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Je vous remercie, madame la Présidente. Je sais que les députés s'intéressent beaucoup à ce qui se passe. Cela alimente le débat, et c'est important.
Après 25 années dans le secteur privé, j'ai voulu redonner à une société qui nous a ouvert tant de portes. Beaucoup d'entre nous viennent de familles immigrantes. Mes parents sont arrivés d'Europe en 1953, fuyant un régime fasciste d'après-guerre. Ils souhaitaient retrouver la prospérité et nous donner un avenir. Ils m'ont appris que nous jouons tous un rôle essentiel dans le bien-être du Canada.
Ma priorité absolue en politique et au sein du gouvernement est de stimuler la croissance économique, d'assurer la stabilité et de créer des débouchés menant à la prospérité. C'est au cœur de notre mission et de notre travail à la Chambre. Le budget y consacre d'ailleurs une large part.
Ma deuxième priorité est le maintien des programmes sociaux. Nous n'y parviendrons qu'avec une économie forte. Ces programmes sont essentiels pour aider les plus démunis, pour garantir l'accès à l'éducation et aux soins de santé et pour soutenir ceux qui en ont le plus besoin. Les membres de ma collectivité de Mississauga—Lakeshore se soucient de notre prospérité économique et de notre capacité de créer des emplois. Ils tiennent à ce que personne ne soit laissé pour compte et à ce que nous soutenions nos aînés quand ils prennent leur retraite.
Une autre priorité est l'unité. Pendant toutes mes années dans le secteur privé, j'ai observé certains accrochages commerciaux entre les provinces. Pour éliminer ces obstacles et renforcer la compétitivité de notre pays, nous devons renforcer l'unité entre les provinces. À un moment donné, j'ai tenté d'instaurer un organisme coopératif national de réglementation des valeurs mobilières dans toutes les provinces, et j'ai réussi à convaincre huit provinces d'y adhérer. Nous avons établi une vision commune, celle d'attirer plus d'investissements étrangers directs à moindre coût, et les gens de toutes tendances politiques l'ont compris.
L'unité nationale est essentielle à la prospérité du Canada. Nous sommes différents, bien entendu, mais nous reconnaissons que, quand nous travaillons ensemble, quand nous nous entraidons, tous les organismes de notre fédération prospèrent. À l'époque, je représentais la province de l'Ontario, qui faisait face à des difficultés à cause du ralentissement économique et de la crise financière de 2008. Nous nous sommes tout de même relevés et nous avons continué à apporter notre contribution au reste de la fédération. Nous comprenions que le Canada est un pays uni, malgré les différences qui caractérisent ses provinces. Je soutiens fermement la coopération et la réussite du Québec, de la Colombie-Britannique, de l'Alberta et de toutes nos provinces, car c'est ainsi que nous réussirons tous.
Enfin, ma quatrième priorité est la raison pour laquelle je suis devenu député et pour laquelle je désirais être élu. Je tiens à ce que le Canada occupe fièrement sa place sur la scène internationale. Nous avons de nombreuses raisons d'être fiers. Certains diront que nous dépendons des grandes puissances, d'autres diront que le Canada est un partenaire de confiance qui s'efforce sincèrement de maintenir la paix et l'État de droit. C'est ce qui distingue le Canada. Voilà pourquoi nous sommes une force majeure au sein de l'OTAN. Voilà pourquoi nous continuons d'être une force majeure au sein des Nations unies. Voilà pourquoi nous devons continuer à demeurer fiers et à veiller à ce que l'État de droit international prévale.
Le Canada est admiré pour ses convictions en matière de paix, de démocratie et de primauté du droit. Notre rôle n'est pas de dicter aux autres ce qu'ils doivent faire, mais de montrer l'exemple et d'encourager les autres régions du monde à bien se comporter, avec respect. Le budget parle de respect: respect envers nos entreprises, respect envers nos citoyens et respect envers ceux qui nous entourent dans le monde. Oui, nous sommes confrontés à des défis mondiaux, et le Canada les relève.
À Mississauga—Lakeshore, dans la collectivité où j'ai grandi, les gens se soucient de leur milieu. Ils se soucient de l'éducation, de l'emploi et de la sécurité. Ils ne cherchent pas à savoir à qui revient la responsabilité: ce qui compte pour eux, ce sont les résultats. Ils ne veulent pas que nous rejetions la responsabilité sur d'autres. Ils veulent que nous travaillions ensemble pour renforcer la sécurité dans leur quartier, instaurer des mesures de protection et ouvrir la voie à la prospérité et aux occasions futures. Le budget répond à ces priorités, en investissant dans la construction de plus de logements et en protégeant notre société grâce à plusieurs projets de loi qui dépassent le cadre de notre budget, sur la criminalité et la mise en liberté sous caution. Le budget prévoit déjà des crédits pour renforcer la sécurité aux frontières, soutenir la GRC et instaurer des mesures de protection supplémentaires afin de garantir la sécurité du Canada.
Plus important encore, ce budget vise à outiller les Canadiens, à leur donner des compétences et des possibilités d'emploi et à offrir plusieurs avantages pour l'industrie, grâce à nos corridors commerciaux et à nos négociations à l'étranger, afin de permettre au Canada et aux Canadiens d'aller encore plus loin. Le budget trace non seulement la voie à suivre pour le Canada, mais aussi celle qui permettra à chacun de réussir.
Les investissements de portée historique prévus dans le budget pour construire des infrastructures majeures suscitent beaucoup de discussions. Les grands projets proposés permettraient de libérer le formidable potentiel du Canada. C'est pourquoi tant de gens cherchent à investir au Canada et tant d'autres tentent de contrôler ces investissements. Nous devons soutenir et protéger nos collectivités autochtones et protéger les Canadiens. Nous devons protéger nos frontières et donner aux Canadiens les moyens d'agir en leur offrant également de meilleures mesures d'accessibilité financière.
Une fois encore, le budget prévoit des réductions d'impôt pour les Canadiens à faible revenu, des mesures pour stimuler la construction de logements et un soutien destiné à aider les ménages à faire face à la hausse du prix des aliments. Même si l'inflation est maîtrisée, il reste nécessaire d'en atténuer les effets. Nous devons rester compétitifs, et le budget expose les moyens d'y parvenir tout en assurant notre prospérité. Il explique comment bâtir les conditions nécessaires pour offrir ce soutien et favoriser cette croissance, mais souligne aussi l'importance d'une gestion plus rigoureuse, notamment en éliminant certaines dépenses inutiles. Le budget comprend des mesures qui nous permettent d'investir, mais aussi d'être attentifs à nos dépenses. Cela ressort clairement du budget et du processus que nous mettons en œuvre sans nuire aux programmes sociaux qui sont si importants pour tous les Canadiens.
Le troisième élément du budget que je veux aborder, c'est celui qui vise à attirer des investissements. Le Canada est l'un des pays les plus forts du G7. Nous libérerons plus de 1 billion de dollars au cours des cinq prochaines années grâce à nos grands projets, à notre Fonds souverain pour les minéraux critiques, à nos routes et à nos ponts, à notre Fonds pour bâtir des collectivités fortes et à Maisons Canada. La Stratégie industrielle de défense est quant à elle un autre élément d'un impératif économique et d'un impératif souverain.
Le Bureau des grands projets générera un total de 150 milliards de dollars d'investissements en capital, ce qui est primordial. De nombreux Canadiens veulent que le pays investisse en lui-même. Il ne s'agit pas seulement d'extraire des minéraux de notre sol. Il s'agit de traiter et d'affiner ces minéraux pour leur donner une valeur ajoutée. Ces éléments sont essentiels à mesure que nous avançons.
Parlons des répercussions financières du budget. Nous sommes au beau milieu de nombreux accords commerciaux. Le , le Service des délégués commerciaux et le ministre du Commerce international ont déjà pris un nombre record de mesures. Le monde cherche à travailler avec le Canada.
Le Canada est le seul pays à avoir des accords commerciaux avec tous les pays du G7, ce qui en dit beaucoup sur la façon dont le reste du monde nous perçoit. Le Canada est également très recherché parce qu'il est une superpuissance énergétique, qui dispose de réserves suffisantes de pétrole et de gaz naturel dont le potentiel n'a pas encore été pleinement exploité. Nous en sommes conscients, mais nous savons aussi que le réseau d'énergie propre est important pour pouvoir commercer et permettre à certaines de nos industries d'être encore plus compétitives à long terme. Ces mesures sont prises en compte.
Notre capacité fiscale est solide. Nous avons une bonne note de crédit. Nous avons un ratio de la dette nette au PIB très faible, entre autres. Les taux d'intérêt ont baissé et nous avons bloqué nos obligations et nos rendements à long terme afin de pouvoir profiter de la faiblesse des taux actuels.
Les compétences, la formation et les aptitudes professionnelles de notre population sont également essentielles. Cela attire les gens au Canada, car ils savent que nous disposons d'un bassin de talents qui permet à l'innovation dans le secteur manufacturier et la fabrication de pointe d'aboutir. Le Canada encourage cela. Nous sommes à la fois un incubateur et un bâtisseur. Ces aspects doivent être préservés au Canada. Nous savons que les entreprises recherchent trop souvent des marchés plus importants pour assurer leur réussite. Nous pouvons faire davantage pour les aider à réussir ici, chez nous, en leur offrant d'autres routes commerciales vers d'autres parties du monde.
Nous avons parlé de l'abordabilité, du remboursement pour l'épicerie et de la capacité de garantir que les personnes moins nanties puissent aujourd'hui réduire leurs impôts et disposer d'un moyen de participer davantage si elles ont eu des difficultés, certainement après les années marquées par la COVID. Nous sommes tous d'accord là-dessus. Nous en parlons, mais le Canada, en favorisant une plus grande prospérité et la création d'emplois, est également en mesure d'offrir un soutien accru et davantage d'occasions aux personnes qui ont vécu des moments difficiles.
Cependant, comme mes collègues le savent, cet effet se mesure à l'échelle mondiale. Les États-Unis sont logés à la même enseigne, tout comme des régions d'Europe et d'autres parties du monde. Le Canada est l'un des quelques pays à s'être distingué en apportant une aide et un soutien directs aux personnes les plus démunies. Nous avons également soutenu l'industrie, en mettant en place des mesures de relance ainsi que d'autres mesures visant à la rendre plus compétitive grâce à la stratégie industrielle.
Nous avons une stratégie sur le logement afin d'encourager la création de davantage de logements abordables, de réduire l'itinérance et d'améliorer le bien-être social. L'accélération de certains de ces projets de logement grâce à notre stratégie sur le logement permettra d'atteindre ces objectifs. Bon nombre d'entre eux sont en chantier à l'heure actuelle.
La sécurité publique, comme je l'ai mentionné précédemment, est un élément essentiel de ce budget. De nombreux agents des services frontaliers ont été recrutés. Pour la GRC, le financement de ces mesures de soutien essentielles fait partie de ce budget.
Ce budget aborde également la question de la fraude et des crimes financiers, qui touchent un grand nombre de personnes et qui sont difficiles à combattre. Dans le cadre de ce budget, nous nous engageons à mettre en place des mesures de protection pour y arriver.
Notre stratégie de défense a récemment été lancée. Elle est financée par les possibilités offertes dans ce budget. Elle nous aidera à renforcer les mesures de soutien canadiennes dans les domaines de l'aérospatiale, des munitions et des minéraux critiques. Notre stratégie industrielle de défense s'aligne également sur celles de l'OTAN et de l'Europe, nos alliés, parce que nous devons avoir la capacité d'élargir notre champ d'action et nos marchés si nous voulons que ces mesures de soutien puissent être mises en œuvre ici, au Canada, de manière à permettre aux Canadiens d'investir et de prospérer grâce aux compétences dans ces domaines et aux usines de fabrication connexes.
Pour y parvenir, il est important que notre Agence de l'investissement pour la défense favorise les usines de fabrication et de production du Canada et qu'elle travaille en partenariat avec elles. Le plan d'action de sécurité pour l'Europe et nos investissements stratégiques, alors que nous nous alignons à l'échelle du pays pour soutenir l'industrie, contribueront à soutenir et à garantir la souveraineté dans le Nord, ainsi que notre souveraineté globale au Canada et dans l'Arctique, et donneront un élan international à de nouvelles carrières partout au Canada.
Nous mettons l'accent sur l'Arctique et la défense du Nord, la technologie et l'innovation, et, surtout, sur le maintien et la pérennisation d'une chaîne d'approvisionnement canadienne solide.
Il s'agit d'un budget qui couvre les capacités en matière de logement, notre capacité de défense, notre capacité à mener à bien de grands projets industriels, la mise en valeur du secteur énergétique, la possibilité de maximiser l'exploitation des minéraux critiques et, surtout, notre rôle de partenaire de confiance dans nos relations avec d'autres régions du monde. L'achat de produits canadiens occupe une place importante dans ce budget. Nous reconnaissons qu'il s'agit d'un facteur déterminant pour la prospérité des Canadiens, nos concitoyens. Le budget présente une vision positive, empreinte de confiance et de discipline, et respectueuse de la primauté du droit.
Je remercie tous les députés d'en face. Nous faisons ce qu'il faut pour que le Canada reste fort et le devienne encore plus.
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Madame la Présidente, je souhaite aborder trois points à propos du projet de loi d'exécution du budget. Je parlerai un peu du processus et de l'étude en comité qui nous ont menés à ce qui pourrait être le dernier jour où nous débattrons de ce projet de loi, et discuter ensuite de certains éléments du projet de loi que les conservateurs approuvent et des éléments qu'ils n'approuvent pas.
Je tiens d'abord à préciser, pour les fins du compte rendu, qu'à bien des égards, le débat entourant la loi d'exécution du budget fait honneur, si je puis dire, au processus parlementaire par lequel les partis s'entendent sur un plan de travail au sein du comité, ce plan de travail solide prévoyant la comparution de fonctionnaires et de ministres. Nous n'avons pas vraiment eu le temps de convoquer beaucoup d'experts de l'extérieur de la fonction publique, mais, lorsque le projet de loi a été renvoyé au comité, celui-ci s'est mis au travail et l'a fait dans un esprit de collaboration.
Je tiens à le souligner parce qu'il a souvent été répété à la Chambre, à tort, que ce projet de loi avait été bloqué par l'opposition. Ce n'est pas le cas. Un seul parti a fait de l'obstruction et retardé les travaux du comité des finances, et c'est en fait le Parti libéral. Il a agi ainsi dans le cas du projet de loi : les libéraux ont fait obstruction à leur propre projet de loi à trois reprises.
Je me fais chahuter par le député de . Je l'invite à vérifier le compte rendu, peut-être auprès de son secrétaire parlementaire.
Une voix: Oh, oh!
Pat Kelly: Madame la Présidente, on me chahute à gauche et à droite. Je ne sais pas ce qui se passe avec les libéraux aujourd'hui, mais je vais peut-être en rester là pour ce qui est du processus et parler des éléments du projet de loi d'exécution du budget avec lesquels les conservateurs sont d'accord. Ce projet de loi d'exécution du budget contient des changements de politique de la part du gouvernement que nous appuyons, comme l'abrogation de la taxe sur les services numériques, contre laquelle nous nous sommes battus bec et ongles au cours de la dernière législature. Nous avions prévu toutes les conséquences de cette mesure, et nous voici maintenant dans la législature suivante, les libéraux admettant par leur projet de loi que les conservateurs avaient raison depuis le début et abrogeant la taxe sur les services numériques. Ils abrogent également la taxe de luxe sur les avions d'affaires et certaines embarcations.
Nous avons dit à l'époque que ces taxes nuiraient à l'industrie, ne généreraient guère de recettes et entraîneraient probablement une perte d'activité économique. Ils ont fini par nous donner raison. Ils ont changé d'avis sur la taxe sur les logements sous-utilisés, au sujet de laquelle nous avions émis des réserves lors de son adoption, et ils sont en train de l'abroger. Ce sont là des mesures positives avec lesquelles nous sommes d'accord. En revanche, nous ne sommes pas d'accord sur beaucoup de choses dans la loi d'exécution du budget. J'en mentionnerai quelques-unes, si j'en ai le temps.
La loi d'exécution du budget crée une société d'État qui doit à tout le moins étudier la construction d'un réseau ferroviaire à grande vitesse. Nous ne sommes pas opposés aux infrastructures, si l'on peut qualifier ce train d'infrastructure, mais ce que le gouvernement fait en réalité, c'est proposer et commencer à dépenser des sommes considérables pour un train dont les prévisions de fréquentation sont incertaines et dont le coût total pourrait se révéler faramineux. C'est à cela que nous nous opposons. Le PDG de cette nouvelle société a témoigné devant un comité. Il a été franc et il n'a certainement rien dit qui puisse assurer aux Canadiens que ce projet n'aboutira pas à un immense gâchis. Il n'a même pas voulu confirmer et a semblé surpris quand nous avons mentionné la subvention existante destinée à maintenir le réseau ferroviaire actuel, qui s'élève à 2 $ par dollar perçu en billetterie.
