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Lib. (QC)
Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole à la Chambre aujourd'hui pour réagir au discours du chef de l'opposition.
L'une des choses dont les Canadiens nous ont fait part au cours de la campagne électorale des derniers mois et subséquemment, c'est que nous devons travailler en collaboration à la Chambre. Pour ce faire, il faudra notamment écouter ce que chacun a à dire à la Chambre.
Bien que mon équipe m’ait donné un excellent discours en réponse à celui du chef de l’opposition, ce matin, je choisis de ne pas le lire, parce qu'il a été écrit hier. Je veux prendre le temps de vraiment écouter le chef de l’opposition, qui nous a fait part de sa vision quant au présent mandat parlementaire et à la façon d’aider les Canadiens d’un bout à l’autre du pays.
Il y a une réflexion qui porte sur la nouvelle approche que nous devrions adopter. Au lieu de simplement lire un discours qui rappellerait tout ce que nous avons fait et tout ce que nous voulons faire, un discours qui rassemblerait les éléments contenus dans l’excellent discours du Trône qui a été livré hier, je préférerais répliquer au discours du chef de l’opposition en traitant chaque élément séparément.
Malheureusement, à mesure que je parlerai des points que le chef de l’opposition a soulevés dans son discours, je devrai m'en éloigner un peu. Certaines questions cruciales revêtent une importance énorme pour le pays et les Canadiens, mais il n'en a pas parlé, il ne les a pas abordées et il ne les a pas commentées. Tout d'abord, il y a la question de la réconciliation avec les Autochtones.
Nous sommes réunis ici aujourd'hui, et chaque jour, sur le territoire non cédé du peuple algonquin anishinabe. Pour que le pays aille de l'avant, il faut inclure tous les Canadiens et veiller à ce qu'ils aient une chance réelle et équitable de réussir. Depuis trop longtemps, les deux Chambres du Parlement s'engagent mal sur la voie de la réconciliation, qui est sans contredit une voie tortueuse. Nous essuierons des revers et surmonterons des obstacles en la parcourant, mais nous pourrons faire de réels progrès, non seulement pour les Autochtones, mais aussi pour tous les Canadiens, comme ces derniers nous l'ont demandé à maintes reprises lors de la dernière campagne électorale. De ce côté-ci de la Chambre, nous continuerons à œuvrer à la réconciliation avec les Autochtones. Je suis certain qu'il ne s'agissait que d'un simple oubli de la part du chef de l’opposition. Je sais que beaucoup de députés d'en face veulent vraiment que nous travaillions avec les Autochtones du Canada dans un esprit de partenariat et de respect.
Il n'a également pas abordé les défis que nous devons relever et les possibilités qui s'offrent à nous en matière de santé, ni les dossiers importants sur lesquels nous allons travailler au nom des Canadiens, que ce soit pour l'accès universel à l'assurance-médicaments et à un médecin de famille ou pour que les résultats et les attentes relatifs aux services de santé mentale soient clairs partout au pays. Nous comptons faire avancer ces dossiers, sans oublier celui des soins à domicile et des soins palliatifs.
Nous savons que ce sont des dossiers de compétence provinciale et que nous devrons donc collaborer avec les provinces avec respect et dans un esprit de partenariat. C'est pourquoi je suis heureux d'avoir déjà amorcé le dialogue avec elles et de pouvoir compter sur les personnes remarquables que sont la ministre de la Santé, son équipe et la vice-première ministre. Elles vont travailler directement avec les premiers ministres des provinces et des territoires pour que les Canadiens puissent mieux rester en santé.
Je comprends que mon défi est maintenant de répondre au discours du chef de l'opposition. Je vais donc reprendre sa liste des priorités qu'il voit pour les Canadiens.
Je pense qu'aucun Canadien, où qu'il soit au pays, ne sera surpris de m'entendre dire que nous sommes assez d'accord, malgré ces quelques omissions, avec ce qu'il a présenté comment étant les grandes préoccupations des Canadiens: le coût de la vie, l'abordabilité, la sécurité des Canadiens à l'étranger, l'assurance de bons emplois pour les Canadiens, la lutte contre les changements climatiques et, enfin, l'unité du pays.
Je pense qu'il vaudrait la peine de passer en revue chacun de ces éléments ainsi que quelques-uns de ses arguments et des perspectives qu'il entrevoit, pour démontrer non seulement que nous savons écouter, mais aussi que nous voulons collaborer avec tous les partis à la Chambre des communes.
Commençons par l'enjeu du coût élevé de la vie.
