Que le projet de loi C-15 soit modifié par suppression de l'article 373.
Que le projet de loi C-15 soit modifié par suppression de l'article 374.
Que le projet de loi C-15 soit modifié par suppression de l'article 375.
Que le projet de loi C-15 soit modifié par suppression de l'article 597.
Que le projet de loi C-15 soit modifié par suppression de l'article 598.
[Traduction]
— Monsieur le Président, les Canadiens sont aux prises avec de multiples crises superposées, depuis les difficultés à trouver un logement abordable jusqu'à l'urgence climatique qui menace notre planète, en passant par le coût des aliments nécessaires pour nourrir leur famille. Le budget offrait une occasion de réagir à la gravité de la situation. Malheureusement, selon les néo-démocrates, il rate la cible. En fait, le budget renverse de nombreuses mesures dont les libéraux eux-mêmes avaient dit aux Canadiens qu'elles étaient essentielles il y a à peine quelques mois.
Les néo-démocrates croient qu'il est possible et impératif de faire beaucoup plus pour bâtir un Canada plus fort, plus prospère et plus indépendant qui réponde aux attentes de tous les Canadiens. Nous avons donc proposé divers amendements et changements au budget pour atteindre cet objectif. Aujourd'hui, je mettrai en lumière les amendements à l'étape du rapport qui concernent les parties du budget qu'il conviendrait de supprimer, selon nous.
Premièrement, la décision que les libéraux ont prise d'annuler la taxe sur les services numériques accorderait une éclatante victoire aux géants américains de la technologie, directement aux dépens des contribuables canadiens, et une victoire encore plus grande à Donald Trump. Quand les libéraux ont annoncé cette mesure dans le budget de 2021, ils l'ont décrite comme étant essentielle pour « faire en sorte que les sociétés de tous les secteurs, y compris les sociétés numériques, paient leur juste part sur l'argent qu'elles gagnent en faisant affaire au Canada ». Ce n'est pas moi qui le dis; ce sont les mots du gouvernement libéral. Quand le gouvernement Trump s'est opposé à cette taxe, les libéraux ont aussitôt promis d'y renoncer.
La taxe sur les services numériques était expressément conçue pour faire en sorte que les plus grandes sociétés américaines de la technologie, telles que celles dirigées par Elon Musk et Mark Zuckerberg, contribuent équitablement à l'économie canadienne avec les profits qu'elles empochent ici. Le directeur parlementaire du budget a estimé que cette taxe engendrerait des recettes de 7,2 milliards de dollars en cinq ans; ce sont là des revenus qui auraient pu financer les services publics, l'infrastructure et les programmes dont les Canadiens ont besoin et sur lesquels ils comptent. Au lieu de cela, les libéraux ont capitulé devant Donald Trump, ils ont renoncé à des revenus de milliards de dollars et ont abandonné un outil qui aurait uniformisé les règles du jeu pour les entreprises canadiennes, et tout cela s'est fait sans qu'un seul avantage soit négocié pour le Canada en échange.
Résultat: les libéraux récompensent les géants étrangers de la technologie tout en éliminant des dizaines de milliers d'emplois qui soutiennent des familles et en réduisant les services sur lesquels les Canadiens comptent. Les néo-démocrates disent que ce n'est pas la bonne façon de procéder.
Deuxièmement, le budget annulerait, pendant une crise du logement, la taxe sur les logements sous-utilisés. C'est là une décision tout à fait déroutante. Quand cette mesure a été introduite à l'origine, les libéraux l'ont décrite comme étant « une mesure fiscale nationale visant l'usage improductif des logements au Canada appartenant à des non-résidents et non-Canadiens », et ils ont soutenu que la mesure ferait en sorte que les propriétaires étrangers qui se servent du Canada comme d'un endroit où stocker passivement des richesses dans l'immobilier « paient leur juste part ». Dans ce cas aussi, ce sont les libéraux qui ont déclaré cela; pourtant, dans le budget de cette année, les libéraux veulent éliminer totalement cette mesure. J'imagine que les promoteurs ont réussi à les convaincre.
Le directeur parlementaire du budget estime que la taxe sur les logements sous-utilisés rapporterait 693 millions de dollars sur cinq ans. L'abroger reviendrait à renoncer à des centaines de millions de dollars de recettes qui pourraient être utilisées pour soutenir des logements sociaux véritablement abordables, des infrastructures municipales ou d'autres priorités publiques. Cela permettrait également de supprimer un levier politique important destiné à décourager les investisseurs étrangers de laisser des propriétés vacantes à un moment où les Canadiens doivent faire face à l'une des pires crises du logement de l'histoire du pays. Cela encouragerait les propriétaires à laisser leurs locaux vacants, alors que les locataires ont désespérément besoin d'un endroit où vivre.
Troisièmement, alors que le gouvernement demande aux travailleurs canadiens de faire des sacrifices, il propose d'annuler la taxe de luxe sur les jets privés et les yachts. Le contraste ne pourrait être plus flagrant: austérité pour les travailleurs, et allégements fiscaux pour les plus riches. C'est un autre revirement complet des libéraux. Dans le budget de 2021, les libéraux avançaient que « ceux qui peuvent se permettre d'acheter des produits de luxe peuvent être assujettis à une taxe plus élevée », surtout à un moment où, au sortir de la COVID, les Canadiens ordinaires faisaient des sacrifices pour maintenir notre économie à flot.
Pour les néo-démocrates, cette logique reste valable, mais les libéraux abandonnent maintenant totalement la taxe sur les produits de luxe que sont les jets privés et les yachts. Ils justifient cette décision en disant que cette taxe coûte plus cher à appliquer qu'elle ne rapporte, ce que contredit leur propre budget de 2025. La suppression de la taxe fera perdre 135 millions de dollars de recettes sur cinq ans. Renoncer à ces recettes est un choix politique qui profite aux plus riches au Canada, alors que le gouvernement libéral supprime des dizaines de milliers d'emplois qui font vivre des familles et réduit les services dont dépendent les Canadiens, sous prétexte qu'il a un problème de recettes.
Ce qui rend cette décision encore plus préoccupante, c'est que les syndicats du secteur de l'aviation et du secteur nautique ont proposé des solutions concrètes pour remédier aux répercussions potentielles de cette mesure sur l'industrie, et pas une suppression totale de la taxe sur les produits de luxe. Au lieu d'écouter les travailleurs et d'affiner la politique, les libéraux écoutent les ultrariches du pays et cherchent à la supprimer complètement. Il en résulte un recul politique où l'on renonce à des centaines de millions de dollars de recettes, où l'on abandonne une mesure d'équité fiscale importante visant les ultrariches et où l'on ignore les propositions constructives présentées par les travailleurs et leurs syndicats, qui étaient prêts à aider à améliorer le système, plutôt qu'à le démanteler.
Quatrièmement, le projet de loi contient une menace sérieuse pour les fondements démocratiques du Canada. La section 5 de la partie 5 comprend des articles qui accordent aux ministres fédéraux des pouvoirs étendus, à la Henri VIII, qui leur permettraient d'exempter temporairement une société, un particulier, un partenariat, une association ou une organisation de l'application de presque tous les lois et règlements fédéraux. Bien que les libéraux aient décidé d'accepter des amendements des conservateurs en comité afin d'ajouter quelques garde-fous limités à ces dispositions, le problème fondamental demeure. Ce projet de loi confère aux ministres le pouvoir extraordinaire d'exempter certaines personnes et sociétés des lois et règlements fédéraux. Ces exemptions pourraient passer outre les normes du travail, les règles en matière de santé et de sécurité, les protections environnementales, les droits des Autochtones, et j'en passe. Même avec ces garde-fous limités, les exemptions potentielles restent démesurées.
Cela porte atteinte à la séparation des pouvoirs en permettant à l'exécutif de passer outre les lois adoptées par le Parlement sans transparence ni responsabilisation totales. Les articles ne simplifient pas la réglementation, comme on le prétend. En fait, ils affaiblissent l'état de droit et créent un système à deux vitesses où les lois adoptées par le Parlement peuvent être suspendues de façon arbitraire. Les spécialistes du droit et les défenseurs des libertés civiles soutiennent qu'il ne s'agit pas d'un véritable banc d'essai réglementaire, comme on le prétend. Ils affirment que, même avec l'accord conclu avec les conservateurs, cette approche est trop large et moins transparente que les cadres d'expérimentation que l'on trouve ailleurs.
Le NPD soutient que ces dispositions ne peuvent pas être corrigées au moyen d'ententes secrètes entre les libéraux et les conservateurs. En effet, le gouvernement n'a toujours pas justifié publiquement la nécessité de créer les pouvoirs extraordinaires demandés. Des mesures de cette ampleur ne devraient pas être enfouies dans un projet de loi omnibus d'exécution du budget de 600 pages. Les libéraux disaient eux-mêmes, lorsqu'ils étaient dans l'opposition, qu'ils ne présenteraient pas de projet de loi de ce genre. Les choses ont toutefois changé depuis leur arrivée au pouvoir. Si les libéraux estiment que ces pouvoirs sont essentiels, ils devraient présenter un projet de loi distinct qui pourra être étudié en profondeur et débattu de manière transparente. Pour protéger la gouvernance démocratique, la primauté du droit et l'ordre constitutionnel du Canada, la section 5 de la partie 5 devrait être entièrement retirée du projet de loi .
Cinquièmement, les articles 373 à 375 du projet de loi redéfiniraient rétroactivement le terme « province » afin d'exclure les territoires du Règlement sur les soins de santé pour anciens combattants en ce qui concerne le paiement des frais d'hébergement et de repas par les anciens combattants dans les établissements de soins de longue durée. Bref, cela permettrait à Anciens Combattants Canada de légitimer les frais excessifs qu'il a imposés par le passé aux anciens combattants et d'annuler les litiges en cours qui visent à obtenir des remboursements pour les anciens combattants touchés. L'ombud des vétérans du Canada, la colonelle à la retraite Nishika Jardine, a écrit à la pour demander que ces dispositions soient retirées du projet de loi. Selon elle, « le recours à une législation rétroactive pour corriger des erreurs administratives est à la fois inapproprié et injuste et sape la confiance dans les décisions gouvernementales ».
Elle a ajouté:
En fin de compte, il est clair pour la communauté des vétérans que [les changements prévus dans le] projet de loi C‑15 visent uniquement à corriger une erreur commise par le Ministère et à leur refuser une indemnisation pour les frais excessifs. ACC est déjà confronté à une détérioration croissante de sa réputation en raison de la manière dont il communique avec les vétérans canadiens, les membres de leur famille et leurs survivants. Je crains que cette mesure rétroactive, si elle est adoptée, ne fasse qu'accroître la profonde méfiance […]
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Monsieur le Président, je remercie mes collègues qui sont ici aujourd'hui.
Aujourd'hui, nous parlons du projet de loi , le projet de loi de mise en œuvre du budget, que nous étudions à l'étape du rapport. Qu'on le croie ou non, il y a des gens qui nous écoutent à la maison. J'en connais. Il faut que ces gens comprennent ce qu'est l'étape du rapport.
Dans le budget, qui compte 603 pages, il y a un grand nombre d'éléments qui sont toxiques pour le Québec, toxiques pour certaines de nos industries, toxiques pour un mouvement coopératif comme Desjardins, toxiques pour le droit des agriculteurs. Quand il y a de la toxicité comme ça dans un document budgétaire, on présente des amendements dans un comité. Le comité a eu lieu lundi. Parfois, les gens pensent que c'est fini après le comité, mais ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il reste encore une dernière chance de rendre ce budget, qui est inadéquat, un peu moins pire ou un peu meilleur. La dernière chance qu'on a, la dernière occasion, c'est ici à l'étape du rapport. Le rapport contient les amendements et on peut encore les changer.