Je n'aurai pas le temps d'énumérer tous les problèmes que pose ce budget, mais passons à Anciens Combattants Canada. La loi d'exécution du budget contient une disposition tout à fait scandaleuse qui permet au gouvernement du Canada de corriger ce qu'il appelle une erreur persistante. En réalité, le ministère des Anciens Combattants, sous plusieurs gouvernements, a systématiquement refusé d'accorder aux anciens combattants des niveaux d'indemnisation adéquats en se fondant sur une loi de 1998.
Des poursuites sont intentées avec succès contre le gouvernement, et il semble qu'il sera condamné à rembourser 870 millions de dollars aux anciens combattants, dont beaucoup sont en soins de longue durée. Il s'agit d'anciens combattants âgés qui, dans certains cas, ont servi leur pays au péril de leur vie. À la perspective d'être condamné à verser près de 1 milliard de dollars d'indemnités, le gouvernement essaie de modifier rétroactivement une loi de 1998 pour ne pas avoir à payer et pour refuser d'indemniser les anciens combattants en se protégeant juridiquement. C'est honteux.
Nous avons beaucoup entendu parler des pouvoirs ministériels, y compris à la fin de l'intervention précédente. Je ne m'y arrêterai pas, car, heureusement, ces dispositions ont été modifiées. Voici ce qui s'est passé en comité. Nous nous sommes entendus sur un projet de loi de 605 articles que nous avons examiné article par article en seulement 6 heures. Des amendements ont été proposés. Certains ont été acceptés par le gouvernement, ce dont nous lui savons gré. La réduction partielle des pouvoirs draconiens que le gouvernement s'est arrogés en est un exemple, mais il y a eu des comparutions ministérielles, et je dois prendre le temps d'expliquer ce qui s'est passé lorsque le a comparu devant le comité.
La loi d'exécution du budget mettrait en œuvre un budget présentant un déficit de 78,3 milliards de dollars. Les membres du parti au pouvoir ont mené leur campagne électorale en promettant qu'ils ne creuseraient pas leur déficit. Dans le budget précédent, ce déficit s'élevait à 42 milliards de dollars. Ils avaient promis de ne pas dépasser cette somme. Les libéraux ont formé un nouveau gouvernement qui n'est que la continuité de l'ancien. Ils ont d'abord prévu une augmentation des dépenses déficitaires de 20 milliards de dollars et nous ont ensuite promis de ne pas dépasser cette prévision. Pourtant, ils nous ont présenté un budget avec un déficit de 78 milliards de dollars.
Je ne comprends pas comment tous ces députés, notamment ceux qui sont ici depuis 2015, ont pu mener tant de campagnes électorales en promettant que la situation s'améliorerait et qu'ils limiteraient les dépenses. En 2015, ils ont promis d'équilibrer le budget au plus tard en 2017. Les libéraux ont rompu toutes leurs promesses, ils ont fait sauter tous les garde-fous financiers et ils ont renoncé à toutes les cibles budgétaires. Maintenant, ils veulent nous faire croire qu'ils ne dépasseront pas ces 78 milliards de dollars. Le ratio de la dette par rapport au PIB ne diminue pas, il augmente. C'était une ligne sacrée qui ne devait pas être franchie, pour paraphraser un ministre des Finances précédent.
Quand l'actuel a comparu devant le comité et que nous lui avons posé maintes questions sur l'équilibre budgétaire, il m'a répondu qu'il était irresponsable pour des députés de l'opposition de demander au ministre des Finances quand le gouvernement allait équilibrer le budget. Il a refusé pendant cinq bonnes minutes de répondre à une question financière fondamentale. Il aurait pu dire au comité qu'à l'heure actuelle, le gouvernement n'a pas de prévisions qui vont assez loin pour parvenir à un budget équilibré. Il aurait pu nous répondre que la meilleure information disponible est déjà dans le budget ou que les fonctionnaires n'ont rien à ajouter sur les déficits futurs, mais il ne l'a pas fait. Il a contesté la légitimité de la question. Quelle arrogance, pour un ministre, de dire à un député de l'opposition de ne pas poser des questions fondamentales sur la santé et l'avenir des finances du pays!
Dans leurs discours d'aujourd'hui, les libéraux ont parlé de la construction de grands projets. Ils ont promis de les construire à des vitesses inimaginables. Un an s'est écoulé depuis lors. Aucun projet n'a été autorisé, et l'on ne parle même pas vraiment de ces projets. Les libéraux ne prononcent même pas le mot « pipeline » à voix haute. De nouveau, quand nous leur avons demandé à quelle date la construction pourrait commencer ou à quelle date nous pouvons nous attendre à ce qu'elle soit autorisée, nous n'avons pas reçu de réponse.
La reddition de comptes a été décevante, et c'est pourquoi nous nous opposons à ce projet de loi d'exécution du budget.
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Madame la Présidente, il s'agit de ma première intervention au sujet de ce budget. Je suis donc heureux de prendre la parole aujourd'hui à la Chambre.
La première chose dont je voudrais parler, et dont je parle tout le temps, bien sûr, c'est le montant dont il est question ici. Le budget prévoit un déficit de 78,3 milliards de dollars, et dans le peu de temps qui s'est écoulé depuis sa présentation pourtant considérablement tardive, nous avons accumulé des milliards de dollars supplémentaires en dépenses de programmes que le gouvernement n'avait pas prévus. Mes collègues trouveront sans doute que je rabâche toujours la même chose, mais pour pouvoir planifier les dépenses, il faut se fixer des priorités, et non pas se donner carte blanche.
Il n'y a aucune prévoyance, aucune planification. À l'heure actuelle, nous traitons certaines parties du budget et dépensons comme si nous avions de l'argent, alors qu'en réalité, notre pays n'en a pas. Les dirigeants de la banque centrale signent des chèques en pensant qu'il n'y a aucun problème et refilent simplement la facture de nos décisions actuelles aux générations futures. Or, il y a un problème. Ce problème se manifeste déjà dans tout le pays sous la forme d'une inflation plus élevée, d'une augmentation du prix des aliments, d'une hausse du coût du logement et d'une augmentation des coûts pour les Canadiens en général. Cette situation laisse derrière elle une génération de personnes qui devront rattraper leur retard pour avoir un avenir prometteur. Je ne parle pas d'un avenir plus coûteux, mais d'un avenir où elles pourront fonder une famille, avoir un logement et bien nourrir leur famille.
Cependant, le Canada est un pays qui croule sous les dettes, et pas seulement au niveau fédéral. La dette nationale atteint maintenant 1,3 billion de dollars, et elle va continuer de croître. Mes collègues d'en face diront: « Nous avons encore une cote de crédit AAA. ». Je leur demanderais si c'est parce qu'ils ont berné les agences de notation qui attribuent les cotes, comme ils le font dans les documents budgétaires qu'ils fournissent et dans lesquels ils disent que l'argent des régimes de pensions du Canada et du Québec sert à garantir la dette. Tel n'est pas le cas. Il s'agit des pensions des Canadiens, et les libéraux ne devraient pas les mettre en danger ou même les exposer à un risque quelconque sur le marché. Ce serait une erreur fondamentale. Retirez les pensions de l'équation, et vous obtiendrez le ratio dette‑PIB le plus élevé du monde entier, ou presque, si l'on exclut un ou deux autres pays.
Les Canadiens ont eux aussi des dettes personnelles. Je me rappelle le moment où l'ancien premier ministre parlait d'alourdir la dette du gouvernement du Canada pour que les Canadiens n'aient pas à s'endetter davantage eux-mêmes. La dette personnelle des Canadiens en fait la population la plus endettée du G7. Elle équivaut au double de la dette publique fédérale. Le gouvernement fédéral est endetté et les gouvernements provinciaux sont endettés, mais les consommateurs sont également endettés. Par conséquent, dans cette spirale de l'endettement, quand les choses tourneront mal, elles iront vraiment très mal.
Je vais maintenant passer à certains des sujets dont nous avons parlé. Le gouvernement a fait l'erreur de prévoir, dans la , ce qu'il appelle des « bacs à sable réglementaires ». Je vais parler de ces bacs à sable parce que beaucoup parmi nous en ont déjà traité. Je sais que certains de mes collègues du secteur des services financiers ont déjà vu les organismes de réglementation appliquer ce concept à la création de nouveaux produits financiers, mais le gouvernement, lui, veut des exemptions de toutes les règles. C'est pourquoi nous qualifions de telles dispositions de clause Henri VIII. C'est ce que le comité des finances de la Chambre des Communes a dû étudier. Les conservateurs ont proposé des solutions mitoyennes afin que le projet de loi puisse être adopté sans affaiblir le Parlement.
Les exemptions que les députés ministériels veulent obtenir sont décrites dans le projet de loi: « Sous réserve des paragraphes (3) et (7), tout ministre peut, par arrêté, aux conditions qu'il estime indiquées et pour une période de validité d'au plus trois ans qu'il précise, exempter toute entité de l'application: a) d'une disposition d'une loi fédérale [sauf le Code criminel], s'il en est responsable. »
Essentiellement, les libéraux tentent de dire qu'ils ont le droit de contourner toutes les lois et tous les règlements en vigueur au Canada. Ils se moquent de leur contenu. Ils veulent être exemptés de leur application, car ils considèrent que le Parlement est en quelque sorte un obstacle à surmonter. Ils souhaitent exercer le pouvoir exécutif sans avoir à rendre de comptes à la Chambre des communes.
Nous savons qu'il y a 343 députés à la Chambre, et je n'ai aucune idée pourquoi la moitié d'entre eux — ceux de l'autre côté — veulent se rendre inutiles. Si les libéraux veulent rendre leur parti inutile, je leur dirais de ne pas se présenter, car nous avons un pays à diriger. Nous sommes ici au Parlement. S'ils pensent que le Parlement n'est que l'exécutif, ils se trompent. La démocratie repose sur trois piliers: une magistrature indépendante; une assemblée législative, incarnée par cette institution; et un organe exécutif. Nous donnons à l'exécutif le pouvoir de faire avancer les choses, mais les membres de l'exécutif doivent soulever toutes sortes de questions à la Chambre pour obtenir le pouvoir d'agir, y compris celui de dépenser de l'argent.
C'est ce que le gouvernement fait avec la loi d'exécution du budget. Le budget des dépenses confirmera ce que nous allons lui permettre de dépenser. Cependant, c'est le Parlement qui en décide, et le gouvernement ne peut pas contourner les lois du Canada ou du Parlement à cet égard.
Cela me rappelle le projet de loi . Les députés s'en souviendront. Il a été présenté pendant l'été et contenait la Loi visant à bâtir le Canada, et nous l'avons adopté sous réserve des modifications proposées par le Parti conservateur à l'étape de l'étude en comité. En fait, ces modifications ont permis d'établir toute une série de limites aux exigences auxquelles le gouvernement peut se soustraire, car nous sommes toujours un pays régi par des lois. Ces lois sont importantes, bien sûr. Les gens s'attendent à ce que ces lois continuent de s'appliquer. Si nous cessons d'être un pays de droit, nous perdons quelque chose de très important, et les investisseurs du monde entier le voient bien.
Je vais contredire mon collègue d'en face qui a dit tout à l'heure que les investissements affluent au Canada. Les seuls investissements qui affluent au Canada, ce sont les dépenses publiques, qui ne font que nous endetter davantage. Le Canada accuse un retard de plusieurs milliards de dollars en matière d'investissements. Nos régimes de retraite investissent ailleurs. Tout le monde investit ailleurs, car personne ne voit d'avenir au Canada à l'heure actuelle. Nous devons changer cela, et si le gouvernement souhaite le faire, mes collègues et moi le soutiendrons sans réserve pour veiller à ce que des changements soient apportés, à la Loi sur l'évaluation d'impact, par exemple, et au moratoire concernant les pétroliers sur la côte Ouest, ce qui nous encouragerait réellement à rétablir une économie viable dans ce pays. Le gouvernement doit s'attaquer aux véritables problèmes dont le budget devrait traiter.
Je vais aborder ici quelques autres points. L'un des sujets dont nous discutons est le protocole d'entente conclu entre le gouvernement fédéral et le gouvernement de l'Alberta, la province où je vis. Ce qui est intéressant se trouve dans le budget. Je vais citer directement le budget, qui a été adopté le 17 novembre à la Chambre. Au sujet du captage et de la séquestration de carbone, le budget stipule que « [l]es utilisations admissibles comprennent le stockage géologique dédié et le stockage dans le béton, mais excluent la récupération assistée du pétrole ».
Dix jours plus tard, le gouvernement a conclu un protocole d'entente avec le gouvernement de l'Alberta, dans lequel il s'engageait à prolonger les crédits d'impôt à l'investissement fédéraux et d'autres mesures de soutien afin de stimuler la récupération assistée du pétrole. Je suis tout à fait favorable à cette mesure. En fait, j'ai présenté un projet de loi à la Chambre des communes il y a cinq ans qui disait que c'était exactement ce que nous devions faire, car nous perdons des technologies et des entreprises au profit des États‑Unis. Nous aurions dû agir en ce sens il y a longtemps, mais pourquoi diable le gouvernement a-t-il adopté un budget qui excluait cette mesure, puis conclu avec l'un des gouvernements provinciaux du Canada, le gouvernement de l'Alberta, une entente qui préconise précisément cette mesure?
Il n'est pas étonnant que les députés du Parti libéral eux-mêmes ne fassent pas confiance à l'exécutif d'en face. Je demanderais aux députés d'arrière-ban de l'autre côté qui ne sont pas en faveur de cette mesure — et la moitié d'entre eux ne l'appuient pas — pourquoi ils insistent pour donner encore plus de pouvoir à cet exécutif afin qu'il n'ait pas à soumettre ces questions à la Chambre des communes. Notre travail ici consiste à légiférer, et je me tiendrai aux côtés de mes collègues pour veiller à ce que le gouvernement ne bafoue pas nos droits à la Chambre.
Il y a une autre chose dont je voudrais parler, car elle est importante: le train à grande vitesse. Notre pays croule sous les dettes. Je crois avoir souligné ce fait à plusieurs reprises à la Chambre. Je me suis présenté ici afin de remettre de l'ordre dans les finances publiques. Il me semble exagéré de prévoir des dépenses de l'ordre de 90 milliards de dollars pour un nouveau train qui ne desservirait qu'une petite partie du pays. C'est tout à fait exagéré, mais je tiens également à souligner que les dépenses à cet effet ont commencé avant que l'actuel gouvernement n'arrive au pouvoir. Pendant une prorogation de la Chambre, le gouvernement a délivré des mandats, comme on les appelle, pour payer des travaux non autorisés à l'une de ses entreprises favorites, AtkinsRéalis — anciennement SNC Lavalin —, qui était gangrenée par la corruption. Je suis certain que mes collègues s'en souviennent très bien.
Une chose à laquelle ce pays doit s'attaquer en priorité, c'est que beaucoup d'argent circule derrière le dos des Canadiens et que cela n'a rien à voir avec la Chambre des communes. C'est une situation que nous devons nous employer à résoudre. Nous sommes une démocratie. Défendons notre régime démocratique. Bâtissons un Canada plus fort. Faisons la lumière sur ce budget et comprenons-le pour offrir aux Canadiens la transparence qui leur est due.
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Madame la Présidente, juste avant de prendre la parole, je regardais le site d'Environnement Canada, un organisme fondé sur la science que nous aimons beaucoup. Le gouvernement est en train de supprimer des postes au sein de cet organisme. Environnement Canada indiquait que la température ressentie aujourd'hui à Ottawa était de -18 degrés Celsius. C'est dans des journées comme ça que ça nous réchauffe le cœur de vous voir dans le fauteuil, madame la Présidente. Alors, merci beaucoup d'être là.
Nous parlons du projet de loi . Nous parlons du budget et nous allons parler du fond de la chose, soit le contenu du budget, mais il y a aussi la forme. On ne peut pas passer sous silence le fait que le gouvernement a décidé de déposer un projet de loi omnibus de 603 pages.
Ces grands projets de loi omnibus qui deviennent des boîtes à surprises et qui dépassent largement le contexte d'un budget étaient critiqués vertement par les libéraux à l'ère Harper. Même à l'ère Harper, on trouvait que c'était antidémocratique comme procédure. Les projets de loi d'exécution du budget étaient beaucoup plus minces.
On a aujourd'hui la deuxième plus longue loi d'exécution du budget de l'histoire de la Confédération. Ce sont 603 pages et on modifie 49 lois. C'est un enjeu de démocratie parce que, comme je l'ai dit, ça devient une boîte à surprises. Il y a beaucoup d'éléments législatifs qui ne devraient pas être dans un projet de loi d'exécution du budget et qui auraient dû faire l'objet de débats séparés à la Chambre.
Ce sont 49 lois et 603 pages, et certaines mesures présentent des problèmes importants pour la démocratie et les droits des gens. Je parlerai des expropriés, mais je parlerai d'autres thèmes aussi. Nous avons eu une seule journée de comité pour étudier tout cela. Alors, ça montre à quel point le gouvernement a décidé de gouverner sans la Chambre des communes et à quel point le gouvernement démontre peu d'égard pour le Parlement. On le sait, le a décidé qu'il se comportait comme le PDG du Canada. On en a un exemple aujourd'hui.
