Interventions à la Chambre des communes
 
 
 
Fil RSS basé sur les critères de recherche Exporter les résultats de recherche - CSV (texte brut) Exporter les résultats de recherche - XML
Ajouter un critère de recherche
Voir le profil de Karen Ludwig
Lib. (NB)
Voir le profil de Karen Ludwig
2018-04-23 11:05 [p.18603]
propose:
Que le Comité permanent des pêches et des océans reçoive instruction d’entreprendre une étude sur la situation des baleines en voie de disparition et qu’il soit chargé (i) de déterminer les mesures que l’on pourrait prendre pour mieux protéger et favoriser le rétablissement de la baleine noire, du béluga et de l’épaulard, (ii) de trouver des façons de limiter immédiatement et à long terme l’impact des activités humaines sur chacune de ces espèces et, ce faisant, de contribuer aux efforts de rétablissement ainsi qu’aux recommandations pour des actions nouvelles ou améliorées, (iii) de faire appel à des témoins experts pour chacune de ces espèces, d’entendre les personnes qui pourraient être touchées par les mesures éventuelles et de travailler en vue de trouver un équilibre entre les diverses revendications rivales; et que le Comité présente son rapport final à la Chambre dans les quatre mois suivant l’adoption de la présente motion.
— Monsieur le Président, c'est un honneur pour moi d'intervenir à la Chambre aujourd'hui pour présenter la motion M-154, qui vise à améliorer la protection et le rétablissement des espèces de baleines en voie de disparition au Canada.
La circonscription que je représente, Nouveau-Brunswick—Sud-Ouest, ceinture la magnifique baie de Fundy. Je me suis d'abord intéressée à la protection et au rétablissement des baleines après m'être rendu compte de ce qu'elles représentent à l'échelle locale, sur les plans écologique, culturel et économique.
Les baleines sont les plus grands mammifères des océans, et ils sont les plus intelligents. Le fait que les baleines soient en voie de disparition témoigne de l'état et de la santé des océans. La mort tragique de 17 baleines noires en 2017 a stimulé mon intérêt à promouvoir la protection et le rétablissement de cette population. Étant donné que deux autres espèces de baleines sont aussi en péril, à savoir les épaulards résidents du Sud et les bélugas de l'estuaire du Saint-Laurent, il est devenu évident que ma motion d’initiative parlementaire devait englober toutes les espèces de baleines en voie de disparition du Canada.
En 2017, Joseph Howlett, un citoyen de ma circonscription, a tragiquement perdu la vie en tentant de sauver une baleine noire prise dans un filet. Joe avait participé à près de 30 sauvetages de baleines au cours des 15 dernières années.
En tant que parlementaires, nous avons aussi la chance unique de défendre des causes qui tiennent à coeur aux Canadiens et, dans le cas présent, aux chercheurs, aux sauveteurs de baleines et aux autres personnes qui travaillent sans relâche pour la protection et le rétablissement des baleines. On sait que les Canadiens d'un océan à l'autre se préoccupent profondément de la protection et du rétablissement à long terme de ces magnifiques mammifères.
À l'heure actuelle, au Canada, on compte environ 450 baleines noires, 900 bélugas de l'estuaire du Saint-Laurent et seulement 76 épaulards résidents du Sud.
Notre approche visant à trouver des solutions doit continuer à reposer sur la recherche, en collaboration avec les industries de la pêche et du transport maritime, les collectivités autochtones, l'industrie touristique, et les intervenants étrangers. Les sommités scientifiques du monde et d'autres travaillent depuis longtemps avec l'industrie du transport maritime afin de trouver un équilibre qui offre la meilleure protection aux baleines et signifie une interruption minimale pour l'industrie.
Au cours des six derniers mois, j'ai consulté plus de 50 experts et intervenants de l'ensemble de notre grand pays et des États-Unis. Leur voix collective est claire: nous devons faire ce que les Canadiens et la communauté internationale attendent de nous dans ce dossier. Le temps presse, et nous avons les moyens de relever ce défi.
Dans Nouveau-Brunswick-Sud-Ouest, l'écosystème marin est l'une des composantes les plus essentielles de l'économie. Les baleines contribuent à réguler l'apport d'aliments. Elles jouent un rôle dans le maintien d'une chaîne alimentaire stable qui garantit que l'océan ne devienne pas surpeuplé de certaines espèces animales. Elles sont une sentinelle de la santé de l'écosystème et elles nous envoient un message. Leur situation en dit long sur la viabilité des industries liées aux océans.
Je souhaite remercier le ministre des Pêches de son leadership rapide et efficace l'été dernier dans le cas de la baleine noire. Le ministère a agi rapidement en vue de mettre en oeuvre des mesures dans le golfe du Saint-Laurent pour protéger ces mammifères majestueux.
Depuis, le ministre des Pêches et le ministre des Transports ont présenté des mesures encore plus robustes afin de protéger la baleine noire de l'Atlantique Nord. Ainsi, le début et la fin de la saison de la pêche au crabe des neiges dans le Sud du golfe du St-Laurent seront devancés; on instaurera des fermetures fixes ainsi que des fermetures temporaires lorsque la présence d'une baleine sera signalée; le ralentissement des navires commencera plus tôt dans l'Ouest du golfe; et on augmentera considérablement la surveillance aérienne et maritime permettant de détecter les baleines.
