Interventions à la Chambre des communes
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NPD (ON)
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2019-12-12 12:57 [p.390]
Madame la Présidente, je partagerai mon temps de parole avec le député d'Hamilton-Centre.
Je souhaite une fois de plus remercier les gens de London—Fanshawe de m'avoir élue. Je travaille ici depuis plus de 10 ans et j'ai occupé différents postes, notamment au sein du personnel parlementaire de nombreux excellents députés du NPD: Chris Charlton d'Hamilton Mountain, Wayne Marston d'Hamilton-Est—Stoney Creek, Jean Crowder de Nanaimo—Cowichan et, plus récemment, l'ancienne députée d'Essex, Tracey Ramsey. J'ai aussi été élevée par une femme incroyable et forte, qui a représenté London—Fanshawe pendant les 13 dernières années: ma mère, Irene Mathyssen.
J'ai beaucoup de mentors et de supporters à la Chambre et c'est grâce à eux si je suis ici. Lorsque j'aurai à prendre une décision sur des votes importants, comme celui sur le discours du Trône, c'est toujours aux gens qui m'ont élue que je penserai.
Tous les jours, des citoyens de ma circonscription communiquent avec moi parce qu'ils ont besoin d'aide immédiatement. Si les libéraux n'ont rien de plus à offrir pour aider les Canadiens, alors cela ne suffit pas. Je représente une circonscription où beaucoup de gens ont du mal à joindre les deux bouts. Le revenu moyen des ménages de ma circonscription est bien inférieur à la moyenne ontarienne et nationale.
Chaque jour, je vois des gens qui travaillent plus fort que jamais pour loger et nourrir leur famille. Les membres de ma communauté se mobilisent constamment pour s'entraider, pour répondre aux appels à l'aide et pour réclamer plus de soutien. Ils méritent mieux que ce discours du Trône.
Depuis plus d'une décennie, les gens de London—Fanshawe savent que, s'ils ont besoin d'aide, ils peuvent faire appel à leur députée. Le bureau d'Irene faisait toujours des pieds et des mains pour aider les citoyens dans le besoin et défendre leurs intérêts. C'est avec fierté que je perpétuerai cette tradition.
Cela dit, malgré les efforts de mon bureau de circonscription, je sais que de plus en plus de gens ont besoin d'aide. Les politiques des anciens gouvernements libéraux et conservateurs les ont laissés en plan. La 43e législature est l'occasion, pour la Chambre, de faire en sorte que le pays change de cap, de faire en sorte qu'il accorde moins d'importance à la prospérité des riches et des puissants et se soucie davantage du sort du commun des Canadiens.
Je suis troublée par le fait que des gens continuent de se présenter au bureau en quête de logements abordables. Le prix des logements à London continue de monter en flèche, tandis que de nombreuses personnes se voient fermer l'accès à la propriété à cause de la situation sur les marchés de la région du Grand Toronto. Autrefois, London—Fanshawe regorgeait de maisons idéales pour un premier achat mais, maintenant, beaucoup trop de familles n'ont pas les moyens de s'acheter une première maison. Au lieu de nous servir d'autres discours creux, les libéraux auraient pu travailler avec nous pour investir dans des logements abordables afin que tous les Canadiens puissent avoir un chez-soi.
Le Canada est en pleine crise nationale du logement. Cette crise touche toutes les régions du pays. En effet, le loyer moyen a augmenté dans chaque province l'année dernière et, de nos jours, 1,7 million de ménages canadiens consacrent plus de 30 % de leur revenu au logement. La construction d'un plus grand nombre de logements locatifs abordables à l'échelle nationale contribuerait grandement à résoudre ce problème à long terme.
En effet, le tiers des Canadiens sont des locataires. Dans bien des villes, les quelques appartements disponibles disparaissent rapidement, et les gens sont soit forcés de vivre dans des logements inadéquats, soit de consacrer une énorme partie de leur revenu au loyer. Si les libéraux sont prêts à collaborer avec nous pour régler la crise nationale du logement, nous sommes prêts à faire le nécessaire pour aider les Canadiens.