Le chef de l’opposition a souligné que de nombreux Canadiens sont inquiets au sujet de leurs finances personnelles et de la voie à suivre pour garantir qu'ils toucheront une retraite et que leurs enfants auront de bons emplois. L'augmentation du coût de la vie les inquiète, notamment les dépenses quotidiennes et le coût du logement. Ils ont bien raison. C'est pourquoi le Parti libéral a décidé, il y a quatre ans, de se concentrer sur la classe moyenne et les gens qui travaillent fort pour en faire partie. Ce que nous avons proposé dans le présent discours du Trône pour notre mandat qui s'amorce, c'est de répondre à leurs inquiétudes de façon concrète et tangible.
Certaines des initiatives que nous avons prises au cours de notre premier mandat commencent à porter fruit, mais nous savons qu'il y a encore beaucoup à faire. Le tout premier geste que nous avons posé au cours de la dernière législature a été de réduire l'impôt de la classe moyenne et d'augmenter celui du 1 % le plus riche. Nous savions que la réduction des impôts changerait les choses dans la vie des Canadiens et démontrerait que nous comprenons leur angoisse. C'est la toute première chose que nous avons faite. La toute première chose que nous proposons de faire au cours de cette 43e législature, c'est encore une fois de réduire les impôts des Canadiens.
Nous allons très bientôt proposer de porter à 15 000 $ le montant personnel de base sur lequel les gens ne paient pas d'impôt. C'est donc dire que des milliers de Canadiens n'auront plus à payer d'impôt du tout parce qu'ils gagnent moins de 15 000 $. Bien d'autres encore verront leur fardeau fiscal diminuer de manière considérable. Puisque nous cherchons des terrains d'entente à la Chambre des communes, je souligne que cette proposition se rapproche beaucoup de celle présentée par le chef de l'opposition officielle pour atténuer le fardeau fiscal des personnes qui ont les revenus les plus modestes.
Le chef de l’opposition a présenté une proposition qui permettrait d'aider les Canadiens. Cette proposition nous pose un seul petit problème, problème qui est réglé par ce que nous proposons. Je ne pense pas que le chef de l'opposition et son équipe puissent s'y opposer. Je pense qu'ils peuvent appuyer notre proposition, car le changement que nous avons apporté vise à faire en sorte que la baisse d'impôt destinée aux Canadiens à faible revenu et à la classe moyenne ne renferme pas un avantage pour les plus riches. Le petit problème que posait la proposition du chef de l'opposition est qu'elle profitait davantage à une personne qui gagne 400 000 $ par année qu'à une autre qui en gagne 40 000 $. Nous veillons à ce que l'aide que nous apportons aux Canadiens sous forme de baisses d'impôt profite vraiment à ceux qui en ont le plus besoin. Voilà qui va contribuer à faire baisser le coût de la vie.
La deuxième grande chose que nous avons faite en tant que gouvernement, il y a quatre ans, a été de mettre sur pied l'Allocation canadienne pour enfants. Nous avons arrêté d'envoyer des chèques aux familles millionnaires, comme la mienne et celle de mon collègue, et nous avons plutôt commencé à donner plus d'argent à celles qui en ont vraiment besoin: les familles à faible revenu et celles de la classe moyenne. Cette mesure a permis de sortir plus de 300 000 enfants de la pauvreté au Canada.
Toutefois, nous reconnaissons qu'il y a encore du travail à faire, et je ne veux pas prendre tout mon discours pour parler de ce que nous avons fait au cours des quatre dernières années. Je préfère parler de ce que nous allons faire à partir de maintenant. Nous proposons d'augmenter l'Allocation canadienne pour enfants pour les familles ayant des enfants de moins de 1 an. Je pense qu'il s'agit d'une proposition que les gens ici peuvent accepter. Nous savons que les coûts associés aux nouveau-nés sont plus élevés que ceux liés aux enfants de 3 ans ou de 13 ans. Cette mesure va réellement aider les familles, et nous savons que cela va aider à rassurer les gens quant à leur avenir et à celui de leurs enfants. De plus, cela va diminuer le niveau d'anxiété, que nous reconnaissons, de bien des Canadiens.
Nous reconnaissons aussi que le logement est une préoccupation pour énormément de Canadiens. C'est pourquoi, au cours des dernières années, nous avons élaboré une stratégie nationale sur le logement qui vise à améliorer l'abordabilité et à assurer un logement aux Canadiens. Cependant, nous reconnaissons évidemment qu'il nous reste encore beaucoup à faire.
Nous travaillons avec les municipalités et les provinces pour régler le problème très concret que représente la pénurie de logements. Conscients qu'il reste encore beaucoup à faire, nous continuons d'investir dans les infrastructures. Nous avons bien hâte de mettre en place l'Allocation canadienne pour le logement. Il s'agit d'une allocation transférable, qui est destinée aux familles, plutôt qu'à un appartement ou à un lieu précis. Les familles disposeront ainsi d'un plus large éventail de choix pour trouver le logement abordable dont elles ont besoin pour se bâtir un avenir meilleur.
