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Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour demander l'adoption du premier rapport du Comité de liaison, qui décrit les travaux des comités permanents de la Chambre. Je le fais dans le but de sonner l'alarme à propos de l'obstruction systématique dont nous sommes témoins sur plusieurs fronts de la part du gouvernement libéral en ce qui concerne les travaux des comités.
Je signale également que je vais partager mon temps de parole avec le député d'.
En plus de mon travail en tant que président du comité de l'éthique, je suis également coordonnateur des comités au sein du caucus conservateur. Dans le cadre de mes fonctions, je me fais un devoir d'observer les comités permanents dans leur ensemble, alors je peux rapporter que les tactiques d'obstruction des libéraux consistent notamment à ne pas prévoir de réunions, à empêcher délibérément les ministres de rendre des comptes quand ils comparaissent devant les comités, à empêcher des témoins de témoigner, à retarder longuement les travaux et à enfreindre les règles de procédure à leur avantage.
En résumé, le traite le Parlement comme un conseil d'administration dont le seul rôle consiste à approuver sans discussion son programme. J'ai une petite nouvelle pour lui et pour le gouvernement: nous sommes dans une démocratie du G7, pas dans une assemblée générale d'actionnaires.
[Français]
Il s'agit d'un Parlement minoritaire. La composition des comités exige que les libéraux collaborent avec au moins un parti de l'opposition pour faire avancer le programme du gouvernement. Cela signifie également que lorsque les partis de l'opposition s'unissent pour demander des comptes au gouvernement, celui-ci doit se conformer à la volonté du comité. Toutefois, plutôt que de collaborer de manière constructive avec les partis de l'opposition, les libéraux préfèrent ramasser leurs jouets et rentrer chez eux.
[Traduction]
Je vais donner quelques exemples de l'obstruction que pratiquent les libéraux.
Au comité de la justice, après que les conservateurs ont travaillé de manière productive pour recueillir les témoignages sur le projet de loi , la loi libérale sur les discours haineux, le comité s'est enlisé parce que les libéraux ont fait de l'obstruction relativement à une motion conservatrice qui appelait à une réponse législative le plus ferme possible à la décision de la Cour suprême qui a invalidé les peines d'emprisonnement obligatoire pour les personnes reconnues coupables de possession de matériel d'abus et d'exploitation pédosexuels.
C'est exact. Plutôt que de donner la priorité au projet de loi sur les crimes haineux ou la mise en liberté sous caution, les libéraux ont préféré défendre une décision judiciaire scandaleuse qui allège les peines infligées aux pervers en possession de pornographie juvénile. Ils ont fait de l'obstruction systématique lors de trois réunions: le 6 novembre, le 18 novembre et le 20 novembre.
À la suite des manœuvres d'obstruction du 2 décembre, lorsqu'il est devenu évident que les libéraux ne prenaient pas leur projet de loi sur les crimes haineux au sérieux, les conservateurs ont proposé au comité d'accorder la priorité au projet de loi sur la mise en liberté sous caution, le projet de loi . Puisque, tous les jours, des reportages font état de crimes violents commis par des récidivistes, j'aurais cru que les libéraux seraient disposés à collaborer avec nous pour faire adopter ce projet de loi sur la mise en liberté sous caution. Les conservateurs estiment que, même si le projet de loi est loin d'être suffisant pour remédier aux lacunes du système de mise en liberté sous caution, une mesure partielle vaut mieux que rien.
Quelle a été la réaction des libéraux à notre proposition d'accélérer l'examen du projet de loi C‑14? Ils ont voté pour l'ajournement du débat. Le a préféré passer outre aux conservateurs et conclure un accord avec le Bloc afin de retirer du projet de loi sur les discours haineux les protections religieuses prévues dans le Code criminel, ce qui a provoqué des divisions au sein de son propre caucus et paralysé les travaux du comité.
Néanmoins, les conservateurs ont accepté de collaborer constructivement à l'examen article par article du projet de loi. Les libéraux avaient réservé les ressources du comité jusqu'à minuit le 2 décembre, mais, après avoir adopté un seul article ce jour-là, ils ont rapidement ajourné la séance, empêchant ainsi le comité d'examiner l'amendement sur l'exemption religieuse.
Par la suite, le président a refusé de fixer une réunion le 4 décembre, et il n'a toujours pas publié d'avis de réunion pour cette semaine. Pendant que les libéraux entravent leur propre programme législatif, ce sont les victimes de la criminalité qui souffrent.
Je réitère notre proposition: les conservateurs seraient heureux de mettre de côté les autres travaux du comité pour que le projet de loi puisse être adopté.
L'obstruction libérale va bien au-delà du comité de la justice. Au comité des transports, le Parti conservateur a travaillé de manière constructive et efficace sur le projet de loi , la fameuse Loi visant à bâtir le Canada. Depuis son adoption, je constate qu'aucun projet n'a été inscrit sur la liste des projets d'intérêt national et que les libéraux n'ont toujours pas concrétisé leur promesse d'approuver des projets et de bâtir le Canada.
Les conservateurs ont obtenu plusieurs amendements à ce projet de loi, notamment des mesures de protection pour les peuples autochtones ainsi que des dispositions en matière d'éthique et de surveillance. Cela aurait pu créer une certaine ouverture entre les partis à la table du comité. Or, il n'en a rien été.
[Français]
Le comité a entrepris une étude sur les « chauffeurs inc. » et a examiné les moyens d'améliorer la sécurité sur nos autoroutes. Les membres de l'opposition ont proposé de prolonger l'étude de deux séances afin d'entendre les victimes d'accidents liés au transport routier et d'obtenir de la part du gouvernement les documents connexes. Les libéraux sont déterminés à ne pas révéler leur incapacité à assurer la sécurité des Canadiens et ont lancé une guerre procédurale contre cette motion.
[Traduction]
Pour empêcher le débat, le président libéral a annulé les réunions prévues les 18 et 20 novembre. Les députés de l'opposition ont dû sortir l'artillerie lourde en invoquant l'article 106(4) du Règlement pour forcer la tenue d'une réunion d'urgence. La réunion en question a commencé le 25 novembre et, comme on peut le constater sur le site Web du Parlement, elle est toujours en cours.
Au moment où l'on se parle, la réunion dure depuis 13 jours. Les libéraux ont commencé par faire de l'obstruction pendant des heures. Il y a ensuite eu une suspension des travaux de plusieurs jours. Puis, de nouveau, une lettre a été envoyée en vertu de l'article 106(4) du Règlement pour forcer la reprise des travaux du comité. Les libéraux ont refait de l'obstruction pendant quatre heures. Cette période d'obstruction a été suivie d'une autre suspension des travaux qui a duré plusieurs jours. À un moment donné, le président a tenté d'induire les membres du comité en erreur en leur disant qu'une suspension allait durer 30 minutes, puis il a filé par la porte arrière et la suspension s'est étirée sur plusieurs jours.
Au lieu d'obtenir des réponses pour les victimes ou de formuler des recommandations pour améliorer la sécurité sur les routes, les libéraux entravent la conduite des travaux du comité des transports. On observe des manœuvres dilatoires semblables chez les présidents d'autres comités: finances, science et recherche, santé, ressources humaines, et j'en passe. Je suis heureux d'entamer cet important débat pour permettre aux députés d'exprimer leurs doléances à l'égard de la conduite des présidents de ces comités. C'est comme Festivus pour les comités, si on peut dire.
Malheureusement, les présidents libéraux ne sont pas les seuls à faire obstruction aux travaux des comités. Les ministres aussi participent directement à ces manœuvres d'obstruction. Ils ont été nombreux à ne pas faire acte de présence. Le 23 septembre, le comité de la justice a invité le à comparaître au sujet de son mandat et de ses priorités. Il n'a pas encore comparu. De plus, le ministre de la Justice et le ont été invités à témoigner dans le cadre de l'étude du comité de la justice sur le système de mise en liberté sous caution. Les deux ministres ont refusé de participer.
Ce duo dynamique a été invité plusieurs fois par le comité de la condition féminine à participer à son étude sur l'article 810 du Code criminel et la sécurité des femmes. Ces invitations aussi ont été ignorées. Le a également été invité par le comité de la défense nationale à participer à son étude du projet de loi , Loi sur la modernisation du système de justice militaire, puisqu'il serait responsable du processus civil visant à traiter les cas de harcèlement sexuel dans les forces armées. Encore une fois, il a fait obstruction aux travaux du comité et a refusé de comparaître.
Le a refusé la demande du comité de l'industrie de comparaître au sujet du contrat avec Stellantis, même si c'est lui qui a conclu l'accord et le contrat, qui, selon toute vraisemblance, ne contient pas la moindre garantie d'emploi pour les travailleurs canadiens. Le a refusé de comparaître dans le cadre de l'enquête du comité des transports sur les préoccupations en matière de sécurité que suscite la décision de la Banque de l'infrastructure de financer l'achat de navires neufs chinois pour BC Ferries.
Les libéraux ont fait de l'obstruction pour empêcher la de comparaître devant le comité de la sécurité publique au sujet du projet de loi , même si cette mesure législative lui donnerait de vastes pouvoirs pour priver les citoyens d'Internet. Le n'a comparu ni devant le comité de l'éthique, malgré 11 demandes en ce sens, ni devant le comité de la condition féminine, qui mène des études sur les diverses répercussions de l'intelligence artificielle sur la vie des Canadiens.
La a fait fi de trois invitations du comité de l'environnement au sujet de la taxe sur le carbone pour les industries, de la taxe mondiale sur le carbone imposée dans le domaine du transport maritime et de l'obligation relative aux véhicules électriques. La n'a pas comparu devant le comité des affaires autochtones pour réagir au rapport de la vérificatrice générale sur les progrès réalisés pour les communautés autochtones.
La , le , la , le , le , le , le , la , le et le ne se sont pas présentés devant les comités pour discuter du budget supplémentaire des dépenses.
Ce sont des milliards de dollars de fonds publics qui sont dépensés sans contrôle. La liste est longue. Il y aurait encore beaucoup à dire sur les atteintes portées par les libéraux à notre démocratie et sur le déclin de celle-ci, ainsi que sur les attaques contre les comités, mais je manque de temps. En conclusion, nous exigeons, au nom des Canadiens, que les libéraux mettent fin à leur obstruction et commencent à rendre des comptes pour chaque dollar qu'ils dépensent, pour chaque loi qu'ils proposent et pour chacune de leurs tentatives d'atteinte à la liberté.