Le gouvernement est sur la bonne voie, comme l'indiquent le travail des ministres et les nouvelles mesures annoncées, qui s'ajoutent aux recherches scientifiques continues et aux investissements consacrés récemment à la protection marine dans le budget de 2018.
Je tiens à souligner le travail de l'équipe du Canadian Whale Institute dirigée par Moira Brown. Mme Brown défend les baleines noires sans relâche depuis plus de 30 ans. Voici ce qu'elle a dit dernièrement:
Comme le montre la baisse de la population de baleines noires depuis 2011, cette espèce ne pourra pas survivre très longtemps dans un contexte où le taux de naissance est faible et le taux de mortalité, élevé. Si les taux de mortalité restent au niveau où ils étaient entre 2011 et 2015, comme peu de femelles sont en mesure de procréer, l'espèce pourrait devenir fonctionnellement éteinte d'ici 25 ans.
Bien qu'aucun baleineau ne soit né cette année, il faut garder confiance et espérer que les mesures mises en place par le gouvernement donneront des résultats positifs. Nous avons ce qu'il faut pour relever ce défi.
Je vais donner un exemple. En 2007, une étude menée dans les eaux du bassin Grand Manan et du bassin Roseway a conclu que le fait de ralentir la vitesse des navires de 12 noeuds à 10 noeuds réduit les risques de collision avec les baleines de 30 %, et que dans la magnifique baie de Fundy, le fait de déplacer la voie navigable de quatre milles marins vers l'est réduit ce même risque de 90 %.
Je suis convaincue que, tout comme nous l'avons fait pour la baleine noire de l'Atlantique Nord, il sera possible de prendre des mesures semblables pour aider à rétablir la population de bélugas et d'épaulards. Dans tous les cas, nous devons identifier les mesures à long terme qui limiteront l'impact des activités humaines sur ces espèces.
La situation des bélugas et des épaulards est différente de celle de la baleine noire de l'Atlantique Nord. Ces espèces sont surtout menacées par la pollution, le bruit des navires et le manque d'accès aux proies. À l'heure actuelle, on dénombre à peine 900 bélugas dans l'estuaire du Saint-Laurent.
Robert Michaud, président et directeur scientifique du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins, a souligné ce fait important. Il a dit:
L'histoire des autres espèces de cétacés nous a appris que des populations peuvent passer de 5 000 individus à l'extinction en moins de 20 ans. Avec une population de 900 individus, les bélugas du Saint-Laurent ont besoin de façon urgente de mesures de protection efficaces.
Comme si ce n'était pas déjà suffisant, on estime à 76 individus la population actuelle d'épaulards résidents du Sud. C'est terrible. Leur territoire englobe notamment les eaux près de Vancouver, où la circulation maritime et l'activité humaine sont très élevées.
Je tiens encore une fois à saluer le ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne d'avoir montré, en annonçant l'octroi de 9,1 millions de dollars d'argent frais pour la recherche scientifique, à quel point le gouvernement est déterminé à protéger l'épaulard résident du Sud.
Le budget de 2018 consacre en outre 167,4 millions de dollars sur cinq ans à la protection et au rétablissement des espèces de baleine du Canada qui sont actuellement menacées, comme l'épaulard résident du Sud, la baleine noire de l'Atlantique Nord et le béluga de l'estuaire du Saint-Laurent. Cet argent servira notamment, au moyen de recherches scientifiques, à mieux comprendre les facteurs qui nuisent à la santé des baleines et à déterminer les mesures les plus susceptibles d'atténuer les répercussions négatives des activités humaines.
Dans sa lettre de soutien à ma motion, le directeur général et vice-président administratif de la Fédération canadienne de la faune, Rick Bates, affirme ceci:
En permettant à tous les partis d'avoir une bonne idée de la situation et de proposer des moyens de l'améliorer, l'étude entreprise par le Comité permanent des pêches et des océans rejaillira sur tous les efforts déployés afin de préserver les baleines en péril.
Nous devons prendre des mesures immédiates et à long terme si nous voulons protéger ces espèces emblématiques. Il n'existe pas de solution unique à ce problème.
Dans la mesure où il évaluera l'efficacité des mesures de protection et de rétablissement prises jusqu'ici, où il sollicitera l'avis de témoins experts, où il entendra les personnes sur qui les mesures envisagées pourraient avoir des répercussions et où il tâchera de concilier les positions des différentes parties intéressées, le Comité permanent des pêches et des océans jouera un rôle essentiel.
J'aimerais terminer sur une note personnelle. Je tiens en effet dédier cette motion à Joseph Howlett. Le dévouement des bénévoles et des employés qui participent aux opérations de sauvetage des baleines est une source d'inspiration pour nous tous. Voilà pourquoi je presse les députés de se joindre à moi et d'appuyer la motion M-154.
À mon sens, les parlementaires ont le devoir d'explorer toutes les avenues possibles pour protéger les espèces de baleine du Canada qui sont menacées et pour en rétablir les stocks. Je rêve du jour où je pourrai emmener ma petite-fille sur les eaux de la baie de Fundy, où elle pourra elle aussi tomber amoureuse de l'océan, qui regorgera de petits rorquals, de baleines à bosse et de baleines noires. Les Canadiens et les générations qui nous suivront n'en méritent pas moins.