Ce qui s'est passé au comité qui a eu lieu lundi sous bâillon est inexplicable. Il y a des éléments de la loi qui auraient dû être changés, qui auraient dû être consensuels. La pédagogie a été faite, les explications ont été données, mais on s'est buté à des oreilles bouchées. Je vais donner l'exemple de la loi sur le réseau ferroviaire à grande vitesse.
Dans la portion du budget où se trouve la loi sur le réseau ferroviaire à grande vitesse, on donne des pouvoirs à un opérateur qui fait essentiellement la job sale du gouvernement, mais sans être assujetti aux observations de la vérificatrice générale, sans être assujetti aux évaluations du directeur parlementaire du budget. On lui donne des pouvoirs d'expropriation qui sont disproportionnés. En fait, on lui permet de violer les droits de futurs expropriés dans le cadre du projet de train, notamment des droits que tous les autres Canadiens continuent d'avoir. On crée des citoyens de seconde classe le long d'une voie ferrée.
Le gouvernement dit que c'est la même chose que ce qui a été fait au Québec pour le Réseau express métropolitain, ou REM. Or, le REM, au Québec, c'est un réseau de quelques dizaines de kilomètres. C'est un train qui tourne, qui peut prendre les emprises existantes, qui passe moins chez les gens et qui s'arrête partout, qui a des retombées à peu près à tous les kilomètres où il s'arrête. Or, on prend la même pilule et on applique ce remède au mauvais problème. On l'applique à un réseau qui est entièrement différent. C'est un réseau de 1 000 kilomètres de long, qui ne peut pas prendre les emprises existantes dans bien des cas, qui ne tourne pas et qui n'arrête à peu près nulle part. On nous dit qu'on applique le même remède.
On enlève aux gens leur droit de contestation devant un commissaire, un mécanisme alternatif qui permet d'éviter qu'un grand nombre de gens se retrouvent à la Cour fédérale pour contester des expropriations. Cela fait qu'on risque de se retrouver avec 1 000 kilomètres de gens à la Cour fédérale, alors que le gouvernement a de la misère à nommer des juges.
Quels étaient nos amendements? Ils visaient à permettre aux gens qui font l'objet d'un avis d'expropriation de demander d'être entendus dans les 30 jours devant un commissaire, comme c'est la loi pour tous les Canadiens. Les conservateurs se sont abstenus de voter là-dessus et ils ont permis aux libéraux de créer deux classes de citoyens, notamment dans ma circonscription, à Mirabel. Il s'agit de gens qui ont déjà été expropriés. On ne peut pas s'abstenir quand il est question d'égalité devant la loi. On ne peut pas s'abstenir. Cette fois-ci, nous allons vouloir que les gens votent à la Chambre.
Nous avons aussi voulu permettre aux gens qui font l'objet d'un avis d'expropriation de reconstruire une étable, une grange, des installations agricoles après un sinistre. Avec la loi actuelle, voici ce qu'on est en train de faire. Si une personne a une ferme, que la trajectoire du TGV passe au bout de son lot et que l'étable brûle, elle ne peut pas la reconstruire.
Il y a mon ami Éric Couvrette qui écoute. Pas l'été dernier, mais l'été précédent, Éric a vu toute son étable brûler, toutes ses vaches brûler, tout son gagne-pain brûler. C'est une tragédie dont tout le monde connaît l'existence à Mirabel. Il ne pouvait plus gagner sa vie. Avec la loi actuelle, si le TGV passait au bout de son lot, même pas proche de l'étable, il n'aurait pas le droit de reconstruire son étable. Les gens de chez nous vont comprendre. Les gens qui vivent en milieu agricole vont comprendre à quel point c'est grave, ce que le gouvernement est en train de faire. Alors, nous avons voulu corriger ça.
Que nous a dit le gouvernement? Il nous a dit qu'il allait faire un compromis et permettre qu'on puisse reconstruire en cas de catastrophe naturelle. Or même ça, c'était trop. Les libéraux ont retiré leur propre amendement et ont dit que finalement, si ça brûlait ou qu'il y avait une tornade ou une inondation, les pauvres gens ne pourraient pas reconstruire et devraient faire faillite. C'est ça, l'approche libérale en matière d'égalité de tous devant la loi. Nous avons donc voulu corriger ça. L'amendement que nous déposons aujourd'hui donne une dernière chance aux conservateurs et aux libéraux de faire preuve d'un minimum d'humanité, de respect et de soucis d'égalité entre les citoyens.
Nous avons voulu aussi redonner le délai de 30 jours aux gens pour qu'ils puissent contester devant un commissaire. Alto ment aux gens. Alto dit que ce n'est pas vrai que les gens n'auront plus de délai de 30 jours pour faire appel de la décision devant un commissaire s'ils sont expropriés. Cependant, s'il n'y a plus de commissaire, à quoi servent les 30 jours? Nous voulons redonner ces droits-là. Nous voulons surtout faire en sorte que, si une personne est expropriée, elle ne puisse pas être expropriée par courriel par défaut. Ce que nous disons, c'est que si les gens veulent fonctionner par courriel avec Alto, qu'ils le fassent, mais ils doivent d'abord le demander. Il ne faut pas que ce soit Alto qui soit tellement magnanime qu'il décide de faire grâce aux gens d'une lettre recommandée le jour d'une expropriation. Il me semble que ce n'est pas trop demander.
Nous demandons aussi le retour de la taxe sur les services numériques. Sait-on ce que c'est? Le député du NPD a été assez diplomate. Le retrait de la taxe sur les services numériques, c'est du léchage de Donald Trump. Le s'est levé un matin et s'est couché à quatre pattes en avant du président en pensant que ça allait l'aider. Finalement, ça ne l'a pas aidé. Il s'est privé de plus de 1 milliard de dollars de revenus par année. Pendant ce temps, les médias privés vivent une crise et se font voler leur contenu par ces grandes plateformes alors qu'on a éliminé l'impôt minimum sur les multinationales et qu'on leur donne un laissez-passer au Canada comme si de rien n'était. Il n'y a rien pour nos médias pendant qu'il y a une crise des médias. Nous demandons que ce soit corrigé. Nous demandons de remettre cette taxe-là.
Nous demandons de corriger les erreurs dans le système bancaire ouvert, c'est-à-dire les services bancaires axés sur les consommateurs. Dans le projet de loi, le gouvernement voulait non seulement réglementer les banques, qui relèvent du fédéral, mais aussi réglementer les intermédiaires numériques, qui sont des détaillants qui tombent sous les lois québécoises et les lois des provinces. Cela veut dire que le fédéral veut dire au Mouvement Desjardins quoi faire. Il veut dire quoi faire à ce qui relève de Québec. Évidemment, il y a le Québec, mais même les Albertains étaient touchés. On a en Alberta ce qui s'appelle les ATB Financial, c'est-à-dire les Alberta Treasury Branches, qui s'appelaient auparavant Alberta's Public Bank. Toutefois, ce n'est tellement pas une banque qu'ils ont été poursuivis par le fédéral pour changer de nom; on avait le fédéral qui voulait réglementer un bras du gouvernement de l'Alberta. Il y a certains amendements qui ont été adoptés, mais il en reste un à adopter: celui qui fait que lorsqu'on aura un conflit de champ de compétence et que le fédéral voudra réglementer ces intermédiaires-là, il aura un nouveau problème, qui est l'obligation pour le ministre de rencontrer ses homologues des provinces afin que ça ne finisse pas en conflit devant la Cour suprême et qu'on puisse avoir un vrai système bancaire ouvert. Or sait-on quoi? Les libéraux ont voté contre ça. Voilà que je veux dire quand je dis que c'est toxique pour les provinces. Dans ce cas-ci, la modernité n'appartient pas qu'au fédéral. Les intermédiaires, qui ne sont pas des manufacturiers de produits financiers, ne sont pas sous réglementation fédérale.
Parlons de la Loi sur la réduction de la paperasse. C'est bien, les carrés de sable réglementaires, mais il y a des modèles de ça dans le monde. Ces modèles ne donnent pas tous, dans toutes circonstances, à n'importe quel ministre, dans n'importe quel secteur, le droit de suspendre à peu près n'importe quoi avec beaucoup de latitude pour le pouvoir exécutif de déterminer la feuille de route qui va vérifier ce processus-là. C'est une violation de la prérogative du Parlement. Il y a eu un compromis; les libéraux ont conclu une entente avec les conservateurs. Toutefois, ça ne protège pas l'environnement, ni les Premières Nations, ni les travailleurs, comme cela a été dit avant. Nous voulons corriger ça. Cette portion de la loi doit être mise aux vidanges et retravaillée, comme on le fait avec quoi que ce soit qui mérite d'être jeté aux vidanges.
Comme on peut le voir, nous sommes constructifs. Nous voulons faire en sorte qu'il y ait moins d'éléments négatifs de toxicité dans ce budget-là. Nous proposons des changements qui sont constructifs et, si nous redéposons ces amendements, c'est que nous pensons que même des gens qui ont une mauvaise attitude, comme on peut le voir présentement de l'autre côté de la Chambre, peuvent avoir un changement d'esprit et se mettre à réfléchir positivement.
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Monsieur le Président, ça me fait plaisir de m'exprimer sur ce projet de loi important. Je vais quand même reprendre certains éléments qui ont été exprimés par mon collègue de Mirabel.
J'aimerais qu'on me pose d'autres genres de questions plutôt que de me faire dire que je répands la peur. Le travail du Bloc québécois est de lire les projets de loi qui sont proposés. Comme parti de l'opposition constructif et intelligent, c'est de voir ce qui pose problème dans les projets de loi et de proposer des amendements dans le but de défendre notre monde.
Dans le cadre du projet de loi , ça a été tout un défi, parce que c'est toute une brique. Il y a plusieurs choses qui ne font pas notre affaire là-dedans. Je vais aborder directement toutes les exemptions qu'on donne au projet de train à grande vitesse d'Alto. On me dit que c'est un bon projet et qu'au Canada, les projets ne se réalisent généralement pas assez vite. On dit qu'il faut que ça aille très vite. Or, dans un projet de loi omnibus comme celui-là, on retire un paquet de droits aux citoyens de ma circonscription, Berthier—Maskinongé. Je rappelle que ma circonscription serait traversée par ce projet-là, s'il finit par voir le jour.
Je pense que le travail que nous faisons est important. Ce n'est pas répandre la peur que de lever le drapeau rouge, comme nous l'avons fait d'ailleurs lors de notre journée de l'opposition afin d'obtenir des excuses et un engagement concernant les expropriations survenues à Mirabel. L'objectif, c'était d'obtenir des excuses auprès de la population de Mirabel, mais aussi un engagement pour s'assurer que de telles atrocités ne se reproduisent jamais. Tout le monde a été d'accord lors de cette journée, puis tout le monde a voté en faveur de notre motion. Nous en sommes très contents. Toutefois, dans le projet de loi C‑15, il reste des affaires qui n'ont pas de sens.
Pourquoi quelqu'un qui se fait exproprier n'aurait-il pas le droit de se faire entendre par un commissaire? On m'a encore répondu tantôt qu'il faut arrêter de faire peur aux gens parce que les lois ont changé depuis 1970. Nous sommes d'accord, toutefois, le problème, c'est que dans le projet de loi C‑15, le gouvernement modifie les lois qui ont été changées depuis 1970. Il a l'air de vouloir retourner au pouvoir discrétionnaire de 1970.
