propose que le projet de loi , soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.
— Monsieur le Président, le discours que je vais prononcer est peut-être le plus important de toute ma carrière de député jusqu'à maintenant parce que les promesses que nous faisons à nos concitoyens, en particulier aux familles des victimes d'actes criminels, sont les plus importantes, et je pense que tous les députés peuvent en convenir. Je suis député depuis huit ans, et c'est la première fois que j'ai l'occasion de présenter ce projet de loi d'initiative parlementaire.
Le projet de loi a été nommé en l'honneur de Lyle et de Marie McCann, de St. Albert, en Alberta. Ils ont été brutalement assassinés en 2010. Leur tueur est actuellement derrière les barreaux, mais, à ce jour, on ignore où se trouvent leurs corps.
Je tiens d'abord à lire une déclaration de leur fils, Bret McCann, au nom de la famille McCann. On peut y lire ceci: « Le 3 juillet 2010, Travis Vader a tué mes parents, Lyle et Marie McCann. Au début de 2017, il a été condamné à une peine d'emprisonnement à perpétuité pour ce crime ignoble.
« Vader n'a jamais admis avoir commis ce crime odieux.
« Notre douleur est infinie. Nous n'oublierons jamais ce qu'il a fait et nous ne lui pardonnerons jamais.
« Nous savons qu'il est essentiel pour sa réadaptation qu'il admette avoir commis le meurtre de mes parents. C'est un prérequis à toute possibilité qu'il ait un jour un rôle à jouer dans la société normale.
« Dans le cadre de cet aveu, il faudrait également que Vader informe les autorités de l'emplacement des dépouilles de mes parents. Il est très important pour moi et pour ma famille que leurs dépouilles soient retrouvées et enterrées comme il se doit. Je pense qu'il s'agit d'un aspect essentiel de notre deuil, et la seule personne qui sait où se trouvent les dépouilles de mes parents n'a rien dit. Vader doit révéler ce qu'il a fait de leurs dépouilles.
« Des lois qui interdisent la libération conditionnelle en l'absence de corps ont été adoptées en Australie pour aider les familles des victimes de meurtre à tourner la page. Parallèlement, le Royaume‑Uni a mis en œuvre la “Helen's law”.
« À l'instar de nos pays partenaires du Commonwealth, nous devrions mettre en œuvre une telle mesure législative, soit le projet de loi , au Canada. »
Le 3 juillet 2010, Lyle McCann, 78 ans, et Marie McCann, 77 ans, de St. Albert, ont entrepris un voyage en voiture vers la Colombie‑Britannique. Ils étaient en route pour aller chercher leur fille à Abbotsford, en Colombie‑Britannique. Malheureusement, ils n'y sont jamais arrivés. Le soir du 5 juillet, leur autocaravane a été incendiée dans un terrain de camping près d'Edson, en Alberta. L'enquête a mené à l'arrestation et à la condamnation de leur tueur, Travis Vader.
Bien qu'il soit rare qu'une personne soit reconnue coupable de meurtre sans qu'un cadavre n'ait été trouvé, un juge a décidé que la quantité impressionnante de preuves lui permettait de conclure hors de tout doute raisonnable que Travis Vader avait commis les meurtres. Travis Vader est toujours derrière les barreaux, mais il a été admissible à une libération conditionnelle pas plus tard que l'année dernière. Il a toujours refusé de divulguer l'emplacement des restes de ses victimes, ce qui signifie que la famille n'a jamais été en mesure d'organiser des funérailles en bonne et due forme et de tourner la page.
Je crois que le fait de ne pas divulguer les renseignements qui permettraient de récupérer les restes des victimes constitue un crime en soi contre la famille des victimes. À l'heure actuelle, ce crime n'entraîne aucune conséquence. Or, l'idée qu'un tueur puisse bénéficier d'une libération conditionnelle alors qu'il continue de refuser de fournir ces renseignements est tout simplement odieuse pour les Canadiens.
Le projet de loi propose de remédier à cette injustice en donnant aux juges, aux commissions des libérations conditionnelles et aux autorités correctionnelles de nouveaux pouvoirs pour tenir compte, au moment de la détermination de la peine, lors des audiences de libération conditionnelle et dans le cadre d'autres décisions relatives à la mise en liberté, du refus d'un délinquant de coopérer à la divulgation de l'emplacement des restes de la victime. À l'heure actuelle, les juges et les commissions des libérations conditionnelles ne sont pas tenus d'examiner le refus d'un délinquant de divulguer ces renseignements. Le projet de loi actuel vise à modifier trois lois: le Code criminel, la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition et la Loi sur les prisons et les maisons de correction.
Les modifications au Code criminel visent à atteindre l'objectif suivant: au moment de la détermination de la peine, une fois le délinquant condamné, le tribunal considérera comme une circonstance aggravante le refus du délinquant de fournir des renseignements sur l'endroit où ses victimes se trouvent. Si le tribunal décide de ne pas tenir compte du refus du délinquant de fournir ces renseignements, il doit motiver sa décision. Cette mesure vise à assurer la reddition de comptes et la transparence envers les familles des victimes qui, trop souvent, ne comprennent pas ce qui se passe devant les tribunaux.
Si un délinquant est condamné à une peine d'emprisonnement d'au moins deux ans, jusqu'à perpétuité, et qu'il refuse de fournir des informations sur l'emplacement des restes de sa victime, le tribunal a le pouvoir discrétionnaire d'ordonner qu'il ne soit pas admissible à la libération conditionnelle avant d'avoir purgé la moitié de sa peine jusqu'à concurrence de 10 ans. Au moment de la détermination de la peine, le juge devra décider, en se fondant sur le résumé des faits, s'il estime que le délinquant détient des renseignements importants qui pourraient mener à la découverte des restes de la victime. Dans les cas où le juge estime que le délinquant ne détient pas de tels renseignements, il pourra décider de ne pas exercer ce pouvoir.