Voir le profil de Fin Donnelly
NPD (BC)
Voir le profil de Fin Donnelly
2018-04-23 11:15 [p.18604]
Monsieur le Président, bien que je comprenne l'objectif de la motion, la députée ne convient-elle pas que ce n'est plus le moment d'étudier la question? Il faut des mesures immédiates pour aider les 76 épaulards résidents du Sud dont elle a parlé dans son discours. Le gouvernement doit émettre sur-le-champ un décret d'urgence en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Nous n'avons pas besoin d'une autre étude. La députée reconnaît-elle qu'il est temps d'agir et qu'une énième étude ne serait d'aucune utilité?
Voir le profil de Karen Ludwig
Lib. (NB)
Voir le profil de Karen Ludwig
2018-04-23 11:15 [p.18604]
Monsieur le Président, le fait qu'il ne reste que 76 épaulards résidents du Sud est évidemment alarmant, sauf que nous avons enfin un gouvernement qui est prêt à mener des recherches et à faire ses devoirs. Je suis très fière du gouvernement, des mesures qu'il a prises ainsi que de son engagement en faveur de la recherche. Par ailleurs, nous avons la responsabilité de nous pencher sur la surveillance et l'examen des mesures actuelles, en tenant compte de la Loi sur les espèces en péril.
À mon avis, toute mesure doit assurer aux baleines une protection maximale tout en perturbant l'industrie le moins possible. Le gouvernement ne ménage aucun effort afin de trouver un équilibre. Une étude en comité sera l'occasion d'analyser la situation et d'entendre l'avis des principaux intervenants et d'autres personnes.
Voir le profil de Mel Arnold
PCC (BC)
Voir le profil de Mel Arnold
2018-04-23 11:16 [p.18604]
Monsieur le Président, j'aimerais savoir si la députée envisagerait de presser ses collègues libéraux de donner concrètement suite aux recommandations qui ont été formulées. Le comité des pêches, dont je fais partie, a produit de nombreux rapports d'étude et il a fait des recommandations au gouvernement, mais celles-ci sont restées lettre morte.
La députée est-elle prête à intervenir auprès du gouvernement pour qu'il donne suite aux études qu'a déjà menées le comité avant d'entreprendre encore une autre étude?
Voir le profil de Karen Ludwig
Lib. (NB)
Voir le profil de Karen Ludwig
2018-04-23 11:17 [p.18605]
Monsieur le Président, les parlementaires ont tous le devoir de faire valoir leur point de vue auprès de leurs collègues quant aux orientations du gouvernement. J'ai collaboré de très près avec le ministre des Pêches et des Océans et le ministre des Transports dans le dossier des baleines menacées d'extinction, que ce soit à l'occasion des tables rondes tenues à Moncton ou des discussions qui ont eu lieu à Vancouver. Je suis persuadée que la direction adoptée est la bonne et je ferai tout en mon pouvoir pour que nous allions jusqu'au bout.
Voir le profil de Ken McDonald
Lib. (NL)
Voir le profil de Ken McDonald
2018-04-23 11:18 [p.18605]
Monsieur le Président, j'aimerais revenir sur une intervention où l'on demandait s'il est trop tard pour agir. La députée convient-elle qu'il n'est jamais trop tard pour mener des études sur la protection des océans et faire des recommandations, que le gouvernement applique bel et bien?
Voir le profil de Karen Ludwig
Lib. (NB)
Voir le profil de Karen Ludwig
2018-04-23 11:18 [p.18605]
Monsieur le Président, lorsque nous nous penchons sur d'aussi importantes questions que celle-ci au Parlement, il s'agit assurément d'un processus continu. Il faut également prendre en compte les mesures qui ont été mises en place et les examiner, de sorte que nous sachions si nous nous engageons dans la bonne voie.
Ce que j'entends principalement de la part des intervenants, c'est qu'il n'y a pas de solution unique. À mesure que nous avançons, il faut absolument que le dialogue se poursuive, que ce soit avec les communautés autochtones, les scientifiques, les chercheurs, le milieu de la pêche, le secteur des transports ou l'industrie du tourisme, afin de bien faire les choses. Il arrive également que nous devions envisager des changements pour corriger notre trajectoire. Il s'agit, selon moi, d'un point important à prendre en compte. Lorsque le comité examine la question, c'est l'occasion de déterminer sur quelles voies il faut mettre l'accent. Il faudra peut-être modifier l'orientation ou confirmer que la voie où l'on s'est engagée est la bonne. C'est l'occasion aussi de déterminer qui d'autre devrait participer aux discussions.
Voir le profil de Elizabeth May
PV (BC)
Voir le profil de Elizabeth May
2018-04-23 11:19 [p.18605]
Monsieur le Président, je suis fière d'être l'une des comotionnaires. Selon moi, nous savons qu'il faut passer à l'action, et une étude ne devrait pas retarder cette démarche. Par exemple, nous savons que les essais sismiques dans le golfe du Saint-Laurent sont catastrophiques pour la baleine noire. Même si le ministre des Pêches et des Océans a pris certaines mesures, les essais sismiques ne sont toujours pas interdits. Nous savons que la population d'épaulards résidents du Sud est extrêmement menacée. Nous devons rétablir leur source de nourriture. Nous devons rétablir les populations de saumon chinook et atténuer la menace que représente la circulation des pétroliers. Il n'est pas nécessaire de reporter la prise de mesures parce que nous menons une étude.