Deux consultations ont eu lieu très proche de Berthier—Maskinongé au cours des dernières semaines, à Trois‑Rivières et à Berthierville. J'ai passé beaucoup de temps à jaser avec les gens d'Alto, mais aussi avec les citoyens qui venaient s'informer, obtenir des renseignements et manifester leur inquiétude. On m'a dit de ne pas m'inquiéter, que ça allait aller de gré à gré et qu'il n'y aurait pas d'expropriation par courriel. On me dit que, quand je dis ça, ce n'est pas vrai. Toutefois, quand c'est écrit dans la loi, je veux bien écouter la personne qui me parle, mais il faut qu'on me dise quelque chose de véridique. Qu'on me dise de ne pas m'inquiéter, que les lois sur l'expropriation ont été améliorées depuis 1970, tout ça, comme je viens de le dire, j'y adhère jusque-là, mais pourquoi le gouvernement change-t-il les lois dans le projet de loi C‑15?
Comme je l'ai demandé aux gens d'Alto, si leur projet est bon, pourquoi a-t-on besoin de changer les lois pour l'approuver? Est-ce que c'est parce qu'il faut que ça aille très vite, ou parce qu'on ne veut pas que les gens se mettent à déposer des recours et à remettre les choses en question? Je pense qu'on risque de faire de graves erreurs.
Nous parlons ces jours-ci de dérapages financiers, que ce soit à Québec ou à Ottawa. Nous avons fait la liste lors de la période des questions orales d'aujourd'hui. Nous parlons beaucoup de Cúram présentement. On n'a qu'à penser à SAAQclic à Québec et aux résultats de la commission d'enquête. Qu'est-ce qu'on se fait dire? Qu'est-ce qui s'est passé? Comment se fait-il que ça ait glissé tant que ça? Comment se fait-il qu'il y ait eu tant d'erreurs? On apprend que les responsables du projet disaient tout d'un coup qu'il fallait absolument le faire, qu'il fallait que ça aille vite. Let's go, ce n'est pas grave, il fallait qu'on fonce et qu'on avance. On n'a pas pris le temps qu'il fallait et on n'a pas fait d'évaluations. C'est ça qui fait que ça coûte cher.
Est-ce que j'ai le goût que ce soit ainsi pour mes concitoyens de Berthier—Maskinongé? Il faut penser à ce qu'est le travail d'un député à la Chambre des communes. Le travail d'un député de l'opposition à la Chambre des communes n'est pas de dire oui au gouvernement et de lui faire plaisir. Notre travail, c'est de préserver les intérêts de nos concitoyens et de nos concitoyennes. C'est ce que nous faisons lorsque nous soulevons ces questions. J'aimerais faire un sondage auprès des élus de la Chambre des communes. Parmi les 343 députés, combien estiment que l'Office des transports du Canada ne sert à rien? C'est un cossin qui ralentit les projets. C'est un empêcheur de tourner en rond. Il faudrait enlever cette « patente à gosse ». Pourtant, c'est une institution qui est reconnue, qui est composée de spécialistes en transport.
Quand on se fait élire député, du jour au lendemain, on ne devient pas spécialiste dans tout parce qu'on est élu. Malheureusement, il y a beaucoup de gens qui se croient en raison du statut que nous obtenons ici, mais ce n'est pas la vérité. La vérité, c'est que nous sommes des gens de tous horizons et de tous âges. Notre travail, c'est de prendre les avis des experts, de nous informer le mieux possible sur chacune des questions et de prendre des décisions éclairées dans l'intérêt du bien commun pour protéger nos concitoyens, pas pour aider une entreprise à aller plus vite.
Il y a un point sur lequel nous sommes d'accord, c'est qu'un train à grande vitesse, ou TGV, une fois qu'il est construit, doit aller vite. Ça, c'est correct, il faut que ça aille vite. Cependant, est-ce que tout le développement du projet et la construction doivent aller aussi vite que ça? On devrait éviter d'aller aussi vite si cela permet de respecter ne serait-ce qu'un citoyen, d'éviter de couper ne serait-ce qu'une terre agricole en deux et de préserver les meilleures terres agricoles du Québec.
En passant, nous ne sommes pas en train de parler de quelque chose de loufoque. Les terres agricoles, au Québec, représentent 2 % du territoire. Chaque fois qu'il y a un projet, on le fait là. Ça se peut qu'il y en ait. Inévitablement, des terres agricoles seront touchées si le train se fait.
Nous ne sommes pas dans la négation. Nous posons simplement la question suivante. Pourquoi enlève-t-on aux citoyens leurs droits de contestation? À ce sujet, je n'ai pas eu de réponse. Je vais encore me faire dire que nous faisons peur au monde. Je nous prépare aux prochaines interventions. C'est encore ça que je vais me faire dire. Je ne fais pas peur au monde. Je défends mon monde, parce que c'est ça, mon travail. Si j'arrête de défendre les citoyennes et les citoyens de Berthier—Maskinongé, je n'ai plus d'affaire ici. C'est ça, la vraie vie. C'est juste ça que je fais, de la façon la plus honnête possible, la plus intègre possible et, la plupart du temps, la plus calme possible, malgré les fois où je m'emporte.
Je ne peux pas comprendre qu'on décide de permettre l'envoi d'avis d'expropriation par courriel. Ce qui me choque le plus, c'est que, quand je dis ça, je me fais dire que ce que je dis n'est pas vrai. Je me le fais dire ici et je me le suis fait dire lors de la séance d'information d'Alto. Ce n'était pas tellement de la consultation et il me semble qu'on peut faire mieux, mais j'ai jasé longtemps avec des gens quand même sympathiques. Les premières réactions ont été de dire que ce que je disais n'était pas vrai, que je disais des mensonges. J'ai répondu à cela que c'était dans la loi, que ce n'était pas un mensonge, et qu'on pouvait lire la loi ensemble. La personne m'a dit qu'il fallait qu'on dise oui avant que ça arrive. Alto le veut bien, mais, dans la loi, ce n'est pas ce qui est écrit. C'est un des amendements que nous avons proposés.
Comment peut-on retirer l'obligation de mener une étude d'impact d'un projet sur les milieux? Je ne pense pas qu'il y ait de bonnes raisons. Ce n'est pas si urgent que ça. Premièrement, pour un TGV, en Amérique du Nord, on est déjà en retard. On va faire ce constat-là. Ce n'est pas comme si on voulait être en même temps que tout le monde. Ça prendra cinq ans de plus, ce n'est pas grave. Ça ne me dérange pas. Ça prendra deux ans de plus. Ça prendra trois ans de plus. Ça prendra six mois de plus. Tout dépendra de ce qui se passe.
Néanmoins, je pense qu'il est important de préserver les droits de nos concitoyens. C'est pour ça que nous faisons l'effort, même à l'étape du rapport de ce soir, d'apporter ces amendements. Je lance un appel aux gens du gouvernement et aux gens du Parti conservateur qui veulent le projet. Généralement, quand on veut faire passer un projet, la meilleure façon de le faire, c'est d'avoir l'acceptabilité sociale. Sinon, il ne passera pas. L'acceptabilité sociale, on ne l'obtiendra pas en enlevant des droits civiques aux citoyens. Ça, ça n'existe pas. Il faut donc changer d'approche. On est bien mal parti, vraiment.
C'est ce que nous lançons comme appel ce soir. Nous lançons ça et c'est important, parce qu'on va garder le contrôle sur les terres pendant longtemps. Généralement, il y a une période de 120 jours où il ne peut rien se passer sur les terres qui sont visées par une expropriation. On veut étirer ça à deux ans. Comme on en a parlé lors de la journée de l'opposition la dernière fois, les gens qui sont dans le corridor de 10 kilomètres ne seront pas tous expropriés, puisqu'on a besoin de 60 mètres pour faire ça. Ça, c'est une des choses qui crée l'incertitude chez les gens. Après ça, c'est nous qui nous faisons accuser de répandre la peur. Je ne croirais pas.
Il y a d'autres choses qui ne sont pas acceptables. J'ai passé beaucoup de temps là-dessus, parce que ça me touche beaucoup.
La taxe sur les services numériques, ça n'a pas de bon sens. Nous sommes contents d'avoir récupéré les tarifs réduits pour les bibliothèques, mais nous avons dû réveiller le ministre à ce sujet. C'est ça, notre travail. Je pense qu'il a aimé que nous fassions ça, que nous portions ça à son attention. C'est ça, notre travail.
Aujourd'hui, nous lançons ce message au gouvernement: si on veut qu'il fonctionne, ce projet, il faut arrêter d'enlever des droits aux citoyens et ne pas changer les lois.
Monsieur le Président, nous sommes ici aujourd'hui pour discuter du projet de loi à un moment critique de l'histoire du Canada. Quand je fais du porte‑à‑porte dans ma circonscription, Newmarket—Aurora, les Canadiens me décrivent très clairement ce qu'ils veulent. Ils veulent de l'action. Ils veulent des résultats. Ils savent que le gouvernement a suffisamment de pouvoir pour apporter de grands changements. Ils nous observent et attendent avec impatience. Ils veulent voir des progrès, mais, malheureusement, leurs souhaits ne se réalisent pas.
Nous avons déjà adopté le projet de loi , qui porte sur les grands projets. Les Canadiens s'attendent à des changements fondamentaux, pour que les projets soient autorisés et réalisés plus rapidement. Ils attendent de voir si le gouvernement sera enfin capable d'agir avec célérité pour que notre pays soutienne la concurrence mondiale.
Ils surveillent également la situation économique dans son ensemble. On leur dit qu'il faut augmenter les déficits afin d'investir dans la croissance. Cependant, j'avertis le gouvernement que cela est extrêmement risqué, car des déficits persistants peuvent entraîner de l'inflation. On leur dit qu'il faut changer la réglementation pour libérer la productivité. Je suis tout à fait d'accord, mais il ne faut pas le faire au prix d'une diminution de la responsabilité et de la transparence.
Maintenant, avec le projet de loi , nous créons des bacs à sable réglementaires destinés à accélérer l'innovation, en particulier dans les technologies environnementales et les technologies financières. Pris ensemble, ces éléments constituent des leviers importants de transformation économique, et nous devons garder à l'esprit la réalité institutionnelle dans laquelle ces décisions sont prises.
Le Canada dispose déjà de l'un des systèmes exécutifs les plus centralisés du monde démocratique. Le bureau du exerce une influence considérable sur le Cabinet, sur son chef de Cabinet, sur le parti politique du gouvernement, sur les sociétés d'État, sur les nominations au Sénat et à la magistrature, sur la haute fonction publique, sur les grands projets et sur les bancs d'essai réglementaires pour l'innovation dans les technologies financières et environnementales. Le gouvernement a la capacité d'apporter des changements radicaux et significatifs pour améliorer la productivité, la compétitivité et la croissance économique.
Nous, les conservateurs, ne sommes pas toujours d'accord avec le gouvernement concernant les approches qu'il adopte, mais nous restons fidèles aux Canadiens en appuyant les mesures législatives qui sont bonnes pour notre pays et en nous opposant à celles qui sont mauvaises. Les Canadiens nous ont envoyé avec force un signal clair: il faut agir. Ils s'attendent à ce que nous travaillions ensemble pour aller de l'avant de la meilleure façon possible.
Je crois que les Canadiens peuvent être vraiment fiers de ce qui s'est passé avec le projet de loi . Des députés de l'opposition, des organismes de défense des libertés civiles, des groupes environnementaux, des journalistes et des Canadiens engagés de partout au pays ont soulevé de graves préoccupations au sujet d'une disposition qui aurait accordé à certains ministres des pouvoirs extraordinaires, que j'appellerais des pouvoirs monarchiques. Dans sa version initiale, cette disposition aurait permis à des ministres du Cabinet et au d'exempter, discrètement et derrière des portes closes, des personnes ou des entités triées sur le volet de plus de 150 ans de lois fédérales canadiennes. Il s'agissait là d'une concentration immense de pouvoir entre les mains de ces ministres.