Si ce pouvoir est exercé et que le délinquant fournit par la suite des renseignements permettant de retrouver le corps de la victime, ou si les circonstances qui ont conduit à la mise en place de cette ordonnance cessent d'exister, par exemple si le corps est retrouvé, le tribunal aura alors le pouvoir de révoquer cette ordonnance.
Les modifications apportées à la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition sont les suivantes: le projet de loi ajoute un paragraphe à l'article 102 selon lequel la Commission des libérations conditionnelles a le pouvoir discrétionnaire de refuser d'autoriser la libération conditionnelle du délinquant si elle est convaincue qu'il cache des renseignements concernant l'emplacement des restes, sur la base du résumé des faits établis par le juge qui a prononcé la peine. Il propose également de modifier par adjonction l'article 116 pour que la Commission des libérations conditionnelles ait le pouvoir discrétionnaire de refuser d'autoriser le délinquant à sortir sans escorte si elle est convaincue qu'il dissimule des renseignements concernant l'emplacement des restes.
Les modifications apportées à la Loi sur les prisons et les maisons de correction sont les suivantes: la coopération pour retrouver les restes des victimes sera prise en compte pour accorder des permissions temporaires de sortir. Ce sont des circonstances où un détenu pourrait être autorisé à sortir de prison pour des raisons humanitaires ou autres. Ces demandes pourraient être refusées si un détenu continue de cacher l'endroit où se trouve une dépouille.
La Charte des droits et libertés garantit le droit d'un accusé de ne pas être contraint de témoigner. Un tel témoignage pourrait l'incriminer. Il s'agit d'une protection constitutionnelle très importante. Le projet de loi ne prévoit aucune conséquence pour un accusé qui témoigne dans le but de fournir des renseignements pertinents sur la dépouille de ses présumées victimes. Ces pouvoirs législatifs entreraient en vigueur seulement après qu'un accusé a été reconnu coupable d'un crime ayant causé la mort d'une personne et qu'un juge a déterminé, à la lumière des faits au dossier, que le contrevenant possède des renseignements qu'il refuse de divulguer. Cette disposition renforce les outils du système de justice pour tenir les contrevenants responsables de leurs actes.
Soyons clairs: si un contrevenant coopère et que les restes de sa victime sont trouvés, cela ne lui donnera aucune garantie de libération conditionnelle. La Commission des libérations conditionnelles devra tout de même tenir compte d'un certain nombre de facteurs, y compris la menace pour la collectivité et d'autres facteurs.
Il est important de souligner que le projet de loi a été conçu pour préserver le plein pouvoir discrétionnaire des juges, des commissions des libérations conditionnelles et des responsables des services correctionnels. Un juge qui décide de ne pas exercer le pouvoir en question peut expliquer sa décision afin d'assurer une reddition de comptes et une transparence pour les familles. Ces dispositions visent à faire passer les droits des victimes et de leur famille en premier, comme le veut la Charte canadienne des droits des victimes.
Même si le meurtrier des McCann a été reconnu coupable et incarcéré, il continue de traumatiser la famille en ne révélant pas l'emplacement de ses victimes. Bien que ce soit l'affaire McCann qui ait motivé ma démarche aujourd'hui, ce n'est malheureusement pas un cas isolé.
En 2014, Kathy Liknes, le jeune Nathan O'Brien, 5 ans, et Alvin Liknes, 66 ans, ont été assassinés à Calgary, en Alberta. Au petit matin du 30 juin, leur meurtrier avait réussi à ouvrir l'une des serrures de la maison et à entrer par effraction. Les circonstances de ce meurtre sont choquantes, troublantes et horribles, et je n'en parlerai pas à la Chambre aujourd'hui. Je mentionnerai simplement que, par pure coïncidence, un avion appartenant à une entreprise de cartographie numérique a pris une photo qui montrait les corps étendus face contre terre sur la propriété de la personne condamnée. Lorsque le même avion a survolé cette zone le lendemain, les cadavres avaient disparu. Le meurtrier a été reconnu coupable de deux chefs d'accusation de meurtre au premier degré et d'un chef d'accusation de meurtre au deuxième degré. Il refuse de dire où se trouvent les restes de ses victimes. Il n'a jamais exprimé de regrets ou de remords. Le juge qui a prononcé la peine a déclaré qu'il était difficile d'imaginer « un ensemble d'événements plus sournois, plus cruels et plus horribles ».
Il y a aussi le meurtre de Lyne Massicotte, une femme de 43 ans assassinée à Québec en juillet 2003. Elle était de passage à Québec pour rencontrer un homme dont elle avait fait la connaissance en ligne. Ce n'est qu'au début de 2010 que la police a finalement arrêté son tueur. Selon des informations découvertes dans le cadre d'une enquête policière secrète, son tueur avait admis l'avoir étranglée et tuée. Après avoir porté atteinte à son corps, il l'a jeté sur les berges du fleuve Saint‑Laurent. Même si ce drame remonte à plus de 20 ans, les sœurs et les amis de Lyne Massicotte n'ont jamais pu trouver la paix, parce que ses restes n'ont jamais été retrouvés. Son tueur sera admissible à une libération conditionnelle en 2035.
Il y a la saga des femmes autochtones disparues ou assassinées. Bien que les femmes autochtones représentent 4 % de la population féminine du Canada, 10 % des femmes disparues au pays et 16 % de toutes les victimes de féminicides sont Autochtones. Selon l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées de 2019, les femmes autochtones sont 12 fois plus susceptibles d'être assassinées ou portées disparues que les femmes non autochtones. En 2022, au moins quatre femmes autochtones ont été assassinées par un tueur en série. Les restes de Morgan Harris, de Marcedes Myran et de Rebecca Contois ont été retrouvés dans des sites d'enfouissement. Cependant, les restes de la quatrième victime, Ashlee Christine Shingoose, n'ont jamais été retrouvés.
Le tueur a été reconnu coupable de quatre chefs d'accusation de meurtre au premier degré. Toutefois, il n'a manifesté aucun remords pour ses actes et n'a jamais collaboré à la recherche des restes de ses victimes. Ce tueur sera admissible à la libération conditionnelle en 2047.
