Interventions à la Chambre des communes
 
 
 
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Lib. (ON)
Monsieur le Président, je suis heureux d'avoir l'occasion de participer à l'Adresse en réponse au discours du Trône. Avant de le faire, je tiens à vous féliciter de votre élection à la présidence de la Chambre. Vous allez être un Président très honorable.
J'aimerais remercier les résidants de Scarborough—Guildwood qui m'ont élu pour les représenter à la Chambre pour la huitième fois. Quand je me suis présenté pour la première fois, en 1997, je ne pensais jamais que je serais élu député huit fois de suite. Le parcours a été fort intéressant au cours des 22 dernières années. Ce qui est aussi très encourageant, c'est que j'ai été élu en octobre dernier avec le pourcentage de voix le plus élevé en huit ans.
Comme on le sait, les élections sont parfois des exercices étranges, au cours desquels on discute de beaucoup de sujets futiles et, parfois, de questions importantes. Je ne souhaite pas m'attarder aux sujets futiles. Aujourd'hui, j'aimerais profiter de l'occasion pour réfléchir à ce qui, selon moi, est l'enjeu le plus important qui a touché Scarborough—Guildwood pendant la campagne électorale, à savoir l'Allocation canadienne pour enfants. À mon avis, cette allocation est l'initiative phare du premier ministre. Après son départ, les historiens qui feront le bilan de ces législatures parleront de l'importance de l'Allocation canadienne pour enfants et de son incidence positive sur tous les Canadiens, en particulier les personnes à faible revenu.
L'Allocation canadienne pour enfants est une initiative majeure. Dans les premières lignes du tableau A2.6 qui se trouve à la page 341 du budget de 2019, on retrouve les montants des transferts aux Canadiens sous forme de prestations. La première série de lignes indique les recettes fiscales engrangées qui sont remises aux Canadiens sous forme de prestations. La première ligne indique que 56 milliards de dollars seront accordés aux prestations aux aînés, la deuxième ligne indique qu'environ 20 milliards de dollars seront remis aux Canadiens sous forme de prestations d'assurance-emploi et la troisième ligne indique que 24 milliards de dollars seront accordés à l'Allocation canadienne pour enfants. Il s'agit de la deuxième prestation en importance accordée directement aux Canadiens par le gouvernement fédéral.
Il est raisonnable de se demander si nous en avons vraiment pour notre argent. En tant que député de Scarborough—Guildwood, cette question m'intéresse tout particulièrement. Quand on décortique les 24 milliards de dollars, que représentent-ils pour Scarborough—Guildwood? Autrement dit, chaque année, 100 millions de dollars sont investis dans ma circonscription. Il s'agit d'une somme d'argent considérable pour une circonscription qui compte de 115 000 à 120 000 habitants environ. J'imagine que le Collège Centennial investit un montant d'argent semblable dans la circonscription, voire plus. Le campus de Scarborough de l'Université de Toronto investit un montant d'argent tout aussi important. Les hôpitaux de Scarborough ont d'énormes budgets. Toyota investi beaucoup d'argent dans la circonscription. Je suis certain que d'autres industries investissent beaucoup d'argent dans la circonscription.
Voilà l'ordre de grandeur des sommes d'argent qui sont versées à Scarborough—Guildwood, et c'est d'autant plus significatif pour ses habitants, car Scarborough—Guildwood a connu, au cours des quatre dernières années, la plus importante réduction de la pauvreté chez les enfants au pays. En effet, on a constaté une réduction de 25 % de la pauvreté chez les enfants de Scarborough—Guildwood au cours des quatre dernières années, un record par rapport à toutes les circonscriptions au pays.
Comment expliquer ce franc succès? Je peux penser à au moins deux raisons. La première raison, c'est l'amélioration des perspectives d'emploi. Début 2015, le taux de chômage national avoisinait les 7,1 %. De manière générale, Scarborough—Guildwood affiche un taux de chômage plus élevé que le taux national. Au moment des élections de 2019, le taux de chômage au Canada se situait à environ 5,7 %, tandis qu'encore une fois, le taux de chômage à Scarborough—Guildwood dépassait légèrement ce pourcentage. L'augmentation des prestations et l'amélioration des perspectives d'emploi expliqueraient en bonne partie cette diminution de 25 % de la pauvreté chez les enfants.