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Monsieur le Président, comme toujours, c'est un grand honneur de prendre la parole au nom des habitants d'Elgin—St. Thomas—London‑Sud.
Mon collègue de a fort bien expliqué l'ampleur de l'obstruction libérale dont nous sommes témoins ces temps-ci. Selon moi, personne ne devrait être surpris de l'incohérence du Parti libéral, sauf que les libéraux font obstruction à leur propre programme. Ils bloquent leurs propres projets de loi.
Je peux parler en particulier de ce qui se passe au Comité permanent de la justice et des droits de la personne, auquel j'ai eu l'honneur de me joindre peu après mon assermentation en tant que député. Il s'agit aussi d'un comité très pertinent pour les habitants de ma circonscription, car la criminalité est au cœur de leurs préoccupations. Il y a quelques mois, j'ai envoyé un dépliant à mes concitoyens au sujet de la criminalité, de la justice et de la crise causée par le phénomène de la porte tournante du système de mise en liberté sous caution. Les chefs de police de St. Thomas, d'Aylmer et de London ainsi que les agents de la Police provinciale de l'Ontario ont tous le même message: ils en ont assez d'arrêter des contrevenants le matin pour les retrouver en liberté dans nos rues, parfois dès l'après-midi.
Nous avons réclamé des mesures. Les Canadiens ont réclamé des mesures concernant la mise en liberté sous caution. Le gouvernement libéral nous a dit qu'il ferait du dossier une priorité absolue. Au comité de la justice, nous nous attendions à mener un travail extrêmement important et opportun sur le dossier. Nous avons lancé une étude sur la mise en liberté sous caution et nous avons invité le et le à comparaître. Des mois plus tard, ni l'un ni l'autre n'a comparu, ce qui est franchement choquant.
Il est possible que le ministre de la Sécurité publique soit encore occupé à obtenir son permis de possession et d'acquisition d'une arme à feu à autorisation restreinte, ce qui expliquerait pourquoi il n'a pas eu le temps de comparaître devant le comité. Le , lui, a dit qu'il ne comparaîtrait que pour parler du projet de loi , le projet de loi du gouvernement libéral contre la haine. Le tout premier projet de loi en matière de justice présenté par le gouvernement libéral ne porte pas sur la mise en liberté sous caution qui favorise la récidive, ni sur les peines minimales obligatoires pour les prédateurs d'enfants; il vise à réprimer la liberté d'expression et à restreindre ce que les gens peuvent publier en ligne. C'était la priorité absolue du . J'expliquerai dans un instant comment les choses se passent pour le gouvernement libéral.
Il était intéressant de constater que le ministre de la Justice ne voulait pas discuter de la mise en liberté sous caution. Il n'a pas voulu comparaître devant le comité, et il n'a pas encore répondu à notre invitation à venir parler de son mandat et de ses priorités. Nous constatons maintenant que le ministre de la Justice fait preuve du même degré d'excellence qu'il avait démontré en tant que ministre du Logement et ministre de l'Immigration. Il applique cette approche au dossier de la justice, et les Canadiens en souffrent.
Parlons de ce qui s'est passé ces dernières semaines seulement. À la fin du mois de novembre, il devait y avoir une réunion, mais les libéraux n'ont tout simplement pas envoyé l'avis de convocation. Il y a eu une autre réunion que les libéraux n'ont pas tenue, et une autre qu'ils ont annulée. À ce jour, nous ne savons pas si le comité de la justice se réunira demain à l'heure prévue. Aucun avis de convocation n'a été envoyé. Comme l'avis de convocation pour nos réunions du mardi est presque toujours publié le vendredi précédent, je crains que nous ne nous réunissions pas demain, même si j'aimerais beaucoup me tromper.
J'ai trouvé intéressant que, il y a quelques heures à peine, pendant la période des questions, le ait dû répondre aux questions de nos collègues du Bloc québécois au sujet de la façon dont le gouvernement a bâclé le projet de loi . Il n'a pas voulu donner de réponse claire quant à la position du gouvernement libéral au sujet de l'amendement que le Bloc compte proposer, selon ce que nous comprenons, afin de supprimer du droit pénal les protections de longue date relatives à la liberté d'expression religieuse. Le ministre de la Justice a répondu que « c'est une décision qui sera prise par les membres du comité ». Comment le comité pourra-t-il prendre une décision alors que les libéraux ne convoquent pas de réunions ou annulent les réunions sur leur projet de loi?
Ce que nous avons appris ces derniers jours est plutôt intéressant. En effet, ce matin même, un article révélait que le ministre de la Justice a conclu un accord secret avec le Bloc québécois, selon lequel le Bloc appuierait le projet de loi en échange de l'appui des libéraux pour l'amendement du Bloc visant à supprimer les protections relatives à la liberté religieuse, ce qui permettrait de poursuivre au criminel toute personne qui exprime ses convictions religieuses de bonne foi, voire qui cite les Écritures.
Ce même gouvernement a promu l'ancien président du comité de la justice au poste de après que celui-ci a déclaré que les procureurs devraient pouvoir « poursuivre » les personnes qui citent des versets des Écritures qu'il juge haineux. Il est bon de savoir que la chute vers le haut, passe-temps et trajectoire professionnelle de longue date des libéraux, est toujours possible.
C'est très intéressant, car lorsque les libéraux se font poser des questions sur leur position à ce sujet, ils se cachent derrière le comité, alors que les membres de ce dernier demandent qu'on leur laisse faire leur travail. Lors des deux dernières réunions du Comité permanent de la justice et des droits de la personne, les conservateurs étaient prêts à travailler jusqu'à minuit, et les ressources nécessaires étaient disponibles. Nous étions aussi prêts à procéder à l'étude article par article du projet de loi , ce que le gouvernement affirme être hautement prioritaire, même si, comme je l'ai dit au comité de la justice et à la Chambre des communes, nous ne croyons pas que le projet de loi C‑9 aurait dû avoir priorité sur la réforme de la mise en liberté sous caution.
Cependant, lorsque les libéraux font obstruction au projet de loi , comme ils le font en ce moment, lorsqu'ils font obstruction à leur propre projet de loi, ils font également obstruction à toutes les autres priorités en matière de justice qu'ils ont déclaré avoir. Ils ont entravé les travaux du comité sur le projet de loi , un projet de loi sur la mise en liberté sous caution dont nous nous réjouissons parce qu'il reconnaît à quel point le système de mise en liberté sous caution s'est détérioré. Même si je crois qu'un certain nombre d'amendements doivent être proposés au projet de loi C‑14 afin qu'il puisse corriger comme il se doit le système libéral de mise en liberté sous caution, nous ne pourrons rien faire à ce sujet tant que les libéraux n'auront pas déterminé leur position concernant le projet de loi C‑9.
Après que j'ai mentionné l'accord secret conclu entre le et le Bloc québécois, les médias ont révélé aujourd'hui un détail intéressant, à savoir qu'il avait oublié d'informer le de cet accord. À présent, les libéraux sont en plein émoi alors qu'ils tentent de déterminer leur position sur leur propre projet de loi et les amendements, et les Canadiens qui attendent que le comité de la justice travaille à la réforme du système de justice pénale doivent patienter pendant que les libéraux se ressaisissent.
De même, plus tôt cet automne, le comité de la justice a adopté un rapport crucial demandant au gouvernement d'envoyer un message fort indiquant qu'il ne tolérera aucune clémence judiciaire à l'égard des personnes reconnues coupables de trafic et de visionnage de matériel pédopornographique. Ce qui aurait dû être une décision très rapide et unanime du comité — à la suite du jugement absolument scandaleux de la Cour suprême selon lequel une peine d'un an pour ces infractions était « cruelle et inusitée » — a finalement exigé la tenue de deux réunions. Les libéraux ont fait de l'obstruction, nous empêchant de travailler sur quoi que ce soit. Nous avons finalement adopté la motion, qui a été présentée à la Chambre. Je m'en réjouis, mais nous avons perdu un temps précieux pour faire tout le reste, encore une fois à cause de l'obstruction exercée par les libéraux.
De toute évidence, les libéraux ne savent pas comment gouverner en situation de gouvernement minoritaire. Ils ne savent pas qu'ils doivent travailler avec les autres partis. Je suppose que c'est ce que le a voulu faire, même si sa façon de collaborer consiste à se livrer à une attaque en règle contre la liberté de religion. Ce n'est pas le genre de chose qu'on est censé faire dans un contexte de collaboration bipartisane.
Nous sommes toujours prêts à travailler. Si j'ai présenté une motion au comité de la justice il y a quelques semaines afin de rétablir les priorités du comité, c'est parce qu'il était évident que nous allions nous retrouver exactement là où nous en sommes actuellement par rapport au projet de loi, c'est-à-dire dans une impasse, comme le président du comité de la justice l'a souligné à la Chambre l'autre jour.
Nous continuons de croire qu'il faut accorder la priorité au projet de loi sur la réforme de la mise en liberté sous caution, et j'invite le comité de la justice à convoquer une réunion. Il reste deux périodes désignées avant l'ajournement de la Chambre pour la pause hivernale. J'espère sincèrement que les députés libéraux ne veulent pas être obligés de dire à leurs concitoyens qu'ils n'ont rien fait pour faire avancer les dossiers prioritaires en matière de justice, car c'est ce qui risque d'arriver.
Les Canadiens préoccupés par le régime de mise en liberté sous caution qui favorise la récidive n'ont rien obtenu du gouvernement libéral, tout comme les policiers de première ligne, les chefs de police et les premiers intervenants qui réclament des mesures depuis des années. Alors que le a promis une mise en œuvre ultra rapide du régime de confiscation des armes à feu, il n'y a aucune mesure pour garder les récidivistes derrière les barreaux, comme il se doit. Nous croyons savoir que le gouvernement présentera bientôt un projet de loi visant à imposer des peines minimales obligatoires aux prédateurs sexuels qui s'en prennent à des enfants. Il nous est toutefois impossible d'agir à cet égard, une fois de plus, parce que le comité est aux prises avec de l'obstruction de la part des libéraux.