L'été dernier, dans ma circonscription, il y a eu le cas de Samuel Bird. En juin, un jeune garçon de 14 ans de la Première Nation de Paul, Samuel Bird, a disparu. Après des recherches exhaustives, son corps a été retrouvé juste au sud de ma ville, Stony Plain, le 16 octobre, soit quatre mois et demi après sa disparation.
Je tiens à souligner les efforts exceptionnels de toutes les personnes concernées. Bien que les enquêteurs aient déclaré qu'il s'agissait de l'une des affaires les plus difficiles dans lesquelles ils sont intervenus, le dévouement indéfectible des policiers, des membres de la famille et des volontaires a permis à Samuel d'avoir une sépulture convenable. Le meurtrier présumé a été accusé de 14 infractions. Même si la découverte du corps de Samuel Bird permettra à sa famille de faire une partie de son deuil, l'accusé a déployé des efforts concertés évidents pour cacher le corps dans le but qu'on ne le retrouve jamais.
En réaction à cette récente affaire, l'Assemblée des chefs des Premières Nations signataires des traités nos 6, 7 et 8 a adopté la résolution suivante lors de son congrès:
Nous soutenons le renforcement de la reddition de comptes en obligeant les délinquants reconnus coupables de crimes graves à divulguer l'emplacement des restes des victimes avant que ne puisse être examinée la possibilité de leur accorder une libération conditionnelle ou que l'on détermine leur peine, car nous reconnaissons que cette information peut aider les familles des [personnes autochtones disparues et assassinées] à tourner la page et à guérir.
Pas plus tard qu'aujourd'hui, nous avons reçu la nouvelle choquante que l'un des tueurs de Laura Babcock, Dellen Millard, a été transféré d'une prison à sécurité maximale à une prison à sécurité moyenne. Laura Babcock est disparue au début du mois de juillet 2012 et son corps n'a jamais été retrouvé. On croit que les deux tueurs s'en seraient débarrassés dans un incinérateur pour animaux. Même si le corps n'a jamais été retrouvé, une preuve accablante a mené à leur condamnation pour meurtre au premier degré.
Pas plus tard qu'hier, même s'il a poignardé un autre prisonnier aussi récemment qu'en 2023, Millard a été transféré à une prison à sécurité moyenne, ce qui a été accordé dès 2021 à son complice, Mark Smich. Ce transfèrement s'est fait malgré le refus des meurtriers d'admettre le crime dont ils ont été reconnus coupables et de divulguer l'emplacement des restes de Laura Babcock.
Même si ces meurtriers ont été condamnés et qu'ils sont incarcérés, le traumatisme des victimes et de leur famille perdure à ce jour. Au cours du procès de Travis Vader, le meurtrier de la famille McCann, celui-ci a affirmé que l'absence d'éléments de preuve physique prouvait qu'il n'était pas coupable. Il a été condamné parce que la preuve était accablante et prouvait hors de tout doute raisonnable qu'il avait commis les meurtres.
J'ai entendu certains affirmer que cette mesure législative ne devrait peut-être pas être adoptée parce que des personnes reconnues coupables d'un crime pourraient être innocentes et que cette mesure pourrait ainsi être utilisée contre elles. Ma réponse est simple: si on suit cette logique, pourquoi emprisonner quiconque clame son innocence? Notre système judiciaire protège le principe de la présomption d'innocence, mais, une fois qu'une personne a été reconnue coupable d'un crime au-delà de tout doute raisonnable, il n'appartient pas à la Commission des libérations conditionnelles de remettre en question la légitimité de ce jugement.
L'an dernier, Travis Vader était admissible à la libération conditionnelle, et la Commission des libérations conditionnelles avait seulement deux facteurs clés à prendre en considération: si sa libération présenterait un risque excessif pour la société, et si sa libération favoriserait la protection de la société. Travis Vader n'a jamais été tenu de fournir des renseignements importants qui auraient permis de retrouver les restes de ses victimes. Il n'a jamais été contraint de reconnaître sa culpabilité, et il n'a pas été tenu responsable d'avoir caché ces renseignements aux familles. Bret McCann a raconté que, tout au long du procès, Vader n'avait cessé de se moquer de la famille McCann en souriant narquoisement et en faisant des gestes obscènes.
L'idée que quelqu'un puisse bénéficier d'une libération conditionnelle et être autorisé à se promener dans les rues du pays alors qu'il refuse de révéler l'information sur l'emplacement des restes de ses victimes est révoltante. C'est une injustice, et ce projet de loi vise à y remédier.
Ce n'est pas parce qu'un meurtrier est poursuivi en justice et incarcéré que les familles des victimes peuvent faire pleinement leur deuil. En réalité, les familles des victimes ne pourront jamais tourner la page, mais le fait de ne pas avoir les restes de leur proche est un traumatisme permanent qu'elles vivent au quotidien. Tant que les restes ne sont pas retrouvés, la dignité des victimes et le bien-être de leur famille sont minés.
J'ai présenté ce projet de loi parce que je crois que les familles ont le droit de savoir où se trouvent leurs proches. Elles ont le droit de leur offrir des funérailles dignes. Les individus qui n'ont pas la décence fondamentale de leur permettre de récupérer les restes pour organiser des funérailles doivent être tenus responsables.
Je n'ai pas fait de cette question un enjeu partisan. J'espère que tous les partis appuieront cette mesure législative sensée qui est nécessaire pour soutenir les familles.
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Monsieur le Président, je prends la parole au sujet du projet de loi . Je crois que tous les députés, voire tous les parlementaires, sympathisent avec les familles des victimes dans les situations qu'on a décrites cet après-midi.
Je crois que certaines situations fortement médiatisées parlent beaucoup aux gens. Le député qui a présenté le projet de loi a parlé d'une situation qui s'est produite dans ma province, le Manitoba. Je surveille depuis des années le dossier des femmes et des filles autochtones tuées ou portées disparues. En 2010‑2011, je crois qu'au moins 1 200 personnes étaient portées disparues — voire 1 400 selon certains.