C'est un budget qui a été déposé un peu parce que les parlementaires l'ont demandé. À la dernière campagne électorale, on nous a dit que le monde avait changé, qu'il fallait présenter un budget rapidement, et on a déclenché les élections. On ne nous a pas dit s'il y aurait un budget au retour du Parlement et finalement, il n'y a pas eu de budget. Nous sommes arrivés à l'automne et nous avons dû courir comme des caniches après de la visite après le pour savoir s'il allait déposer un budget. Il ne le savait pas.
Finalement, le gouvernement a décidé qu'il inversait le cycle budgétaire. Il n'a pas laissé le Comité permanent des finances faire des consultations prébudgétaires. Il ne nous a pas laissés écouter les Québécois et les Canadiens pour prendre en compte leurs recommandations et il a déposé un budget.
Malgré le fait que d'excellents fonctionnaires ont travaillé sur le document, c'est un budget qui est à bien des égards mal ficelé et inadéquat. Il y a des mesures mal écrites et certaines mesures législatives ont des effets insoupçonnés, en raison desquels nous avons dû travailler très fort lors de la seule journée de comité que nous avons eue. Dans certains cas, nous avons eu l'écoute du gouvernement. Dans d'autres cas, non.
Je vais donner un exemple de quelque chose qui n'aurait pas dû figurer dans le budget: la loi sur le réseau ferroviaire à grande vitesse. Je suis d'avis qu'on doit débattre de cette chose. Je suis d'avis qu'on doit faire des analyses coûts-bénéfices, comme mon collègue conservateur l'a dit. Je suis d'avis qu'on a des conversations à avoir. Je suis même d'avis que ça pourrait être un projet porteur.
Toutefois, dans le cadre de ce projet, on a décidé de créer deux classes de citoyens le long de la voie ferrée. On a décidé de faire en sorte de pouvoir exproprier plus facilement les gens qui sont le long de la voie ferrée qu'on pourrait le faire dans n'importe quel autre projet au Canada.
Mirabel, c'est un symbole en matière d'expropriation. Ce qu'on dit aux gens de Mirabel et aux gens qui sont le long du tracé, c'est qu'ils ne sont pas égaux devant la loi et qu'il y a une loi spéciale pour eux. Ce qu'on leur dit, c'est que s'ils faisaient face à un autre projet ailleurs au Canada, ils auraient le droit, en recevant un avis d'expropriation, de contester le prix et de demander d'être entendu par un commissaire qui n'est pas à la fois juge et partie avant que le ministre ne prenne sa décision finale. Cependant, comme ils sont le long du tracé de chemin de fer, on va les pousser à bout. On va leur demander de vider leurs poches et leurs REER et d'aller à la Cour fédérale.
Ce que nous avons demandé dans nos amendements, c'est tout simplement de rétablir le droit des gens d'être entendus. Il me semble que, demander la justice et l'égalité et demander à ce qu'on ne soit pas des citoyens de deuxième classe, ce n'est pas beaucoup. Il me semble que ça n'a même pas de rapport avec le projet lui-même. Il me semble que c'est une mesure élémentaire de justice. Les libéraux ont décidé que la justice n'avait pas d'importance pour eux lorsqu'un train devait passer. Quant aux conservateurs, ils ont laissé des gens dans les rideaux quand est venu le temps de voter pour redonner leurs droits aux gens de chez nous et de tout le Canada qui seront le long de la voie ferrée.
Nous voulons qu'il puisse y avoir une étude d'impact sur la communauté. Des villages vont être séparés. Ce train va traverser 700 routes au Québec. Nous ne savons même pas si des villages vont être coupés en deux. Ce n'est pas contre le projet, mais il est normal de vouloir le savoir. C'est notre travail de parlementaire de rechercher la vérité. La vérité n'est pas une spécialité maison d'Alto, et c'est notre travail de la demander.
En vertu de la loi qui est sur le point d'être adoptée, si le propriétaire d'une ferme où le train va passer au bout du lot ou dans un champ fait face à un avis d'expropriation ou un préavis d'expropriation, il n'aura même pas le droit de reconstruire son silo, sa grange ou son étable si un sinistre survient.
Hier, j'ai parlé à la Chambre de mon ami Éric Couvrette de Sainte‑Scholastique qui, il y a deux étés, a vu son étable brûler. C'est un producteur laitier. Sa ferme longe les clôtures de l'aéroport. C'est un ancien exproprié. Il a dû tout reconstruire. Il a vu son gagne-pain brûler. Nous avons vu ses vaches calcinées dans le champ. J'y étais le lendemain, c'était épouvantable. Déjà, reconstruire tout ça est compliqué.
Ces gens ont le droit de gagner leur vie. Or, en vertu du projet de loi d'aujourd'hui, si le train passait au bout de leur lot, ils ne pourraient pas tout reconstruire et ne pourraient pas gagner leur vie. Ce qu'on leur dit, c'est de faire faillite.
Nous avons déposé un amendement, et le gouvernement a été sourd à cet amendement. Qu'est-ce que ça a à voir avec le train lui-même? Ça n'a rien à voir avec le train lui-même. Nous voulons même contribuer à bonifier le projet de loi, mais le gouvernement nous dit qu'il n'est pas bon et qu'il n'est pas tenté de devenir bon. Pourtant, l'opposition peut être constructive, et c'est exactement ce que nous avons suggéré.
Nous avons aussi demandé que les gens ne soient pas expropriés par courriel par défaut. Nous comprenons que nous sommes au XXIe siècle et que les gens, aujourd'hui, ne s'envoient plus nécessairement des télégrammes et qu'on peut envoyer des courriels. Les représentants d'Alto ont dit eux-mêmes en comité que si quelqu'un veut une lettre recommandée, qu'il le leur dise, ils vont le satisfaire. J'ai déposé un amendement qui fait ce qu'Alto nous demandait. Ce ne sont pas des blagues. Ce que nous avons inscrit dans l'amendement, c'est qu'on allait utiliser les moyens de communication traditionnels, à moins qu'une personne demande d'être contactée par courriel, auquel cas le reste pourrait se faire par courriel. Il me semble que ce n'est quand même pas de l'extrémisme, de l'obstruction et de l'opposition qui veut empêcher de faire adopter un budget. Nous disons qu'ils ont un peu dépassé les bornes — « un peu » est un euphémisme — et qu'ils doivent respecter les gens. On nous répond que nous sommes l'opposition, que nous sommes des chialeux et que les gens se font exproprier par courriel. Or, sur le terrain, les représentants d'Alto nous disent qu'ils ne pourront pas exproprier les gens par courriel. C'est dans le projet de loi. C'est dans la loi. C'est écrit noir sur blanc, nous l'expliquions en comité. On donne à ces gens des armes pour mal se comporter. Nous ne pouvons pas présumer qu'ils vont mal se comporter, mais nous leur donnons des armes pour le faire. Ils viennent chez nous. Ils y étaient cette semaine, et ils mentent aux gens qui viennent à ce qu'ils appellent des consultations.
C'est un projet que nos amendements n'auraient pas retardé, parce qu'il n'y a pas de projet. Le président-directeur général d'Alto, M. Imbleau, était au Comité sénatorial permanent des finances nationales. Nous lui avons demandé combien le train coûtait. Il ne sait pas combien il coûte. Il n'est pas capable de nous le dire. Il y a deux semaines, j'ai demandé au PDG de la Banque de l'infrastructure du Canada, ou BIC, s'il allait faire partie des bailleurs de fonds. Le président-directeur général de la BIC nous a dit qu'il ne peut pas le savoir, car il n'y a pas de projet encore. Toutefois, il est urgent d'exproprier les gens à toute vitesse, d'accélérer le processus et de dire qu'on passe demain matin. Ça n'a aucun sens. Rien, dans tout ça, ne ralentissait leur projet. Ce que nous demandons, c'est de la décence, c'est du respect dans un projet où tous les drapeaux rouges conventionnels sont levés.
Mes collègues savent que les mégaprojets qui échouent et qui deviennent une hécatombe pour le contribuable ont tous un nombre de choses en commun: surestimation des revenus, sous-estimation des coûts et prévision à très long terme pour embellir la chose, parce que le gros des coûts arrive plus tôt en cours de projet. Nous avons le droit de poser ces questions. Nous avons le droit de vouloir les bonifier. Ça aurait nécessité un comité entier et un projet de loi séparé. C'est à ça que sert le Parlement, et c'est pour ça qu'il ne faut pas mettre ça dans un tel projet de loi omnibus.
Nous avons un enjeu majeur de démocratie avec un projet de loi qui est tellement épais que j'ai dû acheter une remorque pour ma voiture afin de le traîner avec moi.
Parlons de la taxe sur les services numériques. Le a dit qu'il allait enlever la taxe sur les services numériques à des entreprises qui font déjà de l'évasion fiscale et, en même temps, on retire l'impôt minimum pour les multinationales. Ces entreprises ne paient pas leur juste part. C'est un gamble du premier ministre. Il s'est dit qu'il allait s'agenouiller un peu devant le président Trump, au cas où ça le mette de bonne humeur. Or, il n'est pas de bonne humeur pareil. Là, on se dit que le premier ministre va remettre la taxe. Le président n'est pas de bonne humeur, mais le premier ministre ne veut pas remettre la taxe parce qu'il dit que ça va mettre le président encore plus de mauvaise humeur. Cependant, le premier ministre s'en va à Davos et il met le président en furie, mais il ne remet pas la taxe, alors qu'on a une crise des médias, que nos médias locaux se font voler leur stock et qu'on a de la difficulté à financer nos salles de nouvelles. Il n'y a aucune mesure dans le budget pour que le quatrième pilier de la démocratie soit en santé. Il me semble que cela aurait mérité en soi un débat.
Quand on dépose un projet de loi omnibus de cette épaisseur-là et qu'on le dépose à la dernière minute, soit à l'automne plutôt qu'au printemps, il peut y avoir des événements et des effets du budget insoupçonnés. Je vais donner un exemple. Le gouvernement décide qu'il soustrait Postes Canada à son obligation de faire approuver sa grille tarifaire par le gouvernement. Toutefois, Postes Canada fournit des services qui ne sont peut-être pas rentables d'un point de vue financier, mais qui sont rentables d'un point de vue social, notamment pour les personnes malvoyantes, pour le Réseau BIBLIO des bibliothèques municipales en région qui s'envoient des livres, parfois à longue distance, à tarifs préférentiels. Le gouvernement a tellement travaillé vite, parce qu'il n'était pas prêt à déposer son budget, qu'il avait oublié qu'il priverait toutes les régions éloignées du Québec du reste du Canada de ce tarif préférentiel.
J'ai demandé au en comité s'il savait que sa loi avait cet effet. Il n'y avait aucune sorte de début d'idée de quoi je parlais. Le gouvernement a été correct là-dedans. J'ai fait le suivi avec le ministre. Il y a un amendement qui a été déposé. Ça sert à ça, le Bloc québécois. Il y a un amendement qui a été déposé et nous avons été capables, comme on dit chez nous, de « patcher » ce trou-là. Toutefois, combien y a-t-il de trous dans ce projet de loi que les parlementaires n'ont pas eu le temps de voir en un avant-midi? C'est une question fondamentalement démocratique.
On a une stratégie des terres rares, des minéraux critiques. On avait oublié un minéral important, soit le phosphate, qui sert à faire des batteries. Il a fallu que nous fassions rajouter ça dans le projet de loi. Le gouvernement ne voulait pas. Le gouvernement, qui veut qu'on fasse supposément la transition énergétique, avait oublié qu'il y avait du phosphate dans les batteries et que 100 % des nouveaux projets et du type de raffinage pour le phosphate des nouveaux projets servaient à faire des batteries. Ça sert à ça, le Bloc québécois. Il a fallu que le Bloc québécois le fasse ajouter au projet de loi, que je dépose un amendement. Le gouvernement a d'abord dit non. À force de débattre, le gouvernement a fini par dire oui.
Au Canada, quand on dépose un chèque à la banque, les banques qui sont sous compétence fédérale n'ont pas le droit de geler un chèque qui est de moins de 100 $. Ça fait des années que ce montant-là n'a pas été indexé. Aujourd'hui, 100 $, quand on a une petite famille, on ne peut même pas déposer ça pour aller à l'épicerie. Ça veut dire que pour la nouvelle allocation pour l'épicerie du gouvernement, si on va déposer le chèque à la banque, avec la loi actuelle, on gelait le chèque pendant deux semaines. Il a fallu que le Bloc québécois dépose un amendement pour faire augmenter le montant minimal à 250 $, pour que les gens qui reçoivent le chèque du gouvernement puissent le déposer sans qu'il soit gelé. Ça ne s'invente pas. Si le avait pris le temps de travailler comme du monde, puis de faire travailler ses fonctionnaires, nous n'aurions pas été obligés de « patcher » encore ce trou-là.
Parlons des carrés de sable réglementaires. Il existe des cadres pour des carrés de sable réglementaires un peu partout dans le monde. Il existe des façons de rendre la loi et la réglementation plus flexibles dans des cas d'innovation, notamment dans le secteur de la santé. Nulle part au monde on ne dépose une loi où on dit que ça s'applique à tous les secteurs indistinctement et pour n'importe quelle loi, sauf le Code criminel. Ça n'existe pas. C'est une innovation canadienne de soustraire ces pouvoirs-là au Parlement. Nous pensons que l'idée n'est pas mauvaise, mais tout est dans la manière. Cette façon de faire n'existe pas dans le monde.
Les conservateurs se sont alliés avec les libéraux. Il y a eu une entente. Ils ont soustrait un nombre de lois auxquelles le gouvernement pouvait déroger dans ces carrés de sable réglementaires. C'est mieux que rien. Toutefois, les lois environnementales ne sont pas protégées. Les lois du travail ne sont pas protégées. Les droits des Premières Nations ne sont pas protégés. L'absence temporaire de l'opposition officielle à la Chambre a fait que c'est allé de l'avant. Ils peuvent bien s'époumoner. C'est ça qui s'est passé en comité.
Les services bancaires ouverts, nous sommes en faveur. Nous voulons tous qu'il y ait de la concurrence dans la vente, dans les transactions du système bancaire. Nous voulons en avoir, des applications sur nos téléphones. Cependant, les banques sont réglementées par le fédéral. C'est dans la Loi sur les banques. Ce sont des manufacturiers de produits financiers. Les intermédiaires, eux, sont sous la Loi sur la protection du consommateur du Québec. Ce ne sont pas des manufacturiers de produits financiers. Le Bloc québécois a dû faire adopter un amendement qui dit explicitement que la nouvelle loi fédérale n'aura pas comme conséquence d'invalider la Loi sur la protection du consommateur du Québec. C'est la base, mais les libéraux n'ont encore pas travaillé comme du monde. Il nous a fallu remplir des trous. C'est du concret, ce n'est pas du chialage. Nous avons été obligés de déposer des amendements pour que le gouvernement du Québec soit à l'aise avec la loi. N'ont-ils pas de téléphone, ces ministres? N'est-ce pas payé par la Chambre, un téléphone?
Parlons du crédit d'impôt pour l'électricité propre, qui va s'appliquer à des réacteurs nucléaires modulaires qui vont servir à nettoyer du pétrole sale. Qu'y a-t-il de propre là-dedans? Si mes collègues pensent que c'est propre, je les invite à en boire un verre pour voir comment ils vont se sentir le lendemain. C'est un mauvais film: il y a des longueurs et il n'y a pas de suspense. On n'est pas censé appliquer un crédit d'impôt pour l'électricité propre à du pétrole sale. On prolonge le crédit d'impôt pour la captation du carbone jusqu'en 2041 alors que, en même temps, dans le projet de loi, on enlève tout le mordant à la loi anti-écoblanchiment. Depuis que le projet de loi a été déposé, nous avons recommencé à voir des publicités de pétrolières nous vantant la captation du carbone et le pétrole vert. En même temps, on finance ces technologies. C'est ce que le projet de loi fait. C'est tout sauf de la transition énergétique.
En ce qui concerne la Banque de l'infrastructure du Canada, on fait passer la capitalisation de 35 milliards de dollars à 45 milliards de dollars alors que les gens de la Banque n'ont pas été capables de dépenser ce qu'ils avaient déjà. Nous leur courons après en comité pour savoir ce qu'ils font avec l'argent. Nous ne le savons pas et ils ne sont pas capables de nous le dire eux-mêmes. Puis on rajoute 10 milliards en capitalisation, et tout ça est soustrait au regard des parlementaires parce que ça sort du premier périmètre comptable du gouvernement.
Pour Maisons Canada, il y a 11,5 milliards de dollars dans le budget. Personne n'est contre les maisons. Moi-même, quand je me promène dans ma circonscription, je vois que tout le monde aime les maisons. Cependant, les 11,5 milliards de dollars sont pour une structure administrative. On ne sait pas quels sont les programmes ni comment ça va fonctionner. On ne sait pas non plus si le Québec va avoir sa part. On ne sait même pas quelle sera la distribution interprovinciale de ça. On sait pourtant que c'est important, parce que le Québec est la seule province qui a des programmes permanents de construction de logements sociaux, communautaires, collectifs. Ça a toujours été quelque chose de délicat. C'est exactement ce qui avait au début fait dérailler pendant trois ans et demi la Stratégie nationale sur le logement des libéraux. C'était il y a trois ans et demi. Eh bien, ils recommencent. Nous aurions aimé avoir des réponses là-dessus. Or, que veut-on que nous fassions sous bâillon en une avant-midi?