Nous sommes aussi conscients du fait que beaucoup trop de jeunes Canadiens ont de plus en plus de mal à acheter leur première maison à cause de l'augmentation incessante des prix de l'immobilier au pays. Malgré la croissance économique et la création d'emplois, nous savons que les gens sont anxieux et que plus les milléniaux et d'autres membres de la société tardent à acheter leur première maison, plus ils ratent des occasions qui leur permettraient de se constituer un capital tout au long de leur vie pour pouvoir jouir d'une retraite confortable. C'est pourquoi, il y a quelques années, nous avons instauré l'Incitatif à l'achat d'une première propriété. Cette initiative réduit les mensualités hypothécaires, rendant ainsi l'achat d'une première habitation plus abordable. Il s'agit cependant d'une mesure que nous avons déjà prise.
La prochaine étape que nous proposons, à propos du logement abordable, c'est de voir à ce qu'on prévoie des sommes plus élevées pour les résidants des régions où l'immobilier est très cher, comme Vancouver, la vallée du bas Fraser, Victoria et le Grand Toronto. Ainsi, un plus grand nombre de gens seront en mesure d'acheter une première maison, et ce, même dans les régions où le coût de l'immobilier est nettement plus élevé qu'ailleurs. Nous avons toujours à cœur, dans tout ce que nous faisons, de favoriser l'abordabilité et de soutenir les gens de la classe moyenne et ceux qui travaillent fort pour en faire partie.
Il est intéressant de noter que, lorsqu'il a parlé de la taxe sur le carbone, le chef de l’opposition a dit qu'elle entraînait des coûts notables pour les Canadiens. S'il tient réellement à rassurer les Canadiens à propos de l'avenir et à leur donner l'assurance qu'ils sauront relever de nouveaux défis et subvenir aux besoins de leur famille, il serait bon de rétablir les faits au sujet des retombées qu'aura notre programme de tarification de la pollution pour les Canadiens de partout au pays.
Tout d'abord, pour éviter qu'on puisse polluer gratuitement au Canada, nous avons voulu collaborer avec les provinces afin qu'elles puissent fixer un prix pour la pollution en fonction de leurs intérêts et de leurs réalités propres. C'était le point de départ. Nous préférerions ne pas avoir à mettre en place de filet de sécurité fédéral, où que ce soit au pays, car nous savons que les provinces ont des perspectives et des besoins variés et qu'elles devraient être en mesure de définir leur propre manière de lutter contre les changements climatiques et de tarifer la pollution pour qu'on ne puisse pas polluer gratuitement au Canada. Cependant, nous devons aussi garantir que toutes les provinces canadiennes collaborent pour éviter que la pollution ne soit gratuite, où que ce soit au pays, et pour que les règles de jeu soient équitables. Voilà pourquoi, avec raison, dans le Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques, nous prévoyons la mise en œuvre de mesures équivalentes et aussi rigoureuses partout au pays.
Certaines provinces ne croient pas qu'il soit important de lutter contre les changements climatiques ou de fixer un prix pour la pollution. En conséquence, nous devons mettre en place un filet de sécurité.
Soulignons toutefois que chaque dollar perçu avec la tarification de la pollution sera remis à la province où il a été recueilli. Surtout, dans une province donnée, les coûts moyens qu'entraînera notre plan de tarification de la pollution seront inférieurs au montant de l'Incitatif à agir pour le climat qui sera remis à la famille moyenne au moment de la déclaration de revenus, avant la fin de l'année. En termes clairs, cela veut dire que, dans les provinces où s'appliquera le filet de sécurité fédéral, c'est-à-dire au Nouveau-Brunswick, en Ontario, en Saskatchewan et, bientôt, en Alberta et au Manitoba, le contribuable moyen s'en trouvera mieux avec ce plan de tarification sur la pollution que s'il n'y avait aucune tarification de la pollution. En effet, en Saskatchewan, la province du chef de l’opposition, je peux affirmer que les familles auront chaque année des centaines de dollars de plus dans leurs poches grâce à ce plan de tarification de la pollution. Si l'on souhaite vraiment faire diminuer la température et l'anxiété dans l'Ouest, il serait utile de signaler ce fait.
Nous sommes aussi conscients de ce que, pour rendre le coût de la vie plus abordable pour les Canadiens, nous devons nous attaquer aux problèmes de pauvreté qui continuent de frapper de trop nombreux Canadiens. C'est ainsi que des initiatives comme l'Allocation canadienne pour enfants et les efforts que nous avons faits pour éradiquer la pauvreté ont contribué à faire sortir plus de 900 000 Canadiens de la pauvreté au cours des dernières années. C'est un domaine où il y a encore beaucoup à faire, nous le savons. Pour chaque famille tirée de la pauvreté, il y en a plein d'autres qui ont besoin de notre aide. C'est ce sur quoi nous allons concentrer nos efforts dans les années à venir.
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