Il faut savoir qu'encore aujourd'hui des femmes et des enfants autochtones se font tuer ou sont portés disparus. Cela se produit dans nos collectivités, et nous devons faire plus pour y remédier partout où nous pouvons agir. En somme, cela signifie collaborer avec les provinces, les divers intervenants, les dirigeants autochtones et les membres de la collectivité pour faire en sorte que les femmes et les filles se sentent en sécurité là où elles vivent. Nous prenons cette affaire très au sérieux.
Je m'en voudrais de ne pas mentionner la situation qui s'est transformée en dossier politique très chaud lors des dernières élections provinciales au Manitoba. On a découvert qu'il y avait un tueur en série. Je crois que c'est parce qu'on a fouillé une poubelle en acier dans une ruelle et qu'on a trouvé un membre appartenant à une victime. Je ne mentionnerai pas le nom du tueur, car je ne veux lui donner aucune notoriété, aussi horrible et négative soit-elle.
Pour autant que je sache, il y a eu au moins quatre victimes. Les tribunaux auront peut-être davantage de détails à donner là-dessus, car je n'ai pas suivi l'affaire d'aussi près. Il y a eu quatre victimes, et la police était presque certaine que le tueur s'était débarrassé des corps dans un site d'enfouissement au nord de la ville. Cette découverte a eu des répercussions non seulement sur les familles, mais aussi sur la collectivité, et le dossier a pris beaucoup d'ampleur lors des élections provinciales.
Il faut féliciter le premier ministre Wab Kinew d'avoir affecté des ressources financières à ce dossier, auxquelles se sont ajoutées des ressources fédérales. Je dois indiquer que les ressources fédérales ont été fournies dès le début. Le site d'enfouissement a fait l'objet d'une fouille approfondie. Il était très encourageant d'avoir pu récupérer au moins une partie des restes, soit ceux de Mme Harris et de Mme Myran, ce qui a permis de procéder à une inhumation traditionnelle en bonne et due forme et qui a permis non seulement à leur famille et à leurs amis, mais aussi à la collectivité dans son ensemble de tourner la page.
Je pense que nous comprenons tous qu'il est important de pouvoir identifier les restes des victimes et de permettre aux familles et aux amis de les récupérer. J'ose croire que tous les députés appuient une telle chose, peu importe leur allégeance politique.
J'ai posé une question au député d'en face au sujet de l'indépendance judiciaire et du type de décision que prendrait un juge au moment de déterminer la peine. Il faut reconnaître qu'aujourd'hui, les juges peuvent essentiellement tenir compte de tout ce que propose le député d'en face. Si je devais faire quelques observations très succinctes à ce sujet, je dirais que le projet de loi pourrait engendrer des contradictions et raccourcir les périodes d'inadmissibilité à la libération conditionnelle pour les auteurs de meurtre au premier ou au deuxième degré. Ainsi, les juges pourraient choisir une période d'inadmissibilité à la libération conditionnelle plus courte pour ces infractions.
Cela n'aurait pas nécessairement pour effet d'allonger les périodes d'inadmissibilité à la libération conditionnelle, comme il est indiqué. Rien ne garantit cela, même avec le projet de loi proposé. Comme je l'ai indiqué, lorsque l'on pense aux facteurs connexes qui peuvent être et sont déjà pris en compte lors de la détermination de la peine, le tribunal a déjà le pouvoir de retarder l'admissibilité à la libération conditionnelle, y compris pour les homicides involontaires coupables.
J'ai toujours été un fervent défenseur de la Charte des droits. Je me souviens du moment où elle a été signée. J'étais déjà né à l'époque. J'accorde beaucoup d'importance aux droits et libertés dont nous jouissons tous. Je ne suis pas certain que le projet de loi proposé soit conforme à la Charte. Je ne sais pas si le député a une opinion à ce sujet. Si j'avais une question complémentaire, c'est celle-là que je lui poserais. Il y aura deux heures de débat là-dessus, mais le député pourrait peut-être, dans ses conclusions, nous faire part de ses réflexions à ce sujet.
L'autre point que j'ai souligné dans les questions, pour en dire plus à ce sujet, c'est qu'on a entendu de vives inquiétudes de la part de certains députés qui ne reconnaissent pas nécessairement le plein rôle des juges dans les tribunaux. Je ne suis pas convaincu par l'impression que le député tente de donner, à savoir que les victimes ne seraient pas déjà bien servies par le processus actuel. En examinant le projet de loi, en le comparant à la Charte et en examinant les chevauchements, on constate que rien ne dit que des peines prolongées seraient envisagées si l'emplacement d'un corps n'était pas divulgué.
J'ai un grand nombre de réserves à l'égard du projet de loi. J'invite le député à examiner certaines des autres observations qui ont été faites, même les siennes, lorsqu'il a dit qu'il ne faisait pas de politique.
Les conservateurs ont parlé des niveaux de sécurité dans nos prisons. Dans certaines prisons, le niveau de sécurité est plus élevé, dans d'autres, moins élevé. Je crois que nous constaterons que des meurtriers d'enfants ont été transférés de prisons à sécurité maximale à des prisons à sécurité minimale, même lorsque les conservateurs étaient au pouvoir. Je ne sais pas trop pourquoi il était nécessaire d'en parler aujourd'hui.
Fait intéressant, il y a le projet de loi , la loi sur les mesures de réforme concernant la mise en liberté sous caution, qui porte sur les crimes commis par des récidivistes violents et d'autres délinquants. Il aurait une incidence sur la durée des audiences de libération conditionnelle et sur la détermination de la peine. Je crois qu'il y a actuellement 80 articles différents qui seraient modifiés. Le projet de loi C‑14 sera renvoyé au comité aujourd'hui. En plus de rendre les collectivités plus fortes, plus saines et plus sûres, le projet de loi renforcerait le fait que les différents pouvoirs publics ont un rôle à jouer.