La deuxième raison de ce succès, c'est l'Allocation canadienne pour enfants, puisqu'il s'agit d'un revenu minimum garanti pour les familles. Je pense que cette allocation se révélera une initiative historique, mais également un test pour déterminer s'il s'agit de la meilleure manière d'atténuer la pauvreté et de freiner l'accroissement des inégalités entre les personnes qui se portent bien et celles qui éprouvent des difficultés.
Voilà les deux choses qui, à mon avis, sont à l'origine de l'importante réduction du taux de pauvreté chez les enfants dans Scarborough—Guildwood. Pourquoi ont-elles eu une aussi forte incidence sur la situation financière des gens de Scarborough—Guildwood? La première raison qui nous vient naturellement à l'idée est celle-ci: les gens dont le revenu se situe dans les quintiles les plus bas dépensent leur argent pour les nécessités de la vie. C'est ce qu'on est porté à penser, et cela semble logique, mais je suis tout de même heureux que le Canadian Centre for Economic Analysis ait produit un rapport sur l'apport économique de l'Allocation canadienne pour enfants comme garantie d'un revenu de base intitulé « Economic Contribution of the Canada Child Benefit: A Basic Income Guarantee for Canadian Families with Children ». On a rassemblé des données pour voir si l'idée voulant que les personnes les plus pauvres consacrent leur argent à la nourriture, au logement et aux nécessités de base s'avérait être la bonne. C'est exactement ce que démontrent les données.
Ce sont d'abord les dépenses de logement qui augmentent chez les familles qui touchent l'Allocation canadienne pour enfants. Ensuite, ce qu'on n'aurait peut-être pas pensé, ce sont les taxes. J'y reviendrai dans quelques instants. La troisième catégorie de dépenses est le transport, la quatrième, la nourriture, et la cinquième, les dépenses courantes. Quatre de ces cinq catégories de dépenses concordent avec ce qu'on pense instinctivement, soit que les gens à faible revenu utilisent leur argent pour les choses vraiment nécessaires. Les données semblent le confirmer.
L'autre élément important qui ressort des données est le fait que l'avantage diminue avec l'augmentation du revenu. Dans les quintiles de revenu plus élevés, on commence à utiliser l'argent pour d'autres choses, comme l'épargne, les placements et diverses autres choses, rien de mauvais dans cela selon nous.
Toutefois, on pourrait dire qu'il s'agit d'argent mort. Les quintiles de revenu inférieurs se servent de l'argent pour se nourrir et se loger, remettant ainsi l'argent directement et immédiatement dans l'économie. En revanche, les quintiles supérieurs se servent d'une partie de cet argent pour des choses comme des investissements, entre autres. Ces montants sont mis de côté correctement, mais ils ne sont pas dépensés immédiatement et n'ont donc aucun impact économique important dans l'immédiat.
Voici une question intéressante: si le gouvernement fédéral doit avoir soin de l'argent des contribuables, quelle est la meilleure façon d'utiliser cet argent à son maximum pour stimuler l'économie? L'Allocation canadienne pour enfants est un montant versé directement aux Canadiens, et les données commencent à montrer que c'est l'argent versé en prestations aux personnes âgées, en prestations d'emploi ou en prestations pour enfants qui stimule le plus l'économie et non les réductions d'impôt.
Les données commencent vraiment à mettre des choses en évidence. J'aimerais toutefois soulever un autre point avant de poursuivre sur l'effet avantageux et stimulant des allocations par rapport aux réductions d'impôt, à savoir que 24 milliards de dollars représentent beaucoup d'argent. En fait, la somme de 24 milliards de dollars est supérieure au budget de la Défense nationale ainsi qu'au budget de presque tous les autres ministères.