Nous pourrions nommer beaucoup de choses. Il y a des bonnes choses dans le budget, il y en a quelques-unes, mais ce n'est pas assez pour voter en faveur. Par exemple, il y a la taxe de luxe sur les aéronefs. Les néo-démocrates s'époumonent, mais la taxe de luxe n'avait de luxe que le nom. Ce qu'on faisait, c'est qu'on taxait des aéronefs commerciaux. On était en train de taxer notre propre industrie aérospatiale. Sait-on ce que faisaient les gens? Ils allaient acheter des avions ailleurs. Des avions, ça vole et ça traverse les frontières. On était en train de tuer notre propre marché. Ça a pris trois, quatre, cinq ans pour que le ministre comprenne, même si c'était dans nos demandes budgétaires.
On a aussi accepté de rembourser des droits de douane à des organismes pour des biens donnés. Des organismes se faisaient donner des biens et ils payaient des droits de douane. Je ne sais pas si on a cherché le mot « générosité » dans le dictionnaire, mais ça ne faisait pas partie de la définition. Nous avons fait corriger ça. Par ailleurs, l'amortissement accéléré, sait-on que c'est une bonne mesure? C'est une mesure qui aide l'investissement. Or, les libéraux choisissent les gagnants. Les gagnants, c'est le pétrole. Les gagnants, c'est le gaz. On a aussi un problème de souveraineté numérique. Les entreprises qui font de la fibre optique sont en train de courir après le ministre pour dire qu'on les a oubliées. Les libéraux ont choisi une liste de gagnants. Pour une fois qu'ils étaient à la bonne place, ils choisissent une liste de gagnants.
Moi, je crois au travail des partis de l'opposition. Je pense que nous pouvons les bonifier, les budgets. Je pense que nous sommes capables de faire quelque chose de bien avec les budgets. Cependant, 603 pages en une demi-journée en comité, il n'y a personne qui trouve que ça a le moindre début de bon sens. Pour les prochaines fois, j'invite le gouvernement à, peut-être, ne plus recommencer ça.
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Madame la Présidente, tout d'abord, permettez-moi de dire un mot sur les préoccupations de l'intervenant précédent. J'ai rapidement tenté de trouver la citation de la directrice générale du FMI, une organisation mondiale très importante. Voici ce que la directrice générale avait à dire sur le Canada:
L'Allemagne et le Canada reconnaissent que dans cette conjoncture éprouvante, il faut utiliser la marge de manœuvre budgétaire.
Elle a ajouté:
Au Canada, les autorités n'ont pas hésité à prendre des mesures déterminantes dans un contexte où les relations du pays avec son principal partenaire commercial changent. L'une de ces mesures consiste d'ailleurs à entreprendre la réforme — c'est-à-dire la modernisation du cadre budgétaire en […] séparant les dépenses de fonctionnement du budget des investissements — de la capacité subséquente à mettre l'accent de façon stratégique sur les investissements favorisant la croissance et pouvant améliorer la productivité.
Cette déclaration a été faite en octobre.
Si je le dis, c'est parce qu'il importe de reconnaître qu'en date d'aujourd'hui, le a été élu depuis moins d'un an. Les conservateurs demandent pourquoi nous n'avons pas présenté de budget à la fin du printemps. Or, les élections ont eu lieu le 28 avril. Je dirais que le premier ministre et le gouvernement ont pris une sage décision en remettant le budget à l'automne et en remodelant le calendrier pour que, dans l'avenir, tous les budgets soient déposés à l'automne. C'est commode pour les Canadiens, pour ce qui est de la croissance économique, car ça facilite la préparation de la saison de la construction, par exemple. C'est un avantage parmi beaucoup d'autres. Je dirais que cette décision a généralement été bien reçue. Je me rappelle avoir souhaité, quand j'étais député provincial, que les budgets provinciaux soient déposés au printemps et les budgets fédéraux, à l'automne. Nous avons enfin un premier ministre qui comprend en quoi c'est utile.
Je précise tout cela dans la foulée de la question que j'ai posée au député bloquiste. Repensons à l'automne dernier, quand le projet de loi d'exécution du budget a été déposé. Les députés de l'opposition ont fait un choix. Ils n'étaient pas obligés d'attendre 2026 pour adopter le projet de loi à l'étape de la deuxième lecture. L'opposition officielle et le Bloc ont eu la possibilité de le faire l'automne dernier. Rien ne les en empêchait. Au lieu de cela, nous avons assisté à des manœuvres d'obstruction à la Chambre.
C'est notamment pour cette raison que, l'automne dernier, j'ai ouvertement proposé à l'opposition, si elle souhaitait débattre davantage de la question à la Chambre, d'accepter de siéger jusqu'à minuit pendant quelques semaines. Pas un seul député ministériel n'était contre cette idée. Seuls les députés de l'opposition s'y sont opposés. Ce n'était pas parce qu'ils avaient besoin de débattre davantage du projet de loi d'exécution du budget, mais plutôt parce qu'ils ne voulaient pas qu'il soit renvoyé au comité. S'ils avaient laissé le comité s'en saisir et qu'ils avaient collaboré avec le au lieu faire de l'obstruction pour empêcher l'adoption du document l'automne dernier, le comité aurait sans doute eu davantage d'occasions de discuter de celui-ci dans le détail.
Aux personnes selon qui rien n'aurait jamais suffi, je dis que les comités permanents sont maîtres de leurs propres travaux. Si les députés craignaient d'emprunter la voie rapide, le comité permanent aurait pu mener sa propre étude sur la question. Au lieu de cela, collectivement, les députés de l'opposition ont trouvé plus facile de pointer le gouvernement du doigt pour leur incapacité à faire ce que, selon moi, ils auraient dû faire l'automne dernier.
Oui, nous avons un très audacieux et entreprenant qui a fixé des objectifs afin de bâtir un Canada fort. Il a pris un engagement à cet égard lors de la dernière campagne électorale fédérale, et ce projet de loi d'exécution du budget en est un élément majeur. Cela signifie que, en tant qu'assemblée législative, nous devons être prêts à bouger peut-être un peu plus vite que certains le souhaiteraient, mais cela ne veut pas pour autant dire qu'il doit y avoir moins de comptes à rendre. Nous avons encore un premier ministre qui a la reddition de comptes et la transparence à cœur, et c'est quelque chose que nous continuerons à promouvoir.
Si les députés laissent entendre que nous devrions avoir davantage de temps pour débattre, ce n'est pas le gouvernement qui nous en empêche. Les députés disent souvent que les libéraux font de l'obstruction à l'étape de l'étude en comité. Forcément, je n'ai pas assisté à toutes les réunions de comité, mais il me semble qu'il conviendrait de s'interroger sur la motion qui suscitait des réserves du côté du gouvernement. C'est peut-être une des raisons qui justifient l'obstruction.
Cela dit, selon moi, les députés de l'opposition font eux aussi de l'obstruction. C'est notamment pour cette raison que j'aimerais que le Règlement soit modifié de manière à ce que les députés qui souhaitent vraiment se pencher sur les détails d'un large éventail de questions puissent mieux le faire. La Chambre des communes a plus de 20 comités permanents. Je dirais que les questions importantes sont nombreuses. Si les membres des comités souhaitent débattre de ces questions, ils ont largement l'occasion de le faire, mais lorsque les députés prétendent ici qu'ils n'ont pas pu débattre autant qu'ils l'auraient voulu, j'ai du mal à l'accepter, surtout en ce qui concerne ce projet de loi particulier.
Après tout, rappelons-nous qu'il y a eu consentement unanime. Si nous en sommes à l'étape actuelle, c'est parce que tous les députés ont bel et bien donné leur aval. Ne nous méprenons pas: je leur en suis reconnaissant. Depuis quelque temps, il y a des signes encourageants, notamment de la part de l'opposition officielle. Je lui en suis reconnaissant.
Je me permets de revenir à la citation que j'ai mentionnée, sur ce que le gouvernement a réussi à accomplir en un an. Il y a moins d'un an, il y a eu des élections. Je suis personnellement très reconnaissant envers les résidents de Winnipeg‑Nord, que je représente depuis un certain nombre d'années: cinq élections provinciales et maintenant six élections fédérales. En plus de mes concitoyens, ce qui m'inspire, entre autres, c'est le , lui qui estime que le gouvernement doit bouger. Je partage cet avis et l'idée générale que pour bâtir un Canada, il faut adopter une approche du type « Équipe Canada ».
C'est d'ailleurs ce que nous constatons depuis le premier jour: le premier ministre est déterminé et il mise sur la concertation avec les Canadiens, en particulier les premiers ministres provinciaux, les dirigeants territoriaux et les dirigeants autochtones. C'est l'une des raisons à l'origine du projet de loi , Loi sur l'unité de l'économie canadienne, qui a été appuyé et même adopté en juin dernier, peu après les élections. Le premier ministre a rencontré tous les premiers ministres des provinces et des territoires à de nombreuses reprises. À l'évidence, en travaillant main dans la main, on peut accomplir beaucoup de choses.
Il y a le Bureau des grands projets, qui a été établi à Calgary, et les cinq premiers projets ont été approuvés. Pensons à l'investissement, estimé à 60 milliards de dollars — je dis bien 60 milliards. C'est en travaillant avec les différents intervenants que nous avons pu réaliser cela.
Sans parler de la deuxième annonce qui a été faite entre septembre et novembre. Je pense que c'était plutôt en novembre. Ces projets supplémentaires ont porté l'investissement potentiel total de ces grands projets à plus de 125 milliards de dollars. C'était plutôt 150 milliards de dollars, je crois. C'est ça, investir au Canada. C'est soutenir les Canadiens dans toutes les régions, qu'il s'agisse du gaz naturel liquéfié en Colombie‑Britannique, du cuivre dans des régions comme la Saskatchewan ou de l'énergie nucléaire en Ontario.
Nous pouvons parler du port de Montréal. Nous pouvons parler des initiatives et des idées qui sont promues dans le cadre de grands projets dans toutes les régions du pays. C'est ce à quoi les députés libéraux ont travaillé, parce que nous croyons au Canada. Nous savons qu'investir dans des projets de cette nature favorisera la croissance économique du Canada, et c'est ce qui compte: créer des emplois, créer des possibilités et bâtir un pays plus fort et plus sain.
Nous parlons de grands projets, mais il n'y a pas que cela. Examinons quelques-uns des domaines que nous avons renforcés ou mis en place pour la toute première fois. J'ai été très fier quand le et le gouvernement ont annoncé que nous rendions permanent le Programme national d'alimentation scolaire. C'était extrêmement important. Le fait de rendre ce programme permanent m'a vraiment réjoui, car je sais que les enfants du Canada, 400 000 enfants en particulier, vont en bénéficier.
J'ai été témoin des discussions sur cet enjeu dans mon rôle de parlementaire depuis 1988, alors que des personnes comme Sharon Carstairs, qui était cheffe du Parti libéral à l'Assemblée législative du Manitoba, soulignaient que les enfants ne peuvent pas apprendre le ventre vide. Nous avons maintenant un premier ministre et un gouvernement qui en ont fait un programme permanent, en collaboration avec les provinces et les territoires.
Ensuite, le programme de soins dentaires est renforcé, et il sert des millions de Canadiens. Notre nouveau et le nouveau gouvernement ont décidé de maintenir ce programme. Nous allons aussi continuer de soutenir le régime d'assurance-médicaments. Nous n'avons jamais investi autant d'argent, en dollars réels, dans les soins de santé, et les investissements continueront de s'accroître.
Parlons maintenant des dépenses en infrastructures. Nous disposons même d'une réserve d'argent pour encourager la croissance des immobilisations dans notre système de soins de santé. Je voudrais vraiment que l'hôpital général Seven Oaks ait sa salle d'urgence. Le nouveau premier ministre du Manitoba en a parlé pendant sa campagne électorale. Il dispose désormais d'une enveloppe financière mise à sa disposition par le gouvernement fédéral. Ce type de soutien en matière de santé ainsi que les discussions qui ont lieu autour des soins à domicile, des soins palliatifs et de la maladie mentale sont autant d'enjeux importants que nous continuons à faire avancer. Voilà pourquoi nous investissons autant dans les soins de santé.
Je veux revenir sur une autre question que j'ai posée plus tôt ce matin aux députés d'en face. Si l'on écoute ce que disent les députés du Parti conservateur, on devrait s'inquiéter un peu de leur politique en matière de croissance et de soutien de l'économie. J'ai demandé au député de s'il appuyait l'accord, le protocole d'entente entre l'Alberta et le gouvernement du Canada, dans son intégralité. J'aurais pensé que c'était une question assez simple. C'est une question facile. La réponse aurait dû être oui, mais il a plutôt commencé à remettre en question le fait que la première ministre de l'Alberta sait de quoi elle parle.
Une voix: Oh, est-ce que c'est ça qu'il voulait dire?
L'hon. Kevin Lamoureux: Absolument, monsieur le Président. Il suffit d'écouter sa réponse.
Il remettait en question la première ministre de l'Alberta et le du Canada ainsi que la valeur réelle du protocole d'entente qu'ils avaient signé. Il est intéressant de constater que même les conservateurs d'extrême droite commencent à critiquer la première ministre de l'Alberta. Ils se sont opposés au protocole d'entente. D'une part, ils disent vouloir des pipelines, mais de l'autre, ils n'appuient pas le protocole d'entente avec l'Alberta. C'est la question que j'avais posée.
J'ai posé une autre question sur le train à grande vitesse au Québec et en Ontario, et le député n'y a pas vraiment répondu, mais il a abordé le sujet dans son intervention. Il n'a toutefois pas répondu à ma question. Apparemment, il a manqué de temps et n'a pas pu y répondre parce qu'il était trop absorbé par son explication des raisons pour lesquelles il n'est pas favorable au protocole d'entente. Son intervention, comme celles d'autres conservateurs, nous donne l'impression qu'ils n'y sont pas favorables, car la question que je lui ai posée était très simple: le Parti conservateur soutient-il le train à grande vitesse?
D'une part, les conservateurs n'aiment pas ce que nous faisons et proposons avec la première ministre de l'Alberta et l'Alberta sur la question des pipelines. Ils ne soutiennent pas cette démarche. Ils ne soutiennent pas non plus le train à grande vitesse. Ils devraient se montrer plus honnêtes et directs avec les habitants de l'Ontario et du Québec en particulier. Il s'agit d'un projet de grande importance.
J'évalue la position des conservateurs en matière de développement économique, et la Banque de l'infrastructure, qui est mentionnée dans le projet de loi dont nous débattons aujourd'hui, en est un bon exemple. J'attends toujours qu'un député conservateur déclare ici qu'il appuie la Banque de l'infrastructure du Canada. Je n'en ai encore vu aucun. J'en ai vu beaucoup, énormément même, dire qu'ils ne l'appuyaient pas. J'encourage chacun de nous à mettre de côté les arguments des conservateurs et à faire une recherche sur Google. Je suppose que tous les députés savent utiliser Google. S'ils y font une recherche et consultent la page de la Banque de l'infrastructure du Canada, ils constateront que des dizaines de milliards de dollars ont été investis et que de nombreux projets ont été réalisés. La Banque de l'infrastructure du Canada profite à toutes les régions du pays, mais tous les conservateurs disent que c'est une mauvaise idée.
Contrairement au Parti conservateur du Canada, je peux dire à la Chambre que tous les membres du caucus libéral, jusqu'au , croient dans les Canadiens. Nous savons combien il est important d'investir dans les infrastructures. Nous n'allons pas parcourir le pays en disant que le Canada est brisé. Pourquoi? Parce que le Canada est le meilleur pays du monde où vivre. J'aimerais bien que certains conservateurs le comprennent, l'apprécient et commencent à parler des avantages qu'il y a à vivre dans ce pays au lieu de toujours essayer de donner la fausse impression que tout est brisé.
Ce budget contient de nombreuses mesures. Nous avons réalisé beaucoup de choses depuis les dernières élections fédérales. Nous allons continuer d'aller de l'avant pour bâtir un Canada fort.
Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec mon collègue de .
Je suis très honoré de prendre la parole à la Chambre aujourd'hui au sujet du projet de loi , la loi d'exécution du budget.
Le projet de loi est massif; il compte plus de 600 pages, et j'ai même entendu des collègues d'en face dire que c'est un grand et magnifique projet de loi. Ces énormes projets de loi, les projets de loi omnibus, contiennent souvent de nombreuses priorités du gouvernement dans un seul document, y compris des éléments qui les rendent inacceptables. Quand ils formaient l'opposition, les libéraux ont condamné le recours à ces projets de loi omnibus, mais voilà qu'ils présentent maintenant exactement la même chose. Il est dommage que les libéraux tiennent un double discours. D'une part, ils ont constamment critiqué les conservateurs qui présentaient de gros projets de loi à la Chambre, et d'autre part, ils font exactement la même chose.