Je sais que le député a consacré beaucoup d'efforts à ce projet de loi. J'espère que, dans sa conclusion, il abordera les deux points précis que j'ai soulevés. Ce sont des points valables et pour que le gouvernement appuie le projet de loi, le député doit fournir une justification pour le faire en ce qui concerne ces deux points en particulier.
Au bout du compte, je crois que nous devons faire ce que nous pouvons pour les familles, les amis et les communautés des victimes. Il y aura une autre heure de débat avant que le projet de loi soit renvoyé au comité et nous devrons attendre pour voir ce qui va se passer au cours du vote. Cependant, pour l'instant, je ne vois pas comment le gouvernement pourrait appuyer le projet de loi dans sa forme actuelle.
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Monsieur le Président, je ne peux commencer mon discours sur le projet de loi sans souligner que, au Québec, c'est la Grande semaine des tout-petits qui tire à sa fin. Hier, on célébrait la Journée nationale de l'enfant.
Je trouve qu'il est tout indiqué de faire part de cela aujourd'hui, parce que cette journée est l'occasion de souligner que les enfants sont des êtres à part entière et des citoyens à part entière qui ont le droit de vivre en liberté, en sécurité et sans violence. Il ne faut pas oublier que les enfants sont notre avenir, mais aussi notre présent et que nous devons faire tout ce qu'il faut pour tenir compte d'eux, notamment dans le cadre de nos décisions politiques.
Je trouve qu'il est indiqué de le souligner aujourd'hui, parce que, en ce moment, beaucoup d'enfants subissent de la violence au Québec, au Canada et partout dans le monde. Nous devons réaffirmer que les enfants ont des droits. Je voudrais remercier le groupe communautaire ESPACE Suroît, qui parraine cette semaine de sensibilisation dans ma circonscription.
Nous sommes ici aujourd'hui pour débattre du projet de loi de mon collègue de , avec qui j'ai le plaisir de siéger au Comité permanent de la sécurité publique et nationale. Son projet de loi vise à modifier des lois comme le Code criminel, la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition et la Loi sur les prisons et les maisons de correction.
Nous entamons aujourd'hui le débat en deuxième lecture de ce projet de loi, qui s'inscrit dans une tendance, dans une lignée de projets de loi qui ont été déposés depuis le début de la législature. Il est peut-être bon de rappeler que, cette semaine, nous avons débattu du projet de loi , qui vise à soutenir les familles des victimes et à les informer de l'évolution concernant la peine de l'agresseur. On a aussi déposé le projet de loi , qui vise aussi à modifier « le Code criminel afin de prévoir que le tribunal qui impose une peine à un délinquant n'ayant pas la citoyenneté canadienne ne peut prendre en considération le statut d'immigration au Canada du délinquant ». C'est un projet de loi qui a été déposé par la députée de , qui siège au Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration et qui intervient au sujet du projet de loi .
Nous avons aussi débattu du projet de loi , qui a été déposé par un autre député qui siège au Comité permanent de la sécurité publique et nationale, le député de . Ce projet de loi répond au phénomène tristement croissant de la violence conjugale.
Le gouvernement a aussi déposé le projet de loi . C'est un projet de loi qui contient essentiellement six points majeurs, qui sont les suivants: des précisions sur le principe de la retenue; l'inversion du fardeau de la preuve pour les libérations provisoires; le resserrement des conditions de liberté sous caution; des mesures concernant la détermination de la peine; une abolition des peines avec sursis pour les agresseurs; des modifications à la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents.
On peut dire que, depuis le début de la législature, notre programme législatif est fortement lié à la criminalité, aux victimes des agresseurs et aux libérations conditionnelles. Nous sommes très sollicités. En tant que membre du Comité permanent de la sécurité publique et nationale, je constate que nous aurons beaucoup de boulot à faire pour entendre des témoins concernant les différents projets de loi qui seront adoptés en deuxième lecture et qui seront étudiés en comité.
Je voudrais remercier mon collègue de , qui a présenté ce projet de loi. La motivation qui le pousse à présenter ce projet de loi repose sur le fait qu'il répond vraiment à un besoin. Lyle et Marie McCann, deux citoyens de Saint‑Albert, en Alberta, sont disparus il y a déjà 14 ans. Leur famille ne peut pas faire son deuil puisque le meurtrier n'a jamais avoué son crime. De plus, il n'a pas voulu dévoiler l'endroit où étaient les restes de Lyle et Marie McCann. C'est pour cette raison d'ailleurs que le projet de loi porte le nom de « loi McCann ».
Je veux parler plus en détail des modifications que le projet de loi apporterait au Code criminel.
Le texte modifie le Code criminel pour que le refus d’une personne déclarée coupable de certaines infractions de révéler aux personnes en autorité des renseignements concernant l’emplacement d’un corps ou de restes humains soit considéré comme une circonstance aggravante aux fins de la détermination de la peine et comme un motif pour retarder la libération conditionnelle. Il modifie également la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition et la Loi sur les prisons et les maisons de correction pour qu’un tel refus soit ajouté aux éléments à considérer dans la prise de certaines décisions sous le régime de ces lois.
Les modifications à la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition et la Loi sur les prisons et les maisons de correction constituent un aspect important du projet de loi.
En fait, l'objectif de ce projet de loi, c'est que l'on pense aux victimes et aux familles qui ne peuvent pas faire leur deuil parce qu'elles ne savent pas où se trouvent les restes de leurs proches. Certaines familles, comme la famille McCann, souffrent de ne pas savoir où se trouvent les restes de leurs proches, et bon nombre de ces familles sont incapables de faire leur deuil. C'est ce qui est expliqué dans le préambule du projet de loi.
Au Bloc québécois, nous sommes sensibles à cette réalité et croyons que les familles des victimes ont le droit d'être informées de l'endroit où se trouvent les restes de leurs proches. Nous estimons qu'il est important que les juges qui décident de ne pas tenir compte de cette circonstance aggravante puissent fournir une explication par écrit pour que les familles comprennent la décision.