Il est raisonnable de se demander quelle dépense représentent véritablement ces 24 milliards de dollars. Il s'avère qu'il n'en coûte pas 24 milliards de dollars à l'État fédéral, car 13 milliards sont récupérés sous forme d'impôt. Sur le financement de 24 milliards de dollars, les provinces et l'État fédéral récupèrent 13 milliards sous forme d'impôts. Sur ces 13 milliards de dollars, l'État fédéral récupère 7 milliards et les provinces, 6 milliards. Le gouvernement fédéral accorde une enveloppe de 24 milliards de dollars qui ne lui coûte en fait que 17 milliards de dollars. Les provinces ne financent pas à l'Allocation canadienne pour enfants, mais elles récupèrent 6 milliards de dollars grâce à elle. Je dirais qu'elles sont assez gagnantes dans cette situation.
Combien rapportent 24 milliards de dollars en retombées économiques? C'est comparable au produit intérieur brut de la Nouvelle-Écosse, soit environ 46 milliards de dollars en retombées directes et indirectes. Celles-ci représentent à peu près 0,5 % du produit intérieur brut du pays. Depuis son lancement, le programme a contribué au produit intérieur brut du pays à hauteur de 139 milliards de dollars.
Tous les secteurs de l'économie en profitent. C'est naturel, mais ce qui est tout à fait logique aussi, c'est que le secteur qui en profite le plus soit le logement. Les gens qui reçoivent l'Allocation canadienne pour enfants utilisent leur argent pour se loger.
Le deuxième qui en profite le plus est le secteur manufacturier. Les parents qui reçoivent cet argent le dépenseront sur des vêtements, des chaussures, des bicyclettes et d'autres produits fabriqués.
Le secteur économique de la construction arrive au troisième rang.
Chaque année, ce montant de 24 milliards de dollars crée directement ou indirectement 418 000 emplois à temps plein et environ 70 000 emplois à temps partiel. Depuis sa mise en oeuvre, ce programme a créé énormément d'emplois: 1,4 million, en tout. Ce ne sont là que les avantages et les retombées mesurables.
L'Allocation canadienne pour enfants comporte évidemment de nombreux avantages qu'on ne peut pas mesurer, du moins pas avec des paramètres économiques. C'est intuitif. Si un enfant est proprement vêtu et bien nourri quand il se rend à l'école, il sera susceptible d'avoir une bien meilleure capacité d'apprentissage. En outre, il aura moins de problèmes de santé.
Je suis prêt à reconnaître que le programme comporte des avantages indirects qui ne sont pas mesurables. Cependant, ils sont très judicieux et aident énormément les familles et les gens ayant des enfants.
Il n'est pas possible de mesurer les retombées de l'Allocation canadienne pour enfants sur le système de santé canadien, mais elles vont de soi. L'allocation permet de réduire le stress financier. L'effet multiplicateur est énorme. Un enfant en santé est plus actif. Un enfant qui performe du point de vue académique devient un citoyen plus productif.
C'est vrai, cette initiative a un coût important, mais elle est sensée du point de vue économique et j'espère avoir présenté des arguments convaincants à ce sujet, ainsi qu'au sujet des avantages en matière de santé et d'éducation. Il ne serait pas farfelu de dire qu'il s'agit de la meilleure utilisation des deniers publics qui soit.
En terminant, je voudrais citer un de mes conservateurs préférés — ils ne sont pas nombreux. Je sais que les conservateurs sont un peu fâchés, mais je leur suggérerais de discuter avec l'ancien sénateur Hugh Segal, qui a dit: « [N]ous ne voulons pas que 3,5 millions [...] soient laissés pour compte. Ce n'est pas le genre de personnes que nous sommes [...] Il est dans notre intérêt d'avoir une économie où tous ont accès aux liquidités et à des ressources financières. »
Je pense que mes collègues conservateurs devraient réfléchir à l'opinion de M. Segal à ce sujet. Lui et son collègue l'ancien sénateur Eggleton ont mené une étude d'envergure sur la pauvreté au Canada lorsqu'ils étaient sénateurs. Une des principales recommandations était la création d'une allocation canadienne pour enfants qui agirait comme un revenu minimum garanti pour l'ensemble des familles canadiennes.