Étant donné la taille du projet de loi, je trouve scandaleux qu'il ait raté la cible dans de nombreux dossiers clés. Un des plus importants enjeux qui touche tous les Canadiens et sur lequel j'attirerai l'attention concerne le coût des aliments. Non seulement le projet de loi ne règle pas le problème de l'augmentation incessante du coût des aliments, mais les dépenses effrénées proposées dans ce projet de loi omnibus contribueraient en fait à aggraver l'inflation alimentaire.
Comme tant de Canadiens qui se démènent pour joindre les deux bouts, je me rappelle ce qu'était la vie il y a 10 ans, avant l'arrivée des libéraux au pouvoir. Nous avions une économie prospère qui avait résisté à la crise économique de 2008, et une classe moyenne stable et en pleine croissance. Je travaillais alors comme électricien dans le secteur de la construction, et mon épouse et moi élevions nos trois adolescents. Les députés qui ont le plaisir de nourrir des adolescents savent qu'ils mangent beaucoup. Je blaguais avec mes enfants en leur disant que je pourrais m'acheter un camion tout neuf quand ils quitteraient le foyer familial avec l'argent que j'épargnerais en n'ayant plus à les nourrir.
À cette époque, le Canada se portait bien. Les salaires étaient élevés et augmentaient constamment. Le coût de la vie était gérable, et la plupart des Canadiens pouvaient même se vanter d'avoir un meilleur niveau de vie que les Américains. Malheureusement, cette époque est bel et bien révolue. Nous voyons maintenant dans le Globe and Mail des manchettes telles que « Tout à coup, le Canada est devenu plus pauvre que l'Alabama. Comment est-ce possible? ». C'est choquant, quand on y pense, mais après une décennie de vandalisme économique de la part du gouvernement libéral, voilà où nous en sommes.
Les banques alimentaires du pays connaissent une augmentation sans précédent de leur fréquentation. Des organisations nationales de banques alimentaires, notamment Banques alimentaires Canada, ont tiré la sonnette d'alarme. Elles disent que le mois dernier, 2,2 millions de personnes ont fréquenté les banques alimentaires au Canada. Cela représente le double de la fréquentation mensuelle enregistrée il y a seulement six ans. Il est évident que la situation dans nos banques alimentaires ne fait qu'empirer.
Les jeunes familles qui cherchent à joindre les deux bouts tout en se préparant des repas nutritifs se sentent pressées par la hausse des coûts. Depuis les dernières élections, le prix des produits agricoles, comme les poivrons et la laitue, a augmenté de plus de 40 %. Le prix du bœuf a augmenté de plus de 27 %. Le prix du lait maternisé a augmenté de 13 %. Les Canadiens ne peuvent pas suivre le rythme, et les dépenses effrénées prévues dans les politiques gouvernementales, comme les dépenses qu'autoriserait le projet de loi , ne feront qu'aggraver la situation.
Autrefois, j'aimais faire des heures supplémentaires, car je savais que ces efforts supplémentaires donneraient un peu plus de moyens à notre famille, par exemple, pour s'offrir un nouveau téléviseur, des meubles, des travaux de rénovation ou un autre achat qui n'était pas prévu dans le budget familial. Aujourd'hui, après 10 ans de mauvaise gestion économique du gouvernement libéral, cette époque est révolue. Mes amis qui travaillent dans les métiers me disent qu'ils doivent faire des heures supplémentaires juste pour joindre les deux bouts. Je ne saurais trop insister sur le mot « doivent ». Qu'un emploi bien rémunéré dans le secteur de la construction ne permette même pas aux familles canadiennes de joindre les deux bouts est une aberration, et le gouvernement devrait avoir honte d'avoir laissé la crise du coût de la vie s'aggraver de la sorte.
Le loyer ou l'hypothèque d'une famille constituait autrefois la dépense mensuelle la plus importante, mais aujourd'hui, ce sont les factures d'épicerie qui prennent rapidement cette place. C'est la conséquence directe des dépenses déficitaires et de l'accumulation de la dette par les libéraux, qui ont fait baisser la valeur de notre dollar et augmenté le coût de pratiquement tout ce que les Canadiens achètent. Ce n'est pas un concept difficile à comprendre: si un pays doit plus d'argent, il imprime plus d'argent, et lorsque les gouvernements impriment plus d'argent, le dollar perd de sa valeur pour les investisseurs.
Les députés libéraux nous diront que ce n'est pas de leur faute et que c'est le résultat des problèmes économiques mondiaux, mais 70 % de la nourriture que les Canadiens consomment provient d'ici même, au Canada. Ce n'est pas un problème économique mondial, c'est un problème lié aux politiques du gouvernement libéral. Sans compter que d'autres pays surmontent mieux que nous les problèmes économiques mondiaux, au lieu de les utiliser comme excuse pour ignorer la hausse des coûts.
Comme je l'ai mentionné précédemment, les Canadiens se souviennent de la crise économique de 2008. Le gouvernement de l'époque n'a pas cherché d'excuses. Il a pris des mesures, stimulé l'économie et a mieux surmonté la crise que la plupart des autres pays.
La fin de semaine dernière, un ami à moi, électricien, m'a dit qu'il avait des difficultés à joindre les deux bouts. Ça m'a sidéré. Il est bien établi dans notre secteur, a un emploi bien rémunéré, est marié, a deux enfants et vit dans sa maison depuis cinq ans. Il m'a raconté qu'il se souvenait avoir fait des courses avec sa femme lorsqu'ils ont emménagé dans leur maison. À l'époque, on pouvait remplir un chariot de provisions et nourrir une famille de quatre personnes pour 250 $.
Le magasin qu'il fréquentait offrait auparavant un cadeau avec tout achat de 250 $ ou plus. Il m'a expliqué que, souvent, lorsqu'ils étaient à la caisse après avoir acheté tout ce dont ils avaient besoin pour nourrir leur famille, sa femme lui demandait de retourner chercher un ou deux autres articles afin de pouvoir bénéficier du cadeau. Leur panier était rempli d'aliments sains et nutritifs, comme de la viande, des légumes et tout ce dont une famille en pleine croissance a besoin, ainsi que quelques produits supplémentaires dont ils n'avaient pas besoin, mais qu'ils pouvaient s'offrir. Il dit qu'aujourd'hui, après avoir fait leurs courses et payé leurs factures, il ne leur reste plus d'argent à la fin du mois pour en mettre de côté, se payer quelques extras ou même faire face à des urgences.
Cette histoire est malheureusement trop familière pour de nombreux foyers canadiens aujourd'hui, mais ça n'a pas toujours été ainsi. Les gens occupent deux ou trois emplois juste pour joindre les deux bouts, et ceux qui n'y parviennent pas sont contraints de se tourner vers les banques alimentaires.
Le budget ne fait rien pour donner de l'espoir aux Canadiens, et les dépenses massives continueront à faire augmenter le prix des denrées alimentaires et à pousser davantage de familles canadiennes vers l'insécurité financière. Nous avons la capacité de nourrir les Canadiens avec des aliments de qualité à des prix abordables. Comme je l'ai dit, la grande majorité des aliments que nous consommons sont produits au pays et ne sont pas touchés par l'instabilité économique mondiale, indépendamment de ce que prétend le gouvernement.
Je sais ce que mes collègues d'en face vont dire. Ils diront que les facteurs mondiaux sont responsables de la hausse des coûts et que le projet de loi donnerait un répit aux Canadiens. Dans une certaine mesure, c'est vrai, et c'est pourquoi nous contribuons à accélérer son adoption. Il offrirait un répit bien nécessaire aux Canadiens qui ont tant souffert, mais il ne s'agit là que d'une demi-mesure. Les Canadiens ont besoin d'une aide plus importante, et les libéraux peuvent commencer par réduire les dépenses et alléger le fardeau de l'inflation qui pèse sur les Canadiens. En présentant les projets de loi et C‑19, le gouvernement a fait un pas en avant et deux pas en arrière.
Même mes parents ont du mal à faire face à la hausse du coût des denrées alimentaires. Aujourd'hui retraités, ils ont occupé des postes de directeur d'école et d'enseignant. Ils touchent une pension fixe et ressentent vraiment les effets de la crise. La flambée des prix des denrées alimentaires érode rapidement leur niveau de vie. Ils ont travaillé fort toute leur vie, ont instruit la génération suivante et ont épargné pour leur retraite. Malheureusement, par sa mauvaise gestion économique, le gouvernement libéral leur a fait perdre leur niveau de vie.
Quand le gouvernement dépense pendant une crise inflationniste, il ne fait qu'aggraver la situation, et tout devient plus cher. Mes parents, comme beaucoup de personnes âgées, ont du mal à suivre la hausse rapide du coût de la vie, ce qui les prive du mode de vie pour lequel ils ont travaillé si dur. Les personnes qui ont contribué à bâtir notre grand pays méritent que nous fassions ce qui est juste pour elles et que nous maîtrisions notre économie. Les promesses vaines et les slogans des libéraux ne permettront pas aux familles canadiennes en difficulté de se nourrir.
La vie est déjà assez difficile. Au lieu de compliquer la vie des familles de travailleurs, le gouvernement devrait leur donner un coup de main. J'exhorte les libéraux à agir comme il convient de le faire: freiner leurs dépenses incontrôlées et s'efforcer d'alléger le fardeau de l'inflation qui pèse sur les familles canadiennes.
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Monsieur le Président, nous sommes ici aujourd'hui pour parler du projet de loi , Loi portant exécution de certaines dispositions du budget.
C'est la première fois que je participais en tant que député fédéral et membre du Comité permanent des finances à l'étude de la loi d'exécution du budget. C'est un projet de loi omnibus de 638 pages, comprenant 606 articles modifiant des centaines de lois canadiennes. C'est un projet de loi qui comprend des mesures allant du relèvement du plafond de la dette à l'annulation de la taxe des services numériques.
Tout au long de l'étude, il apparaît clairement que notre travail comme parlementaire consiste avant tout à faire des choix, des choix qui améliorent la qualité de vie des Canadiennes et des Canadiens aujourd'hui, mais également celle de nos enfants, nos petits-enfants et nos arrière-petits-enfants. Des choix s'imposent: nous devons déterminer quelles mesures inclure; choisir entre un déficit inflationniste et un budget équilibré, et, dans le cadre du projet de loi C‑15, décider s'il faut garder le pouvoir entre les mains des Canadiens et des Canadiennes ou le confier aux ministres libéraux et au ici, à Ottawa.
En bref, les libéraux ont déposé un projet de loi qui accorde aux ministres du Cabinet des pouvoirs extraordinaires. Aucune consultation, aucun garde-fou, aucune approbation parlementaire, aucune transparence ne sont prévus. Ma collègue conservatrice de l'a bien expliqué. C'est vraiment choquant que le gouvernement canadien puisse penser qu'il est approprié de se conférer à lui-même un pouvoir aussi extrême. Les Canadiens ont clairement fait savoir que ce choix des libéraux constituait une prise de pouvoir antidémocratique.
Il est important de noter que les libéraux ont déjà fait preuve de mauvaise gestion du pouvoir. Lorsqu'ils ont le pouvoir d'attribuer des contrats gouvernementaux, ils les confient à leurs amis, comme dans le cas de GC Strategies ou d'ArriveCAN. Rappelons que le contrat d'ArriveCAN, initialement évalué à 80 000 $, a finalement coûté 60 millions de dollars. Lorsqu'ils ont le pouvoir de moderniser le système informatique, ils dépassent le budget. On vit présentement cette situation avec le logiciel Cúram. Il devait coûter 1,6 milliard de dollars, mais le budget s'élève maintenant à 6,6 milliards de dollars. C'est un scandale. Il s'agit de 5 milliards de dollars en dépassement de coûts.
Je pense qu'il est important de reconnaître les choix faits par les libéraux. Ils font le choix de concentrer le pouvoir chez les élites libérales d'Ottawa, loin du Parlement, loin des communautés locales et loin des Canadiens et des Canadiennes.
Les conservateurs ont fait un choix différent. Sous le leadership de ma formidable collègue de Newmarket—Aurora, nous avons présenté plusieurs amendements visant à contrôler le pouvoir des élites libérales et à garantir que les Canadiens aient, en fin de compte, le pouvoir de limiter les abus du gouvernement.
Grâce à l'adoption des amendements, une consultation publique de 30 jours est maintenant obligatoire avant d'accorder une exemption. Il est maintenant nécessaire d'avoir la double approbation d'un ministre du Cabinet et du président du Conseil du Trésor. Le gouvernement doit déposer un rapport au Parlement dans les 90 jours suivant toute exemption. Il doit publier les exemptions en 30 jours afin d'assurer la transparence.
Les conservateurs ont mis en place des garde-fous, limitant le pouvoir des libéraux et veillant à ce que les exemptions soient dans l'intérêt des Canadiennes et des Canadiens. Rappelons que nous sommes tous ici, tous les parlementaires réunis, au service de l'intérêt des Canadiens et des Canadiennes.
Comme je l'ai mentionné, le projet de loi concerne les choix que le gouvernement fait ou ne fait pas. Tout au long de notre étude du projet de loi C‑15 en comité, j'ai eu l'occasion d'interroger plusieurs ministres sur des questions importantes pour mes concitoyens, les Québécois et l'ensemble des Canadiens et des Canadiennes, mais qui ne figurent pas dans ce projet de loi.
Bien que les 638 pages du projet de loi C‑15 contiennent une quantité considérable de contenu, elles ne comprenaient pas de mesures visant à soutenir les régions du Québec qui dépendent des travailleurs étrangers temporaires pour remplir les emplois vacants, mais qui sont confrontées à des difficultés en raison d'un plan d'immigration mal conçu par les libéraux.
À la page 113 du budget, il est écrit noir sur blanc:
Le gouvernement reconnaît le rôle que jouent les travailleurs étrangers temporaires dans certains secteurs de l’économie et dans certaines parties du pays. À cette fin, le Plan des niveaux d’immigration 2026‑2028 tiendra compte des industries et des secteurs touchés par les droits de douane ainsi que des besoins propres aux communautés rurales et éloignées.
On dit bien qu'on « tiendra compte des industries et des secteurs touchés par les droits de douane ainsi que des besoins propres aux communautés rurales ». Pour être clair, ce sont les mots qui figurent dans le budget libéral, les mots du et du .
Dans ma circonscription et dans de nombreuses régions du Québec, nous sommes confrontés à une pénurie de main-d'œuvre, avec un taux de chômage inférieur à 5,5 %. Les entreprises sont déjà confrontées à une crise inflationniste et aux droits de douane américains injustifiés. Maintenant, ces entreprises, qui comptent sur les travailleurs étrangers temporaires pour prospérer et pour stimuler l'économie du Québec et du Canada, doivent faire face à ce nouveau défi et à cette restriction imposée par les libéraux en ce qui a trait aux travailleurs économiques.
Ces gens contribuent au développement économique et sont intégrés dans nos communautés. Leurs enfants vont à l'école, leur conjoint ou leur conjointe travaille dans une autre entreprise de la communauté, dans la ville ou dans le village. Au Comité permanent des finances, j'ai demandé trois fois au ministre des Finances si, oui ou non, il était en faveur d'une clause de droits acquis pour les travailleurs étrangers temporaires dans les régions où le taux de chômage est inférieur à 5,5 %.
Le ministre a refusé de répondre à trois reprises. Cependant, sait-on ce qu'il a dit? Il a dit qu'il était d'accord sur mes arguments disant que les travailleurs étrangers temporaires qui étaient déjà sur place et intégrés dans leur communauté, qui avaient appris le travail dans leur entreprise et qui participaient au développement économique étaient importants pour les régions du Québec. Pourquoi alors ne pas accepter qu'il y ait une clause de droits acquis?
Le budget libéral indique clairement que le gouvernement tiendra compte des besoins propres aux communautés en région. Je suppose que le ministre des Finances et le premier ministre sont ravis de dire ce que les Canadiens veulent entendre dans leur budget, mais qu'ils ne sont pas prêts à prendre les mesures pour soutenir véritablement l'économie canadienne et renforcer nos communautés.
Puisque le projet de loi est un projet de loi omnibus, il contient plein de mesures, mais je pense qu'il est important de rappeler que le projet de loi C‑15 met en œuvre les mesures d'un budget libéral avec un déficit de 78 milliards de dollars. C'est 78 milliards de dollars de nouvelles dettes que nos enfants, nos petits-enfants et nos arrière-petits-enfants vont devoir payer. Il faut rappeler que lorsque les libéraux sont arrivés au pouvoir il y a 10 ans, la dette du pays était de 700 milliards de dollars. Après 10 ans de mauvaise gestion libérale, la dette est de 1 400 milliards de dollars.
Peu importe le nombre de mesures que nous avons approuvées dans le budget, il y en a autant que je désapprouve. Le gouvernement libéral a continué de poursuivre sa politique de dépenses déficitaires sans fin. Il est extrêmement important d'être vigilant lorsque nous faisons des choix budgétaires. Chaque dollar ajouté à la dette contribue à une pression inflationniste qui rend plus chers les produits nécessaires tels que l'épicerie, le transport et le logement. N'oublions pas que chaque dollar de dette supplémentaire signifie des frais de service de la dette plus élevés pour les générations futures de Canadiennes et de Canadiens. C'est 55 milliards de dollars en intérêts sur la dette que nous payons et que nos petits-enfants vont aussi payer.