Je suis un nouveau député et je suis arrivé à la Chambre avec un mandat. Je suis venu ici pour travailler. Si le gouvernement libéral ne veut pas coopérer, il doit se tasser du chemin. En ce moment, les libéraux se nuisent à eux-mêmes et nuisent aux Canadiens. Nous ne le tolérerons pas.
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Monsieur le Président, il flotte une forte odeur d'hypocrisie. Je dirai aux gens qui suivent ce débat ou qui écoutent ce qui se passe à Ottawa aujourd'hui que la situation n'est pas aussi pathétique qu'elle l'était l'automne dernier, lorsque le comportement des conservateurs a pratiquement paralysé la Chambre des communes. La situation n'est pas aussi grave qu'elle l'était à ce moment-là, mais elle s'en rapproche de plus en plus.
Il est important de s'arrêter pour réfléchir un peu et se demander pourquoi le Parti conservateur continue, jour après jour, à vouloir servir les intérêts de son propre parti politique et de ses dirigeants plutôt que ceux des Canadiens. Il ne fait absolument aucun doute que les conservateurs agissent ainsi par pur intérêt personnel. Ils empêchent l'adoption de projets de loi.
Combien d'heures avons-nous débattu de leur motion visant à modifier le projet de loi d'exécution du budget? Jetons un coup d'œil au nombre de jours que nous avons consacrés à cette tâche. Nous venons de voter à ce sujet, et, une fois de plus, les conservateurs ne veulent pas en débattre. Ils ont même présenté des motions d'adoption pour retarder l'étude de leur amendement au budget. L'attitude des députés du Parti conservateur et la façon dont ils tentent, jour après jour, de priver les Canadiens de ce qu'ils attendent du gouvernement et de l'opposition sont ridicules.
Je rappelle aux députés d'en face que, en avril dernier, un gouvernement minoritaire a été élu. Le gouvernement du Canada et le se sont engagés à travailler pour les Canadiens tous les jours. À l'opposé, le Parti conservateur ne cesse de faire volte-face et, la plupart du temps, ne travaille pas dans l'intérêt des Canadiens. Cependant, lors des élections, les Canadiens ont exprimé clairement qu'ils voulaient une plus grande coopération entre les partis politiques. C'est pourquoi le premier ministre s'est engagé à rencontrer tous les premiers ministres provinciaux et territoriaux, les dirigeants autochtones et ainsi de suite. Pourquoi? Au cours de cette campagne électorale, nous avons pris quelques engagements très fermes, dont l'un était de bâtir un Canada fort.
C'est le grand engagement que nous avons pris envers les Canadiens. Nous avons dit que nous allions faire du Canada le pays le plus fort du G7 par habitant. C'est exactement ce que le et tous les députés libéraux de notre caucus s'efforcent de faire. À maintes reprises, le Parti conservateur du Canada a fait de l'obstruction et a empêché l'adoption de projets de loi, qu'il s'agisse du projet de loi d'exécution du budget ou du projet de loi sur la réforme de la mise en liberté sous caution.
Je crois que, s'il y avait des élections aujourd'hui, les conservateurs se feraient donner une bonne leçon parce que leur comportement est tout à fait inacceptable. Le meilleur exemple que je puisse donner de mémoire, avant de revenir à un Canada fort, est le projet de loi pour réformer la mise en liberté sous caution. Le Parti conservateur devrait avoir honte. Au bout du compte, les provinces, les territoires, les forces de l'ordre et de nombreuses autres parties prenantes ont appuyé le projet de loi sur la réforme de la mise en liberté sous caution. Cela aurait dû aller de soi. Je me souviens d'avoir pris la parole il y a des semaines pour demander à l'opposition d'adopter ce projet de loi.
À maintes reprises, j'ai demandé aux députés du caucus conservateur de prendre un simple engagement. Le a dit que nous allions présenter un projet de loi sur la réforme de la mise en liberté sous caution. Il y a quelques semaines à peine, j'ai demandé à des conservateurs de tous bords s'ils allaient accepter que ce projet de loi soit adopté avant la fin de l'année. Cette demande s'est heurtée à une énorme résistance. C'est presque exactement à partir du moment où j'en ai parlé pour la première fois, il y a des semaines, que les députés du Parti conservateur ont fait preuve de mauvaise volonté. Ils ont refusé de se dire prêts à adopter ce projet de loi et à le faire avant la fin de l'année. Au lieu de cela, les conservateurs continuent de faire de l'obstruction et de trouver des excuses. Ils disent maintenant que c'est à cause de ce qui s'est passé lors des travaux du comité.
Examinons l'une des motions stupides, selon moi, que le Parti conservateur présente et espère voir appuyées par le gouvernement actuel. Les conservateurs parlent du projet de loi sur la haine et s'en servent pour nous critiquer. Ils affirment que les libéraux font obstruction aux travaux du comité. Lisons l'amendement. Voici ce que les conservateurs veulent que le comité fasse. L'amendement demande, notamment, que le « Comité [...] soit habilité [...] à se déplacer au Canada pour entendre les témoignages de parties intéressées et que le personnel nécessaire accompagne le Comité ».
Ils veulent que le gouvernement du Canada dépense des millions de dollars pour favoriser la désinformation qu'ils servent sans arrêt aux Canadiens. C'est ce qui explique ce qui se passe au sein du comité, et ils veulent que ce soit les contribuables qui paient. Pourquoi le gouvernement du Canada devrait-il permettre au Parti conservateur de faire un voyage gratuit, financé par les contribuables, dans le seul but de répandre de la mésinformation parmi les Canadiens? C'est la motion qu'ils proposent. Si je siégeais à ce comité, je n'accepterais pas cette proposition, moi non plus, et je ferais tout pour qu'elle soit rejetée.
J'ai beaucoup plus de respect pour les Canadiens que les conservateurs. Si on examine le projet de loi d'exécution du budget, on constate qu'il correspond aux promesses que les Canadiens s'attendent à voir réalisées par le gouvernement du Canada. Le projet de loi illustre vraiment ce que veulent les Canadiens, mais le Parti conservateur continue d'y faire obstruction. Il contient d'excellentes mesures, comme l'augmentation des dépenses militaires.
Lorsque le siégeait au caucus et au Cabinet, les conservateurs consacraient moins de 1 % du PIB du Canada aux dépenses militaires. Nous étions la risée du G7 parce que nous accordions peu d'importance à l'idée de prévoir suffisamment de ressources pour les Forces canadiennes. Le budget actuel prévoit des augmentations substantielles qui permettraient à des secteurs de se développer, par exemple, l'industrie aérospatiale à Winnipeg ou à Québec, et qui financeraient mieux les opérations militaires. Le Canada deviendrait un chef de file dans le monde. Nous pouvons y arriver. C'est prévu dans le budget.
Le Programme national d'alimentation scolaire du Canada est inclus dans le budget, lui aussi. C'est un programme merveilleux. Je ne pense vraiment pas que les conservateurs le comprennent. Certains députés disent que ce n'est que de la foutaise et qu'ils vont se débarrasser de ce programme. Ils n'ont aucune idée de ce qui se passe dans les classes. Pendant 30 ans, des écoles de différentes régions du pays nous ont dit qu'il y a des enfants qui ne peuvent pas apprendre parce qu'ils ne prennent pas un bon repas à la maison, le matin.
Notre comprend l'importance de soutenir les enfants dans toutes les régions du pays. C'est pourquoi nous nous assurons qu'ils reçoivent des aliments nutritifs dans les écoles en rendant le programme permanent. C'est un programme qui aidera les Canadiens. Tous les enfants en bénéficieront. Les écoles, les commissaires d'école et d'autres intervenants réclament un tel programme depuis des dizaines d'années, voire depuis au moins 30 ans.
Que disent les conservateurs? Ils n'aiment pas le programme. Pourquoi? Ils ne croient pas qu'il y ait des enfants qui ont le ventre vide en classe. Quelle naïveté! Les conservateurs vont voter contre le programme. Un de leurs députés l'a littéralement qualifié de « foutaise », et d'autres ont insisté sur ce point.
Le projet de loi contient des mesures importantes. Nous avons débattu pendant des jours — des heures et des heures — d'un amendement au projet de loi proposé par les conservateurs. Nous venons tout juste de terminer le vote à ce sujet. Nous étions sur le point de passer au débat sur le projet de loi lui-même lorsque les conservateurs ont présenté une motion d'adoption afin d'empêcher une fois de plus la tenue du débat. Comme les choses ont changé. À mon avis, c'est le qui mène le bal.
Je ne voudrais pas être un conservateur rouge dans le caucus conservateur; ce doit être très déprimant, puisqu'il y a tant de choses qui pourraient et devraient se produire. Cependant, en raison de l'orientation prise par la direction du Parti conservateur à la Chambre, en particulier le , ils font plus de mal que de bien au système.
Ils ne s'en rendent même pas compte, car ils refusent de reconnaître la valeur d'au moins permettre aux projets de loi de franchir les étapes à la Chambre de manière ordonnée. Que le gouvernement soit minoritaire ou majoritaire, cela ne devrait pas avoir d'importance; les députés devraient appuyer le processus. Même lorsque je siégeais dans l’opposition, je comprenais que le gouvernement devait parfois recourir à l’attribution de temps parce qu'il s'agit d'un outil efficace pour faire adopter des projets de loi.
Le gouvernement fédéral doit disposer d'une planification législative similaire à celle qui existe pour les affaires émanant des députés, mais plus étendue. C'est ce dont nous avons besoin. Nous devons apporter des changements à la réglementation. Nous devons moderniser la Chambre des communes, parce qu'il faut protéger les intérêts des Canadiens, et ce n'est pas ce que je vois de la part de l'opposition. Bien sûr, il est facile pour les députés de l'opposition de se lever et de dire: « Nous voulons plus de temps pour débattre du projet de loi X ou Y; c'est pour cela que nous n'adoptons pas les mesures. »
C'est un argument bidon, selon moi, et je ne le dis pas à la légère. La dernière fois que j'ai pris la parole pour débattre du comportement des députés conservateurs, j'ai proposé que nous donnions notre consentement unanime pour siéger jusqu'à minuit afin que davantage de conservateurs puissent prendre la parole au sujet du projet de loi. Lorsque j'ai fait cette suggestion, un certain nombre d'entre eux ont dit: « Oui, pourquoi pas? Faisons-le. » C'est donc ce que j'ai proposé; j'ai demandé le consentement unanime pour que la Chambre siège plus longtemps.