Je remarque que, auparavant, on parlait peu des droits des victimes. Cependant, nous avons débattu de plusieurs projets de loi durant ces dernières semaines, dans lesquels on abordait ces droits. Cet automne, nous parlons beaucoup des droits de victimes afin de déterminer que les victimes ont elles aussi des droits, comme le droit à l'information. Elles ont le droit d'être informées dans le cadre du processus de libération conditionnelle. Elles ont le droit de comprendre pourquoi la personne qui a assassiné leur proche peut obtenir une libération conditionnelle après tant d'années. Elles ont le droit de comprendre le processus et d'intervenir. Le projet de loi de mon collègue de est un autre exemple de modifications au Code criminel qui visent à permettre aux victimes d'être mieux informées.
On indique dans le projet de loi que le tribunal doit être convaincu que le contrevenant connaît l'emplacement du corps. Il peut y avoir des circonstances particulières. Au Québec, il y a eu un cas où la personne a fini par révéler l'endroit, mais c'était le fleuve Saint‑Laurent. On comprendra qu'il est impossible de retrouver un corps dans le fleuve Saint‑Laurent. La famille concernée, celle de Lyne Massicotte, n'a jamais pu vraiment faire son deuil. Après des interrogations, après des questionnements, la famille a fini par savoir que le meurtrier avait lancé le corps dans le Saint‑Laurent. Pour elle, ce n'était pas réconfortant, puisqu'elle ne pouvait pas organiser des funérailles en présence du corps. C'est une situation très difficile à vivre, et nous comprenons à quel point cela peut l'être pour toutes les familles et les proches des victimes.
Comme je l'ai mentionné au début de mon discours, le Bloc québécois appuiera le projet de loi à l'étape de la deuxième lecture afin que nous puissions entendre des témoins et des experts en comité. Nous voulons qu'ils nous expliquent ce qui se fait en Australie, en Angleterre et aux États‑Unis. Nous voulons savoir comment ces pays, avec lesquels nous entretenons de nombreuses relations internationales, réagissent à ce nouveau phénomène, soit le fait que l'emplacement des corps des victimes n'est pas révélé. Est-ce similaire à ce que propose le projet de loi de mon collègue? Nous voulons entendre ces témoignages.
Comme on le sait, au Bloc québécois, nous croyons à la réhabilitation des détenus. Nous voulons nous assurer d'instaurer cette circonstance aggravante, sans toutefois qu'elle ait un aspect punitif ou coercitif. Nous voulons que le juge tienne compte des facteurs aggravants et qu'il maintienne sa décision.
En ce moment même, de nombreuses familles, qui nous écoutent peut-être, vivent un deuil qu'elles ne peuvent terminer, faute de savoir où se trouve le corps de leur proche. Le projet de loi de mon collègue vise à offrir aux familles et aux proches la possibilité d'obtenir cette information. Si l'accusé communique l'information, cela pourrait peut-être lui permettre d'obtenir une libération conditionnelle un peu plus rapidement. Cela permettrait en quelque sorte aux proches de tourner la page sur le plan émotionnel.
Nous croyons que les proches méritent mieux et qu'un bon travail en comité permettra d'apporter l'éclairage nécessaire, pour le bien des victimes et de leurs familles.
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Monsieur le Président, je prends la parole pour appuyer fermement le projet de loi , dont je suis le comotionnaire. Connue sous le nom de loi McCann, cette mesure législative est dédiée à la mémoire de feu Lyle et Marie McCann, de St. Albert.
Lyle et Marie étaient un couple de retraités heureux dont la vie a été fauchée lorsqu'ils ont été brutalement assassinés en juillet 2010. Leurs dépouilles n'ont toujours pas été retrouvées après 15 longues années. Le meurtrier a gardé le secret de l'emplacement de leurs restes pendant tout ce temps.
Heureusement, cet individu a été inculpé, jugé et condamné à perpétuité, mais malheureusement — et c'est franchement scandaleux —, il était admissible à une libération conditionnelle moins de 15 ans après les faits. Il a tué ce couple. Il a assassiné deux personnes, et il est déjà admissible à une libération conditionnelle. Il a présenté une demande l'an dernier. Il est libre de le faire sans que la Commission des libérations conditionnelles du Canada soit obligée de tenir compte de son refus de révéler l'emplacement des restes de Lyle et Marie McCann.
Dans ce contexte, la loi McCann repose sur un principe simple: pas de corps, pas de libération conditionnelle. C'est un principe bon, juste et équitable. Il donne aux juges, aux commissions des libérations conditionnelles et aux autorités correctionnelles le pouvoir discrétionnaire — et j'insiste sur le mot « discrétionnaire » — de tenir responsables devant la loi les meurtriers qui refusent de révéler l'endroit où se trouvent les restes de leurs victimes, ou qui cachent des renseignements importants à ce sujet. C'est ce que fait la loi McCann à plusieurs égards.
Premièrement, il donne aux juges le pouvoir discrétionnaire de considérer le refus de fournir ces renseignements comme une circonstance aggravante aux fins de la détermination de la peine. Lorsque le juge détermine qu'il n'est pas approprié de considérer le refus comme une circonstance aggravante, il serait simplement tenu de motiver sa décision afin d'assurer un certain niveau de transparence et de reddition de comptes.
Deuxièmement, un juge aurait le pouvoir discrétionnaire d'ordonner à la Commission des libérations conditionnelles du Canada de prendre expressément ce refus en considération au moment de déterminer s'il convient de libérer ces meurtriers. Il s'ensuit également que les autorités correctionnelles auraient le pouvoir discrétionnaire, dans de tels cas, de refuser la semi-liberté et les permissions de sortir pour ces meurtriers.