Quand on s'en est aperçu, le gouvernement a déclaré que cette disposition avait été introduite de bonne foi, qu'il s'agissait d'un abus de pouvoir accidentel considérable. Quoi qu'il en soit, il est évident que cette disposition n'a pas été rédigée avec les garanties auxquelles s'attendent les Canadiens, d'où les réserves émises. Plusieurs ministres ont eu du mal à la justifier. Un débat animé s'en est ensuivi. La pression de l'opinion publique s'est accentuée. Finalement, des changements importants ont été négociés et obtenus par les conservateurs.
Les Canadiens peuvent être fiers de ce moment. Les partis politiques ont surmonté leurs divergences. La présence d'un problème fondamental a été constatée. J'aurais certes préféré que ces dispositions soient supprimées, mais les préoccupations ont été prises en considération. Résultat: j'ai reçu des messages personnels de partisans de tous les partis politiques me remerciant de ces amendements.
Ce qui s'est passé nous rappelle aussi un aspect essentiel dans une démocratie parlementaire, c'est-à-dire l'importance d'avoir une opposition solide, qui pose des questions, qui interroge attentivement le pouvoir et qui veille à ce que les garanties démocratiques restent en place. Il est décevant d'entendre les députés libéraux qualifier cette négociation d'« obstruction », car c'est là le mode de fonctionnement d'un véritable système démocratique.
Je vais rappeler aux députés et aux Canadiens quel était le problème fondamental et ce qui a changé.
Les amendements portaient sur ce que j'appellerais des « pouvoirs monarchiques ». Dans sa version initiale, la disposition accordait aux ministres le pouvoir extraordinaire d'exempter des personnes ou des entités de leur choix de presque toutes les lois fédérales, à la seule exception du Code criminel. Il s'agit là d'une immense concentration de pouvoir. Les amendements adoptés visent à trouver un équilibre entre l'innovation et les garanties démocratiques. Ils préservent la possibilité de créer des bacs à sable favorisant l'innovation, en particulier dans les secteurs des technologies propres et des technologies financières, tout en veillant à ce que cette souplesse s'inscrive dans des limites démocratiques claires.
Plus précisément, les amendements ajoutent sept protections clés. Premièrement, il y a une nouvelle consultation publique obligatoire de 30 jours avant l'octroi d'une exemption. Deuxièmement, il y a l'application des mêmes règles à tous les participants d'un secteur, et pas seulement à des entreprises choisies par les ministres. Troisièmement, il y a la double approbation par un ministre et le président du Conseil du Trésor. Quatrièmement, il y a la publication obligatoire des décrets dans un délai de 30 jours. Cinquièmement, il y a la présentation d'un rapport complet au Parlement dans un délai de 90 jours, justifiant le choix et déterminant après évaluation si une modification législative permanente s'impose pour continuer de favoriser l'innovation. Sixièmement, il y a l'obligation pour les ministres de comparaître devant les comités lorsqu'on leur demande d'expliquer le bac à sable. Septièmement, il y a des limites claires sur ce qui ne peut jamais faire l'objet d'une exemption, y compris à des lois fondamentales telles que la Loi sur l'accès à l'information, la Loi sur le vérificateur général, la Loi électorale du Canada, la Loi sur les conflits d'intérêts, la Loi sur la gestion des finances publiques, la Loi sur la protection des renseignements personnels, la Loi sur Investissement Canada et d'autres lois essentielles en matière de responsabilisation, de sécurité et d'intérêt national.
J'aurais certes préféré supprimer complètement cette disposition et la faire étudier de manière approfondie afin de définir avec soin les limites de tout bac à sable réglementaire et les procédures qui le régissent, mais je pense que le libellé modifié représente une voie équilibrée et responsable pour l'avenir. Il répond à l'urgence du moment tout en préservant la responsabilisation, la transparence et les normes démocratiques auxquelles s'attendent les Canadiens.
À un moment où les pressions économiques et la concurrence mondiale exigent des efforts ciblés et résolus, les Canadiens s'attendent à ce que les choses bougent et à ce que nous travaillions de manière constructive. Selon moi, l'heure n'est pas à la division, mais à la prise de responsabilité. Je tiens à rassurer les Canadiens: les conservateurs continueront d'agir avec rigueur, à chaque occasion, en demandant des comptes au gouvernement et en négociant des changements positifs pour les Canadiens.
Je remercie absolument tous les Canadiens qui ont signé ma pétition et qui ont écrit des articles, des lettres, des courriels et des messages. Leurs efforts ont porté leurs fruits aujourd'hui.
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Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole au sujet du projet de loi d'exécution du budget en ayant à l'esprit les commentaires et les préoccupations dont m'ont parlé récemment mes concitoyens. La circonscription que je représente se compose de nombreuses collectivités, mais elles sont unies par bien des enjeux, comme le sont les Canadiens. Nous n'avons pas reçu de commentaires uniquement le jour du scrutin. Mes collègues visitent leurs circonscriptions, ils discutent avec leurs voisins et les autres résidants, et recueillent continuellement des commentaires.
Un élément particulier de la loi d'exécution du budget m'a valu plus de commentaires que tout autre enjeu dont j'ai débattu au cours de mes sept ans au Parlement. Il s'agit du projet de train à grande vitesse d'Alto. Alto est une société d'État qui propose d'exploiter un train à grande vitesse de Toronto à Québec, avec des arrêts à Peterborough, Ottawa et Montréal. Ce train traverserait ma région, et l'on envisage de le faire passer par ma circonscription. La grande majorité des commentaires que j'ai reçus indiquent que ce projet aura des effets néfastes sur les maisons, les fermes et les propriétés récréatives de nombreux résidants. Il nuira aussi à de petites entreprises, à l'environnement et à des lieux historiques. Je vais m'arrêter sur quelques-uns de ces points.
Ce projet prévoit des trains qui circuleront à plusieurs centaines de kilomètres à l'heure. Il n'y aura pas de passages à niveau; il faudra donc construire un viaduc à chaque intersection entre les routes et la voie ferrée. Ce corridor, qui pourrait atteindre 200 pieds de largeur, traversera les collectivités qui seraient sur son trajet, avec de grandes clôtures de chaque côté, ce qui coupera les routes. J'ai recueilli les commentaires des résidants de ma collectivité, mais j'ai aussi discuté avec le promoteur, la société d'État Alto. Je lui ai demandé s'il y aurait un viaduc à chaque intersection de la voie ferrée avec une route. Il m'a répondu que non, et cela pose un problème. Ce train rapide isolera de nombreuses propriétés ainsi que des routes. Il retardera les interventions d'urgence, qui sont déjà problématiques dans les zones rurales.
Il traversera aussi la biosphère de l'arche de Frontenac, qui est reconnue par l'UNESCO. Les habitants de cette région connaissent les nombreuses espèces rares de faune et de flore qui y vivent. Des lieux patrimoniaux, des bâtiments et des monuments plus anciens que notre pays lui-même, notamment le canal Rideau, seront perturbés, dérangés et détruits par ce projet.
Réfléchissons aux propriétés des particuliers. Des centaines de personnes vivant dans le corridor proposé m'ont dit qu'elles n'avaient pas l'intention de vendre. Cela signifie qu'il y aura des expropriations. Le a déclaré cette semaine devant le comité que ces propriétés seraient acquises cette année. Avec un projet de cette envergure, qui est censé unir les Canadiens, et compte tenu de toutes les répercussions que j'ai mentionnées très rapidement tout en sachant qu'il y en a beaucoup d'autres, nous nous attendrions à ce qu'il y ait des consultations dans les collectivités que le projet traversera. Ai-je mentionné qu'il n'y aura pas d'arrêt dans ma collectivité? Le train passera sans s'arrêter. Il n'y aura aucun service pour la région, et il coûtera 90 milliards de dollars.
C'est l'estimation d'Alto et du gouvernement, mais de nombreux experts disent que le coût sera bien plus élevé. C'est un projet de 90 milliards de dollars, ce qui, dans ma collectivité, représente des milliers de dollars par foyer pour un service ferroviaire dont les tarifs seront inabordables pour beaucoup, et qui n'ont même pas encore été estimés. Les habitants ne peuvent déjà pas se permettre les tarifs actuels de VIA Rail. Il est presque certain que les tarifs d'Alto seront plus élevés.
Compte tenu de tout cela, on pourrait s'attendre à ce qu'on procède à des consultations dans notre collectivité. On nous a demandé de nous rendre dans un autre comté, dans un autre district, où ils seraient heureux de nous présenter le projet. C'est ce qu'on a dit à mes concitoyens. Ce n'est pas ce qu'on appelle un dialogue.
Les personnes qui m'ont contacté ont des propriétés saisonnières, et certaines d'entre elles ne seront pas encore retournées dans leurs propriétés saisonnières cette année. Elles ne seront informées des activités de consultation qu'après la fin de la période de consultation. J'ai envoyé des cartes postales à toutes les entreprises et à tous les résidents de ma circonscription pour leur demander de participer et de m'envoyer leurs commentaires, afin que je puisse les transmettre au et à Alto. Ils peuvent répondre à ce sondage sur mon site Web parlementaire, à l'adresse michaelbarrettmp.ca.
Il est important que les gens puissent donner leur avis sur un projet qui les touchera profondément. Nous parlons de propriétés, d'entreprises et d'habitations qui sont transmises de génération en génération.
Je pense aux gens qui m'ont contacté pour me parler de leurs petits-enfants, de leur exploitation agricole qu'ils espèrent transférer à la prochaine génération. Ils espèrent que leur entreprise sera reprise par leurs enfants ou que leurs petits-enfants pourront jouer dans la cour. Je pense à ce que cela signifierait pour moi, quand je regarde mes enfants Luke, Ama, Michaela, James et Nathan. Amanda et moi sommes très fiers d'eux. Les voir grandir est notre rêve.
Dire à quelqu'un que sa propriété va lui être retirée, qu'on lui dira ce qu'elle vaut, qu'il peut accepter ou refuser, mais qu'il ne doit pas s'inquiéter parce que c'est pour un projet d'infrastructure vraiment important qu'il n'utilisera jamais et qu'il n'aura pas les moyens de payer, ce n'est rien pour rassembler les Canadiens.
Nous avons tant à accomplir au Canada. Nous avons tant à faire pour réaliser des projets qui nous uniraient. Nous sommes un pays riche en ressources naturelles, mais nous ne disposons pas des infrastructures nécessaires pour les acheminer vers les côtes. Certaines régions veulent réaliser des projets de transport en commun très précis qui aideraient les habitants de zones urbaines densément peuplées. Elles veulent réaliser des projets de cette nature dans les corridors existants. Ce n'est pas ce que nous voyons ici. Nous voyons plutôt une proposition qui violerait les droits de plusieurs milliers de Canadiens, et on ne leur demande même pas ce qu'ils en pensent.
Lorsqu'une société d'État est prête à exproprier des propriétés dans une collectivité, mais n'est pas disposée à s'y rendre d'abord pour rencontrer les gens là où ils vivent, ce n'est pas fait dans l'intérêt des Canadiens.
Je ne possède pas de propriété dans le corridor, mais je représente une collectivité où beaucoup en possèdent. Quand je pense à mes enfants, je pense à leurs enfants. Je pense aux gens qui travaillent sans relâche pour réaliser leur rêve d'accéder à la propriété ou simplement pour avoir un toit au-dessus de leur tête, pour cultiver la terre et nourrir notre pays.