Après tout, ce n'est pas ça qui dérange les Canadiens. Des millions d'entre eux travaillent après 18 h 30. Pourquoi pas nous? J'ai donc soumis la proposition, puisque les députés conservateurs se disaient tellement enthousiastes à l'idée de travailler tard. Or, dès que je l'ai proposé officiellement, quelle a été la réponse?
Une voix: Non.
L'hon. Kevin Lamoureux: C'était un « non » catégorique; pas un seul conservateur n'a donné son accord.
Monsieur le Président, même ceux qui disaient oui jusqu'à ce que je soumette la proposition ont fait volte-face parce que j'ai vu clair dans leur jeu.
Il ne s'agit pas d'avoir plus de temps pour débattre. Non. Il s'agit du et de son équipe à la tête du parti qui se sentent obligés de faire deux choses. La première, c'est de la diffamation. Peu importe ce que l'on fait ou ce que l'on dit, ils veulent essayer de faire passer le pour une personne corrompue, alors que nous savons tous que ce n'est pas vrai.
Certains conservateurs applaudissent cette attitude, car il s'agit d'une tactique qu'ils utilisent. Ils n'hésitent pas à attaquer la réputation d'une personne simplement pour marquer quelques points politiques faciles. C'est l'une des choses que le Parti conservateur fait constamment.
L'autre chose, c'est que les conservateurs font vraiment tout leur possible pour empêcher l'adoption de mesures législatives. Cependant, l'ironie, c'est qu'ils ne font pas seulement le contraire de servir les Canadiens; ils empêchent également la Chambre de réaliser des choses importantes pour les Canadiens, ce qui est vraiment triste. Nous entendons parfois les conservateurs dire qu'ils veulent voir de bonnes lois adoptées, surtout lorsque nous traitons d'affaires émanant des députés.
Ce matin, nous avons discuté d'un excellent projet de loi au cours de la période réservée aux affaires émanant des députés. J'ai indiqué que nous étions très ouverts à l'idée proposée. Après tout, nous avons déjà appuyé des projets de loi d'initiative parlementaire. S'il s'agit d'une bonne mesure législative pour les Canadiens, nous devrions le reconnaître et au moins faciliter son adoption. Or, ce n'est pas ce que font les conservateurs, car lorsqu'il s'agit de projets de loi importants du gouvernement, ils ne veulent vraiment pas qu'ils soient adoptés.
Voici ce qui va se passer. Je peux déjà le prévoir. À la fin de la semaine, les conservateurs diront: « Eh bien, les libéraux sont vraiment mauvais, car ils ne sont même pas capables d'avoir un programme législatif qui leur permet de faire adopter des lois. Ils n'ont pas fait adopter la loi sur la réforme de la mise en liberté sous caution. » Les conservateurs vont nous critiquer, alors que ce sont eux qui empêchent cette loi d'être adoptée.
En fin de compte, ce n'est pas comme s'il fallait déployer de grands efforts pour faire de l'obstruction et empêcher l'adoption d'un projet de loi. Nous le savons. J'ai déjà dit qu'il me suffirait de choisir une douzaine d'élèves de n'importe quelle école secondaire au Canada pour empêcher l'adoption d'un projet de loi. C'est un vrai jeu d'enfant.
Le véritable défi, c'est d'essayer d'être un peu plus créatif. Les conservateurs peuvent toujours être un parti de l'opposition, mais ils devraient faire preuve de créativité.
Réfléchissons-y. Les députés se souviendront qu'en juin dernier, le du Parti conservateur n'avait pas de siège à la Chambre. Les députés savent-ils ce qui était vraiment bien? Nous avons pu adopter le projet de loi , qui donnait suite à des promesses électorales du et du gouvernement: bâtir une économie canadienne unifiée, miser sur de grands projets dans notre pays et déterminer comment nous pourrions les faire avancer, et éliminer les obstacles au commerce et à la main-d'œuvre. De nombreux députés et moi-même avons pris la parole au sujet de ce projet de loi. C'était un bon projet de loi.
En juin, le Parti conservateur, alors que son ne siégeait pas à la Chambre, a donné son accord. Nous n'aurions pas pu adopter cette mesure législative sans l'aide des conservateurs, du moins en partie, et je dirais que c'est parce que leur chef n'était pas présent que nous y sommes arrivés.
Ce projet de loi a demandé beaucoup d'efforts, tout comme celui sur la réforme de la mise en liberté sous caution. Comparons les deux. Si l'on examine le nombre de réunions et de discussions que le a eues avec les différents premiers ministres provinciaux pour présenter le projet de loi , on constate qu'un consensus s'est dégagé. Ce consensus ne s'est pas limité aux premiers ministres provinciaux, mais il a également été atteint avec les dirigeants autochtones, de nombreux autres intervenants et les gouvernements autochtones.
Parlons maintenant du projet de loi sur la réforme de la mise en liberté sous caution. Les efforts à cet égard ont été encore plus considérables. Non seulement le a pris cet engagement envers les Canadiens, mais le et la ont également pris le dossier en main et l'ont fait avancer. Il a fallu beaucoup de temps et d'efforts pour en arriver à un consensus. Toutes les parties concernées, dont les forces de l'ordre, les provinces, les territoires, les peuples autochtones et les collectivités en général, semblent reconnaître l'importance du projet de loi sur la réforme de la mise en liberté sous caution.
Je me serais donc attendu à ce qu'on adopte le projet de loi, mais comme le et ses leaders parlementaires ont décidé de s'y opposer, il ne sera pas adopté. Pourtant, nous savons tous que c'est ce que veulent nos concitoyens.
Je suis d'abord et avant tout au service des habitants de Winnipeg‑Nord, et je crois qu'ils veulent un projet de loi sur la réforme de la mise en liberté sous caution. Si ce projet de loi n'est pas adopté, c'est à cause du Parti conservateur du Canada, car c'est lui qui y fait obstacle. Qu'il s'agisse du budget, qui prévoit des allégements fiscaux pour les Canadiens, des mesures législatives sur la mise en liberté sous caution ou d'autres mesures législatives, comme le projet de loi visant à lutter contre la haine ou le projet de loi visant une sécurité rigoureuse à la frontière, le Parti conservateur du Canada est notre principal obstacle.
Je mets le Parti conservateur au défi de réfléchir aux gestes qu'il pose. À mon avis, il est temps que les conservateurs commencent à faire passer les intérêts des Canadiens avant ceux de leur propre parti politique.
Sur ce, je propose:
Que la question soit maintenant mise aux voix.
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Monsieur le Président, ça me fait plaisir d'intervenir là-dessus. J'étais très content quand j'ai appris le dépôt de la motion par les conservateurs, parce que nous travaillons là-dessus actuellement. J'ai en main des rapports sur la tenue des comités depuis le début de la session parlementaire. Je vais dire que ce n'est pas très joyeux. On entend des discours sur la collaboration, or 412 réunions ont été tenues sur 468 jusqu'à aujourd'hui. Si on ajoute aujourd'hui, puis demain, je sais qu'il y a au moins une réunion qui va être annulée. Là, il y a eu une bonne nouvelle au sujet du Comité permanent de la justice et des droits de la personne, paraît-il, mais on sait qu'il y en aura d'autres. Dans la dernière semaine, c'est souvent plus fréquent, quoique non souhaitable parce que, nous, nous sommes ici pour travailler. Donc, ça va augmenter encore.
Si je fais le bilan de ça, donc, c'est 56 réunions qui n'ont pas été convoquées, c'est 112 heures de travail qui n'ont pas été faites, ce qui représente 12 % des heures des comités. Ça, c'est avant la date d'aujourd'hui. Si j'ajoute aujourd'hui, ce sont 12 heures de plus, qui ne seront pas tenues. Je prédis que ça va monter jusqu'à 20 heures parce qu'il y a plusieurs discussions et on se fait dire que, puisqu'on termine des études, on ne va pas commencer la prochaine et on veut s'en aller chez soi. Ce sont les discussions qui ont lieu, mais nous sommes ici pour travailler. J'ai un triste constat: depuis six ans que je suis assis sur ces banquettes, l'efficacité n'est malheureusement pas synonyme de Chambre des communes. C'est d'une grande tristesse.
On n'a qu'à penser aux débats qu'on fait ici, où on passe plusieurs jours sur un projet de loi. Dans la théorie, comme le très honorable député de l'a souligné tantôt, ce sont les députés, qui représentent les gens des circonscriptions, qui vont venir se prononcer. C'est au gouvernement de gagner l'appui d'une majorité quand il est minoritaire. Malheureusement, on arrive souvent ici avec chacun nos canevas, nos positions, puis on déblatère sur nos positions pendant 3 ou 4 jours. Au bout du compte, on va voter de la même manière que si on avait voté la première journée. C'est souvent le cas. Ça change, des fois, mais c'est rare. Donc, à propos de l'efficacité, des fois, on se pose des questions, on se demande si ce qu'on est en train de faire est productif, on se demande si ce qu'on est en train de faire fait avancer les choses. Le triste constat, c'est que ça coûte souvent très cher de l'heure pour ce qu'on produit. Ça, c'est la vérité.
Les comités, d'habitude, sont le meilleur côté de la vie parlementaire. Un comité est censé être composé de gens de bonne foi qui veulent faire avancer une cause, bien sûr avec des différences d'opinion, mais ils veulent en débattre sainement, puis siéger, juste travailler et étudier.
On parle d'obstruction parlementaire systématique: c'est épouvantable, tout le temps qu'on perd. J'ai repris tantôt une de mes questions de l'automne dernier. En réponse, la personne m'a dit que ce n'était pas de sa faute et que c'était le gouvernement qui ne voulait pas donner les documents. En fait, les deux ont raison et nous, nous sommes pris dans notre coin entre les deux grandes formations politiques et nous essayons de faire avancer les choses. Nous nous retrouvons malheureusement beaucoup trop souvent, sinon presque toujours, à être le seul adulte dans la pièce. Ça, c'est d'une grande tristesse.