Pour conclure, en tant que parlementaires, nous devons faire des choix difficiles pour mieux servir les Canadiens et les Canadiennes, mais nous devons garder une chose en tête: les décisions que nous prenons aujourd'hui auront des répercussions sur les générations futures et nous leur devons le respect.
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Monsieur le Président, je signale d'entrée de jeu que je partagerai mon temps de parole.
C'est toujours un honneur, bien sûr, de prendre la parole à la Chambre au nom des formidables habitants de Flamborough—Glanbrook—Brant‑Nord.
À l'étape de la deuxième lecture de ce projet de loi, j'ai parlé de la baisse du coût de la vie, du logement, de l'épicerie et des prêts hypothécaires. Cet après-midi, toutefois, je veux parler de quelque chose de plus fondamental encore, de la base qui soutient tout le reste: notre économie. Si un pays ne parvient ni à construire, ni à attirer des investissements, ni à améliorer sa productivité, tout le reste se complique. C'est précisément la situation dans laquelle se trouve le Canada aujourd'hui.
Le budget de 2025 ajouterait 321 milliards de dollars à la dette nationale au cours des cinq prochaines années. Rien que l'année prochaine, 55,6 milliards de dollars seraient consacrés aux intérêts sur la dette, une somme supérieure à ce qu'on dépense pour les transferts en santé et même au montant perçu en recettes de la TPS. Pour toutes ces dépenses, la croissance du PIB du Canada n'est estimée qu'à 1,1 %, ce qui place le pays à l'avant-dernier rang des pays du G7. C'est l'Organisation de coopération et de développement économiques qui le dit. Le pays est en voie d'afficher la croissance la plus faible des 38 économies avancées jusqu'en 2060. Il est bon dernier.
Au Canada, les investissements des entreprises par travailleur restent nettement inférieurs à ceux des économies comparables de l'OCDE, et l'écart se creuse. Les entreprises canadiennes investissent moins dans la machinerie, la technologie et l'innovation par employé que leurs homologues d'autres économies avancées. Parallèlement, l'investissement en capital par travailleur au Canada ne se chiffre qu'à environ 66 ¢ pour chaque dollar investi ailleurs dans les économies de l'OCDE, un symptôme évident d'une compétitivité à long terme en perte de vitesse. Il ne s'agit pas d'une anomalie passagère. Il s'agit d'un déclin structurel, et des budgets comme celui-ci ne font rien pour renverser la tendance.
Il y a huit mois, le Parlement a adopté le projet de loi . En tant que membre du comité des transports et de l'infrastructure, j'ai pris trois fois la parole à la Chambre pour exprimer mon soutien à ce projet de loi. Il a été présenté aux Canadiens comme un projet d'intérêt national, un tournant, un régime d'approbation plus rapide et une nouvelle ère de grands projets, mais huit mois plus tard, qu'est-ce qui a réellement été construit? Quel grand projet a vu le jour grâce au projet de loi C‑5? Quel corridor stratégique a été accéléré? Quelle infrastructure transformatrice est visiblement en construction? Les Canadiens attendent toujours.
Pourtant, en Europe, quand les gouvernements ont décidé que la sécurité énergétique était une priorité nationale, l'Allemagne a construit un grand terminal de gaz naturel liquéfié en sept mois environ, l'Italie a construit le pont de Gênes en un peu plus d'un an, la Finlande a achevé la construction de son installation Inco en quatre mois environ, et les Pays‑Bas ont mis en service leur terminal de gaz naturel liquéfié d'Eemshaven en à peu près six mois. Quand ces pays ont décidé que quelque chose était important, ils l'ont construit. Ici, au Canada, nous adoptons des projets de loi, nous tenons des conférences de presse, nous organisons des séances de photos et nous annonçons des cadres, mais nous n'avons rien construit. Huit mois après l'adoption du projet de loi , les Canadiens attendent toujours.
En 2023, les membres du comité des transports et de l'infrastructure ont réalisé une étude nationale sur les projets d'expansion des grandes infrastructures portuaires. Nous avons visité des ports d'un océan à l'autre, et on nous a clairement dit qu'il fallait accorder plus rapidement les autorisations, offrir une plus grande souplesse financière et éliminer les goulots d'étranglement structurels. C'était il y a trois ans. Aujourd'hui, nous entendons les mêmes plaintes. Rien n'a changé. Le modèle des administrations portuaires canadiennes est censé garantir l'indépendance opérationnelle, mais les contraintes fédérales limitent la flexibilité et la compétitivité. Elles limitent la capacité de s'adapter à l'évolution du commerce mondial, et nous ne pouvons pas acheminer efficacement les marchandises par nos ports si nous ne sommes pas compétitifs.
Le budget parle d'investir dans les infrastructures, y compris dans les ports et les corridors économiques, mais le projet de loi qui nous est présenté ne contient aucune réforme précise permettant aux administrations portuaires canadiennes de fonctionner en faisant vraiment preuve de souplesse et en étant concurrentielles. Le projet de loi ne supprime pas les contraintes, ne modernise pas la gouvernance et ne leur donne pas de nouveaux outils pour s'adapter plus rapidement à l'évolution du commerce mondial. Même si le gouvernement parle d'édification nationale, le projet de loi ne fait rien pour que l'on puisse exploiter toute notre capacité portuaire.
Parlons également de l'acier. L'acier n'est pas quelque chose d'abstrait. L'acier, c'est Hamilton. L'acier, ce sont des emplois. L'acier, c'est la capacité nationale. En 2024, j'ai déposé une question au Feuilleton dans laquelle je demandais quelle proportion des infrastructures canadiennes financées par le gouvernement fédéral utilisait de l'acier canadien. Lorsque la réponse est arrivée, j'ai été surpris d'apprendre que le gouvernement ne suivait même pas ces données. Il n'a donc pas pu nous dire dans quelle proportion nos dépenses d'infrastructure faisaient appel à de l'acier produit au Canada. Cela représente des milliards de dollars sans suivi centralisé. On ne peut pas gérer quelque chose qu'on ne mesure pas.
N'étant pas satisfait de cette réponse, j'ai porté la question devant le comité. J'ai demandé au président d'Alto quelle quantité d'acier canadien serait utilisée si le projet allait de l'avant. Serait-elle répertoriée? Serait-elle consignée dans les rapports? On m'a répondu qu'il faudrait sans doute 600 000 tonnes d'acier, mais que le Canada ne produisait pas le bon type d'acier. Pourtant, il ne devrait pas s'agir d'acier étranger.
J'ai demandé au s'il serait disposé à prendre le même engagement: répertorier non seulement l'acier, mais aussi tous les matériaux canadiens utilisés dans les projets relevant de son ministère. Il a déclaré qu'il s'engagerait à consigner dans les rapports le volume, la valeur et l'origine des matériaux canadiens utilisés dans les projets à venir et qu'il en rendrait compte publiquement au Parlement, ce qui est tout à son honneur. Cependant, un problème demeure. Pourquoi a-t-il fallu exercer des pressions — par des questions inscrites au Feuilleton et par des audiences en comité — pour obtenir cet engagement? Pourquoi ne pas répertorier de façon systématique tout ce qui est d'origine canadienne? Si nous devons investir des centaines de milliards de dollars dans les infrastructures, les travailleurs canadiens devraient être un facteur.
J'aimerais faire une comparaison. L'aéroport international de Hamilton, qui est situé dans ma circonscription, est prospère. C'est maintenant le principal aéroport au Canada pour le transport de fret express de nuit. En 2024, il a manutentionné plus de 750 000 kilogrammes de marchandises. Grâce à un engagement du secteur privé, l'aéroport a pu obtenir des investissements à long terme. Il continue de croître. Il favorise l'emploi, renforce les chaînes d'approvisionnement et établit des liens entre le Sud de l'Ontario et les marchés mondiaux.
En fait, je donne ici un exemple: DHL Express achemine des marchandises partout dans le monde. Parmi ses installations, l'aéroport de Hamilton occupe le quatrième rang mondial pour le volume traité. Seules trois autres sont plus importantes: Hong Kong, Leipzig, en Allemagne, et Cincinnati, en Ohio. Vient ensuite Hamilton, en Ontario. C'est exactement ce qui se produit lorsqu'un investissement privé porteur stimule réellement l'emploi et la prospérité. Cette installation, achevée en 2021, a d'ailleurs atteint en un an les volumes qu'on prévoyait pour ses cinq premières années d'activité.
Voilà à quoi ressemblent les infrastructures qui favorisent le commerce international. Elles réussissent en dépit des formalités administratives interminables. Maintenant, imaginons un système national d'infrastructure qui fonctionnerait avec le même empressement bien concret. Imaginons des processus d'approbation prévisibles et un environnement où les investisseurs se sentent les bienvenus et où les projets passent rapidement de l'annonce à la construction, puis à l'achèvement. C'est ainsi que nous pourrons inverser le déclin de la productivité, attirer de nouveaux investissements et faire croître notre économie.
Le Canada devrait être l'endroit au monde où il est le plus facile de construire de façon responsable. Nous avons des travailleurs qualifiés, des ressources et des institutions stables. Ce qui nous manque, c'est le sentiment d'urgence. Le budget maintient la tendance: d'énormes dépenses, une dette élevée, un faible taux de croissance et l'absence d'une réforme structurelle.
Près d'un an après l'élection du gouvernement, les Canadiens ne voient toujours pas la percée promise. Tant que l'investissement piétinera, que les approbations tarderont à venir et que le taux de productivité baissera, les niveaux de vie continueront à s'éroder. Les Canadiens ne demandent pas des miracles, mais un gouvernement qui comprend que la prospérité repose sur la construction, la production et la compétition, et non pas seulement sur les emprunts et l'espoir.
Les conservateurs estiment qu'il faut supprimer la bureaucratie qui bloque les projets, adopter des mesures qui font en sorte que les travailleurs canadiens profitent de l'infrastructure canadienne, renforcer nos ports et nos corridors commerciaux, rétablir la discipline budgétaire pour que les capitaux reviennent au Canada, et convaincre les Canadiens que leur pays réussira de nouveau à faire avancer les choses. À tous ces égards, le budget ne tient pas la route.
Il y a 10 ans, on disait du Canada qu'il avait la classe moyenne la plus riche du monde. En fait, des observateurs ont souligné qu'en 2014, le rêve canadien avait remplacé le rêve américain, après 10 ans de règne conservateur et d'une solide gestion budgétaire. Ce n'est pas arrivé par accident. C'était le résultat de la discipline, de l'investissement et de politiques qui récompensaient le travail et encourageaient la croissance. Aujourd'hui, la classe moyenne se sent coincée. La stagnation ne devrait être la destinée de personne. Avec le bon leadership, la discipline budgétaire et un gouvernement qui comprend que la construction engendre la prospérité, le Canada peut de nouveau avoir la classe moyenne la plus riche du monde. Avec un nouveau gouvernement, il y parviendra.
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Monsieur le Président, je suis bien content de pouvoir à mon tour prendre part au débat et aux discussions sur le projet de loi . Je vais m'attarder un peu sur la question de la taxe sur les services numériques, que je considère comme très importante et qui l'est pour le secteur culturel et le secteur des médias. Nous en avons abondamment parlé. Je pense qu'il serait important de mettre un peu en relief les conséquences importantes de l'abolition de cette taxe sur les services numériques.
D'abord et avant tout, rappelons un peu le contexte et reconnaissons que, pour s'attaquer à un problème, pour trouver des solutions à un problème en tant que gouvernement, on doit reconnaître qu'il existe un problème. On doit le reconnaître, on doit en prendre acte, on doit l'analyser et on doit ensuite mettre en place des mesures afin de s'y attaquer, de le corriger dans la mesure du possible.
Or, ce gouvernement l'avait fait, tout comme des gouvernements de partout dans le monde. On peut penser à l'OCDE, d'ailleurs, qui a mis sur place un groupe de travail il y a quelques années pour étudier la question des géants du numérique, les fameux GAFAM, et de leurs effets sur les finances publiques des différents États où ils font des opérations. L'OCDE s'est penchée là-dessus. De nombreux pays, l'Union européenne, l'Australie, dont nous avons beaucoup parlé aussi, ont légiféré sur les questions fiscales relatives aux géants du numérique.
En 2024, le Canada faisait un pas dans la bonne direction: non seulement il avait reconnu qu'il existait une situation qui méritait son attention, mais il a mis en place la Loi sur la taxe sur les services numériques. Par la suite, on le sait, il a mis en place la fameuse taxe sur les services numériques, une taxe qui visait à corriger l'espèce d'iniquité fiscale relative aux entreprises multimilliardaires, généralement américaines, qui font des affaires d'or ici au Canada en inondant nos appareils, notre marché culturel, de contenus. Ces contenus ne sont absolument pas représentatifs, dans la très vaste majorité des cas, du tissu culturel du Québec et du Canada et par extension — on comprendra que ça me concerne particulièrement — de la culture francophone.
Cette taxe sur les services numériques visait à corriger cette iniquité et à amener un peu de responsabilisation fiscale à l'endroit de ces entreprises. On estimait que les revenus que cette taxe était capable de générer s'élevaient à environ 7,2 milliards de dollars sur cinq ans. Allons-y avec quelque chose d'assez raisonnable: disons 1 milliard de dollars par année en revenus ou 1,2 ou 1,3 milliard de dollars de revenus par année. C'était, ma foi, une excellente nouvelle de notre point de vue, s'il n'y avait que le bémol que ça n'était pas destiné directement à soutenir le secteur culturel et le secteur des médias. Bref, on aurait pu utiliser cet argent-là. Cet argent aurait été ajouté au Trésor public et aurait pu servir ultimement à soutenir ces secteurs-là.
Nous étions tous là il y a un peu plus d'un an quand le président Trump est revenu à la Maison‑Blanche, aux États‑Unis, avec sa rhétorique, ses menaces, ses droits de douane et toute l'instabilité qu'il a causée, non seulement chez lui, mais aussi chez nous et un peu partout dans le monde. On avait besoin de certains leviers de négociation. On avait besoin de montrer la bonne volonté du Canada. Pour ce faire, le a pris une décision qui, ma foi, est plus que discutable. Il a décidé de mettre un genou à terre, de prendre sa colonne vertébrale, de la ranger dans le vestiaire et d'abolir la taxe sur les services numériques en se disant que Donald allait le trouver agréable, complaisant, compréhensif et collaboratif. Il a donc enlevé la taxe que Donald Trump déteste, car elle pénalise les entreprises américaines qui le soutiennent de façon extrêmement généreuse. Le premier ministre pensait peut-être que, de cette façon, Donald allait sûrement conclure une belle entente avec son cher ami le premier ministre du Canada et abolir les droits de douane. Il pensait que tout allait bien aller. Or, ce n'est pas ça du tout qui est arrivé. Le président américain l'a regardé faire, il n'a pas réagi, il n'a pas sourcillé, il n'a pas levé le petit doigt et tout a continué de façon aussi dramatique que depuis des mois auparavant.
Le premier ministre ne s'est pas dit que, en retirant la taxe sur les services numériques, il enlevait un potentiel de revenus de plus de 1 milliard de dollars par année qui aurait pu servir à sauver des industries culturelles et les médias au Québec et au Canada, et qu'il allait donc la rétablir. Non, il a décidé de laisser ça.
Le gouvernement a présenté le projet de loi , et nous nous sommes dit qu'un peu de bon sens allait apparaître là-dedans et que le ministre allait décider de remettre en place la taxe et de ne pas l'abolir. En conservant au moins cet outil ou la possibilité de le mettre en place, il aurait eu un levier de négociation lors des discussions avec le président américain au moment de négocier l'ACEUM.
À ce moment-là, on aurait pu obtenir des concessions importantes si on avait eu quelque chose qui en vaut la peine, si on avait eu cette monnaie d'échange. Or on a décidé d'abolir ça.
Qu'est-ce que ça représente? Ça représente que nos médias, notamment les médias d'information en région, se maintiennent dans cette situation extrêmement précaire qui est la leur depuis des années sans aucune espèce de lueur d'espoir provenant du gouvernement qui pourrait leur permettre de croire qu'ils vont se faire sortir de leur mauvais pas actuel.
Il y avait une mesure, d'ailleurs, proposée par le Bloc québécois. Outre le fait de préserver la taxe sur les services numériques et d'en faire une redevance qui aurait servi exclusivement à sauver et à soutenir les secteurs culturels et les médias, nous demandions d'octroyer aux médias d'information électroniques, soit les radios et les télévisions, le crédit d'impôt qui est déjà octroyé aux médias écrits. C'est demandé de façon très active par les médias d'information électroniques. Les salles de nouvelles des journaux ont un crédit d'impôt sur la masse salariale qui leur permet de respirer un peu dans un environnement qui est extrêmement concurrentiel, extrêmement changeant et extrêmement difficile pour eux financièrement. Les médias des radios et des télés disent que, eux aussi, ils ont des salles de nouvelles extrêmement coûteuses à faire fonctionner et qu'ils devraient avoir le même privilège et ce droit.