Les observations du m'ont déçu. Il a laissé entendre que ce projet de loi n'est pas conforme à la Charte, alors qu'il ne pourrait pas l'être davantage. À mon avis, le projet de loi est irréprochable du point de vue de la conformité à la Charte, car il est entièrement discrétionnaire.
Il n'imposerait aucune obligation aux juges. Il leur donne simplement un outil de plus pour tenir compte des faits et des circonstances propres à chaque délinquant, rien de plus, rien de moins. Puis, selon la décision rendue, les commissions des libérations conditionnelles et les autorités correctionnelles pourraient elles aussi exercer un pouvoir discrétionnaire semblable. Je répète qu'elles seraient tenues de prendre en considération un élément très important: le refus, de la part d'un meurtrier, de divulguer l'emplacement des restes de sa victime.
Je tiens à féliciter mon ami et collègue, le député de , pour le leadership indéfectible dont il fait preuve dans la défense de ce projet de loi. Il a présenté le projet de loi à son arrivée à la Chambre à la 42e législature, puis encore à la 43e législature, à la 44e législature, et maintenant, à la 45e législature.
Comme les députés le savent, il n'est pas simple de débattre et de mettre aux voix des projets de loi d'initiative parlementaire, étant donné que la Chambre consacre une grande partie de son temps aux initiatives ministérielles. Finalement, à la 45e législature, la loi McCann est présentée et fait l'objet d'un débat. Elle sera mise aux voix. J'espère sincèrement qu'elle sera adoptée.
Je tiens tout particulièrement à rendre hommage et à présenter mes condoléances à la famille McCann, qui a tant souffert au cours de ces dernières années, après avoir perdu une mère, un père et des grands-parents aux mains d'un meurtrier sans pitié.
J'ai fait la connaissance de Bret McCann et de son épouse, Mary-Ann. Ils ont fait appel à moi, leur député, pour me demander de plaider en faveur de l'abrogation des fameuses dispositions fantômes. Lors du procès du meurtrier, le juge a appliqué, par erreur, une disposition inconstitutionnelle du Code criminel qui avait été invalidée, mais qui n'avait pas été abrogée. C'était une disposition fantôme. Nous avons plaidé en faveur de l'abrogation de ces dispositions, et il faut reconnaître que le gouvernement a présenté un projet de loi qui a supprimé les dispositions fantômes qui n'avaient pas été abrogées.
Je sais que le député de a rencontré Bret et Mary‑Ann pour la première fois à cette époque, alors qu'il travaillait à mon bureau. Cette rencontre explique où nous en sommes aujourd'hui, soit la présentation de la loi McCann.
Pourquoi la loi McCann? Tout simplement pour remédier à une injustice dans notre système judiciaire illustrée par ce qui est arrivé au meurtrier de Lyle et Marie McCann. C'est un meurtrier qui a ôté la vie à deux victimes innocentes, des personnes âgées. Elles faisaient un voyage en voiture pendant l'été 2010, en direction de la Colombie‑Britannique. Elles se sont arrêtées près de Peers, en Alberta. Les McCann se sont garés dans un endroit relativement isolé pour y passer un certain temps. Le tueur a profité de leur vulnérabilité à cet endroit précis, à ce moment précis. Il les a dévalisés, les a tués et s'est débarrassé de leurs corps.
Au lieu de se sentir responsable, au lieu de montrer des remords, il a fait preuve de cruauté et d'indifférence en gardant secret le lieu où se trouvent les dépouilles, privant ainsi Lyle et Marie McCann d'une sépulture dans la dignité, privant la famille de Lyle et Marie McCann du soulagement que procure le fait de savoir où reposent leurs parents ou grands-parents, et privant la famille de l'apaisement qui accompagne le fait de savoir la vérité.
En gardant le silence, ce meurtrier fait preuve de cruauté et d'indifférence, mais, de surcroît, comme l'a souligné le député de , ses actes constituent un crime. Il s'agit d'un crime perpétuel qui ne cesse de traumatiser à nouveau la famille des victimes.
Le député d'en face a dit que les membres de la famille trouvent un certain réconfort dans le système actuel. Or, je peux dire avec certitude que Bret McCann ne trouve aucun réconfort dans le fait que le tueur, le meurtrier, est admissible à la libération conditionnelle, qu'il a présenté une demande de libération conditionnelle l'année dernière et qu'il pourra le faire année après année pour le reste de sa vie, ou que la Commission des libérations conditionnelles n'a pas à tenir compte du fait que ce meurtrier cruel et impitoyable, qui se moque jour après jour de Bret McCann et de toute sa famille, refuse de dire la vérité sur ses allées et venues. Voilà pourquoi nous proposons la loi McCann.
Ce projet de loi est justifié. Il est juste. Il est nécessaire. Il est ciblé. Son application est discrétionnaire. Il contribuera grandement à protéger les intérêts des victimes dans le système de justice pénale du Canada. Pour Bret McCann, pour la famille McCann et pour toutes les familles des victimes qui vivent ce que les McCann ont vécu, faisons preuve de bon sens et adoptons la loi McCann.
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Monsieur le Président, je suis heureuse d'avoir l'occasion de parler du projet de loi , Loi sur la lutte contre la victimisation continue des familles des victimes d'homicide. Le titre abrégé de ce projet de loi parle de la victimisation continue des victimes d'homicide.
Le projet de loi ferait en sorte que le refus d'un délinquant de révéler l'emplacement où se trouvent les restes de ses victimes soit pris en considération dans les décisions en matière de libération conditionnelle. Je tiens à assurer au député de et à tous mes collègues parlementaires que le gouvernement prend au sérieux ses responsabilités envers les victimes. Nous savons que les familles des victimes d'homicide ont vécu une tragédie sans nom et nous sommes de tout cœur avec elles. Elles méritent notre compassion, notre respect et notre soutien.
Je vais utiliser mon temps de parole pour décrire les façons dont le gouvernement soutient déjà les victimes. Par exemple, en 2015, le gouvernement du Canada a créé la Charte canadienne des droits des victimes, qui a inscrit les droits des victimes dans la loi. La Charte canadienne des droits des victimes prévoit le droit à l'information, le droit à la protection, le droit à la participation et le droit au dédommagement.