Alors, nous sommes ici pour travailler. Si les gens décident de ne pas travailler et de ne pas convoquer une réunion de comité le lendemain matin ou le lendemain soir, ils ne sont pas payés moins cher, ils reçoivent le même salaire. Le travail, lui, devrait être fait, mais il ne l'est pas. Il y a différentes raisons qui expliquent ça, mais ce n'est pas normal. Les statistiques que j'ai données touchent les 25 comités permanents, mais n'incluent pas le Comité mixte permanent d'examen de la réglementation, le Comité mixte permanent de la Bibliothèque du Parlement ou le Sous-comité des droits internationaux de la personne. Au total, il y a 29 comités. Les statistiques pourraient donc être encore plus sombres que celles que j'ai données.
Comment cela se fait-il? Qu'est-ce qui peut expliquer qu'un comité ne siège pas? Ce qui est censé se passer, c'est que le président consulte ses vice-présidents. Exceptionnellement, il pourrait arriver une fois de temps en temps, une fois dans la session ou une fois toutes les deux ou trois sessions qu'on annule une réunion parce qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne pas ou parce qu'on a un problème avec des témoins et des choses comme ça. Par contre, ce n'est pas ce qu'on voit à cette session-ci.
Comment cela se fait-il? J'ai posé la question à mes collègues à la Chambre. Comment se fait-il qu'on se retrouve à faire un discours là-dessus aujourd'hui? Il n'est pas normal que nous soyons en train de faire des statistiques pour dire que ça arrive souvent que ça ne siège pas et qu'il faudrait s'asseoir et regarder combien de fois. Je vais annoncer en primeur que j'ai planifié des rencontres avec mes collègues, particulièrement avec une collègue du gouvernement, à qui je veux jaser de ce problème.
Au-delà de ça, je souhaite parler de la question de l'obstruction parlementaire. C'est quand même assez surréaliste. Il est compréhensible que l'opposition utilise parfois ce moyen pour bloquer les débats. Toutefois, comment se fait-il que des députés du gouvernement bloquent leur propre projet de loi? Ils font de l'obstruction parlementaire sur leur propre projet de loi; il faut le faire. Ils déposent un projet de loi, puis, une fois en comité, refusent d'en parler. Prenons l'exemple du projet de loi , dont on parlait tantôt. Lorsqu'ils se rendent compte qu'un amendement ne fait pas l'affaire de tout le monde, ils ne veulent plus aller de l'avant. Ne sachant comment reculer, ils choisissent de parler pendant des heures et des heures. J'ai relevé trois exemples provenant des comités.
D'abord, au Comité permanent des finances, le 22 octobre, nous avons assisté à de l'obstruction épouvantable de la part des libéraux pour éviter de débattre la motion déposée par les bloquistes, celle qui devait être traitée après. C'est l'une des tactiques utilisées. Que les gens qui nous écoutent à la maison prennent des notes: c'est ce que font leurs élus. Lorsque le prochain point ne leur convient pas, ils préfèrent ne pas en parler parce qu'ils n'ont pas d'argument intelligent pour le défaire lors de la mise aux voix. Ils préfèrent empêcher la discussion. Ils prennent donc la parole et parlent pendant des heures. Le 19 novembre, il s'est passé la même chose. Le 8 décembre, ils ont encore fait ça lors de l'étude de leur propre projet de loi . Au total, il y a eu 5,5 heures d'obstruction parlementaire juste au Comité permanent des finances.
Parlons du Comité permanent de la justice et des droits de la personne, dont il a été question plus tôt. Le projet de loi , qui porte sur la propagande haineuse, devait faire l'objet de cinq rencontres. Or deux n'ont pas été tenues. Les libéraux et les conservateurs ont chacun contribué à l'obstruction. Les conservateurs sont bons pour lancer des accusations, mais ils sont surtout bons pour faire de l'obstruction parlementaire. Depuis que je suis ici, j'ai pu constater qu'ils avaient beaucoup d'expérience en la matière. La séance prévue le 4 décembre a été annulée par les libéraux. Nous avions encore des réunions prévues cette semaine, mais nous ne savions pas si elles seraient tenues. Nous pensions qu'elles seraient annulées, jusqu'à ce qu'un collègue conservateur nous apprenne un scoop: il nous annonçait que le comité avait été convoqué. Nous sommes bien contents, mais, au total, ce sont sept heures de travail qui ont été perdues. Ces sept heures perdues, ce n'est pas rien. Autour de la table, il y a dix députés, deux analystes, le greffier, l'équipe technique et les interprètes. Chaque heure coûte cher. C'est mon message aujourd'hui: ça coûte cher. On vient ensuite nous parler d'efficacité budgétaire. On veut réduire les transferts aux provinces. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas là-dedans. Soyons efficaces, pour le bien commun.
Parlons maintenant du Comité permanent des transports, de l'infrastructure et des collectivités. Les bloquistes ont soulevé à la Chambre la question des chauffeurs au rabais. Mon collègue a d'ailleurs posé d'excellentes questions à ce sujet aujourd'hui. Six séances ont eu lieu, mais il en reste cinq à tenir, soit presque autant que le nombre de séances ayant eu lieu. Nos députés apprennent parfois seulement la veille qu'une séance est annulée par décision unilatérale du président. Je sais que les libéraux aiment les décisions unilatérales. Nous avons parlé de la Constitution, récemment, de l'« opération immigration » et d'autres affaires qui se sont faites de façon unilatérale. Nous, au Bloc québécois, nous offrons notre collaboration, mais il y a des conditions: il faut qu'il y ait une ouverture et il faut que les gens veuillent travailler, plutôt que de chercher à nous coincer dans des positions inconfortables. Pour ça, il faut une attitude d'ouverture de la part des présidents. Je l'ai mentionné tantôt à mon collègue de , qui a l'air très attentif en ce moment. J'espère qu'il va me poser une question à ce sujet, car il faut que ça roule. Depuis le 6 novembre, il y a eu près de 12 heures d'obstruction parlementaire de la part des libéraux au Comité permanent des transports, de l'infrastructure et des collectivités.
La semaine dernière, les bloquistes ont réussi à faire adopter une motion visant à convoquer un ancien premier ministre pour qu'il vienne expliquer ce qu'était cette « opération immigration ». Nous avons pu la faire adopter parce que, bonne nouvelle, les libéraux ne sont pas majoritaires. Une fois de temps en temps, ce ne sont pas eux qui décident. Puisque ça n'a pas fait leur affaire, ils ont annulé toutes les séances de comité cette semaine en nous donnant des raisons bidons. On nous dit qu'il pourrait y avoir des votes, que c'est la raison pour laquelle il serait impossible de tenir une réunion de comité. Voyons donc: ce n'est pas comme si des votes n'avaient jamais lieu. On pourrait simplement commencer plus tard et c'est tout. Ensuite, on nous dit qu'il n'y a pas de témoins, ou encore que nous avons beaucoup travaillé depuis le début des travaux parlementaires, que nous sommes bons et qu'il est donc temps de prendre une pause. On me dit ça par courriel. C'est épouvantable. On demande aux gens d'être rigoureux et de travailler, mais, pendant que les partis se renvoient la faute, rien n'avance. Nous avons été élus pour étudier des projets de loi en comité et les adopter afin d'améliorer les choses pour le bien commun.
Je suis un nouveau whip. Je dois confesser que je vis un choc émotif depuis que j'ai commencé à observer les 29 comités de la Chambre des communes, y compris les 25 comités permanents. Je suis choqué, parce que je me rends compte que, dans beaucoup de comités, il n'y a pas de collaboration. Il n'y a que du blocage et il y a beaucoup de séances qui n'ont pas lieu.
Je tiens à saluer les gens qui siègent avec moi au Comité permanent de l'agriculture et de l'agroalimentaire, qui ne sont peut-être pas parfaits, mais qui sont beaucoup mieux que les autres, parce que nous travaillons pour le bien commun. Cela devrait être ainsi dans tous les comités. Voilà ce qui est important.
Je vais donner des trucs aux gens qui siègent aux autres comités. Parfois, même quand nous travaillons sur des résolutions ou des recommandations de rapports, nous nous parlons avant la rencontre. Pour gagner du temps, nous nous parlons avant la rencontre. Plutôt que d'arriver en comité, de faire de l'obstruction systématique et de gaspiller le temps et l'argent de plusieurs personnes, nous nous entendons avant la séance. Nous nous appelons afin de savoir ce que les autres pensent. Ainsi, quand nous arrivons à la réunion du comité, nous sommes prêts. C'est super efficace. Plutôt que d'argumenter pendant deux heures, nous adoptons les résolutions et nous faisons avancer les choses.
Nous ne sommes pas toujours d'accord, mais, la plupart du temps, nous arrivons à trouver un chemin commun. Je rêve du jour où cela va arriver dans l'ensemble des comités de la Chambre des communes. Évidemment, si on procède ainsi, on a moins de clips à publier sur les réseaux sociaux. Je comprends que certains trouvent que c'est dommage. Les gens veulent faire des clips afin de montrer comment ils ont remis une personne à sa place. Or, cela ne devrait pas être ainsi. Voilà l'étendue de ma grande naïveté. Voilà ce que je souhaiterais.
Tantôt, j'ai parlé des témoins. Comme élu, il y a quelque chose que je ne peux pas concevoir. Quand nous arrivons dans un comité, il y a trois ou quatre témoins assis au bout de la table. Ce sont des gens qui ont fait de la route. On a payé leurs frais de déplacement et, souvent, on a payé leurs frais de logement. De plus, ils se sont préparés de façon sérieuse. Ils viennent témoigner au gouvernement du Canada. Ces gens ne sont pas stupides, ils se préparent, ils arrivent avec des documents et ils se disent qu'ils ne doivent pas manquer leur coup.