Ma collègue convient-elle que le fait de mener une étude n'est pas une raison de ne pas prendre des mesures d'urgence?
Voir le profil de Karen Ludwig
Lib. (NB)
Voir le profil de Karen Ludwig
2018-04-23 11:20 [p.18605]
Monsieur le Président, je remercie ma collègue d'avoir appuyé ma motion. Nous agissons déjà et nous allons continuer de le faire pendant la réalisation de l'étude. Je dirais même que cette dernière constitue un complément au travail qui a déjà été effectué.
En ce qui concerne les essais sismiques, des mesures de contrôle environnemental ont été adoptées. Cela n'exclut certes pas la possibilité que le comité fasse comparaître des spécialistes au sujet des incidences que cela pourrait avoir eues, le cas échéant, dans le golfe du Saint-Laurent ou au large de la Nouvelle-Écosse.
Voir le profil de Mel Arnold
PCC (BC)
Voir le profil de Mel Arnold
2018-04-23 11:21 [p.18605]
Monsieur le Président, je remercie la députée de Nouveau-Brunswick-Sud-Ouest de sa motion et de son discours. Il va sans dire que de tenter de sauver une espèce menacée d'extinction est une éminemment cause noble. Comme l'a dit ma collègue, elle avait d'abord pensé à une étude sur la baleine noire, qui est en voie de disparition. Elle est cependant arrivée à la conclusion que l'étude devait également porter sur le béluga et l'épaulard.
Je pense que le déclin de la population de baleines est un sujet qui nous préoccupe tous, et avec raison. Si nous n'agissons pas, les chiffres actuels prédisent la disparition fonctionnelle de la baleine noire d'ici quelques décennies. L'an dernier, 17 baleines ont été trouvées mortes sur la côte atlantique du Canada et des États-Unis. De plus, jusqu'ici cette année, aucun baleineau n'a été vu dans ces populations.
Cela dit, je soutiens que ce n'est pas d'une énième étude que nous avons besoin à l'heure actuelle, mais bien de mesures concrètes.
Avant d'aborder les raisons qui m'amènent à dire que la solution n'est pas de mener une autre étude, j'aimerais d'abord souligner le travail accompli par les groupes locaux pour protéger les baleines et d'autres espèces et les en remercier sincèrement.
Mon cheminement jusqu'à la Chambre n'a pas été sans embûche. J'ai travaillé auprès d'organismes de conservation, et j'y ai appris que le travail sur le terrain permet d'atteindre les objectifs au-delà de toute espérance. Je félicite les bénévoles de tout ce qu'ils font. Je pense notamment à Joseph Howlett, qui a perdu la vie en sauvant celle d'une baleine emmêlée, ainsi qu'à tous ceux qui passent de la parole aux actes. Bien que je félicite également la députée de Nouveau-Brunswick-Sud-Ouest pour l'idée de donner au comité permanent le mandat d'étudier la question et de trouver des moyens de protéger et de rétablir ces espèces, je tiens à souligner quelques faits alarmants.
Premièrement, en tant que membre du gouvernement majoritaire actuel, la députée a, ou devrait avoir, accès aux ministres responsables de prendre des mesures pour protéger et rétablir les espèces qui ont besoin d'aide. Comment se fait-il qu'elle n'ait pas réussi à attirer l'attention des ministres sur la question? Comment se fait-il qu'une députée du caucus libéral, le parti majoritaire, soit forcée de demander à la Chambre des communes d'appuyer sa motion pour faire ce que les ministres de son parti devraient déjà faire? À mon avis, c'est parce que les ministres libéraux n'ont pas à coeur de sauver l'environnement comme ils le prétendent. Le gouvernement libéral tient de bien beaux discours, mais agit bien peu.
Deuxièmement, la députée a présenté cette motion visant à demander au Comité permanent des pêches et des océans d'entreprendre une étude et de produire un rapport, mais a-t-elle même jeté un oeil au bilan du gouvernement en ce qui concerne le respect des recommandations que les comités soumettent dans leurs rapports?
J'attire l'attention de la Chambre sur le rapport « La pêche à la morue du Nord à Terre-Neuve-et-Labrador: mettre le cap sur un nouvel avenir durable » qui a été publié par le Comité; il contient 10 recommandations, mais pratiquement aucune n'a mené à des mesures. Un autre rapport du même comité, intitulé « Saumon sauvage de l'Atlantique dans l'Est du Canada », présente 17 recommandations, et très peu d'entre elles ont été mises en oeuvre. Les recommandations ciblent précisément la prédation, la surabondance des populations de phoques et l'explosion des populations de bars rayés, des facteurs qui nuisent tous aux stocks de saumon sauvage et de morue dans l'Atlantique. Le Comité a consacré beaucoup d'efforts et de temps à la réalisation de telles études et à l'établissement des recommandations.
Malgré toutes les bonnes intentions de la députée de Nouveau-Brunswick-Sud-Ouest, il reste que ses efforts et notre temps à la Chambre produiraient des résultats plus efficaces si elle parvenait à convaincre ses collègues libéraux, plus particulièrement les ministres libéraux et les députés libéraux de l'Atlantique qui siègent au comité des pêches, de prendre des mesures plutôt que de répéter la même rengaine.