Je m'oppose au projet de train à grande vitesse d'Alto et je voterai contre. Je le ferai pour ma collectivité, pour cette génération et pour la prochaine. Je le ferai pour le Canada.
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Monsieur le Président, je pourrais aborder de nombreux aspects du budget sous l'angle des défis qu'il pose. Le premier élément à examiner est, bien sûr, la nouvelle dette de 78 milliards de dollars créée pour les futurs contribuables.
Ce soir, comme j'ai déjà eu l'occasion de parler de certains de ces enjeux, je vais m'adresser directement aux vétérans du pays, à leurs familles et aux gens qui les soutiennent. Alors que le gouvernement dépense 78 milliards de dollars qu'il n'a pas, le seul domaine, ou l'un des rares domaines, où il a décidé de sabrer considérablement, en toute franchise, ce sont les services aux vétérans.
Le seul domaine où nous ne devrions pas procéder à des compressions, le seul domaine où chaque cent mérite d'être versé, c'est celui des services destinés aux hommes et aux femmes qui ont servi notre pays et qui, dans bien des cas, ont versé leur sang ou perdu des membres. C'est pourtant dans ce domaine que le gouvernement a décidé de procéder à des compressions budgétaires. C'est le seul domaine où il a décidé d'économiser: celui des vétérans qui ont tout donné pour notre pays.
Je suis vraiment triste de devoir parler de cela. Pour le moment, nous savons que le budget prévoit de réduire le financement des services aux vétérans d'environ 4 milliards de dollars. Le gouvernement ne veut pas l'admettre. En fait, quand on a interrogé la au sujet de ces compressions, dont il est largement question dans les médias et que tout le monde reconnaît, sauf le gouvernement, elle a répondu que le gouvernement ne fait pas de compressions, mais qu'au contraire, il investit dans les vétérans.
Cependant, il est très clair que le budget prévoit de réduire de 4 milliards de dollars le financement des services aux vétérans. Le gouvernement n'est même pas disposé à faire preuve d'ouverture et d'honnêteté et à admettre quelles seront ces réductions budgétaires. Cela plonge les vétérans, les membres de leur famille et les personnes qui les soutiennent dans l'incertitude face à leur avenir. Ils ne savent pas à quelles réductions budgétaires ils seront confrontés. De toute évidence, cette incertitude fait presque plus de tort que de savoir quelles seront les compressions.
Le gouvernement a confirmé l'une des coupes qu'il compte faire. Il a dit qu'il allait réduire le taux de remboursement du cannabis. Il a tenté de prétendre que cette mesure permettrait en fait de compenser la totalité des 4 milliards de dollars de compressions. Nous parlons d'un programme qui coûte un peu plus de 200 millions de dollars par an, et le gouvernement va réduire le taux de remboursement d'environ le quart. Je ne comprends pas comment ces chiffres peuvent être valides. Peut-être y a-t-il un calcul que je ne comprends pas. Le gouvernement dit qu'il s'agira de coûts à vie et d'autres choses de ce genre, mais cela représente beaucoup de marijuana sur une longue période. Il est évident que ce n'est pas un portrait fidèle des compressions.
En examinant le budget et grâce à certains commentaires de vétérans, nous avons pu déterminer qu'il y aurait des coupes dans les services aux vétérans dans environ cinq domaines différents. Je voudrais parler un peu de ces coupes et de leur incidence.
La première, bien sûr, est que le gouvernement modifie l'indexation des pensions des vétérans handicapés de la GRC, ce qui entraînera à terme une baisse de leurs pensions. Cette information est, je crois, enfouie à la page 391 du budget. Le gouvernement va modifier rétroactivement la loi afin d'éviter de rembourser aux vétérans qui ont bénéficié de soins de longue durée les sommes qui leur ont été facturées en trop.
J'ai déjà mentionné que le gouvernement réduit le taux de remboursement du cannabis médical. De nombreux vétérans nous ont dit qu'en raison de cette modification du taux, ils risquent de ne plus avoir accès aux produits qu'ils utilisaient et qui les aidaient. Cela pourrait les mener sur des voies qu'ils ne souhaitent pas emprunter.
Nous entendons également dire que des anciens combattants sont tenus de rembourser leurs prestations de remplacement du revenu. Des milliers de vétérans ont reçu des lettres du gouvernement leur demandant de rembourser immédiatement des milliers de dollars qui leur ont été versés en raison de leur invalidité. Nous avons entendu parler de cas où des vétérans doivent rembourser plus de 100 000 $. Cette somme est prélevée directement sur leur pension d'invalidité et d'autres prestations.
Imaginez les répercussions que cela aura sur un vétéran invalide. Il s'agit des vétérans les plus vulnérables, ceux qui en ont le plus besoin, honnêtement. On leur retire ces prestations alors qu'ils vivent déjà avec un budget et un revenu fixes. Bien entendu, avec l'inflation et tout ce que nous avons connu au cours des dix dernières années sous le gouvernement libéral, ils se trouvent déjà dans une situation très difficile. Cette mesure risque de mettre à la rue des vétérans qui n'y sont pas encore.
Voilà à quel type de réductions cruelles nous faisons allusion quand les libéraux dépensent de l'argent à tout vent. Nous venons d'entendre ma collègue en donner un exemple, mais il y en a beaucoup d'autres. Ensuite, les libéraux choisissent de s'en prendre aux vétérans invalides et à ceux qui reçoivent des soins de longue durée. C'est de cette façon qu'ils essaient de compenser les fonds qu'ils gaspillent ailleurs.
Nous avons aussi entendu dire récemment que des mises à pied allaient avoir lieu au Bureau de services juridiques des pensions. À l'intention des personnes qui ne connaissent pas bien le processus auquel les vétérans doivent se plier, j'aimerais donner quelques précisions. Les personnes concernées me disent qu'en fin de compte, cela va probablement signifier que les vétérans devront attendre pendant au moins deux ans pour que leur dossier ou leur appel soit entendu par le Tribunal des anciens combattants (révision et appel).
Il importe à ce stade‑ci d'expliquer les obstacles que les vétérans doivent franchir quand ils présentent une demande au gouvernement. Les vétérans parlent souvent de retards et de refus et du fait que leur dossier est relégué aux oubliettes jusqu'à ce qu'ils abandonnent et disparaissent, du moins, c'est ce sur quoi le gouvernement mise. Le temps qu'il faut n'est pas mesuré en semaines ou en mois. Dans la majorité des cas, il faut des années avant qu'un vétéran puisse faire approuver les documents les plus élémentaires dont il a besoin pour obtenir, ou pas, des prestations d'invalidité ou d'autres indemnités. Souvent, il leur faut en fait passer par un processus d'appel qui prend encore plusieurs années devant le Tribunal des anciens combattants (révision et appel) avant que, dans la plupart des cas, ils puissent enfin, espèrent-ils, obtenir au moins, à ce stade-là, les prestations auxquelles ils ont droit.
Par ailleurs, on entend dire que des mises à pied auront lieu au Bureau de services juridiques des pensions. Ce sont les personnes qui représentent les vétérans parce que l'ampleur de la paperasserie, de la bureaucratie et des formalités administratives nécessaires pour traverser le processus dépasse les capacités de gestion. Ce sont essentiellement des avocats qui se tiennent à la disposition des vétérans pour les aider à gérer tout cela. Si du personnel est mis à pied au Bureau de services juridiques des pensions, il y aura des retards pour des milliers de vétérans. Environ 10 000 causes sont entendues chaque année dans ce contexte. On me dit que ces mises à pied réduiront de moitié le nombre de causes qui pourront être entendues, ce qui signifie que des milliers de vétérans ne pourront pas se faire entendre cette année, qu'ils n'obtiendront pas les prestations dont ils ont besoin et, par conséquent, qu'ils ne pourront pas passer à la prochaine étape de leur vie.
Nous parlons ici d'un gouvernement qui va enregistrer un déficit de 78 milliards de dollars, en plus des centaines de milliards de dollars qu'il a déjà ajoutés à la dette. Le seul portefeuille où il a choisi de faire des compressions, c'est celui des anciens combattants, ces hommes et ces femmes qui ont versé leur sang pour notre pays, qui ont perdu des membres, voire la vie. Les libéraux diraient aux anciens combattants handicapés ou qui vivent dans des établissements de soins de longue durée, qui ont d'ailleurs déjà entendu la même chose de la bouche de Justin Trudeau, qu'ils demandent plus que ce que nous pouvons leur donner.
Franchement, les hommes et les femmes en uniforme qui servent notre pays méritent leur dû. Que le gouvernement manque de compassion au point de faire des compressions dans ce portefeuille, alors qu'il compte dépenser 78 milliards de dollars de fonds publics qu'il n'a pas, je trouve ça scandaleux et honteux, et je ne peux pas le tolérer.
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Monsieur le Président, qu'ont apporté les libéraux aux Canadiens après 10 ans au pouvoir? Ils ont contraint 2,2 millions de Canadiens à recourir aux banques alimentaires en un seul mois. Ils ont fait en sorte que les ménages du Canada soient les plus endettés de tout le G7. Ils ont veillé à ce que l'inflation alimentaire soit la plus élevée de tout le G7.
Après avoir causé tout cela, ce qu'ils savent d'ailleurs, la première chose que les libéraux tentent de faire dans cette loi d'exécution du budget, c'est de donner des pouvoirs illimités à leurs ministres. Pour faire quoi? Pour pouvoir récompenser, dans le cadre d'ententes secrètes et louches, des proches du Parti libéral, qu'il s'agisse de particuliers ou d'entreprises comme Brookfield, en leur attribuant des contrats qui ne seraient pas soumis à la Loi sur les conflits d'intérêts et qui pourraient la contourner.
En fait, les libéraux voulaient donner des pouvoirs illimités aux ministres et au pour attribuer à toute entité ou entreprise des contrats qui pourraient contourner n'importe quelle loi du Parlement, notamment la Loi sur les conflits d'intérêts, ou n'importe quel texte, à condition de ne pas enfreindre le Code criminel. Il pourrait y avoir des ententes louches et secrètes.
Ce n'est pas la première fois que les libéraux agissent ainsi. Alors que notre pays est frappé par une inflation élevée et un taux de criminalité hors de contrôle à cause des politiques libérales laxistes en matière de criminalité, et sachant tout cela, voilà ce que les libéraux ont décidé de faire. Cela montre où se situent les priorités du et du gouvernement libéral. Elles ne tiennent pas compte des Canadiens. Elles concernent encore une fois les libéraux et les proches du Parti libéral.
Le premier ministre a dit beaucoup de choses pendant la campagne électorale, mais je voudrais souligner certaines des mesures qu'il a promis de prendre. Il a déclaré qu'il était l'homme de la situation et que, s'il était élu, il réglerait tous les problèmes créés par dix ans de gouvernement libéral. En réalité, un libéral reste un libéral, et il a encore une fois agi comme tel. Ses promesses et ses discours ne correspondent jamais à ce que vivent les Canadiens.
C'est lui qui a dit qu'il fallait le juger en fonction du prix des aliments à l'épicerie. Que s'est‑il passé depuis qu'il a dit cela? Le Canada affiche désormais le taux d'inflation alimentaire le plus élevé de tout le G7. C'est le plus élevé. En fait, il est deux fois plus élevé que celui des États‑Unis, et j'entends dire que les libéraux s'en réjouissent. Ils se moquent du fait que des mères doivent vérifier deux ou trois fois le prix des aliments avant de les acheter, qu'elles doivent se priver de nourriture ou choisir des aliments moins nutritifs pour leurs enfants. Tout cela est dû à la forte inflation alimentaire au Canada après 10 ans de politiques inefficaces des libéraux.