Or, ils s'assoient et on se met à faire de l'obstruction systématique. Il y en a un qui commence à parler et qui n'arrête plus. Pendant ce temps, le témoin est au bout de la table et il ne comprend pas trop ce qui se passe. Il écoute et il regarde sa montre. Finalement, au bout d'une heure ou deux, il y a deux ou trois députés qui se sont querellés et qui ont déposé des motions. Parfois, les députés déposent des motions alors que les témoins sont présents. Au bout de deux heures, on leur dit qu'on s'excuse parce qu'on n'a pas eu le temps de les entendre. On les remercie d'être venus et on leur demande d'envoyer leur mémoire par courriel. S'ils avaient su, ils ne seraient pas venus.
La semaine suivante, les greffiers disent à des membres d'un comité qu'ils devront annuler la séance de comité parce qu'aucun témoin n'a accepté de comparaître. C'est normal, c'est un effet de levier. Il faut être sérieux. Nous dérangeons des gens, des professionnels, des scientifiques, des chercheurs d'université et des producteurs agricoles, qui n'ont pas le temps d'être ici. Il faut qu'ils soient sur leur terre en train de travailler. Quand ils viennent ici, il faut que cela serve à quelque chose. Soyons sérieux.
Il faut respecter les témoins. Quand ils sont assis dans une salle de comité, nous devrions toujours les prioriser. Je sais que, parfois, nous n'avons pas le choix en raison d'une procédure, mais cela devrait être l'extrême exception. Ce n'est pas ce que nous voyons dans la présente législature, et c'est d'une tristesse sans nom d'entendre les commentaires. Par exemple, au début d'une réunion de comité, le président a décidé qu'il changeait l'ordre du jour et il a abordé un autre sujet. Cela a permis aux libéraux de déposer une motion qui venait contrecarrer celle qu'un député avait fait adopter à la réunion précédente du comité. Ce ne sont pas des techniques loyales. Les libéraux devraient nous parler s'ils veulent changer les choses et ils devraient se parler entre eux. Pouvons-nous travailler sérieusement?
Tantôt, j'entendais le secrétaire parlementaire reprocher aux conservateurs d'avoir déposé cette motion, parce que nous devrions parler du projet de loi C‑15, un mégaprojet de loi mammouth de 650 pages. À la page 300 de ce projet de loi, il est écrit en tout petit que n'importe quel ministre peut annuler n'importe quelle loi, quand cela lui tente, tant qu'il trouve un prétexte pour dire que cela favorise l'innovation. Est-ce qu'il s'agit de collaboration? Il faut que nous le cherchions, que nous le trouvions, que nous le débusquions, que nous le dénoncions dans les médias. Les libéraux ont essayé de faire passer cela en douce. Après, ils vont venir faire les vierges offensées ici et dire que nous les empêchons de travailler. Si tout le monde était de bonne foi, je pense que cela pourrait avancer beaucoup plus vite.
Moi, je m'inquiète beaucoup des ressources et des problématiques. Le gouvernement a souvent tendance à cacher les problématiques.
Je profite de l'occasion pour donner un autre exemple qui m'inquiète vraiment beaucoup. C'est la situation des interprètes. Je l'ai soulevée au Bureau de régie interne. On parle d'obstruction systématique puis de faire perdurer des comités jusqu'à minuit le soir, d'annuler une réunion puis d'en tenir une autre, ainsi de suite. Qu'est-ce qu'on brûle dans ces cas-là? Ce n'est pas juste les députés, leurs équipes de conseillers, les greffiers et tous ces gens. C'est aussi et surtout les interprètes.
Il faut qu'on s'imagine la difficulté du travail que ça représente. Les interprètes écoutent et parlent en même temps dans l'autre langue. Il faut imaginer la complexité de la tâche. Je ne sais pas quel est le pourcentage d'élus à la Chambre qui sont bilingues, mais ce n'est certainement pas la moitié. Je ne pense pas que c'est 60 %. Je pense que ça doit être 20 % à 30 % et, même là, je pense que je suis généreux. Ils ne sont pas capables, car ça demande de l'effort, apprendre une langue.
Les interprètes sont assez bons pour être capables d'entendre dans une langue et de résumer en même temps dans l'autre langue. Ce n'est pas de la traduction. Ce n'est pas du mot à mot. C'est de l'interprétation. Alors, ils doivent voir le visage et entendre l'expression. Il faut qu'ils soient au courant du contexte et il faut qu'ils aient des connaissances de base sur le sujet qui est traité. C'est tout un travail.
Or la Chambre des communes leur a annoncé cette année qu'elle va prendre le plus bas soumissionnaire et que ce n'est pas grave si le gars qui interprète un dossier juridique n'est pas un juriste. On s'en fout. Il faut juste dire à peu près ce que ça veut dire. On commence même à parler de recourir à l'intelligence artificielle, mais nous avons besoin d'humains pour avoir les émotions et entendre les vraies gens.
J'ai un autre tableau que je ne suis pas censé montrer à la Chambre, mais dont je peux me servir pendant mon discours. Il recense les incidents techniques d'interprétation. Je n'ai pas encore ressorti les statistiques, mais ce que nous remarquons au jour le jour avec l'équipe des whips, c'est que, très souvent, quand il y a des problèmes techniques, c'est parce que les interprètes étaient en ligne à distance: il y a des délais, ils ne voient pas les gens, ils ne se voient pas entre eux pour prendre le relais, ce qui fait que, quand il y en a un qui arrête de parler, des fois, il va y avoir un plus grand trou dans l'interprétation.
Qui est-ce qui paie pour ça? À part, bien sûr, les interprètes qui doivent surveiller leur santé auditive, ceux qui paient, ce sont toujours les francophones. Monsieur le Président, vous êtes un des rares qui a un bilinguisme exemplaire, mais vous savez comme moi que ce sont toujours les francophones qui paient, parce que de 80 % à 90 % des discussions se passent en anglais. Donc, le petit bout de phrase qui manque, c'est le francophone qui ne l'a pas pour faire son analyse, pour faire sa représentation ou pour faire une évaluation juste du projet de loi.
Pourtant, les concitoyens du député francophone ne valent pas moins cher que les citoyens de la province anglophone. Donc, ils ont le droit d'être bien représentés. Je vois des députés qui semblent vouloir protester: s'ils ont des choses à dire, qu'ils se lèvent et qu'ils invoquent le Règlement. Je pense que ce que je viens de dire était très parlementaire. Chaque électeur a le droit d'être représenté dignement.
Est-ce que mes collègues savent pourquoi je profite de l'occasion pour en parler? C'est parce que quand j'ai parlé à des responsables du service d'interprétation au Bureau de régie interne, ils m'ont fait une espèce de déclaration vide où ils ne disaient rien. Puis, ils n'ont à peu près pas répondu à mes questions ou à mes inquiétudes sur le changement dans l'attribution des futurs contrats. Ils m'ont dit de ne pas m'inquiéter, que l'examen d'accréditation est extrêmement rigoureux et que ça assure toute la qualité. Ils m'ont dit ça tout le long. Or, qu'est-ce que j'ai appris la semaine passée? Ils ont changé l'examen. Ils disent qu'il n'y aura pas de problème et qu'il n'y aura plus de pénurie. Ils ont ajouté un auditeur externe qui viendra évaluer, et ses votes compteraient autant que ceux des quatre experts de la Chambre des communes qui faisaient l'évaluation autrefois. Quand ce sera à égalité, c'est l'administration qui va décider. Il n'y aura plus de pénurie.
Voici un exemple parmi tant d'autres où je trouve qu'il y a comme une espèce d'insouciance, où on répond qu'on va arranger ça et que ça va bien aller. Cependant, il faut être sérieux et il faut être rigoureux et, pour les comités, c'est la même chose.
Je souhaite lancer un message au gouvernement. Être président de comité, c'est un privilège. Le rôle du président, qui est tenu de façon sublime à la Chambre, c'est d'être neutre et d'être équitable avec tout le monde. Pourtant, j'ai des exemples où ce n'est pas le cas. Après ça, on se demande pourquoi certains députés sont moins de bonne foi que d'autres. Ça peut être un cercle vertueux si tout le monde est de bonne volonté, ou un cercle vicieux s'il y a de la mauvaise volonté. Une mauvaise volonté d'un côté entraîne une mauvaise volonté de l'autre côté. Arrêtons de bouffer du temps et travaillons de façon sérieuse pour les citoyennes et les citoyens.
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Monsieur le Président, cette conversation est intéressante. Je pense que les conservateurs essaient d'inverser les rôles, car le message que reçoivent les Canadiens, c'est que les conservateurs ont recours depuis un certain temps à des tactiques dilatoires pour faire obstruction aux projets de loi et les retarder leur étude dans de nombreux comités. Nous en parlons depuis un bon moment, alors c'est une bonne chose qu'ils soient contrariés par l'annulation de certaines réunions de comités cette semaine. À mon avis, ces annulations sont attribuables à l'obstruction que les conservateurs font depuis des semaines.
Je vais donner un exemple. Après avoir bloqué pendant des semaines des travaux qui auraient rendu nos collectivités plus sûres, les conservateurs ont exigé que le comité de la justice plie bagage et se lance dans une tournée pancanadienne coûteuse et payée à crédit, à laquelle participerait une équipe complète qui gaspillerait l'argent des contribuables tout en n'accomplissant absolument aucun des travaux urgents que les Canadiens attendent de notre gouvernement en ce moment. Les conservateurs ont présenté deux motions visant à paralyser le comité de la justice. Ce n'était rien d'autre que de l'obstruction de mauvaise foi.
Nous n'allions pas les laisser paralyser une autre réunion de comité. Le nouveau président nommé au comité a donc annulé une réunion pour régler les choses, car, pendant les réunions précédentes, il n'y avait eu que de l'obstruction. Je vais donner des exemples précis des méthodes employées.
Parfois, il vaut mieux faire une pause que de voir des réunions être paralysées et de ne rien pouvoir accomplir. Le président du comité a également expliqué à la Chambre pourquoi cette pause était nécessaire: il s'agissait de réunir les partis et de trouver des solutions pour pouvoir travailler ensemble de manière plus productive.