Voir le profil de Tamara Jansen
PCC (BC)
Monsieur le Président, je ne suis pas certaine que M. Trudeau restera dans l'histoire pour ce qu'il a fait au sujet de la prestation fiscale pour enfant. J'ai des enfants et j'étais bien heureuse d'avoir accès au crédit d'impôt pour enfants.
Je me demande si le député croit réellement que l'histoire se souviendra du premier ministre pour ce qu'il a fait dans ce dossier?
Voir le profil de Anthony Rota
Lib. (ON)
Je tiens à rappeler aux députés qu'ils doivent s'abstenir de désigner leurs collègues par leur nom. La députée s'est rattrapée, mais j'en profite pour rappeler à tout le monde qu'à la Chambre, il ne faut pas désigner les députés par leur nom, mais plutôt par leur titre.
Voir le profil de John McKay
Lib. (ON)
Monsieur le Président, comme je l'ai dit au début de mon discours, en campagne électorale, il y a beaucoup de questions qui sont soulevées, dont certaines sont futiles. J'avais espéré qu'on puisse s'en tenir aux enjeux importants.
Au bout du compte, les historiens retiendront que le premier ministre a regroupé toutes les prestations qui revenaient aux familles et aux enfants dans un seul programme, et que cet important programme a permis de réduire grandement le taux de pauvreté chez les enfants au Canada. Il est aussi important de noter que la circonscription de Scarborough—Guildwood a connu la plus importante réduction de la pauvreté infantile au pays. Dans cette circonscription, on se souviendra du premier ministre comme étant celui qui a mis en place une mesure très importante.
Voir le profil de Rachel Blaney
NPD (BC)
Monsieur le Président, j'ai vraiment été déçue que le discours du Trône ne contienne rien au sujet du sort du saumon sauvage. Dans ma circonscription, bien des emplois ont été perdus à cause de tous les problèmes qui entourent le saumon sauvage.
Une des principales frustrations, commune à tant de groupes d'intervenants, est le manque de discussions et de consultations constructives. Il faut un plan d'ensemble.
Le député peut-il nous dire si un tel plan va bientôt se matérialiser? S'agit-il d'une priorité aussi grande pour le gouvernement que pour les habitants de North Island—Powell River?
Voir le profil de John McKay
Lib. (ON)
Monsieur le Président, j'éprouve beaucoup de sympathie et de sollicitude à l'égard de ceux qui ont perdu leur emploi.
Je comprends leur frustration. Pendant des années, les choses allaient mal en Ontario. Elles allaient mal dans la circonscription de Scarborough—Guildwood. Toutefois, l'optimisme est maintenant revenu.
S'il n'y a pas eu de discussions pendant la campagne électorale, la nomination de la vice-première ministre est un signe que le premier ministre souhaite vraiment entamer la discussion.
Les Canadiens ont besoin de savoir qu'il existe un cadre pour la circonscription de la députée, pour celle de Scarborough—Guildwood et pour toutes les circonscriptions du pays. Ce cadre représentera une protection du revenu minimal annuel pour les familles, comme je l'ai indiqué au sujet de l'Allocation canadienne pour enfants dans mon discours.
Voir le profil de Marilène Gill
BQ (QC)
Voir le profil de Marilène Gill
2019-12-13 10:28 [p.447]
Monsieur le Président, j'aimerais remercier les électeurs de Manicouagan de m'avoir fait confiance de nouveau pour un mandat solide. Je tiens à leur assurer que je les servirai de façon digne et intègre.
J'aimerais poser une question à mon honorable collègue de Scarborough—Guildwood. Ma question est en lien avec quelque chose qui touche les citoyens de ma circonscription. On a beaucoup parlé d'équité, des façons d'aider les gens à sortir de la pauvreté, de développement et de tous les effets positifs de certaines mesures.
La question de l'assurance-emploi est très importante pour le Bloc québécois, mais cela n'a pas été abordé dans le discours du Trône. Cette semaine, nous avons parlé des prestations de l'assurance-maladie. Ces prestations sont très importantes. Elles sont quasi vitales, sans faire de jeu de mots et en tout respect des gens qui sont atteints de maladies graves. C'est la même chose pour les gens qui ont des emplois saisonniers, notamment dans l'industrie de la pêche, du tourisme ou l'industrie forestière. Chez nous, des communautés entières sont menacées. On menace l'occupation du territoire, on menace ma circonscription.
