Interventions à la Chambre des communes
 
 
 
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NPD (ON)
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2019-12-12 13:13 [p.393]
Madame la Présidente, je prends la parole avec humilité pour remercier mes électeurs et mes voisins de m'avoir accordé leur confiance en m'élisant pour continuer de faire rayonner les valeurs de la classe ouvrière d'Hamilton-Centre qui ont été véhiculées à la Chambre par mon prédécesseur, le toujours honorable David Christopherson. Il a incarné la noblesse du service public, et j'espère marcher sur ses traces dans mon travail à la Chambre.
Je prends la parole pour témoigner ma gratitude aux dizaines de bénévoles des milieux communautaires qui ont organisé des centaines de campagnes de porte-à-porte et qui ont parcouru la circonscription, rue après rue et quartier après quartier, pour discuter avec mes voisins d'Hamilton-Centre. Sans eux, je n'aurais pas le privilège d'être ici pour servir à ce poste; je leur en serai éternellement reconnaissant.
Je prends la parole aussi pour partager les sentiments dont ont parlé les chefs de parti aujourd'hui au sujet de l'importance pour les députés qui ont des enfants de jouer leur rôle parental. Je remercie donc mon incroyable épouse et lui exprimer toute ma gratitude d'être là pour m'appuyer depuis le premier jour. Je remercie tous les conjoints des députés, qui font des sacrifices et qui portent le fardeau à la maison pour nous permettre d'être ici.
Je prends la parole pour mon fils de trois ans, qui est tout excité de voir le nouveau lieu de travail de papa. Le moment le plus sacré de ma journée commence vers 19 heures, quand débute la routine du soir avec lui. Je lui lis des histoires dans l'espoir de lui inculquer les traits de caractère que je souhaiterais le voir manifester quand il sera grand ainsi que les valeurs avec lesquelles j'aimerais le voir grandir.
Mon fils s'appelle Langston. Son homonyme est l'auteur du poème Dream Deferred, qui porte sur un rêve reporté. Nous avons entendu les aspirations du gouvernement, exprimées par l'intermédiaire du discours du Trône. Nous les avions déjà entendues, en 2015. La question est de savoir si ce sera de nouveau, cette fois-ci, un rêve reporté.
Nous avons entendu aujourd'hui beaucoup de députés parler du clivage qui divise actuellement la société canadienne. Certains disent que c'est un clivage entre l'Est et l'Ouest. Je conviens qu'il existe un clivage au Canada, mais il n'est pas géographique. Il oppose plutôt les ultrariches et la classe ouvrière.
C'est en tant que fier ex-conseiller municipal d'Hamilton que je prends la parole. Je représentais le quartier 3. Je disais souvent que mon quartier est à Hamilton ce qu'Hamilton est pour le reste du Canada. C'est le secteur de l'acier qui, à une époque plus prospère, a bâti le Canada. Les travailleurs avaient assez d'argent pour subvenir aux besoins de leur famille et pouvaient compter sur des avantages sociaux et des pensions. Cependant, à cause des accords de libre-échange, ces emplois ont été délocalisés à étranger, là où les règles sur la protection de l'environnement sont plus permissives et où les salaires sont moins élevés.
Ma ville a connu un certain regain. Toutefois, l'érosion du secteur secondaire s'y poursuit, avec la perte de l'usine Hamilton Specialty Bar, qui a été acculée à la faillite par Bain Capital. Des générations de travailleurs se retrouvent sans emploi, sans avantages sociaux et sans pensions. Ils sont incapables de subvenir aux besoins de leur famille. Je prends la parole aujourd'hui pour eux.
Je prends la parole aujourd'hui pour les protecteurs de l'environnement aquatique de ma ville, qui veulent que les responsables d'un déversement récent qui a pollué le havre Hamilton aient à rendre des comptes.
Je prends la parole aujourd'hui pour appuyer les jeunes, le mouvement Vendredi pour l'avenir et les étudiants qui font entendre leur voix au sujet des changements climatiques. Les paroles ne sont pas suffisantes pour eux. Ils veulent qu'on agisse maintenant.
Je prends la parole aujourd'hui pour des organismes comme l'Hamilton Centre for Civic Inclusion, que je suis très fier de représenter. Cet organisme est aux premières lignes de la lutte contre la montée de la suprématie de la race blanche et de l'extrême-droite dans notre ville. Je suis ici pour le Disability Justice Network of Ontario, qui défend les intérêts des plus vulnérables au Canada. Je suis ici pour des groupes comme le centre d'aide aux victimes d'agression sexuelle SACHA, qui vient en aide aux femmes.
Les députés d'en face se montrent conciliants, parlent de collaboration. J'aimerais dire aux libéraux que si on veut faire quelque chose pour lutter contre ce qui nous divise, la profonde inégalité qui existe au pays, il suffit de regarder du côté des 87 familles les plus riches. Entre 2012 et 2016, ces familles ont amassé 800 millions de dollars d'avoirs. Leur richesse globale est supérieure à celle des 12 millions de Canadiens qui gagnent le moins. Il faut lutter contre ce phénomène où tout devient marchandise et finances, qu'il s'agisse de l'immobilier ou d'autres éléments de nos vies.
C'est dans cet esprit de conciliation et de collaboration avec mes collègues d'en face que je soumets un sous-amendement au discours du Trône. Je propose:
Que l’amendement soit modifié par:
a) substitution, aux mots « d’allègement fiscal pour les Canadiens visant l’équilibre budgétaire », des mots « pour obliger les millionnaires, les milliardaires et les plus grandes sociétés du Canada à payer leur juste part, afin que nous puissions financer des services essentiels et faire les investissements nécessaires sur le long terme »;
b) adjonction, après le mot « potentiel », des mots « notamment en construisant un demi-million de logements abordables et en élargissant la couverture des soins de santé pour y inclure un régime universel d’assurance-médicaments ainsi qu’un régime national d’assurance dentaire »;
c) adjonction, après les mots « changements climatiques planétaires », des mots « à l’aide d’un plan audacieux comprenant des objectifs plus ambitieux et éliminant les subventions aux gros pollueurs qui sont déjà profitables, (v) de contrer la hausse du coût de la vie en obligeant les grandes entreprises de télécom à réduire les prix élevés des services de téléphone et d’Internet dont les familles et les petites entreprises ont besoin »;
d) substitution, aux mots « les régimes de Moscou et de Pékin et de protéger la souveraineté du Canada dans l’Arctique », des mots « la crise climatique et la montée des dirigeants d’extrême-droite »;
e) substitution, aux mots « des alliés de longue date comme l’OTAN, l’Ukraine et Israël », des mots « du multilatéralisme, de la paix et de la justice »;
f) substitution, aux mots « de consolider les relations avec nos grands partenaires commerciaux », des mots « de veiller à ce que toute entente commerciale future soit juste pour les travailleurs, les gens et notre environnement »;
g) substitution de tous les mots après les mots « une crise d’unité nationale, qui requiert », de ce qui suit: (i) de prendre des mesures immédiates pour que les communautés autochtones aient de l’eau potable salubre et accès à des soins de santé et du soutien, (ii) de respecter les compétences provinciales et d’appuyer un Québec fort dans un Canada uni, (iii) d’aider les travailleurs, particulièrement ceux de l’Ouest canadien, qui ont de la difficulté à joindre les deux bouts dans une économie mondiale qui évolue rapidement, (iv) de ranimer la confiance envers nos institutions nationales, en commençant par instaurer l’éthique et la responsabilisation au gouvernement fédéral et en veillant à ce que le gouvernement écoute la population et non seulement les mieux nantis et ceux qui ont de bons contacts ».
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