Cette demande est portée par les médias depuis longtemps et le Bloc québécois l'a soutenue dès le départ, à un point tel que nous l'avons incluse dans notre plateforme électorale de 2025. Le gouvernement a fait la sourde oreille et a déployé un budget avec des centaines de millions de dollars pour la culture en se pétant les bretelles, mais il n'y a rien pour eux. Il n'y a même pas cette petite mesure qui n'aurait pas coûté grand-chose, c'est-à-dire un crédit d'impôt pour les masses salariales des salles de nouvelles des radios et des télés, sans son ni image.
On voit qu'il y a une espèce d'absence de volonté de ce gouvernement de vraiment joindre le geste à la parole. On l'entend dire que les médias sont importants et, que l'information est importante, mais les petites mesures toutes simples ne sont pas mises en place. C'est comme les grandes mesures extrêmement bénéfiques, comme la TSN, la taxe sur les services numériques qui aurait pu être transformée en redevances. Je rappelle que ça aurait apporté énormément de soutien au secteur culturel et au secteur des médias. Quand vient le temps de mettre ces mesures en place, encore une fois, il n'y a pas d'écoute de la part du gouvernement. C'est triste. C'est triste parce qu'on passe à côté d'une belle occasion de venir en aide à un secteur qui est extrêmement pénalisé.
Il y a, je dirais, des problèmes sérieux dans la couverture journalistique dans les régions au Québec et au Canada. Les entreprises qui sont en mesure d'offrir des services de journalisme en région pour couvrir nos réalités régionales ont de plus en plus de difficulté à y parvenir. Il ne suffit pas de couvrir seulement les grandes villes, seulement les questions nationales et internationales, mais aussi ce qui se passe par chez nous, nos réalités à nous, ce qui fait vivre nos régions. Or elles ont de plus en plus de difficultés à couvrir ça. Les entreprises et les médias en arrachent et doivent couper. Ils doivent supprimer des postes et ce sont souvent les postes de journalistes qui sont supprimés.
J'ai accueilli avec beaucoup de soulagement, ainsi qu'avec un petit sourire en coin, les annonces faites par CBC au mois de janvier et par la Société Radio-Canada plus récemment. Elles annonçaient la création de nouveaux postes de journalistes dans des stations régionales. Ce sont 29 postes qui sont créés au Québec et une trentaine de postes ont été créés au Canada par CBC/Radio-Canada. Je trouve que c'est une bonne nouvelle, évidemment, parce que c'est le diffuseur public et c'est son mandat de couvrir l'actualité partout, sur tout le territoire. Cependant, ce n'est pas normal que seule CBC/Radio‑Canada ait les moyens de le faire et soit disponible dans ces régions. Partout, on a besoin de cette diversité de l'information.
En conclusion, je reviens à la taxe sur les services numériques. Je trouve que c'est une erreur, mais je trouve surtout que c'est un immense manque de courage politique de la part du gouvernement que de ne pas avoir maintenu cette taxe simplement parce que ça ne fait pas plaisir à mononcle Donald. À un moment donné, il faut se faire pousser une colonne et elle doit être assez solide pour rester en place tout le temps et pour qu'on ne soit pas tenté de la ranger dans un placard quand le vent souffle un peu trop fort ou quand mononcle Donald parle un peu trop fort et qu'il envoie un gazouillis un petit peu trop fort à deux heures du matin, après deux ou trois burgers.
Ça prend du courage, et cette taxe était une démonstration de courage et de volonté de se tenir debout; elle permettait surtout de se garder surtout des leviers en vue de la négociation l'ACEUM. Elle s'en vient, or on est en train de carrément se déshabiller devant Donald. On va en payer le prix à un moment donné, et nos médias aussi.
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Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de .
Dans le budget de 2025, notre objectif est clair: nous voulons renforcer et rendre plus résiliente l'économie canadienne. La première étape est de travailler sur notre propre économie, au Canada. Nous avons commencé notre mandat en retirant les barrières au commerce interprovincial fédéral. Nous avons mis en place dans le budget notre politique « Achetez canadien », parce que nous comprenons que nous devons être notre meilleur client. Le gouvernement canadien a un immense pouvoir d'achat et nous devons l'utiliser pour stimuler notre économie et appuyer les entreprises canadiennes.
Dans le budget de 2025, nous mettons aussi en place une série d'incitatifs fiscaux pour stimuler la productivité. Nous souhaitons inciter les entreprises canadiennes à investir dès maintenant dans de nouveaux équipements. Le message que nous envoyons est que c'est le moment d'investir au Canada, dès aujourd'hui. Nous avons aussi bonifié certains incitatifs, notamment le programme de recherche-développement en entreprise. Je suis d'ailleurs allé visiter plusieurs entreprises dans ma circonscription, Madawaska—Restigouche, qui bénéficient de ce programme. C'est très intéressant de voir les possibilités, notamment pour développer des nouveaux produits et percer de nouveaux marchés. Parfois, on a un produit qui correspond à 90 % à ce dont un client potentiel a besoin. Grâce à la recherche en milieu de travail, on ouvre des nouvelles possibilités.
Par contre, nous avons entendu dire qu'il y avait des problèmes de lourdeur administrative avec ce programme. Dans le budget de 2025, nous abordons ces problèmes. Nous allons améliorer le programme pour qu'il soit plus simple à utiliser pour les entreprises, parce que nous souhaitons voir les entreprises passer davantage de temps à innover qu'à faire de la paperasse administrative.
Aussi, dans le budget, on voit une cohérence dans l'ensemble des différents investissements que nous faisons pour répondre à nos priorités, parce que nous cherchons à relier ça à notre mandat de renforcer l'économie canadienne. Je vais donner quelques exemples.
Nous allons lancer Maisons Canada, un investissement de plus de 13 milliards de dollars pour la construction de logements, ici, au pays. Avec Maisons Canada, nous allons favoriser l'utilisation de matériaux canadiens, comme notre bois d'œuvre. Nous répondons ainsi aux besoins de logement tout en stimulant notre économie et en appuyant les entreprises de chez nous. C'est un peu la même chose avec la Stratégie industrielle de défense. Nous nous sommes engagés à augmenter de manière importante nos dépenses en matière de défense, compte tenu du contexte actuel. Nous allons le faire de façon à appuyer les entreprises.
À l'international, quand on parle de renforcer l'économie canadienne, ça passe aussi par une diversification de nos marchés. Dans le budget, il y a différentes mesures incitatives et différentes mesures pour appuyer les entreprises canadiennes qui souhaitent percer de nouveaux marchés partout dans le monde. Le gouvernement fait des efforts soutenus pour notamment attirer des investissements étrangers et conclure des nouvelles ententes commerciales avec des pays de partout dans le monde. D'ailleurs, le Canada est le seul pays du G7 à avoir un accord de libre-échange avec tous les autres pays du G7. Ça ne fait que commencer.
Lorsqu'on parle de l'appui à l'innovation pour augmenter la productivité, ça se traduit par des investissements dans nos différentes régions, y compris dans la circonscription de Madawaska—Restigouche. D'ailleurs, la semaine dernière, j'ai eu le grand plaisir d'annoncer jusqu'à 1 million de dollars d'appui du gouvernement fédéral à trois érablières de ma circonscription par le truchement de l'Agence de promotion économique du Canada atlantique. L'annonce de la semaine dernière visait notamment à moderniser les infrastructures de ces érablières pour les rendre plus productives, notamment par l'achat de nouveaux systèmes d'osmose inversée et de systèmes automatisés pour être en mesure de mieux identifier les fuites en forêt. Cette annonce était particulièrement importante pour moi, parce que l'industrie du sirop d'érable est au cœur de l'économie de ma circonscription. Le Nouveau‑Brunswick est le deuxième producteur mondial de sirop d'érable et, dans ma province, 80 % de la production de sirop se fait chez nous, dans Madawaska—Restigouche. C'est donc un investissement direct dans un secteur clé de l'économie des régions rurales que je représente ici, à Ottawa.
En plus des retombées économiques, le sirop d'érable revêt une dimension culturelle importante dans ma région, parce que nous sommes très fiers du sirop qui est produit dans la circonscription de Madawaska—Restigouche. C'est aussi un savoir qui se transmet de génération en génération. D'ailleurs, parmi les trois érablières que j'ai visitées la semaine dernière, il y en a une qui a été transférée récemment d'une génération à l'autre et il y en a une autre qui est gérée par un duo père-fils. Je trouve donc intéressant de voir un secteur qui est bien ancré, à la fois du point de vue économique, mais aussi du point de vue culturel, et qui fait partie de l'histoire de la circonscription de Madawaska—Restigouche.
D'ailleurs, je profite de l'occasion pour souhaiter une bonne saison des sucres à tous les agriculteurs et à tous les travailleurs du milieu. Nous savons que les préparatifs tirent à la fin. On finit l'entaillage et, la saison des sucres, c'est pour bientôt.
Je suis le député de Madawaska—Restigouche, une circonscription francophone à plus de 80 %. En fait, ma circonscription est celle avec la deuxième plus forte proportion de francophones à l'extérieur du Québec.
Comme député de Madawaska—Restigouche et comme député acadien à la Chambre, la question des langues officielles me tient très à cœur. Dans le budget de 2025, nous doublons le financement de la Fête nationale de l'Acadie et nous le rendons permanent. En plus, nous continuons la mise en œuvre du Plan d'action pour les langues officielles 2023-2028. J'aimerais rappeler que ce plan prévoit une enveloppe de 4,1 milliards de dollars sur cinq ans et que cela représente le plus grand investissement de l'histoire du Canada en matière de langues officielles, même si on tient compte de l'inflation. Jamais un gouvernement n'a autant investi pour appuyer les langues officielles au pays. C'est majeur.
Cet investissement historique a des retombées concrètes pour ma circonscription, Madawaska—Restigouche. Je pense notamment à l'entente qui a été signée l'année dernière entre le Canada et le Nouveau‑Brunswick pour l'apprentissage du français, qui prévoit un investissement de 133 millions de dollars pour l'apprentissage dans nos écoles de langue française, mais aussi dans nos écoles d'immersion. Ça signifie que de l'argent va dans les écoles de ma région pour que nos enfants au Nouveau‑Brunswick puissent apprendre le français.
Je pense aussi à l'investissement de 78 millions de dollars qui a été annoncé l'été dernier par pour améliorer l'accès aux services de santé en français pour les communautés francophones. De cette enveloppe de 78 millions de dollars, il y a notamment 14 millions de dollars prévus pour l'Université de Moncton pour accroître la formation de professionnels de la santé en médecine et en sciences infirmières. Dans ma circonscription, au campus d'Edmundston de l'Université de Moncton, on offre justement le baccalauréat en sciences infirmières. Alors, ces investissements que nous faisons ici, à Ottawa, en matière de langues officielles, permettent de former des gens dans le secteur de la santé chez nous, à Edmundston.
Je pense aussi à l'Initiative des communautés francophones accueillantes, qui vise à améliorer la capacité d'accueil de nos communautés francophones. Il y a 24 projets au pays, et je suis très heureux qu'il y en ait deux dans ma circonscription, soit la Communauté francophone accueillante du Haut‑Saint‑Jean et celle de Kedgwick et Saint‑Quentin.
Dans le Plan d'action, il y a aussi le Fonds pour les espaces communautaires, parce que, pour avoir des communautés francophones vivantes et dynamiques, il faut avoir des espaces pour se réunir. J'aimerais parler d'un projet qui a été financé dans ma circonscription l'année dernière par le truchement de ce fonds. Un montant de 2 millions de dollars a été consacré au Centre Maillet, dans le secteur Saint‑Basile, à Edmundston. D'ailleurs, les travaux vont bon train. J'ai très hâte d'aller voir la cure de jeunesse qui aura été donnée au Centre Maillet.
Avec le Plan d'action pour les langues officielles 2023‑2028, nous investissons aussi dans une panoplie d'autres secteurs comme la petite enfance, la justice, les arts et la culture et la recherche, pour ne nommer que ceux-là. Ce sont des investissements que nous faisons ici qui ont un impact réel sur la vitalité des communautés francophones d'un bout à l'autre du pays, y compris dans Madawaska—Restigouche. Je suis très fier de faire partie du gouvernement qui fait le plus grand investissement dans les langues officielles de l'histoire du Canada.
Le budget de 2025 propose aussi des fonds pour appuyer le secteur des arts et de la culture, notamment pour développer les industries créatives du Canada et aider les talents canadiens à réussir dans un marché de plus en plus numérique et mondial. Je vais mentionner quelques-unes des mesures. On prévoit notamment 21 millions de dollars pour le programme de Développement des communautés par le biais des arts et du patrimoine. Ce programme permet d'appuyer des festivals locaux, des anniversaires communautaires et des projets d'immobilisation initiés par les communautés.
D'ailleurs, dans ma circonscription, il y a de très nombreux festivals et des bénévoles dévoués qui contribuent à la vie communautaire en organisant toute une série d'activités. Pas plus tard qu'il y a deux semaines, j'annonçais un financement du gouvernement fédéral par le truchement du programme que je viens de mentionner pour le Festi-neige de Campbellton. Je sais qu'il y a plusieurs autres annonces de ce type qui seront faites dans la prochaine année pour différents festivals dans la circonscription de Madawaska—Restigouche et partout au pays.
Nous avons aussi prévu 46,5 millions de dollars pour le Fonds du Canada pour la présentation des arts afin de soutenir les festivals artistiques professionnels ou les séries de spectacles. Encore une fois, je sais bien que plusieurs sociétés culturelles de ma circonscription bénéficient de ce fonds, et ça permet aux gens de chez nous d'avoir accès à des spectacles de qualité et de faire vivre les arts et la culture.
Je pense aussi à tous les investissements que nous faisons pour le Fonds de la musique du Canada, à Téléfilm Canada et au Fonds des médias du Canada pour soutenir les créateurs de contenu audiovisuel, et j'en passe.
Je suis très fier que notre gouvernement appuie le secteur des arts et de la culture, parce que c'est un secteur qui est très important pour l'économie canadienne. Les artistes apportent une contribution significative à notre économie, mais ils contribuent aussi à renforcer notre identité canadienne. Ils apportent une contribution essentielle sur le plan socioéconomique.
Je suis fier que mon gouvernement appuie ce secteur. J'aurais encore beaucoup de choses à dire sur le budget, mais je crois que mon temps de parole tire à sa fin. Je vais donc attendre avec impatience les questions de mes collègues.
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Monsieur le Président, c'est toujours un honneur et un privilège de prendre la parole au nom des formidables habitants du Sud-Ouest et du Centre-Ouest de la Saskatchewan.
Je commencerai mon discours aujourd'hui en soulignant que les Jeux d'hiver de la Saskatchewan ont eu lieu en même temps que les Jeux olympiques. Je tiens à saluer rapidement tous les enfants qui se sont rendus à Meadow Lake et sur le territoire de la Première Nation de Flying Dust pour y participer. Je félicite ceux qui ont remporté des médailles, mais je tiens également à remercier les enfants qui ont travaillé fort et déployé d'énormes efforts pour pouvoir participer à cet événement, ainsi que les parents qui ont pris le temps, malgré leur emploi du temps très chargé, d'emmener leurs enfants dans le Nord de notre province, une magnifique région de la Saskatchewan. Je félicite tous les athlètes qui ont participé aux compétitions.
Je tiens également à mentionner que j'ai eu l'occasion cette semaine de rencontrer des membres de l'Agricultural Producers Association of Saskatchewan ou APAS. Ses jeunes dirigeants étaient à Ottawa cette semaine. J'ai eu le privilège de les rencontrer et j'ai vraiment apprécié l'occasion qui m'a été donnée d'entendre ce qu'ils avaient à dire. Je peux affirmer que l'avenir de l'agriculture en Saskatchewan et dans tout le Canada est entre de très bonnes mains. Ces jeunes ont des esprits brillants et accomplissent un travail remarquable. Ils possèdent des compétences et des talents qui correspondent parfaitement à ce que sera vraiment la prochaine génération d'agriculteurs, ce qui rejoint en quelque sorte le fond de mon intervention concernant l'orientation prise par le gouvernement et le traitement qu'il réserve à l'agriculture.
Au cours de la dernière semaine de relâche, j'ai eu quelques réunions au sujet du projet du gouvernement de réduire le financement et de licencier des employés des stations de recherche d'Agriculture et Agroalimentaire Canada partout au pays. Certaines de ces mesures touchent des endroits dans ma circonscription, ainsi que d'autres endroits en Saskatchewan, au Manitoba, en Alberta et ailleurs au Canada. Il est vraiment tragique que ce soit là que les libéraux choisissent de faire des coupes.
Le rendement des investissements dans l'agriculture est considérable. L'agriculture est le principal secteur d'exportation de l'économie canadienne, en particulier de l'économie de la Saskatchewan, et elle joue un rôle essentiel dans le soutien de nos petites villes, de nos collectivités et de diverses organisations en raison de la force de ce secteur.
Quand nous examinons la position que le gouvernement a choisi d'adopter en réduisant le financement de l'agriculture, nous constatons qu'elle va vraiment à l'encontre de l'orientation que le Canada devrait prendre. Pris sous un autre angle, nous procédons actuellement à un examen global des dépenses et nous voyons les ministères, les uns après les autres, revenir vers le gouvernement fédéral en disant qu'ils seront en mesure de procéder à des licenciements et à des coupes budgétaires sans que cela ait d'incidence sur la prestation des services. Cependant, je dirais que le ministère de l'Agriculture est le seul ministère qui va constater une incidence considérable sur les services fournis aux Canadiens et aux agriculteurs canadiens, mais aussi aux producteurs du monde entier.