Qu'est-ce que le gouvernement fera de concret?
Comme mon collègue d'en face l'a mentionné, théoriquement, l'économie se porte bien ici. Nous avons beaucoup de cotisations. Pourquoi réduisons-nous les cotisations?
Pourquoi n'investissons-nous pas plutôt dans le programme de l'assurance-emploi pour permettre aux gens qui vivent présentement un trou noir d'avoir l'esprit en paix et de célébrer Noël comme tous les gens qui peuvent le faire parce qu'ils ont de bons emplois où ils reçoivent les services dont ils ont besoin?
Voir le profil de John McKay
Lib. (ON)
Monsieur le Président, je félicite ma collègue de sa victoire électorale. Elle a très vite compris qu'il est tout à fait possible de transformer une question en un bref discours.
Il existe trois grands types de prestations qui sont offertes aux Canadiens par le gouvernement fédéral: les prestations pour aînés, qui totalisent environ 56 milliards de dollars, les prestations pour les familles avec enfants, qui représentent environ 24 milliards de dollars — j'en ai d'ailleurs parlé tout à l'heure —, et les prestations de chômage, pour approximativement 20 milliards de dollars. Ce dernier programme fait l'objet d'un suivi permanent et il est ajusté selon les fluctuations du taux de chômage dans chaque région.
J'invite la députée à se renseigner pour voir si, dans sa région, les ajustements apportés sont bien adaptés à la réalité et permettent de répondre aux besoins des gens du coin. Elle peut en discuter directement avec l'organisme qui administre le programme d'assurance-emploi; elle saura ainsi si les besoins des gens de sa circonscription sont pris en compte.
Voir le profil de Greg Fergus
Lib. (QC)
Voir le profil de Greg Fergus
2019-12-13 10:31 [p.448]
Monsieur le Président, j'ai une question pour mon honorable collègue de Scarborough—Guildwood. Il a passé une grande partie de son discours à parler du rapport coût-avantages de l'Allocation canadienne pour enfants. Vers la fin, il disait que les coûts étaient faibles par rapport aux avantages que la société allait certainement en tirer. La deuxième partie de son discours est très importante. Quand on réduit le taux de pauvreté, on donne des possibilités. Ce n'est pas que du verbiage, c'est quelque chose de très sérieux. C'est déterminant pour l'avenir des jeunes de ne pas grandir dans la pauvreté.
Alors, j'aimerais entendre les commentaires de mon collègue concernant l'importance d'un programme comme l'Allocation canadienne pour enfants dans sa circonscription.
Quels seront les effets sur l'avenir des jeunes?
Voir le profil de John McKay
Lib. (ON)
Monsieur le Président, je félicite mon collègue pour sa nomination d'hier. Je sais ce dont il est capable et je suis convaincu qu'il fera un excellent secrétaire parlementaire.
En fait, j'ai délibérément choisi, dans mon discours, de parler à peu près juste des retombées mesurables de l'Allocation canadienne pour enfants, car il s'agit d'un argument économique en faveur de l'allocation elle-même. Je ne me suis pas attardé aux retombées intangibles — dans le domaine social, par exemple, ou sur la santé, l'éducation et les perspectives d'avenir — parce que, selon moi, elles sont plutôt d'ordre conceptuel, donc difficilement mesurables. Ce qui ne veut pas dire qu'elles ne sont pas aussi, sinon plus importantes que les retombées économiques obtenues, au contraire.
Un enfant qui a le ventre plein, qui a des vêtements décents sur le dos et des chaussures aux pieds, c'est un enfant en santé qui est capable d'apprendre. C'est le gros bon sens. Vous avez tout à fait raison de dire que les avantages indirects et non mesurables sont aussi, sinon plus importants que les retombées mesurables dont parlent surtout les économistes.
Voir le profil de Anthony Rota
Lib. (ON)
Je rappelle aux députés que, même si un collègue se trouve près d'eux, ils doivent adresser leurs observations à la présidence. Je suis persuadé que le député de Scarborough—Guildwood voulait dire que son collègue de Hull—Aylmer, et non le Président, avait raison. Je tenais simplement à rectifier les choses.