Quelles mesures les libéraux ont-ils prises dans ce budget? Ils auraient pu prendre de nombreuses mesures dans ce budget pour favoriser la baisse du prix des denrées alimentaires. Rappelons-nous que c'est l'actuel qui, juste avant l'Action de grâces de 2023, a tenté de se montrer ferme en disant qu'il allait convoquer tous les PDG des chaînes d'alimentation, leur faire part de ses préoccupations, leur exposer sa vision des choses, et qu'après cela, le prix des denrées alimentaires baisserait. L'Action de grâces de 2023, l'Action de grâces de 2024 et l'Action de grâces de 2025 sont passées, et la seule chose qui s'est produite, c'est que le Canada a connu la plus forte inflation alimentaire du G7. Voilà le bilan du gouvernement.
Une fois de plus, il y a eu de grandes déclarations, mais la réalité pour les Canadiens n'a pas été à la hauteur des grands discours des libéraux. Le a de nouveau dit qu'il était celui qui devait être jugé en fonction des prix à l'épicerie. Le verdict est tombé, et c'est très coûteux. C'est entre autres pour cette raison que, en un mois seulement, 2,2 millions de Canadiens, dont un tiers sont des enfants, se sont rendus dans une banque alimentaire. Des enfants souffrent de la faim dans ce pays. Je n'arrive pas à croire que nous parlions de cela dans un pays développé comme le Canada. C'est la réalité: des personnes qui faisaient auparavant du bénévolat dans les banques alimentaires font maintenant la queue devant celles-ci pour recevoir de la nourriture, parce qu'elles ont faim. Une fois de plus, les discours du premier ministre ne correspondent pas à la réalité que vivent les Canadiens aujourd'hui.
C'est ce même qui a dit qu'il allait conclure un accord avec Trump, qu'il était l'homme de la situation. Les Canadiens devaient l'élire et le regarder se battre. Que s'est-il passé ensuite? Il a poursuivi les mêmes politiques infructueuses que Justin Trudeau, qui, pendant 10 ans, a bloqué nos ressources et veillé à ce que rien ne soit construit dans ce pays. C'est pour cette même raison que le Canada n'est pas le pays fort, souverain et indépendant ni la superpuissance énergétique qu'il devrait être aujourd'hui. C'est parce que le premier ministre a renforcé ces mêmes politiques. Il a dit avoir signé un document indiquant son intention et sa volonté de construire des pipelines, mais les mêmes politiques qui ont été adoptées et qui empêchent la construction de tout bâtiment dans ce pays sont toujours en vigueur, et elles le resteront, car l'idéologie de ce gouvernement écoradical ne permettra pas la construction de quoi que ce soit.
Nous pourrions aujourd'hui avoir des pipelines, des mines. En fait, quand j'ai parlé avec les gens d'une société minière en Colombie-Britannique, ils ont dit qu'il fallait environ 18 ans pour obtenir l'autorisation d'exploiter une mine. Qui souhaite investir au Canada et injecter tout cet argent pendant 18 ans pour peut-être obtenir un permis d'exploitation minière? C'est absurde. C'est pourquoi plus de 600 milliards de dollars d'investissements canadiens ont été transférés aux États-Unis en 10 ans sous le gouvernement libéral. Le n'est pas différent, car près de 60 milliards de dollars d'investissements canadiens ont été transférés aux États-Unis depuis qu'il a pris le pouvoir.
Il n'y a plus d'environnement favorable à l'investissement au Canada qui permette aux gens d'obtenir un quelconque rendement, car les mêmes politiques inefficaces, comme la loi issue du projet de loi , la « loi anti-pipelines », sont toujours en vigueur. Les dispositions issues du projet de loi , qui empêchent l'expédition de nos produits par la côte Ouest, est toujours en vigueur. La taxe sur le carbone pour les industries, qui contribue également à la hausse du prix des denrées alimentaires, est toujours en vigueur. Puisque je parle du prix des aliments, les libéraux n'ont toujours pas supprimé la taxe sur l'emballage des aliments, qui ajoute un milliard de dollars au coût des aliments chaque année. Rien de cela ne figure dans ce budget. En fait, le gouvernement a promis dans ce budget que le prix des denrées alimentaires augmenterait, car la taxe sur le carbone pour les industries va augmenter. En ce qui concerne notre secteur énergétique, la taxe sur le carbone pour les industries est toujours en vigueur et fait plus de mal que de bien. Les libéraux n'ont pas vraiment de plan.
Tout cela explique pourquoi le Canada dépend autant des États-Unis. Nous dépendons d'autres pays. Nous connaissons les faits. Lorsque nos alliés sont venus nous voir pour obtenir notre énergie propre et à faible teneur en carbone, les libéraux les ont renvoyés en disant que ce n'était pas rentable. Nous n'avons toujours pas de projet, car rien ne se construit dans ce pays. Sous les libéraux, rien ne sera construit dans ce pays. Le a ensuite dit que l'on allait construire à un rythme jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale, mais, selon l'agence du gouvernement responsable du logement, celui-ci rate la cible année après année. Il arrive bien en deçà de ses objectifs.
Au lieu de mettre en place des fondements, la seule chose que fait le budget, c'est créer une quatrième bureaucratie. Les libéraux ont dépensé plus de 90 milliards de dollars pour le logement, et pourtant, se loger coûte plus cher que jamais. En fait, les jeunes ne peuvent plus s'imaginer un jour avoir les moyens d'acheter une maison, à moins de pouvoir compter sur maman et papa. C'est la réalité après 10 ans sous le gouvernement libéral. Nous devons renverser la vapeur et redonner espoir au pays.
C'est ce que nous ferons sous la direction de notre chef conservateur. Nous devons acheminer nos ressources vers les marchés et nous débarrasser des mauvaises lois libérales qui nuisent au développement, à la croissance et à l'exploitation des ressources. Nous devons éliminer ces obstacles pour nous aider à produire et à vendre davantage chez nous, de sorte que nous soyons non seulement indépendants, mais aussi autosuffisants, et que nous puissions assumer de nouveau notre rôle de superpuissance énergétique.
Les conservateurs écarteront tous les obstacles pour que nous puissions construire plus de logements au pays. Nous allons mettre fin aux déficits hors de contrôle, comme ceux que le gouvernement continue d'accumuler et qui alourdissent le fardeau fiscal. Nous réduirons les impôts de tout le monde et maîtriserons l'inflation, qui est hors de contrôle sous les libéraux, afin que les Canadiens puissent garder plus d'argent dans leurs poches et le dépenser à leur guise.
Un gouvernement conservateur rétablira également la sécurité dans les rues, ce que tout le pays réclame à cor et à cri. Voilà ce qui se produira sous les conservateurs.
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Monsieur le Président, j'ai l'habitude de commencer mes discours en disant que c'est un honneur ou un plaisir de prendre la parole au sujet du projet de loi dont nous sommes saisis. Toutefois, la situation à la Chambre depuis juin me choque et me consterne à un point tel qu'il m'est difficile de parler sans trembler de colère.
Le projet de loi , le projet de loi omnibus d'exécution du budget, est choquant à tous les égards. Il s'agit vraiment d'un projet de loi omnibus. Un projet de loi d'exécution du budget est censé mettre en œuvre un budget. Il n'est pas censé contenir de surprises, c'est-à-dire des éléments qui ne figurent pas dans le budget et dont il n'a jamais été question. Or, c'est bien ce qu'on nous présente ici, et on nous demande de tout étudier à la hâte. Le vendredi 13, une motion demandant le consentement unanime a été adoptée, mais je n'étais pas là pour m'opposer à l'étude rapide du projet de loi. Je ne regrette pas d'être allée à Tumbler Ridge. Il était important d'y être avec les autres chefs de parti. Ce que je déplore toutefois, c'est la décision du parti au pouvoir de profiter de l'occasion pour présenter une motion de consentement unanime afin d'accélérer l'étude du projet de loi aux étapes du rapport et de la troisième lecture.
Comme nous l'avons entendu, et comme les Canadiens l'ont entendu, il s'agit d'un projet de loi de plus de 600 pages. Je me souviens du projet de loi omnibus d'exécution du budget du printemps 2012, le projet de loi . J'ai été outrée de voir Stephen Harper tenter de le faire adopter à la hâte, ce qu'il a réussi à faire. Certes, nous en avons débattu plus longtemps, mais il comptait plus de 400 pages. Le projet de loi omnibus d'exécution du budget du printemps 2012 comptait plus de 400 pages. Nous avons ici le projet de loi omnibus d'exécution du budget de 2025-2026, qui compte plus de 600 pages, dont une grande partie, comme je l'ai dit, est inattendue. Il touche à plus de 20 lois différentes et à une variété jamais vue de mesures législatives. Il traite de l'expropriation accélérée des terrains situés à proximité du tracé du train à grande vitesse Alto. Je suis favorable au train à grande vitesse, mais je pense que nous avions besoin de plus de temps pour étudier cette question à la Chambre.
On prévoit des modifications à la Loi canadienne sur la protection de l'environnement. Mes tentatives pour présenter des amendements à ce sujet au comité des finances ont été rejetées sans ménagement, mais nous n'en avons jamais discuté de manière appropriée. Le public n'a pas entendu parler des mesures contenues dans ce projet de loi d'exécution du budget, le projet de loi , qui modifierait la Loi canadienne sur la protection de l'environnement et affaiblirait des mesures de protection de l'environnement, notamment une pratique en vigueur depuis 1988. Cette loi existe depuis longtemps.
C'est une bonne chose de changer la loi afin d'indiquer que les études provinciales ont une valeur équivalente, de manière à éviter de refaire le même travail, mais il faut revoir les choses de temps à autre. Ce projet de loi dit que ce ne sera jamais le cas, qu'il n'y aura jamais de révision. Point final. Il n'y a aucune disposition de caducité à cet égard. Ce sera toujours considéré comme équivalent. De nombreux experts en droit de l'environnement auraient aimé témoigner sur ce sujet. Ils auraient voulu témoigner devant le comité de l'environnement sur cette question, mais aucun amendement n'a été apporté aux modifications à la Loi canadienne sur la protection de l'environnement qui sont incluses dans le projet de loi .
Comme l'ont dit d'autres intervenants ce soir, c'est scandaleux, et je vais me rappeler des noms des députés qui ont parlé avec tant d'éloquence des changements qu'on apporte aux droits des anciens combattants. Le député de en a parlé. Ce projet de loi modifie rétroactivement la loi afin d'annuler les modifications législatives visant à permettre aux vétérans dans les établissements de soins de longue durée d'obtenir les remboursements auxquels ils ont pleinement droit. Nous agissons de manière précipitée dans ce dossier.
Avant d'avoir le temps de réagir, les députés constateront que ce projet de loi comprend également un certain nombre de dispositions à faire voyager dans le temps. Nous n'avons jamais eu le temps d'en parler à la Chambre, mais la partie 4 du projet de loi , qui est actuellement à l'étude au Sénat, modifie des dispositions de la Loi électorale du Canada qui touchent le droit à la vie privée. C'est incroyable. Nous n'avons jamais eu l'occasion d'en débattre à la Chambre. Le projet de loi entrera en vigueur lorsque le Sénat aura terminé son étude et il sera réputé être entré en vigueur il y a 26 ans, soit en 2000. Il se passe des choses à la Chambre qui devraient scandaliser les députés, car ce sont des choses profondément antidémocratiques qui s'apparentent à des abus de pouvoir.