Nous savons que la recherche menée en Saskatchewan et partout au pays ne profite pas uniquement aux agriculteurs d'ici. Elle profite d'abord aux agriculteurs d'ici, mais nous pouvons ensuite exporter ce que nous apprenons au reste du monde. Une de ces pratiques serait la culture sans labour ou à faible labour, ce que nous avons adopté dans notre exploitation agricole lorsque j'étais enfant. Je dis en plaisantant que cela m'a fait perdre mon emploi dans la ferme de mes parents, car je m'occupais auparavant d'une grande partie du labour et du disquage nécessaires à l'époque. Cependant, ce que nous avons appris, avec l'aide des stations de recherche, c'est l'importance de la culture continue pour restaurer les nutriments du sol. Cela a également contribué à améliorer et à maintenir la qualité de la couche arable et la rétention d'humidité. Cela a démontré que nous n'avions plus besoin de labourer nos champs autant qu'auparavant. Certaines régions du monde utilisent encore cette pratique et elles pourraient apprendre beaucoup de l'agriculture canadienne.
Une grande partie de la recherche sur cette technique agricole a été menée dans les stations de recherche partout au Canada. Elle a été réalisée en partenariat avec d'autres régions d'Amérique du Nord, mais une grande partie a été effectuée dans les stations de recherche. Cependant, ce n'est qu'un solide exemple parmi d'autres des avantages que nous avons constatés grâce aux stations de recherche. De plus, diverses variétés de cultures y ont été développées, qui ont été à la pointe de la technologie pour pouvoir continuer à cultiver dans l'un des endroits les plus difficiles au monde pour l'agriculture.
La région que je représente se trouve en plein cœur de ce qu'on appelle le triangle de Palliser, qui a été désigné par l'explorateur comme une zone impropre à la vie humaine, mais nous sommes néanmoins en mesure d'être la plus grande région exportatrice de légumineuses au monde. Nous cultivons beaucoup de céréales, de canola, d'autres oléagineux et de nombreuses céréales. Nous nourrissons pratiquement le monde entier à partir d'une région jugée impropre à la vie humaine, ce qui est assez remarquable.
Cependant, cela est attribuable aux travaux menés dans les stations de recherche. Elles sont stratégiquement situées en raison des différents types de sols qui existent au Canada, en particulier en Saskatchewan. Ma région est très sablonneuse, très vallonnée et très rocheuse. Une grande partie aurait probablement dû être laissée en prairie naturelle, mais elle a maintenant été transformée en terres agricoles pour la culture. Les stations de recherche ont joué un rôle essentiel pour nous permettre de disposer des variétés de cultures appropriées et de déterminer le moment opportun pour les cultiver afin de maximiser leur valeur de production. Ces stations de recherche mènent des études sur l'utilisation des engrais, l'application des pesticides et le contrôle des mauvaises herbes, et elles sont implantées dans les différentes zones de sols qui existent en Saskatchewan et partout au pays. Ce sont là quelques-unes des recherches les plus précieuses qui ont été menées dans ces stations de recherche.
À vrai dire, je sais que le gouvernement tente de réaliser des économies, car il a dépensé des sommes astronomiques, et je souhaite donc présenter quelques domaines dans lesquels le gouvernement pourrait réaliser des économies.
Le gouvernement cherchait, au cours des trois prochaines années, à abolir 665 postes et à réaliser des économies budgétaires d'environ 15 % par l'entremise d'Agriculture et Agroalimentaire Canada. Au cours des 10 prochaines années, ces compressions s'élèveront à environ 150 millions de dollars. Nous sommes aussi en train de passer en revue le budget supplémentaire des dépenses et dans celui-ci, il n'y a qu'un seul poste budgétaire qui permettrait de payer pour garder les stations de recherche ouvertes et dotées en personnel. On alloue 150 millions de dollars à la modernisation de CBC/Radio-Canada. Cette somme s'ajoute à son budget de près de 2 milliards de dollars, mais la société d'État a maintenant besoin de 150 millions de dollars supplémentaires pour se moderniser. C'est tout à fait ridicule de voir tout l'argent que le gouvernement continue d'injecter inutilement dans CBC/Radio-Canada, mais cela montre aussi quelles sont ses priorités et à quel point il ne sait absolument pas ce qui alimente la plus grande partie des exportations de l'économie canadienne.
Ajoutez à cela le projet de plantation d'arbres des libéraux, qui s'est révélé être un gâchis. Ils allaient planter deux milliards d'arbres. Ils ont dépensé quelque 267 millions de dollars pour atteindre à peine une fraction de ce chiffre. Ils ont maintenant abandonné le projet, et ils ont dépensé 200 millions de dollars juste pour mettre fin au programme de deux milliards d'arbres. Ce projet devait être l'un des engagements environnementaux fondamentaux du gouvernement, mais il y a en fait gaspillé près d'un demi-milliard de dollars. Dans les années 1980, les agriculteurs de la Saskatchewan avaient un programme de plantation d'arbres. Ils auraient planté autant d'arbres, voire plus, que ce programme, et cela aurait coûté bien moins cher.
Si l'on examine le service de la dette, par exemple, l'an dernier, il s'élevait à lui seul à plus de 1 300 $ par Canadien et par an, soit un total de 53,7 milliards de dollars de plus que toutes les recettes perçues au titre de la TPS. Nous savons que le gouvernement peut réaliser des économies dans d'autres domaines. Il a dépensé entre 17 et 19 milliards de dollars en experts-conseils externes, car il a, au fond, admis que, même s'il a considérablement gonflé la fonction publique, ses employés ne sont même pas capables de faire le travail pour lequel ils ont été embauchés au départ.
Le gouvernement aurait pu réaliser des économies dans bien des domaines. Nous savons, par des examens détaillés des dépenses, que beaucoup de ministères peuvent réaliser des économies sans nuire à la prestation des services, mais nous savons également que les recherches menées dans ces centres de recherche sont inestimables. Elles sont irremplaçables, et le fait que le gouvernement veuille les supprimer est tout à fait déplorable.
J'ai rencontré beaucoup de groupes de producteurs au cours de la semaine dernière. Ils ont actuellement deux demandes très simples. Si le gouvernement ne renonce pas à ces coupes budgétaires, ils demandent au moins qu'il laisse se terminer la campagne agricole et l'année de recherche 2026 avant de mettre en œuvre ces coupes et qu'il ralentisse le rythme auquel il envisage de vendre le matériel des centres de recherche. Ces centres de recherche disposent de machines très particulières et très spécialisées. Si nous voulons avoir une chance de sauver les centres de recherche, cet équipement doit rester en place. Les producteurs demandent au gouvernement de renoncer à le vendre pour le moment.
J'attends avec impatience les questions du gouvernement.
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Monsieur le Président, c'est à mon tour de m'exprimer au sujet du projet de loi , et donc sur le budget. Je suis certain que beaucoup de mes collègues relisent ça chaque soir. Avant de commencer, j'aimerais honnêtement remercier tous les membres du Comité permanent des finances. Plus tôt cette semaine, nous avons réussi, après des discussions et des débats qui ne sont jamais faciles, à terminer notre travail et à pouvoir renvoyer à la Chambre le projet de loi. Je veux donc vraiment remercier nos collègues de tous les partis. Je pense que nous avons fait notre devoir de parlementaires, et c'est tant mieux pour nous tous, pour la nation et pour le prestige de cette institution.
Revenons au projet de loi C‑15. Comme nous le savons, le contexte mondial évolue rapidement et cela laisse les économies, les entreprises et les travailleurs dans un climat d'incertitude. Bien franchement, beaucoup ne savent plus sur quel pied danser. Il y a beaucoup d'incertitude, beaucoup de volatilité, beaucoup d'ambiguïté. C'est pourquoi le gouvernement du Canada se concentre sur ce qu'il peut contrôler, c'est-à-dire bâtir une économie plus forte pour rendre la vie des Canadiens et des Canadiennes plus abordable. Pour ce faire, nous établissons de nouveaux partenariats en matière de commerce et d'investissement à l'étranger et nous consolidons notre force au pays. Cela nous permet d'offrir aux Canadiens et aux Canadiennes de bonnes occasions d'emplois et des salaires plus avantageux d'un océan à l'autre. Notre gouvernement a un plan pour s'assurer que les Canadiens ont le soutien dont ils ont besoin et c'est maintenant que, ce plan, il faut le mettre en œuvre.
Nous avons entendu beaucoup de commentaires de la part de plusieurs groupes, de plusieurs analystes. Nous avons entendu plusieurs opinions sur le cadre financier du gouvernement canadien. On nous demande pourquoi nous faisons ça, pourquoi nous le faisons avec cette ampleur et si nous pouvons vraiment le faire. Nous le faisons maintenant parce que c'est maintenant qu'il faut agir. Ce n'est pas dans trois ans ou dans cinq ans. C'est maintenant qu'il faut prendre des mesures qui vont nous aider à passer à travers ce que notre a mentionné récemment à Davos comme étant une rupture avec l'ordre établi. Cet ordre établi nous avait d'ailleurs bien servi, au Canada, depuis une trentaine d'années. Or le monde a changé et c'est maintenant qu'il faut agir.
Évidemment, dans le budget, il n'y a pas de cachotterie: il y a un déficit. Ce déficit est bel et bien indiqué dans le budget. Le déficit de cette année financière 2025‑2026 est de 78 milliards de dollars, c'est-à-dire 2,5 % du PIB. Nous ne le cachons pas. Nous n'avons pas joué à de petits tours de passe-passe. C'est clairement indiqué dans les documents du budget. Nos amis de l'autre côté de la Chambre ont répété plusieurs fois que cela aurait dû se limiter à peut-être 40 milliards de dollars ou même moins que cela. Ce qu'ils ont toujours omis de nous dire, c'est ce qu'ils auraient fait des 30 milliards ou 40 milliards de dollars que nous avons indiqués dans notre budget et qu'ils n'auraient pas dépensés. Ils ne nous ont pas dit comment ils y seraient arrivés.
Au-delà de ça, cela veut dire aussi que la dette publique du Canada, avec ce déficit, est à 42 % du PIB. C'est sûr que ce n'est pas rien, 42 % du PIB. Nous sommes tous d'accord pour dire que c'est une dette importante. On parle de centaines de milliards de dollars, mais c'est 42 % du PIB du Canada. C'est un ordre de grandeur qu'il faut toujours garder en tête. Souvent, on nous présente les indicateurs financiers de la dette et du déficit en chiffres absolus. Un billion de dollars en dette, donc 1 000 milliards de dollars, ou presque 80 milliards de dollars en déficit, ce sont des chiffres qui marquent vraiment l'imaginaire. Or il faut toujours prendre ces chiffres et les relativiser à la taille de l'économie, et donc à la capacité de cette économie de digérer de tels niveaux d'endettement.
Ce que nous avons remarqué et constaté depuis que le budget a été présenté au début du mois de novembre, c'est justement que les marchés financiers ne sont pas du tout en détresse. Les marchés financiers absorbent très bien ce déficit. Le Canada se fait toujours attribuer la cote de crédit AAA, et elle est parmi les meilleures cotes de crédit au monde, ce qui nous donne un accès privilégié aux marchés financiers pour pouvoir mettre en œuvre notre plan. Notre plan est ambitieux, j'en conviens, mais nous avons tout à fait les moyens de le mettre en œuvre. Encore une fois, je répète ce que j'ai déjà dit, c'est maintenant qu'il faut le faire et c'est maintenant que nous le faisons.
À la fin de la période budgétaire, au cours de l'exercice financier 2029-2030, nous aurons toujours un déficit qui se chiffre à 1,5 % du PIB. On passe de 2,5 à 1,5 % du PIB. Encore une fois, c'est tout à fait gérable, et la dette publique du Canada va représenter 43 % du PIB. On passe de 42 à 43 % du PIB. Avec de tels chiffres, je peux assurer à la Chambre que les marchés financiers pourront continuer à bien accueillir la dette canadienne. Nous pourrons donc continuer à financer nos activités sans aucun problème, toujours en jouissant d'une cote de crédit AAA, qui est parmi les meilleures au monde, ce qui nous permettra d'atteindre nos objectifs.
Revenons au budget. Le gouvernement a rapidement instauré plusieurs nouvelles mesures pour faire baisser les coûts, notamment en réduisant les impôts de 22 millions de Canadiens, pour propulser la construction résidentielle, pour protéger et élargir les programmes sociaux essentiels. À notre avis, non seulement nous devons être capables de promouvoir et de soutenir le développement économique, mais, au-delà de ça, nous devons aussi toujours prendre soin de notre monde.
Nous devons toujours être capables de fournir les programmes sociaux auxquels nous tenons vraiment et qui constituent une marque de différenciation du Canada. Ce qui fait du Canada ce qu'il est, c'est en grande partie cet éventail de programmes sociaux que nous avons mis en place depuis longtemps — ce n'est pas seulement d'hier — et que nous continuons de soutenir en plus d'en faciliter l'accès. Cela continue de rendre la vie abordable à beaucoup de Canadiens.
Ça, c'est l'autre point de discorde, disons-le comme ça, entre notre perspective et celle de nos amis d'en face pour qui les programmes sociaux coûtent cher. Bien sûr, ces programmes ne sont pas donnés, mais ils contribuent à garder la vie abordable pour des millions de Canadiens, que ce soit par le truchement de l'allocation canadienne pour enfants ou du programme d'aide aux services de garde, qui aident beaucoup de familles et permettent à beaucoup de femmes de rejoindre le marché du travail. Ces programmes coûtent des sous mais, en même temps, ils rendent la vie abordable à beaucoup de Canadiens. Si on décidait maintenant de changer et d'éliminer ces programmes sociaux, ça aurait un effet tout à fait contre-productif, parce que ça rendrait la vie beaucoup moins abordable à des millions de Canadiens.
De l'autre côté, on nous répond que quand nous faisons ça, ce sont des déficits inflationnistes, donc l'inflation libérale. On aurait besoin de beaucoup plus de temps que celui dont je dispose pour dire que ce n'est pas le cas.
D'abord, l'inflation au Canada est bel et bien maîtrisée présentement. Je comprends que plusieurs de mes amis de l'autre côté n'aiment pas beaucoup la Banque du Canada. D'ailleurs, leur avait dit dans une déclaration un peu hasardeuse qu'il aurait mis à la porte, qu'il aurait congédié le gouverneur de la Banque du Canada.
Il s'avère que la Banque du Canada a été une des banques centrales des pays importants du G7 qui a été la première à réussir à ramener l'inflation à l'intérieur de la cible, soit entre 1 et 3 %. La Banque du Canada a donc réussi son pari de contrôler l'inflation sans que cela crée une récession, alors que beaucoup de personnes disaient que c'était inévitable. Cette inflation-là n'était pas le résultat de déficits budgétaires. C'était un phénomène international. Il y a eu la COVID‑19, il y a eu la résurgence de la COVID‑19, il y a eu beaucoup d'éléments, et cela a affecté tout le monde; au Canada, aux États‑Unis, en Europe, au Japon, en Corée. Tous les pays développés ont subi une forte hausse de l'inflation et nous avons été les premiers à réussir à la maîtriser.
Il ne faut pas mélanger « inflation », donc augmentation du rythme de croissance des prix, et « niveau des prix ». Le coût de la vie, c'est le niveau des prix. En effet, après quelques années d'inflation élevée, le niveau des prix est très élevé, et, en effet, il y a des enjeux d'abordabilité. Il y a des enjeux liés au coût de la vie, notamment sur le plan alimentaire. Or, comme je l'ai dit tantôt, si on se mettait maintenant à diminuer les programmes sociaux, on serait en train de rendre la vie beaucoup moins abordable pour des millions de Canadiens.
Dans le budget, nous avons aussi mis en place certaines mesures pour appuyer les consommateurs. Plus particulièrement, dans le projet de loi , il y a quelques mesures pour rendre la vie plus abordable. Par exemple, le projet de loi inclut des mesures de proconcurrence pour appuyer les entreprises et les consommateurs. Augmenter la concurrence est bon pour l'économie. Une saine concurrence pousse les entreprises à fonctionner plus efficacement, à innover pour se démarquer et à réduire leurs coûts d'opération.
Dans le budget de 2025, nous nous attaquons aussi à des problèmes structurels qui freinent l'économie canadienne depuis déjà trop longtemps. Là où la concurrence est trop faible, nous allons l'augmenter. Là où la réglementation est trop contraignante, nous allons la simplifier. J'aimerais dire juste un mot qui vise la prévention. Oui, la réglementation peut devenir contraignante. La réglementation peut devenir un obstacle, mais, souvent, il y a de bonnes raisons d'avoir de la réglementation. Il faut donc toujours trouver un équilibre.
Je vois que mon temps de parole est écoulé. J'aurais encore beaucoup de choses à dire, mais je terminerai en disant que nous avons déposé un très bon budget.