Voir le profil de Bernard Généreux
PCC (QC)
Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec mon collègue de Regina—Lewvan.
Je suis heureux de prendre la parole aujourd'hui au sujet du discours du Trône. J'aimerais d'abord remercier les électeurs de ma circonscription de m'avoir donné leur confiance lors de la dernière élection pour une troisième fois de ma carrière politique. J'en suis très heureux. J'aimerais aussi remercier ma famille, les bénévoles et tous les employés qui m'ont appuyé durant cette campagne électorale. Cela a été de loin la plus belle campagne électorale que nous avons menée et nous sommes parvenus à ce résultat grâce à nos accomplissements.
Je veux prendre la parole sur ce discours du Trône pour parler de ma circonscription dans laquelle on retrouve une grande diversité de métiers, de cheminements professionnels et de parcours scolaires. Ce qui unit les gens de ma circonscription, c'est l'esprit entrepreneurial et la volonté d'avoir un représentant de la région qui comprend l'importance d'appuyer et de mettre en valeur les organismes et les entreprises. Ceux-ci sont des piliers économiques de chez nous. Je parle notamment de l'agriculture, des entreprises manufacturières, des organismes communautaires, du tourisme et bien d'autres sphères d'activités.
Le travail de proximité que j'ai accompli avec les gens de ma circonscription au cours des quatre dernières années a été très remarqué. C'est ce qui explique le résultat que j'ai obtenu à la dernière élection. Récemment, j'ai été très fier d'apprendre que mon chef avait décidé de m'offrir un poste au sein du cabinet fantôme et d'être porte-parole en matière de développement économique rural et des régions du Québec. Étant entrepreneur moi-même, c'est une grande fierté d'obtenir ces fonctions qui m'ont été confiées par mon chef.
Je dois noter que la vaste majorité des électeurs ne partagent pas nécessairement la vision aux lunettes roses du gouvernement libéral en matière de développement économique depuis les quatre dernières années.
Par ailleurs, la région de Rivière-du-Loup figure régulièrement au palmarès des villes les plus entrepreneuriales au pays. Lorsque les libéraux ont voulu s'attaquer aux PME en modifiant les règles fiscales sous prétexte que ces entreprises étaient des échappatoires fiscales, les électeurs s'en sont souvenus. Cela avait soulevé toute une grogne.
Le premier ministre demeure en poste, mais avec ce gouvernement minoritaire, l'avenir de son parti devient de plus en plus incertain. On remarque que ses appuis sont à la baisse partout au pays. La semaine dernière, on attendait de voir dans le discours du Trône si le gouvernement prendrait enfin l'économie des régions au sérieux. À première vue, ce n'est pas le cas. Je n'ai pas eu à feuilleter tout le discours du Trône, puisque la recherche du terme « développement économique rural » donnait un seul résultat, dans un passage que je vais lire.
Où qu’ils vivent, que ce soit dans de petites communautés rurales ou dans de grandes villes, dans les contreforts des Rocheuses ou dans les villages de pêcheurs du littoral, dans le Grand Nord ou le long de la frontière canado-américaine, tous les Canadiens veulent faire de leur pays un meilleur endroit où vivre pour eux-mêmes, pour leurs enfants et pour leurs communautés.
Concrètement, qu'est-ce que cela veut dire? À mon avis, cela ne veut absolument rien dire. C'est un poème. C'est de l'art. Il n'y a rien d'accrochant dans ce discours qui nous fait croire qu'on prend au sérieux le développement économique et rural dans nos communautés. Quels gestes le gouvernement va-t-il poser pour améliorer la qualité de vie des communautés rurales?
C'est à cela que devrait servir le discours du Trône. Un discours du Trône sert à énumérer les priorités que nous avons. Quand on ne peut pas retrouver le mot « rural » dans une expression qui voudrait dire quelque chose ni le terme « développement économique », cela indique quelles sont les priorités de ce gouvernement pour les prochaines années. Le gouvernement est censé énumérer une liste des priorités, pas nous endormir avec un beau poème.