Le projet de loi , qui a évidemment été adopté à toute vapeur en juin, représentait la première tentative de la part d'un premier ministre du Canada de se servir de la clause Henri VIII pour dire qu'il est acceptable que le projet de loi enfreigne d'autres dispositions législatives que nous avons déjà adoptées. Lorsque j'ai lu ce projet de loi monstrueux, je ne m'attendais pas à découvrir, après bien plus de 500 pages, à la section 5, que le projet de loi proposait une approche qui, bien que différente du projet de loi C‑5, lequel permettait au Cabinet dans son ensemble d'enfreindre d'autres dispositions législatives, permettait aux ministres, à leur discrétion, et dans des domaines relevant de leur compétence, d'exempter n'importe quelle entité de l'application de n'importe quelle loi, à l'exception du Code criminel.
Je tiens à remercier la députée de , qui a présenté des amendements au comité pour rendre cette approche moins mauvaise. Toutefois, au cas où quelqu'un se poserait la question, je voterai contre ce projet de loi. C'est moins mauvais, mais c'est quand même assez épouvantable. Je ne peux pas appuyer un projet de loi qui permet à n'importe quel ministre d'exempter n'importe quelle entité de l'application de nos lois, même si celles énumérées dans le projet de loi sont bonnes.
Personnellement, je refuse d'appuyer la notion de bac à sable réglementaire, et ce, même si les représentants du Conseil du Trésor ont dit aux membres du comité des finances que ce type de mesure est courante et normale, allant même jusqu'à dire que nous devrions tous y être déjà habitués. C'est le Royaume‑Uni, plus précisément le gouvernement conservateur et la Banque d'Angleterre, qui sont à l'origine de la notion de bac à sable réglementaire. Ils ont été conçus pour stimuler l'innovation dans le domaine des instruments, des services et des produits financiers, et le fait de les exempter des lois visait à favoriser l'innovation et l'expérimentation.
Les bacs à sable réglementaires ne me dérangent pas vraiment, mais je tiens à souligner qu'ils ont mené à l'effondrement du marché immobilier aux États‑Unis. On avait regroupé des documents hypothécaires sans valeur en les qualifiant de produits financiers innovateurs, mais les bacs à sable réglementaires sont toutefois plus dangereux quand ils touchent à notre santé et à notre environnement.
En dépit du travail admirable de la députée de , il n'existe pas vraiment de moyen de réglementer ce qui se passe. Le député de a parlé d'une « entente secrète ». C'est sans doute ce qui s'est passé, ce qui rend le projet de loi un peu moins épouvantable. Ainsi, avant qu'un ministre ne puisse exempter une entité de l'application d'une loi, il doit y avoir une période de consultation publique de 30 jours. Contrairement à la version originale du projet de loi, qui prévoyait que le ministre rendrait l'information publique dès que ce serait « possible », mais sans échéancier, grâce aux amendements adoptés par le comité, l'information doit maintenant être rendue publique dans un délai de 30 jours. Cependant, cette disposition ne me convainc pas de voter pour le projet de loi.
Le député de a également souligné — et je voterai certainement pour ces amendements — que le projet de loi éliminerait la taxe sur les services numériques. Même si ce n'était pas vraiment une surprise, compte tenu du budget, entre autres choses, et que, selon moi, les bacs à sable réglementaires n'ont jamais été annoncés, on nous a certainement dit pendant la campagne électorale qu'il fallait jouer du coude. C'est par la suite, mais avant la présentation du budget, que nous avons cessé de jouer du coude quand Donald Trump a déclaré qu'il n'aimait pas que les Canadiens instaurent une taxe sur les services numériques.
Nous prenions ces mesures de concert avec nos collègues de l'Union européenne. Nous devons trouver une façon d'encadrer ces géants du numérique qui volent nos renseignements personnels pour leur propre profit. Nous devons trouver un moyen de leur demander des comptes, car ils minent notre démocratie et s'attaquent à nos médias et à nos journaux.
Je repense à un ancien ministre libéral bien en vue et respecté à la Chambre, l'honorable Lloyd Axworthy, qui a parlé d'« à-plat-ventrisme » quand, après que M. Trump eut déclaré qu'il n'aimait pas la taxe sur les services numériques, le a dit que nous allions nous en débarrasser très rapidement. Je suis trop gentille pour employer un terme de ce genre, mais je peux citer Lloyd Axworthy.
Je trouve profondément inquiétant que nous devions maintenant adopter à toute vitesse un projet de loi omnibus d'exécution du budget, car il faut le faire d'ici tard ce soir. Nous savons tous que c'est ce qui est prévu. Il sera adopté à toute vitesse, à la suite du processus ultra rapide énoncé dans la motion de consentement unanime du 13 février.
Je trouve ce projet de loi profondément offensant. Des changements seraient apportés à la Loi canadienne sur la protection de l'environnement sans analyse ni étude adéquates, et des changements seraient apportés à la taxe sur les services numériques sans que nous puissions débattre à la Chambre de l'abrogation d'une loi que nous avons adoptée pour assurer l'application de cette taxe. On perdrait la surveillance prévue par la Loi sur la réduction de la paperasse. On ne se serait certainement pas attendu à ce qu'on donne à un ministre le droit de soustraire une entité à une loi, ce qui figure toujours dans le libellé, mais avec plus de protections et un peu plus de transparence.
Quand je pense à tout ce que contient ce projet de loi gigantesque de plus de 600 pages, je suis indignée. Je voterai contre, et j'exhorte mes collègues à l'améliorer en appuyant les amendements proposés par le député de .
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Monsieur le Président, comme toujours, c'est un privilège de prendre la parole à la Chambre. Je me permets d'abord de féliciter, rapidement, mon fils et ma fille, qui ont participé au concours d'art oratoire de leur école. De toute évidence, c'est leur mère qui leur a transmis ce talent, pas moi. Félicitations, James et Maggie.
Comme on le sait, le débat d'aujourd'hui porte essentiellement sur le projet de loi d'exécution du budget. Je mettrai l'accent sur un dossier qui touche de près ma circonscription, Northumberland—Clarke: le projet de train à grande vitesse Alto. Je vais surtout relayer les préoccupations de mes concitoyens quant aux répercussions possibles de l'expropriation et de la restriction des droits de propriété privée sur de nombreux propriétaires de terrains situés le long du tracé.
Qu'on me comprenne bien: l'idée d'un TGV qui relierait Montréal à Québec, à Ottawa et à Toronto, avec un arrêt à Peterborough — ou plutôt, la magnifique ville de Peterborough — est prometteuse. C'est un projet intéressant. Ce serait merveilleux de faire le trajet Ottawa‑Toronto en deux heures. Le hic, c'est que des considérations majeures sont en cause. J'exprimerai donc quelques-unes des réserves exprimées par mes concitoyens.
Premièrement, il y a les conséquences que le projet aurait sur leurs biens fonciers. Certaines personnes possèdent une ferme qui appartient à leur famille depuis des générations, même depuis l'époque de la Confédération dans certains cas. Rien ne serait plus pareil. Dans de nombreux cas, les terrains seraient scindés en deux par le tracé proposé. On ne sait toujours pas quel sera le tracé définitif. Je remercie le d'avoir déclaré sans équivoque que le tracé définitif serait annoncé avant la fin de l'année. C'est une bonne chose.
Ce qui n'est pas une bonne chose, par contre, c'est que le ministre, quand je l'ai interrogé pendant l'étude du comité, n'a pas été en mesure de donner des réponses précises ou concrètes à des questions comme les suivantes. Quand les expropriations commenceront-elles? Quel sera le délai de préavis? Les députés peuvent imaginer ce que ressentent les habitants du comté de Northumberland qui possèdent une ferme transmise au fil des générations lorsqu'ils voient un projet de loi proposer que, d'ici un an, ils passent de propriétaires de leur bien, que leur famille possède depuis 150 ans, à expropriés. À tout le moins, le gouvernement aurait pu définir un processus clair pour ces personnes avant d'annoncer leur expropriation possible. Tout aurait dû être annoncé du même coup, afin que les gens soient prévenus et qu'ils connaissent la procédure qui sera suivie.
Le a répété à maintes reprises que ce serait une simple question de bon sens. Or, ce n'est pas une réponse satisfaisante pour quelqu'un dont l'existence entière gravite autour du milieu rural. J'ai moi-même vécu toute ma vie dans un tel milieu. La situation est peut-être différente dans les milieux urbains, mais je sais pertinemment que, dans les milieux ruraux, les gens sont très largement définis par les biens qu'ils possèdent, par la terre qui se trouve sous leurs pieds. Se voir littéralement priver de ce repère est une perspective très effrayante. Par ailleurs, même pour les personnes qui ne sont pas directement concernées, les répercussions indirectes pourraient être énormes.
Par conséquent, comme je l'ai affirmé, je suis complètement d'accord pour dire que pouvoir prendre un train à grande vitesse qui fait le trajet entre Montréal et Toronto en trois heures, ou quel que soit le temps exact, est une bonne chose. La situation n'est pas aussi rose pour une personne habitant au nord du tracé proposé qui doit se rendre à l'Hôpital Northumberland Hills, situé dans la belle ville de Cobourg. En effet, son trajet en voiture pourrait passer de 30 ou 40 minutes à 2 ou 3 heures. Le n'a même pas pu me dire où se trouveront les passages à niveau, et les représentants d'Alto ne le savent pas encore non plus.
Je m'explique. Dans ma région, pas mal de gens vivent au nord du tracé proposé. Les collectivités de la région disposent déjà de bon nombre d'infrastructures, notamment l'Hôpital Northumberland Hills, l'autoroute 401 et le train de VIA Rail, et diverses grandes routes permettent d'y accéder.
On installerait une clôture en acier tout le long du tracé proposé, et, selon le ministre, on n'aurait besoin que d'une emprise de 60 mètres, mais il s'agit tout de même de 60 mètres. Quoi qu'il en soit, même si l'emprise n'était que d'un mètre, le problème, c'est qu'on scindera une collectivité. Au lieu de se rendre directement à l'hôpital lorsque leur enfant fait de la fièvre ou que leur père fait une crise cardiaque, les gens devront parcourir une plus grande distance, que nous ne connaissons pas. Les gens pourraient devoir faire une demi-heure, voire une heure de route vers l'est ou l'ouest pour se rendre à l'hôpital, ce qui pourrait littéralement faire la différence entre la vie et la mort.
C'est un cas extrême, mais il y a aussi d'autres inconvénients auxquels les gens de ma circonscription et d'une bonne partie des régions rurales du Québec et de l'Ontario devront faire face. Dans de nombreux cas, des élèves se trouveront d'un côté de la voie ferrée à grande vitesse et leur école, de l'autre, ce qui se traduira par des trajets d'autobus plus longs. La durée des trajets pourrait passer de 10 minutes à 1 heure, et on parle évidemment de deux trajets quotidiens.
Il y a aussi les agriculteurs d'ici, qui ont peut-être une coopérative. C'est là que beaucoup d'entre eux obtiennent leurs semences et leurs engrais. Leurs champs seront alors de l'autre côté. Encore une fois, c'est potentiellement très malcommode, car ils ne sont pas toujours au volant de leur camion. Il leur arrive d'être au volant de leur moissonneuse-batteuse ou de leur tracteur. Comment vont-ils contourner le problème? Tous les gens qui ont déjà conduit une moissonneuse-batteuse ou qui se sont déjà trouvés derrière une telle machine savent qu'elles ne roulent pas particulièrement vite. Les agriculteurs devront-ils mettre deux ou trois heures de plus en pleine récolte?
Ceux d'entre nous qui vivent dans des régions rurales du Canada savent ce que cela implique. Les agriculteurs travaillent jour et nuit pendant la saison des récoltes parce qu'ils sont à la merci de dame Nature pour ce qui est du moment de procéder. Même s'il est admirable de faire gagner quelques heures aller-retour aux gens de Montréal et de Toronto, il est tout sauf admirable d'obliger les élèves des régions rurales de l'Ontario et du Québec à passer des heures de plus en autobus. Il est tout sauf admirable de rendre le Canada moins en mesure de se nourrir parce que les agriculteurs sont moins efficaces étant donné qu'ils doivent conduire pendant des heures et des heures.