La députée de Nouveau-Brunswick-Sud-Ouest a cinq collègues libéraux des Maritimes qui siègent à ce comité permanent. Ses membres, dont je fais partie, se sont investis corps et âme pour présenter à la Chambre des rapports détaillés, impartiaux et complets. Je suis frustré par l'inaction et l'incompétence du gouvernement dans sa réponse aux recommandations du comité.
Les cinq députés libéraux des Maritimes qui font partie de ce comité doivent être embarrassés ou furieux; quoi qu'il en soit, ils n'osent pas admettre que le gouvernement n'a pas tenu compte des recommandations du comité. Pourquoi ont-ils passé cela sous silence? Ils manquent à leur devoir de représenter les gens de leur circonscription. Les dévoués membres du comité ont fait des recommandations qui pourraient aider le pays à rétablir les stocks de morue du Nord et de saumon sauvage de l'Atlantique et créer des débouchés économiques pour les Autochtones et les non-Autochtones du pays, mais elles ont été mises de côté par un gouvernement libéral qui s'avère peu enclin à joindre le geste à la parole.
Puisque j'ai parlé de l'excellent travail du comité, je souligne que celui-ci mène actuellement trois études différentes. L'une d'elles a été approuvée il y a plus de 16 mois, et la première réunion du comité a eu lieu il y a plus d'un an. L'échéance prévue dans cette motion retarderait encore davantage ces études. J'espère que les études en cours permettront à la Chambre de faire des recommandations qui seront suivies par le gouvernement. Voilà pourquoi je considère avec prudence la motion dont nous sommes saisis. Je ne suis pas contre l'idée de faire une étude, mais je ne veux pas que le gouvernement fasse fi des recommandations qui en découlent.
Comme je l'ai déjà dit, ces rapports contiennent des recommandations que j'aimerais citer:
Que Pêches et Océans Canada appuie un programme de chasse du phoque gris qui vise l’utilisation de toutes les parties du phoque afin de créer des possibilités de développement économique tout en réduisant les populations de phoques et en favorisant le rétablissement des populations de saumons atlantiques sauvages.
Cette recommandation est restée lettre morte jusqu'à présent.
Puis, dans le rapport sur la morue du Nord, nous avons recommandé de:
garantir une gestion judicieuse de la disponibilité des proies, en particulier le capelan, et [de] prendre en compte les considérations écosystémiques telles que la protection de l’habitat et les changements climatiques;
et
[q]ue Pêches et Océans Canada mette en œuvre des pratiques de gestion qui permettent de tirer la plus grande valeur possible de la ressource tout ayant la plus petite incidence possible sur les stocks.
Le Comité permanent des pêches et des océans a travaillé très fort pour formuler ces recommandations, et je tiens à féliciter tous ses membres. Nous avons vraiment uni nos efforts pour émettre des recommandations importantes et respectueuses. Dans le cadre du débat sur cet enjeu, j'espère que le gouvernement tiendra compte de ces recommandations, qu'il prendra conscience de leur importance et qu'il y donnera suite parce que, à titre de député et de membre du Comité, il est décourageant de voir tous nos efforts être ignorés.
Comme je l'ai dit, nous travaillons en ce moment à plusieurs motions et études au comité des pêches. Les études tendent à être interrompues et mises de côté à mesure que d'autres sujets qui semblent plus importants et plus urgents se présentent. Je ne sais pas s'il y a quoi que ce soit de plus important que de protéger une espèce sur le point de disparaître. Par conséquent, bien que je ne m'oppose pas à cette motion, j'aimerais proposer qu'on l'amende en supprimant les mots « dans les quatre mois suivant l’adoption de la présente motion » pour que nous ayons le temps de terminer les autres études et que nous n'ayons pas d'échéancier pour mener à bien l'étude sur les baleines, car elle pourrait prendre plus de quatre mois. Je préférerais que nous ne soyons pas limités par un délai fixé d'avance pour que le comité puisse, comme toujours, faire du bon travail et qu'il formule de bonnes recommandations dont le gouvernement tiendra compte.
Je propose donc que la motion soit amendée par la suppression des mots « dans les quatre mois suivant l’adoption de la présente motion ».
Voir le profil de Bruce Stanton
PCC (ON)
Voir le profil de Bruce Stanton
2018-04-23 11:31 [p.18606]
Selon l'article 93(3) du Règlement, il n'est pas permis d'amender une motion d'initiative parlementaire ou une motion à l'étape de la deuxième lecture d'un projet de loi d'initiative parlementaire à moins, bien entendu, que le parrain n'y consente.
Je demande donc à la députée de Nouveau-Brunswick-Sud-Ouest si elle consent à ce qu'on apporte cet amendement.
Voir le profil de Bruce Stanton
PCC (ON)
Voir le profil de Bruce Stanton
2018-04-23 11:31 [p.18606]
En conséquence, conformément à l'article 93(3) du Règlement, l'amendement ne peut pas être proposé maintenant.
Nous reprenons le débat. Le député de Port Moody—Coquitlam a la parole.