Le gouvernement va-t-il abolir la Banque de l’infrastructure, qui détourne l’argent promis pour réaliser des projets d’infrastructure partout au pays pour plutôt financer des mégaprojets dans des villes ou dans des centres urbains, et même, dans certains cas, en Chine, notamment des pipelines.
À titre d'exemple — des exemples que je ne vends pas au gouvernement, mais que je lui donne —, le gouvernement va-t-il remettre en place le Programme d’infrastructure communautaire qui existait à Développement économique Canada à l’époque des conservateurs pour financer des projets en milieu rural? Ce programme, que l'on appelait le PIC 150, était l'un des plus beaux programmes que le gouvernement fédéral ait jamais eus.
On sait que le gouvernement fédéral ne peut pas avoir de relation directe avec les municipalités au Québec. Cependant, avec les organismes communautaires et les organisations de développement économique, il était possible de faire accepter des projets dans le cadre de ce programme. Mes collègues doivent s’en souvenir. C'était un programme absolument fantastique.
On ne retrouve absolument rien de comparable dans les cartons du gouvernement actuel. Il n’y a rien à ce sujet. Il n’y a rien pour nos entreprises forestières, agricoles et manufacturières. Il n’y a rien au sujet d'une déclaration de revenus unique ni en faveur d'un meilleur arrimage de l'immigration avec le marché du travail.
Il n'y a rien non plus sur le sort de nos marinas. On sait que, dans ma région particulièrement et partout au Québec, plusieurs marinas le long de notre beau fleuve Saint-Laurent sont aux prises avec des problèmes importants liés au dragage. Les bénévoles sont essoufflés. Il faut absolument agir dans ce dossier. J’aurai d’ailleurs des conversations avec la ministre à ce sujet. Il faut prendre le taureau par les cornes et régler ce problème une fois pour toutes.
C’est sans parler des déversements d'eaux usées dans le fleuve. C’est un élément que nous avons soulevé durant la campagne électorale. Nous avons donné ce dossier en cadeau au gouvernement, qui aurait pu le reprendre. Il aurait pu mettre sur pied un programme d’infrastructure au lieu d’envoyer cela en Chine, et financer nos programmes pour garantir qu’on ne déverse plus d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent. Cela n’a aucun bon sens.
Pourtant, les gens des régions du Québec sont des Canadiens au même titre que les gens de Montréal ou de Toronto. Ils paient leurs impôts comme tout le monde. Le gouvernement a le devoir de ne pas les oublier comme il l’a fait ces quatre dernières années.
Un autre élément qui manque au discours du Trône est une stratégie pour assurer la relève des petites et moyennes entreprises, les PME. Il y a un an à peine, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante a révélé que 72 % des propriétaires de PME envisageaient de céder leurs entreprises, une vaste majorité d'entre eux prévoyant prendre leur retraite. On parle ici d’un transfert potentiel de 1 500 milliards de dollars: c'est énorme.
Je suis moi-même entrepreneur et ma fille veut prendre la relève de mon entreprise. Il faut être capable d’aider ces jeunes qui veulent prendre la relève d'entreprises ayant acquis une certaine valeur. Il faut les aider à en être capables. Les statistiques indiquent que 46 % des propriétaires d'entreprises souhaitent les céder à un membre de la famille. Or, à l'heure actuelle, le gouvernement pénalise les transferts d’entreprises, particulièrement dans le monde agricole. On en parle depuis plusieurs années. Quand on transfère une entreprise à quelqu’un de la famille, c’est moins payant que de la vendre à un étranger.
Cette semaine, l’Institut de la statistique du Québec a confirmé que le déclin démographique se poursuivait dans le Bas-Saint-Laurent, sur la Côte-Nord et en Gaspésie.
Est-ce que le gouvernement souhaite aider les entreprises familiales — dont certaines existent depuis des générations — à demeurer sur notre territoire, ou préfère-t-il que celles-ci ferment boutique ou soient vendues à des intérêts chinois?
L’élite urbaine des libéraux et du NPD ne semble pas prendre l’affaire au sérieux.