Autre chose que j'ai entendue trop souvent: les gens n'ont pas les moyens de se procurer les médicaments qui leur sont prescrits. Un homme victime d'un accident de travail s'est rendu à mon bureau durant la campagne électorale. Il nous a raconté, à moi et à mon équipe, comment il s'est blessé au travail. Il suit des traitements de physiothérapie et s'efforce de se rétablir.
Il n'est pas assez bien pour reprendre son travail, mais il sait que ses prestations tirent à leur fin et qu'il a besoin de ses médicaments. Il ne peut pas vivre sans eux, mais il n'a pas les moyens de les payer entièrement de sa poche. Il nous a dit qu'il était obligé de retourner au travail, bien qu'il sache qu'il n'est pas prêt et qu'il met ainsi sa vie en danger.
Imaginons un régime qui paierait les médicaments dont cet homme a besoin pour vivre et grâce auquel celui-ci pourrait se concentrer sur son rétablissement et retourner au travail lorsqu'il est prêt à le faire, plutôt que de se demander avec inquiétude comment il va survivre.
Avant la création du régime d'assurance-maladie, les néo-démocrates voyaient leurs concitoyens souffrir parce que ceux-ci n'avaient pas les moyens de recevoir les soins dont ils avaient besoin. Des gens perdaient leur maison, leur ferme et leur entreprise parce qu'ils avaient du mal à payer leurs frais médicaux. La maladie décimait des familles entières.
En réponse à cette réalité, les néo-démocrates ont lutté pour la création d'un régime d'assurance-maladie public et universel pour tous les Canadiens. Le régime d'assurance-maladie a changé la vie de millions de personnes, et c'est l'une des réalisations dont notre parti est le plus fier.
Cependant, des millions de personnes n'ont pas les moyens de se payer les médicaments dont elles ont besoin parce qu'elles n'ont pas de régime d'assurance-médicaments offert par l'employeur. Le nombre de personnes sans assurances qui sont obligées de se passer de médicaments augmente parce que de plus en plus de gens travaillent comme contractuels, sont travailleurs autonomes ou n'ont tout simplement pas accès à un régime de soins de santé dans le cadre de leur emploi. Un trop grand nombre de personnes âgées mettent leur santé en danger parce qu'elles n'ont pas de régime d'assurance-médicaments et qu'elles n'ont pas les moyens de payer leurs médicaments de leur poche.
Ce n'est pas pour rien que les gens sont stressés et inquiets. C'est le résultat direct des choix délibérés de la part des gouvernements libéraux et conservateurs. Ils ont choisi de laisser les sociétés pharmaceutiques escroquer les patients et de laisser des millions de personnes sans assurances ou sous-assurées payer des centaines ou des milliers de dollars de leur poche pour se procurer les médicaments dont elles ont besoin.
Aujourd'hui, le Canada est le seul pays riche au monde doté d'un système de santé universel qui n'est pas accompagné d'un régime universel d'assurance-médicaments. Il est au troisième rang des pays où les médicaments coûtent le plus cher. Les Canadiens sont pris avec un amalgame hétéroclite de programmes et de régimes d'assurance qui sont loin de profiter à tout le monde.
Lorsque je lis le discours du Trône, je constate qu'on n'y fait aucune mention d'un régime universel, complet ou public d'assurance-médicaments. Il n'y a aucun montant ni aucun échéancier. Étant donné que les libéraux promettent l'assurance-médicaments depuis 1997, on peut comprendre pourquoi les néo-démocrates sont un peu sceptiques. Le gouvernement doit s'engager réellement à instaurer un régime d'assurance-médicaments universel, public et à payeur unique.
Nous sommes prêts à travailler avec les libéraux et à obtenir des résultats pour les Canadiens, mais il faut des mesures concrètes pour améliorer la vie des gens.
Il devient également de plus en plus urgent de s'attaquer à la crise climatique. J'étais fière de me joindre à des centaines de personnes de London lors de la grève pour le climat qui a eu lieu en septembre dernier. J'y ai participé, car j'estime que nous devons agir maintenant et avoir des cibles audacieuses.