Concrètement, cela signifie que les victimes ont le droit de recevoir de l'information sur le système de justice et sur les services et les programmes qui leur sont offerts. Les victimes peuvent également obtenir des renseignements précis sur l'évolution d'une affaire, y compris des renseignements sur l'enquête, la poursuite et la détermination de la peine, ainsi que sur le processus de mise en liberté sous condition de la personne qui leur a causé un préjudice et sur la façon dont la peine est administrée. Il est important que la sécurité et la vie privée des victimes soient prises en considération à toutes les étapes du processus de justice pénale. Elles ont aussi le droit de bénéficier d'une protection raisonnable et nécessaire contre l'intimidation et les représailles.
La Charte canadienne des droits des victimes donne aux victimes le droit d'exprimer leur point de vue et celui que leur point de vue soit pris en considération. Les victimes peuvent participer véritablement au processus en assistant aux audiences de la Commission des libérations conditionnelles du Canada et en soumettant ou en présentant des déclarations sur les répercussions corporelles, morales ou matérielles que les infractions ont eues sur leur vie afin qu'elles soient prises en considération lors de l'examen de toute demande de libération conditionnelle. La Commission peut ensuite tenir compte de tous ces renseignements pour prendre sa décision.
Les victimes peuvent également proposer des conditions précises à prendre en considération par la Commission avant la décision. Par exemple, des conditions géographiques ou des ordonnances de non-communication peuvent être imposées si un délinquant est mis en liberté. Les victimes peuvent également avoir accès à une photo de la personne qui leur a porté préjudice avant la mise en liberté. Si la Commission des libérations conditionnelles du Canada n'impose pas les conditions demandées par les victimes, celles-ci peuvent également obtenir des motifs écrits.
En vertu de la Charte canadienne des droits des victimes, les victimes d'actes criminels sont en droit de recevoir des renseignements sur les progrès réalisés par les détenus en vue d'atteindre les objectifs de leur plan correctionnel. Elles peuvent aussi nommer un représentant pour recevoir des renseignements à leur place. De plus, les victimes ont le droit que le tribunal envisage de rendre une ordonnance de dédommagement et celui de faire exécuter par un tribunal civil une ordonnance de dédommagement non payée. Au moment de la détermination de la peine, les victimes sont autorisées à présenter une déclaration de la victime décrivant les pertes qu'elles ont subies à cause du crime dont elles ont été victimes.
De plus, les tribunaux doivent considérer la possibilité de rendre une ordonnance de dédommagement pour toutes les infractions. Le tribunal tient compte également de la capacité du délinquant à payer un dédommagement, mais cela ne l'empêche pas de rendre l'ordonnance. Le dédommagement fait partie de l'ensemble des éléments dont le tribunal doit tenir compte dans le processus de détermination de la peine.
Au moment de déterminer la peine à imposer, on prend en considération des facteurs comme la gravité de l'infraction, les paiements déjà versés par le délinquant et les répercussions du crime sur la victime. On peut ordonner un dédommagement pour une foule de préjudices, y compris pour les biens endommagés ou perdus à cause du crime, les préjudices physiques ou psychologiques, les coûts liés au déménagement lorsqu'une personne quitte le foyer du délinquant, les coûts que les victimes de vol d'identité doivent assumer pour rétablir leur identité et corriger leur dossier de crédit, et les coûts que les victimes de la publication non consensuelle d'une image intime doivent assumer pour faire retirer une image d'Internet.
Le gouvernement du Canada demeure déterminé à donner aux victimes d'actes criminels les moyens d'agir, notamment en fournissant des ressources au Bureau national pour les victimes d'actes criminels. Cet organisme offre un important soutien aux victimes afin d'améliorer leur expérience dans le cadre des programmes correctionnels et de libération conditionnelle fédéraux.
Le bureau offre une perspective axée sur les victimes pour l'élaboration des politiques correctionnelles et développe des produits d'information destinés aux victimes et au grand public. Ces produits d'information visent à sensibiliser davantage les victimes afin qu'elles puissent mieux s'y retrouver dans les processus liés aux services correctionnels fédéraux et à la libération conditionnelle. Le bureau collabore également avec les victimes, leurs défenseurs et d'autres parties prenantes afin de s'assurer que leurs voix soient entendues lors de l'élaboration des services et des mesures de soutien qu'il offre.
Enfin, le Bureau national pour les victimes d'actes criminels tient compte des besoins particuliers des victimes issues de communautés vulnérables — notamment les Autochtones — dans toutes ses activités. Le processus correctionnel et la mise en liberté sous condition peuvent être déroutants, compliqués et accablants pour les victimes, mais les services tels que ceux offerts par le Bureau national pour les victimes d'actes criminels peuvent aider les victimes à comprendre leurs droits.
Il est important de mentionner qu'il existe un mécanisme de plainte. Si une victime estime que ses droits en vertu de la Charte canadienne des droits des victimes ont été violés ou bafoués par un organisme ou un ministère fédéral, elle peut déposer une plainte directement auprès du ministère ou de l'organisme concerné afin que le problème soit résolu de manière directe et rapide. Toutefois, si elle n'est pas satisfaite du résultat du processus de plainte interne, elle peut également communiquer avec le Bureau de l'ombudsman fédéral des victimes d'actes criminels.
L'ombudsman fédéral des victimes d'actes criminels mène ses activités de façon indépendante, sans lien de dépendance avec le gouvernement du Canada. Bien que l'ombudsman ne défende pas les intérêts de victimes individuelles et ne fournisse pas de conseils juridiques, il peut faire des recommandations au gouvernement fédéral en réponse à des problèmes soulevés, fournir des renseignements et transmettre les plaintes aux services aux victimes.
Le gouvernement continuera de soutenir les victimes d'actes criminels. Aucun système n'est parfait, et il est toujours possible d'apporter des améliorations.