En plus d’être déçu de ce gouvernement, je suis très déçu de constater à quel point le Bloc québécois s’est rangé si rapidement derrière les libéraux en appuyant le discours du Trône dans les minutes qui ont suivi sa sortie. D'après moi, le choix des libéraux d'inclure dans ce discours l’engagement du NPD de créer une assurance-médicaments fédérale est un point contre lequel le Bloc québécois aurait dû s’insurger au lieu de l’appuyer. En effet, il est question ici d’une intrusion dans le champ des compétences des provinces. Le Bloc semble toujours prêt à accepter cette vision d'un fédéralisme centralisateur si le Québec se voit accorder un droit de retrait avec compensation. Essentiellement, le fédéral achète la paix et le Bloc tombe dans le piège.
De toute évidence, nous n'appuierons pas ce discours du Trône. Je pense qu’il n’y a rien dedans pour les régions ni en faveur du développement économique. Le Québec est différent et il est fier de sa différence.
Voir le profil de Greg Fergus
Lib. (QC)
Voir le profil de Greg Fergus
2019-12-13 10:44 [p.449]
Monsieur le Président, au Parlement, on entend des discours très différents. J'ai écouté le discours de mon honorable collègue le député de Scarborough—Guildwood et celui de mon honorable collègue de Montmagny—L'Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup, et ceux-ci n'auraient pas pu être plus différents.
J'aimerais poser une question à mon honorable collègue concernant le discours du Trône, qu'il critique vertement: est-il pour ou contre l'Allocation canadienne pour enfants?
Nous voulons bonifier cette allocation pour réduire encore davantage la pauvreté et appuyer les familles au Canada. Depuis que je suis ici, dans la région, soit depuis la fin des années 1980, on fait des déclarations solennelles à la Chambre selon lesquelles on va mettre fin à la pauvreté infantile, mais on n'a rien fait jusqu'en 2015. Dès 2015, en quatre courtes années, nous avons réussi à réduire la pauvreté d'un tiers.
Mon honorable collègue est-il en faveur de cette initiative?
Voir le profil de Bernard Généreux
PCC (QC)
Monsieur le Président, on ne peut pas être contre la vertu, mais la mise en place de ce programme date d'avant l'arrivée des libéraux. D'ailleurs, c'est nous qui l'avons mis en place. La réalité, c'est que nous l'avons fait, et ce, avec un budget équilibré.
Rappelons que la grande période de croissance économique qu'on a vécue au cours des quatre dernières années n'était pas attribuable au gouvernement libéral, mais au contexte économique que nous avons mis en place et qui a permis cette relance économique. C'était d'ailleurs une relance économique mondiale et pas seulement canadienne. Dans de telles circonstances, on doit normalement engranger de l'argent et non augmenter la dette comme le gouvernement libéral l'a fait au cours des quatre dernières années et comme il compte continuer de le faire pendant des dizaines d'années, ce qui est encore pire. Voilà l'héritage qu'il va laisser à nos enfants et à ceux de mon collègue.
Oui, nous sommes d'accord pour mettre de l'argent dans les poches des familles. Cela ne nous pose aucun problème. D'ailleurs, nous l'avons fait pendant plusieurs années, mais nous l'avons fait de façon responsable, contrairement à ce gouvernement.
Voir le profil de Gabriel Ste-Marie
BQ (QC)
Voir le profil de Gabriel Ste-Marie
2019-12-13 10:47 [p.450]
Monsieur le Président, ma question s'adresse au député de Montmagny—L'Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup, qui déplore le manque de mesures pour soutenir le développement de nos régions dans le discours du Trône.
Le Bloc québécois a proposé un amendement à la Chambre qui visait notamment à défendre bec et ongles la gestion de l'offre et à augmenter les transferts en santé. Je pense que toutes les régions du Québec veulent que les services de santé soient mieux financés.
Pourquoi mon collègue a-t-il choisi de voter contre cet amendement? Plutôt que de lancer des fleurs de rhétorique et de dire que le Bloc québécois appuie le fédéralisme centralisateur, il aurait pu se lever à la Chambre et défendre les régions en votant pour l'amendement du Bloc.
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