Dans certains cas, les mêmes champs seront carrément coupés en deux. Les agriculteurs devront faire la récolte d'un côté, puis trouver un passage à niveau. Le n'a pas voulu me dire si le passage à niveau se trouvera à une heure ou à deux heures de route. On réduirait la capacité des agriculteurs à réussir et celle des Canadiens à se nourrir. Ce sont là des considérations majeures dans le contexte de l'examen du projet.
Je tiens juste à lire quelques commentaires, notamment sur certains de ces problèmes. Ils viennent de concitoyens qui m'ont envoyé des courriels ou qui m'ont écrit sur les médias sociaux: « C'est on ne peut plus scandaleux d'entendre le ministre parler ainsi, en faisant preuve de si peu de considération ainsi que d'une mauvaise compréhension flagrante de son propre territoire. C'est vraiment frustrant qu'on dise aux citoyens d'aller “rencontrer Alto” alors que [ce] ne sont que des séances d'information de courtoisie où les employés [...] prennent des notes sans avoir le moindre véritable pouvoir décisionnel. »
Voilà qui est bien dit. En réponse à chacune de mes questions, le n'a pas cessé de renvoyer la balle aux résidants, de dire qu'il faut aller aux séances d'Alto. Qui est aux commandes, au juste? À ce que je sache, c'est le ministre qui est l'ultime responsable et c'est lui qui devrait avoir le dernier mot.
L'un de mes concitoyens a très bien résumé la situation lorsqu'il a écrit: « Pourquoi revient-il aux habitants des régions visées d'indiquer à l'équipe d'Alto quelles routes et quelles installations sont essentielles? L'information n'aurait-elle pas dû faire partie des recherches menées en collaboration avec les municipalités avant que l'on choisisse un tracé? J'ai assisté à des séances d'information d'Alto. Les représentants n'ont aucune réponse. Ils se contentent de vaguement promettre de bien traiter les habitants des régions rurales. Je trouve tout ce processus malhonnête et boiteux. »
Voici un autre commentaire: « Merci. Si vous avez la possibilité de poser d'autres questions, il serait important qu'Alto mène des consultations sur l'impact de couper les axes routiers et d'allonger les temps de déplacement pour les services d'urgence quand le tracé sera connu, afin que les administrations des cantons et les habitants puissent s'exprimer en conséquence. » Cette personne ajoute: « Dans la vidéo, on dirait qu'ils se fient seulement sur la phase en cours et les consultations publiques pour répondre à ces questions. » Cette personne croit que des recherches approfondies sur ces questions devraient être effectuées avant de prendre des décisions.
Tous les commentaires portent sur les diverses répercussions de ce projet sur la vie des gens. Comme je l'ai dit, il est admirable de vouloir faciliter la vie des habitants de Toronto et de Montréal, nous le comprenons, mais il faudrait éviter de le faire au détriment des habitants des régions rurales du Québec et de l'Ontario.
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Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole au nom des bonnes gens d'Okanagan Lake‑Ouest—Kelowna‑Sud, dans la magnifique région intérieure de la Colombie‑Britannique.
Le projet de loi est un projet de loi omnibus et, sous leurs diverses formes de gouvernement, comme à l'ère Trudeau et aujourd'hui sous le nouveau , les libéraux ont soutenu que le projet de loi omnibus est une mesure législative tout à fait légitime. Ils y incluent essentiellement tout, y compris l'évier de la cuisine. Que se passe-t-il lorsque nous faisons cela? Cela signifie que nous ne pouvons plus garder nos mains propres.
L'un des problèmes que nous avons avec ce projet de loi concerne la Loi sur le réseau ferroviaire à grande vitesse. Le gouvernement fait des efforts pour devancer une annonce et dire: « Regardez-nous. Regardez toutes les choses formidables que nous faisons. » Nous aurons un projet avec très peu de détails qui a d'abord été annoncé par l'ancien premier ministre et qui a ensuite été annoncé de nouveau par le gouvernement et cité dans le cadre du projet de loi , Loi visant à bâtir le Canada. Soit dit en passant, les libéraux ne l'ont toujours pas désigné officiellement en vertu de cette loi, comme l'exige la loi.
Il s'agit d'un processus permettant aux libéraux de se contenter de dire: « Regardez-nous. Regardez à quel point c'est formidable », avant de refiler la mise en œuvre, non seulement aux bureaucrates, mais à Alto en particulier, une société d'État avec un volet privé. Essentiellement, en ce qui concerne le choix d'un tracé, le gouvernement a mis en place un processus très court pour les collectivités, alors que cette ligne de train, si elle voit le jour, pourrait séparer les villes et les rues en deux et, comme l'a dit le député juste avant moi, compliquer l'accès à des services comme les soins de santé. Il s'agit de discussions importantes qui ne doivent pas être prises à la légère.
En fait, les conservateurs croient aux droits de propriété et les défendent. Nous croyons que la primauté du droit doit être ferme en ce qui concerne la façon dont les droits de propriété sont uniformisés, et ce n'est évidemment pas qu'une question de common law. La Loi sur l'expropriation existe, mais il s'agit d'une loi en vigueur depuis longtemps qui détermine la meilleure façon pour le gouvernement de travailler avec les propriétaires fonciers afin d'obtenir des certitudes, de les traiter avec respect et de mettre à leur disposition un processus indépendant à suivre pour contester une expropriation. Toutefois, dans sa tentative d'agir en héros, le gouvernement se contenterait, par l'entremise du projet de loi , de refiler tous les problèmes à Alto en restreignant essentiellement les droits de propriété et le processus normal et habituel qui serait suivi en vertu de la Loi sur l'expropriation.
Quand le a comparu devant le comité, j'ai abordé la question directement avec lui. Je lui ai dit qu'il allait donner ce pouvoir à Alto et, en substance, geler les biens des gens. Il a répondu que non, que ce n'était pas le cas. Imaginons un agriculteur qui s'apprête à vendre. Il arrive à la fin d'une longue carrière et il souhaite vendre à un prix ferme. Soudainement, on lui dit qu'il ne peut pas apporter d'améliorations et que ses terres sont essentiellement gelées. Disons qu'il s'apprête à vendre sa ferme à son voisin, qu'il connaît depuis de nombreuses années. Tout à coup, ce voisin lui dit qu'il n'a aucun moyen de prédire s'il pourra utiliser les terres comme il l'avait prévu pour son projet. La valeur de cette propriété diminue. Qui blâmerait ce voisin, et qui blâmerait quelqu'un d'autre de vouloir intervenir?
Ce que le gouvernement demande est tellement draconien, qu'on pourrait en fait refuser de nouvelles améliorations. Pendant que quelqu'un passe par ce processus, il serait prévenu dans des délais très courts. On lui dirait qu'il ne peut pas apporter d'améliorations à sa propriété alors qu'il prévoit la vendre. J'ai dit au et au comité que ce n'était pas juste, mais le ministre a simplement répondu que tout serait réglé au cours de ce processus.
Je devrais même revenir un peu en arrière. Nous avons mis le au défi d'envisager un examen accéléré par l'Office des transports du Canada, ce qui non seulement permettrait de faire avancer le projet dans les délais prévus, mais offrirait également aux collectivités un moyen de soumettre officiellement leurs commentaires. Au lieu de cela, Alto mène un processus de consultation, ce qui n'est pas comparable à un tribunal indépendant tel que l'Office des transports du Canada, capable d'examiner toutes les preuves et de déterminer où doit passer le tracé.
À propos de l'emplacement du tracé, certaines propriétés auront un passage à niveau, mais pour beaucoup d'autres, ce ne sera pas le cas. Comme l'ont souligné les intervenants précédents, le fait pour un propriétaire de découvrir soudainement que le chemin le plus direct qu'il emprunte depuis 20 ans pour se rendre à l'hôpital sera fermé et qu'il n'y aura pas de viaduc lui permettant d'y accéder rapidement aura des répercussions considérables, notamment dans la prise de décisions importantes, comme celle de se rapprocher d'un centre de soins.
Cela signifie également un ralentissement des déplacements. Ainsi, un trajet en ambulance qui prenait auparavant 10 à 15 minutes pourrait désormais prendre plus d'une heure. Toutes ces décisions seront prises par Alto, et non par un tribunal chargé d'examiner les preuves et de déterminer ce qui est raisonnable compte tenu de l'objectif déclaré du projet et des préoccupations tout à fait légitimes de la communauté.
Le projet de loi effacerait tout cela. Nous l'avons expliqué au , mais, comme pour tout le reste, il a fait la sourde oreille. Il donnerait essentiellement carte blanche à Alto et laisserait les collectivités en mauvaise posture. C'est tout simplement la pire façon de gérer un processus d'approvisionnement.
Y a-t-il des amendements raisonnables qui ont été proposés à l'étape du rapport? Je suis heureux de dire qu'il y en a. L'idée, c'est que si un propriétaire dont les biens sont immobilisés se trouve dans une situation où son étable ou son poulailler est détruit par le feu ou subit une inondation, il devrait être en mesure de restaurer sa propriété.
C'est une simple question de courtoisie envers les gens qui sont là. Je dirai également que j'ai d'énormes préoccupations, car on parle toujours de la première étape de l'expropriation et du processus d'immobilisation des biens, mais il y a aussi la suite. Chaque fois que le gouvernement fédéral lance un processus d'approvisionnement — et le député bloquiste de nous l'a rappelé à la Chambre —, il ne fait pas toujours ce qu'il dit qu'il fera.
D'ailleurs, il peut arriver que le gouvernement exproprie des gens ou gèle leurs biens fonciers, mais sans les utiliser, et il n'y a rien dans le projet de loi qui protégerait les gens contre ce genre de choses. Le gouvernement a mis en place un processus qui lui permettrait essentiellement de jouer le rôle du héros, et à Alto de jouer celui du méchant. Nous nous trouvons maintenant dans une situation où Alto pourraient essentiellement avoir le champ libre, passer carrément par-dessus des collectivités en faisant fi des routes et des infrastructures déjà en place, et diviser des collectivités sans même devoir s'engager à régler le problème en construisant un viaduc. Il n'y aurait pas de processus pour cela. Ce serait à Alto de décider. Il n'y aurait pas de tribunal indépendant auquel on pourrait faire appel.
Par ailleurs, en gelant les actifs d'une personne à court préavis, on se trouve à faire fi entièrement d'un bon nombre de protections prévues dans la Loi sur l'expropriation. Lorsque le gouvernement dit qu'il veut être exempté d'une loi en place depuis longtemps pour que les gens proches d'Alto aient le dernier mot, je pense qu'il va trop loin. Les conservateurs n'appuieront pas ce genre de processus.
Par conséquent, nous serions prêts à appuyer des amendements raisonnables qui favoriseraient la prise en compte des propriétaires fonciers et leur redonneraient une partie du pouvoir, car ils sont inquiets. Ils sont préoccupés, et les processus de consultation menés jusqu'à maintenant n'étaient que symboliques. Il ne s'agissait pas de véritables consultations, ce qui ne rassure pas les communautés. Comme l'a dit le député de , c'est l'information qui procure de la certitude aux gens. Malheureusement, le projet de loi du gouvernement n'oblige pas Alto à informer les gens.
Comme je l'ai déjà dit, les conservateurs soutiennent les propriétaires touchés. Nous estimons que le gouvernement ne protège pas leurs intérêts et si les libéraux ne le font pas, les conservateurs le feront.