Voir le profil de Fin Donnelly
NPD (BC)
Voir le profil de Fin Donnelly
2018-04-23 11:32 [p.18606]
Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole à la Chambre au sujet de la motion M-154, qui se lit comme suit:
Que le Comité permanent des pêches et des océans reçoive instruction d’entreprendre une étude sur la situation des baleines en voie de disparition et qu’il soit chargé (i) de déterminer les mesures que l’on pourrait prendre pour mieux protéger et favoriser le rétablissement de la baleine noire, du béluga et de l’épaulard, (ii) de trouver des façons de limiter immédiatement et à long terme l’impact des activités humaines sur chacune de ces espèces et, ce faisant, de contribuer aux efforts de rétablissement ainsi qu’aux recommandations pour des actions nouvelles ou améliorées, (iii) de faire appel à des témoins experts pour chacune de ces espèces, d’entendre les personnes qui pourraient être touchées par les mesures éventuelles et de travailler en vue de trouver un équilibre entre les diverses revendications rivales; et que le Comité présente son rapport final à la Chambre dans les quatre mois suivant l’adoption de la présente motion.
Bien que j'appuie l'objet de la motion, je crois que c'est possiblement trop peu, trop tard, surtout pour certaines baleines. Le gouvernement doit prendre des mesures pour protéger immédiatement les espèces les plus vulnérables plutôt que d'attendre les résultats d'une étude en comité.
Comme tout le monde le sait, je viens de la côte Ouest, et je peux dire que la situation des célèbres épaulards résidents du Sud est alarmante. En 1997, les membres de la nation des Squamish m'ont confié une extraordinaire responsabilité. Ils m'ont donné le nom d'Iyim Yewyews, ce qui signifie « animal bon nageur » ou « orque, épaulard ». C'est avec fierté que je porte ce nom, qui est une lourde responsabilité. Ils m'ont nommé ainsi à cause de ce que j'ai fait dans le dossier du saumon. Ils ont compris que, si le saumon est abondant, l'épaulard, qui s'en nourrit, le sera aussi. Nous savons que ce n'est pas le cas actuellement.
Comme je viens de le dire, je prends cette responsabilité très au sérieux. L'épaulard résident du Sud a été ajouté en 2003 à la liste des espèces en voie de disparition qui figure dans la Loi sur les espèces en péril. En 2016, il n'en restait que 76 individus, dont 23 femelles. Le rétablissement de la population est toujours possible si le gouvernement cesse de traîner les pieds et s'il agit dès maintenant.
Le 15 mars, le ministre a annoncé des fonds pour la recherche, mais ces fonds n'aideront pas les épaulards dans l'immédiat. Les organismes de protection de l'environnement ont uni leurs efforts pour demander au gouvernement d'émettre un décret d'urgence en vertu de la Loi sur les espèces en péril, mais celui-ci n'a rien fait. Le 21 mars 2018, à la Chambre, j'ai joint ma voix à celle de ces organismes en demandant aussi au gouvernement d'émettre un décret d'urgence.
La situation est critique. Nous ne disposons pas de décennies, ni même pas d'années, pour remédier au problème. Pour aider les baleines, il ne faut pas une étude supplémentaire, il faut plutôt une intervention rapide et immédiate. Une baisse constante du saumon chinook et les perturbations causées par les navires qui interfèrent avec la capacité des épaulards de chasser et de communiquer ont mis cette espèce emblématique à risque de malnutrition et de famine. Les épaulards n'arrivent plus à trouver de la nourriture et encore moins à se reproduire. Depuis 2016, ce n'est que la semaine dernière qu'on a signalé la naissance d'un bébé dans cette population d'épaulards résidents du Sud. Un seul bébé épaulard a été repéré, ce qui donne une lueur d'espoir.
Le bruit du trafic maritime et de l'exploitation des ressources pétrolières et gazières peut perturber, voire endommager l'ouïe et les capacités de communication des baleines. De plus, ces perturbations les empêchent d'utiliser des aires cruciales pour l'alimentation et la reproduction, et interfèrent avec la voie migratoire. Une étude récente a permis d'établir que les épaulards résidents du Sud ont perdu jusqu'à 97 % de leur capacité de communiquer entre eux à cause de la pollution sonore. Par conséquent, le projet de pipeline Trans Mountain de Kinder Morgan et le trafic de pétroliers qui en découlera menaceront directement la population d'épaulards. Le projet de pipeline fera augmenter le nombre de pétroliers au large de la côte Ouest et, partant, la pollution sonore. Même si par miracle le projet se déroulait exactement tel que prévu et qu'il n'y avait aucun déversement de pétrole ni collision avec un navire, à elle seule, l'augmentation du bruit constitue une menace sérieuse susceptible d'entraîner l'extinction de l'espèce.
Les épaulards résidents du Sud se servent de sons pour maintenir des fonctions vitales critiques. Ils s’en servent pour naviguer, s’accoupler, entretenir des contacts sociaux, et trouver et capturer des proies. Les niveaux de bruit actuels ont déjà dégradé des habitats essentiels et, selon certaines études, réduisent leurs possibilités d’alimentation. Le gouvernement doit intervenir de toute urgence pour réduire les menaces auxquelles font face les 76 épaulards résidents du Sud, notamment la portée que le projet d’oléoduc pourrait avoir sur leur capacité à se rétablir.
En mars dernier, l’État de Washington a promulgué un décret comportant des mesures temporaires en faveur des épaulards résidents du Sud, touchant notamment les pêches, les navires d’observation des baleines et les traversiers publics. La Loi sur les espèces en péril prévoit un processus par lequel le gouvernement pourrait promulguer un semblable décret, et j’encourage ce dernier à le faire sans tarder.