Je tiens à souligner qu'au comité de la justice, deux projets de loi importants en matière de sécurité publique, la Loi visant à lutter contre la haine et la Loi sur les mesures de réforme concernant la mise en liberté sous caution et la détermination de la peine, sont bloqués, alors même que les provinces, les territoires, les municipalités, les chefs de police, les associations de policiers et les groupes de victimes supplient les parlementaires d'agir rapidement. Il est vraiment irresponsable de bloquer ces réformes. C'est un affront à la sécurité publique des Canadiens.
Nous constatons que, sous la direction du , les conservateurs préfèrent faire du théâtre politique aux frais du contribuable plutôt que d'effectuer le travail que les Canadiens leur ont confié en tant qu'opposition officielle. Ils ne prennent pas la sécurité publique au sérieux. Il ne fait aucun doute qu'ils ne prennent pas au sérieux le fait de gouverner. Espérons qu'ils n'auront pas l'occasion de le faire un jour, car ils montrent clairement où se situent leurs intérêts. Ceux-ci consistent à acquérir le pouvoir politique et non à remplir la mission qui incombe à l'opposition, à savoir proposer des amendements constructifs, renforcer la législation et améliorer la sécurité des Canadiens. C'est exactement ce qu'ils ne font pas.
En fait, je dirais qu'ils essaient d'empêcher le gouvernement de mener à bien son programme et de faire adopter les réformes et les mesures législatives proposées, afin que les Canadiens soient mécontents, que les groupes communautaires soient mécontents et que les conservateurs puissent continuer à attiser la rage en ligne. Que feraient-ils si nous résolvions tous les problèmes grâce à nos projets de loi? De quoi se serviraient-ils alors pour continuer à attiser la rage?
En effet, nous avons vu que, chaque fois que nous sommes dans une impasse, le Parti conservateur du Canada en profite pour faire une campagne de financement en ligne au lieu de s'occuper des graves problèmes qui touchent les Canadiens et dont souffrent les victimes. Ils n'ont aucun scrupule à se servir de ces dossiers pour recueillir des fonds. Je dirais donc que les conservateurs ne sont pas du tout sérieux et qu'ils ne prennent pas vraiment la sécurité publique au sérieux. De toute évidence, ils n'ont pas vraiment l'intention d'écouter les personnes les plus touchées par la criminalité.
Partout au Canada, des communautés réclament de meilleures mesures de protection contre la montée de la haine et de l'antisémitisme. De nombreuses associations communautaires ont demandé à la Chambre d'apporter des modifications à la loi et au Code criminel du Canada, et c'est exactement ce que nous faisons. Chaque retard causé par les conservateurs retarde d'autant la mise en place de ces mesures de protection pour les Canadiens.
Le projet de loi visant à lutter contre la haine n'a pas pu être examiné au comité, et nous n'avons pas pu nous pencher sur les amendements qui ont été proposés. Il y a beaucoup de discussions en ce moment pour savoir si les libéraux approuvent l'amendement que les députés bloquistes voulaient proposer, mais cet amendement n'a même pas été proposé, et il n'y a même pas eu de motion en ce sens au comité. Cependant, cette information a fait l'objet d'une fuite, et c'est une grave faute de procédure et une grave erreur de la part du député à l'origine de cette fuite.
Il est important de donner aux membres du comité la possibilité de débattre de ces questions et de prendre une décision sincère à leur sujet, mais on a eu recours à des tactiques dilatoires. Par exemple, le jeudi 27 novembre, les travaux du comité ont été complètement interrompus quand le député conservateur d' a fait de l'obstruction pendant deux heures. Tous les amendements confidentiels avaient déjà été déposés le 24 novembre, et l'amendement du Bloc devait être présenté ce jour-là, mais la manœuvre d'obstruction a empêché le Bloc de le faire. En fait, l'amendement n'a jamais été débattu, donc cette question n'a pas été prise en considération.
Entretemps, les conservateurs se sont employés à diaboliser cette mesure législative et à inventer des scénarios hypothétiques qui ne figurent même pas dans le projet de loi. Le participe à des activités où il dit aux gens qu'ils ne pourront pas lire la Torah, le Coran ou la Bible sans être mis en accusation. C'est complètement faux. Ce n'est pas vrai. Ce sont des scénarios hypothétiques, et je dirais que, même avec des amendements, ce ne serait pas le cas. Encore une fois, ce n'est qu'un leurre pour attiser la rage.
Comme je l'ai dit, après des semaines d'obstruction, de manœuvres procédurales et de tentatives de nous faire régresser, les conservateurs ont maintenant présenté deux motions au comité: l'une pour mettre fin à l'étude article par article et l'autre pour envoyer le comité en tournée aux quatre coins du pays. Tout cela survient après que le projet de loi a déjà été débattu et que des témoins ont comparu devant le comité. Je peux dire aux députés combien il y a eu de témoins, j'ai la liste sous les yeux. Le comité a été en mesure d'accomplir un travail colossal, mais j'aurais tant aimé qu'il puisse aller jusqu'au bout. À la place, les conservateurs tiennent deux projets de loi très importants en otage à l'étape de l'étude par le comité.
Le comité a consacré huit heures à l'étude du projet de loi, au lieu des 11 heures prévues, parce que les conservateurs ont fait de l'obstruction et bloqué les travaux du comité. Nous n'avons donc eu que 8 heures. Quant au nombre de témoins, le comité en a entendu 23 au sujet de ce projet de loi sur les crimes haineux, alors qu'il en aurait entendu 33 si les conservateurs n'avaient pas commencé à faire obstruction aux travaux. Il ne fait aucun doute que ce sont les conservateurs qui ne veulent pas entendre les témoignages des témoins et des experts sur les avantages et les inconvénients de différents aspects du projet de loi. Il s'agit pourtant d'un exercice fondamental dans une démocratie. C'est d'ailleurs le rôle des comités, et ce rôle est extrêmement important.
Ce qui me choque, c'est que la a parlé du projet de loi l'autre jour à la Chambre. Elle faisait peut-être référence à toutes les modifications au Code criminel. Je l'ignore. Je dirai que, lorsqu'il a été question du projet de loi C‑9, elle a dit à la Chambre: « Ce pays n'est pas confronté à un problème de droit, mais à un problème d'application de la loi […] ».
La est-elle en train de dire que la police ne sait pas ce qu'elle fait? Les services de police de partout au pays nous ont dit qu'aucune accusation de crime haineux n'avait été portée. Les communautés juives de partout au pays, elles, nous ont dit que la loi n'était pas appliquée à cause du manque de clarté. Nous avons donc tenu des consultations pour élaborer ce projet de loi afin que les communautés puissent être mieux protégées par le Code criminel.
Chaque fois que les conservateurs prennent la parole à la Chambre, ils réclament des modifications au Code criminel. Tous leurs projets de loi d'initiative parlementaire proposent des modifications au Code criminel. Chaque fois qu'ils prennent la parole à la période des questions pour parler de criminalité, ils demandent des modifications au Code criminel. Nous faisons tout ce que les conservateurs ont demandé, tout ce que les forces de l'ordre, les collectivités et les victimes ont demandé, et tout à coup, voilà qu'une tendance se dessine. Les conservateurs essaient de nous empêcher de faire le travail voulu.
La tendance que nous observons est très claire. Nous constatons que les conservateurs sont extrêmement laxistes en matière de criminalité dans le cadre de la présente législature et qu'ils bloquent la réforme de la mise en liberté sous caution. Leur comportement le prouve, et non leurs discours, parce qu'on ne peut pas se fier à ce qu'ils disent. Une certaine journée, ils réclament des modifications à la loi, et, le lendemain, leur affirme à la Chambre que le problème ne réside pas dans la loi, mais dans son application. Si tel est le cas, pourquoi demandent-ils toutes ces modifications à la loi?
Certains changements sont nécessaires. Nous les avons inscrits dans la loi. Cependant, nous constatons que les conservateurs s'opposent à tous ces changements. Ils bloquent donc la réforme de la mise en liberté sous caution. Des personnes sont libérées à l'heure actuelle parce que les conservateurs refusent de collaborer avec le gouvernement. Ils bloquent les mesures de protection destinées aux manifestants pacifiques et aux fidèles pacifiques. Une chose est très claire: les conservateurs n'accorderont certainement pas aux policiers les pouvoirs d'enquête supplémentaires qu'ils demandent pour pouvoir arrêter les extorqueurs et les pédophiles.
Le projet de loi , Loi visant une sécurité rigoureuse à la frontière, est la deuxième mesure législative que nous avons présentée à la Chambre. Dans ce projet de loi, nous prévoyons un régime d'accès légal, ce à quoi les conservateurs avaient autrefois donné leur accord. Cependant, tout à coup, ils ont décidé une fois de plus d'utiliser le projet de loi pour recueillir des fonds et attiser la rage. Les conservateurs sont réputés pour leurs techniques visant à générer des clics et à attiser la rage.
Des voix: Oh, oh!
L'hon. Ruby Sahota: Les conservateurs sont fâchés, monsieur le Président, parce que j'attire l'attention sur leurs tactiques et la tendance claire que nous observons.
Les dispositions sur l'accès légal contribueraient à fournir aux corps policiers les pouvoirs et les outils dont ils ont besoin pour coincer les extorqueurs, ce dont les conservateurs parlent tous les jours à la Chambre. Ils se plaignent d'un problème, mais ils ne veulent pas de solution. Ces mesures aideraient aussi à arrêter les pédophiles.
À l'heure actuelle, même si les forces de l'ordre connaissent les adresses IP de personnes qui téléchargent de la pornographie juvénile à l'échelle du pays, elles ne sont pas en mesure d'agir rapidement en fonction de cette information parce qu'elles doivent passer par des procédures judiciaires qui prennent beaucoup de temps. Dans bon nombre des affaires d'extorsion, les criminels restent en liberté et en commettent de plus en plus. Les prédateurs d'enfants continuent leurs agissements parce qu'il faut parfois jusqu'à six mois pour obtenir une autorisation judiciaire. Il est essentiel de doter les corps policiers de ces outils modernes.
Nos alliés du Groupe des cinq ont tous ce genre d'outils modernes, mais les conservateurs nous empêchent de les donner à nos services de police. Je pense qu'ils sont actuellement à l'écoute de militants extrémistes et qu'ils se plient à leurs désirs.