Il nous faut dès maintenant un plan concret de lutte contre les changements climatiques. Voilà pourquoi ce discours du Trône est si décevant. Il n'y a rien au sujet de cibles plus ambitieuses de réduction des émissions pour 2030 ni rien pour faire face à l'urgence du problème. Au cours des quatre dernières années, les libéraux ont donné des milliards de dollars en subventions à des entreprises du secteur des combustibles fossiles au lieu d'investir dans les énergies renouvelables et la création d'emplois. Après avoir fait l'objet de lobbying à plus de 1 500 reprises de la part de l'industrie des combustibles fossiles, les libéraux accordent la priorité aux grandes pétrolières.
Il nous faut également des mesures pour protéger l'eau douce du pays. Compte tenu de la prolifération croissante des algues, de l'augmentation du nombre d'espèces envahissantes, de la baisse du niveau des lacs, ainsi que des dommages causés par les inondations, nous avons besoin d'une stratégie nationale relative à l'eau douce. Une stratégie établissant des normes nationales en matière d'eau potable résoudrait les problèmes posés par des stratégies provinciales fragmentaires et des avis d'ébullition d'eau émis depuis des années dans les réserves des Premières Nations.
J'ai rencontré des membres de la Nation des Oneidas de la Thames, près de London. Leur eau potable n'est pas conforme aux normes provinciales qui existent depuis 2006. London déverse en amont des millions de litres d'eaux d'égout brutes dans la rivière Thames, où la communauté puise son eau. C'est inacceptable. Consciente du problème, l'administration municipale est prête à offrir son aide, mais le gouvernement ne fait rien.
Après avoir prétendu que sa relation la plus importante est celle qu'il entretient avec les peuples autochtones, le gouvernement libéral ne tient toujours pas sa promesse. Il refuse de s'engager à abandonner l'appel interjeté contre une décision juste envers les enfants autochtones et il refuse aussi de régler les lacunes du système de protection de l'enfance. C'est tout simplement inacceptable.
Il n'y a rien non plus pour les aînés dans le discours du Trône. Tout le monde mérite de pouvoir vieillir dignement comme une personne ayant de la valeur pour la société. Or, le gouvernement libéral a refusé de protéger les pensions des travailleurs, tout en traînant les pieds dans l'élaboration d'un véritable plan pour faire face aux problèmes de santé des aînés.
Au fur et à mesure que de plus en plus de Canadiens vieillissent, nous devons faire de meilleurs choix et être prêts à répondre à leurs besoins pour que chacun d'eux puisse vieillir dans la dignité. En exerçant un bon leadership, nous pouvons veiller à ce que nos institutions et nos services publics soient solides et bien préparés. Nous pouvons voir à ce que tous les aînés aient accès au soutien social et aux services de santé dont ils ont besoin pour leur donner une bonne qualité de vie.
L'un des groupes avec lesquels ma mère, en sa qualité de députée, était très fière et honorée de travailler est celui des anciens combattants. Il est temps que le gouvernement fasse ce qu'il faut pour les anciens combattants, qui ne devraient pas avoir à attendre des semaines, voire des mois, pour recevoir les services dont ils ont besoin.
Malheureusement, les anciens combattants sont, depuis trop longtemps, obligés de se battre pour obtenir les prestations qui leur reviennent. Les anciens combattants ont besoin d'un meilleur financement des services qui leur sont offerts et d'un meilleur accès aux intervenants chargés de les aider. Nous pouvons aussi faire beaucoup plus pour faciliter leur transition à la vie civile.
J'en aurais encore long à dire, mais je vais conclure mon discours comme suit. Le discours du Trône ne contient pas assez de mesures pour les Canadiens. Les gens ont besoin d'aide maintenant. Nous exhortons les libéraux à cesser de se contenter de belles paroles et à présenter des solutions concrètes qui s'attaqueront aux problèmes de la pauvreté et de l'inégalité systémiques qui frappent trop de personnes au pays.
Les libéraux font passer les demandes des mieux nantis et des riches entreprises avant les besoins des Canadiens depuis trop longtemps. Nous sommes prêts à travailler avec les libéraux pour améliorer le sort des Canadiens, mais il faut du courage pour faire les choix qui s'imposent et qui permettront d'améliorer véritablement la qualité de vie de nos concitoyens.
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