S’adressant à l’organisation DeSmog Canada au sujet de l’annonce faite récemment par le gouvernement libéral d’un complément de recherche sur les épaulards résidents du Sud, Paul Paquet, professeur adjoint à l’Université de Victoria et scientifique principal auprès de la fondation Raincoast Conservation a déclaré: « Nous pourrions les étudier jusqu’à ce que mort s’ensuive ».
Misty MacDuffee, biologiste auprès de Raincoast, affirme de son côté: « Ce que nous demandons aujourd’hui au gouvernement fédéral, ce sont des mesures de réduction des menaces. » Elle ajoute: « Il y a longtemps que nous attendons de la part du gouvernement des mesures qui viseraient au moins la protection des épaulards, mais aucune n’a été prise à ce jour. » Il est impératif d’agir immédiatement, plutôt que d’attendre une autre étude qui en arrivera à la même conclusion.
La PDG de WWF-Canada, Megan Leslie, est du même avis. Dans une lettre d'opinion publiée par le Hill Times le 20 avril, elle écrit ceci: « Bien qu'il soit important de financer la technologie et la recherche, ce n'est pas un injection de fonds qui nourrira les 76 épaulards menacés d'extinction aujourd'hui. » Elle décrit la situation comme « une urgence majeure » et recommande des mesures immédiates, y compris « la protection des zones d'alimentation, où la pêche devrait être interdite et où les bateaux de plaisance ou d'observation des baleines ne devraient pas déranger les épaulards. Les navires commerciaux devraient être obligés de circuler moins vite afin de diminuer la pollution par le bruit dans les zones d'alimentation, et les quotas de saumon quinnat devraient être réduits, ce qui assurerait la vigueur des deux espèces ». Elle ajoute que « toutes ces [mesures] doivent être prises d'ici la fin du printemps [2018], moment où les épaulards seront de retour pour se nourrir ». Le temps file, et la ministre doit agir sans délai.
La situation n'est pas bien meilleure sur la côte de l'Atlantique. Le 16 mars dernier, le réseau anglais de Radio-Canada nous apprenait que pas un seul baleineau n'avait été signalé encore cette année avec une baleine noire de l'Atlantique Nord. C'est un signe alarmant et sans précédent concernant cette espèce en voie de disparition. Habituellement, on voit les femelles et leur baleineau se diriger vers les côtes atlantiques du Canada à la fin de février, mais à la mi-mars de cette année, pour la première fois, pas un seul baleineau n'avait encore été aperçu. La baleine noire de l'Atlantique Nord est gravement en voie de disparition. Il n'en reste qu'environ 450, dont une centaine sont des femelles.
Entre avril et novembre 2017, au moins 16 baleines noires de l'Atlantique Nord sont mortes, y compris 12 dans les eaux canadiennes. Sur ce nombre, trois sont restées prises dans des filets de pêche et quatre portaient des marques de contusion, probablement à cause d'une collision avec un navire.
Les 16 baleines mortes représentent plus de 3,5 % de la population. Pour avoir une idée de l'importance de cette mortalité, disons que c'est comme si 1,25 million de Canadiens mouraient sur une période de sept mois.
Le 20 avril, Charles Mayo, biologiste spécialiste de la vie marine, a déclaré au Washington Post ce qui suit, à propos des baleines noires:
[...] les animaux semblent changer de source alimentaire à cause des changements climatiques. Leur habitat est pollué par les eaux d'égout usées et par le bruit dû à la construction et à la prospection sismique. Les navires qui circulent à grande vitesse et l'enchevêtrement de cordages pour la pêche difficiles à rompre représentent des dangers mortels. Les nouvelles technologies et un resserrement de la réglementation pourraient protéger les baleines de certains dangers majeurs.
[...] les baleines constituent une métaphore de ce que nous avons fait à la planète.
Malheureusement, je suis d'accord. C'est honteux. La situation est critique. Nous n'avons pas besoin du comité des pêches et des océans pour le savoir. Les scientifiques l'ont déjà prouvé. Nous devons agir sans attendre. Ils veulent qu'on agisse sans attendre. Protéger les baleines est dans l'intérêt national.
Voir le profil de Kevin Lamoureux
Lib. (MB)
Voir le profil de Kevin Lamoureux
2018-04-23 11:42 [p.18608]
Monsieur le Président, c'est avec plaisir que je prends la parole sur la très importante motion présentée par mon amie et collègue, la députée de Nouveau-Brunswick-Sud-Ouest.
En fait, pour en revenir à un des commentaires faits par le député, il est important de reconnaître que cette motion ne concerne pas seulement notre monde aujourd'hui. Nous pouvons faire beaucoup aujourd'hui pour que les baleines existent toujours à l'avenir, mais ma collègue a parlé de sa petite-fille. Elle veut que sa petite-fille ait la possibilité de vivre plus tard les mêmes expériences que nous vivons aujourd'hui avec les baleines. Si on réfléchit à la nature des dossiers dont s'occupent tous les jours la Chambre des communes, le premier ministre et le gouvernement dans son entier, on se rend compte qu'ils ont tous un lien avec l'avenir. Nous voulons que les mesures que nous prenons aient un impact positif dans l'avenir.
