mais donnez-moi un conseiller de votre cabinet, un conseiller du ministère de la Santé et un conseiller du ministère de la Justice, et nous trouverons un consensus et ferons avancer les choses. » C'est ce que nous avons fait; nous avons modifié la loi, et aujourd'hui, nous traitons la consommation de substances davantage comme un problème de santé qu'auparavant.
Je pense que la persévérance est la bonne attitude. Je pense que la patience est la bonne attitude. Je pense que travailler en collaboration tout en conservant un sens de l'indépendance fondée sur des principes est également un élément important du tableau.
Ce fut un plaisir de travailler avec les députés. J'ai hâte de nager dans cette piscine. Ils n'ont qu'à me prévenir quand elle sera prête, et je serai à Vancouver.
En conclusion, comme tout le monde a donné des conseils, je dirais au chef du NPD, qui est nouveau, de rester fidèle à ses principes. Je dirais au de rester fidèle à ses valeurs. Je dirais au de trouver son côté sincère et sérieux, et la situation pourrait s'améliorer. Quoi qu'il en soit, je remercie tout le monde.
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Monsieur le Président, je souhaite la meilleure des chances à mon ami et collègue dans ses futures entreprises, quelles qu'elles soient, et je tiens à saluer sa famille, son personnel et ses amis, qui, j'en suis sûr, sont vraiment désolés de le voir partir. D'autres passeront un peu plus de temps avec un être cher.
Cela dit, je veux entrer directement dans le vif du sujet et parler de certaines déclarations du Parti conservateur que j'ai entendues aujourd'hui. Je dis souvent que les conservateurs aiment induire les Canadiens en erreur. Aujourd'hui, encore une fois, nous avons droit à un bon exemple.
Je crois que le a déjà été maire. Il pourra me corriger si je me trompe. Lors de son intervention, il a essentiellement dit que les municipalités n'ont pas besoin d'aide pour gérer les formalités administratives et réduire le coût de la planification et qu'elles n'en veulent pas. Il devrait se rendre dans certaines municipalités, et j'encourage vraiment les députés d'en face à faire de même. Certains d'entre eux l'ont fait. Je me souviens d'une campagne de lettres de plusieurs députés conservateurs qui demandaient un soutien financier.
La Ville de Winnipeg, par exemple, a énormément bénéficié des politiques nationales en matière de logement. Je pense notamment au Fonds pour accélérer la construction de logements. Selon le maire et les conseillers municipaux, ce programme a obtenu un vaste appui et, par conséquent, des centaines de logements ont été construits. Affirmer, comme le font constamment les conservateurs, que le gouvernement fédéral devrait simplement se tasser et qu'il n'a pas de rôle à jouer en matière de logement, c'est, au mieux, une erreur. En fin de compte, cela constitue une menace, si l'on considère que les conservateurs pourraient un jour reprendre les rênes du pouvoir, en particulier les conservateurs d'extrême droite que nous voyons jour après jour ici, à la Chambre des communes.
Le Parti conservateur d'aujourd'hui n'aurait jamais soutenu des organismes comme la Société canadienne d'hypothèques et de logement, qui existe depuis des générations, qui a assuré la stabilité de notre régime hypothécaire et qui a permis à des millions de Canadiens d'obtenir le financement nécessaire pour devenir propriétaires. Je me demande où en sont aujourd'hui la droite conservatrice et ses politiques. Ses députés ont clairement indiqué qu'ils n'appuyaient pas le projet de loi . Je n'en suis pas surpris.
Je peux dire à la Chambre que, au bout du compte, le Parti conservateur se trompe encore une fois, puisqu'il ne comprend pas la différence entre la Société canadienne d'hypothèques et de logement et la Société immobilière du Canada et ce que nous proposons dans le projet de loi sur Maisons Canada.
Arnold Viersen: Nous comprenons la différence.
L'hon. Kevin Lamoureux: Monsieur le Président, non, ils ne comprennent pas vraiment la différence. Du moins, s'ils comprennent, ce n'est pas ce qu'ils démontrent, puisqu'ils passent leur temps à demander ce qui les différencie. Ils ne comprennent pas.
Monsieur le Président, je suis sûr que vous comprenez, mais le Parti conservateur, lui, ne comprend pas. Du moins, les députés qui ont pris la parole ne comprennent manifestement pas, car s'ils comprenaient, ils verraient l'intérêt d'adopter ce projet de loi. Maisons Canada a le potentiel de réaliser beaucoup de choses différentes, ce que le Parti conservateur devrait finir par reconnaître, avec le temps. La différence fondamentale entre les libéraux et les conservateurs sur cette question, c'est que nous, la grande majorité des Canadiens et toutes les provinces et tous les territoires — en tant que participants aux programmes fédéraux —, nous reconnaissons que le gouvernement fédéral a un rôle à jouer en matière de logement. C'est un fait qui ne devrait pas être remis en question.
On s'attendrait à ce que les conservateurs comprennent. Cela dit, je ne suis pas surpris. Quand le chef du Parti conservateur était ministre du Logement, son ministère n'a fait construire que six logements. J'ignore où ces logements se trouvent, mais voilà le bilan apparemment. Dans ce contexte, doit-on vraiment être surpris par ce que les conservateurs disent aujourd'hui? Pas du tout.
S'ils prenaient le temps d'écouter leurs concitoyens et s'ils voulaient vraiment augmenter l'offre de logements, ou s'ils regardaient les mesures proposées par le gouvernement, et en particulier par le , dans le programme électoral pour faire baisser le coût de la vie, et donc celui du logement, ils constateraient les résultats: un an plus tard, le prix des logements et des loyers a baissé. Nous avons un gouvernement qui ne ménage aucun effort pour élargir le marché immobilier. Pendant ce temps, les conservateurs nous demandent de nous tasser du chemin. Je ne comprends pas comment ils peuvent penser que des logements abordables vont apparaître de nulle part.
Une voix: C'est une solution.
L'hon. Kevin Lamoureux: Non, monsieur le Président, ce n'est pas une solution. C'est une idée débile avancée par les députés conservateurs.
Au bout du compte, l'immense majorité des Canadiens reconnaissent...