J'ai observé une autre tendance vraiment intéressante. Les conservateurs étaient autrefois du côté de la police. Pourtant, le a qualifié la GRC de « méprisable », et la a dit à la Chambre que le problème au Canada, c'était l'application de la loi. Or, nos policiers ont travaillé d'arrache-pied pour formuler les recommandations qui s'imposaient, afin que nous puissions les intégrer au projet de loi.
Nous avons présenté ce projet de loi et nous en avons débattu à la Chambre, mais tout ce que nous avons vu de la part des conservateurs, ce sont des tactiques dilatoires et des informations trompeuses diffusées aux Canadiens sur la façon dont le gouvernement va s'en prendre à leurs données. C'est absolument faux. Ce n'est pas vrai. Personne ne souhaite s'en prendre aux données de qui que ce soit. Cependant, il est important que la police soit capable de réduire son nombre de suspects, d'écarter des suspects dans des affaires, afin qu'elle puisse agir rapidement et empêcher les criminels de commettre d'autres crimes. C'est le travail important qui est retardé au comité de la justice.
Comme je l'ai dit, le projet de loi a déjà fait l'objet de trois heures et demie de débat à la Chambre et de huit heures de débat au comité, quoique cela aurait pu être onze heures si les conservateurs n'avaient pas fait obstruction. Le comité a entendu 23 témoins, quoique cela aurait été 33 si les conservateurs n'avaient pas fait d'obstruction. Les conservateurs affirment maintenant que le travail n'est pas terminé et que nous devrions les laisser faire une belle tournée du pays, tout arrêter afin qu'ils puissent dépenser et gaspiller l'argent des contribuables en continuant à répandre de la désinformation partout au pays.
Nous l'avons déjà fait à la Chambre: tous les parlementaires de tous les partis se sont unis pour faire ce qui est juste, pour agir dans l'intérêt des Canadiens, et non dans leur propre intérêt ou dans celui de leurs campagnes de financement. Adoptons ces projets de loi cruciaux, ces projets de loi urgents que réclament les victimes et la police.
C'est pourquoi ce travail est si important. Il s'agit en fait d'une question de vie ou de mort à l'heure actuelle. Je supplie les conservateurs de nous aider à adopter ce projet de loi...
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Monsieur le Président, je suis heureux de participer à ce débat. C'est l'occasion pour les parlementaires d'entendre parler du dysfonctionnement des comités. Celui-ci est en grande partie attribuable aux présidents et, dans certains cas, probablement aux secrétaires parlementaires, qui sont chargés de défendre la position du gouvernement au sein des comités. Ce dysfonctionnement découle de l'incapacité des présidents à gérer leur comité. Je vais parler du comité des finances.
Nous avons beaucoup entendu les députés d'en face prétendre que les conservateurs font de l'obstruction aux comités pour empêcher l'adoption des projets de loi.
L'hon. Kevin Lamoureux: C'est la vérité.
Pat Kelly: Monsieur le Président, je me fais chahuter par le député de . Peut-être ignore-t-il que ce sont les députés de son propre caucus qui ont fait obstruction au projet de loi au comité des finances, mais j'y reviendrai. Je veux aborder les choses dans l'ordre.
Le comité de la justice s'est formé et a commencé ses travaux au printemps. Sa présidente a fait preuve de mépris à l'égard des règles du comité, elle n'a pas respecté les pratiques et la procédure appropriées énoncées dans le livre vert, et, le 16 juin, elle a convoqué une réunion sans le consentement des membres. Je lui ai fait remarquer que ce n'était pas autorisé.
Je précise que je partagerai mon temps de parole avec le député d'.
Au comité, nous avons souligné à maintes reprises les règles du comité figurant dans le livre vert, à la page 1099, qui énoncent que « la présidence du comité ne peut pas ajourner une réunion sans le consentement d'une majorité des membres [...] ». C'est une règle du comité que j'ai découverte lors du débat d'aujourd'hui. La présidente du comité des finances n'est pas la seule présidente de comité libérale, ou présidente membre du caucus du parti au pouvoir, à lever la séance lorsque les choses se compliquent pour son camp ou lorsqu'elle a simplement envie d'interrompre une réunion. J'attire l'attention de la Chambre sur le fait que les règles du comité ne sont pas respectées.
Le 22 octobre, à une réunion du comité des finances, les députés du parti au pouvoir ont fait obstruction à leur propre projet de loi, le projet de loi , que les conservateurs et d'autres députés avaient soutenu, qu'ils avaient avalisé à la Chambre et qu'ils avaient renvoyé au comité pour étude. Nous avons passé toute la réunion à débattre d'un seul amendement du NPD avec les députés libéraux, en particulier le , qui posait des questions contrariantes et répétées aux fonctionnaires présents afin de prolonger la réunion et d'éviter la tenue d'un vote.
À ce moment-là, nous ne comprenions pas bien pourquoi. Se contentaient-ils de faire du surplace parce qu'ils n'avaient pas lu les amendements? Attendaient-ils que leurs supérieurs leur disent quoi faire? Attendaient-ils que le bureau du whip ou le Cabinet du premier ministre leur dise comment voter? N'avaient-ils pas fait leur travail? N'avaient-ils pas eu de réunion préalable? Ne prenaient-ils pas cette réunion au sérieux? Se sont-ils contentés de déblatérer pour empêcher les travaux d'avancer? Je l'ignore, et je ne le saurai jamais. Cependant, je sais que la séance a été levée alors que le était littéralement en train de poser une question à un fonctionnaire. C'est la chose la plus irrespectueuse que j'aie jamais vue. Des fonctionnaires étaient présents, ils faisaient leur travail en répondant à nos questions, et la présidente a levé la séance alors qu'un secrétaire parlementaire de son parti était en train de poser une question.
Nous sommes revenus le lundi suivant. Une fois de plus, les ministériels ont passé 110 minutes à faire obstruction à leur propre projet de loi, le projet de loi . À la Chambre, le député de est intervenu pendant les débats pour demander pourquoi ce projet de loi était bloqué au comité. Si nous ne pouvions pas le faire progresser, c'est parce que ses propres collègues ministériels nous en empêchaient. J'ai dû être la voix de la raison lors de cette réunion. Nous avons retiré certains des amendements que nous proposions, mais ce n'était pas eux qui causaient l'impasse. Nous n'en étions même pas encore arrivés là.
Au bout du compte, nous avons essayé de faire comprendre aux libéraux qu'il fallait permettre la mise aux voix des autres amendements proposés par les autres partis, ce qu'ils ont fini par accepter. Par la suite, nous avons réussi à terminer l'examen du projet de loi et à le renvoyer à la Chambre, mais ce n'est certainement pas grâce aux libéraux.
Y a-t-il un membre du comité des finances qui a demandé aux autres partis de discuter de façon informelle pour connaître nos priorités et essayer de négocier un règlement pour les différentes motions? Les adultes responsables discutent pour régler les problèmes, mais ce n'est pas ce qui s'est produit au sein de ce comité. Je ne blâme pas les trois nouveaux députés qui siègent au comité; ils semblent tous être des gens raisonnables. Toutefois, je me demande pourquoi la et le nous montrent à chaque réunion qu'ils ne veulent pas travailler avec les députés des autres partis. C'est réellement ce qui se passe.
Lors de notre réunion du 29 octobre, nous avons accueilli le directeur parlementaire du budget pour entendre son témoignage. La a appliqué de façon complètement incohérente la règle de la pertinence, en sévissant contre les membres d'un parti, mais pas contre ceux de l'autre. Vers la fin de cette réunion, il y a eu un échange assez choquant entre le et le directeur parlementaire du budget. C'était gênant. Je peux assurer à la Chambre que ce n'est pas à l'honneur du secrétaire parlementaire.
Puis le 19 novembre, en présence de témoins, alors que la réunion tirait à sa fin mais n'était pas encore finie, le député du Bloc, qui est vice-président du comité, a profité du seul moment où il pouvait prendre la parole pour présenter une motion de régie interne. Nous aurions pu nous en occuper très rapidement ou même proposer l'ajournement du débat et revenir aux témoins, mais non: les libéraux, plus précisément le d'ailleurs, ont fait des manœuvres d'obstruction jusqu'à environ 20 h 30, je crois, avant d'accepter d'adopter la motion. Ce genre de perturbation sans objectif ni stratégie apparents est carrément bizarre. Je n'y trouve aucun sens.
Au comité des finances, nous nous sommes butés à un manque total de coopération. Ce n'est pas faute d'avoir essayé. Je ne sais pas combien de fois j'ai pris la parole au comité pour exhorter la à tenir une réunion du comité directeur où ses vice-présidents pourraient venir présenter leur programme, parler des motions dont ils ont donné avis et, sans les caméras, discuter des travaux potentiels du comité et planifier un calendrier et un plan de travail. C'est ainsi que des comités solides, fonctionnels et qui font du bon travail ensemble peuvent, grâce à un processus de désaccord collégial, arriver à de meilleures politiques, de meilleurs résultats, de meilleurs rapports et de meilleures mesures législatives pour les Canadiens, mais ce n'est pas ce qui se passe au comité des finances.
Ces derniers temps, les libéraux se sont acharnés à proposer des motions visant à effectuer une étude préalable de la loi d'exécution du budget. L'étude préalable des projets de loi n'est pas la procédure habituelle. Une motion a été présentée à la Chambre afin de renvoyer ce projet de loi au comité des finances dès son adoption par la Chambre, ce qui est la procédure normale. Si les libéraux avaient une raison particulière ou s'ils souhaitaient mener des négociations à ce sujet, je suis sûr que nous pourrions en discuter; c'est à cela que sert un sous-comité.
La a annulé deux réunions au cours des deux dernières semaines et n'a prévu qu'une heure au lieu de deux quand les témoins n'étaient pas disponibles. La deuxième heure aurait pu être consacrée à un sous-comité où les problèmes auraient pu être résolus afin que le comité puisse mieux fonctionner.
Le débat et le rapport dont la Chambre est saisie ont pour but d'examiner l'efficacité du comité des finances. Je dois malheureusement signaler que les choses ne se passent pas très bien au comité des finances, et j'en attribue l'entière responsabilité à la et au , qui ne communiquent jamais avec les membres pour favoriser la collaboration et l'élaboration d'un plan de travail.