Cependant, je suis souvent déçu de l'attitude de mes collègues conservateurs et néo-démocrates lorsqu'un député présente une excellente initiative. Une fois de plus, j'ai été déçu. Mes collègues ont remis en question la nécessité d'entreprendre une autre étude et préféreraient qu'on se contente de prendre des mesures. Je dois dire que c'est un peu exagéré, surtout de la part des conservateurs, mais aussi de la part de mes collègues néo-démocrates, qui ne croient pas au bien-fondé des études. La seule étude en laquelle ils croient en est une qui empêcherait la construction des oléoducs et des gazoducs. C'est la seule étude qu'ils semblent appuyer.
J'estime que le gouvernement libéral a pris plusieurs mesures jusqu'à maintenant, sur lesquelles j'aimerais revenir. La motion que ma collègue a présentée est tournée vers l'avenir. Il s'agit ici d'une importante espèce de mammifères, de trois espèces en particulier, et nous nous penchons sur des enjeux qui sont importants non seulement pour la députée et sa circonscription, mais aussi, j'en ai la sincère conviction, pour tous les Canadiens, même ceux de la circonscription de Winnipeg-Nord, qui se trouve au centre du Canada. Plus au nord, on arrive à Churchill, où l'on trouve le béluga, un magnifique mammifère que tout le monde connaît. Dans la motion, il est question de trois espèces: le béluga, particulièrement la population du Saint-Laurent; la baleine noire de l’Atlantique Nord, un très beau mammifère, dont la population est en déclin et dont on ne peut assurer la survie pour longtemps encore; et, évidemment, l'épaulard de la Colombie-Britannique.
Le gouvernement libéral compte des représentants dans toutes les régions du pays. Les 32 députés du Canada Atlantique défendent constamment des enjeux importants liés à leur région. Nous avons entendu parler de la baleine noire, tant pendant les réunions du caucus que sur la place publique. Nous pouvons comprendre leurs préoccupations, et nous les partageons. Nous voulons que le gouvernement prenne des mesures qui auront une réelle incidence.
Je peux donc assurer aux députés de l'opposition qui s'interrogent sur le pourquoi d'une autre étude qu'il est tout à fait souhaitable de chercher des façons d'améliorer les choses et que nous, en tant que gouvernement, prenons des mesures tangibles. Il y a le Plan de protection des océans et ses 1,5 milliard de dollars, une première. Nous ne sommes au pouvoir que depuis un peu plus de deux ans, pourtant nous avons engagé des centaines de millions de dollars pour protéger les océans.
Nous n'avons pas eu besoin d'une motion des néo-démocrates ou des conservateurs sur cette question. Tout ce qu'il fallait, c'était écouter les Canadiens. Cela nous a permis de comprendre à quel point il est important de ne pas se contenter de parler de cette question, mais d'investir les sommes et les ressources requises pour qu'il y ait des impacts positifs sur les océans. C'est une somme considérable, 1,5 milliard de dollars. Dans le budget de 2018 seulement, environ 180 millions de dollars, voire un peu plus, sur cinq ans seront consacrés au bien-être des baleines et à leur longévité. Connaissant les conservateurs, ils ont probablement voté contre cette mesure, mais c'est un autre débat.
Le ministre des Pêches et des Océans s'est rendu dans le Canada Atlantique il y a quelques mois pour y tenir une table ronde sur la baleine noire. Il y a eu un colloque sur l'épaulard à Vancouver. C'est le genre de mesures que prend le gouvernement.
Les sommes qui ont été investies dans les océans et le ministère permettront de mener d'autres études scientifiques. Il est important de recueillir des données scientifiques. Nous comprenons pourquoi nous sommes saisis de ces questions aujourd'hui. Nous sommes conscients de la nécessité d'approfondir nos connaissances au sujet de certaines questions. Nous avons entendu quelques exemples, tels que les problèmes liés à l'alimentation et aux proies, ainsi qu'à l'acoustique. La situation actuelle des océans est très différente de celle qui prévalait il y a de nombreuses années. Des quantités phénoménales de déchets, d'engins de pêche et d'autres types de polluants se retrouvent maintenant dans les océans. Pour améliorer la situation, nous devons examiner toutes sortes de choses et tenir compte des données scientifiques pertinentes.
Je félicite la députée de Nouveau-Brunswick-Sud-Ouest d'avoir proposé cette motion aujourd'hui. J'espère qu'elle acceptera l'amendement que j'aimerais maintenant proposer. Je propose:
Que la motion soit modifiée par substitution, aux mots suivant le mot « Que », de ce qui suit:
« le Comité permanent des pêches et des océans reçoive instruction d’entreprendre une étude sur la situation des baleines en voie de disparition et qu’il soit chargé:
(i) de déterminer les mesures à prendre dans la poursuite des efforts pour protéger et rétablir la baleine noire de l’Atlantique Nord, le béluga et l’épaulard,
(ii) de trouver des façons de limiter immédiatement et à long terme l’impact des activités humaines sur chacune de ces espèces et, ce faisant, de contribuer aux efforts de rétablissement ainsi qu’aux recommandations sur des actions des actions nouvelles ou améliorées,
(iii) de faire appel à des témoins experts pour chacune de ces espèces, d’entendre les personnes qui pourraient être touchées par les mesures éventuelles et de travailler en vue de trouver un équilibre entre les diverses revendications rivales;
(iv) et que le Comité présente son rapport à la Chambre d’ici la fin de l’année civile 2018. »
Résultats : 1 - 15 de 76492 | Page : 1 de 5100

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
>
>|